{"numero_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-201", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Sept.-Oct. 1895", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMA I R E", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 380, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 163, "texte": "Sept.-Oct.         1895.       TOME XIV. — Nos 9-10                        15 me Année.\n\n\n\n\nA\n   JEUNE\n                BELGIQUE\n                                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-202", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMA I R E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 380, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 163, "fin_caractere_exclue": 1710, "texte": "SOMMA I R E :\n        La Poésie nouvelle                       IWAN GILKlN.\n        Odelettes arlequines                     VALÈRE GILLE.\n        Sensations brugeoises                    ADRIEN GUILLON.\n        Vers                                     MAURICE CARTUYVELS.\n        Les deux exils                           FRANZ ANSEL.\n        L'Ogresse                                FRANCIS DE CROISSET.\n        Vers                                     VICTOR ORBAN.\n        Lamentable reculade ! . . . . . ....'. . IWAN GILKIN.\n        Le tombeau de Baudelaire                 ALBERT GIRAUD.\n        Charles Baudelaire                       ARNOLD GOFFIN.\n        Chronique littéraire :\n          La Faute de Mme Charvet; Le Grand Tri-\n             mard; Décors; Charité; Le Sceptique\n             loyal                               ARNOLD GOFFIN.\n        Chronique artistique :\n          Le Salon de Gand .■                    G. M. S.\n        Memento                                  NEMO.\n\n\n\n\n         REDACTION                                         BRUXELLES\n, RUE   DE LA   LIMITE,    BRUXELLES.                 PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                          3 I , rue des Paroissiens\n                                                                PARIS\n    NUMÉRO DOUBLE                                  GHAMUEL,      LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                         20, rue de Trévise\n        fr. i-5o.\n                                                                  1895\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-203", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Revue mensuelle de littérature", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quel est l'homme politique", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 381, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 378, "fin_caractere_exclue": 1172, "texte": "Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur       : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n              Directeur : IWAN GILKIN, 110, rue de la Limite.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n    Pour tout ce qui concerne l'Administration de la Revue, s'adresser\n                 à M. Hubert VAN DIJK, 65, rue Herry.\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris.\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-204", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quel est l'homme politique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 381, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1172, "fin_caractere_exclue": 1626, "texte": "Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 21, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-001", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 339, "page_fin": 346, "titre_corps": "La Poésie nouvelle", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "LA POÉSIE NOUVELLE", "ancre_fin": "IWAN GILKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 382, "page_imprimee": 339, "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 1754, "texte": "LA POÉSIE NOUVELLE\n\n\n                                            Dans la très intéressante Société nou-\n                                         velle du mois de septembre, M. R. de\n                                        Souza consacre un article à l'antagonis-\n                                        me actuel, en France, des poètes tradi-\n                                   tionnalistes et des novateurs. M. de Souza\n                                  multiplie dans cette étude les considérations\n                                étranges. Le point de vue auquel il se place\n                            est, par lui-même, assez singulier : il s'agit, pour\n                  lui, de savoir lesquels, des poètes traditionnalistes ou des\n                 novateurs, ont le mieux réussi à retrouver la poésie rusti­\n                 que ou la poésie populaire. (M. de Souza emploie indiffé-\n                 remment ces deux expressions.)\n                    Tâchons de débrouiller les éléments que renferme la\n                 thèse de M. de Souza.\n                    Il est utile de noter, tout d'abord, que le critique a con-\n                damné d'avance le vers classique et parnassien. C'est « un\n                 instrument sec et coupant, qui rase net les herbes folles,\n                fleurissantes, tond en boulingrins les prairies naturelles ».\n                 L'image est conçue dans un esprit évidemment hostile. M. de\nSouza s'en contente et ne prend point la peine d'exposer les motifs qui ont\ndicté son jugement. Il serait cependant injuste de lui en faire un reproche,\ncar il a publié un gros volume sur la versification française; il a le droit de\nne point revenir sur cette question et de considérer ses conclusions comme\n"}, {"page_pdf": 383, "page_imprimee": 340, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2874, "texte": "                                   — 340 —\n\n acquises à sa cause. Mais nous avons le droit de rappeler qu'à notre avisée\n livre est peu scientifique, qu'il conclut mal et qu'il n'a aucunement démontré\n que le vers traditionnel devrait céder la place à une versification nouvelle,\n    Réservons donc la question de la versification; au surplus, M. de Souza\n semble ne s'en préoccuper guère dans le présent article, qui a la prétention\n d'approfondir plutôt une question de sentiment et d'inspiration.\n    Selon M. de Souza, la poésie populaire « doit vivifier et rajeunir le lyrisme\n de France ».\n    Voilà une proposition importante qui mériterait d'être démontrée. Avant\nd'examiner comment s'opérera ce rajeunissement, l'auteur devrait prouver\nsa thèse principale. Il n'en fait rien. Il affirme ainsi, de sa propre autorité,\nque le lyrisme de France a besoin d'être rajeuni, qu'il le sera et que l'ins-\ntrument de cette renaissance sera la poésie populaire. Que telle soit l'opi-\nnion de M. de Souza, je le veux bien, puisqu'il le dit; mais pour que cette\nopinion devienne la mienne, j'en attends la preuve et j'ai beau lire son\narticle d'un bout à l'autre, je ne l'y trouve point, je n'y trouve pas même le\nmoindre renvoi à un ouvrage quelconque touchant cette importante ques-\ntion. Quel sera le résultat de cette omission fâcheuse? M. de Souza pourra\ns'évertuer, tant qu'il voudra, à me décrire l'opération du rajeunissement,\nil me donnera là-dessus les plus admirables renseignements et les plus judi-\ncieux conseils, que voulez-vous que cela me fasse? Il me restera toujours des\ndoutes sur la nécessité de ce rajeunissement, sur son utilité et même sur sa\npossibilité. Il ne m'en restera pas moins sur la désignation de l'agent par\nlequel il doit s'accomplir. Qu'importe tout le reste si ces indispensables\nprémisses ont été omises ?\n    La thèse de M. de Souza pèche donc par la base. Il a oublié de lui en\ndonner une. Nous pourrions nous arrêter ici et abandonner l'examen de\nces affirmations inconsistantes ; mais en poursuivant cet examen, peut-être\nrencontrerons-nous quelques pensées ou quelques faits de nature à jeter une\nlumière sur la querelle des traditionnalistes et des novateurs. Reprenons\ndonc, mais sans y accorder aucune créance, la proposition de M. de Souza\net voyons quels développements il a donnés à sa pensée.\n   La poésie populaire, dit-il, doit vivifier et rajeunir le lyrisme de France.\nMais comment le fera-t-elle? Il faut démêler avec soin deux procédés, car\nl'un est stérile et seul l'autre est efficace. « On a tendance à confondre, dit\nM. de Souza, ce qui s'inspire des motifs champêtres avec l'accent même de\nla spontanéité populaire. » M. de Souza condamne « l'imitation directe»,\ntelle que l'ont pratiquée MM. Theuriet, Lemoine et G. Vicaire, car c'est le\nprocédé des poètes traditionnels qui traitent des sujets populaires. Le salut\n"}, {"page_pdf": 384, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2640, "texte": "ne se trouve ni dans l'imitation directe des poésies populaires recueillies\ndans les collections du folklore français, ni dans la peinture directe des\nmœurs champêtres et des sentiments rustiques. Rien ne sert de « faire\nrevivre d'un dessin précis le bûcheron, le charbonnier, le tisserand, la bro-\ndeuse, en l'exact décor de leur vie... Ce sont des paysages et des tableaux\nde genre. Cela est plus peint que chanté, — et trop achevé dans le souci du\ndétail réel ».\n  Ici M. de Souza éclaircit par un exemple ce qu'il veut dire lorsqu'il parle\nde l'imitation directe des chansons populaires par les poètes traditionnels.\nUne chanson populaire dit :\n                                     Je chante le lourdaud\n                                     Qui m'a laissée aller ;\n                                     Quand on a la caille en   main,\n                                     Faut savoir la plumer.\n\n  M. G a b r i e l V i c a i r e d i r a :\n\n                                     La caille était dans ta main.\n                                              Oh ! la folle,\n                                              Qui s'envole.\n                                     La caille était dans ta main,\n                                     La reverras-tu demain ?\n\n                                     Il te fallait la plumer.\n                                                Oh! la folle\n                                                Qui s'envole !\n                                     Il te fallait la plumer,\n                                     Turlurette, et puis m'aimer.\n\n   La comparaison des deux versions est toute à l'avantage de M. Vicaire.\nD'une strophe gauche et informe, où le trait d'esprit est collé grossièrement\nau sentiment exprimé par les deux premiers vers, il a tiré une chansonnette\ncharmante. Champêtrerie à l'usage des gens du monde, dira-t-on. Soit,\nmais à moins d'être d'humeur à établir dans son salon une vraie vache et\nde vrai fumier, c'est de cette façon que les habitants raffinés de nos villes\nintroduiront dans leur âme les sentiments et les peintures de la campagne.\nComposez-vous donc d'authentiques paysanneries pour d'authentiques\npaysans? S'il en est ainsi, allez chanter dans les kermesses et les ducasses,\nà la porte de l'église, en vous accompagnant d'un violon ou d'un accor-\ndéon, mais ne publiez point vos vers chez Lemerre, en volumes de luxe que\nles citadins seuls iront acheter.\n   Abandonnons cette digression et revenons à M. de Souza. Précisément,\nil reproche à M. Vicaire comme à M. Theuriet et à leurs confrères de ne\nfaire que des pastiches ayant tous les défauts des pastiches. Parmi ces\n"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 342, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2865, "texte": "défauts « le principal est toujours le perfectionnement extérieur, le souci\n   de surpasser le modèle ». Et il conclut ainsi : « On finit par s'apercevoir\nque chez les poètes traditionnels cette imitation directe de notre poésie\npopulaire affirme uniquement des tempéraments spirituels et francs d'al-\nlure, simples, à la bonne franquette, comme disait l'avant-dernier recueil\nde M. Vicaire, et qui jouissent de la poésie sans trop d'exaltation, comme\nd'un bon vin. Leur campagne en faveur de nos chants rustiques n'a en\nsomme jamais été autre chose qu'une protestation de l'esprit réaliste\ncontre les rêves toujours plus ambitieux du véritable esprit lyrique. «\n   M. de Souza écarte donc l'imitation directe de la chanson populaire\nfaite en vers conformes à la versification traditionnelle, il écarte aussi la\npeinture plus ou moins réaliste des mœurs champêtres. Va-t-il recom-\nmander les sujets légendaires, les héros des cantilènes et des anciennes\népopées nationales, les Charlemagne et les Roland, le roi Arthur et les\nchevaliers de la Table ronde, les princes et les fées des vieux contes, Mélu-\nsine, Barbe-Bleue, Geneviève de Brabant ou le sire Croquemitaine? Non,\nM. de Souza, dont l'opinion est sur ce point singulièrement touchante,\nestime que le fonds légendaire de la France n'est pas assez riche. « Notre\n« cercle rustique du drame, de la féerie, de la légende, se resserre promp-\n   tement sur le poète qui y aventure sa haute inspiration lyrique. Il ne\n« s'élargit pas à l'infini comme les lieder devant les poètes allemands du\n« commencement de ce siècle. » — « Notre folklore, dit-il un peu plus\n« loin, témoigne d'une restreinte invention poétique et en échange d'une\na grande richesse d'anecdotes, de proverbes et de traits malicieux. Dans\n« l'art rustique de France le fabliau a tué la légende. Et c'est pourquoi les\n« poètes novateurs ont été tout de suite à court dès qu'ils ont voulu faire\n« revivre symboliquement un mythe populaire. »\n   On pourrait se demander si la matière est véritablement aussi pauvre\nque l'affirme M. de Souza ; on pourrait se demander encore si l'on a tenté\nde l'employer selon de bons procédés et si les essais ont été faits par des\nartistes doués des aptitudes nécessaires. Ce qu'un Henri Heine, un Gœthe,\nun Wagner ont su tirer des légendes, des contes et des chansons de l'Alle-\nmagne, un Heine français, un Gœthe français, un Wagner français ne le\nsauraient-ils tirer de nos chansons, de nos contes et de nos légendes? Est-ce\nla matière qui fait défaut ou bien est-ce l'artiste? M. de Souza n'a pas\nexaminé cette question. Il ne s'est pas demandé davantage si l'esprit fran-\nçais se prête aussi aisément que l'esprit allemand à ces opérations poétiques\net si le moment est opportun pour les tenter. Sur le point qu'il traite ici sa\ncritique est donc superficielle et dogmatique. Tout à l'heure il affirmait,\n"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2866, "texte": "                                 -   343   -\n\nsans aucune preuve, que le lyrisme de France serait vivifié et rajeuni par\nla poésie populaire; à présent il décrète, sans plus de raison, que ce rajeu-\nnissement ne se fera point en employant les légendes et les héros légen-\ndaires. Il se borne à énoncer des affirmations très contestables et il les tient\npour des démonstrations péremptoires.\n   Poursuivons. Comment donc la poésie populaire vivifiera-t-elle et rajeu-\nnira-t-elle le lyrisme de France? « Les poètes traditionnels, dit M. de\n« Souza, s'efforcèrent d'acquérir le sens de l'art populaire, pour ainsi dire,\n« par le dehors, par la préoccupation du sujet, par l'exactitude de la mise\n« en scène. C'est par le dedans que les poètes novateurs le retrouvèrent\n« d'instinct, tout d'abord sans y penser, par le seul fait d'une analogique\n« manière de sentir. »\n  Cela n'est pas très explicite. Voyons ce que M. de Souza entend par ces\nmots : « Retrouver le sens de l'art populaire par le dedans. »\n   Pour les poètes novateurs, dit-il, « lorsqu'un homme est secoué d'une\n« émotion vive, il n'enchaîne pas ses sensations comme un avocat ses\n« preuves, elles se succèdent et se mêlent, tantôt traversées d'un éclair qui\n« le fait mieux voir, en lui-même, tantôt ennuagé d'une brume mystérieuse\n« qu'il préfère ne point pénétrer. Si l'émotion est seulement plaintive, il\n« gémit en quelques mots vagues et expirants. De toute façon il ne coor-\n  donne pas une déclamation, il ne sait pas composer avec sa douleur ou\n« sa joie de l'éloquence, de la logique ou de la morale. Il sent simplement,\n« il n'obéit qu'à L'ART NATUREL (?) qui nous pousse à rendre, en toute son\n« éclosion sincère, notre émotion, pour qu'on l'accueille en sympathie. —\n« On l'a vu : c'est ainsi que le poète populaire comprend et traduit ce qu'il\n« éprouve; et le poète novateur s'allie encore à lui par le même dédain des\n\" règles trop rigides, qui gênent la nature, arrêtent l'élan, qui ne\n» s adaptent point à toutes les formes de la vie et du rêve.\n   Ce langage est obscur et ambigu Quelle est sa signification? L'auteur\nveut-il dire tout simplement que le poète n'est pas un avocat, un logicien ou\nun théologien? Il y a longtemps qu'on sait tout cela. Après Platon, Scho-\npenhauer a exposé au long et au large les différences qui séparent la connais-\nsance discursive de la connaissance intuitive et il a montré que c'est sur\ncette dernière que repose la pensée de l'artiste et du poète. L'auteur pro-\nnonce-t-il un plaidoyer en laveur de la poésie subjective contre la poésie .\nobjective? On le peut croire, car il fait, sans avoir l'air de s'en apercevoir,\nla description du poète subjectif. Mais il y a autre chose encore dans les\nphrases de M. de Souza et cette autre chose mérite d'être isolée, démasquée\net jugée avec une juste sévérité, comme nous le montrerons tout à l'heure.\n"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3119, "texte": "                                         -    344-\n\nPour l'instant, continuons notre recherche sur ce que M. de Souza appelle:\n« Retrouver le sens de la poésie populaire par le dedans. » Les textes ne\nmanquent point. Parmi les poètes novateurs, plusieurs, dit M. de Souza,\n  retrouvèrent le ton populaire en recherchant presque toujours au fond\nd'eux-mêmes l'être primitif qui en nous, à travers tous les raffinements,\ndemeure. Et ils ont exhumé surtout ses plaintes de bête blessée, tressaillant\net soupirant encore, malgré toute résignation ». Ailleurs, notre auteur parle\nde « l'instinct naturel, que ne retient aucun souci de rhétorique, aucune\nsuperstition de règles ». Ailleurs, il oppose les poètes novateurs à ceux qui\nont voulu mettre en œuvre les légendes ; il les félicite et déclare qu'ils ont eu\nraison « de se remettre seulement dans le sentiment populaire et de laisser\nla légende sortir de leur vie intérieure. » Qu'est-ce à dire? « Pour échapper\nà cette oppression latine qui n'a cessé de nous écraser... on ne doit songer\nqu'à soi-même, soi-même oublieux de tous les siècles et de tous leurs mythes\net s'ériger en personnage légendaire, dominateur ainsi des temps, dans une\natmosphère indéterminée. » Ailleurs encore on lit ceci :\n   Le tour de la poésie populaire comporte d'autres traits que la concision, la simplicité, la\nnaïveté sur lesquelles on insiste trop exclusivement. Il frappe d'abord par une brusque-\nrie d'attaque saisissante. Les sensations fortes vous prennent à la gorge ; et le poète popu-\nlaire chante comme on pousse un cri en se dégageant d'une étreinte. Joie ou douleur,\nmisère ou fête, états intermédiaires même de mélancolie ou tendresse, il n'éprouve et ne\nrend rien par gradation : tout éclate! Au courant de la poésie, les divers sentiments, les\nimages et motifs extérieurs qui les caractérisent se succèdent par à-coups, par sauts, sans\nexplications, sans transitions. E T LA PASSION VIVE MANGE LES MOTS, supprime\nles pronoms, les articles, tandis que répétant au contraire, de-ci de-là, sans cesse, l'expres-\nsion significative, SANS S'INQUIÉTER DE LA RIME NI MÊME DE L'ASSONNANCE,\nelle martelle le rythme ou le distend, au mieux de L'IMPRÉVU LYRIQUE.\n  Ainsi se traduit l'art populaire de tous les pays, même du nôtre. Il n'en est pas de plus\néloigné de la forme classique, de l'idéal latin.\n\n    Enfin, une note, mise au bas d'une page, nous apprend que, aux yeux de\nM. de Souza, « les contours trop arrêtés » des Petits Poèmes d'automne de\nde M. Stuart Merril « les éloignent un peu de la véritable inspiration popu-\nlaire ».\n    Arrêtons ici notre moisson de textes. De leur réunion la pensée de\nM. de Souza se dégage avec plus de netteté et l'on aperçoit enfin ce qu'il\nentend par ces mots « retrouver le sens de la poésie populaire par le dedans».\nC'est bien le lyrisme subjectif qu'il préconise Le lyrisme subjectif, le plus\nsubjectif possible est assurément recommandable, bien que le lyrisme objec-\ntif d'un Goethe ou d'un Leconte de Lisle n'ait rien à lui envier. Il est loisible\n de préférer l'une de ces formes du lyrisme à l'autre, mais entre subjectivistes\n"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2915, "texte": "                                 — 345 —\n\net objectivistes là querelle est, pensons-nous, sans issue; elle durera toujours\net chacun décidera en faveur de ceci ou de cela selon son tempérament et\nson goût personnel.\n    Mais M. de Souza ne se borne pas à préconiser le lyrisme le plus subjec-\ntif. Il parle aussi de la forme qu'il lui faut donner, tant dans la qualité des\nsentiments que dans le langage versifié. Au point de vue du sentiment, ou\nplutôt des sentiments, M. de Souza recommande de descendre jusqu'à l'être\nprimitif qui végète au fond de chacun de nous. Il faut abolir « la culture »,\nretrouver « cette compréhension supérieure qu'ont les bêtes parfois, et faci-\nment les simples ! » Faites entendre des plaintes de bête blessée ! — Gémis-\nsez en quelques mots vagues et expirants ! — Chantez comme on pousse un\ncri en se dégageant d'une étreinte !\n    Au point de vue de la forme du langage : Pas de coordination ! Pas de\ncomposition ! Rien que de « l'art naturel ! ! ! », c'est-à-dire l'absence de tout\nart, car toujours l'art corrige ou contredit la nature. Nul souci de rhéto-\nrique ! Aucune superstition des règles ! La passion vive mange les mots,\nelle supprime les pronoms et les articles, elle supprimera tout ce que vous\nvoudrez, la grammaire, la syntaxe et le reste, y compris le bon sens et la\nraison. Elle ne s'inquiète ni de la rime ni de l'assonnance; elle distend le\nrythme; sa règle, c'est « l'imprévu », c'est-à-dire le petit-bonheur, l'hasard\nde la fourchette! Surtout, pas de contours précis ! Soyez vague, soyez mou,\nsoyez flou! Bref, donnez une forme indécise à des sentiments incultes. Pra-\ntiquez donc un art artificiellement barbare, faussement primitif, car vous\nn'êtes ni des primitifs ni des barbares, et vous devrez faire d'incroyables\nefforts pour gratter la couche de civilisation que votre milieu, votre édu-\ncation, vos lectures ont déposée sur vous. Vous devez mentir à vos sens, à\nvos nerfs, à votre imagination, à votre savoir, pour faire le faux homme des\n bois, le faux sauvage, le faux simple que vous ne sauriez être. Et quand\n vous aurez accompli cette mensongère évolution à rebours, vous obtiendrez\n ce merveilleux résultat d'être méprisé par les vrais lettrés de votre temps,\n d'être absolument incompris du public et de n'avoir pour admirateurs que\n les détraqués de votre espèce et vos confrères en maladresse. Voilà ce qui se\n cache au fond de l'article de M. de Souza ; telles sont les réalités qui se\n dissimulent sous ses prédications fragmentaires et incohérentes. Est-ce là le\n langage qu'il sied de tenir sous le clair regard des Muses divines? Comment\n ose-t-on prêcher la déchéance dans la forme du langage et la déchéance\n dans les sentiments? Au lieu de nous entretenir dans le culte des efforts\n suprêmes vers les plus hauts sommets, on nous invite à descendre. On nous\n  convie à ramasser, dans l'herbe, la flûte des bergers; on oublie que la\n"}, {"page_pdf": 389, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2957, "texte": "                                     — 346 —\n\n  musique de notre siècle jaillit de l'orchestre compliqué et puissant d'un\n  Berlioz ou d'un Wagner. Qu'importe aux âmes de ce temps que vous\n  essayiez d'imiter le Jeu de Robin et de Marion ? C'est dans Parsifal, c'est\n  dans Tristan et Yseult que nous trouvons les hautes émotions de l'art et\n  l'idéal qui nous soulève, comme nous trouvons la poésie dans Hugo, dans\n  Leconte de Lisle, dans Baudelaire. Certes, nous n'avons pas oublié certaines\n  chansons, mais nos joueurs de flûte ne sont pas les vôtres. Il vous faut des\n  sauvages tirant d'une calebasse trouée des sons vagues, des meuglements\n  informes et sans art; nous honorons dans le passé lumineux de l'Hellade\n  ceux qui apprirent au monde à coordonner des pensées justes et des images\n  choisies et dont l'art simple renfermait les principes féconds et les lois\n  bienfaisantes qui ont permis aux grands hommes modernes de développer\n leurs vastes compositions en gardant un ordre admirable.\n     C'est le désordre que prêche involontairement M. de Souza; tout au\n  moins c'est à un relâchement de l'art, tant dans la forme que dans la\n  pensée, que nous conduit son article. Celui-ci a sa conclusion pratique. Il\n  célèbre les louanges des novateurs, c'est-à-dire des poètes qui pratiquent ce\n  qu'ils appellent le « vers libre » (on sait qu'ils désignent sous ce nom une\n  prose bizarre qu'on imprime en allant irrégulièrement à la ligne comme\n  dans les épitaphes). J'ai démontré ailleurs sur quelle aberration historique\n  est fondée ce soi-disant vers libre, dans lequel il n'y a d'ailleurs pas l'ombre\n  d'un vers; je ne reviendrai pas ici sur cette démonstration. M. de Souza\n lui-même identifie si bien le vers libre et la prose qu'il lui suffit de modifier\n 'la disposition typographique d'une tirade d'un drame de M. Maeterlinck\n  pour la métamorphoser ipso facto en vers libres. « La seule différence, dit-il\n  ingénument, qui sépare cette prose du vers libre, est dans le manque\n  d'intention'. » On voit s'il est aisé de faire la distinction ! Heureusement les\n  imprimeurs sont là pour manifester l'intention de l'auteur; s'il a écrit en\n  vers libres, on multipliera les petits alinéas à tort et à travers et nous saurons\n  à quoi nous en tenir. Le plaisant de l'aventure, c'est que jadis, dans son\n  livre Le Rythme poétique, M. de Souza a combattu le vers libre et s'est\n  agréablement moqué des vers-libristes en leur démontrant par des exemples\n  que grâce à leur petit truc typographique on pouvait découvrir des vers\n  libres partout. Et il imprimait, selon la recette, un passage de Stendhal. A\n  ce compte, le code de commerce est, si l'on veut, rédigé en vers libres. La\n  plaisanterie était vive et mordante; M. de Souza n'avait pas encore décou-\n  vert l'intention qui différencie le vers libre de la prose. C'est un incon-\n• testable progrès.\n                                                               IWAN GILKIN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-002", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 347, "page_fin": 361, "titre_corps": "Odelettes arlequines", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Valère Gille", "ancre_debut": "ELETTES ARLEQUINES", "ancre_fin": "VALÈRE GILLE", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 390, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1100, "texte": "ELETTES ARLEQUINES\n   A UN CONTEUR WALLON\n                             « Suis sire du vers joli. »\n                                    W A T R I Q U E T DE COUVIN\n\n\n Ami, c'est toi que je préfère.\n Toi, qui ne songes pas à faire\n          D'un fabliau,\n Assis sur de noirs apostumes,\n Vingt ou trente livres posthumes\n          In-folio.\n\n Toi, qui, dédaignant ce vieux texte,\n As pris seulement pour prétexte\n          Ta robe, et qui,\n D'un brin de thym, écris un conte\n Dans le gazon, assis sur Comte\n          Ou sur Blanqui.\n\n Chef de l'école buissonnière,\n Tu vas, rêvant dans la clairière\n           Où le bouvreuil,\n Sifflant Tilman et son étrille,\n Gazouille, vocalise et trille\n           Avec orgueil.\n\n Tout te rit : comme redevance,\n Mon joyeux marchand de Jouvence\n          Au cœur divin,\n Les lys t'offrent leur diadème\n A toi qui rajeunirais même\n          Charles Potvin.\n\n Enfant, ainsi que toi j'adore\n Les bois légers qu'un rayon dore\n          Et le vallon\n Où les merles et les mésanges\n Dans les bosquets chantent aux anges;\n          Je suis Wallon.\n"}, {"page_pdf": 391, "page_imprimee": 348, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1095, "texte": "             — 348 —\n\nMon cœur aussi chante matines;\nD'aubépines et d'églantines\n         Il est rempli;\nTout est en joie, et je puis dire\nComme Watriquet : Suis le sire\n         Du vers joli.\n\nHélas! nous sommes en décembre :\nLà-bas, au beau pays de Sambre,\n        Le noir bouleau\nQue la rafale froide étriqué,\nSur la berge, semble une trique\n        Au bord de Veau.\n\nEn lisant des choses bourgeoises\nJ'attends la saison des framboises\n          Qu'on cueille à deux ;\nAu coin du feu, triste, je rêve,\nPuisque les oiseaux sont en grève.\n         Aux grands ciels bleus.\n\nMais quand ce soleil qui s'endeuille\nA ura transformé chaque feuille\n         En rayon d'or.\nMon cœur vers Lobbes ou vers Mai\nComme la colombe de l'arche,\n         Prendra l'essor.\n\nMais en attendant, que ton livre\nDe sa senteur fraîche m'enivre!\n         Je me croirai,\nO soudaines métamorphoses !\nTransporté dans tes pays roses\n         Au lac moiré.\n\nCher magicien, tu m'évoques\nLes bois et leurs coins équivoques\n         Où le pinson,\nPrès de la fontaine dorée\nEgrène, en sautant, la rosée\n         Dans le buisson.\n"}, {"page_pdf": 392, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1149, "texte": "              — 349 —\n\nJe revois la jeune feuillée.\nEt plus loin, la forêt mouillée\n         Qui veut cacher\nDans le ravin où traîne une ombre,\nSous sa frondaison claire et sombre\n         Le vieux clocher.\n\nDes enfants tressent des guirlandes\nDe résédas et de lavandes\n         Au joli Mai,\nEt l'accordéon des dimanches\nRonronne dans les maisons blanches\n         Un air aimé;\n\nL'odeur du thym et des mélisses\nEmbaume l'air; mille calices\n        S'ouvrent    vermeils;\nTout est clarté, tout est silence,\nDans les courtils le vent balance\n        Les grands-soleils.\n\nO divin sourire! Tout chante\nTon bonheur, ta grâce touchante\n         Et tes amours,\nEt, dans mon extase, j'oublie\nQue l'Art moderne se publie\n         Tous les huit jouis.\n\n\n  PROJECTION LUMINEUSE\n                                            « Il a éclairé! »\n      (Les demoiselles de Bienfilâtre.) VILLIERS DE L'ISLE-ADAM\n\n\n  Trompe-moi comme l'Idéal\n  Ma chère maîtresse folâtre,\n  Que m'importe! mon cœur féal\n  Pour son seul plaisir t'idolâtre.\n\n  Et d'ailleurs tu n'existes pas.\n  Tu nes qu'une ombre que je crée,\n  Quelque chimérique repas;\n  Mais ce jeu subtil me récrée.\n"}, {"page_pdf": 393, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1145, "texte": "           — 350 —\n\n Le monde est la toile de fond,\n L'esprit la lanterne magique\n Projetant des ombres qui font\n Un univers     fantasmatique.\n\n Mais je veux encor t'admirer\n O chère! que tant j'idolâtre.\n Apparais! Je vais éclairer\n Mademoiselle  Bienfilâtre.\n\n\nAU POÈTE : ALBERT GIRAUD\n Adieu noble, sainte Harmonie\n Que chantait l'Hellade bénie,\n Adieu! ton temple est déserté.\n Esprits ténébreux, les esthètes\n Ivres de monstruosité,\n Ont remplacé les purs Poètes ;\n Ils t'on reniée, ô Beauté!\n\n Leur âme ballotte avilie\n A u vent rageur de la folie\n Où se mêlent leurs cris de paon.\n Pour rythmer leur déséquilibre\n Apollon s'est fait œgipan\n Et leur enseigna le vers libre\n Qui nous perfore le tympan.\n\n Tous les démons du moyen-âge\n Dans leur cerveau tiennent ménage;\n Ah! quel affreux et noir silo!\n Un peuple de larves y grouille ;\n Leur soleil n'es plus qu'un halo.\n Ils préfèrent une gargouille\n A notre Vénus de Milo.\n\n Mais toi, Poète, ô noble cygne!\n Qui de ce nom es encor digne,\n Terrassant le monstre dompté,\n Pour purifier l'art tragique,\n Maître, de ton cœur exalté,\n Fais jaillir la flamme magique\n De ta puissante volonté.\n"}, {"page_pdf": 394, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1064, "texte": "             — 351 —\n\n  Et cependant que la nuit monte,\n  Couvrant pour tout jamais la honte\n  De ces dangereux forcenés\n  Qui, par leur furieuse Muse\n  Au Sabbat des fous entraînés,\n  Font éclater leur cornemuse\n  En hurlant comme des damnés,\n\n  Toi, dédaigneux de la menace,\n  Debout au sommet du Parnasse\n  Qui domine l'immensité,\n  D'un suprême et hautain sourire\n  Méprisant le flot démonté,\n  Comme le divin Porte-lyre\n  Tu te dresses dans la clarté.\n\n\n           L'HORLOGE\n\nMidi sonne. L'horloge s'ouvre.\n        C'est un manoir;\n        Viens vite voir\nLes beaux jardins, le joli Louvre.\n\nTous les carillons tremblotants\n        Gazouillent l'heure\n        Dans la demeure\nDu vieux seigneur chenu, le Temps.\n\nMille, mille marionnettes\n         En sautillant,\n         En pétillant,\nSortent, prestes, de leurs logettes.\nVoici que du léger donjon\n         La porte grince :\n         Un petit prince\nAccourt, tourne, fait le plongeon.\n\nSur une des tours, le coq chante (1).\n         Le portier roux,\n        Plein de courroux.\nFait entendre sa voix méchante.\n"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1035, "texte": "              — 352 —\n\nTrois jeunes filles blondes font\n         Un tour de danse,\n         La révérence,\nEt, brusquement, passent le pont.\n\nCe bel enfant aux habits roses\n        Tout éclatants,\n        C'est le Printemps\nSemant des perles et des roses.\n\nMais l'Hiver maussade le suit,\n        Et puis encore\n        La blanche Aurore.\nLe Jour tout bleu, la sombre Nuit.\n\nTandis que de vives bergères\n        Sous les bosquets.\n        Font des bouquets\nD'anémones et de fougères,\n\nSoudain paraît au belvéder\n        Un bon gros moine\n        Rouge-pivoine\nQui se déguise en Demolder ;\n\nPareil à quelque flamme rousse,\n        Immensément,\n        Le Juif errant\nSuit Verhaeren qui se trémousse,\n\nCependant que grince à l'écart,\n         Et pirouette\n         En girouette.\nPailleté d'or, Edmond Picard.\n\nUne ombre d'une ombre est suivie.\n        Ce qui brilla\n        S'éteint; voilà\nL'image exacte de la rie :\n\nDes marionnettes qui font,\n         En beaux atours,\n         Trois petits tours,\nTrois petits tours, et puis s'en vont.\n"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 353, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1081, "texte": "               — 353 —\n\n  Aussi, de ce rêve éphémère\n           Qui dans la nuit\n          S'évanouit,\n  Ombre fuyante et mensongère,\n\n Sachons, amants de la Beauté,\n          Fixer l'essence.\n          Noble espérance\n D'une divine éternité.\n\n\n    LES FEMMES SAVANTES\n\n Déjà le ciel nacré s'argente,\n          La forêt chante ;\n Partout les fleurs ouvrent leurs yeux    :\n Dans le ravin, dans la prairie\n          C'est la féerie\n D'un clair matin prestigieux.\n\nDans les bois, les vallons, les gorges,\n         Les rouges-gorges\nGazouillent en chœur, par milliers;\nLes leucanthèmes dans les herbes\n         Dressent leurs gerbes.\nCest la fête des écoliers.\n\nQue tous les Coqs-rouges avides\n         De beaux subsides\nMoisissent comme des dossiers\nDans les antichambres austères\n         Des ministères\nSous l'œil paterne des huissiers!\n\nMais nous, fous d'amour et d'eau claire,\n         Chantons lanlaire!\nDéjà le petit dieu malin\nT'invite aujourd'hui, chère amante.\n         Viens! mets ta mante\nEt ton bonnet. Près du moulin,\n\nJe sais une épaisse feuillée\n         Ensoleillée.\n"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 354, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1116, "texte": "             — 354    -\n\nAssis dans le gazon soyeux,\nNous ferons rougir les cerises ;\n         Les folles brises\nEmporteront nos cris joyeux.\n\nC'est un coin caché dans les charmes\n          Et plein de charmes ;\nL'on n'y voit point, l'air fatigué,\nDes Anglaises au bord des routes\n          Faire des croûtes.\nMoi, j'aime mieux ma Mie, ô gué!\n\nHélas, hélas! pauvre chimère!\n         L'étude amère,\nSous la garde d'un charlatan.\nRetient à son cours de chimie\n         Ma tendre amie.\nMais où donc est l'Eros d'antan'!\n\nOù donc es-tu, fière amoureuse,\n         Franche et rieuse\nQui, libre et les regards ardents,\nLoin d'apprendre la botanique,\n         Faisait la nique,\nCroquant la pomme à belles dents.\n\nPleure à jamais, François Coppée,\n         Cette équipée!\nRosalinde a mis des bas bleus ;\nEn chapeau pointu     d'astrologue,\n         Elle épilogue\nSur certains tissus vasculeux,\n\nSur les lobes et les méninges\n          Ou les grands singes ;\nSans faiblir, elle vient à bout\nDe Darwin et de l'œuvre entière\n          De Brunetière,\nEt de Comte à dormir debout.\n\nMimi Pinson célibataire\n       Au front austère\n"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1090, "texte": "             — 355 —\n\nBien mieux que Potvin sait le grec,\nMais ne souffre plus qu'on l'embrasse.\n        Elle est de glace;\nNous déjeunerons au pain sec.\n\nQuelle triste métamorphose!\n          Quand on lui pose\nLa question de cabinet,\nElle t'envoie — ô l'incivile!\n          Dîner en ville\nEn tête à tête avec Ohnet.\n\nEspérant forcer la consigne\n         Comme le Cygne,\nSi tu voulais, un beau matin,\nBraver l'honnêteté, rebelle,\n         Et toujours belle\nLéda répondrait en latin.\n\nPoète, ici tu n'as que faire.\n         Ninon préfère\nDes docteurs chauves ou tout blancs\nQui disent, en termes suaves,\n         Des choses graves,\nEspérant qu'ils seront troublants.\n\nEt quand, loin de tout piano,\n         Au Sesino,\nLas seul! nous prenons un vermouth,\nVerhaeren fol et frénétique\n         Lui communique\nPar à travers tout, Wolgemouth;\n\nEt des demoiselles posthumes,\n         Perdant leurs plumes,\n— Ah! les trop vieux serments        d'amour!\nLui lisent avec commentaire\n         Monsieur Voltaire\nSous un gigantesque abat-jour.\n\nCessez chansons, rondes   légères;\n        Adieu bergères\n"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1154, "texte": "                — 356 —\n\n  Qui dansiez au sommet du mont!\n  Nous n'irons plus cueillir, Lisette,\n           La violette.\n\n\n   Oh! le gâtisme de Gamond.\n\n\n        LES JEUNES FILLES\n\nLa brise s'éveille et dans les buissons\n        Rient ses frissons;\nDans le ciel léger la clarté changeante\n        Doucement s'argente.\n\nLe long des maisons glisse le soleil;\n         Voici le réveil ;\nLa belle-de-jour ouvre sa corolle,\n         Le ramier s'envole.\n\nLa rumeur grandit. Partout dans les champs\n         De timides chants\nSélèvent avec la vive alouette,\n         Avec la fauvette.\nLe ciel est en joie, et le brouillard bleu\n         Devient rose et feu;\nLe joyeux coucou, dans chaque demeure,\n         A gazouillé l'heure.\n\nOn ouvre la porte et les volets     verts;\n         On voit à travers\nLes grappes de fleurs, les frêles    ramilles\n        Des pâles charmilles,\n\nPrès d'une fontaine, entourés d'enfants\n         Aux yeux    triomphants,\nDes adolescents et des jeunes filles\n         Tressant des jonquilles.\n\nAlors celles-ci, parmi les bosquets\n         Cueillent des bouquets,\nOu baignent leurs mains et leur chevelure\n        Dans la source pure;\n"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1131, "texte": "               - 3 5 7 -\n\nOu parfois encore, autour des pommiers\n       . Remplis de ramiers.\nEn groupes fleuris, en guirlandes blondes\n         Entraînent leurs rondes;\n\nEt leur robe d'or, d'azur ou dargent\n         Au reflet changeant,\nPlus légèrement qu'une campanule\n         A la brise ondule.\n\nMais le soleil monte et l'ombre des fleurs\n        De mille couleurs\nVoltige en rayons, danse, glisse, joue\n        Sur leur tendre joue,\n\nS'échappe et, parmi le treillis du mur\n         Et le raisin mûr,\nEn poussière d'or, d'azur, d'écarlate\n         Tout à coup éclate.\n\nDe tiges d'iris, de glaïeuls, de lys,\n         De volubilis,\nDe rouges sorbiers, de feuilles dorées,\n        Maintenant parées,\n\nPortant des rameaux roses de laurier\n         Tressés de mûrier,\nSous les verts berceaux des vignes qui    tremblent\n         Elles se rassemblent.\n\nElles ont franchi, fières de leurs yeux,\n         Le courtil joyeux;\nSoudain, par milliers, de leurs lèvres folles\n         Volent les paroles,\n\nPlus nombreuses, plus légères encor\n        Que les feuilles d'or\nQue le vent d'automne, un matin emporte\n        Parmi l'herbe morte.\n"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1069, "texte": "             — 358 —\n\n\n\n\n        BANQUEROUTE\n\nA des vierges au regard pur\nRépéter sans cesse : Je t'aime!\nEt broder des phrases d'azur\nSur cet invariable thème,\n\nComparer leurs yeux au lotus,\nEt leurs lèvres à des cerises,\nAh! je connais le prospectus,\nCe sont toujours les mêmes crises;\n\nToujours la même scène enfin,\nToujours les mêmes métaphores :\nTes cheveux sont d'or le plus fin,\nEt tes hanches sont des amphores.\n\nMais avec plus ou moins d'accent\nNous jouions cette comédie,\nBien que l'acte fût agaçant\nEt que l'ardeur fût   refroidie.\n\nIl le fallait. Tous les matins\nLe Seigneur tirait les ficelles ;\nAlors nous, les pauvres pantins,\nNous songions à ces demoiselles.\n\nEt sur nos terrestres   tréteaux,\n— Sachant bien que c'était des planches -\nAffublés de vieux oripeaux,\nNous récitions des proses blanches\n\nComme celles de Rodenbach,\nPrenant d'extravagantes poses.\nNous avions l'air d'un almanach :\nCétait toujours les mêmes choses.\n\nLe Seigneur avait beau tirer\nPlus rageusement les ficelles,\nEt nous, les tristes.' nous livrer\nA des grimaces plus nouvelles,\n"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1124, "texte": "             - 359 —\n\nLe public ennuyé ronflait;\nEn vain corsa-t-on le spectacle\nDe quelques coups de pistolet ;\nCe fut la suprême débâcle.\n\nEt comme la science pour\nBrunetière que tout déroute,\nSans nous avertir, un beau jour\nLe théâtre fit banqueroute.\n\nMais avouons que le décor\nDe notre théâtre, le Monde,\nNe pouvait plus donner encor\nLa moindre illusion féconde.\n\nTout était noir et lézardé,\nLes acteurs ânonnaient leur rôle;\nPlus d'épisode hasardé,\nAlphonse Allais n'était plus drôle.\n\nSarcey pour ce mélo carton\nN'aurait trouvé la scène à faire,\nEt Verlant dans son feuilleton,\nEût été, ma foi, somnifère.\n\nLe Maître alors leva le pied,\nAprès nous avoir mis en gage\nEt touché le rouble papier\nQu'il méritait pour son ouvrage.\n\n Vers des mondes supérieurs\nIl a filé comme une étoile.\n Trouvera-t-il d'autres rieurs\nPour dérouler encor sa toile?\n\nQu'au plus vite il s'en aille ailleurs,\nSoit exploiter les vielles lunes,\nSoit monter ses bateaux de fleurs\nDans des sphères plus opportunes.\n\nBlasphémons comme un Rodomont,\nCe Grand Régisseur sans naissance.\nO Piété! tu n'es qu'un mont,\nMais hélas ! sans reconnaissance.\n"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1002, "texte": "            — 360 —\n\nEt nous, allons chez le Grand Turc\nOffrir nos plus loyaux services.\nSi l'on n'y croit plus au grand truc,\nOn croit du moins à quelques vices.\n\nLà, nous serons fort bien nourris.\nEt qu'Allah, le Dieu des aimées,\nNous donne de jeunes houris.\nEt le moins possible calmées.\n\nIci, Nordau semble malin ;\nNotre cœur n'est plus qu'un viscère;\nLes poètes pillent Merlin,\nIwan Gilkin seul est sincère.\n\nEt l'amour tombe en discrédit,\nOn annonce des cataclysmes ;\nLes femmes ne font plus crédit,\nOn ne coupe plus dans les isthmes.\n\nDes maux, des maux, des maux!        L'amour,\nQu'il soit Thaïs ou Léonie,\nNe vaut jamais le calembour\nQui soulage ton ironie.\n\n\n          AU MATIN\n\n      Le brouillard se lève :\n      Un pays de rêve\n         Gris-perle et bleu\n      Tout à coup s'allume\n      Au loin dans la brume\n         D'or et de feu.\n\n      Le ciel se découvre;\n      Le soleil entr'ouvre\n         Un éventail,\n      Parmi la clairière,\n      Dans une poussière\n         De fin corail.\n"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 811, "texte": "       — 361 —\n\n La forêt mouillée\n S'est ensoleillée\n     De diamants,\n Pleine de rayons\n Et de papillons\n     Fous et charmants.\n\n Les divins royaumes!\n Traversant les dômes\n     Des hêtres clairs,\n L'azur s'éparpille,\n Sautille et pétille\n     En mille éclairs.\n\nLes feuilles du tremble\nSargentent : il semble\n   Que des frissons\nDe lumières blanches\nCourent dans les branches\n   Jusqu'aux buissons.\n\nSoudain la rosée\nÉclate en fusée\n   Dans la forêt ;\nLes geais et les merles\nFont jaillir des perles,\n   Et l'on dirait\n\nQue les scarabées\nAux ailes bombées\n   Sous le couvert,\nTirent par caprice\nUn feu d'artifice\n   Bleu, rose et vert.\n\nDans la quiétude\nDe la solitude,\n   Sur les fleurs d'or,\nSeul, un oiseau chante :\nC'est ton cœur, méchante,\n   Qui raille encor.\n\n                            VALÈRE GILLE"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-003", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 362, "page_fin": 365, "titre_corps": "Sensations brugeoises", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Adrien Guillon", "ancre_debut": "SENSATIONS BRUGEOISES", "ancre_fin": "ADRIEN GUILLON", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS SAINT SIMON", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 405, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 2699, "texte": "SENSATIONS BRUGEOISES\n                                                       A M. ARNOLD GOFFIN\n\n\n              Un côté de Bruges l'attirait toujours avec une particulière insis-\n                tance, lui faisait presser le pas et négliger les vieilles rues,\n                c'était l'onde hypnotisante du Minnewater, où la quintessence\n                du paysage dormait, constellée de nénuphars, dans une eau\nverte. Le fascinant miroir, brodé de plantes aquatiques, enfermait l'âme\nmerveilleuse d'un site, où parmi de grands pans d'arbres ascendants et des\npeupliers mystiques isolés, montaient les trois tours séculaires de Notre-\nDame, de Saint-Sauveur et du beffroi. Avec ses grandes lignes, austères et\nraides comme des moines, debout dans leur bure; jaillissantes comme des\nélancements de foi extatique, le lieu exprimait éloquemment les postulations\nardentes d'un-moyen âge agenouillé. Seule, la tour du beffroi détonnait\ndans cet ensemble, pareille à un sourire ambigu et profane ; svelte et cou-\nronnée, évoquant je ne sais quelle figure de reine accueillante et protectrice,\ndont la grâce obsédante vous poursuit et vous pénètre, come un sortilège.\nA mesure que l'on marche, les yeux la rencontrent à tout moment, dans\nune soudaine déchirure d'arbres ; dominant la dentelle vétusté des vieux\npignons, au fond d'un canal abandonné, où son reflet brusquement plonge,\nsous la surface d'une eau léthargique. Et René songeait, en continuant sa\nflânerie, tandis que la tour le poursuivait de la sorte : « Tu fus autrefois\nl'insidieuse sirène ; celle qui hélait vers ici les lourdes galères hanséatiques,\nvictorieuses enfin des colères stridentes et convulsées de l'océan, pour y\ncouvrir les quais de leurs inestimables cargaisons. »\n   Une des beautés décisives de Bruges, et ce qui produit toute la magné-\ntique puissance de son charme, ce sont les vieux canaux qui s'allongent\npar toute la ville et dorment vitrifiés, emprisonnant dans leur tain immo-\nbile et plane, le surgissant souvenir de sa défunte opulence. S'appuyant au\nparapet effrité d'une arche, le rideau écarté d'un frissonnant feuillage,\nployant ses guirlandes d'or vert au-dessus de l'eau torpide, Raimbaud se\ndisait que ce qu'il voyait miré là, projeté en ce canal comme dans jadis,\nétait la réelle Bruges. De ce miroir céruléen, où des végétations émergeaient\nen une flottille dérisoire de feuilles, émanait, vêtue de songe et de soleil, la\nfantômale image d'une ville en allée, renaissant, pierre à pierre, de la\nmémoire. N'était-ce pas l'unique Bruges, que cette abstraction de sa réalité\nprésente ; que ce lointain reflet couché entre ses quais parallèles, comme au\n"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2710, "texte": "                                  — 363 —\n\n fond d'un inoubliable reliquaire. Et l'esprit, mis en sa présence, ne pouvait-il\ntenter l'entière et capiteuse possession de son passé, submergé là? Tandis\nque se juxtaposait, dans son cerveau, aux impressions reçues, une affluence\nd'idées évocatoires, et qu'il s'incorporait toute l'âme de la ville morte, un\ncygne glissa, royalement beau, qui déchira et brisa la vision de son sillage,\ncomme un diamant strie une vitre.\n   Dans l'air brusquement s'essaimaient les notes du carillon, éployées en\nun vol d'ailes tintinabulantes, se heurtant à la musicale paroi d'un illusoire\ncristal. Sur toute la ville descendait, comme pour s'y poser, l'essaim enche-\nvêtré des notes grêles, trouant le silence d'une lumineuse neige de sons,\npareille, eût-on dit, au soleil tombant de feuille en feuille, à travers le dais\nrutilant des arbres.\n   Raimbaud souriait d'enfreindre par un pas d'homme indifférent, le\nmagique pouvoir de cette musique, qui l'aurait rivé immobile au bord de\nl'eau, sans le proche et attirant jardin calme du Béguinage.\n   Comme un arc de triomphe ingénu, se dresse la porte hospitalière, avec,\nsous la niche d'une statuette de vierge, des fleurs et des fruits sculptés en\nguirlande, et ces mots de ferveur et d'espoir, brillants comme des cierges :\nOrapro Nobis. Révélateur d'un abri sûr et d'un parvis silencieux, un mot\ns'ajoute encore à ceux-là, qui prévaut par son impérieuse douceur : Sau­\nvegarde. Il signale le havre grand ouvert qu'est-ce lieu, où se réfugient,\nsous l'aile invisible d'un ange, des femmes vieilles, pour y savourer un avant-\ngoût du paradis, dans une ambiance d'encens, de verdure, d'oiseaux et de\ncloches.\n   L'entrée ouverte découvre, en perspective, un chemin de silence, bordé\nd'une rangée d'identiques et muettes maisons, solidaires, en quelque sorte,\nd'un besoin, partout le même, d'effacement et de calme. Depuis la voûte\ndu corridor jusqu'au bout du religieux enclos, l'air s'immobilise devant les\ndemeures uniformes, dort à l'égal des canaux emplis de songe. Et l'on se\nfigure, au fond des logis centenaires, les vieilles femmes se confrontant\nobstinément à leur passé, comme la ville aussi se mire dans ses léthar-\ngiques miroirs.\n   Au sortir du corridor, une joie forte résultait, chez Raimbaud, de cette\natmosphère pacifiée, soudain élargie sur un décor d'efficace fraîcheur, tout\nen gazon et en feuillages, rehaussés par le pourtour rectangulaire des\nmaisons blanches. Festonnant le ciel candidement bleu, les branches balan-\ncées secouaient leur goupillon de lumière, sur l'herbe haute et drue, où\ns'éteignaient à peine de fastueuses perles.\n   Tandis que ses pas le menaient au long des demeures closes, René ne\n"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3001, "texte": "                                    — 364 —\n\n se souvenait guère d'avoir antérieurement vu le Béguinage; sousles caresses\n alternées de la brise et du soleil, par un chemin de branches bénissantes,\n lui semblait nouveau ce lieu unique de dilection, onctueux d'une joie sans\n amertume, où l'on se sent tellement, oh! tellement loin de la rancœur!\n    Les fenêtres, quasi toutes semblables, qui répétaient, de maison en mai-\n son, leurs croisées vertes à petites vitres, attiraient son regard, une à une,\n comme de naïfs reposoirs, où son esprit s'attendrissait. Circonscrite par les\n malheurs, une vie désemparée drapait là, sur son ultime phase de silence,\n des rideaux d'une immaculée blancheur ; arrosait et veillait d'humbles fleurs\n éclatantes, avec cette même sollicitude émue de jardinière, qu'elle devait\n apporter, sans doute, aux soins assidus de sa frileuse âme.\n    En longues songeries, écoutant les piaillements étouffés des oiseaux en\n séquelles; suivant des yeux, dans la cour, les descentes rectilignes des\n colombes et leurs brusques envols effarouchés, s'achevait cette existence de\n recluse, dans la maison du souvenir. Retours vers le passé, à pas hésitants\n de vieille, retours vers d'autres maisons : la paternelle et la nuptiale,\n retours vers des baisers d'enfant et d'épousée, les joies, si douces après long-\ntemps, si calmes après longtemps, ressuscitaient au long des lents pèleri-\n nages. Génuflexions, devant d'adorables et émouvantes reliques, au fond des\n anciens jours ressurgis, c'étaient elles qu'on vénérait : les bonnes joies per-\n pétuées, pénétrant la mémoire de leur parfum d'amour et de simplesse.\n Puis croulaient, en grands pans d'écrasants nuages, sur la gloire du soleil,\n les heures indiciblement noires, exterminatrices de ces pauvres joies râlantes.\n Eternités douloureuses que ces lointaines heures d'agonie, si lourdes encore\n à se remémorer : heures jadis subies, seconde par seconde, dans l'anxieuse\n attente, en face du vacillement éperdu d'une vie près de s'éteindre. Ténèbres\n denses, grandes ailes immenses de la mort, l'irruée des larmes, ensuite, à\n travers la certitude qui s'était faite, tout le ciel miséricordieux qui s'était\n muré, le long jaillissement des larmes avait agrandi la douleur en nostalgie\n pesante. La certitude était là, de glace et inflexible, qu'il avait fallu s'affir-\n mer encore, en couchant son amour dans le cercueil, en le couvrant de\n suprêmes baisers, stériles et amers.\n   « Bonnes âmes, se disait René, il vous faut le silence et le calme, l'efficient\ndictame de cet air tranquille, pour que se cicatrisent lentement vos lanci-\nnantes plaies! Afin que la foi descende claire et roborative en vous, comme\nJe soleil ruisselle aussi, de la croix dressée de vos fenêtres, il vous faut la\npaix d'ici, sereine et ineffable. Troubler ce silence qui amortit vos souve-\nnirs douloureux, où derrière des cloisons de quiétude, s'est épanouie votre\nrésignation, semble un sacrilège qu'on n'oserait commettre, tant le calme\n"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 471, "texte": "                                — 365 —\n\nest contagieux de ce lieu, où lentement vous allez à la dérive, vers ce que\nvous présumez un océan d'amour inextinguible. »\n   Il sembla à René, qu'il restituait au jardin du Béguinage en le quittant,\nle prestige sacré de son entière solitude, un moment peuplée des pas discrets,\nétouffés dans l'herbe, de son intruse flânerie.\n                                                    ADRIEN GUILLON\n\n\n\n\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-004", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 365, "page_fin": 367, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Cartuyvels", "ancre_debut": "VERS SAINT SIMON", "ancre_fin": "MAURICE CARTUYVELS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LES DEUX EXILS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 408, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 471, "fin_caractere_exclue": 1604, "texte": "VERS\n                            SAINT-SIMON\n\n        Dieu, dont il faut bénir les desseins précieux,\n        Voulut que cette nuit le Dauphin rendît l'être;\n        Les carrosses royaux perdent leur futur maître\n        Et le clergé de France un fils dévotieux.\n\n        Or, dans le long couloir, noir d'un monde anxieux,\n        L'aube, glacée et blanche, entre par la fenêtre ;\n        Et la joie ou l'horreur que cette mort fait naître .\n        Brûlant dans tous les cœurs, éclate en tous les yeux.\n\n        Le Roy pleure à sanglots, consolé par Mesdames;\n        Et, fier, enrubanné du jabot au jarret,\n        Le duc de Saint-Simon, bouche et nez en arrêt,\n\n        Humant un vent de cour chargé d'odeurs de drames,\n        Savoure, sous un air d'hypocrite intérêt,\n        L'immense volupté d'analyser les âmes.\n\n\n                          DON Q U I C H O T T E\n\n                       (TRISTESSE A L'AUBERGE)\n\n        Dans la posada rance et fumeuse, tandis\n        Que ricanent valets poisseux et maritorne,\n        Le vieux preux harassé satisfait sa faim morne,\n        Du bout d'un vain poignard piquant quelques radis.\n"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1631, "texte": "                     — 366 —\n\nPrès de ces fronts obscurs de manants alourdis,\nSon front d'un douloureux reflet de fierté s'orne\nEt, collé tout songeur à la vitre de corne,\nSemble un masque de Roi perdu dans un taudis.\n\nHélas! Par l'âge instruit, le héros de Cervantes\nNe voit plus l'infini dans l'œil bleu des servantes\nEt ne s'exalte plus pour des moulins à vent;\nMais, filant sur son nez héroïque en bec d'aigle,\nUne larme brûlante et distraite, en rêvant,\nVient mouiller le croûton de rude pain de seigle.\n\n\n               ADIEU AU NAVIRE\n\nUn navire inconnu, déployant sa voilure,\nEt qui fuit, pavoisé de splendeur et d'espoir,\nAu rythme du flot vert balançant son allure.\nTrempe ses mâts pointus dans l'or rouge du soir.\n\nVers quelques deux lointains que le vent vous emmène\nO matelots cuivrés et vous, blancs passagers!\nVous portez le fardeau de la grande âme humaine\nEt je salue en vous des frères   étrangers.\nCœurs semblables au mien! L'amour de l'aventure\nVous emporte, ô sondeurs de deux    inexplorés!\nComme des écureuils que leur cage torture,\nDans un cercle tournant d'horizons colorés.\n\nVainement, chaque jour, pèlerins en voyage\nVers un but qui recule au fond de l'infini,\nVotre œil désabusé voit fondre le mirage\nQui vous montrait le ciel à la mer réuni;\n\nDu firmament des nuits, cher aux âmes pensives,\nEt des larges soleils de cuivre incandescent,\nUne pluie invisible aux gouttes corrosives\nDistille l'éternel Désir dans votre sang.\n\nEt, prisonniers de l'onde orageuse ou sereine,\nCœurs hâtifs, tout rongés du mal des exilés,\nLa vague qui se roule en forme de sirène\nTrompe éternellement vos yeux     ensorcelés.\n"}, {"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 459, "texte": "                       — 367 —\n\nPars donc, nef douloureuse ! Une lune falote,\nPhare douteux, s'allume au fond noir de l'azur;\nDéjà tu sombres dans la nuit qui te ballotte,\nIgnorant — ô secret de ton destin obscur! —\n\nQue jamais l'océan, saturé d'amertume,\nGouffre de sable amer berçant des flots salés,\nNétanchera la soif d'Infini qui consume\nNos cœurs partout hurlant, partout inconsolés!\n                                   MAURICE CARTUYVELS\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-005", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 367, "page_fin": 368, "titre_corps": "Les Deux Exils", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Franz Ansel", "ancre_debut": "LES DEUX EXILS", "ancre_fin": "Août 1895", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 410, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 459, "fin_caractere_exclue": 1325, "texte": "LES DEUX EXILS\n                    NOSTALGIE\n                            I\nAujourd'hui, triste amant, qu'il a revu la mer,\nCe jour tant désiré lui semble un jour amer :\nCar l'enfant nest plus là dont s'enchantaient ses heures...\nTrop tôt leurs simples cœurs, un instant enlacés.\nSe crurent l'un à l'autre à jamais fiancés :\nLa mort d'un si beau rêve endeuilla leurs demeures.\n\n                           II\nPour oublier des maux qu'il ne peut soulager,\nLe voilà qui s'exile au rivage étranger;\nMais une ombre, à ses yeux, en voile la magie.\nLes plus calmes pays lui seront sans douceur :\nVers l'éden qu'il délaisse et le toit de sa sœur\nSe tournera toujours sa pâle nostalgie.\n\n               L'ASILE INDIFFÉRENT\nMa sœur! pourquoi cacher tes tristesses secrètes\nEn ces lieux où jamais nos bonheurs n'ont fleuri?\nIl s'ouvrait pour ton deuil de plus douces retraites.\n"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1345, "texte": "                           — 368 —\n\n   Des bois indifférents te sont Un morne abri;\n   Tu n'y dors pas aux chœurs des âmes familières\n   Dont se peuple un éden où l'amour a souri.\n\n  Le calme sans échos de leurs nuits sans lumières\n  Ne répercute point Tharmonieux appel\n  De nos baisers discrets, de nos paroles fières.\n  Ces forêts n'ont pour toi qu'un silence éternel :\n  Que t'importe, ô ma sœur! le bruit de leurs feuillages,\n  S'il ne redit jamais notre amour immortel!\n  Ton rêve, en leurs sentiers, cherche en vain les sillages\n  Que laisse un couple heureux où sa joie a passé;\n  Le bonheur les priva de ses chers témoignages...\n\n  Te voici loin du parc où tu m'as enlacé,\n  Triste enfant! dont ne peut s'endormir la souffrance\n  Qu'aux voix où revivrait la voix du fiancé.\n\n  Et là, ton abandon ne sent qu'indifférence!\n  Tu n'y rencontres pas les Souvenirs songeurs\n  Que suit en souriant la sereine Espérance.\n\n  D'autres ont accueilli ces divins voyageurs,\n  Dont la seule présence enchanta leurs asiles\n  Et bannit de leurs seuils les soucis affligeurs.\n\n  Mais aux jardins muets dans lesquels tu t'exiles,\n  Nul chant des jours enfuis ne berce ton repos ;\n  Et les fleurs de mémoire embaument d'autres îles.\n\n  Ton ombre est sans lumière et ta paix sans échos.\n\n                                              FRANZ ANSEL\nAoût 1895."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-006", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 369, "page_fin": 369, "titre_corps": "L’Ogresse", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Francis de Croisset", "ancre_debut": "L OGRESSE", "ancre_fin": "Octobre 95", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS AZIYADÉ", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 914, "texte": "L'OGRESSE\n       Les secrètes rougeurs de ta perversité\n       Colorent le pollen de ta joue amoureuse\n       Le désir d'une chair émue et langoureuse,\n       Paillette tes yeux gris d'un phosphore aimanté.\n\n        Un appétit bizarre, un goût de cruauté\n        Font trembler les plis secs de ta lèvre fiévreuse,\n        Dans ta paume crispée et que ton ongle creuse\n        Afflue à coups nerveux ton sang précipité.\n\n        Un rêve de baisers mouille la bouche humide\n        Du frêle adolescent souriant et timide,\n        Mais ton torse vers lui darde ses seins aigus,\n\n        Ta langue entre ses dents glisse comme une lame,\n        Et rose, convulsé de spasmes ambigus,\n        Le corps de l'enfant ploie ainsi qu'un corps de femme.\n\n                                        FRANCIS D E C R O I S S E T\nOctobre 95.\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-007", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 369, "page_fin": 370, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Victor Orban", "ancre_debut": "VERS AZIYADÉ", "ancre_fin": "VICTOR ORBAN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 412, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 914, "fin_caractere_exclue": 1395, "texte": "VERS\n                          AZIYADÉ\n\n      Hors des murs de Stamboul, dans la campagne morne\n      Qui s'étend vers la mer jusque    Yédi-Koulé,\n      Les amandiers en fleurs ni le lierre enroulé\n      De son humble tombeau n'ombragent point la borne.\n\n      Et sous ce grand ciel clair qu'un vaste horizon borne,\n      J'amais le vert linceul des mousses n'est foulé\n      Près du tertre où, déjà, par le temps écoulé,\n      Meurent l'azur du marbre et l'or du nom qui l'orne.\n"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1081, "texte": "                      — 370 —\n\nL'enfant de Circassie ayant fermé les yeux,\nSon corps blanc gît, hélas! en ces funèbres lieux,\nCouché selon le rite après peu de prières.\n\nNul bruit !... Inconsolée et lente à s'assoupir\nL'âme s'est tue enfin. La lande est sans soupir.\nEt l'air dort immobile au fond des cyprières.\n\n\n                  L'OUED-EL-AÏN\n\nLa nuit meurt. L'oasis fuit son frêle sommeil.\nLe ciel, à l'orient, d'un ton bleu de turquoise,\nBlanchit, s'éclaire et jette aux pics d'ocre et d'ardoise\nLe vague demi-jour précurseur du soleil.\n\nLa source vive exhale un bruit frais de réveil,\nEt sur ses bords, distants à peine d'une toise,\nMille insectes f urtifs dont le vol s'entre-croise\nFont trembler leurs reflets dans le cristal vermeil.\n\nDerrière le décor des granits et des palmes\nS'irise l'infini des grands horizons calmes\nQue l'aube avait frangé d'améthyste et d'argent;\n\nEt partout se déroule et, splendide, recule\nLe semis de points d'or qui, mobile et changeant,\nCouvre le sable rose au fond du crépuscule.\n\n                                          V I C T O R ORBAN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-008", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 371, "page_fin": 372, "titre_corps": "Lamentable reculade !", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Iwan Gilkin", "ancre_debut": "LAMENTABLE RECULADE", "ancre_fin": "IWAN GlLKIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 414, "page_imprimee": 371, "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 2527, "texte": "LAMENTABLE RECULADE!\n              Le Mercure de France nous apporte un article de M. Vielé-Grif-\n                fin sur lequel il est bon d'attirer l'attention des jeunes poètes.\n                Bien que M. Vielé-Griffin s'en défende, il est bien, ainsi que\n               l'a constaté M. Doumic dans la Revue des Deux-Mondes, con-\nsidéré dans son groupe comme le novateur le plus hardi et c'est à lui que\nrevient la plus grande part d'influence. Lui seul a exposé d'une façon\nclaire la théorie du soi-disant vers libre. C'est pourquoi lorsque je combats\ncette innovation fallacieuse et pernicieuse je m'en prends volontiers à lui.\nC'est du moins un adversaire qui sait ce qu'il veut et où il va.\n    Dans ces conditions, l'article du Mercure de France est bien fait pour\nnous surprendre. M. Vielé-Griffin abandonne à demi la défense du vers\nlibre et cherche à établir la « Poésie nouvelle » dans des positions auxquelles\nelle semblait avoir renoncé.\n    C'est une manœuvre curieuse, qui mérite d'être notée, et dont, je l'espère,\nles adversaires du « vers-librisme » sauront tirer avantage.\n    M. Vielé-Griffin se proclame de nouveau « symboliste ». Le « Symbo-\nlisme » redevient le drapeau de la Poésie nouvelle, sans que, d'ailleurs, on\nse préoccupe de justifier le choix de ce mot, parfaitement impropre à dési-\ngner ce qu'on veut qu'il désigne.\n    Sur la valeur de ce symbolisme, M. Vielé-Griffin dit : « La force de ce\nmouvement c'est qu'il est anarchique et s'appuie sur la conscience intime\nde chaque participant. » Quelqu'un se chargera peut-être un jour d'expli-\nquer comment un mouvement total composé d'une foule de petits mouve-\nments anarchiques, c'est-à-dire divers et non subordonnés à une direction,\nest plus fort qu'un autre à raison même de son anarchie. Passons.\n    M. Vielé-Griffin abandonne tous les lieux communs de la poésie nouvelle\n(déjà!) à savoir : le Cygne, la Licorne, le Chevalier, la Dame, les Pages et\nles Nains, les Tours et les Terrasses, sans compter les autres accessoires. Il\n paraît que le symbolisme n'en a pas besoin.\n    Puis M. Vielé-Griffin fait cette remarquable déclaration concernant\n l'importance qu'il attribue à présent au prétendu vers libre dans la Poétique\n nouvelle : « Même ce « VERS LIBRE » si marquant ne doit pas nous suffire\nfour discerner le Symboliste, le poète nouveau ; c'est dans sa PENSÉE donc\n qu'il nous faudra regarder. »\n                                                                        34\n"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 372, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2141, "texte": "                                  — 372 —\n\n   Voilà donc le prétendu vers libre relégué au second plan. C'est de la pen-\nsée, c'est de l'idéal de la « poésie nouvelle » qu'il faut désormais s'occuper.\n   Quel est cet idéal? M. Vielé-Griffin va tenter de le préciser : « Ce qui, en\n« fait, caractérise le Symboliste, c'est la passion du mouvement au geste\n« infini, de la Vie même, joyeuse ou triste, belle de toute la multiplicité de\n« ses métamorphoses ; passion agile et protéenne qui se confond avec les\n« heures du jour et de la nuit, perpétuellement renouvelée, intarissable et\n« diverse comme l'onde et le feu, riche du lyrisme éternel, prodigue comme\n« la Terre, puissante, profonde et voluptueuse comme le Mystère. »\n   Et voilà !...\n   Voilà pourquoi leur fille est muette.\n   Si l'idéal décrit en ces termes par M. Vielé-Griffin était celui de Victor\nHugo, peut-être admettrait-on ces luxuriantes métaphores.\n   Mais s'il s'agit de... Mince d'infini, dirait Gavroche!\n   Plaisanterie à part, que veut dire M. Vielé-Griffin? Qu'est-ce que le\n« mouvement au geste infini? » Quel est, parmi les nouveaux poètes, le\npeintre de « la multiplicité des métamorphoses de la vie ? » Où, diantre,\nirons-nous dénicher la « passion agile et protéenne, qui se confond avec les\nheures du jour et de la nuit? » Que signifient toutes ces figures de langage?\nEt, en fin de compte, que veut-on dire?\n   Aussi longtemps qu'il se bornait à défendre le pseudo-vers libre, M. Vielé-\nGriffin opérait sur un terrain nettement défini. Il l'abandonne. Il s'établit\nà présent sur un banc de sable mouvant. Sa définition du symbolisme est\nvague et amorphe : elle ne définit rien, elle s'applique à toute espèce de\npoésie panthéiste et, pour le reste, elle est un charabia triple : on dirait un\noracle rendu par la Chimera bombycinans in vacuo.\n   Il nous plaît de voir M. Vielé-Griffin, le protagoniste de la « Poésie nou-\nvelle », abandonner le soi-disant vers libre pour se réfugier dans les marais\nd'une esthétique inconsistante.\n   C'est une piteuse retraite.\n   On en saura profiter.\n                                                            IWAN GlLKIN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-009", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 373, "page_fin": 373, "titre_corps": "Le Tombeau de Baudelaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Giraud", "ancre_debut": "LE TOMBEAU DE BAUDELAIRE", "ancre_fin": "ALBERT GIRAUD", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHARLES BAUDELAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 416, "page_imprimee": 373, "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 936, "texte": "LE TOMBEAU DE BAUDELAIRE\n         Ceux de la race vile, avec leurs fleurs funèbres\n         Et leurs drapeaux de deuil, parmi le saule et Vif,\n         S'imaginent fêter un chanteur subversif,\n         Dieu du mal, roi du rire et prince des ténèbres.\n\n        Pour eux, un sombre vol de blasphèmes célèbres\n        Répand sa morne horreur sur le marbre tardif\n        De l'artiste damné dont l'esprit convulsif\n        Comme un féroce archet fait crier leurs vertèbres.\n\n        Mais nous, qui devinons ce qu'il a dû souffrir,\n        Nous savons quelle Ombrie il rêvait de fleurir\n        Pour le nouveau Jésus monté sur son ânesse,\n\n        Et que ce cœur d'automne, usé par sa splendeur,\n        S'il nimba de ses feux la Haine et la Laideur,\n        Adorait la Beauté, l'Amour et la Jeunesse.\n                                                     ALBERT GIRAUD\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-010", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 373, "page_fin": 376, "titre_corps": "Charles Baudelaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "CHARLES BAUDELAIRE", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 416, "page_imprimee": 373, "debut_caractere": 936, "fin_caractere_exclue": 1870, "texte": "CHARLES BAUDELAIRE\n   Rien n'outrepasse le vertigineux ravissement, la torpeur grisée dont se\nsent transporté et engourdi le méditatif et un peu mélancolique adolescent,\nprédestiné aux affres de l'art et de la poésie, à sa première rencontre avec\nBaudelaire.\n   Banville rapporte quelque part cette légendaire reconnaissance de Balzac\net de Baudelaire qui, se croisant sur le même trottoir, devinèrent, à un\nrapide coup d'œil mutuel, leur congénialité chimérique et se saluèrent d'un\nsimultané et fraternel éclat de rire... Un rire analogue, égaré un peu\net satisfait, nous saisit à l'initiale révélation des œuvres qui, tout à coup,\nérigent devant nous, dans la magnificence et élucident l'idéal diffus auquel\nnotre audace juvénile aspirait : convulsion machinale qui masque la\nrévolution profonde, le déchirant émoi, le regret enchanté d'avoir découvert\nle parrain inconnu de notre instinct intellectuel, le verbe initiateur, flam-\n"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 374, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2565, "texte": "                                   — 374 —\n\nboyant et obscur, où s'exprimait d'avance l'ardeur trouble, le vœu encore\nindistinct, le choix précoce de notre pensée. Une surprise nous déconcerte\nsimilaire à celle dont l'insidieux Socrate ébahissait ses jeunes auditeurs en\nfaisant, par le sortilège de sa maïeutique, jaillir de leur esprit d'irréfutables\nsyllogismes qu'ils ignoraient receler, leur dévoilant ainsi la possible capacité\nde leur conception, l'irrésistible puissance de la parole consciente, les voies\ndu martyre et de la béatitude mentale.\n   Cet enseignement, nul poète ne l'enveloppa d'aussi efficaces prestiges que\nBaudelaire, ne l'énonça en plus spécifique langage, macéré de spiritualité\net dont les mots fulgurent de signification concentrée : nefs, auréolées d'un\nhalo orageux, scintillantes de feu Saint-Elme, qui prolongent dans la nuit\nde la mémoire leur remous et leur phosphorescent sillage...\n\n\n\n   Hugo aimait évoquer des nomenclatures illustres, édifier de grandioses\npanthéons qu'il peuplait de foudroyantes effigies, — conducteurs de\npeuples, princes de la Vie ou de la Foi; — rangées selon l'antithèse paral-\nlèle de leur génie... Apothéoses ou l'abréviation prodigieuse des âges, le\nraccourci terrible des héros fastiques font rêver à quelque chapelle Sixtine!\nEt le barde épique de la Légende des siècles, vraiment, s'apparie à ce\npeintre de geste, au sculpteur violent de la lumière, Michel-Ange! outrés,\ntous deux, bouillonnants d'imagination sombre et d'humanité tragique,\nvoyants éperdus de la réalité sublime...\n   Et, à conjuguer les noms, ainsi, prononcer : Baudelaire ! n'est-ce point\nirrésistiblement entendre : Léonard?\n   Pourpensée, également, et volontaire, l'œuvre du poète ne réverbère non\nplus de ce monde, mais l'éclairé, darde sur lui le fixe rayon investigateur de\nsa propre lucidité... Visages fascinants d'ambiguë perplexité, et d'équivoque\nexaltation; — lèvres que les questions suprêmes ont flétries, taciturnes\ndésormais, souriantes de compassion amère et de dédain; — mornes regards\néblouis, subtils yeux avides, imperturbables même affrontés à l'œil triste\ndu Sphynx, et où le doute a mis sa rigueur ; — masques taillés dans la lave!\nreliefs d'âmes en transe, affolées d'action démesurée ou de renoncement,\net dont l'orgueil désabusé, le vœu extrême et téméraire se résignent en cette\ndelectatio morosa célébrée par la voix savante et corrompue, la puérile\nvoix funèbre\n                      Où l'enfance s'allie à la maturité...\n\nOui, ces lourds et perspicaces regards d'aplomb dont la sourde irradiation\n"}, {"page_pdf": 418, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2429, "texte": "                                  -   375    -\n\nfiltre depuis des siècles pour l'ivresse et la souffrance des songeurs;\nces têtes hallucinées de leur rêve démenti que Léonard pousse comme au\nseuil de\n                   L'empire familier des ténèbres futures\n\nnous les revîmes parmi ces jardins calomniés, contemplant ou respirant\nles fleurs du mal...\n\n                                      ***\n   La diffamation, Baudelaire s'en rendit complice; par crainte des impor-\ntuns et des profanes, se propagea le renom macabre d'un ogre et d'un\nmagicien, distillateur d'épouvantables philtres, délicieux et toxiques : —\n« Quand j'aurai inspiré l'horreur et le dégoût universels, j'aurai conquis la\nsolitude (1). » Mais cette malédiction de l'isolement et de l'étrangeté, aussi\nbien que Poe, cet autre dépaysé, il en portait les marques originelles...\n   Souverain, en même temps, et esclave de sa cérébralité, l'homme qui\npense quotidiennement contracte une attitude trop exorbitante et disparate\npour éviter sa métamorphose en une espèce de monstre contre nature,\nl'hostilité unanime et la haine que, sans provocation aucune, sa seule exis-\ntence déchaîne; — davantage, l'artiste, alors, chez lequel l'incurable envoû-\ntement et la préoccupation confinent la folie ! l'artiste excentrique à tout\nsens commun et capable, à l'exemple de Bernard Palissy, d'alimenter le\nbrasier où cuisent ses émaux avec son mobilier et sa maison démantibulés,\net d'y jeter sa famille, au besoin, et lui-même! — Cette époque aura vu\nquelques incarnations plus intègres, disait-on du poète, d'une perfection\nutopique et très incompréhensible pour elle, — créatures que leur, unique\nfantaisie désintéressée guida parmi la fantasmagorie, à peine sensible, des\ncontingences, insoucieuses d'elles-mêmes jusqu'à la démence, d'une sim-\nplicité approximant la sainteté !\n   Villiers, attablé en quelque crapuleuse brasserie, en face des soucoupes\nempilées, au milieu des fétides vapeurs de la bière et la fumée, parle avec\ndes gestes fabuleux et sacerdotaux, — devant des compagnons incongrus\ndont l'éphémère aspect ne lui interprète point la vision empourprée et\nvierge qui extasie la pâle douceur délirante de ses yeux... Poe, indigent et\nsuperbe, de l'immortelle flamme, de la fastueuse et plongeante lueur de son\nregard illumine et intimide l'hétéroclite auditoire d'un bar sordide...\n\n                                      ***\n\n (1) Œuvres posthumes, p. 84.\n"}, {"page_pdf": 419, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2504, "texte": "                                  — 376 —\n\n   Quelle déchirante commotion, sans doute, enfiévra Baudelaire lorsque\nde difformes traductions le confrontèrent à ce frère posthume, lui dénon-\ncèrent cette destinée, horoscope, presque, et fatidique arcane de la sienne!\nOutlaw spirituel, scandale des puffistes rationnalistes, des politiciens par-\nvenus et des vertueuses authoresses, l'éblouissant misérable, jeté à la voirie,\navait reposé sa tête lasse, voilé ses nobles paupières pour jamais, — dans le\nruisseau!... Les mains pieuses du poète ami l'y relevèrent pour le glorifier,\nen cette Europe, moins barbare, quand même, et moins âpre, d'un impé-\nrissable monument : car le chantre d'Annabel Lee n'a pas encore fait for-\ntune aux Etats-Unis et sa réputation, stigmatisée par le vénimeux Peeksniff\npuritain, le révérend Griswold, s'y est à peine réhabilitée de ce dérisoire\nopprobre...\n   L'affinité exceptionnelle de Baudelaire pouvait, seule, naturaliser en\nfrançais, avec sa magniloquence originale et sa couleur, l'œuvre de Poe,\nsa miroitante et mystérieuse splendeur, ses frissons, ses paroxysmes mor-\nbides, la musique occulte de ses assonances et la glaçante solennité de son\nsang-froid.\n   La même ambition indomptable qui fortifia la marche du poète améri-\ncain, sur la voie ennemie, Baudelaire la sentit lui brûler la poitrine. —\nPlus immatériels et purs, certes, chez Poe, cette nostalgie, cet élan hors\nd'un monde dont la particulière abjection, en sa patrie, lui devint comme\nun tremplin de dégoût et de colère d'où atteindre les dernières cimes;\n— mais les cahiers intimes de Baudelaire nous le montrent, parcourant les\nétapes du scrupule et de l'angoisse, endurant la crise avant-courrière d'une\nreviviscence; et chrétien, catholique, de quel cantique poignant et triom-\nphal n'eût-il point salué l'indicible quiétude à la fin descendue?...\n   Esprits collatéraux, épris de songes dissemblables, par la latitude diffé-\nrente de leur exil, simplement ; consciences d'une égale et inflexible recti-\ntude morale, sans une défaillance; la dépréciation des médiocres associe\nleurs noms, mais la pensée, aussi, de ceux qui, feuilletant les Fleurs du\nMal ou les Histoires extraordinaires entendirent vibrer, soudain, cette\nvoix aux modulations énigmatiques et implorantes, cette voix de l'ombre\nqui, « variant ses inflexions de syllabe en syllabe, imitait les accents connus\net familiers de mille et mille amis disparus... »\n\n                                                       ARNOLD GOFFIN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-011", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 377, "page_fin": 377, "titre_corps": "Chronique littéraire : La Faute de Mme Charvet", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE", "ancre_fin": "un cœur épris", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 420, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 2919, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  La Faute de Mme Charvet, par CAMILLE LEMONNIER. Paris, Dentu. — Le Grand\nTrimard, par Zo D'AXA. Bruxelles, Kistemaeckers. — Décors, par M. CHARLES DELCHE-\nVALERIE. Liége, Miot. — Charité, drame, par CHARLES BUET. Gand, Siffer. — Le Scepti­\nque loyal, par M. LÉON RIOTOR. Paris, Bibliothèque artistique.\n\n\n\n               Lemonnier met, certes, quelque coquetterie à alterner la publi-\n                cation de ses œuvres de façon à apparaître, chaque fois, sous\n                un aspect inédit à ses fidèles admirateurs, car ses avatars,\n                pour être moins vertigineux que ceux du Pasteur chevelu,\n Krishna, restent imprévus quand même, et étonnent.\n    Un jour ne pasticha-t-il point Hugo à s'y méprendre, mais en prose ?\n C'était dérober le tonnerre — sans la foudre ! Qui aurait pressenti le chantre\nviolent de cette épopée sylvestre, Le Mâle, dans l'auteur de bluettes artifi-\ncielles à la façon de Droz et de Ludovic Halévy, dans l'inventeur de fables\ningénieuses et naïves, destinées à ravir les enfants.\n   Après l'eau-forte véhémente du Mort, après Happe-Chair, la Fin des\nBourgeois, fresques énormes et sombres, les dessins géorgiques, les sgraf-\nfiti à grands traits roides de Ceux de la Glèbe, il semble s'éprendre de la\nforme plus mobile et diversifiée du conte ou de la nouvelle : cadre entre\nles limites étroites duquel la magie de l'artiste fait surgir une minute\ninoubliable de vie, le saisissant raccourci du drame, de la comédie, de la\nfarce, — toute la société !\n   Le style de Lemonnier, vraiment polymorphe, celui-là ! se subordonne\navec une souplesse inouïe à l'allure et au ton des imaginations les plus\ndissemblables et avec une égale virtuosité, cadence ses périodes aux accents\nde la flûte dérisoire, du débonnaire mirliton, de la buccine tragique — ou\nde l'orgue. La phrase parfois exorbitante du Possédé, lourde de néolo-\ngismes, surchargée et comme emphatique d'intentions perverses, sans\neffort devient familière dans l'Arche, ou muse et trottine d'un pas alerte\net sceptique à la suite de ce gamin du boulevard : Claudine Lamour.\n   Voici, aujourd'hui, des pages d'analyse ténue, la Faute de Mme Charvet,\noù Lemonnier étudie le lent ravage, les affres démoralisantes provoquées\nen une âme probe par un tardif et accidentel adultère, l'atmosphère de\nsubterfuges avilissants et de tromperie, la trame fragile et toujours renouée\nde mensonges que sa chute lui crée. Aux aguets, alarmée des gestes vagues\net des indifférentes paroles de sa dupe, plus encore de sa sollicitude ou de\nsa tendresse, se poursuivant elle-même des fantômes séduisants ou hideux\nde son péché, sa propre dissimulation la dénonce, sa trépidante nervosité,\net ces indéfinissables signes, témoignages terribles d'une influence étran-\ngère et inconnue, indices trop évidents pour échapper à la clairvoyance\n d'un cœur épris"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-012", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 378, "page_fin": 378, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Grand Trimard", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Quoique la destination", "ancre_fin": "Vous grand méchant", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "M Delchevalerie réunit", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 421, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 48, "fin_caractere_exclue": 985, "texte": "Quoique la destination, seule, de cet itinéraire de Paris — de Mazas —\nà Jérusalem lui soit commune avec celle des pèlerinages, les croix et les\ntribulations n'ont pas manqué à son auteur, M. Zo d'Axa, écrivain anar-\nchiste impliqué dans l'un des complots récents, fugitif, depuis, et traqué\nde ville en ville.\n   Il y a de la vaillance et une sorte rare d'alacrité dans ces notes de voyage,\nd'un tourisme naturellement un peu précipité, tracées d'une plume rail-\nleuse plutôt que sardonique. Du moins, la drôlerie et l'humour s'y asso-\ncient-ils joliment au sarcasme et M. Zo d'Axa contente-t-il sa rancune en\nhabillant d'épithètes pittoresques les magistrats et les chefs de police qui\nl'ont forlancé au travers l'Europe et l'Asie mineure; — cet extraordinaire\nconsul français de Jérusalem, par exemple, qui lui met la main au collet :\n , — Moi, consul, arrêter vous... 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Delchevalerie réunit, sous une couverture élégamment historiée par\nM. Aug. Donnay, quelques pages d'album, feuillets détachés d'un carnet\nde croquis littéraires, paysages de Meuse, séduisants toujours, et dont\nl'émotion perspicace de l'artiste transpose le charme en le définissant.\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-014", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 378, "page_fin": 378, "titre_corps": "Chronique littéraire : Charité", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "Chez Siffer à Gand", "ancre_fin": "la perfide Albion", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L intellectualité moderne comprend", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 421, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1274, "fin_caractere_exclue": 1833, "texte": "Chez Siffer, à Gand, un drame de M. Charles Buet où, avec son habi-\ntuelle audace généreuse, il nous. montre un missionnaire victorieux d'un\nconflit surhumain entre les devoirs de son sacerdoce et les angoisses de son\namour filial martyrisé.\n   Charité, comme le Prêtre, se passe dans l'Inde britannique, ce qui a\npermis au dramaturge d'entourer son héros d'intéressantes figures de\nradjahs, — dont l'un « déchu au rang de paria »? — de brahmanes et,\naussi, d'enfants égoïstes et superbes de la perfide Albion.\n                                       ***\n   « "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-015", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 378, "page_fin": 378, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Sceptique loyal", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique littéraire", "signature_source": "Arnold Goffin", "ancre_debut": "L intellectualité moderne comprend", "ancre_fin": "ARNOLD GOFFIN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 421, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 1833, "fin_caractere_exclue": 2766, "texte": "L'intellectualité moderne comprend autrement que les époques reli-\ngieuses, la composition fondamentale de l'ÊTRE, et elle a trouvé (??) ce\ngrand arcane, omnipotent parce qu'il est indéniable, que le principe de la\nmatière est UNIQUE et ABSOLU.\n   « Sépare donc ce que tu appelles l'homme des autres produits de la\nforce chimique, créatrice des formes, et divise-le en sept parties élémen-\ntaires, etc. »\n   Ainsi dogmatise M. Léon Riotor, en son Sceptique loyal, exercices de\nphilosophie approximativement expérimentale qu'on attribuerait volontiers\nà un sceptique aussi médiocre que crédule. Cela respire une espèce de fana-\ntisme négatif, de superstition scientifique, tellement dénués d'enthousiasme,\nd'ailleurs, et surtout de preuves efficaces, qu'ils sont sans danger.\n   Les pages de ce livre égayent leur aridité de culs-de-lampe et d'ornements\nfort jolis.\n                                                       ARNOLD GOFFIN"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-016", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 379, "page_fin": 381, "titre_corps": "Chronique artistique : Le Salon de Gand", "titre_sommaire": "", "rubrique": "Chronique artistique", "signature_source": "G. M. 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Mais à peine a-t-on mis le pied dans la baraque (en planches\nou en pierre), l'illusion tombe au premier coup d'œil, l'écœurement vient\net l'on est pris de la saine envie de « courir » les salles.\n    Pourtant ici encore il y a quelques réelles œuvres d'art et leurs auteurs\nfont preuve de vaillance en subissant pour elles les voisinages les plus gro-\ntesques.\n    Il y a au moins mille numéros. Pourquoi tant? Pourquoi est-ce si mau-\nvais? Parce que la matière écrase par la masse, parce que le « joli\nmorceau » habile ou « bien attrapé » fait le bonheur des jurys en majorité\nimbéciles, parce que le peintre aime mieux ne pas se donner le mal de\ns'instruire généralement : « Peignez comme vous sentez tout simplement. »\nEt puis, ça va si bien comme cela, et le public est si content, on est si bien\nà sa portée et il se moque tant de ceux qui s'élèvent !\n    Je ne vous parlerai pas de cette « masse »; je vous citerai quelques titres\nqui vous feront deviner les toiles et approuver mon empressement à passer\noutre : Les Prunes, Crevettes, Mon Vélo, Enjôleuse, Indécise, Idylle fin\nde siècle, Etude d'âne, Temps de pluie à Saint- Vaast d'Equiqueville, A la\nRenommée : friture ; enfin, puisqu'ils le « sentent » comme cela!\n    Je vous parlerai de l'Art idéaliste : il s'élève victorieusement malgré tout\n et s'il est écrasant ce n'est certes pas par la masse, mais par l'essence même\n des œuvres. Jean Delville, les Trésors de Satan : l'œuvre est complète, le\n rêve est puissant et l'exécution en est digne. C'est l'irradiation de richesses\n en fusion que mêlent des âmes aux formes radieuses, vers la glorification\n de Satan-dieu qui domine et contemple ses proies. Au fond des flots, les\n pierreries et les ors fabuleux coulent parmi les corps jeunes et nimbent\n d'étincelances des fronts prostrés d'extase infinie et d'oubli; ils se mêlent\n aux nacres des écailles et unissent leurs flamboiements aux couleurs des\n algues chevelues, des fleurs vivantes orangées et des poissons d'or et d'éme-\n raude. Satan contemple avidement et son intense rictus et son regard d'aigle\n sous sa chevelure de feu, supputent les ivresses de ses trésors. Voilà en peu\n de mots l'œuvre que Jean Deville a grandement réalisée, et cela malgré\n  tous les obstacles, malgré la basse critique et les grossières assertions du\n  bon goût belge. Je ne vois parmi ses détracteurs et ses envieux aucun\n  homme qui ait atteint cette élévation et cette maîtrise.\n"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3199, "texte": "                                  — 38o —\n\n   A côté d'une œuvre pareille l'Ophélie de M. A. Stevens ne donne que\nl'impression d'une pâle blondeur anémiée et gentille qui s'essaye en vain à\njustifier la citation : Mais votre regard me glace.\n   Je citerai maintenant la grande page décorative de Giamberlani conçue\ndans les principes préraphaélites et d'une grande impression de beauté\nsupra-terrestre. Le repos des nobles formes et l'immatérielle caresse de la\ncouleur font l'âme charmée et rêveuse...\n   Grandement créée sous l'influence du maître décorateur du Panthéon, la\ntoile de M. Duhem, Sainte Geneviève de Paris, attire par la concentration\nd'un mysticisme large et puissant; tandis que M. H. Martin me paraît\ns'être contenté d'une composition un peu sommaire dans sa Douleur.\n   Quel charme héroïque et mystérieux dans le Bois enchanté de Stott of\nOldham ! Parmi le velours des feuillages énormes et le profond silence dont\nparlent les branches enlacées, voici s'avancer « le preux, le chevalier sans\npeur, au cœur fidèle, pour sauver enfin la belle... »; tel il m'évoque le mer-\nveilleux rêve fatal de Borodine.\n   Voici quelques beaux portraits : le premier signé Lavery ne dément pas\nla valeur du superbe coloriste. Je lui préfère pourtant l'ordonnance sérieuse\net poussée du Portrait de Sir Richard Burton par Leighton : la tête est\nciselée en un large métal et l'on devine à l'expression d'ensemble un carac-\ntère énergique et volontaire. Je retrouve ce portrait de Scholderer dont j'ai\nparlé lors du Salon de la Société des Beaux-Arts. De Louis Cuvelier voici\nce Portrait de M1le de C. exposé au Sillon il y a un an et placé ici en un\nvéritable cabinet des horreurs. Le portrait d'Evenepoel, pour très intéres-\nsant qu'il est, n'atteint pas à mon avis la valeur que certains peintres,\néblouis sans doute par le vermillon, lui accordent.\n   Je vous recommande la joie que pourront vous causer quelques person-\nnages d'une haute gaieté : M. Montald, par exemple, l'aimable prix de\nRome qui passe son temps, en imitation de Doudelet (devenu lui beau-\ncoup plus intéressant), à placer tant bien que mal un Christ gâteux entouré\nd'anges aux expressions bénignes et à qui ne manque que la casquette à\ntrois ponts. Ensuite M. Vanaise : Une Salomé d'un grotesque intraduisible\nqui a l'air d'une marchande d'oranges de la rue du Caire, offrant « genti-\nment » sa marchandise à un ânier réjoui; M. Wante, dans la toile duquel\nM. De Vriendt se promène en long et en large : Ce serait presque assez en\ndire, mais je vous signale la bonne tenue de ce « tableau vivant », sans\ndoute interprété par des habitants de la rue au Poivre; M lle Danethan con-\ntinue à être d'une originalité artistique très intéressante; elle a décidément\nlâché A. Stevens pour Puvis; allons, vous montez en grade, Mademoiselle;\nM. Girardot : Le grand Socco à Tanger; jour de grand marché... au\nlinge sans doute car, sous prétexte d'Arabes, M. Girardot étale à nos yeux\nun dévalage gigantesque de paquets de linge où je m'ingénie en vain à\nretrouver une forme humaine.\n   Revu avec plaisir la Pipe de M. Vanseverdonck; ça marche, ça se...\nculotte.\n   Voici un très jeune, M. Riou, qui ne manque pas d'imagination et qui\n"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3204, "texte": "                                    — 381 —\n\npossède en plus une fort belle couleur. Sa toile-esquisse représentant la\nMort du Christ manque de rapport et de science technique, mais elle est\nfort intéressante ; non loin une charmante harmonie, Un Sonnet, de Garrido ;\nje ne sais si c'est à l'Institut des Beaux-Arts d'Anvers que M. Rotthier doit\nà présent son manque d'originalité, mais le souci du Beau ne se retrouve\nguère en cette lamentable étude du Tombeau de saint Gobert d'Aspremont,\nni en ce portrait de fillette vieillotte : on n'y sent même plus l'habile\nimitation de quelque peintre en vogue; M. Duyck ne cesse d'être cruelle-\nment banal et nous revoici devant des caricatures déjà trop vues de M. Laer-\nmans.\n   Du Paysage. — Claude Monet aligne quelques notations fines et\ninfluencées de japonisme, mais combien pourtant moins vibrantes et\npersonnelles que la série de ses Meules à la Galerie Petit; M. Pissarro\ncontinue de dégoter Claude Lorrain et voici les déjections (toujours à peu\nprès les mêmes) de M. Renoir; non, écoutez, nous sommes tout prêts à\nvous admirer, s'il y a lieu, mais envoyez-nous une œuvre qui nous montre\nd'abord que vous avez appris à dessiner une main et que vous vous êtes\ndécrassé l'œil ; Baertsoen se relâche et Mesdag nous montre un crépuscule\nmerveilleux sur la mer, sans doute une chose ancienne; une symphonie\nlunaire en gris de Meyers, Sur l'Escaut, d'un grand sentiment; des ciels\ntourmentés de Marcette et une grande émotion silencieuse en l'Eau immo­\nbile de Fernand Khnopff; M. Coppens a pénétré l'âme gigantesque des\nmâtures et des voiles en ses Bassins d'Ostende, Nuit lunaire, la vision est\némue et grande et évoque quelque légendaire appareillage de flotte ; par\ncontre M. Claus et son élève M lle Marcotte ont moins d'imagination et\nleurs recherches de plein air restent stables pour ne pas dire monotones ;\nM. Haegemans s'essaye agréablement au papier peint et M. Den Duyts\ndoit sans doute continuer, par ses petits sous-bois conventionnels et creux,\nd'enthousiasmer ceux qui ont fait sa vaine réputation.\n   Il y a aussi de la sculpture : Quelques beaux groupes déjà vus de\nC. Meunier et la Muse de Rousseau ; ce bas-relief garde l'idéalisme d'idée\net de forme qui caractérise l'œuvre du curieux artiste, mais il est atteint\nd'un léger maniérisme qui confond la synthèse générale de la composition ;\nM. Dubois, un Silence... qu'on serait tenté d'imiter à son propos, car\nvoilà bien le type banal du nu français qui pullule chaque année aux\nchamps parisiens.\n   Pour une première tentative, l'art appliqué est fort discrètement repré-\nsenté. On sent que c'est sans doute un premier essai d'éducation pour la\nprovince, car nous y retrouvons une foule de bibelots déjà vus et au point\nde vue du meuble M. Octave Maus ne s'est pas mis en quête d'autre chose\nque de la courante production des petits magasins londonniens.\n                                                                    G. M. S.\n  En terminant ces notes j'apprends que le jury du Concours de Rome a enfin (et « pour\nune fois » sans doute) deviné son devoir en décernant le prix à un réel artiste : Jean\nDelville. Félicitations au jury.                                      G. M. S."}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-017", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 382, "page_fin": 390, "titre_corps": "Memento", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Nemo", "ancre_debut": "MEMENTO", "ancre_fin": "notre pensée sur ce point", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": true, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 88, "fin_caractere_exclue": 95, "texte": "MEMENTO"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "L'ANARCHIE LITTÉRAIRE. —         De   M.   L."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 192, "fin_caractere_exclue": 230, "texte": "Ryckx, dans Pages d'Art et de Science,"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 289, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "ces lignes qui décèlent les progrès de"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 383, "fin_caractere_exclue": 431, "texte": "l'anarchie littéraire : « A quoi bon les règles?"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 481, "fin_caractere_exclue": 518, "texte": "« Comme si nous faisions nos œuvres !"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 571, "fin_caractere_exclue": 614, "texte": "« Mais c'est l'œuvre qui se fait en nous, à"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 660, "fin_caractere_exclue": 699, "texte": "« notre insu, sans que nous en sachions"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 749, "fin_caractere_exclue": 792, "texte": "« ou y puissions rien. 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Je reste persuadé"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 147, "fin_caractere_exclue": 191, "texte": "que c'est l'écrivain qui écrit ses livres et"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 243, "fin_caractere_exclue": 288, "texte": "qu'il lui sera très utile d'y mettre lui-même"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 340, "fin_caractere_exclue": 382, "texte": "l'orthographe, la grammaire et la syntaxe,"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 434, "fin_caractere_exclue": 480, "texte": "voire la versification. S'il abandonne ce soin"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 532, "fin_caractere_exclue": 570, "texte": "à l'abstraction métaphysique que M. L."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 622, "fin_caractere_exclue": 659, "texte": "Ryckx appelle « la Vie », l'imprimeur"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 711, "fin_caractere_exclue": 748, "texte": "pourra attendre longtemps son premier"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 800, "fin_caractere_exclue": 844, "texte": "volume. Quand j'aurai vu M me la Vie, assise"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 896, "fin_caractere_exclue": 941, "texte": "à sa table, se servir de la plume et de l'en-"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 993, "fin_caractere_exclue": 1039, "texte": "crier, je pourrai lui laisser le soin d'écrire"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 1091, "fin_caractere_exclue": 1129, "texte": "mes poèmes. En attendant, j'aime mieux"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 1181, "fin_caractere_exclue": 1222, "texte": "me servir moi-même et je ne le puis faire"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 1274, "fin_caractere_exclue": 1319, "texte": "que si j'ai appris mon métier, — c'est-à-dire"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 1371, "fin_caractere_exclue": 1410, "texte": "étudié les règles! Car si je me borne à"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 1462, "fin_caractere_exclue": 1503, "texte": "« transcrire ce que me dicte mon âme » et"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 1555, "fin_caractere_exclue": 1592, "texte": "si mon âme ignore l'orthographe et la"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 1644, "fin_caractere_exclue": 1688, "texte": "grammaire, la dictée sera infailliblement un"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 1740, "fin_caractere_exclue": 1761, "texte": "charabia d'Auvergnat."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 1901, "fin_caractere_exclue": 1949, "texte": "L'ORIGINALITÉ     BELGE.   —    Y   a-t-il   une"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 2001, "fin_caractere_exclue": 2042, "texte": "«originalité belge? » L'Art moderne l'af-"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 2094, "fin_caractere_exclue": 2136, "texte": "firme et nous n'y contredirons point. Mais"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 2188, "fin_caractere_exclue": 2232, "texte": "nous n'aimons guère les thèses vagues ; pré-"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 2284, "fin_caractere_exclue": 2329, "texte": "cisons, s'il vous plaît et occupons-nous seu-"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 2381, "fin_caractere_exclue": 2426, "texte": "lement de la littérature « d'expression fran-"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 2478, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "çaise »."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 2541, "fin_caractere_exclue": 2581, "texte": "Cette littérature, au point de vue de la"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 2633, "fin_caractere_exclue": 2681, "texte": "langue, fait partie de la littérature française."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 2733, "fin_caractere_exclue": 2773, "texte": "Les auteurs qui écrivent leurs livres en"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 2825, "fin_caractere_exclue": 2869, "texte": "français sont, en somme, des écrivains fran-"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 2921, "fin_caractere_exclue": 2964, "texte": "çais. Ils habitent Bruxelles, Gand ou Liége"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 3016, "fin_caractere_exclue": 3058, "texte": "au lieu d'habiter Paris, Lyon ou Bordeaux:"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 3110, "fin_caractere_exclue": 3150, "texte": "La Belgique, au point de vue littéraire,"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 3202, "fin_caractere_exclue": 3245, "texte": "n'est qu'une province de la France et notre"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 3297, "fin_caractere_exclue": 3341, "texte": "principal souci doit être de ne point écrire"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 3393, "fin_caractere_exclue": 3428, "texte": "des livres qui sentent la province."}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 3483, "fin_caractere_exclue": 3526, "texte": "Exception faite, bien entendu, pour la lit-"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 3578, "fin_caractere_exclue": 3622, "texte": "térature dite du terroir : Cladel a peint le"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 3674, "fin_caractere_exclue": 3714, "texte": "Quercy, — Brizeux, la Bretagne, — Barbey"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 3766, "fin_caractere_exclue": 3805, "texte": "d'Aurevilly, la Normandie, en donnant à"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 3857, "fin_caractere_exclue": 3902, "texte": "leur style un coloris particulièrement local;"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 3954, "fin_caractere_exclue": 3993, "texte": "il est légitime que nos Flamands et nos"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 4045, "fin_caractere_exclue": 4082, "texte": "Wallons peignent, d'après la même mé-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 50, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "thode, les mœurs et les paysages de la Wal-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 143, "fin_caractere_exclue": 165, "texte": "lonie et des Flandres."}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 327, "fin_caractere_exclue": 370, "texte": "Mais, hors de là, notre langue est le fran-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 418, "fin_caractere_exclue": 459, "texte": "çais. Dans les limites où la langue admet"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 501, "fin_caractere_exclue": 548, "texte": "l'originalité du style, il y a place, chez nous"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 594, "fin_caractere_exclue": 635, "texte": "comme en France, pour toutes les origina-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 686, "fin_caractere_exclue": 706, "texte": "lités individuelles."}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 762, "fin_caractere_exclue": 800, "texte": "Mais il ne saurait être question d'une"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 850, "fin_caractere_exclue": 895, "texte": "originalité collective, d'un idiome belge, si"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 945, "fin_caractere_exclue": 973, "texte": "ce n'est pour notre malheur."}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1041, "fin_caractere_exclue": 1077, "texte": "L'Art moderne prétend précisément le"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1129, "fin_caractere_exclue": 1140, "texte": "contraire :"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1189, "fin_caractere_exclue": 1230, "texte": "L'instinct de la conservation donnait aux"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1278, "fin_caractere_exclue": 1320, "texte": "grandes nations une cohésion qui jusqu'ici"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1368, "fin_caractere_exclue": 1413, "texte": "n'avait pas encore perdu toute raison d'être."}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1414, "fin_caractere_exclue": 1458, "texte": "Mais la cohésion impose des sacrifices. Elle"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1507, "fin_caractere_exclue": 1546, "texte": "noie les nuances individuelles dans une"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1592, "fin_caractere_exclue": 1632, "texte": "couleur moyenne et générale, elle disci-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1687, "fin_caractere_exclue": 1729, "texte": "pline, elle enrégimente — on est Français,"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1730, "fin_caractere_exclue": 1772, "texte": "Allemand ou Anglais avant d'être soi-même,"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1823, "fin_caractere_exclue": 1864, "texte": "presque — et ce faisant, on ne peut guère"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1914, "fin_caractere_exclue": 1957, "texte": "sortir des règles, des syntaxes, des acadé-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2009, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "mies, de la tenue qu'une collectivité adopte"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2103, "fin_caractere_exclue": 2146, "texte": "pour se concentrer-, quelques institutions-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2147, "fin_caractere_exclue": 2190, "texte": "arbitres résument tant bien que mal l'idéal"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2239, "fin_caractere_exclue": 2283, "texte": "commun ; et l'instinct d'unité de la famille"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2313, "fin_caractere_exclue": 2351, "texte": "nationale, pour quelque obscure raison"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2352, "fin_caractere_exclue": 2394, "texte": "cachée dans les cauchemars du passé ou les"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2395, "fin_caractere_exclue": 2440, "texte": "craintes de l'avenir, domine celui des reven-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2441, "fin_caractere_exclue": 2483, "texte": "dications isolées. Un Malherbe, un Boileau"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2526, "fin_caractere_exclue": 2569, "texte": "tyrannisent des générations et il faut être"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2619, "fin_caractere_exclue": 2657, "texte": "presque des géants pour leur résister."}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2741, "fin_caractere_exclue": 2780, "texte": "La multiplicité de nos origines fait au"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2781, "fin_caractere_exclue": 2824, "texte": "contraire que nous, « gens de frontières »,"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2878, "fin_caractere_exclue": 2920, "texte": "nous avons la sourde crainte de nous frag-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2968, "fin_caractere_exclue": 3005, "texte": "menter à l'excès si nous essayions de"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3060, "fin_caractere_exclue": 3100, "texte": "réduire en une norme, en une forme quel-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3154, "fin_caractere_exclue": 3198, "texte": "que peu définitive les tendances si diverses"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3247, "fin_caractere_exclue": 3286, "texte": "qui nous mènent. Comment unir, sans les"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3342, "fin_caractere_exclue": 3384, "texte": "charcuter, ces codes d'art contradictoires"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3431, "fin_caractere_exclue": 3476, "texte": "en leur belle et nécessaire variété? La seule"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3521, "fin_caractere_exclue": 3561, "texte": "unité qui nous renferme c'est cette pru-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3612, "fin_caractere_exclue": 3652, "texte": "dence taciturne qui nous a tenus DANS UN"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3703, "fin_caractere_exclue": 3744, "texte": "SALUTAIRE ÉLOIGNEMENT DES GRAMMAIRES, des"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3795, "fin_caractere_exclue": 3835, "texte": "conventions, des manuels, qui eussent dû"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3890, "fin_caractere_exclue": 3934, "texte": "tailler dans toutes et chacune de nos parti-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3982, "fin_caractere_exclue": 4026, "texte": "cularités pour en faire un tout possible. La"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4075, "fin_caractere_exclue": 4115, "texte": "conservation de l'individu — ou du moins"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4165, "fin_caractere_exclue": 4208, "texte": "d'un petit groupe d'individus — l'a emporté"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4255, "fin_caractere_exclue": 4298, "texte": "sur l'instinct de cohésion ou de concentra-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4345, "fin_caractere_exclue": 4358, "texte": "tion du pays."}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4443, "fin_caractere_exclue": 4480, "texte": "En art nous sommes furieusement anar-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4535, "fin_caractere_exclue": 4578, "texte": "chistes ; quand nous nous servons correcte-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4629, "fin_caractere_exclue": 4670, "texte": "ment — cela nous arrive — de cette langue"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4717, "fin_caractere_exclue": 4756, "texte": "française que nous aimons, on reconnaît"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4804, "fin_caractere_exclue": 4846, "texte": "toujours cette maudite psychologie subver-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4896, "fin_caractere_exclue": 4938, "texte": "sive du Belge, qui forge des mots, qui les"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4990, "fin_caractere_exclue": 5031, "texte": "emploie à sa guise, qui fait serpenter sa"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 5082, "fin_caractere_exclue": 5125, "texte": "prose à travers toutes les prairies ou tous"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 5176, "fin_caractere_exclue": 5218, "texte": "les chemins, sans demander s'ils sont bien"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 142, "texte": "les lits consacrés de ces ruisseaux capri-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 193, "fin_caractere_exclue": 232, "texte": "cants. Personne ne fait école, ou si ce"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 283, "fin_caractere_exclue": 323, "texte": "malheur involontairement arrive, quelque"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 374, "fin_caractere_exclue": 417, "texte": "cataclysme de susceptibilité dénoue preste-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 468, "fin_caractere_exclue": 500, "texte": "ment le faisceau des imitateurs."}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 554, "fin_caractere_exclue": 593, "texte": "La thèse de l'Art moderne aboutit logi-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 644, "fin_caractere_exclue": 685, "texte": "quement à prêcher le « salutaire éloigne-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 736, "fin_caractere_exclue": 758, "texte": "ment des grammaires »,"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 812, "fin_caractere_exclue": 849, "texte": "C'est l'originalité dans le pataquès."}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 903, "fin_caractere_exclue": 944, "texte": "On s'en doutait un peu ; mais il est tou-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 995, "fin_caractere_exclue": 1037, "texte": "jours agréable de voir le coupable entrer,"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1088, "fin_caractere_exclue": 1128, "texte": "comme on dit au Palais, dans la voie des"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1179, "fin_caractere_exclue": 1185, "texte": "aveux."}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1239, "fin_caractere_exclue": 1277, "texte": "L'originalité belge ne se peut trouver"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1328, "fin_caractere_exclue": 1367, "texte": "que dans le sentiment. Notre manière de"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1464, "fin_caractere_exclue": 1506, "texte": "sentir diffère évidemment de la manière de"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1557, "fin_caractere_exclue": 1591, "texte": "sentir de la plupart des Français."}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1645, "fin_caractere_exclue": 1686, "texte": "Que cela nous suffise! N'allons pas, sous"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1780, "fin_caractere_exclue": 1822, "texte": "un sot prétexte d'originalité, écorcher la"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1873, "fin_caractere_exclue": 1913, "texte": "langue française et écrire nos livres en"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 1964, "fin_caractere_exclue": 2008, "texte": "patois. A ce jeu-là nous pourrions fonder la"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2059, "fin_caractere_exclue": 2102, "texte": "littérature des Marolles, mais les Français"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2197, "fin_caractere_exclue": 2238, "texte": "ne verraient en nous, avec raison, que de"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2289, "fin_caractere_exclue": 2312, "texte": "grotesques provinciaux."}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2493, "fin_caractere_exclue": 2525, "texte": "De M. L. Baragnon, dans la Revue"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2576, "fin_caractere_exclue": 2618, "texte": "blanche, ces justes paroles « pour l'inté-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2708, "fin_caractere_exclue": 2737, "texte": "grité du parler de France » :"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2834, "fin_caractere_exclue": 2877, "texte": "Et maintenant c'est la nuit, la nuit opaque"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 2928, "fin_caractere_exclue": 2967, "texte": "où sous des lueurs clignotantes de lune"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3018, "fin_caractere_exclue": 3059, "texte": "norvégienne, à l'éclat soufré des aurores"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3110, "fin_caractere_exclue": 3153, "texte": "boréales, rampent et se cherchent vainement"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3204, "fin_caractere_exclue": 3246, "texte": "les tronçons de ce bel être jadis organisé"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3297, "fin_caractere_exclue": 3341, "texte": "qui fut le parler français. Ce n'est rien de"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3392, "fin_caractere_exclue": 3430, "texte": "nous imposer des conceptions venues du"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3481, "fin_caractere_exclue": 3520, "texte": "Nord. Toute conception, dans ce qu'elle"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3571, "fin_caractere_exclue": 3611, "texte": "contient d'être, est commune à tous bons"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3662, "fin_caractere_exclue": 3702, "texte": "esprits; mais tant que la pensée humaine"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3753, "fin_caractere_exclue": 3794, "texte": "aura besoin d'une langue pour s'exprimer,"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3845, "fin_caractere_exclue": 3889, "texte": "cette langue sera en droit d'évoluer suivant"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 3940, "fin_caractere_exclue": 3981, "texte": "son propre génie. Voilà le seul privilège"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4032, "fin_caractere_exclue": 4074, "texte": "que nous réclamons ; voilà l'indispensable"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4125, "fin_caractere_exclue": 4164, "texte": "franchise qui, aujourd'hui, plus encore"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4215, "fin_caractere_exclue": 4254, "texte": "qu'au début du siècle, nous est déniée."}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4305, "fin_caractere_exclue": 4344, "texte": "Car on ne se contente plus des vocables"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4395, "fin_caractere_exclue": 4439, "texte": "tératologiques dont, après tout, le diction-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4490, "fin_caractere_exclue": 4534, "texte": "naire finissait par livrer le sens. La cons-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4585, "fin_caractere_exclue": 4628, "texte": "truction même de la phrase, cette construc-"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4679, "fin_caractere_exclue": 4716, "texte": "tion nécessaire comme la logique, est"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4767, "fin_caractere_exclue": 4803, "texte": "attaquée Tout ce que nous comprenons"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4854, "fin_caractere_exclue": 4895, "texte": "de M. Mallarmé, causeur si limpide, c'est"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 4946, "fin_caractere_exclue": 4989, "texte": "qu'il doit penser ses écrits en anglais. On"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 5040, "fin_caractere_exclue": 5081, "texte": "voit bien de lui un vers sublime, mais on"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 5132, "fin_caractere_exclue": 5175, "texte": "le restitue aussitôt à Ronsard. Plus clair,"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 5226, "fin_caractere_exclue": 5268, "texte": "M. Stuart Merrill ne prend pas un meilleur"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 57, "fin_caractere_exclue": 100, "texte": "soin de dissimuler ses origines yankees; et"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 140, "texte": "sans doute, il aurait tort; mais que ne"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 181, "texte": "rime-t-il en son idiome! M. Gustave Kahn"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 182, "fin_caractere_exclue": 223, "texte": "eût, à coup sûr, honoré les lettres alle-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 278, "fin_caractere_exclue": 315, "texte": "mandes. Mnintes conceptions de Thadée"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 374, "fin_caractere_exclue": 415, "texte": "Natanson gagneraient à s'exprimer en nor-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 471, "fin_caractere_exclue": 513, "texte": "végien. Et, pour illustrer d'un dernier et"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 514, "fin_caractere_exclue": 556, "texte": "saisissant exemple les méfaits de l'esthé-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 610, "fin_caractere_exclue": 650, "texte": "tique contemporaine, que peut-on de plus"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 709, "fin_caractere_exclue": 750, "texte": "fort que montrer sur quels écueils elle a"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 801, "fin_caractere_exclue": 844, "texte": "guidé la nef du pur poète Henri de Régnier?"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 897, "fin_caractere_exclue": 938, "texte": "L'homme qui a écrit de l'aimée ce vers si"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 939, "fin_caractere_exclue": 945, "texte": "beau :"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1129, "fin_caractere_exclue": 1181, "texte": "C'est l'absence aujourd'hui qui l'a faite éternelle."}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1231, "fin_caractere_exclue": 1267, "texte": "Combien eût-il gagné à ne fréquenter"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1326, "fin_caractere_exclue": 1364, "texte": "que Racine et Chénier! Mais dévoyé par"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1420, "fin_caractere_exclue": 1461, "texte": "une pernicieuse institution poétique, dé-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1463, "fin_caractere_exclue": 1505, "texte": "daigneux de netteté, esprit confus, et qui"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1562, "fin_caractere_exclue": 1601, "texte": "se plaît aux flexueuses périodes inver-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1660, "fin_caractere_exclue": 1700, "texte": "tébrées de la poésie allemande, le voilà"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1739, "fin_caractere_exclue": 1778, "texte": "condamné, suivant une fière remarque, à"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1834, "fin_caractere_exclue": 1876, "texte": "paraître d'autant plus germain que plus il"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1877, "fin_caractere_exclue": 1895, "texte": "chantera Aréthuse!"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1977, "fin_caractere_exclue": 2001, "texte": "L'auteur conclut ainsi :"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2075, "fin_caractere_exclue": 2116, "texte": "« Le parler français reviendra puiser aux"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2168, "fin_caractere_exclue": 2212, "texte": "sources de la tradition nationale; il conti-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2267, "fin_caractere_exclue": 2310, "texte": "nuera à s'enrichir de mots nouveaux formés,"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2311, "fin_caractere_exclue": 2356, "texte": "selon les règles de l'analogie ou de la déri-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2357, "fin_caractere_exclue": 2404, "texte": "vation, par l'instinct populaire; il n'accueil-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2405, "fin_caractere_exclue": 2449, "texte": "lera plus un vocable, encore moins une tour-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2450, "fin_caractere_exclue": 2495, "texte": "nure exotique; s'il est dans les littératures"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2496, "fin_caractere_exclue": 2541, "texte": "du dehors tel détail dont il lui soit avanta-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2587, "fin_caractere_exclue": 2633, "texte": "geux de s'orner, c'est en le digérant, si l'on"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2634, "fin_caractere_exclue": 2683, "texte": "ose dire,c'est en se rassimilant qu'il se le ren-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2736, "fin_caractere_exclue": 2780, "texte": "dra profitable, non plus en dénaturant, pour"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2838, "fin_caractere_exclue": 2885, "texte": "y insérer ce bloc de taille étrangère, la pure,"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2937, "fin_caractere_exclue": 2980, "texte": "l'harmonieuse, la naturelle structure de sa"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3011, "fin_caractere_exclue": 3022, "texte": "phrase... »"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3415, "fin_caractere_exclue": 3452, "texte": "Dans son numéro d'octobre, le Journal"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3507, "fin_caractere_exclue": 3547, "texte": "des Gens de Lettres reproduit, fondus en"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3605, "fin_caractere_exclue": 3649, "texte": "un seul, deux articles de notre directeur et"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3705, "fin_caractere_exclue": 3751, "texte": "les fait suivre des aimables lignes que voici,"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3807, "fin_caractere_exclue": 3839, "texte": "— signées : D r Emile Valentin :"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4009, "fin_caractere_exclue": 4049, "texte": "Nous signalons à l'attention de nos lec-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4050, "fin_caractere_exclue": 4092, "texte": "teurs la remarquable étude publiée en tête"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4152, "fin_caractere_exclue": 4193, "texte": "de notre numéro de ce jour. Ils nous sau-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4252, "fin_caractere_exclue": 4293, "texte": "ront gré de leur montrer ainsi comment la"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4354, "fin_caractere_exclue": 4391, "texte": "Jeune Belgique, dont nous nous sommes"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4452, "fin_caractere_exclue": 4498, "texte": "fait, il y a quinze ans, le héraut-précurseur,"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4499, "fin_caractere_exclue": 4542, "texte": "a tenu ses promesses, et répond aujourd'hui"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4596, "fin_caractere_exclue": 4640, "texte": "à nos espérances de la première heure. L'ar-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4695, "fin_caractere_exclue": 4741, "texte": "ticle d'Iwan Gilkin a paru, en effet, dans les"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4796, "fin_caractere_exclue": 4837, "texte": "numéros de juin et de juillet de LA VAIL-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4838, "fin_caractere_exclue": 4878, "texte": "LANTE REVUE AUJOURD'HUI SI JALOUSÉE POUR"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4922, "fin_caractere_exclue": 4959, "texte": "LE RÔLE UNIQUE ET GLORIEUX QUI FUT ET"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 5019, "fin_caractere_exclue": 5035, "texte": "RESTERA LE SIEN."}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 240, "fin_caractere_exclue": 277, "texte": "Notre ami M. Ernest Closson, qui pen-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 333, "fin_caractere_exclue": 373, "texte": "dant trois années a honoré la Jeune Bel­"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 429, "fin_caractere_exclue": 470, "texte": "gique de ses excellentes chroniques musi-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 569, "fin_caractere_exclue": 609, "texte": "cales et de qui tous nos lecteurs ont pu"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 665, "fin_caractere_exclue": 708, "texte": "apprécier la compétence et le talent, vient"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 764, "fin_caractere_exclue": 800, "texte": "d'être nommé conservateur adjoint du"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 856, "fin_caractere_exclue": 896, "texte": "Musée du Conservatoire. Cette charge lui"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 994, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "donne un surcroît de labeur qui lui rend"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1090, "fin_caractere_exclue": 1128, "texte": "désormais impossible une collaboration"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1184, "fin_caractere_exclue": 1227, "texte": "régulière à notre revue. La chronique musi-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1283, "fin_caractere_exclue": 1325, "texte": "cale sera rédigée dorénavant par M. Nelson"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1381, "fin_caractere_exclue": 1419, "texte": "Le Kimue, du Guide musical, bien connu"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1517, "fin_caractere_exclue": 1561, "texte": "des artistes et du public dilettante par les"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1617, "fin_caractere_exclue": 1659, "texte": "remarquables articles qu'il a publiés dans"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1715, "fin_caractere_exclue": 1738, "texte": "cette excellente revue."}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1797, "fin_caractere_exclue": 1833, "texte": "M. Ernest Closson ne nous quitte pas"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 1932, "fin_caractere_exclue": 1973, "texte": "tout à fait; il reste collaborateur de la"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2029, "fin_caractere_exclue": 2071, "texte": "Jeune Belgique, qui profite de la présente"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2127, "fin_caractere_exclue": 2167, "texte": "occasion pour lui témoigner publiquement"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2223, "fin_caractere_exclue": 2266, "texte": "sa cordiale sympathie et sa reconnaissance."}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2554, "fin_caractere_exclue": 2586, "texte": "Dans la Revue des Denx-Mondes du"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2690, "fin_caractere_exclue": 2735, "texte": "1er octobre, M. Brunetière traite la question"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2791, "fin_caractere_exclue": 2837, "texte": "du Cosmopolitisme littéraire et de la littéra-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2893, "fin_caractere_exclue": 2936, "texte": "ture nationale, et il se prononce en faveur"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3010, "texte": "du cosmopolitisme."}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3081, "fin_caractere_exclue": 3117, "texte": "D'abord, M. Brunetière a mal posé la"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3173, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "question. Il ne fait point la distinction"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3270, "fin_caractere_exclue": 3313, "texte": "essentielle entre les deux manières dont ce"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3369, "fin_caractere_exclue": 3412, "texte": "cosmopolitisme peut se présenter : 1° pren-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3468, "fin_caractere_exclue": 3506, "texte": "dre connaissance des meilleures œuvres"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3562, "fin_caractere_exclue": 3604, "texte": "étrangères et en tirer profit; dans ce cas"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3660, "fin_caractere_exclue": 3704, "texte": "l'élément étranger est absorbé par la litté-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3760, "fin_caractere_exclue": 3806, "texte": "rature nationale, il y a absorption, assimila-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3862, "fin_caractere_exclue": 3907, "texte": "tion, nutrition ; 2° subir l'influence étran-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 3963, "fin_caractere_exclue": 4005, "texte": "gère et les altérations qu'elle apporte au"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4105, "fin_caractere_exclue": 4151, "texte": "goûtnational; dans ce cas il y a intoxication,"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4207, "fin_caractere_exclue": 4251, "texte": "troubles organiques, désagrégation de l'élé-"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4307, "fin_caractere_exclue": 4353, "texte": "ment national. L'affaire est de savoir si l'on"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4409, "fin_caractere_exclue": 4451, "texte": "fera une conquête ou si l'on sera conquis."}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4556, "fin_caractere_exclue": 4595, "texte": "Mille symptômes démontrent qu'à l'heure"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4651, "fin_caractere_exclue": 4694, "texte": "présente la littérature française subit une"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4750, "fin_caractere_exclue": 4795, "texte": "invasion de l'esprit étranger et que l'esprit"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4893, "fin_caractere_exclue": 4921, "texte": "national recule devant elle."}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 4979, "fin_caractere_exclue": 5018, "texte": "Tel est le point de vue pratique auquel"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 5074, "fin_caractere_exclue": 5118, "texte": "M. Brunetière aurait dû se placer. Il a pré-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 92, "texte": "féré faire une dissertation académique et"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 145, "fin_caractere_exclue": 184, "texte": "démontrer que le cosmopolitisme est une"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 222, "fin_caractere_exclue": 266, "texte": "belle chose tandis que l'exclusivisme natio-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 319, "fin_caractere_exclue": 362, "texte": "nal est mesquin, — ce qui, entendu en prin-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 416, "fin_caractere_exclue": 450, "texte": "cipe, n'est douteux pour personne."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 516, "fin_caractere_exclue": 554, "texte": "Cette dissertation renferme d'ailleurs"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 607, "fin_caractere_exclue": 633, "texte": "maint argument surprenant."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 707, "fin_caractere_exclue": 748, "texte": "M. Brunetière, interprétant à sa façon la"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 799, "fin_caractere_exclue": 843, "texte": "«doctrine évolutive », estime que les carac-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 888, "fin_caractere_exclue": 927, "texte": "tères distinctifs des races européennes"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 966, "fin_caractere_exclue": 1010, "texte": "tendent à s'effacer. Il s'établit de jour en"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1037, "fin_caractere_exclue": 1078, "texte": "jour davantage une manière de penser com-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1133, "fin_caractere_exclue": 1172, "texte": "mune et une manière de vivre identique,"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1229, "fin_caractere_exclue": 1275, "texte": "dit M. Brunetière; et il en conclut qu'il « en"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1318, "fin_caractere_exclue": 1361, "texte": "résulte une manière analogue de sentir qui,"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1408, "fin_caractere_exclue": 1451, "texte": "de génération en génération, efface en cha-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1499, "fin_caractere_exclue": 1542, "texte": "cun de nous l'empreinte héréditaire ou pre-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1591, "fin_caractere_exclue": 1610, "texte": "mière de la race »."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1689, "fin_caractere_exclue": 1726, "texte": "C'est un raisonnement mirifique, mais"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1775, "fin_caractere_exclue": 1816, "texte": "son auteur serait bien embarrassé de mon-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1868, "fin_caractere_exclue": 1908, "texte": "trer comment la conclusion sort des pré-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1963, "fin_caractere_exclue": 2015, "texte": "misses. Ce raisonnement suppose que            sonne"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2053, "fin_caractere_exclue": 2103, "texte": "toujours et partout une modification dans      pas"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2142, "fin_caractere_exclue": 2193, "texte": "la manière de penser produit une modifi-       sous"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2233, "fin_caractere_exclue": 2282, "texte": "cation analogue dans la manière de sentir,     le"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2328, "fin_caractere_exclue": 2378, "texte": "ce qui n'est aucunement démontré. Puis,        pas"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2419, "fin_caractere_exclue": 2474, "texte": "y a-t-il modification dans la manière de       consacré"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2510, "fin_caractere_exclue": 2566, "texte": "penser, ou bien y a-t-il simplement, entre     tructeur?"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2596, "fin_caractere_exclue": 2649, "texte": "les peuples européens, échange d'un cer-        Byron"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2653, "fin_caractere_exclue": 2692, "texte": "tain nombre de pensées, acquisitions de"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2750, "fin_caractere_exclue": 2804, "texte": "pensées nouvelles sans que, pour cela, chez     paraît"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2824, "fin_caractere_exclue": 2866, "texte": "aucun peuple, la faculté de penser subisse"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2915, "fin_caractere_exclue": 2969, "texte": "une modification? Il se forme un stock          semble"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2989, "fin_caractere_exclue": 3029, "texte": "croissant d'idées communes, mais la même"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3031, "fin_caractere_exclue": 3075, "texte": "idée signifie-t-elle la même chose pour tous"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3077, "fin_caractere_exclue": 3121, "texte": "ces peuples? On a dit cent fois que le Fran-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3123, "fin_caractere_exclue": 3163, "texte": "çais n'entend pas le mot liberté dans le"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3165, "fin_caractere_exclue": 3207, "texte": "même sens que l'Anglais. L'idée de l'amour"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3249, "fin_caractere_exclue": 3295, "texte": "n'est pas le même non plus pour un Français G."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3334, "fin_caractere_exclue": 3376, "texte": "et pour un Espagnol. C'est une question dû"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3417, "fin_caractere_exclue": 3466, "texte": "de savoir si le socialisme est entendu de la que."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3503, "fin_caractere_exclue": 3550, "texte": "même manière en Angleterre et en Alle- adressés"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3585, "fin_caractere_exclue": 3636, "texte": "magne et si les divergences actuelles iront resseux"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3672, "fin_caractere_exclue": 3716, "texte": "en diminuant ou en croissant. Voilà pour pas"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3754, "fin_caractere_exclue": 3811, "texte": "les idées.                                    d'emprunter"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3848, "fin_caractere_exclue": 3893, "texte": "Quant à la modification de l'âme des      cle"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3921, "fin_caractere_exclue": 3962, "texte": "races, elle semble aisée à M. Brunetière."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4006, "fin_caractere_exclue": 4053, "texte": "Le savant docteur Gustave Lebon estime organisé"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4092, "fin_caractere_exclue": 4141, "texte": "au contraire que l'âme ou l'esprit d'une confirme"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4222, "fin_caractere_exclue": 4225, "texte": "que"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4262, "fin_caractere_exclue": 4319, "texte": "race ne peut disparaître sans que cette race l'ouverture."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 143, "texte": "périsse. C'est un argument grave contre le"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 195, "fin_caractere_exclue": 220, "texte": "cosmopolitisme imprudent."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 276, "fin_caractere_exclue": 317, "texte": "Enfin, M. Brunetière affirme qu'à l'heure"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 369, "fin_caractere_exclue": 414, "texte": "présente les littératures du Nord sont objec-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 466, "fin_caractere_exclue": 512, "texte": "tives et que leur influence fera salutairement"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 564, "fin_caractere_exclue": 605, "texte": "rentrer dans ses voies traditionnelles la"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 657, "fin_caractere_exclue": 703, "texte": "littérature française, qui devrait être objec-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 755, "fin_caractere_exclue": 798, "texte": "tive et que le malheur des temps et l'oura-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 850, "fin_caractere_exclue": 887, "texte": "gan romantique ont précipitée dans un"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 939, "fin_caractere_exclue": 965, "texte": "regrettable subjectivisme."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1020, "fin_caractere_exclue": 1036, "texte": "Cela fait rêver."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1091, "fin_caractere_exclue": 1132, "texte": "Où donc M. Brunetière a-t-il pris que les"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1183, "fin_caractere_exclue": 1228, "texte": "littératures du nord sont objectives? Il cite"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1279, "fin_caractere_exclue": 1317, "texte": "quelques noms : Tolstoï, Ibsen, George"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1368, "fin_caractere_exclue": 1407, "texte": "Elliot... Mais il passe prudemment sous"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1458, "fin_caractere_exclue": 1498, "texte": "silence Frédéric Nietzsche, Dostoïewsky,"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1549, "fin_caractere_exclue": 1590, "texte": "Swinburne, Walt Whitman et bien d'autres."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1645, "fin_caractere_exclue": 1683, "texte": "Puis, est-il si complètement objectif,"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1734, "fin_caractere_exclue": 1772, "texte": "Tolstoï ? Est-il aussi impersonnel que"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1823, "fin_caractere_exclue": 1865, "texte": "M. Brunetière le pense? N'a-t-il donc pas,"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 1916, "fin_caractere_exclue": 1960, "texte": "lui aussi, écrit des mémoires et mis sa per-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2016, "fin_caractere_exclue": 2050, "texte": "en scène dans ses romans? N'a-t-il"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2104, "fin_caractere_exclue": 2139, "texte": "écrit son premier ouvrage religieux"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2194, "fin_caractere_exclue": 2230, "texte": "une forme personnelle, dont témoigne"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2283, "fin_caractere_exclue": 2325, "texte": "titre : Ma Religion? Et Ibsen, ne s'est-il"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2379, "fin_caractere_exclue": 2416, "texte": "souvent mis en scène, ne s'est-il pas"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2475, "fin_caractere_exclue": 2507, "texte": "tout un drame : Solness le Cons­"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2567, "fin_caractere_exclue": 2594, "texte": "Qu'a donc fait de plus lord"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2650, "fin_caractere_exclue": 2651, "texte": "?"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2705, "fin_caractere_exclue": 2748, "texte": "L'objectivité des littératures du Nord nous"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2805, "fin_caractere_exclue": 2822, "texte": "assez peu solide."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2876, "fin_caractere_exclue": 2913, "texte": "Et l'article de M. Brunetière ne nous"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 2970, "fin_caractere_exclue": 2987, "texte": "pas très probant."}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3214, "fin_caractere_exclue": 3247, "texte": "EXPOSITION DU SILLON. — Notre ami"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3296, "fin_caractere_exclue": 3333, "texte": "M. S., exposant lui-même au Sillon, a"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3377, "fin_caractere_exclue": 3416, "texte": "se récuser et nous priver de sa chroni-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3467, "fin_caractere_exclue": 3502, "texte": "Pour le remplacer, nous nous sommes"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3551, "fin_caractere_exclue": 3584, "texte": "à un infâme intérimaire, plus pa-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3637, "fin_caractere_exclue": 3671, "texte": "qu'un angora. Sa copie ne nous est"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3717, "fin_caractere_exclue": 3753, "texte": "encore parvenue. Force nous est donc"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3812, "fin_caractere_exclue": 3843, "texte": "au Journal de Bruxelles l'arti-"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3895, "fin_caractere_exclue": 3920, "texte": "de M. Verlant. Le voici :"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 3970, "fin_caractere_exclue": 4005, "texte": "Un examen plus attentif du salonnet"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4054, "fin_caractere_exclue": 4091, "texte": "par les jeunes artistes du « Sillon »"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4142, "fin_caractere_exclue": 4175, "texte": "pleinement l'impression favorable"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4226, "fin_caractere_exclue": 4261, "texte": "nous en avions rapportée le jour de"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 4320, "fin_caractere_exclue": 4347, "texte": "Il y a deux ans, la plupart"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 95, "texte": "débutaient assez timidement, et voici déjà"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 151, "fin_caractere_exclue": 193, "texte": "que plusieurs d'entre eux sont en train de"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 246, "fin_caractere_exclue": 287, "texte": "se créer une signature, sans avoir visé à"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 336, "fin_caractere_exclue": 375, "texte": "une notoriété précoce par une recherche"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 435, "fin_caractere_exclue": 485, "texte": "d'artificielle originalité. S'il était vrai qu'une"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 530, "fin_caractere_exclue": 574, "texte": "génération nouvelle se levât dont le premier"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 625, "fin_caractere_exclue": 666, "texte": "souci ne fût pas de conquérir l'attention"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 723, "fin_caractere_exclue": 765, "texte": "publique en la frappant d'étonnement, per-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 816, "fin_caractere_exclue": 856, "texte": "sonne, pas même elle, ne pourrait le re-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 910, "fin_caractere_exclue": 918, "texte": "gretter."}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1007, "fin_caractere_exclue": 1049, "texte": "Le « Sillon » s'honore de la participation"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1099, "fin_caractere_exclue": 1140, "texte": "d'un artiste admirable, Burne Jones, l'un"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1195, "fin_caractere_exclue": 1234, "texte": "des plus nobles et des plus complets du"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1290, "fin_caractere_exclue": 1332, "texte": "siècle, et qui précisément se trouve avoir"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1385, "fin_caractere_exclue": 1423, "texte": "exprimé un rêve de poésie et de beauté"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1481, "fin_caractere_exclue": 1522, "texte": "nouveau dans l'art, proprement anglais et"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1576, "fin_caractere_exclue": 1618, "texte": "proprement moderne, bien qu'il se soit mis"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1675, "fin_caractere_exclue": 1715, "texte": "de propos délibéré, comme tout le groupe"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1772, "fin_caractere_exclue": 1812, "texte": "préraphaélite, 'à l'école des maîtres du"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1863, "fin_caractere_exclue": 1908, "texte": "XVesiècle italien. 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Chez Burne Jones on constate"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2580, "fin_caractere_exclue": 2625, "texte": "l'équilibre si rare entre la réalité créée et"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2682, "fin_caractere_exclue": 2727, "texte": "l'idée qui la recrée, entre la matière inerte"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2776, "fin_caractere_exclue": 2821, "texte": "ou indifférente et l'esprit qui la pénètre et"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2873, "fin_caractere_exclue": 2912, "texte": "l'anime. 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Gustave"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4769, "fin_caractere_exclue": 4812, "texte": "Stevens, à qui le « Sillon » est redevable,"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4842, "fin_caractere_exclue": 4882, "texte": "pensons-nous, de la coopération de Burne"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4936, "fin_caractere_exclue": 4976, "texte": "Jones, s'est rangé à la suite du peintre"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5034, "fin_caractere_exclue": 5074, "texte": "anglais, au moins dans son tableau prin-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5128, "fin_caractere_exclue": 5166, "texte": "cipal, le Roi Harald Harfagar, dont le"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5223, "fin_caractere_exclue": 5260, "texte": "sujet, emprunté à un nocturne d'Henri"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5322, "fin_caractere_exclue": 5364, "texte": "Heine, rappelle les Profondeurs de la mer,"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5419, "fin_caractere_exclue": 5463, "texte": "qu'on vit à Anvers l'an passé. Il a particu-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5490, "fin_caractere_exclue": 5533, "texte": "lièrement bien réussi la figure de l'ondine"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5584, "fin_caractere_exclue": 5625, "texte": "enchanteresse qui retient captif dans les"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5677, "fin_caractere_exclue": 5719, "texte": "délices d'un Vénusberg sous-marin le vieux"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5771, "fin_caractere_exclue": 5813, "texte": "guerrier aspirant à l'héroïsme comme Tann-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5865, "fin_caractere_exclue": 5904, "texte": "häuser aspirait à la douleur. On trouve"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 106, "fin_caractere_exclue": 150, "texte": "encore dans l'exposition abondante et variée"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 204, "fin_caractere_exclue": 245, "texte": "de M. Gustave Stevens d'autres gracieuses"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 299, "fin_caractere_exclue": 335, "texte": "compositions, notamment de charmants"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 389, "fin_caractere_exclue": 434, "texte": "portraits de fillettes, traités habilement en"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 488, "fin_caractere_exclue": 529, "texte": "douces harmonies blondes, le Mûrier, d'un"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 583, "fin_caractere_exclue": 624, "texte": "beau mouvement, et des études impression-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 678, "fin_caractere_exclue": 722, "texte": "nantes de charpentes colossales et fantasti-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 776, "fin_caractere_exclue": 815, "texte": "ques où vibre l'âme sonore des cloches."}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 872, "fin_caractere_exclue": 909, "texte": "M. René Janssens expose, entre autres"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 963, "fin_caractere_exclue": 1002, "texte": "morceaux, un portrait du sculpteur Wey-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1056, "fin_caractere_exclue": 1098, "texte": "gers, très remarquable par sa tenue sévère"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1152, "fin_caractere_exclue": 1194, "texte": "son style sobre et expressif; l'Etude, qui"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1248, "fin_caractere_exclue": 1289, "texte": "semble un portrait de femme lisant, et un"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1343, "fin_caractere_exclue": 1384, "texte": "second portrait d'homme, qui participent,"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1438, "fin_caractere_exclue": 1480, "texte": "à un moindre degré, de ces mêmes qualités."}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1534, "fin_caractere_exclue": 1575, "texte": "M. Janssens est un coloriste discret, qui"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1629, "fin_caractere_exclue": 1674, "texte": "affectionne les tons neutres et réussit mieux"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1728, "fin_caractere_exclue": 1771, "texte": "les intérieurs que le paysage, où l'air lui"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1825, "fin_caractere_exclue": 1862, "texte": "manque avec la sensation du recul des"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1916, "fin_caractere_exclue": 1922, "texte": "plans."}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 1979, "fin_caractere_exclue": 2013, "texte": "Quand M. Fernand Toussaint cherche"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2067, "fin_caractere_exclue": 2113, "texte": "l'éclat de la couleur, il lui arrive de tomber"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2167, "fin_caractere_exclue": 2211, "texte": "dans les effets criards et lourds. Mais il a"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2265, "fin_caractere_exclue": 2306, "texte": "un portrait de femme dans une gamme atté-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2360, "fin_caractere_exclue": 2404, "texte": "nuée, où les accessoires n'empiètent pas sur"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2458, "fin_caractere_exclue": 2481, "texte": "l'intérêt de la figure."}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2538, "fin_caractere_exclue": 2579, "texte": "Avec son Automne, déjà vu, où une vieille"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2633, "fin_caractere_exclue": 2680, "texte": "dame, la tête renversée en arrière, recueillie,"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2734, "fin_caractere_exclue": 2775, "texte": "contemple le deuil d'un paysage nocturne,"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2829, "fin_caractere_exclue": 2872, "texte": "M. Gouweloos expose des pastels assez fins,"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 2926, "fin_caractere_exclue": 2966, "texte": "mais dont l'un, tout au moins, n'est pas"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3020, "fin_caractere_exclue": 3048, "texte": "irréprochablement construit."}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3106, "fin_caractere_exclue": 3146, "texte": "Les dessins de M. Cuvelier, tout au con-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3200, "fin_caractere_exclue": 3243, "texte": "traire, Orchidéa, Pour les anges, sont d'un"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3297, "fin_caractere_exclue": 3342, "texte": "style très pur et d'un caractère profond dans"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3396, "fin_caractere_exclue": 3436, "texte": "leur simplicité. De tous les artistes du"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3490, "fin_caractere_exclue": 3533, "texte": "« Sillon », M. Cuvelier est peut-être celui"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3587, "fin_caractere_exclue": 3631, "texte": "qui depuis ses débuts, peu lointains, a fait"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3685, "fin_caractere_exclue": 3716, "texte": "les progrès les plus marquants."}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3774, "fin_caractere_exclue": 3812, "texte": "Autres dessinateurs : M. De Vleeschou-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3866, "fin_caractere_exclue": 3909, "texte": "wer, avec un portrait précis et d'agréables"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 3963, "fin_caractere_exclue": 4004, "texte": "petits paysages brouillés ; M. Henri Meu-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4059, "fin_caractere_exclue": 4103, "texte": "nier, qui rehausse de colorations infiniment"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4157, "fin_caractere_exclue": 4199, "texte": "délicates des visions de clair de lune, de"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4254, "fin_caractere_exclue": 4295, "texte": "vapeurs fluides, de lumière soyeuse où se"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4349, "fin_caractere_exclue": 4388, "texte": "noyent des horizons rêveurs; M. Bartho-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4442, "fin_caractere_exclue": 4483, "texte": "lomé dont les dessins bretons sont fermes"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4537, "fin_caractere_exclue": 4581, "texte": "et experts, mais qui a dans ses tableaux des"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4635, "fin_caractere_exclue": 4674, "texte": "colorations dures , par exemple dans sa"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4728, "fin_caractere_exclue": 4768, "texte": "Grand'Place de Furnes, dont l'atmosphère"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4822, "fin_caractere_exclue": 4841, "texte": "manque de justesse."}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4899, "fin_caractere_exclue": 4935, "texte": "En ses amples paysages gris, M. Ver-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 4989, "fin_caractere_exclue": 5033, "texte": "dussen exprime bien l'âme dolente des ciels,"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5087, "fin_caractere_exclue": 5127, "texte": "des marais et des sables campinois. Dans"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5181, "fin_caractere_exclue": 5222, "texte": "cette série vient s'interposer un tableau"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5276, "fin_caractere_exclue": 5321, "texte": "différent, Le Parc, où la végétation mouillée"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5376, "fin_caractere_exclue": 5418, "texte": "et rouillée d'un automne pluvieux est ren-"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5472, "fin_caractere_exclue": 5489, "texte": "due avec finesse,"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5547, "fin_caractere_exclue": 5583, "texte": "Autrement montée de ton est la gamme"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5637, "fin_caractere_exclue": 5676, "texte": "de M. Blieck, assez analogue à celle de"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5731, "fin_caractere_exclue": 5770, "texte": "M. Gilsoul et pareillement exposée à se"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5825, "fin_caractere_exclue": 5864, "texte": "sombrer outre mesure. Les cantons de la"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 5919, "fin_caractere_exclue": 5958, "texte": "Flandre maritime, avec leurs rangées de"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 97, "texte": "grands arbres sveltes, ont fourni à M. Blieck"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 141, "fin_caractere_exclue": 185, "texte": "des motifs qu'il interprète très décorative-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 226, "fin_caractere_exclue": 231, "texte": "ment."}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 319, "fin_caractere_exclue": 360, "texte": "M. Blieck s'est également attaqué au por-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 363, "fin_caractere_exclue": 409, "texte": "trait, et l'on ne peut dire qu'il y ait réussi"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 454, "fin_caractere_exclue": 495, "texte": "du premier coup, non plus que M. Bernier,"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 544, "fin_caractere_exclue": 589, "texte": "qui se spécialise d'ordinaire dans le paysage"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 631, "fin_caractere_exclue": 672, "texte": "étoffé d'animaux, à la manière de Verwée,"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 717, "fin_caractere_exclue": 759, "texte": "dont il rappelle le coloris gras, chaud et"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 761, "fin_caractere_exclue": 803, "texte": "plein. Plusieurs de ses tableaux sont très"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 846, "fin_caractere_exclue": 889, "texte": "réussis, bien que çà et là la préoccupation"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 936, "fin_caractere_exclue": 977, "texte": "de faire clair ait quelque peu faussé les"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1024, "fin_caractere_exclue": 1032, "texte": "valeurs."}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1114, "fin_caractere_exclue": 1153, "texte": "Il y a de jolis coins dans la nombreuse"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1155, "fin_caractere_exclue": 1197, "texte": "série de paysages wallons de M. Delgouffre"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1249, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "et certaines impressions de nuit qui rap-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1338, "fin_caractere_exclue": 1377, "texte": "pellent vaguement les larges évocations"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1425, "fin_caractere_exclue": 1462, "texte": "monochromes de M. Pointelin. Le grand"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1508, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "paysage alpestre aux sommets roses de"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1547, "fin_caractere_exclue": 1589, "texte": "M. Delaperche fait de l'effet. Mentionnons"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1634, "fin_caractere_exclue": 1674, "texte": "encore les banlieues frileuses de M. De-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1720, "fin_caractere_exclue": 1759, "texte": "nayer, et, dans l'une, un portrait bien"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1804, "fin_caractere_exclue": 1846, "texte": "buriné, comme le dessin, A me céleste, qui"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1889, "fin_caractere_exclue": 1902, "texte": "l'avoisine. ."}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1953, "fin_caractere_exclue": 1955, "texte": "et"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2004, "fin_caractere_exclue": 2046, "texte": "La couleur chante ses plus stridentes fan-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2048, "fin_caractere_exclue": 2095, "texte": "fares dans les natures mortes massives et droit"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2131, "fin_caractere_exclue": 2183, "texte": "rougeoyantes de M. Mathieu, et certes ce pyrrhonisme"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2216, "fin_caractere_exclue": 2272, "texte": "n'est pas seulement leur voisinage qui affine d'attaquer"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2303, "fin_caractere_exclue": 2349, "texte": "ses paysages Harmonie grise et Effet de démoli"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2386, "fin_caractere_exclue": 2429, "texte": "neige. M. Mathieu est un vrai peintre, très"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2430, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "savoureux.                                        debout"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2525, "fin_caractere_exclue": 2562, "texte": "M. Coulon, élève de Rops, banalise un"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2615, "fin_caractere_exclue": 2658, "texte": "peu les sujets préférés de son maître, dont"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2659, "fin_caractere_exclue": 2710, "texte": "le dessin triomphant ne se retrouve guère        se"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2755, "fin_caractere_exclue": 2808, "texte": "dans ces esquisses et ses croquis générale- sympathie"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2843, "fin_caractere_exclue": 2887, "texte": "ment lâchés. Le Chahut y règne encore avoir,"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2923, "fin_caractere_exclue": 2971, "texte": "plus que Dahut, la magicienne, fille du roi mais"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3013, "fin_caractere_exclue": 3061, "texte": "d'Ys, reine de la Terre et de la Mer, à sibilité"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3096, "fin_caractere_exclue": 3137, "texte": "laquelle il consacre une sorte de vitrail"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3138, "fin_caractere_exclue": 3189, "texte": "double.                                          le"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3217, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "La sculpture est représentée au « Sillon »,"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3306, "fin_caractere_exclue": 3357, "texte": "sans beaucoup d'éclat, par des médaillons générales"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3393, "fin_caractere_exclue": 3435, "texte": "de M. Weygers et d'élégantes statuettes de"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3436, "fin_caractere_exclue": 3482, "texte": "M. Crick; l'architecture domestique par des de"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3524, "fin_caractere_exclue": 3569, "texte": "croquis de ferronneries et un meuble de sance"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3610, "fin_caractere_exclue": 3661, "texte": "hall, dessinés avec un goût rationnel, par critique"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3695, "fin_caractere_exclue": 3750, "texte": "M. Hankar.                                       ciale,"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3827, "fin_caractere_exclue": 3854, "texte": "E. V.        intellectuelle"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3934, "fin_caractere_exclue": 3938, "texte": "tion"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4026, "fin_caractere_exclue": 4036, "texte": "tre-partie"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4121, "fin_caractere_exclue": 4122, "texte": "A"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4166, "fin_caractere_exclue": 4206, "texte": "Au « SILLON ». — Conférence de M. Gil­ à"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4250, "fin_caractere_exclue": 4292, "texte": "kin. — La première conférence organisée de"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4333, "fin_caractere_exclue": 4384, "texte": "par le Sillon a eu lieu le samedi 12 octobre. sance"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4425, "fin_caractere_exclue": 4471, "texte": "Elle avait attiré dans la grande salle de ment"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4509, "fin_caractere_exclue": 4555, "texte": "l'exposition un public très nombreux, qui doit"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4583, "fin_caractere_exclue": 4627, "texte": "a suivi avec une attention soutenue le déve-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4668, "fin_caractere_exclue": 4716, "texte": "loppement des idées de notre collaborateur bonne"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4753, "fin_caractere_exclue": 4802, "texte": "M. Iwan Gilkin sur la « critique ».          guer"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4844, "fin_caractere_exclue": 4885, "texte": "Dans la confusion babélique qui règne qui"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 138, "texte": "aujourd'hui et où s'efface tout principe"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 186, "fin_caractere_exclue": 223, "texte": "commun, toute pensée directrice, on a"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 274, "fin_caractere_exclue": 313, "texte": "vu surgir une école qui nie toute règle"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 410, "fin_caractere_exclue": 451, "texte": "esthétique et qui croit naïvement que les"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 496, "fin_caractere_exclue": 541, "texte": "lois profondes de l'art ne sont que des édits"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 590, "fin_caractere_exclue": 628, "texte": "arbitrairement promulgués par des per-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 673, "fin_caractere_exclue": 715, "texte": "sonnes grincheuses et autoritaires. Incon-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 804, "fin_caractere_exclue": 844, "texte": "nue, mal connue ou méconnue, la loi n'en"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 890, "fin_caractere_exclue": 934, "texte": "existe pas moins, et l'esprit humain peut en"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 978, "fin_caractere_exclue": 1022, "texte": "acquérir, en multipliant les expériences, la"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1073, "fin_caractere_exclue": 1109, "texte": "connaissance de plus en plus exacte."}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1207, "fin_caractere_exclue": 1247, "texte": "En dehors de cette connaissance, la cri-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1291, "fin_caractere_exclue": 1336, "texte": "tique, qui est l'art de juger les ouvrages de"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1378, "fin_caractere_exclue": 1423, "texte": "l'esprit et, par conséquent, d'appliquer à un"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1463, "fin_caractere_exclue": 1506, "texte": "cas porticulier une règle générale, ne sau-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1590, "fin_caractere_exclue": 1632, "texte": "rait exister. M. Gilkin n'a donc eu besoin"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1675, "fin_caractere_exclue": 1718, "texte": "que d'insister sur la définition même de la"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1760, "fin_caractere_exclue": 1802, "texte": "critique pour faire ressortir qu'elle com-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1847, "fin_caractere_exclue": 1887, "texte": "prend nécessairement un élément objectif"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1956, "fin_caractere_exclue": 1999, "texte": "intellectuel. C'est une vérité qui avait le"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2096, "fin_caractere_exclue": 2130, "texte": "de passer pour claire avant que le"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2184, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "eût tout envahi et, non content"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2273, "fin_caractere_exclue": 2302, "texte": "les abus du raisonnement, eût"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2350, "fin_caractere_exclue": 2385, "texte": "jusqu'à la raison même, ne laissant"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2487, "fin_caractere_exclue": 2520, "texte": "que la sensibilité et l'instinct."}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2574, "fin_caractere_exclue": 2614, "texte": "En dehors de cette doctrine, la critique"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2712, "fin_caractere_exclue": 2754, "texte": "réduit, en effet, à la manifestation d'une"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2809, "fin_caractere_exclue": 2842, "texte": "ou d'une antipathie, et cela peut"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2888, "fin_caractere_exclue": 2922, "texte": "sans doute, une valeur artistique,"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 2972, "fin_caractere_exclue": 3012, "texte": "il est intolérable que le cri d'une sen-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3062, "fin_caractere_exclue": 3095, "texte": "prétende s'imposer à autrui comme"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3190, "fin_caractere_exclue": 3212, "texte": "jugement de la raison."}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3265, "fin_caractere_exclue": 3305, "texte": "Outre la connaissance réfléchie des lois"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3358, "fin_caractere_exclue": 3392, "texte": "de l'art et des lois particulières"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3483, "fin_caractere_exclue": 3523, "texte": "l'art qu'il considère, outre la connais-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3570, "fin_caractere_exclue": 3609, "texte": "historique des faits et des oeuvres, le"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3662, "fin_caractere_exclue": 3694, "texte": "doit posséder une émotivité spé-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3751, "fin_caractere_exclue": 3790, "texte": "une souplesse protéenne, une plasticité"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3855, "fin_caractere_exclue": 3884, "texte": "que Taine appelait l'imagina-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 3939, "fin_caractere_exclue": 3976, "texte": "sympathique, et qui est comme la con-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4037, "fin_caractere_exclue": 4071, "texte": "passive de la puissance créatrice."}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4123, "fin_caractere_exclue": 4162, "texte": "ce propos, M. Gilkin s'est trouvé amené"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4207, "fin_caractere_exclue": 4249, "texte": "faire en passant le procès de M. Nordau et"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4293, "fin_caractere_exclue": 4332, "texte": "son livre Dégénérescence, où l'insuffi-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4385, "fin_caractere_exclue": 4424, "texte": "de ce tact nécessaire éclate manifeste-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4472, "fin_caractere_exclue": 4508, "texte": "et gâte les vues justes que l'auteur"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4556, "fin_caractere_exclue": 4582, "texte": "à sa science pathologique."}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4630, "fin_caractere_exclue": 4667, "texte": "Objective ou subjective, c'est-à-dire"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4717, "fin_caractere_exclue": 4752, "texte": "ou mauvaise, on doit encore distin-"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4803, "fin_caractere_exclue": 4841, "texte": "la critique en critique d'observation,"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 4886, "fin_caractere_exclue": 4928, "texte": "ne tend qu'à la constatation de la vérité,"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 54, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "et critique de combat, qui se préoccupe"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 182, "texte": "d'un but particulier à atteindre. Parlant des"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 218, "fin_caractere_exclue": 261, "texte": "critiques de combat, M. Gilkin, après avoir"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 312, "fin_caractere_exclue": 353, "texte": "cité Ruskin, a esquissé un portrait, mal-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 400, "fin_caractere_exclue": 439, "texte": "heureusement écourté, de M. Brunetière."}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 480, "fin_caractere_exclue": 520, "texte": "Mais nous ne pouvons suivre cette confé-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 564, "fin_caractere_exclue": 601, "texte": "rence dans tous ses épisodes, et nous"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 649, "fin_caractere_exclue": 689, "texte": "devons nous contenter d'en avoir indiqué"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 733, "fin_caractere_exclue": 774, "texte": "sommairement l'allure et la thèse princi-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 815, "fin_caractere_exclue": 853, "texte": "pale. Tous ceux qui savent quel esprit"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 893, "fin_caractere_exclue": 934, "texte": "ferme et lucide est M. Gilkin, quelle est"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 974, "fin_caractere_exclue": 1010, "texte": "l'abondance de son observation et la"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1065, "fin_caractere_exclue": 1103, "texte": "richesse organisée de sa pensée clair-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1144, "fin_caractere_exclue": 1188, "texte": "voyante, quelle est sa faculté d'énonciation"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1231, "fin_caractere_exclue": 1273, "texte": "nette et juste, comprendront l'intérêt qui"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1319, "fin_caractere_exclue": 1360, "texte": "s'est attaché à sa conférence. Elle a été"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1405, "fin_caractere_exclue": 1440, "texte": "saluée d'unanimes applaudissements,"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1507, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "E. V."}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1658, "fin_caractere_exclue": 1692, "texte": "(Extrait du Journal de Bruxelles.)"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2058, "fin_caractere_exclue": 2101, "texte": "L'invasion des Barbares dans la littérature"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2144, "fin_caractere_exclue": 2188, "texte": "française, tel est le sujet de la conférence"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2229, "fin_caractere_exclue": 2274, "texte": "faite au Sillon, le 19 octobre, par M. Valère"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2319, "fin_caractere_exclue": 2325, "texte": "Gille."}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2415, "fin_caractere_exclue": 2456, "texte": "Après avoir indiqué à quels excès de raf-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2501, "fin_caractere_exclue": 2547, "texte": "finements en était arrivée la littérature dite"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2590, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "décadente, le conférencier nous montre"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2675, "fin_caractere_exclue": 2711, "texte": "comme réaction et comme conséquence,"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2763, "fin_caractere_exclue": 2806, "texte": "l'apparition d'oeuvres primitives, sauvages"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2853, "fin_caractere_exclue": 2898, "texte": "et grossières. Etablissant un parallèle entre"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2937, "fin_caractere_exclue": 2981, "texte": "les productions de la basse latinité et cer-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3020, "fin_caractere_exclue": 3063, "texte": "taines d'aujourd'hui, il retrouve les mêmes"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3106, "fin_caractere_exclue": 3146, "texte": "signes de la plus complète décrépitude :"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3189, "fin_caractere_exclue": 3230, "texte": "Pour ce qui regarde la forme, d'abord une"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3274, "fin_caractere_exclue": 3319, "texte": "langue incorrecte et brutale, ensuite la des-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3362, "fin_caractere_exclue": 3403, "texte": "truction, dans la poésie, de la métrique."}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3446, "fin_caractere_exclue": 3490, "texte": "Pour le fond, chez les uns, l'oubli de l'art"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3535, "fin_caractere_exclue": 3578, "texte": "en faveur de la propagande, c'est-à-dire de"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3620, "fin_caractere_exclue": 3664, "texte": "la beauté en faveur de l'utilité; chez d'au-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3665, "fin_caractere_exclue": 3709, "texte": "tres, la perte même des facultés d'écrire et"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3763, "fin_caractere_exclue": 3805, "texte": "le retour aux légendes naïves et aux chan-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3857, "fin_caractere_exclue": 3899, "texte": "sons de l'enfance ; puis, le manque absolu"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3944, "fin_caractere_exclue": 3986, "texte": "de composition; et enfin, ce besoin qu'ont"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 4029, "fin_caractere_exclue": 4073, "texte": "les cerveaux incultes de tout allégoriser et"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 4115, "fin_caractere_exclue": 4134, "texte": "de tout symboliser."}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 4208, "fin_caractere_exclue": 4244, "texte": "Comme exemple il cite MM. Verhaeren,"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 4252, "fin_caractere_exclue": 4291, "texte": "Max Elskamp, Gérardy, Maeterlinck, pour"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 4344, "fin_caractere_exclue": 4388, "texte": "lequel il cite, sans se prononcer, l'avis de"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 94, "fin_caractere_exclue": 134, "texte": "Mirbeau et celui de Max Nordau. Voici la"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 183, "fin_caractere_exclue": 215, "texte": "péroraison de cette conférence :"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 267, "fin_caractere_exclue": 310, "texte": "« Il s'est trouvé, dans l'histoire de l'hu-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 354, "fin_caractere_exclue": 398, "texte": "manité, une race qui grâce aux destins bien-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 440, "fin_caractere_exclue": 478, "texte": "veillants, a pu adorer la pure Beauté."}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 521, "fin_caractere_exclue": 562, "texte": "Qu'importe que le laid soit beau, le beau"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 602, "fin_caractere_exclue": 647, "texte": "est encore plus beau, a dit Taine. C'est vers"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 690, "fin_caractere_exclue": 731, "texte": "le peuple qui a pu appliquer cette maxime"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 775, "fin_caractere_exclue": 813, "texte": "que nous devons nous tourner. C'est en"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 854, "fin_caractere_exclue": 891, "texte": "l'aimant et en le comprenant que nous"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 935, "fin_caractere_exclue": 972, "texte": "retrouverons les traditions oubliées."}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1024, "fin_caractere_exclue": 1063, "texte": "Il ne demande pas de copier la Vénus de"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1104, "fin_caractere_exclue": 1143, "texte": "Milo, la Victoire de Samothrace, ou les"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1189, "fin_caractere_exclue": 1229, "texte": "Odes pindariques — ce qui ne serait déjà"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1274, "fin_caractere_exclue": 1317, "texte": "pas si mal — mais de puiser dans l'étude et"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1361, "fin_caractere_exclue": 1403, "texte": "la contemplation de ces oeuvres sacrées le"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1453, "fin_caractere_exclue": 1470, "texte": "désir de l'idéal."}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1522, "fin_caractere_exclue": 1557, "texte": "Au moment où l'on ne cherche à don-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1606, "fin_caractere_exclue": 1646, "texte": "ner à la jeunesse qu'une éducation posi-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1741, "fin_caractere_exclue": 1785, "texte": "tive et utilitaire, il est du devoir de ceux"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1834, "fin_caractere_exclue": 1873, "texte": "qui ont conservé le culte de l'Harmonie"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 1922, "fin_caractere_exclue": 1964, "texte": "d'élever la voix. Peut-être l'appel que la"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2013, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "Jeune Belgique lance aujourd'hui restera"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2102, "fin_caractere_exclue": 2142, "texte": "sans écho. Nul pèlerin pieux n'ira plus,"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2189, "fin_caractere_exclue": 2228, "texte": "comme on le vit pendant quatre siècles,"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2275, "fin_caractere_exclue": 2317, "texte": "écouter, sur les marches du Parthénon, les"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2366, "fin_caractere_exclue": 2410, "texte": "chants divins de l'Apollon Cytharède. L'hor-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2457, "fin_caractere_exclue": 2500, "texte": "rible triomphe, et les sorcières de Macbeth"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2548, "fin_caractere_exclue": 2589, "texte": "brassent de plus belle leurs philtres im-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2638, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "mondes dans la bruyère de Dunsinane."}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2726, "fin_caractere_exclue": 2762, "texte": "Mais nous, amoureux de la beauté, de"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2807, "fin_caractere_exclue": 2852, "texte": "l'équilibre et de la clarté, nous irons, avec"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2899, "fin_caractere_exclue": 2936, "texte": "Renan, dire notre prière au sommet de"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 2982, "fin_caractere_exclue": 3019, "texte": "l'Acropole. Nous évoquerons ces temps"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3064, "fin_caractere_exclue": 3105, "texte": "bienheureux où les jeunes gens de Platon,"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3147, "fin_caractere_exclue": 3188, "texte": "vigoureux et beaux, s'entretenaient mélo-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3231, "fin_caractere_exclue": 3273, "texte": "dieusement d'art et de philosophie sous le"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3320, "fin_caractere_exclue": 3361, "texte": "double portique du Lycée, où les abeilles"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3404, "fin_caractere_exclue": 3445, "texte": "de leur maître bourdonnaient dans le bois"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3491, "fin_caractere_exclue": 3534, "texte": "sacré, où les athlètes, dans les palestres,"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3579, "fin_caractere_exclue": 3619, "texte": "exerçaient leur souplesse et leur force."}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3710, "fin_caractere_exclue": 3762, "texte": "Nous apprendrons par eux à aimer la santé et la vie,"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3814, "fin_caractere_exclue": 3856, "texte": "Nous reverrons Sophole à seize ans, choisi"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3900, "fin_caractere_exclue": 3943, "texte": "pour sa beauté, danser le pœan sur la plage"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 3987, "fin_caractere_exclue": 4028, "texte": "de Salamine, et les bergers de Théocrite,"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 4074, "fin_caractere_exclue": 4114, "texte": "sur les collines embaumées de la Sicile,"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 4163, "fin_caractere_exclue": 4204, "texte": "reprendront pour nous leurs chants alter-"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 4245, "fin_caractere_exclue": 4251, "texte": "nés. »"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 4303, "fin_caractere_exclue": 4343, "texte": "Un public d'élite assistait à cette très"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 4389, "fin_caractere_exclue": 4433, "texte": "intéressante conférence. Il a fait au sympa-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 93, "texte": "thique conferencier un accueil chaleureux,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 147, "fin_caractere_exclue": 189, "texte": "qui s'est traduit par des applaudissements"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 206, "fin_caractere_exclue": 216, "texte": "prolongés."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 596, "fin_caractere_exclue": 634, "texte": "A propos de l'incident Eekhoud, M. Al-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 686, "fin_caractere_exclue": 728, "texte": "bert Giraud a reçu, de la part de ses amis"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 853, "fin_caractere_exclue": 896, "texte": "et des amis de notre revue, des témoignages"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 993, "fin_caractere_exclue": 1030, "texte": "de sympathie trop nombreux pour qu'il"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1088, "fin_caractere_exclue": 1130, "texte": "puisse y répondre personnellement. Il prie"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1184, "fin_caractere_exclue": 1232, "texte": "ceux qui lui ont écrit de recevoir ici l'expres-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1277, "fin_caractere_exclue": 1307, "texte": "sion de sa profonde gratitude."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1751, "fin_caractere_exclue": 1787, "texte": "La réouverture de la Maison d'Art de"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1897, "fin_caractere_exclue": 1899, "texte": "le"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1911, "fin_caractere_exclue": 1953, "texte": "la Toison d'or, dans laquelle on achève en"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1987, "fin_caractere_exclue": 2029, "texte": "ce moment d'importants travaux d'agrandis-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2082, "fin_caractere_exclue": 2139, "texte": "sement, aura lieu vers le milieu de no-            repose"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2178, "fin_caractere_exclue": 2220, "texte": "vembre. La première exposition sera exclu-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2270, "fin_caractere_exclue": 2308, "texte": "sivement consacrée aux œuvres d'Alfred"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2458, "fin_caractere_exclue": 2501, "texte": "Stevens. L'éminent artiste réunira, pour la"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2550, "fin_caractere_exclue": 2606, "texte": "première fois en Belgique, un ensemble de          sique"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2626, "fin_caractere_exclue": 2664, "texte": "ses œuvres anciennes et récentes en un"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2720, "fin_caractere_exclue": 2777, "texte": "Salon de choix destiné à faire sensation.          nombre"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2799, "fin_caractere_exclue": 2841, "texte": "La section des arts appliqués s'ouvrira, à"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2943, "fin_caractere_exclue": 2952, "texte": "principe,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2992, "fin_caractere_exclue": 3048, "texte": "la même époque, par une exposition des             même;"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3086, "fin_caractere_exclue": 3140, "texte": "œuvres de MM. Daum frères, les verriers            der"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3178, "fin_caractere_exclue": 3235, "texte": "de Nancy qui ont remporté un si vif succès         chose,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3326, "fin_caractere_exclue": 3339, "texte": "versification"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3353, "fin_caractere_exclue": 3396, "texte": "au dernier Salon de la Libre Esthétique, et"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3494, "fin_caractere_exclue": 3547, "texte": "des céramiques à reflets métalliques de            ce"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3591, "fin_caractere_exclue": 3644, "texte": "M. Clément Massier, du Golfe Juan, qui             de"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3685, "fin_caractere_exclue": 3738, "texte": "débutera à Bruxelles par cette exhibition.         et"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3830, "fin_caractere_exclue": 3832, "texte": "de"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3880, "fin_caractere_exclue": 3931, "texte": "Une exposition de certaines œuvres de           dit"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3973, "fin_caractere_exclue": 4033, "texte": "Jean Portaels ainsi que de celles des élèves       partisans"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4070, "fin_caractere_exclue": 4123, "texte": "de l'ancien atelier Portaels, organisée en         ce"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4161, "fin_caractere_exclue": 4222, "texte": "vue d'honorer la mémoire du maître, succé-         novateurs,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4309, "fin_caractere_exclue": 4314, "texte": "Jeune"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4350, "fin_caractere_exclue": 4409, "texte": "dera à ces expositions particulières. Le           beaucoup"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4449, "fin_caractere_exclue": 4506, "texte": "concours de tous les anciens élèves de Por-        recule"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4541, "fin_caractere_exclue": 4601, "texte": "taels est dès à présent assuré, ce qui pro-        barbarie."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4637, "fin_caractere_exclue": 4691, "texte": "met une exposition 'd'un puissant intérêt.         les"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4780, "fin_caractere_exclue": 4783, "texte": "MM."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4822, "fin_caractere_exclue": 4879, "texte": "Un comité vient d'être constitué pour choi-        soient"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4918, "fin_caractere_exclue": 4971, "texte": "sir les œuvres et s'occuper de leur pla-           et"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5009, "fin_caractere_exclue": 5068, "texte": "cement à la Maison d'Art Ce comité est             trouvent"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5153, "fin_caractere_exclue": 5162, "texte": "penchants"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5190, "fin_caractere_exclue": 5243, "texte": "composé de MM. A. Hennebicq, président,            M."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5283, "fin_caractere_exclue": 5338, "texte": "Léon Frédéric, Is. Verheyden, A. Meurice           coin"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5377, "fin_caractere_exclue": 5432, "texte": "et William Picard.           (Communiqué.).        main"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5520, "fin_caractere_exclue": 5523, "texte": "bon"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5610, "fin_caractere_exclue": 5614, "texte": "cela"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5707, "fin_caractere_exclue": 5716, "texte": "déraison,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5800, "fin_caractere_exclue": 5805, "texte": "duire"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5821, "fin_caractere_exclue": 5860, "texte": "Le correspondant bruxellois de la Revue"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 146, "texte": "britannique    s'occupe de nos débats litté-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 198, "fin_caractere_exclue": 205, "texte": "raires."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 261, "fin_caractere_exclue": 298, "texte": "« Dans une correspondance précédente,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 351, "fin_caractere_exclue": 399, "texte": "dit-il, j'ai parlé des luttes littéraires qui se"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 452, "fin_caractere_exclue": 496, "texte": "sont engagées, en Belgique, entre les jeunes"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 549, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "écrivains ; j'y reviens aujourd'hui afin de"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 645, "fin_caractere_exclue": 685, "texte": "mieux préciser ce débat auquel la France"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 738, "fin_caractere_exclue": 783, "texte": "est intéressée, puisqu'il s'agit de sa langue"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 836, "fin_caractere_exclue": 852, "texte": "et de sa poésie."}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 952, "fin_caractere_exclue": 992, "texte": "MM. Giraud et Gilkin n'ont cessé de com-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1045, "fin_caractere_exclue": 1087, "texte": "battre le vers libre, ou du moins ce qu'on"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1140, "fin_caractere_exclue": 1183, "texte": "appelle aujourd'hui ainsi, et qui n'est que"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1236, "fin_caractere_exclue": 1276, "texte": "de la prose, souvent détestable, plus ou"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1329, "fin_caractere_exclue": 1369, "texte": "moins alignée. Il y a quelques semaines,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1422, "fin_caractere_exclue": 1462, "texte": "M. Gilkin a longuement justifié, dans le"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1514, "fin_caractere_exclue": 1554, "texte": "Journal de Bruxelles, les raisons fonda-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1607, "fin_caractere_exclue": 1651, "texte": "mentales, les principes absolus qui lui font"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1703, "fin_caractere_exclue": 1746, "texte": "défendre le vers correct, c'est-à-dire sou-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1799, "fin_caractere_exclue": 1845, "texte": "mis à ces deux lois constitutives : la rime et"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1900, "fin_caractere_exclue": 1909, "texte": "nombre. »"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 1965, "fin_caractere_exclue": 1986, "texte": "Il dit excellemment :"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2042, "fin_caractere_exclue": 2081, "texte": "« La versification, dans chaque langue,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2140, "fin_caractere_exclue": 2177, "texte": "sur des lois naturelles, parfaitement"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2229, "fin_caractere_exclue": 2269, "texte": "objectives. Les législateurs du Parnasse"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2322, "fin_caractere_exclue": 2366, "texte": "n'inventent pas ces lois au hasard ; ils les"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2418, "fin_caractere_exclue": 2457, "texte": "découvrent, comme les physiciens et les"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2509, "fin_caractere_exclue": 2549, "texte": "chimistes découvrent les lois de la phy-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2607, "fin_caractere_exclue": 2625, "texte": "et de la chimie. »"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2681, "fin_caractere_exclue": 2719, "texte": "Puis encore, à propos de la rime et du"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2778, "fin_caractere_exclue": 2794, "texte": "homosyllabique :"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2849, "fin_caractere_exclue": 2891, "texte": "« Cela, c'est la loi inviolable. Ce double"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 2953, "fin_caractere_exclue": 2991, "texte": "c'est la versification française elle-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3049, "fin_caractere_exclue": 3085, "texte": "y porter atteinte et chercher à fon-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3141, "fin_caractere_exclue": 3177, "texte": "la versification française sur autre"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3236, "fin_caractere_exclue": 3274, "texte": "c'est vouloir substituera celle-ci une"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3340, "fin_caractere_exclue": 3352, "texte": "étrangère. »"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3452, "fin_caractere_exclue": 3493, "texte": "Tout cela est exact, et marqué au coin de"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3548, "fin_caractere_exclue": 3590, "texte": "parfait bon sens dont on a pris l'habitude"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3645, "fin_caractere_exclue": 3684, "texte": "rire comme d'une chose très bourgeoise,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3739, "fin_caractere_exclue": 3778, "texte": "sans lequel il est cependant impossible"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3833, "fin_caractere_exclue": 3876, "texte": "vivre. Et c'est pourquoi, ainsi que je l'ai"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 3932, "fin_caractere_exclue": 3972, "texte": "déjà, dans la lutte entreprise entre les"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4034, "fin_caractere_exclue": 4069, "texte": "du vers libre et du vers classique,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4124, "fin_caractere_exclue": 4160, "texte": "n'est pas au Coq rouge, la revue des"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4223, "fin_caractere_exclue": 4257, "texte": "que la victoire restera, mais à la"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4315, "fin_caractere_exclue": 4349, "texte": "Belgique. Seulement, en attendant,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4410, "fin_caractere_exclue": 4448, "texte": "de talent se perd, et l'art littéraire"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4507, "fin_caractere_exclue": 4540, "texte": "de plus en plus vers une sorte de"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4602, "fin_caractere_exclue": 4636, "texte": "Il est évident que les obscurités,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4692, "fin_caractere_exclue": 4728, "texte": "étrangetés de plusieurs poètes comme"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4784, "fin_caractere_exclue": 4821, "texte": "Verhaeren et Maeterlinck, quelles que"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4880, "fin_caractere_exclue": 4917, "texte": "trop souvent les puérilités du second"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 4972, "fin_caractere_exclue": 5008, "texte": "les insoutenables écarts du premier,"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5069, "fin_caractere_exclue": 5101, "texte": "un appui indulgent dans certains"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5163, "fin_caractere_exclue": 5189, "texte": "de l'âme belge. L'homme de"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5244, "fin_caractere_exclue": 5282, "texte": "Verhaeren, couché dans un cercueil, au"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5339, "fin_caractere_exclue": 5376, "texte": "d'un bois, et qui tient son œil en sa"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5433, "fin_caractere_exclue": 5468, "texte": "droite, ne laisse pas d'émouvoir un"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5524, "fin_caractere_exclue": 5558, "texte": "nombre d'imaginations. Mais contre"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5615, "fin_caractere_exclue": 5655, "texte": "il faut lutter, parce que cela, c'est la"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5717, "fin_caractere_exclue": 5748, "texte": "et que la déraison ne peut pro-"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 5806, "fin_caractere_exclue": 5819, "texte": "que le néant."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 97, "texte": "Dans une lettre particulière, M. Gilkin a"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 150, "fin_caractere_exclue": 194, "texte": "expliqué de quelle façon il entend rattacher"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 210, "fin_caractere_exclue": 254, "texte": "le mouvement littéraire belge à la tradition"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 255, "fin_caractere_exclue": 300, "texte": "latine : « Il faut, dit-il, que nous ayons la"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 344, "fin_caractere_exclue": 387, "texte": "forme française. Certes, nous ne serons pas"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 388, "fin_caractere_exclue": 429, "texte": "tout à fait pareils aux Méridionaux; mais"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 477, "fin_caractere_exclue": 525, "texte": "est-ce que les Latins furent tout à fait pareils"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 546, "fin_caractere_exclue": 589, "texte": "aux Grecs? Ils prirent de l'héritage hellé-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 590, "fin_caractere_exclue": 632, "texte": "nique tout ce qu'ils en pouvaient prendre,"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 683, "fin_caractere_exclue": 725, "texte": "mais ils gardèrent fatalement les qualités"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 776, "fin_caractere_exclue": 821, "texte": "et les défauts caractéristiques de leur race."}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 867, "fin_caractere_exclue": 907, "texte": "C'est de la même manière que nous devons"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 957, "fin_caractere_exclue": 1003, "texte": "recueillir l'héritage classique, à travers les"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 1050, "fin_caractere_exclue": 1092, "texte": "transformations que lui a déjà imposées la"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 1148, "fin_caractere_exclue": 1194, "texte": "France. 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Gilkin se"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 1667, "fin_caractere_exclue": 1711, "texte": "résigne à la sentimentalité de sa race beau-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 1759, "fin_caractere_exclue": 1801, "texte": "coup plus qu'il n'y consent. Je crois bien"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 1852, "fin_caractere_exclue": 1896, "texte": "que, de tous les poètes belges, il est celui"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 1917, "fin_caractere_exclue": 1957, "texte": "qui s'est le mieux rendu maître de cette"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 2012, "fin_caractere_exclue": 2053, "texte": "sentimentalité. Lui, malgré un fond obsé-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 2105, "fin_caractere_exclue": 2149, "texte": "dant de tristesse, plus encore que Latin, il"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 2194, "fin_caractere_exclue": 2236, "texte": "est Grec. 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Lecanuet, La jeunesse de Montalem-"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 1623, "fin_caractere_exclue": 1666, "texte": "bert; A. Kannengieser, Le père de l'antisé­"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 1719, "fin_caractere_exclue": 1758, "texte": "mitisme autrichien; Ed. Biré, Balzac au"}, {"page_pdf": 433, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 1811, "fin_caractere_exclue": 1851, "texte": "théâtre ; C. 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Prix : 3 francs.\nIl a été tiré : 5 exemplaires sur papier du Japon des manufactures impé-\n                      riales, à                               fr. 12 »\n                15 exemplaires sur papier de Hollande Van Gelder.   6 »\n\n\n                         Edmond PICARD\n\n         VIE                SIMPLE\n    Nouvelle édition. Un volume petit in-12       .     .   .   . fr.   2 »\n\n\n                          Paul    ARDEN\n\n       PAR LES CHEMINS\n             Un volume petit in-12    .   .   .   . fr.     2 50\n\n\n                    A. GALLOY & J. MOLLOY\n\n   AU PAYS D E B E A U M O N T\n                             POÉSIES\n             Un volume in-18 jésus . .        .   . fr.     2 50\n\n\n                          Hubert KRAINS\n\n   HISTOIRES LUNATIQUES\n             Un volume in-18 jésus     . . . .        fr.   3 »\n\n\n                          Jules D E S T R É E\n\n     UNE CAMPAGNE AU PAYS NOIR\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-belgique-1895-09-n9-10-206", "volume": "ELB-ULB-516421-1895-001-014_f", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2012/ELB-ULB-516421-1895-001-014_f.pdf", "ocr_sha256": "0d2e6793b05e55873cf097689435f81a174a0f4fd792afad2ec71934b2a473a1", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Catalogue de la librairie Paul Lacomblez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LACOMBLEZ, éditeur", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 435, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 6936, "texte": "LACOMBLEZ, éditeur\n               3i, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES\n\nArden (P.). Par les chemins . . . fr. 2 50         Itiberê da Cunha (J.). Préludes . . fr. 3 »\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et               Jenart (Aug.). Le Barbare                    2 »\n  roses                                 2 »        Jeune Belgique (Le Parnasse de la). . 7 50\nBrabant (V.). Notes de voyage . . .     1 «        Journal d'une ignorante: Sur les Golfes 1 50\nBloy(Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 »        Justus Severus Africus                       1 »\n   Les 3 premiers numéros ensemble 1 »             Kahn (Gustave). Chansons d'amant. . 3 50\nBoschot (A). Faunesses et bacchantes. 1 50               —         Les Palais nomades           3 50\n              Mutin d'automne . . .     1 50       Krains (H.). Histoires lunatiques . . 3 »\n     —        Rêves blancs . . . . 4 »             Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .        2 »\nBosiers (E.). Harald-Roi                2 »              —         Loth et ses filles . . .     2 »\nCarnet de chasse illustré                 15   »   Landoy (Eug.). Evocations                    3 50\nCasier (J.). Flammes et flammèches . 1 50                —         Maître Martin . . . . 0 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 »            Lautréamont (comte de). Les Chants de\nCourouble (L.). Contes et souvenirs. . 3 50           Maldoror                                  3 50\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 »            Lemonnier (C). Paroles pour Georges\nDaCosta(G.) Grammaire en portefeuille 0 50                         Eekhoud              0         50\nDaxhelet (A ) Pages de tendresse vague 3 '50             —         Discours d'inauguration\n     —         Nouvelles de Wallonie . 3 50           du monument Ch. De Coster, avec\nDe Coster (Ch.). La Légende d'Ulen-                   extraits d'« Ulenspiegel » et por-\n          spiegel.                       . 5 »        trait de Ch. De Coster . . . . 0 50\n     —          Légendes flamandes . . 3 50        Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\n                   (Voir Lemonnier.)                               (L'Intruse, Les Aveugles) 3 »\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50             — La Princesse Maleine. . 3 50\n     —       Les Miroirs de jeunesse . 3 50              —         Serres chaudes . . . .       3 »\nDelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50              —         L'Ornement des noces spi-\nDe Haulleville ( W o n P.). En vacances. 3 50                         rituelles                 4 \"\n      — Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »               —         Les Sept Princesses . . 2 »\n     — J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                          —         Pelléas et Mélisande       . 3 50\n                talat chez les Civilisés. 4 »                         (Voir Emerson.)\nDemolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                   —         Les Disciples à Sais et les\n      —         Impressions d'Art. . . 3 »            fragments de Novalis                      4 »\n      —         James Ensor . . . . 3 »            Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam . . 3 »\nDe Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 »         Maubel (Henry). Miette                       2 50\nDe Régnier (H.). Le Bosquet de Psyché 2 »                —         Etude de jeune fille . . 3 50\nDe Tallenay (J.). L'Invisible . . . .      3 50          —         Quelqu'un d'aujourd'hui . 3 50\nDesombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »                —         Une mesure pour rien         1 »\nDestrée (Jules). Journal des Destrée . 1 »         Picard (E.). El Moghreb al Aksa . . 4 »\nDulac (Paul). Vingt-cinq sonnets . . 1 50                —         Scènes de la vie judiciaire 4 »\nDupont (A.). L'Envol des rêves . . .       2 «           —         Vie simple                   2 »\nEekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50               —         Imogène, 1 vol. format\n      —        La Nouvelle Carthage. . 4 »                            eucologe                  4 »\n      —        Les Fusillés de Malines . 3 50            —         Comment on devient so-\n      —        Au siècle de Shakespeare. 3 »                          cialiste                  2 50\n      —        Kees Doorik                 3 50          —            Id. (édition populaire) 0 75\n      —        Kermesses                   5 »     Piorron (Sander). Pages de Charité . 3 50\n      —        Mes Communions . . .        5 »     Philopator. Libres propos d'un belge. 1 »\nElskamp (Max). Dominical . . . .           2 »      Pléiade (La). Première année (188g) . 3 »\n      —        Salutations, dont d'angé-            Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n   liques                                  3 50     Rodenbach Le Foyer et les champs . 1 »\n      —        En Symbole vers l'Apos-              Rommelaere (J.). Ma semaine, 1892-93. 2 »\n   tolat                                   3 50          —         Ma semaine, 1894 . . .       2 »\nEmerson. Sept Essais, avec préface de              Severin (Fernand). Le Lys                    2 »\n   Maeterlinck                             3 50             —             Le Don d'enfance . 2 »\nGalloy (A.). Au pays de Beaumont. . 2 50                 —         Un chant dans l'ombre . 3 »\nGarnir (Georges). Les Charneux. . . 3 50           Sigogne (E.). Contes merveilleux . . 3 »\n      —        Contes à Marjolaine . . 3 50        Sluyts(Ch.). L'Appel des voix . . .          2 »\nGilkin (Iwan). Stances dorées . . .         1 »           —        Notes d'être                 3 »\nGille(Valère) LeChâteau desmerveilles 2 »          Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 »\nGiraud (Albert). Hors du siècle . . . 3 50         Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut. . . 3 50\n      —        Hors du siècle. II : Sous            Van Lerberghe (Ch.). Les Plaireurs. . 1 »\n                  la Couronne. Devant le            Verhaeren (E.). Les Apparus dans mes\n                  Sphynx                   3 00                       chemins                   2 »\n      —        Pierrot lunaire . . . .     2 »           —         Les Moines                   3 »\n                                                                                    res\n      —        Pierrot Narcisse . . .      2 »      Villiers de l'IsleAdam. Premiè Poésies 3 50\n      —        Dernières Fêtes. . . .      2 »            —         Morganc                     5 \"\n      —        Le Scribe                   1 »      Wagner (R.). L'Œuvre et la mission de\nHannon (Théo). Noëls fin de siècle . . 3 «             ma vie (derniers exemplaires) . . 4 »\n      —        Au pays de Manneken-Pis 4 »          Waller (Max). La Flûte à Siebel. .          3 50\nHanneuse (0 ). La Reine Aléna. . (souscrit).                        Daisy                       3 »\n      —        Sorella                     2 50     X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé)\n\n                      Bruxelles.— Imprimerie Ve Monnom,32, rue de l'Industrie\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 380, "texte": "Sept.-Oct.         1895.       TOME XIV. — Nos 9-10                        15 me Année.\n\n\n\n\nA\n   JEUNE\n                BELGIQUE\n                                   SOMMA I R E :\n        La Poésie nouvelle                       IWAN GILKlN.\n        Odelettes arlequines                     VALÈRE GILLE.\n        Sensations brugeoises                    ADRIEN GUILLON.\n        Vers                                     MAURICE CARTUYVELS.\n        Les deux exils                           FRANZ ANSEL.\n        L'Ogresse                                FRANCIS DE CROISSET.\n        Vers                                     VICTOR ORBAN.\n        Lamentable reculade ! . . . . . ....'. . IWAN GILKIN.\n        Le tombeau de Baudelaire                 ALBERT GIRAUD.\n        Charles Baudelaire                       ARNOLD GOFFIN.\n        Chronique littéraire :\n          La Faute de Mme Charvet; Le Grand Tri-\n             mard; Décors; Charité; Le Sceptique\n             loyal                               ARNOLD GOFFIN.\n        Chronique artistique :\n          Le Salon de Gand .■                    G. M. S.\n        Memento                                  NEMO.\n\n\n\n\n         REDACTION                                         BRUXELLES\n, RUE   DE LA   LIMITE,    BRUXELLES.                 PAUL LACOMBLEZ, ÉDITEUR\n                                                          3 I , rue des Paroissiens\n                                                                PARIS\n    NUMÉRO DOUBLE                                  GHAMUEL,      LIBRAIRE-ÉDITEUR\n                                                         20, rue de Trévise\n        fr. i-5o.\n                                                                  1895\n"}, {"page_pdf": 381, "texte": "                                                                           BELGIQUE\n   BELGIQUE\n                               N E CRAINS\n\n\n\n\n                                                                 JEUNE\n              JEUNE\n\n\n\n\n                                                            LA\n                      LA\n\n                               N E CRAINS\n          Revue mensuelle de littérature et d'art,\n                           PARAISSANT LE 5 DE CHAQUE MOIS\n\n  Fondateur       : MAX W A L L E R (MAURICE W A R L O M O N T )\n              Directeur : IWAN GILKIN, 110, rue de la Limite.\n                 7 francs par an — Union postale, fr. 8-50.\n    Pour tout ce qui concerne l'Administration de la Revue, s'adresser\n                 à M. Hubert VAN DIJK, 65, rue Herry.\n\n\n\n   G I L B L A S , journal quotidien français, boulevard                 des Capu­\ncines, 16, à Paris.\n\n\n  LA J E U N E B E L G I Q U E est en vente à Bruxelles : Chez Lacom-\nblez, 31, rue des Paroissiens, chez Rozez, à l'Office de Publicité et chez\nIstace, Galeries Saint-Hubert.\n  A Gand : Chez Hoste, rue des Champs.\n  A Anvers : Chez Smeding, 44, marché Saint-Jacques.\n\n\n\n   Quel est l'homme politique, l'écrivain, l'artiste qui ne souhaite savoir\nce que l'on dit de lui dans la presse? Mais le temps manque pour de telles\nrecherches.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E , fondé en 1889, 21, boulevard\nMontmartre, à Paris, par M. GALLOIS, a pour objet de recueillir et de\ncommuniquer aux intéressés les extraits de tous les journaux du monde sur\nn'importe quel sujet.\n   Le COURRIER D E LA P R E S S E lit 6,000 journaux par jour.\n"}, {"page_pdf": 382, "texte": "           LA POÉSIE NOUVELLE\n\n\n                                            Dans la très intéressante Société nou-\n                                         velle du mois de septembre, M. R. de\n                                        Souza consacre un article à l'antagonis-\n                                        me actuel, en France, des poètes tradi-\n                                   tionnalistes et des novateurs. M. de Souza\n                                  multiplie dans cette étude les considérations\n                                étranges. Le point de vue auquel il se place\n                            est, par lui-même, assez singulier : il s'agit, pour\n                  lui, de savoir lesquels, des poètes traditionnalistes ou des\n                 novateurs, ont le mieux réussi à retrouver la poésie rusti­\n                 que ou la poésie populaire. (M. de Souza emploie indiffé-\n                 remment ces deux expressions.)\n                    Tâchons de débrouiller les éléments que renferme la\n                 thèse de M. de Souza.\n                    Il est utile de noter, tout d'abord, que le critique a con-\n                damné d'avance le vers classique et parnassien. C'est « un\n                 instrument sec et coupant, qui rase net les herbes folles,\n                fleurissantes, tond en boulingrins les prairies naturelles ».\n                 L'image est conçue dans un esprit évidemment hostile. M. de\nSouza s'en contente et ne prend point la peine d'exposer les motifs qui ont\ndicté son jugement. Il serait cependant injuste de lui en faire un reproche,\ncar il a publié un gros volume sur la versification française; il a le droit de\nne point revenir sur cette question et de considérer ses conclusions comme\n"}, {"page_pdf": 383, "texte": "                                   — 340 —\n\n acquises à sa cause. Mais nous avons le droit de rappeler qu'à notre avisée\n livre est peu scientifique, qu'il conclut mal et qu'il n'a aucunement démontré\n que le vers traditionnel devrait céder la place à une versification nouvelle,\n    Réservons donc la question de la versification; au surplus, M. de Souza\n semble ne s'en préoccuper guère dans le présent article, qui a la prétention\n d'approfondir plutôt une question de sentiment et d'inspiration.\n    Selon M. de Souza, la poésie populaire « doit vivifier et rajeunir le lyrisme\n de France ».\n    Voilà une proposition importante qui mériterait d'être démontrée. Avant\nd'examiner comment s'opérera ce rajeunissement, l'auteur devrait prouver\nsa thèse principale. Il n'en fait rien. Il affirme ainsi, de sa propre autorité,\nque le lyrisme de France a besoin d'être rajeuni, qu'il le sera et que l'ins-\ntrument de cette renaissance sera la poésie populaire. Que telle soit l'opi-\nnion de M. de Souza, je le veux bien, puisqu'il le dit; mais pour que cette\nopinion devienne la mienne, j'en attends la preuve et j'ai beau lire son\narticle d'un bout à l'autre, je ne l'y trouve point, je n'y trouve pas même le\nmoindre renvoi à un ouvrage quelconque touchant cette importante ques-\ntion. Quel sera le résultat de cette omission fâcheuse? M. de Souza pourra\ns'évertuer, tant qu'il voudra, à me décrire l'opération du rajeunissement,\nil me donnera là-dessus les plus admirables renseignements et les plus judi-\ncieux conseils, que voulez-vous que cela me fasse? Il me restera toujours des\ndoutes sur la nécessité de ce rajeunissement, sur son utilité et même sur sa\npossibilité. Il ne m'en restera pas moins sur la désignation de l'agent par\nlequel il doit s'accomplir. Qu'importe tout le reste si ces indispensables\nprémisses ont été omises ?\n    La thèse de M. de Souza pèche donc par la base. Il a oublié de lui en\ndonner une. Nous pourrions nous arrêter ici et abandonner l'examen de\nces affirmations inconsistantes ; mais en poursuivant cet examen, peut-être\nrencontrerons-nous quelques pensées ou quelques faits de nature à jeter une\nlumière sur la querelle des traditionnalistes et des novateurs. Reprenons\ndonc, mais sans y accorder aucune créance, la proposition de M. de Souza\net voyons quels développements il a donnés à sa pensée.\n   La poésie populaire, dit-il, doit vivifier et rajeunir le lyrisme de France.\nMais comment le fera-t-elle? Il faut démêler avec soin deux procédés, car\nl'un est stérile et seul l'autre est efficace. « On a tendance à confondre, dit\nM. de Souza, ce qui s'inspire des motifs champêtres avec l'accent même de\nla spontanéité populaire. » M. de Souza condamne « l'imitation directe»,\ntelle que l'ont pratiquée MM. Theuriet, Lemoine et G. Vicaire, car c'est le\nprocédé des poètes traditionnels qui traitent des sujets populaires. Le salut\n"}, {"page_pdf": 384, "texte": "ne se trouve ni dans l'imitation directe des poésies populaires recueillies\ndans les collections du folklore français, ni dans la peinture directe des\nmœurs champêtres et des sentiments rustiques. Rien ne sert de « faire\nrevivre d'un dessin précis le bûcheron, le charbonnier, le tisserand, la bro-\ndeuse, en l'exact décor de leur vie... Ce sont des paysages et des tableaux\nde genre. Cela est plus peint que chanté, — et trop achevé dans le souci du\ndétail réel ».\n  Ici M. de Souza éclaircit par un exemple ce qu'il veut dire lorsqu'il parle\nde l'imitation directe des chansons populaires par les poètes traditionnels.\nUne chanson populaire dit :\n                                     Je chante le lourdaud\n                                     Qui m'a laissée aller ;\n                                     Quand on a la caille en   main,\n                                     Faut savoir la plumer.\n\n  M. G a b r i e l V i c a i r e d i r a :\n\n                                     La caille était dans ta main.\n                                              Oh ! la folle,\n                                              Qui s'envole.\n                                     La caille était dans ta main,\n                                     La reverras-tu demain ?\n\n                                     Il te fallait la plumer.\n                                                Oh! la folle\n                                                Qui s'envole !\n                                     Il te fallait la plumer,\n                                     Turlurette, et puis m'aimer.\n\n   La comparaison des deux versions est toute à l'avantage de M. Vicaire.\nD'une strophe gauche et informe, où le trait d'esprit est collé grossièrement\nau sentiment exprimé par les deux premiers vers, il a tiré une chansonnette\ncharmante. Champêtrerie à l'usage des gens du monde, dira-t-on. Soit,\nmais à moins d'être d'humeur à établir dans son salon une vraie vache et\nde vrai fumier, c'est de cette façon que les habitants raffinés de nos villes\nintroduiront dans leur âme les sentiments et les peintures de la campagne.\nComposez-vous donc d'authentiques paysanneries pour d'authentiques\npaysans? S'il en est ainsi, allez chanter dans les kermesses et les ducasses,\nà la porte de l'église, en vous accompagnant d'un violon ou d'un accor-\ndéon, mais ne publiez point vos vers chez Lemerre, en volumes de luxe que\nles citadins seuls iront acheter.\n   Abandonnons cette digression et revenons à M. de Souza. Précisément,\nil reproche à M. Vicaire comme à M. Theuriet et à leurs confrères de ne\nfaire que des pastiches ayant tous les défauts des pastiches. Parmi ces\n"}, {"page_pdf": 385, "texte": "défauts « le principal est toujours le perfectionnement extérieur, le souci\n   de surpasser le modèle ». Et il conclut ainsi : « On finit par s'apercevoir\nque chez les poètes traditionnels cette imitation directe de notre poésie\npopulaire affirme uniquement des tempéraments spirituels et francs d'al-\nlure, simples, à la bonne franquette, comme disait l'avant-dernier recueil\nde M. Vicaire, et qui jouissent de la poésie sans trop d'exaltation, comme\nd'un bon vin. Leur campagne en faveur de nos chants rustiques n'a en\nsomme jamais été autre chose qu'une protestation de l'esprit réaliste\ncontre les rêves toujours plus ambitieux du véritable esprit lyrique. «\n   M. de Souza écarte donc l'imitation directe de la chanson populaire\nfaite en vers conformes à la versification traditionnelle, il écarte aussi la\npeinture plus ou moins réaliste des mœurs champêtres. Va-t-il recom-\nmander les sujets légendaires, les héros des cantilènes et des anciennes\népopées nationales, les Charlemagne et les Roland, le roi Arthur et les\nchevaliers de la Table ronde, les princes et les fées des vieux contes, Mélu-\nsine, Barbe-Bleue, Geneviève de Brabant ou le sire Croquemitaine? Non,\nM. de Souza, dont l'opinion est sur ce point singulièrement touchante,\nestime que le fonds légendaire de la France n'est pas assez riche. « Notre\n« cercle rustique du drame, de la féerie, de la légende, se resserre promp-\n   tement sur le poète qui y aventure sa haute inspiration lyrique. Il ne\n« s'élargit pas à l'infini comme les lieder devant les poètes allemands du\n« commencement de ce siècle. » — « Notre folklore, dit-il un peu plus\n« loin, témoigne d'une restreinte invention poétique et en échange d'une\na grande richesse d'anecdotes, de proverbes et de traits malicieux. Dans\n« l'art rustique de France le fabliau a tué la légende. Et c'est pourquoi les\n« poètes novateurs ont été tout de suite à court dès qu'ils ont voulu faire\n« revivre symboliquement un mythe populaire. »\n   On pourrait se demander si la matière est véritablement aussi pauvre\nque l'affirme M. de Souza ; on pourrait se demander encore si l'on a tenté\nde l'employer selon de bons procédés et si les essais ont été faits par des\nartistes doués des aptitudes nécessaires. Ce qu'un Henri Heine, un Gœthe,\nun Wagner ont su tirer des légendes, des contes et des chansons de l'Alle-\nmagne, un Heine français, un Gœthe français, un Wagner français ne le\nsauraient-ils tirer de nos chansons, de nos contes et de nos légendes? Est-ce\nla matière qui fait défaut ou bien est-ce l'artiste? M. de Souza n'a pas\nexaminé cette question. Il ne s'est pas demandé davantage si l'esprit fran-\nçais se prête aussi aisément que l'esprit allemand à ces opérations poétiques\net si le moment est opportun pour les tenter. Sur le point qu'il traite ici sa\ncritique est donc superficielle et dogmatique. Tout à l'heure il affirmait,\n"}, {"page_pdf": 386, "texte": "                                 -   343   -\n\nsans aucune preuve, que le lyrisme de France serait vivifié et rajeuni par\nla poésie populaire; à présent il décrète, sans plus de raison, que ce rajeu-\nnissement ne se fera point en employant les légendes et les héros légen-\ndaires. Il se borne à énoncer des affirmations très contestables et il les tient\npour des démonstrations péremptoires.\n   Poursuivons. Comment donc la poésie populaire vivifiera-t-elle et rajeu-\nnira-t-elle le lyrisme de France? « Les poètes traditionnels, dit M. de\n« Souza, s'efforcèrent d'acquérir le sens de l'art populaire, pour ainsi dire,\n« par le dehors, par la préoccupation du sujet, par l'exactitude de la mise\n« en scène. C'est par le dedans que les poètes novateurs le retrouvèrent\n« d'instinct, tout d'abord sans y penser, par le seul fait d'une analogique\n« manière de sentir. »\n  Cela n'est pas très explicite. Voyons ce que M. de Souza entend par ces\nmots : « Retrouver le sens de l'art populaire par le dedans. »\n   Pour les poètes novateurs, dit-il, « lorsqu'un homme est secoué d'une\n« émotion vive, il n'enchaîne pas ses sensations comme un avocat ses\n« preuves, elles se succèdent et se mêlent, tantôt traversées d'un éclair qui\n« le fait mieux voir, en lui-même, tantôt ennuagé d'une brume mystérieuse\n« qu'il préfère ne point pénétrer. Si l'émotion est seulement plaintive, il\n« gémit en quelques mots vagues et expirants. De toute façon il ne coor-\n  donne pas une déclamation, il ne sait pas composer avec sa douleur ou\n« sa joie de l'éloquence, de la logique ou de la morale. Il sent simplement,\n« il n'obéit qu'à L'ART NATUREL (?) qui nous pousse à rendre, en toute son\n« éclosion sincère, notre émotion, pour qu'on l'accueille en sympathie. —\n« On l'a vu : c'est ainsi que le poète populaire comprend et traduit ce qu'il\n« éprouve; et le poète novateur s'allie encore à lui par le même dédain des\n\" règles trop rigides, qui gênent la nature, arrêtent l'élan, qui ne\n» s adaptent point à toutes les formes de la vie et du rêve.\n   Ce langage est obscur et ambigu Quelle est sa signification? L'auteur\nveut-il dire tout simplement que le poète n'est pas un avocat, un logicien ou\nun théologien? Il y a longtemps qu'on sait tout cela. Après Platon, Scho-\npenhauer a exposé au long et au large les différences qui séparent la connais-\nsance discursive de la connaissance intuitive et il a montré que c'est sur\ncette dernière que repose la pensée de l'artiste et du poète. L'auteur pro-\nnonce-t-il un plaidoyer en laveur de la poésie subjective contre la poésie .\nobjective? On le peut croire, car il fait, sans avoir l'air de s'en apercevoir,\nla description du poète subjectif. Mais il y a autre chose encore dans les\nphrases de M. de Souza et cette autre chose mérite d'être isolée, démasquée\net jugée avec une juste sévérité, comme nous le montrerons tout à l'heure.\n"}, {"page_pdf": 387, "texte": "                                         -    344-\n\nPour l'instant, continuons notre recherche sur ce que M. de Souza appelle:\n« Retrouver le sens de la poésie populaire par le dedans. » Les textes ne\nmanquent point. Parmi les poètes novateurs, plusieurs, dit M. de Souza,\n  retrouvèrent le ton populaire en recherchant presque toujours au fond\nd'eux-mêmes l'être primitif qui en nous, à travers tous les raffinements,\ndemeure. Et ils ont exhumé surtout ses plaintes de bête blessée, tressaillant\net soupirant encore, malgré toute résignation ». Ailleurs, notre auteur parle\nde « l'instinct naturel, que ne retient aucun souci de rhétorique, aucune\nsuperstition de règles ». Ailleurs, il oppose les poètes novateurs à ceux qui\nont voulu mettre en œuvre les légendes ; il les félicite et déclare qu'ils ont eu\nraison « de se remettre seulement dans le sentiment populaire et de laisser\nla légende sortir de leur vie intérieure. » Qu'est-ce à dire? « Pour échapper\nà cette oppression latine qui n'a cessé de nous écraser... on ne doit songer\nqu'à soi-même, soi-même oublieux de tous les siècles et de tous leurs mythes\net s'ériger en personnage légendaire, dominateur ainsi des temps, dans une\natmosphère indéterminée. » Ailleurs encore on lit ceci :\n   Le tour de la poésie populaire comporte d'autres traits que la concision, la simplicité, la\nnaïveté sur lesquelles on insiste trop exclusivement. Il frappe d'abord par une brusque-\nrie d'attaque saisissante. Les sensations fortes vous prennent à la gorge ; et le poète popu-\nlaire chante comme on pousse un cri en se dégageant d'une étreinte. Joie ou douleur,\nmisère ou fête, états intermédiaires même de mélancolie ou tendresse, il n'éprouve et ne\nrend rien par gradation : tout éclate! Au courant de la poésie, les divers sentiments, les\nimages et motifs extérieurs qui les caractérisent se succèdent par à-coups, par sauts, sans\nexplications, sans transitions. E T LA PASSION VIVE MANGE LES MOTS, supprime\nles pronoms, les articles, tandis que répétant au contraire, de-ci de-là, sans cesse, l'expres-\nsion significative, SANS S'INQUIÉTER DE LA RIME NI MÊME DE L'ASSONNANCE,\nelle martelle le rythme ou le distend, au mieux de L'IMPRÉVU LYRIQUE.\n  Ainsi se traduit l'art populaire de tous les pays, même du nôtre. Il n'en est pas de plus\néloigné de la forme classique, de l'idéal latin.\n\n    Enfin, une note, mise au bas d'une page, nous apprend que, aux yeux de\nM. de Souza, « les contours trop arrêtés » des Petits Poèmes d'automne de\nde M. Stuart Merril « les éloignent un peu de la véritable inspiration popu-\nlaire ».\n    Arrêtons ici notre moisson de textes. De leur réunion la pensée de\nM. de Souza se dégage avec plus de netteté et l'on aperçoit enfin ce qu'il\nentend par ces mots « retrouver le sens de la poésie populaire par le dedans».\nC'est bien le lyrisme subjectif qu'il préconise Le lyrisme subjectif, le plus\nsubjectif possible est assurément recommandable, bien que le lyrisme objec-\ntif d'un Goethe ou d'un Leconte de Lisle n'ait rien à lui envier. Il est loisible\n de préférer l'une de ces formes du lyrisme à l'autre, mais entre subjectivistes\n"}, {"page_pdf": 388, "texte": "                                 — 345 —\n\net objectivistes là querelle est, pensons-nous, sans issue; elle durera toujours\net chacun décidera en faveur de ceci ou de cela selon son tempérament et\nson goût personnel.\n    Mais M. de Souza ne se borne pas à préconiser le lyrisme le plus subjec-\ntif. Il parle aussi de la forme qu'il lui faut donner, tant dans la qualité des\nsentiments que dans le langage versifié. Au point de vue du sentiment, ou\nplutôt des sentiments, M. de Souza recommande de descendre jusqu'à l'être\nprimitif qui végète au fond de chacun de nous. Il faut abolir « la culture »,\nretrouver « cette compréhension supérieure qu'ont les bêtes parfois, et faci-\nment les simples ! » Faites entendre des plaintes de bête blessée ! — Gémis-\nsez en quelques mots vagues et expirants ! — Chantez comme on pousse un\ncri en se dégageant d'une étreinte !\n    Au point de vue de la forme du langage : Pas de coordination ! Pas de\ncomposition ! Rien que de « l'art naturel ! ! ! », c'est-à-dire l'absence de tout\nart, car toujours l'art corrige ou contredit la nature. Nul souci de rhéto-\nrique ! Aucune superstition des règles ! La passion vive mange les mots,\nelle supprime les pronoms et les articles, elle supprimera tout ce que vous\nvoudrez, la grammaire, la syntaxe et le reste, y compris le bon sens et la\nraison. Elle ne s'inquiète ni de la rime ni de l'assonnance; elle distend le\nrythme; sa règle, c'est « l'imprévu », c'est-à-dire le petit-bonheur, l'hasard\nde la fourchette! Surtout, pas de contours précis ! Soyez vague, soyez mou,\nsoyez flou! Bref, donnez une forme indécise à des sentiments incultes. Pra-\ntiquez donc un art artificiellement barbare, faussement primitif, car vous\nn'êtes ni des primitifs ni des barbares, et vous devrez faire d'incroyables\nefforts pour gratter la couche de civilisation que votre milieu, votre édu-\ncation, vos lectures ont déposée sur vous. Vous devez mentir à vos sens, à\nvos nerfs, à votre imagination, à votre savoir, pour faire le faux homme des\n bois, le faux sauvage, le faux simple que vous ne sauriez être. Et quand\n vous aurez accompli cette mensongère évolution à rebours, vous obtiendrez\n ce merveilleux résultat d'être méprisé par les vrais lettrés de votre temps,\n d'être absolument incompris du public et de n'avoir pour admirateurs que\n les détraqués de votre espèce et vos confrères en maladresse. Voilà ce qui se\n cache au fond de l'article de M. de Souza ; telles sont les réalités qui se\n dissimulent sous ses prédications fragmentaires et incohérentes. Est-ce là le\n langage qu'il sied de tenir sous le clair regard des Muses divines? Comment\n ose-t-on prêcher la déchéance dans la forme du langage et la déchéance\n dans les sentiments? Au lieu de nous entretenir dans le culte des efforts\n suprêmes vers les plus hauts sommets, on nous invite à descendre. On nous\n  convie à ramasser, dans l'herbe, la flûte des bergers; on oublie que la\n"}, {"page_pdf": 389, "texte": "                                     — 346 —\n\n  musique de notre siècle jaillit de l'orchestre compliqué et puissant d'un\n  Berlioz ou d'un Wagner. Qu'importe aux âmes de ce temps que vous\n  essayiez d'imiter le Jeu de Robin et de Marion ? C'est dans Parsifal, c'est\n  dans Tristan et Yseult que nous trouvons les hautes émotions de l'art et\n  l'idéal qui nous soulève, comme nous trouvons la poésie dans Hugo, dans\n  Leconte de Lisle, dans Baudelaire. Certes, nous n'avons pas oublié certaines\n  chansons, mais nos joueurs de flûte ne sont pas les vôtres. Il vous faut des\n  sauvages tirant d'une calebasse trouée des sons vagues, des meuglements\n  informes et sans art; nous honorons dans le passé lumineux de l'Hellade\n  ceux qui apprirent au monde à coordonner des pensées justes et des images\n  choisies et dont l'art simple renfermait les principes féconds et les lois\n  bienfaisantes qui ont permis aux grands hommes modernes de développer\n leurs vastes compositions en gardant un ordre admirable.\n     C'est le désordre que prêche involontairement M. de Souza; tout au\n  moins c'est à un relâchement de l'art, tant dans la forme que dans la\n  pensée, que nous conduit son article. Celui-ci a sa conclusion pratique. Il\n  célèbre les louanges des novateurs, c'est-à-dire des poètes qui pratiquent ce\n  qu'ils appellent le « vers libre » (on sait qu'ils désignent sous ce nom une\n  prose bizarre qu'on imprime en allant irrégulièrement à la ligne comme\n  dans les épitaphes). J'ai démontré ailleurs sur quelle aberration historique\n  est fondée ce soi-disant vers libre, dans lequel il n'y a d'ailleurs pas l'ombre\n  d'un vers; je ne reviendrai pas ici sur cette démonstration. M. de Souza\n lui-même identifie si bien le vers libre et la prose qu'il lui suffit de modifier\n 'la disposition typographique d'une tirade d'un drame de M. Maeterlinck\n  pour la métamorphoser ipso facto en vers libres. « La seule différence, dit-il\n  ingénument, qui sépare cette prose du vers libre, est dans le manque\n  d'intention'. » On voit s'il est aisé de faire la distinction ! Heureusement les\n  imprimeurs sont là pour manifester l'intention de l'auteur; s'il a écrit en\n  vers libres, on multipliera les petits alinéas à tort et à travers et nous saurons\n  à quoi nous en tenir. Le plaisant de l'aventure, c'est que jadis, dans son\n  livre Le Rythme poétique, M. de Souza a combattu le vers libre et s'est\n  agréablement moqué des vers-libristes en leur démontrant par des exemples\n  que grâce à leur petit truc typographique on pouvait découvrir des vers\n  libres partout. Et il imprimait, selon la recette, un passage de Stendhal. A\n  ce compte, le code de commerce est, si l'on veut, rédigé en vers libres. La\n  plaisanterie était vive et mordante; M. de Souza n'avait pas encore décou-\n  vert l'intention qui différencie le vers libre de la prose. C'est un incon-\n• testable progrès.\n                                                               IWAN GILKIN\n"}, {"page_pdf": 390, "texte": "             — 347 —\n\n\n\n\nELETTES ARLEQUINES\n   A UN CONTEUR WALLON\n                             « Suis sire du vers joli. »\n                                    W A T R I Q U E T DE COUVIN\n\n\n Ami, c'est toi que je préfère.\n Toi, qui ne songes pas à faire\n          D'un fabliau,\n Assis sur de noirs apostumes,\n Vingt ou trente livres posthumes\n          In-folio.\n\n Toi, qui, dédaignant ce vieux texte,\n As pris seulement pour prétexte\n          Ta robe, et qui,\n D'un brin de thym, écris un conte\n Dans le gazon, assis sur Comte\n          Ou sur Blanqui.\n\n Chef de l'école buissonnière,\n Tu vas, rêvant dans la clairière\n           Où le bouvreuil,\n Sifflant Tilman et son étrille,\n Gazouille, vocalise et trille\n           Avec orgueil.\n\n Tout te rit : comme redevance,\n Mon joyeux marchand de Jouvence\n          Au cœur divin,\n Les lys t'offrent leur diadème\n A toi qui rajeunirais même\n          Charles Potvin.\n\n Enfant, ainsi que toi j'adore\n Les bois légers qu'un rayon dore\n          Et le vallon\n Où les merles et les mésanges\n Dans les bosquets chantent aux anges;\n          Je suis Wallon.\n"}, {"page_pdf": 391, "texte": "             — 348 —\n\nMon cœur aussi chante matines;\nD'aubépines et d'églantines\n         Il est rempli;\nTout est en joie, et je puis dire\nComme Watriquet : Suis le sire\n         Du vers joli.\n\nHélas! nous sommes en décembre :\nLà-bas, au beau pays de Sambre,\n        Le noir bouleau\nQue la rafale froide étriqué,\nSur la berge, semble une trique\n        Au bord de Veau.\n\nEn lisant des choses bourgeoises\nJ'attends la saison des framboises\n          Qu'on cueille à deux ;\nAu coin du feu, triste, je rêve,\nPuisque les oiseaux sont en grève.\n         Aux grands ciels bleus.\n\nMais quand ce soleil qui s'endeuille\nA ura transformé chaque feuille\n         En rayon d'or.\nMon cœur vers Lobbes ou vers Mai\nComme la colombe de l'arche,\n         Prendra l'essor.\n\nMais en attendant, que ton livre\nDe sa senteur fraîche m'enivre!\n         Je me croirai,\nO soudaines métamorphoses !\nTransporté dans tes pays roses\n         Au lac moiré.\n\nCher magicien, tu m'évoques\nLes bois et leurs coins équivoques\n         Où le pinson,\nPrès de la fontaine dorée\nEgrène, en sautant, la rosée\n         Dans le buisson.\n"}, {"page_pdf": 392, "texte": "              — 349 —\n\nJe revois la jeune feuillée.\nEt plus loin, la forêt mouillée\n         Qui veut cacher\nDans le ravin où traîne une ombre,\nSous sa frondaison claire et sombre\n         Le vieux clocher.\n\nDes enfants tressent des guirlandes\nDe résédas et de lavandes\n         Au joli Mai,\nEt l'accordéon des dimanches\nRonronne dans les maisons blanches\n         Un air aimé;\n\nL'odeur du thym et des mélisses\nEmbaume l'air; mille calices\n        S'ouvrent    vermeils;\nTout est clarté, tout est silence,\nDans les courtils le vent balance\n        Les grands-soleils.\n\nO divin sourire! Tout chante\nTon bonheur, ta grâce touchante\n         Et tes amours,\nEt, dans mon extase, j'oublie\nQue l'Art moderne se publie\n         Tous les huit jouis.\n\n\n  PROJECTION LUMINEUSE\n                                            « Il a éclairé! »\n      (Les demoiselles de Bienfilâtre.) VILLIERS DE L'ISLE-ADAM\n\n\n  Trompe-moi comme l'Idéal\n  Ma chère maîtresse folâtre,\n  Que m'importe! mon cœur féal\n  Pour son seul plaisir t'idolâtre.\n\n  Et d'ailleurs tu n'existes pas.\n  Tu nes qu'une ombre que je crée,\n  Quelque chimérique repas;\n  Mais ce jeu subtil me récrée.\n"}, {"page_pdf": 393, "texte": "           — 350 —\n\n Le monde est la toile de fond,\n L'esprit la lanterne magique\n Projetant des ombres qui font\n Un univers     fantasmatique.\n\n Mais je veux encor t'admirer\n O chère! que tant j'idolâtre.\n Apparais! Je vais éclairer\n Mademoiselle  Bienfilâtre.\n\n\nAU POÈTE : ALBERT GIRAUD\n Adieu noble, sainte Harmonie\n Que chantait l'Hellade bénie,\n Adieu! ton temple est déserté.\n Esprits ténébreux, les esthètes\n Ivres de monstruosité,\n Ont remplacé les purs Poètes ;\n Ils t'on reniée, ô Beauté!\n\n Leur âme ballotte avilie\n A u vent rageur de la folie\n Où se mêlent leurs cris de paon.\n Pour rythmer leur déséquilibre\n Apollon s'est fait œgipan\n Et leur enseigna le vers libre\n Qui nous perfore le tympan.\n\n Tous les démons du moyen-âge\n Dans leur cerveau tiennent ménage;\n Ah! quel affreux et noir silo!\n Un peuple de larves y grouille ;\n Leur soleil n'es plus qu'un halo.\n Ils préfèrent une gargouille\n A notre Vénus de Milo.\n\n Mais toi, Poète, ô noble cygne!\n Qui de ce nom es encor digne,\n Terrassant le monstre dompté,\n Pour purifier l'art tragique,\n Maître, de ton cœur exalté,\n Fais jaillir la flamme magique\n De ta puissante volonté.\n"}, {"page_pdf": 394, "texte": "             — 351 —\n\n  Et cependant que la nuit monte,\n  Couvrant pour tout jamais la honte\n  De ces dangereux forcenés\n  Qui, par leur furieuse Muse\n  Au Sabbat des fous entraînés,\n  Font éclater leur cornemuse\n  En hurlant comme des damnés,\n\n  Toi, dédaigneux de la menace,\n  Debout au sommet du Parnasse\n  Qui domine l'immensité,\n  D'un suprême et hautain sourire\n  Méprisant le flot démonté,\n  Comme le divin Porte-lyre\n  Tu te dresses dans la clarté.\n\n\n           L'HORLOGE\n\nMidi sonne. L'horloge s'ouvre.\n        C'est un manoir;\n        Viens vite voir\nLes beaux jardins, le joli Louvre.\n\nTous les carillons tremblotants\n        Gazouillent l'heure\n        Dans la demeure\nDu vieux seigneur chenu, le Temps.\n\nMille, mille marionnettes\n         En sautillant,\n         En pétillant,\nSortent, prestes, de leurs logettes.\nVoici que du léger donjon\n         La porte grince :\n         Un petit prince\nAccourt, tourne, fait le plongeon.\n\nSur une des tours, le coq chante (1).\n         Le portier roux,\n        Plein de courroux.\nFait entendre sa voix méchante.\n"}, {"page_pdf": 395, "texte": "              — 352 —\n\nTrois jeunes filles blondes font\n         Un tour de danse,\n         La révérence,\nEt, brusquement, passent le pont.\n\nCe bel enfant aux habits roses\n        Tout éclatants,\n        C'est le Printemps\nSemant des perles et des roses.\n\nMais l'Hiver maussade le suit,\n        Et puis encore\n        La blanche Aurore.\nLe Jour tout bleu, la sombre Nuit.\n\nTandis que de vives bergères\n        Sous les bosquets.\n        Font des bouquets\nD'anémones et de fougères,\n\nSoudain paraît au belvéder\n        Un bon gros moine\n        Rouge-pivoine\nQui se déguise en Demolder ;\n\nPareil à quelque flamme rousse,\n        Immensément,\n        Le Juif errant\nSuit Verhaeren qui se trémousse,\n\nCependant que grince à l'écart,\n         Et pirouette\n         En girouette.\nPailleté d'or, Edmond Picard.\n\nUne ombre d'une ombre est suivie.\n        Ce qui brilla\n        S'éteint; voilà\nL'image exacte de la rie :\n\nDes marionnettes qui font,\n         En beaux atours,\n         Trois petits tours,\nTrois petits tours, et puis s'en vont.\n"}, {"page_pdf": 396, "texte": "               — 353 —\n\n  Aussi, de ce rêve éphémère\n           Qui dans la nuit\n          S'évanouit,\n  Ombre fuyante et mensongère,\n\n Sachons, amants de la Beauté,\n          Fixer l'essence.\n          Noble espérance\n D'une divine éternité.\n\n\n    LES FEMMES SAVANTES\n\n Déjà le ciel nacré s'argente,\n          La forêt chante ;\n Partout les fleurs ouvrent leurs yeux    :\n Dans le ravin, dans la prairie\n          C'est la féerie\n D'un clair matin prestigieux.\n\nDans les bois, les vallons, les gorges,\n         Les rouges-gorges\nGazouillent en chœur, par milliers;\nLes leucanthèmes dans les herbes\n         Dressent leurs gerbes.\nCest la fête des écoliers.\n\nQue tous les Coqs-rouges avides\n         De beaux subsides\nMoisissent comme des dossiers\nDans les antichambres austères\n         Des ministères\nSous l'œil paterne des huissiers!\n\nMais nous, fous d'amour et d'eau claire,\n         Chantons lanlaire!\nDéjà le petit dieu malin\nT'invite aujourd'hui, chère amante.\n         Viens! mets ta mante\nEt ton bonnet. Près du moulin,\n\nJe sais une épaisse feuillée\n         Ensoleillée.\n"}, {"page_pdf": 397, "texte": "             — 354    -\n\nAssis dans le gazon soyeux,\nNous ferons rougir les cerises ;\n         Les folles brises\nEmporteront nos cris joyeux.\n\nC'est un coin caché dans les charmes\n          Et plein de charmes ;\nL'on n'y voit point, l'air fatigué,\nDes Anglaises au bord des routes\n          Faire des croûtes.\nMoi, j'aime mieux ma Mie, ô gué!\n\nHélas, hélas! pauvre chimère!\n         L'étude amère,\nSous la garde d'un charlatan.\nRetient à son cours de chimie\n         Ma tendre amie.\nMais où donc est l'Eros d'antan'!\n\nOù donc es-tu, fière amoureuse,\n         Franche et rieuse\nQui, libre et les regards ardents,\nLoin d'apprendre la botanique,\n         Faisait la nique,\nCroquant la pomme à belles dents.\n\nPleure à jamais, François Coppée,\n         Cette équipée!\nRosalinde a mis des bas bleus ;\nEn chapeau pointu     d'astrologue,\n         Elle épilogue\nSur certains tissus vasculeux,\n\nSur les lobes et les méninges\n          Ou les grands singes ;\nSans faiblir, elle vient à bout\nDe Darwin et de l'œuvre entière\n          De Brunetière,\nEt de Comte à dormir debout.\n\nMimi Pinson célibataire\n       Au front austère\n"}, {"page_pdf": 398, "texte": "             — 355 —\n\nBien mieux que Potvin sait le grec,\nMais ne souffre plus qu'on l'embrasse.\n        Elle est de glace;\nNous déjeunerons au pain sec.\n\nQuelle triste métamorphose!\n          Quand on lui pose\nLa question de cabinet,\nElle t'envoie — ô l'incivile!\n          Dîner en ville\nEn tête à tête avec Ohnet.\n\nEspérant forcer la consigne\n         Comme le Cygne,\nSi tu voulais, un beau matin,\nBraver l'honnêteté, rebelle,\n         Et toujours belle\nLéda répondrait en latin.\n\nPoète, ici tu n'as que faire.\n         Ninon préfère\nDes docteurs chauves ou tout blancs\nQui disent, en termes suaves,\n         Des choses graves,\nEspérant qu'ils seront troublants.\n\nEt quand, loin de tout piano,\n         Au Sesino,\nLas seul! nous prenons un vermouth,\nVerhaeren fol et frénétique\n         Lui communique\nPar à travers tout, Wolgemouth;\n\nEt des demoiselles posthumes,\n         Perdant leurs plumes,\n— Ah! les trop vieux serments        d'amour!\nLui lisent avec commentaire\n         Monsieur Voltaire\nSous un gigantesque abat-jour.\n\nCessez chansons, rondes   légères;\n        Adieu bergères\n"}, {"page_pdf": 399, "texte": "                — 356 —\n\n  Qui dansiez au sommet du mont!\n  Nous n'irons plus cueillir, Lisette,\n           La violette.\n\n\n   Oh! le gâtisme de Gamond.\n\n\n        LES JEUNES FILLES\n\nLa brise s'éveille et dans les buissons\n        Rient ses frissons;\nDans le ciel léger la clarté changeante\n        Doucement s'argente.\n\nLe long des maisons glisse le soleil;\n         Voici le réveil ;\nLa belle-de-jour ouvre sa corolle,\n         Le ramier s'envole.\n\nLa rumeur grandit. Partout dans les champs\n         De timides chants\nSélèvent avec la vive alouette,\n         Avec la fauvette.\nLe ciel est en joie, et le brouillard bleu\n         Devient rose et feu;\nLe joyeux coucou, dans chaque demeure,\n         A gazouillé l'heure.\n\nOn ouvre la porte et les volets     verts;\n         On voit à travers\nLes grappes de fleurs, les frêles    ramilles\n        Des pâles charmilles,\n\nPrès d'une fontaine, entourés d'enfants\n         Aux yeux    triomphants,\nDes adolescents et des jeunes filles\n         Tressant des jonquilles.\n\nAlors celles-ci, parmi les bosquets\n         Cueillent des bouquets,\nOu baignent leurs mains et leur chevelure\n        Dans la source pure;\n"}, {"page_pdf": 400, "texte": "               - 3 5 7 -\n\nOu parfois encore, autour des pommiers\n       . Remplis de ramiers.\nEn groupes fleuris, en guirlandes blondes\n         Entraînent leurs rondes;\n\nEt leur robe d'or, d'azur ou dargent\n         Au reflet changeant,\nPlus légèrement qu'une campanule\n         A la brise ondule.\n\nMais le soleil monte et l'ombre des fleurs\n        De mille couleurs\nVoltige en rayons, danse, glisse, joue\n        Sur leur tendre joue,\n\nS'échappe et, parmi le treillis du mur\n         Et le raisin mûr,\nEn poussière d'or, d'azur, d'écarlate\n         Tout à coup éclate.\n\nDe tiges d'iris, de glaïeuls, de lys,\n         De volubilis,\nDe rouges sorbiers, de feuilles dorées,\n        Maintenant parées,\n\nPortant des rameaux roses de laurier\n         Tressés de mûrier,\nSous les verts berceaux des vignes qui    tremblent\n         Elles se rassemblent.\n\nElles ont franchi, fières de leurs yeux,\n         Le courtil joyeux;\nSoudain, par milliers, de leurs lèvres folles\n         Volent les paroles,\n\nPlus nombreuses, plus légères encor\n        Que les feuilles d'or\nQue le vent d'automne, un matin emporte\n        Parmi l'herbe morte.\n"}, {"page_pdf": 401, "texte": "             — 358 —\n\n\n\n\n        BANQUEROUTE\n\nA des vierges au regard pur\nRépéter sans cesse : Je t'aime!\nEt broder des phrases d'azur\nSur cet invariable thème,\n\nComparer leurs yeux au lotus,\nEt leurs lèvres à des cerises,\nAh! je connais le prospectus,\nCe sont toujours les mêmes crises;\n\nToujours la même scène enfin,\nToujours les mêmes métaphores :\nTes cheveux sont d'or le plus fin,\nEt tes hanches sont des amphores.\n\nMais avec plus ou moins d'accent\nNous jouions cette comédie,\nBien que l'acte fût agaçant\nEt que l'ardeur fût   refroidie.\n\nIl le fallait. Tous les matins\nLe Seigneur tirait les ficelles ;\nAlors nous, les pauvres pantins,\nNous songions à ces demoiselles.\n\nEt sur nos terrestres   tréteaux,\n— Sachant bien que c'était des planches -\nAffublés de vieux oripeaux,\nNous récitions des proses blanches\n\nComme celles de Rodenbach,\nPrenant d'extravagantes poses.\nNous avions l'air d'un almanach :\nCétait toujours les mêmes choses.\n\nLe Seigneur avait beau tirer\nPlus rageusement les ficelles,\nEt nous, les tristes.' nous livrer\nA des grimaces plus nouvelles,\n"}, {"page_pdf": 402, "texte": "             - 359 —\n\nLe public ennuyé ronflait;\nEn vain corsa-t-on le spectacle\nDe quelques coups de pistolet ;\nCe fut la suprême débâcle.\n\nEt comme la science pour\nBrunetière que tout déroute,\nSans nous avertir, un beau jour\nLe théâtre fit banqueroute.\n\nMais avouons que le décor\nDe notre théâtre, le Monde,\nNe pouvait plus donner encor\nLa moindre illusion féconde.\n\nTout était noir et lézardé,\nLes acteurs ânonnaient leur rôle;\nPlus d'épisode hasardé,\nAlphonse Allais n'était plus drôle.\n\nSarcey pour ce mélo carton\nN'aurait trouvé la scène à faire,\nEt Verlant dans son feuilleton,\nEût été, ma foi, somnifère.\n\nLe Maître alors leva le pied,\nAprès nous avoir mis en gage\nEt touché le rouble papier\nQu'il méritait pour son ouvrage.\n\n Vers des mondes supérieurs\nIl a filé comme une étoile.\n Trouvera-t-il d'autres rieurs\nPour dérouler encor sa toile?\n\nQu'au plus vite il s'en aille ailleurs,\nSoit exploiter les vielles lunes,\nSoit monter ses bateaux de fleurs\nDans des sphères plus opportunes.\n\nBlasphémons comme un Rodomont,\nCe Grand Régisseur sans naissance.\nO Piété! tu n'es qu'un mont,\nMais hélas ! sans reconnaissance.\n"}, {"page_pdf": 403, "texte": "            — 360 —\n\nEt nous, allons chez le Grand Turc\nOffrir nos plus loyaux services.\nSi l'on n'y croit plus au grand truc,\nOn croit du moins à quelques vices.\n\nLà, nous serons fort bien nourris.\nEt qu'Allah, le Dieu des aimées,\nNous donne de jeunes houris.\nEt le moins possible calmées.\n\nIci, Nordau semble malin ;\nNotre cœur n'est plus qu'un viscère;\nLes poètes pillent Merlin,\nIwan Gilkin seul est sincère.\n\nEt l'amour tombe en discrédit,\nOn annonce des cataclysmes ;\nLes femmes ne font plus crédit,\nOn ne coupe plus dans les isthmes.\n\nDes maux, des maux, des maux!        L'amour,\nQu'il soit Thaïs ou Léonie,\nNe vaut jamais le calembour\nQui soulage ton ironie.\n\n\n          AU MATIN\n\n      Le brouillard se lève :\n      Un pays de rêve\n         Gris-perle et bleu\n      Tout à coup s'allume\n      Au loin dans la brume\n         D'or et de feu.\n\n      Le ciel se découvre;\n      Le soleil entr'ouvre\n         Un éventail,\n      Parmi la clairière,\n      Dans une poussière\n         De fin corail.\n"}, {"page_pdf": 404, "texte": "       — 361 —\n\n La forêt mouillée\n S'est ensoleillée\n     De diamants,\n Pleine de rayons\n Et de papillons\n     Fous et charmants.\n\n Les divins royaumes!\n Traversant les dômes\n     Des hêtres clairs,\n L'azur s'éparpille,\n Sautille et pétille\n     En mille éclairs.\n\nLes feuilles du tremble\nSargentent : il semble\n   Que des frissons\nDe lumières blanches\nCourent dans les branches\n   Jusqu'aux buissons.\n\nSoudain la rosée\nÉclate en fusée\n   Dans la forêt ;\nLes geais et les merles\nFont jaillir des perles,\n   Et l'on dirait\n\nQue les scarabées\nAux ailes bombées\n   Sous le couvert,\nTirent par caprice\nUn feu d'artifice\n   Bleu, rose et vert.\n\nDans la quiétude\nDe la solitude,\n   Sur les fleurs d'or,\nSeul, un oiseau chante :\nC'est ton cœur, méchante,\n   Qui raille encor.\n\n                            VALÈRE GILLE\n"}, {"page_pdf": 405, "texte": "                                  — 362 —\n\n\n\n\n         SENSATIONS BRUGEOISES\n                                                       A M. ARNOLD GOFFIN\n\n\n              Un côté de Bruges l'attirait toujours avec une particulière insis-\n                tance, lui faisait presser le pas et négliger les vieilles rues,\n                c'était l'onde hypnotisante du Minnewater, où la quintessence\n                du paysage dormait, constellée de nénuphars, dans une eau\nverte. Le fascinant miroir, brodé de plantes aquatiques, enfermait l'âme\nmerveilleuse d'un site, où parmi de grands pans d'arbres ascendants et des\npeupliers mystiques isolés, montaient les trois tours séculaires de Notre-\nDame, de Saint-Sauveur et du beffroi. Avec ses grandes lignes, austères et\nraides comme des moines, debout dans leur bure; jaillissantes comme des\nélancements de foi extatique, le lieu exprimait éloquemment les postulations\nardentes d'un-moyen âge agenouillé. Seule, la tour du beffroi détonnait\ndans cet ensemble, pareille à un sourire ambigu et profane ; svelte et cou-\nronnée, évoquant je ne sais quelle figure de reine accueillante et protectrice,\ndont la grâce obsédante vous poursuit et vous pénètre, come un sortilège.\nA mesure que l'on marche, les yeux la rencontrent à tout moment, dans\nune soudaine déchirure d'arbres ; dominant la dentelle vétusté des vieux\npignons, au fond d'un canal abandonné, où son reflet brusquement plonge,\nsous la surface d'une eau léthargique. Et René songeait, en continuant sa\nflânerie, tandis que la tour le poursuivait de la sorte : « Tu fus autrefois\nl'insidieuse sirène ; celle qui hélait vers ici les lourdes galères hanséatiques,\nvictorieuses enfin des colères stridentes et convulsées de l'océan, pour y\ncouvrir les quais de leurs inestimables cargaisons. »\n   Une des beautés décisives de Bruges, et ce qui produit toute la magné-\ntique puissance de son charme, ce sont les vieux canaux qui s'allongent\npar toute la ville et dorment vitrifiés, emprisonnant dans leur tain immo-\nbile et plane, le surgissant souvenir de sa défunte opulence. S'appuyant au\nparapet effrité d'une arche, le rideau écarté d'un frissonnant feuillage,\nployant ses guirlandes d'or vert au-dessus de l'eau torpide, Raimbaud se\ndisait que ce qu'il voyait miré là, projeté en ce canal comme dans jadis,\nétait la réelle Bruges. De ce miroir céruléen, où des végétations émergeaient\nen une flottille dérisoire de feuilles, émanait, vêtue de songe et de soleil, la\nfantômale image d'une ville en allée, renaissant, pierre à pierre, de la\nmémoire. N'était-ce pas l'unique Bruges, que cette abstraction de sa réalité\nprésente ; que ce lointain reflet couché entre ses quais parallèles, comme au\n"}, {"page_pdf": 406, "texte": "                                  — 363 —\n\n fond d'un inoubliable reliquaire. Et l'esprit, mis en sa présence, ne pouvait-il\ntenter l'entière et capiteuse possession de son passé, submergé là? Tandis\nque se juxtaposait, dans son cerveau, aux impressions reçues, une affluence\nd'idées évocatoires, et qu'il s'incorporait toute l'âme de la ville morte, un\ncygne glissa, royalement beau, qui déchira et brisa la vision de son sillage,\ncomme un diamant strie une vitre.\n   Dans l'air brusquement s'essaimaient les notes du carillon, éployées en\nun vol d'ailes tintinabulantes, se heurtant à la musicale paroi d'un illusoire\ncristal. Sur toute la ville descendait, comme pour s'y poser, l'essaim enche-\nvêtré des notes grêles, trouant le silence d'une lumineuse neige de sons,\npareille, eût-on dit, au soleil tombant de feuille en feuille, à travers le dais\nrutilant des arbres.\n   Raimbaud souriait d'enfreindre par un pas d'homme indifférent, le\nmagique pouvoir de cette musique, qui l'aurait rivé immobile au bord de\nl'eau, sans le proche et attirant jardin calme du Béguinage.\n   Comme un arc de triomphe ingénu, se dresse la porte hospitalière, avec,\nsous la niche d'une statuette de vierge, des fleurs et des fruits sculptés en\nguirlande, et ces mots de ferveur et d'espoir, brillants comme des cierges :\nOrapro Nobis. Révélateur d'un abri sûr et d'un parvis silencieux, un mot\ns'ajoute encore à ceux-là, qui prévaut par son impérieuse douceur : Sau­\nvegarde. Il signale le havre grand ouvert qu'est-ce lieu, où se réfugient,\nsous l'aile invisible d'un ange, des femmes vieilles, pour y savourer un avant-\ngoût du paradis, dans une ambiance d'encens, de verdure, d'oiseaux et de\ncloches.\n   L'entrée ouverte découvre, en perspective, un chemin de silence, bordé\nd'une rangée d'identiques et muettes maisons, solidaires, en quelque sorte,\nd'un besoin, partout le même, d'effacement et de calme. Depuis la voûte\ndu corridor jusqu'au bout du religieux enclos, l'air s'immobilise devant les\ndemeures uniformes, dort à l'égal des canaux emplis de songe. Et l'on se\nfigure, au fond des logis centenaires, les vieilles femmes se confrontant\nobstinément à leur passé, comme la ville aussi se mire dans ses léthar-\ngiques miroirs.\n   Au sortir du corridor, une joie forte résultait, chez Raimbaud, de cette\natmosphère pacifiée, soudain élargie sur un décor d'efficace fraîcheur, tout\nen gazon et en feuillages, rehaussés par le pourtour rectangulaire des\nmaisons blanches. Festonnant le ciel candidement bleu, les branches balan-\ncées secouaient leur goupillon de lumière, sur l'herbe haute et drue, où\ns'éteignaient à peine de fastueuses perles.\n   Tandis que ses pas le menaient au long des demeures closes, René ne\n"}, {"page_pdf": 407, "texte": "                                    — 364 —\n\n se souvenait guère d'avoir antérieurement vu le Béguinage; sousles caresses\n alternées de la brise et du soleil, par un chemin de branches bénissantes,\n lui semblait nouveau ce lieu unique de dilection, onctueux d'une joie sans\n amertume, où l'on se sent tellement, oh! tellement loin de la rancœur!\n    Les fenêtres, quasi toutes semblables, qui répétaient, de maison en mai-\n son, leurs croisées vertes à petites vitres, attiraient son regard, une à une,\n comme de naïfs reposoirs, où son esprit s'attendrissait. Circonscrite par les\n malheurs, une vie désemparée drapait là, sur son ultime phase de silence,\n des rideaux d'une immaculée blancheur ; arrosait et veillait d'humbles fleurs\n éclatantes, avec cette même sollicitude émue de jardinière, qu'elle devait\n apporter, sans doute, aux soins assidus de sa frileuse âme.\n    En longues songeries, écoutant les piaillements étouffés des oiseaux en\n séquelles; suivant des yeux, dans la cour, les descentes rectilignes des\n colombes et leurs brusques envols effarouchés, s'achevait cette existence de\n recluse, dans la maison du souvenir. Retours vers le passé, à pas hésitants\n de vieille, retours vers d'autres maisons : la paternelle et la nuptiale,\n retours vers des baisers d'enfant et d'épousée, les joies, si douces après long-\ntemps, si calmes après longtemps, ressuscitaient au long des lents pèleri-\n nages. Génuflexions, devant d'adorables et émouvantes reliques, au fond des\n anciens jours ressurgis, c'étaient elles qu'on vénérait : les bonnes joies per-\n pétuées, pénétrant la mémoire de leur parfum d'amour et de simplesse.\n Puis croulaient, en grands pans d'écrasants nuages, sur la gloire du soleil,\n les heures indiciblement noires, exterminatrices de ces pauvres joies râlantes.\n Eternités douloureuses que ces lointaines heures d'agonie, si lourdes encore\n à se remémorer : heures jadis subies, seconde par seconde, dans l'anxieuse\n attente, en face du vacillement éperdu d'une vie près de s'éteindre. Ténèbres\n denses, grandes ailes immenses de la mort, l'irruée des larmes, ensuite, à\n travers la certitude qui s'était faite, tout le ciel miséricordieux qui s'était\n muré, le long jaillissement des larmes avait agrandi la douleur en nostalgie\n pesante. La certitude était là, de glace et inflexible, qu'il avait fallu s'affir-\n mer encore, en couchant son amour dans le cercueil, en le couvrant de\n suprêmes baisers, stériles et amers.\n   « Bonnes âmes, se disait René, il vous faut le silence et le calme, l'efficient\ndictame de cet air tranquille, pour que se cicatrisent lentement vos lanci-\nnantes plaies! Afin que la foi descende claire et roborative en vous, comme\nJe soleil ruisselle aussi, de la croix dressée de vos fenêtres, il vous faut la\npaix d'ici, sereine et ineffable. Troubler ce silence qui amortit vos souve-\nnirs douloureux, où derrière des cloisons de quiétude, s'est épanouie votre\nrésignation, semble un sacrilège qu'on n'oserait commettre, tant le calme\n"}, {"page_pdf": 408, "texte": "                                — 365 —\n\nest contagieux de ce lieu, où lentement vous allez à la dérive, vers ce que\nvous présumez un océan d'amour inextinguible. »\n   Il sembla à René, qu'il restituait au jardin du Béguinage en le quittant,\nle prestige sacré de son entière solitude, un moment peuplée des pas discrets,\nétouffés dans l'herbe, de son intruse flânerie.\n                                                    ADRIEN GUILLON\n\n\n\n\n                               VERS\n                            SAINT-SIMON\n\n        Dieu, dont il faut bénir les desseins précieux,\n        Voulut que cette nuit le Dauphin rendît l'être;\n        Les carrosses royaux perdent leur futur maître\n        Et le clergé de France un fils dévotieux.\n\n        Or, dans le long couloir, noir d'un monde anxieux,\n        L'aube, glacée et blanche, entre par la fenêtre ;\n        Et la joie ou l'horreur que cette mort fait naître .\n        Brûlant dans tous les cœurs, éclate en tous les yeux.\n\n        Le Roy pleure à sanglots, consolé par Mesdames;\n        Et, fier, enrubanné du jabot au jarret,\n        Le duc de Saint-Simon, bouche et nez en arrêt,\n\n        Humant un vent de cour chargé d'odeurs de drames,\n        Savoure, sous un air d'hypocrite intérêt,\n        L'immense volupté d'analyser les âmes.\n\n\n                          DON Q U I C H O T T E\n\n                       (TRISTESSE A L'AUBERGE)\n\n        Dans la posada rance et fumeuse, tandis\n        Que ricanent valets poisseux et maritorne,\n        Le vieux preux harassé satisfait sa faim morne,\n        Du bout d'un vain poignard piquant quelques radis.\n"}, {"page_pdf": 409, "texte": "                     — 366 —\n\nPrès de ces fronts obscurs de manants alourdis,\nSon front d'un douloureux reflet de fierté s'orne\nEt, collé tout songeur à la vitre de corne,\nSemble un masque de Roi perdu dans un taudis.\n\nHélas! Par l'âge instruit, le héros de Cervantes\nNe voit plus l'infini dans l'œil bleu des servantes\nEt ne s'exalte plus pour des moulins à vent;\nMais, filant sur son nez héroïque en bec d'aigle,\nUne larme brûlante et distraite, en rêvant,\nVient mouiller le croûton de rude pain de seigle.\n\n\n               ADIEU AU NAVIRE\n\nUn navire inconnu, déployant sa voilure,\nEt qui fuit, pavoisé de splendeur et d'espoir,\nAu rythme du flot vert balançant son allure.\nTrempe ses mâts pointus dans l'or rouge du soir.\n\nVers quelques deux lointains que le vent vous emmène\nO matelots cuivrés et vous, blancs passagers!\nVous portez le fardeau de la grande âme humaine\nEt je salue en vous des frères   étrangers.\nCœurs semblables au mien! L'amour de l'aventure\nVous emporte, ô sondeurs de deux    inexplorés!\nComme des écureuils que leur cage torture,\nDans un cercle tournant d'horizons colorés.\n\nVainement, chaque jour, pèlerins en voyage\nVers un but qui recule au fond de l'infini,\nVotre œil désabusé voit fondre le mirage\nQui vous montrait le ciel à la mer réuni;\n\nDu firmament des nuits, cher aux âmes pensives,\nEt des larges soleils de cuivre incandescent,\nUne pluie invisible aux gouttes corrosives\nDistille l'éternel Désir dans votre sang.\n\nEt, prisonniers de l'onde orageuse ou sereine,\nCœurs hâtifs, tout rongés du mal des exilés,\nLa vague qui se roule en forme de sirène\nTrompe éternellement vos yeux     ensorcelés.\n"}, {"page_pdf": 410, "texte": "                       — 367 —\n\nPars donc, nef douloureuse ! Une lune falote,\nPhare douteux, s'allume au fond noir de l'azur;\nDéjà tu sombres dans la nuit qui te ballotte,\nIgnorant — ô secret de ton destin obscur! —\n\nQue jamais l'océan, saturé d'amertume,\nGouffre de sable amer berçant des flots salés,\nNétanchera la soif d'Infini qui consume\nNos cœurs partout hurlant, partout inconsolés!\n                                   MAURICE CARTUYVELS\n\n\n\n\n           LES DEUX EXILS\n                    NOSTALGIE\n                            I\nAujourd'hui, triste amant, qu'il a revu la mer,\nCe jour tant désiré lui semble un jour amer :\nCar l'enfant nest plus là dont s'enchantaient ses heures...\nTrop tôt leurs simples cœurs, un instant enlacés.\nSe crurent l'un à l'autre à jamais fiancés :\nLa mort d'un si beau rêve endeuilla leurs demeures.\n\n                           II\nPour oublier des maux qu'il ne peut soulager,\nLe voilà qui s'exile au rivage étranger;\nMais une ombre, à ses yeux, en voile la magie.\nLes plus calmes pays lui seront sans douceur :\nVers l'éden qu'il délaisse et le toit de sa sœur\nSe tournera toujours sa pâle nostalgie.\n\n               L'ASILE INDIFFÉRENT\nMa sœur! pourquoi cacher tes tristesses secrètes\nEn ces lieux où jamais nos bonheurs n'ont fleuri?\nIl s'ouvrait pour ton deuil de plus douces retraites.\n"}, {"page_pdf": 411, "texte": "                           — 368 —\n\n   Des bois indifférents te sont Un morne abri;\n   Tu n'y dors pas aux chœurs des âmes familières\n   Dont se peuple un éden où l'amour a souri.\n\n  Le calme sans échos de leurs nuits sans lumières\n  Ne répercute point Tharmonieux appel\n  De nos baisers discrets, de nos paroles fières.\n  Ces forêts n'ont pour toi qu'un silence éternel :\n  Que t'importe, ô ma sœur! le bruit de leurs feuillages,\n  S'il ne redit jamais notre amour immortel!\n  Ton rêve, en leurs sentiers, cherche en vain les sillages\n  Que laisse un couple heureux où sa joie a passé;\n  Le bonheur les priva de ses chers témoignages...\n\n  Te voici loin du parc où tu m'as enlacé,\n  Triste enfant! dont ne peut s'endormir la souffrance\n  Qu'aux voix où revivrait la voix du fiancé.\n\n  Et là, ton abandon ne sent qu'indifférence!\n  Tu n'y rencontres pas les Souvenirs songeurs\n  Que suit en souriant la sereine Espérance.\n\n  D'autres ont accueilli ces divins voyageurs,\n  Dont la seule présence enchanta leurs asiles\n  Et bannit de leurs seuils les soucis affligeurs.\n\n  Mais aux jardins muets dans lesquels tu t'exiles,\n  Nul chant des jours enfuis ne berce ton repos ;\n  Et les fleurs de mémoire embaument d'autres îles.\n\n  Ton ombre est sans lumière et ta paix sans échos.\n\n                                              FRANZ ANSEL\nAoût 1895.\n"}, {"page_pdf": 412, "texte": "                           — 369 —\n\n\n\n\n                     L'OGRESSE\n       Les secrètes rougeurs de ta perversité\n       Colorent le pollen de ta joue amoureuse\n       Le désir d'une chair émue et langoureuse,\n       Paillette tes yeux gris d'un phosphore aimanté.\n\n        Un appétit bizarre, un goût de cruauté\n        Font trembler les plis secs de ta lèvre fiévreuse,\n        Dans ta paume crispée et que ton ongle creuse\n        Afflue à coups nerveux ton sang précipité.\n\n        Un rêve de baisers mouille la bouche humide\n        Du frêle adolescent souriant et timide,\n        Mais ton torse vers lui darde ses seins aigus,\n\n        Ta langue entre ses dents glisse comme une lame,\n        Et rose, convulsé de spasmes ambigus,\n        Le corps de l'enfant ploie ainsi qu'un corps de femme.\n\n                                        FRANCIS D E C R O I S S E T\nOctobre 95.\n\n\n\n\n                           VERS\n                          AZIYADÉ\n\n      Hors des murs de Stamboul, dans la campagne morne\n      Qui s'étend vers la mer jusque    Yédi-Koulé,\n      Les amandiers en fleurs ni le lierre enroulé\n      De son humble tombeau n'ombragent point la borne.\n\n      Et sous ce grand ciel clair qu'un vaste horizon borne,\n      J'amais le vert linceul des mousses n'est foulé\n      Près du tertre où, déjà, par le temps écoulé,\n      Meurent l'azur du marbre et l'or du nom qui l'orne.\n"}, {"page_pdf": 413, "texte": "                      — 370 —\n\nL'enfant de Circassie ayant fermé les yeux,\nSon corps blanc gît, hélas! en ces funèbres lieux,\nCouché selon le rite après peu de prières.\n\nNul bruit !... Inconsolée et lente à s'assoupir\nL'âme s'est tue enfin. La lande est sans soupir.\nEt l'air dort immobile au fond des cyprières.\n\n\n                  L'OUED-EL-AÏN\n\nLa nuit meurt. L'oasis fuit son frêle sommeil.\nLe ciel, à l'orient, d'un ton bleu de turquoise,\nBlanchit, s'éclaire et jette aux pics d'ocre et d'ardoise\nLe vague demi-jour précurseur du soleil.\n\nLa source vive exhale un bruit frais de réveil,\nEt sur ses bords, distants à peine d'une toise,\nMille insectes f urtifs dont le vol s'entre-croise\nFont trembler leurs reflets dans le cristal vermeil.\n\nDerrière le décor des granits et des palmes\nS'irise l'infini des grands horizons calmes\nQue l'aube avait frangé d'améthyste et d'argent;\n\nEt partout se déroule et, splendide, recule\nLe semis de points d'or qui, mobile et changeant,\nCouvre le sable rose au fond du crépuscule.\n\n                                          V I C T O R ORBAN\n"}, {"page_pdf": 414, "texte": "                                 -371       -\n\n\n\n\n       LAMENTABLE RECULADE!\n              Le Mercure de France nous apporte un article de M. Vielé-Grif-\n                fin sur lequel il est bon d'attirer l'attention des jeunes poètes.\n                Bien que M. Vielé-Griffin s'en défende, il est bien, ainsi que\n               l'a constaté M. Doumic dans la Revue des Deux-Mondes, con-\nsidéré dans son groupe comme le novateur le plus hardi et c'est à lui que\nrevient la plus grande part d'influence. Lui seul a exposé d'une façon\nclaire la théorie du soi-disant vers libre. C'est pourquoi lorsque je combats\ncette innovation fallacieuse et pernicieuse je m'en prends volontiers à lui.\nC'est du moins un adversaire qui sait ce qu'il veut et où il va.\n    Dans ces conditions, l'article du Mercure de France est bien fait pour\nnous surprendre. M. Vielé-Griffin abandonne à demi la défense du vers\nlibre et cherche à établir la « Poésie nouvelle » dans des positions auxquelles\nelle semblait avoir renoncé.\n    C'est une manœuvre curieuse, qui mérite d'être notée, et dont, je l'espère,\nles adversaires du « vers-librisme » sauront tirer avantage.\n    M. Vielé-Griffin se proclame de nouveau « symboliste ». Le « Symbo-\nlisme » redevient le drapeau de la Poésie nouvelle, sans que, d'ailleurs, on\nse préoccupe de justifier le choix de ce mot, parfaitement impropre à dési-\ngner ce qu'on veut qu'il désigne.\n    Sur la valeur de ce symbolisme, M. Vielé-Griffin dit : « La force de ce\nmouvement c'est qu'il est anarchique et s'appuie sur la conscience intime\nde chaque participant. » Quelqu'un se chargera peut-être un jour d'expli-\nquer comment un mouvement total composé d'une foule de petits mouve-\nments anarchiques, c'est-à-dire divers et non subordonnés à une direction,\nest plus fort qu'un autre à raison même de son anarchie. Passons.\n    M. Vielé-Griffin abandonne tous les lieux communs de la poésie nouvelle\n(déjà!) à savoir : le Cygne, la Licorne, le Chevalier, la Dame, les Pages et\nles Nains, les Tours et les Terrasses, sans compter les autres accessoires. Il\n paraît que le symbolisme n'en a pas besoin.\n    Puis M. Vielé-Griffin fait cette remarquable déclaration concernant\n l'importance qu'il attribue à présent au prétendu vers libre dans la Poétique\n nouvelle : « Même ce « VERS LIBRE » si marquant ne doit pas nous suffire\nfour discerner le Symboliste, le poète nouveau ; c'est dans sa PENSÉE donc\n qu'il nous faudra regarder. »\n                                                                        34\n"}, {"page_pdf": 415, "texte": "                                  — 372 —\n\n   Voilà donc le prétendu vers libre relégué au second plan. C'est de la pen-\nsée, c'est de l'idéal de la « poésie nouvelle » qu'il faut désormais s'occuper.\n   Quel est cet idéal? M. Vielé-Griffin va tenter de le préciser : « Ce qui, en\n« fait, caractérise le Symboliste, c'est la passion du mouvement au geste\n« infini, de la Vie même, joyeuse ou triste, belle de toute la multiplicité de\n« ses métamorphoses ; passion agile et protéenne qui se confond avec les\n« heures du jour et de la nuit, perpétuellement renouvelée, intarissable et\n« diverse comme l'onde et le feu, riche du lyrisme éternel, prodigue comme\n« la Terre, puissante, profonde et voluptueuse comme le Mystère. »\n   Et voilà !...\n   Voilà pourquoi leur fille est muette.\n   Si l'idéal décrit en ces termes par M. Vielé-Griffin était celui de Victor\nHugo, peut-être admettrait-on ces luxuriantes métaphores.\n   Mais s'il s'agit de... Mince d'infini, dirait Gavroche!\n   Plaisanterie à part, que veut dire M. Vielé-Griffin? Qu'est-ce que le\n« mouvement au geste infini? » Quel est, parmi les nouveaux poètes, le\npeintre de « la multiplicité des métamorphoses de la vie ? » Où, diantre,\nirons-nous dénicher la « passion agile et protéenne, qui se confond avec les\nheures du jour et de la nuit? » Que signifient toutes ces figures de langage?\nEt, en fin de compte, que veut-on dire?\n   Aussi longtemps qu'il se bornait à défendre le pseudo-vers libre, M. Vielé-\nGriffin opérait sur un terrain nettement défini. Il l'abandonne. Il s'établit\nà présent sur un banc de sable mouvant. Sa définition du symbolisme est\nvague et amorphe : elle ne définit rien, elle s'applique à toute espèce de\npoésie panthéiste et, pour le reste, elle est un charabia triple : on dirait un\noracle rendu par la Chimera bombycinans in vacuo.\n   Il nous plaît de voir M. Vielé-Griffin, le protagoniste de la « Poésie nou-\nvelle », abandonner le soi-disant vers libre pour se réfugier dans les marais\nd'une esthétique inconsistante.\n   C'est une piteuse retraite.\n   On en saura profiter.\n                                                            IWAN GlLKIN\n"}, {"page_pdf": 416, "texte": "                                 — 373 —\n\n\n\n             LE TOMBEAU DE BAUDELAIRE\n         Ceux de la race vile, avec leurs fleurs funèbres\n         Et leurs drapeaux de deuil, parmi le saule et Vif,\n         S'imaginent fêter un chanteur subversif,\n         Dieu du mal, roi du rire et prince des ténèbres.\n\n        Pour eux, un sombre vol de blasphèmes célèbres\n        Répand sa morne horreur sur le marbre tardif\n        De l'artiste damné dont l'esprit convulsif\n        Comme un féroce archet fait crier leurs vertèbres.\n\n        Mais nous, qui devinons ce qu'il a dû souffrir,\n        Nous savons quelle Ombrie il rêvait de fleurir\n        Pour le nouveau Jésus monté sur son ânesse,\n\n        Et que ce cœur d'automne, usé par sa splendeur,\n        S'il nimba de ses feux la Haine et la Laideur,\n        Adorait la Beauté, l'Amour et la Jeunesse.\n                                                     ALBERT GIRAUD\n\n\n\n\n           CHARLES BAUDELAIRE\n   Rien n'outrepasse le vertigineux ravissement, la torpeur grisée dont se\nsent transporté et engourdi le méditatif et un peu mélancolique adolescent,\nprédestiné aux affres de l'art et de la poésie, à sa première rencontre avec\nBaudelaire.\n   Banville rapporte quelque part cette légendaire reconnaissance de Balzac\net de Baudelaire qui, se croisant sur le même trottoir, devinèrent, à un\nrapide coup d'œil mutuel, leur congénialité chimérique et se saluèrent d'un\nsimultané et fraternel éclat de rire... Un rire analogue, égaré un peu\net satisfait, nous saisit à l'initiale révélation des œuvres qui, tout à coup,\nérigent devant nous, dans la magnificence et élucident l'idéal diffus auquel\nnotre audace juvénile aspirait : convulsion machinale qui masque la\nrévolution profonde, le déchirant émoi, le regret enchanté d'avoir découvert\nle parrain inconnu de notre instinct intellectuel, le verbe initiateur, flam-\n"}, {"page_pdf": 417, "texte": "                                   — 374 —\n\nboyant et obscur, où s'exprimait d'avance l'ardeur trouble, le vœu encore\nindistinct, le choix précoce de notre pensée. Une surprise nous déconcerte\nsimilaire à celle dont l'insidieux Socrate ébahissait ses jeunes auditeurs en\nfaisant, par le sortilège de sa maïeutique, jaillir de leur esprit d'irréfutables\nsyllogismes qu'ils ignoraient receler, leur dévoilant ainsi la possible capacité\nde leur conception, l'irrésistible puissance de la parole consciente, les voies\ndu martyre et de la béatitude mentale.\n   Cet enseignement, nul poète ne l'enveloppa d'aussi efficaces prestiges que\nBaudelaire, ne l'énonça en plus spécifique langage, macéré de spiritualité\net dont les mots fulgurent de signification concentrée : nefs, auréolées d'un\nhalo orageux, scintillantes de feu Saint-Elme, qui prolongent dans la nuit\nde la mémoire leur remous et leur phosphorescent sillage...\n\n\n\n   Hugo aimait évoquer des nomenclatures illustres, édifier de grandioses\npanthéons qu'il peuplait de foudroyantes effigies, — conducteurs de\npeuples, princes de la Vie ou de la Foi; — rangées selon l'antithèse paral-\nlèle de leur génie... Apothéoses ou l'abréviation prodigieuse des âges, le\nraccourci terrible des héros fastiques font rêver à quelque chapelle Sixtine!\nEt le barde épique de la Légende des siècles, vraiment, s'apparie à ce\npeintre de geste, au sculpteur violent de la lumière, Michel-Ange! outrés,\ntous deux, bouillonnants d'imagination sombre et d'humanité tragique,\nvoyants éperdus de la réalité sublime...\n   Et, à conjuguer les noms, ainsi, prononcer : Baudelaire ! n'est-ce point\nirrésistiblement entendre : Léonard?\n   Pourpensée, également, et volontaire, l'œuvre du poète ne réverbère non\nplus de ce monde, mais l'éclairé, darde sur lui le fixe rayon investigateur de\nsa propre lucidité... Visages fascinants d'ambiguë perplexité, et d'équivoque\nexaltation; — lèvres que les questions suprêmes ont flétries, taciturnes\ndésormais, souriantes de compassion amère et de dédain; — mornes regards\néblouis, subtils yeux avides, imperturbables même affrontés à l'œil triste\ndu Sphynx, et où le doute a mis sa rigueur ; — masques taillés dans la lave!\nreliefs d'âmes en transe, affolées d'action démesurée ou de renoncement,\net dont l'orgueil désabusé, le vœu extrême et téméraire se résignent en cette\ndelectatio morosa célébrée par la voix savante et corrompue, la puérile\nvoix funèbre\n                      Où l'enfance s'allie à la maturité...\n\nOui, ces lourds et perspicaces regards d'aplomb dont la sourde irradiation\n"}, {"page_pdf": 418, "texte": "                                  -   375    -\n\nfiltre depuis des siècles pour l'ivresse et la souffrance des songeurs;\nces têtes hallucinées de leur rêve démenti que Léonard pousse comme au\nseuil de\n                   L'empire familier des ténèbres futures\n\nnous les revîmes parmi ces jardins calomniés, contemplant ou respirant\nles fleurs du mal...\n\n                                      ***\n   La diffamation, Baudelaire s'en rendit complice; par crainte des impor-\ntuns et des profanes, se propagea le renom macabre d'un ogre et d'un\nmagicien, distillateur d'épouvantables philtres, délicieux et toxiques : —\n« Quand j'aurai inspiré l'horreur et le dégoût universels, j'aurai conquis la\nsolitude (1). » Mais cette malédiction de l'isolement et de l'étrangeté, aussi\nbien que Poe, cet autre dépaysé, il en portait les marques originelles...\n   Souverain, en même temps, et esclave de sa cérébralité, l'homme qui\npense quotidiennement contracte une attitude trop exorbitante et disparate\npour éviter sa métamorphose en une espèce de monstre contre nature,\nl'hostilité unanime et la haine que, sans provocation aucune, sa seule exis-\ntence déchaîne; — davantage, l'artiste, alors, chez lequel l'incurable envoû-\ntement et la préoccupation confinent la folie ! l'artiste excentrique à tout\nsens commun et capable, à l'exemple de Bernard Palissy, d'alimenter le\nbrasier où cuisent ses émaux avec son mobilier et sa maison démantibulés,\net d'y jeter sa famille, au besoin, et lui-même! — Cette époque aura vu\nquelques incarnations plus intègres, disait-on du poète, d'une perfection\nutopique et très incompréhensible pour elle, — créatures que leur, unique\nfantaisie désintéressée guida parmi la fantasmagorie, à peine sensible, des\ncontingences, insoucieuses d'elles-mêmes jusqu'à la démence, d'une sim-\nplicité approximant la sainteté !\n   Villiers, attablé en quelque crapuleuse brasserie, en face des soucoupes\nempilées, au milieu des fétides vapeurs de la bière et la fumée, parle avec\ndes gestes fabuleux et sacerdotaux, — devant des compagnons incongrus\ndont l'éphémère aspect ne lui interprète point la vision empourprée et\nvierge qui extasie la pâle douceur délirante de ses yeux... Poe, indigent et\nsuperbe, de l'immortelle flamme, de la fastueuse et plongeante lueur de son\nregard illumine et intimide l'hétéroclite auditoire d'un bar sordide...\n\n                                      ***\n\n (1) Œuvres posthumes, p. 84.\n"}, {"page_pdf": 419, "texte": "                                  — 376 —\n\n   Quelle déchirante commotion, sans doute, enfiévra Baudelaire lorsque\nde difformes traductions le confrontèrent à ce frère posthume, lui dénon-\ncèrent cette destinée, horoscope, presque, et fatidique arcane de la sienne!\nOutlaw spirituel, scandale des puffistes rationnalistes, des politiciens par-\nvenus et des vertueuses authoresses, l'éblouissant misérable, jeté à la voirie,\navait reposé sa tête lasse, voilé ses nobles paupières pour jamais, — dans le\nruisseau!... Les mains pieuses du poète ami l'y relevèrent pour le glorifier,\nen cette Europe, moins barbare, quand même, et moins âpre, d'un impé-\nrissable monument : car le chantre d'Annabel Lee n'a pas encore fait for-\ntune aux Etats-Unis et sa réputation, stigmatisée par le vénimeux Peeksniff\npuritain, le révérend Griswold, s'y est à peine réhabilitée de ce dérisoire\nopprobre...\n   L'affinité exceptionnelle de Baudelaire pouvait, seule, naturaliser en\nfrançais, avec sa magniloquence originale et sa couleur, l'œuvre de Poe,\nsa miroitante et mystérieuse splendeur, ses frissons, ses paroxysmes mor-\nbides, la musique occulte de ses assonances et la glaçante solennité de son\nsang-froid.\n   La même ambition indomptable qui fortifia la marche du poète améri-\ncain, sur la voie ennemie, Baudelaire la sentit lui brûler la poitrine. —\nPlus immatériels et purs, certes, chez Poe, cette nostalgie, cet élan hors\nd'un monde dont la particulière abjection, en sa patrie, lui devint comme\nun tremplin de dégoût et de colère d'où atteindre les dernières cimes;\n— mais les cahiers intimes de Baudelaire nous le montrent, parcourant les\nétapes du scrupule et de l'angoisse, endurant la crise avant-courrière d'une\nreviviscence; et chrétien, catholique, de quel cantique poignant et triom-\nphal n'eût-il point salué l'indicible quiétude à la fin descendue?...\n   Esprits collatéraux, épris de songes dissemblables, par la latitude diffé-\nrente de leur exil, simplement ; consciences d'une égale et inflexible recti-\ntude morale, sans une défaillance; la dépréciation des médiocres associe\nleurs noms, mais la pensée, aussi, de ceux qui, feuilletant les Fleurs du\nMal ou les Histoires extraordinaires entendirent vibrer, soudain, cette\nvoix aux modulations énigmatiques et implorantes, cette voix de l'ombre\nqui, « variant ses inflexions de syllabe en syllabe, imitait les accents connus\net familiers de mille et mille amis disparus... »\n\n                                                       ARNOLD GOFFIN\n"}, {"page_pdf": 420, "texte": "                                   — 377      -\n\n\n\n         CHRONIQUE LITTÉRAIRE\n  La Faute de Mme Charvet, par CAMILLE LEMONNIER. Paris, Dentu. — Le Grand\nTrimard, par Zo D'AXA. Bruxelles, Kistemaeckers. — Décors, par M. CHARLES DELCHE-\nVALERIE. Liége, Miot. — Charité, drame, par CHARLES BUET. Gand, Siffer. — Le Scepti­\nque loyal, par M. LÉON RIOTOR. Paris, Bibliothèque artistique.\n\n\n\n               Lemonnier met, certes, quelque coquetterie à alterner la publi-\n                cation de ses œuvres de façon à apparaître, chaque fois, sous\n                un aspect inédit à ses fidèles admirateurs, car ses avatars,\n                pour être moins vertigineux que ceux du Pasteur chevelu,\n Krishna, restent imprévus quand même, et étonnent.\n    Un jour ne pasticha-t-il point Hugo à s'y méprendre, mais en prose ?\n C'était dérober le tonnerre — sans la foudre ! Qui aurait pressenti le chantre\nviolent de cette épopée sylvestre, Le Mâle, dans l'auteur de bluettes artifi-\ncielles à la façon de Droz et de Ludovic Halévy, dans l'inventeur de fables\ningénieuses et naïves, destinées à ravir les enfants.\n   Après l'eau-forte véhémente du Mort, après Happe-Chair, la Fin des\nBourgeois, fresques énormes et sombres, les dessins géorgiques, les sgraf-\nfiti à grands traits roides de Ceux de la Glèbe, il semble s'éprendre de la\nforme plus mobile et diversifiée du conte ou de la nouvelle : cadre entre\nles limites étroites duquel la magie de l'artiste fait surgir une minute\ninoubliable de vie, le saisissant raccourci du drame, de la comédie, de la\nfarce, — toute la société !\n   Le style de Lemonnier, vraiment polymorphe, celui-là ! se subordonne\navec une souplesse inouïe à l'allure et au ton des imaginations les plus\ndissemblables et avec une égale virtuosité, cadence ses périodes aux accents\nde la flûte dérisoire, du débonnaire mirliton, de la buccine tragique — ou\nde l'orgue. La phrase parfois exorbitante du Possédé, lourde de néolo-\ngismes, surchargée et comme emphatique d'intentions perverses, sans\neffort devient familière dans l'Arche, ou muse et trottine d'un pas alerte\net sceptique à la suite de ce gamin du boulevard : Claudine Lamour.\n   Voici, aujourd'hui, des pages d'analyse ténue, la Faute de Mme Charvet,\noù Lemonnier étudie le lent ravage, les affres démoralisantes provoquées\nen une âme probe par un tardif et accidentel adultère, l'atmosphère de\nsubterfuges avilissants et de tromperie, la trame fragile et toujours renouée\nde mensonges que sa chute lui crée. Aux aguets, alarmée des gestes vagues\net des indifférentes paroles de sa dupe, plus encore de sa sollicitude ou de\nsa tendresse, se poursuivant elle-même des fantômes séduisants ou hideux\nde son péché, sa propre dissimulation la dénonce, sa trépidante nervosité,\net ces indéfinissables signes, témoignages terribles d'une influence étran-\ngère et inconnue, indices trop évidents pour échapper à la clairvoyance\n d'un cœur épris,\n"}, {"page_pdf": 421, "texte": "                                  — 378 —\n\n\n\n   Quoique la destination, seule, de cet itinéraire de Paris — de Mazas —\nà Jérusalem lui soit commune avec celle des pèlerinages, les croix et les\ntribulations n'ont pas manqué à son auteur, M. Zo d'Axa, écrivain anar-\nchiste impliqué dans l'un des complots récents, fugitif, depuis, et traqué\nde ville en ville.\n   Il y a de la vaillance et une sorte rare d'alacrité dans ces notes de voyage,\nd'un tourisme naturellement un peu précipité, tracées d'une plume rail-\nleuse plutôt que sardonique. Du moins, la drôlerie et l'humour s'y asso-\ncient-ils joliment au sarcasme et M. Zo d'Axa contente-t-il sa rancune en\nhabillant d'épithètes pittoresques les magistrats et les chefs de police qui\nl'ont forlancé au travers l'Europe et l'Asie mineure; — cet extraordinaire\nconsul français de Jérusalem, par exemple, qui lui met la main au collet :\n , — Moi, consul, arrêter vous... Vous grand méchant !\n                                      **\n   M. Delchevalerie réunit, sous une couverture élégamment historiée par\nM. Aug. Donnay, quelques pages d'album, feuillets détachés d'un carnet\nde croquis littéraires, paysages de Meuse, séduisants toujours, et dont\nl'émotion perspicace de l'artiste transpose le charme en le définissant.\n\n  Chez Siffer, à Gand, un drame de M. Charles Buet où, avec son habi-\ntuelle audace généreuse, il nous. montre un missionnaire victorieux d'un\nconflit surhumain entre les devoirs de son sacerdoce et les angoisses de son\namour filial martyrisé.\n   Charité, comme le Prêtre, se passe dans l'Inde britannique, ce qui a\npermis au dramaturge d'entourer son héros d'intéressantes figures de\nradjahs, — dont l'un « déchu au rang de paria »? — de brahmanes et,\naussi, d'enfants égoïstes et superbes de la perfide Albion.\n                                       ***\n   « L'intellectualité moderne comprend autrement que les époques reli-\ngieuses, la composition fondamentale de l'ÊTRE, et elle a trouvé (??) ce\ngrand arcane, omnipotent parce qu'il est indéniable, que le principe de la\nmatière est UNIQUE et ABSOLU.\n   « Sépare donc ce que tu appelles l'homme des autres produits de la\nforce chimique, créatrice des formes, et divise-le en sept parties élémen-\ntaires, etc. »\n   Ainsi dogmatise M. Léon Riotor, en son Sceptique loyal, exercices de\nphilosophie approximativement expérimentale qu'on attribuerait volontiers\nà un sceptique aussi médiocre que crédule. Cela respire une espèce de fana-\ntisme négatif, de superstition scientifique, tellement dénués d'enthousiasme,\nd'ailleurs, et surtout de preuves efficaces, qu'ils sont sans danger.\n   Les pages de ce livre égayent leur aridité de culs-de-lampe et d'ornements\nfort jolis.\n                                                       ARNOLD GOFFIN\n"}, {"page_pdf": 422, "texte": "                                 — 379 —\n\n\n\n\n        CHRONIQUE ARTISTIQUE\n                            Le Salon de Gand.\n\n                Par le vague souvenir que l'on garde du dernier « bateau trien-\n                 nal », on serait tenté complaisamment de trouver qu'alors la\n                 critique fut peut-être un peu bien sévère, et l'on affirme en\n                 soi ce reproche par la chatoyante vision de quelques œuvres,\nsinon maîtresses du moins attirantes : les seules qui n'aient pas dû sombrer\nà nos yeux. Mais à peine a-t-on mis le pied dans la baraque (en planches\nou en pierre), l'illusion tombe au premier coup d'œil, l'écœurement vient\net l'on est pris de la saine envie de « courir » les salles.\n    Pourtant ici encore il y a quelques réelles œuvres d'art et leurs auteurs\nfont preuve de vaillance en subissant pour elles les voisinages les plus gro-\ntesques.\n    Il y a au moins mille numéros. Pourquoi tant? Pourquoi est-ce si mau-\nvais? Parce que la matière écrase par la masse, parce que le « joli\nmorceau » habile ou « bien attrapé » fait le bonheur des jurys en majorité\nimbéciles, parce que le peintre aime mieux ne pas se donner le mal de\ns'instruire généralement : « Peignez comme vous sentez tout simplement. »\nEt puis, ça va si bien comme cela, et le public est si content, on est si bien\nà sa portée et il se moque tant de ceux qui s'élèvent !\n    Je ne vous parlerai pas de cette « masse »; je vous citerai quelques titres\nqui vous feront deviner les toiles et approuver mon empressement à passer\noutre : Les Prunes, Crevettes, Mon Vélo, Enjôleuse, Indécise, Idylle fin\nde siècle, Etude d'âne, Temps de pluie à Saint- Vaast d'Equiqueville, A la\nRenommée : friture ; enfin, puisqu'ils le « sentent » comme cela!\n    Je vous parlerai de l'Art idéaliste : il s'élève victorieusement malgré tout\n et s'il est écrasant ce n'est certes pas par la masse, mais par l'essence même\n des œuvres. Jean Delville, les Trésors de Satan : l'œuvre est complète, le\n rêve est puissant et l'exécution en est digne. C'est l'irradiation de richesses\n en fusion que mêlent des âmes aux formes radieuses, vers la glorification\n de Satan-dieu qui domine et contemple ses proies. Au fond des flots, les\n pierreries et les ors fabuleux coulent parmi les corps jeunes et nimbent\n d'étincelances des fronts prostrés d'extase infinie et d'oubli; ils se mêlent\n aux nacres des écailles et unissent leurs flamboiements aux couleurs des\n algues chevelues, des fleurs vivantes orangées et des poissons d'or et d'éme-\n raude. Satan contemple avidement et son intense rictus et son regard d'aigle\n sous sa chevelure de feu, supputent les ivresses de ses trésors. Voilà en peu\n de mots l'œuvre que Jean Deville a grandement réalisée, et cela malgré\n  tous les obstacles, malgré la basse critique et les grossières assertions du\n  bon goût belge. Je ne vois parmi ses détracteurs et ses envieux aucun\n  homme qui ait atteint cette élévation et cette maîtrise.\n"}, {"page_pdf": 423, "texte": "                                  — 38o —\n\n   A côté d'une œuvre pareille l'Ophélie de M. A. Stevens ne donne que\nl'impression d'une pâle blondeur anémiée et gentille qui s'essaye en vain à\njustifier la citation : Mais votre regard me glace.\n   Je citerai maintenant la grande page décorative de Giamberlani conçue\ndans les principes préraphaélites et d'une grande impression de beauté\nsupra-terrestre. Le repos des nobles formes et l'immatérielle caresse de la\ncouleur font l'âme charmée et rêveuse...\n   Grandement créée sous l'influence du maître décorateur du Panthéon, la\ntoile de M. Duhem, Sainte Geneviève de Paris, attire par la concentration\nd'un mysticisme large et puissant; tandis que M. H. Martin me paraît\ns'être contenté d'une composition un peu sommaire dans sa Douleur.\n   Quel charme héroïque et mystérieux dans le Bois enchanté de Stott of\nOldham ! Parmi le velours des feuillages énormes et le profond silence dont\nparlent les branches enlacées, voici s'avancer « le preux, le chevalier sans\npeur, au cœur fidèle, pour sauver enfin la belle... »; tel il m'évoque le mer-\nveilleux rêve fatal de Borodine.\n   Voici quelques beaux portraits : le premier signé Lavery ne dément pas\nla valeur du superbe coloriste. Je lui préfère pourtant l'ordonnance sérieuse\net poussée du Portrait de Sir Richard Burton par Leighton : la tête est\nciselée en un large métal et l'on devine à l'expression d'ensemble un carac-\ntère énergique et volontaire. Je retrouve ce portrait de Scholderer dont j'ai\nparlé lors du Salon de la Société des Beaux-Arts. De Louis Cuvelier voici\nce Portrait de M1le de C. exposé au Sillon il y a un an et placé ici en un\nvéritable cabinet des horreurs. Le portrait d'Evenepoel, pour très intéres-\nsant qu'il est, n'atteint pas à mon avis la valeur que certains peintres,\néblouis sans doute par le vermillon, lui accordent.\n   Je vous recommande la joie que pourront vous causer quelques person-\nnages d'une haute gaieté : M. Montald, par exemple, l'aimable prix de\nRome qui passe son temps, en imitation de Doudelet (devenu lui beau-\ncoup plus intéressant), à placer tant bien que mal un Christ gâteux entouré\nd'anges aux expressions bénignes et à qui ne manque que la casquette à\ntrois ponts. Ensuite M. Vanaise : Une Salomé d'un grotesque intraduisible\nqui a l'air d'une marchande d'oranges de la rue du Caire, offrant « genti-\nment » sa marchandise à un ânier réjoui; M. Wante, dans la toile duquel\nM. De Vriendt se promène en long et en large : Ce serait presque assez en\ndire, mais je vous signale la bonne tenue de ce « tableau vivant », sans\ndoute interprété par des habitants de la rue au Poivre; M lle Danethan con-\ntinue à être d'une originalité artistique très intéressante; elle a décidément\nlâché A. Stevens pour Puvis; allons, vous montez en grade, Mademoiselle;\nM. Girardot : Le grand Socco à Tanger; jour de grand marché... au\nlinge sans doute car, sous prétexte d'Arabes, M. Girardot étale à nos yeux\nun dévalage gigantesque de paquets de linge où je m'ingénie en vain à\nretrouver une forme humaine.\n   Revu avec plaisir la Pipe de M. Vanseverdonck; ça marche, ça se...\nculotte.\n   Voici un très jeune, M. Riou, qui ne manque pas d'imagination et qui\n"}, {"page_pdf": 424, "texte": "                                    — 381 —\n\npossède en plus une fort belle couleur. Sa toile-esquisse représentant la\nMort du Christ manque de rapport et de science technique, mais elle est\nfort intéressante ; non loin une charmante harmonie, Un Sonnet, de Garrido ;\nje ne sais si c'est à l'Institut des Beaux-Arts d'Anvers que M. Rotthier doit\nà présent son manque d'originalité, mais le souci du Beau ne se retrouve\nguère en cette lamentable étude du Tombeau de saint Gobert d'Aspremont,\nni en ce portrait de fillette vieillotte : on n'y sent même plus l'habile\nimitation de quelque peintre en vogue; M. Duyck ne cesse d'être cruelle-\nment banal et nous revoici devant des caricatures déjà trop vues de M. Laer-\nmans.\n   Du Paysage. — Claude Monet aligne quelques notations fines et\ninfluencées de japonisme, mais combien pourtant moins vibrantes et\npersonnelles que la série de ses Meules à la Galerie Petit; M. Pissarro\ncontinue de dégoter Claude Lorrain et voici les déjections (toujours à peu\nprès les mêmes) de M. Renoir; non, écoutez, nous sommes tout prêts à\nvous admirer, s'il y a lieu, mais envoyez-nous une œuvre qui nous montre\nd'abord que vous avez appris à dessiner une main et que vous vous êtes\ndécrassé l'œil ; Baertsoen se relâche et Mesdag nous montre un crépuscule\nmerveilleux sur la mer, sans doute une chose ancienne; une symphonie\nlunaire en gris de Meyers, Sur l'Escaut, d'un grand sentiment; des ciels\ntourmentés de Marcette et une grande émotion silencieuse en l'Eau immo­\nbile de Fernand Khnopff; M. Coppens a pénétré l'âme gigantesque des\nmâtures et des voiles en ses Bassins d'Ostende, Nuit lunaire, la vision est\némue et grande et évoque quelque légendaire appareillage de flotte ; par\ncontre M. Claus et son élève M lle Marcotte ont moins d'imagination et\nleurs recherches de plein air restent stables pour ne pas dire monotones ;\nM. Haegemans s'essaye agréablement au papier peint et M. Den Duyts\ndoit sans doute continuer, par ses petits sous-bois conventionnels et creux,\nd'enthousiasmer ceux qui ont fait sa vaine réputation.\n   Il y a aussi de la sculpture : Quelques beaux groupes déjà vus de\nC. Meunier et la Muse de Rousseau ; ce bas-relief garde l'idéalisme d'idée\net de forme qui caractérise l'œuvre du curieux artiste, mais il est atteint\nd'un léger maniérisme qui confond la synthèse générale de la composition ;\nM. Dubois, un Silence... qu'on serait tenté d'imiter à son propos, car\nvoilà bien le type banal du nu français qui pullule chaque année aux\nchamps parisiens.\n   Pour une première tentative, l'art appliqué est fort discrètement repré-\nsenté. On sent que c'est sans doute un premier essai d'éducation pour la\nprovince, car nous y retrouvons une foule de bibelots déjà vus et au point\nde vue du meuble M. Octave Maus ne s'est pas mis en quête d'autre chose\nque de la courante production des petits magasins londonniens.\n                                                                    G. M. S.\n  En terminant ces notes j'apprends que le jury du Concours de Rome a enfin (et « pour\nune fois » sans doute) deviné son devoir en décernant le prix à un réel artiste : Jean\nDelville. Félicitations au jury.                                      G. M. S.\n"}, {"page_pdf": 425, "texte": "                                          — 382 —\n\n\n\n\n                                  MEMENTO\n  L'ANARCHIE LITTÉRAIRE. —         De   M.   L.    que c'est l'écrivain qui écrit ses livres et\nRyckx, dans Pages d'Art et de Science,             qu'il lui sera très utile d'y mettre lui-même\nces lignes qui décèlent les progrès de             l'orthographe, la grammaire et la syntaxe,\nl'anarchie littéraire : « A quoi bon les règles?   voire la versification. S'il abandonne ce soin\n« Comme si nous faisions nos œuvres !              à l'abstraction métaphysique que M. L.\n« Mais c'est l'œuvre qui se fait en nous, à        Ryckx appelle « la Vie », l'imprimeur\n« notre insu, sans que nous en sachions            pourra attendre longtemps son premier\n« ou y puissions rien. La vie, comme le dit        volume. Quand j'aurai vu M me la Vie, assise\n« Victor Hugo, en filtrant à travers les           à sa table, se servir de la plume et de l'en-\n« événements et les souffrances, la dépose         crier, je pourrai lui laisser le soin d'écrire\n« lentement dans notre cœur. Il nous est           mes poèmes. En attendant, j'aime mieux\n« impossible d'y changer un iota sans              me servir moi-même et je ne le puis faire\n« détruire sa sincérité. Le poète n'écrit pas,     que si j'ai appris mon métier, — c'est-à-dire\n« il transcrit ce que lui dicte son âme. »         étudié les règles! Car si je me borne à\n   Dissipons les équivoques dangereuses.           « transcrire ce que me dicte mon âme » et\nVictor Hugo, de qui l'on invoque le té-            si mon âme ignore l'orthographe et la\nmoignage, est le plus prodigieux versifi-          grammaire, la dictée sera infailliblement un\ncateur du XIXe siècle. Il a poussé la connais-     charabia d'Auvergnat.\nsance de son métier jusqu'au génie. Quand\non connaît son art et qu'on en a approfondi\nles lois mieux que pas un homme, on a le             L'ORIGINALITÉ     BELGE.   —    Y   a-t-il   une\ndroit de ne plus envisager les difficultés du      «originalité belge? » L'Art moderne l'af-\nmétier et de ne plus songer qu'à l'inspi-          firme et nous n'y contredirons point. Mais\nration créatrice et à l'idéal. Mais le jeune       nous n'aimons guère les thèses vagues ; pré-\nhomme qui méprise le métier et l'appren-           cisons, s'il vous plaît et occupons-nous seu-\ntissage ne sera jamais un artiste. Il vivra et     lement de la littérature « d'expression fran-\nmourra dans les limbes où végètent les             çaise ».\nlarves qui ne parviennent pas à la vie.               Cette littérature, au point de vue de la\n   La science du métier ne peut, certes,           langue, fait partie de la littérature française.\nsuppléer au génie. Mais le génie sans métier,      Les auteurs qui écrivent leurs livres en\nque peut-il produire ? Autant vaut demander        français sont, en somme, des écrivains fran-\nà un aveugle de peindre comme Rem-                 çais. Ils habitent Bruxelles, Gand ou Liége\nbrandt, à un manchot de jouer du piano             au lieu d'habiter Paris, Lyon ou Bordeaux:\ncomme Rubinstein. Le génie ne leur rendra          La Belgique, au point de vue littéraire,\nni les yeux ni les mains. Nul ne serait assez      n'est qu'une province de la France et notre\nfou pour conseiller à un musicien de jouer         principal souci doit être de ne point écrire\ndu violon sans violon, et cependant on             des livres qui sentent la province.\ndemande aujourd'hui aux poètes de faire de            Exception faite, bien entendu, pour la lit-\nla poésie sans vers.                               térature dite du terroir : Cladel a peint le\n   En dépit de ce qu'affirme M. L. Ryckx,          Quercy, — Brizeux, la Bretagne, — Barbey\nje conseille à ceux qui veulent produire ne        d'Aurevilly, la Normandie, en donnant à\nfût-ce qu'un sonnet, de le composer eux-           leur style un coloris particulièrement local;\nmêmes sans attendre que la vie l'ait rimé          il est légitime que nos Flamands et nos\net rythmé à leur insu. Je reste persuadé           Wallons peignent, d'après la même mé-\n"}, {"page_pdf": 426, "texte": "                                         — 383 —\n\nthode, les mœurs et les paysages de la Wal-       les lits consacrés de ces ruisseaux capri-\nlonie et des Flandres.                            cants. Personne ne fait école, ou si ce\n                                                  malheur involontairement arrive, quelque\n   Mais, hors de là, notre langue est le fran-    cataclysme de susceptibilité dénoue preste-\nçais. Dans les limites où la langue admet         ment le faisceau des imitateurs.\nl'originalité du style, il y a place, chez nous      La thèse de l'Art moderne aboutit logi-\ncomme en France, pour toutes les origina-         quement à prêcher le « salutaire éloigne-\nlités individuelles.                              ment des grammaires »,\n   Mais il ne saurait être question d'une            C'est l'originalité dans le pataquès.\noriginalité collective, d'un idiome belge, si        On s'en doutait un peu ; mais il est tou-\nce n'est pour notre malheur.                      jours agréable de voir le coupable entrer,\n   L'Art moderne prétend précisément le           comme on dit au Palais, dans la voie des\ncontraire :                                       aveux.\n   L'instinct de la conservation donnait aux         L'originalité belge ne se peut trouver\ngrandes nations une cohésion qui jusqu'ici        que dans le sentiment. Notre manière de\nn'avait pas encore perdu toute raison d'être.\nMais la cohésion impose des sacrifices. Elle      sentir diffère évidemment de la manière de\nnoie les nuances individuelles dans une           sentir de la plupart des Français.\ncouleur moyenne et générale, elle disci-             Que cela nous suffise! N'allons pas, sous\npline, elle enrégimente — on est Français,\nAllemand ou Anglais avant d'être soi-même,        un sot prétexte d'originalité, écorcher la\npresque — et ce faisant, on ne peut guère         langue française et écrire nos livres en\nsortir des règles, des syntaxes, des acadé-       patois. A ce jeu-là nous pourrions fonder la\nmies, de la tenue qu'une collectivité adopte      littérature des Marolles, mais les Français\npour se concentrer-, quelques institutions-\narbitres résument tant bien que mal l'idéal       ne verraient en nous, avec raison, que de\ncommun ; et l'instinct d'unité de la famille      grotesques provinciaux.\nnationale, pour quelque obscure raison\ncachée dans les cauchemars du passé ou les\ncraintes de l'avenir, domine celui des reven-\ndications isolées. Un Malherbe, un Boileau          De M. L. Baragnon, dans la Revue\ntyrannisent des générations et il faut être       blanche, ces justes paroles « pour l'inté-\npresque des géants pour leur résister.\n                                                  grité du parler de France » :\n   La multiplicité de nos origines fait au\ncontraire que nous, « gens de frontières »,          Et maintenant c'est la nuit, la nuit opaque\nnous avons la sourde crainte de nous frag-        où sous des lueurs clignotantes de lune\nmenter à l'excès si nous essayions de             norvégienne, à l'éclat soufré des aurores\nréduire en une norme, en une forme quel-          boréales, rampent et se cherchent vainement\nque peu définitive les tendances si diverses      les tronçons de ce bel être jadis organisé\nqui nous mènent. Comment unir, sans les           qui fut le parler français. Ce n'est rien de\ncharcuter, ces codes d'art contradictoires        nous imposer des conceptions venues du\nen leur belle et nécessaire variété? La seule     Nord. Toute conception, dans ce qu'elle\nunité qui nous renferme c'est cette pru-          contient d'être, est commune à tous bons\ndence taciturne qui nous a tenus DANS UN          esprits; mais tant que la pensée humaine\nSALUTAIRE ÉLOIGNEMENT DES GRAMMAIRES, des         aura besoin d'une langue pour s'exprimer,\nconventions, des manuels, qui eussent dû          cette langue sera en droit d'évoluer suivant\ntailler dans toutes et chacune de nos parti-      son propre génie. Voilà le seul privilège\ncularités pour en faire un tout possible. La      que nous réclamons ; voilà l'indispensable\nconservation de l'individu — ou du moins          franchise qui, aujourd'hui, plus encore\nd'un petit groupe d'individus — l'a emporté       qu'au début du siècle, nous est déniée.\nsur l'instinct de cohésion ou de concentra-       Car on ne se contente plus des vocables\ntion du pays.                                     tératologiques dont, après tout, le diction-\n   En art nous sommes furieusement anar-          naire finissait par livrer le sens. La cons-\nchistes ; quand nous nous servons correcte-       truction même de la phrase, cette construc-\nment — cela nous arrive — de cette langue         tion nécessaire comme la logique, est\nfrançaise que nous aimons, on reconnaît           attaquée Tout ce que nous comprenons\ntoujours cette maudite psychologie subver-        de M. Mallarmé, causeur si limpide, c'est\nsive du Belge, qui forge des mots, qui les        qu'il doit penser ses écrits en anglais. On\nemploie à sa guise, qui fait serpenter sa         voit bien de lui un vers sublime, mais on\nprose à travers toutes les prairies ou tous       le restitue aussitôt à Ronsard. Plus clair,\nles chemins, sans demander s'ils sont bien        M. Stuart Merrill ne prend pas un meilleur\n"}, {"page_pdf": 427, "texte": "                                                — 384 —\n\nsoin de dissimuler ses origines yankees; et\nsans doute, il aurait tort; mais que ne\nrime-t-il en son idiome! M. Gustave Kahn\neût, à coup sûr, honoré les lettres alle-                 Notre ami M. Ernest Closson, qui pen-\nmandes. Mnintes conceptions de Thadée                  dant trois années a honoré la Jeune Bel­\nNatanson gagneraient à s'exprimer en nor-              gique de ses excellentes chroniques musi-\nvégien. Et, pour illustrer d'un dernier et\nsaisissant exemple les méfaits de l'esthé-             cales et de qui tous nos lecteurs ont pu\ntique contemporaine, que peut-on de plus               apprécier la compétence et le talent, vient\nfort que montrer sur quels écueils elle a              d'être nommé conservateur adjoint du\nguidé la nef du pur poète Henri de Régnier?            Musée du Conservatoire. Cette charge lui\nL'homme qui a écrit de l'aimée ce vers si\nbeau :                                                 donne un surcroît de labeur qui lui rend\n                                                       désormais impossible une collaboration\nC'est l'absence aujourd'hui qui l'a faite éternelle.   régulière à notre revue. La chronique musi-\n   Combien eût-il gagné à ne fréquenter                cale sera rédigée dorénavant par M. Nelson\nque Racine et Chénier! Mais dévoyé par                 Le Kimue, du Guide musical, bien connu\nune pernicieuse institution poétique, dé-\n daigneux de netteté, esprit confus, et qui            des artistes et du public dilettante par les\nse plaît aux flexueuses périodes inver-                remarquables articles qu'il a publiés dans\ntébrées de la poésie allemande, le voilà               cette excellente revue.\ncondamné, suivant une fière remarque, à                   M. Ernest Closson ne nous quitte pas\nparaître d'autant plus germain que plus il\nchantera Aréthuse!                                     tout à fait; il reste collaborateur de la\n   L'auteur conclut ainsi :                            Jeune Belgique, qui profite de la présente\n   « Le parler français reviendra puiser aux           occasion pour lui témoigner publiquement\nsources de la tradition nationale; il conti-           sa cordiale sympathie et sa reconnaissance.\nnuera à s'enrichir de mots nouveaux formés,\nselon les règles de l'analogie ou de la déri-\nvation, par l'instinct populaire; il n'accueil-\nlera plus un vocable, encore moins une tour-\nnure exotique; s'il est dans les littératures\ndu dehors tel détail dont il lui soit avanta-             Dans la Revue des Denx-Mondes du\ngeux de s'orner, c'est en le digérant, si l'on\nose dire,c'est en se rassimilant qu'il se le ren-       1er octobre, M. Brunetière traite la question\ndra profitable, non plus en dénaturant, pour           du Cosmopolitisme littéraire et de la littéra-\ny insérer ce bloc de taille étrangère, la pure,        ture nationale, et il se prononce en faveur\nl'harmonieuse, la naturelle structure de sa            du cosmopolitisme.\nphrase... »\n                                                          D'abord, M. Brunetière a mal posé la\n                                                       question. Il ne fait point la distinction\n                                                       essentielle entre les deux manières dont ce\n                                                       cosmopolitisme peut se présenter : 1° pren-\n  Dans son numéro d'octobre, le Journal                dre connaissance des meilleures œuvres\ndes Gens de Lettres reproduit, fondus en               étrangères et en tirer profit; dans ce cas\nun seul, deux articles de notre directeur et           l'élément étranger est absorbé par la litté-\nles fait suivre des aimables lignes que voici,         rature nationale, il y a absorption, assimila-\n— signées : D r Emile Valentin :                       tion, nutrition ; 2° subir l'influence étran-\n                                                       gère et les altérations qu'elle apporte au\n   Nous signalons à l'attention de nos lec-\nteurs la remarquable étude publiée en tête             goûtnational; dans ce cas il y a intoxication,\nde notre numéro de ce jour. Ils nous sau-              troubles organiques, désagrégation de l'élé-\nront gré de leur montrer ainsi comment la              ment national. L'affaire est de savoir si l'on\nJeune Belgique, dont nous nous sommes                  fera une conquête ou si l'on sera conquis.\nfait, il y a quinze ans, le héraut-précurseur,\na tenu ses promesses, et répond aujourd'hui              Mille symptômes démontrent qu'à l'heure\nà nos espérances de la première heure. L'ar-           présente la littérature française subit une\nticle d'Iwan Gilkin a paru, en effet, dans les         invasion de l'esprit étranger et que l'esprit\nnuméros de juin et de juillet de LA VAIL-\nLANTE REVUE AUJOURD'HUI SI JALOUSÉE POUR               national recule devant elle.\nLE RÔLE UNIQUE ET GLORIEUX QUI FUT ET                    Tel est le point de vue pratique auquel\nRESTERA LE SIEN.                                       M. Brunetière aurait dû se placer. Il a pré-\n"}, {"page_pdf": 428, "texte": "                                         — 385 —\n\n féré faire une dissertation académique et         périsse. C'est un argument grave contre le\n démontrer que le cosmopolitisme est une           cosmopolitisme imprudent.\n belle chose tandis que l'exclusivisme natio-          Enfin, M. Brunetière affirme qu'à l'heure\n nal est mesquin, — ce qui, entendu en prin-       présente les littératures du Nord sont objec-\n cipe, n'est douteux pour personne.                tives et que leur influence fera salutairement\n   Cette dissertation renferme d'ailleurs          rentrer dans ses voies traditionnelles la\n maint argument surprenant.                        littérature française, qui devrait être objec-\n   M. Brunetière, interprétant à sa façon la       tive et que le malheur des temps et l'oura-\n«doctrine évolutive », estime que les carac-       gan romantique ont précipitée dans un\ntères distinctifs des races européennes            regrettable subjectivisme.\ntendent à s'effacer. Il s'établit de jour en          Cela fait rêver.\njour davantage une manière de penser com-             Où donc M. Brunetière a-t-il pris que les\nmune et une manière de vivre identique,           littératures du nord sont objectives? Il cite\ndit M. Brunetière; et il en conclut qu'il « en    quelques noms : Tolstoï, Ibsen, George\nrésulte une manière analogue de sentir qui,       Elliot... Mais il passe prudemment sous\nde génération en génération, efface en cha-       silence Frédéric Nietzsche, Dostoïewsky,\ncun de nous l'empreinte héréditaire ou pre-       Swinburne, Walt Whitman et bien d'autres.\nmière de la race ».                                   Puis, est-il si complètement objectif,\n     C'est un raisonnement mirifique, mais        Tolstoï ? Est-il aussi impersonnel que\n  son auteur serait bien embarrassé de mon-       M. Brunetière le pense? N'a-t-il donc pas,\n  trer comment la conclusion sort des pré-        lui aussi, écrit des mémoires et mis sa per-\n  misses. Ce raisonnement suppose que            sonne en scène dans ses romans? N'a-t-il\n  toujours et partout une modification dans      pas écrit son premier ouvrage religieux\n  la manière de penser produit une modifi-       sous une forme personnelle, dont témoigne\n  cation analogue dans la manière de sentir,     le titre : Ma Religion? Et Ibsen, ne s'est-il\n  ce qui n'est aucunement démontré. Puis,        pas souvent mis en scène, ne s'est-il pas\n  y a-t-il modification dans la manière de       consacré tout un drame : Solness le Cons­\n  penser, ou bien y a-t-il simplement, entre     tructeur? Qu'a donc fait de plus lord\n les peuples européens, échange d'un cer-        Byron ?\n tain nombre de pensées, acquisitions de             L'objectivité des littératures du Nord nous\n pensées nouvelles sans que, pour cela, chez     paraît assez peu solide.\n aucun peuple, la faculté de penser subisse          Et l'article de M. Brunetière ne nous\n une modification? Il se forme un stock          semble pas très probant.\n croissant d'idées communes, mais la même\n idée signifie-t-elle la même chose pour tous\n ces peuples? On a dit cent fois que le Fran-\n çais n'entend pas le mot liberté dans le\n même sens que l'Anglais. L'idée de l'amour       EXPOSITION DU SILLON. — Notre ami\n n'est pas le même non plus pour un Français G. M. S., exposant lui-même au Sillon, a\net pour un Espagnol. C'est une question dû se récuser et nous priver de sa chroni-\nde savoir si le socialisme est entendu de la que. Pour le remplacer, nous nous sommes\nmême manière en Angleterre et en Alle- adressés à un infâme intérimaire, plus pa-\nmagne et si les divergences actuelles iront resseux qu'un angora. Sa copie ne nous est\nen diminuant ou en croissant. Voilà pour pas encore parvenue. Force nous est donc\nles idées.                                    d'emprunter au Journal de Bruxelles l'arti-\n    Quant à la modification de l'âme des      cle  de M. Verlant. Le voici :\nraces, elle semble aisée à M. Brunetière.        Un examen plus attentif du salonnet\nLe savant docteur Gustave Lebon estime organisé par les jeunes artistes du « Sillon »\nau contraire que l'âme ou l'esprit d'une confirme pleinement l'impression favorable\n                                              que nous en avions rapportée le jour de\nrace ne peut disparaître sans que cette race l'ouverture. Il y a deux ans, la plupart\n"}, {"page_pdf": 429, "texte": "                                            — 386 —\n\ndébutaient assez timidement, et voici déjà           encore dans l'exposition abondante et variée\nque plusieurs d'entre eux sont en train de           de M. Gustave Stevens d'autres gracieuses\nse créer une signature, sans avoir visé à            compositions, notamment de charmants\nune notoriété précoce par une recherche              portraits de fillettes, traités habilement en\nd'artificielle originalité. S'il était vrai qu'une   douces harmonies blondes, le Mûrier, d'un\ngénération nouvelle se levât dont le premier         beau mouvement, et des études impression-\nsouci ne fût pas de conquérir l'attention            nantes de charpentes colossales et fantasti-\npublique en la frappant d'étonnement, per-           ques où vibre l'âme sonore des cloches.\nsonne, pas même elle, ne pourrait le re-                M. René Janssens expose, entre autres\ngretter.                                             morceaux, un portrait du sculpteur Wey-\n    Le « Sillon » s'honore de la participation       gers, très remarquable par sa tenue sévère\nd'un artiste admirable, Burne Jones, l'un            son style sobre et expressif; l'Etude, qui\ndes plus nobles et des plus complets du              semble un portrait de femme lisant, et un\nsiècle, et qui précisément se trouve avoir           second portrait d'homme, qui participent,\nexprimé un rêve de poésie et de beauté               à un moindre degré, de ces mêmes qualités.\nnouveau dans l'art, proprement anglais et            M. Janssens est un coloriste discret, qui\nproprement moderne, bien qu'il se soit mis           affectionne les tons neutres et réussit mieux\nde propos délibéré, comme tout le groupe             les intérieurs que le paysage, où l'air lui\npréraphaélite, 'à l'école des maîtres du             manque avec la sensation du recul des\nXVesiècle italien. C'est que l'étude du passé        plans.\nchez lui s'est éclairée de l'étude de la na-            Quand M. Fernand Toussaint cherche\nture, s'est échauffée à la flamme d'une              l'éclat de la couleur, il lui arrive de tomber\némotion vivante, et qu'ainsi il n'a pu s'im-         dans les effets criards et lourds. Mais il a\n mobiliser dans l'archaïsme, le pastiche ou          un portrait de femme dans une gamme atté-\nune convention académique, comme le lui              nuée, où les accessoires n'empiètent pas sur\nreproche parfois un préjugé né d'un examen           l'intérêt de la figure.\nsuperficiel. Chez Burne Jones on constate               Avec son Automne, déjà vu, où une vieille\nl'équilibre si rare entre la réalité créée et        dame, la tête renversée en arrière, recueillie,\n l'idée qui la recrée, entre la matière inerte       contemple le deuil d'un paysage nocturne,\nou indifférente et l'esprit qui la pénètre et        M. Gouweloos expose des pastels assez fins,\nl'anime. Naturellement ses compositions              mais dont l'un, tout au moins, n'est pas\n seules peuvent mettre ce point en pleine            irréprochablement construit.\n lumière, et les visiteurs du « Sillon » n'ont           Les dessins de M. Cuvelier, tout au con-\nsous les yeux que des dessins préparatoires,         traire, Orchidéa, Pour les anges, sont d'un\n dont ils admirent plus la délicatesse ache-         style très pur et d'un caractère profond dans\n vée et la grâce des lignes que la valeur dra-       leur simplicité. De tous les artistes du\n matique et la beauté spirituelle.                   « Sillon », M. Cuvelier est peut-être celui\n   Pourtant, celle de l'Etude au crayon              qui depuis ses débuts, peu lointains, a fait\nrouge, une tête de jeune femme aux yeux              les progrès les plus marquants.\nclos concentrée dans la contemplation,                   Autres dessinateurs : M. De Vleeschou-\ndirait-on, d'une destinée grave et doulou-           wer, avec un portrait précis et d'agréables\nreuse, n'impressionne pas seulement par              petits paysages brouillés ; M. Henri Meu-\nla perfection du dessin et du modelé. Et des          nier, qui rehausse de colorations infiniment\nautres, comme de tout l'œuvre de Burne               délicates des visions de clair de lune, de\nJones, peut se dégager tout au moins cet              vapeurs fluides, de lumière soyeuse où se\nenseignement pratique que l'art pictural,            noyent des horizons rêveurs; M. Bartho-\nidéaliste et symboliste, pour s'exalter au           lomé dont les dessins bretons sont fermes\ndelà de la nature, n'a pas besoin de la              et experts, mais qui a dans ses tableaux des\ndéformer et de la tronquer.                          colorations dures , par exemple dans sa\n   Comme nous l'avons dit, M. Gustave                Grand'Place de Furnes, dont l'atmosphère\nStevens, à qui le « Sillon » est redevable,          manque de justesse.\npensons-nous, de la coopération de Burne                 En ses amples paysages gris, M. Ver-\nJones, s'est rangé à la suite du peintre             dussen exprime bien l'âme dolente des ciels,\nanglais, au moins dans son tableau prin-             des marais et des sables campinois. Dans\ncipal, le Roi Harald Harfagar, dont le               cette série vient s'interposer un tableau\nsujet, emprunté à un nocturne d'Henri                différent, Le Parc, où la végétation mouillée\nHeine, rappelle les Profondeurs de la mer,            et rouillée d'un automne pluvieux est ren-\nqu'on vit à Anvers l'an passé. Il a particu-         due avec finesse,\nlièrement bien réussi la figure de l'ondine              Autrement montée de ton est la gamme\nenchanteresse qui retient captif dans les            de M. Blieck, assez analogue à celle de\ndélices d'un Vénusberg sous-marin le vieux            M. Gilsoul et pareillement exposée à se\nguerrier aspirant à l'héroïsme comme Tann-            sombrer outre mesure. Les cantons de la\nhäuser aspirait à la douleur. On trouve               Flandre maritime, avec leurs rangées de\n"}, {"page_pdf": 430, "texte": "                                         — 387 —\n\n  grands arbres sveltes, ont fourni à M. Blieck aujourd'hui et où s'efface tout principe\n  des motifs qu'il interprète très décorative- commun, toute pensée directrice, on a\n  ment.                                           vu surgir une école qui nie toute règle\n     M. Blieck s'est également attaqué au por-\n  trait, et l'on ne peut dire qu'il y ait réussi esthétique et qui croit naïvement que les\n  du premier coup, non plus que M. Bernier, lois profondes de l'art ne sont que des édits\n  qui se spécialise d'ordinaire dans le paysage arbitrairement promulgués par des per-\n  étoffé d'animaux, à la manière de Verwée, sonnes grincheuses et autoritaires. Incon-\n dont il rappelle le coloris gras, chaud et\n plein. Plusieurs de ses tableaux sont très nue, mal connue ou méconnue, la loi n'en\n réussis, bien que çà et là la préoccupation existe pas moins, et l'esprit humain peut en\n de faire clair ait quelque peu faussé les acquérir, en multipliant les expériences, la\n valeurs.                                         connaissance de plus en plus exacte.\n    Il y a de jolis coins dans la nombreuse\n série de paysages wallons de M. Delgouffre          En dehors de cette connaissance, la cri-\n et certaines impressions de nuit qui rap- tique, qui est l'art de juger les ouvrages de\n pellent vaguement les larges évocations l'esprit et, par conséquent, d'appliquer à un\n monochromes de M. Pointelin. Le grand cas porticulier une règle générale, ne sau-\n paysage alpestre aux sommets roses de\n M. Delaperche fait de l'effet. Mentionnons rait exister. M. Gilkin n'a donc eu besoin\n encore les banlieues frileuses de M. De- que d'insister sur la définition même de la\n nayer, et, dans l'une, un portrait bien critique pour faire ressortir qu'elle com-\n buriné, comme le dessin, A me céleste, qui prend nécessairement un élément objectif\n l'avoisine. .\n                                                  et intellectuel. C'est une vérité qui avait le\n    La couleur chante ses plus stridentes fan-\n fares dans les natures mortes massives et droit de passer pour claire avant que le\nrougeoyantes de M. Mathieu, et certes ce pyrrhonisme eût tout envahi et, non content\nn'est pas seulement leur voisinage qui affine d'attaquer les abus du raisonnement, eût\nses paysages Harmonie grise et Effet de démoli jusqu'à la raison même, ne laissant\nneige. M. Mathieu est un vrai peintre, très\nsavoureux.                                        debout que la sensibilité et l'instinct.\n    M. Coulon, élève de Rops, banalise un            En dehors de cette doctrine, la critique\npeu les sujets préférés de son maître, dont\nle dessin triomphant ne se retrouve guère        se  réduit, en effet, à la manifestation d'une\ndans ces esquisses et ses croquis générale- sympathie ou d'une antipathie, et cela peut\nment lâchés. Le Chahut y règne encore avoir, sans doute, une valeur artistique,\nplus que Dahut, la magicienne, fille du roi mais il est intolérable que le cri d'une sen-\nd'Ys, reine de la Terre et de la Mer, à sibilité prétende s'imposer à autrui comme\nlaquelle il consacre une sorte de vitrail\ndouble.                                          le jugement de la raison.\n    La sculpture est représentée au « Sillon »,     Outre la connaissance réfléchie des lois\nsans beaucoup d'éclat, par des médaillons générales de l'art et des lois particulières\nde M. Weygers et d'élégantes statuettes de\nM. Crick; l'architecture domestique par des de l'art qu'il considère, outre la connais-\ncroquis de ferronneries et un meuble de sance historique des faits et des oeuvres, le\nhall, dessinés avec un goût rationnel, par critique doit posséder une émotivité spé-\nM. Hankar.                                       ciale, une souplesse protéenne, une plasticité\n                                    E. V.        intellectuelle que Taine appelait l'imagina-\n                                                 tion sympathique, et qui est comme la con-\n                                                 tre-partie passive de la puissance créatrice.\n                                                 A ce propos, M. Gilkin s'est trouvé amené\n   Au « SILLON ». — Conférence de M. Gil­ à faire en passant le procès de M. Nordau et\nkin. — La première conférence organisée de son livre Dégénérescence, où l'insuffi-\npar le Sillon a eu lieu le samedi 12 octobre. sance de ce tact nécessaire éclate manifeste-\nElle avait attiré dans la grande salle de ment et gâte les vues justes que l'auteur\nl'exposition un public très nombreux, qui doit à sa science pathologique.\na suivi avec une attention soutenue le déve-   Objective ou subjective, c'est-à-dire\nloppement des idées de notre collaborateur bonne ou mauvaise, on doit encore distin-\nM. Iwan Gilkin sur la « critique ».          guer la critique en critique d'observation,\n  Dans la confusion babélique qui règne qui ne tend qu'à la constatation de la vérité,\n"}, {"page_pdf": 431, "texte": "                                           — 388 —\n\n  et critique de combat, qui se préoccupe Mirbeau et celui de Max Nordau. Voici la\n  d'un but particulier à atteindre. Parlant des péroraison de cette conférence :\n  critiques de combat, M. Gilkin, après avoir      « Il s'est trouvé, dans l'histoire de l'hu-\n cité Ruskin, a esquissé un portrait, mal- manité, une race qui grâce aux destins bien-\n heureusement écourté, de M. Brunetière. veillants, a pu adorer la pure Beauté.\n Mais nous ne pouvons suivre cette confé- Qu'importe que le laid soit beau, le beau\n rence dans tous ses épisodes, et nous est encore plus beau, a dit Taine. C'est vers\n devons nous contenter d'en avoir indiqué le peuple qui a pu appliquer cette maxime\n sommairement l'allure et la thèse princi- que nous devons nous tourner. C'est en\n pale. Tous ceux qui savent quel esprit l'aimant et en le comprenant que nous\n ferme et lucide est M. Gilkin, quelle est retrouverons les traditions oubliées.\n l'abondance de son observation et la              Il ne demande pas de copier la Vénus de\n richesse organisée de sa pensée clair- Milo, la Victoire de Samothrace, ou les\nvoyante, quelle est sa faculté d'énonciation Odes pindariques — ce qui ne serait déjà\n nette et juste, comprendront l'intérêt qui pas si mal — mais de puiser dans l'étude et\n s'est attaché à sa conférence. Elle a été la contemplation de ces oeuvres sacrées le\n saluée d'unanimes applaudissements,             désir de l'idéal.\n                                    E. V.          Au moment où l'on ne cherche à don-\n                                                ner à la jeunesse qu'une éducation posi-\n           (Extrait du Journal de Bruxelles.)\n                                                tive et utilitaire, il est du devoir de ceux\n                                                qui ont conservé le culte de l'Harmonie\n                                                d'élever la voix. Peut-être l'appel que la\n                                                Jeune Belgique lance aujourd'hui restera\n    L'invasion des Barbares dans la littérature sans écho. Nul pèlerin pieux n'ira plus,\n française, tel est le sujet de la conférence comme on le vit pendant quatre siècles,\nfaite au Sillon, le 19 octobre, par M. Valère écouter, sur les marches du Parthénon, les\n Gille.                                         chants divins de l'Apollon Cytharède. L'hor-\n    Après avoir indiqué à quels excès de raf- rible triomphe, et les sorcières de Macbeth\nfinements en était arrivée la littérature dite brassent de plus belle leurs philtres im-\ndécadente, le conférencier nous montre          mondes dans la bruyère de Dunsinane.\ncomme réaction et comme conséquence,               Mais nous, amoureux de la beauté, de\nl'apparition d'oeuvres primitives, sauvages l'équilibre et de la clarté, nous irons, avec\net grossières. Etablissant un parallèle entre Renan, dire notre prière au sommet de\nles productions de la basse latinité et cer- l'Acropole. Nous évoquerons ces temps\ntaines d'aujourd'hui, il retrouve les mêmes bienheureux où les jeunes gens de Platon,\nsignes de la plus complète décrépitude : vigoureux et beaux, s'entretenaient mélo-\nPour ce qui regarde la forme, d'abord une dieusement d'art et de philosophie sous le\nlangue incorrecte et brutale, ensuite la des- double portique du Lycée, où les abeilles\ntruction, dans la poésie, de la métrique. de leur maître bourdonnaient dans le bois\nPour le fond, chez les uns, l'oubli de l'art sacré, où les athlètes, dans les palestres,\nen faveur de la propagande, c'est-à-dire de exerçaient leur souplesse et leur force.\nla beauté en faveur de l'utilité; chez d'au-\ntres, la perte même des facultés d'écrire et Nous apprendrons par eux à aimer la santé et la vie,\nle retour aux légendes naïves et aux chan-         Nous reverrons Sophole à seize ans, choisi\nsons de l'enfance ; puis, le manque absolu pour sa beauté, danser le pœan sur la plage\nde composition; et enfin, ce besoin qu'ont de Salamine, et les bergers de Théocrite,\nles cerveaux incultes de tout allégoriser et sur les collines embaumées de la Sicile,\nde tout symboliser.                             reprendront pour nous leurs chants alter-\n   Comme exemple il cite MM. Verhaeren, nés. »\nMax Elskamp, Gérardy, Maeterlinck, pour            Un public d'élite assistait à cette très\nlequel il cite, sans se prononcer, l'avis de intéressante conférence. Il a fait au sympa-\n"}, {"page_pdf": 432, "texte": "                                          — 389 —\n\nthique conferencier un accueil chaleureux,         britannique    s'occupe de nos débats litté-\nqui s'est traduit par des applaudissements         raires.\nprolongés.                                             « Dans une correspondance précédente,\n                                                    dit-il, j'ai parlé des luttes littéraires qui se\n                                                    sont engagées, en Belgique, entre les jeunes\n                                                    écrivains ; j'y reviens aujourd'hui afin de\n   A propos de l'incident Eekhoud, M. Al-           mieux préciser ce débat auquel la France\nbert Giraud a reçu, de la part de ses amis          est intéressée, puisqu'il s'agit de sa langue\n                                                    et de sa poésie.\net des amis de notre revue, des témoignages\n                                                       MM. Giraud et Gilkin n'ont cessé de com-\nde sympathie trop nombreux pour qu'il               battre le vers libre, ou du moins ce qu'on\npuisse y répondre personnellement. Il prie          appelle aujourd'hui ainsi, et qui n'est que\nceux qui lui ont écrit de recevoir ici l'expres-    de la prose, souvent détestable, plus ou\nsion de sa profonde gratitude.                      moins alignée. Il y a quelques semaines,\n                                                    M. Gilkin a longuement justifié, dans le\n                                                   Journal de Bruxelles, les raisons fonda-\n                                                    mentales, les principes absolus qui lui font\n                                                   défendre le vers correct, c'est-à-dire sou-\n    La réouverture de la Maison d'Art de            mis à ces deux lois constitutives : la rime et\n                                                   le nombre. »\n la Toison d'or, dans laquelle on achève en            Il dit excellemment :\nce moment d'importants travaux d'agrandis-             « La versification, dans chaque langue,\nsement, aura lieu vers le milieu de no-            repose sur des lois naturelles, parfaitement\nvembre. La première exposition sera exclu-         objectives. Les législateurs du Parnasse\nsivement consacrée aux œuvres d'Alfred              n'inventent pas ces lois au hasard ; ils les\n                                                   découvrent, comme les physiciens et les\nStevens. L'éminent artiste réunira, pour la        chimistes découvrent les lois de la phy-\npremière fois en Belgique, un ensemble de          sique et de la chimie. »\nses œuvres anciennes et récentes en un                 Puis encore, à propos de la rime et du\nSalon de choix destiné à faire sensation.          nombre homosyllabique :\n    La section des arts appliqués s'ouvrira, à        « Cela, c'est la loi inviolable. Ce double\n                                                   principe, c'est la versification française elle-\nla même époque, par une exposition des             même; y porter atteinte et chercher à fon-\nœuvres de MM. Daum frères, les verriers            der la versification française sur autre\nde Nancy qui ont remporté un si vif succès         chose, c'est vouloir substituera celle-ci une\n                                                   versification étrangère. »\nau dernier Salon de la Libre Esthétique, et\n                                                       Tout cela est exact, et marqué au coin de\ndes céramiques à reflets métalliques de            ce parfait bon sens dont on a pris l'habitude\nM. Clément Massier, du Golfe Juan, qui             de rire comme d'une chose très bourgeoise,\ndébutera à Bruxelles par cette exhibition.         et sans lequel il est cependant impossible\n                                                   de vivre. Et c'est pourquoi, ainsi que je l'ai\n   Une exposition de certaines œuvres de           dit déjà, dans la lutte entreprise entre les\nJean Portaels ainsi que de celles des élèves       partisans du vers libre et du vers classique,\nde l'ancien atelier Portaels, organisée en         ce n'est pas au Coq rouge, la revue des\nvue d'honorer la mémoire du maître, succé-         novateurs, que la victoire restera, mais à la\n                                                   Jeune Belgique. Seulement, en attendant,\ndera à ces expositions particulières. Le           beaucoup de talent se perd, et l'art littéraire\nconcours de tous les anciens élèves de Por-        recule de plus en plus vers une sorte de\ntaels est dès à présent assuré, ce qui pro-        barbarie. Il est évident que les obscurités,\nmet une exposition 'd'un puissant intérêt.         les étrangetés de plusieurs poètes comme\n                                                   MM. Verhaeren et Maeterlinck, quelles que\nUn comité vient d'être constitué pour choi-        soient trop souvent les puérilités du second\nsir les œuvres et s'occuper de leur pla-           et les insoutenables écarts du premier,\ncement à la Maison d'Art Ce comité est             trouvent un appui indulgent dans certains\n                                                   penchants de l'âme belge. L'homme de\ncomposé de MM. A. Hennebicq, président,            M. Verhaeren, couché dans un cercueil, au\nLéon Frédéric, Is. Verheyden, A. Meurice           coin d'un bois, et qui tient son œil en sa\net William Picard.           (Communiqué.).        main droite, ne laisse pas d'émouvoir un\n                                                   bon nombre d'imaginations. Mais contre\n                                                   cela il faut lutter, parce que cela, c'est la\n                                                   déraison, et que la déraison ne peut pro-\n                                                   duire que le néant.\n Le correspondant bruxellois de la Revue\n"}, {"page_pdf": 433, "texte": "                                            — 390 —\n\n   Dans une lettre particulière, M. Gilkin a       moderne      qui a pour titre « L'Originalité\nexpliqué de quelle façon il entend rattacher       belge ».\nle mouvement littéraire belge à la tradition\nlatine : « Il faut, dit-il, que nous ayons la        Au prochain numéro, le compte rendu\nforme française. Certes, nous ne serons pas\ntout à fait pareils aux Méridionaux; mais          de la conférence donnée au Sillon par\nest-ce que les Latins furent tout à fait pareils   M. Albert Giraud.\naux Grecs? Ils prirent de l'héritage hellé-\nnique tout ce qu'ils en pouvaient prendre,            Le Soir a publié un excellent article,\nmais ils gardèrent fatalement les qualités         signé Corinne, sur l'anarchie littéraire,\net les défauts caractéristiques de leur race.      Tous nos remerciements à M. du Chastain\nC'est de la même manière que nous devons           ainsi qu'à M. Lucien Solvay, de qui la\nrecueillir l'héritage classique, à travers les     sympathie littéraire nous touche d'autant\ntransformations que lui a déjà imposées la         plus qu'elle a suscité de basses colères et de\nFrance. Et plus la part fatale et inconsciente     baveuses rancunes.\nde notre sentimentalité est grande, plus\nnous devons veiller à l'exprimer dans une\nlangue vraiment française, afin de ne pas             R E V U E DES R E V U E S :\nnous exclure nous-mêmes de la littérature              Correspondant du 25 octobre.— Sommai-\nde la France. »                                     re : E. Lecanuet, La jeunesse de Montalem-\n   Il me paraît visible que M. Gilkin se            bert; A. Kannengieser, Le père de l'antisé­\nrésigne à la sentimentalité de sa race beau-        mitisme autrichien; Ed. Biré, Balzac au\ncoup plus qu'il n'y consent. Je crois bien          théâtre ; C. Piat, Un revenant éternel :\nque, de tous les poètes belges, il est celui        l'Idéalisme.\nqui s'est le mieux rendu maître de cette                Revue britannique d'octobre. — Dans la\nsentimentalité. Lui, malgré un fond obsé-           correspondance de Belgique une étude sur\ndant de tristesse, plus encore que Latin, il        le dernier livre de Fernand Severin.\nest Grec. II aime la clarté splendide, les             La Nouvelle Revue, 15 octobre. — Vict.\npampres verts, les raisins qui mûrissent au         de Bled, L'Académie française ; Léon Dau-\nsoleil et, selon qu'il l'a écrit :                  det, Le voyage de Shakespeare ; Ed. Julia,\n                                                    Essai sur l'art japonais\n     Les dieux qui dansent dans la brise.              La Revue blanche, 15 octobre. — Léon\n   Il faut donc que la forme littéraire soit        Tolstoï, Préface à Drojjine; Paul Adam,\nfrançaise. et d'autant plus scrupuleuse-            Critique des mœurs ; Gustave Kahn, Bru­\nment, que la tendance au vague des idées            ges clair.\net au mystère est plus grande. Oui, cela est           La Revue générale. — Un chapitre de\njuste. Mais quand on a dit cela, il convient        Ruskin, traduit par O.-G. Gesirée; Arm.\nd'ajouter que l'âme et le sentiment doivent         Thiery, Ern. Hello.\nrester belges, sous peine, pour la Belgique,           La Revue de Paris, 15 octobre.— Gréàrd,\nde n'être jamais qu'une province littéraire         Meissonier d'après ses entretiens; Gast.\nde la France. Or, cela ne peut pas être. La         Paris, Sully Prudhomme; Henri Potez, Le\nBelgique, qui possède l'une des plus splen-        jardin de l'Angleterre.\ndides écoles de peinture qui soient, et dont           La Plume consacre son dernier numéro\nles moeurs, les habitudes, les aspects de           à l'affiche internationale illustrée. Nous y\npaysages et de villes sont spéciaux, a en           trouvons, entre autres, les œuvres de nos\nelle assez de force jeune et originale pour         compatriotes Léon Dardenne, Henri Otte-\nédifier une littérature nationale. Ni De Cos-       vaere, E. Duyck, A. Crespin, A. Rassen-\nter, ni MM. Lemonnier, Eekhoud, Roden-              fosse, C. Montald, etc.\nbach, Maeterlinck, ne sont des écrivains               Durandal, octobre. — Pol Demade, Cou­\nfrançais. La langue est un outil; à celui qui       cher de soleil sur la mer; Ed. Bernaert,\nle forge de lui donner une forme aussitôt           Le cheval, etc.\nreconnaissable, et cela se peut sans recourir          A lire : Pages d'art et de science, le Jour­\nà des innovations hasardées, à des boule-           nal des Gens de lettres, la Fédération ar­\nversements catholiques. L'important est de          tistique et l'Art moderne pour les lecteurs\ngarder à la race toute son âme; le reste            qui ont le spleen.\nvient par surcroît.\n   Nos sincères remerciements au corres-\npondant de la Revue britannique. Quant à\nla question de « la Belgique, province litté-\nraire de la France », nous avons exprimé\nnotre pensée sur ce point dans le présent\nmemento, en critiquant l'article de l ' A r t\n"}, {"page_pdf": 434, "texte": "               Paul LACOMBLEZ\n      ÉDITEUR          D E LA J E U N E               BELGIQUE\n                     3 1, rue des Paroissiens, 31\n                              BRUXELLES\n\n\n                VIENNENT DE PARAITRE\n                        Fernand S E V E R I N\n\n      UN CHANT DANS L'OMBRE\n                                   POÉSIES\n                   Un volume in-32 raisin. Prix : 3 francs.\nIl a été tiré : 5 exemplaires sur papier du Japon des manufactures impé-\n                      riales, à                               fr. 12 »\n                15 exemplaires sur papier de Hollande Van Gelder.   6 »\n\n\n                         Edmond PICARD\n\n         VIE                SIMPLE\n    Nouvelle édition. Un volume petit in-12       .     .   .   . fr.   2 »\n\n\n                          Paul    ARDEN\n\n       PAR LES CHEMINS\n             Un volume petit in-12    .   .   .   . fr.     2 50\n\n\n                    A. GALLOY & J. MOLLOY\n\n   AU PAYS D E B E A U M O N T\n                             POÉSIES\n             Un volume in-18 jésus . .        .   . fr.     2 50\n\n\n                          Hubert KRAINS\n\n   HISTOIRES LUNATIQUES\n             Un volume in-18 jésus     . . . .        fr.   3 »\n\n\n                          Jules D E S T R É E\n\n     UNE CAMPAGNE AU PAYS NOIR\n"}, {"page_pdf": 435, "texte": "         Paul LACOMBLEZ, éditeur\n               3i, RUE DES PAROISSIENS, BRUXELLES\n\nArden (P.). Par les chemins . . . fr. 2 50         Itiberê da Cunha (J.). Préludes . . fr. 3 »\nBaudoux (F.). Rythmes vieux, gris et               Jenart (Aug.). Le Barbare                    2 »\n  roses                                 2 »        Jeune Belgique (Le Parnasse de la). . 7 50\nBrabant (V.). Notes de voyage . . .     1 «        Journal d'une ignorante: Sur les Golfes 1 50\nBloy(Léon). Le Pal (4 num.), très rare. 4 »        Justus Severus Africus                       1 »\n   Les 3 premiers numéros ensemble 1 »             Kahn (Gustave). Chansons d'amant. . 3 50\nBoschot (A). Faunesses et bacchantes. 1 50               —         Les Palais nomades           3 50\n              Mutin d'automne . . .     1 50       Krains (H.). Histoires lunatiques . . 3 »\n     —        Rêves blancs . . . . 4 »             Lacomblez (Paul). Jeunes filles . . .        2 »\nBosiers (E.). Harald-Roi                2 »              —         Loth et ses filles . . .     2 »\nCarnet de chasse illustré                 15   »   Landoy (Eug.). Evocations                    3 50\nCasier (J.). Flammes et flammèches . 1 50                —         Maître Martin . . . . 0 50\nChainaye (H.). L'Ame des choses . . 3 »            Lautréamont (comte de). Les Chants de\nCourouble (L.). Contes et souvenirs. . 3 50           Maldoror                                  3 50\nCudell (Ch ). Printemps sombre. . . 2 »            Lemonnier (C). Paroles pour Georges\nDaCosta(G.) Grammaire en portefeuille 0 50                         Eekhoud              0         50\nDaxhelet (A ) Pages de tendresse vague 3 '50             —         Discours d'inauguration\n     —         Nouvelles de Wallonie . 3 50           du monument Ch. De Coster, avec\nDe Coster (Ch.). La Légende d'Ulen-                   extraits d'« Ulenspiegel » et por-\n          spiegel.                       . 5 »        trait de Ch. De Coster . . . . 0 50\n     —          Légendes flamandes . . 3 50        Maeterlinck (Maurice). Les Aveugles\n                   (Voir Lemonnier.)                               (L'Intruse, Les Aveugles) 3 »\nDelattre (Louis). Contes de mon village 3 50             — La Princesse Maleine. . 3 50\n     —       Les Miroirs de jeunesse . 3 50              —         Serres chaudes . . . .       3 »\nDelville (J.). Les Horizons hantés . . 3 50              —         L'Ornement des noces spi-\nDe Haulleville ( W o n P.). En vacances. 3 50                         rituelles                 4 \"\n      — Portraits et silhouettes, 2 v. 7 »               —         Les Sept Princesses . . 2 »\n     — J.-M.-J. Bodson. L'Apos-                          —         Pelléas et Mélisande       . 3 50\n                talat chez les Civilisés. 4 »                         (Voir Emerson.)\nDemolder (E.) Contes d'Yperdamme . 3 »                   —         Les Disciples à Sais et les\n      —         Impressions d'Art. . . 3 »            fragments de Novalis                      4 »\n      —         James Ensor . . . . 3 »            Mallarmé. Villiers de l'Isle-Adam . . 3 »\nDe Mallessan. Petite Cousine, comédie. 2 »         Maubel (Henry). Miette                       2 50\nDe Régnier (H.). Le Bosquet de Psyché 2 »                —         Etude de jeune fille . . 3 50\nDe Tallenay (J.). L'Invisible . . . .      3 50          —         Quelqu'un d'aujourd'hui . 3 50\nDesombiaux (M.). Vers de l'espoir . . 2 »                —         Une mesure pour rien         1 »\nDestrée (Jules). Journal des Destrée . 1 »         Picard (E.). El Moghreb al Aksa . . 4 »\nDulac (Paul). Vingt-cinq sonnets . . 1 50                —         Scènes de la vie judiciaire 4 »\nDupont (A.). L'Envol des rêves . . .       2 «           —         Vie simple                   2 »\nEekhoud (Georges) Nouvelles Kermesses 3 50               —         Imogène, 1 vol. format\n      —        La Nouvelle Carthage. . 4 »                            eucologe                  4 »\n      —        Les Fusillés de Malines . 3 50            —         Comment on devient so-\n      —        Au siècle de Shakespeare. 3 »                          cialiste                  2 50\n      —        Kees Doorik                 3 50          —            Id. (édition populaire) 0 75\n      —        Kermesses                   5 »     Piorron (Sander). Pages de Charité . 3 50\n      —        Mes Communions . . .        5 »     Philopator. Libres propos d'un belge. 1 »\nElskamp (Max). Dominical . . . .           2 »      Pléiade (La). Première année (188g) . 3 »\n      —        Salutations, dont d'angé-            Poe (Edgar). Poésies complètes. . . 2 »\n   liques                                  3 50     Rodenbach Le Foyer et les champs . 1 »\n      —        En Symbole vers l'Apos-              Rommelaere (J.). Ma semaine, 1892-93. 2 »\n   tolat                                   3 50          —         Ma semaine, 1894 . . .       2 »\nEmerson. Sept Essais, avec préface de              Severin (Fernand). Le Lys                    2 »\n   Maeterlinck                             3 50             —             Le Don d'enfance . 2 »\nGalloy (A.). Au pays de Beaumont. . 2 50                 —         Un chant dans l'ombre . 3 »\nGarnir (Georges). Les Charneux. . . 3 50           Sigogne (E.). Contes merveilleux . . 3 »\n      —        Contes à Marjolaine . . 3 50        Sluyts(Ch.). L'Appel des voix . . .          2 »\nGilkin (Iwan). Stances dorées . . .         1 »           —        Notes d'être                 3 »\nGille(Valère) LeChâteau desmerveilles 2 »          Tordeus (J.). Manuel de prononciation 2 »\nGiraud (Albert). Hors du siècle . . . 3 50         Van Doorslaer (H.). Sur l'Escaut. . . 3 50\n      —        Hors du siècle. II : Sous            Van Lerberghe (Ch.). Les Plaireurs. . 1 »\n                  la Couronne. Devant le            Verhaeren (E.). Les Apparus dans mes\n                  Sphynx                   3 00                       chemins                   2 »\n      —        Pierrot lunaire . . . .     2 »           —         Les Moines                   3 »\n                                                                                    res\n      —        Pierrot Narcisse . . .      2 »      Villiers de l'IsleAdam. Premiè Poésies 3 50\n      —        Dernières Fêtes. . . .      2 »            —         Morganc                     5 \"\n      —        Le Scribe                   1 »      Wagner (R.). L'Œuvre et la mission de\nHannon (Théo). Noëls fin de siècle . . 3 «             ma vie (derniers exemplaires) . . 4 »\n      —        Au pays de Manneken-Pis 4 »          Waller (Max). La Flûte à Siebel. .          3 50\nHanneuse (0 ). La Reine Aléna. . (souscrit).                        Daisy                       3 »\n      —        Sorella                     2 50     X. Y. Religion et progrès . . . (épuisé)\n\n                      Bruxelles.— Imprimerie Ve Monnom,32, rue de l'Industrie\n"}], "calendrier": {"precision": "intervalle", "numero_verifie": true, "mois_verifie": true, "date_tri": "1895-09-01", "preuve": "Septembre-octobre 1895, numéro double 9-10, couverture PDF 380.", "date_fin": "1895-10-31"}}