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TOME XIV. — N° 4                                15me Année.\n\n\n\n\nA\n  JEUNE\n               BELGIOUE\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOM M A I R E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 186, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 162, "fin_caractere_exclue": 1430, "texte": "SOM M A I R E :\n      France et Allemagne                           IWAN GlLKIN.\n     Rêve brisé                                     J. DE TALLENAY.\n     Le Budget des Beaux-Arts                       LA JEUNE BELGIQUE.\n     Odelettes païennes                             IWAN GILKIN.\n     .VI. Mirbeau et la « Jeune Belgique ».   .   . I. G.\n     Chronique littéraire :\n        Mes Communions; Ames de couleur; La\n         Musique et les lettres                     ARNOLD    GOFFÎN.\n\n     Chronique artistique :\n       Exposition de la Libre Esthétique . .        KALOPHILE.\n     Pour quelques bons amis . . .       . . .      ETHELRED VAZY.\n     Memento                                        NEMO.\n\n\n\n\n        RÉDACTION                                          BRUXELLES\n BUE D E I.A   LIMITE,   BRUXELLES.                   PAUL LACOMBLEZ,          ÉDITEUR\n                                                           ÔI, rue des Paroissiens\n                                                                 PARIS\n  PRIX DU NUMÉRO                                    CHAMUEL,     LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                          2Q, rue de Trévise\n           fr. 0-75.\n                                                                   1895\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 187, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 366, "fin_caractere_exclue": 1093, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur : M A X W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n          Directeur : IWAN GILKIN, u o , rue de la Limite.\nSecrétaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n            7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand ; Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 187, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1093, "fin_caractere_exclue": 1547, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 21, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde Sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 165, "page_fin": 170, "titre_corps": "France et Allemagne", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "FRANCE ET ALLEMAGNE", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "RÊVE BRISÉ", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 188, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "FRANCE ET ALLEMAGNE\n\n\n                                  Le Mercure de France et la Neue Deutsche\n                              Rundschau ont organisé ensemble une consul-\n                              tation sur la question suivante : « Toute poli­\n                              tique mise de côté, êtes-vous partisan de rela­\n                              tions intellectuelles et sociales plus suivies\n                                 entre la France et l'Allemagne, et quels\n              seraient,                      selon vous, les meilleurs moyens\n                                     pour y parvenir ?» A cette question\n                ont été faites des réponses françaises et des réponses alle-\n                mandes, qui ont été publiées simultanément dans les deux\n                revues que nous avons nommées.\n                   Les réponses françaises portent les signatures de\n                MM. Paul Adam, J. Allemane, Maurice Barrés, Berthelot,\n                Charles Gide, Remy de Gourmofit, Jean Grave, Paul Her-\n             vieu, Gustave Kahn, Bernard Lazare, Anatole Leroy-Beau-\n             lieu, Maurice Maeterlinck, Stéphane Mallarmé, Catulle\n             Mendès, ctave Mirbeau, Joséphin Péladan, Henri de Régnier,\n             Th. Ribot, J.-H. Rosny, Marcel Schwob, Laurent Tailhade,\n             Francis Vielé-Griffin, Melchior de Vogué, Téodor de Wyzewa,\n             Emile Arnaud, Alber Jhouney, Joseph Savary.\n  Du côté des Allemands, nous trouvons les noms de MM. Auguste Bebel,\nO.-J. Bierbaum, L. Brentano, M.-G. Conrad, Félix Dahn, Richard\nDehmel, M. de Egidy, L. Fulda, L. Gumplowicz, Ernest Haeckel, Max\n"}, {"page_pdf": 189, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3005, "texte": "                                       — 166 —\n\n Halbe, O.-E. Hartleben, Gerhart Hauptmann, H. Herkner, Lehmann\n Hohenberg, Lieber, John-Henry Mackay, J. Platter, P. Rosegger, Erich\n Schmidt, Fr. Spielhagen, Berthe de Suttner, Adolphe Wagner, E. Wichert,\n Bruno Wille, Hans de Wolzogen.\n   Le Mercure de France demandait à ses correspondants de « mettre de\ncôté toute question politique ». Cependant plusieurs ont touché la question\npolitique et vraiment il était fort difficile de le point faire, car c'est, au fond,\nla véritable question. Elle me paraît avoir été le mieux esquissée par\nM. Adolphe Wagner. Le vieux monde aura, dans un avenir peu éloigné,\nà subir le choc violent de l'Amérique, qui trouvera dans la Russie une\nalliée naturelle. La civilisation européenne se trouvera prise ainsi entre les\ndeux branches d'un formidable étau. Pour résister, ce ne sera pas trop de\ntoutes les forces vives de l'Europe, dont l'union ne deviendra possible que si\nla France consent à devenir l'alliée de l'Allemagne.\n   Mais laissons la politique et parlons des « relations intellectuelles et\nsociales ».\n   La question a été comprise de diverses façons. Les savants ont vu dans\nles « relations intellectuelles » des relations scientifiques et ils ont déclaré\ntrès judicieusement : i° ces relations n'ont jamais cessé d'exister ; 2° on ne\nsaurait dans l'intérêt des deux pays et de la science en général les développer\nassez. Les savants ont parfaitement raison. La science n'est ni française, ni\nallemande, ni anglaise, ni russe, elle est la science, égale pour tous, utile\nà tous, servie par tous ; elle est internationale et universelle par essence.\n   Mais la question prend un autre aspect si par les « relations intellectuel-\nles » on entend des relations ou plutôt des influences philosophiques,\nartistiques et littéraires. Ici le génie propre des races est en jeu et il s'agit de\nsavoir si la France et l'Allemagne ont quelque chose à perdre ou à gagner\nen favorisant ces rapprochements et ces compénétrations réciproques.\n   Beaucoup de jeunes français proclament très haut les bienfaits de l'influence\nallemande; quelques-uns vont si loin qu'on ne saurait lire leur opinion\nsans demeurer stupéfait. Écoutons M. Paul Adam :\n   La richesse de l'idée philosophique allemande, dit-il, le génie de Goethe qui engendra\nnotre romantisme, et celui de Wagner qui modifia nos conceptions d'art en les alliant aux\nmétaphysiques symbolisées, la belle organisation du socialisme germain, cela et mille\nraisons économiques doivent nous faire désirer évidemment des relations intellectuelles\net sociales très étroites entre les deux peuples Nous sommes, malgré tout, les fils\nspirituels de Goethe et de Hegel, malgré ce que Montaigne nous légua de pyrrhonisme\navisé.\n   Mais il ne semble pas que ces relations, aujourd'hui, soient moindres que celles qui\nnous unissent à l'Angleterre, par exemple, dont l'influence guide nos goûts plastiques,\ncomme celle de l'Allemagne guide nos goûts philosophiques et musicaux.\n"}, {"page_pdf": 190, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3164, "texte": "                                       —   167 —\n\n   On peut même dire que l'Allemagne est, à cette fin du XIXe siècle, le pays d'où nous\ntirons le plus pour l'esprit. Du coït sanglant des races, il résulte toujours une fécon-\ndation. Les misères de 1870 se compensent par les dons intellectuels que le vainqueur\nnous apporta.\n\n  Voici M. Bernard Lazare :\n  Nietzsche, Stirner, Hegel et les grands philosophes encore, sont les éducateurs de bien\ndes âmes françaises. Cette fraternité spirituelle, cette parenté intellectuelle, rien ne\npourra l'empêcher de se manifester, ni les guerres voulues par les dirigeants, ni les\nquerelles des politiciens, car avec les différences essentielles qui constituent leur person-\nnalité, les deux nations, France et Allemagne, ont un fonds commun de sentiments et\nd'idées.\n\n  M. Laurent Tailhade va plus loin encore :\n   On ne peut, dit-il, songer sans quelque honte à l'intrusion des rancunes politiques et\nde la brute militaire dans ce que notre vieille rhétorique appelait avec grâce le sanctuaire\ndes arts.\n   La défaite de 1870 ne fut d'ailleurs que l'affirmation brutale de conquêtes antérieures\net d'une victoire autrement importante de la race germaine sur les peuples latins.\n   Depuis quatre-vingts ans, l'Allemagne s'est faite notre êducatrice. Les horreurs de\nl'Année terrible, non plus que, jadis, la boucherie impériale, n'ont brisé le lien intel-\nlectuel qui nous unit aux peuples d'outre-Rhin. Histoire, philosophie, musique, tous les\narts et toutes les sciences nous furent enseignés par le génie al Iemand, dont la sève robuste\ninfuse sa vigueur aux peuples vieillissants du conglomérat        français.\n\n  Dans son numéro du mois de septembre 1893, le même Mercure de\nFrance avait déjà publié des déclarations analogues de M. Camille\nMauclair :\n  Depuis quelques années, nous avons été pris entre trois colosses : Tolstoï, Wagner, Ibsen.\nEt malgré les cris, cela est inéluctable. Il faut que cela triomphe : nous en serons broyés\nou nous en serons vivifiés, selon la pureté des natures. Pour moi, j'irai vers le Nord avec\njoie. Ah ! certes, la Valkyrie de-ci, Pelléas et Mélisande de-là, faisaient crier à l'invasion\ngermanique le patriotisme salarié de nos ordinaires Pessard. Eh bien! oui, c'est bien\nptrouvé maintenant, nous nions l'esprit national. Tous nos pères spirituels, ceux que je\nviens de nommer, et Carlyle, et Hegel, et Fichte, et toute la musique, de Bach à Wagner,\nde Schumann à Borodine, tous sont étrangers : et Rossetti et Swinburne, et encore\nNietzsche et tous 1 Donnez-nous autre chose que Dumas, Vogué et Coppée — ou\nrenoncez-vous, et nous crierons vers le Septentrion, au moins pour « mourir en\n beauté ».\n\n    Ces citations suffisent à faire connaître l'état d'esprit d'une partie de la\n jeunesse française. Cet état d'esprit n'est rien moins que sain. Comme le dit\n M. Mauclair, cette jeunesse renie l'esprit national, ces jeunes écrivains\n français renoncent à penser et à écrire en vrais Français, ils « crient vers le\n Septentrion »!\n    Je ne m'occupe pas du côté patriotique de ce phénomène; le public\n  français jugera lui-même s'il convient de favoriser une littérature qui est\n"}, {"page_pdf": 191, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2858, "texte": "                                         — 168 —\n\n plus dangereuse pour la France que l'invasion allemande de 1870, car\n celle-ci laissait intacts les cœurs et les esprits, c'est-à-dire l'essence même\n de la France, ce qui fait que les Français sont les Français et non d'autres\n hommes, tandis que la littérature à la mode entame les cerveaux, altère la\n pensée française dans ses sources vivantes, 'corrode le génie national et\n y substitue les modes de penser et de sentir qui sont propres à des races\n étrangères.\n    Le « génie national » français a dans la civilisation une importance\n immense. Il est l'héritier naturel et vivant du génie grec et du génie latin,\n qui ont porté au plus haut degré de perfection les formes de l'art et de la\n raison. Les Français qui renient le génie national, renient cet héritage\nmagnifique ; ils renient aussi l'œuvre civilisatrice de la France qui a soudé\nle génie antique à la pensée catholique et qui a créé ainsi le monde\nmoderne.\n   Par ses qualités propres et par celles qu'il a reçues de l'antiquité grecque\net latine, l'esprit français exerce des fonctions merveilleuses que nul autre ne\npourrait exercer à sa place : c'est lui qui clarifie la pensée de tous les peuples,\nqui la met au point, et lui imprime un cachet définitif d'ordre, de goût,\nd'harmonie, de perfection. Le monde entier reconnaît cette royauté, le monde\nentier sait ce qu'il perdra si le génie national de la France s'affaiblit. Mais\nil semble que les jeunes écrivains français n'aient point conscience de leur\nmission. Au lieu de servir le génie français, ils le trahissent ; tous les jours\nils travaillent à l'affaiblir dans leur propre esprit et dans l'esprit de leurs\nlecteurs ; ils crient vers le Septentrion, ils appellent le génie des races\nétrangères et lui livrent celui de leur race. Ils ressemblent à la fille du roi\nGraalon qui de ses mains criminelles ouvrit les écluses qui protégeaient la\nville d'Is contre les flots de l'océan.\n   Parmi les correspondants du Mercure de France, deux seulement ont\naperçu le péril et l'ont signalé avec franchise : MM. Frans Erens et\nTéodor de Wyzewa. « L'art français en contact avec l'élément allemand,\ndit M. Erens, ne peut qu'y perdre, l'esprit des Gaules étant l'ennemi naturel\nde l'esprit germanique. Inimitié saine et salutaire, conservant intact le\nmode de sentir des deux peuples. »\n   M. T. de Wyzewa dit :\n    Non, je ne puis croire qu'il y ait aucun avantage pour la France à entretenir avec\n l'Allemagne des relations intellectuelles plus suivies. Je ne vois absolument pas ce que la\n France y gagnerait....\n    Et je vois très nettement, en revanche, combien de dommages a déjà causés à l'esprit\nfrançais l'influence allemande, depuis vingt ans qu'elle sévit librement, constamment,\n démesurément, sur lui. Elle a failli lui faire perdre les plus précieuses de ses vertus, son\n"}, {"page_pdf": 192, "page_imprimee": 169, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3511, "texte": "                                        — 169 —\n\nbesoin d'ordre et de clarté, son instinct d'élégance discrète, et ce goût de la perfection de\nla forme qui de jour en jour s'en va faiblissant parmi nous. Non pas que je prétende nier\nl'originalité et la grandeur du génie germanique, tel surtout qu'il était jadis, avant\nl'Allemagne nouvelle subitement créée en 1870 par l'unification et la centralisation berli-\nnoise : mais je dis que ce génie est à l'opposé du génie français, qu'il saurait malaisé-\nment se concilier avec lui, et que, pour l'avoir admiré plus que de raison, nos artistes et\nnos écrivains se sont déjà trop détournés de la voie qui leur était naturelle. Il n'y a pas\njusqu'à mon glorieux maître Richard Wagner dont l'influence n'ait été détestable sur nos\nmusiciens. Nos peintres ont désappris la couleur : en Provence, en Corse, ils peignent\ngris, comme s'ils avaient dans les yeux les brouillards de Brème. Et pour ce qui est de la\nlangue française, voyez en quel charabia, tout embrumé et déteint, on est en train de\nnous la changer.\n\n  Au mois de juin 1893 (1) nous aussi nous jetions un cri d'alarme :\n   Si la tradition nationale est affaiblie, si l'esprit national est endormi, le contact de\nl'art étranger sera dangereux et pourra même devenir mortel. Au lieu d'enrichir la littéra-\nture nationale de sentiments nouveaux et d'idées nouvelles en les acclimatant, en les adap-\ntant au génie propre de la race, c'est celui-ci que l'on violente ; on lui impose des formes\nauxquelles il répugne en même temps que l'on brise les formes lentement élaborées par\nle travail vivant des siècles ; on infuse dans les cerveaux des sentiments qui en détruisent\nl'équilibre et la santé; on injecte dans les veines un sang qui empoisonnera tout l'orga-\nnisme ; en place de substances assimilables et fortifiantes, on jette dans les estomacs des\nmatières toxiques dont l'effet lent ou rapide sera infailliblement délétère.\n   Or, telle est aujourd'hui, en France, la situation. L'exotisme n'y est plus une curiosité\nnormale et fortifiante ; c'est une maladie qui ronge les forces propres des lettres fran-\nçaises. On ne se borne pas à prendre connaissance de l'art étranger et à en honorer les\nchefs-d'œuvre ; on se sert de l'art étranger et de bien autre chose, hélas ! que ses chefs-\nd'œuvre, pour attaquer ce qui fait la vie et la santé de l'art français. En cette occurrence, la\nlittérature française ne conquiert pas, elle est envahie. Voilà le danger. Nous l'avons\nsignalé à mainte reprise et nous estimons que ceux qui le signalent aujourd'hui en\nFrance accomplissent un devoir.\n\n  La consultation que vient de publier le Mercure de France justifie les\ncraintes que nous manifestions dès 1892 et 1893. La maladie s'aggrave. Nous\nne savons que trop que les diagnostics, les protestations et les indignations\nne guériront personne ; nous nous faisons peu d'illusion et nous n'espérons\npas convertir un seul des écrivains dont nous déplorons les tendances. Si\nnous publions quelques articles, c'est dans le but unique d'éclairer et\nd'encourager ceux d'entre nos lecteurs qui sentent d'instinct le péril et\nqui peuvent, peut-être, nous aider à y résister. Quant aux écrivains\ncontaminés, il ne reste qu'à les considérer comme incurablement perdus.\nAprès une ou deux générations vouées au néant artistique et littéraire, il en\n\n\n (1)Voir Jeune Belgique, juin 1893 : Pelléas et Mélisande à Paris, par Iwan Gilkin.\nDu même, l'Invasion des Barbares (Walt Whilman) dans la Jeune Belgique, juillet\n1892.\n"}, {"page_pdf": 193, "page_imprimee": 170, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 824, "texte": "                                  — 170 —\n\nviendra d'autres qui renoueront les traditions interrompues, non pas selon\nla routine, comme nos adversaires essaient de nous en attribuer la pensée,\nmais selon la vie et les progrès naturels d'une saine évolution, car il n'est\nau pouvoir ni d'un homme ni de plusieurs groupes d'hommes, si nombreux\net si fous soient-ils, de détruire le génie national d'un peuple. Les jeunes\nFrançais auront beau se germaniser, ils ne seront jamais que des Germains\ninférieurs et ridicules, et s'ils cessent eux-mêmes de représenter leur race,\nils ne sauraient empêcher des générations nouvelles, plus vigoureuses et\nplus saines, d'incarner derechef l'âme française dans son harmonieuse\nperfection.\n                                                        IWAN GILKIN\n\n\n\n\n                          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 170, "page_fin": 175, "titre_corps": "Rêve brisé", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "J. de Tallenay", "ancre_debut": "RÊVE BRISÉ", "ancre_fin": "J DE TALLENAY", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LE BUDGET DES BEAUX ARTS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 193, "page_imprimee": 170, "debut_caractere": 824, "fin_caractere_exclue": 2553, "texte": "RÊVE BRISÉ\n                Des ennemis, se rencontrant, n'eussent pas adopté d'attitudes\n                 aussi froidement railleuses, de mots aussi poliment irrités, ni\n                 des sourires plus contraints, plus menteurs que ceux qui,\n                 pareils à ces effrayants masques japonais au rictus fixe et\n angoissé, s'étaient attachés au visage des amants durant cette soirée\n d'adieux... Soirée de lente agonie, soirée de mal, soirée de souffrance indi-\n cible, elle s'écoulait autour d'eux avec l'immuable sérénité et la noblesse\n calme des choses éternelles...\n    Dans le salon tranquille où tant de fois ils s'étaient aimés, assis côte à\n côte, ils parlaient bas, par phrases courtes et saccadées, cherchant, après\n avoir réalisé profondément et superbement, terrassés par l'Amour, la fusion\n complète de leurs personnalités, à retirer de ce mélange d'eux-mêmes ce qui\n revenait à chacun, en toute propriété, de sentiments, de qualités, de sensa-\n tions et de défauts... Lutte bizarre, lutte inutile, lutte expliquant bien la\n haine qui, parfois chez les natures vulgaires, succède à l'amour! Car, à\njamais et, quoi qu'on fasse, l'un garde en lui des lambeaux de l'âme de\n l'autre, lambeaux dont il est le maître, dont il peut jouer à son gré comme\n d'un instrument, sachant à l'avance quelle est la note dont la résonnance\n fera frissonner la pauvre âme pantelante qui se défend, proteste, se révolte,\n se tend en un effort suprême pour reprendre ce qu'elle a laissé d'elle-même\n et puis... succombe, devant l'évidence de son irrémédiable infirmité. Cette\n possession, par autrui, d'une portion de soi-même, la meilleure, toujours,\n les médiocres ne la pardonnent pas; les autres, les grands, la bénissent\n"}, {"page_pdf": 194, "page_imprimee": 171, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2680, "texte": "                                —   171   —\n\n\nparce qu'elle leur impose la Souffrance dans toute l'intensité de sa plus\nhaute influence !\n   Dans le salon tranquille, assis côte à côte, les amants parlaient bas, par\nphrases courtes et saccadées. Souvent, ils s'étaient querellés, souvent la\nrupture avait semblé imminente entre ces deux êtres aux affinités si étran-\ngement pareilles, aux natures fières trop identiques, mais alors, chacun de\nson côté, secrètement, voyait approcher l'explication avec une sourde et\npuissante joie, sûr qu'à un moment donné l'appui du regard, le contact\nd'une main, feraient s'écrouler, comme sous le tourbillon d'un cyclone\ns'écroule un navire, les rancunes accumulées; sûr aussi que le baiser, leur\nbeau baiser pur et grave, les souderait de nouveau l'un à l'autre, plus fort\nencore, plus définitivement.\n   Aujourd'hui, rien de tout cela. Pourtant la dernière entrevue avait été\nbonne et tendre, puis, séparés par les circonstances, ils ne s'étaient pas vus\npendant une longue période et c'est en cet intervalle que quelque chose...\nquelque chose de mystérieux, de redoutable parce que c'était et que cela\nresterait toujours inexpliqué, avait surgi : quelque chose d'insaisissable,\nrien qu'on puisse définir, rien, rien.\n   Lorsque chacun de son côté revivait cette période pendant laquelle il\nétait resté éloigné de la présence aimée, il constatait que, sans cause, sans\nraison apparente, ainsi qu'au milieu de cierges brûlant toujours, l'un d'eux\ns'éteint parfois laissant tramer derrière lui la fumée âpre et forte d'une\nflamme qui meurt, suivie de l'affaissement de la cire molle en une tache\nindélébile, l'Amour s'était éteint en eux, laissant un vide à leurs âmes et y\nimprimant le stigmate de la douleur.\n   Mais comment? Par quelle féroce loi inconnue? Pourquoi, surtout pour-\nquoi?\n   Tous deux avaient bien des griefs à formuler : oubli, défiance, doutes,\njalousies, négligences, toutes causes de discorde souveraines pour les\npetits esprits, sans plus d'importance que les nuées inutiles entourant un\nsommet de montagne, aux cœurs violés par l'Amour vrai. Et leurs cœurs\navaient été violés, avec gloire, avec magnificence! Aussi, ce soir, articu-\nlaient-ils ces griefs, parce qu'il en fallait, tout de suite, pour s'expliquer\nleur attitude changée, mais ils les articulaient sans y croire, sachant bien,\nau fond, que ces choses jamais ne les eussent séparés et qu'il y avait plus,\nqu'il y avait la Fatalité, qu'il y avait le Mystère...\n   Et devant cette manifestation de l'Invisible, de cet Invisible qui nous\n entoure, nous guide, nous domine et nous brise, ils restaient frappés, épou-\n vantés de leur impuissance à comprendre...\n"}, {"page_pdf": 195, "page_imprimee": 172, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2698, "texte": "                                   — 172 —\n\n   La tête appuyée au dossier du canapé, les traits figés en une expression\nd'indifférence voulue, les yeux dans le vague et studieusement écartés du\nvisage voisin, le jeune homme disait ses rancunes, d'un ton irrité, parfaite-\nment maître de sa voix, de ses gestes., de ses mots, qui étaient secs et nets,\nde sa volonté qui était absolue. Seulement, au coin de ses lèvres, un pli\nse creusait et sous l'arcade des sourcils involontairement froncés les yeux,\nautrefois resplendissants de tendresse lumineuse, n'avaient plus de regard,\nn'avaient plus d'âme, n'avaient plus de vie.\n   Elle, orgueilleuse et impassible, tout à fait calme, lui répondait, admet-\ntait comme une chose naturelle la nécessité de la séparation, discutant la\nvéracité de certains faits, sans oser toutefois prolonger ses phrases parce que\nsa voix, qui ne tremblait pas cependant, sa voix manquait. Elle la sentait\nretomber dans la gorge et, d'un effort violent, la rappelait, forçait à prononcer\ndes paroles qui sortaient alors, par saccades, avec le son monotone et voilé\nd'une mécanique.\n   Vivement, pour se sauver, elle se rejeta sur l'ironie ; il répondit, prompt\nà la riposte. Durant deux heures, sourires aigus, formes correctes de gens\ndu monde, conversation effleurant, d'un ton leste, des sujets étrangers au\ndrame présent... ce fut un duel mordant; ce fut un duel cruel. Aucun\nd'eux, pourtant, n'eût voulu être ailleurs que là, ni ressentir d'autres sen­\ntiments que cette volupté suprême et atroce d'être ainsi martyrisés l'un\npar l'autre...\n    Puis, une accalmie, un silence...\n    Dans le salon tranquille où tant de fois ils s'étaient aimés, ils restèrent\nmuets, écrasés de souffrance, avec une même expression sur leurs traits,\nimmobilisés comme par un vernis fixateur, l'expression que doit avoir un\n condamné qu'on exécute seul dans la cour de la prison, sans que la présence\n d'une foule environnante vienne le stimuler à une allure hautaine : une\n expression d'horreur devant l'inéluctable, une expression résignée, en même\n temps que pleine d'une désespérance si pesante, si complète que l'âme\n semble avoir déjà quitté son enveloppe, tant celle-ci n'est plus qu'une\n machine inconsciente, inerte.\n    La lampe, voilée de soie rose, remplissait la chambre de chauds reflets\nqui s'accrochaient çà et là dans les coins, aux murs drapés d'étoffes, aux\nporcelaines, aux rebords vernissés des meubles, aux vieux cadres dorés;\ntrès subtil, très doux, un arome, dégagé par quelques touffes d'œillets\n fanés, flottait et un recueillement, pareil à celui qui précède une fête\n unique et joyeuse, planait dans ce salon tranquille, où tant de fois ils\n s'étaient aimés.\n"}, {"page_pdf": 196, "page_imprimee": 173, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2900, "texte": "                                  -   173    -\n\n    Elle le regarda, tout à coup, tandis que lui, silencieux, l'œil absent, la\nbouche fortement comprimée, restait affaissé, perdu en une rêverie doulou-\nreuse : elle le regarda. Sa tête s'inclinait un peu en avant comme si le poids\nde la pensée eut été très lourd et il y avait une si grande lassitude, une\ntelle fatigue triste dans la ligne abandonnée de son corps, qu'un moment,\nune seconde, la durée d'un éclair, elle faillit, emportée par une irrésistible\nmontée de tendresse émue, lui crier : « Viens! Viens! Je t'aime! » Elle\nfaillit s'élancer vers lui, elle faillit prendre comme autrefois sa tête adorée\nentre ses deux mains, la serrer, la baiser, la garder pressée, incrustée sur sa\npoitrine, la blottir contre elle ainsi qu'une mère blottit dans son étreinte la\ntête d'un enfant malade. Mais il ne sentit pas sa tendresse, il ne sentit pas\nson émotion et, devant ce visage qui restait lointain, amer, irrité, elle\nrefoula tout de suite, douloureusement, le flot débordant. Elle eut la sensa-\ntion de vertige qu'éprouverait un nageur soudainement entraîné dans un\ntourbillon de vagues qui s'entre-çhoqueraient sur lui, le secoueraient, le\nrouleraient, le broieraient, puis, le rejetteraient sur la plage, si couvert de\nmeurtrissures qu'il y resterait étendu sans mouvement, se demandant seu-\nlement si c'était cela, la mort...\n    Comme le silence durait entre eux, elle permit à sa pensée, trop tendue\npar la minute actuelle, de s'en aller vers le Passé...\n    Et ce fut le glorieux enchantement d'une nuit printanière, descendue de\nchez Dieu pour envelopper leur amour triomphant ; des étoiles dans l'éther,\ndu rayonnement dans leurs cœurs; la solennité d'un bois, la marche lente\nsous les arbres et la cadence que l'harmonie des âmes imprimait, comme\nun sceau de sa réalisation, à leurs pas mêlés, à l'union de leurs mains enla-\ncées...\n    Et ce fut un voyage en chemin de fer, la course d'un train qui les empor-\ntait à travers des paysages de rêve, apparus, disparus. Il l'avait prise sur\nses genoux. Leurs têtes rapprochées s'inclinaient ensemble vers la fenêtre,\nd'où ils avaient contemplé, en une sereine et profonde paix, la fuite des bois,\n des prairies, des plaines, des coteaux. Maisonnettes aux toits de brique,\n aux cheminées laissant échapper d'orgueilleuses colonnes de fumées, surgis-\n saient une seconde et disparaissaient, dévorées par l'espace; puis, le scin-\n tillement d'une rivière ondulant avec des replis de serpent sous des peu-\n pliers ; une silhouette de paysan, péniblement courbé dans la fauve lumière\n des épis; une toute petite station, isolée sur la route, ainsi qu'une sentinelle\n en temps de guerre; l'apparition subite d'un moulin, dont les grands bras\n décharnés, profilés sur l'horizon clair, semblaient clamer désespérément\n une prière inutile vers un ciel impassible, ils avaient regardé ce spectacle\n"}, {"page_pdf": 197, "page_imprimee": 174, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2841, "texte": "                                 — 174 —\n\nqui évoluait, changeait, tournait, courait, ainsi que les anges doivent\nregarder la terre, de haut, de loin, avec indulgence et attendrissement, en\nsouriant à leurs âmes, dans la plénitude assurée de leur bonheur...\n   Et ce fut encore un retour chez eux par une brumeuse soirée d'octobre,\ntard, bien tard dans la nuit, alors que la ville dormait. Leurs pas réson-\nnaient au loin, emplissant la rue d'une sonorité unique et prolongée et\nleurs ombres, réunies en une seule, les précédaient à distance, prenant\nd'étranges allures tremblantes sous l'éclairage oscillant des réverbères...\nIls allaient, absorbés, le long des maisons closes, laissant instinctivement\nl'alliance entre leurs sentiments et l'émotion puissante qui arrivait du\ndehors, s'établir d'elle-même. Le brouillard les enveloppait d'une douceur\nde velours et en eux, grands artistes en ce moment parce qu'ils aimaient,\naussitôt l'harmonie s'était imposée dominatrice, péremptoire, divine. Dans\nla manche de sa pelisse, il retenait serrée contre lui la main de sa com-\npagne, et tous deux, plus étroitement liés par leur communion avec l'inti-\nmité de la nuit, avaient senti surgir pour la première fois la possibilité de\nla durée dans l'amour...\n   Un mouvement qu'il fit en reculant le fauteuil tout à coup voila ces\nvisions, tout à coup reporta la jeune femme au moment présent : la\nchambre rose, les fleurs mourantes, l'adieu... l'agonisant adieu! Frisson-\nnante, elle attendit qu'il parlât.\n   — « Excusez-moi, dit-il en se levant, il est temps que je parte. »\n   Pensant comme toujours la même chose au même instant, ils se regar-\ndèrent une seconde, avec anxiété, avec incertitude... Mais non, ce soir, leur\nbaiser de réconciliation, leur baiser d'autrefois, leur beau baiser pur et\ngrave était impossible, aussi éloigné d'eux que s'ils en avaient enterré\nensemble la petite âme tendre dans un désert sur lequel une trombe de sable\naurait passé en effaçant la place... Quelque chose de mystérieux, de redou-\ntable parce que c'était et que cela resterait toujours inexpliqué les avait\nséparés, les séparait dans l'avenir, irrévocablement. Et devant cette con-\nviction, devant l'obligation incompréhensible mais absolue de se courber\nau geste de la Destinée, toute l'ironie, toute l'indifférence, tous les faux\nsourires qu'avaient arboré leurs visages durant cette soirée de mal dispa-\nrurent, faisant place dans leurs yeux à une tristesse sans limites...\n   Ils se regardèrent, désolés.\n   Silencieusement, il alla vers la porte, il prit son paletot...\n   Jadis, quand il partait, amoureuse et souriante, elle le lui fermait bien\nhaut, jusqu'au dernier bouton, pour qu'il n'eût pas froid, tandis que, penché\nvers elle, il laissait la reconnaissance de son âme imprégnée de caresses,\ns'épandre en longs regards chargés de rayons.\n"}, {"page_pdf": 198, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 547, "texte": "                                 -   175   -\n\n   Ce souvenir les rapprocha. De nouveau, les regards détournés, ils pen-\nsèrent ensemble pendant que, debout près de la porte, il mettait le vêtement\ntout seul et qu'elle restait à deux pas de distance, les bras retombés après\nles avoir machinalement levés pour accomplir la douce besogne familière.\n   — Adieu, dit-il alors en détournant la tête, la gorge sèche, d'une voix\nqui ne ressemblait pas à la sienne.\n   — Adieu.\n                                                       J. DE TALLENAY\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 175, "page_fin": 176, "titre_corps": "Le Budget des Beaux-Arts", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Jeune Belgique", "ancre_debut": "LE BUDGET DES BEAUX ARTS", "ancre_fin": "LA JEUNE BELGIQUE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 198, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 547, "fin_caractere_exclue": 2309, "texte": "LE BUDGET DES BEAUX-ARTS\n               Le budget des beaux-arts provoquera cette année, nous dit-on,\n                des discours intéressants. Tant mieux !\n                   Nous profitons de l'occasion pour rappeler en peu de mots\n                les idées que nous n'avons cessé de professer.\n   Occupons-nous seulement de la littérature. En principe, la Jeune\nBelgique est hostile à l'intervention directe de l'État. Chaque fois que\nl'occasion s'est présentée, elle a préconisé l'abolition des prix et des con-\ncours officiels, qu'elle croit plus nuisibles qu'utiles au développement de\nl'art littéraire.\n   La littérature doit être libre ; les plus beaux talents, surtout dans leur\njeunesse, sont volontiers frondeurs et rebelles à mille choses que l'Etat\nvénère professionnellement. Trop de conservatisme d'une part, peut-être,\net trop de révolte d'autre part ; peu importe ! Ce qu'il faut constater, c'est\nle conflit, qui expose l'État à patronner de préférence des sénilités médiocres\net les écrivains à confondre leurs intérêts avec une vague anarchie. Ne\nmettons point Pégase sous le joug ; n'imposons point à la littérature un\npalmarès officiel. L'État constitutionnel, machine impersonnelle et aveugle,\nne pourra jamais jouer le même rôle qu'un prince éclairé et ami des\nlettres.\n   Mais n'exagérons rien non plus. Il est certain que les récompenses offi-\ncielles, si elles prêtent souvent aux critiques et parfois au ridicule, ne sont\npoint d'effroyables monstres capables de broyer la littérature belge dans\nleurs mâchoires Nous avons brisé leur force avec l'autorité qu'on leur attri-\nbuait et elles sont aujourd'hui presque inoffensives. Elles étaient jadis dan-\n gereuses, elles ne sont plus guère qu'inutiles. Félicitons-nous-en et si l'État\n"}, {"page_pdf": 199, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2177, "texte": "                                   — 176 —\n\ntient absolument à les conserver, gardons notre bile pour des sujets plus\nsérieux.\n    L'Etat pourrait rendre un très grand service aux écrivains belges s'il\nvoulait bien favoriser la consommation de nos livres par des moyens qu'il\nlui est facile de mettre en œuvre. Voici ce que nous écrivions en 1891\n(Jeune Belgique, t. X, 1891, p. 358): « Pour la littérature, aidez-la à con-\n    quérir le grand public français, puisque c'est en français que nous écri-\n    vons. Supprimez les prix et les récompenses et avec cet argent-là subsi-\n    diez une librairie à Paris, une LIBRAIRIE BELGE, grandement établie,\n « qui vendra exclusivement les livres — tous les livres, quels qu'ils soient\n « — édités en Belgique. Quinze ou vingt mille francs par an feraient\n « l'affaire et grâce à ce secours qui n'humiliera personne, car ce n'est pas\n « l'artiste que vous protégerez, mais son art même, — vous aiderez effica-\n    cement la littérature belge à conquérir sa place au soleil.\n    « Et que s'il y a des écrivains vraiment nécessiteux, subsidiez-les en\n « secret, comme on fait pour tant d'autres gens. Cela ne nous regarde pas,\n « cela ne regarde personne ; l'État a le droit, s'il lui convient, d'être\n « charitable même envers un poète ou un prosateur. »\n    Nos opinions n'ont point changé.\n    Il y a autre chose encore. L'État dispose d'un certain nombre de fonc-\ntions et de places, où la besogne à faire n'est pas très considérable, mais\ndont les titulaires doivent être des hommes possédant une certaine instruc-\ntion et une certaine éducation ; tels sont, par exemple, les fonctionnaires\nattachés aux musées, à la bibliothèque royale et à diverses institutions ana-\nlogues ; tels sont encore certains fonctionnaires de l'ordre administratif. Que\n l'État, s'il veut accorder une petite rente et quelques loisirs à des écrivains\n peu fortunés, leur confère ces fonctions : il méritera leur gratitude et\n l'approbation du public.\n    Et, pour le reste, nous nous en tenons à notre programme : Pas d'inter-\n vention de l'État ! Pas de protectionnisme littéraire !\n\n                                                 LA JEUNE BELGIQUE"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 177, "page_fin": 183, "titre_corps": "Odelettes païennes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "ODELETTES PAÏENNES", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 200, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 1213, "texte": "ODELETTES PAÏENNES\n                     I\n\n                A REINE\n\n     Je sais que nous devons mourir;\nJe sais que la vie est un vain désir;\n     Je sais que l'homme n'a qu'une heure\nEt qu'il faut aussi que la terre meure;\n     Je sais que le brûlant soleil\nIra, dépouillé de son feu vermeil,\n     Sombre et morne globe de glace,\nSe briser sur un astre dans l'espace;\n     Je sais que tous les millions\nD'étoiles et de constellations\n     Qui tombent dans la nuit profonde,\nRoulent sans répit vers la fin du monde\n     Et qu'en l'horrible immensité\nSeule régnera l'immobilité,\n     Mort suprême de la nature.\nQu'importe, ô mon cœur? La brise murmure.\n     Parmi les rosiers éclatants\nLes jeunes baisers chantent le printemps\n     Et les lys d'eau sur la rivière\nParfument d'amour l'onde et la lumière.\n     Reine, que le frêle bateau\nBerce notre rêve en glissant sur l'eau !\n     Le feuillage indécis des saules\nEffleure parfois tes blanches épaules,\n      Où parfois comme un diamant\nUne goutte d'eau roule indolemment\n     Quand j'ai mal relevé la rame.\nQu'un plaisir léger suffise à notre âme!\n     Il est doux, l'instant, de bonheur\n Qui cueille, en passant, une fraîche fleur !\n"}, {"page_pdf": 201, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1198, "texte": "                 — 178 —\n\n\n\n\n                      II\n\n\n         A ALBERT CHAPAUX\n\nLes cieux bienveillants, dans leur munificence,\nAlbert, font comblé de leurs dons les plus doux.\nLa fière beauté de ton adolescence\n             Fit mille jaloux.\n\nParmi les soldats si ta rose jeunesse\nConnut les jeux fous du vin et des amours,\nTu n'imitas point ceux de qui la paresse\n             Dévore les jours.\n\nTes loisirs lettrés ont célébré la gloire\nDun roi pacifique et pourtant     conquérant\nEt notre petit pays qui dans l'histoire\n              Bientôt sera grand.\n\nTon livre décrit les guerres dangereuses\nAu continent noir arrachant ses secrets,\nLes nègres fuyant sur leurs pirogues creuses\n             Et dans leurs forêts,\n\nL'éléphant traqué dans les herbes immenses,\nLe tambour de guerre éclatant dans la nuit\nEt le vin de palme, et les cris et les danses\n              Qu'un massacre suit.\n\nMaint jeune héros te doit sa jeune gloire.\nNos adolescents en lisant leurs combats\nBrûleront comme eux de forcer la victoire\n             Au seuil du trépas.\n\nEt le noble effort d'un prince magnanime\nReçoit de ta main le laurier mérité\nQue lui réservait dans l'avenir sublime\n             La postérité.\n"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1367, "texte": "                      — 179 —\n\n\n                         III\n\n                A VALÈRE GILLE\n\n           Que faire ? Le nombre des fous\n           Est infini, dit l'Évangile.\n           Ah, malheur! Misère de nous,\n                    Valère Gille !\n\n           Prose hystérique et vers déments,\n           Discours gâteux et chaotiques,\n           J'entends partout des hurlements\n                  D'épileptiques.\n\n           Viens, ami, fuyons leurs sabbats !\n           Laissons les fous à leur marotte\n           Et n'imitons point les combats\n                  De don Quichotte.\n\n           Sous la treille, au fond du jardin\n           Que parfument des fleurs vermeilles,\n           Fais apporter dès le matin\n                  Quelques bouteilles.\n\n           Cueillons, pour fêter la beauté,\n           La fraîcheur divine des roses\n           Et buvons à notre santé,\n                  Loin des névroses.\n\n\n                          IV\n\n                    A MARTHE\nBlonde enfant, qui retiens le ciel dans ta prunelle,\nÉcoute : mon ami, le jeune et fier soldat,\nBrûle pour tes grands yeux. Ne lui sois point cruelle.\nIl est beau. Son front clair brille d'un noble éclat.\n\nSon sourcil, l'on dirait l'aile d'une hirondelle.\nSa lèvre a la fraîcheur et le duvet d'un fruit\nEt son rire bondit comme la cascatelle\nQui parmi les cailloux jase, écume et s'enfuit.\n"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1460, "texte": "                      — 180 —\n\nProfite du présent; cueille le jour et l'heure,\nPuisque voici les fleurs et les fruits parfumés!\nDemain le froid hiver glacera ta demeure;\nLa neige blanchira tes cheveux bien-aimés.\n\nLa toux au coin de l'âtre et les rides moroses\nSuccéderont, hélas! aux baisers amoureux\nEt l'hirondelle agile ira sous d'autres cieux\nChercher d'autres printemps parfumés d'autres roses.\n\n\n                         V\n\n              A ANDRÉ RUYTERS\n\nMéfiez-vous, André, des chantres des brouillards\n          Et de leurs pipeaux      nasillards.\nLe flasque bégaiement de leur esprit malade\n          N'est que bouillie et marmelade ;\nLeur musique liquide amollit le cerveau\n         Et le souille comme un caveau\nQu'inonde de sa bourbe un ruisseau qui déborde.\n          Loin de nous la gluante horde\nDes limaces traînant dans leur bave d'argent !\n         L'esprit agile et diligent\nComme un dieu rayonnant marche dans la lumière.\n         Lui-même à la nature entière\nIl prête des trésors de grâce et de splendeur.\n          Aux feux de sa divine ardeur\nIl voit le trait précis, il voit la claire image\n         Et par son merveilleux langage\nIl incarne à jamais en vers harmonieux\n         La beauté qui ravit ses yeux.\n\n\n                        VI\n\n             A UNE J E U N E F I L L E\n         Vous allez, ô jeune inconnue,\nRégner sur un cœur tout plein de mon cœur.\n         Venez! Soyez la bienvenue !\nL'amitié sourit à l'amour vainqueur.\n"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 181, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "                       — I8I —\n\n           Le printemps caresse la feuille,\n  Le bouton naissant, puis la jeune fleur,\n           Afin qu'une vierge la cueille\n  Et respire, un jour, sa divine odeur ;\n\n           Ainsi les amitiés fidèles\n  Font plus doux encor les cœurs les plus doux\n        Pour le bonheur sacré de celles\n  Qui sauront choisir les meilleurs époux.\n\n\n\n\n                          VII\n\n               A ERNEST VERLANT\n\nPour vivre l'homme doit lutter contre les choses.\nSatisfait un moment, s'il fait trêve au combat\n            Sur lui l'ennui s'abat\n        Comme un vol de corbeaux moroses.\n\nL'un cherche un compagnon paur bâiller avec lui;\nL'autre quitte la ville et court à la campagne,\n            Mais l'ennui l'accompagne,\n       Il rentre en ville avec l'ennui.\n\nHeureux qui sait penser ! Si l'imbécile est vide,\nUn grand esprit, Verlant, porte le monde en soi\n           Et, mendiant ou roi,\n      Il possède un trésor splendide.\n\nSa cervelle puissante est le rare athanor\nOù du moindre métal ce savant alchimiste\n            Comme Hermès Trismégiste\n       Tire la quintessence d'or.\n\nTout se change en pensée au feu de ses prunelles.\nLa vie et ses douleurs n'offensent plus ses yeux\n           Que la beauté des dieux\n    Remplit des clartés éternelles.\n"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 182, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1131, "texte": "                 — 182 —\n\n\n\n                   VIII\n\n               A ROBERT\nL homme grossier souille l'ivresse\nPar des querelles et des luttes,\n    Sans comprendre là tendresse\n    Des violons et des flûtes.\nJetant verre et bouteille au lustre,\nSa fureur croît comme on l'esquive;\n     Ce n'est pas la faute au rustre\n     S'il n'a tué nul convive.\nL'homme bien né jamais n'oublie\nQue Bacchus, nu, libre et sublime\n    Reste dieu dans la folie,\n    Où l'offenser est un crime.\nMêlons au sang clair de la vigne\nLes baisers, les chants et le rire\n    Et que mon Robert désigne\n    Celle qu'il faut qu'on admire.\nTu ne veux pas? Quel air sévère'.\nNe fais point le Caton, jeune homme!\n    Je ne viderai mon verre\n     Que si ta bouche la nomme.\nJe suis discret. Ouvre ton âme!\nTon âme fraîche et vigoureuse\n    Ne peut brûler d'une flamme\n    Inavouable et honteuse.\nElle? Ah! malheureux! Dans quels gouffres\nTe précipite un sort atroce !\n    Je sais trop ce que tu souffres\n     Sous cette griffe féroce!\nJe la connais, cette tigresse,\nSa chaude haleine et sa morsure!\n    Que Dieu t'aide en ta détresse\n    Et guérisse ta blessure!\n"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 183, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1100, "texte": "                      — 183 —\n\n\n\n                          IX\n\n               A ALBERT GIRAUD\n\nQue l'amour calme et doux soit notre unique maître!\nLe courroux, même juste, engendre mille maux\nEt nous n'évoquerons que des dieux infernaux\nSi la haine à l'autel brûle l'âme du prêtre.\n\nAux visages amers, par les larmes rongés,\nD'un sourire amical enseignons le sourire.\nAlbert, nier le mal c'est souvent le détruire,\nPuisque l'illusion règne en nos cœurs légers.\n\nAh! nul n'est plus méchant que le hargneux prophète\nQui marche tout gonflé de forfaits à punir\nEt qui, l'œil soupçonneux, s'exerce à découvrir\nLes plus sombres horreurs dans la plus douce fête!\n\nDes souffrances d'autrui chimérique inventeur\nIl fait naître en nos cœurs tous les maux qu'il dénonce;\nIl écrase les fleurs pour mieux montrer la ronce\nEt le réformateur devient un malfaiteur.\n\nIl faut boire, il faut rire, il faut bénir la vie,\nLa nouvelle jeunesse et le nouveau printemps ! '\nLe soleil monte encor dans les cieux éclatants\nEt l'amour chante au cœur de la vierge ravie.\n\n                                            IWAN GILKIN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 184, "page_fin": 186, "titre_corps": "M. Mirbeau et la Jeune Belgique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "I. G.", "ancre_debut": "M Mirbeau et la Jeune Belgique", "ancre_fin": "I G", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 207, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 65, "fin_caractere_exclue": 2900, "texte": "M. Mirbeau et la Jeune Belgique.\n               Depuis que nous avons commencé la campagne que l'on sait,\n                 nombre de gens se répandent en lamentations variées qui sur\n                 mon esprit tyrannique, qui sur mes manigances réaction-\n                 naires, qui sur mes pauvres idées retardataires, qui sur tous\nles méchants sentiments qui fermentent dans mon âme. Que Dieu bénisse\nces bonnes gens ! Pour l'instant je ne disputerai pas avec eux, mais je les\nprie de lire l'article que M. Octave Mirbeau vient de publier dans le Journal\nsous ce titre : Des lys! des lys!\n   M. Mirbeau a droit à la reconnaissance de toute notre jeune littérature\npour avoir répandu dans le monde entier la renommée de M. Maurice Mae-\nterlinck et révélé l'existence des lettres belges. On ne saurait accuser\nM. Mirbeau de vouloir tyranniser nos marmots d'encre, ni de livrer la Jeune\nBelgique aux larves du temps passé, ni de nourrir des sentiments de jalousie\nà l'égard de nos écrivains et de nos esthètes. Or, il se fait que dans son\narticle M. Mirbeau décrit la maladie que je ne cesse de signaler et de com-\nbattre, à la grande fureur des malades. Je laisse la parole à M. Mirbeau.\nVoici le morceau principal de son article, auquel il a donné la forme\nanimée et saisissante d'un petit conte. On appliquera aisément aux écri-\nvains ce qu'il dit des peintres :\n\n   Tout à coup, Kariste me dit :\n   — Je te dégoûte, hein?... T u me crois un fou, comme les autres?...\n   Et comme je me disposais à protester, mon aminé m'en laissa pas le temps et il conti-\nnua, faisant, lui-même, la réponse à sa question :\n   — Si... si... je te dégoûte!... ne mens pas... Je te dégoûte... Et moi aussi, je me\ndégoûte, va!...\n   Puis, d'une voix fiévreuse, il débita :\n   — Vois-tu, en art, il n'y a qu'une chose belle et grande : la santé !... Moi, je suis un\nmalade, et ma maladie est terrible, parce que, maintenant, je suis trop vieux pour m'en\nguérir. C'est l'ignorance !... Oui, je ne sais pas un mot de mon métier, et jamais, jamais\nje n'en saurai un mot ! Je ne suis pas un fou, comme tu pourrais croire. Je suis un impuis-\nsant, ce qui est bien différent. Ou, si tu aimes mieux, un raté, ce qui est pire. Sais-tu pour-\nquoi je me bats les flancs et me torture l'esprit pour trouver un tas de choses compli-\nquées, ce qu'ils appellent, les autres, des sensations rares et des intelleclualités\nsupérieures, et ce qui n'est que de l'enfantillage et du mensonge? Sais-tu pourquoi? C'est\nparce que je suis incapable de rendre le simple!... Parce que je ne sais pas dessiner, et\nparce que je ne sais pas ce que c'est qu'une valeur!.,. Alors, je remplace ça par des fiori-\ntures, des arabesques, par un tas de perversions de forme qui ne donnent de l'illusion\nqu'aux imbéciles. Et comme je ne peux pas mettre un bonhomme debout sur ses jambes,\n"}, {"page_pdf": 208, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3556, "texte": "                                       — 185 —\n\njele mets debout sur sa tête, comprends-tu?... On dit : « C'est épatant! » E h ! bien, non,\nce n'est pas épatant... Je suis un cochon, voilà tout!.,. Va donc voir si les Terburg, les\n Metzu, les Hals, les Rembrandt ont cherché à peindre la douleur des étoiles, par\nexemple?... Ils ont peint des hommes et des femmes, tout bêtement!... Et ça y est!... Et\nle père Corot?... Est-ce qu'il a voulu peindre des arbres, la racine en l'air, et des sara-\nbandes d'astres en ribote?... Non!... Et ça y est!... Ah! qu'ils m'ont fait du mal, ces\nesthètes de malheur, quand ils prêchaient de leur voix fleurie l'horreur de la nature et de\nla vie, l'inutilité du dessin, le retour de l'art aux conceptions des Papous, aux formes\nembryonnaires, à l'existence larveusel... Car ça n'est pas autre chose, leur idéal, dont ils\nont empoisonné toute une génération.'... C'est l'exaspération du laid et le dessous du\nrien !... Ah ! leurs princesses, avec des corps en échalas et des visages pareils à des fleurs\nvénéneuses, qui passent sur des escaliers de nuages, sur des terrasses de lunes malades,\nen robes de tôle galvanisée !... Ah! leurs amantes, émaciées, et longues comme des gaules\nà pêche, leurs amantes qui marchent sans jambes, qui regardent sans yeux, qui parlent\nsans bouche, qui aiment sans sexe, et qui, sous des feuillages découpés à la mécanique,\ndressent des mains plates, cassées au poignet, par la même éternelle flexion!... Je n'ai\njamais cru à cet art pauvre, à celte basse et facile mysticité, et pourtant, peu à peu, je\nme suis, sans le savoir, laissé prendre par toutes ces théories empoisonnées qui corrodent\nl'air spirituel que nous respirons, nous autres jeunes gens, avides de nouveauté, facilement\nportés à croire que le beau, c'est le bizarre... Au lieu de travailler méthodiquement, d'ap-\nprendre à dessiner un beau mouvement de nature, une belle forme de vie, de chercher\nle simple et le grand, j'ai fini par penser que le heurté, le déformé, c'était tout l'art!...\nEt voilà où j'en suis aujourd'hui!... Je suis fichu!...\n\n\n   Un mot encore. On m'a reproché de vouloir convertir les autres au lieu\nde me contenter d'écrire dans un coin à ma guise. Quand mes amis et moi\nnous avons créé la Jeune Belgique et inauguré dans notre pays un mouve-\nment littéraire sans précédent, nous n'avions pas pour unique but d'offrir\naux lecteurs belges nos vers et notre prose : nous fondions quelque chose,\n— nous fondions la jeune littérature belge, — et voilà pourquoi notre solli-\ncitude s'étend à autre chose qu'à nos propres ouvrages. Or nos esthètes\n— absolument comme les esthètes de M. Mirbeau — ont détourné les\njeunes gens d'apprendre leur métier; ils les ont éloignés de la raison\nde la beauté et de la santé pour les conduire à la démence, à la défor-\nmation et à la maladie. Qu'un jeune homme fasse mille extrava-\ngances tout en apprenant son métier, il n'y a pas grand mal, au con-\ntraire. Mais qu'il les fasse, ces extravagances, sans étudier son art, sans se\nrendre maître peu à peu de tous les procédés, sans apprendre à vaincre une\nà une toutes les difficultés, en mettant sa propre sottise ou les sottises des\nesthètes au-dessus du savoir des maîtres et de la science accumulée par les\ntravaux de plusieurs générations d'artistes ; qu'il proclame la souveraineté\nde son ignorance et nie l'apprentissage qui seul conduit à la maîtrise, voilà\nle mal. Et si un jour il en a conscience et veut se guérir, il est trop tard.\n   Voilà ce que depuis plusieurs années je ne cesse de dire à mes jeunes\n"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 347, "texte": "                                   — 186 —\n\ncompatriotes. Les esthètes et les artistes dévoyés m'accusent de mille noir-\nceurs; c'est plus facile que de discuter mes raisons. Quelle sera leur atti-\ntude en présence du saisissant réquisitoire de M. Mirbeau?\n                                                                      I. G.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 186, "page_fin": 188, "titre_corps": "Chronique littéraire : Mes Communions", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "de conseils insolites", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "II Ames de couleur", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 209, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 347, "fin_caractere_exclue": 2731, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  Mes Communions, par GEORGES EEKHOUD. Bruxelles, Kistemaeckers. — Ames de\neouleur, par HENRY MAUBEL. Bruxelles, Deman. — La Musique et les lettres, par STÉ-\nPHANE MALLARMÉ. Paris, Perrin.\n\n                                         I\n\n              Un trait particularise l'œuvre de M. Georges Eekhoud, qu'il\n               semblera presque fastidieux d'énoncer encore : l'amour violent\n               et maladif du terroir, de cet exclusif district campinois, de ce\n               peuple dont l'âme immémoriale résiste à la civilisation\nurbaine; et qui, revêche à l'incongrue sagesse du citadin éclairé comme à\nl'évangile d'envie des médiocrités réformatrices, et farouche, sauvegarde\nla robustesse séculaire de ses croyances, la rogue, si l'on veut, mais saine\nénergie de ses mœurs.\n   Après mainte dévotieuse et intense illustration des êtres et des paysages,\nde plus en plus incisifs et obsédants, qui possédaient sa mémoire, après ces\nsuggestives images douloureuses des Kermesses, des Milices de Saint\nFrançois, des Fusillés de Malines, par une progressive expansion, le\ntravail, aussi, de l'exil, de souvenirs, plus nostalgiques chaque jour, et\nprestigieux, la restreinte terre natale de l'écrivain ouvrit ses jalouses fron-\ntières, annexa et naturalisa les mille créatures éparses et vagabondes au\nfront desquelles le signe brillait, familier et néfaste, qui les faisait ses com-\npatriotes d'espoir et de rancœur.\n   Le doux et hargneux canton flamand s'élargit en une mouvante et diverse\npatrie, dont les sauvages enfants, humbles mais indisciplinables, errent,\nsans gîte cadastré ni stable résidence, dans l'indifférente capitale, sur les\nquais mercantiles de la métropole, le long des routes vicinales. Chaque\npauvre efflanqué, pourtant, qui foule l'asphalte du boulevard ou, parmi la\ncampagne estivale, se réjouit des moissons dorées qui mûrissent pour les\nautres, — tous les las-d'aller — gardent à la plante racornie de leurs pieds\ndéchaux, à leurs sabots ou à la semelle lamentable de leurs bottes,\nrempreinte brûlante de la glèbe originelle, de l'idéale et séduisante terre\npromise qu'un incompressible instinct leur enjoint de regagner à tout prix,\net dont la providence compatissante leurre un instant, chaque soir, leurs\nyeux déçus et résignés, — à l'horizon éternel...\n   Inhabiles aux labeurs normaux, à prendre la filière des ambitions auto-\n"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3438, "texte": "                                 — 187 —\n\nrisées, des appétits permis, ces dépaysés dolents et chimériques, relaps\ninéluctables, contumaces prédestinés, s'apparient par leur esprit réfrac-\ntaire, leur passive résistance à la raison légale, leur tradition insubor-\ndonnée, au régnicole campinois, ennemi des propagandes sectaires et des\nchemins de fer ! Incapables d'hypocrisie sociale, les uns comme les autres\nsont de natifs insurgés, frustes, brutaux et quelquefois sanguinaires, mais\nsi peu dissimulés que cette simplicité leur communique on ne sait quelle\nnaïve allure épique. Un soir sinistre, leurs yeux luiront de malice malfai-\nsante ou de férocité narquoise, mais ils ne brilleront jamais du vil sourire\ncourtois d'Hector Blanchon, l'ami d'enfance; la convoitise, la luxure\naiguiseront leur regard, mais la bassesse, point, ni l'obséquiosité ; leur voix\ns'infléchira de tendresse frénétique ou de colère, scandera les équivoques\ndistiques de la « psalmodie patibulaire », mais toujours ignorera les euphé-\nmismes pharisaïques et les poncifs du savoir-vivre.\n    Jouets.déconcertés de la règle, de la législation marâtre au citoyen assez\nexcentrique pour prétendre brouter au hasard, en dehors de l'orbe du piquet\nauquel chacun de nous reste entravé ; outcasts précipités de délits en réci-\ndives « au nom de la loi », poussière humaine, balayée âprement d'un bout\nà l'autre du territoire et que les nécessités de l'ordre vouent au moulin-\nhorloge, à la perversion, aux scabreuses promiscuités obligatoires ; — irres-\nponsables épaves, emportées à vau-l'eau, livrées aux tourbillons, ou prises\ndans le calme de quelque anse stagnante, parmi la putrescente écume du\nfleuve et le croulant décombre empoisonné de la rive... Au milieu de ces\nhordes, des apôtres végètent cependant, d'inconscients artistes dévoyés :\ncordiaux et débonnaires individus, contaminés superficiellement, revêtus\nde l'officiel uniforme du vice, et dont la moindre occurrence propice fera\njaillir l'âme intacte, plus resplendissante de leur souillure même. Candides\nescarpes, dociles révoltés, réconciliés à la première effusion exorable, qu'une\nfortuite parole apitoyée bouleverse et conjure, sans retour;' et desquels,\naussi, un mot déterminera la vocation, vers le crime ou le martyre...\n    La hautaine et véhémente compassion de l'artiste auréole et célèbre ces\n impulsifs, coupables de leur indigence et, surtout, de ne s'adapter point à\n quelque compartiment de notre société rectiligne; sa répulsion pour la\n postiche et fourbe morale mondaine, l'induit même à exalter de moins\n innocents déclassés, dont les tares caractéristiques et les infractions prémé-\n ditées sont comme une revanche- encore contre le statut bourgeois.\n     La vision de l'injustice ne saurait rester abstraite en un esprit tel que\n celui de M. Georges Eekhoud, ni se satisfaire par de placides digressions\n théoriques : elle s'exprime avec la clairvoyance fougueuse, la perspicacité\n horréfiée, avec la vigoureuse indignation propres à l'écrivain et que sa pensée\n  réfléchit. Ce sujet, aussi, qui dès longtemps le hantait, esquissé dans les\n  Nouvelles Kermesses, et destiné, d'abord, à se parfaire en un roman, a\n  trouvé sa formule définitive au cours du Cycle patibulaire, le Moulin-\n  Horloge, les Croix processionnaires, etc , et de Mes Communions, Appol\n  et Brouscard, Mauvaise rencontre, etc.\n     Ces pages extrêmes resteront parmi les plus magnétiques de l'œuvre du\n"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "                                   — 188 —\n\nmaître écrivain, magnifiées de pathétique solennité, imprégnées de charme\nambigu, et que le prestige halluciné, étourdissant et suraigu, des démorali-\nsantes vesprées automnales qu'elles racontent. Quelque indéfinissable émotion\nenroue, chez le lecteur, la voix de la raison triviale, étrangle dans sa gorge\nles objections de son sens pratique, quelque chose qui le ferait pactiser,\ns'associer presque à la douce et persiflante complainte des colons énervés :\n                        Tous amis du contraire,\n                        Rien n'est bien, rien n'est mal !\n\n   L'amerture et le vitupère naissent d'eux-mêmes au spectacle de trop\nnotoires iniquités sociales; aussi, les tribulations et les disgrâces de ses\nhéros excitent M. Eekhoud à mainte réflexion d'une acre et généreuse élo-\nquence et marquée de cette charité dont la religion ou l'art, par l'abnégation\nqu'ils nécessitent, peuvent, seuls, inspirer l'extravagance efficace. Car la pro-\ncédurière philanthropie laïque et l'anguleuse bienfaisance administrative\nignorent de telles exagérations ! Elles condescendent aux gueux, dispensent\nleurs formalistes aumônes, de haut, — alors que la réelle charité est, sans\ndoute, de s'humilier sans orgueil ni présomption, de se ravaler aux misé-\nrables, pour les secourir — de plain pied... Mais l'altruisme de l'ami de\nBurch Mitsu, paroxysme du sacrifice individuel, pour noble qu'en paraisse\nla source, outrepasse le but... Il y a là une espèce de griserie du suicide, de\nvocation de la guillotine, gratuites, au moins, car le sang incivique d'André\nChénier rafraîchira encore, vraisemblablement, les autels arides de la déma-\ngogie!...\n   M. Eekhoud se confesse en son œuvre, vraiment, sans feinte ni défi; sa\npuissante personnalité a passé, tout entière, dans cet art fervent et cruel,\nenivré de sincérité et de partialité, ourdi de haine et d'amour, de tendresse\net de colère, qui créa, tour à tour, la Nouvelle Carthage, le Cycle patibu­\nlaire et Mes Communions...\n   La langue, maniérée un peu des premières Kermesses, de Kees Doorik,\na dépouillé ses aigreurs et ses crudités, assimilé ses éléments, accordé ses\ncontrastes; formé, enfin, un style d'un extraordinaire mordant, d'une déli-\ncatesse et d'une acuité singulières, analytique et pictural, apte à décomposer\nle subtil émoi, la crise et le délice de fuyantes sensations comme à pro-\npager l'insidieuse mélancolie des sites désolés que le crépuscule peuple de\nperfides fantômes et de conseils insolites...\n\n                                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 188, "page_fin": 190, "titre_corps": "Chronique littéraire : Âmes de couleur", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "II Ames de couleur", "ancre_fin": "la vasque des fontaines", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "M Stéphane Mallarmé insère", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 211, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 2560, "fin_caractere_exclue": 3140, "texte": "II\n   Ames de couleur! âmes irisées dont un prisme paradoxal grossit, diapré\net décompose, sans cesse, les imaginations ; les illusionne jusqu'aux transes\net aux larmes, d'hésitantes bulles de savon, précaires et magnifiques...\n   Attentif aux choses extérieures selon la stricte mesure où elles coïncident,\ns'entre-croisent avec sa propre virtualité passionnelle, le personnage divers\nde M. Maubel s'épie vivre, n'aperçoit le monde et les êtres que par de for-\ntuites échappées de lui-même, ou, mieux, les considère seulement comme\ndes interprètes de sa sensibilité personnelle.\n"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 189, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "                                  — 189 —\n\n    Le savant micrographie, l'horloger assidu, lorsqu'ils abandonnent la len-\ntille qui guide leurs scrutations minutieuses, restent, un laps, l'œil dilaté,\nébloui, et ramènent sur la terre un regard ardu, désorienté de la dispropor-\ntion. Un trouble analogue déséquilibre la vision des sensitifs outrés à s'étu-\ndier trop continûment, à poursuivre sans relâche, la prolongée vibration,\ndans les centres cérébraux, — le trajet psychologique, d'infimes émotions.\nIl ne leur est plus de sensations négligeables, d'ailleurs ; la finesse exacerbée\net morbide de la perception hypertrophie chaque incident, l'investit d'une\nimportance suprême ; l'acte, le mot les plus anodins et indifférents émeuvent\nune telle et si excessive révolution et si perdurante, que la peur s'en engen-\ndre, à la fin, chez le patient, de vivre et de penser.\n    Le songe, alors, se témoigne préférable, aussi passionnant et, au fond,\nplus véridique, quoique inoffensif. Roue colorée ; polyorama giratoire\nqu'un mouvement entraîne, harmonieux, et dont un souffle léger, un désir\ninformulé raniment et perpétuent la rotation. Car comment, pourquoi,\ns'exposer encore à la société, à ses mortifiantes relations et à ses durs trafics?\n pourquoi, même, affronter la compagnie choisie de créatures précieuses,\n infiniment, et chères, auxquelles, somme toute, il sera toujours plus doux\n et sûr de rêver, à l'abri de manifestations diminuantes, quand même, et\n périlleuses ; hors de portée de tendresses trop positives et rudes et de la cor-\n dialité meurtrière des étreintes.\n    Ou, sinon, entretenir quelque mensongère conversation, surface à demi\n congelée, parsemée d'invisibles embûches, d'un glacial silence ; se suppli-\n cier, mutuellement, d'un silence, absolu pour l'un, verbal uniquement\n pour l'autre et rempli d'intermèdes mentaux, à la logique égotiste desquels\n la tentative resterait vaine de faire collaborer quelque incompatible com-\n pagne.\n     Incompatible, oui, hélas! inopportune si pas importune, le plus souvent;\n car, même avec Miette, l'évanescent dialogue se coupe brusquement, reste\n irrésolu ; et, plus d'une fois, Mad s'est tue « parce qu'elle a vu le visage de\n Christian se voiler de silence et parce qu'elle sait qu'il est absent d'ici pour\n un instant ».\n    Miette et Mad, ces héroïnes favorites de l'œuvre antérieure de M. Maubel\n  et qui la fleurissent, toute, et la parfument, ces fées de la villégiature,\n sérieuses et futiles, volontaires et folâtres, reparaissent, mûries un peu,\n  avec le sourire intimidé de leur gravité nouvelle. Elles se sont quittées elles-\n  mêmes, se persuaderait-on, et leur caractère ingénu de vie affriolée, pour\n se retrouver ailleurs, plus haut, essoufflées de gravir à la suite de leur guide\n accoutumé la montagne où, la lumière et l'air s'épurent et s'allègent, et\n  les apparences.\n     Et, conscientes de n'être, en réalité, que des épisodes de la diffuse pensée\n  méditative de Christian, admirablement elles y adaptent leur native turbu-\n  lence : elles n'aventurent plus que des phrases et des gestes obliques, à la\n  cantonade; d'évasives paroles, amorties, comme elles-mêmes, par le brouil-\n  lard.\n     Fuyants profils d'ombres dans la brume, ces gracieuses apparitions\n"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 190, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 374, "texte": "                                   — 190 —\n\ns'impliquent si bien et se subordonnent à la nomade évagation de Chris-\ntian, qu'on se les figure participer du paysage boisé, surgir à l'incantation\npour se diffondre bientôt et s'évaporer, regagner le creux hospitalier des\narbres, le profond des sources ou la vasque des fontaines.\n                                       ***\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 190, "page_fin": 190, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Musique et les lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "M Stéphane Mallarmé insère", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Aux prochains numéros", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 213, "page_imprimee": 190, "debut_caractere": 374, "fin_caractere_exclue": 1847, "texte": "M. Stéphane Mallarmé insère sous la couverture d'une brochure deux\nconférences dites à Oxford et à Cambridge, commentaire hermétique et\nretors de théories exposées, jadis, dans les Proses : « La musique et les\nlettres sont la face alternative... d'un phénomène; le seul; je l'appelai\nl'Idée... »\n   Ces pages contractent encore la préciosité obscure du style de M. Mal-\nlarmé; et leur préface Déplacement avantageux s'accompagne d'un « déve-\nloppement juridique » en écriture claire de la plus plaisante disparate.\n   Frappé à l'extrême de la grandiose tradition, de la noble prodigalité des\ninstitutions universitaires anglaises, des généreux loisirs qu'elles créent à\nleurs fellows, le poète combine les moyens d'instaurer des majorats simi-\nlaires, en France.\n   La réédition des classiques, des œuvres chues au domaine public, entraî-\nnerait une prélibation pécuniaire perçue par l'Etat, au profit des artistes\ndébutants, dénués, etc.\n   Un tel projet livrerait aux politiciens la régie du patrimoine intellectuel\ndu pays; quoique indirecte, l'influence gouvernementale sévirait, s'impo-\nserait à la librairie, par le fisc ; aux écrivains, par l'attribution ou le refus\nde subsides. Si l'Académie administrait ce budget des dotations, ce serait,\ncertes, avec probité et scrupule ; mais quelles catégories triées de gens de\nlettres solliciteraient davantage, et fructueusement! sa munificence?...\n                                                        ARNOLD GOFFIN\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 191, "page_fin": 193, "titre_corps": "Chronique artistique : Exposition de la Libre Esthétique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "Kalophile", "ancre_debut": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "ancre_fin": "KALOPHILE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Pour quelques bons amis", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 214, "page_imprimee": 191, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 2941, "texte": "CHRONIQUE ARTISTIQUE (1)\n                    Exposition de la Libre Esthétique.\n\n               Et maintenant la Libre (oh ! combien) Esthétique. Quand on a\n                fait un rapide tour des salles, cette pensée vous assaille déses-\n                pérément : que d'année en année les artistes paraissent se\n                détourner de plus en plus du Beau et négliger sans retour\n(hélas ! c'est à craindre) la forme et la couleur idéales. Il est certain que\ntoute œuvre dont la tendance primordiale n'est pas d'atteindre au Beau\ndans la pensée et dans la couleur ou le dessin, ne peut pas être une œuvre\nd'art. Vous n'en êtes plus j'espère, Messieurs les esthètes, à vous pâmer\ndevant de roublardes pochades d'atelier, jouant l'incohérence sincère. Car\nceux qui ne savaient pas ont pu deviner enfin que rien n'est plus aisé que\nd'être bizarre ou indéchiffrable et que ce sont là des « ficelles » qui, trop sou-\nvent, voilent une complète absence de métier ou de rêve. Il y en a vraiment\ntrop de ces gens qui, pour avoir le droit d'être nuls avec suffisance, se\nsont taillé eux-mêmes la réputation de l'artiste fou.\n    Heureusement, il n'y a pas que ceux-là. Ses organisateurs paraissent\navoir compris l'insuffisant intérêt que c'eût été. Il y a de vrais et purs\nartistes qui ont encore la préoccupation d'un grand idéal d'art. Tels le\nsuperbe et écrasant Meunier, le sombre Mellery, Wats, Rousseau, Vallgren.\nDe charmants dessins alors : Water Crâne, naguère délaissé, Reynolds\nStephens, Housman, Gaskin, Vallotton, Lepère, et en art appliqué plu-\nsieurs s'imposent.\n   Tout d'abord hommage à Constantin Meunier qui, par cet ensemble de\nses œuvres, se montre un des plus grands Belges qui soient et dont la\n puissance grandiose confine au génie. La Glorification du travail, ce bas-\nrelief où un souvenir de l'antiquité semble être venu ennoblir des formes que\ntant d'autres ont si souvent avilies de leur réalisme mesquin, — je me sou-\nviens combien au Champ-de-Mars il s'isolait dans sa pureté noble, — ses\n dessins aussi sont d'une poignante mélancolie si bellement exprimée. La\n Glèbe, alors Puddleurs, Débardeur, le Père Damien, il faudrait les dire\n toutes, souffrances, bontés, pitiés, animées d'un souffle de géant.\n    Mellery est bien ici le rêveur d'effroi qui s'était déjà montré dans des\n séries de dessins antérieurs. Ces toiles donnent le frisson; il doit y avoir\n quelque crime qui se débat sourdement dans cette maison au fond du\n jardinet lugubre de banlieue; Mellery a su tirer, de coins familiers et\n banals, par des moyens tout simples, de fort intenses émotions : Voyez les\n deux portes ouvertes, le corridor à la lumière cachée, le béguinage. Sa cou-\n leur grise et noire est fort belle.\n\n  (0 Cette chronique devait paraître dans notre numéro de mars. L'encombrement nous\na forcé de la retarder.                                              (N,. D. L. R.)\n"}, {"page_pdf": 215, "page_imprimee": 192, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3228, "texte": "                                  — 192 —\n\n   Le portrait de Lady Garvagh est digne du grand maître qu'est Watts :\nd'un curieux raffinement de ton et d'une haute distinction, il est original\nde mise en toile et la tête merveilleusement peinte est très fraîche et très\nriche; de Watts aussi le portrait de Rossetti, moins parfait, malgré l'unité\nde la couleur sourde mais les yeux tout en doux rêves attirent irrésistible-\nment nos regards.\n   Promenons-nous maintement au hasard; les salles nous offrent de\nbizarres contrastes et même parfois d'intéressantes oeuvres toutes honteuses\nde leurs voisines.\n   H. De Groux : Si c'est de la tapisserie c'est parfait, car sa couleur et ces\nfleurs multiples un peu bouche-trous ne peuvent guère constituer une œuvre\ndéfinitive. Heureusement nous vîmes ces jours derniers des lithographies\ndu même peintre d'une autre poussée d'art qui sont bien, croyons-nous,\nl'expression de ce curieux tempérament. Voici de Lerolle une femme nue\nqui s'apprête à prendre un bain dans un tout petit bassin... A part cela très\nbanale. Un intérieur charmant de Stremel et des essais d'outremer de von\nHoffmann. Par contre, pas loin, trois Thaulow très savoureux. R. Picard a\npeint quelques fleurs attirantes flanquées, hélas, de trois ou quatre mètres\nde fadeurs sirupeuses. Degouve de Nuncques : Une belle toile, La Barque\net les Anges de la nuit parmi lesquels un portrait inattendu. Laermans:\ntoujours un peu plus que de la caricature et un peu moins que de l'art.\nQuelques pointillistes qui, depuis dix ans, eux et les leurs, n'ont pas avancé\nd'un pas et nous montrent l'éternel chemin avec les mêmes ombres et les\nmêmes feuilles d'arbres, tels Pissarro (les), Van den Eekhoudt, A. Boch.\nE. Claus : un faux « pointilleux » qui a des harmonies délicieuses. Heymans,\nnaguère intéressant, expose trois tableaux fades et mous : Pendant le salut\ndes âmes, impression diffuse et facile; une rentrée de moutons en coton;\nberger en coton, bergerie en coton ; puis, dilué et proprement fait, le Ruisseau\nde Frédéric moins les enfants.\n   Guillaumin, M. Denis, H.-E. Cross, Moulijn sont des exposants indiscu-\ntablement très gais. Paul Du Bois : Une veilleuse de fort mauvais goût et\n quelques petits étains plutôt gnangnan. Rousseau, toujours d'un métier\ntrès serré, atteint ici encore des puretés de formes vraiment belles. L. Fré-\ndéric : Tout est mort. L'exécution de ce tableau est remarquable mais\n hélas la composition mal conçue, n'est pas grande et ne fait aucune impres-\n sion. C'est un enchevêtrement de cadavres, un tour de force un peu alle-\n mand et voilà. Le féroce De G. l'a joliment baptisé : Triptyque... à la mode\n de Caen.\n    Un retour de Vogels avec une Inondation qui est un extraordinaire\n morceau de couleur. Craco : décoration pour manche à balai, intitulée :\n Jéva. Baertsoen a vu Thaulow, de loin.\n    J'allais passer cette lugubre chambre d'artisan! Comme je le plains, le\n pauvre artisan ! D'abord on égaie ses murs des plus navrantes reproductions\n de sa misère sociale : un paveur affalé parmi ses pierres; puis, le tradition-\n nel « collier de misère \" ; enfin, il y a pour le comfort des meubles froids à\n pans coupés, à angles durs, d'où pendent lamentablement des rideaux de\n"}, {"page_pdf": 216, "page_imprimee": 193, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 783, "texte": "                                  — 193 —\n\ncretonne bleue avec application de toile blanche et verte, à faire hurler. En\nsomme, chambre de suicide pour artisan.\n   Enfin une vraie foire d'art appliqué. Il y en a pour tous les usages. Cepen-\ndant voici les verreries de Daum frères, pures merveilles. Les tasses de\nThesmar, d'une grande richesse ; et de fort beaux livres reliés avec un art\nexquis. Les éternels Dalpayrat, Delaherche et Virginal, jolis mais déjà\npresque vieux.\n   Une belle œuvre que j'allais omettre : La petite armoire (usage mysté-\nrieux?) du comte Edmond de Polignac.\n   Et voilà ce que produisent en plus de sept cents numéros les cent vingt\ninvités de la Libre Esthétique.\n                                                               KALOPHILE\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 193, "page_fin": 193, "titre_corps": "Pour quelques bons amis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ethelred Vazy", "ancre_debut": "Pour quelques bons amis", "ancre_fin": "nourrice etc etc", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 216, "page_imprimee": 193, "debut_caractere": 783, "fin_caractere_exclue": 1395, "texte": "Pour quelques bons amis (l).\n                Quels cris ! On jacasse, on cacarde,\n                On glousse, on jabote, on piaille !\n                Dinde, pintade, cane, outarde,\n                Ah! quel émoi dans la volaille!\n\n                Je crois que j'ai troublé les joies\n                D'une basse-cour un peu Jolie.\n                Chers amis, j'entends bien les oies\n                Mais où donc est le Capitole?\n\n                                                        E T H E L R E D VAZY\n\n\n\n\n (1) Dédié ad libitum à quelques oiseaux du Réveil de Gand, de Stella, de l'Art en\nnourrice, etc., etc."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 194, "page_fin": 196, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "E Raynaud", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 107, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 111, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "Dans le Mercure de France du mois"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 211, "fin_caractere_exclue": 251, "texte": "d'avril, deux charmants petits poèmes de"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 314, "fin_caractere_exclue": 353, "texte": "M. Albert Samain : Mêlene et Myrtale et"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 412, "fin_caractere_exclue": 450, "texte": "Paiémone. 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Un mystère en son cœur vient d'éclore;"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 1431, "fin_caractere_exclue": 1479, "texte": "Et, grave, il les caresse et les caresse encore."}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 1782, "fin_caractere_exclue": 1817, "texte": "Dans la barraque du Réveil de Gand,"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 1881, "fin_caractere_exclue": 1921, "texte": "M. Emile Verhaeren exhibe un étalon-phé-"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 1955, "fin_caractere_exclue": 1998, "texte": "nomène, qui a une crête ! et qui marche sur"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 2051, "fin_caractere_exclue": 2067, "texte": "les jarrets! ! !"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 2155, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "Le vaste étalon noir fougueusement crété"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 2254, "fin_caractere_exclue": 2274, "texte": "D'ébène et de soleil"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 2374, "fin_caractere_exclue": 2395, "texte": "Et des jarrets de fer"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 2400, "fin_caractere_exclue": 2446, "texte": "Cassent sous eux le sol aussi dur que l'hiver."}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 2513, "fin_caractere_exclue": 2540, "texte": "(E. VERHAEREN : En Flandre)"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 2596, "fin_caractere_exclue": 2636, "texte": "M. Henri Van de Putte et M. Toisoul, les"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 2669, "fin_caractere_exclue": 2708, "texte": "hommes-sandwiches de M. Verhaeren, pro-"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 2709, "fin_caractere_exclue": 2752, "texte": "mèneront dans la ville une belle réclame en"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 2753, "fin_caractere_exclue": 2795, "texte": "zinc. 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Vielé-Griffin assure que la Jeune Bel­"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3707, "fin_caractere_exclue": 3745, "texte": "gique est une « revue désormais dogma-"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3778, "fin_caractere_exclue": 3811, "texte": "tique, envieuse et négligeable »."}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3882, "fin_caractere_exclue": 3922, "texte": "M. Vielé-Griffin ne nous aime pas; c'est"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3978, "fin_caractere_exclue": 4017, "texte": "son droit. Il nous témoigne sa méchante"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 4173, "fin_caractere_exclue": 4216, "texte": "humeur, peu nous chaut. Mais où a-t-il pris"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 4270, "fin_caractere_exclue": 4307, "texte": "que nous soyons envieux? 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Maubel, Ames de couleur."}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 1540, "fin_caractere_exclue": 1581, "texte": "Dans la Jeune Belgique de février l'un de"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 1639, "fin_caractere_exclue": 1680, "texte": "nous écrivait : « Je prévois aisément les"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 1738, "fin_caractere_exclue": 1778, "texte": "criailleries que me vaudra ma franchise;"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 1836, "fin_caractere_exclue": 1880, "texte": "toutes les oies belges vont essayerde sauver"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 1938, "fin_caractere_exclue": 1954, "texte": "leur Capitole. »"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 2015, "fin_caractere_exclue": 2050, "texte": "Ça commence. 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T h . de Wyzewa dans la"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 2998, "fin_caractere_exclue": 3038, "texte": "Revue des Deux-Mondes, qui intéresseront"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3096, "fin_caractere_exclue": 3137, "texte": "vivement ceux de nos lecteurs qui se rap-"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3195, "fin_caractere_exclue": 3236, "texte": "pellent encore les débuts d'Hélène Swarth"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3294, "fin_caractere_exclue": 3336, "texte": "dans la Jeune Belgique, il y a une dizaine"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3394, "fin_caractere_exclue": 3403, "texte": "d'années."}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3464, "fin_caractere_exclue": 3502, "texte": "De tous les auteurs hollandais contem-"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3560, "fin_caractere_exclue": 3602, "texte": "porains, les plus connus, les plus admirés"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3660, "fin_caractere_exclue": 3706, "texte": "sont des poètes : et ce sont en effet les plus"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3764, "fin_caractere_exclue": 3777, "texte": "remarquables."}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3838, "fin_caractere_exclue": 3878, "texte": "Ce sont aussi, malheureusement, les plus"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 3936, "fin_caractere_exclue": 3977, "texte": "difficiles à faire connaître en dehors de"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 4035, "fin_caractere_exclue": 4075, "texte": "leur pays. 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Mais je voudrais au moins dire quel-"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 121, "texte": "ques mots d'une jeune femme qui les d é -              Que"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 173, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "passe encore en renommée, et qui est assu-             Les"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 262, "fin_caractere_exclue": 319, "texte": "rément, à l'heure présente, la figure la plus          Le"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 366, "fin_caractere_exclue": 405, "texte": "curieuse de la littérature hollandaise."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 481, "fin_caractere_exclue": 535, "texte": "Elle s'appelait jusqu'au printemps passé            en"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 585, "fin_caractere_exclue": 625, "texte": "M11e Hélène Swarth, et c'est sous ce nom"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 697, "fin_caractere_exclue": 759, "texte": "qu'elle a publié ses premiers recueils. 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Mais depuis de longues              les"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1230, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "années déjà elle a senti, et traduit dans ses          Mais,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1335, "fin_caractere_exclue": 1374, "texte": "vers, la tragique puissance de l'amour."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1451, "fin_caractere_exclue": 1506, "texte": "Toute son œuvre n'est, à dire vrai, qu'un           qui"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1552, "fin_caractere_exclue": 1612, "texte": "chant d'amour; mais un chant magnifique,               aura,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1661, "fin_caractere_exclue": 1723, "texte": "éclatant de passion, avec une incomparable             mouillé"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1763, "fin_caractere_exclue": 1805, "texte": "richesse d'harmonies et de nuances. D'ins-"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1874, "fin_caractere_exclue": 1931, "texte": "tinct et sans trace d'effort, Mme Swarth-              Et"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1976, "fin_caractere_exclue": 2034, "texte": "Lapidoth est parvenue à un très haut degré             qui"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2087, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "de maîtrise poétique. Ses sonnets ont une              ils"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2192, "fin_caractere_exclue": 2251, "texte": "pureté de lignes, une noblesse d'allures,              d'un"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2286, "fin_caractere_exclue": 2329, "texte": "une aisance et une élégance que leur envie-"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2330, "fin_caractere_exclue": 2372, "texte": "raient les plus impeccables de nos parnas-"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2428, "fin_caractere_exclue": 2471, "texte": "siens. Et sous cette forme toute classique,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2472, "fin_caractere_exclue": 2532, "texte": "on sent battre un cœur de femme frémissant              rien"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2573, "fin_caractere_exclue": 2638, "texte": "de passion. Mais on dirait que la passion,              magistral"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2669, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "dès qu'elle pénètre dans ce cœur, y revêt               beau"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2733, "fin_caractere_exclue": 2772, "texte": "aussitôt un somptueux appareil d'images"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2817, "fin_caractere_exclue": 2875, "texte": "poétiques ; et la plupart des sonnets de                Tu"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2924, "fin_caractere_exclue": 2966, "texte": "Mme Lapidoth ne sont ainsi que le dévelop-"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2968, "fin_caractere_exclue": 3031, "texte": "pement suivi d'un symbole, exprimant un                Insérant"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3071, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "ordre déterminé de sentiments ou d'idées.              Ce"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3229, "fin_caractere_exclue": 3232, "texte": "Dès"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3285, "fin_caractere_exclue": 3329, "texte": "— Stella : Détachons pour la postérité ce Au"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3413, "fin_caractere_exclue": 3415, "texte": "Si"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3459, "fin_caractere_exclue": 3505, "texte": "vers d'Arthur Toisoul :                     Et"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3561, "fin_caractere_exclue": 3616, "texte": "Va, je me sens poète et j'en pleure de joie.         Le"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3660, "fin_caractere_exclue": 3725, "texte": "Comme un Viau, sans doute.                            Accompagnés"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3756, "fin_caractere_exclue": 3813, "texte": "— Magasin littéraire : Un poète pour                  Par"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3920, "fin_caractere_exclue": 3926, "texte": "Proche"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3965, "fin_caractere_exclue": 4002, "texte": "petits et grands. — Walter Crane, par"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4003, "fin_caractere_exclue": 4068, "texte": "W. Ritter.                                              Sourdiner"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4161, "fin_caractere_exclue": 4163, "texte": "Du"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4202, "fin_caractere_exclue": 4263, "texte": "— La Revue blanche : L'émotion de                     Bramant"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4306, "fin_caractere_exclue": 4326, "texte": "pensée, par P. Adam."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4425, "fin_caractere_exclue": 4461, "texte": "— La Revue générale : Un portrait de"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4518, "fin_caractere_exclue": 4521, "texte": "que"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4561, "fin_caractere_exclue": 4601, "texte": "Renan, par Henry Bordeaux, et Revue lit-"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4658, "fin_caractere_exclue": 4660, "texte": "un"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4702, "fin_caractere_exclue": 4726, "texte": "téraire de Eug. Gilbert."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4783, "fin_caractere_exclue": 4788, "texte": "drame"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4826, "fin_caractere_exclue": 4889, "texte": "— Burendal : Poésies de Thomas Braun.                  première"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4925, "fin_caractere_exclue": 4962, "texte": "— Léon Bloy le misérable, par Pol De-"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5027, "fin_caractere_exclue": 5091, "texte": "made.                                                   passante"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5185, "fin_caractere_exclue": 5187, "texte": "au"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5228, "fin_caractere_exclue": 5263, "texte": "Très étonnant, le numéro de mars du"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5265, "fin_caractere_exclue": 5302, "texte": "Mercure de France. D'abord, un joyeux"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5352, "fin_caractere_exclue": 5389, "texte": "fumiste, M. Francis Jammes, auteur de"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5391, "fin_caractere_exclue": 5424, "texte": "cette mirifique Dédicace future :"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5500, "fin_caractere_exclue": 5541, "texte": "A Mallarmé, ces choses en vieilles roses."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5629, "fin_caractere_exclue": 5678, "texte": "Comme un petit cordonnier vert, je les ai faites."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5680, "fin_caractere_exclue": 5731, "texte": "Ce sont de beaux souliers pour un beau jour de fête"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5783, "fin_caractere_exclue": 5820, "texte": "nationale, que je te donne sans pose."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 122, "fin_caractere_exclue": 172, "texte": "le poète souffre!... Oui, mais il fait son devoir."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 232, "fin_caractere_exclue": 261, "texte": "imbéciles riront devant ceci."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 320, "fin_caractere_exclue": 365, "texte": "poète est un vieux cheval cassé qui entend et"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 460, "fin_caractere_exclue": 477, "texte": "[attend, le soir,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 536, "fin_caractere_exclue": 584, "texte": "vomissant, des putains qui rient et ne l'ont pas"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 687, "fin_caractere_exclue": 696, "texte": "[compris."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 760, "fin_caractere_exclue": 806, "texte": "que la pluie tombe, près d'un sale restaurant,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 865, "fin_caractere_exclue": 909, "texte": "vieux cheval tremble. Il tient difficilement"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 969, "fin_caractere_exclue": 1011, "texte": "ventre maigre sur ses jambes maigres et au"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1112, "fin_caractere_exclue": 1123, "texte": "[restaurant"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1183, "fin_caractere_exclue": 1229, "texte": "gens en chair de haricot cuit sont importants."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1291, "fin_caractere_exclue": 1334, "texte": "un jour, ils mourront tous; mais le cheval,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1438, "fin_caractere_exclue": 1447, "texte": "[la rosse"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1507, "fin_caractere_exclue": 1551, "texte": "était le poète et qui attendait les putains,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1613, "fin_caractere_exclue": 1660, "texte": "dans ses yeux mourants, le reflet rose du matin"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1724, "fin_caractere_exclue": 1762, "texte": "où il sera mort, comme les bouches des"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1851, "fin_caractere_exclue": 1873, "texte": "[enfants et les roses."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 1932, "fin_caractere_exclue": 1975, "texte": "ceux qui n'auront pas fait attention à lui,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2035, "fin_caractere_exclue": 2086, "texte": "l'auront laissé mourir plat devant la porte grasse,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2146, "fin_caractere_exclue": 2191, "texte": "mourront dedans, près d'un sale feu qui luit,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2252, "fin_caractere_exclue": 2285, "texte": "caleçon et d'une fille en crasse."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2389, "fin_caractere_exclue": 2427, "texte": "A cet art là, M. Paterne Berrichon n'a"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2533, "fin_caractere_exclue": 2572, "texte": "à envier : il publie trois sonnets d'un"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2639, "fin_caractere_exclue": 2668, "texte": "turlututu, dont voici le plus"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2730, "fin_caractere_exclue": 2731, "texte": ":"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2807, "fin_caractere_exclue": 2816, "texte": "ORCHESTRE"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 2876, "fin_caractere_exclue": 2922, "texte": "pleureras, décuple orgueil des doigts adroits,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3032, "fin_caractere_exclue": 3069, "texte": "l'impudeur de leur caprice au ventre,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3129, "fin_caractere_exclue": 3172, "texte": "dont meurt incarnat l'aime lys de cet antre"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3233, "fin_caractere_exclue": 3281, "texte": "qu'a claqué le fouet d'Eros poussant ses droits."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3330, "fin_caractere_exclue": 3368, "texte": "piano des aines d'or vibrant en centre"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3416, "fin_caractere_exclue": 3458, "texte": "d'argent un giron larmoie auquel tu crois,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3506, "fin_caractere_exclue": 3557, "texte": "qu'étouffe, étranglé par les sanglots qu'il rentre,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3617, "fin_caractere_exclue": 3657, "texte": "jeune icoglan vainqueur des jeunes rois;"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3726, "fin_caractere_exclue": 3753, "texte": "des violons du psychopompe,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3814, "fin_caractere_exclue": 3863, "texte": "les deux de Lesbos, vos brefs chagrins d'estompe,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 3927, "fin_caractere_exclue": 3964, "texte": "Sodome mauve iront, en noirs flocons,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4069, "fin_caractere_exclue": 4104, "texte": "la rousseur des éclats mal prolixes"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4164, "fin_caractere_exclue": 4199, "texte": "trombone inspiré d'Antinoüs abscons"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4264, "fin_caractere_exclue": 4305, "texte": "un rire, de sa langue aux seuls préfixes."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4385, "fin_caractere_exclue": 4422, "texte": "La prose n'est pas moins ébouriffante"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4522, "fin_caractere_exclue": 4560, "texte": "la « poïésie ». M. Alfred Jarry exhibe"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4661, "fin_caractere_exclue": 4701, "texte": "« acte héraldique », faisant partie d'un"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4789, "fin_caractere_exclue": 4824, "texte": "intitulé César Antéchrist. La scène"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4890, "fin_caractere_exclue": 4924, "texte": "est indiquée : « de sable à un roi"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 4981, "fin_caractere_exclue": 5026, "texte": "d'or »; la scène II, « de sable à une licorne"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5092, "fin_caractere_exclue": 5128, "texte": "d'argent » et ainsi de suite. Voici,"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5188, "fin_caractere_exclue": 5224, "texte": "complet, les deux dernières scènes :"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5342, "fin_caractere_exclue": 5350, "texte": "SCÈNE XI"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5446, "fin_caractere_exclue": 5498, "texte": "D'or à UN CENTAURE                 passant de sable."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5618, "fin_caractere_exclue": 5627, "texte": "SCÈNE XII"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5745, "fin_caractere_exclue": 5781, "texte": "De sable à UN ROI              d'or."}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 5841, "fin_caractere_exclue": 5882, "texte": "LE ROI. — Par la côte interminable et les"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 101, "texte": "grises obscurités des voûtes d'églises, après"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 152, "fin_caractere_exclue": 193, "texte": "avoir sauté les ruisseaux où poussent les"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 250, "fin_caractere_exclue": 292, "texte": "iris des pêcheurs et fui l'œil d'opale des"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 293, "fin_caractere_exclue": 335, "texte": "poissons cuirassés, j'ai vu parmi la foule"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 386, "fin_caractere_exclue": 425, "texte": "processionnelle le balancement des deux"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 479, "fin_caractere_exclue": 520, "texte": "pattes ou des deux bras de dinotherium du"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 572, "fin_caractere_exclue": 614, "texte": "Centaure. L'insecte hexapode à tête d'Adam"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 615, "fin_caractere_exclue": 663, "texte": "s'est effacé pour me laisser passer aux grilles,"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 704, "fin_caractere_exclue": 751, "texte": "et par les fidèles des bas-côtés il a conversé,"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 752, "fin_caractere_exclue": 796, "texte": "tendant la gorge et draguant de ses griffes-"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 847, "fin_caractere_exclue": 889, "texte": "Chaque demi-douzaine des piliers a tremblé"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 941, "fin_caractere_exclue": 981, "texte": "et sonné devant sa sœur qui marchait, et"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 982, "fin_caractere_exclue": 1022, "texte": "les chevaux carapaçonnés ont avancé sans"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1078, "fin_caractere_exclue": 1119, "texte": "ruer comme des poulains cravachés par les"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1176, "fin_caractere_exclue": 1219, "texte": "troncs d'arbres. Je cherche en haut la tête"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1253, "fin_caractere_exclue": 1293, "texte": "d'Adam et je ne frapperai point Goliath."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1348, "fin_caractere_exclue": 1389, "texte": "Les ondes du nombril de la terre répètent"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1390, "fin_caractere_exclue": 1433, "texte": "à son cerveau les pas derniers du Centaure."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1485, "fin_caractere_exclue": 1497, "texte": "(Il marche.)"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1580, "fin_caractere_exclue": 1618, "texte": "Ça donne envie de parler Mammamouchi :"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1675, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "apogrousalabos triphocaran tatalababa colo-"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1771, "fin_caractere_exclue": 1808, "texte": "copicsoné zoufzouf lapatapoum bottocu"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1867, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "pampam."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2116, "fin_caractere_exclue": 2162, "texte": "Dansl ' A r tjeune (Stella fusionnée, fr. 0-60"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2163, "fin_caractere_exclue": 2206, "texte": "ce numéro de fusion) un joli conte de Louis"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2207, "fin_caractere_exclue": 2252, "texte": "Delattre qu'il est un peu surprenant de trou-"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2288, "fin_caractere_exclue": 2326, "texte": "ver dans un recueil aussi... médiocre."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2382, "fin_caractere_exclue": 2425, "texte": "M. Delattre a fusionné trop volontiers avec"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2473, "fin_caractere_exclue": 2511, "texte": "quelques mauvais élèves de rhétorique."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2538, "fin_caractere_exclue": 2580, "texte": "« Plutôt le premier dans un village que le"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2726, "fin_caractere_exclue": 2767, "texte": "seconda Rome», disait Jules César — avant"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2791, "fin_caractere_exclue": 2834, "texte": "ses victoires. M. Delattre agit comme César"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2872, "fin_caractere_exclue": 2915, "texte": "parlait. Mécontent du rang qu'il occupait à"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2964, "fin_caractere_exclue": 3009, "texte": "la Jeune Belgique, il se plaît à briller dans"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3153, "fin_caractere_exclue": 3193, "texte": "une revue de moutards. César, quoi qu'il"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3244, "fin_caractere_exclue": 3289, "texte": "en ait pu dire, n'a jamais pratiqué une poli-"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3302, "fin_caractere_exclue": 3341, "texte": "tique de village. — Dans le même papier"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3392, "fin_caractere_exclue": 3432, "texte": "M. Sander Pierron donne un avertissement"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3556, "fin_caractere_exclue": 3599, "texte": "nostalgique. Pour le reste, quelques vagis-"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3617, "fin_caractere_exclue": 3634, "texte": "sements anonymes."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3876, "fin_caractere_exclue": 3915, "texte": "Il paraîtra à Bruxelles le 6 octobre de"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3959, "fin_caractere_exclue": 4003, "texte": "cette année un journal d'art et de critique."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4140, "fin_caractere_exclue": 4177, "texte": "Sa matière sera partagée comme suit :"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4229, "fin_caractere_exclue": 4273, "texte": "un article d'idée, de tendance, d'esthétique"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4295, "fin_caractere_exclue": 4335, "texte": "ou de biographie ; des comptes rendus de"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4375, "fin_caractere_exclue": 4418, "texte": "tous les livres qui paraissent, des discus-"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4560, "fin_caractere_exclue": 4603, "texte": "sions impersonnelles et consciencieuses sur"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4618, "fin_caractere_exclue": 4661, "texte": "ce qui intéresse les beaux-arts et particu-"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4704, "fin_caractere_exclue": 4747, "texte": "lièrement les lettres ; des correspondances"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4783, "fin_caractere_exclue": 4822, "texte": "de Vienne, de Paris et d'Allemagne, des"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4941, "fin_caractere_exclue": 4980, "texte": "notes sur la musique et la peinture, un"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 107, "fin_caractere_exclue": 150, "texte": "memento général et complet relatif à toutes"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 203, "fin_caractere_exclue": 248, "texte": "les manifestations d'art, d'où qu'elles vien-"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 345, "fin_caractere_exclue": 385, "texte": "nent; un bulletin bibliographique enfin,"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 438, "fin_caractere_exclue": 478, "texte": "Une prose et un poème dans chaque numéro"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 531, "fin_caractere_exclue": 571, "texte": "formeront la partie de pure littérature."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 677, "fin_caractere_exclue": 703, "texte": "LA VIE L I T T É R A I R E"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 804, "fin_caractere_exclue": 846, "texte": "paraîtra en 8 pages grand format, tous les"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 899, "fin_caractere_exclue": 940, "texte": "quinze jours. Une collaboration nombreuse"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1034, "fin_caractere_exclue": 1077, "texte": "s'estgroupée déjà autour de ceux qui eurent"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1131, "fin_caractere_exclue": 1175, "texte": "l'initiative : Paul Arden, Albert Lévy, Léon"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1228, "fin_caractere_exclue": 1252, "texte": "Pascal, Fernand Roussel."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1309, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "Le journal est sous la protection d'un"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1442, "fin_caractere_exclue": 1480, "texte": "comité composé d'un nombre illimité de"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1533, "fin_caractere_exclue": 1575, "texte": "membres. Il fait appel à tous les artistes"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1628, "fin_caractere_exclue": 1674, "texte": "intéressés à la réussite de cette tentative et"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1727, "fin_caractere_exclue": 1770, "texte": "les prie de vouloir bien envoyer leur adhé-"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1823, "fin_caractere_exclue": 1866, "texte": "sion provisoire à M. Léon Pascal, 3, rue du"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 1919, "fin_caractere_exclue": 1959, "texte": "Mambour, à Liège, qui leur fera parvenir"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2012, "fin_caractere_exclue": 2051, "texte": "tous les renseignements qu'ils pourront"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2104, "fin_caractere_exclue": 2112, "texte": "désirer."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2261, "fin_caractere_exclue": 2287, "texte": "BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE :"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2343, "fin_caractere_exclue": 2381, "texte": "Albert Saint-Paul. — L'Echarpe d'Iris."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2437, "fin_caractere_exclue": 2472, "texte": "Alph. Germain.— Le Beau moral et le"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2525, "fin_caractere_exclue": 2537, "texte": "Beau formel."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2593, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "Henri Mazel. — Flottille dans le Golfe."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2688, "fin_caractere_exclue": 2725, "texte": "M. Bouchor.— Les Symboles, vers. Nou-"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2778, "fin_caractere_exclue": 2790, "texte": "velle série."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2846, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "A. Devaux. — George Sand."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 2927, "fin_caractere_exclue": 2963, "texte": "P. Fort. — Il y a là des cris; vers."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3019, "fin_caractere_exclue": 3056, "texte": "A. Alexandre. — Histoire populaire de"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3109, "fin_caractere_exclue": 3152, "texte": "la peinture. Ecole flamande et hollandaise."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3208, "fin_caractere_exclue": 3243, "texte": "G. Larroumet. — La Maison de Victor"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3296, "fin_caractere_exclue": 3301, "texte": "Hugo."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3357, "fin_caractere_exclue": 3391, "texte": "H. Krains. — Histoires lunatiques."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3447, "fin_caractere_exclue": 3464, "texte": "J. Laur. — Ozanam"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3520, "fin_caractere_exclue": 3555, "texte": "Ed. Picard. — Entre deux courriers;"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3608, "fin_caractere_exclue": 3616, "texte": "poésies."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3672, "fin_caractere_exclue": 3698, "texte": "J. Bédier. — Les Fabliaux."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3754, "fin_caractere_exclue": 3791, "texte": "A. Bruant. — Dans la rue (2e volume)."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3847, "fin_caractere_exclue": 3872, "texte": "J. Lemaître. — Le Pardon."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 3928, "fin_caractere_exclue": 3958, "texte": "G. Monod. — James Darmesteter."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4014, "fin_caractere_exclue": 4052, "texte": "O. Navarre.— Dionysos. Etude sur l'or-"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4105, "fin_caractere_exclue": 4136, "texte": "ganisation du théâtre athénien."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4192, "fin_caractere_exclue": 4228, "texte": "F. Coppée. — Mon franc parler (troi-"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4281, "fin_caractere_exclue": 4294, "texte": "sième série)."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4350, "fin_caractere_exclue": 4374, "texte": "P. Bourget. — Outre-mer."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4430, "fin_caractere_exclue": 4464, "texte": "L. Tolstoï. — Maître et Serviteur."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4520, "fin_caractere_exclue": 4559, "texte": "F. Brunetière. — La Science et la Reli­"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4612, "fin_caractere_exclue": 4617, "texte": "gion."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4673, "fin_caractere_exclue": 4703, "texte": "G. Mourey. — Passé le détroit."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4759, "fin_caractere_exclue": 4782, "texte": "J. Péladan. — Mélusine."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4838, "fin_caractere_exclue": 4860, "texte": "P. Verola. — Horizons."}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 4916, "fin_caractere_exclue": 4940, "texte": "E. Raynaud. — Le Bocage."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ ÉDITEUR D", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 220, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1349, "texte": "LACOMBLEZ\n    ÉDITEUR         D E LA J E U N E           BELGIQUE\n                  3 1, rue des Paroissiens, 31\n                          BRUXELLES\n\n              POUR PARAITRE LE 25 MARS\n\n      L E S D I S C I P L E S A SAIS\n                               ET\n\nL E S F R A G M E N T S D E NOVALIS\n                      Traduction et étude de\n                 Maurice MAETERLINCK\n  Un volume format Charpentier                          fr. 4 »\n  Sur hollande Van Gelder extra, couverture parchemin .    10 »\n  Sur japon impérial, couverture parchemin . . . .         20 »\n\n\n                      POUR FIN MARS\n                 Maurice MAETERLINCK\n\nSEBRES CHAUDES\n             Nouvelle et superbe édition, in-32 raisin.\n  Sur fort vélin blanc                                  fr. 3 »\n  Sur hollande royal Van Gelder, couverture parchemin . 6 »\n  Sur japon de Tokio, couverture parchemin                  12 »\n\n            POUR PARAITRE INCESSAMMENT\n                   Hubert KRAINS\n\n HISTOIRES LUNATIQUES\n          Un volume in-16                      fr. 3   »\n\n                       SOUS PRESSE\n                     Fernand S E V E R I N\n\n LA CHANSON DOUCE\n                      Edmond PICARD\n\n            VIE             SIMPLE\n                       Nouvelle édition.\n\n                       Paul    ARDEN\n\n     PAR LES CHEMINS\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-04-n4-206", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Catalogue de la librairie Paul Lacomblez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ, éditeur", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 221, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 6702, "texte": "LACOMBLEZ, éditeur\n               31, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et                   Jenart (Aug.). Le Barb are                   2 »\n  roses                             fr. 2 »            Jeune Belgique (Le Parnasse de la). . 7 50\nBrabant (V.). Notes de voyage . . . 1 »                Journal d'une ignorante : Sur les Golfes 1 50\nBloy(Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 »            Justus Severus Africus                       1 »\n   Les 3 premiers numéros ensemble 1 »                 Kahn (Gustave). Chansons d'amant. . 3 50\nBoschot (A'. Faunesses et bacchantes. 1 50                   —         Les Palais nomades . . 3 50\n              Matin d'automne . . .     1 50           Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . . 2 »\nBosiers ;E.). Harald-Roi                2                    —         Loth et ses filles . . . 2 »\nCarnet de chasse illustré                     15   »   Landoy (Eug.). Evocations                    3 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 »                      —         Maître Martin . . . . 0 50\nCourouble (L.)-Contes et souvenirs. . 3 50             Lautréamont (comte de). Les Chants de\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 »                   Maldoror                                  3 50\nDaCosta(G.) Grammaire en portefeuille o 50             Lemonnier (C.) Paroles pour Georges\nDaxhelet A ) Pages de tendresse vague 3 50                             Eekhoud             0          50\n     —        Nouvelles de Wallonie . 3 50                   —         Discours d'inauguration\nDe Coster (Ch.)- La Légende d'UIen-                       du monument Ch. De Coster, avec\n          spiegel                         5 »             extraits d' « Uienspiegel » et por-\n     —          Légendes flamandes . . 3 50               trait de Ch. De Coster . . . . 0 50\n                  (Voir Lemonnier.)                    Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\nOelattre (Louis). Contes de mon village 3 50                           (L'Intruse, Les Aveugles) 3 »\n     —        Les Miroirs de jeunesse . 3 50                 —         La Princesse Maleine. . 3 50\nDelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50                  —         Serres chaudes . . . . 3 »\nDe Haulleville (baron P.). En vacances. 3 50                 —         L'Ornement des noces spi-\n     — Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »                                 rituelles . . . . . 4 «\n     — J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                              —         Les Sept Princesses . . 2 »\n                talat chez les Civilisés. 4 »                —         Pelléas et Mélisande . . 3 50\nDemolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                                    (Voir Emerson.)\n     —          Impressions d'Art. . . 3 »             Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam . . 3 »\n     —         James Ensor . . . .        3 »          Maubel (Henry). Miette                       2 50\nDe Hallessan. PetiteCousine. comédie. 2 »                    — Etude de jeune fille . . 3 50\nDe Régnier. Le Bosquet de Psyché . 2 »                       —         Quelqu'un d'aujourd'hui. 3 50\nDe Tallenay (J.). L'Invisible . . . .     3 50         Picard (E.). Kl Moghreb al Aksa            . 4 »>\nDesombiaux (M.) Vers de l'espoir . . 2 »                     —         Scènes de la vie judiciaire 4 »\nDestrée (Jules). Journal des Destrée      1 »                —         Vie simple                   3 »\nOulac (Paul). Vingt-cinq sonnets . . 1 50                    —         Imogène, 1 vol. format\nDupont (A.). L'Envol des rêves . . .      2 »                             eucologe                  4 »\nEekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50                   —         Comment on devient so-\n     —         La Nouvelle Carthage. . 4 »                                cialiste                  2 50\n     —         Les Fusillés de Malines . 3 50                —            Id. (édition populaire) 0 75\n     —         Au siècle de Shakespeare. 3 »           Pierron (Sander). Pages de Charité . 3 50\n     —         Kees Doorik                3 50         Philopator. Libres propos d'un belge.\n     —         Kermesses                  5 »          Pléiade (La). Première année (1889) . 3 »\nElskamp (Max). Dominical      . . . .          2   »   Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n      —      Salutations, dont d'angé-                 Rodenbach Le Foyer et les champs . 1 »\n   liqucs                               3 50           Rommelaere J. Ma semaine, 1892-93. 2 »\nEmerson. Sept Essais, avec préface de                        —         Ma semaine, 1894 . . .       2 »\n   Maeterlinck                          3 50           Severin (Fernand). Le Lys                    2 )>\nGarnir (Georges). Les Charneux . . .    3 50                    —             Le Don d'enfance . 2 »\n      —      Contes à Marjolaine        3 50           Sigogne E.). Contes merveilleux . . 3 »\nGilkin (Iwan). Stances dorées . . .     1 »            Sluyts(Ch.). L Appel des voix              . 2 »\nGille(Valère) Le Château des merveilles 2 »                  —         Notes d'être                 3 »\nGiraud (Albert!. Hors du siècle . . . 3 50             Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 »\n      —      Hors du siècle. II : Sous                 Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut. . . 3 50\n                la Couronne. Devant le                 Van Lerberghe (Ch.). Les Flaireurs. . 1 »\n                Sphynx                  3 00           Verhaeren (E.). Les Apparus dans mes\n      —      Pierrot lunaire . . . .    2 «                               chemins                   2 »\n      —      Pierrot Narcisse . . .     2 »                  —         Les Moines                   3 »\n      —      Dernières Fêtes. . . .     2 »            Villiers de l'Isle-Adam. Premières Poésies 3 50\n     —        Le Scribe                 1 »                            M organe                     5 »\nHannon (Théo). Noëls fin de siècle . . 3 »             Wagner (R.). L'Œuvre et la mission de\n     —       Au pays de Manneken-Pis 4 »                  ma vie (derniers exemplaires) . . 4 »\nHanneuse (0 ). La Reine Aléna. . (souscrit).           Waller (Max). La Flûte à Siebel. .           3 50\n      —      Sorella                    2 50                 —         Daisy                        3 »\nItiberê da Cunha (J.). Préludes   .   . fr.   3    »   X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé)\n\n                            EN                V E N T E                   :\n                                      Emond PICARD\n                I M O G È N E\n       UN VOLUME FORMAT DES EUCOLOGES. PRIX : 4 FRANCS.\n                     Bruxelles.— Imprimerie V* Monnom, 32, rue del Industrie\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 186, "texte": "Avril    1895.                 TOME XIV. — N° 4                                15me Année.\n\n\n\n\nA\n  JEUNE\n               BELGIOUE\n                                 SOM M A I R E :\n      France et Allemagne                           IWAN GlLKIN.\n     Rêve brisé                                     J. DE TALLENAY.\n     Le Budget des Beaux-Arts                       LA JEUNE BELGIQUE.\n     Odelettes païennes                             IWAN GILKIN.\n     .VI. Mirbeau et la « Jeune Belgique ».   .   . I. G.\n     Chronique littéraire :\n        Mes Communions; Ames de couleur; La\n         Musique et les lettres                     ARNOLD    GOFFÎN.\n\n     Chronique artistique :\n       Exposition de la Libre Esthétique . .        KALOPHILE.\n     Pour quelques bons amis . . .       . . .      ETHELRED VAZY.\n     Memento                                        NEMO.\n\n\n\n\n        RÉDACTION                                          BRUXELLES\n BUE D E I.A   LIMITE,   BRUXELLES.                   PAUL LACOMBLEZ,          ÉDITEUR\n                                                           ÔI, rue des Paroissiens\n                                                                 PARIS\n  PRIX DU NUMÉRO                                    CHAMUEL,     LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                          2Q, rue de Trévise\n           fr. 0-75.\n                                                                   1895\n"}, {"page_pdf": 187, "texte": "                                                                           BELGIQUE\n   BELGIQUE                     N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                                 JEUNE\n              JEUNE\n                      LA\n\n\n\n\n                                                            LA\n                               N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur : M A X W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n          Directeur : IWAN GILKIN, u o , rue de la Limite.\nSecrétaire de la rédaction : M. MAURICE DESOMBIAUX, 6, rue de Bériot.\n            7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand ; Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 21, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde Sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}, {"page_pdf": 188, "texte": "        FRANCE ET ALLEMAGNE\n\n\n                                  Le Mercure de France et la Neue Deutsche\n                              Rundschau ont organisé ensemble une consul-\n                              tation sur la question suivante : « Toute poli­\n                              tique mise de côté, êtes-vous partisan de rela­\n                              tions intellectuelles et sociales plus suivies\n                                 entre la France et l'Allemagne, et quels\n              seraient,                      selon vous, les meilleurs moyens\n                                     pour y parvenir ?» A cette question\n                ont été faites des réponses françaises et des réponses alle-\n                mandes, qui ont été publiées simultanément dans les deux\n                revues que nous avons nommées.\n                   Les réponses françaises portent les signatures de\n                MM. Paul Adam, J. Allemane, Maurice Barrés, Berthelot,\n                Charles Gide, Remy de Gourmofit, Jean Grave, Paul Her-\n             vieu, Gustave Kahn, Bernard Lazare, Anatole Leroy-Beau-\n             lieu, Maurice Maeterlinck, Stéphane Mallarmé, Catulle\n             Mendès, ctave Mirbeau, Joséphin Péladan, Henri de Régnier,\n             Th. Ribot, J.-H. Rosny, Marcel Schwob, Laurent Tailhade,\n             Francis Vielé-Griffin, Melchior de Vogué, Téodor de Wyzewa,\n             Emile Arnaud, Alber Jhouney, Joseph Savary.\n  Du côté des Allemands, nous trouvons les noms de MM. Auguste Bebel,\nO.-J. Bierbaum, L. Brentano, M.-G. Conrad, Félix Dahn, Richard\nDehmel, M. de Egidy, L. Fulda, L. Gumplowicz, Ernest Haeckel, Max\n"}, {"page_pdf": 189, "texte": "                                       — 166 —\n\n Halbe, O.-E. Hartleben, Gerhart Hauptmann, H. Herkner, Lehmann\n Hohenberg, Lieber, John-Henry Mackay, J. Platter, P. Rosegger, Erich\n Schmidt, Fr. Spielhagen, Berthe de Suttner, Adolphe Wagner, E. Wichert,\n Bruno Wille, Hans de Wolzogen.\n   Le Mercure de France demandait à ses correspondants de « mettre de\ncôté toute question politique ». Cependant plusieurs ont touché la question\npolitique et vraiment il était fort difficile de le point faire, car c'est, au fond,\nla véritable question. Elle me paraît avoir été le mieux esquissée par\nM. Adolphe Wagner. Le vieux monde aura, dans un avenir peu éloigné,\nà subir le choc violent de l'Amérique, qui trouvera dans la Russie une\nalliée naturelle. La civilisation européenne se trouvera prise ainsi entre les\ndeux branches d'un formidable étau. Pour résister, ce ne sera pas trop de\ntoutes les forces vives de l'Europe, dont l'union ne deviendra possible que si\nla France consent à devenir l'alliée de l'Allemagne.\n   Mais laissons la politique et parlons des « relations intellectuelles et\nsociales ».\n   La question a été comprise de diverses façons. Les savants ont vu dans\nles « relations intellectuelles » des relations scientifiques et ils ont déclaré\ntrès judicieusement : i° ces relations n'ont jamais cessé d'exister ; 2° on ne\nsaurait dans l'intérêt des deux pays et de la science en général les développer\nassez. Les savants ont parfaitement raison. La science n'est ni française, ni\nallemande, ni anglaise, ni russe, elle est la science, égale pour tous, utile\nà tous, servie par tous ; elle est internationale et universelle par essence.\n   Mais la question prend un autre aspect si par les « relations intellectuel-\nles » on entend des relations ou plutôt des influences philosophiques,\nartistiques et littéraires. Ici le génie propre des races est en jeu et il s'agit de\nsavoir si la France et l'Allemagne ont quelque chose à perdre ou à gagner\nen favorisant ces rapprochements et ces compénétrations réciproques.\n   Beaucoup de jeunes français proclament très haut les bienfaits de l'influence\nallemande; quelques-uns vont si loin qu'on ne saurait lire leur opinion\nsans demeurer stupéfait. Écoutons M. Paul Adam :\n   La richesse de l'idée philosophique allemande, dit-il, le génie de Goethe qui engendra\nnotre romantisme, et celui de Wagner qui modifia nos conceptions d'art en les alliant aux\nmétaphysiques symbolisées, la belle organisation du socialisme germain, cela et mille\nraisons économiques doivent nous faire désirer évidemment des relations intellectuelles\net sociales très étroites entre les deux peuples Nous sommes, malgré tout, les fils\nspirituels de Goethe et de Hegel, malgré ce que Montaigne nous légua de pyrrhonisme\navisé.\n   Mais il ne semble pas que ces relations, aujourd'hui, soient moindres que celles qui\nnous unissent à l'Angleterre, par exemple, dont l'influence guide nos goûts plastiques,\ncomme celle de l'Allemagne guide nos goûts philosophiques et musicaux.\n"}, {"page_pdf": 190, "texte": "                                       —   167 —\n\n   On peut même dire que l'Allemagne est, à cette fin du XIXe siècle, le pays d'où nous\ntirons le plus pour l'esprit. Du coït sanglant des races, il résulte toujours une fécon-\ndation. Les misères de 1870 se compensent par les dons intellectuels que le vainqueur\nnous apporta.\n\n  Voici M. Bernard Lazare :\n  Nietzsche, Stirner, Hegel et les grands philosophes encore, sont les éducateurs de bien\ndes âmes françaises. Cette fraternité spirituelle, cette parenté intellectuelle, rien ne\npourra l'empêcher de se manifester, ni les guerres voulues par les dirigeants, ni les\nquerelles des politiciens, car avec les différences essentielles qui constituent leur person-\nnalité, les deux nations, France et Allemagne, ont un fonds commun de sentiments et\nd'idées.\n\n  M. Laurent Tailhade va plus loin encore :\n   On ne peut, dit-il, songer sans quelque honte à l'intrusion des rancunes politiques et\nde la brute militaire dans ce que notre vieille rhétorique appelait avec grâce le sanctuaire\ndes arts.\n   La défaite de 1870 ne fut d'ailleurs que l'affirmation brutale de conquêtes antérieures\net d'une victoire autrement importante de la race germaine sur les peuples latins.\n   Depuis quatre-vingts ans, l'Allemagne s'est faite notre êducatrice. Les horreurs de\nl'Année terrible, non plus que, jadis, la boucherie impériale, n'ont brisé le lien intel-\nlectuel qui nous unit aux peuples d'outre-Rhin. Histoire, philosophie, musique, tous les\narts et toutes les sciences nous furent enseignés par le génie al Iemand, dont la sève robuste\ninfuse sa vigueur aux peuples vieillissants du conglomérat        français.\n\n  Dans son numéro du mois de septembre 1893, le même Mercure de\nFrance avait déjà publié des déclarations analogues de M. Camille\nMauclair :\n  Depuis quelques années, nous avons été pris entre trois colosses : Tolstoï, Wagner, Ibsen.\nEt malgré les cris, cela est inéluctable. Il faut que cela triomphe : nous en serons broyés\nou nous en serons vivifiés, selon la pureté des natures. Pour moi, j'irai vers le Nord avec\njoie. Ah ! certes, la Valkyrie de-ci, Pelléas et Mélisande de-là, faisaient crier à l'invasion\ngermanique le patriotisme salarié de nos ordinaires Pessard. Eh bien! oui, c'est bien\nptrouvé maintenant, nous nions l'esprit national. Tous nos pères spirituels, ceux que je\nviens de nommer, et Carlyle, et Hegel, et Fichte, et toute la musique, de Bach à Wagner,\nde Schumann à Borodine, tous sont étrangers : et Rossetti et Swinburne, et encore\nNietzsche et tous 1 Donnez-nous autre chose que Dumas, Vogué et Coppée — ou\nrenoncez-vous, et nous crierons vers le Septentrion, au moins pour « mourir en\n beauté ».\n\n    Ces citations suffisent à faire connaître l'état d'esprit d'une partie de la\n jeunesse française. Cet état d'esprit n'est rien moins que sain. Comme le dit\n M. Mauclair, cette jeunesse renie l'esprit national, ces jeunes écrivains\n français renoncent à penser et à écrire en vrais Français, ils « crient vers le\n Septentrion »!\n    Je ne m'occupe pas du côté patriotique de ce phénomène; le public\n  français jugera lui-même s'il convient de favoriser une littérature qui est\n"}, {"page_pdf": 191, "texte": "                                         — 168 —\n\n plus dangereuse pour la France que l'invasion allemande de 1870, car\n celle-ci laissait intacts les cœurs et les esprits, c'est-à-dire l'essence même\n de la France, ce qui fait que les Français sont les Français et non d'autres\n hommes, tandis que la littérature à la mode entame les cerveaux, altère la\n pensée française dans ses sources vivantes, 'corrode le génie national et\n y substitue les modes de penser et de sentir qui sont propres à des races\n étrangères.\n    Le « génie national » français a dans la civilisation une importance\n immense. Il est l'héritier naturel et vivant du génie grec et du génie latin,\n qui ont porté au plus haut degré de perfection les formes de l'art et de la\n raison. Les Français qui renient le génie national, renient cet héritage\nmagnifique ; ils renient aussi l'œuvre civilisatrice de la France qui a soudé\nle génie antique à la pensée catholique et qui a créé ainsi le monde\nmoderne.\n   Par ses qualités propres et par celles qu'il a reçues de l'antiquité grecque\net latine, l'esprit français exerce des fonctions merveilleuses que nul autre ne\npourrait exercer à sa place : c'est lui qui clarifie la pensée de tous les peuples,\nqui la met au point, et lui imprime un cachet définitif d'ordre, de goût,\nd'harmonie, de perfection. Le monde entier reconnaît cette royauté, le monde\nentier sait ce qu'il perdra si le génie national de la France s'affaiblit. Mais\nil semble que les jeunes écrivains français n'aient point conscience de leur\nmission. Au lieu de servir le génie français, ils le trahissent ; tous les jours\nils travaillent à l'affaiblir dans leur propre esprit et dans l'esprit de leurs\nlecteurs ; ils crient vers le Septentrion, ils appellent le génie des races\nétrangères et lui livrent celui de leur race. Ils ressemblent à la fille du roi\nGraalon qui de ses mains criminelles ouvrit les écluses qui protégeaient la\nville d'Is contre les flots de l'océan.\n   Parmi les correspondants du Mercure de France, deux seulement ont\naperçu le péril et l'ont signalé avec franchise : MM. Frans Erens et\nTéodor de Wyzewa. « L'art français en contact avec l'élément allemand,\ndit M. Erens, ne peut qu'y perdre, l'esprit des Gaules étant l'ennemi naturel\nde l'esprit germanique. Inimitié saine et salutaire, conservant intact le\nmode de sentir des deux peuples. »\n   M. T. de Wyzewa dit :\n    Non, je ne puis croire qu'il y ait aucun avantage pour la France à entretenir avec\n l'Allemagne des relations intellectuelles plus suivies. Je ne vois absolument pas ce que la\n France y gagnerait....\n    Et je vois très nettement, en revanche, combien de dommages a déjà causés à l'esprit\nfrançais l'influence allemande, depuis vingt ans qu'elle sévit librement, constamment,\n démesurément, sur lui. Elle a failli lui faire perdre les plus précieuses de ses vertus, son\n"}, {"page_pdf": 192, "texte": "                                        — 169 —\n\nbesoin d'ordre et de clarté, son instinct d'élégance discrète, et ce goût de la perfection de\nla forme qui de jour en jour s'en va faiblissant parmi nous. Non pas que je prétende nier\nl'originalité et la grandeur du génie germanique, tel surtout qu'il était jadis, avant\nl'Allemagne nouvelle subitement créée en 1870 par l'unification et la centralisation berli-\nnoise : mais je dis que ce génie est à l'opposé du génie français, qu'il saurait malaisé-\nment se concilier avec lui, et que, pour l'avoir admiré plus que de raison, nos artistes et\nnos écrivains se sont déjà trop détournés de la voie qui leur était naturelle. Il n'y a pas\njusqu'à mon glorieux maître Richard Wagner dont l'influence n'ait été détestable sur nos\nmusiciens. Nos peintres ont désappris la couleur : en Provence, en Corse, ils peignent\ngris, comme s'ils avaient dans les yeux les brouillards de Brème. Et pour ce qui est de la\nlangue française, voyez en quel charabia, tout embrumé et déteint, on est en train de\nnous la changer.\n\n  Au mois de juin 1893 (1) nous aussi nous jetions un cri d'alarme :\n   Si la tradition nationale est affaiblie, si l'esprit national est endormi, le contact de\nl'art étranger sera dangereux et pourra même devenir mortel. Au lieu d'enrichir la littéra-\nture nationale de sentiments nouveaux et d'idées nouvelles en les acclimatant, en les adap-\ntant au génie propre de la race, c'est celui-ci que l'on violente ; on lui impose des formes\nauxquelles il répugne en même temps que l'on brise les formes lentement élaborées par\nle travail vivant des siècles ; on infuse dans les cerveaux des sentiments qui en détruisent\nl'équilibre et la santé; on injecte dans les veines un sang qui empoisonnera tout l'orga-\nnisme ; en place de substances assimilables et fortifiantes, on jette dans les estomacs des\nmatières toxiques dont l'effet lent ou rapide sera infailliblement délétère.\n   Or, telle est aujourd'hui, en France, la situation. L'exotisme n'y est plus une curiosité\nnormale et fortifiante ; c'est une maladie qui ronge les forces propres des lettres fran-\nçaises. On ne se borne pas à prendre connaissance de l'art étranger et à en honorer les\nchefs-d'œuvre ; on se sert de l'art étranger et de bien autre chose, hélas ! que ses chefs-\nd'œuvre, pour attaquer ce qui fait la vie et la santé de l'art français. En cette occurrence, la\nlittérature française ne conquiert pas, elle est envahie. Voilà le danger. Nous l'avons\nsignalé à mainte reprise et nous estimons que ceux qui le signalent aujourd'hui en\nFrance accomplissent un devoir.\n\n  La consultation que vient de publier le Mercure de France justifie les\ncraintes que nous manifestions dès 1892 et 1893. La maladie s'aggrave. Nous\nne savons que trop que les diagnostics, les protestations et les indignations\nne guériront personne ; nous nous faisons peu d'illusion et nous n'espérons\npas convertir un seul des écrivains dont nous déplorons les tendances. Si\nnous publions quelques articles, c'est dans le but unique d'éclairer et\nd'encourager ceux d'entre nos lecteurs qui sentent d'instinct le péril et\nqui peuvent, peut-être, nous aider à y résister. Quant aux écrivains\ncontaminés, il ne reste qu'à les considérer comme incurablement perdus.\nAprès une ou deux générations vouées au néant artistique et littéraire, il en\n\n\n (1)Voir Jeune Belgique, juin 1893 : Pelléas et Mélisande à Paris, par Iwan Gilkin.\nDu même, l'Invasion des Barbares (Walt Whilman) dans la Jeune Belgique, juillet\n1892.\n"}, {"page_pdf": 193, "texte": "                                  — 170 —\n\nviendra d'autres qui renoueront les traditions interrompues, non pas selon\nla routine, comme nos adversaires essaient de nous en attribuer la pensée,\nmais selon la vie et les progrès naturels d'une saine évolution, car il n'est\nau pouvoir ni d'un homme ni de plusieurs groupes d'hommes, si nombreux\net si fous soient-ils, de détruire le génie national d'un peuple. Les jeunes\nFrançais auront beau se germaniser, ils ne seront jamais que des Germains\ninférieurs et ridicules, et s'ils cessent eux-mêmes de représenter leur race,\nils ne sauraient empêcher des générations nouvelles, plus vigoureuses et\nplus saines, d'incarner derechef l'âme française dans son harmonieuse\nperfection.\n                                                        IWAN GILKIN\n\n\n\n\n                          RÊVE BRISÉ\n                Des ennemis, se rencontrant, n'eussent pas adopté d'attitudes\n                 aussi froidement railleuses, de mots aussi poliment irrités, ni\n                 des sourires plus contraints, plus menteurs que ceux qui,\n                 pareils à ces effrayants masques japonais au rictus fixe et\n angoissé, s'étaient attachés au visage des amants durant cette soirée\n d'adieux... Soirée de lente agonie, soirée de mal, soirée de souffrance indi-\n cible, elle s'écoulait autour d'eux avec l'immuable sérénité et la noblesse\n calme des choses éternelles...\n    Dans le salon tranquille où tant de fois ils s'étaient aimés, assis côte à\n côte, ils parlaient bas, par phrases courtes et saccadées, cherchant, après\n avoir réalisé profondément et superbement, terrassés par l'Amour, la fusion\n complète de leurs personnalités, à retirer de ce mélange d'eux-mêmes ce qui\n revenait à chacun, en toute propriété, de sentiments, de qualités, de sensa-\n tions et de défauts... Lutte bizarre, lutte inutile, lutte expliquant bien la\n haine qui, parfois chez les natures vulgaires, succède à l'amour! Car, à\njamais et, quoi qu'on fasse, l'un garde en lui des lambeaux de l'âme de\n l'autre, lambeaux dont il est le maître, dont il peut jouer à son gré comme\n d'un instrument, sachant à l'avance quelle est la note dont la résonnance\n fera frissonner la pauvre âme pantelante qui se défend, proteste, se révolte,\n se tend en un effort suprême pour reprendre ce qu'elle a laissé d'elle-même\n et puis... succombe, devant l'évidence de son irrémédiable infirmité. Cette\n possession, par autrui, d'une portion de soi-même, la meilleure, toujours,\n les médiocres ne la pardonnent pas; les autres, les grands, la bénissent\n"}, {"page_pdf": 194, "texte": "                                —   171   —\n\n\nparce qu'elle leur impose la Souffrance dans toute l'intensité de sa plus\nhaute influence !\n   Dans le salon tranquille, assis côte à côte, les amants parlaient bas, par\nphrases courtes et saccadées. Souvent, ils s'étaient querellés, souvent la\nrupture avait semblé imminente entre ces deux êtres aux affinités si étran-\ngement pareilles, aux natures fières trop identiques, mais alors, chacun de\nson côté, secrètement, voyait approcher l'explication avec une sourde et\npuissante joie, sûr qu'à un moment donné l'appui du regard, le contact\nd'une main, feraient s'écrouler, comme sous le tourbillon d'un cyclone\ns'écroule un navire, les rancunes accumulées; sûr aussi que le baiser, leur\nbeau baiser pur et grave, les souderait de nouveau l'un à l'autre, plus fort\nencore, plus définitivement.\n   Aujourd'hui, rien de tout cela. Pourtant la dernière entrevue avait été\nbonne et tendre, puis, séparés par les circonstances, ils ne s'étaient pas vus\npendant une longue période et c'est en cet intervalle que quelque chose...\nquelque chose de mystérieux, de redoutable parce que c'était et que cela\nresterait toujours inexpliqué, avait surgi : quelque chose d'insaisissable,\nrien qu'on puisse définir, rien, rien.\n   Lorsque chacun de son côté revivait cette période pendant laquelle il\nétait resté éloigné de la présence aimée, il constatait que, sans cause, sans\nraison apparente, ainsi qu'au milieu de cierges brûlant toujours, l'un d'eux\ns'éteint parfois laissant tramer derrière lui la fumée âpre et forte d'une\nflamme qui meurt, suivie de l'affaissement de la cire molle en une tache\nindélébile, l'Amour s'était éteint en eux, laissant un vide à leurs âmes et y\nimprimant le stigmate de la douleur.\n   Mais comment? Par quelle féroce loi inconnue? Pourquoi, surtout pour-\nquoi?\n   Tous deux avaient bien des griefs à formuler : oubli, défiance, doutes,\njalousies, négligences, toutes causes de discorde souveraines pour les\npetits esprits, sans plus d'importance que les nuées inutiles entourant un\nsommet de montagne, aux cœurs violés par l'Amour vrai. Et leurs cœurs\navaient été violés, avec gloire, avec magnificence! Aussi, ce soir, articu-\nlaient-ils ces griefs, parce qu'il en fallait, tout de suite, pour s'expliquer\nleur attitude changée, mais ils les articulaient sans y croire, sachant bien,\nau fond, que ces choses jamais ne les eussent séparés et qu'il y avait plus,\nqu'il y avait la Fatalité, qu'il y avait le Mystère...\n   Et devant cette manifestation de l'Invisible, de cet Invisible qui nous\n entoure, nous guide, nous domine et nous brise, ils restaient frappés, épou-\n vantés de leur impuissance à comprendre...\n"}, {"page_pdf": 195, "texte": "                                   — 172 —\n\n   La tête appuyée au dossier du canapé, les traits figés en une expression\nd'indifférence voulue, les yeux dans le vague et studieusement écartés du\nvisage voisin, le jeune homme disait ses rancunes, d'un ton irrité, parfaite-\nment maître de sa voix, de ses gestes., de ses mots, qui étaient secs et nets,\nde sa volonté qui était absolue. Seulement, au coin de ses lèvres, un pli\nse creusait et sous l'arcade des sourcils involontairement froncés les yeux,\nautrefois resplendissants de tendresse lumineuse, n'avaient plus de regard,\nn'avaient plus d'âme, n'avaient plus de vie.\n   Elle, orgueilleuse et impassible, tout à fait calme, lui répondait, admet-\ntait comme une chose naturelle la nécessité de la séparation, discutant la\nvéracité de certains faits, sans oser toutefois prolonger ses phrases parce que\nsa voix, qui ne tremblait pas cependant, sa voix manquait. Elle la sentait\nretomber dans la gorge et, d'un effort violent, la rappelait, forçait à prononcer\ndes paroles qui sortaient alors, par saccades, avec le son monotone et voilé\nd'une mécanique.\n   Vivement, pour se sauver, elle se rejeta sur l'ironie ; il répondit, prompt\nà la riposte. Durant deux heures, sourires aigus, formes correctes de gens\ndu monde, conversation effleurant, d'un ton leste, des sujets étrangers au\ndrame présent... ce fut un duel mordant; ce fut un duel cruel. Aucun\nd'eux, pourtant, n'eût voulu être ailleurs que là, ni ressentir d'autres sen­\ntiments que cette volupté suprême et atroce d'être ainsi martyrisés l'un\npar l'autre...\n    Puis, une accalmie, un silence...\n    Dans le salon tranquille où tant de fois ils s'étaient aimés, ils restèrent\nmuets, écrasés de souffrance, avec une même expression sur leurs traits,\nimmobilisés comme par un vernis fixateur, l'expression que doit avoir un\n condamné qu'on exécute seul dans la cour de la prison, sans que la présence\n d'une foule environnante vienne le stimuler à une allure hautaine : une\n expression d'horreur devant l'inéluctable, une expression résignée, en même\n temps que pleine d'une désespérance si pesante, si complète que l'âme\n semble avoir déjà quitté son enveloppe, tant celle-ci n'est plus qu'une\n machine inconsciente, inerte.\n    La lampe, voilée de soie rose, remplissait la chambre de chauds reflets\nqui s'accrochaient çà et là dans les coins, aux murs drapés d'étoffes, aux\nporcelaines, aux rebords vernissés des meubles, aux vieux cadres dorés;\ntrès subtil, très doux, un arome, dégagé par quelques touffes d'œillets\n fanés, flottait et un recueillement, pareil à celui qui précède une fête\n unique et joyeuse, planait dans ce salon tranquille, où tant de fois ils\n s'étaient aimés.\n"}, {"page_pdf": 196, "texte": "                                  -   173    -\n\n    Elle le regarda, tout à coup, tandis que lui, silencieux, l'œil absent, la\nbouche fortement comprimée, restait affaissé, perdu en une rêverie doulou-\nreuse : elle le regarda. Sa tête s'inclinait un peu en avant comme si le poids\nde la pensée eut été très lourd et il y avait une si grande lassitude, une\ntelle fatigue triste dans la ligne abandonnée de son corps, qu'un moment,\nune seconde, la durée d'un éclair, elle faillit, emportée par une irrésistible\nmontée de tendresse émue, lui crier : « Viens! Viens! Je t'aime! » Elle\nfaillit s'élancer vers lui, elle faillit prendre comme autrefois sa tête adorée\nentre ses deux mains, la serrer, la baiser, la garder pressée, incrustée sur sa\npoitrine, la blottir contre elle ainsi qu'une mère blottit dans son étreinte la\ntête d'un enfant malade. Mais il ne sentit pas sa tendresse, il ne sentit pas\nson émotion et, devant ce visage qui restait lointain, amer, irrité, elle\nrefoula tout de suite, douloureusement, le flot débordant. Elle eut la sensa-\ntion de vertige qu'éprouverait un nageur soudainement entraîné dans un\ntourbillon de vagues qui s'entre-çhoqueraient sur lui, le secoueraient, le\nrouleraient, le broieraient, puis, le rejetteraient sur la plage, si couvert de\nmeurtrissures qu'il y resterait étendu sans mouvement, se demandant seu-\nlement si c'était cela, la mort...\n    Comme le silence durait entre eux, elle permit à sa pensée, trop tendue\npar la minute actuelle, de s'en aller vers le Passé...\n    Et ce fut le glorieux enchantement d'une nuit printanière, descendue de\nchez Dieu pour envelopper leur amour triomphant ; des étoiles dans l'éther,\ndu rayonnement dans leurs cœurs; la solennité d'un bois, la marche lente\nsous les arbres et la cadence que l'harmonie des âmes imprimait, comme\nun sceau de sa réalisation, à leurs pas mêlés, à l'union de leurs mains enla-\ncées...\n    Et ce fut un voyage en chemin de fer, la course d'un train qui les empor-\ntait à travers des paysages de rêve, apparus, disparus. Il l'avait prise sur\nses genoux. Leurs têtes rapprochées s'inclinaient ensemble vers la fenêtre,\nd'où ils avaient contemplé, en une sereine et profonde paix, la fuite des bois,\n des prairies, des plaines, des coteaux. Maisonnettes aux toits de brique,\n aux cheminées laissant échapper d'orgueilleuses colonnes de fumées, surgis-\n saient une seconde et disparaissaient, dévorées par l'espace; puis, le scin-\n tillement d'une rivière ondulant avec des replis de serpent sous des peu-\n pliers ; une silhouette de paysan, péniblement courbé dans la fauve lumière\n des épis; une toute petite station, isolée sur la route, ainsi qu'une sentinelle\n en temps de guerre; l'apparition subite d'un moulin, dont les grands bras\n décharnés, profilés sur l'horizon clair, semblaient clamer désespérément\n une prière inutile vers un ciel impassible, ils avaient regardé ce spectacle\n"}, {"page_pdf": 197, "texte": "                                 — 174 —\n\nqui évoluait, changeait, tournait, courait, ainsi que les anges doivent\nregarder la terre, de haut, de loin, avec indulgence et attendrissement, en\nsouriant à leurs âmes, dans la plénitude assurée de leur bonheur...\n   Et ce fut encore un retour chez eux par une brumeuse soirée d'octobre,\ntard, bien tard dans la nuit, alors que la ville dormait. Leurs pas réson-\nnaient au loin, emplissant la rue d'une sonorité unique et prolongée et\nleurs ombres, réunies en une seule, les précédaient à distance, prenant\nd'étranges allures tremblantes sous l'éclairage oscillant des réverbères...\nIls allaient, absorbés, le long des maisons closes, laissant instinctivement\nl'alliance entre leurs sentiments et l'émotion puissante qui arrivait du\ndehors, s'établir d'elle-même. Le brouillard les enveloppait d'une douceur\nde velours et en eux, grands artistes en ce moment parce qu'ils aimaient,\naussitôt l'harmonie s'était imposée dominatrice, péremptoire, divine. Dans\nla manche de sa pelisse, il retenait serrée contre lui la main de sa com-\npagne, et tous deux, plus étroitement liés par leur communion avec l'inti-\nmité de la nuit, avaient senti surgir pour la première fois la possibilité de\nla durée dans l'amour...\n   Un mouvement qu'il fit en reculant le fauteuil tout à coup voila ces\nvisions, tout à coup reporta la jeune femme au moment présent : la\nchambre rose, les fleurs mourantes, l'adieu... l'agonisant adieu! Frisson-\nnante, elle attendit qu'il parlât.\n   — « Excusez-moi, dit-il en se levant, il est temps que je parte. »\n   Pensant comme toujours la même chose au même instant, ils se regar-\ndèrent une seconde, avec anxiété, avec incertitude... Mais non, ce soir, leur\nbaiser de réconciliation, leur baiser d'autrefois, leur beau baiser pur et\ngrave était impossible, aussi éloigné d'eux que s'ils en avaient enterré\nensemble la petite âme tendre dans un désert sur lequel une trombe de sable\naurait passé en effaçant la place... Quelque chose de mystérieux, de redou-\ntable parce que c'était et que cela resterait toujours inexpliqué les avait\nséparés, les séparait dans l'avenir, irrévocablement. Et devant cette con-\nviction, devant l'obligation incompréhensible mais absolue de se courber\nau geste de la Destinée, toute l'ironie, toute l'indifférence, tous les faux\nsourires qu'avaient arboré leurs visages durant cette soirée de mal dispa-\nrurent, faisant place dans leurs yeux à une tristesse sans limites...\n   Ils se regardèrent, désolés.\n   Silencieusement, il alla vers la porte, il prit son paletot...\n   Jadis, quand il partait, amoureuse et souriante, elle le lui fermait bien\nhaut, jusqu'au dernier bouton, pour qu'il n'eût pas froid, tandis que, penché\nvers elle, il laissait la reconnaissance de son âme imprégnée de caresses,\ns'épandre en longs regards chargés de rayons.\n"}, {"page_pdf": 198, "texte": "                                 -   175   -\n\n   Ce souvenir les rapprocha. De nouveau, les regards détournés, ils pen-\nsèrent ensemble pendant que, debout près de la porte, il mettait le vêtement\ntout seul et qu'elle restait à deux pas de distance, les bras retombés après\nles avoir machinalement levés pour accomplir la douce besogne familière.\n   — Adieu, dit-il alors en détournant la tête, la gorge sèche, d'une voix\nqui ne ressemblait pas à la sienne.\n   — Adieu.\n                                                       J. DE TALLENAY\n\n\n\n\n   LE BUDGET DES BEAUX-ARTS\n               Le budget des beaux-arts provoquera cette année, nous dit-on,\n                des discours intéressants. Tant mieux !\n                   Nous profitons de l'occasion pour rappeler en peu de mots\n                les idées que nous n'avons cessé de professer.\n   Occupons-nous seulement de la littérature. En principe, la Jeune\nBelgique est hostile à l'intervention directe de l'État. Chaque fois que\nl'occasion s'est présentée, elle a préconisé l'abolition des prix et des con-\ncours officiels, qu'elle croit plus nuisibles qu'utiles au développement de\nl'art littéraire.\n   La littérature doit être libre ; les plus beaux talents, surtout dans leur\njeunesse, sont volontiers frondeurs et rebelles à mille choses que l'Etat\nvénère professionnellement. Trop de conservatisme d'une part, peut-être,\net trop de révolte d'autre part ; peu importe ! Ce qu'il faut constater, c'est\nle conflit, qui expose l'État à patronner de préférence des sénilités médiocres\net les écrivains à confondre leurs intérêts avec une vague anarchie. Ne\nmettons point Pégase sous le joug ; n'imposons point à la littérature un\npalmarès officiel. L'État constitutionnel, machine impersonnelle et aveugle,\nne pourra jamais jouer le même rôle qu'un prince éclairé et ami des\nlettres.\n   Mais n'exagérons rien non plus. Il est certain que les récompenses offi-\ncielles, si elles prêtent souvent aux critiques et parfois au ridicule, ne sont\npoint d'effroyables monstres capables de broyer la littérature belge dans\nleurs mâchoires Nous avons brisé leur force avec l'autorité qu'on leur attri-\nbuait et elles sont aujourd'hui presque inoffensives. Elles étaient jadis dan-\n gereuses, elles ne sont plus guère qu'inutiles. Félicitons-nous-en et si l'État\n"}, {"page_pdf": 199, "texte": "                                   — 176 —\n\ntient absolument à les conserver, gardons notre bile pour des sujets plus\nsérieux.\n    L'Etat pourrait rendre un très grand service aux écrivains belges s'il\nvoulait bien favoriser la consommation de nos livres par des moyens qu'il\nlui est facile de mettre en œuvre. Voici ce que nous écrivions en 1891\n(Jeune Belgique, t. X, 1891, p. 358): « Pour la littérature, aidez-la à con-\n    quérir le grand public français, puisque c'est en français que nous écri-\n    vons. Supprimez les prix et les récompenses et avec cet argent-là subsi-\n    diez une librairie à Paris, une LIBRAIRIE BELGE, grandement établie,\n « qui vendra exclusivement les livres — tous les livres, quels qu'ils soient\n « — édités en Belgique. Quinze ou vingt mille francs par an feraient\n « l'affaire et grâce à ce secours qui n'humiliera personne, car ce n'est pas\n « l'artiste que vous protégerez, mais son art même, — vous aiderez effica-\n    cement la littérature belge à conquérir sa place au soleil.\n    « Et que s'il y a des écrivains vraiment nécessiteux, subsidiez-les en\n « secret, comme on fait pour tant d'autres gens. Cela ne nous regarde pas,\n « cela ne regarde personne ; l'État a le droit, s'il lui convient, d'être\n « charitable même envers un poète ou un prosateur. »\n    Nos opinions n'ont point changé.\n    Il y a autre chose encore. L'État dispose d'un certain nombre de fonc-\ntions et de places, où la besogne à faire n'est pas très considérable, mais\ndont les titulaires doivent être des hommes possédant une certaine instruc-\ntion et une certaine éducation ; tels sont, par exemple, les fonctionnaires\nattachés aux musées, à la bibliothèque royale et à diverses institutions ana-\nlogues ; tels sont encore certains fonctionnaires de l'ordre administratif. Que\n l'État, s'il veut accorder une petite rente et quelques loisirs à des écrivains\n peu fortunés, leur confère ces fonctions : il méritera leur gratitude et\n l'approbation du public.\n    Et, pour le reste, nous nous en tenons à notre programme : Pas d'inter-\n vention de l'État ! Pas de protectionnisme littéraire !\n\n                                                 LA JEUNE BELGIQUE\n"}, {"page_pdf": 200, "texte": "                — 177 —\n\n\n\n\nODELETTES PAÏENNES\n                     I\n\n                A REINE\n\n     Je sais que nous devons mourir;\nJe sais que la vie est un vain désir;\n     Je sais que l'homme n'a qu'une heure\nEt qu'il faut aussi que la terre meure;\n     Je sais que le brûlant soleil\nIra, dépouillé de son feu vermeil,\n     Sombre et morne globe de glace,\nSe briser sur un astre dans l'espace;\n     Je sais que tous les millions\nD'étoiles et de constellations\n     Qui tombent dans la nuit profonde,\nRoulent sans répit vers la fin du monde\n     Et qu'en l'horrible immensité\nSeule régnera l'immobilité,\n     Mort suprême de la nature.\nQu'importe, ô mon cœur? La brise murmure.\n     Parmi les rosiers éclatants\nLes jeunes baisers chantent le printemps\n     Et les lys d'eau sur la rivière\nParfument d'amour l'onde et la lumière.\n     Reine, que le frêle bateau\nBerce notre rêve en glissant sur l'eau !\n     Le feuillage indécis des saules\nEffleure parfois tes blanches épaules,\n      Où parfois comme un diamant\nUne goutte d'eau roule indolemment\n     Quand j'ai mal relevé la rame.\nQu'un plaisir léger suffise à notre âme!\n     Il est doux, l'instant, de bonheur\n Qui cueille, en passant, une fraîche fleur !\n"}, {"page_pdf": 201, "texte": "                 — 178 —\n\n\n\n\n                      II\n\n\n         A ALBERT CHAPAUX\n\nLes cieux bienveillants, dans leur munificence,\nAlbert, font comblé de leurs dons les plus doux.\nLa fière beauté de ton adolescence\n             Fit mille jaloux.\n\nParmi les soldats si ta rose jeunesse\nConnut les jeux fous du vin et des amours,\nTu n'imitas point ceux de qui la paresse\n             Dévore les jours.\n\nTes loisirs lettrés ont célébré la gloire\nDun roi pacifique et pourtant     conquérant\nEt notre petit pays qui dans l'histoire\n              Bientôt sera grand.\n\nTon livre décrit les guerres dangereuses\nAu continent noir arrachant ses secrets,\nLes nègres fuyant sur leurs pirogues creuses\n             Et dans leurs forêts,\n\nL'éléphant traqué dans les herbes immenses,\nLe tambour de guerre éclatant dans la nuit\nEt le vin de palme, et les cris et les danses\n              Qu'un massacre suit.\n\nMaint jeune héros te doit sa jeune gloire.\nNos adolescents en lisant leurs combats\nBrûleront comme eux de forcer la victoire\n             Au seuil du trépas.\n\nEt le noble effort d'un prince magnanime\nReçoit de ta main le laurier mérité\nQue lui réservait dans l'avenir sublime\n             La postérité.\n"}, {"page_pdf": 202, "texte": "                      — 179 —\n\n\n                         III\n\n                A VALÈRE GILLE\n\n           Que faire ? Le nombre des fous\n           Est infini, dit l'Évangile.\n           Ah, malheur! Misère de nous,\n                    Valère Gille !\n\n           Prose hystérique et vers déments,\n           Discours gâteux et chaotiques,\n           J'entends partout des hurlements\n                  D'épileptiques.\n\n           Viens, ami, fuyons leurs sabbats !\n           Laissons les fous à leur marotte\n           Et n'imitons point les combats\n                  De don Quichotte.\n\n           Sous la treille, au fond du jardin\n           Que parfument des fleurs vermeilles,\n           Fais apporter dès le matin\n                  Quelques bouteilles.\n\n           Cueillons, pour fêter la beauté,\n           La fraîcheur divine des roses\n           Et buvons à notre santé,\n                  Loin des névroses.\n\n\n                          IV\n\n                    A MARTHE\nBlonde enfant, qui retiens le ciel dans ta prunelle,\nÉcoute : mon ami, le jeune et fier soldat,\nBrûle pour tes grands yeux. Ne lui sois point cruelle.\nIl est beau. Son front clair brille d'un noble éclat.\n\nSon sourcil, l'on dirait l'aile d'une hirondelle.\nSa lèvre a la fraîcheur et le duvet d'un fruit\nEt son rire bondit comme la cascatelle\nQui parmi les cailloux jase, écume et s'enfuit.\n"}, {"page_pdf": 203, "texte": "                      — 180 —\n\nProfite du présent; cueille le jour et l'heure,\nPuisque voici les fleurs et les fruits parfumés!\nDemain le froid hiver glacera ta demeure;\nLa neige blanchira tes cheveux bien-aimés.\n\nLa toux au coin de l'âtre et les rides moroses\nSuccéderont, hélas! aux baisers amoureux\nEt l'hirondelle agile ira sous d'autres cieux\nChercher d'autres printemps parfumés d'autres roses.\n\n\n                         V\n\n              A ANDRÉ RUYTERS\n\nMéfiez-vous, André, des chantres des brouillards\n          Et de leurs pipeaux      nasillards.\nLe flasque bégaiement de leur esprit malade\n          N'est que bouillie et marmelade ;\nLeur musique liquide amollit le cerveau\n         Et le souille comme un caveau\nQu'inonde de sa bourbe un ruisseau qui déborde.\n          Loin de nous la gluante horde\nDes limaces traînant dans leur bave d'argent !\n         L'esprit agile et diligent\nComme un dieu rayonnant marche dans la lumière.\n         Lui-même à la nature entière\nIl prête des trésors de grâce et de splendeur.\n          Aux feux de sa divine ardeur\nIl voit le trait précis, il voit la claire image\n         Et par son merveilleux langage\nIl incarne à jamais en vers harmonieux\n         La beauté qui ravit ses yeux.\n\n\n                        VI\n\n             A UNE J E U N E F I L L E\n         Vous allez, ô jeune inconnue,\nRégner sur un cœur tout plein de mon cœur.\n         Venez! Soyez la bienvenue !\nL'amitié sourit à l'amour vainqueur.\n"}, {"page_pdf": 204, "texte": "                       — I8I —\n\n           Le printemps caresse la feuille,\n  Le bouton naissant, puis la jeune fleur,\n           Afin qu'une vierge la cueille\n  Et respire, un jour, sa divine odeur ;\n\n           Ainsi les amitiés fidèles\n  Font plus doux encor les cœurs les plus doux\n        Pour le bonheur sacré de celles\n  Qui sauront choisir les meilleurs époux.\n\n\n\n\n                          VII\n\n               A ERNEST VERLANT\n\nPour vivre l'homme doit lutter contre les choses.\nSatisfait un moment, s'il fait trêve au combat\n            Sur lui l'ennui s'abat\n        Comme un vol de corbeaux moroses.\n\nL'un cherche un compagnon paur bâiller avec lui;\nL'autre quitte la ville et court à la campagne,\n            Mais l'ennui l'accompagne,\n       Il rentre en ville avec l'ennui.\n\nHeureux qui sait penser ! Si l'imbécile est vide,\nUn grand esprit, Verlant, porte le monde en soi\n           Et, mendiant ou roi,\n      Il possède un trésor splendide.\n\nSa cervelle puissante est le rare athanor\nOù du moindre métal ce savant alchimiste\n            Comme Hermès Trismégiste\n       Tire la quintessence d'or.\n\nTout se change en pensée au feu de ses prunelles.\nLa vie et ses douleurs n'offensent plus ses yeux\n           Que la beauté des dieux\n    Remplit des clartés éternelles.\n"}, {"page_pdf": 205, "texte": "                 — 182 —\n\n\n\n                   VIII\n\n               A ROBERT\nL homme grossier souille l'ivresse\nPar des querelles et des luttes,\n    Sans comprendre là tendresse\n    Des violons et des flûtes.\nJetant verre et bouteille au lustre,\nSa fureur croît comme on l'esquive;\n     Ce n'est pas la faute au rustre\n     S'il n'a tué nul convive.\nL'homme bien né jamais n'oublie\nQue Bacchus, nu, libre et sublime\n    Reste dieu dans la folie,\n    Où l'offenser est un crime.\nMêlons au sang clair de la vigne\nLes baisers, les chants et le rire\n    Et que mon Robert désigne\n    Celle qu'il faut qu'on admire.\nTu ne veux pas? Quel air sévère'.\nNe fais point le Caton, jeune homme!\n    Je ne viderai mon verre\n     Que si ta bouche la nomme.\nJe suis discret. Ouvre ton âme!\nTon âme fraîche et vigoureuse\n    Ne peut brûler d'une flamme\n    Inavouable et honteuse.\nElle? Ah! malheureux! Dans quels gouffres\nTe précipite un sort atroce !\n    Je sais trop ce que tu souffres\n     Sous cette griffe féroce!\nJe la connais, cette tigresse,\nSa chaude haleine et sa morsure!\n    Que Dieu t'aide en ta détresse\n    Et guérisse ta blessure!\n"}, {"page_pdf": 206, "texte": "                      — 183 —\n\n\n\n                          IX\n\n               A ALBERT GIRAUD\n\nQue l'amour calme et doux soit notre unique maître!\nLe courroux, même juste, engendre mille maux\nEt nous n'évoquerons que des dieux infernaux\nSi la haine à l'autel brûle l'âme du prêtre.\n\nAux visages amers, par les larmes rongés,\nD'un sourire amical enseignons le sourire.\nAlbert, nier le mal c'est souvent le détruire,\nPuisque l'illusion règne en nos cœurs légers.\n\nAh! nul n'est plus méchant que le hargneux prophète\nQui marche tout gonflé de forfaits à punir\nEt qui, l'œil soupçonneux, s'exerce à découvrir\nLes plus sombres horreurs dans la plus douce fête!\n\nDes souffrances d'autrui chimérique inventeur\nIl fait naître en nos cœurs tous les maux qu'il dénonce;\nIl écrase les fleurs pour mieux montrer la ronce\nEt le réformateur devient un malfaiteur.\n\nIl faut boire, il faut rire, il faut bénir la vie,\nLa nouvelle jeunesse et le nouveau printemps ! '\nLe soleil monte encor dans les cieux éclatants\nEt l'amour chante au cœur de la vierge ravie.\n\n                                            IWAN GILKIN\n"}, {"page_pdf": 207, "texte": "                                          — 184 —\n\n\n\n\n           M. Mirbeau et la Jeune Belgique.\n               Depuis que nous avons commencé la campagne que l'on sait,\n                 nombre de gens se répandent en lamentations variées qui sur\n                 mon esprit tyrannique, qui sur mes manigances réaction-\n                 naires, qui sur mes pauvres idées retardataires, qui sur tous\nles méchants sentiments qui fermentent dans mon âme. Que Dieu bénisse\nces bonnes gens ! Pour l'instant je ne disputerai pas avec eux, mais je les\nprie de lire l'article que M. Octave Mirbeau vient de publier dans le Journal\nsous ce titre : Des lys! des lys!\n   M. Mirbeau a droit à la reconnaissance de toute notre jeune littérature\npour avoir répandu dans le monde entier la renommée de M. Maurice Mae-\nterlinck et révélé l'existence des lettres belges. On ne saurait accuser\nM. Mirbeau de vouloir tyranniser nos marmots d'encre, ni de livrer la Jeune\nBelgique aux larves du temps passé, ni de nourrir des sentiments de jalousie\nà l'égard de nos écrivains et de nos esthètes. Or, il se fait que dans son\narticle M. Mirbeau décrit la maladie que je ne cesse de signaler et de com-\nbattre, à la grande fureur des malades. Je laisse la parole à M. Mirbeau.\nVoici le morceau principal de son article, auquel il a donné la forme\nanimée et saisissante d'un petit conte. On appliquera aisément aux écri-\nvains ce qu'il dit des peintres :\n\n   Tout à coup, Kariste me dit :\n   — Je te dégoûte, hein?... T u me crois un fou, comme les autres?...\n   Et comme je me disposais à protester, mon aminé m'en laissa pas le temps et il conti-\nnua, faisant, lui-même, la réponse à sa question :\n   — Si... si... je te dégoûte!... ne mens pas... Je te dégoûte... Et moi aussi, je me\ndégoûte, va!...\n   Puis, d'une voix fiévreuse, il débita :\n   — Vois-tu, en art, il n'y a qu'une chose belle et grande : la santé !... Moi, je suis un\nmalade, et ma maladie est terrible, parce que, maintenant, je suis trop vieux pour m'en\nguérir. C'est l'ignorance !... Oui, je ne sais pas un mot de mon métier, et jamais, jamais\nje n'en saurai un mot ! Je ne suis pas un fou, comme tu pourrais croire. Je suis un impuis-\nsant, ce qui est bien différent. Ou, si tu aimes mieux, un raté, ce qui est pire. Sais-tu pour-\nquoi je me bats les flancs et me torture l'esprit pour trouver un tas de choses compli-\nquées, ce qu'ils appellent, les autres, des sensations rares et des intelleclualités\nsupérieures, et ce qui n'est que de l'enfantillage et du mensonge? Sais-tu pourquoi? C'est\nparce que je suis incapable de rendre le simple!... Parce que je ne sais pas dessiner, et\nparce que je ne sais pas ce que c'est qu'une valeur!.,. Alors, je remplace ça par des fiori-\ntures, des arabesques, par un tas de perversions de forme qui ne donnent de l'illusion\nqu'aux imbéciles. Et comme je ne peux pas mettre un bonhomme debout sur ses jambes,\n"}, {"page_pdf": 208, "texte": "                                       — 185 —\n\njele mets debout sur sa tête, comprends-tu?... On dit : « C'est épatant! » E h ! bien, non,\nce n'est pas épatant... Je suis un cochon, voilà tout!.,. Va donc voir si les Terburg, les\n Metzu, les Hals, les Rembrandt ont cherché à peindre la douleur des étoiles, par\nexemple?... Ils ont peint des hommes et des femmes, tout bêtement!... Et ça y est!... Et\nle père Corot?... Est-ce qu'il a voulu peindre des arbres, la racine en l'air, et des sara-\nbandes d'astres en ribote?... Non!... Et ça y est!... Ah! qu'ils m'ont fait du mal, ces\nesthètes de malheur, quand ils prêchaient de leur voix fleurie l'horreur de la nature et de\nla vie, l'inutilité du dessin, le retour de l'art aux conceptions des Papous, aux formes\nembryonnaires, à l'existence larveusel... Car ça n'est pas autre chose, leur idéal, dont ils\nont empoisonné toute une génération.'... C'est l'exaspération du laid et le dessous du\nrien !... Ah ! leurs princesses, avec des corps en échalas et des visages pareils à des fleurs\nvénéneuses, qui passent sur des escaliers de nuages, sur des terrasses de lunes malades,\nen robes de tôle galvanisée !... Ah! leurs amantes, émaciées, et longues comme des gaules\nà pêche, leurs amantes qui marchent sans jambes, qui regardent sans yeux, qui parlent\nsans bouche, qui aiment sans sexe, et qui, sous des feuillages découpés à la mécanique,\ndressent des mains plates, cassées au poignet, par la même éternelle flexion!... Je n'ai\njamais cru à cet art pauvre, à celte basse et facile mysticité, et pourtant, peu à peu, je\nme suis, sans le savoir, laissé prendre par toutes ces théories empoisonnées qui corrodent\nl'air spirituel que nous respirons, nous autres jeunes gens, avides de nouveauté, facilement\nportés à croire que le beau, c'est le bizarre... Au lieu de travailler méthodiquement, d'ap-\nprendre à dessiner un beau mouvement de nature, une belle forme de vie, de chercher\nle simple et le grand, j'ai fini par penser que le heurté, le déformé, c'était tout l'art!...\nEt voilà où j'en suis aujourd'hui!... Je suis fichu!...\n\n\n   Un mot encore. On m'a reproché de vouloir convertir les autres au lieu\nde me contenter d'écrire dans un coin à ma guise. Quand mes amis et moi\nnous avons créé la Jeune Belgique et inauguré dans notre pays un mouve-\nment littéraire sans précédent, nous n'avions pas pour unique but d'offrir\naux lecteurs belges nos vers et notre prose : nous fondions quelque chose,\n— nous fondions la jeune littérature belge, — et voilà pourquoi notre solli-\ncitude s'étend à autre chose qu'à nos propres ouvrages. Or nos esthètes\n— absolument comme les esthètes de M. Mirbeau — ont détourné les\njeunes gens d'apprendre leur métier; ils les ont éloignés de la raison\nde la beauté et de la santé pour les conduire à la démence, à la défor-\nmation et à la maladie. Qu'un jeune homme fasse mille extrava-\ngances tout en apprenant son métier, il n'y a pas grand mal, au con-\ntraire. Mais qu'il les fasse, ces extravagances, sans étudier son art, sans se\nrendre maître peu à peu de tous les procédés, sans apprendre à vaincre une\nà une toutes les difficultés, en mettant sa propre sottise ou les sottises des\nesthètes au-dessus du savoir des maîtres et de la science accumulée par les\ntravaux de plusieurs générations d'artistes ; qu'il proclame la souveraineté\nde son ignorance et nie l'apprentissage qui seul conduit à la maîtrise, voilà\nle mal. Et si un jour il en a conscience et veut se guérir, il est trop tard.\n   Voilà ce que depuis plusieurs années je ne cesse de dire à mes jeunes\n"}, {"page_pdf": 209, "texte": "                                   — 186 —\n\ncompatriotes. Les esthètes et les artistes dévoyés m'accusent de mille noir-\nceurs; c'est plus facile que de discuter mes raisons. Quelle sera leur atti-\ntude en présence du saisissant réquisitoire de M. Mirbeau?\n                                                                      I. G.\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  Mes Communions, par GEORGES EEKHOUD. Bruxelles, Kistemaeckers. — Ames de\neouleur, par HENRY MAUBEL. Bruxelles, Deman. — La Musique et les lettres, par STÉ-\nPHANE MALLARMÉ. Paris, Perrin.\n\n                                         I\n\n              Un trait particularise l'œuvre de M. Georges Eekhoud, qu'il\n               semblera presque fastidieux d'énoncer encore : l'amour violent\n               et maladif du terroir, de cet exclusif district campinois, de ce\n               peuple dont l'âme immémoriale résiste à la civilisation\nurbaine; et qui, revêche à l'incongrue sagesse du citadin éclairé comme à\nl'évangile d'envie des médiocrités réformatrices, et farouche, sauvegarde\nla robustesse séculaire de ses croyances, la rogue, si l'on veut, mais saine\nénergie de ses mœurs.\n   Après mainte dévotieuse et intense illustration des êtres et des paysages,\nde plus en plus incisifs et obsédants, qui possédaient sa mémoire, après ces\nsuggestives images douloureuses des Kermesses, des Milices de Saint\nFrançois, des Fusillés de Malines, par une progressive expansion, le\ntravail, aussi, de l'exil, de souvenirs, plus nostalgiques chaque jour, et\nprestigieux, la restreinte terre natale de l'écrivain ouvrit ses jalouses fron-\ntières, annexa et naturalisa les mille créatures éparses et vagabondes au\nfront desquelles le signe brillait, familier et néfaste, qui les faisait ses com-\npatriotes d'espoir et de rancœur.\n   Le doux et hargneux canton flamand s'élargit en une mouvante et diverse\npatrie, dont les sauvages enfants, humbles mais indisciplinables, errent,\nsans gîte cadastré ni stable résidence, dans l'indifférente capitale, sur les\nquais mercantiles de la métropole, le long des routes vicinales. Chaque\npauvre efflanqué, pourtant, qui foule l'asphalte du boulevard ou, parmi la\ncampagne estivale, se réjouit des moissons dorées qui mûrissent pour les\nautres, — tous les las-d'aller — gardent à la plante racornie de leurs pieds\ndéchaux, à leurs sabots ou à la semelle lamentable de leurs bottes,\nrempreinte brûlante de la glèbe originelle, de l'idéale et séduisante terre\npromise qu'un incompressible instinct leur enjoint de regagner à tout prix,\net dont la providence compatissante leurre un instant, chaque soir, leurs\nyeux déçus et résignés, — à l'horizon éternel...\n   Inhabiles aux labeurs normaux, à prendre la filière des ambitions auto-\n"}, {"page_pdf": 210, "texte": "                                 — 187 —\n\nrisées, des appétits permis, ces dépaysés dolents et chimériques, relaps\ninéluctables, contumaces prédestinés, s'apparient par leur esprit réfrac-\ntaire, leur passive résistance à la raison légale, leur tradition insubor-\ndonnée, au régnicole campinois, ennemi des propagandes sectaires et des\nchemins de fer ! Incapables d'hypocrisie sociale, les uns comme les autres\nsont de natifs insurgés, frustes, brutaux et quelquefois sanguinaires, mais\nsi peu dissimulés que cette simplicité leur communique on ne sait quelle\nnaïve allure épique. Un soir sinistre, leurs yeux luiront de malice malfai-\nsante ou de férocité narquoise, mais ils ne brilleront jamais du vil sourire\ncourtois d'Hector Blanchon, l'ami d'enfance; la convoitise, la luxure\naiguiseront leur regard, mais la bassesse, point, ni l'obséquiosité ; leur voix\ns'infléchira de tendresse frénétique ou de colère, scandera les équivoques\ndistiques de la « psalmodie patibulaire », mais toujours ignorera les euphé-\nmismes pharisaïques et les poncifs du savoir-vivre.\n    Jouets.déconcertés de la règle, de la législation marâtre au citoyen assez\nexcentrique pour prétendre brouter au hasard, en dehors de l'orbe du piquet\nauquel chacun de nous reste entravé ; outcasts précipités de délits en réci-\ndives « au nom de la loi », poussière humaine, balayée âprement d'un bout\nà l'autre du territoire et que les nécessités de l'ordre vouent au moulin-\nhorloge, à la perversion, aux scabreuses promiscuités obligatoires ; — irres-\nponsables épaves, emportées à vau-l'eau, livrées aux tourbillons, ou prises\ndans le calme de quelque anse stagnante, parmi la putrescente écume du\nfleuve et le croulant décombre empoisonné de la rive... Au milieu de ces\nhordes, des apôtres végètent cependant, d'inconscients artistes dévoyés :\ncordiaux et débonnaires individus, contaminés superficiellement, revêtus\nde l'officiel uniforme du vice, et dont la moindre occurrence propice fera\njaillir l'âme intacte, plus resplendissante de leur souillure même. Candides\nescarpes, dociles révoltés, réconciliés à la première effusion exorable, qu'une\nfortuite parole apitoyée bouleverse et conjure, sans retour;' et desquels,\naussi, un mot déterminera la vocation, vers le crime ou le martyre...\n    La hautaine et véhémente compassion de l'artiste auréole et célèbre ces\n impulsifs, coupables de leur indigence et, surtout, de ne s'adapter point à\n quelque compartiment de notre société rectiligne; sa répulsion pour la\n postiche et fourbe morale mondaine, l'induit même à exalter de moins\n innocents déclassés, dont les tares caractéristiques et les infractions prémé-\n ditées sont comme une revanche- encore contre le statut bourgeois.\n     La vision de l'injustice ne saurait rester abstraite en un esprit tel que\n celui de M. Georges Eekhoud, ni se satisfaire par de placides digressions\n théoriques : elle s'exprime avec la clairvoyance fougueuse, la perspicacité\n horréfiée, avec la vigoureuse indignation propres à l'écrivain et que sa pensée\n  réfléchit. Ce sujet, aussi, qui dès longtemps le hantait, esquissé dans les\n  Nouvelles Kermesses, et destiné, d'abord, à se parfaire en un roman, a\n  trouvé sa formule définitive au cours du Cycle patibulaire, le Moulin-\n  Horloge, les Croix processionnaires, etc , et de Mes Communions, Appol\n  et Brouscard, Mauvaise rencontre, etc.\n     Ces pages extrêmes resteront parmi les plus magnétiques de l'œuvre du\n"}, {"page_pdf": 211, "texte": "                                   — 188 —\n\nmaître écrivain, magnifiées de pathétique solennité, imprégnées de charme\nambigu, et que le prestige halluciné, étourdissant et suraigu, des démorali-\nsantes vesprées automnales qu'elles racontent. Quelque indéfinissable émotion\nenroue, chez le lecteur, la voix de la raison triviale, étrangle dans sa gorge\nles objections de son sens pratique, quelque chose qui le ferait pactiser,\ns'associer presque à la douce et persiflante complainte des colons énervés :\n                        Tous amis du contraire,\n                        Rien n'est bien, rien n'est mal !\n\n   L'amerture et le vitupère naissent d'eux-mêmes au spectacle de trop\nnotoires iniquités sociales; aussi, les tribulations et les disgrâces de ses\nhéros excitent M. Eekhoud à mainte réflexion d'une acre et généreuse élo-\nquence et marquée de cette charité dont la religion ou l'art, par l'abnégation\nqu'ils nécessitent, peuvent, seuls, inspirer l'extravagance efficace. Car la pro-\ncédurière philanthropie laïque et l'anguleuse bienfaisance administrative\nignorent de telles exagérations ! Elles condescendent aux gueux, dispensent\nleurs formalistes aumônes, de haut, — alors que la réelle charité est, sans\ndoute, de s'humilier sans orgueil ni présomption, de se ravaler aux misé-\nrables, pour les secourir — de plain pied... Mais l'altruisme de l'ami de\nBurch Mitsu, paroxysme du sacrifice individuel, pour noble qu'en paraisse\nla source, outrepasse le but... Il y a là une espèce de griserie du suicide, de\nvocation de la guillotine, gratuites, au moins, car le sang incivique d'André\nChénier rafraîchira encore, vraisemblablement, les autels arides de la déma-\ngogie!...\n   M. Eekhoud se confesse en son œuvre, vraiment, sans feinte ni défi; sa\npuissante personnalité a passé, tout entière, dans cet art fervent et cruel,\nenivré de sincérité et de partialité, ourdi de haine et d'amour, de tendresse\net de colère, qui créa, tour à tour, la Nouvelle Carthage, le Cycle patibu­\nlaire et Mes Communions...\n   La langue, maniérée un peu des premières Kermesses, de Kees Doorik,\na dépouillé ses aigreurs et ses crudités, assimilé ses éléments, accordé ses\ncontrastes; formé, enfin, un style d'un extraordinaire mordant, d'une déli-\ncatesse et d'une acuité singulières, analytique et pictural, apte à décomposer\nle subtil émoi, la crise et le délice de fuyantes sensations comme à pro-\npager l'insidieuse mélancolie des sites désolés que le crépuscule peuple de\nperfides fantômes et de conseils insolites...\n\n                                         II\n   Ames de couleur! âmes irisées dont un prisme paradoxal grossit, diapré\net décompose, sans cesse, les imaginations ; les illusionne jusqu'aux transes\net aux larmes, d'hésitantes bulles de savon, précaires et magnifiques...\n   Attentif aux choses extérieures selon la stricte mesure où elles coïncident,\ns'entre-croisent avec sa propre virtualité passionnelle, le personnage divers\nde M. Maubel s'épie vivre, n'aperçoit le monde et les êtres que par de for-\ntuites échappées de lui-même, ou, mieux, les considère seulement comme\ndes interprètes de sa sensibilité personnelle.\n"}, {"page_pdf": 212, "texte": "                                  — 189 —\n\n    Le savant micrographie, l'horloger assidu, lorsqu'ils abandonnent la len-\ntille qui guide leurs scrutations minutieuses, restent, un laps, l'œil dilaté,\nébloui, et ramènent sur la terre un regard ardu, désorienté de la dispropor-\ntion. Un trouble analogue déséquilibre la vision des sensitifs outrés à s'étu-\ndier trop continûment, à poursuivre sans relâche, la prolongée vibration,\ndans les centres cérébraux, — le trajet psychologique, d'infimes émotions.\nIl ne leur est plus de sensations négligeables, d'ailleurs ; la finesse exacerbée\net morbide de la perception hypertrophie chaque incident, l'investit d'une\nimportance suprême ; l'acte, le mot les plus anodins et indifférents émeuvent\nune telle et si excessive révolution et si perdurante, que la peur s'en engen-\ndre, à la fin, chez le patient, de vivre et de penser.\n    Le songe, alors, se témoigne préférable, aussi passionnant et, au fond,\nplus véridique, quoique inoffensif. Roue colorée ; polyorama giratoire\nqu'un mouvement entraîne, harmonieux, et dont un souffle léger, un désir\ninformulé raniment et perpétuent la rotation. Car comment, pourquoi,\ns'exposer encore à la société, à ses mortifiantes relations et à ses durs trafics?\n pourquoi, même, affronter la compagnie choisie de créatures précieuses,\n infiniment, et chères, auxquelles, somme toute, il sera toujours plus doux\n et sûr de rêver, à l'abri de manifestations diminuantes, quand même, et\n périlleuses ; hors de portée de tendresses trop positives et rudes et de la cor-\n dialité meurtrière des étreintes.\n    Ou, sinon, entretenir quelque mensongère conversation, surface à demi\n congelée, parsemée d'invisibles embûches, d'un glacial silence ; se suppli-\n cier, mutuellement, d'un silence, absolu pour l'un, verbal uniquement\n pour l'autre et rempli d'intermèdes mentaux, à la logique égotiste desquels\n la tentative resterait vaine de faire collaborer quelque incompatible com-\n pagne.\n     Incompatible, oui, hélas! inopportune si pas importune, le plus souvent;\n car, même avec Miette, l'évanescent dialogue se coupe brusquement, reste\n irrésolu ; et, plus d'une fois, Mad s'est tue « parce qu'elle a vu le visage de\n Christian se voiler de silence et parce qu'elle sait qu'il est absent d'ici pour\n un instant ».\n    Miette et Mad, ces héroïnes favorites de l'œuvre antérieure de M. Maubel\n  et qui la fleurissent, toute, et la parfument, ces fées de la villégiature,\n sérieuses et futiles, volontaires et folâtres, reparaissent, mûries un peu,\n  avec le sourire intimidé de leur gravité nouvelle. Elles se sont quittées elles-\n  mêmes, se persuaderait-on, et leur caractère ingénu de vie affriolée, pour\n se retrouver ailleurs, plus haut, essoufflées de gravir à la suite de leur guide\n accoutumé la montagne où, la lumière et l'air s'épurent et s'allègent, et\n  les apparences.\n     Et, conscientes de n'être, en réalité, que des épisodes de la diffuse pensée\n  méditative de Christian, admirablement elles y adaptent leur native turbu-\n  lence : elles n'aventurent plus que des phrases et des gestes obliques, à la\n  cantonade; d'évasives paroles, amorties, comme elles-mêmes, par le brouil-\n  lard.\n     Fuyants profils d'ombres dans la brume, ces gracieuses apparitions\n"}, {"page_pdf": 213, "texte": "                                   — 190 —\n\ns'impliquent si bien et se subordonnent à la nomade évagation de Chris-\ntian, qu'on se les figure participer du paysage boisé, surgir à l'incantation\npour se diffondre bientôt et s'évaporer, regagner le creux hospitalier des\narbres, le profond des sources ou la vasque des fontaines.\n                                       ***\n   M. Stéphane Mallarmé insère sous la couverture d'une brochure deux\nconférences dites à Oxford et à Cambridge, commentaire hermétique et\nretors de théories exposées, jadis, dans les Proses : « La musique et les\nlettres sont la face alternative... d'un phénomène; le seul; je l'appelai\nl'Idée... »\n   Ces pages contractent encore la préciosité obscure du style de M. Mal-\nlarmé; et leur préface Déplacement avantageux s'accompagne d'un « déve-\nloppement juridique » en écriture claire de la plus plaisante disparate.\n   Frappé à l'extrême de la grandiose tradition, de la noble prodigalité des\ninstitutions universitaires anglaises, des généreux loisirs qu'elles créent à\nleurs fellows, le poète combine les moyens d'instaurer des majorats simi-\nlaires, en France.\n   La réédition des classiques, des œuvres chues au domaine public, entraî-\nnerait une prélibation pécuniaire perçue par l'Etat, au profit des artistes\ndébutants, dénués, etc.\n   Un tel projet livrerait aux politiciens la régie du patrimoine intellectuel\ndu pays; quoique indirecte, l'influence gouvernementale sévirait, s'impo-\nserait à la librairie, par le fisc ; aux écrivains, par l'attribution ou le refus\nde subsides. Si l'Académie administrait ce budget des dotations, ce serait,\ncertes, avec probité et scrupule ; mais quelles catégories triées de gens de\nlettres solliciteraient davantage, et fructueusement! sa munificence?...\n                                                        ARNOLD GOFFIN\n\n  Aux prochains numéros : En Route, par J.-K. Huysmans (Tresse et\nStock). — Sur deux nomarques des lettres. Les Raisons de Pascalin, par\nLéon Riotor (la Plume et le Mercure de France, Paris), etc., etc.\n"}, {"page_pdf": 214, "texte": "                                  — 191 —\n\n\n\n       CHRONIQUE ARTISTIQUE (1)\n                    Exposition de la Libre Esthétique.\n\n               Et maintenant la Libre (oh ! combien) Esthétique. Quand on a\n                fait un rapide tour des salles, cette pensée vous assaille déses-\n                pérément : que d'année en année les artistes paraissent se\n                détourner de plus en plus du Beau et négliger sans retour\n(hélas ! c'est à craindre) la forme et la couleur idéales. Il est certain que\ntoute œuvre dont la tendance primordiale n'est pas d'atteindre au Beau\ndans la pensée et dans la couleur ou le dessin, ne peut pas être une œuvre\nd'art. Vous n'en êtes plus j'espère, Messieurs les esthètes, à vous pâmer\ndevant de roublardes pochades d'atelier, jouant l'incohérence sincère. Car\nceux qui ne savaient pas ont pu deviner enfin que rien n'est plus aisé que\nd'être bizarre ou indéchiffrable et que ce sont là des « ficelles » qui, trop sou-\nvent, voilent une complète absence de métier ou de rêve. Il y en a vraiment\ntrop de ces gens qui, pour avoir le droit d'être nuls avec suffisance, se\nsont taillé eux-mêmes la réputation de l'artiste fou.\n    Heureusement, il n'y a pas que ceux-là. Ses organisateurs paraissent\navoir compris l'insuffisant intérêt que c'eût été. Il y a de vrais et purs\nartistes qui ont encore la préoccupation d'un grand idéal d'art. Tels le\nsuperbe et écrasant Meunier, le sombre Mellery, Wats, Rousseau, Vallgren.\nDe charmants dessins alors : Water Crâne, naguère délaissé, Reynolds\nStephens, Housman, Gaskin, Vallotton, Lepère, et en art appliqué plu-\nsieurs s'imposent.\n   Tout d'abord hommage à Constantin Meunier qui, par cet ensemble de\nses œuvres, se montre un des plus grands Belges qui soient et dont la\n puissance grandiose confine au génie. La Glorification du travail, ce bas-\nrelief où un souvenir de l'antiquité semble être venu ennoblir des formes que\ntant d'autres ont si souvent avilies de leur réalisme mesquin, — je me sou-\nviens combien au Champ-de-Mars il s'isolait dans sa pureté noble, — ses\n dessins aussi sont d'une poignante mélancolie si bellement exprimée. La\n Glèbe, alors Puddleurs, Débardeur, le Père Damien, il faudrait les dire\n toutes, souffrances, bontés, pitiés, animées d'un souffle de géant.\n    Mellery est bien ici le rêveur d'effroi qui s'était déjà montré dans des\n séries de dessins antérieurs. Ces toiles donnent le frisson; il doit y avoir\n quelque crime qui se débat sourdement dans cette maison au fond du\n jardinet lugubre de banlieue; Mellery a su tirer, de coins familiers et\n banals, par des moyens tout simples, de fort intenses émotions : Voyez les\n deux portes ouvertes, le corridor à la lumière cachée, le béguinage. Sa cou-\n leur grise et noire est fort belle.\n\n  (0 Cette chronique devait paraître dans notre numéro de mars. L'encombrement nous\na forcé de la retarder.                                              (N,. D. L. R.)\n"}, {"page_pdf": 215, "texte": "                                  — 192 —\n\n   Le portrait de Lady Garvagh est digne du grand maître qu'est Watts :\nd'un curieux raffinement de ton et d'une haute distinction, il est original\nde mise en toile et la tête merveilleusement peinte est très fraîche et très\nriche; de Watts aussi le portrait de Rossetti, moins parfait, malgré l'unité\nde la couleur sourde mais les yeux tout en doux rêves attirent irrésistible-\nment nos regards.\n   Promenons-nous maintement au hasard; les salles nous offrent de\nbizarres contrastes et même parfois d'intéressantes oeuvres toutes honteuses\nde leurs voisines.\n   H. De Groux : Si c'est de la tapisserie c'est parfait, car sa couleur et ces\nfleurs multiples un peu bouche-trous ne peuvent guère constituer une œuvre\ndéfinitive. Heureusement nous vîmes ces jours derniers des lithographies\ndu même peintre d'une autre poussée d'art qui sont bien, croyons-nous,\nl'expression de ce curieux tempérament. Voici de Lerolle une femme nue\nqui s'apprête à prendre un bain dans un tout petit bassin... A part cela très\nbanale. Un intérieur charmant de Stremel et des essais d'outremer de von\nHoffmann. Par contre, pas loin, trois Thaulow très savoureux. R. Picard a\npeint quelques fleurs attirantes flanquées, hélas, de trois ou quatre mètres\nde fadeurs sirupeuses. Degouve de Nuncques : Une belle toile, La Barque\net les Anges de la nuit parmi lesquels un portrait inattendu. Laermans:\ntoujours un peu plus que de la caricature et un peu moins que de l'art.\nQuelques pointillistes qui, depuis dix ans, eux et les leurs, n'ont pas avancé\nd'un pas et nous montrent l'éternel chemin avec les mêmes ombres et les\nmêmes feuilles d'arbres, tels Pissarro (les), Van den Eekhoudt, A. Boch.\nE. Claus : un faux « pointilleux » qui a des harmonies délicieuses. Heymans,\nnaguère intéressant, expose trois tableaux fades et mous : Pendant le salut\ndes âmes, impression diffuse et facile; une rentrée de moutons en coton;\nberger en coton, bergerie en coton ; puis, dilué et proprement fait, le Ruisseau\nde Frédéric moins les enfants.\n   Guillaumin, M. Denis, H.-E. Cross, Moulijn sont des exposants indiscu-\ntablement très gais. Paul Du Bois : Une veilleuse de fort mauvais goût et\n quelques petits étains plutôt gnangnan. Rousseau, toujours d'un métier\ntrès serré, atteint ici encore des puretés de formes vraiment belles. L. Fré-\ndéric : Tout est mort. L'exécution de ce tableau est remarquable mais\n hélas la composition mal conçue, n'est pas grande et ne fait aucune impres-\n sion. C'est un enchevêtrement de cadavres, un tour de force un peu alle-\n mand et voilà. Le féroce De G. l'a joliment baptisé : Triptyque... à la mode\n de Caen.\n    Un retour de Vogels avec une Inondation qui est un extraordinaire\n morceau de couleur. Craco : décoration pour manche à balai, intitulée :\n Jéva. Baertsoen a vu Thaulow, de loin.\n    J'allais passer cette lugubre chambre d'artisan! Comme je le plains, le\n pauvre artisan ! D'abord on égaie ses murs des plus navrantes reproductions\n de sa misère sociale : un paveur affalé parmi ses pierres; puis, le tradition-\n nel « collier de misère \" ; enfin, il y a pour le comfort des meubles froids à\n pans coupés, à angles durs, d'où pendent lamentablement des rideaux de\n"}, {"page_pdf": 216, "texte": "                                  — 193 —\n\ncretonne bleue avec application de toile blanche et verte, à faire hurler. En\nsomme, chambre de suicide pour artisan.\n   Enfin une vraie foire d'art appliqué. Il y en a pour tous les usages. Cepen-\ndant voici les verreries de Daum frères, pures merveilles. Les tasses de\nThesmar, d'une grande richesse ; et de fort beaux livres reliés avec un art\nexquis. Les éternels Dalpayrat, Delaherche et Virginal, jolis mais déjà\npresque vieux.\n   Une belle œuvre que j'allais omettre : La petite armoire (usage mysté-\nrieux?) du comte Edmond de Polignac.\n   Et voilà ce que produisent en plus de sept cents numéros les cent vingt\ninvités de la Libre Esthétique.\n                                                               KALOPHILE\n\n\n\n\n           Pour quelques bons amis (l).\n                Quels cris ! On jacasse, on cacarde,\n                On glousse, on jabote, on piaille !\n                Dinde, pintade, cane, outarde,\n                Ah! quel émoi dans la volaille!\n\n                Je crois que j'ai troublé les joies\n                D'une basse-cour un peu Jolie.\n                Chers amis, j'entends bien les oies\n                Mais où donc est le Capitole?\n\n                                                        E T H E L R E D VAZY\n\n\n\n\n (1) Dédié ad libitum à quelques oiseaux du Réveil de Gand, de Stella, de l'Art en\nnourrice, etc., etc.\n"}, {"page_pdf": 217, "texte": "                                                 — 194 —\n\n\n\n\n                                       MEMENTO\n   Dans le Mercure de France du mois                      nous jamais avisés d'attribuer à l'envie les\nd'avril, deux charmants petits poèmes de                  idées littéraires de M. Vielé-Griffin ou les\nM. Albert Samain : Mêlene et Myrtale et                   mots désobligeants qu'il nous a parfois\nPaiémone. Nous reproduisons le dernier :                  adressés? Si M. Vielé-Griffin, qui ne nous\n             MYRTALE ET PALÉMONE\n                                                          connaît point, nous a mesurés à son aune,\n Myrtale et Paiémone, enfants chers aux bergers,          la mesure est médiocre. Voilà tout.\n Se poursuivent dans l'herbe épaisse des vergers,\n Et font fuir devant eux, en de bruyantes joies,\nLa file solennelle et stupide des oies.\nOr, Myrtale a vaincu Paiémone en ses jeux ;                 Dans le Libre Journal M. F . Ruty informe\nComme elle se débat, folle, en ses bras fougueux,        le public qu'il « hâte la coagulation des béo-\nIl frémit de sentir, sous les toiles légères,            tiens ». Il fait aussi l'éloge du dernier livre\nPalpiter tout à coup des formes étrangères,\nEt la double rondeur gracile des seins nus               de M. Maubel, Ames de couleur.\nJaillit comme un beau fruit, sous ses doigts ingénus.\nLe jeu cesse... Un mystère en son cœur vient d'éclore;\nEt, grave, il les caresse et les caresse encore.\n                                                            Dans la Jeune Belgique de février l'un de\n                                                         nous écrivait : « Je prévois aisément les\n                                                         criailleries que me vaudra ma franchise;\n   Dans la barraque du Réveil de Gand,                   toutes les oies belges vont essayerde sauver\nM. Emile Verhaeren exhibe un étalon-phé-                 leur Capitole. »\nnomène, qui a une crête ! et qui marche sur                 Ça commence. Les oies syndiquées du\nles jarrets! ! !                                         Réveil de Gand, de Stella fusionnée (l'Art\n    Le vaste étalon noir fougueusement crété             jeune) et de quelques autres basses-cours\n    D'ébène et de soleil                                 poussent des cancans indignés sur leur\n                            Et des jarrets de fer\n    Cassent sous eux le sol aussi dur que l'hiver.       petite butte. A chacun sa musique, disait\n                  (E. VERHAEREN : En Flandre)            déjà Orphée en passant devant les gueules\n  M. Henri Van de Putte et M. Toisoul, les               du chien Cerbère.\nhommes-sandwiches de M. Verhaeren, pro-\nmèneront dans la ville une belle réclame en\nzinc. On fait le boniment de 2 à 4 heures,                 REVUE DES REVUES. — Voici quelques\ndans les bureaux de Stella fusionnée (l'Art              lignes de M. T h . de Wyzewa dans la\njeune).                                                  Revue des Deux-Mondes, qui intéresseront\n                                                         vivement ceux de nos lecteurs qui se rap-\n                                                         pellent encore les débuts d'Hélène Swarth\n   Dans la Plume du 1er avril M. Vielé-                  dans la Jeune Belgique, il y a une dizaine\nGriffin publie un article élogieux pour                  d'années.\nM. Verhaeren. Au cours de cet article                       De tous les auteurs hollandais contem-\nM. Vielé-Griffin assure que la Jeune Bel­                porains, les plus connus, les plus admirés\n                                                         sont des poètes : et ce sont en effet les plus\ngique est une « revue désormais dogma-                   remarquables.\ntique, envieuse et négligeable ».                           Ce sont aussi, malheureusement, les plus\n   M. Vielé-Griffin ne nous aime pas; c'est              difficiles à faire connaître en dehors de\nson droit. Il nous témoigne sa méchante                  leur pays. Ni M. Gorter, ni M. Kloos, ni\n                                                         M. F . van Eeden, ne peuvent espérer de\nhumeur, peu nous chaut. Mais où a-t-il pris              voir jamais leurs poèmes appréciés chez\nque nous soyons envieux? Nous sommes-                    nous. Mais je voudrais au moins dire quel-\n"}, {"page_pdf": 218, "texte": "                                            -     195       -\n\nques mots d'une jeune femme qui les d é -              Que le poète souffre!... Oui, mais il fait son devoir.\npasse encore en renommée, et qui est assu-             Les imbéciles riront devant ceci.\nrément, à l'heure présente, la figure la plus          Le poète est un vieux cheval cassé qui entend et\ncurieuse de la littérature hollandaise.                                                       [attend, le soir,\n   Elle s'appelait jusqu'au printemps passé            en vomissant, des putains qui rient et ne l'ont pas\nM11e Hélène Swarth, et c'est sous ce nom                                                              [compris.\nqu'elle a publié ses premiers recueils. Elle           Pendant que la pluie tombe, près d'un sale restaurant,\nporte aujourd'hui un autre nom , ayant                 le vieux cheval tremble. Il tient difficilement\népouséM. Lapidoth, un critiqued'art connu              son ventre maigre sur ses jambes maigres et au\nsurtout pour ses études sur les peintres et                                                         [restaurant\ngraveurs français. Mais depuis de longues              les gens en chair de haricot cuit sont importants.\nannées déjà elle a senti, et traduit dans ses          Mais, un jour, ils mourront tous; mais le cheval,\nvers, la tragique puissance de l'amour.                                                                [la rosse\n   Toute son œuvre n'est, à dire vrai, qu'un           qui était le poète et qui attendait les putains,\nchant d'amour; mais un chant magnifique,               aura, dans ses yeux mourants, le reflet rose du matin\néclatant de passion, avec une incomparable             mouillé où il sera mort, comme les bouches des\nrichesse d'harmonies et de nuances. D'ins-                                              [enfants et les roses.\ntinct et sans trace d'effort, Mme Swarth-              Et ceux qui n'auront pas fait attention à lui,\nLapidoth est parvenue à un très haut degré             qui l'auront laissé mourir plat devant la porte grasse,\nde maîtrise poétique. Ses sonnets ont une              ils mourront dedans, près d'un sale feu qui luit,\npureté de lignes, une noblesse d'allures,              d'un caleçon et d'une fille en crasse.\nune aisance et une élégance que leur envie-\nraient les plus impeccables de nos parnas-                 A cet art là, M. Paterne Berrichon n'a\nsiens. Et sous cette forme toute classique,\non sent battre un cœur de femme frémissant              rien à envier : il publie trois sonnets d'un\nde passion. Mais on dirait que la passion,              magistral turlututu, dont voici le plus\ndès qu'elle pénètre dans ce cœur, y revêt               beau :\n aussitôt un somptueux appareil d'images                                   ORCHESTRE\npoétiques ; et la plupart des sonnets de                Tu pleureras, décuple orgueil des doigts adroits,\n Mme Lapidoth ne sont ainsi que le dévelop-\n pement suivi d'un symbole, exprimant un                Insérant l'impudeur de leur caprice au ventre,\n ordre déterminé de sentiments ou d'idées.              Ce dont meurt incarnat l'aime lys de cet antre\n                                                        Dès qu'a claqué le fouet d'Eros poussant ses droits.\n\n  — Stella : Détachons pour la postérité ce Au piano des aines d'or vibrant en centre\n                                            Si d'argent un giron larmoie auquel tu crois,\nvers d'Arthur Toisoul :                     Et qu'étouffe, étranglé par les sanglots qu'il rentre,\n   Va, je me sens poète et j'en pleure de joie.         Le jeune icoglan vainqueur des jeunes rois;\n  Comme un Viau, sans doute.                            Accompagnés des violons du psychopompe,\n  — Magasin littéraire : Un poète pour                  Par les deux de Lesbos, vos brefs chagrins d'estompe,\n                                                        Proche Sodome mauve iront, en noirs flocons,\npetits et grands. — Walter Crane, par\nW. Ritter.                                              Sourdiner la rousseur des éclats mal prolixes\n                                                        Du trombone inspiré d'Antinoüs abscons\n  — La Revue blanche : L'émotion de                     Bramant un rire, de sa langue aux seuls préfixes.\npensée, par P. Adam.\n                                                          La prose n'est pas moins ébouriffante\n  — La Revue générale : Un portrait de\n                                                        que la « poïésie ». M. Alfred Jarry exhibe\nRenan, par Henry Bordeaux, et Revue lit-\n                                                        un « acte héraldique », faisant partie d'un\ntéraire de Eug. Gilbert.\n                                                        drame intitulé César Antéchrist. La scène\n — Burendal : Poésies de Thomas Braun.                  première est indiquée : « de sable à un roi\n— Léon Bloy le misérable, par Pol De-                   d'or »; la scène II, « de sable à une licorne\nmade.                                                   passante d'argent » et ainsi de suite. Voici,\n                                                        au complet, les deux dernières scènes :\n   Très étonnant, le numéro de mars du\n Mercure de France. D'abord, un joyeux                                        SCÈNE XI\n fumiste, M. Francis Jammes, auteur de\n cette mirifique Dédicace future :                      D'or à UN CENTAURE                 passant de sable.\n A Mallarmé, ces choses en vieilles roses.\n                                                                            SCÈNE XII\n Comme un petit cordonnier vert, je les ai faites.\n Ce sont de beaux souliers pour un beau jour de fête              De sable à UN ROI              d'or.\n nationale, que je te donne sans pose.                     LE ROI. — Par la côte interminable et les\n"}, {"page_pdf": 219, "texte": "                                           —    196 —\n\n grises obscurités des voûtes d'églises, après      memento général et complet relatif à toutes\n avoir sauté les ruisseaux où poussent les          les manifestations d'art, d'où qu'elles vien-\n iris des pêcheurs et fui l'œil d'opale des\npoissons cuirassés, j'ai vu parmi la foule          nent; un bulletin bibliographique enfin,\nprocessionnelle le balancement des deux             Une prose et un poème dans chaque numéro\npattes ou des deux bras de dinotherium du           formeront la partie de pure littérature.\nCentaure. L'insecte hexapode à tête d'Adam\ns'est effacé pour me laisser passer aux grilles,              LA VIE L I T T É R A I R E\net par les fidèles des bas-côtés il a conversé,\ntendant la gorge et draguant de ses griffes-        paraîtra en 8 pages grand format, tous les\nChaque demi-douzaine des piliers a tremblé          quinze jours. Une collaboration nombreuse\net sonné devant sa sœur qui marchait, et\nles chevaux carapaçonnés ont avancé sans            s'estgroupée déjà autour de ceux qui eurent\nruer comme des poulains cravachés par les            l'initiative : Paul Arden, Albert Lévy, Léon\ntroncs d'arbres. Je cherche en haut la tête         Pascal, Fernand Roussel.\nd'Adam et je ne frapperai point Goliath.                Le journal est sous la protection d'un\nLes ondes du nombril de la terre répètent\nà son cerveau les pas derniers du Centaure.         comité composé d'un nombre illimité de\n    (Il marche.)                                    membres. Il fait appel à tous les artistes\n    Ça donne envie de parler Mammamouchi :          intéressés à la réussite de cette tentative et\napogrousalabos triphocaran tatalababa colo-         les prie de vouloir bien envoyer leur adhé-\ncopicsoné zoufzouf lapatapoum bottocu               sion provisoire à M. Léon Pascal, 3, rue du\npampam.                                             Mambour, à Liège, qui leur fera parvenir\n                                                    tous les renseignements qu'ils pourront\n                                                    désirer.\n   Dansl ' A r tjeune (Stella fusionnée, fr. 0-60\nce numéro de fusion) un joli conte de Louis\nDelattre qu'il est un peu surprenant de trou-         BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE :\nver dans un recueil aussi... médiocre.                 Albert Saint-Paul. — L'Echarpe d'Iris.\nM. Delattre a fusionné trop volontiers avec            Alph. Germain.— Le Beau moral et le\nquelques mauvais élèves de rhétorique.              Beau formel.\n« Plutôt le premier dans un village que le             Henri Mazel. — Flottille dans le Golfe.\n                                                       M. Bouchor.— Les Symboles, vers. Nou-\nseconda Rome», disait Jules César — avant           velle série.\nses victoires. M. Delattre agit comme César            A. Devaux. — George Sand.\nparlait. Mécontent du rang qu'il occupait à            P. Fort. — Il y a là des cris; vers.\nla Jeune Belgique, il se plaît à briller dans          A. Alexandre. — Histoire populaire de\n                                                    la peinture. Ecole flamande et hollandaise.\nune revue de moutards. César, quoi qu'il               G. Larroumet. — La Maison de Victor\nen ait pu dire, n'a jamais pratiqué une poli-       Hugo.\ntique de village. — Dans le même papier                H. Krains. — Histoires lunatiques.\nM. Sander Pierron donne un avertissement               J. Laur. — Ozanam\n                                                       Ed. Picard. — Entre deux courriers;\nnostalgique. Pour le reste, quelques vagis-         poésies.\nsements anonymes.                                      J. Bédier. — Les Fabliaux.\n                                                       A. Bruant. — Dans la rue (2e volume).\n                                                       J. Lemaître. — Le Pardon.\n   Il paraîtra à Bruxelles le 6 octobre de             G. Monod. — James Darmesteter.\ncette année un journal d'art et de critique.           O. Navarre.— Dionysos. Etude sur l'or-\n                                                    ganisation du théâtre athénien.\n   Sa matière sera partagée comme suit :               F. Coppée. — Mon franc parler (troi-\nun article d'idée, de tendance, d'esthétique        sième série).\nou de biographie ; des comptes rendus de               P. Bourget. — Outre-mer.\ntous les livres qui paraissent, des discus-            L. Tolstoï. — Maître et Serviteur.\n                                                       F. Brunetière. — La Science et la Reli­\nsions impersonnelles et consciencieuses sur         gion.\nce qui intéresse les beaux-arts et particu-            G. Mourey. — Passé le détroit.\nlièrement les lettres ; des correspondances            J. Péladan. — Mélusine.\nde Vienne, de Paris et d'Allemagne, des                P. Verola. — Horizons.\n                                                       E. Raynaud. — Le Bocage.\nnotes sur la musique et la peinture, un\n"}, {"page_pdf": 220, "texte": "            Paul LACOMBLEZ\n    ÉDITEUR         D E LA J E U N E           BELGIQUE\n                  3 1, rue des Paroissiens, 31\n                          BRUXELLES\n\n              POUR PARAITRE LE 25 MARS\n\n      L E S D I S C I P L E S A SAIS\n                               ET\n\nL E S F R A G M E N T S D E NOVALIS\n                      Traduction et étude de\n                 Maurice MAETERLINCK\n  Un volume format Charpentier                          fr. 4 »\n  Sur hollande Van Gelder extra, couverture parchemin .    10 »\n  Sur japon impérial, couverture parchemin . . . .         20 »\n\n\n                      POUR FIN MARS\n                 Maurice MAETERLINCK\n\nSEBRES CHAUDES\n             Nouvelle et superbe édition, in-32 raisin.\n  Sur fort vélin blanc                                  fr. 3 »\n  Sur hollande royal Van Gelder, couverture parchemin . 6 »\n  Sur japon de Tokio, couverture parchemin                  12 »\n\n            POUR PARAITRE INCESSAMMENT\n                   Hubert KRAINS\n\n HISTOIRES LUNATIQUES\n          Un volume in-16                      fr. 3   »\n\n                       SOUS PRESSE\n                     Fernand S E V E R I N\n\n LA CHANSON DOUCE\n                      Edmond PICARD\n\n            VIE             SIMPLE\n                       Nouvelle édition.\n\n                       Paul    ARDEN\n\n     PAR LES CHEMINS\n"}, {"page_pdf": 221, "texte": "         Paul LACOMBLEZ, éditeur\n               31, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et                   Jenart (Aug.). Le Barb are                   2 »\n  roses                             fr. 2 »            Jeune Belgique (Le Parnasse de la). . 7 50\nBrabant (V.). Notes de voyage . . . 1 »                Journal d'une ignorante : Sur les Golfes 1 50\nBloy(Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 »            Justus Severus Africus                       1 »\n   Les 3 premiers numéros ensemble 1 »                 Kahn (Gustave). Chansons d'amant. . 3 50\nBoschot (A'. Faunesses et bacchantes. 1 50                   —         Les Palais nomades . . 3 50\n              Matin d'automne . . .     1 50           Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . . 2 »\nBosiers ;E.). Harald-Roi                2                    —         Loth et ses filles . . . 2 »\nCarnet de chasse illustré                     15   »   Landoy (Eug.). Evocations                    3 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 »                      —         Maître Martin . . . . 0 50\nCourouble (L.)-Contes et souvenirs. . 3 50             Lautréamont (comte de). Les Chants de\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 »                   Maldoror                                  3 50\nDaCosta(G.) Grammaire en portefeuille o 50             Lemonnier (C.) Paroles pour Georges\nDaxhelet A ) Pages de tendresse vague 3 50                             Eekhoud             0          50\n     —        Nouvelles de Wallonie . 3 50                   —         Discours d'inauguration\nDe Coster (Ch.)- La Légende d'UIen-                       du monument Ch. De Coster, avec\n          spiegel                         5 »             extraits d' « Uienspiegel » et por-\n     —          Légendes flamandes . . 3 50               trait de Ch. De Coster . . . . 0 50\n                  (Voir Lemonnier.)                    Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\nOelattre (Louis). Contes de mon village 3 50                           (L'Intruse, Les Aveugles) 3 »\n     —        Les Miroirs de jeunesse . 3 50                 —         La Princesse Maleine. . 3 50\nDelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50                  —         Serres chaudes . . . . 3 »\nDe Haulleville (baron P.). En vacances. 3 50                 —         L'Ornement des noces spi-\n     — Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »                                 rituelles . . . . . 4 «\n     — J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                              —         Les Sept Princesses . . 2 »\n                talat chez les Civilisés. 4 »                —         Pelléas et Mélisande . . 3 50\nDemolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                                    (Voir Emerson.)\n     —          Impressions d'Art. . . 3 »             Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam . . 3 »\n     —         James Ensor . . . .        3 »          Maubel (Henry). Miette                       2 50\nDe Hallessan. PetiteCousine. comédie. 2 »                    — Etude de jeune fille . . 3 50\nDe Régnier. Le Bosquet de Psyché . 2 »                       —         Quelqu'un d'aujourd'hui. 3 50\nDe Tallenay (J.). L'Invisible . . . .     3 50         Picard (E.). Kl Moghreb al Aksa            . 4 »>\nDesombiaux (M.) Vers de l'espoir . . 2 »                     —         Scènes de la vie judiciaire 4 »\nDestrée (Jules). Journal des Destrée      1 »                —         Vie simple                   3 »\nOulac (Paul). Vingt-cinq sonnets . . 1 50                    —         Imogène, 1 vol. format\nDupont (A.). L'Envol des rêves . . .      2 »                             eucologe                  4 »\nEekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50                   —         Comment on devient so-\n     —         La Nouvelle Carthage. . 4 »                                cialiste                  2 50\n     —         Les Fusillés de Malines . 3 50                —            Id. (édition populaire) 0 75\n     —         Au siècle de Shakespeare. 3 »           Pierron (Sander). Pages de Charité . 3 50\n     —         Kees Doorik                3 50         Philopator. Libres propos d'un belge.\n     —         Kermesses                  5 »          Pléiade (La). Première année (1889) . 3 »\nElskamp (Max). Dominical      . . . .          2   »   Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n      —      Salutations, dont d'angé-                 Rodenbach Le Foyer et les champs . 1 »\n   liqucs                               3 50           Rommelaere J. Ma semaine, 1892-93. 2 »\nEmerson. Sept Essais, avec préface de                        —         Ma semaine, 1894 . . .       2 »\n   Maeterlinck                          3 50           Severin (Fernand). Le Lys                    2 )>\nGarnir (Georges). Les Charneux . . .    3 50                    —             Le Don d'enfance . 2 »\n      —      Contes à Marjolaine        3 50           Sigogne E.). Contes merveilleux . . 3 »\nGilkin (Iwan). Stances dorées . . .     1 »            Sluyts(Ch.). L Appel des voix              . 2 »\nGille(Valère) Le Château des merveilles 2 »                  —         Notes d'être                 3 »\nGiraud (Albert!. Hors du siècle . . . 3 50             Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 »\n      —      Hors du siècle. II : Sous                 Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut. . . 3 50\n                la Couronne. Devant le                 Van Lerberghe (Ch.). Les Flaireurs. . 1 »\n                Sphynx                  3 00           Verhaeren (E.). Les Apparus dans mes\n      —      Pierrot lunaire . . . .    2 «                               chemins                   2 »\n      —      Pierrot Narcisse . . .     2 »                  —         Les Moines                   3 »\n      —      Dernières Fêtes. . . .     2 »            Villiers de l'Isle-Adam. Premières Poésies 3 50\n     —        Le Scribe                 1 »                            M organe                     5 »\nHannon (Théo). Noëls fin de siècle . . 3 »             Wagner (R.). L'Œuvre et la mission de\n     —       Au pays de Manneken-Pis 4 »                  ma vie (derniers exemplaires) . . 4 »\nHanneuse (0 ). La Reine Aléna. . (souscrit).           Waller (Max). La Flûte à Siebel. .           3 50\n      —      Sorella                    2 50                 —         Daisy                        3 »\nItiberê da Cunha (J.). Préludes   .   . fr.   3    »   X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé)\n\n                            EN                V E N T E                   :\n                                      Emond PICARD\n                I M O G È N E\n       UN VOLUME FORMAT DES EUCOLOGES. PRIX : 4 FRANCS.\n                     Bruxelles.— Imprimerie V* Monnom, 32, rue del Industrie\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1895-04-01", "preuve": "Avril 1895, numéro 4, couverture PDF 186 ; aucun jour imprimé."}}