{"numero_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "articles": [{"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24-001", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "JEUNE EFFORT Marcher franc dans la vie", "ancre_fin": "et dire ce qu’on pense.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Sommaire :", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 376, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 123, "texte": "JEUNE\n          EFFORT\n    Marcher franc dans la vie,\n  et dire ce qu’on pense.\n\n\n\n\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24-002", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Sommaire : M a u r ic e d e s O m b ia u x", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 376, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 123, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "Sommaire :\n\n\nM a u r ic e d e s O m b ia u x .                                        J u le s B ock .\nI te M is s a E s t ........................................... Marcel Angenot.\nL e s T e m p s d ’a m o u r.                                          • L é o n M o in e .\nP a y s a g e m a l s a i n ........................................... Louis-J u l e s H i l l y .\nR éféren d u m s u r l ’A m o u r p a ss io n n e l.\n       Réponses de M M . A v a n z o , F . H e l l e n s , H . V a l é r e d o ,\n              B a z a l g e t t e , R a c h ild e , T h é o V a r l e t . E u g . S a m u e l,\n              G e o r g e s L e c o m te .\nL iv r e s :\n     Les Heures d'après-m idi (Verhaeren) . . G . P u l i n g s .\nT h é â tr e : L a Massière — Electra .                          . M a r c e l A n g e n o t.\nC ercle d 'A rt : Séance Samuel . . . .                              R o b . L y d a im e .\nN o u v e l l e s ................................................ Jeune E ffort.\nT a b le d e s m a tiè r e s .\n\nI llu s t r a tio n : Maurice des Ombiaux.\n\n\n\n                      C e n u m é r o : 5 0 cent.\n\n\nDeuxième Année. N° 23-24.                                                     A v r il        1905.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24-003", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Rédaction, administration et abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "J eune E ffort M E N S U E L", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 377, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 1252, "texte": "J eune E ffort\nM   E N S U E L      D ’A R        T      E T       D   E    L I T TE R    A T U    R E\n\n         Affilié à l’Association d e s J o u r n a u x périodiques belges.\n    ORG A N E D ES JE U N E S , O U V ERT A                                TO US\n                          Paraissant le l er du mois.\n\n\n\n\nFondateurs: G.        P    u l in g s   — J.     B o c k —    L.    d e   C asem broot\n\n                                   F.    B o r d ie r\n\n\n\n\nRédaction et administration :\n                          5,   R u e    d u   C o u ven t, Ix e l l e s-B r u x e l l e s .\n\n\n   Pour la Critique d ’art et les Théâtres, adresser les\ncommunications à Marcel A n g e n o t , rue Goffart, 10, Ixelles.\n\n\n\n     Toute souscription d ’au moins 2 francs pour la Belgique,\n3 francs pour l’étranger, donne droit à un service de douze\nnuméros.\n\n\n     Il sera rendu compte de tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n     Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n     Nous autorisons la reproduction de nos articles sous la\ncondition expresse d’en indiquer la source et le nom de\nl’auteur.\n\n\n     L a Revue, laissant la plus grande liberté à ses collabora­\nteurs, ne prend pas la responsabilité des articles qu’elle insère.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24-004", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 375, "page_fin": 387, "titre_corps": "Maurice des Ombiaux", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "JULES BOCK.", "ancre_debut": "MAURICE d e s OMBIAUX (*) I. l y a dans son œuvre deux t", "ancre_fin": "J u i .e s B o c k .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Fte missa est.", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 378, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1786, "texte": "MAURICE d e s OMBIAUX (*)\n\n\n                                                        I.\n\n      l   y a dans son œuvre deux tendances distinctes, l’une\n I    hautaine, a l’allure décorative des grandes fresques chré­\ntiennes, l’autre plus humaine, plus actuelle et plus proche\n de notre âme. Elles sont caractérisées, la première, par\nl’Histoire Mirifique de Saint-Dodon et le Joyau de la Mitre,\nla seconde par Maison d’Or.\n      L a première de ces tendances, fortement accusée\ndans les romans cités, s’atténue dans les Contes, disparais­\nsant même parfois, faisant place à la verve et à la godaille.\n      Dodon personnifiant la Nervie, Saint-Aubin et Balbine\ncaractérisant la Principauté de Liège, rattachent à leurs pas­\nsés légendaires — historiquement encadrés —, coordonnent\net déterminent en eux, les dissemblances superficielles et\nl’identité réelle des sentiments et de la mentalité de tout une\nrace.\n      Ces héros, il les situa au Moyen-Age. E t c’était l’époque\nbien choisie en vérité que celle où convergaient toutes\nles formidables contradictions des civilisations anciennes.\nEpoque rafinée et païenne, barbare et chrétienne, sommet\ndu passé, où il semble que l’âme wallonne se soit attardée,\ntant elle lui est encore pareille.Il fallait la force héroïque, les\n\n                                        (* ) B i b l i o g r a p h i e   :\n\nChants des jo u rs lo in ta ins; Vers de l'E sp o ir; Mes Tonnelles ; H istoire M irifique de St-D odon ;\n   J e u x de Cœur; M aison d'O r ; N o s Rustres ; Le Joyau de la M itre ; Têtes de houille; M ihien\n   d ’A vène; Contes de Sambre et M euse; Guidon d'Anderlecht.\n\n          P o u r p a ra ître :\nIo -Iè Bec de Lièvre; Les Farces ; Us et Coutumes de W allonie; Les manches de lustrine; L a\n     Terre délivrée.\n"}, {"page_pdf": 379, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "                                                          — 376 —\n\nvertus et les vices des âges médiévaux pour reconstituer cette\nWallonie qui adore des saints de convention, au détriment\ndes gloires catholiques qu’elle boute hors de ses croyances. A\nl’encontre du flamand fanatique et têtu dans sa foi, le wal­\nlon, frondeur, joint à une certaine religiosité traditionnelle,\nune pointe de scepticisme gaulois. Ennemi de l’autorité, pour\nle seul fait qu’elle est autorité il aime à l’affronter et à l’exas­\npérer.\n      Cette race d’ailleurs ne forme pas un tout : les senti­\nments primordiaux existant avec elle, furent influen­\ncés diversément par les civilisations voisines et par la\nsuzeraineté que celles-ci exercèrent sur elle. Tandis que le\nHainaut où plutôt la Nervie ressentait profondément\nl’influence française et, par conséquent, gardait plus intacte\nson âme (1), la principauté de L iége recevait surtout celle du\nSaint-Em pire qui lui donnait la plupart de ses Princes-\nEvêques.\n                                ** *\n     E t tout d’abord, il symbolisa en Dodon, l’ironie de ces\nbuveurs de Bourgogne, leur fainéantise et leur terrible dédain\ndes choses sacrées :\n       S a jeu n esse s ’était écoulée de façon jo y eu se dans u n e paresse que l’on\np e u t très ju ste m e n t a p p eler sainte, p u isq u ’elle conduisit à la b éatitu d e\ncelui qui la p ratiq u a.\n\n     E t voilà résumée en quelques mots, non seulement la\nnote générale de cette apologie hilarante, mais aussi l’âme\nwallonne tout entière.\n  E t que Dodon nous promène à Namur, à Mons ou à\nNivelles, qu’il nous fasse visiter la Flandre en un homérique\nvoyage, ou qu’il nous conduise en ces multiples moustiers et\nabbayes où sa renommée de « sainteté » le faisait appeler\npour applanir des différents, ou redresser les règles tordues\npar les abus, nous le voyons toujours, chevauchant sa mule\n\n       ( 1) O n se r a p p e lle r a q u e l'E n tr e - S a m b r e e t-M e u s e , la C h a m p a g n e e t l' I le d e F r a n c e\nq u i se to u c h e n t, n o u r ris s e n t d e s p o p u la tio n s à p e u p rè s se m b la b le s , e t d o n t les d iffé re n c e s\ns'é v a n o u is s e n t d e v a n t le u r c o m m u n a m o u r d u v in e t d e la p la is a n te rie r a b e la is ie n n e .\n"}, {"page_pdf": 380, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2297, "texte": "                                      — 377 —\ntrottinante,calm e et poli, doux et compatissant aux pécheurs,\nqu’il réprimandé en pleurant et qu’il excuse dans son cœur\nd’or.\n      E t voici qui peut-être vous fera apprécier les moyens inat­\ntendus employés par ce pacifique trancheur de nœuds gor­\ndiens ;\n      Le prieur des capucins étant mort, il fallut lui élire un\nsuccesseur. Mais tous les religieux se jugeant indignes d’une\npareille charge se dérobaient. On eut recourt à la sagesse\nde Dodon, et voici ce qu’il fit :\n       .... Il s’en fu t chercher de gros poux d an s u n ham eau loqueteux de la\nv ille,à la m aladrerie, des p o u x de barb e, qui écrasés, o n t la form e pentago­\nn ale d ’u n e co n stellatio n ... Il déposa la v erm ine au m ilieu de la grossière\ntable ro n d e, su r laq u elle les religieux p re n a ie n t d ’h ab itu d e leur fruste\nrepas. Il o rd o n n a aux cap u cin s de s’ageno u iller, puis de poser le m enton\nsu r la table e t d ’y étaler leurs longues barbes.\n       L es parasites d ’ab o rd éton n és de se tro u v er d an s un e n d ro it aussi\ninsolite, se m iren t à gigoter après être sortis de leur prison. P u is ils\np a ru re n t s’o rien ter, et, com m e guidés p a r l’o deur, ainsi que des chiens de\nchasse, ils se d irig èren t, sans plus d ’hésitatio n s, vers les poils roussâtres\nde l’u n des p etits frères. Ils e n trè re n t en ce buisso n que nul peigne n ’avait\nexploré et d isp a ru re n t, h e u re u x sans d o u te d ’avoir retrouvé u n e patrie.\n\n     Alors, Dodon se précipitant vers lui, l’embrassa avec\ntransport et commanda aux capucins de se soumettre à leur\nfrère, car c’était lui que la volonté divine désignait.\n\n\n\n     Il restait à M. des Ombiaux, pour terminer la base de\nson œuvre, de résumer, en des personnages, fastueux,\nparesseux, buveurs, indécis, la rubenienne principauté\nde L iége. Dans le Joyau de la Mitre plus peut-être que\ndans St-Dodon, il développa son extraordinaire faculté\nde reconstitution.\n     Chaque coutume, chaque particularité savoureuse de la\nWallonie, il l’a rapportée scrupuleusement, avec ses contin­\ngences de fierté, de noblesse et de grivoiserie. Le prétexte de\ncette incomparable féerie est l’intrigue amoureuse que noue\nBalbine, la « garce » du prince-évêque,avec un pauvre artiste\n"}, {"page_pdf": 381, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2157, "texte": "                           -   3 7 8   -\n\n\n « beau comme le jour », Alain de Dinant. L a favorite est\ntrès surveillée par le prince-évêque, ce qui nécessite l’entrée\nen scène d'un quatrième personnage, Saint-Aubin.\n      Ce Saint-Aubin, d ’ailleurs, est un saint tout aussi peu\nauthentique que possible; il a même un fond de rouerie qui\nle ferait prendre pour Messire Belzebuth, si son perpétuel\nsourire et son bon cœur inépuisable ne venaient tempérer au\npoint de la modifier complètement,la méchante figure du sire\nque j’évoquais plus haut.\n      Or donc, St-Aubin imagine une foule de pèlerinages à\ndes saints parfaitement inconnus de nos jours, ces saints\nayant tous leur chapelle aux environs de la bonne ville de\nDinant, où se consume le malheureux amour d’Alain le\ndinandier. Puis se déploient les pompes invraisemblables\ndu fastueux Moyen-Age, avec ses duels judiciaires, la folie\nde ses flagellants, avec la sombre barbarie de ses luttes\nfratricides, du peuple contre la noblesse, les alternatives de\nvictoires et de défaites, de faveurs et de rigueurs pour l’un\nou pour l’autre, suivant que la fantaisie, les amours ou les\nnécessités politiques du Prince-Evêque, réclament des bour­\ngeois ou des seigneurs l’appui nécessaire à ses armes ou\nà ses intrigues.\n      Puis nous assistons à une de ces immenses processions\nqui sont la gloire et la honte de ce Moyen-Age sensuel,\norgueilleux, fastueux, cruel et religieux quand même.\n      Dès le matin sonnent les carillons, annonçant le règne\néphémère de Balbine. Les foules s’entassent dans les\nruelles trop étroites et sur les places publiques, devant les\néglises. Les jeux populaires battent leur plein, les théâtres\noù seront représentés les mystères chrétiens et les scènes\nmythologiques, lèvent leur toile.\n      Puis la procession s’organise. Le Christ en croix ouvre\nla marche, et c’est un condamné à mort qui Le représente;\ns’il survit au crucifiement il sera gracié!\n      E t les orfrois et les brocards défilent :\n      D ’abord viennent les Seigneurs vassaux de Liége, puis\nles baillis de la ville, puis la châsse éclatante d ’or et de\npierreries du premier patron, Saint-Lambert. Puis le\n"}, {"page_pdf": 382, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2268, "texte": "                                       —   379 —\n\nPrince-Evêque et les dignitaires de sa maison, les Prévôts,\nles Abbés, les Moines, les Béguines et les Béguards, les P ré­\nmontrés et les trente deux coches figurant les métiers de la\nville.\n      E t su r un ch ar d ’o r, g ran d com m e u n n av ire, traîn é p a r quatorze ch e ­\nvaux aux cap araço n s tissés de fils d'or, d ’a rg e n t et do soie, aux arm es des\nquato rze seig n eu ries de la P rin c ip a u té , tren te-d eu x jeu n es filles agitaient\nles couleurs des co n fréries, a u to u r d ’u n en tassem ent d 'ép is, de fleurs, de\nfruits ja u n e s, ro u g es, verts et dorés, au som m et d u q u el, sem blable à Cérès,\nla déesse de la fécondité, ra y o n n a n te en sa b eau té m ûre, et sa longue c h e ­\nvelure d énouée, aux reflets d ’or som bre, B alb in e, nue, app araissait.\n     E t le cortège s’engouffra sous le g ran d p o rtail de la C athédrale.\n\n     Ici encore, plus que partout ailleurs, nous avons la sen­\nsation d’une prestigieuse fresque, hautaine, presque surhu­\nmaine, un peu comme l’Art des demi-dieux gothiques.\n\n\n\n      Maurice des Ombiaux a une vision essentiellement pic­\nturale, ce qui le différencie de la majorité des Wallons qui\npréfèrent la belle ligne à la belle couleur. Cette particularité,\nfrappante dans Le Joyau de la Mitre. l'Histoire Mirifique de\nSaint-Dodon; Mihien d'Avéne s’atténue largement dans la série\ndes Contes qu’entre-temps il publiait. Ceux-ci sont tout en\naction, la description matérielle — à part quelques excep­\ntions, comme dans Les Abeilles de Meuse et dans L'Emondenr\n— n’existe qu’à l’état de rudiment et laisse clairement voir\nque l’auteur la sacrifie à l’entrain et à la rapidité de l’action.\nCes contes créent des types, comme Z iré Buzette avec\ntoute sa malice et toute sa rapacité de paysan grippe-sous.\nOu comme le Curé des Pourcheaux, braconnier retors et vindi­\ncatif, Le Passeur d'Eau, Le Veilleur des Morts, Le Tailleur, La\n Vieille Fille, et tous, fins, matois, sournois, méfiants ou\nvoleurs à souhait.\n      Après avoir créé les types, il s’en prit aux amusements\nde ces grands enfants, que sont éternellement les wallons.\nIl nous montre d’abord Les Joueurs de balle.\n      Le jeu de balle est le sport national, avec la lutte.\n"}, {"page_pdf": 383, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2332, "texte": "                                       —    38o   —\n\n\n     Joueurs et lutteurs sont les benjamins de la foule. Ils l’ex­\ncitent et la passionnent comme jadis les gladiateurs affolaient\nRome. Puis c’est la série « d ’instants » de cette âme qui se\npétrit une seconde vie de rêve, où toutes les légendes, les\nsuperstitions, les coutumes sacrées par l’ancienneté évoluent,\net que Maurice des Ombiaux nous décrit, parées de la\nséduction attendrie et passionnée de sa verve.\n     Certes, parmi ces nombreuses pages il en est de poi­\ngnantes, de cruelles, mais l’impression qui seule en reste, est\ncelle de la joie et du rire, parce que la joie et le rire font le\ncaractère du wallon.\n     De ces contes, il en est deux qui, à mon sens, marquent\nparmi les autres : Les Abeilles de Meuse, dont on a dit « qu’il\nreculait les bornes de la fraternité humaine », et L'Emondenr,\nqui est la synthèse lyrique et poétique de toute l’œuvre,\nardente et lumineuse comme le soleil que l’Emondeur voit\napparaître du haut d ’un arbre, au-dessus des montagnes qui\nl’environnent :\n       L e soleil, le soleil !\n       L es tro u p eau x qui vont à l’ab reu v o ir, s ’a rrê te n t et co n tem p len t eux\naussi le reflet de feu.\n       T ous, saisis d ’u n frisson religieux, n ’o san t encore croire à leur b o n ­\nh eu r, resten t un m om ent im m obiles et silencieux, puis se p ré c ip ite n t vers\nles sentiers qui escalad en t la m o n ta g n e ; bêtes et gens s ’en vont pêle-m êle,\npressés, ce p e n d a n t que l’ém o n d eu r. frén étiq u e, secoue toujours, to u t en\nh a u t de l’arb re et de le colline, la crinière de clarté attachée à sa hache,\nbêtes et gens s'en vont au som m et des m onts contem pler la face éblouis­\nsante d u soleil.\n                                           ***\n\n     Si Mihien d'Avéne n’est pas un conte par l’ampleur avec\nlaquelle il est traité et par la recherche d ’analyse qui s'y ren­\ncontre, il n’en est pas moins la suite logique des contes,\nauxquels il se rattache étroitement. L ’auteur y peint une âme\nfruste et sauvage, âme d ’artiste et de fou, née au hasard\ndes routes, fuyant les hommes dont il craint la malice et la\nméchanceté. Une ferme pourtant a trouvé grâce à ses yeux.\nC’est celle des parents de Rosette, fillette à qui il obéit\naveuglément et qu’il aime sans s’en douter, jusqu’au jour où il\n"}, {"page_pdf": 386, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2311, "texte": "                                       —    381 —\n\n\napprend le mariage de Rosette avec le Frisé. Alors sa passion\ndevient féroce et rouge, et un jour de beau soleil, il entre\ndans la boucherie de son rival__\n         et d ’un seul coup, enfonce son eu stache dan s le ventre du F risé\nqui chancelle et to m b e san g lan t su r l’étal, rouge parm i les viandes rouges.\n\n      Peintre profond, il ressent d’une façon excessivement\naigüe la symphonie des couleurs; l’impression de beauté, de\nchaleur , de volupté qui s’en dégage, la majesté et la force\nqu'elles donnent aux formes.\n      E t voici une page où se révèle l’âme artiste de celui qui\nl’a conçue, où se retrouvent étroitement unies dans une\nmême expression la musique et la peinture, à un degré tel\nqu’il est impossible d ’en tracer la démarcation.\n        T o u s les soirs, su r le vieux b an c v erm oulu, devant la chaum ière\ntapissée d ’u n e vigne, entre F in e aux yeux rouges et chassieux, devenue\npresq u e aveugle, et le vieux B échet ankylosé p ar le travail de la jo u rn ée,\n M ihien exprim ait , en des airs chev ro tan ts, la m élancolie des crépuscules,\nle rêve des g ran d s bois m ystérieux, les cam pagnes noyées de brum es II\njo u a it de vieilles rom ances, d o n t u n passé lointain sem blait surgir. Il y en\navait d ’im p lo ran tes com m e u n e prière, de d ouces com m e une berceuse, de\ntristes et de folles.\n       E lles p o rtaien t en elles les p arfum s d ’avril, les espoirs de m ai ; d ’autres\navaien t la co u leu r des feuillages d ’au to m n e. D ans toutes passaient com m e\ndan s les fonds des paysages g othiques, le décor des vieux burgs d ’alen­\nto u r, perch és su r les rocs, avec leur cortège de légendes héroïques et ten­\ndres. L ’âm e sen tim en tale de la race, des collines aux cîmes capricieuses,\ndes rochers tourm entés, de la rivière claire et gazouillante, ch an ta it avec\nlui.\n\n\n                                           II.\n\n     Maurice des Ombiaux dérogea cependant — l’espace de\ndeux volumes — à la ligne de conduite qu’il s’était tracée, en\nécrivant deux ouvrages de sensibilité pure, deux livres dans\nlesquels, l’amour, au lieu d ’être le moyen se trouve être le\nbut.\n     Ces pages, d’une affectivité un peu mièvre, sont l’analyse\ndes sentiments simples et pourtant complexes d ’un cœur\n"}, {"page_pdf": 387, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2156, "texte": "                                      —   382 —\n\n\n d’enfant qui s’éveille aux sensations amoureuses, par la con­\nnaissance des amitiés familiales. Il s’amuse de leur éclosion\ndans ce cœur d'enfant et de l’étonnement naïf de celui-ci,\ndevant un sentiment ignoré jusque là.\n       Il décrivit le monde des amours simples, amours pater­\n nel, fraternel, amitié. Puis ce furent les sensations des âmes\nà peine éveillées par les premières atteintes de l’Amour aux­\nquelles candidement elles s’abandonnent. Puis enfin la souf­\nfrance d ’aimer sous toutes ses formes, et dans la plénitude\nde chacune d’elles.\n      Toute la gamme de l’amour y vibre, et il en parle tou­\njours avec respect, comme d ’une chose sacrée, sans révolte et\nsans haine.\n      D ’ailleurs les pages intenses de Jeux de Cœur et Maison\nd'Or tout entier, sont l’apologie de l’Amour familial, indéfec­\ntible et calme, baume d’oubli, aux blessures de la vie.\n        Jeux de Cœur vibre de la poésie dorée d ’une enfance et\n d ’une jeunesse heureuses, mais pour que cette émotion soit si\nvraie, il lui faut des sources pures et enfantines, et, si ses héros\nsont fictifs, ce n’en est pas moins dans son cœur et dans ses\nsouvenirs, que Maurice des Ombiaux trouva leurs sensations\nlénifiantes et attendries.\n      Mais voici que, dans le recueillement attendri des\nsouvenirs, éclate le rictus rose de la chair; d ’une ruée il\nécarte et repousse au loin ce qu’il appelle les préjugés. Son\ncœur aspire à toutes les amours — et c’est ici qu’apparaît,\ndans ce cri de passion, toute l’inconstance du caractère wal­\nlon — il lui faut toutes les femmes, il sent qu’une seule est\nimpuissante à combler l’abîme de son inassouvissement :\n       N on il ne p o u v ait b o rn er son existence e t son désir. S on âm e se d ila­\nta it et com p ren ait toutes les âm es, son cœ u r b o n d issait vers tous les cœ urs,\nsa bouche voulait com m unier avec toutes les bouches, et ses bras s’ou-\nvraien t p o u r é trein d re la vie en toutes ses jo u issances et ses m étam or­\nphoses.\n\n    Inassouvissement terrible, mais fatal, parce que son âme\nne participe pas à la communion de la chair et ne l’idéalise\npas.\n"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2362, "texte": "                                     —   383   —\n\n\n      Mais ce ne fut qu’un cri; fuyant le cauchemar torturant\nde la passion, il vint se rafraîchir les lèvres à la claire fon­\ntaine des amours familiales : il écrivit Maison d’Or.\n      Maison d’Or est une page de vie, dont la manière calme\nsemble un paradoxe avec les sentiments de profondes dou­\nleurs qu’elle recèle. E t c’est peut-être de ce contraste que jail­\nlit la résignation dont elle est empreinte. Dès l’abord nous y\nrencontrons le dévouement paternel un peu égoïste de vieil­\nlard qui pense à son enfant cadette, Mad, plus qu’aux\nautres, puis l’amour silencieux et courageux de Kate, qui se\nsacrifie aux autres, enfin l’ardeur plus remuante de Fred,\nson frère, qui devient l'orgueil de tous, le jour où il leur rend\nl’aisance perdue.\n      E t voici ce qui synthétise le mieux en ce livre toute la\nbonté qui s’y trouve latente :\n\n      C’est drôle, K ate, la façon d o n t les choses se p assent d an s la vie.\n Q uelles com binaisons b izarres d ’événem ents ! P a r u n coup de b arre, le\nso rt m e donne à m oi, qui de nous tous ai le m oins travaillé po u r cela, une\nsitu atio n que nous n ’avons jam ais co n n u e, m êm e av an t la to urm ente qui a\nem p o rté n o tre p au v re m am an. Q u an d je pense que ce que nous avons subi\nest p e u t être la ran ço n de ce qui nous arrive en ce m om ent, je me dis que\nnou s avons p ay é ch er cette fortu n e. V ous pleurez K ate? O ui pleurons car\nm ain te n a n t que le so rt nous com ble de bienfaits si notre pauvre m ère p o u ­\nvait être là, si elle p o u v ait voir com m e nous avons œ uvré, to u t ce que nous\navons accom pli p o u r nous m o n trer digne d ’elle, et rem onter le co u ran t qui\nl’a en traîn ée !\n\n      Mais le malheur, une seconde fois, vint troubler cette\n« maison d ’or »; la cadette, Mad, au temps de leur médio­\ncrité était exilée du toit familial en une lointaine place\nd’institutrice. Là-bas, elle avait aimé, et cet amour violent\net égoïste s’énerve de la paix du home embaumée de dou­\nceur. Toutes les fibres de son être se tendent vers la passion :\nelle part.\n     « Les chagrins, comme les joies, vont par groupes et\nnous excèdent ». Oui ils nous excèdent et le père de Mad en\nmourut.\n     Alors une haine subite — haine que Kate, qui l’éprouve,\ncroit être une vengeance légitime — éclate : Mad désillu-\n"}, {"page_pdf": 389, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2245, "texte": "                                         —   384   —\n\n\nsionnée et flétrie revient un jour au nid, elle croit y trouver un\nrefuge que ses ailes blessées ne lui permettent pas de cher­\ncher ailleurs, mais Kate la repousse indignée :\n       O ui il a été p a rd o n n é à l’E n fa n t p ro d ig u e, d it K ate, m ais son erreu r\nétait rép arab le p arce que le p ère était toujours là p o u r ju g e r son enfant.\n L e nôtre n ’est plus. Vous avez laissé p érim er le délai du p a rd o n , tan d is que\nnous, nous n ’avons pas de p ard o n à vous acco rder, nous ne som m es p as\nju g es.\n\n\n       N o u s ne voulons plus vous voir, p arce q u ’en tre vous et nous il y a u rait\nto u jou rs l’angoisse de n o tre p au v re p ère, son vieux visage am aigri, ravagé,\nses yeux en larm es à cause de vous, et la m o rt de ce sa in t hom m e.\n\n\n    L ’abîm e que vous avez creusé, il fa u d ra it être D ieu m êm e p o u r le\ncom bler, parce q u ’il n ’y a que D ieu p o u r faire so rtir les m orts du tom beau !\n\n      Sont-ce là les véritables sentiments qu’éprouveraient le\npère? Ses enfants ne sont ils pas héritiers de sa justice, et par\nconséquent du pardon ou du châtiment et non de la ven­\ngeance? Est-ce là la fin naturelle de ce livre de bonté? Il n ’est\npoint facile de répondre à ces questions. Quant à moi, il\nm ’est impossible de croire à la vengeance d ’un père qui\ns' était montré à nous dans toute la magnanime beauté d ’une\nâme vraiment paternelle, et de croire que cette âme, où\nqu'elle soit, ne ratifierait pas un pardon illimité. E t je ne\npuis admettre en outre que Kate, cette synthèse des courages\nconstants et des vertus calmes qui nécessitent des forces\nmorales si surhum aines, ne soit pas touchée du repentir de sa\nsœur.\n      L'auteur a systématiquement négligé de nous dire la\npassion de Mad et ses débordements, il n’a fait que les indi­\nquer. Négligeant tout ce qui ne se rattachait pas directement\naux crises des âmes qu’il décrivait, parfois naïf et profond\ncomme les enlumineurs des vieux missels, dédaignant les\nconventions, il n’a pas voulu troubler par l’éclat d ’une passion\nrouge la grisaille familiale de ces âmes où les joies et les dou­\nleurs s’identifient, en la saveur des larmes dont elles ont la\nbeauté.\n"}, {"page_pdf": 390, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2031, "texte": "                             —   385    —\n\n\n\n\n                                 III.\n\n       Nous voici à un tournant de l’œuvre de Maurice des\n Ombiaux. Abandonnant brusquement le mode auquel il nous\n avait habitué, il délaissa la Wallonie, pour s’instaurer —\n dans toute la force du terme — l’hagiographe d ’un saint fla­\n mand : Guidon d’Anderlecht.\n       C'est avec une onction et une aménité délicieuses et qui\nlaissent comme un goût de miel, qu’il nous retrace la vie du\n petit paysan que fut Guidon.\n       Dès sa jeunesse, son extrême innocence et sa grande\n pureté, lui valurent les grâces d ’En-Haut. Ses parents\nd ’ailleurs le croyait prédestiné ; un songe leur avait montré\nles hautes destinées de leur fils. E t les nombreux miracles\nqu’il accomplissait sans s’en douter par la seule force de sa\nvertu, remplirent d’admiration et de respect les paysans qui\nl’entouraient. Les fermiers se disputaient ses services et espé­\nraient, secrètement, le voir épouser leur fille. Mais Guidon\naimait G u d u le, qui était servante chez Dike Susse, son oncle.\nE t personne à ses yeux n’égalait Gudule. Il l’épousa, après\nbien des péripéties, que son cœur attristé supporta patiem­\nment. Alors il était célèbre dans toute la contrée, tous savaient\nque Guidon était l’oint du Seigneur et que sa sainteté guéris­\nsait tous maux. Mais la vénération se fit plus grande quand\nà la suite d ’une épidémie inexpliquée, pendant laquelle les\nbêtes succombaient sans que rien n’agît pour les sauver, on\nvit que celles à qui Guidon imposait les mains étaient gué­\nries. Dès lors il fut le patron des bêtes, lui le petit varlet\nmodeste et pur.\n      P ar l’émotion qui s’y trouve, ce livre rappelle Maison d’Or\nsans qu’il y ait toutefois d’autres points de ressemblance.\nP a r la manière de la description, il rappelle les amples\ngodailles wallonnes.\n      Il était d’ailleurs difficile, pour un wallon, de toucher\nà pareil sujet. D ’une nature toute opposée à son âme, le fla­\nmand devait l’étonner et le dérouter. Il lui fallait non seule ­\n"}, {"page_pdf": 391, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1936, "texte": "                             —   386 —\n\n\nment se rejetter violemment hors de son habituel conception\nmais en conquérir une nouvelle — et d’emblée.\n     Mais grâce à sa vision picturale et à sa manière toute fla­\nmande de la rendre, il n’eut pas à redouter d ’échec. Le sens\naigu des couleurs tempéré par la douceur de sa sensibilité\ngauloise, firent l’impression générale d ’une demi-teinte\noncteuse et modeste, comme la belle âme de Guidon.\n\n\n\n                                 IV.\n\n\n       Le style de Maurice des Ombiaux suivit les fluctuations\n inévitables qui accompagnent l’éclosion et la formation d ’une\n personnalité. Ses premiers essais, tant en poésie qu’en prose\n — il publia des plaquettes Chants des jours lointains et Vers de\n l'Espoir, qui malgré déjà de bonnes qualités de facture\n ne laissaient pas prévoir son actuelle expression — , ces\n essais, dis-je, donnent l’impression de fraîcheur et de\ngrâce. L ’influence évidente des classiques s’y fait sentir\nainsi que celle des romantiques, qui apparaît surtout dans\nJeux de Cœur; et tant au point de vue de la forme que de\ncelui du fond.\n       Dans ces volumes, (Chants des jours lointains et Vers de\nl'Espoir) il n’ose pas encore donner essor à sa verve wallonne,\net Maison d'Or et Jeux de Cœur semblent dûs aux remords,\nd ’avoir écrit la rabelaisienne histoire de Saint-Dodon.\n       Cependant il revint rapidement à une plus juste vision\nde ce qu’il lui fallait faire.\n    Il délaissa la forme classique qui ne convenait qu’imparfai­\ntement à sa nature. Il voulut une expression originale pour\nson œuvre qu’il sentait telle: il l’eût.\n       Dès lors nous admirâmes sa robustesse et sa simplicité,\nnous le sentîmes à l’aise en ce style pareil aux godailles q u ’il\ndécrivait. C’est alors qu’il nous donna le Joyau de la Mitre,\nqui est, à mon sens, son œuvre la meilleure, dans laquelle il\ns’épanouit en toute sa simplicité et dépouillé de tout ce qui\nn’est pas lui.\n"}, {"page_pdf": 392, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 450, "texte": "                                  -     387      -\n\n\n      E t Mihieu d’Avène vint parachever cette perfection for­\nmelle, qu’il demande, à la simplicité savante d ’un réaliste et\nà la clarté. Féal descendant de Rabelais, Maurice des Ombiaux\na retrouvé dans son âme et dans sa race, le secret de splen­\ndeur que l’immortel auteur de Gargantua à mis dans son\nœuvre.                                       J u i .e s B o c k .\n\n\n\n\n                      "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24-006", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 387, "page_fin": 387, "titre_corps": "Ite missa est", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "MARCEL ANGENOT.", "ancre_debut": "Fte missa est. 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X ...\n\n\n          D ’un pas égal, avec l'inconscience des choses,\n          Comme coule une épave oublieuse du but,\n          Le cortège funèbre et tel qu’on le voulut\n          Rampait honteusement sans l'hommage des roses.\n\n          Quoi! tu pars satisfait, calme et reconnaissant,\n          O mort, que ion indigne héritier déshérite ?\n          E t peux-tu consentir lorsque je n'y consens\n          A dédaigner l'adieu que ton adieu mérite?\n\n          A in si tu n’auras pas pour alléger ta couche\n          Le suprême baiser des consolantes fleurs?\n          E t quand on peut mourir : une rose à la bouche,\n          Tu t'en vas grelottant sous l’averse des pleurs.\n\n          Mais j 'y songe, peut-être est-ce toi qui l’ordonnes\n          E t le char lamentable et pauvre que je vis,\n          Allant dans l’ostensible absence des couronnes,\n          Observait la rigueur de tes derniers avis.\n\n          — Désespéré des mœurs et des temps où nous sommes\n          Ainsi j'allais clamant l’inanité des hommes.\n          Mais s’il juge à son tour l’hommage superflus\n          Désormais, c'est le mort que je ne comprends plus.\n\n                                                     M arcel A n g en o t.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24-007", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 388, "page_fin": 388, "titre_corps": "Les Temps d’amour", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "LÉON MOINE.", "ancre_debut": "L es T emps d’A mour. 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(L 'A m e rouge).", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "p a s s a g e malsain.", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 393, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 995, "texte": "L es T emps d’A mour.\n                                               A   M lle L e F r a n c .\n\n\n\n En vérité, les temps ne sont pas révolus!\n Le sang coule à jamais sur les marches des trônes !\n A utant qu’il restera des Tyrans absolus,\n E t que les vieux palais dresseront leurs pylônes.\n\n Autant que vous serez — Peuples irrésolus —\n Attentifs à la voix du Prêtre au long des prônes,\n On verra déferler aux frontières le flu x\n Des soldats qui s'en vont en baisant leurs icônes.\n\n E t vous serez ainsi dans l’éternel toujours!\n Vous êtes à jamais, ô brutes, ô mes frères,\n Les reins suants ployès à l’infernal labour!\n\nVous êtes condamnés à crever dans les guerres!\nSilence! Obéissez! Chacun aura son tour\nPuisque l'orgueil des Rois réclame un ossuaire...\n\n Oh! N on! Ils ne sont pas venus les Temps d'Amour!\n\nP a r i s , le 2 a o û t 1 9 0 4 .                       L éo n M o i n e .\n        (L 'A m e rouge).\n\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24-008", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 388, "page_fin": 389, "titre_corps": "Paysage malsain", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "LOUIS-JULES HILLY.", "ancre_debut": "p a s s a g e malsain. 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Quel          e st    a u jo u r d ’h u i   son        r ô le    dans            n o tre\ns o c ié té ?\n       III.       —        V o y e z-v o u s      e n l ’a m o u r , u n e fo r c e d e             n a tu re à trio m p h e r\nde    la m o r a l e ,        ou    b ie n      l’a m o u r       e t la m o r a le s ’ a c c o r d e n t -ils t o u jo u r s ?\n\n       IV . —          L ’a m o u r          é ta n t     une      p u is s a n te     fo r c e     s o c ia le , f a u t - i l     q u ’ il\ns o it s u b o r d o n n é       a u x lo is ?\n\n       V . —         Quel        e st v o t r e         a v is s u r   le d iv o r c e ? e t q u e ls s o n t            le s e ffe ts\ndu    d iv o r c e    s u r l’A m o u r ?\n\n\n              Voici la suite des réponses qui nous sont parvenues :\n\n                                                  E. S. AVANZO\n     1° Chez tous les peuples ayant adopté nos mœurs avec\nle même caractère excessif de lutte vitale, qui conduit au\nterre à terre, l’amour moderne a suivi une progression\nconstante vers la sensualité, de plus en plus dépouillé de\nrecueillement vers l’idéal, qui sous toutes ses formes et aspi­\nrations différentes tend à l’élévation de la pensée.\n     2° P ar suite son rôle dans notre société n’a plus la même\npuissance d’action, l’homme s’étant rapproché de la bête qui\nsommeille en nous et s’étant laissé déchoir dans les brutalités\ndu réalisme qu’une école entière, sortie des soirées de Medan,\n"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2000, "texte": "                            —3 9 0   —\n\n\n nous a développé au détriment du sentiment héroïque et de\n l’abnégation qui ont toujours produit les grandes actions\n humaines.\n      3° Si cette destruction par la dépression mentale n’était\npas entretenue, l’amour serait une force qui marcherait de\npair avec la morale ou contre elle suivant la direction éduca ­\ntionnelle donnée qui peut développer des corps et des esprits\nsains ou déséquilibrés.\n      4° L ’amour moderne sensuel et brutal doit être subor­\ndonné aux lois; celui que je voudrais rétablir, résultant d ’une\ntransformation dans l’éducation, devrait être libre.\n      5° Me plaçant au point de vue de mes aspirations les\neffets du divorce sur l’amour sont, par conséquent, détestables.\n Mais en présence de la marche actuelle de la société, qui a\npour base une éducation fausse, le divorce s’impose comme\nune amputation nécessaire qui prévient, dans certains cas,\nl’extension du mal.\n\n                     FR A N Z H E L L E N S .\n      Jamais on n’a galvaudé l’amour comme aujourd’hui. Ce\nmot qui n’implique que lignes gracieuses, sentimentales ou\népiques, s’est prostitué de nos jours dans la basse spécula­\ntion.\n      Autrefois, il était un objectif, aujourd’hui il est devenu\nun moyen; on l’exploite au même titre qu’une mine bonne à\npayer les exigences de l’égoïsme le plus farouche.\n      L a cause de cette disgrâce sentimentale : l’absence de\nfoi, je pense. Nous avons perdu en amour, comme en art, en\nreligion, cette volonté de croire a du beau, a du bien, ce\nmysticisme conscient qui crée l’idéal et seul édifie les œuvres\ndurables. L ’amour est victime du misanthrope, du sceptique;\nAlfred de Musset en a douté, Schopenhauer l’a nié, le roman­\ntisme, d ’ailleurs, ne l’a pas sauvé. Jamais le mot blasé ne s’est\nporté comme aujourd’hui et les romans ont mis l’adultère à la\nmode. Qui vengera l’amour? Assurément pas le surhomme.\nE t Priola demeure un monstre...\n      Que le bel et bon amour, fait de confiance et d ’admiration,\n"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 391, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2131, "texte": "                            —   391   —\n\n\nne soit pas conforme à la morale, c’est ce qui paraît inadmis­\nsible, quelle que soit l’opinion que l'on ait sur celle-ci.\n      Il peut y avoir des erreurs d ’amour. Mais, pour qu’elles\npuissent avoir de l’influence au point de vue social, il faut\ns’occuper de l’expression de l’amour la plus avilie qui soit, le\nmariage. Des erreurs peuvent se glisser dans ce « contrat ».\nSuffisent-elles pour liciter le divorce? Ce ne sont certes pas\nles thèses de Bourget ou de Hervieu qui nous démontreront\nle contraire. Au surplus, Nietzsche ayant déclaré que l’amour\nn’est qu’un besoin de propriété, le mariage devrait, semble-t-il,\npouvoir être dissout comme un contrat de vente, par exem­\nple... En tous cas, l’amour pouvant errer, il est certain que\nle divorce, tout en brouillant certains détails, remet bien des\nchoses en équilibre.\n      Il faudrait à l’amour, comme à l’art, l’espace libre et les\ncoudées franches. Tout ce qui l’entrave, forcément le diminue.\nL ’amour se doit à lui-même des règles de conduite et ce serait\nle méconnaître que de le croire capable de porter le bât d ’une\nlégislation quelconque. D ’ailleurs, une force supérieure aux\nlois régit l’amour et le philtre qui poussa Tristan vers Iseult\nen est un symbole éternel.\n\n                      H. V A L E R E D O\n      I. Je trouve que l’amour moderne a perdu tout le charme\nou toute l’horreur dont il fut entouré jadis; il est devenu,\nmême pour ceux qui s’en doutent le moins une sorte de com­\nmerce que régissent des contrats plus ou moins officiels; on\nfait actuellement l’amour comme on fait une affaire; l’amour\nest devenu pratique.\n      II. Mais, quoi qu’en aient dit maints écrivains notoires,\nil joue toujours le rôle prépondérant dans la société. Si l’on\nse sert encore de l’amour pour faire de l’arivisme à la Bel-\nAmi, il est de plus en plus vrai que celui qui fait de l’ari ­\nvisme poursuit souvent un but où Eros a une large part.\n      III. Quant à la morale, l’amour en fait fi, superbement.\nE t avec raison. Morale est un mot que personne n’a jamais\nbien compris, à cause de son incomparable élasticité.\n"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 392, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2084, "texte": "                           — 392 —\n\n     IV. E t pas plus qu’il ne marche de pair avec la morale,\nl’amour ne doit se plier devant aucune loi.\n   « L ’amour est enfant de Bohême ».\n     Paroles à graver au fronton de toutes les salles de\nmariage.\n     V. Le divorce? Ç ’est encore le meilleur correctif du\nmariage. C’en est le contrepoison.\n\n\n                  LÉON BAZALGETTE\n     Il ne me semble guère possible de répondre au question­\nnaire que vous m’adressez, selon les formes rigoureuses en\nlesquelles vous avez tenté de comprimer un sujet immense et\ncomplexe. T ou t ce que je trouve à dire sur ce point est que\nl’actuelle forme légale de l’amour, le mariage, même tempéré\npar l’adultère, la séparation et le divorce, ne me semble pas\nle summum de la perfection que peut espérer d ’atteindre\nl’espèce humaine. L ’amour étant par nature la chose la plus\nanarchique, la plus « incodifiable » qui soit au monde, et\nd’autre part la famille, le foyer, l’union monogame régu­\nlière se démontrant des nécessités qu’il serait puéril de\nnier, il existe entre les deux, — l’amour et la forme\nsocialisée de l’amour — une contradiction intime qui ne sera\npeut-être jamais complètement résolue et qui est possible­\nment dans le plan de la nature. Dans l’ignorance et le vague\noù nous plonge cette question démesurée, si vaste qu’on ne\nsait pas où la prendre parce qu’elle touche à tout et q u ’elle\nenglobe la vie entière, — et en reconnaissant surtout que les\naffirmations et les théories sur ce chapitre ont juste autant\nd ’importance que les rides à la surface de l’eau, — ne serait-il\npas permis de fonder un certain espoir sur la conjecture d ’une\nunion contractée sur la base d ’une sorte de bail : trois, six,\nneuf, etc.,qui offrirait une normale échappatoire aux conjoints\ndésireux d ’en sortir, et à ceux qui, se trouvant bien, n’au­\nraient aucune raison de ne pas prolonger indéfiniment le bail\n par tacite reconduction, garantirait le principe de liberté\n nécessaire à la liberté de l’individu, homme ou femme? Cette\nforme nouvelle présenterait en tous cas l'avantage de suppri ­\n"}, {"page_pdf": 398, "page_imprimee": 393, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1981, "texte": "                           —   393 —\n\n\nmer le sentiment de geôle et de contrainte qui hante le\nmariage actuel et qui le gâte si souvent. Je note que des\nesprits sérieux, tels que George Meredith, préconisent une\nconception de ce genre.\n  Quoiqu’il en soit l’union monagame à vie (même avec les\ntempéraments susdits) ne me paraît pas correspondre du\ntout aux besoins de la moyenne de l’humanité. C’est une\nforme d’exception.\n     Mais comme vous avez raison de souligner, par votre\nenquête l’importance des deux derniers romans de Camille\nLemonnier, le maître admirable que nous aimons, que nous\nvous envions! Pour moi son dernier roman, le Droit au Bon­\nheur, qui est une œuvre parfaite, une merveille d ’émotion,\nd’humanité, de vie, qu’on savoure avec de la joie plein le\ncœur, pose encore plus nettement que l'Amour Passionné, la\nquestion de l’infinie légitimité de l’amour au-delà de l’union\nlégale.\n     Souvenons-nous du mot prophétique de Zorg à Dideri,\naprès qu’il a reçu des mains du mari celle qui est sa femme\nselon la nature : Quel homme tu es, toi, Didi ! Plus tard seule­\nment il en viendra d'autres comme toi ! Devant la postérité,\nAnnah et Zorg, ces deux êtres de nature et de sincérité, plai­\nderont plus éloquemment la cause d’une union qui sera la\nvassale de l’amour et non plus sa suzeraine, que des assem­\nblées de juristes et des traités de morale.\n\n            R A C H IL D E , du Mercure de France.\n     — Le caractère de l’amour? Mais il est assez générale­\nment mauvais.\n      — L ’amour a toujours eu, en effet, une immense influence\nsur le progrès de l’espèce J ’oserai dire que l’espèce progresse­\nrait difficilement sans lui!\n     — L ’amour et la morale? Un mariage de raison.\n     Ça tourne plutôt très mal, ce genre de mariage mais il\nn’est pas rare de le voir produire quatre personnes au lieu de\ndeux, légalement ou non.\n     — L ’amour n’a jamais (bis) connu de loi! (Ça se chante\net en amour tout ce qui se chante fait force de loi, justement).\n"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 394, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1918, "texte": "                            — 394 —\n\n     — Mon avis sur le divorce est qu’il faut laisser débiter\ncet article, bien parisien, aux frères Margueritte. Ils ont le\nmonopole.\n\n                       T H É O VARLET\n      I. Il semble que le degré évolutif atteint par les indivi­\ndus qui contractent l’amour règle le processus de cette affec­\ntion selon l’un ou l’autre des modes ataviques.\n      L ’ambition pseudo-utlitaire de transm uer l’amour en\nmariage constitue néanmoins une tendance commune à la\nplupart des amants contemporains.\n      II. L'amour, en tant que passion exclusive, apparaît\naujourd’hui comme un cas violent d ’individualisme, une\nrébellion contre les tendances sociales, que toutefois son\ncaractère de morbide fatalité empêche de condamner.\n      III. L a morale quotidienne opposée à l’amour reconnaît\ncependant de façon tacite la morale particulière suivie par la\npassion : les peines édictées contre l’adultère s’appliquent\nrarement; l’homicide par jalousie est acquitté.\n      IV. L'am our est puissant comme le destin; mais obéi­\nrait-il davantage aux lois?\n      V. L a liberté du divorce mal suppléée par le régime de\nla séparation ne dissoudrait guère plus de mariages, car ce\ngenre d’union se cimente par l’habitude et par l’indifférence.\n      Mais j ’y voudrais voir adjointe la licence que la loi fran­\nçaise vient d ’accorder aux divorcés d’épouser leur complice\n— afin que s’avère toute l’utopique vanité « mariage d’amour ».\n\n\n                    E U G È N E SAM UEL\n     Ah! ne me demandez pas mon avis sur l’amour?\n      Je ne m’y connais pas. E t mon ami Don Juan que j ’ai\nconsulté, s’est récusé : « Le caractère de l’amour? m’a-t-il\nrépondu, dans son fort accent espagnol, mais avec les mille\net trois femmes que j ’ai aimé, je fus chaque fois un am ant\ndifférent. Et vous voulez généraliser? Il fallait vraiment un\ncénacle de poètes pour rêver une société basée sur l’amour. »\n"}, {"page_pdf": 400, "page_imprimee": 395, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2150, "texte": "                         —   3 9 5 —\n\n\n             G E O R G E S L E C O M T E (France).\n            Mon cher Confrère,\n       I. - Ce qu’est actuellement l’Amour? Dans le monde\ndit « élégant » ce n’est plus guère qu’un joli mot par lequel\non ennoblit diverses combinaisons d ’intérêt ou de vanité. A\nnoter pourtant depuis quelques années un certain progrès de\nfranchise dans le cynisme : ce genre d ’opérations, illégitimes\nou légitimes, est si fréquent qu’on ne prend même plus la\npeine de feindre ou de prétexter l’Amour et que les\nêtres vraiment modern-style s’affranchissent de cette hypo­\ncrisie. Dans la petite bourgeoisie non encore gangrenée par\nle snobisme, chez les artisans et les employés d ’une certaine\nculture, chez les artistes qui réfléchissent et qui essaient de\nvivre en hommes, il me paraît que l’Amour tend à devenir de\nplus en plus un sentiment grave, fraternel, où l’estime, la\ncamaraderie, la communion intellectuelle ont leur part. Chez\nles êtres plus grossiers ce n’est encore qu’un besoin comme la\nsoupe et le « petit noir ».\n       II. — Son rôle? De plus en plus nul dans la Société\n« chic ». Là il n’a plus qu’une valeur de masque et de rangaine\nsentimentale. Les époux et même les amants, ne sont la\nplupart du temps que des êtres qui se sont mis ensemble par\ncupidité ou par orgueil, pour le butin à faire ou par frénésie\nd ’amour-propre. Pour les exténués du travail c’est une com­\nmodité d ’existence Chez les gens modestes, de vie simple et\nrecueillie, l’Amour que j’y vois est souvent une source de\nbonté, de progrès moral, de généreuse compréhension et\n d ’affinement.\n        III et IV. — C’est de tels foyers, non troublés sans cesse\n par le plaisir et la parade, où l’on s’accorde le temps d ’aimer,\n de lire, de regarder, de réfléchir, où règne une douce et vivi­\n fiante atmosphère de tendresse, c’est de tels foyers que peu à\n peu s’élèvera une grande force d’Amour qui fera la morale\n plus humaine, plus large, plus sincère, et qui lentement\n modifiera l’état social. Sous cette influence les mœurs et les\n lois finiront donc par sauvegarder de mieux en mieux les\n droits du cœur. Du moins, je l’espère.\n"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 396, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "                                                    — 396 —\n\n     V. — Le Divorce, ne pouvant que diminuer hypocrisies,\nmensonges, souffrances et laideurs de ce monde, doit être\nélargi par la suppression de certaines simagrées de procédure\nque les gens répandus éludent à coup d’or ou d’influences, et\nqui, n’étant de vrais obstacles que pour les malchanceux\nsans le sou et sans relations, n’apparaîssent que comme une\nhypocrisie de plus.\n     Si facile qu’il puisse devenir, jamais le divorce ne sera\nune tentation pour les époux tendres, graves et bons. Pour les\nautres n’est-il pas d’une moindre laideur morale ou d’un\nmoindre péril que l’adultère, les criailleries et les injures?\nPour les enfants exposés à grandir dans pareilles rafales de\nhonte et de haine, n’est-il pas préférable aussi ? Alors, pourquoi\nne pas accorder d’abord le divorce par le consentement mutuel,\npuis, avec la précaution de certains délais, le divorce par\nvolonté d’un seul, pour affranchir un époux malheureux qu’une\nrésistance cupide, vaniteuse ou simplement cruelle, de l’autre\népoux retient dans la pire misère et empêche de se refaire\nailleurs une vie digne et belle, capable de créer autour d ’elle\nun précieux rayonnement de bonheur?\n     Sans danger pour les époux sincèrement unis et heureux,\nle divorce élargi ne peut être que favorable à l’Amour en\nlibérant ceux qui, dignes de le connaître, ne l’ont pas trouvé\ndans un premier mariage, et en leur permettant de le chercher\nailleurs. Quant aux fantoches égrillards et aux vertigineuses\ncoquettes, qu’importe? Leurs cabrioles n’ont rien de commun\navec l’Amour. L ’extension du divorce ne les fera ni moins\ngrotesques, ni moins immondes, ni moins pitoyables.\n\n\n\n                                                  "}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24-010", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 396, "page_fin": 398, "titre_corps": "Livres", "titre_sommaire": "Livres : Les Heures d’après-midi (Verhaeren)", "rubrique": "", "signature_source": "GASTON PULINGS.", "ancre_debut": "LIVRES L es H eu res d'après-m idi, p", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 401, "page_imprimee": 396, "debut_caractere": 1751, "fin_caractere_exclue": 2265, "texte": "LIVRES\n\nL es H eu res d'après-m idi, par Em ile Verhaeren.\n       Le     p r in t e m p s   nous      e st   v e n u c e tte a n n é e , a c c o m p a g n é         d e la p lu s\ns u b lim e c h a n s o n . T a n d i s q u e d e t o u t c ô té s la vie se m a n ife s te jo y e u s e et\nf r a î c h e , u n p o è te l ’ h a r m o n is e et in t e r p r ê t e s o n c h a n t d ’ a m o u r .\n       Com m e         la    te rre , E m ile       V e rh a e re n     a   s o u ffe r t p e n d a n t l ’ h i v e r , le\n"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 397, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3084, "texte": "                                              —     397 —\n\n\n« p lom b » des froidures a engourdi ses m em bres, m ais voici q u ’il se\nréveille.\n                        « L e s jo u r s d e fra îc h e e t tr a n q u ille s a n té\n                        L o rs q u e la vie e s t b e lle a in s i q u 'u n e c o n q u ê te\n                        L e b o n tra v a il p r e n d p la c e à m es c ô té s\n                        C o m m e u n a m i q u 'o n fête »\n\n     E t voilà pou rq u o i en se sou v en an t de celle qui l’a soigné, de la déesse\nqui a illum iné ses jo u rs de d ouleurs, il lui dédie ce volum e.\n     D éjà p a r la publicatio n des Heures Claires, le poète a analisé les se n ti­\nm ents h u m ain s de l’am o u r et de la joie de vivre.\n                   « C o m m e a u x âges n a ïfs, j e t'a i d o n n é m o n c œ u r\n                   A in si q u 'u n e a m p le fle u r\n                   Q u i s'o u v re a u c la ir d e la ro sé e\n                   E n tr e ses p lis frêles, m a b o u c h e s'e st p o sé e . »\n\n\n      E t d ’au tres p a rt :\n                     « D is m o i, m a sim p le e t m a tr a n q u ille a m ie\n                     D is c o m b ie n l'a b s e n c e m ê m e d 'u n jo u r\n                     A ttr is te et a ttis e l ’a m o u r\n                     E t le ré v e ille e n ses b r û lu r e s e n d o rm ie s . »\n\n        E c o u te r son cœ ur, rien que son cœ u r d ’hom m e, voilà ce que le\nm aître a fait en écrivant Les Heures d'après-midi. A ussi com prenons-nous\nses p alp itatio n s parce q u ’elles se ry th m e n t sur les nôtres et q u ’elles sont\nto u tes de bo n té.\n       E n les ex p rim an t il a in au g u ré u n e p h ase nouvelle d an s son œ uvre\ntotale.\n        E t c ’est là l’indice certain de sa g ran d eu r et de son génie. S euls les\nartistes su p érieu rs resten t dans leurs œ uvres, im m uablem ent jeu n es C’est\nainsi q u ’E m ile V erhaeren, après avoir été le « sym bolisateur » des ém o­\ntio n s m odernes d an s « L e s cam pagnes h allucinées » et « les Villes te n ta ­\nculaires », où il scrute les souffrances et les in certitu d es de notre société,\nest d evenu le p ro p h è te des tem ps m eilleurs d an s « L es A ubes », et\na u jo u rd ’h u i le ch an tre de l’am o u r et de la vie sim ple dans « L es H e u re s\nd ’après-m idi ».\n       D ’ailleurs, to u jo u rs à travers les siècles, les véritables savants,\nartistes, rom anciers, poètes, o n t été les p ortes paroles de l’hu m an ité\nen quête de satisfactions m orales ou physiques.\n       C’est la sublim e p rière de l’h u m an ité qui aim e, qu il adresse à l’am our.\nD ieu de b o n té et de clém ence lorsque ses in ten tio n s p u res se réalisent,\nD ieu révolté, lorsque la m orale, u n code ou des préjugés v eulent entraver\nson libre essor. Aussi V erh aeren ne considère-t-il m ain ten a n t que le p re ­\nm ier éta t de ce D ieu au to crate.\n       Il se to u rn e vers la vraie p h ilo so p h ie de la vie. Celle qui m et le b o n ­\nh e u r et sa recherche au-dessus de to u t, celle enfin, qui fait plus penser\n"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 398, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3745, "texte": "                                                   —    3 9 8 —\n\n\n aux sou rires q u 'a u x larm es. E n voici la preuve d an s ce poëm e si d élicieu­\n sem en t et si sim plem ent h u m ain .\n                 « D a n s la m a iso n o ù n o tre a m o u r a v o u lu n a îtr e ,\n                 A v ec les m e u b le s c h e rs p e u p la n t l ’o m b re e t les c o in s,\n                 O û n o u s v iv o n s a d e u x , a y a n t p o u r se u ls té m o in s\n                 L e s ro se s q u i n o u s r e g a r d e n t p a r les fe n ê tre s.\n\n                 I l e s t d e s jo u r s c h o is is , d ’u n si d o u x r e c o n f o rt\n                 E t d e s h e u r e s d é té , si b e lle d e s ile n c e\n                 Q u e j ’a r r ê te p a rfo is le te m p s q u i se b a la n c e\n                 D a n s l ’h o rlo g e d e c h ê n e , a v e c so n d is q u e d 'o r.\n\n                A lo rs l’h e u r e , le jo u r , la n u it e s t si b ie n n ô tre\n                Q u e le b o n h e u r q u i n o u s frô le n ’e n te n d p lu s rie n\n                S in o n les b a tte m e n ts d e to n c œ u r e t d u m ie n\n                Q u 'u n e é tr e in te s o u d a in e a p p r o c h e l’u n d e l’a u tr e . »\n\n        O ui nous n o u s reconnaissons à chaque ligne de ce m erveilleux livre,\n n ous sentons à la lecture de ces lu m in eu x vers p alp iter to u t le m eilleur de\n n o tre être, n o u s com prenons q u ’il est le con so lateur des jo u rs de deuil.\n C’est vers lui que nous nous to u rn ero n s et diro n s :\n                   « T o u te c r o y a n c e h a b ite a u fo n d d e n o tr e a m o u r\n                   O n lie u n e p e n s é e au x m o in d re s ch o se s :\n                   A l'év eil d 'u n b o u r g e o n , a u d é c lin d ’u n e ro se ,\n                   A u v ol d ’u n frê le e t b e l o ise a u q u i to u r à to u r,\n                   A rriv e o u d is p a r a it, d a n s l ’o m b re o u la lu m iè re .\n                   U n n id , q u i se d islo q u e a u b o r d m o u ssu d ’u n to it\n                   E t q u e le v e n t s a c c a g e , e m p lit l ’e s p rit d ’effroi.\n                   U n in s e c te q u i m o rd le c œ u r d e s fle u rs tré m iè re s\n                   E p o u v a n te : to u t e s t c r u a u té : to u t e s t e s p o ir.\n                   Q u e la r a is o n a v e c s a n e ig e â p r e e t c a lm a n te ,\n                   R e fro id iss e s o u d a in c e s a n g o isse s c h a r m a n te s ,\n                   Q u ’im p o rte , a c c e p to n s le s s a n s tro p sa v o ir,\n                   L e fau x , le v r a i, le m a l, le b ie n q u ’elles p ré s a g e n t\n                   S o y o n s h e u r e u x d e n o u s s e n tir e n fa n ts,\n                   P o u r c r o ire à le u r p o u v o ir fa ta l o u tr io m p h a n t;\n                   E t g a rd o n s -n o n s v o le ts fe rm é s, d e s g e n s tr o p sa g es. »\n\n        Mais il faut que je m ’arrête car to u t le volum e y passerait.\n        T o u rn o n s nous p lu tô t vers E m ile V erhaeren et clam ons lu i, de toute\n n o tre force, q u ’il est notre M aître, n o tre G uide, et n o tre P rêtre à l’autel du\n B eau.\n        R em ercions-le d u fond de nos cœ urs de n o u s avoir d o n n é à nous les\nje u n e s, à l’au ro re de n o tre v ie ; ce c h a n t d ’am o u r. Ce chant, qui à travers\ntous les affres d u m alh eu r n o u s vien d ra à la m ém oire et sera l’h y m ne conso­\nlateu r, l’h ym ne génial de ce poète qui term in e si g ran d em e n t la trilogie\ncom m encée p a r Corneille et continuée p a r H u g o et V erhaeren.\n\n                                                                                   G a sto n P u l in g s .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24-011", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 399, "page_fin": 399, "titre_corps": "Théâtre Molière", "titre_sommaire": "Théâtre : La Massière, Electra", "rubrique": "", "signature_source": "M. 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M unié, l’intelligent d irecteu r du th éâtre M olière, grâce à\nqui n o u s avons assisté à la plus in téressan te série de m anifestations artis­\ntiques et qui a fait que son théâtre dev ien t to u t d o ucem ent m ais sûrem ent\nu n e des p rem ières scènes de com édie, a m onté, avec u n souci de la vérité\ndig n e de toutes nos adm irations, cette œ uvre délicieuse « L a M assière ».\n       Il est tellem ent de b on ton de ren ier to u t ce qui p e u t sortir de la vague\nim ag in atio n d ’u n académ icien q u ’il eu t été, sans d o u te, m oins périlleux\np o u r m a ré p u tatio n de critique de je te r su r cette œ uvre de Ju les L em aître\nu n reg ard suffisant de blasé. H élas! voyez quelle est m a p eine! « L a\nM assière » est u n e œ uvre originale jeune et im peccablem ent écrite. Je\nrem ercie M. M unié de nous avoir perm is d ’a p p la u d ir Jules L em aître et de\nnou s fo u rn ir l’occasion de féliciter ch aleu reu sem ent le d irecteu r d u th éâtre\nM olière d u choix ju d icieu x de ses spectacles.                           M. A.\n\n                                            ***\n        E l e c t r a , œ uvre de polém ique ; p o u r n ’être pas le digne p e n d a n t de\n « Ces M essieurs » et p o u r n ’être, p o u r to u t dire, que d ’un style trop souvent\n to rtu ré, œ uvre espagnole de P e re z G aldos im pitoyablem ent trad u ite en un\n fran çais alam bique, offre néan m o in s au p u b lic u n e histoire de m œ urs\n religieuses d ’une suggestive éloquence.\n       M . P e re z G aldos n ’est pas hom m e de th éâtre et cette lacune explique\nle décousu de certaines scènes et le cousu (à la ficelle) de certaines autres.\n E n vérité, il y a deux façons de ju g e r cette œ uvre, selon que votre opulence\nvous p erm ette, ou vous oblige, à co n trib u e r à l’u su re des peluches d ’or­\nchestre ou que votre in digence vous co n traig ne à l'u su re de vos culottes,\nsu r ce q u ’il est d ’usag e d 'ap p eler les bancs d u P a ra d is !\n       D an s la prem ière co n d itio n , le lien qui d o it u n ir ces deux pôles : la\nscène et le spectateu r, n ’existe p as ce p e n d a n t que le P a ra d is reçoit de\ncon tin u elles et fo u d ro y an tes com m otions.\n       L a p h raséologie d ’E lectra q u i, n ’est p o u r le p a rterre q u ’u n e suite\nassez m o notone de lieux com m uns p re n d p o u r les galeries l’im portance\nd ’u n a rd e n t m eeting. S i je n ’avais p as écouté l’œ uvre respectivem ent aux\nd eux extrêm es des conditions p écu n iaires, j ’en au rais p eu t-être de parlé\nfaçon à n ’être com pris de p erso n n e. L a place m e m anque p o u r l’analyse de\nl’œ uvre, q u e l’on a tro u v é d’ailleurs dans tous les q uotidiens, m ais il m ’en\nreste to u jo u rs assez p o u r féliciter encore M. M unié, qui ne m anque aucune\noccasion de n o u s laisser a p p la u d ir ces in téressan tes plaidoiries sociales.\n       A près Ces M essieurs, M aternité, ap rès M aternité, E lec tra . B rav o !!\n                                                                     M . A ngenot.\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24-012", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 400, "page_fin": 400, "titre_corps": "« Cercle d’Art » : notre séance", "titre_sommaire": "Cercle d’Art : Séance Samuel", "rubrique": "", "signature_source": "ROB. 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JOLY nous l’a exposé en une causerie élégante a u ta n t\nque persu asiv e, E u g è n e Sam uel est u n créateu r. Sa form ule des « forces\nirrad ia n te s » consiste à voir d an s les choses, la vie qui est en nous, aussi\nsa m usiq u e est-elle éto n n am m en t spéciale et p é n é tra n te T a n lô t elle p leure\n les affres de l’hom m e livré sans espoir aux détresses de l'existence, tan tô t\n elle exhale l’éto n n em en t placide de l’h u m a n ité com m u n ian t avec les\n m ystères de la vie, ta n tô t enfin, ce so n t des cascades de lum ière et de\nfraîch eu r qui n o u s p eig n en t l’énorm e joie des êtres devant la n a tu re\nluxurian te. Q uel souci c o n stan t de la b e a u té et de la vérité dan s cette\nm usiq u e! Q uelle p u reté et quelle sim plicité d an s les m oyens em ployés!\n Jam ais un m usicien n ’a re n d u aussi aisém ent les im pressions les plus com ­\n plexes et les p lu s profondes. P arfo is c’est u n seul accord, u n e seule note\n qui font a b o u tir en vous avec u n e infaillibilité déconcertante, la pensée\n du m aître.\n     Il m 'est p én ib le d ’écrire aussi com p en d ieu sem ent les im pressions que\nj ’ai ressenties, m ais je dois m ’inclin er d ev an t u n m anque de place — ô\ncom bien — in o p p o rtu n .\n        M. ENGEL et Mme BATHORI, tou jo u rs dévoués aux belles causes et\nb rav a n t les difficultés que p résente fatalem en t l’exécution honorable des\nœ uvres tro p p e u conn u es d ’un vrai m usicien, o n t interp rêté m erveilleuse­\nm ent l’œ uvre d ’E u g è n e S am uel.\n        S an s e n tre r d an s les détails d u p rogram m e nous m entionnerons,\nnéanm o in s, to u t spécialem ent les Feuilles Mortes. La Plaine et la Rêverie sur\nles terrasses, que M. E n g el a chantés avec u n sen tim ent définitif qui lui a\nvalu de chaleureuses ovations. Mme B ath o ri a été délicieusem ent ém otion­\nn an te d an s le m erveilleux poèm e lyriq u e La Jeune Fille à la Fenêtre, q u ’elle\na chan té avec u n art com plet.\n        Bref, M. E n g el et Mme B ath o ri o n t trio m p hé dans ce que d ’autres\nn ’a u ra ie n t osé e n tre p re n d re.\n        E u g èn e Sam uel a exécuté lui-m êm e, au p ian o , le p rélu d e de la\nReyne Klothilde, œ uvre calm e et p u issan te, et le p rélude d u Vendredi-Saint en\nZelande où règne u n e g ran d e m ajesté et u n e richesse d ’harm o n ies qui\ndépassent l’im agination.\n        C ette séance fu t la p lu s im p o rta n te q u ’ait d o n n é le Jeune Effort, car elle\na consacré le génie d ’un des artistes les p lu s p rofonds d o n t l’a rt puisse\ns’enorgueillir.\n        L e public, d o n t la curiosité avait été ju stem en t attirée, a m anifesté\nson ad m iratio n p a r des ap p lau d issem en ts n o u rris et chaleureux.\n\n                                                                      R o b . L y d a im e .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24-013", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 401, "page_fin": 401, "titre_corps": "Nouvelles", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jeune Effort", "ancre_debut": "Nouvelles. 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J o ly , à M me C la d e l e t à                     M me B e e c k m a n ,           p r é s id e n te      de       c e tte     S o ciété,\nto u te s n o s fé lic ita tio n s .\n                                                                          ***\n       A u C ercle A r tis tiq u e . — N o u s a v o n s r e m a r q u é                                 d e r n iè re m e n t a v e c u n trè s\ng r a n d in té r ê t l ’E x p o s itio n d e M lle M a rg . V e rb o e c k h o v e n . C e la e s t to u t u n p o è m e e t\nco m m e l ’a r tis te l'in titu le elle-m êm e, c ’e s t u n p o è m e d u sile n c e                                  e t j ’a jo u te r a i d e la\nn u a n c e . M lle V e rb o e c k h o v e n a           u n e v isio n      é m in e m m e n t         p e rs o n n e lle      e t c h a r m e trè s\nd o u c e m e n t p a r le m y s tè re e t la b r u m e d o n t elle a le s e c re t d ’e n v e lo p p e r ses oeuvres.\nO n d i r a i t d 'u n V e r la in e , p e in tr e .\n       N o u s a v o n s e u le p la is ir d 'a d m ir e r é g a le m e n t d a n s c e S a lo n les a q u a r e lle s de\nM . J a c q u e t-D e th y , c o n s ta to n s la s u b tilité d e so n m é tie r e t la jo lie tr a n s p a r e n c e d e\ns a p a le tte .\n                                                                          ***\n       L ’A s s o c ia tio n d es J o u r n a u x p é r io d iq u e s b e lg e s e t é tr a n g e r s n o u s a c o n v ié\nd e r n iè re m e n t à v is ite r l ’a te lie r d u m a ître s c u lp te u r J e f L a m b e a u x , il e s t in u tile d e\nd ir e q u e les in v ité s          f u r e n t n o m b re u x       à     se     re n d re     à cet        a p p e l. L e m a ître , n o u s\na trè s g r a c ie u s e m e n t f a it le s h o n n e u r s d e                 ses       œ u v res.      N ous        av o n s     a d m ir é sa n s\nr é s e rv e le s u p e rb e g ro u p e            Le Meurtre d e s tin é à l'E x p o s itio n                     de      L i ége,      a in s i    que\nc e lu i    de La        J o ie , to u s d e u x         d 'u n e e x é c u tio n      m a g is tra le .      Si    p a ro d o x a l         que     c e la\np u is s e p a r a î t r e , J e f    L a m b e a u x a ré a lis é            là      un     nouveau           p ro g rè s. C e s e r a             pour\nl ’E x p o s itio n U n iv e rs e lle u n v é r ita b le évè n e m e n t a r tis tiq u e . L ’A s so c ia tio n d e s p é r io ­\nd iq u e s , c o n tin u a n t la        sé rie      d e ses in té r e s s a n te s v is ite s ,           n o u s a c o n v ié é g a le m e n t à\nc e lle d u      g ran d      é g o u t-c o lle c te u r d e la v ille, p o u r le d im a n c h e 26 m a rs.\n\n                                                                          ***\n       L a H o u le tte , te l e s t le titr e d 'u n e                      n o u v e lle      rev u e       litté r a ir e       qui       p a ra ît    à\nA u v e la is (B e lg iq u e ). N o u s           lu i   s o u h a ito n s b ie n c o r d ia le m e n t la b ie n v e n u e e t e s p é ­\nro n s s u r to u t q u e c e tte h o u le tte n e t a r d e r a p a s à d e v e n ir u n e                        h o u le .\n\n                                                                          ***\n       N o u s fe r o n s p a r a î tr e            dans       n o tr e    p r o c h a in      n u m é r o u n e s u p e rb e            é tu d e s u r\nE u g è n e S a m u e l, d u e à n o tr e é r u d it c o n frè re A u g . Jo ly .\n\n                                                                          ***\n       A c a u s e d ’u n e im p o rta n te ré o rg a n is a tio n d e n o tr e r e v u e q u i p a r a î t r a d é s o r­\nm a is s u r 32 p a g e s,           n o u s p r io n s n o s        abonnés           de      nous       excuser           dans         le c a s        où\nm a lg ré     n o tr e    bonne        v o lo n té ,     le n u m é r o          de    m ai      s u b is s a it   un       lé g e r r e ta r d .\n\n                                                                          ** *\n       A c c u sé de r é c e p tio n :\n              Guidon d'A n ierlecht, p a r M . d e s O m b ia u x ;\n              L 'Ecole des Valets, p a r H . L ie b r e c h t ;\n              Imogéne (ré é d itio n ), p a r E d m . P ic a r d ;\n              Les H eures d'après-midi, p a r E m . V e r h a e r e n .\n"}]}, {"article_id": "ulb-jeune-effort-1905-04-n23-24-014", "volume": "ELB-KBR-a093-1903-1905-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a093-1903-1905-000.pdf", "ocr_sha256": "0581f671ec22c332778f17d77b6734ce4047d575d2a05e90b5eb04f92bc105ad", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 402, "page_fin": 404, "titre_corps": "Table des matières", "titre_sommaire": "Table des matières", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "TABLE DES MATIÈRES contenues dans les deux premières années", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 407, "page_imprimee": 402, "debut_caractere": 45, "fin_caractere_exclue": 7737, "texte": "TABLE DES MATIÈRES\n               contenues dans les deux premières années du Jeune E ffo rt\n\n\n\n                                                                           Pages                                                                               Pages\n                       A n g en o t, M a rc e l.                                         T r o is p la q u e tte s (E m ile P els) . . . 341\n                                                                                         M on c o n f rè re A sm o d é e ( J . V a n d e r\n  T ra g iq u e h is to ir e d 'u n c o r . . . .                                 91        lin d e n ) . . . , ...............................348\n  S a lo n T r ie n n a l ( c ritiq u e ) ................................ 97            M a u ric e d e s O m b i a u x                         375\n  L e S illo n (c ritiq u e )..................................... 116\n S u p rê m e s ex c u se s ( v e r s ) .............................. 131                                   B o rd ie r, F e rn a n d .\n  P r é te n tio n ( v e r s ) .......................................... 153\n R o n d e l ( v e r s ) ................................................ 172           S a c rific e (c o n te )...................................................20\n L e s J a r d in s clo s (d e P a u l M u ssc h e) . 176                               M ih e n d 'A v é n e (M . d e s O m b ia u x ). . 202 /\n N a îtr e e t m o u r ir a in s i (vers). .                              . 193         C o n te s d e S a m b re e t M eu se (M. d es\n S a lo n d e s Im p re s s io n n is te s ,                      1904                     O m b ia u x j........................................................ 320\n     ( c r i t i q u e ) ...................................................... 199     A m b id e x tr e J o u r n a lis te ( E d m . P ic a r d ) 365\n C o n s ta n t M o n ta ld (c ritiq u e ).                     . .        , 219\n                                                                                                               C e rn iè re , P a u le .\n L a C h a n s o n d 'E v e (c ritiq u e )                      . . . 224\n Im p re s s io n M a lin e s, 1904 (prose) . . 238                                     L a D e s c e n t e .........................................................12\n S a lo n d e l'Œ u v r e (c ritiq u e ) . . . .                                242\n I m p re s s io n (C e q u e l ’o n e n te n d , e tc .)                                                     C o h en , G u s ta v e .\n     ( p r o s e ) .............................................................254\n                                                                                        L a p l u i e ...............................................................78\nS a lo n d e s I n d é p e n d a n ts (c ritiq u e ).                            271\nD o u le u r s p o s th u m e s e t c o m iq u e s                                                        d e B e llin g lis e , L is e .\n    ( v e r s ) .............................................................279\nU n c o m b le ( c o n t e ) ..........................................300              M issel P a ï e n ................................................ 132\nS a lo n d u L a b e u r (c ritiq u e ) . . . .                                 303\nP rin c e s s e d e L a n la ir e (vers)                        . .        . 316                       d e C a s e m b r o o d , L o u is .\nL e S a lo n d u S illo n , 1905 (c ritiq u e ) . 319                                  E x ta s e ( v e r s ) .................................................    8\nA tr a v e rs le v i t r a il ( d e C h . M o risseau x ) 321                          R e g re ts » ........................................................ 24\nS é a n c e E n g e l e t B a th o r i (c ritiq u e ) . 344                            S o n n e t ( v e r s ) ...................................................45\nP iff e r a r o ( v e r s ) ................................................ 351       C e q u i m e u r t ( v e r s ) .................................... 135\nP o u r l'A rt ( c r i t i q u e ) ....................................363             H o m m a g e d e P a u v r e (conte)                      .       . . 216\nL ib r e E s th é tiq u e (c ritiq u e ) . . . .                                364    C o in d e p ro v in c e ( im p r e s s io n ) .                   . . 252\nI te M issa E s t (vers). . . . . .                                            387     S o ir à l'e s ta c a d e ( c o n t e ) ..............................302\nT h é â t r e : L a M a ss iè re . — E le c tra . 399\n\n                       B a u tie r, P ie rre .                                                              de C e rn y , H o g e r.\n\nJ a r d in s d 'E s p a g n e ...........................................110           L e P a in n o ir ( H u b e r t K ra in s) .          . . 203\n                                                                                       L a T o s c a (P u c c in i). . . . . . .                 206\n                           B o c k , J u le s .                                        S a lo n d es A q u a re llis te s e t P a s te llis te s 225\n\n E d m o n d R o s ta n d ( c r i t i q u e ) . . . 9 e t 25                                            D e c lo is o n , G e o r g e s .\n P è le rin a g e ( v e r s ) ............................................ 44\nR ê v e rie ( v e r s ) ..............................                          83     C o u c h e r d e S o l e i l .......................................... 285\nL e ttr e â L o u is M o r e a u .............................. 120\nL e s T e m p lie r s ( c r itiq u e ) .............................. 142                                  D e p rin s , A rm a n d .\nL e V ieu x ( c o n t e ) .......................................... 167               L a C r itiq u e d ' a r t ............................................ 27\nL e P re s tig e , d e P a u l A n d r é (c ritiq u e ) 201                            A G eo rg es R o d e n b a c h ................................37\nL a S o litu d e h e u re u se , L e ttr e d 'h o m m e                                C h ro n iq u e a r tis tiq u e ( T rie n n a l)                     . .     84\n    ( P . A n d r é ) ...................................................... 240       A c te d e f o i ............................................... 107\nI n tè g re (P . L e R o h u ' . . . . . .                                     241     L e P è l e r i n a g e ......................................... 156\nL e B o u rre a u (vers).......................................... 250                 P a s t e l ............................................................ 193\nL e s R y th m e s de d o u c e u r ( E .D a n tin n e ) 290\nL e B ra n le (H é lè n e C a n iv e t). . . . 290                                                   d e s O m b ia u x . M a u ric e .\nL a D é s e s p é ra n c e d e F a u s t (E d m o n d\n    P i c a r d ) ............................................................ 306     L e B r a c o n n i e r ..........................................105\nH is to ir e à m a d a m e (L é o n W a u th y ) . 307                                 L e d o u b le J a r d in d e M a e te rlin c k . . 2 5 5\nL ’A in a n t P a s s io n n é (C am ille L e m o n ­                                  U n e c ris e li t té r a ir e ................................... 256\n   n ie r) .................................................................. 340      L a v e n g e a n c e d 'U g è n e         . . .                . .3 1 1\n"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 403, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 9240, "texte": "                                                                            —4 0 3 —\n\n                                                                            Pages                                                                               Pages\n                      D e V u y s t O m er.                                                                      L iz in , A n d r é .\n\nP i l l a g e ................................................................... 175     D a v id D e s v a c h e z ............................... ......           65\n                                                                                          S a lo n d u L a b e u r , 1 9 0 3 .........................98\n               D u m o n t - W ild e n , L o u is .                                       L es A q u a re llis te s , 1 9 0 4 ......................... 139\n                                                                                          S a lo n d e s B e a u x -A rts. 1904 . . . .                              221\nJ u lie n D i l l e n s ................................................ 331\n                                                                                          A p ro p o s d 'u n e c r i t i q u e .............................. 203\n                       D ’ Yp r e s , E r n e s t .                                       V rije K u n s t, 1 9 0 4 .......................................... 287\n                                                                                          E b a u c h e s e t P o c h a d e s . — G a le rie\nR ê v e d é ç u ............................................................... 59            B o u t e .............................................................343\n\n                   F a u c o n n ie r , P ie r r e .                                                             L y d a im e , R o b .\nS u r l ’E s t a c a d e ...................................................62            L e J o n g le u r d e N o tre -D a m e (c ritiq u e ) 344\n                                                                                          A l'E c o le d e m u s iq u e S a in t-J o ss e -te n -\n                      F r a n c k , M .-T h é o .                                            N o o d e - S c h a e r b e e k .................................... 368\nE n r ê v a n t .............................................................334          N o tre S é a n c e ( S a m u e l ) ......................... 400\n\n                        G ir a u d , A lb e r t .                                                                  M o in e , L é o n .\n\nV a r ia tio n s u r u n v ie il a ir . . . .                                   184        L e s te m p s d ' a m o u r ....................................3 8 8\n\n                            H anon , T héo.                                                                 M o r i s s e a u x , F . C h ..\n\n L e C h r y s a n t h è m e ........................... 110                               L e d it d 'u n P r in te m p s (de P . G é r a r d ) 274\n                                                                                           L e P a o n fde J . d e C ro isset) . . . .                             275\n                           H e lle n s , F r a n z .                                       L a R o u te e n c h a n té e (de A d o lp h e\n                                                                                              H a r d y ) .................................................... 288\n L a F ê te R o d e n b a c h à G a n . . .                                       41\n A u t o m n e .............................................. 56                                                 M u ssc h e , P a u l.\n E x h a la is o n d ’a m o u r .................... 129\n L e s S a u l e s ....................................... 190                             L 'h u m b le D e s tin ( v e r s ) ......................... 96\n V e rs la s i m p l i c i t é .......................... 234\n L e s tro is a u b e r g e s .......................... 318                                                       N ed , E d o u a rd .\n                           H e u x , G a s to n .                                          P s u k é ( d 'E d m o n d P ic a r d )             . .       .     ,    141\n                                                                                           L 'A ïe u l ( c o n t e ) ..........................• .       .     .    247\n U n c œ u r c h a n t e ................................ 267\n                                                                                                                 N o g e n t, A lb e rt.\n                     H il l y , L o u i s - J u l e s .\n                                                                                           L e V e rg e r ( v e r s ) .................................. 352\n  P a y s a g e m a l s a i n .......................... 388\n                                                                                                                  P u lin g s , G a s to n .\n                          K r a in s , H u b e r t.\n                                                                                           L a M o rt d u M e u n i e r .........................                     5\n  L a F e r m e S u iss e (cro q u is) . . . .                                   215       A m o u r .......................................................... 29\n                                                                                           G eo rg e s R o d e n b a c h ............................35\n                      K r a f t - F o p p e r , H .-L .                                    D é fe n se d ’i d é e s .......................... .... . .                   40\n                                                                                           U n M i r a c l e ................................................. 75\n  L ’I n é v ita b le ( r o m a n ) ...................................... 79              E t V o ilà c o m m e n t (de M . A ngenot) . 119\n                                                                                           C o n te d e N o ë l ....................................... 126\n                     K u f fe r a th , M a u r ic e .                                      J u l ia o u le s r e la tio n s a m o u r e u s e s (de\n                                                                                               S t.-G . d e B o u h é lie r).......................... 161\n  L e s M a ître s C h a n t e u r s ..............................151\n                                                                                           L 'A v e u g le .............................................................186\n                                                                                           C o n te d 'A v ril (de A ug. D o rc h a in ).                                207\n                      L e b è g u e , M a u r ic e .\n                                                                                           L e J a r d in ie r d e la P o m p a d o u r (d 'E u g .\n  L 'A m o u r .............................................................. 88               D e m o ld e r) ...................................................... 224\n                                                                                           L e T e m p s ............................................................ 283\n                        L eco m te, J o se p h .                                           V a lè re G ille ( p a r H e n r i L ie b r e c h t) . 291\n                                                                                           A rt e t L itt é r a t u r e . — C a th o liq u e m o­\n  H o rta au q u a rtie r N o r d -E s t.                       .     .     .     194          d ern e      .............................................................291\n                                                                                            L 'A rc h e d e M o n s ie u r C h e u n u s .                     . . 305\n                    L e m o n n ie r , C a m ille .                                         T r a it é d e l'O c c id e n t ( p a r A d rie n Mi-\n                                                                                                t h o u a r d ) .......................................................320\n   L e s a b e ille s                         ...................................... 74\n                                                                                            A y e z P itié ( v e r s ) .......................................... 336\n                          L ie b r e c h t , H e n r i.                                     L e C œ u r d e F ra n ç o is R e n c y (G le s e n e r ) 341\n                                                                                            L e D r o it a u B o n h e u r (de C a m ille\n   M ax W a l l e r .......................................................114                  L e m o n n i e r ) ................................................ 366\n"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 404, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 7750, "texte": "                                                                               —     4     0   4   —\n                                                                              Pages                                                                                   Pages\nL e s H e u r e s d ’a p rè s-m id i (de E m ile\n   V e r h a e r e n ) ........................................... ......          396         A lb u m ( v e r s ) ........................................................ 58\n                                                                                               V e illé e d u S o ld a t (vers) . . . . . 109\n                        R a m a e k e r s , G.                                                 V iv re , a im e r , m o u r ir ( v e r s ) .........................194\n                                                                                               R o n d e a u d es r ic a n e m e n ts ( v e r s ) . . 300\nL e s In s e c te s d e la L u m iè r e (vers) .                    . 19\nJ o y z e lle (de. M a e te rlin c k ) . . . .                            4 9.                                    V a n d e n b o r re n , Ch.\nL e C h a t ( v e r s ) ...........................................      1:25\nL e s T a u r e a u x . ( v e r s ) ............................ ... 185                       C é s a r F r a n c k ................................................ 295\nL e s P a o n s (vers)          . .         . .. .                 252\n                                                                                                                   V e r h a e r e n , E m ile.\n                      R e n c y , G eo rg e s.\n                                                                                               L e s A u te ls R e n a i s s a n c e ................................ 89\nL 'A ïe u le      .........................................................53                  P lu s lo in q u e les g a re s le s o ir . . . 333\nC o m m e v a le ru is s e a u (C a m ille L e ­\n   m o n n ie r) .......................................................118                                             W é r y , L éon .\nD e la T o lé ra n c e .       . ’ ........................ .. . '2 3 1\n                                                                                               L e s M o t s ..........................................                  269\n                          R e n c y , P a u l.\n                                                                                                                      W u ille , P ie r r e .\nS o rtie d e V é n u s .              .                                                          286\nM o n p e tit L i t .........             . .         . .         .          . '2 86           L 'A u t o m n e ...................................................... 216\n                                                                                               C h a n s o n d u S o ir . . . . . . .                                  236\n                      S o tt ia u x , J u le s .                                               C h a n s o n d ' H i v e r .......................................... 298\nD e v a n t la T e r r e n o ir e ....................................192\n                                                                                                                       L a R é d a c tio n .\n                     S o u g u e n e t, L éon .                                                A n o s l e c t e u r s .................................................183\nL e t tr e o u v e rte         .                .................................... 347       E n c o u ra g e m e n ts officiels à la litté r a ­\n                                                                                                  tu r e n a t i o n a l e .......................................... 242\n                     U r b a in , F ern a n d .                                                A n o s l e c t e u r s ................................................ 295\n                                                                                               P la te C a s e ..................................... 322 e t 345\nL e s A ffaires s o n t le s A ffaires (de M ir­\n   beau)        .............................................................204               R é fé r e n d u m s u r l ’A m ou r p a ss io n n e l.\nT o u te la F la n d r e (d e E m ile V e r h a e ­\n   re n ) ...................................................................225                   R é p o n se s d e M M . E d m . P ic a r d , L é o n\nL e s V ie ille s d e c h e z n o u s                . . . .                 268                   W é r y , A n d ré F o n ta in a s , E u g . D e m o l­\n                                                                                                   d e r, L é o n S o u g u e n e t, S a in t G eo rg e de\n                      V a le r e d o , H e n r i.                                                  B o u h é lie r, C a m ille L e m o n n ie r, A c h ille\n                                                                                                   S é g a r d , E .- S . A v e n z o , G eo rg es L e c o m te ,\nL 'E x o d e ( v e r s ) ...................................................11                     R a c h ild e , B a z a lg e tte , T h é o V a rle t, F r a n z\nL a R e lig ie u s e ( v e r s ) ...................................... 41                         H e lle n s , H e n r i V a le re d o , E u g . S a m u e l.\n\n                                   « C ercle d ’A r t. » — N o s S é a n c e s ( 1 9 0 3 - 0 4 - 0 5 ) .\n     1. L e 9 n o v e m b re 1903. — Confèrence : W a g n e r , p a r M . A. D e p rin s . P artie m usi­\ncale a v e c le g ra c ie u x c o n c o u rs d e M M . L . B ra c o n y , H . W e lle n s , L . B o u se re z .\n     2 . L e 5 fé v rie r 1904. — Conférence : M . R o l l i n a t , par, M . M . A n g e n o t; P a rtie\nmusicale et littéraire a v e c le g ra c ie u x c o n c o u rs d e M lles A. L a m a l, J. d e R a m a is ,\nM M . L . B r a c o n y , A . D e p rin s .\n      3. L e 17 m a rs 1 9 0 4 — Conférence : M ax W a l l e r , p a r M . H . L ie b r e c h t. A u d i­\ntion d'œuvres musicales belges inédites d e M M L . M a w et, G . L a u w e ry n s , L . B o u serez,\nav e c le g ra c ie u x c o n c o u rs d e M lles J a n e D e lm é e , G a b . W y b a u w e t A lic e C h o le t.\nOrchestre : M M . P o lie t, S o h e t, J o n n a r t, W e y ts , S c h ra m e t T u rlin g s .\n       4 . L e 29 n o v e m b re 1904. — Conférence : C h a r l e s V a n L e r b e r g h , p a r M . F . V a n\nd e r L in d e n . P artie musicale : A u d itio n s d 'œ u v re s d e M . F . B e a u c k a v e c l e g ra c ie u x\nc o n c o u rs d e M 11e A . C h o le t e t M . A . B e a u c k .\n      L e 23 d é c e m b re 1 9 0 4 — Conférence ; G a b r i e l V i c a i r e , p a r M. A n d ré L iz in .\nP artie musicale a v e c le g ra c ie u x c o n c o u rs d e M lles G a b . W y b a u w , G a ë t. B r itt, e t de\nM M . A lb . J a n s s e n s e t N o to r a n g e .\n     L e i5 f é v rie r 1 9 0 5 — Conférence : P a u l V e r l a i n e , p a r M . M . A n g e n o t. P artie\nmusicale a v e c le g r a c ie u x c o n c o u rs d e M lles J a n e D e lm é e . A lic e C h o le t e t de\nM M . J . C h o le t e t H . W e lle n s .\n       7 . L e 22 m a r s 1 9 0 5 — Conférence : E u g . S a m u e l , p a r A u g . Jo ly . S é a n c e e x tr a o r ­\nd in a ir e c o n s a c ré e à l'a u d itio n d e s œ u v re s d e E u g . Sa m u e l a v e c l'é m in e n t c o n c o u rs\nd e M . E n g e l e t M me B a th o r i,\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 376, "texte": "         JEUNE\n          EFFORT\n    Marcher franc dans la vie,\n  et dire ce qu’on pense.\n\n\n\n\n                              Sommaire :\n\n\nM a u r ic e d e s O m b ia u x .                                        J u le s B ock .\nI te M is s a E s t ........................................... Marcel Angenot.\nL e s T e m p s d ’a m o u r.                                          • L é o n M o in e .\nP a y s a g e m a l s a i n ........................................... Louis-J u l e s H i l l y .\nR éféren d u m s u r l ’A m o u r p a ss io n n e l.\n       Réponses de M M . A v a n z o , F . H e l l e n s , H . V a l é r e d o ,\n              B a z a l g e t t e , R a c h ild e , T h é o V a r l e t . E u g . S a m u e l,\n              G e o r g e s L e c o m te .\nL iv r e s :\n     Les Heures d'après-m idi (Verhaeren) . . G . P u l i n g s .\nT h é â tr e : L a Massière — Electra .                          . M a r c e l A n g e n o t.\nC ercle d 'A rt : Séance Samuel . . . .                              R o b . L y d a im e .\nN o u v e l l e s ................................................ Jeune E ffort.\nT a b le d e s m a tiè r e s .\n\nI llu s t r a tio n : Maurice des Ombiaux.\n\n\n\n                      C e n u m é r o : 5 0 cent.\n\n\nDeuxième Année. N° 23-24.                                                     A v r il        1905.\n"}, {"page_pdf": 377, "texte": "    J eune E ffort\nM   E N S U E L      D ’A R        T      E T       D   E    L I T TE R    A T U    R E\n\n         Affilié à l’Association d e s J o u r n a u x périodiques belges.\n    ORG A N E D ES JE U N E S , O U V ERT A                                TO US\n                          Paraissant le l er du mois.\n\n\n\n\nFondateurs: G.        P    u l in g s   — J.     B o c k —    L.    d e   C asem broot\n\n                                   F.    B o r d ie r\n\n\n\n\nRédaction et administration :\n                          5,   R u e    d u   C o u ven t, Ix e l l e s-B r u x e l l e s .\n\n\n   Pour la Critique d ’art et les Théâtres, adresser les\ncommunications à Marcel A n g e n o t , rue Goffart, 10, Ixelles.\n\n\n\n     Toute souscription d ’au moins 2 francs pour la Belgique,\n3 francs pour l’étranger, donne droit à un service de douze\nnuméros.\n\n\n     Il sera rendu compte de tout ouvrage littéraire ou\nartistique que nous recevrons.\n     Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n     Nous autorisons la reproduction de nos articles sous la\ncondition expresse d’en indiquer la source et le nom de\nl’auteur.\n\n\n     L a Revue, laissant la plus grande liberté à ses collabora­\nteurs, ne prend pas la responsabilité des articles qu’elle insère.\n"}, {"page_pdf": 378, "texte": "                MAURICE d e s OMBIAUX (*)\n\n\n                                                        I.\n\n      l   y a dans son œuvre deux tendances distinctes, l’une\n I    hautaine, a l’allure décorative des grandes fresques chré­\ntiennes, l’autre plus humaine, plus actuelle et plus proche\n de notre âme. Elles sont caractérisées, la première, par\nl’Histoire Mirifique de Saint-Dodon et le Joyau de la Mitre,\nla seconde par Maison d’Or.\n      L a première de ces tendances, fortement accusée\ndans les romans cités, s’atténue dans les Contes, disparais­\nsant même parfois, faisant place à la verve et à la godaille.\n      Dodon personnifiant la Nervie, Saint-Aubin et Balbine\ncaractérisant la Principauté de Liège, rattachent à leurs pas­\nsés légendaires — historiquement encadrés —, coordonnent\net déterminent en eux, les dissemblances superficielles et\nl’identité réelle des sentiments et de la mentalité de tout une\nrace.\n      Ces héros, il les situa au Moyen-Age. E t c’était l’époque\nbien choisie en vérité que celle où convergaient toutes\nles formidables contradictions des civilisations anciennes.\nEpoque rafinée et païenne, barbare et chrétienne, sommet\ndu passé, où il semble que l’âme wallonne se soit attardée,\ntant elle lui est encore pareille.Il fallait la force héroïque, les\n\n                                        (* ) B i b l i o g r a p h i e   :\n\nChants des jo u rs lo in ta ins; Vers de l'E sp o ir; Mes Tonnelles ; H istoire M irifique de St-D odon ;\n   J e u x de Cœur; M aison d'O r ; N o s Rustres ; Le Joyau de la M itre ; Têtes de houille; M ihien\n   d ’A vène; Contes de Sambre et M euse; Guidon d'Anderlecht.\n\n          P o u r p a ra ître :\nIo -Iè Bec de Lièvre; Les Farces ; Us et Coutumes de W allonie; Les manches de lustrine; L a\n     Terre délivrée.\n"}, {"page_pdf": 379, "texte": "                                                          — 376 —\n\nvertus et les vices des âges médiévaux pour reconstituer cette\nWallonie qui adore des saints de convention, au détriment\ndes gloires catholiques qu’elle boute hors de ses croyances. A\nl’encontre du flamand fanatique et têtu dans sa foi, le wal­\nlon, frondeur, joint à une certaine religiosité traditionnelle,\nune pointe de scepticisme gaulois. Ennemi de l’autorité, pour\nle seul fait qu’elle est autorité il aime à l’affronter et à l’exas­\npérer.\n      Cette race d’ailleurs ne forme pas un tout : les senti­\nments primordiaux existant avec elle, furent influen­\ncés diversément par les civilisations voisines et par la\nsuzeraineté que celles-ci exercèrent sur elle. Tandis que le\nHainaut où plutôt la Nervie ressentait profondément\nl’influence française et, par conséquent, gardait plus intacte\nson âme (1), la principauté de L iége recevait surtout celle du\nSaint-Em pire qui lui donnait la plupart de ses Princes-\nEvêques.\n                                ** *\n     E t tout d’abord, il symbolisa en Dodon, l’ironie de ces\nbuveurs de Bourgogne, leur fainéantise et leur terrible dédain\ndes choses sacrées :\n       S a jeu n esse s ’était écoulée de façon jo y eu se dans u n e paresse que l’on\np e u t très ju ste m e n t a p p eler sainte, p u isq u ’elle conduisit à la b éatitu d e\ncelui qui la p ratiq u a.\n\n     E t voilà résumée en quelques mots, non seulement la\nnote générale de cette apologie hilarante, mais aussi l’âme\nwallonne tout entière.\n  E t que Dodon nous promène à Namur, à Mons ou à\nNivelles, qu’il nous fasse visiter la Flandre en un homérique\nvoyage, ou qu’il nous conduise en ces multiples moustiers et\nabbayes où sa renommée de « sainteté » le faisait appeler\npour applanir des différents, ou redresser les règles tordues\npar les abus, nous le voyons toujours, chevauchant sa mule\n\n       ( 1) O n se r a p p e lle r a q u e l'E n tr e - S a m b r e e t-M e u s e , la C h a m p a g n e e t l' I le d e F r a n c e\nq u i se to u c h e n t, n o u r ris s e n t d e s p o p u la tio n s à p e u p rè s se m b la b le s , e t d o n t les d iffé re n c e s\ns'é v a n o u is s e n t d e v a n t le u r c o m m u n a m o u r d u v in e t d e la p la is a n te rie r a b e la is ie n n e .\n"}, {"page_pdf": 380, "texte": "                                      — 377 —\ntrottinante,calm e et poli, doux et compatissant aux pécheurs,\nqu’il réprimandé en pleurant et qu’il excuse dans son cœur\nd’or.\n      E t voici qui peut-être vous fera apprécier les moyens inat­\ntendus employés par ce pacifique trancheur de nœuds gor­\ndiens ;\n      Le prieur des capucins étant mort, il fallut lui élire un\nsuccesseur. Mais tous les religieux se jugeant indignes d’une\npareille charge se dérobaient. On eut recourt à la sagesse\nde Dodon, et voici ce qu’il fit :\n       .... Il s’en fu t chercher de gros poux d an s u n ham eau loqueteux de la\nv ille,à la m aladrerie, des p o u x de barb e, qui écrasés, o n t la form e pentago­\nn ale d ’u n e co n stellatio n ... Il déposa la v erm ine au m ilieu de la grossière\ntable ro n d e, su r laq u elle les religieux p re n a ie n t d ’h ab itu d e leur fruste\nrepas. Il o rd o n n a aux cap u cin s de s’ageno u iller, puis de poser le m enton\nsu r la table e t d ’y étaler leurs longues barbes.\n       L es parasites d ’ab o rd éton n és de se tro u v er d an s un e n d ro it aussi\ninsolite, se m iren t à gigoter après être sortis de leur prison. P u is ils\np a ru re n t s’o rien ter, et, com m e guidés p a r l’o deur, ainsi que des chiens de\nchasse, ils se d irig èren t, sans plus d ’hésitatio n s, vers les poils roussâtres\nde l’u n des p etits frères. Ils e n trè re n t en ce buisso n que nul peigne n ’avait\nexploré et d isp a ru re n t, h e u re u x sans d o u te d ’avoir retrouvé u n e patrie.\n\n     Alors, Dodon se précipitant vers lui, l’embrassa avec\ntransport et commanda aux capucins de se soumettre à leur\nfrère, car c’était lui que la volonté divine désignait.\n\n\n\n     Il restait à M. des Ombiaux, pour terminer la base de\nson œuvre, de résumer, en des personnages, fastueux,\nparesseux, buveurs, indécis, la rubenienne principauté\nde L iége. Dans le Joyau de la Mitre plus peut-être que\ndans St-Dodon, il développa son extraordinaire faculté\nde reconstitution.\n     Chaque coutume, chaque particularité savoureuse de la\nWallonie, il l’a rapportée scrupuleusement, avec ses contin­\ngences de fierté, de noblesse et de grivoiserie. Le prétexte de\ncette incomparable féerie est l’intrigue amoureuse que noue\nBalbine, la « garce » du prince-évêque,avec un pauvre artiste\n"}, {"page_pdf": 381, "texte": "                           -   3 7 8   -\n\n\n « beau comme le jour », Alain de Dinant. L a favorite est\ntrès surveillée par le prince-évêque, ce qui nécessite l’entrée\nen scène d'un quatrième personnage, Saint-Aubin.\n      Ce Saint-Aubin, d ’ailleurs, est un saint tout aussi peu\nauthentique que possible; il a même un fond de rouerie qui\nle ferait prendre pour Messire Belzebuth, si son perpétuel\nsourire et son bon cœur inépuisable ne venaient tempérer au\npoint de la modifier complètement,la méchante figure du sire\nque j’évoquais plus haut.\n      Or donc, St-Aubin imagine une foule de pèlerinages à\ndes saints parfaitement inconnus de nos jours, ces saints\nayant tous leur chapelle aux environs de la bonne ville de\nDinant, où se consume le malheureux amour d’Alain le\ndinandier. Puis se déploient les pompes invraisemblables\ndu fastueux Moyen-Age, avec ses duels judiciaires, la folie\nde ses flagellants, avec la sombre barbarie de ses luttes\nfratricides, du peuple contre la noblesse, les alternatives de\nvictoires et de défaites, de faveurs et de rigueurs pour l’un\nou pour l’autre, suivant que la fantaisie, les amours ou les\nnécessités politiques du Prince-Evêque, réclament des bour­\ngeois ou des seigneurs l’appui nécessaire à ses armes ou\nà ses intrigues.\n      Puis nous assistons à une de ces immenses processions\nqui sont la gloire et la honte de ce Moyen-Age sensuel,\norgueilleux, fastueux, cruel et religieux quand même.\n      Dès le matin sonnent les carillons, annonçant le règne\néphémère de Balbine. Les foules s’entassent dans les\nruelles trop étroites et sur les places publiques, devant les\néglises. Les jeux populaires battent leur plein, les théâtres\noù seront représentés les mystères chrétiens et les scènes\nmythologiques, lèvent leur toile.\n      Puis la procession s’organise. Le Christ en croix ouvre\nla marche, et c’est un condamné à mort qui Le représente;\ns’il survit au crucifiement il sera gracié!\n      E t les orfrois et les brocards défilent :\n      D ’abord viennent les Seigneurs vassaux de Liége, puis\nles baillis de la ville, puis la châsse éclatante d ’or et de\npierreries du premier patron, Saint-Lambert. Puis le\n"}, {"page_pdf": 382, "texte": "                                       —   379 —\n\nPrince-Evêque et les dignitaires de sa maison, les Prévôts,\nles Abbés, les Moines, les Béguines et les Béguards, les P ré­\nmontrés et les trente deux coches figurant les métiers de la\nville.\n      E t su r un ch ar d ’o r, g ran d com m e u n n av ire, traîn é p a r quatorze ch e ­\nvaux aux cap araço n s tissés de fils d'or, d ’a rg e n t et do soie, aux arm es des\nquato rze seig n eu ries de la P rin c ip a u té , tren te-d eu x jeu n es filles agitaient\nles couleurs des co n fréries, a u to u r d ’u n en tassem ent d 'ép is, de fleurs, de\nfruits ja u n e s, ro u g es, verts et dorés, au som m et d u q u el, sem blable à Cérès,\nla déesse de la fécondité, ra y o n n a n te en sa b eau té m ûre, et sa longue c h e ­\nvelure d énouée, aux reflets d ’or som bre, B alb in e, nue, app araissait.\n     E t le cortège s’engouffra sous le g ran d p o rtail de la C athédrale.\n\n     Ici encore, plus que partout ailleurs, nous avons la sen­\nsation d’une prestigieuse fresque, hautaine, presque surhu­\nmaine, un peu comme l’Art des demi-dieux gothiques.\n\n\n\n      Maurice des Ombiaux a une vision essentiellement pic­\nturale, ce qui le différencie de la majorité des Wallons qui\npréfèrent la belle ligne à la belle couleur. Cette particularité,\nfrappante dans Le Joyau de la Mitre. l'Histoire Mirifique de\nSaint-Dodon; Mihien d'Avéne s’atténue largement dans la série\ndes Contes qu’entre-temps il publiait. Ceux-ci sont tout en\naction, la description matérielle — à part quelques excep­\ntions, comme dans Les Abeilles de Meuse et dans L'Emondenr\n— n’existe qu’à l’état de rudiment et laisse clairement voir\nque l’auteur la sacrifie à l’entrain et à la rapidité de l’action.\nCes contes créent des types, comme Z iré Buzette avec\ntoute sa malice et toute sa rapacité de paysan grippe-sous.\nOu comme le Curé des Pourcheaux, braconnier retors et vindi­\ncatif, Le Passeur d'Eau, Le Veilleur des Morts, Le Tailleur, La\n Vieille Fille, et tous, fins, matois, sournois, méfiants ou\nvoleurs à souhait.\n      Après avoir créé les types, il s’en prit aux amusements\nde ces grands enfants, que sont éternellement les wallons.\nIl nous montre d’abord Les Joueurs de balle.\n      Le jeu de balle est le sport national, avec la lutte.\n"}, {"page_pdf": 383, "texte": "                                       —    38o   —\n\n\n     Joueurs et lutteurs sont les benjamins de la foule. Ils l’ex­\ncitent et la passionnent comme jadis les gladiateurs affolaient\nRome. Puis c’est la série « d ’instants » de cette âme qui se\npétrit une seconde vie de rêve, où toutes les légendes, les\nsuperstitions, les coutumes sacrées par l’ancienneté évoluent,\net que Maurice des Ombiaux nous décrit, parées de la\nséduction attendrie et passionnée de sa verve.\n     Certes, parmi ces nombreuses pages il en est de poi­\ngnantes, de cruelles, mais l’impression qui seule en reste, est\ncelle de la joie et du rire, parce que la joie et le rire font le\ncaractère du wallon.\n     De ces contes, il en est deux qui, à mon sens, marquent\nparmi les autres : Les Abeilles de Meuse, dont on a dit « qu’il\nreculait les bornes de la fraternité humaine », et L'Emondenr,\nqui est la synthèse lyrique et poétique de toute l’œuvre,\nardente et lumineuse comme le soleil que l’Emondeur voit\napparaître du haut d ’un arbre, au-dessus des montagnes qui\nl’environnent :\n       L e soleil, le soleil !\n       L es tro u p eau x qui vont à l’ab reu v o ir, s ’a rrê te n t et co n tem p len t eux\naussi le reflet de feu.\n       T ous, saisis d ’u n frisson religieux, n ’o san t encore croire à leur b o n ­\nh eu r, resten t un m om ent im m obiles et silencieux, puis se p ré c ip ite n t vers\nles sentiers qui escalad en t la m o n ta g n e ; bêtes et gens s ’en vont pêle-m êle,\npressés, ce p e n d a n t que l’ém o n d eu r. frén étiq u e, secoue toujours, to u t en\nh a u t de l’arb re et de le colline, la crinière de clarté attachée à sa hache,\nbêtes et gens s'en vont au som m et des m onts contem pler la face éblouis­\nsante d u soleil.\n                                           ***\n\n     Si Mihien d'Avéne n’est pas un conte par l’ampleur avec\nlaquelle il est traité et par la recherche d ’analyse qui s'y ren­\ncontre, il n’en est pas moins la suite logique des contes,\nauxquels il se rattache étroitement. L ’auteur y peint une âme\nfruste et sauvage, âme d ’artiste et de fou, née au hasard\ndes routes, fuyant les hommes dont il craint la malice et la\nméchanceté. Une ferme pourtant a trouvé grâce à ses yeux.\nC’est celle des parents de Rosette, fillette à qui il obéit\naveuglément et qu’il aime sans s’en douter, jusqu’au jour où il\n"}, {"page_pdf": 384, "texte": "M A U R IC E   des   O M BIA UX\n\n\n\n\n                Supplément au n° 24 du J E U N E E F F O R T .\n"}, {"page_pdf": 385, "texte": ""}, {"page_pdf": 386, "texte": "                                       —    381 —\n\n\napprend le mariage de Rosette avec le Frisé. Alors sa passion\ndevient féroce et rouge, et un jour de beau soleil, il entre\ndans la boucherie de son rival__\n         et d ’un seul coup, enfonce son eu stache dan s le ventre du F risé\nqui chancelle et to m b e san g lan t su r l’étal, rouge parm i les viandes rouges.\n\n      Peintre profond, il ressent d’une façon excessivement\naigüe la symphonie des couleurs; l’impression de beauté, de\nchaleur , de volupté qui s’en dégage, la majesté et la force\nqu'elles donnent aux formes.\n      E t voici une page où se révèle l’âme artiste de celui qui\nl’a conçue, où se retrouvent étroitement unies dans une\nmême expression la musique et la peinture, à un degré tel\nqu’il est impossible d ’en tracer la démarcation.\n        T o u s les soirs, su r le vieux b an c v erm oulu, devant la chaum ière\ntapissée d ’u n e vigne, entre F in e aux yeux rouges et chassieux, devenue\npresq u e aveugle, et le vieux B échet ankylosé p ar le travail de la jo u rn ée,\n M ihien exprim ait , en des airs chev ro tan ts, la m élancolie des crépuscules,\nle rêve des g ran d s bois m ystérieux, les cam pagnes noyées de brum es II\njo u a it de vieilles rom ances, d o n t u n passé lointain sem blait surgir. Il y en\navait d ’im p lo ran tes com m e u n e prière, de d ouces com m e une berceuse, de\ntristes et de folles.\n       E lles p o rtaien t en elles les p arfum s d ’avril, les espoirs de m ai ; d ’autres\navaien t la co u leu r des feuillages d ’au to m n e. D ans toutes passaient com m e\ndan s les fonds des paysages g othiques, le décor des vieux burgs d ’alen­\nto u r, perch és su r les rocs, avec leur cortège de légendes héroïques et ten­\ndres. L ’âm e sen tim en tale de la race, des collines aux cîmes capricieuses,\ndes rochers tourm entés, de la rivière claire et gazouillante, ch an ta it avec\nlui.\n\n\n                                           II.\n\n     Maurice des Ombiaux dérogea cependant — l’espace de\ndeux volumes — à la ligne de conduite qu’il s’était tracée, en\nécrivant deux ouvrages de sensibilité pure, deux livres dans\nlesquels, l’amour, au lieu d ’être le moyen se trouve être le\nbut.\n     Ces pages, d’une affectivité un peu mièvre, sont l’analyse\ndes sentiments simples et pourtant complexes d ’un cœur\n"}, {"page_pdf": 387, "texte": "                                      —   382 —\n\n\n d’enfant qui s’éveille aux sensations amoureuses, par la con­\nnaissance des amitiés familiales. Il s’amuse de leur éclosion\ndans ce cœur d'enfant et de l’étonnement naïf de celui-ci,\ndevant un sentiment ignoré jusque là.\n       Il décrivit le monde des amours simples, amours pater­\n nel, fraternel, amitié. Puis ce furent les sensations des âmes\nà peine éveillées par les premières atteintes de l’Amour aux­\nquelles candidement elles s’abandonnent. Puis enfin la souf­\nfrance d ’aimer sous toutes ses formes, et dans la plénitude\nde chacune d’elles.\n      Toute la gamme de l’amour y vibre, et il en parle tou­\njours avec respect, comme d ’une chose sacrée, sans révolte et\nsans haine.\n      D ’ailleurs les pages intenses de Jeux de Cœur et Maison\nd'Or tout entier, sont l’apologie de l’Amour familial, indéfec­\ntible et calme, baume d’oubli, aux blessures de la vie.\n        Jeux de Cœur vibre de la poésie dorée d ’une enfance et\n d ’une jeunesse heureuses, mais pour que cette émotion soit si\nvraie, il lui faut des sources pures et enfantines, et, si ses héros\nsont fictifs, ce n’en est pas moins dans son cœur et dans ses\nsouvenirs, que Maurice des Ombiaux trouva leurs sensations\nlénifiantes et attendries.\n      Mais voici que, dans le recueillement attendri des\nsouvenirs, éclate le rictus rose de la chair; d ’une ruée il\nécarte et repousse au loin ce qu’il appelle les préjugés. Son\ncœur aspire à toutes les amours — et c’est ici qu’apparaît,\ndans ce cri de passion, toute l’inconstance du caractère wal­\nlon — il lui faut toutes les femmes, il sent qu’une seule est\nimpuissante à combler l’abîme de son inassouvissement :\n       N on il ne p o u v ait b o rn er son existence e t son désir. S on âm e se d ila­\nta it et com p ren ait toutes les âm es, son cœ u r b o n d issait vers tous les cœ urs,\nsa bouche voulait com m unier avec toutes les bouches, et ses bras s’ou-\nvraien t p o u r é trein d re la vie en toutes ses jo u issances et ses m étam or­\nphoses.\n\n    Inassouvissement terrible, mais fatal, parce que son âme\nne participe pas à la communion de la chair et ne l’idéalise\npas.\n"}, {"page_pdf": 388, "texte": "                                     —   383   —\n\n\n      Mais ce ne fut qu’un cri; fuyant le cauchemar torturant\nde la passion, il vint se rafraîchir les lèvres à la claire fon­\ntaine des amours familiales : il écrivit Maison d’Or.\n      Maison d’Or est une page de vie, dont la manière calme\nsemble un paradoxe avec les sentiments de profondes dou­\nleurs qu’elle recèle. E t c’est peut-être de ce contraste que jail­\nlit la résignation dont elle est empreinte. Dès l’abord nous y\nrencontrons le dévouement paternel un peu égoïste de vieil­\nlard qui pense à son enfant cadette, Mad, plus qu’aux\nautres, puis l’amour silencieux et courageux de Kate, qui se\nsacrifie aux autres, enfin l’ardeur plus remuante de Fred,\nson frère, qui devient l'orgueil de tous, le jour où il leur rend\nl’aisance perdue.\n      E t voici ce qui synthétise le mieux en ce livre toute la\nbonté qui s’y trouve latente :\n\n      C’est drôle, K ate, la façon d o n t les choses se p assent d an s la vie.\n Q uelles com binaisons b izarres d ’événem ents ! P a r u n coup de b arre, le\nso rt m e donne à m oi, qui de nous tous ai le m oins travaillé po u r cela, une\nsitu atio n que nous n ’avons jam ais co n n u e, m êm e av an t la to urm ente qui a\nem p o rté n o tre p au v re m am an. Q u an d je pense que ce que nous avons subi\nest p e u t être la ran ço n de ce qui nous arrive en ce m om ent, je me dis que\nnou s avons p ay é ch er cette fortu n e. V ous pleurez K ate? O ui pleurons car\nm ain te n a n t que le so rt nous com ble de bienfaits si notre pauvre m ère p o u ­\nvait être là, si elle p o u v ait voir com m e nous avons œ uvré, to u t ce que nous\navons accom pli p o u r nous m o n trer digne d ’elle, et rem onter le co u ran t qui\nl’a en traîn ée !\n\n      Mais le malheur, une seconde fois, vint troubler cette\n« maison d ’or »; la cadette, Mad, au temps de leur médio­\ncrité était exilée du toit familial en une lointaine place\nd’institutrice. Là-bas, elle avait aimé, et cet amour violent\net égoïste s’énerve de la paix du home embaumée de dou­\nceur. Toutes les fibres de son être se tendent vers la passion :\nelle part.\n     « Les chagrins, comme les joies, vont par groupes et\nnous excèdent ». Oui ils nous excèdent et le père de Mad en\nmourut.\n     Alors une haine subite — haine que Kate, qui l’éprouve,\ncroit être une vengeance légitime — éclate : Mad désillu-\n"}, {"page_pdf": 389, "texte": "                                         —   384   —\n\n\nsionnée et flétrie revient un jour au nid, elle croit y trouver un\nrefuge que ses ailes blessées ne lui permettent pas de cher­\ncher ailleurs, mais Kate la repousse indignée :\n       O ui il a été p a rd o n n é à l’E n fa n t p ro d ig u e, d it K ate, m ais son erreu r\nétait rép arab le p arce que le p ère était toujours là p o u r ju g e r son enfant.\n L e nôtre n ’est plus. Vous avez laissé p érim er le délai du p a rd o n , tan d is que\nnous, nous n ’avons pas de p ard o n à vous acco rder, nous ne som m es p as\nju g es.\n\n\n       N o u s ne voulons plus vous voir, p arce q u ’en tre vous et nous il y a u rait\nto u jou rs l’angoisse de n o tre p au v re p ère, son vieux visage am aigri, ravagé,\nses yeux en larm es à cause de vous, et la m o rt de ce sa in t hom m e.\n\n\n    L ’abîm e que vous avez creusé, il fa u d ra it être D ieu m êm e p o u r le\ncom bler, parce q u ’il n ’y a que D ieu p o u r faire so rtir les m orts du tom beau !\n\n      Sont-ce là les véritables sentiments qu’éprouveraient le\npère? Ses enfants ne sont ils pas héritiers de sa justice, et par\nconséquent du pardon ou du châtiment et non de la ven­\ngeance? Est-ce là la fin naturelle de ce livre de bonté? Il n ’est\npoint facile de répondre à ces questions. Quant à moi, il\nm ’est impossible de croire à la vengeance d ’un père qui\ns' était montré à nous dans toute la magnanime beauté d ’une\nâme vraiment paternelle, et de croire que cette âme, où\nqu'elle soit, ne ratifierait pas un pardon illimité. E t je ne\npuis admettre en outre que Kate, cette synthèse des courages\nconstants et des vertus calmes qui nécessitent des forces\nmorales si surhum aines, ne soit pas touchée du repentir de sa\nsœur.\n      L'auteur a systématiquement négligé de nous dire la\npassion de Mad et ses débordements, il n’a fait que les indi­\nquer. Négligeant tout ce qui ne se rattachait pas directement\naux crises des âmes qu’il décrivait, parfois naïf et profond\ncomme les enlumineurs des vieux missels, dédaignant les\nconventions, il n’a pas voulu troubler par l’éclat d ’une passion\nrouge la grisaille familiale de ces âmes où les joies et les dou­\nleurs s’identifient, en la saveur des larmes dont elles ont la\nbeauté.\n"}, {"page_pdf": 390, "texte": "                             —   385    —\n\n\n\n\n                                 III.\n\n       Nous voici à un tournant de l’œuvre de Maurice des\n Ombiaux. Abandonnant brusquement le mode auquel il nous\n avait habitué, il délaissa la Wallonie, pour s’instaurer —\n dans toute la force du terme — l’hagiographe d ’un saint fla­\n mand : Guidon d’Anderlecht.\n       C'est avec une onction et une aménité délicieuses et qui\nlaissent comme un goût de miel, qu’il nous retrace la vie du\n petit paysan que fut Guidon.\n       Dès sa jeunesse, son extrême innocence et sa grande\n pureté, lui valurent les grâces d ’En-Haut. Ses parents\nd ’ailleurs le croyait prédestiné ; un songe leur avait montré\nles hautes destinées de leur fils. E t les nombreux miracles\nqu’il accomplissait sans s’en douter par la seule force de sa\nvertu, remplirent d’admiration et de respect les paysans qui\nl’entouraient. Les fermiers se disputaient ses services et espé­\nraient, secrètement, le voir épouser leur fille. Mais Guidon\naimait G u d u le, qui était servante chez Dike Susse, son oncle.\nE t personne à ses yeux n’égalait Gudule. Il l’épousa, après\nbien des péripéties, que son cœur attristé supporta patiem­\nment. Alors il était célèbre dans toute la contrée, tous savaient\nque Guidon était l’oint du Seigneur et que sa sainteté guéris­\nsait tous maux. Mais la vénération se fit plus grande quand\nà la suite d ’une épidémie inexpliquée, pendant laquelle les\nbêtes succombaient sans que rien n’agît pour les sauver, on\nvit que celles à qui Guidon imposait les mains étaient gué­\nries. Dès lors il fut le patron des bêtes, lui le petit varlet\nmodeste et pur.\n      P ar l’émotion qui s’y trouve, ce livre rappelle Maison d’Or\nsans qu’il y ait toutefois d’autres points de ressemblance.\nP a r la manière de la description, il rappelle les amples\ngodailles wallonnes.\n      Il était d’ailleurs difficile, pour un wallon, de toucher\nà pareil sujet. D ’une nature toute opposée à son âme, le fla­\nmand devait l’étonner et le dérouter. Il lui fallait non seule ­\n"}, {"page_pdf": 391, "texte": "                             —   386 —\n\n\nment se rejetter violemment hors de son habituel conception\nmais en conquérir une nouvelle — et d’emblée.\n     Mais grâce à sa vision picturale et à sa manière toute fla­\nmande de la rendre, il n’eut pas à redouter d ’échec. Le sens\naigu des couleurs tempéré par la douceur de sa sensibilité\ngauloise, firent l’impression générale d ’une demi-teinte\noncteuse et modeste, comme la belle âme de Guidon.\n\n\n\n                                 IV.\n\n\n       Le style de Maurice des Ombiaux suivit les fluctuations\n inévitables qui accompagnent l’éclosion et la formation d ’une\n personnalité. Ses premiers essais, tant en poésie qu’en prose\n — il publia des plaquettes Chants des jours lointains et Vers de\n l'Espoir, qui malgré déjà de bonnes qualités de facture\n ne laissaient pas prévoir son actuelle expression — , ces\n essais, dis-je, donnent l’impression de fraîcheur et de\ngrâce. L ’influence évidente des classiques s’y fait sentir\nainsi que celle des romantiques, qui apparaît surtout dans\nJeux de Cœur; et tant au point de vue de la forme que de\ncelui du fond.\n       Dans ces volumes, (Chants des jours lointains et Vers de\nl'Espoir) il n’ose pas encore donner essor à sa verve wallonne,\net Maison d'Or et Jeux de Cœur semblent dûs aux remords,\nd ’avoir écrit la rabelaisienne histoire de Saint-Dodon.\n       Cependant il revint rapidement à une plus juste vision\nde ce qu’il lui fallait faire.\n    Il délaissa la forme classique qui ne convenait qu’imparfai­\ntement à sa nature. Il voulut une expression originale pour\nson œuvre qu’il sentait telle: il l’eût.\n       Dès lors nous admirâmes sa robustesse et sa simplicité,\nnous le sentîmes à l’aise en ce style pareil aux godailles q u ’il\ndécrivait. C’est alors qu’il nous donna le Joyau de la Mitre,\nqui est, à mon sens, son œuvre la meilleure, dans laquelle il\ns’épanouit en toute sa simplicité et dépouillé de tout ce qui\nn’est pas lui.\n"}, {"page_pdf": 392, "texte": "                                  -     387      -\n\n\n      E t Mihieu d’Avène vint parachever cette perfection for­\nmelle, qu’il demande, à la simplicité savante d ’un réaliste et\nà la clarté. Féal descendant de Rabelais, Maurice des Ombiaux\na retrouvé dans son âme et dans sa race, le secret de splen­\ndeur que l’immortel auteur de Gargantua à mis dans son\nœuvre.                                       J u i .e s B o c k .\n\n\n\n\n                      Fte missa est.\n                            O n e s t p r ié d e n ’e n v o y e r n i fleu rs\n                                n i c o u r o n n e s ...            X ...\n\n\n          D ’un pas égal, avec l'inconscience des choses,\n          Comme coule une épave oublieuse du but,\n          Le cortège funèbre et tel qu’on le voulut\n          Rampait honteusement sans l'hommage des roses.\n\n          Quoi! tu pars satisfait, calme et reconnaissant,\n          O mort, que ion indigne héritier déshérite ?\n          E t peux-tu consentir lorsque je n'y consens\n          A dédaigner l'adieu que ton adieu mérite?\n\n          A in si tu n’auras pas pour alléger ta couche\n          Le suprême baiser des consolantes fleurs?\n          E t quand on peut mourir : une rose à la bouche,\n          Tu t'en vas grelottant sous l’averse des pleurs.\n\n          Mais j 'y songe, peut-être est-ce toi qui l’ordonnes\n          E t le char lamentable et pauvre que je vis,\n          Allant dans l’ostensible absence des couronnes,\n          Observait la rigueur de tes derniers avis.\n\n          — Désespéré des mœurs et des temps où nous sommes\n          Ainsi j'allais clamant l’inanité des hommes.\n          Mais s’il juge à son tour l’hommage superflus\n          Désormais, c'est le mort que je ne comprends plus.\n\n                                                     M arcel A n g en o t.\n"}, {"page_pdf": 393, "texte": "                              —      388   —\n\n\n              L es T emps d’A mour.\n                                               A   M lle L e F r a n c .\n\n\n\n En vérité, les temps ne sont pas révolus!\n Le sang coule à jamais sur les marches des trônes !\n A utant qu’il restera des Tyrans absolus,\n E t que les vieux palais dresseront leurs pylônes.\n\n Autant que vous serez — Peuples irrésolus —\n Attentifs à la voix du Prêtre au long des prônes,\n On verra déferler aux frontières le flu x\n Des soldats qui s'en vont en baisant leurs icônes.\n\n E t vous serez ainsi dans l’éternel toujours!\n Vous êtes à jamais, ô brutes, ô mes frères,\n Les reins suants ployès à l’infernal labour!\n\nVous êtes condamnés à crever dans les guerres!\nSilence! Obéissez! Chacun aura son tour\nPuisque l'orgueil des Rois réclame un ossuaire...\n\n Oh! N on! Ils ne sont pas venus les Temps d'Amour!\n\nP a r i s , le 2 a o û t 1 9 0 4 .                       L éo n M o i n e .\n        (L 'A m e rouge).\n\n\n\n\n                p a s s a g e malsain.\n\nC’est l'heure endolorie ou s’immole le bruit.\nUne morne détresse crispe l'ombre lasse;\nFrôlant les cyprès un lugubre angélus passe,\nLongue gamme insolite au clavier de la nuit.\n\nComme un cierge indolent, au travers des grands ifs,\nUn chlorotique halo poisse les croix humides ;\nLes yeux dans les yeux des vagues faces rigides\nHululent sans raison de vieux hiboux poussifs.\n\nLes herbes bavent des essences sépulcrales,\nLèvres rampantes vers les tertres rafraîchis;\nA u sol, baillant d’ennui, quelques crânes blanchis\nCherchent le dire obscur des énigmes tombales.\n"}, {"page_pdf": 394, "texte": "                                                             — 389 —\n\n                      Or, l'heure sera telle au déclin de ma vie,\n                      E l par un soir pareil, écœuré des rumeurs,\n                      Epouvantable Moi mal caché par les fleurs ,\n                      J'ira i vers le baiser de la terre engourdie.\n\n                                                                        L o u is-J u l e s        H il l y .\n\n\n\n\n      REFERENDUM SUR U’AMOUR PASSIONNEL\n       I. —          L ’A m o u r      f u t ja d is          e t s u i v a n t le s    s iè c le s ,    s e n s u e l, c h e v a le ­\nre sq u e ,     g a la n t,     b a d in ,      s e n tim e n t a l ;     q u e l e st a u j o u r d ’h u i          son          c a ra c ­\ntè r e ?\n\n       II. —          Il      e û t ja d i s s u r         le s m œ u r s e t s u r le             p ro g rè s      de      l ’ e sp è c e\nune        in flu e n c e      é n o rm e .       Quel          e st    a u jo u r d ’h u i   son        r ô le    dans            n o tre\ns o c ié té ?\n       III.       —        V o y e z-v o u s      e n l ’a m o u r , u n e fo r c e d e             n a tu re à trio m p h e r\nde    la m o r a l e ,        ou    b ie n      l’a m o u r       e t la m o r a le s ’ a c c o r d e n t -ils t o u jo u r s ?\n\n       IV . —          L ’a m o u r          é ta n t     une      p u is s a n te     fo r c e     s o c ia le , f a u t - i l     q u ’ il\ns o it s u b o r d o n n é       a u x lo is ?\n\n       V . —         Quel        e st v o t r e         a v is s u r   le d iv o r c e ? e t q u e ls s o n t            le s e ffe ts\ndu    d iv o r c e    s u r l’A m o u r ?\n\n\n              Voici la suite des réponses qui nous sont parvenues :\n\n                                                  E. S. AVANZO\n     1° Chez tous les peuples ayant adopté nos mœurs avec\nle même caractère excessif de lutte vitale, qui conduit au\nterre à terre, l’amour moderne a suivi une progression\nconstante vers la sensualité, de plus en plus dépouillé de\nrecueillement vers l’idéal, qui sous toutes ses formes et aspi­\nrations différentes tend à l’élévation de la pensée.\n     2° P ar suite son rôle dans notre société n’a plus la même\npuissance d’action, l’homme s’étant rapproché de la bête qui\nsommeille en nous et s’étant laissé déchoir dans les brutalités\ndu réalisme qu’une école entière, sortie des soirées de Medan,\n"}, {"page_pdf": 395, "texte": "                            —3 9 0   —\n\n\n nous a développé au détriment du sentiment héroïque et de\n l’abnégation qui ont toujours produit les grandes actions\n humaines.\n      3° Si cette destruction par la dépression mentale n’était\npas entretenue, l’amour serait une force qui marcherait de\npair avec la morale ou contre elle suivant la direction éduca ­\ntionnelle donnée qui peut développer des corps et des esprits\nsains ou déséquilibrés.\n      4° L ’amour moderne sensuel et brutal doit être subor­\ndonné aux lois; celui que je voudrais rétablir, résultant d ’une\ntransformation dans l’éducation, devrait être libre.\n      5° Me plaçant au point de vue de mes aspirations les\neffets du divorce sur l’amour sont, par conséquent, détestables.\n Mais en présence de la marche actuelle de la société, qui a\npour base une éducation fausse, le divorce s’impose comme\nune amputation nécessaire qui prévient, dans certains cas,\nl’extension du mal.\n\n                     FR A N Z H E L L E N S .\n      Jamais on n’a galvaudé l’amour comme aujourd’hui. Ce\nmot qui n’implique que lignes gracieuses, sentimentales ou\népiques, s’est prostitué de nos jours dans la basse spécula­\ntion.\n      Autrefois, il était un objectif, aujourd’hui il est devenu\nun moyen; on l’exploite au même titre qu’une mine bonne à\npayer les exigences de l’égoïsme le plus farouche.\n      L a cause de cette disgrâce sentimentale : l’absence de\nfoi, je pense. Nous avons perdu en amour, comme en art, en\nreligion, cette volonté de croire a du beau, a du bien, ce\nmysticisme conscient qui crée l’idéal et seul édifie les œuvres\ndurables. L ’amour est victime du misanthrope, du sceptique;\nAlfred de Musset en a douté, Schopenhauer l’a nié, le roman­\ntisme, d ’ailleurs, ne l’a pas sauvé. Jamais le mot blasé ne s’est\nporté comme aujourd’hui et les romans ont mis l’adultère à la\nmode. Qui vengera l’amour? Assurément pas le surhomme.\nE t Priola demeure un monstre...\n      Que le bel et bon amour, fait de confiance et d ’admiration,\n"}, {"page_pdf": 396, "texte": "                            —   391   —\n\n\nne soit pas conforme à la morale, c’est ce qui paraît inadmis­\nsible, quelle que soit l’opinion que l'on ait sur celle-ci.\n      Il peut y avoir des erreurs d ’amour. Mais, pour qu’elles\npuissent avoir de l’influence au point de vue social, il faut\ns’occuper de l’expression de l’amour la plus avilie qui soit, le\nmariage. Des erreurs peuvent se glisser dans ce « contrat ».\nSuffisent-elles pour liciter le divorce? Ce ne sont certes pas\nles thèses de Bourget ou de Hervieu qui nous démontreront\nle contraire. Au surplus, Nietzsche ayant déclaré que l’amour\nn’est qu’un besoin de propriété, le mariage devrait, semble-t-il,\npouvoir être dissout comme un contrat de vente, par exem­\nple... En tous cas, l’amour pouvant errer, il est certain que\nle divorce, tout en brouillant certains détails, remet bien des\nchoses en équilibre.\n      Il faudrait à l’amour, comme à l’art, l’espace libre et les\ncoudées franches. Tout ce qui l’entrave, forcément le diminue.\nL ’amour se doit à lui-même des règles de conduite et ce serait\nle méconnaître que de le croire capable de porter le bât d ’une\nlégislation quelconque. D ’ailleurs, une force supérieure aux\nlois régit l’amour et le philtre qui poussa Tristan vers Iseult\nen est un symbole éternel.\n\n                      H. V A L E R E D O\n      I. Je trouve que l’amour moderne a perdu tout le charme\nou toute l’horreur dont il fut entouré jadis; il est devenu,\nmême pour ceux qui s’en doutent le moins une sorte de com­\nmerce que régissent des contrats plus ou moins officiels; on\nfait actuellement l’amour comme on fait une affaire; l’amour\nest devenu pratique.\n      II. Mais, quoi qu’en aient dit maints écrivains notoires,\nil joue toujours le rôle prépondérant dans la société. Si l’on\nse sert encore de l’amour pour faire de l’arivisme à la Bel-\nAmi, il est de plus en plus vrai que celui qui fait de l’ari ­\nvisme poursuit souvent un but où Eros a une large part.\n      III. Quant à la morale, l’amour en fait fi, superbement.\nE t avec raison. Morale est un mot que personne n’a jamais\nbien compris, à cause de son incomparable élasticité.\n"}, {"page_pdf": 397, "texte": "                           — 392 —\n\n     IV. E t pas plus qu’il ne marche de pair avec la morale,\nl’amour ne doit se plier devant aucune loi.\n   « L ’amour est enfant de Bohême ».\n     Paroles à graver au fronton de toutes les salles de\nmariage.\n     V. Le divorce? Ç ’est encore le meilleur correctif du\nmariage. C’en est le contrepoison.\n\n\n                  LÉON BAZALGETTE\n     Il ne me semble guère possible de répondre au question­\nnaire que vous m’adressez, selon les formes rigoureuses en\nlesquelles vous avez tenté de comprimer un sujet immense et\ncomplexe. T ou t ce que je trouve à dire sur ce point est que\nl’actuelle forme légale de l’amour, le mariage, même tempéré\npar l’adultère, la séparation et le divorce, ne me semble pas\nle summum de la perfection que peut espérer d ’atteindre\nl’espèce humaine. L ’amour étant par nature la chose la plus\nanarchique, la plus « incodifiable » qui soit au monde, et\nd’autre part la famille, le foyer, l’union monogame régu­\nlière se démontrant des nécessités qu’il serait puéril de\nnier, il existe entre les deux, — l’amour et la forme\nsocialisée de l’amour — une contradiction intime qui ne sera\npeut-être jamais complètement résolue et qui est possible­\nment dans le plan de la nature. Dans l’ignorance et le vague\noù nous plonge cette question démesurée, si vaste qu’on ne\nsait pas où la prendre parce qu’elle touche à tout et q u ’elle\nenglobe la vie entière, — et en reconnaissant surtout que les\naffirmations et les théories sur ce chapitre ont juste autant\nd ’importance que les rides à la surface de l’eau, — ne serait-il\npas permis de fonder un certain espoir sur la conjecture d ’une\nunion contractée sur la base d ’une sorte de bail : trois, six,\nneuf, etc.,qui offrirait une normale échappatoire aux conjoints\ndésireux d ’en sortir, et à ceux qui, se trouvant bien, n’au­\nraient aucune raison de ne pas prolonger indéfiniment le bail\n par tacite reconduction, garantirait le principe de liberté\n nécessaire à la liberté de l’individu, homme ou femme? Cette\nforme nouvelle présenterait en tous cas l'avantage de suppri ­\n"}, {"page_pdf": 398, "texte": "                           —   393 —\n\n\nmer le sentiment de geôle et de contrainte qui hante le\nmariage actuel et qui le gâte si souvent. Je note que des\nesprits sérieux, tels que George Meredith, préconisent une\nconception de ce genre.\n  Quoiqu’il en soit l’union monagame à vie (même avec les\ntempéraments susdits) ne me paraît pas correspondre du\ntout aux besoins de la moyenne de l’humanité. C’est une\nforme d’exception.\n     Mais comme vous avez raison de souligner, par votre\nenquête l’importance des deux derniers romans de Camille\nLemonnier, le maître admirable que nous aimons, que nous\nvous envions! Pour moi son dernier roman, le Droit au Bon­\nheur, qui est une œuvre parfaite, une merveille d ’émotion,\nd’humanité, de vie, qu’on savoure avec de la joie plein le\ncœur, pose encore plus nettement que l'Amour Passionné, la\nquestion de l’infinie légitimité de l’amour au-delà de l’union\nlégale.\n     Souvenons-nous du mot prophétique de Zorg à Dideri,\naprès qu’il a reçu des mains du mari celle qui est sa femme\nselon la nature : Quel homme tu es, toi, Didi ! Plus tard seule­\nment il en viendra d'autres comme toi ! Devant la postérité,\nAnnah et Zorg, ces deux êtres de nature et de sincérité, plai­\nderont plus éloquemment la cause d’une union qui sera la\nvassale de l’amour et non plus sa suzeraine, que des assem­\nblées de juristes et des traités de morale.\n\n            R A C H IL D E , du Mercure de France.\n     — Le caractère de l’amour? Mais il est assez générale­\nment mauvais.\n      — L ’amour a toujours eu, en effet, une immense influence\nsur le progrès de l’espèce J ’oserai dire que l’espèce progresse­\nrait difficilement sans lui!\n     — L ’amour et la morale? Un mariage de raison.\n     Ça tourne plutôt très mal, ce genre de mariage mais il\nn’est pas rare de le voir produire quatre personnes au lieu de\ndeux, légalement ou non.\n     — L ’amour n’a jamais (bis) connu de loi! (Ça se chante\net en amour tout ce qui se chante fait force de loi, justement).\n"}, {"page_pdf": 399, "texte": "                            — 394 —\n\n     — Mon avis sur le divorce est qu’il faut laisser débiter\ncet article, bien parisien, aux frères Margueritte. Ils ont le\nmonopole.\n\n                       T H É O VARLET\n      I. Il semble que le degré évolutif atteint par les indivi­\ndus qui contractent l’amour règle le processus de cette affec­\ntion selon l’un ou l’autre des modes ataviques.\n      L ’ambition pseudo-utlitaire de transm uer l’amour en\nmariage constitue néanmoins une tendance commune à la\nplupart des amants contemporains.\n      II. L'amour, en tant que passion exclusive, apparaît\naujourd’hui comme un cas violent d ’individualisme, une\nrébellion contre les tendances sociales, que toutefois son\ncaractère de morbide fatalité empêche de condamner.\n      III. L a morale quotidienne opposée à l’amour reconnaît\ncependant de façon tacite la morale particulière suivie par la\npassion : les peines édictées contre l’adultère s’appliquent\nrarement; l’homicide par jalousie est acquitté.\n      IV. L'am our est puissant comme le destin; mais obéi­\nrait-il davantage aux lois?\n      V. L a liberté du divorce mal suppléée par le régime de\nla séparation ne dissoudrait guère plus de mariages, car ce\ngenre d’union se cimente par l’habitude et par l’indifférence.\n      Mais j ’y voudrais voir adjointe la licence que la loi fran­\nçaise vient d ’accorder aux divorcés d’épouser leur complice\n— afin que s’avère toute l’utopique vanité « mariage d’amour ».\n\n\n                    E U G È N E SAM UEL\n     Ah! ne me demandez pas mon avis sur l’amour?\n      Je ne m’y connais pas. E t mon ami Don Juan que j ’ai\nconsulté, s’est récusé : « Le caractère de l’amour? m’a-t-il\nrépondu, dans son fort accent espagnol, mais avec les mille\net trois femmes que j ’ai aimé, je fus chaque fois un am ant\ndifférent. Et vous voulez généraliser? Il fallait vraiment un\ncénacle de poètes pour rêver une société basée sur l’amour. »\n"}, {"page_pdf": 400, "texte": "                         —   3 9 5 —\n\n\n             G E O R G E S L E C O M T E (France).\n            Mon cher Confrère,\n       I. - Ce qu’est actuellement l’Amour? Dans le monde\ndit « élégant » ce n’est plus guère qu’un joli mot par lequel\non ennoblit diverses combinaisons d ’intérêt ou de vanité. A\nnoter pourtant depuis quelques années un certain progrès de\nfranchise dans le cynisme : ce genre d ’opérations, illégitimes\nou légitimes, est si fréquent qu’on ne prend même plus la\npeine de feindre ou de prétexter l’Amour et que les\nêtres vraiment modern-style s’affranchissent de cette hypo­\ncrisie. Dans la petite bourgeoisie non encore gangrenée par\nle snobisme, chez les artisans et les employés d ’une certaine\nculture, chez les artistes qui réfléchissent et qui essaient de\nvivre en hommes, il me paraît que l’Amour tend à devenir de\nplus en plus un sentiment grave, fraternel, où l’estime, la\ncamaraderie, la communion intellectuelle ont leur part. Chez\nles êtres plus grossiers ce n’est encore qu’un besoin comme la\nsoupe et le « petit noir ».\n       II. — Son rôle? De plus en plus nul dans la Société\n« chic ». Là il n’a plus qu’une valeur de masque et de rangaine\nsentimentale. Les époux et même les amants, ne sont la\nplupart du temps que des êtres qui se sont mis ensemble par\ncupidité ou par orgueil, pour le butin à faire ou par frénésie\nd ’amour-propre. Pour les exténués du travail c’est une com­\nmodité d ’existence Chez les gens modestes, de vie simple et\nrecueillie, l’Amour que j’y vois est souvent une source de\nbonté, de progrès moral, de généreuse compréhension et\n d ’affinement.\n        III et IV. — C’est de tels foyers, non troublés sans cesse\n par le plaisir et la parade, où l’on s’accorde le temps d ’aimer,\n de lire, de regarder, de réfléchir, où règne une douce et vivi­\n fiante atmosphère de tendresse, c’est de tels foyers que peu à\n peu s’élèvera une grande force d’Amour qui fera la morale\n plus humaine, plus large, plus sincère, et qui lentement\n modifiera l’état social. Sous cette influence les mœurs et les\n lois finiront donc par sauvegarder de mieux en mieux les\n droits du cœur. Du moins, je l’espère.\n"}, {"page_pdf": 401, "texte": "                                                    — 396 —\n\n     V. — Le Divorce, ne pouvant que diminuer hypocrisies,\nmensonges, souffrances et laideurs de ce monde, doit être\nélargi par la suppression de certaines simagrées de procédure\nque les gens répandus éludent à coup d’or ou d’influences, et\nqui, n’étant de vrais obstacles que pour les malchanceux\nsans le sou et sans relations, n’apparaîssent que comme une\nhypocrisie de plus.\n     Si facile qu’il puisse devenir, jamais le divorce ne sera\nune tentation pour les époux tendres, graves et bons. Pour les\nautres n’est-il pas d’une moindre laideur morale ou d’un\nmoindre péril que l’adultère, les criailleries et les injures?\nPour les enfants exposés à grandir dans pareilles rafales de\nhonte et de haine, n’est-il pas préférable aussi ? Alors, pourquoi\nne pas accorder d’abord le divorce par le consentement mutuel,\npuis, avec la précaution de certains délais, le divorce par\nvolonté d’un seul, pour affranchir un époux malheureux qu’une\nrésistance cupide, vaniteuse ou simplement cruelle, de l’autre\népoux retient dans la pire misère et empêche de se refaire\nailleurs une vie digne et belle, capable de créer autour d ’elle\nun précieux rayonnement de bonheur?\n     Sans danger pour les époux sincèrement unis et heureux,\nle divorce élargi ne peut être que favorable à l’Amour en\nlibérant ceux qui, dignes de le connaître, ne l’ont pas trouvé\ndans un premier mariage, et en leur permettant de le chercher\nailleurs. Quant aux fantoches égrillards et aux vertigineuses\ncoquettes, qu’importe? Leurs cabrioles n’ont rien de commun\navec l’Amour. L ’extension du divorce ne les fera ni moins\ngrotesques, ni moins immondes, ni moins pitoyables.\n\n\n\n                                                  LIVRES\n\nL es H eu res d'après-m idi, par Em ile Verhaeren.\n       Le     p r in t e m p s   nous      e st   v e n u c e tte a n n é e , a c c o m p a g n é         d e la p lu s\ns u b lim e c h a n s o n . T a n d i s q u e d e t o u t c ô té s la vie se m a n ife s te jo y e u s e et\nf r a î c h e , u n p o è te l ’ h a r m o n is e et in t e r p r ê t e s o n c h a n t d ’ a m o u r .\n       Com m e         la    te rre , E m ile       V e rh a e re n     a   s o u ffe r t p e n d a n t l ’ h i v e r , le\n"}, {"page_pdf": 402, "texte": "                                              —     397 —\n\n\n« p lom b » des froidures a engourdi ses m em bres, m ais voici q u ’il se\nréveille.\n                        « L e s jo u r s d e fra îc h e e t tr a n q u ille s a n té\n                        L o rs q u e la vie e s t b e lle a in s i q u 'u n e c o n q u ê te\n                        L e b o n tra v a il p r e n d p la c e à m es c ô té s\n                        C o m m e u n a m i q u 'o n fête »\n\n     E t voilà pou rq u o i en se sou v en an t de celle qui l’a soigné, de la déesse\nqui a illum iné ses jo u rs de d ouleurs, il lui dédie ce volum e.\n     D éjà p a r la publicatio n des Heures Claires, le poète a analisé les se n ti­\nm ents h u m ain s de l’am o u r et de la joie de vivre.\n                   « C o m m e a u x âges n a ïfs, j e t'a i d o n n é m o n c œ u r\n                   A in si q u 'u n e a m p le fle u r\n                   Q u i s'o u v re a u c la ir d e la ro sé e\n                   E n tr e ses p lis frêles, m a b o u c h e s'e st p o sé e . »\n\n\n      E t d ’au tres p a rt :\n                     « D is m o i, m a sim p le e t m a tr a n q u ille a m ie\n                     D is c o m b ie n l'a b s e n c e m ê m e d 'u n jo u r\n                     A ttr is te et a ttis e l ’a m o u r\n                     E t le ré v e ille e n ses b r û lu r e s e n d o rm ie s . »\n\n        E c o u te r son cœ ur, rien que son cœ u r d ’hom m e, voilà ce que le\nm aître a fait en écrivant Les Heures d'après-midi. A ussi com prenons-nous\nses p alp itatio n s parce q u ’elles se ry th m e n t sur les nôtres et q u ’elles sont\nto u tes de bo n té.\n       E n les ex p rim an t il a in au g u ré u n e p h ase nouvelle d an s son œ uvre\ntotale.\n        E t c ’est là l’indice certain de sa g ran d eu r et de son génie. S euls les\nartistes su p érieu rs resten t dans leurs œ uvres, im m uablem ent jeu n es C’est\nainsi q u ’E m ile V erhaeren, après avoir été le « sym bolisateur » des ém o­\ntio n s m odernes d an s « L e s cam pagnes h allucinées » et « les Villes te n ta ­\nculaires », où il scrute les souffrances et les in certitu d es de notre société,\nest d evenu le p ro p h è te des tem ps m eilleurs d an s « L es A ubes », et\na u jo u rd ’h u i le ch an tre de l’am o u r et de la vie sim ple dans « L es H e u re s\nd ’après-m idi ».\n       D ’ailleurs, to u jo u rs à travers les siècles, les véritables savants,\nartistes, rom anciers, poètes, o n t été les p ortes paroles de l’hu m an ité\nen quête de satisfactions m orales ou physiques.\n       C’est la sublim e p rière de l’h u m an ité qui aim e, qu il adresse à l’am our.\nD ieu de b o n té et de clém ence lorsque ses in ten tio n s p u res se réalisent,\nD ieu révolté, lorsque la m orale, u n code ou des préjugés v eulent entraver\nson libre essor. Aussi V erh aeren ne considère-t-il m ain ten a n t que le p re ­\nm ier éta t de ce D ieu au to crate.\n       Il se to u rn e vers la vraie p h ilo so p h ie de la vie. Celle qui m et le b o n ­\nh e u r et sa recherche au-dessus de to u t, celle enfin, qui fait plus penser\n"}, {"page_pdf": 403, "texte": "                                                   —    3 9 8 —\n\n\n aux sou rires q u 'a u x larm es. E n voici la preuve d an s ce poëm e si d élicieu­\n sem en t et si sim plem ent h u m ain .\n                 « D a n s la m a iso n o ù n o tre a m o u r a v o u lu n a îtr e ,\n                 A v ec les m e u b le s c h e rs p e u p la n t l ’o m b re e t les c o in s,\n                 O û n o u s v iv o n s a d e u x , a y a n t p o u r se u ls té m o in s\n                 L e s ro se s q u i n o u s r e g a r d e n t p a r les fe n ê tre s.\n\n                 I l e s t d e s jo u r s c h o is is , d ’u n si d o u x r e c o n f o rt\n                 E t d e s h e u r e s d é té , si b e lle d e s ile n c e\n                 Q u e j ’a r r ê te p a rfo is le te m p s q u i se b a la n c e\n                 D a n s l ’h o rlo g e d e c h ê n e , a v e c so n d is q u e d 'o r.\n\n                A lo rs l’h e u r e , le jo u r , la n u it e s t si b ie n n ô tre\n                Q u e le b o n h e u r q u i n o u s frô le n ’e n te n d p lu s rie n\n                S in o n les b a tte m e n ts d e to n c œ u r e t d u m ie n\n                Q u 'u n e é tr e in te s o u d a in e a p p r o c h e l’u n d e l’a u tr e . »\n\n        O ui nous n o u s reconnaissons à chaque ligne de ce m erveilleux livre,\n n ous sentons à la lecture de ces lu m in eu x vers p alp iter to u t le m eilleur de\n n o tre être, n o u s com prenons q u ’il est le con so lateur des jo u rs de deuil.\n C’est vers lui que nous nous to u rn ero n s et diro n s :\n                   « T o u te c r o y a n c e h a b ite a u fo n d d e n o tr e a m o u r\n                   O n lie u n e p e n s é e au x m o in d re s ch o se s :\n                   A l'év eil d 'u n b o u r g e o n , a u d é c lin d ’u n e ro se ,\n                   A u v ol d ’u n frê le e t b e l o ise a u q u i to u r à to u r,\n                   A rriv e o u d is p a r a it, d a n s l ’o m b re o u la lu m iè re .\n                   U n n id , q u i se d islo q u e a u b o r d m o u ssu d ’u n to it\n                   E t q u e le v e n t s a c c a g e , e m p lit l ’e s p rit d ’effroi.\n                   U n in s e c te q u i m o rd le c œ u r d e s fle u rs tré m iè re s\n                   E p o u v a n te : to u t e s t c r u a u té : to u t e s t e s p o ir.\n                   Q u e la r a is o n a v e c s a n e ig e â p r e e t c a lm a n te ,\n                   R e fro id iss e s o u d a in c e s a n g o isse s c h a r m a n te s ,\n                   Q u ’im p o rte , a c c e p to n s le s s a n s tro p sa v o ir,\n                   L e fau x , le v r a i, le m a l, le b ie n q u ’elles p ré s a g e n t\n                   S o y o n s h e u r e u x d e n o u s s e n tir e n fa n ts,\n                   P o u r c r o ire à le u r p o u v o ir fa ta l o u tr io m p h a n t;\n                   E t g a rd o n s -n o n s v o le ts fe rm é s, d e s g e n s tr o p sa g es. »\n\n        Mais il faut que je m ’arrête car to u t le volum e y passerait.\n        T o u rn o n s nous p lu tô t vers E m ile V erhaeren et clam ons lu i, de toute\n n o tre force, q u ’il est notre M aître, n o tre G uide, et n o tre P rêtre à l’autel du\n B eau.\n        R em ercions-le d u fond de nos cœ urs de n o u s avoir d o n n é à nous les\nje u n e s, à l’au ro re de n o tre v ie ; ce c h a n t d ’am o u r. Ce chant, qui à travers\ntous les affres d u m alh eu r n o u s vien d ra à la m ém oire et sera l’h y m ne conso­\nlateu r, l’h ym ne génial de ce poète qui term in e si g ran d em e n t la trilogie\ncom m encée p a r Corneille et continuée p a r H u g o et V erhaeren.\n\n                                                                                   G a sto n P u l in g s .\n"}, {"page_pdf": 404, "texte": "                                        —    399 —\n\n\n                              THÉÂTRE           M O L IÈ R E\n\n                            L a M a s s iè r e . — E l e c t r a .\n       Q ui n ’a p as vu la M assière, à peut-être m anqué l’occasion d ’ap p la u d ir\nu n e des m eilleures œ uvres que d evait nous d o n n er, cette an n ée, le théâtre\nde com édie. M. M unié, l’intelligent d irecteu r du th éâtre M olière, grâce à\nqui n o u s avons assisté à la plus in téressan te série de m anifestations artis­\ntiques et qui a fait que son théâtre dev ien t to u t d o ucem ent m ais sûrem ent\nu n e des p rem ières scènes de com édie, a m onté, avec u n souci de la vérité\ndig n e de toutes nos adm irations, cette œ uvre délicieuse « L a M assière ».\n       Il est tellem ent de b on ton de ren ier to u t ce qui p e u t sortir de la vague\nim ag in atio n d ’u n académ icien q u ’il eu t été, sans d o u te, m oins périlleux\np o u r m a ré p u tatio n de critique de je te r su r cette œ uvre de Ju les L em aître\nu n reg ard suffisant de blasé. H élas! voyez quelle est m a p eine! « L a\nM assière » est u n e œ uvre originale jeune et im peccablem ent écrite. Je\nrem ercie M. M unié de nous avoir perm is d ’a p p la u d ir Jules L em aître et de\nnou s fo u rn ir l’occasion de féliciter ch aleu reu sem ent le d irecteu r d u th éâtre\nM olière d u choix ju d icieu x de ses spectacles.                           M. A.\n\n                                            ***\n        E l e c t r a , œ uvre de polém ique ; p o u r n ’être pas le digne p e n d a n t de\n « Ces M essieurs » et p o u r n ’être, p o u r to u t dire, que d ’un style trop souvent\n to rtu ré, œ uvre espagnole de P e re z G aldos im pitoyablem ent trad u ite en un\n fran çais alam bique, offre néan m o in s au p u b lic u n e histoire de m œ urs\n religieuses d ’une suggestive éloquence.\n       M . P e re z G aldos n ’est pas hom m e de th éâtre et cette lacune explique\nle décousu de certaines scènes et le cousu (à la ficelle) de certaines autres.\n E n vérité, il y a deux façons de ju g e r cette œ uvre, selon que votre opulence\nvous p erm ette, ou vous oblige, à co n trib u e r à l’u su re des peluches d ’or­\nchestre ou que votre in digence vous co n traig ne à l'u su re de vos culottes,\nsu r ce q u ’il est d ’usag e d 'ap p eler les bancs d u P a ra d is !\n       D an s la prem ière co n d itio n , le lien qui d o it u n ir ces deux pôles : la\nscène et le spectateu r, n ’existe p as ce p e n d a n t que le P a ra d is reçoit de\ncon tin u elles et fo u d ro y an tes com m otions.\n       L a p h raséologie d ’E lectra q u i, n ’est p o u r le p a rterre q u ’u n e suite\nassez m o notone de lieux com m uns p re n d p o u r les galeries l’im portance\nd ’u n a rd e n t m eeting. S i je n ’avais p as écouté l’œ uvre respectivem ent aux\nd eux extrêm es des conditions p écu n iaires, j ’en au rais p eu t-être de parlé\nfaçon à n ’être com pris de p erso n n e. L a place m e m anque p o u r l’analyse de\nl’œ uvre, q u e l’on a tro u v é d’ailleurs dans tous les q uotidiens, m ais il m ’en\nreste to u jo u rs assez p o u r féliciter encore M. M unié, qui ne m anque aucune\noccasion de n o u s laisser a p p la u d ir ces in téressan tes plaidoiries sociales.\n       A près Ces M essieurs, M aternité, ap rès M aternité, E lec tra . B rav o !!\n                                                                     M . A ngenot.\n"}, {"page_pdf": 405, "texte": "                                           — 400 -\n\n\n\n                  « C E R C L E D ’A R T » N O T R E           SÉANCE.\n\n      L e Jeune Effort d o n n a it le 22 m ars d ern ier, u n e séance consacrée à\nE ugène     S a m u e l.\n        C ette soirée fut u n trio m p h e p o u r l’artiste génial e t sincère que le\n Jeune Effort avait le devoir de glorifier.\n        M algré le co n cert de la G rande H a rm o n ie et la prem ière rep résen ­\n tation d ’H am let, à la M onnaie, la salle é tait com ble.\n        E u g è n e S am uel est u n des p lu s nobles rep résen tan ts de n o tre a rt\n co n tem p o rain .\n        A insi que M. JOLY nous l’a exposé en une causerie élégante a u ta n t\nque persu asiv e, E u g è n e Sam uel est u n créateu r. Sa form ule des « forces\nirrad ia n te s » consiste à voir d an s les choses, la vie qui est en nous, aussi\nsa m usiq u e est-elle éto n n am m en t spéciale et p é n é tra n te T a n lô t elle p leure\n les affres de l’hom m e livré sans espoir aux détresses de l'existence, tan tô t\n elle exhale l’éto n n em en t placide de l’h u m a n ité com m u n ian t avec les\n m ystères de la vie, ta n tô t enfin, ce so n t des cascades de lum ière et de\nfraîch eu r qui n o u s p eig n en t l’énorm e joie des êtres devant la n a tu re\nluxurian te. Q uel souci c o n stan t de la b e a u té et de la vérité dan s cette\nm usiq u e! Q uelle p u reté et quelle sim plicité d an s les m oyens em ployés!\n Jam ais un m usicien n ’a re n d u aussi aisém ent les im pressions les plus com ­\n plexes et les p lu s profondes. P arfo is c’est u n seul accord, u n e seule note\n qui font a b o u tir en vous avec u n e infaillibilité déconcertante, la pensée\n du m aître.\n     Il m 'est p én ib le d ’écrire aussi com p en d ieu sem ent les im pressions que\nj ’ai ressenties, m ais je dois m ’inclin er d ev an t u n m anque de place — ô\ncom bien — in o p p o rtu n .\n        M. ENGEL et Mme BATHORI, tou jo u rs dévoués aux belles causes et\nb rav a n t les difficultés que p résente fatalem en t l’exécution honorable des\nœ uvres tro p p e u conn u es d ’un vrai m usicien, o n t interp rêté m erveilleuse­\nm ent l’œ uvre d ’E u g è n e S am uel.\n        S an s e n tre r d an s les détails d u p rogram m e nous m entionnerons,\nnéanm o in s, to u t spécialem ent les Feuilles Mortes. La Plaine et la Rêverie sur\nles terrasses, que M. E n g el a chantés avec u n sen tim ent définitif qui lui a\nvalu de chaleureuses ovations. Mme B ath o ri a été délicieusem ent ém otion­\nn an te d an s le m erveilleux poèm e lyriq u e La Jeune Fille à la Fenêtre, q u ’elle\na chan té avec u n art com plet.\n        Bref, M. E n g el et Mme B ath o ri o n t trio m p hé dans ce que d ’autres\nn ’a u ra ie n t osé e n tre p re n d re.\n        E u g èn e Sam uel a exécuté lui-m êm e, au p ian o , le p rélu d e de la\nReyne Klothilde, œ uvre calm e et p u issan te, et le p rélude d u Vendredi-Saint en\nZelande où règne u n e g ran d e m ajesté et u n e richesse d ’harm o n ies qui\ndépassent l’im agination.\n        C ette séance fu t la p lu s im p o rta n te q u ’ait d o n n é le Jeune Effort, car elle\na consacré le génie d ’un des artistes les p lu s p rofonds d o n t l’a rt puisse\ns’enorgueillir.\n        L e public, d o n t la curiosité avait été ju stem en t attirée, a m anifesté\nson ad m iratio n p a r des ap p lau d issem en ts n o u rris et chaleureux.\n\n                                                                      R o b . L y d a im e .\n"}, {"page_pdf": 406, "texte": "                                                                 —        401 —\n\n\n                                                         Nouvelles.\n       L a S o c ié té B e lg e p o u r l ’A m é lio r a tio n du s o r t d e la fem m e n o u s a c o n v ié\nà la s u p e r b e c o n fé re n c e q u e d o n n a it s u r M me J . de Tallenay l’in f a tig u a b le e t d é lic ie u x\nc o n f é r e n c ie r A ug. Jo ly . C e tte so iré e à la q u e lle v e n a it s 'a jo u te r la g râ c e d e M lle E v e\nC la d e l, le c tr ic e a d m ir a b le , se d o n n a it d a n s le c a d r e é lé g a n t d e la S a lle B o u te .\n       A M . J o ly , à M me C la d e l e t à                     M me B e e c k m a n ,           p r é s id e n te      de       c e tte     S o ciété,\nto u te s n o s fé lic ita tio n s .\n                                                                          ***\n       A u C ercle A r tis tiq u e . — N o u s a v o n s r e m a r q u é                                 d e r n iè re m e n t a v e c u n trè s\ng r a n d in té r ê t l ’E x p o s itio n d e M lle M a rg . V e rb o e c k h o v e n . C e la e s t to u t u n p o è m e e t\nco m m e l ’a r tis te l'in titu le elle-m êm e, c ’e s t u n p o è m e d u sile n c e                                  e t j ’a jo u te r a i d e la\nn u a n c e . M lle V e rb o e c k h o v e n a           u n e v isio n      é m in e m m e n t         p e rs o n n e lle      e t c h a r m e trè s\nd o u c e m e n t p a r le m y s tè re e t la b r u m e d o n t elle a le s e c re t d ’e n v e lo p p e r ses oeuvres.\nO n d i r a i t d 'u n V e r la in e , p e in tr e .\n       N o u s a v o n s e u le p la is ir d 'a d m ir e r é g a le m e n t d a n s c e S a lo n les a q u a r e lle s de\nM . J a c q u e t-D e th y , c o n s ta to n s la s u b tilité d e so n m é tie r e t la jo lie tr a n s p a r e n c e d e\ns a p a le tte .\n                                                                          ***\n       L ’A s s o c ia tio n d es J o u r n a u x p é r io d iq u e s b e lg e s e t é tr a n g e r s n o u s a c o n v ié\nd e r n iè re m e n t à v is ite r l ’a te lie r d u m a ître s c u lp te u r J e f L a m b e a u x , il e s t in u tile d e\nd ir e q u e les in v ité s          f u r e n t n o m b re u x       à     se     re n d re     à cet        a p p e l. L e m a ître , n o u s\na trè s g r a c ie u s e m e n t f a it le s h o n n e u r s d e                 ses       œ u v res.      N ous        av o n s     a d m ir é sa n s\nr é s e rv e le s u p e rb e g ro u p e            Le Meurtre d e s tin é à l'E x p o s itio n                     de      L i ége,      a in s i    que\nc e lu i    de La        J o ie , to u s d e u x         d 'u n e e x é c u tio n      m a g is tra le .      Si    p a ro d o x a l         que     c e la\np u is s e p a r a î t r e , J e f    L a m b e a u x a ré a lis é            là      un     nouveau           p ro g rè s. C e s e r a             pour\nl ’E x p o s itio n U n iv e rs e lle u n v é r ita b le évè n e m e n t a r tis tiq u e . L ’A s so c ia tio n d e s p é r io ­\nd iq u e s , c o n tin u a n t la        sé rie      d e ses in té r e s s a n te s v is ite s ,           n o u s a c o n v ié é g a le m e n t à\nc e lle d u      g ran d      é g o u t-c o lle c te u r d e la v ille, p o u r le d im a n c h e 26 m a rs.\n\n                                                                          ***\n       L a H o u le tte , te l e s t le titr e d 'u n e                      n o u v e lle      rev u e       litté r a ir e       qui       p a ra ît    à\nA u v e la is (B e lg iq u e ). N o u s           lu i   s o u h a ito n s b ie n c o r d ia le m e n t la b ie n v e n u e e t e s p é ­\nro n s s u r to u t q u e c e tte h o u le tte n e t a r d e r a p a s à d e v e n ir u n e                        h o u le .\n\n                                                                          ***\n       N o u s fe r o n s p a r a î tr e            dans       n o tr e    p r o c h a in      n u m é r o u n e s u p e rb e            é tu d e s u r\nE u g è n e S a m u e l, d u e à n o tr e é r u d it c o n frè re A u g . Jo ly .\n\n                                                                          ***\n       A c a u s e d ’u n e im p o rta n te ré o rg a n is a tio n d e n o tr e r e v u e q u i p a r a î t r a d é s o r­\nm a is s u r 32 p a g e s,           n o u s p r io n s n o s        abonnés           de      nous       excuser           dans         le c a s        où\nm a lg ré     n o tr e    bonne        v o lo n té ,     le n u m é r o          de    m ai      s u b is s a it   un       lé g e r r e ta r d .\n\n                                                                          ** *\n       A c c u sé de r é c e p tio n :\n              Guidon d'A n ierlecht, p a r M . d e s O m b ia u x ;\n              L 'Ecole des Valets, p a r H . L ie b r e c h t ;\n              Imogéne (ré é d itio n ), p a r E d m . P ic a r d ;\n              Les H eures d'après-midi, p a r E m . V e r h a e r e n .\n"}, {"page_pdf": 407, "texte": "                                             TABLE DES MATIÈRES\n               contenues dans les deux premières années du Jeune E ffo rt\n\n\n\n                                                                           Pages                                                                               Pages\n                       A n g en o t, M a rc e l.                                         T r o is p la q u e tte s (E m ile P els) . . . 341\n                                                                                         M on c o n f rè re A sm o d é e ( J . V a n d e r\n  T ra g iq u e h is to ir e d 'u n c o r . . . .                                 91        lin d e n ) . . . , ...............................348\n  S a lo n T r ie n n a l ( c ritiq u e ) ................................ 97            M a u ric e d e s O m b i a u x                         375\n  L e S illo n (c ritiq u e )..................................... 116\n S u p rê m e s ex c u se s ( v e r s ) .............................. 131                                   B o rd ie r, F e rn a n d .\n  P r é te n tio n ( v e r s ) .......................................... 153\n R o n d e l ( v e r s ) ................................................ 172           S a c rific e (c o n te )...................................................20\n L e s J a r d in s clo s (d e P a u l M u ssc h e) . 176                               M ih e n d 'A v é n e (M . d e s O m b ia u x ). . 202 /\n N a îtr e e t m o u r ir a in s i (vers). .                              . 193         C o n te s d e S a m b re e t M eu se (M. d es\n S a lo n d e s Im p re s s io n n is te s ,                      1904                     O m b ia u x j........................................................ 320\n     ( c r i t i q u e ) ...................................................... 199     A m b id e x tr e J o u r n a lis te ( E d m . P ic a r d ) 365\n C o n s ta n t M o n ta ld (c ritiq u e ).                     . .        , 219\n                                                                                                               C e rn iè re , P a u le .\n L a C h a n s o n d 'E v e (c ritiq u e )                      . . . 224\n Im p re s s io n M a lin e s, 1904 (prose) . . 238                                     L a D e s c e n t e .........................................................12\n S a lo n d e l'Œ u v r e (c ritiq u e ) . . . .                                242\n I m p re s s io n (C e q u e l ’o n e n te n d , e tc .)                                                     C o h en , G u s ta v e .\n     ( p r o s e ) .............................................................254\n                                                                                        L a p l u i e ...............................................................78\nS a lo n d e s I n d é p e n d a n ts (c ritiq u e ).                            271\nD o u le u r s p o s th u m e s e t c o m iq u e s                                                        d e B e llin g lis e , L is e .\n    ( v e r s ) .............................................................279\nU n c o m b le ( c o n t e ) ..........................................300              M issel P a ï e n ................................................ 132\nS a lo n d u L a b e u r (c ritiq u e ) . . . .                                 303\nP rin c e s s e d e L a n la ir e (vers)                        . .        . 316                       d e C a s e m b r o o d , L o u is .\nL e S a lo n d u S illo n , 1905 (c ritiq u e ) . 319                                  E x ta s e ( v e r s ) .................................................    8\nA tr a v e rs le v i t r a il ( d e C h . M o risseau x ) 321                          R e g re ts » ........................................................ 24\nS é a n c e E n g e l e t B a th o r i (c ritiq u e ) . 344                            S o n n e t ( v e r s ) ...................................................45\nP iff e r a r o ( v e r s ) ................................................ 351       C e q u i m e u r t ( v e r s ) .................................... 135\nP o u r l'A rt ( c r i t i q u e ) ....................................363             H o m m a g e d e P a u v r e (conte)                      .       . . 216\nL ib r e E s th é tiq u e (c ritiq u e ) . . . .                                364    C o in d e p ro v in c e ( im p r e s s io n ) .                   . . 252\nI te M issa E s t (vers). . . . . .                                            387     S o ir à l'e s ta c a d e ( c o n t e ) ..............................302\nT h é â t r e : L a M a ss iè re . — E le c tra . 399\n\n                       B a u tie r, P ie rre .                                                              de C e rn y , H o g e r.\n\nJ a r d in s d 'E s p a g n e ...........................................110           L e P a in n o ir ( H u b e r t K ra in s) .          . . 203\n                                                                                       L a T o s c a (P u c c in i). . . . . . .                 206\n                           B o c k , J u le s .                                        S a lo n d es A q u a re llis te s e t P a s te llis te s 225\n\n E d m o n d R o s ta n d ( c r i t i q u e ) . . . 9 e t 25                                            D e c lo is o n , G e o r g e s .\n P è le rin a g e ( v e r s ) ............................................ 44\nR ê v e rie ( v e r s ) ..............................                          83     C o u c h e r d e S o l e i l .......................................... 285\nL e ttr e â L o u is M o r e a u .............................. 120\nL e s T e m p lie r s ( c r itiq u e ) .............................. 142                                  D e p rin s , A rm a n d .\nL e V ieu x ( c o n t e ) .......................................... 167               L a C r itiq u e d ' a r t ............................................ 27\nL e P re s tig e , d e P a u l A n d r é (c ritiq u e ) 201                            A G eo rg es R o d e n b a c h ................................37\nL a S o litu d e h e u re u se , L e ttr e d 'h o m m e                                C h ro n iq u e a r tis tiq u e ( T rie n n a l)                     . .     84\n    ( P . A n d r é ) ...................................................... 240       A c te d e f o i ............................................... 107\nI n tè g re (P . L e R o h u ' . . . . . .                                     241     L e P è l e r i n a g e ......................................... 156\nL e B o u rre a u (vers).......................................... 250                 P a s t e l ............................................................ 193\nL e s R y th m e s de d o u c e u r ( E .D a n tin n e ) 290\nL e B ra n le (H é lè n e C a n iv e t). . . . 290                                                   d e s O m b ia u x . M a u ric e .\nL a D é s e s p é ra n c e d e F a u s t (E d m o n d\n    P i c a r d ) ............................................................ 306     L e B r a c o n n i e r ..........................................105\nH is to ir e à m a d a m e (L é o n W a u th y ) . 307                                 L e d o u b le J a r d in d e M a e te rlin c k . . 2 5 5\nL ’A in a n t P a s s io n n é (C am ille L e m o n ­                                  U n e c ris e li t té r a ir e ................................... 256\n   n ie r) .................................................................. 340      L a v e n g e a n c e d 'U g è n e         . . .                . .3 1 1\n"}, {"page_pdf": 408, "texte": "                                                                            —4 0 3 —\n\n                                                                            Pages                                                                               Pages\n                      D e V u y s t O m er.                                                                      L iz in , A n d r é .\n\nP i l l a g e ................................................................... 175     D a v id D e s v a c h e z ............................... ......           65\n                                                                                          S a lo n d u L a b e u r , 1 9 0 3 .........................98\n               D u m o n t - W ild e n , L o u is .                                       L es A q u a re llis te s , 1 9 0 4 ......................... 139\n                                                                                          S a lo n d e s B e a u x -A rts. 1904 . . . .                              221\nJ u lie n D i l l e n s ................................................ 331\n                                                                                          A p ro p o s d 'u n e c r i t i q u e .............................. 203\n                       D ’ Yp r e s , E r n e s t .                                       V rije K u n s t, 1 9 0 4 .......................................... 287\n                                                                                          E b a u c h e s e t P o c h a d e s . — G a le rie\nR ê v e d é ç u ............................................................... 59            B o u t e .............................................................343\n\n                   F a u c o n n ie r , P ie r r e .                                                             L y d a im e , R o b .\nS u r l ’E s t a c a d e ...................................................62            L e J o n g le u r d e N o tre -D a m e (c ritiq u e ) 344\n                                                                                          A l'E c o le d e m u s iq u e S a in t-J o ss e -te n -\n                      F r a n c k , M .-T h é o .                                            N o o d e - S c h a e r b e e k .................................... 368\nE n r ê v a n t .............................................................334          N o tre S é a n c e ( S a m u e l ) ......................... 400\n\n                        G ir a u d , A lb e r t .                                                                  M o in e , L é o n .\n\nV a r ia tio n s u r u n v ie il a ir . . . .                                   184        L e s te m p s d ' a m o u r ....................................3 8 8\n\n                            H anon , T héo.                                                                 M o r i s s e a u x , F . C h ..\n\n L e C h r y s a n t h è m e ........................... 110                               L e d it d 'u n P r in te m p s (de P . G é r a r d ) 274\n                                                                                           L e P a o n fde J . d e C ro isset) . . . .                             275\n                           H e lle n s , F r a n z .                                       L a R o u te e n c h a n té e (de A d o lp h e\n                                                                                              H a r d y ) .................................................... 288\n L a F ê te R o d e n b a c h à G a n . . .                                       41\n A u t o m n e .............................................. 56                                                 M u ssc h e , P a u l.\n E x h a la is o n d ’a m o u r .................... 129\n L e s S a u l e s ....................................... 190                             L 'h u m b le D e s tin ( v e r s ) ......................... 96\n V e rs la s i m p l i c i t é .......................... 234\n L e s tro is a u b e r g e s .......................... 318                                                       N ed , E d o u a rd .\n                           H e u x , G a s to n .                                          P s u k é ( d 'E d m o n d P ic a r d )             . .       .     ,    141\n                                                                                           L 'A ïe u l ( c o n t e ) ..........................• .       .     .    247\n U n c œ u r c h a n t e ................................ 267\n                                                                                                                 N o g e n t, A lb e rt.\n                     H il l y , L o u i s - J u l e s .\n                                                                                           L e V e rg e r ( v e r s ) .................................. 352\n  P a y s a g e m a l s a i n .......................... 388\n                                                                                                                  P u lin g s , G a s to n .\n                          K r a in s , H u b e r t.\n                                                                                           L a M o rt d u M e u n i e r .........................                     5\n  L a F e r m e S u iss e (cro q u is) . . . .                                   215       A m o u r .......................................................... 29\n                                                                                           G eo rg e s R o d e n b a c h ............................35\n                      K r a f t - F o p p e r , H .-L .                                    D é fe n se d ’i d é e s .......................... .... . .                   40\n                                                                                           U n M i r a c l e ................................................. 75\n  L ’I n é v ita b le ( r o m a n ) ...................................... 79              E t V o ilà c o m m e n t (de M . A ngenot) . 119\n                                                                                           C o n te d e N o ë l ....................................... 126\n                     K u f fe r a th , M a u r ic e .                                      J u l ia o u le s r e la tio n s a m o u r e u s e s (de\n                                                                                               S t.-G . d e B o u h é lie r).......................... 161\n  L e s M a ître s C h a n t e u r s ..............................151\n                                                                                           L 'A v e u g le .............................................................186\n                                                                                           C o n te d 'A v ril (de A ug. D o rc h a in ).                                207\n                      L e b è g u e , M a u r ic e .\n                                                                                           L e J a r d in ie r d e la P o m p a d o u r (d 'E u g .\n  L 'A m o u r .............................................................. 88               D e m o ld e r) ...................................................... 224\n                                                                                           L e T e m p s ............................................................ 283\n                        L eco m te, J o se p h .                                           V a lè re G ille ( p a r H e n r i L ie b r e c h t) . 291\n                                                                                           A rt e t L itt é r a t u r e . — C a th o liq u e m o­\n  H o rta au q u a rtie r N o r d -E s t.                       .     .     .     194          d ern e      .............................................................291\n                                                                                            L 'A rc h e d e M o n s ie u r C h e u n u s .                     . . 305\n                    L e m o n n ie r , C a m ille .                                         T r a it é d e l'O c c id e n t ( p a r A d rie n Mi-\n                                                                                                t h o u a r d ) .......................................................320\n   L e s a b e ille s                         ...................................... 74\n                                                                                            A y e z P itié ( v e r s ) .......................................... 336\n                          L ie b r e c h t , H e n r i.                                     L e C œ u r d e F ra n ç o is R e n c y (G le s e n e r ) 341\n                                                                                            L e D r o it a u B o n h e u r (de C a m ille\n   M ax W a l l e r .......................................................114                  L e m o n n i e r ) ................................................ 366\n"}, {"page_pdf": 409, "texte": "                                                                               —     4     0   4   —\n                                                                              Pages                                                                                   Pages\nL e s H e u r e s d ’a p rè s-m id i (de E m ile\n   V e r h a e r e n ) ........................................... ......          396         A lb u m ( v e r s ) ........................................................ 58\n                                                                                               V e illé e d u S o ld a t (vers) . . . . . 109\n                        R a m a e k e r s , G.                                                 V iv re , a im e r , m o u r ir ( v e r s ) .........................194\n                                                                                               R o n d e a u d es r ic a n e m e n ts ( v e r s ) . . 300\nL e s In s e c te s d e la L u m iè r e (vers) .                    . 19\nJ o y z e lle (de. M a e te rlin c k ) . . . .                            4 9.                                    V a n d e n b o r re n , Ch.\nL e C h a t ( v e r s ) ...........................................      1:25\nL e s T a u r e a u x . ( v e r s ) ............................ ... 185                       C é s a r F r a n c k ................................................ 295\nL e s P a o n s (vers)          . .         . .. .                 252\n                                                                                                                   V e r h a e r e n , E m ile.\n                      R e n c y , G eo rg e s.\n                                                                                               L e s A u te ls R e n a i s s a n c e ................................ 89\nL 'A ïe u le      .........................................................53                  P lu s lo in q u e les g a re s le s o ir . . . 333\nC o m m e v a le ru is s e a u (C a m ille L e ­\n   m o n n ie r) .......................................................118                                             W é r y , L éon .\nD e la T o lé ra n c e .       . ’ ........................ .. . '2 3 1\n                                                                                               L e s M o t s ..........................................                  269\n                          R e n c y , P a u l.\n                                                                                                                      W u ille , P ie r r e .\nS o rtie d e V é n u s .              .                                                          286\nM o n p e tit L i t .........             . .         . .         .          . '2 86           L 'A u t o m n e ...................................................... 216\n                                                                                               C h a n s o n d u S o ir . . . . . . .                                  236\n                      S o tt ia u x , J u le s .                                               C h a n s o n d ' H i v e r .......................................... 298\nD e v a n t la T e r r e n o ir e ....................................192\n                                                                                                                       L a R é d a c tio n .\n                     S o u g u e n e t, L éon .                                                A n o s l e c t e u r s .................................................183\nL e t tr e o u v e rte         .                .................................... 347       E n c o u ra g e m e n ts officiels à la litté r a ­\n                                                                                                  tu r e n a t i o n a l e .......................................... 242\n                     U r b a in , F ern a n d .                                                A n o s l e c t e u r s ................................................ 295\n                                                                                               P la te C a s e ..................................... 322 e t 345\nL e s A ffaires s o n t le s A ffaires (de M ir­\n   beau)        .............................................................204               R é fé r e n d u m s u r l ’A m ou r p a ss io n n e l.\nT o u te la F la n d r e (d e E m ile V e r h a e ­\n   re n ) ...................................................................225                   R é p o n se s d e M M . E d m . P ic a r d , L é o n\nL e s V ie ille s d e c h e z n o u s                . . . .                 268                   W é r y , A n d ré F o n ta in a s , E u g . D e m o l­\n                                                                                                   d e r, L é o n S o u g u e n e t, S a in t G eo rg e de\n                      V a le r e d o , H e n r i.                                                  B o u h é lie r, C a m ille L e m o n n ie r, A c h ille\n                                                                                                   S é g a r d , E .- S . A v e n z o , G eo rg es L e c o m te ,\nL 'E x o d e ( v e r s ) ...................................................11                     R a c h ild e , B a z a lg e tte , T h é o V a rle t, F r a n z\nL a R e lig ie u s e ( v e r s ) ...................................... 41                         H e lle n s , H e n r i V a le re d o , E u g . S a m u e l.\n\n                                   « C ercle d ’A r t. » — N o s S é a n c e s ( 1 9 0 3 - 0 4 - 0 5 ) .\n     1. L e 9 n o v e m b re 1903. — Confèrence : W a g n e r , p a r M . A. D e p rin s . P artie m usi­\ncale a v e c le g ra c ie u x c o n c o u rs d e M M . L . B ra c o n y , H . W e lle n s , L . B o u se re z .\n     2 . L e 5 fé v rie r 1904. — Conférence : M . R o l l i n a t , par, M . M . A n g e n o t; P a rtie\nmusicale et littéraire a v e c le g ra c ie u x c o n c o u rs d e M lles A. L a m a l, J. d e R a m a is ,\nM M . L . B r a c o n y , A . D e p rin s .\n      3. L e 17 m a rs 1 9 0 4 — Conférence : M ax W a l l e r , p a r M . H . L ie b r e c h t. A u d i­\ntion d'œuvres musicales belges inédites d e M M L . M a w et, G . L a u w e ry n s , L . B o u serez,\nav e c le g ra c ie u x c o n c o u rs d e M lles J a n e D e lm é e , G a b . W y b a u w e t A lic e C h o le t.\nOrchestre : M M . P o lie t, S o h e t, J o n n a r t, W e y ts , S c h ra m e t T u rlin g s .\n       4 . L e 29 n o v e m b re 1904. — Conférence : C h a r l e s V a n L e r b e r g h , p a r M . F . V a n\nd e r L in d e n . P artie musicale : A u d itio n s d 'œ u v re s d e M . F . B e a u c k a v e c l e g ra c ie u x\nc o n c o u rs d e M 11e A . C h o le t e t M . A . B e a u c k .\n      L e 23 d é c e m b re 1 9 0 4 — Conférence ; G a b r i e l V i c a i r e , p a r M. A n d ré L iz in .\nP artie musicale a v e c le g ra c ie u x c o n c o u rs d e M lles G a b . W y b a u w , G a ë t. B r itt, e t de\nM M . A lb . J a n s s e n s e t N o to r a n g e .\n     L e i5 f é v rie r 1 9 0 5 — Conférence : P a u l V e r l a i n e , p a r M . M . A n g e n o t. P artie\nmusicale a v e c le g r a c ie u x c o n c o u rs d e M lles J a n e D e lm é e . A lic e C h o le t e t de\nM M . J . C h o le t e t H . W e lle n s .\n       7 . L e 22 m a r s 1 9 0 5 — Conférence : E u g . S a m u e l , p a r A u g . Jo ly . S é a n c e e x tr a o r ­\nd in a ir e c o n s a c ré e à l'a u d itio n d e s œ u v re s d e E u g . Sa m u e l a v e c l'é m in e n t c o n c o u rs\nd e M . E n g e l e t M me B a th o r i,\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 21, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1905-04", "signet_source": "Deuxième année - N°23-24 - Avril 1905", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 376", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}