{"numero_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-001", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "JEUNE EFFORT M archer franc dans la vie", "ancre_fin": "dire ce qu'on pense.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "S o m m a ir e :", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 332, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 129, "texte": "JEUNE\n           EFFORT\n      M archer franc dans la vie,\n    et dire ce qu'on pense.\n\n\n\n\n                             "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-002", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "S o m m a ir e : J u lie n D i l l e n s", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 332, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 129, "fin_caractere_exclue": 2270, "texte": "S o m          m      a ir e          :\n\n\nJ u lie n D i l l e n s ............................... L o u is D u m o n t - W i l d e n .\nP lu s lo in q u e le s g a r e s , le s o ir E m i l e V e r h a e r e n .\nE n r ê v a n t .................................... M a r i e - T h é o d o r e F r a n c k\nA y e z P i t i é .................................... G a s t o n P u l i n g s .\nR eferen d u m s u r l'A m o u r p a s s io n n e l.\nL iv r e s :\n  L A m a n t passionné                           . ..JU\n                                                       K;\n                                                       C\n                                                       O\n                                                       B\n                                                       S\n                                                       E\n                                                       L\n   T ro Is plaquettes (E .-P e Ls) .             . .\n  Le Cœur de F rançois Remy                      . . G    A\n                                                          S\n                                                          T\n                                                          O\n                                                          N\n                                                          P\n                                                          U\n                                                          L\n                                                          IG\n                                                           S                     .\n  Les M asques..........................................i\nE x p o s itio n : A la Galerie Boule . A n d r é L i z i n .\nM u siq u e :\n   Le Jongleur de Notre-Dame                .       . . R . L y d a im e .\n   Séances E ngel-B athory  .               .       . . M . A ngenot.\nP la t e C a s e ................................ Jeune E ffort.\nN o u v e l l e s ..................................... Jeune E ffort.\n\n\n\n\n                     Ce n u m é r o : 3 0 cent.\n\nD e u x iè m e      A nnée.        N°     20-21.               Janvier-Février 1905 .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-003", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Rédaction, administration et abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "J eune E ffo rt M E N S U E L", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 333, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 1184, "texte": "J eune E ffo rt\nM   E N S U E L      D ’A   R T        E T       D E        L I T T É R A T U         R E\n\n          Affilié à l’Association des J o u r n a u x périodiques belges.\n    O RG A N E D ES JE U N E S , O U VERT A TO US\n                        Paraissant le ler du mois.\n\n\n\n\nFondateurs: G.        P   u l in g s   —    J.   B o c k —    L.    d e   C asem broot\n\n                                  F.    B o r d ier\n\n\n\n\nRédaction et administration :\n                          5 , R u e    du    C o u ven t,    I x e lle s - B r u x e lle s .\n\n\n   Pour la Critique d’art et les Théâtres, adresser les\ncommunications rue Goffart, 40.\n\n\n\n     Toute souscription d ’au moins 2 francs pour la Belgique,\n3 francs pour l’étranger, donne droit à un service de douze\nnuméros.\n\n\n     Il sera rendu compte de tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n     Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n     Nous autorisons la reproduction de nos articles sous la\ncondition expresse d’en indiquer la source et le nom de\nl’auteur.\n\n\n     La Revue, laissant la plus grande liberté à ses collabora­\nteurs, ne prend pas la responsabilité des articles qu’elle insère.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-004", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 331, "page_fin": 332, "titre_corps": "Julien Dillens", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "L. Dumont-Wilden.", "ancre_debut": "JU LIEN D IL L E N S ’e s t une physionomie car", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 334, "page_imprimee": 331, "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1541, "texte": "JU LIEN        D IL L E N S\n\n    ’e s t  une physionomie caractéristique et singulière de\nC        l’Art belge contemporain qui disparaît avec Julien\n      Dillens. Il représentait très complètement un aspect\n précieux et fugace de la tradition artistique flamande.\n D ’autre part, à une époque où la sculpture s’oriente de\n plus en plus vers une conception purement expressive,\n à un moment et dans un pays, où ceux des artistes\n qui ne se contentent pas de montrer plus ou moins\n de virtuosité en des études agrandies qui n’ont guère\n que l’intérêt du morceau, cherchent à donner à la sta­\n tuaire la valeur en soi, la puissance d ’émotion du\ntableau de chevalet, il assignait à son métier une place\nà la fois plus glorieuse et plus modeste. Fidèle à la\nconception des grandes époques de l’Art sculptural, il le\nvoulait fidèle serviteur de l’architecture, ne considérait\nses admirables bustes, ses portraits si singulièrement\nvivants, ses délicieuses statuettes d ’ivoire, que comme des\npasse-temps, n’attachant de véritable importance qu’à la\npartie de son œuvre qui concourt à l’ornementation des\nmonuments publics, au charme de la rue, à la beauté\nde la vie nationale.\n      Avec l’exclusivisme de tous les artistes créateurs, il\nprétendait que la statue ne se peut concevoir isolée, et\nrêvait un retour à la hiérarchie des arts plastiques sous\nla domination de l’architecte.\n     Cette conception, chez Dillens, n’était, du reste, que\nla résultante d ’un instinct.\n     Ce tailleur de marbre était un décorateur né. C’est\n"}, {"page_pdf": 335, "page_imprimee": 332, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1966, "texte": "                            —   332 —\n\n\npar l’ampleur, la générosité, la richesse de la ligne\ndécorative que valent ses principales œuvres : Le Silence\nde la Tombe, qui orne l’entrée du cimetière de Saint-\nGilles, les bas-reliefs du Palais de Laeken, les sculptures\nde l’Hôtel-de-ville de Reims, certains groupes de l’Hôtel-\nde-ville de Saint-Gilles, les « lansquenets » de la Mai­\nson du Roi, les figures latérales du monument Anspach,\nla pittoresque orfèvrerie du monument T S      ' erclaes. Ce n’est\npas à dire que la beauté de ses œuvres fut unique­\nment extérieure : il y a en elles une beauté profonde,\nune vie féconde et joyeuse, triomphante et somptueuse\nqui fait songer à Rubens.\n     Et, par là, Dillens était bien Flam and, non pas de\nla lignée truculente et rustique des Jordaens et des\nTeniers, mais de celle des Van Dyck. Son art expri­\nmait la joie de vivre, la libre sensibilité d ’un peuple\nexpansif et vigoureux, mais cette sensualité se relevait\nde grâce et d ’élégance. Le barbare en lui s’était civilisé au\ncontact de l’Italie, éternelle éducatrice, et sa vigueur germ a­\nnique s’adoucissait d ’un sourire.\n     L a conception sculpturale de Dillens était servie par\nle metier le plus sûr, le plus souple et le plus sincère, qui se\npuisse imaginer. Il était de ceux, du reste, qui considèrent\nque l’éducation d ’un artiste n’est jamais terminée. Sa\nvie, fut toute de travail : il n’eut pas le temps d ’avoir une\nbiographie. A peine s’il coupait son labeur incessant de\nquelques voyages où le Flam and, qu’il était, contentait cette\npassion du Sud, qui hante toujours ceux qui naquirent sous\nun ciel septentrional. Aussi son œuvre est-il considérable. Il\nest associé à la beauté vivante des villes, à la nouveauté\ndes monuments, à la gaîté des jardins et squares; il est\ndurable et fécond parce qu’il porte, unis en lui, le respect\n d'une tradition et le souci d ’une nouveauté.\n                                        L.   D umont-W il d e n .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-005", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 333, "page_fin": 334, "titre_corps": "Plus loin que les gares, le soir", "titre_sommaire": "Plus loin que les gares, le soir", "rubrique": "", "signature_source": "Émile Verhaeren.", "ancre_debut": "P lus loin que les gares, le Soir. L'ombre s'installe avec b", "ancre_fin": "ouvertes. E mile V erhaeren .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "EN R E V A N T", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 336, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 41, "fin_caractere_exclue": 1528, "texte": "P lus loin que les gares, le Soir.\n\n\nL'ombre s'installe avec brutalité,\nMais les ciseaux de la lumière\nA u long des quais, coupent l'obscurité,\nA coups menus, de reverbère en reverbère.\n\nLa gare et ses vitraux larges et droits\nBrille, comme une châsse, eu la nuit sourde,\nTandis que des paquets de suie et d'ombre lourde\nChoient des pignons et tombent des beffrois.\n\nE t le lent défilé des trains funèbres\nCommence, avec ses bruits de gonds\nE t le trimballement brutal de ses wagons\nS'entrechoquant — tels des cercueils — dans les ténèbres.\n\nDes cris ! — et quelquefois des tragiques signaux,\nPar au-dessus des bras et des gestes des foules,\nPuis un arrêt; puis un départ — et le train roule\nE l roule, avec son bruit de fer et de marteaux.\n\nLa campagne sournoise et la forêt sauvage\nL'absorbent tout à coup en leur nocturne effroi;\nE t c 'est le mont énorme et le tunnel étroit\nE t la mer toute entière, au bout du long voyage.\n\nApparaissent alors les bries légers et clairs,\nAvec leur charge d'ambre et de minerai rose\nE t le vol bigarré des pavillons dans l'air\nE t les agrès menus où des aras se posent.\n\nE t les focs roux et les poupes couleur safran\nE t les cables tordus et les quilles barbares\nE l les sabords lustrés de cuivre et de guitran\nE t les mâts verts et bleus des iles baléares.\n\nE t les marins venus on ne sait d'où, là-bas,\nPar au-delà des mers de faste et de victoire,\nAvec leurs chants si doux et leurs gestes si las\nE t des dragons sculptés sur leur étrave noire.\n"}, {"page_pdf": 337, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 639, "texte": "                                   —3 3 4 —\n\n\n             Tout le rêve debout comme une armée attend :\n             E t les longs flots du port pareils à des guirlandes\n             Ceignent d'écume et d'or les vieux bâteaux partants\n             Vers quelle ardente et blanche et divine Finlande ?\n\n             E t tout s'oublie — et les tunnels et les wagons\n             E t les gares de suie et de charbon couvertes —\n             Devant l'appel fiévreux et fo u des horizons\n             E t les portes du monde, en plein soleil ouvertes.\n\n                                              E mile V erhaeren .\n\n\n\n\n                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-006", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 334, "page_fin": 336, "titre_corps": "En rêvant", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Marie-Théodore Franck.", "ancre_debut": "EN R E V A N T", "ancre_fin": "p a r l ’a u te u r .)", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "H\\?e3 pitié.", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 337, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 639, "fin_caractere_exclue": 1923, "texte": "EN R E V A N T\n    ' a îrétouffant et chaud oppressait le poète. Lentement,\nL       pendant toute la journée, le soleil avait passé au-des-\n      sus de lui, chantant des gammes cuivrées de lumière rouge.\n      Son labeur fini, il rentra chez lui et referma sa\nporte avec une telle violence, qu’un frisson prolongea ses\nondes dans la cloison. Fatigué et troublé par la chaleur,\nil s’appuyait contre le mur froid, heureux de cette fraî­\ncheur. P ar sa fenêtre il apercevait ses voisins assis\ndevant leur porte, et déprimés par le soleil dardant sa\nforce finissante. Un petit vent qui se levait, lui venait\nlêcher le front; il s’approcha de sa fenêtre ouverte et\nsifflota comme pour appeler la brise. Il prit une chaise\nde bambou jaune et machinalement regarda la fumée\nbleue montant dans le couchant. E t ses pensées suivaient\nle vol de la fumée bleue et tout d ’un coup elles\nlui rappellaient la strophe que la veille, en pleine cam­\npagne, il avait composée :\n         L a prairie pleine de soleil s’étend devant moi\n         T ransvasant la chaleur dans le chemin de campagne\n         E t dans le sentier de sable.\n         Les sommets des collines découpent\n         Les gazons verts et les routes jaunes.\n         E t mon im agination bouillante fait sortir de partout des héros.\n"}, {"page_pdf": 338, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "                         —   335   —\n\n\n      Il s’arrêta. L a nécessité de trouver l’amour l’obsé­\ndait et pesait lourdement sur son cœur. Autrefois, dans\nsa famille, il l’avait connu. Mais ici, où la hâte machi­\nnale arrête tout élan de bonté, ici, où le pain quotidien\napparaît comme seul désirable, lointain et rare, ici, on\nne peut espérer que l'un se tourne vers l’autre, pour le\nrelever s’il est tomber, pour le consoler s’il pleure, pour\nle soutenir s’il chancelle dans cette lutte pour la vie,\nqui ne cesse qu’avec la vie.\n      Non, ju sq u’ici il n’avait pas trouvé cet amour léni­\nfiant. E t toujours restait inassouvi en lui le besoin béant\nd ’un être qui l’eût compris, auquel il eut pu dire sa\nvolonté d ’amour.\n     Longtemps il l’avait cherché, et maintenant il lui\nsemblait l’avoir trouvé. E t son âme le voyait en une\nauréole blanche.\n      E t il était doublement heureux, parce que celle qu’il\naimait était ouvrière et qu’il avait éprouvé un sentiment\ninconnu à trouver l’idéale et délicate sensibilité d’âme,\ndans cette nature peuple.\n      ... Se penchant plus profondément à la fenêtre, il\nfixait le coin éloigné de la rue, là-bas, et dans sa fixité\nil voyait se dresser l’image de l’aimée. Mais quand il y\nsongeait trop longtemps, ce qui lui arrivait lui parais­\nsait étrange.\n     Mais s’en était vite fait de ses réflexions! L ’amour\nne connaît que le présent; hier? il l’avait oublié, demain?\nil ne s’en préoccupait pas. L ’amour le tenait empoigné\ndans l’extase du moment. Rêvant, il regardait le ciel où\nles étoiles semblaient avancer et sauter d ’un bond dans\nle champ de son regard.\n     Intense, son amour comme un encens, enivrait son\nâme et alourdissait sa tête. E t soudain le décor de la\nville se fondait et disparaissait. Il était remplacé par\nune parcelle fantastique d’un monde légendaire. L a tour\nde briques rouges de l’église lui semblait la tour d’une\ncathédrale gothique, les cheminées des fabriques, les\nflèches de palais mystérieux, les gazomètres, des cou ­\n"}, {"page_pdf": 339, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 620, "texte": "                                                         —      336 —\n\n\npôles de mosquées. E t au milieu de ce rêve, une jeune\nfille svelte, glissait, fantomatique, dominant les tours et\nles flèches, s’avançait vers lui et le baisait au front.\nL e rêveur dormait...\n      L ’étoile polaire le fixait de ses rayons doux et bien­\nveillants, dans lesquels luisait une indéniable raillerie.\n                                                                M a r ie - T h é o d o r e    F   r a n c k .\n\n\n\n  ( T r a d u i t d u H o lla n d a is p a r l ’a u te u r .)\n\n\n\n\n                                                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-007", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 336, "page_fin": 338, "titre_corps": "Ayez pitié", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Gaston Pulings.", "ancre_debut": "H\\?e3 pitié. 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E n\n                                                                                r e c o n n a is s a n c e .\n\n\n                    Des cris se bousculant à ma fenêtre ouverte,\n                    Viennent tout envahir et tout bouleverser,\n                    Apportant avec eux la névrose et l'alerte\n                    Qui sont pour nous, humaine, des meurtrie) s.\n\n                   C'est une musique dolente\n                   De mort,\n                   Un tintamarre qui se tord\n                   E n notes lentes.\n                   Un quelconque mortel retourne dans la terre,\n                   Suivi de compagnons soiffards\n                   E t d'un orchestre de misère\n                   Massacrant du Chopin devant le corbillard,\n                   De l'ami qui f u t bon gaillard.\n                   Ces notes sont rompues\n                   Par des gens débauchés, d têtes de morue.\n                   A u x gosiers éraillés, rouillés par les boissons,\n                   Jetant dans les hoquets des lourdes trombones\n                   De criardes chansons\n                   Polissonnes.\n                   Puis passent des fiacres atroces\n                   Cahotant leurs roues de bois;\n"}, {"page_pdf": 340, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1513, "texte": "                           — 337 —\n\n Coupés par des tramways féroces\n Qui savamment cornent et sonnent leur émoi.\n E t tout cela haché par des jets de paroles\n Des bouts de phrases, des bouts de mots,\n Qui décernent aux sages et aux sots\n Des couronnes d’épines ou des auréoles.\n\n O h! ces bruits de passants ce va et vient\n Ces roulements fébriles, ces voix de camelots;\n Ces mots qui disent trop,\n Ou qui ne disent rien.\n N e peuvent-ils se taire\n Ces hommes,\n Avec leurs paroles libertaires\n De bète de somme.\n\n O h! races qui descendez des saltimbanques,\n Qui allez sans savoir ni par où ni pourquoi!\n Marchez droit sans mines grimaçantes\n Tous pour chacun, chacun pour soi.\n\nE t comme dans les temps antiques,\nQue l'art toujours franc, riche et nu,\nFlamboyant sous le chaume, ou sur les grands portiques\nFasse acclamer partout celui qui la conçu.\n\n\nM ais de nos jours, on parle pour ne rien dire,\nOn n ’a de respect que pour le veau d ’or\nE t quand un poète vient vous lire\nCes vers. Vous dites : Un fou! Encor.\n\nAyez pitié de ceux qui sont bons, charitables,\nQui veulent ici bas proclamer la beauté,\nQui dédaignent vos ors et vos filles délectables\nE t vos salons froids et vos tables\nE t vos digestions de Bouddhas bien rentés.\n\nFemmes nous vous avions louées, en vous voyant si belles,\nNous avions à vos yeux dédiés bien des vers;\nNous célébrions en vous la Vénus immortelle.\nM ais quand vous avez lu, dans nos cœurs entr'ouverts\nNotre idéal trop haut de poètes, d'apôtres,\nVous avez ri comme les autres.\n"}, {"page_pdf": 341, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1491, "texte": "                         —   338   —\n\n\nHomme nous t'élevions sur les choses humaines,\nAvec l’espoir de te guider vers le bonheur;\nTu nous a répondu par des blasphèmes\nA Dieu, à l'A rt, à nos cœurs.\n\n\nPitié foule, pitié pour ta pauvre âme,\nCar en nous accusant tu te condamnes aussi.\nSouviens-toi de la loi du fils de Notre Dame :\n« Aimez même vos ennemis. »\n\n\nHommes qui sur la terre avez tous à souffrir ;\nSouvenez-vous des jours heureux\nDe voire enfance, où vous pouviez de tout jouir\nSans nuls soucis, sans nuls tracas, toujours joyeux.\n\nQue ne suis-je semblable à vous petits enfants?\nIgnorants, candeur suprême!\nCes appels de détresse, ces cris affolants\nQui nous émiettent l ’âme en grande peine.\n\nPeu vous importent les bruits insensés du monde\nD u moment qu'à vos jeux on vous laisse tranquilles\nQue nul œil étranger ne vienne souiller l ’onde\nClaire de vos espoirs, l'amour de vos idylles.\n\nQue ne suis-je semblable à vous petits enfants?\nCar le remords n ’a pas troublé les innocents\nOh! les crimes, les crimes, que nous avons commis\nCrimes par les désirs, crimes par les luxures\nCrimes par tous les sens et par les volontés.\nLe serpent noir nous a couvert de ses morsures\nE t notre âme se meurt du venin détesté.\n\nPardonnez-nous Seigneur, car c’est pour vous qu'on dresse\nLa Cathédrale de la Beauté qui va naître\nExemple des marchands, des communs, des bassesses,\nOù l’A rt et la Beauté s’ordonneront vos prêtres.\n\n                                        G aston   P u l in g s .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-008", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 339, "page_fin": 339, "titre_corps": "Referendum sur l’amour passionnel", "titre_sommaire": "Referendum sur l’amour passionnel", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "REFERENDUM SUR L’AMOUR PASSIONNEL Le d e r n ie r liv r e d e C a m i", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 342, "page_imprimee": 339, "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 2194, "texte": "REFERENDUM SUR L’AMOUR PASSIONNEL\n\n     Le   d e r n ie r liv r e d e C a m i l l e     L e m o n n i e r , l' Amant\nPassionné, a r e m is m a g i s t r a le m e n t en lu m iè r e le p r o b lè m e\nde    l'A m o u r    en con flit a v e c l a          So ciété.\n         L e s réc e n ts d é b a t s s u r le d iv o r c e , a u x C h a m b r e s\nb e lg e et ita lie n n e , ont r e m u é les e s p r its s a n s les s a t i s ­\nfa ir e . I l n o u s a d o n c p a ru in té r e s s a n t en m ê m e t e m p s\nq u ’a c tu e l, d e d e m a n d e r a u x e s p r it s s u p é r ie u r s , d e B e l ­\ng i q u e et d e l’é tr a n g e r , ce q u ’i ls en p e n s e n t, e u x , q u e l’on n e\nc o n su lte p a s o r d in a ir e m e n t , q u a n d il s 'a g i t d ’é la b o r e r u n e\nlo i.\n         L e u r s r é p o n s e s é c la ir e r o n t s a n s d o u te ces q u e s tio n s\nsi c o n tr o v e r s é e s ; p e u t-ê tre se ro n t-e lles le p o in t d e d é p a r t\nd ’u n e n o u v e lle         lé g i s la t i o n ? P e u t - ê t r e les v e r ro n s -n o u s\na p a i s e r les c o n s c ie n c e s to u r m e n t é e s d e n os c o n t e m p o ­\nr a in s ? Q u i s a i t ? E n to u s c as, l’in d é n i a b le in té rê t q u i s ’en\nd é g a g e r a n o u s fa it e s p é r e r q u e n o tre a p p e l s e r a e n te n d u .\n\n\n                                 Q U E S T IO N N A IR E :\n\n     I. — L ’A m our fu t ja d is et su iv a n t les siècles, sensuel, chevale­\nresque, g a la n t, b a d in , sen tim en tal ; quel est a u jo u rd ’h u i son carac­\ntère ?\n      I I . — Il eû t ja d is su r les m œ u rs et su r le progrès de l’espèce\nu n e influence én o rm e. Q uel est a u jo u rd ’h u i son rôle dan s n o tre\nsociété ?\n    I I I . — V oyez-vous en l’am o u r, u n e force de n a tu re à trio m p h er\nde la m orale, ou b ien l’a m o u r et la m orale s ’acco rd en t-ils to u jours?\n      IV . — L ’a m o u r éta n t u n e       p u issa n te   force sociale, faut-il q u ’il\nso it su b o rd o n n é au x lois?\n    V.      — Q uel est votre avis su r le divorce ? et quels sont les effets\ndu divorce su r l’A m our?\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-009", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 340, "page_fin": 342, "titre_corps": "Livres", "titre_sommaire": "Livres", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LIVRES L ’A m a n t P a s s io n n é , p a r C a", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 343, "page_imprimee": 340, "debut_caractere": 142, "fin_caractere_exclue": 6444, "texte": "LIVRES\n        L ’A m a n t P a s s io n n é , p a r C a m ille L e m o n n ie r. I l a p a r u fo rt d rô le à M e R a c h ild e ,\n q u 'u n a m a n t        p u is s e m o u r ir d e p h tis ie . M o n D ie u , o u i,                       c ’e s t to u t a u s si       d rô le q u e\n c e lu i q u i m o u r r a it d 'u n e r u p tu r e d 'a n é v ris m e o u d e to u t a u tr e c h o s e ; à p a r t la d r ô ­\n le r ie d e la m o rt, je n e v o is p a s b ie n c e q u i a p u r é jo u ir e t s tu p é fie r M e R a c h ild e ,\n dans       c e lle      de    l ’a m a n t p a s s io n n é . Q u e           cet        hom m e          d e c o m p le x io n f a ib le m e u r e\n p h tis iq u e       d ’a v o ir tr o p       a im é , il     n 'e s t là      r ie n q u ’u n e c h o se n a tu r e lle ; d è s lo rs, je\n n e v o is p a s le b ie n fo n d é                 du      rire de         M e R a c h ild e .            E t p ré c is é m e n t,        c e tte m o rt\n n a tu r e lle a jo u te à la b e a u té e t à la fo rc e                           d e l’œ u v re . S i, a p r è s           u n é c la t, l’a m a n t\n m o u r a it d e la m a in d u m a r i, le d e u il d e s a m a ître s s e , s a n s p o u v o ir é c la te r p u b l i ­\n q u e m e n t, tr o u v e r a it p e u t- ê tre u n e c o n s o la tio n , u n e a m itié a c c u e illa n te à s a d o u le u r .\n M a is si so n a m o u r a d u ltè r e                 r e s te s e c re t, le jo u r d e la m o rt d e l ’a im é                          il lu i fa u ­\n d r a p e u t- ê tre fig u re r e n u n e                g ra n d e     c é ré m o n ie m o n d a in e , e t s o u r ir e              a u x fa c é tie s\ns p ir itu e lle s d ’u n q u e lc o n q u e p ilie r d e sa lo n .\n        V o ilà ce q u e L e m o n n ie r m e t e n lu m iè re . S o n                              but      ne      fu t      p a s d e m e ttr e e n\nr e lie f la       fa u sse p o s itio n         de deux           d iv o rc é s       a im a n t        chacun       d e so n        c ô té , m a is la\nd o u le u r d u n h o m m e q u i                s e n t la     m o rt,      qui        a im e d ’u n        a m o u r é g o ïs te e t q u i s ’e n\nr e n d c o m p te , e t ce lle d 'u n e fe m m e q u i, v o y a n t                           so u ffrir     so n a m a n t, n e            p e u t r ie n\np o u r le s a u v e r. E t c e tte d o u le u r e s t p e u t- ê tre le c h â tim e n t d ’a v o ir tro m p é !\n       C e tte        p ré o c c u p a tio n      p a s s io n n e lle     s'e st      m o n tré e       so u s    d iffé re n te s     fo rm e s         d é jà\nd a n s l'œ u v re d e C a m ille L e m o n n ie r. Q u a n d il é c r iv it La fa u te de M adame Charvel, ce\nf u r e n t le s      s u b lim e s to r tu r e s d u           m ari       tr o m p é       et     p a r d o n n a n t q u ’il d é cr i v it ; d a n s\nl ’A m a n t Passionné, c e so n t c e lle s d e l'a m a n t ég o ïste q u i m e u r t d e so n b o n h e u r . S u je t\nto u jo u rs n e u f à c o n d itio n q u 'il s o it ra je u n i p a r u n e o b s e rv a tio n p e rs o n n e lle .\n        V o ici e n q u e lq u e s m o ts la tr a m e té n u e d e c e r o m a n :\n       U n j e u n e a v o c a t, P a u l L a ru e , s 'é p re n d d e la fe m m e d e so n p a tr o n , M a d e le in e\nC o rm o n t. L 'in tr ig u e se d é ro u le a v e c to u te s les p é r ip é tie s fa ta le s q u i s u rg is s e n t e n tr e\ng e n s d e f o rtu n e s d iffé re n te s . P a r le r a n g                       q u ’o c c u p e     s o n m a r i, M me C o rm o n t s ’est\nc r é é e d e s b e s o in s d 'é lé g a n c e e t d e lu x e . E lle                      r e ç o it    e t s'e x h ib e      souvent         d a n s les\ns a lo n s. T o u t c e la a u d é tr im e n t d e                  so n     a m o u r. E t P a u l               L a ru e     se     d é s e sp è re . E t\nq u a n d , d e te m p s e n te m p s, c e s « d e v o irs » q u 'e lle e s tim e im p é r ie u x , lu i la iss e d es\nlo isirs, e lle les c o n s a c r e à s o n a m a n t. E t le m a lh e u r e u x s 'é p u is e à l'a tte n d r e e t à\nl'a im e r. I l e s t p h tis iq u e . I l m e u r t. M a is M a d a m e C o rm o n t a u n e e n fa n t.                                      U n jo u r\ne lle l'e n te n d to u ss e r. L a fille tte e s t p h tis iq u e : e lle e m b r a s s a it s o u v e n t P a u l L a r u e .\n       Et     d é s o rm a is l’a u t e u r n e le d it p a s , m a is le la iss e                          su ffisa m m e n t        p r e s s e n tir     ce\ns e ra le re m o rd s c o n s ta n t d e c e tte m è re , q u i v e r r a m o u r ir so n e n f a n t p a r s a fa u te .\nE t P a u l L a r u e , q u ’e lle o u b lia it d é jà , r e v iv r a trio m p h a le m e n t é g o ïste , d a n s le so u v e n ir\nte rrifié d e c e tte fem m e e t j u s q u ’à l’a g o n ie d e c e tte e n fa n t.\n       C a m ille L e m o n n ie r a u r a it p u , c o m m e ta n t d 'a u tr e s , se p o s e r e n c h a m p io n , s o it\np o u r , s o it c o n tr e le d iv o rc e . I l n e l ’a p a s v o u lu e t, à m o n se n s, il a b ie n fa it. I l\na fa it m ie u x : p l a c é           e n d e h o rs d e to u t p a r t i ,               il a e x a m in é la s u ite lo g iq u e d ’u n e\nin trig u e a m o u re u s e , n o u é e , so u s le s lo is a c tu e lle s d e n o tre so c ié té , e t il e s t a r riv é\nà c e tte c o n c lu s io n : E n              te n a n t c o m p te d e s lo is p ré s e n te s ,                il f a u t     un     dénouem ent\nv io le n t, n 'im p o r te le q u e l. E t so n v o lu m e la is s e c la ir e m e n t e n tr e v o ir ce c i : Il f a u t\nc h a n g e r la lo i, e t la is s e r to u te lib e r té . J e c ro is q u e                       là    g î t la s o lu tio n . C e u x q u ’u n\np r in c ip e s u p é r ie u r e t d iv in e m p ê c h e d e d é n o u e r les lie n s d e le u r u n io n , p e u v e n t c o n s i­\nd é r e r c e s lo is c o m m e n o n -e x is ta n te s , m a is la lib e r té d e s a u tr e s , a u m o in s, s e r a i t p ré s e rv é e .\n                                                                                                                                J ules      Bock.\n"}, {"page_pdf": 344, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6186, "texte": "                                                                      —     341       —\n\n\n       T ro is p la q u e tte s .                — M . E m ile P e ls a tr o u v é n é c e s s a ire d e r e tr a c e r l'H is to ir e\ndu T h é â tre de             L o u v a in        e t de        ses    fo ire s      e t k e rm e ss e s.        L a chose           eut     o ffert d e\nl'in té r ê t, si, a u lie u d ’u n e c o m p ila tio n a r id e , M . P e ls se fu t d o n n é la p e in e d 'a n a ly s e r\nses im p re s s io n s        su r    sa         v ille    et     d e r e c h e r c h e r d e s d o c u m e n ts in é d its              e t c u rie u x .\nQ u a n t à la tro is iè m e            p la q u e tte : Le Crime, châtiment et contagion, c o m p o s é e                                          p a r le\nm ê m e sy stè m e d e c o m p ila tio n , je n 'e n d ir a i r ie n d u to u t, le s g r a n d s h o m m e s, a u x q u e ls\nM . P e ls e m p r u n te ses th é o rie s , n 'o n t p a s b e s o in d e la r é c la m e d u Jeune E ffort.\n                                                                                                                                                 J. B.\n                                                                          ***\nL e C œ u r d e F r a n ç o is R é m y , p a r E dm ond G l e s e n e r .\n       Q u a n d p o u r la p r e m iè re fois, j'a i o u v e r t le liv re d ’E d .                                  G le s e n e r, u n e se n s a tio n\nd e b e a u té e t d e p la is ir                m ’e n v a h it; r ie n q u ’e n p r e n a n t ce v o lu m e , j'a v a is c o n s c ie n c e\nq u ’il r e n f e r m a it u n c h e f-d ’œ u v re . C e tte p r e s c ie n c e q u i se m b le ê tr e l 'âm e d e s c h o s e s\nn e m 'a p a s tro m p é : le liv re d ’E d . G le s e n e r « L e C œ u r d e F r a n ç o is R é m y » e s t u n\nc h e f-d 'œ u v re . J e      s u is h e u r e u x          de       p o u v o ir e m p lo y e r a u jo u r d ’h u i           ce    m o t d a n s sa\nv r a ie sig n ific a tio n , le p lu s b a n a l p e ti t s o n n e t d ’a m a te u r , l’in s ig n ifia n t c o u p d e p a s ­\nte l s o r tit    d ’u n e m a in       n o b le          o u r o y a le      d e v ie n t d e         n o s jo u r s c h e z u n e tr o u p e d e\nc o u r tis a n s , u n c h e f-d ’œ u v re .\n      P o lite s s e , c a m a r a d e r ie , m e n s o n g e , to u t c e la m 'e x is te p a s d a n s                             l'a p p r é c ia tio n\nq u e je p o r te i c i ; la v é r ité se u le g r a n d e e t sin c è re s u b s iste .\n       M a is       q u e re n fe rm e d o n c c e liv re p o u r m é r ite r ce titre . O h (et c ’e s t là le p lu s\ng r a n d h o n n e u r p o u r so n é c riv a in ) r ie n                    d e ta r a b is c o té , r ie n           de    m a c a r o n iq u e , r ie n\nq u 'u n e s im p le p é r io d e d e v ie .\n       E t n ’est-ce p a s           une          jo ie     pour       le s v é r ita b le s a r tis te s d e p o u v o ir             a ffirm e r u n e\nfois d e p lu s la p re u v e e n m a in s : q u e l ’a r t c ’e s t la v ie, q u e la b e a u té r é s id e d a n s\nla v ie. F i ici d e s p a s tic h e s b ib liq u e s , d e s la b o rie u s e s é lu c u b r a tio n s m y s tic â tr è s , d es\nm é ta p h y s iq u e s b o u fo n n e s, d e s m a u v a is e s im ita tio n s V illie rs d e l'I le a d a m e s q u e , o u d e\nr o m a n s b o u le v a r d ie rs , d ’im p ro v is a tio n s tiré e s d e g r a m m a ire s a n g la is e s , fi a u s si d e ces\nœ u v r e s d 'u n e r é th o r iq u e a la m b iq u é e m e tta n t e n s c è n e d e s p e rs o n n a g e s d o n t l’in té ­\nr ê t n e r é s id e q u e d a n s           le s v ic e s        c o n tr e n a tu r e       e t les d é fo rm a tio n s g é n é s iq u e s               et\nq u i re lè v e n t n o n d e s a r ts , m a is d e la p a th o lo g ie , q u a n d                              le v é r ita b le      s u je t,     c e lu i\nq u e l'o n c o n n a ît, c e lu i           que          l ’o n a v é c u se tro u v e                v ib r a n t    e t sim p le à         c ô té      de\nso i. A u ssi,       sa n s    p h r a s e s p ro fo n d e s ,          m a is      m o d e s te m e n t      co m m e e s t s a           v ie e t so n\na r t, M .       E d . G le s e n e r        a     e m p r e in t      du    c a c h e t d e l a v é r ité             sa    race,     c e lle      de     la\nw a llo n ie liég eo ise .        C ré e r u n ty p e (sy m b o le d 'u n e r a c e o u d 'u n e c aste) n ’e s t-c e p a s\nl à le sig n e d e to u t œ u v r e r e m a r q u a b le ?\n      F r a n ç o is R e m y e s t le liégeois, E d .                            G le s e n e r e n       e s t le m a îtr e , c o m m e il est\né g a le m e n t c e lu i d e s a g é n é ra tio n litté ra ir e .\n      Q u e lle c o n s o la tio n p o u r            nous        d e v o ir         en fin é c lo re d a n s la l itté r a tu r e c o m m e r­\nc ia le e t m a l p r o p r e q u i n o u s e n to u r e ,                  un       liv re d 'a r t       e t c e la c h e z n o u s e t p a r          un\nd e s n ô tre s .     D is p a ra is s e z        œ u v re s c o n te m p o r a in e s : Jo u rn a l d'une cocotte, J o u rn a l d'une\ncourtisane, o u a u t r e titr e f a it p o u r                   a tt i r e r l ’a r g e n t d e s       sn o b s      e t des n o ceu rs;            vous\nê te s é c lip s é s p a r u n v é r ita b le liv re , r e to u r n e z                   chez         v o s a u te u r s q u i n e v a le n t p a s\nm ie u x q u e le u rs c lie n ts .\n      Le Coeur         de     F rançois            Rémy e s t         donc         un     liv re d e s im p lic ité e t d e v ie , je n e\nv o u d r a is p a s d im in u e r so n i n té r ê t e n r é s u m a n t                    ic i   se s      p r in c ip a le s p a r tie s , j e v a is\nse u le m e n t e n t r a c e r le s g r a n d e s lig n es :\n      F r a n ç o is R e m y , fils d 'u n v a n n ie r lié g e o is, d e v in t a m o u r e u x d 'u n e                             fille n o m a d e .\n"}, {"page_pdf": 345, "page_imprimee": 342, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6256, "texte": "                                                                        —3 4 2 —\n\n   I l q u itte            sa       fa m ille p o u r s u iv re L o u is e (nom              de     la      fille)        d a n s u n e r o u lo tte d e\n  v a n n ie r s . M a is d e           s u ite     il      est    d é g o û té d e s a n o u v e lle v ie e t d e ses c o m p a g n o n s\n  a v a r e s o u v o le u rs. Il v e u t r e to u r n e r c h e z lu i, m a is l'a m o u r d e s a m a ître s s e le r e tie n t.\n  U n e n f a n t n a î t , la jo ie lu i r e v ie n t a u c œ u r , m a is p a s s a g è re , la fem m e m e u r t. C e tte\n  fois il e s t d é c id é , il q u i tt e r a la r o u lo tte                   a v e c s o n e n fa n t. I l p a r t, m a is à p e in e a-t-il\n  m a rc h é      une      h eu re       que      l'in d é c is io n ( m a rq u e c a r a c té r is tiq u e          du       w allo n ) le      p re n d ,\n  il r e to u rn e d é fin itiv e m e n t à                 la     r o u lo tte . E t c ’e s t    to u t.     Q u ’est-ce         donc qui a pu\n  re n d re      ce      liv re      p a s s io n n a n t     et       beau ?      D e u x c h o s e s : l ’o b s e rv a tio n e t          le s t y l e .\n  L 'o b s e rv a tio n e s t ic i s c ru p u le u s e e t v r a ie . T o u t                d 'a b o r d l'é tu d e d e la r a c e w a llo n e\n  e s t d 'u n e r é a lité s a is is s a n te , l’in d é c is io n , l'in c e r titu d e d e v a n t                 le     d an g er,   la m é la n ­\n  c o lie , la rê v e r ie d e v a n t            le m a lh e u r , m a is a u p lu s p e t i t r a y o n d e s o le il, la g a ie té ,\n la ch an so n .          E n s u ite       so n h é ro s : l'e n fa n c e d e F r a n ç o is q u i e s t u n e é tu d e d e ta illé e\n e t fo u illé e           avec       so in . L ’o n d ir a i t v r a im e n t q u e M. G le s e n e r se r a p p e lle                       to u s ses\n s e n tim e n ts e t to u te s           ses im p re s s io n s d e b a m b in , ta n t il                  c a r a c té r is e e t a n a ly s e f in e ­\n m e n t les g o û ts e t le s m a n iè re s                      de   l'e n fa n t.   L i ég e , o ù se m e u t R e m y , n o u s a p p a ­\n r a î t v iv a n t d e s a p r o p r e v ie, e t l’o u v r ie r le p lu s                       ig n o r a n t      de      la c ité d e s c ra m i-\n g n o n s s ’é c r i r a à la le c tu r e d e c e c h a p itr e : « C ’e s t L itc h e ».\n        M a is        su iv o n s     F r a n ç o is        R ém y,      et    p a rto u t   à chaque             époque de sa                v ie,   ses\n se n tim e n ts , ses p a r o le s , s e ro n t              e n c o r r é la tio n a v e c so n â g e . C e tte v ie                 d e r o u lo tte\n s e ra ,    avec         se s p e rs o n n a g e s , d 'u n te l             ré a lism e , q u e l'o n e s t             te n té d e c r o ire       que\n M . G le s e n e r a v é c u to u t ses p e rs o n n a g e s .\n        L es      c o n tr é e s q u e l'o n tr a v e rs e s o n t d é lic ie u s e m e n t c ro q u é e s e t le c a d r e n e c è d e\n en         r ie n a u ta b le a u . Q u a n t a u s ty le , la p u r e té , la c o n c is io n , la c o r re c tio n d o m in e n t\n en         to u t lie u , si b ie n q u 'il p e u t s e rv ir d 'e x e m p le , e n u n m o t, q u ’il e s t c la s s iq u e d a n s\n la v r a ie sig n ific a tio n d e c e              m o t. V o ilà p o u r q u o i M . E d m o n d G le s e n e r a fa it u n chef-\nd ’œ u v re .\n        Il e s t l’élè v e d e F la u b e r t , e s t c e u n m a l? J e tro u v e p lu tô t q u e c 'e st u n b ie n . C a r\n il n e l’a c o p ié n u lle p a r t , m a is p a r to u t il s'e st r ig o u re u s e m e n t so u m is a u x règ les e t a u x\n p r in c ip e s d e l'im m o rte l a u te u r d e M adame Bovary.\n        N o u s a llo n s fê te r le 75me a n n iv e r s a ir e d e n o tr e in d é p e n d a n c e . M . E d . G le s e n e r a\n d o n n é s a g lo rie u se p a r t , il a d r o it à la r e c o n n a is s a n c e n a tio n a le                        S i c h a q u e p ro v in c e\n p o s s é d a it u n liv re a n a ly s a n t ses m œ u rs , ses h a b ita n ts e t le u rs c a r a c tè r e s , c o m m e le fa it le\n p r é s e n t o u v ra g e p o u r la p r o v in c e d e L iè g e , n o u s a u r io n s fra n c h e m e n t le d ro it d 'ê tr e fier\n d e c e s â rm o irie s , e lle s s e r a ie n t les p lu s b e lle s , le s p lu s v r a ie s e t les p lu s d u r a b le s .\n                                                                                                                      G a s t o n P u l in g s .\n\n\n        L e s M a sq u e s, p a r L . D u m o n t - W i l d e n .\n        M . D u m o n t-W ild e n se tro u v e ê tr e d a n s la litté r a tu r e b e lg e u n e p e r s o n n a lité . Il n e se\nr a tta c h e à a u c u n g ro u p e d 'é c riv a in s . I l est lu i, c ’e s t c e q u i fa it s a p lu s g ra n d e v a le u r .\n        P a r Visages de Décadence, il s ’e s t d é fin itiv e m e n t c la s sé , a u p r e m ie r ra n g d e s é c r iv a in s ,\ne t il v o isin e a v e c d e s c o n frè re s q u i o n t à le u r a c t if p lu s ie u r s liv re s, ta n d is q u e , p o u r lu i,\nl e b ila n se b o r n e à u n v o lu m e . L ’o n v o it d ’ici l ’im p o rta n c e d e c e jeune é c r iv a in q u i a p u ,\np a r Visages de Décadence, se fa ire si n o b le m e n t v a lo ir.\n       U n e p la q u e tte , Les Masques, v ie n t d 'e n r ic h ir so n œ u v r e d 'u n e n o u v e lle m a r q u e\n n te n s e d 'o r ig in a lité . Il n o u s tr a n s p o r te a u c ie l, o ù l ’o n r e n c o n tre to u s les d ie u x q u i o n t\ne x isté s u r la te r re , se d is p u te r là - h a u t e n c o re la p r é p o n d é r a n c e . C e la e s t im a g in é v a il­\nla m m e n t, a u p o in t d e v u e               litté ra ir e , m a is , p o u r le fo n d , je m e p e r m e ts d e d o u te r d e sa\nv é r a c ité . J e n e c o n n a is p a s le p a y s d 'A n to n in P a te n ô tr e .\n                                                                                                                      G a s t o n P u l in g s .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-010", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 343, "page_fin": 343, "titre_corps": "Exposition", "titre_sommaire": "Exposition : À la Galerie Boute", "rubrique": "", "signature_source": "André Lizin.", "ancre_debut": "EXPOSITION A L A G A L E R IE B O U T E En c e b ijo u", "ancre_fin": "A ndré L izin .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "MUSIQUE « L E J O N G L E U R D E N O T R E -D A M", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 346, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 134, "fin_caractere_exclue": 2808, "texte": "EXPOSITION\n\n                                                   A L A G A L E R IE B O U T E\n\n       En       c e b ijo u d e « S a lle B o u te », d é c o ré e                    avec          sty le e t d o u c e m e n t é c la ir é e\nq u e lq u e s a r tis te s , le s u n s s ’e s s a y a n t e n c o re , d ’a u tr e s p r e s q u e a r riv é s ,         fo n t u n e   expo­\nsitio n     d ’é tu d e s     et    de       pochades.         L 'im p re s s io n     g é n é r a le n ’e s t p o in t m a u v a is e . J ’ai\nr e m a r q u é to u t d 'a b o r d les s c u lp tu r e s d e A lf.                B o u te , q u i e x p r im e n t m a g is tra le m e n t\n« u n e p e n s é e » , q u i s ’e n          d ég ag e d e       s u ite . M . B o u te , e n c o re je u n e , a l ’œ il p le in               de\nc o n fia n c e et d e v o lo n té . L a g lo ire lu i s o u r it d é jà .\n       M.      A. De           K a t se       c o n c e n tre d a n s    la     m ig n o n n e rie : J ’a im e les p o se s               d e ses\n« G re n o u ille s » e t « L e c tu r e » trè s v iv a n te . M . E . M a h a u x a                           r a p p o r té d e P a r is\nu n e p ro v is io n d e c o in s d e s sin é s d é lic a te m e n t e t n o n s a n s v ig u e u r. L e s « P o n ts à\nP a r i s » so n t s o m m a ire s e t p le in s d ’im p re s s io n .                B ref, u n jo li ta le n t.\n       M . F . L a n to in e            e n v o ie u n e s é rie        d 'e a u x -fo rte s   où      l ’e n s e n t    tr o p le tâ to n n e ­\nm e n t. S o n « J o u r d e m a r c h é » e s t e n so le illé e t la r g e .\n       M. F . B eauck               a    de     jo lis c r o q u is      à    l'h u ile , p r is     a u B ois d e la C a m b re ,               et\nr e p r é s e n ta n t le m o n d e          a n im é   d e s p e lo u s e s. L e s ta c h e s d 'o m b re              e t d e so le il so n t\nm é n a g é e s a v e c a r t . C ’e s t la p o c h a d e q u e je p ré fè re c h e z c e t a r tis te .\n       D 'E u g è n e       C a n n e e l,    d o n t le m é tie r s ’affine e t d o n t le ta le n t se p ré c is e ,                    b u s te\nde     M lle L . C ., « S a la m b o » (m éd aillo n ).\n      De       R e n é D e M an j'a im e b ie n « E n N o r m a n d ie ».\n      E n fin M . J . M              C a n n e e l n e r é u s s it q u e le c r o q u is .\n      C e tte e x p o s itio n tie n t so n p e ti t r a n g a v e c o rg u e il.\n                                                                                                                        A ndré L izin .\n\n\n\n\n                                                        "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-011", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 343, "page_fin": 345, "titre_corps": "Musique", "titre_sommaire": "Musique", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "MUSIQUE « L E J O N G L E U R D E N O T R E -D A M", "ancre_fin": "M. A n g e n o t .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "P L A T E CASE de Plate a répondu... au Sam", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 346, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 2808, "fin_caractere_exclue": 3809, "texte": "MUSIQUE\n\n     « L E J O N G L E U R D E N O T R E -D A M E », A L A M O N N A IE\n       L e « m iracle » que la M onnaie v ient de rep résen ter po u r la prem ière\nfois, n ’est pas — disons-le vite — u n e œ uvre tran scen d an te.\n       Cela a b eau être u n m iracle, il est certain que M assenet n ’a pas\ndéployé d an s cette œ uvre u n art aussi louable que celui que nous ren co n ­\ntro n s d an s Werther, dans les Erinnyes ou d an s la Navarraise. L e Jongleur de\nNotre-Dame est c e p en d an t la m oins m auvaise des œ uvres m édiocres que\nM assenet a p ro d u ites d epuis dix ans.\n       A h ! si ce m usicien avait em ployé u n e m oitié de sa vie à penser les\nErinnyes et l’au tre m oitié à penser Werther, j ’ai la conviction q u ’il a u ra it\nim m ortalisé son nom . H é la s, la M use m alad ro ite et frivole l’a tourm enté\nsans rép it, et l’artiste a été forcé d e fonder u n e u sin e d ’opéras. (O n co n n aît\ntro p les d ern iers p ro d u its de cette fab riq u e modem-style.\n"}, {"page_pdf": 347, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4849, "texte": "                                                          —       344      —\n\n\n         Le s     Erinnyes e t              Werther s o n t l ’ h y d r o m e l b ie n f a is a n t , le re s te c ’ e st\n la l i e , la lie é p a is s e e t o r g u e ille u s e q u i , d e m a i n , s e ra si a b o n d a n t e q u ’ e lle\n s u b m e r g e r a l 'h y d r o m e l .\n         L e lib r e t t o    du      Jongleur, é c r it p a r M . M a u r ic e L é n a , a la q u a lit é trè s\n                                                                                               Alléluia s u r\nr a r e d ’ a v o i r u n s e n s . U n p a u v r e j o n g l e u r , fo r c é d e c h a n t e r u n\nle v i n p o u r a ig u illo n n e r la c u r io s ité d e la f o u l e , e st in te r p e llé p a r le p r i e u r\nd e l ’ a b b a y e v o i s i n e , le q u e l le v o u e         a u x f e u x é te r n e ls . L e p a u v r e h o m m e\nim p lo r e le p a r d o n d u r e l i g i e u x , e t c e lu i- c i c o n s e n t à r e t ir e r s a m a lé d ic t io n\nà la c o n d i t i o n q u e le jo n g l e u r d e v ie n n e m o in e                   e n l ’a b b a y e . L e j o n g l e u r\na c c e p te e t , a p r è s a v o i r fa it d e t o u c h a n ts a d i e u x à la lib e r t é q u e la g r a n d e\nN a t u r e lu i a v a it t o u jo u r s p r o d i g u é e , f r a n c h i t le p o r t a il d u t e m p le .\n        L e d e u x iè m e a c te n o u s c o n d u i t à l ’ in t é r ie u r d e l ’ a b b a y e d e C l u n y , le\nj o u r d e l ’ A s s o m p t i o n . C h a q u e m o in e a , s e lo n ses a p t it u d e s , r e n d u h o m ­\nm a g e à la V i e r g e . J e a n , q u i n ’ e st n i m u s ic ie n , n i p e i n t r e , n i p o è t e , s o u ffr e\nd e n e p a s p o u v o i r , lu i a u s s i, g lo r if ie r M a r i e . M a is il p r e n d r a sa r e v a n c h e .\n       A u t r o is iè m e a c te , il e n tr e d a n s la c h a p e lle , a p r è s l ’ o ffic e , e t , a y a n t\nô té sa r o b e , il a p p a r a ît r e v ê t u d e s o n c o s t u m e d e j o n g l e u r . I l t o m b e a u x\np ie d s d e la s ta tu e d e la V i e r g e e t s u p p lie c e lle -c i d e b ie n v o u l o i r a c c u e illir\ns o n h u m b le h o m m a g e . I l se r e lè v e , s a is it sa v ie lle e t d a n s e d e v a n t l ’ a u te l\nses p a s le s p lu s s a v a n ts           D e s fr è re s q u i , s u r ces e n t r e fa it e s , s o n t a c c o u r u s ,\nv e u le n t le s a is ir , m a is ils s o n t a rrê té s p â r le s o u r ir e d e la V i e r g e , q u i v ie n t\nd e s’ a n im e r s u r l ’a u t e l.\n        L e r o y a u m e d e s c ie u x est a u x h u m b le s , c h a n t e le p r i e u r , e t le r id e a u\nse fe r m e l e n t e m e n t .\n        G r a n d e e st l ’im p r e s s io n q u e p r o d u i t ce d e r n ie r a c te . A v e c d e s m o y e n s\nf o r t s im p le s , M a s s e n et est p a r v e n u à n o u s d o n n e r u n e b e lle é m o t io n .\n        L e p r é lu d e d u Jongleur e st in té r e s s a n t. D e t e m p s e n t e m p s u n e h a r ­\nm o n ie     o r ig in a le    p la n e      d a n s l’ o rc h e s tre . U n e         d e s m e ille u r e s     pages      de\nl ’ œ u v r e e st la r o m a n c e d a n s la q u e l le , a u p r e m ie r a c te , J e a n                e x p r im e s o n\na m o u r d e la lib e r t é . E l l e e st t o u c h a n te e t d ’ u n e c o m p o s it i o n r e s s o r ta n t d e\nl ’o rd in a ire .\n        L e d e u x iè m e a c te e st m é d io c r e e t l ’ o r c h e s t r a t io n y e s t d ’ u n e p a u v r e t é\nr é v o lta n t e e t g r o t e s q u e .\n        T o u t le t r o is iè m e a c te e st f o r t b o n . L e p r é lu d e d e c e t a c te e st d ig n e\nd e r e m a r q u e e t la s u ite n e d é m e n t p a s ce q u ’ il p r o m e t t a i t .\n        M a s s e n e t a s u é v it e r d e fa r c ir s o n d e r n ie r a c te d ’ u n e m u s iq u e                    re li­\ng ie u s e m o n o t o n e        e t s u c r é e , il n o u s a , a u c o n t r a i r e , p e i n t f o r t j u s t e m e n t\nq u e lq u e s é ta ts d ’ à m e trè s s im p le s e t trè s n e ts . —                     M . M a s s e n e t r e d e v ie n ­\nd r a i t - i l m u s ic ie n ?                                                                  Rob. Lydaime.\n                                                                  *\n                                                              *        *\n\n\nS ÉA N C ES           E N G E L -B A T H O R I —                       Une heure de Musique (Salle Gaveau).\n\n       M a ssen et : M e r c r e d i               1 4 d é c e m b r e , c ’ e st à        M a s s e n e t q u ’é ta it c o n ­\ns a c ré le 4 me R é c i t a l . U n e             m u s iq u e       c h a r m a n t e , é c r ite s u r d e s v e r s c h a r ­\n"}, {"page_pdf": 348, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2722, "texte": "                                      — 3 4 5 —\n\n\nm an ts, chan tée d ’u n e façon ch arm an te. M . E ngel et Mme B athori ont,\nav a n t to u te chose, d ’ab o rd u n e voix délicieuse ; ensuite, le sens d e la\nco m p réh en sio n . C hacune de leurs m élodies so n t em preintes du sceau de\ncette intelligence. L es d eux excellents artistes que so n t M. E ngel et\nMme B athori ne se c o n ten ten t pas d ’être seulem ent des ench an teu rs, ce\nson t aussi d ’inco m p arab les m aîtres. C ep en d an t q u ’ils nous séd uisent par\nleu r v o ix , ils en seig n en t, m ais sans q u e nous en subissions le côté austère.\nM. E n g el distille d ’u n e voix je u n e et car essante to u t le ch arm e d u m aître\nfran çais; q u a n t à Mme B ath o ri, il est, m e sem ble-t-il, im possible de dire\nplus ju ste m e n t et plus gracieusem ent. L ’au d itoire, d ’ailleurs très choisi,\nfait régulièrem ent, aux courageux artistes, u n e sincère et flatteuse ovation.\n       — P lu s in téressan t, encore, que M assenet, G a b r ie l F a u r é (m ercredi\n21 décem bre) avec u n e auto rité p lu s artiste et une plus h o n n ête sincérité,\ns’est im posé, dès les prem ières m élodies, au g o û t très éclairé du public\nde ces séances. Au pro g ram m e, et quel ne fut pas m on étonnem ent\net m o n a n g o isse , des poëm es de P a u l V e r l a i n e ! Je p e n sa is,\nju s q u ’ici, que nul n ’eu t osé s’arro g er le d ro it d ’un tel sacrilège, atten d u\nqu e les vers de V erlaine so n t la m usique elle-m êm e, et se passent volontiers\nd ’u n e au tre expression que celle de la diction. M ais G abriel F a u ré s’est\ntrès consciencieusem ent acq u itté de cette tâche et a com m enté avec une\npieuse sincérité la p oésie d u P a u v re L élian .\n        A vant de les ch an ter, M. E n g el a lu, en véritable artiste, les poëm es\nq u ’il allait ch an ter, et je dois à la vérité de dire que c’était là, peu t-être,\nu n e red o u tab le im p ru d en ce, p u isq u e certain em en t l’im pression de la\nch an so n é tait com prom ise et avait à lu tter du rem en t avec la précédente\n épreuve. E n som m e, m algré le talent de M. G abriel F au ré, et à cause du\n talen t de lecteur d e M. E n g el, il est préférable de laisser à eux-m êm es les\n vers sp len d id es de V erlaine, qui n ’o n t décid ém ent que faire d ’un ag rém ent\n m usical. Mme B ath o ri, sans lire p réalab lem en t, nous a extasiés d ’une\n ad o rab le m élodie : C'est l'extase, et les d u o s : Puisqu' ici-bas et Tarentelle ont\nterm in é le splen d id e pro g ram m e au g ra n d con ten tem en t des au d iteu rs.\n                                                                      M. A n g e n o t .\n\n\n\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-012", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 345, "page_fin": 347, "titre_corps": "Plate case", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jeune Effort.", "ancre_debut": "P L A T E CASE de Plate a répondu... au Sam", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 348, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 2722, "fin_caractere_exclue": 3128, "texte": "P L A T E CASE\n\n                      de Plate a répondu... au Samedi.\n       ’a m p l i f i c a t e u r\n\n\n L        Il se compare complaisamment à L a Fontaine et à\nPhèdre — excusez du peu — et fait insérer son amplification\navec l’exercice de Plate. Les typographes eux-mêmes n'ayant\npas encore lu la partie originale de la réponse, se deman­\ndaient pourquoi le Directeur du Samedi leur faisait composer\n"}, {"page_pdf": 349, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2202, "texte": "                            —   346   —\n\n\ndeux fois la même histoire; une fois d’une manière succincte\net ensuite déliée, macaronique et dépourvue d ’intérêt. Malgré\nles explications du personnage, le Samedi, par la logique des\nchoses, est forcée de reproduire notre dilemme dont l’amplifi­\ncateur de Plate ne saurait sortir mais auquel il n’a eu garde de\nfaire allusion et pour cause.\n      Quand il s’agissait d'un autre, d ’un de nos bons écrivains,\nqui, dans un volume copieux s’était servi incidemment d’une\nhistoriette, le cas était pendable. Notre personnage emplissait\ntoutes les publications auxquelles il avait accès d’une fureur\net d ’une indignation sans bornes Et pendant ce temps ces\ndeux accolytes faisaient attaquer l’écrivain en question dans\nla profession qui lui fournit, comme à la plupart d’entre\nnous, sa subsistance en ce pays où les lettres ne nourissent\npas leur homme. Ils agissaient de la sorte soit pour le faire\nmettre à pied, soit pour lui faire interdire d’écrire. On ne\nsaurait assez flétrir ceux qui emploient des procédés aussi\nodieux.\n      Mais maintenant qu’il s’agit de lui, Plate Case n’est plus\ndu tout du même avis. Le cas qui était pendable pour un\nautre devient pour lui naturel et d’une indiscutable correction.\nOn appréciera comme il convient cette correction et celle\ndes procédés du personnage. Le dit Plate Case mécontent\nd ’avoir été pris par nous la main dans le sac nous a renvoyé\nle numéro du Jeune Effort avec cette adresse « Aux potaches\ndu jeune et fort bête ». Nous avions prévu, quand nous\nbaptisâmes la revue, la détestable facilité du calembour à\nfaire et mal de grélongues hésitations nous le maintînmes\npour faciliter la réponse des gens qui, comme lui, n’allaient\npas trouver mieux.\n      D ’ailleurs on connaît la suffisance du personnage; ne\nfaisait-il pas écrire dernièrement : « Que tout ce qui sort de\nsa plume est d ’une originalité, d’une clarté, d’une correction\nparfaite ». Ne fait-il pas écrire aussi par un jeune sot (ce n’est\npas un potache celui-là) « que Camille Lemonnier lui-même\nayant échoué dans le roman psychologique venait d’être\nsurpassé par M. André!... »\n     On a lu tour à tour que Plate Case est non seulement le\n"}, {"page_pdf": 350, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1994, "texte": "                           —    347   —\n\n\nplus fort des romanciers belges, mais q u ’il est plus fort que\nBourget et continue Balzac — en mieux. Quel honneur pour\nPlate!!!\n     Nous sommes des potaches, c’est entendu; mais nous n’en\nsommes plus à chercher notre inspiration dans la grammaire\nde Plate. Si Plate Case est jamais sorti un instant du\npotachisme on voit qu’il s’est empressé d ’y rentrer. Les\nopinions de ce grand psychologue, d ’après grammaire\nanglaise, varient d ’ailleurs d’après qu’on soit pour lui ou\ncontre lui. Il y a quelques temps nous étions « de vaillants\nconfrères », aujourd’hui, pour avoir dit qu’après s’être fait le\ngendarme de nos lettres, on l’avait surpris dans le poulailler\nde Plate, nous ne sommes plus que des potaches. Que Plate\nCase soit b é n i!!!\n                               *\n                              * *\n     Nous recevons à ce propos la lettre de M. Léon Sou ­\nguenet, qui montre clairement la différence qu’il peut y avoir\nau point de vue des procédés entre un P. André et un\n homme de talent, un homme loyal.\n\n              » M on   cher    C onfrère,\n\n     » Je vous suis reconnaissant d ’avoir prononcé mon nom\nen rappelant l’histoire de toute façon mirifique de St Dodon.\nCela me permet de redire simplement que j’ai eu tort en\nmenant campagne jadis contre des Ombiaux. J’avais naïve­\nment fait état des deux textes mis en regard. C’était, oui\nc’était naïf. Après avoir agi, je réfléchis. Cela arrive aux gens\nde lettres. Je m’aperçus que j ’avais de mon côté une jolie\ntroupe d’envieux. Puis je lus des Ombiaux. J ’envoyais à celui-\nci un ambassadeur qui fut James Ensor, depuis chevalier de\nl’Ordre de Léopold, et qui lui déclara que j’avouais avec\norgueil avoir commis une injustice. Je le redis quand j ’en ai\nl’occasion, la littérature de des Ombiaux est loyale comme\nson amitié.\n      » T oute ma sympathie pour vous et votre revue.\n                                          » L éon   S ouguenet.\n\n     \" L iége, 3 décembre 1904. »\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-01-n20-21-013", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 348, "page_fin": 348, "titre_corps": "Nouvelles", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jeune Effort.", "ancre_debut": "Nouvelles. N o u s a v o n s cru bon de r é s", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 351, "page_imprimee": 348, "debut_caractere": 123, "fin_caractere_exclue": 4759, "texte": "Nouvelles.\n      N o u s a v o n s cru bon de r é s e r v e r d ix p a g e s de t e x t e , p o u r le c a s où l'a f ­\nflu en ce d es ré p o n se s à n o tr e R e fe re n d u m n é c e s s it e r a it u n e a u g m e n ta tio n de\nn o tr e fo rm a t. N o s le c te u r s , p o u r ce m o tif, n o u s e x c u s e r o n t de n e p a s le u r\na v o ir p r é se n té le n° d o u b le q u 'ils a tte n d a ie n t.\n\n       I n s tit u t d 'E tu d es é t r a n g è r e s (im p a ss e d u P a r c ) à 8 1/4 h e u r e s d u s o ir : L u n d i\n1 6 ja n v ie r , c o n fé re n c e d e M . T h . B r a u n , s u r les p o ë te s b e lg e s ; 1re sé rie : L a Vieille Belgique.\n— L u n d i 23 ja n v ie r , le c tu re p a r M lle G . R e m y , fem m e d e le ttr e s , d e so n d r a m e in é d it :\nL 'E ducation de Cliarles-Quint. — L u n d i 30 ja n v ie r , c o n fé re n c e d e M . T h . B r a u n s u r les\np o ë te s b e lg e s ; 2e sé rie : L a Jeune Belgique.\n\n        P o u r p a r a ît r e p r o c h a in e m e n t : M on Confrère Asmodée, p a r F r itz v a n d e r L in d e n ,\nr é d a c te u r en c h e f d e la Verveine, a v e c u n fro n tis p ic e d e L e v ê q u e O n s o u s c rit : A la Verveine,\n2, r u e d e la P o te r ie , M o n s.\n\n      N o s sé a n c e s . — Ja n vier : C o n fé re n c e d e M . M . A n g e n o t s u r P a u l V e rla in e .\n\n       P o u r le C o n g rès in t e r n a tio n a l de L itt é r a tu r e q u i se tie n d r a à L iég e , p e n d a n t\nc e tte a n n é e , o n t é té n o m m é s : P r é s id e n t, A n a to le F r a n c e ; V ic e -p ré s id e n ts , C . L e m o n n ie r\ne t M . M a e te rlin c k ; S e c r é ta ire , A lb e rt M o ek el.\n\n       N o tr e s o ir é e du 2 3 d éc em b re. — A n d r é L iz in c o n f é r e n c ia it. D e la fa ç o n\nla p lu s c h a r m a n te , il d é ta illa a v e c u n e c o m p é h e n s io n trè s v iv e , l'œ u v re d e G a b r ie l\nV ic a ir e . S a v o ix u n p e u s o u rd e f o rç a it l'a tte n tio n , m a is n é a n m o in s les a p p la u d is s e ­\nm e n ts q u i l ’a c c u e illir e n t, q u a n d il se le v a , p r o u v è re n t to u te la s y m p a th ie d e s\na u d ite u r s . J 'a lla is o u b lie r n o tre a m i M a rc e l A n g e n o t, q u i n o u s a d it, a v e c la fine\njo lie ss e q u e n o u s lu i c o n n a is so n s , Rosette en P aradis, l ’e x q u is p o ëm e d e G a b r ie l\nV ic a ire . A to u s d e u x m e rc i.\n       L a p a r tie m u s ic a le fu t to u te a u s s i c h a r m a n te q u e la p a r tie litté ra ir e , M lles B r itt\ne t W ib a u w d é p lo y è r e n t la g râ c e de le u r ta le n t e t se s u r p a s s è r e n t d a n s l ’in te r p r é ta ­\nta tio n difficile d e m a ître s tels q u e C é s a r F r a n c k , D e G r e e f , B r a h m s e t L a u w e r y n s .\n       Q u a n t à M M . N o to r a n g e e t J a n s s e n s , le p r e m ie r se m o n tra v irtu o s e co n so m m é\ne t b o n a c c o m p a g n a te u r , e t le se c o n d , m a îtr e a b s o lu d e so n a r c h e t, su r e m u e r e t\nem p o ig ner               nosâ m e s p a r l'a m p le u r d e so n je u e t la v ib r a n te c o m p ré h e n s io n d 'A rt\n qu'il su -                d a n s ses in te r p r é ta tio n s d e B o c c h e rin i.\n        Et ----------------- re u se s fé lic ita tio n s q u e je r e c u e illis à l ’a d re s s e d e s a r tis te s , so n t\na u ---------------------------- d e la s in c é rité d e c e lle s q u e n o u s le u r p r é s e n to n s a u jo u r d ’h u i.\n                                                                                                                         J . B,\n\n        J ’a i eu l'o c c a sio n d ’a s s is te r a u c o n c e r t d o n n é à la G r a n d e - H a rm o n ie , d a n s le q u e l\nj o u a it M lle C h o le t, d o n t les h a b itu é s d e n o tr e C e rc le d 'a r t c o n n a is s e n t la v irtu o s ité . L a\np la c e q u i m ’est ré se rv é e m ’e m p ê c h e d e d ir e to u t ce q u e j ’a u r a is v o u lu d e so n ta le n t\nso u p le e t c h a r m e u r . J e d o is m e b o r n e r à lu i a d r e s s e r m es s in c è re s f é lic ita tio n s . J. B .\n\n      A c c u sé de r é c e p tio n :\n      Le L ivre et l ’A m our, p a r H e n r i B e lm o n t.\n      N ° Roulotte, c o n s a c ré à C h . V a n L e rb e r g h e .\n      Roulotte, a lm a n a c h d e s p o è te s b elg es.\n       N o u s p r io n s M . E d . P i c a r d d e b ie n v o u lo ir n o u s e x c u s e r : n o u s so m m es fo rc é s de\nr e m e ttr e a u m o is p r o c h a in l'é tu d e d e so n v ig o u re u x liv re : Am bidextre Journaliste.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 332, "texte": "          JEUNE\n           EFFORT\n      M archer franc dans la vie,\n    et dire ce qu'on pense.\n\n\n\n\n                             S o m          m      a ir e          :\n\n\nJ u lie n D i l l e n s ............................... L o u is D u m o n t - W i l d e n .\nP lu s lo in q u e le s g a r e s , le s o ir E m i l e V e r h a e r e n .\nE n r ê v a n t .................................... M a r i e - T h é o d o r e F r a n c k\nA y e z P i t i é .................................... G a s t o n P u l i n g s .\nR eferen d u m s u r l'A m o u r p a s s io n n e l.\nL iv r e s :\n  L A m a n t passionné                           . ..JU\n                                                       K;\n                                                       C\n                                                       O\n                                                       B\n                                                       S\n                                                       E\n                                                       L\n   T ro Is plaquettes (E .-P e Ls) .             . .\n  Le Cœur de F rançois Remy                      . . G    A\n                                                          S\n                                                          T\n                                                          O\n                                                          N\n                                                          P\n                                                          U\n                                                          L\n                                                          IG\n                                                           S                     .\n  Les M asques..........................................i\nE x p o s itio n : A la Galerie Boule . A n d r é L i z i n .\nM u siq u e :\n   Le Jongleur de Notre-Dame                .       . . R . L y d a im e .\n   Séances E ngel-B athory  .               .       . . M . A ngenot.\nP la t e C a s e ................................ Jeune E ffort.\nN o u v e l l e s ..................................... Jeune E ffort.\n\n\n\n\n                     Ce n u m é r o : 3 0 cent.\n\nD e u x iè m e      A nnée.        N°     20-21.               Janvier-Février 1905 .\n"}, {"page_pdf": 333, "texte": "     J eune E ffo rt\nM   E N S U E L      D ’A   R T        E T       D E        L I T T É R A T U         R E\n\n          Affilié à l’Association des J o u r n a u x périodiques belges.\n    O RG A N E D ES JE U N E S , O U VERT A TO US\n                        Paraissant le ler du mois.\n\n\n\n\nFondateurs: G.        P   u l in g s   —    J.   B o c k —    L.    d e   C asem broot\n\n                                  F.    B o r d ier\n\n\n\n\nRédaction et administration :\n                          5 , R u e    du    C o u ven t,    I x e lle s - B r u x e lle s .\n\n\n   Pour la Critique d’art et les Théâtres, adresser les\ncommunications rue Goffart, 40.\n\n\n\n     Toute souscription d ’au moins 2 francs pour la Belgique,\n3 francs pour l’étranger, donne droit à un service de douze\nnuméros.\n\n\n     Il sera rendu compte de tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n     Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n     Nous autorisons la reproduction de nos articles sous la\ncondition expresse d’en indiquer la source et le nom de\nl’auteur.\n\n\n     La Revue, laissant la plus grande liberté à ses collabora­\nteurs, ne prend pas la responsabilité des articles qu’elle insère.\n"}, {"page_pdf": 334, "texte": "             JU LIEN        D IL L E N S\n\n    ’e s t  une physionomie caractéristique et singulière de\nC        l’Art belge contemporain qui disparaît avec Julien\n      Dillens. Il représentait très complètement un aspect\n précieux et fugace de la tradition artistique flamande.\n D ’autre part, à une époque où la sculpture s’oriente de\n plus en plus vers une conception purement expressive,\n à un moment et dans un pays, où ceux des artistes\n qui ne se contentent pas de montrer plus ou moins\n de virtuosité en des études agrandies qui n’ont guère\n que l’intérêt du morceau, cherchent à donner à la sta­\n tuaire la valeur en soi, la puissance d ’émotion du\ntableau de chevalet, il assignait à son métier une place\nà la fois plus glorieuse et plus modeste. Fidèle à la\nconception des grandes époques de l’Art sculptural, il le\nvoulait fidèle serviteur de l’architecture, ne considérait\nses admirables bustes, ses portraits si singulièrement\nvivants, ses délicieuses statuettes d ’ivoire, que comme des\npasse-temps, n’attachant de véritable importance qu’à la\npartie de son œuvre qui concourt à l’ornementation des\nmonuments publics, au charme de la rue, à la beauté\nde la vie nationale.\n      Avec l’exclusivisme de tous les artistes créateurs, il\nprétendait que la statue ne se peut concevoir isolée, et\nrêvait un retour à la hiérarchie des arts plastiques sous\nla domination de l’architecte.\n     Cette conception, chez Dillens, n’était, du reste, que\nla résultante d ’un instinct.\n     Ce tailleur de marbre était un décorateur né. C’est\n"}, {"page_pdf": 335, "texte": "                            —   332 —\n\n\npar l’ampleur, la générosité, la richesse de la ligne\ndécorative que valent ses principales œuvres : Le Silence\nde la Tombe, qui orne l’entrée du cimetière de Saint-\nGilles, les bas-reliefs du Palais de Laeken, les sculptures\nde l’Hôtel-de-ville de Reims, certains groupes de l’Hôtel-\nde-ville de Saint-Gilles, les « lansquenets » de la Mai­\nson du Roi, les figures latérales du monument Anspach,\nla pittoresque orfèvrerie du monument T S      ' erclaes. Ce n’est\npas à dire que la beauté de ses œuvres fut unique­\nment extérieure : il y a en elles une beauté profonde,\nune vie féconde et joyeuse, triomphante et somptueuse\nqui fait songer à Rubens.\n     Et, par là, Dillens était bien Flam and, non pas de\nla lignée truculente et rustique des Jordaens et des\nTeniers, mais de celle des Van Dyck. Son art expri­\nmait la joie de vivre, la libre sensibilité d ’un peuple\nexpansif et vigoureux, mais cette sensualité se relevait\nde grâce et d ’élégance. Le barbare en lui s’était civilisé au\ncontact de l’Italie, éternelle éducatrice, et sa vigueur germ a­\nnique s’adoucissait d ’un sourire.\n     L a conception sculpturale de Dillens était servie par\nle metier le plus sûr, le plus souple et le plus sincère, qui se\npuisse imaginer. Il était de ceux, du reste, qui considèrent\nque l’éducation d ’un artiste n’est jamais terminée. Sa\nvie, fut toute de travail : il n’eut pas le temps d ’avoir une\nbiographie. A peine s’il coupait son labeur incessant de\nquelques voyages où le Flam and, qu’il était, contentait cette\npassion du Sud, qui hante toujours ceux qui naquirent sous\nun ciel septentrional. Aussi son œuvre est-il considérable. Il\nest associé à la beauté vivante des villes, à la nouveauté\ndes monuments, à la gaîté des jardins et squares; il est\ndurable et fécond parce qu’il porte, unis en lui, le respect\n d'une tradition et le souci d ’une nouveauté.\n                                        L.   D umont-W il d e n .\n"}, {"page_pdf": 336, "texte": "                       —   333   —\n\n\n\n\n  P lus loin que les gares, le Soir.\n\n\nL'ombre s'installe avec brutalité,\nMais les ciseaux de la lumière\nA u long des quais, coupent l'obscurité,\nA coups menus, de reverbère en reverbère.\n\nLa gare et ses vitraux larges et droits\nBrille, comme une châsse, eu la nuit sourde,\nTandis que des paquets de suie et d'ombre lourde\nChoient des pignons et tombent des beffrois.\n\nE t le lent défilé des trains funèbres\nCommence, avec ses bruits de gonds\nE t le trimballement brutal de ses wagons\nS'entrechoquant — tels des cercueils — dans les ténèbres.\n\nDes cris ! — et quelquefois des tragiques signaux,\nPar au-dessus des bras et des gestes des foules,\nPuis un arrêt; puis un départ — et le train roule\nE l roule, avec son bruit de fer et de marteaux.\n\nLa campagne sournoise et la forêt sauvage\nL'absorbent tout à coup en leur nocturne effroi;\nE t c 'est le mont énorme et le tunnel étroit\nE t la mer toute entière, au bout du long voyage.\n\nApparaissent alors les bries légers et clairs,\nAvec leur charge d'ambre et de minerai rose\nE t le vol bigarré des pavillons dans l'air\nE t les agrès menus où des aras se posent.\n\nE t les focs roux et les poupes couleur safran\nE t les cables tordus et les quilles barbares\nE l les sabords lustrés de cuivre et de guitran\nE t les mâts verts et bleus des iles baléares.\n\nE t les marins venus on ne sait d'où, là-bas,\nPar au-delà des mers de faste et de victoire,\nAvec leurs chants si doux et leurs gestes si las\nE t des dragons sculptés sur leur étrave noire.\n"}, {"page_pdf": 337, "texte": "                                   —3 3 4 —\n\n\n             Tout le rêve debout comme une armée attend :\n             E t les longs flots du port pareils à des guirlandes\n             Ceignent d'écume et d'or les vieux bâteaux partants\n             Vers quelle ardente et blanche et divine Finlande ?\n\n             E t tout s'oublie — et les tunnels et les wagons\n             E t les gares de suie et de charbon couvertes —\n             Devant l'appel fiévreux et fo u des horizons\n             E t les portes du monde, en plein soleil ouvertes.\n\n                                              E mile V erhaeren .\n\n\n\n\n                      EN R E V A N T\n    ' a îrétouffant et chaud oppressait le poète. Lentement,\nL       pendant toute la journée, le soleil avait passé au-des-\n      sus de lui, chantant des gammes cuivrées de lumière rouge.\n      Son labeur fini, il rentra chez lui et referma sa\nporte avec une telle violence, qu’un frisson prolongea ses\nondes dans la cloison. Fatigué et troublé par la chaleur,\nil s’appuyait contre le mur froid, heureux de cette fraî­\ncheur. P ar sa fenêtre il apercevait ses voisins assis\ndevant leur porte, et déprimés par le soleil dardant sa\nforce finissante. Un petit vent qui se levait, lui venait\nlêcher le front; il s’approcha de sa fenêtre ouverte et\nsifflota comme pour appeler la brise. Il prit une chaise\nde bambou jaune et machinalement regarda la fumée\nbleue montant dans le couchant. E t ses pensées suivaient\nle vol de la fumée bleue et tout d ’un coup elles\nlui rappellaient la strophe que la veille, en pleine cam­\npagne, il avait composée :\n         L a prairie pleine de soleil s’étend devant moi\n         T ransvasant la chaleur dans le chemin de campagne\n         E t dans le sentier de sable.\n         Les sommets des collines découpent\n         Les gazons verts et les routes jaunes.\n         E t mon im agination bouillante fait sortir de partout des héros.\n"}, {"page_pdf": 338, "texte": "                         —   335   —\n\n\n      Il s’arrêta. L a nécessité de trouver l’amour l’obsé­\ndait et pesait lourdement sur son cœur. Autrefois, dans\nsa famille, il l’avait connu. Mais ici, où la hâte machi­\nnale arrête tout élan de bonté, ici, où le pain quotidien\napparaît comme seul désirable, lointain et rare, ici, on\nne peut espérer que l'un se tourne vers l’autre, pour le\nrelever s’il est tomber, pour le consoler s’il pleure, pour\nle soutenir s’il chancelle dans cette lutte pour la vie,\nqui ne cesse qu’avec la vie.\n      Non, ju sq u’ici il n’avait pas trouvé cet amour léni­\nfiant. E t toujours restait inassouvi en lui le besoin béant\nd ’un être qui l’eût compris, auquel il eut pu dire sa\nvolonté d ’amour.\n     Longtemps il l’avait cherché, et maintenant il lui\nsemblait l’avoir trouvé. E t son âme le voyait en une\nauréole blanche.\n      E t il était doublement heureux, parce que celle qu’il\naimait était ouvrière et qu’il avait éprouvé un sentiment\ninconnu à trouver l’idéale et délicate sensibilité d’âme,\ndans cette nature peuple.\n      ... Se penchant plus profondément à la fenêtre, il\nfixait le coin éloigné de la rue, là-bas, et dans sa fixité\nil voyait se dresser l’image de l’aimée. Mais quand il y\nsongeait trop longtemps, ce qui lui arrivait lui parais­\nsait étrange.\n     Mais s’en était vite fait de ses réflexions! L ’amour\nne connaît que le présent; hier? il l’avait oublié, demain?\nil ne s’en préoccupait pas. L ’amour le tenait empoigné\ndans l’extase du moment. Rêvant, il regardait le ciel où\nles étoiles semblaient avancer et sauter d ’un bond dans\nle champ de son regard.\n     Intense, son amour comme un encens, enivrait son\nâme et alourdissait sa tête. E t soudain le décor de la\nville se fondait et disparaissait. Il était remplacé par\nune parcelle fantastique d’un monde légendaire. L a tour\nde briques rouges de l’église lui semblait la tour d’une\ncathédrale gothique, les cheminées des fabriques, les\nflèches de palais mystérieux, les gazomètres, des cou ­\n"}, {"page_pdf": 339, "texte": "                                                         —      336 —\n\n\npôles de mosquées. E t au milieu de ce rêve, une jeune\nfille svelte, glissait, fantomatique, dominant les tours et\nles flèches, s’avançait vers lui et le baisait au front.\nL e rêveur dormait...\n      L ’étoile polaire le fixait de ses rayons doux et bien­\nveillants, dans lesquels luisait une indéniable raillerie.\n                                                                M a r ie - T h é o d o r e    F   r a n c k .\n\n\n\n  ( T r a d u i t d u H o lla n d a is p a r l ’a u te u r .)\n\n\n\n\n                                                      H\\?e3 pitié.\n\n                                                                               A M a u ric e d e s O m b ia u x\n                                                                                a u m a itr e , à l’a m i. E n\n                                                                                r e c o n n a is s a n c e .\n\n\n                    Des cris se bousculant à ma fenêtre ouverte,\n                    Viennent tout envahir et tout bouleverser,\n                    Apportant avec eux la névrose et l'alerte\n                    Qui sont pour nous, humaine, des meurtrie) s.\n\n                   C'est une musique dolente\n                   De mort,\n                   Un tintamarre qui se tord\n                   E n notes lentes.\n                   Un quelconque mortel retourne dans la terre,\n                   Suivi de compagnons soiffards\n                   E t d'un orchestre de misère\n                   Massacrant du Chopin devant le corbillard,\n                   De l'ami qui f u t bon gaillard.\n                   Ces notes sont rompues\n                   Par des gens débauchés, d têtes de morue.\n                   A u x gosiers éraillés, rouillés par les boissons,\n                   Jetant dans les hoquets des lourdes trombones\n                   De criardes chansons\n                   Polissonnes.\n                   Puis passent des fiacres atroces\n                   Cahotant leurs roues de bois;\n"}, {"page_pdf": 340, "texte": "                           — 337 —\n\n Coupés par des tramways féroces\n Qui savamment cornent et sonnent leur émoi.\n E t tout cela haché par des jets de paroles\n Des bouts de phrases, des bouts de mots,\n Qui décernent aux sages et aux sots\n Des couronnes d’épines ou des auréoles.\n\n O h! ces bruits de passants ce va et vient\n Ces roulements fébriles, ces voix de camelots;\n Ces mots qui disent trop,\n Ou qui ne disent rien.\n N e peuvent-ils se taire\n Ces hommes,\n Avec leurs paroles libertaires\n De bète de somme.\n\n O h! races qui descendez des saltimbanques,\n Qui allez sans savoir ni par où ni pourquoi!\n Marchez droit sans mines grimaçantes\n Tous pour chacun, chacun pour soi.\n\nE t comme dans les temps antiques,\nQue l'art toujours franc, riche et nu,\nFlamboyant sous le chaume, ou sur les grands portiques\nFasse acclamer partout celui qui la conçu.\n\n\nM ais de nos jours, on parle pour ne rien dire,\nOn n ’a de respect que pour le veau d ’or\nE t quand un poète vient vous lire\nCes vers. Vous dites : Un fou! Encor.\n\nAyez pitié de ceux qui sont bons, charitables,\nQui veulent ici bas proclamer la beauté,\nQui dédaignent vos ors et vos filles délectables\nE t vos salons froids et vos tables\nE t vos digestions de Bouddhas bien rentés.\n\nFemmes nous vous avions louées, en vous voyant si belles,\nNous avions à vos yeux dédiés bien des vers;\nNous célébrions en vous la Vénus immortelle.\nM ais quand vous avez lu, dans nos cœurs entr'ouverts\nNotre idéal trop haut de poètes, d'apôtres,\nVous avez ri comme les autres.\n"}, {"page_pdf": 341, "texte": "                         —   338   —\n\n\nHomme nous t'élevions sur les choses humaines,\nAvec l’espoir de te guider vers le bonheur;\nTu nous a répondu par des blasphèmes\nA Dieu, à l'A rt, à nos cœurs.\n\n\nPitié foule, pitié pour ta pauvre âme,\nCar en nous accusant tu te condamnes aussi.\nSouviens-toi de la loi du fils de Notre Dame :\n« Aimez même vos ennemis. »\n\n\nHommes qui sur la terre avez tous à souffrir ;\nSouvenez-vous des jours heureux\nDe voire enfance, où vous pouviez de tout jouir\nSans nuls soucis, sans nuls tracas, toujours joyeux.\n\nQue ne suis-je semblable à vous petits enfants?\nIgnorants, candeur suprême!\nCes appels de détresse, ces cris affolants\nQui nous émiettent l ’âme en grande peine.\n\nPeu vous importent les bruits insensés du monde\nD u moment qu'à vos jeux on vous laisse tranquilles\nQue nul œil étranger ne vienne souiller l ’onde\nClaire de vos espoirs, l'amour de vos idylles.\n\nQue ne suis-je semblable à vous petits enfants?\nCar le remords n ’a pas troublé les innocents\nOh! les crimes, les crimes, que nous avons commis\nCrimes par les désirs, crimes par les luxures\nCrimes par tous les sens et par les volontés.\nLe serpent noir nous a couvert de ses morsures\nE t notre âme se meurt du venin détesté.\n\nPardonnez-nous Seigneur, car c’est pour vous qu'on dresse\nLa Cathédrale de la Beauté qui va naître\nExemple des marchands, des communs, des bassesses,\nOù l’A rt et la Beauté s’ordonneront vos prêtres.\n\n                                        G aston   P u l in g s .\n"}, {"page_pdf": 342, "texte": "                                          —   339   —\n\n\n\n\n     REFERENDUM SUR L’AMOUR PASSIONNEL\n\n     Le   d e r n ie r liv r e d e C a m i l l e     L e m o n n i e r , l' Amant\nPassionné, a r e m is m a g i s t r a le m e n t en lu m iè r e le p r o b lè m e\nde    l'A m o u r    en con flit a v e c l a          So ciété.\n         L e s réc e n ts d é b a t s s u r le d iv o r c e , a u x C h a m b r e s\nb e lg e et ita lie n n e , ont r e m u é les e s p r its s a n s les s a t i s ­\nfa ir e . I l n o u s a d o n c p a ru in té r e s s a n t en m ê m e t e m p s\nq u ’a c tu e l, d e d e m a n d e r a u x e s p r it s s u p é r ie u r s , d e B e l ­\ng i q u e et d e l’é tr a n g e r , ce q u ’i ls en p e n s e n t, e u x , q u e l’on n e\nc o n su lte p a s o r d in a ir e m e n t , q u a n d il s 'a g i t d ’é la b o r e r u n e\nlo i.\n         L e u r s r é p o n s e s é c la ir e r o n t s a n s d o u te ces q u e s tio n s\nsi c o n tr o v e r s é e s ; p e u t-ê tre se ro n t-e lles le p o in t d e d é p a r t\nd ’u n e n o u v e lle         lé g i s la t i o n ? P e u t - ê t r e les v e r ro n s -n o u s\na p a i s e r les c o n s c ie n c e s to u r m e n t é e s d e n os c o n t e m p o ­\nr a in s ? Q u i s a i t ? E n to u s c as, l’in d é n i a b le in té rê t q u i s ’en\nd é g a g e r a n o u s fa it e s p é r e r q u e n o tre a p p e l s e r a e n te n d u .\n\n\n                                 Q U E S T IO N N A IR E :\n\n     I. — L ’A m our fu t ja d is et su iv a n t les siècles, sensuel, chevale­\nresque, g a la n t, b a d in , sen tim en tal ; quel est a u jo u rd ’h u i son carac­\ntère ?\n      I I . — Il eû t ja d is su r les m œ u rs et su r le progrès de l’espèce\nu n e influence én o rm e. Q uel est a u jo u rd ’h u i son rôle dan s n o tre\nsociété ?\n    I I I . — V oyez-vous en l’am o u r, u n e force de n a tu re à trio m p h er\nde la m orale, ou b ien l’a m o u r et la m orale s ’acco rd en t-ils to u jours?\n      IV . — L ’a m o u r éta n t u n e       p u issa n te   force sociale, faut-il q u ’il\nso it su b o rd o n n é au x lois?\n    V.      — Q uel est votre avis su r le divorce ? et quels sont les effets\ndu divorce su r l’A m our?\n"}, {"page_pdf": 343, "texte": "                                                                    *—      340 —\n\n\n                                                          LIVRES\n        L ’A m a n t P a s s io n n é , p a r C a m ille L e m o n n ie r. I l a p a r u fo rt d rô le à M e R a c h ild e ,\n q u 'u n a m a n t        p u is s e m o u r ir d e p h tis ie . M o n D ie u , o u i,                       c ’e s t to u t a u s si       d rô le q u e\n c e lu i q u i m o u r r a it d 'u n e r u p tu r e d 'a n é v ris m e o u d e to u t a u tr e c h o s e ; à p a r t la d r ô ­\n le r ie d e la m o rt, je n e v o is p a s b ie n c e q u i a p u r é jo u ir e t s tu p é fie r M e R a c h ild e ,\n dans       c e lle      de    l ’a m a n t p a s s io n n é . Q u e           cet        hom m e          d e c o m p le x io n f a ib le m e u r e\n p h tis iq u e       d ’a v o ir tr o p       a im é , il     n 'e s t là      r ie n q u ’u n e c h o se n a tu r e lle ; d è s lo rs, je\n n e v o is p a s le b ie n fo n d é                 du      rire de         M e R a c h ild e .            E t p ré c is é m e n t,        c e tte m o rt\n n a tu r e lle a jo u te à la b e a u té e t à la fo rc e                           d e l’œ u v re . S i, a p r è s           u n é c la t, l’a m a n t\n m o u r a it d e la m a in d u m a r i, le d e u il d e s a m a ître s s e , s a n s p o u v o ir é c la te r p u b l i ­\n q u e m e n t, tr o u v e r a it p e u t- ê tre u n e c o n s o la tio n , u n e a m itié a c c u e illa n te à s a d o u le u r .\n M a is si so n a m o u r a d u ltè r e                 r e s te s e c re t, le jo u r d e la m o rt d e l ’a im é                          il lu i fa u ­\n d r a p e u t- ê tre fig u re r e n u n e                g ra n d e     c é ré m o n ie m o n d a in e , e t s o u r ir e              a u x fa c é tie s\ns p ir itu e lle s d ’u n q u e lc o n q u e p ilie r d e sa lo n .\n        V o ilà ce q u e L e m o n n ie r m e t e n lu m iè re . S o n                              but      ne      fu t      p a s d e m e ttr e e n\nr e lie f la       fa u sse p o s itio n         de deux           d iv o rc é s       a im a n t        chacun       d e so n        c ô té , m a is la\nd o u le u r d u n h o m m e q u i                s e n t la     m o rt,      qui        a im e d ’u n        a m o u r é g o ïs te e t q u i s ’e n\nr e n d c o m p te , e t ce lle d 'u n e fe m m e q u i, v o y a n t                           so u ffrir     so n a m a n t, n e            p e u t r ie n\np o u r le s a u v e r. E t c e tte d o u le u r e s t p e u t- ê tre le c h â tim e n t d ’a v o ir tro m p é !\n       C e tte        p ré o c c u p a tio n      p a s s io n n e lle     s'e st      m o n tré e       so u s    d iffé re n te s     fo rm e s         d é jà\nd a n s l'œ u v re d e C a m ille L e m o n n ie r. Q u a n d il é c r iv it La fa u te de M adame Charvel, ce\nf u r e n t le s      s u b lim e s to r tu r e s d u           m ari       tr o m p é       et     p a r d o n n a n t q u ’il d é cr i v it ; d a n s\nl ’A m a n t Passionné, c e so n t c e lle s d e l'a m a n t ég o ïste q u i m e u r t d e so n b o n h e u r . S u je t\nto u jo u rs n e u f à c o n d itio n q u 'il s o it ra je u n i p a r u n e o b s e rv a tio n p e rs o n n e lle .\n        V o ici e n q u e lq u e s m o ts la tr a m e té n u e d e c e r o m a n :\n       U n j e u n e a v o c a t, P a u l L a ru e , s 'é p re n d d e la fe m m e d e so n p a tr o n , M a d e le in e\nC o rm o n t. L 'in tr ig u e se d é ro u le a v e c to u te s les p é r ip é tie s fa ta le s q u i s u rg is s e n t e n tr e\ng e n s d e f o rtu n e s d iffé re n te s . P a r le r a n g                       q u ’o c c u p e     s o n m a r i, M me C o rm o n t s ’est\nc r é é e d e s b e s o in s d 'é lé g a n c e e t d e lu x e . E lle                      r e ç o it    e t s'e x h ib e      souvent         d a n s les\ns a lo n s. T o u t c e la a u d é tr im e n t d e                  so n     a m o u r. E t P a u l               L a ru e     se     d é s e sp è re . E t\nq u a n d , d e te m p s e n te m p s, c e s « d e v o irs » q u 'e lle e s tim e im p é r ie u x , lu i la iss e d es\nlo isirs, e lle les c o n s a c r e à s o n a m a n t. E t le m a lh e u r e u x s 'é p u is e à l'a tte n d r e e t à\nl'a im e r. I l e s t p h tis iq u e . I l m e u r t. M a is M a d a m e C o rm o n t a u n e e n fa n t.                                      U n jo u r\ne lle l'e n te n d to u ss e r. L a fille tte e s t p h tis iq u e : e lle e m b r a s s a it s o u v e n t P a u l L a r u e .\n       Et     d é s o rm a is l’a u t e u r n e le d it p a s , m a is le la iss e                          su ffisa m m e n t        p r e s s e n tir     ce\ns e ra le re m o rd s c o n s ta n t d e c e tte m è re , q u i v e r r a m o u r ir so n e n f a n t p a r s a fa u te .\nE t P a u l L a r u e , q u ’e lle o u b lia it d é jà , r e v iv r a trio m p h a le m e n t é g o ïste , d a n s le so u v e n ir\nte rrifié d e c e tte fem m e e t j u s q u ’à l’a g o n ie d e c e tte e n fa n t.\n       C a m ille L e m o n n ie r a u r a it p u , c o m m e ta n t d 'a u tr e s , se p o s e r e n c h a m p io n , s o it\np o u r , s o it c o n tr e le d iv o rc e . I l n e l ’a p a s v o u lu e t, à m o n se n s, il a b ie n fa it. I l\na fa it m ie u x : p l a c é           e n d e h o rs d e to u t p a r t i ,               il a e x a m in é la s u ite lo g iq u e d ’u n e\nin trig u e a m o u re u s e , n o u é e , so u s le s lo is a c tu e lle s d e n o tre so c ié té , e t il e s t a r riv é\nà c e tte c o n c lu s io n : E n              te n a n t c o m p te d e s lo is p ré s e n te s ,                il f a u t     un     dénouem ent\nv io le n t, n 'im p o r te le q u e l. E t so n v o lu m e la is s e c la ir e m e n t e n tr e v o ir ce c i : Il f a u t\nc h a n g e r la lo i, e t la is s e r to u te lib e r té . J e c ro is q u e                       là    g î t la s o lu tio n . C e u x q u ’u n\np r in c ip e s u p é r ie u r e t d iv in e m p ê c h e d e d é n o u e r les lie n s d e le u r u n io n , p e u v e n t c o n s i­\nd é r e r c e s lo is c o m m e n o n -e x is ta n te s , m a is la lib e r té d e s a u tr e s , a u m o in s, s e r a i t p ré s e rv é e .\n                                                                                                                                J ules      Bock.\n"}, {"page_pdf": 344, "texte": "                                                                      —     341       —\n\n\n       T ro is p la q u e tte s .                — M . E m ile P e ls a tr o u v é n é c e s s a ire d e r e tr a c e r l'H is to ir e\ndu T h é â tre de             L o u v a in        e t de        ses    fo ire s      e t k e rm e ss e s.        L a chose           eut     o ffert d e\nl'in té r ê t, si, a u lie u d ’u n e c o m p ila tio n a r id e , M . P e ls se fu t d o n n é la p e in e d 'a n a ly s e r\nses im p re s s io n s        su r    sa         v ille    et     d e r e c h e r c h e r d e s d o c u m e n ts in é d its              e t c u rie u x .\nQ u a n t à la tro is iè m e            p la q u e tte : Le Crime, châtiment et contagion, c o m p o s é e                                          p a r le\nm ê m e sy stè m e d e c o m p ila tio n , je n 'e n d ir a i r ie n d u to u t, le s g r a n d s h o m m e s, a u x q u e ls\nM . P e ls e m p r u n te ses th é o rie s , n 'o n t p a s b e s o in d e la r é c la m e d u Jeune E ffort.\n                                                                                                                                                 J. B.\n                                                                          ***\nL e C œ u r d e F r a n ç o is R é m y , p a r E dm ond G l e s e n e r .\n       Q u a n d p o u r la p r e m iè re fois, j'a i o u v e r t le liv re d ’E d .                                  G le s e n e r, u n e se n s a tio n\nd e b e a u té e t d e p la is ir                m ’e n v a h it; r ie n q u ’e n p r e n a n t ce v o lu m e , j'a v a is c o n s c ie n c e\nq u ’il r e n f e r m a it u n c h e f-d ’œ u v re . C e tte p r e s c ie n c e q u i se m b le ê tr e l 'âm e d e s c h o s e s\nn e m 'a p a s tro m p é : le liv re d ’E d . G le s e n e r « L e C œ u r d e F r a n ç o is R é m y » e s t u n\nc h e f-d 'œ u v re . J e      s u is h e u r e u x          de       p o u v o ir e m p lo y e r a u jo u r d ’h u i           ce    m o t d a n s sa\nv r a ie sig n ific a tio n , le p lu s b a n a l p e ti t s o n n e t d ’a m a te u r , l’in s ig n ifia n t c o u p d e p a s ­\nte l s o r tit    d ’u n e m a in       n o b le          o u r o y a le      d e v ie n t d e         n o s jo u r s c h e z u n e tr o u p e d e\nc o u r tis a n s , u n c h e f-d ’œ u v re .\n      P o lite s s e , c a m a r a d e r ie , m e n s o n g e , to u t c e la m 'e x is te p a s d a n s                             l'a p p r é c ia tio n\nq u e je p o r te i c i ; la v é r ité se u le g r a n d e e t sin c è re s u b s iste .\n       M a is       q u e re n fe rm e d o n c c e liv re p o u r m é r ite r ce titre . O h (et c ’e s t là le p lu s\ng r a n d h o n n e u r p o u r so n é c riv a in ) r ie n                    d e ta r a b is c o té , r ie n           de    m a c a r o n iq u e , r ie n\nq u 'u n e s im p le p é r io d e d e v ie .\n       E t n ’est-ce p a s           une          jo ie     pour       le s v é r ita b le s a r tis te s d e p o u v o ir             a ffirm e r u n e\nfois d e p lu s la p re u v e e n m a in s : q u e l ’a r t c ’e s t la v ie, q u e la b e a u té r é s id e d a n s\nla v ie. F i ici d e s p a s tic h e s b ib liq u e s , d e s la b o rie u s e s é lu c u b r a tio n s m y s tic â tr è s , d es\nm é ta p h y s iq u e s b o u fo n n e s, d e s m a u v a is e s im ita tio n s V illie rs d e l'I le a d a m e s q u e , o u d e\nr o m a n s b o u le v a r d ie rs , d ’im p ro v is a tio n s tiré e s d e g r a m m a ire s a n g la is e s , fi a u s si d e ces\nœ u v r e s d 'u n e r é th o r iq u e a la m b iq u é e m e tta n t e n s c è n e d e s p e rs o n n a g e s d o n t l’in té ­\nr ê t n e r é s id e q u e d a n s           le s v ic e s        c o n tr e n a tu r e       e t les d é fo rm a tio n s g é n é s iq u e s               et\nq u i re lè v e n t n o n d e s a r ts , m a is d e la p a th o lo g ie , q u a n d                              le v é r ita b le      s u je t,     c e lu i\nq u e l'o n c o n n a ît, c e lu i           que          l ’o n a v é c u se tro u v e                v ib r a n t    e t sim p le à         c ô té      de\nso i. A u ssi,       sa n s    p h r a s e s p ro fo n d e s ,          m a is      m o d e s te m e n t      co m m e e s t s a           v ie e t so n\na r t, M .       E d . G le s e n e r        a     e m p r e in t      du    c a c h e t d e l a v é r ité             sa    race,     c e lle      de     la\nw a llo n ie liég eo ise .        C ré e r u n ty p e (sy m b o le d 'u n e r a c e o u d 'u n e c aste) n ’e s t-c e p a s\nl à le sig n e d e to u t œ u v r e r e m a r q u a b le ?\n      F r a n ç o is R e m y e s t le liégeois, E d .                            G le s e n e r e n       e s t le m a îtr e , c o m m e il est\né g a le m e n t c e lu i d e s a g é n é ra tio n litté ra ir e .\n      Q u e lle c o n s o la tio n p o u r            nous        d e v o ir         en fin é c lo re d a n s la l itté r a tu r e c o m m e r­\nc ia le e t m a l p r o p r e q u i n o u s e n to u r e ,                  un       liv re d 'a r t       e t c e la c h e z n o u s e t p a r          un\nd e s n ô tre s .     D is p a ra is s e z        œ u v re s c o n te m p o r a in e s : Jo u rn a l d'une cocotte, J o u rn a l d'une\ncourtisane, o u a u t r e titr e f a it p o u r                   a tt i r e r l ’a r g e n t d e s       sn o b s      e t des n o ceu rs;            vous\nê te s é c lip s é s p a r u n v é r ita b le liv re , r e to u r n e z                   chez         v o s a u te u r s q u i n e v a le n t p a s\nm ie u x q u e le u rs c lie n ts .\n      Le Coeur         de     F rançois            Rémy e s t         donc         un     liv re d e s im p lic ité e t d e v ie , je n e\nv o u d r a is p a s d im in u e r so n i n té r ê t e n r é s u m a n t                    ic i   se s      p r in c ip a le s p a r tie s , j e v a is\nse u le m e n t e n t r a c e r le s g r a n d e s lig n es :\n      F r a n ç o is R e m y , fils d 'u n v a n n ie r lié g e o is, d e v in t a m o u r e u x d 'u n e                             fille n o m a d e .\n"}, {"page_pdf": 345, "texte": "                                                                        —3 4 2 —\n\n   I l q u itte            sa       fa m ille p o u r s u iv re L o u is e (nom              de     la      fille)        d a n s u n e r o u lo tte d e\n  v a n n ie r s . M a is d e           s u ite     il      est    d é g o û té d e s a n o u v e lle v ie e t d e ses c o m p a g n o n s\n  a v a r e s o u v o le u rs. Il v e u t r e to u r n e r c h e z lu i, m a is l'a m o u r d e s a m a ître s s e le r e tie n t.\n  U n e n f a n t n a î t , la jo ie lu i r e v ie n t a u c œ u r , m a is p a s s a g è re , la fem m e m e u r t. C e tte\n  fois il e s t d é c id é , il q u i tt e r a la r o u lo tte                   a v e c s o n e n fa n t. I l p a r t, m a is à p e in e a-t-il\n  m a rc h é      une      h eu re       que      l'in d é c is io n ( m a rq u e c a r a c té r is tiq u e          du       w allo n ) le      p re n d ,\n  il r e to u rn e d é fin itiv e m e n t à                 la     r o u lo tte . E t c ’e s t    to u t.     Q u ’est-ce         donc qui a pu\n  re n d re      ce      liv re      p a s s io n n a n t     et       beau ?      D e u x c h o s e s : l ’o b s e rv a tio n e t          le s t y l e .\n  L 'o b s e rv a tio n e s t ic i s c ru p u le u s e e t v r a ie . T o u t                d 'a b o r d l'é tu d e d e la r a c e w a llo n e\n  e s t d 'u n e r é a lité s a is is s a n te , l’in d é c is io n , l'in c e r titu d e d e v a n t                 le     d an g er,   la m é la n ­\n  c o lie , la rê v e r ie d e v a n t            le m a lh e u r , m a is a u p lu s p e t i t r a y o n d e s o le il, la g a ie té ,\n la ch an so n .          E n s u ite       so n h é ro s : l'e n fa n c e d e F r a n ç o is q u i e s t u n e é tu d e d e ta illé e\n e t fo u illé e           avec       so in . L ’o n d ir a i t v r a im e n t q u e M. G le s e n e r se r a p p e lle                       to u s ses\n s e n tim e n ts e t to u te s           ses im p re s s io n s d e b a m b in , ta n t il                  c a r a c té r is e e t a n a ly s e f in e ­\n m e n t les g o û ts e t le s m a n iè re s                      de   l'e n fa n t.   L i ég e , o ù se m e u t R e m y , n o u s a p p a ­\n r a î t v iv a n t d e s a p r o p r e v ie, e t l’o u v r ie r le p lu s                       ig n o r a n t      de      la c ité d e s c ra m i-\n g n o n s s ’é c r i r a à la le c tu r e d e c e c h a p itr e : « C ’e s t L itc h e ».\n        M a is        su iv o n s     F r a n ç o is        R ém y,      et    p a rto u t   à chaque             époque de sa                v ie,   ses\n se n tim e n ts , ses p a r o le s , s e ro n t              e n c o r r é la tio n a v e c so n â g e . C e tte v ie                 d e r o u lo tte\n s e ra ,    avec         se s p e rs o n n a g e s , d 'u n te l             ré a lism e , q u e l'o n e s t             te n té d e c r o ire       que\n M . G le s e n e r a v é c u to u t ses p e rs o n n a g e s .\n        L es      c o n tr é e s q u e l'o n tr a v e rs e s o n t d é lic ie u s e m e n t c ro q u é e s e t le c a d r e n e c è d e\n en         r ie n a u ta b le a u . Q u a n t a u s ty le , la p u r e té , la c o n c is io n , la c o r re c tio n d o m in e n t\n en         to u t lie u , si b ie n q u 'il p e u t s e rv ir d 'e x e m p le , e n u n m o t, q u ’il e s t c la s s iq u e d a n s\n la v r a ie sig n ific a tio n d e c e              m o t. V o ilà p o u r q u o i M . E d m o n d G le s e n e r a fa it u n chef-\nd ’œ u v re .\n        Il e s t l’élè v e d e F la u b e r t , e s t c e u n m a l? J e tro u v e p lu tô t q u e c 'e st u n b ie n . C a r\n il n e l’a c o p ié n u lle p a r t , m a is p a r to u t il s'e st r ig o u re u s e m e n t so u m is a u x règ les e t a u x\n p r in c ip e s d e l'im m o rte l a u te u r d e M adame Bovary.\n        N o u s a llo n s fê te r le 75me a n n iv e r s a ir e d e n o tr e in d é p e n d a n c e . M . E d . G le s e n e r a\n d o n n é s a g lo rie u se p a r t , il a d r o it à la r e c o n n a is s a n c e n a tio n a le                        S i c h a q u e p ro v in c e\n p o s s é d a it u n liv re a n a ly s a n t ses m œ u rs , ses h a b ita n ts e t le u rs c a r a c tè r e s , c o m m e le fa it le\n p r é s e n t o u v ra g e p o u r la p r o v in c e d e L iè g e , n o u s a u r io n s fra n c h e m e n t le d ro it d 'ê tr e fier\n d e c e s â rm o irie s , e lle s s e r a ie n t les p lu s b e lle s , le s p lu s v r a ie s e t les p lu s d u r a b le s .\n                                                                                                                      G a s t o n P u l in g s .\n\n\n        L e s M a sq u e s, p a r L . D u m o n t - W i l d e n .\n        M . D u m o n t-W ild e n se tro u v e ê tr e d a n s la litté r a tu r e b e lg e u n e p e r s o n n a lité . Il n e se\nr a tta c h e à a u c u n g ro u p e d 'é c riv a in s . I l est lu i, c ’e s t c e q u i fa it s a p lu s g ra n d e v a le u r .\n        P a r Visages de Décadence, il s ’e s t d é fin itiv e m e n t c la s sé , a u p r e m ie r ra n g d e s é c r iv a in s ,\ne t il v o isin e a v e c d e s c o n frè re s q u i o n t à le u r a c t if p lu s ie u r s liv re s, ta n d is q u e , p o u r lu i,\nl e b ila n se b o r n e à u n v o lu m e . L ’o n v o it d ’ici l ’im p o rta n c e d e c e jeune é c r iv a in q u i a p u ,\np a r Visages de Décadence, se fa ire si n o b le m e n t v a lo ir.\n       U n e p la q u e tte , Les Masques, v ie n t d 'e n r ic h ir so n œ u v r e d 'u n e n o u v e lle m a r q u e\n n te n s e d 'o r ig in a lité . Il n o u s tr a n s p o r te a u c ie l, o ù l ’o n r e n c o n tre to u s les d ie u x q u i o n t\ne x isté s u r la te r re , se d is p u te r là - h a u t e n c o re la p r é p o n d é r a n c e . C e la e s t im a g in é v a il­\nla m m e n t, a u p o in t d e v u e               litté ra ir e , m a is , p o u r le fo n d , je m e p e r m e ts d e d o u te r d e sa\nv é r a c ité . J e n e c o n n a is p a s le p a y s d 'A n to n in P a te n ô tr e .\n                                                                                                                      G a s t o n P u l in g s .\n"}, {"page_pdf": 346, "texte": "                                                                — 3 4 3          —\n\n\n\n                                                EXPOSITION\n\n                                                   A L A G A L E R IE B O U T E\n\n       En       c e b ijo u d e « S a lle B o u te », d é c o ré e                    avec          sty le e t d o u c e m e n t é c la ir é e\nq u e lq u e s a r tis te s , le s u n s s ’e s s a y a n t e n c o re , d ’a u tr e s p r e s q u e a r riv é s ,         fo n t u n e   expo­\nsitio n     d ’é tu d e s     et    de       pochades.         L 'im p re s s io n     g é n é r a le n ’e s t p o in t m a u v a is e . J ’ai\nr e m a r q u é to u t d 'a b o r d les s c u lp tu r e s d e A lf.                B o u te , q u i e x p r im e n t m a g is tra le m e n t\n« u n e p e n s é e » , q u i s ’e n          d ég ag e d e       s u ite . M . B o u te , e n c o re je u n e , a l ’œ il p le in               de\nc o n fia n c e et d e v o lo n té . L a g lo ire lu i s o u r it d é jà .\n       M.      A. De           K a t se       c o n c e n tre d a n s    la     m ig n o n n e rie : J ’a im e les p o se s               d e ses\n« G re n o u ille s » e t « L e c tu r e » trè s v iv a n te . M . E . M a h a u x a                           r a p p o r té d e P a r is\nu n e p ro v is io n d e c o in s d e s sin é s d é lic a te m e n t e t n o n s a n s v ig u e u r. L e s « P o n ts à\nP a r i s » so n t s o m m a ire s e t p le in s d ’im p re s s io n .                B ref, u n jo li ta le n t.\n       M . F . L a n to in e            e n v o ie u n e s é rie        d 'e a u x -fo rte s   où      l ’e n s e n t    tr o p le tâ to n n e ­\nm e n t. S o n « J o u r d e m a r c h é » e s t e n so le illé e t la r g e .\n       M. F . B eauck               a    de     jo lis c r o q u is      à    l'h u ile , p r is     a u B ois d e la C a m b re ,               et\nr e p r é s e n ta n t le m o n d e          a n im é   d e s p e lo u s e s. L e s ta c h e s d 'o m b re              e t d e so le il so n t\nm é n a g é e s a v e c a r t . C ’e s t la p o c h a d e q u e je p ré fè re c h e z c e t a r tis te .\n       D 'E u g è n e       C a n n e e l,    d o n t le m é tie r s ’affine e t d o n t le ta le n t se p ré c is e ,                    b u s te\nde     M lle L . C ., « S a la m b o » (m éd aillo n ).\n      De       R e n é D e M an j'a im e b ie n « E n N o r m a n d ie ».\n      E n fin M . J . M              C a n n e e l n e r é u s s it q u e le c r o q u is .\n      C e tte e x p o s itio n tie n t so n p e ti t r a n g a v e c o rg u e il.\n                                                                                                                        A ndré L izin .\n\n\n\n\n                                                        MUSIQUE\n\n     « L E J O N G L E U R D E N O T R E -D A M E », A L A M O N N A IE\n       L e « m iracle » que la M onnaie v ient de rep résen ter po u r la prem ière\nfois, n ’est pas — disons-le vite — u n e œ uvre tran scen d an te.\n       Cela a b eau être u n m iracle, il est certain que M assenet n ’a pas\ndéployé d an s cette œ uvre u n art aussi louable que celui que nous ren co n ­\ntro n s d an s Werther, dans les Erinnyes ou d an s la Navarraise. L e Jongleur de\nNotre-Dame est c e p en d an t la m oins m auvaise des œ uvres m édiocres que\nM assenet a p ro d u ites d epuis dix ans.\n       A h ! si ce m usicien avait em ployé u n e m oitié de sa vie à penser les\nErinnyes et l’au tre m oitié à penser Werther, j ’ai la conviction q u ’il a u ra it\nim m ortalisé son nom . H é la s, la M use m alad ro ite et frivole l’a tourm enté\nsans rép it, et l’artiste a été forcé d e fonder u n e u sin e d ’opéras. (O n co n n aît\ntro p les d ern iers p ro d u its de cette fab riq u e modem-style.\n"}, {"page_pdf": 347, "texte": "                                                          —       344      —\n\n\n         Le s     Erinnyes e t              Werther s o n t l ’ h y d r o m e l b ie n f a is a n t , le re s te c ’ e st\n la l i e , la lie é p a is s e e t o r g u e ille u s e q u i , d e m a i n , s e ra si a b o n d a n t e q u ’ e lle\n s u b m e r g e r a l 'h y d r o m e l .\n         L e lib r e t t o    du      Jongleur, é c r it p a r M . M a u r ic e L é n a , a la q u a lit é trè s\n                                                                                               Alléluia s u r\nr a r e d ’ a v o i r u n s e n s . U n p a u v r e j o n g l e u r , fo r c é d e c h a n t e r u n\nle v i n p o u r a ig u illo n n e r la c u r io s ité d e la f o u l e , e st in te r p e llé p a r le p r i e u r\nd e l ’ a b b a y e v o i s i n e , le q u e l le v o u e         a u x f e u x é te r n e ls . L e p a u v r e h o m m e\nim p lo r e le p a r d o n d u r e l i g i e u x , e t c e lu i- c i c o n s e n t à r e t ir e r s a m a lé d ic t io n\nà la c o n d i t i o n q u e le jo n g l e u r d e v ie n n e m o in e                   e n l ’a b b a y e . L e j o n g l e u r\na c c e p te e t , a p r è s a v o i r fa it d e t o u c h a n ts a d i e u x à la lib e r t é q u e la g r a n d e\nN a t u r e lu i a v a it t o u jo u r s p r o d i g u é e , f r a n c h i t le p o r t a il d u t e m p le .\n        L e d e u x iè m e a c te n o u s c o n d u i t à l ’ in t é r ie u r d e l ’ a b b a y e d e C l u n y , le\nj o u r d e l ’ A s s o m p t i o n . C h a q u e m o in e a , s e lo n ses a p t it u d e s , r e n d u h o m ­\nm a g e à la V i e r g e . J e a n , q u i n ’ e st n i m u s ic ie n , n i p e i n t r e , n i p o è t e , s o u ffr e\nd e n e p a s p o u v o i r , lu i a u s s i, g lo r if ie r M a r i e . M a is il p r e n d r a sa r e v a n c h e .\n       A u t r o is iè m e a c te , il e n tr e d a n s la c h a p e lle , a p r è s l ’ o ffic e , e t , a y a n t\nô té sa r o b e , il a p p a r a ît r e v ê t u d e s o n c o s t u m e d e j o n g l e u r . I l t o m b e a u x\np ie d s d e la s ta tu e d e la V i e r g e e t s u p p lie c e lle -c i d e b ie n v o u l o i r a c c u e illir\ns o n h u m b le h o m m a g e . I l se r e lè v e , s a is it sa v ie lle e t d a n s e d e v a n t l ’ a u te l\nses p a s le s p lu s s a v a n ts           D e s fr è re s q u i , s u r ces e n t r e fa it e s , s o n t a c c o u r u s ,\nv e u le n t le s a is ir , m a is ils s o n t a rrê té s p â r le s o u r ir e d e la V i e r g e , q u i v ie n t\nd e s’ a n im e r s u r l ’a u t e l.\n        L e r o y a u m e d e s c ie u x est a u x h u m b le s , c h a n t e le p r i e u r , e t le r id e a u\nse fe r m e l e n t e m e n t .\n        G r a n d e e st l ’im p r e s s io n q u e p r o d u i t ce d e r n ie r a c te . A v e c d e s m o y e n s\nf o r t s im p le s , M a s s e n et est p a r v e n u à n o u s d o n n e r u n e b e lle é m o t io n .\n        L e p r é lu d e d u Jongleur e st in té r e s s a n t. D e t e m p s e n t e m p s u n e h a r ­\nm o n ie     o r ig in a le    p la n e      d a n s l’ o rc h e s tre . U n e         d e s m e ille u r e s     pages      de\nl ’ œ u v r e e st la r o m a n c e d a n s la q u e l le , a u p r e m ie r a c te , J e a n                e x p r im e s o n\na m o u r d e la lib e r t é . E l l e e st t o u c h a n te e t d ’ u n e c o m p o s it i o n r e s s o r ta n t d e\nl ’o rd in a ire .\n        L e d e u x iè m e a c te e st m é d io c r e e t l ’ o r c h e s t r a t io n y e s t d ’ u n e p a u v r e t é\nr é v o lta n t e e t g r o t e s q u e .\n        T o u t le t r o is iè m e a c te e st f o r t b o n . L e p r é lu d e d e c e t a c te e st d ig n e\nd e r e m a r q u e e t la s u ite n e d é m e n t p a s ce q u ’ il p r o m e t t a i t .\n        M a s s e n e t a s u é v it e r d e fa r c ir s o n d e r n ie r a c te d ’ u n e m u s iq u e                    re li­\ng ie u s e m o n o t o n e        e t s u c r é e , il n o u s a , a u c o n t r a i r e , p e i n t f o r t j u s t e m e n t\nq u e lq u e s é ta ts d ’ à m e trè s s im p le s e t trè s n e ts . —                     M . M a s s e n e t r e d e v ie n ­\nd r a i t - i l m u s ic ie n ?                                                                  Rob. Lydaime.\n                                                                  *\n                                                              *        *\n\n\nS ÉA N C ES           E N G E L -B A T H O R I —                       Une heure de Musique (Salle Gaveau).\n\n       M a ssen et : M e r c r e d i               1 4 d é c e m b r e , c ’ e st à        M a s s e n e t q u ’é ta it c o n ­\ns a c ré le 4 me R é c i t a l . U n e             m u s iq u e       c h a r m a n t e , é c r ite s u r d e s v e r s c h a r ­\n"}, {"page_pdf": 348, "texte": "                                      — 3 4 5 —\n\n\nm an ts, chan tée d ’u n e façon ch arm an te. M . E ngel et Mme B athori ont,\nav a n t to u te chose, d ’ab o rd u n e voix délicieuse ; ensuite, le sens d e la\nco m p réh en sio n . C hacune de leurs m élodies so n t em preintes du sceau de\ncette intelligence. L es d eux excellents artistes que so n t M. E ngel et\nMme B athori ne se c o n ten ten t pas d ’être seulem ent des ench an teu rs, ce\nson t aussi d ’inco m p arab les m aîtres. C ep en d an t q u ’ils nous séd uisent par\nleu r v o ix , ils en seig n en t, m ais sans q u e nous en subissions le côté austère.\nM. E n g el distille d ’u n e voix je u n e et car essante to u t le ch arm e d u m aître\nfran çais; q u a n t à Mme B ath o ri, il est, m e sem ble-t-il, im possible de dire\nplus ju ste m e n t et plus gracieusem ent. L ’au d itoire, d ’ailleurs très choisi,\nfait régulièrem ent, aux courageux artistes, u n e sincère et flatteuse ovation.\n       — P lu s in téressan t, encore, que M assenet, G a b r ie l F a u r é (m ercredi\n21 décem bre) avec u n e auto rité p lu s artiste et une plus h o n n ête sincérité,\ns’est im posé, dès les prem ières m élodies, au g o û t très éclairé du public\nde ces séances. Au pro g ram m e, et quel ne fut pas m on étonnem ent\net m o n a n g o isse , des poëm es de P a u l V e r l a i n e ! Je p e n sa is,\nju s q u ’ici, que nul n ’eu t osé s’arro g er le d ro it d ’un tel sacrilège, atten d u\nqu e les vers de V erlaine so n t la m usique elle-m êm e, et se passent volontiers\nd ’u n e au tre expression que celle de la diction. M ais G abriel F a u ré s’est\ntrès consciencieusem ent acq u itté de cette tâche et a com m enté avec une\npieuse sincérité la p oésie d u P a u v re L élian .\n        A vant de les ch an ter, M. E n g el a lu, en véritable artiste, les poëm es\nq u ’il allait ch an ter, et je dois à la vérité de dire que c’était là, peu t-être,\nu n e red o u tab le im p ru d en ce, p u isq u e certain em en t l’im pression de la\nch an so n é tait com prom ise et avait à lu tter du rem en t avec la précédente\n épreuve. E n som m e, m algré le talent de M. G abriel F au ré, et à cause du\n talen t de lecteur d e M. E n g el, il est préférable de laisser à eux-m êm es les\n vers sp len d id es de V erlaine, qui n ’o n t décid ém ent que faire d ’un ag rém ent\n m usical. Mme B ath o ri, sans lire p réalab lem en t, nous a extasiés d ’une\n ad o rab le m élodie : C'est l'extase, et les d u o s : Puisqu' ici-bas et Tarentelle ont\nterm in é le splen d id e pro g ram m e au g ra n d con ten tem en t des au d iteu rs.\n                                                                      M. A n g e n o t .\n\n\n\n\n                                P L A T E CASE\n\n                      de Plate a répondu... au Samedi.\n       ’a m p l i f i c a t e u r\n\n\n L        Il se compare complaisamment à L a Fontaine et à\nPhèdre — excusez du peu — et fait insérer son amplification\navec l’exercice de Plate. Les typographes eux-mêmes n'ayant\npas encore lu la partie originale de la réponse, se deman­\ndaient pourquoi le Directeur du Samedi leur faisait composer\n"}, {"page_pdf": 349, "texte": "                            —   346   —\n\n\ndeux fois la même histoire; une fois d’une manière succincte\net ensuite déliée, macaronique et dépourvue d ’intérêt. Malgré\nles explications du personnage, le Samedi, par la logique des\nchoses, est forcée de reproduire notre dilemme dont l’amplifi­\ncateur de Plate ne saurait sortir mais auquel il n’a eu garde de\nfaire allusion et pour cause.\n      Quand il s’agissait d'un autre, d ’un de nos bons écrivains,\nqui, dans un volume copieux s’était servi incidemment d’une\nhistoriette, le cas était pendable. Notre personnage emplissait\ntoutes les publications auxquelles il avait accès d’une fureur\net d ’une indignation sans bornes Et pendant ce temps ces\ndeux accolytes faisaient attaquer l’écrivain en question dans\nla profession qui lui fournit, comme à la plupart d’entre\nnous, sa subsistance en ce pays où les lettres ne nourissent\npas leur homme. Ils agissaient de la sorte soit pour le faire\nmettre à pied, soit pour lui faire interdire d’écrire. On ne\nsaurait assez flétrir ceux qui emploient des procédés aussi\nodieux.\n      Mais maintenant qu’il s’agit de lui, Plate Case n’est plus\ndu tout du même avis. Le cas qui était pendable pour un\nautre devient pour lui naturel et d’une indiscutable correction.\nOn appréciera comme il convient cette correction et celle\ndes procédés du personnage. Le dit Plate Case mécontent\nd ’avoir été pris par nous la main dans le sac nous a renvoyé\nle numéro du Jeune Effort avec cette adresse « Aux potaches\ndu jeune et fort bête ». Nous avions prévu, quand nous\nbaptisâmes la revue, la détestable facilité du calembour à\nfaire et mal de grélongues hésitations nous le maintînmes\npour faciliter la réponse des gens qui, comme lui, n’allaient\npas trouver mieux.\n      D ’ailleurs on connaît la suffisance du personnage; ne\nfaisait-il pas écrire dernièrement : « Que tout ce qui sort de\nsa plume est d ’une originalité, d’une clarté, d’une correction\nparfaite ». Ne fait-il pas écrire aussi par un jeune sot (ce n’est\npas un potache celui-là) « que Camille Lemonnier lui-même\nayant échoué dans le roman psychologique venait d’être\nsurpassé par M. André!... »\n     On a lu tour à tour que Plate Case est non seulement le\n"}, {"page_pdf": 350, "texte": "                           —    347   —\n\n\nplus fort des romanciers belges, mais q u ’il est plus fort que\nBourget et continue Balzac — en mieux. Quel honneur pour\nPlate!!!\n     Nous sommes des potaches, c’est entendu; mais nous n’en\nsommes plus à chercher notre inspiration dans la grammaire\nde Plate. Si Plate Case est jamais sorti un instant du\npotachisme on voit qu’il s’est empressé d ’y rentrer. Les\nopinions de ce grand psychologue, d ’après grammaire\nanglaise, varient d ’ailleurs d’après qu’on soit pour lui ou\ncontre lui. Il y a quelques temps nous étions « de vaillants\nconfrères », aujourd’hui, pour avoir dit qu’après s’être fait le\ngendarme de nos lettres, on l’avait surpris dans le poulailler\nde Plate, nous ne sommes plus que des potaches. Que Plate\nCase soit b é n i!!!\n                               *\n                              * *\n     Nous recevons à ce propos la lettre de M. Léon Sou ­\nguenet, qui montre clairement la différence qu’il peut y avoir\nau point de vue des procédés entre un P. André et un\n homme de talent, un homme loyal.\n\n              » M on   cher    C onfrère,\n\n     » Je vous suis reconnaissant d ’avoir prononcé mon nom\nen rappelant l’histoire de toute façon mirifique de St Dodon.\nCela me permet de redire simplement que j’ai eu tort en\nmenant campagne jadis contre des Ombiaux. J’avais naïve­\nment fait état des deux textes mis en regard. C’était, oui\nc’était naïf. Après avoir agi, je réfléchis. Cela arrive aux gens\nde lettres. Je m’aperçus que j ’avais de mon côté une jolie\ntroupe d’envieux. Puis je lus des Ombiaux. J ’envoyais à celui-\nci un ambassadeur qui fut James Ensor, depuis chevalier de\nl’Ordre de Léopold, et qui lui déclara que j’avouais avec\norgueil avoir commis une injustice. Je le redis quand j ’en ai\nl’occasion, la littérature de des Ombiaux est loyale comme\nson amitié.\n      » T oute ma sympathie pour vous et votre revue.\n                                          » L éon   S ouguenet.\n\n     \" L iége, 3 décembre 1904. »\n"}, {"page_pdf": 351, "texte": "                                                           —     348 —\n\n\n\n                                                 Nouvelles.\n      N o u s a v o n s cru bon de r é s e r v e r d ix p a g e s de t e x t e , p o u r le c a s où l'a f ­\nflu en ce d es ré p o n se s à n o tr e R e fe re n d u m n é c e s s it e r a it u n e a u g m e n ta tio n de\nn o tr e fo rm a t. N o s le c te u r s , p o u r ce m o tif, n o u s e x c u s e r o n t de n e p a s le u r\na v o ir p r é se n té le n° d o u b le q u 'ils a tte n d a ie n t.\n\n       I n s tit u t d 'E tu d es é t r a n g è r e s (im p a ss e d u P a r c ) à 8 1/4 h e u r e s d u s o ir : L u n d i\n1 6 ja n v ie r , c o n fé re n c e d e M . T h . B r a u n , s u r les p o ë te s b e lg e s ; 1re sé rie : L a Vieille Belgique.\n— L u n d i 23 ja n v ie r , le c tu re p a r M lle G . R e m y , fem m e d e le ttr e s , d e so n d r a m e in é d it :\nL 'E ducation de Cliarles-Quint. — L u n d i 30 ja n v ie r , c o n fé re n c e d e M . T h . B r a u n s u r les\np o ë te s b e lg e s ; 2e sé rie : L a Jeune Belgique.\n\n        P o u r p a r a ît r e p r o c h a in e m e n t : M on Confrère Asmodée, p a r F r itz v a n d e r L in d e n ,\nr é d a c te u r en c h e f d e la Verveine, a v e c u n fro n tis p ic e d e L e v ê q u e O n s o u s c rit : A la Verveine,\n2, r u e d e la P o te r ie , M o n s.\n\n      N o s sé a n c e s . — Ja n vier : C o n fé re n c e d e M . M . A n g e n o t s u r P a u l V e rla in e .\n\n       P o u r le C o n g rès in t e r n a tio n a l de L itt é r a tu r e q u i se tie n d r a à L iég e , p e n d a n t\nc e tte a n n é e , o n t é té n o m m é s : P r é s id e n t, A n a to le F r a n c e ; V ic e -p ré s id e n ts , C . L e m o n n ie r\ne t M . M a e te rlin c k ; S e c r é ta ire , A lb e rt M o ek el.\n\n       N o tr e s o ir é e du 2 3 d éc em b re. — A n d r é L iz in c o n f é r e n c ia it. D e la fa ç o n\nla p lu s c h a r m a n te , il d é ta illa a v e c u n e c o m p é h e n s io n trè s v iv e , l'œ u v re d e G a b r ie l\nV ic a ir e . S a v o ix u n p e u s o u rd e f o rç a it l'a tte n tio n , m a is n é a n m o in s les a p p la u d is s e ­\nm e n ts q u i l ’a c c u e illir e n t, q u a n d il se le v a , p r o u v è re n t to u te la s y m p a th ie d e s\na u d ite u r s . J 'a lla is o u b lie r n o tre a m i M a rc e l A n g e n o t, q u i n o u s a d it, a v e c la fine\njo lie ss e q u e n o u s lu i c o n n a is so n s , Rosette en P aradis, l ’e x q u is p o ëm e d e G a b r ie l\nV ic a ire . A to u s d e u x m e rc i.\n       L a p a r tie m u s ic a le fu t to u te a u s s i c h a r m a n te q u e la p a r tie litté ra ir e , M lles B r itt\ne t W ib a u w d é p lo y è r e n t la g râ c e de le u r ta le n t e t se s u r p a s s è r e n t d a n s l ’in te r p r é ta ­\nta tio n difficile d e m a ître s tels q u e C é s a r F r a n c k , D e G r e e f , B r a h m s e t L a u w e r y n s .\n       Q u a n t à M M . N o to r a n g e e t J a n s s e n s , le p r e m ie r se m o n tra v irtu o s e co n so m m é\ne t b o n a c c o m p a g n a te u r , e t le se c o n d , m a îtr e a b s o lu d e so n a r c h e t, su r e m u e r e t\nem p o ig ner               nosâ m e s p a r l'a m p le u r d e so n je u e t la v ib r a n te c o m p ré h e n s io n d 'A rt\n qu'il su -                d a n s ses in te r p r é ta tio n s d e B o c c h e rin i.\n        Et ----------------- re u se s fé lic ita tio n s q u e je r e c u e illis à l ’a d re s s e d e s a r tis te s , so n t\na u ---------------------------- d e la s in c é rité d e c e lle s q u e n o u s le u r p r é s e n to n s a u jo u r d ’h u i.\n                                                                                                                         J . B,\n\n        J ’a i eu l'o c c a sio n d ’a s s is te r a u c o n c e r t d o n n é à la G r a n d e - H a rm o n ie , d a n s le q u e l\nj o u a it M lle C h o le t, d o n t les h a b itu é s d e n o tr e C e rc le d 'a r t c o n n a is s e n t la v irtu o s ité . L a\np la c e q u i m ’est ré se rv é e m ’e m p ê c h e d e d ir e to u t ce q u e j ’a u r a is v o u lu d e so n ta le n t\nso u p le e t c h a r m e u r . J e d o is m e b o r n e r à lu i a d r e s s e r m es s in c è re s f é lic ita tio n s . J. B .\n\n      A c c u sé de r é c e p tio n :\n      Le L ivre et l ’A m our, p a r H e n r i B e lm o n t.\n      N ° Roulotte, c o n s a c ré à C h . V a n L e rb e r g h e .\n      Roulotte, a lm a n a c h d e s p o è te s b elg es.\n       N o u s p r io n s M . E d . P i c a r d d e b ie n v o u lo ir n o u s e x c u s e r : n o u s so m m es fo rc é s de\nr e m e ttr e a u m o is p r o c h a in l'é tu d e d e so n v ig o u re u x liv re : Am bidextre Journaliste.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 19, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1905-01", "signet_source": "Deuxième année - N°20-21 - Janvier-Février 1905", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 332", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}