{"numero_id": "ulb-reveil-1891-05-n5", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "articles": [{"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-001", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Première Année. N° 5, MAI 1891.", "ancre_fin": "P A R L E", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE D U N ° 5", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 292, "texte": "Première Année. 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L L u c y -M a r .\n         Beauté q u i tue . .\n          .            .        ,      ;       ............................ P a u l M.\n         Ange qui m e u rt           .\n         P e tit poèm e fin -d e -s iè c le                                    F r é d é r ic F r ic h e .\n         T rio le ts p rin ta n ie rs . . .                  . . .             Jean No v is .\n         Id y lle Rouge (su ite et f i n ) .......................... L o u is V é h e n n e .\n         S o n n e t s ....................................... C a r l o s du F a y .\n         Un b a l chez les o is e a u x ................... Loui s De B.\n         Une M è re .......................................A. W e s t e r m a n n\n         B ib lio g ra p h ie .\n\n\n\n                P r ix        d u n u m é ro : 4 0                           c e n t im e s .\n      P r ix      de       l ’a b o n n e m e n t ; u n                      a n 4 fra n c s.\n\n\n                                     BUREAU            DU J O U R N A L :\n   GAND, 71, RUE                             D E F L A N D R E , 7 1. G A N D\n\n                                                   GAND,\n        Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER. rue Savaen, 32.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-003", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "N .-B . — Il sera rendu compte", "ancre_fin": "bureau du Journal.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 87, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 323, "texte": "N .-B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra au\n                    bureau de la rédaction, RUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                  L es journaux on revues qui d ésireraien t faire l’échange\n                       sont p riés de s’adresser au bureau du Journal.\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-004", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Cercle littéraire français : extrait du règlement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 87, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 323, "fin_caractere_exclue": 2023, "texte": "CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS.\n                                  (fondé LE 24 DÉCEMBRE 1888.)\n\n\n                        EXT R AI T DU RÈ GL E M EN T .\nA rticle      I. — Le Cercle Littéraire Français est constitué dans le but de donner des\n                      Conférences et de former une bibliothèque d’ouvrages écrits ou\n                      traduits en français.\nA rticle    II. — Le Cercle comprend 3 catégories de membres : les membres effectifs,\n                      les membres correspondants et les membres d’honneur.\n                   Les membres effectifs sont, ceux qui habitent la ville. Ils sont tenus\n                      de donner à tour de rôle des conférences, évangiles du jour et\n                      lectures.\n                  Les membres correspondants sont ceux qui n’habitent pas la ville. Ils\n                      ne sont astreints à aucune rétribution, mais sont tenus d’envoyer\n                      au Cercle un évangile du jour (œuvre personnelle) au moins une\n                      fois tous les deux mois.\nA rticle    X. — Le Membre qui obtient le premier un ouvrage en lecture est obligé\n                      d’en rendre compte à la date fixée par le Comité.\nA rticle XVII. — Le Cercle organise chaque année un Concours littéraire entre tous ses\n                     membres.\nA rticle XVIII — Le jury se compose de 5 membres. Ils sont choisis parmi les membres\n                    du Cercle. Le scrutin est secret et a lieu à une des premières\n                     séances de l’année. Le jury prend les dispositions spéciales pour ce\n                     concours.\nA r t ic l e   X IX . — La cotisation annuelle est fixée à 5   f r , pour les membres effectifs.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-005", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 65, "page_fin": 65, "titre_corps": "Menus souvenirs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Lucy-Mar", "ancre_debut": "MENUS SOUVENIRS, Elle était assise", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 88, "page_imprimee": 65, "debut_caractere": 71, "fin_caractere_exclue": 2434, "texte": "MENUS SOUVENIRS,\n   Elle était assise là, devant le clavecin ouvert, son profil de médaille se dessinant\nsur la muraille, aux lueurs tremblotantes de la bougie. Ses doigts, errant sur les\ntouches glacées, allaient, dans leur lenteur mesurée, avec la conviction de leur\ntâche,   nous imprégnant tous des sons qu’ils tiraient du vieil          instrument. Cette\nrêveuse mélodie de Schubert ainsi égrenée dans ce salon moyen-âge, devant ces\nauditeurs attentifs et immobiles, se grandissait démesurément et, quand on fermait\nles yeux, quand la pensée s’envolait, l’âme croyait ouïr les concerts d’en haut ...\nJamais je n’avais ressenti si exquise émotion, si enivrant sommeil                 Je rêvais,\ntransporté vers des féeries inconnues, dans le silence qui m’entourait, buvant à\nla coupe du beau le poison divin de l’oubli.... Ce que j ’écoutais là, jadis aussi\nje l’avais écouté, dans ce même salon aux tentures anciennes, aux vieux meubles\nrégence, aux grandes fenêtres grillées.... J e l’avais entendu pour la première fois\nretentir sous ces mêmes voûtes, de ce même clavecin sculpté, surmonté du buste\nvermoulu, aujourd’hui, de Lulli. Et si les larmes s’attachent ainsi à mes paupières,\nsi mon cœur se      soulève parfois c’est que c’est      elle-même aussi, qui, dans le\npassé, me le jouait, doucement,      à cette époque de      félicité paisible que jamais\nmon amour n’oublia, que jamais mon esprit ne put perdre de vue.... Oh ! qu'elle\nétait jolie alors !.... Que ses cheveux, blancs aujourd’hui, étaient blonds et soyeux !...\nComme son regard que l’âge éteint sans cesse était langoureux et limpide, avec\ndes désirs et des joies qui me faisaient tressaillir!—        Mais, l’heure a fui, notre\nprintemps a disparu, dans le grand ravage des temps.... nous avons vu venir les\nrides..., nos membres se sont raidis, et, après cinquante ans         de bonheur, nous\nnous retrouvons l’un devant l’autre, comme autrefois, moi l’écoutant, elle jouant,\npour les grands portraits du salon, auditoire silencieux, cette même mélodie de\nSchubert, qui dans m o\n                     n âm e, évoque la pensée de cet été, radieuse aurore                      de\nnotre hiver !.. .\n\n                                                                    L éon L u c y - M a r .\n\n                                                                                          5.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-006", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 66, "page_fin": 66, "titre_corps": "Beauté qui tue", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paul M.", "ancre_debut": "I. B E A U T E Q U I T U E . De sa lèvre", "ancre_fin": "s'estimant innocente!", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "II. A N G E Q U I M EU R T", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 89, "page_imprimee": 66, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 829, "texte": "I.\n\nB E A      U    T    E     Q      U   I   T U      E .\n\n  De sa lèvre embaumée un souffle alanguissant\n  S ’échappe irrégulier et tout chargé d'ivresse;\n  La volupté d'amour et le désir puissant\n  Cernent ses yeux profonds irrités de mollesse...\n\n  Le las de vivre inscrit sur son front pâlissant\n  Imprime un air cruel à sa beauté traîtresse,\n  Par calcul, négligence ou caprice, laissant\n  Ses cheveux noirs soyeux s’échapper de leur tresse\n\n  Sans pitié, sans élan, sans amour et sans coeur,\n  Voulant se faire aimer pour haïr ses victimes\n  E l par désœuvrement se plaisant dans ses crimes,\n\n  Pour charmer l 'imprudent et fo l admirateur\n  Etalant a dessein sa langueur marcescente,\n  Et pour un coeur brisé s'estimant innocente!\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-007", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 66, "page_fin": 67, "titre_corps": "Ange qui meurt", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paul M.", "ancre_debut": "II. A N G E Q U I M EU R T. Un soupir", "ancre_fin": "P aul M.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PETIT POÈME FIN-DE-SIÈCLE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 89, "page_imprimee": 66, "debut_caractere": 829, "fin_caractere_exclue": 1269, "texte": "II.\n\n                    A N G E Q U I M EU R T .\n\nUn soupir vient mourir sur sa lèvre pâlie\nEt ses beaux yeux éteints sont rougis par les pleurs\nQui creusent des sillons sur sa joue affaiblie\nEn y laissant gravés ses regrets, ses douleurs.\n\nElle craint tant la mort! Pourquoi? Quelle folie!\nN'est-ce point là la fin de ses tristes langueurs\nQui lui rident le front, las de mélancolie,\nDe fièvre... Pauvre enfant! Hélas ! Oui tu te meurs !\n"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": 67, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 550, "texte": "                                           - 67 -\n                   V a ! ne crains pas la mort. Le ciel, c’est ton dom aine;\n                  C’est de là que tu viens et la mort t’y ramène,\n                  Ta beauté n'était pas de celles d'ici-bas.\n\n                  C’était trop idéal, trop divin, trop étrange!\n                  Nous t'aurions trop aimée et lu dois être un ange...\n                   V a ! si Dieu te reprend, nous ne t'oublierons pas !\n                                                             P aul   M.\n\n\n\n             "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-008", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 67, "page_fin": 68, "titre_corps": "Petit poème fin-de-siècle", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Frédéric Friche", "ancre_debut": "PETIT POÈME FIN-DE-SIÈCLE. L ’ A R C - E N- C I E L", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 90, "page_imprimee": 67, "debut_caractere": 550, "fin_caractere_exclue": 1939, "texte": "PETIT POÈME FIN-DE-SIÈCLE.\n                                 L ’ A R C - E N- C I E L .\n\n                                                I.\n\n   Au   milieu   du   square, le jet d’eau montait tout droit en gerbe serrée, puis\ns ’éparpillait, en gros   diamants faisant un joli clapotis sur l’eau de la          grande\nvasque. Et dans le brouillard blanc des gouttelettes flottantes, le soleil avait mis\nun arc-en-ciel changeant, tout frais et délicat.\n\n                                               II.\n   Or, passèrent deux petites dames :\n   — « Oui, ma chère, une horreur. Figure-toi,              il m’a reproché les bijoux qu’il\nm’avait donnés : peut-être pas pour cinquante louis! »\n   — T u l’as flanqué dehors, hein ?\n   — J e crois bien; j ’ai ouvert la porte toute grande et je lui ai dit         : Fiche ton?\ncamp tout de     suite, sale m u f’ ! et ne remets plus les pattes ici! — C ’était tapé,\nj espère. 11 faisait une tête!\n   — Et les deux petites dames passèrent, sans voir l’arc-en-ciel, au milieu du\nsquare, dans le jet d’eau qui montait tout droit en gerbe serrée.\n\n                                               III.\n   Or, passèrent deux avocats :\n   — « Voilà, si je ne me trompe, la septième fois que l’affaire est remise à\nquinzaine, mon cher confrère. C ’est beaucoup.\n   — Oh, c’est élémentaire, cher confrère : la                partie adverse meurt de faim.En\n"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": 68, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1959, "texte": "                                           - 68 -\nretardant le prononcé, nous arrivons certainement à transiger pour la succession.\nHé, hé, hé, ce n’est pas plus malin que cela! »\n   — Et les deux avocats passèrent, sans voir l’arc-en-ciel, dans la gerbe serrée,\ns ’éparpillant en gros diamants qui faisaient un joli clapotis sur l’eau de la grande\nvasque.\n\n                                               IV.\n    Or, passèrent deux policiers :\n    — « Agent Trotard, vous êtes un âne! »\n    — « Brigadier, j ’avais cru .. »\n    — « Pas d’observations, vous êtes un âne. Subséquemment onaura l’œil sur\nvous, v’savez. A-t’on jamais vu : un procès-verbal, à ce malheureux cocher, pour\navoir culbuté c't’espèce de particulier! Ah, mais!... on aura l'œil sur vous, c'est\nmoi qui vous le dis; même que si ça se représentrerait, j ’vous fais dégommer,\nv’s’avez compris, dé-gom-mer! »\n   Et les deux policiers passèrent sans voir l’arc-en-ciel sur l’eau de la grande\nvasque et dans le brouillard blanc des gouttelettes flottantes.\n                                               V.\n     Or, passèrent deux décadents :\n     — « Oui, bien, nous lui avons cassé l’encensoir sous le nez, à ce pauvre\n Sgobtro; mais, enfin, qu’est-ce que tu en penses toi, sincèrement, de son livre?\n     — Peuh!\n     — Moi aussi»... c’est infect.... D’abord, parce qu’il m’a pris un tas d’idées que\nj ’avais eues dans mes L u n e s d ’A u to m n e . C’est-à-dire... Enfin, tu comprends, il n’y a\nque ça qui ne soit pas infect. Tiens, au fait, c’est juste, tu ne connais pas mes L u n e s\nd ’A u to m n e . Eh bien, mon vieux, allons là-bas, au café du coin, je te lirai le\nprologue.\n     — Hum, hum!\n     — Arrive, je te paie une choppe.\n    i— Et les deux décadents passèrent, sans voir dans le brouillard blanc des\ngouttelettes flottantes, l’arc-en-ciel changeant, tout frais et délicat.\n                                                                       F r é d é r ic F r ic h e .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-009", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 69, "page_fin": 70, "titre_corps": "Triolets printaniers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Novis", "ancre_debut": "TRIOLETSPRINTANIER. I. 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Je a n   No v i s .\n\n\n\n\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-010", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 70, "page_fin": 72, "titre_corps": "Idylle rouge", "titre_sommaire": "Idylle rouge (suite et fin)", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Véhenne", "ancre_debut": "IDYLLE ROUGE(1). (Suite et fin.)", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 93, "page_imprimee": 70, "debut_caractere": 1253, "fin_caractere_exclue": 2027, "texte": "IDYLLE ROUGE(1).\n                                          (Suite et fin.)\n\n  A vec le départ de Marcel, un grand vide s’était fait dans le cœur de Marthe.\nElle se sentait seule, toute seule au milieu de cette forêt épaisse; elle comprenait\nqu’avec le soldat étaient partis à tout jamais ses joies, ses rêves de bonheur.\n   La jeune fille errait à l’aventure, ne s’apercevant pas qu’elle s'égarait, revivant\ncontinuellement dans son esprit ce passé                 qui n'était plus que fumée. De temps\nà autre elle s’arrêtait, croyant entendre un bruit de pas dans le silence, s’imaginant\nque c’étaient ceux de Marcel, mais rien...                            *•\n   Tout reposait dans la nature; on aurf.it dit un immense apaisement descendu\n\n\n  (1) V o ir p ag es 33 et 53.\n"}, {"page_pdf": 94, "page_imprimee": 71, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2959, "texte": "                                                       - 74 -\nsur toutes choses. Seuls, les grands arbres doucement balancés par le vent, leur\nfeuillage frissonnant sous les baisers de la brise, s ’agitaient mollement, et dans cet\nanéantissement de             vie, on entendait des échos,                    des bruissements confus,                 des\nchuchotements my stérieux, ces mille voix de la forêt qui passent et meurent.\n    Marthe marchait toujours... Où était-elle? Elle                          l’ignorait, mais que lui importait\nà présent. Elle allait, sans but, droit devant elle.\n    Comme elle approchait d’ un hallier, un bruit de voix s’éleva. Des sentinelles\npeut-être...\n  •« Elle n’y fit pas attention, tout en proie à son idée fixe, songeant toujours à\nMarcel. L es arbres, dont les branches se rejoignaient au-dessus de sa tête, inter­\nceptaient les rayons              de la lune, l’empêchant de distinguer autour d’elle, tant\nl’obscurité était profonde. Elle s’écorchait aux ronces qui lui barraient la route,\nfroissant sous son pied les broussailles qui cassaient avec un petit bruit sec.\n    Soudain une voix cria dans la nuit : \" Qui vive? „\n    La    jeune fille n'entendit             pas, absorbée           en une          pensée unique ; l’extérieur\nn’existait plus pour elle.\n    Il lui semblait maintenant que Marcel était près d’elle, qu'elle lui parlait...\n    — “ Qui v iv e ? „\n    Un canon de fusil se montra entre les branches du fourré.\n          Ils se tenaient enlacés, ils étaient réunis pour jamais...\n    — \" Qui v iv e ? ,, dit la voix pour la troisième                        fois.\n    Un éclair brilla, crevant les ténèbres épaisses,                         une détonation suivit...\n    Un faible cri lui répondit — tel celui que jette l’oiseau blessé à mort — une\nmasse tomba sur le sol, puis, plus rien....................................................................................\n\n\n\n    Un gai rayon de soleil,                  gerbe d’or où se jouaient                  des poussières blondes\ns ’infiltrait curieusement          à travers les vitres, dans                la maison        du fossoyeur.           La\nchambre de Marthe avait une blancheur d'aurore, tout égayée par cette lumière qui\nréchauffait la nudité des grands murs blancs. Au fond, dans un lit aux courtines\ndrapées, toute pâle en ses atours de vierge, reposait la jeune fille.                                      Son mince\nprofil, qu’encadraient ses cheveux bruns, s'était encore aminci, se découpant très\ndoux sur la neige de l’oreiller, ses                    mains croisées avaient               des teintes d’ivoire,\nabandonnées sur le drap qui la recouvrait. A son chevet, deux cierges brasillaient\ndans le silence, éclairant de lueurs fauves ce visage de cire. Su r la tablette de\nla fenêtre, languissant, étiolé, un lis se mourrait.\n    Au pied du lit, le fossoyeur était agenouillé. Depuis que Gaspard avait retrouvé\n"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": 72, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1850, "texte": "                                                 - 72 -\n\nsa fille morte dans la forêt, depuis qu’il l’avait transportée dans sa maison, il ne\nl'avait pas quittée, regardant toujours cette figure aimée qui ne le voyait plus,\nsouriant à ce marbre impassible.\n   Cependant il s ’était levé doucement, retenant ses sanglots, considérant Marthe\nd’un regard où se          reflétait toute son         âme. Il descendit dans le cimetière, prit\nune bêche et sous le feuillage dru d’un cyprès se mit lentement à creuser la terre.\n   Oh! que le métier de fossoyeur lui parut d u r ! ....................................................\n\n\n\n   Au fond de la fosse, maintenant entièrement achevée, une longue caisse jaune\napparaissait, une croix noire           tranchant durement sur le pâle du sapin. Appuyé\nsur sa pelle, Gaspard songeait.... L a nature semblait fêter des noces blanches :\nle soleil cachait la       crudité de      ses    rayons     derrière      la gaze      opalescente        d’un\nbrouillard   matinal; dans la campagne,              des pommiers en fleurs jonchant la terre\nde leurs pétales neigeux, l’avaient rendue semblable à une couche virginale;                                un\nruisseau murmurait doucement, pleurant les amours blanches.\n   Un bruit sec retentissait de temps à autre : c’était la terre qui tombait avec un\nson mat sur le cercueil. La fosse se remplissait, se remplissait... Gaspard, comme\npris de folie, bêchait, bêchait.,.\n   Oh ! que le métier de fossoyeur lui parut dur !\n   L e soleil s ’était dégagé de ses voiles             et dardait, imprégnant de sa chaleur la\nterre qui sentait bon. Sous la retombée du cyprès qui recouvrait Marthe, un\npinson, en petites notes perlées, chantait gaîment ses amours...\n\n                                                                                     Louis V éhenne .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-011", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 73, "page_fin": 73, "titre_corps": "Sonnets : I", "titre_sommaire": "Sonnets", "rubrique": "", "signature_source": "Carlos du Fay", "ancre_debut": "SONNETS. A M o n s ie u r A . - P . L a c u z o n", "ancre_fin": "belle du Japon !", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "II. 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Est-elle blonde?\nMon amour veut que j e réponde :\n\" C 'est une belle du Japon ! „\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-012", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 73, "page_fin": 73, "titre_corps": "Sonnets : II", "titre_sommaire": "Sonnets", "rubrique": "", "signature_source": "Carlos du Fay", "ancre_debut": "II. 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Si vous voulez\nm'écouter, je vous le dirai doucement, avec lenteur, à voix basse, de peur qu'il\nne soit emporte par la brise parfumée qui caresse et fait ondoyer          les boucles\nde votre chevelure soyeuse; je vous le conterai comme il me fut conté, un soir\nd’hiver,   par un   sylphe aux ailes de gaze, qui m'apparut, rayonnant, à travers\nl’épaisseur bleue de la fumée d’une cigarette.\n\n                                           *\n                                          * *\n\n   Il faisait nuit. Le temps était gris et maussade. Enseveli dans un fauteuil au\ncoin du feu, je rêvais, en fumant, de vers et de jeunes filles, lorsque j ’entendis\nprès de ma fenêtre un imperceptible battement d’ailes, suivi bientôt d’un filet d’une\nvoix grêle et perlée, harmonieuse et sonore, qui disait :\n   « J e suis un pauvre sylphe égaré, transi de froid, tremblant de peur. Tout-à-\nl'heure, quand j ’ai voulu regagner la rose que j ’habite, j ’y ai trouvé un criocère,\nqui allongeait sa grande tête rouge, allumait ses yeux noirs et agitait ses antennes\nd'un air menaçant; plus loin, les ailes verdâtres d’une grosse cantharide m’ont\népouvanté; un lampyre, caché dans le gazon, m’a ébloui par l’éclat de sa lumière\net lorsque je tentai de me réfugier dans un lis, un méchant phalène m’a jeté de\nla poudre blanche.... alors je me suis enfui très loin, et j'ai perdu mon chemin.\n\" Ouvre-moi, je tombe de fatigue, si tu m’abandonnes, je mourrai bien sur dans\ncette nuit noire et glacée! „\n   J ’ouvris la fenêtre, autant par curiosité que par compassion; le sylphe entra,\nvint voltiger autour de moi, et se posa sur ma table, près de la lampe. C ’était\nune forme d’ange presque insaisissable; ses cheveux, blonds comme de l’or et\ncontournés en spirales, étaient d’une ténuité extrême ; à ses épaules tremblaient\ndes ailes de gaze bleue, plus fines que celles des libellules, et, sous ses paupières\ndélicates, brillaient deux yeux semblables à des saphirs microscopiques.\n   — « Beau sylphe, lui dis-je, je n’ai d’autre compagnie à t’offrir que la mienne\net pas la moindre fleur pour te coucher. Va plutôt chez ma voisine, chez ma\nvoisine aux yeu x d’azur et aux cheveux blonds comme les blés; elle te soignera\n"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": 75, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "                                         - 75 -\nbien mieux que moi, te prendra dans ses bras comme une mère prend son enfant,\net sur son cœur, tout endormi, te bercera jusqu’au matin!... .\n    — Non, dit le Séraphin de sa voix suave; ta voisine lit en ce moment un roman\nqu’elle ne     devrait pas lire, et qui, par cela même, l’intéresse au dernier point;\nelle ne s’occuperait pas de moi. J ’aime mieux rester ici, et, pour récompenser ton\nhospitalité, je viendrai te voir souvent. J ’ai vu bien des choses : je te les conterai;\nje suis entré dans       bien des secrets : je te les confierai; car je te sais un peu\npoète et les poètes seuls savent me comprendre\n   — Devinerais-tu d'où je viens à présent?,,\n   Il secoua ses ailes diaphanes et une délicieuse odeur de violettes et d'aubépine\nse répandit dans la chambre.\n   — “ J e viens de la forêt, reprit-il, où j’ai assisté, la nuit passée, à un spectacle\ndont tu n’as pas idée et que je vais te dépeindre : un bal chez les oiseaux.\n   Ravi, je m'accoudai sur ma table, et après s'être reposé quelques instants, le\nSéraphin parla ainsi:\n                                            *\n                                            **\n\n   “ J'avais    entendu dire qu’il y    avait bal, ce jour-là,   chez les oiseaux de la\nforêt.\n   Au crépuscule, je me rendis à l’endroit où ils avaient l’habitude de se réunir\npour danser, et là, caché derrière une toi ffe de violettes, j ’attendis.\n   La lune, semblable, à un écu d’argent, éclairait les grands chênes, qui, les pieds\ndans le gazon, berçaient l’éternel rêve vert des ramures pâmées. Du village voisin,\ndont on apercevait au loin le clocher aigu surmonté d’un coq gaulois,              arrivait\nparfois un bruit confus, le mugissement ensommeillé d'un bœuf ou le jappement\nd’un chien de      ferme. Dans la forêt silencieuse,      une vapeur blanche, traversée\npar des stries de        lumière argentée, montait vers    les branches des arbres, qui\nbalançaient leurs cîmes noires et s’embrassaient dans les hauteurs.\n   L a salle de bal était une clairière, tapissée de mousse et d’herbe fine, constellée\nde pâquerettes et de pervenches aux yeux bleus.\n   L e s vers luisants avaient été chargés de l’éclairage :      enfouis au fond    de la\ncorolle des liserons qui s’enroulent en spirale et serpentent autour des troncs, ils\népanchaient à la clairière une lumière faible et douce.\n   A     l'orchestre,   une trentaine d’exécutants, fauvettes et rossignols, musiciens\nincomparables, qui perlaient des airs, où alternaient tes strettes et les trilles, avec\nde gentils hochements de tête.\n   Point de buffet chargé de friandises, de glaces, de crèmes, de sucreries ou\n"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": 76, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2951, "texte": "                   #\n                                       - 76 -\nde vin mousseux servi dans des flûtes vertes : rien qu’une source limpide serpen­\ntant entre deux bords verd oyants, où poussaient tout plein de myosotis et de\ncresson dentelé.\n   De tous côtés arrivaient des danseurs : il y avait des pinsons avec leur gilet\njaune et leur jaquette grise; des bergerronnettes en costume gris-perle; des merles\nse rengorgeant dans leur     habit   noir;   des roitelets et des chardonnerets, vêtus\nde pourpoints en satin, comme les pages d’antan; des hirondelles en queue de\nmorue et en gilet blanc; des alouettes en robe à diagonales; en un mot, toute\nune foule pimpante et fleurie, un monde raffiné emplissant la clairière de bruit et\nde toilettes, et s ’agitant à travers ce luxe de verdure et de fleurs... Et tandis que\nla haute gomme de la gent ailée était en liesse, il fallait voir comme là-bas, sous\nle couvert, les moineaux faisaient le trottoir!\n   L ’orchestre attaqua une valse, harmonieuse, suave, tantôt claire       et joyeuse,\ntantôt alanguie dans une véritable hystérie de notes voluptueuses et molles, triste,\nmorose, puis tout-à-coup bondissante et effrénée, pour retomber ensuite, épuisée,\ncomme dans une torpeur maladive... et les groupes s'ébranlèrent. C ’était un spectacle\nmerveilleux, de voir ces gentilles créatures, unies par couples, tourner autour de\nla clairière aux accents de cette      symphonie magique, qui       jaillissait en notes\ncristallines du gosier des musiciens de la forêt.\n   Ah! plus d’une oiselle rougit, ce jour là, jusqu’à la racine de ses petites plumes,\naux aveux que lui fit quelque coquet passereau! Car pendant ce bal, combien\ndût-il se faire de brillantes conquêtes et s’ébaucher de folles amourettes! Combien\ndût-il se donner de rendez-vous dans les blés mûrs, parmi les bluets et les\ncoquelicots; dans les v erg ers à l’herbe grasse et où l’on pique les fruits dorés,\net dans les coins frais, pleins de mystère et de rosée, où poussent les campanules\nfestonnées et où les muguets penchent leurs clochettes blanches qu’agite la brise\nau bord du ruisseau jaseur !\n   L a fête dura presque jusqu’à l’aurore. Toute la nuit la lune regardant les danseurs,\népancha ses rayons jaunes à la cime des arbres; mais après que les instrumentistes\nailés eurent joué mille danses et contredanses, peu à peu elle commença à pâlir\ndans le firmament plus clair, et les étoiles, clignotant      comme des. lampes dont\nl’huile est tarie, moururent et s’effacèrent une à une. Au moment du galop final\napparaissait à l’horizon une ligne de pourpre, avant-coureur du soleil levant, et,\ndans les cours des fermes, les coqs sonnaient déjà la claironnade d’éveil.\n   Alors tous les danseurs ..quittèrent la clairière, et, dans   la tiédeur de l’aube\nhumide, ils regagnèrent leur nid, las, mais le cœur joyeux, tandis que les musiciens\nallaient gargariser leur gorge fatiguée avec la rosée toute fraîche de la nuit......\n"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": 77, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1353, "texte": "                                               - 77 -\n   Et lorsque le soleil se leva, il fut tout étonné de trouver la forêt silencieuse,\nsans un chant, sans un cri ; car les valseurs de la veille dormirent jusque passé\nle milieu du jour, et plus d'un, je suis sûr, revit en songe la belle avette dont il\navait, pendant le bal, enlacé la taille fine !....... „\n                                                   *\n                                                   **\n\n   P u i s je n'entendis plus rien. Je vis se dissiper un éther aussi léger que le duvet\nde la pêche         « S y lp h e ! criai-je, beau S y lp h e !        Point de réponse!.. .. Le génie\ns ’était envolé !\n                                                       *\n                                                   *   *\n\n\n\n\n   Belles    lectrices, vous que je vois parfois passer                    dans   mes nuits solitaires,\nlorsque je rêve, comme vous, de              tant de choses, reçevez ce conte que je vous\ndédie.\n   Ah ! si l’une de vous peut, en lisant cette histoire, laisser échapper dans l'espace,\nv ers le conteur, une aspiration d’amour qui lui sera bien rendue, c’est plus que\nne vaut le conte, et tout ce que demande l’auteur.\n                                                                                       L o u is D. B.\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-014", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 77, "page_fin": 79, "titre_corps": "Une mère", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ad. Westermann", "ancre_debut": "U NE MÈRE. 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L ’épée qui pendant vingt ans avait ébloui le monde, touchée\npar Dieu, venait de se briser dans la main du maître:                        dans cet immense deuil,\npersonne n’osait même plus parler d’espoir,                 et les troupes de la coalition triom­\nphantes passaient nos frontières, les baïonnettes rouges de sang français.\n   Pourtant le découragement ne fut pas général.                     A    la nouvelle     de l’invasion,\nun cri de rage s ’éleva des montagnes d’Alsace, noble terre où battront toujours\ndes cœurs généreux dans des poitrines françaises.\n   Ce n’était plus l’Empereur, c’était           la France qui           était menacée cette fois, et\n"}, {"page_pdf": 101, "page_imprimee": 78, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2909, "texte": "                                        - 78 -\npaysans, bûcherons, schlitteurs chaussèrent leurs guêtres, décrochèrent leur fusil\net se jetèrent dans les sapinières.\n   A   l’entrée du col de Saverne, quelques-uns de ces braves gens avaient           pris\nposition dans d’énormes rochers qui leur formaient une forteresse naturelle admi­\nrablement située. Défendant toute la vallée de leurs feux plongeants, ils pouvaient\narrêter là un régiment, et sans se faire illusion sur l’issue de la lutte       héroïque\nqu’ils allaient engager, ils avaient juré de faire au moins payer cher aux enva­\nhisseurs cet étroit passage des Vosges.\n  Ils avaient choisi comme chef un beau jeune        homme de vingt-cinq ans,       Hans\nSchoeffer, le meilleur chasseur de la montagne :      son courage et son sang froid\nétaient vantés de tous ses camarades. Tous chasseurs, et pour la plupart bracon­\nniers, c’étaient d’excellents soldats pour cette guerre d’embuscades, et ils attendaient\nles ennemis, intrépides et calmes, comme s’ils eussent été à l’affût de quelque\nhardi chevreuil.\n   Ce jour-là, l’examen des armes avait été particulièrement soigné. Des fuyards\nleur avaient dit le matin même        qu’une colonne prussienne était en marche vers\nle col, et la petite troupe s’apprêtait à bien la recevoir.\n   Une femme à l’œil fier, coiffée du large flot national, causait avec le capitaine\nHans. C ’était sa mère : elle venait tous les jours du village qu’on voy ait à leurs\npieds, leur apporter des nouvelles de la vallée, avec un vieux flacon de myrtille\nou de kirschenwasser qu’on buvait à la France. La brave          alsacienne adorait son\nfils, qui le lui rendait bien : et cette mère et son enfant offraient un tableau touchant\nau milieu de tous ces rudes chasseurs, dans la brume matinale qui s ’élevait toute\nparfumée des sapinières trempées de rosée.\n   Soudain, la sentinelle cria   \" A u x armes ! >> D’un bond, Hans fut près d’elle.\nUn régiment prussien s'avançait sur la route, comme un immense serpent noir dans\nles vertes prairies, et, confiant dans l’anéantissement     des armées de Napoléon,\nsans un éclaireur. L e jeune homme plaça         rapidement ses compagnons dans les\nroches, leur recommandant de ne tirer       qu’à son signal    et surtout de viser aux\nofficiers, alla embrasser sa mère qui n’avait pas bougé, et revint à son poste de\ncombat. L e régiment s’approchait toujours ; on entendait le bruit des pas et         les\nvoix des soldats qui riaient.\n   Au moment où la      tête   de la colonne dépassait les rochers, une       détonation\nretentit, suivie aussitôt d’ une décharge générale, éveillant au loin les échos de la\nmontagne. L ’ennemi s’arrêta court, surpris de cette attaque imprévue,         la moitié\nde ses chefs tués; mais, le premier moment de stupeur passé, il commença                à\nrépondre vigoureusement au feu des montagnards. Un détachement de tirailleurs\n"}, {"page_pdf": 102, "page_imprimee": 79, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2589, "texte": "                                         - 79 -\nse forma pour l’assaut; les ronces et les broussailles retardaient leur marche et\nles maintenaient immobiles sous les balles, comme pour aider les hardis chasseurs\nà défendre le col de leur patrie. Mais chaque minute amenait de nouveaux renforts\nà l'ennemi ; les rochers,      dont le feu faiblissait, étaient couverts d’une grêle de\nballes, et ce combat inégal ne pouvait plus durer longtemps. Hans allait de l’un\nà l’autre, encourageant ses      hommes,    quand tout-à-coup,   frappé d’une balle à la\ntête, il roula foudroyé aux pieds de sa mère. Celle-ci avait regardé,              immobile,\nles premières phases du combat, mais lorsqu'elle vit son Hans tomber ensanglanté\nelle poussa un cri terrible, et se dressa frémissante sur le bord de l’abîme, regardant\nvenir à elle ces hommes qui venaient de lui tuer son fils.\n   Puis, folle de douleur et de haine, elle se baissa. Deux         secondes après, une\nénorme pierre descendait la pente avec un bruit sinistre, brisant les arbustes et\nles brousailles, et, arrivant sur les Prussiens avec une vitesse vertigineuse, s’ouvrait\nun sanglant chemin à travers leurs rangs épouvantés.\n   L e s plus courageux       frémirent à l’aspect de cette   horrible mort; un brusque\nmouvement de recul fit refluer toute la colonne. L es efforts des officiers étaient\nimpuissants à retenir leurs hommes : ceux-ci cherchaient affolés un abri quelconque\net les rochers descendaient toujours,       bondissants sur les flancs de la montagne,\nemportant des files entières, et éclaboussant les soldats du sang de leurs camarades,\nbroyés sous ces meules effrayantes.\n   En haut, la mère sublime, échevelée, rugissante, soutenue encore par le feu de\nquelques chasseurs, dont les balles se perdaient inutiles dans cette avalanche, semblait\nvouloir faire crouler toute la montagne sur les meurtriers de son enfant. Et c’était\nquelque chose de saisissant au milieu de ce splendide paysage des Vosges, devant\ncette magnifique nature, que le spectacle de cet immense désespoir maternel.......\n   Soudain    des   coups de fusil prirent à revers la vaillante phalange. Quelques\ntirailleurs ennemis avaient découvert un chemin qui tournait les rochers, et arrivaient\nrendus plus furieux encore par cette héroïque résistance. Une balle renversa la\nmère sur le cadavre de son fils, tandis que sa dernière roche s'arrêtait dans le\nvallon sur un monceau de morts.\n   Et dans la boue sanglante, ce qui restait du régiment passa.\n  Valenciennes, ju in 1890.                                       A d . W e s t e r mann.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-015", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 80, "page_fin": 80, "titre_corps": "Bibliographie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louis D. B.", "ancre_debut": "B IB L IO G R A PH IE . 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Pauvre enfant pâle, où                 m and cite un charm ant sonnet e xtrait d’une\n l'au teur nous dépeint les souffrances m o rales du           plaquette de huit sonnets publiés p a r M. A y m e ­\n petit gueux, qui, transi de froid, répète au x p a s ­        rillot. J e pren drai égalem en t la lib erté d’in sé re r\n sants indifférents sa com plainte touchante, san s            ici le sonnet cité p ar M. Niemand, esp éran t faire\n qu’un sou ne descende dans s a sébille et que la              p laisir à tous nos lecteurs qui aim ent v e rs bons\n m isère ren d ra m au vais un jour.                           et b e a u x :\n     J ’ai rem arqu é au ssi dans ce m êm e num éro un\n charm ant sonnet d’A ug. V ierse t : Ecran Ja p o ­                 L a chute d'un poète.\nnais. Ce poète, tém oin quelques unes de ses\nautres p o ésies et parm i elles vers les lointaines            Le poète a quitté son séjour enchanteur,\ns e plaît à nous d écrire le s ch arm es des lointains          Il a pris le chemin qui mène à la caserne,\np a y s où le soleil se lè v e su r les cités m erveil­         Et, dans l'enlacement du g ra n d m ur oui le cerne,\nle u se s avec des toits au x angles recourbés et aux           Personne ne lui donne un mot consolateur.\ntuiles om nicolores avec d es m aisons ve rn issé es,\nd es p alanquins d’innom brables clochettes que                 L e képi renfoncé sur l’oreille, l’œil terne,\nréveille le m oindre souffle de la brise, et où le              I l se meurt au milieu de cettre âcre senteur,\nsoir, sous la blondeur lunaire, des je u n e s filles           E t nul refrain ne sort des lèvres du chanteur,\nbru nes ou jau n es, a u x y e u x fendus en am ande et         Quand il se frotte en rêvant son sabre et sa\na u x p ied s petits à tenir dans la main prom ènent                                                    [giberne].\nleu rs rê v e rie s à l’om bre d es th uyas en fleu r et\nd es palm iers — éventails qui se penchent su r                 Adieu la lyre! Adieu l’hymne des fra is amours!\nl ’océan !....                                                  I l fa u t toujours trimer et bourriquer toujours;\n     A citer au ssi d’originales facéties rim ées sous          Et maintenant, autour du baquet militaire,\nle titre de Album à Toto. T o to est un enfant                  Le doux poète, épris de la Muse et de l’Art,\nterrib le, qui est né et a reçu son éducation dans              S ’ accroupit dans un groupe insipide cl gueulard,\nle s b u reau x de la re vu e ; et d’a p rè s une de ses        Pour peler des oignons et des pommes de terre!\ne n vo lées ly riq u e s qu’il a intitulée Philosophie,\nil me sem ble qu’il y a tout lieu d e d ire de lu i:\nc ’est petit, m ais c’est m échant !\n                                                                 La Revue Belge a publié une bonne pochade\n                                                              dans ses d e n ie r s num éros. Cette pièce, intitulée\n    D ans les Jeunes de M ars d ern ier il faut lire :        L a Faculté danse et signée F. L. A rdrigh etti,\nFrom Home une belle page, égalem en t d’A ug.                 est pleine de v e rv e et d’entrain. C ertain s p a s s a ­\nV ie r s e t ; il nous dépeint son ré v e il dans une         ges sont vraim ent rem arqu ables, entre au tres\ncham bre d’hôtel, à D ouvres, au m om ent où la               celui où une soixantaine d’étudiants, arm és d’us­\nville repren d son activité fébrile, au milieu d’un           tensiles de cuisine et précéd és d’enseign es p a r­\nbrouhaha m atinal qui aurait fait le d ése sp o ir du         lantes, vont faire un ch arivari infernal sou s les\np o u s s if B o ile a u ; tandis que le s flots de la m er   fen êtres d’un de leu rs anciens copains, qui,\nécum ante viennent m ourir au pied de la ville en             disait-on, allait se m arie r, et lui chanter une\n                                                              sérén ad e com m ençant p a r ces v e rs :\ntra va il....\n    D ans le num éro d’A v ril de la m êm e re vu e se                    On dit que tu te maries\ntrouvent d’excellen ts v e rs de T rista n M aldange,                     Nous venons t’ en féliciter!\nLes Croix. C es v e rs sont d’un vra i poète, et je                       Ta cervelle est ramollie\nles ai relus p lu sieu rs fois, toujours avec un                          Pour fa ire cette stupidité !...\nnouveau plaisir. L e lecteu r ju g e ra lui-m êm e de                                    *\nleur valeu r p a r les quatre strop hes su ivan tes                                     * *\nque je me perm ets d’en d étacher :\n                                                                  J ’ai feuilleté cette sem aine une jeu n e re v u e\n      Il est des croix de bois si grandes                      littéraire de P a ris, L'Ermitage, où se trouve une\n      P a r les chemins de mon pays,                           nouvelle fort jo lie de M arc L egran d '.La Sonnette,\n      D ’ immenses croix de bois, si grandes                   qui vou s ém eut et vous trouble pendant sept\n      Avec des bons dieux tout petits.                         p ages, p ou r vou s a rra ch er un sou rire am er, qui\n                                                               efface quelque peu l’im pression la issée p ar ce qui\n      E t les petits bons dieux de cuivre,                    p récèd e. C a r l’auteur vous ém eut sincèrem ent,\n      P a r les hivers tout dédorés,                          en vous décrivant avec un réel talent la douleur\n      Claquent au vent et semblent vivre                      de la fam ille V illard en perdant L u c e tte ; bien\n      S u r le bois des vers dévoré.                          plus sincèrem ent que ceux qui cherchent en vain\n                                                              a faire p erle r la m oiteur su r le front de leu rs\n      Souvent par une main ils pendent                        lecteurs en faisant grim acer des têtes de m orts,\n      Au seul clou qu’ épargna le temps                       ou en leur montrant des squ elettes qui en tre­\n      E t les bras de la croix se tendent                     choquent leu rs fém urs et jouent d es castagn ettes\n      Toujours au loin, immensément.                          a v e c leurs m étatarses....\n      J ’admire dans ces croix trop grandes                      D e plus, dans ce m êm e journal, j ’ai rem arqué\n      L a naïve main qui les fit :                            quatre charm antes piécettes de H enri M azel,\n      L a croix, la douleur, est si grande,                   intitulées : Très petits poèmes en prose.\n      L ' homme, le souffrait, si petit !                                                            Louis D. B.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-05-n5-016", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PUBLICATION S RECOMMANDEES", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 104, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "PUBLICATION S RECOMMANDEES.\n\n\n1. L a Jeune Belgique, Revue Mensuelle. — Boulevard d’Anderlecht, Bru                           xelles.\n\n        Abonnement 1 O francs.\n\n2. L a Revue Belge. — Rue de Bériot, 42, L                 o u vain .\n\n        Abonnement un an 4       fr. ; le numéro 2 0    centimes.\n\n3. Les Jeunes, Revue Mensuelle. — 6, rue de Fer, N                       amur.\n\n        Abonnement S   francs.\n\n4. Les Annales Gauloises, Revue Littéraire & Artistique. — Paraissant le 5 et le 20 de\n      chaque mois. — Rédaction : P          a r is,   17, rue du Commandeur.\n        Abonnement 6   fr. ; prix du numéro 2 0        centimes\n\n5. Le Sylphe, Revue Mensuelle. — 8, Faubourg Trois-Cloîtres, G                      renoble.\n\n        Abonnement 6   fr. ; prix du numéro 2 S O centimes.\n\n(5. l e N ord Littéraire, Revue Mensuelle. — 113, rue de Paris, V                      a len c ien n es.\n\n        Abonnement un an £» francs.\n\n7. Bulletin Littéraire Mensuel de la Société L'Amicitia, V                  a len c ien n es.\n\n        Abonnement un an 6       francs.\n\n8   . L ' A rt moderne (paraissant le dimanche). — Rue de l’Industrie, 32, Bruxelles.\n        Abonnement un an 1 0      francs.\n\n9. Mercure de France, Mensuel. — Rédaction, 13, rue de l’Echaudé, St-Germain, P                            a r is.\n\n        Abonnement un an 7 f r ; prix du numéro 6 0          centimes.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 86, "texte": " Première Année. N° 5,                                                                                  MAI 1891.\n\n\n\n                    ESSAIS\nCERCLELITTERAIREFRANÇAISE  REVUE MENSUELLE.\n                                             PU BL I É S P A R L E\n\n\n\n\n                                 SOMMAIRE D U N ° 5 .\n         Menus S o u v e n ir s ........................... L L u c y -M a r .\n         Beauté q u i tue . .\n          .            .        ,      ;       ............................ P a u l M.\n         Ange qui m e u rt           .\n         P e tit poèm e fin -d e -s iè c le                                    F r é d é r ic F r ic h e .\n         T rio le ts p rin ta n ie rs . . .                  . . .             Jean No v is .\n         Id y lle Rouge (su ite et f i n ) .......................... L o u is V é h e n n e .\n         S o n n e t s ....................................... C a r l o s du F a y .\n         Un b a l chez les o is e a u x ................... Loui s De B.\n         Une M è re .......................................A. W e s t e r m a n n\n         B ib lio g ra p h ie .\n\n\n\n                P r ix        d u n u m é ro : 4 0                           c e n t im e s .\n      P r ix      de       l ’a b o n n e m e n t ; u n                      a n 4 fra n c s.\n\n\n                                     BUREAU            DU J O U R N A L :\n   GAND, 71, RUE                             D E F L A N D R E , 7 1. G A N D\n\n                                                   GAND,\n        Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER. rue Savaen, 32.\n"}, {"page_pdf": 87, "texte": "      N .-B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra au\n                    bureau de la rédaction, RUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                  L es journaux on revues qui d ésireraien t faire l’échange\n                       sont p riés de s’adresser au bureau du Journal.\n\n\n\n               CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS.\n                                  (fondé LE 24 DÉCEMBRE 1888.)\n\n\n                        EXT R AI T DU RÈ GL E M EN T .\nA rticle      I. — Le Cercle Littéraire Français est constitué dans le but de donner des\n                      Conférences et de former une bibliothèque d’ouvrages écrits ou\n                      traduits en français.\nA rticle    II. — Le Cercle comprend 3 catégories de membres : les membres effectifs,\n                      les membres correspondants et les membres d’honneur.\n                   Les membres effectifs sont, ceux qui habitent la ville. Ils sont tenus\n                      de donner à tour de rôle des conférences, évangiles du jour et\n                      lectures.\n                  Les membres correspondants sont ceux qui n’habitent pas la ville. Ils\n                      ne sont astreints à aucune rétribution, mais sont tenus d’envoyer\n                      au Cercle un évangile du jour (œuvre personnelle) au moins une\n                      fois tous les deux mois.\nA rticle    X. — Le Membre qui obtient le premier un ouvrage en lecture est obligé\n                      d’en rendre compte à la date fixée par le Comité.\nA rticle XVII. — Le Cercle organise chaque année un Concours littéraire entre tous ses\n                     membres.\nA rticle XVIII — Le jury se compose de 5 membres. Ils sont choisis parmi les membres\n                    du Cercle. Le scrutin est secret et a lieu à une des premières\n                     séances de l’année. Le jury prend les dispositions spéciales pour ce\n                     concours.\nA r t ic l e   X IX . — La cotisation annuelle est fixée à 5   f r , pour les membres effectifs.\n"}, {"page_pdf": 88, "texte": "                                        - 65 -\n\n\n\n\n                    MENUS SOUVENIRS,\n   Elle était assise là, devant le clavecin ouvert, son profil de médaille se dessinant\nsur la muraille, aux lueurs tremblotantes de la bougie. Ses doigts, errant sur les\ntouches glacées, allaient, dans leur lenteur mesurée, avec la conviction de leur\ntâche,   nous imprégnant tous des sons qu’ils tiraient du vieil          instrument. Cette\nrêveuse mélodie de Schubert ainsi égrenée dans ce salon moyen-âge, devant ces\nauditeurs attentifs et immobiles, se grandissait démesurément et, quand on fermait\nles yeux, quand la pensée s’envolait, l’âme croyait ouïr les concerts d’en haut ...\nJamais je n’avais ressenti si exquise émotion, si enivrant sommeil                 Je rêvais,\ntransporté vers des féeries inconnues, dans le silence qui m’entourait, buvant à\nla coupe du beau le poison divin de l’oubli.... Ce que j ’écoutais là, jadis aussi\nje l’avais écouté, dans ce même salon aux tentures anciennes, aux vieux meubles\nrégence, aux grandes fenêtres grillées.... J e l’avais entendu pour la première fois\nretentir sous ces mêmes voûtes, de ce même clavecin sculpté, surmonté du buste\nvermoulu, aujourd’hui, de Lulli. Et si les larmes s’attachent ainsi à mes paupières,\nsi mon cœur se      soulève parfois c’est que c’est      elle-même aussi, qui, dans le\npassé, me le jouait, doucement,      à cette époque de      félicité paisible que jamais\nmon amour n’oublia, que jamais mon esprit ne put perdre de vue.... Oh ! qu'elle\nétait jolie alors !.... Que ses cheveux, blancs aujourd’hui, étaient blonds et soyeux !...\nComme son regard que l’âge éteint sans cesse était langoureux et limpide, avec\ndes désirs et des joies qui me faisaient tressaillir!—        Mais, l’heure a fui, notre\nprintemps a disparu, dans le grand ravage des temps.... nous avons vu venir les\nrides..., nos membres se sont raidis, et, après cinquante ans         de bonheur, nous\nnous retrouvons l’un devant l’autre, comme autrefois, moi l’écoutant, elle jouant,\npour les grands portraits du salon, auditoire silencieux, cette même mélodie de\nSchubert, qui dans m o\n                     n âm e, évoque la pensée de cet été, radieuse aurore                      de\nnotre hiver !.. .\n\n                                                                    L éon L u c y - M a r .\n\n                                                                                          5.\n"}, {"page_pdf": 89, "texte": "                         - 66 -\n\n                           I.\n\nB E A      U    T    E     Q      U   I   T U      E .\n\n  De sa lèvre embaumée un souffle alanguissant\n  S ’échappe irrégulier et tout chargé d'ivresse;\n  La volupté d'amour et le désir puissant\n  Cernent ses yeux profonds irrités de mollesse...\n\n  Le las de vivre inscrit sur son front pâlissant\n  Imprime un air cruel à sa beauté traîtresse,\n  Par calcul, négligence ou caprice, laissant\n  Ses cheveux noirs soyeux s’échapper de leur tresse\n\n  Sans pitié, sans élan, sans amour et sans coeur,\n  Voulant se faire aimer pour haïr ses victimes\n  E l par désœuvrement se plaisant dans ses crimes,\n\n  Pour charmer l 'imprudent et fo l admirateur\n  Etalant a dessein sa langueur marcescente,\n  Et pour un coeur brisé s'estimant innocente!\n\n\n\n                           II.\n\n                    A N G E Q U I M EU R T .\n\nUn soupir vient mourir sur sa lèvre pâlie\nEt ses beaux yeux éteints sont rougis par les pleurs\nQui creusent des sillons sur sa joue affaiblie\nEn y laissant gravés ses regrets, ses douleurs.\n\nElle craint tant la mort! Pourquoi? Quelle folie!\nN'est-ce point là la fin de ses tristes langueurs\nQui lui rident le front, las de mélancolie,\nDe fièvre... Pauvre enfant! Hélas ! Oui tu te meurs !\n"}, {"page_pdf": 90, "texte": "                                           - 67 -\n                   V a ! ne crains pas la mort. Le ciel, c’est ton dom aine;\n                  C’est de là que tu viens et la mort t’y ramène,\n                  Ta beauté n'était pas de celles d'ici-bas.\n\n                  C’était trop idéal, trop divin, trop étrange!\n                  Nous t'aurions trop aimée et lu dois être un ange...\n                   V a ! si Dieu te reprend, nous ne t'oublierons pas !\n                                                             P aul   M.\n\n\n\n             PETIT POÈME FIN-DE-SIÈCLE.\n                                 L ’ A R C - E N- C I E L .\n\n                                                I.\n\n   Au   milieu   du   square, le jet d’eau montait tout droit en gerbe serrée, puis\ns ’éparpillait, en gros   diamants faisant un joli clapotis sur l’eau de la          grande\nvasque. Et dans le brouillard blanc des gouttelettes flottantes, le soleil avait mis\nun arc-en-ciel changeant, tout frais et délicat.\n\n                                               II.\n   Or, passèrent deux petites dames :\n   — « Oui, ma chère, une horreur. Figure-toi,              il m’a reproché les bijoux qu’il\nm’avait donnés : peut-être pas pour cinquante louis! »\n   — T u l’as flanqué dehors, hein ?\n   — J e crois bien; j ’ai ouvert la porte toute grande et je lui ai dit         : Fiche ton?\ncamp tout de     suite, sale m u f’ ! et ne remets plus les pattes ici! — C ’était tapé,\nj espère. 11 faisait une tête!\n   — Et les deux petites dames passèrent, sans voir l’arc-en-ciel, au milieu du\nsquare, dans le jet d’eau qui montait tout droit en gerbe serrée.\n\n                                               III.\n   Or, passèrent deux avocats :\n   — « Voilà, si je ne me trompe, la septième fois que l’affaire est remise à\nquinzaine, mon cher confrère. C ’est beaucoup.\n   — Oh, c’est élémentaire, cher confrère : la                partie adverse meurt de faim.En\n"}, {"page_pdf": 91, "texte": "                                           - 68 -\nretardant le prononcé, nous arrivons certainement à transiger pour la succession.\nHé, hé, hé, ce n’est pas plus malin que cela! »\n   — Et les deux avocats passèrent, sans voir l’arc-en-ciel, dans la gerbe serrée,\ns ’éparpillant en gros diamants qui faisaient un joli clapotis sur l’eau de la grande\nvasque.\n\n                                               IV.\n    Or, passèrent deux policiers :\n    — « Agent Trotard, vous êtes un âne! »\n    — « Brigadier, j ’avais cru .. »\n    — « Pas d’observations, vous êtes un âne. Subséquemment onaura l’œil sur\nvous, v’savez. A-t’on jamais vu : un procès-verbal, à ce malheureux cocher, pour\navoir culbuté c't’espèce de particulier! Ah, mais!... on aura l'œil sur vous, c'est\nmoi qui vous le dis; même que si ça se représentrerait, j ’vous fais dégommer,\nv’s’avez compris, dé-gom-mer! »\n   Et les deux policiers passèrent sans voir l’arc-en-ciel sur l’eau de la grande\nvasque et dans le brouillard blanc des gouttelettes flottantes.\n                                               V.\n     Or, passèrent deux décadents :\n     — « Oui, bien, nous lui avons cassé l’encensoir sous le nez, à ce pauvre\n Sgobtro; mais, enfin, qu’est-ce que tu en penses toi, sincèrement, de son livre?\n     — Peuh!\n     — Moi aussi»... c’est infect.... D’abord, parce qu’il m’a pris un tas d’idées que\nj ’avais eues dans mes L u n e s d ’A u to m n e . C’est-à-dire... Enfin, tu comprends, il n’y a\nque ça qui ne soit pas infect. Tiens, au fait, c’est juste, tu ne connais pas mes L u n e s\nd ’A u to m n e . Eh bien, mon vieux, allons là-bas, au café du coin, je te lirai le\nprologue.\n     — Hum, hum!\n     — Arrive, je te paie une choppe.\n    i— Et les deux décadents passèrent, sans voir dans le brouillard blanc des\ngouttelettes flottantes, l’arc-en-ciel changeant, tout frais et délicat.\n                                                                       F r é d é r ic F r ic h e .\n"}, {"page_pdf": 92, "texte": "                 - 69 -\n\nTRIOLETSPRINTANIER.\n                     I.\n\n    Dans la fo rêt, un matin,\n    J e la vis errer rêveuse.\n    J e pressa i sa blanche main\n    Dans la fo rê t, tin matin.\n    S u r sa lèvre de salin\n    J e posai ma bouche heureuse.\n    Dans la forêt, un matin,\n    J e la vis errer rêveuse.\n\n\n    D ans la fo rê t, bien souvent,\n    Nous revînmes à la brune\n    Ecoutant chanter le vent.\n    D ans la forêt, bien souvent,\n    Nous allâmes très-avant\n    R ôder au clair de la lune.\n    D ans la forêt, bien souvent,\n    Nous revînmes à la brune.\n\n                    II.\n\n    Quand j e pense à mes amours,\n    Que j ’aime errer solitaire\n    Dans les g ra n d s bois qui toujours\n    Quand je pense à mes autours,\n    Tout bas et sans longs discours\n    Murmurent : Courage, espère!\n    Quand je pense a mes amours\n    Que j ’aime errer solitaire!\n\n    Cheveux: noirs, g ra n d s yeu x mutins,\n    L èvre de pourpre éclatante,\n    R ires perlés, argentins,\n    Cheveux noirs, g ra n d s yeu x mutins,\n    J e vous revois, les matins,\n    P a r la fo rê t oh tout chante ;\n    Cheveux noirs, g ra n d s yeu x mutins,\n    L èvre de pourpre éclatante.\n"}, {"page_pdf": 93, "texte": "                                               - 70 -\n                                                  III.\n                                  S i tic voulais, chaque soir,\n                                  Nous irions rêver encore\n                                  Seuls à deux sous le ciel noir.\n                                  S i tu voulais, chaque soir,\n                                  J e te d ira is mon espoir,\n                                  Combien toujours j e t’adore.\n                                  S i tu voulais, chaque soir\n                                  Nous irions rêver encore.\n\n                                  L a jeunesse n’a qu’ un temps ;\n                                  L a beauté, fo r t passagère,\n                                  Dure au plus quelques printem ps;\n                                  L a jeunesse n'a qu’un temps.\n                                  Profite de tes vingt ans\n                                  Tandis que pour toi prospère\n                                  L a jeunesse, son cher temps,\n                                  E t la beauté passagère.\n    G and, A v ril 1891.                                                       Je a n   No v i s .\n\n\n\n\n                                 IDYLLE ROUGE(1).\n                                          (Suite et fin.)\n\n  A vec le départ de Marcel, un grand vide s’était fait dans le cœur de Marthe.\nElle se sentait seule, toute seule au milieu de cette forêt épaisse; elle comprenait\nqu’avec le soldat étaient partis à tout jamais ses joies, ses rêves de bonheur.\n   La jeune fille errait à l’aventure, ne s’apercevant pas qu’elle s'égarait, revivant\ncontinuellement dans son esprit ce passé                 qui n'était plus que fumée. De temps\nà autre elle s’arrêtait, croyant entendre un bruit de pas dans le silence, s’imaginant\nque c’étaient ceux de Marcel, mais rien...                            *•\n   Tout reposait dans la nature; on aurf.it dit un immense apaisement descendu\n\n\n  (1) V o ir p ag es 33 et 53.\n"}, {"page_pdf": 94, "texte": "                                                       - 74 -\nsur toutes choses. Seuls, les grands arbres doucement balancés par le vent, leur\nfeuillage frissonnant sous les baisers de la brise, s ’agitaient mollement, et dans cet\nanéantissement de             vie, on entendait des échos,                    des bruissements confus,                 des\nchuchotements my stérieux, ces mille voix de la forêt qui passent et meurent.\n    Marthe marchait toujours... Où était-elle? Elle                          l’ignorait, mais que lui importait\nà présent. Elle allait, sans but, droit devant elle.\n    Comme elle approchait d’ un hallier, un bruit de voix s’éleva. Des sentinelles\npeut-être...\n  •« Elle n’y fit pas attention, tout en proie à son idée fixe, songeant toujours à\nMarcel. L es arbres, dont les branches se rejoignaient au-dessus de sa tête, inter­\nceptaient les rayons              de la lune, l’empêchant de distinguer autour d’elle, tant\nl’obscurité était profonde. Elle s’écorchait aux ronces qui lui barraient la route,\nfroissant sous son pied les broussailles qui cassaient avec un petit bruit sec.\n    Soudain une voix cria dans la nuit : \" Qui vive? „\n    La    jeune fille n'entendit             pas, absorbée           en une          pensée unique ; l’extérieur\nn’existait plus pour elle.\n    Il lui semblait maintenant que Marcel était près d’elle, qu'elle lui parlait...\n    — “ Qui v iv e ? „\n    Un canon de fusil se montra entre les branches du fourré.\n          Ils se tenaient enlacés, ils étaient réunis pour jamais...\n    — \" Qui v iv e ? ,, dit la voix pour la troisième                        fois.\n    Un éclair brilla, crevant les ténèbres épaisses,                         une détonation suivit...\n    Un faible cri lui répondit — tel celui que jette l’oiseau blessé à mort — une\nmasse tomba sur le sol, puis, plus rien....................................................................................\n\n\n\n    Un gai rayon de soleil,                  gerbe d’or où se jouaient                  des poussières blondes\ns ’infiltrait curieusement          à travers les vitres, dans                la maison        du fossoyeur.           La\nchambre de Marthe avait une blancheur d'aurore, tout égayée par cette lumière qui\nréchauffait la nudité des grands murs blancs. Au fond, dans un lit aux courtines\ndrapées, toute pâle en ses atours de vierge, reposait la jeune fille.                                      Son mince\nprofil, qu’encadraient ses cheveux bruns, s'était encore aminci, se découpant très\ndoux sur la neige de l’oreiller, ses                    mains croisées avaient               des teintes d’ivoire,\nabandonnées sur le drap qui la recouvrait. A son chevet, deux cierges brasillaient\ndans le silence, éclairant de lueurs fauves ce visage de cire. Su r la tablette de\nla fenêtre, languissant, étiolé, un lis se mourrait.\n    Au pied du lit, le fossoyeur était agenouillé. Depuis que Gaspard avait retrouvé\n"}, {"page_pdf": 95, "texte": "                                                 - 72 -\n\nsa fille morte dans la forêt, depuis qu’il l’avait transportée dans sa maison, il ne\nl'avait pas quittée, regardant toujours cette figure aimée qui ne le voyait plus,\nsouriant à ce marbre impassible.\n   Cependant il s ’était levé doucement, retenant ses sanglots, considérant Marthe\nd’un regard où se          reflétait toute son         âme. Il descendit dans le cimetière, prit\nune bêche et sous le feuillage dru d’un cyprès se mit lentement à creuser la terre.\n   Oh! que le métier de fossoyeur lui parut d u r ! ....................................................\n\n\n\n   Au fond de la fosse, maintenant entièrement achevée, une longue caisse jaune\napparaissait, une croix noire           tranchant durement sur le pâle du sapin. Appuyé\nsur sa pelle, Gaspard songeait.... L a nature semblait fêter des noces blanches :\nle soleil cachait la       crudité de      ses    rayons     derrière      la gaze      opalescente        d’un\nbrouillard   matinal; dans la campagne,              des pommiers en fleurs jonchant la terre\nde leurs pétales neigeux, l’avaient rendue semblable à une couche virginale;                                un\nruisseau murmurait doucement, pleurant les amours blanches.\n   Un bruit sec retentissait de temps à autre : c’était la terre qui tombait avec un\nson mat sur le cercueil. La fosse se remplissait, se remplissait... Gaspard, comme\npris de folie, bêchait, bêchait.,.\n   Oh ! que le métier de fossoyeur lui parut dur !\n   L e soleil s ’était dégagé de ses voiles             et dardait, imprégnant de sa chaleur la\nterre qui sentait bon. Sous la retombée du cyprès qui recouvrait Marthe, un\npinson, en petites notes perlées, chantait gaîment ses amours...\n\n                                                                                     Louis V éhenne .\n"}, {"page_pdf": 96, "texte": "             - 73 -\n\nSONNETS.\n                                  A   M o n s ie u r A . - P . L a c u z o n .\n                 Je    vous p arlerai d'elle, — Oh ! ce se ra mon thèm e\n                                           A .-P. L a c u z o n . Son nom.)\n                  I.\n\nLoin de tout re g a rd curieux,\nMe voilà seul en ma chambrette;\nM a plume est encore trop discrète\nP o u r nommer l’objet de mes vœux.\n\nJ e suis ja lo u x lorsque vos yeux,\nMonsieur, regardent ma conquête;\nE lle pourrait — la tant coquette —\nS e mettre à nous aimer tons deux.\n\nVoilà donc ce qui me torture,\nE t voilà pourquoi d ’aventure\nEludant toute question :\n\n“ Est-elle brune? Est-elle blonde?\nMon amour veut que j e réponde :\n\" C 'est une belle du Japon ! „\n\n                 II.\n\nVous songez à ces maisonnettes,\nA ces pavillons d 'O rient\nOui tremblent au plus léger vent,\nFaits de papier et de baguettes.\n\nOr dans une de ces chambrettes,\nVous figurez-vous une enfant,\nA l'œil pers, au fro n ta l d’argent,\nA yant à ses pieds des planchettes ;\n\nLes lèvres teintes de carmin,\nE t rieuse de g ra n d matin\nE n sa houppelande à ram ages?\n\nE lle tient en main — vous rirez —\nUn parasol tout de papier, —\nE t sa coiffure a trois étages.\n                                                   C a r i .o s   du   F ay.\n"}, {"page_pdf": 97, "texte": "                                       - 74 -\n\n\n             UN BAL CHEZ LES OISEAUX.\n                           (Conte pour les jeunes filles).\n\n   C ’est à vous, aimables lectrices, que je dédie ce conte fantaisiste. Si vous voulez\nm'écouter, je vous le dirai doucement, avec lenteur, à voix basse, de peur qu'il\nne soit emporte par la brise parfumée qui caresse et fait ondoyer          les boucles\nde votre chevelure soyeuse; je vous le conterai comme il me fut conté, un soir\nd’hiver,   par un   sylphe aux ailes de gaze, qui m'apparut, rayonnant, à travers\nl’épaisseur bleue de la fumée d’une cigarette.\n\n                                           *\n                                          * *\n\n   Il faisait nuit. Le temps était gris et maussade. Enseveli dans un fauteuil au\ncoin du feu, je rêvais, en fumant, de vers et de jeunes filles, lorsque j ’entendis\nprès de ma fenêtre un imperceptible battement d’ailes, suivi bientôt d’un filet d’une\nvoix grêle et perlée, harmonieuse et sonore, qui disait :\n   « J e suis un pauvre sylphe égaré, transi de froid, tremblant de peur. Tout-à-\nl'heure, quand j ’ai voulu regagner la rose que j ’habite, j ’y ai trouvé un criocère,\nqui allongeait sa grande tête rouge, allumait ses yeux noirs et agitait ses antennes\nd'un air menaçant; plus loin, les ailes verdâtres d’une grosse cantharide m’ont\népouvanté; un lampyre, caché dans le gazon, m’a ébloui par l’éclat de sa lumière\net lorsque je tentai de me réfugier dans un lis, un méchant phalène m’a jeté de\nla poudre blanche.... alors je me suis enfui très loin, et j'ai perdu mon chemin.\n\" Ouvre-moi, je tombe de fatigue, si tu m’abandonnes, je mourrai bien sur dans\ncette nuit noire et glacée! „\n   J ’ouvris la fenêtre, autant par curiosité que par compassion; le sylphe entra,\nvint voltiger autour de moi, et se posa sur ma table, près de la lampe. C ’était\nune forme d’ange presque insaisissable; ses cheveux, blonds comme de l’or et\ncontournés en spirales, étaient d’une ténuité extrême ; à ses épaules tremblaient\ndes ailes de gaze bleue, plus fines que celles des libellules, et, sous ses paupières\ndélicates, brillaient deux yeux semblables à des saphirs microscopiques.\n   — « Beau sylphe, lui dis-je, je n’ai d’autre compagnie à t’offrir que la mienne\net pas la moindre fleur pour te coucher. Va plutôt chez ma voisine, chez ma\nvoisine aux yeu x d’azur et aux cheveux blonds comme les blés; elle te soignera\n"}, {"page_pdf": 98, "texte": "                                         - 75 -\nbien mieux que moi, te prendra dans ses bras comme une mère prend son enfant,\net sur son cœur, tout endormi, te bercera jusqu’au matin!... .\n    — Non, dit le Séraphin de sa voix suave; ta voisine lit en ce moment un roman\nqu’elle ne     devrait pas lire, et qui, par cela même, l’intéresse au dernier point;\nelle ne s’occuperait pas de moi. J ’aime mieux rester ici, et, pour récompenser ton\nhospitalité, je viendrai te voir souvent. J ’ai vu bien des choses : je te les conterai;\nje suis entré dans       bien des secrets : je te les confierai; car je te sais un peu\npoète et les poètes seuls savent me comprendre\n   — Devinerais-tu d'où je viens à présent?,,\n   Il secoua ses ailes diaphanes et une délicieuse odeur de violettes et d'aubépine\nse répandit dans la chambre.\n   — “ J e viens de la forêt, reprit-il, où j’ai assisté, la nuit passée, à un spectacle\ndont tu n’as pas idée et que je vais te dépeindre : un bal chez les oiseaux.\n   Ravi, je m'accoudai sur ma table, et après s'être reposé quelques instants, le\nSéraphin parla ainsi:\n                                            *\n                                            **\n\n   “ J'avais    entendu dire qu’il y    avait bal, ce jour-là,   chez les oiseaux de la\nforêt.\n   Au crépuscule, je me rendis à l’endroit où ils avaient l’habitude de se réunir\npour danser, et là, caché derrière une toi ffe de violettes, j ’attendis.\n   La lune, semblable, à un écu d’argent, éclairait les grands chênes, qui, les pieds\ndans le gazon, berçaient l’éternel rêve vert des ramures pâmées. Du village voisin,\ndont on apercevait au loin le clocher aigu surmonté d’un coq gaulois,              arrivait\nparfois un bruit confus, le mugissement ensommeillé d'un bœuf ou le jappement\nd’un chien de      ferme. Dans la forêt silencieuse,      une vapeur blanche, traversée\npar des stries de        lumière argentée, montait vers    les branches des arbres, qui\nbalançaient leurs cîmes noires et s’embrassaient dans les hauteurs.\n   L a salle de bal était une clairière, tapissée de mousse et d’herbe fine, constellée\nde pâquerettes et de pervenches aux yeux bleus.\n   L e s vers luisants avaient été chargés de l’éclairage :      enfouis au fond    de la\ncorolle des liserons qui s’enroulent en spirale et serpentent autour des troncs, ils\népanchaient à la clairière une lumière faible et douce.\n   A     l'orchestre,   une trentaine d’exécutants, fauvettes et rossignols, musiciens\nincomparables, qui perlaient des airs, où alternaient tes strettes et les trilles, avec\nde gentils hochements de tête.\n   Point de buffet chargé de friandises, de glaces, de crèmes, de sucreries ou\n"}, {"page_pdf": 99, "texte": "                   #\n                                       - 76 -\nde vin mousseux servi dans des flûtes vertes : rien qu’une source limpide serpen­\ntant entre deux bords verd oyants, où poussaient tout plein de myosotis et de\ncresson dentelé.\n   De tous côtés arrivaient des danseurs : il y avait des pinsons avec leur gilet\njaune et leur jaquette grise; des bergerronnettes en costume gris-perle; des merles\nse rengorgeant dans leur     habit   noir;   des roitelets et des chardonnerets, vêtus\nde pourpoints en satin, comme les pages d’antan; des hirondelles en queue de\nmorue et en gilet blanc; des alouettes en robe à diagonales; en un mot, toute\nune foule pimpante et fleurie, un monde raffiné emplissant la clairière de bruit et\nde toilettes, et s ’agitant à travers ce luxe de verdure et de fleurs... Et tandis que\nla haute gomme de la gent ailée était en liesse, il fallait voir comme là-bas, sous\nle couvert, les moineaux faisaient le trottoir!\n   L ’orchestre attaqua une valse, harmonieuse, suave, tantôt claire       et joyeuse,\ntantôt alanguie dans une véritable hystérie de notes voluptueuses et molles, triste,\nmorose, puis tout-à-coup bondissante et effrénée, pour retomber ensuite, épuisée,\ncomme dans une torpeur maladive... et les groupes s'ébranlèrent. C ’était un spectacle\nmerveilleux, de voir ces gentilles créatures, unies par couples, tourner autour de\nla clairière aux accents de cette      symphonie magique, qui       jaillissait en notes\ncristallines du gosier des musiciens de la forêt.\n   Ah! plus d’une oiselle rougit, ce jour là, jusqu’à la racine de ses petites plumes,\naux aveux que lui fit quelque coquet passereau! Car pendant ce bal, combien\ndût-il se faire de brillantes conquêtes et s’ébaucher de folles amourettes! Combien\ndût-il se donner de rendez-vous dans les blés mûrs, parmi les bluets et les\ncoquelicots; dans les v erg ers à l’herbe grasse et où l’on pique les fruits dorés,\net dans les coins frais, pleins de mystère et de rosée, où poussent les campanules\nfestonnées et où les muguets penchent leurs clochettes blanches qu’agite la brise\nau bord du ruisseau jaseur !\n   L a fête dura presque jusqu’à l’aurore. Toute la nuit la lune regardant les danseurs,\népancha ses rayons jaunes à la cime des arbres; mais après que les instrumentistes\nailés eurent joué mille danses et contredanses, peu à peu elle commença à pâlir\ndans le firmament plus clair, et les étoiles, clignotant      comme des. lampes dont\nl’huile est tarie, moururent et s’effacèrent une à une. Au moment du galop final\napparaissait à l’horizon une ligne de pourpre, avant-coureur du soleil levant, et,\ndans les cours des fermes, les coqs sonnaient déjà la claironnade d’éveil.\n   Alors tous les danseurs ..quittèrent la clairière, et, dans   la tiédeur de l’aube\nhumide, ils regagnèrent leur nid, las, mais le cœur joyeux, tandis que les musiciens\nallaient gargariser leur gorge fatiguée avec la rosée toute fraîche de la nuit......\n"}, {"page_pdf": 100, "texte": "                                               - 77 -\n   Et lorsque le soleil se leva, il fut tout étonné de trouver la forêt silencieuse,\nsans un chant, sans un cri ; car les valseurs de la veille dormirent jusque passé\nle milieu du jour, et plus d'un, je suis sûr, revit en songe la belle avette dont il\navait, pendant le bal, enlacé la taille fine !....... „\n                                                   *\n                                                   **\n\n   P u i s je n'entendis plus rien. Je vis se dissiper un éther aussi léger que le duvet\nde la pêche         « S y lp h e ! criai-je, beau S y lp h e !        Point de réponse!.. .. Le génie\ns ’était envolé !\n                                                       *\n                                                   *   *\n\n\n\n\n   Belles    lectrices, vous que je vois parfois passer                    dans   mes nuits solitaires,\nlorsque je rêve, comme vous, de              tant de choses, reçevez ce conte que je vous\ndédie.\n   Ah ! si l’une de vous peut, en lisant cette histoire, laisser échapper dans l'espace,\nv ers le conteur, une aspiration d’amour qui lui sera bien rendue, c’est plus que\nne vaut le conte, et tout ce que demande l’auteur.\n                                                                                       L o u is D. B.\n\n\n\n\n                           U\n                           NE MÈRE.\n                                               S av ez -vo u s   ec que c’est que d’avo ir une m è re ?\n                                                                                V. H u go. — A n g elo.\n\n\n\n   C ’était en 1815.    Napoléon tombé,          Waterloo, la France              vaincue,   douloureux\nréveil de ce rêve sublime, épopée splendide qui commence aux Pyramides pour\nfinir à Hogoumont ! L ’épée qui pendant vingt ans avait ébloui le monde, touchée\npar Dieu, venait de se briser dans la main du maître:                        dans cet immense deuil,\npersonne n’osait même plus parler d’espoir,                 et les troupes de la coalition triom­\nphantes passaient nos frontières, les baïonnettes rouges de sang français.\n   Pourtant le découragement ne fut pas général.                     A    la nouvelle     de l’invasion,\nun cri de rage s ’éleva des montagnes d’Alsace, noble terre où battront toujours\ndes cœurs généreux dans des poitrines françaises.\n   Ce n’était plus l’Empereur, c’était           la France qui           était menacée cette fois, et\n"}, {"page_pdf": 101, "texte": "                                        - 78 -\npaysans, bûcherons, schlitteurs chaussèrent leurs guêtres, décrochèrent leur fusil\net se jetèrent dans les sapinières.\n   A   l’entrée du col de Saverne, quelques-uns de ces braves gens avaient           pris\nposition dans d’énormes rochers qui leur formaient une forteresse naturelle admi­\nrablement située. Défendant toute la vallée de leurs feux plongeants, ils pouvaient\narrêter là un régiment, et sans se faire illusion sur l’issue de la lutte       héroïque\nqu’ils allaient engager, ils avaient juré de faire au moins payer cher aux enva­\nhisseurs cet étroit passage des Vosges.\n  Ils avaient choisi comme chef un beau jeune        homme de vingt-cinq ans,       Hans\nSchoeffer, le meilleur chasseur de la montagne :      son courage et son sang froid\nétaient vantés de tous ses camarades. Tous chasseurs, et pour la plupart bracon­\nniers, c’étaient d’excellents soldats pour cette guerre d’embuscades, et ils attendaient\nles ennemis, intrépides et calmes, comme s’ils eussent été à l’affût de quelque\nhardi chevreuil.\n   Ce jour-là, l’examen des armes avait été particulièrement soigné. Des fuyards\nleur avaient dit le matin même        qu’une colonne prussienne était en marche vers\nle col, et la petite troupe s’apprêtait à bien la recevoir.\n   Une femme à l’œil fier, coiffée du large flot national, causait avec le capitaine\nHans. C ’était sa mère : elle venait tous les jours du village qu’on voy ait à leurs\npieds, leur apporter des nouvelles de la vallée, avec un vieux flacon de myrtille\nou de kirschenwasser qu’on buvait à la France. La brave          alsacienne adorait son\nfils, qui le lui rendait bien : et cette mère et son enfant offraient un tableau touchant\nau milieu de tous ces rudes chasseurs, dans la brume matinale qui s ’élevait toute\nparfumée des sapinières trempées de rosée.\n   Soudain, la sentinelle cria   \" A u x armes ! >> D’un bond, Hans fut près d’elle.\nUn régiment prussien s'avançait sur la route, comme un immense serpent noir dans\nles vertes prairies, et, confiant dans l’anéantissement     des armées de Napoléon,\nsans un éclaireur. L e jeune homme plaça         rapidement ses compagnons dans les\nroches, leur recommandant de ne tirer       qu’à son signal    et surtout de viser aux\nofficiers, alla embrasser sa mère qui n’avait pas bougé, et revint à son poste de\ncombat. L e régiment s’approchait toujours ; on entendait le bruit des pas et         les\nvoix des soldats qui riaient.\n   Au moment où la      tête   de la colonne dépassait les rochers, une       détonation\nretentit, suivie aussitôt d’ une décharge générale, éveillant au loin les échos de la\nmontagne. L ’ennemi s’arrêta court, surpris de cette attaque imprévue,         la moitié\nde ses chefs tués; mais, le premier moment de stupeur passé, il commença                à\nrépondre vigoureusement au feu des montagnards. Un détachement de tirailleurs\n"}, {"page_pdf": 102, "texte": "                                         - 79 -\nse forma pour l’assaut; les ronces et les broussailles retardaient leur marche et\nles maintenaient immobiles sous les balles, comme pour aider les hardis chasseurs\nà défendre le col de leur patrie. Mais chaque minute amenait de nouveaux renforts\nà l'ennemi ; les rochers,      dont le feu faiblissait, étaient couverts d’une grêle de\nballes, et ce combat inégal ne pouvait plus durer longtemps. Hans allait de l’un\nà l’autre, encourageant ses      hommes,    quand tout-à-coup,   frappé d’une balle à la\ntête, il roula foudroyé aux pieds de sa mère. Celle-ci avait regardé,              immobile,\nles premières phases du combat, mais lorsqu'elle vit son Hans tomber ensanglanté\nelle poussa un cri terrible, et se dressa frémissante sur le bord de l’abîme, regardant\nvenir à elle ces hommes qui venaient de lui tuer son fils.\n   Puis, folle de douleur et de haine, elle se baissa. Deux         secondes après, une\nénorme pierre descendait la pente avec un bruit sinistre, brisant les arbustes et\nles brousailles, et, arrivant sur les Prussiens avec une vitesse vertigineuse, s’ouvrait\nun sanglant chemin à travers leurs rangs épouvantés.\n   L e s plus courageux       frémirent à l’aspect de cette   horrible mort; un brusque\nmouvement de recul fit refluer toute la colonne. L es efforts des officiers étaient\nimpuissants à retenir leurs hommes : ceux-ci cherchaient affolés un abri quelconque\net les rochers descendaient toujours,       bondissants sur les flancs de la montagne,\nemportant des files entières, et éclaboussant les soldats du sang de leurs camarades,\nbroyés sous ces meules effrayantes.\n   En haut, la mère sublime, échevelée, rugissante, soutenue encore par le feu de\nquelques chasseurs, dont les balles se perdaient inutiles dans cette avalanche, semblait\nvouloir faire crouler toute la montagne sur les meurtriers de son enfant. Et c’était\nquelque chose de saisissant au milieu de ce splendide paysage des Vosges, devant\ncette magnifique nature, que le spectacle de cet immense désespoir maternel.......\n   Soudain    des   coups de fusil prirent à revers la vaillante phalange. Quelques\ntirailleurs ennemis avaient découvert un chemin qui tournait les rochers, et arrivaient\nrendus plus furieux encore par cette héroïque résistance. Une balle renversa la\nmère sur le cadavre de son fils, tandis que sa dernière roche s'arrêtait dans le\nvallon sur un monceau de morts.\n   Et dans la boue sanglante, ce qui restait du régiment passa.\n  Valenciennes, ju in 1890.                                       A d . W e s t e r mann.\n"}, {"page_pdf": 103, "texte": "                                                          - 80 -\n\n            B IB L IO G R A                                                     PH                     IE .\n        A travers les revues.                                      Le Sylphe (n° de Mars), nous offre quelques\n                                                                bonnes poésies, entre a u tres: Volubilis, Eternelles\n       Le num éro double de M ars-A vril de la Jeune           richesses. Le sauveur. Réveil printanier. A la fin\n  B e lg iq u e s’ou vre p a r une p age rem arqu ab le de     de la bibliographie de cette revu e, M1’ C. N ie ­\n Stéph an e M allarm é. Pauvre enfant pâle, où                 m and cite un charm ant sonnet e xtrait d’une\n l'au teur nous dépeint les souffrances m o rales du           plaquette de huit sonnets publiés p a r M. A y m e ­\n petit gueux, qui, transi de froid, répète au x p a s ­        rillot. J e pren drai égalem en t la lib erté d’in sé re r\n sants indifférents sa com plainte touchante, san s            ici le sonnet cité p ar M. Niemand, esp éran t faire\n qu’un sou ne descende dans s a sébille et que la              p laisir à tous nos lecteurs qui aim ent v e rs bons\n m isère ren d ra m au vais un jour.                           et b e a u x :\n     J ’ai rem arqu é au ssi dans ce m êm e num éro un\n charm ant sonnet d’A ug. V ierse t : Ecran Ja p o ­                 L a chute d'un poète.\nnais. Ce poète, tém oin quelques unes de ses\nautres p o ésies et parm i elles vers les lointaines            Le poète a quitté son séjour enchanteur,\ns e plaît à nous d écrire le s ch arm es des lointains          Il a pris le chemin qui mène à la caserne,\np a y s où le soleil se lè v e su r les cités m erveil­         Et, dans l'enlacement du g ra n d m ur oui le cerne,\nle u se s avec des toits au x angles recourbés et aux           Personne ne lui donne un mot consolateur.\ntuiles om nicolores avec d es m aisons ve rn issé es,\nd es p alanquins d’innom brables clochettes que                 L e képi renfoncé sur l’oreille, l’œil terne,\nréveille le m oindre souffle de la brise, et où le              I l se meurt au milieu de cettre âcre senteur,\nsoir, sous la blondeur lunaire, des je u n e s filles           E t nul refrain ne sort des lèvres du chanteur,\nbru nes ou jau n es, a u x y e u x fendus en am ande et         Quand il se frotte en rêvant son sabre et sa\na u x p ied s petits à tenir dans la main prom ènent                                                    [giberne].\nleu rs rê v e rie s à l’om bre d es th uyas en fleu r et\nd es palm iers — éventails qui se penchent su r                 Adieu la lyre! Adieu l’hymne des fra is amours!\nl ’océan !....                                                  I l fa u t toujours trimer et bourriquer toujours;\n     A citer au ssi d’originales facéties rim ées sous          Et maintenant, autour du baquet militaire,\nle titre de Album à Toto. T o to est un enfant                  Le doux poète, épris de la Muse et de l’Art,\nterrib le, qui est né et a reçu son éducation dans              S ’ accroupit dans un groupe insipide cl gueulard,\nle s b u reau x de la re vu e ; et d’a p rè s une de ses        Pour peler des oignons et des pommes de terre!\ne n vo lées ly riq u e s qu’il a intitulée Philosophie,\nil me sem ble qu’il y a tout lieu d e d ire de lu i:\nc ’est petit, m ais c’est m échant !\n                                                                 La Revue Belge a publié une bonne pochade\n                                                              dans ses d e n ie r s num éros. Cette pièce, intitulée\n    D ans les Jeunes de M ars d ern ier il faut lire :        L a Faculté danse et signée F. L. A rdrigh etti,\nFrom Home une belle page, égalem en t d’A ug.                 est pleine de v e rv e et d’entrain. C ertain s p a s s a ­\nV ie r s e t ; il nous dépeint son ré v e il dans une         ges sont vraim ent rem arqu ables, entre au tres\ncham bre d’hôtel, à D ouvres, au m om ent où la               celui où une soixantaine d’étudiants, arm és d’us­\nville repren d son activité fébrile, au milieu d’un           tensiles de cuisine et précéd és d’enseign es p a r­\nbrouhaha m atinal qui aurait fait le d ése sp o ir du         lantes, vont faire un ch arivari infernal sou s les\np o u s s if B o ile a u ; tandis que le s flots de la m er   fen êtres d’un de leu rs anciens copains, qui,\nécum ante viennent m ourir au pied de la ville en             disait-on, allait se m arie r, et lui chanter une\n                                                              sérén ad e com m ençant p a r ces v e rs :\ntra va il....\n    D ans le num éro d’A v ril de la m êm e re vu e se                    On dit que tu te maries\ntrouvent d’excellen ts v e rs de T rista n M aldange,                     Nous venons t’ en féliciter!\nLes Croix. C es v e rs sont d’un vra i poète, et je                       Ta cervelle est ramollie\nles ai relus p lu sieu rs fois, toujours avec un                          Pour fa ire cette stupidité !...\nnouveau plaisir. L e lecteu r ju g e ra lui-m êm e de                                    *\nleur valeu r p a r les quatre strop hes su ivan tes                                     * *\nque je me perm ets d’en d étacher :\n                                                                  J ’ai feuilleté cette sem aine une jeu n e re v u e\n      Il est des croix de bois si grandes                      littéraire de P a ris, L'Ermitage, où se trouve une\n      P a r les chemins de mon pays,                           nouvelle fort jo lie de M arc L egran d '.La Sonnette,\n      D ’ immenses croix de bois, si grandes                   qui vou s ém eut et vous trouble pendant sept\n      Avec des bons dieux tout petits.                         p ages, p ou r vou s a rra ch er un sou rire am er, qui\n                                                               efface quelque peu l’im pression la issée p ar ce qui\n      E t les petits bons dieux de cuivre,                    p récèd e. C a r l’auteur vous ém eut sincèrem ent,\n      P a r les hivers tout dédorés,                          en vous décrivant avec un réel talent la douleur\n      Claquent au vent et semblent vivre                      de la fam ille V illard en perdant L u c e tte ; bien\n      S u r le bois des vers dévoré.                          plus sincèrem ent que ceux qui cherchent en vain\n                                                              a faire p erle r la m oiteur su r le front de leu rs\n      Souvent par une main ils pendent                        lecteurs en faisant grim acer des têtes de m orts,\n      Au seul clou qu’ épargna le temps                       ou en leur montrant des squ elettes qui en tre­\n      E t les bras de la croix se tendent                     choquent leu rs fém urs et jouent d es castagn ettes\n      Toujours au loin, immensément.                          a v e c leurs m étatarses....\n      J ’admire dans ces croix trop grandes                      D e plus, dans ce m êm e journal, j ’ai rem arqué\n      L a naïve main qui les fit :                            quatre charm antes piécettes de H enri M azel,\n      L a croix, la douleur, est si grande,                   intitulées : Très petits poèmes en prose.\n      L ' homme, le souffrait, si petit !                                                            Louis D. B.\n"}, {"page_pdf": 104, "texte": "         PUBLICATION S RECOMMANDEES.\n\n\n1. L a Jeune Belgique, Revue Mensuelle. — Boulevard d’Anderlecht, Bru                           xelles.\n\n        Abonnement 1 O francs.\n\n2. L a Revue Belge. — Rue de Bériot, 42, L                 o u vain .\n\n        Abonnement un an 4       fr. ; le numéro 2 0    centimes.\n\n3. Les Jeunes, Revue Mensuelle. — 6, rue de Fer, N                       amur.\n\n        Abonnement S   francs.\n\n4. Les Annales Gauloises, Revue Littéraire & Artistique. — Paraissant le 5 et le 20 de\n      chaque mois. — Rédaction : P          a r is,   17, rue du Commandeur.\n        Abonnement 6   fr. ; prix du numéro 2 0        centimes\n\n5. Le Sylphe, Revue Mensuelle. — 8, Faubourg Trois-Cloîtres, G                      renoble.\n\n        Abonnement 6   fr. ; prix du numéro 2 S O centimes.\n\n(5. l e N ord Littéraire, Revue Mensuelle. — 113, rue de Paris, V                      a len c ien n es.\n\n        Abonnement un an £» francs.\n\n7. Bulletin Littéraire Mensuel de la Société L'Amicitia, V                  a len c ien n es.\n\n        Abonnement un an 6       francs.\n\n8   . L ' A rt moderne (paraissant le dimanche). — Rue de l’Industrie, 32, Bruxelles.\n        Abonnement un an 1 0      francs.\n\n9. Mercure de France, Mensuel. — Rédaction, 13, rue de l’Echaudé, St-Germain, P                            a r is.\n\n        Abonnement un an 7 f r ; prix du numéro 6 0          centimes.\n"}, {"page_pdf": 105, "texte": ""}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 5, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1891-05", "signet_source": "Première année - N°5 - Mai 1891", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 86 (« Première Année. N° 5, MAI 1891 »).", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}