{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Août 1895", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 336, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 189, "texte": "Août 1895.                             TOME XIV. — N° 8                             15me Année.\n\n\n\n\n  A\n       JEUNE\n                      BELGIQUE\n                                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 336, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 1725, "texte": "SOMMAIRE:\n                                                              MAURICE    CARTUYVELS.\n             La Répétition interrompue                    ,\n                                                              FRANZ   WIENER.\n             Le Cerisier                  fleuri              IWAN GILKIN.\n             Le Vers libre . . .   .                          IWAN GILKIN.\n             Vers                                             MAURICE    CARTUYVELS.\n\n             Chronique littéraire :\n              Histoires lunatiques ; Passé le Détroit ; Du\n                beau moral et du beau formel . . . .          ARNOLD GOFFIN.\n              Les Poètes: I. Le Bocage d'Ernest Raynaud\n                et l'Ecole romane; II. Un Chant dans\n                l'ombre; L'Orient et les Tropiques . .        VALÈRE GILLE.\n             Memento                                          NEMO.\n\n\n\n\n              RÉDACTION                                               BRUXELLES\n110,   RUE   D E LA   LIMITE,   BRUXELLES.                       PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                     3I, rue des Paroissiens\n                                                                          PARIS\n        PRIX DU NUMÉRO                                        C H A M U E L , LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                         29, rue de Trévise\n                  fr. 0-75.\n                                                                            1895\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 337, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 366, "fin_caractere_exclue": 1159, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur      : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n              Directeur : IWAN GILKIN, 110, rue de la Limite.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n    Pour tout ce qui concerne l'Administration de la Revue, s'adresser\n                 à M. Hubert VAN DIJK, 65, rue Herry.\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris.\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 337, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1159, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 21, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 299, "page_fin": 307, "titre_corps": "La Répétition interrompue", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Cartuyvels", "ancre_debut": "LA RÉPÉTITION INTERROMPUE", "ancre_fin": "FRANZ WIENER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LE CERISIER FLEURI", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 338, "page_imprimee": 299, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 1713, "texte": "LA RÉPÉTITION INTERROMPUE\n(                       Marivaudage       en un acte.)\n\nPERSONNAGES : LA MARQUISE; HÉLÈNE, sa petite-fille; LE CHEVALIER, son neveu.\n\n           La scène est au château de la marquise, au siècle dernier.\n\n\n\n\n               LA                  MARQUISE. — Voilà qui est parfait :\n                             casaquin, grands paniers, talons rouges, la\n                             toilette défensive est achevée et la place est\n                             suffisamment imprenable. Maintenant, pen-\n                             sons à l'offensive. D'un délicat coup de pin-\n                               ceau, cambrons avec vigueur l'arc délié\n                                  de ce sourcil noir et que ces beaux yeux-\n                                    là s'emplissent de traits acérés à rendre\n               jaloux le carquois de Cupidon.\n                  Tudieu ! quel feu et quels éclairs ! un peu de neige sur ce\n               volcan. (Hélène se poudre.) Mais non ! Pas tant que cela,\n               vous voilà faite comme un meunier!... là!... Maintenant\n               c'est au tour de la petite mouche assassine, amorce équi-\n              voque, capsule inflammable, que nous posons près des\n           Plèvres comme un point d'interrogation après chaque sourire.\n              Attention ! nous commençons notre répétition. Possédez-\n            vous bien votre rôle? Oui ! nous allons voir. (A la canton-\n            nade.) Et vous là, mauvais sujet?\n              LE CHEVALIER (dans la coulisse). — Un instant encore,\n            par grâce ! la dentelle de ma manche s'est accrochée le plus\n                                                                        '9\n"}, {"page_pdf": 339, "page_imprimee": 300, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2922, "texte": "                                   — 300 —\n\n malheureusement du monde à la coquille de mon épée; sur ce, j'ai laissé\n choir ma mandoline ; en me courbant pour la ramasser, mon épaule et mon\n jabot ont reçu toute la poudre de ma perruque. Par la morbleu, si l'on me\n reprend à me faire ajuster par un maudit valet !... Toute autre main qu'une\n main de femme, déliée et fine, est indigne de tenir la poudre et les épingles\n pendant la toilette d'un gentilhomme. Marquise, mes rubans sont dénoués!\nJe n'entre en scène si vous ne me procurez une soubrette !\n    LA MARQUISE. — Tout beau, mon neveu ! c'est un jeu dangereux que\ncelui d'attacher des rubans à un homme aussi bouillant que vous ! Voyez\ndonc ce taureau furieux qui réclame des banderilles et qui prend mes sou-\nbrettes pour des toreros ! (Se tournant vers Hélène.) Petite fille, voulez-\nvous bien ne pas écouter ces radotages. Oubliez-vous que cette fameuse\ncomédie est pour demain? Vous plaît-elle au moins? C'est une comédie qui\nressemble à la réalité jusqu'à s'y méprendre, une comédie aimable qui se\njoue sur la carte du tendre, et où l'on dit leur fait aux tragiques ! Assez\nprié, assez rêvé, assez pleurniché en scène ! Sur notre théâtre à nous tout se\npasse comme dans la vie : on s'y marie, naturellement, mais sans parler\nd'union des âmes et sans tomber en pâmoison toutes les cinq minutes! Je\nvous demande un peu s'il y a du bon sens à vouloir unir avec de grosses\nchaînes pesantes deux âmes !... Des âmes ! ces riens légers et aériens, ces\npapillons toujours errants, butineurs de l'amour, à qui les gens sérieux\nveulent casser les ailes, afin sans doute de les faire ressembler tout uniment\nà de vilaines chenilles. Eh bien, oui! nous aimons, nous épousons même,\nmais est-ce là un événement digne d'être célébré sur le mode de la guerre\nde Troie ? La vie est une plaisanterie divertissante, ma parole ! Et je hais\nles croque-morts qui conduisent votre deuil tout vivant.\n   Petite fille, notre comédie parodie la vie et l'amour, mais la vie et l'amour\neux-mêmes parodient on ne sait quoi. L'univers est sage : les planètes\ndansent autour du soleil sans s'inquiéter du lendemain, et la création n'est\nqu'une immense ronde où les empêcheurs de danser en rond sont des intrus!\nVoilà les enseignements que vous lègue votre vieille grand'mère qui fut,\nelle, une danseuse infatigable! Quand l'âge l'a forcée de mettre des lunettes,\nelle s'est entêtée à les porter roses, couleur de jeunesse et d'aurore. C'est\nune première recette et bien simple pour continuer de voir les choses aussi\ngaîment qu'au jeune temps. Il en est une seconde, plus malaisée pour nous\nautres femmes, c'est de perdre la vieille habitude de nous mirer dans les\nglaces et miroirs que nous rencontrons... Ah ça! Mais vous n'en êtes pas\nencore là, Dieu merci ! Pour l'instant, madame est jeune veuve, en butte\naux aspirations du gentil coureur de ruelles qui fait le pied de grue là sous\n"}, {"page_pdf": 340, "page_imprimee": 301, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2408, "texte": "                                 — 301 —\n\n vos fenêtres, et nous mimons une scène de séduction avec mariage à la clé.\n Rien de bien compliqué! Et nous n'avons de prétentions qu'au bon ton et\nau naturel ! Ni grands gestes, ni grands cris, ni malédictions ! « Pas de croix\ndelAmère! » Pas de « mon enfant! ma fille » ! Pas de « je me meurs » !\nMais le tableau de la vie comme il faut; aimons, pensons, parlons comme\ndes gens qui ont de la naissance et le secret de bien vivre. Et que les pleurs\nn'apparaissent jamais dans le ciel de nos yeux que pour y amener l'arc-en-\nciel du sourire.\n   HÉLÈNE. — Et quand on a du chagrin pourtant? Quand on a le cœur\ngros?... Je ne sais pas si les autres femmes sont comme moi, mais il est des\nmoments où je me sens terriblement seule et un peu triste...\n   LA MARQUISE. — Et pourquoi, croyez-vous, petite mélancolique!\nqu'ont été inventés les colifichets, les bals travestis, les bonbons et les\nglaces?\n   C'est un mot de l'Écriture cela, ma chère enfant : Malheur à la femme\nseule et c'est pourquoi nous avons inventé les cavaliers servants, les petits\nnègres, les rubans, les bichons, les billets doux, les madrigaux, les\nmouches, la poudre et le rouge, les dentelles, les falbalas, les feux d'arti-\nfice et les rocailles. Enfin, si on manque de tout cela et si l'on s'ennuie,\non croque des dragées et on empoisonne l'ennui avec des sucreries... ou\nbien en jouant la comédie...\n   Eh bien! Jeune Richelieu! Joli Lauzun! Affreux Don Juan! Etes-vous\nprêt?\n   LE CHEVALIER (dans la coulisse). — Belle tante, on tâche à profiter de\nvos conseils philosophiques, et on écoute aux fenêtres. Mais ma man-\ndoline est accordée et ma jolie cousine n'a qu'à se bien tenir.\n   LA MARQUISE. — Eh bien! Allez-y!\n   LE CHEVALIER (dans la coulisse). (Il chante) :\n\n                  Vois le bel esquif et les avirons !\n                 Pour suivre le cours du fleuve du tendre\n                 Jolis mariniers nous venons te prendre :\n                 Au pays d'amour nous nous marirons.'\n\n                   Voici trop longtemps que nous soupirons!\n                 A la rive en vain tu veux te suspendre ;\n                 Nous visiterons sans plus rien entendre\n                 Le pays d'amour et les environs! »\n\n                 Chevaliers galants, coureurs de ruelles\n                 Sont créés pour plaire aux belles cruelles,\n                 — Sans analyser la vie en détail.\n"}, {"page_pdf": 341, "page_imprimee": 302, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2585, "texte": "                                  — 302     —\n\n\n                    Nous goûtons le charme et la fleur des choses\n                    Et nous écartons d'un coup d'éventail\n                    Les papillons noirs des soucis moroses.\n\n    [Sautant par la croisée.)\n    Ah! adorable belle! Pardonnerez-vous à mon audace? Ou bien essaie-\n rai-je de pardonner à vos charmes incendiaires, qui sont seuls responsables\n de l'ardeur du volcan qui\n    HÉLÈNE (mimant la colère offensée). — Chevalier, dans mon boudoir!\n La nuit!\n    L E CHEVALIER. — Eh ! Madame, j'avais je ne sais quelle envie de vous\nfoudroyer à boutportant d'une déclaration qui sentit son gentilhomme d'une\nlieue. Allais-je me conduire comme un rustre? Ou chercher à vous embrasser\n derrière une porte comme on chiffonne une soubrette ? Seigneurs galants et\nbelles coquettes, c'est pour nous tout exprès que la lune des belles nuits de\nprintemps lève son front de femme par-dessus les nuages bleutés et inonde\nles balcons d'une clarté aussi engageante! Sommes-nous des marchands de\nParis ou des porteurs d'eau que nous ne puissions parler d'amour sans son-\nger aux convenances?\n    HÉLÈNE. — C'est sans doute quelque braconnier ou quelque loup des\nbois qui vous enseigna à parler amour aux femmes.\n    L E CHEVALIER. — J'eus pour professeur d'histoire un abbé, lequel\nétant galant homme et très couru à la ville, m'enseignait à peu près\ndans ces termes : « Monsieur le chevalier, vous êtes d'épée ; bien mieux\nque moi, qui ne suis que de robe, vous allez donc faire la guerre aux cœurs.\nSouvenez-vous que M. de Condé, lequel commandait pour le roi de fort\nbons gentilshommes, les mena tenter l'assaut de Lérida au son des vio-\nlons. Nous avons maintenant des mœurs plus douces, mais l'assaut d'un\nboudoir ne veut pas être mené avec moins d'entrain et de plaisant que celui\nd'une place forte. C'est apanage de noblesse que de prendre toutes choses\nen manière de badinerie et il n'est rien qui sente la poêle à frire ou l'aunage\ncomme de s'imaginer qu'il y a quelque chose au monde qui vaille qu'on la\ntraite sérieusement? »\n   HÉLÈNE. — Vous êtes un grand impertinent et vous avez reçu les leçons\nd'un effronté. Ces derniers temps j'eus grand tort d'encourager votre cour;\npouvais-je prévoir que cela vous enhardirait à me poursuivre jusqu'ici?\nC'est excès de hardiesse, Monsieur, et par ma tante, laquelle est chanoi-\nnesse chez ces dames de Remiremon, si vous ne battez en retraite à la\nminute je prends le voile et ne vous revois de ma vie mortelle.\n   LE CHEVALIER. — De votre vie mortelle? Ma foi, c'est un point impor-\n"}, {"page_pdf": 342, "page_imprimee": 303, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2684, "texte": "                                — 303 —\n\n tant et qui vaut qu'on y pense. Car, pour la seconde vie, je me flatte d'être\n un trop grand mécréant et trop chargé de péchés païens pour que nous\n fréquentions là-haut chez les mêmes personnes ! Mais la perspective d'être\n dame d'honneur à la cour de la reine des deux peut-elle balancer dans le\n cœur d'une jolie femme l'assurance de régner sur le cœur d'un mortel?\n   HÉLÈNE. — Le cœur d'un mortel est une bien faible lampe pour la\ngrande flamme dont je me sens capable\n   LA MARQUISE (intervenant vivement) — Comme vous dites cela grave-\nment. Gardez-vous de faire croire que vous le pensez! N'oubliez pas que\nvous ne vous défendez que pour la feinte : c'est le bon ton qui veut qu'on\ntasse quelques politesses à l'adversaire avant d'amener pavillon, mais l'un\ndes deux combattants était à l'avance décidé à se rendre ; et vous êtes trop\ngrande dame pour faire la boutiquière longtemps encore !\n   HÉLÈNE (plus gaiement). — Le cœur d'un mortel est une faible lampe\npour la grande flamme dont je me sens capable et vous feriez une bien\nmauvaise vestale.\n   LE CHEVALIER. — Le métier de vestale n'est point mon fait, je le con-\nfesse, et ne me sens point de goût bien violent à l'idée d'être enterré tout\nvif! Mais laissons là les Romains. Pour toute flamme sonne tôt ou tard\nl'heure du couvre-feu, et la vôtre même serait peut-être quelque jour fort\nembarrassée de ne pouvoir céder à la commune loi. Voyez au contraire\ncomme je viens ici avec les plus honnêtes intentions du monde, qui sont :\nde nous divertir ensemble le plus de temps qu'il nous sera possible\n   HÉLÈNE. — L'euphémisme est joli             Mais la réalité? C'est une pas-\nsade que vous me proposez ?\n   LE CHEVALIER. — Mais oui             l'échange de deux fantaisies\n   HÉLÈNE. — Vous voulez parler de l'échange de deux anneaux? Les\nfemmes de ma sorte ne l'entendent pas autrement.\n   LE CHEVALIER. — Le mariage alors?              c'est un détail.\n   HÉLÈNE. — Mon Dieu, oui! Mais il a son importance!\n   LE CHEVALIER. — Eh bien ! épousons-nous! J'ai du bien en Tourraine\net le dernier ministère m'a valu six cents charges de contrôleur du beurre\nsalé. J'ai de la naissance et un oncle qui est bien en cour. Et tenez, j'y\npense! Nous ferons la noce au château : nos bons villageois danseront sur\nla pelouse jusqu'au soir aux joyeux accords des ménétriers. Sous les ton-\nnelles nous distribuerons le vin blanc à profusion, et tous deux, en berger\nenrubanné et en bergère à houlette travestis pour la circonstance, nous\nouvrirons le bal au son des violons. Ce sera une paysannerie adorable qui\nfera crouler de malerage et d'envie tous les châteaux et tous les trianons\n"}, {"page_pdf": 343, "page_imprimee": 304, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2866, "texte": "                                    — 304 —\n\n   des environs. Je ne doute pas que l'écho n'en parvienne aux oreilles de\n   notre gracieuse reine, laquelle, sous ses plafonds trop peints, ne rêve que\n   chaumière. Elle a remis les bergeries à la mode. Qui sait, cela me vaudra\n   peut-être une charge à la cour. Vive Dieu ! Il en est plus d'une à ma con-\n  venance où je ne serais pas plus déplacé que tel autre que je connais. La\n  vénerie m'accommoderait sans doute, et aussi les services de bouche. De là\n  et par faveurs successives on est appelé à porter le missel du roy quand'il\n  traverse l'œil-de-bœuf pour se rendre à la chapelle, ou bien, ce qui est à\n  plus grand honneur encore, on tient la chemise royale pendant que Sa\n  Majesté se tire du lit. Votre idée de mariage est admirable et je prétends\n  aller partout proclamant bien haut que j'étais un sot de n'y avoir pas songé\n  le premier       (Bas à Hélène.) Ma belle cousine, vous êtes bien aimable\n  ainsi rêvant, mais vous oubliez que c'est à votre tour.\n     HÉLÈNE. — Ah! (Avec une gaieté un peu forcée.) J'aurai un petit\n nègre pour me porter la queue et je me ferai coiffer à la Du Barry. Nous\n aurons des livrées vert d'eau et un suisse tout galonné d'argent, et j'achète-\n rai cette jolie chaise à porteurs, glaces et or, sur les panneaux de laquelle\n M. Boucher a peint des amours joufflus. Quel bonheur d'avoir sa loge à\n l'Opéra ! Et ma tante qui possède un si joli petit bichon ne me le refusera\n pas comme don de joyeuse union           C'est le plus menu et le plus délicieux\n des bichons (Jetant le livret qu'elle avait en main.)\n     Ah! Non Non! Je ne veux plus de cet affreux rôle. C'est une honte,\n grand'mère, une honte! que de parler mariage sur ce ton-là, et toute cette\n comédie qui prétend représenter je ne sais quel triste badinage entre gens\n du bel air, je la déclare fausse, fausse et haïssable! Ces coquetteries à froid,\n ces projets de poupée à polichinelle, ce mariage qui se discute comme une\npartie de campagne, voilà qui me ferait partir de grands éclats de rire si je\nn'avais tout le temps envie de pleurer! Et quand j'aurais appris à traiter\nl'amour comme on arrange une dînette, croyez-vous que je voudrais\njouer demain cette méchante comédie devant un public trop fait pour\napplaudir ce qui flatte ses vices et son égoïsme incurable?\n    Comme il est plaisant ce héros qui ne songe qu'à la cour et n'envisage le\nmariage que comme un marche-pied pour devenir domestique; et moi\ndonc, qui dois m'éprendre d'un grand amour pour les bichons et les petits\nnègres, parce que cela est de bon ton, mais qui dans tout cela n'ai pas un\nmot, pas une pensée, pas un souvenir pour celui qui doit devenir mon\nmari?...\n    L A MARQUISE. — Mais malheureuse petite fille, songes-tu bien à ce que\ntu dis-là ? Quel vent de révolte a soufflé sur cette folle tête et en a éparpillé\n"}, {"page_pdf": 344, "page_imprimee": 305, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "                                 — 305 —\n\n toutes les idées raisonnables? Depuis quand vos cheveux blonds abritent-ils\n tant d'intransigeante austérité et prétendent-ils en remontrer à mes cheveux\n blancs? Voilà une étrange discoureuse! C'est à croire qu'elle a vu le jour\nchez les Lapons ou chez les Russiens et n'a de sa vie affronté l'air d'un\nsalon honnête. C'est de cette façon, qui te paraît haïssable, que les gens bien\nnés s'expriment et c'est seulement à la condition d'être ainsi traité que\nl'amour est un sentiment de bonne compagnie et le mariage une union de\nbon ton. A quoi servirait-il d'avoir de l'esprit si ce n'était pour empêcher le\ncœur de faire des bêtises?\n   HÉLÈNE. — Eh bien, moi! je n'en ferai qu'à ma tête et je me soucie\nmédiocrement d'épouser un homme d'esprit, fût-il du plus étincelant. Je\nles connais, ces brillants causeurs ! Grands dépensiers de pointes et pro-\ndigues de madrigaux tant qu'ils sont en société et soutiennent la réputation\nde leur maison ; il n'est point d'aussi économes personnages et de pareils\navares dès qu'ils sont rentrés dans l'intimité. Le soir les déshabille de leur\ncuirasse de soie et de leur maillot de dentelle, et leur vilain égoïsme apparaît\nalors tout nu.\n   LA MARQUISE. — Fi! L'affreuse petite bourgeoise!\n   HÉLÈNE. — Vous, grand'mère, vous avez découvert le moyen, je ne sais\ntrop comment, de conserver un cœur d'or malgré les airs d'évaporée que\nvous vous enragez à simuler parce que vous avez vécu avec ce monde-là,\npassant d'un menuet de Rameau à un air de Lulli et ne trouvant de temps\nentre une contredanse et une pavane que pour lire un chapitre ou deux de\nvotre aimable Marivaux. Vous avez été heureuse... par exception ! Pourquoi?\nParce que les légers nuages qui ont parfois flotté dans votre ciel rose n'ont\njamais été beaucoup plus terribles que les mousselines de vos bergères ;\nparce que toutes les heures de la vie, votre adorable pendule, où des\ncolombes se béquettent, vous les a sonnées de son timbre d'or, discrè-\ntement; ainsi, vous ne vous êtes pas sentie vieillir, à cette différence près\nque vous avez remplacé par une tabatière d'argent votre ancienne bonbon-\nnière d'émail et que vous ne devez plus vous poudrer les cheveux.\n   Mais moi, je suis venue après vous, et je frissonne devant la vie plus pro-\nfondément qu'au seuil d'un bal. Ce qui était de mode sous Louis XV, le\nbien-aimé, commence à dater terriblement. Autour de vos bonheurs du jour\nde Louvecienne, le vernis et la laque mis par la Du Barry déjà se fendille\nen fines craquelures. La chronique de votre temps apparaîtra bientôt comme\nune fantaisie ironique et charmante de l'histoire de France ; mais je crois\nque Ia comedia e finita, comme ils disent à l'Opéra italien. Le temps vient\noù un plan politique ou un projet de finances fera meilleure figure dans le\n bagage de tout gentilhomme qu'un quatrain réussi.\n"}, {"page_pdf": 345, "page_imprimee": 306, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2909, "texte": "                                  — 306 —\n\n    LA MARQUISE. — Est-ce une raison pour ne plus s'aimer? Les femmes\nsont créées pour aimer comme les fleurs pour fleurir, et pour ma part si\nj'avais ton âge, je m'entêterais à fleurir désespérément et je trouverais piquant\nde faire l'amour, vertuchoux ! fût-ce sur le flanc d'un cratère !\n    HÉLÈNE. — C'est l'heure de s'aimer, oui, et de s'appuyer l'un sur l'autre\ncomme font les passagers quand le ciel et la mer deviennent noirs. C'est\nl'heure de l'amour; non plus cette escrime amoureuse qui ne sert qu'à\nfaire jaillir les étincelles de deux vanités qui se croisent, mais l'amour\ngrave, presque religieux, l'amour qui fait les époux, l'amour qui fait les\nenfants, l'amour qui fait la famille.\n     Chère grand'mère ! ne me demandez pas de débiter demain les fadeurs et\n les sucreries d'un badinage de convention, devant une société qui n'y\n découvrira que trop d'agréments : beaux seigneurs pour qui le système du\n monde se réduit à tourner autour du sourire d'une favorite comme autour\n d'un soleil de cour ! Leur place est déjà marquée dans ces trumeaux de\n Lancret et les courtiseurs de bergères font ménage avec les ombres mytho-\n logiques. Ils se vantent d'être les joyeux ornements d'un siècle plein de\n gaîté, ou de considérer toutes choses à travers l'or pétillant du vin de Cham-\n pagne! Mais les journées les plus folles s'attristent vers le soir; il est des\n  pressentiments inconnus à ceux qui sont nés avec le clair matin, et qui nous\n  envahissent, nous autres, enfants de l'après-midi. (Se tournant vers le cheva­\n  lier.) Mon cousin, qui récitiez votre rôle avec un feu si aimable, cherchez\n  une autre partenaire. Vous trouverez aisément, pour vous donner demain\n  la répartie, une commère de plus de gaieté et d'entrain, une jeune femme\n  qui trouvera délicieux de parler de chiffons et de bijoux à propos de mariage,\n  et avec laquelle le dénouement ne risquera pas, comme aujourd'hui, de\n  tourner court tout à coup, par la faute d'une petite fille trop décidément\n  bourgeoise pour marivauder avec grâce.\n    L E CHEVALIER (gravement, genou en terre). — Je découvre en vous,\n avec les yeux de l'amour, une femme réelle plus séduisante mille fois que\n celle que je devais voir tantôt avec les yeux de l'acteur. Ma cousine, je suis,\n moi aussi, un enfant de l'après-midi. Vos paroles de tantôt ont soufflé sur\n ma frivolité d'emprunt ; elle vient de s'envoler comme la poussière des ailes\n de papillon s'effrite sous les doigts de la réalité. Vous parliez tout à l'heure\n des passagers qui se serrent l'un contre l'autre pour affronter une mer ora-\n geuse. M'accepteriez-vous pour compagnon de voyage, non plus pour un\n voyage aux îles de plaisir, non plus pour un voyage à Cythère, mais pour\n la traversée de toute la vie ?\n    HÉLÈNE (avec une émotion joyeuse). — Et vos beaux projets? Et les\n  charges que vous deviez remplir à la cour?\n"}, {"page_pdf": 346, "page_imprimee": 307, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1254, "texte": "                                    — 307 —\n\n   LE CHEVALIER. — Ah, cousine, nous ne jouons plus la comédie!\n   HÉLÈNE. — Si, mais celle-ci est sérieuse. Souffrez donc que je vous\nimpose un certain délai... pendant lequel vous apprendrez votre rôle!\n   LA MARQUISE. — Ah, mes enfants ! Je savais bien depuis longtemps que\nvous vous aimiez ! Et moi qui me figurais pousser à la roue en vous distri-\nbuant ces rôles tout aimables! Le diable m'emporte si j'avais prévu que\ncela tournerait d'abord aussi mal, et puis aussi bien !\n  HÉLÈNE. — Je ne prévoyais rien de tout cela non plus... Ah!\ngrand'mère, me pardonneras-tu mes gros mots de tantôt? J'ai vu le moment\noù tu allais t'attrister, toi, toi, la gaieté en personne, la plus rieuse des\ngrand'mères, toi qui, je crois, n'a jamais pleuré !\n  LA MARQUISE. — Jamais pleuré... hum!... du temps du feu marquis...\nMa foi, mes braves enfants, vous vous mariez bien sérieusement, mais vous\nvous mariez, c'est l'essentiel! Et de notre temps on s'amusait peut-être\ndavantage avant, mais je crois que vous avez pris le meilleur chemin pour\nne pas pleurer après !\n                                                   MAURICE CARTUYVELS\n                                                   FRANZ WIENER\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 307, "page_fin": 315, "titre_corps": "Le Cerisier fleuri", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "LE CERISIER FLEURI", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LE VERS LIBRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 346, "page_imprimee": 307, "debut_caractere": 1254, "fin_caractere_exclue": 1809, "texte": "LE CERISIER FLEURI (1)\n                                           I\n\n                                   FLORÉAL\n\n                   Fi, le vieil arbre rugueux\n                   Avec sa ramure torse,\n                   Noir, dépouillé comme un gueux :\n                   Rien ne vit sous son écorce.\n\n                   O printemps, nouveau printemps,\n                   Viens, mon âme te réclame.\n                   Au cœur des cieux éclatants\n                   Fais jaillir ta jeune flamme!\n\n\n (1) D'un volume qui paraîtra prochainement sous ce titre.\n"}, {"page_pdf": 347, "page_imprimee": 308, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1399, "texte": "                     — 308 —\n\n         Le cerisier d'autrefois\n         Se couvre de fleurs divines\n         Et d'oiseaux bleus, dont la voix\n         Fuse en gammes cristallines.\n\n         0 printemps, nouveau printemps,\n         Mon âme est pleine de joie\n         Et de baisers palpitants\n         Qui font des froufrous de soie.\n\n                         II\n\n                   MADRIGAL\n\n        Comme tu souris gentiment\n        En trempant ta bouche si douce\n        Dans le haut cristal écumant\n        Où le champagne monte et mousse!\n\n        Sur ta bouche si douce, enfant,\n        Et dans tes bras si doux, mon âme\n        Prise à ton baiser triomphant\n        Doucement s'enivre et se pâme.\n\n        Mieux qu'Orphée et son barbiton\n        Ta voix charme le cœur farouche ;\n        Et pourtant tu caches, dit-on,\n        Un petit serpent dans ta bouche.\n\n\n                        III\n\n                  CERTITUDE\n\nRaison? Mais qui donc a raison? Au parc chagrin,\nLà-bas, dans le gazon mouillé du boulingrin,\nOù, le plâtre écaillé, meurent quelques statues,\nDouce filles de rois, ô lumières ! vêtues\nDe soie or et lilas et de rubans brodés,\nTout fleuris de muguet, leurs chastes yeux bandés,\nFigurent, se tenant par la main, les douze heures.\nLa règle du doux jeu, fait de grâce et de leurres,\nVeut que le joli prince adorable et follet,\nAille, parmi ces sœurs, baiser l'heure qu'il est.\n"}, {"page_pdf": 348, "page_imprimee": 309, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "                     — 309 —\n\nMais le joyeux fripon des lèvres papillonne\nGaîment de lèvre en lèvre et chaque enfant mignonne\nCroit être l'heure vraie et laisse l'Astre-Roi\nSourire, au Ciel, de leur erreur et de leur foi.\n\n\n                        IV\n\n            ÉCRIT SUR UN LIVRE\n                                                    A G. S.\n             Accepte ce livre\n              Où s'effeuille un peu\n             La langueur de vivre;\n             Cest le bouquet bleu\n             Des fleurs ingénues,\n             — Souvenirs brouillés.\n             Sourires mouillés,\n             Larmes retenues;\n             Et c'est dans les mousses\n             Des chansons très douces,\n             Et c'est dans le ciel\n             Un soleil de miel,\n             Et c'est dans notre âme\n             Un peu de cette âme\n             Qui chante et se pâme.\n\n\n\n\n          LA F E U I L L E DE SAULE\n\nLe vent a détaché du feuillage mouvant\nDu vieux saule une feuille, — est-ce une feuille      mortel\nElle choit dans le lac remué par le vent;\nLe flot qui suit le flot la balance et l'emporte.\nLe souvenir, hélas ! de mon bonheur passé,\nLe temps l'a dans mon cœur lentement effacé.\n\nAu bord de l'eau couché je contemple sans trève\nLa feuille qui s'en va loin de l'arbre penché.\nDepuis que j'oubliai celle qui f ut mon rêve,\nJe rêve, tout le jour, au bord de l'eau couché.\n"}, {"page_pdf": 349, "page_imprimee": 310, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1197, "texte": "                   —    310   -\n\nMes yeux suivent toujours cette feuille de saule.\nVoici quelle revient sous l'arbre, qu'elle frôle!\nO ciel! le souvenir de mon bonheur passé\nDans mon cœur palpitant ne s'est pas effacé!\n\n                       VI\n\n                   PROSIT !\n\n             Quand je bois du vin\n             J'endors mon chagrin.\n            A quoi bon œuvrer,\n            Peiner et pleurer ?\n            Quel que soit mon gré\n            Un jour je mourrai.\n            En fuyant les fleurs\n            On trouve les pleurs.\n            Mais qui boit du vin\n            Endort son chagrin.\n\n                       VII\n\n         A UN P O È T E OUTRAGÉ\n            Ne t'irrite pas !\n            Ne sois point surpris!\n            Croise-toi les bras,\n            Regarde et souris!\n            La vie est si brève\n            Et si peu bénigne!\n            Sur l'azur du rêve\n            Nage comme un cygne;\n            Sois le frère errant\n            Des blancs nénufars,\n            Le chantre enivrant\n            De leurs cœurs épars,\n            Et laisse, en la sombre\n            Profondeur des ondes,\n            Grouiller, sous ton ombre.\n            Les larves immondes!\n"}, {"page_pdf": 350, "page_imprimee": 311, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1194, "texte": "                     ~ 311 —\n\n\n                        VIII\n\n              MAUVAISE HUMEUR\n\n  Les dieux sont gais ; ils dansent, chantent, rient\n              Dans le ciel lumineux\nEt boivent l'ambroisie en se moquant de ceux\n              Qui sur terre les prient.\n Les dieux sont beaux ; ils gardent la jeunesse,\n             La grâce et la splendeur,\nMais ils nous ont donné la douleur, la laideur\n             Et la lourde vieillesse.\n\n  Les dieux sont forts ; c'est eux qui nous font   naître\n             Et qui nous font pécher\nAfin de nous punir et de nous empêcher\n             De nous passer du prêtre.\n\n\n                         IX\n\n                 L'AMOUREUX\n\n           II avait jadis plus de rêves\n                Qu'en leurs floraisons brèves\n           Les aubépines rougissantes\n               N'ont de fleurs innocentes.\n\n           Maintenant sa tête lassée\n               N'a plus qu'une pensée\n           Comme un vase de calcédoine\n               Où trempe une pivoine.\n\n                          X\n\n                     ARDEUR\n\n             Loin des calmes travaux\n             Par la forêt sauvage\n             Que l'ouragan ravage,\n               Par monts, par vaux,\n"}, {"page_pdf": 351, "page_imprimee": 312, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1005, "texte": "               — 3l2    -\n\n\n       Par la pluie et la neige,\n       Par la grêle et le vent,\n       En avant! en avant!\n         Dieu me protège !\n\n           Je t'ai goûté.\n           Dernier plaisir\n           Que la beauté'\n           Offre au désir !\n\n           Comme la joie,\n           Hélas, épuise!\n           Comme elle ploie\n           L'âme et la brise !\n\n           Mieux vaut souffrir\n           Mille douleurs\n           Que de subir\n           Tant de bonheurs !\n\n           Mais dans la flamme\n           Ou dans la neige,\n           L'amour, mon âme,\n           Où le fuirai-je ?\n\n\n                  XI\n\n           LIED DE MAI\n\nComme lumineuse et sereine\nLa nature s'épanouit!\nComme tout sourit dans la plaine!\nComme le soleil éblouit!\n\nDes fleurs sortent de chaque branche\nEt des voix de chaque buisson.\nJoie et volupté, tout s'épanche,\nTout est mélodie et chanson.\n\nCalme, sérénité divine,\nDouce et caressante chaleur!\nUn dieu naît dans chaque poitrine.\nO terre! ô lumière! ô bonheur!\n"}, {"page_pdf": 352, "page_imprimee": 313, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 914, "texte": "               — 313 —\n\nSource de feu, source de vie\nPlus céleste encor que le jour,\nTu baignes mon âme ravie,\nAmour, universel Amour !\n\n\n                  XII\n\n            EN MARCHE\n\n      Au cœur de la fête\n      Roule le tambour.\n      Tu tournes la tète\n      Et voici l'amour.\n\n       Un coup de tambour,\n       C'est une autre fête !\n       Tu tournes la tête,\n       C'est un autre amour!\n      Jeune patriarche\n      Des jeunes cerveaux,\n      Ton cœur bat la marche\n      Des hommes nouveaux.\n      Ta lumière baigne\n      Les yeux de velours\n      Et de règne en règne\n      Tu marches toujours.\n\n\n                  XIII\n\n         CHANT D'AMOUR\n\nTa beauté chante le réveil\nEt c'est l'aurore sur les mondes.\nO chère Tête, le soleil\nRayonne dans tes boucles blondes!\nTon rire évoque le printemps,\nLes oiseaux, les fleurs et les brises.\nC'est l'Amour même que j'entends\nDans les chansons dont tu me grises.\n"}, {"page_pdf": 353, "page_imprimee": 314, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1325, "texte": "                    — 314 —\n\n     Tes yeux reflètent le ciel bleu\n     Qui sourit sur toutes les choses.\n     Ma bouche, papillon de feu,\n     Voltige sur tes lèvres roses.\n\n     Ah! comme tes baisers sont doux!\n     Et comme ta parole est douce,\n     Qui passe entre nos baisers fous\n     Comme une eau fraîche dans la mousse!\n\n     L'azur s'enflamme et laisse un dieu\n     Jaillir dans un tourbillon d'ailes :\n     C'est ton âme aux ailes de feu\n     Qui monte aux choses éternelles !\n\n\n                       XIV\n\n                CHEVAUCHÉE\n\nLe cheval galope au bord de la mer.\nL'eau clapote et rit sur le sable rose\nEt l'ardent soleil dans l'azur de l'air\nComme une fleur d'or mollement repose.\n\nLe cheval galope au bord de la mer.\nLe jeune homme blond, beau comme un archange,\nLaisse flamboyer ainsi qu'un feu clair\nSes cheveux bouclés que la brise effrange.\nLe cheval galope au bord de la mer.\nLes oiseaux marins volent sur la plage\nEt leurs cris aigus dans le vent amer\nJettent un appel strident et sauvage.\n\nLe cheval galope au bord de la mer.\nLa brise enfle un peu la chemise mauve\nDe l'adolescent souriant et fier\nQui fouette de fleurs sa monture fauve.\nLe cheval galope au bord de la mer.\nL'enfant resplendit comme un météore.\nIl passe, il s'éloigne .... et le vent amer\nRépond seul au cri plaintif qui l'implore.\n"}, {"page_pdf": 354, "page_imprimee": 315, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1054, "texte": "                                       — 315 —\n\n\n                                            XV\n\n                                   LE P Ê C H E U R\n\n         La terre a bu la neige et l'azur printanier\n         Sourit de voir neiger mille fleurs de prunier.\n\n         Le feuillage du saule, on dirait de l'or vierge;\n         Et c'est un lac d'argent qui reluit sous la berge.\n\n         Ailes jointes, les grands papillons de velours\n         S'endorment sur le cœur des fleurs aux parfums                         lourds.\n\n         La brise dort aussi. Nul souffle ne balance\n         Les humides roseaux où rêve le silence.\n         En jetant son filet, debout dans son bateau,\n         Le pêcheur a brisé la surface de l'eau.\n\n         De même qu'il capture en ses étroites mailles\n         De beaux poissons parés d'éclatantes écailles,\n         Puisse je aussi pêcher dans le vaste univers\n         Des songes merveilleux aux filets de mes vers!\n\n                                                                 IWAN GILKIN\n\n\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 315, "page_fin": 321, "titre_corps": "Le Vers libre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "LE VERS LIBRE", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 354, "page_imprimee": 315, "debut_caractere": 1054, "fin_caractere_exclue": 1932, "texte": "LE VERS LIBRE (I)\n   M. A. de Croze a entrepris dans le Figaro une enquête sur le vers libre,\nc'est-à-dire sur l'espèce de prose que les poètes oublieux ou ignorants de\nl'art des vers s'obstinent depuis dix ans à qualifier de poésie. Voilà quelque\ndix ans, en effet, que la littérature française est en proie à la plus étrange\nmaladie. Sous l'influence des littératures étrangères, de jeunes écrivains,\nétrangers eux-mêmes, ont entrepris de bouleverser ou plutôt de détruire la\nversification française et d'y substituer une sorte de prose musicale, remplie\nd'assonances et d'allitérations et balancée sur des velléités de rythme; ces\nmixtures, ces syllabes brouillées comme des œufs peuvent parfois plaire\n\n (1) Cet article fut écrit pour le Journal de Bruxelles,   qui le publia le 12 août.\n                                                                                   20\n"}, {"page_pdf": 355, "page_imprimee": 316, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2723, "texte": "                                   — 316 —\n\n à l'oreille et y faire naître de fugitives analogies avec la poésie véritable\n mais elles ne sauraient prendre la place de celle-ci.\n    Tout manque de ce qui serait nécessaire pour obtenir ce résultat. La\n mode, la contagion, le snobisme de la jeunesse et surtout des vieux-\n jeunes qui espèrent faire oublier leur âge par la frénésie qu'ils mettent à prô-\n ner les sottises les plus récentes, tout cela peut faire illusion pendant quel-\nques années, mais la réalité ne saurait manquer de l'emporter sur les fan-\ntômes, et la vraie poésie ne tardera pas à chasser de son temple la prose\ndéguisée qu'y veulent introduire aujourd'hui M me Marie Kryzinska,\n M. Kahn, M. Verhaeren et M. Vielé-Griffin, avec la complicité souriante de\nM. Stéphane Mallarmé.\n   A l'heure présente la querelle est vive entre ces novateurs et les quelques\npoètes français qui ont le courage de protester contre l'outrage fait aux\nMuses de France. On sait qu'en Belgique la bataille n'est pas moins chaude\net qu'on peut voir aux prises d'une part MM. Verhaeren, Maeterlinck et\ntoute une séquelle de petits publicistes dont la prose ivre croit, parce\nquelle titube, qu'elle a bu l'ambroisie (cette armée a pour enseigne l'Art\nmoderne, le Coq rouge, la Société nouvelle, le Réveil de Gand et quelques\nfeuilles aussi provinciales qu'agitées), et, d'autre part, les poètes qui, dans\nnotre pays, défendent l'art contre les barbares et qui suivent le drapeau de\nla Jeune Belgique.\n   Essayons d'exposer brièvement à nos lecteurs l'état de la question. Il faut\ncommencer par écarter les équivoques. Vous rappelez-vous la fable Le Loup\net l'Agneau ? J'en transcris les premiers vers :\n                La raison du plus fort est toujours ta meilleure :\n                      Nous talions montrer tout à l'heure.\n                      Un agneau se désaltérait\n                      Dans le courant d'une onde pure.\n                Un loup survient, à jeûn, qui cherchait aventure\n                      Et que la faim en ces lieux     attirait.\n                — Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?\n                      Dit cet animal plein de rage :\n                      Tu seras châtié de ta témérité.\n                — Sire, répond l'agneau, que Votre Majesté\n                      Ne se mette pas en colère ;\n                      Mais plutôt quelle considère\n                      Que je m'en vas désaltérant\n                            Dans le courant\n                      Plus de vingt pas au-dessous d'elle\n                Et que, par conséquent, en aucune façon\n                      Je ne puis troubler sa boisson.\n\n  Voilà ce que, jusqu'à nos jours, on n'a cessé d'appeler « vers libre ».\n"}, {"page_pdf": 356, "page_imprimee": 317, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2714, "texte": "                                - 3 1 7 -\n\n\nC'est un mélange irrégulier de vers réguliers. On en peut trouver les plus\nadmirables modèles dans les fables de La Fontaine, dans l'Amphitryon de\nMolière et dans cette adorable Psyché que firent ensemble Molière, Cor-\nneille et Quinault. On avait, sans doute, oublié l'existence de cette poésie\net de ces chefs-d'œuvre lorsqu'on s'avisa de disposer du terme vers libre\npour l'appliquer à la prose culbutante de MM. Vielé-Griffin et consorts. Il\nest toujours fâcheux de confondre sous un même nom deux choses dissem-\nblables. Or, rien ne ressemble moins au véritable vers libre de la poésie\nfrançaise que le soi-disant vers libre des novateurs exotiques. Qu'on en juge!\nVoici le début de Myrtis d'Anthédon, second dialogue du volume que\nM. Vielé-Griffin a publié sous ce titre : Palai (ce qui, en grec, signifie à\npeu près : Vieilleries) :\n                    Toutes ces voiles qu'on voit rose pâle,\n                    Le long du golfe,\n                    Regarde :\n                    Elles entrent,\n                    Une à une,\n                    Dans l'ombre projetée du promontoire,\n                    Sous ce soleil oblique\n                    De fin d'été...\n\n   Le lecteur le moins expérimenté voit du premir coup d'ceil que ces petits\nalinéas n'ont rien de commun avec les vers. On va à la ligne quand il y a\nune virgule, mais c'est une simple fantaisie typographique; un imprimeur\nconnaissant son métier et le défendant contre les innovations ineptes aurait\nmontré cette phrase sous son aspect naturel : « Toutes ces voiles qu'on voit\nrose pâle le long du golfe, regarde : elles entrent, une à une, dans l'ombre\nprojetée du promontoire, sous ce soleil oblique de fin d'été. »\n   Il est aisé de voir que dans le pseudo-vers de M. Vielé-Griffin il n'y a\npas de vers ; le rythme manque, la rime aussi, et les préceptes selon les-\nquels on règle l'intérieur des vers sont violés. De tout ce qui constitue le\nvers français il ne reste rien. Ces prétendus vers ne sont donc pas libres, ils\nsont simplement nuls et inexistants. C'est la liberté dans le néant.\n   Ce pseudo vers libre viole toutes les lois de la versification française.\nMais, dit-on, que valent ces lois? d'où viennent-elles? qui les a faites? Sûr\nqui sont-elles fondées et de quel droit nous les impose-t-on ?\n   Un amusant préjugé voltige comme un hanneton dans la plupart des cer-\nvelles de quinze ans : les bons petits jeunes gens s'imaginent qu'en telle ou\ntelle année de gros messieurs, très tyranniques, se sont installés sur le Par-\n nasse, ont inventé quelques chinoiseries et les ont audacieusement imposées\n a leurs compatriotes en leur disant : « Voici les lois que vous observerez,\n"}, {"page_pdf": 357, "page_imprimee": 318, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2882, "texte": "                                    — 318 —\n\n   parce que tel est notre bon plaisir. » A lire les articles de polémique publiés\n   dans les petites revues, — depuis l'Art moderne de M. Picard jusqu'aux\n   Ecrits pour l'art de M. René Ghil, — on se convainct que tel est le pos-\n   tulat que suppose le système des vers-libristes.\n      Ces messieurs s'imaginent que les lois de la versification sont arbitraires\n  et qu'elles ne reposent que sur le caprice des « législateurs ».\n      Est-il besoin de dire que rien n'est moins exact? La versification, dans\n  chaque langue, repose sur des lois naturelles, parfaitement objectives. Les\n  législateurs du Parnasse n'inventent pas ces lois au hasard; ils les décou-\n  vrent, comme les physiciens et les chimistes découvrent les lois de la phy-\n  sique et de la chimie. Les législateurs se trompent parfois; dans ce cas,\n  leurs formules sont fausses et ne durent guère; le temps en fait justice et il\n  rejette les règles inexactement formulées, comme il a rejeté les erreurs qu'on\n  prenait jadis pour des vérités dans le domaine des sciences naturelles.\n     Ensuite, il faut distinguer, dans la « législation » du Parnasse français, les\n  lois fondamentales et les règlements temporaires : ceux-ci changent avec\n  les mœurs et l'état des esprits, d'étape en étape, mais les premières sont\n  liées aux principes constitutifs de la langue française et dureront autant\n  qu'elle.\n     Nous touchons ici au nœud central de la question, et c'est pour l'avoir\n perdu de vue que l'on a commis tant d'erreurs.\n     La langue française est née de la langue latine, par corruption. La ver-\n sification française est née parallèlement de la versification latine, par la\n même corruption. Nul philologue sérieux ne contestera ce principe, qui\n doit servir de base à toute étude de la versification française.\n     En latin on distinguait la quantité et l'accent tonique. Au point de vue\n de la quantité, toute syllabe était longue ou brève : ainsi dans l'infinitif\n abjicere la syllabe ab était longue, les trois autres étaient brèves. Mais\n l'accent tonique était indépendant de la quantité; il marquait la syllabe\n forte, celle sur laquelle on appuyait non pas le plus longuement, mais le\n plus fortement : dans le mot abjicere il tombait sur la syllabe ji.\n     L'accent tonique était en réalité plus important que la quantité. Lorsque\nlà langue latine perdit sa pureté au contact des barbares et tout particuliè-\nrement des Gaulois, puis des tribus germaines qui s'établirent dans les\nGaules, la quantité se perdit peu à peu, tandis que l'accent tonique subsista.\nTelle fut la loi de formation du langage français. Dans cette langue, la\nplupart des syllabes n'ont qu'une quantité incertaine et neutre, mais chaque\nmot a un accent tonique, toujours placé sur la dernière syllabe (ou sur\nl'avant-dernière lorsque la dernière est un e muet).\n"}, {"page_pdf": 358, "page_imprimee": 319, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "                                  - 3 1 9 -\n\n     La poésie classique des Latins est basée sur la quantité. Mais celle-ci\n  s'est peu à peu altérée et perdue. Il était donc impossible de conserver une\n versification fondée sur des combinaisons de syllabes brèves et de syllabes\n longues. Que faire ? On ht la seule chose qui fût pratique : puisqu'on ne\n distinguait plus nettement les longues des brèves, on admit toutes les syl-\n labes comme égales entre elles. Mais alors, comment différencier les vers de\n la prose? Où commençait le vers et où finissait-il? On s'avisa d'un moyen\n aussi simple qu'ingénieux : on marqua la fin des vers par des sons particu-\nliers, qui se répondaient de vers en vers ou de deux vers en deux vers : ce\nfut la rime.\n     Le christianisme aida puissamment au succès du système nouveau. La\nreligion de Jésus se développait surtout dans le bas peuple et chez les\nesclaves, 'c'est-à-dire parmi des ignorants ou des hommes de race barbare,\nétrangers les uns et les autres aux délicatesses du langage classique. Quand\nla poésie chrétienne naquit, elle se conforma au goût des fidèles. On la\nvit favoriser la versification homosyllabique et rimée. Voici une strophe\nd'Hilaire de Poitiers :\n                           Jésus refulsit omnium\n                           Pius rcdcmptor gentium :\n                           Totumgenus fidelium\n                           Laudes celebret dramatum.\n\n Voici un fragment d'une hymne de saint Ambroise :\n                          Tristes errant apostoli\n                          De nece sui Domini\n                          Quem pEena mortis crudeli\n                          Servi damnarunt impii.\n\n   On trouve dans ces vers le double fondement sur lequel s'édifiera toute\nla poésie française : le nombre syllabique et la rime.\n   Toutes les autres « lois » de la poésie française sont dérivées de celles-là\net ne servent qu'à en déterminer l'application, — un peu comme les arrêtés\nroyaux ou ministériels règlent l'application des lois votées par les\nChambres. Et moins le point d'application qu'elles règlent est important,\nmoindre aussi est leur valeur, moins grave est leur inobservation.\n   Mais on peut par ce rapide aperçu juger de l'importance du double prin-\ncipe fondamental que nous avons mis en lumière : la rime et le nombre\nhomosyllabique. Cela, c'est la loi inviolable. Ce double principe, c'est la\nversification française elle-même ; y porter atteinte et chercher à fonder la\nversification française sur autre chose, c'est vouloir substituer à celle-ci une\nversification étrangère, c'est couper la racine d'un rosier et enter celui-ci\n sur une carotte ou un navet.\n"}, {"page_pdf": 359, "page_imprimee": 320, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2822, "texte": "                                  — 320 —\n\n\n   Les critiques allemands et anglais qui ont écrit des remarques savantes\nsur la valeur de la rime l'ont jugé au point de vue de leurs versifications\nnationales ; celles-ci sont fondées sur la quantité, c'est-à-dire sur les grou-\npements divers des longues et des brèves et par conséquent la rime n'y joue\nqu'un rôle secondaire. Mais dans la versification française la rime, riche\nou pauvre, réduite, si l'on veut, à la simple assonance, c'est l'âme même\ndu vers. L'es poètes français les plus savants l'ont démontré : j'en appelle au\nmerveilleux Petit Traité de Théodore de Banville. C'est la rime qui fait le\nvers en fixant son extrémité finale. « Elle est le métronome du vers », dit\nexcellemment M. Guyau.\n  Toutes les évolutions fécondes de l'art des vers ont tenu compte de l'abso-\nlue nécessité de la rime et du nombre syllabique.\n   La fameuse révolution romantique se réduit, au fond, à un léger change-\nment : dans le vers classique la rime pouvait être faible, parce qu'il était\ndéfendu au poète de pratiquer l'enjambement d'un vers sur l'autre, ce qui\nrevient à dire qu'au bout du vers le sens de la phrase devait toujours être plus\nou moins suspendu ; ainsi l'extrémité du vers était sensible à l'oreille. Les\nromantiques ont permis l'enjambement, mais, par compensation, ils ont ren-\nforcé la sonorité de la rime, afin que celle-ci restât suffisamment sensible.\nToute la révolution romantique de Hugo et de ses amis se résume en ce\npoint, et cette réforme a été suffisante pour renouveler la poésie française.\nAu contraire, toutes les rébellions qui ne respectaient point la rime et le\nnombre syllabique ont échoué, depuis les tentatives rythmiques de Baïf\njusqu'aux nombreux essais de vers « blancs » ou non rimes qui ont toujours\neu pour auteurs de piètres poètes, incapables de tendre les cordes d'une vraie\nlyre.\n  Or, qu'ont fait les vers-libristes ? Ils ont précisément renoncé, théorique-\nment du moins, à la rime et au nombre syllabique ; ils ont essayé de fonder\nun système de versification sur des groupements arbitraires de syllabes, ter-\nminant leurs prétendus vers aux virgules et aux subdivisions de la phrase et\ntâchant de trouver un élément harmonique dans l'allitération. Ils ont pu\nécrire quelques jolis morceaux, ils n'ont pas su créer une versification nou-\nvelle. Je sais bien que tel n'est pas leur avis, mais deux ou trois cents per-\nsonnes auraient beau affirmer avec enthousiasme qu'un chameau est une\npivoine, cela ne changerait rien à la réalité des choses. Ces messieurs se sont\nhypnotisés eux-mêmes et ils ont hypnotisé quelques douzaines de snobs qui\nmordent avec délice dans des pommes de terre crues en s'imaginant qu'elles\nsont des pêches succulentes.\n   Jusqu'où ne va pas ce genre d'illusion? M. Stéphane Mallarméest bien, dans\n"}, {"page_pdf": 360, "page_imprimee": 321, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2069, "texte": "                                   — 321 —\n\n sa versification, le plus féroce parnassien qui soit. Egaré par une fée fantasque,\n il s'est mis à patronner le vers libre et comme il est prodigieusement sub-\ntil, il a inventé à cet effet un raisonnement jovial et spécieux. Le vers régu-\nlier, dit-il, c'est un instrument de musique grave et quasiment religieux ; ce\nsont les grandes orgues de la poésie, et il les faut réserver pour les occasions\nsolennelles, pour le grand art, pour les hautes inspirations. L'employer dans\nles petites improvisations sentimentales, pittoresques ou badines, c'est le pro-\nfaner. La rêverie vague ne lui convient pas davantage. A tous ces genres,\nplutôt subjectifs, s'adapte le vers libre, irrégulier et personnel, n'obéissant\nqu'au seul caprice du chantre\n    Ce disant, M. Mallarmé, qui est le plus aimable poète de France, a, sans\ndoute, voulu obliger les jeunes hommes qui font des vers en prose, mais sa\nMuse, qui est une vraie Muse, n'entend pas de cette oreille-là et, que l'occa-\nsion soit solennelle ou non, elle boucle ses vers avec la régularité la plus\nintransigeante. Le Figaro du 3 août nous en offre un exemple tout frais.\nAprès avoir prophétisé, patronné ou excusé le soi-disant vers libre (on ne\nsait au juste), M. Mallarmé a crayonné, par jeu, quelques vers pour\nM. Austin de Croze. C'était l'instant de laisser dormir les grandes orgues et\nde jouer une ariette sur la petite flûte du vers libre. Mais M. Mallarmé est\nun vrai poète ; il est donc incapable de faire des vers qui ne soient pas des\nvers...\n    Et quod tentabam dicere, versus erat.\n    Si petite que fût l'occasion, il a joué des grandes orgues. Et si le sens de\nla pièce est un peu obscur, — M. de Croze assure que M. Mallarmé a voulu\nv rendre « le flou du flou », — la versification est d'une rigidité régulière\ndevant laquelle MM. Verhaeren et Vielé-Grifïin doivent se trouver mal. Il\nleur faudra chercher un patron un peu plus souple et plus accessible aux\n« petites occasions ».\n\n                                                            IWAN GILKIN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 322, "page_fin": 323, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Cartuyvels", "ancre_debut": "VERS HYMNE A LA MER", "ancre_fin": "MAURICE CARTUYVELS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 361, "page_imprimee": 322, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 1393, "texte": "VERS\n               HYMNE A LA MER\n\nJ'adore ta rumeur, apaisée ou sauvage :\nSoit que, par tes jours purs de miroir interni,\nLa houle que tu viens dérouler sur la plage\nExpire en répandant une odeur d'infini,\n\nSoit que, les crins tordus et la croupe mouvante,\nL'escadron glauque et noir de tes flots hennissants,\nS'éperonnant l'un l'autre et cabrés d'épouvante.\nUse le dur granit des rocs retentissants ;\n\nJe t'adore, crachant ton écume et ta haine,\nOu balançant tes eaux sous un ciel éclatant,\nMer qui répond au cri de la tristesse humaine\nPar l'immortelle voix, du monde sanglotant!\n\nPar delà, je le sais, l'azur et les nuages,\nDans le vide infini, dans le gouffre du ciel,\nJamais sons de nos cœurs, jamais chants de tes plages\nN'ont fêlé le cristal du silence éternel .\n\nL'azur est le carreau du vide infranchissable;\nTout bruit d'en bas se brise à ce plafond moqueur.\nMais, enfle et hausse, ô mer, ton râle formidable.'\nEt pousse un cri sans fin comme ceux de mon cœur!\n\nUn effroyable cri, pantelant de souffrance,\nQui, d'un coup de tonnerre ébranlant le ciel bleu,\nRoule de ciel en ciel dans l'Empyrée immense\nVers cet écho lointain que l'homme appelle Dieu !\n\nO mer! Prête ta voix à nos clameurs trop frêles!!\nMourrons-nous dans l'horreur de la captivité,\nInsectes qui froissons nos misérables ailes\n         Aux vitres de l'Eternité?\n"}, {"page_pdf": 362, "page_imprimee": 323, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1645, "texte": "                      — 323 —\n\n\n                 LE DECAMERON\n                      La pestifère mortalité parvint en l'excellente\n                       cité de Florence.\n                                                      (BOCCACE.)\n\n\nLe charme exquis d'aimer quand vivre est un danger,\nLes dix beaux jeunes gens conduits par Pampinée\nLe goûtent en buvant l'haleine empoisonnée\nQue la brise leur verse à travers l'oranger'.\n\nConté par un Amour paré de graminée,\nTout le Decameron a pour cadre un verger;\nEt le bruit de la mort y tinte très léger,\nUn glas lointain s'y mêle à des chants d'hyménée.\nCe livre est un pré vert où, moissonneur chenu,\nLa Mort poursuit l'Amour rose, ironique et nu;\nLa faulx court en sifflant, le petit téméraire\n\nDans l'herbe se faufile et f uit comme un grillon,\nSe sauve au sommet blanc d'un marbre funéraire\nEt lance au ciel rieur son joyeux    carillon.\n\n\n    SUR UN PORTRAIT DE LA JOCONDE\n\nUn beau jeune homme, aux reins féconds, au cœur puissant,\nSait faire éclore au flanc de la femme qu'il aime\nUn baiser plein de vie, un enfant, un poème\nDe chair blanche où circule et bouillonne le sang.\n\nToi, sans espoir de fruit, fleur de beauté suprême!\nTu t'es fanée aux bras du Vinci vieillissant;\nQuel désir fugitif, quel regret innocent\nFit de ta lèvre obscure un palpitant problème ?\n\nDans les glaciers du rêve et leur stérilité\nRêvais-tu des bonheurs de la maternité?\nDedaignais-tu les sens et leur banal délire?\n\nQui sait?... Tu souriais au prince du pinceau;\nEt cet instant dota l'univers d'un sourire\nQui t'enorgueillira plus longtemps qu'un berceau.\n\n                                M A U R I C E CARTUYVELS"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 324, "page_fin": 324, "titre_corps": "Chronique littéraire : Histoires lunatiques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "une catégorie de misérables", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quelques croquis d un trait sûr", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 363, "page_imprimee": 324, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 2783, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\nHistoires lunatiques, par M. HUBERT KRAINS. Bruxelles, Lacomblez. — Passé le Détroit,\n  par M. GABRIEL MOUREY. Paris, Ollendorf. — Du beau moral et du beau formel, par\n  M. ALPHONSE GERMAIN. Paris, Girard.\n\n\n\n              Tragiques, plutôt, ces récits, aventures de vie encolérée ou\n                excentrique, hors les bornes ou, au moins, aux confins de la\n                société légale dont les héros déraisonnables et raisonneurs de\n                M. Krains — braconniers, bohémiens, rebelles intellectuels\nou sentimentaux — renient les principes traditionnels ou défient les exi-\ngences. Mais les sites au milieu desquels leurs jours inquiets, leur effer-\nvescence vitale aiment à se dépenser prêtent à ces lunatiques insurgés une\nallure grandiose; leur parole s'en inspire et quoique exaltée, parfois, elle\ns'empreint de la gravité, de la foncière résignation et de la patience des\ntravailleurs de la terre.\n   Ces histoires développent, en effet, leurs péripéties dans les champs, les\nforêts, en des décors dont la contagieuse majesté se communique aux acteurs\nqui s'y meuvent et, aussi, élargit la portée immédiate du drame, lui confère\nde surérogatoires significations, la supériorité d'une synthèse suggestive.\nElles semblent débitées en quelque veillée crépusculaire, un soir épuisé\nd'automne, d'une voix hésitante et assourdie, comme des réminiscences,\npersonnelles à demi et imaginaires, dont la substance à la longue amplifiée,\nse serait, presque inconsciemment, modelée sur les idées et l'un peu amère\nphilosophie du narrateur.\n   Épiménide parlait du passé d'un ton prophétique ; de même le mirage du\nsouvenir réfléchi hausse, quelquefois, et acère l'accent des nouvelles de\nM. Krains, en souligne les incidents d'involontaires allusions incisives, de\nprésages attristés, d'une façon de commentaire occulte. Qu'il suscite, sur\nl'écran de ses contes, cette espèce de Diane braconnière, passionnée et\nvengeresse, Madeleine ; — le déclassé aux guenilles violentes qui intimide\nson auditoire paysan par l'évocation des caravanes hétéroclites, des hasards\nsanglants de son émigrante existence ; — le vieux manouvrier repoussé par\nla glèbe ingrate et les hommes égoïstes et dont le Christ récompense la\nprière irritée et la profanation, d'un trésor, l'auteur des Histoires lunati­\nques doue ces figures d'un surprenant relief. La sobriété imagée de son style\nles caractérise si fortement que ces silhouettes dessinées à grands traits\nsimplifiés, s'animent d'une vie allégorique, en même temps, et réelle, parais-\nsent représenter non d'épisodiques individus, mais les prototypes et comme\nles puissants emblèmes d'une catégorie de misérables...\n                                     ***\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 324, "page_fin": 325, "titre_corps": "Chronique littéraire : Passé le Détroit", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Quelques croquis d un trait sûr", "ancre_fin": "les devoirs ni les droits", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Au cours d une nouvelle étude", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 363, "page_imprimee": 324, "debut_caractere": 2783, "fin_caractere_exclue": 2856, "texte": "Quelques croquis d'un trait sûr et concis où se retracent des aspects de\n"}, {"page_pdf": 364, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2942, "texte": "                                 — 325 —\n\n  Londres, la complexité éternellement séduisante de ce royaume urbain, sa\n lièvre compassée de flegme, la corruption aiguisée de candeur de ses péripa-\n téticiennes, servent de préambule au volume de M. Mourey : Passé le\n détroit, consacré en majeure partie aux Préraphaélites.\n    L'explicable prédilection de l'auteur va surtout à Dante-Gabriel Rossetti\n dont la rayonnante dualité intellectuelle recrute toujours de nouveaux\n admirateurs. Quelle persuasive influence devait subjuguer les amis, les\n disciples de l'adolescent inspiré qui, à l'heure de son début, maîtrisait sa\n pensée en ces œuvres simultanées, tableau et poème, également merveil-\n leuses : l'Enfance de la Vierge, austérité innocente et suave, sainteté pré-\n destinée qu'un ange veille et glorifie ; et ce cantique de transfiguration : le\n Sommeil de ma sœur, intime et solennel, d'une poignante simplicité\n radieuse.\n    La grâce d'aussi pures inspirations est réservée, sans doute, au noviciat\n du poète, alors que, désintéressé et libre, dénué de toute ambition com-\n mune, il se passionne pour le Beau, seulement, pour les créations de son\n génie, fébriles d'extase et de vision limpide.\n    Des œuvres correspondent à la maturité de Rossetti, autres et plus\n humaines : le mysticisme essentiel des premières est devenu pour ainsi dire\nformel, sensuel presque, et mélangé en de trop nombreux sonnets de la\n Maison de vie d'une sorte de préciosité métaphysique qui rappelle les\n madrigaux et les tensons alambiqués, délices, jadis, des cours d'amour pro-\n vençales. Est-ce l'association d'idées provenue de l'impression posthume\n de ce recueil votif? mais, ce revenant, en vérité, semble avoir gardé, de son\n séjour au sépulcre, comme le goût et l'odeur de la mort.\n    La trop célèbre anecdote de l'exhumation doublement sacrilège de ce ma-\n nuscrit, rappelée succinctement par M. Mourey, provoque un mouvement de\n répulsion pénible à la mémoire de Rossetti. L'excusable faiblesse de l'artiste\n pour ses vers, ces enfants de son désir, atténue à peine semblable acte de\n vampirisme littéraire ; car la vertu entière et le fier sacrifice d'un tel geste\n dédicatoire résidaient dans son irrévocabilité...\n    Cet épisode obscurcit d'une ombre la physionomie, la dignité morales du\n héros lyrique que fut Rossetti. Un vœu si noble prononcé, un Poe, un\n Baudelaire, un Villiers, un Barbey n'eussent point conçu la possibilité\n d'une rétractation, véritable et repréhensible dissonance... Dans leur droi-\n ture obstinée, ils furent sans cesse de plain-pied avec le destin choisi ;\n malgré l'amertume, l'outrage, la pauvreté ne faillirent à eux-mêmes, ni à\n la délégation royale qu'ils avaient reçue, jamais n'en abdiquèrent les devoirs\n ni les droits. Car, certes, les prérogatives du poète l'obligent, plutôt, et\n l'asservissent ; et son auréole le désigne à la dérision envieuse et à la haine\n bien mieux qu'à la gloire...\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 325, "page_fin": 327, "titre_corps": "Chronique littéraire : Du beau moral et du beau formel", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Au cours d une nouvelle étude", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LES POÈTES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 364, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 2942, "fin_caractere_exclue": 3154, "texte": "Au cours d'une nouvelle étude de philosophie esthétique sur le Beau\nmoral et le beau formel, écrite avec la logique enthousiaste et judicieuse\nd'une haute conviction, M. Alphonse Germain cite précisément Ruskin,\n"}, {"page_pdf": 365, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3392, "texte": "                                   -   326 —\n\n  Rossetti et les Préraphaélistes qu'il inculpe de « cette idée bien anglicane :\n  faire vrai pour rayonner du moral ».\n    Les conclusions de M. Germain nous paraissent injustes, à cet égard:\n Rossetti, en réalité, reconnut, partiellement exprimées chez Ruskin, la\n tendance instinctive et préconçue de sa pensée, son aspiration vers un art\n virtuellement idéaliste servi par une science et une conscience parfaites.\n Très vite, d'ailleurs, il s'émancipa de la contrainte dogmatique des théories\n du critique; et sa première œuvre considérable : L'Enfance de la Vierge,\n manifeste bien l'imagination personnelle d'un maître. Ce tableau et cette\n autre page d'une si magnifique ardeur, Le Rêve du Dante, ne sauraient\n être appariées aux allégories compliquées et froides, trop souvent, de Hunt\n non pas même aux meilleurs ouvrages du méticuleux et habile Millais...\n    L'étiquette préraphaélite signifiait non point que Rossetti et ses adeptes\n réprouvassent l'art postérieur au XVe siècle mais que, pour régénérer la\n peinture anglaise, asservie, hormis quelques portraitistes et l'exceptionnel\n et émouvant Turner, au poncif définitif, à toutes les rubriques d'atelier, ils\n se réclamaient des enseignements et des exemples incomparables des arti-\n sans créateurs, des inventeurs de la plus splendide beauté picturale connue;\n — qu'ils voulaient se retremper, reprendre vigueur et jeunesse dans cette\n source de lumière ingénue, le réalisme sublimé du quattrocento.\n    Raphaël, il semble, innova surtout dans l'agencement, la mise en scène\n du tableau ; il s'efforça de doter ses compositions d'intérêt dramatique, de\nmobilité et d'équilibre ; mais l'artifice s'y introduisit aussi, au détriment de\nla profondeur de l'expression nerveuse et virile.\n    De nombreux portraits somptueux et subtils, le très beau Sposalizio de\n Milan, témoignent de l'ampleur et des qualités originelles de son art et\nque, quelquefois, l'étonnante richesse du monde s'est révélée sous des\napparences inattendues à son regard inassouvi ; la précoce virtuosité, la\npromptitude professionnelle nées de son succès et nécessitées par une pro-\nduction constante, l'éloignèrent de l'élaboration lente et de la réflexion.\nDoué d'une facilité féconde, d'un prodigieux sens de l'ordonnance perspec-\ntive, il vulgarise, interprète en une traduction ornée, élégante et affaiblie\nles mêmes croyances dont ses prédécesseurs formulèrent avec intensité la\njoie véhémente ou la sombre angoisse ardue. La brève et laborieuse carrière\nde ce génial jeune homme fascina les contemporains, dédaigneux, désor-\nmais, de l'expressive et délicieuse gaucherie des primitifs, de ce que certains\navaient conservé de la minutie, de la précision passionnée de la miniature.\nIls l'applaudirent d'avoir libéré la peinture de coutumes et d'arcanes suran-\nnés; et à vrai dire, son langage disert, aisé, au niveau moyen des intelli-\ngences, sans les excès sublimes d'un Michel-Ange, l'intimidante majesté\nd'un Vinci, l'a consacré d'emblée aux suffrages du public. La plupart de\nses œuvres ne sont point de celles visées par le conseil de Scbopenhauer,\ndevant lesquelles il faille se découvrir et attendre en silence : — elles par-\nlent d'elles-mêmes.\n    Raphaël pourrait être considéré comme le premier peintre de genre;\nson nom date une décadence; mais est-il responsable du goût falsifié de ses\n"}, {"page_pdf": 366, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1834, "texte": "                                  — 327 —\n\n successeurs? Pas davantage que les éblouissants architectes de la Renais-\n sance italienne des édifices bâtards, de la pompeuse laideur des monuments\n érigés en France, les trois derniers siècles.\n    Dans un précédent opuscule de saine propagande, Notre art de France,\n M. Germain éveillait l'attention du lecteur sur l'architecture et la plastique\n romanes dont la rationnelle évolution organique fut brusquement inter-\n rompue par la Renaissance; les Préraphaélites, également, voulurent res-\n saisir leur art dans sa génuinité, et en l'absence d'antécédents anglais, ils\nrecoururent à une période apogée de la peinture, à ces travaux inégalés qui\nmarient tous les genres de perfection.\n   Car, pour animer la légende sacrée sous des traits merveilleux, le prestige\nintrinsèque de la forme préjudicie rarement, chez les peintres toscans et\nombriens, à l'inspiration vraiment religieuse.\n   La lourde encolure, les têtes massives, les épais visages des personnages\nde Memling ou des Van Eyck, spiritualisés par la foi extatique et l'ascèse,\nirradient plus immédiatement, présumerait-on, du seul privilège mystique\nqui les enveloppe de grandeur surnaturelle et d'onction. Mais, à l'égal des\nmystagogues flamands de la couleur, le savant Mantegna, l'allègre et doux\nGozzoli, l'Angelico et cet exigeant Botticelli firent vibrer et chanter sur leur\ntoile de surprenants cantiques de louange ou d'amour; — les uns comme\nles autres peignaient avec humilité et ravissement ce qui les entourait, et\nsoucieux seulement de l'actualité éternelle de l'Evangile, la symbolisaient,\nd'instinct, en situant les scènes de l'histoire chrétienne parmi la cité ou les\ncampagnes familières de leur patrie.\n                                                        ARNOLD GOFFIN\n\n\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 327, "page_fin": 329, "titre_corps": "Les Poètes : I. Le Bocage d’Ernest Raynaud et l’École romane", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Les Poètes", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "LES POÈTES", "ancre_fin": "au sérieux l Ecole romane", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "II Un Chant dans l ombre", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 366, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 1834, "fin_caractere_exclue": 2947, "texte": "LES POÈTES\n\n                                        I\n               Le Bocage   d'ERNEST   RAYNAUD et l'Ecole romane.\n\n   Il est des livres qui empruntent aux circonstances immédiates un intérêt\nmomentané. Ils sollicitent la critique, non comme oeuvre d'art, mais comme\nmanifestation d'une tendance nouvelle. Ils traduisent l'orientation récente\ndes esprits, et comme tels appartiennent à l'histoire de la littérature.\n   Le Bocage d'Ernest Raynaud rentre dans cette catégorie. Si nous devions\nrester strictement sur le terrain de la critique artistique, nous aurions beau-\ncoup à reprocher aux vers du poète. Ils sont loin de réaliser la perfection\nnécessaire à toute œuvre d'art. Trop souvent les pièces sont diffuses, l'idée\ns'échappe entre les mailles trop lâches ; en outre, la langue est précieuse et\nparfois ridicule. Des mots archaïques émaillent des inversions inutiles et\nvieillottes, des expressions empruntées au jargon de la Pléiade font du style\nJe M. Raynaud une curieuse reconstitution, mais une reconstitution sans\nvie.\n   Il est inopportun de discuter en cette matière l'influence salutaire ou\n"}, {"page_pdf": 367, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3187, "texte": "                                    — 328 —\n\nnéfaste de Malherbe. Il faut s'incliner devant le fait accompli. Tenter de\nremonter le courant et de renouer, par-dessus le XVIIe siècle, la tradition de\nRonsard ou celle de Rabelais, serait une tentative stérile. Le langage évolue\nnaturellement selon les besoins de la société; le caprice de quelques-uns\nn'entravera jamais sa marche nécessaire.\n   Mais le Bocage, bien qu'envahi par les mauvaises herbes, n'en abrite pas\nmoins les chantres de l'école romane. Parmi toutes les écoles, que la fantai-\nsie, la mode ou le besoin de réclame ont créées en ces dernières années, cette\ndernière mérite quelque attention et même quelque sympathie. Dans sa\ncharte étaient développées les idées que la Jeune Belgique n'a cessé de\ndéfendre et qu'elle défend aujourd'hui plus vaillamment que jamais.\n   Ecoutons M. Ernest Raynaud lui-même :\n   « La Renaissance romane, c'est-à-dire le retour dans la pensée comme\n« dans le style à l'équilibre et à l'harmonie, était déjà souhaitable aux plus\n« belles années du romantisme ; on comprendra combien, après les mille\n« excès du décadisme et du symbolisme, elle était devenue aujourd'hui\n« nécessaire.\n\n    « Il fallait réagir contre cette barbarie du style, cet effondrement de la\n « pensée, ce pessimisme dissolvant et stérile, c'est là le triple but que nous\n « nous sommes proposés. C'est là la triple raison d'être de l'école romane. »\n    Réagir contre la barbarie de style, contre l'obscurité et le vague de la pen-\n sée est parfait ; mais proscrire une théorie philosophique du domaine de l'art,\n nous semble bien outré. Et d'ailleurs, à moins que de faire des lectures\n publiques des contes de Louis Delattre ou des chansons ingénues de Maeter-\n linck, nous ne voyons pas le moyen efficace de s'opposer à ce « pessimisme\n dissolvant ».\n    Il faut ajouter aussi qu'une grande part de snobisme et de mystification\nnous rendait suspectes les intentions des innovateurs, et le nom de Moréas\n n'était pas pour nous rassurer.\n    On connaît son extrême agilité à sauter d'un bateau dans un autre. Au\ntemps où Verlaine charmait le quartier latin, Moréas fut un disciple studieux\net avancé, comme dirait l'Art moderne. Ce que le poète de Jadis et Naguère\navait brièvement esquissé, était repris et développé, non sans talent, par\nl'auteur des Cantilènes. Comme suite à quelque chanson ou à quelque pan-\ntoum négligé, M. Moréas remit à la mode les romances et les légendes popu-\nlaires qui, à l'heure actuelle, font la joie de nos derniers troubadours. Sans\ns'en douter, il a montré la voie à MM. Maeterlinck, Mauclair, Gerardy, etc.,\nqui pensent retrouver dans les revues de folklore ou dans les Jolies chansons\ndu pays de France les plus purs joyaux de la poésie française.\n    Après avoir, de la sorte, exploité la veine verlainienne, l'auteur des\nCantilènes fit volte-face et se proclama symboliste; on se rappelle encore\nson manifeste publié dans le Figaro. Peu après il sacrifiait au vers libre,\npour fonder enfin — en attendant mieux — l'Ecole romane. Aidé de\nMM. Ch. Maurras, de Raymond de la Tailhède, d'Ernest Raynaud et de\nMaurice du Plessys, il partit en guerre contre le décadentisme et contre\n"}, {"page_pdf": 368, "page_imprimee": 329, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2541, "texte": "                                    — 329 ~\n\nle pessimisme. 11 décréta, sans plus de façon, la Joie universelle, et publia\nEriphyle.\n   Une certaine réaction était nécessaire, sans doute. La clarté française,\nc'est-à-dire l'harmonie dans la disposition et le développement logiques des\nidées, avait disparu sous les broussailles exotiques des Vielé-Griffin et\nautres de Souza. Il fallait sarcler vigoureusement. Le retour au foyer éternel\nde la pure beauté s'imposait. La moderne beauté d'expression avait dégénéré\nen contorsions grotesques et en cris sauvages. Le romantisme agonisait dans\nl'individualisme à outrance; chaque poète était un cas tellement parti-\nculier qu'il ne trouvait plus d'écho dans l'âme de l'humanité et se contentait\nd'être un objet de curiosité ou de sarcasme. L'esprit devait se retremper à\nla source primitive et réapprendre à aimer pour elle-même la beauté essen-\ntielle, à en discerner les lois pour les appliquer ensuite, avec plus de science,\nà l'expression moderne. La civilisation gréco-latine, par un concours de\ncirconstances merveilleuses, avait pu, aux belles époques de sa gloire, se\nconsacrer presque exclusivement au culte du beau. Elle avait engendré les\nœuvres les plus parfaites, sinon les plus émouvantes. Ces modèles éternels\navaient servi d'enseignements à Pétrarque, à Dante, et préparé ainsi le\nradieux mouvement de la Renaissance qui allait, en quelques années, se\npropager à travers l'Europe jusqu'en Angleterre. C'était eux, qu'à notre\n époque troublée, il était nécessaire de reprendre, d'étudier, de faire revivre\n en participant à leur vie divine. Mais les mauvais disciples de Hugo, ligués\n avec les mauvais disciples de Wagner, achevaient de pousser le romantisme\n dans le délire sans mesure.\n    Enfin Moréas vint. Mais en place d'aller puiser dans Homère, Sophocle\nou Théocrite la science du nombre, du poids et de la mesure, il s'arrêta à\nla Pléiade, l'acceptant tout entière, y compris son jargon.\n   L'antiquité hellénique était tout au plus bonne pour Goethe, Chénier,\nVigny, Leconte de Lisle ou Hérédia; il fallait, pour attirer l'attention,\ntrouver d'autres génies, et l'on découvrit, sous la poussière des biblio-\nthèques, les Delitiœ italorum poet arum. Proclamer Sannazar, Bembo,\n Naugerius ou Pontanus les plus grands poètes du monde, était une nouvelle\n sensationnelle, capable, peut-être, de faire acheter quelques exemplaires\n l'Eriphyle ou de la Métamorphose des fontaines, mais non de faire prendre\n au sérieux l'Ecole romane.\n\n                                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 329, "page_fin": 331, "titre_corps": "Les Poètes : II. Un Chant dans l’ombre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Les Poètes", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "II Un Chant dans l ombre", "ancre_fin": "comme il doit être aimé", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Nous présenterons à nos lecteurs", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 368, "page_imprimee": 329, "debut_caractere": 2541, "fin_caractere_exclue": 3026, "texte": "II\n\n   Un Chant dans l'ombre, par FERNAND SEVERIN. — L'Orient   et les   Tropiques,\n                              par   VICTOR ORBAN.\n\n\n   C'est avec le plus grand empressement que nous saisissons aujourd'hui\nl'occasion d'affirmer hautement notre profonde admiration pour l'auteur du\nLys, du Don d'enfance et d'Un Chant dans l'ombre.\n   Seul, entre tous les artistes de la jeune génération, Fernand Severin a\nsu réaliser merveilleusement l'étroite union entre lé poète, au sens roman-\n"}, {"page_pdf": 369, "page_imprimee": 330, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3360, "texte": "                                     — 330 —\n\n   tique, et l'artiste, au sens parnassien. Les deux se sont pénétrés si intime-\n   ment que le plus habile critique ne pourrait trouver aujourd'hui un défaut\n   à cette harmonie parfaite du cœur et de l'intelligence. Doué d'une délica-\n   tesse et d'une sensibilité incomparables, le poète a pourtant, par une étude\n  savante, trouvé la forme adéquate à ses sentiments.\n      Cette robe blanche aux longs plis, cette ceinture flottante, cette couronne\n   de fleurs argentées, loin de gêner sa Muse, a rehaussé sa beauté faite d'un\n   charme languissant et d'une noble mélancolie. La raison, qui préside seule\n   à la confection de l'œuvre d'art, n'a pas desséché le cœur; le vers, d'une\n  pureté admirable, jaillit, tout vibrant encore de l'émotion qui l'a engendré.\n  Quel enseignement pour tous ceux qui, sous prétexte de naturelle expansion,\n  font fi du métier et se livrent à des improvisations grotesques où les fautes\n  de français font concurrence aux fautes de prosodie ! Qu'ils lisent attenti-\n  vement ce mélodieux Chant dans l'ombre, et ils verront comme, chez un\n  vrai poète, le travail réfléchi, loin d'entraver l'émotion, la contient, l'har-\n  monise et la purifie. L'instinct n'entraîne avec lui que le désordre; l'intelli-\n  gence seule, parce qu'elle discerne les rapports, comprend et réalise la\n  beauté.\n     On a souvent écrit que Fernand Severin était, vis-à-vis de la poésie con-\n  temporaine, une exception. Au premier abord, certes, il paraît étranger\n à notre époque. L'artificialité que Baudelaire mit à la mode, et qui avait\n sa raison dans une lassitude navrante, dans l'impossibilité à jouir encore\n de la nature, nous avait doté de virtuoses rares ou baroques, produits des\n capitales par trop civilisées. Quant à la poésie sentimentale, elle avait\n sombré dans les niaiseries mélancoliques avec les Coppée de sous-préfec-\n ture.\n     Mais voici que tout à coup, dans la paix solennelle d'un soir, s'élève un\n chant limpide et doux, plainte sublime d\"un cœur ingénu qui s'est isolé de\n la vie.\n     Fernand Severin est né, pourrait-on dire, avec des souvenirs. Il n'a point\n puisé dans l'action l'élément d'un pessimisme amer ou révolté. Il a rêvé.\n Frère de René ou de Raphaël, il a senti, dès son enfance, l'impossible, et\n repliant sur son front ses pensées comme des ailes lumineuses, il s'est\n couché dans les fleurs, laissant en lui-même se dérouler son existence comme\n un songe. Jamais il n'y eut contact avec le monde extérieur. Nulle étin-\ncelle ne réveilla la volonté endormie comme en un beau palais dormant. Les\ndésirs trop faibles du poète restèrent à l'état de rêves, et c'est en lui-même\nqu'il se vécut. Son enfance s'isola et ne connut point les hommes. Dans les\npays merveilleux que son imagination, seule vive encore, évoquait, à l'abri\nde toute amertume, il conserva son ingénuité charmante et sa première\ndouceur. Mais cette impossibilité même de communier avec ces richesses\nfabuleuses que l'on disait resplendir dans des contrées magiques, remplirent\nson âme d'une vague mélancolie Il connut cette tristesse résignée des faibles\net des convalescents, devinant des plaisirs paisibles à dépenser harmonieu-\nsement sa force. Et dans son bonheur négatif, il songea parfois à ces glo-\nrieux soldats qui, le glaive au poing, partaient pour d'héroïques croisades:\n"}, {"page_pdf": 370, "page_imprimee": 331, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2362, "texte": "                                   — 331 —\n\n                                     Car mon bonheur envie\n              Ceux-là gui sont partis en un rêve orgueilleux\n              Parmi la dangereuse épreuve de la vie.\n  C'est en cela même que consiste le drame, l'action du livre que nous\nanalysons ici. Mais q u e faible est le désir ! A peine un trouble d'un instant,\nun geste orgueilleux. Le doux cygne, dont l'aile s'est hérissée, se calme et,\nbercé par les brises, vogue à nouveau sur l'étang azuré où se reflète le ciel\nrose et le paysage neigeux du matin, où\n              La nature elle-même est belle comme un songe.\n  Jamais, en vers aussi mélodieux et aussi purs, Fernand Severin n'avait\nchanté ce bonheur mélancolique de rêver loin de l'éclat triomphal du soleil.\n              Dormir est doux... Rêver console un peu de vivre.\n\n                  Heureux qui, déjouant l'énigme du destin,\n                  Du songe ou de la vie a préféré le songe.\n\n   Remarquez surtout, avec quel sens de l'harmonie, Fernand Severin a\ncomposé son décor, le monde intérieur où des ombres légères se promènent\nlentement. Pas une tonalité violente, pas une plainte trop vive, ni un geste\ntrop brusque. Le paysage, l'atmosphère, les personnages correspondent\nentre eux. Le poète a donné à son livre une unité merveilleuse. Aucun détail\nqui n'appartienne à l'ensemble, aucune figure qui ne complète la vision. Un\nbrouillard d'argent rose baigne ces sites élyséens que Corot eût rêvés.\n              Et ces soirs violets et ces matins nacrés,\n              Pleins de rayons tremblants et d'ombres incertaines.\n              Dérobent à demi, sous leurs voiles sacrés,\n              D'harmonieux vallons où chantent les fontaines.\n\n              La lune, cette nuit, verse confusément\n              Son jour, mystérieux comme un enchantement :\n              Les clairières des bois en sont toutes neigeuses.\n\n                                      Parmi ces herbes frêles\n              Qu'emperle de clarté le doux matin naissant.\n  Devant une œuvre aussi parfaite, la critique n'a que faire. A quoi bon\nexpliquer Fernand Severin par Racine ou par Lamartine? Admirez h u m -\nblement ces vers comme je le fois moi-même. Laissez le charme de cette\npoésie profonde vous pénétrer lentement et vous aimerez peut-être alors le\npoète, comme il veut et comme il doit être aimé.\n\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 331, "page_fin": 332, "titre_corps": "Les Poètes : II. L’Orient et les Tropiques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Les Poètes", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "Nous présenterons à nos lecteurs", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 370, "page_imprimee": 331, "debut_caractere": 2362, "fin_caractere_exclue": 2585, "texte": "Nous présenterons à nos lecteurs, pour terminer, un artiste qu'ils ignorent\npeut-être mais qu'ils auront plaisir à connaître, croyons-nous : Victor\nOrban. Ce qui distingue ce jeune poète de tous les épileptiques de lettres\n"}, {"page_pdf": 371, "page_imprimee": 332, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1271, "texte": "                                  — 332 —\n\nd'aujourd'hui, c'est un souci constant de la forme impeccable. Il a peu pro-\nduit; il s'est appliqué à ciseler avec un soin jaloux des coupes parfaites. Que\nl'on juge du labeur et du mérite de l'ouvrier par ce sonnet :\n\n                                  KIHOU-SAN\n\n               Les fleurons argentés d'épingles en fuseaux\n               Ornent ses cheveux noirs d'un vol d'aigrette  blanche,\n               Et ses vêtements bleus, resserrés sur la hanche,\n               Sont brodés d'éclatants dragons d'or et d'oiseaux.\n\n               Sous la vérandah haute, au bruit lointain des eaux,\n               Tout le jour elle songe et s'accoude ou se penche,\n               Et parfois fait vibrer sa guitare à long manche\n               Qui rend le son plaintif du vent dans les roseaux.\n\n               A travers les bambous, parmi les herbes grêles,\n               Sans fin monte le cri strident des sauterelles\n               Qu'enivrent lès parfums de l'air lourd et brûlant,\n\n               Et la mousmé bercée, en souriant dilate\n               Et laisse errer son œil oblique et somnolent\n               Vers le ciel jaune où meurt le soleil écarlate.\n\n\n                                                        VALÈRE GILLE"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 333, "page_fin": 338, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "Leconte de Lisle", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 84, "fin_caractere_exclue": 91, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 189, "fin_caractere_exclue": 226, "texte": "Des deuils cruels ont frappé nos amis"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 269, "fin_caractere_exclue": 306, "texte": "MM. Albert Giraud et Fernand Severin,"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 359, "fin_caractere_exclue": 398, "texte": "qui ont eu la douleur de perdre le pre-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 425, "fin_caractere_exclue": 458, "texte": "mier sa mère, le second son père."}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 463, "fin_caractere_exclue": 498, "texte": "La Jeune Belgique les prie d'agréer"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 500, "fin_caractere_exclue": 530, "texte": "ses fraternelles condoléances."}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 809, "fin_caractere_exclue": 849, "texte": "Nous sommes, à notre grand regret, obli-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 850, "fin_caractere_exclue": 889, "texte": "gés de dire un mot encore du Coq rouge."}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 891, "fin_caractere_exclue": 932, "texte": "L'animal se permet de parler de quelques-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 933, "fin_caractere_exclue": 973, "texte": "uns de nos collaborateurs en termes stu-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1023, "fin_caractere_exclue": 1062, "texte": "pides, empruntés au langage des basses-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1119, "fin_caractere_exclue": 1164, "texte": "cours L'article dont il s'agit — il est inti-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1207, "fin_caractere_exclue": 1246, "texte": "tulé : Les Bêtes du four national — est"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1267, "fin_caractere_exclue": 1312, "texte": "signé : Le Coq rouge ; il a donc pour auteurs"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1313, "fin_caractere_exclue": 1354, "texte": "responsables les membres du comité de ré-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1355, "fin_caractere_exclue": 1395, "texte": "daction, à savoir MM Delattre, Demolder,"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1446, "fin_caractere_exclue": 1485, "texte": "Eekhoud, Krains, Maeterlinck, Nautet et"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1536, "fin_caractere_exclue": 1575, "texte": "Verhaeren. Nous sommes persuadés que le"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1624, "fin_caractere_exclue": 1666, "texte": "butor (c'est un nom d'oiseau) qui a rédigé"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1714, "fin_caractere_exclue": 1760, "texte": "l'article, a abusé de la confiance de MM. Mae-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1807, "fin_caractere_exclue": 1849, "texte": "terlinck, Krains et Nautet. Nous ne deman-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1897, "fin_caractere_exclue": 1938, "texte": "dons pas à ceux-ci de désavouer publique-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1993, "fin_caractere_exclue": 2031, "texte": "ment leur grossier confrère, mais nous"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2088, "fin_caractere_exclue": 2128, "texte": "espérons qu'il ne permettront plus qu'il"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2180, "fin_caractere_exclue": 2221, "texte": "soit fait usage de leur approbation appa-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2275, "fin_caractere_exclue": 2318, "texte": "rente pour couvrir des goujateries dont ils"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2333, "fin_caractere_exclue": 2374, "texte": "ne voudraient pas se déclarer solidaires,"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2430, "fin_caractere_exclue": 2454, "texte": "nous aimons à le croire."}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2620, "fin_caractere_exclue": 2659, "texte": "Mais si nous ne songeons point à récla-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2706, "fin_caractere_exclue": 2747, "texte": "mer un désaveu public, nous pouvons légi-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2799, "fin_caractere_exclue": 2842, "texte": "timement espérer que le fait dont nous nous"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2893, "fin_caractere_exclue": 2943, "texte": "plaignons ne se représentera plus. S'il en       «"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3074, "fin_caractere_exclue": 3124, "texte": "était autrement, après la présente protesta-     «"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3168, "fin_caractere_exclue": 3218, "texte": "tion, nous serions bien obligés de croire que    «"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3259, "fin_caractere_exclue": 3309, "texte": "ces messieurs approuvent la prose mal-           «"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3441, "fin_caractere_exclue": 3491, "texte": "séante de leurs confrères et nous nous ver-      «"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3534, "fin_caractere_exclue": 3584, "texte": "rions contraints de nous défendre.               «"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3676, "fin_caractere_exclue": 3677, "texte": "«"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3786, "fin_caractere_exclue": 3824, "texte": "Les numéros de septembre et d'octobre,"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 185, "texte": "réunis en un seul fascicule, paraîtront dans"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 235, "fin_caractere_exclue": 267, "texte": "la première quinzaine d'octobre."}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 320, "fin_caractere_exclue": 357, "texte": "Le présent numéro contient huit pages"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 407, "fin_caractere_exclue": 423, "texte": "supplémentaires."}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 582, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "Un certain M. Joost Terburg, qui sévit"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 670, "fin_caractere_exclue": 712, "texte": "dans le Réveil de Gand, paraît tenir beau-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 762, "fin_caractere_exclue": 805, "texte": "coup à passer pour un imbécile. C'est fait."}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 984, "fin_caractere_exclue": 1022, "texte": "M. Maurice des Ombiaux nous prie d'in-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1072, "fin_caractere_exclue": 1118, "texte": "former nos lecteurs qu'il n'est l'auteur d'au-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1168, "fin_caractere_exclue": 1206, "texte": "cun guide en Thudinie ou autres lieux."}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1256, "fin_caractere_exclue": 1266, "texte": "Dont acte."}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1407, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "ANARCHISTES. — Le Coq rouge s'emporte,"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1495, "fin_caractere_exclue": 1535, "texte": "en termes de basse-cour, contre les per-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1585, "fin_caractere_exclue": 1623, "texte": "sonnes qui ont lu son programme et qui"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1673, "fin_caractere_exclue": 1713, "texte": "y ont noté ses déclarations anarchistes."}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1763, "fin_caractere_exclue": 1806, "texte": "« Toujours, dit-il, quelque bonhomme, ridi-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1856, "fin_caractere_exclue": 1896, "texte": "cule mélange de mensonge et de gagaïsme,"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 1946, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "se lève (alors) en nos jardins d'acclimatation"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2042, "fin_caractere_exclue": 2087, "texte": "et court, devant chaque cage, agiter la loque"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2137, "fin_caractere_exclue": 2179, "texte": "rouge qui doit achever d'affoler les veaux"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2229, "fin_caractere_exclue": 2274, "texte": "épouvantés. » Et notre coq, faisant le butor,"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2324, "fin_caractere_exclue": 2332, "texte": "ajoute :"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2385, "fin_caractere_exclue": 2429, "texte": "«Ah! il n'y a ici aucun effet de rhétorique,"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2479, "fin_caractere_exclue": 2522, "texte": "« et toutes ces vilenies belges nous furent"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2572, "fin_caractere_exclue": 2616, "texte": "« véridiquement détaillées. Un journal d'art"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2666, "fin_caractere_exclue": 2705, "texte": "« clame son indépendance, sa volonté de"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2755, "fin_caractere_exclue": 2798, "texte": "« réagir contre la bêtise ambiante et d'ou-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2851, "fin_caractere_exclue": 2892, "texte": "vrir au large ses fenêtres au ciel libre."}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2944, "fin_caractere_exclue": 2985, "texte": "Aussitôt dans des colonnes officieuses la"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3035, "fin_caractere_exclue": 3073, "texte": "« bécassine patentée du capitole belge"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3125, "fin_caractere_exclue": 3167, "texte": "piaille à l'anarchie, se démène et dénonce"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3219, "fin_caractere_exclue": 3258, "texte": "perfidement les novateurs à la vindicte"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3310, "fin_caractere_exclue": 3350, "texte": "des dirigeants. Le coassement de la pre-"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3403, "fin_caractere_exclue": 3440, "texte": "mière grenouille y répond; un concert"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3492, "fin_caractere_exclue": 3533, "texte": "de vociférations s'organise dans la mare,"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3585, "fin_caractere_exclue": 3626, "texte": "dans cette Presse que nous flagellions il"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3678, "fin_caractere_exclue": 3695, "texte": "y a trois mois. »"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3748, "fin_caractere_exclue": 3783, "texte": "Nous comprenons l'embarras de notre"}, {"page_pdf": 372, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 3833, "fin_caractere_exclue": 3877, "texte": "coq anarchiste. Il n'aime pas d'être dénias-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "que parce qu'il ne dédaigne pas de tendre"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 149, "fin_caractere_exclue": 192, "texte": "la patte du côté de la caisse de M. l'Etat;"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 247, "fin_caractere_exclue": 289, "texte": "il ne lui déplaît pas d'être un anarchiste"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 324, "fin_caractere_exclue": 333, "texte": "subsidié."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 409, "fin_caractere_exclue": 448, "texte": "Mais ses dénégations ne tromperont per-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 498, "fin_caractere_exclue": 539, "texte": "sonne. Voici ce qu'on lit dans le journal"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 592, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "anarchiste Les Temps nouveaux (n° 14, du"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 778, "fin_caractere_exclue": 818, "texte": "3 au 9 août), journal qui a succédé à la"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 819, "fin_caractere_exclue": 828, "texte": "Révolte :"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1006, "fin_caractere_exclue": 1042, "texte": "« L'encombrement du début se fait un"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1096, "fin_caractere_exclue": 1135, "texte": "peu moins lourd et je pourrai désormais"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1189, "fin_caractere_exclue": 1232, "texte": "signaler, parfois analyser avec plus de mé-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1281, "fin_caractere_exclue": 1323, "texte": "thode les articles ou les publications des"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1372, "fin_caractere_exclue": 1412, "texte": "REVUES QUI LUTTENT CONTRE LES TRADITIONS"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1510, "fin_caractere_exclue": 1551, "texte": "SOCIALES, INTELLECTUELLES, ARTISTIQUES ET"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1649, "fin_caractere_exclue": 1686, "texte": "QUI COLLABORENT A L'ÉDUCATION REVOLU-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1781, "fin_caractere_exclue": 1809, "texte": "TIONNAIRE DES CONTEMPORAINS."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1936, "fin_caractere_exclue": 1945, "texte": "LES GAINS"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2109, "fin_caractere_exclue": 2148, "texte": "« En Belgique, le Coq rouge a été fondé"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2203, "fin_caractere_exclue": 2245, "texte": "en mai par plusieurs écrivains et penseurs"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2262, "fin_caractere_exclue": 2303, "texte": "qui se sont séparés de la Jeune Belgique."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2304, "fin_caractere_exclue": 2341, "texte": "Le comité de rédaction est composé de"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2401, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "Louis Delattre, Eugène Demolder, Georges"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2485, "fin_caractere_exclue": 2524, "texte": "Eekhoud, Hubert Krains, Maurice Maeter-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2568, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "linck, Francis Nautet, Emile Verhaeren"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2650, "fin_caractere_exclue": 2688, "texte": "(secrétaire : Longüs, 6, Montagne-aux-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2689, "fin_caractere_exclue": 2732, "texte": "Herbes-Potagères, Bruxelles). A noter, dans"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2777, "fin_caractere_exclue": 2823, "texte": "le n° 2 : « La patrie des intellectuels », dé-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2873, "fin_caractere_exclue": 2917, "texte": "claration iniernationaliste publiée à propos"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2962, "fin_caractere_exclue": 2997, "texte": "de la récente enquête du Mercure de"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3041, "fin_caractere_exclue": 3050, "texte": "France. »"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3115, "fin_caractere_exclue": 3155, "texte": "Voilà qui est net. Si le Coq rouge n'est"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3255, "fin_caractere_exclue": 3295, "texte": "pas content, qu'il envoie un démenti aux"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3296, "fin_caractere_exclue": 3311, "texte": "Temps nouveaux."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3493, "fin_caractere_exclue": 3529, "texte": "Un dernier mot. Le Coq rouge se fait"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3629, "fin_caractere_exclue": 3675, "texte": "une spécialité d'insulter les écrivains que le"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3736, "fin_caractere_exclue": 3788, "texte": "ciel a négligé de doter de rentes confortable et qui"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3926, "fin_caractere_exclue": 3964, "texte": "C'est d'autant plus étrange que le ..."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4232, "fin_caractere_exclue": 4252, "texte": "quiarédigél'aricledu"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4266, "fin_caractere_exclue": 4309, "texte": "dont nous venon de citer des extraits, tra-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4310, "fin_caractere_exclue": 4354, "texte": "vaille gages dans une gazette conservatrice."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4355, "fin_caractere_exclue": 4398, "texte": "Nous ne voyons pas l'utilité qu'il trouve à"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4399, "fin_caractere_exclue": 4438, "texte": "cracher publiquement sur l'argent qu'il"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4439, "fin_caractere_exclue": 4482, "texte": "empoche. Il oublie, de plus, que la plupart"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4529, "fin_caractere_exclue": 4567, "texte": "des membres de son comité de rédaction"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4612, "fin_caractere_exclue": 4649, "texte": "collaborent à des journaux politiques"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4695, "fin_caractere_exclue": 4736, "texte": "M. G. Eekhoud travaille à l'Etoile belge,"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4749, "fin_caractere_exclue": 4790, "texte": "MM. Nautet et Sander Pierron à l'Indépen­"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4825, "fin_caractere_exclue": 4831, "texte": "dance."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 5176, "fin_caractere_exclue": 5212, "texte": "Ohé les barbares ! Le Réveil de Gand"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 5350, "fin_caractere_exclue": 5395, "texte": "plaide la cause de la barbarie avec une fran-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 148, "texte": "chise qui n'est pas faite pour nous déplaire,"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 246, "texte": "il     car elle donne raison à nos critiques et à nos"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 298, "fin_caractere_exclue": 323, "texte": "diagnostics. Lisez ceci :"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 378, "fin_caractere_exclue": 405, "texte": "Barbares ! le beau malheur!"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 460, "fin_caractere_exclue": 497, "texte": "Et en somme pourquoi pas ! Puisque ce"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 549, "fin_caractere_exclue": 591, "texte": "vocable ne signifie qu'étranger et qu'il a"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 643, "fin_caractere_exclue": 688, "texte": "fallu la sotte suffisance romaine et gauloise"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 740, "fin_caractere_exclue": 777, "texte": "pour y attacher un sens défavorable ?"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 872, "fin_caractere_exclue": 913, "texte": "Ces barbares, ces étrangers, ils sont nés"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 965, "fin_caractere_exclue": 1003, "texte": "en Flandre, en Amérique, en Normandie,"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1055, "fin_caractere_exclue": 1095, "texte": "Dieu sait où! Le hasard — sobriquet bête"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1147, "fin_caractere_exclue": 1188, "texte": "de la grande déesse Nécessité — fit qu'on"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1240, "fin_caractere_exclue": 1280, "texte": "leur enseigna, plutôt que tout autre, la"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1332, "fin_caractere_exclue": 1371, "texte": "langue française. Un jour ils sentirent"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1464, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "grouiller des idées sous leur crâne et la vo-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1603, "fin_caractere_exclue": 1648, "texte": "lonté leur vint de les objectiver. MAIS IL SE"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1738, "fin_caractere_exclue": 1780, "texte": "TROUVA QUE CES IDÉES A EXPRIMER EN LANGUI-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1861, "fin_caractere_exclue": 1918, "texte": "FRANÇAISE N ' É T A I E N T N U L L E M E N T FRANÇAISES:"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 1970, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "LA LANGUE MATERNELLE MANQUAIT DE BARBA-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2061, "fin_caractere_exclue": 2105, "texte": "RIE, C'EST-A-DIRE QUE T E L L E QUELLE, ELLE"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2157, "fin_caractere_exclue": 2202, "texte": "ÉTAIT I N A P T E A EXPRIMER LEUR ORIGINALITÉ"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2254, "fin_caractere_exclue": 2261, "texte": "PROPRE."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2361, "fin_caractere_exclue": 2400, "texte": "Il nous semble qu'on nous donne raison."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2442, "fin_caractere_exclue": 2484, "texte": "Ces messieurs sont des Hurons, ils se sen-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2525, "fin_caractere_exclue": 2567, "texte": "tent Hurons, ils pensent en Hurons, et ils"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2607, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "font ce qu'ils peuvent pour transformer la"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2733, "fin_caractere_exclue": 2776, "texte": "langue française en langue huronne. Ils re-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2824, "fin_caractere_exclue": 2872, "texte": "nient la littérature française et la littérature"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2918, "fin_caractere_exclue": 2961, "texte": "française les renie, car « la grande déesse"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 2998, "fin_caractere_exclue": 3040, "texte": "Nécessité » n'a pas deux poids et deux me-"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3105, "fin_caractere_exclue": 3111, "texte": "sures."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3213, "fin_caractere_exclue": 3254, "texte": "On voit par les déclarations du Réveil de"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3350, "fin_caractere_exclue": 3393, "texte": "Gand    qu'au mois de mai dernier notre ami"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3448, "fin_caractere_exclue": 3489, "texte": "Mourzouck ne se trompait guère en mettant"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3584, "fin_caractere_exclue": 3628, "texte": "dans le bec du Coq rouge cette profession de"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3730, "fin_caractere_exclue": 3735, "texte": "foi :"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3789, "fin_caractere_exclue": 3833, "texte": "gagnent leur vie dans la presse quotidienne."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3894, "fin_caractere_exclue": 3922, "texte": "Je suis un oiseau du terroir"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 3983, "fin_caractere_exclue": 4019, "texte": "Papou. papoue est ma h a r a n g u e"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4077, "fin_caractere_exclue": 4117, "texte": "Et   je   parle   aussi   le   Pîed-Noir"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4175, "fin_caractere_exclue": 4206, "texte": "MAISLEFRANÇAISN'ESTPASMALANGUE."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4252, "fin_caractere_exclue": 4261, "texte": "Coq rouge"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4488, "fin_caractere_exclue": 4528, "texte": "Voici ie sonnet que M. Stéphane Mallarmé"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4568, "fin_caractere_exclue": 4611, "texte": "a rimé par jeu (quel jeu? celui des grandes"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4650, "fin_caractere_exclue": 4694, "texte": ": orgues? !) pour M. Austin de Croze (Figaro"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4737, "fin_caractere_exclue": 4748, "texte": "du 3 août)."}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4805, "fin_caractere_exclue": 4824, "texte": "Toute l'âme résumée"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4883, "fin_caractere_exclue": 4910, "texte": "Quand lente nous l'expirons"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 4974, "fin_caractere_exclue": 5003, "texte": "Dans plusieurs ronds de fumée"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 5066, "fin_caractere_exclue": 5088, "texte": "Abolis en autres ronds"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 5151, "fin_caractere_exclue": 5173, "texte": "Atteste quelque cigare"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 5236, "fin_caractere_exclue": 5262, "texte": "Brûlant savamment pour peu"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 5326, "fin_caractere_exclue": 5349, "texte": "Que la cendre se sépare"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 5413, "fin_caractere_exclue": 5439, "texte": "De son clair baiser de feu"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 62, "fin_caractere_exclue": 89, "texte": "Ainsi le chœur des romances"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 149, "fin_caractere_exclue": 169, "texte": "A ta lèvre vole-t-il"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 178, "fin_caractere_exclue": 203, "texte": "Exclus-en si tu commences"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 264, "fin_caractere_exclue": 285, "texte": "Le réel parce que vil"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 354, "fin_caractere_exclue": 380, "texte": "Le sens trop précis rature"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 447, "fin_caractere_exclue": 468, "texte": "Ta vague littérature."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 578, "fin_caractere_exclue": 579, "texte": "«"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 666, "fin_caractere_exclue": 667, "texte": "«"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 751, "fin_caractere_exclue": 752, "texte": "«"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 887, "fin_caractere_exclue": 928, "texte": "Nos chaleureux remerciements au Jour­ aux"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 969, "fin_caractere_exclue": 1019, "texte": "nal des gens de lettres qui continue vaillam- âge."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1054, "fin_caractere_exclue": 1105, "texte": "mant le bon combat contre les néo-barbares, pénible"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1142, "fin_caractere_exclue": 1193, "texte": "les faux hommes sauvages et les primitifs retrouver"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1228, "fin_caractere_exclue": 1272, "texte": "factices de l'école Verhaeren, Vielé-Griffin"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1273, "fin_caractere_exclue": 1280, "texte": "et Cie."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1375, "fin_caractere_exclue": 1415, "texte": "Dans la Fédération artistique du 4 août,"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1467, "fin_caractere_exclue": 1475, "texte": "raconter"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1510, "fin_caractere_exclue": 1552, "texte": "un excellent article de M. Edgard Baes. En"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1553, "fin_caractere_exclue": 1612, "texte": "voici quelques extraits intéressants :             sommaire"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1649, "fin_caractere_exclue": 1708, "texte": "« Tout d'abord il est nécessaire de se           analytique"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1743, "fin_caractere_exclue": 1799, "texte": "« faire une idée exacte de l'essence de notre      forme"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1838, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "« art, et de sa constitution primitive, car il     parlementaires."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1929, "fin_caractere_exclue": 1989, "texte": "« n'est pas né d'une pièce sous la main des        citations"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2024, "fin_caractere_exclue": 2064, "texte": "« Van Eyck et, comme les autres, il a eu"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2065, "fin_caractere_exclue": 2122, "texte": "« ses prodromes, son époque élémentaire            numéro"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2155, "fin_caractere_exclue": 2212, "texte": "« de barbnrie enfantine; il est même pro-          grande"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2250, "fin_caractere_exclue": 2303, "texte": "bable qu'il en serait resté bien plus long       être"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2344, "fin_caractere_exclue": 2401, "texte": "ce temps à des tentatives grossières et frustes    taines"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2440, "fin_caractere_exclue": 2480, "texte": "« sans le contact de Rome, héritière des"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2481, "fin_caractere_exclue": 2536, "texte": "« Grecs, puis souveraine religieuse, dont          fait"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2577, "fin_caractere_exclue": 2634, "texte": "« l'exemple a exalté les efforts de nos incultes   graux;"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2672, "fin_caractere_exclue": 2730, "texte": "«artistes primitifs; ils ont puisé en elle,        engager"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2765, "fin_caractere_exclue": 2804, "texte": "« comme plus tard nos maîtres de la Re-"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2807, "fin_caractere_exclue": 2859, "texte": "naissance, comme Rubens, comme les               les"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2896, "fin_caractere_exclue": 2940, "texte": "« classiques élèves de David, l'inspiration,"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2941, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "« le sentiment de l'idéal et même un art"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2982, "fin_caractere_exclue": 3027, "texte": "« tout fait, qu'ils n'ont eu qu'à traduire et"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3030, "fin_caractere_exclue": 3069, "texte": "transformer au gré de la nature septen-"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3072, "fin_caractere_exclue": 3080, "texte": "trionale"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3173, "fin_caractere_exclue": 3227, "texte": "« La civilisation première pénétra d'abord       vient"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3264, "fin_caractere_exclue": 3321, "texte": "« dans nos contrées, à la suite des conque-        salons"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3361, "fin_caractere_exclue": 3413, "texte": "rants romains; plus tard, par les efforts        des"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3452, "fin_caractere_exclue": 3505, "texte": "« dis pieux missionnaires que l'évêché de          de"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3548, "fin_caractere_exclue": 3587, "texte": "« Rome envoya répandre sur notre sol la"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3588, "fin_caractere_exclue": 3643, "texte": "« semence de l'Evangile.                           mois"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3664, "fin_caractere_exclue": 3704, "texte": "» Non seulement ils apportaient avec eux"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3755, "fin_caractere_exclue": 3809, "texte": "« un rite nouveau, des cérémonies dont les         ner"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3847, "fin_caractere_exclue": 3890, "texte": "« moindres détails étaient réglés d'avance,"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3891, "fin_caractere_exclue": 3952, "texte": "« mais encore un art traditionnel, déjà en         artistique"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3985, "fin_caractere_exclue": 4042, "texte": "» usage depuis plusieurs siècles à Rome et         belges"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4080, "fin_caractere_exclue": 4137, "texte": "« dans les grandes villes italiennes, et dont      sement"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4177, "fin_caractere_exclue": 4236, "texte": "« ils étaient dépositaires pour la plupart,        samment."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4271, "fin_caractere_exclue": 4317, "texte": "« car les monastères d'Italie étaient de véri-"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4320, "fin_caractere_exclue": 4363, "texte": "tables écoles d'art et de sciences de cette"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4364, "fin_caractere_exclue": 4373, "texte": "« époque."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4376, "fin_caractere_exclue": 4413, "texte": "« Or, on ne saurait croire combien un"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4414, "fin_caractere_exclue": 4457, "texte": "« art acquiert de puissance, de facilité et"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4458, "fin_caractere_exclue": 4501, "texte": "« de grandeur par l'adjonction dune science"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "« théorique complètement élaborée, d'une"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 216, "fin_caractere_exclue": 255, "texte": "« méthode sûre et déjà expérimentée, de"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 302, "fin_caractere_exclue": 344, "texte": "« modèles étudiés et de principes détermi­"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 391, "fin_caractere_exclue": 437, "texte": "ne nés. Si les artistes sans vocation végètent"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 484, "fin_caractere_exclue": 531, "texte": "et dans le poncif et la copie, celui qui est né"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 580, "fin_caractere_exclue": 619, "texte": "pour produire par lui-même se dégage de"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 668, "fin_caractere_exclue": 704, "texte": "toute entrave après avoir puisé dans"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 753, "fin_caractere_exclue": 797, "texte": "l'étude la certitude, le savoir, l'audace. »"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 847, "fin_caractere_exclue": 883, "texte": "Nous recommandons ces considérations"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 929, "fin_caractere_exclue": 968, "texte": "admirateurs de la barbarie et du moyen-"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1020, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "Le moyen-âge ne fut qu'une marche"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1106, "fin_caractere_exclue": 1141, "texte": "et longue, durant des siècles, pour"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1194, "fin_caractere_exclue": 1227, "texte": "la perfection de l'art classique."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1337, "fin_caractere_exclue": 1372, "texte": "Les Spillebout ont deux manières de"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1476, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "ce qui se passe chez eux : l'une,"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1613, "fin_caractere_exclue": 1646, "texte": "et approximative, le Compte-rendu"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1709, "fin_caractere_exclue": 1742, "texte": "; l'autre, seule complète et con-"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1800, "fin_caractere_exclue": 1837, "texte": "à la pensée des orateurs, les Annales"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1905, "fin_caractere_exclue": 1928, "texte": "Nousdevonsavouerque les"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 1990, "fin_caractere_exclue": 2023, "texte": "que nous fîmes dans notre dernier"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2123, "fin_caractere_exclue": 2154, "texte": "ont été empruntées pour la plus"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2213, "fin_caractere_exclue": 2247, "texte": "partie au Compte-rendu; d'où peut-"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2304, "fin_caractere_exclue": 2343, "texte": "certaines inexactitudes de fond et cer-"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2402, "fin_caractere_exclue": 2439, "texte": "imperfections de forme. La place nous"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2537, "fin_caractere_exclue": 2576, "texte": "défaut pour reproduire les textes inté-"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2635, "fin_caractere_exclue": 2671, "texte": "il suffira de cette observation pour"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2731, "fin_caractere_exclue": 2764, "texte": "nos lecteurs à relire aux Annales"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 2860, "fin_caractere_exclue": 2895, "texte": "discours de MM. Destrée et Demblon."}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3134, "fin_caractere_exclue": 3170, "texte": "VILLE DE MONS. — Le Conseil communal"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3228, "fin_caractere_exclue": 3263, "texte": "de décider l'organisation, dans les"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3322, "fin_caractere_exclue": 3358, "texte": "de l'Hôtel de vide, d'une Exposition"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3414, "fin_caractere_exclue": 3451, "texte": "Beaux-Arts, à l'époque de la kermesse"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3506, "fin_caractere_exclue": 3547, "texte": "i'année 1896, c'est-à-dire vers la fin du"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3644, "fin_caractere_exclue": 3661, "texte": "de mai prochain !"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3716, "fin_caractere_exclue": 3754, "texte": "L'administration communale espère don-"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3810, "fin_caractere_exclue": 3846, "texte": "au Salon de Mons une sérieuse valeur"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 3953, "fin_caractere_exclue": 3984, "texte": "et elle compte que les artistes"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4043, "fin_caractere_exclue": 4079, "texte": "et étrangers répondront avec empres-"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4138, "fin_caractere_exclue": 4176, "texte": "à l'appel qui leur sera adressé inces-"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4257, "fin_caractere_exclue": 4270, "texte": "(Communiqué.)"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 4511, "fin_caractere_exclue": 4549, "texte": "Dans le Mercure de France de septembre"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 97, "texte": "lire le 3 e acte de César-Antéchrist        par"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 148, "fin_caractere_exclue": 188, "texte": "M. Alfred Jarry. C'est une fumisterie de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 243, "fin_caractere_exclue": 286, "texte": "» haute graisse », qui n'est pas exempte de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 317, "fin_caractere_exclue": 364, "texte": "talent. Il y a là une jolie vigueur dans le co-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 366, "fin_caractere_exclue": 405, "texte": "mique. Les amateurs de sauvagerie ou de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 406, "fin_caractere_exclue": 447, "texte": "barbarie y pourront trouver mieux que des"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 497, "fin_caractere_exclue": 542, "texte": "phrases à torticolis et des tirebouchonneries"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 590, "fin_caractere_exclue": 634, "texte": "mièvres : c'est de l'imagerie brutale, drôle"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 687, "fin_caractere_exclue": 716, "texte": "et nette, pas banale du tout."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 778, "fin_caractere_exclue": 821, "texte": "Mais comment diantre ! ce 3e acte fera-t-il"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 863, "fin_caractere_exclue": 907, "texte": "corps avec le premier, qui était tout bonne-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 954, "fin_caractere_exclue": 994, "texte": "ment absurde? Nous attendons avec curio-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1049, "fin_caractere_exclue": 1089, "texte": "sité la publication de l'ouvrage entier."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1481, "fin_caractere_exclue": 1518, "texte": "Nous avons reçu de la Havane un roman"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1577, "fin_caractere_exclue": 1615, "texte": "intitulé Enriqueta Faber par M. Andres"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1765, "fin_caractere_exclue": 1782, "texte": "Clemente Vazquez."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1858, "fin_caractere_exclue": 1893, "texte": "Cette femme célèbre, née en Suisse,"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1949, "fin_caractere_exclue": 1994, "texte": "épousa un jeune officier français qui fut tué"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2103, "fin_caractere_exclue": 2112, "texte": "à Wagram."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2209, "fin_caractere_exclue": 2245, "texte": "Veuve peu de mois après son mariage,"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2297, "fin_caractere_exclue": 2341, "texte": "affublée du costume masculin, elle étudia la"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2389, "fin_caractere_exclue": 2431, "texte": "médecineà Paris. Nantie ensuite du diplôme"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2572, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "de chirurgien, elle accompagna les troupes"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2665, "fin_caractere_exclue": 2703, "texte": "impériales dans la campagne de Russie;"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2758, "fin_caractere_exclue": 2798, "texte": "elle se sauva miraculeusement à la Béré-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2849, "fin_caractere_exclue": 2894, "texte": "zina; fut faite prisonnière en Espagne; passa"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3034, "fin_caractere_exclue": 3078, "texte": "à la Guadeloupe; vint à Cuba, subit de bril-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3128, "fin_caractere_exclue": 3168, "texte": "lants examens devant la Faculté de Méde-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3221, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "cine de la Havane et fut nommée, par le"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3314, "fin_caractere_exclue": 3354, "texte": "gouvernement, délégué de cette faculté à"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3504, "fin_caractere_exclue": 3541, "texte": "Baracoa où elle épousa canoniquement,"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3594, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "toujours, sous les habits d'homme, une de-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3663, "fin_caractere_exclue": 3704, "texte": "moiselle cubaine. Sa femme l'accusa (deux"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3705, "fin_caractere_exclue": 3746, "texte": "ans après son mariage) de l'avoir trompée"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3801, "fin_caractere_exclue": 3841, "texte": "les tribunaux la condamnèrent du fait de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3865, "fin_caractere_exclue": 3910, "texte": "son mariage sacrilège, à la réclusion d'abord"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3958, "fin_caractere_exclue": 3985, "texte": "et au bannissement ensuite."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4147, "fin_caractere_exclue": 4186, "texte": "Partie [pour la Floride, elle y fit une"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4239, "fin_caractere_exclue": 4280, "texte": "grande fortune en exerçant la médecine et"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4332, "fin_caractere_exclue": 4373, "texte": "vint mourir à La Veracruz sous la robe de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4516, "fin_caractere_exclue": 4533, "texte": "fille de charité."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4615, "fin_caractere_exclue": 4655, "texte": "Dans ce travail, dit l'auteur, ou plutôt"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4705, "fin_caractere_exclue": 4749, "texte": "dans cet essai romanesque, j'ai pris à tâche"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4796, "fin_caractere_exclue": 4838, "texte": "de faire passer sous les yeux du lecteur —"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4980, "fin_caractere_exclue": 5016, "texte": "comme dans un panorama vertigineux —"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 5074, "fin_caractere_exclue": 5111, "texte": "des personnes, des événements, et des"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 5167, "fin_caractere_exclue": 5205, "texte": "mœurs du premier empire napoléonien et"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 146, "texte": "de l'époque à laquelle des actes d'une politi-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 197, "fin_caractere_exclue": 242, "texte": "que libérale ont, pour la première fois, reçu"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 293, "fin_caractere_exclue": 316, "texte": "une application à Cuba."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 459, "fin_caractere_exclue": 496, "texte": "Dans son numéro du 21 juilletl'Artmo-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 547, "fin_caractere_exclue": 589, "texte": "derne a publié un article sur « le théâtre"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 640, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "hiératique » où l'on peut lire (enfin !) quel-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 737, "fin_caractere_exclue": 774, "texte": "ques remarques judicieuses. Nous nous"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 825, "fin_caractere_exclue": 862, "texte": "faisons un plaisir de les reproduire."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 916, "fin_caractere_exclue": 953, "texte": "Parlant des personnages des tragédies"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1004, "fin_caractere_exclue": 1048, "texte": "antiques, l'auteur apprécie ainsi leurs dis-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1099, "fin_caractere_exclue": 1106, "texte": "cours :"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1160, "fin_caractere_exclue": 1201, "texte": "« Leur dominante, ce n'est pas la conver-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1252, "fin_caractere_exclue": 1292, "texte": "sation vive, courte, animée, dialoguée à"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1343, "fin_caractere_exclue": 1384, "texte": "outrance, du théâtre contemporain, consi-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1435, "fin_caractere_exclue": 1476, "texte": "dérée, elle aussi, comme une condition de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1527, "fin_caractere_exclue": 1575, "texte": "vie et d intérêt pour la pièce, c'est la tirade,"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1626, "fin_caractere_exclue": 1670, "texte": "oui la tirade tenue aujourd'hui pourodieuse."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1721, "fin_caractere_exclue": 1763, "texte": "Et, qui pire est, la tirade philosophique,"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1814, "fin_caractere_exclue": 1853, "texte": "abondante en maximes, en aphorismes, en"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1905, "fin_caractere_exclue": 1947, "texte": "vers qu'on peut détacher pour en faire une"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 1998, "fin_caractere_exclue": 2042, "texte": "règle, un conseil, un proverbe, un lapidaire"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2093, "fin_caractere_exclue": 2102, "texte": "souvenir."}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2166, "fin_caractere_exclue": 2204, "texte": "« Eschyle, Sophocle, Euripide traitent"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2255, "fin_caractere_exclue": 2296, "texte": "ainsi les plus hauts problèmes concernant"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2347, "fin_caractere_exclue": 2387, "texte": "les hommes, les dieux, le monde, l'exis-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2438, "fin_caractere_exclue": 2481, "texte": "tence, l'âme. Leurs tragédies ont un aspect"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2532, "fin_caractere_exclue": 2571, "texte": "grandiose de leçons morales, divines et"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2622, "fin_caractere_exclue": 2663, "texte": "humaines. Ce sont de profonds historiens,"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2714, "fin_caractere_exclue": 2757, "texte": "des philosophes méditatifs, des croyants et"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2808, "fin_caractere_exclue": 2848, "texte": "des apôtres. Ah! que leurs exposés reli-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2899, "fin_caractere_exclue": 2941, "texte": "gieux, politiques, métaphysiques sont loin"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3033, "texte": "des caquetages de ces pièces à thèse aux-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3084, "fin_caractere_exclue": 3127, "texte": "quelles l'ingéniosité de Dumas fils a donné"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3178, "fin_caractere_exclue": 3220, "texte": "un temps quelque faveur et qui sont désor-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3271, "fin_caractere_exclue": 3313, "texte": "mais si complètement coulées à fond, ayant"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3364, "fin_caractere_exclue": 3409, "texte": "entraîné avec elles, dans les abîmes, le sys-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3460, "fin_caractere_exclue": 3502, "texte": "tème lui-même que l'antiquité avait autre-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3553, "fin_caractere_exclue": 3593, "texte": "ment compris et qui peut être renouvelé,"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3644, "fin_caractere_exclue": 3662, "texte": "nous le croyons. »"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3747, "fin_caractere_exclue": 3800, "texte": ";          Et plus loin on lit ces intéressantes con-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3851, "fin_caractere_exclue": 3864, "texte": "sidérations :"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 3918, "fin_caractere_exclue": 3957, "texte": "« La vie moderne, pour nous, nations de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4008, "fin_caractere_exclue": 4049, "texte": "descendance aryenne, a pris une complica-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4100, "fin_caractere_exclue": 4142, "texte": "tion que la Grèce ignorait quoiqu'elle fût"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4193, "fin_caractere_exclue": 4238, "texte": "notre directe ancêtre, motif pour lequel elle"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4289, "fin_caractere_exclue": 4331, "texte": "demeure notre inspiratrice de prédilection"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4382, "fin_caractere_exclue": 4424, "texte": "et nous incline à retourner à ses merveil-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4475, "fin_caractere_exclue": 4515, "texte": "leux souvenirs avec un entêtement indes-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4566, "fin_caractere_exclue": 4610, "texte": "tructible. Tous les problèmes que les grands"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4661, "fin_caractere_exclue": 4704, "texte": "tragiques traitaient devant le peuple exis-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4755, "fin_caractere_exclue": 4795, "texte": "tent encore pour nous et existeront tou-"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4846, "fin_caractere_exclue": 4888, "texte": "jours, mais en des proportions et sous des"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 4939, "fin_caractere_exclue": 4979, "texte": "aspects bien différents. Les cerveaux de"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 5030, "fin_caractere_exclue": 5073, "texte": "notre race, qui alors apparaissaient en une"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 5124, "fin_caractere_exclue": 5165, "texte": "si belle simplicité marmoréenne, coupés a"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 5216, "fin_caractere_exclue": 5258, "texte": "larges pans et dessinés en quelques fermes"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 109, "texte": "lignes, sont aujourd'hui des organes à mille        serons"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 202, "texte": "facettes et effraient par le lacis et l'enchevê-    tique"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 236, "fin_caractere_exclue": 293, "texte": "trement de leur dessin. Comme les Grecs             tard,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 331, "fin_caractere_exclue": 387, "texte": "nous avons besoin que le génie vienne met-          Mais"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 428, "fin_caractere_exclue": 486, "texte": "tre de l'ordre dans ce fouillis en extrayant        verons"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 522, "fin_caractere_exclue": 581, "texte": "du chaos des ombres les vérités primordia-          nances."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 617, "fin_caractere_exclue": 678, "texte": "les et en nous les montrant dans leur force,        assouplir"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 711, "fin_caractere_exclue": 768, "texte": "leur majesté en pleine clarté».                     vieux"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 808, "fin_caractere_exclue": 859, "texte": "VArt moderne a relu Eschyle, comme il            le"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 951, "fin_caractere_exclue": 958, "texte": "bleront"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 992, "fin_caractere_exclue": 1049, "texte": "l'annonçait à ses lecteurs le 14 juillet ; ça lui   quand"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1087, "fin_caractere_exclue": 1143, "texte": "a fait du bien.                                     ceux"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1232, "fin_caractere_exclue": 1234, "texte": "et"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1258, "fin_caractere_exclue": 1298, "texte": "Voici le passage du récent discours aca-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1299, "fin_caractere_exclue": 1337, "texte": "démique de M. Coppée qui a provoqué un"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1338, "fin_caractere_exclue": 1378, "texte": "si vif émoi dans le camp des Kamchatka :"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1435, "fin_caractere_exclue": 1491, "texte": "On ne sait quel vent d'est, chargé de            rentes?"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1527, "fin_caractere_exclue": 1583, "texte": "brume germanique, a soufflé sur un groupe           l'un"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1626, "fin_caractere_exclue": 1686, "texte": "de poètes récents. Ils produisent fort peu;         moderne."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1718, "fin_caractere_exclue": 1761, "texte": "mais la poésie de demain, la poésie de tout"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1762, "fin_caractere_exclue": 1821, "texte": "à l'heure, qu'ils annoncent par de nombreux         découpe"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1857, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "oracles, ne sera plus, à les en croire, qu'une      faire"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1955, "fin_caractere_exclue": 2012, "texte": "musique confuse où quelques initiés pour-           Souza"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2047, "fin_caractere_exclue": 2102, "texte": "ront seuls entrevoir des symboles obscurs.          ren"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2136, "fin_caractere_exclue": 2177, "texte": "Ces jeunes gens se montrent particulière-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2178, "fin_caractere_exclue": 2239, "texte": "ment sévères pour les Parnassiens, qui, res-        Flandres,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2273, "fin_caractere_exclue": 2329, "texte": "tés fidèles à la tradition française, avaient       rens"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2361, "fin_caractere_exclue": 2402, "texte": "la modeste ambition d'exprimer clairement"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2456, "fin_caractere_exclue": 2499, "texte": "leur pensée. On m'assure que l'absolue per-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2500, "fin_caractere_exclue": 2556, "texte": "fection de votre œuvre a trouvé grâce devant        vent"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2598, "fin_caractere_exclue": 2654, "texte": "ces esthètes impitoyables. Mais ils mon-            ques"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2695, "fin_caractere_exclue": 2751, "texte": "trent, à l'égard de quelques-uns de vos con-        ment"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2777, "fin_caractere_exclue": 2819, "texte": "temporains, la férocité des peuplades sau-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2875, "fin_caractere_exclue": 2936, "texte": "vages envers les vieillards encombrants. Ces        Américain"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2971, "fin_caractere_exclue": 3025, "texte": "mœurs de Caraïbes littéraires nous étonnent         de"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3057, "fin_caractere_exclue": 3097, "texte": "un peu, nous qui avions, dans notre jeu-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3153, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "nesse, le respect de nos maîtres et de              contesté."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3251, "fin_caractere_exclue": 3309, "texte": "nos anciens.                                        siècle"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3352, "fin_caractere_exclue": 3410, "texte": "Cependant ayons de l'indulgence. La jeu-        Lamartine,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3438, "fin_caractere_exclue": 3495, "texte": "nesse, même quand elle est violente et              grand"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3535, "fin_caractere_exclue": 3597, "texte": "injuste, n'a jamais tout à fait tort. Puisse-       grand-père"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3626, "fin_caractere_exclue": 3681, "texte": "t-il sortir, de cette agitation, une œuvre          non"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3724, "fin_caractere_exclue": 3783, "texte": "vraiment originale et belle. Nous l'applau-        Gautier,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3819, "fin_caractere_exclue": 3879, "texte": "dirons de tout notre cœur. Il est vrai que         Banville,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3911, "fin_caractere_exclue": 3969, "texte": "nous l'attendons depuis de longues années          boyant;"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4006, "fin_caractere_exclue": 4067, "texte": "déjà. Mais elle surgira, n'en doutez pas, et       taciturne,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4101, "fin_caractere_exclue": 4157, "texte": "alors, — s'il faut dire toute ma pensée, —         conte"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4196, "fin_caractere_exclue": 4255, "texte": "nous nous apercevrons qu'elle ne sera pas          Gautier,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4292, "fin_caractere_exclue": 4348, "texte": "très sensiblement différente , quant à la          qu'on"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4385, "fin_caractere_exclue": 4437, "texte": "forme, des poèmes d'hier et d'aujourd'hui.         «"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4476, "fin_caractere_exclue": 4534, "texte": "I1 n'y a jamais, en art, de brutale révolu-        cienne,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4576, "fin_caractere_exclue": 4630, "texte": "tion. Une forme ne se substitue pas brusque-       par"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4671, "fin_caractere_exclue": 4728, "texte": "ment à une autre comme le chemin de fer             Maria"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4765, "fin_caractere_exclue": 4819, "texte": "aux pataches et le télégraphe à la petite          mer"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4862, "fin_caractere_exclue": 4920, "texte": "poste. L'évolution — car, en pareille ma           d'abord"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4959, "fin_caractere_exclue": 5012, "texte": "tière, le mot progrès serait une hérésie —         et"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 5058, "fin_caractere_exclue": 5114, "texte": "se fait lentement, par nuances légères. Nous       sente"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 110, "fin_caractere_exclue": 144, "texte": "éblouis, dans le chef-d'œuvre poé-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 203, "fin_caractere_exclue": 235, "texte": "qui triomphera demain, — ou plus"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 294, "fin_caractere_exclue": 330, "texte": "— par la nouveauté de l'inspiration."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 388, "fin_caractere_exclue": 427, "texte": "je suis bien tranquille, nous n'y trou-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 487, "fin_caractere_exclue": 521, "texte": "ni rythme boiteux, ni vagues asso-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 582, "fin_caractere_exclue": 616, "texte": "Le poète aura pu, je le veux bien,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 679, "fin_caractere_exclue": 710, "texte": "et perfectionner quelque peu le"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 769, "fin_caractere_exclue": 804, "texte": "et admirable outil que nous a légué"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 859, "fin_caractere_exclue": 898, "texte": "XVIesiècle; mais ses beaux vers ressem-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 959, "fin_caractere_exclue": 991, "texte": "à tous les beaux vers, et auront"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1050, "fin_caractere_exclue": 1086, "texte": "même bien des traits de parenté avec"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1144, "fin_caractere_exclue": 1179, "texte": "de Ronsard, de Malherbe, de Chénier"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1235, "fin_caractere_exclue": 1250, "texte": "de Victor Hugo."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1393, "fin_caractere_exclue": 1431, "texte": "Est-ce un émule de la célèbre Dona Fe-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1492, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "On sait que M. Emile Verhaeren est"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1584, "fin_caractere_exclue": 1625, "texte": "des trois rédacteurs en chef de l ' A r t"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1687, "fin_caractere_exclue": 1717, "texte": "Or, ce bienheureux Art moderne"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1822, "fin_caractere_exclue": 1856, "texte": "dans le Gil Blas et reproduit sans"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1915, "fin_caractere_exclue": 1954, "texte": "la moindre réserve, un article où M. de"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2013, "fin_caractere_exclue": 2046, "texte": "nous apprend que M. Emile Verhae-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2103, "fin_caractere_exclue": 2135, "texte": "est un Espagnol. Un Espagnol des"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2240, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "il est vrai : don Emilio Verhae-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2330, "fin_caractere_exclue": 2360, "texte": "de Santo Amando lez Puers !..."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2416, "fin_caractere_exclue": 2455, "texte": "Voici ce précieux document, où se trou-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2557, "fin_caractere_exclue": 2597, "texte": "d'ailleurs gratifiés d'une guitare quel-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2655, "fin_caractere_exclue": 2694, "texte": "poètes qui jusqu'ici s'étaient modeste-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2752, "fin_caractere_exclue": 2776, "texte": "contentés de leur lyre :"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2832, "fin_caractere_exclue": 2874, "texte": "« Il faut saluer en Francis Vielé-Griffin,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 2937, "fin_caractere_exclue": 2970, "texte": "à la fois nordiste et sudiste, un"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3026, "fin_caractere_exclue": 3056, "texte": "nos plus purs poètes français."}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3112, "fin_caractere_exclue": 3152, "texte": "« Ce ne sont pas ses aînés qui l'eussent"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3215, "fin_caractere_exclue": 3250, "texte": "On sait qu'il n'y eut guère dans ce"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3310, "fin_caractere_exclue": 3347, "texte": "en France que trois poètes français :"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3411, "fin_caractere_exclue": 3437, "texte": "Musset, Vigny. Hugo fut le"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3496, "fin_caractere_exclue": 3534, "texte": "Espagnol, père, grand-père et arrière-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3598, "fin_caractere_exclue": 3625, "texte": "d'une nombreuse descendance"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3682, "fin_caractere_exclue": 3722, "texte": "moins espagnole. Qu'on suive la lignée :"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3784, "fin_caractere_exclue": 3817, "texte": "le Castillan fier et magnifique ;"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3880, "fin_caractere_exclue": 3909, "texte": "l'Andaloux sémillant et flam-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 3970, "fin_caractere_exclue": 4004, "texte": "Baudelaire, l'Aragonais concentré,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4068, "fin_caractere_exclue": 4099, "texte": "cruel. Puis les coloniaux : Le-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4158, "fin_caractere_exclue": 4194, "texte": "de Lisle, de souche castillane comme"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4256, "fin_caractere_exclue": 4290, "texte": "mais plus solennel et d'une fierté"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4349, "fin_caractere_exclue": 4383, "texte": "sait orgueilleuse d'avoir passé la"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4438, "fin_caractere_exclue": 4474, "texte": "ligne » ; Léon Dierx, de souche mur-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4535, "fin_caractere_exclue": 4574, "texte": "c'est-à-dire indolent et le rêve amolli"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4631, "fin_caractere_exclue": 4669, "texte": "la chaleur du Capricorne; enfin, José-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4729, "fin_caractere_exclue": 4763, "texte": "de Heredia, qui, pour mieux affir-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4820, "fin_caractere_exclue": 4860, "texte": "cette intellectuelle descendance, a tenu"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 4921, "fin_caractere_exclue": 4957, "texte": "à être Espagnol de chair et de sang,"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 5013, "fin_caractere_exclue": 5055, "texte": "qui, en conquistador de la famille, repré-"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 5115, "fin_caractere_exclue": 5150, "texte": "le triomphe de l'Espagne tropicale."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 88, "texte": "« Ce ne sont pas non plus ceux de sa"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 187, "texte": "génération qui contesteront à Francis Vielé-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 235, "fin_caractere_exclue": 279, "texte": "Griffin la qualité de Français Ce ne sera ni"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 280, "fin_caractere_exclue": 320, "texte": "Emile Verhaeren, gui est un Espagnol des"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 345, "fin_caractere_exclue": 385, "texte": "Flandres, ni Henri de Régnier, qui, bien"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 432, "fin_caractere_exclue": 469, "texte": "que natif de cette contrée éminemment"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 523, "fin_caractere_exclue": 566, "texte": "française dénommée jadis la Thiérache, est,"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 589, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "avant tout, un Anglo-Espagnol des îles Bar-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 633, "fin_caractere_exclue": 674, "texte": "bades, se souvenant des côtes de Cuba aux"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 724, "fin_caractere_exclue": 762, "texte": "bords du lac de Windermere. Ce ne sera"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 818, "fin_caractere_exclue": 861, "texte": "pas non plus, comme on le verra, Saint-Pol-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 910, "fin_caractere_exclue": 951, "texte": "Roux, qui n'est plus Espagnol, mais Mexi-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1004, "fin_caractere_exclue": 1045, "texte": "cain; Papadiamantopoulo et ses fidèles de"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1046, "fin_caractere_exclue": 1088, "texte": "la ligue « moréatique », qui sont Grecs et"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1140, "fin_caractere_exclue": 1178, "texte": "font de la Grèce une Macédoine; Stuart"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1208, "fin_caractere_exclue": 1250, "texte": "Merril, le poète joailler, évidemment New-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1251, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "yorkais ; Gustave Kahn, Oriental germa-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1332, "fin_caractere_exclue": 1375, "texte": "nisé ; Albert Mockel, Adolpe Retté, A.-Fer-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1413, "fin_caractere_exclue": 1455, "texte": "dinand Hérold, dont les imaginations habi-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1489, "fin_caractere_exclue": 1533, "texte": "tent différents points de la frontière alle-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1567, "fin_caractere_exclue": 1573, "texte": "mande."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1644, "fin_caractere_exclue": 1683, "texte": "« Tous — et j'en oublie — constateront,"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1720, "fin_caractere_exclue": 1760, "texte": "sans que cet aveu soit le moins du monde"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1795, "fin_caractere_exclue": 1839, "texte": "un blâme pour la nationalité de leur esprit,"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1869, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "que Francis Vielé-Griffin est, entre tous, le"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1944, "fin_caractere_exclue": 1979, "texte": "plus pur, le SEUL poète français. »"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2026, "fin_caractere_exclue": 2064, "texte": "M. de Souza est un joyeux fumiste. Son"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2065, "fin_caractere_exclue": 2105, "texte": "Baudelaire d'Aragon, — Pierre-Charles le"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2106, "fin_caractere_exclue": 2148, "texte": "Cruel ! — son Banville l'Andaloux, l'Espa-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2149, "fin_caractere_exclue": 2189, "texte": "gnol des Flandres et le mirifique Anglo-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2190, "fin_caractere_exclue": 2229, "texte": "Espagnol des Barbades se trouvent ainsi"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2230, "fin_caractere_exclue": 2274, "texte": "munis d'actes de naturalisation qui feraient"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2275, "fin_caractere_exclue": 2315, "texte": "envie au célèbre pochard à qui l'on doit"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2316, "fin_caractere_exclue": 2360, "texte": "cette déclaration : « Je suis soûl, donc Po-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "lonais ! » Admirons aussi l'espagnolification"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 191, "fin_caractere_exclue": 234, "texte": "de Leconte de Lisle, qui était un créole de"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 328, "fin_caractere_exclue": 344, "texte": "souche bretonne."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 396, "fin_caractere_exclue": 431, "texte": "Parmi les Espagnols créés par M. de"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 480, "fin_caractere_exclue": 522, "texte": "Souza il y a peut-être quelques vaches...."}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 571, "fin_caractere_exclue": 588, "texte": "N'insistons pas !"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 684, "fin_caractere_exclue": 723, "texte": "Et inclinons-nous devont le SEUL, l'ar-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 772, "fin_caractere_exclue": 817, "texte": "chiseul, le seul entre les seuls, le toujours"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 866, "fin_caractere_exclue": 909, "texte": "plus seul poète français, qui est un Améri-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 958, "fin_caractere_exclue": 1003, "texte": "cain mi-parti, à la fois sudiste et nordiste:"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1094, "fin_caractere_exclue": 1139, "texte": "le monopoète, l'épipoète, l'unicelte et l'om-"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1188, "fin_caractere_exclue": 1207, "texte": "nigalle F . V. G. !"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1313, "fin_caractere_exclue": 1331, "texte": "Ah ! Griffin c'est"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1394, "fin_caractere_exclue": 1412, "texte": "Le seul Français !"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1475, "fin_caractere_exclue": 1488, "texte": "Adieu fiston,"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1551, "fin_caractere_exclue": 1566, "texte": "Lui dit Boston,"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1629, "fin_caractere_exclue": 1640, "texte": "L'Alleghany"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1703, "fin_caractere_exclue": 1719, "texte": "L'a donc banni ?"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1782, "fin_caractere_exclue": 1794, "texte": "Philadelphie"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1857, "fin_caractere_exclue": 1868, "texte": "Le certifie"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 1931, "fin_caractere_exclue": 1943, "texte": "Et Baltimore"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 2006, "fin_caractere_exclue": 2022, "texte": "Fait pis encore."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-205", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ ÉDITEUR DE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 378, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 1282, "texte": "LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR           DE    LA     JEUNE          BELGIQUE\n                      3 1, rue des Paroissiens, 31\n                              BRUXELLES\n\n\n                 VIENNENT DE PARAITRE\n                        Fernand S E V E R I N\n\n      UN CHANT DANS L'OMBRE\n                                   POÉSIES\n                   Un volume in-32 raisin. Prix : 3 francs.\nIl a été tiré : 5 exemplaires sur papier du Japon des manufactures impé-\n                     riales, à                                fr.  12 »\n                15 exemplaires sur papier de Hollande Van Gelder.   6 »\n\n\n                         Edmond PICARD\n\n          VIE                SIMPLE\n    Nouvelle édition. Un volume petit in-12                  . fr.   2 »\n\n\n                          Paul     ARDEN\n\n       PAR LES CHEMINS\n             Un volume petit in-12    .   .   .   . fr.   2 50\n\n\n                   A. GALLOY & J. MOLLOY\n\n   AU P A Y S D E B E A U M O N T\n                             POESIES\n             Un volume in-18 jésus . .        .   . fr.   2 50\n\n\n                          Hubert KRAINS\n\n  HISTOIRES LUNATIQUES\n             Un volume in-18 jésus    . . . .      fr.    3 »\n\n\n                         Jules D E S T R É E\n\n    UNE CAMPAGNE AU PAYS NOIR\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-08-n8-206", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Catalogue de la librairie Paul Lacomblez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ, éditeur", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 379, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 6732, "texte": "LACOMBLEZ, éditeur\n               31, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES\n\nArden (P.). Par les chemins . . . fr.     2 50    Itiberê da Cunha (J.). Préludes . . fr.    3 »\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et              Jenart (Aug.). Le Barbare                  2 »\n  roses                                   2 »     Jeune Belgique (Le Parnasse de la). .      7 50\nBrabant (V.). Notes de voyage . . .       1 »     Journal d'une ignorante : Sur les Golfes   1 50\nBloy(Léon). Le Pal (4 num.), très rare.   4 »     Justus Severus Africus                     1   »\n  Les 3 premiers numéros ensemble         1 »       Kahn (Gustave). Chansons d'amant . . 3 50\nBoschot (A). Faunesses et bacchantes,     1 50           —        Les Palais nomades . . 3 50\n             Matin d'automne . . .        1 50      Krains (H.). Histoires lunatiques . . 3 »\n     —       Rêves blancs . . ,. .        4 »       Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .      2 »\nBosiers E.). Harald-Roi                   2 »            —         Loth et ses filles . . .    2 »\nCarnet de chasse illustré                     15 » Landoy (Eug.). Evocations                   3 50\nCasier (J.). Flammes et flammèches . 1 50                —         Maître Martin . . . . 0 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . - . 3 » Lautréamont (comte de). Les Chants de\nCourouble (L.). Contes et souvenirs. . 3 50           Maldoror                                  350\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 » Lemonnier (C.) Paroles pour Georges\nDaCosta(C) Grammaire en portefeuille 0 50                         Eekhoud              0         50\nDaxhelet(A ) Pages de tendresse vague 3 50               —        Discours d'inauguration\n      —         Nou velles de Wallonie . 3 50         du monument Ch. De Coster, avec\nDe Coster (Ch.)- La Légende d'Ulen-                   extraits d'« Uienspiegel » et por-\n            spiegel                     . . 5 »       trait de Ch. De Coster . . . . 0 50\n      —          Légendes flamandes 3 50 Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\n                    (Voir Lemonnier.)                             (L'Intruse, Les Aveugles) 3 »\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50             —        La Princesse Maleine. . 3 50\n      —        Les Miroirs de jeunesse . 3 50            —        Serres chaudes . . . .       3 »\nDel vil le (J.). Les Horizons hantés           3 50      —         L'Ornementdesnocesspi-\nDe Haulleville (baron P.). En vacances. . 3 50                       rituelles                 4 \"\n      —        Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »        —        Les Sept Princesses . . 2 »\n      —       J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                   —        Pelléas et Mélisande. . 3 50\n                  talat chez les Civilisés. 4 »                       (Voir Emerson.)\nDemolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                   —        Les Disciples à Sais et les\n      —          Impressions d'Art. . . 3 »           fragments de Novalis. . . . . 4             »\n      —          James Ensor . . . .           3 » Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam . . 3 »\nDe Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 » Maubel (Henry). Miette                              2 50\nDe Régnier (H.). Le Bosquet de Psyché 2 »                — Etude de jeune fille . . 3 50\nDe Tallenay (J.). L'Invisible . . . . 3 50               —        Quelqu'un d'aujourd'hui. 3 50\nDesombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »                —        Une mesure pour rien         1 »\nDestrée (Jules). Journal des Destrée           1 » Picard (E.). El Moghrcb al Aksa . . 4 »\nDulac (Paul). Vingt-cinq sonnets . . 1 50                —        Scènes de la vie judiciaire 4 »\nDupont (A.). L'Envol des rêves . . .           2 »       —        Vie simple                   2 »\nEekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50               —        Imogène, 1 vol. format\n      —          La Nouvelle Carthage. . 4 »                          eucologe . . . . .       4 »\n      —          Les P'usillés de Malines . 3 50        .—         Comment on devient so-\n      —         Au siècle de Shakespeare. 3 »                         cialiste                 2 50\n      —          Kees Doorik                   3 50      —            Id. (édition populaire) 0 75\n      —          Kermesses                     5 » Pierron (Sander). Pages de Charité . 3 50\n      —          Mes Communions . . .          5 » Philopator Libres propos d'un belge. 1 »\nElskamp (Max). Dominical . . . .               2 » Pléiade (La). Première année (1889) . 3 »\n      —         Salutations, dont d'angé-           Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n   liques                                      3 50 Rodenbach Le Foyer et les champs . 1 »\n      —         En Symbole vers l'Apos-             Rommelaere (J) Ma semaine, 1892-93. 2 »\n   tolat                                       3 50      —         Ma semaine, 1894 . . .      2 »\nEmerson. Sept Essais, avec préface de               Severin (Fernand). Le Lys. . . . . . 2 »\n   Maeterlinck                                 3 5°         —             Le Don d'enfance . 2 »\nGalloy (A.). Au pays de Beaumont. . 2 50                 —         Un chant dans l'ombre . 3 »\nGarnir (Georges). Les Charneux. . . 3 50 Sigogne E.). Contes merveilleux . . 3 »\n      —          Contes à Marjolaine           3 50 Sluyts(Ch.). L'Appel des voix . . .        2 »\nGilkin (Iwan). Stances dorées . . .            1 «       —         Notes d'être                3 »\nGille(Valère) LeChâteau desmerveilles 2 » Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 »\nGiraud (Albert). Hors du siècle . . . 3 50 Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut. . . 3 50\n      —          Hors du siècle. II : Sous          Van Lerberghe (Ch.). Les Flaireurs . . 1 »\n                   la Couronne. Devant le           Verhaeren (E.). Les Apparus dans mes\n                    Sphynx. . . . . . . 3 00                          chemins                  2 »\n      —          Pierrot lunaire . . . .       2 »       —         Les Moines                  3 »\n      —          Pierrot Narcisse . . .        2 « Villiers de l'Isle-Adam. Premiè res Poésies 3 50\n      —          Dernières Fêtes. . . .        2 »                 M organe                     5 »\n      —          Le Scribe                     1 » Wagner (R.). L'Œuvre et la mission de\nHannon (Théo). Noëls fin de siècle . . 3 »             ma vie (derniers exemplaires) . . 4 »\n      —         Au pays de Manneken-Pis 4 » Waller (Max). La Flûte à Siebel. . . 3 50\nHanneuse (0 ). La Reine Aléna. . (souscrit).             —         Daisy . . . . . . .         3 »\n      —          Sorella                       2 50 X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé)\n\n                     Bruxelles. — Imprimerie V Monnom, 32, rue de l'Industrie\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 336, "texte": "Août 1895.                             TOME XIV. — N° 8                             15me Année.\n\n\n\n\n  A\n       JEUNE\n                      BELGIQUE\n                                         SOMMAIRE:\n                                                              MAURICE    CARTUYVELS.\n             La Répétition interrompue                    ,\n                                                              FRANZ   WIENER.\n             Le Cerisier                  fleuri              IWAN GILKIN.\n             Le Vers libre . . .   .                          IWAN GILKIN.\n             Vers                                             MAURICE    CARTUYVELS.\n\n             Chronique littéraire :\n              Histoires lunatiques ; Passé le Détroit ; Du\n                beau moral et du beau formel . . . .          ARNOLD GOFFIN.\n              Les Poètes: I. Le Bocage d'Ernest Raynaud\n                et l'Ecole romane; II. Un Chant dans\n                l'ombre; L'Orient et les Tropiques . .        VALÈRE GILLE.\n             Memento                                          NEMO.\n\n\n\n\n              RÉDACTION                                               BRUXELLES\n110,   RUE   D E LA   LIMITE,   BRUXELLES.                       PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                                     3I, rue des Paroissiens\n                                                                          PARIS\n        PRIX DU NUMÉRO                                        C H A M U E L , LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                                         29, rue de Trévise\n                  fr. 0-75.\n                                                                            1895\n"}, {"page_pdf": 337, "texte": "                                                                           BELGIQUE\n   BELGIQUE                     NE CRAINS\n\n\n\n\n                                                                 JEUNE\n              JEUNE\n\n\n\n\n                                                            LA\n                      LA\n\n                               N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur      : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n              Directeur : IWAN GILKIN, 110, rue de la Limite.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n    Pour tout ce qui concerne l'Administration de la Revue, s'adresser\n                 à M. Hubert VAN DIJK, 65, rue Herry.\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris.\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 21, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}, {"page_pdf": 338, "texte": "    LA RÉPÉTITION INTERROMPUE\n(                       Marivaudage       en un acte.)\n\nPERSONNAGES : LA MARQUISE; HÉLÈNE, sa petite-fille; LE CHEVALIER, son neveu.\n\n           La scène est au château de la marquise, au siècle dernier.\n\n\n\n\n               LA                  MARQUISE. — Voilà qui est parfait :\n                             casaquin, grands paniers, talons rouges, la\n                             toilette défensive est achevée et la place est\n                             suffisamment imprenable. Maintenant, pen-\n                             sons à l'offensive. D'un délicat coup de pin-\n                               ceau, cambrons avec vigueur l'arc délié\n                                  de ce sourcil noir et que ces beaux yeux-\n                                    là s'emplissent de traits acérés à rendre\n               jaloux le carquois de Cupidon.\n                  Tudieu ! quel feu et quels éclairs ! un peu de neige sur ce\n               volcan. (Hélène se poudre.) Mais non ! Pas tant que cela,\n               vous voilà faite comme un meunier!... là!... Maintenant\n               c'est au tour de la petite mouche assassine, amorce équi-\n              voque, capsule inflammable, que nous posons près des\n           Plèvres comme un point d'interrogation après chaque sourire.\n              Attention ! nous commençons notre répétition. Possédez-\n            vous bien votre rôle? Oui ! nous allons voir. (A la canton-\n            nade.) Et vous là, mauvais sujet?\n              LE CHEVALIER (dans la coulisse). — Un instant encore,\n            par grâce ! la dentelle de ma manche s'est accrochée le plus\n                                                                        '9\n"}, {"page_pdf": 339, "texte": "                                   — 300 —\n\n malheureusement du monde à la coquille de mon épée; sur ce, j'ai laissé\n choir ma mandoline ; en me courbant pour la ramasser, mon épaule et mon\n jabot ont reçu toute la poudre de ma perruque. Par la morbleu, si l'on me\n reprend à me faire ajuster par un maudit valet !... Toute autre main qu'une\n main de femme, déliée et fine, est indigne de tenir la poudre et les épingles\n pendant la toilette d'un gentilhomme. Marquise, mes rubans sont dénoués!\nJe n'entre en scène si vous ne me procurez une soubrette !\n    LA MARQUISE. — Tout beau, mon neveu ! c'est un jeu dangereux que\ncelui d'attacher des rubans à un homme aussi bouillant que vous ! Voyez\ndonc ce taureau furieux qui réclame des banderilles et qui prend mes sou-\nbrettes pour des toreros ! (Se tournant vers Hélène.) Petite fille, voulez-\nvous bien ne pas écouter ces radotages. Oubliez-vous que cette fameuse\ncomédie est pour demain? Vous plaît-elle au moins? C'est une comédie qui\nressemble à la réalité jusqu'à s'y méprendre, une comédie aimable qui se\njoue sur la carte du tendre, et où l'on dit leur fait aux tragiques ! Assez\nprié, assez rêvé, assez pleurniché en scène ! Sur notre théâtre à nous tout se\npasse comme dans la vie : on s'y marie, naturellement, mais sans parler\nd'union des âmes et sans tomber en pâmoison toutes les cinq minutes! Je\nvous demande un peu s'il y a du bon sens à vouloir unir avec de grosses\nchaînes pesantes deux âmes !... Des âmes ! ces riens légers et aériens, ces\npapillons toujours errants, butineurs de l'amour, à qui les gens sérieux\nveulent casser les ailes, afin sans doute de les faire ressembler tout uniment\nà de vilaines chenilles. Eh bien, oui! nous aimons, nous épousons même,\nmais est-ce là un événement digne d'être célébré sur le mode de la guerre\nde Troie ? La vie est une plaisanterie divertissante, ma parole ! Et je hais\nles croque-morts qui conduisent votre deuil tout vivant.\n   Petite fille, notre comédie parodie la vie et l'amour, mais la vie et l'amour\neux-mêmes parodient on ne sait quoi. L'univers est sage : les planètes\ndansent autour du soleil sans s'inquiéter du lendemain, et la création n'est\nqu'une immense ronde où les empêcheurs de danser en rond sont des intrus!\nVoilà les enseignements que vous lègue votre vieille grand'mère qui fut,\nelle, une danseuse infatigable! Quand l'âge l'a forcée de mettre des lunettes,\nelle s'est entêtée à les porter roses, couleur de jeunesse et d'aurore. C'est\nune première recette et bien simple pour continuer de voir les choses aussi\ngaîment qu'au jeune temps. Il en est une seconde, plus malaisée pour nous\nautres femmes, c'est de perdre la vieille habitude de nous mirer dans les\nglaces et miroirs que nous rencontrons... Ah ça! Mais vous n'en êtes pas\nencore là, Dieu merci ! Pour l'instant, madame est jeune veuve, en butte\naux aspirations du gentil coureur de ruelles qui fait le pied de grue là sous\n"}, {"page_pdf": 340, "texte": "                                 — 301 —\n\n vos fenêtres, et nous mimons une scène de séduction avec mariage à la clé.\n Rien de bien compliqué! Et nous n'avons de prétentions qu'au bon ton et\nau naturel ! Ni grands gestes, ni grands cris, ni malédictions ! « Pas de croix\ndelAmère! » Pas de « mon enfant! ma fille » ! Pas de « je me meurs » !\nMais le tableau de la vie comme il faut; aimons, pensons, parlons comme\ndes gens qui ont de la naissance et le secret de bien vivre. Et que les pleurs\nn'apparaissent jamais dans le ciel de nos yeux que pour y amener l'arc-en-\nciel du sourire.\n   HÉLÈNE. — Et quand on a du chagrin pourtant? Quand on a le cœur\ngros?... Je ne sais pas si les autres femmes sont comme moi, mais il est des\nmoments où je me sens terriblement seule et un peu triste...\n   LA MARQUISE. — Et pourquoi, croyez-vous, petite mélancolique!\nqu'ont été inventés les colifichets, les bals travestis, les bonbons et les\nglaces?\n   C'est un mot de l'Écriture cela, ma chère enfant : Malheur à la femme\nseule et c'est pourquoi nous avons inventé les cavaliers servants, les petits\nnègres, les rubans, les bichons, les billets doux, les madrigaux, les\nmouches, la poudre et le rouge, les dentelles, les falbalas, les feux d'arti-\nfice et les rocailles. Enfin, si on manque de tout cela et si l'on s'ennuie,\non croque des dragées et on empoisonne l'ennui avec des sucreries... ou\nbien en jouant la comédie...\n   Eh bien! Jeune Richelieu! Joli Lauzun! Affreux Don Juan! Etes-vous\nprêt?\n   LE CHEVALIER (dans la coulisse). — Belle tante, on tâche à profiter de\nvos conseils philosophiques, et on écoute aux fenêtres. Mais ma man-\ndoline est accordée et ma jolie cousine n'a qu'à se bien tenir.\n   LA MARQUISE. — Eh bien! Allez-y!\n   LE CHEVALIER (dans la coulisse). (Il chante) :\n\n                  Vois le bel esquif et les avirons !\n                 Pour suivre le cours du fleuve du tendre\n                 Jolis mariniers nous venons te prendre :\n                 Au pays d'amour nous nous marirons.'\n\n                   Voici trop longtemps que nous soupirons!\n                 A la rive en vain tu veux te suspendre ;\n                 Nous visiterons sans plus rien entendre\n                 Le pays d'amour et les environs! »\n\n                 Chevaliers galants, coureurs de ruelles\n                 Sont créés pour plaire aux belles cruelles,\n                 — Sans analyser la vie en détail.\n"}, {"page_pdf": 341, "texte": "                                  — 302     —\n\n\n                    Nous goûtons le charme et la fleur des choses\n                    Et nous écartons d'un coup d'éventail\n                    Les papillons noirs des soucis moroses.\n\n    [Sautant par la croisée.)\n    Ah! adorable belle! Pardonnerez-vous à mon audace? Ou bien essaie-\n rai-je de pardonner à vos charmes incendiaires, qui sont seuls responsables\n de l'ardeur du volcan qui\n    HÉLÈNE (mimant la colère offensée). — Chevalier, dans mon boudoir!\n La nuit!\n    L E CHEVALIER. — Eh ! Madame, j'avais je ne sais quelle envie de vous\nfoudroyer à boutportant d'une déclaration qui sentit son gentilhomme d'une\nlieue. Allais-je me conduire comme un rustre? Ou chercher à vous embrasser\n derrière une porte comme on chiffonne une soubrette ? Seigneurs galants et\nbelles coquettes, c'est pour nous tout exprès que la lune des belles nuits de\nprintemps lève son front de femme par-dessus les nuages bleutés et inonde\nles balcons d'une clarté aussi engageante! Sommes-nous des marchands de\nParis ou des porteurs d'eau que nous ne puissions parler d'amour sans son-\nger aux convenances?\n    HÉLÈNE. — C'est sans doute quelque braconnier ou quelque loup des\nbois qui vous enseigna à parler amour aux femmes.\n    L E CHEVALIER. — J'eus pour professeur d'histoire un abbé, lequel\nétant galant homme et très couru à la ville, m'enseignait à peu près\ndans ces termes : « Monsieur le chevalier, vous êtes d'épée ; bien mieux\nque moi, qui ne suis que de robe, vous allez donc faire la guerre aux cœurs.\nSouvenez-vous que M. de Condé, lequel commandait pour le roi de fort\nbons gentilshommes, les mena tenter l'assaut de Lérida au son des vio-\nlons. Nous avons maintenant des mœurs plus douces, mais l'assaut d'un\nboudoir ne veut pas être mené avec moins d'entrain et de plaisant que celui\nd'une place forte. C'est apanage de noblesse que de prendre toutes choses\nen manière de badinerie et il n'est rien qui sente la poêle à frire ou l'aunage\ncomme de s'imaginer qu'il y a quelque chose au monde qui vaille qu'on la\ntraite sérieusement? »\n   HÉLÈNE. — Vous êtes un grand impertinent et vous avez reçu les leçons\nd'un effronté. Ces derniers temps j'eus grand tort d'encourager votre cour;\npouvais-je prévoir que cela vous enhardirait à me poursuivre jusqu'ici?\nC'est excès de hardiesse, Monsieur, et par ma tante, laquelle est chanoi-\nnesse chez ces dames de Remiremon, si vous ne battez en retraite à la\nminute je prends le voile et ne vous revois de ma vie mortelle.\n   LE CHEVALIER. — De votre vie mortelle? Ma foi, c'est un point impor-\n"}, {"page_pdf": 342, "texte": "                                — 303 —\n\n tant et qui vaut qu'on y pense. Car, pour la seconde vie, je me flatte d'être\n un trop grand mécréant et trop chargé de péchés païens pour que nous\n fréquentions là-haut chez les mêmes personnes ! Mais la perspective d'être\n dame d'honneur à la cour de la reine des deux peut-elle balancer dans le\n cœur d'une jolie femme l'assurance de régner sur le cœur d'un mortel?\n   HÉLÈNE. — Le cœur d'un mortel est une bien faible lampe pour la\ngrande flamme dont je me sens capable\n   LA MARQUISE (intervenant vivement) — Comme vous dites cela grave-\nment. Gardez-vous de faire croire que vous le pensez! N'oubliez pas que\nvous ne vous défendez que pour la feinte : c'est le bon ton qui veut qu'on\ntasse quelques politesses à l'adversaire avant d'amener pavillon, mais l'un\ndes deux combattants était à l'avance décidé à se rendre ; et vous êtes trop\ngrande dame pour faire la boutiquière longtemps encore !\n   HÉLÈNE (plus gaiement). — Le cœur d'un mortel est une faible lampe\npour la grande flamme dont je me sens capable et vous feriez une bien\nmauvaise vestale.\n   LE CHEVALIER. — Le métier de vestale n'est point mon fait, je le con-\nfesse, et ne me sens point de goût bien violent à l'idée d'être enterré tout\nvif! Mais laissons là les Romains. Pour toute flamme sonne tôt ou tard\nl'heure du couvre-feu, et la vôtre même serait peut-être quelque jour fort\nembarrassée de ne pouvoir céder à la commune loi. Voyez au contraire\ncomme je viens ici avec les plus honnêtes intentions du monde, qui sont :\nde nous divertir ensemble le plus de temps qu'il nous sera possible\n   HÉLÈNE. — L'euphémisme est joli             Mais la réalité? C'est une pas-\nsade que vous me proposez ?\n   LE CHEVALIER. — Mais oui             l'échange de deux fantaisies\n   HÉLÈNE. — Vous voulez parler de l'échange de deux anneaux? Les\nfemmes de ma sorte ne l'entendent pas autrement.\n   LE CHEVALIER. — Le mariage alors?              c'est un détail.\n   HÉLÈNE. — Mon Dieu, oui! Mais il a son importance!\n   LE CHEVALIER. — Eh bien ! épousons-nous! J'ai du bien en Tourraine\net le dernier ministère m'a valu six cents charges de contrôleur du beurre\nsalé. J'ai de la naissance et un oncle qui est bien en cour. Et tenez, j'y\npense! Nous ferons la noce au château : nos bons villageois danseront sur\nla pelouse jusqu'au soir aux joyeux accords des ménétriers. Sous les ton-\nnelles nous distribuerons le vin blanc à profusion, et tous deux, en berger\nenrubanné et en bergère à houlette travestis pour la circonstance, nous\nouvrirons le bal au son des violons. Ce sera une paysannerie adorable qui\nfera crouler de malerage et d'envie tous les châteaux et tous les trianons\n"}, {"page_pdf": 343, "texte": "                                    — 304 —\n\n   des environs. Je ne doute pas que l'écho n'en parvienne aux oreilles de\n   notre gracieuse reine, laquelle, sous ses plafonds trop peints, ne rêve que\n   chaumière. Elle a remis les bergeries à la mode. Qui sait, cela me vaudra\n   peut-être une charge à la cour. Vive Dieu ! Il en est plus d'une à ma con-\n  venance où je ne serais pas plus déplacé que tel autre que je connais. La\n  vénerie m'accommoderait sans doute, et aussi les services de bouche. De là\n  et par faveurs successives on est appelé à porter le missel du roy quand'il\n  traverse l'œil-de-bœuf pour se rendre à la chapelle, ou bien, ce qui est à\n  plus grand honneur encore, on tient la chemise royale pendant que Sa\n  Majesté se tire du lit. Votre idée de mariage est admirable et je prétends\n  aller partout proclamant bien haut que j'étais un sot de n'y avoir pas songé\n  le premier       (Bas à Hélène.) Ma belle cousine, vous êtes bien aimable\n  ainsi rêvant, mais vous oubliez que c'est à votre tour.\n     HÉLÈNE. — Ah! (Avec une gaieté un peu forcée.) J'aurai un petit\n nègre pour me porter la queue et je me ferai coiffer à la Du Barry. Nous\n aurons des livrées vert d'eau et un suisse tout galonné d'argent, et j'achète-\n rai cette jolie chaise à porteurs, glaces et or, sur les panneaux de laquelle\n M. Boucher a peint des amours joufflus. Quel bonheur d'avoir sa loge à\n l'Opéra ! Et ma tante qui possède un si joli petit bichon ne me le refusera\n pas comme don de joyeuse union           C'est le plus menu et le plus délicieux\n des bichons (Jetant le livret qu'elle avait en main.)\n     Ah! Non Non! Je ne veux plus de cet affreux rôle. C'est une honte,\n grand'mère, une honte! que de parler mariage sur ce ton-là, et toute cette\n comédie qui prétend représenter je ne sais quel triste badinage entre gens\n du bel air, je la déclare fausse, fausse et haïssable! Ces coquetteries à froid,\n ces projets de poupée à polichinelle, ce mariage qui se discute comme une\npartie de campagne, voilà qui me ferait partir de grands éclats de rire si je\nn'avais tout le temps envie de pleurer! Et quand j'aurais appris à traiter\nl'amour comme on arrange une dînette, croyez-vous que je voudrais\njouer demain cette méchante comédie devant un public trop fait pour\napplaudir ce qui flatte ses vices et son égoïsme incurable?\n    Comme il est plaisant ce héros qui ne songe qu'à la cour et n'envisage le\nmariage que comme un marche-pied pour devenir domestique; et moi\ndonc, qui dois m'éprendre d'un grand amour pour les bichons et les petits\nnègres, parce que cela est de bon ton, mais qui dans tout cela n'ai pas un\nmot, pas une pensée, pas un souvenir pour celui qui doit devenir mon\nmari?...\n    L A MARQUISE. — Mais malheureuse petite fille, songes-tu bien à ce que\ntu dis-là ? Quel vent de révolte a soufflé sur cette folle tête et en a éparpillé\n"}, {"page_pdf": 344, "texte": "                                 — 305 —\n\n toutes les idées raisonnables? Depuis quand vos cheveux blonds abritent-ils\n tant d'intransigeante austérité et prétendent-ils en remontrer à mes cheveux\n blancs? Voilà une étrange discoureuse! C'est à croire qu'elle a vu le jour\nchez les Lapons ou chez les Russiens et n'a de sa vie affronté l'air d'un\nsalon honnête. C'est de cette façon, qui te paraît haïssable, que les gens bien\nnés s'expriment et c'est seulement à la condition d'être ainsi traité que\nl'amour est un sentiment de bonne compagnie et le mariage une union de\nbon ton. A quoi servirait-il d'avoir de l'esprit si ce n'était pour empêcher le\ncœur de faire des bêtises?\n   HÉLÈNE. — Eh bien, moi! je n'en ferai qu'à ma tête et je me soucie\nmédiocrement d'épouser un homme d'esprit, fût-il du plus étincelant. Je\nles connais, ces brillants causeurs ! Grands dépensiers de pointes et pro-\ndigues de madrigaux tant qu'ils sont en société et soutiennent la réputation\nde leur maison ; il n'est point d'aussi économes personnages et de pareils\navares dès qu'ils sont rentrés dans l'intimité. Le soir les déshabille de leur\ncuirasse de soie et de leur maillot de dentelle, et leur vilain égoïsme apparaît\nalors tout nu.\n   LA MARQUISE. — Fi! L'affreuse petite bourgeoise!\n   HÉLÈNE. — Vous, grand'mère, vous avez découvert le moyen, je ne sais\ntrop comment, de conserver un cœur d'or malgré les airs d'évaporée que\nvous vous enragez à simuler parce que vous avez vécu avec ce monde-là,\npassant d'un menuet de Rameau à un air de Lulli et ne trouvant de temps\nentre une contredanse et une pavane que pour lire un chapitre ou deux de\nvotre aimable Marivaux. Vous avez été heureuse... par exception ! Pourquoi?\nParce que les légers nuages qui ont parfois flotté dans votre ciel rose n'ont\njamais été beaucoup plus terribles que les mousselines de vos bergères ;\nparce que toutes les heures de la vie, votre adorable pendule, où des\ncolombes se béquettent, vous les a sonnées de son timbre d'or, discrè-\ntement; ainsi, vous ne vous êtes pas sentie vieillir, à cette différence près\nque vous avez remplacé par une tabatière d'argent votre ancienne bonbon-\nnière d'émail et que vous ne devez plus vous poudrer les cheveux.\n   Mais moi, je suis venue après vous, et je frissonne devant la vie plus pro-\nfondément qu'au seuil d'un bal. Ce qui était de mode sous Louis XV, le\nbien-aimé, commence à dater terriblement. Autour de vos bonheurs du jour\nde Louvecienne, le vernis et la laque mis par la Du Barry déjà se fendille\nen fines craquelures. La chronique de votre temps apparaîtra bientôt comme\nune fantaisie ironique et charmante de l'histoire de France ; mais je crois\nque Ia comedia e finita, comme ils disent à l'Opéra italien. Le temps vient\noù un plan politique ou un projet de finances fera meilleure figure dans le\n bagage de tout gentilhomme qu'un quatrain réussi.\n"}, {"page_pdf": 345, "texte": "                                  — 306 —\n\n    LA MARQUISE. — Est-ce une raison pour ne plus s'aimer? Les femmes\nsont créées pour aimer comme les fleurs pour fleurir, et pour ma part si\nj'avais ton âge, je m'entêterais à fleurir désespérément et je trouverais piquant\nde faire l'amour, vertuchoux ! fût-ce sur le flanc d'un cratère !\n    HÉLÈNE. — C'est l'heure de s'aimer, oui, et de s'appuyer l'un sur l'autre\ncomme font les passagers quand le ciel et la mer deviennent noirs. C'est\nl'heure de l'amour; non plus cette escrime amoureuse qui ne sert qu'à\nfaire jaillir les étincelles de deux vanités qui se croisent, mais l'amour\ngrave, presque religieux, l'amour qui fait les époux, l'amour qui fait les\nenfants, l'amour qui fait la famille.\n     Chère grand'mère ! ne me demandez pas de débiter demain les fadeurs et\n les sucreries d'un badinage de convention, devant une société qui n'y\n découvrira que trop d'agréments : beaux seigneurs pour qui le système du\n monde se réduit à tourner autour du sourire d'une favorite comme autour\n d'un soleil de cour ! Leur place est déjà marquée dans ces trumeaux de\n Lancret et les courtiseurs de bergères font ménage avec les ombres mytho-\n logiques. Ils se vantent d'être les joyeux ornements d'un siècle plein de\n gaîté, ou de considérer toutes choses à travers l'or pétillant du vin de Cham-\n pagne! Mais les journées les plus folles s'attristent vers le soir; il est des\n  pressentiments inconnus à ceux qui sont nés avec le clair matin, et qui nous\n  envahissent, nous autres, enfants de l'après-midi. (Se tournant vers le cheva­\n  lier.) Mon cousin, qui récitiez votre rôle avec un feu si aimable, cherchez\n  une autre partenaire. Vous trouverez aisément, pour vous donner demain\n  la répartie, une commère de plus de gaieté et d'entrain, une jeune femme\n  qui trouvera délicieux de parler de chiffons et de bijoux à propos de mariage,\n  et avec laquelle le dénouement ne risquera pas, comme aujourd'hui, de\n  tourner court tout à coup, par la faute d'une petite fille trop décidément\n  bourgeoise pour marivauder avec grâce.\n    L E CHEVALIER (gravement, genou en terre). — Je découvre en vous,\n avec les yeux de l'amour, une femme réelle plus séduisante mille fois que\n celle que je devais voir tantôt avec les yeux de l'acteur. Ma cousine, je suis,\n moi aussi, un enfant de l'après-midi. Vos paroles de tantôt ont soufflé sur\n ma frivolité d'emprunt ; elle vient de s'envoler comme la poussière des ailes\n de papillon s'effrite sous les doigts de la réalité. Vous parliez tout à l'heure\n des passagers qui se serrent l'un contre l'autre pour affronter une mer ora-\n geuse. M'accepteriez-vous pour compagnon de voyage, non plus pour un\n voyage aux îles de plaisir, non plus pour un voyage à Cythère, mais pour\n la traversée de toute la vie ?\n    HÉLÈNE (avec une émotion joyeuse). — Et vos beaux projets? Et les\n  charges que vous deviez remplir à la cour?\n"}, {"page_pdf": 346, "texte": "                                    — 307 —\n\n   LE CHEVALIER. — Ah, cousine, nous ne jouons plus la comédie!\n   HÉLÈNE. — Si, mais celle-ci est sérieuse. Souffrez donc que je vous\nimpose un certain délai... pendant lequel vous apprendrez votre rôle!\n   LA MARQUISE. — Ah, mes enfants ! Je savais bien depuis longtemps que\nvous vous aimiez ! Et moi qui me figurais pousser à la roue en vous distri-\nbuant ces rôles tout aimables! Le diable m'emporte si j'avais prévu que\ncela tournerait d'abord aussi mal, et puis aussi bien !\n  HÉLÈNE. — Je ne prévoyais rien de tout cela non plus... Ah!\ngrand'mère, me pardonneras-tu mes gros mots de tantôt? J'ai vu le moment\noù tu allais t'attrister, toi, toi, la gaieté en personne, la plus rieuse des\ngrand'mères, toi qui, je crois, n'a jamais pleuré !\n  LA MARQUISE. — Jamais pleuré... hum!... du temps du feu marquis...\nMa foi, mes braves enfants, vous vous mariez bien sérieusement, mais vous\nvous mariez, c'est l'essentiel! Et de notre temps on s'amusait peut-être\ndavantage avant, mais je crois que vous avez pris le meilleur chemin pour\nne pas pleurer après !\n                                                   MAURICE CARTUYVELS\n                                                   FRANZ WIENER\n\n\n\n\n            LE CERISIER FLEURI (1)\n                                           I\n\n                                   FLORÉAL\n\n                   Fi, le vieil arbre rugueux\n                   Avec sa ramure torse,\n                   Noir, dépouillé comme un gueux :\n                   Rien ne vit sous son écorce.\n\n                   O printemps, nouveau printemps,\n                   Viens, mon âme te réclame.\n                   Au cœur des cieux éclatants\n                   Fais jaillir ta jeune flamme!\n\n\n (1) D'un volume qui paraîtra prochainement sous ce titre.\n"}, {"page_pdf": 347, "texte": "                     — 308 —\n\n         Le cerisier d'autrefois\n         Se couvre de fleurs divines\n         Et d'oiseaux bleus, dont la voix\n         Fuse en gammes cristallines.\n\n         0 printemps, nouveau printemps,\n         Mon âme est pleine de joie\n         Et de baisers palpitants\n         Qui font des froufrous de soie.\n\n                         II\n\n                   MADRIGAL\n\n        Comme tu souris gentiment\n        En trempant ta bouche si douce\n        Dans le haut cristal écumant\n        Où le champagne monte et mousse!\n\n        Sur ta bouche si douce, enfant,\n        Et dans tes bras si doux, mon âme\n        Prise à ton baiser triomphant\n        Doucement s'enivre et se pâme.\n\n        Mieux qu'Orphée et son barbiton\n        Ta voix charme le cœur farouche ;\n        Et pourtant tu caches, dit-on,\n        Un petit serpent dans ta bouche.\n\n\n                        III\n\n                  CERTITUDE\n\nRaison? Mais qui donc a raison? Au parc chagrin,\nLà-bas, dans le gazon mouillé du boulingrin,\nOù, le plâtre écaillé, meurent quelques statues,\nDouce filles de rois, ô lumières ! vêtues\nDe soie or et lilas et de rubans brodés,\nTout fleuris de muguet, leurs chastes yeux bandés,\nFigurent, se tenant par la main, les douze heures.\nLa règle du doux jeu, fait de grâce et de leurres,\nVeut que le joli prince adorable et follet,\nAille, parmi ces sœurs, baiser l'heure qu'il est.\n"}, {"page_pdf": 348, "texte": "                     — 309 —\n\nMais le joyeux fripon des lèvres papillonne\nGaîment de lèvre en lèvre et chaque enfant mignonne\nCroit être l'heure vraie et laisse l'Astre-Roi\nSourire, au Ciel, de leur erreur et de leur foi.\n\n\n                        IV\n\n            ÉCRIT SUR UN LIVRE\n                                                    A G. S.\n             Accepte ce livre\n              Où s'effeuille un peu\n             La langueur de vivre;\n             Cest le bouquet bleu\n             Des fleurs ingénues,\n             — Souvenirs brouillés.\n             Sourires mouillés,\n             Larmes retenues;\n             Et c'est dans les mousses\n             Des chansons très douces,\n             Et c'est dans le ciel\n             Un soleil de miel,\n             Et c'est dans notre âme\n             Un peu de cette âme\n             Qui chante et se pâme.\n\n\n\n\n          LA F E U I L L E DE SAULE\n\nLe vent a détaché du feuillage mouvant\nDu vieux saule une feuille, — est-ce une feuille      mortel\nElle choit dans le lac remué par le vent;\nLe flot qui suit le flot la balance et l'emporte.\nLe souvenir, hélas ! de mon bonheur passé,\nLe temps l'a dans mon cœur lentement effacé.\n\nAu bord de l'eau couché je contemple sans trève\nLa feuille qui s'en va loin de l'arbre penché.\nDepuis que j'oubliai celle qui f ut mon rêve,\nJe rêve, tout le jour, au bord de l'eau couché.\n"}, {"page_pdf": 349, "texte": "                   —    310   -\n\nMes yeux suivent toujours cette feuille de saule.\nVoici quelle revient sous l'arbre, qu'elle frôle!\nO ciel! le souvenir de mon bonheur passé\nDans mon cœur palpitant ne s'est pas effacé!\n\n                       VI\n\n                   PROSIT !\n\n             Quand je bois du vin\n             J'endors mon chagrin.\n            A quoi bon œuvrer,\n            Peiner et pleurer ?\n            Quel que soit mon gré\n            Un jour je mourrai.\n            En fuyant les fleurs\n            On trouve les pleurs.\n            Mais qui boit du vin\n            Endort son chagrin.\n\n                       VII\n\n         A UN P O È T E OUTRAGÉ\n            Ne t'irrite pas !\n            Ne sois point surpris!\n            Croise-toi les bras,\n            Regarde et souris!\n            La vie est si brève\n            Et si peu bénigne!\n            Sur l'azur du rêve\n            Nage comme un cygne;\n            Sois le frère errant\n            Des blancs nénufars,\n            Le chantre enivrant\n            De leurs cœurs épars,\n            Et laisse, en la sombre\n            Profondeur des ondes,\n            Grouiller, sous ton ombre.\n            Les larves immondes!\n"}, {"page_pdf": 350, "texte": "                     ~ 311 —\n\n\n                        VIII\n\n              MAUVAISE HUMEUR\n\n  Les dieux sont gais ; ils dansent, chantent, rient\n              Dans le ciel lumineux\nEt boivent l'ambroisie en se moquant de ceux\n              Qui sur terre les prient.\n Les dieux sont beaux ; ils gardent la jeunesse,\n             La grâce et la splendeur,\nMais ils nous ont donné la douleur, la laideur\n             Et la lourde vieillesse.\n\n  Les dieux sont forts ; c'est eux qui nous font   naître\n             Et qui nous font pécher\nAfin de nous punir et de nous empêcher\n             De nous passer du prêtre.\n\n\n                         IX\n\n                 L'AMOUREUX\n\n           II avait jadis plus de rêves\n                Qu'en leurs floraisons brèves\n           Les aubépines rougissantes\n               N'ont de fleurs innocentes.\n\n           Maintenant sa tête lassée\n               N'a plus qu'une pensée\n           Comme un vase de calcédoine\n               Où trempe une pivoine.\n\n                          X\n\n                     ARDEUR\n\n             Loin des calmes travaux\n             Par la forêt sauvage\n             Que l'ouragan ravage,\n               Par monts, par vaux,\n"}, {"page_pdf": 351, "texte": "               — 3l2    -\n\n\n       Par la pluie et la neige,\n       Par la grêle et le vent,\n       En avant! en avant!\n         Dieu me protège !\n\n           Je t'ai goûté.\n           Dernier plaisir\n           Que la beauté'\n           Offre au désir !\n\n           Comme la joie,\n           Hélas, épuise!\n           Comme elle ploie\n           L'âme et la brise !\n\n           Mieux vaut souffrir\n           Mille douleurs\n           Que de subir\n           Tant de bonheurs !\n\n           Mais dans la flamme\n           Ou dans la neige,\n           L'amour, mon âme,\n           Où le fuirai-je ?\n\n\n                  XI\n\n           LIED DE MAI\n\nComme lumineuse et sereine\nLa nature s'épanouit!\nComme tout sourit dans la plaine!\nComme le soleil éblouit!\n\nDes fleurs sortent de chaque branche\nEt des voix de chaque buisson.\nJoie et volupté, tout s'épanche,\nTout est mélodie et chanson.\n\nCalme, sérénité divine,\nDouce et caressante chaleur!\nUn dieu naît dans chaque poitrine.\nO terre! ô lumière! ô bonheur!\n"}, {"page_pdf": 352, "texte": "               — 313 —\n\nSource de feu, source de vie\nPlus céleste encor que le jour,\nTu baignes mon âme ravie,\nAmour, universel Amour !\n\n\n                  XII\n\n            EN MARCHE\n\n      Au cœur de la fête\n      Roule le tambour.\n      Tu tournes la tète\n      Et voici l'amour.\n\n       Un coup de tambour,\n       C'est une autre fête !\n       Tu tournes la tête,\n       C'est un autre amour!\n      Jeune patriarche\n      Des jeunes cerveaux,\n      Ton cœur bat la marche\n      Des hommes nouveaux.\n      Ta lumière baigne\n      Les yeux de velours\n      Et de règne en règne\n      Tu marches toujours.\n\n\n                  XIII\n\n         CHANT D'AMOUR\n\nTa beauté chante le réveil\nEt c'est l'aurore sur les mondes.\nO chère Tête, le soleil\nRayonne dans tes boucles blondes!\nTon rire évoque le printemps,\nLes oiseaux, les fleurs et les brises.\nC'est l'Amour même que j'entends\nDans les chansons dont tu me grises.\n"}, {"page_pdf": 353, "texte": "                    — 314 —\n\n     Tes yeux reflètent le ciel bleu\n     Qui sourit sur toutes les choses.\n     Ma bouche, papillon de feu,\n     Voltige sur tes lèvres roses.\n\n     Ah! comme tes baisers sont doux!\n     Et comme ta parole est douce,\n     Qui passe entre nos baisers fous\n     Comme une eau fraîche dans la mousse!\n\n     L'azur s'enflamme et laisse un dieu\n     Jaillir dans un tourbillon d'ailes :\n     C'est ton âme aux ailes de feu\n     Qui monte aux choses éternelles !\n\n\n                       XIV\n\n                CHEVAUCHÉE\n\nLe cheval galope au bord de la mer.\nL'eau clapote et rit sur le sable rose\nEt l'ardent soleil dans l'azur de l'air\nComme une fleur d'or mollement repose.\n\nLe cheval galope au bord de la mer.\nLe jeune homme blond, beau comme un archange,\nLaisse flamboyer ainsi qu'un feu clair\nSes cheveux bouclés que la brise effrange.\nLe cheval galope au bord de la mer.\nLes oiseaux marins volent sur la plage\nEt leurs cris aigus dans le vent amer\nJettent un appel strident et sauvage.\n\nLe cheval galope au bord de la mer.\nLa brise enfle un peu la chemise mauve\nDe l'adolescent souriant et fier\nQui fouette de fleurs sa monture fauve.\nLe cheval galope au bord de la mer.\nL'enfant resplendit comme un météore.\nIl passe, il s'éloigne .... et le vent amer\nRépond seul au cri plaintif qui l'implore.\n"}, {"page_pdf": 354, "texte": "                                       — 315 —\n\n\n                                            XV\n\n                                   LE P Ê C H E U R\n\n         La terre a bu la neige et l'azur printanier\n         Sourit de voir neiger mille fleurs de prunier.\n\n         Le feuillage du saule, on dirait de l'or vierge;\n         Et c'est un lac d'argent qui reluit sous la berge.\n\n         Ailes jointes, les grands papillons de velours\n         S'endorment sur le cœur des fleurs aux parfums                         lourds.\n\n         La brise dort aussi. Nul souffle ne balance\n         Les humides roseaux où rêve le silence.\n         En jetant son filet, debout dans son bateau,\n         Le pêcheur a brisé la surface de l'eau.\n\n         De même qu'il capture en ses étroites mailles\n         De beaux poissons parés d'éclatantes écailles,\n         Puisse je aussi pêcher dans le vaste univers\n         Des songes merveilleux aux filets de mes vers!\n\n                                                                 IWAN GILKIN\n\n\n\n\n                     LE VERS LIBRE (I)\n   M. A. de Croze a entrepris dans le Figaro une enquête sur le vers libre,\nc'est-à-dire sur l'espèce de prose que les poètes oublieux ou ignorants de\nl'art des vers s'obstinent depuis dix ans à qualifier de poésie. Voilà quelque\ndix ans, en effet, que la littérature française est en proie à la plus étrange\nmaladie. Sous l'influence des littératures étrangères, de jeunes écrivains,\nétrangers eux-mêmes, ont entrepris de bouleverser ou plutôt de détruire la\nversification française et d'y substituer une sorte de prose musicale, remplie\nd'assonances et d'allitérations et balancée sur des velléités de rythme; ces\nmixtures, ces syllabes brouillées comme des œufs peuvent parfois plaire\n\n (1) Cet article fut écrit pour le Journal de Bruxelles,   qui le publia le 12 août.\n                                                                                   20\n"}, {"page_pdf": 355, "texte": "                                   — 316 —\n\n à l'oreille et y faire naître de fugitives analogies avec la poésie véritable\n mais elles ne sauraient prendre la place de celle-ci.\n    Tout manque de ce qui serait nécessaire pour obtenir ce résultat. La\n mode, la contagion, le snobisme de la jeunesse et surtout des vieux-\n jeunes qui espèrent faire oublier leur âge par la frénésie qu'ils mettent à prô-\n ner les sottises les plus récentes, tout cela peut faire illusion pendant quel-\nques années, mais la réalité ne saurait manquer de l'emporter sur les fan-\ntômes, et la vraie poésie ne tardera pas à chasser de son temple la prose\ndéguisée qu'y veulent introduire aujourd'hui M me Marie Kryzinska,\n M. Kahn, M. Verhaeren et M. Vielé-Griffin, avec la complicité souriante de\nM. Stéphane Mallarmé.\n   A l'heure présente la querelle est vive entre ces novateurs et les quelques\npoètes français qui ont le courage de protester contre l'outrage fait aux\nMuses de France. On sait qu'en Belgique la bataille n'est pas moins chaude\net qu'on peut voir aux prises d'une part MM. Verhaeren, Maeterlinck et\ntoute une séquelle de petits publicistes dont la prose ivre croit, parce\nquelle titube, qu'elle a bu l'ambroisie (cette armée a pour enseigne l'Art\nmoderne, le Coq rouge, la Société nouvelle, le Réveil de Gand et quelques\nfeuilles aussi provinciales qu'agitées), et, d'autre part, les poètes qui, dans\nnotre pays, défendent l'art contre les barbares et qui suivent le drapeau de\nla Jeune Belgique.\n   Essayons d'exposer brièvement à nos lecteurs l'état de la question. Il faut\ncommencer par écarter les équivoques. Vous rappelez-vous la fable Le Loup\net l'Agneau ? J'en transcris les premiers vers :\n                La raison du plus fort est toujours ta meilleure :\n                      Nous talions montrer tout à l'heure.\n                      Un agneau se désaltérait\n                      Dans le courant d'une onde pure.\n                Un loup survient, à jeûn, qui cherchait aventure\n                      Et que la faim en ces lieux     attirait.\n                — Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?\n                      Dit cet animal plein de rage :\n                      Tu seras châtié de ta témérité.\n                — Sire, répond l'agneau, que Votre Majesté\n                      Ne se mette pas en colère ;\n                      Mais plutôt quelle considère\n                      Que je m'en vas désaltérant\n                            Dans le courant\n                      Plus de vingt pas au-dessous d'elle\n                Et que, par conséquent, en aucune façon\n                      Je ne puis troubler sa boisson.\n\n  Voilà ce que, jusqu'à nos jours, on n'a cessé d'appeler « vers libre ».\n"}, {"page_pdf": 356, "texte": "                                - 3 1 7 -\n\n\nC'est un mélange irrégulier de vers réguliers. On en peut trouver les plus\nadmirables modèles dans les fables de La Fontaine, dans l'Amphitryon de\nMolière et dans cette adorable Psyché que firent ensemble Molière, Cor-\nneille et Quinault. On avait, sans doute, oublié l'existence de cette poésie\net de ces chefs-d'œuvre lorsqu'on s'avisa de disposer du terme vers libre\npour l'appliquer à la prose culbutante de MM. Vielé-Griffin et consorts. Il\nest toujours fâcheux de confondre sous un même nom deux choses dissem-\nblables. Or, rien ne ressemble moins au véritable vers libre de la poésie\nfrançaise que le soi-disant vers libre des novateurs exotiques. Qu'on en juge!\nVoici le début de Myrtis d'Anthédon, second dialogue du volume que\nM. Vielé-Griffin a publié sous ce titre : Palai (ce qui, en grec, signifie à\npeu près : Vieilleries) :\n                    Toutes ces voiles qu'on voit rose pâle,\n                    Le long du golfe,\n                    Regarde :\n                    Elles entrent,\n                    Une à une,\n                    Dans l'ombre projetée du promontoire,\n                    Sous ce soleil oblique\n                    De fin d'été...\n\n   Le lecteur le moins expérimenté voit du premir coup d'ceil que ces petits\nalinéas n'ont rien de commun avec les vers. On va à la ligne quand il y a\nune virgule, mais c'est une simple fantaisie typographique; un imprimeur\nconnaissant son métier et le défendant contre les innovations ineptes aurait\nmontré cette phrase sous son aspect naturel : « Toutes ces voiles qu'on voit\nrose pâle le long du golfe, regarde : elles entrent, une à une, dans l'ombre\nprojetée du promontoire, sous ce soleil oblique de fin d'été. »\n   Il est aisé de voir que dans le pseudo-vers de M. Vielé-Griffin il n'y a\npas de vers ; le rythme manque, la rime aussi, et les préceptes selon les-\nquels on règle l'intérieur des vers sont violés. De tout ce qui constitue le\nvers français il ne reste rien. Ces prétendus vers ne sont donc pas libres, ils\nsont simplement nuls et inexistants. C'est la liberté dans le néant.\n   Ce pseudo vers libre viole toutes les lois de la versification française.\nMais, dit-on, que valent ces lois? d'où viennent-elles? qui les a faites? Sûr\nqui sont-elles fondées et de quel droit nous les impose-t-on ?\n   Un amusant préjugé voltige comme un hanneton dans la plupart des cer-\nvelles de quinze ans : les bons petits jeunes gens s'imaginent qu'en telle ou\ntelle année de gros messieurs, très tyranniques, se sont installés sur le Par-\n nasse, ont inventé quelques chinoiseries et les ont audacieusement imposées\n a leurs compatriotes en leur disant : « Voici les lois que vous observerez,\n"}, {"page_pdf": 357, "texte": "                                    — 318 —\n\n   parce que tel est notre bon plaisir. » A lire les articles de polémique publiés\n   dans les petites revues, — depuis l'Art moderne de M. Picard jusqu'aux\n   Ecrits pour l'art de M. René Ghil, — on se convainct que tel est le pos-\n   tulat que suppose le système des vers-libristes.\n      Ces messieurs s'imaginent que les lois de la versification sont arbitraires\n  et qu'elles ne reposent que sur le caprice des « législateurs ».\n      Est-il besoin de dire que rien n'est moins exact? La versification, dans\n  chaque langue, repose sur des lois naturelles, parfaitement objectives. Les\n  législateurs du Parnasse n'inventent pas ces lois au hasard; ils les décou-\n  vrent, comme les physiciens et les chimistes découvrent les lois de la phy-\n  sique et de la chimie. Les législateurs se trompent parfois; dans ce cas,\n  leurs formules sont fausses et ne durent guère; le temps en fait justice et il\n  rejette les règles inexactement formulées, comme il a rejeté les erreurs qu'on\n  prenait jadis pour des vérités dans le domaine des sciences naturelles.\n     Ensuite, il faut distinguer, dans la « législation » du Parnasse français, les\n  lois fondamentales et les règlements temporaires : ceux-ci changent avec\n  les mœurs et l'état des esprits, d'étape en étape, mais les premières sont\n  liées aux principes constitutifs de la langue française et dureront autant\n  qu'elle.\n     Nous touchons ici au nœud central de la question, et c'est pour l'avoir\n perdu de vue que l'on a commis tant d'erreurs.\n     La langue française est née de la langue latine, par corruption. La ver-\n sification française est née parallèlement de la versification latine, par la\n même corruption. Nul philologue sérieux ne contestera ce principe, qui\n doit servir de base à toute étude de la versification française.\n     En latin on distinguait la quantité et l'accent tonique. Au point de vue\n de la quantité, toute syllabe était longue ou brève : ainsi dans l'infinitif\n abjicere la syllabe ab était longue, les trois autres étaient brèves. Mais\n l'accent tonique était indépendant de la quantité; il marquait la syllabe\n forte, celle sur laquelle on appuyait non pas le plus longuement, mais le\n plus fortement : dans le mot abjicere il tombait sur la syllabe ji.\n     L'accent tonique était en réalité plus important que la quantité. Lorsque\nlà langue latine perdit sa pureté au contact des barbares et tout particuliè-\nrement des Gaulois, puis des tribus germaines qui s'établirent dans les\nGaules, la quantité se perdit peu à peu, tandis que l'accent tonique subsista.\nTelle fut la loi de formation du langage français. Dans cette langue, la\nplupart des syllabes n'ont qu'une quantité incertaine et neutre, mais chaque\nmot a un accent tonique, toujours placé sur la dernière syllabe (ou sur\nl'avant-dernière lorsque la dernière est un e muet).\n"}, {"page_pdf": 358, "texte": "                                  - 3 1 9 -\n\n     La poésie classique des Latins est basée sur la quantité. Mais celle-ci\n  s'est peu à peu altérée et perdue. Il était donc impossible de conserver une\n versification fondée sur des combinaisons de syllabes brèves et de syllabes\n longues. Que faire ? On ht la seule chose qui fût pratique : puisqu'on ne\n distinguait plus nettement les longues des brèves, on admit toutes les syl-\n labes comme égales entre elles. Mais alors, comment différencier les vers de\n la prose? Où commençait le vers et où finissait-il? On s'avisa d'un moyen\n aussi simple qu'ingénieux : on marqua la fin des vers par des sons particu-\nliers, qui se répondaient de vers en vers ou de deux vers en deux vers : ce\nfut la rime.\n     Le christianisme aida puissamment au succès du système nouveau. La\nreligion de Jésus se développait surtout dans le bas peuple et chez les\nesclaves, 'c'est-à-dire parmi des ignorants ou des hommes de race barbare,\nétrangers les uns et les autres aux délicatesses du langage classique. Quand\nla poésie chrétienne naquit, elle se conforma au goût des fidèles. On la\nvit favoriser la versification homosyllabique et rimée. Voici une strophe\nd'Hilaire de Poitiers :\n                           Jésus refulsit omnium\n                           Pius rcdcmptor gentium :\n                           Totumgenus fidelium\n                           Laudes celebret dramatum.\n\n Voici un fragment d'une hymne de saint Ambroise :\n                          Tristes errant apostoli\n                          De nece sui Domini\n                          Quem pEena mortis crudeli\n                          Servi damnarunt impii.\n\n   On trouve dans ces vers le double fondement sur lequel s'édifiera toute\nla poésie française : le nombre syllabique et la rime.\n   Toutes les autres « lois » de la poésie française sont dérivées de celles-là\net ne servent qu'à en déterminer l'application, — un peu comme les arrêtés\nroyaux ou ministériels règlent l'application des lois votées par les\nChambres. Et moins le point d'application qu'elles règlent est important,\nmoindre aussi est leur valeur, moins grave est leur inobservation.\n   Mais on peut par ce rapide aperçu juger de l'importance du double prin-\ncipe fondamental que nous avons mis en lumière : la rime et le nombre\nhomosyllabique. Cela, c'est la loi inviolable. Ce double principe, c'est la\nversification française elle-même ; y porter atteinte et chercher à fonder la\nversification française sur autre chose, c'est vouloir substituer à celle-ci une\nversification étrangère, c'est couper la racine d'un rosier et enter celui-ci\n sur une carotte ou un navet.\n"}, {"page_pdf": 359, "texte": "                                  — 320 —\n\n\n   Les critiques allemands et anglais qui ont écrit des remarques savantes\nsur la valeur de la rime l'ont jugé au point de vue de leurs versifications\nnationales ; celles-ci sont fondées sur la quantité, c'est-à-dire sur les grou-\npements divers des longues et des brèves et par conséquent la rime n'y joue\nqu'un rôle secondaire. Mais dans la versification française la rime, riche\nou pauvre, réduite, si l'on veut, à la simple assonance, c'est l'âme même\ndu vers. L'es poètes français les plus savants l'ont démontré : j'en appelle au\nmerveilleux Petit Traité de Théodore de Banville. C'est la rime qui fait le\nvers en fixant son extrémité finale. « Elle est le métronome du vers », dit\nexcellemment M. Guyau.\n  Toutes les évolutions fécondes de l'art des vers ont tenu compte de l'abso-\nlue nécessité de la rime et du nombre syllabique.\n   La fameuse révolution romantique se réduit, au fond, à un léger change-\nment : dans le vers classique la rime pouvait être faible, parce qu'il était\ndéfendu au poète de pratiquer l'enjambement d'un vers sur l'autre, ce qui\nrevient à dire qu'au bout du vers le sens de la phrase devait toujours être plus\nou moins suspendu ; ainsi l'extrémité du vers était sensible à l'oreille. Les\nromantiques ont permis l'enjambement, mais, par compensation, ils ont ren-\nforcé la sonorité de la rime, afin que celle-ci restât suffisamment sensible.\nToute la révolution romantique de Hugo et de ses amis se résume en ce\npoint, et cette réforme a été suffisante pour renouveler la poésie française.\nAu contraire, toutes les rébellions qui ne respectaient point la rime et le\nnombre syllabique ont échoué, depuis les tentatives rythmiques de Baïf\njusqu'aux nombreux essais de vers « blancs » ou non rimes qui ont toujours\neu pour auteurs de piètres poètes, incapables de tendre les cordes d'une vraie\nlyre.\n  Or, qu'ont fait les vers-libristes ? Ils ont précisément renoncé, théorique-\nment du moins, à la rime et au nombre syllabique ; ils ont essayé de fonder\nun système de versification sur des groupements arbitraires de syllabes, ter-\nminant leurs prétendus vers aux virgules et aux subdivisions de la phrase et\ntâchant de trouver un élément harmonique dans l'allitération. Ils ont pu\nécrire quelques jolis morceaux, ils n'ont pas su créer une versification nou-\nvelle. Je sais bien que tel n'est pas leur avis, mais deux ou trois cents per-\nsonnes auraient beau affirmer avec enthousiasme qu'un chameau est une\npivoine, cela ne changerait rien à la réalité des choses. Ces messieurs se sont\nhypnotisés eux-mêmes et ils ont hypnotisé quelques douzaines de snobs qui\nmordent avec délice dans des pommes de terre crues en s'imaginant qu'elles\nsont des pêches succulentes.\n   Jusqu'où ne va pas ce genre d'illusion? M. Stéphane Mallarméest bien, dans\n"}, {"page_pdf": 360, "texte": "                                   — 321 —\n\n sa versification, le plus féroce parnassien qui soit. Egaré par une fée fantasque,\n il s'est mis à patronner le vers libre et comme il est prodigieusement sub-\ntil, il a inventé à cet effet un raisonnement jovial et spécieux. Le vers régu-\nlier, dit-il, c'est un instrument de musique grave et quasiment religieux ; ce\nsont les grandes orgues de la poésie, et il les faut réserver pour les occasions\nsolennelles, pour le grand art, pour les hautes inspirations. L'employer dans\nles petites improvisations sentimentales, pittoresques ou badines, c'est le pro-\nfaner. La rêverie vague ne lui convient pas davantage. A tous ces genres,\nplutôt subjectifs, s'adapte le vers libre, irrégulier et personnel, n'obéissant\nqu'au seul caprice du chantre\n    Ce disant, M. Mallarmé, qui est le plus aimable poète de France, a, sans\ndoute, voulu obliger les jeunes hommes qui font des vers en prose, mais sa\nMuse, qui est une vraie Muse, n'entend pas de cette oreille-là et, que l'occa-\nsion soit solennelle ou non, elle boucle ses vers avec la régularité la plus\nintransigeante. Le Figaro du 3 août nous en offre un exemple tout frais.\nAprès avoir prophétisé, patronné ou excusé le soi-disant vers libre (on ne\nsait au juste), M. Mallarmé a crayonné, par jeu, quelques vers pour\nM. Austin de Croze. C'était l'instant de laisser dormir les grandes orgues et\nde jouer une ariette sur la petite flûte du vers libre. Mais M. Mallarmé est\nun vrai poète ; il est donc incapable de faire des vers qui ne soient pas des\nvers...\n    Et quod tentabam dicere, versus erat.\n    Si petite que fût l'occasion, il a joué des grandes orgues. Et si le sens de\nla pièce est un peu obscur, — M. de Croze assure que M. Mallarmé a voulu\nv rendre « le flou du flou », — la versification est d'une rigidité régulière\ndevant laquelle MM. Verhaeren et Vielé-Grifïin doivent se trouver mal. Il\nleur faudra chercher un patron un peu plus souple et plus accessible aux\n« petites occasions ».\n\n                                                            IWAN GILKIN\n"}, {"page_pdf": 361, "texte": "                     — 322 —\n\n\n\n\n                    VERS\n               HYMNE A LA MER\n\nJ'adore ta rumeur, apaisée ou sauvage :\nSoit que, par tes jours purs de miroir interni,\nLa houle que tu viens dérouler sur la plage\nExpire en répandant une odeur d'infini,\n\nSoit que, les crins tordus et la croupe mouvante,\nL'escadron glauque et noir de tes flots hennissants,\nS'éperonnant l'un l'autre et cabrés d'épouvante.\nUse le dur granit des rocs retentissants ;\n\nJe t'adore, crachant ton écume et ta haine,\nOu balançant tes eaux sous un ciel éclatant,\nMer qui répond au cri de la tristesse humaine\nPar l'immortelle voix, du monde sanglotant!\n\nPar delà, je le sais, l'azur et les nuages,\nDans le vide infini, dans le gouffre du ciel,\nJamais sons de nos cœurs, jamais chants de tes plages\nN'ont fêlé le cristal du silence éternel .\n\nL'azur est le carreau du vide infranchissable;\nTout bruit d'en bas se brise à ce plafond moqueur.\nMais, enfle et hausse, ô mer, ton râle formidable.'\nEt pousse un cri sans fin comme ceux de mon cœur!\n\nUn effroyable cri, pantelant de souffrance,\nQui, d'un coup de tonnerre ébranlant le ciel bleu,\nRoule de ciel en ciel dans l'Empyrée immense\nVers cet écho lointain que l'homme appelle Dieu !\n\nO mer! Prête ta voix à nos clameurs trop frêles!!\nMourrons-nous dans l'horreur de la captivité,\nInsectes qui froissons nos misérables ailes\n         Aux vitres de l'Eternité?\n"}, {"page_pdf": 362, "texte": "                      — 323 —\n\n\n                 LE DECAMERON\n                      La pestifère mortalité parvint en l'excellente\n                       cité de Florence.\n                                                      (BOCCACE.)\n\n\nLe charme exquis d'aimer quand vivre est un danger,\nLes dix beaux jeunes gens conduits par Pampinée\nLe goûtent en buvant l'haleine empoisonnée\nQue la brise leur verse à travers l'oranger'.\n\nConté par un Amour paré de graminée,\nTout le Decameron a pour cadre un verger;\nEt le bruit de la mort y tinte très léger,\nUn glas lointain s'y mêle à des chants d'hyménée.\nCe livre est un pré vert où, moissonneur chenu,\nLa Mort poursuit l'Amour rose, ironique et nu;\nLa faulx court en sifflant, le petit téméraire\n\nDans l'herbe se faufile et f uit comme un grillon,\nSe sauve au sommet blanc d'un marbre funéraire\nEt lance au ciel rieur son joyeux    carillon.\n\n\n    SUR UN PORTRAIT DE LA JOCONDE\n\nUn beau jeune homme, aux reins féconds, au cœur puissant,\nSait faire éclore au flanc de la femme qu'il aime\nUn baiser plein de vie, un enfant, un poème\nDe chair blanche où circule et bouillonne le sang.\n\nToi, sans espoir de fruit, fleur de beauté suprême!\nTu t'es fanée aux bras du Vinci vieillissant;\nQuel désir fugitif, quel regret innocent\nFit de ta lèvre obscure un palpitant problème ?\n\nDans les glaciers du rêve et leur stérilité\nRêvais-tu des bonheurs de la maternité?\nDedaignais-tu les sens et leur banal délire?\n\nQui sait?... Tu souriais au prince du pinceau;\nEt cet instant dota l'univers d'un sourire\nQui t'enorgueillira plus longtemps qu'un berceau.\n\n                                M A U R I C E CARTUYVELS\n"}, {"page_pdf": 363, "texte": "                                     — 324 —\n\n\n\n\n           CHRONIQUE LITTÉRAIRE\nHistoires lunatiques, par M. HUBERT KRAINS. Bruxelles, Lacomblez. — Passé le Détroit,\n  par M. GABRIEL MOUREY. Paris, Ollendorf. — Du beau moral et du beau formel, par\n  M. ALPHONSE GERMAIN. Paris, Girard.\n\n\n\n              Tragiques, plutôt, ces récits, aventures de vie encolérée ou\n                excentrique, hors les bornes ou, au moins, aux confins de la\n                société légale dont les héros déraisonnables et raisonneurs de\n                M. Krains — braconniers, bohémiens, rebelles intellectuels\nou sentimentaux — renient les principes traditionnels ou défient les exi-\ngences. Mais les sites au milieu desquels leurs jours inquiets, leur effer-\nvescence vitale aiment à se dépenser prêtent à ces lunatiques insurgés une\nallure grandiose; leur parole s'en inspire et quoique exaltée, parfois, elle\ns'empreint de la gravité, de la foncière résignation et de la patience des\ntravailleurs de la terre.\n   Ces histoires développent, en effet, leurs péripéties dans les champs, les\nforêts, en des décors dont la contagieuse majesté se communique aux acteurs\nqui s'y meuvent et, aussi, élargit la portée immédiate du drame, lui confère\nde surérogatoires significations, la supériorité d'une synthèse suggestive.\nElles semblent débitées en quelque veillée crépusculaire, un soir épuisé\nd'automne, d'une voix hésitante et assourdie, comme des réminiscences,\npersonnelles à demi et imaginaires, dont la substance à la longue amplifiée,\nse serait, presque inconsciemment, modelée sur les idées et l'un peu amère\nphilosophie du narrateur.\n   Épiménide parlait du passé d'un ton prophétique ; de même le mirage du\nsouvenir réfléchi hausse, quelquefois, et acère l'accent des nouvelles de\nM. Krains, en souligne les incidents d'involontaires allusions incisives, de\nprésages attristés, d'une façon de commentaire occulte. Qu'il suscite, sur\nl'écran de ses contes, cette espèce de Diane braconnière, passionnée et\nvengeresse, Madeleine ; — le déclassé aux guenilles violentes qui intimide\nson auditoire paysan par l'évocation des caravanes hétéroclites, des hasards\nsanglants de son émigrante existence ; — le vieux manouvrier repoussé par\nla glèbe ingrate et les hommes égoïstes et dont le Christ récompense la\nprière irritée et la profanation, d'un trésor, l'auteur des Histoires lunati­\nques doue ces figures d'un surprenant relief. La sobriété imagée de son style\nles caractérise si fortement que ces silhouettes dessinées à grands traits\nsimplifiés, s'animent d'une vie allégorique, en même temps, et réelle, parais-\nsent représenter non d'épisodiques individus, mais les prototypes et comme\nles puissants emblèmes d'une catégorie de misérables...\n                                     ***\n   Quelques croquis d'un trait sûr et concis où se retracent des aspects de\n"}, {"page_pdf": 364, "texte": "                                 — 325 —\n\n  Londres, la complexité éternellement séduisante de ce royaume urbain, sa\n lièvre compassée de flegme, la corruption aiguisée de candeur de ses péripa-\n téticiennes, servent de préambule au volume de M. Mourey : Passé le\n détroit, consacré en majeure partie aux Préraphaélites.\n    L'explicable prédilection de l'auteur va surtout à Dante-Gabriel Rossetti\n dont la rayonnante dualité intellectuelle recrute toujours de nouveaux\n admirateurs. Quelle persuasive influence devait subjuguer les amis, les\n disciples de l'adolescent inspiré qui, à l'heure de son début, maîtrisait sa\n pensée en ces œuvres simultanées, tableau et poème, également merveil-\n leuses : l'Enfance de la Vierge, austérité innocente et suave, sainteté pré-\n destinée qu'un ange veille et glorifie ; et ce cantique de transfiguration : le\n Sommeil de ma sœur, intime et solennel, d'une poignante simplicité\n radieuse.\n    La grâce d'aussi pures inspirations est réservée, sans doute, au noviciat\n du poète, alors que, désintéressé et libre, dénué de toute ambition com-\n mune, il se passionne pour le Beau, seulement, pour les créations de son\n génie, fébriles d'extase et de vision limpide.\n    Des œuvres correspondent à la maturité de Rossetti, autres et plus\n humaines : le mysticisme essentiel des premières est devenu pour ainsi dire\nformel, sensuel presque, et mélangé en de trop nombreux sonnets de la\n Maison de vie d'une sorte de préciosité métaphysique qui rappelle les\n madrigaux et les tensons alambiqués, délices, jadis, des cours d'amour pro-\n vençales. Est-ce l'association d'idées provenue de l'impression posthume\n de ce recueil votif? mais, ce revenant, en vérité, semble avoir gardé, de son\n séjour au sépulcre, comme le goût et l'odeur de la mort.\n    La trop célèbre anecdote de l'exhumation doublement sacrilège de ce ma-\n nuscrit, rappelée succinctement par M. Mourey, provoque un mouvement de\n répulsion pénible à la mémoire de Rossetti. L'excusable faiblesse de l'artiste\n pour ses vers, ces enfants de son désir, atténue à peine semblable acte de\n vampirisme littéraire ; car la vertu entière et le fier sacrifice d'un tel geste\n dédicatoire résidaient dans son irrévocabilité...\n    Cet épisode obscurcit d'une ombre la physionomie, la dignité morales du\n héros lyrique que fut Rossetti. Un vœu si noble prononcé, un Poe, un\n Baudelaire, un Villiers, un Barbey n'eussent point conçu la possibilité\n d'une rétractation, véritable et repréhensible dissonance... Dans leur droi-\n ture obstinée, ils furent sans cesse de plain-pied avec le destin choisi ;\n malgré l'amertume, l'outrage, la pauvreté ne faillirent à eux-mêmes, ni à\n la délégation royale qu'ils avaient reçue, jamais n'en abdiquèrent les devoirs\n ni les droits. Car, certes, les prérogatives du poète l'obligent, plutôt, et\n l'asservissent ; et son auréole le désigne à la dérision envieuse et à la haine\n bien mieux qu'à la gloire...\n\n\n  Au cours d'une nouvelle étude de philosophie esthétique sur le Beau\nmoral et le beau formel, écrite avec la logique enthousiaste et judicieuse\nd'une haute conviction, M. Alphonse Germain cite précisément Ruskin,\n"}, {"page_pdf": 365, "texte": "                                   -   326 —\n\n  Rossetti et les Préraphaélistes qu'il inculpe de « cette idée bien anglicane :\n  faire vrai pour rayonner du moral ».\n    Les conclusions de M. Germain nous paraissent injustes, à cet égard:\n Rossetti, en réalité, reconnut, partiellement exprimées chez Ruskin, la\n tendance instinctive et préconçue de sa pensée, son aspiration vers un art\n virtuellement idéaliste servi par une science et une conscience parfaites.\n Très vite, d'ailleurs, il s'émancipa de la contrainte dogmatique des théories\n du critique; et sa première œuvre considérable : L'Enfance de la Vierge,\n manifeste bien l'imagination personnelle d'un maître. Ce tableau et cette\n autre page d'une si magnifique ardeur, Le Rêve du Dante, ne sauraient\n être appariées aux allégories compliquées et froides, trop souvent, de Hunt\n non pas même aux meilleurs ouvrages du méticuleux et habile Millais...\n    L'étiquette préraphaélite signifiait non point que Rossetti et ses adeptes\n réprouvassent l'art postérieur au XVe siècle mais que, pour régénérer la\n peinture anglaise, asservie, hormis quelques portraitistes et l'exceptionnel\n et émouvant Turner, au poncif définitif, à toutes les rubriques d'atelier, ils\n se réclamaient des enseignements et des exemples incomparables des arti-\n sans créateurs, des inventeurs de la plus splendide beauté picturale connue;\n — qu'ils voulaient se retremper, reprendre vigueur et jeunesse dans cette\n source de lumière ingénue, le réalisme sublimé du quattrocento.\n    Raphaël, il semble, innova surtout dans l'agencement, la mise en scène\n du tableau ; il s'efforça de doter ses compositions d'intérêt dramatique, de\nmobilité et d'équilibre ; mais l'artifice s'y introduisit aussi, au détriment de\nla profondeur de l'expression nerveuse et virile.\n    De nombreux portraits somptueux et subtils, le très beau Sposalizio de\n Milan, témoignent de l'ampleur et des qualités originelles de son art et\nque, quelquefois, l'étonnante richesse du monde s'est révélée sous des\napparences inattendues à son regard inassouvi ; la précoce virtuosité, la\npromptitude professionnelle nées de son succès et nécessitées par une pro-\nduction constante, l'éloignèrent de l'élaboration lente et de la réflexion.\nDoué d'une facilité féconde, d'un prodigieux sens de l'ordonnance perspec-\ntive, il vulgarise, interprète en une traduction ornée, élégante et affaiblie\nles mêmes croyances dont ses prédécesseurs formulèrent avec intensité la\njoie véhémente ou la sombre angoisse ardue. La brève et laborieuse carrière\nde ce génial jeune homme fascina les contemporains, dédaigneux, désor-\nmais, de l'expressive et délicieuse gaucherie des primitifs, de ce que certains\navaient conservé de la minutie, de la précision passionnée de la miniature.\nIls l'applaudirent d'avoir libéré la peinture de coutumes et d'arcanes suran-\nnés; et à vrai dire, son langage disert, aisé, au niveau moyen des intelli-\ngences, sans les excès sublimes d'un Michel-Ange, l'intimidante majesté\nd'un Vinci, l'a consacré d'emblée aux suffrages du public. La plupart de\nses œuvres ne sont point de celles visées par le conseil de Scbopenhauer,\ndevant lesquelles il faille se découvrir et attendre en silence : — elles par-\nlent d'elles-mêmes.\n    Raphaël pourrait être considéré comme le premier peintre de genre;\nson nom date une décadence; mais est-il responsable du goût falsifié de ses\n"}, {"page_pdf": 366, "texte": "                                  — 327 —\n\n successeurs? Pas davantage que les éblouissants architectes de la Renais-\n sance italienne des édifices bâtards, de la pompeuse laideur des monuments\n érigés en France, les trois derniers siècles.\n    Dans un précédent opuscule de saine propagande, Notre art de France,\n M. Germain éveillait l'attention du lecteur sur l'architecture et la plastique\n romanes dont la rationnelle évolution organique fut brusquement inter-\n rompue par la Renaissance; les Préraphaélites, également, voulurent res-\n saisir leur art dans sa génuinité, et en l'absence d'antécédents anglais, ils\nrecoururent à une période apogée de la peinture, à ces travaux inégalés qui\nmarient tous les genres de perfection.\n   Car, pour animer la légende sacrée sous des traits merveilleux, le prestige\nintrinsèque de la forme préjudicie rarement, chez les peintres toscans et\nombriens, à l'inspiration vraiment religieuse.\n   La lourde encolure, les têtes massives, les épais visages des personnages\nde Memling ou des Van Eyck, spiritualisés par la foi extatique et l'ascèse,\nirradient plus immédiatement, présumerait-on, du seul privilège mystique\nqui les enveloppe de grandeur surnaturelle et d'onction. Mais, à l'égal des\nmystagogues flamands de la couleur, le savant Mantegna, l'allègre et doux\nGozzoli, l'Angelico et cet exigeant Botticelli firent vibrer et chanter sur leur\ntoile de surprenants cantiques de louange ou d'amour; — les uns comme\nles autres peignaient avec humilité et ravissement ce qui les entourait, et\nsoucieux seulement de l'actualité éternelle de l'Evangile, la symbolisaient,\nd'instinct, en situant les scènes de l'histoire chrétienne parmi la cité ou les\ncampagnes familières de leur patrie.\n                                                        ARNOLD GOFFIN\n\n\n                               LES POÈTES\n\n                                        I\n               Le Bocage   d'ERNEST   RAYNAUD et l'Ecole romane.\n\n   Il est des livres qui empruntent aux circonstances immédiates un intérêt\nmomentané. Ils sollicitent la critique, non comme oeuvre d'art, mais comme\nmanifestation d'une tendance nouvelle. Ils traduisent l'orientation récente\ndes esprits, et comme tels appartiennent à l'histoire de la littérature.\n   Le Bocage d'Ernest Raynaud rentre dans cette catégorie. Si nous devions\nrester strictement sur le terrain de la critique artistique, nous aurions beau-\ncoup à reprocher aux vers du poète. Ils sont loin de réaliser la perfection\nnécessaire à toute œuvre d'art. Trop souvent les pièces sont diffuses, l'idée\ns'échappe entre les mailles trop lâches ; en outre, la langue est précieuse et\nparfois ridicule. Des mots archaïques émaillent des inversions inutiles et\nvieillottes, des expressions empruntées au jargon de la Pléiade font du style\nJe M. Raynaud une curieuse reconstitution, mais une reconstitution sans\nvie.\n   Il est inopportun de discuter en cette matière l'influence salutaire ou\n"}, {"page_pdf": 367, "texte": "                                    — 328 —\n\nnéfaste de Malherbe. Il faut s'incliner devant le fait accompli. Tenter de\nremonter le courant et de renouer, par-dessus le XVIIe siècle, la tradition de\nRonsard ou celle de Rabelais, serait une tentative stérile. Le langage évolue\nnaturellement selon les besoins de la société; le caprice de quelques-uns\nn'entravera jamais sa marche nécessaire.\n   Mais le Bocage, bien qu'envahi par les mauvaises herbes, n'en abrite pas\nmoins les chantres de l'école romane. Parmi toutes les écoles, que la fantai-\nsie, la mode ou le besoin de réclame ont créées en ces dernières années, cette\ndernière mérite quelque attention et même quelque sympathie. Dans sa\ncharte étaient développées les idées que la Jeune Belgique n'a cessé de\ndéfendre et qu'elle défend aujourd'hui plus vaillamment que jamais.\n   Ecoutons M. Ernest Raynaud lui-même :\n   « La Renaissance romane, c'est-à-dire le retour dans la pensée comme\n« dans le style à l'équilibre et à l'harmonie, était déjà souhaitable aux plus\n« belles années du romantisme ; on comprendra combien, après les mille\n« excès du décadisme et du symbolisme, elle était devenue aujourd'hui\n« nécessaire.\n\n    « Il fallait réagir contre cette barbarie du style, cet effondrement de la\n « pensée, ce pessimisme dissolvant et stérile, c'est là le triple but que nous\n « nous sommes proposés. C'est là la triple raison d'être de l'école romane. »\n    Réagir contre la barbarie de style, contre l'obscurité et le vague de la pen-\n sée est parfait ; mais proscrire une théorie philosophique du domaine de l'art,\n nous semble bien outré. Et d'ailleurs, à moins que de faire des lectures\n publiques des contes de Louis Delattre ou des chansons ingénues de Maeter-\n linck, nous ne voyons pas le moyen efficace de s'opposer à ce « pessimisme\n dissolvant ».\n    Il faut ajouter aussi qu'une grande part de snobisme et de mystification\nnous rendait suspectes les intentions des innovateurs, et le nom de Moréas\n n'était pas pour nous rassurer.\n    On connaît son extrême agilité à sauter d'un bateau dans un autre. Au\ntemps où Verlaine charmait le quartier latin, Moréas fut un disciple studieux\net avancé, comme dirait l'Art moderne. Ce que le poète de Jadis et Naguère\navait brièvement esquissé, était repris et développé, non sans talent, par\nl'auteur des Cantilènes. Comme suite à quelque chanson ou à quelque pan-\ntoum négligé, M. Moréas remit à la mode les romances et les légendes popu-\nlaires qui, à l'heure actuelle, font la joie de nos derniers troubadours. Sans\ns'en douter, il a montré la voie à MM. Maeterlinck, Mauclair, Gerardy, etc.,\nqui pensent retrouver dans les revues de folklore ou dans les Jolies chansons\ndu pays de France les plus purs joyaux de la poésie française.\n    Après avoir, de la sorte, exploité la veine verlainienne, l'auteur des\nCantilènes fit volte-face et se proclama symboliste; on se rappelle encore\nson manifeste publié dans le Figaro. Peu après il sacrifiait au vers libre,\npour fonder enfin — en attendant mieux — l'Ecole romane. Aidé de\nMM. Ch. Maurras, de Raymond de la Tailhède, d'Ernest Raynaud et de\nMaurice du Plessys, il partit en guerre contre le décadentisme et contre\n"}, {"page_pdf": 368, "texte": "                                    — 329 ~\n\nle pessimisme. 11 décréta, sans plus de façon, la Joie universelle, et publia\nEriphyle.\n   Une certaine réaction était nécessaire, sans doute. La clarté française,\nc'est-à-dire l'harmonie dans la disposition et le développement logiques des\nidées, avait disparu sous les broussailles exotiques des Vielé-Griffin et\nautres de Souza. Il fallait sarcler vigoureusement. Le retour au foyer éternel\nde la pure beauté s'imposait. La moderne beauté d'expression avait dégénéré\nen contorsions grotesques et en cris sauvages. Le romantisme agonisait dans\nl'individualisme à outrance; chaque poète était un cas tellement parti-\nculier qu'il ne trouvait plus d'écho dans l'âme de l'humanité et se contentait\nd'être un objet de curiosité ou de sarcasme. L'esprit devait se retremper à\nla source primitive et réapprendre à aimer pour elle-même la beauté essen-\ntielle, à en discerner les lois pour les appliquer ensuite, avec plus de science,\nà l'expression moderne. La civilisation gréco-latine, par un concours de\ncirconstances merveilleuses, avait pu, aux belles époques de sa gloire, se\nconsacrer presque exclusivement au culte du beau. Elle avait engendré les\nœuvres les plus parfaites, sinon les plus émouvantes. Ces modèles éternels\navaient servi d'enseignements à Pétrarque, à Dante, et préparé ainsi le\nradieux mouvement de la Renaissance qui allait, en quelques années, se\npropager à travers l'Europe jusqu'en Angleterre. C'était eux, qu'à notre\n époque troublée, il était nécessaire de reprendre, d'étudier, de faire revivre\n en participant à leur vie divine. Mais les mauvais disciples de Hugo, ligués\n avec les mauvais disciples de Wagner, achevaient de pousser le romantisme\n dans le délire sans mesure.\n    Enfin Moréas vint. Mais en place d'aller puiser dans Homère, Sophocle\nou Théocrite la science du nombre, du poids et de la mesure, il s'arrêta à\nla Pléiade, l'acceptant tout entière, y compris son jargon.\n   L'antiquité hellénique était tout au plus bonne pour Goethe, Chénier,\nVigny, Leconte de Lisle ou Hérédia; il fallait, pour attirer l'attention,\ntrouver d'autres génies, et l'on découvrit, sous la poussière des biblio-\nthèques, les Delitiœ italorum poet arum. Proclamer Sannazar, Bembo,\n Naugerius ou Pontanus les plus grands poètes du monde, était une nouvelle\n sensationnelle, capable, peut-être, de faire acheter quelques exemplaires\n l'Eriphyle ou de la Métamorphose des fontaines, mais non de faire prendre\n au sérieux l'Ecole romane.\n\n                                       II\n\n   Un Chant dans l'ombre, par FERNAND SEVERIN. — L'Orient   et les   Tropiques,\n                              par   VICTOR ORBAN.\n\n\n   C'est avec le plus grand empressement que nous saisissons aujourd'hui\nl'occasion d'affirmer hautement notre profonde admiration pour l'auteur du\nLys, du Don d'enfance et d'Un Chant dans l'ombre.\n   Seul, entre tous les artistes de la jeune génération, Fernand Severin a\nsu réaliser merveilleusement l'étroite union entre lé poète, au sens roman-\n"}, {"page_pdf": 369, "texte": "                                     — 330 —\n\n   tique, et l'artiste, au sens parnassien. Les deux se sont pénétrés si intime-\n   ment que le plus habile critique ne pourrait trouver aujourd'hui un défaut\n   à cette harmonie parfaite du cœur et de l'intelligence. Doué d'une délica-\n   tesse et d'une sensibilité incomparables, le poète a pourtant, par une étude\n  savante, trouvé la forme adéquate à ses sentiments.\n      Cette robe blanche aux longs plis, cette ceinture flottante, cette couronne\n   de fleurs argentées, loin de gêner sa Muse, a rehaussé sa beauté faite d'un\n   charme languissant et d'une noble mélancolie. La raison, qui préside seule\n   à la confection de l'œuvre d'art, n'a pas desséché le cœur; le vers, d'une\n  pureté admirable, jaillit, tout vibrant encore de l'émotion qui l'a engendré.\n  Quel enseignement pour tous ceux qui, sous prétexte de naturelle expansion,\n  font fi du métier et se livrent à des improvisations grotesques où les fautes\n  de français font concurrence aux fautes de prosodie ! Qu'ils lisent attenti-\n  vement ce mélodieux Chant dans l'ombre, et ils verront comme, chez un\n  vrai poète, le travail réfléchi, loin d'entraver l'émotion, la contient, l'har-\n  monise et la purifie. L'instinct n'entraîne avec lui que le désordre; l'intelli-\n  gence seule, parce qu'elle discerne les rapports, comprend et réalise la\n  beauté.\n     On a souvent écrit que Fernand Severin était, vis-à-vis de la poésie con-\n  temporaine, une exception. Au premier abord, certes, il paraît étranger\n à notre époque. L'artificialité que Baudelaire mit à la mode, et qui avait\n sa raison dans une lassitude navrante, dans l'impossibilité à jouir encore\n de la nature, nous avait doté de virtuoses rares ou baroques, produits des\n capitales par trop civilisées. Quant à la poésie sentimentale, elle avait\n sombré dans les niaiseries mélancoliques avec les Coppée de sous-préfec-\n ture.\n     Mais voici que tout à coup, dans la paix solennelle d'un soir, s'élève un\n chant limpide et doux, plainte sublime d\"un cœur ingénu qui s'est isolé de\n la vie.\n     Fernand Severin est né, pourrait-on dire, avec des souvenirs. Il n'a point\n puisé dans l'action l'élément d'un pessimisme amer ou révolté. Il a rêvé.\n Frère de René ou de Raphaël, il a senti, dès son enfance, l'impossible, et\n repliant sur son front ses pensées comme des ailes lumineuses, il s'est\n couché dans les fleurs, laissant en lui-même se dérouler son existence comme\n un songe. Jamais il n'y eut contact avec le monde extérieur. Nulle étin-\ncelle ne réveilla la volonté endormie comme en un beau palais dormant. Les\ndésirs trop faibles du poète restèrent à l'état de rêves, et c'est en lui-même\nqu'il se vécut. Son enfance s'isola et ne connut point les hommes. Dans les\npays merveilleux que son imagination, seule vive encore, évoquait, à l'abri\nde toute amertume, il conserva son ingénuité charmante et sa première\ndouceur. Mais cette impossibilité même de communier avec ces richesses\nfabuleuses que l'on disait resplendir dans des contrées magiques, remplirent\nson âme d'une vague mélancolie Il connut cette tristesse résignée des faibles\net des convalescents, devinant des plaisirs paisibles à dépenser harmonieu-\nsement sa force. Et dans son bonheur négatif, il songea parfois à ces glo-\nrieux soldats qui, le glaive au poing, partaient pour d'héroïques croisades:\n"}, {"page_pdf": 370, "texte": "                                   — 331 —\n\n                                     Car mon bonheur envie\n              Ceux-là gui sont partis en un rêve orgueilleux\n              Parmi la dangereuse épreuve de la vie.\n  C'est en cela même que consiste le drame, l'action du livre que nous\nanalysons ici. Mais q u e faible est le désir ! A peine un trouble d'un instant,\nun geste orgueilleux. Le doux cygne, dont l'aile s'est hérissée, se calme et,\nbercé par les brises, vogue à nouveau sur l'étang azuré où se reflète le ciel\nrose et le paysage neigeux du matin, où\n              La nature elle-même est belle comme un songe.\n  Jamais, en vers aussi mélodieux et aussi purs, Fernand Severin n'avait\nchanté ce bonheur mélancolique de rêver loin de l'éclat triomphal du soleil.\n              Dormir est doux... Rêver console un peu de vivre.\n\n                  Heureux qui, déjouant l'énigme du destin,\n                  Du songe ou de la vie a préféré le songe.\n\n   Remarquez surtout, avec quel sens de l'harmonie, Fernand Severin a\ncomposé son décor, le monde intérieur où des ombres légères se promènent\nlentement. Pas une tonalité violente, pas une plainte trop vive, ni un geste\ntrop brusque. Le paysage, l'atmosphère, les personnages correspondent\nentre eux. Le poète a donné à son livre une unité merveilleuse. Aucun détail\nqui n'appartienne à l'ensemble, aucune figure qui ne complète la vision. Un\nbrouillard d'argent rose baigne ces sites élyséens que Corot eût rêvés.\n              Et ces soirs violets et ces matins nacrés,\n              Pleins de rayons tremblants et d'ombres incertaines.\n              Dérobent à demi, sous leurs voiles sacrés,\n              D'harmonieux vallons où chantent les fontaines.\n\n              La lune, cette nuit, verse confusément\n              Son jour, mystérieux comme un enchantement :\n              Les clairières des bois en sont toutes neigeuses.\n\n                                      Parmi ces herbes frêles\n              Qu'emperle de clarté le doux matin naissant.\n  Devant une œuvre aussi parfaite, la critique n'a que faire. A quoi bon\nexpliquer Fernand Severin par Racine ou par Lamartine? Admirez h u m -\nblement ces vers comme je le fois moi-même. Laissez le charme de cette\npoésie profonde vous pénétrer lentement et vous aimerez peut-être alors le\npoète, comme il veut et comme il doit être aimé.\n\n\n\n  Nous présenterons à nos lecteurs, pour terminer, un artiste qu'ils ignorent\npeut-être mais qu'ils auront plaisir à connaître, croyons-nous : Victor\nOrban. Ce qui distingue ce jeune poète de tous les épileptiques de lettres\n"}, {"page_pdf": 371, "texte": "                                  — 332 —\n\nd'aujourd'hui, c'est un souci constant de la forme impeccable. Il a peu pro-\nduit; il s'est appliqué à ciseler avec un soin jaloux des coupes parfaites. Que\nl'on juge du labeur et du mérite de l'ouvrier par ce sonnet :\n\n                                  KIHOU-SAN\n\n               Les fleurons argentés d'épingles en fuseaux\n               Ornent ses cheveux noirs d'un vol d'aigrette  blanche,\n               Et ses vêtements bleus, resserrés sur la hanche,\n               Sont brodés d'éclatants dragons d'or et d'oiseaux.\n\n               Sous la vérandah haute, au bruit lointain des eaux,\n               Tout le jour elle songe et s'accoude ou se penche,\n               Et parfois fait vibrer sa guitare à long manche\n               Qui rend le son plaintif du vent dans les roseaux.\n\n               A travers les bambous, parmi les herbes grêles,\n               Sans fin monte le cri strident des sauterelles\n               Qu'enivrent lès parfums de l'air lourd et brûlant,\n\n               Et la mousmé bercée, en souriant dilate\n               Et laisse errer son œil oblique et somnolent\n               Vers le ciel jaune où meurt le soleil écarlate.\n\n\n                                                        VALÈRE GILLE\n"}, {"page_pdf": 372, "texte": "                                        — 333 —\n\n\n\n\n                                MEMENTO\n                                                 réunis en un seul fascicule, paraîtront dans\n   Des deuils cruels ont frappé nos amis         la première quinzaine d'octobre.\n MM. Albert Giraud et Fernand Severin,              Le présent numéro contient huit pages\n qui ont eu la douleur de perdre le pre-         supplémentaires.\n mier sa mère, le second son père.\n    La Jeune Belgique les prie d'agréer\n ses fraternelles condoléances.\n                                                   Un certain M. Joost Terburg, qui sévit\n                                                 dans le Réveil de Gand, paraît tenir beau-\n                                                 coup à passer pour un imbécile. C'est fait.\n   Nous sommes, à notre grand regret, obli-\ngés de dire un mot encore du Coq rouge.\n L'animal se permet de parler de quelques-\nuns de nos collaborateurs en termes stu-           M. Maurice des Ombiaux nous prie d'in-\npides, empruntés au langage des basses-          former nos lecteurs qu'il n'est l'auteur d'au-\ncours L'article dont il s'agit — il est inti-    cun guide en Thudinie ou autres lieux.\ntulé : Les Bêtes du four national — est          Dont acte.\nsigné : Le Coq rouge ; il a donc pour auteurs\nresponsables les membres du comité de ré-\ndaction, à savoir MM Delattre, Demolder,            ANARCHISTES. — Le Coq rouge s'emporte,\nEekhoud, Krains, Maeterlinck, Nautet et          en termes de basse-cour, contre les per-\nVerhaeren. Nous sommes persuadés que le          sonnes qui ont lu son programme et qui\nbutor (c'est un nom d'oiseau) qui a rédigé       y ont noté ses déclarations anarchistes.\nl'article, a abusé de la confiance de MM. Mae-   « Toujours, dit-il, quelque bonhomme, ridi-\nterlinck, Krains et Nautet. Nous ne deman-       cule mélange de mensonge et de gagaïsme,\ndons pas à ceux-ci de désavouer publique-        se lève (alors) en nos jardins d'acclimatation\nment leur grossier confrère, mais nous           et court, devant chaque cage, agiter la loque\nespérons qu'il ne permettront plus qu'il         rouge qui doit achever d'affoler les veaux\nsoit fait usage de leur approbation appa-        épouvantés. » Et notre coq, faisant le butor,\nrente pour couvrir des goujateries dont ils      ajoute :\nne voudraient pas se déclarer solidaires,           «Ah! il n'y a ici aucun effet de rhétorique,\nnous aimons à le croire.                         « et toutes ces vilenies belges nous furent\n                                                 « véridiquement détaillées. Un journal d'art\n   Mais si nous ne songeons point à récla-       « clame son indépendance, sa volonté de\nmer un désaveu public, nous pouvons légi-        « réagir contre la bêtise ambiante et d'ou-\ntimement espérer que le fait dont nous nous         vrir au large ses fenêtres au ciel libre.\nplaignons ne se représentera plus. S'il en       « Aussitôt dans des colonnes officieuses la\n                                                 « bécassine patentée du capitole belge\nétait autrement, après la présente protesta-     « piaille à l'anarchie, se démène et dénonce\ntion, nous serions bien obligés de croire que    « perfidement les novateurs à la vindicte\nces messieurs approuvent la prose mal-           « des dirigeants. Le coassement de la pre-\n                                                    mière grenouille y répond; un concert\nséante de leurs confrères et nous nous ver-      « de vociférations s'organise dans la mare,\nrions contraints de nous défendre.               « dans cette Presse que nous flagellions il\n                                                 « y a trois mois. »\n                                                    Nous comprenons l'embarras de notre\n  Les numéros de septembre et d'octobre,         coq anarchiste. Il n'aime pas d'être dénias-\n"}, {"page_pdf": 373, "texte": "                                           — 334 —\n\nque parce qu'il ne dédaigne pas de tendre          chise qui n'est pas faite pour nous déplaire,\nla patte du côté de la caisse de M. l'Etat; il     car elle donne raison à nos critiques et à nos\nil ne lui déplaît pas d'être un anarchiste         diagnostics. Lisez ceci :\nsubsidié.                                             Barbares ! le beau malheur!\n   Mais ses dénégations ne tromperont per-            Et en somme pourquoi pas ! Puisque ce\nsonne. Voici ce qu'on lit dans le journal          vocable ne signifie qu'étranger et qu'il a\nanarchiste Les Temps nouveaux (n° 14, du           fallu la sotte suffisance romaine et gauloise\n                                                   pour y attacher un sens défavorable ?\n3 au 9 août), journal qui a succédé à la\nRévolte :                                            Ces barbares, ces étrangers, ils sont nés\n                                                   en Flandre, en Amérique, en Normandie,\n  « L'encombrement du début se fait un             Dieu sait où! Le hasard — sobriquet bête\npeu moins lourd et je pourrai désormais            de la grande déesse Nécessité — fit qu'on\nsignaler, parfois analyser avec plus de mé-        leur enseigna, plutôt que tout autre, la\nthode les articles ou les publications des         langue française. Un jour ils sentirent\nREVUES QUI LUTTENT CONTRE LES TRADITIONS\n                                                   grouiller des idées sous leur crâne et la vo-\nSOCIALES, INTELLECTUELLES, ARTISTIQUES ET\n                                                   lonté leur vint de les objectiver. MAIS IL SE\nQUI COLLABORENT A L'ÉDUCATION REVOLU-\n                                                   TROUVA QUE CES IDÉES A EXPRIMER EN LANGUI-\nTIONNAIRE DES CONTEMPORAINS.\n                                                   FRANÇAISE N ' É T A I E N T N U L L E M E N T FRANÇAISES:\n                 LES GAINS                         LA LANGUE MATERNELLE MANQUAIT DE BARBA-\n                                                   RIE, C'EST-A-DIRE QUE T E L L E QUELLE, ELLE\n   « En Belgique, le Coq rouge a été fondé         ÉTAIT I N A P T E A EXPRIMER LEUR ORIGINALITÉ\nen mai par plusieurs écrivains et penseurs         PROPRE.\nqui se sont séparés de la Jeune Belgique.\nLe comité de rédaction est composé de                    Il nous semble qu'on nous donne raison.\nLouis Delattre, Eugène Demolder, Georges Ces messieurs sont des Hurons, ils se sen-\nEekhoud, Hubert Krains, Maurice Maeter- tent Hurons, ils pensent en Hurons, et ils\nlinck, Francis Nautet, Emile Verhaeren font ce qu'ils peuvent pour transformer la\n(secrétaire : Longüs, 6, Montagne-aux-\nHerbes-Potagères, Bruxelles). A noter, dans langue française en langue huronne. Ils re-\nle n° 2 : « La patrie des intellectuels », dé- nient la littérature française et la littérature\nclaration iniernationaliste publiée à propos française les renie, car « la grande déesse\nde la récente enquête du Mercure de Nécessité » n'a pas deux poids et deux me-\nFrance. »\n                                                      sures.\n   Voilà qui est net. Si le Coq rouge n'est\n                                                         On voit par les déclarations du Réveil de\npas content, qu'il envoie un démenti aux\nTemps nouveaux.                                       Gand    qu'au mois de mai dernier notre ami\n                                                      Mourzouck ne se trompait guère en mettant\n   Un dernier mot. Le Coq rouge se fait\n                                                      dans le bec du Coq rouge cette profession de\nune spécialité d'insulter les écrivains que le\n                                                      foi :\nciel a négligé de doter de rentes confortable et qui gagnent leur vie dans la presse quotidienne.\n                                                            Je suis un oiseau du terroir\n   C'est d'autant plus étrange que le ...                   Papou. papoue est ma h a r a n g u e\n                                                         Et   je   parle   aussi   le   Pîed-Noir\n                                                         MAISLEFRANÇAISN'ESTPASMALANGUE.\n                         quiarédigél'aricleduCoq rouge\n    dont nous venon de citer des extraits, tra-\nvaille gages dans une gazette conservatrice.\nNous ne voyons pas l'utilité qu'il trouve à\ncracher publiquement sur l'argent qu'il\nempoche. Il oublie, de plus, que la plupart      Voici ie sonnet que M. Stéphane Mallarmé\ndes membres de son comité de rédaction a rimé par jeu (quel jeu? celui des grandes\ncollaborent à des journaux politiques : orgues? !) pour M. Austin de Croze (Figaro\nM. G. Eekhoud travaille à l'Etoile belge, du 3 août).\nMM. Nautet et Sander Pierron à l'Indépen­               Toute l'âme résumée\ndance.                                                    Quand lente nous l'expirons\n                                                               Dans plusieurs ronds de fumée\n                                                              Abolis en autres ronds\n                                                              Atteste quelque cigare\n  Ohé les barbares ! Le Réveil de Gand                        Brûlant savamment pour peu\n                                                               Que la cendre se sépare\nplaide la cause de la barbarie avec une fran-                  De son clair baiser de feu\n"}, {"page_pdf": 374, "texte": "                                               335 —\n\n        Ainsi le chœur des romances           « théorique complètement élaborée, d'une\n        A ta lèvre vole-t-il\n        Exclus-en si tu commences             « méthode sûre et déjà expérimentée, de\n        Le réel parce que vil                 « modèles étudiés et de principes détermi­\n         Le sens trop précis rature           ne nés. Si les artistes sans vocation végètent\n         Ta vague littérature.                et dans le poncif et la copie, celui qui est né\n                                              « pour produire par lui-même se dégage de\n                                              « toute entrave après avoir puisé dans\n                                              « l'étude la certitude, le savoir, l'audace. »\n                                                 Nous recommandons ces considérations\n   Nos chaleureux remerciements au Jour­ aux admirateurs de la barbarie et du moyen-\nnal des gens de lettres qui continue vaillam- âge. Le moyen-âge ne fut qu'une marche\nmant le bon combat contre les néo-barbares, pénible et longue, durant des siècles, pour\nles faux hommes sauvages et les primitifs retrouver la perfection de l'art classique.\nfactices de l'école Verhaeren, Vielé-Griffin\net Cie.\n\n\n                                                      Les Spillebout ont deux manières de\n  Dans la Fédération artistique du 4 août,\n                                                   raconter ce qui se passe chez eux : l'une,\nun excellent article de M. Edgard Baes. En\nvoici quelques extraits intéressants :             sommaire et approximative, le Compte-rendu\n  « Tout d'abord il est nécessaire de se           analytique ; l'autre, seule complète et con-\n« faire une idée exacte de l'essence de notre      forme à la pensée des orateurs, les Annales\n« art, et de sa constitution primitive, car il     parlementaires. Nousdevonsavouerque les\n« n'est pas né d'une pièce sous la main des        citations que nous fîmes dans notre dernier\n« Van Eyck et, comme les autres, il a eu\n« ses prodromes, son époque élémentaire            numéro ont été empruntées pour la plus\n« de barbnrie enfantine; il est même pro-          grande partie au Compte-rendu; d'où peut-\n  bable qu'il en serait resté bien plus long       être certaines inexactitudes de fond et cer-\nce temps à des tentatives grossières et frustes    taines imperfections de forme. La place nous\n« sans le contact de Rome, héritière des\n« Grecs, puis souveraine religieuse, dont          fait défaut pour reproduire les textes inté-\n« l'exemple a exalté les efforts de nos incultes   graux; il suffira de cette observation pour\n«artistes primitifs; ils ont puisé en elle,        engager nos lecteurs à relire aux Annales\n« comme plus tard nos maîtres de la Re-\n  naissance, comme Rubens, comme les               les discours de MM. Destrée et Demblon.\n« classiques élèves de David, l'inspiration,\n« le sentiment de l'idéal et même un art\n« tout fait, qu'ils n'ont eu qu'à traduire et\n  transformer au gré de la nature septen-\n  trionale\n                                                     VILLE DE MONS. — Le Conseil communal\n  « La civilisation première pénétra d'abord       vient de décider l'organisation, dans les\n« dans nos contrées, à la suite des conque-        salons de l'Hôtel de vide, d'une Exposition\n  rants romains; plus tard, par les efforts        des Beaux-Arts, à l'époque de la kermesse\n« dis pieux missionnaires que l'évêché de          de i'année 1896, c'est-à-dire vers la fin du\n« Rome envoya répandre sur notre sol la\n« semence de l'Evangile.                           mois de mai prochain !\n  » Non seulement ils apportaient avec eux            L'administration communale espère don-\n« un rite nouveau, des cérémonies dont les         ner au Salon de Mons une sérieuse valeur\n« moindres détails étaient réglés d'avance,\n« mais encore un art traditionnel, déjà en         artistique et elle compte que les artistes\n» usage depuis plusieurs siècles à Rome et         belges et étrangers répondront avec empres-\n« dans les grandes villes italiennes, et dont      sement à l'appel qui leur sera adressé inces-\n« ils étaient dépositaires pour la plupart,        samment.                     (Communiqué.)\n« car les monastères d'Italie étaient de véri-\n  tables écoles d'art et de sciences de cette\n« époque.\n  « Or, on ne saurait croire combien un\n« art acquiert de puissance, de facilité et\n« de grandeur par l'adjonction dune science          Dans le Mercure de France de septembre\n"}, {"page_pdf": 375, "texte": "                                         — 336 —\n\nlire le 3 e acte de César-Antéchrist        par   de l'époque à laquelle des actes d'une politi-\n M. Alfred Jarry. C'est une fumisterie de         que libérale ont, pour la première fois, reçu\n» haute graisse », qui n'est pas exempte de       une application à Cuba.\ntalent. Il y a là une jolie vigueur dans le co-\n mique. Les amateurs de sauvagerie ou de\nbarbarie y pourront trouver mieux que des            Dans son numéro du 21 juilletl'Artmo-\nphrases à torticolis et des tirebouchonneries     derne a publié un article sur « le théâtre\nmièvres : c'est de l'imagerie brutale, drôle      hiératique » où l'on peut lire (enfin !) quel-\net nette, pas banale du tout.                     ques remarques judicieuses. Nous nous\n   Mais comment diantre ! ce 3e acte fera-t-il    faisons un plaisir de les reproduire.\ncorps avec le premier, qui était tout bonne-         Parlant des personnages des tragédies\nment absurde? Nous attendons avec curio-          antiques, l'auteur apprécie ainsi leurs dis-\nsité la publication de l'ouvrage entier.          cours :\n                                                     « Leur dominante, ce n'est pas la conver-\n                                                  sation vive, courte, animée, dialoguée à\n                                                  outrance, du théâtre contemporain, consi-\n                                                  dérée, elle aussi, comme une condition de\n    Nous avons reçu de la Havane un roman         vie et d intérêt pour la pièce, c'est la tirade,\n intitulé Enriqueta Faber par M. Andres           oui la tirade tenue aujourd'hui pourodieuse.\n                                                  Et, qui pire est, la tirade philosophique,\n Clemente Vazquez.                                abondante en maximes, en aphorismes, en\n    Cette femme célèbre, née en Suisse,            vers qu'on peut détacher pour en faire une\n épousa un jeune officier français qui fut tué    règle, un conseil, un proverbe, un lapidaire\n                                                  souvenir.\nà Wagram.\n                                                     « Eschyle, Sophocle, Euripide traitent\n    Veuve peu de mois après son mariage,          ainsi les plus hauts problèmes concernant\naffublée du costume masculin, elle étudia la      les hommes, les dieux, le monde, l'exis-\n médecineà Paris. Nantie ensuite du diplôme       tence, l'âme. Leurs tragédies ont un aspect\n                                                  grandiose de leçons morales, divines et\nde chirurgien, elle accompagna les troupes        humaines. Ce sont de profonds historiens,\n impériales dans la campagne de Russie;           des philosophes méditatifs, des croyants et\nelle se sauva miraculeusement à la Béré-          des apôtres. Ah! que leurs exposés reli-\nzina; fut faite prisonnière en Espagne; passa     gieux, politiques, métaphysiques sont loin\n                                                  des caquetages de ces pièces à thèse aux-\nà la Guadeloupe; vint à Cuba, subit de bril-      quelles l'ingéniosité de Dumas fils a donné\nlants examens devant la Faculté de Méde-          un temps quelque faveur et qui sont désor-\ncine de la Havane et fut nommée, par le           mais si complètement coulées à fond, ayant\ngouvernement, délégué de cette faculté à          entraîné avec elles, dans les abîmes, le sys-\n                                                  tème lui-même que l'antiquité avait autre-\n Baracoa où elle épousa canoniquement,            ment compris et qui peut être renouvelé,\ntoujours, sous les habits d'homme, une de-        nous le croyons. »\nmoiselle cubaine. Sa femme l'accusa (deux\nans après son mariage) de l'avoir trompée ;          Et plus loin on lit ces intéressantes con-\nles tribunaux la condamnèrent du fait de          sidérations :\nson mariage sacrilège, à la réclusion d'abord        « La vie moderne, pour nous, nations de\net au bannissement ensuite.                       descendance aryenne, a pris une complica-\n                                                  tion que la Grèce ignorait quoiqu'elle fût\n    Partie [pour la Floride, elle y fit une       notre directe ancêtre, motif pour lequel elle\ngrande fortune en exerçant la médecine et         demeure notre inspiratrice de prédilection\nvint mourir à La Veracruz sous la robe de         et nous incline à retourner à ses merveil-\n                                                  leux souvenirs avec un entêtement indes-\nfille de charité.                                 tructible. Tous les problèmes que les grands\n    Dans ce travail, dit l'auteur, ou plutôt      tragiques traitaient devant le peuple exis-\ndans cet essai romanesque, j'ai pris à tâche      tent encore pour nous et existeront tou-\nde faire passer sous les yeux du lecteur —        jours, mais en des proportions et sous des\n                                                  aspects bien différents. Les cerveaux de\ncomme dans un panorama vertigineux —              notre race, qui alors apparaissaient en une\ndes personnes, des événements, et des             si belle simplicité marmoréenne, coupés a\n mœurs du premier empire napoléonien et           larges pans et dessinés en quelques fermes\n"}, {"page_pdf": 376, "texte": "                                          — 337 —\n\nlignes, sont aujourd'hui des organes à mille        serons éblouis, dans le chef-d'œuvre poé-\nfacettes et effraient par le lacis et l'enchevê-    tique qui triomphera demain, — ou plus\ntrement de leur dessin. Comme les Grecs             tard, — par la nouveauté de l'inspiration.\nnous avons besoin que le génie vienne met-          Mais je suis bien tranquille, nous n'y trou-\ntre de l'ordre dans ce fouillis en extrayant        verons ni rythme boiteux, ni vagues asso-\ndu chaos des ombres les vérités primordia-          nances. Le poète aura pu, je le veux bien,\nles et en nous les montrant dans leur force,        assouplir et perfectionner quelque peu le\nleur majesté en pleine clarté».                     vieux et admirable outil que nous a légué\n   VArt moderne a relu Eschyle, comme il            leXVIesiècle; mais ses beaux vers ressem-\n                                                    bleront à tous les beaux vers, et auront\nl'annonçait à ses lecteurs le 14 juillet ; ça lui   quand même bien des traits de parenté avec\na fait du bien.                                     ceux de Ronsard, de Malherbe, de Chénier\n                                                    et de Victor Hugo.\n\n\n\n\n   Voici le passage du récent discours aca-\ndémique de M. Coppée qui a provoqué un\nsi vif émoi dans le camp des Kamchatka :               Est-ce un émule de la célèbre Dona Fe-\n   On ne sait quel vent d'est, chargé de            rentes? On sait que M. Emile Verhaeren est\nbrume germanique, a soufflé sur un groupe           l'un des trois rédacteurs en chef de l ' A r t\nde poètes récents. Ils produisent fort peu;         moderne. Or, ce bienheureux Art moderne\nmais la poésie de demain, la poésie de tout\nà l'heure, qu'ils annoncent par de nombreux         découpe dans le Gil Blas et reproduit sans\noracles, ne sera plus, à les en croire, qu'une      faire la moindre réserve, un article où M. de\nmusique confuse où quelques initiés pour-           Souza nous apprend que M. Emile Verhae-\nront seuls entrevoir des symboles obscurs.          ren est un Espagnol. Un Espagnol des\nCes jeunes gens se montrent particulière-\nment sévères pour les Parnassiens, qui, res-        Flandres, il est vrai : don Emilio Verhae-\ntés fidèles à la tradition française, avaient       rens de Santo Amando lez Puers !...\nla modeste ambition d'exprimer clairement              Voici ce précieux document, où se trou-\nleur pensée. On m'assure que l'absolue per-\nfection de votre œuvre a trouvé grâce devant        vent d'ailleurs gratifiés d'une guitare quel-\nces esthètes impitoyables. Mais ils mon-            ques poètes qui jusqu'ici s'étaient modeste-\ntrent, à l'égard de quelques-uns de vos con-        ment contentés de leur lyre :\ntemporains, la férocité des peuplades sau-             « Il faut saluer en Francis Vielé-Griffin,\nvages envers les vieillards encombrants. Ces        Américain à la fois nordiste et sudiste, un\nmœurs de Caraïbes littéraires nous étonnent         de nos plus purs poètes français.\nun peu, nous qui avions, dans notre jeu-               « Ce ne sont pas ses aînés qui l'eussent\nnesse, le respect de nos maîtres et de              contesté. On sait qu'il n'y eut guère dans ce\nnos anciens.                                        siècle en France que trois poètes français :\n    Cependant ayons de l'indulgence. La jeu-        Lamartine, Musset, Vigny. Hugo fut le\nnesse, même quand elle est violente et              grand Espagnol, père, grand-père et arrière-\ninjuste, n'a jamais tout à fait tort. Puisse-       grand-père d'une nombreuse descendance\nt-il sortir, de cette agitation, une œuvre          non moins espagnole. Qu'on suive la lignée :\n vraiment originale et belle. Nous l'applau-        Gautier, le Castillan fier et magnifique ;\n dirons de tout notre cœur. Il est vrai que         Banville, l'Andaloux sémillant et flam-\n nous l'attendons depuis de longues années          boyant; Baudelaire, l'Aragonais concentré,\n déjà. Mais elle surgira, n'en doutez pas, et       taciturne, cruel. Puis les coloniaux : Le-\n alors, — s'il faut dire toute ma pensée, —         conte de Lisle, de souche castillane comme\n nous nous apercevrons qu'elle ne sera pas          Gautier, mais plus solennel et d'une fierté\n très sensiblement différente , quant à la          qu'on sait orgueilleuse d'avoir passé la\n forme, des poèmes d'hier et d'aujourd'hui.         « ligne » ; Léon Dierx, de souche mur-\n I1 n'y a jamais, en art, de brutale révolu-        cienne, c'est-à-dire indolent et le rêve amolli\n tion. Une forme ne se substitue pas brusque-       par la chaleur du Capricorne; enfin, José-\n ment à une autre comme le chemin de fer             Maria de Heredia, qui, pour mieux affir-\n aux pataches et le télégraphe à la petite          mer cette intellectuelle descendance, a tenu\n poste. L'évolution — car, en pareille ma           d'abord à être Espagnol de chair et de sang,\n tière, le mot progrès serait une hérésie —         et qui, en conquistador de la famille, repré-\n  se fait lentement, par nuances légères. Nous       sente le triomphe de l'Espagne tropicale.\n"}, {"page_pdf": 377, "texte": "                                            338\n\n   « Ce ne sont pas non plus ceux de sa         lonais ! » Admirons aussi l'espagnolification\ngénération qui contesteront à Francis Vielé-    de Leconte de Lisle, qui était un créole de\nGriffin la qualité de Français Ce ne sera ni\nEmile Verhaeren, gui est un Espagnol des        souche bretonne.\nFlandres, ni Henri de Régnier, qui, bien           Parmi les Espagnols créés par M. de\nque natif de cette contrée éminemment           Souza il y a peut-être quelques vaches....\nfrançaise dénommée jadis la Thiérache, est,     N'insistons pas !\navant tout, un Anglo-Espagnol des îles Bar-\nbades, se souvenant des côtes de Cuba aux          Et inclinons-nous devont le SEUL, l'ar-\nbords du lac de Windermere. Ce ne sera          chiseul, le seul entre les seuls, le toujours\npas non plus, comme on le verra, Saint-Pol-     plus seul poète français, qui est un Améri-\nRoux, qui n'est plus Espagnol, mais Mexi-       cain mi-parti, à la fois sudiste et nordiste:\ncain; Papadiamantopoulo et ses fidèles de\nla ligue « moréatique », qui sont Grecs et      le monopoète, l'épipoète, l'unicelte et l'om-\nfont de la Grèce une Macédoine; Stuart          nigalle F . V. G. !\nMerril, le poète joailler, évidemment New-\nyorkais ; Gustave Kahn, Oriental germa-                       Ah ! Griffin c'est\nnisé ; Albert Mockel, Adolpe Retté, A.-Fer-                   Le seul Français !\ndinand Hérold, dont les imaginations habi-                    Adieu fiston,\ntent différents points de la frontière alle-                  Lui dit Boston,\nmande.                                                        L'Alleghany\n   « Tous — et j'en oublie — constateront,                    L'a donc banni ?\nsans que cet aveu soit le moins du monde                      Philadelphie\nun blâme pour la nationalité de leur esprit,                  Le certifie\nque Francis Vielé-Griffin est, entre tous, le                 Et Baltimore\nplus pur, le SEUL poète français. »                           Fait pis encore.\n   M. de Souza est un joyeux fumiste. Son\nBaudelaire d'Aragon, — Pierre-Charles le\nCruel ! — son Banville l'Andaloux, l'Espa-\ngnol des Flandres et le mirifique Anglo-\nEspagnol des Barbades se trouvent ainsi\nmunis d'actes de naturalisation qui feraient\nenvie au célèbre pochard à qui l'on doit\ncette déclaration : « Je suis soûl, donc Po-\n"}, {"page_pdf": 378, "texte": "               Paul LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR           DE    LA     JEUNE          BELGIQUE\n                      3 1, rue des Paroissiens, 31\n                              BRUXELLES\n\n\n                 VIENNENT DE PARAITRE\n                        Fernand S E V E R I N\n\n      UN CHANT DANS L'OMBRE\n                                   POÉSIES\n                   Un volume in-32 raisin. Prix : 3 francs.\nIl a été tiré : 5 exemplaires sur papier du Japon des manufactures impé-\n                     riales, à                                fr.  12 »\n                15 exemplaires sur papier de Hollande Van Gelder.   6 »\n\n\n                         Edmond PICARD\n\n          VIE                SIMPLE\n    Nouvelle édition. Un volume petit in-12                  . fr.   2 »\n\n\n                          Paul     ARDEN\n\n       PAR LES CHEMINS\n             Un volume petit in-12    .   .   .   . fr.   2 50\n\n\n                   A. GALLOY & J. MOLLOY\n\n   AU P A Y S D E B E A U M O N T\n                             POESIES\n             Un volume in-18 jésus . .        .   . fr.   2 50\n\n\n                          Hubert KRAINS\n\n  HISTOIRES LUNATIQUES\n             Un volume in-18 jésus    . . . .      fr.    3 »\n\n\n                         Jules D E S T R É E\n\n    UNE CAMPAGNE AU PAYS NOIR\n"}, {"page_pdf": 379, "texte": "         Paul LACOMBLEZ, éditeur\n               31, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES\n\nArden (P.). Par les chemins . . . fr.     2 50    Itiberê da Cunha (J.). Préludes . . fr.    3 »\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et              Jenart (Aug.). Le Barbare                  2 »\n  roses                                   2 »     Jeune Belgique (Le Parnasse de la). .      7 50\nBrabant (V.). Notes de voyage . . .       1 »     Journal d'une ignorante : Sur les Golfes   1 50\nBloy(Léon). Le Pal (4 num.), très rare.   4 »     Justus Severus Africus                     1   »\n  Les 3 premiers numéros ensemble         1 »       Kahn (Gustave). Chansons d'amant . . 3 50\nBoschot (A). Faunesses et bacchantes,     1 50           —        Les Palais nomades . . 3 50\n             Matin d'automne . . .        1 50      Krains (H.). Histoires lunatiques . . 3 »\n     —       Rêves blancs . . ,. .        4 »       Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .      2 »\nBosiers E.). Harald-Roi                   2 »            —         Loth et ses filles . . .    2 »\nCarnet de chasse illustré                     15 » Landoy (Eug.). Evocations                   3 50\nCasier (J.). Flammes et flammèches . 1 50                —         Maître Martin . . . . 0 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . - . 3 » Lautréamont (comte de). Les Chants de\nCourouble (L.). Contes et souvenirs. . 3 50           Maldoror                                  350\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 » Lemonnier (C.) Paroles pour Georges\nDaCosta(C) Grammaire en portefeuille 0 50                         Eekhoud              0         50\nDaxhelet(A ) Pages de tendresse vague 3 50               —        Discours d'inauguration\n      —         Nou velles de Wallonie . 3 50         du monument Ch. De Coster, avec\nDe Coster (Ch.)- La Légende d'Ulen-                   extraits d'« Uienspiegel » et por-\n            spiegel                     . . 5 »       trait de Ch. De Coster . . . . 0 50\n      —          Légendes flamandes 3 50 Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\n                    (Voir Lemonnier.)                             (L'Intruse, Les Aveugles) 3 »\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50             —        La Princesse Maleine. . 3 50\n      —        Les Miroirs de jeunesse . 3 50            —        Serres chaudes . . . .       3 »\nDel vil le (J.). Les Horizons hantés           3 50      —         L'Ornementdesnocesspi-\nDe Haulleville (baron P.). En vacances. . 3 50                       rituelles                 4 \"\n      —        Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »        —        Les Sept Princesses . . 2 »\n      —       J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                   —        Pelléas et Mélisande. . 3 50\n                  talat chez les Civilisés. 4 »                       (Voir Emerson.)\nDemolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                   —        Les Disciples à Sais et les\n      —          Impressions d'Art. . . 3 »           fragments de Novalis. . . . . 4             »\n      —          James Ensor . . . .           3 » Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam . . 3 »\nDe Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 » Maubel (Henry). Miette                              2 50\nDe Régnier (H.). Le Bosquet de Psyché 2 »                — Etude de jeune fille . . 3 50\nDe Tallenay (J.). L'Invisible . . . . 3 50               —        Quelqu'un d'aujourd'hui. 3 50\nDesombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »                —        Une mesure pour rien         1 »\nDestrée (Jules). Journal des Destrée           1 » Picard (E.). El Moghrcb al Aksa . . 4 »\nDulac (Paul). Vingt-cinq sonnets . . 1 50                —        Scènes de la vie judiciaire 4 »\nDupont (A.). L'Envol des rêves . . .           2 »       —        Vie simple                   2 »\nEekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50               —        Imogène, 1 vol. format\n      —          La Nouvelle Carthage. . 4 »                          eucologe . . . . .       4 »\n      —          Les P'usillés de Malines . 3 50        .—         Comment on devient so-\n      —         Au siècle de Shakespeare. 3 »                         cialiste                 2 50\n      —          Kees Doorik                   3 50      —            Id. (édition populaire) 0 75\n      —          Kermesses                     5 » Pierron (Sander). Pages de Charité . 3 50\n      —          Mes Communions . . .          5 » Philopator Libres propos d'un belge. 1 »\nElskamp (Max). Dominical . . . .               2 » Pléiade (La). Première année (1889) . 3 »\n      —         Salutations, dont d'angé-           Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n   liques                                      3 50 Rodenbach Le Foyer et les champs . 1 »\n      —         En Symbole vers l'Apos-             Rommelaere (J) Ma semaine, 1892-93. 2 »\n   tolat                                       3 50      —         Ma semaine, 1894 . . .      2 »\nEmerson. Sept Essais, avec préface de               Severin (Fernand). Le Lys. . . . . . 2 »\n   Maeterlinck                                 3 5°         —             Le Don d'enfance . 2 »\nGalloy (A.). Au pays de Beaumont. . 2 50                 —         Un chant dans l'ombre . 3 »\nGarnir (Georges). Les Charneux. . . 3 50 Sigogne E.). Contes merveilleux . . 3 »\n      —          Contes à Marjolaine           3 50 Sluyts(Ch.). L'Appel des voix . . .        2 »\nGilkin (Iwan). Stances dorées . . .            1 «       —         Notes d'être                3 »\nGille(Valère) LeChâteau desmerveilles 2 » Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 »\nGiraud (Albert). Hors du siècle . . . 3 50 Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut. . . 3 50\n      —          Hors du siècle. II : Sous          Van Lerberghe (Ch.). Les Flaireurs . . 1 »\n                   la Couronne. Devant le           Verhaeren (E.). Les Apparus dans mes\n                    Sphynx. . . . . . . 3 00                          chemins                  2 »\n      —          Pierrot lunaire . . . .       2 »       —         Les Moines                  3 »\n      —          Pierrot Narcisse . . .        2 « Villiers de l'Isle-Adam. Premiè res Poésies 3 50\n      —          Dernières Fêtes. . . .        2 »                 M organe                     5 »\n      —          Le Scribe                     1 » Wagner (R.). L'Œuvre et la mission de\nHannon (Théo). Noëls fin de siècle . . 3 »             ma vie (derniers exemplaires) . . 4 »\n      —         Au pays de Manneken-Pis 4 » Waller (Max). La Flûte à Siebel. . . 3 50\nHanneuse (0 ). La Reine Aléna. . (souscrit).             —         Daisy . . . . . . .         3 »\n      —          Sorella                       2 50 X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé)\n\n                     Bruxelles. — Imprimerie V Monnom, 32, rue de l'Industrie\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1895-08-01", "preuve": "Août 1895, numéro 8, couverture PDF 336 ; aucun jour imprimé."}}