{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Février 1805", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 170, "texte": "Février 1805.                      TOME XIV.   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Traduction de. .     .   .   LÉOPOLD WALLNER.\n       Dégénérescence. .                               MAX NORDAU.\n       Le Sorbet                                       MAURICE CARTUYVELS.\n       En regardant le soleil                          HENRI VANDEPUTTE.\n         Chronique littéraire :\n        I. A propos de l'Almanach de M. Emile\n           Verhaeren.— II. L'Intermède lyrique ;\n           Premières rimes ; Matin d'automne ;\n           Faunesses et Bacchantes ; Vespérales;\n           Éveils ; La Lande fleurie ; Rédemption. VALÈRE GILLE.\n       Memento                                     NEMO.\n\n\n\n\n          RÉDACTION                                              BRUXELLES\n110 RUE DE L A L I M I T E ,   BRUXELLES.                   PAUL LACOMBLEZ. ÉDITEUR\n                                                                3I, rue des Paroissiens\n                                                                     PARIS\n     PRIX DU NUMÉRO                                      C H A M U E L , LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                    29, rue de T révise\n                fr. 0-75.\n                                                                       l895\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 377, "fin_caractere_exclue": 1121, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur       : MAX W A L L E R (MAURICE                WARLOMONT)\n              Directeur : IWAN GILKIN, 110, rue de la Limite.\nSecretaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n              7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris.\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1121, "fin_caractere_exclue": 1575, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? 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Une\n armoire à côté de la cheminée contenait toute une collection de jouets,\n cadeaux de ses protectrices.\n    Depuis plusieurs années déjà il faisait l'objet de leur admiration, parce\n qu'il lisait très bien. Elles en avaient fait leur lecteur. I1 apportait de chez\n lui le journal, s'installait sur une chaise rembourrée de laine, placée sur le\n vieux coffre.\n    Les vieilles, attentives, mettaient leurs lunettes pour mieux écouter ou\n pour ne pas perdre, sans doute, un mouvement de la bouche de l'enfant\n perché sur cette estrade improvisée, entendaient les nouvelles de l'étranger,\n les épisodes de la guerre russo-turque, la défense héroïque de Plewna par\n Osman pacha.\n    Toute la gazette y passait, jusqu'aux moindres méfaits sinistres et acci-\n dents qui provoquaient souvent de longs soupirs, des mouvements de lèvres\nmarquant l'étonnement ou des gestes avec les bras qui témoignaient l'indi-\n gnation, car personne n'aurait osé interrompre par un vocable quel qu'il fût.\n    Plus d'une fois on fut obligé de m'exclure de ce grave aréopage pendant\nla lecture, parce que, ne sachant me tenir tranquille, je me mettais à\nm'agiter sur le cheval de bois, à lâcher un petit couac dans la trompette ou\nbien à faire retomber le chien d'un fusil, ce qui empêchait les vieilles à\nl'ouïe un peu dure de saisir tous les mots que mon petit ami disait sur un\nton monotone et chantant de litanie.\n    Le journal fini, nous pouvions jouer et crier tant que nous voulions,\nlivrer assaut au vieux fournil et commettre tous les méfaits que nous sug-\ngérait notre imagination turbulente, Anne Djo, Hyacinthe, Tantine et les\nautres se mettaient à potiner sans plus nous prêter d'autre attention que\npour nous offrir une tartine de confitures au moment venu.\n    Un jour qu'il pleuvait trop abondamment pour que nous pussions nous\nlivrer à nos ébats sur la demi-lune, j'étais absorbé dans un coin de la maison\npar la confection d'un filet pour tendre à pierrots, mon attention fut tout à\ncoup attirée par une histoire qu'Anne Djo rappelait à ses camarades.\n   — Quand je vous dis que le diable est venu chez Tave Nicole. C'est\nlorsque celui-ci est entré dans la maison que son fils occupe actuellement\nun peu au delà du « Petit Paradis » sur la route de Biesmes. Et le diable\ny resta longtemps.\n"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 103, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2788, "texte": "                                   — 103 —\n\n    Il y parut la première fois un soir d'hiver. On ne le vit pas, mais on\nsentit ses coups. Tave, sa femme et ses enfants étaient assis autour du feu\nde bûches qui pétillait dans la grande cheminée et dont les flammes léchaient\nla marmite noire où cuisaient les pommes de terre du souper que l'on\nattendait dans l'obscurité.\n    Les enfants, soudain, se mirent à hurler. Les uns avaient été pinces\njusqu'au sang, les autres avaient reçu des coups violents; la femme de Tave\navait été renversée avec la chaise sur laquelle elle était assise. Quant à\nTave, il criait plus fort encore que les autres, car il avait, prétendit-il, senti\ndeux mains osseuses lui faire un collier pour l'étrangler. Quand chacun fut\nremis un peu de son émoi, on constata qu'une forte odeur de soufre\nempestait toute la chambre.\n   A partir de ce jour-là les enfants ne rentrèrent plus jamais qu'en trem-\nblant chez eux. Il ne se passait pour ainsi dire pas de soirée qu'ils ne\nreçussent des claques ou des horions dans l'ombre.\n   Je me souviens qu'à l'école de mamselle Charlotte, de la place du Grand-\nPuche, Bertine arriva toute émue et tremblante un matin.\n    La veille elle avait vu le mauvais. Par la porte entre-bâillée du fournil, elle\navait aperçu un petit diable venir boire au chaudron à la caboulée.\n    Il était tout pareil au Lucifer d'une image qu'il y avait dans le corridor\nde M. le vicaire. Il portait un pourpoint et une pèlerine à grand collet relevé\nde velours rouge, sa barbe était noire et taillée en pointe, il avait pour coif-\nfure un béret orné de deux grandes plumes écarlates, ses yeux étincelaient\ncomme du phosphore et il avait le pied fourchu.\n    Nous en fûmes toutes saisies d'effroi. Mamselle Charlotte elle-même\nn'était pas rassurée et nous fit réciter des prières toute la journée.\n    On dit alors que c'était une punition du bon Dieu. Tave Nicole était\nen brouille avec le curé. Il ne lui payait pas les quelques francs qu'il lui\nredevait encore pour l'enterrement de son oncle, prétendant qu'on n'avait\npas usé toutes les bougies comptées par le clerc.\n    Mais après quelques mois, voyant que le diable ne partait pas de chez lui,\nil alla s'acquitter de sa dette. Le doyen vint alors dans la maison hantée,\nmarmotta des oraisons en latin, jeta de l'eau bénite avec le goupillon sur les\nmurs et dans la cheminée, après quoi l'on n'entendit jamais plus parler du\ndémon chez Nicole.\n    Ce récit nous avait rendu silencieux et fait une grande impression. Je\ncrois bien que le soir je me fis une friction à l'eau bénite, de peur de recevoir\ndes coups du diable en traversant le corridor obscur pour aller me coucher.\nJe revis même en rêve le petit diable rouge décrit par Anne Djo, qui était\n allé boire au chaudron à la caboulée.\n"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 104, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2681, "texte": "                                  — 104 —\n\n   L'histoire m'intriguait fort, j'en parlai à plusieurs grandes personnes de\nma parenté, j'en entretins le vicaire au sortir du catéchisme, mais on\nm'éconduisit en opposant à ma question cette fin de non-recevoir que les\nenfants ne devaient pas s'occuper de ces choses-là, que j'étais encore trop\npetit pour les comprendre.\n   Je ne me le tins cependant pas pour dit.\n   A quelques jours de là, on me chargea d'une commission pour mon vieux\ncousin Châle à pommes qui habite au delà du Chant des oiseaux, au « Tieu\nde pannes », une belle métairie perchée au sommet de la colline dans un\nverger qui donne les meilleures pommes de Thuin et des environs, des gri-\nsettes couleur de rouille, savoureuses et exquises, que toutes les bonnes\nmaisons se disputaient pour le jour de la ducasse.\n   J'aimais à aller au « Tieu de pannes » qui était pour moi une maison de\nbombance et de plaisir. C'est là que notamment j'appris à amorcer le pois-\nson dans le réservoir creusé par le cousin et alimenté par le petit ruisseau\nqui descend en murmurant des prairies prochaines.\n   C'est là que je pouvais me gorger de fruits, et de quels fruits ! Je me rap-\npelle, outre les grisettes couleur de rouille, des poires de Tongres, des sol-\ndats-laboureurs et des calebasses que portaient les espaliers grimpant le\nlong du pignon de la demeure. Et le petit raisin noir de Saint-Laurent sur\nla vigne qui encadrait de verdure la fenêtre de la cuisine !\n   N'était-ce pas encore là que je pouvais fumer dans une petite pipe de terre\ndont la tête figurait une tête de coq crêtée de rouge, alors que le tabac\nm'était formellement interdit par mes parents.\n   Et puis mon cousin Châle à pommes me racontait de si vieilles histoires!\nPas un pour connaître comme lui les événements qui s'étaient passés à\nThuin et dans tous les environs depuis sa plus tendre enfance. Il pouvait\ndire la date précise des moindres faits de sa vie, comme par exemple que tel\njour du mois de février de telle année il avait déniché un nid d'agaces avec\nquatre jeunes sur un peuplier dont il s'offrait à me montrer la place. Et ses\nrécits de guerres, de l'invasion, des soldats français, autrichiens et russes,\nah ! comme ils m'intéressaient.\n   Je trouvai mon cousin qui achevait de renouveler la litière de ses vaches\net leur préparait de la « raffourée » dans le râtelier. Une buée dense mon-\ntait du fumier brun aux pailles dorées sur lequel les poules s'étaient préci-\npitées.\n    Le cousin termina sa besogne, endossa son tricot de laine brune qu'il\navait pendu à un clou de la muraille et nous entrâmes;\n    Il m'offrit un « canada à l'pelaque » qui avait cuit dans les cendres.\n"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": 105, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "                                  -   105    -\n\n   Tout en le mangeant par petites bouchées, de peur de me brûler le palais,\nje lui parlai des visites du diable chez Tave Nicole, prévoyant qu'il pourrait\nme donner toutes les explications que je désirais.\n   Je lui dis ce que j'avais entendu raconter par Anne Djo.\n   Il se mit à rire.\n   — Comment, fit-il, on a vu un petit diable rouge boire au chaudron à la\ncaboulée ! Elle est bien bonne, il n'était pas dégoûté le diable de ce temps-là,\npour préférer le manger du cochon et des vaches à celui des chrétiens.\n   Tout ça, m'fi, c'est des couïonnades. Il est bien vrai que pendant tout un\ntemps on entendait chaque soir un vacarme épouvantable chez Tave Nicole\net que les enfants racontaient qu'ils recevaient des taloches très rudes dans\nl'obscurité. Bert, son fils, m'a montré plusieurs fois à l'école, dans la classe\nde M. Pierre où nous étions tous deux, des traces de coups marqués en bleu\nsur ses bras et ses jambes. Moi-même, et j'étais gamin comme toi alors, je\ncrus à ces apparitions du diable. Mais j'appris la vérité dans la suite.\n   La maison de Tave Nicole appartenait à la vieille Pauline Barbier, tu\nsais celle chez qui on a trouvé tant de pièces d'or dans de vieilles chaussettes\net des cartons à chapeaux, lorsqu'elle mourut, rue du Prince de Liége, en\nville.\n   Je ne sais comment elle avait fait payer deux fois, l'avare, le même terme\nde loyer à Tave, son locataire.\n   Voilà comment Tave s'est vengé.\n   C'est lui qui était le diable dans sa propre demeure, lui qui frappait sa\nfemme et ses enfants et les épouvantait pour qu'ils allassent raconter à toute\nla ville le malheur qui leur arrivait.\n   La vieille Barbier, bigote comme pas une, fut si troublée d'apprendre que\nle diable était dans une de ses maisons qu'elle voulut se débarrasser à tout\nprix de l'immeuble. Tave le racheta pour presque rien, pour un morceau de\npain.\n   C'est après cela qu'il fit venir le curé pour chasser le démon. Il savait\nbien ce qu'il faisait, le malin. Il se réconcilia de la sorte avec le prêtre qui,\nsatisfait de sa victoire, parla de lui comme d'un saint homme et lui procura\nde l'ouvrage dans toutes les maisons cossues de la ville. La femme et les\nenfants de Tave furent l'objet de la sollicitude de toutes les bonnes âmes, en\nraison des dures épreuves qu'ils avaient subies.\n   C'est ainsi, m'fi, que les Nicole se sont fait une pelote très ronde, que\nTave ébrécha cependant sur le tard quand il se mit à lever le coude.\n   Je m'en retournai ce jour-là les poches bourrées de grisettes que je gri-\n gnotai le long de ma route, rempli plus que jamais d'admiration pour mon\n"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": 106, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 503, "texte": "                                — 106 —\n\ncousin Châle à pommes dont l'esprit solide avait pénétré la ruse géniale de\nTave Nicole, et c'est à partir de ce moment-là que je commençai d'entendre\navec une pitié un peu ironique les récits de la pauvre Anne Djo, dont le\nbon Dieu a repris l'âme simple et crédule il y a quelques années, quand sa\npetite maison fut expropriée et que la bonne vieille dut entrer à l'hospice.\n\n                                           M A U R I C E DES OMBIAUX\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 106, "page_fin": 110, "titre_corps": "Odelettes païennes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "ODELETTES PAÏENNES", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LITTERATURE RUSSE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 121, "page_imprimee": 106, "debut_caractere": 503, "fin_caractere_exclue": 1536, "texte": "ODELETTES PAÏENNES\n\n\n                             A MES AMIS\n\n                  Les diplomates intrigants\n                  Et les généraux arrogants\n                  Veulent-ils la paix ou la guerre?\n                      Cela n'importe guère!\n\n                  A quoi bon s agiter si fort ?\n                  La vie est si près de la mort\n                  Et la douce jeunesse      'ailée\n                      Est si vite envolée!\n\n                  L'âpre vieillesse au front chenu\n                  Chasse, en grommelant, l'amour       nu,\n                  La souplesse du corps agile\n                       Et la beauté fragile;\n\n                  Ainsi les fleurs du mois de mai\n                  Perdent leur éclat embaumé\n                  Et l'eau des sources bocagères\n                       S'enfuit sous les fougères.\n\n                  Pourquoi fatiguer les destins\n                  De tant de projets incertains ?\n                  Vivons dans la maison paisible\n                      Sans chercher l'impossible.\n"}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": 107, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1532, "texte": "                     — 107 —\n\n         Sur la nappe les clairs cristaux\n         Se mêlent sans peur aux couteaux\n         Et pour les chairs que l'on découpe\n             Seule saigne la coupe;\n         Puis le cigare et le café,\n         Parfum sur un parfum greffé,\n         Vont embaumer nos causeries\n              Joyeuses et fleuries.\n\n         Plus belle que l'éclat du jour\n         Jeanne eût dû mettre un brin d'amour\n         Dans cette agape fraternelle\n             Où l'on parle tant d'elle,\n\n         Mais monsieur son nouvel amant\n         L'aime avec tant d'emportement\n         Quelle ne saurait sans offense\n              Lui ravir sa présence.\n\n        Essayons pour nous consoler,\n        0 chers amis, de moduler\n        Avec des rimes magnifiques\n            Des vers philosophiques.\n\n                        II\n                   A BERTHE\n Berthe, Berthe, pourquoi t'acharner à la perte\n      Du jeune et beau Néarque? Berthe,\n Tes baisers parfumés ont amolli ses bras\n     Aujourd'hui roses, blancs et gras,\n Qui naguère, plus durs que le bois ou la pierre,\n     Brandissaient la lourde rapière\n Ou fendaient l'onde froide   infatigablement.\n     Enlacés à ton corps charmant,\nIls ne demandent plus que de tendres caresses.\n     Dans leurs amoureuses paresses\nSes genoux, qui jadis domptaient d'ardents chevaux,\n     A présent les voilà rivaux\nDe tes genoux polis et blancs comme l'ivoire.\n     Seule une légère ombre noire\nAu-dessus de sa lèvre empêche avec douceur\n      Qu'on ne le prenne pour ta sœur.\n"}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": 108, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 888, "texte": "            — 108 —\n\n\n\n\n                III\n\n\n          A LÉANDRE\n\nL'été brûle. Au fond du jardin,\n     Sous la fraîche tonnelle\nOù la vigne enlace au jasmin\n     Sa grâce fraternelle.\n\nAutour de la table de fer\n    Babille un joyeux groupe. —\nQue l'or glacé du Rœderer\n    Parfume notre coupe!\n\nQue sous des pampres festonnés\n    Chaque tête s'incline\nPour que nous buvions couronnés\n    A la mode latine.\n\nLevons le savoureux cristal\n    Encore, encore, encore,\nA celle qu'un destin fatal\n     Veut, hélas! que j'adore!\n\nLéandre, tes yeux de velours,\n    Tes lèvres, fleurs vermeilles\nOù voltige un essaim d'amours\n    Moins gros que des abeilles,\n\nFont pâlir la joue et languir\n    Les yeux mourants d'Hélène ;\nPour moi, Rosette est mon désir\n    Et ma joie et ma peine.\n\nSon petit cœur trop occupé\n    Joint la glace à la flamme\nEt dans le champagne frappé\n    Je bois toute son âme.\n"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": 109, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1610, "texte": "                       — 109 —\n\n\n                           IV\n\n                   WORLDSFAIR\n                                         A   MAURICE   CARTUYVELS\n\n\nCe palais, verre et fer, c'est la foire du monde.\nEntrons. Suivons la foule où les peuples divers\nMontrent avec orgueil leur richesse féconde\n         Et les travaux de l'univers.\n\nQuel tumulte! Volant, bielle, piston, courroie,\nTout un peuple d'engins meut ses muscles d'acier\nEt travaille en criant. Ceci tord, cela broie,\n         Au rythme d'un lourd balancier.\nLà d'opulents bazars regorgent de fourrures,\nDe merveilleux cristaux s'ouvrent comme des fleurs.\nEt voici l'Orient, ses tapis, ses parures\n         Et ses marchands un peu voleurs.\n\nPlus loin, de longs wagons et de puissants navires\nInvitent aux départs vers les hasards lointains\nLes commerçants hardis et les faiseurs d'empires\n         Qui dictent des lois aux destins.\n\nOù donc s'arrêteront et la science altière\nEt l'audace invincible et l'effort dangereux?\nLes hommes ont dompté la force et la matière;\n         Hélas ! sont-ils moins malheureux?\n\nNous avons suscité de nouvelles tristesses,\nMaurice, et nous mourons d'un nostalgique ennui.\nNos cœurs sont tout gonflés de modernes détresses\n        Et nous envions aujourd'hui\n\nL'harmonieux destin de la jeunesse antique,\nLa palestre, les jeux, la noble nudité\nEt l'esprit simple et fort, que le soleil attique\n          Illuminait de sa clarté.\n\nA l'ombre d'un portique ou de légers feuillages\nLe jeune homme, superbe et joyeux comme un dieu,\nEcoutait doucement les paroles des sages\n         En souriant au grand ciel bleu.\n"}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": 110, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 562, "texte": "                                 —   110   —\n\n\n         Et les flots bruissants qui berçaient les galères\n         Et qui frangeaient le port de volutes d'argent,\n         Le chant de la cigale et des fontaines claires,\n                  La course d'un char diligent\n\n          Et le temple de marbre au faîte de la fille,\n          Oit Pallas apportait la sagesse des cieux,\n          Tout cela suffisait à son cœur juvénile\n                   Heureux de la beauté des dieux.\n\n                                                      IWAN GILKIN\n\n\n\n\n              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 110, "page_fin": 113, "titre_corps": "Littérature russe : Poésies de Tutchew", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "L. 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Sont-ce des enfants\nde la paresse oisive — qui perdent ici leurs loisirs nocturnes — ou sont-ce\ndeux ombres bienheureuses — qui quittent le monde de la terre?\n  O toi, étendue comme la mer, — fleuve superbe et rapide — donne asile\ndans ton vaste domaine au mystère de cette humble nacelle !\n"}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": 111, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "                                 —    111   —\n\n\n\n                                      III\n  Larmes humaines, — ô larmes humaines, — vous coulez le matin et le\nsoir! — Vous coulez invisibles, — inépuisables, infinies, — vous coulez\ncomme coulent les averses — durant le sourd automne, — en la nuit\nsombre !\n                                 IV\n   As-tu entendu dans l'obscurité profonde — le son léger de la harpe\néolienne — quand minuit agite soudain le sommeil de ses cordes endor-\nmies ?\n   Les sons tantôt vibrent, — et tantôt ils s'éteignent — comme si le der-\nnier murmure de la souffrance, se réveillant en elles se serait évanoui.\n   Chaque souffle du zéphyr — soulève la plainte dans les cordes... —\ntu dirais une lyre angélique — qui s'attriste dans la poussière, là-haut, aux\ncieux.\n   Ah, comme alors, quittant le cercle terrestre, — notre âme vole vers\nl'immortel ! Et, comme l'ombre d'un ami, nous voulons étreindre alors sur\nnotre cœur le passé.\n                                      V\n   O ma vague marine, — vague fantasque, - en repos ou en mouvement,\n— tu es pleine d'une vie merveilleuse !\n   Que tu ris au soleil, — reflétant la voûte des cieux, ou que tu t'agites et\ncombattes — dans le gouffre rageur des eaux.\n   Ton susurrement m'est doux, — si plein de caresse et d'amour; — mais\nje comprends aussi tes cris tempétueux, — et tes gémissements sacrés.\n   Sois fidèle à l'élément turbulent — tantôt sombre, tantôt lumineux; —\nmais dans ta nuit azurée — garde ce que tu as pris.\n   Ce n'est ni un anneau ni un don secret — que j'ai laissé tomber dans ton\nabîme, — ni une pierre précieuse que j'ai ensevelie en toi.\n   Non, dans un moment fatidique, — attiré par un charme inconcevable,\n— c'est une âme, une âme vivante — que j'ai cachée au fond de toi !\n\n\n                                     VI\n\n   Le soleil luit, les eaux scintillent, — sur le tout un sourire, la vie dans\nle tout, — les arbres tressaillent joveusement, — se baignant dans le ciel\nbleu.\n  Les arbres chantent, les eaux brillent, — l'air est saturé d'amour, — et\n"}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": 112, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2068, "texte": "                                 — 112 —\n\n\nle monde, le monde fleurissant de la nature est enivré de l'excès de la vie,\n   Mais dans cet excès de l'enivrement — il n'existe pas d'enivrement plus\nfort qu'un seul sourire attendri de ton âme lassée !\n\n\n                                     VII\n\n   Quand nous croyons avec une foi vive, — notre cœur devient joyeux et\nradieux ! — C'est comme si le ciel avait coulé dans nos veines — à l'instar\nd'une onde éthérée!\n   Mais hélas ! le Destin en a décidé autrement; — nous nous lassons vite\ndans le ciel, — car il est défendu à la poussière éphémère de respirer le feu\ndivin.\n  A peine par un effort momentané, — parvenons-nous à interrompre pour\nune heure le sommeil ensorcelé, — et, en nous levant, à parcourir l'horizon\nd'un regard inquiet et triste, —\n  Que déjà, la tête alourdie, — éblouis par un seul rayon de lumière, nous\nretombons non vers le repos, — mais vers des songes pleins de tourments,\n\n\n                                    VIII\n\n                                  Paysage.\n   Ah, comme le fracas des orages d'été est gai ! — Quand un orage,\nsoulevant la poussière volante, fond avec la nuée, trouble l'azur céleste —\net, tout à coup assaille la forêt avec une rage véhémente ; — celle-ci com-\nmence à tressaillir, bruyante, en étendant ses feuilles ! — Comme sous un\npied invisible, — les géants enracinés plient; — leurs cimes murmurent,\nayant l'air de se concerter entre elles ; — et à travers cette agitation sou-\ndaine — l'on entend le sifflement continu des oiseaux, — et, çà et là, la\npremière feuille jaunie en tourbillonnant tombe sur la route.\n\n\n                                     IX\n\n   Ces pauvres hameaux, — cette nature parcimonieuse... — Oh pays\nnatal de la longue souffrance ! — Toi, ô pays du peuple russe!\n   Ne comprendra ni appréciera — le regard hautain de l'étranger, —\nce qui lui mystérieusement et transparaît — à travers ton humble nudité.\n   Ployant sous le faix crucial, — partout, chez toi, ô terre natale, sous\nl'aspect de l'esclave — a passé le roi céleste — en te bénissant.\n"}, {"page_pdf": 128, "page_imprimee": 113, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1217, "texte": "                                — 113 —\n\n\n                                    X\n\n  O mon âme pressentante, — ô cœur plein de trouble, — ne bats-tu pas\nau seuil — d'une existence quasi double?...\n  Oui tu es l'habitation des deux mondes ; — ton jour — douloureux et\npassionné, — ton sommeil — prophétique — confus, — peut-être une\nrévélation des esprits...\n  Et bien que la poitrine souffrante — soit agitée par des passions fatales,\n— l'âme, comme la vierge Marie, — est prête à se presser contre le pied\nde Jésus-Christ.\n\n                                    XI\n\n   Le ciel nocturne si morose, — est couvert de tout côté : — Ce n'est ni\nune menace ni une rêverie... — mais bien un songe mou et sans joie !\nSeules les exhalaisons de feu — flambent tour à tour, — et, semblables\naux démons sourds-muets, — causent entre elles.\n   Comme à un signal donné, — une bande du ciel s'allume tout à coup, —\net subitement surgissent des ténèbres — des champs et de lointaines forêts!\n— Et voici que tout s'assombrit de nouveau, — tout se calme dans l'obscu-\nrité éveillée. — Ne dirait-on pas que là-haut va se décider — une affaire\nmystérieuse?...\n                             (Traduction   littérale de L. WALLNER.)\n\n\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 113, "page_fin": 114, "titre_corps": "Ballade du désir de Mme I. Will", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pierrot lunaire", "ancre_debut": "Ballade du désir", "ancre_fin": "PIERROT LUNAIRE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 128, "page_imprimee": 113, "debut_caractere": 1217, "fin_caractere_exclue": 1712, "texte": "Ballade du désir de Mme I. Will.\n                                 « Je déteste Sully-Prudhomme, ce douceâtre.\n                               Je voudrais monter dessus. »\n                                             Mme i. WILL (Revue-Journal).\n\n           Depuis des ans, dans notre Landerneau,\n           Le jour, la nuit, de l'aube au crépuscule,\n           Du café Riche au café Sésino,\n           Sous son tartan, avec son ridicule,\n           Spectre aux bas bleus, madame I. Will circule.\n"}, {"page_pdf": 129, "page_imprimee": 114, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1287, "texte": "                    — 114 —\n\nQue cherche-t-elle au cœur de la cité?\nUn verslibriste ou bien un député '!\nComme Diogène, elle cherche un homme,\nEt dit aux passants d'un air entêté :\n— Moi je veux monter sur       Sully-Prudhomme.\n\nElle a des yeux couleur de vieux pruneau,\nDes cheveux verts, un teint de renoncule;\nComme Reyer devant un piano,\nArnold Goffin devant elle recule.\nLa reine Omphale a fait filer Hercule :\nAu seul aspect de cette déité,\nSans être Hercule on file épouvanté.\nParis pour elle eût fait cuire la pomme.\nMais elle rêve et dit d'un ton flûte :\n— Moi je veux monter sur Sully-Prudhomme           !\n\nPour l'Art moderne, où plus d'un Calino,\nMoulin toqué, bat l'air et gesticule.\nElle émersonne au fond d'un grand tonneau\nEt Maeterlinck s'attelle au véhicule.\nLe chœur des snobs, esthète, esthèticule,\nRobin des bois ou d'université,\nDevant son char danse avec gravité.\nElle m'endort, mais à travers mon somme,\nJ'entends sa voix dire au peuple ameuté :\n— Moi, je veux monter sur       Sully-Prudhomme.\n\n                    ENVOI\nO DOUX POÈTE, ô fleur de chasteté,\nEmpêche-la, fût-ce par charité,\n(Nul d'entre nous n'ira le dire à Rome)\nDe répéter pendant l'éternité :\n— Moi je veux monter sur        Sully-Prudhomme.\n\n                                    PIERROT LUNAIRE"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 115, "page_fin": 120, "titre_corps": "Dégénérescence", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Max Nordau", "ancre_debut": "DÉGÉNÉRESCENCE", "ancre_fin": "plusieurs petites revues où l on élève le snob au biberon", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 130, "page_imprimee": 115, "debut_caractere": 68, "fin_caractere_exclue": 2719, "texte": "DÉGÉNÉRESCENCE\nOn               connaît l'ouvrage de M. Max Nordau, intitulé : Dégénéres-\n                cence. Parti d'une idée juste, l'auteur a donné à celle-ci une\n                extension si ridiculement exagérée que son livre s'en est trouvé\n                dénué de toute valeur scientifique. Il parle assez volontiers\ndes snobs de l'art et de la littérature; seuls les snobs de la science, et il s'en\ntrouve chez les médecins comme chez les autres hommes, peuvent s'en\nlaisser imposer par le fatras pédantesque et le style autoritaire de\nM. Nordau. Le lecteur attentif ne tarde pas à reconnaître dans son livre\nune tendance constante à l'enflure, à l'exagération et à ce que l'on appelle\ndans le langage familier l'autogobisme, c'est-à-dire la foi profonde en sa\npropre infaillibilité. Le style de M. Nordau passe trop souvent du calme\nscientifique à la passion de l'agité. C'est un pédant qui fait l'important ; il\nbrandit la férule qu'il a fabriquée, avec la solennité comique qu'on admire\nchez les médecins et les apothicaires que Molière armait d'une magistrale\nseringue. C'est le matassin moderne. Plus d'une de ses tirades sur la dégé-\nnérescence évoque le souvenir de la célèbre consultation du Médecin\nmalgré lui. Au défaut d'esprit scientifique se joignent le défaut d'esprit\nesthétique et, ce qui est pis encore, une ignorance marquée de l'histoire des\nmœurs, des arts et des lettres. Cette ignorance a faussé les idées de l'auteur\nen l'amenant à considérer comme des phénomènes nouveaux et propres au\ntemps présent et par conséquent comme des stigmates de la dégénérescence\n actuelle des faits qui se sont renouvelés périodiquement avec une grande\n intensité. Il déclare caractéristiques de notre « fin de siècle » des symptômes\n qu'on retrouve, tout aussi nets et abondants, dans l'histoire littéraire de la\n France à plusieurs moments des siècles passés. Son esprit passionné et\n imprécis l'a plaisamment conduit à faire sortir la notion de la dégénéres-\n cence de ses bornes naturelles et à la transformer en une gigantesque\n conception encyclopédique dans laquelle il a introduit et enfermé, bon gré\n mal gré, toutes les manifestations artistiques du temps présent. Mais il n'a\n pu le faire qu'en déformant les ouvrages dont il parlait. Il a, nous en\n sommes certain, agi de bonne foi. Mais ces erreurs, aussi candides\n qu'opiniâtres, apportent un argument de plus à ceux qui nient l'esprit\n scientifique de M. Nordau. Toutes ces critiques, à peine indiquées ici, nous\n les développerons et les justifierons dans un travail plus étendu, car c'est\n un devoir de démasquer des erreurs grossières, attentatoires à la gloire et à\n"}, {"page_pdf": 131, "page_imprimee": 116, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2797, "texte": "                                         — 116 —\n\n  l'honneur de plusieurs artistes, écrivains et penseurs qui ont droit au\n  respect sinon à l'admiration de tous. Mais, comme nous l'avons dit plus\n  haut, M. Nordau est parti d'une idée juste. Il était intéressant d'étudier\n  l'indéniable développement de la dégénérescence dans l'art et la littérature\n  de ces dernières années, et si M. Nordau n'avait appliqué sa théorie qu'aux\n  hommes et aux œuvres qui méritent cette application, son livre eût\n  conquis les suffrages de tous les savants et de tous les hommes de bon sens.\n  Et quel service n'eût-il pas rendu au public comme aux artistes s'il avait\n  signalé avec exactitude de périlleux écueils là où ces écueils se trouvent\n  réellement !\n     Ramené à de justes proportions, l'ouvrage de M. Nordau eût été un\n inappréciable bienfait. On est bien obligé d'en convenir, la maladie dont il\n s'occupe existe ; le mal est profond, sa force d'expansion est redoutable.\n     Pour ne parler que de plusieurs jeunes écrivains de France et de Bel-\n gique, on ne peut, sans fermer les yeux à l'évidence, nier l'affaiblissement\n de leurs cerveaux et l'incohérence stupide de leurs ouvrages. Il règne une\n sorte de dyssenterie intellectuelle, une fuite des idées et des mots, une véri-\n table logorrhée; la maladie est contagieuse et loin de rien faire pour\n arrêter la contagion, il semble que tout le monde s'entende pour la favoriser.\n Ici, les pouvoirs publics, au lieu d'améliorer et de renforcer les études\n d'humanités classiques, où l'on apprend à disposer dans le meilleur ordre\n logique les mots, les phrases, les idées et les groupes d'idées, donnent tous\n les jours à l'instruction de la jeunesse un caractère plus incohérent et une\nfoule de pions maniaques les poussent dans cette voie dangereuse, les uns\n au nom des humanités modernes, d'autres au nom de l'idéal chrétien et du\nlatin des pères de l'Eglise, d'autres enfin au nom des sciences naturelles et\nde l'enseignement dit « positif ». Là, les critiques qui tiennent la plume\ndans les journaux et les revues et qui auraient pour devoir strict de dénoncer\nla démence, de railler le ramollissement cérébral et de mettre en garde le\npublic et les jeunes générations contre les modes abrutissantes et les succès\npathologiques, se contentent de sourire et d'équivoquer quand ils ne se font\npas eux-mêmes les propagateurs de la maladie (1). Enfin, plusieurs écrivains\nde renom, que leur conscience devrait bien obliger à reconnaître la vérité,\ns'abandonnent à des complaisances coupables qui ont pour cause, tantôt la\ncamaraderie molle, tantôt l'indifférence égoïste, tantôt la peur, tantôt, il\nfaut le dire, les calculs les moins avouables : tel ne serait pas fâché d'être\n\n\n\n  (1) Il y a, cela va sans dire, d'honorables exceptions.\n"}, {"page_pdf": 132, "page_imprimee": 117, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2696, "texte": "                                     — 117 —\n\nl'un des rares survivants d'un grand naufrage; tel autre, en louant les\nsottises des petits jeunes gens, espère que ceux-ci lui rendront sa politesse\nen le proclamant grand homme. Écrivain moi-même, je prévois aisément\nles criailleries que me vaudra ma franchise; toutes les oies belges vont\nessaver de sauver leur capitale.\n   Leur aimable vacarme n'empêchera pas les personnes raisonnables de\nregretter que l'ouvrage de M. Nordau, à cause de ses déplorables exagéra-\ntions, n'ait pas été le livre salutaire que l'on attend. Il a pourtant failli l'être\net l'on y peut trouver des pages aussi justes que vigoureuses, dont la lecture\nserait saine et vivifiante si elles n'étaient gâtées par le voisinage de véritables\ndiffamations littéraires et artistiques, qui n'ont de scientifique que l'appa-\nrence. En lisant l'ouvrage de M. Nordau on est sans cesse balancé entre\ndeux sentiments ; tantôt on s'irrite de voir des pages excellentes apporter\nune sorte de demi-justification à une thèse qui souvent est attentatoire au\ngénie artistique; tantôt on déplore que d'incroyables erreurs et de mons-\ntrueuses injustices viennent gâter un livre qui, sans elles, eût été l'un\ndes plus remarquables et des plus utiles monuments de la critique du\nXIXe siècle.\n    Remettant à plus tard la critique approfondie de l'ouvrage de M. Nor-\ndau, nous nous bornerons ici à en reproduire quelques pages, qu'on ne\n saurait trop recommander aux méditations des jeunes gens et à l'attention\n du public.\n                                                                        I. G.\n    L'AMOUR DE LA RÊVERIE CREUSE (1). — Le dégénéré n'est pas capable\n de diriger longuement ou même un instant son attention sur un point, pas\n plus que de saisir nettement, d'ordonner, d'élaborer en aperceptions et\n jugements les impressions du monde extérieur que ses sens fonctionnant\n défectueusement portent à sa conscience distraite. Il lui est facile et plus\n commode de laisser produire à ses centres cérébraux des images demi-\n claires, nébuleusement fluides, des embryons de pensées à peine formés, de\n se plonger dans la perpétuelle ébriété de phantasmes à perte de vue, sans\n but ni rêve, et il n'a presque jamais la force d'inhiber les associations\n d'idées et les successions d'images capricieuses, en règle générale purement\n automatiques, ni d'introduire de la discipline dans le tumulte confus de ses\n aperceptions fuyantes. Au contraire. Il se réjouit de son imagination qu'il\n oppose au prosaïsme du philistin et se voue avec prédilection à toutes sortes\n\n\n\n  (1) Dégénérescence, t. I, p. 30.\n                                                                            8\n"}, {"page_pdf": 133, "page_imprimee": 118, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2708, "texte": "                                       — 118 —\n\nd'occupations libres qui permettent à son esprit le vagabondage illimité,\ntandis qu'il ne peut pas se tenir dans des fonctions bourgeoises réglées qui\nexigent de l'attention et un égard constant pour la réalité.\n   INCOHÉRENCE DANS LA PENSÉE E T L E LANGAGE (I). — I. L'activité\ncérébrale des dégénérés et des hystériques, non surveillée ni guidée par\nl'attention, est capricieuse, dépourvue de plan et de but. Les représentations\nsont appelées à la conscience par le jeu d'association d'idées illimitées et\npeuvent s'y donner libre carrière. Elles s'allument et s'éteignent automa-\ntiquement et la volonté n'intervient pas pour les renforcer ou les supprimer.\nCôte à côte apparaissent des représentations qui sont étrangères les unes\naux autres ou s'excluent mutuellement. Comme elles sont contenues dans\nla conscience simultanément et à peu près avec la même intensité, la cons-\ncience, conformément à la loi de son activité, les réunit en une idée qui\nnécessairement est absurde et ne peut exprimer les rapports réels des phéno-\nmènes.\n   II. A la pensée nébuleuse du mystique répond sa façon indécise de\ns'exprimer. Le mot, même le plus abstrait, correspond à une représentation\nconcrète ou à une notion formée des qualités communes à différentes repré-\nsentations semblables, qui continue à trahir son origine concrète. Pour ce\nque l'on croit voir comme à travers de la fumée, sans forme reconnaissable,\nnulle langue n'a de mot. Mais le mystique, lui, a dans sa conscience de\nsemblables représentations spectrales sans contour et sans autres qualités et\nil emploie, pour les exprimer, ou des mots connus auxquels il donne un\nsens tout différent du sens familier à tous, ou il ressent l'insuffisance du\nvocabulaire créé par les gens sains et se forge des mots nouveaux, parti-\nculiers, entièrement incompréhensibles pour tout autre, et dont lui seul\nconnaît le sens nuageusement chaotique; ou enfin il incorpore les diffé-\nrentes représentations qu'il donne à ses représentations informes dans\nautant de mots et produit alors ces juxtapositions stupéfiantes d'expressions\ns'excluant les unes les autres, qui ne peuvent raisonnablement être unies en\naucune façon et qui sont si caractéristiques pour le mystique.\n   LES PRÉTENDUS SYMBOLISTES (2). — Les symbolistes, en tant que\ndégénérés et imbéciles sincères, ne peuvent penser que d'une manière mys-\ntique, c'est-à-dire vague. L'inconscient est en eux plus fort que le conscient,\nl'activité des nerfs organiques prédomine sur celle de l'écorce cérébrale grise,\nleurs émotions sont maîtresses de leurs aperceptions. Quand les gens de\n\n\n  (1) Dégénérescence, t. I, pp. 102 et 105\n  (2) Ibid , t. 1, p..210.\n"}, {"page_pdf": 134, "page_imprimee": 119, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2965, "texte": "                                 —   119   —\n\n\ncette espèce ont l'instinct poétique et artistique, ils veulent naturellement\nexprimer leur propre état d'esprit. Ils ne peuvent employer de mots précis\nà signification claire, car ils ne trouvent pas dans leur propre conscience\nd'aperceptions nettement dessinées et univoques qui puissent être comprises\ndans de tels mots. Ils choisissent en conséquence des mots vagues, inter-\nprétables à plaisir, parce qu'ils répondent le mieux à leurs aperceptions qui\nsont de même nature. Plus indécis et plus obscur est un mot, mieux il se\nprête aux besoins de l'imbécile, et cela, on le sait, va si loin chez l'aliéné\nqu'il trouve pour son aperception devenue absolument informe des mots\nnouveaux qui ne sont plus seulement obscurs mais dépourvus de tout sens.\nNous avons déjà vu que pour le dégénéré typique le réel n'a aucune signi-\nfication... Le langage clair sert à la communication du réel, il n'a par con-\nséquent aucune valeur pour le dégénéré. Celui-ci n'estime que le langage\nqui ne le force pas à suivre attentivement la pensée de celui qui parle,\nmais lui permet de s'abandonner librement au vagabondage de sa propre\nrêvasserie, de même que son propre langage n'a pas pour but de commu­\nniquer une pensée déterminée, mais doit simplement être le pâle reflet de\nson crépuscule intellectuel. C'est ce que veut dire M. Stéphane Mallarmé\nquand il s'exprime ainsi : « Nommer un objet c'est supprimer les trois\nquarts de la jouissance... Le suggérer, voilà le rêve. »\n    La pensée d'un cerveau sain a, de plus, un décours réglé par les lois de la\nlogique et le contrôle de l'attention. Elle prend pour contenu un objet déter-\nminé, le façonne et l'épuisé. L'homme sain peut raconter ce qu'il pense et\nson récit a un commencement et une fin. L'imbécile mystique, au contraire,\npense uniquement d'après les lois mécaniques de l'association des idées,\nsans attention à un fil conducteur. Il a une fuite d'idées. Il ne peut jamais\nindiquer exactement à quoi il pense, il ne peut que désigner l'émotion qui\n domine momentanément sa conscience. Il ne peut que dire en général : « Je\n suis triste », « je suis gai », « je suis tendre », « j'ai peur ». Sa pensée est\n emplie d'aperceptions nuageuses, fuyantes et flottantes qui reçoivent leur\n coloris de l'émotion régnante, de même que la fumée, au-dessus d'un cra-\n tère, revêt la rutilance de la flamme qui bouillonne au fond de l'abîme vol-\n canique. S'il compose une poésie, il ne décrira donc jamais une suite\n logique d'idées, mais cherchera à représenter par des mots obscurs, d'un\n coloris émotionnel déterminé, une émotion, une « disposition d'esprit ».\n Aussi ce qu'il apprécie dans les œuvres poétiques ce n'est pas un esprit clair,\n l'exposé d'une idée déterminée, mais seulement le reflet d'une disposition\n  d'esprit qui en éveille aussi en lui une autre, pas nécessairement la même.\n  Les dégénérés sentent très bien cette différence entre une œuvre qui exprime\n"}, {"page_pdf": 135, "page_imprimee": 120, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "                                    —   120   —\n\n\n  un travail vigoureux de la pensée et une autre où flotte simplement une\n  fuite d'idées à teinte émotionnelle, et ils cherchent instinctivement une\n  expression distinctive pour le genre de poésie dont seuls ils ont la compré-\n  hension. En France, ils ont trouvé pour lui le mot symbolisme.\n     SNOBISME (I). — Si un bel air devient insupportable joué sur les orgues,\n c'est que les orgues jouent d'une façon fausse, criarde et dénuée d'expres-\n sion, c'est-à-dire modifient l'essence même de l'air et l'abaissent à la vulga-\n rité; mais l'admiration du plus grand nigaud lui-même ne change absolu-\n ment rien à l'œuvre d'art, et ceux qui l'ont aimée pour ses qualités retrou-\n veront toutes ces qualités complètes et intactes, même quand des millions\n de regards de Philistins insensibles auraient rampé sur elle. La vérité est\n que le décadent crevant de sotte vanité trahit ici involontairement son fond\n le plus intense. Ce garçon-là n'a, en fait, pas la moindre compréhension de\n l'art et est complètement inaccessible au beau, comme à toutes les impres-\n sions extérieures; pour savoir si une œuvre d'art lui plaît ou non, il ne\n regarde pas l'œuvre d'art, oh non! il lui tourne le dos, mais étudie\n anxieusement les mines des gens qui se tiennent devant elle; sont-ils\n enthousiasmés, le décadent méprise l'œuvre; restent-ils indifférents ou\nparaissent-ils même se fâcher, il l'admire avec conviction. L'homme banal\ncherche toujours à penser, à sentir, à faire la même chose que la foule; le\ndécadent, lui, cherche exactement le contraire. Tous deux tirent donc leur\nmanière de voir et leurs sentiments non de leur intérieur, mais se les laissent\ndicter par la foule. Tous deux manquent de personnalité et ils doivent avoir\nconstamment les yeux fixés sur la foule pour trouver leur route. Le déca-\ndent est donc simplement un homme banal avec le signe minus, qui, abso-\nlument comme l'autre, seulement en sens contraire, se dirige d'après la\nfoule, mais se rend toutefois les choses bien plus difficiles que l'homme\nbanal et se fait continuellement du mauvais sang, tandis que celui-ci reste\njoyeux. On peut résumer ceci dans une proposition : Le snob décadent est\nun Philistin atteint de la manie de contradiction et antisocial, sans, le\nmoindre sentiment pour l'œuvre d'art elle-même.\n\n                                                         MAX NORDAU\n\n\n\n\n  (I) Dégénérescence, t. Il, p. 114.— Recommandé spécialement aux méditations de\nplusieurs petites revues où l'on élève le snob au biberon."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 121, "page_fin": 121, "titre_corps": "Le Sorbet", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Cartuyvels", "ancre_debut": "LE SORBET", "ancre_fin": "MAURICE CARTUYVELS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "EN REGARDANT LE SOLEIL", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 136, "page_imprimee": 121, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 837, "texte": "LE SORBET\n      (BUCHERS ESPAGNOLS DU XVIe SIÈCLE)\n\nEncor qu'il snit miné par la fièvre mauvaise\nEt qu'il ne quitte plus les coussins du fauteuil,\nLe Roi funèbre, orné de son pourpoint de deuil,\nEst venu voir mourir les juives que Von braise;\n\nEt son front couronné de luxure et d'orgueil,\nPâle dans l'éventail de son grand col à fraise,\nSe colore au reflet sanglant de la fournaise\nSans qu'un pleur de pitié perle aux cils de son œil.\n\nTous ces juifs, dont la chair brûle comme la cire.\nSauveront de l'enfer lame du roi, leur sire.\nAussi le vieux monarque est joyeux, et fermant\n\nSes yeux vitreux d'où filtre une lueur de jade,\nDans ses doigts cerclés d'or il lève lentement\nUn verre à moitié plein de glace et d'orangeade.\n\n                                  M A U R I C E CARTUYVELS\n\n\n\n\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 121, "page_fin": 122, "titre_corps": "En regardant le soleil", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri Vandeputte", "ancre_debut": "EN REGARDANT LE SOLEIL", "ancre_fin": "HENRI VANDEPUTTE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 136, "page_imprimee": 121, "debut_caractere": 837, "fin_caractere_exclue": 1444, "texte": "EN REGARDANT LE SOLEIL\nJe voudrais m'en aller au pays des lumières\nQue cherche en vain l'esprit et qu'ont trouvé les yeux,\nEt là, sous les clartés ruisselantes des cieux,\nMe dresser, souverain, tout vibrant de lumières!\n\nEt ce seraient partout lumières et lumières!\nDes soleils! des soleils! en l'éclat bleu des cieux,\nRéverbérés cent f ois dans l'océan des yeux!\nOh! soleils et soleils! lumières et lumières!\nEclosion des cœurs floraux en des lumières!\nEclosion des fleurs d'astres au fond des deux!\nEt les pleurs jaillissants feraient éclore aux yeux\nMille fois les fleurs d'or, mille f ois les lumières!\n"}, {"page_pdf": 137, "page_imprimee": 122, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 591, "texte": "                                  —   122\n\n\n          Et tout serait lumière, et lumière! et lumière!\n          Les atomes dansants, l'atmosphère, les cieux,\n          Et les yeux et les cœurs, et mon cœur et mes yeux!\n          Oui, tout serait lumière! et lumière! et lumière'.\n\n          Or, quand je quitterai le pays des lumières,\n          Rassasié, le cœur astre comme les yeux.\n          Et repris aussitôt par la nuit de nos cieux...\n          Mes yeux verraient sans fin flamboyer des lumières!\n\n                                                   HENRI    VANDEPUTTE\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 122, "page_fin": 125, "titre_corps": "Chronique littéraire : À propos de l’Almanach de M. 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De même que, suivant une loi\n               physiologique, les corps vivants passent, à leur déclin, par\n des phases analogues à celles qui marquèrent leur croissance, ainsi une\ncivilisation manifeste, à l'époque de sa décrépitude, les symptômes de son\nenfance. C'est ainsi que la barbarie naît au milieu des mœurs trop policées,\nque la grossièreté sort du raffinement. L'art, qui est un véritable instru-\nment de précision pour mesurer l'état intellectuel d'un peuple, traduit avec\nune remarquable sensibilité cette effrayante débâcle. Il suffit, aujourd'hui,\nde consulter, même rapidement, les productions de la sculpture, de la pein-\nture, de la musique, bien que ce soit là un art relativement encore jeune,\npour s'assurer de la vérité de la proposition que j'avançais plus haut. Notre\ncvcle se referme sur la barbarie.\n   On ne jure plus que par le moyen-âge. Pour quelques-uns ces siècles\nmonstrueux et noirs sont la plus belle période de l'humanité. Ils trouvent\nà leur délire violent un écho dans les sabbats des sorcières et dans les crises\nhystériques des démoniaques. Ils sont poussés vers cette épilepsie tragique\ncomme les fous sont poussés vers les fous. D'autres, plus avancés encore,\nen arrivent à l'âge de la pierre. C'est ce que l'Art moderne appelle aller de\nl'avant et évoluer. Prenons quelques exemples au hasard : Gauguin\nfaçonne ces idoles mal dégrossies que l'on retrouve dans les forêts de la\nPolynésie; Odilon Redon fait des dessins d'ombres qu'il intitule : Retour\n"}, {"page_pdf": 138, "page_imprimee": 123, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3074, "texte": "                                  —    123 —\n\n\naux origines ; Minne recommence les xylographies allemandes du XVesiècle,\n Filiger, les enluminures enfantines de la Bible des pauvres; Mauclair\nbalbutie sénilement quelques onomatopées du langage émotionnel primitit\noù les mots n'ont pas encore de sens; Mockel s'inspire des chantefables\nchères à M. Wilmotte et Maeterlinck lui-même, parti de Shakespeare,\naboutit avec F. Hérold aux Mystères de Notre-Dame. Tous ces pseudo-\nartistes forment la queue houleuse du romantisme qui rêva le premier du\nmoyen-âge.\n   Actuellement c'est un débordement, une furie, une croisade folle pour\naller reconquérir le tombeau à grosses pendeloques de fer et à cabochons\nd'un Charles le Chauve quelconque; et l'on voit, pour réjouir la postérité,\ndes écrivains de nom, comme Camille Lemonnier, se faire les Pierre\nl'Ermite de cette sainte cause, au cri de : Le diable le veut.\n   L'esprit lourd et déséquilibré des Pères de l'Église, ces demi-sauvages\néchappés de l'Afrique ou des forêts de la Germanie, est préféré à l'esprit\nclair et ordonné de Virgile ou d'Horace; l'incontinence soporifique des\nvieux trouvères l'emporte sur les strophes nobles et précises d'un Leconte\nde Lisle et l'on condamne Thaïs au nom du Paphnutius de cette ténébreuse\npédante de Hrosvitha. Les esprits trop faibles pour juger d'une œuvre plus\ncomplexe comme un tableau du Vinci, c'est-à-dire pour en saisir les nom-\nbreux rapports d'harmonie, se contentent de l'art décoratif. L'art retombe\nen enfance ; saluons le progrès !\n   Voilà à quoi devait aboutir cette négation de tout principe d'esthétique !\nOn s'est mis à tourner au plus vite, sans raison et sans but, livré au seul\ninstinct primitif. Pour les esthètes, toute manifestation de sentiment effréné\ndevenait œuvre d'art et, ne possédant aucun idéal, aucune norme qui leur\nservît de guide et de base de jugement, ils plaçaient sur le même rang les\ngrossières ornementations d'un Canaque et la Vénus de Milo.\n   M. Emile Verhaeren est un des plus complets exemples de ce « retour aux\norigines ». C'est le dernier-né d'une race qui retombe en enfance en donnant\nà quelques-uns l'illusion de la jeunesse. Dans un des volumes du poète des\nDébâcles, nous trouvons le germe de son état actuel. Ne disait-il pas alors :\n              Voici : me rabaisser à des niaiseries :\n              Petites croix, petits agneaux, petits  Jésus...?\n\n   11 faut bien l'avouer, il a atteint le but qu'il s'était proposé. Très logi-\nquement, il en est arrivé à écrire un Almanach qui rappelle les bouts-rimés\npopulaires ou les prédictions d'un Mathieu Laensberg. On peut comparer\nles vers de M. Verhaeren à ces primitives chansons que marmottent encore\nles grands'mères au coin du feu ; c'est le même esprit et le même genre de\ncomposition. Citons, par exemple, le début d'une incantation conservée par\nl'abbé A. Constant :\n                  C'est le chien noir de la montagne\n                  Qui va tournant dans la campagne,\n                  Le nez soufflant, les yeux en feu,\n                  Et la langue aboyant à Dieu.\n"}, {"page_pdf": 139, "page_imprimee": 124, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2679, "texte": "                                  -    124 —\n\n   La ressemblance est frappante.\n   La forme, chez M. Verhaeren, a, naturellement, suivi le délabrement de\nla pensée. Les vers se sont disloqués peu à peu et M. Verhaeren, qui jadis\nrimait convenablement, se contente aujourd'hui d'une harmonie grossière,\nd'un rythme ébauché et de l'assonnance, qui est le premier plaisir de l'oreille\npour les esprits à peine sortis de la barbarie.\n   Ouvrez n'importe quelle revue de Folklore et vous trouverez, presque à\nchaque page, de ces ébauches de poème. Voici, à titre de comparaison, une\nPatenôtre blanche extraite de l'Enchiridion du pape Léon :\n                       Petite patenôtre blanche\n                       que Dieu fit,\n                       que Dieu dit,\n                       que Dieu mit en paradis.\n                        Au soir m'allant coucher\n                       je trouvis\n                        trois anges à mon lit couchés,\n                        un aux pieds,\n                        deux au chevet,\n                        la bonne Vierge Marie au milieu\n                        qui me dit\n                        que je me conclus,\n                        que rien ne doutis.\n                       Le bon Dieu est mon père,\n                       la bonne Vierge ma mère,\n                       les trois apôtres sont mes frères,\n                       les trois vierges sont mes sœurs.\n                       La chemise où Dieu fut né,\n                       mon corps en est enveloppé,\n                       la croix de sainte Marguerite\n                       à ma poitrine est écrite.\n\n\n   Mais ces poésies populaires sont des points de départ, celles de M. Ver-\nhaeren des points d'arrivée. Ce sont des âmes naïves ou mystiques qui\nchantonnent les premières, c'est un esprit viil li et usé qui vocifère les\nsecondes. L'auteur des Débâcles se souvient d'une vie noire; s'il est rede-\nvenu un barbare, c'est avec de la révolte au cœur. Il est de ceux que la\nnature fait naître pour achever une œuvre de destruction ; il est l'agent de\ncette loi naturelle qui veut le renouvellement des forces et l'élimination des\ncorps tombés en décrépitude. Emile Verhaeren est un destructeur, un\nélément de dislocation. Voyez ce qu'il a fait de la poésie : il en a brisé, en\nquelque sorte, la vie harmonisée, le mouvement rythmé. Chez lui les forces\nbrutales et fatales ne sont plus maîtrisées par la volonté et la raison; elles\ndébordent partout et se précipitent en torrent. C'est l'action désordonnée\net folle qui apparaît. L'art qui, comme une religion, est dans son prolon-\ngement terrestre, un frein sûr et un guide merveilleux, a sombré dans la\ntourmente.\n"}, {"page_pdf": 140, "page_imprimee": 125, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2137, "texte": "                                    —    125 —\n\n\n  M. Vcrhaeren se démène, vocifère, fait des gestes immenses, oubliant\n\n                II faut a l'hexamètre,  ainsi qu'aux purs arceaux\n                Des églises du Nord et des palais arabes.\n                Le calme, pour pouvoir dérouler les anneaux\n                Saints et mystérieux   de ses douces syllabes.\n\n     Ses mots les plus chers, ceux qui apparaissent le plus souvent sous sa\n plume sont : crier, hurler, cingler, casser. Les cloches cassent du silence,\n une carcasse de cheval casse un vieux petit trot, les tocsins cassent des\n bonds de sons, les flammes cassent... etc.\n     Non seulement sa forme est échevelée, mais aussi son style. I1 s'occupe\n fort peu du sens conventionnel des mots ; il n'a pas le temps de consul-\n ter sa raison ; une Muse furieuse l'éperonne et il galope follement à travers\n la syntaxe, dans les jardins corrects de Noël et Chapsal.\n     Nous avons montré M. Verhaeren arrivant aujourd'hui par le chemin de\n la barbarie au point de départ de la poésie. La question est dès lors fort\n simple, et la poser c'est la résoudre : Toute cette littérature de complainte,\n d'almanach, d'images à un sou et de mirliton, vaut-elle la poésie saine et\n splendide, aux lignes harmonieuses et nobles du Parnasse de tous les temps?\n  L'art ne possède-t-il aucun degré de perfection? Est-il aussi grand quand il\n  n'est qu'un grossier plaisir esthétique de sauvage enjolivant sa hache de\n  guerre que lorsqu'il coordonne, harmonise et purifie des pensées?\n     Le différent qui nous sépare de ces enfanteurs de monstres n'est pas\n  qu'une question de forme; il est d'un ordre plus élevé. Leur prétendu vers\n  libre est une conséquence de leur organisation cérébrale. Entre ces furieux,\n  ces déséquilibrés, ces exploiteurs de délire et nous, il y a une irrémédiable\n  antipathie. En face de leurs œuvres, nous éprouvons une véritable répul-\n  sion. Ils ont beau être originaux — le bon roi Dagobert l'était aussi —\n  cette originalité n'alimente que la curiosité ou n'intéresse que la clinique\n. de la Salpêtrière.\n                                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 125, "page_fin": 126, "titre_corps": "Chronique littéraire : L’Intermède lyrique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "II L Intermède lyrique", "ancre_fin": "qui ont du charme et de la grâce", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ce charme et cette grâce", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 140, "page_imprimee": 125, "debut_caractere": 2137, "fin_caractere_exclue": 3127, "texte": "II\nL'Intermède lyrique de HEINE, traduction poétique de J. DE TALLENAY, suivi de Premières\n  rimes. — Matin d'automne et Faunesses et Bacchantes, de AD. BOSCHOT. — Vespérales\n  de ToLA DORIAN. — É v e i l s , de AND. et MAUR. MAGRE. — La Lande fleurie, de YVES\n  BERTHOU. - Rédemption,   du D r E. VALENTIN.\n\n    De toutes les poésies de Henri Heine, certes l'Intermezzo est la plus\nvivante et la plus belle. La composition est peut-être moins savante que\ncelle d'Atta Troll, mais c'est précisément cette naturelle expansion qui en\nlait le charme. Heine s'y résume admirablement nerveux, presque fébrile, et\nironique. Il a chanté la passion dans ce qu'elle a d'irréalisable, l'amour aux\naspirations divines. De plus, la lutte entre l'idéal sémite, le mouvement, et\nl'idéal aryen, le repos, donne à cette œuvre un caractère d'originalité qui\nintéresse vivement la sympathie. Cette lutte aboutit à des éclats oratoires,\nà des accents passionnés que nous ne sommes guère habitués à rencontrer\n"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "                                    —    126   —\n\n\ndans la littérature purement française, et à cette ironie cruelle et saccadée\nqui remplace notre pessimisme statique.\n   Rendre en vers français cette vie ardente et mouvementée se présentait\nd'une difficulté inouïe. L'hexamètre, et même l'octosyllabe, ont une ligne\ntrop noble et trop pure; ils ne se prêtent pas à la vivacité multiforme d'un\nesprit spontané et vibrant. Ceux qui ont tenté de rendre, dans la langue de\nRacine, cette sentimentalité aiguë, en sont arrivés, comme Musset, à écrire\nde mauvais vers imités de Byron ou, comme Laforgue, à briser, par des\nmouvements trop brusques, l'écheveau d'or du poème.\n   Les races ont un esprit très personnel et très différent, et c'est cet esprit\nqui crée instinctivement la forme qui lui est la plus propre. L'esprit fran-\nçais, noble et clair, n'admettant pas la confusion des genres, à cause même\nde cette clarté, s'est choisi un mètre pur et correct, plus apte à rendre le\nbalancement mélodieux des pensées qu'à traduire la fougue et le désordonné\nde la passion.\n   On comprend donc le labeur ingrat auquel devait se livrer l'écrivain qui\nvoulut faire passer dans des poèmes français le lyrisme ardent de l'lnter-\nmezzo. Ce labeur n'a pas effrayé Mme de Tallenay et nous devons nous en\nféliciter.\n   Elle a su éviter le pédantisme des Delille et des Baour-Lormian; elle s'est\nplus appliquée à l'esprit qu'à la lettre et nous a donné des transpositions\npersonnelles qui ont du charme et de la grâce.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 126, "page_fin": 127, "titre_corps": "Chronique littéraire : Premières rimes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "Ce charme et cette grâce", "ancre_fin": "vers la sainte nature", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "M Adolphe Boschot est un poète", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 141, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 1509, "fin_caractere_exclue": 2958, "texte": "Ce charme et cette grâce nous les retrouvons encore dans la seconde\npartie de son volume : Premières rimes. Qu'on en juge d'ailleurs par la\npièce que nous transcrivons ici : Soirée en mer.\n               Nous étions restés seuls. Le pont était désert\n               Et les mâts élancés ployaient sous la voilure.\n               C'était l'heure où le jour dans les ombres se perd,\n               L'heure où la paix du ciel descend sur la nature.\n               Saisis d'un saint respect, tous deux pensifs, émus,\n               Nous regardions la mer, ce ténébreux abîme,\n               Les vastes profondeurs des mondes inconnus.\n               L'espace, où tout se meut dans un ordre sublime.\n               Remplis d'émotion, rêveurs,    silencieux.\n               Elevant au Seigneur notre âme recueillie,\n               Nous écoutions des flots le bruit     mystérieux.\n               Lorsque la vague fuit par la vague assaillie.\n               Tout était calme et pur, dans les plaines de l'air\n               Ainsi que dans la nuit, limpide et vaporeuse.\n               Parfois, un cri d'oiseau, retentissant et clair,\n               Surgissait, loin de nous, de l'onde impétueuse.\n               Se mouvant lourdement sous ses mâts     orgueilleux,\n               Notre vaisseau voguait dans l'immensité sombre,\n               Et, ta main dans ma main, nous étions tous les deux\n               Isolés sur le pont, déjà tout voilé d'ombre...\n"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 287, "texte": "                                    —   127    —\n\n\n              Te souvient-il encor de ce moment béni?\n              De cette belle nuit si tranquille et si pure.\n              Oit nos cœurs, pénétrés d'un amour infini.\n              S'élevaient, d'un élan, vers la sainte nature ?\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 127, "page_fin": 127, "titre_corps": "Chronique littéraire : Faunesses et Bacchantes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "M Adolphe Boschot est un poète", "ancre_fin": "titre de Faunesses et Bacchantes", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L art n est pas mieux partagé", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 287, "fin_caractere_exclue": 1030, "texte": "M. Adolphe Boschot est un poète complaisant : il laisse à sa muse le\nplus de libertés possibles, et elle en profite d'une façon outrée. M. Boschot\na trop de facilités; aussi les mots ne sont-ils pas assez réfléchis dans son\ncerveau et trahissent-ils souvent sa pensée :\n              C'est la Diane de Rubens en un bois fauve;\n              Elle est couchée et dort; son corps est déjeté ! ! . . .\n  Kl cette Bacchante qui :\n              Fait dormir   la blancheur    de son beau corps replet.\n\n  Ou bien encore :\n              Et les vierges,   six mois, marinaient dans la       myrrhe.\n\n   Ces citations sont extraites d'une vingtaine de sonnets que M. Boschot a\nréunis rapidement en plaquette sous le titre de Faunesses et Bacchantes.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 127, "page_fin": 127, "titre_corps": "Chronique littéraire : Matin d’automne", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "L art n est pas mieux partagé", "ancre_fin": "cette conversation sentimentale", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ce n est pas le reproche", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1030, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "L'art n'est pas mieux partagé dans Matin d'Automne du même. C'est un\ncolloque de quelques pages où nous trouvons l'élément masculin, sous la\nforme d'un rêveur inconsistant, aux prises avec l'élément féminin, repré-\nsenté par une personne maternelle mais pratique.\n   L'amant se laisse entraîner à des divagations blanches qui ne sont point\ndu goût de la partenaire. Celle-ci, qui n'y comprend pas grand'chose, pose\ncarrément la question de cabinet :\n              Car je veux être aimée humainement. Je veux\n              Ne plus être pour toi l'irréelle madone :\n              Je veux de chauds baisers pris entre mes cheveux.\n              Parmi ma chair amoureuse, que je te donne.\n\n   La forme ne parvient pas à sauver cette conversation sentimentale.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 127, "page_fin": 127, "titre_corps": "Chronique littéraire : Vespérales", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "Ce n est pas le reproche", "ancre_fin": "beaucoup réfléchi et beaucoup lu", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Signalons encore Éveils", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 1789, "fin_caractere_exclue": 2174, "texte": "Ce n'est pas le reproche que l'on peut adresser à Tola Dorian qui, dans\nVespérales, se montre artiste très consciencieuse. Elle affirme un souci sin-\ncère de rythme et de sonorité, qui, par ce temps de poésies indécises et nua-\ngeuses, a son grand mérite. La pensée est savante; ce n'est pas de l'art\nmièvre de femme. 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Magre une suite de petites\npièces qui dénotent vraiment des poètes émus et tendres.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-015", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 127, "page_fin": 128, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Lande fleurie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "Il nous reste à parler", "ancre_fin": "le prosateur empiète sur le poète", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Signalons en terminant Rédemption", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 142, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 2448, "fin_caractere_exclue": 2742, "texte": "Il nous reste à parler de la Lande fleurie de M. Yves Berthou.\n   Parmi le nombre considérable de versificateurs de ce XIXe siècle, on pour-\nrait distinguer les poètes purs, les lyriques et les demi-poètes, ceux qui ne\ns'élèvent pas jusqu'à la contemplation, l'exaltation du Beau ; ceux qui ne\n"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1607, "texte": "                                  —   128 —\n\n\n quintessencient pas assez les choses, mais qui les voient plutôt dans leur\n succession et dans leur extension. Ces demi-poètes côtoient sans cesse le\ndomaine de la prose et quelquefois même y font incursion, tout en conser-\nvant la forme métrique. C'est le cas de François Coppée, par exemple, et de\nGui de Maupassant. On peut ranger parmi ceux-là les poètes de terroir,\ntels Brizeux, qui s'inspira de la Bretagne, André Theuriet, de la Lorraine,\nFrançois. Fabié, du Rouergue, Jean Aicard, de la Provence. C'est le style\ndescriptif qui leur est le plus cher. Ils ne s'élèvent pas jusqu'à la synthèse,\nc'est-à-dire jusqu'à l'idée, des paysages qui ont impressionné leur âme, ou\ndes faits, des accidents qui se sont accomplis sur le sol natal. Ils décrivent,\nils énumèrent, ils racontent ; et, en cela, ils sont plus véritablement des pro-\nsateurs. Le vers fixe les phénomènes hors du temps et de l'espace; la prose\nles suit dans leurs multiples variations et dans leurs mouvements.\n   M. Yves Berthou se rattache à la catégorie des poètes de terroir. C'est,\ncomme Brizeux, la Bretagne qu'il a voulu évoquer. Il quitte le pays d'exil,\nrentre dans sa vraie patrie et laisse, avec une joie émue, se retremper son\nâme aux sources primitives de sa jeunesse et de ses souvenirs. Il nous\nraconte alors les anciennes légendes que l'on dit aux veillées, les impres-\nsions des vastes plaines couvertes de genêts d'or, ou décrit un paysage\nmouillé et lumineux.\n   Ce que l'on pourrait reprocher à M. Yves Berthou, c'est que, parfois, le\nprosateur empiète sur le poète.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-016", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 128, "page_fin": 128, "titre_corps": "Chronique littéraire : Rédemption", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "Signalons en terminant Rédemption", "ancre_fin": "VALÈRE GlLLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 143, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 1607, "fin_caractere_exclue": 1806, "texte": "Signalons, en terminant, Rédemption, poème antiesclavagiste, que le\nD r Emile Valentin a conduit vaillamment pendant six chants.\n\n                                                         VALÈRE GlLLE"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-017", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 129, "page_fin": 132, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Le Trèfle noir", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 104, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 107, "fin_caractere_exclue": 147, "texte": "L'obligeance d'un de nos correspondants,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 230, "texte": "attache au fameux cabinet noir dont on a"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 267, "fin_caractere_exclue": 303, "texte": "récemment parlé à la Chambre, nous a"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 354, "fin_caractere_exclue": 397, "texte": "permis d'intercepter les lettres suivantes,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 442, "fin_caractere_exclue": 484, "texte": "dont nous respectons mieux le texte que le"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 529, "fin_caractere_exclue": 537, "texte": "secret :"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 709, "fin_caractere_exclue": 745, "texte": "A feu le Dr EMILE VAI.ENTIN, grapho-"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 836, "fin_caractere_exclue": 841, "texte": "mane."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 899, "fin_caractere_exclue": 938, "texte": "Vous avez le plus grand tort, cher doc-"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 982, "fin_caractere_exclue": 1018, "texte": "teur, en nous représentant comme une"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1100, "fin_caractere_exclue": 1142, "texte": "génération ignorante du génie de M. 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Mais si vous avez le malheur de m'en-"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2483, "fin_caractere_exclue": 2521, "texte": "voyer un « Amant œcuménique », je vous"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2587, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "allongerai un coup de pied."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2692, "fin_caractere_exclue": 2708, "texte": "VÉNUS, rentière."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2767, "fin_caractere_exclue": 2807, "texte": "A M. BRUNETIÈRE,         évolutionniste."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2949, "fin_caractere_exclue": 2984, "texte": "Vous m'avez préparé un joli succès,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2985, "fin_caractere_exclue": 3026, "texte": "l'autre soir, au banquet Puvis de C h a -"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3066, "fin_caractere_exclue": 3098, "texte": "vannes. Vous êtes un ennemi sûr."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3251, "fin_caractere_exclue": 3270, "texte": "CHARLES BAUDELAIRE."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3327, "fin_caractere_exclue": 3374, "texte": "A M. EMILE ZOLA, devant             l'Institut."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3425, "fin_caractere_exclue": 3464, "texte": "Continuez, mon cher confrère, continuez"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3465, "fin_caractere_exclue": 3507, "texte": "à frapper à la porte de l'Académie. L'Aca-"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3508, "fin_caractere_exclue": 3549, "texte": "démie continuera à vous refuser. De cette"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3594, "fin_caractere_exclue": 3633, "texte": "manière, vous êtes assuré d'une ressem-"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3664, "fin_caractere_exclue": 3680, "texte": "blance avec moi."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3775, "fin_caractere_exclue": 3782, "texte": "BALZAC."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 155, "fin_caractere_exclue": 189, "texte": "A M. HENRI VANDEPUTTE, poète aubal"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 237, "fin_caractere_exclue": 266, "texte": "et clavecinal, dans le train."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 314, "fin_caractere_exclue": 353, "texte": "Crépusculaire est un beau morceau. Seu-"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 398, "fin_caractere_exclue": 441, "texte": "lement, il n'y a pas encore assez de néolo-"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 485, "fin_caractere_exclue": 528, "texte": "gismes Je ne cesse de le répéter aux jeunes"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 573, "fin_caractere_exclue": 616, "texte": "poètes : il faut s'empresser de faire en un"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 661, "fin_caractere_exclue": 703, "texte": "seul poème tous les néologismes possibles."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 790, "fin_caractere_exclue": 832, "texte": "C'est le seul moyen d'être tranquiile dans"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 886, "fin_caractere_exclue": 895, "texte": "l'avenir."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 960, "fin_caractere_exclue": 981, "texte": "THÉODORE DE BANVILLE."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1069, "fin_caractere_exclue": 1099, "texte": "A M. GEORGES EEKHOUD, critique"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1190, "fin_caractere_exclue": 1219, "texte": "musical à « l'Etoile belge »."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1308, "fin_caractere_exclue": 1352, "texte": "J'ai lu votre article sur le dernier Concert"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1395, "fin_caractere_exclue": 1432, "texte": "populaire. Je vous envoie mon bonnet."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1491, "fin_caractere_exclue": 1518, "texte": "L'OUVREUSE DU CIRQUE D'ETÉ."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1628, "fin_caractere_exclue": 1671, "texte": "A Mme PIROTTE, à la « Société          nou­"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1731, "fin_caractere_exclue": 1750, "texte": "velle », Bruxelles."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1808, "fin_caractere_exclue": 1842, "texte": "Pourquoi dites-vous que nous avons"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1898, "fin_caractere_exclue": 1940, "texte": "besoin d'une religion de joie? Vous l'avez"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 1996, "fin_caractere_exclue": 2031, "texte": "fondée, Madame, vous l'avez fondée."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2114, "fin_caractere_exclue": 2132, "texte": "J.-B. D'AUREVILLY."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2194, "fin_caractere_exclue": 2226, "texte": "A M. PAUL GÉRARDY, poète wallon."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2303, "fin_caractere_exclue": 2338, "texte": "Vous écrivez très bien en allemand."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2425, "fin_caractere_exclue": 2437, "texte": "HENRI HEINE."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2543, "fin_caractere_exclue": 2586, "texte": "A M. VIRGILE ROSSEL, esthète        suisse."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2646, "fin_caractere_exclue": 2663, "texte": "Rendez le prénom."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2753, "fin_caractere_exclue": 2761, "texte": "VIRGILE."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2823, "fin_caractere_exclue": 2865, "texte": "A M.      CHARLES POTVIN,     conservateur"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 2925, "fin_caractere_exclue": 2945, "texte": "du Musée     Wiertz."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3029, "fin_caractere_exclue": 3065, "texte": "Le Patriote assure que les toiles de"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3108, "fin_caractere_exclue": 3147, "texte": "Wiertz se conservent de moins en moins."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3190, "fin_caractere_exclue": 3231, "texte": "A la bonne heure : vous réparez noblement"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3313, "fin_caractere_exclue": 3323, "texte": "vos torts."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3406, "fin_caractere_exclue": 3421, "texte": "HENRY DE GROUX."}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3553, "fin_caractere_exclue": 3593, "texte": "Nous lisons, avec des sentiments divers,"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3634, "fin_caractere_exclue": 3663, "texte": "cette nouvelle dans Le Soir :"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3709, "fin_caractere_exclue": 3743, "texte": "UNE HISTOIRE ET DÉCORATION. — 11 y"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 3787, "fin_caractere_exclue": 3826, "texte": "avait une fois — commençons, si vous le"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "voulez, comme dans les belles histoires —"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 189, "texte": "il y avait une fois plusieurs jeunes écrivains"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 239, "fin_caractere_exclue": 281, "texte": "dont les uns avaient beaucoup de talent et"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 333, "fin_caractere_exclue": 350, "texte": "les autres moins."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 428, "fin_caractere_exclue": 469, "texte": "Et ces écrivains, tout en faisant fi — en"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 494, "fin_caractere_exclue": 533, "texte": "paroles et avec des gestes beaux. .. de"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 588, "fin_caractere_exclue": 630, "texte": "dédain — du petit chiffon rouge, amaranthe"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 680, "fin_caractere_exclue": 722, "texte": "ou bleu, qu'on appelle décoration, le con-"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 766, "fin_caractere_exclue": 795, "texte": "voitaient vivement en secret."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 863, "fin_caractere_exclue": 901, "texte": "Seulement le gouvernement de leur pays"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 956, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "était toujours resté sourd aux appels for-"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1027, "fin_caractere_exclue": 1069, "texte": "mulés pour eux par les amis. Ces écrivains"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1098, "fin_caractere_exclue": 1143, "texte": "vivaient, il faut le dire, dans un pays où la"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1144, "fin_caractere_exclue": 1184, "texte": "bonne soupe est de loin préférée au beau"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1185, "fin_caractere_exclue": 1193, "texte": "langage."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1282, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "Mais il arriva un jour qu'un pays voisin"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1367, "fin_caractere_exclue": 1405, "texte": "— mettons que ce soit la France — plus"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1436, "fin_caractere_exclue": 1480, "texte": "épris des lettres, se mit en tête d'octroyer"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1528, "fin_caractere_exclue": 1572, "texte": "à ces jeunes gens le ruban que leur refusait"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1619, "fin_caractere_exclue": 1655, "texte": "le gouvernement de leur propre pays."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1717, "fin_caractere_exclue": 1758, "texte": "Et il en manifesta à celui-ci la formelle"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1809, "fin_caractere_exclue": 1818, "texte": "décision."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1910, "fin_caractere_exclue": 1945, "texte": "— Comment! s'exclamèrent alors ceux"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1998, "fin_caractere_exclue": 2035, "texte": "qui vivaient de bonne soupe, comment!"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2091, "fin_caractere_exclue": 2135, "texte": "vous allez décorer ces jeunes gens?... Alors"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2182, "fin_caractere_exclue": 2219, "texte": "vous allez au moins les décorer tous?"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2279, "fin_caractere_exclue": 2318, "texte": "— Tous, c'est beaucoup... Il y a notam-"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2369, "fin_caractere_exclue": 2410, "texte": "ment que l'un d'eux ne sera jamais décoré"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2462, "fin_caractere_exclue": 2509, "texte": "par nous, car c'est un écrivain ami-français..."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2560, "fin_caractere_exclue": 2602, "texte": "Et les gouvernants, saisissant la balle au"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2648, "fin_caractere_exclue": 2667, "texte": "bond, s'écrièrent :"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2739, "fin_caractere_exclue": 2778, "texte": "— Oh ! vous voulez faire une manifesta-"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2824, "fin_caractere_exclue": 2862, "texte": "tion politique ?... Nous devons nous y"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2863, "fin_caractere_exclue": 2873, "texte": "opposer..."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2878, "fin_caractere_exclue": 2916, "texte": "Et voilà comment le ruban — mettons de"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2965, "fin_caractere_exclue": 3005, "texte": "la Légion d'honneur — n'ornera point les"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3036, "fin_caractere_exclue": 3077, "texte": "boutonnières des jeunes écrivains dont il"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3078, "fin_caractere_exclue": 3109, "texte": "est question en cette histoire."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3150, "fin_caractere_exclue": 3191, "texte": "Dans le Landerneau des lettres, cela fait"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3242, "fin_caractere_exclue": 3286, "texte": "pour' le quart d'heure un grand potin ; car,"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3336, "fin_caractere_exclue": 3381, "texte": "nous le répétons, tout en faisant fi du petit"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3429, "fin_caractere_exclue": 3472, "texte": "chiffon rouge, en secret les jeunes gens de"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3516, "fin_caractere_exclue": 3547, "texte": "lettres le convoitent vivement."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3796, "fin_caractere_exclue": 3836, "texte": "L'Art moderne vient d'exécuter un de ces"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3885, "fin_caractere_exclue": 3925, "texte": "solos pour cymbales dont il a le secret."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3979, "fin_caractere_exclue": 4021, "texte": "Après la bamboula traditionnelle contre la"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4073, "fin_caractere_exclue": 4119, "texte": "presse, qui a d'ailleurs l'air de se ficher de"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4163, "fin_caractere_exclue": 4197, "texte": "l'Art moderne comme du dernier des"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4243, "fin_caractere_exclue": 4284, "texte": "Mohicans, le joyeux hebdomadaire qui sert"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 141, "texte": "de moniteur à tous les toqués de Belgique"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 192, "fin_caractere_exclue": 237, "texte": "affirme, une fois de plus, que l'art poétique"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 288, "fin_caractere_exclue": 331, "texte": "« est définitivement dégagé des formes par-"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 382, "fin_caractere_exclue": 423, "texte": "nassiennes » et que le vers libre « s'est"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 474, "fin_caractere_exclue": 493, "texte": "imposé vainqueur »."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 547, "fin_caractere_exclue": 587, "texte": "Ce dégagement et cette victoire existent"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 638, "fin_caractere_exclue": 679, "texte": "peut-être dans l'imagination de l'Art mo­"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 730, "fin_caractere_exclue": 764, "texte": "derne, mais ils n'existent que là."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 818, "fin_caractere_exclue": 858, "texte": "Le vers libre est aussi bête aujourd'hui"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 909, "fin_caractere_exclue": 955, "texte": "qu'il y a cinq ans. S'il s'impose à quelqu'un,"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1006, "fin_caractere_exclue": 1026, "texte": "c'est aux imbéciles."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1080, "fin_caractere_exclue": 1097, "texte": "Qu'on se le dise!"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1238, "fin_caractere_exclue": 1277, "texte": "A l'Art moderne, ces quelques lignes de"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1328, "fin_caractere_exclue": 1366, "texte": "Ch. Maurras citées par G. Kahn dans la"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1417, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "Société nouvelle :"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1489, "fin_caractere_exclue": 1527, "texte": "« Le prodigieux épuisement des esprits"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1578, "fin_caractere_exclue": 1618, "texte": "depuis trois quarts de siècle de culture"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1669, "fin_caractere_exclue": 1712, "texte": "barbare amène une sorte de nuit tout à fait"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1763, "fin_caractere_exclue": 1808, "texte": "comparable à celle qui précéda l'an mil, tant"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1859, "fin_caractere_exclue": 1905, "texte": "les facultés de frémir et de sentir ont seules"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 1956, "fin_caractere_exclue": 1997, "texte": "prévalu et crû! Qui cherchera le sens des"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2048, "fin_caractere_exclue": 2090, "texte": "choses? On ne veut plus qu'en être ému. Il"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2141, "fin_caractere_exclue": 2181, "texte": "n'est jamais question aujourd'hui que de"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2232, "fin_caractere_exclue": 2274, "texte": "sentiments. Les femmes si brisées et humi-"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2325, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "liées par nos mœurs se sont vengées en nous"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2419, "fin_caractere_exclue": 2461, "texte": "communiquant leur nature. Tout s'est effé-"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2512, "fin_caractere_exclue": 2555, "texte": "miné, depuis l'esprit jusqu'à l'amour. Tout"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2606, "fin_caractere_exclue": 2647, "texte": "s'est amolli. Incapable de disposer et de"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2698, "fin_caractere_exclue": 2734, "texte": "promouvoir des idées en harmonieuses"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2785, "fin_caractere_exclue": 2823, "texte": "séries, on ne songe plus qu'à subir. »"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 2927, "fin_caractere_exclue": 2964, "texte": "Nous recevons de notre jeune ami Toto"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3015, "fin_caractere_exclue": 3035, "texte": "la lettre suivante :"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3137, "fin_caractere_exclue": 3144, "texte": "MAÎTRE,"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3199, "fin_caractere_exclue": 3241, "texte": "J'ai trouvé! 'M. Potvin dit : Eurêka. J'ai"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3292, "fin_caractere_exclue": 3335, "texte": "trouvé la clef du grand mystère. Cette clef"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3386, "fin_caractere_exclue": 3428, "texte": "est une balance. Action et réaction, comme"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3479, "fin_caractere_exclue": 3515, "texte": "dit M. Tiberghien. Les Décadents ont"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3566, "fin_caractere_exclue": 3608, "texte": "poussé la littérature jusqu'à ses derniers"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3659, "fin_caractere_exclue": 3697, "texte": "raffinements, au temps où M, Picard ne"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3748, "fin_caractere_exclue": 3792, "texte": "publiait ses livres que pour dix esthètes de"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3843, "fin_caractere_exclue": 3884, "texte": "choix. Aujourd'hui, on passe dans l'autre"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 3935, "fin_caractere_exclue": 3978, "texte": "plateau de la balance; on s'en retourne aux"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4029, "fin_caractere_exclue": 4072, "texte": "balbutiements primitifs chers au professeur"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4123, "fin_caractere_exclue": 4162, "texte": "Garner et on rêve d'être lu par tout le"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4213, "fin_caractere_exclue": 4242, "texte": "monde, y compris les moutons."}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 4296, "fin_caractere_exclue": 4327, "texte": "Moi je suis du dernier plateau."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 105, "texte": "Le caractère primitif de l'intelligence"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 172, "fin_caractere_exclue": 213, "texte": "humaine, c'est d'être complètement dominé"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 280, "fin_caractere_exclue": 324, "texte": "par l'image, par la sensation à peine trans-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 389, "fin_caractere_exclue": 429, "texte": "formée, par les impressions directes des"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 477, "fin_caractere_exclue": 520, "texte": "choses. Aussi notre langage ne doit-il être"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 583, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "qu'un langage émotionnel et imitatif."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 692, "fin_caractere_exclue": 734, "texte": "Je dis avec M. Mauclair : Je ne veux faire"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 798, "fin_caractere_exclue": 819, "texte": "qu'un peu de musique."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 908, "fin_caractere_exclue": 947, "texte": "Voici un exemple de ma dernière manière"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1014, "fin_caractere_exclue": 1057, "texte": "que vous accepterez, j'espère, avec bonté :"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1204, "fin_caractere_exclue": 1217, "texte": "JEUNE CHANSON"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1290, "fin_caractere_exclue": 1333, "texte": "Il était trois petits cochons d ' I n d e ."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1388, "fin_caractere_exclue": 1428, "texte": "La première princesse était aussi dinde."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1484, "fin_caractere_exclue": 1499, "texte": "Bê, bê, bè, bê,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1583, "fin_caractere_exclue": 1621, "texte": "Tous les moutons s'en vont a u p r é ."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1682, "fin_caractere_exclue": 1719, "texte": "Avait trois anneaux le fils d u roi ;"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1780, "fin_caractere_exclue": 1812, "texte": "Jamais, jamais on a su pourquoi."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1880, "fin_caractere_exclue": 1895, "texte": "Bê, bê, bê, bê,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1984, "fin_caractere_exclue": 2022, "texte": "Tous les moutons s'en vont a u p r é ."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2083, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "A mis les trois anneaux d a n s les trois cochons d ' I n d e ,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2190, "fin_caractere_exclue": 2224, "texte": "Et puis alors s'est mis à geindre."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2298, "fin_caractere_exclue": 2313, "texte": "Bê, bê, bê, bê,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2398, "fin_caractere_exclue": 2435, "texte": "Tous les moutons s'en vont au p r é ."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2500, "fin_caractere_exclue": 2533, "texte": "Et comme la princesse était folle"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2597, "fin_caractere_exclue": 2627, "texte": "Elle a trouvé cela fort drôle."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2628, "fin_caractere_exclue": 2663, "texte": "Bè, bê, bê, b ê . Ah I oui vraiment"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2735, "fin_caractere_exclue": 2765, "texte": "Maeterlinck est un bon enfant."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2815, "fin_caractere_exclue": 2819, "texte": "TOTO"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3058, "fin_caractere_exclue": 3096, "texte": "REVUE DES REVUES. Le numéro de février"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3162, "fin_caractere_exclue": 3200, "texte": "de l'Ermitage nous apporte le sommaire"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3267, "fin_caractere_exclue": 3306, "texte": "suivant : P. Berthon, la Décoration mo-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3346, "fin_caractere_exclue": 3386, "texte": "derne; Alber Jhouney, Vers ; R Boylesve,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3451, "fin_caractere_exclue": 3497, "texte": "les Belles folies d'écho ; Maffre de Baugé, la"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3558, "fin_caractere_exclue": 3597, "texte": "Veillée d'armes; Edm. Pilon, Ad. Retté;"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3657, "fin_caractere_exclue": 3698, "texte": "Ad. Ketté et Yebel, Vers; J. des Gachons,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3765, "fin_caractere_exclue": 3780, "texte": "le Prince naïf."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3877, "fin_caractere_exclue": 3915, "texte": "Le Mercure de France publie la préface"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3985, "fin_caractere_exclue": 4027, "texte": "au livre de Jamblique sur les Mystères, de"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4096, "fin_caractere_exclue": 4134, "texte": "Pierre Quillard, ainsi que des vers de"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4176, "fin_caractere_exclue": 4200, "texte": "Jhouney, Lorrain, Retté."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4286, "fin_caractere_exclue": 4324, "texte": "Notre ami Ch. Van Lerberghe, qui avait"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4388, "fin_caractere_exclue": 4427, "texte": "gardé pendant trop longtemps un silence"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4494, "fin_caractere_exclue": 4538, "texte": "regretté, vient de donner à la petite Stella"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4605, "fin_caractere_exclue": 4643, "texte": "quelques phrases mélodieuses, prose ou"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4719, "fin_caractere_exclue": 4760, "texte": "vers, intitulées : L'Initiation matinale."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4824, "fin_caractere_exclue": 4862, "texte": "Dans la Société nouvelle, Georges Eek-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4898, "fin_caractere_exclue": 4937, "texte": "houd étudie la pléiade shakespearienne,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 5004, "fin_caractere_exclue": 5044, "texte": "tandis qu'Emile Verhaeren casse des mots"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 5102, "fin_caractere_exclue": 5126, "texte": "avec une furie insensée."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 5210, "fin_caractere_exclue": 5249, "texte": "Le Magasin littéraire et la Revue géné­"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 5317, "fin_caractere_exclue": 5357, "texte": "rale publient des articles de Henry Bor-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 5426, "fin_caractere_exclue": 5465, "texte": "deaux et de Firmin Vanden Bosch. A lire"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 5531, "fin_caractere_exclue": 5572, "texte": "aussi la Nervic, Durendal, l'Art jeune et"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 130, "fin_caractere_exclue": 171, "texte": "Pages d'art et de science, dont quelques-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 238, "fin_caractere_exclue": 279, "texte": "unes sont consacrées à une étude intéres-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 346, "fin_caractere_exclue": 388, "texte": "sante de Maurice Cartuyvels sur la person-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 455, "fin_caractere_exclue": 476, "texte": "nalité d'Iwan Gilkin."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 546, "fin_caractere_exclue": 582, "texte": "La Revue blanche est devenue bi-men-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 649, "fin_caractere_exclue": 689, "texte": "suelle mais n'a pas changé de couleur. A"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 756, "fin_caractere_exclue": 797, "texte": "signaler la traduction de lettres d'Edgar"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 864, "fin_caractere_exclue": 905, "texte": "Poe et une variation de Stéphane Mallarmé"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 972, "fin_caractere_exclue": 1013, "texte": "sur l'Action, débutant par ces vers cour-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1080, "fin_caractere_exclue": 1088, "texte": "roucés :"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1165, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "P E T I T AIR (GUERRIER)"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1264, "fin_caractere_exclue": 1289, "texte": "Ce me va hormis l'y taire"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1364, "fin_caractere_exclue": 1387, "texte": "Que j e sente d u foyer"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1462, "fin_caractere_exclue": 1483, "texte": "Un pantalon militaire"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1558, "fin_caractere_exclue": 1582, "texte": "A ma j a m b e rougeoyer"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1657, "fin_caractere_exclue": 1681, "texte": "L'invasion j e la guette"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1756, "fin_caractere_exclue": 1779, "texte": "Avec le vierge courroux"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1854, "fin_caractere_exclue": 1879, "texte": "Tout juste de la baguette"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 1954, "fin_caractere_exclue": 1983, "texte": "Au gant blanc des tourlourous"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2058, "fin_caractere_exclue": 2082, "texte": "N u e ou d'écorce tenace"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2157, "fin_caractere_exclue": 2189, "texte": "P a s pour b a t t r e le Teuton"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2264, "fin_caractere_exclue": 2297, "texte": "Mais comme u n e a u t r e menace"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2372, "fin_caractere_exclue": 2397, "texte": "A la fin q u e me veut-on"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2472, "fin_caractere_exclue": 2499, "texte": "De trancher ras cette ortie"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2574, "fin_caractere_exclue": 2596, "texte": "Folle d e la sympathie"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2697, "fin_caractere_exclue": 2734, "texte": "Les revues étrangètes du mois se sont"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2832, "fin_caractere_exclue": 2869, "texte": "beaucoup occupées du mouvement litté-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 2936, "fin_caractere_exclue": 2948, "texte": "raire belge."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3018, "fin_caractere_exclue": 3054, "texte": "Dans notre prochain numéro nous don-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3121, "fin_caractere_exclue": 3161, "texte": "nerons quelques extraits d'un article du"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3228, "fin_caractere_exclue": 3266, "texte": "professeur Van Hamel paru dans le Gids"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3333, "fin_caractere_exclue": 3345, "texte": "d'Amsterdam."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3415, "fin_caractere_exclue": 3450, "texte": "Pour le moment, traduisons quelques"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3517, "fin_caractere_exclue": 3556, "texte": "appréciations que M. Gérardy a déposées"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3623, "fin_caractere_exclue": 3656, "texte": "dans l'Allgemeine Kunst-Chronik :"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3726, "fin_caractere_exclue": 3764, "texte": "« Camille Lemonnier, un des plus éton-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3831, "fin_caractere_exclue": 3874, "texte": "nants ouvriers de la prose française, haute"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 3941, "fin_caractere_exclue": 3984, "texte": "et magnifique personnalité artistique, plus"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4051, "fin_caractere_exclue": 4095, "texte": "artiste que Zola, porte-drapeau de la litté-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4162, "fin_caractere_exclue": 4175, "texte": "rature belge."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4245, "fin_caractere_exclue": 4283, "texte": "Georges Eekhoud, le Flamand, qui écrit"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4350, "fin_caractere_exclue": 4387, "texte": "comme Jordaens et Teniers peignaient."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4457, "fin_caractere_exclue": 4493, "texte": "Edmond Picard, grand orateur, magni-"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4560, "fin_caractere_exclue": 4604, "texte": "fique tribun; un des plus hardis juristes de"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4671, "fin_caractere_exclue": 4718, "texte": "l'époque, et, à certaines heures (!!!!) délicat"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4785, "fin_caractere_exclue": 4821, "texte": "écrivain au style miroitant comme un"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4888, "fin_caractere_exclue": 4897, "texte": "prisme. »"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 4967, "fin_caractere_exclue": 5003, "texte": "La pléiade des psychologues wallons,"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 5070, "fin_caractere_exclue": 5101, "texte": "parmi lesquels Demblon et Olin."}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 5171, "fin_caractere_exclue": 5207, "texte": "Les auteurs dramatiques. Charles Van"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 5274, "fin_caractere_exclue": 5316, "texte": "Lerberghe, qui « a jeté par la fenêtre les"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 5383, "fin_caractere_exclue": 5425, "texte": "nippes qui encombraient la scène française"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 5492, "fin_caractere_exclue": 5530, "texte": "pour les remplacer par les décorations"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 5597, "fin_caractere_exclue": 5638, "texte": "sévères de son goût, personnifie l'esprit"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 41, "texte": "—"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "germanique qui a renversé — d'un trait —"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 182, "texte": "toutes les productions de l'esprit latin par-"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 226, "fin_caractere_exclue": 267, "texte": "venu au terme de son évolution artistique"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 318, "fin_caractere_exclue": 358, "texte": "« Maeterlinck, auquel on a fait beaucoup"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 367, "fin_caractere_exclue": 410, "texte": "de reproches, ce qui prouve qu'il a apporté"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 412, "fin_caractere_exclue": 447, "texte": "beaucoup de neuf. — Ses personnages"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 452, "fin_caractere_exclue": 488, "texte": "sont d'aucun temps ni d'aucun pays :"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 531, "fin_caractere_exclue": 572, "texte": "sont des abstractions de l'homme, le type"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 615, "fin_caractere_exclue": 656, "texte": "absolu de l'homme tel que se le représen-"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 747, "fin_caractere_exclue": 789, "texte": "taient Platon, Duns Scott et les réalistes"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 881, "fin_caractere_exclue": 918, "texte": "moyenâgeux. L'émotion que donnent ses"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1011, "fin_caractere_exclue": 1051, "texte": "petits drames pour marionnettes est pro-"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1104, "fin_caractere_exclue": 1140, "texte": "fonde au delà de toute expression. »"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1231, "fin_caractere_exclue": 1269, "texte": "Richard Ledent. D'une grande puissance"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1300, "fin_caractere_exclue": 1309, "texte": "tragique."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1386, "fin_caractere_exclue": 1424, "texte": "EmileVerhaeren. Un des premiers poètes"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1473, "fin_caractere_exclue": 1494, "texte": "lyriques de l'époque."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1529, "fin_caractere_exclue": 1569, "texte": "Gilkin procède de Baudelaire, et Giraud,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1614, "fin_caractere_exclue": 1638, "texte": "de Théodore de Banville."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1675, "fin_caractere_exclue": 1709, "texte": "Georges Khnopff, le frère du grand"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1756, "fin_caractere_exclue": 1800, "texte": "peintre, publié et inédit, et Grégoire Leroy"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1826, "fin_caractere_exclue": 1867, "texte": "de grand talent dont les œuvres vont sans"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1956, "fin_caractere_exclue": 1973, "texte": "doute paraître. »"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2135, "fin_caractere_exclue": 2163, "texte": "Cette nouvelle du Moniteur :"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2188, "fin_caractere_exclue": 2228, "texte": "M. A. Beernaert, ministre d'État, prési-"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2273, "fin_caractere_exclue": 2310, "texte": "dent de la Chambre des représentants,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2342, "fin_caractere_exclue": 2378, "texte": "M. Ch. Cardon sont nommés membres de"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2428, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "la commission directrice des musées roy aux"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2517, "fin_caractere_exclue": 2558, "texte": "de peinture et de sculpture de l'État, en"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2570, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "remplacement de MM. Slingeneyer et Dele-"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2647, "fin_caractere_exclue": 2663, "texte": "becque, décédés."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2739, "fin_caractere_exclue": 2775, "texte": "Beernaert? Est-ce celui dont la sœur"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2785, "fin_caractere_exclue": 2800, "texte": "tant de talent?"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2865, "fin_caractere_exclue": 2886, "texte": "Une pensée d'I. Will."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2889, "fin_caractere_exclue": 2925, "texte": "« Parfois — rarement — entre femmes,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2926, "fin_caractere_exclue": 2937, "texte": "on va loin."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2942, "fin_caractere_exclue": 2979, "texte": "Une erreur de typographie nous a fait"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2980, "fin_caractere_exclue": 3020, "texte": "imprimer, dans le numéro de janvier der-"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 49, "texte": "l32 —"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 93, "fin_caractere_exclue": 135, "texte": "nier, au bas du sonnet L'Apôtre, la signa-"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 183, "fin_caractere_exclue": 224, "texte": "ture inexacte : Ch. Descamps. L'auteur de"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 268, "fin_caractere_exclue": 313, "texte": "». ce sonnet est M. le chevalier Edouard Des-"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 359, "fin_caractere_exclue": 365, "texte": "camps."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 448, "fin_caractere_exclue": 450, "texte": "ne"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 489, "fin_caractere_exclue": 529, "texte": "ce            BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE :"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 581, "fin_caractere_exclue": 614, "texte": "Maurice Donnay. — Le Prince naïf."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 708, "fin_caractere_exclue": 745, "texte": "Strindberg. — Père. Le Paria. Traduc-"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 837, "fin_caractere_exclue": 880, "texte": "tion de Loiseau, avec une lettre d'E. Zola."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 970, "fin_caractere_exclue": 1010, "texte": ".1. de Marthold. — Le Jargon de Fr. Vil­"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1099, "fin_caractere_exclue": 1103, "texte": "lon."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1192, "fin_caractere_exclue": 1226, "texte": "L. Descaves. — Les Emmurés, roman."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1278, "fin_caractere_exclue": 1299, "texte": "Stapfer. — Montaigne."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1351, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "H de Régnier — Le Trèfle noir."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1433, "fin_caractere_exclue": 1472, "texte": "H. Rebell. — Union des trois aristocra­"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1520, "fin_caractere_exclue": 1525, "texte": "ties."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1576, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "A. Appia. — La Mise en scène du drame"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1661, "fin_caractere_exclue": 1671, "texte": "wagnérien."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1722, "fin_caractere_exclue": 1755, "texte": "Ch. Henry. — Quelques aperçus sur"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1801, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "l'esthétique des formes."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 1918, "fin_caractere_exclue": 1955, "texte": "A.-F. Hérold. — Le Victorieux, drame."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2024, "fin_caractere_exclue": 2044, "texte": "Ch. Buet. —Le Péché."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2095, "fin_caractere_exclue": 2131, "texte": "Ch. Viane. — Les Egarées, un acte en"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2179, "fin_caractere_exclue": 2184, "texte": "vers."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2235, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "G. Docquois. — Le Congrès des poètes."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2311, "fin_caractere_exclue": 2341, "texte": "et          Gyp. — Leurs Ames."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2392, "fin_caractere_exclue": 2427, "texte": "C. Maurras. — Le Chemin du Paradis."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2478, "fin_caractere_exclue": 2516, "texte": "P. Verlaine. — Dédicaces. Nouv. édit.,"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2559, "fin_caractere_exclue": 2569, "texte": "augmentée."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2620, "fin_caractere_exclue": 2646, "texte": "H. de Régnier. — Aréthuse."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2697, "fin_caractere_exclue": 2735, "texte": "Max Elskamp. — En symbole vers l'Apos­"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2776, "fin_caractere_exclue": 2784, "texte": "a tolat."}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 2835, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "J.-K. 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Japon, à           10          »\n    200      id.       id.         Hollande Van Gelder, à .     3 50\n          Ornementation à la couverture par HENRY VAN DE VELDE.\n\n                  TOUS NUMÉROTÉS A LA PRESSE\n\n                     A D O L P H E BOSCHOT\n\n  RÊVES                            BLANCS\n                              POÈMES)\n       Un volume in-16 raisin, simili-japon. Prix : 4 francs.\n Quelques exemplaires numérotés sur hollande Van Gelder, à 8 francs.\n\n               Nouveautés en vente :\nBARRUCAND (V.) : Le Chariot de Terre cuite cinq actes repré-\n  sentés au théâtre de « l'Œuvre                           fr.   3 50\nDAUDET (A ) : La Petite Paroisse                                 3 50\nDE RÉGNIER H.) : Le Trèfle noir .                                2 50\n         —           Aréthuse, poèmes                            3 50\nDOCQUOIS (G ) : Le Congrès des poètes                             3 50\nEEKHOUD (G.) : Mes Communions                                    5 »\nFRANCE (A.) : Le Puits de Sainte-Claire                          3 50\nHUYSMANS (J.-K.) : En Route. . .                                 3 50\nLAVEDAN : Marionnettes      .                                    3 50\nLOTI (P.) : Le Désert                                            3 50\nLORRAIN (J.) : Sensations et souvenirs                           3 50\nMENDES (C.) : La Grive des vignes, poésies                       3 50\nPÉLADAN (J.): Babylone                                           5 »\nPICARD (E.) : Comment on devient socialiste                      » 75\nPLUME (La) : Numéro spécial consacré à « Puvis de Chavannes »    1»\n       —      Avec portrait, gravé par Desboutin                 2 »\nRETTÉ (A.) : L'Archipel en fleurs                                3 50\nROSNY (J.-H.) : Renouveau                                        3 50\nSTRINDBERG (A. : Plaidoyer d'un fou                              3 50\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-02-n2-206", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Catalogue de la librairie Paul Lacomblez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ, éditeur", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 149, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 6499, "texte": "LACOMBLEZ, éditeur\n              31, R U E DES PAROISSIENS, BRUXELLES\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et              Jenart (Aug.). Le Barbare                    2 »\n   roses                              fr. 2 »     Jeune Belgique (Le Parnasse de la). . 7 50\nBrabant (V.). Notes de voyage . . .        1 »    Journal d'une ignorante : Sur les Golfes 1 50\nBloy(Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 >>      Justus Severus Africus                        1 »\n    Les 3 premiers numéros ensemble 1 »           Kahn (Gustave). Chansons d'amant • • 3 50\nBoschot (A;. Faunesses et bacchantes. 1 50              —         Les Palais nomades           3 50\n              Matin d'automne . . .        1 50   Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .        2 »\nBosiers ;E.). Harald-Roi                   2 »          —         Loth et ses filles . . .     2 »\nCarnet de chasse illustré                 15 »     Landoy (Eug.). Evocations                    3 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 »                 —         Maître Martin . .          . 0 50\nCourouble (L.). Contes et souvenirs.       3 50    Lautréamont (comte de). Les Chants de\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 »              Maldoror                                  3 50\nDaCosta(G.) Grammaireenportefeuille 0 50           Lemonnier (C.) Paroles pour Georges\nDaxhelet(A ) Pages de tendresse vague 3 50                        Eekhoud             0           50\n      —       Nouvelles de Wallonie . 3 50              —         Discours d'inauguration\nDe Coster (Ch.). La Légende d'Ulen-                  du monument Ch. De Coster, avec\n          spiegel                          5 »       extraits d'« Uienspiegel » et por-\n      —         Légendes flamandes . . 3 50          trait de Ch. De Coster . . . . 0 50\n                  (Voir Lemonnier.)                Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50                      (L'Intruse, Les Aveugles) 3 »\n      —      Les Miroirs de jeunesse . 3 50             —         La Princesse Maleine.         3 50\nDelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50             —         Serres chaudes . . . .        3 »\nDe Haulleville (baron P.). En vacances. 3 50            —         L'Ornement des noces spi-\n      — Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »                           rituelles                 4 »\n      — J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                        —         Les Sept Princesses . . 2 »\n                talat chez les Civilisés. 4 »           —         Pelléas et Mélisande          3 50\n Demolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                              (Voir Emerson.)\n      —         Impressions d'Art. . . 3 »         Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam . . 3 »\n      —        James Ensor . . . .         3 «     Maubel (Henry). Miette. . . . . .            2 50\n De Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 »             —         Etude de jeune fille . . 3 50\n De Régnier. Le Bosquet de Psyché . 2 »                 —         Quelqu'un d'aujourd'hui. 3 50\n De Tallenay (J.). L'Invisible . . . . 3 50        Picard (E.). El Moghreb al Aksa . . 4 »\n Desombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »              —         Scènes de la vie judiciaire 4 »\n Destrée (Jules). Journal des Destrée . 1 »             —         Vie simple                    3 »\n Dulac (Paul). Vingt-cinq sonnets          1 50         —         Imogène, 1 vol. format\n Dupont (A.). L'Envol des rêves . .        2 »                        eucologe                  4 »\n Eekhoud(Georges)Nouvelles Kermesses 3 50               —         Comment on devient so-\n       —       La Nouvelle Carthage. . 4 »                            cialiste                  2 50\n       —       Les Fusillés de Malines . 3 50           —             Id. (édition populaire) 0 75\n               Au siècle de Shakespeare. 3 »       Plerron (Sander). Pages de Charité           3 50\n       —       Kees Doorik                 3 50    Philopator. Libres propos d'un belge.\n       —       Kermesses                   5 »     Pléiade (La). Première année (188g)          3 »\n Elskamp (Max). Dominical . . . .          2 »     Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n       —       Salutations, dont d'angé-           Rodenbach Le Foyer et les champs . 1 »\n    liques                                 3 50    Rommelaere J.). Ma semaine, 1892-93. 2 »\n Emerson. Sept Essais, avec préface de                   —         Ma semaine. 1894 . . .       2 »\n     Maeterlinck                           3 50    Severin (Fernand) Le Lys                     2 »\n Garnir (Georges). Les Charneux . . .      3 50             —             Le Don d'enfance      2 »\n       —       Contes à Marjolaine       . 3 50    Sigogne E.). Contes merveilleux . . 3 »\n Gilkin (Iwan). Stances dorées . . . 1 »           Sluyts(Ch.). L'Appel des voix . . . 2 »\n Gille(Valère) LeChâteau desmerveilles 2 »               —         Notes d'être                 3 »\n Giraud (Albert). Hors du siècle . . .     3 50    Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 »\n       —       Hors du siècle. II : Sous           Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut.       . 3 5 0\n                  la Couronne. Devant le           Van Lerberghe (Cit.). Les Elaireurs. . 1 »\n                  Sphynx                   3 00    Verhaeren (E.J. Les Apparus dans mes\n       —       Pierrot lunaire . . . .     2 »                        chemins                   2 »\n       —       Pierrot Narcisse . . . 2 »                —         Les Moines                   3 »\n       —       Dernières Fêtes. . . .      2 »     Villiers de l'Isle-Adam. Premières Poésies . 3 50\n       —       Le Scribe. . . . . .         1 »                    Morgane                      5 »\n Hannon (Théo). Noëls fin de siècle . . 3 »        Wagner (B.). L'Œuvre et la mission de\n       —       Au pays de Manneken-Pis 4 u            ma vie (derniers exemplaires) . . 4 »\n Hanneuse (0 ). La Reine Aléna. . (souscrit)       Waller (Max). La Flûte à Siebel.             350\n       —       Sorella                     2 50          —         Daisy                        3 »\n Itiberê da Cunha (J.). Préludes . . fr. 3 »       X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé)\n\n                            E3ST    V E N T E\n                                Emond PICARD\n\n               I M O G È                                           N           E\n       U N VOLUME FORMAT DES EUCOLOGES. PRIX : 4 FRANCS.\n                    Bruxelles.— Imprimerie Ve Monnom,32, rue de l'Industrie\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 114, "texte": "Février 1805.                      TOME XIV.   N°2                             15me Année.\n\n\n\n\nA\n   JEUNE\n                 BELGIQUE\n                                      SOMMAIRE:\n       Le Diable chez Tave Nicole                      MAURICE DES OMBIAUX.\n       Odelettes païennes                              IWAN GILKIN.\n       Littérature russe. Traduction de. .     .   .   LÉOPOLD WALLNER.\n       Dégénérescence. .                               MAX NORDAU.\n       Le Sorbet                                       MAURICE CARTUYVELS.\n       En regardant le soleil                          HENRI VANDEPUTTE.\n         Chronique littéraire :\n        I. A propos de l'Almanach de M. Emile\n           Verhaeren.— II. L'Intermède lyrique ;\n           Premières rimes ; Matin d'automne ;\n           Faunesses et Bacchantes ; Vespérales;\n           Éveils ; La Lande fleurie ; Rédemption. VALÈRE GILLE.\n       Memento                                     NEMO.\n\n\n\n\n          RÉDACTION                                              BRUXELLES\n110 RUE DE L A L I M I T E ,   BRUXELLES.                   PAUL LACOMBLEZ. ÉDITEUR\n                                                                3I, rue des Paroissiens\n                                                                     PARIS\n     PRIX DU NUMÉRO                                      C H A M U E L , LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                    29, rue de T révise\n                fr. 0-75.\n                                                                       l895\n"}, {"page_pdf": 115, "texte": "                                                                           BELGIQUE\n   BELGIQUE\n                               N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                                 JEUNE\n              JEUNE\n                      LA\n\n\n\n\n                                                            LA\n                               N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur       : MAX W A L L E R (MAURICE                WARLOMONT)\n              Directeur : IWAN GILKIN, 110, rue de la Limite.\nSecretaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n              7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris.\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 19, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}, {"page_pdf": 116, "texte": " LE DIABLE CHEZ TAVE NICOLE\n\n\n                                                       A ERNEST VERLANT\n                                     u temps que je fréquentais le caté-\n                                     chisme de persévérance pour me préparer\n                                    au sacrement de confirmation, devenir\n                              parfait chrétien et soldat de Dieu, ainsi que\n                              l'enseignait le manuel de Mgr Labis, j'ac-\n                            compagnais quelquefois un galopin à peu prés\n                        de mon âge chez Anne Djo qui habitait une petite\n               maison blanche couverte de tuiles rouges et adornée de\n               volets verts, entre les grands arbres de la demi-lune, non\n               loin du rond de charmes où l'on danse à la ducasse du\n               Crépion.\n                    Il y avait toujours là une réunion de vieilles commères\n                 assises autour d'une table en bois blanc auprès de la fenêtre,\n                 sirotant, le coude droit dans la main gauche, une tasse de\n                 léger café.\n                    Il y avait Hyacinthe qui daignait avoir là quelque amé-\n                 nité pour moi, bien qu'elle me gendarmât fort lorsqu'elle\n                 venait en journée chez ma tante où elle m'attirait de sévères\nremonstrances quand je prenais plaisir à renverser ses seaux d'eau, et me\npoursuivait à travers la cour et les sentiers du jardin, brandissant un manche\nà balai et me criant comme suprême injure que j'étais un « mauvais pwèie ».\n   Il y avait encore Tantine, une femme avisée et pleine de bons propos\nqui connaissait par leurs noms les membres de toutes les familles royales\n"}, {"page_pdf": 117, "texte": "                                   —   102   —\n\n\n d'Europe, les parentés, les alliances des souverains, les mariages morgana-\n tiques des princes, etc., etc., et s'y intéressait autant qu'à son entourage.\n    Il y avait en outre quelques autres commères à qui je ne prêtais qu'une\n médiocre attention, car elles étaient, pour moi, dépourvues d'intérêt.\n    Mon petit ami était fort choyé dans ce milieu de vieilles femmes. Une\n armoire à côté de la cheminée contenait toute une collection de jouets,\n cadeaux de ses protectrices.\n    Depuis plusieurs années déjà il faisait l'objet de leur admiration, parce\n qu'il lisait très bien. Elles en avaient fait leur lecteur. I1 apportait de chez\n lui le journal, s'installait sur une chaise rembourrée de laine, placée sur le\n vieux coffre.\n    Les vieilles, attentives, mettaient leurs lunettes pour mieux écouter ou\n pour ne pas perdre, sans doute, un mouvement de la bouche de l'enfant\n perché sur cette estrade improvisée, entendaient les nouvelles de l'étranger,\n les épisodes de la guerre russo-turque, la défense héroïque de Plewna par\n Osman pacha.\n    Toute la gazette y passait, jusqu'aux moindres méfaits sinistres et acci-\n dents qui provoquaient souvent de longs soupirs, des mouvements de lèvres\nmarquant l'étonnement ou des gestes avec les bras qui témoignaient l'indi-\n gnation, car personne n'aurait osé interrompre par un vocable quel qu'il fût.\n    Plus d'une fois on fut obligé de m'exclure de ce grave aréopage pendant\nla lecture, parce que, ne sachant me tenir tranquille, je me mettais à\nm'agiter sur le cheval de bois, à lâcher un petit couac dans la trompette ou\nbien à faire retomber le chien d'un fusil, ce qui empêchait les vieilles à\nl'ouïe un peu dure de saisir tous les mots que mon petit ami disait sur un\nton monotone et chantant de litanie.\n    Le journal fini, nous pouvions jouer et crier tant que nous voulions,\nlivrer assaut au vieux fournil et commettre tous les méfaits que nous sug-\ngérait notre imagination turbulente, Anne Djo, Hyacinthe, Tantine et les\nautres se mettaient à potiner sans plus nous prêter d'autre attention que\npour nous offrir une tartine de confitures au moment venu.\n    Un jour qu'il pleuvait trop abondamment pour que nous pussions nous\nlivrer à nos ébats sur la demi-lune, j'étais absorbé dans un coin de la maison\npar la confection d'un filet pour tendre à pierrots, mon attention fut tout à\ncoup attirée par une histoire qu'Anne Djo rappelait à ses camarades.\n   — Quand je vous dis que le diable est venu chez Tave Nicole. C'est\nlorsque celui-ci est entré dans la maison que son fils occupe actuellement\nun peu au delà du « Petit Paradis » sur la route de Biesmes. Et le diable\ny resta longtemps.\n"}, {"page_pdf": 118, "texte": "                                   — 103 —\n\n    Il y parut la première fois un soir d'hiver. On ne le vit pas, mais on\nsentit ses coups. Tave, sa femme et ses enfants étaient assis autour du feu\nde bûches qui pétillait dans la grande cheminée et dont les flammes léchaient\nla marmite noire où cuisaient les pommes de terre du souper que l'on\nattendait dans l'obscurité.\n    Les enfants, soudain, se mirent à hurler. Les uns avaient été pinces\njusqu'au sang, les autres avaient reçu des coups violents; la femme de Tave\navait été renversée avec la chaise sur laquelle elle était assise. Quant à\nTave, il criait plus fort encore que les autres, car il avait, prétendit-il, senti\ndeux mains osseuses lui faire un collier pour l'étrangler. Quand chacun fut\nremis un peu de son émoi, on constata qu'une forte odeur de soufre\nempestait toute la chambre.\n   A partir de ce jour-là les enfants ne rentrèrent plus jamais qu'en trem-\nblant chez eux. Il ne se passait pour ainsi dire pas de soirée qu'ils ne\nreçussent des claques ou des horions dans l'ombre.\n   Je me souviens qu'à l'école de mamselle Charlotte, de la place du Grand-\nPuche, Bertine arriva toute émue et tremblante un matin.\n    La veille elle avait vu le mauvais. Par la porte entre-bâillée du fournil, elle\navait aperçu un petit diable venir boire au chaudron à la caboulée.\n    Il était tout pareil au Lucifer d'une image qu'il y avait dans le corridor\nde M. le vicaire. Il portait un pourpoint et une pèlerine à grand collet relevé\nde velours rouge, sa barbe était noire et taillée en pointe, il avait pour coif-\nfure un béret orné de deux grandes plumes écarlates, ses yeux étincelaient\ncomme du phosphore et il avait le pied fourchu.\n    Nous en fûmes toutes saisies d'effroi. Mamselle Charlotte elle-même\nn'était pas rassurée et nous fit réciter des prières toute la journée.\n    On dit alors que c'était une punition du bon Dieu. Tave Nicole était\nen brouille avec le curé. Il ne lui payait pas les quelques francs qu'il lui\nredevait encore pour l'enterrement de son oncle, prétendant qu'on n'avait\npas usé toutes les bougies comptées par le clerc.\n    Mais après quelques mois, voyant que le diable ne partait pas de chez lui,\nil alla s'acquitter de sa dette. Le doyen vint alors dans la maison hantée,\nmarmotta des oraisons en latin, jeta de l'eau bénite avec le goupillon sur les\nmurs et dans la cheminée, après quoi l'on n'entendit jamais plus parler du\ndémon chez Nicole.\n    Ce récit nous avait rendu silencieux et fait une grande impression. Je\ncrois bien que le soir je me fis une friction à l'eau bénite, de peur de recevoir\ndes coups du diable en traversant le corridor obscur pour aller me coucher.\nJe revis même en rêve le petit diable rouge décrit par Anne Djo, qui était\n allé boire au chaudron à la caboulée.\n"}, {"page_pdf": 119, "texte": "                                  — 104 —\n\n   L'histoire m'intriguait fort, j'en parlai à plusieurs grandes personnes de\nma parenté, j'en entretins le vicaire au sortir du catéchisme, mais on\nm'éconduisit en opposant à ma question cette fin de non-recevoir que les\nenfants ne devaient pas s'occuper de ces choses-là, que j'étais encore trop\npetit pour les comprendre.\n   Je ne me le tins cependant pas pour dit.\n   A quelques jours de là, on me chargea d'une commission pour mon vieux\ncousin Châle à pommes qui habite au delà du Chant des oiseaux, au « Tieu\nde pannes », une belle métairie perchée au sommet de la colline dans un\nverger qui donne les meilleures pommes de Thuin et des environs, des gri-\nsettes couleur de rouille, savoureuses et exquises, que toutes les bonnes\nmaisons se disputaient pour le jour de la ducasse.\n   J'aimais à aller au « Tieu de pannes » qui était pour moi une maison de\nbombance et de plaisir. C'est là que notamment j'appris à amorcer le pois-\nson dans le réservoir creusé par le cousin et alimenté par le petit ruisseau\nqui descend en murmurant des prairies prochaines.\n   C'est là que je pouvais me gorger de fruits, et de quels fruits ! Je me rap-\npelle, outre les grisettes couleur de rouille, des poires de Tongres, des sol-\ndats-laboureurs et des calebasses que portaient les espaliers grimpant le\nlong du pignon de la demeure. Et le petit raisin noir de Saint-Laurent sur\nla vigne qui encadrait de verdure la fenêtre de la cuisine !\n   N'était-ce pas encore là que je pouvais fumer dans une petite pipe de terre\ndont la tête figurait une tête de coq crêtée de rouge, alors que le tabac\nm'était formellement interdit par mes parents.\n   Et puis mon cousin Châle à pommes me racontait de si vieilles histoires!\nPas un pour connaître comme lui les événements qui s'étaient passés à\nThuin et dans tous les environs depuis sa plus tendre enfance. Il pouvait\ndire la date précise des moindres faits de sa vie, comme par exemple que tel\njour du mois de février de telle année il avait déniché un nid d'agaces avec\nquatre jeunes sur un peuplier dont il s'offrait à me montrer la place. Et ses\nrécits de guerres, de l'invasion, des soldats français, autrichiens et russes,\nah ! comme ils m'intéressaient.\n   Je trouvai mon cousin qui achevait de renouveler la litière de ses vaches\net leur préparait de la « raffourée » dans le râtelier. Une buée dense mon-\ntait du fumier brun aux pailles dorées sur lequel les poules s'étaient préci-\npitées.\n    Le cousin termina sa besogne, endossa son tricot de laine brune qu'il\navait pendu à un clou de la muraille et nous entrâmes;\n    Il m'offrit un « canada à l'pelaque » qui avait cuit dans les cendres.\n"}, {"page_pdf": 120, "texte": "                                  -   105    -\n\n   Tout en le mangeant par petites bouchées, de peur de me brûler le palais,\nje lui parlai des visites du diable chez Tave Nicole, prévoyant qu'il pourrait\nme donner toutes les explications que je désirais.\n   Je lui dis ce que j'avais entendu raconter par Anne Djo.\n   Il se mit à rire.\n   — Comment, fit-il, on a vu un petit diable rouge boire au chaudron à la\ncaboulée ! Elle est bien bonne, il n'était pas dégoûté le diable de ce temps-là,\npour préférer le manger du cochon et des vaches à celui des chrétiens.\n   Tout ça, m'fi, c'est des couïonnades. Il est bien vrai que pendant tout un\ntemps on entendait chaque soir un vacarme épouvantable chez Tave Nicole\net que les enfants racontaient qu'ils recevaient des taloches très rudes dans\nl'obscurité. Bert, son fils, m'a montré plusieurs fois à l'école, dans la classe\nde M. Pierre où nous étions tous deux, des traces de coups marqués en bleu\nsur ses bras et ses jambes. Moi-même, et j'étais gamin comme toi alors, je\ncrus à ces apparitions du diable. Mais j'appris la vérité dans la suite.\n   La maison de Tave Nicole appartenait à la vieille Pauline Barbier, tu\nsais celle chez qui on a trouvé tant de pièces d'or dans de vieilles chaussettes\net des cartons à chapeaux, lorsqu'elle mourut, rue du Prince de Liége, en\nville.\n   Je ne sais comment elle avait fait payer deux fois, l'avare, le même terme\nde loyer à Tave, son locataire.\n   Voilà comment Tave s'est vengé.\n   C'est lui qui était le diable dans sa propre demeure, lui qui frappait sa\nfemme et ses enfants et les épouvantait pour qu'ils allassent raconter à toute\nla ville le malheur qui leur arrivait.\n   La vieille Barbier, bigote comme pas une, fut si troublée d'apprendre que\nle diable était dans une de ses maisons qu'elle voulut se débarrasser à tout\nprix de l'immeuble. Tave le racheta pour presque rien, pour un morceau de\npain.\n   C'est après cela qu'il fit venir le curé pour chasser le démon. Il savait\nbien ce qu'il faisait, le malin. Il se réconcilia de la sorte avec le prêtre qui,\nsatisfait de sa victoire, parla de lui comme d'un saint homme et lui procura\nde l'ouvrage dans toutes les maisons cossues de la ville. La femme et les\nenfants de Tave furent l'objet de la sollicitude de toutes les bonnes âmes, en\nraison des dures épreuves qu'ils avaient subies.\n   C'est ainsi, m'fi, que les Nicole se sont fait une pelote très ronde, que\nTave ébrécha cependant sur le tard quand il se mit à lever le coude.\n   Je m'en retournai ce jour-là les poches bourrées de grisettes que je gri-\n gnotai le long de ma route, rempli plus que jamais d'admiration pour mon\n"}, {"page_pdf": 121, "texte": "                                — 106 —\n\ncousin Châle à pommes dont l'esprit solide avait pénétré la ruse géniale de\nTave Nicole, et c'est à partir de ce moment-là que je commençai d'entendre\navec une pitié un peu ironique les récits de la pauvre Anne Djo, dont le\nbon Dieu a repris l'âme simple et crédule il y a quelques années, quand sa\npetite maison fut expropriée et que la bonne vieille dut entrer à l'hospice.\n\n                                           M A U R I C E DES OMBIAUX\n\n\n\n\n            ODELETTES PAÏENNES\n\n\n                             A MES AMIS\n\n                  Les diplomates intrigants\n                  Et les généraux arrogants\n                  Veulent-ils la paix ou la guerre?\n                      Cela n'importe guère!\n\n                  A quoi bon s agiter si fort ?\n                  La vie est si près de la mort\n                  Et la douce jeunesse      'ailée\n                      Est si vite envolée!\n\n                  L'âpre vieillesse au front chenu\n                  Chasse, en grommelant, l'amour       nu,\n                  La souplesse du corps agile\n                       Et la beauté fragile;\n\n                  Ainsi les fleurs du mois de mai\n                  Perdent leur éclat embaumé\n                  Et l'eau des sources bocagères\n                       S'enfuit sous les fougères.\n\n                  Pourquoi fatiguer les destins\n                  De tant de projets incertains ?\n                  Vivons dans la maison paisible\n                      Sans chercher l'impossible.\n"}, {"page_pdf": 122, "texte": "                     — 107 —\n\n         Sur la nappe les clairs cristaux\n         Se mêlent sans peur aux couteaux\n         Et pour les chairs que l'on découpe\n             Seule saigne la coupe;\n         Puis le cigare et le café,\n         Parfum sur un parfum greffé,\n         Vont embaumer nos causeries\n              Joyeuses et fleuries.\n\n         Plus belle que l'éclat du jour\n         Jeanne eût dû mettre un brin d'amour\n         Dans cette agape fraternelle\n             Où l'on parle tant d'elle,\n\n         Mais monsieur son nouvel amant\n         L'aime avec tant d'emportement\n         Quelle ne saurait sans offense\n              Lui ravir sa présence.\n\n        Essayons pour nous consoler,\n        0 chers amis, de moduler\n        Avec des rimes magnifiques\n            Des vers philosophiques.\n\n                        II\n                   A BERTHE\n Berthe, Berthe, pourquoi t'acharner à la perte\n      Du jeune et beau Néarque? Berthe,\n Tes baisers parfumés ont amolli ses bras\n     Aujourd'hui roses, blancs et gras,\n Qui naguère, plus durs que le bois ou la pierre,\n     Brandissaient la lourde rapière\n Ou fendaient l'onde froide   infatigablement.\n     Enlacés à ton corps charmant,\nIls ne demandent plus que de tendres caresses.\n     Dans leurs amoureuses paresses\nSes genoux, qui jadis domptaient d'ardents chevaux,\n     A présent les voilà rivaux\nDe tes genoux polis et blancs comme l'ivoire.\n     Seule une légère ombre noire\nAu-dessus de sa lèvre empêche avec douceur\n      Qu'on ne le prenne pour ta sœur.\n"}, {"page_pdf": 123, "texte": "            — 108 —\n\n\n\n\n                III\n\n\n          A LÉANDRE\n\nL'été brûle. Au fond du jardin,\n     Sous la fraîche tonnelle\nOù la vigne enlace au jasmin\n     Sa grâce fraternelle.\n\nAutour de la table de fer\n    Babille un joyeux groupe. —\nQue l'or glacé du Rœderer\n    Parfume notre coupe!\n\nQue sous des pampres festonnés\n    Chaque tête s'incline\nPour que nous buvions couronnés\n    A la mode latine.\n\nLevons le savoureux cristal\n    Encore, encore, encore,\nA celle qu'un destin fatal\n     Veut, hélas! que j'adore!\n\nLéandre, tes yeux de velours,\n    Tes lèvres, fleurs vermeilles\nOù voltige un essaim d'amours\n    Moins gros que des abeilles,\n\nFont pâlir la joue et languir\n    Les yeux mourants d'Hélène ;\nPour moi, Rosette est mon désir\n    Et ma joie et ma peine.\n\nSon petit cœur trop occupé\n    Joint la glace à la flamme\nEt dans le champagne frappé\n    Je bois toute son âme.\n"}, {"page_pdf": 124, "texte": "                       — 109 —\n\n\n                           IV\n\n                   WORLDSFAIR\n                                         A   MAURICE   CARTUYVELS\n\n\nCe palais, verre et fer, c'est la foire du monde.\nEntrons. Suivons la foule où les peuples divers\nMontrent avec orgueil leur richesse féconde\n         Et les travaux de l'univers.\n\nQuel tumulte! Volant, bielle, piston, courroie,\nTout un peuple d'engins meut ses muscles d'acier\nEt travaille en criant. Ceci tord, cela broie,\n         Au rythme d'un lourd balancier.\nLà d'opulents bazars regorgent de fourrures,\nDe merveilleux cristaux s'ouvrent comme des fleurs.\nEt voici l'Orient, ses tapis, ses parures\n         Et ses marchands un peu voleurs.\n\nPlus loin, de longs wagons et de puissants navires\nInvitent aux départs vers les hasards lointains\nLes commerçants hardis et les faiseurs d'empires\n         Qui dictent des lois aux destins.\n\nOù donc s'arrêteront et la science altière\nEt l'audace invincible et l'effort dangereux?\nLes hommes ont dompté la force et la matière;\n         Hélas ! sont-ils moins malheureux?\n\nNous avons suscité de nouvelles tristesses,\nMaurice, et nous mourons d'un nostalgique ennui.\nNos cœurs sont tout gonflés de modernes détresses\n        Et nous envions aujourd'hui\n\nL'harmonieux destin de la jeunesse antique,\nLa palestre, les jeux, la noble nudité\nEt l'esprit simple et fort, que le soleil attique\n          Illuminait de sa clarté.\n\nA l'ombre d'un portique ou de légers feuillages\nLe jeune homme, superbe et joyeux comme un dieu,\nEcoutait doucement les paroles des sages\n         En souriant au grand ciel bleu.\n"}, {"page_pdf": 125, "texte": "                                 —   110   —\n\n\n         Et les flots bruissants qui berçaient les galères\n         Et qui frangeaient le port de volutes d'argent,\n         Le chant de la cigale et des fontaines claires,\n                  La course d'un char diligent\n\n          Et le temple de marbre au faîte de la fille,\n          Oit Pallas apportait la sagesse des cieux,\n          Tout cela suffisait à son cœur juvénile\n                   Heureux de la beauté des dieux.\n\n                                                      IWAN GILKIN\n\n\n\n\n              LITTERATURE RUSSE\n                       POÉSIES DE T U T C H E W\n\n                                     I\n\n            ah, ne me trouble pas par tes justes reproches : — Crois-moi,\n             de nous deux, ton lot est le plus enviable : — tu aimes sincè-\n             rement et ardemment, et moi — je ne fais que te contempler\n             avec un jaloux ennui.\n  Thaumaturge pitoyable devant le monde magique — que j'ai créé moi-\nmême, — en face de lui je suis sans foi aucune — et, en rougissant, je\nreconnais en moi-même n'être — de ton âme vivante que l'idole inanimée.\n\n                                     II\n\n                              Sur la Neva.\n  Et de nouveau l'étoile plonge — dans le sein léger des ondes de la Neva,\n— et de nouveau l'amour lui confie sa nacelle mystérieuse.\n  Et, entre l'élément et l'étoile, — celle-ci glisse comme en songe, — et\nemporte avec elle deux visions — au loin sur les flots. Sont-ce des enfants\nde la paresse oisive — qui perdent ici leurs loisirs nocturnes — ou sont-ce\ndeux ombres bienheureuses — qui quittent le monde de la terre?\n  O toi, étendue comme la mer, — fleuve superbe et rapide — donne asile\ndans ton vaste domaine au mystère de cette humble nacelle !\n"}, {"page_pdf": 126, "texte": "                                 —    111   —\n\n\n\n                                      III\n  Larmes humaines, — ô larmes humaines, — vous coulez le matin et le\nsoir! — Vous coulez invisibles, — inépuisables, infinies, — vous coulez\ncomme coulent les averses — durant le sourd automne, — en la nuit\nsombre !\n                                 IV\n   As-tu entendu dans l'obscurité profonde — le son léger de la harpe\néolienne — quand minuit agite soudain le sommeil de ses cordes endor-\nmies ?\n   Les sons tantôt vibrent, — et tantôt ils s'éteignent — comme si le der-\nnier murmure de la souffrance, se réveillant en elles se serait évanoui.\n   Chaque souffle du zéphyr — soulève la plainte dans les cordes... —\ntu dirais une lyre angélique — qui s'attriste dans la poussière, là-haut, aux\ncieux.\n   Ah, comme alors, quittant le cercle terrestre, — notre âme vole vers\nl'immortel ! Et, comme l'ombre d'un ami, nous voulons étreindre alors sur\nnotre cœur le passé.\n                                      V\n   O ma vague marine, — vague fantasque, - en repos ou en mouvement,\n— tu es pleine d'une vie merveilleuse !\n   Que tu ris au soleil, — reflétant la voûte des cieux, ou que tu t'agites et\ncombattes — dans le gouffre rageur des eaux.\n   Ton susurrement m'est doux, — si plein de caresse et d'amour; — mais\nje comprends aussi tes cris tempétueux, — et tes gémissements sacrés.\n   Sois fidèle à l'élément turbulent — tantôt sombre, tantôt lumineux; —\nmais dans ta nuit azurée — garde ce que tu as pris.\n   Ce n'est ni un anneau ni un don secret — que j'ai laissé tomber dans ton\nabîme, — ni une pierre précieuse que j'ai ensevelie en toi.\n   Non, dans un moment fatidique, — attiré par un charme inconcevable,\n— c'est une âme, une âme vivante — que j'ai cachée au fond de toi !\n\n\n                                     VI\n\n   Le soleil luit, les eaux scintillent, — sur le tout un sourire, la vie dans\nle tout, — les arbres tressaillent joveusement, — se baignant dans le ciel\nbleu.\n  Les arbres chantent, les eaux brillent, — l'air est saturé d'amour, — et\n"}, {"page_pdf": 127, "texte": "                                 — 112 —\n\n\nle monde, le monde fleurissant de la nature est enivré de l'excès de la vie,\n   Mais dans cet excès de l'enivrement — il n'existe pas d'enivrement plus\nfort qu'un seul sourire attendri de ton âme lassée !\n\n\n                                     VII\n\n   Quand nous croyons avec une foi vive, — notre cœur devient joyeux et\nradieux ! — C'est comme si le ciel avait coulé dans nos veines — à l'instar\nd'une onde éthérée!\n   Mais hélas ! le Destin en a décidé autrement; — nous nous lassons vite\ndans le ciel, — car il est défendu à la poussière éphémère de respirer le feu\ndivin.\n  A peine par un effort momentané, — parvenons-nous à interrompre pour\nune heure le sommeil ensorcelé, — et, en nous levant, à parcourir l'horizon\nd'un regard inquiet et triste, —\n  Que déjà, la tête alourdie, — éblouis par un seul rayon de lumière, nous\nretombons non vers le repos, — mais vers des songes pleins de tourments,\n\n\n                                    VIII\n\n                                  Paysage.\n   Ah, comme le fracas des orages d'été est gai ! — Quand un orage,\nsoulevant la poussière volante, fond avec la nuée, trouble l'azur céleste —\net, tout à coup assaille la forêt avec une rage véhémente ; — celle-ci com-\nmence à tressaillir, bruyante, en étendant ses feuilles ! — Comme sous un\npied invisible, — les géants enracinés plient; — leurs cimes murmurent,\nayant l'air de se concerter entre elles ; — et à travers cette agitation sou-\ndaine — l'on entend le sifflement continu des oiseaux, — et, çà et là, la\npremière feuille jaunie en tourbillonnant tombe sur la route.\n\n\n                                     IX\n\n   Ces pauvres hameaux, — cette nature parcimonieuse... — Oh pays\nnatal de la longue souffrance ! — Toi, ô pays du peuple russe!\n   Ne comprendra ni appréciera — le regard hautain de l'étranger, —\nce qui lui mystérieusement et transparaît — à travers ton humble nudité.\n   Ployant sous le faix crucial, — partout, chez toi, ô terre natale, sous\nl'aspect de l'esclave — a passé le roi céleste — en te bénissant.\n"}, {"page_pdf": 128, "texte": "                                — 113 —\n\n\n                                    X\n\n  O mon âme pressentante, — ô cœur plein de trouble, — ne bats-tu pas\nau seuil — d'une existence quasi double?...\n  Oui tu es l'habitation des deux mondes ; — ton jour — douloureux et\npassionné, — ton sommeil — prophétique — confus, — peut-être une\nrévélation des esprits...\n  Et bien que la poitrine souffrante — soit agitée par des passions fatales,\n— l'âme, comme la vierge Marie, — est prête à se presser contre le pied\nde Jésus-Christ.\n\n                                    XI\n\n   Le ciel nocturne si morose, — est couvert de tout côté : — Ce n'est ni\nune menace ni une rêverie... — mais bien un songe mou et sans joie !\nSeules les exhalaisons de feu — flambent tour à tour, — et, semblables\naux démons sourds-muets, — causent entre elles.\n   Comme à un signal donné, — une bande du ciel s'allume tout à coup, —\net subitement surgissent des ténèbres — des champs et de lointaines forêts!\n— Et voici que tout s'assombrit de nouveau, — tout se calme dans l'obscu-\nrité éveillée. — Ne dirait-on pas que là-haut va se décider — une affaire\nmystérieuse?...\n                             (Traduction   littérale de L. WALLNER.)\n\n\n\n\n       Ballade du désir de Mme I. Will.\n                                 « Je déteste Sully-Prudhomme, ce douceâtre.\n                               Je voudrais monter dessus. »\n                                             Mme i. WILL (Revue-Journal).\n\n           Depuis des ans, dans notre Landerneau,\n           Le jour, la nuit, de l'aube au crépuscule,\n           Du café Riche au café Sésino,\n           Sous son tartan, avec son ridicule,\n           Spectre aux bas bleus, madame I. Will circule.\n"}, {"page_pdf": 129, "texte": "                    — 114 —\n\nQue cherche-t-elle au cœur de la cité?\nUn verslibriste ou bien un député '!\nComme Diogène, elle cherche un homme,\nEt dit aux passants d'un air entêté :\n— Moi je veux monter sur       Sully-Prudhomme.\n\nElle a des yeux couleur de vieux pruneau,\nDes cheveux verts, un teint de renoncule;\nComme Reyer devant un piano,\nArnold Goffin devant elle recule.\nLa reine Omphale a fait filer Hercule :\nAu seul aspect de cette déité,\nSans être Hercule on file épouvanté.\nParis pour elle eût fait cuire la pomme.\nMais elle rêve et dit d'un ton flûte :\n— Moi je veux monter sur Sully-Prudhomme           !\n\nPour l'Art moderne, où plus d'un Calino,\nMoulin toqué, bat l'air et gesticule.\nElle émersonne au fond d'un grand tonneau\nEt Maeterlinck s'attelle au véhicule.\nLe chœur des snobs, esthète, esthèticule,\nRobin des bois ou d'université,\nDevant son char danse avec gravité.\nElle m'endort, mais à travers mon somme,\nJ'entends sa voix dire au peuple ameuté :\n— Moi, je veux monter sur       Sully-Prudhomme.\n\n                    ENVOI\nO DOUX POÈTE, ô fleur de chasteté,\nEmpêche-la, fût-ce par charité,\n(Nul d'entre nous n'ira le dire à Rome)\nDe répéter pendant l'éternité :\n— Moi je veux monter sur        Sully-Prudhomme.\n\n                                    PIERROT LUNAIRE\n"}, {"page_pdf": 130, "texte": "                                  —    115   —\n\n\n\n\n                 DÉGÉNÉRESCENCE\nOn               connaît l'ouvrage de M. Max Nordau, intitulé : Dégénéres-\n                cence. Parti d'une idée juste, l'auteur a donné à celle-ci une\n                extension si ridiculement exagérée que son livre s'en est trouvé\n                dénué de toute valeur scientifique. Il parle assez volontiers\ndes snobs de l'art et de la littérature; seuls les snobs de la science, et il s'en\ntrouve chez les médecins comme chez les autres hommes, peuvent s'en\nlaisser imposer par le fatras pédantesque et le style autoritaire de\nM. Nordau. Le lecteur attentif ne tarde pas à reconnaître dans son livre\nune tendance constante à l'enflure, à l'exagération et à ce que l'on appelle\ndans le langage familier l'autogobisme, c'est-à-dire la foi profonde en sa\npropre infaillibilité. Le style de M. Nordau passe trop souvent du calme\nscientifique à la passion de l'agité. C'est un pédant qui fait l'important ; il\nbrandit la férule qu'il a fabriquée, avec la solennité comique qu'on admire\nchez les médecins et les apothicaires que Molière armait d'une magistrale\nseringue. C'est le matassin moderne. Plus d'une de ses tirades sur la dégé-\nnérescence évoque le souvenir de la célèbre consultation du Médecin\nmalgré lui. Au défaut d'esprit scientifique se joignent le défaut d'esprit\nesthétique et, ce qui est pis encore, une ignorance marquée de l'histoire des\nmœurs, des arts et des lettres. Cette ignorance a faussé les idées de l'auteur\nen l'amenant à considérer comme des phénomènes nouveaux et propres au\ntemps présent et par conséquent comme des stigmates de la dégénérescence\n actuelle des faits qui se sont renouvelés périodiquement avec une grande\n intensité. Il déclare caractéristiques de notre « fin de siècle » des symptômes\n qu'on retrouve, tout aussi nets et abondants, dans l'histoire littéraire de la\n France à plusieurs moments des siècles passés. Son esprit passionné et\n imprécis l'a plaisamment conduit à faire sortir la notion de la dégénéres-\n cence de ses bornes naturelles et à la transformer en une gigantesque\n conception encyclopédique dans laquelle il a introduit et enfermé, bon gré\n mal gré, toutes les manifestations artistiques du temps présent. Mais il n'a\n pu le faire qu'en déformant les ouvrages dont il parlait. Il a, nous en\n sommes certain, agi de bonne foi. Mais ces erreurs, aussi candides\n qu'opiniâtres, apportent un argument de plus à ceux qui nient l'esprit\n scientifique de M. Nordau. Toutes ces critiques, à peine indiquées ici, nous\n les développerons et les justifierons dans un travail plus étendu, car c'est\n un devoir de démasquer des erreurs grossières, attentatoires à la gloire et à\n"}, {"page_pdf": 131, "texte": "                                         — 116 —\n\n  l'honneur de plusieurs artistes, écrivains et penseurs qui ont droit au\n  respect sinon à l'admiration de tous. Mais, comme nous l'avons dit plus\n  haut, M. Nordau est parti d'une idée juste. Il était intéressant d'étudier\n  l'indéniable développement de la dégénérescence dans l'art et la littérature\n  de ces dernières années, et si M. Nordau n'avait appliqué sa théorie qu'aux\n  hommes et aux œuvres qui méritent cette application, son livre eût\n  conquis les suffrages de tous les savants et de tous les hommes de bon sens.\n  Et quel service n'eût-il pas rendu au public comme aux artistes s'il avait\n  signalé avec exactitude de périlleux écueils là où ces écueils se trouvent\n  réellement !\n     Ramené à de justes proportions, l'ouvrage de M. Nordau eût été un\n inappréciable bienfait. On est bien obligé d'en convenir, la maladie dont il\n s'occupe existe ; le mal est profond, sa force d'expansion est redoutable.\n     Pour ne parler que de plusieurs jeunes écrivains de France et de Bel-\n gique, on ne peut, sans fermer les yeux à l'évidence, nier l'affaiblissement\n de leurs cerveaux et l'incohérence stupide de leurs ouvrages. Il règne une\n sorte de dyssenterie intellectuelle, une fuite des idées et des mots, une véri-\n table logorrhée; la maladie est contagieuse et loin de rien faire pour\n arrêter la contagion, il semble que tout le monde s'entende pour la favoriser.\n Ici, les pouvoirs publics, au lieu d'améliorer et de renforcer les études\n d'humanités classiques, où l'on apprend à disposer dans le meilleur ordre\n logique les mots, les phrases, les idées et les groupes d'idées, donnent tous\n les jours à l'instruction de la jeunesse un caractère plus incohérent et une\nfoule de pions maniaques les poussent dans cette voie dangereuse, les uns\n au nom des humanités modernes, d'autres au nom de l'idéal chrétien et du\nlatin des pères de l'Eglise, d'autres enfin au nom des sciences naturelles et\nde l'enseignement dit « positif ». Là, les critiques qui tiennent la plume\ndans les journaux et les revues et qui auraient pour devoir strict de dénoncer\nla démence, de railler le ramollissement cérébral et de mettre en garde le\npublic et les jeunes générations contre les modes abrutissantes et les succès\npathologiques, se contentent de sourire et d'équivoquer quand ils ne se font\npas eux-mêmes les propagateurs de la maladie (1). Enfin, plusieurs écrivains\nde renom, que leur conscience devrait bien obliger à reconnaître la vérité,\ns'abandonnent à des complaisances coupables qui ont pour cause, tantôt la\ncamaraderie molle, tantôt l'indifférence égoïste, tantôt la peur, tantôt, il\nfaut le dire, les calculs les moins avouables : tel ne serait pas fâché d'être\n\n\n\n  (1) Il y a, cela va sans dire, d'honorables exceptions.\n"}, {"page_pdf": 132, "texte": "                                     — 117 —\n\nl'un des rares survivants d'un grand naufrage; tel autre, en louant les\nsottises des petits jeunes gens, espère que ceux-ci lui rendront sa politesse\nen le proclamant grand homme. Écrivain moi-même, je prévois aisément\nles criailleries que me vaudra ma franchise; toutes les oies belges vont\nessaver de sauver leur capitale.\n   Leur aimable vacarme n'empêchera pas les personnes raisonnables de\nregretter que l'ouvrage de M. Nordau, à cause de ses déplorables exagéra-\ntions, n'ait pas été le livre salutaire que l'on attend. Il a pourtant failli l'être\net l'on y peut trouver des pages aussi justes que vigoureuses, dont la lecture\nserait saine et vivifiante si elles n'étaient gâtées par le voisinage de véritables\ndiffamations littéraires et artistiques, qui n'ont de scientifique que l'appa-\nrence. En lisant l'ouvrage de M. Nordau on est sans cesse balancé entre\ndeux sentiments ; tantôt on s'irrite de voir des pages excellentes apporter\nune sorte de demi-justification à une thèse qui souvent est attentatoire au\ngénie artistique; tantôt on déplore que d'incroyables erreurs et de mons-\ntrueuses injustices viennent gâter un livre qui, sans elles, eût été l'un\ndes plus remarquables et des plus utiles monuments de la critique du\nXIXe siècle.\n    Remettant à plus tard la critique approfondie de l'ouvrage de M. Nor-\ndau, nous nous bornerons ici à en reproduire quelques pages, qu'on ne\n saurait trop recommander aux méditations des jeunes gens et à l'attention\n du public.\n                                                                        I. G.\n    L'AMOUR DE LA RÊVERIE CREUSE (1). — Le dégénéré n'est pas capable\n de diriger longuement ou même un instant son attention sur un point, pas\n plus que de saisir nettement, d'ordonner, d'élaborer en aperceptions et\n jugements les impressions du monde extérieur que ses sens fonctionnant\n défectueusement portent à sa conscience distraite. Il lui est facile et plus\n commode de laisser produire à ses centres cérébraux des images demi-\n claires, nébuleusement fluides, des embryons de pensées à peine formés, de\n se plonger dans la perpétuelle ébriété de phantasmes à perte de vue, sans\n but ni rêve, et il n'a presque jamais la force d'inhiber les associations\n d'idées et les successions d'images capricieuses, en règle générale purement\n automatiques, ni d'introduire de la discipline dans le tumulte confus de ses\n aperceptions fuyantes. Au contraire. Il se réjouit de son imagination qu'il\n oppose au prosaïsme du philistin et se voue avec prédilection à toutes sortes\n\n\n\n  (1) Dégénérescence, t. I, p. 30.\n                                                                            8\n"}, {"page_pdf": 133, "texte": "                                       — 118 —\n\nd'occupations libres qui permettent à son esprit le vagabondage illimité,\ntandis qu'il ne peut pas se tenir dans des fonctions bourgeoises réglées qui\nexigent de l'attention et un égard constant pour la réalité.\n   INCOHÉRENCE DANS LA PENSÉE E T L E LANGAGE (I). — I. L'activité\ncérébrale des dégénérés et des hystériques, non surveillée ni guidée par\nl'attention, est capricieuse, dépourvue de plan et de but. Les représentations\nsont appelées à la conscience par le jeu d'association d'idées illimitées et\npeuvent s'y donner libre carrière. Elles s'allument et s'éteignent automa-\ntiquement et la volonté n'intervient pas pour les renforcer ou les supprimer.\nCôte à côte apparaissent des représentations qui sont étrangères les unes\naux autres ou s'excluent mutuellement. Comme elles sont contenues dans\nla conscience simultanément et à peu près avec la même intensité, la cons-\ncience, conformément à la loi de son activité, les réunit en une idée qui\nnécessairement est absurde et ne peut exprimer les rapports réels des phéno-\nmènes.\n   II. A la pensée nébuleuse du mystique répond sa façon indécise de\ns'exprimer. Le mot, même le plus abstrait, correspond à une représentation\nconcrète ou à une notion formée des qualités communes à différentes repré-\nsentations semblables, qui continue à trahir son origine concrète. Pour ce\nque l'on croit voir comme à travers de la fumée, sans forme reconnaissable,\nnulle langue n'a de mot. Mais le mystique, lui, a dans sa conscience de\nsemblables représentations spectrales sans contour et sans autres qualités et\nil emploie, pour les exprimer, ou des mots connus auxquels il donne un\nsens tout différent du sens familier à tous, ou il ressent l'insuffisance du\nvocabulaire créé par les gens sains et se forge des mots nouveaux, parti-\nculiers, entièrement incompréhensibles pour tout autre, et dont lui seul\nconnaît le sens nuageusement chaotique; ou enfin il incorpore les diffé-\nrentes représentations qu'il donne à ses représentations informes dans\nautant de mots et produit alors ces juxtapositions stupéfiantes d'expressions\ns'excluant les unes les autres, qui ne peuvent raisonnablement être unies en\naucune façon et qui sont si caractéristiques pour le mystique.\n   LES PRÉTENDUS SYMBOLISTES (2). — Les symbolistes, en tant que\ndégénérés et imbéciles sincères, ne peuvent penser que d'une manière mys-\ntique, c'est-à-dire vague. L'inconscient est en eux plus fort que le conscient,\nl'activité des nerfs organiques prédomine sur celle de l'écorce cérébrale grise,\nleurs émotions sont maîtresses de leurs aperceptions. Quand les gens de\n\n\n  (1) Dégénérescence, t. I, pp. 102 et 105\n  (2) Ibid , t. 1, p..210.\n"}, {"page_pdf": 134, "texte": "                                 —   119   —\n\n\ncette espèce ont l'instinct poétique et artistique, ils veulent naturellement\nexprimer leur propre état d'esprit. Ils ne peuvent employer de mots précis\nà signification claire, car ils ne trouvent pas dans leur propre conscience\nd'aperceptions nettement dessinées et univoques qui puissent être comprises\ndans de tels mots. Ils choisissent en conséquence des mots vagues, inter-\nprétables à plaisir, parce qu'ils répondent le mieux à leurs aperceptions qui\nsont de même nature. Plus indécis et plus obscur est un mot, mieux il se\nprête aux besoins de l'imbécile, et cela, on le sait, va si loin chez l'aliéné\nqu'il trouve pour son aperception devenue absolument informe des mots\nnouveaux qui ne sont plus seulement obscurs mais dépourvus de tout sens.\nNous avons déjà vu que pour le dégénéré typique le réel n'a aucune signi-\nfication... Le langage clair sert à la communication du réel, il n'a par con-\nséquent aucune valeur pour le dégénéré. Celui-ci n'estime que le langage\nqui ne le force pas à suivre attentivement la pensée de celui qui parle,\nmais lui permet de s'abandonner librement au vagabondage de sa propre\nrêvasserie, de même que son propre langage n'a pas pour but de commu­\nniquer une pensée déterminée, mais doit simplement être le pâle reflet de\nson crépuscule intellectuel. C'est ce que veut dire M. Stéphane Mallarmé\nquand il s'exprime ainsi : « Nommer un objet c'est supprimer les trois\nquarts de la jouissance... Le suggérer, voilà le rêve. »\n    La pensée d'un cerveau sain a, de plus, un décours réglé par les lois de la\nlogique et le contrôle de l'attention. Elle prend pour contenu un objet déter-\nminé, le façonne et l'épuisé. L'homme sain peut raconter ce qu'il pense et\nson récit a un commencement et une fin. L'imbécile mystique, au contraire,\npense uniquement d'après les lois mécaniques de l'association des idées,\nsans attention à un fil conducteur. Il a une fuite d'idées. Il ne peut jamais\nindiquer exactement à quoi il pense, il ne peut que désigner l'émotion qui\n domine momentanément sa conscience. Il ne peut que dire en général : « Je\n suis triste », « je suis gai », « je suis tendre », « j'ai peur ». Sa pensée est\n emplie d'aperceptions nuageuses, fuyantes et flottantes qui reçoivent leur\n coloris de l'émotion régnante, de même que la fumée, au-dessus d'un cra-\n tère, revêt la rutilance de la flamme qui bouillonne au fond de l'abîme vol-\n canique. S'il compose une poésie, il ne décrira donc jamais une suite\n logique d'idées, mais cherchera à représenter par des mots obscurs, d'un\n coloris émotionnel déterminé, une émotion, une « disposition d'esprit ».\n Aussi ce qu'il apprécie dans les œuvres poétiques ce n'est pas un esprit clair,\n l'exposé d'une idée déterminée, mais seulement le reflet d'une disposition\n  d'esprit qui en éveille aussi en lui une autre, pas nécessairement la même.\n  Les dégénérés sentent très bien cette différence entre une œuvre qui exprime\n"}, {"page_pdf": 135, "texte": "                                    —   120   —\n\n\n  un travail vigoureux de la pensée et une autre où flotte simplement une\n  fuite d'idées à teinte émotionnelle, et ils cherchent instinctivement une\n  expression distinctive pour le genre de poésie dont seuls ils ont la compré-\n  hension. En France, ils ont trouvé pour lui le mot symbolisme.\n     SNOBISME (I). — Si un bel air devient insupportable joué sur les orgues,\n c'est que les orgues jouent d'une façon fausse, criarde et dénuée d'expres-\n sion, c'est-à-dire modifient l'essence même de l'air et l'abaissent à la vulga-\n rité; mais l'admiration du plus grand nigaud lui-même ne change absolu-\n ment rien à l'œuvre d'art, et ceux qui l'ont aimée pour ses qualités retrou-\n veront toutes ces qualités complètes et intactes, même quand des millions\n de regards de Philistins insensibles auraient rampé sur elle. La vérité est\n que le décadent crevant de sotte vanité trahit ici involontairement son fond\n le plus intense. Ce garçon-là n'a, en fait, pas la moindre compréhension de\n l'art et est complètement inaccessible au beau, comme à toutes les impres-\n sions extérieures; pour savoir si une œuvre d'art lui plaît ou non, il ne\n regarde pas l'œuvre d'art, oh non! il lui tourne le dos, mais étudie\n anxieusement les mines des gens qui se tiennent devant elle; sont-ils\n enthousiasmés, le décadent méprise l'œuvre; restent-ils indifférents ou\nparaissent-ils même se fâcher, il l'admire avec conviction. L'homme banal\ncherche toujours à penser, à sentir, à faire la même chose que la foule; le\ndécadent, lui, cherche exactement le contraire. Tous deux tirent donc leur\nmanière de voir et leurs sentiments non de leur intérieur, mais se les laissent\ndicter par la foule. Tous deux manquent de personnalité et ils doivent avoir\nconstamment les yeux fixés sur la foule pour trouver leur route. Le déca-\ndent est donc simplement un homme banal avec le signe minus, qui, abso-\nlument comme l'autre, seulement en sens contraire, se dirige d'après la\nfoule, mais se rend toutefois les choses bien plus difficiles que l'homme\nbanal et se fait continuellement du mauvais sang, tandis que celui-ci reste\njoyeux. On peut résumer ceci dans une proposition : Le snob décadent est\nun Philistin atteint de la manie de contradiction et antisocial, sans, le\nmoindre sentiment pour l'œuvre d'art elle-même.\n\n                                                         MAX NORDAU\n\n\n\n\n  (I) Dégénérescence, t. Il, p. 114.— Recommandé spécialement aux méditations de\nplusieurs petites revues où l'on élève le snob au biberon.\n"}, {"page_pdf": 136, "texte": "                          121\n\n\n\n\n              LE SORBET\n      (BUCHERS ESPAGNOLS DU XVIe SIÈCLE)\n\nEncor qu'il snit miné par la fièvre mauvaise\nEt qu'il ne quitte plus les coussins du fauteuil,\nLe Roi funèbre, orné de son pourpoint de deuil,\nEst venu voir mourir les juives que Von braise;\n\nEt son front couronné de luxure et d'orgueil,\nPâle dans l'éventail de son grand col à fraise,\nSe colore au reflet sanglant de la fournaise\nSans qu'un pleur de pitié perle aux cils de son œil.\n\nTous ces juifs, dont la chair brûle comme la cire.\nSauveront de l'enfer lame du roi, leur sire.\nAussi le vieux monarque est joyeux, et fermant\n\nSes yeux vitreux d'où filtre une lueur de jade,\nDans ses doigts cerclés d'or il lève lentement\nUn verre à moitié plein de glace et d'orangeade.\n\n                                  M A U R I C E CARTUYVELS\n\n\n\n\nEN REGARDANT LE SOLEIL\nJe voudrais m'en aller au pays des lumières\nQue cherche en vain l'esprit et qu'ont trouvé les yeux,\nEt là, sous les clartés ruisselantes des cieux,\nMe dresser, souverain, tout vibrant de lumières!\n\nEt ce seraient partout lumières et lumières!\nDes soleils! des soleils! en l'éclat bleu des cieux,\nRéverbérés cent f ois dans l'océan des yeux!\nOh! soleils et soleils! lumières et lumières!\nEclosion des cœurs floraux en des lumières!\nEclosion des fleurs d'astres au fond des deux!\nEt les pleurs jaillissants feraient éclore aux yeux\nMille fois les fleurs d'or, mille f ois les lumières!\n"}, {"page_pdf": 137, "texte": "                                  —   122\n\n\n          Et tout serait lumière, et lumière! et lumière!\n          Les atomes dansants, l'atmosphère, les cieux,\n          Et les yeux et les cœurs, et mon cœur et mes yeux!\n          Oui, tout serait lumière! et lumière! et lumière'.\n\n          Or, quand je quitterai le pays des lumières,\n          Rassasié, le cœur astre comme les yeux.\n          Et repris aussitôt par la nuit de nos cieux...\n          Mes yeux verraient sans fin flamboyer des lumières!\n\n                                                   HENRI    VANDEPUTTE\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                                        I\n\n                  A propos de l'Almanach du M. EMILE VERHAEREN.\n\n\n              Les races et, spécialisées par le milieu, les nations, sont soumi-\n               ses, dans leur développement, aux mêmes conditions que les\n               individus qui les composent. De même que, suivant une loi\n               physiologique, les corps vivants passent, à leur déclin, par\n des phases analogues à celles qui marquèrent leur croissance, ainsi une\ncivilisation manifeste, à l'époque de sa décrépitude, les symptômes de son\nenfance. C'est ainsi que la barbarie naît au milieu des mœurs trop policées,\nque la grossièreté sort du raffinement. L'art, qui est un véritable instru-\nment de précision pour mesurer l'état intellectuel d'un peuple, traduit avec\nune remarquable sensibilité cette effrayante débâcle. Il suffit, aujourd'hui,\nde consulter, même rapidement, les productions de la sculpture, de la pein-\nture, de la musique, bien que ce soit là un art relativement encore jeune,\npour s'assurer de la vérité de la proposition que j'avançais plus haut. Notre\ncvcle se referme sur la barbarie.\n   On ne jure plus que par le moyen-âge. Pour quelques-uns ces siècles\nmonstrueux et noirs sont la plus belle période de l'humanité. Ils trouvent\nà leur délire violent un écho dans les sabbats des sorcières et dans les crises\nhystériques des démoniaques. Ils sont poussés vers cette épilepsie tragique\ncomme les fous sont poussés vers les fous. D'autres, plus avancés encore,\nen arrivent à l'âge de la pierre. C'est ce que l'Art moderne appelle aller de\nl'avant et évoluer. Prenons quelques exemples au hasard : Gauguin\nfaçonne ces idoles mal dégrossies que l'on retrouve dans les forêts de la\nPolynésie; Odilon Redon fait des dessins d'ombres qu'il intitule : Retour\n"}, {"page_pdf": 138, "texte": "                                  —    123 —\n\n\naux origines ; Minne recommence les xylographies allemandes du XVesiècle,\n Filiger, les enluminures enfantines de la Bible des pauvres; Mauclair\nbalbutie sénilement quelques onomatopées du langage émotionnel primitit\noù les mots n'ont pas encore de sens; Mockel s'inspire des chantefables\nchères à M. Wilmotte et Maeterlinck lui-même, parti de Shakespeare,\naboutit avec F. Hérold aux Mystères de Notre-Dame. Tous ces pseudo-\nartistes forment la queue houleuse du romantisme qui rêva le premier du\nmoyen-âge.\n   Actuellement c'est un débordement, une furie, une croisade folle pour\naller reconquérir le tombeau à grosses pendeloques de fer et à cabochons\nd'un Charles le Chauve quelconque; et l'on voit, pour réjouir la postérité,\ndes écrivains de nom, comme Camille Lemonnier, se faire les Pierre\nl'Ermite de cette sainte cause, au cri de : Le diable le veut.\n   L'esprit lourd et déséquilibré des Pères de l'Église, ces demi-sauvages\néchappés de l'Afrique ou des forêts de la Germanie, est préféré à l'esprit\nclair et ordonné de Virgile ou d'Horace; l'incontinence soporifique des\nvieux trouvères l'emporte sur les strophes nobles et précises d'un Leconte\nde Lisle et l'on condamne Thaïs au nom du Paphnutius de cette ténébreuse\npédante de Hrosvitha. Les esprits trop faibles pour juger d'une œuvre plus\ncomplexe comme un tableau du Vinci, c'est-à-dire pour en saisir les nom-\nbreux rapports d'harmonie, se contentent de l'art décoratif. L'art retombe\nen enfance ; saluons le progrès !\n   Voilà à quoi devait aboutir cette négation de tout principe d'esthétique !\nOn s'est mis à tourner au plus vite, sans raison et sans but, livré au seul\ninstinct primitif. Pour les esthètes, toute manifestation de sentiment effréné\ndevenait œuvre d'art et, ne possédant aucun idéal, aucune norme qui leur\nservît de guide et de base de jugement, ils plaçaient sur le même rang les\ngrossières ornementations d'un Canaque et la Vénus de Milo.\n   M. Emile Verhaeren est un des plus complets exemples de ce « retour aux\norigines ». C'est le dernier-né d'une race qui retombe en enfance en donnant\nà quelques-uns l'illusion de la jeunesse. Dans un des volumes du poète des\nDébâcles, nous trouvons le germe de son état actuel. Ne disait-il pas alors :\n              Voici : me rabaisser à des niaiseries :\n              Petites croix, petits agneaux, petits  Jésus...?\n\n   11 faut bien l'avouer, il a atteint le but qu'il s'était proposé. Très logi-\nquement, il en est arrivé à écrire un Almanach qui rappelle les bouts-rimés\npopulaires ou les prédictions d'un Mathieu Laensberg. On peut comparer\nles vers de M. Verhaeren à ces primitives chansons que marmottent encore\nles grands'mères au coin du feu ; c'est le même esprit et le même genre de\ncomposition. Citons, par exemple, le début d'une incantation conservée par\nl'abbé A. Constant :\n                  C'est le chien noir de la montagne\n                  Qui va tournant dans la campagne,\n                  Le nez soufflant, les yeux en feu,\n                  Et la langue aboyant à Dieu.\n"}, {"page_pdf": 139, "texte": "                                  -    124 —\n\n   La ressemblance est frappante.\n   La forme, chez M. Verhaeren, a, naturellement, suivi le délabrement de\nla pensée. Les vers se sont disloqués peu à peu et M. Verhaeren, qui jadis\nrimait convenablement, se contente aujourd'hui d'une harmonie grossière,\nd'un rythme ébauché et de l'assonnance, qui est le premier plaisir de l'oreille\npour les esprits à peine sortis de la barbarie.\n   Ouvrez n'importe quelle revue de Folklore et vous trouverez, presque à\nchaque page, de ces ébauches de poème. Voici, à titre de comparaison, une\nPatenôtre blanche extraite de l'Enchiridion du pape Léon :\n                       Petite patenôtre blanche\n                       que Dieu fit,\n                       que Dieu dit,\n                       que Dieu mit en paradis.\n                        Au soir m'allant coucher\n                       je trouvis\n                        trois anges à mon lit couchés,\n                        un aux pieds,\n                        deux au chevet,\n                        la bonne Vierge Marie au milieu\n                        qui me dit\n                        que je me conclus,\n                        que rien ne doutis.\n                       Le bon Dieu est mon père,\n                       la bonne Vierge ma mère,\n                       les trois apôtres sont mes frères,\n                       les trois vierges sont mes sœurs.\n                       La chemise où Dieu fut né,\n                       mon corps en est enveloppé,\n                       la croix de sainte Marguerite\n                       à ma poitrine est écrite.\n\n\n   Mais ces poésies populaires sont des points de départ, celles de M. Ver-\nhaeren des points d'arrivée. Ce sont des âmes naïves ou mystiques qui\nchantonnent les premières, c'est un esprit viil li et usé qui vocifère les\nsecondes. L'auteur des Débâcles se souvient d'une vie noire; s'il est rede-\nvenu un barbare, c'est avec de la révolte au cœur. Il est de ceux que la\nnature fait naître pour achever une œuvre de destruction ; il est l'agent de\ncette loi naturelle qui veut le renouvellement des forces et l'élimination des\ncorps tombés en décrépitude. Emile Verhaeren est un destructeur, un\nélément de dislocation. Voyez ce qu'il a fait de la poésie : il en a brisé, en\nquelque sorte, la vie harmonisée, le mouvement rythmé. Chez lui les forces\nbrutales et fatales ne sont plus maîtrisées par la volonté et la raison; elles\ndébordent partout et se précipitent en torrent. C'est l'action désordonnée\net folle qui apparaît. L'art qui, comme une religion, est dans son prolon-\ngement terrestre, un frein sûr et un guide merveilleux, a sombré dans la\ntourmente.\n"}, {"page_pdf": 140, "texte": "                                    —    125 —\n\n\n  M. Vcrhaeren se démène, vocifère, fait des gestes immenses, oubliant\n\n                II faut a l'hexamètre,  ainsi qu'aux purs arceaux\n                Des églises du Nord et des palais arabes.\n                Le calme, pour pouvoir dérouler les anneaux\n                Saints et mystérieux   de ses douces syllabes.\n\n     Ses mots les plus chers, ceux qui apparaissent le plus souvent sous sa\n plume sont : crier, hurler, cingler, casser. Les cloches cassent du silence,\n une carcasse de cheval casse un vieux petit trot, les tocsins cassent des\n bonds de sons, les flammes cassent... etc.\n     Non seulement sa forme est échevelée, mais aussi son style. I1 s'occupe\n fort peu du sens conventionnel des mots ; il n'a pas le temps de consul-\n ter sa raison ; une Muse furieuse l'éperonne et il galope follement à travers\n la syntaxe, dans les jardins corrects de Noël et Chapsal.\n     Nous avons montré M. Verhaeren arrivant aujourd'hui par le chemin de\n la barbarie au point de départ de la poésie. La question est dès lors fort\n simple, et la poser c'est la résoudre : Toute cette littérature de complainte,\n d'almanach, d'images à un sou et de mirliton, vaut-elle la poésie saine et\n splendide, aux lignes harmonieuses et nobles du Parnasse de tous les temps?\n  L'art ne possède-t-il aucun degré de perfection? Est-il aussi grand quand il\n  n'est qu'un grossier plaisir esthétique de sauvage enjolivant sa hache de\n  guerre que lorsqu'il coordonne, harmonise et purifie des pensées?\n     Le différent qui nous sépare de ces enfanteurs de monstres n'est pas\n  qu'une question de forme; il est d'un ordre plus élevé. Leur prétendu vers\n  libre est une conséquence de leur organisation cérébrale. Entre ces furieux,\n  ces déséquilibrés, ces exploiteurs de délire et nous, il y a une irrémédiable\n  antipathie. En face de leurs œuvres, nous éprouvons une véritable répul-\n  sion. Ils ont beau être originaux — le bon roi Dagobert l'était aussi —\n  cette originalité n'alimente que la curiosité ou n'intéresse que la clinique\n. de la Salpêtrière.\n                                         II\nL'Intermède lyrique de HEINE, traduction poétique de J. DE TALLENAY, suivi de Premières\n  rimes. — Matin d'automne et Faunesses et Bacchantes, de AD. BOSCHOT. — Vespérales\n  de ToLA DORIAN. — É v e i l s , de AND. et MAUR. MAGRE. — La Lande fleurie, de YVES\n  BERTHOU. - Rédemption,   du D r E. VALENTIN.\n\n    De toutes les poésies de Henri Heine, certes l'Intermezzo est la plus\nvivante et la plus belle. La composition est peut-être moins savante que\ncelle d'Atta Troll, mais c'est précisément cette naturelle expansion qui en\nlait le charme. Heine s'y résume admirablement nerveux, presque fébrile, et\nironique. Il a chanté la passion dans ce qu'elle a d'irréalisable, l'amour aux\naspirations divines. De plus, la lutte entre l'idéal sémite, le mouvement, et\nl'idéal aryen, le repos, donne à cette œuvre un caractère d'originalité qui\nintéresse vivement la sympathie. Cette lutte aboutit à des éclats oratoires,\nà des accents passionnés que nous ne sommes guère habitués à rencontrer\n"}, {"page_pdf": 141, "texte": "                                    —    126   —\n\n\ndans la littérature purement française, et à cette ironie cruelle et saccadée\nqui remplace notre pessimisme statique.\n   Rendre en vers français cette vie ardente et mouvementée se présentait\nd'une difficulté inouïe. L'hexamètre, et même l'octosyllabe, ont une ligne\ntrop noble et trop pure; ils ne se prêtent pas à la vivacité multiforme d'un\nesprit spontané et vibrant. Ceux qui ont tenté de rendre, dans la langue de\nRacine, cette sentimentalité aiguë, en sont arrivés, comme Musset, à écrire\nde mauvais vers imités de Byron ou, comme Laforgue, à briser, par des\nmouvements trop brusques, l'écheveau d'or du poème.\n   Les races ont un esprit très personnel et très différent, et c'est cet esprit\nqui crée instinctivement la forme qui lui est la plus propre. L'esprit fran-\nçais, noble et clair, n'admettant pas la confusion des genres, à cause même\nde cette clarté, s'est choisi un mètre pur et correct, plus apte à rendre le\nbalancement mélodieux des pensées qu'à traduire la fougue et le désordonné\nde la passion.\n   On comprend donc le labeur ingrat auquel devait se livrer l'écrivain qui\nvoulut faire passer dans des poèmes français le lyrisme ardent de l'lnter-\nmezzo. Ce labeur n'a pas effrayé Mme de Tallenay et nous devons nous en\nféliciter.\n   Elle a su éviter le pédantisme des Delille et des Baour-Lormian; elle s'est\nplus appliquée à l'esprit qu'à la lettre et nous a donné des transpositions\npersonnelles qui ont du charme et de la grâce.\n   Ce charme et cette grâce nous les retrouvons encore dans la seconde\npartie de son volume : Premières rimes. Qu'on en juge d'ailleurs par la\npièce que nous transcrivons ici : Soirée en mer.\n               Nous étions restés seuls. Le pont était désert\n               Et les mâts élancés ployaient sous la voilure.\n               C'était l'heure où le jour dans les ombres se perd,\n               L'heure où la paix du ciel descend sur la nature.\n               Saisis d'un saint respect, tous deux pensifs, émus,\n               Nous regardions la mer, ce ténébreux abîme,\n               Les vastes profondeurs des mondes inconnus.\n               L'espace, où tout se meut dans un ordre sublime.\n               Remplis d'émotion, rêveurs,    silencieux.\n               Elevant au Seigneur notre âme recueillie,\n               Nous écoutions des flots le bruit     mystérieux.\n               Lorsque la vague fuit par la vague assaillie.\n               Tout était calme et pur, dans les plaines de l'air\n               Ainsi que dans la nuit, limpide et vaporeuse.\n               Parfois, un cri d'oiseau, retentissant et clair,\n               Surgissait, loin de nous, de l'onde impétueuse.\n               Se mouvant lourdement sous ses mâts     orgueilleux,\n               Notre vaisseau voguait dans l'immensité sombre,\n               Et, ta main dans ma main, nous étions tous les deux\n               Isolés sur le pont, déjà tout voilé d'ombre...\n"}, {"page_pdf": 142, "texte": "                                    —   127    —\n\n\n              Te souvient-il encor de ce moment béni?\n              De cette belle nuit si tranquille et si pure.\n              Oit nos cœurs, pénétrés d'un amour infini.\n              S'élevaient, d'un élan, vers la sainte nature ?\n   M. Adolphe Boschot est un poète complaisant : il laisse à sa muse le\nplus de libertés possibles, et elle en profite d'une façon outrée. M. Boschot\na trop de facilités; aussi les mots ne sont-ils pas assez réfléchis dans son\ncerveau et trahissent-ils souvent sa pensée :\n              C'est la Diane de Rubens en un bois fauve;\n              Elle est couchée et dort; son corps est déjeté ! ! . . .\n  Kl cette Bacchante qui :\n              Fait dormir   la blancheur    de son beau corps replet.\n\n  Ou bien encore :\n              Et les vierges,   six mois, marinaient dans la       myrrhe.\n\n   Ces citations sont extraites d'une vingtaine de sonnets que M. Boschot a\nréunis rapidement en plaquette sous le titre de Faunesses et Bacchantes.\n   L'art n'est pas mieux partagé dans Matin d'Automne du même. C'est un\ncolloque de quelques pages où nous trouvons l'élément masculin, sous la\nforme d'un rêveur inconsistant, aux prises avec l'élément féminin, repré-\nsenté par une personne maternelle mais pratique.\n   L'amant se laisse entraîner à des divagations blanches qui ne sont point\ndu goût de la partenaire. Celle-ci, qui n'y comprend pas grand'chose, pose\ncarrément la question de cabinet :\n              Car je veux être aimée humainement. Je veux\n              Ne plus être pour toi l'irréelle madone :\n              Je veux de chauds baisers pris entre mes cheveux.\n              Parmi ma chair amoureuse, que je te donne.\n\n   La forme ne parvient pas à sauver cette conversation sentimentale.\n   Ce n'est pas le reproche que l'on peut adresser à Tola Dorian qui, dans\nVespérales, se montre artiste très consciencieuse. Elle affirme un souci sin-\ncère de rythme et de sonorité, qui, par ce temps de poésies indécises et nua-\ngeuses, a son grand mérite. La pensée est savante; ce n'est pas de l'art\nmièvre de femme. On sent que Mme Tola Dorian a beaucoup réfléchi et\nbeaucoup lu.\n   Signalons encore Éveils de MM. André et Maurice Magre. Fantômes\ngraciles et vagues, qui se dessinent dans un pays d'ombres matinales. L'in-\ndolence mélancolique des rêves a inspiré à MM. Magre une suite de petites\npièces qui dénotent vraiment des poètes émus et tendres.\n   Il nous reste à parler de la Lande fleurie de M. Yves Berthou.\n   Parmi le nombre considérable de versificateurs de ce XIXe siècle, on pour-\nrait distinguer les poètes purs, les lyriques et les demi-poètes, ceux qui ne\ns'élèvent pas jusqu'à la contemplation, l'exaltation du Beau ; ceux qui ne\n"}, {"page_pdf": 143, "texte": "                                  —   128 —\n\n\n quintessencient pas assez les choses, mais qui les voient plutôt dans leur\n succession et dans leur extension. Ces demi-poètes côtoient sans cesse le\ndomaine de la prose et quelquefois même y font incursion, tout en conser-\nvant la forme métrique. C'est le cas de François Coppée, par exemple, et de\nGui de Maupassant. On peut ranger parmi ceux-là les poètes de terroir,\ntels Brizeux, qui s'inspira de la Bretagne, André Theuriet, de la Lorraine,\nFrançois. Fabié, du Rouergue, Jean Aicard, de la Provence. C'est le style\ndescriptif qui leur est le plus cher. Ils ne s'élèvent pas jusqu'à la synthèse,\nc'est-à-dire jusqu'à l'idée, des paysages qui ont impressionné leur âme, ou\ndes faits, des accidents qui se sont accomplis sur le sol natal. Ils décrivent,\nils énumèrent, ils racontent ; et, en cela, ils sont plus véritablement des pro-\nsateurs. Le vers fixe les phénomènes hors du temps et de l'espace; la prose\nles suit dans leurs multiples variations et dans leurs mouvements.\n   M. Yves Berthou se rattache à la catégorie des poètes de terroir. C'est,\ncomme Brizeux, la Bretagne qu'il a voulu évoquer. Il quitte le pays d'exil,\nrentre dans sa vraie patrie et laisse, avec une joie émue, se retremper son\nâme aux sources primitives de sa jeunesse et de ses souvenirs. Il nous\nraconte alors les anciennes légendes que l'on dit aux veillées, les impres-\nsions des vastes plaines couvertes de genêts d'or, ou décrit un paysage\nmouillé et lumineux.\n   Ce que l'on pourrait reprocher à M. Yves Berthou, c'est que, parfois, le\nprosateur empiète sur le poète.\n   Signalons, en terminant, Rédemption, poème antiesclavagiste, que le\nD r Emile Valentin a conduit vaillamment pendant six chants.\n\n                                                         VALÈRE GlLLE\n"}, {"page_pdf": 144, "texte": "                                               —     129\n\n\n\n\n                                    MEMENTO\n  L'obligeance d'un de nos correspondants,        A M. HENRI VANDEPUTTE, poète aubal\nattache au fameux cabinet noir dont on a       et clavecinal, dans le train.\nrécemment parlé à la Chambre, nous a           Crépusculaire est un beau morceau. Seu-\npermis d'intercepter les lettres suivantes, lement, il n'y a pas encore assez de néolo-\ndont nous respectons mieux le texte que le gismes Je ne cesse de le répéter aux jeunes\nsecret :                                    poètes : il faut s'empresser de faire en un\n                                            seul poème tous les néologismes possibles.\n     A feu le Dr EMILE VAI.ENTIN, grapho-\n                                            C'est le seul moyen d'être tranquiile dans\n   mane.\n                                            l'avenir.\n   Vous avez le plus grand tort, cher doc-                      THÉODORE DE BANVILLE.\nteur, en nous représentant comme une\n                                                  A M. GEORGES EEKHOUD, critique\ngénération ignorante du génie de M. Benoît\n                                               musical à « l'Etoile belge ».\nQuinet. A Louvain déjà, lorsque la Jeune\nBelgique était encore dans l'œuf, nous         J'ai lu votre article sur le dernier Concert\navions coutume de nous gargariser avec le populaire. Je vous envoie mon bonnet.\nvers suivant de votre grand homme :                       L'OUVREUSE DU CIRQUE D'ETÉ.\n   Et la peste se mit dans les pommes de terre.\n                                                             A Mme PIROTTE, à la « Société          nou­\n  Demandez plutôt à Emile Van Arenbergh.                   velle », Bruxelles.\n  C'est égal : vous êtes gentil quand même.              Pourquoi dites-vous que nous avons\nA la prochaine occasion.                               besoin d'une religion de joie? Vous l'avez\n                    BAZOUGE, croque-mort.              fondée, Madame, vous l'avez fondée.\n    A M. EMILE VERHAEREN, par à             travers                               J.-B. D'AUREVILLY.\n Bruxelles, ou en sa campagne           hallucinée           A M. PAUL GÉRARDY, poète wallon.\n de Saint-Amand.\n                                                           Vous écrivez très bien en allemand.\n   Merci : je n'ai pas l'habitude d'être chantée                                      HENRI HEINE.\nainsi. Mais si vous avez le malheur de m'en-\nvoyer un « Amant œcuménique », je vous                      A M. VIRGILE ROSSEL, esthète        suisse.\nallongerai un coup de pied.                                Rendez le prénom.\n                            VÉNUS, rentière.                                             VIRGILE.\n\n    A M. BRUNETIÈRE,         évolutionniste.                A M.      CHARLES POTVIN,     conservateur\n                                                           du Musée     Wiertz.\n   Vous m'avez préparé un joli succès,\nl'autre soir, au banquet Puvis de C h a -   Le Patriote assure que les toiles de\nvannes. Vous êtes un ennemi sûr.          Wiertz se conservent de moins en moins.\n                                          A la bonne heure : vous réparez noblement\n                   CHARLES BAUDELAIRE.\n                                          vos torts.\n   A M. EMILE ZOLA, devant             l'Institut.                                HENRY DE GROUX.\n\n  Continuez, mon cher confrère, continuez\nà frapper à la porte de l'Académie. L'Aca-\ndémie continuera à vous refuser. De cette    Nous lisons, avec des sentiments divers,\nmanière, vous êtes assuré d'une ressem- cette nouvelle dans Le Soir :\nblance avec moi.                             UNE HISTOIRE ET DÉCORATION. — 11 y\n                               BALZAC.     avait une fois — commençons, si vous le\n"}, {"page_pdf": 145, "texte": "                                         — 130 —\n\n voulez, comme dans les belles histoires —        de moniteur à tous les toqués de Belgique\n il y avait une fois plusieurs jeunes écrivains   affirme, une fois de plus, que l'art poétique\n dont les uns avaient beaucoup de talent et       « est définitivement dégagé des formes par-\n les autres moins.                                nassiennes » et que le vers libre « s'est\n    Et ces écrivains, tout en faisant fi — en     imposé vainqueur ».\nparoles et avec des gestes beaux. .. de              Ce dégagement et cette victoire existent\ndédain — du petit chiffon rouge, amaranthe        peut-être dans l'imagination de l'Art mo­\nou bleu, qu'on appelle décoration, le con-        derne, mais ils n'existent que là.\n voitaient vivement en secret.                       Le vers libre est aussi bête aujourd'hui\n    Seulement le gouvernement de leur pays        qu'il y a cinq ans. S'il s'impose à quelqu'un,\nétait toujours resté sourd aux appels for-        c'est aux imbéciles.\nmulés pour eux par les amis. Ces écrivains           Qu'on se le dise!\nvivaient, il faut le dire, dans un pays où la\nbonne soupe est de loin préférée au beau\nlangage.                                             A l'Art moderne, ces quelques lignes de\n    Mais il arriva un jour qu'un pays voisin      Ch. Maurras citées par G. Kahn dans la\n— mettons que ce soit la France — plus            Société nouvelle :\népris des lettres, se mit en tête d'octroyer         « Le prodigieux épuisement des esprits\nà ces jeunes gens le ruban que leur refusait      depuis trois quarts de siècle de culture\nle gouvernement de leur propre pays.              barbare amène une sorte de nuit tout à fait\n    Et il en manifesta à celui-ci la formelle     comparable à celle qui précéda l'an mil, tant\ndécision.                                         les facultés de frémir et de sentir ont seules\n    — Comment! s'exclamèrent alors ceux           prévalu et crû! Qui cherchera le sens des\nqui vivaient de bonne soupe, comment!             choses? On ne veut plus qu'en être ému. Il\nvous allez décorer ces jeunes gens?... Alors      n'est jamais question aujourd'hui que de\nvous allez au moins les décorer tous?             sentiments. Les femmes si brisées et humi-\n    — Tous, c'est beaucoup... Il y a notam-       liées par nos mœurs se sont vengées en nous\nment que l'un d'eux ne sera jamais décoré         communiquant leur nature. Tout s'est effé-\npar nous, car c'est un écrivain ami-français...   miné, depuis l'esprit jusqu'à l'amour. Tout\n    Et les gouvernants, saisissant la balle au    s'est amolli. Incapable de disposer et de\nbond, s'écrièrent :                               promouvoir des idées en harmonieuses\n    — Oh ! vous voulez faire une manifesta-       séries, on ne songe plus qu'à subir. »\ntion politique ?... Nous devons nous y\nopposer...\n    Et voilà comment le ruban — mettons de           Nous recevons de notre jeune ami Toto\nla Légion d'honneur — n'ornera point les          la lettre suivante :\nboutonnières des jeunes écrivains dont il\nest question en cette histoire.                            MAÎTRE,\n\n    Dans le Landerneau des lettres, cela fait        J'ai trouvé! 'M. Potvin dit : Eurêka. J'ai\npour' le quart d'heure un grand potin ; car,      trouvé la clef du grand mystère. Cette clef\nnous le répétons, tout en faisant fi du petit     est une balance. Action et réaction, comme\nchiffon rouge, en secret les jeunes gens de       dit M. Tiberghien. Les Décadents ont\nlettres le convoitent vivement.                   poussé la littérature jusqu'à ses derniers\n                                                  raffinements, au temps où M, Picard ne\n                                                  publiait ses livres que pour dix esthètes de\n   L'Art moderne vient d'exécuter un de ces       choix. Aujourd'hui, on passe dans l'autre\nsolos pour cymbales dont il a le secret.          plateau de la balance; on s'en retourne aux\nAprès la bamboula traditionnelle contre la        balbutiements primitifs chers au professeur\npresse, qui a d'ailleurs l'air de se ficher de    Garner et on rêve d'être lu par tout le\nl'Art moderne comme du dernier des                monde, y compris les moutons.\nMohicans, le joyeux hebdomadaire qui sert            Moi je suis du dernier plateau.\n"}, {"page_pdf": 146, "texte": "                                                       — 131 —\n\n  Le caractère primitif de l'intelligence                         Pages d'art et de science, dont quelques-\nhumaine, c'est d'être complètement dominé                         unes sont consacrées à une étude intéres-\npar l'image, par la sensation à peine trans-                      sante de Maurice Cartuyvels sur la person-\nformée, par les impressions directes des                          nalité d'Iwan Gilkin.\nchoses. Aussi notre langage ne doit-il être                          La Revue blanche est devenue bi-men-\nqu'un langage émotionnel et imitatif.                             suelle mais n'a pas changé de couleur. A\n  Je dis avec M. Mauclair : Je ne veux faire                      signaler la traduction de lettres d'Edgar\nqu'un peu de musique.                                             Poe et une variation de Stéphane Mallarmé\n  Voici un exemple de ma dernière manière                         sur l'Action, débutant par ces vers cour-\nque vous accepterez, j'espère, avec bonté :                       roucés :\n                                                                            P E T I T AIR (GUERRIER)\n              JEUNE CHANSON                                               Ce me va hormis l'y taire\nIl était trois petits cochons d ' I n d e .                               Que j e sente d u foyer\nLa première princesse était aussi dinde.                                  Un pantalon militaire\nBê, bê, bè, bê,                                                           A ma j a m b e rougeoyer\nTous les moutons s'en vont a u p r é .                                    L'invasion j e la guette\nAvait trois anneaux le fils d u roi ;                                     Avec le vierge courroux\nJamais, jamais on a su pourquoi.                                          Tout juste de la baguette\nBê, bê, bê, bê,                                                           Au gant blanc des tourlourous\nTous les moutons s'en vont a u p r é .                                    N u e ou d'écorce tenace\nA mis les trois anneaux d a n s les trois cochons d ' I n d e ,           P a s pour b a t t r e le Teuton\nEt puis alors s'est mis à geindre.                                        Mais comme u n e a u t r e menace\nBê, bê, bê, bê,                                                           A la fin q u e me veut-on\nTous les moutons s'en vont au p r é .                                     De trancher ras cette ortie\nEt comme la princesse était folle                                         Folle d e la sympathie\nElle a trouvé cela fort drôle.\nBè, bê, bê, b ê . Ah I oui vraiment                                  Les revues étrangètes du mois se sont\nMaeterlinck est un bon enfant.\n                                                 TOTO             beaucoup occupées du mouvement litté-\n                                                                  raire belge.\n                                                                     Dans notre prochain numéro nous don-\n   REVUE DES REVUES. Le numéro de février                         nerons quelques extraits d'un article du\nde l'Ermitage nous apporte le sommaire                            professeur Van Hamel paru dans le Gids\nsuivant : P. Berthon, la Décoration mo-                           d'Amsterdam.\nderne; Alber Jhouney, Vers ; R Boylesve,                             Pour le moment, traduisons quelques\nles Belles folies d'écho ; Maffre de Baugé, la                    appréciations que M. Gérardy a déposées\n Veillée d'armes; Edm. Pilon, Ad. Retté;                          dans l'Allgemeine Kunst-Chronik :\nAd. Ketté et Yebel, Vers; J. des Gachons,                            « Camille Lemonnier, un des plus éton-\nle Prince naïf.                                                   nants ouvriers de la prose française, haute\n  Le Mercure de France publie la préface                          et magnifique personnalité artistique, plus\nau livre de Jamblique sur les Mystères, de                        artiste que Zola, porte-drapeau de la litté-\nPierre Quillard, ainsi que des vers de                            rature belge.\nJhouney, Lorrain, Retté.                                             Georges Eekhoud, le Flamand, qui écrit\n  Notre ami Ch. Van Lerberghe, qui avait                          comme Jordaens et Teniers peignaient.\ngardé pendant trop longtemps un silence                              Edmond Picard, grand orateur, magni-\nregretté, vient de donner à la petite Stella                      fique tribun; un des plus hardis juristes de\nquelques phrases mélodieuses, prose ou                            l'époque, et, à certaines heures (!!!!) délicat\nvers, intitulées : L'Initiation matinale.                         écrivain au style miroitant comme un\n  Dans la Société nouvelle, Georges Eek-                          prisme. »\nhoud étudie la pléiade shakespearienne,                              La pléiade des psychologues wallons,\ntandis qu'Emile Verhaeren casse des mots                          parmi lesquels Demblon et Olin.\navec une furie insensée.                                             Les auteurs dramatiques. Charles Van\n  Le Magasin littéraire et la Revue géné­                         Lerberghe, qui « a jeté par la fenêtre les\nrale publient des articles de Henry Bor-                          nippes qui encombraient la scène française\ndeaux et de Firmin Vanden Bosch. A lire                           pour les remplacer par les décorations\naussi la Nervic, Durendal, l'Art jeune et                         sévères de son goût, personnifie l'esprit\n"}, {"page_pdf": 147, "texte": "                                        —   l32 —\n\n germanique qui a renversé — d'un trait — nier, au bas du sonnet L'Apôtre, la signa-\n toutes les productions de l'esprit latin par- ture inexacte : Ch. Descamps. L'auteur de\n venu au terme de son évolution artistique ». ce sonnet est M. le chevalier Edouard Des-\n    « Maeterlinck, auquel on a fait beaucoup camps.\n de reproches, ce qui prouve qu'il a apporté\n beaucoup de neuf. — Ses personnages ne\n sont d'aucun temps ni d'aucun pays : ce            BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE :\n sont des abstractions de l'homme, le type         Maurice Donnay. — Le Prince naïf.\nabsolu de l'homme tel que se le représen-\n                                                   Strindberg. — Père. Le Paria. Traduc-\n taient Platon, Duns Scott et les réalistes\n                                               tion de Loiseau, avec une lettre d'E. Zola.\nmoyenâgeux. L'émotion que donnent ses\n                                                   .1. de Marthold. — Le Jargon de Fr. Vil­\npetits drames pour marionnettes est pro-\n                                               lon.\nfonde au delà de toute expression. »\n                                                   L. Descaves. — Les Emmurés, roman.\n    Richard Ledent. D'une grande puissance         Stapfer. — Montaigne.\ntragique.                                          H de Régnier — Le Trèfle noir.\n    EmileVerhaeren. Un des premiers poètes         H. Rebell. — Union des trois aristocra­\nlyriques de l'époque.                          ties.\n   Gilkin procède de Baudelaire, et Giraud,       A. Appia. — La Mise en scène du drame\nde Théodore de Banville.                       wagnérien.\n   Georges Khnopff, le frère du grand             Ch. Henry. — Quelques aperçus sur\npeintre, publié et inédit, et Grégoire Leroy l'esthétique des formes.\nde grand talent dont les œuvres vont sans\n                                                  A.-F. Hérold. — Le Victorieux, drame.\ndoute paraître. »\n                                                  Ch. Buet. —Le Péché.\n                                                  Ch. Viane. — Les Egarées, un acte en\n   Cette nouvelle du Moniteur :                vers.\n   M. A. Beernaert, ministre d'État, prési-       G. Docquois. — Le Congrès des poètes.\ndent de la Chambre des représentants, et          Gyp. — Leurs Ames.\nM. Ch. Cardon sont nommés membres de              C. Maurras. — Le Chemin du Paradis.\nla commission directrice des musées roy aux       P. Verlaine. — Dédicaces. Nouv. édit.,\nde peinture et de sculpture de l'État, en augmentée.\nremplacement de MM. Slingeneyer et Dele-          H. de Régnier. — Aréthuse.\nbecque, décédés.                                  Max Elskamp. — En symbole vers l'Apos­\n   Beernaert? Est-ce celui dont la sœur a tolat.\ntant de talent?                                   J.-K. Huysmans — En route.\n\n  Une pensée d'I. Will.\n  « Parfois — rarement — entre femmes,\non va loin.\n\n\n  Une erreur de typographie nous a fait\nimprimer, dans le numéro de janvier der-\n"}, {"page_pdf": 148, "texte": "               P a u l LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR          D E LA J E U N E         BELGIQUE\n                     31, rue des Paroissiens, 31\n                             BRUXELLES\n\n                V I E N N E N T DE PARAITRE\n                          Max ELSKAMP\n\n  EN SYMBOLE VERS L'APOSTOLAT\n                   Un volume in-8° grand médian.\n                            IL A ÉTÉ TIRÉ :\n     2 exemplaires sur papier de Chine, à                 fr. 15 »\n     5       id.       id.         Japon, à           10          »\n    200      id.       id.         Hollande Van Gelder, à .     3 50\n          Ornementation à la couverture par HENRY VAN DE VELDE.\n\n                  TOUS NUMÉROTÉS A LA PRESSE\n\n                     A D O L P H E BOSCHOT\n\n  RÊVES                            BLANCS\n                              POÈMES)\n       Un volume in-16 raisin, simili-japon. Prix : 4 francs.\n Quelques exemplaires numérotés sur hollande Van Gelder, à 8 francs.\n\n               Nouveautés en vente :\nBARRUCAND (V.) : Le Chariot de Terre cuite cinq actes repré-\n  sentés au théâtre de « l'Œuvre                           fr.   3 50\nDAUDET (A ) : La Petite Paroisse                                 3 50\nDE RÉGNIER H.) : Le Trèfle noir .                                2 50\n         —           Aréthuse, poèmes                            3 50\nDOCQUOIS (G ) : Le Congrès des poètes                             3 50\nEEKHOUD (G.) : Mes Communions                                    5 »\nFRANCE (A.) : Le Puits de Sainte-Claire                          3 50\nHUYSMANS (J.-K.) : En Route. . .                                 3 50\nLAVEDAN : Marionnettes      .                                    3 50\nLOTI (P.) : Le Désert                                            3 50\nLORRAIN (J.) : Sensations et souvenirs                           3 50\nMENDES (C.) : La Grive des vignes, poésies                       3 50\nPÉLADAN (J.): Babylone                                           5 »\nPICARD (E.) : Comment on devient socialiste                      » 75\nPLUME (La) : Numéro spécial consacré à « Puvis de Chavannes »    1»\n       —      Avec portrait, gravé par Desboutin                 2 »\nRETTÉ (A.) : L'Archipel en fleurs                                3 50\nROSNY (J.-H.) : Renouveau                                        3 50\nSTRINDBERG (A. : Plaidoyer d'un fou                              3 50\n"}, {"page_pdf": 149, "texte": "        Paul LACOMBLEZ, éditeur\n              31, R U E DES PAROISSIENS, BRUXELLES\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et              Jenart (Aug.). Le Barbare                    2 »\n   roses                              fr. 2 »     Jeune Belgique (Le Parnasse de la). . 7 50\nBrabant (V.). Notes de voyage . . .        1 »    Journal d'une ignorante : Sur les Golfes 1 50\nBloy(Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 >>      Justus Severus Africus                        1 »\n    Les 3 premiers numéros ensemble 1 »           Kahn (Gustave). Chansons d'amant • • 3 50\nBoschot (A;. Faunesses et bacchantes. 1 50              —         Les Palais nomades           3 50\n              Matin d'automne . . .        1 50   Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .        2 »\nBosiers ;E.). Harald-Roi                   2 »          —         Loth et ses filles . . .     2 »\nCarnet de chasse illustré                 15 »     Landoy (Eug.). Evocations                    3 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 »                 —         Maître Martin . .          . 0 50\nCourouble (L.). Contes et souvenirs.       3 50    Lautréamont (comte de). Les Chants de\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 »              Maldoror                                  3 50\nDaCosta(G.) Grammaireenportefeuille 0 50           Lemonnier (C.) Paroles pour Georges\nDaxhelet(A ) Pages de tendresse vague 3 50                        Eekhoud             0           50\n      —       Nouvelles de Wallonie . 3 50              —         Discours d'inauguration\nDe Coster (Ch.). La Légende d'Ulen-                  du monument Ch. De Coster, avec\n          spiegel                          5 »       extraits d'« Uienspiegel » et por-\n      —         Légendes flamandes . . 3 50          trait de Ch. De Coster . . . . 0 50\n                  (Voir Lemonnier.)                Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50                      (L'Intruse, Les Aveugles) 3 »\n      —      Les Miroirs de jeunesse . 3 50             —         La Princesse Maleine.         3 50\nDelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50             —         Serres chaudes . . . .        3 »\nDe Haulleville (baron P.). En vacances. 3 50            —         L'Ornement des noces spi-\n      — Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »                           rituelles                 4 »\n      — J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                        —         Les Sept Princesses . . 2 »\n                talat chez les Civilisés. 4 »           —         Pelléas et Mélisande          3 50\n Demolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                              (Voir Emerson.)\n      —         Impressions d'Art. . . 3 »         Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam . . 3 »\n      —        James Ensor . . . .         3 «     Maubel (Henry). Miette. . . . . .            2 50\n De Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 »             —         Etude de jeune fille . . 3 50\n De Régnier. Le Bosquet de Psyché . 2 »                 —         Quelqu'un d'aujourd'hui. 3 50\n De Tallenay (J.). L'Invisible . . . . 3 50        Picard (E.). El Moghreb al Aksa . . 4 »\n Desombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »              —         Scènes de la vie judiciaire 4 »\n Destrée (Jules). Journal des Destrée . 1 »             —         Vie simple                    3 »\n Dulac (Paul). Vingt-cinq sonnets          1 50         —         Imogène, 1 vol. format\n Dupont (A.). L'Envol des rêves . .        2 »                        eucologe                  4 »\n Eekhoud(Georges)Nouvelles Kermesses 3 50               —         Comment on devient so-\n       —       La Nouvelle Carthage. . 4 »                            cialiste                  2 50\n       —       Les Fusillés de Malines . 3 50           —             Id. (édition populaire) 0 75\n               Au siècle de Shakespeare. 3 »       Plerron (Sander). Pages de Charité           3 50\n       —       Kees Doorik                 3 50    Philopator. Libres propos d'un belge.\n       —       Kermesses                   5 »     Pléiade (La). Première année (188g)          3 »\n Elskamp (Max). Dominical . . . .          2 »     Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n       —       Salutations, dont d'angé-           Rodenbach Le Foyer et les champs . 1 »\n    liques                                 3 50    Rommelaere J.). Ma semaine, 1892-93. 2 »\n Emerson. Sept Essais, avec préface de                   —         Ma semaine. 1894 . . .       2 »\n     Maeterlinck                           3 50    Severin (Fernand) Le Lys                     2 »\n Garnir (Georges). Les Charneux . . .      3 50             —             Le Don d'enfance      2 »\n       —       Contes à Marjolaine       . 3 50    Sigogne E.). Contes merveilleux . . 3 »\n Gilkin (Iwan). Stances dorées . . . 1 »           Sluyts(Ch.). L'Appel des voix . . . 2 »\n Gille(Valère) LeChâteau desmerveilles 2 »               —         Notes d'être                 3 »\n Giraud (Albert). Hors du siècle . . .     3 50    Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 »\n       —       Hors du siècle. II : Sous           Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut.       . 3 5 0\n                  la Couronne. Devant le           Van Lerberghe (Cit.). Les Elaireurs. . 1 »\n                  Sphynx                   3 00    Verhaeren (E.J. Les Apparus dans mes\n       —       Pierrot lunaire . . . .     2 »                        chemins                   2 »\n       —       Pierrot Narcisse . . . 2 »                —         Les Moines                   3 »\n       —       Dernières Fêtes. . . .      2 »     Villiers de l'Isle-Adam. Premières Poésies . 3 50\n       —       Le Scribe. . . . . .         1 »                    Morgane                      5 »\n Hannon (Théo). Noëls fin de siècle . . 3 »        Wagner (B.). L'Œuvre et la mission de\n       —       Au pays de Manneken-Pis 4 u            ma vie (derniers exemplaires) . . 4 »\n Hanneuse (0 ). La Reine Aléna. . (souscrit)       Waller (Max). La Flûte à Siebel.             350\n       —       Sorella                     2 50          —         Daisy                        3 »\n Itiberê da Cunha (J.). Préludes . . fr. 3 »       X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé)\n\n                            E3ST    V E N T E\n                                Emond PICARD\n\n               I M O G È                                           N           E\n       U N VOLUME FORMAT DES EUCOLOGES. 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