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Uylenspiegel\n                                        Revue des salons           . Pictor\n                                        Portrait de J . - K .\n                                             Huysmans         .   . G. Dubouchet\n\n\n\n\n                                                        "}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-05-n2-003", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Rédaction et administration", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "R édaction et ad m in istration", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 28, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1090, "fin_caractere_exclue": 1324, "texte": "R édaction et ad m in istration :   i\n                                                      15, place Van Meyel, Bruxelles\n\n\n\n\n                           B r u x e lle s\n   IM PRIM ER IE V A N VIN C K E N R O Y , 28, RUE DES RENTIERS\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-05-n2-004", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Revue des Salons", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pictor", "ancre_debut": "Revue des Salons L e 29 avril se clôturait", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1906, "texte": "Revue des Salons\n\n    L e 29 avril se clôturait l’ exposition de M M . F ran z C our­\ntens, K arel de K esel, M. et Mme Is. de R udder et L . W ol­\nfers en la grande salle du Cercle A rtistiq u e. Du paysagiste\nC ou rtens: beau contingent de toiles; concepts variés, faire\nassuré et v if tou jou rs. Parm i : Soleil couchant, effet —\nsu p e rb e — du disque astral rouge et presqu’à fleur d’ hori­\nzon , dans les lointains m orts d’un brouillard n eigeux.\nM êm e th èm e, plus répondant encore : ce paysan, découpé\nnoir sur le fond clair de luné du ciel, côtoyant l ’eau reflé­\ntante sur son large cheval de labour à robe blanche, m ais\ncouleur d’om bre dans le soir.\n   D eux chefs-d’œ uvre — d’ailleurs connus — du sculpteur\nD e R udder : M aternité et le N id (original). O ! cette béa­\ntitude rieuse de la m ère, cette exubérante santé naïvem en t\navide des m ioches, com bien tout cela est vécu !\n   D es panneaux brodés de Mme D e R u d d er; nom breux\nbustes, m aquettes, céram iques, dessins, adm irables orfè­\nvreries de M M . W o lfe rs et D e R udder.\n   Mais venons-en à l ’œ uvre m agistrale de K arel de K ezel,\nde toutes, sans contredit, la plus sensationelle.\nE t d’abord bravo chaleu reu x à l'artiste pour le choix belge\nde son sujet : Am biorix en embuscade attendant les Romains.\nIl est là, farouche et fier cam pé, le héros E bu ron , la che­\nvelure hirsute et rouge dessous son casque ailé, la lam e prête,\net du geste, arrêtant la fougue sauvage de ses gu erriers.\nL e décor de cette scène grandiose est un site raviné : et\nle soin autant que la ju stesse de ses détails — surtout les\ntroncs m oussus et les racines verm iculaires — disent assez\nque K arel de K e ze l, bien que tou t à ses personnages, n’en\nn églige pas pour cela les accessoirs. L e m aître n ’exposait\nque cela, m ais tou t cela.\n                                                      P ic t o r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-05-n2-005", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 1, "page_fin": 2, "titre_corps": "Déclaration de foi", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "J. Huysmans", "ancre_debut": "DÉCLARATION DE FOI   Nos lecteurs lirons, ave", "ancre_fin": "s m a n s .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "DANS                 LE            BLANC", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 30, "page_imprimee": 1, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 1465, "texte": "DÉCLARATION DE FOI\n  Nos lecteurs lirons, avec le plus v if intérêt certes, cette\nréponse de Joris-Karl Huysm ans — le grand écrivain\nrécemment converti — aux remercîments que lui avait\nadressés pour l’envoi de son récent ouvrage « E n route »,\nnotre ami Georges Ram aekers :\n                                Paris, 2 4 avril 1 8 9 5 .\n  Mon cher confrère, j e vous remercie et de bon cœur\nvraiment, de votre bonne lettre.\n  V ous me dites qu’après la lecture d'E n route vous ne\ncomprenez guère com m ent une partie de la presse peut\nsuspecter la bonne foi de son auteur — Je ne le conçois\npas plus que vous.\n  J’ose le dire très carrément, jam ais livre n’a été plus\nclair et plus net que celui-là.\n   Que faut-il dire alors pour qu’ on vous croye? Ce qui\nn’est pas moins étrange, c ’est que toute la presse religieuse\net profane qui a bien voulu consentir à ne pas me con­\nsidérer com m e un farceur, dit en chœur :\n   \" Ça ne durera pas, il lâchera l’ É glise. »\n   En vérité, je me demande de quel droit tout ce monde\nlà, préjuge ce qui m'arrivera, et surtout, à ce point de\nvue, les desseins de Dieu?\n   Mais je suis, au fond, sans grand étonnement, je m ’atten­\ndais à pis que celà.\n   Surtout du côté catholique français qui a une haine\ninextinguible de la mystique et de l’Art. C ’est triste à\ndire, mais c ’est ainsi.\n  Et, à ce point de vue, vraiment j ’admire la Belgique\nqui a des revues catholiques jeunes et aimant l’ Art.\n  Chez nous, rien.\n"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": 2, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 911, "texte": "                                 — 2 —\n\n\n   L a débilitante lecture des gom m es tièdes servies par les\nlibrairies ecclésiastiques a tout énervé, tout abruti. L es\nmots sont pour eux un jeu d ’osselets diaboliques et l’ Art\nest un péché.\n   Q u ’ils lisent donc Saint Bernard et Odon de Cluny et ils\nverront si ceux-là étaient prudes et bégueules et s ’ils\navaient peur des expressions énergiques, des mots forts.\n   Une remarque : je ne suis pas B elge, mais d’ origine\nhollandaise, mon père étant né à quelques pas de votre\nfrontière, à Bréda, et moi étant originaire de Paris. Mais\nvous direz que c’est la race flamande quand m êm e et vous\naurez bien raison.\n  Merci cher confrère, pour vos prières; elles ne me\nseront pas inutiles, et c ’est, au fond, ce que l’on peut\nfaire de mieux pour moi. Merci et bien à vous.\n .                                                      J. H u y s m a n s .\n\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-05-n2-006", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 2, "page_fin": 4, "titre_corps": "Dans le blanc", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Ramaekers", "ancre_debut": "DANS                 LE            BLANC                      ( S O U V E N I R D ’H I V E R )", "ancre_fin": "G eorges R am aekers.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "FLEURS DE TOMBE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 31, "page_imprimee": 2, "debut_caractere": 911, "fin_caractere_exclue": 1518, "texte": "DANS                 LE            BLANC\n                     ( S O U V E N I R D ’H I V E R )    '\n\n\n\n\n      Q u e c'est beau p a r m atin de g e l\n     L e s toits ru stiqu es !\n     R ou g es dans le b la n c : a rch ip el\n     D e m ers a rctiq u es ;\n     A v e c, bien clos, les volets verts\n     E t les serpen tins de f u m é e\n     Q u i m onte, ria n t a u x hivers,\n     D e sarm ents toute p a r fu m é e ;\n     E t le v ie u x c lo c h er , assez v ie u x\n     P o u r p o r te r ch ev e lu r e b la n ch e —\n     A v e c sa c r o ix de f e r q u i p en ch e\n     B ie n triste a u x d e u x .\n"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": 3, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1323, "texte": "                             — 3 —\n\n\nF r a îc h e g a i t é ! ... L e s g a r s là -b a s\nL a n c e n t des boules\nA u x g arses q u i p ressen t le p a s\nC om m e des p o u le s ...\nL e s p lu s p etits — roses de f r o i d\nE t de sa n té — f o n t des g lissa d es,\nL e u r g a i p rin tem p s tan ce du doigt\nL e cie l p le u r e u r des jo u r s m aussades.\nI ls so n t les seu les f le u r s qu' H iv e r\nE p a r g n e, a tten d ri p a r leu rs charm es ;\nC a r p o u r e u x cra ig n a n t d ’être a m er\nI l a des larm es !\n\n\nM a is h éla s a u x p etits o isea u x\nT es m ains cru e lle s\nH iv e r , o n t d e leu rs f r o i d s c ise a u x\nC oupé les a iles !\nP o u r réch a u ffer le u r d o u x som m eil\nCes m arm ots ont du f e u dans l ’âtre\nP o u r q u o i p r e n d r e leu r ch a u d so leil\nA u x oiselets, saison m arâtre'!\nB lo ttis — les p a u v res ! — en la n u d eu r\nD 'u n h a llie r q u i m al les p ro tèg e\nI ls som n olen t avec lo u rd e u r\nT o u t bla ncs de neige !\n\n\nT o u t b la ncs de neige les o isea u x !\nE t la n a tu re !\nB la n c s : le ciel, les cham ps, les h a m ea u x\nE t la ra m u re !\nO que c ’est beau les hivers b lancs\nA u p a n ora m a des cam pagnes !\nE t la g la c e des g ra n d s étangs\nO ù les g a rs m ènent leu rs com pagnes\nP e n d a n t les chôm ages du g el,\n"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": 4, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 290, "texte": "                                      - 4-\n\n         T o u t bas, le u r d isa n t que p e u t être,\n         L ’an p ro c h a in un « P e tit-N o ë l »\n         L e u r p o u r r a it n a îtr e !\n                                                  G eorges   R am aekers.\n\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-05-n2-007", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 4, "page_fin": 6, "titre_corps": "Fleurs de tombe", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Alf. Lemaire", "ancre_debut": "FLEURS DE TOMBE                                    R Ê V E R IE     D a n s l'é tr a n g e d", "ancre_fin": "L e m a ir e.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L 'I d é a l", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": 4, "debut_caractere": 290, "fin_caractere_exclue": 1322, "texte": "FLEURS DE TOMBE\n                                   R Ê V E R IE\n\n\n\n\nD a n s l'é tr a n g e de la q u iétu d e\nD o n t ma cham bre, rêveuse s'em plit,\nSouven t a u x h eu res d 'étu d e\nL o in du tra v a il év a g u e mon esp r it...\n\nA l'o r p h e lin vaines so n t toutes choses ;\nL e souvenir, — lu i seu l, — v e ille à son s e u il ;\nSon cœ ur est où les m orts dans l ’o u b li n o ir reposent,\nA g e n o u illé p r è s d 'u n c e r c u e il...\n\nE t m a m ém oire a lo rs toute su rp rise\nS ’arrête, en retro u v a n t sa ch ère vision\nP la n té e en la p a g e apprise\nC om m e une é v o ca tio n ....\n\nC ’est le rêve q u i p a sse ég ren a n t tou t l'espoir\nC 'e s t l'a stre q u i d escen d dans le calm e d 'u n s o ir ...\n\nD a n s son f a u t e u il, tan dis q u 'il c o u la it l'h e u r e\nP re sq u e m uet, d e p e u r d e m e tro u b ler,\nL a besogne, ô com bien m eilleu re !\nJ e la trouvais — p r è s d e lu i — s'en v o ler !\n\n\nI l est d o n c v ra i q u ’au d éclin de la vie\nOn aim e auprès des siens se reposer\n"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": 5, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1308, "texte": "                                  -   5-\n\nQ u 'on p a r t l ’âm e p lu s ravie\nD a n s l'a m o u r d e le u r baiser !\n\n\nI l est donc vra i q u ’on veut, qu a n d l'h e u re sonne\nD e q uitter l ’Ic i-b a s p o u r l'A v e n ir ,\nL ie r ses f le u r s de cou ron ne\nE t laisser son souvenir'!\n\n\nL e reg a rd a n t a lo rs en d érobée\nJ e le vo y a is in clin e r son g r a n d f r o n t ,\nP u is j e v o y a is — p a r fo is — une larm e tom bée\nD e son œ il triste et p r o fo n d ...\n\nO p le u r si . . .\n                   Q u i m e dira su r cette terre\nC e « p o u r q u o i'! » qu i m o u illa it son œ il!\nE ta it-c e ton D ieu mon P è r e '!\nT on a m o u r'!... ou ton cercu eil'!\n\n\nE ta it-c e le reg ret de l ’existen ce'!\nL e s a d ie u x que ton cœ ur d isait tout b a s!\nO u la m o rt'!... ou l'espérance'!\nP è r e , ne réponds-tu p a s !\n\n\nT es y e u x se sont fe r m é s à la lu m ière,\nC es p le u r s q u i les lu stra ien t et que j 'a i bus\nS o n t taris sous ta p a u p iè re :\nP è r e ! est-ce vra i que tu n'est p lu s ? ...\n\n\nS era it-ce lu i q u i p a r le '!... On v ien t... j'é c o u te\nU n e can ne, en tra îna nt, bat l'esca lier\nO h ! non, ce n'est p a s lu i sans doute\nE t p o u r ta n t... oui, su r le p a lie r ...\n\n\nM o n P è r e ! ... E n le r a y o n d e la fe n ê tr e\n"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": 6, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 855, "texte": "                                  — 6 —\n\n\nJ e le vois, devant m oi, p â le , indécis,\nO h ! le voila q u i p én è tre\nC om m e n a g u ère en mon logis\n\nI l vient, so u ffra n t, d istra ire un p eu sa p ein e\nM o n c œ u r !... J e laisse tou t mon cœ u r le recevoir\n— O tr a v a il! p o u r q u o i ta c h a în e ?\nP o u r q u o i tes liens, ô d evoir ?\n\nI l vient h e u r e u x , v o u la n t à mon étu d e\nN ’apporter aucun bruit, aucun ém oi,\nM a is là, tou t seulem ent, selon son ha bitu d e\nS e r etr o u v er a u près d e m oi.\n\n\nH é la s , j e rêve ! ah ! sans reto u r, ces p a u v re s heures\nA v e c la m o rt o n t f u i p o u r à -ja m a is !\nM o n p a u v r e logis tu p le u r e s !\nJ ’ai p e r d u ce que j ’a im a is...\n   22 a v r il 1 8 9 5                                 A lf.   L e m a ir e.\n\n\n\n\n                                  "}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-05-n2-008", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 6, "page_fin": 7, "titre_corps": "L’Idéal", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paul Mordac", "ancre_debut": "L 'I d é a l       L ’âm e blessée au f la n c du", "ancre_fin": "P aul M ordac.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Joris-Karl HUYSMANS    Je ne sais si les autres s", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": 6, "debut_caractere": 855, "fin_caractere_exclue": 1343, "texte": "L 'I d é a l\n\n\n\n   L ’âm e blessée au f la n c du m a l d e l ’In fin i\n   Va d o u lo u reu sem en t a u x n avrantes chim ères\n   S a n s trêve n i repos. F u r t i f com m e un banni,\n   L ’hom m e m a rche au ch aos o b scu rci de m ystères\n\n\n   C epen dan t q u ’i l g r a v it vers le som m et hautain\n   D o n t la cîm e est là-bas p e r d u e en les nuages\n   I l sent, oui, q u e ce but n e sera p a s atteint;\n    T ous g ra vissen t p o u r ta n t, ils v o n t à tous les âges\n"}, {"page_pdf": 38, "page_imprimee": 7, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1115, "texte": "                                    - 7 -\n\n   H om m es je u n e s , v ieilla rd s p a n tela n ts et blessés,\n   G rim p ent vers le som m et en a ccro ch a n t leu r âme\n   A u x ronces du chem in. O com bien d 'en lisés\n   A u x bourbiers de la ro u te et dans le m al in fâ m e !\n\n   L 'h o m m e va p a r le m onde, im m ense, n oir, p r o fo n d\n   S cru ta n t les avenirs, les sép u lcres, les astres ;\n   E t tou jo u rs le p ro b lè m e in so lu ble, sans f o n d ,\n   L e f r a p p e au f la n c sans f in au m ilieu des désastres\n\n   O p a u v r e J u if- E r r a n t assoiffé d 'id é a l!\n   Q u a n d d o n c cesseras-tu tes m arches vagabondes\n   E n tr a in é p o u r tou jo u rs dans un c y c le f a t a l ,\n   N e cesseras-tu p a s de p a r c o u r ir les m ondes\n\n   Q u e d e rêveu rs tro u b lés d u p ro b lè m e incom pris\n   P o r ta n t le g r â c e à l ’âm e nostalg iqu e\n   D e ce m a l souverain d o n t tout cœ ur est épris.\n   L e V ra i, le B ie n , le B ea u , l'u n ion h y p o sta tiq u e!\n                                                      P aul M ordac.\n\n\n\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-05-n2-010", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 7, "page_fin": 13, "titre_corps": "Joris-Karl Huysmans", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Ramaekers", "ancre_debut": "Joris-Karl HUYSMANS    Je ne sais si les autres s", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": 7, "debut_caractere": 1115, "fin_caractere_exclue": 1620, "texte": "Joris-Karl HUYSMANS\n\n  Je ne sais si les autres sont com m e moi : D ’ une per­\nsonne encore non vue, mais dont les œuvres et la renom­\nm ée m ’ont rendu sympathique et familier le nom, je me\nforge toujours — dans quelque coin de l’imagination —\n« un type », « une représentation physique », selon le\ntempérament qu' elle décèle en celles-là ou que celle-ci lui\nprête.\n  E h bien, je dois vous dire : «mon type» de Huysmans\nim aginé était bien autre que le H uysm ans du réel. E t je\nm ’explique c ela...\n"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": 8, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1988, "texte": "                               - 8 -\n\n\n  V ous m êm e l’eussiez vous rencontré n agu ère, à Paris,\ninstallé, rêveur, derrière un pauvre m échant bureau de\nsous-chef du m inistre de l’intérieur, à le vo ir m aigre, plu­\ntôt petit, barbe carrée, cheveux en brosse, m achinalem ent\npenché sur quelque grim oire adm inistratif, dans l’en vi­\nronnant déluge de paperasses vétustes et jau n ies, jam ais\nauriez-vous deviné l’ém inent artiste, l ’auteur à la fois déli­\ncat et vigoureux d’A Rebours et de Là-b,is?\n  Pourtant, peut-être, ses yeu x, levés profonds et scruta­\nteurs vers vous, vous auraient-ils dit que souvent, le soir,\nils s’ échinaient à déchiffrer autres hiéroglyp hes que ceux\ndes liasses m inistérielles, et en visageaient plus sinistres\nfigures que celles du bon public bourgeois et badaudant,\ndont la file processionnante — durant les interm inables\nheures réglem en taires— em plissait, puis, au fur-à-m esure,\nquittait son m odeste b u reau ...\n Je vous avouerai tout de suite que je suis fort em barassé\n— on l’est toujours — pour résum er, et le faire sensém ent\nen ces quelques lign es, l’œ uvre, tant considérable déjà, de\nJ.-K . H uysm ans.\n   M ais je m ’y veu x et m ’y dois asteindre : d ’abord, parce\nqu’ainsi je l ’ai décidé, que nous l ’avons prom is à nos lec­\nteurs dans notre prem ier num éro, et que l ’auteur a eu la\ngracieuseté de m ’en voyer, avec autographe, un exem ­\nplaire de son dernier chef-d’œ uvre E n Route; enfin, par­\nce qu’on parle volontiers toujours d ’un écrivain de renom\net de son œ uvre, surtout quand, — com m e, et à un tel\nd egré que J.-K . H u ysm ans — il s ’offre à nous avec les\nti t r e s d 'a rtiste, de flamand et de catholique.\n   Si c ’est indice de perfection d ’entendre des lèvres de la\ncritique, en ferm ant le livre, tom ber irrésistible un : « que\nc ’est v é c u ! », parfaite est bien l ’œ uvre de H uysm ans.\n   Son œ uvre, elle est en effet l’histoire des états d ’âm e de\nlui-m êm e, sous les traits de D u rtal.\n"}, {"page_pdf": 40, "page_imprimee": 9, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2611, "texte": "                                                     — 9 —\n\n\n    Durtal, le sceptique inquisiteur du satanisme moderne\ndans Là-bas;\n  Durtal, le néophyte                              —       ô     combien sincère! — de E n\nRoute ;\n  Durtal, le sensitif et le poète toujours tourné vers les\nfacinations du Mystère, hum ant à pleins poumons l’âme\nde ce moyen-âge artiste et mystique au possible, que\nl ’avachissement et le crétinisme anti-clérical ont, depuis\nLuther, magnifié par leurs insultes...\n  L e savant ami d’ Edouard Drum ont, le D octeur Favre,\nnous a excellement montré dans L a Libre Parole ( 1) l’écri­\nvain se narrant dans son héros :\n    « D u r t a l , a r t i s t e d e fi br e d é l i é e e t s o u p l e , s ’a c h o p p e d e f a ç o n a s s e z\nd é s o b l i g e a n t e a u x t e n a n t s p l u s q u e v u l g a i r e m e n t r a i d e s de la c l é r i ­\nc a t u r e q u o t i d i e n n e d e l ’É g l i s e o ff i c i a n t e .\n    » H u y s m a n s , reporter v é r i d i q u e , m a i s i m p a s s i b l e , r e l a t e a v e c la\np l u s s tr i ct e i m p a r t i a l i t é l e s é m o t i o n s d i v e r s e s d u d i l l e t t a n t e r e l i g i o ­\nn i s t e d o n t il s ' i n s t i t u e l e t r u c h e m e n t a t t e n t i f e t a u t o r i s é .\n    » A i n s i s e d é t e r m i n e l ’ i m p r e s s i o n d e D u r t a l , H u y s m a n s la t r a n s ­\nc r i t , l ’ é d i c t e t e l l e q u ’ e l l e lu i a r r i v e et q u ’il l a s a i s i t . Q u e l ’ i m p r e s s i o n\nc h a n g e e t, e n la m ê m e s i n c é r i t é de r e n d u H u y s m a n s n o u s f e r a p a rt\nd e la r é p e r c u s s i o n q u i e n a r r i v e à la f in e p o i n t e de s a p l u m e d u p l u s\nin flexible acier.\n    \" D u r t a l e s t- il d a n s l e r a v i s s e m e n t ? H u y s m a n s e s t ra v i d a n s l ’ i n ­\nfluence de la m ê m e ex a lt a t io n pieuse.\n     » R ie n de p lus saisissa n t, de p lus m e r v e ille u x q u e cette asso ciation\n h a rm o n iq u e des n o tes à d e m i- v o ix de D u rta l et des so n s à plein e\n poitrine de H u y s m a n s ... »\n    Nom breuses étaient déjà les productions antérieures du\n Maître quand l’apparition — encore récente — de Là-bas\n attira définitivement sur lui l’attention de tous les intel­\n lectuels.\n    C om m e il arrive toujours à ceux qui parlent franc, ce\n livre déchèna contre son auteur bien des tempêtes. Mais\n écoutez d ’abord com m e dans les premières pages il expose\n\n     ( 1) \" A u p a y s d e s m y s t i q u e s —                    En      R oute. » Lib re P aro le du\n  10 m ars 1895.\n"}, {"page_pdf": 41, "page_imprimee": 10, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3157, "texte": "                                                     — 10 —\n\n\navec l’ habituelle netteté de son dire, son idéal nouveau de\nla forme, et les motifs qui l'ont fait s'écarter de l’auteur\nde l 'Assomoir et de N ana avec lequel il avait écrit en ses\ndébuts littéraires Les Sœurs Vatard.\n    « Le      R o m a n , si c e l a s e p o u v a i t , d e v r a i t s e d i v i s e r de l u i - m ê m e\ne n d e u x p a r t s , n é a m o i n s s o u d é e s o u p l u t ô t c o n f o n d u e s , c o m m e e ll e s\nle s o n t d a n s la v i e : c e l l e d e l ' â m e , c e l l e du c o r p s , e t s ’ o c c u p e r de\nle u r s r é a c t i f s , d e le u r s c o n f l i t s , de l e u r e n t e n t e .\n    > I l f a u d r a i t , e n u n m o t , s u i v r e la g r a n d e v o i e si p r o f o n d é m e n t\nt r a c é e p a r Z o l a , m ais i l serait n écessaire a ussi d e tra cer en l'a ir un c h e ­\nm in p a r a llè le , une a u tre ro u te, d 'a tte in d re le s en-deçà et les après ; de\nfa ir e en u n m ot UN              n a t u r a l is m e        s p ir it u a l i s t e   ; ce serait autre­\nm e n t fie r, a u t r e m e n t c o m p l e t , a u t r e m e n t f o r t !\n\n\n     Ce qui valut à Huysm ans la haine de ses confrères, fut\nla réciproque qu’ il leur manifesta carrément à travers tout\nle volu me.\n   Une à une, il gifle leurs É coles de son ju ge m en t, bru­\ntal, mais juste :\n    « C e q u e j e r e p r o c h e a u n a t u r a l i s m e c e n ’e s t p a s le l o u r d b a d i g e o n\nde son         gros      s t y l e , c ’ e s t l ’i m m o n d i c e d e s e s          i d é e s ; c e q u e j e lui\nr e p r o c h e , c ’ e s t d ’ a v o i r i n c a r n é l e m a t é r i a l i s m e d a n s l a li t t é r a t u r e ,\nd’ a v o i r g l o r i f i é l a d é m o c r a t i e d e l ’A r t ! »\n    A i n s i p a r l e d a n s L à -b a s à s o n a m i D u r t a l le D o c t e u r d e s H e r m i e s ,\net, p o u r s u i v a n t :\n    * O u i , tu d ir a s c e q u e tu v o u d r a s , m o n b o n , m a i s t o u t d e m ê m e ,\nqu e lle th é o rie de ce rvea u m al fa m é , quel m ite u x et étroit s y s tè m e !\n    « V o u l o i r s e c o n f i n e r d a n s l e s b u a n d e r i e s d e l a c h a i r , r e j e t e r le\nsu p r a se n sib le , d é n ie r le rê v e ,             ne pas         même          com prendre        que      la\nc u r i o s i t é d e l ’A r t c o m m e n c e l à o ù le s s e n s c e s s e n t d e s e r v i r !\n  V oilà pour les méticuleux disciples des Champfleury,\ndes Hom ais et du crapuleux auteur de la Terre, prince de\nla M ouquette...\n   E t maintenant, les autres :\n    « E n F r a n c e , à l ’heure p résente, d a n s le d iscr édit o ù                            s o m b r e la\nre c e t t e c o r p o r e l l e s e u l e , il s r e s t e d e u x c l a n s , l e c l a n l i b é r a l q u i m e t\nl e n a t u r a l i s m e à l a p o r t é e d e s s a l o n s , e n l ’ é m o n d a n t de t o u t s u j e t\nh a r d i , d e t o u t e l a n g u e n e u v e , e t le cla n d é co d a n t q u i, p lu s a b so lu ,\nre jette les cadres, les a le n to u r s, le s corps m êm es, et d iv a g u e, sous p r é ­\n"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": 11, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2435, "texte": "                                                — 11 —\n\n\ntex te d e causette d 'â m e , dans l'in in te llig ib le charabia des télégram m es.\nE n réa lité c e lu i-là se borne à ca cher l'in com p a ra b le d isette de scs idées\nsous un a hurissem ent v o u lu du sty le (1 ).\n   L e monde des lettres ne fut pas seul à s'émouvoir de\ncette dernière œ uvre où s’ affirmait de plus en plus son\nétrange et tout personnel talent.\n   L e clan de la m agie noire, dont l’auteur de Là-bas avait\nvulgarisé les hontes et les crimes, le voua dès lors à tous\nles monstres de l ’au-delà infernal.\n   H u ysm ans qui avait prit fait et cause à cette époque,\nproche encore, de son égarement, pour l’ex-abbé dém o­\nniaque Boullan qu’il avait dépeint sous un jour très\nfavorable dans Jhoannes, trouva bon accueil dans la secte\ndes Paracletistes, genre Jules Blois.\n   Aidé de celui-ci, il fit bonne contenance vis-à-vis des\nm ages noirs Joséphin Pelladan et le marquis Stanislas de\nGuaita, qui eux suivaient un quelconque chanoine\nDocre en chair et en os; et la bataille s’engagea à coups\nd’envoûtements.\n  A vrai dire, de Docre ou de Jhoannès, le meilleur était\ndétestable.\n  Jules Blois a retranscrit dans le G il Blas (janvier 93)\nune lettre de J .- K . Huysm ans, alors en plein enlizement\nde démonomanie, où se remarquent ces mots qui feront\nsourire tous les ignorants des arcanes du Satanisme :\n   * C e q u e j e p u i s v o u s d i r e p o u r m a p a r t , c ’e s t q u e P é l l a d a n , c e\nB i l b o q u e t du M i d i , a t o u t t e n t é c o n t r e m o i , a v a n t e t s u r t o u t a p r è s\nm o n r o m a n d e L à -b a s. T o u s le s h o n n ê t e s g e n s o n t é t é de m o n c ô t é ,\nq u a n d j ’ ai d é v o i l é l e s a g i s s e m e n t s s a t a n i q u e s d e s R o s e s - C r o i x de\nP a r i s ; m ais le s m ag icien s n oirs m e batten t ch a que n u it le crâne f a r d e s\ncoups d e p o in g f lid i q u e s ; mon ch a t lui-m êm e en e st tou rm en té; p e u m ’i m ­\np o r t e , j e n e le s c r a i n s p a s . . . »\n   Enfin, le littérateur et le poète sortit écœuré, blasé, de\nces querelles de sacristies sataniques.\n\n    (1)      L à -b a s , pa g e 7 . —       N o u s c o n n a is s o n s en B e lg iq u e des farceurs\nlittéraires qui fera ien t b e s o g n e u tile p o u r e u x -m ê m e s en m éd itan t\n ce tte a p p r é cia tio n d 'u n de n o s p lu s illustres m aîtres co n te m p o rain s .\n"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": 12, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3727, "texte": "                                                        — 12 —\n\n\n     Puis, brusquement, poussé par cette dilection du con ­\ntraste et des extrêmes qu’ont les esprits primesautiers, il\nse met E n Route vers la Mystique du catholicisme !\n    E n Route, ce livre incomparable où geint, puis aussitôt,\nexulte toute son âm e d’artiste, Huysm ans eût pu justement\nl’ intituler : H istoire de ma conversion...\n    « C o m m e n t ét a it - i l         redevenu            cath o liq ue? C o m m e n t en                 é ta it- il\narrivé là?\n    » E t D u r t a l (l is e z : H u y s m a n s ) s e r é p o n d a i t : j e l ' i g n o r e , t o u t c e\nq u e j e s a i s , c ’e s t q u ’a p r è s a v o i r é t é p e n d a n t d e s a n n é e s i n c r é d u l e ,\nsou dain j e           crois (l)        .. . D u r t a l a v a i t é t é r a m e n é à l a R e l i g i o n p a r\nl ' A r t (2).\n       P l u s q u e .son d é g o û t de l a v i e m ê m e , l ’a r t a v a i t é t é l ’i r r é s i s t i b l e\na i m a n t q u i l ’ a v a i t at tir é v e r s D i e u .\n    » L e j o u r o ù , p a r c u r i o s i t é , p o u r tu e r l e t e m p s , il é t a i t e n t r é d a n s\nu n e é g l i s e et, a p r è s t a n t d ’a n n é e s d ’o u b l i y a v a i t é c o u t é l e s V ê p r e s\nd e s m o r t s t o m b e r l o u r d e m e n t , u n e à u n e , t a n d i s q u e le s c h a n t r e s\na l t e r n a i e n t e t j e t a i e n t , l ’u n     a p r è s l ’a u t r e , c o m m e     des fossoyeurs,\ndes p elletées de versets,                           il a v a i t e u l ’ â m e r e m u é e j u s q u e d a n s se s\nc o m b l e s . L e s s o ir s o ù il                a v a i t e n t e n d u le s a d m i r a b l e s c h a n t s de\nl ’o c t a v e d e s     trépassés,          à S t - S u l p i c e , il s ’ é t a i t s e n t i     pour ja m a is\ncap té;      m ais ce          q u i l ’a v a i t p r e s s u r é , c e q u i l ’ a v a i t m i e u x a s s e r v i\ne n c o r e , c ’ é t a i e n t le s c é r é m o n i e s , le s c h a n t s d e la S e m a i n e S a i n t e (3).\n    » A h ! l a v r a i e p r e u v e du C a t h o l i c i s m e , c ’ é t a i t c e t a r t q u ’il a v a i t\nf o n d é , c e t a r t q u e n u l n ’a s u r p a s s é e n c o r e ! C ’ é t a i t e n p e i n t u r e e t e n\ns c u l p t u r e , le s P r i m i t i f s ; l e s m y s t i q u e s d a n s l e s p o é s i e s et le s p r o s e s ;\nen m u s i q u e c ’ é t a i t l e p l a i n - c h a n t , e n a r c h i t e c t u r e , c ’ é t a i t l e r o m a n\net l e g o t h i q u e . E t t o u t c e l a s e t e n a i t , f l a m b a i t e n          un e seule         gerbe,\nsur le m ê m e au tel; to u t ce la se c o n c i li a i t e n u n e touffe de p e n sé e s\nu n i q u e : v é n é r e r , a d o r e r , s e r v i r le D i s p e n s a t e u r , en lu i m o n t r a n t ,\nr é v e r b é r é d a n s l ’â m e d e s a c r é a t u r e , a i n s i q u ’ e n u n f i d è l e m i r o i r , le\nprêt encore im m a c u lé de ses d o ns!\n    » A lo rs,         dans       cet adm irable                m oyen-âge         où       l ’A r t , a l l a i t é p a r\nl ’E g l i s e , a n t i c i p a s u r l a m o r t , s ’ a v a n ç a j u s q u ’ au s e u i l de l ’ é t e r n i t é ;\nj u s q u ’ à D ie u , le c o n c e p t d iv in et la                   form e céleste fu ren t d ev in é,\ne n t r ’ a p e r ç u s , p o u r la p r e m i è r e e t p e u t - ê t r e p o u r l a d e r n i è r e fo i s p a r\nl ’homm e.          Et     il s    se c o r r e s p o n d a ie n t,      se    répercutaient             d ’arts en\na r t s (4).\n\n  (1) E n ro u te, p . 26.\n  (2)     id .         p . 33.\n  (3)     id.          p. 36.\n* (4)     id.      p. xo et I I .\n"}, {"page_pdf": 44, "page_imprimee": 13, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1419, "texte": "                           — 13 —\n\n\n   Q u ’ils se nomment donc, à présent, ces déloyaux ou\nces aveugles incompréhensibles qui, croyants, deviennent\nincrédules à la nouvelle que l’incrédule est devenu croyant;\nqu’ils o se n t donc encore bafouiller dans leurs journaux leurs\ncraintes et leurs réticences imbéciles, devant l'alléluia de\nl’artiste converti !\n   E t pour qu’aucun doute ne soit plus possible, qu’ils\nrelisent cette lettre écrite de sa main, à la première page,\npuis, nous verrons combien auront la pudeur de se\nrectifier.\n   Oui, m algré les sottes appréhensions des uns, malgré\nles dépits mal dissimulés des autres, Joris-Karl Huysm ans\nrestera, dans cette fin du X I X e siècle, le tém oign age à\ntoujours glorieux de l’ A rt chrétien se redressant devant la\nnégation et la moquerie de l’incrédulité, pour se faire\nconvertisseur des âmes d’élite qui vivent com m e en dehors\nde la bassesse ambiante, les bras tendus vers l’Idéal !...\n   Lisez, lisez ce livre, tous, catholiques et incroyants,\nlisez !\n  Ainsi que Durtal et Huysmans, vous aussi mettez vous\nE n Route. E t lorsqu’après y avoir prié, com m e eux vous\nquitterez la Trappe de Solesmes, si votre lecture s ’ est\ntrouvée sincère, avec eux, j e vous le promes, vous vous\nécrirez à votre tour :\n  « A h ! vivre, vivre à l’ ombre des prières de l’ humble\nSim éon, Seign eur! »       1\n                                     G eorges   R am aekers.\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-05-n2-011", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 14, "page_fin": 14, "titre_corps": "Vœu", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paul Mordac", "ancre_debut": "VŒ U   P u r e ! ô j e la vo u d ra is com m e le so n t les anges", "ancre_fin": "P aul M ordac.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ÇA              ET             LA", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": 14, "debut_caractere": 73, "fin_caractere_exclue": 1332, "texte": "VŒ U\n  P u r e ! ô j e la vo u d ra is com m e le so n t les anges\n  A v e c, en ses y e u x bleus, un reflet d e p e r v e n ch e s,\n  U n chaste fr o n t d 'e n fa n t nim bé p a r le so leil,\n  N im b é p a r des c h ev e u x tom bant en f l o t v erm eil\n  D essus son c o l m a rb ré ;\n                                    F r a îc h e !... a in si ces ondines\n  Q u e j e crois voir la n u it su r les e a u x argentines\n  E t qu a n d v ien d ra it le so ir on ira it p a r les bois\n  S e p e r d r e a u x c a r r efo u r s, et les F a u n e s sou rn ois\n  O u b liera ien t leu rs ébats la v o y a n t à la bru n e.\n  O ! p â le lu c io le éclose au c la ir de lu n e !\n  L a r m e d 'a stre d é fu n t, dou ce so it ta c la r té\n  L o rsq u e tu la verra s au v a llo n éca r té !\n  R o ssig n o l chante d ’o r ! D es f le u r s d e scabieuse\n  P a r fu m e r o n t ta v o ix ! O B e lle soit rêv eu se!\n  R u isselets co u lez b leus su r les c a illo u x luisants !\n  F le u r ette s em baum e{ ! ô so y ef blon d s en fa n ts !\n  R u stiq u es trou ba d ou rs chan tez vos v illa n e lle s !\n\n  E t crois en D ieu su rto u t ô B e lle en tre les b elles !\n                                                      P aul M ordac.\n\n\n\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-05-n2-012", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 14, "page_fin": 16, "titre_corps": "Çà et là", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Uylenspiegel", "ancre_debut": "ÇA              ET             LA   T oute lettre P o l-ie Dem a", "ancre_fin": "U y le n spie g e l.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Faute de place, nous ne pouvons", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": 14, "debut_caractere": 1332, "fin_caractere_exclue": 1555, "texte": "ÇA              ET             LA\n  T oute lettre P o l-ie Dem a-n-de réponse.\n  D'aucuns, — - des médecins — semblent l’oublier.\n  E t nous en savons bien deux qui pourraient en vérité\ndire : « De ceux-là, j ’en suis... »\n"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": 15, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1751, "texte": "                           — 15 —\n\n\n     Reçu :\n   Le Caducée — Anvers — n° 4. Mars.\n   Essais de Jeunes (Toulouse — n° 5; avril). Directeurs :\nMM. A. et M. Magre, les poètes appréciés des E veils\navec, de Maurice Magre, une bonne poésie : H istoire pour\nêtre rêvée-, sincérité, facture très goûtée de l ’alexandrin.\nEt, signée Jean Picard, Prend mon âme, « amourette à\ncadence belle. »\n  A u x anarchistes qui s'ignorent par Charles-Albert; opus­\ncule de propagande anarchiste où nous relevons cette\nphrase à bien retenir : Vous étiez trop justes pour rendre\nune idée responsable des serviteurs infidèles qui la trahissent,\npour répudier une idée, parcequ'au nombre de ses prêtres s'en\ntrouvaient de sacrilèges.\n   L e cinquième volum e de l’ Année des poètes (édition du\nSemeur) morceaux choisis et réunis par Charles Fuster;\noù nous remarquons des vers de nos amis T h o m a s Braun\net Paul Crokaert.\n   La Chronique E studiantine— L iè g e — n° 13.\n   La Revue Littéraire Indépendante — Genève — n° 1.\nT ou s nos souhaits!\n   E n Route, de Joris-Karl Huysm ans.\n                              *\n                             * *\n   Pauvres nous! qui croyons qu’en bon français azur\ndésignait la couleur bleue de l’atm osphère! Tartigrades\ndonc! C ’était vrai, oui, au temps lointains de Littré et de\nL a Rousse, mais d ep u is!... Depuis, — com m e Sganarelle\n— M. Toisoul (Arthur) a changé tout ça.\n   O y ez le bonnes gens badauds vous narrant sa décou­\nverte de l’azur blond (azur Toisoul) en des vers où les\nidées sont en raison inverse de la foultitude des mots\n(mais, — ça en moins, — forts beaux ma foi) :\n   « L a nym phe au doux visage\n   » Cueille la belle fleur qui rêve com m e d ’azur (??)\n   » Au bord de l’onde blon d a zu r (???!!!)\n"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": 16, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 592, "texte": "                                         — 1   6     —\n\n\n\n\n(si cette histoire vous em b ...)\n   » A u bord de l ’onde blond d'azur\n  » Elle cueille la belle fleur qui rêve com m e d’a z u r ( 1).»\n  Du moins vous êtes vous, Monsieur, heu reusement\ninspiré en intitulant cette découverte précieuse : M édail­\nlon. Parole d ’honneur, la trouvaille atmosphérique de\nl'azur blond (azur Toisoul) méritait quand m êm e bien un\ncadre!\n  Faudra exhiber un peu de votre azur blond, en fioles,\nchez Castan, cher poète.\n                                                         U y le n spie g e l.\n\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-05-n2-013", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 16, "page_fin": 16, "titre_corps": "Avis de la rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Faute de place, nous ne pouvons", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": 16, "debut_caractere": 592, "fin_caractere_exclue": 1729, "texte": "Fau te de place, nous ne pouvons, m algré notre vif\ndésir, publier dès ce présent numéro un article abordant\nla question économique ainsi que nous l’avions promis.\nD édom m agem ent — certain cette fois — au numéro pro­\nchain.\n                                *\n                              * *\n   N otre supplément illustré est extrait, d'un volu mineux,\nmais très intéressant ouvrage du D octeur Bataille, de\nParis, L e diable au X I X e siècle. L ’auteur qui est un cou­\nrageux et un grand chrétien a lui-même exploré ju sq u ’aux\nplus hauts grades le culte secret que rendent les arrières\nloges maçonniques à Lucifer-Dieu-Bon. Son œuvre est\nen outre une inquisition minutieuse et vaste à travers -tout\nle satanisme contemporain. Est-ce assez dire qu’elle doit\ntrouver un accueil enthousiastes chez les catholiques mili­\ntants?\n                            *\n                           * *\n  L es abonn és q u i n ’au raien t, p ar ou b li, pas\nreçu le prem ier num éro de L a L u tt e , so n t in ­\nstam m en t p riés de nous le faire s a v o ir sitô t\naprès récep tion du présent.\n\n  ( 1)   T e x t u e l ; A r t J eu n e, avril 95.\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-05-n2-014", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 17, "page_fin": 17, "titre_corps": "Exposition W. Sigling et Van Wickvoort-Crommelin", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pictor", "ancre_debut": "E x p o s itio n W . S i g l i n g et V a n W ic k v o o r t - C ro m m elin", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 48, "page_imprimee": 17, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 2379, "texte": "E x p o s itio n W . S i g l i n g et V a n W ic k v o o r t -\nC ro m m elin . •— S alle Clarem baux, rue du Congrès.\nM. S ig lin g ferait bien, croyons nous, de s’en tenir exclusi­\nvem en t au portrait, genre dans lequel il excèle. Une tête de\nvieille femme. — Portrait de M . C. — Portrait, en pied, de\nM . le major S . m éritent (principalem ant le dernier) m en­\nrion pour naturel et pour vérité du coloris.\n   Q ue dire des aquarelles de M. V an W ickvoort-C rom m e-\nlin? Q ue le piètre de leur dessin et le disparate des tons\njam a is ne feraient adm ettre une com m une paternité — si\nla signature n’en faisait foi — aux charm ants paysages à\nl’huile tels que Solitude où l’artiste fait m ouvoir les reflets\ndu couchan t dans l’esseulem ent des grands arbres tristes\net nus; et Brunie, cette autre solitude m élancoliquem ent\nestom pée au sein du b rou illard ...\n                              *\n                                * *\n\n  S a lo n des B e a u x -A r ts . — O uvert le 1er m ai. B eau­\ncoup de toiles. R ien de neuf. D e petits et d egran d s riens,\ntelle est l’im pression générale à la sortie.\n   A u hasard citons parm i les aquarelles : Uncanal à Bruges\nde H enri Cassiers qui tien t décidém ent le record dans le\ngen re. E t, Gibier et accessoires de Mlle B erthe A rt. C ’est\ntrès, très bien, M adem oiselle, m ais ne pourriez-vous pas\nvous inspirer de concepts plus neufs, plus vastes, que ces\néternels bibelots qui font de nos salons picturaux com m e\ndes catalogues de m aisons de fantaisie? — Quoi! des scènes\nh isto riq u esà l’aquarelle! — Pourquoi p a s?..T ou jou rs adm i­\nrés les paysages de M lle E uphrosine B eernaert: Domburg,\nîle de W alcheren et Environs de Domburg.\n   D e B on n at : le portrait d'Alexandre Dum as incroyable\nde m ovem en t, de v ie . — L a H oule, belle m arine, avec\néclaircie, de M. B o u v ie r — L éon F réd éric, deux portraits\nsuperbes quant au faire et à la vivacité, fonds horribles.\nL es grandes ombres, idem . — Jacques de L alain g deux\nbeaux portraits. E tra n g es, les Sombres pensées d’É m ile\nM otte. P our finir, parm i ces toiles hâtivem ent citées., ou\noubliées, je décernerais la palm e à M. M acaulay Stevenson\navec ses trois paysages crépusculaires : By the M ill Pond.\nFantaisie et Rêverie. R ien de plus vrai dans un thèm e si\nfaussem ent rabâché.                               P ic to r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-05-n2-015", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA LUTTE R E V U E D ’ A R T E T D E S O C IO L O G IE C A T H O L IQ U E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1583, "texte": "LA                    LUTTE\n        R E V U E D ’ A R T E T D E S O C IO L O G IE C A T H O L IQ U E\n                                 D ir e c t e u r : G . R A M A E K E R S\n\n\n\n\nB elgiq u e, 5 francs l’an. — E tran ger, port en sus (5 fr. 60)\n                                 50 centim es le num éro.\n     A N N O N C E S : 20 c e n t im e s la                 lig n e — R é c la m e s à fo r fa it.\n\n\n\n\n                      B R O D E R IE A R T IS T IQ U E\n   J e u n e h o m m e d é s ir e d o n n e r d e s le ç o n s d e B R O D E R I E D ’ O R . —\nS ’a d r e s s e r p o u r c o n d it io n s , ru e du C e r c le , 8, E t t e r b e e k - B r u x e ll e s .\n\n\n\n\n    I l sera ren du               com pte          de to u t o u v ra g e d o n t un e x e m ­\np la ire sera c o m m u n iq u é à la R é d a c tio n .\n\n\n    La L U T T E est en vente :\n\n   A B r u x e lle s , ch ez L a R ose, rue des P aroissien s;\nch ez Istace, au P a ssa g e; ch ez W a ttia u x , rue de L on g u e-\nV ie , etc.\n\n    A G an d , ch ez A d . H oste, rue des C ham ps.\n\n    A L iè g e , chez G n u sé, rue du P on t d ’île , 5 1 .\n\n    A L o u v a in , ch ez P eeters, rue de N am u r, 22.\n\n    A P aris, ch ez C hérié, B oulevard M ontparnasse, 166.\n\n\n\n               IMPRIMERIE                          TY POGR AP HI QUE\n                                    ET     L IT H O G R A P H IQ U E\n\n\n\n\n   V. V A N V I N C K E N R O Y\n                  28, Rue des Rentiers,                                                28\n                                           BRUXELLES\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 28, "texte": "                                     Première année, N° 8 - MAI 1895.\n\n5 frs. l’an. — Un n° 50 cent.\n\n\n\n     L a                  L u t t e\n\n\n                                       Déclaration de Foi. J. Huysmans\n                                       Dans le Blanc .            . G. Ramaekers\n                                       Fleurs de Tombe -\n                                          Rêverie       . . .       A. Lemaire\n                                       L 'Idéa l . . . .            P. Mordac\n                                       Joris - K a rl Huys­\n                                             mans . . . .           G. Ramaekers\n                                        V œ u ........................ P. Mordac\n                                        Çà et L à.       .        . Uylenspiegel\n                                        Revue des salons           . Pictor\n                                        Portrait de J . - K .\n                                             Huysmans         .   . G. Dubouchet\n\n\n\n\n                                                        R édaction et ad m in istration :   i\n                                                      15, place Van Meyel, Bruxelles\n\n\n\n\n                           B r u x e lle s\n   IM PRIM ER IE V A N VIN C K E N R O Y , 28, RUE DES RENTIERS\n"}, {"page_pdf": 29, "texte": "                Revue des Salons\n\n    L e 29 avril se clôturait l’ exposition de M M . F ran z C our­\ntens, K arel de K esel, M. et Mme Is. de R udder et L . W ol­\nfers en la grande salle du Cercle A rtistiq u e. Du paysagiste\nC ou rtens: beau contingent de toiles; concepts variés, faire\nassuré et v if tou jou rs. Parm i : Soleil couchant, effet —\nsu p e rb e — du disque astral rouge et presqu’à fleur d’ hori­\nzon , dans les lointains m orts d’un brouillard n eigeux.\nM êm e th èm e, plus répondant encore : ce paysan, découpé\nnoir sur le fond clair de luné du ciel, côtoyant l ’eau reflé­\ntante sur son large cheval de labour à robe blanche, m ais\ncouleur d’om bre dans le soir.\n   D eux chefs-d’œ uvre — d’ailleurs connus — du sculpteur\nD e R udder : M aternité et le N id (original). O ! cette béa­\ntitude rieuse de la m ère, cette exubérante santé naïvem en t\navide des m ioches, com bien tout cela est vécu !\n   D es panneaux brodés de Mme D e R u d d er; nom breux\nbustes, m aquettes, céram iques, dessins, adm irables orfè­\nvreries de M M . W o lfe rs et D e R udder.\n   Mais venons-en à l ’œ uvre m agistrale de K arel de K ezel,\nde toutes, sans contredit, la plus sensationelle.\nE t d’abord bravo chaleu reu x à l'artiste pour le choix belge\nde son sujet : Am biorix en embuscade attendant les Romains.\nIl est là, farouche et fier cam pé, le héros E bu ron , la che­\nvelure hirsute et rouge dessous son casque ailé, la lam e prête,\net du geste, arrêtant la fougue sauvage de ses gu erriers.\nL e décor de cette scène grandiose est un site raviné : et\nle soin autant que la ju stesse de ses détails — surtout les\ntroncs m oussus et les racines verm iculaires — disent assez\nque K arel de K e ze l, bien que tou t à ses personnages, n’en\nn églige pas pour cela les accessoirs. L e m aître n ’exposait\nque cela, m ais tou t cela.\n                                                      P ic t o r .\n"}, {"page_pdf": 30, "texte": "         DÉCLARATION DE FOI\n  Nos lecteurs lirons, avec le plus v if intérêt certes, cette\nréponse de Joris-Karl Huysm ans — le grand écrivain\nrécemment converti — aux remercîments que lui avait\nadressés pour l’envoi de son récent ouvrage « E n route »,\nnotre ami Georges Ram aekers :\n                                Paris, 2 4 avril 1 8 9 5 .\n  Mon cher confrère, j e vous remercie et de bon cœur\nvraiment, de votre bonne lettre.\n  V ous me dites qu’après la lecture d'E n route vous ne\ncomprenez guère com m ent une partie de la presse peut\nsuspecter la bonne foi de son auteur — Je ne le conçois\npas plus que vous.\n  J’ose le dire très carrément, jam ais livre n’a été plus\nclair et plus net que celui-là.\n   Que faut-il dire alors pour qu’ on vous croye? Ce qui\nn’est pas moins étrange, c ’est que toute la presse religieuse\net profane qui a bien voulu consentir à ne pas me con­\nsidérer com m e un farceur, dit en chœur :\n   \" Ça ne durera pas, il lâchera l’ É glise. »\n   En vérité, je me demande de quel droit tout ce monde\nlà, préjuge ce qui m'arrivera, et surtout, à ce point de\nvue, les desseins de Dieu?\n   Mais je suis, au fond, sans grand étonnement, je m ’atten­\ndais à pis que celà.\n   Surtout du côté catholique français qui a une haine\ninextinguible de la mystique et de l’Art. C ’est triste à\ndire, mais c ’est ainsi.\n  Et, à ce point de vue, vraiment j ’admire la Belgique\nqui a des revues catholiques jeunes et aimant l’ Art.\n  Chez nous, rien.\n"}, {"page_pdf": 31, "texte": "                                 — 2 —\n\n\n   L a débilitante lecture des gom m es tièdes servies par les\nlibrairies ecclésiastiques a tout énervé, tout abruti. L es\nmots sont pour eux un jeu d ’osselets diaboliques et l’ Art\nest un péché.\n   Q u ’ils lisent donc Saint Bernard et Odon de Cluny et ils\nverront si ceux-là étaient prudes et bégueules et s ’ils\navaient peur des expressions énergiques, des mots forts.\n   Une remarque : je ne suis pas B elge, mais d’ origine\nhollandaise, mon père étant né à quelques pas de votre\nfrontière, à Bréda, et moi étant originaire de Paris. Mais\nvous direz que c’est la race flamande quand m êm e et vous\naurez bien raison.\n  Merci cher confrère, pour vos prières; elles ne me\nseront pas inutiles, et c ’est, au fond, ce que l’on peut\nfaire de mieux pour moi. Merci et bien à vous.\n .                                                      J. H u y s m a n s .\n\n\n\n\n         DANS                 LE            BLANC\n                     ( S O U V E N I R D ’H I V E R )    '\n\n\n\n\n      Q u e c'est beau p a r m atin de g e l\n     L e s toits ru stiqu es !\n     R ou g es dans le b la n c : a rch ip el\n     D e m ers a rctiq u es ;\n     A v e c, bien clos, les volets verts\n     E t les serpen tins de f u m é e\n     Q u i m onte, ria n t a u x hivers,\n     D e sarm ents toute p a r fu m é e ;\n     E t le v ie u x c lo c h er , assez v ie u x\n     P o u r p o r te r ch ev e lu r e b la n ch e —\n     A v e c sa c r o ix de f e r q u i p en ch e\n     B ie n triste a u x d e u x .\n"}, {"page_pdf": 32, "texte": "                             — 3 —\n\n\nF r a îc h e g a i t é ! ... L e s g a r s là -b a s\nL a n c e n t des boules\nA u x g arses q u i p ressen t le p a s\nC om m e des p o u le s ...\nL e s p lu s p etits — roses de f r o i d\nE t de sa n té — f o n t des g lissa d es,\nL e u r g a i p rin tem p s tan ce du doigt\nL e cie l p le u r e u r des jo u r s m aussades.\nI ls so n t les seu les f le u r s qu' H iv e r\nE p a r g n e, a tten d ri p a r leu rs charm es ;\nC a r p o u r e u x cra ig n a n t d ’être a m er\nI l a des larm es !\n\n\nM a is h éla s a u x p etits o isea u x\nT es m ains cru e lle s\nH iv e r , o n t d e leu rs f r o i d s c ise a u x\nC oupé les a iles !\nP o u r réch a u ffer le u r d o u x som m eil\nCes m arm ots ont du f e u dans l ’âtre\nP o u r q u o i p r e n d r e leu r ch a u d so leil\nA u x oiselets, saison m arâtre'!\nB lo ttis — les p a u v res ! — en la n u d eu r\nD 'u n h a llie r q u i m al les p ro tèg e\nI ls som n olen t avec lo u rd e u r\nT o u t bla ncs de neige !\n\n\nT o u t b la ncs de neige les o isea u x !\nE t la n a tu re !\nB la n c s : le ciel, les cham ps, les h a m ea u x\nE t la ra m u re !\nO que c ’est beau les hivers b lancs\nA u p a n ora m a des cam pagnes !\nE t la g la c e des g ra n d s étangs\nO ù les g a rs m ènent leu rs com pagnes\nP e n d a n t les chôm ages du g el,\n"}, {"page_pdf": 33, "texte": "                                      - 4-\n\n         T o u t bas, le u r d isa n t que p e u t être,\n         L ’an p ro c h a in un « P e tit-N o ë l »\n         L e u r p o u r r a it n a îtr e !\n                                                  G eorges   R am aekers.\n\n\n\n\n               FLEURS DE TOMBE\n                                   R Ê V E R IE\n\n\n\n\nD a n s l'é tr a n g e de la q u iétu d e\nD o n t ma cham bre, rêveuse s'em plit,\nSouven t a u x h eu res d 'étu d e\nL o in du tra v a il év a g u e mon esp r it...\n\nA l'o r p h e lin vaines so n t toutes choses ;\nL e souvenir, — lu i seu l, — v e ille à son s e u il ;\nSon cœ ur est où les m orts dans l ’o u b li n o ir reposent,\nA g e n o u illé p r è s d 'u n c e r c u e il...\n\nE t m a m ém oire a lo rs toute su rp rise\nS ’arrête, en retro u v a n t sa ch ère vision\nP la n té e en la p a g e apprise\nC om m e une é v o ca tio n ....\n\nC ’est le rêve q u i p a sse ég ren a n t tou t l'espoir\nC 'e s t l'a stre q u i d escen d dans le calm e d 'u n s o ir ...\n\nD a n s son f a u t e u il, tan dis q u 'il c o u la it l'h e u r e\nP re sq u e m uet, d e p e u r d e m e tro u b ler,\nL a besogne, ô com bien m eilleu re !\nJ e la trouvais — p r è s d e lu i — s'en v o ler !\n\n\nI l est d o n c v ra i q u ’au d éclin de la vie\nOn aim e auprès des siens se reposer\n"}, {"page_pdf": 34, "texte": "                                  -   5-\n\nQ u 'on p a r t l ’âm e p lu s ravie\nD a n s l'a m o u r d e le u r baiser !\n\n\nI l est donc vra i q u ’on veut, qu a n d l'h e u re sonne\nD e q uitter l ’Ic i-b a s p o u r l'A v e n ir ,\nL ie r ses f le u r s de cou ron ne\nE t laisser son souvenir'!\n\n\nL e reg a rd a n t a lo rs en d érobée\nJ e le vo y a is in clin e r son g r a n d f r o n t ,\nP u is j e v o y a is — p a r fo is — une larm e tom bée\nD e son œ il triste et p r o fo n d ...\n\nO p le u r si . . .\n                   Q u i m e dira su r cette terre\nC e « p o u r q u o i'! » qu i m o u illa it son œ il!\nE ta it-c e ton D ieu mon P è r e '!\nT on a m o u r'!... ou ton cercu eil'!\n\n\nE ta it-c e le reg ret de l ’existen ce'!\nL e s a d ie u x que ton cœ ur d isait tout b a s!\nO u la m o rt'!... ou l'espérance'!\nP è r e , ne réponds-tu p a s !\n\n\nT es y e u x se sont fe r m é s à la lu m ière,\nC es p le u r s q u i les lu stra ien t et que j 'a i bus\nS o n t taris sous ta p a u p iè re :\nP è r e ! est-ce vra i que tu n'est p lu s ? ...\n\n\nS era it-ce lu i q u i p a r le '!... On v ien t... j'é c o u te\nU n e can ne, en tra îna nt, bat l'esca lier\nO h ! non, ce n'est p a s lu i sans doute\nE t p o u r ta n t... oui, su r le p a lie r ...\n\n\nM o n P è r e ! ... E n le r a y o n d e la fe n ê tr e\n"}, {"page_pdf": 35, "texte": "                                  — 6 —\n\n\nJ e le vois, devant m oi, p â le , indécis,\nO h ! le voila q u i p én è tre\nC om m e n a g u ère en mon logis\n\nI l vient, so u ffra n t, d istra ire un p eu sa p ein e\nM o n c œ u r !... J e laisse tou t mon cœ u r le recevoir\n— O tr a v a il! p o u r q u o i ta c h a în e ?\nP o u r q u o i tes liens, ô d evoir ?\n\nI l vient h e u r e u x , v o u la n t à mon étu d e\nN ’apporter aucun bruit, aucun ém oi,\nM a is là, tou t seulem ent, selon son ha bitu d e\nS e r etr o u v er a u près d e m oi.\n\n\nH é la s , j e rêve ! ah ! sans reto u r, ces p a u v re s heures\nA v e c la m o rt o n t f u i p o u r à -ja m a is !\nM o n p a u v r e logis tu p le u r e s !\nJ ’ai p e r d u ce que j ’a im a is...\n   22 a v r il 1 8 9 5                                 A lf.   L e m a ir e.\n\n\n\n\n                                  L 'I d é a l\n\n\n\n   L ’âm e blessée au f la n c du m a l d e l ’In fin i\n   Va d o u lo u reu sem en t a u x n avrantes chim ères\n   S a n s trêve n i repos. F u r t i f com m e un banni,\n   L ’hom m e m a rche au ch aos o b scu rci de m ystères\n\n\n   C epen dan t q u ’i l g r a v it vers le som m et hautain\n   D o n t la cîm e est là-bas p e r d u e en les nuages\n   I l sent, oui, q u e ce but n e sera p a s atteint;\n    T ous g ra vissen t p o u r ta n t, ils v o n t à tous les âges\n"}, {"page_pdf": 36, "texte": "                                                     Supplément à L A L U T T E — M ai 1895.\n\n\n\n\nP o rtra it de J .-K . H uysm an s                                               D e ssin de M. D ubouchet.\n\n\n\n                                     G r a v u r e e x tr a ite d u liv r e : L e D ia b le au X I X e siècle.\n"}, {"page_pdf": 37, "texte": ""}, {"page_pdf": 38, "texte": "                                    - 7 -\n\n   H om m es je u n e s , v ieilla rd s p a n tela n ts et blessés,\n   G rim p ent vers le som m et en a ccro ch a n t leu r âme\n   A u x ronces du chem in. O com bien d 'en lisés\n   A u x bourbiers de la ro u te et dans le m al in fâ m e !\n\n   L 'h o m m e va p a r le m onde, im m ense, n oir, p r o fo n d\n   S cru ta n t les avenirs, les sép u lcres, les astres ;\n   E t tou jo u rs le p ro b lè m e in so lu ble, sans f o n d ,\n   L e f r a p p e au f la n c sans f in au m ilieu des désastres\n\n   O p a u v r e J u if- E r r a n t assoiffé d 'id é a l!\n   Q u a n d d o n c cesseras-tu tes m arches vagabondes\n   E n tr a in é p o u r tou jo u rs dans un c y c le f a t a l ,\n   N e cesseras-tu p a s de p a r c o u r ir les m ondes\n\n   Q u e d e rêveu rs tro u b lés d u p ro b lè m e incom pris\n   P o r ta n t le g r â c e à l ’âm e nostalg iqu e\n   D e ce m a l souverain d o n t tout cœ ur est épris.\n   L e V ra i, le B ie n , le B ea u , l'u n ion h y p o sta tiq u e!\n                                                      P aul M ordac.\n\n\n\n\n                 Joris-Karl HUYSMANS\n\n  Je ne sais si les autres sont com m e moi : D ’ une per­\nsonne encore non vue, mais dont les œuvres et la renom­\nm ée m ’ont rendu sympathique et familier le nom, je me\nforge toujours — dans quelque coin de l’imagination —\n« un type », « une représentation physique », selon le\ntempérament qu' elle décèle en celles-là ou que celle-ci lui\nprête.\n  E h bien, je dois vous dire : «mon type» de Huysmans\nim aginé était bien autre que le H uysm ans du réel. E t je\nm ’explique c ela...\n"}, {"page_pdf": 39, "texte": "                               - 8 -\n\n\n  V ous m êm e l’eussiez vous rencontré n agu ère, à Paris,\ninstallé, rêveur, derrière un pauvre m échant bureau de\nsous-chef du m inistre de l’intérieur, à le vo ir m aigre, plu­\ntôt petit, barbe carrée, cheveux en brosse, m achinalem ent\npenché sur quelque grim oire adm inistratif, dans l’en vi­\nronnant déluge de paperasses vétustes et jau n ies, jam ais\nauriez-vous deviné l’ém inent artiste, l ’auteur à la fois déli­\ncat et vigoureux d’A Rebours et de Là-b,is?\n  Pourtant, peut-être, ses yeu x, levés profonds et scruta­\nteurs vers vous, vous auraient-ils dit que souvent, le soir,\nils s’ échinaient à déchiffrer autres hiéroglyp hes que ceux\ndes liasses m inistérielles, et en visageaient plus sinistres\nfigures que celles du bon public bourgeois et badaudant,\ndont la file processionnante — durant les interm inables\nheures réglem en taires— em plissait, puis, au fur-à-m esure,\nquittait son m odeste b u reau ...\n Je vous avouerai tout de suite que je suis fort em barassé\n— on l’est toujours — pour résum er, et le faire sensém ent\nen ces quelques lign es, l’œ uvre, tant considérable déjà, de\nJ.-K . H uysm ans.\n   M ais je m ’y veu x et m ’y dois asteindre : d ’abord, parce\nqu’ainsi je l ’ai décidé, que nous l ’avons prom is à nos lec­\nteurs dans notre prem ier num éro, et que l ’auteur a eu la\ngracieuseté de m ’en voyer, avec autographe, un exem ­\nplaire de son dernier chef-d’œ uvre E n Route; enfin, par­\nce qu’on parle volontiers toujours d ’un écrivain de renom\net de son œ uvre, surtout quand, — com m e, et à un tel\nd egré que J.-K . H u ysm ans — il s ’offre à nous avec les\nti t r e s d 'a rtiste, de flamand et de catholique.\n   Si c ’est indice de perfection d ’entendre des lèvres de la\ncritique, en ferm ant le livre, tom ber irrésistible un : « que\nc ’est v é c u ! », parfaite est bien l ’œ uvre de H uysm ans.\n   Son œ uvre, elle est en effet l’histoire des états d ’âm e de\nlui-m êm e, sous les traits de D u rtal.\n"}, {"page_pdf": 40, "texte": "                                                     — 9 —\n\n\n    Durtal, le sceptique inquisiteur du satanisme moderne\ndans Là-bas;\n  Durtal, le néophyte                              —       ô     combien sincère! — de E n\nRoute ;\n  Durtal, le sensitif et le poète toujours tourné vers les\nfacinations du Mystère, hum ant à pleins poumons l’âme\nde ce moyen-âge artiste et mystique au possible, que\nl ’avachissement et le crétinisme anti-clérical ont, depuis\nLuther, magnifié par leurs insultes...\n  L e savant ami d’ Edouard Drum ont, le D octeur Favre,\nnous a excellement montré dans L a Libre Parole ( 1) l’écri­\nvain se narrant dans son héros :\n    « D u r t a l , a r t i s t e d e fi br e d é l i é e e t s o u p l e , s ’a c h o p p e d e f a ç o n a s s e z\nd é s o b l i g e a n t e a u x t e n a n t s p l u s q u e v u l g a i r e m e n t r a i d e s de la c l é r i ­\nc a t u r e q u o t i d i e n n e d e l ’É g l i s e o ff i c i a n t e .\n    » H u y s m a n s , reporter v é r i d i q u e , m a i s i m p a s s i b l e , r e l a t e a v e c la\np l u s s tr i ct e i m p a r t i a l i t é l e s é m o t i o n s d i v e r s e s d u d i l l e t t a n t e r e l i g i o ­\nn i s t e d o n t il s ' i n s t i t u e l e t r u c h e m e n t a t t e n t i f e t a u t o r i s é .\n    » A i n s i s e d é t e r m i n e l ’ i m p r e s s i o n d e D u r t a l , H u y s m a n s la t r a n s ­\nc r i t , l ’ é d i c t e t e l l e q u ’ e l l e lu i a r r i v e et q u ’il l a s a i s i t . Q u e l ’ i m p r e s s i o n\nc h a n g e e t, e n la m ê m e s i n c é r i t é de r e n d u H u y s m a n s n o u s f e r a p a rt\nd e la r é p e r c u s s i o n q u i e n a r r i v e à la f in e p o i n t e de s a p l u m e d u p l u s\nin flexible acier.\n    \" D u r t a l e s t- il d a n s l e r a v i s s e m e n t ? H u y s m a n s e s t ra v i d a n s l ’ i n ­\nfluence de la m ê m e ex a lt a t io n pieuse.\n     » R ie n de p lus saisissa n t, de p lus m e r v e ille u x q u e cette asso ciation\n h a rm o n iq u e des n o tes à d e m i- v o ix de D u rta l et des so n s à plein e\n poitrine de H u y s m a n s ... »\n    Nom breuses étaient déjà les productions antérieures du\n Maître quand l’apparition — encore récente — de Là-bas\n attira définitivement sur lui l’attention de tous les intel­\n lectuels.\n    C om m e il arrive toujours à ceux qui parlent franc, ce\n livre déchèna contre son auteur bien des tempêtes. Mais\n écoutez d ’abord com m e dans les premières pages il expose\n\n     ( 1) \" A u p a y s d e s m y s t i q u e s —                    En      R oute. » Lib re P aro le du\n  10 m ars 1895.\n"}, {"page_pdf": 41, "texte": "                                                     — 10 —\n\n\navec l’ habituelle netteté de son dire, son idéal nouveau de\nla forme, et les motifs qui l'ont fait s'écarter de l’auteur\nde l 'Assomoir et de N ana avec lequel il avait écrit en ses\ndébuts littéraires Les Sœurs Vatard.\n    « Le      R o m a n , si c e l a s e p o u v a i t , d e v r a i t s e d i v i s e r de l u i - m ê m e\ne n d e u x p a r t s , n é a m o i n s s o u d é e s o u p l u t ô t c o n f o n d u e s , c o m m e e ll e s\nle s o n t d a n s la v i e : c e l l e d e l ' â m e , c e l l e du c o r p s , e t s ’ o c c u p e r de\nle u r s r é a c t i f s , d e le u r s c o n f l i t s , de l e u r e n t e n t e .\n    > I l f a u d r a i t , e n u n m o t , s u i v r e la g r a n d e v o i e si p r o f o n d é m e n t\nt r a c é e p a r Z o l a , m ais i l serait n écessaire a ussi d e tra cer en l'a ir un c h e ­\nm in p a r a llè le , une a u tre ro u te, d 'a tte in d re le s en-deçà et les après ; de\nfa ir e en u n m ot UN              n a t u r a l is m e        s p ir it u a l i s t e   ; ce serait autre­\nm e n t fie r, a u t r e m e n t c o m p l e t , a u t r e m e n t f o r t !\n\n\n     Ce qui valut à Huysm ans la haine de ses confrères, fut\nla réciproque qu’ il leur manifesta carrément à travers tout\nle volu me.\n   Une à une, il gifle leurs É coles de son ju ge m en t, bru­\ntal, mais juste :\n    « C e q u e j e r e p r o c h e a u n a t u r a l i s m e c e n ’e s t p a s le l o u r d b a d i g e o n\nde son         gros      s t y l e , c ’ e s t l ’i m m o n d i c e d e s e s          i d é e s ; c e q u e j e lui\nr e p r o c h e , c ’ e s t d ’ a v o i r i n c a r n é l e m a t é r i a l i s m e d a n s l a li t t é r a t u r e ,\nd’ a v o i r g l o r i f i é l a d é m o c r a t i e d e l ’A r t ! »\n    A i n s i p a r l e d a n s L à -b a s à s o n a m i D u r t a l le D o c t e u r d e s H e r m i e s ,\net, p o u r s u i v a n t :\n    * O u i , tu d ir a s c e q u e tu v o u d r a s , m o n b o n , m a i s t o u t d e m ê m e ,\nqu e lle th é o rie de ce rvea u m al fa m é , quel m ite u x et étroit s y s tè m e !\n    « V o u l o i r s e c o n f i n e r d a n s l e s b u a n d e r i e s d e l a c h a i r , r e j e t e r le\nsu p r a se n sib le , d é n ie r le rê v e ,             ne pas         même          com prendre        que      la\nc u r i o s i t é d e l ’A r t c o m m e n c e l à o ù le s s e n s c e s s e n t d e s e r v i r !\n  V oilà pour les méticuleux disciples des Champfleury,\ndes Hom ais et du crapuleux auteur de la Terre, prince de\nla M ouquette...\n   E t maintenant, les autres :\n    « E n F r a n c e , à l ’heure p résente, d a n s le d iscr édit o ù                            s o m b r e la\nre c e t t e c o r p o r e l l e s e u l e , il s r e s t e d e u x c l a n s , l e c l a n l i b é r a l q u i m e t\nl e n a t u r a l i s m e à l a p o r t é e d e s s a l o n s , e n l ’ é m o n d a n t de t o u t s u j e t\nh a r d i , d e t o u t e l a n g u e n e u v e , e t le cla n d é co d a n t q u i, p lu s a b so lu ,\nre jette les cadres, les a le n to u r s, le s corps m êm es, et d iv a g u e, sous p r é ­\n"}, {"page_pdf": 42, "texte": "                                                — 11 —\n\n\ntex te d e causette d 'â m e , dans l'in in te llig ib le charabia des télégram m es.\nE n réa lité c e lu i-là se borne à ca cher l'in com p a ra b le d isette de scs idées\nsous un a hurissem ent v o u lu du sty le (1 ).\n   L e monde des lettres ne fut pas seul à s'émouvoir de\ncette dernière œ uvre où s’ affirmait de plus en plus son\nétrange et tout personnel talent.\n   L e clan de la m agie noire, dont l’auteur de Là-bas avait\nvulgarisé les hontes et les crimes, le voua dès lors à tous\nles monstres de l ’au-delà infernal.\n   H u ysm ans qui avait prit fait et cause à cette époque,\nproche encore, de son égarement, pour l’ex-abbé dém o­\nniaque Boullan qu’il avait dépeint sous un jour très\nfavorable dans Jhoannes, trouva bon accueil dans la secte\ndes Paracletistes, genre Jules Blois.\n   Aidé de celui-ci, il fit bonne contenance vis-à-vis des\nm ages noirs Joséphin Pelladan et le marquis Stanislas de\nGuaita, qui eux suivaient un quelconque chanoine\nDocre en chair et en os; et la bataille s’engagea à coups\nd’envoûtements.\n  A vrai dire, de Docre ou de Jhoannès, le meilleur était\ndétestable.\n  Jules Blois a retranscrit dans le G il Blas (janvier 93)\nune lettre de J .- K . Huysm ans, alors en plein enlizement\nde démonomanie, où se remarquent ces mots qui feront\nsourire tous les ignorants des arcanes du Satanisme :\n   * C e q u e j e p u i s v o u s d i r e p o u r m a p a r t , c ’e s t q u e P é l l a d a n , c e\nB i l b o q u e t du M i d i , a t o u t t e n t é c o n t r e m o i , a v a n t e t s u r t o u t a p r è s\nm o n r o m a n d e L à -b a s. T o u s le s h o n n ê t e s g e n s o n t é t é de m o n c ô t é ,\nq u a n d j ’ ai d é v o i l é l e s a g i s s e m e n t s s a t a n i q u e s d e s R o s e s - C r o i x de\nP a r i s ; m ais le s m ag icien s n oirs m e batten t ch a que n u it le crâne f a r d e s\ncoups d e p o in g f lid i q u e s ; mon ch a t lui-m êm e en e st tou rm en té; p e u m ’i m ­\np o r t e , j e n e le s c r a i n s p a s . . . »\n   Enfin, le littérateur et le poète sortit écœuré, blasé, de\nces querelles de sacristies sataniques.\n\n    (1)      L à -b a s , pa g e 7 . —       N o u s c o n n a is s o n s en B e lg iq u e des farceurs\nlittéraires qui fera ien t b e s o g n e u tile p o u r e u x -m ê m e s en m éd itan t\n ce tte a p p r é cia tio n d 'u n de n o s p lu s illustres m aîtres co n te m p o rain s .\n"}, {"page_pdf": 43, "texte": "                                                        — 12 —\n\n\n     Puis, brusquement, poussé par cette dilection du con ­\ntraste et des extrêmes qu’ont les esprits primesautiers, il\nse met E n Route vers la Mystique du catholicisme !\n    E n Route, ce livre incomparable où geint, puis aussitôt,\nexulte toute son âm e d’artiste, Huysm ans eût pu justement\nl’ intituler : H istoire de ma conversion...\n    « C o m m e n t ét a it - i l         redevenu            cath o liq ue? C o m m e n t en                 é ta it- il\narrivé là?\n    » E t D u r t a l (l is e z : H u y s m a n s ) s e r é p o n d a i t : j e l ' i g n o r e , t o u t c e\nq u e j e s a i s , c ’e s t q u ’a p r è s a v o i r é t é p e n d a n t d e s a n n é e s i n c r é d u l e ,\nsou dain j e           crois (l)        .. . D u r t a l a v a i t é t é r a m e n é à l a R e l i g i o n p a r\nl ' A r t (2).\n       P l u s q u e .son d é g o û t de l a v i e m ê m e , l ’a r t a v a i t é t é l ’i r r é s i s t i b l e\na i m a n t q u i l ’ a v a i t at tir é v e r s D i e u .\n    » L e j o u r o ù , p a r c u r i o s i t é , p o u r tu e r l e t e m p s , il é t a i t e n t r é d a n s\nu n e é g l i s e et, a p r è s t a n t d ’a n n é e s d ’o u b l i y a v a i t é c o u t é l e s V ê p r e s\nd e s m o r t s t o m b e r l o u r d e m e n t , u n e à u n e , t a n d i s q u e le s c h a n t r e s\na l t e r n a i e n t e t j e t a i e n t , l ’u n     a p r è s l ’a u t r e , c o m m e     des fossoyeurs,\ndes p elletées de versets,                           il a v a i t e u l ’ â m e r e m u é e j u s q u e d a n s se s\nc o m b l e s . L e s s o ir s o ù il                a v a i t e n t e n d u le s a d m i r a b l e s c h a n t s de\nl ’o c t a v e d e s     trépassés,          à S t - S u l p i c e , il s ’ é t a i t s e n t i     pour ja m a is\ncap té;      m ais ce          q u i l ’a v a i t p r e s s u r é , c e q u i l ’ a v a i t m i e u x a s s e r v i\ne n c o r e , c ’ é t a i e n t le s c é r é m o n i e s , le s c h a n t s d e la S e m a i n e S a i n t e (3).\n    » A h ! l a v r a i e p r e u v e du C a t h o l i c i s m e , c ’ é t a i t c e t a r t q u ’il a v a i t\nf o n d é , c e t a r t q u e n u l n ’a s u r p a s s é e n c o r e ! C ’ é t a i t e n p e i n t u r e e t e n\ns c u l p t u r e , le s P r i m i t i f s ; l e s m y s t i q u e s d a n s l e s p o é s i e s et le s p r o s e s ;\nen m u s i q u e c ’ é t a i t l e p l a i n - c h a n t , e n a r c h i t e c t u r e , c ’ é t a i t l e r o m a n\net l e g o t h i q u e . E t t o u t c e l a s e t e n a i t , f l a m b a i t e n          un e seule         gerbe,\nsur le m ê m e au tel; to u t ce la se c o n c i li a i t e n u n e touffe de p e n sé e s\nu n i q u e : v é n é r e r , a d o r e r , s e r v i r le D i s p e n s a t e u r , en lu i m o n t r a n t ,\nr é v e r b é r é d a n s l ’â m e d e s a c r é a t u r e , a i n s i q u ’ e n u n f i d è l e m i r o i r , le\nprêt encore im m a c u lé de ses d o ns!\n    » A lo rs,         dans       cet adm irable                m oyen-âge         où       l ’A r t , a l l a i t é p a r\nl ’E g l i s e , a n t i c i p a s u r l a m o r t , s ’ a v a n ç a j u s q u ’ au s e u i l de l ’ é t e r n i t é ;\nj u s q u ’ à D ie u , le c o n c e p t d iv in et la                   form e céleste fu ren t d ev in é,\ne n t r ’ a p e r ç u s , p o u r la p r e m i è r e e t p e u t - ê t r e p o u r l a d e r n i è r e fo i s p a r\nl ’homm e.          Et     il s    se c o r r e s p o n d a ie n t,      se    répercutaient             d ’arts en\na r t s (4).\n\n  (1) E n ro u te, p . 26.\n  (2)     id .         p . 33.\n  (3)     id.          p. 36.\n* (4)     id.      p. xo et I I .\n"}, {"page_pdf": 44, "texte": "                           — 13 —\n\n\n   Q u ’ils se nomment donc, à présent, ces déloyaux ou\nces aveugles incompréhensibles qui, croyants, deviennent\nincrédules à la nouvelle que l’incrédule est devenu croyant;\nqu’ils o se n t donc encore bafouiller dans leurs journaux leurs\ncraintes et leurs réticences imbéciles, devant l'alléluia de\nl’artiste converti !\n   E t pour qu’aucun doute ne soit plus possible, qu’ils\nrelisent cette lettre écrite de sa main, à la première page,\npuis, nous verrons combien auront la pudeur de se\nrectifier.\n   Oui, m algré les sottes appréhensions des uns, malgré\nles dépits mal dissimulés des autres, Joris-Karl Huysm ans\nrestera, dans cette fin du X I X e siècle, le tém oign age à\ntoujours glorieux de l’ A rt chrétien se redressant devant la\nnégation et la moquerie de l’incrédulité, pour se faire\nconvertisseur des âmes d’élite qui vivent com m e en dehors\nde la bassesse ambiante, les bras tendus vers l’Idéal !...\n   Lisez, lisez ce livre, tous, catholiques et incroyants,\nlisez !\n  Ainsi que Durtal et Huysmans, vous aussi mettez vous\nE n Route. E t lorsqu’après y avoir prié, com m e eux vous\nquitterez la Trappe de Solesmes, si votre lecture s ’ est\ntrouvée sincère, avec eux, j e vous le promes, vous vous\nécrirez à votre tour :\n  « A h ! vivre, vivre à l’ ombre des prières de l’ humble\nSim éon, Seign eur! »       1\n                                     G eorges   R am aekers.\n"}, {"page_pdf": 45, "texte": "                                    14   -\n\n\n\n\n                          VŒ U\n  P u r e ! ô j e la vo u d ra is com m e le so n t les anges\n  A v e c, en ses y e u x bleus, un reflet d e p e r v e n ch e s,\n  U n chaste fr o n t d 'e n fa n t nim bé p a r le so leil,\n  N im b é p a r des c h ev e u x tom bant en f l o t v erm eil\n  D essus son c o l m a rb ré ;\n                                    F r a îc h e !... a in si ces ondines\n  Q u e j e crois voir la n u it su r les e a u x argentines\n  E t qu a n d v ien d ra it le so ir on ira it p a r les bois\n  S e p e r d r e a u x c a r r efo u r s, et les F a u n e s sou rn ois\n  O u b liera ien t leu rs ébats la v o y a n t à la bru n e.\n  O ! p â le lu c io le éclose au c la ir de lu n e !\n  L a r m e d 'a stre d é fu n t, dou ce so it ta c la r té\n  L o rsq u e tu la verra s au v a llo n éca r té !\n  R o ssig n o l chante d ’o r ! D es f le u r s d e scabieuse\n  P a r fu m e r o n t ta v o ix ! O B e lle soit rêv eu se!\n  R u isselets co u lez b leus su r les c a illo u x luisants !\n  F le u r ette s em baum e{ ! ô so y ef blon d s en fa n ts !\n  R u stiq u es trou ba d ou rs chan tez vos v illa n e lle s !\n\n  E t crois en D ieu su rto u t ô B e lle en tre les b elles !\n                                                      P aul M ordac.\n\n\n\n\n                 ÇA              ET             LA\n  T oute lettre P o l-ie Dem a-n-de réponse.\n  D'aucuns, — - des médecins — semblent l’oublier.\n  E t nous en savons bien deux qui pourraient en vérité\ndire : « De ceux-là, j ’en suis... »\n"}, {"page_pdf": 46, "texte": "                           — 15 —\n\n\n     Reçu :\n   Le Caducée — Anvers — n° 4. Mars.\n   Essais de Jeunes (Toulouse — n° 5; avril). Directeurs :\nMM. A. et M. Magre, les poètes appréciés des E veils\navec, de Maurice Magre, une bonne poésie : H istoire pour\nêtre rêvée-, sincérité, facture très goûtée de l ’alexandrin.\nEt, signée Jean Picard, Prend mon âme, « amourette à\ncadence belle. »\n  A u x anarchistes qui s'ignorent par Charles-Albert; opus­\ncule de propagande anarchiste où nous relevons cette\nphrase à bien retenir : Vous étiez trop justes pour rendre\nune idée responsable des serviteurs infidèles qui la trahissent,\npour répudier une idée, parcequ'au nombre de ses prêtres s'en\ntrouvaient de sacrilèges.\n   L e cinquième volum e de l’ Année des poètes (édition du\nSemeur) morceaux choisis et réunis par Charles Fuster;\noù nous remarquons des vers de nos amis T h o m a s Braun\net Paul Crokaert.\n   La Chronique E studiantine— L iè g e — n° 13.\n   La Revue Littéraire Indépendante — Genève — n° 1.\nT ou s nos souhaits!\n   E n Route, de Joris-Karl Huysm ans.\n                              *\n                             * *\n   Pauvres nous! qui croyons qu’en bon français azur\ndésignait la couleur bleue de l’atm osphère! Tartigrades\ndonc! C ’était vrai, oui, au temps lointains de Littré et de\nL a Rousse, mais d ep u is!... Depuis, — com m e Sganarelle\n— M. Toisoul (Arthur) a changé tout ça.\n   O y ez le bonnes gens badauds vous narrant sa décou­\nverte de l’azur blond (azur Toisoul) en des vers où les\nidées sont en raison inverse de la foultitude des mots\n(mais, — ça en moins, — forts beaux ma foi) :\n   « L a nym phe au doux visage\n   » Cueille la belle fleur qui rêve com m e d ’azur (??)\n   » Au bord de l’onde blon d a zu r (???!!!)\n"}, {"page_pdf": 47, "texte": "                                         — 1   6     —\n\n\n\n\n(si cette histoire vous em b ...)\n   » A u bord de l ’onde blond d'azur\n  » Elle cueille la belle fleur qui rêve com m e d’a z u r ( 1).»\n  Du moins vous êtes vous, Monsieur, heu reusement\ninspiré en intitulant cette découverte précieuse : M édail­\nlon. Parole d ’honneur, la trouvaille atmosphérique de\nl'azur blond (azur Toisoul) méritait quand m êm e bien un\ncadre!\n  Faudra exhiber un peu de votre azur blond, en fioles,\nchez Castan, cher poète.\n                                                         U y le n spie g e l.\n\n\n\n  Fau te de place, nous ne pouvons, m algré notre vif\ndésir, publier dès ce présent numéro un article abordant\nla question économique ainsi que nous l’avions promis.\nD édom m agem ent — certain cette fois — au numéro pro­\nchain.\n                                *\n                              * *\n   N otre supplément illustré est extrait, d'un volu mineux,\nmais très intéressant ouvrage du D octeur Bataille, de\nParis, L e diable au X I X e siècle. L ’auteur qui est un cou­\nrageux et un grand chrétien a lui-même exploré ju sq u ’aux\nplus hauts grades le culte secret que rendent les arrières\nloges maçonniques à Lucifer-Dieu-Bon. Son œuvre est\nen outre une inquisition minutieuse et vaste à travers -tout\nle satanisme contemporain. Est-ce assez dire qu’elle doit\ntrouver un accueil enthousiastes chez les catholiques mili­\ntants?\n                            *\n                           * *\n  L es abonn és q u i n ’au raien t, p ar ou b li, pas\nreçu le prem ier num éro de L a L u tt e , so n t in ­\nstam m en t p riés de nous le faire s a v o ir sitô t\naprès récep tion du présent.\n\n  ( 1)   T e x t u e l ; A r t J eu n e, avril 95.\n"}, {"page_pdf": 48, "texte": "   E x p o s itio n W . S i g l i n g et V a n W ic k v o o r t -\nC ro m m elin . •— S alle Clarem baux, rue du Congrès.\nM. S ig lin g ferait bien, croyons nous, de s’en tenir exclusi­\nvem en t au portrait, genre dans lequel il excèle. Une tête de\nvieille femme. — Portrait de M . C. — Portrait, en pied, de\nM . le major S . m éritent (principalem ant le dernier) m en­\nrion pour naturel et pour vérité du coloris.\n   Q ue dire des aquarelles de M. V an W ickvoort-C rom m e-\nlin? Q ue le piètre de leur dessin et le disparate des tons\njam a is ne feraient adm ettre une com m une paternité — si\nla signature n’en faisait foi — aux charm ants paysages à\nl’huile tels que Solitude où l’artiste fait m ouvoir les reflets\ndu couchan t dans l’esseulem ent des grands arbres tristes\net nus; et Brunie, cette autre solitude m élancoliquem ent\nestom pée au sein du b rou illard ...\n                              *\n                                * *\n\n  S a lo n des B e a u x -A r ts . — O uvert le 1er m ai. B eau­\ncoup de toiles. R ien de neuf. D e petits et d egran d s riens,\ntelle est l’im pression générale à la sortie.\n   A u hasard citons parm i les aquarelles : Uncanal à Bruges\nde H enri Cassiers qui tien t décidém ent le record dans le\ngen re. E t, Gibier et accessoires de Mlle B erthe A rt. C ’est\ntrès, très bien, M adem oiselle, m ais ne pourriez-vous pas\nvous inspirer de concepts plus neufs, plus vastes, que ces\néternels bibelots qui font de nos salons picturaux com m e\ndes catalogues de m aisons de fantaisie? — Quoi! des scènes\nh isto riq u esà l’aquarelle! — Pourquoi p a s?..T ou jou rs adm i­\nrés les paysages de M lle E uphrosine B eernaert: Domburg,\nîle de W alcheren et Environs de Domburg.\n   D e B on n at : le portrait d'Alexandre Dum as incroyable\nde m ovem en t, de v ie . — L a H oule, belle m arine, avec\néclaircie, de M. B o u v ie r — L éon F réd éric, deux portraits\nsuperbes quant au faire et à la vivacité, fonds horribles.\nL es grandes ombres, idem . — Jacques de L alain g deux\nbeaux portraits. E tra n g es, les Sombres pensées d’É m ile\nM otte. P our finir, parm i ces toiles hâtivem ent citées., ou\noubliées, je décernerais la palm e à M. M acaulay Stevenson\navec ses trois paysages crépusculaires : By the M ill Pond.\nFantaisie et Rêverie. R ien de plus vrai dans un thèm e si\nfaussem ent rabâché.                               P ic to r .\n"}, {"page_pdf": 49, "texte": "                           LA                    LUTTE\n        R E V U E D ’ A R T E T D E S O C IO L O G IE C A T H O L IQ U E\n                                 D ir e c t e u r : G . R A M A E K E R S\n\n\n\n\nB elgiq u e, 5 francs l’an. — E tran ger, port en sus (5 fr. 60)\n                                 50 centim es le num éro.\n     A N N O N C E S : 20 c e n t im e s la                 lig n e — R é c la m e s à fo r fa it.\n\n\n\n\n                      B R O D E R IE A R T IS T IQ U E\n   J e u n e h o m m e d é s ir e d o n n e r d e s le ç o n s d e B R O D E R I E D ’ O R . —\nS ’a d r e s s e r p o u r c o n d it io n s , ru e du C e r c le , 8, E t t e r b e e k - B r u x e ll e s .\n\n\n\n\n    I l sera ren du               com pte          de to u t o u v ra g e d o n t un e x e m ­\np la ire sera c o m m u n iq u é à la R é d a c tio n .\n\n\n    La L U T T E est en vente :\n\n   A B r u x e lle s , ch ez L a R ose, rue des P aroissien s;\nch ez Istace, au P a ssa g e; ch ez W a ttia u x , rue de L on g u e-\nV ie , etc.\n\n    A G an d , ch ez A d . H oste, rue des C ham ps.\n\n    A L iè g e , chez G n u sé, rue du P on t d ’île , 5 1 .\n\n    A L o u v a in , ch ez P eeters, rue de N am u r, 22.\n\n    A P aris, ch ez C hérié, B oulevard M ontparnasse, 166.\n\n\n\n               IMPRIMERIE                          TY POGR AP HI QUE\n                                    ET     L IT H O G R A P H IQ U E\n\n\n\n\n   V. V A N V I N C K E N R O Y\n                  28, Rue des Rentiers,                                                28\n                                           BRUXELLES\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 2, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1895-05", "signet_source": "Première année - N°2 - Mai 1895", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 28", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}