{"numero_id": "ulb-jeune-effort-1904-08-n15", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-08-n15-001", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "JEUNE EFFORT M archer franc dans la vie", "ancre_fin": "dire ce qu’on pense,", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Sommaire : L’A ïe u l", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 252, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 115, "texte": "JEUNE\n        EFFORT\n    M archer franc dans la vie,\n  et dire ce qu’on pense,\n\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-08-n15-002", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Sommaire : L’A ïe u l", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 252, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 115, "fin_caractere_exclue": 841, "texte": "Sommaire :\n\n L’A ïe u l...........................\nLe Bourreau                                     J ules    B ock.\n\nLes Paons .....................                 G. R a m a e k e r s .\nCoin de P rovin ce.                             L. de C asembroot\nIm pressions.....................               M arcel A ngenot.\n\nLes livres :\n        L e Double J a r d in .\n                                                M . d e s O mbiaux.\n        U ne C rise litté r a ire   .\n        Le Rouet des N im b es .                P l ERRE W l L I E\n\nN o u v e l l e s .....................        Jeune Effort\n\n\n\n\n                  L e n u m é r o : 2 0 cent.\n\n D euxième         Année. N°            i 5.                A oût    1904.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-08-n15-003", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Rédaction, administration et abonnements", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jeune Effort", "ancre_debut": "J eune E ffort M E N S U E L , D 'A R T E T D E L I T T É R A T U R E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 253, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 1180, "texte": "J eune E ffort\nM   E N S U E L ,   D 'A R   T      E T     D E       L I T T É R A T U          R E\n\n\n           A ffilié à l’Union de la Presse périodique belge\n\n    O RG A N E D ES JE U N E S , O U VERT A                           TO U S\n\n                      Paraissant le ler du mois.\n\n\n\n\nFondateurs: G.       P u ling s    — J.    B ock'—       L.   de    C asem broot\n\n                              F.    B o rdier\n\n\n\n\nR édaction et adm inistration :\n                      5, R u e d u C o u v e n t , I x e l l e s - B r u x e l l e s .\n   Pour la Critique d ’art et les Théâtres, adresser les\ncommunications rue d’Edimbourg, 23.\n\n\n     Toute souscription d ’au moins 2 francs pour la Belgique,\n3 francs pour l’étranger, donne droit à un service de douze\nnuméros.\n\n\n     Il sera rendu compte de tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n     Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n     Nous autorisons la reproduction de nos articles sous la\ncondition expresse d ’en indiquer la source et le nom de\nl'auteur.\n\n\n\n     L a Revue,laissant la plus grande liberté à ses collabora­\nteurs, ne prend pas la responsabilité des articles qu’elle insère.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-08-n15-004", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 247, "page_fin": 250, "titre_corps": "L’aïeul", "titre_sommaire": "L’Aïeul", "rubrique": "", "signature_source": "Edouard Ned", "ancre_debut": "L ’A I E U L          L a chambre est toute cla", "ancre_fin": "E douard N e d .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "De Bourreau.                                                  A m o n m a îtr e                                                      E m ile V e r h a", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 254, "page_imprimee": 247, "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 1807, "texte": "L ’A I E U L\n\n\n       L a chambre est toute claire.\n       De l’aigrette en chêne tourné, suspendue à la poutrelle\n du plancher au-dessus du lit, tombe la blancheur plissée du\n pavillon. L a tête pâle du malade qui semble dormir fait dans\n l’oreiller un étoilement d’ombre; ses mains jaunes, où saillent\n comme des chemins de taupes sur les routes les cordons\n bleus des veines, grattent par un mouvement fébril le drap\n fripé.\n      Doucement la porte s’ouvre. Hélène parait, une nappe\npliée sous l’aisselle, un crucifix et des chandeliers de vieux\ncuivre à la main. Elle s’arrête un moment, jette un coup\nd’œil au lit, interroge le visage glabre du vieux terrien, dont,\nmalgré des mois de chambre, la peau rude et le front carré\ngardent encore la caresse brune un peu effacée des hâ les. Il\nest calme. A pas sourds, elle s’approche de la table, étend la\nnappe, range les chandeliers, allume les bougies dont la\nflamme dansante se reflète dans le cuivre. Puis elle prend\nsur la cheminée un verre à côtes, où une branche de buis\ntrempe dans l’eau bénite, et le dépose devant le crucifix.\n      Au bruit, le malade s’est réveillé. Hélène lui donne un\nsourire, relève en tapotant l’oreiller, reborde le lit. Puis elle\nva fermer les rideaux de la fenêtre. Mais, malgré les plis, la\nlumière entre, le matin jette dans la chambre des essaims\nclairs de rayons qui s’asseyent sur les draps, grimpent le\nlong du pavillon, jouent sur la tapisserie jaune à fleurs vertes,\ns’accrochent aux cadres d ’or des paysages et des scènes de\nchasse. On dirait que tous les rayons, rayons verts des bois\nproches, rayons d’or des blés mûrs, rayons bleus des fontaines,\ntout ce qu'il a connu, tout ce qu’il a aimé, chantent leur belle\nchanson de vie dans la maison qui se pare de blanc pour\naccueillir la Vie.\n"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2055, "texte": "                            — 248 —\n\n      On entend des pas dans la place à côté, puis le bourdon­\nnement bref de gens qui parlent bas. C’est tout. L a maison\nse tait. Au dehors, c’est encore la demi somnolence du réveil;\ndes meuglements de bêtes qu’on mène au pré, un roulement\nde charriot, des appels de valets, une rumeur vague qui\npasse dans le rêve de l’aïeul.\n      — Hélène!\n      Ce n’est plus une voix. C’est un souffle. Pourtant on\nsurprend encore dans ce souffle l’intonation haute du maître\net l’habitude du commandement.\n      — Hélène!\n      Elle se penche vers lui en regardant les yeux déjà jaunes\ndans leurs cavernes. Elle écoute. D ’abord elle s’étonne, croit\nmal comprendre, se penche un peu plus. Puis c’est un flux\nde paroles grondantes comme d’une mère câline qui gour­\nmande le caprice d’un enfant.\n      — Il n’y a pas de bon sens! En voilà une idée! Ça n’est\npas raisonnable, voyons! Non, non, non...\n      Le souffle s’anime. Le malade s’a ppuyant sur les mains\ns’assied sur le lit. E t il a grand air, malgré le tremblement\ndu torse pour qui les bras sont des soutiens trop faibles. Il\nne prie plus, il ordonne. Elle regarde la porte. Pourquoi\nquelqu’un ne vient-il pas à son secours, qui convaincrait\npeut-être le vieillard? Pourquoi le prêtre n’arrive-t-il pas tout\nde suite, avec le Viatique? L ’horloge? L ’aiguille est arrêtée, le\nbalancier se taît immobile, le coucou s’est retiré dans la\ncage pour ne point chanter les heures de l’agonie du maître.\n      Sous le bougonnement d’impatience, elle finit par\nacquiescer.\n      — Si on peut dire! Je vous demande un peu! Oh! ces\nvieux! Ce qu’ils sont têtus!...\n      E t elle s’en va en marmottant, tandis que l’aïeul, retombé\nsur l’oreiller, tousse, et la couverture de laine se ballonne, et\nl’édredon rouge se soulève, suivant les mouvements du ventre\nqui tressaute. Une discussion dans la pièce voisine. Puis,\naccompagnée de son mari et de Poucet, elle rentre, portant\nune chemise à plastron empesé, un habit noir, un chapeau de\nsoie court et fortement évasé par le haut.\n"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3211, "texte": "                                         —   249 —\n\n\n       — M ais, papa, com m ence Ja u m in e ...\n        L e g r o n d e m e n t d u v i e il la r d in t e r r o m p t . J a u m i n e , c o m m e\ns a fe m m e , h a u s s e les é p a u le s , lè v e les b r a s , atte s te q u ’il n’y\np e u t rien .\n         A v e c d es g e s te s m a la d r o it s q u i p r o v o q u e n t s u r son\nv i s a g e u n e e x p r e s s io n d e so u ffra n c e , le v i e u x fait to ile tte .\nC ’est très c o m p l iq u é , et ç a d u r e lo n g t e m p s a v e c d e s p a u s e s\np o u r so uffler, a v e c d e s a rrê ts b r u s q u e s q u a n d un m o u v e m e n t\ntr o p v i f é v e ille u n e d o u le u r q u i d o r m a it . I l fau t q u e P o u c e t\nlu i so u tie n n e le s j a m b e s , p e n d a n t q u ’on e n file le p a n ta lo n\ntr o p la r g e où les g e n o u x p o in te n t le u r m a ig r e u r . L e frac à\nb a s q u e s est b ie n un peu p a s s é d e m o d e , la c r a v a t e n o ire\nto u r n é e tro is fois a u t o u r d u col et la r g e m e n t n o u ée n ’a p lu s\ns a p r e m iè r e fr a îc h e u r, la s o ie est un p eu frip é e d u c h a p e a u\np o sé su r la t a b le d e n u it. L e v i e u x la b o u r e u r n ’en p a r a ît q u e\np lu s g r a n d . U n a n c ê tre d e s c e n d u d e so n c a d re . Q u e lq u ’un\nd ’a u tr e fo is q u i re v ie n t d a n s un rêv e p o u r s’en a l le r b ie n tô t. I l\np o rte s u r la fig u re et d a n s l ’a i r cette d is tin c tio n s in g u liè r e ,\nc ette g r a n d e u r un p eu fa r o u c h e q u e la so u ffra n c e i m p r im e\ns u r le fron t d es te r r ie n s , c o m m e si, d a n s le u r m a s q u e p â li,\nelle c o n d e n s a it la p h y s i o n o m i e d ’une race.\n         U n e so n n e tte v ib r e . L e s y e u x d u m a la d e s ’é c la ir e n t. A v e c\nu n a h a n d e to u t le c o rp s, il se lè v e . I l est d e b o u t, a p p u y é\nd ’un e m a in s u r son fils, d e l’a u tr e s u r P o u c e t . L a so n n ette\ns ’a p p r o c h e . I l est d e b o u t. E t l’h o r lo g e , d o n t le c œ u r a tr e s s a illi\nso u s un a tto u c h e m e n t in v i s i b le , se r e m e t à b a ttr e , la p o rte\nd e la c a g e s’o u v re a u - d e s s u s d u c a d r a n , le v i e u x c o u co u d e\nb o is m et à l'a i r so n b ec s c u lp té et, d e ses d e u x notes, c é lè b r e\nl a force d ’â m e d e l ’a ïe u l. L e v i e u x so u r it. L 'e n f a n t d e c h œ u r,\nq u i p o rte la so n n ette et la la n te r n e a l lu m é e , s 'a r r ê t e à s a v u e .\nL e p r ê tr e lu i- m ê m e é m u r ec u le , s a m a in t r e m b le so u s le\nv é l u m d ’orfro i en d é p o s a n t s u r la t a b le la c u s to d e b la n c h e d e\nso ie b ro c h é e .\n         L ’a ïe u l est t o m b é à g e n o u x su r le p r i e - D i e u , ses e n fa n ts\nà ses côtés é p ia n t u n e f a i b le s s e q u i n e p e u t t a r d e r . M a i s il\nest fort. Il s ’a c c ro c h e à la b a r r e d ’a p p u i , les b a s q u e s d e son\nh a b it o n t d es se c o u s se s , la tête s’en fo n ce d a n s le col q u i se\np lis s e . S o u s l a lu m i è r e p â le , d a n s la c h a m b r e m o ite , p e n d a n t\n"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 732, "texte": "                                    2 5 0 ----\n\n\nqu’on devine la Mort assise au seuil, arrêtée dans sa marche\npar une volonté plus forte que le destin, par une foi plus vive\nque la flamme du néophyte, Hélène pleure, Poucet s’atten-\nd rit, un long sanglot déferle comme une vague aux frontières\ndes âmes qui sont là.\n      C’est un vieux terrien qui, sans se douter de la beauté du\ngeste, avec la toute simplicité des premiers temps héroïques\ndu monde, veut accueillir à genoux la Vie.\n      E t rapidement, pour abréger la tension des cœurs, le\nprêtre récite les prières :\n    —   D om ine, non sum dignus ...\n                                                        E douard            N     e d .\n\n\n\n\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-08-n15-005", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 250, "page_fin": 251, "titre_corps": "Le Bourreau", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jules Bock", "ancre_debut": "De Bourreau.                                                  A m o n m a îtr e                                                      E m ile V e r h a", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 257, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 732, "fin_caractere_exclue": 1857, "texte": "De Bourreau.\n                                                 A m o n m a îtr e\n                                                     E m ile V e r h a e re n .\n\n\n                                       I\n              Dans l'ombre, j'a i marché, fils de la peur,\n              Escorté du silence horrifié des foules\n              E t les chemins rendus déserts par la terreur\n              Frémissent de dégoût sous mes pieds qui les foulent.\n\n              J 'a i raversé la vie, lémure du remords,\n              J 'a i fleuri mes chemins de cent tètes coupées\n              E t tailladé à coups d’épées\n              Un suaire de chair pour la M ort!\n\n              O le pain savoureux des tortures sadiques !\n              O mes regards vrillés dans les yeux des mourrants !\n              E t le pantèlement des corps agonisants\n              Tel un écartelé de Lions héraldiques.\n\n              E t les cris déferlants des souffrances hurlées\n              Te Deum de démons tumultuaient en moi.\n              J'aimais ton âcre encens, odeur des chairs brûlées\n              E t les yeux trèvirès où s’affolait l'effroi !\n"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1146, "texte": "                   — 251 —\n\nE t les baisers ignés et trouants des tenailles,\nE t les ventres crevés vomissant leurs entrailles,\nE l les corps se tordant tels des tronçons de ver,\n         Faisaient jouir ma chair !\n\n\n\n                        II\n\nO peuple qui me hais, toi dont la loi hautaine,\nMéconnaissant la loi de Dieu qui me voulut,\nM 'a vomi de ton sein fétide et corrompu,\nEcoute les sursauts de ma chanson de haine.\n\nEcoute. J 'a i trouvé ce rêve dans mon cœur :\nPeuple, tu n'étais plus qu'un formidable corps\nQui se tordait sous mes genoux et ma fureur.\n\nE t trop tard dans tes yeux s'allumaient les remords,\nCar ma vengeance inassouvie\nPour s’assouvir mangeait ta vie.\n\nEcoute, écoute encor ! Sur la roue homicide\nTon corps mort se ployait ainsi qu’un arc-boulant\nE t tes côtes saillaient et les orbites vides\nBéaient larges et plats tels des crachats de sang!\n\nE t chaque nuit depuis des ans\nSans que s'éteigne en moi le feu qui me dévore\nJe tue toujours, je tue encor\nTa mort !\n\nEcoute, j'a i trouvé ce rêve dans mon cœur :\nE t des soleil, de haine éclairaient ces horreurs.\n\n                                           J u les B ock.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-08-n15-006", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 252, "page_fin": 252, "titre_corps": "Les Paons", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Ramaekers", "ancre_debut": "Les P aons.                 A u jardin préraphaëlit", "ancre_fin": "d’Ezéchiel. G eorges R am aekers.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "COIN DE PROVINCE                                                           A m a c o u s in e C . W .        Crépuscu", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 259, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 84, "fin_caractere_exclue": 894, "texte": "Les P aons.\n\n\n              A u jardin préraphaëlite,\n              Sous de fins citronniers stylés,\n              Les paons que voici profilés,\n              Promènent l'orgueil d'une élite.\n\n              Le plus fier, opulent stylite,\n              Sur un vert babustre isolé,\n              Eploie, éventail oscellé.\n              Le faste oriental du rêve israëlite\n\n             L.es paons majestueux sont les poètes,\n             Enfants prodigues des Prophètes,\n             Parés sous l'or des deux des saphirs d'Israël.\n\n             Ils fo n t la roue et leurs joyaux s’allument\n             E t les veux verts et bleus qui s’ouvrent dans leurs plumes\n             Sont l ’émail fulgurant des Roues d’Ezéchiel.\n\n                                                 G eorges R am aekers.\n\n\n\n\n             "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-08-n15-007", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 252, "page_fin": 253, "titre_corps": "Coin de province", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "L. de Casembroot", "ancre_debut": "COIN DE PROVINCE                                                           A m a c o u s in e C . W .        Crépuscu", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 259, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 894, "fin_caractere_exclue": 1313, "texte": "COIN DE PROVINCE\n\n                                                         A m a c o u s in e C . W .\n\n\n     Crépuscule. Béguinage de petite ville.\n     L ’église s’atténue dans l’ombre.\n     Un silence calme, majestueux, descend avec le soir; seule,\nune vive lumière obsède : adossée à l’église, une chapelle du\nBon Dieu de Pitié, jette derrière son modeste grillage de\nbois, l’éclat des cierges, fraîchement allumés.\n"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 253, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1747, "texte": "                           —   253 —\n\n     L a statue, en ces clartés, montre toute la naïveté de ses\nplaies saignant d’un rouge vif et la simplicité des épines,\nbrun-clair sur le fond de la chair uniformément rose.\n                                *\n                               * *\n\n     Même soir, onze heures. — L a paix de la petite place\nest immuable. Les murs gris de l’église s’enfoncent indéfini­\nment dans la nuit.\n     L a chapelle ne déchire même plus l’obscurité de ses\nlosanges clairs ; les bougies une à une se sont consummées,\nainsi que partent, une à une, les âmes de la paroisse.\n     Un seul des godets de zinc porte encore sur le suif\nliquide une légère flamme, sautillante comme un feu follet.\nElle glisse, se baisse et se redresse, faiblit et se ravive, se\nrelève comme une personne lasse qui butte et ne veut pas se\nlaisser tomber.\n     Dans la pénombre, le bon Dieu est comme un grand\ncadavre, assis, les mains jointes, auquel cette flammette\ntremblotante donne des reflets terribles, des clairs obscurs\neffrayants de vérité.\n     L a chair prend des colorations ternes, les plaies sont\nrouges mat, et les orbites s’enfoncent dans l’ombre, étrange­\nment. Parfois une plus vive lueur monte vers ses traits et il y\npasse comme un rictus.\n     On dirait qu’il regarde obstinément, cette dernière vie\nclaire et rose qui va l’abandonner, le laisser seul, si seul dans\nles ténèbres.\n                                *\n\n                               * *\n\n     Plus rien. Un coup de vent a passé. C’est la nuit plus\nque jamais. Un gémissement? Non.\n    Au loin, une porte s'ouvre, une guinguette, lamentable­\nment, jette ses accents d’accordéon et de rires.\n\n                                          L. d e C a s e m b r o o t .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-08-n15-008", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 254, "page_fin": 255, "titre_corps": "Impressions", "titre_sommaire": "Impressions", "rubrique": "", "signature_source": "M. Angenot", "ancre_debut": "IMPRESSIONS          Ce    que l ’on entend d’une ch", "ancre_fin": "t . M a i 1904.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L E S                L IV R E S     M a u r ic e    M A E T E R L IN C K           : L e", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 261, "page_imprimee": 254, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 2027, "texte": "IMPRESSIONS\n         Ce    que l ’on entend d’une chambre sise en quartier ch ic ,\n\n                                         au second, d e r r ièr e .\n\n\n\n      B ru x e lle s ( Q .-L .), 6 h e u r e s (soir), M a i, J u i n , J u ille t. — S a iso n h o n n ê te b ie n d e\ns o n te m p s e t à l'h e u re .\n\n\n\n      ous les jours, étant une fois pour toutes établi que le\nT      dimanche n’en est pas un, donc tous les jours, fenêtres\n hospitaliérement bayantes. Une vierge, retour de pension,\nexécute, ô oui, sa prière sur un piano, l’inévitable et fatale\n « Prière d’une vierge », auteur mort j ’espère.\n     Relent de cuisine, indiscrétion de menu qui s’obstine\njusqu’à mes narines blasées. Puis brusquement, on ne sait\nd’où venue, bouff ée d’air parfumé. Dans les arbres des\npierrots tchipent à l’unanimité, cela me gêne, trop mono­\ntone, mais si peu méchant, alors soit, à tue-tête s’il vous\nplait ! Au loin, la cadence harmonieuse de coups sur une\nenclume, on dirait d’argent; un moment de relâche, évoque\nnettement un rustre absorbant, d’un revers de manche, la\nsueur noire de son front. En mon âme et conscience de gosse\nbon à rien, je le plains..\n     L a sirène d’un express pleure et s’illimite.\n     L'Angelus tombe d’un clocher qui se cache. Aux pre­\nmières notes, un temps de mutisme imposant et pour moi\ncharitable. Pendant une seconde les moineaux avaient\nmis la sourdine, mais déjà, tous à bec que veux-tu...\nah, et puis c’est leur métier. L ’Angelus se décourage, comme\nun chanteur pas écouté; enfin, une dernière note crève à la\nsurface, comme, dans une éprouvette, une bulle en retard.\n     Sur ma table, des fleurs qui n’en peuvent plus, dans un\nvase qui ne s’èn trouve que mieux — loi des contrastes —\nmais non, pas de fleurs qui meurent dans un vase, trop\nbanal, assez vu, rengaine, cliché : donc pas de fleurs, les\nenfants à leurs mères et tout cela à Georges Ohnet ou aux\nQuarante... rendons à César...\n"}, {"page_pdf": 262, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 690, "texte": "                                                               —     255 —\n\n      Cris, rires, pleurs d’enfants qui ont appris leurs leçons et\n calligraphié leurs devoirs de demain, conscience nette, mais\n les doigts! ô les doigts! !\n      En somme : cris, rires, pleurs, enclume, sirène, Angelus,\n moineaux et tutti quanti. O ma tête!\n      L ’heure du souper, un cri de bonne à tout faire, mon\n nom jeté à tout hasard dans l’escalier.\n      E t voilà!\n                                              M. A n g e n o t .\n                                                                                                             M a i 1904.\n\n\n\n\n                                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-08-n15-009", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 255, "page_fin": 257, "titre_corps": "Les livres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L E S                L IV R E S     M a u r ic e    M A E T E R L IN C K           : L e", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 262, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 690, "fin_caractere_exclue": 3890, "texte": "L E S                L IV R E S\n\n\n\n M a u r ic e    M A E T E R L IN C K           : L e D o u b le J a r d in .\n       M a e te rlin c k c h a r m a le s a r tis te s d è s s a p r e m iè re œ u v re p a r le se n s p r o fo n d d u\nm y s tè re q u i s ’y r é v é la it. Il fit v ib r e r le s ile n c e e t p a l p ite r l'in v isib le . Il e x p r im a u n e\nc o n c e p tio n n o u v e lle d e l'effroi e t d e s ém o is e n c o re in fo rm u lé s d e n o tre â m e .\n       O n a v a it to u r n é a u to u r d e c e s s e n tim e n ts o b s c u rs ; n o n s e u le m e n t d e s p o è te s m a is\nau s si d e s p e in tr e s e t p e u t- ê tre c e u x -c i é ta ie n t-ils p a r v e n u s à u n e r é a lis a tio n p lu s in te n s e ;\nje v e u x p a r l e r to u t a u m o in s d e p r é ra p h a é lite s . M a is M a e te rlin c k p é n é tr a a u c œ u r m ê m e\nd u s u je t e t n o u s e n d o n n a la s u b s ta n c e . Maleine, Pelleas, M élisande, Aglavaine, Selyseltel II\nfit s u r g ir d e l'in s a is s is s a b le q u e lq u e s fig u re s g ra c ie u s e s , p e n s iv e s, d o u lo u re u s e s , a s p e c t\nd iv e rs d e l ’in s o lu b le é n ig m e d e l'u n iv e rs e t d e n o u s-m ê m e s . E n c e se n s, on l ’im ita , o n\ns u iv it so n sillag e, m a is o n n e le s u r p a s s a p o in t, o n n e l'é g a la p a s .\n       E n m ê m e te m p s il fu t u n d e ce u x q u i r e tr o u v è r e n t le s e c re t d e c e t a r t s p o n ta n é q u ’e s t\nl a p o é s ie p o p u la ir e . D ’a u tr e s n o u s a v a ie n t d é jà é m u s p a r d e s v e rs d é p o u r v u s d e c e tte\nr h é to r iq u e d o n t n o u s so m m e s la ssé s, p a r d e s s tr o p h e s d 'u n s e n tim e n t c o u lé to u t d 'u n j e t,\nd 'u n e in tim ité e n c o re in c o n n u e d a n s la p o é s ie f ra n ç a is e . M a e te rlin c k e n d é v e lo p p a\ne n c o re la s u b tilité . D a n s la Quenouille et la Besace, il d é p o u illa la c h a n s o n d e to u t ce\nq u i n 'é ta it p a s l’â m e m ê m e , l'â m e se u le , l’â m e u n iv e rs e lle é te rn e lle m e n t se m b la b le à elle-\nm êm e. Il la r é d u is it à la s im p lic ité e x trê m e . D é p o u r v u e d e to u t d é c o r e lle é to n n e p a r la\nc a n d e u r a b s o lu e d e s a fo rm e tissé e d e rê v e .\n      L e g o û t ta r a b is c o té d 'a lo r s n 'y v it à p r e m iè re v u e q u e d e la p u é r ilité . M a is c e s c a n t i ­\nlé n e s c o n tie n n e n t ta n t d 'é m o tio n q u 'e lle s o n t in s p ir é b ie n d e s m u s ic ie n s d e ta le n t s u b til.\nP o u r t a n t e lle s so n t e n c o re p lu s b e lle s q u a n d o n se c o n te n te d e le s e n te n d r e e n so i-m ê m e\no ù r ie n n e les p ré c is e , o ù le u r é c h o se p ro lo n g e in d é fin im e n t.\n      M a is n o tr e g r a n d é c r iv a in n e d e v a it p a s s ’e n te n ir là . E p ris d e s p lu s h a u ts p r o ­\nb lè m e s d e     l'in te lle c tu a lité , il f u t s é d u it p a r les          d e r n ie r s a s p e c ts d e la s c ie n c e . Il\np o u s s a ses r e c o n n a is s a n c e s ju s q u 'à l'e x trê m e lim ite d e la p e n s é e c o n te m p o r a in e ; av e c\n"}, {"page_pdf": 263, "page_imprimee": 256, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5545, "texte": "                                                                   — 256 —\n\nu n se n s e s th é tiq u e trè s s u r , il s u t tr o u v e r le p o in t où l'a r t e t la sc ie n c e , se jo ig n a n t,\nse p r ê te n t l ’u n à l'a u tr e d e s              fo rc e s a d m ir a b le s . L a litté r a tu r e             d e n o tr e te m p s n e\nc o m p te p o in t d e p lu s b e a u              liv re q u e la Vie des Abeilles.\n      Le Double J a r d in , q u i v ie n t d e p a r a îtr e , n o u s m o n tre l'é v o lu tio n c o n s ta n te d e c e t\ne s p rit g ra v e , s u b til, d ’u n e s e n s ib ilité e x q u is e e t s a n s cesse fré m is s a n te . Q u ’il n o u s\np a r le d e la m o rt d ’u n p e tit c h ie n , d u te m p le                        d u h a s a r d , d e l'a u to m o b ile , d e l’é p é e ,\nd u su ffrag e u n iv e rs e l o u             d e s fleu rs, il c o n fè re u n c h a r m e                   n o u v e a u à to u t c e q u ’il\nto u c h e . C ’e s t le m y s tiq u e d u p a n th é is m e .\n      S o n in te llig e n c e , s a sa g esse, s a p o é s ie é tra n g e ou r a d ie u s e se p a r e n t d e s jo y a u x\nd ’u n e d e s p lu s b e lle s la n g u e s q u ’o n é c riv e . I l a , a u p lu s h a u t p o in t, le d o n d ’é lo ­\nquence.        S es    p é r io d e s      c h a to y a n te s ,    g ra c ie u s e s ,   s o u p le s , d o n t     on     ne         s a is it p o in t\na is e m e n t le s e c re t, e t q u i tie n n e n t p a r d e s m ira c le s d 'é q u ilib r e , se d é r o u le n t d a n s\nl'e n th o u s ia s m e e t la lu m iè re .\n      C o m b ie n n 'e n c ite ra it-o n p a s ! M a is co m m e n o u s d ev o n s n o u s b o r n e r, c o n te n to n s -\nn o u s d 'e p in g le r c e tte m e rv e ille :\n      « T o u t d 'a b o r d , la r o u te v ie n t à m o i, d ’u n m o u v e m e n t c a d e n c é p a r la fé lic ité ,\nco m m e u n e fia n c é e q u i a g ite d e s p a lm e s . M a is b ie n tô t e lle s ’a n im e d a v a n ta g e , elle\nb o n d it, e lle s’affo le, elle se p r é c ip ite s u r m o i, e lle ro u le so u s                               le     c h a r co m m e u n\nto r r e n t fu rie u x q u i m e fo u e tte d e so n é c u m e , m ’in o n d e d e ses flots, m ’a v e u g le de\ns o n souffle. O h ! c e souffle a d m ir a b le ! O n d ir a i t                          q u e d e s a ile s , d e s m illie rs d ’a ile s\nq u 'o n n e v o it p a s , les a ile s              tr a n s p a r e n te s    d e g ra n d s o ise a u x s u r n a tu r e ls , h a n te u r s\nd e so m m e ts in v is ib le s b a ttu s p a r d e s v e n ts é te rn e ls , v ie n n e n t c in g le r a in s i d e le u r\nv a s te f r a îc h e u r m e s te m p e s e t m e s y e u x ! A p r é s e n t, le c h e m in to m b e à p ic d a n s\nl’a b îm e , e t l ’a p p a r e il m a g iq u e l ’y p ré c è d e . L e s a r b r e s q u i le b o r d e n t a v e c s é ré n ité\nd e p u is t a n t d 'a n n é e s le n te s r e d o u te n t u n c a ta c ly s m e . O n                  c r o ir a it q u 'ils          a c c o u r e n t,\nr a p p r o c h e n t le u rs    tê te s      v e r te s , se m a s s e n t, se           c o n c e r te n t    devant          le      phénom ène\nqui     su rg it,     pour      lu i    b a rre r       la      v o ie . P u i s     s o u d a in , co m m e        il    ne         s 'a rr ê te    pas,\nles v o ilà p r is       d 'effro i. Ils se s a u v e n t, se d is p e rs e n t, r e g a g n e n t à tâ to n s le u r p la c e\nsé c u la ire , se p e n c h e n t tu m u ltu e u s e m e n t s u r m o n p a s sa g e e t, r é p e r c u ta n t d a n s le u rs\nm illio n s d e       feu ille s la jo ie          p r e s q u e in se n sé e d e la fo rc e q u i c h a n te , m u r m u r e n t à\nm e s o re ille s les p s a u m e s v o lu b ile s d e l'E s p a c e q u i a d m ir e e t a c c la m e so n a n tiq u e\ne n n e m ie , to u jo u rs     v a in c u e j u s q u ’à c e j o u r m a is              e n fin    tr io m p h a n te : la V ite sse . »\n                                                                                                       M a u r ic e       des    O m b ia u x .\n\n\n                                                                         ***\nU n e c r is e lit t é r a ir e ,            par     A rthur          D axh e l e t .\n\n      S o u s le titr e Une crise littéraire, M . A r th u r D a x h e le t, l’a u te u r d u trè s s a g a c e e t\ntrè s c o m p le t rapport sur le dernier p r ix quinquennal, p u b lie u n e é tu d e                                          très fo u illé e e t\ntrè s d o c u m e n té e s u r le s sy m b o lis te s. N o u s n e p o u v o n s q u ’a p p la u d ir à s a c o n c lu s io n :\n« T e lle fu t, d it-il, la c ris e s y m b o lis te , u tile , to u t                        c o m p té ,      e t fé c o n d e , p u is q u 'e lle\nr a n im a la p o ésie f ra n ç a is e , q u i se m o u r a it d a n s les c h a în e s d o ré e s, d o n t e lle s ’é ta it\ne lle-m êm e c h a r g é e ,       et       lu i    in fu s a      un     sa n g      n o u v e a u ; fé c o n d e        a u s si, p u is q u 'e lle\ns u s c ita , e n tr 'a u tr e s , d e s M a e te rlin c k , d e s V e r h a e r e n , d e s H e n r i d e R é g n ie r, q u e la\nn o to rié té a d é jà é lu s e t q u e ,               d e m a in , la g lo ire c o u r o n n e r a .\n\n                                                                                                        M a u r ic e d eS O m b ia u x .\n"}, {"page_pdf": 264, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4894, "texte": "                                                             —        257 —\n\nLe Rouet des Nimbes, p a r E . C o r n e t — L iége, F a u s t- T r u y e n .\n      P a r c e s te m p s d e p e s sim ism e fro id e t d e s s è c h e u r d e s â m e s , q u e l ra v iss e m e n t\nlo rs q u e a y a n t s o ig n e u se m e n t clo s s a p o rte s u r la v ie e t se s m a u v a is e s r u m e u rs q u i\nm o n te n t e n m a ré e , o n s 'a b a n d o n n e a u p o è te a im é q u i v o u s e m p o r te v e r s d e s ré g io n s\nd e R ê v e e n tr e v u e s e t d é siré e s.\n      L ’é tra n g e p a y s d e s o n g e o ù n o u s tr a n s p o r te le p o è m e d e M . E . C o r n e t !\n      U n e trè s c u r ie u s e d é d ic a c e n o u s a v e r tit d è s l ’a b o r d : « J e te d é d ie ce p o è m e ,\nô m a p e tite F ia n c é e , à T o i p lu s d o u c e e t p lu s b e lle q u e la M u se .. »\n       C e so n t d o n c d e s c h a n ts d ’a m o u r, les p lu s d ifficiles q u i s o ie n t à m o d u le r.\n      E t d è s le s p r e m ie rs v e rs n o u s a s sisto n s à c e tte b a n a le e t p o u r ta n t sp le n d id e\na v e n tu r e d e   d e u x c œ u rs q u i, d ’a b o r d s é p a ré s p a r les m is é r a b le s n é c e s sité s d e la\nv ie c o u tu m iè re ,     c o m m u n ie n t e n fin p o u r e n tr e p r e n d r e , n im b é s d e r a y o n n a n te je u n e s s e ,\nl a trio m p h a le a s c e n s io n d e l'e s c a lie r d 'iv o ire q u i le s          m è n e lo in d e s tu r p itu d e s       d e la\nfo u le v e rs u n e A u r o re r e s p le n d is s a n te d 'A m o u r esse n tie l e t d e lu m in e u x I d é a l, v e rs\nl'H y m é n é e s a c r é ...\n      E t lo rs q u 'ils o n t b u à l’a m p h o re d e le u r R ê v e, c a lm e s e t b e a u x co m m e d e je u n e s\nd ie u x , ils s ’e n v o n t,\n\n                             L à -b a s , p r è s d e s c o te a u x fle u ris d e p rim e v è re s ,\n                             O ù le p r in te m p s su a v e e s t d ’é te rn e l m y stè re ,\n                             F i l e r u n rê v e p u r a u r o u e t d e la v ie ...\n\n      C 'e st d o n c u n p u r p o è te q u i se ré v è le à n o u s, e t, q u o i q u 'il e n d ise lu i-m ê m e\nd a n s s a p r é fa c e , il n ’y a d a n s so n œ u v r e q u e d e l'A m o u r, r ie n q u e d e l'A m o u r\nc h a n té , u n c la ir m a tin d 'A v ril, s u r la flû te p a s s io n é e d e s b e r g e r s d 'A rc a d ie .\n       Le Rouet des Nim bes, é b lo u is s a n t r o s a ir e d 'a u ré o le s p ie u s e m e n t a llu m é e s                   a u to u r\nd u p ro fil d e l ’A im é e , n 'e s t p a s le b a n a l d é b u t d ’u n je u n e r im e u r ; c 'e st l ’a ffirm a tio n\nd ’u n p o è te a d m ir a b le m e n t d o u é , c o lo r a n t d é jà le s c h o s e s a u x re fle ts ir ité s d e so n\nâ m e lu m in e u se .\n      I l y a te ls v e rs, d ’u n e m u s ic a lité p a r f a ite , q u i ré v è le n t u n b o n a r c h e r d u v e r s\na le x a n d r in . C e u x -c i q u e je c u e ille a u h a s a r d so n t à c e p o in t d e v u e, sig n ific a tifs :\n\n                          L e s jo u r s flû te ro n t l'a ir d 'u n c h a n t c a n d id e e t d o u x ...\n                          E t n o s p a s s o n n e ro n t s u r les s a b le s d e s m e rs\n                          L ’h y m n e s a c ré d 'a m o u r a u x v ite s é te r n e ls\n                          L à -b a s , d a n s l'in fin i d u C h a rm e e t d u B o n h e u r\n                          N o s d e u x p o itrin e s n u e s , d ’u n r y th m e so le n n e l\n                          S e p r e s s e ro n t, u n ie s , c o m m e le s o n t n o s c œ u r s ...\n\n      E t c e u x -c i, r a p p e la n t les m e ille u rs d e H . d e R e g n ie r :\n                          L e s p a m p r e s v e in é s d ’o r , n o u é s a u x th y rs e s v ie u x\n                          S o u s le s c is e a u x p lo y a n t r e m p lir o n t n o s c o rb e ille s.\n                          L o rs , le u r c h a ir a b o n d a n te o ù c o u le u n s a n g v in e u x\n                          N 'a u r a p lu s le p a rfu m d es e n tr e la c s d e tre ille .\n\n                          ... D e s J o u e u s e s d é jà , le s voix s ’e n fle n t d 'e s p o ir\n                          E t v ie n n e n t, e n c h a n ta n t les c la ir s m a tin s d e m a i,\n                          B r u ir e u n ry th m e sag e à n o s c œ u r s fia n c é s ...\n      A d o n e q u e s , p u is q u e     u n v ra i      p o è te   n o u s e s t n é , s o r ta n t d e      le u rs e n c r in s    les\ne n c e n s o irs . R é jo u is so n s -n o u s , e t sa lu o n s le n o u v e a u v e n u . N o u s n ’a v o n s p a s tr o p\ns o u v e n t l ’o c c a s io n d e c h a n te r N o ë l.                                                  P ie r r e   W u il l e .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-08-n15-010", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 258, "page_fin": 260, "titre_corps": "Nouvelles", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Nouvelles.         N o u s re c e v o n s          le p r e m ie", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 265, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 138, "fin_caractere_exclue": 4622, "texte": "Nouvelles.\n\n       N o u s re c e v o n s          le p r e m ie r n u m é ro de la Jeune Revue, d o n t le p r o g ra m m e est\nd e s p lu s é b o u riffa n ts . E n tr e           a u tr e s     p e r le s       c e lle -c i : M a in te n ir             haut       et     fe rm e      le\nd r a p e a u d e V é rité e t d e M é th o d e e n A rt e t c o m b a ttr e le v e rs-lib re e t le sy m b o lis m e\nsi d é s e s p é ré m e n t in c o m p ré h e n s ib le . (!)\n       E t p lu s lo in , d a n s les n o tu le s : « L u d a n s le Sam edi u n b e a u p o è m e d e V e rh a e re n\ne n v e r s - lib re h é la s ... (!).\n      C e t h é la s à lu i se u l, v a u t to u t u n lo n g p o è m e !\n       E t, à p r o p o s         e n c o re d u Sam edi, la Jeune Revue d e m a n d e q u e lle e s t la c o u le u r\np o litiq u e d e n o tr e e x c e lle n t c o n frè re . C h e rs a m is, il f a u t ê tr e                                a b s o lu m e n t... in te lli­\ng e n t p o u r p o s e r p a re ille q u e s tio n .\n\n                                                                       *\n                                                                             **\n      L a d ix iè m e           s ta tu e .       —          M.      A lb .         D u b o is ,      l'a u te u r     de      p lu s ie u r s      poèm es\no u b lié s (et p o u r ca u se ) v ie n t d e jo u e r s o n c h ie n d 'A lc ib ia d e                              en nous d o n n an t « L a\nn e u v iè m e s ta tu e ». C e lte p la q u e tte p r o p o s e l'é re c tio n s u r la p la c e d e la C o n c o rd e ,\nà P a r i s , d 'u n e n e u v iè m e s ta tu e , c e lle d e L i ég e . ( P o u r c e u x q u i l'ig n o re n t, s u r c e tte\np la c e se d r e s s e n t le s s ta tu e s a llé g o riq u e s d e s h u it p r e m iè re s v ille s d e F r a n c e .) O u i,\nb o n n e s ’g en s, v o u s lû te s b ie n !         E t to u t d e s u ite , p o u r n o u s a s s u r e r d e la n a tio n a lité\nd e ce m o n s ie u r, q u 'o n n o u s d is a it b e lg e , m a is                         d o n t to u s les é c rits d é m e n te n t c e t\nh o n n e u r , n o u s a v o n s c o n s u lté le Nouveau Larousse Illustré. M a lh e u re u s e m e n t n o u s n 'y\na v o n s tro u v é q u e so n n o m . E n effet, p a g e 861 d u to m e I I I (C I-D ) n o u s a v o n s lu :\nD u b o is , d it C r é tin . P a s d 'e r r e u r p o ss ib le n ’e st-c e p a s ?\n      L e Jeune E ffort, e s tim a n t q u 'il y a                          u n e la c u n e          à c o m b le r,          p ro p o s e      l'é r e c tio n\na u c e n tr e d e c e tte m ê m e p la c e                 de     la C o n c o rd e ,         d 'u n e       d ix iè m e        s ta tu e ,     c e lle    du\nc o m te D u b o is d o n t o n fa it. . d e s s ta tu e s .\n\n\n\n\n      C o n c o u rs      de      s o n n e ts . —           Le Thyrse              in v ite to u s les je u n e s p o è te s d e la n g u e\nf ra n ç a is e , q ui n 'a u r o n t p a s a t t e in t l'âg e                de      25 a n s        au      15 a o û t 1904,                à lu i fa ire\np a r v e n ir le u rs so n n e ts in é d its .\n      La     p ro so d ie      d u s o n n e t est           n e tte m e n t d é te r m in é e , m a is si                   d e s c o n c u r r e n ts se\np e rm e tte n t q u e lq u e s       lic e n c e s q u e         n o tre      époque              to lè re , le      ju ry       a p p r é c ie r a si le\nm é rite d e s p o è m e s ju stifie les d é r o g a tio n s a u x r è g le s c o n s a c ré e s.\n      M M . V a lè re G ille , A lb e r t G ir a u d , E m ile V a n A e re n b e rg h , c o n s titu e r o n t ce ju r y .\n      L es     c o n c u r r e n ts    d ev ro n t        tr a n s m e ttr e     le u r s     m a n u s c rits n o n             sig n é s, e n        tr ip le\ne x p é d itio n , à la D ir e c tio n d u            Thyrse, r e v u e d 'a r t, 14, r u e d e la F il a t u r e , à B ru x e lle s,\nle   15 a o û t 1904         au       p lu s   ta r d .      C h a q u e m a n u s c rit             d ev ra       ê tr e     accom pagné              d 'u n e\nd é c la r a tio n , in d iq u a n t le n o m d u                p o è te , le lie u e t la                 d a te d e s a n a is s a n c e , a in s i\nq u e les titr e s d e s p o è m e s q u ’il e n v o ie .\n      T o u t p o è m e r e c e v a n t u n e a p p r o b a tio n s e ra p u b lié d a n s le Thyrse.\n"}, {"page_pdf": 266, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4315, "texte": "                                                          — -2 5 9 —\n\n      N o u s a l l o n s v o u s m a n d e r la c h o se la p lu s é to n n a n te , la p lu s s u r p r e n a n te ,\nla p lu s m e rv e ille u se , la       p lu s tr io m p h a n te ,     la p lu s     in o u ïe , la p lu s g r a n d e , la p lu s\np e tite , la p lu s c o m m u n e , la p lu s é c la ta n te , la p lu s s e c rè te ju s q u 'a u jo u rd 'h u i, en fin\nu n e c h o s e d o n t o n n e tro u v e q u 'u n e x e m p la ire d a n s les siè c le s p a s s é , (v o ir B o ileau )\ne n c o re c e t e x e m p le n 'e st-il p a s ju s te ,        u n e c h o s e q u e l'o n       n e p e u t c r o ire à P a r is\n(c o m m e n t n o u s, p e tits B elges, la p o u r r io n s n o u s c r o ire ) ; u n e c h o s e q u i                  fa it     c r ie r\nm is é r ic o r d e à to u t le     m onde,       u n e chose         q u i d o it c o m b le r d e jo ie la Jeune Revue,\nu n e c h o s e e n fin q u i s'e st fa ite e t q u i n e se f e ra p lu s (n o u s l'e s p é r o n s .                 D e v in e z - là !\nN o u s v o u s le d o n n o n s      en    c e n t,   je tte z -v o u s   v o tre     la n g u e a u c h ie n ?       Il fa u t d o n c\nv o u s la d ir e : M . E m ile V a le n tin , d o c te u r e n p h ilo lo g ie r o m a n e , o fficier d ’a c a d é m ie ,\nD ir e c te u r   d u f e u Journal des Gens de lettres, e tc ...                      v ie n t s e u le m e n t d e      s ’im m o rta ­\nlis e r e n c h a n ta n t s a b o n n e      v ille d e N a m u r .\n       V o ic i c o m m e n t :\n\n                                                        N A M U R - B A IN S\n\n\n\n                                                              F lu x de Rimes.\n\n\n                              C o rb le u , N a m u r ! C o rb le u , la d é lu ré e !\n                              J e v o u s y p r e n d s à f a ire la s u c ré e :\n                              Q u e l v e rtig e v o u s tie n t, c h è r e a d o ré e ?\n                              A ssise a u s e in d 'u n e v e rte c o n tr é e ,\n                              D e to u s c ô té s d e r o c h e r s e n to u r é e ,\n                              P r è s d ’u n b e a u fleuve à l’é c a r t r e tir é e\n                              E t d e s s e n te u rs d e vos c h a m p s e n iv ré e ,\n                              Je v o u s q u itta i c a lm e , s a g e , ig n o ré e ,\n                              E t v o u s v o ic i, f a is a n t la m ija u r é e ! ...\n                              J e v o u s r e tro u v e e n c e in tu r e d o ré e ,\n                              L ’a i r ta p a g e u r , p a r fu m é e e t p o u d ré e ,\n                              E t d e p la is ir la fig u re e m p o u r p r é e ! ...\n                              P u is q u e p a r v o u s la fo u le est d é s iré e\n                              A y e z k u r s a a l, c o n c e r ts c h a q u e s o iré e ,\n                              V a p e u r s c o q u e ts f e n d a n t l ’o n d e a z u r é e :\n                              B a in s , S k a tin g -R in g ... la c h o s e est a s su ré e ,\n                               L a fo u le a in s i so u v e n t fu t a ttiré e\n                              T a n t m ie u x , m a foi si c e la v o u s a g r é e ! ...\n                               M a is s a c h e z b ie n p e tite p ré fé ré e ,\n                              Q u e d e v o s se u ls a tt r a its n a tu r e ls d é c o ré e\n                              V o u s fû te s à m e s y e u x to u jo u rs asse z p a r é e .\n\n\n        E t fo u t c e la a u d o s d ’u n p r o s p e c tu s s c o la ire !!!\n\n\n                                                                      ***\n\n        L a Ligue artistique a p r is             l ’in itia tiv e    d ’u n e   so u s c rip tio n   à     l’effet d ’é le v e r,        en\n s o u v e n ir d u p e in tr e J e a n    D e G re e f, u n m o n u m e n t sim p le e t                 fru s te   au     b o rd      des\n é ta n g s d u R o u g e -C lo ître , à u n e d e s p la c e s fa v o rite s d u r e g re tté p a y s a g iste .\n        L e s s o u s c r ip tio n s so n t r e ç u e s a u    b u reau     du       jo u r n a l, Galerie du Commerce,                  51,\n B ru xelles.\n"}, {"page_pdf": 267, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2905, "texte": "                                                                  — 260 —\n\n\n       L e J e u n e E f f o r t , v o u la n t m a r c h e r — e t sa n s fa u ss e h o n te — s u r les b ris é e s de\nses n o b le s      c o n frè re s ,       le     Thyrse e t       la    Plum e, p ro p o s e (en co re!!)             un       C o n c o u rs    de\nB a lla d e s ... a u b o is d e la C a m b re .\n       C o n s titu e ro n t le j u r y           : le v ie u x m a r c h e u r        d ’H e n r y      L avedan        et     le    p io u - p io u\nf ra n ç a is , v a in q u e u r d u d e r n ie r g r a n d c o n c o u rs d e m a r c h e , d o n t le n o m m a r c h e a u s s i\nv ite q u e lu i e t n o u s é c h a p p e .\n\n\n\n\n       D a n s le       Guide bio-bibliographique belge q u e                        nous     p ro p o so n s      d e d i te r ,    se ra   m en­\ntio n n n é e , a v e c le n o m , la d a te e t le lie u d e n a is s a n c e , la n o m e n c la tu r e c o m p lè te\nd e s œ u v re s d e n o s é c riv a in s .\n      N ous      e n v e rro n s       à        to u s   les    a u te u r s   b e lg e s   un        b u lle tin -q u e s tio n n a ire     q u ’ils\ns e ro n t c h a rg é    d e r e m p lir .          Pour       f a c ilite r c e tte    tâ c h e      qui    s 'a n n o n c e    ard u e,     nous\np r io n s le s in té re s s é s d e n o u s f a ire c o n n a îtr e le u r a d re s s e .\n      P o u r to u te c o m m u n ic a tio n , s 'a d re s s e r : 1 0 , r u e                   G o ffart,      Ix e lle s , à M . M a rc e l\nA n g en o t.\n\n\n\n\n      V u l'a b o n d a n c e d e m a tiè r e il n o u s e s t im p o ss ib le d e d o n n e r u n c o m p te -re n d u\nd e l'e x p o s itio n d e s I n d é p e n d a n t s .            L 'é tu d e e n e s t re m ise a u m o is p r o c h a in\n\n\n\n\nA c c u s é d e r é c e p t i o n : T ra ité de l'Occident, p a r A . M ith o u a r d ;\n                                                L 'Arche de M onsieur Cheun u s , p a r E u g è n e D e m o ld e r.\n\n\n                                                                           *\n                                                                               *\n\n\n      L a J e u n e R e v u e n 'e ta n t d é c id é m e n t p a s d a n s n o s c o rd e s , n o tr e a m i G a s to n\nP u lin g s fa it r e m a r q u e r q u 'il n 'y               a r ie n d e        c o m m u n e n tr e lui        e t le G . P . q u i y\ns ig n e , c ro y o n s-n o u s, u n a r tic le d e c r itiq u e .\n\n\n                                                                        * *\n\n\n\n      A l i r e d a n s E n A r t , o u tr e M argot f olie, d e C h a rle s D u la it, e t l' Am e Provençale,\nd e P . B ro o d c o o re n s, la trè s in té r e s s a n te Revue des Revues.\n\n\n\n\n     Maison DAMHAY ; p ap eterie de la poste, rue de l’A rb re-B én it, 109,\nIxelles, Agence Postale 10.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 252, "texte": "       JEUNE\n        EFFORT\n    M archer franc dans la vie,\n  et dire ce qu’on pense,\n\n\n\n\n                         Sommaire :\n\n L’A ïe u l...........................\nLe Bourreau                                     J ules    B ock.\n\nLes Paons .....................                 G. R a m a e k e r s .\nCoin de P rovin ce.                             L. de C asembroot\nIm pressions.....................               M arcel A ngenot.\n\nLes livres :\n        L e Double J a r d in .\n                                                M . d e s O mbiaux.\n        U ne C rise litté r a ire   .\n        Le Rouet des N im b es .                P l ERRE W l L I E\n\nN o u v e l l e s .....................        Jeune Effort\n\n\n\n\n                  L e n u m é r o : 2 0 cent.\n\n D euxième         Année. N°            i 5.                A oût    1904.\n"}, {"page_pdf": 253, "texte": "     J eune E ffort\nM   E N S U E L ,   D 'A R   T      E T     D E       L I T T É R A T U          R E\n\n\n           A ffilié à l’Union de la Presse périodique belge\n\n    O RG A N E D ES JE U N E S , O U VERT A                           TO U S\n\n                      Paraissant le ler du mois.\n\n\n\n\nFondateurs: G.       P u ling s    — J.    B ock'—       L.   de    C asem broot\n\n                              F.    B o rdier\n\n\n\n\nR édaction et adm inistration :\n                      5, R u e d u C o u v e n t , I x e l l e s - B r u x e l l e s .\n   Pour la Critique d ’art et les Théâtres, adresser les\ncommunications rue d’Edimbourg, 23.\n\n\n     Toute souscription d ’au moins 2 francs pour la Belgique,\n3 francs pour l’étranger, donne droit à un service de douze\nnuméros.\n\n\n     Il sera rendu compte de tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n     Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n     Nous autorisons la reproduction de nos articles sous la\ncondition expresse d ’en indiquer la source et le nom de\nl'auteur.\n\n\n\n     L a Revue,laissant la plus grande liberté à ses collabora­\nteurs, ne prend pas la responsabilité des articles qu’elle insère.\n"}, {"page_pdf": 254, "texte": "                    L ’A I E U L\n\n\n       L a chambre est toute claire.\n       De l’aigrette en chêne tourné, suspendue à la poutrelle\n du plancher au-dessus du lit, tombe la blancheur plissée du\n pavillon. L a tête pâle du malade qui semble dormir fait dans\n l’oreiller un étoilement d’ombre; ses mains jaunes, où saillent\n comme des chemins de taupes sur les routes les cordons\n bleus des veines, grattent par un mouvement fébril le drap\n fripé.\n      Doucement la porte s’ouvre. Hélène parait, une nappe\npliée sous l’aisselle, un crucifix et des chandeliers de vieux\ncuivre à la main. Elle s’arrête un moment, jette un coup\nd’œil au lit, interroge le visage glabre du vieux terrien, dont,\nmalgré des mois de chambre, la peau rude et le front carré\ngardent encore la caresse brune un peu effacée des hâ les. Il\nest calme. A pas sourds, elle s’approche de la table, étend la\nnappe, range les chandeliers, allume les bougies dont la\nflamme dansante se reflète dans le cuivre. Puis elle prend\nsur la cheminée un verre à côtes, où une branche de buis\ntrempe dans l’eau bénite, et le dépose devant le crucifix.\n      Au bruit, le malade s’est réveillé. Hélène lui donne un\nsourire, relève en tapotant l’oreiller, reborde le lit. Puis elle\nva fermer les rideaux de la fenêtre. Mais, malgré les plis, la\nlumière entre, le matin jette dans la chambre des essaims\nclairs de rayons qui s’asseyent sur les draps, grimpent le\nlong du pavillon, jouent sur la tapisserie jaune à fleurs vertes,\ns’accrochent aux cadres d ’or des paysages et des scènes de\nchasse. On dirait que tous les rayons, rayons verts des bois\nproches, rayons d’or des blés mûrs, rayons bleus des fontaines,\ntout ce qu'il a connu, tout ce qu’il a aimé, chantent leur belle\nchanson de vie dans la maison qui se pare de blanc pour\naccueillir la Vie.\n"}, {"page_pdf": 255, "texte": "                            — 248 —\n\n      On entend des pas dans la place à côté, puis le bourdon­\nnement bref de gens qui parlent bas. C’est tout. L a maison\nse tait. Au dehors, c’est encore la demi somnolence du réveil;\ndes meuglements de bêtes qu’on mène au pré, un roulement\nde charriot, des appels de valets, une rumeur vague qui\npasse dans le rêve de l’aïeul.\n      — Hélène!\n      Ce n’est plus une voix. C’est un souffle. Pourtant on\nsurprend encore dans ce souffle l’intonation haute du maître\net l’habitude du commandement.\n      — Hélène!\n      Elle se penche vers lui en regardant les yeux déjà jaunes\ndans leurs cavernes. Elle écoute. D ’abord elle s’étonne, croit\nmal comprendre, se penche un peu plus. Puis c’est un flux\nde paroles grondantes comme d’une mère câline qui gour­\nmande le caprice d’un enfant.\n      — Il n’y a pas de bon sens! En voilà une idée! Ça n’est\npas raisonnable, voyons! Non, non, non...\n      Le souffle s’anime. Le malade s’a ppuyant sur les mains\ns’assied sur le lit. E t il a grand air, malgré le tremblement\ndu torse pour qui les bras sont des soutiens trop faibles. Il\nne prie plus, il ordonne. Elle regarde la porte. Pourquoi\nquelqu’un ne vient-il pas à son secours, qui convaincrait\npeut-être le vieillard? Pourquoi le prêtre n’arrive-t-il pas tout\nde suite, avec le Viatique? L ’horloge? L ’aiguille est arrêtée, le\nbalancier se taît immobile, le coucou s’est retiré dans la\ncage pour ne point chanter les heures de l’agonie du maître.\n      Sous le bougonnement d’impatience, elle finit par\nacquiescer.\n      — Si on peut dire! Je vous demande un peu! Oh! ces\nvieux! Ce qu’ils sont têtus!...\n      E t elle s’en va en marmottant, tandis que l’aïeul, retombé\nsur l’oreiller, tousse, et la couverture de laine se ballonne, et\nl’édredon rouge se soulève, suivant les mouvements du ventre\nqui tressaute. Une discussion dans la pièce voisine. Puis,\naccompagnée de son mari et de Poucet, elle rentre, portant\nune chemise à plastron empesé, un habit noir, un chapeau de\nsoie court et fortement évasé par le haut.\n"}, {"page_pdf": 256, "texte": "                                         —   249 —\n\n\n       — M ais, papa, com m ence Ja u m in e ...\n        L e g r o n d e m e n t d u v i e il la r d in t e r r o m p t . J a u m i n e , c o m m e\ns a fe m m e , h a u s s e les é p a u le s , lè v e les b r a s , atte s te q u ’il n’y\np e u t rien .\n         A v e c d es g e s te s m a la d r o it s q u i p r o v o q u e n t s u r son\nv i s a g e u n e e x p r e s s io n d e so u ffra n c e , le v i e u x fait to ile tte .\nC ’est très c o m p l iq u é , et ç a d u r e lo n g t e m p s a v e c d e s p a u s e s\np o u r so uffler, a v e c d e s a rrê ts b r u s q u e s q u a n d un m o u v e m e n t\ntr o p v i f é v e ille u n e d o u le u r q u i d o r m a it . I l fau t q u e P o u c e t\nlu i so u tie n n e le s j a m b e s , p e n d a n t q u ’on e n file le p a n ta lo n\ntr o p la r g e où les g e n o u x p o in te n t le u r m a ig r e u r . L e frac à\nb a s q u e s est b ie n un peu p a s s é d e m o d e , la c r a v a t e n o ire\nto u r n é e tro is fois a u t o u r d u col et la r g e m e n t n o u ée n ’a p lu s\ns a p r e m iè r e fr a îc h e u r, la s o ie est un p eu frip é e d u c h a p e a u\np o sé su r la t a b le d e n u it. L e v i e u x la b o u r e u r n ’en p a r a ît q u e\np lu s g r a n d . U n a n c ê tre d e s c e n d u d e so n c a d re . Q u e lq u ’un\nd ’a u tr e fo is q u i re v ie n t d a n s un rêv e p o u r s’en a l le r b ie n tô t. I l\np o rte s u r la fig u re et d a n s l ’a i r cette d is tin c tio n s in g u liè r e ,\nc ette g r a n d e u r un p eu fa r o u c h e q u e la so u ffra n c e i m p r im e\ns u r le fron t d es te r r ie n s , c o m m e si, d a n s le u r m a s q u e p â li,\nelle c o n d e n s a it la p h y s i o n o m i e d ’une race.\n         U n e so n n e tte v ib r e . L e s y e u x d u m a la d e s ’é c la ir e n t. A v e c\nu n a h a n d e to u t le c o rp s, il se lè v e . I l est d e b o u t, a p p u y é\nd ’un e m a in s u r son fils, d e l’a u tr e s u r P o u c e t . L a so n n ette\ns ’a p p r o c h e . I l est d e b o u t. E t l’h o r lo g e , d o n t le c œ u r a tr e s s a illi\nso u s un a tto u c h e m e n t in v i s i b le , se r e m e t à b a ttr e , la p o rte\nd e la c a g e s’o u v re a u - d e s s u s d u c a d r a n , le v i e u x c o u co u d e\nb o is m et à l'a i r so n b ec s c u lp té et, d e ses d e u x notes, c é lè b r e\nl a force d ’â m e d e l ’a ïe u l. L e v i e u x so u r it. L 'e n f a n t d e c h œ u r,\nq u i p o rte la so n n ette et la la n te r n e a l lu m é e , s 'a r r ê t e à s a v u e .\nL e p r ê tr e lu i- m ê m e é m u r ec u le , s a m a in t r e m b le so u s le\nv é l u m d ’orfro i en d é p o s a n t s u r la t a b le la c u s to d e b la n c h e d e\nso ie b ro c h é e .\n         L ’a ïe u l est t o m b é à g e n o u x su r le p r i e - D i e u , ses e n fa n ts\nà ses côtés é p ia n t u n e f a i b le s s e q u i n e p e u t t a r d e r . M a i s il\nest fort. Il s ’a c c ro c h e à la b a r r e d ’a p p u i , les b a s q u e s d e son\nh a b it o n t d es se c o u s se s , la tête s’en fo n ce d a n s le col q u i se\np lis s e . S o u s l a lu m i è r e p â le , d a n s la c h a m b r e m o ite , p e n d a n t\n"}, {"page_pdf": 257, "texte": "                                    2 5 0 ----\n\n\nqu’on devine la Mort assise au seuil, arrêtée dans sa marche\npar une volonté plus forte que le destin, par une foi plus vive\nque la flamme du néophyte, Hélène pleure, Poucet s’atten-\nd rit, un long sanglot déferle comme une vague aux frontières\ndes âmes qui sont là.\n      C’est un vieux terrien qui, sans se douter de la beauté du\ngeste, avec la toute simplicité des premiers temps héroïques\ndu monde, veut accueillir à genoux la Vie.\n      E t rapidement, pour abréger la tension des cœurs, le\nprêtre récite les prières :\n    —   D om ine, non sum dignus ...\n                                                        E douard            N     e d .\n\n\n\n\n                              De Bourreau.\n                                                 A m o n m a îtr e\n                                                     E m ile V e r h a e re n .\n\n\n                                       I\n              Dans l'ombre, j'a i marché, fils de la peur,\n              Escorté du silence horrifié des foules\n              E t les chemins rendus déserts par la terreur\n              Frémissent de dégoût sous mes pieds qui les foulent.\n\n              J 'a i raversé la vie, lémure du remords,\n              J 'a i fleuri mes chemins de cent tètes coupées\n              E t tailladé à coups d’épées\n              Un suaire de chair pour la M ort!\n\n              O le pain savoureux des tortures sadiques !\n              O mes regards vrillés dans les yeux des mourrants !\n              E t le pantèlement des corps agonisants\n              Tel un écartelé de Lions héraldiques.\n\n              E t les cris déferlants des souffrances hurlées\n              Te Deum de démons tumultuaient en moi.\n              J'aimais ton âcre encens, odeur des chairs brûlées\n              E t les yeux trèvirès où s’affolait l'effroi !\n"}, {"page_pdf": 258, "texte": "                   — 251 —\n\nE t les baisers ignés et trouants des tenailles,\nE t les ventres crevés vomissant leurs entrailles,\nE l les corps se tordant tels des tronçons de ver,\n         Faisaient jouir ma chair !\n\n\n\n                        II\n\nO peuple qui me hais, toi dont la loi hautaine,\nMéconnaissant la loi de Dieu qui me voulut,\nM 'a vomi de ton sein fétide et corrompu,\nEcoute les sursauts de ma chanson de haine.\n\nEcoute. J 'a i trouvé ce rêve dans mon cœur :\nPeuple, tu n'étais plus qu'un formidable corps\nQui se tordait sous mes genoux et ma fureur.\n\nE t trop tard dans tes yeux s'allumaient les remords,\nCar ma vengeance inassouvie\nPour s’assouvir mangeait ta vie.\n\nEcoute, écoute encor ! Sur la roue homicide\nTon corps mort se ployait ainsi qu’un arc-boulant\nE t tes côtes saillaient et les orbites vides\nBéaient larges et plats tels des crachats de sang!\n\nE t chaque nuit depuis des ans\nSans que s'éteigne en moi le feu qui me dévore\nJe tue toujours, je tue encor\nTa mort !\n\nEcoute, j'a i trouvé ce rêve dans mon cœur :\nE t des soleil, de haine éclairaient ces horreurs.\n\n                                           J u les B ock.\n"}, {"page_pdf": 259, "texte": "                                —    2 5 2   —\n\n\n\n\n                                 Les P aons.\n\n\n              A u jardin préraphaëlite,\n              Sous de fins citronniers stylés,\n              Les paons que voici profilés,\n              Promènent l'orgueil d'une élite.\n\n              Le plus fier, opulent stylite,\n              Sur un vert babustre isolé,\n              Eploie, éventail oscellé.\n              Le faste oriental du rêve israëlite\n\n             L.es paons majestueux sont les poètes,\n             Enfants prodigues des Prophètes,\n             Parés sous l'or des deux des saphirs d'Israël.\n\n             Ils fo n t la roue et leurs joyaux s’allument\n             E t les veux verts et bleus qui s’ouvrent dans leurs plumes\n             Sont l ’émail fulgurant des Roues d’Ezéchiel.\n\n                                                 G eorges R am aekers.\n\n\n\n\n             COIN DE PROVINCE\n\n                                                         A m a c o u s in e C . W .\n\n\n     Crépuscule. Béguinage de petite ville.\n     L ’église s’atténue dans l’ombre.\n     Un silence calme, majestueux, descend avec le soir; seule,\nune vive lumière obsède : adossée à l’église, une chapelle du\nBon Dieu de Pitié, jette derrière son modeste grillage de\nbois, l’éclat des cierges, fraîchement allumés.\n"}, {"page_pdf": 260, "texte": "                           —   253 —\n\n     L a statue, en ces clartés, montre toute la naïveté de ses\nplaies saignant d’un rouge vif et la simplicité des épines,\nbrun-clair sur le fond de la chair uniformément rose.\n                                *\n                               * *\n\n     Même soir, onze heures. — L a paix de la petite place\nest immuable. Les murs gris de l’église s’enfoncent indéfini­\nment dans la nuit.\n     L a chapelle ne déchire même plus l’obscurité de ses\nlosanges clairs ; les bougies une à une se sont consummées,\nainsi que partent, une à une, les âmes de la paroisse.\n     Un seul des godets de zinc porte encore sur le suif\nliquide une légère flamme, sautillante comme un feu follet.\nElle glisse, se baisse et se redresse, faiblit et se ravive, se\nrelève comme une personne lasse qui butte et ne veut pas se\nlaisser tomber.\n     Dans la pénombre, le bon Dieu est comme un grand\ncadavre, assis, les mains jointes, auquel cette flammette\ntremblotante donne des reflets terribles, des clairs obscurs\neffrayants de vérité.\n     L a chair prend des colorations ternes, les plaies sont\nrouges mat, et les orbites s’enfoncent dans l’ombre, étrange­\nment. Parfois une plus vive lueur monte vers ses traits et il y\npasse comme un rictus.\n     On dirait qu’il regarde obstinément, cette dernière vie\nclaire et rose qui va l’abandonner, le laisser seul, si seul dans\nles ténèbres.\n                                *\n\n                               * *\n\n     Plus rien. Un coup de vent a passé. C’est la nuit plus\nque jamais. Un gémissement? Non.\n    Au loin, une porte s'ouvre, une guinguette, lamentable­\nment, jette ses accents d’accordéon et de rires.\n\n                                          L. d e C a s e m b r o o t .\n"}, {"page_pdf": 261, "texte": "                                                   — 254\n\n\n\n                                     IMPRESSIONS\n         Ce    que l ’on entend d’une chambre sise en quartier ch ic ,\n\n                                         au second, d e r r ièr e .\n\n\n\n      B ru x e lle s ( Q .-L .), 6 h e u r e s (soir), M a i, J u i n , J u ille t. — S a iso n h o n n ê te b ie n d e\ns o n te m p s e t à l'h e u re .\n\n\n\n      ous les jours, étant une fois pour toutes établi que le\nT      dimanche n’en est pas un, donc tous les jours, fenêtres\n hospitaliérement bayantes. Une vierge, retour de pension,\nexécute, ô oui, sa prière sur un piano, l’inévitable et fatale\n « Prière d’une vierge », auteur mort j ’espère.\n     Relent de cuisine, indiscrétion de menu qui s’obstine\njusqu’à mes narines blasées. Puis brusquement, on ne sait\nd’où venue, bouff ée d’air parfumé. Dans les arbres des\npierrots tchipent à l’unanimité, cela me gêne, trop mono­\ntone, mais si peu méchant, alors soit, à tue-tête s’il vous\nplait ! Au loin, la cadence harmonieuse de coups sur une\nenclume, on dirait d’argent; un moment de relâche, évoque\nnettement un rustre absorbant, d’un revers de manche, la\nsueur noire de son front. En mon âme et conscience de gosse\nbon à rien, je le plains..\n     L a sirène d’un express pleure et s’illimite.\n     L'Angelus tombe d’un clocher qui se cache. Aux pre­\nmières notes, un temps de mutisme imposant et pour moi\ncharitable. Pendant une seconde les moineaux avaient\nmis la sourdine, mais déjà, tous à bec que veux-tu...\nah, et puis c’est leur métier. L ’Angelus se décourage, comme\nun chanteur pas écouté; enfin, une dernière note crève à la\nsurface, comme, dans une éprouvette, une bulle en retard.\n     Sur ma table, des fleurs qui n’en peuvent plus, dans un\nvase qui ne s’èn trouve que mieux — loi des contrastes —\nmais non, pas de fleurs qui meurent dans un vase, trop\nbanal, assez vu, rengaine, cliché : donc pas de fleurs, les\nenfants à leurs mères et tout cela à Georges Ohnet ou aux\nQuarante... rendons à César...\n"}, {"page_pdf": 262, "texte": "                                                               —     255 —\n\n      Cris, rires, pleurs d’enfants qui ont appris leurs leçons et\n calligraphié leurs devoirs de demain, conscience nette, mais\n les doigts! ô les doigts! !\n      En somme : cris, rires, pleurs, enclume, sirène, Angelus,\n moineaux et tutti quanti. O ma tête!\n      L ’heure du souper, un cri de bonne à tout faire, mon\n nom jeté à tout hasard dans l’escalier.\n      E t voilà!\n                                              M. A n g e n o t .\n                                                                                                             M a i 1904.\n\n\n\n\n                                              L E S                L IV R E S\n\n\n\n M a u r ic e    M A E T E R L IN C K           : L e D o u b le J a r d in .\n       M a e te rlin c k c h a r m a le s a r tis te s d è s s a p r e m iè re œ u v re p a r le se n s p r o fo n d d u\nm y s tè re q u i s ’y r é v é la it. Il fit v ib r e r le s ile n c e e t p a l p ite r l'in v isib le . Il e x p r im a u n e\nc o n c e p tio n n o u v e lle d e l'effroi e t d e s ém o is e n c o re in fo rm u lé s d e n o tre â m e .\n       O n a v a it to u r n é a u to u r d e c e s s e n tim e n ts o b s c u rs ; n o n s e u le m e n t d e s p o è te s m a is\nau s si d e s p e in tr e s e t p e u t- ê tre c e u x -c i é ta ie n t-ils p a r v e n u s à u n e r é a lis a tio n p lu s in te n s e ;\nje v e u x p a r l e r to u t a u m o in s d e p r é ra p h a é lite s . M a is M a e te rlin c k p é n é tr a a u c œ u r m ê m e\nd u s u je t e t n o u s e n d o n n a la s u b s ta n c e . Maleine, Pelleas, M élisande, Aglavaine, Selyseltel II\nfit s u r g ir d e l'in s a is s is s a b le q u e lq u e s fig u re s g ra c ie u s e s , p e n s iv e s, d o u lo u re u s e s , a s p e c t\nd iv e rs d e l ’in s o lu b le é n ig m e d e l'u n iv e rs e t d e n o u s-m ê m e s . E n c e se n s, on l ’im ita , o n\ns u iv it so n sillag e, m a is o n n e le s u r p a s s a p o in t, o n n e l'é g a la p a s .\n       E n m ê m e te m p s il fu t u n d e ce u x q u i r e tr o u v è r e n t le s e c re t d e c e t a r t s p o n ta n é q u ’e s t\nl a p o é s ie p o p u la ir e . D ’a u tr e s n o u s a v a ie n t d é jà é m u s p a r d e s v e rs d é p o u r v u s d e c e tte\nr h é to r iq u e d o n t n o u s so m m e s la ssé s, p a r d e s s tr o p h e s d 'u n s e n tim e n t c o u lé to u t d 'u n j e t,\nd 'u n e in tim ité e n c o re in c o n n u e d a n s la p o é s ie f ra n ç a is e . M a e te rlin c k e n d é v e lo p p a\ne n c o re la s u b tilité . D a n s la Quenouille et la Besace, il d é p o u illa la c h a n s o n d e to u t ce\nq u i n 'é ta it p a s l’â m e m ê m e , l'â m e se u le , l’â m e u n iv e rs e lle é te rn e lle m e n t se m b la b le à elle-\nm êm e. Il la r é d u is it à la s im p lic ité e x trê m e . D é p o u r v u e d e to u t d é c o r e lle é to n n e p a r la\nc a n d e u r a b s o lu e d e s a fo rm e tissé e d e rê v e .\n      L e g o û t ta r a b is c o té d 'a lo r s n 'y v it à p r e m iè re v u e q u e d e la p u é r ilité . M a is c e s c a n t i ­\nlé n e s c o n tie n n e n t ta n t d 'é m o tio n q u 'e lle s o n t in s p ir é b ie n d e s m u s ic ie n s d e ta le n t s u b til.\nP o u r t a n t e lle s so n t e n c o re p lu s b e lle s q u a n d o n se c o n te n te d e le s e n te n d r e e n so i-m ê m e\no ù r ie n n e les p ré c is e , o ù le u r é c h o se p ro lo n g e in d é fin im e n t.\n      M a is n o tr e g r a n d é c r iv a in n e d e v a it p a s s ’e n te n ir là . E p ris d e s p lu s h a u ts p r o ­\nb lè m e s d e     l'in te lle c tu a lité , il f u t s é d u it p a r les          d e r n ie r s a s p e c ts d e la s c ie n c e . Il\np o u s s a ses r e c o n n a is s a n c e s ju s q u 'à l'e x trê m e lim ite d e la p e n s é e c o n te m p o r a in e ; av e c\n"}, {"page_pdf": 263, "texte": "                                                                   — 256 —\n\nu n se n s e s th é tiq u e trè s s u r , il s u t tr o u v e r le p o in t où l'a r t e t la sc ie n c e , se jo ig n a n t,\nse p r ê te n t l ’u n à l'a u tr e d e s              fo rc e s a d m ir a b le s . L a litté r a tu r e             d e n o tr e te m p s n e\nc o m p te p o in t d e p lu s b e a u              liv re q u e la Vie des Abeilles.\n      Le Double J a r d in , q u i v ie n t d e p a r a îtr e , n o u s m o n tre l'é v o lu tio n c o n s ta n te d e c e t\ne s p rit g ra v e , s u b til, d ’u n e s e n s ib ilité e x q u is e e t s a n s cesse fré m is s a n te . Q u ’il n o u s\np a r le d e la m o rt d ’u n p e tit c h ie n , d u te m p le                        d u h a s a r d , d e l'a u to m o b ile , d e l’é p é e ,\nd u su ffrag e u n iv e rs e l o u             d e s fleu rs, il c o n fè re u n c h a r m e                   n o u v e a u à to u t c e q u ’il\nto u c h e . C ’e s t le m y s tiq u e d u p a n th é is m e .\n      S o n in te llig e n c e , s a sa g esse, s a p o é s ie é tra n g e ou r a d ie u s e se p a r e n t d e s jo y a u x\nd ’u n e d e s p lu s b e lle s la n g u e s q u ’o n é c riv e . I l a , a u p lu s h a u t p o in t, le d o n d ’é lo ­\nquence.        S es    p é r io d e s      c h a to y a n te s ,    g ra c ie u s e s ,   s o u p le s , d o n t     on     ne         s a is it p o in t\na is e m e n t le s e c re t, e t q u i tie n n e n t p a r d e s m ira c le s d 'é q u ilib r e , se d é r o u le n t d a n s\nl'e n th o u s ia s m e e t la lu m iè re .\n      C o m b ie n n 'e n c ite ra it-o n p a s ! M a is co m m e n o u s d ev o n s n o u s b o r n e r, c o n te n to n s -\nn o u s d 'e p in g le r c e tte m e rv e ille :\n      « T o u t d 'a b o r d , la r o u te v ie n t à m o i, d ’u n m o u v e m e n t c a d e n c é p a r la fé lic ité ,\nco m m e u n e fia n c é e q u i a g ite d e s p a lm e s . M a is b ie n tô t e lle s ’a n im e d a v a n ta g e , elle\nb o n d it, e lle s’affo le, elle se p r é c ip ite s u r m o i, e lle ro u le so u s                               le     c h a r co m m e u n\nto r r e n t fu rie u x q u i m e fo u e tte d e so n é c u m e , m ’in o n d e d e ses flots, m ’a v e u g le de\ns o n souffle. O h ! c e souffle a d m ir a b le ! O n d ir a i t                          q u e d e s a ile s , d e s m illie rs d ’a ile s\nq u 'o n n e v o it p a s , les a ile s              tr a n s p a r e n te s    d e g ra n d s o ise a u x s u r n a tu r e ls , h a n te u r s\nd e so m m e ts in v is ib le s b a ttu s p a r d e s v e n ts é te rn e ls , v ie n n e n t c in g le r a in s i d e le u r\nv a s te f r a îc h e u r m e s te m p e s e t m e s y e u x ! A p r é s e n t, le c h e m in to m b e à p ic d a n s\nl’a b îm e , e t l ’a p p a r e il m a g iq u e l ’y p ré c è d e . L e s a r b r e s q u i le b o r d e n t a v e c s é ré n ité\nd e p u is t a n t d 'a n n é e s le n te s r e d o u te n t u n c a ta c ly s m e . O n                  c r o ir a it q u 'ils          a c c o u r e n t,\nr a p p r o c h e n t le u rs    tê te s      v e r te s , se m a s s e n t, se           c o n c e r te n t    devant          le      phénom ène\nqui     su rg it,     pour      lu i    b a rre r       la      v o ie . P u i s     s o u d a in , co m m e        il    ne         s 'a rr ê te    pas,\nles v o ilà p r is       d 'effro i. Ils se s a u v e n t, se d is p e rs e n t, r e g a g n e n t à tâ to n s le u r p la c e\nsé c u la ire , se p e n c h e n t tu m u ltu e u s e m e n t s u r m o n p a s sa g e e t, r é p e r c u ta n t d a n s le u rs\nm illio n s d e       feu ille s la jo ie          p r e s q u e in se n sé e d e la fo rc e q u i c h a n te , m u r m u r e n t à\nm e s o re ille s les p s a u m e s v o lu b ile s d e l'E s p a c e q u i a d m ir e e t a c c la m e so n a n tiq u e\ne n n e m ie , to u jo u rs     v a in c u e j u s q u ’à c e j o u r m a is              e n fin    tr io m p h a n te : la V ite sse . »\n                                                                                                       M a u r ic e       des    O m b ia u x .\n\n\n                                                                         ***\nU n e c r is e lit t é r a ir e ,            par     A rthur          D axh e l e t .\n\n      S o u s le titr e Une crise littéraire, M . A r th u r D a x h e le t, l’a u te u r d u trè s s a g a c e e t\ntrè s c o m p le t rapport sur le dernier p r ix quinquennal, p u b lie u n e é tu d e                                          très fo u illé e e t\ntrè s d o c u m e n té e s u r le s sy m b o lis te s. N o u s n e p o u v o n s q u ’a p p la u d ir à s a c o n c lu s io n :\n« T e lle fu t, d it-il, la c ris e s y m b o lis te , u tile , to u t                        c o m p té ,      e t fé c o n d e , p u is q u 'e lle\nr a n im a la p o ésie f ra n ç a is e , q u i se m o u r a it d a n s les c h a în e s d o ré e s, d o n t e lle s ’é ta it\ne lle-m êm e c h a r g é e ,       et       lu i    in fu s a      un     sa n g      n o u v e a u ; fé c o n d e        a u s si, p u is q u 'e lle\ns u s c ita , e n tr 'a u tr e s , d e s M a e te rlin c k , d e s V e r h a e r e n , d e s H e n r i d e R é g n ie r, q u e la\nn o to rié té a d é jà é lu s e t q u e ,               d e m a in , la g lo ire c o u r o n n e r a .\n\n                                                                                                        M a u r ic e d eS O m b ia u x .\n"}, {"page_pdf": 264, "texte": "                                                             —        257 —\n\nLe Rouet des Nimbes, p a r E . C o r n e t — L iége, F a u s t- T r u y e n .\n      P a r c e s te m p s d e p e s sim ism e fro id e t d e s s è c h e u r d e s â m e s , q u e l ra v iss e m e n t\nlo rs q u e a y a n t s o ig n e u se m e n t clo s s a p o rte s u r la v ie e t se s m a u v a is e s r u m e u rs q u i\nm o n te n t e n m a ré e , o n s 'a b a n d o n n e a u p o è te a im é q u i v o u s e m p o r te v e r s d e s ré g io n s\nd e R ê v e e n tr e v u e s e t d é siré e s.\n      L ’é tra n g e p a y s d e s o n g e o ù n o u s tr a n s p o r te le p o è m e d e M . E . C o r n e t !\n      U n e trè s c u r ie u s e d é d ic a c e n o u s a v e r tit d è s l ’a b o r d : « J e te d é d ie ce p o è m e ,\nô m a p e tite F ia n c é e , à T o i p lu s d o u c e e t p lu s b e lle q u e la M u se .. »\n       C e so n t d o n c d e s c h a n ts d ’a m o u r, les p lu s d ifficiles q u i s o ie n t à m o d u le r.\n      E t d è s le s p r e m ie rs v e rs n o u s a s sisto n s à c e tte b a n a le e t p o u r ta n t sp le n d id e\na v e n tu r e d e   d e u x c œ u rs q u i, d ’a b o r d s é p a ré s p a r les m is é r a b le s n é c e s sité s d e la\nv ie c o u tu m iè re ,     c o m m u n ie n t e n fin p o u r e n tr e p r e n d r e , n im b é s d e r a y o n n a n te je u n e s s e ,\nl a trio m p h a le a s c e n s io n d e l'e s c a lie r d 'iv o ire q u i le s          m è n e lo in d e s tu r p itu d e s       d e la\nfo u le v e rs u n e A u r o re r e s p le n d is s a n te d 'A m o u r esse n tie l e t d e lu m in e u x I d é a l, v e rs\nl'H y m é n é e s a c r é ...\n      E t lo rs q u 'ils o n t b u à l’a m p h o re d e le u r R ê v e, c a lm e s e t b e a u x co m m e d e je u n e s\nd ie u x , ils s ’e n v o n t,\n\n                             L à -b a s , p r è s d e s c o te a u x fle u ris d e p rim e v è re s ,\n                             O ù le p r in te m p s su a v e e s t d ’é te rn e l m y stè re ,\n                             F i l e r u n rê v e p u r a u r o u e t d e la v ie ...\n\n      C 'e st d o n c u n p u r p o è te q u i se ré v è le à n o u s, e t, q u o i q u 'il e n d ise lu i-m ê m e\nd a n s s a p r é fa c e , il n ’y a d a n s so n œ u v r e q u e d e l'A m o u r, r ie n q u e d e l'A m o u r\nc h a n té , u n c la ir m a tin d 'A v ril, s u r la flû te p a s s io n é e d e s b e r g e r s d 'A rc a d ie .\n       Le Rouet des Nim bes, é b lo u is s a n t r o s a ir e d 'a u ré o le s p ie u s e m e n t a llu m é e s                   a u to u r\nd u p ro fil d e l ’A im é e , n 'e s t p a s le b a n a l d é b u t d ’u n je u n e r im e u r ; c 'e st l ’a ffirm a tio n\nd ’u n p o è te a d m ir a b le m e n t d o u é , c o lo r a n t d é jà le s c h o s e s a u x re fle ts ir ité s d e so n\nâ m e lu m in e u se .\n      I l y a te ls v e rs, d ’u n e m u s ic a lité p a r f a ite , q u i ré v è le n t u n b o n a r c h e r d u v e r s\na le x a n d r in . C e u x -c i q u e je c u e ille a u h a s a r d so n t à c e p o in t d e v u e, sig n ific a tifs :\n\n                          L e s jo u r s flû te ro n t l'a ir d 'u n c h a n t c a n d id e e t d o u x ...\n                          E t n o s p a s s o n n e ro n t s u r les s a b le s d e s m e rs\n                          L ’h y m n e s a c ré d 'a m o u r a u x v ite s é te r n e ls\n                          L à -b a s , d a n s l'in fin i d u C h a rm e e t d u B o n h e u r\n                          N o s d e u x p o itrin e s n u e s , d ’u n r y th m e so le n n e l\n                          S e p r e s s e ro n t, u n ie s , c o m m e le s o n t n o s c œ u r s ...\n\n      E t c e u x -c i, r a p p e la n t les m e ille u rs d e H . d e R e g n ie r :\n                          L e s p a m p r e s v e in é s d ’o r , n o u é s a u x th y rs e s v ie u x\n                          S o u s le s c is e a u x p lo y a n t r e m p lir o n t n o s c o rb e ille s.\n                          L o rs , le u r c h a ir a b o n d a n te o ù c o u le u n s a n g v in e u x\n                          N 'a u r a p lu s le p a rfu m d es e n tr e la c s d e tre ille .\n\n                          ... D e s J o u e u s e s d é jà , le s voix s ’e n fle n t d 'e s p o ir\n                          E t v ie n n e n t, e n c h a n ta n t les c la ir s m a tin s d e m a i,\n                          B r u ir e u n ry th m e sag e à n o s c œ u r s fia n c é s ...\n      A d o n e q u e s , p u is q u e     u n v ra i      p o è te   n o u s e s t n é , s o r ta n t d e      le u rs e n c r in s    les\ne n c e n s o irs . R é jo u is so n s -n o u s , e t sa lu o n s le n o u v e a u v e n u . N o u s n ’a v o n s p a s tr o p\ns o u v e n t l ’o c c a s io n d e c h a n te r N o ë l.                                                  P ie r r e   W u il l e .\n"}, {"page_pdf": 265, "texte": "                                                                   —        258 —\n\n\n\n                                                     Nouvelles.\n\n       N o u s re c e v o n s          le p r e m ie r n u m é ro de la Jeune Revue, d o n t le p r o g ra m m e est\nd e s p lu s é b o u riffa n ts . E n tr e           a u tr e s     p e r le s       c e lle -c i : M a in te n ir             haut       et     fe rm e      le\nd r a p e a u d e V é rité e t d e M é th o d e e n A rt e t c o m b a ttr e le v e rs-lib re e t le sy m b o lis m e\nsi d é s e s p é ré m e n t in c o m p ré h e n s ib le . (!)\n       E t p lu s lo in , d a n s les n o tu le s : « L u d a n s le Sam edi u n b e a u p o è m e d e V e rh a e re n\ne n v e r s - lib re h é la s ... (!).\n      C e t h é la s à lu i se u l, v a u t to u t u n lo n g p o è m e !\n       E t, à p r o p o s         e n c o re d u Sam edi, la Jeune Revue d e m a n d e q u e lle e s t la c o u le u r\np o litiq u e d e n o tr e e x c e lle n t c o n frè re . C h e rs a m is, il f a u t ê tr e                                a b s o lu m e n t... in te lli­\ng e n t p o u r p o s e r p a re ille q u e s tio n .\n\n                                                                       *\n                                                                             **\n      L a d ix iè m e           s ta tu e .       —          M.      A lb .         D u b o is ,      l'a u te u r     de      p lu s ie u r s      poèm es\no u b lié s (et p o u r ca u se ) v ie n t d e jo u e r s o n c h ie n d 'A lc ib ia d e                              en nous d o n n an t « L a\nn e u v iè m e s ta tu e ». C e lte p la q u e tte p r o p o s e l'é re c tio n s u r la p la c e d e la C o n c o rd e ,\nà P a r i s , d 'u n e n e u v iè m e s ta tu e , c e lle d e L i ég e . ( P o u r c e u x q u i l'ig n o re n t, s u r c e tte\np la c e se d r e s s e n t le s s ta tu e s a llé g o riq u e s d e s h u it p r e m iè re s v ille s d e F r a n c e .) O u i,\nb o n n e s ’g en s, v o u s lû te s b ie n !         E t to u t d e s u ite , p o u r n o u s a s s u r e r d e la n a tio n a lité\nd e ce m o n s ie u r, q u 'o n n o u s d is a it b e lg e , m a is                         d o n t to u s les é c rits d é m e n te n t c e t\nh o n n e u r , n o u s a v o n s c o n s u lté le Nouveau Larousse Illustré. M a lh e u re u s e m e n t n o u s n 'y\na v o n s tro u v é q u e so n n o m . E n effet, p a g e 861 d u to m e I I I (C I-D ) n o u s a v o n s lu :\nD u b o is , d it C r é tin . P a s d 'e r r e u r p o ss ib le n ’e st-c e p a s ?\n      L e Jeune E ffort, e s tim a n t q u 'il y a                          u n e la c u n e          à c o m b le r,          p ro p o s e      l'é r e c tio n\na u c e n tr e d e c e tte m ê m e p la c e                 de     la C o n c o rd e ,         d 'u n e       d ix iè m e        s ta tu e ,     c e lle    du\nc o m te D u b o is d o n t o n fa it. . d e s s ta tu e s .\n\n\n\n\n      C o n c o u rs      de      s o n n e ts . —           Le Thyrse              in v ite to u s les je u n e s p o è te s d e la n g u e\nf ra n ç a is e , q ui n 'a u r o n t p a s a t t e in t l'âg e                de      25 a n s        au      15 a o û t 1904,                à lu i fa ire\np a r v e n ir le u rs so n n e ts in é d its .\n      La     p ro so d ie      d u s o n n e t est           n e tte m e n t d é te r m in é e , m a is si                   d e s c o n c u r r e n ts se\np e rm e tte n t q u e lq u e s       lic e n c e s q u e         n o tre      époque              to lè re , le      ju ry       a p p r é c ie r a si le\nm é rite d e s p o è m e s ju stifie les d é r o g a tio n s a u x r è g le s c o n s a c ré e s.\n      M M . V a lè re G ille , A lb e r t G ir a u d , E m ile V a n A e re n b e rg h , c o n s titu e r o n t ce ju r y .\n      L es     c o n c u r r e n ts    d ev ro n t        tr a n s m e ttr e     le u r s     m a n u s c rits n o n             sig n é s, e n        tr ip le\ne x p é d itio n , à la D ir e c tio n d u            Thyrse, r e v u e d 'a r t, 14, r u e d e la F il a t u r e , à B ru x e lle s,\nle   15 a o û t 1904         au       p lu s   ta r d .      C h a q u e m a n u s c rit             d ev ra       ê tr e     accom pagné              d 'u n e\nd é c la r a tio n , in d iq u a n t le n o m d u                p o è te , le lie u e t la                 d a te d e s a n a is s a n c e , a in s i\nq u e les titr e s d e s p o è m e s q u ’il e n v o ie .\n      T o u t p o è m e r e c e v a n t u n e a p p r o b a tio n s e ra p u b lié d a n s le Thyrse.\n"}, {"page_pdf": 266, "texte": "                                                          — -2 5 9 —\n\n      N o u s a l l o n s v o u s m a n d e r la c h o se la p lu s é to n n a n te , la p lu s s u r p r e n a n te ,\nla p lu s m e rv e ille u se , la       p lu s tr io m p h a n te ,     la p lu s     in o u ïe , la p lu s g r a n d e , la p lu s\np e tite , la p lu s c o m m u n e , la p lu s é c la ta n te , la p lu s s e c rè te ju s q u 'a u jo u rd 'h u i, en fin\nu n e c h o s e d o n t o n n e tro u v e q u 'u n e x e m p la ire d a n s les siè c le s p a s s é , (v o ir B o ileau )\ne n c o re c e t e x e m p le n 'e st-il p a s ju s te ,        u n e c h o s e q u e l'o n       n e p e u t c r o ire à P a r is\n(c o m m e n t n o u s, p e tits B elges, la p o u r r io n s n o u s c r o ire ) ; u n e c h o s e q u i                  fa it     c r ie r\nm is é r ic o r d e à to u t le     m onde,       u n e chose         q u i d o it c o m b le r d e jo ie la Jeune Revue,\nu n e c h o s e e n fin q u i s'e st fa ite e t q u i n e se f e ra p lu s (n o u s l'e s p é r o n s .                 D e v in e z - là !\nN o u s v o u s le d o n n o n s      en    c e n t,   je tte z -v o u s   v o tre     la n g u e a u c h ie n ?       Il fa u t d o n c\nv o u s la d ir e : M . E m ile V a le n tin , d o c te u r e n p h ilo lo g ie r o m a n e , o fficier d ’a c a d é m ie ,\nD ir e c te u r   d u f e u Journal des Gens de lettres, e tc ...                      v ie n t s e u le m e n t d e      s ’im m o rta ­\nlis e r e n c h a n ta n t s a b o n n e      v ille d e N a m u r .\n       V o ic i c o m m e n t :\n\n                                                        N A M U R - B A IN S\n\n\n\n                                                              F lu x de Rimes.\n\n\n                              C o rb le u , N a m u r ! C o rb le u , la d é lu ré e !\n                              J e v o u s y p r e n d s à f a ire la s u c ré e :\n                              Q u e l v e rtig e v o u s tie n t, c h è r e a d o ré e ?\n                              A ssise a u s e in d 'u n e v e rte c o n tr é e ,\n                              D e to u s c ô té s d e r o c h e r s e n to u r é e ,\n                              P r è s d ’u n b e a u fleuve à l’é c a r t r e tir é e\n                              E t d e s s e n te u rs d e vos c h a m p s e n iv ré e ,\n                              Je v o u s q u itta i c a lm e , s a g e , ig n o ré e ,\n                              E t v o u s v o ic i, f a is a n t la m ija u r é e ! ...\n                              J e v o u s r e tro u v e e n c e in tu r e d o ré e ,\n                              L ’a i r ta p a g e u r , p a r fu m é e e t p o u d ré e ,\n                              E t d e p la is ir la fig u re e m p o u r p r é e ! ...\n                              P u is q u e p a r v o u s la fo u le est d é s iré e\n                              A y e z k u r s a a l, c o n c e r ts c h a q u e s o iré e ,\n                              V a p e u r s c o q u e ts f e n d a n t l ’o n d e a z u r é e :\n                              B a in s , S k a tin g -R in g ... la c h o s e est a s su ré e ,\n                               L a fo u le a in s i so u v e n t fu t a ttiré e\n                              T a n t m ie u x , m a foi si c e la v o u s a g r é e ! ...\n                               M a is s a c h e z b ie n p e tite p ré fé ré e ,\n                              Q u e d e v o s se u ls a tt r a its n a tu r e ls d é c o ré e\n                              V o u s fû te s à m e s y e u x to u jo u rs asse z p a r é e .\n\n\n        E t fo u t c e la a u d o s d ’u n p r o s p e c tu s s c o la ire !!!\n\n\n                                                                      ***\n\n        L a Ligue artistique a p r is             l ’in itia tiv e    d ’u n e   so u s c rip tio n   à     l’effet d ’é le v e r,        en\n s o u v e n ir d u p e in tr e J e a n    D e G re e f, u n m o n u m e n t sim p le e t                 fru s te   au     b o rd      des\n é ta n g s d u R o u g e -C lo ître , à u n e d e s p la c e s fa v o rite s d u r e g re tté p a y s a g iste .\n        L e s s o u s c r ip tio n s so n t r e ç u e s a u    b u reau     du       jo u r n a l, Galerie du Commerce,                  51,\n B ru xelles.\n"}, {"page_pdf": 267, "texte": "                                                                  — 260 —\n\n\n       L e J e u n e E f f o r t , v o u la n t m a r c h e r — e t sa n s fa u ss e h o n te — s u r les b ris é e s de\nses n o b le s      c o n frè re s ,       le     Thyrse e t       la    Plum e, p ro p o s e (en co re!!)             un       C o n c o u rs    de\nB a lla d e s ... a u b o is d e la C a m b re .\n       C o n s titu e ro n t le j u r y           : le v ie u x m a r c h e u r        d ’H e n r y      L avedan        et     le    p io u - p io u\nf ra n ç a is , v a in q u e u r d u d e r n ie r g r a n d c o n c o u rs d e m a r c h e , d o n t le n o m m a r c h e a u s s i\nv ite q u e lu i e t n o u s é c h a p p e .\n\n\n\n\n       D a n s le       Guide bio-bibliographique belge q u e                        nous     p ro p o so n s      d e d i te r ,    se ra   m en­\ntio n n n é e , a v e c le n o m , la d a te e t le lie u d e n a is s a n c e , la n o m e n c la tu r e c o m p lè te\nd e s œ u v re s d e n o s é c riv a in s .\n      N ous      e n v e rro n s       à        to u s   les    a u te u r s   b e lg e s   un        b u lle tin -q u e s tio n n a ire     q u ’ils\ns e ro n t c h a rg é    d e r e m p lir .          Pour       f a c ilite r c e tte    tâ c h e      qui    s 'a n n o n c e    ard u e,     nous\np r io n s le s in té re s s é s d e n o u s f a ire c o n n a îtr e le u r a d re s s e .\n      P o u r to u te c o m m u n ic a tio n , s 'a d re s s e r : 1 0 , r u e                   G o ffart,      Ix e lle s , à M . M a rc e l\nA n g en o t.\n\n\n\n\n      V u l'a b o n d a n c e d e m a tiè r e il n o u s e s t im p o ss ib le d e d o n n e r u n c o m p te -re n d u\nd e l'e x p o s itio n d e s I n d é p e n d a n t s .            L 'é tu d e e n e s t re m ise a u m o is p r o c h a in\n\n\n\n\nA c c u s é d e r é c e p t i o n : T ra ité de l'Occident, p a r A . M ith o u a r d ;\n                                                L 'Arche de M onsieur Cheun u s , p a r E u g è n e D e m o ld e r.\n\n\n                                                                           *\n                                                                               *\n\n\n      L a J e u n e R e v u e n 'e ta n t d é c id é m e n t p a s d a n s n o s c o rd e s , n o tr e a m i G a s to n\nP u lin g s fa it r e m a r q u e r q u 'il n 'y               a r ie n d e        c o m m u n e n tr e lui        e t le G . P . q u i y\ns ig n e , c ro y o n s-n o u s, u n a r tic le d e c r itiq u e .\n\n\n                                                                        * *\n\n\n\n      A l i r e d a n s E n A r t , o u tr e M argot f olie, d e C h a rle s D u la it, e t l' Am e Provençale,\nd e P . B ro o d c o o re n s, la trè s in té r e s s a n te Revue des Revues.\n\n\n\n\n     Maison DAMHAY ; p ap eterie de la poste, rue de l’A rb re-B én it, 109,\nIxelles, Agence Postale 10.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 14, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1904-08", "signet_source": "Deuxième année - N°15 - Août 1904", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 252", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}