{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Mai 1895", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 222, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 167, "texte": "Mai 1895.                          TOME XIV. — N° 5                          15me Année.\n\n\n\n\nA\n  JEUNE\n                 BELGIQUE\n                                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 222, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 167, "fin_caractere_exclue": 1699, "texte": "SOMMAIRE:\n      Rupture                                         ALBERT GIRAUD.\n      Sonnets                                         VALÈRE GILLE.\n      Poésie portugaise                               EUGENIO DE CASTRO.\n      Les Tendresses vagues                           FRANZ ANSEL.\n      Proses lyriques                                 ARNOLD GOFFIN.\n      Vers                                            JEAN   DELVILLE.\n      Un Tableau de Memling                           IWAN GILKIN.\n      Le Coq rouge                                    MOURZOUCK.\n      Chronique littéraire :\n        Les Verslibristes                             VALÈRE GILLE.\n      Chronique artistique :\n        Deuxième Exposition de la Société des\n           Beaux-Arts                                 G. M. S.\n      Chronique musicale :\n        L'Or du Rhin au Conservatoire. . . .          ERNEST CLOSSON.\n      Memento                                         NEMO.\n\n\n\n\n         REDACTION                                            BRUXELLES\n110,RUED E LA L I M I T E ,   BRUXELLES.                 PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                             3 I , rue des Paroissiens\n                                                                   PARIS\n    PRIX DU NUMÉRO                                    C H A M U E L , LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                 29, rue de Trévise\n         fr. 0-75.\n                                                                     1895\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 223, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 381, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur       : M A X W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n              Directeur : IWAN GILKIN, 110, rue de la Limite.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n\n  G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                  des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 223, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1053, "fin_caractere_exclue": 1507, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 21, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 197, "page_fin": 203, "titre_corps": "Rupture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "RUPTURE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SONNETS MALÉDICTION", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 224, "page_imprimee": 197, "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1837, "texte": "RUPTURE\n\n\n                                  Plusieurs de nos collaborateurs, qui ont la\n                                  manie, chaque année, de quitter avec éclat\n                                  la Jeune Belgique pour y rentrer, avec\n                                  tout autant d'éclat, quelques mois après,\n                                  ont jugé opportun d'offrir au public le petit\n                                  divertissement périodique où ils excellent,\n                                  mais en le corsant — pour employer un\n                                  jargon vanté — par la création d'une revue,\n                                  destinée, s'il faut en croire les organes de\n                  la société Biberon et Bourrelet, à nous assassiner, et aussi\n                 — selon le prospectus de l'Art moderne — à professer\n                 l'éclectisme le plus raffiné.\n                    Il est permis de trouver que l'assassinat, même litté-\n                 raire, n'est pas la forme la plus raffinée de l'éclectisme ;\n                 mais il s'agit de notre attitude et non des zigzags esthéti-\n                 ques de ces messieurs.\n                    Les propriétaires de la Jeune Belgique tiennent, confor-\n                 mément à leur habitude, à mettre sous les yeux de leurs\n                 lecteurs les pièces du procès ; et, comme d'aimables génies\n                 d'estaminet, qui voient toutes choses à travers nos bières\n                 nationales, ont répandu le bruit que je désapprouvais la\ncampagne menée par mes amis, c'est moi qui ai revendiqué l'honneur de\nfaire connaître au public les étranges négociations qui ont précédé la nou-\nvelle hégire de M. Eekhoud et de ses clients.\n                                                                      13\n"}, {"page_pdf": 225, "page_imprimee": 198, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2743, "texte": "                                   -   198   -\n\n   On m'excusera si, contrairement à la logique et à la nature des choses,\nje suis ennuyeux en parlant de ces messieurs.\n   Le 13 janvier 1895, M. Georges Eekhoud qui, depuis un an, était rede-\nvenu l'un des collaborateurs les plus assidus de notre revue, fit savoir par\nécrit à M. Iwan Gilkin que MM. Verhaeren et Demolder désiraient rentrer\nà la Jeune Belgique. En même temps, ces deux Arcadiens écrivirent à\nM. Iwan Gilkin pour lui demander un entretien.\n   L'entretien eut lieu. MM. Eekhoud, Verhaeren et Demolder agitèrent des\npalmes de lieux-communs. L'heure était venue de s'entendre, de concentrer\ntoutes les forces contre l'antique ennemi, de rallier les écrivains, les\n« vrais », les « sincères », sans distinction de tendances ou de métier et de\nfaire une plus large place à l'élément jeune, représenté surtout par le rival\nen prose de M. Delattre, M. Pierron. Je passe les variations, patibulaires\nou hallucinées, qui furent exécutées sur ce thème patriotique.\n   Les oreilles encore tintantes de cette Brabançonne inattendue, le directeur\nde la Jeune Belgique soumit le cas aux propriétaires de la revue, et, après\nen avoir délibéré avec eux, écrivit à M. Verhaeren une lettre dont voici le\npassage essentiel :\n   « Sur le terrain littéraire notre situation est très claire. De profondes\ndivergences esthétiques nous séparent et il serait puéril de chercher à con-\ncilier des convictions inconciliables, fatalement destinées à se combattre et\nà se disputer la direction du goût du public et la formation des jeunes écri-\nvains. Sur ce terrain-là, il n'y a pas d'entente possible et les propriétaires de\nla Jeune Belgique gardent les convictions formulées dans les Déclarations\nde janvier 1893.\n   « Mais, tout en gardant leurs convictions, dans l'intérêt supérieur des\nlettres belges et des écrivains de notre génération, ils consentent à\naccentuer le caractère éclectique de la revue, ouverte à toutes les\nécoles et à toutes les tendances. Mais cela ne se peut faire, si l'on\nveut une union sincère et durable, qu'en proscrivant de la revue tout ce\nqui pourrait y rallumer les querelles que l'on a précisément en vue d'étein-\ndre. A cet effet, i° le directeur de la revue exercera un contrôle sans appel\nsur les articles qui pourraient donner lieu à des répliques qu'il jugerait dan-\ngereuses ; il décidera s'il convient ou non de les insérer ; 20 les articles de\nthéories, de critique ou d'esthétique ne seront admis que s'ils présentent\nl'allure d'une étude générale, calme et exempte d'attaques personnelles; LA-\nREVUE CONTINUERA A PUBLIER DES CHRONIQUES LITTÉRAIRES,\nARTISTIQUES ET MUSICALES... »\n  On le voit, sauf en ce qui concerne les droits de la critique littéraire, que\n"}, {"page_pdf": 226, "page_imprimee": 199, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2692, "texte": "                                  — I99 —\n\nle souci de notre indépendance nous commandait de sauvegarder,\nM. Verbaeren et ses amis obtenaient tout ce qu'ils désiraient.\n   Il paraît toutefois que nos concessions n'étaient pas suffisantes. C'est ce\nqui ressort du passage suivant d'une lettre écrite par M. Verhaeren :\n   « Nous sommes d'accord, excepté sur ce point :\n   « Tu m'écris : « Mais en gardant leurs convictions, dans l'intérêt supé-\nrieur des lettres belges et des écrivains de notre génération, ils (les proprié­\ntaires) consentent à accentuer le caractère éclectique de la revue, ouverte à\ntoutes les écoles et à toutes les tendances. »\n   « Voici la rédaction que je propose : « Mais tout en gardant leurs convic-\ntions, dans l'intérêt supérieur des lettres belges et des écrivains de notre\ngénération, les propriétaires renoncent à faire de la Jeune Belgique une\nrevue à programme qui juge les œuvres au nom des principes littéraires\nformulés dans la déclaration de janvier 1893... »\n   Cette fois, on levait le masque.\n   Défendre aux écrivains chargés de la critique littéraire de juger les œuvres\nau nom de tels ou tels principes, c'était renoncer à toute critique, c'était\nabdiquer le droit d'exprimer notre avis dans notre revue. Si nous avions\nconsenti à subir pareille exigence, M. Arnold Goffin et M. Valère Gille,\nactuellement chargés de la Chronique des livres, eussent été privés de leur\nliberté d'écrire. En d'autres termes, nos contradicteurs prenaient possession\n de notre balcon et de toutes nos fenêtres, pour prêcher à la foule l'Évangile\n des toqués; quant à nous, pieds et poings liés, bâillonnés hermétiquement\n selon les règles de la politique d'union, on nous descendait dans la cave, où\n nous conservions la liberté grande de penser sans rien dire, jusqu'au jour\n « piaculaire » où la divinité de MM. Verhaeren, Eekhoud, Demolder et de\n quelques autres candidats à l'apothéose ne connaîtrait plus d'athées.\n    Les négociations furent rompues sur le dos des négociateurs, et on lança\n contre nous, héroïquement, quelques bonshommes de plume âgés de seize\n ans, qui annoncèrent au monde la naissance d'un « Coq assassin ».\n    Les lecteurs de la Jeune Belgique en savent assez pour se prononcer sur\n la moralité de l'incident, et je pourrais m'en tenir aux documents cités, s'il\n ne me plaisait de les faire suivre, en mon nom personnel, de quelques\n réflexions sur les procédés, l'état d'âme et ce qui tient lieu d'esthétique à ces\n messieurs du « Sincère-Club ».\n\n                                      **\n   Donc ces clubmen — qui ont besoin d'intermédiaires — ont jugé bon\nd'exciter contre nous les rédacteurs en chef de certaines revuettes, mortes ou\n"}, {"page_pdf": 227, "page_imprimee": 200, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2822, "texte": "                                    —       200\n\n\n à naître — on ne sait jamais. Est-ce que ces messieurs de l'éclectisme\n assassin s'imaginent que je vais tomber sur des adolescents en mal de\n moustache?\n   Je les ai vus naguère, en 1894, pendus en grappes suppliantes au cordon\n de la sonnette directoriale. Ils disaient, en usant les bords de leur cha-\n peau : « Lorsque je me présente chez un écrivain belge, dois-je l'appeler\n cher maître? » Je répondais avec douceur : « Si c'est un imbécile, n'hésitez\n pas! » Et les sonnets sortaient spontanément de leurs poches ambitieuses. Je\n priais ces visiteurs de revenir lorsque le sonnet serait meilleur. Ils ne revin-\n rent point, naturellement, trouvèrent des « chers maîtres » à qui le sonnet\n parut admirable, et se mirent à sonner le glas de la Jeune Belgique dans\ndes revues de combat auxquelles ils avaient pris la précaution d'abonner les\nmembres de leur famille.\n   Je n'ai rien à dire à ces sonneurs-là. C'est à leurs « chers maîtres » que je\nm'adresse. Allons ! Messieurs du Coq, ne vous cachez pas derrière les pous-\nsins ! Montrez les visages que vous avez et écoutez-moi !\n   Ainsi, Messieurs du Sincérat, vous aviez décidé de nous interdire la cri-\ntique? Et, comme vous êtes équitables, afin de nous indemniser de notre\nsilence forcé, vous nous offriez des vers de M. Verhaeren et de la prose de\nM. Demolder, — sans compter les petites surprises! C'était une bonne\naffaire, — pour vous. Vous ne pouviez qu'y gagner, — mais nous? Pensez-\nvous que la perspective de lire dans la Jeune Belgique la prose saoule de\nM. Verhaeren ou les mémoires inédits de Koedijck sur Jésus de Nazareth\nsoit si riante qu'elle me fasse renoncer au plaisir de siffler les mauvais acteurs\nde la comédie artistique ? Ah ! vraiment, vous êtes fous, mes maîtres !\n   On le voit bien, votre esthétique se réduit à une admiration instinctive\npour tout ce qui tombe de votre plume. Ne connaissant point le monde des\nidées, vous êtes incapables de comprendre que l'on puisse vivre d'amour\npour elles et que la confession de cet amour soit une jouissance à laquelle\ncertains esprits, quoi qu'il leur en coûte, ne renoncent jamais !\n   Il s'agit bien des déclarations de 1893! En 1894, elles n'étaient con-\ntraires ni à la dignité de M. Eekhoud ni à la dignité de M. Delattre,\npuisqu'elles ne les empêchèrent point de collaborer à la Jeune Belgique. Or,\nla simple politesse m'interdit de supposer que ces deux conteurs aient une\ndignité pour l'année 1894 et une dignité pour l'année i8g5 !\n   La vérité, mes maîtres, c'est que vous avez peur de ne pas obtenir de la\nJeune Belgique, pour toutes vos œuvres et pour celles de vos caudataires,\nles éloges frénétiques et les convulsions d'enthousiasme auxquels vous\ncroyez avoir droit ; la vérité, c'est que vous ne voulez pas que la Chronique\n"}, {"page_pdf": 228, "page_imprimee": 201, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "                                 — 201 —\n\n\ndes livres soit confiée à un seul écrivain. Voilà le vrai motif de l'hégire! A\nforce de vous encenser mutuellement, vous en êtes arrivés à considérer la\ncritique comme une trahison et comme une voie de fait. Vous êtes impec-\ncables, infaillibles, divins. Trop enclins à vous faire comparer, par des\nenfleurs de métaphores provinciales, qui à l'Orénoque, qui à Notre-Dame\nde Pari;, qui au mont Blanc, vous avez fini par vous conduire en consé-\nquence et par regarder de travers le passant littéraire qui se permet de dire :\n« Qu'est-ce que ce ruisseau ? Comment se nomme cette chapelle rustique?\n11 semble qu'une taupe a soulevé le sol ! » Je l'affirme, si nous vous avions\npermis de vous proclamer dieux les uns les autres ; si, sous couleur de\ncritique littéraire, nous avions laissé M. Demolder coiffer M. Eekhoud du\nchaperon d'Alighieri et M. Eekhoud décerner à M. Demolder l'héritage\ncombiné de Van Eyck et de Rabelais, en un mot, si chacun avait pu choisir\nson vis-à-vis dans la danse sacrée, je sais un Coq rouge qui serait encore\ndans l'œuf.\n    Mais vous savez bien que ce jeu ne prend pas chez nous. Allez, allez ail-\nleurs avec votre grosse caisse, votre musique foraine, votre voiture dorée,\nle vieux fromage d'Yperdamme que vous portez comme le globe impérial,\net le moule à gâteau que vous prenez pour la couronne de Charlemagne !\n    Faites Charlemagne où il vous plaira, mais pas chez nous !\n    Certes, quand il vous arrivera, grâce à la bonne discipline de naguère,\nd'écrire encore une belle page, — je m'empresserai de la signaler à notre\npublic. Mais n'espérez point que je sois clément pour vos folies, vos incohé-\nrences, votre français en Espagne, vos grimaces de style et vos pataquès (Doo-\nrik). Lorsque vous publierez pêle-mêle avec des contes tragiques comme\nAppol et Brouscard et Climatérie, ces pages d'apprenti, Le N° 23 du Tram­\nway jaune et Bernard Vital, lorsqu'après de beaux drames de rêve sem-\n blables à Pelléas et Mélisande, vous vous oublierez jusqu'à bafouiller\n l'éternelle complainte des trois princesses et des trois anneaux, je continue-\n rai à vous crier de loin : « Holà ! les génies ! Casse-cou, les dieux ! » Et s'il\n vous plaît de donner au monde, comme un pendant au Cantique du Soleil,\n le livre navrant où M. Elskamp imite, à faire pleurer, les salivations pieuses\n d'un vieux nègre tombé en enfance auquel on ferait faire sa première com-\n munion — je prétends user de mon droit au rire, et calculer publiquement\n la dose de ridicule que l'on peut supporter en Belgique sans être tué.\n    Lamentez-voùs ou faites-moi insulter, dans des revuettes éphémères, par\n  de petits polissons masqués, peu m'importe! Je ne composerai point avec\n  une émeute de marionnettes, avec votre conspiration des Pupazzi.\n     Mais — passez-moi ce coq-à-1'âne rouge! — ne vous avisez pas de sou-\n"}, {"page_pdf": 229, "page_imprimee": 202, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2816, "texte": "                                  — 202\n\ntenir, autrement que par poussin interposé, que la Jeune Belgique n'est\npas restée fidèle à son crédo littéraire. Vous savez bien que nous n'avons\npas changé, que nous servons encore les dieux de notre jeunesse. C'est\nvous qui les avez reniés, beaux sires, le jour où vous vous êtes mis à loucher\nd'un œil vers la rue de la Loi et de l'autre vers la rue de Bavière !\n   Est-ce nous qui avons siégé dans des commissions officielles, composé\ndes anthologies à 6,000 francs la tranche, postulé des cours de littérature,\nguigné des prix, imploré des subsides ? Est-ce nous qui larmoyons parce\nqu'on ne rougit pas notre boutonnière et qui rêvons d'organiser des meetings\nde protestation? Est-ce chez nous que l'on trouve les candidats perpétuels\nà toutes les fonctions et à toutes les candidatures ? Ah ! vous me la baillez\nbelle, avec votre appel aux armes contre l'officialisme renaissant ! S'il renaît,\nc'est grâce à vous, et si vous vous cabrez, c'est parce qu'il ne renaît pas\nassez vite !\n   Quant à vos génuflexions littéraires devant l'idole démagogique, jamais\nMax Waller ne les eût apprises sans bondir ! Qu'êtes-vous allé faire à la\nMaison du Peuple, au milieu des courtisans de la foule et des chatouilleurs\ndu suffrage universel? Vous y avez sali notre idéal en servant de parure\nvivante à des politiciens avisés et astucieux. Vous vous êtes laissés encar-\nmagnoler, Messieurs, et en attendant le ruban rouge, vous avez mis le\nbonnet! Ça ira, ça va! Déjà votre art semble frappé d'une mystérieuse\ndéchéance, châtiment de ceux qui, n'ayant pas la patience de servir la\nBeauté pure, demandent une appauvrissante aumône de gloire aux vocifé-\nrateurs de la place publique et à l'incurable bêtise du mob.\n   Vous titubez ainsi du socialisme à l'anarchisme, sans même savoir que\nces deux doctrines sont inconciliables, tant votre pauvreté intellectuelle est\nnavrante, tant il vous siérait de porter votre tête en écharpe, comme un\nbras cassé. Et vous ne vous doutez pas qu'en écrivant, si je puis dire, la\nLégende dorée des Henry et des Caserio, vous versez l'envie et le meurtre\ndans les âmes obscures, vous réveillez le porc et le loup qui dorment au\nfond des cœurs convulsifs. Vous n'êtes que les serviteurs de la Bête san-\nglante : je ne vous connais plus !\n   Où donc auriez-vous puisé le droit de juger la Poésie? Vous ne pouvez\nrien comprendre à nos tourments et à nos joies, vous qui reçûtes pour la\nplupart, dans votre jeunesse, le coup de pied qu'Apollon décoche aux versi-\nficateurs malheureux. Vous pataugez dans le fait-divers sentimental ; — ne\ndiscutez point les miracles de la Rime et du Nombre! Incapables de vous\nélever à la synthèse, je vous défie de vous hausser jusqu'à une parole\nd'humanité universelle, et, selon la belle expression d'un vrai poète,\n"}, {"page_pdf": 230, "page_imprimee": 203, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1186, "texte": "                                — 203 —\n\n\n M. Pierre Quillard, de projeter dans l'infini et dans l'éternel ce qui fut\nauparavant le tressaillement momentané de l'individu. C'est l'Art désinté-\nressé qui est la Charité suprême, et non le cri de guerre que vous arrachez\nà votre égoïste, à votre haineux amour !\n   Quoi ! Vous en êtes maintenant, vous qui nous aidâtes jadis à porter le\npoids d'un grand rêve, vous en êtes à geindre publiquement parce qu'on\nn'achète pas vos livres, à déplorer que l'hommage posthume rendu à Charles\nDe Coster n'ait servi qu'à « faire décorer un bourgmestre », à prendre parti,\nle poing tendu et la gorge gonflée d'invectives, entre les politiciens qui se\ndisputent le pouvoir. L'odeur de comptoir qui s'élève de vos manifestes me\ndonne la nausée. Ah ! les pauvres, pauvres vaniteux à qui j'ai vainement,\ndepuis quinze années, donné des leçons d'orgueil !\n   Passez votre chemin ! Ceux qui vivent au-dessus de vos tètes se détournent\nde vous. Votre révolte impuissante n'est qu'un épisode de la lutte entre la\nprogéniture de Caliban et les fils de Prospero.\n\n                                                    ALBERT GIRAUD\n\n\n\n\n                          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 203, "page_fin": 206, "titre_corps": "Sonnets", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "SONNETS MALÉDICTION", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "POÉSIE PORTUGAISE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 230, "page_imprimee": 203, "debut_caractere": 1186, "fin_caractere_exclue": 1977, "texte": "SONNETS\n                            MALÉDICTION\n\n        O toi, qui pénétras le suprême savoir,\n        A quoi songes-tu donc, accoudé sur ton livre?\n        Prends le manteau royal, puisque le sphinx te livre\n        Son antique secret et le divin pouvoir.\n\n        Pourquoi tarder ? Agis. N'es-tu pas fier d'avoir\n        Atteint les sommets d'or où l'âme se délivre?\n        Ton triomphe orgueilleux t'empêche-t-il de vivre?\n        Ayant conçu ton œuvre, accomplis ton devoir.\n\n        Ah! tu sais à présent le terrible mystère.\n        Maudit sois-tu! maudit du ciel et de la terre;\n        Déjà l'enfer se rue en ton cœur embrasé.\n\n        Malheur à l'homme lâche et servile qui sonde\n        L'abîme et le néant! Tu mourras écrasé,\n        Esclave, sous le poids formidable du monde.\n"}, {"page_pdf": 231, "page_imprimee": 204, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1487, "texte": "                     — 204\n\n\n                    RÉVOLTE\n\nDans la nuit, j'accomplis mon œuvre solitaire:\nJ'ai volé le flambeau que Lucifer   brandit;\nMaître, ayant contre Toi dressé mon front maudit,\nJ'asservirai tes fils à mon noir ministère.\n\nJe leur dévoilerai les secrets qu'il faut taire.\nPlus d'espérance! Au seuil de l'Eden interdit\nJe veille. Sachez tous l'impitoyable édit :\nDans mon trépas vengeur j'engloutirai la terre.\n\nEmbrasé de désirs, ne pouvant plus jouir,\nL'homme enchaîné verra les fleurs s'épanouir,\nConnaissant que pour lui tout n'est qu'ombre et que cendre.\n\nJe porterai partout et le fer et le feu.\nLa Mort! la Mort! la Mort! Déjà, je crois entendre\nTant de pleurs et de cris qu'il me semble être un Dieu.\n\n\n                  (Postscriptum.)\n              A LOUIS DELATTRE\n                                    « Hou, hou, hou ! »\n                                              Louis DELATTRE\n\n        Quand tu courais dans ton village\n                 De blanc vêtu,\n        Rose et joufflu, vif et volage,\n        N'ayant alors pour tout bagage\n                  Que ta vertu,\n\n         Quand tu couchais sur ton ardoise\n                   Ou tes cahiers,\n         Barbouillé de jus de framboise,\n         Les potins charmants du Pontoise\n                  Des écoliers,\n         La chemise fraîche et falote,\n                 — Tout ton trousseau,\n         Tremblant heureuse à ta culotte,\n         Tu nous disais quelqu'anecdote\n                 De ton hameau :\n"}, {"page_pdf": 232, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1094, "texte": "            — 205 —\n\nComment l'étourneau sut (apprendre\n         A babiller,\nEt le geai moucheté de cendre,\nDans les bois, sur le gazon tendre,\n         A (habiller.\n\nMais las! tu fus pensionnaire,\n        Ah! que veux-tu!\nDans ton épais dictionnaire\nTu mis sécher la fleur précaire\n        De ta vertu.\n\nBaste! exploite-la pour ton conte\n        Du mois prochain\nDans /'Art jeune qui sur toi compte\nPour couver sa dernière ponte\n         D'un air serein.\n\nAdieu, hochet, chanson et ronde!\n          Te voici vieux,\nMême ayant, sans qu'on te seconde,\nDe l'esprit comme tout le monde\n         Sans envieux.\n\nMais qu'importe, Fanfan sublime,\n         Ton avenir!\nTu ne seras pas anonyme.\nMets ta robe, douce victime,\n         Tu peux mourir.\n\nFrédérix,  qui rata le coche\n         En Maeterlinck,\nA pris la mouche : il te décroche\nUne médaille, ô cher mioche!\n         Du plus pur zinc.\n\nSois fier, car nous savons tous comme\n          En un seul mot\nIl établissait un grand homme.\nGourmand, tu peux croquer la pomme\n           Ou le marmot.\n\nFais reluire ton auréole;\n         Et lorsqu'un jour\n"}, {"page_pdf": 233, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 560, "texte": "                                      —   206   —\n\n\n                      Tu monteras au capitole\n                      Au son du luth, de la viole\n                             Et du tambour,\n\n                          En caleçon d'or et de soie,\n                                    Des fleurs au front,\n                          Les petits de la Mère l'Oie,\n                          Pour tes contes qui font leur joie\n                                    Te recevront.\n                                                        VALÈRE GILLE\n\n\n\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 206, "page_fin": 207, "titre_corps": "Poésie portugaise", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Eugenio de Castro", "ancre_debut": "POÉSIE PORTUGAISE", "ancre_fin": "EUGENIO DE CASTRO", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LES TENDRESSES VAGUES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 233, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 560, "fin_caractere_exclue": 1739, "texte": "POÉSIE PORTUGAISE\n                                    OBSCURITÉ\n\n             Tu souffres amèrement — De me voir ignoré, obscur... —\n              Sur tes joues pâles, je vois passer — De lumineuses proces-\n              sions de larmes.\n          s\n                 Ne pleure plus ! Rejouis-toi ! — Que tes yeux chantent\njoyeusement! — Les grandes flammes meurent vite, — Mais la braise\nrougit longtemps sous les cendres !\n  O ma frileuse ! viens te chauffer — Au feu de mon orgueil : — Je connais\nune étrange fleur — Qui n'a de parfum que pendant la nuit !\n  Ne pleure plus ! — Des mois et des ans s'écoulent — Avant que la\nlumière des étoiles arrive à la terre : — Mes vers, chérie! sont les frères de\nces étoiles!\n  (Du recueil   Sylva.)\n\n                                    BAL MASQUÉ\n\n   Mon air est joyeux — Comme un souper de jeunes gens; — Mes yeux\ns'égaient — Quand ils voient des yeux aimés ; — Ma bouche verse des\nsourires — Aux amis, aux indifférents...— Mais mon âme est triste —\nComme la fille d'un condamné à mort.\n   Je suis semblable à ces bonnes gaies et saines, — Qui conduisent, dans\nles jardins, — Des petits enfants paralytiques...\n  (Du recueil   Sylva.)\n"}, {"page_pdf": 234, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 771, "texte": "                               — 207 —\n\n\n\n                              PRESAGES\n\n  Quand je naquis, on appelait au feu — Dans ma paroisse, — Et dans la\nmaison en face un pauvre joueur — S'ouvrit les veines, quand je naquis.\n  Une petite sœur est venue avec moi — Du Rien à la Vie, — Si elle n'était\npas morte, j'aurais vu amoindries — Les cruautés de cette mer profonde.\n  Mais la jumelle que Dieu m'avait donné — Mourait bien vite, — Mourait\nmal née... — Et dans ma paroisse on appelait au feu...\n  Avec de tels avis, avec de tels présages, — Que devrais-je espérer? —\nHaines, tourments, deuils et naufrages, — Ceux qui sont déjà venus et ceux\nqui vont venir...\n (Du recueil Interlunio.)\n                                             E U G E N I O D E CASTRO\n\n\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 207, "page_fin": 208, "titre_corps": "Les Tendresses vagues", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Franz Ansel", "ancre_debut": "LES TENDRESSES VAGUES", "ancre_fin": "Avril 1894", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 234, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 771, "fin_caractere_exclue": 1784, "texte": "LES TENDRESSES VAGUES\n                DES F L E U R S DANS LES CHEVEUX!\n\n         Puisqu'Avril a gonflé d'émoi vos jeunes seins,\n         Vierges que nous aimons! volez en fols essaims\n         Par les bois lumineux où l'âme s'émerveille\n         Au sourire enchanteur du Printemps qui s'éveille!\n\n         Puis, sur le frais gazon groupez-vous, et semez,\n         Semez de fleurs des prés vos cheveux embaumés\n         Que dénoue à demi le souffle pur des brises :\n         Dans la douceur du soir, quand nos lèvres éprises\n         Couvriront lentement vos tresses de baisers,\n         Nous sentirons ainsi, subtilement grisés,\n         Vers nos sens tout émus d'un plus céleste trouble,\n         Des fleurs et des cheveux monter le parfum double!\n\n                            EN EXTASE\n\n         Comme une molle écharpe autour de souples reins,\n         Dolemment et sans bruit, sur les coteaux sereins\n         Le Soir a déroulé ses brumes languissantes,\n         Et voici qu'un mystère enveloppe les sentes.\n"}, {"page_pdf": 235, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1837, "texte": "                         — 208 —\n\n   Amie.' unis aux miens tes blancs doigts écartés :\n   Nous irons dans la brune, aux suprêmes clartés\n   Dont s'épanche aux lointains la splendeur souriante;\n   Et lorsque descendra l'ombre pacifiante\n   Où les champs sont plus beaux et notre amour plus doux,\n   Tu me feras d'un geste asseoir à tes genoux.\n   Et nos cœurs berceront leur vague somnolence\n   Aux voix qui pour eux seuls s'exhalent du silence!\n\n                     DÉFAILLANCE\n\n   Que tes bras arrondis, s'entrelaçant aux miens,\n   A mon corps maladif soient de tendres soutiens :\n   Car voilà se répandre en la blonde vallée\n   Des aromes trop lourds dont ma tête est troublée...\n\n   Avant que d'effeuiller de plus chaudes douceurs,\n   Sous la tiédeur de tes lents baisers guérisseurs\n   Dissipe sur mon front cette sueur de glace,\n   Et, pressant dans ta main cette main froide et lasse.\n   Mène ma défaillance au cristal des ruisseaux :\n   Plus tard nous sentirons, en d'apaisants berceaux\n   Où pendent sans odeur les fleurs d'or des cytises,\n   S'éveiller en tremblant nos chastes convoitises!\n\n                L'AMOUR SILENCIEUX\n   L'ombre est tombée enfin qu'attendaient nos espoirs :\n   Car la fleur de tendresse est une fleur des soirs,\n   Nexhalant son parfum d'heureuse quiétude\n   Qu'aux jardins du silence et de la solitude.\n\n    Nous qu'un désir d'aimer trouble encore, oh! fuyons\n    Bien loin des chants de fête et bien loin des rayons,\n    Fuyons en quelque obscure et paisible retraite\n    Où ne puisse nous suivre une joie indiscrète,\n    Où l'âme s'alanguisse à l'abri des rumeurs;\n    Demandons le sommeil aux baisers endormeurs,\n    Aux étreintes aussi que la nuit fait plus molles,\n    Et laissons les regards... et laissons les paroles!...\n\n                                               FRANZ ANSEL\nAvril 1894."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 209, "page_fin": 212, "titre_corps": "Proses lyriques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "PROSES LYRIQUES", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS AURORA", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 236, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 2550, "texte": "PROSES LYRIQUES\n                        L'ENFANT PRODIGUE\n\n               A la fièvre bruyante de ce jour de fête inattendue, aux explosions\n                criardes de la joie volubile des serviteurs, la nuit soudaine et\n                le repos ont succédé, et le silence : — la cour et sa galerie\n                haute désertées par les convives mercenaires s'emplissent de\nfraîcheur et du monotone murmure fluide des fontaines...\n    Le patriarche et sa famille, complète à cette heure, s'engourdissent de\nmuette lassitude heureuse, songeant aux avenirs promis de bénédiction et\nde prospérité. Et tandis que les derniers-nés s'endorment, leurs yeux noirs\nébahis fixés sur le grand frère inconnu, le vieillard, hochant sa tête ensom-\nmeillée, balbutie des oraisons de gratitude, sourit, parfois, à son allégresse\nou entrouvre l'œil pour apercevoir, installé là, vraiment, en face de lui,\nl'héritier miraculeusement retrouvé.\n    Délivrée, à présent, du souci des nourritures, de l'ordonnance du festin,\nles servantes congédiées, la mère admire l'enfant perdu que la pitié du Très-\n Haut a reconduit au bercail, le premier fruit de sa fécondité, conçu au\ntemps de sa jeunesse et de son insouciance... Elle cligne les paupières, lors-\nqu'elle croise l'indécis regard, fugitivement caressant, du jeune homme,\n assourdit l'éclat ravi de ses doux yeux de gazelle, humides de félicité ; car\n l'excès de son plaisir contristerait ce fils pleuré si longtemps, et lui serait\n comme un reproche...\n     Les bains aromatisés et les essences précieuses ont ravivé la nerveuse\n beauté mâle du voyageur basané par la dure expérience et la vie ; la large\n robe, dont la brune étoffe lumineuse et pourprée se borde de la bande vert\n sombre où se lisent le schéma et les insignes lévitiques, a remplacé ses hail-\n lons de la veille... De quelle majesté il resplendit, maintenant, le chef pré-\n  somptif de la tribu, dans sa force adolescente et si fière !...\n     — Au delà du décor paisible de ce soir familier, cependant, derrière les\n  parents qui l'entourent, quelque chose fascine et captive la pensée du vaga-\n  bond réconcilié, offusquant jusqu'au tremblant amour exalté de cette mère\n  très chérie, — quelque chose, impératif et tendre, à l'appel plus insidieux et\n  persistant de quoi il secouera sa torpeur coupable, se lèvera tout à coup de\n  cette maison étrangère, déchirera son somptueux costume et dépouillé et nu,\n  se remettra en marche, sans un coup d'ceil de regret, même, à la femme\n"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "                                   — 210 —\n\n éperdue dont la stupeur et l'angoisse viennent de l'enfanter pour la seconde\n fois...\n    Mais, avant qu'il ait ébauché un mouvement, il retombe sur son siège, la\n tête basse, les cils frangés de larmes incandescentes : — Pour avoir fléchi\nune heure, et douté, il s'est abdiqué à jamais, voué à l'assoupissante\nquiétude journalière, au veau gras éternel ! Ses jours nomades sont révolus,\ndésormais, l'âpre enivrement et l'orgueil désespéré de la famine volontaire\net de la détresse... Il n'errera plus, libre, parmi les roches calcinées, à la\nlisière brûlante des sables lybiques, au travers les solitudes herbues du Liban\nenchanté; pâtre émerveillé, dont le soleil élargi sur la pauvreté splendide de\nla terre, les astres multipliés de la nuit chaldéenne, attisaient l'extase et\nnourrissaient la douleur...\n\n\n                         IMPRESSION OBSCURE\n\n    Suspendu au-dessus du pont fantômal dont le tablier tremble sous les\nfiles quadruplées de véhicules et de piétons, au-dessus de l'horreur fantas-\ntique de la rivière, de ses arches et de ses berges noires, sourdement, un\ndisque incertain luit; phare trouble, signal embrumé, dérisoire fanal de\nl'infrangible brouillard et de la bruine... Blafarde pièce d'or érigée là-haut\nainsi que le fuligineux symbole de cette capitale puissante et dure ; emblême\nvers lequel une buée humaine, la vitale sueur de misère, de honte et d'agonie\nmonte, opaque et lourde vapeur, comme vers le tabernacle d'une équivoque\nidole, ostensible et voilée, l'encens stagnant de la convoitise et du désir.\n    — Ailleurs, très loin d'ici, tes rayons, ô soleil pur, se réfractent sur des\ncimes de marbre ou escarbouclent de joyaux et de flammes les eaux sacrées\ndes mers orientales ; mais nous, nous repoussons la joie de ta lumière qui\nferait fermenter le misérable sang aigri de nos esclaves, distrairait l'ordre\nconvulsif de notre agitation et de nos trafics...\n\n   Sans apercevoir l'astre obnubilé derrière son écran blême, le fleuve maus-\nsade et les maisons suintantes, ni les remous mécaniques et résignés de la\nfoule aux issues encombrées du pont, chacun de ces passants innombrables\nva, droit devant lui, du même pas hâtif, et flexible et résolu. Accaparé\ntout entier par sa propre pensée, sa précise ambition actuelle, il interrompt\nsa marche, attend patiemment, sans curiosité ni murmure, que la circula-\ntion soit rétablie et de pouvoir continuer sa route, si attelé à son but,\nspirituel ou pécuniaire, que sa muette docilité aux injonctions de police\ndonne à cette multitude la passive allure moutonnière d'un troupeau. Mais\n"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2719, "texte": "                                  — 211     —\n\n\nl'individualité s'exagère, sans doute, des raisons mêmes qui devraient\nl'humilier et l'anéantir; et quoique noyé au flux houleux de ce peuple, cha-\ncun existe par soi-même, dans sa stricte et violente indépendance, parcourt\nson chemin humble ou royal, — isolément!\n     Emouvante contemplation qui, trop prolongée, stupéfierait le spectateur,\nle griserait jusqu'au délire : — car l'inépuisable et à peu près silencieuse\nfuite, l'effacement continuel et rapide derrière les fluides murailles du\nbrouillard, de cette cohue si peu collective; chacun de ces êtres passagers\nfomentent mille inductions, incitent l'esprit à d'irritantes questions insolu-\nbles : Individus de toute caste, opulents ou dénués, gens de loisir ou de\npeine, oisifs ou vagabonds, mais dont la fugace silhouette saisit et passionne\net préoccupe, singulière d'indigence compassée, d'anguleuse élégance ma-\n niaque, d'originale distinction, toujours, et caractéristique.\n     Visages! masques repoussés d'âmes exorbitantes... Sculpteur expert, pra-\n ticien au ciseau sincère, inflexible et fin, l'âme, vraiment, a modelé ces traits\n à sa ressemblance, ignoble ou hautaine; émacié les chairs, précisé le profil,\n aminci le galbe de cette face altière ; creusé le sillon triangulaire qui navre\n ou sardonise ce sourire...\n      Parfois, au milieu de ce défilé d'effigies anonymes, frappées toutes à la\n reconnaissable empreinte folle, noble ou vile de leur ambition, des jeunes\n  filles passent, des adolescents, délicieux de grâce chaste et de vivacité puérile\n  et qui traversant la brume comme du sillage prime-sautier de leur présence.\n  Et, aussi, mainte créature hermétique dont la corrosive beauté rousse, les\n  magnifiques et farouches prunelles insolentes semblent d'un ange foudroyé,\n  orgueilleux de sa rébellion et, plus encore, de sa chute...\n      — Probable illusion, énigmatique réminiscence exaltée, l'image long-\n  temps me hanta d'une juvénile figure triste, désolée de science vaine sous\n  son auréole virginale ; une face poignante d'énergie morne, sanctifiée de\n   profonds yeux meurtris, — des yeux dont l'implorant regard rédempteur,\n   onctueux et incendié, résumait et signifiait à ma mémoire, Londres, l'hallu-\n   cinante cité des âmes:..-\n\n\n                          VÉNUS F L O R E N T I N E\n                                                  D'après SANDRO BOTTICELLI\n\n   Tandis qu'affublés du casque éblouissant et de l'armure abandonnés par\n Mars, d'espiègles amours jouent et s'essayent à brandir sa lance irrésistible,\n — accoudée en une pose nonchalante, le gracile contour de son corps exquis\n voilé d'une robe mièvre de printemps et de fleurs, la déesse considère d'un\n"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1227, "texte": "                                      212\n\n\nœil aiguisé de surprise enfantine et d'expérience, naïf, à la fois, et perspi-\ncace, l'adolescent divin assoupi dans sa force souple et sa virilité...\n   Le port jeune et hardi de la tête de l'immortelle, l'ovale pointu de son\nvisage, creusé, à la naissance du nez, d'une précoce ride altière, témoignent\nl'orgueil d'une âme nativement élyséenne. D'entre ses impérieuses lèvres\nsubtiles, — de ses yeux, impudents d'ingénuité, irisés, sous leurs sourcils\nfiers, de malice et d'extase, et où chatoie la lueur clandestine du délice pro-\nmis, — d'inépuisables effluves émanent, fascination parfumée, périlleux et\nsuave vertige...\n   Exhalées du bois voisin, planté de noirs lauriers aux fûts frêles et droits,\nles vibrations rhythmées de la cithare sévère et de la lyre, comme des ondes\nharmonieuses et volatiles, se propagent parmi la très pure atmosphère,\nexaltent le paysage à l'unisson ardent de leur incantation, vont enivrer et\nravir Vénus, elle-même, de la naturelle apothéose, de l'efflorescence grave et\ncandide, de l'héroïque volupté de la terre langoureuse et sanglante...\n\n                                                    ARNOLD GOFFIN\n\n\n\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 212, "page_fin": 214, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Delville", "ancre_debut": "VERS AURORA", "ancre_fin": "JEAN DELVILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 239, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 1227, "fin_caractere_exclue": 2166, "texte": "VERS\n                                  AURORA\n                                                           A VALÈRE GILLE\n\n                   Mon cœur s'éveille dans l'aurore\n                   comme un soleil d'espoir nouveau\n                   et qui fera, jeune flambeau,\n                   germer mon sang heureux d'éclore.\n\n                   Aux horizons clairs et bénis,\n                   déjà, dans lor pur qui s'allume,\n                   l'on voit partir l'ombre et la brume;\n                   les bois sacrés sont pleins de nids.\n\n                   Je sens en l'âme universelle\n                   grandir la vie et la bonté,\n                   et sous mon sein d'albe clarté\n                   couler la source maternelle.\n\n                   Tout est candeur, tout est divin\n                   parmi les forces de la terre ;\n                   le beau vol bleu de la chimère\n                   n'ascendra pas le rêve en vain.\n"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 213, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1441, "texte": "                        213\n\n\n       Les choses sont comme un sourire\n       empli de gloire et très pieux ;\n       ainsi naissaient les jeunes dieux\n       dans le bonheur d'un panégyre.\n\n       L'esprit humain baise les fleurs;\n       lassé de songe et de fantômes,\n       il vient errer sur les aromes\n       et se baigner dans les lueurs.\n\n       Scintillements de l'espérance,\n       rosée ardente des projets,\n       en moi rayonne par grands jets\n       l'apothéose de l'Enfance !\n\n\n                 HOMO LIBER\n\nLe pur sein maternel où tu buvais la vie,\ncher enfant ébloui de l'auroral soleil,\nest tari! — Le Désir, en un obscur éveil,\nva darder dans ton sang les poisons de l'Envie.\n\nLa révolte a soufflé, gorgone inassouvie,\nle murmure obsesseur d'un tragique conseil :\n« Homme libre, tu peux, sous le grand ciel vermeil,\négorger tous les dieux de la terre asservie! »\n\nDepuis, entre l'aurore et l'éternel déclin,\non te voit étreignant ta sanglante chimère,\net transpercer d'orgueil le cœur d'or de ta mère.\n\n— Enfant désorbité dans un rouge destin,\ntu resteras toujours l'esclave de tes haines,\nsi l'Instinct et l'Erreur t'enlacent de leurs   chaînes!\n\n\n                LE VEAU D'OR\n\nDieu de grand prestige et d'hallucinant métal,\nl'impur Veau d'Or se dresse au faible cœur du monde.\nLes peuples, à genoux, autour du piédestal,\nbaisent l'énorme idole en un baiser immonde.\n                                                       14\n"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 214, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1215, "texte": "                    — 214 —\n\nBaphomet ! Baphomet! le sang brûle et l'or gronde\ndans ton sein aimanté par les courants du mal!\n Voici que les élus, dans une ardente ronde,\ntournent, ensorcelés, sous l'antique Animal!\n\nAvares et voleurs, ladre et prostituée,\nartiste, riche, fou, pauvre, croyant, athée,\ntous les blêmes passants que la terre vomit,\n\nles amants, les époux, le prêtre et le poète,\net tout ce que l'humain a d'horrible et de bête\nsous les flancs d'or du dieu sinistrement gémit!\n\n\n               LE LIVRE SACRÉ\n\nDe mes ferventes mains tournant tes pages d'or,\ncomme si mes doigts purs palpaient de la lumière,\nô Livre immense et clair, ta puissante prière\nrévèle dans ma nuit le mystique trésor !\n\nMon esprit, dans le soir, ouvre ses regards d'ange\npour plonger leur éclat au fond de ton savoir ;\nà ceux qui te liront le Secret f era voir\ncomment l'amour divin fait rayonner la fange.\n\n— Eternel, et voilant l'effroi de l'univers,\nun mystère ineffable a mêlé l'homme aux vers\net l'idéal humain aux plus divines flammes.\n\nEt, du fond de la chair à l'azur consulté,\ntu soulèves le voile enveloppeur des âmes\nau souffle sibyllin de ton verbe enchanté.\n\n                                        JEAN DELVILLE"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 215, "page_fin": 216, "titre_corps": "Un Tableau de Memling", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "UN TABLEAU DE MEMLING", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 242, "page_imprimee": 215, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 2659, "texte": "UN TABLEAU DE MEMLING\n               I1 y a peu d'années, on découvrit dans une petite église espa-\n                 gnole un tableau gothique d'une merveilleuse beauté. Divisé\n                 en trois panneaux, il ornait l'orgue. Il n'était pas moins\n                 remarquable par ses qualités esthétiques que par ses dimen-\nsions. Quelques critiques l'ont attribué à Memling; d'autres ont contesté\ncette attribution, mais ils n'ont pu nier la splendeur du chef-d'œuvre.\n   Son dernier détenteur, M. G..., l'offrit en vente à l'Etat belge pour\n240,000 francs. La somme était forte, mais s'il s'était agi d'un véritable\nMemling, on eût fait un bon marché en le payant 500,000 ou 600,000 francs.\n   M. G... s'avisa de déposer ce tableau chez Mlle Euphrosine Beernaert,\nartiste bien connue et sœur de M. le président de la Chambre des députés.\nCependant les négociations se poursuivaient entre M. G... et l'État belge.\nCelui-ci faisait le mijauré, trouvait le tableau superbe mais le prix excessif,\ntremblait d'avoir à proposer à la Chambre un crédit spécial qui eût excité\nl'indignation des socialistes et lanternait sans parvenir à prendre une réso-\nlution.\n   Sur ces entrefaites, Mlle Beernaert offrit à l'État 25,000 francs et M. Beer-\nnaert, dit-on, y joignait 15,000 francs; si bien que l'État n'avait plus à\npayer que 200,000 francs au lieu de 240,000 francs.\n   Des dons aussi généreux sont chose rare en notre pays et pour cette méri-\ntoire munificence M. et Mlle Beernaert ont droit à la gratitude de tous ceux\nqui portent quelque intérêt à la richesse de nos musées. Cette générosité eût\ndû mettre fin aux hésitations de l'État. Ne convenait-il point de l'honorer,\n ne fût-ce qu'à titre d'exemple, et de témoigner quelque gratitude aux\n donateurs ?\n    L'État méditait encore, lorsque l'Art moderne lui enjoignit brutalement\n de rejeter l'offre de M. G... et de repousser les dons de M. et de Mlle Beer-\n naert. Ce texte extraordinaire mérite d'être mis sous les yeux de nos lecteurs.\n Le voici :\n\n  Nous n'avons pas vu le morceau. On le dit méritoire.\n  Mais ce que nous avons vu c'est l'extraordinaire procédé employé pour le faire valoir.\nM. Beernaert est membre de la Commission et voici que c'est chez sa sœur que l'œuvre est\nexhibée. Et voici que par des invitations multipliées on a fait défiler dans ce milieu quasi\nofficiel, non le public, mais la cohue des mondains et des snobs qui gobent tout ce qu'on\nleur raconte comme les bornes-poste les lettres qu'on y jette. Pensez donc, une mar-\nchandise patronnée par la proche parente du président de la Chambre, chef du cabinet\n"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 216, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3245, "texte": "                                       — 2l6      —\n\n puisqu'un conservateur malicieux a dit que M. Beernaert avait déposé M. de Burlet à sa\n place ainsi qu'on met son gibus sur un siège pour le retenir. Que voulez-vous que fît la\n Commission après une manipulation, un pelotage et une trituration de cette envergure!\n C'est à la fois habile et bête et peut prendre rang parmi « les gaucheries » du même acabit\n auxquelles on nous a habitués.\n   Par ces temps de Suffrage universel prenant, ces manoeuvres de coterie sont particuliè-\n ment odieuses. Puisque l'on a jugé à propos d'envoyer le hichliffe dans un salon privé\n bafouiller ses admirations frivoles, ce serait bien le moins qu'on permît au public de for-\nmuler aussi ses impressions. Le Soir le réclame avec insistance, mais ajoute mélancolique-\nment : « Le gouvernement se rendra-t-il à ces bonnes raisons ? Tout porte à croire que\nnon. Nous ne nous faisons aucune illusion à cet égard. La routine est trop enracinée pour\nque le ministre ose ne pas la respecter, cette fois comme toujours. Quoi qu'on dise et\nqu'on réclame, la proposition d'achat qui lui est faite sera approuvée, n'en cloutez pas.»\n   Faut voir, pourtant, faut voir! M. de Burlet, précisément parce qu'on le discute et\nqu'on lui impute de n'être qu'un chef de cabinet d'occasion et purement intérimaire, en\nattendant la rentrée du grand ministre, pourrait se piquer au jeu dans une affaire où le\ngrand ministre et sa parente tiennent la queue de la poêle. Vous nous direz que M. de\nBurlet avait solennellement promis à la Chambre d'ordonner une enquête pour faire l'his-\ntoire de la commission du Musée en ces derniers dix ans et que cette enquête a été, dans\nles oubliettes, rejoindre les enfants morts sans baptême. Nous en convenons, mais cette\nfois il est plus directement question de son amour-propre et de son initiative qu'on a l'air\nde vouloir forcer. Eh ! eh ! ça pourrait faire tourner le vent. Et tant mieux pour le bien\npublic qui n'a d'ordinaire d'autre garantie que ces infiniment petits.\n\n    L'article de l'Art moderne a-t-il produit un effet décisif ou le gouver-\n nement a-t-il reculé devant les critiques de l'opposition ? Quoi qu'il en soit,\nl'offre de M. G... ne fut pas acceptée, non plus que les 40,000 francs de\n M. et de M lle Beernaert. Le tableau eût été perdu pour la Belgique si le\n Musée d'Anvers ne se fut empressé de l'acheter : il bénéficia d'ailleurs du\ndon gracieux de M. Beernaert et de sa sœur.\n   Nous ne pouvons croire que le scandaleux article de l'Art moderne ait\ninfluencé la décision du gouvernement et privé le Musée de Bruxelles d'un\nchef-d'œuvre admirable. Il n'y a là, sans doute, qu'une coïncidence malheu-\nreuse; mais elle est fort regrettable.\n   Si nos souvenirs sont exacts, l'Art moderne a naguère adressé d'émou-\nvants appels à la générosité des particuliers, les suppliant d'offrir aux musées\npublics des tableaux achetés de leurs deniers. Le conseil était bon. Aussi\nl'Art moderne ne permet-il à personne de le suivre : les aménités qu'il\ndécoche à M. Beernaert ne sauraient être prises pour un encouragement.\n   Quant à nous, cette malheureuse affaire nous inspire de vifs regrets.\n\n                                                                 IWAN GILKIN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 217, "page_fin": 217, "titre_corps": "Le Coq rouge", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Mourzouck", "ancre_debut": "LE COQ ROUGE", "ancre_fin": "MOURZOUCK", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 244, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 993, "texte": "LE COQ ROUGE\nSur les anémones des bois\nLe printemps luit, la brise danse.\nLes arbres comme de vieux rois\nTremblent de joie et d'espérance.\n\nLà-bas au fond d'un cabaret\nDes gardeurs de dindons vont faire\nChanter un coq rouge. Il parait\nQue ce coq n'est pas ordinaire.\n\nIl bat d'une aile, il tousse un peu\nComme une poule étique, il vibre,\nSe hérisse et crie avec feu :\n« Moi, je me fiche du vers libre!\n\n« Mais je ne permettrai jamais\n« Que l'on m'impose la grammaire,\n« Voire la syntaxe, et j'admets\n« Encor moins le dictionnaire.\n\n« Je suis un oiseau du terroir\n« Papou, papoue est ma harangue\n« Et je parle aussi le Pied-Noir\n« Mais le francais n'est pas ma langue.\n\n« Je chante faux? Ça m'est égal.\n« Les rossignols n'ont qu'à se taire.\n« Je chante mon fumier natal\n« Avec un sentiment sincère.\n\n« Et f obtiens honorablement\n« Les bravos des socialistes\n« Et l'argent du gouvernement\n« Avec le mépris des artistes. »\n                                      MOURZOUCK"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 218, "page_fin": 221, "titre_corps": "Chronique littéraire : Les Verslibristes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE ARTISTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 245, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 58, "fin_caractere_exclue": 3009, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                             Les    Verslibristes.\n\n               Lapublication simultanée du Domaine de Fée de Gustave\n                Kahn, d'Aréthuse de H. de Régnier, du Victorieux de Ferdi-\n                nand Hérold et de En Symbole vers l'apostolat de Max Els-\n                kamp, nous fournit aujourd'hui l'occasion d'étudier le vers\nlibre en lui-même, dans ses causes et dans ses effets.\n    En France, on admet à la fois l'ancienne prosodie et la prétendue nou-\nvelle. C'est ainsi que nous voyons des écrivains, comme André Fontai-\nnas, H. de Régnier ou Moréas, sacrifier tour à tour à l'alexandrin et au vers\npolymorphe. Mais en Belgique, nous sommes plus avancés. L'Art moderne\nannonce que le vers libre s'est imposé vainqueur à ses rédacteurs. Cette nou-\nvelle n'étonnera personne. Depuis dix ans, nous sommes habitués à lire\ndans ce Moniteur de toutes les inventions de multiples et contradictoires\nprofessions de foi, qui, si elles étaient signées, n'en seraient pas moins\nanonymes. Il faut bien être à [la mode, et quand on pratique le dindisme\nlittéraire, la dernière plume est toujours la plus belle. Croire à des vérités\n éternelles même en esthétique, le bon billet! Et l'évolution, la fameuse loi\n de l'évolution, qu'en faites-vous? L'on viendrait m'affirmer demain que\n la somme des trois angles d'un triangle n'équivaut plus à deux droits,\n que je n'en serais pas plus étonné.\n    Le phénomène est très naturel : en fait de littérature, nous sommes ici en\n pays de parvenus. Quelques années nous ont suffi à amasser une richesse\n inattendue. Plusieurs de nos écrivains ont été éblouis. Ils ne voulaient pas\n se laisser croire arriérés, et pour cacher leur origine récente, s'empressaient\n d'afficher des modes les plus excentriques que la blague parisienne inno-\n vait dans quelque Chat noir. Ceux-là ne discutent pas ; ils font des méta-\n  phores, et des métaphores qui se suivent comme les jours et ne se ressem-\n  blent pas. Ils ont deux ou trois mots qu'ils gonflent en roulant des yeux de\n  cannibales : évolution, progrès, nouveauté, originalité, etc. Tambours-\n  majors des lettres, ils gesticulent comme des moulins à vent en s'en\n  allant à la parade. Ils ne savent pas où ils vont, mais ils vont en avant.\n  De crainte de passer dans les chemins tracés, ils battent la campagne et ne\n  s'arrêtent qu'aux maisons où une vessie se balance à la porte. Sur la der-\n  nière vessie est inscrit aujourd'hui : vers libre. Ce simple adjectif libre a\n  transporté les cœurs. A une époque où l'on parle avec tant d'enthousiasme\n  de liberté, d'amour libre, de groupement libre des individus, d'esthétique\n  libre et d'orthographe libre, l'étiquette devait avoir du succès.\n     Nous ne sommes pas de ceux qui ménagent, en des phrases ondoyantes\n  et fuyantes, leur habituelle prudence ou leur nuageuse hésitation. Notre con-\n  viction est celle-ci : Jamais une œuvre, faite dans la forme hybride du pré-\n"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3370, "texte": "                                   — 219 —\n\n tendu vers libre, n'a été ou ne sera une œuvre d'art. Nous pouvons la décla-\n rer défectueuse à priori; car d'un côté elle n'est que de mauvais vers, ou de\n l'autre, de mauvaise prose, des vers auxquels il manque l'harmonie du\n nombre, ou de la prose sans l'harmonie des périodes.\n    Mais la forme défectueuse semble, de nos jours, ne gêner que très médio-\ncrement ceux qui se pâment d'admiration dès qu'ils rencontrent un bout\nd'idée sympathique,ou ceux qui ne recherchent que l'émotion violente. Con-\nfondre l'intérêt et l'émotion avec le beau, voilà les deux grandes hérésies du\nmoment.\n    Il suffit aujourd'hui d'écrire, fût-ce même dans le plus flamboyant des\nmacaques, un conte vaguement anarchiste ou collectiviste, pour que quel-\nques critiques benoîts poussent des onomatopées admiratives ou pleurent\nd'attendrissement sur la grande âme de l'auteur. Une grande âme peut\navoir un très mauvais style. Que m'importe que vous me disiez les aspira-\ntions, les souffrances, les révoltes des miséreux, si votre nouvelle est écrite\nen un langage de cabaret, si les proportions en sont mal gardées et si le\nrécit est conduit en dépit de la logique. Une œuvre n'est pas belle parce\nquelle raconte les iniquités des bourgeois; ce n'est pas le sujet en lui-même\nqui fait l'œuvre d'art, mais la façon dont il est traité, c'est-à-dire, la forme\nqu'on lui donne. Vous vous réclamez de l'art social. Mais qu'est-ce au fond\nque votre art social? Tout simplement celui qui servirait d'une façon quel-\nconque à renouveler la société selon vos idées à vous. C'est alors tomber\ndans le sujet obligatoire et en arriver à un despotisme plus terrible que le\ndespotisme académique. A ce compte-là, la Carmagnole est plus belle que\nle Chant du Printemps de la Valküre, et la Vénus de Milo n'aurait quelque\nvaleur que si elle était coiffée du bonnet phrygien. Qu'un sujet social soit\nintéressant pour le moment, j'en conviens ; mais au-dessus de cet intérêt pas-\nsager, tiré des circonstances actuelles, il y a l'intérêt artistique qui, lui, n'est\npas soumis à des lois transitoires. C'est celui-là que le véritable artiste doit\navoir en vue. Que ces prétendus artisans de l'œuvre de rénovation se mon-\ntrent donc plus logiques et plus déterminés ; qu'ils se rappellent cette parole\nd'Ibsen : « Ce ne sont pas des rêves et des vers, et des phrases qui sont néces-\nsaires à la grande cause humaine, ce sont des actes » : et qu'ils aillent se\nfaire tuer sur une barricade.\n    La seconde hérésie, c'est la recherche de l'émotion avant tout. Elle a son\npoint de départ dans l'émotivité maladive de la plupart de nos contempo-\nrains dont le système nerveux délabré a besoin de secousses violentes. En\nart, cela mène tout droit aux effets matériels ayant pour but la sensation\npure et simple, et à la confusion de l'émotion brutale avec l'émotion esthé-\ntique. Cette nécessité de soulager son agitation nerveuse a fait le grand\nsuccès de la musique sensuelle moderne, et a engendré par confusion le vers\nlibre.\n    Dans l'esprit des novateurs, le vers libre devait rendre directement la\nmobilité ardente et changeante de la passion. Ils avaient besoin d'un\nrythme souple et variable à l'infini ; mais ils se trompaient, en continuant\nà employer les vers, matériellement insuffisants, là où ils auraient dû se\nservir de la musique ou de la prose.\n"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3513, "texte": "                                      — 220 —\n\n\n    Le langage a pour mission, avant tout, de formuler la pensée. Qu'à l'ori-\n gine il ait été purement émotionnel et imitatif et qu'il soit tel encore chez\nquelques sauvages et chez quelques dégénérés, actuellement il ne sert plus,\n chez les nations civilisées, qu'à traduire les idées. Les sentiments ne sont\nplus, par lui, rendus brutalement, dans leur agitation obscure, ils sont ana-\n lysés dans leurs effets et dans leurs causes, et rentrent ainsi dans le domaine\n de la littérature. Leur libre extension est arrêtée par la réflexion, leur mou-\nvement naturel est entravé et comme conséquence le rythme, qui les aurait\ntraduits, devient secondaire. Le professeur Joseph De Smeth, dans une bro-\nchure d'une remarquable clarté, a établi cette loi de l'humanité évoluant du\ntype émotionnel vers le type intellectuel, et pour y retourner, pourrait-on\najouter, aux époques de décadence. Au premier appartient la musique pri-\nmitive et son succédané ridicule, le vers libre, au second la prose ordinaire\net la poésie.\n    Si la littérature a pour domaine la pensée, il faut, avant tout, étudier ce\ndomaine, établir qu'il existe une pensée prosaïque et une pensée poétique et\nen montrer les différences essentielles ; il sera alors tout naturel de conclure\nqu'à chacune convient un instrument spécial. Le prosateur est surtout\nimpressionné par les phénomènes ambiants et leur apparence matérielle; il\nles suit dans leurs relations, dans leurs successions, dans leurs transforma-\ntions ; les analyse, les spécifie, les décrit. Il se servira tout naturellement de\nla prose qui, par son infinie variété, rendra mieux une vision aux aspects\ndivers et changeants. De plus, par son rythme souple et varié, la prose\ns'adapte mieux à l'expression mouvementée des sentiments et les traduit\nplus librement. Le poète, au contraire, par une faculté spéciale, dépouille les\nchoses de leur écorce phénoménale ; il ne se laisse pas entraîner par le mirage\nmobile des apparences, mais en extrait l'essence et embrasse l'idée. En cela\nil se rapproche davantage de la beauté. Son oeuvre, élaguée des mille détails\nqui la rendraient trop particulière, s'élève jusqu'à la généralité, et délaisse l'indi-\nvidu pour le type. Le poète placera ses sujets en dehors de toute relation de\ntemps et d'espace, dans un monde contemplatif que ne troubleront pas les\nondes passionnelles. Il n'aura donc pas besoin d'une forme aussi élastique; ce\nqu'il conçoit est plutôt immobile. Et même aux périodes d'action, comme au\ntemps du romantisme de 1830, alors qu'une force irrésistible entraîne vers\nla vie les esprits tourmentés, n'avons-nous pas vu le vers prodigieux de\nVictor Hugo contenir dans son armature puissante l'effort formidable d'une\nrace nouvelle, en donnant pourtant l'illusion de la lutte et du mouvement?\nMalheureusement les verslibristes, ces derniers romantiques, ne sont plus\nmaîtres d'eux-mêmes; leurs pensées et leurs sentiments veulent se traduire\nimmédiatement en action, et comme le vers était un obstacle à leur furie, il\nl'ont tout simplement brisé. Avec ses fragments ils ont tenté de reconstituer\nun nouvel instrument mi-poétique, mi-prosaïque, oubliant qu'il y a entre la\npensée poétique et la pensée prosaïque de telles différences essentielles que\ntoute alliance est impossible. Une forme nouvelle doit toujours correspondre\nà un esprit nouveau; or, cet esprit nouveau où est-il? Son existence est\npurement imaginaire. C'est pourquoi nous avons dit, en commençant, que\n"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 221, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2174, "texte": "                                  — 221    —\n\n le vers libre n'était que de mauvais vers, ou de mauvaise prose. En somme\n la question du vers libre n'existe pas. Elle a été inventée par quelques\n étrangers auxquels l'esprit latin était inconnu. Pour donner quelque vrai-\n semblance à leur prose hoquetante, ils ont imaginé de substituer au rythme\n l'accent oratoire. Mais cet accent oratoire, simple accessoire en littérature,\n ne peut être que vaguement deviné par le lecteur. En lisant quelque poème\n en vers libres, comment vous assurer que vous êtes dans « le ton » du\n compositeur? Vous n'avez, pour vous guider, que les artifices typogra-\n phiques. Pour être logique, chaque auteur devrait noter l'accentuation qu'il\n veut donner à chaque mot... et alors cela s'appellerait de la musique.\n    Ce n'est pas un besoin nouveau qui pousse les verslibristes à se poser en\nréformateurs, c'est tout simplement la déchéance des facultés poétiques qui\nles ramène vers la prose. Leurs sentiments violents et actifs, non épurés, par\nle travail de la pensée, se donnent libre cours, brisent les formes harmo-\nnieuses et se répandent, en bouillonnant, dans le domaine de la vie réelle.\n Mais en place d'accepter la prose, plus souple, plus mobile, plus variée, en\nsomme plus près de l'action que les vers, ces novateurs semblent rougir\nd'avoir prostitué leur muse et veulent encore se faire passer pour poètes.\nVoilà pourquoi ils ont inventé le vers libre. Mais le nom ne trompe personne :\nnous savons qu'ils ont perdu le don divin et qu'ils sont descendus au rang\nd'une race inférieure. Nous n'avons plus rien de commun avec les gens qui\nne voient les choses que par leur côté matériel immédiat. Qu'ils se démènent,\nqu'ils vocifèrent sur leur butte ! les sommets dorés du Parnasse leur sont\ninterdits : ils ne comprennent plus le sens de la poésie. Leur cœur n'est plus\nla lampe dont la flamme claire et radieuse échauffe l'esprit, c'est un brasier\nqui consume, un brasier dont l'âcre fumée fait délirer.\n    Apollon a écorché Marsyas ; s'il revenait sur la terre, il devrait s'adjoin-\ndre des aides.\n                                                      VALÈRE GILLE\n\n\n\n\n        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 221, "page_fin": 224, "titre_corps": "Chronique artistique : Deuxième Exposition de la Société des Beaux-Arts", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "G. M. 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Il règne par ces salles un air d'aus-\ntérité et de bon ton qui est tout à fait reposant : plus de boudoirs surchar-\ngés d'applications plus ou moins artistiques, plus de chambre socialiste de\nSerrurier, plus l'éternel candélabre aux iris d'argent entré définitivement\n"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 222, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3212, "texte": "                                    — 222 —\n\n\ndans le commerce courant des « garnitures de cheminée ». Mais il faut être\njuste, la Société des Beaux-Arts a sa particularité; elle consiste en un assem-\nblage tellement complet qu'il en devient original pour ne par dire humoris-\ntique : c'est le coin de l'hospice des vieillards, dont certains mêmes sont\naveugles, je crois, mais pour leurs œuvres seulement car l'un d'eux est en\nce moment président du jury au concours de Rome.\n   Que leurs toiles ne sont-elles à Paris aux Champs-Elysées où elles\nauraient encore l'honnête appréciation d'un public pipelet et ignorant s'il en\nfut! Ici nous nous contenterions de quelques maîtres tels que Macaulay\nStevenson et Fritz Thaulow, de purs artistes ceux-là et dont le rêve poétique\négale la parfaite exécution. Le premier a en quelque sorte synthétisé\nl'impression crépusculaire du paysage. Ses toiles sans aucun brillant, sans\nempâtement, s'immatérialisent en des variétés de tons merveilleusement har-\nmonisés : de grands arbres sous un ciel précieux s'embrument auprès d'un\nétang que nul souffle ne ride, tandis que la lune fauve perce les masses de\nfeuillage. L'impression évoque ces vers charmants :\n                               Un vaste et tendre\n                               Apaisement\n                               Semble descendre\n                               Du firmament\n                               Que l'astre irise...\n                               C'est l'heure exquise.\n    Le Chasseur de Mauves de Thaulow et son Avant-port de Dieppe sont,\n dans un autre genre, plus clair de vision, presque aussi impressifs que les\n toiles de Stevenson. On sent le coloriste sans tâtonnement, sans vaine\n retouche ; je l'ai vu travailler d'ailleurs, il peint comme on parle entre amis,\n avec une telle aisance qu'on s'étonne de l'intense poésie de ses tableaux.\n    A part la Liseuse, œuvre ancienne, très harmonieuse de gris, l'exposition\n de M. A. Stevens se perd en de petites mers limonadeuses. On se réconci-\n lie de tout cœur avec Courtens devant sa Sortie du troupeau, une page de\ncouleur comme je n'en ai vue de longtemps : le ciel et les arbres sont d'une\n richesse d'émail qui force l'admiration la plus restrictive.\n    Comme M. De Lalaing fait toujours ses portraits plus grands que nature,\n le spectateur même peu content est forcé de trouver que c'est grand. Ces\n deux-ci sont peints à l'encre... pas même à l'encre sympathique. J'aime\nmieux le portrait de Gandara, bien mis en page, élégant mais par trop\nsuperficiel pourtant. Roybet paraît définitivement (espérons-le!) débarrassé\nde ses soudards et plumeuses d'oies ; son portrait un peu trop parisien est\nune franche coulée de couleurs fortes où j'aime surtout une main, gantée de\ngris, qui retient le manteau sombre. J'eusse voulu voir s'attacher davan-\ntage J. Blanche à dégager une grande impression du portrait de Leconte\nde Lisle, très ressemblant, mais dont le regard devrait être fouillé par un\nLenbach ; très fins les pastels dans le goût anglais de la Journée d'une\npetite fille.\n    M. Bonnat réexpose son portrait de Dumas qui n'a pas changé et celui de\nM. de Rothschild qui se présente comme une veule apparition sur un fond de\n"}, {"page_pdf": 250, "page_imprimee": 223, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3298, "texte": "                                  — 223 —\n\n\ncave. Un beau portrait de Motte par lui-même ; les mains surtout sont par-\nfaitement exécutées; mais pourquoi : étude autopsychique?\n    Otto Scholderer rappelle un peu dans son portrait de M. O. Sickers la\ncouleur de Mellery, avec plus de sagesse dans l'exécution. Il est joli le por-\ntrait Je M. Béraud mais d'une « méditation » qui me paraît bien légère. Et\nvoilà pour les portraits. Les Hollandais, pour un peu vieillis qu'ils soient,\noffrent pour la plupart de solides qualités de résistance à la mode. M. Bak-\nkerkorf étale tout une série de tout petits tableaux qui datent de trente ans\nau moins et seraient traités aujourd'hui de peintures sur photographies. Un\njeu de pénombre et de reflets de feu fort intéressant de Mme Grandmont et\nles toiles d'Israels dont j'attendais mieux et parmi lesquelles pourtant une\nfemme de pêcheur richement modelée et attestant une robuste santé d'art.\n     Gilsoul ne s'est pas méfié de la fatale exagération dont il est victime : ses\neffets de nuit ne sont plus que prétextes à lampions qui prennent tout l'inté-\nrêt au détriment de quelques coins de ciel largement traités.\n     Une curieuse peinture que Mein Haus d'Edward Romer, sèche et\nnoire; elle est très suggestive des froides mélancolies hivernales alors\nq u ' u n vieil orgue s'épanche » en des cours étouffées de neige. M. Van\n Doren pâtit d'un placement défavorable mais sa Belle Matinée\n d'automne est très lumineuse et ses ors évoquent quelque peu le maître\n Boulenger.\n     Il y a encore un large flot de ces petites aquarelles dont nous sommes si\n las! Combien MM. Staquet, Cassiers et de Beeckman doivent avoir de suc-\n cès auprès des pensionnats d'Anglaises peintromanes !\n     Elle est bien triste la Meuse à Profondeville comme l'a vue M.Cluysenaer\n et j'apprends avec regret qu'une peinture décorative du même résistera à\n l'humidité, aux intempéries et de plus est applicable à l'extérieur des édi-\n fices! C'est à désespérer! Ne cherchez pas le sujet de l'œuvre de M. Henne-\n bicq; c'est le prestigieux alignement de tous les modèles bruxellois, que va\n sans doute passer en revue quelque haut représentant de l'art académique.\n     M. Asselbergs a peint trois petits sangliers, sans doute avec trois petits\n anneaux. Marie Collart se révèle et César Dell'Aqua ne se rend pas. M. Ter\n  linden a été à Profondeville avec M.Cluysenaer et il y a situé une Sapho avec\n  une belle robe blanche.\n      Un mot encore des sculpteurs. Pourra-t-on nier la saine influence des\n  préraphaélites dans la statuette d'ivoire Les Lys de Samuel? Non, aussi\n  et pour cela sans doute en grande partie est-elle d'un style et d'une grâce\n  rarement atteints par nos sculpteurs Du même, un masque très intéressant\n  de recherche et quelque peu pervers.\n     Vander Stappen, l'Impérieuse Chimère, une fière et grande expression\n   féminine et dans l'exécution de laquelle se retrouve toute la puissance syn-\n   thétique de l'auteur de l'Homme à l'épée.\n      C'est avec ivresse que M. Lambeaux continue à la représenter en bloc ou\n   en parties. Du même un buste tant vanté qui nous a paru fort médiocre.\n   Jules Lagae, patiemment, avec sûreté et conscience, modèle des bustes irré-\n   prochables de formes et d'un grand caractère de pensée. Une Méduse, pas-\n"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 376, "texte": "                                  — 224 —\n\nsionnante tête de vice, moins en rapport direct pourtant avec le tempéra-\nment de l'artiste.\n   En somme, exposition sérieusement intéressante qui le sera plus encore\nl'année prochaine, si quelques exposants se décident à prendre leurs inva-\nlides.\n                                                            G. M. S.\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 224, "page_fin": 228, "titre_corps": "Chronique musicale : L’Or du Rhin au Conservatoire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique musicale", "signature_source": "Ernest Closson", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE", "ancre_fin": "ERNEST CLOSSON", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 251, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 376, "fin_caractere_exclue": 2752, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE\n                      L'Or du Rhin au     Conservatoire\n\n               C'est un événement musical des plus importants et des plus inté-\n                ressants que cette exécution qui, par trois fois, a attiré au\n                Conservatoire une foule enthousiaste.\n                   Important parce qu'il consacre d'une façon vraiment solen-\nnelle l'entrée de Wagner au Conservatoire, où, jusqu'à présent, des frag-\nments seuls de son œuvre avaient été exécutés ; important encore par la\nqualité de l'exécution qui a été, comme on devait s'y attendre, absolument\nremarquable. Intéressant comme expérience à tenter, de l'accueil que ferait\nle public à une exécution de cette nature, intéressant aussi à cause du carac-\ntère exceptionnel de l'ouvrage, grâce auquel caractère nous devons avoir\npeu d'espoir d'entendre jamais l'Or du Rhin au Théâtre de la Monnaie (le\nbien-nommé) ; intéressant enfin par le curieux problème esthétique que sou-\nlève cette exécution.\n   Ce problème se pose ainsi : Le drame lyrique de Wagner peut-il, sans\npréjudice pour l'ouvrage, être exécuté en dehors du théâtre?\n   C'est une grosse question. On l'a, de tous côtés, posée et résolue avec\ndésinvolture, et souvent d'une manière inattendue. Tel ce confrère qui,\nenthousiasmé par l'interprétation du Conservatoire et étonné d'avoir senti\nfondre son cœur raccorni d'antiwagnérien immuable et patenté, déclare\ncarrément que, décidément, la musique de Wagner est si éloquente, si\ndescriptive, que mieux vaut se passer de la scène et faire entendre la musique\nisolément, au concert, avec un Wotan et un Logue en habit noir et des\nondines en toilette de soirée. L'effet produit n'en serait que plus puissant!\n   Sans discuter une idée aussi bouffonne, constatons une chose : C'est que\nl'étonnante diversité des opinions en cette matière tient en grande part à ce\nque l'art wagnérien possède virtuellement toutes les qualités requises pour\nnous émouvoir, même en dehors de la scène ; il est de telle nature qu'il sup-\nporte également les deux espèces d'exécution, que, même sans frapper nos\nyeux, il fait tressaillir notre âme par le seul secours des sons.\n   La théorie même de Wagner sur la fusion des trois expressions d'art,\nmusique, drame et plastique, au moyen de laquelle il prétendait ramener à\nsa véritable destination la scène lyrique, sophistiquée par l'opéra italien\n"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3258, "texte": "                                   — 225 —\n\n\net devenue, grâce à celui-ci, une estrade de concert, cette théorie\nmême produit, en sens inverse, un effet semblable à celui de l'opéra\nitalien. Celui-ci transforme le théâtre en salle de concert; le drame\nlyrique de Wagner, par l'intensité de l'expression musicale, dresse\ndevant l'auditeur un décor illusoire, au milieu duquel des héros et des dieux\nvont, et où les prodiges fabuleux de la légende s'accomplissent. La salle\ndu concert, les habits noirs et les toilettes claires des interprètes, l'orchestre\ngesticulant, le chef, on ne voit plus rien ; on regarde au-dedans de soi-même\nse dérouler l'épopée. Ce n'est plus le concert sur la scène lyrique, c'est la\nscène lyrique idéale transportée au concert.\n     De même que nous concevons l'âpre beauté des drames de Shakespeare\nse révélant aux auditeurs dans un décor imaginaire, sans la mise en scène\ncompliquée et l'archaïsme minutieux de la Compagnie dramatique de\nMeiningen, de même nous ne devons point nous étonner qu'une musique\nsystématiquement dramatique, évocatrice, suggestive, descriptive, puisse\nvirtuellement se passer de la scène.\n     C'est précisément ce contraste dans la nature essentielle du drame wagné-\nrien qui, à force de vouloir être uniquement théâtral, parvient à émouvoir,\nmême en dehors de la scène, par son caractère doublement suggestif :\nobjectif (plastique) et subjectif (sentiment), c'est justement ce contraste qui\na provoqué les étranges théories formulées à l'occasion de l'exécution de\nl'Or du Rhin au Conservatoire.\n     Et, chose curieuse : que l'on suppose un instant le poème de Wagner mis\n en musique par un de ces musiciens italiens auxquels nous reprochons si\nvéhémentement de n'avoir vu dans un livret d'opéra qu'un prétexte à airs,\n cavatines, duos, en un mot un concert sur la scène; supposez ensuite cet\n ouvrage exécuté dans la salle de concert : ce serait mortellement ennuyeux.\n Pourquoi? Parce que la portée dramatique de la musique ne nous permet-\n trait pas de suppléer par la pensée au geste, à l'attitude, parce qu'aucun\n commentaire orchestral ne nous suggérerait la vision d'un jeu de scène\n essentiel, parce que l'orchestre, humilié au rôle d'accompagnateur, reste-\n rait morne, indifférent à l'action comme un esclave imbécile aux événe-\n ments qui se passent autour de lui et aux actes dont il sert aveuglement la\n perpétration.\n     Que serait devenu le poème en de telles mains ? Quel intérêt descriptif\n  aurait bien pu présenter la scène au fond du Rhin, la descente dans Nie-\n belheim, la rencontre d'Albéric et des deux Alfes, avec la scène des transfor-\n mations, l'entrée des dieux au Walhall? Que serait devenu ce saisissant\n  contraste des caractères, dont ici aucun jeu de scène, aucune mimique ne\n  rend possible la manifestation extérieure ?\n     Avec Wagner, au contraire, tout, scène et caractères, subjectivités et\n  objectivités, prend un relief saisissant, une puissance suggestive dont\n  l'étendue se mesure encore mieux dans une audition pareille à celle du\n  Conservatoire, où l'expression plastique est supprimée.\n     Malgré cela, quelle incomparable fluidité dans le premier tableau ; on\n  sent le flot couler lentement ; ce n'est pas une vision extérieure, c'est la sen-\n"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3445, "texte": "                                       226\n\n\n sation d'un milieu ambiant. Passons sur le ravissant trio des Filles du\n Rhin, les curieux effets descriptifs des efforts d'Albéric pour les saisir ;\ntoutes les autres parties descriptives de cette étonnante partition, ces épisodes\n extraordinaires du livret le plus audacieux que l'on écrivit jamais, ont cette\nmême intensité d'expression : l'arrivée des géants, celle de Logue avec son\nthème pétulant et narquois, l'admirable récit descriptif de Logue suivant\ndes yeux les géants qui emportent Freya la blonde, puis la descente des\ndieux dans l'abîme, les forges de Niebelheim, la scène des transformations\nd'Albéric, plus loin le combat des géants, l'incantation de Donner, et ce coup\nde foudre unique dans les annales de la musique descriptive, simulant\nl'éclair suivi du roulement du tonnerre par un effet aussi simple qu'ingé-\nnieux, enfin, les sonorités aériennes du thème de l'arc-en-ciel, s'élevant dou-\ncement sur le bruissement des harpes.\n    On dirait que Wagner, s'étant volontairement privé, par la nature de son\nsujet, de l'humanité qui, par ses passions, ses souffrances, ses espoirs, nous\némotionne plus que ces brillantes allégories mythologiques qui nous paraî-\ntraient glaciales, s'il ne les avait échauffées à la flamme de son génie, on\ndirait que Wagner a voulu se rattraper par le pittoresque qui atteint, dans\nla musique de l'Or du Rhin, une splendeur inouïe.\n    Les caractères, toutefois, ou plutôt les entités qui sont chacune comme\nla personnification d'une idée différente qui les actionne et les pousse imper-\nturbablement droit devant eux, sont supérieurement dessinés. L'orgueilleuse\ninsouciance, la mauvaise foi admirablement candide de Wotan, la sollicitude\ninquiète et acariâtre de l'amoureuse et jalouse Fricka, et surtout ces deux\n caractères superbement conçus de Logue et d'Albéric, celui-ci, incarnation\nde l'ambition et de la haine dans son intensité la plus atroce, celui-là, la\nruse, l'ironie, la feinte humilité du faible qui sait la supériorité de son esprit\net se joue à son gré d'une autorité illusoire. Il est impossible d'imaginer,\nsous ce rapport, quelque chose de plus intense, comme expression musicale,\nque le fameux récit de Logue au deuxième tableau, les menaces haineuses\nd'Albéric dans la scène de Niebelheim, et, surtout, l'effroyable malédiction\nde l'Anneau. Le geste, l'attitude, n'ajouteraient rien à cela, et on en rapporte\nl'impression que la réalisation scénique n'est qu'accessoire.\n    Mais partir de cette impression irréfléchie pour conclure simplement à la\n suppression de la mise en scène, est absurde. Si une toile de Rubens, déta-\n chée de son cadre, ne perd rien de sa splendeur, ce n'est pas une raison pour\n désencadrer toutes les toiles du maître suspendues dans nos musées.\n    L'émotion intérieure produite par une œuvre de Wagner au concert est\ntelle, par la vertu magique de l'art, qu'elle ne saurait être dépassée; mais,\nau théâtre, elle se complète de la sensation extérieure qui la corrobore, et\non aboutit ainsi à cette sensation artistique absolument complète que\nsouhaite Wagner, et pour l'obtention de laquelle il met à contribution toutes\nnos facultés aperceptives, psychiques et physiologiques, les premières par\n l'oreille, les secondes par les yeux.\n    Si celles-ci lui avaient paru négligeables, il n'eût pas profité avec tant de\n soin de toutes les ressources de la scène, il n'eût pas réglé avec tant à\n"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2955, "texte": "                                     — 227 —\n\n\nminutie tous les détails matériels ; si celles-là lui avaient semblé peu de\nchose, il n'eût pas fouillé si profondément l'âme de ses personnages, ni\ncherché à donner à l'expression musicale de leurs sentiments le relief et\nl'intensité qui nous étonnent.\n                                          ***\n   L'exécution — faut-il le dire? — a été au-dessus de tout éloge, c'est-\nà-dire ce qu'elle devait être avec un chef tel que M. Gevaert et une phalange\ninstrumentale comme celle du Conservatoire, qui donne le sentiment d'une\nperfection technique impossible à dépasser ; les cuivres, particulièrement,\nont été merveilleux de précision et d'éclat, et le quatuor a eu son ensemble\net son homogénéité habituelle. Quant à l'interprétation proprement dite,\nelle a été de la part de M. Gevaert absolument admirable; tout au plus\neût-on pu souhaiter un peu plus de vie dans les mouvements rapides (1).\n   L'interprétation vocale a été, dans son ensemble, également remarquable.\nElle nous a surtout révélé une nature exceptionnelle en M. Dufranne\n(Albéric). MM. Seghin (Wotan), Demest (Logue), Mlles Merck (Voglinde et\nFreya), Flament (Flosshilde et Erda), tous excellents. Mlle Goulancourt,\ntrès satisfaisante dans les rôles de Fricka et Velgounde ; on a dû lui préférer\ntoutefois Mlle Duthil, qui l'a remplacée, à la dernière exécution, et a paru\nplus douée, sinon au point de vue de la voix, du moins à celui de l'inter-\nprétation. Les rôles de Froh, Mime, Donner, Fafner et Fasolt ont été bien\ntenus par MM. Dequesne (et Disy), Pieltain, Maas et De Clynsen.\nMlle Schouten, remplaçant M1Ie Merck à la dernière audition, a été fort\nmédiocre, et M. Drouville, remplaçant M. Demest, s'est montré déplo-\nrablement plat.\n                                          ***\n   Période musicale extraordinairement fournie. Trois concerts donnés à\nl'Alhambra par l'orchestre du « Concertgebouw » d'Amsterdam, sous la\ndirection de M. Kes; une phalange instrumentale de tout premier ordre,\nsupérieure comme clarté et comme précision à ce fameux orchestre Lamou-\nreux qu'on nous présente sans cesse comme le nec plus ultra de l'exacti-\ntude; M. Kes, qui a une direction intelligente, d'une calme autorité, se devine\nun maître interprète et peut être placé parmi les meilleurs chefs d'orchestre\nactuellement en vie. M. L. Wallner continue, chez M lle Desmet, la série de\nses intéressantes causeries sur les écoles modernes de la musique au point\nde vue de la littérature du piano, et M. Kufferath a achevé à la Salle\nRavenstein, avec beaucoup de succès, la série de ses instructives conférences\nsur l'histoire de la musique.\n   Puis, tout une série de concerts et d'auditions diversement intéressantes,\n\n\n  (1) M. Gevaert avait pratiqué quelques coupures dont la plus importante au commen-\ncement du quatrième tableau, — celle-ci assez regrettable, parce qu'elle détruit la belle\ngradation qui aboutit à la Malédiction de l'Anneau.\n"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2165, "texte": "                                   —   228   —\n\n\n et dont la seule nomenclature absorberait une page de la revue. Une men-\n tion spéciale cependant aux deux séances du Quatuor Crickboom avec\n  Mlle L. Merck, et au dernier Concert populaire dirigé par Hermann Lévy,\n    C'est avec un vif plaisir que l'on a revu les jeunes artistes du Quatuor\n Crickboom, qui nous sont revenus de Paris avec une célébrité naissante.\n Les deux auditions qu'ils ont consacrées, à la Salle Ravenstein, aux quatre\n derniers quatuors de Beethoven, n'ont fait que confirmer l'excellente impres-\n sion qu'ils avaient produite à leur début ; ils plaisent par la spontanéité et\n la chaleuseuse émotion de leur interprétation, fermement assise sur une\n technique individuelle considérable et une conscience d'artistes aguerris et\n mûris par l'expérience. Mlle Merck, dont j'ai eu si souvent l'occasion d'appré-\n cier ici le talent si fin et si délicat, a joué, avec M. Angenot, la 10e Sonate\n de violon de Beethoven, et, avec M. Gillet, la 5e Sonate de violoncelle.\n    Hermann Lévy est justement apprécié chez nous où il a dirigé à plusieurs\nreprises. Il est absolument remarquable par le fini minutieux de l'exécution,\n où tous les détails sont mis en lumière avec une surprenante netteté. Ce\ngeste menu, microscopique, semble accomplir un travail d'orfèvrerie, une\noeuvre patiente de vieux petit juif accroupi derrière son établi, au fond\nd'une boutique obscure. Puis, cela s'éploie tout à coup dans un envol large\nde geste, pour retomber immédiatement à l'attitude penchée, où il y a en\nmême temps, dirait-on, de l'humilité et de la ruse. Aussi, Lévy réussit-il\nspécialement dans les œuvres de détails, tels que la Symphonie n° 29 de\n Mozart, admirablement rendue, le Prélude et le Finale de Tristan et Yseult,\nl'Adagio de la Symphonie n° 7 de Bruckner, difficile à juger séparément.\n    Il est moins remarquable dans des œuvres larges et à grands effets, tels\nque l'ouverture de Fidélio de Beethoven, où Lévy arrive néanmoins, par les\npp réduits à leur minimum d'intensité, à des effets de contraste saisissants.\n\n                                                       E R N E S T CLOSSON"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 229, "page_fin": 234, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Robert Sand", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 80, "fin_caractere_exclue": 87, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 91, "fin_caractere_exclue": 123, "texte": "Le Coq rouge a paru. 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YEloile"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1318, "fin_caractere_exclue": 1360, "texte": "Trois pages plus loin, dans le même tement"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1397, "fin_caractere_exclue": 1440, "texte": "manifeste, le comité directeur expose passé"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1478, "fin_caractere_exclue": 1527, "texte": "de quelle manière il entend appliquer ses Journal"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1563, "fin_caractere_exclue": 1609, "texte": "principes éclectiques : « Le Coq ronge fera M."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1647, "fin_caractere_exclue": 1691, "texte": "aussi bon marché des guitares romantiques la"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1700, "fin_caractere_exclue": 1739, "texte": "que des incongruités naturalistes et il"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1783, "fin_caractere_exclue": 1826, "texte": "enverra les accessoires symbolistes et éso-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1874, "fin_caractere_exclue": 1926, "texte": "tériques. la ferblanterie astrale, rejoindre recueil"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1963, "fin_caractere_exclue": 2008, "texte": "dans la fournaise sainement vandalienne la M."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2049, "fin_caractere_exclue": 2097, "texte": "cavalcade des lieux communs classiques. » livres"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2135, "fin_caractere_exclue": 2180, "texte": "Bigre! 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S. — Comme première application de ils"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2804, "fin_caractere_exclue": 2843, "texte": "ce pharamineux éclectisme, le Coq rouge"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2890, "fin_caractere_exclue": 2938, "texte": "reproduit le monstrueux article du Journal aussi"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2983, "fin_caractere_exclue": 3028, "texte": "où M. Octave Mirbeau insulte l'un des plus de"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3039, "fin_caractere_exclue": 3081, "texte": "parfaits et des plus nobles artistes de ce"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3127, "fin_caractere_exclue": 3168, "texte": "temps, sir Edward Burne-Jones. C'est un «"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3216, "fin_caractere_exclue": 3227, "texte": "beau début!"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3458, "fin_caractere_exclue": 3499, "texte": "Le Coq rouge est exaspéré contre la Cour,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3537, "fin_caractere_exclue": 3581, "texte": "qui « se constitue en Mécène de harpistes »."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 135, "fin_caractere_exclue": 174, "texte": "L'exaspération de l'animal se comprend."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 222, "fin_caractere_exclue": 261, "texte": "Si encore la Cour « se constituait « en"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 315, "fin_caractere_exclue": 332, "texte": "de grosse caisse!"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 468, "fin_caractere_exclue": 507, "texte": "Relevons dans le manifeste du Coq rouge"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 563, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "proclamations a tout le moins"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 698, "fin_caractere_exclue": 734, "texte": "Le « Comité » qui signe ce manifeste"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 789, "fin_caractere_exclue": 821, "texte": "« le journalisme opportuniste et"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 874, "fin_caractere_exclue": 906, "texte": "qui a la haine du livre comme le"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 960, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "nourrit l'exécration de l'enfant légi-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1050, "fin_caractere_exclue": 1052, "texte": "»."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1102, "fin_caractere_exclue": 1140, "texte": "Or, parmi les membres de ce « Comité »"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1195, "fin_caractere_exclue": 1226, "texte": "M. Georges Eekhoud, rédacteur à"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1281, "fin_caractere_exclue": 1314, "texte": "belge; M. Francis Nautet, présen-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1361, "fin_caractere_exclue": 1396, "texte": "rédacteur au P'tit Bleu après avoir"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1441, "fin_caractere_exclue": 1477, "texte": "par les bureaux de YEtoile belge, du"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1528, "fin_caractere_exclue": 1562, "texte": "de Bruxelles et de l'Indépendance;"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1610, "fin_caractere_exclue": 1646, "texte": "Emile Verhaeren, naguère rédacteur à"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1692, "fin_caractere_exclue": 1699, "texte": "Nation."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1749, "fin_caractere_exclue": 1782, "texte": "Ces messieurs ont un joli toupet."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1832, "fin_caractere_exclue": 1873, "texte": "Détail piquant : Lorsque parut le dernier"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 1927, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "devers de M. Iwan Gilkin, Ténèbres,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2009, "fin_caractere_exclue": 2048, "texte": "G. Eekhoud, qui rédige la chronique des"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2098, "fin_caractere_exclue": 2131, "texte": "à l'Etoile belge, et qui reçut le"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2181, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "oublia d'en parler à ses lecteurs."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2265, "fin_caractere_exclue": 2306, "texte": "M. Eekhoud aurait-il «la haine du livre?»"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2354, "fin_caractere_exclue": 2373, "texte": "difficile à croire."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2423, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "Plusieurs jeunes écrivains belges gagnent"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2515, "fin_caractere_exclue": 2552, "texte": "vie dans le journalisme. La plus élé-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2608, "fin_caractere_exclue": 2639, "texte": "décence devrait les empêcher de"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2693, "fin_caractere_exclue": 2728, "texte": "de la presse, dont, à tout prendre,"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2774, "fin_caractere_exclue": 2803, "texte": "n'ont pas tant à se plaindre."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2853, "fin_caractere_exclue": 2889, "texte": "Ces messieurs ne sont décidément pas"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 2939, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "indifférents à la réclame qu'ils affectent"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3029, "fin_caractere_exclue": 3037, "texte": "le dire."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3087, "fin_caractere_exclue": 3125, "texte": "Un peu plus loin, le Coq rouge dénonce"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3169, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "les iniquités, les crimes de lèse-littérature"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3261, "fin_caractere_exclue": 3306, "texte": "des gaillards chargés d'encourager et d'hono-"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3353, "fin_caractere_exclue": 3396, "texte": "rer les lettres dans ce fangeux et matériel"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3443, "fin_caractere_exclue": 3453, "texte": "royaume »."}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3503, "fin_caractere_exclue": 3535, "texte": "Nom d'un petit bonhomme! Il nous"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 3582, "fin_caractere_exclue": 3620, "texte": "semble pourtant que M. Georges Eekhoud"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "a obtenu le dernier prix quinquennal"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 153, "fin_caractere_exclue": 194, "texte": "(5,000 francs) et nous nous sommes laissé"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 248, "fin_caractere_exclue": 293, "texte": "conter que les bureaux du ministère reçoivent"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 333, "fin_caractere_exclue": 374, "texte": "de quelques jeunes écrivains des demandes"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 430, "fin_caractere_exclue": 466, "texte": "de subsides qui ne sont pas toujours"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 525, "fin_caractere_exclue": 534, "texte": "rejetées."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 611, "fin_caractere_exclue": 649, "texte": "Coq rouge, mon ami, ne parlez pas trop"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 693, "fin_caractere_exclue": 734, "texte": "de corde dans la maison de plusieurs pen-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 791, "fin_caractere_exclue": 795, "texte": "dus!"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 889, "fin_caractere_exclue": 927, "texte": "Nous avons vu tout à l'heure à quoi se"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 980, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "réduit l'éclectisme de cette revue ; on voit ce"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1079, "fin_caractere_exclue": 1120, "texte": "que valent ses belles déclamations contre"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1175, "fin_caractere_exclue": 1213, "texte": "la presse, contre l'officialisme, etc."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1562, "fin_caractere_exclue": 1600, "texte": "Nous recevons de M. Delattre, en guise"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1640, "fin_caractere_exclue": 1685, "texte": "de réponse à notre articulet du mois d'avril,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1737, "fin_caractere_exclue": 1778, "texte": "e petit Croquis d'écolier (1) que voici :"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1839, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "A Monsieur le Directeur de ht Jeune"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1938, "fin_caractere_exclue": 1947, "texte": "Belgique."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2108, "fin_caractere_exclue": 2127, "texte": "MON CHER DIRECTEUR,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2193, "fin_caractere_exclue": 2232, "texte": "Dans le memento du dernier et si remar-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2289, "fin_caractere_exclue": 2329, "texte": "quable numéro de ta revue, tu m'appelles"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2384, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "César, César avant ses victoires, et tu"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2477, "fin_caractere_exclue": 2517, "texte": "dénonces à tes lecteurs que, forçant ton"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2571, "fin_caractere_exclue": 2616, "texte": "magasin d'accessoires, j'aurais voulu t'enle-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2666, "fin_caractere_exclue": 2709, "texte": "ver ta couronne, ton sceptre-martinet et le"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2765, "fin_caractere_exclue": 2811, "texte": "joli petit porte-voix avec lequel tu lances le"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2859, "fin_caractere_exclue": 2904, "texte": "cri d'alarme aux époques climatériques litté-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2956, "fin_caractere_exclue": 3000, "texte": "raires, à tes « jeunes compatriotes ». C'est"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3048, "fin_caractere_exclue": 3091, "texte": "parce que je n'aurais pas réussi dans cette"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3145, "fin_caractere_exclue": 3186, "texte": "téméraire entreprise que, cachant ma con-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3277, "fin_caractere_exclue": 3322, "texte": "fusion, j'aurais emporté l ' A r t jeune dans"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3414, "fin_caractere_exclue": 3455, "texte": "mon village pour y publier mes nouvelles,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3552, "fin_caractere_exclue": 3593, "texte": "peut-être pour le violenter, certainement"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3689, "fin_caractere_exclue": 3731, "texte": "pour m'en faire caresser, et briller enfin"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3830, "fin_caractere_exclue": 3855, "texte": "inamovible jeune premier!"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3929, "fin_caractere_exclue": 3967, "texte": "Cher directeur, quoique depuis quelque"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4020, "fin_caractere_exclue": 4058, "texte": "temps il semble que tu fasses tout par"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4059, "fin_caractere_exclue": 4098, "texte": "gageure, j'ai vu au sourire de mes amis"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4099, "fin_caractere_exclue": 4142, "texte": "qu'ils te croyaient. Ils sont persuadés que"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4143, "fin_caractere_exclue": 4184, "texte": "je boude à la place pourtant si honorable"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4238, "fin_caractere_exclue": 4280, "texte": "que ta bienveillance m'avait assignée dans"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4328, "fin_caractere_exclue": 4370, "texte": "la grande classe de la section wallonne de"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4420, "fin_caractere_exclue": 4462, "texte": "ton institut. Mais en trouvant que j'ai un"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4515, "fin_caractere_exclue": 4558, "texte": "fichu caractère, ils rient de savoir un peu"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4705, "fin_caractere_exclue": 4754, "texte": "(1) Croquis d'ècolier, par Louis Delattre, 1 vol,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4848, "fin_caractere_exclue": 4874, "texte": "Mons, chez Manceaux, 1887."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 108, "fin_caractere_exclue": 152, "texte": "de ce que tu cachais si jalousement, de con-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 206, "fin_caractere_exclue": 247, "texte": "naître un « des secrets des Dieux » comme"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 301, "fin_caractere_exclue": 332, "texte": "tu appelles tes petites farces!"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 389, "fin_caractere_exclue": 429, "texte": "« Quoi, la Jeune Belgique n'est plus une"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 483, "fin_caractere_exclue": 524, "texte": "Table-Ronde? C'est un Cercle des Proprié­"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 578, "fin_caractere_exclue": 607, "texte": "taires réunis? Allons donc! »"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 664, "fin_caractere_exclue": 692, "texte": "Tu vois que tu parles trop !"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 749, "fin_caractere_exclue": 790, "texte": "La vérité, et je compte sur ta partialité"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 844, "fin_caractere_exclue": 885, "texte": "pour le leur apprendre, ma vérité est que"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 939, "fin_caractere_exclue": 979, "texte": "les mauvais élèves, ceux qui nourrissent"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1033, "fin_caractere_exclue": 1078, "texte": "des vers libres dans leurs pupitres, avaient,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1132, "fin_caractere_exclue": 1174, "texte": "un jour, comploté de t'attacher au dos des"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1229, "fin_caractere_exclue": 1268, "texte": "bonshommes en papier tandis que tu dor-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1323, "fin_caractere_exclue": 1364, "texte": "mirais ton heure d'Horace dans ta chaire;"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1419, "fin_caractere_exclue": 1461, "texte": "et j'avais découpé le mien, et tu m'accor-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1516, "fin_caractere_exclue": 1559, "texte": "deras avec plaisir qu'il ne devait pas être"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1614, "fin_caractere_exclue": 1639, "texte": "plus drôle qu'un autre..."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1697, "fin_caractere_exclue": 1736, "texte": "Voilà toute cette noire fusion tirée au"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1791, "fin_caractere_exclue": 1836, "texte": "clair. La belle affaire! Peux-tu m'en vouloir"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1891, "fin_caractere_exclue": 1931, "texte": "d'être resté avec le gamins pour rire du"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 1986, "fin_caractere_exclue": 2034, "texte": "surveillant, toi qui avais tant de plaisir jadis"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2089, "fin_caractere_exclue": 2100, "texte": "avec nous ?"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2158, "fin_caractere_exclue": 2189, "texte": "Non, non! Tu ne nous en voudras"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2243, "fin_caractere_exclue": 2288, "texte": "jamais, si grosse que tu fasses la voix. Nous"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2342, "fin_caractere_exclue": 2383, "texte": "le savons, et nous abuserons de toi ainsi"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2437, "fin_caractere_exclue": 2476, "texte": "qu'il sied à « des moutards ». Même, un"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2530, "fin_caractere_exclue": 2570, "texte": "jeudi que nous aurons mis des cols ronds"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2624, "fin_caractere_exclue": 2665, "texte": "comme tu les aimes et sucerons des sucres"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2719, "fin_caractere_exclue": 2764, "texte": "d'orge pour paraître plus innocents, tu feras"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2818, "fin_caractere_exclue": 2858, "texte": "César au milieu de la cour de l'Ecole du"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 2912, "fin_caractere_exclue": 2955, "texte": "goût public, César après ses victoires, élu"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3009, "fin_caractere_exclue": 3047, "texte": "premier à vie — mais dans quelle Rome!"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3101, "fin_caractere_exclue": 3144, "texte": "— Nous t'entourerons en criant : Hou ! hou!"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3240, "fin_caractere_exclue": 3276, "texte": "— Et telle est ta longanimité que tu"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3376, "fin_caractere_exclue": 3413, "texte": "oublieras que nous venons de nos vil-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3509, "fin_caractere_exclue": 3551, "texte": "lages, que nous venons des petites revues,"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3647, "fin_caractere_exclue": 3688, "texte": "et que tu nous souriras encore. Parions ?"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3788, "fin_caractere_exclue": 3829, "texte": "Crois bien, cher directeur, à ma particu-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 3909, "fin_caractere_exclue": 3925, "texte": "lière attention."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4004, "fin_caractere_exclue": 4019, "texte": "Louis DELATTRE."}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4199, "fin_caractere_exclue": 4237, "texte": "Le comité de rédaction du Coq rouge se"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4291, "fin_caractere_exclue": 4327, "texte": "compose de MM. Louis Delattre (Jeune"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4381, "fin_caractere_exclue": 4419, "texte": "Belgique), Eugène Demolder (Jeune Bel-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4473, "fin_caractere_exclue": 4514, "texte": "gique), Georges Eekhoud (Jeune Belgique),"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4568, "fin_caractere_exclue": 4607, "texte": "Hubert Krains (Jeune Belgique), Maurice"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4661, "fin_caractere_exclue": 4703, "texte": "Maeterlinck (Jeune Belgique), Francis Nau-"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4808, "fin_caractere_exclue": 4847, "texte": "tet (Jeune Belgique) et Emile Verhaeren"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 4901, "fin_caractere_exclue": 4918, "texte": "(Jeune Belgique)."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 84, "texte": "l'as un nom nouvenu. Dans le pro-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 180, "texte": "gramme, pas un principe esthétique nou-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 231, "fin_caractere_exclue": 270, "texte": "veau. Un le voit, la revue qui vient de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 327, "fin_caractere_exclue": 365, "texte": "paraître ne répond à aucun besoin nou-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 419, "fin_caractere_exclue": 462, "texte": "veau, à aucune poussée nouvelle : c'est une"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 510, "fin_caractere_exclue": 545, "texte": "branche folle de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 607, "fin_caractere_exclue": 645, "texte": "Dissentiments personnels, défaillances"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 695, "fin_caractere_exclue": 736, "texte": "dans l'attitude vis-à-vis du public et du"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 761, "fin_caractere_exclue": 803, "texte": "monde officiel, appétits impatients de ré-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 855, "fin_caractere_exclue": 896, "texte": "clame, de gloriole et de prébendes, désir"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 937, "fin_caractere_exclue": 982, "texte": "de mettre quelques défauts en liberté, telles"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1025, "fin_caractere_exclue": 1064, "texte": "sont, hormis pour MM. Krains et Maeter-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1119, "fin_caractere_exclue": 1162, "texte": "linck, les raisons de la scission actuelle."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1210, "fin_caractere_exclue": 1252, "texte": "Celle-ci pouvant nuire, peut-être, au mou-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1306, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "vement littéraire que la Jeune Belgique a"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1393, "fin_caractere_exclue": 1434, "texte": "inauguré dans notre pays et au but artis-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1483, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "tique qu'elle n'a cessé de poursuivre, nous"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1575, "fin_caractere_exclue": 1614, "texte": "nous proposons de combattre les sépara-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1670, "fin_caractere_exclue": 1712, "texte": "tistes comme nous avons jadis combattu les"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1764, "fin_caractere_exclue": 1804, "texte": "Hymans et les Potvin. On retrouvera chez"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1855, "fin_caractere_exclue": 1881, "texte": "nous les lutteurs d'antan."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2125, "fin_caractere_exclue": 2165, "texte": "L'abondance des matières nous astreint à"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2215, "fin_caractere_exclue": 2257, "texte": "remettre au prochain numéro l'étude consa-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2308, "fin_caractere_exclue": 2347, "texte": "crée par M, Arnold Goffin à la nouvelle"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2401, "fin_caractere_exclue": 2436, "texte": "œuvre de J.-K. Huysmans : En Route."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2674, "fin_caractere_exclue": 2711, "texte": "Nos chaleureux remerciements au Jour­"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2764, "fin_caractere_exclue": 2807, "texte": "nal des Gens de Lettres, pour l'appui qu'il"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2855, "fin_caractere_exclue": 2900, "texte": "nous prête. Il y a là un certain revenant qui"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2945, "fin_caractere_exclue": 2977, "texte": "ne fait pas le mort, vertuchou !"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3221, "fin_caractere_exclue": 3259, "texte": "REVUE DES REVUES. — Aux nouveaux pous-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3312, "fin_caractere_exclue": 3356, "texte": "sins de la littérature qui croient sérieuse-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3387, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "ment que, pour affirmer son émotion en art,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3473, "fin_caractere_exclue": 3517, "texte": "il faut, sous prétexte de spontanéité, voci-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3561, "fin_caractere_exclue": 3598, "texte": "férer comme un démoniaque, avaler ses"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3650, "fin_caractere_exclue": 3692, "texte": "pieds, ou s'enfoncer la plume dans le nez,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3713, "fin_caractere_exclue": 3756, "texte": "le tout accompagné de fautes de prosodie et"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3757, "fin_caractere_exclue": 3796, "texte": "de syntaxe, nous recommandons les notes"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3797, "fin_caractere_exclue": 3838, "texte": "intéressantes de Jean Dornis, sur Leconte"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3839, "fin_caractere_exclue": 3880, "texte": "de Lisle intime, parues dans le numéro du"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3929, "fin_caractere_exclue": 3964, "texte": "15 mai de la Revue des Deux-Mondes."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4019, "fin_caractere_exclue": 4056, "texte": "Nous y trouvons quelques vers inédits"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4110, "fin_caractere_exclue": 4154, "texte": "du plus parfait poète que la France ait pro-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4206, "fin_caractere_exclue": 4250, "texte": "duit et quelques brefs extraits et jugements"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4298, "fin_caractere_exclue": 4331, "texte": "sur les écrivains de son époque :"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4364, "fin_caractere_exclue": 4400, "texte": "« Lamartine : Imagination abondante,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "« intelligence clouée de mille désirs ambi-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 190, "fin_caractere_exclue": 230, "texte": "« tieux et nobles plutôt que d'aptitudes"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 280, "fin_caractere_exclue": 326, "texte": "« réelles. Nature d'élite ; artiste incomplet;"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 376, "fin_caractere_exclue": 418, "texte": "« grand poète de hasard. A laissé derrière"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 468, "fin_caractere_exclue": 509, "texte": "« lui, comme une expiation, une multitude"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 559, "fin_caractere_exclue": 603, "texte": "« d'esprits avortés, cervelles liquéfiées et"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 653, "fin_caractere_exclue": 694, "texte": "« cœurs de pierre, misérable famille d'un"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 744, "fin_caractere_exclue": 760, "texte": "« père illustre."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 813, "fin_caractere_exclue": 854, "texte": "« Alf. de Musset: Poète médiocre, artiste"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 904, "fin_caractere_exclue": 936, "texte": "« nul, prosateur fort spirituel."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 989, "fin_caractere_exclue": 1024, "texte": "« Alf. de Vigny : Un grand et noble"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1074, "fin_caractere_exclue": 1118, "texte": "« artiste, malgré de fréquentes défaillances"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1168, "fin_caractere_exclue": 1209, "texte": "« d'expressions, ayant toujours vécu dans"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1259, "fin_caractere_exclue": 1305, "texte": "« la retraite, pauvre et digne, fidèle jusqu'à"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1355, "fin_caractere_exclue": 1392, "texte": "« la fin à l'unique religion du Beau."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1445, "fin_caractere_exclue": 1482, "texte": "« Béranger : Ses chansons de circons-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1532, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "« tance et son Dieu de cabaret philanthro-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1624, "fin_caractere_exclue": 1669, "texte": "« pique, tout cela a été à la mode, et, comme"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1719, "fin_caractere_exclue": 1763, "texte": "« tout ce qui a été à la mode, tout cela est"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1813, "fin_caractere_exclue": 1854, "texte": "« en poussière aujourd'hui et à jamais. »"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1907, "fin_caractere_exclue": 1948, "texte": "— J. Levallois continue à publier dans la"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 1998, "fin_caractere_exclue": 2036, "texte": "Revue Bleue ses souvenirs littéraires."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2089, "fin_caractere_exclue": 2122, "texte": "Dans le numéro du 11 mai, il nous"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2172, "fin_caractere_exclue": 2214, "texte": "apprend qu'à un dîner auquel il assistait,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2264, "fin_caractere_exclue": 2307, "texte": "Victor Hugo engloutit une belle quantité de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2357, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "macaroni. Il constata, par la même occasion"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2450, "fin_caractere_exclue": 2494, "texte": "que, contrairement à ce qu'en avait dit Gau-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2544, "fin_caractere_exclue": 2588, "texte": "tier, le grand poète ne se servait pas de la"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2638, "fin_caractere_exclue": 2671, "texte": "même assiette pour tous les mets."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2724, "fin_caractere_exclue": 2763, "texte": "Dans la même revue, la traduction d'une"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2813, "fin_caractere_exclue": 2854, "texte": "préface de Tolstoï aux Evangiles, sous ce"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2904, "fin_caractere_exclue": 2944, "texte": "titre : Le Sens véritable des Evangiles."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 2997, "fin_caractere_exclue": 3033, "texte": "— La Revue blanche : Auguste Strind-"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3083, "fin_caractere_exclue": 3130, "texte": "berg, la Psycho-physiologie      de la priere ;"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3180, "fin_caractere_exclue": 3218, "texte": "S. Mallarmé : Sauvegarde ; Paul Adam :"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3268, "fin_caractere_exclue": 3311, "texte": "l'Assaut malicieux, et de M. H. de Régnier,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3361, "fin_caractere_exclue": 3386, "texte": "un beau conte sans titre."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3439, "fin_caractere_exclue": 3472, "texte": "— La Revue générale : Ch. Woeste,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3522, "fin_caractere_exclue": 3560, "texte": "Ketteler et Manning; Ch. Buet, Partant"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3610, "fin_caractere_exclue": 3649, "texte": "pour l'exil; A. de Ridder, A la cour de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3699, "fin_caractere_exclue": 3712, "texte": "Napoléon III."}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3891, "fin_caractere_exclue": 3927, "texte": "Le Réveil de Gand nous apprend qu'il"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 3977, "fin_caractere_exclue": 4015, "texte": "étudie la philosophie chinoise sous la"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4065, "fin_caractere_exclue": 4109, "texte": "direction de l'illustre Ye-Men-Fou. L'élève,"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4159, "fin_caractere_exclue": 4205, "texte": "dit-on, fait des progrès rapides et professera"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4255, "fin_caractere_exclue": 4296, "texte": "bientôt lui-même sous le nom approprié de"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 4346, "fin_caractere_exclue": 4360, "texte": "Ye-Swi-Fou-Tu."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 62, "fin_caractere_exclue": 99, "texte": "Dans son numero d'avril, le Réveil de"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 160, "fin_caractere_exclue": 201, "texte": "Gand, victime d'un dessinateur facétieux,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 260, "fin_caractere_exclue": 301, "texte": "arbore une plume de paon sur son derrière"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 357, "fin_caractere_exclue": 400, "texte": "et présente en frontispice un groupe d'oies"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 452, "fin_caractere_exclue": 492, "texte": "nageant de conserve. On ne voit toujours"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 552, "fin_caractere_exclue": 568, "texte": "pas le Capitole."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 850, "fin_caractere_exclue": 887, "texte": "La pousse des feuilles nous a doté de"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 948, "fin_caractere_exclue": 974, "texte": "quelques nouvelles revues."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1051, "fin_caractere_exclue": 1091, "texte": "L'Enclos;   arts; dits et faits, pour le"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1146, "fin_caractere_exclue": 1152, "texte": "mieux."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1214, "fin_caractere_exclue": 1251, "texte": "Voici un couplet de L. Riotor h titre"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1296, "fin_caractere_exclue": 1323, "texte": "d'échantillon sans valeur :"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1333, "fin_caractere_exclue": 1355, "texte": "LES SOLDATS LABOUREURS"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1364, "fin_caractere_exclue": 1388, "texte": "Un continent tout entier"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1462, "fin_caractere_exclue": 1489, "texte": "fut occupé par ce chantier,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1550, "fin_caractere_exclue": 1588, "texte": "bouleversant maintes forêts profondes,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1697, "fin_caractere_exclue": 1726, "texte": "aplanissant le sol difforme ;"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1735, "fin_caractere_exclue": 1773, "texte": "... les tigres étaient percés de coups"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1836, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "par les fusils, les arcs, les frondes,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1939, "fin_caractere_exclue": 1971, "texte": "et les serpents de taille énorme"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2014, "fin_caractere_exclue": 2043, "texte": "écrasés ainsi que des poux..."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2079, "fin_caractere_exclue": 2119, "texte": "Ensuite l'Epreuve littéraire, supplément"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2184, "fin_caractere_exclue": 2220, "texte": "français de Pan. Au sommaire du pre-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2295, "fin_caractere_exclue": 2334, "texte": "mier numéro Kahn, Verlaine, de Gourmont"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2399, "fin_caractere_exclue": 2428, "texte": "et Nietzsche (naturellement)."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2619, "fin_caractere_exclue": 2659, "texte": "La Revue littéraire indépendante, cosmo-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2722, "fin_caractere_exclue": 2745, "texte": "polite et accueillante."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2830, "fin_caractere_exclue": 2865, "texte": "Puis : la Coupe, qui promet de nous"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2932, "fin_caractere_exclue": 2953, "texte": "abreuver d'ambroisie."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3036, "fin_caractere_exclue": 3075, "texte": "Signalons pour terminer la résurrection"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3129, "fin_caractere_exclue": 3168, "texte": "de la Révolte, le journal de propagande"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3230, "fin_caractere_exclue": 3273, "texte": "anarchiste, sous le nouveau titre Les Temps"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3328, "fin_caractere_exclue": 3364, "texte": "nouveaux. Ne dites donc pas que cela"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3429, "fin_caractere_exclue": 3475, "texte": "n'intéresse pas la littérature. Il y a un sup-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3526, "fin_caractere_exclue": 3569, "texte": "plément littéraire (?) qui vaut un conte de"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3631, "fin_caractere_exclue": 3669, "texte": "Delattre. Adolphe Retté y a déposé des"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3731, "fin_caractere_exclue": 3772, "texte": "vers à côté d'un extrait de K. Baedecker."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3832, "fin_caractere_exclue": 3846, "texte": "Lisez-moi ça :"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3954, "fin_caractere_exclue": 3964, "texte": "INVOCATION"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4036, "fin_caractere_exclue": 4090, "texte": "La terre est toute lasse et dort sous le ciel sombre —"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4134, "fin_caractere_exclue": 4179, "texte": "Le Riche barbouillé du sang frais des vaincus"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4278, "fin_caractere_exclue": 4324, "texte": "Rit du Pauvre inquiet qui s'agite dans l'ombre"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4325, "fin_caractere_exclue": 4367, "texte": "Et chante indolemment la chanson des écus."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4429, "fin_caractere_exclue": 4470, "texte": "\"Voici venir, vantant une Église marâtre,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4508, "fin_caractere_exclue": 4553, "texte": "Le Prêtre et son enfer aux peines éternelles;"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4604, "fin_caractere_exclue": 4649, "texte": "Son âme est une cage où l'on voit se débattre"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4703, "fin_caractere_exclue": 4747, "texte": "Des oiseaux effarés dont il coupa les ailes."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4748, "fin_caractere_exclue": 4795, "texte": "Blessés, boiteux, rêvant de suprêmes batailles."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4899, "fin_caractere_exclue": 4949, "texte": "Les Tout-Nus vont hagards et maudissent la terre ;"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4996, "fin_caractere_exclue": 5045, "texte": "Les dogues de la faim leur rongent les entrailles"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 5096, "fin_caractere_exclue": 5142, "texte": "Et l'ouragan des nuits leur souffle sa colère."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 119, "fin_caractere_exclue": 159, "texte": "Dans la liste des collaborateurs, à côté"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 217, "fin_caractere_exclue": 259, "texte": "des noms de Kropotkine, Reclus, etc., nous"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 317, "fin_caractere_exclue": 356, "texte": "trouvons celui de Georges Eekhoud. Sans"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 414, "fin_caractere_exclue": 451, "texte": "vouloir demander au Coq rouge comment"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 509, "fin_caractere_exclue": 551, "texte": "il parvient à concilier l'anarchie avec le"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 609, "fin_caractere_exclue": 652, "texte": "collectivisme de la Maison du Peuple et les"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 710, "fin_caractere_exclue": 748, "texte": "subsides du gouvernement, souhaitons à"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 806, "fin_caractere_exclue": 847, "texte": "celui qui fui un écrivain de marque de ne"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 905, "fin_caractere_exclue": 947, "texte": "pas tomber, sous prétexte de propagande ou"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1005, "fin_caractere_exclue": 1048, "texte": "de littérature, dans cet art social qui, au"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1106, "fin_caractere_exclue": 1145, "texte": "dire de Maeterlinck, ferait pleurer les"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1203, "fin_caractere_exclue": 1211, "texte": "pierres."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1272, "fin_caractere_exclue": 1295, "texte": "Et qu'il aille en paix."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1416, "fin_caractere_exclue": 1453, "texte": "Le numéro de mai du Mercure de France"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1511, "fin_caractere_exclue": 1541, "texte": "est à lire jusqu'aux annonces."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1649, "fin_caractere_exclue": 1688, "texte": "M Vielé-Griffin y prouve supérieurement"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1784, "fin_caractere_exclue": 1827, "texte": "que, s'il s'est adonné à la prose poétique,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1885, "fin_caractere_exclue": 1930, "texte": "c'est parce qu'il ne savait faire que de mau-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 1988, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "vais alexandrins."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2066, "fin_caractere_exclue": 2075, "texte": "Exemples:"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2133, "fin_caractere_exclue": 2183, "texte": "Ils s'en furent, la nuit, à la mort des flambeaux,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2241, "fin_caractere_exclue": 2294, "texte": "Rythmant leur chant de marche au son de leurs sabots,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2352, "fin_caractere_exclue": 2398, "texte": "Je les ai vus, depuis, à la fontaine au bois :"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2456, "fin_caractere_exclue": 2508, "texte": "L'un trempait ses sabots et faisait peur aux filles;"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2566, "fin_caractere_exclue": 2615, "texte": "L'autre, attentif à l'hymne unique aux mille voix"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2673, "fin_caractere_exclue": 2721, "texte": "Et couché de son long dans un lit de jonquilles,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2779, "fin_caractere_exclue": 2826, "texte": "Un à un, lentement, de l'effort de deux doigts,"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2884, "fin_caractere_exclue": 2931, "texte": "Brisait les roseaux verts de sa syrinx agile..."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 2993, "fin_caractere_exclue": 3032, "texte": "Nous lui préférons Coppée, dans ce cas."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3093, "fin_caractere_exclue": 3127, "texte": "A signaler dans ce même numéro une"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3185, "fin_caractere_exclue": 3229, "texte": "page très littéraire de M. de Régnier et une"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3287, "fin_caractere_exclue": 3327, "texte": "critique ondoyante de Mockel sur Verhae-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3385, "fin_caractere_exclue": 3428, "texte": "ren, qui se termine ainsi : « Les livres de"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3486, "fin_caractere_exclue": 3525, "texte": "Verhaeren, je ne les aime pas toujours;"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3583, "fin_caractere_exclue": 3630, "texte": "mais l'éclat, l'énergie, la douleur tragique de"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3688, "fin_caractere_exclue": 3730, "texte": "ces vers m'imposent l'admiration. Ils don-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3788, "fin_caractere_exclue": 3831, "texte": "nent avec soudaineté un grandiose et brutal"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3889, "fin_caractere_exclue": 3933, "texte": "aspect de la vie; avec leur énorme défaut et"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 3991, "fin_caractere_exclue": 4035, "texte": "l'élan d'héroïsme qui l'efface, ils sont des"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4093, "fin_caractere_exclue": 4133, "texte": "bétes sauvages, magnifiques de force, ou"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4237, "fin_caractere_exclue": 4277, "texte": "semblent des blocs frustes mais inébran-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4382, "fin_caractere_exclue": 4428, "texte": "lables, pareils à ces lourds mots qu'ils dres-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4486, "fin_caractere_exclue": 4507, "texte": "sent en monolithes. »"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4568, "fin_caractere_exclue": 4603, "texte": "Nous voulons bien que les livres de"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4661, "fin_caractere_exclue": 4702, "texte": "M. Verhaeren soient des bêtes sauvages ou"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4853, "fin_caractere_exclue": 4898, "texte": "des blocs frustes et inébranlables, mais nous"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 4956, "fin_caractere_exclue": 4995, "texte": "préférerions les voir des œuvres d'art."}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 5056, "fin_caractere_exclue": 5094, "texte": "C'est étonnant ce que M. Verhaeren re-"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 232, "debut_caractere": 5152, "fin_caractere_exclue": 5194, "texte": "çoit, pour le moment, de pavés moins illu-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 101, "texte": "soires que ses villages. Ainsi, dans le dernier"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 151, "fin_caractere_exclue": 192, "texte": "numéro de l'Ermitage, nous trouvons cette"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 241, "fin_caractere_exclue": 281, "texte": "phrase, d'ailleurs fort juste, de M. Ed."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 333, "fin_caractere_exclue": 340, "texte": "Pilon :"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 427, "fin_caractere_exclue": 466, "texte": "« Je dirai seulement, à ceux qui lurent"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 518, "fin_caractere_exclue": 560, "texte": "les Campagnes hallucinées, que c'est là le"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 615, "fin_caractere_exclue": 655, "texte": "pendant admirable que ce Barbare a voulu"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 709, "fin_caractere_exclue": 750, "texte": "aux farouches chansons de fous qu'il nous"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 752, "fin_caractere_exclue": 776, "texte": "donna, voici deux ans. »"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 781, "fin_caractere_exclue": 815, "texte": "Nous sommes parfaitement d'accord."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 912, "fin_caractere_exclue": 952, "texte": "A.-Ferd. Hérold vient de faire la décou-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1026, "fin_caractere_exclue": 1066, "texte": "verte d'une œuvre absolument remarquable"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1068, "fin_caractere_exclue": 1108, "texte": "qui est appelée à révolutionner le monde"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1163, "fin_caractere_exclue": 1208, "texte": "deslettres. Il a traduit Paphnutius de Hrots-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1350, "fin_caractere_exclue": 1394, "texte": "vitha, et du latin, s'il vous plaît; il nous"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1438, "fin_caractere_exclue": 1477, "texte": "l'annonce lui-même. Vous me répondrez :"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1529, "fin_caractere_exclue": 1572, "texte": "« De quoi voulez-vous qu'il le tradusît, du"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1621, "fin_caractere_exclue": 1646, "texte": "sabir ou du botocudos ? »"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1810, "fin_caractere_exclue": 1846, "texte": "Non, mais de la traduction française"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1894, "fin_caractere_exclue": 1935, "texte": "qu'en a donnée Magnin il y a quelque qua-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1985, "fin_caractere_exclue": 2027, "texte": "rante ou cinquante ans pour la plus grande"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2167, "fin_caractere_exclue": 2212, "texte": "joie des Yillemain et des Chasles. Et vive le"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2256, "fin_caractere_exclue": 2267, "texte": "moyen-âge !"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2355, "fin_caractere_exclue": 2397, "texte": "Nous recevons à l'instant le très beau nu-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2535, "fin_caractere_exclue": 2589, "texte": "méro d'avril du Réveil de Gand. Il contient, naturelle"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2626, "fin_caractere_exclue": 2677, "texte": "entre autres, des vers de H. de Régnier, de qu'elle"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2718, "fin_caractere_exclue": 2762, "texte": "Ferd. Severin et de A.-F. Hérold. Mais, ô On"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2803, "fin_caractere_exclue": 2855, "texte": "surprise! M. E. Verhaeren s'y révèle ethno- n'existe"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2946, "fin_caractere_exclue": 2953, "texte": "d'aucun"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2988, "fin_caractere_exclue": 3035, "texte": "logiste et érudit à enfoncer plusieurs aca- des"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3079, "fin_caractere_exclue": 3124, "texte": "démies. Ecoutons le : « Aujourd'hui une céder"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3161, "fin_caractere_exclue": 3210, "texte": "théorie soudaine et inédite sur l'origine des une"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3251, "fin_caractere_exclue": 3301, "texte": "mondes a été établie. On a fixé l'histoire de qu'à"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3387, "fin_caractere_exclue": 3395, "texte": "harmonie"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3434, "fin_caractere_exclue": 3479, "texte": "la terre et de certains astres. Le premier la"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3523, "fin_caractere_exclue": 3568, "texte": "homme on le recherche, non plus en des mables"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3609, "fin_caractere_exclue": 3656, "texte": "paradis, mais en de lointains horizons ca- plus"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3694, "fin_caractere_exclue": 3741, "texte": "chés derrière des millions d'années, non néant,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3827, "fin_caractere_exclue": 3829, "texte": "la"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3871, "fin_caractere_exclue": 3918, "texte": "plus là-bas dans un jardin, mais en des ca- uns"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3958, "fin_caractere_exclue": 4007, "texte": "vernes etc. »                                  pu"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4045, "fin_caractere_exclue": 4092, "texte": "Cette théorie soudaine et inédite n'est n'avoir"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4177, "fin_caractere_exclue": 4178, "texte": "à"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4222, "fin_caractere_exclue": 4272, "texte": "qu'un prétexte à quelques bien beaux ensei- à-dire"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4312, "fin_caractere_exclue": 4354, "texte": "gnements sur l'art. M. Verhaeren s'en tout"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4358, "fin_caractere_exclue": 4398, "texte": "prend aux artistes qui choisissent leurs"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4451, "fin_caractere_exclue": 4498, "texte": "sujets dans l'antiquité; il veut des oeuvres la"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4537, "fin_caractere_exclue": 4585, "texte": "annonçant l'avenir. Mais pour quelqu'un auraient"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4618, "fin_caractere_exclue": 4668, "texte": "qui est atteint d'éclectisme aigu, ce despo- comme"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4756, "fin_caractere_exclue": 4760, "texte": "subi"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4800, "fin_caractere_exclue": 4846, "texte": "tisme nous étonne. Et quoi I vous voulez avait"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4885, "fin_caractere_exclue": 4941, "texte": "forcer les artistes à choisir tel ou tel sujet personne."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4975, "fin_caractere_exclue": 5023, "texte": "plutôt que tel autre. Tous ceux qui ne chan- les"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 5062, "fin_caractere_exclue": 5116, "texte": "teront pas l'avenir, la société future, seront chaient"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 5201, "fin_caractere_exclue": 5203, "texte": "le"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 5243, "fin_caractere_exclue": 5296, "texte": "des cuistres! Mais nous, que l'on veut re- l'audition"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 5331, "fin_caractere_exclue": 5379, "texte": "présenter comme des arriérés et des tyrans, vaut"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 148, "texte": "nous disons : « Vous êtes absolument libres,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 201, "fin_caractere_exclue": 238, "texte": "prenez la matière de vos œuvres selon"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 291, "fin_caractere_exclue": 330, "texte": "vos goûts, dans n'importe quel domaine;"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 383, "fin_caractere_exclue": 422, "texte": "pourvu que vous la revêtiez d'une belle"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 475, "fin_caractere_exclue": 515, "texte": "forme, que vous ayez comme préoccupation"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 568, "fin_caractere_exclue": 612, "texte": "première de faire œuvre d'art et de célébrer"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 665, "fin_caractere_exclue": 706, "texte": "la beauté, le reste nous est indifférent."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 870, "fin_caractere_exclue": 907, "texte": "M. Reynaud.dans le Mercure de France,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1005, "fin_caractere_exclue": 1024, "texte": "écrit ce qui suit :"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1120, "fin_caractere_exclue": 1161, "texte": "Si la renaissance romane, c'est-à-dire le"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1213, "fin_caractere_exclue": 1256, "texte": "retour, dans la pensée comme dans le style,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1307, "fin_caractere_exclue": 1348, "texte": "à l'équilibre et à l'harmonie, était déjà"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1399, "fin_caractere_exclue": 1436, "texte": "souhaitable aux plus vertes années du"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1487, "fin_caractere_exclue": 1527, "texte": "romantisme, on comprendra combien, après"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1578, "fin_caractere_exclue": 1619, "texte": "les mille excès du décadisme et du symbo-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1670, "fin_caractere_exclue": 1714, "texte": "lisme, elle était aujourd'hui devenue néces-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1765, "fin_caractere_exclue": 1804, "texte": "saire. N'avions-nous pas vu le Parnasse"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1847, "fin_caractere_exclue": 1891, "texte": "français livré au pire désordre et à l'anar-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 1936, "fin_caractere_exclue": 1982, "texte": "chie? L'idéal s'était réduit à la notation des"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2028, "fin_caractere_exclue": 2072, "texte": "émotions charnelles, des seuls instincts; la"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2123, "fin_caractere_exclue": 2164, "texte": "langue était devenue une sorte de patois,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2213, "fin_caractere_exclue": 2253, "texte": "d'incompréhensible jargon. On osait pro-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2304, "fin_caractere_exclue": 2349, "texte": "clamer qu'il était indispensable d'ignorer la"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2398, "fin_caractere_exclue": 2439, "texte": "grammaire et la prosodie pour faire œuvre"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2490, "fin_caractere_exclue": 2532, "texte": "de poète. Il fallait s'en tenir à sa veine"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2590, "fin_caractere_exclue": 2623, "texte": "et l'exploiter d'instint, de peur"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2678, "fin_caractere_exclue": 2715, "texte": "ne fût troublée d'un afflux étranger."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2763, "fin_caractere_exclue": 2801, "texte": "disait : « L'art de penser et d'écrire"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2856, "fin_caractere_exclue": 2895, "texte": "pas. Existerait-il qu'il ne nous serait"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 2954, "fin_caractere_exclue": 2986, "texte": "secours. L'artiste n'a que faire"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3036, "fin_caractere_exclue": 3077, "texte": "traités et des manuels. Il lui suffira de"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3125, "fin_caractere_exclue": 3159, "texte": "aux impulsions de son démon. C'est"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3211, "fin_caractere_exclue": 3249, "texte": "lyre dressée dans l'espace, et qui n'a"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3302, "fin_caractere_exclue": 3337, "texte": "subir le vent pour rendre une douce"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3396, "fin_caractere_exclue": 3432, "texte": "»; et ainsi on inclinait l'artiste à"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3480, "fin_caractere_exclue": 3521, "texte": "paresse et au désordre. Ces théories blâ-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3569, "fin_caractere_exclue": 3607, "texte": "avaient donné leur juste fruit. Jamais"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3657, "fin_caractere_exclue": 3692, "texte": "d'efforts n'avaient abouti à un tel"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3742, "fin_caractere_exclue": 3777, "texte": "et pourtant, parmi ces symbolistes,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3830, "fin_caractere_exclue": 3869, "texte": "plupart étaient de bonne foi, quelques-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 3919, "fin_caractere_exclue": 3956, "texte": "étaient parfaitement doués. Aucun n'a"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4008, "fin_caractere_exclue": 4040, "texte": "produire une œuvre vivante, pour"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4093, "fin_caractere_exclue": 4128, "texte": "pas songé que ce qu'ils appelaient,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4179, "fin_caractere_exclue": 4221, "texte": "la suite de Verlaine, « le reste », c'est-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4273, "fin_caractere_exclue": 4311, "texte": "la littérature, était précisément « le"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4355, "fin_caractere_exclue": 4357, "texte": "»."}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4410, "fin_caractere_exclue": 4450, "texte": "Combien ont à se repentir d'avoir pris à"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4499, "fin_caractere_exclue": 4536, "texte": "lettre cette boutade de Verlaine. Ils"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4586, "fin_caractere_exclue": 4617, "texte": "pu réfléchir que Verlaine, armé"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4669, "fin_caractere_exclue": 4707, "texte": "pas un pour la joute littéraire, avait"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4761, "fin_caractere_exclue": 4799, "texte": "la discipline des Parnassiens et qu'il"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4847, "fin_caractere_exclue": 4884, "texte": "de la littérature autant et mieux que"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 4942, "fin_caractere_exclue": 4974, "texte": "Quant à ceux qui, influencés par"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 5024, "fin_caractere_exclue": 5061, "texte": "nuageuses littératures du Nord, cher-"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 5117, "fin_caractere_exclue": 5153, "texte": "l'abscons et cultivaient le mystère,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 5204, "fin_caractere_exclue": 5242, "texte": "rêve, l'au-delà, la phrase orchestrée,"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 5297, "fin_caractere_exclue": 5330, "texte": "peinte, que sais-je encore? mieux"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 5380, "fin_caractere_exclue": 5416, "texte": "n'en rien dire ; sans compter que de"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "tout ce faims du barbarismes et de paroles"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 181, "texte": "de grimoires se dégageait une impression"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 224, "fin_caractere_exclue": 266, "texte": "unique de douloureuse tristesse et de pro-"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 267, "fin_caractere_exclue": 284, "texte": "fonde désolation."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 287, "fin_caractere_exclue": 320, "texte": "La Jeune Belgique a dit les mêmes"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 321, "fin_caractere_exclue": 362, "texte": "choses, et presque dans les mêmes termes."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 418, "fin_caractere_exclue": 451, "texte": "Quand la Jeune Belgique prend une"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 511, "fin_caractere_exclue": 553, "texte": "pareille liberté, le Mercure nous reproche"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 607, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "notre « provincialisme »."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 701, "fin_caractere_exclue": 722, "texte": "Nous n'insistons pas."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 969, "fin_caractere_exclue": 1000, "texte": "De M. Mockel sur M. Verhaeren :"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1004, "fin_caractere_exclue": 1048, "texte": "Si j'écrivais ici tout ce que prête à écrire"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1088, "fin_caractere_exclue": 1133, "texte": "l'œuvre de ce poète, j'aurais à divulguer ses"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1180, "fin_caractere_exclue": 1226, "texte": "idées en sociologie, j'affirmerais son rôle de"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1258, "fin_caractere_exclue": 1305, "texte": "critique en citant les larges et belles paroles"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1306, "fin_caractere_exclue": 1346, "texte": "dont il accueille, en l'Art moderne, les"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1393, "fin_caractere_exclue": 1431, "texte": "livres de vers les plus ennemis de son"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1481, "fin_caractere_exclue": 1494, "texte": "propre idéal."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1579, "fin_caractere_exclue": 1618, "texte": "Si M. Mockel n'est pas perfide, il a le"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1661, "fin_caractere_exclue": 1683, "texte": "compliment malheureux."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1759, "fin_caractere_exclue": 1798, "texte": "C'est dans l'Art moderne que M. Verhae-"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1817, "fin_caractere_exclue": 1859, "texte": "ren n'a cessé, depuis plusieurs années, de"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1911, "fin_caractere_exclue": 1955, "texte": "mener le deuil des poètes parnassiens. C'est"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1976, "fin_caractere_exclue": 2015, "texte": "lui qui écrivit sur Leconte de Lisle un"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2071, "fin_caractere_exclue": 2112, "texte": "article mortuaire d*une inintelligence et"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2130, "fin_caractere_exclue": 2170, "texte": "d'une hargne contre lesquelles nous nous"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2227, "fin_caractere_exclue": 2241, "texte": "sommes cabrés."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2290, "fin_caractere_exclue": 2335, "texte": "Ah ! elle est jolie, la légende des larges et"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2369, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "belles paroles!"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2469, "fin_caractere_exclue": 2511, "texte": "Il est vrai que M. Mockel n'est pas obligé"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2561, "fin_caractere_exclue": 2586, "texte": "de lire l'Art moderne !.."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2804, "fin_caractere_exclue": 2843, "texte": "N'oublions pas de signaler les derniers"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2898, "fin_caractere_exclue": 2939, "texte": "numéros de deux excellentes revues portu-"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2985, "fin_caractere_exclue": 3028, "texte": "gaises, O Instituto 'et Revista d'Hoje; re-"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 3029, "fin_caractere_exclue": 3072, "texte": "marqué dans cette dernière un brillant son-"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 3073, "fin_caractere_exclue": 3103, "texte": "net de Fr.-Augustinho da Cruz."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 3110, "fin_caractere_exclue": 3153, "texte": "Lire, dans le Bulletin du Séminaire d''his­"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 3154, "fin_caractere_exclue": 3195, "texte": "toire des littératures de l'Université de"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "Bruxelles, les études de MM. Wollgraff,"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 192, "fin_caractere_exclue": 223, "texte": "Franz Wiener, Robert Sand, etc."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 374, "fin_caractere_exclue": 415, "texte": "L'abondance des matières, qui nous a fait"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 467, "fin_caractere_exclue": 510, "texte": "ajouter au présent numéro six pages supplé-"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 562, "fin_caractere_exclue": 606, "texte": "mentaires, nous force, à notre grand regret,"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 658, "fin_caractere_exclue": 698, "texte": "de remettre au prochain numéro plusieurs"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 750, "fin_caractere_exclue": 794, "texte": "articles, entre autres une critique des der-"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 846, "fin_caractere_exclue": 891, "texte": "niers ouvrages de l'excellent poète portugais"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 943, "fin_caractere_exclue": 964, "texte": "M. 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Guédy. — Les Ouvriers d'art."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1537, "fin_caractere_exclue": 1576, "texte": "Les maîtres musiciens de la Renaissance"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1628, "fin_caractere_exclue": 1660, "texte": "française     Orlande de Lassus."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1717, "fin_caractere_exclue": 1755, "texte": "Riotor et Léofanti. — Les Enfers boud­"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1808, "fin_caractere_exclue": 1816, "texte": "dhiques."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1873, "fin_caractere_exclue": 1910, "texte": "H. Buffenoir. — J.-J. Rousseau et ses"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 1963, "fin_caractere_exclue": 1975, "texte": "visiteurs. ."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2032, "fin_caractere_exclue": 2070, "texte": "G. Cougny. — L'Art moderne. La Renais-"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2123, "fin_caractere_exclue": 2129, "texte": "sance."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2186, "fin_caractere_exclue": 2226, "texte": "A. Ernst et E. Poirée. — Etude sur Tami-"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2279, "fin_caractere_exclue": 2286, "texte": "hœuser."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2343, "fin_caractere_exclue": 2368, "texte": "A. Gayet. — L'Art persan."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2425, "fin_caractere_exclue": 2465, "texte": "J. Lemaître. — L'Age difficile, comédie."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2522, "fin_caractere_exclue": 2560, "texte": "J. Lorrain. — Sensations et Souvenirs."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2617, "fin_caractere_exclue": 2647, "texte": "G. Mourey. — Passé le détroit."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2704, "fin_caractere_exclue": 2740, "texte": "A. Foucher. — L'A rt bouddhique dans"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2794, "fin_caractere_exclue": 2801, "texte": "l'Inde."}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2858, "fin_caractere_exclue": 2897, "texte": "M. de Bousies. — N'est pas sceptiqneqni"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 2950, "fin_caractere_exclue": 2984, "texte": "veut, comédie; Louisette, comédie."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ ÉDITEUR D", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 262, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1300, "texte": "LACOMBLEZ\n       ÉDITEUR          DE    LA     JEUNE         BELGIQUE\n                      31, rue des Paroissiens, 31\n                              BRUXELLES\n\n\n                 VIENNENT DE PARAITRE\n                        Fernand S E V E R I N\n\n      UN CHANT DANS L'OMBRE\n                               POÉSIES\n                   Un volume in-32 raisin. Prix : 3 francs.\nIl a été tiré : 5 exemplaires sur papier du Japon des manufactures impé-\n                      riales, à                               fr. 12 »\n                15 exemplaires sur papier de Hollande Van Gelder,   6 »\n\n\n                         Edmond PICARD\n\n         VIE                 SIMPLE\n    Nouvelle édition. Un volume petit in-12      . . . .        fr.   2 «\n\n\n                          Paul     ARDEN\n\n       PAR LES CHEMINS\n             Un volume petit in-12 . . . . fr. 2 50\n                  A. GALLOY & J. MOLLOY\n\n   AU P A Y S D E B E A U M O N T\n                             POÉSIES\n             Un volume in-18 jésus . .       .   . fr.   2 50\n\n\n                          Hubert KRAINS\n\n  HISTOIRES LUNATIQUES\n             Un volume in-18 jésus    . . . .     fr.    3 »\n\n\n                        Sous presse :\n    UNE CAMPAGNE AU PAYS NOIR\n                   PAR J U L E S     DESTRÉE\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-05-n5-206", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Catalogue de la librairie Paul Lacomblez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ, éditeur", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 263, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 7140, "texte": "LACOMBLEZ, éditeur\n               31, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES\n\nArden (P.). Par les chemins . . . fr. 2 50          Itiberê da Cunha (J.). Préludes . . fr. 3 »\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et                Jenart (Aug.). Le Barbare                        2 »\n   roses                                    2 »     Jeune Belgique (Le Parnasse de la). . 7 50\nBrabant (V.). Notes de voyage . . .         1 »     Journal d'une ignorante : Sur les Golfes 1 50\nBloy (Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 »        Justus Severus Africus                           1 »\n   Les 3 premiers numéros ensemble 1 »              Kahn (Gustave). Chansons d'amant. . 3 50\nBoschotiA. Faunesses et bacchantes. 1 50                   —        Les Palais nomades . . 3 50\n               Matin d'automne . . .        1 50    Krains (H.). Histoires lunatiques . . 3 »\n      —        Rêves blancs . . . .         4 »     Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .            2 »\nBosiers ;E.). Harald-Roi                    2 »           —         Loth et ses filles . . .         2 »\nCarnet de chasse illustré          15           \"   Landoy (Eug.). Evocations                        3 50\nCasier (J.). Flammes et flammèches . 1 50                  —        Maître Martin . . . . 0 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 »             Lautréamont (comte de). Les Chants de\nCourouble (L.). Contes et souvenirs. . 3 50             Maldoror                                      350\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 »             Lernonnier (C). Paroles pour Georges\nDaCosta(G.) Grammaireenportefeuille 0 50                            Eekhoud                0           50\nDaxhelet(A ) Pages de tendresse vague 3 50                 —        Discours d'inauguration\n      —        Nouvelles de Wallonie . 3 50             du monument Ch. De Coster, avec\nDe Coster (Ch.). La Légende d'Ulen-                     extraits d' « Uienspiegel » et por-\n          spiegel                           5 »         trait de Ch. De Coster . . . . 0 50\n      —         Légendes flamandes . . 3 50         Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\n                  (Voir Lernonnier.)                                (L'Intruse, Les Aveugles) 3 »\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50               —        La Princesse Maleine. . 3 50\n      —      Les Miroirs de jeunesse . 3 50                —        Serres chaudes . . . .           3 »\nDelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50                —        L'Ornement des noces spi-\nDe Haulleville (baron P.). En vacances. 3 50                           rituelles                     4 \"\n      —      Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »           —         Les Sept Princesses . . 2 »\n      — J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                           —        Pelléas et Mélisande          . 3 50\n                talat chez les Civilisés. 4 »                          (Voir Emerson.)\nDemolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                     —        Les Disciples à Sais et les\n      —         Impressions d'Art. . . 3 «              fragments de Novalis                         4 »\n      —         James Ensor . . . .         3 «     Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam . . 3 »\nDe Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 »          Maubel (Henry). Miette                           2 50\nDe Régnier (H.).Le Bosquet de Psyché 2 »                   —        Étude de jeune fille . . 3 50\nDe Tallenay (J.). L'Invisible . . . .       3 50           —        Quelqu'un d'aujourd'hui . 3 50\nDesombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »                  —        Une mesure pour          rien    1 »\nDestrée (Jules). Journal des Destrée        1 »      Picard (E.). El Moghreb al Aksa . . 4 »\nDulac (Paul). Vingt-cinq sonnets . . 1 50                  —        Scènes de la vie judiciaire 4 »\nDupont (A.). L'Envol des rêves . . .        2 »            —        Vie simple                       2 »\nEekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50                 —        Imogène, 1 vol. format\n       —       La Nouvelle Carthage. . 4 »                             eucologe                      4 »\n       —       Les Fusillés de Malines . 3 50              —        Comment on devient so-\n       —       Au siècle de Shakespeare. 3 »                            cialiste                     2 50\n       —       Kees Doorik                  3 50           —            Id. (édition populaire) 0 75\n       —       Kermesses                    5 »      Pierron (Sander). Pages de Charité . 3 50\n       —       Mes Communions . . .         5 «      Philopator. Libres propos d'un belge. 1 »\n Elskamp (Max). Dominical . . . .            2 »     Pléiade (La). Première année (1889) . 3 »\n       —       Salutations, dont d'angé-             Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n    liques                                   3 50    Rodenbach Le Foyer et les champs . 1 »\n       —       En Symbole vers l'Apos-               Rommelaere (J.). Ma semaine, 1892-93. 2 »\n    tolat                                    3 50          —         Ma semaine, 1894 . . .          2 »\nEmerson. Sept Essais, avec préface de                Severin (Fernand). Le Lys                       2 »\n    Maeterlinck                              3 50             —             Le Don d'enfance . 2 »\nGalloy (A.). Au pays de Beaumont. . 2 50                   —         Un chant dans l'ombre . 3 »\nGarnir (Georges). Les Charneux. . . 3 50             Sigogne (E.). Contes merveilleux . . 3 »\n       —       Contes à Marjolaine          3 50     Sluyts (Ch.). L'Appel des voix . . .            2 »\nGilkin (Iwan). Stances dorées . . .          1 »           —         Notes d'être                    3 «\nGille(Valère) LeChâteau desmerveilles 2 »            Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 »\nGiraud (Albert). Hors du siècle . . . 3 50           Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut.             . 3 50\n       —       Hors du siècle. II : Sous             Van Lerberghe (Ch.). Les Flaireurs .             1 »\n                  la Couronne. Devant le             Verhaeren (E.). Les Apparus dans mes\n                  Sphynx                     3 00                       chemins                      2 »\n       —       Pierrot lunaire . . . .       2 »           —         Les Moines                       3 »\n                                                                                      r,;s\n       —       Pierrot Narcisse . . .        2 »     Villiers de l'Isle-Adam. Premiè Poésies 3 50\n       —       Dernières Fêtes. . . .        2 »                     Morgane                          5 »\n       —       Le Scribe                     1 »     Wagner (R.). L'Œuvre et la mission de\n Hannon (Théo). Noéls fin de siècle . . 3 »              ma vie (derniers exemplaires) . . 4 »\n       —       Au pays deManneken-Pis 4 »            Waller Max). La Flûte à Siebel. . . 3 50\nHanneuse (0 ). La Reine Aléna. . (souscrit).               —         Daisy                            3 »\n       —       Sorella                       2 50    X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé)\n\n                     Bruxelles.— ImprimerieVeMonnom, 32, rue de l'Industrie\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 222, "texte": "Mai 1895.                          TOME XIV. — N° 5                          15me Année.\n\n\n\n\nA\n  JEUNE\n                 BELGIQUE\n                                      SOMMAIRE:\n      Rupture                                         ALBERT GIRAUD.\n      Sonnets                                         VALÈRE GILLE.\n      Poésie portugaise                               EUGENIO DE CASTRO.\n      Les Tendresses vagues                           FRANZ ANSEL.\n      Proses lyriques                                 ARNOLD GOFFIN.\n      Vers                                            JEAN   DELVILLE.\n      Un Tableau de Memling                           IWAN GILKIN.\n      Le Coq rouge                                    MOURZOUCK.\n      Chronique littéraire :\n        Les Verslibristes                             VALÈRE GILLE.\n      Chronique artistique :\n        Deuxième Exposition de la Société des\n           Beaux-Arts                                 G. M. S.\n      Chronique musicale :\n        L'Or du Rhin au Conservatoire. . . .          ERNEST CLOSSON.\n      Memento                                         NEMO.\n\n\n\n\n         REDACTION                                            BRUXELLES\n110,RUED E LA L I M I T E ,   BRUXELLES.                 PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                             3 I , rue des Paroissiens\n                                                                   PARIS\n    PRIX DU NUMÉRO                                    C H A M U E L , LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                 29, rue de Trévise\n         fr. 0-75.\n                                                                     1895\n"}, {"page_pdf": 223, "texte": "                                                                           BELGIQUE\n   BELGIQUE\n                                N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                                 JEUNE\n              JEUNE\n\n\n\n\n                                                            LA\n                      LA\n\n                                N E CRAINS\n\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur       : M A X W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n              Directeur : IWAN GILKIN, 110, rue de la Limite.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n\n  G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                  des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n\n   LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 21, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}, {"page_pdf": 224, "texte": "                           RUPTURE\n\n\n                                  Plusieurs de nos collaborateurs, qui ont la\n                                  manie, chaque année, de quitter avec éclat\n                                  la Jeune Belgique pour y rentrer, avec\n                                  tout autant d'éclat, quelques mois après,\n                                  ont jugé opportun d'offrir au public le petit\n                                  divertissement périodique où ils excellent,\n                                  mais en le corsant — pour employer un\n                                  jargon vanté — par la création d'une revue,\n                                  destinée, s'il faut en croire les organes de\n                  la société Biberon et Bourrelet, à nous assassiner, et aussi\n                 — selon le prospectus de l'Art moderne — à professer\n                 l'éclectisme le plus raffiné.\n                    Il est permis de trouver que l'assassinat, même litté-\n                 raire, n'est pas la forme la plus raffinée de l'éclectisme ;\n                 mais il s'agit de notre attitude et non des zigzags esthéti-\n                 ques de ces messieurs.\n                    Les propriétaires de la Jeune Belgique tiennent, confor-\n                 mément à leur habitude, à mettre sous les yeux de leurs\n                 lecteurs les pièces du procès ; et, comme d'aimables génies\n                 d'estaminet, qui voient toutes choses à travers nos bières\n                 nationales, ont répandu le bruit que je désapprouvais la\ncampagne menée par mes amis, c'est moi qui ai revendiqué l'honneur de\nfaire connaître au public les étranges négociations qui ont précédé la nou-\nvelle hégire de M. Eekhoud et de ses clients.\n                                                                      13\n"}, {"page_pdf": 225, "texte": "                                   -   198   -\n\n   On m'excusera si, contrairement à la logique et à la nature des choses,\nje suis ennuyeux en parlant de ces messieurs.\n   Le 13 janvier 1895, M. Georges Eekhoud qui, depuis un an, était rede-\nvenu l'un des collaborateurs les plus assidus de notre revue, fit savoir par\nécrit à M. Iwan Gilkin que MM. Verhaeren et Demolder désiraient rentrer\nà la Jeune Belgique. En même temps, ces deux Arcadiens écrivirent à\nM. Iwan Gilkin pour lui demander un entretien.\n   L'entretien eut lieu. MM. Eekhoud, Verhaeren et Demolder agitèrent des\npalmes de lieux-communs. L'heure était venue de s'entendre, de concentrer\ntoutes les forces contre l'antique ennemi, de rallier les écrivains, les\n« vrais », les « sincères », sans distinction de tendances ou de métier et de\nfaire une plus large place à l'élément jeune, représenté surtout par le rival\nen prose de M. Delattre, M. Pierron. Je passe les variations, patibulaires\nou hallucinées, qui furent exécutées sur ce thème patriotique.\n   Les oreilles encore tintantes de cette Brabançonne inattendue, le directeur\nde la Jeune Belgique soumit le cas aux propriétaires de la revue, et, après\nen avoir délibéré avec eux, écrivit à M. Verhaeren une lettre dont voici le\npassage essentiel :\n   « Sur le terrain littéraire notre situation est très claire. De profondes\ndivergences esthétiques nous séparent et il serait puéril de chercher à con-\ncilier des convictions inconciliables, fatalement destinées à se combattre et\nà se disputer la direction du goût du public et la formation des jeunes écri-\nvains. Sur ce terrain-là, il n'y a pas d'entente possible et les propriétaires de\nla Jeune Belgique gardent les convictions formulées dans les Déclarations\nde janvier 1893.\n   « Mais, tout en gardant leurs convictions, dans l'intérêt supérieur des\nlettres belges et des écrivains de notre génération, ils consentent à\naccentuer le caractère éclectique de la revue, ouverte à toutes les\nécoles et à toutes les tendances. Mais cela ne se peut faire, si l'on\nveut une union sincère et durable, qu'en proscrivant de la revue tout ce\nqui pourrait y rallumer les querelles que l'on a précisément en vue d'étein-\ndre. A cet effet, i° le directeur de la revue exercera un contrôle sans appel\nsur les articles qui pourraient donner lieu à des répliques qu'il jugerait dan-\ngereuses ; il décidera s'il convient ou non de les insérer ; 20 les articles de\nthéories, de critique ou d'esthétique ne seront admis que s'ils présentent\nl'allure d'une étude générale, calme et exempte d'attaques personnelles; LA-\nREVUE CONTINUERA A PUBLIER DES CHRONIQUES LITTÉRAIRES,\nARTISTIQUES ET MUSICALES... »\n  On le voit, sauf en ce qui concerne les droits de la critique littéraire, que\n"}, {"page_pdf": 226, "texte": "                                  — I99 —\n\nle souci de notre indépendance nous commandait de sauvegarder,\nM. Verbaeren et ses amis obtenaient tout ce qu'ils désiraient.\n   Il paraît toutefois que nos concessions n'étaient pas suffisantes. C'est ce\nqui ressort du passage suivant d'une lettre écrite par M. Verhaeren :\n   « Nous sommes d'accord, excepté sur ce point :\n   « Tu m'écris : « Mais en gardant leurs convictions, dans l'intérêt supé-\nrieur des lettres belges et des écrivains de notre génération, ils (les proprié­\ntaires) consentent à accentuer le caractère éclectique de la revue, ouverte à\ntoutes les écoles et à toutes les tendances. »\n   « Voici la rédaction que je propose : « Mais tout en gardant leurs convic-\ntions, dans l'intérêt supérieur des lettres belges et des écrivains de notre\ngénération, les propriétaires renoncent à faire de la Jeune Belgique une\nrevue à programme qui juge les œuvres au nom des principes littéraires\nformulés dans la déclaration de janvier 1893... »\n   Cette fois, on levait le masque.\n   Défendre aux écrivains chargés de la critique littéraire de juger les œuvres\nau nom de tels ou tels principes, c'était renoncer à toute critique, c'était\nabdiquer le droit d'exprimer notre avis dans notre revue. Si nous avions\nconsenti à subir pareille exigence, M. Arnold Goffin et M. Valère Gille,\nactuellement chargés de la Chronique des livres, eussent été privés de leur\nliberté d'écrire. En d'autres termes, nos contradicteurs prenaient possession\n de notre balcon et de toutes nos fenêtres, pour prêcher à la foule l'Évangile\n des toqués; quant à nous, pieds et poings liés, bâillonnés hermétiquement\n selon les règles de la politique d'union, on nous descendait dans la cave, où\n nous conservions la liberté grande de penser sans rien dire, jusqu'au jour\n « piaculaire » où la divinité de MM. Verhaeren, Eekhoud, Demolder et de\n quelques autres candidats à l'apothéose ne connaîtrait plus d'athées.\n    Les négociations furent rompues sur le dos des négociateurs, et on lança\n contre nous, héroïquement, quelques bonshommes de plume âgés de seize\n ans, qui annoncèrent au monde la naissance d'un « Coq assassin ».\n    Les lecteurs de la Jeune Belgique en savent assez pour se prononcer sur\n la moralité de l'incident, et je pourrais m'en tenir aux documents cités, s'il\n ne me plaisait de les faire suivre, en mon nom personnel, de quelques\n réflexions sur les procédés, l'état d'âme et ce qui tient lieu d'esthétique à ces\n messieurs du « Sincère-Club ».\n\n                                      **\n   Donc ces clubmen — qui ont besoin d'intermédiaires — ont jugé bon\nd'exciter contre nous les rédacteurs en chef de certaines revuettes, mortes ou\n"}, {"page_pdf": 227, "texte": "                                    —       200\n\n\n à naître — on ne sait jamais. Est-ce que ces messieurs de l'éclectisme\n assassin s'imaginent que je vais tomber sur des adolescents en mal de\n moustache?\n   Je les ai vus naguère, en 1894, pendus en grappes suppliantes au cordon\n de la sonnette directoriale. Ils disaient, en usant les bords de leur cha-\n peau : « Lorsque je me présente chez un écrivain belge, dois-je l'appeler\n cher maître? » Je répondais avec douceur : « Si c'est un imbécile, n'hésitez\n pas! » Et les sonnets sortaient spontanément de leurs poches ambitieuses. Je\n priais ces visiteurs de revenir lorsque le sonnet serait meilleur. Ils ne revin-\n rent point, naturellement, trouvèrent des « chers maîtres » à qui le sonnet\n parut admirable, et se mirent à sonner le glas de la Jeune Belgique dans\ndes revues de combat auxquelles ils avaient pris la précaution d'abonner les\nmembres de leur famille.\n   Je n'ai rien à dire à ces sonneurs-là. C'est à leurs « chers maîtres » que je\nm'adresse. Allons ! Messieurs du Coq, ne vous cachez pas derrière les pous-\nsins ! Montrez les visages que vous avez et écoutez-moi !\n   Ainsi, Messieurs du Sincérat, vous aviez décidé de nous interdire la cri-\ntique? Et, comme vous êtes équitables, afin de nous indemniser de notre\nsilence forcé, vous nous offriez des vers de M. Verhaeren et de la prose de\nM. Demolder, — sans compter les petites surprises! C'était une bonne\naffaire, — pour vous. Vous ne pouviez qu'y gagner, — mais nous? Pensez-\nvous que la perspective de lire dans la Jeune Belgique la prose saoule de\nM. Verhaeren ou les mémoires inédits de Koedijck sur Jésus de Nazareth\nsoit si riante qu'elle me fasse renoncer au plaisir de siffler les mauvais acteurs\nde la comédie artistique ? Ah ! vraiment, vous êtes fous, mes maîtres !\n   On le voit bien, votre esthétique se réduit à une admiration instinctive\npour tout ce qui tombe de votre plume. Ne connaissant point le monde des\nidées, vous êtes incapables de comprendre que l'on puisse vivre d'amour\npour elles et que la confession de cet amour soit une jouissance à laquelle\ncertains esprits, quoi qu'il leur en coûte, ne renoncent jamais !\n   Il s'agit bien des déclarations de 1893! En 1894, elles n'étaient con-\ntraires ni à la dignité de M. Eekhoud ni à la dignité de M. Delattre,\npuisqu'elles ne les empêchèrent point de collaborer à la Jeune Belgique. Or,\nla simple politesse m'interdit de supposer que ces deux conteurs aient une\ndignité pour l'année 1894 et une dignité pour l'année i8g5 !\n   La vérité, mes maîtres, c'est que vous avez peur de ne pas obtenir de la\nJeune Belgique, pour toutes vos œuvres et pour celles de vos caudataires,\nles éloges frénétiques et les convulsions d'enthousiasme auxquels vous\ncroyez avoir droit ; la vérité, c'est que vous ne voulez pas que la Chronique\n"}, {"page_pdf": 228, "texte": "                                 — 201 —\n\n\ndes livres soit confiée à un seul écrivain. Voilà le vrai motif de l'hégire! A\nforce de vous encenser mutuellement, vous en êtes arrivés à considérer la\ncritique comme une trahison et comme une voie de fait. Vous êtes impec-\ncables, infaillibles, divins. Trop enclins à vous faire comparer, par des\nenfleurs de métaphores provinciales, qui à l'Orénoque, qui à Notre-Dame\nde Pari;, qui au mont Blanc, vous avez fini par vous conduire en consé-\nquence et par regarder de travers le passant littéraire qui se permet de dire :\n« Qu'est-ce que ce ruisseau ? Comment se nomme cette chapelle rustique?\n11 semble qu'une taupe a soulevé le sol ! » Je l'affirme, si nous vous avions\npermis de vous proclamer dieux les uns les autres ; si, sous couleur de\ncritique littéraire, nous avions laissé M. Demolder coiffer M. Eekhoud du\nchaperon d'Alighieri et M. Eekhoud décerner à M. Demolder l'héritage\ncombiné de Van Eyck et de Rabelais, en un mot, si chacun avait pu choisir\nson vis-à-vis dans la danse sacrée, je sais un Coq rouge qui serait encore\ndans l'œuf.\n    Mais vous savez bien que ce jeu ne prend pas chez nous. Allez, allez ail-\nleurs avec votre grosse caisse, votre musique foraine, votre voiture dorée,\nle vieux fromage d'Yperdamme que vous portez comme le globe impérial,\net le moule à gâteau que vous prenez pour la couronne de Charlemagne !\n    Faites Charlemagne où il vous plaira, mais pas chez nous !\n    Certes, quand il vous arrivera, grâce à la bonne discipline de naguère,\nd'écrire encore une belle page, — je m'empresserai de la signaler à notre\npublic. Mais n'espérez point que je sois clément pour vos folies, vos incohé-\nrences, votre français en Espagne, vos grimaces de style et vos pataquès (Doo-\nrik). Lorsque vous publierez pêle-mêle avec des contes tragiques comme\nAppol et Brouscard et Climatérie, ces pages d'apprenti, Le N° 23 du Tram­\nway jaune et Bernard Vital, lorsqu'après de beaux drames de rêve sem-\n blables à Pelléas et Mélisande, vous vous oublierez jusqu'à bafouiller\n l'éternelle complainte des trois princesses et des trois anneaux, je continue-\n rai à vous crier de loin : « Holà ! les génies ! Casse-cou, les dieux ! » Et s'il\n vous plaît de donner au monde, comme un pendant au Cantique du Soleil,\n le livre navrant où M. Elskamp imite, à faire pleurer, les salivations pieuses\n d'un vieux nègre tombé en enfance auquel on ferait faire sa première com-\n munion — je prétends user de mon droit au rire, et calculer publiquement\n la dose de ridicule que l'on peut supporter en Belgique sans être tué.\n    Lamentez-voùs ou faites-moi insulter, dans des revuettes éphémères, par\n  de petits polissons masqués, peu m'importe! Je ne composerai point avec\n  une émeute de marionnettes, avec votre conspiration des Pupazzi.\n     Mais — passez-moi ce coq-à-1'âne rouge! — ne vous avisez pas de sou-\n"}, {"page_pdf": 229, "texte": "                                  — 202\n\ntenir, autrement que par poussin interposé, que la Jeune Belgique n'est\npas restée fidèle à son crédo littéraire. Vous savez bien que nous n'avons\npas changé, que nous servons encore les dieux de notre jeunesse. C'est\nvous qui les avez reniés, beaux sires, le jour où vous vous êtes mis à loucher\nd'un œil vers la rue de la Loi et de l'autre vers la rue de Bavière !\n   Est-ce nous qui avons siégé dans des commissions officielles, composé\ndes anthologies à 6,000 francs la tranche, postulé des cours de littérature,\nguigné des prix, imploré des subsides ? Est-ce nous qui larmoyons parce\nqu'on ne rougit pas notre boutonnière et qui rêvons d'organiser des meetings\nde protestation? Est-ce chez nous que l'on trouve les candidats perpétuels\nà toutes les fonctions et à toutes les candidatures ? Ah ! vous me la baillez\nbelle, avec votre appel aux armes contre l'officialisme renaissant ! S'il renaît,\nc'est grâce à vous, et si vous vous cabrez, c'est parce qu'il ne renaît pas\nassez vite !\n   Quant à vos génuflexions littéraires devant l'idole démagogique, jamais\nMax Waller ne les eût apprises sans bondir ! Qu'êtes-vous allé faire à la\nMaison du Peuple, au milieu des courtisans de la foule et des chatouilleurs\ndu suffrage universel? Vous y avez sali notre idéal en servant de parure\nvivante à des politiciens avisés et astucieux. Vous vous êtes laissés encar-\nmagnoler, Messieurs, et en attendant le ruban rouge, vous avez mis le\nbonnet! Ça ira, ça va! Déjà votre art semble frappé d'une mystérieuse\ndéchéance, châtiment de ceux qui, n'ayant pas la patience de servir la\nBeauté pure, demandent une appauvrissante aumône de gloire aux vocifé-\nrateurs de la place publique et à l'incurable bêtise du mob.\n   Vous titubez ainsi du socialisme à l'anarchisme, sans même savoir que\nces deux doctrines sont inconciliables, tant votre pauvreté intellectuelle est\nnavrante, tant il vous siérait de porter votre tête en écharpe, comme un\nbras cassé. Et vous ne vous doutez pas qu'en écrivant, si je puis dire, la\nLégende dorée des Henry et des Caserio, vous versez l'envie et le meurtre\ndans les âmes obscures, vous réveillez le porc et le loup qui dorment au\nfond des cœurs convulsifs. Vous n'êtes que les serviteurs de la Bête san-\nglante : je ne vous connais plus !\n   Où donc auriez-vous puisé le droit de juger la Poésie? Vous ne pouvez\nrien comprendre à nos tourments et à nos joies, vous qui reçûtes pour la\nplupart, dans votre jeunesse, le coup de pied qu'Apollon décoche aux versi-\nficateurs malheureux. Vous pataugez dans le fait-divers sentimental ; — ne\ndiscutez point les miracles de la Rime et du Nombre! Incapables de vous\nélever à la synthèse, je vous défie de vous hausser jusqu'à une parole\nd'humanité universelle, et, selon la belle expression d'un vrai poète,\n"}, {"page_pdf": 230, "texte": "                                — 203 —\n\n\n M. Pierre Quillard, de projeter dans l'infini et dans l'éternel ce qui fut\nauparavant le tressaillement momentané de l'individu. C'est l'Art désinté-\nressé qui est la Charité suprême, et non le cri de guerre que vous arrachez\nà votre égoïste, à votre haineux amour !\n   Quoi ! Vous en êtes maintenant, vous qui nous aidâtes jadis à porter le\npoids d'un grand rêve, vous en êtes à geindre publiquement parce qu'on\nn'achète pas vos livres, à déplorer que l'hommage posthume rendu à Charles\nDe Coster n'ait servi qu'à « faire décorer un bourgmestre », à prendre parti,\nle poing tendu et la gorge gonflée d'invectives, entre les politiciens qui se\ndisputent le pouvoir. L'odeur de comptoir qui s'élève de vos manifestes me\ndonne la nausée. Ah ! les pauvres, pauvres vaniteux à qui j'ai vainement,\ndepuis quinze années, donné des leçons d'orgueil !\n   Passez votre chemin ! Ceux qui vivent au-dessus de vos tètes se détournent\nde vous. Votre révolte impuissante n'est qu'un épisode de la lutte entre la\nprogéniture de Caliban et les fils de Prospero.\n\n                                                    ALBERT GIRAUD\n\n\n\n\n                          SONNETS\n                            MALÉDICTION\n\n        O toi, qui pénétras le suprême savoir,\n        A quoi songes-tu donc, accoudé sur ton livre?\n        Prends le manteau royal, puisque le sphinx te livre\n        Son antique secret et le divin pouvoir.\n\n        Pourquoi tarder ? Agis. N'es-tu pas fier d'avoir\n        Atteint les sommets d'or où l'âme se délivre?\n        Ton triomphe orgueilleux t'empêche-t-il de vivre?\n        Ayant conçu ton œuvre, accomplis ton devoir.\n\n        Ah! tu sais à présent le terrible mystère.\n        Maudit sois-tu! maudit du ciel et de la terre;\n        Déjà l'enfer se rue en ton cœur embrasé.\n\n        Malheur à l'homme lâche et servile qui sonde\n        L'abîme et le néant! Tu mourras écrasé,\n        Esclave, sous le poids formidable du monde.\n"}, {"page_pdf": 231, "texte": "                     — 204\n\n\n                    RÉVOLTE\n\nDans la nuit, j'accomplis mon œuvre solitaire:\nJ'ai volé le flambeau que Lucifer   brandit;\nMaître, ayant contre Toi dressé mon front maudit,\nJ'asservirai tes fils à mon noir ministère.\n\nJe leur dévoilerai les secrets qu'il faut taire.\nPlus d'espérance! Au seuil de l'Eden interdit\nJe veille. Sachez tous l'impitoyable édit :\nDans mon trépas vengeur j'engloutirai la terre.\n\nEmbrasé de désirs, ne pouvant plus jouir,\nL'homme enchaîné verra les fleurs s'épanouir,\nConnaissant que pour lui tout n'est qu'ombre et que cendre.\n\nJe porterai partout et le fer et le feu.\nLa Mort! la Mort! la Mort! Déjà, je crois entendre\nTant de pleurs et de cris qu'il me semble être un Dieu.\n\n\n                  (Postscriptum.)\n              A LOUIS DELATTRE\n                                    « Hou, hou, hou ! »\n                                              Louis DELATTRE\n\n        Quand tu courais dans ton village\n                 De blanc vêtu,\n        Rose et joufflu, vif et volage,\n        N'ayant alors pour tout bagage\n                  Que ta vertu,\n\n         Quand tu couchais sur ton ardoise\n                   Ou tes cahiers,\n         Barbouillé de jus de framboise,\n         Les potins charmants du Pontoise\n                  Des écoliers,\n         La chemise fraîche et falote,\n                 — Tout ton trousseau,\n         Tremblant heureuse à ta culotte,\n         Tu nous disais quelqu'anecdote\n                 De ton hameau :\n"}, {"page_pdf": 232, "texte": "            — 205 —\n\nComment l'étourneau sut (apprendre\n         A babiller,\nEt le geai moucheté de cendre,\nDans les bois, sur le gazon tendre,\n         A (habiller.\n\nMais las! tu fus pensionnaire,\n        Ah! que veux-tu!\nDans ton épais dictionnaire\nTu mis sécher la fleur précaire\n        De ta vertu.\n\nBaste! exploite-la pour ton conte\n        Du mois prochain\nDans /'Art jeune qui sur toi compte\nPour couver sa dernière ponte\n         D'un air serein.\n\nAdieu, hochet, chanson et ronde!\n          Te voici vieux,\nMême ayant, sans qu'on te seconde,\nDe l'esprit comme tout le monde\n         Sans envieux.\n\nMais qu'importe, Fanfan sublime,\n         Ton avenir!\nTu ne seras pas anonyme.\nMets ta robe, douce victime,\n         Tu peux mourir.\n\nFrédérix,  qui rata le coche\n         En Maeterlinck,\nA pris la mouche : il te décroche\nUne médaille, ô cher mioche!\n         Du plus pur zinc.\n\nSois fier, car nous savons tous comme\n          En un seul mot\nIl établissait un grand homme.\nGourmand, tu peux croquer la pomme\n           Ou le marmot.\n\nFais reluire ton auréole;\n         Et lorsqu'un jour\n"}, {"page_pdf": 233, "texte": "                                      —   206   —\n\n\n                      Tu monteras au capitole\n                      Au son du luth, de la viole\n                             Et du tambour,\n\n                          En caleçon d'or et de soie,\n                                    Des fleurs au front,\n                          Les petits de la Mère l'Oie,\n                          Pour tes contes qui font leur joie\n                                    Te recevront.\n                                                        VALÈRE GILLE\n\n\n\n\n                 POÉSIE PORTUGAISE\n                                    OBSCURITÉ\n\n             Tu souffres amèrement — De me voir ignoré, obscur... —\n              Sur tes joues pâles, je vois passer — De lumineuses proces-\n              sions de larmes.\n          s\n                 Ne pleure plus ! Rejouis-toi ! — Que tes yeux chantent\njoyeusement! — Les grandes flammes meurent vite, — Mais la braise\nrougit longtemps sous les cendres !\n  O ma frileuse ! viens te chauffer — Au feu de mon orgueil : — Je connais\nune étrange fleur — Qui n'a de parfum que pendant la nuit !\n  Ne pleure plus ! — Des mois et des ans s'écoulent — Avant que la\nlumière des étoiles arrive à la terre : — Mes vers, chérie! sont les frères de\nces étoiles!\n  (Du recueil   Sylva.)\n\n                                    BAL MASQUÉ\n\n   Mon air est joyeux — Comme un souper de jeunes gens; — Mes yeux\ns'égaient — Quand ils voient des yeux aimés ; — Ma bouche verse des\nsourires — Aux amis, aux indifférents...— Mais mon âme est triste —\nComme la fille d'un condamné à mort.\n   Je suis semblable à ces bonnes gaies et saines, — Qui conduisent, dans\nles jardins, — Des petits enfants paralytiques...\n  (Du recueil   Sylva.)\n"}, {"page_pdf": 234, "texte": "                               — 207 —\n\n\n\n                              PRESAGES\n\n  Quand je naquis, on appelait au feu — Dans ma paroisse, — Et dans la\nmaison en face un pauvre joueur — S'ouvrit les veines, quand je naquis.\n  Une petite sœur est venue avec moi — Du Rien à la Vie, — Si elle n'était\npas morte, j'aurais vu amoindries — Les cruautés de cette mer profonde.\n  Mais la jumelle que Dieu m'avait donné — Mourait bien vite, — Mourait\nmal née... — Et dans ma paroisse on appelait au feu...\n  Avec de tels avis, avec de tels présages, — Que devrais-je espérer? —\nHaines, tourments, deuils et naufrages, — Ceux qui sont déjà venus et ceux\nqui vont venir...\n (Du recueil Interlunio.)\n                                             E U G E N I O D E CASTRO\n\n\n\n\n       LES TENDRESSES VAGUES\n                DES F L E U R S DANS LES CHEVEUX!\n\n         Puisqu'Avril a gonflé d'émoi vos jeunes seins,\n         Vierges que nous aimons! volez en fols essaims\n         Par les bois lumineux où l'âme s'émerveille\n         Au sourire enchanteur du Printemps qui s'éveille!\n\n         Puis, sur le frais gazon groupez-vous, et semez,\n         Semez de fleurs des prés vos cheveux embaumés\n         Que dénoue à demi le souffle pur des brises :\n         Dans la douceur du soir, quand nos lèvres éprises\n         Couvriront lentement vos tresses de baisers,\n         Nous sentirons ainsi, subtilement grisés,\n         Vers nos sens tout émus d'un plus céleste trouble,\n         Des fleurs et des cheveux monter le parfum double!\n\n                            EN EXTASE\n\n         Comme une molle écharpe autour de souples reins,\n         Dolemment et sans bruit, sur les coteaux sereins\n         Le Soir a déroulé ses brumes languissantes,\n         Et voici qu'un mystère enveloppe les sentes.\n"}, {"page_pdf": 235, "texte": "                         — 208 —\n\n   Amie.' unis aux miens tes blancs doigts écartés :\n   Nous irons dans la brune, aux suprêmes clartés\n   Dont s'épanche aux lointains la splendeur souriante;\n   Et lorsque descendra l'ombre pacifiante\n   Où les champs sont plus beaux et notre amour plus doux,\n   Tu me feras d'un geste asseoir à tes genoux.\n   Et nos cœurs berceront leur vague somnolence\n   Aux voix qui pour eux seuls s'exhalent du silence!\n\n                     DÉFAILLANCE\n\n   Que tes bras arrondis, s'entrelaçant aux miens,\n   A mon corps maladif soient de tendres soutiens :\n   Car voilà se répandre en la blonde vallée\n   Des aromes trop lourds dont ma tête est troublée...\n\n   Avant que d'effeuiller de plus chaudes douceurs,\n   Sous la tiédeur de tes lents baisers guérisseurs\n   Dissipe sur mon front cette sueur de glace,\n   Et, pressant dans ta main cette main froide et lasse.\n   Mène ma défaillance au cristal des ruisseaux :\n   Plus tard nous sentirons, en d'apaisants berceaux\n   Où pendent sans odeur les fleurs d'or des cytises,\n   S'éveiller en tremblant nos chastes convoitises!\n\n                L'AMOUR SILENCIEUX\n   L'ombre est tombée enfin qu'attendaient nos espoirs :\n   Car la fleur de tendresse est une fleur des soirs,\n   Nexhalant son parfum d'heureuse quiétude\n   Qu'aux jardins du silence et de la solitude.\n\n    Nous qu'un désir d'aimer trouble encore, oh! fuyons\n    Bien loin des chants de fête et bien loin des rayons,\n    Fuyons en quelque obscure et paisible retraite\n    Où ne puisse nous suivre une joie indiscrète,\n    Où l'âme s'alanguisse à l'abri des rumeurs;\n    Demandons le sommeil aux baisers endormeurs,\n    Aux étreintes aussi que la nuit fait plus molles,\n    Et laissons les regards... et laissons les paroles!...\n\n                                               FRANZ ANSEL\nAvril 1894.\n"}, {"page_pdf": 236, "texte": "                                 — 209 —\n\n\n\n\n                PROSES LYRIQUES\n                        L'ENFANT PRODIGUE\n\n               A la fièvre bruyante de ce jour de fête inattendue, aux explosions\n                criardes de la joie volubile des serviteurs, la nuit soudaine et\n                le repos ont succédé, et le silence : — la cour et sa galerie\n                haute désertées par les convives mercenaires s'emplissent de\nfraîcheur et du monotone murmure fluide des fontaines...\n    Le patriarche et sa famille, complète à cette heure, s'engourdissent de\nmuette lassitude heureuse, songeant aux avenirs promis de bénédiction et\nde prospérité. Et tandis que les derniers-nés s'endorment, leurs yeux noirs\nébahis fixés sur le grand frère inconnu, le vieillard, hochant sa tête ensom-\nmeillée, balbutie des oraisons de gratitude, sourit, parfois, à son allégresse\nou entrouvre l'œil pour apercevoir, installé là, vraiment, en face de lui,\nl'héritier miraculeusement retrouvé.\n    Délivrée, à présent, du souci des nourritures, de l'ordonnance du festin,\nles servantes congédiées, la mère admire l'enfant perdu que la pitié du Très-\n Haut a reconduit au bercail, le premier fruit de sa fécondité, conçu au\ntemps de sa jeunesse et de son insouciance... Elle cligne les paupières, lors-\nqu'elle croise l'indécis regard, fugitivement caressant, du jeune homme,\n assourdit l'éclat ravi de ses doux yeux de gazelle, humides de félicité ; car\n l'excès de son plaisir contristerait ce fils pleuré si longtemps, et lui serait\n comme un reproche...\n     Les bains aromatisés et les essences précieuses ont ravivé la nerveuse\n beauté mâle du voyageur basané par la dure expérience et la vie ; la large\n robe, dont la brune étoffe lumineuse et pourprée se borde de la bande vert\n sombre où se lisent le schéma et les insignes lévitiques, a remplacé ses hail-\n lons de la veille... De quelle majesté il resplendit, maintenant, le chef pré-\n  somptif de la tribu, dans sa force adolescente et si fière !...\n     — Au delà du décor paisible de ce soir familier, cependant, derrière les\n  parents qui l'entourent, quelque chose fascine et captive la pensée du vaga-\n  bond réconcilié, offusquant jusqu'au tremblant amour exalté de cette mère\n  très chérie, — quelque chose, impératif et tendre, à l'appel plus insidieux et\n  persistant de quoi il secouera sa torpeur coupable, se lèvera tout à coup de\n  cette maison étrangère, déchirera son somptueux costume et dépouillé et nu,\n  se remettra en marche, sans un coup d'ceil de regret, même, à la femme\n"}, {"page_pdf": 237, "texte": "                                   — 210 —\n\n éperdue dont la stupeur et l'angoisse viennent de l'enfanter pour la seconde\n fois...\n    Mais, avant qu'il ait ébauché un mouvement, il retombe sur son siège, la\n tête basse, les cils frangés de larmes incandescentes : — Pour avoir fléchi\nune heure, et douté, il s'est abdiqué à jamais, voué à l'assoupissante\nquiétude journalière, au veau gras éternel ! Ses jours nomades sont révolus,\ndésormais, l'âpre enivrement et l'orgueil désespéré de la famine volontaire\net de la détresse... Il n'errera plus, libre, parmi les roches calcinées, à la\nlisière brûlante des sables lybiques, au travers les solitudes herbues du Liban\nenchanté; pâtre émerveillé, dont le soleil élargi sur la pauvreté splendide de\nla terre, les astres multipliés de la nuit chaldéenne, attisaient l'extase et\nnourrissaient la douleur...\n\n\n                         IMPRESSION OBSCURE\n\n    Suspendu au-dessus du pont fantômal dont le tablier tremble sous les\nfiles quadruplées de véhicules et de piétons, au-dessus de l'horreur fantas-\ntique de la rivière, de ses arches et de ses berges noires, sourdement, un\ndisque incertain luit; phare trouble, signal embrumé, dérisoire fanal de\nl'infrangible brouillard et de la bruine... Blafarde pièce d'or érigée là-haut\nainsi que le fuligineux symbole de cette capitale puissante et dure ; emblême\nvers lequel une buée humaine, la vitale sueur de misère, de honte et d'agonie\nmonte, opaque et lourde vapeur, comme vers le tabernacle d'une équivoque\nidole, ostensible et voilée, l'encens stagnant de la convoitise et du désir.\n    — Ailleurs, très loin d'ici, tes rayons, ô soleil pur, se réfractent sur des\ncimes de marbre ou escarbouclent de joyaux et de flammes les eaux sacrées\ndes mers orientales ; mais nous, nous repoussons la joie de ta lumière qui\nferait fermenter le misérable sang aigri de nos esclaves, distrairait l'ordre\nconvulsif de notre agitation et de nos trafics...\n\n   Sans apercevoir l'astre obnubilé derrière son écran blême, le fleuve maus-\nsade et les maisons suintantes, ni les remous mécaniques et résignés de la\nfoule aux issues encombrées du pont, chacun de ces passants innombrables\nva, droit devant lui, du même pas hâtif, et flexible et résolu. Accaparé\ntout entier par sa propre pensée, sa précise ambition actuelle, il interrompt\nsa marche, attend patiemment, sans curiosité ni murmure, que la circula-\ntion soit rétablie et de pouvoir continuer sa route, si attelé à son but,\nspirituel ou pécuniaire, que sa muette docilité aux injonctions de police\ndonne à cette multitude la passive allure moutonnière d'un troupeau. Mais\n"}, {"page_pdf": 238, "texte": "                                  — 211     —\n\n\nl'individualité s'exagère, sans doute, des raisons mêmes qui devraient\nl'humilier et l'anéantir; et quoique noyé au flux houleux de ce peuple, cha-\ncun existe par soi-même, dans sa stricte et violente indépendance, parcourt\nson chemin humble ou royal, — isolément!\n     Emouvante contemplation qui, trop prolongée, stupéfierait le spectateur,\nle griserait jusqu'au délire : — car l'inépuisable et à peu près silencieuse\nfuite, l'effacement continuel et rapide derrière les fluides murailles du\nbrouillard, de cette cohue si peu collective; chacun de ces êtres passagers\nfomentent mille inductions, incitent l'esprit à d'irritantes questions insolu-\nbles : Individus de toute caste, opulents ou dénués, gens de loisir ou de\npeine, oisifs ou vagabonds, mais dont la fugace silhouette saisit et passionne\net préoccupe, singulière d'indigence compassée, d'anguleuse élégance ma-\n niaque, d'originale distinction, toujours, et caractéristique.\n     Visages! masques repoussés d'âmes exorbitantes... Sculpteur expert, pra-\n ticien au ciseau sincère, inflexible et fin, l'âme, vraiment, a modelé ces traits\n à sa ressemblance, ignoble ou hautaine; émacié les chairs, précisé le profil,\n aminci le galbe de cette face altière ; creusé le sillon triangulaire qui navre\n ou sardonise ce sourire...\n      Parfois, au milieu de ce défilé d'effigies anonymes, frappées toutes à la\n reconnaissable empreinte folle, noble ou vile de leur ambition, des jeunes\n  filles passent, des adolescents, délicieux de grâce chaste et de vivacité puérile\n  et qui traversant la brume comme du sillage prime-sautier de leur présence.\n  Et, aussi, mainte créature hermétique dont la corrosive beauté rousse, les\n  magnifiques et farouches prunelles insolentes semblent d'un ange foudroyé,\n  orgueilleux de sa rébellion et, plus encore, de sa chute...\n      — Probable illusion, énigmatique réminiscence exaltée, l'image long-\n  temps me hanta d'une juvénile figure triste, désolée de science vaine sous\n  son auréole virginale ; une face poignante d'énergie morne, sanctifiée de\n   profonds yeux meurtris, — des yeux dont l'implorant regard rédempteur,\n   onctueux et incendié, résumait et signifiait à ma mémoire, Londres, l'hallu-\n   cinante cité des âmes:..-\n\n\n                          VÉNUS F L O R E N T I N E\n                                                  D'après SANDRO BOTTICELLI\n\n   Tandis qu'affublés du casque éblouissant et de l'armure abandonnés par\n Mars, d'espiègles amours jouent et s'essayent à brandir sa lance irrésistible,\n — accoudée en une pose nonchalante, le gracile contour de son corps exquis\n voilé d'une robe mièvre de printemps et de fleurs, la déesse considère d'un\n"}, {"page_pdf": 239, "texte": "                                      212\n\n\nœil aiguisé de surprise enfantine et d'expérience, naïf, à la fois, et perspi-\ncace, l'adolescent divin assoupi dans sa force souple et sa virilité...\n   Le port jeune et hardi de la tête de l'immortelle, l'ovale pointu de son\nvisage, creusé, à la naissance du nez, d'une précoce ride altière, témoignent\nl'orgueil d'une âme nativement élyséenne. D'entre ses impérieuses lèvres\nsubtiles, — de ses yeux, impudents d'ingénuité, irisés, sous leurs sourcils\nfiers, de malice et d'extase, et où chatoie la lueur clandestine du délice pro-\nmis, — d'inépuisables effluves émanent, fascination parfumée, périlleux et\nsuave vertige...\n   Exhalées du bois voisin, planté de noirs lauriers aux fûts frêles et droits,\nles vibrations rhythmées de la cithare sévère et de la lyre, comme des ondes\nharmonieuses et volatiles, se propagent parmi la très pure atmosphère,\nexaltent le paysage à l'unisson ardent de leur incantation, vont enivrer et\nravir Vénus, elle-même, de la naturelle apothéose, de l'efflorescence grave et\ncandide, de l'héroïque volupté de la terre langoureuse et sanglante...\n\n                                                    ARNOLD GOFFIN\n\n\n\n\n                                VERS\n                                  AURORA\n                                                           A VALÈRE GILLE\n\n                   Mon cœur s'éveille dans l'aurore\n                   comme un soleil d'espoir nouveau\n                   et qui fera, jeune flambeau,\n                   germer mon sang heureux d'éclore.\n\n                   Aux horizons clairs et bénis,\n                   déjà, dans lor pur qui s'allume,\n                   l'on voit partir l'ombre et la brume;\n                   les bois sacrés sont pleins de nids.\n\n                   Je sens en l'âme universelle\n                   grandir la vie et la bonté,\n                   et sous mon sein d'albe clarté\n                   couler la source maternelle.\n\n                   Tout est candeur, tout est divin\n                   parmi les forces de la terre ;\n                   le beau vol bleu de la chimère\n                   n'ascendra pas le rêve en vain.\n"}, {"page_pdf": 240, "texte": "                        213\n\n\n       Les choses sont comme un sourire\n       empli de gloire et très pieux ;\n       ainsi naissaient les jeunes dieux\n       dans le bonheur d'un panégyre.\n\n       L'esprit humain baise les fleurs;\n       lassé de songe et de fantômes,\n       il vient errer sur les aromes\n       et se baigner dans les lueurs.\n\n       Scintillements de l'espérance,\n       rosée ardente des projets,\n       en moi rayonne par grands jets\n       l'apothéose de l'Enfance !\n\n\n                 HOMO LIBER\n\nLe pur sein maternel où tu buvais la vie,\ncher enfant ébloui de l'auroral soleil,\nest tari! — Le Désir, en un obscur éveil,\nva darder dans ton sang les poisons de l'Envie.\n\nLa révolte a soufflé, gorgone inassouvie,\nle murmure obsesseur d'un tragique conseil :\n« Homme libre, tu peux, sous le grand ciel vermeil,\négorger tous les dieux de la terre asservie! »\n\nDepuis, entre l'aurore et l'éternel déclin,\non te voit étreignant ta sanglante chimère,\net transpercer d'orgueil le cœur d'or de ta mère.\n\n— Enfant désorbité dans un rouge destin,\ntu resteras toujours l'esclave de tes haines,\nsi l'Instinct et l'Erreur t'enlacent de leurs   chaînes!\n\n\n                LE VEAU D'OR\n\nDieu de grand prestige et d'hallucinant métal,\nl'impur Veau d'Or se dresse au faible cœur du monde.\nLes peuples, à genoux, autour du piédestal,\nbaisent l'énorme idole en un baiser immonde.\n                                                       14\n"}, {"page_pdf": 241, "texte": "                    — 214 —\n\nBaphomet ! Baphomet! le sang brûle et l'or gronde\ndans ton sein aimanté par les courants du mal!\n Voici que les élus, dans une ardente ronde,\ntournent, ensorcelés, sous l'antique Animal!\n\nAvares et voleurs, ladre et prostituée,\nartiste, riche, fou, pauvre, croyant, athée,\ntous les blêmes passants que la terre vomit,\n\nles amants, les époux, le prêtre et le poète,\net tout ce que l'humain a d'horrible et de bête\nsous les flancs d'or du dieu sinistrement gémit!\n\n\n               LE LIVRE SACRÉ\n\nDe mes ferventes mains tournant tes pages d'or,\ncomme si mes doigts purs palpaient de la lumière,\nô Livre immense et clair, ta puissante prière\nrévèle dans ma nuit le mystique trésor !\n\nMon esprit, dans le soir, ouvre ses regards d'ange\npour plonger leur éclat au fond de ton savoir ;\nà ceux qui te liront le Secret f era voir\ncomment l'amour divin fait rayonner la fange.\n\n— Eternel, et voilant l'effroi de l'univers,\nun mystère ineffable a mêlé l'homme aux vers\net l'idéal humain aux plus divines flammes.\n\nEt, du fond de la chair à l'azur consulté,\ntu soulèves le voile enveloppeur des âmes\nau souffle sibyllin de ton verbe enchanté.\n\n                                        JEAN DELVILLE\n"}, {"page_pdf": 242, "texte": "                                      — 315       -\n\n\n\n      UN TABLEAU DE MEMLING\n               I1 y a peu d'années, on découvrit dans une petite église espa-\n                 gnole un tableau gothique d'une merveilleuse beauté. Divisé\n                 en trois panneaux, il ornait l'orgue. Il n'était pas moins\n                 remarquable par ses qualités esthétiques que par ses dimen-\nsions. Quelques critiques l'ont attribué à Memling; d'autres ont contesté\ncette attribution, mais ils n'ont pu nier la splendeur du chef-d'œuvre.\n   Son dernier détenteur, M. G..., l'offrit en vente à l'Etat belge pour\n240,000 francs. La somme était forte, mais s'il s'était agi d'un véritable\nMemling, on eût fait un bon marché en le payant 500,000 ou 600,000 francs.\n   M. G... s'avisa de déposer ce tableau chez Mlle Euphrosine Beernaert,\nartiste bien connue et sœur de M. le président de la Chambre des députés.\nCependant les négociations se poursuivaient entre M. G... et l'État belge.\nCelui-ci faisait le mijauré, trouvait le tableau superbe mais le prix excessif,\ntremblait d'avoir à proposer à la Chambre un crédit spécial qui eût excité\nl'indignation des socialistes et lanternait sans parvenir à prendre une réso-\nlution.\n   Sur ces entrefaites, Mlle Beernaert offrit à l'État 25,000 francs et M. Beer-\nnaert, dit-on, y joignait 15,000 francs; si bien que l'État n'avait plus à\npayer que 200,000 francs au lieu de 240,000 francs.\n   Des dons aussi généreux sont chose rare en notre pays et pour cette méri-\ntoire munificence M. et Mlle Beernaert ont droit à la gratitude de tous ceux\nqui portent quelque intérêt à la richesse de nos musées. Cette générosité eût\ndû mettre fin aux hésitations de l'État. Ne convenait-il point de l'honorer,\n ne fût-ce qu'à titre d'exemple, et de témoigner quelque gratitude aux\n donateurs ?\n    L'État méditait encore, lorsque l'Art moderne lui enjoignit brutalement\n de rejeter l'offre de M. G... et de repousser les dons de M. et de Mlle Beer-\n naert. Ce texte extraordinaire mérite d'être mis sous les yeux de nos lecteurs.\n Le voici :\n\n  Nous n'avons pas vu le morceau. On le dit méritoire.\n  Mais ce que nous avons vu c'est l'extraordinaire procédé employé pour le faire valoir.\nM. Beernaert est membre de la Commission et voici que c'est chez sa sœur que l'œuvre est\nexhibée. Et voici que par des invitations multipliées on a fait défiler dans ce milieu quasi\nofficiel, non le public, mais la cohue des mondains et des snobs qui gobent tout ce qu'on\nleur raconte comme les bornes-poste les lettres qu'on y jette. Pensez donc, une mar-\nchandise patronnée par la proche parente du président de la Chambre, chef du cabinet\n"}, {"page_pdf": 243, "texte": "                                       — 2l6      —\n\n puisqu'un conservateur malicieux a dit que M. Beernaert avait déposé M. de Burlet à sa\n place ainsi qu'on met son gibus sur un siège pour le retenir. Que voulez-vous que fît la\n Commission après une manipulation, un pelotage et une trituration de cette envergure!\n C'est à la fois habile et bête et peut prendre rang parmi « les gaucheries » du même acabit\n auxquelles on nous a habitués.\n   Par ces temps de Suffrage universel prenant, ces manoeuvres de coterie sont particuliè-\n ment odieuses. Puisque l'on a jugé à propos d'envoyer le hichliffe dans un salon privé\n bafouiller ses admirations frivoles, ce serait bien le moins qu'on permît au public de for-\nmuler aussi ses impressions. Le Soir le réclame avec insistance, mais ajoute mélancolique-\nment : « Le gouvernement se rendra-t-il à ces bonnes raisons ? Tout porte à croire que\nnon. Nous ne nous faisons aucune illusion à cet égard. La routine est trop enracinée pour\nque le ministre ose ne pas la respecter, cette fois comme toujours. Quoi qu'on dise et\nqu'on réclame, la proposition d'achat qui lui est faite sera approuvée, n'en cloutez pas.»\n   Faut voir, pourtant, faut voir! M. de Burlet, précisément parce qu'on le discute et\nqu'on lui impute de n'être qu'un chef de cabinet d'occasion et purement intérimaire, en\nattendant la rentrée du grand ministre, pourrait se piquer au jeu dans une affaire où le\ngrand ministre et sa parente tiennent la queue de la poêle. Vous nous direz que M. de\nBurlet avait solennellement promis à la Chambre d'ordonner une enquête pour faire l'his-\ntoire de la commission du Musée en ces derniers dix ans et que cette enquête a été, dans\nles oubliettes, rejoindre les enfants morts sans baptême. Nous en convenons, mais cette\nfois il est plus directement question de son amour-propre et de son initiative qu'on a l'air\nde vouloir forcer. Eh ! eh ! ça pourrait faire tourner le vent. Et tant mieux pour le bien\npublic qui n'a d'ordinaire d'autre garantie que ces infiniment petits.\n\n    L'article de l'Art moderne a-t-il produit un effet décisif ou le gouver-\n nement a-t-il reculé devant les critiques de l'opposition ? Quoi qu'il en soit,\nl'offre de M. G... ne fut pas acceptée, non plus que les 40,000 francs de\n M. et de M lle Beernaert. Le tableau eût été perdu pour la Belgique si le\n Musée d'Anvers ne se fut empressé de l'acheter : il bénéficia d'ailleurs du\ndon gracieux de M. Beernaert et de sa sœur.\n   Nous ne pouvons croire que le scandaleux article de l'Art moderne ait\ninfluencé la décision du gouvernement et privé le Musée de Bruxelles d'un\nchef-d'œuvre admirable. Il n'y a là, sans doute, qu'une coïncidence malheu-\nreuse; mais elle est fort regrettable.\n   Si nos souvenirs sont exacts, l'Art moderne a naguère adressé d'émou-\nvants appels à la générosité des particuliers, les suppliant d'offrir aux musées\npublics des tableaux achetés de leurs deniers. Le conseil était bon. Aussi\nl'Art moderne ne permet-il à personne de le suivre : les aménités qu'il\ndécoche à M. Beernaert ne sauraient être prises pour un encouragement.\n   Quant à nous, cette malheureuse affaire nous inspire de vifs regrets.\n\n                                                                 IWAN GILKIN\n"}, {"page_pdf": 244, "texte": "             — 217 —\n\n\n\n\n LE COQ ROUGE\nSur les anémones des bois\nLe printemps luit, la brise danse.\nLes arbres comme de vieux rois\nTremblent de joie et d'espérance.\n\nLà-bas au fond d'un cabaret\nDes gardeurs de dindons vont faire\nChanter un coq rouge. Il parait\nQue ce coq n'est pas ordinaire.\n\nIl bat d'une aile, il tousse un peu\nComme une poule étique, il vibre,\nSe hérisse et crie avec feu :\n« Moi, je me fiche du vers libre!\n\n« Mais je ne permettrai jamais\n« Que l'on m'impose la grammaire,\n« Voire la syntaxe, et j'admets\n« Encor moins le dictionnaire.\n\n« Je suis un oiseau du terroir\n« Papou, papoue est ma harangue\n« Et je parle aussi le Pied-Noir\n« Mais le francais n'est pas ma langue.\n\n« Je chante faux? Ça m'est égal.\n« Les rossignols n'ont qu'à se taire.\n« Je chante mon fumier natal\n« Avec un sentiment sincère.\n\n« Et f obtiens honorablement\n« Les bravos des socialistes\n« Et l'argent du gouvernement\n« Avec le mépris des artistes. »\n                                      MOURZOUCK\n"}, {"page_pdf": 245, "texte": "                                   — 2l8   —\n\n\n\n\n         CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n                             Les    Verslibristes.\n\n               Lapublication simultanée du Domaine de Fée de Gustave\n                Kahn, d'Aréthuse de H. de Régnier, du Victorieux de Ferdi-\n                nand Hérold et de En Symbole vers l'apostolat de Max Els-\n                kamp, nous fournit aujourd'hui l'occasion d'étudier le vers\nlibre en lui-même, dans ses causes et dans ses effets.\n    En France, on admet à la fois l'ancienne prosodie et la prétendue nou-\nvelle. C'est ainsi que nous voyons des écrivains, comme André Fontai-\nnas, H. de Régnier ou Moréas, sacrifier tour à tour à l'alexandrin et au vers\npolymorphe. Mais en Belgique, nous sommes plus avancés. L'Art moderne\nannonce que le vers libre s'est imposé vainqueur à ses rédacteurs. Cette nou-\nvelle n'étonnera personne. Depuis dix ans, nous sommes habitués à lire\ndans ce Moniteur de toutes les inventions de multiples et contradictoires\nprofessions de foi, qui, si elles étaient signées, n'en seraient pas moins\nanonymes. Il faut bien être à [la mode, et quand on pratique le dindisme\nlittéraire, la dernière plume est toujours la plus belle. Croire à des vérités\n éternelles même en esthétique, le bon billet! Et l'évolution, la fameuse loi\n de l'évolution, qu'en faites-vous? L'on viendrait m'affirmer demain que\n la somme des trois angles d'un triangle n'équivaut plus à deux droits,\n que je n'en serais pas plus étonné.\n    Le phénomène est très naturel : en fait de littérature, nous sommes ici en\n pays de parvenus. Quelques années nous ont suffi à amasser une richesse\n inattendue. Plusieurs de nos écrivains ont été éblouis. Ils ne voulaient pas\n se laisser croire arriérés, et pour cacher leur origine récente, s'empressaient\n d'afficher des modes les plus excentriques que la blague parisienne inno-\n vait dans quelque Chat noir. Ceux-là ne discutent pas ; ils font des méta-\n  phores, et des métaphores qui se suivent comme les jours et ne se ressem-\n  blent pas. Ils ont deux ou trois mots qu'ils gonflent en roulant des yeux de\n  cannibales : évolution, progrès, nouveauté, originalité, etc. Tambours-\n  majors des lettres, ils gesticulent comme des moulins à vent en s'en\n  allant à la parade. Ils ne savent pas où ils vont, mais ils vont en avant.\n  De crainte de passer dans les chemins tracés, ils battent la campagne et ne\n  s'arrêtent qu'aux maisons où une vessie se balance à la porte. Sur la der-\n  nière vessie est inscrit aujourd'hui : vers libre. Ce simple adjectif libre a\n  transporté les cœurs. A une époque où l'on parle avec tant d'enthousiasme\n  de liberté, d'amour libre, de groupement libre des individus, d'esthétique\n  libre et d'orthographe libre, l'étiquette devait avoir du succès.\n     Nous ne sommes pas de ceux qui ménagent, en des phrases ondoyantes\n  et fuyantes, leur habituelle prudence ou leur nuageuse hésitation. Notre con-\n  viction est celle-ci : Jamais une œuvre, faite dans la forme hybride du pré-\n"}, {"page_pdf": 246, "texte": "                                   — 219 —\n\n tendu vers libre, n'a été ou ne sera une œuvre d'art. Nous pouvons la décla-\n rer défectueuse à priori; car d'un côté elle n'est que de mauvais vers, ou de\n l'autre, de mauvaise prose, des vers auxquels il manque l'harmonie du\n nombre, ou de la prose sans l'harmonie des périodes.\n    Mais la forme défectueuse semble, de nos jours, ne gêner que très médio-\ncrement ceux qui se pâment d'admiration dès qu'ils rencontrent un bout\nd'idée sympathique,ou ceux qui ne recherchent que l'émotion violente. Con-\nfondre l'intérêt et l'émotion avec le beau, voilà les deux grandes hérésies du\nmoment.\n    Il suffit aujourd'hui d'écrire, fût-ce même dans le plus flamboyant des\nmacaques, un conte vaguement anarchiste ou collectiviste, pour que quel-\nques critiques benoîts poussent des onomatopées admiratives ou pleurent\nd'attendrissement sur la grande âme de l'auteur. Une grande âme peut\navoir un très mauvais style. Que m'importe que vous me disiez les aspira-\ntions, les souffrances, les révoltes des miséreux, si votre nouvelle est écrite\nen un langage de cabaret, si les proportions en sont mal gardées et si le\nrécit est conduit en dépit de la logique. Une œuvre n'est pas belle parce\nquelle raconte les iniquités des bourgeois; ce n'est pas le sujet en lui-même\nqui fait l'œuvre d'art, mais la façon dont il est traité, c'est-à-dire, la forme\nqu'on lui donne. Vous vous réclamez de l'art social. Mais qu'est-ce au fond\nque votre art social? Tout simplement celui qui servirait d'une façon quel-\nconque à renouveler la société selon vos idées à vous. C'est alors tomber\ndans le sujet obligatoire et en arriver à un despotisme plus terrible que le\ndespotisme académique. A ce compte-là, la Carmagnole est plus belle que\nle Chant du Printemps de la Valküre, et la Vénus de Milo n'aurait quelque\nvaleur que si elle était coiffée du bonnet phrygien. Qu'un sujet social soit\nintéressant pour le moment, j'en conviens ; mais au-dessus de cet intérêt pas-\nsager, tiré des circonstances actuelles, il y a l'intérêt artistique qui, lui, n'est\npas soumis à des lois transitoires. C'est celui-là que le véritable artiste doit\navoir en vue. Que ces prétendus artisans de l'œuvre de rénovation se mon-\ntrent donc plus logiques et plus déterminés ; qu'ils se rappellent cette parole\nd'Ibsen : « Ce ne sont pas des rêves et des vers, et des phrases qui sont néces-\nsaires à la grande cause humaine, ce sont des actes » : et qu'ils aillent se\nfaire tuer sur une barricade.\n    La seconde hérésie, c'est la recherche de l'émotion avant tout. Elle a son\npoint de départ dans l'émotivité maladive de la plupart de nos contempo-\nrains dont le système nerveux délabré a besoin de secousses violentes. En\nart, cela mène tout droit aux effets matériels ayant pour but la sensation\npure et simple, et à la confusion de l'émotion brutale avec l'émotion esthé-\ntique. Cette nécessité de soulager son agitation nerveuse a fait le grand\nsuccès de la musique sensuelle moderne, et a engendré par confusion le vers\nlibre.\n    Dans l'esprit des novateurs, le vers libre devait rendre directement la\nmobilité ardente et changeante de la passion. Ils avaient besoin d'un\nrythme souple et variable à l'infini ; mais ils se trompaient, en continuant\nà employer les vers, matériellement insuffisants, là où ils auraient dû se\nservir de la musique ou de la prose.\n"}, {"page_pdf": 247, "texte": "                                      — 220 —\n\n\n    Le langage a pour mission, avant tout, de formuler la pensée. Qu'à l'ori-\n gine il ait été purement émotionnel et imitatif et qu'il soit tel encore chez\nquelques sauvages et chez quelques dégénérés, actuellement il ne sert plus,\n chez les nations civilisées, qu'à traduire les idées. Les sentiments ne sont\nplus, par lui, rendus brutalement, dans leur agitation obscure, ils sont ana-\n lysés dans leurs effets et dans leurs causes, et rentrent ainsi dans le domaine\n de la littérature. Leur libre extension est arrêtée par la réflexion, leur mou-\nvement naturel est entravé et comme conséquence le rythme, qui les aurait\ntraduits, devient secondaire. Le professeur Joseph De Smeth, dans une bro-\nchure d'une remarquable clarté, a établi cette loi de l'humanité évoluant du\ntype émotionnel vers le type intellectuel, et pour y retourner, pourrait-on\najouter, aux époques de décadence. Au premier appartient la musique pri-\nmitive et son succédané ridicule, le vers libre, au second la prose ordinaire\net la poésie.\n    Si la littérature a pour domaine la pensée, il faut, avant tout, étudier ce\ndomaine, établir qu'il existe une pensée prosaïque et une pensée poétique et\nen montrer les différences essentielles ; il sera alors tout naturel de conclure\nqu'à chacune convient un instrument spécial. Le prosateur est surtout\nimpressionné par les phénomènes ambiants et leur apparence matérielle; il\nles suit dans leurs relations, dans leurs successions, dans leurs transforma-\ntions ; les analyse, les spécifie, les décrit. Il se servira tout naturellement de\nla prose qui, par son infinie variété, rendra mieux une vision aux aspects\ndivers et changeants. De plus, par son rythme souple et varié, la prose\ns'adapte mieux à l'expression mouvementée des sentiments et les traduit\nplus librement. Le poète, au contraire, par une faculté spéciale, dépouille les\nchoses de leur écorce phénoménale ; il ne se laisse pas entraîner par le mirage\nmobile des apparences, mais en extrait l'essence et embrasse l'idée. En cela\nil se rapproche davantage de la beauté. Son oeuvre, élaguée des mille détails\nqui la rendraient trop particulière, s'élève jusqu'à la généralité, et délaisse l'indi-\nvidu pour le type. Le poète placera ses sujets en dehors de toute relation de\ntemps et d'espace, dans un monde contemplatif que ne troubleront pas les\nondes passionnelles. Il n'aura donc pas besoin d'une forme aussi élastique; ce\nqu'il conçoit est plutôt immobile. Et même aux périodes d'action, comme au\ntemps du romantisme de 1830, alors qu'une force irrésistible entraîne vers\nla vie les esprits tourmentés, n'avons-nous pas vu le vers prodigieux de\nVictor Hugo contenir dans son armature puissante l'effort formidable d'une\nrace nouvelle, en donnant pourtant l'illusion de la lutte et du mouvement?\nMalheureusement les verslibristes, ces derniers romantiques, ne sont plus\nmaîtres d'eux-mêmes; leurs pensées et leurs sentiments veulent se traduire\nimmédiatement en action, et comme le vers était un obstacle à leur furie, il\nl'ont tout simplement brisé. Avec ses fragments ils ont tenté de reconstituer\nun nouvel instrument mi-poétique, mi-prosaïque, oubliant qu'il y a entre la\npensée poétique et la pensée prosaïque de telles différences essentielles que\ntoute alliance est impossible. Une forme nouvelle doit toujours correspondre\nà un esprit nouveau; or, cet esprit nouveau où est-il? Son existence est\npurement imaginaire. C'est pourquoi nous avons dit, en commençant, que\n"}, {"page_pdf": 248, "texte": "                                  — 221    —\n\n le vers libre n'était que de mauvais vers, ou de mauvaise prose. En somme\n la question du vers libre n'existe pas. Elle a été inventée par quelques\n étrangers auxquels l'esprit latin était inconnu. Pour donner quelque vrai-\n semblance à leur prose hoquetante, ils ont imaginé de substituer au rythme\n l'accent oratoire. Mais cet accent oratoire, simple accessoire en littérature,\n ne peut être que vaguement deviné par le lecteur. En lisant quelque poème\n en vers libres, comment vous assurer que vous êtes dans « le ton » du\n compositeur? Vous n'avez, pour vous guider, que les artifices typogra-\n phiques. Pour être logique, chaque auteur devrait noter l'accentuation qu'il\n veut donner à chaque mot... et alors cela s'appellerait de la musique.\n    Ce n'est pas un besoin nouveau qui pousse les verslibristes à se poser en\nréformateurs, c'est tout simplement la déchéance des facultés poétiques qui\nles ramène vers la prose. Leurs sentiments violents et actifs, non épurés, par\nle travail de la pensée, se donnent libre cours, brisent les formes harmo-\nnieuses et se répandent, en bouillonnant, dans le domaine de la vie réelle.\n Mais en place d'accepter la prose, plus souple, plus mobile, plus variée, en\nsomme plus près de l'action que les vers, ces novateurs semblent rougir\nd'avoir prostitué leur muse et veulent encore se faire passer pour poètes.\nVoilà pourquoi ils ont inventé le vers libre. Mais le nom ne trompe personne :\nnous savons qu'ils ont perdu le don divin et qu'ils sont descendus au rang\nd'une race inférieure. Nous n'avons plus rien de commun avec les gens qui\nne voient les choses que par leur côté matériel immédiat. Qu'ils se démènent,\nqu'ils vocifèrent sur leur butte ! les sommets dorés du Parnasse leur sont\ninterdits : ils ne comprennent plus le sens de la poésie. Leur cœur n'est plus\nla lampe dont la flamme claire et radieuse échauffe l'esprit, c'est un brasier\nqui consume, un brasier dont l'âcre fumée fait délirer.\n    Apollon a écorché Marsyas ; s'il revenait sur la terre, il devrait s'adjoin-\ndre des aides.\n                                                      VALÈRE GILLE\n\n\n\n\n        CHRONIQUE ARTISTIQUE\n          Deuxième Exposition de la Société des        Beaux-Arts.\n\n              En opposion directe à la Libre Esthétique la Société des Beaux-\n               Arts s'est imposée le devoir d'être sage autant que possible ;\n               sans doute a-t-elle dépassé quelque peu son but : il paraît\n               aussi aisé d'être trop sage que trop fou. On la croirait presque\ndisposée à supplanter le Salon triennal. Il règne par ces salles un air d'aus-\ntérité et de bon ton qui est tout à fait reposant : plus de boudoirs surchar-\ngés d'applications plus ou moins artistiques, plus de chambre socialiste de\nSerrurier, plus l'éternel candélabre aux iris d'argent entré définitivement\n"}, {"page_pdf": 249, "texte": "                                    — 222 —\n\n\ndans le commerce courant des « garnitures de cheminée ». Mais il faut être\njuste, la Société des Beaux-Arts a sa particularité; elle consiste en un assem-\nblage tellement complet qu'il en devient original pour ne par dire humoris-\ntique : c'est le coin de l'hospice des vieillards, dont certains mêmes sont\naveugles, je crois, mais pour leurs œuvres seulement car l'un d'eux est en\nce moment président du jury au concours de Rome.\n   Que leurs toiles ne sont-elles à Paris aux Champs-Elysées où elles\nauraient encore l'honnête appréciation d'un public pipelet et ignorant s'il en\nfut! Ici nous nous contenterions de quelques maîtres tels que Macaulay\nStevenson et Fritz Thaulow, de purs artistes ceux-là et dont le rêve poétique\négale la parfaite exécution. Le premier a en quelque sorte synthétisé\nl'impression crépusculaire du paysage. Ses toiles sans aucun brillant, sans\nempâtement, s'immatérialisent en des variétés de tons merveilleusement har-\nmonisés : de grands arbres sous un ciel précieux s'embrument auprès d'un\nétang que nul souffle ne ride, tandis que la lune fauve perce les masses de\nfeuillage. L'impression évoque ces vers charmants :\n                               Un vaste et tendre\n                               Apaisement\n                               Semble descendre\n                               Du firmament\n                               Que l'astre irise...\n                               C'est l'heure exquise.\n    Le Chasseur de Mauves de Thaulow et son Avant-port de Dieppe sont,\n dans un autre genre, plus clair de vision, presque aussi impressifs que les\n toiles de Stevenson. On sent le coloriste sans tâtonnement, sans vaine\n retouche ; je l'ai vu travailler d'ailleurs, il peint comme on parle entre amis,\n avec une telle aisance qu'on s'étonne de l'intense poésie de ses tableaux.\n    A part la Liseuse, œuvre ancienne, très harmonieuse de gris, l'exposition\n de M. A. Stevens se perd en de petites mers limonadeuses. On se réconci-\n lie de tout cœur avec Courtens devant sa Sortie du troupeau, une page de\ncouleur comme je n'en ai vue de longtemps : le ciel et les arbres sont d'une\n richesse d'émail qui force l'admiration la plus restrictive.\n    Comme M. De Lalaing fait toujours ses portraits plus grands que nature,\n le spectateur même peu content est forcé de trouver que c'est grand. Ces\n deux-ci sont peints à l'encre... pas même à l'encre sympathique. J'aime\nmieux le portrait de Gandara, bien mis en page, élégant mais par trop\nsuperficiel pourtant. Roybet paraît définitivement (espérons-le!) débarrassé\nde ses soudards et plumeuses d'oies ; son portrait un peu trop parisien est\nune franche coulée de couleurs fortes où j'aime surtout une main, gantée de\ngris, qui retient le manteau sombre. J'eusse voulu voir s'attacher davan-\ntage J. Blanche à dégager une grande impression du portrait de Leconte\nde Lisle, très ressemblant, mais dont le regard devrait être fouillé par un\nLenbach ; très fins les pastels dans le goût anglais de la Journée d'une\npetite fille.\n    M. Bonnat réexpose son portrait de Dumas qui n'a pas changé et celui de\nM. de Rothschild qui se présente comme une veule apparition sur un fond de\n"}, {"page_pdf": 250, "texte": "                                  — 223 —\n\n\ncave. Un beau portrait de Motte par lui-même ; les mains surtout sont par-\nfaitement exécutées; mais pourquoi : étude autopsychique?\n    Otto Scholderer rappelle un peu dans son portrait de M. O. Sickers la\ncouleur de Mellery, avec plus de sagesse dans l'exécution. Il est joli le por-\ntrait Je M. Béraud mais d'une « méditation » qui me paraît bien légère. Et\nvoilà pour les portraits. Les Hollandais, pour un peu vieillis qu'ils soient,\noffrent pour la plupart de solides qualités de résistance à la mode. M. Bak-\nkerkorf étale tout une série de tout petits tableaux qui datent de trente ans\nau moins et seraient traités aujourd'hui de peintures sur photographies. Un\njeu de pénombre et de reflets de feu fort intéressant de Mme Grandmont et\nles toiles d'Israels dont j'attendais mieux et parmi lesquelles pourtant une\nfemme de pêcheur richement modelée et attestant une robuste santé d'art.\n     Gilsoul ne s'est pas méfié de la fatale exagération dont il est victime : ses\neffets de nuit ne sont plus que prétextes à lampions qui prennent tout l'inté-\nrêt au détriment de quelques coins de ciel largement traités.\n     Une curieuse peinture que Mein Haus d'Edward Romer, sèche et\nnoire; elle est très suggestive des froides mélancolies hivernales alors\nq u ' u n vieil orgue s'épanche » en des cours étouffées de neige. M. Van\n Doren pâtit d'un placement défavorable mais sa Belle Matinée\n d'automne est très lumineuse et ses ors évoquent quelque peu le maître\n Boulenger.\n     Il y a encore un large flot de ces petites aquarelles dont nous sommes si\n las! Combien MM. Staquet, Cassiers et de Beeckman doivent avoir de suc-\n cès auprès des pensionnats d'Anglaises peintromanes !\n     Elle est bien triste la Meuse à Profondeville comme l'a vue M.Cluysenaer\n et j'apprends avec regret qu'une peinture décorative du même résistera à\n l'humidité, aux intempéries et de plus est applicable à l'extérieur des édi-\n fices! C'est à désespérer! Ne cherchez pas le sujet de l'œuvre de M. Henne-\n bicq; c'est le prestigieux alignement de tous les modèles bruxellois, que va\n sans doute passer en revue quelque haut représentant de l'art académique.\n     M. Asselbergs a peint trois petits sangliers, sans doute avec trois petits\n anneaux. Marie Collart se révèle et César Dell'Aqua ne se rend pas. M. Ter\n  linden a été à Profondeville avec M.Cluysenaer et il y a situé une Sapho avec\n  une belle robe blanche.\n      Un mot encore des sculpteurs. Pourra-t-on nier la saine influence des\n  préraphaélites dans la statuette d'ivoire Les Lys de Samuel? Non, aussi\n  et pour cela sans doute en grande partie est-elle d'un style et d'une grâce\n  rarement atteints par nos sculpteurs Du même, un masque très intéressant\n  de recherche et quelque peu pervers.\n     Vander Stappen, l'Impérieuse Chimère, une fière et grande expression\n   féminine et dans l'exécution de laquelle se retrouve toute la puissance syn-\n   thétique de l'auteur de l'Homme à l'épée.\n      C'est avec ivresse que M. Lambeaux continue à la représenter en bloc ou\n   en parties. Du même un buste tant vanté qui nous a paru fort médiocre.\n   Jules Lagae, patiemment, avec sûreté et conscience, modèle des bustes irré-\n   prochables de formes et d'un grand caractère de pensée. Une Méduse, pas-\n"}, {"page_pdf": 251, "texte": "                                  — 224 —\n\nsionnante tête de vice, moins en rapport direct pourtant avec le tempéra-\nment de l'artiste.\n   En somme, exposition sérieusement intéressante qui le sera plus encore\nl'année prochaine, si quelques exposants se décident à prendre leurs inva-\nlides.\n                                                            G. M. S.\n\n\n\n\n           CHRONIQUE MUSICALE\n                      L'Or du Rhin au     Conservatoire\n\n               C'est un événement musical des plus importants et des plus inté-\n                ressants que cette exécution qui, par trois fois, a attiré au\n                Conservatoire une foule enthousiaste.\n                   Important parce qu'il consacre d'une façon vraiment solen-\nnelle l'entrée de Wagner au Conservatoire, où, jusqu'à présent, des frag-\nments seuls de son œuvre avaient été exécutés ; important encore par la\nqualité de l'exécution qui a été, comme on devait s'y attendre, absolument\nremarquable. Intéressant comme expérience à tenter, de l'accueil que ferait\nle public à une exécution de cette nature, intéressant aussi à cause du carac-\ntère exceptionnel de l'ouvrage, grâce auquel caractère nous devons avoir\npeu d'espoir d'entendre jamais l'Or du Rhin au Théâtre de la Monnaie (le\nbien-nommé) ; intéressant enfin par le curieux problème esthétique que sou-\nlève cette exécution.\n   Ce problème se pose ainsi : Le drame lyrique de Wagner peut-il, sans\npréjudice pour l'ouvrage, être exécuté en dehors du théâtre?\n   C'est une grosse question. On l'a, de tous côtés, posée et résolue avec\ndésinvolture, et souvent d'une manière inattendue. Tel ce confrère qui,\nenthousiasmé par l'interprétation du Conservatoire et étonné d'avoir senti\nfondre son cœur raccorni d'antiwagnérien immuable et patenté, déclare\ncarrément que, décidément, la musique de Wagner est si éloquente, si\ndescriptive, que mieux vaut se passer de la scène et faire entendre la musique\nisolément, au concert, avec un Wotan et un Logue en habit noir et des\nondines en toilette de soirée. L'effet produit n'en serait que plus puissant!\n   Sans discuter une idée aussi bouffonne, constatons une chose : C'est que\nl'étonnante diversité des opinions en cette matière tient en grande part à ce\nque l'art wagnérien possède virtuellement toutes les qualités requises pour\nnous émouvoir, même en dehors de la scène ; il est de telle nature qu'il sup-\nporte également les deux espèces d'exécution, que, même sans frapper nos\nyeux, il fait tressaillir notre âme par le seul secours des sons.\n   La théorie même de Wagner sur la fusion des trois expressions d'art,\nmusique, drame et plastique, au moyen de laquelle il prétendait ramener à\nsa véritable destination la scène lyrique, sophistiquée par l'opéra italien\n"}, {"page_pdf": 252, "texte": "                                   — 225 —\n\n\net devenue, grâce à celui-ci, une estrade de concert, cette théorie\nmême produit, en sens inverse, un effet semblable à celui de l'opéra\nitalien. Celui-ci transforme le théâtre en salle de concert; le drame\nlyrique de Wagner, par l'intensité de l'expression musicale, dresse\ndevant l'auditeur un décor illusoire, au milieu duquel des héros et des dieux\nvont, et où les prodiges fabuleux de la légende s'accomplissent. La salle\ndu concert, les habits noirs et les toilettes claires des interprètes, l'orchestre\ngesticulant, le chef, on ne voit plus rien ; on regarde au-dedans de soi-même\nse dérouler l'épopée. Ce n'est plus le concert sur la scène lyrique, c'est la\nscène lyrique idéale transportée au concert.\n     De même que nous concevons l'âpre beauté des drames de Shakespeare\nse révélant aux auditeurs dans un décor imaginaire, sans la mise en scène\ncompliquée et l'archaïsme minutieux de la Compagnie dramatique de\nMeiningen, de même nous ne devons point nous étonner qu'une musique\nsystématiquement dramatique, évocatrice, suggestive, descriptive, puisse\nvirtuellement se passer de la scène.\n     C'est précisément ce contraste dans la nature essentielle du drame wagné-\nrien qui, à force de vouloir être uniquement théâtral, parvient à émouvoir,\nmême en dehors de la scène, par son caractère doublement suggestif :\nobjectif (plastique) et subjectif (sentiment), c'est justement ce contraste qui\na provoqué les étranges théories formulées à l'occasion de l'exécution de\nl'Or du Rhin au Conservatoire.\n     Et, chose curieuse : que l'on suppose un instant le poème de Wagner mis\n en musique par un de ces musiciens italiens auxquels nous reprochons si\nvéhémentement de n'avoir vu dans un livret d'opéra qu'un prétexte à airs,\n cavatines, duos, en un mot un concert sur la scène; supposez ensuite cet\n ouvrage exécuté dans la salle de concert : ce serait mortellement ennuyeux.\n Pourquoi? Parce que la portée dramatique de la musique ne nous permet-\n trait pas de suppléer par la pensée au geste, à l'attitude, parce qu'aucun\n commentaire orchestral ne nous suggérerait la vision d'un jeu de scène\n essentiel, parce que l'orchestre, humilié au rôle d'accompagnateur, reste-\n rait morne, indifférent à l'action comme un esclave imbécile aux événe-\n ments qui se passent autour de lui et aux actes dont il sert aveuglement la\n perpétration.\n     Que serait devenu le poème en de telles mains ? Quel intérêt descriptif\n  aurait bien pu présenter la scène au fond du Rhin, la descente dans Nie-\n belheim, la rencontre d'Albéric et des deux Alfes, avec la scène des transfor-\n mations, l'entrée des dieux au Walhall? Que serait devenu ce saisissant\n  contraste des caractères, dont ici aucun jeu de scène, aucune mimique ne\n  rend possible la manifestation extérieure ?\n     Avec Wagner, au contraire, tout, scène et caractères, subjectivités et\n  objectivités, prend un relief saisissant, une puissance suggestive dont\n  l'étendue se mesure encore mieux dans une audition pareille à celle du\n  Conservatoire, où l'expression plastique est supprimée.\n     Malgré cela, quelle incomparable fluidité dans le premier tableau ; on\n  sent le flot couler lentement ; ce n'est pas une vision extérieure, c'est la sen-\n"}, {"page_pdf": 253, "texte": "                                       226\n\n\n sation d'un milieu ambiant. Passons sur le ravissant trio des Filles du\n Rhin, les curieux effets descriptifs des efforts d'Albéric pour les saisir ;\ntoutes les autres parties descriptives de cette étonnante partition, ces épisodes\n extraordinaires du livret le plus audacieux que l'on écrivit jamais, ont cette\nmême intensité d'expression : l'arrivée des géants, celle de Logue avec son\nthème pétulant et narquois, l'admirable récit descriptif de Logue suivant\ndes yeux les géants qui emportent Freya la blonde, puis la descente des\ndieux dans l'abîme, les forges de Niebelheim, la scène des transformations\nd'Albéric, plus loin le combat des géants, l'incantation de Donner, et ce coup\nde foudre unique dans les annales de la musique descriptive, simulant\nl'éclair suivi du roulement du tonnerre par un effet aussi simple qu'ingé-\nnieux, enfin, les sonorités aériennes du thème de l'arc-en-ciel, s'élevant dou-\ncement sur le bruissement des harpes.\n    On dirait que Wagner, s'étant volontairement privé, par la nature de son\nsujet, de l'humanité qui, par ses passions, ses souffrances, ses espoirs, nous\némotionne plus que ces brillantes allégories mythologiques qui nous paraî-\ntraient glaciales, s'il ne les avait échauffées à la flamme de son génie, on\ndirait que Wagner a voulu se rattraper par le pittoresque qui atteint, dans\nla musique de l'Or du Rhin, une splendeur inouïe.\n    Les caractères, toutefois, ou plutôt les entités qui sont chacune comme\nla personnification d'une idée différente qui les actionne et les pousse imper-\nturbablement droit devant eux, sont supérieurement dessinés. L'orgueilleuse\ninsouciance, la mauvaise foi admirablement candide de Wotan, la sollicitude\ninquiète et acariâtre de l'amoureuse et jalouse Fricka, et surtout ces deux\n caractères superbement conçus de Logue et d'Albéric, celui-ci, incarnation\nde l'ambition et de la haine dans son intensité la plus atroce, celui-là, la\nruse, l'ironie, la feinte humilité du faible qui sait la supériorité de son esprit\net se joue à son gré d'une autorité illusoire. Il est impossible d'imaginer,\nsous ce rapport, quelque chose de plus intense, comme expression musicale,\nque le fameux récit de Logue au deuxième tableau, les menaces haineuses\nd'Albéric dans la scène de Niebelheim, et, surtout, l'effroyable malédiction\nde l'Anneau. Le geste, l'attitude, n'ajouteraient rien à cela, et on en rapporte\nl'impression que la réalisation scénique n'est qu'accessoire.\n    Mais partir de cette impression irréfléchie pour conclure simplement à la\n suppression de la mise en scène, est absurde. Si une toile de Rubens, déta-\n chée de son cadre, ne perd rien de sa splendeur, ce n'est pas une raison pour\n désencadrer toutes les toiles du maître suspendues dans nos musées.\n    L'émotion intérieure produite par une œuvre de Wagner au concert est\ntelle, par la vertu magique de l'art, qu'elle ne saurait être dépassée; mais,\nau théâtre, elle se complète de la sensation extérieure qui la corrobore, et\non aboutit ainsi à cette sensation artistique absolument complète que\nsouhaite Wagner, et pour l'obtention de laquelle il met à contribution toutes\nnos facultés aperceptives, psychiques et physiologiques, les premières par\n l'oreille, les secondes par les yeux.\n    Si celles-ci lui avaient paru négligeables, il n'eût pas profité avec tant de\n soin de toutes les ressources de la scène, il n'eût pas réglé avec tant à\n"}, {"page_pdf": 254, "texte": "                                     — 227 —\n\n\nminutie tous les détails matériels ; si celles-là lui avaient semblé peu de\nchose, il n'eût pas fouillé si profondément l'âme de ses personnages, ni\ncherché à donner à l'expression musicale de leurs sentiments le relief et\nl'intensité qui nous étonnent.\n                                          ***\n   L'exécution — faut-il le dire? — a été au-dessus de tout éloge, c'est-\nà-dire ce qu'elle devait être avec un chef tel que M. Gevaert et une phalange\ninstrumentale comme celle du Conservatoire, qui donne le sentiment d'une\nperfection technique impossible à dépasser ; les cuivres, particulièrement,\nont été merveilleux de précision et d'éclat, et le quatuor a eu son ensemble\net son homogénéité habituelle. Quant à l'interprétation proprement dite,\nelle a été de la part de M. Gevaert absolument admirable; tout au plus\neût-on pu souhaiter un peu plus de vie dans les mouvements rapides (1).\n   L'interprétation vocale a été, dans son ensemble, également remarquable.\nElle nous a surtout révélé une nature exceptionnelle en M. Dufranne\n(Albéric). MM. Seghin (Wotan), Demest (Logue), Mlles Merck (Voglinde et\nFreya), Flament (Flosshilde et Erda), tous excellents. Mlle Goulancourt,\ntrès satisfaisante dans les rôles de Fricka et Velgounde ; on a dû lui préférer\ntoutefois Mlle Duthil, qui l'a remplacée, à la dernière exécution, et a paru\nplus douée, sinon au point de vue de la voix, du moins à celui de l'inter-\nprétation. Les rôles de Froh, Mime, Donner, Fafner et Fasolt ont été bien\ntenus par MM. Dequesne (et Disy), Pieltain, Maas et De Clynsen.\nMlle Schouten, remplaçant M1Ie Merck à la dernière audition, a été fort\nmédiocre, et M. Drouville, remplaçant M. Demest, s'est montré déplo-\nrablement plat.\n                                          ***\n   Période musicale extraordinairement fournie. Trois concerts donnés à\nl'Alhambra par l'orchestre du « Concertgebouw » d'Amsterdam, sous la\ndirection de M. Kes; une phalange instrumentale de tout premier ordre,\nsupérieure comme clarté et comme précision à ce fameux orchestre Lamou-\nreux qu'on nous présente sans cesse comme le nec plus ultra de l'exacti-\ntude; M. Kes, qui a une direction intelligente, d'une calme autorité, se devine\nun maître interprète et peut être placé parmi les meilleurs chefs d'orchestre\nactuellement en vie. M. L. Wallner continue, chez M lle Desmet, la série de\nses intéressantes causeries sur les écoles modernes de la musique au point\nde vue de la littérature du piano, et M. Kufferath a achevé à la Salle\nRavenstein, avec beaucoup de succès, la série de ses instructives conférences\nsur l'histoire de la musique.\n   Puis, tout une série de concerts et d'auditions diversement intéressantes,\n\n\n  (1) M. Gevaert avait pratiqué quelques coupures dont la plus importante au commen-\ncement du quatrième tableau, — celle-ci assez regrettable, parce qu'elle détruit la belle\ngradation qui aboutit à la Malédiction de l'Anneau.\n"}, {"page_pdf": 255, "texte": "                                   —   228   —\n\n\n et dont la seule nomenclature absorberait une page de la revue. Une men-\n tion spéciale cependant aux deux séances du Quatuor Crickboom avec\n  Mlle L. Merck, et au dernier Concert populaire dirigé par Hermann Lévy,\n    C'est avec un vif plaisir que l'on a revu les jeunes artistes du Quatuor\n Crickboom, qui nous sont revenus de Paris avec une célébrité naissante.\n Les deux auditions qu'ils ont consacrées, à la Salle Ravenstein, aux quatre\n derniers quatuors de Beethoven, n'ont fait que confirmer l'excellente impres-\n sion qu'ils avaient produite à leur début ; ils plaisent par la spontanéité et\n la chaleuseuse émotion de leur interprétation, fermement assise sur une\n technique individuelle considérable et une conscience d'artistes aguerris et\n mûris par l'expérience. Mlle Merck, dont j'ai eu si souvent l'occasion d'appré-\n cier ici le talent si fin et si délicat, a joué, avec M. Angenot, la 10e Sonate\n de violon de Beethoven, et, avec M. Gillet, la 5e Sonate de violoncelle.\n    Hermann Lévy est justement apprécié chez nous où il a dirigé à plusieurs\nreprises. Il est absolument remarquable par le fini minutieux de l'exécution,\n où tous les détails sont mis en lumière avec une surprenante netteté. Ce\ngeste menu, microscopique, semble accomplir un travail d'orfèvrerie, une\noeuvre patiente de vieux petit juif accroupi derrière son établi, au fond\nd'une boutique obscure. Puis, cela s'éploie tout à coup dans un envol large\nde geste, pour retomber immédiatement à l'attitude penchée, où il y a en\nmême temps, dirait-on, de l'humilité et de la ruse. Aussi, Lévy réussit-il\nspécialement dans les œuvres de détails, tels que la Symphonie n° 29 de\n Mozart, admirablement rendue, le Prélude et le Finale de Tristan et Yseult,\nl'Adagio de la Symphonie n° 7 de Bruckner, difficile à juger séparément.\n    Il est moins remarquable dans des œuvres larges et à grands effets, tels\nque l'ouverture de Fidélio de Beethoven, où Lévy arrive néanmoins, par les\npp réduits à leur minimum d'intensité, à des effets de contraste saisissants.\n\n                                                       E R N E S T CLOSSON\n"}, {"page_pdf": 256, "texte": "                                      — 229 —\n\n\n\n\n                              MEMENTO\n   Le Coq rouge a paru. Son premier            L'exaspération de l'animal se comprend.\ncocorico est facétieux. Il débute par un       Si encore la Cour « se constituait « en\nmanifeste où on lit : « Nous voulons per-     Mécène de grosse caisse!\nmettre à des écrivains de talents variés et\nd'orientation esthétique ou philosophique\ndifferente, mais qui éprouvent l'un pour         Relevons dans le manifeste du Coq rouge\nl'autre une sincère et loyale estime, de se   quelques proclamations a tout le moins\nrencontrer sur un terrain commun et d'y       étranges.\nfaire œuvre d'art et de beauté, chacun en        Le « Comité » qui signe ce manifeste\ntoute indépendance, en toute spontanéité,     attaque « le journalisme opportuniste et\nsans préoccupation de forme, de canon et      vénal qui a la haine du livre comme le\nde dogme, sans souci des petites chapelles    bâtard nourrit l'exécration de l'enfant légi-\net des courtes échelles qui s'érigent et se   time ».\ndressent autour d'eux. »                         Or, parmi les membres de ce « Comité »\n   Cela, n'est-ce pas, c'est une déclaration figurent M. Georges Eekhoud, rédacteur à\nd'éclectisme.                                 YEloile belge; M. Francis Nautet, présen-\n   Trois pages plus loin, dans le même tement rédacteur au P'tit Bleu après avoir\nmanifeste, le comité directeur expose passé par les bureaux de YEtoile belge, du\nde quelle manière il entend appliquer ses Journal de Bruxelles et de l'Indépendance;\nprincipes éclectiques : « Le Coq ronge fera M. Emile Verhaeren, naguère rédacteur à\naussi bon marché des guitares romantiques la Nation.\nque des incongruités naturalistes et il          Ces messieurs ont un joli toupet.\nenverra les accessoires symbolistes et éso-      Détail piquant : Lorsque parut le dernier\ntériques. la ferblanterie astrale, rejoindre recueil devers de M. Iwan Gilkin, Ténèbres,\ndans la fournaise sainement vandalienne la M. G. Eekhoud, qui rédige la chronique des\ncavalcade des lieux communs classiques. » livres à l'Etoile belge, et qui reçut le\n   Bigre! Voilà un éclectisme qui, avant volume, oublia d'en parler à ses lecteurs.\nmême d'avoir fonctionné, condamne au feu         M. Eekhoud aurait-il «la haine du livre?»\nle romantisme, le naturalisme, le symbo- C'est difficile à croire.\nlisme, l'ésotérisme et le classicisme!...        Plusieurs jeunes écrivains belges gagnent\n   A part ça, on admet toutes les tendances, leur vie dans le journalisme. La plus élé-\ntoutes les formes, tous les dogmes...         mentaire décence devrait les empêcher de\n   Bonsoir, fumistes ! ! !                    médire de la presse, dont, à tout prendre,\n   P. S. — Comme première application de ils n'ont pas tant à se plaindre.\nce pharamineux éclectisme, le Coq rouge          Ces messieurs ne sont décidément pas\nreproduit le monstrueux article du Journal aussi indifférents à la réclame qu'ils affectent\n où M. Octave Mirbeau insulte l'un des plus de le dire.\n parfaits et des plus nobles artistes de ce      Un peu plus loin, le Coq rouge dénonce\n temps, sir Edward Burne-Jones. C'est un « les iniquités, les crimes de lèse-littérature\n beau début!                                  des gaillards chargés d'encourager et d'hono-\n                                              rer les lettres dans ce fangeux et matériel\n                                              royaume ».\n    Le Coq rouge est exaspéré contre la Cour,    Nom d'un petit bonhomme! Il nous\n qui « se constitue en Mécène de harpistes ». semble pourtant que M. Georges Eekhoud\n"}, {"page_pdf": 257, "texte": "                                                 230\n\n\na obtenu le dernier prix quinquennal                 de ce que tu cachais si jalousement, de con-\n(5,000 francs) et nous nous sommes laissé            naître un « des secrets des Dieux » comme\nconter que les bureaux du ministère reçoivent        tu appelles tes petites farces!\nde quelques jeunes écrivains des demandes               « Quoi, la Jeune Belgique n'est plus une\nde subsides qui ne sont pas toujours                 Table-Ronde? C'est un Cercle des Proprié­\nrejetées.                                            taires réunis? Allons donc! »\n   Coq rouge, mon ami, ne parlez pas trop               Tu vois que tu parles trop !\nde corde dans la maison de plusieurs pen-               La vérité, et je compte sur ta partialité\ndus!                                                 pour le leur apprendre, ma vérité est que\n   Nous avons vu tout à l'heure à quoi se            les mauvais élèves, ceux qui nourrissent\nréduit l'éclectisme de cette revue ; on voit ce      des vers libres dans leurs pupitres, avaient,\nque valent ses belles déclamations contre            un jour, comploté de t'attacher au dos des\nla presse, contre l'officialisme, etc.                bonshommes en papier tandis que tu dor-\n                                                      mirais ton heure d'Horace dans ta chaire;\n                                                      et j'avais découpé le mien, et tu m'accor-\n                                                      deras avec plaisir qu'il ne devait pas être\n  Nous recevons de M. Delattre, en guise              plus drôle qu'un autre...\nde réponse à notre articulet du mois d'avril,            Voilà toute cette noire fusion tirée au\ne petit Croquis d'écolier (1) que voici :             clair. La belle affaire! Peux-tu m'en vouloir\n  A Monsieur le Directeur de ht Jeune                 d'être resté avec le gamins pour rire du\n      Belgique.                                       surveillant, toi qui avais tant de plaisir jadis\n                                                      avec nous ?\n       MON CHER DIRECTEUR,                               Non, non! Tu ne nous en voudras\n   Dans le memento du dernier et si remar-           jamais, si grosse que tu fasses la voix. Nous\nquable numéro de ta revue, tu m'appelles             le savons, et nous abuserons de toi ainsi\nCésar, César avant ses victoires, et tu              qu'il sied à « des moutards ». Même, un\ndénonces à tes lecteurs que, forçant ton             jeudi que nous aurons mis des cols ronds\nmagasin d'accessoires, j'aurais voulu t'enle-        comme tu les aimes et sucerons des sucres\nver ta couronne, ton sceptre-martinet et le          d'orge pour paraître plus innocents, tu feras\njoli petit porte-voix avec lequel tu lances le       César au milieu de la cour de l'Ecole du\ncri d'alarme aux époques climatériques litté-        goût public, César après ses victoires, élu\nraires, à tes « jeunes compatriotes ». C'est         premier à vie — mais dans quelle Rome!\nparce que je n'aurais pas réussi dans cette          — Nous t'entourerons en criant : Hou ! hou!\ntéméraire entreprise que, cachant ma con-\n                                                     — Et telle est ta longanimité que tu\nfusion, j'aurais emporté l ' A r t jeune dans\n                                                     oublieras que nous venons de nos vil-\nmon village pour y publier mes nouvelles,\n                                                     lages, que nous venons des petites revues,\npeut-être pour le violenter, certainement\n                                                     et que tu nous souriras encore. Parions ?\npour m'en faire caresser, et briller enfin\n                                                        Crois bien, cher directeur, à ma particu-\ninamovible jeune premier!\n                                                     lière attention.\n   Cher directeur, quoique depuis quelque                                     Louis DELATTRE.\ntemps il semble que tu fasses tout par\ngageure, j'ai vu au sourire de mes amis\nqu'ils te croyaient. Ils sont persuadés que\nje boude à la place pourtant si honorable               Le comité de rédaction du Coq rouge se\nque ta bienveillance m'avait assignée dans           compose de MM. Louis Delattre (Jeune\nla grande classe de la section wallonne de           Belgique), Eugène Demolder (Jeune Bel-\nton institut. Mais en trouvant que j'ai un           gique), Georges Eekhoud (Jeune Belgique),\nfichu caractère, ils rient de savoir un peu          Hubert Krains (Jeune Belgique), Maurice\n                                                     Maeterlinck (Jeune Belgique), Francis Nau-\n (1) Croquis d'ècolier, par Louis Delattre, 1 vol,\n                                                     tet (Jeune Belgique) et Emile Verhaeren\nMons, chez Manceaux, 1887.                           (Jeune Belgique).\n"}, {"page_pdf": 258, "texte": "                                           231\n\n   l'as un nom nouvenu. Dans le pro-             « intelligence clouée de mille désirs ambi-\ngramme, pas un principe esthétique nou-          « tieux et nobles plutôt que d'aptitudes\nveau. Un le voit, la revue qui vient de          « réelles. Nature d'élite ; artiste incomplet;\nparaître ne répond à aucun besoin nou-           « grand poète de hasard. A laissé derrière\nveau, à aucune poussée nouvelle : c'est une      « lui, comme une expiation, une multitude\nbranche folle de la Jeune Belgique.              « d'esprits avortés, cervelles liquéfiées et\n   Dissentiments personnels, défaillances        « cœurs de pierre, misérable famille d'un\ndans l'attitude vis-à-vis du public et du        « père illustre.\nmonde officiel, appétits impatients de ré-          « Alf. de Musset: Poète médiocre, artiste\nclame, de gloriole et de prébendes, désir        « nul, prosateur fort spirituel.\nde mettre quelques défauts en liberté, telles       « Alf. de Vigny : Un grand et noble\nsont, hormis pour MM. Krains et Maeter-          « artiste, malgré de fréquentes défaillances\nlinck, les raisons de la scission actuelle.      « d'expressions, ayant toujours vécu dans\nCelle-ci pouvant nuire, peut-être, au mou-       « la retraite, pauvre et digne, fidèle jusqu'à\nvement littéraire que la Jeune Belgique a        « la fin à l'unique religion du Beau.\ninauguré dans notre pays et au but artis-           « Béranger : Ses chansons de circons-\ntique qu'elle n'a cessé de poursuivre, nous      « tance et son Dieu de cabaret philanthro-\nnous proposons de combattre les sépara-          « pique, tout cela a été à la mode, et, comme\ntistes comme nous avons jadis combattu les       « tout ce qui a été à la mode, tout cela est\nHymans et les Potvin. On retrouvera chez         « en poussière aujourd'hui et à jamais. »\nnous les lutteurs d'antan.                          — J. Levallois continue à publier dans la\n                                                 Revue Bleue ses souvenirs littéraires.\n                                                    Dans le numéro du 11 mai, il nous\n  L'abondance des matières nous astreint à       apprend qu'à un dîner auquel il assistait,\nremettre au prochain numéro l'étude consa-       Victor Hugo engloutit une belle quantité de\ncrée par M, Arnold Goffin à la nouvelle          macaroni. Il constata, par la même occasion\nœuvre de J.-K. Huysmans : En Route.              que, contrairement à ce qu'en avait dit Gau-\n                                                 tier, le grand poète ne se servait pas de la\n                                                 même assiette pour tous les mets.\n  Nos chaleureux remerciements au Jour­             Dans la même revue, la traduction d'une\nnal des Gens de Lettres, pour l'appui qu'il      préface de Tolstoï aux Evangiles, sous ce\nnous prête. Il y a là un certain revenant qui    titre : Le Sens véritable des Evangiles.\nne fait pas le mort, vertuchou !                    — La Revue blanche : Auguste Strind-\n                                                 berg, la Psycho-physiologie      de la priere ;\n                                                 S. Mallarmé : Sauvegarde ; Paul Adam :\n  REVUE DES REVUES. — Aux nouveaux pous-         l'Assaut malicieux, et de M. H. de Régnier,\nsins de la littérature qui croient sérieuse-     un beau conte sans titre.\nment que, pour affirmer son émotion en art,         — La Revue générale : Ch. Woeste,\nil faut, sous prétexte de spontanéité, voci-     Ketteler et Manning; Ch. Buet, Partant\nférer comme un démoniaque, avaler ses            pour l'exil; A. de Ridder, A la cour de\npieds, ou s'enfoncer la plume dans le nez,       Napoléon III.\nle tout accompagné de fautes de prosodie et\nde syntaxe, nous recommandons les notes\nintéressantes de Jean Dornis, sur Leconte\nde Lisle intime, parues dans le numéro du           Le Réveil de Gand nous apprend qu'il\n 15 mai de la Revue des Deux-Mondes.             étudie la philosophie chinoise sous la\n   Nous y trouvons quelques vers inédits         direction de l'illustre Ye-Men-Fou. L'élève,\ndu plus parfait poète que la France ait pro-     dit-on, fait des progrès rapides et professera\nduit et quelques brefs extraits et jugements     bientôt lui-même sous le nom approprié de\n sur les écrivains de son époque :               Ye-Swi-Fou-Tu.\n   « Lamartine : Imagination abondante,\n"}, {"page_pdf": 259, "texte": "                                                     232\n\n\n   Dans son numero d'avril, le Réveil de                    Dans la liste des collaborateurs, à côté\nGand, victime d'un dessinateur facétieux,                des noms de Kropotkine, Reclus, etc., nous\narbore une plume de paon sur son derrière                trouvons celui de Georges Eekhoud. Sans\net présente en frontispice un groupe d'oies              vouloir demander au Coq rouge comment\nnageant de conserve. On ne voit toujours                 il parvient à concilier l'anarchie avec le\npas le Capitole.                                         collectivisme de la Maison du Peuple et les\n                                                         subsides du gouvernement, souhaitons à\n                                                         celui qui fui un écrivain de marque de ne\n  La pousse des feuilles nous a doté de                  pas tomber, sous prétexte de propagande ou\nquelques nouvelles revues.                               de littérature, dans cet art social qui, au\n  L'Enclos;   arts; dits et faits, pour le               dire de Maeterlinck, ferait pleurer les\nmieux.                                                   pierres.\n  Voici un couplet de L. Riotor h titre                     Et qu'il aille en paix.\nd'échantillon sans valeur :\n         LES SOLDATS LABOUREURS\n        Un continent tout entier                            Le numéro de mai du Mercure de France\n        fut occupé par ce chantier,                      est à lire jusqu'aux annonces.\n        bouleversant maintes forêts profondes,\n                                                            M Vielé-Griffin y prouve supérieurement\n        aplanissant le sol difforme ;\n        ... les tigres étaient percés de coups           que, s'il s'est adonné à la prose poétique,\n        par les fusils, les arcs, les frondes,           c'est parce qu'il ne savait faire que de mau-\n        et les serpents de taille énorme                 vais alexandrins.\n        écrasés ainsi que des poux...                       Exemples:\n   Ensuite l'Epreuve littéraire, supplément              Ils s'en furent, la nuit, à la mort des flambeaux,\nfrançais de Pan. Au sommaire du pre-                     Rythmant leur chant de marche au son de leurs sabots,\nmier numéro Kahn, Verlaine, de Gourmont                  Je les ai vus, depuis, à la fontaine au bois :\net Nietzsche (naturellement).                            L'un trempait ses sabots et faisait peur aux filles;\n                                                         L'autre, attentif à l'hymne unique aux mille voix\n   La Revue littéraire indépendante, cosmo-              Et couché de son long dans un lit de jonquilles,\npolite et accueillante.                                  Un à un, lentement, de l'effort de deux doigts,\n   Puis : la Coupe, qui promet de nous                   Brisait les roseaux verts de sa syrinx agile...\nabreuver d'ambroisie.                                        Nous lui préférons Coppée, dans ce cas.\n   Signalons pour terminer la résurrection                  A signaler dans ce même numéro une\n de la Révolte, le journal de propagande                 page très littéraire de M. de Régnier et une\nanarchiste, sous le nouveau titre Les Temps              critique ondoyante de Mockel sur Verhae-\nnouveaux. Ne dites donc pas que cela                     ren, qui se termine ainsi : « Les livres de\nn'intéresse pas la littérature. Il y a un sup-           Verhaeren, je ne les aime pas toujours;\nplément littéraire (?) qui vaut un conte de              mais l'éclat, l'énergie, la douleur tragique de\nDelattre. Adolphe Retté y a déposé des                   ces vers m'imposent l'admiration. Ils don-\nvers à côté d'un extrait de K. Baedecker.                nent avec soudaineté un grandiose et brutal\nLisez-moi ça :                                           aspect de la vie; avec leur énorme défaut et\n                    INVOCATION                           l'élan d'héroïsme qui l'efface, ils sont des\nLa terre est toute lasse et dort sous le ciel sombre —   bétes sauvages, magnifiques de force, ou\nLe Riche barbouillé du sang frais des vaincus\n                                                         semblent des blocs frustes mais inébran-\nRit du Pauvre inquiet qui s'agite dans l'ombre\nEt chante indolemment la chanson des écus.               lables, pareils à ces lourds mots qu'ils dres-\n\"Voici venir, vantant une Église marâtre,                sent en monolithes. »\nLe Prêtre et son enfer aux peines éternelles;               Nous voulons bien que les livres de\nSon âme est une cage où l'on voit se débattre            M. Verhaeren soient des bêtes sauvages ou\nDes oiseaux effarés dont il coupa les ailes.\nBlessés, boiteux, rêvant de suprêmes batailles.\n                                                         des blocs frustes et inébranlables, mais nous\nLes Tout-Nus vont hagards et maudissent la terre ;       préférerions les voir des œuvres d'art.\nLes dogues de la faim leur rongent les entrailles           C'est étonnant ce que M. Verhaeren re-\n Et l'ouragan des nuits leur souffle sa colère.          çoit, pour le moment, de pavés moins illu-\n"}, {"page_pdf": 260, "texte": "                                           — 233 —\n\n  soires que ses villages. Ainsi, dans le dernier   nous disons : « Vous êtes absolument libres,\n  numéro de l'Ermitage, nous trouvons cette         prenez la matière de vos œuvres selon\n  phrase, d'ailleurs fort juste, de M. Ed.          vos goûts, dans n'importe quel domaine;\n  Pilon :                                           pourvu que vous la revêtiez d'une belle\n    « Je dirai seulement, à ceux qui lurent         forme, que vous ayez comme préoccupation\n  les Campagnes hallucinées, que c'est là le        première de faire œuvre d'art et de célébrer\n  pendant admirable que ce Barbare a voulu          la beauté, le reste nous est indifférent.\n  aux farouches chansons de fous qu'il nous\n donna, voici deux ans. »\n    Nous sommes parfaitement d'accord.\n                                                      M. Reynaud.dans le Mercure de France,\n    A.-Ferd. Hérold vient de faire la décou-\n                                                    écrit ce qui suit :\n verte d'une œuvre absolument remarquable\n qui est appelée à révolutionner le monde            Si la renaissance romane, c'est-à-dire le\n deslettres. Il a traduit Paphnutius de Hrots-     retour, dans la pensée comme dans le style,\n                                                  à l'équilibre et à l'harmonie, était déjà\n vitha, et du latin, s'il vous plaît; il nous     souhaitable aux plus vertes années du\n l'annonce lui-même. Vous me répondrez :          romantisme, on comprendra combien, après\n « De quoi voulez-vous qu'il le tradusît, du      les mille excès du décadisme et du symbo-\n sabir ou du botocudos ? »                        lisme, elle était aujourd'hui devenue néces-\n                                                  saire. N'avions-nous pas vu le Parnasse\n     Non, mais de la traduction française français livré au pire désordre et à l'anar-\n  qu'en a donnée Magnin il y a quelque qua- chie? L'idéal s'était réduit à la notation des\n  rante ou cinquante ans pour la plus grande émotions charnelles, des seuls instincts; la\n                                                  langue était devenue une sorte de patois,\n  joie des Yillemain et des Chasles. Et vive le d'incompréhensible jargon. On osait pro-\n  moyen-âge !                                     clamer qu'il était indispensable d'ignorer la\n     Nous recevons à l'instant le très beau nu- grammaire et la prosodie pour faire œuvre\n                                                  de poète. Il fallait s'en tenir à sa veine\n  méro d'avril du Réveil de Gand. Il contient, naturelle et l'exploiter d'instint, de peur\n  entre autres, des vers de H. de Régnier, de qu'elle ne fût troublée d'un afflux étranger.\n  Ferd. Severin et de A.-F. Hérold. Mais, ô On disait : « L'art de penser et d'écrire\n surprise! M. E. Verhaeren s'y révèle ethno- n'existe pas. Existerait-il qu'il ne nous serait\n                                                  d'aucun secours. L'artiste n'a que faire\n logiste et érudit à enfoncer plusieurs aca- des traités et des manuels. Il lui suffira de\n démies. Ecoutons le : « Aujourd'hui une céder aux impulsions de son démon. C'est\n théorie soudaine et inédite sur l'origine des une lyre dressée dans l'espace, et qui n'a\n mondes a été établie. On a fixé l'histoire de qu'à subir le vent pour rendre une douce\n                                                 harmonie »; et ainsi on inclinait l'artiste à\n la terre et de certains astres. Le premier la paresse et au désordre. Ces théories blâ-\n homme on le recherche, non plus en des mables avaient donné leur juste fruit. Jamais\n paradis, mais en de lointains horizons ca- plus d'efforts n'avaient abouti à un tel\n chés derrière des millions d'années, non néant, et pourtant, parmi ces symbolistes,\n                                                 la plupart étaient de bonne foi, quelques-\n plus là-bas dans un jardin, mais en des ca- uns étaient parfaitement doués. Aucun n'a\n vernes etc. »                                  pu produire une œuvre vivante, pour\n    Cette théorie soudaine et inédite n'est n'avoir pas songé que ce qu'ils appelaient,\n                                                à la suite de Verlaine, « le reste », c'est-\nqu'un prétexte à quelques bien beaux ensei- à-dire la littérature, était précisément « le\ngnements sur l'art. M. Verhaeren s'en tout ».\nprend aux artistes qui choisissent leurs            Combien ont à se repentir d'avoir pris à\nsujets dans l'antiquité; il veut des oeuvres la lettre cette boutade de Verlaine. Ils\nannonçant l'avenir. Mais pour quelqu'un auraient pu réfléchir que Verlaine, armé\nqui est atteint d'éclectisme aigu, ce despo- comme pas un pour la joute littéraire, avait\n                                                subi la discipline des Parnassiens et qu'il\ntisme nous étonne. Et quoi I vous voulez avait de la littérature autant et mieux que\nforcer les artistes à choisir tel ou tel sujet personne. Quant à ceux qui, influencés par\nplutôt que tel autre. Tous ceux qui ne chan- les nuageuses littératures du Nord, cher-\nteront pas l'avenir, la société future, seront chaient l'abscons et cultivaient le mystère,\n                                               le rêve, l'au-delà, la phrase orchestrée,\ndes cuistres! Mais nous, que l'on veut re- l'audition peinte, que sais-je encore? mieux\nprésenter comme des arriérés et des tyrans, vaut n'en rien dire ; sans compter que de\n"}, {"page_pdf": 261, "texte": "                                         — 234 —\n\ntout ce faims du barbarismes et de paroles         Bruxelles, les études de MM. Wollgraff,\nde grimoires se dégageait une impression           Franz Wiener, Robert Sand, etc.\nunique de douloureuse tristesse et de pro-\nfonde désolation.\n  La Jeune Belgique a dit les mêmes\nchoses, et presque dans les mêmes termes.            L'abondance des matières, qui nous a fait\n  Quand la Jeune Belgique prend une                ajouter au présent numéro six pages supplé-\npareille liberté, le Mercure nous reproche         mentaires, nous force, à notre grand regret,\nnotre « provincialisme ».                          de remettre au prochain numéro plusieurs\n  Nous n'insistons pas.                            articles, entre autres une critique des der-\n                                                   niers ouvrages de l'excellent poète portugais\n                                                   M. Eugenio de Castro.\n\n   De M. Mockel sur M. Verhaeren :\n   Si j'écrivais ici tout ce que prête à écrire      B U L L E T I N BIBLIOGRAPHIQUE :\nl'œuvre de ce poète, j'aurais à divulguer ses           L. Hennique. — Deux patries, drame,\nidées en sociologie, j'affirmerais son rôle de          P. Loti. — Jérusalem.\ncritique en citant les larges et belles paroles\ndont il accueille, en l'Art moderne, les                L. Tolstoï. — Plaisirs cruels.\nlivres de vers les plus ennemis de son                  H. Guédy. — Les Ouvriers d'art.\npropre idéal.                                           Les maîtres musiciens de la Renaissance\n  Si M. Mockel n'est pas perfide, il a le          française     Orlande de Lassus.\ncompliment malheureux.                                  Riotor et Léofanti. — Les Enfers boud­\n   C'est dans l'Art moderne que M. Verhae-          dhiques.\nren n'a cessé, depuis plusieurs années, de              H. Buffenoir. — J.-J. Rousseau et ses\nmener le deuil des poètes parnassiens. C'est        visiteurs. .\nlui qui écrivit sur Leconte de Lisle un                 G. Cougny. — L'Art moderne. La Renais-\narticle mortuaire d*une inintelligence et           sance.\nd'une hargne contre lesquelles nous nous                A. Ernst et E. Poirée. — Etude sur Tami-\nsommes cabrés.                                      hœuser.\n   Ah ! elle est jolie, la légende des larges et        A. Gayet. — L'Art persan.\nbelles paroles!                                         J. Lemaître. — L'Age difficile, comédie.\n   Il est vrai que M. Mockel n'est pas obligé           J. Lorrain. — Sensations et Souvenirs.\nde lire l'Art moderne !..                               G. Mourey. — Passé le détroit.\n                                                        A. Foucher. — L'A rt bouddhique dans\n                                                     l'Inde.\n  N'oublions pas de signaler les derniers               M. de Bousies. — N'est pas sceptiqneqni\nnuméros de deux excellentes revues portu-           veut, comédie; Louisette, comédie.\ngaises, O Instituto 'et Revista d'Hoje; re-\nmarqué dans cette dernière un brillant son-\nnet de Fr.-Augustinho da Cruz.\n\n\n\n   Lire, dans le Bulletin du Séminaire d''his­\ntoire des littératures de l'Université de\n"}, {"page_pdf": 262, "texte": "               P a u l LACOMBLEZ\n       ÉDITEUR          DE    LA     JEUNE         BELGIQUE\n                      31, rue des Paroissiens, 31\n                              BRUXELLES\n\n\n                 VIENNENT DE PARAITRE\n                        Fernand S E V E R I N\n\n      UN CHANT DANS L'OMBRE\n                               POÉSIES\n                   Un volume in-32 raisin. Prix : 3 francs.\nIl a été tiré : 5 exemplaires sur papier du Japon des manufactures impé-\n                      riales, à                               fr. 12 »\n                15 exemplaires sur papier de Hollande Van Gelder,   6 »\n\n\n                         Edmond PICARD\n\n         VIE                 SIMPLE\n    Nouvelle édition. Un volume petit in-12      . . . .        fr.   2 «\n\n\n                          Paul     ARDEN\n\n       PAR LES CHEMINS\n             Un volume petit in-12 . . . . fr. 2 50\n                  A. GALLOY & J. MOLLOY\n\n   AU P A Y S D E B E A U M O N T\n                             POÉSIES\n             Un volume in-18 jésus . .       .   . fr.   2 50\n\n\n                          Hubert KRAINS\n\n  HISTOIRES LUNATIQUES\n             Un volume in-18 jésus    . . . .     fr.    3 »\n\n\n                        Sous presse :\n    UNE CAMPAGNE AU PAYS NOIR\n                   PAR J U L E S     DESTRÉE\n"}, {"page_pdf": 263, "texte": "         P a u l LACOMBLEZ, éditeur\n               31, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES\n\nArden (P.). Par les chemins . . . fr. 2 50          Itiberê da Cunha (J.). Préludes . . fr. 3 »\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et                Jenart (Aug.). Le Barbare                        2 »\n   roses                                    2 »     Jeune Belgique (Le Parnasse de la). . 7 50\nBrabant (V.). Notes de voyage . . .         1 »     Journal d'une ignorante : Sur les Golfes 1 50\nBloy (Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 »        Justus Severus Africus                           1 »\n   Les 3 premiers numéros ensemble 1 »              Kahn (Gustave). Chansons d'amant. . 3 50\nBoschotiA. Faunesses et bacchantes. 1 50                   —        Les Palais nomades . . 3 50\n               Matin d'automne . . .        1 50    Krains (H.). Histoires lunatiques . . 3 »\n      —        Rêves blancs . . . .         4 »     Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .            2 »\nBosiers ;E.). Harald-Roi                    2 »           —         Loth et ses filles . . .         2 »\nCarnet de chasse illustré          15           \"   Landoy (Eug.). Evocations                        3 50\nCasier (J.). Flammes et flammèches . 1 50                  —        Maître Martin . . . . 0 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 »             Lautréamont (comte de). Les Chants de\nCourouble (L.). Contes et souvenirs. . 3 50             Maldoror                                      350\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 »             Lernonnier (C). Paroles pour Georges\nDaCosta(G.) Grammaireenportefeuille 0 50                            Eekhoud                0           50\nDaxhelet(A ) Pages de tendresse vague 3 50                 —        Discours d'inauguration\n      —        Nouvelles de Wallonie . 3 50             du monument Ch. De Coster, avec\nDe Coster (Ch.). La Légende d'Ulen-                     extraits d' « Uienspiegel » et por-\n          spiegel                           5 »         trait de Ch. De Coster . . . . 0 50\n      —         Légendes flamandes . . 3 50         Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\n                  (Voir Lernonnier.)                                (L'Intruse, Les Aveugles) 3 »\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50               —        La Princesse Maleine. . 3 50\n      —      Les Miroirs de jeunesse . 3 50                —        Serres chaudes . . . .           3 »\nDelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50                —        L'Ornement des noces spi-\nDe Haulleville (baron P.). En vacances. 3 50                           rituelles                     4 \"\n      —      Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »           —         Les Sept Princesses . . 2 »\n      — J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                           —        Pelléas et Mélisande          . 3 50\n                talat chez les Civilisés. 4 »                          (Voir Emerson.)\nDemolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                     —        Les Disciples à Sais et les\n      —         Impressions d'Art. . . 3 «              fragments de Novalis                         4 »\n      —         James Ensor . . . .         3 «     Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam . . 3 »\nDe Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 »          Maubel (Henry). Miette                           2 50\nDe Régnier (H.).Le Bosquet de Psyché 2 »                   —        Étude de jeune fille . . 3 50\nDe Tallenay (J.). L'Invisible . . . .       3 50           —        Quelqu'un d'aujourd'hui . 3 50\nDesombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »                  —        Une mesure pour          rien    1 »\nDestrée (Jules). Journal des Destrée        1 »      Picard (E.). El Moghreb al Aksa . . 4 »\nDulac (Paul). Vingt-cinq sonnets . . 1 50                  —        Scènes de la vie judiciaire 4 »\nDupont (A.). L'Envol des rêves . . .        2 »            —        Vie simple                       2 »\nEekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50                 —        Imogène, 1 vol. format\n       —       La Nouvelle Carthage. . 4 »                             eucologe                      4 »\n       —       Les Fusillés de Malines . 3 50              —        Comment on devient so-\n       —       Au siècle de Shakespeare. 3 »                            cialiste                     2 50\n       —       Kees Doorik                  3 50           —            Id. (édition populaire) 0 75\n       —       Kermesses                    5 »      Pierron (Sander). Pages de Charité . 3 50\n       —       Mes Communions . . .         5 «      Philopator. Libres propos d'un belge. 1 »\n Elskamp (Max). Dominical . . . .            2 »     Pléiade (La). Première année (1889) . 3 »\n       —       Salutations, dont d'angé-             Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n    liques                                   3 50    Rodenbach Le Foyer et les champs . 1 »\n       —       En Symbole vers l'Apos-               Rommelaere (J.). Ma semaine, 1892-93. 2 »\n    tolat                                    3 50          —         Ma semaine, 1894 . . .          2 »\nEmerson. Sept Essais, avec préface de                Severin (Fernand). Le Lys                       2 »\n    Maeterlinck                              3 50             —             Le Don d'enfance . 2 »\nGalloy (A.). Au pays de Beaumont. . 2 50                   —         Un chant dans l'ombre . 3 »\nGarnir (Georges). Les Charneux. . . 3 50             Sigogne (E.). Contes merveilleux . . 3 »\n       —       Contes à Marjolaine          3 50     Sluyts (Ch.). L'Appel des voix . . .            2 »\nGilkin (Iwan). Stances dorées . . .          1 »           —         Notes d'être                    3 «\nGille(Valère) LeChâteau desmerveilles 2 »            Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 »\nGiraud (Albert). Hors du siècle . . . 3 50           Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut.             . 3 50\n       —       Hors du siècle. II : Sous             Van Lerberghe (Ch.). Les Flaireurs .             1 »\n                  la Couronne. Devant le             Verhaeren (E.). Les Apparus dans mes\n                  Sphynx                     3 00                       chemins                      2 »\n       —       Pierrot lunaire . . . .       2 »           —         Les Moines                       3 »\n                                                                                      r,;s\n       —       Pierrot Narcisse . . .        2 »     Villiers de l'Isle-Adam. Premiè Poésies 3 50\n       —       Dernières Fêtes. . . .        2 »                     Morgane                          5 »\n       —       Le Scribe                     1 »     Wagner (R.). L'Œuvre et la mission de\n Hannon (Théo). Noéls fin de siècle . . 3 »              ma vie (derniers exemplaires) . . 4 »\n       —       Au pays deManneken-Pis 4 »            Waller Max). La Flûte à Siebel. . . 3 50\nHanneuse (0 ). La Reine Aléna. . (souscrit).               —         Daisy                            3 »\n       —       Sorella                       2 50    X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé)\n\n                     Bruxelles.— ImprimerieVeMonnom, 32, rue de l'Industrie\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1895-05-01", "preuve": "Mai 1895, numéro 5, couverture PDF 222 ; aucun jour imprimé."}}