{"numero_id": "ulb-reveil-1891-04-n4", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "articles": [{"article_id": "ulb-reveil-1891-04-n4-001", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Première Année. N\" 4. AVRIL 1891", "ancre_fin": "FRAN ÇO AIS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE D U N ° 4", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 66, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 513, "texte": "Première Année. 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AVRIL 1891\n\n\n\n                                  ESSAIS                    P U B L IE S P A R LE\n\n\n\n\nC   E    R    C    L     E            LITTERAIRE\n                                         REVUE MENSUELLE.\n                                                                                                         F     R        A   N   ÇO A   I S\n\n\n\n\n                                               "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-04-n4-002", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE D U N ° 4", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 66, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 513, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "SOMMAIRE D U N ° 4 .\n\n                       L e ttre P e r d u e .................................. J. D. G.\n                       L ’E s c a r p o le tte ............................... A. W e s t e r m a n n .\n                       Id y lle Rouge ( s u i t e ) ....................................... L o u i s V é h e n n e .\n                       P our un b a is e r............................... C a r l o s                  du F a y .\n\n                       Le H o m a r d ...................................V.                    L ézar\n\n                       Ne pas s a v o i r ...............................P AUL, M.\n                       M ort d ’A n g e s ............................... L. L u c y - M a r .\n                       Spleen d ’A m o u r ............... ....                              P aul     M.\n\n\n\n\n                              P r ix d u n u m é ro :       10                                c e n t im e s .\n                  P r ix       d e l ’a b o n n e m e n t : u n                               a n '4 f r a n c\n\n\n                                                    BUREAU             DU J O U R N A L :\n             G A N      D. 71. R u e                        D E F L A N D R E, 7 1 , G A N D .\n\n                                                                  GAND,\n                    Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER. rue Savaen, 82.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-04-n4-003", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "N .-B . — Il sera rendu compte", "ancre_fin": "bureau d u Journal.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 326, "texte": "N .-B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra au\n                    bureau de la rédaction, RUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                   L e s journaux ou revues qui désireraien t luire l’échange\n                        sont p riés de s’adresser au bureau d u Journal.\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-04-n4-004", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Cercle littéraire français : extrait du règlement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 67, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 326, "fin_caractere_exclue": 2161, "texte": "CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS.\n                                   (fondé LE 24 DÉCEMBRE 1888.)\n\n                          EXT RA IT         DU RÈ GL E M EN T .\nA rticle           l. — Le Cercle Littéraire Français est constitué dans le but de donner des\n                            Conférences et de former une bibliothèque d’ouvrages écrits ou\n                            traduits en français.\nA rticle          II . — Le Cercle comprend 3 catégories de membres : les membres effectifs..\n                            les membres correspondants et les membres d’honneur.\n                         Les membres effectifs sont ceux qui habitent la ville. Ils sont tenus\n                            de donner à tour de rôle des conférences, évangiles du jour et\n                            lectures.\n                         Les membres correspondants sont ceux qui n’habitent pas la ville. Ils\n                            ne sont astreints à aucune rétribution, mais sont tenus d’envoyer\n                            au Cercle un évangile du jour (œuvre personnelle) au moins une\n                            fois tous les deux mois;\nA r t ic l e      X. — Le Membre qui obtient le premier un ouvrage en lecture est obligé\n                            d’en rendre compte à la date fixée par le Comité.\nA rticle       XV II. — Le Cercle organise chaque année un Concours littéraire entre tous ses\n                           membres.\nA r t i c l e XVIII.   — Le jury se compose de 5 membres. Ils sont choisis parmi les membres\n                           du Cercle. L e scrutin est secret et a lieu à une des premières\n                           séances de l’année. Le jury prend les dispositions spèciales pour ce\n                           concours.\nA r t ic l e   X IX . — La cotisation annuelle est fixée à 5   f r . pour les membres effectifs.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-04-n4-005", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 49, "page_fin": 51, "titre_corps": "Lettre perdue", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "J. D. G.", "ancre_debut": "LETTRE PERDUE. 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Quand elle sonne, un bruissement, une\nagitation extraordinaires courent sur tout ce petit monde en vacances.\n   Une   sémillante   gaîté,   une verve intarissable, une blague toute tarasconnaise\nagitaient, ébranlaient toutes les cervelles.......\n   Quand j’entrai dans la salle — pas très grande — aux tapisseries à ramages\nembrouillés mangés      par le soleil,   un   bourdonnement confus s’élevait de           ces\nétrangers et surtout de ces étrangères,         assis autour de la table.\n   C ’était l’heure où le soir tombe. Une       claire pâleur mourante glissait autravers\ndes rideaux des fenêtres, emplissant d’ombres faibles la salle à manger               Et sous\nce demi-jour qui montait vers       sa figure   penchée, se perdant dans le gracieux\nréseau de ses cheveux ondés et châtains, que ma voisine me parut étrange et\ncharmante !\n   Quand elle m’aperçut, elle leva vers moi ses deux yeux noirs caressants, où\nse noyait comme une inquiétude vague et à travers ses frémissantes lèvres rouges,\napparurent, s ’esquissant en un sourire, ses jolies dents nacrées. S ’ affaiblissant\nlentement, la lumière apâlissait son teint fraîchement rose. Une robe simple, d’un\nviolet tendre, révélait la gracilité de sa      taille et allait à merveille àcette    ravis­\nsante petite personne qui pouvait avoir ses dix-neuf ans.\n   Quand elle me parlait de sa petite voix d’une suavité infinie et troublante, il\n\n                                                                                         1.\n"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2970, "texte": "                                             - 50 -\nm’était impossible de démêler les sentiments confus q ui se remuaient en moi. Mes\nidées s’en allaient ; je n’étais qu’au bonheur de contempler cette enivrante fée...\n   A sa droite, était assis un monsieur tout rabougri pouvant avoir une bonne\ncinquantaine d’années.         Dans ses     cheveux   commençaient à se faufiler quelques\nfils d’argent, son nez rouge était tavelé de points bleuâtres, ses lèvres pendaient\nen une moue désagréable. S e s gestes exubérants, les contractions continuelles des mus­\ncles de sa face, excitaient et retenaient le regard. Par instant il faisait entendre une\nvoix    enrouée, saccadée et lorsqu’il s ’adressait à ma charmante voisine il lui don­\nnait le joli nom de Georgette.         Malgré le contraste        frappant qui existait entre ce\nvieux monsieur, à l’humeur massacrante et la joyeuse Georgette, l’idée que c’était\nson père s'incrustait en moi, je ne sais trop pourquoi.\n   A côté de lui se trouvait une vieille dame — fort respectable — en bonnet\nblanc où bouffaient quelques rubans bleus. Des boucles de cheveux, blancs comme\nla neige, s’en    échappaient et frisottaient de tous côtés. S e s yeux                 clignotants,\nbeaux encore,     un    sourire toujours épanoui        sur    les lèvres,    sa     toilette    d’une\nexquise    recherche,    lui    donnaient     un je   ne sais      quoi    de très     expressif et\nintéressant. Elle égayait beaucoup de sa conversation nullement languissante ses\nvoisins et quant à moi je me la représentais comme la mère de Georgette. Il me\nsemblait du reste qu’il y avait entre elles une certaine ressemblance, très lointaine\npeut-être—\n   A    ma gauche on avait placé un monsieur très calme, mais d’un appétit à\neffrayer Pantagruel. Je n’ai pas encore entendu               le son de sa    voix.    Est-il muet\nou est-ce un professeur en vacances ?\n   En face de moi étaient alignés un vieux capitaine, à la moustache démesuré­\nment longue, quelques jeunes gens fort bruyants, se démenant beaucoup, enfin une\nfile de dames, de demoiselles de tout âge, de                 messieurs, tous très gais, tous\ntrès animés, se prolongeait jusqu'aux deux bouts de la table.\n  Les     conversations allaient leur train; on abordait tous les sujets sans ordre\net sans suite. Puis c’étaient       des   rires   inextinguibles qui      agitaient toute       cette\ninsouciante société.\n   Pendant tout le repas je n’avais lait que parler à Georgette. Lorsque la fin du\nservice fut là, comme un air surchauffé mélangé à l’odeur des cigares, enveloppait\nla salle, elle me proposa         d’aller respirer    le frais.   Tu      comprends que je         ne\nrefusai pas !\n   Le soir était tombé, doux et étoilé. Là-bas des montagnes                    dressaient leurs\ncontours renflés, semblant des nuages dans le vague des airs. Su r l’Ourthe rampait,\ns’amenuisant au loin, une traînée pâle de brouillard. Nous nous promenions très\n"}, {"page_pdf": 70, "page_imprimee": 51, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1967, "texte": "                                               - 51 -\ncalmes, elle appuyée sur mon bras, moi naïvement épris, sous les retombées des\narbres. J ’éprouvais une ineffable jouissance pleine d’émotion......\n   Une idée me poursuivait; je voulais la refouler, mais comme les phalènes que\nla lumière attire et que l’on chasse en vain, toujours elle revenait, me déchirait\nintérieurement. J ’aimais Georgette et voulais le lui d i r e !.....\n\n\n  L es   fenêtres    de la     salle   à   manger   s'illuminent. Des ombres   circulent   sur\nles rideaux. Des rires éclatent, puis le silence se refait, coupé tout à coup par\nla détonation       d’une bouteille de Champagne.' Enfin des accords passionnés partent\net parviennent jusqu’à nous; une voix voluptueuse et forte, chante:\n\n\n                              Tes doux baisers sont des oiseaux\n                              Oui voltigent fo u s sur mes lèvres !\n\n\n   A     ce moment,        je ne puis résister. Mon amour       concentré, ardent, s'échappe\nen un long et langoureux baiser que je pose sur les lèvres de ma compagne.\nSous ce délicieux frisson je lui murmure : « Je t’aime. »\n   Dans le silence part un grand éclat de rire moqueur et Georgette s’est soustraite\nà mon étreinte... Elle fuit légère comme une enfant vers l’hôtel, me jetant brutale­\nment ces trois mots fatidiques : « Je suis mariée ! »\n   Et    le calme     se     refait lourd, suffoquant, remuant en moi mes rêves d’avenir\névanouis, mes tendresses perdues envolées dans la nuit....\n\n\n  Voilà mon cher, ma première amourette! Elle est bien curieuse et inoubliable\nn’est-ce pas! Le voisin de table de Georgette, le vieux monsieur insupportable —\nje l’ai appris depuis — est le mari de cette charmante fée ! Quelle étrange chose !\n   Horresco referens !, ...\n   Mon cher, tu sais que le ridicule tue, aussi ne montre cette lettre à personne\net déchire-là.\n\n                                                                                  J. D. G .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-04-n4-006", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 52, "page_fin": 52, "titre_corps": "L’Escarpolette", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A. 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D e ses lèvres de carmin.\n\n\nE lle écoute, sous l’ombrage                    Autour de sa tcte blonde\n        L e ram age                                      Une ronde\nDe ses fr è r e s les oiseaux                   De sylphes aux ailes d ’or\nE t la nymphe gracieuse                         E la rg it sa danse fo lle\n        Sous l’y euse                                    E t s'envole\nS e berce dans les roseaux.                     L a suivant dans son essor.\n\n\nS a chevelure dorée                             O belle et chaste ingénue,\n       Dénouée                                        Continue\nFlotte au vent, et p a r moments                Ton doux rêve au fo n d des bois,\nOn voit ses épaules blanches                    Oh le zéphir te balance\n       Dans les branches                              E n cadence,\nPleines d’éblouissements.                       Plein de parfum s et de voix.\n\n\nL a source à ses pieds murmure :                Va ! Berce-toi loin du monde,\n       L a nature                                      Nymphe blonde,\nA dm ire la blonde enfant,                      Sous ton dôme de rameaux.\nE t les brises parfum ées                       Berce-toi, j e ne t’envie\n       Des ramées                                      N i ta vie\nBaisent son fr o n t innocent,                  N i le chant de tes oiseaux,\n\n\nCar ces beaux yeu x de déesse                   Car dans la nature entière\n        Chasseresse                                    J e p réfère\nN ’ont ja m a is connu les pleurs,              A tous tes sylvains moqueurs\nE l toujours passe et repasse                   L a douce voix de ma mie,\n       D ans l'espace                                  Mon amie,\nSon fr o n t couronné de fleu rs.               L a plus belle de tes soeurs.\n                                                                     A. W esterm a n n .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-04-n4-007", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 53, "page_fin": 56, "titre_corps": "Idylle rouge", "titre_sommaire": "Idylle rouge (suite)", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Véhenne", "ancre_debut": "IDYLLE ROUGE(1) (Suite). Le pays était calme", "ancre_fin": "Louis V é h e n n e.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "P O U R U N B A IS E R", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 72, "page_imprimee": 53, "debut_caractere": 73, "fin_caractere_exclue": 2329, "texte": "IDYLLE ROUGE(1)\n                                     (Suite).\n\n    Le pays était calme pour le moment. Lentement le soldat avait repris ses\nforces et maintenant en sûreté dans la maison du fossoyeur, il n’avait rien\nà craindre pour sa liberté.\n    T out le temps qu’avait duré sa convalescence, Marthe n'avait pas quitté son\nchevet; sans cesse elle avait été là, près de lui, devançant ses désirs, guettant\nses moindres volontés pour les satisfaire aussitôt.\n    Maintenant ils sortaient souvent ensemble. C’étaient des promenades attardées\nle soir, dans les bois, de longues stations, le jour, dans les endroits frais et\nherbeux.\n    La nuit les surprenait quelquefois, assis tous deux, causant de tout et de rien,\nprès des murs d’un vieux moulin dont la roue depuis longtemps arrêtée, ne\ntroublait plus la quiétude du ruisseau qui coulait limpide, chantant gaîment sur\nson lit de cailloux blancs.\n    Ils restaient là, bavardant près de cette eau aux miroirs reflétant les hêtres,\nse déroulant dans la campagne comme un mince ruban d’argent, avec quelque\nbarque de bois, dormant çà et là au milieu des roseaux. La surface cristalline\nétait ridée parfois par l’aile d’un oiseau aux flancs d’émeraude et de saphir, qui\nsemblable à une balle magique disparaissait bientôt, se perdant dans le lointain\nbrumeux.\n    Le jeune homme se laissait aller doucement à ce rêve, à cet enchantement\nqui le gagnait ; il oubliait qu’il ne pourrait toujours rester à Fontoy ignoré, que\ndes affections, des personnes qui lui étaient chères l’attendaient là-bas...\n    Marthe ne voulait pas croire à une séparation possible. Depuis la nuit où elle\navait vu le soldat étendu dans le caveau où son père l’avait transporté, elle l’avait\naimé, d’abord sans le savoir peut-être, mais maintenant cet amour la remplissait\ntoute. Elle ne pouvait concevoir qu’il arriverait un moment où il faudrait se quitter\npour toujours, sentant bien qu’alors son cœur se briserait, que son bonheur\nfinirait avec ce premier amour.\n    Souvent Marthe demandait au jeune homme des renseignements sur sa famille\nqui habitait du côté de Metz. Comme elle s’informait des siens, Marcel — ainsi\ns ’appelait le soldat — lui parla inconsciemment d’une payse qui jadis avait charmé\n   (1 ) V o ir page 33.\n"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": 54, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2823, "texte": "                                           - 54 -\nson coeur et qui, lorsqu’il était parti pour rejoindre son régiment avait, disait-il\nen riant, tant et tant pleuré qu’elle en avait gagné des yeux gros comme ça....-\n   Marthe, loin de rire, devint triste; peu s’en fallut qu’elle aussi ne pleurât....\nMarcel lui avait fait mal. Elle était fâchée que cet homme auquel elle avait donné\nson coeur eut aimé une autre femme; elle lui en voulait d’avoir ainsi brutalement\njeté une ombre sur le rêve de bonheur qu’elle avait formé depuis si longtemps.\n   Elle voulut savoir le nom de cette femme, ce qu’elle faisait, mais à mesure\nque Marcel parlait, la jeune fille sentait s ’enfoncer plus profondément en elle un\nsentiment de colère, de jalousie.\n   Marcel     l’aimait-il   réellement? Depuis    ce jour cette question se posa à          son\nesprit, la poursuivant partout, la torturant sans cesse. Elle s’était laissée bercer\npar     cet amour     qui l’avait   envahie peu     à peu,   s’emparant    d’elle, la rendant\nmaintenant irritée à la seule pensée         qu’une autre possédait       peut-être   ce   cœur\nqu’ elle avait cru bien à elle.\n      Marcel, lui, continuait toujours à    mener sa vie heureuse et douce, aimé par\nla jeune fille, poursuivant cette idylle      charmante qui lui semblait un mythe venu\ndu pays des songes.\n\n      Soudain des bruits alarmants se répandirent à Fontoy: l’ennemi revenait. D es\npaysans affolés fuyaient déjà, emportant ce qu’ils avaient de plus précieux.\n      A la tombée de la nuit, Marthe et Marcel se trouvaient dans la clairière, près\ndu vieux moulin. L e jeune homme paraissait soucieux, détournant les yeux chaque\nfois que Marthe levait vers lui ses regards pleins d’angoisse.\n      Tous deux causaient de choses et d’autres, mais dans leur conversation banale\non devinait l’effort qu’ils faisaient pour ne pas laisser paraître le trouble qui les\nagitait.\n      Marthe avait comme un pressentiment         que l’heure qu’elle avait tant redoutée,\nl’heure qui devait amener leur séparation, était proche. Elle avait une envie folle de\nsurmonter le sentiment qui la retenait, d’avouer son amour à Marcel. Elle voulut\nparler, puisque lui se taisait, mais elle n’osa pas... L ’aimait-il seulement?. ..\n      Un coup de feu retentit, encore très éloigné. L e soldat tressaillit et se levant\nbrusquement :\n      « Marthe, dit-il, tu as entendu ? Us reviennent.... „\n      La jeune fille ne dit mot, suffoquée par l’émotion.\n  « Il m’en coûte de te dire ce que tu vas enten dre, continua Marcel, mais il le\nfaut. Marthe, ma blessure est guérie, et on se tue là-bas             Je ne puis continuer\nà rester ici, dans          une inaction coupable, alors     que mes amis meurent          pour\ndéfendre leur liberté. Ce serait une lâcheté que tu réprouverais, si je n’allais pas\n"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": 55, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "                                          - 55 -\nles    rejoindre, si    comme eux je    ne marchais     pas à la victoire ou à la mort.\nMarthe, ici est le bonheur, là-bas, le devoir. »\n      Des coups de fusils se faisaient entendre plus rapprochés,        des fugitifs traver­\nsèrent la clairière en courant.\n  « L ’heure de la séparation a sonné, continua Marcel. Demain, ce soir peut-être,\nil faudra que je parte. Si jamais la       mort me frappe, pense de temps à autre           à\ncelui que tu as toi-même arraché un jour au trépas. Quel que soit le sort qui m’est\nréservé, moi je songerai toujours à toi, Marthe. T u as été pour moi plus qu’ une\namie, tu as été une sœur. »\n      Marthe n’avait pas prononcé un mot pendant que Marcel parlait. Toujours elle\navait cru qu’il allait lui avouer son amour, mais rien.... Il ne l’aimait donc pas !\nC ’était de la reconnaissance, de l ’amitié, mais non de l’amour qu’il avait eu pour\nelle. II l’avait dit : Elle avait été pour lui une sœur.. . L a jeune fille fut si c r uel­\nlement- frappée dans ses vœux les plus chers, qu’elle resta atterrée, ne trouvant\npas dans son navrement une parole à lui dire.\n      « Mais comme le soldat l’interrogeait sur son silence :\n      « Oui, va, dit-elle, tu as raison, ne pense pas à moi, obéis à ton devoir, il est\nsacré. Nous étions trop heureux, vois-tu, cela ne pouvait durer. J ’ai cru un moment\nque nous touchions au bonheur, mais hélas, ce n’était qu’un rêve. L e rêve c’est\nla v ie ; nous autres, nous passons       comme des ombres, fantômes à la poursuite\nd’une chimère, le bonheur. Pars, le sort le veut ainsi. T u l’as dit, là-bas est le\ndevoir.. .. Adieu ! »\n      Puis, se rapprochant de Marcel elle lui donna une petite croix qu’elle portait sus­\npendue au      cou : « Prends ceci, qu’elle soit unsouvenir de moi, qu’elle te rappelle\nla pauvre      fille qu’un jour tu rencontras sur ta route. Sois heureux et puisses-tu\ntrouver ce bonheur que tant d’autres recherchent en vain. »\n      Tous deux se turent, s’oubliant dans leur rêverie, repassant dans          leur esprit\ntoutes ces journées de félicité, si douces mais déjà envolées.\n      Les   Prussiens    un   moment refoulés   par    les   Français s’étaient repliés   sur\nF ontoy qu’ ils occupaient de nouveau. On entendait le roulement sourd des pièces\nd’artillerie    qui    passaient, le piétinement des    chevaux    et dans l’obscurité    des\ncanons de fusils reluisaient.\n      « Il est grand temps que je te quitte si je veux encore trouver les routes libres,\ndit Marcel, en apercevant au loin         les soldats ennemis. Va, Marthe, rejoins ton\npère qui doit être inquiet de ta longue absence. Ne crains rien pour moi, dans\nune heure je serai au milieu des nôtres. »\n      Mais Marthe ne voulait pas le quitter. Elle l’accompagna, se suspendant à son\nbras, retardant toujours le moment des adieux.\n"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": 56, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1235, "texte": "                                       - 56 -\n    Ils allaient maintenant   en pleine forêt, faisant craquer sous leurs            pieds     les\nbranches mortes qui couvraient le sol. La nuit était pure, le croissant de la lune\nmontait à l’horizon, découpant sur le sol des ombres fantastiques, démesurées, et\ndes étoiles scintillaient au zénith.\n   Un coup de feu éclata soudain tout près        d’eux, parti d’un massif voisin. Marcel\ns ’arrêta.\n    « Marthe, dit-il, tu ne peux m’accompagner plus loin, ta vie serait en danger.\nTu le vois, partout des ennemis occupent les routes. Retourne, pendant qu’il en\nest temps    encore. Dans quelques instants       peut-être il serait trop tard, et nous\nnous perdrions tous les deux. Adieu, Marthe, adieu. »\n   « Adieu, » répéta faiblement la jeune fille.\n   Ils s ’étaient penchés l'un vers l'autre etleur lèvres s'unirent         dans un baiser....\n   Le    soldat s'éloigna enfin, se retournant     pour voir       Marthe    qui lui souriait.\n   Elle le regarda disparaître dans la nuit, se perdre dans les ténèbres. Bientôt\nelle n’entendit plus le bruit de ses pas......\n    (A Suivre.!                                                        Louis V é h e n n e .\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-04-n4-008", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 56, "page_fin": 56, "titre_corps": "Pour un baiser", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Carlos du Fay", "ancre_debut": "P O U R U N B A IS E R . 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Je        tiens\nà démontrer au vulgaire qui ne voit dans le homard qu’un animal fort paisible,\naux mœurs          des plus patriarcales, que sous ses dehors bon                 enfant, cette   bête\nvicieuse nourrit les plus noirs desseins contre la pauvre humanité.\n      A preuve ce homard qui hier encore a jeté un brave ménage dans la désola­\ntion ? Connaissez-vous les Delaminque ? Je ne le crois pas, aussi vais-je vous les\nprésenter à l’instant. L e s Delaminque sont de braves poissonniers ; Madame qui ne\nconnaît des lustres que le charme d’en avoir quatre, est ce                      qu’on peut appeler\nune belle femme ; noire, grande, bien faite elle paraît d’autant plus jolie que son\nmari     est d’une franche laideur. Il approche de la cinquantaine, sa barbe rousse\net sa     bosse de      graisse évoquent, je ne sais quel             souvenir de Quasimodo et\nson pied bot rappelle l’antique dieu forgeron de l'Olympe. Jeanne                        ne semblait\npoint    faite pour Bernard         et    Bernard encore moins pour Jeanne et cependant\nils    s ’épousèrent.   Ce ne fut pas           un mariage      d’inclination, oh   non ! il ne fut\nmême       point    question   de        cœur    et    de   chaumières ;   le   ménage   Delaminque\nnaquit    d’une    belle petite fortune en            espèces sonnantes et d’un grand        magasin\nbien achalandé.\n      Ni l’or ni la grandeur ne rendent heureux !\n      Jeanne eut beau être riche et femme du poissonnier le mieux coté de la ville,\nelle n’était pas heureuse. Comme ces cordons bleus qui rejettent la faute de leurs\nplats manqués sur l’état de vétusté de leur batterie de cuisine, elle crut que scs\ndéceptions provenaient de sa boutique, qui malgré son brevet doré de fournisseur\n"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": 58, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3153, "texte": "                                             - 58 -\nde sa Majesté la Reine, était bien vieille, bien sombre, bien triste. Bernard qui\nne pouvait rien refuser à sa chère moitié et qui eût préféré se voir arracher sa\nbosse, source cependant de           sa prospérité, que de contrarier les moindres désirs\nde     sa   Jeanne, résolut de restaurer          sa maison,      de transformer      son magasin.\nL'entrepreneur vint, une armée            d'ouvriers le suivit et pendant quinze jours la\npoissonnerie des Delaminque fut livrée aux mains des charpentiers, des maçons,\ndes vitriers et des marbriers.\n     Quinze jours      avaient    suffi   pour faire    de    la vieille   boutique   un   magasin\nfort    propre,   un   bijou d’art et de         confort.    La   “ tribune „ avait été vendue ;\nune immense glace de             baccarat la remplaçait. L e comptoir de bois blanc avait\ndisparu pour faire place à une immense table de marbre. L ’armoire aux conserves,\nle billot de chêne, les portes vernies, tout l’ancien mobilier, s’était vu dévissé;\ndétaché, enlevé et porté au loin, livré à des mains mercenaires trop peu soucieuses\nd’un repos presque séculaire. A            l’étalage au milieu d’un jet d’eau, sur une        dalle\nde marbre immaculée, la marée aux écailles dorées, argentées et cuivrées                     gisait\nencore pantelante à côté de langoustes bleues, de homards noirs et d’écrevisses\nbrunes.     Su r ce tableau de       \" nature    morte „ les glaces des        murs    renvoyaient\nleurs jeu x de lumière. Et au fond, sur des tables proprement lavées, Bernard,\nle tablier à la ceinture, le coutelas à la main, dépeçait les grosses pièces dont les\nclients enlevaient à la hâte les morceaux.\n     L e magasin des Delaminque était le plus beau de la ville. Et cependant Jeanne\nn’était pas encore heureuse. Il lui manquait encore toujours quelque chose. Quoi ?\nelle ne le savait elle-même pas. Un jour               cependant     elle crut deviner la cause\nde sa mélancolie, elle demanda à Bernard de lui acheter un rideau de verdure\nqui la mettrait à l’abri des regards des            curieux tout en donnant à la maison cet\nair gai et réjoui que ne peuvent connaître que ceux qui aiment les fleurs. Bernard\nresta deux jours plongé dans la            lecture des catalogues de grandes maisons horti­\ncoles ; le troisième jour il se rendit chez un fleuriste et lui commanda vingt plants\nde buis. Peu de temps après, les                passants pouvaient voir à la devanture des\nDelaminque un lot de splendides poissons devant un rideau de buis.\n     L e magasin de Bernard était fleuri- Et Jeanne était. ... heureuse.\n     Bernard, dix, quinze, vingt fois même par jour sortait pour admirer à son aise,\nde la rue, le bel effet de son magasin et pendant ce temps Jeanne parlait avec le\npremier commis, un jeune homme de vingt ans. Bernard était dans la joie, Jeanne\nrevivait, et le bonheur semblait ne plus pouvoir quitter un si heureux ménage.\n       Hier, Bernard venait de recevoir la marée ; elle était superbe. Des saumons\nau ventre d’argent, des carpes aux              flancs cuivrés, des huîtres au dos moucheté,\n"}, {"page_pdf": 78, "page_imprimee": 59, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1841, "texte": "                                      - 59 -\ndes raies aux c ules roses, des cabillauds aux barbes sanguinolentes. L ’expéditeur\nn’avait pas non plus oublié les homards : douze belles bêtes, aux carapaces noires,\ntachetées de jaune, aux pinces formidables et pleines d’espérances. L e coup d’œil\ndevait être splendide de la rue. Bernard     n'y tint plus, ôtant son tablier, passant\nsa veste, il alla se placer devant sa vitrine.      Ce jour-là, les oreilles du      brave\ngarçon durent tinter. Ce n’étaient que des cris d’admiration, des remarques flat­\nteuses, des \" o h ! „ et des \" ah ! „ à n’en pas   finir. Franchement le spectacle était\nfort beau. S u r le tas de poissons rampaient les homards, promenant dédaigneuse­\nment leurs pinces sur ces chaires mortes, s’arrêtant çà et là pour projeter un flot\nde bave. Tout à coup, Bernard      donna signe d’un profond étonnement. Il venait\nde déposer à la vitrine douze homards, il n’en voyait plus que onze. L e plus grand,\nle plus beau manquait. Et tandis qu’il s’écarquillait les yeux à rechercher l’absent,\nà compter et à recompter les présents, là-bas dans le feuillage, on voy ait un plan\nde buis secoué violemment. Lentement, très lentement comme mû par un ressort\ninvisible, la   plante oscilla, oscilla encore pour tomber enfin. Un éclat        de rire\nparcourut la rangée des badauds, un juron s’échappa des lèvres             de Bernard.\nLà-bas, derrière le buisson que venait d’abattre le homard, Jeanne embrassait le\ncommis.\n   L e s Delaminque vont divorcer... Et pour qui ?... Pour        un homard ! Sachez\ndonc, mes amis, que le homard est un animal très méchant. Aimez-le à table...\net encore ! mais, si jamais vous devenez poissonnier, de grâce, ne vendez jamais\nde ces animaux.\n\n\n                                                                         V.   L éza r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-04-n4-010", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 60, "page_fin": 60, "titre_corps": "Ne pas savoir", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paul M.", "ancre_debut": "N E P A S SAVOIR Ne pas savoir", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": 60, "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1113, "texte": "N E P A S SAVOIR\n  Ne pas savoir s i dans son cœur\n   Vous occupez la moindre place ;\n  Ne pas savoir s i l'a ir moqueur\n  Q ui p a rfo is en son re g a rd passe\n\n  N e st pas l'indice du dédain\n  Que votre enchantement lui cause ..\n  E t s 'il se transform e soudain\n  Ne pas en percevoir la cause.\n\n  Ne pas savoir, lorsque toujours\n  Vous avez aux lèvres \" J e t'aime ! „\n  S 'il lui fa u d ra plus de deux jo u rs\n  P o u r oublier votre nom même.\n\n  Ne pas savoir, hélas ! enfin,\n  S i, pendant que vous rêvez d'elle,\n  Un autre en lui serrant la main\n  Ne lui ju r e amour éternelle,\n\n  E t s i cet autre, plus heureux,\n  N 'a yant plus d'aveux à lui fa ire ,\n  Avec ses propos amoureux\n  N ’ a pas acquis l’art de lui plaire...\n\n  H élas ! voilà bien la douleur\n  Du doute cruel qui vous froisse,\n  Vous serre et vous meurtrit le cœur\n  E t le torture, dans l'angoisse.\n\n  C’est le prélude de l'am our\n  Q ui coûte souvent bien des larmes.. .\n  D 'être aimé le bonheur un jo u r\n  A pour nous d ’autant plus de charnu s.\n\n                                             PA U L   M.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-04-n4-011", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 61, "page_fin": 63, "titre_corps": "Mort d’ange", "titre_sommaire": "Mort d’anges", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Lucy-Mar", "ancre_debut": "MORT D'ANGE. Et ro se, elle a vécu", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 80, "page_imprimee": 61, "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 2354, "texte": "MORT D'ANGE.\n\n                                                * Et ro se, elle a vécu ce que viven t les ro ses,\n                                                        „ L ’esp ace d’un matin !....... ,\n\n                                                                                        (M a l h e r b e )\n\n\n\n   L e ciel est bleu.... et l’onde est pure.....\n   C ’est une matinée d’été, de ces matinées où l’âme est en fête, où le cœur\ns’unit aux joies de la nature... L e soleil promène voluptueusement son flamboyant\nregard sur le flot calme et limpide.....\n  ' L ’eau murmure un chant mystérieux... et l’on ne sait si l’on entend les Sirènes\nantiques, là, dans leurs lointaines grottes, ou si l’ange du réveil a fait résonner\nson luth dans les profondeurs du ciel....\n   L e sable est semé de mille perles... Deux entants sont là, marchant gaiement,.\nl’œil plein de fêtes        C ’est une fille et un garçon,           couple charmant et curieux,\nprofondeur de malice et de grâce...\n   C ’est une fille, aux longs cheveux sombres                qui tombent en boucles torren­\ntueuses sur ses      épaules, aux yeux qui semblent deux perles noires incrustées\nclans une rose, aux lèvres qui rappellent le sang sur le velours.... Elle est vêtue\nentièrement de noir.... Souvenir à peine effacé.... perte récente, sans doute !...\n   L ’autre est un    garçon, bien fait, à la chevelure                noire aussi, au visage qui\nincarne ce beau type israélite, ces traits fortement marqués, ce regard sombre\nqui pénètre, qui toise, à qui rien ne résiste... Lui également est revêtu d'habits\nfoncés... il porte encore le crêpe au bras....\n   T ristesse inconnue, blessure à peine fermée...\n   Ils avancent, la    main dans         la   main, comme      deux anges, et            leurs     pas       se\ngravent sur    le sable, comme un sillon dans l’or... Tous deux ont au bras un\npetit panier   de jonc. L e      garçon l’a laissé       tel ; la fille y       a brodé son            nom,\nen laine noire:   \" A t r a .,, — Quel   nom?... Quelle origine ? Italie ou Ju d é e?... Ils                 ne\n\nsont pas du pays.\n   L a route fuit derrière e u x ; la plage se rétrécit. Là est la m er!... Ils courent;\nleurs cheveux volent au vent comme un drapeau funèbre... et cependant la jo ie\n"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": 62, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3330, "texte": "                                                           - 62 -\nest dans leurs yeux, le plaisir dans leur attitude. Ils courent.... et bientôt la\ng rève      est     loin     déjà. ..      A tra      a   délacé       son soulier,           défait    son    bas     et     elle\ns ’est avancée dans les eaux. Son pied, sur le sable du fond, parait un nénuphar\nsolitaire.... et elle, une ondine, une nymphe, qui, riante et curieuse, est                                             venue\njeter un regard sur la terre....                       Le gracieux tableau se complète par le garçon,\nqui, debout sur un monticule, le bras étendu vers l’horizon, désigne à l’enfant\nun rocher sur lequel l’écaille rose des coquillages reluit au soleil....\n      A tra     a compris, vite             elle s ’élance        avec       la      rapidité      d’une   fée,      gravit     le\nroc abrupt, et, parvenue au faîte, détache de ses doigts mignons, les attrayantes\ncoquilles. Bientôt son ami l'a rejointe, et, à eux deux, seuls dans cette solitude,\nn’ayant devant eux que la mer. derrière eux que le flot, ils commencent                                                     leur\npêche enfantine. Le silence matinal n’est troublé que par leurs ris argentins et\nleurs exclamations joyeuses.\n      Et parfois, quand la nacre désirée                        est au bas,           A tra       descend, puis,       pour la\nsaisir, penche son front gracieux sur l’eau, et l’on dirait à la voir\n\n                                      .... qu’elle met dans l’onde un baiser.\n\n      Ainsi les instants s’écoulent et les enfants sont là... Bientôt le flux                                      commence\net la marée parait.... C ’est l’heure !.... Ils. ne voient rien, ils n’entendent rien.. .\net l’eau monte !...\n      Au village voisin, l'Angelus tinte doucement dans le lointain.\n      A tra     lève la tête :\n      — “ Pourquoi sonne-t-on ? „ — dit-elle?\n      L e garçon        ne     répond       rien, absorbé           dans sa recherche. L ’enfant sourit, lève\nau ciel son œil noir et reprend sa tâche.\n      Et l’heure fuit... Bientôt l'onde arrive                       au     pied du rocher; son écume blan­\nchâtre l’entoure             comme une auréole lumineuse, le                           clapottement de l’eau se fait\nentendre,         et les petits ne l’entendent pas !\n      Que     va-t-il a d v e n i r   en    c e tte    heure     s in is tre ?....    q u ’ ils    regardent   d o n c a u to u r\n\nd ’e u x !.... p lu s   de g u é m aintenant !... le p ie d blanc d ’A T R A ne se n tira p lu s le fo n d ...\n\ne t son c o m p a g n o n      est tro p     faib le p o u r la p o r t e r . .. .\n\n      Mais non, sans inquiétude, ils continuent cet ouvrage,...                                       ils rient toujours, ..\nils    enlèvent de la pierre                  les coquilles colorées,... leurs paniers                         ne sont pas\nencore pleins... Ils              doivent l’être.          Le     garçon,         à divers          instants ne      relève la\ntête que pour contempler sa compagne qui semble un                                                lis éclos sur ce rocher\ndésert....\n      Tout à coup,           A tra      pousse        un c ri: elle a senti l’eau sur la jambe! ..                      A     c et\n"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": 63, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3161, "texte": "                                                              - 63 -\n appel, le garçon se retourne. D ’un regard,                                    il a mesuré l’étendue du danger....\n son œil a mesuré l’Océan!...\n        Il a v u    son A t r a , p â le,      les    yeux       grands        ouverts,         le    front p li s s é ,    les   lèvres\n se rré e s.. .\n\n      Que faire ?... L e malheureux enfant n’en sait rien. . Il est impossible de passer\n dans les flots... C ’est la mort, maintenant.\n       S il était seul!... peut-être pourrait-il à la nage regagner le rivage... Mais sa\n compagne ?... mais cet ange, qui est là, près de lui ?...\n   O douleur!.,. Problème immense et terrible, qui le paralyse, quibrise                                                             son\n cœur d’enfant !....\n       A tra     pleure; d’abondantes larmes s’échappent                               de      ses yeux         et,    roulant      sur\n\n sa     robe,      semblent        des   perles d’argent. De sa gorge                            sortent parfois            des     cris\n rauques entrecoupés                de sanglots..., cris, qu’hélas !..                         l’éloignement empêche                 de\n parvenir à la plage. .\n       L e garçon joint            sa voix à celle de la fillette... Ses accents plus                                      mâles font\nfuir la mouette et l’albatros, témoins habituels des marées. Souvent et longtemps,\nils réitèrent l’appel, mais en vain.... et l’eau monte!...\n       Ah ! que de fois ne l avaient-ils pas vue, cette eau qui les faisait s’étonner par\nses crues journalières!... et aujourd’h u i!.....\n      Pauvres enfants !... quel sort affreux les attend !... que de larmes on va verser,\nlà-bas ! . .\n      Tout à coup,          une    vague immense envahit le rocher.... On entend un cri déchi­\nrant, sorte de              râle    épouvantable.... puis              une tache noire apparaît sur I’onde....\npuis, plus rien !...\n      — \" A t r a !...... . s’écrie, fou de douleur, l’enfant infortuné...\n      H élas!... la mort a fait son œuvre.... la mort a cueilli la fleur                                          à peine éclose,\nla noire enfant s’est envolée vers le ciel....                                A tra          n'est plus !... L ’espoir            s’est\névanoui         dans le      cœur du survivant                    de cet horrible                    drame, son        visage       est\ndécomposé,          son œil tantôt             si    pur, est         hagard, ses              lèvres si vermeilles                sont\npâles et        plissées, ses        cheveux volent en désordre.... il                               contemple les flots d'un\nregard sombre.... pousse un éclat de rire strident.... et s’élance....\n\n\n      L e len d em a in ,   la m e r     ra p p o rta it à la p la g e , le s c a d a v r e s           m utilés d ’ A t r A et     de\n\nson ami, le s d e u x         p etits    c h e r c h e u r s d e c o q u il l a g e s ....\n\n\n\n       Villa des Capucines, 19 Ja n v ie r 18 9 1                                                       L é o n L u c y -M a r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-04-n4-012", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 64, "page_fin": 64, "titre_corps": "Spleen d’amour", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "S P L EE ND 'A M O UR . 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Voilà qu’il m’appelle,\n Je crois reconnaître sa voix,\n Son image, ses traits... ô Belle !\n\n     ,\n  Oui ce sont bien là tes beaux yeux,\n  Au doux regard qui me fascine\n  Et tes cheveux noirs si soyeux\n  Enroulés en tresse divine !\n\n  Exquise fraîcheur de ce teint\n  Semblable au lis que l'aube arrose,\n  Avec des reflets de satin\n  Et des senteurs d’ambre et de rose!\n\n\n  O lèvres qui servent d'écrin\n  A des éclats d'ivoire même. .\n\n  Voilà quel était mou chagrin !\n  Loin de toi je suis... et je t'aime!\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-04-n4-013", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PUBLICATIONS RECOMMANDEES", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1233, "texte": "PUBLICATIONS RECOMMANDEES\n\n\n\n\n].       La Jeune Belgique, R evu e Mensuelle. —                    Boulevard d’A nderlecht, B r ux e l le s .\n            Abonnement 1 O francs.                                               •\n\n2.        La Reçue Belge. —             R u e de Bériot, 4 2 , L o u v a i n .\n            Abonnement un an 4          fr. ; le numéro 2 0     centimes.\n\n3    .   Les Jeunes, R ev u e M en su elle.-        —   6   , rue de F er, N a m u r .\n            Abonnem ent .“ » fran cs.\n\n4.       Les Annales (gauloises, R ev u e Littéraire &                     Artistique. — Paraissant le 5 et le 20 de\n\n         chaque mois.      —    Rédaction : P ARIS, 17, rue du Commandeur.\n            Abonnement 6       fr. ; prix du numéro 2 0        centimes\n\n5.       Le Sylphe, R ev u e Mensuelle. — 8 , Faubourg Trois-Cloitres, G r e n ob l e .\n            Abonnement 6       fr.; prix du numéro 5 0         centimes.\n\n6 . Le       Nord Littér aire , R e v u e         Mensuelle. —       1 13 », rue de Paris, V a l e n c i e n n e s .\n            Abonnement un an 5 francs.\n\n7.       Bulletin L ittér a ire, Mensuel de la Société L’Amicitia, Valencienne s .\n            Abonnement un an 6          francs.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 66, "texte": "        Première Année. N\" 4.                                                                                       AVRIL 1891\n\n\n\n                                  ESSAIS                    P U B L IE S P A R LE\n\n\n\n\nC   E    R    C    L     E            LITTERAIRE\n                                         REVUE MENSUELLE.\n                                                                                                         F     R        A   N   ÇO A   I S\n\n\n\n\n                                               SOMMAIRE D U N ° 4 .\n\n                       L e ttre P e r d u e .................................. J. D. G.\n                       L ’E s c a r p o le tte ............................... A. W e s t e r m a n n .\n                       Id y lle Rouge ( s u i t e ) ....................................... L o u i s V é h e n n e .\n                       P our un b a is e r............................... C a r l o s                  du F a y .\n\n                       Le H o m a r d ...................................V.                    L ézar\n\n                       Ne pas s a v o i r ...............................P AUL, M.\n                       M ort d ’A n g e s ............................... L. L u c y - M a r .\n                       Spleen d ’A m o u r ............... ....                              P aul     M.\n\n\n\n\n                              P r ix d u n u m é ro :       10                                c e n t im e s .\n                  P r ix       d e l ’a b o n n e m e n t : u n                               a n '4 f r a n c\n\n\n                                                    BUREAU             DU J O U R N A L :\n             G A N      D. 71. R u e                        D E F L A N D R E, 7 1 , G A N D .\n\n                                                                  GAND,\n                    Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER. rue Savaen, 82.\n"}, {"page_pdf": 67, "texte": "      N .-B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra au\n                    bureau de la rédaction, RUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                   L e s journaux ou revues qui désireraien t luire l’échange\n                        sont p riés de s’adresser au bureau d u Journal.\n\n\n\n               CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS.\n                                   (fondé LE 24 DÉCEMBRE 1888.)\n\n                          EXT RA IT         DU RÈ GL E M EN T .\nA rticle           l. — Le Cercle Littéraire Français est constitué dans le but de donner des\n                            Conférences et de former une bibliothèque d’ouvrages écrits ou\n                            traduits en français.\nA rticle          II . — Le Cercle comprend 3 catégories de membres : les membres effectifs..\n                            les membres correspondants et les membres d’honneur.\n                         Les membres effectifs sont ceux qui habitent la ville. Ils sont tenus\n                            de donner à tour de rôle des conférences, évangiles du jour et\n                            lectures.\n                         Les membres correspondants sont ceux qui n’habitent pas la ville. Ils\n                            ne sont astreints à aucune rétribution, mais sont tenus d’envoyer\n                            au Cercle un évangile du jour (œuvre personnelle) au moins une\n                            fois tous les deux mois;\nA r t ic l e      X. — Le Membre qui obtient le premier un ouvrage en lecture est obligé\n                            d’en rendre compte à la date fixée par le Comité.\nA rticle       XV II. — Le Cercle organise chaque année un Concours littéraire entre tous ses\n                           membres.\nA r t i c l e XVIII.   — Le jury se compose de 5 membres. Ils sont choisis parmi les membres\n                           du Cercle. L e scrutin est secret et a lieu à une des premières\n                           séances de l’année. Le jury prend les dispositions spèciales pour ce\n                           concours.\nA r t ic l e   X IX . — La cotisation annuelle est fixée à 5   f r . pour les membres effectifs.\n"}, {"page_pdf": 68, "texte": "                                         - 49 -\n\n\n\n    LETTRE PERDUE.\n                                                               Esneux — A o û t   1890.\n\n\n   Jamais je te l’assure mon cher, ne s’épancha autour d’une table d’hôte un tel\nfrémissement de délirante gaîté ! Jamais non plus table d'hôte n’offrit un plus\nravissant, un plus séduisant coup d’oeil que ce jour-là.......\n   T u riras de moi sans doute, mais je ne connais pas de plaisir plus délicieux\nque celui que l’on y savoure. Toute ma journée de villégiature — où à force de\nme reposer je me fatigue — se passe dans l’attente fiévreuse du tintement grêle\nde la cloche annonçant l’heure des repas.       Quand elle sonne, un bruissement, une\nagitation extraordinaires courent sur tout ce petit monde en vacances.\n   Une   sémillante   gaîté,   une verve intarissable, une blague toute tarasconnaise\nagitaient, ébranlaient toutes les cervelles.......\n   Quand j’entrai dans la salle — pas très grande — aux tapisseries à ramages\nembrouillés mangés      par le soleil,   un   bourdonnement confus s’élevait de           ces\nétrangers et surtout de ces étrangères,         assis autour de la table.\n   C ’était l’heure où le soir tombe. Une       claire pâleur mourante glissait autravers\ndes rideaux des fenêtres, emplissant d’ombres faibles la salle à manger               Et sous\nce demi-jour qui montait vers       sa figure   penchée, se perdant dans le gracieux\nréseau de ses cheveux ondés et châtains, que ma voisine me parut étrange et\ncharmante !\n   Quand elle m’aperçut, elle leva vers moi ses deux yeux noirs caressants, où\nse noyait comme une inquiétude vague et à travers ses frémissantes lèvres rouges,\napparurent, s ’esquissant en un sourire, ses jolies dents nacrées. S ’ affaiblissant\nlentement, la lumière apâlissait son teint fraîchement rose. Une robe simple, d’un\nviolet tendre, révélait la gracilité de sa      taille et allait à merveille àcette    ravis­\nsante petite personne qui pouvait avoir ses dix-neuf ans.\n   Quand elle me parlait de sa petite voix d’une suavité infinie et troublante, il\n\n                                                                                         1.\n"}, {"page_pdf": 69, "texte": "                                             - 50 -\nm’était impossible de démêler les sentiments confus q ui se remuaient en moi. Mes\nidées s’en allaient ; je n’étais qu’au bonheur de contempler cette enivrante fée...\n   A sa droite, était assis un monsieur tout rabougri pouvant avoir une bonne\ncinquantaine d’années.         Dans ses     cheveux   commençaient à se faufiler quelques\nfils d’argent, son nez rouge était tavelé de points bleuâtres, ses lèvres pendaient\nen une moue désagréable. S e s gestes exubérants, les contractions continuelles des mus­\ncles de sa face, excitaient et retenaient le regard. Par instant il faisait entendre une\nvoix    enrouée, saccadée et lorsqu’il s ’adressait à ma charmante voisine il lui don­\nnait le joli nom de Georgette.         Malgré le contraste        frappant qui existait entre ce\nvieux monsieur, à l’humeur massacrante et la joyeuse Georgette, l’idée que c’était\nson père s'incrustait en moi, je ne sais trop pourquoi.\n   A côté de lui se trouvait une vieille dame — fort respectable — en bonnet\nblanc où bouffaient quelques rubans bleus. Des boucles de cheveux, blancs comme\nla neige, s’en    échappaient et frisottaient de tous côtés. S e s yeux                 clignotants,\nbeaux encore,     un    sourire toujours épanoui        sur    les lèvres,    sa     toilette    d’une\nexquise    recherche,    lui    donnaient     un je   ne sais      quoi    de très     expressif et\nintéressant. Elle égayait beaucoup de sa conversation nullement languissante ses\nvoisins et quant à moi je me la représentais comme la mère de Georgette. Il me\nsemblait du reste qu’il y avait entre elles une certaine ressemblance, très lointaine\npeut-être—\n   A    ma gauche on avait placé un monsieur très calme, mais d’un appétit à\neffrayer Pantagruel. Je n’ai pas encore entendu               le son de sa    voix.    Est-il muet\nou est-ce un professeur en vacances ?\n   En face de moi étaient alignés un vieux capitaine, à la moustache démesuré­\nment longue, quelques jeunes gens fort bruyants, se démenant beaucoup, enfin une\nfile de dames, de demoiselles de tout âge, de                 messieurs, tous très gais, tous\ntrès animés, se prolongeait jusqu'aux deux bouts de la table.\n  Les     conversations allaient leur train; on abordait tous les sujets sans ordre\net sans suite. Puis c’étaient       des   rires   inextinguibles qui      agitaient toute       cette\ninsouciante société.\n   Pendant tout le repas je n’avais lait que parler à Georgette. Lorsque la fin du\nservice fut là, comme un air surchauffé mélangé à l’odeur des cigares, enveloppait\nla salle, elle me proposa         d’aller respirer    le frais.   Tu      comprends que je         ne\nrefusai pas !\n   Le soir était tombé, doux et étoilé. Là-bas des montagnes                    dressaient leurs\ncontours renflés, semblant des nuages dans le vague des airs. Su r l’Ourthe rampait,\ns’amenuisant au loin, une traînée pâle de brouillard. Nous nous promenions très\n"}, {"page_pdf": 70, "texte": "                                               - 51 -\ncalmes, elle appuyée sur mon bras, moi naïvement épris, sous les retombées des\narbres. J ’éprouvais une ineffable jouissance pleine d’émotion......\n   Une idée me poursuivait; je voulais la refouler, mais comme les phalènes que\nla lumière attire et que l’on chasse en vain, toujours elle revenait, me déchirait\nintérieurement. J ’aimais Georgette et voulais le lui d i r e !.....\n\n\n  L es   fenêtres    de la     salle   à   manger   s'illuminent. Des ombres   circulent   sur\nles rideaux. Des rires éclatent, puis le silence se refait, coupé tout à coup par\nla détonation       d’une bouteille de Champagne.' Enfin des accords passionnés partent\net parviennent jusqu’à nous; une voix voluptueuse et forte, chante:\n\n\n                              Tes doux baisers sont des oiseaux\n                              Oui voltigent fo u s sur mes lèvres !\n\n\n   A     ce moment,        je ne puis résister. Mon amour       concentré, ardent, s'échappe\nen un long et langoureux baiser que je pose sur les lèvres de ma compagne.\nSous ce délicieux frisson je lui murmure : « Je t’aime. »\n   Dans le silence part un grand éclat de rire moqueur et Georgette s’est soustraite\nà mon étreinte... Elle fuit légère comme une enfant vers l’hôtel, me jetant brutale­\nment ces trois mots fatidiques : « Je suis mariée ! »\n   Et    le calme     se     refait lourd, suffoquant, remuant en moi mes rêves d’avenir\névanouis, mes tendresses perdues envolées dans la nuit....\n\n\n  Voilà mon cher, ma première amourette! Elle est bien curieuse et inoubliable\nn’est-ce pas! Le voisin de table de Georgette, le vieux monsieur insupportable —\nje l’ai appris depuis — est le mari de cette charmante fée ! Quelle étrange chose !\n   Horresco referens !, ...\n   Mon cher, tu sais que le ridicule tue, aussi ne montre cette lettre à personne\net déchire-là.\n\n                                                                                  J. D. G .\n"}, {"page_pdf": 71, "texte": "                                       - 52 -\n\n              L 'E S C A R P O L E T T E .\n                                                    — * S y lv ia se balance dans les lianes\n                                                   qui bordent la rive, en effleurant l'eau\n                                                   du bout de son pied „ —\n                                                      V a lse lente — Sylvia, la N ym p h e\n                                                                             de Diane.\n\n\nOh ! combien j ’aime d ’entendre,               S u r 1‘escarpolette fr ê le ,\n       Douce et tendre,                                 A uprès d ’elle\nL a poétique chanson                            S e balance un f r a i s lutin\nDe S ylvia qui se balance                       Oui voulait cueillir la rose\n      E n cadence                                       Demi-close\nA u milieu d ’un f r a i s buisson !            D e ses lèvres de carmin.\n\n\nE lle écoute, sous l’ombrage                    Autour de sa tcte blonde\n        L e ram age                                      Une ronde\nDe ses fr è r e s les oiseaux                   De sylphes aux ailes d ’or\nE t la nymphe gracieuse                         E la rg it sa danse fo lle\n        Sous l’y euse                                    E t s'envole\nS e berce dans les roseaux.                     L a suivant dans son essor.\n\n\nS a chevelure dorée                             O belle et chaste ingénue,\n       Dénouée                                        Continue\nFlotte au vent, et p a r moments                Ton doux rêve au fo n d des bois,\nOn voit ses épaules blanches                    Oh le zéphir te balance\n       Dans les branches                              E n cadence,\nPleines d’éblouissements.                       Plein de parfum s et de voix.\n\n\nL a source à ses pieds murmure :                Va ! Berce-toi loin du monde,\n       L a nature                                      Nymphe blonde,\nA dm ire la blonde enfant,                      Sous ton dôme de rameaux.\nE t les brises parfum ées                       Berce-toi, j e ne t’envie\n       Des ramées                                      N i ta vie\nBaisent son fr o n t innocent,                  N i le chant de tes oiseaux,\n\n\nCar ces beaux yeu x de déesse                   Car dans la nature entière\n        Chasseresse                                    J e p réfère\nN ’ont ja m a is connu les pleurs,              A tous tes sylvains moqueurs\nE l toujours passe et repasse                   L a douce voix de ma mie,\n       D ans l'espace                                  Mon amie,\nSon fr o n t couronné de fleu rs.               L a plus belle de tes soeurs.\n                                                                     A. W esterm a n n .\n"}, {"page_pdf": 72, "texte": "                                      - 53 -\n\n\n                          IDYLLE ROUGE(1)\n                                     (Suite).\n\n    Le pays était calme pour le moment. Lentement le soldat avait repris ses\nforces et maintenant en sûreté dans la maison du fossoyeur, il n’avait rien\nà craindre pour sa liberté.\n    T out le temps qu’avait duré sa convalescence, Marthe n'avait pas quitté son\nchevet; sans cesse elle avait été là, près de lui, devançant ses désirs, guettant\nses moindres volontés pour les satisfaire aussitôt.\n    Maintenant ils sortaient souvent ensemble. C’étaient des promenades attardées\nle soir, dans les bois, de longues stations, le jour, dans les endroits frais et\nherbeux.\n    La nuit les surprenait quelquefois, assis tous deux, causant de tout et de rien,\nprès des murs d’un vieux moulin dont la roue depuis longtemps arrêtée, ne\ntroublait plus la quiétude du ruisseau qui coulait limpide, chantant gaîment sur\nson lit de cailloux blancs.\n    Ils restaient là, bavardant près de cette eau aux miroirs reflétant les hêtres,\nse déroulant dans la campagne comme un mince ruban d’argent, avec quelque\nbarque de bois, dormant çà et là au milieu des roseaux. La surface cristalline\nétait ridée parfois par l’aile d’un oiseau aux flancs d’émeraude et de saphir, qui\nsemblable à une balle magique disparaissait bientôt, se perdant dans le lointain\nbrumeux.\n    Le jeune homme se laissait aller doucement à ce rêve, à cet enchantement\nqui le gagnait ; il oubliait qu’il ne pourrait toujours rester à Fontoy ignoré, que\ndes affections, des personnes qui lui étaient chères l’attendaient là-bas...\n    Marthe ne voulait pas croire à une séparation possible. Depuis la nuit où elle\navait vu le soldat étendu dans le caveau où son père l’avait transporté, elle l’avait\naimé, d’abord sans le savoir peut-être, mais maintenant cet amour la remplissait\ntoute. Elle ne pouvait concevoir qu’il arriverait un moment où il faudrait se quitter\npour toujours, sentant bien qu’alors son cœur se briserait, que son bonheur\nfinirait avec ce premier amour.\n    Souvent Marthe demandait au jeune homme des renseignements sur sa famille\nqui habitait du côté de Metz. Comme elle s’informait des siens, Marcel — ainsi\ns ’appelait le soldat — lui parla inconsciemment d’une payse qui jadis avait charmé\n   (1 ) V o ir page 33.\n"}, {"page_pdf": 73, "texte": "                                           - 54 -\nson coeur et qui, lorsqu’il était parti pour rejoindre son régiment avait, disait-il\nen riant, tant et tant pleuré qu’elle en avait gagné des yeux gros comme ça....-\n   Marthe, loin de rire, devint triste; peu s’en fallut qu’elle aussi ne pleurât....\nMarcel lui avait fait mal. Elle était fâchée que cet homme auquel elle avait donné\nson coeur eut aimé une autre femme; elle lui en voulait d’avoir ainsi brutalement\njeté une ombre sur le rêve de bonheur qu’elle avait formé depuis si longtemps.\n   Elle voulut savoir le nom de cette femme, ce qu’elle faisait, mais à mesure\nque Marcel parlait, la jeune fille sentait s ’enfoncer plus profondément en elle un\nsentiment de colère, de jalousie.\n   Marcel     l’aimait-il   réellement? Depuis    ce jour cette question se posa à          son\nesprit, la poursuivant partout, la torturant sans cesse. Elle s’était laissée bercer\npar     cet amour     qui l’avait   envahie peu     à peu,   s’emparant    d’elle, la rendant\nmaintenant irritée à la seule pensée         qu’une autre possédait       peut-être   ce   cœur\nqu’ elle avait cru bien à elle.\n      Marcel, lui, continuait toujours à    mener sa vie heureuse et douce, aimé par\nla jeune fille, poursuivant cette idylle      charmante qui lui semblait un mythe venu\ndu pays des songes.\n\n      Soudain des bruits alarmants se répandirent à Fontoy: l’ennemi revenait. D es\npaysans affolés fuyaient déjà, emportant ce qu’ils avaient de plus précieux.\n      A la tombée de la nuit, Marthe et Marcel se trouvaient dans la clairière, près\ndu vieux moulin. L e jeune homme paraissait soucieux, détournant les yeux chaque\nfois que Marthe levait vers lui ses regards pleins d’angoisse.\n      Tous deux causaient de choses et d’autres, mais dans leur conversation banale\non devinait l’effort qu’ils faisaient pour ne pas laisser paraître le trouble qui les\nagitait.\n      Marthe avait comme un pressentiment         que l’heure qu’elle avait tant redoutée,\nl’heure qui devait amener leur séparation, était proche. Elle avait une envie folle de\nsurmonter le sentiment qui la retenait, d’avouer son amour à Marcel. Elle voulut\nparler, puisque lui se taisait, mais elle n’osa pas... L ’aimait-il seulement?. ..\n      Un coup de feu retentit, encore très éloigné. L e soldat tressaillit et se levant\nbrusquement :\n      « Marthe, dit-il, tu as entendu ? Us reviennent.... „\n      La jeune fille ne dit mot, suffoquée par l’émotion.\n  « Il m’en coûte de te dire ce que tu vas enten dre, continua Marcel, mais il le\nfaut. Marthe, ma blessure est guérie, et on se tue là-bas             Je ne puis continuer\nà rester ici, dans          une inaction coupable, alors     que mes amis meurent          pour\ndéfendre leur liberté. Ce serait une lâcheté que tu réprouverais, si je n’allais pas\n"}, {"page_pdf": 74, "texte": "                                          - 55 -\nles    rejoindre, si    comme eux je    ne marchais     pas à la victoire ou à la mort.\nMarthe, ici est le bonheur, là-bas, le devoir. »\n      Des coups de fusils se faisaient entendre plus rapprochés,        des fugitifs traver­\nsèrent la clairière en courant.\n  « L ’heure de la séparation a sonné, continua Marcel. Demain, ce soir peut-être,\nil faudra que je parte. Si jamais la       mort me frappe, pense de temps à autre           à\ncelui que tu as toi-même arraché un jour au trépas. Quel que soit le sort qui m’est\nréservé, moi je songerai toujours à toi, Marthe. T u as été pour moi plus qu’ une\namie, tu as été une sœur. »\n      Marthe n’avait pas prononcé un mot pendant que Marcel parlait. Toujours elle\navait cru qu’il allait lui avouer son amour, mais rien.... Il ne l’aimait donc pas !\nC ’était de la reconnaissance, de l ’amitié, mais non de l’amour qu’il avait eu pour\nelle. II l’avait dit : Elle avait été pour lui une sœur.. . L a jeune fille fut si c r uel­\nlement- frappée dans ses vœux les plus chers, qu’elle resta atterrée, ne trouvant\npas dans son navrement une parole à lui dire.\n      « Mais comme le soldat l’interrogeait sur son silence :\n      « Oui, va, dit-elle, tu as raison, ne pense pas à moi, obéis à ton devoir, il est\nsacré. Nous étions trop heureux, vois-tu, cela ne pouvait durer. J ’ai cru un moment\nque nous touchions au bonheur, mais hélas, ce n’était qu’un rêve. L e rêve c’est\nla v ie ; nous autres, nous passons       comme des ombres, fantômes à la poursuite\nd’une chimère, le bonheur. Pars, le sort le veut ainsi. T u l’as dit, là-bas est le\ndevoir.. .. Adieu ! »\n      Puis, se rapprochant de Marcel elle lui donna une petite croix qu’elle portait sus­\npendue au      cou : « Prends ceci, qu’elle soit unsouvenir de moi, qu’elle te rappelle\nla pauvre      fille qu’un jour tu rencontras sur ta route. Sois heureux et puisses-tu\ntrouver ce bonheur que tant d’autres recherchent en vain. »\n      Tous deux se turent, s’oubliant dans leur rêverie, repassant dans          leur esprit\ntoutes ces journées de félicité, si douces mais déjà envolées.\n      Les   Prussiens    un   moment refoulés   par    les   Français s’étaient repliés   sur\nF ontoy qu’ ils occupaient de nouveau. On entendait le roulement sourd des pièces\nd’artillerie    qui    passaient, le piétinement des    chevaux    et dans l’obscurité    des\ncanons de fusils reluisaient.\n      « Il est grand temps que je te quitte si je veux encore trouver les routes libres,\ndit Marcel, en apercevant au loin         les soldats ennemis. Va, Marthe, rejoins ton\npère qui doit être inquiet de ta longue absence. Ne crains rien pour moi, dans\nune heure je serai au milieu des nôtres. »\n      Mais Marthe ne voulait pas le quitter. Elle l’accompagna, se suspendant à son\nbras, retardant toujours le moment des adieux.\n"}, {"page_pdf": 75, "texte": "                                       - 56 -\n    Ils allaient maintenant   en pleine forêt, faisant craquer sous leurs            pieds     les\nbranches mortes qui couvraient le sol. La nuit était pure, le croissant de la lune\nmontait à l’horizon, découpant sur le sol des ombres fantastiques, démesurées, et\ndes étoiles scintillaient au zénith.\n   Un coup de feu éclata soudain tout près        d’eux, parti d’un massif voisin. Marcel\ns ’arrêta.\n    « Marthe, dit-il, tu ne peux m’accompagner plus loin, ta vie serait en danger.\nTu le vois, partout des ennemis occupent les routes. Retourne, pendant qu’il en\nest temps    encore. Dans quelques instants       peut-être il serait trop tard, et nous\nnous perdrions tous les deux. Adieu, Marthe, adieu. »\n   « Adieu, » répéta faiblement la jeune fille.\n   Ils s ’étaient penchés l'un vers l'autre etleur lèvres s'unirent         dans un baiser....\n   Le    soldat s'éloigna enfin, se retournant     pour voir       Marthe    qui lui souriait.\n   Elle le regarda disparaître dans la nuit, se perdre dans les ténèbres. Bientôt\nelle n’entendit plus le bruit de ses pas......\n    (A Suivre.!                                                        Louis V é h e n n e .\n\n\n\n                  P O U R          U N           B A IS E R .\n                         Dans un de mes rêves étranges         ,\n                         Ebauchant ton corps indécis,\n                         Je le moulai comme les anges,\n                         Plus immaculé que les lis.\n\n                         Puis en une étreinte amoureuse\n                         Je fis le serment de t’aimer,\n                         O chimère mystérieuse,\n                         Serment scellé d'un long baiser.\n\n                         Sur ma lèvre brûlante encore\n                         Tu t’en es repu dans mes bras ;\n                         Dis-moi quand donc verrai-je éclore\n                         Le jour oh tu me le rendras!\n                                                                      C a r l os du F a y .\n"}, {"page_pdf": 76, "texte": "                                                 - 57 -\n\n\n\n                    LE HOMARD.\n                                                                                 à L. V. d e N.\n\n\n      Vous savez tous que le homard est un crustacé, que de bleu il devient rouge\npar l’effet de la cuisson et qu’il préfère la solitude                     des parcs au    bruit des\ngrands festins. Mais ce que vous ignorez peut-être, c’est que cet animal déteste\nprofondément l’humanité. Vous autres qui aimez la bonne chair, vous vous en êtes\nsans doute déjà         aperçus, aussi n’est*ce pas à vous            que je m’adresse. Je        tiens\nà démontrer au vulgaire qui ne voit dans le homard qu’un animal fort paisible,\naux mœurs          des plus patriarcales, que sous ses dehors bon                 enfant, cette   bête\nvicieuse nourrit les plus noirs desseins contre la pauvre humanité.\n      A preuve ce homard qui hier encore a jeté un brave ménage dans la désola­\ntion ? Connaissez-vous les Delaminque ? Je ne le crois pas, aussi vais-je vous les\nprésenter à l’instant. L e s Delaminque sont de braves poissonniers ; Madame qui ne\nconnaît des lustres que le charme d’en avoir quatre, est ce                      qu’on peut appeler\nune belle femme ; noire, grande, bien faite elle paraît d’autant plus jolie que son\nmari     est d’une franche laideur. Il approche de la cinquantaine, sa barbe rousse\net sa     bosse de      graisse évoquent, je ne sais quel             souvenir de Quasimodo et\nson pied bot rappelle l’antique dieu forgeron de l'Olympe. Jeanne                        ne semblait\npoint    faite pour Bernard         et    Bernard encore moins pour Jeanne et cependant\nils    s ’épousèrent.   Ce ne fut pas           un mariage      d’inclination, oh   non ! il ne fut\nmême       point    question   de        cœur    et    de   chaumières ;   le   ménage   Delaminque\nnaquit    d’une    belle petite fortune en            espèces sonnantes et d’un grand        magasin\nbien achalandé.\n      Ni l’or ni la grandeur ne rendent heureux !\n      Jeanne eut beau être riche et femme du poissonnier le mieux coté de la ville,\nelle n’était pas heureuse. Comme ces cordons bleus qui rejettent la faute de leurs\nplats manqués sur l’état de vétusté de leur batterie de cuisine, elle crut que scs\ndéceptions provenaient de sa boutique, qui malgré son brevet doré de fournisseur\n"}, {"page_pdf": 77, "texte": "                                             - 58 -\nde sa Majesté la Reine, était bien vieille, bien sombre, bien triste. Bernard qui\nne pouvait rien refuser à sa chère moitié et qui eût préféré se voir arracher sa\nbosse, source cependant de           sa prospérité, que de contrarier les moindres désirs\nde     sa   Jeanne, résolut de restaurer          sa maison,      de transformer      son magasin.\nL'entrepreneur vint, une armée            d'ouvriers le suivit et pendant quinze jours la\npoissonnerie des Delaminque fut livrée aux mains des charpentiers, des maçons,\ndes vitriers et des marbriers.\n     Quinze jours      avaient    suffi   pour faire    de    la vieille   boutique   un   magasin\nfort    propre,   un   bijou d’art et de         confort.    La   “ tribune „ avait été vendue ;\nune immense glace de             baccarat la remplaçait. L e comptoir de bois blanc avait\ndisparu pour faire place à une immense table de marbre. L ’armoire aux conserves,\nle billot de chêne, les portes vernies, tout l’ancien mobilier, s’était vu dévissé;\ndétaché, enlevé et porté au loin, livré à des mains mercenaires trop peu soucieuses\nd’un repos presque séculaire. A            l’étalage au milieu d’un jet d’eau, sur une        dalle\nde marbre immaculée, la marée aux écailles dorées, argentées et cuivrées                     gisait\nencore pantelante à côté de langoustes bleues, de homards noirs et d’écrevisses\nbrunes.     Su r ce tableau de       \" nature    morte „ les glaces des        murs    renvoyaient\nleurs jeu x de lumière. Et au fond, sur des tables proprement lavées, Bernard,\nle tablier à la ceinture, le coutelas à la main, dépeçait les grosses pièces dont les\nclients enlevaient à la hâte les morceaux.\n     L e magasin des Delaminque était le plus beau de la ville. Et cependant Jeanne\nn’était pas encore heureuse. Il lui manquait encore toujours quelque chose. Quoi ?\nelle ne le savait elle-même pas. Un jour               cependant     elle crut deviner la cause\nde sa mélancolie, elle demanda à Bernard de lui acheter un rideau de verdure\nqui la mettrait à l’abri des regards des            curieux tout en donnant à la maison cet\nair gai et réjoui que ne peuvent connaître que ceux qui aiment les fleurs. Bernard\nresta deux jours plongé dans la            lecture des catalogues de grandes maisons horti­\ncoles ; le troisième jour il se rendit chez un fleuriste et lui commanda vingt plants\nde buis. Peu de temps après, les                passants pouvaient voir à la devanture des\nDelaminque un lot de splendides poissons devant un rideau de buis.\n     L e magasin de Bernard était fleuri- Et Jeanne était. ... heureuse.\n     Bernard, dix, quinze, vingt fois même par jour sortait pour admirer à son aise,\nde la rue, le bel effet de son magasin et pendant ce temps Jeanne parlait avec le\npremier commis, un jeune homme de vingt ans. Bernard était dans la joie, Jeanne\nrevivait, et le bonheur semblait ne plus pouvoir quitter un si heureux ménage.\n       Hier, Bernard venait de recevoir la marée ; elle était superbe. Des saumons\nau ventre d’argent, des carpes aux              flancs cuivrés, des huîtres au dos moucheté,\n"}, {"page_pdf": 78, "texte": "                                      - 59 -\ndes raies aux c ules roses, des cabillauds aux barbes sanguinolentes. L ’expéditeur\nn’avait pas non plus oublié les homards : douze belles bêtes, aux carapaces noires,\ntachetées de jaune, aux pinces formidables et pleines d’espérances. L e coup d’œil\ndevait être splendide de la rue. Bernard     n'y tint plus, ôtant son tablier, passant\nsa veste, il alla se placer devant sa vitrine.      Ce jour-là, les oreilles du      brave\ngarçon durent tinter. Ce n’étaient que des cris d’admiration, des remarques flat­\nteuses, des \" o h ! „ et des \" ah ! „ à n’en pas   finir. Franchement le spectacle était\nfort beau. S u r le tas de poissons rampaient les homards, promenant dédaigneuse­\nment leurs pinces sur ces chaires mortes, s’arrêtant çà et là pour projeter un flot\nde bave. Tout à coup, Bernard      donna signe d’un profond étonnement. Il venait\nde déposer à la vitrine douze homards, il n’en voyait plus que onze. L e plus grand,\nle plus beau manquait. Et tandis qu’il s’écarquillait les yeux à rechercher l’absent,\nà compter et à recompter les présents, là-bas dans le feuillage, on voy ait un plan\nde buis secoué violemment. Lentement, très lentement comme mû par un ressort\ninvisible, la   plante oscilla, oscilla encore pour tomber enfin. Un éclat        de rire\nparcourut la rangée des badauds, un juron s’échappa des lèvres             de Bernard.\nLà-bas, derrière le buisson que venait d’abattre le homard, Jeanne embrassait le\ncommis.\n   L e s Delaminque vont divorcer... Et pour qui ?... Pour        un homard ! Sachez\ndonc, mes amis, que le homard est un animal très méchant. Aimez-le à table...\net encore ! mais, si jamais vous devenez poissonnier, de grâce, ne vendez jamais\nde ces animaux.\n\n\n                                                                         V.   L éza r .\n"}, {"page_pdf": 79, "texte": "                   - 60 -\n\nN E P A S SAVOIR\n  Ne pas savoir s i dans son cœur\n   Vous occupez la moindre place ;\n  Ne pas savoir s i l'a ir moqueur\n  Q ui p a rfo is en son re g a rd passe\n\n  N e st pas l'indice du dédain\n  Que votre enchantement lui cause ..\n  E t s 'il se transform e soudain\n  Ne pas en percevoir la cause.\n\n  Ne pas savoir, lorsque toujours\n  Vous avez aux lèvres \" J e t'aime ! „\n  S 'il lui fa u d ra plus de deux jo u rs\n  P o u r oublier votre nom même.\n\n  Ne pas savoir, hélas ! enfin,\n  S i, pendant que vous rêvez d'elle,\n  Un autre en lui serrant la main\n  Ne lui ju r e amour éternelle,\n\n  E t s i cet autre, plus heureux,\n  N 'a yant plus d'aveux à lui fa ire ,\n  Avec ses propos amoureux\n  N ’ a pas acquis l’art de lui plaire...\n\n  H élas ! voilà bien la douleur\n  Du doute cruel qui vous froisse,\n  Vous serre et vous meurtrit le cœur\n  E t le torture, dans l'angoisse.\n\n  C’est le prélude de l'am our\n  Q ui coûte souvent bien des larmes.. .\n  D 'être aimé le bonheur un jo u r\n  A pour nous d ’autant plus de charnu s.\n\n                                             PA U L   M.\n"}, {"page_pdf": 80, "texte": "                                               - 61\n\n\n         MORT D'ANGE.\n\n                                                * Et ro se, elle a vécu ce que viven t les ro ses,\n                                                        „ L ’esp ace d’un matin !....... ,\n\n                                                                                        (M a l h e r b e )\n\n\n\n   L e ciel est bleu.... et l’onde est pure.....\n   C ’est une matinée d’été, de ces matinées où l’âme est en fête, où le cœur\ns’unit aux joies de la nature... L e soleil promène voluptueusement son flamboyant\nregard sur le flot calme et limpide.....\n  ' L ’eau murmure un chant mystérieux... et l’on ne sait si l’on entend les Sirènes\nantiques, là, dans leurs lointaines grottes, ou si l’ange du réveil a fait résonner\nson luth dans les profondeurs du ciel....\n   L e sable est semé de mille perles... Deux entants sont là, marchant gaiement,.\nl’œil plein de fêtes        C ’est une fille et un garçon,           couple charmant et curieux,\nprofondeur de malice et de grâce...\n   C ’est une fille, aux longs cheveux sombres                qui tombent en boucles torren­\ntueuses sur ses      épaules, aux yeux qui semblent deux perles noires incrustées\nclans une rose, aux lèvres qui rappellent le sang sur le velours.... Elle est vêtue\nentièrement de noir.... Souvenir à peine effacé.... perte récente, sans doute !...\n   L ’autre est un    garçon, bien fait, à la chevelure                noire aussi, au visage qui\nincarne ce beau type israélite, ces traits fortement marqués, ce regard sombre\nqui pénètre, qui toise, à qui rien ne résiste... Lui également est revêtu d'habits\nfoncés... il porte encore le crêpe au bras....\n   T ristesse inconnue, blessure à peine fermée...\n   Ils avancent, la    main dans         la   main, comme      deux anges, et            leurs     pas       se\ngravent sur    le sable, comme un sillon dans l’or... Tous deux ont au bras un\npetit panier   de jonc. L e      garçon l’a laissé       tel ; la fille y       a brodé son            nom,\nen laine noire:   \" A t r a .,, — Quel   nom?... Quelle origine ? Italie ou Ju d é e?... Ils                 ne\n\nsont pas du pays.\n   L a route fuit derrière e u x ; la plage se rétrécit. Là est la m er!... Ils courent;\nleurs cheveux volent au vent comme un drapeau funèbre... et cependant la jo ie\n"}, {"page_pdf": 81, "texte": "                                                           - 62 -\nest dans leurs yeux, le plaisir dans leur attitude. Ils courent.... et bientôt la\ng rève      est     loin     déjà. ..      A tra      a   délacé       son soulier,           défait    son    bas     et     elle\ns ’est avancée dans les eaux. Son pied, sur le sable du fond, parait un nénuphar\nsolitaire.... et elle, une ondine, une nymphe, qui, riante et curieuse, est                                             venue\njeter un regard sur la terre....                       Le gracieux tableau se complète par le garçon,\nqui, debout sur un monticule, le bras étendu vers l’horizon, désigne à l’enfant\nun rocher sur lequel l’écaille rose des coquillages reluit au soleil....\n      A tra     a compris, vite             elle s ’élance        avec       la      rapidité      d’une   fée,      gravit     le\nroc abrupt, et, parvenue au faîte, détache de ses doigts mignons, les attrayantes\ncoquilles. Bientôt son ami l'a rejointe, et, à eux deux, seuls dans cette solitude,\nn’ayant devant eux que la mer. derrière eux que le flot, ils commencent                                                     leur\npêche enfantine. Le silence matinal n’est troublé que par leurs ris argentins et\nleurs exclamations joyeuses.\n      Et parfois, quand la nacre désirée                        est au bas,           A tra       descend, puis,       pour la\nsaisir, penche son front gracieux sur l’eau, et l’on dirait à la voir\n\n                                      .... qu’elle met dans l’onde un baiser.\n\n      Ainsi les instants s’écoulent et les enfants sont là... Bientôt le flux                                      commence\net la marée parait.... C ’est l’heure !.... Ils. ne voient rien, ils n’entendent rien.. .\net l’eau monte !...\n      Au village voisin, l'Angelus tinte doucement dans le lointain.\n      A tra     lève la tête :\n      — “ Pourquoi sonne-t-on ? „ — dit-elle?\n      L e garçon        ne     répond       rien, absorbé           dans sa recherche. L ’enfant sourit, lève\nau ciel son œil noir et reprend sa tâche.\n      Et l’heure fuit... Bientôt l'onde arrive                       au     pied du rocher; son écume blan­\nchâtre l’entoure             comme une auréole lumineuse, le                           clapottement de l’eau se fait\nentendre,         et les petits ne l’entendent pas !\n      Que     va-t-il a d v e n i r   en    c e tte    heure     s in is tre ?....    q u ’ ils    regardent   d o n c a u to u r\n\nd ’e u x !.... p lu s   de g u é m aintenant !... le p ie d blanc d ’A T R A ne se n tira p lu s le fo n d ...\n\ne t son c o m p a g n o n      est tro p     faib le p o u r la p o r t e r . .. .\n\n      Mais non, sans inquiétude, ils continuent cet ouvrage,...                                       ils rient toujours, ..\nils    enlèvent de la pierre                  les coquilles colorées,... leurs paniers                         ne sont pas\nencore pleins... Ils              doivent l’être.          Le     garçon,         à divers          instants ne      relève la\ntête que pour contempler sa compagne qui semble un                                                lis éclos sur ce rocher\ndésert....\n      Tout à coup,           A tra      pousse        un c ri: elle a senti l’eau sur la jambe! ..                      A     c et\n"}, {"page_pdf": 82, "texte": "                                                              - 63 -\n appel, le garçon se retourne. D ’un regard,                                    il a mesuré l’étendue du danger....\n son œil a mesuré l’Océan!...\n        Il a v u    son A t r a , p â le,      les    yeux       grands        ouverts,         le    front p li s s é ,    les   lèvres\n se rré e s.. .\n\n      Que faire ?... L e malheureux enfant n’en sait rien. . Il est impossible de passer\n dans les flots... C ’est la mort, maintenant.\n       S il était seul!... peut-être pourrait-il à la nage regagner le rivage... Mais sa\n compagne ?... mais cet ange, qui est là, près de lui ?...\n   O douleur!.,. Problème immense et terrible, qui le paralyse, quibrise                                                             son\n cœur d’enfant !....\n       A tra     pleure; d’abondantes larmes s’échappent                               de      ses yeux         et,    roulant      sur\n\n sa     robe,      semblent        des   perles d’argent. De sa gorge                            sortent parfois            des     cris\n rauques entrecoupés                de sanglots..., cris, qu’hélas !..                         l’éloignement empêche                 de\n parvenir à la plage. .\n       L e garçon joint            sa voix à celle de la fillette... Ses accents plus                                      mâles font\nfuir la mouette et l’albatros, témoins habituels des marées. Souvent et longtemps,\nils réitèrent l’appel, mais en vain.... et l’eau monte!...\n       Ah ! que de fois ne l avaient-ils pas vue, cette eau qui les faisait s’étonner par\nses crues journalières!... et aujourd’h u i!.....\n      Pauvres enfants !... quel sort affreux les attend !... que de larmes on va verser,\nlà-bas ! . .\n      Tout à coup,          une    vague immense envahit le rocher.... On entend un cri déchi­\nrant, sorte de              râle    épouvantable.... puis              une tache noire apparaît sur I’onde....\npuis, plus rien !...\n      — \" A t r a !...... . s’écrie, fou de douleur, l’enfant infortuné...\n      H élas!... la mort a fait son œuvre.... la mort a cueilli la fleur                                          à peine éclose,\nla noire enfant s’est envolée vers le ciel....                                A tra          n'est plus !... L ’espoir            s’est\névanoui         dans le      cœur du survivant                    de cet horrible                    drame, son        visage       est\ndécomposé,          son œil tantôt             si    pur, est         hagard, ses              lèvres si vermeilles                sont\npâles et        plissées, ses        cheveux volent en désordre.... il                               contemple les flots d'un\nregard sombre.... pousse un éclat de rire strident.... et s’élance....\n\n\n      L e len d em a in ,   la m e r     ra p p o rta it à la p la g e , le s c a d a v r e s           m utilés d ’ A t r A et     de\n\nson ami, le s d e u x         p etits    c h e r c h e u r s d e c o q u il l a g e s ....\n\n\n\n       Villa des Capucines, 19 Ja n v ie r 18 9 1                                                       L é o n L u c y -M a r .\n"}, {"page_pdf": 83, "texte": "                - 64 -\n\nS\nP\nL\nEE\n ND\n  'A\n   M\n   O\n   UR\n    .\n  Le cœur serré, larmes aux yeux,\n  Je cherche ce qui me tourmente ;\n  Je m'interroge de mon mieux\n  —                               .—\n     Laissons se passer la tourmente !\n\n  Mais hélas ! loin de s'apaiser,\n  La douleur en moi s’accentue,\n  Et je sens sur mon cœur peser\n  Un poids qui l'oppresse et le tue...\n\n  J'a i le besoin fou de pleurer :\n  Pleurer ! que- c'est doux à fout âge;\n  Vous vous sentez comme effleurer\n  L 'aîle d’un ange qui soulage...\n\n Mais il me semble que je vois\n Cet ange... Voilà qu’il m’appelle,\n Je crois reconnaître sa voix,\n Son image, ses traits... ô Belle !\n\n     ,\n  Oui ce sont bien là tes beaux yeux,\n  Au doux regard qui me fascine\n  Et tes cheveux noirs si soyeux\n  Enroulés en tresse divine !\n\n  Exquise fraîcheur de ce teint\n  Semblable au lis que l'aube arrose,\n  Avec des reflets de satin\n  Et des senteurs d’ambre et de rose!\n\n\n  O lèvres qui servent d'écrin\n  A des éclats d'ivoire même. .\n\n  Voilà quel était mou chagrin !\n  Loin de toi je suis... et je t'aime!\n"}, {"page_pdf": 84, "texte": "            PUBLICATIONS RECOMMANDEES\n\n\n\n\n].       La Jeune Belgique, R evu e Mensuelle. —                    Boulevard d’A nderlecht, B r ux e l le s .\n            Abonnement 1 O francs.                                               •\n\n2.        La Reçue Belge. —             R u e de Bériot, 4 2 , L o u v a i n .\n            Abonnement un an 4          fr. ; le numéro 2 0     centimes.\n\n3    .   Les Jeunes, R ev u e M en su elle.-        —   6   , rue de F er, N a m u r .\n            Abonnem ent .“ » fran cs.\n\n4.       Les Annales (gauloises, R ev u e Littéraire &                     Artistique. — Paraissant le 5 et le 20 de\n\n         chaque mois.      —    Rédaction : P ARIS, 17, rue du Commandeur.\n            Abonnement 6       fr. ; prix du numéro 2 0        centimes\n\n5.       Le Sylphe, R ev u e Mensuelle. — 8 , Faubourg Trois-Cloitres, G r e n ob l e .\n            Abonnement 6       fr.; prix du numéro 5 0         centimes.\n\n6 . Le       Nord Littér aire , R e v u e         Mensuelle. —       1 13 », rue de Paris, V a l e n c i e n n e s .\n            Abonnement un an 5 francs.\n\n7.       Bulletin L ittér a ire, Mensuel de la Société L’Amicitia, Valencienne s .\n            Abonnement un an 6          francs.\n"}, {"page_pdf": 85, "texte": ""}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 4, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1891-04", "signet_source": "Première année - N°4 - Avril 1891", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 66 (« Première Année. N° 4. AVRIL 1891 »).", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}