{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Juin 1895", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 264, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 173, "texte": "Juin 1895.                      TOME XIV. — N° 6              15me                   Année.\n\n\n\n\nA\n   JEUNE\n                 BELGIQUE\n                                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 264, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 173, "fin_caractere_exclue": 1515, "texte": "SOMMAIRE:\n       En route                                    ARNOLD GOFFIN.\n       Satan                                       IWAN GILKIN.\n       A propos d'un livre nouveau. Un chant dans\n         l'ombre                                   ALBERT GlRAUD.\n       Aspiration                                  JULIEN ROMAN.\n       Descente d'Amatrice                         PlGNOLLE DUFRANE.\n       Hérodiade                                   CHARLES VIANE.\n       Chronique littéraire :\n         Aréthuse; En symbole vers l'Apostolat ;\n            Rêves blancs; Horizons; Les égarés . . VALÈRE GILLE.\n       Chronique musicale :\n         Christus                                  ERNEST CLOSSON.\n        Memento                                       NEMO.\n\n\n\n\n          REDACTION                                           BRUXELLES\nm, RUE DE LA L I M I T E ,   BRUXELLES.                 PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                              3r, rue des Paroissiens\n                                                                    PARIS\n    PRIX DU NUMÉRO                                    CHAMUEL,          LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                2Q, rue de Trévise\n              fr. 0-75.\n                                                                      l895\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 265, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 378, "fin_caractere_exclue": 1055, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur      : MAX W A L L E R         (MAURICE W A R L O M O N T )\n              Directeur : IWAN GILKIN, 110, rue de la Limite.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand ; Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 265, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1055, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, J'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? 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GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 235, "page_fin": 239, "titre_corps": "En route", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "EN ROUTE", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SATAN MESSE D ORGUEIL", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 266, "page_imprimee": 235, "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1901, "texte": "EN ROUTE\n\n                                Le livre aura eu la rare fortune d'ameuter con-\n                                tre lui l'unanimité, presque, de la presse ; de\n                                scandaliser également les défenseurs attitrés\n                                des opinions les plus inconciliables.\n                                   Une telle œuvre, effrontément incongrue\n                                aux idées modernes, vouée, toute, à des préoc-\n                                cupations discréditées,— illusions enfantines\n                                dont l'âge viril corrigea l'humanité! — était,\n                                certes, pour déconcerter les chroniqueurs\n               diversement sceptiques qui, chaque matin, distribuent la\n               manne intellectuelle aux foules libres-penseuses.\n                  Un notoire écrivain, — adepte obligé, donc, comme tout\n               individu conscient, de la plus récente et irréfutable philoso-\n               phie, ou, pour le moins, incapable de superstition et d'aveu-\n               glement, d'une nature caustique plutôt que contemplative ;\n               — un perspicace et indépendant esprit formule tout à coup\n               un acte de foi d'une folle simplicité, excessif, sans restrictions\n               ni réticences! Les conquêtes de la science, pourtant, ses sures\n               investigations, ses laborieuses enquêtes évincèrent le surna-\n               turel, prohibèrent l'inexplicable, ces fallaces sacrés, terreur\n                et ravissement de cerveaux maladifs et puérils, jadis ; —\ninoffensifs depuis que des méthodes douces ont rendu la santé et l'équilibre\nmental — avec ses droits ! — à l'homme.\n   Et, inconcevable blasphème, dérision extraordinaire, l'auteur d'En Route\ntourne délibérément le dos aux effigies, très laides mais si triomphales! de\n"}, {"page_pdf": 267, "page_imprimee": 236, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2833, "texte": "                                   — 236 —\n\n la logique contemporaine pour entreprendre un pèlerinage rétrograde, aussi\n  absurde que peu lucratif...\n     Evidemment, expliqua la critique retorse, cette manifestation mar-\n que un période nouveau, mais non définitif, du raffinement de Des\n  Esseintes; la dernière tentative, l'avatar suprême d'un blasé de jouissances\n esthétiques et sensuelles, — expérience précaire, d'ailleurs, macérations de\n sybarite dont l'inanité le surprendra, bientôt... Au reste, ce geste illuminé\n était-il peut-être dû, simplement, à la fantaisie archaïque d'un enthousiaste\n artiste épris de formes, de cérémonies et d'édifices vétustés, touchants\n vestiges des siècles de servitude et de débilité rationnelles et d'ignorance\n destitués des lumières positives dont notre ère glorieuse aveugle, impartiale-\n ment, les croyants et les incrédules? ou, hypothèse probante, aussi, ce livre\n exprime la paradoxale révolte, la réaction singulière d'un réfugié parmi\n la solitude, l'inconnu et leurs imaginaires fantômes ; l'espèce de roman-\n tisme mystique d'un lettré écœuré des mœurs brutales et des basses admi-\n rations en vogue.\n    Quelques gazetiers érudits, provision faite d'arguments et de texte dans\nla boutique frelatée de l'omniscient Larousse, tranchèrent la question, doc-\ntement : En Route ressortait de la clinique phrénologique ; et l'état men-\ntal de J.-K. Huysmans tombait sous les précises définitions de Lombroso:\n délire religieux, phénomène catalogué dans les pathologies matérialistes et\n qu'une hygiène connue guérit...\n    — L'hostilité ne parut pas moindre, ni moins hargneuse, du côté des\ncatholiques : à quelques exceptions près, leur opportunisme récusa un adepte\nd'une ferveur tellement intégrale, dont la foi impérieuse et outrancière\nmorigénait la politique tiédeur des séculiers, se désaltérait aux sources\nmêmes de la mystique, dans les ouvrages d'authentiques canonisés, saints\nlouables, certes, mais démodés, apôtres rudes dont le langage et l'ascétisme\nexagérés effarouchent notre dévotion ombrageuse et douillette.\n    La vigueur acide, le haut relief du style devaient suffire à rendre l'œuvre\nsuspecte dans ce milieu prudent et blafard. Mais la forme inusitée, l'ardente\nsincérité, sans feintes ni dissimulations, des confessions et des syndérèses\nde Durtal; les motifs qui l'induisent à choisir la Trappe pour y parfaire\nsa guérison morale; cette cure, elle-même, entachée de trop d'examen\naudacieux et d'art, provenue de la spontanée efflorescence intime, la pro-\ngression naturelle de la pensée du pénitent, sans intermédiaire ni secours\nthéologiques, hors des voies consacrées, par des chemins personnels, paru-\nrent insupportables. Et, plaisant spectacle! où toute l'équivoque ironie de\nla mascarade contemporaine s'accuse, l'on vit les israélites boulevardiers,\n"}, {"page_pdf": 268, "page_imprimee": 237, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "                                 — 237 —\n\nrédacteurs du Gaulois, inculper Huysmans d'orgueil, lui donner de judi-\ncieux conseils d'humilité, d'utiles avis sur la direction orthodoxe de sa\nconscience!...\n    La surprise fut identique des deux parts, au surplus, devant une évolu-\ntion que l'on proclamait imprévue, comme si chacun des livres d'Huys-\nmans, depuis A Rebours, n'aiguillait vers ce but, ne portait les indices, les\nstigmates douloureux d'une préoccupation de plus en plus obsédante et\nvive, n'acheminait l'artiste vers cette fatidique conclusion, nécessaire et\nprédite.\n    L'art de Huysmans a été en continuelle ascension depuis ses débuts et\nEn Ménage, A Rebours, En Rade, Là-Bas sont, pourrait-on dire, les con-\nsécutifs chapitres de la monographie d'un personnage dont l'intellectualité\ns'élargit, à chaque étape, et s'épure. Et le phénomène est unique, sans\ndoute, d'une telle œuvre : l'histoire d'un cerveau, laboratoire de sensations,\nplutôt, d'abord, hanté de précises visions, analytiques et colorées, et où,\ngraduellement, les résultats accumulés de son assidue expérience engendrent\net propagent les hautes idées qui s'épanouissent dans En Route.\n    Épris de l'art roman et gothique, sous ses formes plastiques et musicales,\nl'admiration sans plus échoue à satisfaire Durtal ; une sorte de langueur,\n le regret d'une communion incomplète étiolent son plaisir; car, perçue,\n soupçonnée au travers ces signes magnifiques, la vérité qu'ils proclament\n inquiète et préoccupe sa contemplation. Certes, l'effusion radieuse et naïve\n des primitifs ; l'élan hardi, la témérité fière des architectures; le cri sup-\n pliant ou humilié du plain-chant; ces clochers, ces campaniles qui élèvent\n vers le ciel la visible prière perpétuelle, le laus perennis du monastère ou\n de la cité ; ces milliers de monuments prodigieux, chœur foudroyant et\n unanime agenouillé au pied de la Croix ; — toute cette vie, cet inépuisable\n génie dépensés n'ont pu mentir ni glorifier une imposture, et la flamme\n  inspirée qui s'allumait au front des maîtres du Moyen-âge et de la Renais-\n  sance darde et brûle encore aujourd'hui.\n   — « Seigneur, suppliait des Esseintes, Seigneur, prenez pitié du chrétien\nqui doute, de l'incrédule qui voudrait croire, du forçat de la vie qui\ns'embarque, seul, dans la nuit, sous un firmament que n'éclairent plus les\nconsolants fanaux du vieil espoir ! »\n   Cette clameur naufragée, cette incantation jaillie d'une âme en détresse\nne pouvaient rester sans écho; la créature qui les prononçait déterminait sa\npropre vocation : de ce germe devaient éclore, fatalement, les fleurs suaves\net violentes de la conversion...\n   Un émoussé à force de subtilité comme Bourget, sollicité par trop de\n"}, {"page_pdf": 269, "page_imprimee": 238, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2891, "texte": "                                     — 238 —\n\n solutions et trop ingénieuses, restera toujours, quoiqu'il en ait, « un chré-\n tien de désir ». L'amère contrition n'est jamais assez poignante et ardue, la\n pensée ne s'arme jamais d'une assez exigeante rigueur, en des esprits de cette\n trempe, pour obliger leur indécision à un choix irréparable. Ils temporisent\n avec leur inclination, se contentent d'errer autour du temple, sous le péris-\n tyle, d'un pas respectueux, satisfaits des méritoires velléités pieuses qui enno-\n blissent et parfument leurs jours.\n     Mais, à une âme intransigeante, qui ne peut point ne pas aller jusqu'au\n bout, il ne saurait suffire de songer avec enthousiasme et onction à l'inégalée\n beauté du Catholicisme, à son rôle prépondérant depuis les âges premiers\n de cette ère, à la traînée miraculeuse de splendeur qui dénonce son passage\n à travers les siècles, à l'évidence métalogique de ses dogmes et que ses livres\n sont le réservoir de tout art — et de toute fortitude. Une telle religion esthé-\ntique ou littéraire, — aspiration polémique ou spéculative, — doit, ou se\ndétruire, ou entraîner bientôt la conviction de la nécessité efficace des rites\n et des sacrements et exclure, alors, la possibilité de s'y soustraire par lâcheté,\n indolence, respect humain ou en se leurrant d'illusoires scrupules...\n    La décisive démarche qui doit sauver Durtal de lui-même, le régénérer,\nmais aussi révolutionner son existence, désormais, régir ses actes, il l'effec-\ntue, à la fin, mais après quelles transes intimes, quelles luttes, quels débats\nopiniâtres entremêlés de rechutes et d'abominables angoisses...\n    Démoralisé, rétif à d'indubitables prémotions, à son instinctive tendance\nvers la conception qui rallierait tous les éléments épars, les notions disper-\nsées, les vœux contradictoires de son intelligence et de son cœur, — Durtal\natermoie, longtemps, comme retenu dans l'aître, sous le narthex de l'Eglise,\nau milieu des interdits et des catéchumènes, par des préjugés indécis, de\nvagues et tenaces mécréances, des vergognes...\n    Il craint, de plus, pour cette réconciliation, les paysages réfractaires, les\nsuggestions de son habitacle accoutumé ; les insidieux et démoniaques rap-\npels des habitudes dont, depuis si longtemps, il est le désolé prisonnier. Sa\nsusceptibilité maladive redoute, aussi, les heurts triviaux, les affligeantes\nrencontres qui, à Paris, le distrairont, terniront, à ses yeux, l'essentielle\nvertu des épreuves ; et davantage, d'échoir à quelque prêtre minutieux et\ncasuiste.\n    L'abbé Gèvresin, qui est à Durtal comme une seconde conscience, guérie\nde sa versatilité, courageuse et gaie, le dirige sur l'oasis espérée, le cloître\ndont l'exorable et pure atmosphère, l'égale et contagieuse ferveur apai-\nseront l'alarme de cette âme tourmentée.\n   Et sa mémoire associera, désormais, au souvenir de sa rénovation, celui\n"}, {"page_pdf": 270, "page_imprimee": 239, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "                                — 239 —\n\n\nde Notre-Dame de l'Atre, de cette cime de catholicité; de ces Trappistes,\nconfinés volontaires et magnanimes, ambitieux, seulement, d'humilité, qui\nont renoncé le périssable, le subalterne, le plausible, pour conquérir la joie\nperdurable et la paix indéfinie; — pour rendre leur abnégation digne de\nparticiper à l'incessante prière, au cantique ininterrompu des quelques justes\nmortifiés qui, sansdoute, sauvegardent encore Sodome, — cet affreux monde\ncvnique et gouailleur...\n                                                     ARNOLD GOFFIN\n\n\n\n\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 239, "page_fin": 246, "titre_corps": "Satan", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "SATAN MESSE D ORGUEIL", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "A PROPOS D UN LIVRE NOUVEAU", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 270, "page_imprimee": 239, "debut_caractere": 620, "fin_caractere_exclue": 1949, "texte": "SATAN\n                         MESSE D'ORGUEIL\n        Les stupides viveurs, l'imbécile vulgaire,\n        Les cœurs toujours vaincus par les tentations\n        Répandent sur la table ou boivent à plein verre\n        Le vin grossier de leurs banales passions.\n\n        Comme un prêtre à l'autel, séparé de la foule,\n        Seul dans la solitude effrayante du chœur,\n        Dans la musique sainte et dans l'encens qui roule\n        Un torrent de parfums où défaille le cœur,\n\n        Tandis que dans la nef tout un peuple en prière\n        Attend en frémissant l'holocauste sanglant,\n        En mes vêtements blancs ruisselants de lumière.\n        De mes mains où flamboie un calice aveuglant.\n\n        J'élève vers le ciel le vin de mes souffrances,\n        Le sang divin de ma divine passion,\n        J'élève en frissonnant sur les foules iminenses\n        Mon cœur, qui se déchire en son oblation.\n\n        Peuple, prosterne-toi ! C'est l'heure où Dieu se crée.\n        Ferme les yeux de peur de voir l'Esprit de feu !\n        Ma bouche a prononcé la parole sacrée\n        Et voici que mon sang et ma chair se font Dieu.\n\n       Et tandis que le monde épouvanté devine\n       Un mystère effrayant qui glace tous les cœurs,\n       Seul je mange ma chair de victime divine\n       Et seul je bois le sang de mes vastes douleurs.\n"}, {"page_pdf": 271, "page_imprimee": 240, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1529, "texte": "                       — 240 —\n\n\n\n\n                     JOUVENCE\n\n« Peux-tu rassasier mon âme inassouvie ?\n   Peux-tu rendre la flamme aux cendres de mon cœur ?\n« O toi, mon dernier rêve et ma suprême ardeur,\n(, J'ai suspendu ma vie au charme de ta vie.\n\n« Envolez-vous, baisers de sa bouche ravie!\n« Elancez-vous, rayons de son regard vainqueur !\n« Que ton doux règne arrive, ô prince du bonheur !\n« La joie est ton esclave et la beauté t'envie ! »\n\nAinsi parle Psyché, qui retrouve ait détour\nDes chemins douloureux l'adolescent Amour\nAssis en souriant sur le bord d'un abîme.\nAh ! goûter dans tes bras l'espérance et la foi !\nAh! voir dans ma nuit naître une aurore sublime !\nAh! sentir sur mon cœur battre un cœur plein de moi!\n\n\n            LA CHANSON DES FORGES\n\nJe vous entends, clameurs redoutables ! O forges,\nFeux rouges allumés dans les pays chenus,\nVous grondez sourdement, pareilles à des gorges\nQue gonflent des jurons à demi retenus.\n\nQuand l'homme aveugle et fou croit dompter la matière,\nDans vos gueules de feu les malédictions\nRoulent sinistrement comme un lointain tonnerre.\nVous dites : Nous forgeons sans répit, nous forgeons,\n\nNous forgeons pour tes pieds le boulet et l'entrave,\nStupide humanité ! Nous forgeons les anneaux\nDes chaînes qui te font à jamais notre esclave.\nVa, travaille, halète, allume les fourneaux,\n\nConsume le charbon, fais ruisseler la fonte\nSur le sable fumant, bats, écrase le fer,\nTrempe des sabres, fonds des canons, blinde et ponte\nLes vaisseaux cuirassés qui mitraillent la mer,\n"}, {"page_pdf": 272, "page_imprimee": 241, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1773, "texte": "                        — 241 —\n\nVa, martèle, martèle et construis sans relâche\nLes machines, qui mieux que les anciens donjons\nAsservissent le peuple et le font pauvre et lâche...\nStupide humanité, nous forgeons, nous forgeons\nLe travail monstrueux avec la maladie,\nNous forgeons la chlorose et l'abrutissement\nEt la haine et le meurtre et le rouge incendie\nEt l'émeute sanglante et le lourd châtiment.\nNous forgeons le destin de ta décrépitude :\nNous broierons tes enfants sous nos pilons de fer\nEn crachant vers le ciel tout tremblant d'hébétude\nLa suie et le charbon de notre affreux enfer !\nVois ! Dans l'azur souillé nos hautes cheminées,\nHampes des noirs drapeaux qui proclament ton sort,\nDéroulent sur l'horreur des landes calcinées\nLeurs étendards de deuil, d'esclavage et de mort !\n\n\n                       CHARITÉ\n\nEn se signant très bas ils disent : « Va, bamboche,\n          Moque-toi du Père et du Fils,\nAu fond des mauvais lieux porte à Dieu cent défis\n          Dans le blasphème et la débauche,\nAu nez de nos vertus chante et ris tout le jour,\n           Tapage, raille, fais des dupes,\nVide les larges brocs et chiffonne les jupes :\n           Nous rirons bien à notre tour\nLorsque nous te verrons, tout nu, parmi les flammes,\n           Rôtir, une broche à travers\nCe ventre, où grouillera comme un paquet de vers\n           Un peuple de démons infâmes !\nDe noirs Satans broieront tes membres dans leur groin ;\n          Ils tremperont dans tes prunelles\nLeurs ongles phosphoreux ; et leurs dents éternelles\n          Mâcheront ta langue avec soin.\nCrie, alors ! Pleure ! Hurle ! Eventés par les anges,\n           Nous chanterons avec les Saints :\n« Béni sois-tu. Seigneur, dans tes justes desseins !\n            « Les cieux sont pleins de tes louanges.\n"}, {"page_pdf": 273, "page_imprimee": 242, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1747, "texte": "                       — 242 —\n\n« Ton équité punit l'immonde criminel\n           « Avec une force admirable\n« Et ta gloire apparaît quand on voit le coupable\n           « Brûler dans l'abîme éternel. »\n— Ainsi fleurit au cœur de ton peuple féroce,\n            O Christ, ta sainte charité !\nSaigne ! Saigne ! Ton sang remplit l'éternité\n            Sans étancher leur soif atroce.\n\n\n                   ROSES SAINTES\n\nLarges roses du soir, fleurs saignantes des ombres,\nMes souvenirs et mes désirs et mes remords\nFont un épais buisson fleuri de roses sombres,\nRouges comme l'amour et comme le remords.\nDans le silence ému du jardin de silence\nOù le rosier nocturne exhale ses parfums,\nLes roses de mon cœur, rouvrant leur cœur immense,\nRépandent dans la nuit leur sang et leurs parfums.\nLentement, longuement, mon regard triste plonge\nDans leur pourpre meurtrie afin de contempler\nLes songes d'autrefois au fond des fleurs de songe\nQue mon cœur douloureux se meurt de contempler.\n0 fleurs, rouges jadis des plus rouges tortures,\n— Lèvres, fièvres et feux de torches dans la nuit, —\nPareilles maintenant à des bouches obscures\nDont les derniers baisers s'effeuillent dans la nuit,\nLe rosier ténébreux lève ses fleurs géantes\nOù bouillonne le sang des royales douleurs\nEt de ce lourd bouquet de blessures béantes\nJaillit soudain un corps lumineux de douleurs.\nNeige avec un vin rose étrangement pétrie,\nLys qu'une aurore a teint de ses baisers vermeils,\nSa chair vierge, d'amour et de grâce fleurie.\nDans ses pieds et ses mains ouvre des trous vermeils.\nEt le front, le front clair, percé de mille épines,\nQue les ronces de pourpre ont couronné de sang.\nFleurit comme un buisson fou de roses divines\nGoutte à goutte effeuillant leurs pétales de sang.\n"}, {"page_pdf": 274, "page_imprimee": 243, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1544, "texte": "                        — 243 —\n\nSous le ciel indulgent la chair luit, le sang coule !\nAimons! Pleurons! Prions! Sous la chair j'ai vu Dieu.\nMes désirs, mes remords, mes souvenirs en foule\nSe meurent sous les pieds rédempteurs de mon Dieu.\n\n\n                         SATAN\n\nDans le caveau d'or sombre étoile d'émeraude\nL'Idole sur l'autel dresse sa nudité.\nD'énormes fleurs de feu, rouges de volupté,\nLèchent ses pieds lascifs de leur corolle chaude.\n\nSous la voûte, où l'encens comme un nuage rôde,\nLuit l'œil fauve et mugit le muffle ensanglanté\nDe celui qu'en pleurant le monde épouvanté\nAppelle Dieu du Meurtre et Seigneur de la Fraude.\n\nMais vainqueur des vertus, des dégoûts et des peurs,\nPour réduire à merci les cerveaux et les cœurs\nQue l'éternel secret des luxures fascine,\n\nL'archange noir, bandant tous ses muscles velus,\nCambre ses reins honteux, son ventre et sa poitrine\nHérissés d'un fouillis monstrueux de phallus.\n\n\n                      MON FILS\n\nPar les lugubres nuits sans espoir, où j'écoute.\nDans mon lit solitaire, âpre, stérile et froid,\nD'où le divin sommeil est banni par l'effroi,\nMon cœur, mon cœur blessé, qui saigne goutte à goutte;\n\nPar les jours désolés de torture et d'amour,\nOù le désir cruel, brisant ses vaines roses,\nEnfonce dans les chairs des épines moroses\nDont le noir poison brûle et glace tour à tour ;\n\nPar les moments bénis, par les heures trop brèves.\nOù les chagrins, laissant leur fouet pendre au côté,\nA ccordent la furtive et chaste volupté\nDe cueillir quelques lys au doux jardin des rêves';\n"}, {"page_pdf": 275, "page_imprimee": 244, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1714, "texte": "                       — 244 —\n\nQuand les sens, abreuvés d'un dégoût plus amer\nQue l'absinthe et le fiel, maudissent la nature;\nQuand portant sa pensée ainsi qu'une blessure\nL'âme implore les cieux interdits à la chair ;\n\nQuand la terre apparaît comme un charnier immonde\nOù la vertu pourrit à côté, de la foi,\nJe pense à toi, le cœur en feu, je pense à toi,\nO mon fils idéal qui n'es point de ce monde !\n\nEnfant trois fois heureux, qui ne vis qu'en mon    cœur,\nEnfant que nul péché ne forcera de naître,\nDans mon rêve ébloui, qui seul te donne l'être,\nTu rayonnes d'amour, de joie et de bonheur.\n\nJe te vois tout mignon, mêlant tes boucles blondes\nAux rayons chaleureux et dorés du soleil,\nDansant parmi les fleurs comme un oiseau vermeil\nEt ravissant les bois de chansons vagabondes.\n\nTu ris d'un rire clair, qui réjouit l'azur;\nTes baisers radieux s'en vont à tire-d'ailes\nAux quatre coins des deux comme un vol d'hirondelles;\nTes yeux d'ange sont bleus comme un ciel toujours pur.\n\nPuis, je te vois plus beau que les beautés célèbres,\nEphèbe éblouissant de grâce et de fierté,\nLumineux de noblesse et de sérénité\nComme un jeune soleil qui se rit des ténèbres.\n\nBeau jeune homme, mon fils, ô mon royal enfant.\nVigueur divine, corps de marbre, cœur de flamme,\nEn ton âme fleurit le plus pur de mon âme\nEt tu fais rayonner mon rêve triomphant.\n\nTu sauras accomplir ce que je n'ai pu faire.\nTu ne seras qu'amour, clémence et charité.\nTu prêcheras sans peur l'ordre et la vérité\nN'exposant que toi-même aux coups de l'adversaire.\n\nTa bouche adoucira les maux les plus amers ;\nTa bonté calmera le plus brûlant supplice ;\nTon plaisir le plus cher sera le sacrifice ;\nTu sauveras les cœurs ! Tu sauveras les chairs !\n"}, {"page_pdf": 276, "page_imprimee": 245, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1719, "texte": "                        — 245 —\n\nAh! je te vois si beau, si sublime et si tendre\nQue je pleure d'amour en t'appelant tout bas.\nIl me semble parfois que tu me tends les bras\nEt que du haut des cieux vers moi tu veux descendre.\n\nLes lèvres des désirs m'environnent de feu !\nJe sens frémir en moi l'avenir qui veut vivre.\nVivant, te voir vivant ! Oui, la terre m'enivre !\nEt je veux te faire homme, ô toi qui n'es qu'un dieu !\nMais quoi, pour quelques jours d'une égoïste ivresse\nf oserais (arracher au bienheureux néant\nEt te précipiter, sous l'azur  effrayant.\nDans l'horreur de ce monde et sa noire détresse?\n\nJ'oserais engendrer avec ton corps chéri\nLes germes d'où naîtront tes futures  souffrances,\nTes larmes, tes sanglots et tes désespérances\nJetant aux cieux muets leur inutile cri ?\n\nQuoi ! je te livrerais aux douleurs de la terre ;\nf incarnerais en toi les maux de l'univers ;\nJ'offrirais aux démons ton sang pur et tes chairs\nInnocentes, ô ma victime involontaire,\n\nEt je pourrais prévoir sans mourir de remord\nTon pauvre cœur brisé, brûlé de mille fièvres,\nTes pauvres yeux en pleurs, tes pauvres douces lèvres\nSaignant sous les baisers féroces de la Mort ?\n\nAlh ! reste en la lumière exquise de mon rêve.\nFils de mes rêves, pur enfant de l'idéal !\nDemeure inviolé dans ton beau ciel natal,\nOù, pour te saluer, ma prière s'élève !\n\nReste dans les clartés ! Reste dans les splendeurs !\nEt qu'au plus haut des deux un concert de louanges\nRassemble autour de toi les plus aimants des anges,\nT'offrant leur cœur d'étoile et leurs fières candeurs !\n\nMon art miraculeux de poète et de mage\nSaura créer pour toi des prodiges divers\nEt t'offrir un féerique et sublime univers\nOù seule régnera ta merveilleuse image.\n"}, {"page_pdf": 277, "page_imprimee": 246, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 508, "texte": "                                  — 246 —\n\n       Le désir ni l'ennui n'y pourront pénétrer.\n       Un sourire sans fin fleurira dans les roses.\n       L'éternelle beauté des essences des choses\n       Cherchera ta pensée et viendra s'y mirer.\n\n       Ainsi, fils de mon âme extatique et ravie,\n       A jamais à l'abri de la réalité\n       Tu m'attendras au sein du rêve illimité,\n       O toi que j'aime trop pour te donner la vie !\n                                                         IWAN GILKIN\n\n\n\n\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 246, "page_fin": 248, "titre_corps": "À propos d’un livre nouveau : Un Chant dans l’ombre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "A PROPOS D UN LIVRE NOUVEAU", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ASPIRATION", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 277, "page_imprimee": 246, "debut_caractere": 508, "fin_caractere_exclue": 2299, "texte": "A PROPOS D'UN LIVRE NOUVEAU\n                          Un Chant dans       l'ombre.\n\n              I1 est beau, ce titre d'un beau livre, qui vient nous consoler des\n                platitudes emphatiques et des incohérences calculées dans\n               lesquelles il faut verser aujourd'hui pour attirer l'attention de\n                la foule. Un chant dans l'ombre, oui, comme l'ardente et\ndouce élégie du rossignol dans la nuit : on ne voit pas l'oiseau, et c'est\ncomme un cœur solitaire qui célèbre la splendeur des choses et la divine\ntristesse de l'Amour. Un chant dans l'ombre, oui; un chant dans l'obscurité\nfièrement acceptée, dans cette obscurité qu'en cette misérable époque de\ncabotinage le poète respectueux de la beauté pure amasse naturellement\nautour de lui. Un chant dans l'ombre, parce qu'il est trop simple et trop\npur pour frapper les oreilles gâtées, mais un acte d'adoration exempt de\ncolère et de haine, parce que — selon la profonde parole de Gœthe — le\npoème, lorsqu'il est parfait, porte en lui-même sa récompense.\n   Naguère, lorsque l'art occupait dans la cité la place à laquelle il avait\ndroit, lorsqu'il était le rêve commun de tous les acteurs de la vie ancienne,\net non la fantaisie individuelle, poussée jusqu'à la déformation et la cari-\ncature, de quelque misérable vaniteux, lorsqu'il était, au sens primitif du\nmot, une religion, c'est-à-dire un lien entre l'esprit et le cœur des hommes,\n— ce n'était pas dans l'ombre qu'on chantait. Quand Cimabuë eut achevé\nde peindre la Madone de Santa Maria Novella, son œuvre, rapportent les\nchroniqueurs, « excita l'émerveillement de tous, au point qu'on mena le roi\nd'Anjou dans l'atelier, que toutes les femmes et tous les hommes de Flo-\nrence accoururent en très grande fête, avec la plus grande affluence de\n"}, {"page_pdf": 278, "page_imprimee": 247, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2833, "texte": "                                  — 247 —\n\nmonde, et que le tableau fut porté de la maison de Cimabue à l'église en\ngrande pompe, avec trompettes et procession solennelle. » Taine a consacré\nd'admirables pages à expliquer comment, à la suite de quelles transforma-\ntions de la cité, l'art n'est plus le lien sacré des âmes. Le poète aujourd'hui\nn'a plus sa place marquée entre le prêtre et le soldat. Il ne chante plus que\npour quelques esprits d'élite, capables de partager son rêve, et son génie\ns'atteste, non plus par les démonstrations na'ives d'un peuple, mais par le\nculte discret qui lui est rendu, de génération en génération, par une poi-\ngnée de fidèles, perdus dans la tourbe indifférente ou hostile. Le jugement\nde la postérité, comme l'a dit magnifiquement Théodore de Banville, n'est\nque l'éternel écho du cri d'admiration poussé de siècle en siècle par quel-\nques voix dévouées à l'œuvre.\n    Cette solitude est dangereuse pour les esprits faibles, incapables de sacrifier\nà la dignité de leur art les satisfactions d'amour-propre que le talent obtenait\nnaguère naturellement, et par surcroît. Loin de renoncer aux pompes de\nla vanité, et d'entrer dans leur art comme dans un couvent, on les voit,\nhélas! courir le monde à la poursuite d'une fausse gloire, et pour attirer\nl'attention d'une foule qu'ils méprisent en l'adulant, forcer leur génie, tra-\nvestir leur âme, se prostituer à la mode et, dérision suprême, accepter\nl'admiration des imbéciles comme si elle entraînait le don de l'immortel\nlaurier. Lamentables défaillances, qui font du poète le valet de toutes les\ncauses et le bouffon de la reine du monde, la Bêtise au front de taureau !\n    Mais si cette solitude est dangereuse pour les esprits faibles, elle est\ndouce, bonne et maternelle à ceux qui ont prononcé leurs vœux de fidélité\nà l'idéal. L'ombre rend plus belle et plus pathétique la voix du chanteur.\nJamais elle ne m'a ému comme aujourd'hui, cette voix chère du Lys et du\nDon d'Enfance. L'œuvre récente de M. Severin semble venir à son heure\npour nous consoler du naufrage où notre jeune poésie française est en passe\nde sombrer, et pour donner aux nouveaux venus un lumineux et nécessaire\nexemple.\n    Employer les mots de tout le monde dans leur sens exact, répudier non-\nseulement tout néologisme, mais toute expression capable de rompre la\nligne ou d'altérer la musique de la période, respecter la prosodie classique,\n pousser l'indifférence envers la mode nouvelle jusqu'à l'usage presque\ncontinuel de l'alexandrin, et se révéler poète à la fois spontané et savant,\n n'est-ce pas démontrer la vanité et le ridicule des prétendues réformes que\n l'on rêve d'imposer au Parnasse français?\n    Ecoutez-le, le chant dans l'ombre, « ce chant simple et nouveau comme\n le bruit des feuilles », et vous comprendrez que, l'ayant chanté, M. Fernand\n"}, {"page_pdf": 279, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 387, "texte": "                                   -   248   -\n\n\nSeverin ne s'inquiète guère de l'avenir. Il est de ceux dont le nom est mûr\npour la lente gloire mesurée aux poètes, et qui ont le droit, dans les pires\ntraverses, de répéter le mot de Charles-Albert après Novare : \" J'attends\nmon astre. \"\n                                                      ALBERT GIRAUD\n\n\n\n\n                          "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 248, "page_fin": 248, "titre_corps": "Aspiration", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Julien Roman", "ancre_debut": "ASPIRATION", "ancre_fin": "JULIEN ROMAN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "DESCENTE DAMATRICE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 279, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 387, "fin_caractere_exclue": 1394, "texte": "ASPIRATION\n                                 L'œil était dans la tombe et regardait Cain.\n                                                             VICTOR HUGO.\n\n       Et Cain ordonna d'ôter la lourde pierre\n       Dont la fosse était close. Il fit venir Tsilla.\n       Et quand l'enfant lui dit : « Mon père, me voilà »,\n       Cain fit apporter une amphore d'eau claire.\n       « Prends cette eau; verse-la sur ma main meurtrière!\n       Verse-la sur mon front que le crime souilla,\n       Sur mon cœur que l'horreur du remords affola!... »\n       Tsilla fit couler l'eau sur le front de son père.\n       Agenouillé dans la fosse sombre, Cain\n       Priait avec ferveur, silencieux, afin\n       Que la Bonté divine éloignât l'anathème.\n       Et comme les enfants, en l'instant solennel,\n       Demandaient à l'aïeul : « Pourquoi donc ce baptême ? »\n       — « Pour que Cain, dit-il, devienne un autre Abel! »\n\n                                                          J U L I E N ROMAN\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 248, "page_fin": 249, "titre_corps": "Descente d’Amatrice", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pignolle Dufrane", "ancre_debut": "DESCENTE DAMATRICE", "ancre_fin": "PIGNOLLE DUFRANE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "HÉRODIADE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 279, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 1394, "fin_caractere_exclue": 1907, "texte": "DESCENTE DAMATRICE\n             Ciel! s'écria-t-il; la vicomtesse de Margarine!\n                  C'était elle, en effet, qui tombait, la tête la première, de la\n              nacelle du Trafalgar, tandis que le ballon, délesté de cent\n               soixante-dix livres et six onces, rebondissait dans les airs.\n   Pauvre femme, fit le baron du Trac, en essuyant son lorgnon.\n   Le petit Kipkap enfla ses joues, tendit la lèvre inférieure et émit un son\nléger qui signifiait : « Que voulez-vous que j'y fasse? »\n"}, {"page_pdf": 280, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1870, "texte": "                                 — 249 —\n\n   Cependant Mme de Margarine gisait dans une gouttière. Un officier de\n police, qui observait l'accident du coin de l'œil droit (il s'était crevé l'œil\ngauche en y introduisant par mégarde une pince de homard) se demanda\npendant un quart d'heure s'il n'eût pas été de son devoir d'arrêter l'infor-\ntunée dans la chute; réflexion faite, il conclut que l'affaire concernait plutôt\nla douane et il reprit ses cent pas entre le réverbère 2134 et le chalet de\n« nécessité ». La gouttière n'avait plus été réparée depuis le 11 juin 1869,\nnéanmoins la décharge fonctionnait régulièrement. M me de Margarine\néchappa donc au danger de se noyer sur un toit. Elle s'était d'ailleurs fra-\ncassé le crâne en heurtant une cheminée.\n   Le petit Kipkap avala son vermouth et fit remarquer au baron le groupe\nde badauds sympathiques qui regardaient en l'air. Quelques-uns se trom-\npaient de gouttière, mais leur intention était bonne. Un peu à gauche, au\ncinquième, trois pots de géranium derrière un treillage vert rougissaient\nune fenêtre basse, et dans une cage de laiton criait un perroquet gris. Si la\nbonne dame fut tombée de ce côté, elle eût pu tuer l'oiseau, dont le pro-\npriétaire s'enorgueillissait d'avoir obtenu jadis un quatrième accessit dans\nla classe de clarinette.\n   Il faisait très chaud. Le baron soupira et regarda le petit Kipkap qui\ns'épongeait; tout à coup il se rappela qu'il avait promis à sa belle-sœur de\nlui acheter un ananas.\n   Le propriétaire du perroquet jouait « J'ai du bon tabac » puis l'ouver-\nture du Tannhœuser. En ce moment la gouttière céda et Mme de Marga-\nrine tomba sur un colonel d'artillerie qui sortait d'un fiacre.\n   M. du Trac y monta. Cinq semaines plus tard le Trafalgar abordait la\nTour Eiffel.\n                                                   PIGNOLLE DUFRANE\n\n\n\n                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 249, "page_fin": 251, "titre_corps": "Hérodiade", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Viane", "ancre_debut": "HÉRODIADE", "ancre_fin": "CHARLES VIANE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 280, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 1870, "fin_caractere_exclue": 2301, "texte": "HÉRODIADE\n                                                        Pour JULIEN ROMAN.\n\n\n        La Juive, au cœur muet, se regarde et s'admire\n        Dans le disque d'argent qu'une esclave soutient\n        Et, dans l'air alangui, flotte un parfum de myrrhe.\n\n        Dans son méchant regard, la haine du Chrétien\n        Jette un éclair qui parle au miroir... Et les femmes\n        N'osent bouger, de peur de troubler l'entretien.\n"}, {"page_pdf": 281, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1598, "texte": "                      —       250\n\n\n\n« Dans ce crâne maudit qu'au matin nous coiffâmes,\nPensent-elles à part, dans ce cœur vicieux\nQuel crime germe encore en quels projets infâmes? »\n\nMais la Reine a dardé le dédain de ses yeux\nSur ses gens : d'un seul mot, calme et dur, elle ordonne\nQu'on pare sa beauté de bijoux précieux.\n\nSa jeune esclave maure, au sourcil qui charbonne\nUn trait bien dessiné sur un teint de citron,\nApproche ; Hérodiade, à ses mains, s'abandonne.\n\nLes doigts, respectueux de crainte d'un affront,\nAdornent de joyaux la cruelle maîtresse\nQui tend indolemment son oreille ou son front.\n\nL'enfant vient de nouer à la dernière tresse\nLe dernier des fils d'or; et la Juive, en bâillant,\nDans les satins froissés accoude sa paresse.\n\nPar un trou du velum, le soleil rutilant,\nPareil au trait que l'arc a jeté vers la cible,\nLance le rouge éclair d'un rayon insolent.\n\nIl frappe Hérodiade et la trouve impassible.\nElle a, dans le regard, un feu plus infernal :\nTout un soleil de haine, un astre immarcescible !\n\nQue lui f ait le ciel pur en son manteau vernal;\nQue lui f ont le velours, la soie ou la batiste;\nLe nacarat pompeux ou le rose banal ?\n\nQue lui font, maintenant, le jade ou l'améthyste;\nQue lui feraient les biens des Dieux dépossédés?\nElle n'a qu'un désir : ta tête, ô Jean-Baptiste.'...\n\nLes assassins, entre eux, l'ont dû jouer aux dés !\nSalomé leur a dit à combien on la prise.\nMais la moitié, déjà, les aurait décidés!\n\nEt, la Reine, de meurtre et de sang chaud éprise,\nD'un bond se redressant, arrache, au négrillon\nQui la rafraîchissait, l'éventail quelle brise!\n"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1554, "texte": "                         — 251 —\n\n\nCar, dans le même instant, du fond du pavillon,\nHors du couloir obscur dont le rideau se tire,\nAvance un corps humain, muscle comme un lion.\n\nEt, dans ses bras velus comme ceux d'un satyre,\nIl porte un plat d'émail où, du Saint exécré,\nDans un liquide noir, dort la tête martyre!\n\nHorreur! Avec des cris, sitôt qu'il est entré,\nEclaboussé du sang maculant sa tunique,\nLes esclaves ont fui. Mais l'homme s'est carré!\n\nIl s'arrête à deux pas de la Juive cynique,\nEt, superbement fier, lui tend le plat fatal...\nEt la Reine, au saint Jean, rit d'un air satanique!\n\nC'est pour lui que, parant son galbe oriental,\nFlambe dans ses cheveux l'orgueil des pierreries,\nSonnaillent à son cou les anneaux du métal!\n\nC'est pour mieux l'insulter! Et, sous les draperies\nEncadrant de leurs plis l'éclat de sa beauté,\nSes gestes frémissants font chanter ses soieries.\n\nSes seins durs et neigeux, dérobant leur clarté\nSous le voile, dont vit la blanche mousseline,\nPalpitent! comme aux nuits d'exquise volupté...\n\nSon corps victorieux, en sa grâce féline,\nSe cambre avec hauteur et superbe mépris!\nSon corps ensanglanté du soleil qui décline.\n\nLentement, le visage éclairé d'un souris,\nAinsi qu'une panthère à la croupe mouvante\nElle s'avance vers la tête mise à prix.\n\nQuand, soudain, arrêtant sa démarche arrogante,\nLa Reine, avec effroi, recule en blêmissant!\nEt, sur le front du Saint, fixe un œil d'épouvante :\n\nCe front   s'auréolait   dans les vapeurs du   sang!...\n\n                                           C H A R L E S VIANE"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 252, "page_fin": 255, "titre_corps": "Chronique littéraire : Aréthuse", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "les chanteurs de complaintes", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "I1 est bien entendu que M Max Elskamp", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 283, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 2595, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  Aréthuse, par H. DE RÉGNIER. — En symbole vers l'Apostolat, par MAX ELSKAMP. —\nRêves blancs, par AD. BOSCHOT. — Horizons, par PAUL VÉROLA. — Les Egarées, par\nCHARLES VIANE.\n\n\n\n\n               La qualité maîtresse de M. H. de Régnier est la noblesse. La\n                distinction correcte et réservée qui marqua, au XVIIe siècle,\n                la littérature de cour, se retrouve en le poète d'Aréthuse. 11 a\n                le mot académique, la phrase pompeuse, la conception élevée.\nl'exécution froide. Ni désordre, ni inspiration folle, ni mouvement, ni\ncris. Il a le sens antique de la ligne harmonieuse et pure.\n   Le souvenir du vieux régime, où l'on ne songeait guère encore à la per-\nsonnalité, mais à la beauté, l'a détourné de l'autobiographie lyrique. Il songe\nbien plus à de nobles fresques ; et s'il parle de lui-même, il voilera le sens\nclair et brutal des aveux sous des symboles magnifiques. C'est à cette pudeur\nhautaine que l'on doit les décors fastueux et fleuris qui prolongent par delà\nles pages des Episodes des horizons merveilleux d'or et de pierreries.\n   C'est encore la noblesse qui oblige H. de Régnier à montrer de la défé-\nrence envers les écrivains en vue, réformateurs ou conservateurs, roman-\ntiques ou classiques, parnassiens ou verslibristes. Il se doit à la vieille poli-\ntesse française et accueille tout le monde avec courtoisie. Aussi a-t-il\ndéjoué les subtilités rares de Stéphane Mallarmé; il sait, sous l'imagination\nriche et touffue de Villiers, retrouver l'idée hégélienne; J.-M. de Hérédia\nlui apprit à chérir la Grèce et Rome.\n   Il n'a pas témoigné moins de courtoisie envers les étrangers en acceptant\nl'esthétique américaine de Walt Whitman que Vielé-Griffin lui apportait\ndans un papyrus classique.\n   Sa philosophie même est aristocratique. Les choses extérieures ne sont\nque des emblèmes. « On n'existe qu'autant qu'on s'imagine et c'est en nous\nque réside notre éternité », écrit-il dans le Bosquet de Psyché. C'est presque\nla fierté hautaine d'Axel, s'écriant : « Vivre? les serviteurs feront cela pour\nnous. »\n   Parmi tous les étrangers qui forment actuellement la jeunesse littéraire\nde Paris, H. de Régnier apparaît comme le seul vraiment Français.Ila\nhérité de l'esprit pondéré et harmonieux de sa race et de ses qualités clas-\nsiques. On pourrait, pourtant, lui reprocher d'avoir accueilli avec trop de\ncomplaisance ceux que Goethte appelait les barbares. Leur influence,\nen effet, paraît lui avoir été défavorable en compromettant ses dons\n naturels.\n"}, {"page_pdf": 284, "page_imprimee": 253, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3299, "texte": "                                 — 253 —\n\n\n    Si un écrivain, désigné par les Muses, devait échapper à la prose saccadée\nqu'on a vainement dénommée vers libre, c'était bien H. de Régnier. Nous\nne trouvons chez lui nulle trace de passion houleuse et débordante; l'intelli-\ngence maîtrise le sentiment. Pourquoi voulut-il chercher des rythmes nou-\nveaux, c'est-à-dire des traductions de mouvement, alors qu'il concevait le\nmonde plus haut que la vie réelle ondoyante et rapide ?. Il devait, en outre,\nsavoir qu'une prosodie, basée exclusivement sur l'harmonie du nombre des\nsyllabes, était impuissante à fournir des combinaisons indéfinies.\n    Qu'un Américain comme Vielé-Griffin, qu'un Sémite comme Kalm, qu'un\nGrec comme Moréas, qu'un Niederdeutsch comme Verhaeren, qu'une Kry-\nsincka, qu'un de Souza détruisent l'instrument poétique de la nation qui les\na accueillis, il n'y a là rien qui doive surprendre. Les Romains de la déca-\ndence virent de même leur littérature envahie et disloquée par les barbares.\nMais lorsqu'un Français de race aide les étrangers à détruire sa propre\nlangue, nous manifestons quelque étonnement.\n    A l'heure actuelle la France semble vraiment ignorer sa situation. Elle\nsubit une invasion bien plus terrible qu'une invasion territoriale. C'est son\nesprit, l'essence même de sa vie qui est menacée. Trop faible pour s'assi-\n miler les œuvres étrangères et les transformer, elles les subit passivement.\n Elle n'a plus la force de dominer; son génie se meurt, sa personnalité\n disparaît. La France qui avait été choisie par le Destin comme la gardienne\n sacrée de la beauté antique, de la clarté et de l'harmonie n'a plus conscience\n de sa mission.\n     Le flambeau radieux qui brilla tour à tour à Athènes, à Rome, à Flo-\n rence, à Paris, s'éteint peu à peu. Le courant transporte vers le nord\n la lyre divine d'Orphée. Déjà l'Angleterre, se substituant à la France,\n s'efforce de recueillir le noble héritage classique; et, chose bizarre, les plus\n vives protestations en faveur de l'art pur, c'est ici, dans cette même Jeune\n Belgique qu'elles se sont élevées.\n      Nous n'ignorons pas que l'histoire des lettres françaises a été plusieurs\n  fois marquée par des crises d'exotisme ; mais ces crises étaient le plus sou-\n  vent alors limitées à la cour. Aujourd'hui le mal est plus profond et plus\n  étendu.\n      Nous regrettons que M. H. de Régnier qui, par ses qualités naturelles,\n  était tout désigné pour s'opposer à l'envahissement de l'étranger, se soit\n  mis à la remorque des destructeurs de la langue française. Nous le regret-\n   tons d'autant plus que son talent a perdu, sous des influences néfastes, de\n   sa force et de sa clarté. Jadis, la vision du poète des Episodes était nette et\n   précise; actuellement, entraîné par le bavardage irraisonné du vers libre,\n   il ne parvient plus à condenser sa pensée, Tandis qu'avec les fils d'or de\n   l'alexandrin il tissait de splendides tapisseries, avec l'écheveau brisé et\n    confus du vers polymorphe il ne parvient plus à tracer des lignes amples et\n    harmonieuses, il ne sait plus fixer les contours exacts de ses images ; elles\n     ont. informes et décolorées.\n       Comparez la brillante description du Verger dans les Episodes avec ces\n     fragments de l'Homme et la Sirène dans Aréthuse :\n"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 254, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2939, "texte": "                                  — 234 —\n\n               Mais moi, je sais la Mer !\n               Elle est douce, aujourd'hui sous les étoiles\n               Qui déclinent et les agrès geignant tout bas.\n               Le long des voiles;\n               Le vent est tombé et le navire est las\n               Et tous dorment et tout est calme\n               Et celui qui connaît le vent et la marée\n               A prédit la nuit belle à la nef ancrée\n               Et c'est en chantant qu'on a levé les rames ;\n               Car l'homme qui connaît la face des nuages\n               A fait signe en riant à qui barre à la proue.\n               Fou donc qui veille, et qui dort, sage?\n               Et moi seul je veille et j'écoute\n               Debout à la proue et moi seul\n               A travers mes songes j'y vois clair,\n               Et moi seul\n               Je sais la mer.\n               Toute la mer,\n               Et qu'il y a des Sirènes sur la mer !\n   T o u t est ainsi flou et indéterminé : aucune arrête vive, aucun tracé appa-\nrent. Les riches joyaux du poète ne sont plus que des pierres délavées.\nAdmirablement sertis et mis en relief dans le vers régulier, les mots\nacquièrent une signification lumineuse ; ils frappent bien plus vivement\nl'imagination ; et, perdant la souillure causée par l'emploi journalier et tri-\nvial, ils revivent d'un éclat surnaturel en montrant dans toute leur pureté\nles idées qu'ils représentent. Mais dans cette prose hachée aucun détail ne se\ndétache ; le flot rapide de la phrase entraîne trop vite les paillettes d'or qui\nauraient brillé dans un immobile bassin.\n   L'Homme et la Sirène qui forme la deuxième partie d'Aréthuse est, à\nnotre avis, une tentative malheureuse. M. H . de Régnier, que nous avons\nen haute estime, comprendra et excusera donc notre sévère sincérité. Revê-\ntant toutes ses pensées de symboles fleuris, possédant surtout une admirable\nvision plastique, il semblait devoir échapper au délire passionnel qui préside\nà la confection des vers libres. Ce n'est guère un déclamateur, un émo-\ntionnel exaspéré qui ne se possède plus. Aussi surprend-il quand il se laisse\naller au verbiage sans mesure et sans raison des prétendus innovateurs.\n Espérons que ce n'est là pourtant qu'une expérience. Mais, dans quelques\nannées, — et la réaction s'annonce, — lorsque le vers-librisme aura eu le\nsort du pointillisme en peinture, M. H . de Régnier, considérant tout le\nlabeur dépensé en pure perte, regrettera d'avoir suivi une mode passagère\net, ce qui est plus grave, de s'être laissé entraîner à une impardonnable\nerreur esthétique.\n  Mais pourtant une influence, déjà ancienne, semble avoir été salutaire\nau poète des Episodes et porte encore ses fruits: Je veux parler de l'influence\nde .T.-M. de Hérédia.\n  Cet écrivain, qui fut peut-être, avec Chénier et Banville, le plus pénétre\nde l'esprit gréco-latin, lui fit aimer cette beauté qu'aucune contraction\n"}, {"page_pdf": 286, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "                                — 255 —\n\nhumaine ne vient troubler. Par la seule forme il parvenait, comme les pro-\ndigieux artistes du siècle de Périclès, à traduire l'essence même du beau,\nl'harmonie parfaite. H. de Régnier fut pénétré de cette flamme radieuse, et\ndans sa dernière œuvre elle jette encore un vif éclat.\n   Aréthuse se compose de petits poèmes antiques, transformés et souvent\nheureusement adaptés. Nous y retrouvons les anciennes qualités du poète,\nmais influencées par les formules nouvelles. C'est ainsi que l'écrivain se\nsert très fréquemment de l'assonance. C'est là, croyons-nous, une erreur\nbasée sur la confusion du langage parlé et du langage écrit.\n   Au moyen âge, on ne concevait le poème que récité à haute voix. Les\nacteurs des Mystères ou les trouvères psalmodiaient des vers, approximati-\nvement rimes et le rythme qu'ils faisaient valoir par l'accentuation suppléait\nà la rime. Mais lorsque le livre imprimé eut mis directement sous les yeux\nles productions poétiques, il se forma peu à peu une esthétique nouvelle.\nL'oreille ne fut plus seule juge ; la vue aussi eut sa part. C'est même ainsi\nque l'on tomba dans l'excès contraire et que l'on rima pour l'œil. Ces deux\nextrêmes sont évidemment des défauts; l'oreille et l'œil, puisque nous nous\ncontentons aujourd'hui de la lecture mentale, doivent être également\ncharmés. M. H. de Régnier, qui écrivit de très beaux sonnets, doit s'être\nbien certainement rendu compte de la valeur esthétique de l'impression\ntypographique.\n   Pour être logiques, les poètes qui se servent de l'assonance, ne devraient\npas faire éditer leurs œuvres, mais bien s'en aller les réciter sur les places\npubliques comme les chanteurs de complaintes.\n\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 255, "page_fin": 256, "titre_corps": "Chronique littéraire : En symbole vers l’Apostolat", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "I1 est bien entendu que M Max Elskamp", "ancre_fin": "R I P", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Nous avons déjà dans une récente chronique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 286, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 1718, "fin_caractere_exclue": 2895, "texte": "I1 est bien entendu que M. Max Elskamp est le naïf mystique des\nFlandres.\n   Le Mysticisme est à la mode. Tolstoï, Huysmans, Maeterlinck, voire\nRichepin et Demolder sont des mystiques. Depuis Lourdes, Zola est sur son\nchemin de Damas. Dernièrement, au cours d'une joyeuse fumisterie publiée\npar un Sapec britannique dans le Daily Chronicle, Em. Verhaeren était\nappelé mystique; ne désespérons donc pas de voir Armand Silvestre lui-\nmême bientôt béatifié et résignons-nous à cette nouvelle plaie : l'invasion\ndes mystiques.\n   La formule du mysticisme moderne est des plus simples :\n   Soyez niais à faire bêler tous les moutons de Panurge; accomodez\nquelques refrains archaïques ; commencez vos couplets par « I1 était une\nfois»; multipliez par trois ou par sept, et surtout — c'est essentiel —\nparlez nègre. Vous n'aurez dès lors plus rien à envier au bienheureux\nJunipère.\n   M. Max Elskamp qui, à ses débuts, intéressa la critique par ses qualités\net par ses défauts, s'est appliqué surtout à développer ces derniers. Il est\narrivé, sans contredit, à une certaine maîtrise. Dans son En symbole vers\nl'apostolat qui fait suite aux Salutations, dont d'angéliques, il balbutie\n"}, {"page_pdf": 287, "page_imprimee": 256, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2316, "texte": "                                   — 256 —\n\navec une béate et sénile onction des mots incompréhensibles qui s'enchaî-\nnent au petit bonheur de leur sonorité. Cela rappelle les jeux de l'enfance\noù le plus nigaud de la bande pleurniche des rondes comme celle-ci, tandis\nque tous les petits Bobs gambadent en rond :\n                       Ron, ron, ron,\n                       Petit   patapon.\n                       Les gendarmes sont sur le pont\n                       Qui pèchent de gros poissons\n                       Pour Madame de Salomon\n                       Salomi.   Saloma,\n                       A cul plat.\n\n   Comme « louange à la vie selon l'amour... etc. » et pour mieux entrer\ndans le royaume des cieux, M. Max Elskamp s'est fait petit enfant. Il a\nrajeuni le gâtisme. On dirait qu'il a cinq ans et que Louis Delattre l'a\ngorgé d'une panade lénitive, en lui tapotant maternellement dans le dos ;\net, la langue grosse, à moitié étouffé, il pousse des petits cris d'oison\nhilare :\n                     Or, c'est beau temps et sans adieu.\n                     Automne et riez les dents blanches.\n                     Et mes paniers faites au mieux\n                     Dans les greniers où c'est dimanche\n                     De choses chères aux gens vieux\n                     Qui s'en vont comme sous des branches,\n                     Des    Louises-bonnes-d'Avranches,\n                     A tous mes Bons-chrétiens     pieux\n                     Prendre soin avec leurs mains blanches.\n\n  Comme on voit, un mystique à quelquefois de l'esprit. Avec une naï-\nveté de jeune pingouin il essaye quelques calembours pomologiques. Une\npoire qui s'appelle le Bon-Chrétien-William ! N'est-ce pas à vous faire\nfondre le cœur de béatitude ! Vous ou moi eussiez préféré, peut-être, la\nGrosse-Cuisse-Madame ou la Joséphine de Malines. On voit bien là que\nvous n'êtes pas des mystiques. Un mystique doit avoir un grenier où c'est\ndimanche, rempli de cette espèce pieuse et déglutiner des vers comme\nceux-ci :\n                      Car voici qu'enfin, tout est consommé\n                      Dans ma pauvre vie allée en fumées\n                      Au jour le jour des larmes et du rire.\n                      Mais que je n'ai sue comme il fallait  dire.\n                                   R.     I.   P.\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 256, "page_fin": 257, "titre_corps": "Chronique littéraire : Rêves blancs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "Nous avons déjà dans une récente chronique", "ancre_fin": "vient se bercer pour s achever", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Nous terminerons cet article", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 287, "page_imprimee": 256, "debut_caractere": 2316, "fin_caractere_exclue": 2517, "texte": "Nous avons déjà, dans une récente chronique, parlé d'Ad. Boschot,\n à propos de Faunesses et Bacchantes et de Matin d'automne.\n   Nous devrions nous répéter à propos de son dernier livre, Rêves blancs.\n"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 829, "texte": "                                 -    257-\n\nAd. Boschot est doué d'une âme rêveuse et langoureuse et veut souvent\nfaire l'ange. Malheureusement chez lui, l'artiste n'est pas à la hauteur du\npoète. Son œuvre est remplie de scories comme celles-ci :\n                                          ... tu souriras\n               Et m'envelopperas d'un regard de madone,\n               Connue la Vierge fait a Jésus dans ses bras.\n\n Ou bien\n               Puis, très lente, sa voix triste m'a fait couler\n               au cœur l'enivrement d'une boisson amère.\n  D'autre part, quel sens pouvez-vous donner a une pareille strophe?\n                   D'autres sont faits pour le mystère;\n                   Ce sont les seins qu'on a rêvés,\n                   sur qui le rêve solitaire\n                   vient se bercer pour s'achever.\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 257, "page_fin": 257, "titre_corps": "Les Égarées", "titre_sommaire": "Les égarés", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "Nous terminerons cet article", "ancre_fin": "les succès qu elle mérite", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Et citons encore", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 288, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 829, "fin_caractere_exclue": 1101, "texte": "Nous terminerons cet article en signalant les débuts intéressants d'un\njeune poète belge que nos lecteurs auront déjà apprécié : Charles Viane.\nIl se présente au public avec une charmante comédie en vers, Les Egarées,\nà laquelle nous souhaitons les succès qu'elle mérite. 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SAMUEL.\n\n\n              Tout comme l'Or du Rhin au Conservatoire de Bruxelles, c'est\n               par trois fois que l'œuvre de M. Samuel a été exécutée à Gand,\n               avec un succès toujours croissant. On en a beaucoup parlé,\n               depuis la première exécution. Tous les artistes du pays s'y\nsont intéressés, et le plus grand nombre sont allés l'entendre. J'ai fait comme\neux.\n   Hé bien, Christus mérite mieux encore que l'intérêt relatif qu'on a\ntémoigné à l'ouvrage; écrit en France ou en Allemagne, par un musicien\nfrançais ou allemand, il eut été porté aux nues. Non que ce soit un chef-\nd'œuvre; peut-être même y manque-t-il quelque élément essentiel dans\nl'œuvre d'art. Mais l'ouvrage est néanmoins extrêmement remarquable,\ngrâce à un ensemble de qualités qui ne sont données en partage qu'aux\nmaîtres, et sont, elles aussi, essentielles aux œuvres d'art de l'ordre le plus\nélevé. C'est presque un chef-d'œuvre.\n   Un exemple fera mieux saisir ma pensée.\n   Dans la Légende du Parnasse contemporain, Catulle Mendès s'exprime\nainsi au sujet de Villiers de l'Isle-Adam :\n   Comme il y a des demi-dieux dans les légendes religieuses, il y a dans la vie littéraire\ndes demi-génies. Certes, ce ne sont pas des esprits qu'on doive dédaigner, ils sont noble-\nment incapables des besognes inférieures. Tout le petit côté de l'art leur est une région\ninterdite. Rien ne saurait les décider à concevoir, à écrire un quatrain, à rimer un madri-\ngal. Ils sont vraiment hautains, presque sublimes; presque, seulement, ou pas toujours,\nIls ressemblent à Shakespeare, à Milton, à Dante, à Victor Hugo, mais la ressemblance\nn'est que momentanée. Il leur manque bien des choses, des choses qui ne sauraient être\nacquises, pour être véritablement ce qu'on croit qu'ils sont. L'équilibre dans leurs puis-\nsantes facultés intellectuelles, la continuité de l'inspiration leur font malheureusement\ndéfaut. Ils peuvent très souvent vous sembler admirables, très souvent ils le sont. Regar-\ndez de plus près, vous changerez d'avis quelquefois...\n\n    Il me paraît que, en changeant quelques mots, ceci pourrait exactement\ns'appliquer à M. Samuel à propos de son Christus.\n   C'est une œuvre grandiose, s'efforçant surhumainement vers les plus\nhauts sommets de l'art lyrique. Et cependant, il manque quelque chose là-\ndedans. Quoi?...\n   M. Samuel a divisé son œuvre en cinq parties, retraçant : a) les scènes\nde Nazareth et de Bethléem (l'Annonciation, — les Bergers, — les Mages);\nb) la Retraite de Jésus au Désert (le Mont de la Tentation) ; c) les scènes de\nl'Apostolat (au Lac de Tibériade, — les Luttes contre les Pharisiens, —\nl'Entrée triomphale à Jérusalem); d) la Passion (au Jardin de Gethsémani,\n— Devant Ponce-Pilate, — la Montée au Calvaire et le Crucifiement); e) le\n"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3530, "texte": "                                  —   259   —\n\nTriomphe du Christianisme. Chacune de ces cinq, parties est des plus\nremarquables par la force de la conception et l'intense poésie qui s'en\ndégage. On remarque particulièrement la première, d'une jolie couleur pas-\ntorale et d'un sentiment ingénu; puis les scènes de la Passion, d'un carac-\ntère sombre et douloureux habilement gradué, bien que l'ensemble manque\nd'envergure et de puissance véritable. La troisième partie est incontestable-\nment la plus belle et présente une allure vraiment grandiose, surtout au\ndébut, dont le thème mouvementé, d'un rythme insaisissable, a beaucoup\nd'ingéniosité; l'Entrée à Jérusalem est un tableau d'une belle envolée et\nd'une grande fraîcheur. Les chœurs sont habilement écrits, les parties trai-\ntées d'une façon originale, plutôt comme des éléments individuels\nd'expression dramatique que comme ensemble sonore; l'orchestration est\nassez simple. Le travail thématique est très serré; les thèmes, d'après une\nbrochure analytique, sont au nombre d'une vingtaine; leurs modifications\npsychologiques ont de l'intérêt et de la profondeur, mais les thèmes en eux-\nmêmes manquent de caractère et surtout d'originalité.\n   Si l'on devait d'un mot caractériser Christus, on devrait dire peut-être\nque c'est l'œuvre d'un poète mystique qui serait un excellent musicien. La\nsomme de lyrisme contenue dans cette œuvre est énorme; c'est d'une exu-\nbérance extraordinaire, continue, qui fatigue à la longue et finit par paraître\nfactice. Car il y a dans l'expression musicale du sentiment, une cer-\ntaine somme de véhémence et une certaine durée de l'accent pathétique\nque l'on ne saurait dépasser sans donner l'impression d'une émotion de\ncommande exprimée à l'aide d'une accumulation de poncifs anciens ou\nmodernes, et c'est ce qui se produit à l'audition de Christus. Faut-il con-\nclure qu'ici cette impression est juste? En partie seulement, car, si l'expres-\nsion musicale n'a pas la spontanéité désirable, du moins le sentiment qui l'a\nsuggérée, est d'une indiscutable sincérité. Mais — et voici la chose essentielle\ndont j'ai cru constater l'absence — la véritable inspiration n'y est pas. On\npeut juger une œuvre musicale à bien des points de vue, qui tous ont leur\nraison d'être ; mais le criterium véritable sera toujours celui-là : « Cette\nœuvre est-elle vraiment inspirée? La phrase qui chante en ce moment dans\nles violons, ou telle suite harmonique, sont-ils le résultat de ce radieux jail-\nlissement de pensée qu'on nomme l'inspiration, ou est-elle le produit d'une\npénible élaboration, un fruit de la science, de l'expérience, de l'habileté, et,\ntrop souvent, du... souvenir ? » Grave problème, et d'autant plus difficile à\nrésoudre qu'on a affaire à un artiste plus maître de son art et à une œuvre\nplus forte, comme c'est le cas pour M. Samuel et pour son Christus.\n   C'est cependant l'impression invincible rapportée de cette audition, que\nl'indigence de ce que l'on appelle proprement l'inspiration. Je parlais tantôt\nde l'excès de lyrisme, de pathos, contenu dans Christus, où l'on cherche\nvainement une page intime et de sentiment contenu, de cette innigkeit dont\nSchumann avait le secret : la raison n'en est autre que l'absence même\nde l'inspiration véritable qui incite l'auteur à exagérer l'expression musicale\nde peur qu'elle ne fût trouvée insuffisante ; il va au delà pour ne pas rester\nen deçà. L'accent juste et mesuré fait défaut, comme chez les gens qui, ne\nsachant être simplement énergiques, s'évertuent à la violence.\n"}, {"page_pdf": 291, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3282, "texte": "                                       — 260 —\n\n\n     Cependant, — et cette observation sincère exclut l'idée de parti pris, —\n  il est absolument certain que M. Samuel a été empoigné par son sujet.\n  C'est un lettré, un savant, un esprit fin, délicat, curieux et chercheur, un\n tempérament vibrant et enthousiaste; cette œuvre, il l'a pensée, mûrie,\n préparée longuement, amoureusement, par d'assidues et longues études (1);\n il y a travaillé trois années durant, s'absorbant dans la composition — au\n dire de ceux qui l'approchent — avec la ferveur mystique et l'ardeur d'un\n croyant des premiers âges. C'est son testament artistique et, selon une\n déclaration proférée entre intimes, sa « neuvième svmphonie ». Il est ému, et\n cette émotion latente s'efforce immensément vers l'extérieur, et, ne parvenant\n pas à cette extériorisation, emprunte une expression factice.\n     Il est ému, et il émeut plus d'une fois. Comment? Par ces choses qui\n tiennent lieu et place de l'inspiration, — l'ingénue et folle déesse qui se\n donne spontanément à ceux qui l'ignorent et fuit ceux qui la poursuivent\n désespérément, nourrissant pour elle, au fond de leur cœur, le culte éperdu\n que l'on n'a que pour les chimères, — son œuvre émeut par la science,\n l'habileté, l'ingéniosité, l'imagination qui y sont accumulées. La technique\n du compositeur, que l'éminent directeur du Conservatoire possède à un si\n haut degré, lui ont permis de mettre en jeu toutes les ressources de la\n musique moderne, ce qui suffirait déjà à rendre son œuvre intéressante.\n Remarquons d'autre part une lacune qui existe dans toutes les œuvres de\n M. Samuel: l'absence de personnalité. La réminiscence des formules wagné-\n riennes est flagrante et plus encore le sentiment particulier qui se dégage de\n l'œuvre wagnérienne la plus rapprochée, comme sujet, du Christus : Parsi-\nfal. La couleur parsifalesque, généralement répandue sur l'œuvre entière, se\n remarque particulièrement dans la première et la cinquièmepartie. Les facultés\n d'assimilation de M. Samuel — d'ailleurs communes à tous les individus de sa\n race — ne le sauvent pas toujours, si adroites soient-elles, de l'évidence\n fâcheuse de certaines rencontres : telle cadence du Vendredi-Saint de Par-\n sifal, telle progression empruntée aux Maîtres-Chanteurs, etc. L'harmo-\n nisation est celle de Wagner, qu'elle dépasse parfois par une hardiesse plus\n grande, — ce qui ne la rend pas plus personnelle, — non plus que la\n mélodie, courte et incolore.\n  Je parlais tantôt d'ingéniosité et d'imagination, deux facteurs importants\nqui remplacent jusqu'à un certain point l'inspiration véritable et arrivent\nparfois à donner le change, comme c'est le cas avec Christus. L'inspiration\nest l'étincelle divine, l'ingéniosité et l'imagination sont des qualités humaines\ndévolues à beaucoup d'artistes de très grand talent, comme M. Samuel. Ce\nsont ces qualités imaginatives qui brillent particulièrement dans Christus\net qui permettent à l'auteur d'exprimer, malheureusement avec l'exagé-\nration traîtresse signalée plus haut, l'émotion qui le dévore intérieurement.\n\n\n\n  (1) C'est à la suite de ces travaux que se serait produit l'événement si diversement\ncommenté, successivement affirmé et démenti, de la conversion de M. Samuel à la religion\ncatholique.\n"}, {"page_pdf": 292, "page_imprimee": 261, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2150, "texte": "                                 —        261\n\n\nCe qui prouve cette prédominance, c'est l'abondance de l'élément pittoresque\ndans cet ouvage. Un exemple entre tous : Dans la scène de la Passion, on\nentend les coups de marteau enfonçant les clous dans les mains et les pieds\ndu Sauveur, ce qui peut paraître puéril. L'expression suggestive du carac-\ntère intime du sujet est, dirait-on, négligée au profit de la représentation plus\nfacile de l'action extérieure.\n   Abstraction faite du succès considérable et très légitime que Christus a\nobtenu auprès des artistes, c'est cette plasticité, très facilement palpable,\nqui a ému et enthousiasmé la foule. Même des êtres musicalement illettrés,\nmais doués d'une sensibilité intelligente et imaginative, — surtout lors-\nqu'elle s'augmente, comme chez les nombreux prêtres assistant à l'exécu-\ntion, de l'émotion inhérente à un sujet familier et particulièrement sympa-\nthique que les bruits concernant les idées nouvelles de M. Samuel ren-\ndaient plus intéressant encore, — même ces êtres-là doivent comprendre\nune musique si pathétique et se sentir remués par ce lyrisme débordant.\n\n\n   Je n'ai pas voulu me livrer ici à une analyse détaillée du Christus, ce qui\na déjà été fait. Les quelques observations consignées ci-dessus ne tendent\nqu'à démêler, sans prétention d'y avoir réussi, l'essence véritable de cette\nœuvre complexe et vraiment extraordinaire, où sont entassés les effets les\nplus grandioses, dont certaines pages ont une allure titanesque, où il y a\nde tout, — sauf une pauvre petite phrase, — qui veut absolument être émo-\ntionnante, et qui l'est par la grandeur même de l'effort.\n   Christus renferme en tous cas un ensemble de qualités si considérable,\nqu'on v doit reconnaître l'œuvre d'un maître et que les justes réserves\nformulées dans les jugements de ceux qui l'ont appréciée ne sauraient\ntoutefois diminuer l'énorme mérite de l'auteur, et le tribut d'admiration\nrespectueuse due à un artiste dont l'âge semble n'avoir fait qu'activer la\nflamme poétique et renforcer la féconde et vigoureuse intelligence.\n\n                                                      E R N E S T CLOSSON"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-013", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 262, "page_fin": 266, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "M Pellisson", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 85, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 134, "texte": "Le Coq rouge de M. 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Ver- je"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1902, "fin_caractere_exclue": 1945, "texte": "haeren. Cet homme étonnant trouve fort toi,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 1987, "fin_caractere_exclue": 2040, "texte": "simple de déduire d'un «syllogisme de bois» tellement"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2070, "fin_caractere_exclue": 2125, "texte": "des vérités incompatibles; il estime que «la regardant,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2220, "fin_caractere_exclue": 2224, "texte": "laid"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2270, "fin_caractere_exclue": 2313, "texte": "texture de la Pluie est trempée dans des ce"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2361, "fin_caractere_exclue": 2405, "texte": "syllabes pluvieuses». Il juge que M. Ver- ce"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2449, "fin_caractere_exclue": 2508, "texte": "haeren a un sens infaillible du style (qu'en triomphalement"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2535, "fin_caractere_exclue": 2583, "texte": "pensez-vous, Anatole France?) et il le com- bien"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2681, "fin_caractere_exclue": 2687, "texte": "encor,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2728, "fin_caractere_exclue": 2783, "texte": "pare, à ce propos, à Rossetti et cite, à titre n'est-ce"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2819, "fin_caractere_exclue": 2864, "texte": "d'exemple, les mots « myriadaires, commi- pas"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2905, "fin_caractere_exclue": 2951, "texte": "natoires et indiscontinument ». On ne pour- Ce"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 2995, "fin_caractere_exclue": 3037, "texte": "rait évidemment trouver de meilleures J'ai"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3136, "fin_caractere_exclue": 3140, "texte": "l'ai"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3180, "fin_caractere_exclue": 3226, "texte": "preuves. Enfin il assure que chez M. Ver- l'ai"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3255, "fin_caractere_exclue": 3298, "texte": "haeren la conception « satisfait toujours à"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3356, "fin_caractere_exclue": 3413, "texte": "la raison et au cœur». Et il joint à son d'extraordinaire"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3422, "fin_caractere_exclue": 3465, "texte": "appréciation cette citation corroborative :"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3580, "fin_caractere_exclue": 3588, "texte": "dinaire."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3629, "fin_caractere_exclue": 3688, "texte": "I1 a compté les maux immesurables :                   chose"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3734, "fin_caractere_exclue": 3775, "texte": "Les conseils nuls donnés aux misérables ;"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3835, "fin_caractere_exclue": 3881, "texte": "Les aveugles du soi qui conduisent les autres;"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3941, "fin_caractere_exclue": 3983, "texte": "La langue en fiel durci des faux apôtres ;"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4044, "fin_caractere_exclue": 4082, "texte": "La justice par ses textes barricadée ;"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4149, "fin_caractere_exclue": 4200, "texte": "L'effroi plantant sa corne au front de chaque idée."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4246, "fin_caractere_exclue": 4284, "texte": "Que les idées à cornes de M. Verhaeren"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4328, "fin_caractere_exclue": 4371, "texte": "satisfassent au cœur et à la raison du cri-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4524, "fin_caractere_exclue": 4567, "texte": "tique de la Daily Chronicle, c'est une pen-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4611, "fin_caractere_exclue": 4657, "texte": "sée qui ferait éclater de lire tous les acarus"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4704, "fin_caractere_exclue": 4728, "texte": "du fromage d'Ypcrdamme !"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 5106, "fin_caractere_exclue": 5143, "texte": "Remarqué, le 16 juin, rue des Parois-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 5177, "fin_caractere_exclue": 5220, "texte": "siens, un monsieur qui riait aux larmes. 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Aupara-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 3995, "fin_caractere_exclue": 4037, "texte": "avant, je t'aimais d'un amour passionné et"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4099, "fin_caractere_exclue": 4142, "texte": "aveugle... Je ne voyais rien au delà de ton"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4201, "fin_caractere_exclue": 4240, "texte": "corps. Je ne voyais que toi, ma Mienne,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4285, "fin_caractere_exclue": 4325, "texte": "mon Hélène... Je n'étais qu'amant... Tes"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4372, "fin_caractere_exclue": 4417, "texte": "lèvres ne savaient que baiser... Ta poitrine,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4479, "fin_caractere_exclue": 4521, "texte": "oh ! Je ne concevais pas'. Je ne concevais"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4568, "fin_caractere_exclue": 4608, "texte": "pas tout cela... Il y a dans ton être un"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4658, "fin_caractere_exclue": 4701, "texte": "usage autre... Tu n'es pas qu'un instrument"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4763, "fin_caractere_exclue": 4807, "texte": "de jouissance...  Oh! si tu savais quel res­"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4869, "fin_caractere_exclue": 4910, "texte": "pect religieux j'éprouve pour toi... Dis."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 4972, "fin_caractere_exclue": 4998, "texte": "dis ? Tu me comprends ?. ."}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 5063, "fin_caractere_exclue": 5099, "texte": "Elle sourit un peu. — Mais non ! Pas"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 5144, "fin_caractere_exclue": 5173, "texte": "beaucoup I Tu es si drôle ..»"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 5238, "fin_caractere_exclue": 5277, "texte": "Est-ce que les petits écrivassiers vont"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 5324, "fin_caractere_exclue": 5364, "texte": "recommencer ces romans si belges et « si"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 5413, "fin_caractere_exclue": 5454, "texte": "drôles » qui firent jadis notre joie : la"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 5501, "fin_caractere_exclue": 5563, "texte": "Famille Van Pée ou la Famille                         Bouvard,"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 5611, "fin_caractere_exclue": 5653, "texte": "etc., etc. : — amours émouvantes et patoi-"}, {"page_pdf": 294, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 5716, "fin_caractere_exclue": 5754, "texte": "santes du fils d'un marchand de crabes"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 49, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "enrichi avec la petite fille d'une ancienne"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 177, "texte": "revendeuse de plumes d'autruche, — odys-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 229, "fin_caractere_exclue": 271, "texte": "sées du « bas-de-la-ville » et oarystis du"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 414, "fin_caractere_exclue": 452, "texte": "« bois de la Cambre ? » Petits, prenez"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 504, "fin_caractere_exclue": 544, "texte": "garde: vous êtes la vraie descendance de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 597, "fin_caractere_exclue": 617, "texte": "nos vieux plumeaux !"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 970, "fin_caractere_exclue": 1009, "texte": "Dans le Soir, Piccolo a malmené le pau-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1053, "fin_caractere_exclue": 1095, "texte": "vre Coq rouge de façon gaillarde et spiri-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1237, "fin_caractere_exclue": 1244, "texte": "tuelle."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1327, "fin_caractere_exclue": 1365, "texte": "Voici comment Piccolo apprécie le pro-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1413, "fin_caractere_exclue": 1452, "texte": "gramme de la revue de M. Sander Pierron"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1502, "fin_caractere_exclue": 1537, "texte": "Les vélocipédistes écopent en bonne"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1550, "fin_caractere_exclue": 1590, "texte": "compagnie au surplus : l'administration,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1639, "fin_caractere_exclue": 1674, "texte": "journalisme, la Cour, tout y passe."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1730, "fin_caractere_exclue": 1769, "texte": "Ce qu'il y a de plus amusant, c'est que"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1818, "fin_caractere_exclue": 1859, "texte": "dans le poulailler du Coq rouge on trouve"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1904, "fin_caractere_exclue": 1945, "texte": "des ronds de cuir ministériels, vulgaires"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1990, "fin_caractere_exclue": 2031, "texte": "budgétivores, de modestes et dociles pon-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2076, "fin_caractere_exclue": 2120, "texte": "deurs de copie à tant la ligne dans les quo-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2166, "fin_caractere_exclue": 2205, "texte": "tidiens les plus mortellement brouillés"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2246, "fin_caractere_exclue": 2291, "texte": "avec la littérature, des secrétaires de vélo-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2304, "fin_caractere_exclue": 2316, "texte": "dromes, etc."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2395, "fin_caractere_exclue": 2433, "texte": "On nous répondra que la littérature ne"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2471, "fin_caractere_exclue": 2512, "texte": "nourrissant pas son emplumé, il faut bien"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2552, "fin_caractere_exclue": 2590, "texte": "gagner son grain de mil comme on peut,"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2611, "fin_caractere_exclue": 2650, "texte": "soit. Mais pourquoi imputer à crime aux"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2651, "fin_caractere_exclue": 2685, "texte": "autres ce que l'on fait soi-même ?"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2690, "fin_caractere_exclue": 2729, "texte": "L'ornithologie nous apprend bien que le"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2730, "fin_caractere_exclue": 2776, "texte": "coq est de tous les oiseaux celui dont le cer-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2819, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "veau offre la disproportion la plus grande"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2902, "fin_caractere_exclue": 2943, "texte": "avec la masse du corps, mais on n'est pas"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2944, "fin_caractere_exclue": 2968, "texte": "illogique à ce point-là."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3043, "fin_caractere_exclue": 3076, "texte": "Le misonéisme étant notre moindre"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3119, "fin_caractere_exclue": 3158, "texte": "défaut, l'annonce d'une revue hardie et"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3169, "fin_caractere_exclue": 3213, "texte": "novatrice nous avait ravi. Hélas, il faut en"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3259, "fin_caractere_exclue": 3303, "texte": "rabattre. Le titre était suggestif : avec le"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3304, "fin_caractere_exclue": 3345, "texte": "Coq rouge, on allait faire flamber toutes"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3389, "fin_caractere_exclue": 3429, "texte": "les vieilles perruques pour éclairer les"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3440, "fin_caractere_exclue": 3481, "texte": "horizons nouveaux. Et au lieu de ce vail-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3482, "fin_caractere_exclue": 3523, "texte": "lant éclaireur de voies nouvelles on nous"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3524, "fin_caractere_exclue": 3558, "texte": "sert un périodique « éclectique »."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3619, "fin_caractere_exclue": 3659, "texte": "Mais c'est le programme des coqs perchés"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3689, "fin_caractere_exclue": 3734, "texte": "au haut des clochers, cela, allant à tous les"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3735, "fin_caractere_exclue": 3742, "texte": "vents !"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3746, "fin_caractere_exclue": 3786, "texte": "Evidemment, si l'écrivain n'avait pas le"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3787, "fin_caractere_exclue": 3832, "texte": "droit de se contredire, il n'aurait plus qu'à"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3875, "fin_caractere_exclue": 3917, "texte": "jeter sa plume; mais encore convient-il de"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3960, "fin_caractere_exclue": 3991, "texte": "ne pas abuser de cette liberté."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4054, "fin_caractere_exclue": 4090, "texte": "«Au lieu de provoquer de stériles et"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4131, "fin_caractere_exclue": 4170, "texte": "byzantines discussions théoriques quant"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4216, "fin_caractere_exclue": 4256, "texte": "la supériorité de tel moyen d'expression"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4257, "fin_caractere_exclue": 4302, "texte": "sur tel autre, au lieu d'établir des clans et"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4345, "fin_caractere_exclue": 4390, "texte": "des distinctions entre artistes conservateurs"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4432, "fin_caractere_exclue": 4477, "texte": "et d'artistes révolutionnaires, entre parnas-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4517, "fin_caractere_exclue": 4558, "texte": "siens et verslibristes, entre Flamands et"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4602, "fin_caractere_exclue": 4644, "texte": "Wallons, Latins et Germains, au lieu d'ex-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4645, "fin_caractere_exclue": 4682, "texte": "communier en bloc les partisans d'une"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4723, "fin_caractere_exclue": 4763, "texte": "forme d'art au profit de ceux d'un autre"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 136, "texte": "mode, au lieu surtout de s'attarder, et"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 185, "fin_caractere_exclue": 228, "texte": "disons le mot, de se dégrader en polémiques"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 277, "fin_caractere_exclue": 320, "texte": "personnelles, en attrapades de journalistes"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 369, "fin_caractere_exclue": 413, "texte": "pour le grand plaisir des badauds, des ratés"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 462, "fin_caractere_exclue": 503, "texte": "et des brouillons, querelles de plume qui"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 552, "fin_caractere_exclue": 596, "texte": "si elles n'ont jamais converti personne, ont"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 645, "fin_caractere_exclue": 692, "texte": "fait gaspiller bien du talent et ont ruiné plus"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 741, "fin_caractere_exclue": 786, "texte": "d'un caractère d'artiste ; au lieu de se cha-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 835, "fin_caractere_exclue": 875, "texte": "mailler entre artistes, prélimine le Coq"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 924, "fin_caractere_exclue": 965, "texte": "rouge, nous allons travailler, mettre les"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1010, "fin_caractere_exclue": 1052, "texte": "talents en lumière, etc. » Et aussitôt, au"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1096, "fin_caractere_exclue": 1142, "texte": "lieu de clore le bec sur ces belles variations"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1191, "fin_caractere_exclue": 1235, "texte": "le voilà dégoisant injures et insultes, pre-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1284, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "nant le ton d'un perroquet de matelot."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1374, "fin_caractere_exclue": 1411, "texte": "Au fond le Coq rouge est probablement"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1453, "fin_caractere_exclue": 1497, "texte": ": moins méchant qu'il ne cherche à s'en don-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1538, "fin_caractere_exclue": 1548, "texte": "ner l'air."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1591, "fin_caractere_exclue": 1637, "texte": "le       Dès avant ses premiers ébats on avait"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1685, "fin_caractere_exclue": 1725, "texte": "répandu le bruit que mère poule la Jeune"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1770, "fin_caractere_exclue": 1816, "texte": "Belgique allait lui rogner les ailes et aussi-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 1860, "fin_caractere_exclue": 1902, "texte": "tôt il s'est dressé sur ses ergots. 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S'il"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2032, "fin_caractere_exclue": 2074, "texte": "en était autrement, le Coq rouge donnerait"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2121, "fin_caractere_exclue": 2164, "texte": "raison à ceux qui lui reprochent de ne con-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2206, "fin_caractere_exclue": 2245, "texte": "naître en fait de langue que le macaque"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2292, "fin_caractere_exclue": 2303, "texte": "flamboyant."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2354, "fin_caractere_exclue": 2390, "texte": "Quand on se met en colère on devient"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2434, "fin_caractere_exclue": 2470, "texte": "bien rouge comme un coq, mais en bon"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2513, "fin_caractere_exclue": 2551, "texte": "français rouge comme un coq n'a jamais"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2591, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "signifié coq rouge."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2780, "fin_caractere_exclue": 2818, "texte": "Infortuné Coq rouge! Il a reçu pas mal"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2862, "fin_caractere_exclue": 2901, "texte": "de coups de bec, mais c'est en vain que"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 2991, "fin_caractere_exclue": 3038, "texte": "l'on attend la riposte. La pauvre bête se tient"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3077, "fin_caractere_exclue": 3118, "texte": "à peine sur ses pattes: elle a les ergots"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3159, "fin_caractere_exclue": 3168, "texte": "ramollis."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3220, "fin_caractere_exclue": 3258, "texte": "Mais pourquoi s'intituler pompeusement"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3346, "fin_caractere_exclue": 3388, "texte": "Coq rouge lorsqu'on n'est qu'un piètre coq"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3430, "fin_caractere_exclue": 3439, "texte": "mouillé !"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3574, "fin_caractere_exclue": 3614, "texte": "Entendu cette jolie définition de l'ani-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3660, "fin_caractere_exclue": 3688, "texte": "mal : le petit chapon rouge."}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3838, "fin_caractere_exclue": 3874, "texte": "Le Coq Rouge poursuit méthodiquement"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 3918, "fin_caractere_exclue": 3959, "texte": "sa campagne pour faire décorer ses colla-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4007, "fin_caractere_exclue": 4050, "texte": "borateurs. On se rappelle les bruits singu-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4091, "fin_caractere_exclue": 4130, "texte": "liers qui ont couru il y a deux ans: le"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4171, "fin_caractere_exclue": 4215, "texte": "à gouvernement français, disait-on, avait eu"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4303, "fin_caractere_exclue": 4344, "texte": "un moment l'intention d'accorder la déco-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4391, "fin_caractere_exclue": 4431, "texte": "ration de la Légion d'honneur à quelques"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4478, "fin_caractere_exclue": 4516, "texte": "jeunes écrivains belges, mais l'un des"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4559, "fin_caractere_exclue": 4601, "texte": "romanciers les plus en vue était formelle-"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4683, "fin_caractere_exclue": 4722, "texte": "ment exclu de ces faveurs officielles à"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 4764, "fin_caractere_exclue": 4806, "texte": "cause d'une certaine nouvelle où les Jaco-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 100, "texte": "bins français qui ont tyrannisé la ville de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 164, "fin_caractere_exclue": 233, "texte": "Malines, étaient fort mal arrangés.                        esquisses,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 268, "fin_caractere_exclue": 334, "texte": "L'auteur de celte nouvelle aurait pu                    glorieuses"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 422, "fin_caractere_exclue": 424, "texte": "un"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 462, "fin_caractere_exclue": 530, "texte": "garder une attitude patriotique et fière.                  l'Anglais"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 565, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "litre privé d'une décoration étrangère pour                 Londres"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 668, "fin_caractere_exclue": 730, "texte": "avoir défendu ses compatriotes, cela n'avait,              les"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 767, "fin_caractere_exclue": 832, "texte": "pensons-nous, rien que de très honorable.                  jours,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 871, "fin_caractere_exclue": 933, "texte": "L'écrivain dont nous parlons semble en                     ses"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1031, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "une"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1078, "fin_caractere_exclue": 1145, "texte": "avoir jugé autrement et son Coq rouge                      entendre"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1177, "fin_caractere_exclue": 1238, "texte": "plaide piteusement les circonstances atté-                 de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1283, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "nuantes. Ruban, s'il vous plaît !                          b"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1448, "fin_caractere_exclue": 1455, "texte": "anglais"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1625, "fin_caractere_exclue": 1632, "texte": "Grouxî."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1728, "fin_caractere_exclue": 1735, "texte": "dictait"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1772, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "Interrogé une bête il bon Dieu au sujet                  enveloppe"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1869, "fin_caractere_exclue": 1937, "texte": "du Coq rouge; la gracieuse coccinelle a                    compagnie"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1971, "fin_caractere_exclue": 2032, "texte": "répondu en rougissant : c'est un coq si                    du"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2134, "fin_caractere_exclue": 2139, "texte": "tères"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2180, "fin_caractere_exclue": 2241, "texte": "nul !....                                                  de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2269, "fin_caractere_exclue": 2278, "texte": "Hélas!..."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2430, "fin_caractere_exclue": 2432, "texte": "de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2527, "fin_caractere_exclue": 2530, "texte": "non"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2547, "fin_caractere_exclue": 2601, "texte": "Ou   MENENT      LES   MAUVAIS      CHEMINS.         —"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2602, "fin_caractere_exclue": 2642, "texte": "Veut-on savoir où peut en arriver un bon"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2643, "fin_caractere_exclue": 2686, "texte": "poète égaré dans une déplorable esthétique,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2746, "fin_caractere_exclue": 2813, "texte": "la Plume nous l'apprendra On y lit ceci :                  raquette"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2906, "fin_caractere_exclue": 2908, "texte": "la"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2950, "fin_caractere_exclue": 2991, "texte": "On se souvient de la fantaisie Délisques-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3054, "texte": "cences, d'Adoré Floupette? Voici, pour                     les"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3095, "fin_caractere_exclue": 3162, "texte": "compare!\", les derniers vers de M. Henri                   liqueux,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3193, "fin_caractere_exclue": 3234, "texte": "de Régnier, parus dans Essais des Jeunes,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3296, "fin_caractere_exclue": 3312, "texte": "n° 6, mai 1805 :"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3372, "fin_caractere_exclue": 3382, "texte": "conférence"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3438, "fin_caractere_exclue": 3482, "texte": "VERS                                 exprimé"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3515, "fin_caractere_exclue": 3555, "texte": "Un soir tu vins m'apporter trois fleurs,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3621, "fin_caractere_exclue": 3685, "texte": "Elles étaient bleues,                                      cédée"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3716, "fin_caractere_exclue": 3755, "texte": "puis ce furent des lézards sans queues,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3756, "fin_caractere_exclue": 3821, "texte": "des cigales que tu tenais p a r une p a t t e              Picard"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3857, "fin_caractere_exclue": 3923, "texte": "et d'autres fleurs.                                        Cladel."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3960, "fin_caractere_exclue": 4023, "texte": "Une pensée énorme et matte                                 plus"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4058, "fin_caractere_exclue": 4101, "texte": "où on voyait au centre comme un m a s q u e"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4102, "fin_caractere_exclue": 4164, "texte": "de velours mortuaire avec des yeux aveugles.               que"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4204, "fin_caractere_exclue": 4265, "texte": "Tout un jour tu dormis dans le foin d'une meule            en"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4302, "fin_caractere_exclue": 4368, "texte": "puis tout un mois.                                         valeur."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4405, "fin_caractere_exclue": 4437, "texte": "Nous nous promenâmes par la main"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4438, "fin_caractere_exclue": 4508, "texte": "entre les bois du vieux j a r d i n ,                      sincèrement"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4541, "fin_caractere_exclue": 4604, "texte": "puis une lois                                              dont"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4640, "fin_caractere_exclue": 4707, "texte": "un tonna a la porte vers trois heures                      allions,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4744, "fin_caractere_exclue": 4806, "texte": "et nous allâmes ouvrir nous tenant par la main.            nal"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4845, "fin_caractere_exclue": 4897, "texte": "lit dire qu'il faudra mourir et que tu m e u r e s !"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4957, "fin_caractere_exclue": 4963, "texte": "double"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5030, "fin_caractere_exclue": 5065, "texte": "HENRI    DE    RÉGNIER.        mond"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5162, "fin_caractere_exclue": 5171, "texte": "français,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5265, "fin_caractere_exclue": 5270, "texte": "gnées"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5366, "fin_caractere_exclue": 5370, "texte": "lité"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5409, "fin_caractere_exclue": 5473, "texte": "On lit dans le Figaro :                                  ouverte"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5509, "fin_caractere_exclue": 5568, "texte": "Le peintre Henri de Groux fut mis en                     pu"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5613, "fin_caractere_exclue": 5676, "texte": "rapport dernièrement avec un Anglais qui                   time"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5713, "fin_caractere_exclue": 5778, "texte": "cherchait, pour le compte d'une compagnie                  bonnes"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5815, "fin_caractere_exclue": 5878, "texte": "londonienne, un peintre capable de faire un                lité"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5890, "fin_caractere_exclue": 5928, "texte": "panorama gigantesque de la bataille de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5929, "fin_caractere_exclue": 5938, "texte": "Waterloo,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 120, "fin_caractere_exclue": 163, "texte": "Déjà l'artiste avait dessiné des plans, des"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 234, "fin_caractere_exclue": 264, "texte": "composé des groupes, évoqué de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 335, "fin_caractere_exclue": 362, "texte": "hécatombes d'hommes et rêve"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 425, "fin_caractere_exclue": 461, "texte": "Napoléon vaincu toujours superbe, et"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 531, "fin_caractere_exclue": 564, "texte": "en question s'en était retourne à"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 633, "fin_caractere_exclue": 667, "texte": "parler de sa trouvaille, soumettre"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 731, "fin_caractere_exclue": 766, "texte": "projets, quand, au bout de quelques"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 833, "fin_caractere_exclue": 870, "texte": "ayant presque fait ses malles et lavé"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 934, "fin_caractere_exclue": 971, "texte": "pinceaux, le peintre reçut de Londres"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1035, "fin_caractere_exclue": 1077, "texte": "lettre au cours de laquelle on lui faisait"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1146, "fin_caractere_exclue": 1176, "texte": "que, malgré la grandeur épique"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1239, "fin_caractere_exclue": 1282, "texte": "sa conception, il fallait la modifier et se"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1344, "fin_caractere_exclue": 1388, "texte": "o r n e r . . . . à une apothéose du général"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1456, "fin_caractere_exclue": 1467, "texte": "Wellington."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1530, "fin_caractere_exclue": 1565, "texte": "A cela, qu'allait répondre Henri de"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1633, "fin_caractere_exclue": 1668, "texte": ". C'est bien simple, l'Histoire lui"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1736, "fin_caractere_exclue": 1769, "texte": "son devoir. Après avoir écrit une"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1839, "fin_caractere_exclue": 1868, "texte": "à l'adresse des membres de la"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 1938, "fin_caractere_exclue": 1970, "texte": "londonienne, il prit une feuille"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2033, "fin_caractere_exclue": 2074, "texte": "papier le plus blanc, ety grava en carac-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2140, "fin_caractere_exclue": 2179, "texte": "gras et visibles ce seul mot :. . Henri"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2242, "fin_caractere_exclue": 2266, "texte": "Groux ne se rend pas ! »"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2329, "fin_caractere_exclue": 2370, "texte": "La seule moralité de celte affaire, c'est"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2433, "fin_caractere_exclue": 2467, "texte": "redire avec Henri Heine: « Cacatum"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2531, "fin_caractere_exclue": 2544, "texte": "est pictum. »"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2706, "fin_caractere_exclue": 2745, "texte": "M. Picard ayant voulu être, à Paris, la"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2814, "fin_caractere_exclue": 2846, "texte": "du Volant de Mlle Judith Cladel,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 2909, "fin_caractere_exclue": 2947, "texte": "jeune authoress a confié au Figaro que"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3055, "fin_caractere_exclue": 3094, "texte": "Bruxellois possédant un chien trop bel-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3163, "fin_caractere_exclue": 3192, "texte": "lui donnent le nom de Picard."}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3256, "fin_caractere_exclue": 3295, "texte": "M. Henry Bauër a reproché à l'Amiral sa"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3383, "fin_caractere_exclue": 3415, "texte": "de tardigrade et M. Mendès s'est"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3483, "fin_caractere_exclue": 3514, "texte": "en ces termes dans le Journal :"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3578, "fin_caractere_exclue": 3620, "texte": "La pièce de M lle Judith Cladel était pré-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3686, "fin_caractere_exclue": 3715, "texte": "d'une conférence de M. Edmond"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3822, "fin_caractere_exclue": 3856, "texte": "qui fut l'enthousiaste ami de Léon"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 3924, "fin_caractere_exclue": 3959, "texte": "Aucune personnalité étrangère n'est"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4024, "fin_caractere_exclue": 4057, "texte": "sympathique aux lettrés de France"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4165, "fin_caractere_exclue": 4203, "texte": "celle de ce grand avocat belge qui est"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4266, "fin_caractere_exclue": 4301, "texte": "même temps un écrivain d'une réelle"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4369, "fin_caractere_exclue": 4404, "texte": "Nul de nous n'a oublié l'accueil si"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4509, "fin_caractere_exclue": 4540, "texte": "cordial, si amicalement joyeux,"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4605, "fin_caractere_exclue": 4639, "texte": "il honorait nos visites quand nous"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4708, "fin_caractere_exclue": 4743, "texte": "à Bruxelles, le saluer, En ce jour-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4807, "fin_caractere_exclue": 4844, "texte": "même, M. Maurice Maeterlinck a dit le"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 4964, "fin_caractere_exclue": 5001, "texte": "rôle littéraire et politique de M Ed-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5066, "fin_caractere_exclue": 5102, "texte": "Picard. Nous voulons, nous, artistes"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5172, "fin_caractere_exclue": 5205, "texte": "le remercier de ses franches poi-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5271, "fin_caractere_exclue": 5306, "texte": "de mains aux voyageurs, de sa fidé-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5371, "fin_caractere_exclue": 5406, "texte": "aux services promis, — de sa maison"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5474, "fin_caractere_exclue": 5506, "texte": "! et nous sommes heureux d'avoir"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5569, "fin_caractere_exclue": 5612, "texte": "lui offrir, tout autant d'ailleurs en l'es-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5677, "fin_caractere_exclue": 5712, "texte": "de sa parole qu'en la gratitude des"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5779, "fin_caractere_exclue": 5814, "texte": "heures passées chez lui, l'hospita-"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 5879, "fin_caractere_exclue": 5889, "texte": "du succès."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 84, "texte": "Iil'l.l.ETIN BIBLIOGKAPIIIQUE :"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 176, "texte": "G. cl'Annunzio.— Les Romans de Ut Ruse."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 218, "fin_caractere_exclue": 240, "texte": "— L'Enfant de volupté."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 302, "fin_caractere_exclue": 342, "texte": "A. Collignon. — Diderot. Sa vie, ses œu­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 380, "fin_caractere_exclue": 404, "texte": "vres, sa correspondance."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 471, "fin_caractere_exclue": 506, "texte": "Paul Adam. — Le Mystère des foules."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 538, "fin_caractere_exclue": 544, "texte": "2 vol."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 624, "fin_caractere_exclue": 652, "texte": "Pierre Veber. — Les Veber's."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 706, "fin_caractere_exclue": 745, "texte": "Ph. Gille.—Les Mercredis d'un critique."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 750, "fin_caractere_exclue": 786, "texte": "Cte R. de Montesquiou. — Le Parcours"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 788, "fin_caractere_exclue": 817, "texte": "du rêve au souvenir, poésies."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 876, "fin_caractere_exclue": 898, "texte": "Gyp. — Les Gens chics."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 956, "fin_caractere_exclue": 993, "texte": "R. de La Sizeranne. — La Peinture an­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1036, "fin_caractere_exclue": 1063, "texte": "glaise       contemporaine."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1122, "fin_caractere_exclue": 1161, "texte": "J.-M. de Hérédia.— Les Trophées, 3e éd."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1199, "fin_caractere_exclue": 1235, "texte": "— Discours de réception à l'Académie"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1279, "fin_caractere_exclue": 1289, "texte": "française."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1335, "fin_caractere_exclue": 1373, "texte": "Jules Bois.— Le Satanisme et la Magie,"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1418, "fin_caractere_exclue": 1444, "texte": "préface de J.-K. Huysmans."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1480, "fin_caractere_exclue": 1517, "texte": "Bernardin. — Un précurseur de Racine."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1550, "fin_caractere_exclue": 1575, "texte": "Tristan        L'Hermite."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1657, "fin_caractere_exclue": 1693, "texte": "L. Arnould. — Leçon d'ouverture d'un"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1761, "fin_caractere_exclue": 1783, "texte": "cours sur La Fontaine."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1865, "fin_caractere_exclue": 1892, "texte": "R. Bouyer. — Fantin-Latour."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1975, "fin_caractere_exclue": 2008, "texte": "F.. Delacroix. — Journal, t. III."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2097, "fin_caractere_exclue": 2132, "texte": "M. Durand-Fardel. — L'Amour dans la"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2191, "fin_caractere_exclue": 2206, "texte": "Divine Comédie."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2210, "fin_caractere_exclue": 2248, "texte": "Jamblique. — Le Livre de Jamblique sur"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2249, "fin_caractere_exclue": 2287, "texte": "les mystères, traduit par P. Quillard."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2291, "fin_caractere_exclue": 2320, "texte": "J.-H. Rosny. — L'Autre femme."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2325, "fin_caractere_exclue": 2360, "texte": "E. Straus. — Marc Mouclier, peintre"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2364, "fin_caractere_exclue": 2376, "texte": "lithographe."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2380, "fin_caractere_exclue": 2417, "texte": "de Chambrun et Legis. — Wagner, trad."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2421, "fin_caractere_exclue": 2458, "texte": "M. Bouchor. — Conte de Noël, pièce en"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2459, "fin_caractere_exclue": 2467, "texte": "un acte."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2471, "fin_caractere_exclue": 2496, "texte": "M. Pellisson. — Chamfort."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 96, "fin_caractere_exclue": 131, "texte": "Roger Milles. — Petit album classic"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 177, "fin_caractere_exclue": 215, "texte": "des chefs-d'œuvre de Corot ; fr. 3-50."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 264, "fin_caractere_exclue": 297, "texte": "Cte d'Haussonville. — Lacordaire."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 346, "fin_caractere_exclue": 378, "texte": "J. Bourdeau. — La Rochefoucauld."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 427, "fin_caractere_exclue": 465, "texte": "Th. Dostoïevsky. — Le Rêve de l'oncle."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 518, "fin_caractere_exclue": 536, "texte": "P O U R PARAÎTRE :"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 585, "fin_caractere_exclue": 618, "texte": "J. Péladan. — Le Dernier Bourbon."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 667, "fin_caractere_exclue": 701, "texte": "J. de Tallenay. — Treize Douleurs."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 835, "fin_caractere_exclue": 871, "texte": "La Jeune Belgique rendra compte pu,."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 917, "fin_caractere_exclue": 951, "texte": "chainement des ouvrages suivants :"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1000, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "H. Krains. — Histoires lunatiques."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1083, "fin_caractere_exclue": 1117, "texte": "G. Geffroy. — Le Cœur et l'Esprit."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1166, "fin_caractere_exclue": 1197, "texte": "L. Riotor. — L'Ami commun; Deux"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1236, "fin_caractere_exclue": 1278, "texte": "nomarques des lettres; les Raisons de Pas­"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1324, "fin_caractere_exclue": 1330, "texte": "calin."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1378, "fin_caractere_exclue": 1416, "texte": "R. Wagner. — La Tétralogie, traduction"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1462, "fin_caractere_exclue": 1475, "texte": "Brinn'Gaubas."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1523, "fin_caractere_exclue": 1548, "texte": "L. Tricot. — Les Cheveux."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1623, "fin_caractere_exclue": 1652, "texte": "Ch. de Rouvre. — Après amour."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1741, "fin_caractere_exclue": 1760, "texte": "Ch Buet. — Charité."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1831, "fin_caractere_exclue": 1860, "texte": "V. Remouchamps. — Vers l'Ame."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 1940, "fin_caractere_exclue": 1970, "texte": "G. Mourey. — Passé le détroit."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2056, "fin_caractere_exclue": 2092, "texte": "L. Bloy. — Histoires désobligeantes."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2180, "fin_caractere_exclue": 2190, "texte": "Etc., etc."}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 2361, "fin_caractere_exclue": 2363, "texte": "et"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 298, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 376, "fin_caractere_exclue": 1064, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur       : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n              Directeur : IWAN GILKIN, 110, rue de la Limite.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris.\n                <\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand ; Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-06-n6-206", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 298, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1064, "fin_caractere_exclue": 1518, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 21, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 264, "texte": "   Juin 1895.                      TOME XIV. — N° 6              15me                   Année.\n\n\n\n\nA\n   JEUNE\n                 BELGIQUE\n                                     SOMMAIRE:\n       En route                                    ARNOLD GOFFIN.\n       Satan                                       IWAN GILKIN.\n       A propos d'un livre nouveau. Un chant dans\n         l'ombre                                   ALBERT GlRAUD.\n       Aspiration                                  JULIEN ROMAN.\n       Descente d'Amatrice                         PlGNOLLE DUFRANE.\n       Hérodiade                                   CHARLES VIANE.\n       Chronique littéraire :\n         Aréthuse; En symbole vers l'Apostolat ;\n            Rêves blancs; Horizons; Les égarés . . VALÈRE GILLE.\n       Chronique musicale :\n         Christus                                  ERNEST CLOSSON.\n        Memento                                       NEMO.\n\n\n\n\n          REDACTION                                           BRUXELLES\nm, RUE DE LA L I M I T E ,   BRUXELLES.                 PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                              3r, rue des Paroissiens\n                                                                    PARIS\n    PRIX DU NUMÉRO                                    CHAMUEL,          LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                2Q, rue de Trévise\n              fr. 0-75.\n                                                                      l895\n"}, {"page_pdf": 265, "texte": "                                                                           BELGIQUE\n   BELGIQUE\n                                N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                                 JEUNE\n              JEUNE\n                      LA\n\n\n\n\n                                                            LA\n                               N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur      : MAX W A L L E R         (MAURICE W A R L O M O N T )\n              Directeur : IWAN GILKIN, 110, rue de la Limite.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand ; Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, J'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 21, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}, {"page_pdf": 266, "texte": "                         EN ROUTE\n\n                                Le livre aura eu la rare fortune d'ameuter con-\n                                tre lui l'unanimité, presque, de la presse ; de\n                                scandaliser également les défenseurs attitrés\n                                des opinions les plus inconciliables.\n                                   Une telle œuvre, effrontément incongrue\n                                aux idées modernes, vouée, toute, à des préoc-\n                                cupations discréditées,— illusions enfantines\n                                dont l'âge viril corrigea l'humanité! — était,\n                                certes, pour déconcerter les chroniqueurs\n               diversement sceptiques qui, chaque matin, distribuent la\n               manne intellectuelle aux foules libres-penseuses.\n                  Un notoire écrivain, — adepte obligé, donc, comme tout\n               individu conscient, de la plus récente et irréfutable philoso-\n               phie, ou, pour le moins, incapable de superstition et d'aveu-\n               glement, d'une nature caustique plutôt que contemplative ;\n               — un perspicace et indépendant esprit formule tout à coup\n               un acte de foi d'une folle simplicité, excessif, sans restrictions\n               ni réticences! Les conquêtes de la science, pourtant, ses sures\n               investigations, ses laborieuses enquêtes évincèrent le surna-\n               turel, prohibèrent l'inexplicable, ces fallaces sacrés, terreur\n                et ravissement de cerveaux maladifs et puérils, jadis ; —\ninoffensifs depuis que des méthodes douces ont rendu la santé et l'équilibre\nmental — avec ses droits ! — à l'homme.\n   Et, inconcevable blasphème, dérision extraordinaire, l'auteur d'En Route\ntourne délibérément le dos aux effigies, très laides mais si triomphales! de\n"}, {"page_pdf": 267, "texte": "                                   — 236 —\n\n la logique contemporaine pour entreprendre un pèlerinage rétrograde, aussi\n  absurde que peu lucratif...\n     Evidemment, expliqua la critique retorse, cette manifestation mar-\n que un période nouveau, mais non définitif, du raffinement de Des\n  Esseintes; la dernière tentative, l'avatar suprême d'un blasé de jouissances\n esthétiques et sensuelles, — expérience précaire, d'ailleurs, macérations de\n sybarite dont l'inanité le surprendra, bientôt... Au reste, ce geste illuminé\n était-il peut-être dû, simplement, à la fantaisie archaïque d'un enthousiaste\n artiste épris de formes, de cérémonies et d'édifices vétustés, touchants\n vestiges des siècles de servitude et de débilité rationnelles et d'ignorance\n destitués des lumières positives dont notre ère glorieuse aveugle, impartiale-\n ment, les croyants et les incrédules? ou, hypothèse probante, aussi, ce livre\n exprime la paradoxale révolte, la réaction singulière d'un réfugié parmi\n la solitude, l'inconnu et leurs imaginaires fantômes ; l'espèce de roman-\n tisme mystique d'un lettré écœuré des mœurs brutales et des basses admi-\n rations en vogue.\n    Quelques gazetiers érudits, provision faite d'arguments et de texte dans\nla boutique frelatée de l'omniscient Larousse, tranchèrent la question, doc-\ntement : En Route ressortait de la clinique phrénologique ; et l'état men-\ntal de J.-K. Huysmans tombait sous les précises définitions de Lombroso:\n délire religieux, phénomène catalogué dans les pathologies matérialistes et\n qu'une hygiène connue guérit...\n    — L'hostilité ne parut pas moindre, ni moins hargneuse, du côté des\ncatholiques : à quelques exceptions près, leur opportunisme récusa un adepte\nd'une ferveur tellement intégrale, dont la foi impérieuse et outrancière\nmorigénait la politique tiédeur des séculiers, se désaltérait aux sources\nmêmes de la mystique, dans les ouvrages d'authentiques canonisés, saints\nlouables, certes, mais démodés, apôtres rudes dont le langage et l'ascétisme\nexagérés effarouchent notre dévotion ombrageuse et douillette.\n    La vigueur acide, le haut relief du style devaient suffire à rendre l'œuvre\nsuspecte dans ce milieu prudent et blafard. Mais la forme inusitée, l'ardente\nsincérité, sans feintes ni dissimulations, des confessions et des syndérèses\nde Durtal; les motifs qui l'induisent à choisir la Trappe pour y parfaire\nsa guérison morale; cette cure, elle-même, entachée de trop d'examen\naudacieux et d'art, provenue de la spontanée efflorescence intime, la pro-\ngression naturelle de la pensée du pénitent, sans intermédiaire ni secours\nthéologiques, hors des voies consacrées, par des chemins personnels, paru-\nrent insupportables. Et, plaisant spectacle! où toute l'équivoque ironie de\nla mascarade contemporaine s'accuse, l'on vit les israélites boulevardiers,\n"}, {"page_pdf": 268, "texte": "                                 — 237 —\n\nrédacteurs du Gaulois, inculper Huysmans d'orgueil, lui donner de judi-\ncieux conseils d'humilité, d'utiles avis sur la direction orthodoxe de sa\nconscience!...\n    La surprise fut identique des deux parts, au surplus, devant une évolu-\ntion que l'on proclamait imprévue, comme si chacun des livres d'Huys-\nmans, depuis A Rebours, n'aiguillait vers ce but, ne portait les indices, les\nstigmates douloureux d'une préoccupation de plus en plus obsédante et\nvive, n'acheminait l'artiste vers cette fatidique conclusion, nécessaire et\nprédite.\n    L'art de Huysmans a été en continuelle ascension depuis ses débuts et\nEn Ménage, A Rebours, En Rade, Là-Bas sont, pourrait-on dire, les con-\nsécutifs chapitres de la monographie d'un personnage dont l'intellectualité\ns'élargit, à chaque étape, et s'épure. Et le phénomène est unique, sans\ndoute, d'une telle œuvre : l'histoire d'un cerveau, laboratoire de sensations,\nplutôt, d'abord, hanté de précises visions, analytiques et colorées, et où,\ngraduellement, les résultats accumulés de son assidue expérience engendrent\net propagent les hautes idées qui s'épanouissent dans En Route.\n    Épris de l'art roman et gothique, sous ses formes plastiques et musicales,\nl'admiration sans plus échoue à satisfaire Durtal ; une sorte de langueur,\n le regret d'une communion incomplète étiolent son plaisir; car, perçue,\n soupçonnée au travers ces signes magnifiques, la vérité qu'ils proclament\n inquiète et préoccupe sa contemplation. Certes, l'effusion radieuse et naïve\n des primitifs ; l'élan hardi, la témérité fière des architectures; le cri sup-\n pliant ou humilié du plain-chant; ces clochers, ces campaniles qui élèvent\n vers le ciel la visible prière perpétuelle, le laus perennis du monastère ou\n de la cité ; ces milliers de monuments prodigieux, chœur foudroyant et\n unanime agenouillé au pied de la Croix ; — toute cette vie, cet inépuisable\n génie dépensés n'ont pu mentir ni glorifier une imposture, et la flamme\n  inspirée qui s'allumait au front des maîtres du Moyen-âge et de la Renais-\n  sance darde et brûle encore aujourd'hui.\n   — « Seigneur, suppliait des Esseintes, Seigneur, prenez pitié du chrétien\nqui doute, de l'incrédule qui voudrait croire, du forçat de la vie qui\ns'embarque, seul, dans la nuit, sous un firmament que n'éclairent plus les\nconsolants fanaux du vieil espoir ! »\n   Cette clameur naufragée, cette incantation jaillie d'une âme en détresse\nne pouvaient rester sans écho; la créature qui les prononçait déterminait sa\npropre vocation : de ce germe devaient éclore, fatalement, les fleurs suaves\net violentes de la conversion...\n   Un émoussé à force de subtilité comme Bourget, sollicité par trop de\n"}, {"page_pdf": 269, "texte": "                                     — 238 —\n\n solutions et trop ingénieuses, restera toujours, quoiqu'il en ait, « un chré-\n tien de désir ». L'amère contrition n'est jamais assez poignante et ardue, la\n pensée ne s'arme jamais d'une assez exigeante rigueur, en des esprits de cette\n trempe, pour obliger leur indécision à un choix irréparable. Ils temporisent\n avec leur inclination, se contentent d'errer autour du temple, sous le péris-\n tyle, d'un pas respectueux, satisfaits des méritoires velléités pieuses qui enno-\n blissent et parfument leurs jours.\n     Mais, à une âme intransigeante, qui ne peut point ne pas aller jusqu'au\n bout, il ne saurait suffire de songer avec enthousiasme et onction à l'inégalée\n beauté du Catholicisme, à son rôle prépondérant depuis les âges premiers\n de cette ère, à la traînée miraculeuse de splendeur qui dénonce son passage\n à travers les siècles, à l'évidence métalogique de ses dogmes et que ses livres\n sont le réservoir de tout art — et de toute fortitude. Une telle religion esthé-\ntique ou littéraire, — aspiration polémique ou spéculative, — doit, ou se\ndétruire, ou entraîner bientôt la conviction de la nécessité efficace des rites\n et des sacrements et exclure, alors, la possibilité de s'y soustraire par lâcheté,\n indolence, respect humain ou en se leurrant d'illusoires scrupules...\n    La décisive démarche qui doit sauver Durtal de lui-même, le régénérer,\nmais aussi révolutionner son existence, désormais, régir ses actes, il l'effec-\ntue, à la fin, mais après quelles transes intimes, quelles luttes, quels débats\nopiniâtres entremêlés de rechutes et d'abominables angoisses...\n    Démoralisé, rétif à d'indubitables prémotions, à son instinctive tendance\nvers la conception qui rallierait tous les éléments épars, les notions disper-\nsées, les vœux contradictoires de son intelligence et de son cœur, — Durtal\natermoie, longtemps, comme retenu dans l'aître, sous le narthex de l'Eglise,\nau milieu des interdits et des catéchumènes, par des préjugés indécis, de\nvagues et tenaces mécréances, des vergognes...\n    Il craint, de plus, pour cette réconciliation, les paysages réfractaires, les\nsuggestions de son habitacle accoutumé ; les insidieux et démoniaques rap-\npels des habitudes dont, depuis si longtemps, il est le désolé prisonnier. Sa\nsusceptibilité maladive redoute, aussi, les heurts triviaux, les affligeantes\nrencontres qui, à Paris, le distrairont, terniront, à ses yeux, l'essentielle\nvertu des épreuves ; et davantage, d'échoir à quelque prêtre minutieux et\ncasuiste.\n    L'abbé Gèvresin, qui est à Durtal comme une seconde conscience, guérie\nde sa versatilité, courageuse et gaie, le dirige sur l'oasis espérée, le cloître\ndont l'exorable et pure atmosphère, l'égale et contagieuse ferveur apai-\nseront l'alarme de cette âme tourmentée.\n   Et sa mémoire associera, désormais, au souvenir de sa rénovation, celui\n"}, {"page_pdf": 270, "texte": "                                — 239 —\n\n\nde Notre-Dame de l'Atre, de cette cime de catholicité; de ces Trappistes,\nconfinés volontaires et magnanimes, ambitieux, seulement, d'humilité, qui\nont renoncé le périssable, le subalterne, le plausible, pour conquérir la joie\nperdurable et la paix indéfinie; — pour rendre leur abnégation digne de\nparticiper à l'incessante prière, au cantique ininterrompu des quelques justes\nmortifiés qui, sansdoute, sauvegardent encore Sodome, — cet affreux monde\ncvnique et gouailleur...\n                                                     ARNOLD GOFFIN\n\n\n\n\n                              SATAN\n                         MESSE D'ORGUEIL\n        Les stupides viveurs, l'imbécile vulgaire,\n        Les cœurs toujours vaincus par les tentations\n        Répandent sur la table ou boivent à plein verre\n        Le vin grossier de leurs banales passions.\n\n        Comme un prêtre à l'autel, séparé de la foule,\n        Seul dans la solitude effrayante du chœur,\n        Dans la musique sainte et dans l'encens qui roule\n        Un torrent de parfums où défaille le cœur,\n\n        Tandis que dans la nef tout un peuple en prière\n        Attend en frémissant l'holocauste sanglant,\n        En mes vêtements blancs ruisselants de lumière.\n        De mes mains où flamboie un calice aveuglant.\n\n        J'élève vers le ciel le vin de mes souffrances,\n        Le sang divin de ma divine passion,\n        J'élève en frissonnant sur les foules iminenses\n        Mon cœur, qui se déchire en son oblation.\n\n        Peuple, prosterne-toi ! C'est l'heure où Dieu se crée.\n        Ferme les yeux de peur de voir l'Esprit de feu !\n        Ma bouche a prononcé la parole sacrée\n        Et voici que mon sang et ma chair se font Dieu.\n\n       Et tandis que le monde épouvanté devine\n       Un mystère effrayant qui glace tous les cœurs,\n       Seul je mange ma chair de victime divine\n       Et seul je bois le sang de mes vastes douleurs.\n"}, {"page_pdf": 271, "texte": "                       — 240 —\n\n\n\n\n                     JOUVENCE\n\n« Peux-tu rassasier mon âme inassouvie ?\n   Peux-tu rendre la flamme aux cendres de mon cœur ?\n« O toi, mon dernier rêve et ma suprême ardeur,\n(, J'ai suspendu ma vie au charme de ta vie.\n\n« Envolez-vous, baisers de sa bouche ravie!\n« Elancez-vous, rayons de son regard vainqueur !\n« Que ton doux règne arrive, ô prince du bonheur !\n« La joie est ton esclave et la beauté t'envie ! »\n\nAinsi parle Psyché, qui retrouve ait détour\nDes chemins douloureux l'adolescent Amour\nAssis en souriant sur le bord d'un abîme.\nAh ! goûter dans tes bras l'espérance et la foi !\nAh! voir dans ma nuit naître une aurore sublime !\nAh! sentir sur mon cœur battre un cœur plein de moi!\n\n\n            LA CHANSON DES FORGES\n\nJe vous entends, clameurs redoutables ! O forges,\nFeux rouges allumés dans les pays chenus,\nVous grondez sourdement, pareilles à des gorges\nQue gonflent des jurons à demi retenus.\n\nQuand l'homme aveugle et fou croit dompter la matière,\nDans vos gueules de feu les malédictions\nRoulent sinistrement comme un lointain tonnerre.\nVous dites : Nous forgeons sans répit, nous forgeons,\n\nNous forgeons pour tes pieds le boulet et l'entrave,\nStupide humanité ! Nous forgeons les anneaux\nDes chaînes qui te font à jamais notre esclave.\nVa, travaille, halète, allume les fourneaux,\n\nConsume le charbon, fais ruisseler la fonte\nSur le sable fumant, bats, écrase le fer,\nTrempe des sabres, fonds des canons, blinde et ponte\nLes vaisseaux cuirassés qui mitraillent la mer,\n"}, {"page_pdf": 272, "texte": "                        — 241 —\n\nVa, martèle, martèle et construis sans relâche\nLes machines, qui mieux que les anciens donjons\nAsservissent le peuple et le font pauvre et lâche...\nStupide humanité, nous forgeons, nous forgeons\nLe travail monstrueux avec la maladie,\nNous forgeons la chlorose et l'abrutissement\nEt la haine et le meurtre et le rouge incendie\nEt l'émeute sanglante et le lourd châtiment.\nNous forgeons le destin de ta décrépitude :\nNous broierons tes enfants sous nos pilons de fer\nEn crachant vers le ciel tout tremblant d'hébétude\nLa suie et le charbon de notre affreux enfer !\nVois ! Dans l'azur souillé nos hautes cheminées,\nHampes des noirs drapeaux qui proclament ton sort,\nDéroulent sur l'horreur des landes calcinées\nLeurs étendards de deuil, d'esclavage et de mort !\n\n\n                       CHARITÉ\n\nEn se signant très bas ils disent : « Va, bamboche,\n          Moque-toi du Père et du Fils,\nAu fond des mauvais lieux porte à Dieu cent défis\n          Dans le blasphème et la débauche,\nAu nez de nos vertus chante et ris tout le jour,\n           Tapage, raille, fais des dupes,\nVide les larges brocs et chiffonne les jupes :\n           Nous rirons bien à notre tour\nLorsque nous te verrons, tout nu, parmi les flammes,\n           Rôtir, une broche à travers\nCe ventre, où grouillera comme un paquet de vers\n           Un peuple de démons infâmes !\nDe noirs Satans broieront tes membres dans leur groin ;\n          Ils tremperont dans tes prunelles\nLeurs ongles phosphoreux ; et leurs dents éternelles\n          Mâcheront ta langue avec soin.\nCrie, alors ! Pleure ! Hurle ! Eventés par les anges,\n           Nous chanterons avec les Saints :\n« Béni sois-tu. Seigneur, dans tes justes desseins !\n            « Les cieux sont pleins de tes louanges.\n"}, {"page_pdf": 273, "texte": "                       — 242 —\n\n« Ton équité punit l'immonde criminel\n           « Avec une force admirable\n« Et ta gloire apparaît quand on voit le coupable\n           « Brûler dans l'abîme éternel. »\n— Ainsi fleurit au cœur de ton peuple féroce,\n            O Christ, ta sainte charité !\nSaigne ! Saigne ! Ton sang remplit l'éternité\n            Sans étancher leur soif atroce.\n\n\n                   ROSES SAINTES\n\nLarges roses du soir, fleurs saignantes des ombres,\nMes souvenirs et mes désirs et mes remords\nFont un épais buisson fleuri de roses sombres,\nRouges comme l'amour et comme le remords.\nDans le silence ému du jardin de silence\nOù le rosier nocturne exhale ses parfums,\nLes roses de mon cœur, rouvrant leur cœur immense,\nRépandent dans la nuit leur sang et leurs parfums.\nLentement, longuement, mon regard triste plonge\nDans leur pourpre meurtrie afin de contempler\nLes songes d'autrefois au fond des fleurs de songe\nQue mon cœur douloureux se meurt de contempler.\n0 fleurs, rouges jadis des plus rouges tortures,\n— Lèvres, fièvres et feux de torches dans la nuit, —\nPareilles maintenant à des bouches obscures\nDont les derniers baisers s'effeuillent dans la nuit,\nLe rosier ténébreux lève ses fleurs géantes\nOù bouillonne le sang des royales douleurs\nEt de ce lourd bouquet de blessures béantes\nJaillit soudain un corps lumineux de douleurs.\nNeige avec un vin rose étrangement pétrie,\nLys qu'une aurore a teint de ses baisers vermeils,\nSa chair vierge, d'amour et de grâce fleurie.\nDans ses pieds et ses mains ouvre des trous vermeils.\nEt le front, le front clair, percé de mille épines,\nQue les ronces de pourpre ont couronné de sang.\nFleurit comme un buisson fou de roses divines\nGoutte à goutte effeuillant leurs pétales de sang.\n"}, {"page_pdf": 274, "texte": "                        — 243 —\n\nSous le ciel indulgent la chair luit, le sang coule !\nAimons! Pleurons! Prions! Sous la chair j'ai vu Dieu.\nMes désirs, mes remords, mes souvenirs en foule\nSe meurent sous les pieds rédempteurs de mon Dieu.\n\n\n                         SATAN\n\nDans le caveau d'or sombre étoile d'émeraude\nL'Idole sur l'autel dresse sa nudité.\nD'énormes fleurs de feu, rouges de volupté,\nLèchent ses pieds lascifs de leur corolle chaude.\n\nSous la voûte, où l'encens comme un nuage rôde,\nLuit l'œil fauve et mugit le muffle ensanglanté\nDe celui qu'en pleurant le monde épouvanté\nAppelle Dieu du Meurtre et Seigneur de la Fraude.\n\nMais vainqueur des vertus, des dégoûts et des peurs,\nPour réduire à merci les cerveaux et les cœurs\nQue l'éternel secret des luxures fascine,\n\nL'archange noir, bandant tous ses muscles velus,\nCambre ses reins honteux, son ventre et sa poitrine\nHérissés d'un fouillis monstrueux de phallus.\n\n\n                      MON FILS\n\nPar les lugubres nuits sans espoir, où j'écoute.\nDans mon lit solitaire, âpre, stérile et froid,\nD'où le divin sommeil est banni par l'effroi,\nMon cœur, mon cœur blessé, qui saigne goutte à goutte;\n\nPar les jours désolés de torture et d'amour,\nOù le désir cruel, brisant ses vaines roses,\nEnfonce dans les chairs des épines moroses\nDont le noir poison brûle et glace tour à tour ;\n\nPar les moments bénis, par les heures trop brèves.\nOù les chagrins, laissant leur fouet pendre au côté,\nA ccordent la furtive et chaste volupté\nDe cueillir quelques lys au doux jardin des rêves';\n"}, {"page_pdf": 275, "texte": "                       — 244 —\n\nQuand les sens, abreuvés d'un dégoût plus amer\nQue l'absinthe et le fiel, maudissent la nature;\nQuand portant sa pensée ainsi qu'une blessure\nL'âme implore les cieux interdits à la chair ;\n\nQuand la terre apparaît comme un charnier immonde\nOù la vertu pourrit à côté, de la foi,\nJe pense à toi, le cœur en feu, je pense à toi,\nO mon fils idéal qui n'es point de ce monde !\n\nEnfant trois fois heureux, qui ne vis qu'en mon    cœur,\nEnfant que nul péché ne forcera de naître,\nDans mon rêve ébloui, qui seul te donne l'être,\nTu rayonnes d'amour, de joie et de bonheur.\n\nJe te vois tout mignon, mêlant tes boucles blondes\nAux rayons chaleureux et dorés du soleil,\nDansant parmi les fleurs comme un oiseau vermeil\nEt ravissant les bois de chansons vagabondes.\n\nTu ris d'un rire clair, qui réjouit l'azur;\nTes baisers radieux s'en vont à tire-d'ailes\nAux quatre coins des deux comme un vol d'hirondelles;\nTes yeux d'ange sont bleus comme un ciel toujours pur.\n\nPuis, je te vois plus beau que les beautés célèbres,\nEphèbe éblouissant de grâce et de fierté,\nLumineux de noblesse et de sérénité\nComme un jeune soleil qui se rit des ténèbres.\n\nBeau jeune homme, mon fils, ô mon royal enfant.\nVigueur divine, corps de marbre, cœur de flamme,\nEn ton âme fleurit le plus pur de mon âme\nEt tu fais rayonner mon rêve triomphant.\n\nTu sauras accomplir ce que je n'ai pu faire.\nTu ne seras qu'amour, clémence et charité.\nTu prêcheras sans peur l'ordre et la vérité\nN'exposant que toi-même aux coups de l'adversaire.\n\nTa bouche adoucira les maux les plus amers ;\nTa bonté calmera le plus brûlant supplice ;\nTon plaisir le plus cher sera le sacrifice ;\nTu sauveras les cœurs ! Tu sauveras les chairs !\n"}, {"page_pdf": 276, "texte": "                        — 245 —\n\nAh! je te vois si beau, si sublime et si tendre\nQue je pleure d'amour en t'appelant tout bas.\nIl me semble parfois que tu me tends les bras\nEt que du haut des cieux vers moi tu veux descendre.\n\nLes lèvres des désirs m'environnent de feu !\nJe sens frémir en moi l'avenir qui veut vivre.\nVivant, te voir vivant ! Oui, la terre m'enivre !\nEt je veux te faire homme, ô toi qui n'es qu'un dieu !\nMais quoi, pour quelques jours d'une égoïste ivresse\nf oserais (arracher au bienheureux néant\nEt te précipiter, sous l'azur  effrayant.\nDans l'horreur de ce monde et sa noire détresse?\n\nJ'oserais engendrer avec ton corps chéri\nLes germes d'où naîtront tes futures  souffrances,\nTes larmes, tes sanglots et tes désespérances\nJetant aux cieux muets leur inutile cri ?\n\nQuoi ! je te livrerais aux douleurs de la terre ;\nf incarnerais en toi les maux de l'univers ;\nJ'offrirais aux démons ton sang pur et tes chairs\nInnocentes, ô ma victime involontaire,\n\nEt je pourrais prévoir sans mourir de remord\nTon pauvre cœur brisé, brûlé de mille fièvres,\nTes pauvres yeux en pleurs, tes pauvres douces lèvres\nSaignant sous les baisers féroces de la Mort ?\n\nAlh ! reste en la lumière exquise de mon rêve.\nFils de mes rêves, pur enfant de l'idéal !\nDemeure inviolé dans ton beau ciel natal,\nOù, pour te saluer, ma prière s'élève !\n\nReste dans les clartés ! Reste dans les splendeurs !\nEt qu'au plus haut des deux un concert de louanges\nRassemble autour de toi les plus aimants des anges,\nT'offrant leur cœur d'étoile et leurs fières candeurs !\n\nMon art miraculeux de poète et de mage\nSaura créer pour toi des prodiges divers\nEt t'offrir un féerique et sublime univers\nOù seule régnera ta merveilleuse image.\n"}, {"page_pdf": 277, "texte": "                                  — 246 —\n\n       Le désir ni l'ennui n'y pourront pénétrer.\n       Un sourire sans fin fleurira dans les roses.\n       L'éternelle beauté des essences des choses\n       Cherchera ta pensée et viendra s'y mirer.\n\n       Ainsi, fils de mon âme extatique et ravie,\n       A jamais à l'abri de la réalité\n       Tu m'attendras au sein du rêve illimité,\n       O toi que j'aime trop pour te donner la vie !\n                                                         IWAN GILKIN\n\n\n\n\nA PROPOS D'UN LIVRE NOUVEAU\n                          Un Chant dans       l'ombre.\n\n              I1 est beau, ce titre d'un beau livre, qui vient nous consoler des\n                platitudes emphatiques et des incohérences calculées dans\n               lesquelles il faut verser aujourd'hui pour attirer l'attention de\n                la foule. Un chant dans l'ombre, oui, comme l'ardente et\ndouce élégie du rossignol dans la nuit : on ne voit pas l'oiseau, et c'est\ncomme un cœur solitaire qui célèbre la splendeur des choses et la divine\ntristesse de l'Amour. Un chant dans l'ombre, oui; un chant dans l'obscurité\nfièrement acceptée, dans cette obscurité qu'en cette misérable époque de\ncabotinage le poète respectueux de la beauté pure amasse naturellement\nautour de lui. Un chant dans l'ombre, parce qu'il est trop simple et trop\npur pour frapper les oreilles gâtées, mais un acte d'adoration exempt de\ncolère et de haine, parce que — selon la profonde parole de Gœthe — le\npoème, lorsqu'il est parfait, porte en lui-même sa récompense.\n   Naguère, lorsque l'art occupait dans la cité la place à laquelle il avait\ndroit, lorsqu'il était le rêve commun de tous les acteurs de la vie ancienne,\net non la fantaisie individuelle, poussée jusqu'à la déformation et la cari-\ncature, de quelque misérable vaniteux, lorsqu'il était, au sens primitif du\nmot, une religion, c'est-à-dire un lien entre l'esprit et le cœur des hommes,\n— ce n'était pas dans l'ombre qu'on chantait. Quand Cimabuë eut achevé\nde peindre la Madone de Santa Maria Novella, son œuvre, rapportent les\nchroniqueurs, « excita l'émerveillement de tous, au point qu'on mena le roi\nd'Anjou dans l'atelier, que toutes les femmes et tous les hommes de Flo-\nrence accoururent en très grande fête, avec la plus grande affluence de\n"}, {"page_pdf": 278, "texte": "                                  — 247 —\n\nmonde, et que le tableau fut porté de la maison de Cimabue à l'église en\ngrande pompe, avec trompettes et procession solennelle. » Taine a consacré\nd'admirables pages à expliquer comment, à la suite de quelles transforma-\ntions de la cité, l'art n'est plus le lien sacré des âmes. Le poète aujourd'hui\nn'a plus sa place marquée entre le prêtre et le soldat. Il ne chante plus que\npour quelques esprits d'élite, capables de partager son rêve, et son génie\ns'atteste, non plus par les démonstrations na'ives d'un peuple, mais par le\nculte discret qui lui est rendu, de génération en génération, par une poi-\ngnée de fidèles, perdus dans la tourbe indifférente ou hostile. Le jugement\nde la postérité, comme l'a dit magnifiquement Théodore de Banville, n'est\nque l'éternel écho du cri d'admiration poussé de siècle en siècle par quel-\nques voix dévouées à l'œuvre.\n    Cette solitude est dangereuse pour les esprits faibles, incapables de sacrifier\nà la dignité de leur art les satisfactions d'amour-propre que le talent obtenait\nnaguère naturellement, et par surcroît. Loin de renoncer aux pompes de\nla vanité, et d'entrer dans leur art comme dans un couvent, on les voit,\nhélas! courir le monde à la poursuite d'une fausse gloire, et pour attirer\nl'attention d'une foule qu'ils méprisent en l'adulant, forcer leur génie, tra-\nvestir leur âme, se prostituer à la mode et, dérision suprême, accepter\nl'admiration des imbéciles comme si elle entraînait le don de l'immortel\nlaurier. Lamentables défaillances, qui font du poète le valet de toutes les\ncauses et le bouffon de la reine du monde, la Bêtise au front de taureau !\n    Mais si cette solitude est dangereuse pour les esprits faibles, elle est\ndouce, bonne et maternelle à ceux qui ont prononcé leurs vœux de fidélité\nà l'idéal. L'ombre rend plus belle et plus pathétique la voix du chanteur.\nJamais elle ne m'a ému comme aujourd'hui, cette voix chère du Lys et du\nDon d'Enfance. L'œuvre récente de M. Severin semble venir à son heure\npour nous consoler du naufrage où notre jeune poésie française est en passe\nde sombrer, et pour donner aux nouveaux venus un lumineux et nécessaire\nexemple.\n    Employer les mots de tout le monde dans leur sens exact, répudier non-\nseulement tout néologisme, mais toute expression capable de rompre la\nligne ou d'altérer la musique de la période, respecter la prosodie classique,\n pousser l'indifférence envers la mode nouvelle jusqu'à l'usage presque\ncontinuel de l'alexandrin, et se révéler poète à la fois spontané et savant,\n n'est-ce pas démontrer la vanité et le ridicule des prétendues réformes que\n l'on rêve d'imposer au Parnasse français?\n    Ecoutez-le, le chant dans l'ombre, « ce chant simple et nouveau comme\n le bruit des feuilles », et vous comprendrez que, l'ayant chanté, M. Fernand\n"}, {"page_pdf": 279, "texte": "                                   -   248   -\n\n\nSeverin ne s'inquiète guère de l'avenir. Il est de ceux dont le nom est mûr\npour la lente gloire mesurée aux poètes, et qui ont le droit, dans les pires\ntraverses, de répéter le mot de Charles-Albert après Novare : \" J'attends\nmon astre. \"\n                                                      ALBERT GIRAUD\n\n\n\n\n                          ASPIRATION\n                                 L'œil était dans la tombe et regardait Cain.\n                                                             VICTOR HUGO.\n\n       Et Cain ordonna d'ôter la lourde pierre\n       Dont la fosse était close. Il fit venir Tsilla.\n       Et quand l'enfant lui dit : « Mon père, me voilà »,\n       Cain fit apporter une amphore d'eau claire.\n       « Prends cette eau; verse-la sur ma main meurtrière!\n       Verse-la sur mon front que le crime souilla,\n       Sur mon cœur que l'horreur du remords affola!... »\n       Tsilla fit couler l'eau sur le front de son père.\n       Agenouillé dans la fosse sombre, Cain\n       Priait avec ferveur, silencieux, afin\n       Que la Bonté divine éloignât l'anathème.\n       Et comme les enfants, en l'instant solennel,\n       Demandaient à l'aïeul : « Pourquoi donc ce baptême ? »\n       — « Pour que Cain, dit-il, devienne un autre Abel! »\n\n                                                          J U L I E N ROMAN\n\n\n\n\n           DESCENTE DAMATRICE\n             Ciel! s'écria-t-il; la vicomtesse de Margarine!\n                  C'était elle, en effet, qui tombait, la tête la première, de la\n              nacelle du Trafalgar, tandis que le ballon, délesté de cent\n               soixante-dix livres et six onces, rebondissait dans les airs.\n   Pauvre femme, fit le baron du Trac, en essuyant son lorgnon.\n   Le petit Kipkap enfla ses joues, tendit la lèvre inférieure et émit un son\nléger qui signifiait : « Que voulez-vous que j'y fasse? »\n"}, {"page_pdf": 280, "texte": "                                 — 249 —\n\n   Cependant Mme de Margarine gisait dans une gouttière. Un officier de\n police, qui observait l'accident du coin de l'œil droit (il s'était crevé l'œil\ngauche en y introduisant par mégarde une pince de homard) se demanda\npendant un quart d'heure s'il n'eût pas été de son devoir d'arrêter l'infor-\ntunée dans la chute; réflexion faite, il conclut que l'affaire concernait plutôt\nla douane et il reprit ses cent pas entre le réverbère 2134 et le chalet de\n« nécessité ». La gouttière n'avait plus été réparée depuis le 11 juin 1869,\nnéanmoins la décharge fonctionnait régulièrement. M me de Margarine\néchappa donc au danger de se noyer sur un toit. Elle s'était d'ailleurs fra-\ncassé le crâne en heurtant une cheminée.\n   Le petit Kipkap avala son vermouth et fit remarquer au baron le groupe\nde badauds sympathiques qui regardaient en l'air. Quelques-uns se trom-\npaient de gouttière, mais leur intention était bonne. Un peu à gauche, au\ncinquième, trois pots de géranium derrière un treillage vert rougissaient\nune fenêtre basse, et dans une cage de laiton criait un perroquet gris. Si la\nbonne dame fut tombée de ce côté, elle eût pu tuer l'oiseau, dont le pro-\npriétaire s'enorgueillissait d'avoir obtenu jadis un quatrième accessit dans\nla classe de clarinette.\n   Il faisait très chaud. Le baron soupira et regarda le petit Kipkap qui\ns'épongeait; tout à coup il se rappela qu'il avait promis à sa belle-sœur de\nlui acheter un ananas.\n   Le propriétaire du perroquet jouait « J'ai du bon tabac » puis l'ouver-\nture du Tannhœuser. En ce moment la gouttière céda et Mme de Marga-\nrine tomba sur un colonel d'artillerie qui sortait d'un fiacre.\n   M. du Trac y monta. Cinq semaines plus tard le Trafalgar abordait la\nTour Eiffel.\n                                                   PIGNOLLE DUFRANE\n\n\n\n                        HÉRODIADE\n                                                        Pour JULIEN ROMAN.\n\n\n        La Juive, au cœur muet, se regarde et s'admire\n        Dans le disque d'argent qu'une esclave soutient\n        Et, dans l'air alangui, flotte un parfum de myrrhe.\n\n        Dans son méchant regard, la haine du Chrétien\n        Jette un éclair qui parle au miroir... Et les femmes\n        N'osent bouger, de peur de troubler l'entretien.\n"}, {"page_pdf": 281, "texte": "                      —       250\n\n\n\n« Dans ce crâne maudit qu'au matin nous coiffâmes,\nPensent-elles à part, dans ce cœur vicieux\nQuel crime germe encore en quels projets infâmes? »\n\nMais la Reine a dardé le dédain de ses yeux\nSur ses gens : d'un seul mot, calme et dur, elle ordonne\nQu'on pare sa beauté de bijoux précieux.\n\nSa jeune esclave maure, au sourcil qui charbonne\nUn trait bien dessiné sur un teint de citron,\nApproche ; Hérodiade, à ses mains, s'abandonne.\n\nLes doigts, respectueux de crainte d'un affront,\nAdornent de joyaux la cruelle maîtresse\nQui tend indolemment son oreille ou son front.\n\nL'enfant vient de nouer à la dernière tresse\nLe dernier des fils d'or; et la Juive, en bâillant,\nDans les satins froissés accoude sa paresse.\n\nPar un trou du velum, le soleil rutilant,\nPareil au trait que l'arc a jeté vers la cible,\nLance le rouge éclair d'un rayon insolent.\n\nIl frappe Hérodiade et la trouve impassible.\nElle a, dans le regard, un feu plus infernal :\nTout un soleil de haine, un astre immarcescible !\n\nQue lui f ait le ciel pur en son manteau vernal;\nQue lui f ont le velours, la soie ou la batiste;\nLe nacarat pompeux ou le rose banal ?\n\nQue lui font, maintenant, le jade ou l'améthyste;\nQue lui feraient les biens des Dieux dépossédés?\nElle n'a qu'un désir : ta tête, ô Jean-Baptiste.'...\n\nLes assassins, entre eux, l'ont dû jouer aux dés !\nSalomé leur a dit à combien on la prise.\nMais la moitié, déjà, les aurait décidés!\n\nEt, la Reine, de meurtre et de sang chaud éprise,\nD'un bond se redressant, arrache, au négrillon\nQui la rafraîchissait, l'éventail quelle brise!\n"}, {"page_pdf": 282, "texte": "                         — 251 —\n\n\nCar, dans le même instant, du fond du pavillon,\nHors du couloir obscur dont le rideau se tire,\nAvance un corps humain, muscle comme un lion.\n\nEt, dans ses bras velus comme ceux d'un satyre,\nIl porte un plat d'émail où, du Saint exécré,\nDans un liquide noir, dort la tête martyre!\n\nHorreur! Avec des cris, sitôt qu'il est entré,\nEclaboussé du sang maculant sa tunique,\nLes esclaves ont fui. Mais l'homme s'est carré!\n\nIl s'arrête à deux pas de la Juive cynique,\nEt, superbement fier, lui tend le plat fatal...\nEt la Reine, au saint Jean, rit d'un air satanique!\n\nC'est pour lui que, parant son galbe oriental,\nFlambe dans ses cheveux l'orgueil des pierreries,\nSonnaillent à son cou les anneaux du métal!\n\nC'est pour mieux l'insulter! Et, sous les draperies\nEncadrant de leurs plis l'éclat de sa beauté,\nSes gestes frémissants font chanter ses soieries.\n\nSes seins durs et neigeux, dérobant leur clarté\nSous le voile, dont vit la blanche mousseline,\nPalpitent! comme aux nuits d'exquise volupté...\n\nSon corps victorieux, en sa grâce féline,\nSe cambre avec hauteur et superbe mépris!\nSon corps ensanglanté du soleil qui décline.\n\nLentement, le visage éclairé d'un souris,\nAinsi qu'une panthère à la croupe mouvante\nElle s'avance vers la tête mise à prix.\n\nQuand, soudain, arrêtant sa démarche arrogante,\nLa Reine, avec effroi, recule en blêmissant!\nEt, sur le front du Saint, fixe un œil d'épouvante :\n\nCe front   s'auréolait   dans les vapeurs du   sang!...\n\n                                           C H A R L E S VIANE\n\n                                                           16\n"}, {"page_pdf": 283, "texte": "                                  — 252 —\n\n\n\n\n          CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  Aréthuse, par H. DE RÉGNIER. — En symbole vers l'Apostolat, par MAX ELSKAMP. —\nRêves blancs, par AD. BOSCHOT. — Horizons, par PAUL VÉROLA. — Les Egarées, par\nCHARLES VIANE.\n\n\n\n\n               La qualité maîtresse de M. H. de Régnier est la noblesse. La\n                distinction correcte et réservée qui marqua, au XVIIe siècle,\n                la littérature de cour, se retrouve en le poète d'Aréthuse. 11 a\n                le mot académique, la phrase pompeuse, la conception élevée.\nl'exécution froide. Ni désordre, ni inspiration folle, ni mouvement, ni\ncris. Il a le sens antique de la ligne harmonieuse et pure.\n   Le souvenir du vieux régime, où l'on ne songeait guère encore à la per-\nsonnalité, mais à la beauté, l'a détourné de l'autobiographie lyrique. Il songe\nbien plus à de nobles fresques ; et s'il parle de lui-même, il voilera le sens\nclair et brutal des aveux sous des symboles magnifiques. C'est à cette pudeur\nhautaine que l'on doit les décors fastueux et fleuris qui prolongent par delà\nles pages des Episodes des horizons merveilleux d'or et de pierreries.\n   C'est encore la noblesse qui oblige H. de Régnier à montrer de la défé-\nrence envers les écrivains en vue, réformateurs ou conservateurs, roman-\ntiques ou classiques, parnassiens ou verslibristes. Il se doit à la vieille poli-\ntesse française et accueille tout le monde avec courtoisie. Aussi a-t-il\ndéjoué les subtilités rares de Stéphane Mallarmé; il sait, sous l'imagination\nriche et touffue de Villiers, retrouver l'idée hégélienne; J.-M. de Hérédia\nlui apprit à chérir la Grèce et Rome.\n   Il n'a pas témoigné moins de courtoisie envers les étrangers en acceptant\nl'esthétique américaine de Walt Whitman que Vielé-Griffin lui apportait\ndans un papyrus classique.\n   Sa philosophie même est aristocratique. Les choses extérieures ne sont\nque des emblèmes. « On n'existe qu'autant qu'on s'imagine et c'est en nous\nque réside notre éternité », écrit-il dans le Bosquet de Psyché. C'est presque\nla fierté hautaine d'Axel, s'écriant : « Vivre? les serviteurs feront cela pour\nnous. »\n   Parmi tous les étrangers qui forment actuellement la jeunesse littéraire\nde Paris, H. de Régnier apparaît comme le seul vraiment Français.Ila\nhérité de l'esprit pondéré et harmonieux de sa race et de ses qualités clas-\nsiques. On pourrait, pourtant, lui reprocher d'avoir accueilli avec trop de\ncomplaisance ceux que Goethte appelait les barbares. Leur influence,\nen effet, paraît lui avoir été défavorable en compromettant ses dons\n naturels.\n"}, {"page_pdf": 284, "texte": "                                 — 253 —\n\n\n    Si un écrivain, désigné par les Muses, devait échapper à la prose saccadée\nqu'on a vainement dénommée vers libre, c'était bien H. de Régnier. Nous\nne trouvons chez lui nulle trace de passion houleuse et débordante; l'intelli-\ngence maîtrise le sentiment. Pourquoi voulut-il chercher des rythmes nou-\nveaux, c'est-à-dire des traductions de mouvement, alors qu'il concevait le\nmonde plus haut que la vie réelle ondoyante et rapide ?. Il devait, en outre,\nsavoir qu'une prosodie, basée exclusivement sur l'harmonie du nombre des\nsyllabes, était impuissante à fournir des combinaisons indéfinies.\n    Qu'un Américain comme Vielé-Griffin, qu'un Sémite comme Kalm, qu'un\nGrec comme Moréas, qu'un Niederdeutsch comme Verhaeren, qu'une Kry-\nsincka, qu'un de Souza détruisent l'instrument poétique de la nation qui les\na accueillis, il n'y a là rien qui doive surprendre. Les Romains de la déca-\ndence virent de même leur littérature envahie et disloquée par les barbares.\nMais lorsqu'un Français de race aide les étrangers à détruire sa propre\nlangue, nous manifestons quelque étonnement.\n    A l'heure actuelle la France semble vraiment ignorer sa situation. Elle\nsubit une invasion bien plus terrible qu'une invasion territoriale. C'est son\nesprit, l'essence même de sa vie qui est menacée. Trop faible pour s'assi-\n miler les œuvres étrangères et les transformer, elles les subit passivement.\n Elle n'a plus la force de dominer; son génie se meurt, sa personnalité\n disparaît. La France qui avait été choisie par le Destin comme la gardienne\n sacrée de la beauté antique, de la clarté et de l'harmonie n'a plus conscience\n de sa mission.\n     Le flambeau radieux qui brilla tour à tour à Athènes, à Rome, à Flo-\n rence, à Paris, s'éteint peu à peu. Le courant transporte vers le nord\n la lyre divine d'Orphée. Déjà l'Angleterre, se substituant à la France,\n s'efforce de recueillir le noble héritage classique; et, chose bizarre, les plus\n vives protestations en faveur de l'art pur, c'est ici, dans cette même Jeune\n Belgique qu'elles se sont élevées.\n      Nous n'ignorons pas que l'histoire des lettres françaises a été plusieurs\n  fois marquée par des crises d'exotisme ; mais ces crises étaient le plus sou-\n  vent alors limitées à la cour. Aujourd'hui le mal est plus profond et plus\n  étendu.\n      Nous regrettons que M. H. de Régnier qui, par ses qualités naturelles,\n  était tout désigné pour s'opposer à l'envahissement de l'étranger, se soit\n  mis à la remorque des destructeurs de la langue française. Nous le regret-\n   tons d'autant plus que son talent a perdu, sous des influences néfastes, de\n   sa force et de sa clarté. Jadis, la vision du poète des Episodes était nette et\n   précise; actuellement, entraîné par le bavardage irraisonné du vers libre,\n   il ne parvient plus à condenser sa pensée, Tandis qu'avec les fils d'or de\n   l'alexandrin il tissait de splendides tapisseries, avec l'écheveau brisé et\n    confus du vers polymorphe il ne parvient plus à tracer des lignes amples et\n    harmonieuses, il ne sait plus fixer les contours exacts de ses images ; elles\n     ont. informes et décolorées.\n       Comparez la brillante description du Verger dans les Episodes avec ces\n     fragments de l'Homme et la Sirène dans Aréthuse :\n"}, {"page_pdf": 285, "texte": "                                  — 234 —\n\n               Mais moi, je sais la Mer !\n               Elle est douce, aujourd'hui sous les étoiles\n               Qui déclinent et les agrès geignant tout bas.\n               Le long des voiles;\n               Le vent est tombé et le navire est las\n               Et tous dorment et tout est calme\n               Et celui qui connaît le vent et la marée\n               A prédit la nuit belle à la nef ancrée\n               Et c'est en chantant qu'on a levé les rames ;\n               Car l'homme qui connaît la face des nuages\n               A fait signe en riant à qui barre à la proue.\n               Fou donc qui veille, et qui dort, sage?\n               Et moi seul je veille et j'écoute\n               Debout à la proue et moi seul\n               A travers mes songes j'y vois clair,\n               Et moi seul\n               Je sais la mer.\n               Toute la mer,\n               Et qu'il y a des Sirènes sur la mer !\n   T o u t est ainsi flou et indéterminé : aucune arrête vive, aucun tracé appa-\nrent. Les riches joyaux du poète ne sont plus que des pierres délavées.\nAdmirablement sertis et mis en relief dans le vers régulier, les mots\nacquièrent une signification lumineuse ; ils frappent bien plus vivement\nl'imagination ; et, perdant la souillure causée par l'emploi journalier et tri-\nvial, ils revivent d'un éclat surnaturel en montrant dans toute leur pureté\nles idées qu'ils représentent. Mais dans cette prose hachée aucun détail ne se\ndétache ; le flot rapide de la phrase entraîne trop vite les paillettes d'or qui\nauraient brillé dans un immobile bassin.\n   L'Homme et la Sirène qui forme la deuxième partie d'Aréthuse est, à\nnotre avis, une tentative malheureuse. M. H . de Régnier, que nous avons\nen haute estime, comprendra et excusera donc notre sévère sincérité. Revê-\ntant toutes ses pensées de symboles fleuris, possédant surtout une admirable\nvision plastique, il semblait devoir échapper au délire passionnel qui préside\nà la confection des vers libres. Ce n'est guère un déclamateur, un émo-\ntionnel exaspéré qui ne se possède plus. Aussi surprend-il quand il se laisse\naller au verbiage sans mesure et sans raison des prétendus innovateurs.\n Espérons que ce n'est là pourtant qu'une expérience. Mais, dans quelques\nannées, — et la réaction s'annonce, — lorsque le vers-librisme aura eu le\nsort du pointillisme en peinture, M. H . de Régnier, considérant tout le\nlabeur dépensé en pure perte, regrettera d'avoir suivi une mode passagère\net, ce qui est plus grave, de s'être laissé entraîner à une impardonnable\nerreur esthétique.\n  Mais pourtant une influence, déjà ancienne, semble avoir été salutaire\nau poète des Episodes et porte encore ses fruits: Je veux parler de l'influence\nde .T.-M. de Hérédia.\n  Cet écrivain, qui fut peut-être, avec Chénier et Banville, le plus pénétre\nde l'esprit gréco-latin, lui fit aimer cette beauté qu'aucune contraction\n"}, {"page_pdf": 286, "texte": "                                — 255 —\n\nhumaine ne vient troubler. Par la seule forme il parvenait, comme les pro-\ndigieux artistes du siècle de Périclès, à traduire l'essence même du beau,\nl'harmonie parfaite. H. de Régnier fut pénétré de cette flamme radieuse, et\ndans sa dernière œuvre elle jette encore un vif éclat.\n   Aréthuse se compose de petits poèmes antiques, transformés et souvent\nheureusement adaptés. Nous y retrouvons les anciennes qualités du poète,\nmais influencées par les formules nouvelles. C'est ainsi que l'écrivain se\nsert très fréquemment de l'assonance. C'est là, croyons-nous, une erreur\nbasée sur la confusion du langage parlé et du langage écrit.\n   Au moyen âge, on ne concevait le poème que récité à haute voix. Les\nacteurs des Mystères ou les trouvères psalmodiaient des vers, approximati-\nvement rimes et le rythme qu'ils faisaient valoir par l'accentuation suppléait\nà la rime. Mais lorsque le livre imprimé eut mis directement sous les yeux\nles productions poétiques, il se forma peu à peu une esthétique nouvelle.\nL'oreille ne fut plus seule juge ; la vue aussi eut sa part. C'est même ainsi\nque l'on tomba dans l'excès contraire et que l'on rima pour l'œil. Ces deux\nextrêmes sont évidemment des défauts; l'oreille et l'œil, puisque nous nous\ncontentons aujourd'hui de la lecture mentale, doivent être également\ncharmés. M. H. de Régnier, qui écrivit de très beaux sonnets, doit s'être\nbien certainement rendu compte de la valeur esthétique de l'impression\ntypographique.\n   Pour être logiques, les poètes qui se servent de l'assonance, ne devraient\npas faire éditer leurs œuvres, mais bien s'en aller les réciter sur les places\npubliques comme les chanteurs de complaintes.\n\n\n\n  I1 est bien entendu que M. Max Elskamp est le naïf mystique des\nFlandres.\n   Le Mysticisme est à la mode. Tolstoï, Huysmans, Maeterlinck, voire\nRichepin et Demolder sont des mystiques. Depuis Lourdes, Zola est sur son\nchemin de Damas. Dernièrement, au cours d'une joyeuse fumisterie publiée\npar un Sapec britannique dans le Daily Chronicle, Em. Verhaeren était\nappelé mystique; ne désespérons donc pas de voir Armand Silvestre lui-\nmême bientôt béatifié et résignons-nous à cette nouvelle plaie : l'invasion\ndes mystiques.\n   La formule du mysticisme moderne est des plus simples :\n   Soyez niais à faire bêler tous les moutons de Panurge; accomodez\nquelques refrains archaïques ; commencez vos couplets par « I1 était une\nfois»; multipliez par trois ou par sept, et surtout — c'est essentiel —\nparlez nègre. Vous n'aurez dès lors plus rien à envier au bienheureux\nJunipère.\n   M. Max Elskamp qui, à ses débuts, intéressa la critique par ses qualités\net par ses défauts, s'est appliqué surtout à développer ces derniers. Il est\narrivé, sans contredit, à une certaine maîtrise. Dans son En symbole vers\nl'apostolat qui fait suite aux Salutations, dont d'angéliques, il balbutie\n"}, {"page_pdf": 287, "texte": "                                   — 256 —\n\navec une béate et sénile onction des mots incompréhensibles qui s'enchaî-\nnent au petit bonheur de leur sonorité. Cela rappelle les jeux de l'enfance\noù le plus nigaud de la bande pleurniche des rondes comme celle-ci, tandis\nque tous les petits Bobs gambadent en rond :\n                       Ron, ron, ron,\n                       Petit   patapon.\n                       Les gendarmes sont sur le pont\n                       Qui pèchent de gros poissons\n                       Pour Madame de Salomon\n                       Salomi.   Saloma,\n                       A cul plat.\n\n   Comme « louange à la vie selon l'amour... etc. » et pour mieux entrer\ndans le royaume des cieux, M. Max Elskamp s'est fait petit enfant. Il a\nrajeuni le gâtisme. On dirait qu'il a cinq ans et que Louis Delattre l'a\ngorgé d'une panade lénitive, en lui tapotant maternellement dans le dos ;\net, la langue grosse, à moitié étouffé, il pousse des petits cris d'oison\nhilare :\n                     Or, c'est beau temps et sans adieu.\n                     Automne et riez les dents blanches.\n                     Et mes paniers faites au mieux\n                     Dans les greniers où c'est dimanche\n                     De choses chères aux gens vieux\n                     Qui s'en vont comme sous des branches,\n                     Des    Louises-bonnes-d'Avranches,\n                     A tous mes Bons-chrétiens     pieux\n                     Prendre soin avec leurs mains blanches.\n\n  Comme on voit, un mystique à quelquefois de l'esprit. Avec une naï-\nveté de jeune pingouin il essaye quelques calembours pomologiques. Une\npoire qui s'appelle le Bon-Chrétien-William ! N'est-ce pas à vous faire\nfondre le cœur de béatitude ! Vous ou moi eussiez préféré, peut-être, la\nGrosse-Cuisse-Madame ou la Joséphine de Malines. On voit bien là que\nvous n'êtes pas des mystiques. Un mystique doit avoir un grenier où c'est\ndimanche, rempli de cette espèce pieuse et déglutiner des vers comme\nceux-ci :\n                      Car voici qu'enfin, tout est consommé\n                      Dans ma pauvre vie allée en fumées\n                      Au jour le jour des larmes et du rire.\n                      Mais que je n'ai sue comme il fallait  dire.\n                                   R.     I.   P.\n\n\n\n   Nous avons déjà, dans une récente chronique, parlé d'Ad. Boschot,\n à propos de Faunesses et Bacchantes et de Matin d'automne.\n   Nous devrions nous répéter à propos de son dernier livre, Rêves blancs.\n"}, {"page_pdf": 288, "texte": "                                 -    257-\n\nAd. Boschot est doué d'une âme rêveuse et langoureuse et veut souvent\nfaire l'ange. Malheureusement chez lui, l'artiste n'est pas à la hauteur du\npoète. Son œuvre est remplie de scories comme celles-ci :\n                                          ... tu souriras\n               Et m'envelopperas d'un regard de madone,\n               Connue la Vierge fait a Jésus dans ses bras.\n\n Ou bien\n               Puis, très lente, sa voix triste m'a fait couler\n               au cœur l'enivrement d'une boisson amère.\n  D'autre part, quel sens pouvez-vous donner a une pareille strophe?\n                   D'autres sont faits pour le mystère;\n                   Ce sont les seins qu'on a rêvés,\n                   sur qui le rêve solitaire\n                   vient se bercer pour s'achever.\n   Nous terminerons cet article en signalant les débuts intéressants d'un\njeune poète belge que nos lecteurs auront déjà apprécié : Charles Viane.\nIl se présente au public avec une charmante comédie en vers, Les Egarées,\nà laquelle nous souhaitons les succès qu'elle mérite. Et citons encore,\navant de signer, les Horizons de Paul Vérola, dont nous extrayons :\n\n                             LES PYRAMIDES\n                 Le sabot du coursier numide\n                 Parle en vain de chaleur aux morts\n                 Grelottant sous les   Pyramides...\n                 Oh! comme il fait froid dans mon corps!\n                 Quels baisers et de quelle Armide\n                 Faudrait-il, et dans quel décor.\n                 Pour chauffer ce cachot humide ?..\n                 Mon âme a si froid dans mon corps.'\n                 O cieux dévorants des tropiques,\n                 Soyeï plus dévorants encor!\n                 Qu'à vos rayons, flambantes piques,\n                 S'émiettent les cachots   humides!...\n                 Mon âme a si froid dans mon corps!...\n                 Jetez aux vents les     Pyramides.\n\n                                                       VALÈRE GlLLE\n\n\n   Au prochain : Un chant dans l'ombre de Fernand Severin, le Bocage\nli'Ern. Raynaud, l'Ame en exil de Georges Marlow, etc.\n"}, {"page_pdf": 289, "texte": "                                         -   258     -\n\n\n\n\n             CHRONIQUE MUSICALE\n    Christus, symphonie mystique pour orchestre, chœurs et orgue, par Ad. SAMUEL.\n\n\n              Tout comme l'Or du Rhin au Conservatoire de Bruxelles, c'est\n               par trois fois que l'œuvre de M. Samuel a été exécutée à Gand,\n               avec un succès toujours croissant. On en a beaucoup parlé,\n               depuis la première exécution. Tous les artistes du pays s'y\nsont intéressés, et le plus grand nombre sont allés l'entendre. J'ai fait comme\neux.\n   Hé bien, Christus mérite mieux encore que l'intérêt relatif qu'on a\ntémoigné à l'ouvrage; écrit en France ou en Allemagne, par un musicien\nfrançais ou allemand, il eut été porté aux nues. Non que ce soit un chef-\nd'œuvre; peut-être même y manque-t-il quelque élément essentiel dans\nl'œuvre d'art. Mais l'ouvrage est néanmoins extrêmement remarquable,\ngrâce à un ensemble de qualités qui ne sont données en partage qu'aux\nmaîtres, et sont, elles aussi, essentielles aux œuvres d'art de l'ordre le plus\nélevé. C'est presque un chef-d'œuvre.\n   Un exemple fera mieux saisir ma pensée.\n   Dans la Légende du Parnasse contemporain, Catulle Mendès s'exprime\nainsi au sujet de Villiers de l'Isle-Adam :\n   Comme il y a des demi-dieux dans les légendes religieuses, il y a dans la vie littéraire\ndes demi-génies. Certes, ce ne sont pas des esprits qu'on doive dédaigner, ils sont noble-\nment incapables des besognes inférieures. Tout le petit côté de l'art leur est une région\ninterdite. Rien ne saurait les décider à concevoir, à écrire un quatrain, à rimer un madri-\ngal. Ils sont vraiment hautains, presque sublimes; presque, seulement, ou pas toujours,\nIls ressemblent à Shakespeare, à Milton, à Dante, à Victor Hugo, mais la ressemblance\nn'est que momentanée. Il leur manque bien des choses, des choses qui ne sauraient être\nacquises, pour être véritablement ce qu'on croit qu'ils sont. L'équilibre dans leurs puis-\nsantes facultés intellectuelles, la continuité de l'inspiration leur font malheureusement\ndéfaut. Ils peuvent très souvent vous sembler admirables, très souvent ils le sont. Regar-\ndez de plus près, vous changerez d'avis quelquefois...\n\n    Il me paraît que, en changeant quelques mots, ceci pourrait exactement\ns'appliquer à M. Samuel à propos de son Christus.\n   C'est une œuvre grandiose, s'efforçant surhumainement vers les plus\nhauts sommets de l'art lyrique. Et cependant, il manque quelque chose là-\ndedans. Quoi?...\n   M. Samuel a divisé son œuvre en cinq parties, retraçant : a) les scènes\nde Nazareth et de Bethléem (l'Annonciation, — les Bergers, — les Mages);\nb) la Retraite de Jésus au Désert (le Mont de la Tentation) ; c) les scènes de\nl'Apostolat (au Lac de Tibériade, — les Luttes contre les Pharisiens, —\nl'Entrée triomphale à Jérusalem); d) la Passion (au Jardin de Gethsémani,\n— Devant Ponce-Pilate, — la Montée au Calvaire et le Crucifiement); e) le\n"}, {"page_pdf": 290, "texte": "                                  —   259   —\n\nTriomphe du Christianisme. Chacune de ces cinq, parties est des plus\nremarquables par la force de la conception et l'intense poésie qui s'en\ndégage. On remarque particulièrement la première, d'une jolie couleur pas-\ntorale et d'un sentiment ingénu; puis les scènes de la Passion, d'un carac-\ntère sombre et douloureux habilement gradué, bien que l'ensemble manque\nd'envergure et de puissance véritable. La troisième partie est incontestable-\nment la plus belle et présente une allure vraiment grandiose, surtout au\ndébut, dont le thème mouvementé, d'un rythme insaisissable, a beaucoup\nd'ingéniosité; l'Entrée à Jérusalem est un tableau d'une belle envolée et\nd'une grande fraîcheur. Les chœurs sont habilement écrits, les parties trai-\ntées d'une façon originale, plutôt comme des éléments individuels\nd'expression dramatique que comme ensemble sonore; l'orchestration est\nassez simple. Le travail thématique est très serré; les thèmes, d'après une\nbrochure analytique, sont au nombre d'une vingtaine; leurs modifications\npsychologiques ont de l'intérêt et de la profondeur, mais les thèmes en eux-\nmêmes manquent de caractère et surtout d'originalité.\n   Si l'on devait d'un mot caractériser Christus, on devrait dire peut-être\nque c'est l'œuvre d'un poète mystique qui serait un excellent musicien. La\nsomme de lyrisme contenue dans cette œuvre est énorme; c'est d'une exu-\nbérance extraordinaire, continue, qui fatigue à la longue et finit par paraître\nfactice. Car il y a dans l'expression musicale du sentiment, une cer-\ntaine somme de véhémence et une certaine durée de l'accent pathétique\nque l'on ne saurait dépasser sans donner l'impression d'une émotion de\ncommande exprimée à l'aide d'une accumulation de poncifs anciens ou\nmodernes, et c'est ce qui se produit à l'audition de Christus. Faut-il con-\nclure qu'ici cette impression est juste? En partie seulement, car, si l'expres-\nsion musicale n'a pas la spontanéité désirable, du moins le sentiment qui l'a\nsuggérée, est d'une indiscutable sincérité. Mais — et voici la chose essentielle\ndont j'ai cru constater l'absence — la véritable inspiration n'y est pas. On\npeut juger une œuvre musicale à bien des points de vue, qui tous ont leur\nraison d'être ; mais le criterium véritable sera toujours celui-là : « Cette\nœuvre est-elle vraiment inspirée? La phrase qui chante en ce moment dans\nles violons, ou telle suite harmonique, sont-ils le résultat de ce radieux jail-\nlissement de pensée qu'on nomme l'inspiration, ou est-elle le produit d'une\npénible élaboration, un fruit de la science, de l'expérience, de l'habileté, et,\ntrop souvent, du... souvenir ? » Grave problème, et d'autant plus difficile à\nrésoudre qu'on a affaire à un artiste plus maître de son art et à une œuvre\nplus forte, comme c'est le cas pour M. Samuel et pour son Christus.\n   C'est cependant l'impression invincible rapportée de cette audition, que\nl'indigence de ce que l'on appelle proprement l'inspiration. Je parlais tantôt\nde l'excès de lyrisme, de pathos, contenu dans Christus, où l'on cherche\nvainement une page intime et de sentiment contenu, de cette innigkeit dont\nSchumann avait le secret : la raison n'en est autre que l'absence même\nde l'inspiration véritable qui incite l'auteur à exagérer l'expression musicale\nde peur qu'elle ne fût trouvée insuffisante ; il va au delà pour ne pas rester\nen deçà. L'accent juste et mesuré fait défaut, comme chez les gens qui, ne\nsachant être simplement énergiques, s'évertuent à la violence.\n"}, {"page_pdf": 291, "texte": "                                       — 260 —\n\n\n     Cependant, — et cette observation sincère exclut l'idée de parti pris, —\n  il est absolument certain que M. Samuel a été empoigné par son sujet.\n  C'est un lettré, un savant, un esprit fin, délicat, curieux et chercheur, un\n tempérament vibrant et enthousiaste; cette œuvre, il l'a pensée, mûrie,\n préparée longuement, amoureusement, par d'assidues et longues études (1);\n il y a travaillé trois années durant, s'absorbant dans la composition — au\n dire de ceux qui l'approchent — avec la ferveur mystique et l'ardeur d'un\n croyant des premiers âges. C'est son testament artistique et, selon une\n déclaration proférée entre intimes, sa « neuvième svmphonie ». Il est ému, et\n cette émotion latente s'efforce immensément vers l'extérieur, et, ne parvenant\n pas à cette extériorisation, emprunte une expression factice.\n     Il est ému, et il émeut plus d'une fois. Comment? Par ces choses qui\n tiennent lieu et place de l'inspiration, — l'ingénue et folle déesse qui se\n donne spontanément à ceux qui l'ignorent et fuit ceux qui la poursuivent\n désespérément, nourrissant pour elle, au fond de leur cœur, le culte éperdu\n que l'on n'a que pour les chimères, — son œuvre émeut par la science,\n l'habileté, l'ingéniosité, l'imagination qui y sont accumulées. La technique\n du compositeur, que l'éminent directeur du Conservatoire possède à un si\n haut degré, lui ont permis de mettre en jeu toutes les ressources de la\n musique moderne, ce qui suffirait déjà à rendre son œuvre intéressante.\n Remarquons d'autre part une lacune qui existe dans toutes les œuvres de\n M. Samuel: l'absence de personnalité. La réminiscence des formules wagné-\n riennes est flagrante et plus encore le sentiment particulier qui se dégage de\n l'œuvre wagnérienne la plus rapprochée, comme sujet, du Christus : Parsi-\nfal. La couleur parsifalesque, généralement répandue sur l'œuvre entière, se\n remarque particulièrement dans la première et la cinquièmepartie. Les facultés\n d'assimilation de M. Samuel — d'ailleurs communes à tous les individus de sa\n race — ne le sauvent pas toujours, si adroites soient-elles, de l'évidence\n fâcheuse de certaines rencontres : telle cadence du Vendredi-Saint de Par-\n sifal, telle progression empruntée aux Maîtres-Chanteurs, etc. L'harmo-\n nisation est celle de Wagner, qu'elle dépasse parfois par une hardiesse plus\n grande, — ce qui ne la rend pas plus personnelle, — non plus que la\n mélodie, courte et incolore.\n  Je parlais tantôt d'ingéniosité et d'imagination, deux facteurs importants\nqui remplacent jusqu'à un certain point l'inspiration véritable et arrivent\nparfois à donner le change, comme c'est le cas avec Christus. L'inspiration\nest l'étincelle divine, l'ingéniosité et l'imagination sont des qualités humaines\ndévolues à beaucoup d'artistes de très grand talent, comme M. Samuel. Ce\nsont ces qualités imaginatives qui brillent particulièrement dans Christus\net qui permettent à l'auteur d'exprimer, malheureusement avec l'exagé-\nration traîtresse signalée plus haut, l'émotion qui le dévore intérieurement.\n\n\n\n  (1) C'est à la suite de ces travaux que se serait produit l'événement si diversement\ncommenté, successivement affirmé et démenti, de la conversion de M. Samuel à la religion\ncatholique.\n"}, {"page_pdf": 292, "texte": "                                 —        261\n\n\nCe qui prouve cette prédominance, c'est l'abondance de l'élément pittoresque\ndans cet ouvage. Un exemple entre tous : Dans la scène de la Passion, on\nentend les coups de marteau enfonçant les clous dans les mains et les pieds\ndu Sauveur, ce qui peut paraître puéril. L'expression suggestive du carac-\ntère intime du sujet est, dirait-on, négligée au profit de la représentation plus\nfacile de l'action extérieure.\n   Abstraction faite du succès considérable et très légitime que Christus a\nobtenu auprès des artistes, c'est cette plasticité, très facilement palpable,\nqui a ému et enthousiasmé la foule. Même des êtres musicalement illettrés,\nmais doués d'une sensibilité intelligente et imaginative, — surtout lors-\nqu'elle s'augmente, comme chez les nombreux prêtres assistant à l'exécu-\ntion, de l'émotion inhérente à un sujet familier et particulièrement sympa-\nthique que les bruits concernant les idées nouvelles de M. Samuel ren-\ndaient plus intéressant encore, — même ces êtres-là doivent comprendre\nune musique si pathétique et se sentir remués par ce lyrisme débordant.\n\n\n   Je n'ai pas voulu me livrer ici à une analyse détaillée du Christus, ce qui\na déjà été fait. Les quelques observations consignées ci-dessus ne tendent\nqu'à démêler, sans prétention d'y avoir réussi, l'essence véritable de cette\nœuvre complexe et vraiment extraordinaire, où sont entassés les effets les\nplus grandioses, dont certaines pages ont une allure titanesque, où il y a\nde tout, — sauf une pauvre petite phrase, — qui veut absolument être émo-\ntionnante, et qui l'est par la grandeur même de l'effort.\n   Christus renferme en tous cas un ensemble de qualités si considérable,\nqu'on v doit reconnaître l'œuvre d'un maître et que les justes réserves\nformulées dans les jugements de ceux qui l'ont appréciée ne sauraient\ntoutefois diminuer l'énorme mérite de l'auteur, et le tribut d'admiration\nrespectueuse due à un artiste dont l'âge semble n'avoir fait qu'activer la\nflamme poétique et renforcer la féconde et vigoureuse intelligence.\n\n                                                      E R N E S T CLOSSON\n"}, {"page_pdf": 293, "texte": "                                             262\n\n\n\n\n                                MEMENTO\n   Le Coq rouge de M. Pierron a besoin de        vers le Septentrion. Et quels cris, M. Pier-\nbesicles. La pauvre bête ne voit pas très        ron, quels cris !\nclair.\n   Elle a mal lu notre numéro d'avril, où\nelle a découvert que nous poussons la               La revue de M. Pierron admet les\nFrance à déclarer la guerre à l'Allemagne.       alexandrins de M. Fontainas, tout en blâ-\n   Bagasse !!                                    mant avec discernement ceux de Leconte de\n   A cette funeste révélation le directeur de    Lisle. Voici son opinion sur les Estuaires\nla Jeune Belgique est demeuré pétrifié. Il       d'ombre : « Le vers s'écoule avec habileté;\ns'est demandé avec angoisse, durant cinq         on n'éprouve nullement cette gêne des\nminutes, s'il n'était pas l'oncle du général     douze pieds qui s'obligent. Hémistiches\nBoulanger.                                       musicaux, en sons doux, en rythmes har-\n   Que l'Europe se rassure! Le directeur de      monieux »\nla Jeune Belgique souhaite ardemment que            Heureux M. Fontainas, qui désarme,\nles Français fraternisent avec les Alle-         grâce à ses pieds si obligés, les sévères\nmands; il se permet seulement de penser          censeurs des Poèmes barbares!\nque pour fraterniser avec ses voisins, il\nn'est pas nécessaire qu'un peuple abdique\n                                                    Toujours dans la revue de M. Sander\nsa personnalité.\n                                                 Pierron, M. Vielé-Griffin décrit en prose\n   Voilà pourquoi il ne ressent aucun enthou-    mal typographiée un certain jardinier Pho-\nsiasme quand M. Mauclair écrit : « Nous          cas qui tisse en l'air des entrelacs à l'aide\nnions l''esprit national... nous crierons vers   d'une gourde. Voici, en son début, le texte\nle Septentrion ».                                de ce petit conte aussi clair que spirituel:\n   Fraterniser est beau ; perdre son carac-         « Ce figuier simple aux mille mains pro-\ntère est triste.                                 « pices bénit notre repos d'un geste de\n   Méditez ça, pauvre coq des Marolles! Les      « patriarche; j'ai fait ma tâche; et l'heure,\nmeilleurs coqs gaulois seront de notre           « tantôt lourde au sillon lent, glisse avec\navis.                                            « l'eau verte entre les arches, calme comme\n                                                 « la brise qui la tache d'un plissement;\n                                                    j'ai fait ma tache: la gourde, dont nos\n  La revue de M. Sander Pierron, à               « soins guident l'élan, tisse, là-haut, des\nlaquelle collaborent ses amis, MM. De              fraîcheurs d'entrelacs et fait un jour\nMolder, Delattre, Verhaeren, etc., publie        « subtil des lourds rayons qu'elle tisse,\nune ahurissante « lettre parisienne » de         « mêlant des transparences vert-lilas au\nM. Camille Mauclair, l'étonnant Parisien            grand jour blanc du solstice. »\nqui « renie l'esprit national » et qui « crie       Ah, fouchtra de charabia !\nvers le Septentrion ».                              N. B. M. Georges Dwelshauwers assure\n   L'esprit français semble avoir, de son        que M. Viélé-Griffin ressemble à Virgile.\ncôté, renié très énergiquement M. Mauclair\nqut écrit sans sourciller: « Monet, rutilant\net magnifique, virtuose de la fractionnalité       Ohé, les cocoricotiers, cocoricoteux et\ndu ton à un point incroyable, fantaisiste et     cocoricotards !\nsoleilleux ! »                                     Ohé, les fanfarons du Coq rouge ! Vous\n   On n'en peut douter, M. Mauclair crie         aviez promis d'être de vrais petits coqs; votre\n"}, {"page_pdf": 294, "texte": "                                           — 263 —\n\noiseau devait être un coq fulgurant, un coq            Le petit bonhomme raconte un songe, —\ntriomphal. Oh, la, la! On déchante, ce               tout comme Athalie, ô ma vieille ficelle !\nnous semble. Il a suffi à la Jeune Belgique          Voici ce pathétique morceau avec les lam-\nde taquiner un peu du bout d'une gaule ce            beaux de dialogue adjacents :\nbouillant volatile pour lui clore le bec\n                                                              « C'est vrai, Hélène... C'est vrai... O h !\nDans son numéro deux pas le plus petit                    Tiens. Ecoute... Hier... J'ai rêvé...\ncocorico de réponse. Le pauvre sire se tait,                  — Un rêve !... Un rêve fait tant que ça\nla crête sur l'oreille, la queue entre les                sur toi ?...\npattes. Il fait pitié.                                        — Oh'. Ecoute... moi... Mienne... C'est\n                                                          un rêve... avec du désordre et sans équi-\n   Ce n'est plus un Coq rouge, ça, c'est un               libre comme tous les rêves. Mais il m'a\ncoq en pâte, ma pauvre guimauve!                          tellement ému que je me sens tout autre...\n                                                          Je sens en moi... quelque chose de neuf...\n                                                          qui est bon... oh! si bon... Tiens! cette\n                                                          nuit... donc j'ai rêvé. D'abord des choses\n    Le Daily-Chronicle publie un article où vagues dont je ne me souviens plus même...\nun pince-sans-rire de premier ordre feint et puis voici que brusquement je me suis\n                                                          trouvé avec un petit enfant sur les bras. Et\nd'étudier les Villages illusoires de M. Ver- je savais que c'était mon fils et que c'était\nhaeren. Cet homme étonnant trouve fort toi, Hélène, qui me l'avait donné. Et j'étais\nsimple de déduire d'un «syllogisme de bois» tellement heureux que follement, en le\ndes vérités incompatibles; il estime que «la regardant, je riais! Etait-il beau ? Etait-il\n                                                           laid ? Je n'en sais rien... Et d'ailleurs qu'est-\ntexture de la Pluie est trempée dans des ce que cela fait ça ?... Il était à moi... n'est-\nsyllabes pluvieuses». Il juge que M. Ver- ce pas ? Et alors ! Et je le portai à Mère et\nhaeren a un sens infaillible du style (qu'en triomphalement je criai : — « Vous voyez\npensez-vous, Anatole France?) et il le com- bien que c'est mon enfant, il n'a rien dit\n                                                           encor, il n'a pas pleuré ! » (Oh ! c'est naïf,\npare, à ce propos, à Rossetti et cite, à titre n'est-ce pas, Hélène.) En effet, il n'avait\nd'exemple, les mots « myriadaires, commi- pas encore geint... ni ouvert la bouche...\n natoires et indiscontinument ». On ne pour- Ce qu'on me répondit... Je ne sais pas '....\n rait évidemment trouver de meilleures J'ai alors couché mon fils dans un lit, je\n                                                            l'ai emmailloté dans des couvertures et je\n preuves. Enfin il assure que chez M. Ver- l'ai contemplé qui s'endormait.\n haeren la conception « satisfait toujours à                   — Et c'est tout. Mais je ne vois rien\n la raison et au cœur». Et il joint à son d'extraordinaire à ça !\n appréciation cette citation corroborative :                   — Eh non ! 11 n'y a rien d'extraor-\n                                                            dinaire. Mais dans mon cœur il y a quelque\n      I1 a compté les maux immesurables :                   chose de neuf. Je t'assure, Mienne, j'ai eu,\n      Les conseils nuls donnés aux misérables ;             cette nuit, comme par une révélation, le\n      Les aveugles du soi qui conduisent les autres;        sentiment profond de la paternité. .. Aupara-\n      La langue en fiel durci des faux apôtres ;            avant, je t'aimais d'un amour passionné et\n      La justice par ses textes barricadée ;                 aveugle... Je ne voyais rien au delà de ton\n      L'effroi plantant sa corne au front de chaque idée. corps. Je ne voyais que toi, ma Mienne,\n     Que les idées à cornes de M. Verhaeren mon Hélène... Je n'étais qu'amant... Tes\n  satisfassent au cœur et à la raison du cri- lèvres ne savaient que baiser... Ta poitrine,\n                                                             oh ! Je ne concevais pas'. Je ne concevais\n  tique de la Daily Chronicle, c'est une pen- pas tout cela... Il y a dans ton être un\n  sée qui ferait éclater de lire tous les acarus usage autre... Tu n'es pas qu'un instrument\n  du fromage d'Ypcrdamme !                                   de jouissance...  Oh! si tu savais quel res­\n                                                             pect religieux j'éprouve pour toi... Dis.\n                                                             dis ? Tu me comprends ?. .\n                                                                Elle sourit un peu. — Mais non ! Pas\n      Remarqué, le 16 juin, rue des Parois- beaucoup I Tu es si drôle ..»\n   siens, un monsieur qui riait aux larmes. Il                  Est-ce que les petits écrivassiers vont\n   feuilletait du bout des doigts l'organe de recommencer ces romans si belges et « si\n   la société Biberon et Bourrelet et lisait la drôles » qui firent jadis notre joie : la\n    Vie est bellede bel espoir, fragment d'un Famille Van Pée ou la Famille                         Bouvard,\n   « roman à paraître » qui a pour auteur l'un etc., etc. : — amours émouvantes et patoi-\n   des plus aimables babys de la maison.                      santes du fils d'un marchand de crabes\n"}, {"page_pdf": 295, "texte": "                                        — 264 —\n\nenrichi avec la petite fille d'une ancienne     mode, au lieu surtout de s'attarder, et\nrevendeuse de plumes d'autruche, — odys-        disons le mot, de se dégrader en polémiques\nsées du « bas-de-la-ville » et oarystis du      personnelles, en attrapades de journalistes\n                                                pour le grand plaisir des badauds, des ratés\n« bois de la Cambre ? » Petits, prenez          et des brouillons, querelles de plume qui\ngarde: vous êtes la vraie descendance de        si elles n'ont jamais converti personne, ont\nnos vieux plumeaux !                            fait gaspiller bien du talent et ont ruiné plus\n                                                d'un caractère d'artiste ; au lieu de se cha-\n                                                mailler entre artistes, prélimine le Coq\n                                                rouge, nous allons travailler, mettre les\n    Dans le Soir, Piccolo a malmené le pau- talents en lumière, etc. » Et aussitôt, au\nvre Coq rouge de façon gaillarde et spiri- lieu de clore le bec sur ces belles variations\n                                                le voilà dégoisant injures et insultes, pre-\n tuelle.                                        nant le ton d'un perroquet de matelot.\n    Voici comment Piccolo apprécie le pro-         Au fond le Coq rouge est probablement\n gramme de la revue de M. Sander Pierron : moins méchant qu'il ne cherche à s'en don-\n    Les vélocipédistes écopent en bonne ner l'air.\n compagnie au surplus : l'administration, le       Dès avant ses premiers ébats on avait\n journalisme, la Cour, tout y passe.           répandu le bruit que mère poule la Jeune\n    Ce qu'il y a de plus amusant, c'est que Belgique allait lui rogner les ailes et aussi-\n dans le poulailler du Coq rouge on trouve tôt il s'est dressé sur ses ergots. Simple\n des ronds de cuir ministériels, vulgaires parade donc. Le sang-froid reviendra. S'il\n budgétivores, de modestes et dociles pon- en était autrement, le Coq rouge donnerait\n deurs de copie à tant la ligne dans les quo- raison à ceux qui lui reprochent de ne con-\n tidiens les plus mortellement brouillés naître en fait de langue que le macaque\navec la littérature, des secrétaires de vélo- flamboyant.\ndromes, etc.                                      Quand on se met en colère on devient\n    On nous répondra que la littérature ne bien rouge comme un coq, mais en bon\nnourrissant pas son emplumé, il faut bien français rouge comme un coq n'a jamais\ngagner son grain de mil comme on peut, signifié coq rouge.\nsoit. Mais pourquoi imputer à crime aux\nautres ce que l'on fait soi-même ?\n    L'ornithologie nous apprend bien que le\ncoq est de tous les oiseaux celui dont le cer-    Infortuné Coq rouge! Il a reçu pas mal\nveau offre la disproportion la plus grande de coups de bec, mais c'est en vain que\navec la masse du corps, mais on n'est pas\nillogique à ce point-là.                       l'on attend la riposte. La pauvre bête se tient\n    Le misonéisme étant notre moindre à peine sur ses pattes: elle a les ergots\ndéfaut, l'annonce d'une revue hardie et ramollis.\nnovatrice nous avait ravi. Hélas, il faut en       Mais pourquoi s'intituler pompeusement\nrabattre. Le titre était suggestif : avec le\nCoq rouge, on allait faire flamber toutes Coq rouge lorsqu'on n'est qu'un piètre coq\nles vieilles perruques pour éclairer les mouillé !\nhorizons nouveaux. Et au lieu de ce vail-\nlant éclaireur de voies nouvelles on nous\nsert un périodique « éclectique ».                Entendu cette jolie définition de l'ani-\n    Mais c'est le programme des coqs perchés mal : le petit chapon rouge.\nau haut des clochers, cela, allant à tous les\nvents !\n   Evidemment, si l'écrivain n'avait pas le\ndroit de se contredire, il n'aurait plus qu'à      Le Coq Rouge poursuit méthodiquement\njeter sa plume; mais encore convient-il de sa campagne pour faire décorer ses colla-\nne pas abuser de cette liberté.                borateurs. On se rappelle les bruits singu-\n   «Au lieu de provoquer de stériles et liers qui ont couru il y a deux ans: le\nbyzantines discussions théoriques quant à gouvernement français, disait-on, avait eu\nla supériorité de tel moyen d'expression\nsur tel autre, au lieu d'établir des clans et un moment l'intention d'accorder la déco-\ndes distinctions entre artistes conservateurs ration de la Légion d'honneur à quelques\net d'artistes révolutionnaires, entre parnas- jeunes écrivains belges, mais l'un des\nsiens et verslibristes, entre Flamands et romanciers les plus en vue était formelle-\nWallons, Latins et Germains, au lieu d'ex-\ncommunier en bloc les partisans d'une ment exclu de ces faveurs officielles à\nforme d'art au profit de ceux d'un autre cause d'une certaine nouvelle où les Jaco-\n"}, {"page_pdf": 296, "texte": "                                                — 265 —\n\nbins français qui ont tyrannisé la ville de                    Déjà l'artiste avait dessiné des plans, des\nMalines, étaient fort mal arrangés.                        esquisses, composé des groupes, évoqué de\n   L'auteur de celte nouvelle aurait pu                    glorieuses hécatombes d'hommes et rêve\n                                                           un Napoléon vaincu toujours superbe, et\ngarder une attitude patriotique et fière.                  l'Anglais en question s'en était retourne à\nlitre privé d'une décoration étrangère pour                 Londres parler de sa trouvaille, soumettre\navoir défendu ses compatriotes, cela n'avait,              les projets, quand, au bout de quelques\npensons-nous, rien que de très honorable.                  jours, ayant presque fait ses malles et lavé\nL'écrivain dont nous parlons semble en                     ses pinceaux, le peintre reçut de Londres\n                                                           une lettre au cours de laquelle on lui faisait\navoir jugé autrement et son Coq rouge                      entendre que, malgré la grandeur épique\nplaide piteusement les circonstances atté-                 de sa conception, il fallait la modifier et se\nnuantes. Ruban, s'il vous plaît !                          b o r n e r . . . . à une apothéose du général\n                                                           anglais Wellington.\n                                                              A cela, qu'allait répondre Henri de\n                                                           Grouxî. . C'est bien simple, l'Histoire lui\n                                                           dictait son devoir. Après avoir écrit une\n  Interrogé une bête il bon Dieu au sujet                  enveloppe à l'adresse des membres de la\ndu Coq rouge; la gracieuse coccinelle a                    compagnie londonienne, il prit une feuille\nrépondu en rougissant : c'est un coq si                    du papier le plus blanc, ety grava en carac-\n                                                           tères gras et visibles ce seul mot :. . Henri\nnul !....                                                  de Groux ne se rend pas ! »\n  Hélas!...                                                   La seule moralité de celte affaire, c'est\n                                                           de redire avec Henri Heine: « Cacatum\n                                                           non est pictum. »\n  Ou   MENENT      LES   MAUVAIS      CHEMINS.         —\nVeut-on savoir où peut en arriver un bon\npoète égaré dans une déplorable esthétique,                    M. Picard ayant voulu être, à Paris, la\nla Plume nous l'apprendra On y lit ceci :                  raquette du Volant de Mlle Judith Cladel,\n                                                           la jeune authoress a confié au Figaro que\n  On se souvient de la fantaisie Délisques-\ncences, d'Adoré Floupette? Voici, pour                     les Bruxellois possédant un chien trop bel-\ncompare!\", les derniers vers de M. Henri                   liqueux, lui donnent le nom de Picard.\nde Régnier, parus dans Essais des Jeunes,                      M. Henry Bauër a reproché à l'Amiral sa\nn° 6, mai 1805 :\n                                                           conférence de tardigrade et M. Mendès s'est\n                      VERS                                 exprimé en ces termes dans le Journal :\nUn soir tu vins m'apporter trois fleurs,                       La pièce de M lle Judith Cladel était pré-\nElles étaient bleues,                                      cédée d'une conférence de M. Edmond\npuis ce furent des lézards sans queues,\ndes cigales que tu tenais p a r une p a t t e              Picard qui fut l'enthousiaste ami de Léon\net d'autres fleurs.                                        Cladel. Aucune personnalité étrangère n'est\nUne pensée énorme et matte                                 plus sympathique aux lettrés de France\noù on voyait au centre comme un m a s q u e\nde velours mortuaire avec des yeux aveugles.               que celle de ce grand avocat belge qui est\nTout un jour tu dormis dans le foin d'une meule            en même temps un écrivain d'une réelle\npuis tout un mois.                                         valeur. Nul de nous n'a oublié l'accueil si\nNous nous promenâmes par la main\nentre les bois du vieux j a r d i n ,                      sincèrement cordial, si amicalement joyeux,\npuis une lois                                              dont il honorait nos visites quand nous\nun tonna a la porte vers trois heures                      allions, à Bruxelles, le saluer, En ce jour-\net nous allâmes ouvrir nous tenant par la main.            nal même, M. Maurice Maeterlinck a dit le\nlit dire qu'il faudra mourir et que tu m e u r e s !\n                                                           double rôle littéraire et politique de M Ed-\n                            HENRI    DE    RÉGNIER.        mond Picard. Nous voulons, nous, artistes\n                                                           français, le remercier de ses franches poi-\n                                                           gnées de mains aux voyageurs, de sa fidé-\n                                                           lité aux services promis, — de sa maison\n  On lit dans le Figaro :                                  ouverte ! et nous sommes heureux d'avoir\n  Le peintre Henri de Groux fut mis en                     pu lui offrir, tout autant d'ailleurs en l'es-\nrapport dernièrement avec un Anglais qui                   time de sa parole qu'en la gratitude des\ncherchait, pour le compte d'une compagnie                  bonnes heures passées chez lui, l'hospita-\nlondonienne, un peintre capable de faire un                lité du succès.\npanorama gigantesque de la bataille de\nWaterloo,\n"}, {"page_pdf": 297, "texte": "                                          266\n\n\n     Iil'l.l.ETIN BIBLIOGKAPIIIQUE :            Roger Milles. — Petit album classic\n     G. cl'Annunzio.— Les Romans de Ut Ruse. des chefs-d'œuvre de Corot ; fr. 3-50.\n  — L'Enfant de volupté.                        Cte d'Haussonville. — Lacordaire.\n    A. Collignon. — Diderot. Sa vie, ses œu­    J. Bourdeau. — La Rochefoucauld.\n vres, sa correspondance.                       Th. Dostoïevsky. — Le Rêve de l'oncle.\n     Paul Adam. — Le Mystère des foules.            P O U R PARAÎTRE :\n 2 vol.                                         J. Péladan. — Le Dernier Bourbon.\n     Pierre Veber. — Les Veber's.               J. de Tallenay. — Treize Douleurs.\n    Ph. Gille.—Les Mercredis d'un critique.\n    Cte R. de Montesquiou. — Le Parcours\n du rêve au souvenir, poésies.                  La Jeune Belgique rendra compte pu,.\n    Gyp. — Les Gens chics.                   chainement des ouvrages suivants :\n    R. de La Sizeranne. — La Peinture an­       H. Krains. — Histoires lunatiques.\n glaise       contemporaine.                    G. Geffroy. — Le Cœur et l'Esprit.\n    J.-M. de Hérédia.— Les Trophées, 3e éd.     L. Riotor. — L'Ami commun; Deux\n — Discours de réception à l'Académie nomarques des lettres; les Raisons de Pas­\nfrançaise.                                   calin.\n    Jules Bois.— Le Satanisme et la Magie,     R. Wagner. — La Tétralogie, traduction\n préface de J.-K. Huysmans.                  Brinn'Gaubas.\n    Bernardin. — Un précurseur de Racine.      L. Tricot. — Les Cheveux.\n Tristan        L'Hermite.\n                                               Ch. de Rouvre. — Après amour.\n    L. Arnould. — Leçon d'ouverture d'un\n                                               Ch Buet. — Charité.\ncours sur La Fontaine.\n                                               V. Remouchamps. — Vers l'Ame.\n    R. Bouyer. — Fantin-Latour.\n                                               G. Mourey. — Passé le détroit.\n    F.. Delacroix. — Journal, t. III.\n                                               L. Bloy. — Histoires désobligeantes.\n    M. Durand-Fardel. — L'Amour dans la\n                                               Etc., etc.\nDivine Comédie.\n   Jamblique. — Le Livre de Jamblique sur\nles mystères, traduit par P. Quillard.\n   J.-H. Rosny. — L'Autre femme.\n    E. Straus. — Marc Mouclier, peintre et\nlithographe.\n   de Chambrun et Legis. — Wagner, trad.\n   M. Bouchor. — Conte de Noël, pièce en\nun acte.\n   M. Pellisson. — Chamfort.\n"}, {"page_pdf": 298, "texte": "                                                                          BELGIQUE\n   BELGIQUE\n                               N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                                 JEUNE\n              JEUNE\n                      LA\n\n\n\n\n                                                            LA\n                               N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur       : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n              Directeur : IWAN GILKIN, 110, rue de la Limite.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris.\n                <\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand ; Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 21, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1895-06-01", "preuve": "Juin 1895, numéro 6, couverture PDF 264 ; aucun jour imprimé."}}