{"numero_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-001", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Jeune Effort I", "ancre_fin": "dire ce qu’ on pense.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "S O M M A I R E", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 98, "texte": "Jeune\n     Effort\nI M archer franc dans la vie,\net dire ce qu’ on pense.\n\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-002", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "S O M M A I R E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 98, "fin_caractere_exclue": 1029, "texte": "S O M M A I R E\n       P rojets F uturs .                .    . L a Rédaction\n       Au Cœur F rais de la F orêt\n                        Camille Lemonnier\n       U n Miracle            .    .     . Gaston Pulings\n       L a P luie        . . . .              Gustave Cohen\n       L’Inévitable .              . H . L. Kraft-Fopper\n       R ê v e r i e .............................. Jules Bock\n       L’A mour          .    .    .       Maurice Lebègue\n       Chronique A rtistique\n                           Armand Deprins\n       Chronique T héatrale\n                          Armand Deprins\n\n          E . M A U R A U , I m p r im e u r - E d i t e u r\n                 G ra n d -S a b lo n , 19, B R U X E L L E S\n\n\n\n\n      P remière                                        Octobre\n                                       5\n             A nnée                                        1903\n\n\n     L e N u m é r o : 2 0 c e n tim e s\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-003", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 70, "page_fin": 70, "titre_corps": "Rédaction et administration", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jeune Effort", "ancre_debut": "JEUNE EFFORT ME N S U E L", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": 70, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 1245, "texte": "JEUNE EFFORT\nME N S U E L         D’ART               ET      DE       LITTÉR ATU RE\n            AFFILIÉ A L’UNION DE LA PRESSE PÉRIODIQUE BELGE\n          ORGANE DES JEU N ES O U V ERT A TOUS\n                   Paraissant le 1er de chaque mois\n             Sera publié par souscriptions volontaires\n  Fondateurs : G . P u l i n g s     -   J. B o c k   -   L. d e C a s e m b r o o t\n                                   F. B o r d ie r\n\n\n Rédaction et Administration :\n                       5,   R ue      du      C o u ven t,   Ix e l l e s - r u x e l l e s\n\n      Pour la Critique d ’art et les T h éâtres, adresser les\ncom m u nication s rue d ’E d im b o u rg , 23.\n\n      T o u te souscription d ’au m oins 2 francs donne droit à\nun service de douze num éros.\n\n      Il sera    rendu com pte de tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n      Les m anuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n      N o u s autorisons la reproduction de nos articles sous la\ncondition expresse d ’en indiquer la source et le nom de\nl ’auteur.\n\n      La R e v u e laissant la plus grande liberté à ses collabo­\nrateurs, ne prend pas la responsabilité des articles q u ’elle\ninsère.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-004", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 71, "page_fin": 73, "titre_corps": "Projets futurs", "titre_sommaire": "Projets Futurs", "rubrique": "", "signature_source": "La Rédaction", "ancre_debut": "P ro je ts fu tu rs       Voici que les Vacances s", "ancre_fin": "vous nous connaîtrez revue. LA RÉDACTION", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "C O L L A B O R A T E UERS                                       C om ité de L e c tu r e                       G a st", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": 71, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 1739, "texte": "P ro je ts fu tu rs\n      Voici que les Vacances sont finies : tous les oiseaux\n échappés sont rentrés en cage, l’hiver frappe à nos portes, on se\n prépare aux longues soirées familiales, durant lesquelles l’âme\n se retrempe aux bonnes lectures. Mais, tandis que chacun s’en\n allait vers les plages et les campagnes, en Juin, un groupe de\n jeunes fondait une très modeste revuette, le cy-présent\nJeuneEffort. L ’heure, disait-on, était mal choisie, car l’élite\n des lecteurs, les littéraires, partaient en villégiature.\n      Depuis, quatre mois se sont écoulés, durant lesquels nous\navons travaillé, peiné, labourant nos cerveaux, et tâchant d’en\n faire germer l'idée.\n      Maintenant que tout le monde est rentré au bercail, nous\nexposons le bilan de ces quatre mois d’essai en y ajoutant nos\nprojets futurs d’extension.\n      Ceux qui suivirent nos premiers pas, se rappellent la\ncouverture plus que modeste des deux premiers numéros ; à\nl’heure actuelle, un cadre élégant entoure notre sommaire ; et\nce sommaire lui-même, qui d’abord ne comptait que six articles,\ndès le numéro 2 en compte sept, pour monter à huit dans les\nnuméros 3 et 4, et, continuant sa marche ascendante, s’élève\naujourd’hui à dix articles. Quant aux collaborateurs, ils étaient\nquatre : les fondateurs ; aujourd’hui, notre phalange qui\ncompte parmi ses membres les plus pures gloires de la moderne\nlittérature belge, se chiffre à plus de quarante.\n      Quarante, ami lecteur, c’est un nombre, et c’est un nombre\nqui compte, parceque ce nombre est arrivé à grandir grâce à\nl’endurance des quatre premiers, et qu’il nous a Valu plus d’une\nsympathie et plus d’un encouragement, chez les maîtres et dans\n"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": 72, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2117, "texte": "                             —    72\n\n le public ; ainsi chacun des numéros à paraître contiendra au\n moins une page d’auteur célèbre.\n      Mais l’élan ne s’arrête pas là; il continue, et tous les jours\n de nouveaux adeptes, de nouveaux talents, de nouvelles âmes\n viennent s’adjoindre à nous. Aussi, c’est le cœur grand, les\nbras ouverts, que nous les recevons, pour faire tous ensemble\ncette course à l’Idéal.\n      Exemple des vieux, ardeurs des jeunes nous nous fraterni­\nsons, écoutant les anciens, les adm irant et surtout les suivant.\n     Notre Jeune E ffo rt, grâce donc à ses grands et bienveil­\nlants protecteurs commence une ère nouvelle et de tous nous\nattendons une cordiale sympathie, un bienfaisant encourage­\nment, E t pour cela venez à nous, vous vers qui nous sommes\nallés. D urant les soirées d’hiver, lisez ce que les jeu n es écrivent,\nsuivez leurs rêves, leurs espoirs, faites alliance avec eux, et\neux tout comme vous, lecteurs, constateront une fois de plus\nque l ’Union fait la Force !\n     Nous ne nous contenterons plus de l’imprimé pour propa­\nger nos naissantes conceptions, nos bourgeonnantes idées; nous\nvoulons des réunions intimes où vibre la parole fécondante.\nAussi dès cet hiver nous convierons nos abonnés à l'inaugura­\ntion d’un Cercle d 'A rt joint à notre revue, où seront données\ndes conférences toutes d’actualité C’est ainsi que nous pouvons\nannoncer deux réunions auquelles des artistes de talent prêteront\nleur concours ; durant la prem ière sera exposée l’œuvre de\nW agner illustrée d’auditions musicales. Le m aître tan t aimé\net aussi tan t incompris sera étudié de telle façon qu’en\nmêlant l’agréable à l’utile, chacun en sortant de ces conférences\nait pu s’initier au système W agnérien et s’intéresser, dès\nlors, aux magistrales exécutions de notre première scène\nlyrique. Ceci soit dit comme exemple, et sera répété chaque fois\nqu’à l’ordre du jour p araîtra le nom d’un auteur de talent et de\ngrand intérêt d’étude, ou peu connu du public.\n     De plus, notre Cercle d’A r t ainsi joint à notre revue,\nconviera ses amis et abonnés et leurs familles, à plusieurs\n"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": 73, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 705, "texte": "                                            —      73 —\n\nfêtes littéraires, dramatiques, musicales, (augmentées plus tard\nd’expositions artistiques), où seront exécutées des œuvres\nneuves, livrées ainsi à l’appréciation du grand public.\n     L’avenir s’ouvre plus large encore : des idées nouvelles\nnous tourm entent, l’extension nous envahit, notre ardeur\ndemande plus d’ouvrage et plus de grandeur. Nous voulons\nque tous en soient les témoins, et c’est pour celà que dans le pro­\nchain numéro, nous exposerons notre programme futur.\n     Lecteurs, vous nous avez connu revuette ; nous espérons\nque vous nous connaîtrez revue.\n                                           LA RÉDACTION\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-005", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 73, "page_fin": 73, "titre_corps": "Collaborateurs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "C O L L A B O R A T E UERS                                       C om ité de L e c tu r e                       G a st", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 78, "page_imprimee": 73, "debut_caractere": 705, "fin_caractere_exclue": 2433, "texte": "C O L L A B O R A T E UERS\n\n                                     C om ité de L e c tu r e\n                      G a sto n   P U L I N G S , Rédacteur en chef, fondateur\n                      J u les   B O C K , Rédacteur en chef, fondateur\n                      Louis d e C A S E M B R O O T , Rédacteur, fondateur\n                      F ernand     B O R D IE R , Rédacteur, fondateur\n                      A rmand     D E P R I N S , C ritique d’art\n\n     A ndré B A I L L O N                                  M aurice L E B Ê G U E\n     M aria B I E R M É                                    J o seph   LECOMTE\n     L udovic B O U S E R E Z                              C amille L E M O N N I E R\n     L. B R A C O N Y                                      O scar L I E D E L\n     G u sta v e   COHEN                                   A ndré L I Z I N\n    Com te d e B R É G L A N                               H enri M E R C I E R\n    M aurice des O M B I A U X                             P aul M U S S C H E\n    C amille D A M M A N                                   E douard N E D\n    E rnest d ’Y P R E S                                   R ay N Y S T\n    P ierre F A U C O N N I E R                            E dmond P I C A R D\n    C harles F L A R R Y                                   C eorges R A M A E K E R S\n    V alère G I L L E                                      G eorges R E N C Y\n\n    F ranz H E L L E N S                                   R enaud S T R I V A Y\n    G a st o n     HEUX                                   F ranz V A N L E N T E\n    L ucian K R A F T - F O P P E R                       H enri V A L E R E D O\n    M a u r ic e   KUFFERATH                              E mile V E R H A E R E N\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-006", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 74, "page_fin": 75, "titre_corps": "Au cœur frais de la forêt : Les Abeilles", "titre_sommaire": "Au Cœur Frais de la Forêt", "rubrique": "", "signature_source": "Camille Lemonnier", "ancre_debut": "AU CŒUR FRAIS DE LA FORÊT                           LES ABEILLES           Les abeill", "ancre_fin": "a m i ll e LEMONNIER", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "UN M I RA                         CL E      Tiens, bonjour Marie Jos", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": 74, "debut_caractere": 52, "fin_caractere_exclue": 1869, "texte": "AU CŒUR FRAIS DE LA FORÊT\n                          LES ABEILLES\n          Les abeilles avaient élu l'arbre pour y bâtir la ruche ;\nniais avec le temps à leur tour elles avaient essaimé. De la cité\nprim itive d’autres cités étaient sorties qui également s’étaient\nfixées dans le voisinage des bruyères. Ensemble elles lui don­\nnaient en abondance le miel et la cire : il ne gardait que le miel,\nil portait la cire au couvent des Pères. Elles connaissaient leur\nm aître : il s’avança jusqu’au seuil de la ruche et aucune ne lui\nfaisait du mal. Leur vol l’effleurait et ensuite se repliait au bord\nde l'ouverture ou se dispersait par dessus les jardins fleuris de\nla friche. Un long frisson vermeil vibrait dans l’air, un vent\nd’or comme l’été aux portes d’une ville. P a r multitudes, du\nflot d’un fleuve elles entraient, sortaient, ronflaient. Autour de\nson grand front d’ancêtre elles avaient l’air d’être le tourbillon\nde ses pensées. E t nous étions là : moi muet et frémissant,\nIule poussant des petits cris, tous deux secoués d’une joie\nintérieure devant cette image de la vie.\n     Nous connaissions le gîte des lapins, les galeries de la taupe,\nle dédale des fourmilières ; nous ignorions encore la maison\ndes abeilles, les porches blonds, le miracle des sucs de la terre\nchangés en gâteaux parfumés. Un peuple infiniment travaillait\nderrière les cloisons, distillait les essences, faisant là à petites\nfois une chose d’éternité. Et j’étais saisi de respect comme devant\nun mystère, une force plus grande que celle qui était en moi.\nToute la forêt bruissait d’un vol subtil d’esprits, cependant que\nle vieillard expliquait les cellules, les mâles et les reines, la ponte\ndes œufs, le drame d’am our et de m ort duquel sans fin renais­\nsait la ruche bourdonnante. Iule alors eut la question naïve\nde l’enfant :\n"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": 75, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "                           — 75\n\n     — Dis-nous, père, qui leur apprit tout cela ?\n    Voilà, c’était la même chose qu'elle et moi avions dite\ndevant le ruisseau, l’arbre, le fruit et l’aurore. Elle nous reve­\nnait toujours aux lèvres et personne encore ne nous avait\nrépondu. Notre âme en nous se tourmentait comme un aveugle\ndans une maison sans portes. Nous ne savions pas que cette\nmême question, les hommes des âges l'avaient faite avant nous ;\net à ceux-là non plus l’eau ni le vent ni les autres prodiges du\nmonde n’avaient répondu.\n                                    C a m i ll e LEMONNIER\n\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-007", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 75, "page_fin": 78, "titre_corps": "Un miracle", "titre_sommaire": "Un Miracle", "rubrique": "", "signature_source": "Gaston Pulings", "ancre_debut": "UN M I RA                         CL E      Tiens, bonjour Marie Jos", "ancre_fin": "de l’adieu éternel. 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Seul dans la chambre un cousin veillait, c’était\nsa dernière parenté ; à côté de lui couché sur le tapis, le petit\nchien attendait que son maître se réveilla,\n     Je viens donc me joindre à eux, et garder l’ami qui tant\nde fois m’avait conseillé le bon chemin. Dire qu’il est mort,\nqu’il y a huit jours, il nous racontait encore une histoire de\njeunesse, qu’il croyait neuve, et qu’il nous répétait pour la\n"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": 76, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2040, "texte": "                             _   76 —\n\n dixième fois au moins; que ce matin même il disait encore sa\n messe. Il avait bien une maladie de cœur mais sait-on combien\n cela dure. Cela devait durer quelques heures, l’espace d’un rêve.\n      Je l’aimais ce vieux curé parcequ’il comprenait sa mission,\n comme une vrai disciple du Christ. II ne s’occupait que de son vil­\n lage du salut de son troupeau. Peu lui im portait les bruits de l’ex­\n térieur, les tripotages de la politique ; il ne connaissait que son\n église, il n’aimait que ses enfants. Oh pour eux tout, pour eux jus­\n qu’au bout. Il le voulut il le fit. Son argent était aux pauvres, son\npain aux affamés, son cœur pour tous et pour tout. Il était né a\nla frontière Belgo-Allemande, et toujours il avait gardé son\naccent germanique, qui me faisait bien souvent sourire quand\nil parlait, car il aimait tan t de causer. C’était un vieux\nprofesseur de quatrième au séminaire de B... E t il contait ses\naventures, parlait de ses anciens élèves. Un avocat là ; l’autre\ncuré à la paroisse voisine. Curé comme lui; mais il ne s’en­\nplaignait pas ; ou lui avait offert une place plus importante,\nun doyenné ; il avait tout refusé, il voulait garder sa paroisse,\nson vieux presbytère, ses anciennes habitudes, son troupeau.\n     Ne les avait-il pas vu naître, baptiser, m arier ? ne devait\nil pas les guider? Les guider p ar ses sermons qui consis­\ntaient plus souvent, en une lecture dans un livre pieux, qu’une\nimprovisation...\n     Mais la nuit avançait, et je veillais toujours me rappe­\nlant toutes ces choses, toutes ces bonnes soirées passées\nensemble.\n     Peu à peu le jour apparaissait radieux. Je m’en retournai\njusqu’au surlendemain jour de l'enterrem ent.\n                                      *\n                                     * *\n     De grand matin les cloches sonnent, fermiers, paysans,\narrivent à l’église enterrer le saint, comme ils l’appelaient.\nChacun se range silencieux, a droite les hommes, a gauche\nles femmes. Personne n’attend comme aux messes ordinaires,\n"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": 77, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1983, "texte": "                                 77 —\n\n  sur la place de l’église, pour voir passer les jolies filles :\n  aujourd’hui chacun va directement a sa place, les visages\n  sont tristes, et plus d’un oeil se mouille.\n      Ils l’avaient tant aimé.\n      L’église est tendue de noir, le grand Christ incline plus for­\n  tem ent la tête regardant le départ de son vieux serviteur. Tout\n  respire la douleur. Les saints ont l’air plus grave, la Vierge\n  semble pleurer, l’orgue a un ton voilé. La Messe commençait,\n  célébrée p ar les curés des paroisses voisines. Des chan­\n  teurs entonnèrent le De Profondis, et tout s’emplit d’un\n air de Messe de Mort. E t de nouveau les souvenirs\n revinrent ; car peut-on prier aux funérailles de parents ou\n d’amis, trop de larmes, de tristesse, de souvenirs encombrent\n l’esprit, pour que l’on puisse implorer la miséricorde divine.\n Je pensais toujours à lui : à ses rares visites à Bruxelles, où\n il semblait si perdu dans les rum eurs de la grande ville, à la\n seule colère que je lui eusse connu.\n      C’était l’année dernière : des ingénieurs vinrent dans le pays\n à la recherche d’une mine de fer.\n      Après plusieurs sondements qui amenèrent de bons résul­\ntats, la compagnie offrit d’acheter les terrains a cinq cents\nfrancs l’hectare, et, comme à cette époque ils étaient bien moins\nchers, les paysans n’avaient pas hésité a sacrifier leur terre.\n      Un seul avait résisté et demandait deux [mille francs.\nSachant celà le vieux curé s’était indigné. Comment, disait-il à\nses paroissiens, vous sacrifiez ainsi vos terrains ; certes, la\nCompagnie vous offre actuellement un bon prix, mais qui\nvous dit que les terrains n’augm enteront pas, et alors, vous\naurez toujours cinq cents francs. Ah ! si tous vous aviez\nfait comme Nicolas Grandange, demandé deux mille francs ;\nla Compagnie aurait du plier, et vous étiez assurés pour\nl’avenir. E t quand il me vit il me conta de nouveau l’his­\ntoire, la colère sur le front et la voix enrouée...\n"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": 78, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 659, "texte": "                              78   -\n\n     Les orgues se turent, la messe finissait. L ’on souleva\nle cercueil de l’ancien pasteur pour le conduire au nouveau\ncimetière, ou il veillerait encore sur les tombes des derniers\nmorts. Quand, tout à coup la planche du fond se détacha,\net livide, blanc, inamovible, le vieux curé tomba sur le pavé\nde l’église. Alors tous les villageois s’enfuirent en criant au\nmiracle :\n    — Au miracle, Monsieur le curé est ressucité !\n    Non, il était bien mort, mais il voulait une fois encore\nsaluer sa vieille église de l’adieu éternel.\n                                          G aston   PULINGS\n\n\n\n\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-008", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 78, "page_fin": 79, "titre_corps": "La Pluie", "titre_sommaire": "La Pluie", "rubrique": "", "signature_source": "Gustave Cohen", "ancre_debut": "L a P lu ie                            Susurrante                              E t lente                          Lan", "ancre_fin": "G u sta v e COHEN", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L’INÉVITABLE                         ROMAN     INÉDIT                        I . L ’É M E R A U D", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 83, "page_imprimee": 78, "debut_caractere": 659, "fin_caractere_exclue": 1195, "texte": "L a P lu ie\n                           Susurrante\n                             E t lente\n                         Languissante\n                           E t léchante\n                       Tombe la pluie ;\n                        E t grève et mer\n                       Ombrées de suie,\n                        Ou gris de fer,\n                  Lentement s'endorment\n                     Sous le voile énorme\n                   De la pluie qui tombe.\n                  E t dans ce linceul blanc\n                   Comme dans la tombe,\n"}, {"page_pdf": 84, "page_imprimee": 79, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 478, "texte": "                               79 —\n\n                       Le flot s'endort,\n                   Sans u n p li troublant\n                      Sa sur face polie :\n                      La mer est morte,\n                         Ensevelie.\n                      Le vent emporte,\n                        Léger bruit\n                          Qui fu it,\n                  Le sanglot de son agonie.\n                                              G u sta v e   COHEN\n\n\n\n\n             "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-009", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 79, "page_fin": 83, "titre_corps": "L’Inévitable : I. 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Ses yeux mi-clos se perdaient dans une\nrêverie évocatrice de temps heureux, car il souriait d’un\nsourire infiniment doux, quoique un pli creusa par instants\nson front.\n    Tout-à-coup, la porte du fond s’ouvrit, laissant passer\nle docteur Hans von Muller.\n    Vivement le m argrave se leva, se porta à la rencontre\ndu nouveau venu, lui serra les mains, et, avec une vivacité\nanxieuse, interrogea :\n    — Eh bien ?\n"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": 80, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1740, "texte": "                           — 8o —\n\n     — Eh bien, répondit le docteur, il n’y a plus de doute.\n     Detmund poussa un soupir de soulagement, le soupir\n qui lève de la poitrine un grand poids d’angoisse, et la ride\nqui plissait son front se détendit. Puis, sans ajouter un mot,\nil présenta un fauteuil au docteur et s’assit lui-même devant\nson ami. Detmund attendit que son commensal fut commodé­\nment installé, puis, lui ayant offert un cigare, il renouvela sa\nquestion :\n     — Eh bien ?\n     von Muller tira une bouffée qu’il lança rapidement vers\nle plafond et répondit :\n     — Mon cher, j ’ai étudié votre cas de la manière la plus\napprofondie et la plus attentive. En âme et conscience, en\ntoute bonne foi, je vous certifie que vous ne pouvez plus\navoir d’enfants.\n     A ces mots, le visage de Detmund s’em pourpra violemment\net se levant d’un bond, le m argrave s’écria :\n     — Oh ! merci pour la bonne nouvelle !\n     Et, comme le médecin le regardait d’un air étonné, le duc\najouta :\n     — Maintenant ma vie ne s’écoulera plus solitaire, je vais\npouvoir me marier.\n     L’œil de von Muller s’arrondissait, inquiet. Il considérait\nson ami d’un air significatif, se demandant si un léger grain\nde folie n’avait pas attaqué son cerveau. A pas larges, Detmund\nparcourait la vérandah. Il tirait sa barbe grise d’un geste\nnerveux et passait dans sa léonine chevelure une main blanche\noù luisait une émeraude. Soudain il s’arrêta brusquement\ndevant la visible inquiétude de son ami et p artit d’un grand\néclat de rire qui ébranla les vitres, rire nerveux, brutal,\nsaccadé comme un hennissement de cheval en détresse.\n     — Je comprends ton étonnement, s’écria le duc. C'est\nassez bizarre, en effet, qu’un homme heureux de chasser la\n"}, {"page_pdf": 86, "page_imprimee": 81, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1989, "texte": "                           — 81 —\n\n solitude déprimante par la venue d’une jeune épouse, laisse\n éclater sa jubilation en apprenant son impuissance à devenir\n père. E t il rit de nouveau.\n      Un silence se fit, grave, entre les deux hommes. Detmund\n s’était rassit et tirait de nouveau et à coups rapides, des\n bouffées bleuâtres. Il vidait à longs traits son hanap de clair\n Rüdesheim et son ami le médecin, les jambes croisées, con­\n templait minutieusement le duc. C’était un silence profond,\n le silence méditatif des dieux germaniques, énorme et bruissant\n d’idées, durant lequel s’établit, entre les penseurs, une sorte\n de télépathie, car ils songent l’un et l’autre et se comprennent\nd’un regard. Puis, tout d’un coup, répondant à l’interrogation\n mentale que lui posait von Muller, le m argrave lui prit la\n main et, d’une voix plus calme quoique trem blant encore, il dit:\n      — Vois-tu, mon cher ami, à mon âge on peut encore se\nm arier quand on est vaillant et point renfrogné. Sous ces\npoints là, je défierais pas mal de jeunes. Je puis encore offrir\n mon bras à une jeune épouse et redresser ma cambrure en\ntraversant un salon. Ma femme ne rougirait pas de son\népoux, oh non ! Mais être père à cinquante ans ! Jouer un\nrôle de jeune papa, et m’extasier, en le berçant, des grimaces\nd’un poupon braillard, non, cent fois non ! Je ne consens point\nà n’être que père, alors qu’il est de mon âge d’être grand-père.\nE t d’ailleurs, dans vingt ans je serai vieux tout-à-fait, et\nincapable de guider encore mon enfant dans l’aurore de vie\nqui commencera pour lui, tandis que moi je serai presque\nnoyé dans les crépuscules de la m ort prochaine... E t puis, tu\nsais, toi mieux que quiconque, qu’un enfant de père sénile\nn’est jamais d’une constitution bien vigoureuse... Comprends-\ntu, cher, pourquoi je suis très heureux de la nouvelle que tu\nm’apportes ?\n     A toutes ces objections, le docteur ne répondait que par\nun regard incrédule, un regard d’investigation qui prit une\n"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": 82, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2014, "texte": "                             — 82 —\n\ntelle fixité douloureuse, que Detmund sentit bien que tout ce\nqu’il venait de dire, von Muller ne le croyait pas. Il s’aperçut\nalors, dans le nouveau silence, que sa voix avait tremblé et\nque le tremblement était resté dans sa gorge. Le regard de\nMuller pesait tellement sur le m argrave, qu’il baissa les\nyeux; mais dans cet instinctif mouvement, ces yeux humiliés,\nqui n’osaient plus regarder en face, rencontrèrent l’émeraude\nqui languissait, énigmatique, à son doigt sur le cercle d’or de l’an­\nneau ; brusquement à ce contact, un sanglot déchira la poitrine de\nDetmund. Il se mit à pleurer abondam m ent; longtemps de\nbienfaisantes larmes coulèrent sur ses joues, tom bèrent sur\nses mains, humectant, de leur claire rosée, la pierre verte qui\nse mit à briller d’un éclat plus vif; irradiée par cette pluie\nlacrymale, elle sembla pleurer elle-même et joignit ses reflets\nangoureux et glauques aux rayons de cuivre que lançait le\nsoleil de derrière les montagnes où il se cachait. Lorsque\nle m argrave fut apaisé, son regard rencontra de nouveau celui\nde von Muller ému, mais il ne se déroba plus. L’heure de la\nconfidence était proche et le m argrave soupirant profondément,\ns’écria :\n     — Oui, cher Hans, tu avais raison de ne pas croire tout\nce que je t ’ai raconté. Oui, je mentais et tu le sentais bien\ndans le tremblement de m a voix menteuse. Ton regard était\nun reproche, et tu ne m’interrogeais pas ! Mais tu sauras\ntout, toi qui fut mon fidèle et mon véritable seul ami. Il est un\nsecret que, jusqu’ici, à tous, j’ai caché soigneusement, jalou­\nsement, Mais le sort inévitable qui conduit mon existence,\nme force à le révéler, et c’est un grand poids qui se lève\nde ma poitrine oppressée. Oui, l’inévitable s’est accroché\nà mon âme, il la guide et la force à vaincre ma propre\nvolonté. E t c’est lui qui, tantôt, m’a jeté son regard hypno­\ntique, parmi les verts éclairs de cette pierre enveloppée des\njets pourprés du soleil couchant. L’émeraude a parlé par sa\n"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": 83, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 381, "texte": "                                       -        83 _\n\n\nvoix, il faut que je parle aussi m aintenant et tu sauras pourquoi\nsi je puis encore être époux, je ne veux plus être père.\n    (A suivre)                       H. L. K R A F T -F OPPE R\n                                               T ra d u it de l’allem and p ar A rmand D E P R IN S\n\n\n\n\n                                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-010", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 83, "page_fin": 83, "titre_corps": "Rêverie", "titre_sommaire": "Rêverie", "rubrique": "", "signature_source": "Jules Bock", "ancre_debut": "Rêverie                                                                   A M adam e A . F .                  L ’angélus pla", "ancre_fin": "las de vivre. J ules BOCK", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L’Amour               L ’a m o u r ! ... 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F .\n\n                L ’angélus plane e n c o r ainsi q u ’u n e m o u e tte ...\n                Q u e lq u e pic ard en n ais s u r le soleil m o u ra n t\n                É c h a n c re a b ru p te m e n t sa n o ire silh o u ette,\n                C o m m e un d rap eau de d eu il s u r u n e m e r de sang.\n\n                D es p ro fo n d eu rs d u v al, len tem en t la n u it so rt\n                E t ra m p e v e rs la crête, o ù p erch e u n e corneille.\n                E t le ru isse a u lu tin seule chose q u i veille,\n                C oule in d ifférem m en t o ù le c o n d u it so n so rt.\n\n                O h ! com m e il ferait b o n , éten d u s u r son b o rd ,\n                D e se n tir len tem en t, to u t l’o rg eu il q u i én iv re\n                D isp a ra ître d u c œ u r et le r e n d re plus fo rt ;\n                P o u r affro n ter la m o rt, tan t on est las de vivre.\n\n                                                             J ules    BOCK\n\n\n\n\n                                  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-011", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 83, "page_fin": 84, "titre_corps": "L’Amour", "titre_sommaire": "L’Amour", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Lebègue", "ancre_debut": "L’Amour               L ’a m o u r ! ... 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U n ra y o n d ’o r, un su b lim e flam beau,\n              Q u i d irig e n o s pas v e rs u n b u t n o b le e t b eau ,\n              U n so u rire éclairan t p arfo is u n fro n t m o ro se ,\n              C ’est le songe d ’u n so ir, c’est u n e d ouce chose.\n\n              L ’a m o u r ! ... c’est le ciel b leu , c’e st le ch an t de l’o iseau,\n              L a n a tu re , les fleurs, le d o u x b r u it d u ru isse a u ,\n              T o u t ce q u i p arle a u c œ u r, la n u it q u a n d to u t rep o se ;\n              C ’e st l’a z u r étoilé, l ’air e m b a u m é de ro se .\n"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": 84, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 495, "texte": "                                   -     84 -\n\n              Un rêve que l’on peut bercer seul en son cœur\n             Sans craindre le regard ironique et m oqueur\n             U n but, un idéal, que l'on poursuit sans cesse.\n\n             Une ly re chantant hier un air vainqueur,\n             E t pleurant aujourd’hui de peine et de douleur,\n             C ’ est un rire mêlé de larm e et de tristesse.\n                                             M a u r ic e L E B Ê G U E\n\n\n\n\n             "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-012", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 84, "page_fin": 85, "titre_corps": "Chronique artistique", "titre_sommaire": "Chronique Artistique", "rubrique": "", "signature_source": "Armand Deprins", "ancre_debut": "Chronique Artistique         LE S A L O N       L’immense foire", "ancre_fin": "en parlerons plus tard. 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Alors qu’il était si simple de\nmarquer, à côté du titre, le numéro de la salle, ainsi qu’on l’a\nfait il y à trois ans, on s’en était sagement abstenu cette fois, de\nsorte que c’était un véritable voyage que de rechercher une\nœuvre. On s’accorde à trouver l’ensemble d’une moyenne très\ngénérale ; mais d’ailleurs, une vaste exhibition comme celle-ci\nne peut qu’être défavorable aux œuvres. Telle pièce, isolée,\nproduira un effet certain, tandis qu'accottée de nombreuses\nautres, son émotion en sera nécessairement diminuée. Quant\naux six Godecharle exposés, la Vénus, de Thomas, est réelle­\nment interressante à étudier dans affadissement de veules et\nsymboliques couleurs. La Sainte-Cécile, de Tytgat, fait une\n"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": 85, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 683, "texte": "                                 -    85 -\n\n\n juste opposition à ce réalisme, par une recherche de llou\n azuré, noyé d’encens et de brumes angéliques, qui ne manque\n point de charme. L ’Aigle du Casque, de Van Holder, ainsi que\n XOtage, de Bertrand, attestent une belle vigueur. M. Paulus a\n consciemment traduit Dante, dans son Paolo et Francesca, et\n M«'Ue Demoulin, de façon très simple, a mis de rémotion dans son\n élégie : Le Poète est Mort. A l’heure où nous mettons sous presse\n se fait l’ouverture de la nouvelle salle consacrée aux m artyrs\n du concours Godecharle. Nous en parlerons plus tard.\n                                           Armand DEPRINS\n\n\n\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-10-n5-013", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 85, "page_fin": 88, "titre_corps": "Chronique théâtrale", "titre_sommaire": "Chronique Théâtrale", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Chronique Théâtrale       M o n n a ie . — Lohengrin nous", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": 85, "debut_caractere": 683, "fin_caractere_exclue": 1986, "texte": "Chronique Théâtrale\n      M o n n a ie . — Lohengrin nous fit apprécier M me Strakosch, et\n Lakm è, M. Delmas, nouvelles recrues. Les autres interprètes nous\n étaient bien connus et défilèrent tour à tour dans ILamlet, Rigoletto\n  et Le Maître de Chapelle. Mais le plat de résistance était sans con­\n tredit Le Prophète dont la reprise avait l ’attrait d’une première pour\n  la nouvelle génération. Quoi qu’on dise, l ’œuvre de M eyerbeer est\n  bien bruyante et bien lourde et sans le réel talent et la vaillance de\n  ses interpiètes, elle n ’aurait certes point eu le regain de faveur qu’elle\n   obtient. Dalm orès, comme toujours, se dépense sans com pter; M me\n  Gerville-Réache est la digne élève de Pauline Viardot et récolte une\n  bonne part d’un succès mérité. Quand à M e,lc Roland que nous avions\n  eu la bonne fortune d’entendre concourir en Juillet, l’excellente impres­\n  sion qu’elle nous avait produite ne s’est point démentie à la scène.\n' Nous avons, nous autres jeunes, un réel plaisir à signaler le succès\n  d ’artistes jeunes. Aussi, crions nous bravo ! à la charmante Berthe qui\n  d ’ailleurs, douée d’un physique intelligent, d’une voix ample et d’un\n  instinct dramatique assuré, fera une brillante carrière.\n      P a r c — Curieuse avant-saison. C ’est d’abord le spirituel Ché­\n"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": 86, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2431, "texte": "                               — 86 —\n\nru b in cédant la place aux héroïnes extatiques de Maeterlinck. Puis\nc’est la mutine Polaire, la Claudine préférée de W illy. A peine B al­\nzac a-t-il disparu de l'affiche avec sa Rabouilleuse, que Blanche\nToutain, 1' Yvette d ’exquise mémoire vient, du 2 au 5, détailler le\nfin monologue de la Souris de Pailleron. Alors parait la grande Sarah\ntour à tour Tosca, P lu s que Reine, Dame a u x Camélias, Sapho.\nCe qui nous mène droit au 10 , réouverture définitive de la saison d’hiver\navec Joujou de Bernstein qui fit courir tout Paris. Parmi les nou­\nveautés annoncées, M M . Darman et Reding sèmeront d'heureuses\nreprises, jugez-en, voici le tableau: L ’A u tre Danger, Les A ffaires\nsont les affaires, L'Irrésolu, L ’Indiscret, Conte d'A vril, pièces\nde réputation déjà faite, plus le Retour de Jérusalem, de D onnay,\nencore inédit, et 1 e Monde où Von s'ennuie, YE n fa n t prodigue, la\nPetite Fonctionnaire. Quant aux matinées littéraires, on devra\nporter à cinq, le nombre des séries. C ’est tout dire. Au program m e:\nThéâtre comique d u Moyen-Age, conférencier: M. W ilmotte. La\nComédie d ’il y a 100 ans, conférencier : M. Jean Bernard. Athalie ;\nle M enteur ; Sardou, son théâtre, son époque, conférencier: M.\nA. Giraud ; Lessing, conférencier : M . Dwelshauwers. Sont engagés\nen représentations, Jane Hading, pour la Chatelaine; de Féraudy et\nG uitry. Sont réengagés, M M . Paulet, Roger, Jahan e tM M mes Franquet\net De Villers qui, avec les nouvelles recrues, M .Gauthier et M mes Porny,\nGérard et Reine, nous feront passer encore d’excellentes soirées.\n     M o liè re . — Le sympatique directeur, M. Munié, a fait un très\njuste raisonnement. Il a constaté que les pièces refusées à Paris sont\nacclamées à Bruxelles. Exem ples : Faust, Carmen, Fervaal,\nl'E tranger, Chérubin, pour ne citer que les principales. Il fera, de\ncet état de choses un système et nous aurons la bonne fortune d’avoir\nan Molière, de vraies premières, qui nous feront connaître ’des pièces\nnon jouées à Paris. Dés à présent, la réouverture se fera par Ma Bergère\nde M M . José et Dumur, les auteurs du M aquignon tant applaudis\nactuellement au Théâtre Sarah Bernard. Puis viendront 3 actes de\n M M . Calmette et Rebout provisoirement intitulés : Les je u x sont\nfaits, et Morte saison de M . Vérin. Ceci n ’est qu’un faible aperçu\n des nouveautés parmi lesquelles des succès récents viendront s ’incrus­\n"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": 87, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2423, "texte": "                               -   87 -\n\n\n  ter tels: CrinqUebille, d’Anatole France et Petite Mère, de Ber-\n    gerat. Chacun apprendra avec plaisir le réengagement de MMmcs\n   Ninove et Ety, les talentueuses interprètes du Joug. Enfin, ce qui\n   sera un régal, grâce au réel discernement artistique deM. Munié, le\n   Molière donnera cinq matinées littéraires consacrées : au théâtre\n  grec, au théâtre latin, au théâtre du moyen-âge, au théâtre\n  classique et au théâtre roman tique. Voilà qui promet d’intéressants\n   spectacles, aussi c’est de tout cœur que nous souhaitons au vaillant\n  directeur, un très grand succès qui, certainement, n’est point douteux.\n        G a le r ie s . — Mariette Sully nous revient pour six semaines\n  dans la Poupée et les P ’tites Michu. C’est assez dire que le théâtre\n  sera pris d’assaut. Une nouvelle troupe, où les joyeux comiques reste­\n  ront, fera ses débuts ayant en tête M. Barthel, de la Gaité. Puis vien­\n dra la revue de G. Garnir, B ruxelles tout le monde décent dont\n  ou dit monts et merveilles et que sa commère, Thérèse Cernay, con­\n  duira plus loin qu’à la centième, ce n’est pas trop dire. Et Jane Petit\n reviendra ensuite se faire applaudir dans une création et un ouvrage\n de son répertoire. Voilà qui présage une saison fructueuse.\n       AI ha m tara. — Décidément ce Tour du monde à pied est un\n succès, très grand succès. Les fidèles habitués de la grande scène du\n bas de la ville ont été gâtés par la direction. C’est une réelle féerie\n avec ballets, cortèges, batailles, explosions; rien n’y manque, pas même\n l’attrait d’une action dramatique se poursuivant en de nombreux et\nvariés décors. Et puis, il y a moustache, le chien savant ! et un Cake-\nWalk savamment dansé, autant de clous à succès. La troupe entière\ns’est fait applaudir maintes fois en de multiples rappels. En Octobre, il\ny aura trêve. Le théâtre sera loué à une troupe allemande, et la direc­\ntion, durant ce temps, préparera des surprises à ses habitués.\n       Al c az ar . — Pour la réouverture, la Duchesse des Folies\nBergères, de joyeuse mémoire. Parmi les nouveautés promises, la\ndirection, certes, enregistrera un triomphe, grâce à la Famille du\nBrasseur de Tristan Bernard, la dernière œuvre du célèbre auteur de\nYA nglais tel q u ’on le parle.\n      O Eympia. — M. Fonson, décidément, fait des folies. L e /e ne\nsais quoi et les D eux courtisanes de Francis de Croisset, seront\n"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": 88, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2091, "texte": "                                      88   —\n\n\n\n  interprétés par Mœes Berthe CemyetFëlyne de l’Odéon, MM. Brûlé\n  créateur de Chérubin et Paul Plan. Le coquet théâtre se met du coup\n  au premier rang des scènes de comédie. Il est probable qu’une telle\n  affiche fera attendre longtemps celle de la traditionnelle revue.\n         La Robinière. — Sous réserves, nous pouvons annoncer\n  l’établissement permanent de la talentueuse et originale compagnie de\n  Francis Robin au Nouveau Théâtre. Cette bonne nouvelle réjouira les\n  admirateurs des gais chansonniers et interprètes des D eux jarretières\n  désonnais célèbres, de même que E n cage et les œuvres de Trézenik\n  aux arrières-goût savoureux d’un moderne Molière.\n         Vaudeville. — Les Gaîtés du veuvage font succéder un fou\n  rire égal à celui dont fut gratifié Bébé. Au cours de la saison plusieurs\n  nouveautés.\n         P alais d’ Été. — Changement de spectacle le Vendredi.\n  Attractions variées, exécutées par les célébrités des plus grands Music-\n  Hall du monde. Voir l'affiche du jour.\n         S cala. — Changement de spectacle le Samedi. Voir l’affiche du\n jour. Comiques et divettes des grands cafés-concerts de Paris. Revues.\n         Cirque W u lff. — Après avoir triomphé à Anvers, le cirque\n  Wulff reviendra cet hiver à Bruxelles. Comme nouveauté originale,\n nous y verrons une revue équestre de G. Garnir et d’Ed. Dewattine,\n l’heureux auteur de Zo-ot.\n         T héâtre Schenk. — L’ELYSÉE qui s’établit à l’Alhambra\n constitue un spectacle féerique et sensationnel par le merveilleux\n agencement de trucs et décors nouveaux. Voir l’affiche.\n         C oncerts Populasî=3S. — 12 et 13 Décembre, concert\n  B e r l i o z ; on y exécutera la symphonie dramatique Roméo et\n.-Juliette avec soli et chœurs ; 8-9 Janvier, le jeune et réputé violo-\npMste F. K r e i s l e r ; 27-28 Janvier, A. D e G r e e f , pianiste ; 18 -19\n'JWars, J. H o f f m a n n , le célèbre pianiste allemand. Nous donnerons\n  un compte-rendu détaillé de chacune de ces séances.\n\n\n\n             Imprimerie Ernest M a u r a u , Grand-Sablon, 19\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 74, "texte": "   Jeune\n     Effort\nI M archer franc dans la vie,\net dire ce qu’ on pense.\n\n\n\n\n                  S O M M A I R E\n       P rojets F uturs .                .    . L a Rédaction\n       Au Cœur F rais de la F orêt\n                        Camille Lemonnier\n       U n Miracle            .    .     . Gaston Pulings\n       L a P luie        . . . .              Gustave Cohen\n       L’Inévitable .              . H . L. Kraft-Fopper\n       R ê v e r i e .............................. Jules Bock\n       L’A mour          .    .    .       Maurice Lebègue\n       Chronique A rtistique\n                           Armand Deprins\n       Chronique T héatrale\n                          Armand Deprins\n\n          E . M A U R A U , I m p r im e u r - E d i t e u r\n                 G ra n d -S a b lo n , 19, B R U X E L L E S\n\n\n\n\n      P remière                                        Octobre\n                                       5\n             A nnée                                        1903\n\n\n     L e N u m é r o : 2 0 c e n tim e s\n"}, {"page_pdf": 75, "texte": "                                    — 70 —\n\n\n                JEUNE EFFORT\nME N S U E L         D’ART               ET      DE       LITTÉR ATU RE\n            AFFILIÉ A L’UNION DE LA PRESSE PÉRIODIQUE BELGE\n          ORGANE DES JEU N ES O U V ERT A TOUS\n                   Paraissant le 1er de chaque mois\n             Sera publié par souscriptions volontaires\n  Fondateurs : G . P u l i n g s     -   J. B o c k   -   L. d e C a s e m b r o o t\n                                   F. B o r d ie r\n\n\n Rédaction et Administration :\n                       5,   R ue      du      C o u ven t,   Ix e l l e s - r u x e l l e s\n\n      Pour la Critique d ’art et les T h éâtres, adresser les\ncom m u nication s rue d ’E d im b o u rg , 23.\n\n      T o u te souscription d ’au m oins 2 francs donne droit à\nun service de douze num éros.\n\n      Il sera    rendu com pte de tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n      Les m anuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n      N o u s autorisons la reproduction de nos articles sous la\ncondition expresse d ’en indiquer la source et le nom de\nl ’auteur.\n\n      La R e v u e laissant la plus grande liberté à ses collabo­\nrateurs, ne prend pas la responsabilité des articles q u ’elle\ninsère.\n"}, {"page_pdf": 76, "texte": "                             -   7 1 -\n\n\n\n\n                 P ro je ts fu tu rs\n      Voici que les Vacances sont finies : tous les oiseaux\n échappés sont rentrés en cage, l’hiver frappe à nos portes, on se\n prépare aux longues soirées familiales, durant lesquelles l’âme\n se retrempe aux bonnes lectures. Mais, tandis que chacun s’en\n allait vers les plages et les campagnes, en Juin, un groupe de\n jeunes fondait une très modeste revuette, le cy-présent\nJeuneEffort. L ’heure, disait-on, était mal choisie, car l’élite\n des lecteurs, les littéraires, partaient en villégiature.\n      Depuis, quatre mois se sont écoulés, durant lesquels nous\navons travaillé, peiné, labourant nos cerveaux, et tâchant d’en\n faire germer l'idée.\n      Maintenant que tout le monde est rentré au bercail, nous\nexposons le bilan de ces quatre mois d’essai en y ajoutant nos\nprojets futurs d’extension.\n      Ceux qui suivirent nos premiers pas, se rappellent la\ncouverture plus que modeste des deux premiers numéros ; à\nl’heure actuelle, un cadre élégant entoure notre sommaire ; et\nce sommaire lui-même, qui d’abord ne comptait que six articles,\ndès le numéro 2 en compte sept, pour monter à huit dans les\nnuméros 3 et 4, et, continuant sa marche ascendante, s’élève\naujourd’hui à dix articles. Quant aux collaborateurs, ils étaient\nquatre : les fondateurs ; aujourd’hui, notre phalange qui\ncompte parmi ses membres les plus pures gloires de la moderne\nlittérature belge, se chiffre à plus de quarante.\n      Quarante, ami lecteur, c’est un nombre, et c’est un nombre\nqui compte, parceque ce nombre est arrivé à grandir grâce à\nl’endurance des quatre premiers, et qu’il nous a Valu plus d’une\nsympathie et plus d’un encouragement, chez les maîtres et dans\n"}, {"page_pdf": 77, "texte": "                             —    72\n\n le public ; ainsi chacun des numéros à paraître contiendra au\n moins une page d’auteur célèbre.\n      Mais l’élan ne s’arrête pas là; il continue, et tous les jours\n de nouveaux adeptes, de nouveaux talents, de nouvelles âmes\n viennent s’adjoindre à nous. Aussi, c’est le cœur grand, les\nbras ouverts, que nous les recevons, pour faire tous ensemble\ncette course à l’Idéal.\n      Exemple des vieux, ardeurs des jeunes nous nous fraterni­\nsons, écoutant les anciens, les adm irant et surtout les suivant.\n     Notre Jeune E ffo rt, grâce donc à ses grands et bienveil­\nlants protecteurs commence une ère nouvelle et de tous nous\nattendons une cordiale sympathie, un bienfaisant encourage­\nment, E t pour cela venez à nous, vous vers qui nous sommes\nallés. D urant les soirées d’hiver, lisez ce que les jeu n es écrivent,\nsuivez leurs rêves, leurs espoirs, faites alliance avec eux, et\neux tout comme vous, lecteurs, constateront une fois de plus\nque l ’Union fait la Force !\n     Nous ne nous contenterons plus de l’imprimé pour propa­\nger nos naissantes conceptions, nos bourgeonnantes idées; nous\nvoulons des réunions intimes où vibre la parole fécondante.\nAussi dès cet hiver nous convierons nos abonnés à l'inaugura­\ntion d’un Cercle d 'A rt joint à notre revue, où seront données\ndes conférences toutes d’actualité C’est ainsi que nous pouvons\nannoncer deux réunions auquelles des artistes de talent prêteront\nleur concours ; durant la prem ière sera exposée l’œuvre de\nW agner illustrée d’auditions musicales. Le m aître tan t aimé\net aussi tan t incompris sera étudié de telle façon qu’en\nmêlant l’agréable à l’utile, chacun en sortant de ces conférences\nait pu s’initier au système W agnérien et s’intéresser, dès\nlors, aux magistrales exécutions de notre première scène\nlyrique. Ceci soit dit comme exemple, et sera répété chaque fois\nqu’à l’ordre du jour p araîtra le nom d’un auteur de talent et de\ngrand intérêt d’étude, ou peu connu du public.\n     De plus, notre Cercle d’A r t ainsi joint à notre revue,\nconviera ses amis et abonnés et leurs familles, à plusieurs\n"}, {"page_pdf": 78, "texte": "                                            —      73 —\n\nfêtes littéraires, dramatiques, musicales, (augmentées plus tard\nd’expositions artistiques), où seront exécutées des œuvres\nneuves, livrées ainsi à l’appréciation du grand public.\n     L’avenir s’ouvre plus large encore : des idées nouvelles\nnous tourm entent, l’extension nous envahit, notre ardeur\ndemande plus d’ouvrage et plus de grandeur. Nous voulons\nque tous en soient les témoins, et c’est pour celà que dans le pro­\nchain numéro, nous exposerons notre programme futur.\n     Lecteurs, vous nous avez connu revuette ; nous espérons\nque vous nous connaîtrez revue.\n                                           LA RÉDACTION\n\n                    C O L L A B O R A T E UERS\n\n                                     C om ité de L e c tu r e\n                      G a sto n   P U L I N G S , Rédacteur en chef, fondateur\n                      J u les   B O C K , Rédacteur en chef, fondateur\n                      Louis d e C A S E M B R O O T , Rédacteur, fondateur\n                      F ernand     B O R D IE R , Rédacteur, fondateur\n                      A rmand     D E P R I N S , C ritique d’art\n\n     A ndré B A I L L O N                                  M aurice L E B Ê G U E\n     M aria B I E R M É                                    J o seph   LECOMTE\n     L udovic B O U S E R E Z                              C amille L E M O N N I E R\n     L. B R A C O N Y                                      O scar L I E D E L\n     G u sta v e   COHEN                                   A ndré L I Z I N\n    Com te d e B R É G L A N                               H enri M E R C I E R\n    M aurice des O M B I A U X                             P aul M U S S C H E\n    C amille D A M M A N                                   E douard N E D\n    E rnest d ’Y P R E S                                   R ay N Y S T\n    P ierre F A U C O N N I E R                            E dmond P I C A R D\n    C harles F L A R R Y                                   C eorges R A M A E K E R S\n    V alère G I L L E                                      G eorges R E N C Y\n\n    F ranz H E L L E N S                                   R enaud S T R I V A Y\n    G a st o n     HEUX                                   F ranz V A N L E N T E\n    L ucian K R A F T - F O P P E R                       H enri V A L E R E D O\n    M a u r ic e   KUFFERATH                              E mile V E R H A E R E N\n"}, {"page_pdf": 79, "texte": "                               - 74 -\n\n\n\n\n          AU CŒUR FRAIS DE LA FORÊT\n                          LES ABEILLES\n          Les abeilles avaient élu l'arbre pour y bâtir la ruche ;\nniais avec le temps à leur tour elles avaient essaimé. De la cité\nprim itive d’autres cités étaient sorties qui également s’étaient\nfixées dans le voisinage des bruyères. Ensemble elles lui don­\nnaient en abondance le miel et la cire : il ne gardait que le miel,\nil portait la cire au couvent des Pères. Elles connaissaient leur\nm aître : il s’avança jusqu’au seuil de la ruche et aucune ne lui\nfaisait du mal. Leur vol l’effleurait et ensuite se repliait au bord\nde l'ouverture ou se dispersait par dessus les jardins fleuris de\nla friche. Un long frisson vermeil vibrait dans l’air, un vent\nd’or comme l’été aux portes d’une ville. P a r multitudes, du\nflot d’un fleuve elles entraient, sortaient, ronflaient. Autour de\nson grand front d’ancêtre elles avaient l’air d’être le tourbillon\nde ses pensées. E t nous étions là : moi muet et frémissant,\nIule poussant des petits cris, tous deux secoués d’une joie\nintérieure devant cette image de la vie.\n     Nous connaissions le gîte des lapins, les galeries de la taupe,\nle dédale des fourmilières ; nous ignorions encore la maison\ndes abeilles, les porches blonds, le miracle des sucs de la terre\nchangés en gâteaux parfumés. Un peuple infiniment travaillait\nderrière les cloisons, distillait les essences, faisant là à petites\nfois une chose d’éternité. Et j’étais saisi de respect comme devant\nun mystère, une force plus grande que celle qui était en moi.\nToute la forêt bruissait d’un vol subtil d’esprits, cependant que\nle vieillard expliquait les cellules, les mâles et les reines, la ponte\ndes œufs, le drame d’am our et de m ort duquel sans fin renais­\nsait la ruche bourdonnante. Iule alors eut la question naïve\nde l’enfant :\n"}, {"page_pdf": 80, "texte": "                           — 75\n\n     — Dis-nous, père, qui leur apprit tout cela ?\n    Voilà, c’était la même chose qu'elle et moi avions dite\ndevant le ruisseau, l’arbre, le fruit et l’aurore. Elle nous reve­\nnait toujours aux lèvres et personne encore ne nous avait\nrépondu. Notre âme en nous se tourmentait comme un aveugle\ndans une maison sans portes. Nous ne savions pas que cette\nmême question, les hommes des âges l'avaient faite avant nous ;\net à ceux-là non plus l’eau ni le vent ni les autres prodiges du\nmonde n’avaient répondu.\n                                    C a m i ll e LEMONNIER\n\n\n\n\n                UN M I RA\n                        CL E\n     Tiens, bonjour Marie Joseph; le chien n’a pas aboyé ce\nsoir. Est-il malade?\n     — Oh ! Monsieur, il se trouve près de son maître, le saint\nhomme agonise.\n     — Vous dites Marie-Joseph que M. le Curé se meurt.\n     — Oui Monsieur, il est là-haut — et dire qu’il a encore\ncélébré la messe ce matin.\n     D’un bond je fus sa chambre, il était temps, car à mon\nentrée ses yeux s’ouvrirent pour la dernière fois, il rendait\nl’âme à Dieu. Seul dans la chambre un cousin veillait, c’était\nsa dernière parenté ; à côté de lui couché sur le tapis, le petit\nchien attendait que son maître se réveilla,\n     Je viens donc me joindre à eux, et garder l’ami qui tant\nde fois m’avait conseillé le bon chemin. Dire qu’il est mort,\nqu’il y a huit jours, il nous racontait encore une histoire de\njeunesse, qu’il croyait neuve, et qu’il nous répétait pour la\n"}, {"page_pdf": 81, "texte": "                             _   76 —\n\n dixième fois au moins; que ce matin même il disait encore sa\n messe. Il avait bien une maladie de cœur mais sait-on combien\n cela dure. Cela devait durer quelques heures, l’espace d’un rêve.\n      Je l’aimais ce vieux curé parcequ’il comprenait sa mission,\n comme une vrai disciple du Christ. II ne s’occupait que de son vil­\n lage du salut de son troupeau. Peu lui im portait les bruits de l’ex­\n térieur, les tripotages de la politique ; il ne connaissait que son\n église, il n’aimait que ses enfants. Oh pour eux tout, pour eux jus­\n qu’au bout. Il le voulut il le fit. Son argent était aux pauvres, son\npain aux affamés, son cœur pour tous et pour tout. Il était né a\nla frontière Belgo-Allemande, et toujours il avait gardé son\naccent germanique, qui me faisait bien souvent sourire quand\nil parlait, car il aimait tan t de causer. C’était un vieux\nprofesseur de quatrième au séminaire de B... E t il contait ses\naventures, parlait de ses anciens élèves. Un avocat là ; l’autre\ncuré à la paroisse voisine. Curé comme lui; mais il ne s’en­\nplaignait pas ; ou lui avait offert une place plus importante,\nun doyenné ; il avait tout refusé, il voulait garder sa paroisse,\nson vieux presbytère, ses anciennes habitudes, son troupeau.\n     Ne les avait-il pas vu naître, baptiser, m arier ? ne devait\nil pas les guider? Les guider p ar ses sermons qui consis­\ntaient plus souvent, en une lecture dans un livre pieux, qu’une\nimprovisation...\n     Mais la nuit avançait, et je veillais toujours me rappe­\nlant toutes ces choses, toutes ces bonnes soirées passées\nensemble.\n     Peu à peu le jour apparaissait radieux. Je m’en retournai\njusqu’au surlendemain jour de l'enterrem ent.\n                                      *\n                                     * *\n     De grand matin les cloches sonnent, fermiers, paysans,\narrivent à l’église enterrer le saint, comme ils l’appelaient.\nChacun se range silencieux, a droite les hommes, a gauche\nles femmes. Personne n’attend comme aux messes ordinaires,\n"}, {"page_pdf": 82, "texte": "                                 77 —\n\n  sur la place de l’église, pour voir passer les jolies filles :\n  aujourd’hui chacun va directement a sa place, les visages\n  sont tristes, et plus d’un oeil se mouille.\n      Ils l’avaient tant aimé.\n      L’église est tendue de noir, le grand Christ incline plus for­\n  tem ent la tête regardant le départ de son vieux serviteur. Tout\n  respire la douleur. Les saints ont l’air plus grave, la Vierge\n  semble pleurer, l’orgue a un ton voilé. La Messe commençait,\n  célébrée p ar les curés des paroisses voisines. Des chan­\n  teurs entonnèrent le De Profondis, et tout s’emplit d’un\n air de Messe de Mort. E t de nouveau les souvenirs\n revinrent ; car peut-on prier aux funérailles de parents ou\n d’amis, trop de larmes, de tristesse, de souvenirs encombrent\n l’esprit, pour que l’on puisse implorer la miséricorde divine.\n Je pensais toujours à lui : à ses rares visites à Bruxelles, où\n il semblait si perdu dans les rum eurs de la grande ville, à la\n seule colère que je lui eusse connu.\n      C’était l’année dernière : des ingénieurs vinrent dans le pays\n à la recherche d’une mine de fer.\n      Après plusieurs sondements qui amenèrent de bons résul­\ntats, la compagnie offrit d’acheter les terrains a cinq cents\nfrancs l’hectare, et, comme à cette époque ils étaient bien moins\nchers, les paysans n’avaient pas hésité a sacrifier leur terre.\n      Un seul avait résisté et demandait deux [mille francs.\nSachant celà le vieux curé s’était indigné. Comment, disait-il à\nses paroissiens, vous sacrifiez ainsi vos terrains ; certes, la\nCompagnie vous offre actuellement un bon prix, mais qui\nvous dit que les terrains n’augm enteront pas, et alors, vous\naurez toujours cinq cents francs. Ah ! si tous vous aviez\nfait comme Nicolas Grandange, demandé deux mille francs ;\nla Compagnie aurait du plier, et vous étiez assurés pour\nl’avenir. E t quand il me vit il me conta de nouveau l’his­\ntoire, la colère sur le front et la voix enrouée...\n"}, {"page_pdf": 83, "texte": "                              78   -\n\n     Les orgues se turent, la messe finissait. L ’on souleva\nle cercueil de l’ancien pasteur pour le conduire au nouveau\ncimetière, ou il veillerait encore sur les tombes des derniers\nmorts. Quand, tout à coup la planche du fond se détacha,\net livide, blanc, inamovible, le vieux curé tomba sur le pavé\nde l’église. Alors tous les villageois s’enfuirent en criant au\nmiracle :\n    — Au miracle, Monsieur le curé est ressucité !\n    Non, il était bien mort, mais il voulait une fois encore\nsaluer sa vieille église de l’adieu éternel.\n                                          G aston   PULINGS\n\n\n\n\n                       L a P lu ie\n                           Susurrante\n                             E t lente\n                         Languissante\n                           E t léchante\n                       Tombe la pluie ;\n                        E t grève et mer\n                       Ombrées de suie,\n                        Ou gris de fer,\n                  Lentement s'endorment\n                     Sous le voile énorme\n                   De la pluie qui tombe.\n                  E t dans ce linceul blanc\n                   Comme dans la tombe,\n"}, {"page_pdf": 84, "texte": "                               79 —\n\n                       Le flot s'endort,\n                   Sans u n p li troublant\n                      Sa sur face polie :\n                      La mer est morte,\n                         Ensevelie.\n                      Le vent emporte,\n                        Léger bruit\n                          Qui fu it,\n                  Le sanglot de son agonie.\n                                              G u sta v e   COHEN\n\n\n\n\n             L’INÉVITABLE\n                        ROMAN     INÉDIT\n\n\n                     I . L ’É M E R A U D E\n    Le duc m argrave von Detmund-Falkenstein fumait son\ncigare dans la verandah de son château. Lentement il s’en­\ntourait d’un nuage de fumée bleuâtre et aromatique, tout\nen se berçant, la tète en arrière, au rythm e régulier de\nson ro cking-chair. Ses yeux mi-clos se perdaient dans une\nrêverie évocatrice de temps heureux, car il souriait d’un\nsourire infiniment doux, quoique un pli creusa par instants\nson front.\n    Tout-à-coup, la porte du fond s’ouvrit, laissant passer\nle docteur Hans von Muller.\n    Vivement le m argrave se leva, se porta à la rencontre\ndu nouveau venu, lui serra les mains, et, avec une vivacité\nanxieuse, interrogea :\n    — Eh bien ?\n"}, {"page_pdf": 85, "texte": "                           — 8o —\n\n     — Eh bien, répondit le docteur, il n’y a plus de doute.\n     Detmund poussa un soupir de soulagement, le soupir\n qui lève de la poitrine un grand poids d’angoisse, et la ride\nqui plissait son front se détendit. Puis, sans ajouter un mot,\nil présenta un fauteuil au docteur et s’assit lui-même devant\nson ami. Detmund attendit que son commensal fut commodé­\nment installé, puis, lui ayant offert un cigare, il renouvela sa\nquestion :\n     — Eh bien ?\n     von Muller tira une bouffée qu’il lança rapidement vers\nle plafond et répondit :\n     — Mon cher, j ’ai étudié votre cas de la manière la plus\napprofondie et la plus attentive. En âme et conscience, en\ntoute bonne foi, je vous certifie que vous ne pouvez plus\navoir d’enfants.\n     A ces mots, le visage de Detmund s’em pourpra violemment\net se levant d’un bond, le m argrave s’écria :\n     — Oh ! merci pour la bonne nouvelle !\n     Et, comme le médecin le regardait d’un air étonné, le duc\najouta :\n     — Maintenant ma vie ne s’écoulera plus solitaire, je vais\npouvoir me marier.\n     L’œil de von Muller s’arrondissait, inquiet. Il considérait\nson ami d’un air significatif, se demandant si un léger grain\nde folie n’avait pas attaqué son cerveau. A pas larges, Detmund\nparcourait la vérandah. Il tirait sa barbe grise d’un geste\nnerveux et passait dans sa léonine chevelure une main blanche\noù luisait une émeraude. Soudain il s’arrêta brusquement\ndevant la visible inquiétude de son ami et p artit d’un grand\néclat de rire qui ébranla les vitres, rire nerveux, brutal,\nsaccadé comme un hennissement de cheval en détresse.\n     — Je comprends ton étonnement, s’écria le duc. C'est\nassez bizarre, en effet, qu’un homme heureux de chasser la\n"}, {"page_pdf": 86, "texte": "                           — 81 —\n\n solitude déprimante par la venue d’une jeune épouse, laisse\n éclater sa jubilation en apprenant son impuissance à devenir\n père. E t il rit de nouveau.\n      Un silence se fit, grave, entre les deux hommes. Detmund\n s’était rassit et tirait de nouveau et à coups rapides, des\n bouffées bleuâtres. Il vidait à longs traits son hanap de clair\n Rüdesheim et son ami le médecin, les jambes croisées, con­\n templait minutieusement le duc. C’était un silence profond,\n le silence méditatif des dieux germaniques, énorme et bruissant\n d’idées, durant lequel s’établit, entre les penseurs, une sorte\n de télépathie, car ils songent l’un et l’autre et se comprennent\nd’un regard. Puis, tout d’un coup, répondant à l’interrogation\n mentale que lui posait von Muller, le m argrave lui prit la\n main et, d’une voix plus calme quoique trem blant encore, il dit:\n      — Vois-tu, mon cher ami, à mon âge on peut encore se\nm arier quand on est vaillant et point renfrogné. Sous ces\npoints là, je défierais pas mal de jeunes. Je puis encore offrir\n mon bras à une jeune épouse et redresser ma cambrure en\ntraversant un salon. Ma femme ne rougirait pas de son\népoux, oh non ! Mais être père à cinquante ans ! Jouer un\nrôle de jeune papa, et m’extasier, en le berçant, des grimaces\nd’un poupon braillard, non, cent fois non ! Je ne consens point\nà n’être que père, alors qu’il est de mon âge d’être grand-père.\nE t d’ailleurs, dans vingt ans je serai vieux tout-à-fait, et\nincapable de guider encore mon enfant dans l’aurore de vie\nqui commencera pour lui, tandis que moi je serai presque\nnoyé dans les crépuscules de la m ort prochaine... E t puis, tu\nsais, toi mieux que quiconque, qu’un enfant de père sénile\nn’est jamais d’une constitution bien vigoureuse... Comprends-\ntu, cher, pourquoi je suis très heureux de la nouvelle que tu\nm’apportes ?\n     A toutes ces objections, le docteur ne répondait que par\nun regard incrédule, un regard d’investigation qui prit une\n"}, {"page_pdf": 87, "texte": "                             — 82 —\n\ntelle fixité douloureuse, que Detmund sentit bien que tout ce\nqu’il venait de dire, von Muller ne le croyait pas. Il s’aperçut\nalors, dans le nouveau silence, que sa voix avait tremblé et\nque le tremblement était resté dans sa gorge. Le regard de\nMuller pesait tellement sur le m argrave, qu’il baissa les\nyeux; mais dans cet instinctif mouvement, ces yeux humiliés,\nqui n’osaient plus regarder en face, rencontrèrent l’émeraude\nqui languissait, énigmatique, à son doigt sur le cercle d’or de l’an­\nneau ; brusquement à ce contact, un sanglot déchira la poitrine de\nDetmund. Il se mit à pleurer abondam m ent; longtemps de\nbienfaisantes larmes coulèrent sur ses joues, tom bèrent sur\nses mains, humectant, de leur claire rosée, la pierre verte qui\nse mit à briller d’un éclat plus vif; irradiée par cette pluie\nlacrymale, elle sembla pleurer elle-même et joignit ses reflets\nangoureux et glauques aux rayons de cuivre que lançait le\nsoleil de derrière les montagnes où il se cachait. Lorsque\nle m argrave fut apaisé, son regard rencontra de nouveau celui\nde von Muller ému, mais il ne se déroba plus. L’heure de la\nconfidence était proche et le m argrave soupirant profondément,\ns’écria :\n     — Oui, cher Hans, tu avais raison de ne pas croire tout\nce que je t ’ai raconté. Oui, je mentais et tu le sentais bien\ndans le tremblement de m a voix menteuse. Ton regard était\nun reproche, et tu ne m’interrogeais pas ! Mais tu sauras\ntout, toi qui fut mon fidèle et mon véritable seul ami. Il est un\nsecret que, jusqu’ici, à tous, j’ai caché soigneusement, jalou­\nsement, Mais le sort inévitable qui conduit mon existence,\nme force à le révéler, et c’est un grand poids qui se lève\nde ma poitrine oppressée. Oui, l’inévitable s’est accroché\nà mon âme, il la guide et la force à vaincre ma propre\nvolonté. E t c’est lui qui, tantôt, m’a jeté son regard hypno­\ntique, parmi les verts éclairs de cette pierre enveloppée des\njets pourprés du soleil couchant. L’émeraude a parlé par sa\n"}, {"page_pdf": 88, "texte": "                                       -        83 _\n\n\nvoix, il faut que je parle aussi m aintenant et tu sauras pourquoi\nsi je puis encore être époux, je ne veux plus être père.\n    (A suivre)                       H. L. K R A F T -F OPPE R\n                                               T ra d u it de l’allem and p ar A rmand D E P R IN S\n\n\n\n\n                                   Rêverie\n                                                                  A M adam e A . F .\n\n                L ’angélus plane e n c o r ainsi q u ’u n e m o u e tte ...\n                Q u e lq u e pic ard en n ais s u r le soleil m o u ra n t\n                É c h a n c re a b ru p te m e n t sa n o ire silh o u ette,\n                C o m m e un d rap eau de d eu il s u r u n e m e r de sang.\n\n                D es p ro fo n d eu rs d u v al, len tem en t la n u it so rt\n                E t ra m p e v e rs la crête, o ù p erch e u n e corneille.\n                E t le ru isse a u lu tin seule chose q u i veille,\n                C oule in d ifférem m en t o ù le c o n d u it so n so rt.\n\n                O h ! com m e il ferait b o n , éten d u s u r son b o rd ,\n                D e se n tir len tem en t, to u t l’o rg eu il q u i én iv re\n                D isp a ra ître d u c œ u r et le r e n d re plus fo rt ;\n                P o u r affro n ter la m o rt, tan t on est las de vivre.\n\n                                                             J ules    BOCK\n\n\n\n\n                                  L’Amour\n              L ’a m o u r ! ... U n ra y o n d ’o r, un su b lim e flam beau,\n              Q u i d irig e n o s pas v e rs u n b u t n o b le e t b eau ,\n              U n so u rire éclairan t p arfo is u n fro n t m o ro se ,\n              C ’est le songe d ’u n so ir, c’est u n e d ouce chose.\n\n              L ’a m o u r ! ... c’est le ciel b leu , c’e st le ch an t de l’o iseau,\n              L a n a tu re , les fleurs, le d o u x b r u it d u ru isse a u ,\n              T o u t ce q u i p arle a u c œ u r, la n u it q u a n d to u t rep o se ;\n              C ’e st l’a z u r étoilé, l ’air e m b a u m é de ro se .\n"}, {"page_pdf": 89, "texte": "                                   -     84 -\n\n              Un rêve que l’on peut bercer seul en son cœur\n             Sans craindre le regard ironique et m oqueur\n             U n but, un idéal, que l'on poursuit sans cesse.\n\n             Une ly re chantant hier un air vainqueur,\n             E t pleurant aujourd’hui de peine et de douleur,\n             C ’ est un rire mêlé de larm e et de tristesse.\n                                             M a u r ic e L E B Ê G U E\n\n\n\n\n             Chronique Artistique\n        LE S A L O N\n\n     L’immense foire aux toiles qu’abrite le grand Hall est le\nsujet de toutes les conversations et de beaucoup d’observa­\ntions. Je ne fais ici qu’en relater quelques-unes que j’ai trouvées\njustes, telles qu’elles me sont arrivées à l'oreille. Tout d’abord\nil y a lieu de protester contre l’indifférence du jury envers les\nconcurrents au prix Godecharle ; de tous les envois marqués\nau catalogue, je n’en ai trouvé que six exposés à l'ouverture. L’ex­\nposition est faite surtout pour encourager les jeunes et ceux-là\nsont négligés! E t puis quel chaos ! Alors qu’il était si simple de\nmarquer, à côté du titre, le numéro de la salle, ainsi qu’on l’a\nfait il y à trois ans, on s’en était sagement abstenu cette fois, de\nsorte que c’était un véritable voyage que de rechercher une\nœuvre. On s’accorde à trouver l’ensemble d’une moyenne très\ngénérale ; mais d’ailleurs, une vaste exhibition comme celle-ci\nne peut qu’être défavorable aux œuvres. Telle pièce, isolée,\nproduira un effet certain, tandis qu'accottée de nombreuses\nautres, son émotion en sera nécessairement diminuée. Quant\naux six Godecharle exposés, la Vénus, de Thomas, est réelle­\nment interressante à étudier dans affadissement de veules et\nsymboliques couleurs. La Sainte-Cécile, de Tytgat, fait une\n"}, {"page_pdf": 90, "texte": "                                 -    85 -\n\n\n juste opposition à ce réalisme, par une recherche de llou\n azuré, noyé d’encens et de brumes angéliques, qui ne manque\n point de charme. L ’Aigle du Casque, de Van Holder, ainsi que\n XOtage, de Bertrand, attestent une belle vigueur. M. Paulus a\n consciemment traduit Dante, dans son Paolo et Francesca, et\n M«'Ue Demoulin, de façon très simple, a mis de rémotion dans son\n élégie : Le Poète est Mort. A l’heure où nous mettons sous presse\n se fait l’ouverture de la nouvelle salle consacrée aux m artyrs\n du concours Godecharle. Nous en parlerons plus tard.\n                                           Armand DEPRINS\n\n\n\n\n                 Chronique Théâtrale\n      M o n n a ie . — Lohengrin nous fit apprécier M me Strakosch, et\n Lakm è, M. Delmas, nouvelles recrues. Les autres interprètes nous\n étaient bien connus et défilèrent tour à tour dans ILamlet, Rigoletto\n  et Le Maître de Chapelle. Mais le plat de résistance était sans con­\n tredit Le Prophète dont la reprise avait l ’attrait d’une première pour\n  la nouvelle génération. Quoi qu’on dise, l ’œuvre de M eyerbeer est\n  bien bruyante et bien lourde et sans le réel talent et la vaillance de\n  ses interpiètes, elle n ’aurait certes point eu le regain de faveur qu’elle\n   obtient. Dalm orès, comme toujours, se dépense sans com pter; M me\n  Gerville-Réache est la digne élève de Pauline Viardot et récolte une\n  bonne part d’un succès mérité. Quand à M e,lc Roland que nous avions\n  eu la bonne fortune d’entendre concourir en Juillet, l’excellente impres­\n  sion qu’elle nous avait produite ne s’est point démentie à la scène.\n' Nous avons, nous autres jeunes, un réel plaisir à signaler le succès\n  d ’artistes jeunes. Aussi, crions nous bravo ! à la charmante Berthe qui\n  d ’ailleurs, douée d’un physique intelligent, d’une voix ample et d’un\n  instinct dramatique assuré, fera une brillante carrière.\n      P a r c — Curieuse avant-saison. C ’est d’abord le spirituel Ché­\n"}, {"page_pdf": 91, "texte": "                               — 86 —\n\nru b in cédant la place aux héroïnes extatiques de Maeterlinck. Puis\nc’est la mutine Polaire, la Claudine préférée de W illy. A peine B al­\nzac a-t-il disparu de l'affiche avec sa Rabouilleuse, que Blanche\nToutain, 1' Yvette d ’exquise mémoire vient, du 2 au 5, détailler le\nfin monologue de la Souris de Pailleron. Alors parait la grande Sarah\ntour à tour Tosca, P lu s que Reine, Dame a u x Camélias, Sapho.\nCe qui nous mène droit au 10 , réouverture définitive de la saison d’hiver\navec Joujou de Bernstein qui fit courir tout Paris. Parmi les nou­\nveautés annoncées, M M . Darman et Reding sèmeront d'heureuses\nreprises, jugez-en, voici le tableau: L ’A u tre Danger, Les A ffaires\nsont les affaires, L'Irrésolu, L ’Indiscret, Conte d'A vril, pièces\nde réputation déjà faite, plus le Retour de Jérusalem, de D onnay,\nencore inédit, et 1 e Monde où Von s'ennuie, YE n fa n t prodigue, la\nPetite Fonctionnaire. Quant aux matinées littéraires, on devra\nporter à cinq, le nombre des séries. C ’est tout dire. Au program m e:\nThéâtre comique d u Moyen-Age, conférencier: M. W ilmotte. La\nComédie d ’il y a 100 ans, conférencier : M. Jean Bernard. Athalie ;\nle M enteur ; Sardou, son théâtre, son époque, conférencier: M.\nA. Giraud ; Lessing, conférencier : M . Dwelshauwers. Sont engagés\nen représentations, Jane Hading, pour la Chatelaine; de Féraudy et\nG uitry. Sont réengagés, M M . Paulet, Roger, Jahan e tM M mes Franquet\net De Villers qui, avec les nouvelles recrues, M .Gauthier et M mes Porny,\nGérard et Reine, nous feront passer encore d’excellentes soirées.\n     M o liè re . — Le sympatique directeur, M. Munié, a fait un très\njuste raisonnement. Il a constaté que les pièces refusées à Paris sont\nacclamées à Bruxelles. Exem ples : Faust, Carmen, Fervaal,\nl'E tranger, Chérubin, pour ne citer que les principales. Il fera, de\ncet état de choses un système et nous aurons la bonne fortune d’avoir\nan Molière, de vraies premières, qui nous feront connaître ’des pièces\nnon jouées à Paris. Dés à présent, la réouverture se fera par Ma Bergère\nde M M . José et Dumur, les auteurs du M aquignon tant applaudis\nactuellement au Théâtre Sarah Bernard. Puis viendront 3 actes de\n M M . Calmette et Rebout provisoirement intitulés : Les je u x sont\nfaits, et Morte saison de M . Vérin. Ceci n ’est qu’un faible aperçu\n des nouveautés parmi lesquelles des succès récents viendront s ’incrus­\n"}, {"page_pdf": 92, "texte": "                               -   87 -\n\n\n  ter tels: CrinqUebille, d’Anatole France et Petite Mère, de Ber-\n    gerat. Chacun apprendra avec plaisir le réengagement de MMmcs\n   Ninove et Ety, les talentueuses interprètes du Joug. Enfin, ce qui\n   sera un régal, grâce au réel discernement artistique deM. Munié, le\n   Molière donnera cinq matinées littéraires consacrées : au théâtre\n  grec, au théâtre latin, au théâtre du moyen-âge, au théâtre\n  classique et au théâtre roman tique. Voilà qui promet d’intéressants\n   spectacles, aussi c’est de tout cœur que nous souhaitons au vaillant\n  directeur, un très grand succès qui, certainement, n’est point douteux.\n        G a le r ie s . — Mariette Sully nous revient pour six semaines\n  dans la Poupée et les P ’tites Michu. C’est assez dire que le théâtre\n  sera pris d’assaut. Une nouvelle troupe, où les joyeux comiques reste­\n  ront, fera ses débuts ayant en tête M. Barthel, de la Gaité. Puis vien­\n dra la revue de G. Garnir, B ruxelles tout le monde décent dont\n  ou dit monts et merveilles et que sa commère, Thérèse Cernay, con­\n  duira plus loin qu’à la centième, ce n’est pas trop dire. Et Jane Petit\n reviendra ensuite se faire applaudir dans une création et un ouvrage\n de son répertoire. Voilà qui présage une saison fructueuse.\n       AI ha m tara. — Décidément ce Tour du monde à pied est un\n succès, très grand succès. Les fidèles habitués de la grande scène du\n bas de la ville ont été gâtés par la direction. C’est une réelle féerie\n avec ballets, cortèges, batailles, explosions; rien n’y manque, pas même\n l’attrait d’une action dramatique se poursuivant en de nombreux et\nvariés décors. Et puis, il y a moustache, le chien savant ! et un Cake-\nWalk savamment dansé, autant de clous à succès. La troupe entière\ns’est fait applaudir maintes fois en de multiples rappels. En Octobre, il\ny aura trêve. Le théâtre sera loué à une troupe allemande, et la direc­\ntion, durant ce temps, préparera des surprises à ses habitués.\n       Al c az ar . — Pour la réouverture, la Duchesse des Folies\nBergères, de joyeuse mémoire. Parmi les nouveautés promises, la\ndirection, certes, enregistrera un triomphe, grâce à la Famille du\nBrasseur de Tristan Bernard, la dernière œuvre du célèbre auteur de\nYA nglais tel q u ’on le parle.\n      O Eympia. — M. Fonson, décidément, fait des folies. L e /e ne\nsais quoi et les D eux courtisanes de Francis de Croisset, seront\n"}, {"page_pdf": 93, "texte": "                                      88   —\n\n\n\n  interprétés par Mœes Berthe CemyetFëlyne de l’Odéon, MM. Brûlé\n  créateur de Chérubin et Paul Plan. Le coquet théâtre se met du coup\n  au premier rang des scènes de comédie. Il est probable qu’une telle\n  affiche fera attendre longtemps celle de la traditionnelle revue.\n         La Robinière. — Sous réserves, nous pouvons annoncer\n  l’établissement permanent de la talentueuse et originale compagnie de\n  Francis Robin au Nouveau Théâtre. Cette bonne nouvelle réjouira les\n  admirateurs des gais chansonniers et interprètes des D eux jarretières\n  désonnais célèbres, de même que E n cage et les œuvres de Trézenik\n  aux arrières-goût savoureux d’un moderne Molière.\n         Vaudeville. — Les Gaîtés du veuvage font succéder un fou\n  rire égal à celui dont fut gratifié Bébé. Au cours de la saison plusieurs\n  nouveautés.\n         P alais d’ Été. — Changement de spectacle le Vendredi.\n  Attractions variées, exécutées par les célébrités des plus grands Music-\n  Hall du monde. Voir l'affiche du jour.\n         S cala. — Changement de spectacle le Samedi. Voir l’affiche du\n jour. Comiques et divettes des grands cafés-concerts de Paris. Revues.\n         Cirque W u lff. — Après avoir triomphé à Anvers, le cirque\n  Wulff reviendra cet hiver à Bruxelles. Comme nouveauté originale,\n nous y verrons une revue équestre de G. Garnir et d’Ed. Dewattine,\n l’heureux auteur de Zo-ot.\n         T héâtre Schenk. — L’ELYSÉE qui s’établit à l’Alhambra\n constitue un spectacle féerique et sensationnel par le merveilleux\n agencement de trucs et décors nouveaux. Voir l’affiche.\n         C oncerts Populasî=3S. — 12 et 13 Décembre, concert\n  B e r l i o z ; on y exécutera la symphonie dramatique Roméo et\n.-Juliette avec soli et chœurs ; 8-9 Janvier, le jeune et réputé violo-\npMste F. K r e i s l e r ; 27-28 Janvier, A. D e G r e e f , pianiste ; 18 -19\n'JWars, J. H o f f m a n n , le célèbre pianiste allemand. Nous donnerons\n  un compte-rendu détaillé de chacune de ces séances.\n\n\n\n             Imprimerie Ernest M a u r a u , Grand-Sablon, 19\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 5, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1903-10", "signet_source": "Première année - N°5 - Octobre 1903", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 74", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}