{"numero_id": "ulb-jeune-effort-1904-09-n16", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-09-n16-001", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "JEUNE EFFORT Marcher franc dans la vie", "ancre_fin": "dire ce qu’on pense.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Sommaire : ' A p r o p o s d ’u n e c r i t iq u e", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 268, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 146, "texte": "JEUNE\n              EFFORT\n         Marcher franc dans la vie,\n       et dire ce qu’on pense.\n\n\n\n\n                                   "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-09-n16-002", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Sommaire : ' A p r o p o s d ’u n e c r i t iq u e", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 268, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 146, "fin_caractere_exclue": 1158, "texte": "Sommaire :\n\n'      A p r o p o s d ’u n e c r i t iq u e               .        • •       A n d ré Lizin.\n    U n c h œ u r c h a n t e ......................................... G a s t o n      H eux.\n\n    L e s V ie ille s d e c h e z n o u s                  .       . •     • F ERNAND U R B A IN .\n\n    L e s M o t s .......................................................... LÉ0N WÉRY\n    A u S a lo n d e s I n d é p e n d a n t s                     . •     • MARCEL A NGENOT.\n           E xp o sitio n . — Séances musicales. — Conférence,\n\n    L e s liv r e s :\n           Le d it d'un p rin te m p s ................................... I F . - C H . M ORISSAUX\n           Le P a o n ............................................................!\n    N o u v e l l e s .......................................................... Jeune Effort.\n\n\n\n\n                           L e n u m é r o : 2 0 cent.\n\n     D euxièm e             Année.           N ° 16.                      S eptem bre            1904.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-09-n16-003", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Rédaction, administration et abonnements", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jeune Effort", "ancre_debut": "Jeune E ffort M E N S U E L D 'A R T E T D E L I T T E R A T U R E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 269, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 1161, "texte": "Jeune E ffort\nM   E N S U E L   D 'A R    T     E T       D E      L I T T E R      A T U     R E\n\n         Affilié à l’Union des Journaux périodiques belges\n    O RGAN E D ES JE U N E S , O U V ERT A                           TO U S\n                    Paraissant le ler du mois.\n\n\n\n\nFondateurs: G.     P u l i n g s — J.     B o c k — L.       de   C asembroot\n\n                             F.   B ordier\n\n\n\n\nRédaction et administration :\n                     5, R u e d u C o u v e n t , I x e l l e s - B r u x e l l e s .\n\n   Pour la Critique d ’art et les Théâtres, adresser les\ncommunications rue Goffart, 10.\n\n\n\n\n     T oute souscription d ’au moins 2 francs pour la Belgique,\n3 francs pour l’étranger, donne droit à un service de douze\nnuméros.\n\n\n     Il sera rendu compte de tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n     Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n     Nous autorisons la reproduction de nos articles sous la\ncondition expresse d’en indiquer la source et le nom de\nl’auteur.\n\n\n     L a Revue, laissant la plus grande liberté à ses collabora­\nteurs, ne prend pas la responsabilité des articles qu’elle insère.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-09-n16-004", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 263, "page_fin": 266, "titre_corps": "A propos d’une critique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "André Lizin", "ancre_debut": "A propos d’une critique.       n une récente causerie t", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 270, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1856, "texte": "A propos d’une critique.\n      n une récente causerie théâtrale    (1), M. Adolphe Bris-\n\n E      son parlant de la reprise de « Claudie » à la Comédie\n       française, soutient qu’il préfère le paysan de George Sand à\n celui de Balzac.\n      Si c’est là un simple « goût » non est disputandum dit le\n proverbe. Mais M. Brisson prétend défendre son appréciation\n et ceci en termes si faibles que je ne lèverais pas la plume si\n ce n’était égard à l’auteur. Les inclinations pour une manière\n de penser quelconque sont respectables tant qu’on ne les\n défend point. Nous nous inclinons devant tout ce qui est\nsentiment, penchant de nature, impression. Mais le goût\ndevient critique dès qu’on le justifie. Que le lecteur apprécie\nsi M. Brisson a bien fait de se justifier.\n      Parlant des objections qu’ont fournies les détracteurs de\nl’idéalisme de George Sand, dans sa description du paysan,\n M. Brisson souligne : « ces objections ne sont pas aussi\nsérieuses qu'elles en ont l’air; s’il n’est au monde qu’une\nvérité, il y a trente façons de l’envisager et de la rendre.\nGeorges Sand ne peint pas le paysan comme Balzac, mais\nelle le connaît aussi bien que lui ; sa plume est moins bru­\ntale, son observation est aussi pénétrante » et plus loin :\n« Les personnages de Claudie s’expriment, sans doute, dans\nun style fleuri; mais en dépit de leur beau langage, ce sont,\npour la plupart, de vrais paysans. »\n      M. Brisson admet qu’il y a au monde une seule vérité\n(peut-être celle qu’il exprime) et qu’il peut exister plusieurs\nfaçons de l’envisager. A mon tour j ’ajouterai : « ces objections\nn’ont aucun air sérieux. » L a dialectique de M. Brisson est\nsans doute très fine, subtile assurément, captieuse certaine­\nment. Admettre que la vérité a plusieurs façons d ’être envi­\n\n  (1) Annales politiques et littéraires, 17 ju ille t 1904,\n"}, {"page_pdf": 271, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2313, "texte": "                            — 264 —\n\nsagée équivaut à lui supposer plusieurs figures et à nier par\nconséquent son absolutisme. M. Brisson se pose sur une base\nqu’il ébranle deux lignes après. (Je vous disais que c’était très\nfaible.) Il parle de trente façons de la rendre! Si la vérité a\nplusieurs visages, j ’admet et M. Brisson me suivra qu’il y\naura plusieurs façons de la rendre.\n      Mais ici, M. Brisson me fera remarquer, comme il l’a\ndit, que la vérité n’a qu’une face. Le principe changeant, la\nconclusion changera aussitôt. En toute conscience, si la\nvérité est une, je ne conçois pas qu’elle ait plusieurs expres­\nsions et surtout des expressions qui ne lui sont pas paral­\nlèles. Mais laissons ceci pour tantôt.\n     Je lis ensuite que, malgré leur « langage fleuri » les\npaysans de George Sand sont vrais. Ceci surpasse toute\nimprudence. M. Brisson est d’avis que les paysans ne sont pas\nélèves des « précieuses. » D ’autre part, il trouve que les faire\nparler ainsi que des précieuses n’est pas s’écarter de la vérité.\nL e chaos des idées n’existait pas avant M. Brisson.\n      L ’illustre logicien cite ensuite un passage de « Claudie »\nsans doute réel comme idée et je suis ici de son opinion, mais\nidéaliste pour la forme. Naïf, presque ingénu, M. Brisson\ns’écrie : « Fauveau (type de paysan) est vrai parce qu’il\néprouve des sentiments de paysan, non parce qu’il les\nexprime comme un paysan. L a forme ici, est secondaire. »\n      Nous y voilà! Du général nous sommes arrivés au parti­\nculier. L a critique se limite, et se précise peu à peu. Il est\ntemps que j ’imite M. Brisson dans sa profession de foi.\n      L a vérité est un concours d ’idées vraies et de style vrai.\nSi l’idée est fausse et que seule la forme est vraie (ce qui est\ntrès rare et peu conséquent) l’œuvre aura moins de valeur que\ndans le cas contraire. Mais ceci ne veut pas dire que le cas\ncontraire touche la vérité ou même l’approche. L ’idée et le\nstyle doivent constituer un tout uniforme, lié, amalgamé.\nL ’idée et l’expression doivent être en harmonie. Et, après\ncourte réflexion, on conçoit facilement qu’une idée unique a\nplusieurs expressions s’appliquant aux différents êtres qui\nl’expriment, et que seule l'expression change. A part de légères\nvariations, l’idée reste la m eme en essence et en f ait. Le pro­\n"}, {"page_pdf": 272, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2172, "texte": "                            —   265 —\n\nblême se réduit ainsi considérablement. De double qu’il\nétait il se simplifie. L ’auteur n’a plus un concours harmo­\nnique de deux éléments à observer ; un seul but est à\natteindre : l’expression suivant l’être et sa classe.\n      En nous appuyant sur ce principe, il est loisible de\nsonder la profondeur de vues de M. Brisson. L a question\ns’étant ramenée à celle du style, j’examinerai G. Sand dans\n« Claudie » à ce point de vue seulement. E t je suis tout\nétonné de trouver avec M. Brisson que le style de « Claudie »\nest fleuri.\n      Or M. Brisson sait comme moi que le paysan ne tient\npas ce langage. P ar conséquent qu’il manque de vérité. E t\ncomme je viens de ramener la question de la vérité à une\nsimple vérité de l'expression, il faut conclure forcément que\nGeorge Sand ne dépeint nullement le paysan dans son inté­\ngrité fruste, mais qu’elle s'en écarte sur ses ailes de poétesse..\n                                 ★\n                                * ¥\n     Je ne soulignerai pas d’autres phrases échappées à la\nplume de M. Brisson, telles que « on y sent un fond solide et\nune clairvoyante psychologie » quand il parle de la forme de\nGeorges Sand, ou bien « l'avenir vengera George Sand des\nsottes critiques des contemporains. »\n     Non content de juger, M.,Brisson prédit. Ne soyons pas\ndevin en fait de littérature... Celle-ci a joué bien des tours\naux critiques empressées et superficielles...\n     Ailleurs, M. Brisson trouve que le réalisme « au vrai sens\ndu mot » doit être franc et sincère et non brutal. Que les\ngros mots rendent le style ignoble et n’ajoutent rien à la\nréalité. Que M. Brisson essaye d e ce genre qu’il préconise.\nQu’il fasse s’exprimer les « voyous » de Paris comme les gens\nde la « haute. » Si l’expression est si « secondaire » en fait de\nréalisme, on peut renverser l’ordre et mettre des jurons en de\njolies bouches de jeunes filles. Ou bien, est-ce que M. Bris­\nson désire balayer toute originalité et ramener le style à une\nuniformité mixte, neutre, qui tienne du fleuri et du vulgaire.\nEst-ce que M. Brisson voudrait une expression décolorée,\nexsangue, sans terroir ni couleur locale?\n"}, {"page_pdf": 273, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2027, "texte": "                             —   266 —\n\n\n      C’est là son but, but qu’il voile par un reste de pudeur\ndevant ses lecteurs. Qu’on parlât ainsi il y a septante ans,\nalors que les esprits étaient imbus du mouvement roman­\ntique, de poésie fausse et artificielle, c’eut été de son époque.\nParm i les siècles révolus, nous avons vu beaucoup de Français\ndevancer leur temps et dresser un doigt de génie vers l’avenir.\nCeux-là étonnaient, rencontraient des sceptiques, mouraient\npauvrement. Mais la gloire saluait leur poussière cent ans\naprès.\n      Applaudissez tous! Voici le spectacle ébahissant d ’un\nFrançais, qui retourne sur ses pas, ramasser un peu de sable\nquand des paillettes d ’or brillaient sous lui! Il méprise les\nécoles du réalisme en prenant pour réalisme ce qui ne\nl’est pas! Je ne dédaigne pas le passé, ni les œuvres sublimes\nqu’il a consacrées, mais soyons justes! Ne nous accroupissons\npoint sur une œuvre que le temps a fouetté, abattu; une\nœuvre qui, aimable et fine, n’en est pas moins d ’une frivolité\npassagère comme le chant léger d’un oiseau.\n      M. Brisson aime George Sand; il apprécie la plume\ndélicate de cette femme qui a beaucoup senti et trop parlé.\nSans doute, quelques romans resteront d’elle, ceux qui\ntémoignent le mieux de ses instincts de femme, de mère ou\nd ’amante. Les uns y verront un document précieux pour le\nféminisme moderne; les autres une simple chanson.\n      Je lui accorde une grâce parfois naïve, d’une naïveté\ninvoulue. Je lui trouve une action bienfaisante sur les esprits\nde son temps : celle de les avoir enveloppés de blondeurs\ninespérées, de rêves.\n     George Sand n ’est-elle pas complète ainsi et ne s’élève-t-elle\npas comme une grande image sur le fond du romantisme?\n      M. Brisson gâte tout en furetant et en cherchant dans\ncette artiste le réalisme qu’elle dédaignait ou du moins\nméconnaissait. Si M. Brisson eut vécu du temps de la\ncélèbre femme, il lui eut appris qu’elle était réaliste.\n\n                                               A N DRÉ L i z i n .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-09-n16-005", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 267, "page_fin": 267, "titre_corps": "Un chœur chante", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Gaston Heux", "ancre_debut": "choeur chante.  Rêveur du songe obscur s", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 274, "page_imprimee": 267, "debut_caractere": 51, "fin_caractere_exclue": 1673, "texte": "choeur chante.\n\nRêveur du songe obscur sous sa paupière éclos,\nBienheureux qui n'oppose aux visions charnelles\nQue le farouche orgueil d’impassibles prunelles,\nE t vit dans son extase ainsi que dans un clos.\n\nCent étalons eu lui se cabrent sous des freins —\nMais ses désirs à peine ont henni vers l'espace\nQue son doigt calme et sûr dans les crinières passe\nE t sent mourir l ’ardeur qui hérissent les crins.\n\nE n nous, ah! que la nuit est donc lente à grandir\nLa clarté s'insinue autant qu’elle y recule\nE t l'éternel soleil d ’un trop long crépuscule\nSuspend son orbe d ’or sans jamais l'engloutir !\n\nO ui! l’ombre se refuse à nos yeux sans sommeil...\nLumière du passé sous les soirs enfouie,\nT u nous hantes encor la prunelle éblouie\nE t sous nos yeux fermés refl ambe ton soleil!\n\nLa souffrance est partout, hors de nous comme en nous,\nH élas!... Ces soirs muets pleins d'affres vespérales\nSont des crucifiés qui retiennent leurs râles\nPour s'écouter mourir sous la ronce et les clous !\n\nLe Jour la N uit, sans fin, l’un à l’autre heurtés,\nRauques oiseaux meurtris en luttes éternelles\nDans le choc tournoyant des serres et des ailes\nMêlent des plumes d'ombres aux pennes de clartés.\n\nOublie! l'Eden, c’est toi, l'Eden de nos sanglots !\nLe glaive du Khéroub entre nous étincelle...\nEtant un deuil dans la douleur universelle\nNous n'aspirions pourtant qu'à l’éternel repos.\n\nPepos au fond des cœurs pour haine et pour amours...\nNous sommes les lassés de la vie féconde,\nLa souffrance éternelle à la cime du monde\nOffre son cœur saignant au bec noir des vautours.\n                                      G aston    H eux.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-09-n16-006", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 268, "page_fin": 269, "titre_corps": "Les vieilles de chez nous", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Urbain", "ancre_debut": "Les vieilles de chez nous.                                Pour   E dgar   U r b a in ,   f ra te", "ancre_fin": "U r b a in .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L ES             M OTS       ’a i m eles hommes de l’amou", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 275, "page_imprimee": 268, "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 1696, "texte": "Les vieilles de chez nous.\n                               Pour   E dgar   U r b a in ,   f ra te r .\n\n  Le dimanche là-bas les vieilles rajeunies\n  Quand il f a i t du soleil sur leurs capes plus claires\n S'en vont à travers champs pour dire des prières\n Dans l'ancienne église ou leur chaise est bénie...\n Elles s'en vont par deux ou trois, frappant aux huis\n Des autres qui depuis des temps invraisemblables\n Habitent les maisons dans l'enclos immuable\n Que l'aïeul a fermé de deux berçeaux en buis.\n Histoire alerte du village\n Qui se chuchotte en mots bénins\n Avec des détails anondins\n E t de singulières images.\n L a vache roux et blanc est morte et enterrée\n Sous le gros noyer vert qui l'avait abritée\n E t son grand a il humain implacable angoissé\n A vait regardé l’homme et s'était enfoncé.\n\nLes vieilles de chez nous vont dire des prières\nDans l’ancienne église où leur chaise est bénie.\n\nLe soleil met des ors sur les blés immobiles\nOn dirait qu’ils ont pris la teinte des chemins\nArgileux, les blés blonds qui donneront du pain\nDurant les longs hivers débiles.\nE t sur l'azur voici le vieux coq débonnaire\nQui chante clair l'appel des deux cloches d'airain\nQu’un invincible bras met en branle, et soudain\nComme s’ils étaient neufs les vieux pas s'accélèrent\n\nSigne de croix craintifs, glissement de leur pas\nSur la dalle où surgit par dessus l’épithaphe\nL a brusque apparition d'un crâne entre tibias\nAuquel le regard gris par coutume s'agraffe.\nLe lourd chapelet sort des jupes de futaines\nE l les grains dans leurs doigts que cerclent des mitaines\nDescendent, tandis que leur rêve machinal\nPoursuit quelque regret dans le cœur ogival\n"}, {"page_pdf": 276, "page_imprimee": 269, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 616, "texte": "                                     —   269 —\n\n\n               Vœux pour tous ceux qui sont en mer\n               E t sont si loin qu'on ne sait plus\n               Pour ceux qu'on n'a plus revus\n               E t dont les yeux bleus étaient chers.\n               Puis incore pour tous ceux qui vont au long des plaines\n               E t qui dorment la nuit dans les rousses éteules\n               E t dont les cœurs frileux qu' allumeront les haines\n               Rêvent d’incendier les fermes et les meules.\n\n                                                 F ernand   U r b a in .\n\n\n\n\n                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-09-n16-007", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 269, "page_fin": 271, "titre_corps": "Les mots", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Wéry", "ancre_debut": "L ES             M OTS       ’a i m eles hommes de l’amou", "ancre_fin": "? L éon W éry .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Au Salon des Indépendants.          P o u r u n S alon qui n ’est p a", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 276, "page_imprimee": 269, "debut_caractere": 616, "fin_caractere_exclue": 1861, "texte": "L ES             M OTS\n\n\n    ’a i m eles hommes de l’amour des poèmes : en pur\n\nJ       contemplatif.\n     Quels sont les poèmes de nos dilections? Ceux qui évo­\nquent des gestes, des paysages, des musiques au-delà de\nnotre vie coutumière. J ’aime ainsi les hommes au-delà de ma\nvie coutumière. E t c’est pourquoi je prise peu ceux-là qui\nne m ’arrêtent point longuement, pensif, un peu désorienté dès\nl’abord. Ils sont des poèmes trop clairs, d ’esprit simpliste,\ntout en mots, en mots sonores et vides.\n     Je prise peu les mots trop clairs et trop habiles; ils ne\nfont que m’effleurer; ils n’entrent pas en moi. Les choses\nprofondes — je crois — ne se comprennent pas aisément.\nL ’esprit n’arrive à les déterminer avec quelque précision\nqu’après de nombreux conciliabules avec cette grande raison\nsub-consciente qui est la seule clarté en nous-mêmes. Depuis\nlongtemps la vie ne correspond plus aux mots faciles; elle\ndéborde les images trop nettes et les musiques trop rythmées;\nelle ne se conte plus en ce qu’elle a d’essentiel ; elle s’évoque\nseulement, sans assurance, avec d’infinies maladresses, après\nde multiples essais.\n     Notre âme ne fait souvent que balbutier comme un\njeune enfant. Nous n’avons point la maternelle patience de\n"}, {"page_pdf": 277, "page_imprimee": 270, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2289, "texte": "                             —   270 —\n\n\n  l’écouter de surprendre ses intentions sous les mots déformés,\n  déchiquetés peut-être : corrigés. A quoi bon les mots qui\n  montent du fond de nous-mêmes? Il est si simple d’ouvrir ses\n  oreilles complaisantes à tous ceux qui tombent, doctement,\n  des lèvres de nos éducateurs. L ’école, le monde, les livres :\n  dictionnaires, dictionnaires! Nous logeons cérémonieusement\n tous ces étrangers, dans les belles chambres de nos cerveaux.\n  Ils les honorent infiniment. E t l’âme, cette parente pauvre,\n trouvera toujours assez confortable un galetas, sous les\n combles !\n       Beaucoup d ’hommes ne font toute leur vie que penser\n des mots. Ils parlent superbement, car leurs mémoires savent\n les images éclatantes, les arguments péremptoires et les\n pathétiques rhétoriques. Mais ils ne disent rien de nécessaire\n pour eux-mêmes ni pour les autres; car les mots, à quoi\n peuvent-ils bien servir, dans notre vie? Quels ponts jetteraient-\n ils entre les cœurs? Qelles sont les fins de leurs pompeuses\n éloquences? Ils éloignent, irrémédiablement, les âmes qui\n auraient pu se compendre dans le silence. Et quand ils font\n sympathiser les hommes, ils créent des liens frêles, que\n brisent souvent, brutales, quelques paroles inattendument\n surgies des heures de totale sincérité. Combien de nos\n admirations et de nos amitiés sont toutes — en mots! E t\ncombien de livres, et combien — même — d’héroïsmes!\n       Les éloquents sont, effroyablement, dupes des mots. De\nleur esprit, les mots sont descendus en eux-mêmes; ne com­\nprenant plus leur cœur. Ils participent ainsi à la vie de tout\nle monde, excepté à leur propre vie. L eur égoïsme est un\nréel amour du prochain; quand ils parlent d ’eux-mêmes, ils\nparlent toujours — des autres. Ils sont aisément reconnais­\nsables; ils profèrent avec joie et confiance les mots : vérité,\nabsolu, social, humanité, Dieu, car ils ont, même de Dieu,\nfait un mot! E t ne pouvant savoir que nos croyances réelles\nne font qu’effleurer en nos cerveaux et résident dans nos\nentrailles, ces éloquents travaillent à nous convaincre.\n      Ils nous prêchent abondam ment leurs morales, leur art\net leur religion. Oh! ces pauvres endimanchés qui professent\nl’élégance! Ils connaissent le silence, non le mutisme. E t\n"}, {"page_pdf": 278, "page_imprimee": 271, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2187, "texte": "                                          — 271 —\n\np e n d a n t le u rs s ile n c e s , ils font d es li v r e s , so u v e n t. D e s liv r e s\ns in is tr e s , où se d é c r iv e n t c o p ie u s e m e n t d e s c ie u x , d es a r c h i­\nt e c tu re s, d e s g e s te s , d e s p a y s a g e s , to u t l’e x t é r ie u r d e la v i e ;\noù l’on ne r e n c o n tre j a m a i s des m o ts h u m b le s , m a la d r o it s ,\np r e s q u ’a p h o n e s, a u x q u e ls on p u is s e o u v r i r son c œ u r. Ils font\nd e s liv r e s s a n s a u c u n e ir o n ie ; j a m a i s on n ’y s en t l’au te u r\njo u e r a v e c ses p e n sé e s c o m m e un e n fa n t a v e c d es o ss e le ts ; on\nne le v o it p o i n t , s o u r ir e , d e r riè r e un m a s q u e , d e s é m o is et d es\ng r a v it é s , du le c te u r b é n é v o le . C a r ces é lo q u e n ts se d o n n e n t,\nto u t en tie rs, d a n s les m o ts. L e s m o ts, ces to n itr u a n te s et\nl a m e n t a b le s m u s iq u e s , o r ip a u x h a illo n n e u x d e p a r a d e s s u r\nles t r é t a u x — d e la g l o ir e !\n         Il fau t s o u r ir e d e c ela, a v e c un peu d ’iro n ie , sa n s m é p r is\net s a n s m a lig n it é . C a r ces p a u v r e s ig n o re n t la b o n n e v o lu p té\nd e se g a r d e r p o u r e u x - m ê m e s . « I l est en m o i-m ê m e d e g r a n d s\nd io c è s e s » d i s a i t F é n é lo n . P a r c o u r o n s les d io c è ses d e nous-\nm ê m e s , en bon a r c h e v ê q u e , c o n fo n d a n t rich e s et p a u v r e s d a n s\nu n e m ê m e b é n é d ic tio n . L a v ie est p a r to u t s e m b l a b le : n o u s\np o u v o n s la v iv r e in te n s é m e n t — et si n o u s le v o u lo n s : h é r o ï­\nq u e m e n t — s a n s la c o n v e r tir en m o ts . E t p u i s q u ’il est n é c e s ­\ns a i r e d e la p im e n t e r d ’un peu d e so u ffra n c e , ne p o u vo n s-n o u s\na u s s i n o u s m e u r trir , et s a ig n e r , et s a n g lo t e r é p e r d û m e n t —\ns a n s a b a n d o n n e r n otre t r a n q u i lle s o u r ir e et n otre v o ix\nc o u tu m iè r e ?                                                L éon W éry .\n\n\n\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-09-n16-008", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 271, "page_fin": 274, "titre_corps": "Au Salon des Indépendants", "titre_sommaire": "Au Salon des Indépendants. Exposition. Séances musicales. Conférence", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Au Salon des Indépendants.          P o u r u n S alon qui n ’est p a", "ancre_fin": "ire s . M . A.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LES LIVRES         Le       d it   d ’u n   p rin te m p s ,     p a r", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 278, "page_imprimee": 271, "debut_caractere": 2187, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "Au Salon des Indépendants.\n\n        P o u r u n S alon qui n ’est p as v enu le prem ier, voici d écidém ent un\nS alo n qui n ’est pas le p rem ier v enu, L a critique s’est p lu e à s’étonner\nq u ’en ces tem ps canicu laires et d ’indifférence p u b liq u e , ce cercle de\nje u n e s artistes ait eu le courage de b rav er to u t cela, dan s u n « q u an d\nm êm e » ad m irab le D ’ab o rd l’ont-ils choisie, cette date n éo-m ondaine et\ncette chaleu r suffocante? M a foi, q u a n d o n n ’a pas c e que l’on aim e il faut\nb ien aim er ce que l’on a ; d ’a u tre p a rt, la jeunesse q u ’on leur prête\n"}, {"page_pdf": 279, "page_imprimee": 272, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3515, "texte": "                                           —   272 —\n\n   n ’est-elle p as la caractéristiq u e de leu r en têtem ent (d’ailleurs louable) et\n   pouvaient-ils, si b ien p rép arés, si ard en ts et si jeu n es, piétin er ju s q u ’au\n   p ro ch ain h iv er? R aiso n ab lem en t non, n ’est-ce pas?\n          Aléa jacta.est, et dès lors to u t alla p o u r le m ieux dans le m eilleur des\n   m on d es. A vant to u t, je tien s à reco n n aître que ces je u n e s artistes tien n en t\n   h o n n êtem en t la prom esse de leu r titre et q u e leur S alon est d ’une in d é p e n ­\n   dan ce, j ’allais dire an arch ie, p resque tou ch an te.\n          Q ue ce salon fu t in d isp en sab le et a tte n d u ? Je n ’oserais l’affirmer, q u ’il\n  s’écartât consid érab lem en t de ses p récéd en ts confrères, je ne l’affirm erais\n  davan tag e, et c e p en d an t à le p a rc o u rir on est ravi p a r son agréable\n  diversité. M ais ce charm e com ble à p ein e u n e p réd isposition à la décou­\n  verte d ’œ uvres originales ou de juvén ilités au d acieuses. On est très étonné,\n  presq u e déçu de trouver là des sagesses de sep tu ag én aire ou néanm oins\n  des p récau tio n s inestim ables.\n          M. Fr. Bauek s ’écarte le p lu s h e u reu sem en t des susdites ré p ré ­\n  sailles, son art n ’est destiné q u ’à u n e élite et bien peu discern ero n t la\n  pensée et la p hilosophie qui p résid e à son œ uvre. Il y a d an s u n de ses\n  dessins, in titu lé le Juge u n e telle science, u n e telle volupté de m atière, une\n  telle recherche d ’âm e que je n ’hésite p as à le tenir p o u r u n e des plus belles\n  têtes d ’expression que j ’aie vu. L ’Assassiné, Le Corridor d'une maison mortuaire\n  et Le Philosophe sont des pag es épiques d u plus g ran d effet et son try p tiq u e\n  Le petit village receuilli est d ’u n bien joli sen tim en t.\n         J e veux aussi faire l’hom m age ém u d ’u n e sincère adm iration po u r les\n  œ uvres de feue Mme E va Beauck que j ’estim ais, m algré quelques\n faiblesses, com m e u n curieux tem p éram en t et u n e n atu re d o ucem ent\n m ystérieuse.\n         Mlle A. M igeotte — experte en l’art de tein d re et de repousser le\n cuir, parfois originale et toujours distinguée, n o u s donne une som ptueuse\n série de liseuses, b u v ard s et porte-feuilles. S on b u v ard Méduses et Algue, est\n d ’un effet totalem ent heu reu x .\n          M me Thérèse Van H all, — ne m an q u e pas elle de cette audace que\n j ’aim e aux d éb u tan ts, m ais, m algré des qualités considérables, je suis bien\n obligé de d ire q u e ses œ u v re s, à p a rt Vieille femme et le M odèle pour une figurine\n en ivoire. m e p araissen t q u o iq u e voulues, d ’une d u reté bien désagréable.\n         P u isq u e j ’en suis à la scu lp tu re, g ro u p o n s-en la critique et adm irons\n com m e elles le m ériten t, les œ uvres de M. Eug Canneel. Je regretterais\n l’exposition de sa figure tom bale, si elle n ’avait été p o u r m oi, un précieux\n docu m en t à opposer à ses d ernières études. D an s Domination il y avait déjà\n de vélléïtés de vie et de talen t, m ais toutefois ne faisaient-elles pas prévoir\n les im m enses progès que révèlent le buste de M . J . M . C. et celui d'une jeune\nfille. Si j ’en avait le loisir, je citerais to u te l’œ uvre dernière de M . C anneel,\n sans ta rir d ’éto n n em en ts su r ses rap id es p rogrès, et d ’éloges sur ses p ré ­\n cieuses prom esses d ’avenir.\n         L a p e in tu re est aussi très d ig n em en t représentée.\n"}, {"page_pdf": 280, "page_imprimee": 273, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3130, "texte": "                                      — 273 —\n\n       M. Eugène M ahaux, très distin g u é, avec son Peignoir rose qui\nrap p elle, en sa sub stilité et sa finesse, celui de la V énus de T hom as, et le\nChenal à Nieuport, d ’u n e jolie ten u e et d ’u n e agréable sim plicité.\n       M. Pirenne s’affirme consciencieux avec L a porte — et su rtout, ô\nsu rto u t avec l 'Atelier, d ’u n e rare intim ité et d ’u n e si voluptueuse atm o ­\nsphère.\n       D e M. René Deman, rem arqué : Les Barques (N ieuport) d ’une\nd iscrétio n p eu b an ale, Soir gris u n e petite im pression pleine de sentim ent,\net la « Forth » Grangemouth, bien fine de co u leur et d ’un am u san t procédé.\n       P u is encore, Gustave De Smet — avec dans sa m erveilleuse série\nd ’étu d es, d eux p ochades que je me perm ets d ’in titu ler Kermesse de Village\ne t A u Jardin du Rêve.\n       Alex. Denonne n ’expose que deux g ran d es toiles, qui p o u r n ’être\nqu e d eux n ’en so n t que plus rem arquables. Rêve d'avenir su rto u t, avec une\nexpression bien observée de fem me de p êch eur s’im pose à l’adm iration,\np a r ses sobres qualités de coloriste.\n       J. D elsaux expose des cadres d ’u n e originalité m onotone qui font,\ns’en doute-t-il, g ran d tort à ses œ uvres. J ’en ai deviné quelques-unes qui,\nm ieux présen tées, eussen t m érité u n e m ention, q u ’est venu com prom ettre\nle m auvais g o û t de cette ch arp en terie. J ’espère p o u r M. D elsaux q u ’il est\nl’in n o c e n t esclave d ’une volonté de bourgeois.\n       D e M. W . J elley quelques bonnes im pressions parm i lesquelles\nChaumière le Soir et la Plage la N uit.\n       Marcel Jefferys, pein tre h abile et b ien doué, observateur sérieux\net p alette savoureuse, Nuées d'orage, Choses japonaises et son Etude de Ciel\ntém o ig n en t de toutes ces qualités.\n       E n fin M M . M aurice Sys avec Cale sèche à Ostende et deux excellentes\nsan g u in e s; Fernand Lantoine avec Bruxelles, Neige, Théâtre et Soir de fête;\nHubert Glansdorf avec u n audacieux portrait de violoniste arménien ; Roes-\nsingh avec Les Bouleaux et Marneff et O. P etyt com plètent non sans talent\net sans in d ép en d an ce ce d ern ier Salon.\n                                                                    M. A n g e n o t .\n                                          * **\n      Séances m usicales. — A rem arq u er celle du 27 ju illet où se sont\nfait e n ten d re d ans leurs œ uvres M M . les com positeurs L . B ouserez et\nF r. B eauck. Ce d ern ier s’est fait ch aleu reu sem ent a p p la u d ir d a n s Trois\nimpressions ainsi que dans Prélude pour un Stabat Mater exécuté par\nM lle A. C holet d o n t le je u se colore de jo u r en jo u r. M me R aquet-D elm ée\navec u n e jo lie ém otion et u n ta le n t très p erso n n el a d it et c h an té à m er­\nveille deux im pressions de M. F r. B eauck. M. L . B ouserez d o n t le talent\nn ’est p lu s à révéler à nos lecteu is, n o u s a p résen té deux lieders fraîchem ent\ncom posés, ch an tés p a r Mme R aq u e t-D e lm é e, p u is u n Moderato et u n Zondag’s\nmorgens enlevés avec talen t p a r Mlle C holet et l’au teu r.\n"}, {"page_pdf": 281, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3064, "texte": "                                                          — 274 —\n\n             A p rè s c e tte b r illa n t e      séance n o u s a v o n s e u , le 4 a o û t, u n e a u d itio n\n   d ’œ u v re s a n c ie n n e s . N o u s a v o n s eu le p la is ir d 'e n te n d re M . F r . B e a u c k ,\n  u n b a r y to n à la v o ix la rg e e t s o n o re , M . V a r l ez d a n s q u e lq u e s a irs ita lie n s ,\n  u n je u n e v io lo n c e llis te ,         M.     C h o le t,        qui   a e x é c u té     avec       ta le n t      deux\n  g a v o tte s de B a c h e t d e u x g e n tille s s a ra b a n d e s . A c ite r e n c o re q u e lq u e s\n  a irs ,     dont un          du   X V I e s iè c le      v r a im e n t c h a rm a n t.        E n f in    nous        avons\n  a p p la u d i M       J o a c h im d a n s d e u x fa b le s de L a F o n ta in e .\n            L a d e rn iè re séance m u s ic a le , d o n n é e le 6 a o û t, p a r les Indépendants, f u t\n  d ig n e d ’éloges. A u d it io n d ’œ u vre s de M F r e m o lle (in te rp ré té e s p a r M . A d .\n  B e a u c k ), de M .          H e n u s s e trè s a p p la u d i, d e M . E e c k k a u te ,               ce d e r n i e r\n  m e r v e ille u x m u s ic ie n        de b e a u c o u p d ’a v e n ir ; ses m é lo d ie s s u r q u e lq u e s\n  p o è m e s de M a r lo w s o n t e x c e lle n te s , M lle F a n n y C o lle t les a c h a n té e s d ’u n e\n  v o ix v r ib r a n t e e t é m u e .\n            M . F r . B e a u c k a ve c l ’é m o tio n e t le s e n tim e n t q u i c a ra c té ris e n t ses\n p e in tu r e s , n o u s a p ré s e n té u n p o è m e a d m ir a b le de C . L e m o n n ie r , d o n t la\n m u s iq u e est s in g u liè r e m e n t v ig o u re u s e e t im p re s s io n n a n te . C e tte d e rn iè re\n  œ u v re é ta it c h a n té e p a r M . A d . B e a u c k .\n            E n ré s u m é , u n e s u ite de b e a u x c o n c e rts , o ù se s o n t f a it e n te n d re de\n je u n e s ta le n ts trè s p r o m e tte u r s .                                     Fernand          B o rd ie r.\n\n                                                                 *\n                                                             *       *\n\n\n\n            C o n fé r e n c e de Poë à        Wells, par T H E O V A R L E T — D ’u n e fa ç o n q u i\n fa is a it d é p lo r e r la p é n u r ie des a u d ite u rs , T h é o                  V a r le t   en u n e la n g u e\n c o rre c te e t re c h e rc h é e n o u s a m e rv e ille u s e m e n t p a r lé p e n d a n t p rè s d ’ u n e\n h e u re , des p o è te s d u M e r v e ille u x . E n te rm e s c la irs e t p ré c is i l é t a b lit e n tre\n P o ë e t W e lls u n in té re s s a n t p a ra llè le , i l d i t la m a n iè re de ce d e r n ie r e t\n c ’é ta it u n ré g a l de lu i e n te n d re ré s u m e r les p lu s m inifiq u e s c o n c e p tio n s de\n ces s u b lim e s v is io n n a ire s .                                                                     M . A.\n\n\n\n\n                                         "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-09-n16-009", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 274, "page_fin": 275, "titre_corps": "Les livres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "F.-Charles Morisseaux", "ancre_debut": "LES LIVRES         Le       d it   d ’u n   p rin te m p s ,     p a r", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 281, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 3064, "fin_caractere_exclue": 3946, "texte": "LES LIVRES\n\n\n      Le       d it   d ’u n   p rin te m p s ,     p a r M . P i e r r e G é r a r d . — L u i n e m a n q u e p o in t\nd ’id é e s : il e n a tr o p , s u r to u t d e s a u g re n u e s . Il e s t p ro lifiq u e a u ta n t q u e le la p in ,\nc e la p in q u 'il a im e a u p o in t d e lu i c o n s a c r e r u n e g r a n d e p a r tie        d e s o n liv re .      Il\nse tro u v e q u e M . P i e r r e G é r a r d e s t m o n a m i : n o tr e a m itié d a te d e R èvtia l, c e rc le\nd ’a r t q u e n o u s c r é â m e s à    L o u v a in e t d o n t fa is a ie n t   p a r tie   F ern an d    S é v e rin    —\nq u e M . G é r a r d s ’o b s tin a it à a p p e le r m aître, ce q u i n a v r a it S é v e rin — H e n r i B r a u n ,\nle b o n g r a v e u r — q u i est b é n é d ic tin a u jo u r d 'h u i — M a u ric e D m v e z ,            e t d ’a u tr e s .\n"}, {"page_pdf": 282, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4179, "texte": "                                                              —     275 —\n\n\nA cet       époque         M.     P ie rre       G é ra rd    a v a it    d é jà     d e s p r é d is p o s itio n s     aux    in v e n tio n s\nb is c o r n u e s ... M a is je v o u s le r e p è te , M . P ie r r e G é r a r d e s t m o n a m i : j'e n d ir a i le\nm o in s d e       m a l p o ss ib le .   J ’y     ai   q u e lq u e     m é rite ,      d 'a b o r d   p a r c e q u e so n      liv re e s t\nto u t-à -f a it m a u v a is , e t e n s u ite p a r c e q u e M . P i e r r e G é r a r d a u n e x c e lle n t c a r a c tè r e .\n       J 'a v o u e n 'ê tr e p a s p a r v e n u à a v a le r j u s q u ’a u b o u t le v o lu m e c o p ie u x d u p o è te ,\nil y e n a tro p , o n éto u ffe! E t p u is je m e s u is h e u r té                                   ses v e rs c o m m e c e u x -c i\n(je ... b ê c h e , a u h a s a r d ! ) :\n\n                  ...T ro u p e hàrcelant l'h iver, p a r l'hiver harcelée...       ( 13 p ie d s.)\n                  ...O n d ira it que le dieu de ses dents d'or nous m a n g e!...\n                  ...N 'entendre hurler les vents autour des revenants... ( 13 p ie d s .)\n                  ...F lo t, (toi) qui v ê t . . (sic)\n                  ...N o u s désirons cesser, d'une robuste envie,\n                     De boire a u x eaux du Temps l 'inconstante énergie... (?)\n                  ...F us-je assez fr a n c , fu s-je assez bon?\n                     A ssez charitable, le fus-je ?\n                  ...L e soleil éclairant ce sang plus ou moins fo r t,\n                      Le f a i t couleur d'or clair ou couleur de sombre or...\n                  ...L 'o m b re qu'on a v u (sic) s'avancer...\n                                                                  ... L e s o i r ,\n                     Ils (les anges) d é j e u n a i e n t d ’oiseaux qu'ils cuisaient aux étoiles !!!\n\n      Il y a dans               ce re c u e il u n m o rc e a u q u e je v o u s                        re c o m m a n d e .          Il e s t in titu lé :\nL a vengeance du Comte —                  M . P i e r r e G é r a r d a le g é n ie d e s titre s ! — e t v o u s r e p o r te\na u x p lu s b e a u x jo u r s d e M . C h a rle s M é ro u v e l!\n      Je ne vous              c ite r a i a u c u n e p iè c e e n tiè r e d e M . P ie r r e G é r a r d :               j e v o u s ai d it\nn ’est-ce p a s , q u ’il est m o n a m i...\n      J ’o u b lie d e v o u s in fo rm e r q u e j'a i tr o u v é u n b e l h é m is tic h e :\n                                                   I l p le u t tr a n q u ille m e n t...\n      L 'a d v e r b e e s t jo li   to u t p le in : m a is u n h é m is tic h e s u r 232 p ag e s — il y e n a\n232 ! — v r a im e n t, c e n ’e s t p a s a s s e z ...\n\n\n\n\n      Le P aon,            par    F ra n cis       de    C r o isset.      — M . F rancis               de Croisset s’e s t im a g in é\nq u e d e m e ttre les v ie ille s c u lo tte s d e               M .    R o s ta n d , c e la lu i d o n n e r a it d u g é n ie .          Il\ns'e st tro m p é p o u r d e u x ra is o n s : d 'a b o r d les c u lo tte s d e                  M .   R o s ta n d n e lu i v o n t p a s\ne t e n s u ite    M.    R o s ta n d n ’a p a s        du    g é n ie , il        est    d e l’A c a d é m ie      fra n ç a is e , c e q u i\nn 'e s t p a s la m ê m e c h o s e ... V o u s sa v e z               n ’e s t-c e p a s      que      B o u rso u fle n e s t     p as de\nM.    F r a n c i s d e C ro iss e t : c e t é c r iv a in a im e à e m p r u n te r ... S im p le m e n t p o u r fa ire\nle c o n tr a ir e d e se s       a n c ê tr e s , p r o b a b le m e n t ?.. L is e z le P a o n ; si v o u s n ’a v e z v r a i ­\nm e n t r ie n à f a ire . S u r to u t n e v o u s a tte n d e z p a s à tr o u v e r p ro fit o u m ê m e a m u s e ­\nm e n t d a n s c e tte      le c tu r e , je v o u s r é p è te , c ’e s t d u m a u v a is R o s ta n d ...                c e q u i n ’est\np a s p e u d ir e !                                                                            F .-C h a r l e s      M o rissEa u x .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1904-09-n16-010", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 276, "page_fin": 276, "titre_corps": "Petites Nouvelles", "titre_sommaire": "Nouvelles", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Petites Nouvelles.             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P o u r to u t r e n s e ig n e m e n t s 'a d re s s e r 28, r u e V a n H a s s e lt, B ru x e lle s .\n\n                                                                               * **\n           N o u s a v o n s r e ç u l ’A nn u a ire de la Presse, u n f o rt v o lu m e ,                                  b o u r r é d e r e n s e ig n e ­\n     m e n ts u tile s o u s im p le m e n t in té r e s s a n ts , s u r                   la P re s s e         p é r io d iq u e e t q u o t i d i e n n e ,\n    m o n tra n t le c o lo ssa l effo rt d e la P re s s e b e lg e , q u i tie n t d ig n e m e n t p la c e , à c ô té de\n    l a P re s s e é tr a n g è r e .\n                                                                              * **\n           U n e n o u v e lle re v u e m e n s u e lle , d é jà trè s v iv a n te , v ie n t d e n a îtr e à G a n d                                        : La\nT      ribune artistique, r é d a c tio n : a v e n u e                     des      A rts,      25,        G and.        —    N os         s o u h a its        trè s\n    c o n f ra te rn e lle m e n t.\n                                                                              ** *\n           V o ic i le s o m m a ire d e l 'idée L ibre : L é o n                           W ery       : Le         c r itè r e      r é a lis te    en a rt ;\n    P r o s p e r R o id o t : A m o u r ( v e rs ); J e h a n R ic tu s : M o rt d ’E r n e s t, sin g e d e le t tr e s ...;\n    L . B r u n e ta u x : L e s U n iv e r s ité s               p o p u la ir e s à P a r i s ;           L é o n L e g a v re : V e r s ; C ô te -\n    D a r ly : L ’île d e S e rk ; L o u is P i e r r a r d : C a lv a ire , S a in te - B a r b e (vers) ; Y ves M ic h e l :\n    L a S è v e ; C h r o n iq u e s .\n                                                                              *\n                                                                                  **\n          L ’A rg u s de la Presse lit e t d é p o u ille c h a q u e                         jo u r     p lu s      de     D IX         M IL L E           jo u r­\n    naux,      re v u e s ,    illu s tré s ,      p é r io d iq u e s      f ra n ç a is   ou     é tr a n g e r s .     —        T é lé p h o n e      102.62\n    P a r is - P r o v in c e - E tr a n g e r . — A d re ss e té lé g r a p h iq u e : Acham bure-P aris. — E c r ir e r u e\n    D ro u o t, 14, P a r is .\n                                                                              * **\n          N o u s a v o n s le p la is ir d 'a n n o n c e r à n o s le c te u rs , q u e M . L a fitte q u i                                         c ré a ,     à\n    l’O p é r a d e P a r is , p lu s ie u r s rô le s, n o ta m m e n t c e lu i S iegfried, ce sse m o m e n ta n é m e n t\n    d ’ê tr e le p e n s io n n a ire d e M . G a ilh a r d , e t v ie n t a u t h é â t r e                            d e la M o n n a ie , a p p e lé\n    p a r u n b r illa n t e n g a g e m e n t.            M me          L a fitte e s t en g a g é e         à      la     M o n n a ie , e n          m êm e\n    te m p s q u e so n m a ri.\n                                                                             * **\n          L ir e d a n s la Jeune Revue Sportive d u m o is d 'a o û t, les trè s in té r e s s a n ts p r o n o s tic s ,\n    a in s i q u 'u n e n o u v e lle : Le Pendu, d e M                           d e C h a m b é ry . C o m m e n t                  c e fa it-il q u 'u n\nm o n s ie u r, se p iq u a n t d e litté r a tu r e , é c riv e d a n s c e tte fe u ille d e c h o u ... e t d e c o u rse s .\n\n                                                                             * **\n          P a r s u ite       d e l'a b o n d a n c e       de     m a tiè r e s , n o u s n o u s v o y o n s fo rc é s                    de       r e m e ttr e\na u x n u m é ro s s u iv a n ts , les E tu d e s d u Branle, d ’H é lè n e C a n iv e t, d e s Rythmes de douceur,\nd 'E m ile D a n tin n e , d u T ra ité de l’Occident, d ’A d r ie n M ith o u a r d , d e s Visages de décadence,\nd e D u m o n t W ild e n e t d e l ’Am e des N ôtres, d e J u le s S o ttia u x .\n\n                                                                              ***\n     Maison DAMHAY ; p ap eterie de la poste, ru e de l’A rb re-B é n it, 109,\nIxelles, Agence Postale 10.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 268, "texte": "             JEUNE\n              EFFORT\n         Marcher franc dans la vie,\n       et dire ce qu’on pense.\n\n\n\n\n                                   Sommaire :\n\n'      A p r o p o s d ’u n e c r i t iq u e               .        • •       A n d ré Lizin.\n    U n c h œ u r c h a n t e ......................................... G a s t o n      H eux.\n\n    L e s V ie ille s d e c h e z n o u s                  .       . •     • F ERNAND U R B A IN .\n\n    L e s M o t s .......................................................... LÉ0N WÉRY\n    A u S a lo n d e s I n d é p e n d a n t s                     . •     • MARCEL A NGENOT.\n           E xp o sitio n . — Séances musicales. — Conférence,\n\n    L e s liv r e s :\n           Le d it d'un p rin te m p s ................................... I F . - C H . M ORISSAUX\n           Le P a o n ............................................................!\n    N o u v e l l e s .......................................................... Jeune Effort.\n\n\n\n\n                           L e n u m é r o : 2 0 cent.\n\n     D euxièm e             Année.           N ° 16.                      S eptem bre            1904.\n"}, {"page_pdf": 269, "texte": "     Jeune E ffort\nM   E N S U E L   D 'A R    T     E T       D E      L I T T E R      A T U     R E\n\n         Affilié à l’Union des Journaux périodiques belges\n    O RGAN E D ES JE U N E S , O U V ERT A                           TO U S\n                    Paraissant le ler du mois.\n\n\n\n\nFondateurs: G.     P u l i n g s — J.     B o c k — L.       de   C asembroot\n\n                             F.   B ordier\n\n\n\n\nRédaction et administration :\n                     5, R u e d u C o u v e n t , I x e l l e s - B r u x e l l e s .\n\n   Pour la Critique d ’art et les Théâtres, adresser les\ncommunications rue Goffart, 10.\n\n\n\n\n     T oute souscription d ’au moins 2 francs pour la Belgique,\n3 francs pour l’étranger, donne droit à un service de douze\nnuméros.\n\n\n     Il sera rendu compte de tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n     Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n     Nous autorisons la reproduction de nos articles sous la\ncondition expresse d’en indiquer la source et le nom de\nl’auteur.\n\n\n     L a Revue, laissant la plus grande liberté à ses collabora­\nteurs, ne prend pas la responsabilité des articles qu’elle insère.\n"}, {"page_pdf": 270, "texte": "              A propos d’une critique.\n      n une récente causerie théâtrale    (1), M. Adolphe Bris-\n\n E      son parlant de la reprise de « Claudie » à la Comédie\n       française, soutient qu’il préfère le paysan de George Sand à\n celui de Balzac.\n      Si c’est là un simple « goût » non est disputandum dit le\n proverbe. Mais M. Brisson prétend défendre son appréciation\n et ceci en termes si faibles que je ne lèverais pas la plume si\n ce n’était égard à l’auteur. Les inclinations pour une manière\n de penser quelconque sont respectables tant qu’on ne les\n défend point. Nous nous inclinons devant tout ce qui est\nsentiment, penchant de nature, impression. Mais le goût\ndevient critique dès qu’on le justifie. Que le lecteur apprécie\nsi M. Brisson a bien fait de se justifier.\n      Parlant des objections qu’ont fournies les détracteurs de\nl’idéalisme de George Sand, dans sa description du paysan,\n M. Brisson souligne : « ces objections ne sont pas aussi\nsérieuses qu'elles en ont l’air; s’il n’est au monde qu’une\nvérité, il y a trente façons de l’envisager et de la rendre.\nGeorges Sand ne peint pas le paysan comme Balzac, mais\nelle le connaît aussi bien que lui ; sa plume est moins bru­\ntale, son observation est aussi pénétrante » et plus loin :\n« Les personnages de Claudie s’expriment, sans doute, dans\nun style fleuri; mais en dépit de leur beau langage, ce sont,\npour la plupart, de vrais paysans. »\n      M. Brisson admet qu’il y a au monde une seule vérité\n(peut-être celle qu’il exprime) et qu’il peut exister plusieurs\nfaçons de l’envisager. A mon tour j ’ajouterai : « ces objections\nn’ont aucun air sérieux. » L a dialectique de M. Brisson est\nsans doute très fine, subtile assurément, captieuse certaine­\nment. Admettre que la vérité a plusieurs façons d ’être envi­\n\n  (1) Annales politiques et littéraires, 17 ju ille t 1904,\n"}, {"page_pdf": 271, "texte": "                            — 264 —\n\nsagée équivaut à lui supposer plusieurs figures et à nier par\nconséquent son absolutisme. M. Brisson se pose sur une base\nqu’il ébranle deux lignes après. (Je vous disais que c’était très\nfaible.) Il parle de trente façons de la rendre! Si la vérité a\nplusieurs visages, j ’admet et M. Brisson me suivra qu’il y\naura plusieurs façons de la rendre.\n      Mais ici, M. Brisson me fera remarquer, comme il l’a\ndit, que la vérité n’a qu’une face. Le principe changeant, la\nconclusion changera aussitôt. En toute conscience, si la\nvérité est une, je ne conçois pas qu’elle ait plusieurs expres­\nsions et surtout des expressions qui ne lui sont pas paral­\nlèles. Mais laissons ceci pour tantôt.\n     Je lis ensuite que, malgré leur « langage fleuri » les\npaysans de George Sand sont vrais. Ceci surpasse toute\nimprudence. M. Brisson est d’avis que les paysans ne sont pas\nélèves des « précieuses. » D ’autre part, il trouve que les faire\nparler ainsi que des précieuses n’est pas s’écarter de la vérité.\nL e chaos des idées n’existait pas avant M. Brisson.\n      L ’illustre logicien cite ensuite un passage de « Claudie »\nsans doute réel comme idée et je suis ici de son opinion, mais\nidéaliste pour la forme. Naïf, presque ingénu, M. Brisson\ns’écrie : « Fauveau (type de paysan) est vrai parce qu’il\néprouve des sentiments de paysan, non parce qu’il les\nexprime comme un paysan. L a forme ici, est secondaire. »\n      Nous y voilà! Du général nous sommes arrivés au parti­\nculier. L a critique se limite, et se précise peu à peu. Il est\ntemps que j ’imite M. Brisson dans sa profession de foi.\n      L a vérité est un concours d ’idées vraies et de style vrai.\nSi l’idée est fausse et que seule la forme est vraie (ce qui est\ntrès rare et peu conséquent) l’œuvre aura moins de valeur que\ndans le cas contraire. Mais ceci ne veut pas dire que le cas\ncontraire touche la vérité ou même l’approche. L ’idée et le\nstyle doivent constituer un tout uniforme, lié, amalgamé.\nL ’idée et l’expression doivent être en harmonie. Et, après\ncourte réflexion, on conçoit facilement qu’une idée unique a\nplusieurs expressions s’appliquant aux différents êtres qui\nl’expriment, et que seule l'expression change. A part de légères\nvariations, l’idée reste la m eme en essence et en f ait. Le pro­\n"}, {"page_pdf": 272, "texte": "                            —   265 —\n\nblême se réduit ainsi considérablement. De double qu’il\nétait il se simplifie. L ’auteur n’a plus un concours harmo­\nnique de deux éléments à observer ; un seul but est à\natteindre : l’expression suivant l’être et sa classe.\n      En nous appuyant sur ce principe, il est loisible de\nsonder la profondeur de vues de M. Brisson. L a question\ns’étant ramenée à celle du style, j’examinerai G. Sand dans\n« Claudie » à ce point de vue seulement. E t je suis tout\nétonné de trouver avec M. Brisson que le style de « Claudie »\nest fleuri.\n      Or M. Brisson sait comme moi que le paysan ne tient\npas ce langage. P ar conséquent qu’il manque de vérité. E t\ncomme je viens de ramener la question de la vérité à une\nsimple vérité de l'expression, il faut conclure forcément que\nGeorge Sand ne dépeint nullement le paysan dans son inté­\ngrité fruste, mais qu’elle s'en écarte sur ses ailes de poétesse..\n                                 ★\n                                * ¥\n     Je ne soulignerai pas d’autres phrases échappées à la\nplume de M. Brisson, telles que « on y sent un fond solide et\nune clairvoyante psychologie » quand il parle de la forme de\nGeorges Sand, ou bien « l'avenir vengera George Sand des\nsottes critiques des contemporains. »\n     Non content de juger, M.,Brisson prédit. Ne soyons pas\ndevin en fait de littérature... Celle-ci a joué bien des tours\naux critiques empressées et superficielles...\n     Ailleurs, M. Brisson trouve que le réalisme « au vrai sens\ndu mot » doit être franc et sincère et non brutal. Que les\ngros mots rendent le style ignoble et n’ajoutent rien à la\nréalité. Que M. Brisson essaye d e ce genre qu’il préconise.\nQu’il fasse s’exprimer les « voyous » de Paris comme les gens\nde la « haute. » Si l’expression est si « secondaire » en fait de\nréalisme, on peut renverser l’ordre et mettre des jurons en de\njolies bouches de jeunes filles. Ou bien, est-ce que M. Bris­\nson désire balayer toute originalité et ramener le style à une\nuniformité mixte, neutre, qui tienne du fleuri et du vulgaire.\nEst-ce que M. Brisson voudrait une expression décolorée,\nexsangue, sans terroir ni couleur locale?\n"}, {"page_pdf": 273, "texte": "                             —   266 —\n\n\n      C’est là son but, but qu’il voile par un reste de pudeur\ndevant ses lecteurs. Qu’on parlât ainsi il y a septante ans,\nalors que les esprits étaient imbus du mouvement roman­\ntique, de poésie fausse et artificielle, c’eut été de son époque.\nParm i les siècles révolus, nous avons vu beaucoup de Français\ndevancer leur temps et dresser un doigt de génie vers l’avenir.\nCeux-là étonnaient, rencontraient des sceptiques, mouraient\npauvrement. Mais la gloire saluait leur poussière cent ans\naprès.\n      Applaudissez tous! Voici le spectacle ébahissant d ’un\nFrançais, qui retourne sur ses pas, ramasser un peu de sable\nquand des paillettes d ’or brillaient sous lui! Il méprise les\nécoles du réalisme en prenant pour réalisme ce qui ne\nl’est pas! Je ne dédaigne pas le passé, ni les œuvres sublimes\nqu’il a consacrées, mais soyons justes! Ne nous accroupissons\npoint sur une œuvre que le temps a fouetté, abattu; une\nœuvre qui, aimable et fine, n’en est pas moins d ’une frivolité\npassagère comme le chant léger d’un oiseau.\n      M. Brisson aime George Sand; il apprécie la plume\ndélicate de cette femme qui a beaucoup senti et trop parlé.\nSans doute, quelques romans resteront d’elle, ceux qui\ntémoignent le mieux de ses instincts de femme, de mère ou\nd ’amante. Les uns y verront un document précieux pour le\nféminisme moderne; les autres une simple chanson.\n      Je lui accorde une grâce parfois naïve, d’une naïveté\ninvoulue. Je lui trouve une action bienfaisante sur les esprits\nde son temps : celle de les avoir enveloppés de blondeurs\ninespérées, de rêves.\n     George Sand n ’est-elle pas complète ainsi et ne s’élève-t-elle\npas comme une grande image sur le fond du romantisme?\n      M. Brisson gâte tout en furetant et en cherchant dans\ncette artiste le réalisme qu’elle dédaignait ou du moins\nméconnaissait. Si M. Brisson eut vécu du temps de la\ncélèbre femme, il lui eut appris qu’elle était réaliste.\n\n                                               A N DRÉ L i z i n .\n"}, {"page_pdf": 274, "texte": "                       —   26 7 —\n\n\n            Un choeur chante.\n\nRêveur du songe obscur sous sa paupière éclos,\nBienheureux qui n'oppose aux visions charnelles\nQue le farouche orgueil d’impassibles prunelles,\nE t vit dans son extase ainsi que dans un clos.\n\nCent étalons eu lui se cabrent sous des freins —\nMais ses désirs à peine ont henni vers l'espace\nQue son doigt calme et sûr dans les crinières passe\nE t sent mourir l ’ardeur qui hérissent les crins.\n\nE n nous, ah! que la nuit est donc lente à grandir\nLa clarté s'insinue autant qu’elle y recule\nE t l'éternel soleil d ’un trop long crépuscule\nSuspend son orbe d ’or sans jamais l'engloutir !\n\nO ui! l’ombre se refuse à nos yeux sans sommeil...\nLumière du passé sous les soirs enfouie,\nT u nous hantes encor la prunelle éblouie\nE t sous nos yeux fermés refl ambe ton soleil!\n\nLa souffrance est partout, hors de nous comme en nous,\nH élas!... Ces soirs muets pleins d'affres vespérales\nSont des crucifiés qui retiennent leurs râles\nPour s'écouter mourir sous la ronce et les clous !\n\nLe Jour la N uit, sans fin, l’un à l’autre heurtés,\nRauques oiseaux meurtris en luttes éternelles\nDans le choc tournoyant des serres et des ailes\nMêlent des plumes d'ombres aux pennes de clartés.\n\nOublie! l'Eden, c’est toi, l'Eden de nos sanglots !\nLe glaive du Khéroub entre nous étincelle...\nEtant un deuil dans la douleur universelle\nNous n'aspirions pourtant qu'à l’éternel repos.\n\nPepos au fond des cœurs pour haine et pour amours...\nNous sommes les lassés de la vie féconde,\nLa souffrance éternelle à la cime du monde\nOffre son cœur saignant au bec noir des vautours.\n                                      G aston    H eux.\n"}, {"page_pdf": 275, "texte": "                          —   268 —\n\n\n\n        Les vieilles de chez nous.\n                               Pour   E dgar   U r b a in ,   f ra te r .\n\n  Le dimanche là-bas les vieilles rajeunies\n  Quand il f a i t du soleil sur leurs capes plus claires\n S'en vont à travers champs pour dire des prières\n Dans l'ancienne église ou leur chaise est bénie...\n Elles s'en vont par deux ou trois, frappant aux huis\n Des autres qui depuis des temps invraisemblables\n Habitent les maisons dans l'enclos immuable\n Que l'aïeul a fermé de deux berçeaux en buis.\n Histoire alerte du village\n Qui se chuchotte en mots bénins\n Avec des détails anondins\n E t de singulières images.\n L a vache roux et blanc est morte et enterrée\n Sous le gros noyer vert qui l'avait abritée\n E t son grand a il humain implacable angoissé\n A vait regardé l’homme et s'était enfoncé.\n\nLes vieilles de chez nous vont dire des prières\nDans l’ancienne église où leur chaise est bénie.\n\nLe soleil met des ors sur les blés immobiles\nOn dirait qu’ils ont pris la teinte des chemins\nArgileux, les blés blonds qui donneront du pain\nDurant les longs hivers débiles.\nE t sur l'azur voici le vieux coq débonnaire\nQui chante clair l'appel des deux cloches d'airain\nQu’un invincible bras met en branle, et soudain\nComme s’ils étaient neufs les vieux pas s'accélèrent\n\nSigne de croix craintifs, glissement de leur pas\nSur la dalle où surgit par dessus l’épithaphe\nL a brusque apparition d'un crâne entre tibias\nAuquel le regard gris par coutume s'agraffe.\nLe lourd chapelet sort des jupes de futaines\nE l les grains dans leurs doigts que cerclent des mitaines\nDescendent, tandis que leur rêve machinal\nPoursuit quelque regret dans le cœur ogival\n"}, {"page_pdf": 276, "texte": "                                     —   269 —\n\n\n               Vœux pour tous ceux qui sont en mer\n               E t sont si loin qu'on ne sait plus\n               Pour ceux qu'on n'a plus revus\n               E t dont les yeux bleus étaient chers.\n               Puis incore pour tous ceux qui vont au long des plaines\n               E t qui dorment la nuit dans les rousses éteules\n               E t dont les cœurs frileux qu' allumeront les haines\n               Rêvent d’incendier les fermes et les meules.\n\n                                                 F ernand   U r b a in .\n\n\n\n\n                        L ES             M OTS\n\n\n    ’a i m eles hommes de l’amour des poèmes : en pur\n\nJ       contemplatif.\n     Quels sont les poèmes de nos dilections? Ceux qui évo­\nquent des gestes, des paysages, des musiques au-delà de\nnotre vie coutumière. J ’aime ainsi les hommes au-delà de ma\nvie coutumière. E t c’est pourquoi je prise peu ceux-là qui\nne m ’arrêtent point longuement, pensif, un peu désorienté dès\nl’abord. Ils sont des poèmes trop clairs, d ’esprit simpliste,\ntout en mots, en mots sonores et vides.\n     Je prise peu les mots trop clairs et trop habiles; ils ne\nfont que m’effleurer; ils n’entrent pas en moi. Les choses\nprofondes — je crois — ne se comprennent pas aisément.\nL ’esprit n’arrive à les déterminer avec quelque précision\nqu’après de nombreux conciliabules avec cette grande raison\nsub-consciente qui est la seule clarté en nous-mêmes. Depuis\nlongtemps la vie ne correspond plus aux mots faciles; elle\ndéborde les images trop nettes et les musiques trop rythmées;\nelle ne se conte plus en ce qu’elle a d’essentiel ; elle s’évoque\nseulement, sans assurance, avec d’infinies maladresses, après\nde multiples essais.\n     Notre âme ne fait souvent que balbutier comme un\njeune enfant. Nous n’avons point la maternelle patience de\n"}, {"page_pdf": 277, "texte": "                             —   270 —\n\n\n  l’écouter de surprendre ses intentions sous les mots déformés,\n  déchiquetés peut-être : corrigés. A quoi bon les mots qui\n  montent du fond de nous-mêmes? Il est si simple d’ouvrir ses\n  oreilles complaisantes à tous ceux qui tombent, doctement,\n  des lèvres de nos éducateurs. L ’école, le monde, les livres :\n  dictionnaires, dictionnaires! Nous logeons cérémonieusement\n tous ces étrangers, dans les belles chambres de nos cerveaux.\n  Ils les honorent infiniment. E t l’âme, cette parente pauvre,\n trouvera toujours assez confortable un galetas, sous les\n combles !\n       Beaucoup d ’hommes ne font toute leur vie que penser\n des mots. Ils parlent superbement, car leurs mémoires savent\n les images éclatantes, les arguments péremptoires et les\n pathétiques rhétoriques. Mais ils ne disent rien de nécessaire\n pour eux-mêmes ni pour les autres; car les mots, à quoi\n peuvent-ils bien servir, dans notre vie? Quels ponts jetteraient-\n ils entre les cœurs? Qelles sont les fins de leurs pompeuses\n éloquences? Ils éloignent, irrémédiablement, les âmes qui\n auraient pu se compendre dans le silence. Et quand ils font\n sympathiser les hommes, ils créent des liens frêles, que\n brisent souvent, brutales, quelques paroles inattendument\n surgies des heures de totale sincérité. Combien de nos\n admirations et de nos amitiés sont toutes — en mots! E t\ncombien de livres, et combien — même — d’héroïsmes!\n       Les éloquents sont, effroyablement, dupes des mots. De\nleur esprit, les mots sont descendus en eux-mêmes; ne com­\nprenant plus leur cœur. Ils participent ainsi à la vie de tout\nle monde, excepté à leur propre vie. L eur égoïsme est un\nréel amour du prochain; quand ils parlent d ’eux-mêmes, ils\nparlent toujours — des autres. Ils sont aisément reconnais­\nsables; ils profèrent avec joie et confiance les mots : vérité,\nabsolu, social, humanité, Dieu, car ils ont, même de Dieu,\nfait un mot! E t ne pouvant savoir que nos croyances réelles\nne font qu’effleurer en nos cerveaux et résident dans nos\nentrailles, ces éloquents travaillent à nous convaincre.\n      Ils nous prêchent abondam ment leurs morales, leur art\net leur religion. Oh! ces pauvres endimanchés qui professent\nl’élégance! Ils connaissent le silence, non le mutisme. E t\n"}, {"page_pdf": 278, "texte": "                                          — 271 —\n\np e n d a n t le u rs s ile n c e s , ils font d es li v r e s , so u v e n t. D e s liv r e s\ns in is tr e s , où se d é c r iv e n t c o p ie u s e m e n t d e s c ie u x , d es a r c h i­\nt e c tu re s, d e s g e s te s , d e s p a y s a g e s , to u t l’e x t é r ie u r d e la v i e ;\noù l’on ne r e n c o n tre j a m a i s des m o ts h u m b le s , m a la d r o it s ,\np r e s q u ’a p h o n e s, a u x q u e ls on p u is s e o u v r i r son c œ u r. Ils font\nd e s liv r e s s a n s a u c u n e ir o n ie ; j a m a i s on n ’y s en t l’au te u r\njo u e r a v e c ses p e n sé e s c o m m e un e n fa n t a v e c d es o ss e le ts ; on\nne le v o it p o i n t , s o u r ir e , d e r riè r e un m a s q u e , d e s é m o is et d es\ng r a v it é s , du le c te u r b é n é v o le . C a r ces é lo q u e n ts se d o n n e n t,\nto u t en tie rs, d a n s les m o ts. L e s m o ts, ces to n itr u a n te s et\nl a m e n t a b le s m u s iq u e s , o r ip a u x h a illo n n e u x d e p a r a d e s s u r\nles t r é t a u x — d e la g l o ir e !\n         Il fau t s o u r ir e d e c ela, a v e c un peu d ’iro n ie , sa n s m é p r is\net s a n s m a lig n it é . C a r ces p a u v r e s ig n o re n t la b o n n e v o lu p té\nd e se g a r d e r p o u r e u x - m ê m e s . « I l est en m o i-m ê m e d e g r a n d s\nd io c è s e s » d i s a i t F é n é lo n . P a r c o u r o n s les d io c è ses d e nous-\nm ê m e s , en bon a r c h e v ê q u e , c o n fo n d a n t rich e s et p a u v r e s d a n s\nu n e m ê m e b é n é d ic tio n . L a v ie est p a r to u t s e m b l a b le : n o u s\np o u v o n s la v iv r e in te n s é m e n t — et si n o u s le v o u lo n s : h é r o ï­\nq u e m e n t — s a n s la c o n v e r tir en m o ts . E t p u i s q u ’il est n é c e s ­\ns a i r e d e la p im e n t e r d ’un peu d e so u ffra n c e , ne p o u vo n s-n o u s\na u s s i n o u s m e u r trir , et s a ig n e r , et s a n g lo t e r é p e r d û m e n t —\ns a n s a b a n d o n n e r n otre t r a n q u i lle s o u r ir e et n otre v o ix\nc o u tu m iè r e ?                                                L éon W éry .\n\n\n\n\n                    Au Salon des Indépendants.\n\n        P o u r u n S alon qui n ’est p as v enu le prem ier, voici d écidém ent un\nS alo n qui n ’est pas le p rem ier v enu, L a critique s’est p lu e à s’étonner\nq u ’en ces tem ps canicu laires et d ’indifférence p u b liq u e , ce cercle de\nje u n e s artistes ait eu le courage de b rav er to u t cela, dan s u n « q u an d\nm êm e » ad m irab le D ’ab o rd l’ont-ils choisie, cette date n éo-m ondaine et\ncette chaleu r suffocante? M a foi, q u a n d o n n ’a pas c e que l’on aim e il faut\nb ien aim er ce que l’on a ; d ’a u tre p a rt, la jeunesse q u ’on leur prête\n"}, {"page_pdf": 279, "texte": "                                           —   272 —\n\n   n ’est-elle p as la caractéristiq u e de leu r en têtem ent (d’ailleurs louable) et\n   pouvaient-ils, si b ien p rép arés, si ard en ts et si jeu n es, piétin er ju s q u ’au\n   p ro ch ain h iv er? R aiso n ab lem en t non, n ’est-ce pas?\n          Aléa jacta.est, et dès lors to u t alla p o u r le m ieux dans le m eilleur des\n   m on d es. A vant to u t, je tien s à reco n n aître que ces je u n e s artistes tien n en t\n   h o n n êtem en t la prom esse de leu r titre et q u e leur S alon est d ’une in d é p e n ­\n   dan ce, j ’allais dire an arch ie, p resque tou ch an te.\n          Q ue ce salon fu t in d isp en sab le et a tte n d u ? Je n ’oserais l’affirmer, q u ’il\n  s’écartât consid érab lem en t de ses p récéd en ts confrères, je ne l’affirm erais\n  davan tag e, et c e p en d an t à le p a rc o u rir on est ravi p a r son agréable\n  diversité. M ais ce charm e com ble à p ein e u n e p réd isposition à la décou­\n  verte d ’œ uvres originales ou de juvén ilités au d acieuses. On est très étonné,\n  presq u e déçu de trouver là des sagesses de sep tu ag én aire ou néanm oins\n  des p récau tio n s inestim ables.\n          M. Fr. Bauek s ’écarte le p lu s h e u reu sem en t des susdites ré p ré ­\n  sailles, son art n ’est destiné q u ’à u n e élite et bien peu discern ero n t la\n  pensée et la p hilosophie qui p résid e à son œ uvre. Il y a d an s u n de ses\n  dessins, in titu lé le Juge u n e telle science, u n e telle volupté de m atière, une\n  telle recherche d ’âm e que je n ’hésite p as à le tenir p o u r u n e des plus belles\n  têtes d ’expression que j ’aie vu. L ’Assassiné, Le Corridor d'une maison mortuaire\n  et Le Philosophe sont des pag es épiques d u plus g ran d effet et son try p tiq u e\n  Le petit village receuilli est d ’u n bien joli sen tim en t.\n         J e veux aussi faire l’hom m age ém u d ’u n e sincère adm iration po u r les\n  œ uvres de feue Mme E va Beauck que j ’estim ais, m algré quelques\n faiblesses, com m e u n curieux tem p éram en t et u n e n atu re d o ucem ent\n m ystérieuse.\n         Mlle A. M igeotte — experte en l’art de tein d re et de repousser le\n cuir, parfois originale et toujours distinguée, n o u s donne une som ptueuse\n série de liseuses, b u v ard s et porte-feuilles. S on b u v ard Méduses et Algue, est\n d ’un effet totalem ent heu reu x .\n          M me Thérèse Van H all, — ne m an q u e pas elle de cette audace que\n j ’aim e aux d éb u tan ts, m ais, m algré des qualités considérables, je suis bien\n obligé de d ire q u e ses œ u v re s, à p a rt Vieille femme et le M odèle pour une figurine\n en ivoire. m e p araissen t q u o iq u e voulues, d ’une d u reté bien désagréable.\n         P u isq u e j ’en suis à la scu lp tu re, g ro u p o n s-en la critique et adm irons\n com m e elles le m ériten t, les œ uvres de M. Eug Canneel. Je regretterais\n l’exposition de sa figure tom bale, si elle n ’avait été p o u r m oi, un précieux\n docu m en t à opposer à ses d ernières études. D an s Domination il y avait déjà\n de vélléïtés de vie et de talen t, m ais toutefois ne faisaient-elles pas prévoir\n les im m enses progès que révèlent le buste de M . J . M . C. et celui d'une jeune\nfille. Si j ’en avait le loisir, je citerais to u te l’œ uvre dernière de M . C anneel,\n sans ta rir d ’éto n n em en ts su r ses rap id es p rogrès, et d ’éloges sur ses p ré ­\n cieuses prom esses d ’avenir.\n         L a p e in tu re est aussi très d ig n em en t représentée.\n"}, {"page_pdf": 280, "texte": "                                      — 273 —\n\n       M. Eugène M ahaux, très distin g u é, avec son Peignoir rose qui\nrap p elle, en sa sub stilité et sa finesse, celui de la V énus de T hom as, et le\nChenal à Nieuport, d ’u n e jolie ten u e et d ’u n e agréable sim plicité.\n       M. Pirenne s’affirme consciencieux avec L a porte — et su rtout, ô\nsu rto u t avec l 'Atelier, d ’u n e rare intim ité et d ’u n e si voluptueuse atm o ­\nsphère.\n       D e M. René Deman, rem arqué : Les Barques (N ieuport) d ’une\nd iscrétio n p eu b an ale, Soir gris u n e petite im pression pleine de sentim ent,\net la « Forth » Grangemouth, bien fine de co u leur et d ’un am u san t procédé.\n       P u is encore, Gustave De Smet — avec dans sa m erveilleuse série\nd ’étu d es, d eux p ochades que je me perm ets d ’in titu ler Kermesse de Village\ne t A u Jardin du Rêve.\n       Alex. Denonne n ’expose que deux g ran d es toiles, qui p o u r n ’être\nqu e d eux n ’en so n t que plus rem arquables. Rêve d'avenir su rto u t, avec une\nexpression bien observée de fem me de p êch eur s’im pose à l’adm iration,\np a r ses sobres qualités de coloriste.\n       J. D elsaux expose des cadres d ’u n e originalité m onotone qui font,\ns’en doute-t-il, g ran d tort à ses œ uvres. J ’en ai deviné quelques-unes qui,\nm ieux présen tées, eussen t m érité u n e m ention, q u ’est venu com prom ettre\nle m auvais g o û t de cette ch arp en terie. J ’espère p o u r M. D elsaux q u ’il est\nl’in n o c e n t esclave d ’une volonté de bourgeois.\n       D e M. W . J elley quelques bonnes im pressions parm i lesquelles\nChaumière le Soir et la Plage la N uit.\n       Marcel Jefferys, pein tre h abile et b ien doué, observateur sérieux\net p alette savoureuse, Nuées d'orage, Choses japonaises et son Etude de Ciel\ntém o ig n en t de toutes ces qualités.\n       E n fin M M . M aurice Sys avec Cale sèche à Ostende et deux excellentes\nsan g u in e s; Fernand Lantoine avec Bruxelles, Neige, Théâtre et Soir de fête;\nHubert Glansdorf avec u n audacieux portrait de violoniste arménien ; Roes-\nsingh avec Les Bouleaux et Marneff et O. P etyt com plètent non sans talent\net sans in d ép en d an ce ce d ern ier Salon.\n                                                                    M. A n g e n o t .\n                                          * **\n      Séances m usicales. — A rem arq u er celle du 27 ju illet où se sont\nfait e n ten d re d ans leurs œ uvres M M . les com positeurs L . B ouserez et\nF r. B eauck. Ce d ern ier s’est fait ch aleu reu sem ent a p p la u d ir d a n s Trois\nimpressions ainsi que dans Prélude pour un Stabat Mater exécuté par\nM lle A. C holet d o n t le je u se colore de jo u r en jo u r. M me R aquet-D elm ée\navec u n e jo lie ém otion et u n ta le n t très p erso n n el a d it et c h an té à m er­\nveille deux im pressions de M. F r. B eauck. M. L . B ouserez d o n t le talent\nn ’est p lu s à révéler à nos lecteu is, n o u s a p résen té deux lieders fraîchem ent\ncom posés, ch an tés p a r Mme R aq u e t-D e lm é e, p u is u n Moderato et u n Zondag’s\nmorgens enlevés avec talen t p a r Mlle C holet et l’au teu r.\n"}, {"page_pdf": 281, "texte": "                                                          — 274 —\n\n             A p rè s c e tte b r illa n t e      séance n o u s a v o n s e u , le 4 a o û t, u n e a u d itio n\n   d ’œ u v re s a n c ie n n e s . N o u s a v o n s eu le p la is ir d 'e n te n d re M . F r . B e a u c k ,\n  u n b a r y to n à la v o ix la rg e e t s o n o re , M . V a r l ez d a n s q u e lq u e s a irs ita lie n s ,\n  u n je u n e v io lo n c e llis te ,         M.     C h o le t,        qui   a e x é c u té     avec       ta le n t      deux\n  g a v o tte s de B a c h e t d e u x g e n tille s s a ra b a n d e s . A c ite r e n c o re q u e lq u e s\n  a irs ,     dont un          du   X V I e s iè c le      v r a im e n t c h a rm a n t.        E n f in    nous        avons\n  a p p la u d i M       J o a c h im d a n s d e u x fa b le s de L a F o n ta in e .\n            L a d e rn iè re séance m u s ic a le , d o n n é e le 6 a o û t, p a r les Indépendants, f u t\n  d ig n e d ’éloges. A u d it io n d ’œ u vre s de M F r e m o lle (in te rp ré té e s p a r M . A d .\n  B e a u c k ), de M .          H e n u s s e trè s a p p la u d i, d e M . E e c k k a u te ,               ce d e r n i e r\n  m e r v e ille u x m u s ic ie n        de b e a u c o u p d ’a v e n ir ; ses m é lo d ie s s u r q u e lq u e s\n  p o è m e s de M a r lo w s o n t e x c e lle n te s , M lle F a n n y C o lle t les a c h a n té e s d ’u n e\n  v o ix v r ib r a n t e e t é m u e .\n            M . F r . B e a u c k a ve c l ’é m o tio n e t le s e n tim e n t q u i c a ra c té ris e n t ses\n p e in tu r e s , n o u s a p ré s e n té u n p o è m e a d m ir a b le de C . L e m o n n ie r , d o n t la\n m u s iq u e est s in g u liè r e m e n t v ig o u re u s e e t im p re s s io n n a n te . C e tte d e rn iè re\n  œ u v re é ta it c h a n té e p a r M . A d . B e a u c k .\n            E n ré s u m é , u n e s u ite de b e a u x c o n c e rts , o ù se s o n t f a it e n te n d re de\n je u n e s ta le n ts trè s p r o m e tte u r s .                                     Fernand          B o rd ie r.\n\n                                                                 *\n                                                             *       *\n\n\n\n            C o n fé r e n c e de Poë à        Wells, par T H E O V A R L E T — D ’u n e fa ç o n q u i\n fa is a it d é p lo r e r la p é n u r ie des a u d ite u rs , T h é o                  V a r le t   en u n e la n g u e\n c o rre c te e t re c h e rc h é e n o u s a m e rv e ille u s e m e n t p a r lé p e n d a n t p rè s d ’ u n e\n h e u re , des p o è te s d u M e r v e ille u x . E n te rm e s c la irs e t p ré c is i l é t a b lit e n tre\n P o ë e t W e lls u n in té re s s a n t p a ra llè le , i l d i t la m a n iè re de ce d e r n ie r e t\n c ’é ta it u n ré g a l de lu i e n te n d re ré s u m e r les p lu s m inifiq u e s c o n c e p tio n s de\n ces s u b lim e s v is io n n a ire s .                                                                     M . A.\n\n\n\n\n                                         LES LIVRES\n\n\n      Le       d it   d ’u n   p rin te m p s ,     p a r M . P i e r r e G é r a r d . — L u i n e m a n q u e p o in t\nd ’id é e s : il e n a tr o p , s u r to u t d e s a u g re n u e s . Il e s t p ro lifiq u e a u ta n t q u e le la p in ,\nc e la p in q u 'il a im e a u p o in t d e lu i c o n s a c r e r u n e g r a n d e p a r tie        d e s o n liv re .      Il\nse tro u v e q u e M . P i e r r e G é r a r d e s t m o n a m i : n o tr e a m itié d a te d e R èvtia l, c e rc le\nd ’a r t q u e n o u s c r é â m e s à    L o u v a in e t d o n t fa is a ie n t   p a r tie   F ern an d    S é v e rin    —\nq u e M . G é r a r d s ’o b s tin a it à a p p e le r m aître, ce q u i n a v r a it S é v e rin — H e n r i B r a u n ,\nle b o n g r a v e u r — q u i est b é n é d ic tin a u jo u r d 'h u i — M a u ric e D m v e z ,            e t d ’a u tr e s .\n"}, {"page_pdf": 282, "texte": "                                                              —     275 —\n\n\nA cet       époque         M.     P ie rre       G é ra rd    a v a it    d é jà     d e s p r é d is p o s itio n s     aux    in v e n tio n s\nb is c o r n u e s ... M a is je v o u s le r e p è te , M . P ie r r e G é r a r d e s t m o n a m i : j'e n d ir a i le\nm o in s d e       m a l p o ss ib le .   J ’y     ai   q u e lq u e     m é rite ,      d 'a b o r d   p a r c e q u e so n      liv re e s t\nto u t-à -f a it m a u v a is , e t e n s u ite p a r c e q u e M . P i e r r e G é r a r d a u n e x c e lle n t c a r a c tè r e .\n       J 'a v o u e n 'ê tr e p a s p a r v e n u à a v a le r j u s q u ’a u b o u t le v o lu m e c o p ie u x d u p o è te ,\nil y e n a tro p , o n éto u ffe! E t p u is je m e s u is h e u r té                                   ses v e rs c o m m e c e u x -c i\n(je ... b ê c h e , a u h a s a r d ! ) :\n\n                  ...T ro u p e hàrcelant l'h iver, p a r l'hiver harcelée...       ( 13 p ie d s.)\n                  ...O n d ira it que le dieu de ses dents d'or nous m a n g e!...\n                  ...N 'entendre hurler les vents autour des revenants... ( 13 p ie d s .)\n                  ...F lo t, (toi) qui v ê t . . (sic)\n                  ...N o u s désirons cesser, d'une robuste envie,\n                     De boire a u x eaux du Temps l 'inconstante énergie... (?)\n                  ...F us-je assez fr a n c , fu s-je assez bon?\n                     A ssez charitable, le fus-je ?\n                  ...L e soleil éclairant ce sang plus ou moins fo r t,\n                      Le f a i t couleur d'or clair ou couleur de sombre or...\n                  ...L 'o m b re qu'on a v u (sic) s'avancer...\n                                                                  ... L e s o i r ,\n                     Ils (les anges) d é j e u n a i e n t d ’oiseaux qu'ils cuisaient aux étoiles !!!\n\n      Il y a dans               ce re c u e il u n m o rc e a u q u e je v o u s                        re c o m m a n d e .          Il e s t in titu lé :\nL a vengeance du Comte —                  M . P i e r r e G é r a r d a le g é n ie d e s titre s ! — e t v o u s r e p o r te\na u x p lu s b e a u x jo u r s d e M . C h a rle s M é ro u v e l!\n      Je ne vous              c ite r a i a u c u n e p iè c e e n tiè r e d e M . P ie r r e G é r a r d :               j e v o u s ai d it\nn ’est-ce p a s , q u ’il est m o n a m i...\n      J ’o u b lie d e v o u s in fo rm e r q u e j'a i tr o u v é u n b e l h é m is tic h e :\n                                                   I l p le u t tr a n q u ille m e n t...\n      L 'a d v e r b e e s t jo li   to u t p le in : m a is u n h é m is tic h e s u r 232 p ag e s — il y e n a\n232 ! — v r a im e n t, c e n ’e s t p a s a s s e z ...\n\n\n\n\n      Le P aon,            par    F ra n cis       de    C r o isset.      — M . F rancis               de Croisset s’e s t im a g in é\nq u e d e m e ttre les v ie ille s c u lo tte s d e               M .    R o s ta n d , c e la lu i d o n n e r a it d u g é n ie .          Il\ns'e st tro m p é p o u r d e u x ra is o n s : d 'a b o r d les c u lo tte s d e                  M .   R o s ta n d n e lu i v o n t p a s\ne t e n s u ite    M.    R o s ta n d n ’a p a s        du    g é n ie , il        est    d e l’A c a d é m ie      fra n ç a is e , c e q u i\nn 'e s t p a s la m ê m e c h o s e ... V o u s sa v e z               n ’e s t-c e p a s      que      B o u rso u fle n e s t     p as de\nM.    F r a n c i s d e C ro iss e t : c e t é c r iv a in a im e à e m p r u n te r ... S im p le m e n t p o u r fa ire\nle c o n tr a ir e d e se s       a n c ê tr e s , p r o b a b le m e n t ?.. L is e z le P a o n ; si v o u s n ’a v e z v r a i ­\nm e n t r ie n à f a ire . S u r to u t n e v o u s a tte n d e z p a s à tr o u v e r p ro fit o u m ê m e a m u s e ­\nm e n t d a n s c e tte      le c tu r e , je v o u s r é p è te , c ’e s t d u m a u v a is R o s ta n d ...                c e q u i n ’est\np a s p e u d ir e !                                                                            F .-C h a r l e s      M o rissEa u x .\n"}, {"page_pdf": 283, "texte": "                                                                          —       276 —\n\n\n\n\n                                           Petites Nouvelles.\n\n           M on receuil, re v u e               d ’a r t   d r a m a tiq u e ,      o rg a n ise       un     c o n c o u rs d e m o n o lo g u e s                en\n     v e rs e t e n p ro s e . P o u r to u t r e n s e ig n e m e n t s 'a d re s s e r 28, r u e V a n H a s s e lt, B ru x e lle s .\n\n                                                                               * **\n           N o u s a v o n s r e ç u l ’A nn u a ire de la Presse, u n f o rt v o lu m e ,                                  b o u r r é d e r e n s e ig n e ­\n     m e n ts u tile s o u s im p le m e n t in té r e s s a n ts , s u r                   la P re s s e         p é r io d iq u e e t q u o t i d i e n n e ,\n    m o n tra n t le c o lo ssa l effo rt d e la P re s s e b e lg e , q u i tie n t d ig n e m e n t p la c e , à c ô té de\n    l a P re s s e é tr a n g è r e .\n                                                                              * **\n           U n e n o u v e lle re v u e m e n s u e lle , d é jà trè s v iv a n te , v ie n t d e n a îtr e à G a n d                                        : La\nT      ribune artistique, r é d a c tio n : a v e n u e                     des      A rts,      25,        G and.        —    N os         s o u h a its        trè s\n    c o n f ra te rn e lle m e n t.\n                                                                              ** *\n           V o ic i le s o m m a ire d e l 'idée L ibre : L é o n                           W ery       : Le         c r itè r e      r é a lis te    en a rt ;\n    P r o s p e r R o id o t : A m o u r ( v e rs ); J e h a n R ic tu s : M o rt d ’E r n e s t, sin g e d e le t tr e s ...;\n    L . B r u n e ta u x : L e s U n iv e r s ité s               p o p u la ir e s à P a r i s ;           L é o n L e g a v re : V e r s ; C ô te -\n    D a r ly : L ’île d e S e rk ; L o u is P i e r r a r d : C a lv a ire , S a in te - B a r b e (vers) ; Y ves M ic h e l :\n    L a S è v e ; C h r o n iq u e s .\n                                                                              *\n                                                                                  **\n          L ’A rg u s de la Presse lit e t d é p o u ille c h a q u e                         jo u r     p lu s      de     D IX         M IL L E           jo u r­\n    naux,      re v u e s ,    illu s tré s ,      p é r io d iq u e s      f ra n ç a is   ou     é tr a n g e r s .     —        T é lé p h o n e      102.62\n    P a r is - P r o v in c e - E tr a n g e r . — A d re ss e té lé g r a p h iq u e : Acham bure-P aris. — E c r ir e r u e\n    D ro u o t, 14, P a r is .\n                                                                              * **\n          N o u s a v o n s le p la is ir d 'a n n o n c e r à n o s le c te u rs , q u e M . L a fitte q u i                                         c ré a ,     à\n    l’O p é r a d e P a r is , p lu s ie u r s rô le s, n o ta m m e n t c e lu i S iegfried, ce sse m o m e n ta n é m e n t\n    d ’ê tr e le p e n s io n n a ire d e M . G a ilh a r d , e t v ie n t a u t h é â t r e                            d e la M o n n a ie , a p p e lé\n    p a r u n b r illa n t e n g a g e m e n t.            M me          L a fitte e s t en g a g é e         à      la     M o n n a ie , e n          m êm e\n    te m p s q u e so n m a ri.\n                                                                             * **\n          L ir e d a n s la Jeune Revue Sportive d u m o is d 'a o û t, les trè s in té r e s s a n ts p r o n o s tic s ,\n    a in s i q u 'u n e n o u v e lle : Le Pendu, d e M                           d e C h a m b é ry . C o m m e n t                  c e fa it-il q u 'u n\nm o n s ie u r, se p iq u a n t d e litté r a tu r e , é c riv e d a n s c e tte fe u ille d e c h o u ... e t d e c o u rse s .\n\n                                                                             * **\n          P a r s u ite       d e l'a b o n d a n c e       de     m a tiè r e s , n o u s n o u s v o y o n s fo rc é s                    de       r e m e ttr e\na u x n u m é ro s s u iv a n ts , les E tu d e s d u Branle, d ’H é lè n e C a n iv e t, d e s Rythmes de douceur,\nd 'E m ile D a n tin n e , d u T ra ité de l’Occident, d ’A d r ie n M ith o u a r d , d e s Visages de décadence,\nd e D u m o n t W ild e n e t d e l ’Am e des N ôtres, d e J u le s S o ttia u x .\n\n                                                                              ***\n     Maison DAMHAY ; p ap eterie de la poste, ru e de l’A rb re-B é n it, 109,\nIxelles, Agence Postale 10.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 15, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1904-09", "signet_source": "Deuxième année - N°16 - Septembre 1904", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 268", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}