{"numero_id": "ulb-lutte-1895-10-n7", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "articles": [{"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-001", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Première année, N° 7 — OCTOBRE 1895", "ancre_fin": "Revue d'Art & de Sociologie Catholique", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Devant l’ Océan. . Ed. 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Blême\n                                       Un dernier mot à\n                                                       . G. Ramaekers\n                                           Jean D elville\n                                       Çà et là .    .   ,\n                                                       . Uylenspiegel\n                                       Les Livres . . . La Lutte\n\n\n\n\n                                                    Rédaction et administration ;\n                                                   15, place Van Meyel, Bruxelles\n\n\n\n\n                        B r u x e ll e s\nIM PRIM ER IE VAN V IN C K E N R O Y, 28, RUE DES R E N TIERS\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-003", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Reçu : les revues", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "R eçu :      L e s R e v u e s : L 'A r t W allon, n", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 153, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 2289, "texte": "R eçu :\n     L e s R e v u e s : L 'A r t W allon, n ° 2 , septem bre 1895 :\n    « I c i, d it le m e m e n t o , q u e lq u e s W a l l o n s s è r e n c o n t r e r o n t : ils\nla i s s e r o n t s ’e x p r im e r l ’ â m e d e la r a c e , q u i c h a n t e e n e u x e t le u r j o i e ,\n le u r   a m b itio n , s e r a i t d e v o ir ,     s u r le u r c o in d e te r r e , s ’ é p a n o u ir\n q u e lq u e s f lo r a is o n s je u n e s e t n o u v e lle s . »\n   A en ju ge r par ses débuts, l'A r t W allon tiendra pro­\nm esse; aussi est-ce avec joie que dès à présent, à son fra­\nternel salut au n ouveau c o n frè re de W a llo n ie, La Lutte\njoint ses félicitations.\n    Durendal, n° 8, août, à lire : * V o u s ven ez en aide à\nl ’A n arch ie! » L e vigou reu x réquisitoire de Pol D em ade\ncon tre l ’éducation classique, dont nous reparlerons, et\n« l’A rt religieu x » de l ’A b b é M oeller.\n  La Justice sociale, nos 27 à 35.\n     L es Temps nouveaux, nos 19 à 23.\n   L e Journal des artistes, nos 36, 37, 38. A u num éro 37\ncette très ju ste rem arque de M. H . N ocq, à propos d’ un\nprojet de reconstitution \"du théâtre antique (!!!) :\n  « Q uelle manie absurde que de vouloir -sans cesse reco n stitu er.\nQuand cesserons-nous de revenir en arrière, toujours, à tout propos?»\n    L A r t Jeune, nos 8-9, où G . E ekhou d fait l’apologie\ndes plus infectes saligauds. C itons encore : Une statue,\npoésie burinée par V erh aeren , de beaux vers (bravo!)\nd ’A rth u r T oiso u l, R an cy, R u yters et le toujours désopi­\nlant charabia de C h .-L . P hrlippe.\n   La Presse artistique et littéraire, bi-m ensuel, n° 7, octo­\nbre, où, à côté de très intéressants articles sur l’art m usi­\ncal et la peinture, une m ordante satyre de l'auri sacra\nfaînes, par C am ille L epêch e : « S eign eu r m illion. »\n  L a Ligue artistique, bi-m ensuel, n° 19, octobre. T e n ­\ndances esotériques à part, m agnifique et virulen t article\nde L evêq u e et signé J. D . J, (?), une page « d’apologéti­\nque » (??) r o s i +crucienne «défendant» notre excellent ami\nJ. D elville.\n  Journal des gens de lettres belges. U n très bon article de\nM ax d Oudenaerde sur l’ E li Route de J.-K . H u ysm ans, et\ndes polém iques souvent m êm e sp iritu elles, com m e\nœuvres : o.\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-004", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 1, "page_fin": 3, "titre_corps": "Devant l’Océan", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Edouard Drumont", "ancre_debut": "Devant l’Océan    A qui l ’aim e la m er seule s", "ancre_fin": "E douard D rum ont.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "P R I È R E (1)  P o u r les p oètes m orts j", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 154, "page_imprimee": 1, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 1603, "texte": "Devant l’Océan\n\n  A qui l ’aim e la m er seule suffit. L e bruit seulem ent d’ un\npas hum ain choque celui qui est organisé pour contem ­\npler, pendant des heures entières, cette im m ensité, pour\ninterroger le m ystérieux infini dans un isolem ent que\ntrouble seul le clapotem ent des vagu es.\n   L es gens du m onde, on serait tenter de le dire, s’ap­\nprochent de la m er com m e ils s’approchent de la politique.\nIl n’ont point la tête assez forte pour sonder ces abîm es,\npour se m esurer avec la puissance secrète qui m et ces\nm ontagnes écum antes en m ouvem ent, et qui soudain les\nrappelle au m om ent où il sem ble qu’elles vont tout en­\nvah ir et tout détruire.\n  L a lam e m ugissante les déconcerte et les étou rd it; le\ncoqu illage ne leur apprend rien.\n  Ils ne blasphèm ent point devant ces colères superbes\nqui s ’excitent et s’apaisent tour à to u r; m ais ils ne savent\npas prier-là; ils ne sont pas inspirés par ce tem ple plus\nm ajestueux que S ain t P ierre de R om e : un rivage désert,\ndes flots grondants, un ciel plein d ’ én igm es, et l ’hom m e,\ndebout s’efforçant d’ entrer par la vo lo n té de l’ âm e dans la\ncom m union de ce colossal inconnu, en voyant en gu ise de\nprière, au C réateur de toute chose, quelques unes de ces\nclam eurs inarticulées qui m eurent sans écho dans la solitu­\nde de la grève et dans le brouhara vertigineu x de la m e r ...\n\n\n\n  A u X V I I e et au X V I I I e siècle la m er n’existe ni littérai­\nrem ent, ni m ondainem ent.\n  L a plaine liquide des poètes est un élém ent tout classique\n"}, {"page_pdf": 155, "page_imprimee": 2, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1942, "texte": "                               — 2 —\n\n\nque gouverne N eptune et où s’ ébattent des T rito n s; la\nm er véritable, avec du sable ou des galets, des barques\naux toiles grossières, des filets qu’on racom m ode, n ’appa­\nraît pas une seule fois dans l’œ uvre des com tem porains.\nN u lle tra c e de cet am our qui s’affirme c h e z d ’autres peuples,\nles A n glais et les H ollandais par exem ple, qui inspire\nà chaque instant leurs poètes et leurs peintres; qui se\nm êle à leur existence fam illière.\n   On pourrait m ’objecter qu’il en est de m êm e du senti­\ntim en t de la nature en général. L ’ Astrée, très m yth olo­\ngique et très confuse, ne com pte pas : Mme de S évign é,\nsans doute, a décrit sa propriété des R och ers en phrases\nbien quintessenciées et bien précieuses encore. L a F o n ­\ntaine a parfois des vers d’une saveu r toute cam pagnarde ;\nm ais rien ne sem ble indiquer que les esprits du X V I I e\nsiècle, si élevés, si délicats, si attentifs à tout ce qui touche\nà l’ hom m e lui-m êm e, aient eu l ’idée de regarder une seule\nfois le p a y sa g e ...\n\n\n   D ès que les m arins parlent de la m er, au contraire, leur\nparole n aïve vous tou che et arrive sans efforts à la plus\nsaisissante éloquence.\n   L e dram e de l’O céan, la barque qui clapotte et disparaît\ndans l’abîm e, les am is avec lesquels on a trinqué la veille\net qu’ on n’a plus re v u s... tout cela apparaît devant vos\ny eu x, et ces rudes visages sem blent superbes, tant on y lit\nune adm irable expression de confiance en D ieu, d’abné­\ngation , de courage tranquille.\n   P eu à peu on reconstitue cette âpre existence, cette ba­\ntaille quotidiennem ent renouvelée, on est frappé de la gran­\ndeur sim ple de ces vaillants, grandeur que ne gâte nulle\nem phase, nulle récrim ination nulle de ces protestations\nc o n tre le sort, d o n t ne se privent point les travailleurs d e nos\ncités, qui ne risquent point leur vie pour un aussi m inim e\nsa laire...\n"}, {"page_pdf": 156, "page_imprimee": 3, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 536, "texte": "                                  — 3 —\n\n\n  P our adm irer vraim ent la m er, il faut ou de ces âm es\ncandides et sim ples com m e en ont les m arins, ou de ces\ngénies robustes, épris des grandeurs un peu âpres, trem pés\npour respirer sous le souffle des tem pêtes, com m e H ugo\net C hateaubriand.\n   Q ui parle là est un sot.\n   On ne com prend devant ces étendues sans fin que le p ê­\ncheur qui se tait ou l’artiste qui crie d ’enthousiasm e.\n\n                                              E douard D rum ont.\n\n\n\n\n                   "}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-005", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 3, "page_fin": 4, "titre_corps": "Prière", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Casier", "ancre_debut": "P R I È R E (1)  P o u r les p oètes m orts j", "ancre_fin": "a sier . 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L a brun e t", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 157, "page_imprimee": 4, "debut_caractere": 872, "fin_caractere_exclue": 1662, "texte": "V illers\n                                           A l ’ a u t e u r d e s M o in es.\n\n\n  L en tem en t, lentem ent tom bait l’om bre, couleur de v é ­\ntusté.\n   L e ciel se décolorait en teintes indéfinissables et en ch a­\ntoîm ents inconnus; derrière les collines — à l’occident —\nentre les grands bois de sapins noirs, l ’horizon s’incendiait\net de longues flam bées de feu, filtrant à travers le feuillage,\ncoulaient dans la vallée.\n  E ncore un peu, ce sera le crépuscule. L es forêts se\nnoyent dans un brum e bleuâtre, l ’eau a fini de rouler ses\nors et repose tranquille au pied des vieux m oulins; tout\nlà bas sous les chaum es brillent des lum ières com m e des\nyeu x fatigués qui s’éveillent et dans un coin som bre, fan­\ntastiques et lugubres, se dressent les ruines drapées de\n"}, {"page_pdf": 160, "page_imprimee": 5, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1798, "texte": "                             -   5-\n\nlune qui m et aux m urs écroulés de grands trous béants et\nnoirs.\n\n\n   E t vo ila tout à coup que dans le calm e, des deux tours\nsévères rongées par la dent des tem pêtes, un m ystérieux\net com m e lointain angélus tom be, m élancolique et doux\net s’en va, caressant le toit des chaum ières, se perdre au\nfond de la v a llé e ...\n  E t dans les ruines, tout à l'heu re inertes et assoupies\nsem ble s’éveiller et frém ir l’âm e antique des p ie rres....\n  On dirait des bruissem ents          de feuilles m ortes qui\ndansent et ricanent sur le so l...\n   E cou te, m on âm e !... E cou te, mon cœ ur !...\n   E t par les couloirs som bres où depuis si longtem ps pèse\nle m ystère du silen ce, par les em brasures des fenêtres\no g iv é e s , par les écroulem ents où s’échevèlen t les brousses\net s’ incrustent les ronces, à la clarté lunaire, ce sont eux\nqui passent, eux les m oines, rapides et pieux dans le soir\nfa n to m al...\n   R egard e, m on âm e !... regarde mon cœ ur !...\n   D e to u s côtés — en longues théories — ils viennent à l’in­\nvite des cloches et, deux à deux, drapés dans leur silence\npénètrent dans l’église dont la voû te est le ciel, avec pour\nC ierges les é to ile s...\n   L e s m oines se sont assis aux stalles invisibles : un m ur­\nm ure de prières répond au m urm ure du v e n t...\n   E cou te, m on âm e !.. écoute, mon c œ u r!..\n        D ies irœ, dies illa, solvet seclum in favilla...\n  Grandioses et som bres, les vo ix des m oines s ’élèven t\nébranlant la m asse frém issante du sanctuaire — et s’ en va\npar l’abbaye déserte et les bois du val endorm i m ourir au\nfond du soir la psalm odie m ystiq u e...\n\n\n   L en tem en t, lentem ent s’est éteinte la p rière...\n   E t les m oines se sont levés et, deux à deux, en longues\n"}, {"page_pdf": 161, "page_imprimee": 6, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 540, "texte": "                                — 6 -\n\n\nthéories, vont se confondre dans l ’ob scu r... L e chœ ur a\ndépouillé son inconnu m anteau de clarté; l’om bre rêve en\nl’esseulem ent des ruines, vaste sépulcre où dort le passé.\n\n\n  L e s arbres tourm entent toujours leurs branches au haut\ndes m urs, m ais une à une, — au lon g des ans — com m e\ndes larm es, en les brousailles tom bent les p ierres...\n\n\n   P leurez, m es y e u x ! ... pleure, m on â m e !...\n\n      Septem bre 95.                           A lf.   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L a brun e t", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 161, "page_imprimee": 6, "debut_caractere": 540, "fin_caractere_exclue": 1426, "texte": "LES BRIQUETIERS\n                                                  A P a u l M u ssch e.\n\n\nL a brun e tom be; a u x loin ta in s m orts p lu s rien ne bouge,\nP o u r ta n t là -h a u t, et sans répit, su r la fo u r n a is e ,\n— gestes ry th m és — tou jo u rs se d ressen t, p u is se baissent\nles corps en f e u , dans les a rd eu rs du co u ch a n t rouge.\n\nD ep u is le so l, de bras en bras, p a r les éch elles,\nla brique vo le à c e u x q u i p ein en t p r è s des braises,\ntandis q u'au loin des torses nus creu sen t la g la ise,\n— tout ru isselan ts, tou t m acu lés — à coups d e p e lle .\n\nO q u ’ils sont b ea u x en leu rs la b eu rs h ercu léen s,\nces p a r ia s su a nt leu r sa n g p o u r d u p a in n o ir '.....\nF il s de M a m m o n , vous les blasés, venez d o n c voir,\na u x soirs sang la nts, p e in e r en co r les P lé b é en s !\n\n     15 Septem bre 18 9 5 .\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-009", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 7, "page_fin": 7, "titre_corps": "Les Cygnes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Ramaekers", "ancre_debut": "L es Certes                                            A G eorges R od en b ach.", "ancre_fin": "G eorges R am aekers.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "V e r s   l e    B o n h e u r     L a isse-m o i reposer la tê", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 162, "page_imprimee": 7, "debut_caractere": 67, "fin_caractere_exclue": 992, "texte": "L es Certes\n                                              A G eorges R od en b ach.\n\n\n\n\nC e m atin j e m e su is assis su r le v ie u x banc,\ntou t au f o n d d e la p a i x du p e tit sen tier som bre,\nq u i va, sous les a r c e a u x f e u i llu s , m o u rir dans l ’om bre\net long e l'é ta n g n o ir où sont les cy g n es blancs.\n\nL e s cy g n e s bla ncs, en cor p lu s blancs, su r l'é ta n g noir,\nq u e les j o u r s du f e u illa g e , à p ein e une seconde,\nm e p erm etta ien t, de loin en loin , d'a p ercevoir,\nm ira n t le u r m ajesté d ans le m iro ir d e l'o n d e.\n\nA voir v o g u er les cy g n es b lancs com m e des âmes,\nlors dans mon cœ u r aussi vogua n o u vel E sp o ir,\ndans l ’on de d e mon cœ u r m ira n t ses b la n ch es fla m m es,\ncom m e fa is a ie n t les cy g n es bla ncs, dans l'é ta n g noir.\n\n      J u ille t 1 8 9 5                G 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"texte": "V e r s   l e    B o n h e u r\n\n\n\n\nL a isse-m o i reposer la tête, ô je u n e am ie,\nP a r m i tes n oirs c h ev e u x p le in s d e substils p a r fu m s ;\nE t berce da n s l ’o u b li des désespoirs d éfu n ts,\nA v e c ta v o ix d 'a rg en t, ma la n g u e u r end orm ie !\n\nS ou s les ra y o n s d 'a m o u r que versent tes y e u x bruns,\nM o n âm e s'illu m in e en mon corps d ’aném ie :\nT e l, un som bre océan s'é cla ir e en l'a cca lm ie,\nQ u a n d le s o le il j o y e u x dissipe les em b ru n s...\n"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 8, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 511, "texte": "                                 — 8 —\n\n\nD o u x ange a u réo lé, su r tes p a s tu m 'entraînes\nV ers l'éd en calm e et bleu des voluptés sereines,\nT u m 'ouvres lentem ent les p o r tes d ’or du C ie l;\n\nT u f a i s l'h e u r e u x so u r ir e h a biter su r ma bouche,\nE t s ’e n fu ir d e mon f r o n t la tristesse fa r o u c h e\nA u x b ru it m é lo d ie u x de tes baisers de m ie l!\n                                                 F ranz       A nsel.\n     A v r il i 89 4.\n\n\n\n\n                        "}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-011", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 8, "page_fin": 8, "titre_corps": "Les Gitanos", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Alfred Cousin", "ancre_debut": "L e s G i t a n 0 s (1)                                                      A Jo sé d ’Acéquia                     J 'a im e vo", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 163, "page_imprimee": 8, "debut_caractere": 511, "fin_caractere_exclue": 1514, "texte": "L e s G i t a n 0 s (1)\n                                                     A Jo sé d ’Acéquia\n\n\n\n\n                J 'a im e vos a cco rd s j o y e u x ,\n                E t le r y th m e et la cad ence\n                D e vos chants, de votre danse,\n                E t les écla ir s de vos y e u x ,\n\n                J 'a im e vos soupirs p r o fo n d s\n                Q u i s 'e x a le n t longs et vagues,\n                T e lle , la p la in te des vagues\n                Q u i se h eu rten t su r les f o n d s .\n\n                J ’aim e vos b elles chansons,\n                Vos traînantes m élopées,\n                Vos superbes épopées,\n                a u x a ccen ts v ifs de cla iron s.\n\n                Oh ! j e vous aim e vous tous :\n                Vous, les vagabonds T sig a n es,\n                V ous, errantes caravan es\n                Q u i p é r é g r in e z ch ez nous !\n                                             A lfred        C o u s in .\n (1) De Gitanos en préparation.\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-012", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 9, "page_fin": 12, "titre_corps": "La Renaissance chrétienne", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Emmanuel", "ancre_debut": "La Renaissance Chrétienne     L ’autre m idi, com m e je m ’en", "ancre_fin": "G eorges E m m anuel.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "MON C I M E T I È R E         M o n cim etière est un v ie", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 164, "page_imprimee": 9, "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "La Renaissance Chrétienne\n\n   L ’autre m idi, com m e je m ’en retournais hâtif vers le\nrepas, dans la cohue bureaucratique, qui en vahit à cette\nheure les abords des m inistères, j ’en tr’aperçu tout-à-coup\nle grand tricorne et le rabat blanc, tranchant sur la robe\nnoire, des F rères des E coles chrétiennes.\n  B ien que je ne l’eus de m a vie rencontré que deux fois\nencore, à ce regard perdu de rêveur, à cette lèvre ironique\net pâle, sous ce m anteau d’ « ignorantin » je té à l’artiste,\n— m anches ballantes — sur les épaules, de prim e abord\nje reconnus le F rère M arès, le directeur actuel des É coles\narchitecturales de S ain t-L u c.\n  E t cette sim ple rencontre (faisant taire soudain les con­\nvoitises pentagruélique s, qu’am eutaient en mon estom ac\ncreux les senteurs chaudes et affriolantes des cuisines,)\norienta brusquem ent mon esprit vers çette œ uvre de ré­\nnovation splendide de l’art ogival en terre belge : les nou­\nvelles académ ies de S ain t-L u c.\n  M aintenant, étranger à tout le bruit am biant de la rue,\nm archant d’une m arche inconsciente et ne regardant plus\nq u ’a vec les yeu x de la m ém oire, je revoyais dans cette\nvaste salle de l’É cole S t-L u c de B ruxelles, rue des P a ­\nlais, tel qu’au 6 A o û t 1894, le savant archéologue vice-\nprésident de la G hild e S t-T h om as et S t-L u c , le chanoine\nD e lv ig n e , faisant revivre devant le deuil des jeun es dis­\nciples rassem blés, la grande vie du m aitre défunt : « de\nM . le baron B ethu n e, l’inspirateur, le père, peut-on dire,\ndes nouvelles académ ies de S t-L u c ».\n   A lo rs, dans la vivacité du souvenir, croyant ouïr encore\nson éloquent panégyriste, com m e en un vaste panoram a\nm ’apparut la carrière glorieuse et par trop ign orée, de\nJean B eth u n e, le bâtisseur chrétien :\n"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 10, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3149, "texte": "                                                —     10    —\n\n\n    Depuis le providentiel entretien de C ourtrai, au cours\nduquel, sans le savoir, l’ illustre M ontalem bert révélait à\nl ’enthousiaste credo de son jeu n e am i, en m êm e tem ps\nque l’existence d ’un art croyant, sa vocation d’artiste; ju s ­\nqu’à cette m ort récente et m ille fois trop hâtive, m ais pas\nassez pourtant pour avoir su frapper ce travailleur jam ais\nlas avant qu’il eut vu de ses yeu x le fruit de ses labeurs :\nle triom phe de cet art gothiqu e et national, pour la réha­\nbilitation duquel il avait lu tté sans relâche.\n   E t D ieu sait ce qu'il avait fallu apporté d’én ergie, de\nténacité, d’argum entation pérem ptoire, pour faire triom ­\npher en cette jo û te esthétique l ’architectu re catholique du\nm oyen-âge, du dogm atism e intolérant « de cette renais­\nsance payenne du X V e et du X V I e siècle, source féconde\nde tant d’ erreurs dans l’ordre religieu x et politique, litté­\nraire et artistique ».\n      I l s e m b la it à p r e m iè r e v u e , q u ’ il é ta it t o u t a u s s i r a is o n n a b le au\nm o in s , d e v o u s ra m e n e r à l ’â g e d e s L o u is v a n B o d e g h e m , d e s W a e ­\ng e m a e k e r , d e s K e ld e r m a n s , d es J e a n d e R u y s b r o e k , d e s S u lp ic e v a n\nV o r s t , d e s M a th ie u d e L a y e n s , q u e de n o u s tr a n s p la n te r à A t h è n e s\ns o u s P h id ia s e t I c t in u s , à D e lp h e s s o u s P o ly g n o t e , o u à R o m e a u\nm illie u d e s m a s s e s o u v r iè r e s é le v a n t le P a n t h é o n e t le C o lis é e .           Il\nn ’ en fu t r ie n . C h o s e é tr a n g e , e x p liq u é e p a r la c h u t e o r ig in e l le : l ’ h o m ­\nm e e s t c r é é p o u r le v r a i et il a im e le f a u x . T r o m p é e p a r d e s le t tr é s\né c h a p p é e s a u s a c d e B y z a n c e s o u s M a h o m e t I I , l ’ o p in o n p u b liq u e\ns 'é t a it la is s é e d ire d e p u is q u a tr e s iè c le s q u ’i l f a l la it r e n ie r c e t a r t\nc h r é tie n , d o n t le s r a c in e s p lo n g e n t d a n s le s c a t a c o m b e s e t d o n t le\np le in é p a n o u is s e m e n t s ’ é ta it fa it au X I I I e s iè c le . O n n o u s a v a it r é ­\np é té s u r to u s le s to n s q u e le s frè re s v a n E y c k et M e m lin c é ta ie n t d e s\nn a ïfs , R u b e n s , fa is a n t s ie n n e l ’ a p p r é c ia tio n d e V a s a r i, q u a lif ia it d e\nbarbare l ’a r c h it e c tu r e g o t h iq u e ; F é n é lo n , d o n t le T élém a q u e f u t n o tre\np r e m ie r m a n u e l d e le c tu r e , n e c o m p r e n a it p o in t q u e le s m é tr o p o le s\nde P a r is e t d e R h e im s a v e c to u te s le u r s p o in t e s e t le u r s r o s e s , d e s\np ie rre s d é c o u p é e s c o m m e du c a r t o n ! p u s s e n t e n c o r e te n ir d e b o u t!\nC e s raffinem ents g o th iq u es, n ’ a v a it rie n d e la sim p licité g re cq u es. !! » ( 1 )\n\n      T els étaient les préjugés que le belge B e th u n e , à la suite\n\n(1)     U n a rtiste ch rétien : le B a r o n B é th u n e , p a r A d . D e lv ig n e . (p . 8).\n"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 11, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2127, "texte": "                               — II —\n\n\ndes quelques hérauts de l’art chrétien, à l’étranger, entre­\nprit d’anéantir ch ez les esprits cultivés de son pays.\n  D éjà, et effet, des talents tels que W e lb y Pugin en\nA n gleterre, D e C oum ont en F ran ce, R eichensperger en\nA llem agn e, avaient « battu en brèche le préjugé qui assu­\nrait à l ’art de l ’antiquité payenne un m onopole tout à fait\ninjustificable quand il s’agit de l ’im poser à une société\nch rétien ne, à des clim ats bien différents de celui de la\nG rèce et de R om e, avec l’em ploi de m atériaux qui sont\nincom patibles avec ses form ules architecturales. »\n   Ces paroles de B ethu n e lui-m êm e, font bien ressortir en\nla clarté de leu r concision, tout l’illogism e de cette im plan­\ntation de l’art italique en pays du N ord, où le soleil trop\nrare et souven t sans éclat, exige pour faire les clairs et les\nombres des reliefs exagérés que ne dem andait pas l’ardent\nPhœ bus du sol classique.\n   C om m e son m aitre P u gin , B éthun e, estim ant lui aussi\nl’expérience du fa it p re u v e p lu s con vain can te q u e d e longues\ndisputes théoriques, qui avortent le plus souven t, ferm a la\nbouche au préjugé non par l ’œ uvre écrite m ais par l’œ uvre\nbâtie ; en bâtissant, selon les principes de l’architectonique\nm édiévale, des chefs-d’œ uvre tels que l’abbaye de Mared-\nsous, assurant à elle seule au génie de son architecte l’im ­\nm ortalité de sa m ém oire. B éth u n e fit plus encore : pour\nperpétuer l’œ uvre entreprise dans tout le feu d e la jeun esse,\nle baron B éthun e fonda à Gand les prem ières écoles gothi­\nques de dessin, noyaux de cette école S ain t-Luc, m ulti­\npliée aujourd’hui dans les centres artistiques de la terre\nbelge et jusque par delà nos frontières du Sud.\n   C ’ est dans la glorieuse cité flam ande, parmi les « Petits\nF rères » — ces « P etit F rères » à la vue desquels le cré­\ntinism e incroyan t s’enfle d’im bécile m épris — que Jean\nB éthun e, le grand esthète, trouva, en la personne du F rère\nM a rès et de ses collaborateurs les continuateurs glorieu x de\nsa haute m ission artistique et chrétienne.\n"}, {"page_pdf": 167, "page_imprimee": 12, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 856, "texte": "                              —   12 —\n\n\n\n   G râce au labeur incessant, grâce au talent surtout de\nces artistes - ignorantins on a pu dire avec vérité que le\nbaron B éthu n e laisse derrière lui une école pleine de vie\net de jeun esse, où la sève coule en abondance, qui a déjà\ncouvert le pays de centaines d’ églises, d’ édifices, de ch â­\nteaux, de m onastères, d’ écoles, et qui renoue au m ilieu\nde nous, par delà l’ éclipse de la Renaissance, les trad i­\ntions perdues du grand art religieu x. »\n   A vous donc B éthun e et M arès, notre adm iration et\nnotre lôs! à vous tous hum bles frères des écoles ch rétien ­\nnes, dignes ém ules de l’ hum ble et sublim e artiste : le frère\nH ugo d ’O ign ies, cham pions de la Renaissance gothique,\ncette « Renaissance chrétienne ! »\n                                     G eorges    E m m anuel.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-013", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 12, "page_fin": 13, "titre_corps": "Mon cimetière", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Gaston Blême", "ancre_debut": "MON C I M E T I È R E         M o n cim etière est un v ie", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 167, "page_imprimee": 12, "debut_caractere": 856, "fin_caractere_exclue": 1442, "texte": "MON C I M E T I È R E\n\n       M o n cim etière est un v ie u x liv re\n       Où d e v ie u x p oètes passés\n       C la m en t leu r tristesse de vivre\n       E n de tristes vers angoissés.\n\n\n       C h a q u e f e u i l l e t ca ch e une tom be\n       E t mes m orts aim és sont des f le u r s ....\n       C a r ici-ba s tou t m eu rt et tom be,\n       T o u t enfin se réso u t en p le u r s .\n\n\n       C e sont d e p etites f le u r s sèches\n       E n le u r b lêm ité q u i séd u it;\n       L e s ligam ents, ce so n t des m èches\n       D e c h e v e u x n oirs com m e la n uit.\n"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 13, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 990, "texte": "                       — 13 —\n\n\nV o ici des œ illets bla ncs et roses,\nD es viollettes au cœ u r d 'o r,\nV oici des p éta les d e roses\nE t des bleuets de m essidor.\n\n\nL ’une m e d it l'a m o u r naissan te\nL e s p re m ie rs baisers créa teu rs\nE t sa g r â c e toute-puissante\nE t ses ch arm es fa s c in a te u r s .\n\n\nL ’a u tre me d it les jo u r s de j o i e ...\nE t ch a cu n e a in si tou r à tou r\nD é r o u le l'échevea u d e soie\nD e notre ex isten ce d 'a m ou r.\n\n\nM a is voici le m yosotis p â le ,\nL e « ne m 'o u b liez p a s » si beau\nQ u 'u n so ir sans lu n e, so ir de r â le\nJ 'a lla i c u e illir su r son tom beau.\n\n\nA in s i j e restera i f id è le\nD a n s les som bres jo u r s à venir\nA tout ce q u i m e p a r le d 'e lle ,\nF id è le à l'a r d e n t sou venir.\n\n\nM o n cim etière est un v ie u x liv re\nO ù d e v ie u x p oètes passés\nC la m en t leu r tristesse de vivre\nE n de tristes vers angoissés.\n\n                                        G aston   B lêm e.\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-014", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 14, "page_fin": 14, "titre_corps": "Un dernier mot à Jean Delville", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Ramaekers", "ancre_debut": "Un dernier mot à Jean Delville     C ette fois l’ excellent h", "ancre_fin": "G eorges R am aekers.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ÇA           ET          LA     « Argumentum baculinum ». 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Ça nous fera toujours quelques tim bres de 35 cent,\nen plus pour l’œ uvre de la Ste-E n fan ce. Grand m erci d’a­\nvan ce.\n  Mais si cette littérature rosi + crucienne peut être très\ngoûtée à la H alle aux poissons, elle ne l’est pas ch ez nous.\n  U ne fois pour toutes, M onsieur, tenez le vous pour d it.\n                                   G eorges   R am aekers.\n\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-015", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 14, "page_fin": 15, "titre_corps": "Çà et là", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Uylenspiegel", "ancre_debut": "ÇA           ET          LA     « Argumentum baculinum ». 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Eekoud en\nse souvenant que la bêtise d’une insulte est en proportion\nde sa violence et ne peut atteindre qne l ’honneur de celui-\nlà seul qui l ’a écrite. (Q u’en pense D elville ?...)\n                                  *\n                                 * *\n   L es artistes de L iè g e continuent toujours d’a ch e v e r dans\nle Journal du poète V alen tin la Rédemption (1) de la L it­\ntérature fran çaise; car (qui oserait l’ig n o r e r ?) elle serait\nincurablem ent m orte de langueur, la pauvre ! si le poète\nsusdit n ’était enfin venu, com m e autrefois M alesherbes,\nlui inoculer à l’aide de sa plum e, cette vigu eu r juvénile\nqu’on ne lui connaissait pas ju sq u ’à ce jo u r trois fois bénit.\n— A llon s, S ire, un bon m ouvem ent! voila trop longtem ps\nque dure l’ ingratitude; réparez cela, et dès les prochaines\nfêtes nationales puissions nous voir épingler par vous à la\npoitrine de V alen tin -l’ Illustre : la « m édaille de sauvetage\nde la clarté française, de la rim e et de la raison ! »\n                           • *\n                              * *\n   Il est de ces phrases qui im m ortalisent un n om ; délec­\ntez-m oi ce spécim en du genre :\n    « V o ic i l ’om bre à s ’ém ouvoir — et c'e st le vent dans les m arronniers !\nL e m a r r o n n i e r d ’ o m b r a g e : I l s ’a l e n t i t e n g r i s o ù t o u t u n effroi de\nf e u i l l e s f u i t e t c l a q u e e t r o m p t le s i l e n c e de s o n m y s t è r e d ’ ê t r e . T o u t\nu n e f f r o i ! E t i l p lie de l ’ être a u son ge g a r d é, et lo n g ( a h ! m o u r ir !...)\nd u v en t, g ris eu r , d ’ un c ie l san s a z u r ! » (???)\n    «       et des m aisons sont le silen ce in d istin ct d e la n g u ir » (???)\n                                            ( s ig n é ) C h a r l e s - L o u i s P h i l i p p e . (2)\n     V ous ne com prenez pas ?......\n     Ça n’est pas étonnant, lui non plus.\n                                                                           U ylen spieg el .\n\n    (1) P a r un o u b li im p a r d o n n a b le les ty p o s                 o n t o m i s l e |poin t (!)\nd ’ a d m i r a t i o n , d e r i g u e u r à la s u i t e d e c e m o t , q u a n d il r é s u m e u n e\nœ u v re aussi ad m ira ble.\n    (2) A r t J e u n e ( A o û t - S e p t e m b r e . 9 5. )\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-016", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 16, "page_fin": 16, "titre_corps": "Les livres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "La Lutte", "ancre_debut": "LES           LIVRES     V i c t o r R e m o u c h a m p s . 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L e cri triom phal de V ie r e te n tira !...\nE spère m on â m e ... »\n                                     *\n                                   * *\n   J e a n C a s i e r . I Flam m es et Flammèches. II S cin tille­\n\nments. (I P . L acom b lez édit. B rux. II. Siffer. édit. Gand.)\n   D eux volum es de poésies détachées, ce qui offre cet\navantage : de nous révéler tout à la fois, l’écrivain en\ndes genres m ultiples et très différents. L ’un des grands\nm érites de l’auteur c ’est, à nos yeu x, sa préoccupation cons­\ntante d’innover dans le rythme et le nombre du vers. S i,\ncom m e il était à prévoir, le résultat n ’a pas toujours abso­\nlum ent répondu, cet effort audacieux n ’en m érite pas m oins\nl’approbation de tous. Surtout que le plus souvent aussi\nheureuse qu’ inattendue est la trouvaille, tém oin « F o rêt »\nla 2e pièce des Flam m es et Flammèches où l’am ple beauté\ndes vers de 16 syllabes.\n   Quand à la source inspiratrice où puise l ’auteur des\nHarmonies chrétiennes e t de Scintillements, la Prière signée\nde lui et parue dans le présent n° de La L utte dit assez\nhaut que Jean Casier est un poète croyant, fier de son\ncredo, et tout débordant de cette F oi catholique par laquelle\nil lui a été donné, dès ici-bas, de connaître et chanter la\nB eauté Infinie, le P oète divin de la Création.\n                                                    L a L utte.\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-017", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 17, "page_fin": 17, "titre_corps": "Abonnements et collaborateurs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "N . B . Les abonnements partent du 1 0 de chaque mois", "ancre_fin": "E m ile V e r h a e r e n .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L a B elgiq u e artistique vient de perdre en la personne", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 172, "page_imprimee": 17, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1132, "texte": "N . B . Les abonnements partent du 1 0 de chaque mois et se\n                    font pour un an.\n\n\nP R O P A G A N D E : T o u te personne qu i nous\n  p rocu rera tro is n o u v e a u x abonnés aura\n  d r o it à u n abonn em ent d ’un an.\n\n  O u tre la R édaction com posée de :\n                    MM. G eorges Kamaekers,\n                         P a u l M u s s c h e (M o r d a c )\n                         A l f . L em aire\n                         G aston B lême\n                         A l f r e d C o u sin\n                         Je a n C asier\n                         P i c t o r , e tc...,\n  on t déjà collaboré à L a Lutte :\n                    MM. E d o u ard D rum ont\n                         J o r is -K a r l H uysm ans\n                         Jean D e lv ille\n                         E lip h a s   Lé v i\n                         P a u l Roca\n                         G eorges Rodenbach\n                         L éo n Rycx\n                         C h a rle s F u ste r\n                         F ranz A n sel\n                         M ax E lskam p\n                         E m ile V e r h a e r e n .\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-018", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 17, "page_fin": 17, "titre_corps": "Auguste Verwée", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pictor", "ancre_debut": "L a B elgiq u e artistique vient de perdre en la personne", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 172, "page_imprimee": 17, "debut_caractere": 1132, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "L a B elgiq u e artistique vient de perdre en la personne\nd’A u gu ste V e rw ée, le plus puissant de ses peintres ani­\nm aliers. J'ai donné ici m êm e il y a trois m ois un «instan­\ntané » de cette belle et glorieuse carrière, trop tôt inter­\nrom pue par la cam arde vendale ! V erw ée réflétait dans ses\ntoiles toute la vie de sa Flandre, dont l’ âme robuste respi­\nrait toute en lui. E h bien, il est des artistes: les peintres\nR ose + C ro ix , com m e Jean D elville, qui dénient toute va ­\nleur esthétique à de pareils ta le n ts!.. D écidém ent le\n« T em p le » du Sâr devrait être transféré, de la Rue de la\nP a ix , à Charenton.\n                                                           P ictor,\n"}]}, {"article_id": "ulb-lutte-1895-10-n7-019", "volume": "ELB-ULB-a084-1895-1896-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a084-1895-1896-000.pdf", "ocr_sha256": "ccd6ea604a8e38ec0f1e7e63dc927b819c68049303c7514df8ff689b6f2fa0ed", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA LUTTE REVUE D ’A R T E T D E S O C IO L O G IE C A T H O L IQ U E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 173, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1501, "texte": "LA                    LUTTE\n        REVUE           D ’A R T E T         D E S O C IO L O G IE C A T H O L IQ U E\n\n                                 D ir e c t e u r : G . R A M A E K E R S\n\n\n\n\nB elgiq u e, 5 francs l ’an. — E tranger, port en sus (5 fr. 60)\n                                 50 centim es le num éro.\n     A N N O N C E S : 20 c e n t im e s la lig n e — R é c la m e s à fo r fa it.\n\n\n\n                       B R O D E R IE A R T IS T IQ U E\n   J e u n e h o m m e d é s ite d o n n e r d e s le ç o n s d e B R O D E R I E D 'O R , —\nS ’ a d r e s s e r p o u r c o n d it io n s , ru e du C e r c le , 8, E t t e r b e e k - B r u x e lle s .\n\n\n\n   I l s e r a r e n d u c o m p t e de tout ou vrage dont un e x e m ­\nplaire sera com m uniqué à la R édaction .\n\n\n    L a L U T T E est en vente :\n\n   A B r u x e lle s , ch ez L a Rose, rue des P aroissien s,\nch ez Istace, au P assa g e; ch ez W a ttia u x , rue de L ongue-\nV ie , etc.\n    A G an d , chez A d . H oste, rue des C ham ps.\n   A L iè g e , chez G n u sé, rue du P ont d 'île , 5 1.\n   A L o u v a in , ch ez P e é te r s r ue de N am ur, 22.\n    A P aris, ch ez C hérie, B oulevard M ontparnasse, 166.\n\n\n\n               IMPRIMERIE-TYPOGRAPHIQUE\n                                   ET     L IT H O G R A P H IQ U E\n\n\n\n\n   V. V A N V I N C K E N R O Y\n                 28, Rue d e s Rentiers,                                              28\n                                           BRUXELLES\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 152, "texte": "                             Première année, N° 7 — OCTOBRE 1895 .\n\nfrs. l’an.          Un n° : 50 cent'.\n\n\n\n\n   La Lutte                             Revue d'Art &\n                                 de Sociologie                                      Catholique\n\n\n\n\n                                       Devant l’ Océan.  . Ed. Drumont\n                                       P r iè re   . . . . Jean Casier\n                                       Villers     . . . . Alf. Lemaire\n                                       Les Briquetiers, . G. Ramaekers\n                                       Les Cygnes . . .          »\n                                       Vers le bonheur . Franz Ansel\n                                       Les Gitanos, . . A. Cousin\n                                       La Renaissance i\n                                         chrétienne   . . G. Emmanuel\n                                       M on cimetière . . G. Blême\n                                       Un dernier mot à\n                                                       . G. Ramaekers\n                                           Jean D elville\n                                       Çà et là .    .   ,\n                                                       . Uylenspiegel\n                                       Les Livres . . . La Lutte\n\n\n\n\n                                                    Rédaction et administration ;\n                                                   15, place Van Meyel, Bruxelles\n\n\n\n\n                        B r u x e ll e s\nIM PRIM ER IE VAN V IN C K E N R O Y, 28, RUE DES R E N TIERS\n"}, {"page_pdf": 153, "texte": "                   R eçu :\n     L e s R e v u e s : L 'A r t W allon, n ° 2 , septem bre 1895 :\n    « I c i, d it le m e m e n t o , q u e lq u e s W a l l o n s s è r e n c o n t r e r o n t : ils\nla i s s e r o n t s ’e x p r im e r l ’ â m e d e la r a c e , q u i c h a n t e e n e u x e t le u r j o i e ,\n le u r   a m b itio n , s e r a i t d e v o ir ,     s u r le u r c o in d e te r r e , s ’ é p a n o u ir\n q u e lq u e s f lo r a is o n s je u n e s e t n o u v e lle s . »\n   A en ju ge r par ses débuts, l'A r t W allon tiendra pro­\nm esse; aussi est-ce avec joie que dès à présent, à son fra­\nternel salut au n ouveau c o n frè re de W a llo n ie, La Lutte\njoint ses félicitations.\n    Durendal, n° 8, août, à lire : * V o u s ven ez en aide à\nl ’A n arch ie! » L e vigou reu x réquisitoire de Pol D em ade\ncon tre l ’éducation classique, dont nous reparlerons, et\n« l’A rt religieu x » de l ’A b b é M oeller.\n  La Justice sociale, nos 27 à 35.\n     L es Temps nouveaux, nos 19 à 23.\n   L e Journal des artistes, nos 36, 37, 38. A u num éro 37\ncette très ju ste rem arque de M. H . N ocq, à propos d’ un\nprojet de reconstitution \"du théâtre antique (!!!) :\n  « Q uelle manie absurde que de vouloir -sans cesse reco n stitu er.\nQuand cesserons-nous de revenir en arrière, toujours, à tout propos?»\n    L A r t Jeune, nos 8-9, où G . E ekhou d fait l’apologie\ndes plus infectes saligauds. C itons encore : Une statue,\npoésie burinée par V erh aeren , de beaux vers (bravo!)\nd ’A rth u r T oiso u l, R an cy, R u yters et le toujours désopi­\nlant charabia de C h .-L . P hrlippe.\n   La Presse artistique et littéraire, bi-m ensuel, n° 7, octo­\nbre, où, à côté de très intéressants articles sur l’art m usi­\ncal et la peinture, une m ordante satyre de l'auri sacra\nfaînes, par C am ille L epêch e : « S eign eu r m illion. »\n  L a Ligue artistique, bi-m ensuel, n° 19, octobre. T e n ­\ndances esotériques à part, m agnifique et virulen t article\nde L evêq u e et signé J. D . J, (?), une page « d’apologéti­\nque » (??) r o s i +crucienne «défendant» notre excellent ami\nJ. D elville.\n  Journal des gens de lettres belges. U n très bon article de\nM ax d Oudenaerde sur l’ E li Route de J.-K . H u ysm ans, et\ndes polém iques souvent m êm e sp iritu elles, com m e\nœuvres : o.\n"}, {"page_pdf": 154, "texte": "                                - I —\n\n\n\n\n             Devant l’Océan\n\n  A qui l ’aim e la m er seule suffit. L e bruit seulem ent d’ un\npas hum ain choque celui qui est organisé pour contem ­\npler, pendant des heures entières, cette im m ensité, pour\ninterroger le m ystérieux infini dans un isolem ent que\ntrouble seul le clapotem ent des vagu es.\n   L es gens du m onde, on serait tenter de le dire, s’ap­\nprochent de la m er com m e ils s’approchent de la politique.\nIl n’ont point la tête assez forte pour sonder ces abîm es,\npour se m esurer avec la puissance secrète qui m et ces\nm ontagnes écum antes en m ouvem ent, et qui soudain les\nrappelle au m om ent où il sem ble qu’elles vont tout en­\nvah ir et tout détruire.\n  L a lam e m ugissante les déconcerte et les étou rd it; le\ncoqu illage ne leur apprend rien.\n  Ils ne blasphèm ent point devant ces colères superbes\nqui s ’excitent et s’apaisent tour à to u r; m ais ils ne savent\npas prier-là; ils ne sont pas inspirés par ce tem ple plus\nm ajestueux que S ain t P ierre de R om e : un rivage désert,\ndes flots grondants, un ciel plein d ’ én igm es, et l ’hom m e,\ndebout s’efforçant d’ entrer par la vo lo n té de l’ âm e dans la\ncom m union de ce colossal inconnu, en voyant en gu ise de\nprière, au C réateur de toute chose, quelques unes de ces\nclam eurs inarticulées qui m eurent sans écho dans la solitu­\nde de la grève et dans le brouhara vertigineu x de la m e r ...\n\n\n\n  A u X V I I e et au X V I I I e siècle la m er n’existe ni littérai­\nrem ent, ni m ondainem ent.\n  L a plaine liquide des poètes est un élém ent tout classique\n"}, {"page_pdf": 155, "texte": "                               — 2 —\n\n\nque gouverne N eptune et où s’ ébattent des T rito n s; la\nm er véritable, avec du sable ou des galets, des barques\naux toiles grossières, des filets qu’on racom m ode, n ’appa­\nraît pas une seule fois dans l’œ uvre des com tem porains.\nN u lle tra c e de cet am our qui s’affirme c h e z d ’autres peuples,\nles A n glais et les H ollandais par exem ple, qui inspire\nà chaque instant leurs poètes et leurs peintres; qui se\nm êle à leur existence fam illière.\n   On pourrait m ’objecter qu’il en est de m êm e du senti­\ntim en t de la nature en général. L ’ Astrée, très m yth olo­\ngique et très confuse, ne com pte pas : Mme de S évign é,\nsans doute, a décrit sa propriété des R och ers en phrases\nbien quintessenciées et bien précieuses encore. L a F o n ­\ntaine a parfois des vers d’une saveu r toute cam pagnarde ;\nm ais rien ne sem ble indiquer que les esprits du X V I I e\nsiècle, si élevés, si délicats, si attentifs à tout ce qui touche\nà l’ hom m e lui-m êm e, aient eu l ’idée de regarder une seule\nfois le p a y sa g e ...\n\n\n   D ès que les m arins parlent de la m er, au contraire, leur\nparole n aïve vous tou che et arrive sans efforts à la plus\nsaisissante éloquence.\n   L e dram e de l’O céan, la barque qui clapotte et disparaît\ndans l’abîm e, les am is avec lesquels on a trinqué la veille\net qu’ on n’a plus re v u s... tout cela apparaît devant vos\ny eu x, et ces rudes visages sem blent superbes, tant on y lit\nune adm irable expression de confiance en D ieu, d’abné­\ngation , de courage tranquille.\n   P eu à peu on reconstitue cette âpre existence, cette ba­\ntaille quotidiennem ent renouvelée, on est frappé de la gran­\ndeur sim ple de ces vaillants, grandeur que ne gâte nulle\nem phase, nulle récrim ination nulle de ces protestations\nc o n tre le sort, d o n t ne se privent point les travailleurs d e nos\ncités, qui ne risquent point leur vie pour un aussi m inim e\nsa laire...\n"}, {"page_pdf": 156, "texte": "                                  — 3 —\n\n\n  P our adm irer vraim ent la m er, il faut ou de ces âm es\ncandides et sim ples com m e en ont les m arins, ou de ces\ngénies robustes, épris des grandeurs un peu âpres, trem pés\npour respirer sous le souffle des tem pêtes, com m e H ugo\net C hateaubriand.\n   Q ui parle là est un sot.\n   On ne com prend devant ces étendues sans fin que le p ê­\ncheur qui se tait ou l’artiste qui crie d ’enthousiasm e.\n\n                                              E douard D rum ont.\n\n\n\n\n                   P R I È R E (1)\n\nP o u r les p oètes m orts j e vous p r ie hum blem ent,\nS e ig n e u r ,... contem plent-ils votre g lo ir e bénie ?\nJ e m e tro u b le, j e p r ie avec un tr e m b le m e n t...\nO h ! si leu rs y e u x avaient h eu rté l ’om bre in fin ie;\nE u x f a i t s p o u r m ie u x v o ler à votre j o u r d ivin ,\nS ’ils a vaien t d é ch iré le u r a ile vaine et lasse ;\nE u x f a i t s p o u r m ie u x se :jo in d r e a u x chan ts d u séraphin,\na u x r y th m es a m o u r e u x d o n t le c ie l vous en la ce,\nE u x f a i t s p o u r votre c la ir e et d o u ce ro y a u té,\nS 'ils a vaien t p o u r leu r c h e f h id e u x le r o i d e l ’ O m bre,\nS ’ils en ten da ien t — ch erch e u rs d 'h a rm o n iq u e b ea u té —\nL e s g rin cem en ts, les cris a ig ris d u g o u ffr e so m b re ...\nS eig n eu r, q u els désespoirs, q u els abîm es d 'en n u i\nP o u r les cœ u rs se tord a n t vers V ous, l'in a c c e s s ib le !\nO h ! f a i t e s r a y o n n e r vos y e u x dans cette nu it\n          E t p a r d o n n e z s ’il est p o s s ib le ! —\nP itié p o u r e u x , Jésu s, P o è te essentiel :\n\n     (1) De Scintillem ents.\n"}, {"page_pdf": 157, "texte": "                               — 4 —\n\nP it ié p a r vos d o u leu rs, p itié p a r votre g lo ir e ,\nP it ié p a r votre sa n g que leu r s o i f vo u d ra it boire,\nP it ié p a r votre C œ u r d o n t l'am ou r f a i t le c ie l. . .\nM a is si p o u r ces cap tifs de l'é té rn ité noire,\nN u lle g râ c e ne p e u t ra m en er la victoire, —\nP it ié p o u r nous, S eig n eu r, p o u r nous q u i survivons,\nP o u r nous leu rs f i s , p o u r nous leu rs f r è r e s ;\nV ous êtes l'I d é a l vivant que nous rêvons :\nD o n n ez-n o u s, dans la n u it des efforts littéra ires\nD e le voir, et m a lg ré tant de brum es contra ires,\n         A u tem ple et sous les d e u x p r o fo n d s ,\nD e lever j u s q u ’à V ous ces y e u x que nous levons !\n                                                  Jean        C a sier .\n\n      O ctobre 1894.\n\n\n\n\n                     V illers\n                                           A l ’ a u t e u r d e s M o in es.\n\n\n  L en tem en t, lentem ent tom bait l’om bre, couleur de v é ­\ntusté.\n   L e ciel se décolorait en teintes indéfinissables et en ch a­\ntoîm ents inconnus; derrière les collines — à l’occident —\nentre les grands bois de sapins noirs, l ’horizon s’incendiait\net de longues flam bées de feu, filtrant à travers le feuillage,\ncoulaient dans la vallée.\n  E ncore un peu, ce sera le crépuscule. L es forêts se\nnoyent dans un brum e bleuâtre, l ’eau a fini de rouler ses\nors et repose tranquille au pied des vieux m oulins; tout\nlà bas sous les chaum es brillent des lum ières com m e des\nyeu x fatigués qui s’éveillent et dans un coin som bre, fan­\ntastiques et lugubres, se dressent les ruines drapées de\n"}, {"page_pdf": 158, "texte": "             V i l lers\n\n\nOctobre 95                Sup p lém ent à l a Lutte\n"}, {"page_pdf": 159, "texte": ""}, {"page_pdf": 160, "texte": "                             -   5-\n\nlune qui m et aux m urs écroulés de grands trous béants et\nnoirs.\n\n\n   E t vo ila tout à coup que dans le calm e, des deux tours\nsévères rongées par la dent des tem pêtes, un m ystérieux\net com m e lointain angélus tom be, m élancolique et doux\net s’en va, caressant le toit des chaum ières, se perdre au\nfond de la v a llé e ...\n  E t dans les ruines, tout à l'heu re inertes et assoupies\nsem ble s’éveiller et frém ir l’âm e antique des p ie rres....\n  On dirait des bruissem ents          de feuilles m ortes qui\ndansent et ricanent sur le so l...\n   E cou te, m on âm e !... E cou te, mon cœ ur !...\n   E t par les couloirs som bres où depuis si longtem ps pèse\nle m ystère du silen ce, par les em brasures des fenêtres\no g iv é e s , par les écroulem ents où s’échevèlen t les brousses\net s’ incrustent les ronces, à la clarté lunaire, ce sont eux\nqui passent, eux les m oines, rapides et pieux dans le soir\nfa n to m al...\n   R egard e, m on âm e !... regarde mon cœ ur !...\n   D e to u s côtés — en longues théories — ils viennent à l’in­\nvite des cloches et, deux à deux, drapés dans leur silence\npénètrent dans l’église dont la voû te est le ciel, avec pour\nC ierges les é to ile s...\n   L e s m oines se sont assis aux stalles invisibles : un m ur­\nm ure de prières répond au m urm ure du v e n t...\n   E cou te, m on âm e !.. écoute, mon c œ u r!..\n        D ies irœ, dies illa, solvet seclum in favilla...\n  Grandioses et som bres, les vo ix des m oines s ’élèven t\nébranlant la m asse frém issante du sanctuaire — et s’ en va\npar l’abbaye déserte et les bois du val endorm i m ourir au\nfond du soir la psalm odie m ystiq u e...\n\n\n   L en tem en t, lentem ent s’est éteinte la p rière...\n   E t les m oines se sont levés et, deux à deux, en longues\n"}, {"page_pdf": 161, "texte": "                                — 6 -\n\n\nthéories, vont se confondre dans l ’ob scu r... L e chœ ur a\ndépouillé son inconnu m anteau de clarté; l’om bre rêve en\nl’esseulem ent des ruines, vaste sépulcre où dort le passé.\n\n\n  L e s arbres tourm entent toujours leurs branches au haut\ndes m urs, m ais une à une, — au lon g des ans — com m e\ndes larm es, en les brousailles tom bent les p ierres...\n\n\n   P leurez, m es y e u x ! ... pleure, m on â m e !...\n\n      Septem bre 95.                           A lf.   L em air e.\n\n\n\n\n              LES BRIQUETIERS\n                                                  A P a u l M u ssch e.\n\n\nL a brun e tom be; a u x loin ta in s m orts p lu s rien ne bouge,\nP o u r ta n t là -h a u t, et sans répit, su r la fo u r n a is e ,\n— gestes ry th m és — tou jo u rs se d ressen t, p u is se baissent\nles corps en f e u , dans les a rd eu rs du co u ch a n t rouge.\n\nD ep u is le so l, de bras en bras, p a r les éch elles,\nla brique vo le à c e u x q u i p ein en t p r è s des braises,\ntandis q u'au loin des torses nus creu sen t la g la ise,\n— tout ru isselan ts, tou t m acu lés — à coups d e p e lle .\n\nO q u ’ils sont b ea u x en leu rs la b eu rs h ercu léen s,\nces p a r ia s su a nt leu r sa n g p o u r d u p a in n o ir '.....\nF il s de M a m m o n , vous les blasés, venez d o n c voir,\na u x soirs sang la nts, p e in e r en co r les P lé b é en s !\n\n     15 Septem bre 18 9 5 .\n"}, {"page_pdf": 162, "texte": "                                 -   7 -\n\n\n\n                       L es Certes\n                                              A G eorges R od en b ach.\n\n\n\n\nC e m atin j e m e su is assis su r le v ie u x banc,\ntou t au f o n d d e la p a i x du p e tit sen tier som bre,\nq u i va, sous les a r c e a u x f e u i llu s , m o u rir dans l ’om bre\net long e l'é ta n g n o ir où sont les cy g n es blancs.\n\nL e s cy g n e s bla ncs, en cor p lu s blancs, su r l'é ta n g noir,\nq u e les j o u r s du f e u illa g e , à p ein e une seconde,\nm e p erm etta ien t, de loin en loin , d'a p ercevoir,\nm ira n t le u r m ajesté d ans le m iro ir d e l'o n d e.\n\nA voir v o g u er les cy g n es b lancs com m e des âmes,\nlors dans mon cœ u r aussi vogua n o u vel E sp o ir,\ndans l ’on de d e mon cœ u r m ira n t ses b la n ch es fla m m es,\ncom m e fa is a ie n t les cy g n es bla ncs, dans l'é ta n g noir.\n\n      J u ille t 1 8 9 5                G eorges     R am aekers.\n\n\n\n\n                     V e r s   l e    B o n h e u r\n\n\n\n\nL a isse-m o i reposer la tête, ô je u n e am ie,\nP a r m i tes n oirs c h ev e u x p le in s d e substils p a r fu m s ;\nE t berce da n s l ’o u b li des désespoirs d éfu n ts,\nA v e c ta v o ix d 'a rg en t, ma la n g u e u r end orm ie !\n\nS ou s les ra y o n s d 'a m o u r que versent tes y e u x bruns,\nM o n âm e s'illu m in e en mon corps d ’aném ie :\nT e l, un som bre océan s'é cla ir e en l'a cca lm ie,\nQ u a n d le s o le il j o y e u x dissipe les em b ru n s...\n"}, {"page_pdf": 163, "texte": "                                 — 8 —\n\n\nD o u x ange a u réo lé, su r tes p a s tu m 'entraînes\nV ers l'éd en calm e et bleu des voluptés sereines,\nT u m 'ouvres lentem ent les p o r tes d ’or du C ie l;\n\nT u f a i s l'h e u r e u x so u r ir e h a biter su r ma bouche,\nE t s ’e n fu ir d e mon f r o n t la tristesse fa r o u c h e\nA u x b ru it m é lo d ie u x de tes baisers de m ie l!\n                                                 F ranz       A nsel.\n     A v r il i 89 4.\n\n\n\n\n                        L e s G i t a n 0 s (1)\n                                                     A Jo sé d ’Acéquia\n\n\n\n\n                J 'a im e vos a cco rd s j o y e u x ,\n                E t le r y th m e et la cad ence\n                D e vos chants, de votre danse,\n                E t les écla ir s de vos y e u x ,\n\n                J 'a im e vos soupirs p r o fo n d s\n                Q u i s 'e x a le n t longs et vagues,\n                T e lle , la p la in te des vagues\n                Q u i se h eu rten t su r les f o n d s .\n\n                J ’aim e vos b elles chansons,\n                Vos traînantes m élopées,\n                Vos superbes épopées,\n                a u x a ccen ts v ifs de cla iron s.\n\n                Oh ! j e vous aim e vous tous :\n                Vous, les vagabonds T sig a n es,\n                V ous, errantes caravan es\n                Q u i p é r é g r in e z ch ez nous !\n                                             A lfred        C o u s in .\n (1) De Gitanos en préparation.\n"}, {"page_pdf": 164, "texte": "                            -   9 -\n\n\n\n\n       La Renaissance Chrétienne\n\n   L ’autre m idi, com m e je m ’en retournais hâtif vers le\nrepas, dans la cohue bureaucratique, qui en vahit à cette\nheure les abords des m inistères, j ’en tr’aperçu tout-à-coup\nle grand tricorne et le rabat blanc, tranchant sur la robe\nnoire, des F rères des E coles chrétiennes.\n  B ien que je ne l’eus de m a vie rencontré que deux fois\nencore, à ce regard perdu de rêveur, à cette lèvre ironique\net pâle, sous ce m anteau d’ « ignorantin » je té à l’artiste,\n— m anches ballantes — sur les épaules, de prim e abord\nje reconnus le F rère M arès, le directeur actuel des É coles\narchitecturales de S ain t-L u c.\n  E t cette sim ple rencontre (faisant taire soudain les con­\nvoitises pentagruélique s, qu’am eutaient en mon estom ac\ncreux les senteurs chaudes et affriolantes des cuisines,)\norienta brusquem ent mon esprit vers çette œ uvre de ré­\nnovation splendide de l’art ogival en terre belge : les nou­\nvelles académ ies de S ain t-L u c.\n  M aintenant, étranger à tout le bruit am biant de la rue,\nm archant d’une m arche inconsciente et ne regardant plus\nq u ’a vec les yeu x de la m ém oire, je revoyais dans cette\nvaste salle de l’É cole S t-L u c de B ruxelles, rue des P a ­\nlais, tel qu’au 6 A o û t 1894, le savant archéologue vice-\nprésident de la G hild e S t-T h om as et S t-L u c , le chanoine\nD e lv ig n e , faisant revivre devant le deuil des jeun es dis­\nciples rassem blés, la grande vie du m aitre défunt : « de\nM . le baron B ethu n e, l’inspirateur, le père, peut-on dire,\ndes nouvelles académ ies de S t-L u c ».\n   A lo rs, dans la vivacité du souvenir, croyant ouïr encore\nson éloquent panégyriste, com m e en un vaste panoram a\nm ’apparut la carrière glorieuse et par trop ign orée, de\nJean B eth u n e, le bâtisseur chrétien :\n"}, {"page_pdf": 165, "texte": "                                                —     10    —\n\n\n    Depuis le providentiel entretien de C ourtrai, au cours\nduquel, sans le savoir, l’ illustre M ontalem bert révélait à\nl ’enthousiaste credo de son jeu n e am i, en m êm e tem ps\nque l’existence d ’un art croyant, sa vocation d’artiste; ju s ­\nqu’à cette m ort récente et m ille fois trop hâtive, m ais pas\nassez pourtant pour avoir su frapper ce travailleur jam ais\nlas avant qu’il eut vu de ses yeu x le fruit de ses labeurs :\nle triom phe de cet art gothiqu e et national, pour la réha­\nbilitation duquel il avait lu tté sans relâche.\n   E t D ieu sait ce qu'il avait fallu apporté d’én ergie, de\nténacité, d’argum entation pérem ptoire, pour faire triom ­\npher en cette jo û te esthétique l ’architectu re catholique du\nm oyen-âge, du dogm atism e intolérant « de cette renais­\nsance payenne du X V e et du X V I e siècle, source féconde\nde tant d’ erreurs dans l’ordre religieu x et politique, litté­\nraire et artistique ».\n      I l s e m b la it à p r e m iè r e v u e , q u ’ il é ta it t o u t a u s s i r a is o n n a b le au\nm o in s , d e v o u s ra m e n e r à l ’â g e d e s L o u is v a n B o d e g h e m , d e s W a e ­\ng e m a e k e r , d e s K e ld e r m a n s , d es J e a n d e R u y s b r o e k , d e s S u lp ic e v a n\nV o r s t , d e s M a th ie u d e L a y e n s , q u e de n o u s tr a n s p la n te r à A t h è n e s\ns o u s P h id ia s e t I c t in u s , à D e lp h e s s o u s P o ly g n o t e , o u à R o m e a u\nm illie u d e s m a s s e s o u v r iè r e s é le v a n t le P a n t h é o n e t le C o lis é e .           Il\nn ’ en fu t r ie n . C h o s e é tr a n g e , e x p liq u é e p a r la c h u t e o r ig in e l le : l ’ h o m ­\nm e e s t c r é é p o u r le v r a i et il a im e le f a u x . T r o m p é e p a r d e s le t tr é s\né c h a p p é e s a u s a c d e B y z a n c e s o u s M a h o m e t I I , l ’ o p in o n p u b liq u e\ns 'é t a it la is s é e d ire d e p u is q u a tr e s iè c le s q u ’i l f a l la it r e n ie r c e t a r t\nc h r é tie n , d o n t le s r a c in e s p lo n g e n t d a n s le s c a t a c o m b e s e t d o n t le\np le in é p a n o u is s e m e n t s ’ é ta it fa it au X I I I e s iè c le . O n n o u s a v a it r é ­\np é té s u r to u s le s to n s q u e le s frè re s v a n E y c k et M e m lin c é ta ie n t d e s\nn a ïfs , R u b e n s , fa is a n t s ie n n e l ’ a p p r é c ia tio n d e V a s a r i, q u a lif ia it d e\nbarbare l ’a r c h it e c tu r e g o t h iq u e ; F é n é lo n , d o n t le T élém a q u e f u t n o tre\np r e m ie r m a n u e l d e le c tu r e , n e c o m p r e n a it p o in t q u e le s m é tr o p o le s\nde P a r is e t d e R h e im s a v e c to u te s le u r s p o in t e s e t le u r s r o s e s , d e s\np ie rre s d é c o u p é e s c o m m e du c a r t o n ! p u s s e n t e n c o r e te n ir d e b o u t!\nC e s raffinem ents g o th iq u es, n ’ a v a it rie n d e la sim p licité g re cq u es. !! » ( 1 )\n\n      T els étaient les préjugés que le belge B e th u n e , à la suite\n\n(1)     U n a rtiste ch rétien : le B a r o n B é th u n e , p a r A d . D e lv ig n e . (p . 8).\n"}, {"page_pdf": 166, "texte": "                               — II —\n\n\ndes quelques hérauts de l’art chrétien, à l’étranger, entre­\nprit d’anéantir ch ez les esprits cultivés de son pays.\n  D éjà, et effet, des talents tels que W e lb y Pugin en\nA n gleterre, D e C oum ont en F ran ce, R eichensperger en\nA llem agn e, avaient « battu en brèche le préjugé qui assu­\nrait à l ’art de l ’antiquité payenne un m onopole tout à fait\ninjustificable quand il s’agit de l ’im poser à une société\nch rétien ne, à des clim ats bien différents de celui de la\nG rèce et de R om e, avec l’em ploi de m atériaux qui sont\nincom patibles avec ses form ules architecturales. »\n   Ces paroles de B ethu n e lui-m êm e, font bien ressortir en\nla clarté de leu r concision, tout l’illogism e de cette im plan­\ntation de l’art italique en pays du N ord, où le soleil trop\nrare et souven t sans éclat, exige pour faire les clairs et les\nombres des reliefs exagérés que ne dem andait pas l’ardent\nPhœ bus du sol classique.\n   C om m e son m aitre P u gin , B éthun e, estim ant lui aussi\nl’expérience du fa it p re u v e p lu s con vain can te q u e d e longues\ndisputes théoriques, qui avortent le plus souven t, ferm a la\nbouche au préjugé non par l ’œ uvre écrite m ais par l’œ uvre\nbâtie ; en bâtissant, selon les principes de l’architectonique\nm édiévale, des chefs-d’œ uvre tels que l’abbaye de Mared-\nsous, assurant à elle seule au génie de son architecte l’im ­\nm ortalité de sa m ém oire. B éth u n e fit plus encore : pour\nperpétuer l’œ uvre entreprise dans tout le feu d e la jeun esse,\nle baron B éthun e fonda à Gand les prem ières écoles gothi­\nques de dessin, noyaux de cette école S ain t-Luc, m ulti­\npliée aujourd’hui dans les centres artistiques de la terre\nbelge et jusque par delà nos frontières du Sud.\n   C ’ est dans la glorieuse cité flam ande, parmi les « Petits\nF rères » — ces « P etit F rères » à la vue desquels le cré­\ntinism e incroyan t s’enfle d’im bécile m épris — que Jean\nB éthun e, le grand esthète, trouva, en la personne du F rère\nM a rès et de ses collaborateurs les continuateurs glorieu x de\nsa haute m ission artistique et chrétienne.\n"}, {"page_pdf": 167, "texte": "                              —   12 —\n\n\n\n   G râce au labeur incessant, grâce au talent surtout de\nces artistes - ignorantins on a pu dire avec vérité que le\nbaron B éthu n e laisse derrière lui une école pleine de vie\net de jeun esse, où la sève coule en abondance, qui a déjà\ncouvert le pays de centaines d’ églises, d’ édifices, de ch â­\nteaux, de m onastères, d’ écoles, et qui renoue au m ilieu\nde nous, par delà l’ éclipse de la Renaissance, les trad i­\ntions perdues du grand art religieu x. »\n   A vous donc B éthun e et M arès, notre adm iration et\nnotre lôs! à vous tous hum bles frères des écoles ch rétien ­\nnes, dignes ém ules de l’ hum ble et sublim e artiste : le frère\nH ugo d ’O ign ies, cham pions de la Renaissance gothique,\ncette « Renaissance chrétienne ! »\n                                     G eorges    E m m anuel.\n\n\n\n\n          MON C I M E T I È R E\n\n       M o n cim etière est un v ie u x liv re\n       Où d e v ie u x p oètes passés\n       C la m en t leu r tristesse de vivre\n       E n de tristes vers angoissés.\n\n\n       C h a q u e f e u i l l e t ca ch e une tom be\n       E t mes m orts aim és sont des f le u r s ....\n       C a r ici-ba s tou t m eu rt et tom be,\n       T o u t enfin se réso u t en p le u r s .\n\n\n       C e sont d e p etites f le u r s sèches\n       E n le u r b lêm ité q u i séd u it;\n       L e s ligam ents, ce so n t des m èches\n       D e c h e v e u x n oirs com m e la n uit.\n"}, {"page_pdf": 168, "texte": "                       — 13 —\n\n\nV o ici des œ illets bla ncs et roses,\nD es viollettes au cœ u r d 'o r,\nV oici des p éta les d e roses\nE t des bleuets de m essidor.\n\n\nL ’une m e d it l'a m o u r naissan te\nL e s p re m ie rs baisers créa teu rs\nE t sa g r â c e toute-puissante\nE t ses ch arm es fa s c in a te u r s .\n\n\nL ’a u tre me d it les jo u r s de j o i e ...\nE t ch a cu n e a in si tou r à tou r\nD é r o u le l'échevea u d e soie\nD e notre ex isten ce d 'a m ou r.\n\n\nM a is voici le m yosotis p â le ,\nL e « ne m 'o u b liez p a s » si beau\nQ u 'u n so ir sans lu n e, so ir de r â le\nJ 'a lla i c u e illir su r son tom beau.\n\n\nA in s i j e restera i f id è le\nD a n s les som bres jo u r s à venir\nA tout ce q u i m e p a r le d 'e lle ,\nF id è le à l'a r d e n t sou venir.\n\n\nM o n cim etière est un v ie u x liv re\nO ù d e v ie u x p oètes passés\nC la m en t leu r tristesse de vivre\nE n de tristes vers angoissés.\n\n                                        G aston   B lêm e.\n"}, {"page_pdf": 169, "texte": "                            — 14 —\n\n\n         Un dernier mot à Jean Delville\n\n\n  C ette fois l’ excellent hom m e m ’envoie des injures « r e ­\ncom m andées », avec, au bas, cet encadrable nota bene :\n  « J'exige la publication de la présente lettre dans votre pro­\nchain numéro, sinon j e me verrais contraint d'agir légale­\nment. »\n   C om m e il faut toujours être charitable, surtout à l’ égard\nd’adversaires qui n’ont pour tou t argum ent que l ’insulte\ngratuite, je prévins donc très charitablem ent ce m onsieur,\ndans notre dernier num éro, que s’ il nous envoyait encore\nde sa prose en le prenant sur le ton de sa dernière lettre,\nson papier irait où vou s savez.\n   Pourtant, si le cœ ur vous en dit, mon M age, libre à vous\nde dépenser inutilem ent vo tre « tem ps intellectuel », votre\nencre, votre papier et votre salive, à des lettres recom m an­\ndées. Ça nous fera toujours quelques tim bres de 35 cent,\nen plus pour l’œ uvre de la Ste-E n fan ce. Grand m erci d’a­\nvan ce.\n  Mais si cette littérature rosi + crucienne peut être très\ngoûtée à la H alle aux poissons, elle ne l’est pas ch ez nous.\n  U ne fois pour toutes, M onsieur, tenez le vous pour d it.\n                                   G eorges   R am aekers.\n\n\n\n\n               ÇA           ET          LA\n\n   « Argumentum baculinum ». L es quotidiens auront sans\ndoute fait connaître déjà à nos lecteurs la regrettable alga­\nrade, qui s’ est produite rue N eu ve à B ruxelles le mois\n"}, {"page_pdf": 170, "texte": "                                                  —     15 —\n\n\n\ndernier, entre nos deux ém inents confrères : M. G . Eekoud\ndu Coq rouge et A lb . G iraud de la Jeune Belgique, à la\nsuite d’ une violente polém ique littéraire entre c e s d eu x R e­\nvu es. P lus digne eût été, nous sem ble-t-il, M. Eekoud en\nse souvenant que la bêtise d’une insulte est en proportion\nde sa violence et ne peut atteindre qne l ’honneur de celui-\nlà seul qui l ’a écrite. (Q u’en pense D elville ?...)\n                                  *\n                                 * *\n   L es artistes de L iè g e continuent toujours d’a ch e v e r dans\nle Journal du poète V alen tin la Rédemption (1) de la L it­\ntérature fran çaise; car (qui oserait l’ig n o r e r ?) elle serait\nincurablem ent m orte de langueur, la pauvre ! si le poète\nsusdit n ’était enfin venu, com m e autrefois M alesherbes,\nlui inoculer à l’aide de sa plum e, cette vigu eu r juvénile\nqu’on ne lui connaissait pas ju sq u ’à ce jo u r trois fois bénit.\n— A llon s, S ire, un bon m ouvem ent! voila trop longtem ps\nque dure l’ ingratitude; réparez cela, et dès les prochaines\nfêtes nationales puissions nous voir épingler par vous à la\npoitrine de V alen tin -l’ Illustre : la « m édaille de sauvetage\nde la clarté française, de la rim e et de la raison ! »\n                           • *\n                              * *\n   Il est de ces phrases qui im m ortalisent un n om ; délec­\ntez-m oi ce spécim en du genre :\n    « V o ic i l ’om bre à s ’ém ouvoir — et c'e st le vent dans les m arronniers !\nL e m a r r o n n i e r d ’ o m b r a g e : I l s ’a l e n t i t e n g r i s o ù t o u t u n effroi de\nf e u i l l e s f u i t e t c l a q u e e t r o m p t le s i l e n c e de s o n m y s t è r e d ’ ê t r e . T o u t\nu n e f f r o i ! E t i l p lie de l ’ être a u son ge g a r d é, et lo n g ( a h ! m o u r ir !...)\nd u v en t, g ris eu r , d ’ un c ie l san s a z u r ! » (???)\n    «       et des m aisons sont le silen ce in d istin ct d e la n g u ir » (???)\n                                            ( s ig n é ) C h a r l e s - L o u i s P h i l i p p e . (2)\n     V ous ne com prenez pas ?......\n     Ça n’est pas étonnant, lui non plus.\n                                                                           U ylen spieg el .\n\n    (1) P a r un o u b li im p a r d o n n a b le les ty p o s                 o n t o m i s l e |poin t (!)\nd ’ a d m i r a t i o n , d e r i g u e u r à la s u i t e d e c e m o t , q u a n d il r é s u m e u n e\nœ u v re aussi ad m ira ble.\n    (2) A r t J e u n e ( A o û t - S e p t e m b r e . 9 5. )\n"}, {"page_pdf": 171, "texte": "                               — 16 —\n\n\n                  LES           LIVRES\n\n   V i c t o r R e m o u c h a m p s . Le s Aspirations (poèmes en prose)\n\n— V an ier, édit. P aris.\n    E lab oré avant Vers l'A m e, ce beau livre nous révèle\ndéjà la puissance de son a u teu r; l’auteur des Aspirations\nc ’est déjà, en effet, le m élancolique asoiffé d’au-delà et de\nM ystère, hantise éternelle deson âm e. Moins de désolance\npourtant, m ais sublim es parfois les cris douleureux,\nentre où jaillit de loin en loin une étincelle d ’espérance :\n« E t je rêve de chants si doux qu’à les chanter on aim e­\nrait la V ie ... E t je rêve de m ots si doux qu’à les savoir on\naim erait la M o rt... L e cri triom phal de V ie r e te n tira !...\nE spère m on â m e ... »\n                                     *\n                                   * *\n   J e a n C a s i e r . I Flam m es et Flammèches. II S cin tille­\n\nments. (I P . L acom b lez édit. B rux. II. Siffer. édit. Gand.)\n   D eux volum es de poésies détachées, ce qui offre cet\navantage : de nous révéler tout à la fois, l’écrivain en\ndes genres m ultiples et très différents. L ’un des grands\nm érites de l’auteur c ’est, à nos yeu x, sa préoccupation cons­\ntante d’innover dans le rythme et le nombre du vers. S i,\ncom m e il était à prévoir, le résultat n ’a pas toujours abso­\nlum ent répondu, cet effort audacieux n ’en m érite pas m oins\nl’approbation de tous. Surtout que le plus souvent aussi\nheureuse qu’ inattendue est la trouvaille, tém oin « F o rêt »\nla 2e pièce des Flam m es et Flammèches où l’am ple beauté\ndes vers de 16 syllabes.\n   Quand à la source inspiratrice où puise l ’auteur des\nHarmonies chrétiennes e t de Scintillements, la Prière signée\nde lui et parue dans le présent n° de La L utte dit assez\nhaut que Jean Casier est un poète croyant, fier de son\ncredo, et tout débordant de cette F oi catholique par laquelle\nil lui a été donné, dès ici-bas, de connaître et chanter la\nB eauté Infinie, le P oète divin de la Création.\n                                                    L a L utte.\n"}, {"page_pdf": 172, "texte": "N . B . Les abonnements partent du 1 0 de chaque mois et se\n                    font pour un an.\n\n\nP R O P A G A N D E : T o u te personne qu i nous\n  p rocu rera tro is n o u v e a u x abonnés aura\n  d r o it à u n abonn em ent d ’un an.\n\n  O u tre la R édaction com posée de :\n                    MM. G eorges Kamaekers,\n                         P a u l M u s s c h e (M o r d a c )\n                         A l f . L em aire\n                         G aston B lême\n                         A l f r e d C o u sin\n                         Je a n C asier\n                         P i c t o r , e tc...,\n  on t déjà collaboré à L a Lutte :\n                    MM. E d o u ard D rum ont\n                         J o r is -K a r l H uysm ans\n                         Jean D e lv ille\n                         E lip h a s   Lé v i\n                         P a u l Roca\n                         G eorges Rodenbach\n                         L éo n Rycx\n                         C h a rle s F u ste r\n                         F ranz A n sel\n                         M ax E lskam p\n                         E m ile V e r h a e r e n .\n\n\n\n   L a B elgiq u e artistique vient de perdre en la personne\nd’A u gu ste V e rw ée, le plus puissant de ses peintres ani­\nm aliers. J'ai donné ici m êm e il y a trois m ois un «instan­\ntané » de cette belle et glorieuse carrière, trop tôt inter­\nrom pue par la cam arde vendale ! V erw ée réflétait dans ses\ntoiles toute la vie de sa Flandre, dont l’ âme robuste respi­\nrait toute en lui. E h bien, il est des artistes: les peintres\nR ose + C ro ix , com m e Jean D elville, qui dénient toute va ­\nleur esthétique à de pareils ta le n ts!.. D écidém ent le\n« T em p le » du Sâr devrait être transféré, de la Rue de la\nP a ix , à Charenton.\n                                                           P ictor,\n"}, {"page_pdf": 173, "texte": "                           LA                    LUTTE\n        REVUE           D ’A R T E T         D E S O C IO L O G IE C A T H O L IQ U E\n\n                                 D ir e c t e u r : G . R A M A E K E R S\n\n\n\n\nB elgiq u e, 5 francs l ’an. — E tranger, port en sus (5 fr. 60)\n                                 50 centim es le num éro.\n     A N N O N C E S : 20 c e n t im e s la lig n e — R é c la m e s à fo r fa it.\n\n\n\n                       B R O D E R IE A R T IS T IQ U E\n   J e u n e h o m m e d é s ite d o n n e r d e s le ç o n s d e B R O D E R I E D 'O R , —\nS ’ a d r e s s e r p o u r c o n d it io n s , ru e du C e r c le , 8, E t t e r b e e k - B r u x e lle s .\n\n\n\n   I l s e r a r e n d u c o m p t e de tout ou vrage dont un e x e m ­\nplaire sera com m uniqué à la R édaction .\n\n\n    L a L U T T E est en vente :\n\n   A B r u x e lle s , ch ez L a Rose, rue des P aroissien s,\nch ez Istace, au P assa g e; ch ez W a ttia u x , rue de L ongue-\nV ie , etc.\n    A G an d , chez A d . H oste, rue des C ham ps.\n   A L iè g e , chez G n u sé, rue du P ont d 'île , 5 1.\n   A L o u v a in , ch ez P e é te r s r ue de N am ur, 22.\n    A P aris, ch ez C hérie, B oulevard M ontparnasse, 166.\n\n\n\n               IMPRIMERIE-TYPOGRAPHIQUE\n                                   ET     L IT H O G R A P H IQ U E\n\n\n\n\n   V. V A N V I N C K E N R O Y\n                 28, Rue d e s Rentiers,                                              28\n                                           BRUXELLES\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 7, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1895-10", "signet_source": "Première année - N°7 - Octobre 1895", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 152", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}