{"numero_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-001", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Jeune Effort", "ancre_fin": "d ir e ce q u ’on pense.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "S O M M A I R E", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 110, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 115, "texte": "Jeune\n    EffortM ar ch er franc dans la vie,\n      et d ir e ce q u ’on pense.\n\n\n\n\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-002", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "S O M M A I R E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 110, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 115, "fin_caractere_exclue": 1459, "texte": "S O M M A I R E\n\n                                                    £\nL e B r a c o n n ie r .......................... M a u r i c e          des     O m b iau x\n\nA cte de F o i ................................                 A rm a n d D ep rin s\n\nV e illé e de S o ld a t .....................                  H enri V a le re d o\n\nC h r y s a n t h è m e s .....................                 T h é o H annon\n\nJa rd in s d ’E sp a g n e . . . . .                            P ie rre B a u tier\n\nL ’In é v it a b le ................................H . L . K r a f t - E o p p e r\nM a x W a l l e r ................................              H enri L ieb rech t\n\nL e S i ll o n ..........................................       M arcel A ngenot\n\n C om m e v a le R u isse a u                               .   G eorges R ency\n\n E t v o ilà com m ent . . . .                                  G a s to n P u lin g s\n\n L e ttre à L o u is M oreau                                .   J u le s B ock\n\n Chronique T h éâtrale                               . .        A rm a n d D ep rin s\n\n N o u v e ll e s .....................................         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P u l i n g s — J. B o c k — L. d e             C asem b ro o t\n\n                                 F. 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Pour trom per les perdrix, les cail­\n  les et les faisans, point ne lui était besoin de chanterelle ni d ’ap­\n  peaux, les lèvres et la langue lui suffisaient.\n      Si les gendarm es cernaient son enclos pour surveiller sa\n  sortie ou sa rentrée, l’aboi des chiens lui signalait le danger.\n  S ’il était poursuivi, il rendonnait à travers les bois et les\n champs et dépistait, comme il voulait, ceux qui couraient\n après lui. Quelques visites domiciliaires pratiquées chez lui\n n ’avaient fait découvrir aucune trace de poil ou de plumes.\n Comme arme on n ’avait trouvé q u ’un fusil à pierre datant de\n l ’empire.\n        En forêt, les gardes entendaient un coup de feu. Ils\n voyaient la fumée monter dans la ram ure des arbres ; quelque­\n fois ils apercevaient la silhouette fuyante d ’un homme portant\n un chevreuil sur les épaules et prenaient leur élan à travers\nles taillis. Mais, arrivés à l’endroit où l ’on sentait encore\nl’odeur de la poudre, ils avaient beau suivre la piste que leur\nindiquaient les brindilles cassées, la mousse foulée et quelques\ngouttes de sang, le mystérieux chasseur avait disparu Comme\ns ’il se fut métamorphosé en arbre ou évanoui dans les airs.\n        Un seul garde eut pu fournir quelques détails, mais lors­\nqu’on l’avait retrouvé dans un endroit qui portait les traces\nd ’une lutte acharnée, sa langue pendait, violette, hors de la\nbouche couverte d ’une écume sanglante. Il avait été étranglé;\nson fusil, contenant deux douilles vides, gisait à côté de lui.\n        Cela tenait de la sorcellerie. Les vieilles femmes disaient\nque le loup-garou de leur enfance était revenu. D ’autres pré­\n"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": 106, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2188, "texte": "                            — 106—\n\ntendaient que c' était le chasseur noir et q u ’il arriv erait mal­\nheur à quiconque le troublerait dans sa ronde. Les enfants\nn’osaient plus aller au bois cueillir la m yrtille.\n\n                                *\n                               * *\n\n      Un jour on rem arqua au village que le gars n ’avait plus\nparu depuis plusieurs jours. On en fut étonné. Il n’était pas\npossible qu’un homme comme lui fut malade !\n      Ceux qui habitaient de son côté ne l’avaient plus aperçu\ndepuis deux semaines.\n      Quant à sa mère, on n’en tirait rien, mais on la voyait,\nrongée d ’inquiétude, rôder à la lisière des bois accompagnée\nde ses chiens. Elle les excitait et dociles à sa voix, ils par­\ntaient, le museau à terre, flairant une piste et agitant la queue\npuis ils revenaient près d ’elle pour recommencer encore. Elle\ncherchait son fils.\n   Mais toutes sortes de bruits circulèrent. On disait que dans\nle chemin creux, au tournant, entre le bois de hêtre et le tail­\nlis, le baron et ses gens avaient tiré sur lui, puis avaient\nemporté le cadavre pour l ’enfouir en lieu sûr. Deux gardes\navaient quitté le pays depuis lors. D ’autres prétendaient\nqu’H ubert était vivant, mais qu’on l’avait enfermé dans les\ncaves du château comme du temps passé.\n      Toujours est-il qu’il ne reparut point.\n      On cessa aussi de voir la vieille et l ’on s’inquiéta. On\navait entendu les chiens de la borde hurler à là mort. Mainte­\nnant ils erraient dans la campagne, aux environs des métairies\ncherchant à happer une croûte de pain ou à ronger un viel os.\n      On prévint le mayeur, le garde cham pêtre et les gendar­\ndarmes qui se décidèrent enfin d ’entrer dans la demeure aban­\ndonnée. La vieille était morte. D ’après l’état de putréfaction,\non estima que le décès rem ontait à une semaine. Elle était\nmorte de sa belle m ort; le médecin, appelé assitôt, ne constata\nrien d ’anormal.\n      Vu l’absence du fils, unique héritier, le juge de paix\napposa les scellés sur les meubles et les portes des chambres.\n      La justice ayant cherché vainement le disparu, on dut\nprocéder à la levée des scellés et dresser l'inventaire des objets\nde la m ortuaire.\n"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": 107, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1543, "texte": "                                          — 107 —\n\n      Quand le juge et le notaire pénétrèrent dans la salle du\nfond, après avoir gravi quelques marches, ils ouvrirent la\nfenêtre et poussèrent le volet pour y mieux voir. Le jour entra\ndans la chambre et l ’éclaira toute. Il n’y avait là qu’une table\net quelques vieilles chaises. Cela fut minutieusement consigné\nsur le papier timbré.\n      Mais une particularité bizarre attira l ’attention des hom­\nmes de loi. Sur le mur blanchi au lait de chaux, on voyait une\ninfinité de croix marquées avec du charbon de bois. Les unes\nétaient petites, les autres plus grandes et de dimensions diver­\nses ; et il y en avait cinq énormes d ’un noir velouté, profond,\nfunèbre, implacable.\n      C ’était la comptabilité du braconnier. Il inscrivait le meu-\ntre sur le mur. Les petites croix c’étaient les bêtes de plume et\nde menu poil ; les autres c ’était le gros gibier suivant la taille\nchevrillard, daguet, broquart, cerfou sanglier.\n      Quand aux plus grandes qu’on eut dit faites pour des tom­\nbeaux ;\n      — Serait-ce... dit le notaire au juge, serait-ce?\n      Il n’acheva pas. Tous deux se regardèrent avec une curio­\nsité mêlée d ’effroi. L ’ombre tragique du braconnier passa\ndevant leurs yeux, plana sur eux. Ils se comprirent.\n       — Oui ! murmura le juge en hochant la tête.\n    Oui, les cinq grandes croix noires, c’était pour les gardes\nqu’avait tués le braconnier.\n                                                           Maurice des Ombiaux\n\n\n\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-005", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 107, "page_fin": 109, "titre_corps": "Acte de Foi", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Armand Deprins", "ancre_debut": "Acte de Foi           L e lu n d i 9 n o v e m b re a v a i", "ancre_fin": "A r m a n d D E P R IN S .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Veillée de Soldat                                                                        P our M arguerite.            Ici, qu a", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": 107, "debut_caractere": 1543, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "Acte de Foi\n\n         L e lu n d i 9 n o v e m b re a v a i t lieu à la s a lle E r a r d la p r e ­\nm ière sé a n ce d u C e r c le d ’A r t « J e u n e E ffo r t ». M a l g r é la 3 me\nr e p r é s e n ta tio n d e S a p h o , m a lg r é l ’o u v e r t u r e d e l ’E x te n s io n\nU n i v e r s i t a i r e , m a lg r é l ’o u v e r t u r e d e l ’U n i v e r s i t é d ’A r t et\nd ’A r c h é o l o g i e , m a lg r é la p lu ie b a t ta n te , 18 0 p e r s o n n e s ont ré ­\npo n d u a u x 200 in v ita tio n s la n c é e s et se sont t r o u v é e s ré u n ie s\nà 8 h. e t d e m ie p ré c ic e s.\n"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": 108, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2526, "texte": "                              —1 0 8   —\n\n\n        Le Président organisateur en quelques mots bien sentis à\n  fait connaître notre but à l ’assistance: créer un centre de\n  réunion pour les jeunes artistes en leur perm ettant de livrer\n  au public leurs productions. Une partie de ce programm e est\n  réalisée par la publication du journal « Jeune Effort ». Les\n  jeunes littérateurs trouvent ses colonnes ouvertes. Mais nous,\n jeunes nous voulons faire plus. S ’il est des œuvres dram atiques\n  nécessitant la diction, où les jeunes dram aturges trouveront-ils\n aide et protection, qui les jouera? Les compositeurs inconnus,\n dont la musique reste figée en notes noires sur de monotones\n portées où trouveront-ils un public dont les oreilles s'ouvriront\n aux harmonies de leurs jeunes rêves? Où de jeunes conféren­\n ciers, trouveront-ils un auditoire prêt à écouter leur vivante\n parole, l’expression sonore de leurs études, de leurs idées, de\n leurs adm irations?\n       Hélas, notre Belgique est encore rebelle à la littérature\n neuve et nationale; il faut escompter cependant que notre\n existence remonte seulement à 73 années et que notre pays n ’a\n guère eut le temps dans sa rapide évolution de s'occuper\n ouvertem ent d ’A rt. Malgré tout; une ère artistique se lève, son\n aurore brille déjà d ’un vif éclat et sur elle nous ouvrons larges\n les portes du cercle d ’A rt.\n       Artistes novices qui voulez apporter votre offrande sur\n l ’autel de l’A rt, littérateurs; poëtes, musiciens, diseurs, chan­\n teurs, conférenciers, peintres, chansonniers, venez vers nous.\n Nous ne serons pas des exclusifs. Notre but sera éminem­\n ment et hautem ent artistique et nous essayerons même parmi les\n œuvres nouvelles d'en glisser d ’anciennes, mais inconnues ou\n incomprises, que nous tâcherons de révéler. Nous ne ferons pas\nde petite chapelle. Nous nous habillerons comme tout le\nmonde. Nous n ’aurons pas d ’insigne distinctif, ni de cheveux\ndémesurés et gras, ni de pantalons à la hussarde, ni chapeaux\nhétéroclites aux inquiétantes allures. E t cependant si parmi nous\nil en est qui veulent s'habiller « à l ’artiste » comme dit le «bour­\ngeois » nous ne nous moquerons pas, car nous voulons, la grande,\npleine entière liberté : à nos séances, on en verra parmi nous qui\nseront même en habit, le bourgeois accoutrement. Car si nous\nsommes peut-être très bourgeois d'habillem ent nous tâcherons\nd ’être très artistes par l ’idée. Nous essayerons de toutes nos\nforces de nous distinguer plus par l’œuvre que par le costume,\n"}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": 109, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "       *\n                                         — 109 —\n\nc a r v a u t m ie u x être que p a ra îtr e . N o u s ne nous p â m e r o n s p a s\nd e v a n t nos m u tu e lle s p ro d u ctio n s en d ’h y p o c r it e s a t t e n d r is s e ­\nm e n ts, m ais nous nous aid eron s m u tu e lle m e n t p a r d e s j u g e ­\nm e n ts f r a n c s et s e r v ia b l e s ; et nous en d e m a n d o n s autant à\nn otre p u b lic, qui a u r a pour tâche, non p a s d ’a p p la u d ir p a r\nc o m p la is a n c e , m a is de nous d o n n er d e s a v i s b ie n v e illa n ts et\ns a lu t a ir e s .\n       V o i l à ce que n ous v o u lo n s q u e soit notre « C e r c l e d ’A r t »\net nous com pton s s u r la protection de to u s c e u x qui a im e n t le\nb e a u et l e v r a i . On n ous a d éjà p r é d it la m o rt a v a n t la n a is sa n c e .\nP e u t ê tr e d is p a r a îtr o n s nous, c e r te s , m a is non s a n s a v o ir la\nco n so latio n d ’a v o ir ap p o rté une p etite p ie r r e à l ’é d ific e a r t is ­\nti q u e : a u s s i so m m es nous d é c id é s à « m a r c h e r f r a n c » d an s notre\nid ée, rian t d es so ts, nous m o q u an t d es ja l o u x , a v o u a n t à haute\nv o i x n otre pen sée, sa n s r o u g i r , le fro n t h a u t, s a n s nous\no c c u p e r d u q u ’en d ir a - t - o n ? et p r e n a n t po u r d e v is e « f a i s ce que\nd o is, a d v ie n n e q u e p o u r r a ».\n                                                         A r m a n d D E P R IN S .\n\n\n\n\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-006", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 109, "page_fin": 109, "titre_corps": "Veillée de Soldat", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri Valeredo", "ancre_debut": "Veillée de Soldat                                                                        P our M arguerite.            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N ’ y f o n t ja m a is g a la n te e s c a l e ...\n\nF le u r d u p a ys de C h a n a a n ,                              C e r t e s , ils t i n r e n t des c o n g r è s ,\nO u b o t a n iq u e d e fé e r ie ,                                L e u r s h o r t ic u lt e u r s p o i n t g a n a c h e s ,\nL ’ A u t o m n e a d û p e in e r d ’ a h a n                      P o u r t r o u v e r les d iv in s e n g r a is\nS u r ce tte ja p o n a is e r ie .                                 Q u i c e n t u p lè r e n t le u rs p a n a c h e s .\n\nD e v a n t ce m o n s t r e in a t t e n d u                       O r to u s le s a n s , f o r t c re s c e n d o !\nLe s     g ra n d s    to u r n e s o ls s e m b le n t             R é e lle m e n t « e lle e g z a z è r e :\n                                              [sa g e s ;           C e n ’ est p l u s la f l e u r de Y e d o ,\nC ’ est p r e s q u e u n ja r d i n s u s p e n d u ,              E l l e e st d e M a r s e i l l e , * m a z è r e , , ?\nS e m ir a m is , à v o s c o rs a g e s !\n                                                                                             T h éo      H A N N O N .\n\n\n\n\n                            "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-008", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 110, "page_fin": 111, "titre_corps": "Jardins d’Espagne", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pierre Bautier", "ancre_debut": "J a r d i n s d ’E s p a g n e         . . . 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C h a q u e m atin le B o u r b o n , p â le con tre les v it r e s\nv o it la p a r a d e m ilita ire é v o lu e r d a n s une co u r v a s t e , o u v e rt e\np a r d es a r c a d e s s u r les lo in tain s d e la C a s tille . L e s so ld a ts\nv o n t et v ie n n e n t d ’un p a s c a d e n c é , tr è s len t, a u x a c c o rd s\ntr a în a n ts de la Marche Royale. L 'â m e e s p a g n o le co n te m p o ra in e\ny e x p rim e , d ira it-o n , to u s se s e sp o irs d é çu s. Il s e m b le que\nl ’a r m é e e n tière — a v e c s e s o ffic ie rs si je u n e s su r le u rs c h e v a u x\nb la n c s — ne s e r v e p lu s q u ’à une v a in e et q u o tid ien n e e x h i b i ­\ntion d ’opérette qui c o n c e n tre en ce lieu l e s o i s i f s d e la c a p ita le ;\nles ta m b o u rs dont le son se v o ila it de c rê p e p le u r a ie n t\np o u r moi les c o lo n ies p e r d u e s .\n        P u is je r e v o is S a i n t - S é b a s t i e n ; le p a la i s de M i r a m a r , une\nv i l l a g r a c i e u s e d an s les a r b r e s , en fac e d u g o l f e a z u ré .                                 C ’e s t\n"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 111, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2502, "texte": "                                 —   III   —\n\n\n  là que l ’esprit du petit Roi s’est formé sous l’égide m aternelle,\n  en même temps que son corps a grandi vivifié par l’air marin.\n       L ’Escorial* — monastère colossal, couleur de pluie, en\n  un site farouche — nous ram ène au siècle glorieux. On revit\n  entre ces murs épais les dernières années de Philippe II, le\n  rêve sombre de sa vieillesse en d ’étroites cellules, d ’où, ago­\n  nisant, il contem plait par l'entrebâillem ent d ’un volet les ors\n  du m aître-autel.\n       Mais c’est d ’Aranjuez surtout que je veux parler. Nous y\n vînmes un jour de fin septembre, où l’automne serév élait à nos\n yeux accoutumés déjà à l’éternelle végétation andalouse. L ’ex­\n  press de Cordoue nous déposait en un décor inattendu d ’arrière\n saison ; des allées poussiéreuses et rousses filaient vers un\n horizon indécis. Nous parcourûmes longuem ent les chemins\n où le vent éparpillait des feuilles mortes, tandis que sous les\n berceaux presque dégarnis la monotone langueur des jardins\n délaissés nous pénétrait. On entendait bruire l’eau des fontai­\n nes. Au bord du Tage, une double et majestueuse rangée de\n hêtres s ’intitulait Salon des Rois Catholiques -, partout, des cor­\n beilles somptueuses dessinaient avec leurs fleurs de lourdes\n couronnes, et tout cela répandait un parfum subtil d ’ancienne\n cour. A l’écart des bâtim ents principaux, blottie au fond des\n massifs de m ystère, la Casa del Labrador parachevait cette\n image d ’un XVIIIe siècle mièvre : minuscules pièces ornées de\n tapisseries fanées et de bibelots démodés. Le gardien devant\n nous écartait successivement les persiennes, un soleil atténué\nse faufilait en ces réduits vieillots. Nous songions àC h arles IV\ncollectionnant des pendules et jouant au billard, pendant que\nl’Espagne s’en allait en ruine.\n      Peut-être pourrais-je dire à présent le charme singulier\nde la Granja, ce Versailles déconcertant dans un cirque alpes­\ntre, avec les sentiers tracés à souhait pour les rêveries am bu­\nlatoires d'une infante...\n      Mais rien ne valut l’impression produite par les palais\nd ’Aranjuez, où le X V IIIe siècle espagnol — souverains déments\net prodigues d ’un pays épuisé — a marqué son empreinte,\nimpression qui nous fit si recueillis quand le crépuscule tomba\nsur toutes ces déchéances.\n                                             P i e r r e BAUTIER.\n                                                    (T h . Gautier.)\n (*) Débauche de granit du Tibère espagnol.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-009", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 112, "page_fin": 113, "titre_corps": "L’Inévitable", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "H.-L. Kraft-Fopper", "ancre_debut": "L’inévitable *                                             (S u ite .)         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P o u r\na p a is e r la co n sc ien c e de M a r c e lle n ous étio ns p a s s é s d e v a n t un\nc l e r g y m a n g r a v e qui nous un it elle la p r o ste sta n te à m oi le\nc a th o liq u e . N o u s v é c û m e s à L o n d r e s h e u r e u x , loin d u m onde,\net l ’am o u r r e m p lis s a it si p ro fo n d é m e n t la v ie de m a c h è re bien\na im é e q u e ja m a is elle ne r e p a r l a d e s a fa m ille , d e se s p a re n ts\nq u ’e lle a v a i t ta n t c h é ris, et q u ’un inconnu p o u ss é p a r une\nfo rce inconn ue v e n a it un jo u r s é p a r e r san s rém issio n de la\nfille s o u m ise . M a is d an s notre v ie il y a v a i t d é jà tro p de b o n ­\nh eu r, tro p d e b a is e r s . L a c o u p e s ’e m p lis s a it, e lle a lla it choir,\nd é b o rd é e de d é lic e s et ne g a r d e r au fond de son c a lic e q u ’une\nlie a m è r e . M a r c e lle m ettan t a u m o n d e un fils, sen tit que ses\nfo rces se p e r d a ie n t s a n s ré m issio n . U n e h é m o r a r g ie s ’étan t\nd é c la r é e , tout le s a n g s ’é c o u la it de ce p a u v r e c o rp s d ’a m o u r et\na v e c lui s ’en a lla it la v ie .\n        J e r e s t a is sa n s c e s s e a u p r è s d ’e lle , c a r elle n ’é p r o u v a it de\nc a lm e que l o r s q u ’elle se n ta it s a m ain , s a p a u v r e m ain g l a c é e\nd a n s la m ienne. U n jo u r elle d e m a n d a son fils , notre fils. E l l e\nl ’e m b r a s s a lo n g u e m e n t , p u is me le te n d a n t « aim e le b ien , d it-\nelle, en s o u v e n ir de moi » M e s y e u x se v o ilè r e n t « M a r c e lle !»\nm ’é c r ia is-je . » C a lm e elle me rép o n d it « Mon am i, j e n ’ai pas\nd ’illusion, je v a i s m o u rir, m ais j e m e u r s h e u re u se c a r je te\nla is s e un v i v a n t s o u v e n ir d e notre a m o u r, et c ’e s t en plein\nb o n h e u r que je te q u itte. P e u t - ê t r e v a u t- il m ie u x q u 'il en soit\nainsi J e ne te d e m a n d e p a s d e v a in e s c h im è r e s a v a n t d e m o u rir,\nm ais s e u lem e n t de c h é rir et de p r o t é g e r notre e n fa n t e t ... de,\np le u re r un peu c e lle q u i t 'a a im é e p lu s que tout au m o n d e ...»\nCe d isan t elle me p a s s a au d o ig t l ’a n n e a u q u e tu v o is b rille r au\n  (*) V o ir n os 5 e t 6.\n"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": 113, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2457, "texte": "                              - 113 —\nmien, comme pour sceller le pacte de souvenir et de protec­\ntion qu’elle dem andait doucement. Et puis Marcelle est\nm orte      »\n     — Detm und se perdit un instant dans une songerie et le\ndocteur Von Müller hochait sym pathiquem ent sa bonne grosse\ntête — « Bref, Hans, peu après la mort de Marcelle je fus rap­\npellé en Allemagne. Je plaçai l'enfant sous bonne garde et lui\ndonnai le nom de sa mère, car je ne pouvais à aucun prix légiti­\nmer en mon pays, à cause de ma mère ainsi que je te l’ai exposé\ntantôt. J ’ai pris soin de ce fils, le petit C arl de Brisach grandit,\nstudieux, mais dans la complète ignorance de sa grande parenté\navec moi. Il me croit son tuteur, son père adoptif. Il vit, c ’est\nm aintenant un grand garçon de 25 ans, il est officier de marine.\nC’est tout le portrait d e s a mère, Hans, mais au physique seule­\nment. Ses idées, ses conceptions, j ’ai la joie de les sentir\nempreintes de mes propres idées. Mais il ne possède rien et voilà\npourquoi, tu le comprends je ne veux plus avoir d ’enfants. Car\nce serait monstrueux de distraire après ma mort un seul tha­\nler de l ’héritage de mon Carl . Ma fortune doit lui être acquise,\ntoute. Aussi la nature prévoyante m ’a rasuré.\n     Depuis la mort de Marcelle, je suis resté dans la plus\ngrande acception du mot, fidèle à mon premier, à mon unique\namour et durant ces 25 années de chasteté, ma virilité s ’est\néteinte. Aussi ma vie solitaire va s’égayer de la venue d ’une\njeune femme qui sera pour moi plutôt une fille qu’une épouse ;\nmon fils aura toute sa part d ’héritage et le souvenir de Mar­\ncelle sera jusqu’au tombeau, profondément respecté :\n     Voilà, cher ami, c e qui me pesait sur le cœur, ce que\npersonne au monde, hors toi et moi ne connaît et voilà pour­\nquoi, en voyant l'émeraude qui tantôt luisait comme un repro­\nche aigü, j’ai versé mon secret dans votre cœur, certain que\nvous me comprendriez, e t que vous pardonneriez entièrement ce\ndésir illégitim e et immoral de ne pas avoir d ’enfants, m ais qui\ndevient une action d ’humanité, de justice, un devoir sacré.\nN ’est-ce pas Hans que vous me comprenez ? »\n     Pour toute réponse, Von Müller serra dans ses larges mains\ncelles de Detm und, toutes trem blantes, et une grosse larme\nsurgit dans le cillement de ses paupières.\n                                      H.-L. K R A FT-FO PPE R .\n  (A suivie)                             Traduction de A . D E P R I N S .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-010", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 114, "page_fin": 116, "titre_corps": "Max Waller", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri Liebrecht", "ancre_debut": "M a x W a lle r                                                            Pour ceux qui l ’ont connu", "ancre_fin": "H e n r i LIE B R E C H T .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L e Sillon        A cette époque où l ’art se", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 121, "page_imprimee": 114, "debut_caractere": 89, "fin_caractere_exclue": 3065, "texte": "M a x W a lle r\n                                                           Pour ceux qui l ’ont connu\n       L a r e v u e d 'a r t Le Thyrse v a p ro c h a in e m e n t o u v r i r une\nc a m p a g n e q u i doit a b o u tir — nous l ’esp éro n s du m oin s — à\nl ’ére ctio n d ’un m o n u m e n t p o u r M a x W a l l e r ! A p r è s q u a t o r z e\nan s, ce s e r a un p ie u x h o m m a g e ren d u à la m ém o ire du v a illa n t\nd ire c te u r de la Jeune Belgique qui le p r e m ie r a p p e lla a u x a r m e s\nles p o è te s B e l g e s p o u r l a d é fe n s e d e la trad itio n fr a n ç a is e en\nB e lg iq u e !\n\n        P a u v r e S ie b e l ! M o rt à v i n g t n euf an s, en p le in e je u n e s s e ,\nen p lein e b e a u té ! P a u v r e S i é b e l ! dont l ’a ir de f l ute s ’a c h e v a\nen s a n g lo t, et qui m o u ru t a v e c , a u x lè v r e s , un so u r ir e m é la n ­\nco liq u e de tr is te s s e et d e ré s ig n a tio n !\n        P o u r celui qui re c h e rc h e l ’âm e d e M a x W a l l e r à tr a v e r s\nson œ u v r e — d an s La flûte à Siebel, d an s Daisy, d a n s Lysianede\nLysias, d an s La vie Bête — c e tte âm e a p p a r a ît plein e d e rê v e et\nd 'a r d e u r e n th o u sia ste . T o u t e s a v ie, ce fu t un en th o u sia ste ,\nju sq u e d an s ses a m itié s , ju s q u e d an s se s h ain es ! C a r il h a ï s ­\ns a it tout ce qui é ta it laid , to u s ce qui était v e u le , tout ce qui\nn ’a v a it a u c u n e b e a u té !\n        Qui donc ne se ra p p e lle cette b a t a ille a c h a r n é e q u ’il li v r a\nd a n s les colo n n es d e l a Jeune Belgique à l ’a r t p o n cif et d éca d en t,\na u x r im a ille u r s d e la m use a c a d é m iq u e et o f fic ie lle !\n        L a c r a v a c h e à la m ain , botté et épero n n é, c a s q u é d ’a u d a c e\net de lu m ière , d a n s l ’a u ré o le d e la je u n e s s e il se d r e s s a , d eb ou t,\nfie r, in v in c ib le et son coup d e s if fle t v e n g e u r d o m in a la c la ­\nm eur de ja l o u s i e et d e h ain e qui s a lu a son a u d a c ie u c e v e n u e !\nW a l l e r r é sista , d ’a u tr e s v in r e n t à lu i, fid è le s c o m p a g n o n s\nd ’arm e s , r a llié s p a r ce ju v e n i l cri d e g u e r r e a u to u r du d r a p e a u\néc u sso n n é, à la c la ir o n n a u te d e v is e Ne crains\\ C e fu re n t A l b e r t\nG ir a u d , I w an G i lk i n , V a l è r e G i ll e , S é v e r i n , d ’a u tr e s en co re,\ntout ce c é n a c le qui nous a donné une p lé ia d e a d m ir a b le d ’é c r i­\nv a in s que nous — le s je u n e s — nous p r o c la m o n s nos m a îtr e s !\n         P a r m i eu x, W a l l e r é ta it le c h e f de b a t a ille ! D e son fin\nso u r ir e n arquo is il a tte n d a it l ’a tta q u e . P u is d ’un g e s t e sec et\np r é c is — san s c e s s e r d e so u r ir e — il le v a i t s a c r a v a c h e , c ’est-à-\nd ire la p lu m e so u p le et d ’un tr a it c u lb u ta it son a d v e r s a i r e !\n"}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": 115, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2380, "texte": "                                —115 —\n     Siebel ! gamin fantasque et joyeux, dont les doigts\nlégers couraient sur sa flûte ironique ! Page romantique à la\nchevelure longue qui se perm ettait des gam bades devant la\ngravité solennelle des bonzes académiques ! Mais hélas! sait-on\nce que cette gravité cachait de douloureuse tristesse. Ton\nmasque était celui du Pierrot de Bergame au pale sourire qui\nne dit pas les douleurs de sa grande âme émue !\n                   O n sourit éternellement\n                   E t c’est au dedans que l'on pleure!...\n     Tu ris et tu pleurs tout à la fois, — et ton rire cache tes\npleurs — dans tes airs de flûtes, dans ta chanson...\n                   ...Q u i fait semblant de rire,\n                   sanglotte très doucement.\n      Mais de toutes cette tristesse intérieure il ne laissait rien\nparaître dans son geste, vif, dans sa vie exhubérante, dans sa\nromantique fierté de poète.\n      « Il nous émerveillait de sa jeunesse — raconte Camille\nLemonnier — de sa pétulance, de sa grâce, et de son esprit.\nFrondeur, sceptique et sentimental, la bouche persifleuse et\nles yeux candides, il nous apparaissait à travers un moulinet\nde rires, de cris et de mots, d ’A rtagnan, Chérubin et Siebel à\nla fois ».\n   Pourtant cette arrière pensée douloureuse se devine dans\nDaisy. — Déjà dans certaines pièces de la Flûte à Siebel, on\nsentait un sanglot monter à la gorge du poète qui étouffait ce\nhoquet, esquissait une pirouette et fuyait en criant : zut !\n      Daisy est la dernière œuvre Max de W aller.\n      Dédaignons l’intrigue, les défauts de composition qu’un tra ­\nvail hatif — qui semblait pressentir une m ortprochaine— à laissé\néchapper. — Recherchons à travers ces pages émues, cette âme\ntendre et passionnée qui se livre en une détente de repos. L ’ar­\ntiste, l’amoureux de beautés et de lumière se complait dans des\ndescriptions colorées et ardentes comme les tableaux du peintre\nTurner, son héros de roman peut-être trop imaginaire et capri­\ncieux.\n      Avec quelle délicatesse, son cœur se plait à étudier la\npscycologie de ses personnages; Daisy, la jeune fille douce et\naim ante, Joe le bon géant fraternel et amical, lord Grevill, le\nvieux lord hospitalier, et jusqu’au peintre Turner auquel\nW aller a fait exprimer ses sentim ents d ’artistes. E t le livre se\nferme sur une impression vague de tristesse et de regret ! On\n"}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": 116, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 691, "texte": "                                     — 116 —\nsent q u ’on vient de vivre une heure en communion avec une\nâme très délicate et très fine qui nous a dit ses rêves et ses\ndésillusions !\n      Rêve ! désillusion ! c’est là toute l ’âme de Siebel. Il vécut\nson rêve d ’ardente jeunesse, fier, libre et beau ; répandant\nSon cœ ur et son esprit dans du rire et de la gaieté ; exhubérant,\nexpansif, communiquant à ses compagnons la foi dans l'a rt et\ndans la vie : un jour la désillusion atteignit son rêve, et il\ns ’endormit, meurtri par la lutte m atérielle pour laquelle il\nn ’était pas fait !\n                                       H e n r i LIE B R E C H T .\n\n\n\n\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-011", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 116, "page_fin": 117, "titre_corps": "Le Sillon", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Marcel Angenot", "ancre_debut": "L e Sillon        A cette époque où l ’art se ravale", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 123, "page_imprimee": 116, "debut_caractere": 691, "fin_caractere_exclue": 2911, "texte": "L e Sillon\n       A cette époque où l ’art se ravale exclusivement au niveau de l’acheteur, où\nl ’argent est le veau d ’or devant lequel tant de faméliques bavent de convoitise\nil est fatalement avéré que l’impression que dégagent, les expositions picturales,\nné s’élève plus au-dessus d’une honnête moyenne et que l’artiste encensé par de\nniaises galanteries finisse par négliger son but et profaner avec une inconvenante,\ndésinvolture les lois sacrées d’idéal et de beauté où seules devaient viser ses\ntendances.\n       Au Sillon, malgré la promiscuité de deux-cents toiles, q u ’il serait , auda­\ncieux de mal qualifier, c’est en vain pourtant q u ’on y chercherait l’œuvre pre­\nn'arite, originale ou exclusive qu’en l’occurrence nous étions en droit d’espérer.\nSans doute (et ce n ’est pas une excuse) aucun n ’eut l’apparente prétention de\nproduire un chef d’œuvre et dès lors parcourons rapidement ce salon où ne man­\nquent pas, Dieu merci, de talentueux virtuoses, ni de bons peintres ! Au. con­\ntraire et MM. Smeers, W aegem ans, Bastien, Mathieu, Pinot, Blieck,\nSwyncop, Apol, etc., n ’ont pas menti à leur précédente renommée.\n     Monsieur Smeers, avec sa toile des A raig n ées (c’est ainsi que l ’auteur\nqualifie deux bonnes vieilles tricotteuses ?) s ’affirme, sans tricheries, avec une\nsobriété digne d’éloges, savant coloriste et subtil observateur. Cette œuvre, une\ndes seules qui accuse un sentim ent, est une des meilleures du salon. Ses petits\nvieux, sont aussi très habilement traités.\n      De Bastien. Une cariathide plantureuse, digne de sa fonction et suffisam­\nment bâtie pour supporter avec indifférence le poids des. nombreuses critiques .\nq u ’elle appelle. Un petit plein air « Convalescence » que je préférerais intitulé\n«Far Niente» c’est d ’une touche exquise et lumineuse crois une réjouissance visuele\nun sentiment communicatif de quiétude et de bien être. Je veux rendre ce service\nà M. Bastien en ne m ’appesantissant pas sur telle autre toile affreusement des­\nsinée, mais dont le ragoût du lit est voluptue usement épicé.\n     W aegem ans reste le peintre solide et charm eur que l’on sait, son petit\nvieux : M ichel S m ith (déjà vu au salon, mais ici infiniment mieux exposé) si\n"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": 117, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3210, "texte": "                                             —171\ncurieusem ent cliché et pour qui le connaît si psychologiquement observé, est\nune des bonnes pages de la série des roquentins que M. W aegem ans semble\ninnover, et q u ’il continuera je l’espère pour la plus précieuse utilité biographi­\nque et notre satisfaction générale. Très heureusement remarqué, le M en d ia n t\nde Sala m a n q u e, aimons moins son Absence où malgré un ensemble de délicate\ntenue, un dos de femme est là, d’une carnation si lourde et si peu vibrante.\n     Sw yncop expose cette année un de ses meilleurs portraits, c’est vraiment\nune œuvre d’observation et d’étonnante habileté, il n ’y a pas là seulement de\nbonne peinture c’est une toile de caractère et d’expression.\n     D ’Albert Pinot un excellent portrait, qui quoique présenté de dos, affirme\nune parfaite ressemblance. Cette mise en page originale, nous écarte très heu­\nreusement de l ’éternelle banalité. Toutes nos félicitations.\n     De Laudy encore deux portraits dont un, celui de l’auteur, est très ressem­\nblant et d’une facture sûre et belle. L ’œuvre, est probe et reposante, attachante\nmême.\n     De Haustraete le portrait si bien observé du sculpteur P. K.\n     Apol, paysagiste très en progrès avec sa toile (déjà vue) « Chênaie au soleil\ncouchant » et son vieux canal d’une pâte si savoureuse.\n      De Mignot une toute petite toile « Le Clocher d u P loarc » exquise et\npénétrante de sentim ents. L a Lanterne de D iogène à S a m t-C lo u d est une\nœuvre de consciencieuse observation et combien plus cossue que ses gravures,\ntrès agréables, mais qui respirent une trop grande confiance dans la facilité\nd’exécution.\n      De Bernier de bonnes impressions mieux peintes que dessinées.\n      De M me J. Bernier quelques natures mortes d’une sobre et louable dis­\ncrétion.\n      Blieck, expose une mer houleuse très habilement enlevée et largement\nbrossée; dans d’autres toiles encore toutes les qualités de coloriste et de peintre\nhabile ce concentrent.\n     M M . Paul Mathieu et Degreef deux paysagistes d’une rare adresse.\n      M . Bouy, joli et banal expose quelques pastels de boudoir et plus loin\ndans un éclairage flou une jeune femme au profil délicat d ’une agréable couleur\n     Enfin M. Denayer déconcerte avec son paysage q u ’on pourrait intituler :\nCyclistes attention, tournants dangereux, et son portrait ne parvient pas à en\nracheter la pénible impression.\n     La Scuplture, très pauvrement représentée, nous offre avec M. Kemmerich\nun spectacle de déception peu ordinaire ; un buste, si j’ose ainsi m ’exprimer,\nreprésente, parait-il, le Dr R ., puis un penseur si mal construit et qui nous\néloigne brusquement des foncières qualités de l’artiste, il exposent cependant une\nfigurine « L ’E tre in te » d’un joli mouvement.\n     De Matton une broche originale.\n     E t enfin, heurepsem ent, P a u l Gilbert nous présente deux études absolu­\nment consciencieuses, le buste de sa mère est un petit chef-d’œuvre d'observa­\ntion. J'aim e ainsi la preuve q u ’il donne de la possibilité de faire grand, dans\nune œuvre de modeste dimmension. Voilà de prom etteurs débuts.\n\n                                                         M arcel   ANGENOT.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-012", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 118, "page_fin": 119, "titre_corps": "Comme va le Ruisseau", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Rency", "ancre_debut": "C om m e v a le R u is s e a u *        C ’est un livre de délasse", "ancre_fin": "Georges R E N C Y .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Et Voilà com m ent      Véritable petite merve", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 125, "page_imprimee": 118, "debut_caractere": 80, "fin_caractere_exclue": 2313, "texte": "C om m e v a le R u is s e a u *\n       C ’est un livre de délassement. Une grande besogne était\nfinie. Une autre se préparait lentement. Et, dans l ’intervalle,\nle maître se reposait là-bas au bord de la Meuse, dans ce village\nde Dave où le fleuve est si beau, les roches si sauvages et la\nvie si mollement paisible. Alors tout en musant dans la monta­\ngne, l ’imagination travaille, combine des pasages, assemble\n des scènes et, tout-à-coup, de ce repos sort un livre qui a\nl ’air d ’avoir été fait en se jouant, et qui a toute la simple, toute\nl ’éternelle beauté des vallées, des montagnes, des eaux et des\ndeux.\n       On connaît l ’histoire : Une petite institutrice de la ville\nest venue là se guérir d’une anémie rebelle. E lle s’y est éprise\nd’un drôle de bonhomme, vaguement peintre, vaguement\npêcheur à la ligne, qui ne tarde pas à tomber amoureux\nd ’elle à son tour. Leur idyle délicieuse, parfumée comme un\nbouquet de fleurs sauvages, s’apprête à se dénouer en un solide\net franc mariage, quand l ’institutrice se rappelle les petites\nfilles de l'école qu’elle a quittée. Qu’allait-elle faire ? Et sa\nmission, sa mission de charité laïque qu’elle a assumée pour\njamais ? Sans dire adieu à celui qui garde son âme, elle part,\nun matin de dimanche, avec son cœur blessé entre ses petites\nmains. Autour de cette aventure mélancolique, chante et vibre\ntoute la poésie des forêts, des rochers, des champs et des eaux.\nLe fleuve la traverse avec ses brumes, ses clartés, ses vagues\net ses superbes silences. Quelques paysans y fixent leur silhou­\nettes justes et savoureuses. Quelques tableautins s’y encadrent\nd’une façon inoubliable. Et c’est une chose vraiment admirable\nque l'aisance de ce récit où la simple vie de ces braves gens\nparvient à nous émouvoir, parce qu’on la sent puisée dans le\ngrand courant de la vie universelle. Jamais le maître ne fut\nmieux inspiré. Jamais sa langue n’eut pareille souplesse. Que\nl ’on compare donc, de bonne foi, ce livre de nature avec tant de\nromans champêtres qui jouirent en France d’une vogue dura­\nble : les romans André Theuriet, par exemple. L e maître\n  ( ) C o m m e v a le ru is s e a u , p a r C a m m ille L e m o n n ie r , c h e z O lle n d o ff , P a r is ,\n3,50 f r .\n"}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": 119, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 844, "texte": "                                         -    119 -\n\nB e lg e , p a r la q u a lité de son a r t, p a r la c o n sta n te ten u e de son\nœ u v re , se p la c e à c en t co u d ées a u -d e ssu s d e s a u te u rs fra n ç a is\nle s p lu s ré p u té s. E t ce d o it n ous ê tre un e jo ie p a trio tiq u e et\ns e re in e qu e de c o n sta te r se s in c e ssa n ts p r o g r è s , s a m arch e to u ­\njo u rs p lu s a s s u r é e v e r s l'a b s o lu e B e a u té , ta n d is q u e son c o n te m ­\np o rain P a u l B o u r g e t, d e l ’A c a d é m ie F r a n ç a is e , v ie n t d e v o ir\nto m b e r son d e rn ie r liv r e : l’Eau Profonde so u s le s r ire s u n a ­\nn im es de la c ritiq u e in te llig e n te e t a r tis te .\n\n                                                               Georges R E N C Y .\n\n\n\n\n                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-013", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 119, "page_fin": 120, "titre_corps": "Et voilà comment", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Gaston Pulings", "ancre_debut": "Et Voilà com m ent      Véritable petite merve", "ancre_fin": "G a s t o n PULINGS.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Lettre à L ou is M o r e a u                          M on cher C onfrère.       Q ui ne", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": 119, "debut_caractere": 844, "fin_caractere_exclue": 2316, "texte": "Et Voilà com m ent\n     Véritable petite merveille. T e l est le sentiment premier,\nqui vient après lecture de l ’œuvre de notre ami Angenot. Cette\ncomédie en un acte en vers est exquise et superbe. L e vers\nglisse avec une facilité vraiment belle, qui fait croire à un pre­\nmier jet. Il faut l ’étudier de près pour y découvrir le travail la\nrecherche du beau vers (qui n’est point ici une exception).\n     De plus — chose rare pour un débutant — le sujet est\nintéressant, mené de main de maître et celà pour une idée\nvraiment simple.\n     Pierrot triste et découragé se lamente en son logis.\nQuand... on frappe à la porte. C’est Colombine qui demande\nsecours à Pierrot. Elle a refusé l ’aumône à une pauvre vieille,\nqui se trouvait être une fée, et qui devant le refus de la blonde\nenfant, va la changer en crapaud ; si elle n’a pas découvert\navant le lever d ’un nouveau soleil, un mot qui résoutl’éni­\ngine, qu’elle lui pose. Pierrot se désole car il a mis l ’esprit à la\nporte.\n          « F acheux pressentiment oui tu tombes bien mal,\n          « L ’esprit ! Mais c’est vois tu ce petit animal,\n          « Que l ’on ne peut jamais traquersans qu’il vous dise.\n          « Quiconque me recherche attrape la bêtise. »\n\n     Enfin bref il conseille à Colombine d ’aller au bois et de\nsupplier la fée. Colombine obéit se rend au bois et appelle\nfée Lonie, (nom de la fée). Aussitôt l ’Enchanteresse apparaît\net pardonne, car il se trouve que le nom de la fée coïncide\n"}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": 120, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 498, "texte": "                                         — 120.\n\n avec le mot de l’énégime la félonie, Pierrot heureux demande\n fa main de Colombine et l'obtient.\n      Tel est ce simple sujet si magnifiquement interprété par\n l’auteur en 35 pages, et qui se termine par une demande d ’in­\n dulgence au public pour le jeune poète. Elle est vraiment\n inutile et sera (j’en suis certain) toujours couverte par de\n multiples bravos.\n                                          G a s t o n PULINGS.\n\n\n\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-014", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 120, "page_fin": 120, "titre_corps": "Lettre à Louis Moreau", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jules Bock", "ancre_debut": "Lettre à L ou is M o r e a u                          M on cher C onfrère.       Q ui ne", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 127, "page_imprimee": 120, "debut_caractere": 498, "fin_caractere_exclue": 2492, "texte": "Lettre à L ou is M o r e a u\n                         M on cher C onfrère.\n      Q ui ne sut se b orner ne su t jam ais écrire, a d it B oileau, c’est po u rq u o i\nje serai bref. D onc, cher confrère, je tiens à vous dire, q u ’il m ’est im pos­\nsible p o u r m oi de com m encer u n e c ritiq u e sérieuse de votre poèm e « L a\nM ort des A m ants », avant que vous ayez répo n d u aux questions su iv a n ’es :\n      P o u rq u o i et en quoi la vieillesse est-elle « in fam ante » com m e vous le\ndites dans h prem ière strophe :\n           P u isq u e tu es ce soir, belle com m e u n e fleur,\n           P u isq u ’u n jo u r et bientôt, la vieillesse infam ante,\n\n           Va faner tes g rands y e u x ....\n    D euxièm e question, que je considère com m e très im p o rtan te : In d i­\nquez-m oi, de grâce, cher confrère, le lien logique u n issan t ces deux strophes:\n\n          M ais nous pleurons en vain devant la certitude.\n          Soyons fiers, soyons forts, devant notre m alheur,\n          M archons vers le néant ! C ’est la B eatitude,\n          P o u r ceux qui vont à lui sans rem ords et sans peur,\n          P o u r nous, q u i entendons venir à pas d ’h o rreur,\n          L a hideuse décrépitude.\n          Viens fuyons éperdus, au fond de ce ciel bleu\n          O ù nous invite en so u rian t, la lu n e blonde,\n          Phébé ! V énus à to i... ô vieille T erre, A dieu,\n          T u n ’as pas su charm er notre âm e vagabonde,\n          N o u s parto n s en ch a n ta n t vers quelque nouveau m onde,\n          O ù nous serons plus près de D ie u ,\n     T o u t en respectant les décisions v en an t des aînés, qui vous o n t pro­\nclam é la u ré a t de ce « to u rn o i poétique », je m e déclare dans l’im possibilité\nabsolue de jug er votre, œ uvre si les deux points que je vous ai signalés, ne\nsont éclaircis\n                                                      A vous cordialem ent,\n                                                          J u l e s BOCK\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-015", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 121, "page_fin": 121, "titre_corps": "Chronique Théâtrale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Armand Deprins", "ancre_debut": "Chronique Théâtrale         Monnaie. — D e p u is lo n g te m", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 128, "page_imprimee": 121, "debut_caractere": 90, "fin_caractere_exclue": 4230, "texte": "Chronique Théâtrale\n        Monnaie. — D e p u is lo n g te m p s o n n o u s p r o m e tta it d e u x p rem ières se n sa tio -\nnelles : l ’ u n e d ’ u n c o m p o s ite u r m o u r a n t , l ’ a u tre d ’ u n c o m p o s ite u r d é fu n t, et je\ncro is bien q u e l ’ œ u v r e la p lus v iv a n t e sera celle du c o m p o s ite u r m o r t . H é la s ,\no u i , le ta le n t de M a s se n e t se m e u r t . Sa m u s iq u e m ’ a to u jo u rs p ro d u it l ’ effet de\nces p e tits g â te a u x à la crèm e dé licie ux à v o i r , e x q u is à l ’ o d o ra t et p lu s e x q u is\nencore a u g o û t , m a is d o n t la d é g u s ta tio n répétée              v o u s d o n n e n t des na usé es.\nM a in te n a n t n o u s n ’ a v o n s m êm e p lus u n seul de ces p e tits pâtés q u i pris à in te r ­\nv a lle s fo n t p o u r ta n t u n ré g a l. C ’ est la tro p s o u v e n t in é v ita b le déchéance, l ’ in s ­\np ir a tio n ta r ie , le p la g ia t de s o i-m ê m e , et m ê m e p a rfo is le m a u v a is g o û t que\nj ’ ai eu la tristesse de c o n s ta te r en Sap ho. L a g ra n d e fa u te est la d é té rio ra tio n\nde l ’ œ u v r e in c is ive et réaliste de D a u d e t ré d u ite a u v u lg a ir e , b a n a l, pâle ro m a n\nd ’ a m o u r dénué d ’ in té rê t a u q u e l la m u s iq u e essaye en v a in d ’ a jo u te r un e fla m m e\nde v ie . B ie n a u c o n tra ire elle dé laye ce q u i reste m a lg ré to u t de l ’ œ u v r e de D a u ­\nd e t en de préte ntie uses phrases vides de m é lo d ie , en de flasqu es h a rm o n ie s o ù la\np a s s io n de S a p h o éclate en d ’ in colores et ta p a g e u rs flo n s -flo n s .\n        E t p o u r ce m in a b le spectacle il n ’ y a m ê m e pas u n a rtis te re le v a n t de l ’ a u to ­\nrité de son a rt ces tristes m ie tte s d ’ u n beau ta le n t q u i sem ble é te in t, a g o n is a n t.\n\n     Molière. — C ’ é ta it u n bien c h a r m a n t spectacle q ue celui de l ' E cole B u is­\nsonnière. Œ u v r e fa c tic e , m a is pailletée de dia lo g u e s e x q u is , de m o ts d é lica ts,\nd ’ un e finesse ciselée ra p p e la n t p a r in s ta n ts les m eilleu re s scènes d ’ A lfre d C a p u s .\nQ u a n d à la p e tite œ u v r e tte q u i a n o m le Cœur a (les raisons, elle a u n a n im e ­\nm e n i tr o u v é le m e ille u r a ccu e il, c ’ est u n de ces rie n s , fa its de tu lle et de g a ze ,\nc h a to y a n ts de perles fin e s , u n acte d ’ u n M u s s e t très m o d e rn e . C e s d e u x pièces\nd o n t la p rem iè re est in é d ite e t c o n tin u e la série p r o m is e , s o n t e xce lle m e n t jouées\npar    M me N i n o v e ,     M M . F r é d a l, A le r m e , e t le u rs c a m a ra d e s .   L e 19 n o v e m b re\ns ’ est in a u g u ré e la s u ite litté r a ire , th é â tr a le , m u s ic a le , h is to riq u e , p a r un e co nfé ­\nrence é ru d ite de M . C a tt ie r s u iv ie des K hoephores, l ’ u n des im m o r te ls ch efs-\nd ’ œ u v re s d ’ E s c h y le , e t d ’ u n e p a rtie m u s ic a le . Séance d ’ u n p u is s a n t in té rê t q u i\nfa it h o n n e u r à son p r o m o te u r e t ses in te rp rè te s .\n\n       Robinière. — L e tro is iè m e spectacle d e v a it nécessairem ent égaler les p ré ­\ncé d e n ts, o n y tr o u v e de l 'h u m o u r , de l ’ o r ig in a lité , de la litté r a tu r e , de l ’ ir o n ie ,\nde l ’ é m o tio n . Mon N oyé, s e ra it dig n e d ’ u n C o u r t e lin e , La           Tare est un e é tu de\nde m oe u rs très bien poussée et Une dame de l'empire (q u i est u n e p e tite M me\nSans-G êne,) d o n t la prem ière a u G y m n a s e date de 1 8 3 4 n o u s a réservé la s u r­\nprise d ’ u n m o rc e a u d é lic a te m e n t é c rit. L e s in te rp rè te s et c h a n s o n n ie rs s o n t bien\nc o n n u s ; ils s o n t restés e xc e lle n ts. S in c è re m e n t je cro is q ue la g u ig n e est c h a s ­\nsée cette fo is . U n e re v u e de C h a m p a v e r t , N é r a c e t T h é o          Hannon        s ’ a jo u te ra à\nl ’ in té re s s a n t spectacle.\n\n                                                                                       Arm and D E P R IN S .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1903-12-n7-016", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 122, "page_fin": 122, "titre_corps": "Nouvelles", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jeune Effort", "ancre_debut": "Nouvelles      On nous prie d’annoncer q", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 129, "page_imprimee": 122, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 2811, "texte": "Nouvelles\n     On nous prie d’annoncer que MmetArctowska donnera à la salle Allemande,\n2 1 , rue des Minimes, lundi 14 décembre 1903 à 8 1/2 heures du soir u n Lieder­\nAbend dans lequel elle fera entendre e n tr’autres des mélodies de Richard Strauss,\nTschaïkowsky, Dvorak, Cui et Sinding.\n\n     Monsieur Jules Meysmans vient de faire paraître un très curieux volume\nperm ettant d’apprendre d ’une façon rationnelle et agréable la sténographie (sys ­\ntème A. Paris). Les écrivains trouvent dans la sténographie un puissn a t\nauxiliaire en ce q u ’elle leur permet la pr ise de notes complètes aux auditions, con ­\nférences, etc., ainsi q u ’une' rapide traduction de leurs idées lorsqu’ils écrivent\nleurs brouillons. L ’ouvrage se vend, 2 7 , place Sainte Gudule.\n\n     L a Verveine du 25 octobre donne une très bonne et très intéressante étude\nsur Rodin, par le célèbre peintre-sculpteur-littérateur Levêque.\n\n      A ccu sé de réception : Les Templiers de M aurice Bouë de V illiers, très\nintéressant d’excellente facture, grandisse même en certaines pages.\n      Le grand nombre de matières nous oblige de remettre au mois prochain\nl ’étude de ce volume.\n      E t Voilà comment de Marcel A ugenot. Pièce en 1 acte en vers. Editeur\nLéon Vanier, 19, quai Saint-Michel, Paris. 1 fr.\n      P su k é de E dm ond P icard notre très distingué collaborateur. Pour la même\nraison que l’œuvre de M. Bouë nous devons rem ettre au mois prochain l’étude\nde ce livre, qui sera faite par notre éminent collaborateur Edouard Ned.\n\n    A paraître prochainement. l ’Ame., des N ôtres par Jules Sottiaux, notre\nnouveau collaborateur.\n\n      Extension u n iversitaire : Tous les lundis soir à 8 h. 1/2, Impasse du\nParc, 3, cours et conférences de l'Extension universitaire belge. On annonce\npour le mois de décembre u n cours en trois leçons sur la Renaissance, p ar\nM. Fernand Deschamps et des conférences intéressantes, en tr’autres une cause­\nrie sur Bach avec audition musicale et une conférence du R. P. Ollivier, le\ngrand orateur des Dominicains de Paris.\n\n     L ’Union Dramatique, ouvre le Cercle des Jeunes Gens, donnant des confé­\nrences tous les quinze jours. M, Buls a. donné la première dimanche 2 2 , en par­\nlant de la Corse, très intéressante, et très instructive.\n\n     Au prochain numéro paraîtra la préface du M issel Païen livre en prépara­\ntion de Madame Lise de Bellinglise. Ce livre suivra la gradation des livres d’heu­\nres Chrétiens en tournant vers la Beau té de l’am our pure toutes ses aspirations.\n                                                                                     JEUNE EFFORT.\n               Im p. B E R N A R D &. V E R S E L L E , 57, ru e P o ta g è re , B ru x e lle s.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 110, "texte": "Jeune\n    EffortM ar ch er franc dans la vie,\n      et d ir e ce q u ’on pense.\n\n\n\n\n                               S O M M A I R E\n\n                                                    £\nL e B r a c o n n ie r .......................... M a u r i c e          des     O m b iau x\n\nA cte de F o i ................................                 A rm a n d D ep rin s\n\nV e illé e de S o ld a t .....................                  H enri V a le re d o\n\nC h r y s a n t h è m e s .....................                 T h é o H annon\n\nJa rd in s d ’E sp a g n e . . . . .                            P ie rre B a u tier\n\nL ’In é v it a b le ................................H . L . K r a f t - E o p p e r\nM a x W a l l e r ................................              H enri L ieb rech t\n\nL e S i ll o n ..........................................       M arcel A ngenot\n\n C om m e v a le R u isse a u                               .   G eorges R ency\n\n E t v o ilà com m ent . . . .                                  G a s to n P u lin g s\n\n L e ttre à L o u is M oreau                                .   J u le s B ock\n\n Chronique T h éâtrale                               . .        A rm a n d D ep rin s\n\n N o u v e ll e s .....................................         Jeune E ffo rt\n\n\n\n\n   P rem ière             A nnée               Le Numéro                 DÉCEM BRE\n\n              n°      7                         20 cent.                         1903\n"}, {"page_pdf": 111, "texte": "          JEUNE EFFORT\nMENSUEL               D’ART            ET     DE     LITTÉRATUR E\n\n\n               Affilié à l’Union de la P re sse périodique belge\n\n       ORGANE D E S JE U N E S OUVERT A TOUS\n\n                         P araissant le 1 er du mois\n\n Fondateurs : G. P u l i n g s — J. B o c k — L. d e             C asem b ro o t\n\n                                 F. B o r d i e r\n\n\n\nR édaction et a d m in istra tio n :\n\n                           5,   R ue   d u   C o uvent,   Ix e lle s-B r u x elles\n\n   Pour la Critique d ’art et les Théâtres,                       adresser les\ncommunications rue d ’Edimbourg, 2 3 .\n\n\n\n     Toute souscription d ’au moins 2 francs pour la Belgique,\n3 francs pour l ’étranger, donne droit à un service de douze\nnuméros.\n\n\n      Il sera rendu compte de                 tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n     Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n    Nous autorisons la reproduction de nos articles sous\nla condition expresse d ’en indiquer la source et le nom\nde l’auteur.\n\n\n     La Revue laissant la plus grande liberté à ses colla­\nborateurs, ne prend pas la responsabilité des articles qu’elle\ninsère.\n"}, {"page_pdf": 112, "texte": "                                 -   1 0 5   -\n\n\n\n\n                      Le B raco n n ier\n\n      H ubert ne braconnait qu’au fusil. Il dédaignait collets,\n  lacets, filets, panthières, traineaux, panneaux et halliers. Seul\n  le coup de feu faisait sa joie. On disait q u ’à son gré toutes\n  les bêtes arrivaient à lui. Même il les attirait dans son enclos\n  s'il en avait envie : le cerf au bruit d ’un combat de mâles en\n  rut, la biche à la plainte du faon, le broquart au cri d ’angoise\n  de la chevrette, le lièvre en im itant avec une feuille de lierre\n  le cri de la hase amoureuse. Pour trom per les perdrix, les cail­\n  les et les faisans, point ne lui était besoin de chanterelle ni d ’ap­\n  peaux, les lèvres et la langue lui suffisaient.\n      Si les gendarm es cernaient son enclos pour surveiller sa\n  sortie ou sa rentrée, l’aboi des chiens lui signalait le danger.\n  S ’il était poursuivi, il rendonnait à travers les bois et les\n champs et dépistait, comme il voulait, ceux qui couraient\n après lui. Quelques visites domiciliaires pratiquées chez lui\n n ’avaient fait découvrir aucune trace de poil ou de plumes.\n Comme arme on n ’avait trouvé q u ’un fusil à pierre datant de\n l ’empire.\n        En forêt, les gardes entendaient un coup de feu. Ils\n voyaient la fumée monter dans la ram ure des arbres ; quelque­\n fois ils apercevaient la silhouette fuyante d ’un homme portant\n un chevreuil sur les épaules et prenaient leur élan à travers\nles taillis. Mais, arrivés à l’endroit où l ’on sentait encore\nl’odeur de la poudre, ils avaient beau suivre la piste que leur\nindiquaient les brindilles cassées, la mousse foulée et quelques\ngouttes de sang, le mystérieux chasseur avait disparu Comme\ns ’il se fut métamorphosé en arbre ou évanoui dans les airs.\n        Un seul garde eut pu fournir quelques détails, mais lors­\nqu’on l’avait retrouvé dans un endroit qui portait les traces\nd ’une lutte acharnée, sa langue pendait, violette, hors de la\nbouche couverte d ’une écume sanglante. Il avait été étranglé;\nson fusil, contenant deux douilles vides, gisait à côté de lui.\n        Cela tenait de la sorcellerie. Les vieilles femmes disaient\nque le loup-garou de leur enfance était revenu. D ’autres pré­\n"}, {"page_pdf": 113, "texte": "                            — 106—\n\ntendaient que c' était le chasseur noir et q u ’il arriv erait mal­\nheur à quiconque le troublerait dans sa ronde. Les enfants\nn’osaient plus aller au bois cueillir la m yrtille.\n\n                                *\n                               * *\n\n      Un jour on rem arqua au village que le gars n ’avait plus\nparu depuis plusieurs jours. On en fut étonné. Il n’était pas\npossible qu’un homme comme lui fut malade !\n      Ceux qui habitaient de son côté ne l’avaient plus aperçu\ndepuis deux semaines.\n      Quant à sa mère, on n’en tirait rien, mais on la voyait,\nrongée d ’inquiétude, rôder à la lisière des bois accompagnée\nde ses chiens. Elle les excitait et dociles à sa voix, ils par­\ntaient, le museau à terre, flairant une piste et agitant la queue\npuis ils revenaient près d ’elle pour recommencer encore. Elle\ncherchait son fils.\n   Mais toutes sortes de bruits circulèrent. On disait que dans\nle chemin creux, au tournant, entre le bois de hêtre et le tail­\nlis, le baron et ses gens avaient tiré sur lui, puis avaient\nemporté le cadavre pour l ’enfouir en lieu sûr. Deux gardes\navaient quitté le pays depuis lors. D ’autres prétendaient\nqu’H ubert était vivant, mais qu’on l’avait enfermé dans les\ncaves du château comme du temps passé.\n      Toujours est-il qu’il ne reparut point.\n      On cessa aussi de voir la vieille et l ’on s’inquiéta. On\navait entendu les chiens de la borde hurler à là mort. Mainte­\nnant ils erraient dans la campagne, aux environs des métairies\ncherchant à happer une croûte de pain ou à ronger un viel os.\n      On prévint le mayeur, le garde cham pêtre et les gendar­\ndarmes qui se décidèrent enfin d ’entrer dans la demeure aban­\ndonnée. La vieille était morte. D ’après l’état de putréfaction,\non estima que le décès rem ontait à une semaine. Elle était\nmorte de sa belle m ort; le médecin, appelé assitôt, ne constata\nrien d ’anormal.\n      Vu l’absence du fils, unique héritier, le juge de paix\napposa les scellés sur les meubles et les portes des chambres.\n      La justice ayant cherché vainement le disparu, on dut\nprocéder à la levée des scellés et dresser l'inventaire des objets\nde la m ortuaire.\n"}, {"page_pdf": 114, "texte": "                                          — 107 —\n\n      Quand le juge et le notaire pénétrèrent dans la salle du\nfond, après avoir gravi quelques marches, ils ouvrirent la\nfenêtre et poussèrent le volet pour y mieux voir. Le jour entra\ndans la chambre et l ’éclaira toute. Il n’y avait là qu’une table\net quelques vieilles chaises. Cela fut minutieusement consigné\nsur le papier timbré.\n      Mais une particularité bizarre attira l ’attention des hom­\nmes de loi. Sur le mur blanchi au lait de chaux, on voyait une\ninfinité de croix marquées avec du charbon de bois. Les unes\nétaient petites, les autres plus grandes et de dimensions diver­\nses ; et il y en avait cinq énormes d ’un noir velouté, profond,\nfunèbre, implacable.\n      C ’était la comptabilité du braconnier. Il inscrivait le meu-\ntre sur le mur. Les petites croix c’étaient les bêtes de plume et\nde menu poil ; les autres c ’était le gros gibier suivant la taille\nchevrillard, daguet, broquart, cerfou sanglier.\n      Quand aux plus grandes qu’on eut dit faites pour des tom­\nbeaux ;\n      — Serait-ce... dit le notaire au juge, serait-ce?\n      Il n’acheva pas. Tous deux se regardèrent avec une curio­\nsité mêlée d ’effroi. L ’ombre tragique du braconnier passa\ndevant leurs yeux, plana sur eux. Ils se comprirent.\n       — Oui ! murmura le juge en hochant la tête.\n    Oui, les cinq grandes croix noires, c’était pour les gardes\nqu’avait tués le braconnier.\n                                                           Maurice des Ombiaux\n\n\n\n\n                                Acte de Foi\n\n         L e lu n d i 9 n o v e m b re a v a i t lieu à la s a lle E r a r d la p r e ­\nm ière sé a n ce d u C e r c le d ’A r t « J e u n e E ffo r t ». M a l g r é la 3 me\nr e p r é s e n ta tio n d e S a p h o , m a lg r é l ’o u v e r t u r e d e l ’E x te n s io n\nU n i v e r s i t a i r e , m a lg r é l ’o u v e r t u r e d e l ’U n i v e r s i t é d ’A r t et\nd ’A r c h é o l o g i e , m a lg r é la p lu ie b a t ta n te , 18 0 p e r s o n n e s ont ré ­\npo n d u a u x 200 in v ita tio n s la n c é e s et se sont t r o u v é e s ré u n ie s\nà 8 h. e t d e m ie p ré c ic e s.\n"}, {"page_pdf": 115, "texte": "                              —1 0 8   —\n\n\n        Le Président organisateur en quelques mots bien sentis à\n  fait connaître notre but à l ’assistance: créer un centre de\n  réunion pour les jeunes artistes en leur perm ettant de livrer\n  au public leurs productions. Une partie de ce programm e est\n  réalisée par la publication du journal « Jeune Effort ». Les\n  jeunes littérateurs trouvent ses colonnes ouvertes. Mais nous,\n jeunes nous voulons faire plus. S ’il est des œuvres dram atiques\n  nécessitant la diction, où les jeunes dram aturges trouveront-ils\n aide et protection, qui les jouera? Les compositeurs inconnus,\n dont la musique reste figée en notes noires sur de monotones\n portées où trouveront-ils un public dont les oreilles s'ouvriront\n aux harmonies de leurs jeunes rêves? Où de jeunes conféren­\n ciers, trouveront-ils un auditoire prêt à écouter leur vivante\n parole, l’expression sonore de leurs études, de leurs idées, de\n leurs adm irations?\n       Hélas, notre Belgique est encore rebelle à la littérature\n neuve et nationale; il faut escompter cependant que notre\n existence remonte seulement à 73 années et que notre pays n ’a\n guère eut le temps dans sa rapide évolution de s'occuper\n ouvertem ent d ’A rt. Malgré tout; une ère artistique se lève, son\n aurore brille déjà d ’un vif éclat et sur elle nous ouvrons larges\n les portes du cercle d ’A rt.\n       Artistes novices qui voulez apporter votre offrande sur\n l ’autel de l’A rt, littérateurs; poëtes, musiciens, diseurs, chan­\n teurs, conférenciers, peintres, chansonniers, venez vers nous.\n Nous ne serons pas des exclusifs. Notre but sera éminem­\n ment et hautem ent artistique et nous essayerons même parmi les\n œuvres nouvelles d'en glisser d ’anciennes, mais inconnues ou\n incomprises, que nous tâcherons de révéler. Nous ne ferons pas\nde petite chapelle. Nous nous habillerons comme tout le\nmonde. Nous n ’aurons pas d ’insigne distinctif, ni de cheveux\ndémesurés et gras, ni de pantalons à la hussarde, ni chapeaux\nhétéroclites aux inquiétantes allures. E t cependant si parmi nous\nil en est qui veulent s'habiller « à l ’artiste » comme dit le «bour­\ngeois » nous ne nous moquerons pas, car nous voulons, la grande,\npleine entière liberté : à nos séances, on en verra parmi nous qui\nseront même en habit, le bourgeois accoutrement. Car si nous\nsommes peut-être très bourgeois d'habillem ent nous tâcherons\nd ’être très artistes par l ’idée. Nous essayerons de toutes nos\nforces de nous distinguer plus par l’œuvre que par le costume,\n"}, {"page_pdf": 116, "texte": "       *\n                                         — 109 —\n\nc a r v a u t m ie u x être que p a ra îtr e . N o u s ne nous p â m e r o n s p a s\nd e v a n t nos m u tu e lle s p ro d u ctio n s en d ’h y p o c r it e s a t t e n d r is s e ­\nm e n ts, m ais nous nous aid eron s m u tu e lle m e n t p a r d e s j u g e ­\nm e n ts f r a n c s et s e r v ia b l e s ; et nous en d e m a n d o n s autant à\nn otre p u b lic, qui a u r a pour tâche, non p a s d ’a p p la u d ir p a r\nc o m p la is a n c e , m a is de nous d o n n er d e s a v i s b ie n v e illa n ts et\ns a lu t a ir e s .\n       V o i l à ce que n ous v o u lo n s q u e soit notre « C e r c l e d ’A r t »\net nous com pton s s u r la protection de to u s c e u x qui a im e n t le\nb e a u et l e v r a i . On n ous a d éjà p r é d it la m o rt a v a n t la n a is sa n c e .\nP e u t ê tr e d is p a r a îtr o n s nous, c e r te s , m a is non s a n s a v o ir la\nco n so latio n d ’a v o ir ap p o rté une p etite p ie r r e à l ’é d ific e a r t is ­\nti q u e : a u s s i so m m es nous d é c id é s à « m a r c h e r f r a n c » d an s notre\nid ée, rian t d es so ts, nous m o q u an t d es ja l o u x , a v o u a n t à haute\nv o i x n otre pen sée, sa n s r o u g i r , le fro n t h a u t, s a n s nous\no c c u p e r d u q u ’en d ir a - t - o n ? et p r e n a n t po u r d e v is e « f a i s ce que\nd o is, a d v ie n n e q u e p o u r r a ».\n                                                         A r m a n d D E P R IN S .\n\n\n\n\n                       Veillée de Soldat\n                                                                       P our M arguerite.\n           Ici, qu an d tout repose, au soir; q u a n d la lumière\n           Est éteinte, et que seule une ronde s’entend\n           Sur le rem part, il m onte comm e u n e prière\n           A m a lèvre qui dit : T o n nom que j’aime ta n t !\n\n           E t dans mon cœ ur revient, ainsi q u ’une m u siq ue\n           Douce et triste; le ch an t du serment échangé,\n           Tandis qu’au fossé proche, un qui-vive tragique,\n           Tressaille dans le soir, q u ’agite un vent léger.\n\n           L ’appel m âle que jette a u vent la sentinelle,\n           C ’est la voix du destin fidèle, grave et lourd,\n           Q ui m arqu e dans les cœ urs comme u n e h e u r e éternelle.\n           Le coup d ’aile du rêve od orant de l’am ou r.\n\n\n                                                              H e n r i VALEREDO.\n\n     Berchem, Août 1903.\n"}, {"page_pdf": 117, "texte": "                                                     —      I I O     —\n\n\n\n\n                                 C h rysan th èm es\nH e r c u l e , fle u r is t o n O m p h a l e !                    M a i s c ’e s t-il e n c o r e des f le u r s ?\nM a i s , v i e u x j e u , le c a m é lia                          F l e u r s d e p a p ie r , fle u rs e n p e rc a le ?\nC h e z n o s fle u r is t e s il y a                               L e s p a p illo n s é c o r n ifle u r s ,\nL e c h r y s a n t è m e h y d r o c é p h a le !                  N ’ y f o n t ja m a is g a la n te e s c a l e ...\n\nF le u r d u p a ys de C h a n a a n ,                              C e r t e s , ils t i n r e n t des c o n g r è s ,\nO u b o t a n iq u e d e fé e r ie ,                                L e u r s h o r t ic u lt e u r s p o i n t g a n a c h e s ,\nL ’ A u t o m n e a d û p e in e r d ’ a h a n                      P o u r t r o u v e r les d iv in s e n g r a is\nS u r ce tte ja p o n a is e r ie .                                 Q u i c e n t u p lè r e n t le u rs p a n a c h e s .\n\nD e v a n t ce m o n s t r e in a t t e n d u                       O r to u s le s a n s , f o r t c re s c e n d o !\nLe s     g ra n d s    to u r n e s o ls s e m b le n t             R é e lle m e n t « e lle e g z a z è r e :\n                                              [sa g e s ;           C e n ’ est p l u s la f l e u r de Y e d o ,\nC ’ est p r e s q u e u n ja r d i n s u s p e n d u ,              E l l e e st d e M a r s e i l l e , * m a z è r e , , ?\nS e m ir a m is , à v o s c o rs a g e s !\n                                                                                             T h éo      H A N N O N .\n\n\n\n\n                            J a r d i n s d ’E s p a g n e\n        . . . C e so ir un a s p e c t o b stin é m e n t s ’é v o q u e p a rm i les v isio n s\np é n in s u la ir e s q u ’une d istra ite c ig a r e t t e su sc ite . J e v o u d r a i s en\nc es p a g e s t r a d u ir e la s u p r ê m e tr is t e s s e d e s r é s id e n c e s r o y a l e s\na b a n d o n n é e s. M on s o u v e n ir e rre a u lo n g d es s a ll e s m o rn es de\nc es p a la is , q u ’un c é ré m o n ia l s im p lifié ne peu t p lu s c om m e\nja d is r e m p lir de p o m p e et d e b ruit.\n        M a d r id d ’a b o rd m ’a p p a r a i s s a i t , d ’où la v ie ne s ’est point\ne n co re re tiré e . C h a q u e m atin le B o u r b o n , p â le con tre les v it r e s\nv o it la p a r a d e m ilita ire é v o lu e r d a n s une co u r v a s t e , o u v e rt e\np a r d es a r c a d e s s u r les lo in tain s d e la C a s tille . L e s so ld a ts\nv o n t et v ie n n e n t d ’un p a s c a d e n c é , tr è s len t, a u x a c c o rd s\ntr a în a n ts de la Marche Royale. L 'â m e e s p a g n o le co n te m p o ra in e\ny e x p rim e , d ira it-o n , to u s se s e sp o irs d é çu s. Il s e m b le que\nl ’a r m é e e n tière — a v e c s e s o ffic ie rs si je u n e s su r le u rs c h e v a u x\nb la n c s — ne s e r v e p lu s q u ’à une v a in e et q u o tid ien n e e x h i b i ­\ntion d ’opérette qui c o n c e n tre en ce lieu l e s o i s i f s d e la c a p ita le ;\nles ta m b o u rs dont le son se v o ila it de c rê p e p le u r a ie n t\np o u r moi les c o lo n ies p e r d u e s .\n        P u is je r e v o is S a i n t - S é b a s t i e n ; le p a la i s de M i r a m a r , une\nv i l l a g r a c i e u s e d an s les a r b r e s , en fac e d u g o l f e a z u ré .                                 C ’e s t\n"}, {"page_pdf": 118, "texte": "                                 —   III   —\n\n\n  là que l ’esprit du petit Roi s’est formé sous l’égide m aternelle,\n  en même temps que son corps a grandi vivifié par l’air marin.\n       L ’Escorial* — monastère colossal, couleur de pluie, en\n  un site farouche — nous ram ène au siècle glorieux. On revit\n  entre ces murs épais les dernières années de Philippe II, le\n  rêve sombre de sa vieillesse en d ’étroites cellules, d ’où, ago­\n  nisant, il contem plait par l'entrebâillem ent d ’un volet les ors\n  du m aître-autel.\n       Mais c’est d ’Aranjuez surtout que je veux parler. Nous y\n vînmes un jour de fin septembre, où l’automne serév élait à nos\n yeux accoutumés déjà à l’éternelle végétation andalouse. L ’ex­\n  press de Cordoue nous déposait en un décor inattendu d ’arrière\n saison ; des allées poussiéreuses et rousses filaient vers un\n horizon indécis. Nous parcourûmes longuem ent les chemins\n où le vent éparpillait des feuilles mortes, tandis que sous les\n berceaux presque dégarnis la monotone langueur des jardins\n délaissés nous pénétrait. On entendait bruire l’eau des fontai­\n nes. Au bord du Tage, une double et majestueuse rangée de\n hêtres s ’intitulait Salon des Rois Catholiques -, partout, des cor­\n beilles somptueuses dessinaient avec leurs fleurs de lourdes\n couronnes, et tout cela répandait un parfum subtil d ’ancienne\n cour. A l’écart des bâtim ents principaux, blottie au fond des\n massifs de m ystère, la Casa del Labrador parachevait cette\n image d ’un XVIIIe siècle mièvre : minuscules pièces ornées de\n tapisseries fanées et de bibelots démodés. Le gardien devant\n nous écartait successivement les persiennes, un soleil atténué\nse faufilait en ces réduits vieillots. Nous songions àC h arles IV\ncollectionnant des pendules et jouant au billard, pendant que\nl’Espagne s’en allait en ruine.\n      Peut-être pourrais-je dire à présent le charme singulier\nde la Granja, ce Versailles déconcertant dans un cirque alpes­\ntre, avec les sentiers tracés à souhait pour les rêveries am bu­\nlatoires d'une infante...\n      Mais rien ne valut l’impression produite par les palais\nd ’Aranjuez, où le X V IIIe siècle espagnol — souverains déments\net prodigues d ’un pays épuisé — a marqué son empreinte,\nimpression qui nous fit si recueillis quand le crépuscule tomba\nsur toutes ces déchéances.\n                                             P i e r r e BAUTIER.\n                                                    (T h . Gautier.)\n (*) Débauche de granit du Tibère espagnol.\n"}, {"page_pdf": 119, "texte": "                                           —    112 —\n\n\n\n\n                                 L’inévitable *\n                                            (S u ite .)\n\n       C o m m e j e la r e g a r d a i s , é p e rd u e e lle s ’é c r ia : « M a is tu ne\nc o m p r e n d s donc p a s que mon a m o u r e s t p lu s fo rt que tout et\nq u e si tu p a r s , j e p a r s a u s s i, a v e c toi; le lien qui m ’a tta c h e à\nton ê tre m e fo rc e à te s u iv re , am i, m e r e n d e s c la v e , m a is une\ne s c la v e b ie n h e u re u se c a r elle ne v e u t p lu s q uitter s a ch a în e\nd ’a m o u r ! »\n        L e le n d e m a in nous v o g u i o n s v e r s l ’A n g l e t e r r e . P o u r\na p a is e r la co n sc ien c e de M a r c e lle n ous étio ns p a s s é s d e v a n t un\nc l e r g y m a n g r a v e qui nous un it elle la p r o ste sta n te à m oi le\nc a th o liq u e . N o u s v é c û m e s à L o n d r e s h e u r e u x , loin d u m onde,\net l ’am o u r r e m p lis s a it si p ro fo n d é m e n t la v ie de m a c h è re bien\na im é e q u e ja m a is elle ne r e p a r l a d e s a fa m ille , d e se s p a re n ts\nq u ’e lle a v a i t ta n t c h é ris, et q u ’un inconnu p o u ss é p a r une\nfo rce inconn ue v e n a it un jo u r s é p a r e r san s rém issio n de la\nfille s o u m ise . M a is d an s notre v ie il y a v a i t d é jà tro p de b o n ­\nh eu r, tro p d e b a is e r s . L a c o u p e s ’e m p lis s a it, e lle a lla it choir,\nd é b o rd é e de d é lic e s et ne g a r d e r au fond de son c a lic e q u ’une\nlie a m è r e . M a r c e lle m ettan t a u m o n d e un fils, sen tit que ses\nfo rces se p e r d a ie n t s a n s ré m issio n . U n e h é m o r a r g ie s ’étan t\nd é c la r é e , tout le s a n g s ’é c o u la it de ce p a u v r e c o rp s d ’a m o u r et\na v e c lui s ’en a lla it la v ie .\n        J e r e s t a is sa n s c e s s e a u p r è s d ’e lle , c a r elle n ’é p r o u v a it de\nc a lm e que l o r s q u ’elle se n ta it s a m ain , s a p a u v r e m ain g l a c é e\nd a n s la m ienne. U n jo u r elle d e m a n d a son fils , notre fils. E l l e\nl ’e m b r a s s a lo n g u e m e n t , p u is me le te n d a n t « aim e le b ien , d it-\nelle, en s o u v e n ir de moi » M e s y e u x se v o ilè r e n t « M a r c e lle !»\nm ’é c r ia is-je . » C a lm e elle me rép o n d it « Mon am i, j e n ’ai pas\nd ’illusion, je v a i s m o u rir, m ais j e m e u r s h e u re u se c a r je te\nla is s e un v i v a n t s o u v e n ir d e notre a m o u r, et c ’e s t en plein\nb o n h e u r que je te q u itte. P e u t - ê t r e v a u t- il m ie u x q u 'il en soit\nainsi J e ne te d e m a n d e p a s d e v a in e s c h im è r e s a v a n t d e m o u rir,\nm ais s e u lem e n t de c h é rir et de p r o t é g e r notre e n fa n t e t ... de,\np le u re r un peu c e lle q u i t 'a a im é e p lu s que tout au m o n d e ...»\nCe d isan t elle me p a s s a au d o ig t l ’a n n e a u q u e tu v o is b rille r au\n  (*) V o ir n os 5 e t 6.\n"}, {"page_pdf": 120, "texte": "                              - 113 —\nmien, comme pour sceller le pacte de souvenir et de protec­\ntion qu’elle dem andait doucement. Et puis Marcelle est\nm orte      »\n     — Detm und se perdit un instant dans une songerie et le\ndocteur Von Müller hochait sym pathiquem ent sa bonne grosse\ntête — « Bref, Hans, peu après la mort de Marcelle je fus rap­\npellé en Allemagne. Je plaçai l'enfant sous bonne garde et lui\ndonnai le nom de sa mère, car je ne pouvais à aucun prix légiti­\nmer en mon pays, à cause de ma mère ainsi que je te l’ai exposé\ntantôt. J ’ai pris soin de ce fils, le petit C arl de Brisach grandit,\nstudieux, mais dans la complète ignorance de sa grande parenté\navec moi. Il me croit son tuteur, son père adoptif. Il vit, c ’est\nm aintenant un grand garçon de 25 ans, il est officier de marine.\nC’est tout le portrait d e s a mère, Hans, mais au physique seule­\nment. Ses idées, ses conceptions, j ’ai la joie de les sentir\nempreintes de mes propres idées. Mais il ne possède rien et voilà\npourquoi, tu le comprends je ne veux plus avoir d ’enfants. Car\nce serait monstrueux de distraire après ma mort un seul tha­\nler de l ’héritage de mon Carl . Ma fortune doit lui être acquise,\ntoute. Aussi la nature prévoyante m ’a rasuré.\n     Depuis la mort de Marcelle, je suis resté dans la plus\ngrande acception du mot, fidèle à mon premier, à mon unique\namour et durant ces 25 années de chasteté, ma virilité s ’est\néteinte. Aussi ma vie solitaire va s’égayer de la venue d ’une\njeune femme qui sera pour moi plutôt une fille qu’une épouse ;\nmon fils aura toute sa part d ’héritage et le souvenir de Mar­\ncelle sera jusqu’au tombeau, profondément respecté :\n     Voilà, cher ami, c e qui me pesait sur le cœur, ce que\npersonne au monde, hors toi et moi ne connaît et voilà pour­\nquoi, en voyant l'émeraude qui tantôt luisait comme un repro­\nche aigü, j’ai versé mon secret dans votre cœur, certain que\nvous me comprendriez, e t que vous pardonneriez entièrement ce\ndésir illégitim e et immoral de ne pas avoir d ’enfants, m ais qui\ndevient une action d ’humanité, de justice, un devoir sacré.\nN ’est-ce pas Hans que vous me comprenez ? »\n     Pour toute réponse, Von Müller serra dans ses larges mains\ncelles de Detm und, toutes trem blantes, et une grosse larme\nsurgit dans le cillement de ses paupières.\n                                      H.-L. K R A FT-FO PPE R .\n  (A suivie)                             Traduction de A . D E P R I N S .\n"}, {"page_pdf": 121, "texte": "                                            -   114 -\n\n\n\n\n                               M a x W a lle r\n                                                           Pour ceux qui l ’ont connu\n       L a r e v u e d 'a r t Le Thyrse v a p ro c h a in e m e n t o u v r i r une\nc a m p a g n e q u i doit a b o u tir — nous l ’esp éro n s du m oin s — à\nl ’ére ctio n d ’un m o n u m e n t p o u r M a x W a l l e r ! A p r è s q u a t o r z e\nan s, ce s e r a un p ie u x h o m m a g e ren d u à la m ém o ire du v a illa n t\nd ire c te u r de la Jeune Belgique qui le p r e m ie r a p p e lla a u x a r m e s\nles p o è te s B e l g e s p o u r l a d é fe n s e d e la trad itio n fr a n ç a is e en\nB e lg iq u e !\n\n        P a u v r e S ie b e l ! M o rt à v i n g t n euf an s, en p le in e je u n e s s e ,\nen p lein e b e a u té ! P a u v r e S i é b e l ! dont l ’a ir de f l ute s ’a c h e v a\nen s a n g lo t, et qui m o u ru t a v e c , a u x lè v r e s , un so u r ir e m é la n ­\nco liq u e de tr is te s s e et d e ré s ig n a tio n !\n        P o u r celui qui re c h e rc h e l ’âm e d e M a x W a l l e r à tr a v e r s\nson œ u v r e — d an s La flûte à Siebel, d an s Daisy, d a n s Lysianede\nLysias, d an s La vie Bête — c e tte âm e a p p a r a ît plein e d e rê v e et\nd 'a r d e u r e n th o u sia ste . T o u t e s a v ie, ce fu t un en th o u sia ste ,\nju sq u e d an s ses a m itié s , ju s q u e d an s se s h ain es ! C a r il h a ï s ­\ns a it tout ce qui é ta it laid , to u s ce qui était v e u le , tout ce qui\nn ’a v a it a u c u n e b e a u té !\n        Qui donc ne se ra p p e lle cette b a t a ille a c h a r n é e q u ’il li v r a\nd a n s les colo n n es d e l a Jeune Belgique à l ’a r t p o n cif et d éca d en t,\na u x r im a ille u r s d e la m use a c a d é m iq u e et o f fic ie lle !\n        L a c r a v a c h e à la m ain , botté et épero n n é, c a s q u é d ’a u d a c e\net de lu m ière , d a n s l ’a u ré o le d e la je u n e s s e il se d r e s s a , d eb ou t,\nfie r, in v in c ib le et son coup d e s if fle t v e n g e u r d o m in a la c la ­\nm eur de ja l o u s i e et d e h ain e qui s a lu a son a u d a c ie u c e v e n u e !\nW a l l e r r é sista , d ’a u tr e s v in r e n t à lu i, fid è le s c o m p a g n o n s\nd ’arm e s , r a llié s p a r ce ju v e n i l cri d e g u e r r e a u to u r du d r a p e a u\néc u sso n n é, à la c la ir o n n a u te d e v is e Ne crains\\ C e fu re n t A l b e r t\nG ir a u d , I w an G i lk i n , V a l è r e G i ll e , S é v e r i n , d ’a u tr e s en co re,\ntout ce c é n a c le qui nous a donné une p lé ia d e a d m ir a b le d ’é c r i­\nv a in s que nous — le s je u n e s — nous p r o c la m o n s nos m a îtr e s !\n         P a r m i eu x, W a l l e r é ta it le c h e f de b a t a ille ! D e son fin\nso u r ir e n arquo is il a tte n d a it l ’a tta q u e . P u is d ’un g e s t e sec et\np r é c is — san s c e s s e r d e so u r ir e — il le v a i t s a c r a v a c h e , c ’est-à-\nd ire la p lu m e so u p le et d ’un tr a it c u lb u ta it son a d v e r s a i r e !\n"}, {"page_pdf": 122, "texte": "                                —115 —\n     Siebel ! gamin fantasque et joyeux, dont les doigts\nlégers couraient sur sa flûte ironique ! Page romantique à la\nchevelure longue qui se perm ettait des gam bades devant la\ngravité solennelle des bonzes académiques ! Mais hélas! sait-on\nce que cette gravité cachait de douloureuse tristesse. Ton\nmasque était celui du Pierrot de Bergame au pale sourire qui\nne dit pas les douleurs de sa grande âme émue !\n                   O n sourit éternellement\n                   E t c’est au dedans que l'on pleure!...\n     Tu ris et tu pleurs tout à la fois, — et ton rire cache tes\npleurs — dans tes airs de flûtes, dans ta chanson...\n                   ...Q u i fait semblant de rire,\n                   sanglotte très doucement.\n      Mais de toutes cette tristesse intérieure il ne laissait rien\nparaître dans son geste, vif, dans sa vie exhubérante, dans sa\nromantique fierté de poète.\n      « Il nous émerveillait de sa jeunesse — raconte Camille\nLemonnier — de sa pétulance, de sa grâce, et de son esprit.\nFrondeur, sceptique et sentimental, la bouche persifleuse et\nles yeux candides, il nous apparaissait à travers un moulinet\nde rires, de cris et de mots, d ’A rtagnan, Chérubin et Siebel à\nla fois ».\n   Pourtant cette arrière pensée douloureuse se devine dans\nDaisy. — Déjà dans certaines pièces de la Flûte à Siebel, on\nsentait un sanglot monter à la gorge du poète qui étouffait ce\nhoquet, esquissait une pirouette et fuyait en criant : zut !\n      Daisy est la dernière œuvre Max de W aller.\n      Dédaignons l’intrigue, les défauts de composition qu’un tra ­\nvail hatif — qui semblait pressentir une m ortprochaine— à laissé\néchapper. — Recherchons à travers ces pages émues, cette âme\ntendre et passionnée qui se livre en une détente de repos. L ’ar­\ntiste, l’amoureux de beautés et de lumière se complait dans des\ndescriptions colorées et ardentes comme les tableaux du peintre\nTurner, son héros de roman peut-être trop imaginaire et capri­\ncieux.\n      Avec quelle délicatesse, son cœur se plait à étudier la\npscycologie de ses personnages; Daisy, la jeune fille douce et\naim ante, Joe le bon géant fraternel et amical, lord Grevill, le\nvieux lord hospitalier, et jusqu’au peintre Turner auquel\nW aller a fait exprimer ses sentim ents d ’artistes. E t le livre se\nferme sur une impression vague de tristesse et de regret ! On\n"}, {"page_pdf": 123, "texte": "                                     — 116 —\nsent q u ’on vient de vivre une heure en communion avec une\nâme très délicate et très fine qui nous a dit ses rêves et ses\ndésillusions !\n      Rêve ! désillusion ! c’est là toute l ’âme de Siebel. Il vécut\nson rêve d ’ardente jeunesse, fier, libre et beau ; répandant\nSon cœ ur et son esprit dans du rire et de la gaieté ; exhubérant,\nexpansif, communiquant à ses compagnons la foi dans l'a rt et\ndans la vie : un jour la désillusion atteignit son rêve, et il\ns ’endormit, meurtri par la lutte m atérielle pour laquelle il\nn ’était pas fait !\n                                       H e n r i LIE B R E C H T .\n\n\n\n\n                               L e Sillon\n       A cette époque où l ’art se ravale exclusivement au niveau de l’acheteur, où\nl ’argent est le veau d ’or devant lequel tant de faméliques bavent de convoitise\nil est fatalement avéré que l’impression que dégagent, les expositions picturales,\nné s’élève plus au-dessus d’une honnête moyenne et que l’artiste encensé par de\nniaises galanteries finisse par négliger son but et profaner avec une inconvenante,\ndésinvolture les lois sacrées d’idéal et de beauté où seules devaient viser ses\ntendances.\n       Au Sillon, malgré la promiscuité de deux-cents toiles, q u ’il serait , auda­\ncieux de mal qualifier, c’est en vain pourtant q u ’on y chercherait l’œuvre pre­\nn'arite, originale ou exclusive qu’en l’occurrence nous étions en droit d’espérer.\nSans doute (et ce n ’est pas une excuse) aucun n ’eut l’apparente prétention de\nproduire un chef d’œuvre et dès lors parcourons rapidement ce salon où ne man­\nquent pas, Dieu merci, de talentueux virtuoses, ni de bons peintres ! Au. con­\ntraire et MM. Smeers, W aegem ans, Bastien, Mathieu, Pinot, Blieck,\nSwyncop, Apol, etc., n ’ont pas menti à leur précédente renommée.\n     Monsieur Smeers, avec sa toile des A raig n ées (c’est ainsi que l ’auteur\nqualifie deux bonnes vieilles tricotteuses ?) s ’affirme, sans tricheries, avec une\nsobriété digne d’éloges, savant coloriste et subtil observateur. Cette œuvre, une\ndes seules qui accuse un sentim ent, est une des meilleures du salon. Ses petits\nvieux, sont aussi très habilement traités.\n      De Bastien. Une cariathide plantureuse, digne de sa fonction et suffisam­\nment bâtie pour supporter avec indifférence le poids des. nombreuses critiques .\nq u ’elle appelle. Un petit plein air « Convalescence » que je préférerais intitulé\n«Far Niente» c’est d ’une touche exquise et lumineuse crois une réjouissance visuele\nun sentiment communicatif de quiétude et de bien être. Je veux rendre ce service\nà M. Bastien en ne m ’appesantissant pas sur telle autre toile affreusement des­\nsinée, mais dont le ragoût du lit est voluptue usement épicé.\n     W aegem ans reste le peintre solide et charm eur que l’on sait, son petit\nvieux : M ichel S m ith (déjà vu au salon, mais ici infiniment mieux exposé) si\n"}, {"page_pdf": 124, "texte": "                                             —171\ncurieusem ent cliché et pour qui le connaît si psychologiquement observé, est\nune des bonnes pages de la série des roquentins que M. W aegem ans semble\ninnover, et q u ’il continuera je l’espère pour la plus précieuse utilité biographi­\nque et notre satisfaction générale. Très heureusement remarqué, le M en d ia n t\nde Sala m a n q u e, aimons moins son Absence où malgré un ensemble de délicate\ntenue, un dos de femme est là, d’une carnation si lourde et si peu vibrante.\n     Sw yncop expose cette année un de ses meilleurs portraits, c’est vraiment\nune œuvre d’observation et d’étonnante habileté, il n ’y a pas là seulement de\nbonne peinture c’est une toile de caractère et d’expression.\n     D ’Albert Pinot un excellent portrait, qui quoique présenté de dos, affirme\nune parfaite ressemblance. Cette mise en page originale, nous écarte très heu­\nreusement de l ’éternelle banalité. Toutes nos félicitations.\n     De Laudy encore deux portraits dont un, celui de l’auteur, est très ressem­\nblant et d’une facture sûre et belle. L ’œuvre, est probe et reposante, attachante\nmême.\n     De Haustraete le portrait si bien observé du sculpteur P. K.\n     Apol, paysagiste très en progrès avec sa toile (déjà vue) « Chênaie au soleil\ncouchant » et son vieux canal d’une pâte si savoureuse.\n      De Mignot une toute petite toile « Le Clocher d u P loarc » exquise et\npénétrante de sentim ents. L a Lanterne de D iogène à S a m t-C lo u d est une\nœuvre de consciencieuse observation et combien plus cossue que ses gravures,\ntrès agréables, mais qui respirent une trop grande confiance dans la facilité\nd’exécution.\n      De Bernier de bonnes impressions mieux peintes que dessinées.\n      De M me J. Bernier quelques natures mortes d’une sobre et louable dis­\ncrétion.\n      Blieck, expose une mer houleuse très habilement enlevée et largement\nbrossée; dans d’autres toiles encore toutes les qualités de coloriste et de peintre\nhabile ce concentrent.\n     M M . Paul Mathieu et Degreef deux paysagistes d’une rare adresse.\n      M . Bouy, joli et banal expose quelques pastels de boudoir et plus loin\ndans un éclairage flou une jeune femme au profil délicat d ’une agréable couleur\n     Enfin M. Denayer déconcerte avec son paysage q u ’on pourrait intituler :\nCyclistes attention, tournants dangereux, et son portrait ne parvient pas à en\nracheter la pénible impression.\n     La Scuplture, très pauvrement représentée, nous offre avec M. Kemmerich\nun spectacle de déception peu ordinaire ; un buste, si j’ose ainsi m ’exprimer,\nreprésente, parait-il, le Dr R ., puis un penseur si mal construit et qui nous\néloigne brusquement des foncières qualités de l’artiste, il exposent cependant une\nfigurine « L ’E tre in te » d’un joli mouvement.\n     De Matton une broche originale.\n     E t enfin, heurepsem ent, P a u l Gilbert nous présente deux études absolu­\nment consciencieuses, le buste de sa mère est un petit chef-d’œuvre d'observa­\ntion. J'aim e ainsi la preuve q u ’il donne de la possibilité de faire grand, dans\nune œuvre de modeste dimmension. Voilà de prom etteurs débuts.\n\n                                                         M arcel   ANGENOT.\n"}, {"page_pdf": 125, "texte": "                                                      118 -\n\n\n\n\n                C om m e v a le R u is s e a u *\n       C ’est un livre de délassement. Une grande besogne était\nfinie. Une autre se préparait lentement. Et, dans l ’intervalle,\nle maître se reposait là-bas au bord de la Meuse, dans ce village\nde Dave où le fleuve est si beau, les roches si sauvages et la\nvie si mollement paisible. Alors tout en musant dans la monta­\ngne, l ’imagination travaille, combine des pasages, assemble\n des scènes et, tout-à-coup, de ce repos sort un livre qui a\nl ’air d ’avoir été fait en se jouant, et qui a toute la simple, toute\nl ’éternelle beauté des vallées, des montagnes, des eaux et des\ndeux.\n       On connaît l ’histoire : Une petite institutrice de la ville\nest venue là se guérir d’une anémie rebelle. E lle s’y est éprise\nd’un drôle de bonhomme, vaguement peintre, vaguement\npêcheur à la ligne, qui ne tarde pas à tomber amoureux\nd ’elle à son tour. Leur idyle délicieuse, parfumée comme un\nbouquet de fleurs sauvages, s’apprête à se dénouer en un solide\net franc mariage, quand l ’institutrice se rappelle les petites\nfilles de l'école qu’elle a quittée. Qu’allait-elle faire ? Et sa\nmission, sa mission de charité laïque qu’elle a assumée pour\njamais ? Sans dire adieu à celui qui garde son âme, elle part,\nun matin de dimanche, avec son cœur blessé entre ses petites\nmains. Autour de cette aventure mélancolique, chante et vibre\ntoute la poésie des forêts, des rochers, des champs et des eaux.\nLe fleuve la traverse avec ses brumes, ses clartés, ses vagues\net ses superbes silences. Quelques paysans y fixent leur silhou­\nettes justes et savoureuses. Quelques tableautins s’y encadrent\nd’une façon inoubliable. Et c’est une chose vraiment admirable\nque l'aisance de ce récit où la simple vie de ces braves gens\nparvient à nous émouvoir, parce qu’on la sent puisée dans le\ngrand courant de la vie universelle. Jamais le maître ne fut\nmieux inspiré. Jamais sa langue n’eut pareille souplesse. Que\nl ’on compare donc, de bonne foi, ce livre de nature avec tant de\nromans champêtres qui jouirent en France d’une vogue dura­\nble : les romans André Theuriet, par exemple. L e maître\n  ( ) C o m m e v a le ru is s e a u , p a r C a m m ille L e m o n n ie r , c h e z O lle n d o ff , P a r is ,\n3,50 f r .\n"}, {"page_pdf": 126, "texte": "                                         -    119 -\n\nB e lg e , p a r la q u a lité de son a r t, p a r la c o n sta n te ten u e de son\nœ u v re , se p la c e à c en t co u d ées a u -d e ssu s d e s a u te u rs fra n ç a is\nle s p lu s ré p u té s. E t ce d o it n ous ê tre un e jo ie p a trio tiq u e et\ns e re in e qu e de c o n sta te r se s in c e ssa n ts p r o g r è s , s a m arch e to u ­\njo u rs p lu s a s s u r é e v e r s l'a b s o lu e B e a u té , ta n d is q u e son c o n te m ­\np o rain P a u l B o u r g e t, d e l ’A c a d é m ie F r a n ç a is e , v ie n t d e v o ir\nto m b e r son d e rn ie r liv r e : l’Eau Profonde so u s le s r ire s u n a ­\nn im es de la c ritiq u e in te llig e n te e t a r tis te .\n\n                                                               Georges R E N C Y .\n\n\n\n\n                        Et Voilà com m ent\n     Véritable petite merveille. T e l est le sentiment premier,\nqui vient après lecture de l ’œuvre de notre ami Angenot. Cette\ncomédie en un acte en vers est exquise et superbe. L e vers\nglisse avec une facilité vraiment belle, qui fait croire à un pre­\nmier jet. Il faut l ’étudier de près pour y découvrir le travail la\nrecherche du beau vers (qui n’est point ici une exception).\n     De plus — chose rare pour un débutant — le sujet est\nintéressant, mené de main de maître et celà pour une idée\nvraiment simple.\n     Pierrot triste et découragé se lamente en son logis.\nQuand... on frappe à la porte. C’est Colombine qui demande\nsecours à Pierrot. Elle a refusé l ’aumône à une pauvre vieille,\nqui se trouvait être une fée, et qui devant le refus de la blonde\nenfant, va la changer en crapaud ; si elle n’a pas découvert\navant le lever d ’un nouveau soleil, un mot qui résoutl’éni­\ngine, qu’elle lui pose. Pierrot se désole car il a mis l ’esprit à la\nporte.\n          « F acheux pressentiment oui tu tombes bien mal,\n          « L ’esprit ! Mais c’est vois tu ce petit animal,\n          « Que l ’on ne peut jamais traquersans qu’il vous dise.\n          « Quiconque me recherche attrape la bêtise. »\n\n     Enfin bref il conseille à Colombine d ’aller au bois et de\nsupplier la fée. Colombine obéit se rend au bois et appelle\nfée Lonie, (nom de la fée). Aussitôt l ’Enchanteresse apparaît\net pardonne, car il se trouve que le nom de la fée coïncide\n"}, {"page_pdf": 127, "texte": "                                         — 120.\n\n avec le mot de l’énégime la félonie, Pierrot heureux demande\n fa main de Colombine et l'obtient.\n      Tel est ce simple sujet si magnifiquement interprété par\n l’auteur en 35 pages, et qui se termine par une demande d ’in­\n dulgence au public pour le jeune poète. Elle est vraiment\n inutile et sera (j’en suis certain) toujours couverte par de\n multiples bravos.\n                                          G a s t o n PULINGS.\n\n\n\n\n                 Lettre à L ou is M o r e a u\n                         M on cher C onfrère.\n      Q ui ne sut se b orner ne su t jam ais écrire, a d it B oileau, c’est po u rq u o i\nje serai bref. D onc, cher confrère, je tiens à vous dire, q u ’il m ’est im pos­\nsible p o u r m oi de com m encer u n e c ritiq u e sérieuse de votre poèm e « L a\nM ort des A m ants », avant que vous ayez répo n d u aux questions su iv a n ’es :\n      P o u rq u o i et en quoi la vieillesse est-elle « in fam ante » com m e vous le\ndites dans h prem ière strophe :\n           P u isq u e tu es ce soir, belle com m e u n e fleur,\n           P u isq u ’u n jo u r et bientôt, la vieillesse infam ante,\n\n           Va faner tes g rands y e u x ....\n    D euxièm e question, que je considère com m e très im p o rtan te : In d i­\nquez-m oi, de grâce, cher confrère, le lien logique u n issan t ces deux strophes:\n\n          M ais nous pleurons en vain devant la certitude.\n          Soyons fiers, soyons forts, devant notre m alheur,\n          M archons vers le néant ! C ’est la B eatitude,\n          P o u r ceux qui vont à lui sans rem ords et sans peur,\n          P o u r nous, q u i entendons venir à pas d ’h o rreur,\n          L a hideuse décrépitude.\n          Viens fuyons éperdus, au fond de ce ciel bleu\n          O ù nous invite en so u rian t, la lu n e blonde,\n          Phébé ! V énus à to i... ô vieille T erre, A dieu,\n          T u n ’as pas su charm er notre âm e vagabonde,\n          N o u s parto n s en ch a n ta n t vers quelque nouveau m onde,\n          O ù nous serons plus près de D ie u ,\n     T o u t en respectant les décisions v en an t des aînés, qui vous o n t pro­\nclam é la u ré a t de ce « to u rn o i poétique », je m e déclare dans l’im possibilité\nabsolue de jug er votre, œ uvre si les deux points que je vous ai signalés, ne\nsont éclaircis\n                                                      A vous cordialem ent,\n                                                          J u l e s BOCK\n"}, {"page_pdf": 128, "texte": "                                                      - 121\n\n\n\n\n                          Chronique Théâtrale\n        Monnaie. — D e p u is lo n g te m p s o n n o u s p r o m e tta it d e u x p rem ières se n sa tio -\nnelles : l ’ u n e d ’ u n c o m p o s ite u r m o u r a n t , l ’ a u tre d ’ u n c o m p o s ite u r d é fu n t, et je\ncro is bien q u e l ’ œ u v r e la p lus v iv a n t e sera celle du c o m p o s ite u r m o r t . H é la s ,\no u i , le ta le n t de M a s se n e t se m e u r t . Sa m u s iq u e m ’ a to u jo u rs p ro d u it l ’ effet de\nces p e tits g â te a u x à la crèm e dé licie ux à v o i r , e x q u is à l ’ o d o ra t et p lu s e x q u is\nencore a u g o û t , m a is d o n t la d é g u s ta tio n répétée              v o u s d o n n e n t des na usé es.\nM a in te n a n t n o u s n ’ a v o n s m êm e p lus u n seul de ces p e tits pâtés q u i pris à in te r ­\nv a lle s fo n t p o u r ta n t u n ré g a l. C ’ est la tro p s o u v e n t in é v ita b le déchéance, l ’ in s ­\np ir a tio n ta r ie , le p la g ia t de s o i-m ê m e , et m ê m e p a rfo is le m a u v a is g o û t que\nj ’ ai eu la tristesse de c o n s ta te r en Sap ho. L a g ra n d e fa u te est la d é té rio ra tio n\nde l ’ œ u v r e in c is ive et réaliste de D a u d e t ré d u ite a u v u lg a ir e , b a n a l, pâle ro m a n\nd ’ a m o u r dénué d ’ in té rê t a u q u e l la m u s iq u e essaye en v a in d ’ a jo u te r un e fla m m e\nde v ie . B ie n a u c o n tra ire elle dé laye ce q u i reste m a lg ré to u t de l ’ œ u v r e de D a u ­\nd e t en de préte ntie uses phrases vides de m é lo d ie , en de flasqu es h a rm o n ie s o ù la\np a s s io n de S a p h o éclate en d ’ in colores et ta p a g e u rs flo n s -flo n s .\n        E t p o u r ce m in a b le spectacle il n ’ y a m ê m e pas u n a rtis te re le v a n t de l ’ a u to ­\nrité de son a rt ces tristes m ie tte s d ’ u n beau ta le n t q u i sem ble é te in t, a g o n is a n t.\n\n     Molière. — C ’ é ta it u n bien c h a r m a n t spectacle q ue celui de l ' E cole B u is­\nsonnière. Œ u v r e fa c tic e , m a is pailletée de dia lo g u e s e x q u is , de m o ts d é lica ts,\nd ’ un e finesse ciselée ra p p e la n t p a r in s ta n ts les m eilleu re s scènes d ’ A lfre d C a p u s .\nQ u a n d à la p e tite œ u v r e tte q u i a n o m le Cœur a (les raisons, elle a u n a n im e ­\nm e n i tr o u v é le m e ille u r a ccu e il, c ’ est u n de ces rie n s , fa its de tu lle et de g a ze ,\nc h a to y a n ts de perles fin e s , u n acte d ’ u n M u s s e t très m o d e rn e . C e s d e u x pièces\nd o n t la p rem iè re est in é d ite e t c o n tin u e la série p r o m is e , s o n t e xce lle m e n t jouées\npar    M me N i n o v e ,     M M . F r é d a l, A le r m e , e t le u rs c a m a ra d e s .   L e 19 n o v e m b re\ns ’ est in a u g u ré e la s u ite litté r a ire , th é â tr a le , m u s ic a le , h is to riq u e , p a r un e co nfé ­\nrence é ru d ite de M . C a tt ie r s u iv ie des K hoephores, l ’ u n des im m o r te ls ch efs-\nd ’ œ u v re s d ’ E s c h y le , e t d ’ u n e p a rtie m u s ic a le . Séance d ’ u n p u is s a n t in té rê t q u i\nfa it h o n n e u r à son p r o m o te u r e t ses in te rp rè te s .\n\n       Robinière. — L e tro is iè m e spectacle d e v a it nécessairem ent égaler les p ré ­\ncé d e n ts, o n y tr o u v e de l 'h u m o u r , de l ’ o r ig in a lité , de la litté r a tu r e , de l ’ ir o n ie ,\nde l ’ é m o tio n . Mon N oyé, s e ra it dig n e d ’ u n C o u r t e lin e , La           Tare est un e é tu de\nde m oe u rs très bien poussée et Une dame de l'empire (q u i est u n e p e tite M me\nSans-G êne,) d o n t la prem ière a u G y m n a s e date de 1 8 3 4 n o u s a réservé la s u r­\nprise d ’ u n m o rc e a u d é lic a te m e n t é c rit. L e s in te rp rè te s et c h a n s o n n ie rs s o n t bien\nc o n n u s ; ils s o n t restés e xc e lle n ts. S in c è re m e n t je cro is q ue la g u ig n e est c h a s ­\nsée cette fo is . U n e re v u e de C h a m p a v e r t , N é r a c e t T h é o          Hannon        s ’ a jo u te ra à\nl ’ in té re s s a n t spectacle.\n\n                                                                                       Arm and D E P R IN S .\n"}, {"page_pdf": 129, "texte": "                                                    — 122 —\n\n\n\n\n                                        Nouvelles\n     On nous prie d’annoncer que MmetArctowska donnera à la salle Allemande,\n2 1 , rue des Minimes, lundi 14 décembre 1903 à 8 1/2 heures du soir u n Lieder­\nAbend dans lequel elle fera entendre e n tr’autres des mélodies de Richard Strauss,\nTschaïkowsky, Dvorak, Cui et Sinding.\n\n     Monsieur Jules Meysmans vient de faire paraître un très curieux volume\nperm ettant d’apprendre d ’une façon rationnelle et agréable la sténographie (sys ­\ntème A. Paris). Les écrivains trouvent dans la sténographie un puissn a t\nauxiliaire en ce q u ’elle leur permet la pr ise de notes complètes aux auditions, con ­\nférences, etc., ainsi q u ’une' rapide traduction de leurs idées lorsqu’ils écrivent\nleurs brouillons. L ’ouvrage se vend, 2 7 , place Sainte Gudule.\n\n     L a Verveine du 25 octobre donne une très bonne et très intéressante étude\nsur Rodin, par le célèbre peintre-sculpteur-littérateur Levêque.\n\n      A ccu sé de réception : Les Templiers de M aurice Bouë de V illiers, très\nintéressant d’excellente facture, grandisse même en certaines pages.\n      Le grand nombre de matières nous oblige de remettre au mois prochain\nl ’étude de ce volume.\n      E t Voilà comment de Marcel A ugenot. Pièce en 1 acte en vers. Editeur\nLéon Vanier, 19, quai Saint-Michel, Paris. 1 fr.\n      P su k é de E dm ond P icard notre très distingué collaborateur. Pour la même\nraison que l’œuvre de M. Bouë nous devons rem ettre au mois prochain l’étude\nde ce livre, qui sera faite par notre éminent collaborateur Edouard Ned.\n\n    A paraître prochainement. l ’Ame., des N ôtres par Jules Sottiaux, notre\nnouveau collaborateur.\n\n      Extension u n iversitaire : Tous les lundis soir à 8 h. 1/2, Impasse du\nParc, 3, cours et conférences de l'Extension universitaire belge. On annonce\npour le mois de décembre u n cours en trois leçons sur la Renaissance, p ar\nM. Fernand Deschamps et des conférences intéressantes, en tr’autres une cause­\nrie sur Bach avec audition musicale et une conférence du R. P. Ollivier, le\ngrand orateur des Dominicains de Paris.\n\n     L ’Union Dramatique, ouvre le Cercle des Jeunes Gens, donnant des confé­\nrences tous les quinze jours. M, Buls a. donné la première dimanche 2 2 , en par­\nlant de la Corse, très intéressante, et très instructive.\n\n     Au prochain numéro paraîtra la préface du M issel Païen livre en prépara­\ntion de Madame Lise de Bellinglise. Ce livre suivra la gradation des livres d’heu­\nres Chrétiens en tournant vers la Beau té de l’am our pure toutes ses aspirations.\n                                                                                     JEUNE EFFORT.\n               Im p. B E R N A R D &. V E R S E L L E , 57, ru e P o ta g è re , B ru x e lle s.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 7, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1903-12", "signet_source": "Première année - N°7 - Décembre 1903", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 110", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}