{"numero_id": "ulb-jeune-effort-1904-03-n10", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-03-n10-001", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "JEUNE EFFORT Marcher franc dans la vie", "ancre_fin": "et dire ce qu'on pense.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Sommaire : Le Vieux", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 172, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 105, "texte": "JEUNE\n       EFFORT\n   Marcher franc dans la vie,\n et dire ce qu'on pense.\n\n\n\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-03-n10-002", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Sommaire : Le Vieux", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 172, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 105, "fin_caractere_exclue": 532, "texte": "Sommaire :\n\n\nLe Vieux . . . . . .                Ju le s Bock.\nRondel................................... M a rce l Angenot.\nL’Inévitable . . . . .              H .-L . K raft-F o p p e r.\nPillage.      . . . . . .           Omer de Vuyst.\nLivre : Les Jardins Clos . M arce l Angenot.\nNouvelles.\n\n\n\n\n               L e n u m é r o : 2 0 cent.\n\n\n Deuxième Année. N°1\n                   0.                             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P u l i n g s — J.     B o c k — L.        de   C asembroot\n\n                               F.    B o rdier\n\n\n\n\nRédaction et adm inistration :\n                       5 , R u e    du   C o u v e n t,   Ix e lle s - B r u x e lle s .\n\n   Pour la Critique d’art et les Théâtres, adresser les\ncommunications rue d’Edimbourg, 23\n\n\n\n     Toute souscription d ’au moins 2 francs pour la Belgique,\n3 francs pour l’étranger, donne droit à un service de douze\nnuméros.\n\n\n      Il sera rendu compte de tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n     Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n     Nous autorisons la reproduction de nos articles sous la\ncondition expresse d ’en indiquer la source et le nom de\nl’auteur.\n\n\n     Le Revue laissant la plus grande liberté à ses collabora­\nteurs, ne prend pas la responsabilité des articles qu’elle insère.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-03-n10-004", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 167, "page_fin": 172, "titre_corps": "Le Vieux", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jules Bock", "ancre_debut": "LE VIEUX                                    A E d o u a rd N ed                                    h o m m a g e d e", "ancre_fin": "ans. J ules B ock. I", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Rondel.                           A M me R a q u e t , r e s p e c tu e u", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 174, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 1609, "texte": "LE VIEUX\n                                   A E d o u a rd N ed\n                                   h o m m a g e d e r e s p e c tu e u s e a m itié .\n\n\n                             I\n     e   soleil rougeoiait. La ferme au père Molitor bordait\n L     la route d ’Harzy à W ardin, à quelques pas d’un\n     coude brusque.\n     Le fermier bayait sur le pas de sa porte, les mains ,\nderrière le dos, le nez pointant au ciel. Il portait ses\nhabits de fêtes : une redingote de vieille mode, un pan­\ntalon serré aux genoux et s’évasant au bas, puis, par\ndessus tout, une blouse bleue, luisante et conservant les\nplis carrés du repassage.\n     Son regard qu’il vous plante droit dans les yeux, la\ndécision et la promptitude de ses mouvements, sa parole\nbrusque, sa propreté méticuleuse, presque ridicule si elle\nn’eût indiqué le désir de correction jusque dans les\ndétails, tout dénotait en lui l’ancien soldat.\n     Ses soixante ans ne l’avaient pas voûté. Il portait\nhaut la tête couronnée de cheveux gris-argent, fins et\nlégers comme de la soie. Ses lèvres rasées rentrant sur\nles gencives édentées et son nez fortement busqué don­\nnaient à sa physionomie cet air calme et presque majes­\ntueux des vieux terriens.\n     Vraiment il était heureux;, heureux sans restriction!\nSon fils revenait au pays après avoir passé deux ans\nsous les drapeaux. C’était une sorte d ’aristocratie, comme\nune prérogative que lé sort bienveillant accordait à sa\nfamille : tous ses fils avaient été soldats, lui l’avait été,\nson père et son grand'père également, au temps où ^\nBelgique était province napoléonienne.\n"}, {"page_pdf": 175, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2088, "texte": "                           — 168 —\n      Aussi, ce fut sans un regret qu’il vit son gars,\nle seul qui lui restât, partir pour l’armée.\n      Maintenant, songeait le fermier, que sera-t-il devenu\nlà-bas, dans la ville ? Voudra-t il goûter de cette vie\nétroite, resserrée entre les quatre murs d’une chambre,\nou bien voudra-t-il la vie libre et le sain labeur de la\nterre ?\n      Lentement il remuait ses idées, pressentant bien\nen son bon sens, que le paysan doit rester paysan,\nque son bonheur s’attache à la glèbe, et qu’à la ville les\nterriens sont des plantes privées d’air.\n      Puis il se créait tout un avenir de travail, avec son\nfils à ses côtés, il le voyait travailler, aiguilloné du besoin\nâpre de dépenser son énergie; il le voyait déchaumer\nles terres, émotter les labours, emblaver les jachères,\nfumer et labourer les guêrets. T ou t son bonheur se\ncondençait en cet avenir fruste, pendant lequel, comme\ndes bouffées d ’encens, montaient les félicitations caute­\nleuses, dont il s’enorgueillirait parce qu’elles s’adresse­\nraient à son fils. Oh ! l’avenir.\n      Brusquement une marche militaire, sifflée sur la\nroute, trancha sa rêverie comme d ’un coup de faulx. Il\nse redressa. En quelques emjambées il fut au détour du\nchemin : il pressentait son fils. Mais là, il s’arrêta, ses\nvieilles idées de hiérarchie reprenaient le dessus, il se\ndevait, croyait-il, d ’attendre que son fils vînt à lui.\n      Le jeune homme arrivait, crânement découplé en son\ndolman vert, sa feuille de route passée entre deux bou­\ntonnières, une cravache à la main, le corps penché en\navant pour gravir la pente assez forte.\n      Sur les champs, les femmes cessaient de sarcler. Les\nplus éloignées le regardaient passer, en riant ; les autres,\ncelles qui peinaient au bord de la route, l’apostrophaient :\n« Eh ! bonjour Jean ! te rev’là ? » Jean faisait halte, serrait\nles mains tendues. Puis c’étaient les fermiers apparaissant\naux portes : « Eh donc, Jean, viens-t-en boire une\nch o p e?» Jean entrait, prenait la p in te: «A vot’ santé,\nmaître François, à vot’ santé à tous », et sa chope\n"}, {"page_pdf": 176, "page_imprimee": 169, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1865, "texte": "                            —   169 —\n\n\ndécrivait un geste circulaire. Bien planté sur ses jambes\nécartées, il buvait, la tête en arrière et le coude relevé.\nIl s’arrêta de la sorte dans différentes maisons. Le\npère, toujours, attendait au tournant de la route.\n      Alors, interpellant son fils qui sortait d ’une ferme: « Eh\nben donc ! C’est-y que tu n’es pas pressé de me voir ? »\n      — On arrive ! On arrive! faisait le gars.\n      Le tintem ent argentin des éperons scandait seul le\nsilence, l’homme approchait, d’une voix indifférente, entre\ndeux halètements, il prononça.: « Bonjour le père. »\n      Le fermier ne remarqua pas le ton morne, il\nn’entendit que la phrase, et, embrassant son fils, il lui\nprit le bras. Puis les questions tombèrent, drues comme\ndes coups de fléau sur le grain.\n      « Es-tu heureux ? Pensais-tu à moi ? T ’a-t-il coûté de\nquitter la ville ? »\n      L e fils y coupa court : « Où en sont les récoltes ?\nJ ’ai déjà vu des blés coupés... »\n      E t lui, content de voir son gars préoccupé déjà des\nchoses de la terre : « Magnifiques, mon Jean, presque trop\nmûres, il est plus que temps de les faucher. » Puis avec\nun sourire :\n      — Je n’attendais que toi...\n      — Vous m’attendiez? vous avez eu tort... Puisqu’elles\nétaient mûres, fallait les couper... sans m ’attendre...\n      — Je croyais te faire plaisir.... tu sais... c’est si bon\nde travailler avec ceux qu’on aime !..\n\n                                II\n\n      Deux jours après l’arrivée de Jean — un dimanche —\nles invités affluaient à la ferme, emplissant la salle com­\nmune du brouhaha de leurs conversations. Une odeur\nâcre de vêtements enfermés plânait, se mêlant aux exha­\nlaisons de porc cuit sortant de la cuisine. Le métayer\nallait de l’un à l’autre, donnant sans compter des poignées\nde main.\n     Autour de l’arrivant on faisait cercle. C’étaient sur­\n"}, {"page_pdf": 177, "page_imprimee": 170, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "                           —   170 —\n\n\n tout les jeunes, les conscrits de l’année prochaine, qui\n le regardaient et lui demandaient des renseignements.\n Lui, avec l’assurance d ’être crû comme Evangile — peut-\nêtre mieux — leur débitait à fortes doses sa science\n militaire et sa science de caserne : On l’écoutait bouche-bée.\n      — Allons, cria le fermier, à table !\n      Et la soupière arriva fumante, portée à bouts de bras.\n      Pendant quelques temps on n’entendit que |le bruit\ndes lampées et celui des cuillers heurtant le fond des\nassiettes.\n     On apporta ensuite des rôtis et d ’énormes platées de\nchoux rouges, des boudins noirs aux pommes, des\nandouilles dorées, des quartiers de hâte piqués d’ail et de\ngirofle, et des rillettes rôties. Ils mangeaient avec de\nlarges mouvements des lèvres et la sauce encrassait les\ngençives.\n     P endant tout le repas, ils burent à même de gran­\ndes chopes de bière mousseuse, que des valets écumaient\navant de servir. L a graisse ternissait       les anses des\nbrocs, et des empreintes rondes et adipeuses en feston­\nnaient les bords. On servit ensuite des tartes, grandes\ncomme des meules de grès, les unes aux myrtilles noires,\npiquées de morceaux de sucre blanc, les autres à la\ncrême, recouvertes de quartiers de pommes crues.\n\n                               III\n\n     Sous les nuages bleus des pipes, les conversations\nparticulières groupaient les sympathies. Les visages repus\net luisants, s’allumaient au feu des alcools.\n     Après six heures de mangeailles, les convives éprou­\nvaient le besoin     de se dégourdir les jambes. Ils se\nlevèrent, firent quelques pas sur la route, puis s’assirent\nsur le banc qui longeait la façade.\n     Devant eux, le soleil s’enfonçait dans l’horizon, tel\nun bloc de viande saignante.\n     Seuls, Jean et un homme de son âge, étaient restés\ndans la salle basse. Jean parlait :\n"}, {"page_pdf": 178, "page_imprimee": 171, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1957, "texte": "                          — i7i —\n     Allons, comprends-tu cela ? Voilà-t-il pas que pour le\nplaisir enfantin de faucher avec moi, il va compromettre\nle succès des récoltes ! Ah misère de misère ! Quel homme !\nMoi qui croyais mon argent en bonnes mains ! Car tu\nsais, ce n’est pa le sien, à ce vieux ; c’est mon argent,\nle mien, celui que m’a légué ma mère !\n      Puis, se promenant vivement, les mains derrière le\ndos :\n      — Moi qui le croyais soucieux de mes intérêts ! J’étais\nici d ’une heure à peine, je fais un tour sous les hangars,\nqu’est-ce que je vois ? Une faucheuse, une batteuse et\nencore d’autres machines ! C’est commode, hein, de se\ncroiser les bras quand on a des machines payées avec\nl’argent des autres ? Bon, et d ’une.\n     Je sors du hangar, et je vois? : Un nouveau valet!\n      «Que fais-tu ici, mauvais drôle ?»\n      L ’homme me sourit bêtement : «Dame, je fais rien...\ny a rien à faire. Not’ maître m ’a pris par pitié, parce\nque j ’étais sans pain.»\n      P ar pitié !!... T u comprends, c’en était trop !\n      Ah ! mon argent, comme tu es heureux que je sois\nrevenu, regarde en quelles mains tu continuerais à te salir\nsi je n’étais là ! Mais ne crains rien, on ne te donnera\nplus ! Comme je vais t’épargner ! Je travaillerai comme\nquatre hommes, s’il le faut, mais tu ne me quitteras plus.\n      E t sa main se crispait au fond de sa poche. Puis,\ntout-à-coup, avec un mouvement de colère, le poing\ntendu : «Ah ! maudit vieux, ton règne va finir ! Finies\ntes générosités, tes largesses et tes compassions avec\n mon argent ! Ah ! le vieux faisait le riche ! Ah ! le vieux\njouait « l’homme généreux ». Nous avions compté sans\n notre fils, n’est-ce pas ? Minute, votre fils n’est point\n bête, il vous le fera voir ! » Ils sortirent.\n\n                             IV\n    Un homme parcourait la route à grandes enjambées\nployantes, les mains ballantes le long du corps.\n    C’était le métayer. Il avait entendu la conversation\n"}, {"page_pdf": 179, "page_imprimee": 172, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1666, "texte": "                                  —      172 —\n\n\nde son fils. Chacune de ses paroles lui était entrée\ndans le cœur, comme un coin de chêne dans l’aubier,\nécartant les fibres, et le laissant pantelant en sa poi­\ntrine. Il sentait en lui-même un vide noir et profond.\nIl voyait en son cœur comme une lente procession\nde moines en cagoules pointues, les mains croisées,\npsalmodiant. L eur chant montait sous le ciel gris, et se\ndéroulait comme un suaire : C’étaient les funérailles de\nses illusions. L e cortège austère passait en des plaines\narides. Celui qui paraissait le chef s’arrêta et dit :\n      « Père, regarde ces terres nues, c’est l’âme de ton\nfils! » Puis ils longèrent des rocs titaniques et des gouffres\npuants. Un moine encore s’arrêta:\n      « Regarde, père, ces rochers sont la haine de ton fils,\net ces gouffres, ces gouffres, son envie ! »\n      Son cœur se tordait, une souffrance inexprimable le\ndéchirait de ses ongles de fer !\n          Le chant des moines reprit, développant la bure\nde ses mélopées. L ’homme arrivait au bord d’une rivière,\nl’eau roulait ses volutes identiques contre les arches du\npont. Lentement il s’assit, les yeux fixés sur le courant.\n      Longtemps il resta là, sans bouger.\n      Le soir descendait sur lui, mettant un crêpe à sa\ndouleur. Le fermier se leva, regarda du côté de la ferme,\npuis, traçant dans l’air un signe de croix : «Je te pardonne».\n      E t il s’enfonça dans la nuit.\n\n    Dans un couvent de Trappistes, il                                        y     a,   depuis\nquelques jours, un novice de soixante ans.                                       J ules B ock.\n\n\n\n\n                                 I"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-03-n10-005", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 172, "page_fin": 173, "titre_corps": "Rondel", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Marcel Angenot", "ancre_debut": "Rondel.                           A M me R a q u e t , r e s p e c tu e u", "ancre_fin": "de rose. 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L. Kraft-Fopper", "ancre_debut": "L ’I N É V I T A B L E                                          ROMAN I N É D I T                                          (S u ite    e t   fi", "ancre_fin": "A. D e p rin s.)", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Xe pillage.          D roits su r leurs destri", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 180, "page_imprimee": 173, "debut_caractere": 705, "fin_caractere_exclue": 1903, "texte": "L ’I N É V I T A B L E\n                                         ROMAN I N É D I T\n\n                                        (S u ite    e t   fin\n\n\n                                 RETOUR         DE        CHASSE\n\n        educ von Detmund revenait tranquillement et tout\n\nL      seul vers son château, après une bonne chasse. Il\n      sifflotait entre ses dents des fanfares joyeuses et il son­\ngeait à la surprise qu’il ferait à sa femme, à sa petite\nfille, la chère petite, qui enfin était née, ainsi qu’à son\ngrand Carl , en rentrant deux heures plus tôt. Il sifflotait\ngaiement en pensant au bonheur de vivre entre ses chers\naimés, à la douce vieillesse qui s’écoulerait ainsi pour lui.\n      Detmund avait déjà franchi la grille la plus éloignée\ndu parc, lorsque des cris d’enfants, des éclats de rire\nlui firent tendre l’oreille, et il sourit en reconnaissant la\nvoix de sa petite Eva. Alors, pour corser la surprise, il\nse glissa dans les taillis, rampa le long des buissons,\nderrière les haies, sans bruit. Il comptait surgir tout\nd’un coup devant la petite. Il parvint ainsi à gagner la\npelouse où la fillette prenait ses ébats avec un grand\ndogue d’ Ulm .\n\n\nV o ir n os 5, 6 , 7 , 8 , 9 .\n"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 174, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2152, "texte": "                           —   174 —\n\n\n      Tout-à-coup un couple s’avança sur la pelouse. C’était\nIsolde et Cari. L a fillette courut vers eux et Carl la\nsoulevant dans ses bras musclés, l’embrassa passionément.\nPuis se tournant vers Isolde : « Comme elle te ressemble,\ndit-il.\n      — Avec tes yeux, tes grands yeux de lumière, répon­\ndit-elle.\n      E t tous deux s’étreignirent en se baisant la bouche.\n      D etm und était figé dans sa cachette, quand d ’autres\nparoles lui parvinrent distinctes : « Elle ne pouvait être\nautrement notre Eva, elle est née de notre amour ; elle\ndoit nous ressembler, notre enfant. » D etm und sentit le\nsang affluer à ses tempes ; il arma son fusil et visa le\ncouple enlacé; froidement il les tenait au bout du viseur,\nquand il chancela, éperdu, en m urm urant : « Marcelle ! »\net tenant entre ses doigts tremblants l’anneau où brillait\nl’émeraude vengeresse. Un éclair de subtile raison, une\nvision spontanée, roidit le duc, une larme coula de sa\npaupière clignotante. Il resta droit ainsi dans la brous­\nsaille, envoya un baiser vers Isolde, Carl et Eva qui\npartaient enlacés, poussa un gros soupir et prit sa course\nvers la forêt. Il gravit une montagne hérissée de rocs\nd’où il découvrait son château, son burg, où il coula\ntant d ’heures heureuses, où s’agitèrent en lui tant d ’espoirs\nréalisés, et d’où lui venait aussi la finale désespérance.\n      Alors le duc se prit à parler à voix basse ; il par­\nlait debout, les cheveux au vent. Oui, c’était l’inévitable\nqu’il avait contemplé tantôt, et c’était son œuvre : Carl\nqui avait les mêmes passions que lui, devait fatalement\ns’éprendre de la belle Isolde. Ces deux jeunes êtres,\nvibrant de vie intense, devaient arriver à se confondre,\nrapprochés qu’ils étaient chaque jour par des soins fra­\nternels, devenus à la fin des baisers d ’amant. E t c’était\n sa faute à lui, Detmund. E t il n’avait pas le droit de\ntuer les coupables, car le plus coupable c’était lui, et la\n faute était son œuvre. Marcelle l’avait rendu tant heu­\nreux et il l’avait trahie, en oubliant des serments solennels,\n Marcelle le châtiait et c’était justice. Puis le Duc s’écria :\n"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 908, "texte": "                                  —    175 —\n\n\n     « Non! Carl. Non Isolde! Vous n’êtes point coupables!\n» L ’attirance inévitable et mystérieuse de la jeunesse, du\n» printemps de vie vous jeta dans les bras l’un de\n» l’autre et restez enlacés avec votre enfant! Je vais\n» mourir pour que vous soyez librement heureux! Je vais\n» mourir afin que ma présence ne vous soit point un\n» remord de chaque jour. E t de ma mort, sortira encore\n» de la vie, la vie qui perpétuera ma race, puisque les\n» enfants de Carl seront les enfants de mon sang. Isolde\n» et Carl vous pourrez sans honte vous étreindre, vous\n» ne saurez jamais l’inévitable mystère! »\n     E t le Duc plongea dans un gouffre qui s’ouvrait béant\nà ses pieds.\n                                 H. L. K r a f t - F o p p e r .\n                                               (T r a d u c tio n d e A. D e p rin s.)\n\n\n\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-03-n10-007", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 175, "page_fin": 175, "titre_corps": "Le Pillage", "titre_sommaire": "Pillage", "rubrique": "", "signature_source": "Omer De Vuyst", "ancre_debut": "Xe pillage.          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Hélas! quelle ne fut\npas ma moue de papillon déçu quand j ’eus la nette et\ndouloureuse conviction que de ce jardin étaient bannis roses,\nparfums et soleil, et que la rosée diamantaire n’était ici\nque le souvenir glacé d’un brouillard. J ’eus le doute d ’y\nrencontrer jamais quelque fleur rare et insoupçonnée et\nje me butai, dès mes premiers pas, contre ces pierres\ngrises :\n        » E t la b o u ch e resp ire u n p eu de sel am er\n        » E t des sites m ouillés p a r des fleuves d ’arg en t.\n\n  E t plus loin :\n        « P o u r les cœ urs affranchis d ’étrein tes dénouées\n        » S ’offre l ’ab ri d ésert des bois inexplorés\n        » E t dont le sol de nul pas vil ne f u t foulé. »\n\n     Puis je me laissai prendre tout entier par telle jolie\npoésie, L'Offrande, trop heureux de pouvoir croire peut-\nêtre a la possibilité d ’un prochain sentier parfumé, lorsque\nde nouveau je me butai malheureusement contre ce cail­\nlou de mauvais goût :\n        » A te voir ain si rire en tre m es b ras d 'accueil. »\n     Cet écueil ne me fit que plus ardem ment poursuivre\nma route. Au loin déjà se profilait le galbe élégant de :\nL a Statue, indispensable à tout jardin qui se respecte, et\nm ’approchant j ’y lus :\n        « L e m arb re est noble et p u r, et les saisons diverses\n        » L ’o n t verd i de la n u q u e au beau talon divin. »\n"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1927, "texte": "                               —   1 77 —\n\n\n     Voilà bien des chevilles, M. Mussche, il est vrai\nque du talon aux chevilles il n’y a pas loin.\n     Je serais navré si le lecteur m ’allait accuser d’exces­\nsivisme et ce n’est que pour affirmer mon impartialité\net baser ma critique plus        solidement, que je lui donne\nici les débris de vers où je me suis blessé.\n     M. Paul Mussche est certainement un        poète habile\net ne manquant, Dieu merci, ni de technique, ni même\nde talent. Je ne lui demande pas plus de roublardise,\nau contraire, et plus de simplicité arriverait peut-être à\ndégager son œuvre de cette athmosphère parfois suffo­\ncante qui persiste désagréablement dans la plupart de\nses poèmes. On n’y retrouverait plus, je pense, de\nvers semblables :\n       « O n en ten d quelquefois d an s la ch am b re voisine\n       » Venir (?) u n b ru it confus de linges rem ués. »\n       (Peste, mon cher Monsieur, c’est d’une oreille fine\n       E t sans doute fau t-il y être habitué.)\n    E t enfin, je ne raffole pas du tout de ce vers\n       E t le ciel est empli de mages de marbre.\n    Mais au fur et à mesure que je pénétrai plus avant,\nje respirai plus librement     et je crois bien qu’un soupçon\nde lilas parvint à mes narines étonnées.\n    Le Pardon fut l’éloquent messager de lumière, puis,\nces vers délicieux :\n       « L a lu eu r de la lune et le v ib ran t silence\n       » M ariant leur m ystère et leurs tro u b lan tes voix,\n       » In o n d e n t d ’in co n n u les frêles ap p aren ces.\n    E t cette strophe :\n       P a re il à cette m er que l’o u ragan déchaine\n       M on cœ u r inap aisé reten tit de sanglots,\n       O ù l’am o u r de jad is se m arie à la haine\n       C om m e le ch an t des flots.\n     Puis encore, tout bonnement belle, la pièce : Il est\ndes soirs.\n     Bref, ce livre me paraît une œuvre commencée il y\na longtemps et terminée à l’âge où la personnalité et le\n"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 729, "texte": "                                     -   178 -\n\ntalent de son auteur s’affirment. Je dois donc, à la vérité,\nde dire que vers la fin de ma promenade j’ai respiré\ncependant, avec une certaine volupté, des fleurs aux par­\nfums rares et délicats, que fit, pour ma plus grande joie,\néclore ce magicien poète es floriculture, qu’est M. Paul\nMussche. Mais j ’avais pourtant ses premiers vers encore\ntrop près de moi :\n           \" E t je sortis rêv eu r en ferm an t b ien la p o rte. »\n     Maintenant que M. Mussche me jette la première\npierre, pour lui avoir découvert tant de cailloux dans ses\njardins, mais je me défends de les y avoir lancés, ils\ny étaient.                            M arcel A ngenot.\n\n\n\n\n                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-03-n10-009", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 178, "page_fin": 180, "titre_corps": "Petites Nouvelles", "titre_sommaire": "Nouvelles", "rubrique": "", "signature_source": "Jeune Effort", "ancre_debut": "Petites Nouvelles.     Nous ne paraîtrons pas l", "ancre_fin": "p lu s tard . ** *", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "N o tre P r im e : Amis lecteurs, si vous no", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 185, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 729, "fin_caractere_exclue": 2145, "texte": "Petites Nouvelles.\n    Nous ne paraîtrons pas le 1er avril ; notre numéro de m ai\ncontiendra 32 pages et portera les dates : 1er avril — 1er mai.\nOn y trouvera des vers de Ram aekers, H ellens, etc., un\nconte d’Hubert Krains, une étude de J. Lecomte sur H orta\net un article de chacun des rédacteurs du « Jeune Effort ».\n                                         ***\n      N o u s avons visité l’exposition d u cercle Excelsior g ro u p e de je u n e s\nartistes qui s’est d o n n é la m ission de relever l’A rt D écoratif et de lui\nren d re la sp len d eu r q u e jad is il co n n u t. M ouvem ent in téressan t. —\nE xcellents d éb u ts.\n                                         ** *\n     Pour paraître :\n     Toute la Flandre. — Tendresses premières, d ’E m ile V erhaeren,\n1 vol. in-8, co u v ertu re de T h . v an R ysselberghe. 5 francs chez\nD em an , ru e de la M ontagne, 86, B ruxelles.\n    L’homme de Joie, p a r n o tre collaboratrice L ise de B ellinglise.\n                                         * **\n     Et Voilà Comment, de M arcel A ngenot ; pièce en I acte, en vers;\néditeu r : L é o n V anier,   1 fr. E n vente à la R édaction.\n                                         * **\n    Manifestation Waller (Cercle d’A rt du Jeune Effort). — Le je u d i\n17 m ars, à 8 heures d u soir, en la salle E ra rd , ru e L até ra le, 6 ,\ncauserie su r M ax W a lle r p a r H e n ri L ie b re ch t. L a soirée sera\n"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3132, "texte": "                                              —     179 —\n\ncom plétée p ar une au d itio n m usicale de je u n e s com positeurs belges.\nN ous avons acquis, ju s q u ’à présent, le concours de Mme J D elm ère et\nde M M . B ouserez, E . L au ren s, L ucien M aivet, d an s leurs œ uvres.\n    L es ab onnés, com m e toujo u rs, y so n t invités.\n                                                  * **\n    Monument Waller. — P rière d ’adresser les dons (en tim bres\nou en espèces) à M arcel A ngenot, 10, ru e G offart, à Ixelles.\n                                                  ***\n     V oulez-vous savoir pourq u o i Mlle Y vette G uilbert reste parfois\nrêveuse au b eau m ilieu d ’u n e chanson ?\n     C ’est q u ’elle songe au m adrigal si délicieusem ent troussé, que\nlui d éd ia le M aître (!) F ran ço is C oppée, de lA cad ém ie F ran çaise.\n     E t q u e n o u s ne pouvons résister à recopier textuellem ent d u Petit\nBleu d u 7 février. :\n              « Y v e tte a d u g é n ie , o u i, d a n s le g e n re arsouille,\n              M a is u n d e ses ta le n ts , e t n o n le p lu s p e tit,\n              C 'e st q u 'a u c a fé -c o n c e rt, c e m o n d e o ù l ’o n b a fo u ille\n                       O n e n te n d to u t c e q u 'e lle d it. »\n    Si n o u s avions le tem ps nous p lain d rio n s et M . F rançois C oppée\net M lle G u ilb e rt.\n                                                  ***\n      L e Je u d i 25 F év rier, la Fédération des Elèves des Athénées de Bel­\ngique d o n n a it, au T h é â tre des G aleries, u n e fête littéraire au p ro ­\ngram m e de laquelle figurait u n lever de rid eau en u n acte et en\nvers, in titu lé : L ’Ecole des Valets et d o n t l’a u te u r est notre cam arade\nH e n ri L ieb rech t. C ette piécette a été chaleu reusem ent app lau d ie par\nu n p u b lic nom b reu x et choisi. N ous avons pris à l’entendre un vif\np laisir e t nous félicitons très sincèrem ent notre confrère. N o u s espé­\nro n s q u e cet exem ple sera le d éb u t d ’u n charitable m ouvem ent en\nfaveu r de nos je u n e s au teu rs et q u ’on re c o n n aîtra une fois pour\ntoutes que les bons petits B elges savent se m esurer avantageusem ent\navec leurs confrères français.                                      Jeune Effort.\n                                                  ***\n     Conférence Rollinat. — T o u t en é ta n t l’interp rète de m es am is,\nje crois égalem ent être celui des p ersonnes présentes à notre séance\nd u 5 février, en rem ercian t notre excellent am i M arcel A ngenot. C’est\ngrâce à lui que nous connaissons et que n o us aim ons R ollinat.\n     L e seul éloge à faire de cette causerie, est u n ... reg ret : celui\nde n ’avoir vu les jo u rn a u x bruxellois d o n n e r u n com pte-rendu de\ncette conférence, afin que toujours le nom de M arcel A ngenot — le\np rem ier q u i a it p o rtraictu ré littérairem ent R ollinat, en B elgique —\nsoit évoqué chaq u e fois q u ’on songe au poète des N évroses.\n     Il convient aussi de rem ercier M1Ies L a m al et D eram ais, du\nco nco u rs gracieux q u ’elles nous           o n t si gracieusem ent accordé,\n"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2305, "texte": "                                        —       180 —\n\n\nainsi que L éo p o ld B raco n y qui s’est m ontré talen tu eu x , p lu s que\njam ais, d a n s son ad m irab le in te rp ré ta tio n des m élodies de R o llin a t. J .B .\n                                            ***\n       N o tre co llab o rateu r M arcel A ngenot red o n n era sa conférence sur\nM aurice R o llin at, le sam edi 12 m ars à 8 h eu res, d an s le p réa u de\nl’école n° 5 , avenue de la T o iso n d ’O r. V oilà une occasion p o u r nos\nm em bres, qui n ’a u ra ie n t p a s eu le loisir d'assister à la prem ière\na u d itio n . L ’en trée en est a b so lu m en t libre.                  J. E.\n                                                *\n                                            *       *\n       L e 11 F év rier, e u t lieu en la salle F rançois-X avier, une superbe\nrep résen tatio n d ’am ateu rs, des Faux-Bonshommes. L es je u n e s artistes\ns’en so n t m erveilleusem ent tirés. Cela n o u s console u n peu des troupes\ndram atiq u es de la p lu p a rt des C ercles. Ce succès se d o it en m ajeure\npartie au sens a rtistiq u e et au zèle de M. T ilm o n t, qui avec u n\nta c t et u n e sûreté ad m irab les s ’o ccupera la m ise en scène de la sp i­\nritu elle com édie de T h é o d o re B arrière.\n                                            ***\n        Il se fonde actu ellem en t à B ruxelles u n cercle d ’art : Le F ifre,\nd o n t le b u t est d ’in te rp ré te r les œ uvres littéraires ou m usicales des\nje u n e s a u te u rs belges.\n        L a cotisation an n u elle est de 12 francs. L e d ro it d ’entrée est\nfixé à 3 francs. N o u s en rep arlero n s p lu s longuem ent.\n                                            ***\n      Conférences du Thyrse, rue d u F o rt, 80, à 8 h eures du soir ;\nentrée libre :\n      L e 12 M ars, M aurice des O m biaux : Les services populaires de la\npoésie d'aujourd'hui ;\n      L e 26 M ars, L o u is D u m o n t-W ild en : Camille Lemonnier.\n                                            * **\n      Accusé de réception. — L e Pain Noir, de H u b e rt K rains :\nE tu d e rem ise a u m ois de M ai.\n      Cent femmes de lettres, p a r A lbert de N océe (A nthologie). N ous en\nrem etto n s la critiq u e à p lu s tard .\n                                            ** *\n      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-03-n10-010", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 180, "page_fin": 180, "titre_corps": "Notre Prime", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "N o tre P r im e : Amis lecteurs, si vous no", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 187, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 2305, "fin_caractere_exclue": 2855, "texte": "N o tre P r im e : Amis lecteurs, si vous nous procurez\ndix abonnements (à 2 fr. l’an) nous nous engageons à. vous donner\nen PRIM E un magnifique volume — Roman, Contes, N ouvelles,\nPoésies, etc.\n    A tous ceux qui nous en ferons la demande, nous réservons des\nbulletins de souscription qu’il suffira de nous renvoyer rem plis et\nsignés pour recevoir, dans le plus bref délai, la prime promise.\n                                            * **\n     Maison DAMHAY; p ap eterie de la poste, rue de l 'Arb re-B én it, 109\nIxelles, Agence Postale 1 0 .\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 172, "texte": "      JEUNE\n       EFFORT\n   Marcher franc dans la vie,\n et dire ce qu'on pense.\n\n\n\n\n                    Sommaire :\n\n\nLe Vieux . . . . . .                Ju le s Bock.\nRondel................................... M a rce l Angenot.\nL’Inévitable . . . . .              H .-L . K raft-F o p p e r.\nPillage.      . . . . . .           Omer de Vuyst.\nLivre : Les Jardins Clos . M arce l Angenot.\nNouvelles.\n\n\n\n\n               L e n u m é r o : 2 0 cent.\n\n\n Deuxième Année. N°1\n                   0.                             M ars 1904.\n"}, {"page_pdf": 173, "texte": "    J eune E ffo rt\nM ENSUEL            D ’A R T         ET       DE          L IT T É R A T U R E\n\n          Affilié   à l’Union de la Presse périodique belge\n    O RG A N E D ES JE U N E S , O U VERT A TO US\n\n                       P a ra is s a n t le 1er du m ois.\n\n\n\n\nFondateurs: G.        P u l i n g s — J.     B o c k — L.        de   C asembroot\n\n                               F.    B o rdier\n\n\n\n\nRédaction et adm inistration :\n                       5 , R u e    du   C o u v e n t,   Ix e lle s - B r u x e lle s .\n\n   Pour la Critique d’art et les Théâtres, adresser les\ncommunications rue d’Edimbourg, 23\n\n\n\n     Toute souscription d ’au moins 2 francs pour la Belgique,\n3 francs pour l’étranger, donne droit à un service de douze\nnuméros.\n\n\n      Il sera rendu compte de tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n     Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n     Nous autorisons la reproduction de nos articles sous la\ncondition expresse d ’en indiquer la source et le nom de\nl’auteur.\n\n\n     Le Revue laissant la plus grande liberté à ses collabora­\nteurs, ne prend pas la responsabilité des articles qu’elle insère.\n"}, {"page_pdf": 174, "texte": "                  LE VIEUX\n                                   A E d o u a rd N ed\n                                   h o m m a g e d e r e s p e c tu e u s e a m itié .\n\n\n                             I\n     e   soleil rougeoiait. La ferme au père Molitor bordait\n L     la route d ’Harzy à W ardin, à quelques pas d’un\n     coude brusque.\n     Le fermier bayait sur le pas de sa porte, les mains ,\nderrière le dos, le nez pointant au ciel. Il portait ses\nhabits de fêtes : une redingote de vieille mode, un pan­\ntalon serré aux genoux et s’évasant au bas, puis, par\ndessus tout, une blouse bleue, luisante et conservant les\nplis carrés du repassage.\n     Son regard qu’il vous plante droit dans les yeux, la\ndécision et la promptitude de ses mouvements, sa parole\nbrusque, sa propreté méticuleuse, presque ridicule si elle\nn’eût indiqué le désir de correction jusque dans les\ndétails, tout dénotait en lui l’ancien soldat.\n     Ses soixante ans ne l’avaient pas voûté. Il portait\nhaut la tête couronnée de cheveux gris-argent, fins et\nlégers comme de la soie. Ses lèvres rasées rentrant sur\nles gencives édentées et son nez fortement busqué don­\nnaient à sa physionomie cet air calme et presque majes­\ntueux des vieux terriens.\n     Vraiment il était heureux;, heureux sans restriction!\nSon fils revenait au pays après avoir passé deux ans\nsous les drapeaux. C’était une sorte d ’aristocratie, comme\nune prérogative que lé sort bienveillant accordait à sa\nfamille : tous ses fils avaient été soldats, lui l’avait été,\nson père et son grand'père également, au temps où ^\nBelgique était province napoléonienne.\n"}, {"page_pdf": 175, "texte": "                           — 168 —\n      Aussi, ce fut sans un regret qu’il vit son gars,\nle seul qui lui restât, partir pour l’armée.\n      Maintenant, songeait le fermier, que sera-t-il devenu\nlà-bas, dans la ville ? Voudra-t il goûter de cette vie\nétroite, resserrée entre les quatre murs d’une chambre,\nou bien voudra-t-il la vie libre et le sain labeur de la\nterre ?\n      Lentement il remuait ses idées, pressentant bien\nen son bon sens, que le paysan doit rester paysan,\nque son bonheur s’attache à la glèbe, et qu’à la ville les\nterriens sont des plantes privées d’air.\n      Puis il se créait tout un avenir de travail, avec son\nfils à ses côtés, il le voyait travailler, aiguilloné du besoin\nâpre de dépenser son énergie; il le voyait déchaumer\nles terres, émotter les labours, emblaver les jachères,\nfumer et labourer les guêrets. T ou t son bonheur se\ncondençait en cet avenir fruste, pendant lequel, comme\ndes bouffées d ’encens, montaient les félicitations caute­\nleuses, dont il s’enorgueillirait parce qu’elles s’adresse­\nraient à son fils. Oh ! l’avenir.\n      Brusquement une marche militaire, sifflée sur la\nroute, trancha sa rêverie comme d ’un coup de faulx. Il\nse redressa. En quelques emjambées il fut au détour du\nchemin : il pressentait son fils. Mais là, il s’arrêta, ses\nvieilles idées de hiérarchie reprenaient le dessus, il se\ndevait, croyait-il, d ’attendre que son fils vînt à lui.\n      Le jeune homme arrivait, crânement découplé en son\ndolman vert, sa feuille de route passée entre deux bou­\ntonnières, une cravache à la main, le corps penché en\navant pour gravir la pente assez forte.\n      Sur les champs, les femmes cessaient de sarcler. Les\nplus éloignées le regardaient passer, en riant ; les autres,\ncelles qui peinaient au bord de la route, l’apostrophaient :\n« Eh ! bonjour Jean ! te rev’là ? » Jean faisait halte, serrait\nles mains tendues. Puis c’étaient les fermiers apparaissant\naux portes : « Eh donc, Jean, viens-t-en boire une\nch o p e?» Jean entrait, prenait la p in te: «A vot’ santé,\nmaître François, à vot’ santé à tous », et sa chope\n"}, {"page_pdf": 176, "texte": "                            —   169 —\n\n\ndécrivait un geste circulaire. Bien planté sur ses jambes\nécartées, il buvait, la tête en arrière et le coude relevé.\nIl s’arrêta de la sorte dans différentes maisons. Le\npère, toujours, attendait au tournant de la route.\n      Alors, interpellant son fils qui sortait d ’une ferme: « Eh\nben donc ! C’est-y que tu n’es pas pressé de me voir ? »\n      — On arrive ! On arrive! faisait le gars.\n      Le tintem ent argentin des éperons scandait seul le\nsilence, l’homme approchait, d’une voix indifférente, entre\ndeux halètements, il prononça.: « Bonjour le père. »\n      Le fermier ne remarqua pas le ton morne, il\nn’entendit que la phrase, et, embrassant son fils, il lui\nprit le bras. Puis les questions tombèrent, drues comme\ndes coups de fléau sur le grain.\n      « Es-tu heureux ? Pensais-tu à moi ? T ’a-t-il coûté de\nquitter la ville ? »\n      L e fils y coupa court : « Où en sont les récoltes ?\nJ ’ai déjà vu des blés coupés... »\n      E t lui, content de voir son gars préoccupé déjà des\nchoses de la terre : « Magnifiques, mon Jean, presque trop\nmûres, il est plus que temps de les faucher. » Puis avec\nun sourire :\n      — Je n’attendais que toi...\n      — Vous m’attendiez? vous avez eu tort... Puisqu’elles\nétaient mûres, fallait les couper... sans m ’attendre...\n      — Je croyais te faire plaisir.... tu sais... c’est si bon\nde travailler avec ceux qu’on aime !..\n\n                                II\n\n      Deux jours après l’arrivée de Jean — un dimanche —\nles invités affluaient à la ferme, emplissant la salle com­\nmune du brouhaha de leurs conversations. Une odeur\nâcre de vêtements enfermés plânait, se mêlant aux exha­\nlaisons de porc cuit sortant de la cuisine. Le métayer\nallait de l’un à l’autre, donnant sans compter des poignées\nde main.\n     Autour de l’arrivant on faisait cercle. C’étaient sur­\n"}, {"page_pdf": 177, "texte": "                           —   170 —\n\n\n tout les jeunes, les conscrits de l’année prochaine, qui\n le regardaient et lui demandaient des renseignements.\n Lui, avec l’assurance d ’être crû comme Evangile — peut-\nêtre mieux — leur débitait à fortes doses sa science\n militaire et sa science de caserne : On l’écoutait bouche-bée.\n      — Allons, cria le fermier, à table !\n      Et la soupière arriva fumante, portée à bouts de bras.\n      Pendant quelques temps on n’entendit que |le bruit\ndes lampées et celui des cuillers heurtant le fond des\nassiettes.\n     On apporta ensuite des rôtis et d ’énormes platées de\nchoux rouges, des boudins noirs aux pommes, des\nandouilles dorées, des quartiers de hâte piqués d’ail et de\ngirofle, et des rillettes rôties. Ils mangeaient avec de\nlarges mouvements des lèvres et la sauce encrassait les\ngençives.\n     P endant tout le repas, ils burent à même de gran­\ndes chopes de bière mousseuse, que des valets écumaient\navant de servir. L a graisse ternissait       les anses des\nbrocs, et des empreintes rondes et adipeuses en feston­\nnaient les bords. On servit ensuite des tartes, grandes\ncomme des meules de grès, les unes aux myrtilles noires,\npiquées de morceaux de sucre blanc, les autres à la\ncrême, recouvertes de quartiers de pommes crues.\n\n                               III\n\n     Sous les nuages bleus des pipes, les conversations\nparticulières groupaient les sympathies. Les visages repus\net luisants, s’allumaient au feu des alcools.\n     Après six heures de mangeailles, les convives éprou­\nvaient le besoin     de se dégourdir les jambes. Ils se\nlevèrent, firent quelques pas sur la route, puis s’assirent\nsur le banc qui longeait la façade.\n     Devant eux, le soleil s’enfonçait dans l’horizon, tel\nun bloc de viande saignante.\n     Seuls, Jean et un homme de son âge, étaient restés\ndans la salle basse. Jean parlait :\n"}, {"page_pdf": 178, "texte": "                          — i7i —\n     Allons, comprends-tu cela ? Voilà-t-il pas que pour le\nplaisir enfantin de faucher avec moi, il va compromettre\nle succès des récoltes ! Ah misère de misère ! Quel homme !\nMoi qui croyais mon argent en bonnes mains ! Car tu\nsais, ce n’est pa le sien, à ce vieux ; c’est mon argent,\nle mien, celui que m’a légué ma mère !\n      Puis, se promenant vivement, les mains derrière le\ndos :\n      — Moi qui le croyais soucieux de mes intérêts ! J’étais\nici d ’une heure à peine, je fais un tour sous les hangars,\nqu’est-ce que je vois ? Une faucheuse, une batteuse et\nencore d’autres machines ! C’est commode, hein, de se\ncroiser les bras quand on a des machines payées avec\nl’argent des autres ? Bon, et d ’une.\n     Je sors du hangar, et je vois? : Un nouveau valet!\n      «Que fais-tu ici, mauvais drôle ?»\n      L ’homme me sourit bêtement : «Dame, je fais rien...\ny a rien à faire. Not’ maître m ’a pris par pitié, parce\nque j ’étais sans pain.»\n      P ar pitié !!... T u comprends, c’en était trop !\n      Ah ! mon argent, comme tu es heureux que je sois\nrevenu, regarde en quelles mains tu continuerais à te salir\nsi je n’étais là ! Mais ne crains rien, on ne te donnera\nplus ! Comme je vais t’épargner ! Je travaillerai comme\nquatre hommes, s’il le faut, mais tu ne me quitteras plus.\n      E t sa main se crispait au fond de sa poche. Puis,\ntout-à-coup, avec un mouvement de colère, le poing\ntendu : «Ah ! maudit vieux, ton règne va finir ! Finies\ntes générosités, tes largesses et tes compassions avec\n mon argent ! Ah ! le vieux faisait le riche ! Ah ! le vieux\njouait « l’homme généreux ». Nous avions compté sans\n notre fils, n’est-ce pas ? Minute, votre fils n’est point\n bête, il vous le fera voir ! » Ils sortirent.\n\n                             IV\n    Un homme parcourait la route à grandes enjambées\nployantes, les mains ballantes le long du corps.\n    C’était le métayer. Il avait entendu la conversation\n"}, {"page_pdf": 179, "texte": "                                  —      172 —\n\n\nde son fils. Chacune de ses paroles lui était entrée\ndans le cœur, comme un coin de chêne dans l’aubier,\nécartant les fibres, et le laissant pantelant en sa poi­\ntrine. Il sentait en lui-même un vide noir et profond.\nIl voyait en son cœur comme une lente procession\nde moines en cagoules pointues, les mains croisées,\npsalmodiant. L eur chant montait sous le ciel gris, et se\ndéroulait comme un suaire : C’étaient les funérailles de\nses illusions. L e cortège austère passait en des plaines\narides. Celui qui paraissait le chef s’arrêta et dit :\n      « Père, regarde ces terres nues, c’est l’âme de ton\nfils! » Puis ils longèrent des rocs titaniques et des gouffres\npuants. Un moine encore s’arrêta:\n      « Regarde, père, ces rochers sont la haine de ton fils,\net ces gouffres, ces gouffres, son envie ! »\n      Son cœur se tordait, une souffrance inexprimable le\ndéchirait de ses ongles de fer !\n          Le chant des moines reprit, développant la bure\nde ses mélopées. L ’homme arrivait au bord d’une rivière,\nl’eau roulait ses volutes identiques contre les arches du\npont. Lentement il s’assit, les yeux fixés sur le courant.\n      Longtemps il resta là, sans bouger.\n      Le soir descendait sur lui, mettant un crêpe à sa\ndouleur. Le fermier se leva, regarda du côté de la ferme,\npuis, traçant dans l’air un signe de croix : «Je te pardonne».\n      E t il s’enfonça dans la nuit.\n\n    Dans un couvent de Trappistes, il                                        y     a,   depuis\nquelques jours, un novice de soixante ans.                                       J ules B ock.\n\n\n\n\n                                 IRondel.\n                          A M me R a q u e t , r e s p e c tu e u s e m e n t.\n\n             J ’ai m is su r m es lèvres de rose\n             Q u e l’on baise p o u r un d u cat,\n             L e p arfu m le plus d élicat\n             E t le p lu s fin d o n t je dispose.\n"}, {"page_pdf": 180, "texte": "                                           —   173 —\n\n\n                        M ais le cu pidon s’enkylose :\n                        T o u s les hom m es sont d an s ce cas.\n                        J ’ai m is su r m es lèvres de rose\n                        L e p arfum le plus délicat.\n\n                        L ’u n v o u d rait b ien, m ais, sans q u ’il ose,\n                        L ’au tre s’interroge tout b a s...\n                        M ais las, hélas, il ne v eut pas,\n                        E t le désir de ta n t de choses\n                        G ém it su r m es lèvres de rose.\n                                                   M arcel A ngenot.\n\n\n\n\n                                 L ’I N É V I T A B L E\n                                         ROMAN I N É D I T\n\n                                        (S u ite    e t   fin\n\n\n                                 RETOUR         DE        CHASSE\n\n        educ von Detmund revenait tranquillement et tout\n\nL      seul vers son château, après une bonne chasse. Il\n      sifflotait entre ses dents des fanfares joyeuses et il son­\ngeait à la surprise qu’il ferait à sa femme, à sa petite\nfille, la chère petite, qui enfin était née, ainsi qu’à son\ngrand Carl , en rentrant deux heures plus tôt. Il sifflotait\ngaiement en pensant au bonheur de vivre entre ses chers\naimés, à la douce vieillesse qui s’écoulerait ainsi pour lui.\n      Detmund avait déjà franchi la grille la plus éloignée\ndu parc, lorsque des cris d’enfants, des éclats de rire\nlui firent tendre l’oreille, et il sourit en reconnaissant la\nvoix de sa petite Eva. Alors, pour corser la surprise, il\nse glissa dans les taillis, rampa le long des buissons,\nderrière les haies, sans bruit. Il comptait surgir tout\nd’un coup devant la petite. Il parvint ainsi à gagner la\npelouse où la fillette prenait ses ébats avec un grand\ndogue d’ Ulm .\n\n\nV o ir n os 5, 6 , 7 , 8 , 9 .\n"}, {"page_pdf": 181, "texte": "                           —   174 —\n\n\n      Tout-à-coup un couple s’avança sur la pelouse. C’était\nIsolde et Cari. L a fillette courut vers eux et Carl la\nsoulevant dans ses bras musclés, l’embrassa passionément.\nPuis se tournant vers Isolde : « Comme elle te ressemble,\ndit-il.\n      — Avec tes yeux, tes grands yeux de lumière, répon­\ndit-elle.\n      E t tous deux s’étreignirent en se baisant la bouche.\n      D etm und était figé dans sa cachette, quand d ’autres\nparoles lui parvinrent distinctes : « Elle ne pouvait être\nautrement notre Eva, elle est née de notre amour ; elle\ndoit nous ressembler, notre enfant. » D etm und sentit le\nsang affluer à ses tempes ; il arma son fusil et visa le\ncouple enlacé; froidement il les tenait au bout du viseur,\nquand il chancela, éperdu, en m urm urant : « Marcelle ! »\net tenant entre ses doigts tremblants l’anneau où brillait\nl’émeraude vengeresse. Un éclair de subtile raison, une\nvision spontanée, roidit le duc, une larme coula de sa\npaupière clignotante. Il resta droit ainsi dans la brous­\nsaille, envoya un baiser vers Isolde, Carl et Eva qui\npartaient enlacés, poussa un gros soupir et prit sa course\nvers la forêt. Il gravit une montagne hérissée de rocs\nd’où il découvrait son château, son burg, où il coula\ntant d ’heures heureuses, où s’agitèrent en lui tant d ’espoirs\nréalisés, et d’où lui venait aussi la finale désespérance.\n      Alors le duc se prit à parler à voix basse ; il par­\nlait debout, les cheveux au vent. Oui, c’était l’inévitable\nqu’il avait contemplé tantôt, et c’était son œuvre : Carl\nqui avait les mêmes passions que lui, devait fatalement\ns’éprendre de la belle Isolde. Ces deux jeunes êtres,\nvibrant de vie intense, devaient arriver à se confondre,\nrapprochés qu’ils étaient chaque jour par des soins fra­\nternels, devenus à la fin des baisers d ’amant. E t c’était\n sa faute à lui, Detmund. E t il n’avait pas le droit de\ntuer les coupables, car le plus coupable c’était lui, et la\n faute était son œuvre. Marcelle l’avait rendu tant heu­\nreux et il l’avait trahie, en oubliant des serments solennels,\n Marcelle le châtiait et c’était justice. Puis le Duc s’écria :\n"}, {"page_pdf": 182, "texte": "                                  —    175 —\n\n\n     « Non! Carl. Non Isolde! Vous n’êtes point coupables!\n» L ’attirance inévitable et mystérieuse de la jeunesse, du\n» printemps de vie vous jeta dans les bras l’un de\n» l’autre et restez enlacés avec votre enfant! Je vais\n» mourir pour que vous soyez librement heureux! Je vais\n» mourir afin que ma présence ne vous soit point un\n» remord de chaque jour. E t de ma mort, sortira encore\n» de la vie, la vie qui perpétuera ma race, puisque les\n» enfants de Carl seront les enfants de mon sang. Isolde\n» et Carl vous pourrez sans honte vous étreindre, vous\n» ne saurez jamais l’inévitable mystère! »\n     E t le Duc plongea dans un gouffre qui s’ouvrait béant\nà ses pieds.\n                                 H. L. K r a f t - F o p p e r .\n                                               (T r a d u c tio n d e A. D e p rin s.)\n\n\n\n\n                                Xe pillage.\n         D roits su r leurs destriers, v ainqueurs sans coup férir,\n         D es so u d ard s ont conquis u n asile de prêtres.\n         E t, froidem ent cruels, les im passibles reîtres,\n         E x ig en t des trésors de ceux q u ’ils font m ourir!\n\n\n         S ous les yeux désolés des franciscains austères,\n         S ’am oncellent, bientôt, dans l’h o rre u r de ce soir,\n         L e s reliques, la croix, les vases, l’ostensoir,\n         L es ciboires, qui sont des legs héréditaires.\n\n\n         E t la rap ière en m ain, près d u b u tin gisant,\n         U n vieillard in so len t le g ard e et le p ro tèg e;\n         P e n d a n t q u ’u n diacre, allan t vers le vieux sacrilège,\n         L u i fait la charité d ’u n geste b én issan t !\n\n                                                     O m er D e V u y st.\n"}, {"page_pdf": 183, "texte": "                                —   176 —\n\n\n                             L I V R E S\n\n\n            LES      J A R D IN S      CLO S\n                                 par   M. P a u l M U S S C H E\n\n     M. Paul Mussche nous a très gracieusement offert\nla clef de ses Jardins Clos, et l’honneur m’incombe d ’en\nexplorer les sentiers. L ’entrée en était aimable, avec le titre\nque vous savez, et je n’hésitai pas d ’en franchir le seuil ;\nje m’étais formellement promis de butiner et de respirer,\njusqu'à ce que mortelle ivresse s’en suive, toutes les\nfleurs qui s’y pouvaient épanouir. Hélas! quelle ne fut\npas ma moue de papillon déçu quand j ’eus la nette et\ndouloureuse conviction que de ce jardin étaient bannis roses,\nparfums et soleil, et que la rosée diamantaire n’était ici\nque le souvenir glacé d’un brouillard. J ’eus le doute d ’y\nrencontrer jamais quelque fleur rare et insoupçonnée et\nje me butai, dès mes premiers pas, contre ces pierres\ngrises :\n        » E t la b o u ch e resp ire u n p eu de sel am er\n        » E t des sites m ouillés p a r des fleuves d ’arg en t.\n\n  E t plus loin :\n        « P o u r les cœ urs affranchis d ’étrein tes dénouées\n        » S ’offre l ’ab ri d ésert des bois inexplorés\n        » E t dont le sol de nul pas vil ne f u t foulé. »\n\n     Puis je me laissai prendre tout entier par telle jolie\npoésie, L'Offrande, trop heureux de pouvoir croire peut-\nêtre a la possibilité d ’un prochain sentier parfumé, lorsque\nde nouveau je me butai malheureusement contre ce cail­\nlou de mauvais goût :\n        » A te voir ain si rire en tre m es b ras d 'accueil. »\n     Cet écueil ne me fit que plus ardem ment poursuivre\nma route. Au loin déjà se profilait le galbe élégant de :\nL a Statue, indispensable à tout jardin qui se respecte, et\nm ’approchant j ’y lus :\n        « L e m arb re est noble et p u r, et les saisons diverses\n        » L ’o n t verd i de la n u q u e au beau talon divin. »\n"}, {"page_pdf": 184, "texte": "                               —   1 77 —\n\n\n     Voilà bien des chevilles, M. Mussche, il est vrai\nque du talon aux chevilles il n’y a pas loin.\n     Je serais navré si le lecteur m ’allait accuser d’exces­\nsivisme et ce n’est que pour affirmer mon impartialité\net baser ma critique plus        solidement, que je lui donne\nici les débris de vers où je me suis blessé.\n     M. Paul Mussche est certainement un        poète habile\net ne manquant, Dieu merci, ni de technique, ni même\nde talent. Je ne lui demande pas plus de roublardise,\nau contraire, et plus de simplicité arriverait peut-être à\ndégager son œuvre de cette athmosphère parfois suffo­\ncante qui persiste désagréablement dans la plupart de\nses poèmes. On n’y retrouverait plus, je pense, de\nvers semblables :\n       « O n en ten d quelquefois d an s la ch am b re voisine\n       » Venir (?) u n b ru it confus de linges rem ués. »\n       (Peste, mon cher Monsieur, c’est d’une oreille fine\n       E t sans doute fau t-il y être habitué.)\n    E t enfin, je ne raffole pas du tout de ce vers\n       E t le ciel est empli de mages de marbre.\n    Mais au fur et à mesure que je pénétrai plus avant,\nje respirai plus librement     et je crois bien qu’un soupçon\nde lilas parvint à mes narines étonnées.\n    Le Pardon fut l’éloquent messager de lumière, puis,\nces vers délicieux :\n       « L a lu eu r de la lune et le v ib ran t silence\n       » M ariant leur m ystère et leurs tro u b lan tes voix,\n       » In o n d e n t d ’in co n n u les frêles ap p aren ces.\n    E t cette strophe :\n       P a re il à cette m er que l’o u ragan déchaine\n       M on cœ u r inap aisé reten tit de sanglots,\n       O ù l’am o u r de jad is se m arie à la haine\n       C om m e le ch an t des flots.\n     Puis encore, tout bonnement belle, la pièce : Il est\ndes soirs.\n     Bref, ce livre me paraît une œuvre commencée il y\na longtemps et terminée à l’âge où la personnalité et le\n"}, {"page_pdf": 185, "texte": "                                     -   178 -\n\ntalent de son auteur s’affirment. Je dois donc, à la vérité,\nde dire que vers la fin de ma promenade j’ai respiré\ncependant, avec une certaine volupté, des fleurs aux par­\nfums rares et délicats, que fit, pour ma plus grande joie,\néclore ce magicien poète es floriculture, qu’est M. Paul\nMussche. Mais j ’avais pourtant ses premiers vers encore\ntrop près de moi :\n           \" E t je sortis rêv eu r en ferm an t b ien la p o rte. »\n     Maintenant que M. Mussche me jette la première\npierre, pour lui avoir découvert tant de cailloux dans ses\njardins, mais je me défends de les y avoir lancés, ils\ny étaient.                            M arcel A ngenot.\n\n\n\n\n                      Petites Nouvelles.\n    Nous ne paraîtrons pas le 1er avril ; notre numéro de m ai\ncontiendra 32 pages et portera les dates : 1er avril — 1er mai.\nOn y trouvera des vers de Ram aekers, H ellens, etc., un\nconte d’Hubert Krains, une étude de J. Lecomte sur H orta\net un article de chacun des rédacteurs du « Jeune Effort ».\n                                         ***\n      N o u s avons visité l’exposition d u cercle Excelsior g ro u p e de je u n e s\nartistes qui s’est d o n n é la m ission de relever l’A rt D écoratif et de lui\nren d re la sp len d eu r q u e jad is il co n n u t. M ouvem ent in téressan t. —\nE xcellents d éb u ts.\n                                         ** *\n     Pour paraître :\n     Toute la Flandre. — Tendresses premières, d ’E m ile V erhaeren,\n1 vol. in-8, co u v ertu re de T h . v an R ysselberghe. 5 francs chez\nD em an , ru e de la M ontagne, 86, B ruxelles.\n    L’homme de Joie, p a r n o tre collaboratrice L ise de B ellinglise.\n                                         * **\n     Et Voilà Comment, de M arcel A ngenot ; pièce en I acte, en vers;\néditeu r : L é o n V anier,   1 fr. E n vente à la R édaction.\n                                         * **\n    Manifestation Waller (Cercle d’A rt du Jeune Effort). — Le je u d i\n17 m ars, à 8 heures d u soir, en la salle E ra rd , ru e L até ra le, 6 ,\ncauserie su r M ax W a lle r p a r H e n ri L ie b re ch t. L a soirée sera\n"}, {"page_pdf": 186, "texte": "                                              —     179 —\n\ncom plétée p ar une au d itio n m usicale de je u n e s com positeurs belges.\nN ous avons acquis, ju s q u ’à présent, le concours de Mme J D elm ère et\nde M M . B ouserez, E . L au ren s, L ucien M aivet, d an s leurs œ uvres.\n    L es ab onnés, com m e toujo u rs, y so n t invités.\n                                                  * **\n    Monument Waller. — P rière d ’adresser les dons (en tim bres\nou en espèces) à M arcel A ngenot, 10, ru e G offart, à Ixelles.\n                                                  ***\n     V oulez-vous savoir pourq u o i Mlle Y vette G uilbert reste parfois\nrêveuse au b eau m ilieu d ’u n e chanson ?\n     C ’est q u ’elle songe au m adrigal si délicieusem ent troussé, que\nlui d éd ia le M aître (!) F ran ço is C oppée, de lA cad ém ie F ran çaise.\n     E t q u e n o u s ne pouvons résister à recopier textuellem ent d u Petit\nBleu d u 7 février. :\n              « Y v e tte a d u g é n ie , o u i, d a n s le g e n re arsouille,\n              M a is u n d e ses ta le n ts , e t n o n le p lu s p e tit,\n              C 'e st q u 'a u c a fé -c o n c e rt, c e m o n d e o ù l ’o n b a fo u ille\n                       O n e n te n d to u t c e q u 'e lle d it. »\n    Si n o u s avions le tem ps nous p lain d rio n s et M . F rançois C oppée\net M lle G u ilb e rt.\n                                                  ***\n      L e Je u d i 25 F év rier, la Fédération des Elèves des Athénées de Bel­\ngique d o n n a it, au T h é â tre des G aleries, u n e fête littéraire au p ro ­\ngram m e de laquelle figurait u n lever de rid eau en u n acte et en\nvers, in titu lé : L ’Ecole des Valets et d o n t l’a u te u r est notre cam arade\nH e n ri L ieb rech t. C ette piécette a été chaleu reusem ent app lau d ie par\nu n p u b lic nom b reu x et choisi. N ous avons pris à l’entendre un vif\np laisir e t nous félicitons très sincèrem ent notre confrère. N o u s espé­\nro n s q u e cet exem ple sera le d éb u t d ’u n charitable m ouvem ent en\nfaveu r de nos je u n e s au teu rs et q u ’on re c o n n aîtra une fois pour\ntoutes que les bons petits B elges savent se m esurer avantageusem ent\navec leurs confrères français.                                      Jeune Effort.\n                                                  ***\n     Conférence Rollinat. — T o u t en é ta n t l’interp rète de m es am is,\nje crois égalem ent être celui des p ersonnes présentes à notre séance\nd u 5 février, en rem ercian t notre excellent am i M arcel A ngenot. C’est\ngrâce à lui que nous connaissons et que n o us aim ons R ollinat.\n     L e seul éloge à faire de cette causerie, est u n ... reg ret : celui\nde n ’avoir vu les jo u rn a u x bruxellois d o n n e r u n com pte-rendu de\ncette conférence, afin que toujours le nom de M arcel A ngenot — le\np rem ier q u i a it p o rtraictu ré littérairem ent R ollinat, en B elgique —\nsoit évoqué chaq u e fois q u ’on songe au poète des N évroses.\n     Il convient aussi de rem ercier M1Ies L a m al et D eram ais, du\nco nco u rs gracieux q u ’elles nous           o n t si gracieusem ent accordé,\n"}, {"page_pdf": 187, "texte": "                                        —       180 —\n\n\nainsi que L éo p o ld B raco n y qui s’est m ontré talen tu eu x , p lu s que\njam ais, d a n s son ad m irab le in te rp ré ta tio n des m élodies de R o llin a t. J .B .\n                                            ***\n       N o tre co llab o rateu r M arcel A ngenot red o n n era sa conférence sur\nM aurice R o llin at, le sam edi 12 m ars à 8 h eu res, d an s le p réa u de\nl’école n° 5 , avenue de la T o iso n d ’O r. V oilà une occasion p o u r nos\nm em bres, qui n ’a u ra ie n t p a s eu le loisir d'assister à la prem ière\na u d itio n . L ’en trée en est a b so lu m en t libre.                  J. E.\n                                                *\n                                            *       *\n       L e 11 F év rier, e u t lieu en la salle F rançois-X avier, une superbe\nrep résen tatio n d ’am ateu rs, des Faux-Bonshommes. L es je u n e s artistes\ns’en so n t m erveilleusem ent tirés. Cela n o u s console u n peu des troupes\ndram atiq u es de la p lu p a rt des C ercles. Ce succès se d o it en m ajeure\npartie au sens a rtistiq u e et au zèle de M. T ilm o n t, qui avec u n\nta c t et u n e sûreté ad m irab les s ’o ccupera la m ise en scène de la sp i­\nritu elle com édie de T h é o d o re B arrière.\n                                            ***\n        Il se fonde actu ellem en t à B ruxelles u n cercle d ’art : Le F ifre,\nd o n t le b u t est d ’in te rp ré te r les œ uvres littéraires ou m usicales des\nje u n e s a u te u rs belges.\n        L a cotisation an n u elle est de 12 francs. L e d ro it d ’entrée est\nfixé à 3 francs. N o u s en rep arlero n s p lu s longuem ent.\n                                            ***\n      Conférences du Thyrse, rue d u F o rt, 80, à 8 h eures du soir ;\nentrée libre :\n      L e 12 M ars, M aurice des O m biaux : Les services populaires de la\npoésie d'aujourd'hui ;\n      L e 26 M ars, L o u is D u m o n t-W ild en : Camille Lemonnier.\n                                            * **\n      Accusé de réception. — L e Pain Noir, de H u b e rt K rains :\nE tu d e rem ise a u m ois de M ai.\n      Cent femmes de lettres, p a r A lbert de N océe (A nthologie). N ous en\nrem etto n s la critiq u e à p lu s tard .\n                                            ** *\n      N o tre P r im e : Amis lecteurs, si vous nous procurez\ndix abonnements (à 2 fr. l’an) nous nous engageons à. vous donner\nen PRIM E un magnifique volume — Roman, Contes, N ouvelles,\nPoésies, etc.\n    A tous ceux qui nous en ferons la demande, nous réservons des\nbulletins de souscription qu’il suffira de nous renvoyer rem plis et\nsignés pour recevoir, dans le plus bref délai, la prime promise.\n                                            * **\n     Maison DAMHAY; p ap eterie de la poste, rue de l 'Arb re-B én it, 109\nIxelles, Agence Postale 1 0 .\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 10, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1904-03", "signet_source": "Deuxième année - N°10 - Mars 1904", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 172", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}