{"numero_id": "ulb-reveil-1891-06-n6", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "articles": [{"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-001", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Première Année. N\" 6. JUIN 189", "ancre_fin": "REVUE MENSUELLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "S O M M A IR E D U N ° 6", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 106, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 365, "texte": "Première Année. 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JUIN 189\n\n\n\n                   ESSAIS\n                                        PUBL I ÉS P A R LE\n\n\n\n\nCERCLELITTERAIREFRANÇAIS                                                                           O\n\n                        REVUE MENSUELLE.\n\n                             "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-002", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "S O M M A IR E D U N ° 6", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 106, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 365, "fin_caractere_exclue": 1799, "texte": "S O M M A IR E             D U      N ° 6.\n\n        S ilh ou e tte s s o ld a te s q u e s ................... Louis De B.\n        A près une prom enade en fo rê t . . . A. W e s t e r m a n n\n        Ronde s p e c t r a l e ........................... Louis V ê h e n n e .\n        L ’A m ou r c h if f o n n ie r ....................... P a u l M.\n        L’A m o u r e u s e .................................. j. D.. G .\n        R o n d e l s ...................................... J e a n N o v i s .\n        C roquis............... /\n        P a ris ia n a . . . .            ' ................... L u c \\ - M a r .\n        A u x sons du c a r illo n ....................... F r e d é r i c F r i c h e .\n        B ib lio g ra p h ie .\n\n\n\n\n              P r ix d u n u m é ro : 4 0                         c e n t im e s .\n     P r ix    d e l ’a b o n n e m e n t : u n                   an     4 fra n c s.\n\n\n                               BUR E A U        DU    JO U RN AL:\n  G a n d ,     71, R U E              D E       F LA\n                                                    ND\n                                                     RE\n                                                      7            1       ,   G     A     N   D\n\n\n\n                                            G   AND ,\n       Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER. rue Savaen, 32.\n\n                                TOUS     DROITS       RÉSERVÉS.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-003", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "N . - B . — Il sera rendu compte", "ancre_fin": "bureau du Journal", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CERCLE LITTERAIRE FRANÇAIS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 107, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 323, "texte": "N . - B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra at\n                     bureau de la rédaction, HUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                 L es journaux ou revues qui désireraient, faire l’éoliang-o\n                      sont p riés de s ’adresser au bureau du Journal.\n\n\n\n             "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-004", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Cercle littéraire français : extrait du règlement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CERCLE LITTERAIRE FRANÇAIS", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 107, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 323, "fin_caractere_exclue": 2088, "texte": "CERCLE LITTERAIRE FRANÇAIS.\n                                (FONDÉ I,E 24 DÉCEMBRE 1888.)\n\n                       E X T R A IT DU R È G LE M EN T .\nA r tic le       I. — Le Cercle Littéraire Français est constitué clans le but de donner des\n                         Conférences et de former une bibliothèque d’ouvrages écrits ou\n                         traduits en français.\nA r tic le      II . — Le Cercle comprend 3 catégories de membres: les membres effectifs,\n                         les membres correspondants et les membres d’honneur.\n                      Les membres effectifs sont ceux qui habitent la ville. Ils sont tenus\n                         de donner à tour de rôle des conférences, évangiles du jour et\n                         lectures.\n                      Les membres correspondants sont ceux, qui n’habitent pas la ville. Ils\n                         110 sont astreints à aucune rétribution, mais sont tenus d’envoyer\n                         au Cercle un évangile du jour (œuvre personnelle) au moins une\n                         J'ois tous les deux mois.\nA r t ic l e    X. — Le Membre qui obtient le premier un ouvrage en lecture est obligé\n                         d’en rendre compte à la date fixée par le Comité.\nA r t ic l e XVII. — Le Cercle organise chaque année un Concours littéraire entre tous ses\n                        membres.\nA r tic le XVIII — Le jury se compose de 5 membres. Ils sont choisis parmi les membres\n                        du Cercle. Le scrutin est secret et a lieu à une des premières\n                        séances de l’année. Le jury prend les dispositions spéciales pour ce\n                        concours.\nA rticle     X IX . — La cotisation annuelle est fixée à 5   f r . pour les membres effectifs.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-005", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 81, "page_fin": 83, "titre_corps": "Silhouettes soldatesques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louis De B.", "ancre_debut": "SILHOUETTES SOLDATESQUES. I. X V I e S IÈ C L E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 108, "page_imprimee": 81, "debut_caractere": 68, "fin_caractere_exclue": 2698, "texte": "SILHOUETTES SOLDATESQUES.\n                                                  I.\n\n                                         X V I e S IÈ C L E .\n\n\n     C ’est un vieux couvent en ruines, où sont campés des soldats. Au dehors, la\nbise pince      ferme, et la sentinelle arpente en              battant    la semelle      les dalles du\npromenoir extérieur, envahi          par la mousse et           le lierre. La neige qui n’a cessé\nde    tomber    implacablement       pendant toute      lajournée, s ’est          amoncelée      sur les\nbranches glacées des arbres, et là-bas, dans l’ombre                      des     monticules blancs ren­\ndant le sol semblent cacher des tertres.               La lune apparaît au haut                 du clocher\njauni de la chapelle, depuis         longtemps fermée aux              fidèles,    comme       un point sur\nun i et éclaire d’une lueur blafarde les arbustes et les buissons, dont les branches\n                                                                                                              f\n\ndépouillées de leurs feuilles projettent sur le sol                   blanc et les pierres tombales\nrecouvertes d’inscriptions latines des ombres bizarres, auxquelles une imagination\nsurexcitée pourrait prêter des formes fantastiques. D’aucuns même s ’attendraient\nà voir ces monuments s’entr’ouvrir, pour livrer                  passage à des abbés ou à des\nabbesses, mitre en tête et crosse à la main, suivis de la troupe des moines, grands\nsquelettes     vêtus de   bure, et    faisant    claquer        leurs mâchoires en récitant des\nlitanies. Dans le silence, interrom du seulement                par    le sifflement     du     vent,   des\nfrémissements sortent, lugubres, de la carcasse des vieux troncs. Mais le faction­\nnaire, lui, ne voit, n’entend rien de tout           cela ; il continue           sa promenade, fredon­\nnant entre     les dents un vieux refrain de         bataille, et pensant à sa payse, fille de\nquelque fermier cossu, ou au dernier bal, pendant lequel il                        n’a cessé    de danser\navec de grosses et belles campagnardes que pour avaler                             d’un trait de grands\nbrocs de bière mousseuse, tandis que les ménétriers, debouts sur des tonneaux,\nraclaient leurs violons à tour de bras, ou s’époumonnaient à souffler dans leurs\nfifres.\n     Dans la chapelle, plus de croix       sur l'autel, plus          de chrges, plus d’encensoir,\nle froid pénètre par les vitraux        cassés, la porte ballote sinistrement, et le vent\nfut tourbillonner comme un essaim éperdu, les feuilles mortes qu’il y a chassées\n"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": 82, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2965, "texte": "                                                 - 82 -\nà la fin de l’automne. Reîtres et lansquenets,                   assis pêle-mêle autour de grands\nfeux de bois mort, causent, rient et chantent en buvant ; plusieurs, étendus sur le\nsol, dorment enveloppés dans leur ample manteau; quatre reîtres, dont deux sont\nassis sur les restes d’un lutrin qu’ils ont trouvé dans quelque coin de l’ancienne\nsacristie, jouent aux dés sur un tambour, tandis qu’un lansquenet, appuyé sur sa\nhallebarde,    semble    suivre le         jeu avec intérêt. L a lueur             rougeâtre        des feux\nmourants      éclaire   par     intervalles      des    armes diverses,         posées contre       le mur :\narquebuses, pistolets         d’arçon,     sabres,     épées,    rapières, lances, etc. Au pied de\nl’autel, des officiers, assis autour d’une table, causent et boivent en riant comme\nleurs hommes, éclairés par           les    rayons livides,          qui tombent en raies grises sur\nles dalles de marbre, d’un cierge de cire fiché dans un vieil os à moëlle.\n   Mais peu à peu,        chants,        rires   et causeries        cessent;    officiers et soldats se\ncouchent dans leurs grands manteaux, et                      s’endorment sous      la    garde   d’un     des\nleurs, dont on entend les pas lourds et                       cadencés résonner         sous   les arceaux\ndéserts. Mais il ne tarde pas à venir réveiller un de ses camarades, qui doit le\nremplacer. Et tandis que la sentinelle de tantôt se couche, le nouveau factionnaire,\nsaisissant son tartan et son feutre empanaché,                   décroche son arquebuse, franchit\nla porte entr’ouverte, et disparait dans la sombre nuit.\n\n\n                                                       II.\n\n                                              X I X e S IÈ C L E .\n\n\n\n   L a neige lourde tombe en tourbillonnant, la bourrasque siffle et gronde ; dans\nl’air s’élargissent parfois des trouées d’ouragan, et les flocons s’abattent toujours.\nÇà et là, les églises piquent le ciel                noir, impénétrable, de leurs clochers effilés,\net la lune phtisique      ruisselle, mettant des scintillements argentés sur                        les   toits\nneigeux. La ville est endormie ; partout plane un                     silence morne, glacé, que rien\nne coupe, ni le miaulement des chats, ni les ululations des chiens. Pas un passant,\nseuls quelques rares habitués sont béatement léthargés                          dans les   cafés,    attablés\ndevant leur consommation favorite, et entourés de la fumée de leurs pipes.\n    Le petit pioupiou,         le fusil     sur l’épaule et renfoncé dans sa grosse                   capote,\nmarche vite, le long du mur nu et humide de la caserne. L ’air dilate ses narines,\nson pas sonne fortement à travers la rue déserte. A u loin, les toits et les arbres\ndu boulevard, couverts de neige, éblouissent.                    Deci, delà, clignotent les papillons\n"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": 83, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2796, "texte": "                                          83 -\njaunes des becs de gaz. Tout-à-coup, le vent se lève, Il roule du bout de l’avenue,\nfaisant tournoyer les flocons de neige en un ballet fantastique. Et le petit pioupiou\nmarche toujours, aveuglé par la neige, luttant contre le vent qui siffle à ses tempes.\n    Puis il entre dans sa guérite, et l’arme au pied, pelotonné dans son manteau,\nil pense à la maison paternelle ; à l’âtre où flambe en belles flammes bleues une\ngrosse bûche de bois, tandis que, suspendu à la crémaillère, le chaudron de soupe\n(Time et chante gaiement; ou aux longues         veilles d’hiver, pendant lesquelles sa\nmère et ses soeurs cousent et tricotent, et que son père fume sous le          manteau\nde la cheminée, en lisant l’almanach ou la feuille d'annonces.\n    Mais des pas pesants retentissent dans la cour de la caserne : c’est le caporal\net un camarade, qui vient relever de faction le petit pioupiou. Celui-ci boucle son\nsac, présente les armes, donne le mot d’ordre, et rentre au corps de garde.\n    Le poêle ronfle.   Une fenêtre aux carreaux fendus, un        store déchiré ; près\nd ’un trousseau de clefs, un quinquet qui noie la salle dans       une clarté rousse.\nContre le mur, un râtelier pour les fusils; dans un coin, empilés, les sacs et les\nképis ; les ceinturons sont suspendus à des clous. Ici une table branlante, à laquelle\nest assis le fourrier, occupé à faire les comptes de la compagnie.        L à quelques\ncar:asses de chaises dépaillées. Une odeur mixte de rata, de café et de tabac nage\ndans l’air. A u bord des planches qui servent de lit, deux soldats font une partie\nde piquet. Un autre, employant son sac comme pupitre, écrit à sa payse sur du\npapier à fleurs, et le caporal dessine au dos d’une enveloppe la tête de       quelque\nfille de cabaret. La plupart des pioupious fument et baillent en s ’étirant; d’autres,\nplus rares, dorment roulés dans une couverture. Onze heures et demie sonnent.\nL e sergent baisse le quinquet et chacun se couche.\n   Bientôt on n’entend plus que les sifflets déchirants du vent, qui stride lugu­\nbrement, et les ronflements sonores, réguliers des dormeurs ; et, de distance en\ndistance, les rayons de la lune dessinent sur le sol des lignes blanches....\n   L ’horloge de l’église voisine égrène lentement douze coups. L e caporal se lève\net éveille un soldat pour aller relever la sentinelle. Tous deux mettent leur képi,\nleur capote, bouclent sac et ceinturon, et sortent l’arme sur l’épaule.... On entend\nhurler la tempête; une bouffée d’air froid, semblable à un gigantesque battement\nd ’éventail, pénètre dans le corps de garde, et le bruit de la porte qui se referme\nrésonne gravement dans la grande salle nue....\n\n    Septem bre 1890.                                                Louis De B.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-006", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 84, "page_fin": 85, "titre_corps": "Après une promenade en forêt", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ed. Westermann", "ancre_debut": "APR E S U N E P R O M E N A D E E N F O R ÊT. ( l e t t r e )", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": 84, "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 1275, "texte": "APR E S U N E P R O M E N A D E E N F O R ÊT.\n                         ( l e t t r e ),\n\n        Vous m’avez demandé d ’écrire\n        Quelques strophes à mon retour,\n        E t de vous chanter sur ma lyre,\n        L es souvenirs de ce beau jo u r.\n\n        M ais j'éta is couché dans la mousse\n        Quand j e vous prom is mes chansons\n        E t les oiseaux, de leur voix douce,\n        S e répondaient dans les buissons.\n\n        L e s feuilles, couleur d'espérance,\n        Nous fa isaien t de s i jo lis vers !\n        L e luth était le ciel immense\n        E t l'album était les prés verts.\n\n        Chaque fle u r apportait sa strophe\n        A ce poëme universel :\n        Un chêne, bon vieux philosophe,\n        Cherchait la rim e d'Eternel.\n\n        L es brins d ’herbe des hémistiches\n        S e tiraient admirablement\n        E l trouvaient des rim es très riches ;\n        P a s d ’hiatus : c’était charmant !\n\n        Un grillo n marquait la mesure,\n        E t donnait aux insectes d'o r\n        Une leçon su r la césure,\n        P o u r fa ir e une ode à messidor.\n\n        Tout près de nous une fontaine\n        Nous récitait chaque verset ;\n        L a brise, pour reprendre haleine,\n        Au moment voulu se taisait.\n"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": 85, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1157, "texte": "               - 85 -\nTonies les voix de la nature\nReprenaient en choeur le refra in ;\nRien n'était fa u x d ans ce m urm ure,\nParce qu'il n'avait rien d ’humain.\n\nE t dans les frisso n s des ramées,\nL 'immense poëme béni\nDes hautes herbes parfum ées,\nMontait vers Dieu dans l'infini.\n\nM ais maintenant que dans la vie\nJ e suis revenu des g ra n d s bois\nL ’Ame encore doucement ravie\nDe toutes ces divines voix,\n\nH élas ! je sens mon impuissance\nA vous rappeler ces concerts,\nIl vaut mieux g a rd e r le silence,\nQue de troubler l'hymne des airs.\n\nCroyez-vous que la voix humaine,\nA u rait pu, dans ce chœur divin,\nA id er la nature sereine\nM urm urant an fo n d du ravin ?\n\nA près ces poêles, la rose,\nL a fauvette et le rossignol,\n Vous comprenez bien que j e n'ose\n Chanter les bois de Locquignol.\n\nJ e sens que je ne puis pas dire\n Les beaux vers des petits oiseaux,\n E t je cherche en vain sur ma lyre\n Le bruit du vent dans les roseaux.\n\n A près les chansons des linottes,\n J 'a i peur de paraître bien peu,\n E t de fa ir e des fausses notes,\n Dans le g ra n d psaume du bon Dieu.\n                                          E d. W e s t e r m a n n .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-007", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 86, "page_fin": 87, "titre_corps": "Ronde spectrale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Véhenne", "ancre_debut": "R ON DESPECTACU LAIR E P O U R MON AMI P. V.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 113, "page_imprimee": 86, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 1590, "texte": "R\n                 ON\n                  DESPECTACU\n                           LAIR\n                              E\n                                                          P O U R MON AMI   P. V.\n\n Que la lune est pâle ce soir!\n Où donc sont les étoiles?\n Regardez ces nuages noirs, regardez comme ils roulent dans l'espace.\n Une lueur glauque illumine l’horizon.\n Ecoutez : un crapaud a coassé dans les hautes herbes.\n Un hibou a hululé par trois fois.\n Des feux follets dansent sur les fosses fraîchement creusées.\n Quelle est cette tête verte qui apparaît?\n Mon Dieu! les tombes s’ouvrent!\nL ’odeur de tous ces cadavres navre et fait horreur.\nD'où vient ce bruit d ’os entre-choqués?\nCe sont les morts qui dansent une ronde.\nIls ont l'air plus heureux que les vivants.\nOh! la mort qui met un terme à nos douleurs\nEt la vie, plus horrible que la mort.\nPourquoi devoir souffrir si longtemps ici-bas?\nPourquoi l’homme a-t-il peur de retourner au néant dont il sort?\nAlors que le bonheur n’est que dans l’oubli.\nUn vol de corbeaux plane dans le ciel.\nUne vieille femme passe sur la route.\nElle porte un sac sur le dos.\nElle marche toujours et elle est aveugle...\nDes jeunes filles dansent en se donnant la main...\nThéories de vierges dans le chaos.\nMon Dieu! que la nuit est obscure!\nUn crime a dû se commettre ici...\nLa lune est toujours plus pâle.\nJ’entends les hurlements des damnés dans l’enfer\nEt les vagissements des enfants dans les limbes\nEt les cris des amants dans le purgatoire\nEt les soupirs des vierges dans le ciel\n"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": 87, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1335, "texte": "                                     - 87 -\nEt la lune devient toujours plus pâle.\nUn chien hogne...\nQue les arbres sont agités par le vent !\nEt combien les nuages se suivent plus pressés!\nOn dirait une course vers l’abîme.\nDes corbillards roulant dans l’espace.\nUne étoile filante a rayé les ténèbres.\nPourquoi le chien s’est-il tu?\nJ'entends un bruit de chaînes\nEt de nouveau des clameurs horribles.\nL a géhenne s ’est-elle rouverte?\nL a ronde de spectres se reforme.\nOh! tous ces fantômes n’ont plus d’yeux...\nUne goule dévore le corps d’une jeune fille.\nDes salamandres se tordent autour des croix.\nDes vampires sortent des tombeaux.\nL'enfer a vomi ses créatures.\nDes guivres rampent sur les pierres.\nDes chauves-souris volètent en larges cernes.\nDes brucolaques se lamentent dans la nuit\nE t des stryges sucent le sang bleu des cadavres.\nL a ronde tourne toujours.\nOn entend le rire satanique des spectres\nEt leurs os heurter les dalles funéraires\nEt toujours se déroule la sinistre farandole.\nSoudain une cloche a tinté.\nUne lueur albe s’est dessinée à l'horizon.\nUn coq a chanté.\nEt les fantômes ont fui.\nEt les tombes se sont refermées.\nEt tout a disparu.\nOh! ce ciel noir.\nEt ces caveaux plus noirs que le ciel.\nEt plus noire que les caveaux, mon âme.\n                                                    L o u is V éh en n e.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-008", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 88, "page_fin": 88, "titre_corps": "Croquis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Lucy-Mar", "ancre_debut": "C R O Q U IS . A M1' Louis V é h e n n e", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": 88, "debut_caractere": 72, "fin_caractere_exclue": 2254, "texte": "C R O Q U IS .\n\n                                                  A M1' Louis V é h e n n e , auteur de\n                                                           « XIdylle Rouge »\n\n\n   La guerre a passé par là... tout est sang... tout est ruine. La plaine est vaste et\nravagée. Une odeur de poudre envenime l’air. L ’on craint, quand on marche... L ’idée\nd’un être embusqué, l’arme au poing, hante. Tout n’est qu’un immense désert. Seules,\nquelques ruines de chaumine humble et moussue, vêtues de lichen, restent là,\ntriste souvenir d’une époque effroyable qui a couru comme un éclair. L a désolation\nsouveraine entoure, unique, ce désastre. Ces murs que la poudre            a noircis, ces\nrestes de meubles éventrés et fumants,      cette sombre histoire de la guerre, qui\ns ’est gravée à la bayonnette sur cette misérable chaumière, tout ce deuil qui plane,\nemplit l’âme d’une terreur secrète et vague, non définie, qui oppresse. Tout autour,\nl’herbe roussie et piétinée, que la flamme dévorante et voluptueuse a léchée, lente­\nment, ainsi que les caillous et les pierres, exhale une émanation délétère et âcre.\nDans un enclos qui fut     l’étable, la pauvre petite étable de cette pauvre petite\nmaison, des restes hideux, des os rougis ou calcinés, révèlent l’horrible autodafé\nde ces animaux innocents, pris dans les flammes et délaissés dans la fuite rapide\ndes habitants... Malgré soi, le cœur songe, attristé, aux effroyables souffrances de\nces bêtes, proies douces de l’incendie... Une piste noire et semée de décombres,\nconduit au centre de cette cabane, et       là, marchant sur les débris du toit           de\nmousse    effondré, si vous levez   les yeux, ayant autour de vous la mort et le\nsilence, vous apercevez des lambeaux parfumés du ciel bleu, qui semblent, antithèse\nblessante, sourire à cette hécatombe.. . Tout rappelle l’instant fatal, tout ramène\nau jour qui fut la fin... tout respire le sang, la désolation... et les oiseaux noirs,\nmessagers de mort, qui croassent encore au-dessus des terres, appellent la pensée\nvers les corps des braves morts dans l’épopée affreuse.\n\n   Sedan, A o û t 1888.                                           Léon L ucy-M ak.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-009", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 89, "page_fin": 90, "titre_corps": "Parisiana", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Lucy-Mar", "ancre_debut": "PARISIANA. a Mlle J e a n n e L.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": 89, "debut_caractere": 77, "fin_caractere_exclue": 2879, "texte": "PARISIANA.\n                                                                          a    Mlle J e a n n e L.\n\n   L es   oiseaux, au      sommet     des branches,     chantaient.   On n’entendait, de             par\ntoute la forêt si claire, qu’une grande voix harmonieuse,               élevée, qu’un         concert\nvarié d’accents aigus et de roulades perçantes. A u centre du dédale feuillu, une\nclairière était là, si tentante ! toute dorée d’un soleil bien joyeux et bien chaud,\ntout émaillée de pâquerettes et de boutons :l’or. Oh ! la jolie petite clairière, avec\nson   petit ruisseau moqueur qui l’entourait et où les légers              chanteurs venaient\nboire, parfois, pour mieux égrener leur voix perlée !... Ce fut cet éden là que, du\nhaut des cieux, la fée Bleue aperçut, dans sa recherche d’un coin de terre. Oh !\nqu’elle était jolie, la fée B l e u e !...,   toute jeune, toute   mignonne,     tout     e nsatinée,\navec un diadème de fleurs blanches dans les cheveux. Son long manteau d’azur\nfrôlait l’herbe humide, quand elle arriva, et son pied alerte foulait le sol si prin­\ntanier !... Elle resta quelques instants au bord de l’eau, regardant rire les poissons\net les têtards, qui filaient, insaisissables et avaient peur d’elle, la prenant pour le\nsoleil. La fée Bleue, rieuse, plissa ses lèvres roses, alors, contre ses dents si petites,\net siffla si gentiment, que les rossignols se turent, sur les branches, pour l’écouter.\nL a forêt toute déserte parut alors s ’animer. De tous les buissons, de toutes les\nsentes, de tous les massifs, s’en vinrent des êtres, des jeunes filles, toutes au\nplus jolies, au plus gaies,       au plus séduisantes.      Et il y en avait tant que bien\nvite la clairière fut débordée, et que les grands chênes durent s'écarter, et que\nle petit ruisseau réduisant son onde si            étroite à un mince filet d’eau, à peine\nperceptible dans cet amas de longs cheveux et de regards brillants. Alors, quand\nle silence se fut fait parmi cette jolie          foule, la douce fée Bleue prit la parole,\net dit, toute sérieuse :\n   — \" N'est-ce pas qu’il était bien temps, mes sœurs, que je                 vienne supprimer\nla confusion    qui règne parmi vous ? Vous toutes si              roses, venez, que je vous\nembellisse ! Il est si grand le ciel, que je           puis y puiser, dites, des merveilles !\nApprochez que je vous donne un nom et un diadème à chacune, pour que je\nvous retrouve plus tard, quand il sera venu, votre jour, mes petites amies, votre\njour d’immortalité ! „ —\n   Et comme elles se pressaient, jalouses, d’une masse : « Oh ! pas vite !.... tout\ndoucement!      Une par une, que je vous voie bien, en face, au fond du cœ ur! »\n   A lo rs, tous    les   oiseaux se     turent, sur les branches et le partage            parfumé\n"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 90, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "                                           - 90 -\ncommença. De toutes ces charmantes, chacune reçut un don de la fée Bleue,.... et\naussi un nom,       un de      ces noms   qui subsistent encore         aujourd’hui,     que    nous\nconnaissons, mais que l’on nous a souillé, que l’on nous a                meurtri, si bien que\nla douce fée ne s’occupe plus de ses sœurs après les avoir tant aimées !... Mais\nce jour-là, tout était encore pur, c’était l’aurore claire des nations vierges, c’était\nle beau temps, l’âge d’or, l'âge des oiseaux, de la nature, de la vertu....\n   L ’Espagnole, de la fée Bleue reçut le noir de jais pour sa chevelure, qui flotta\nau vent comme un crêpe et qu’elle relevait comme une mantille. L ’Italienne eut\nles yeux sombres, brillants comme la lave ardente du Vésuve. A l’Allemande, elle\ndonna les dents de perle, aux teintes de corail et les tresses                  blondes, comme\nles épis. L a Russe se para de la Majesté gracieuse, et l’Anglaise du coloris rosé\nde ses joues... Toutes reçurent un de ces dons si vivaces au primordial printemps,\ndégénérés aujourd’hui, mais reconnaissables encore et tant jolis, tant exquisement,\nrêveurs!. .. Et quand la fée Bleue, se fut délicattment acquittée de sa tâche, et que\ndans le dispersement joyeux de ses compagnes, elle allait reprendre son vol léger\nvers sa demeure azurée, elle sentit tout à coup une petite main fine frapper son\népaule,... et se retourna étonnée.... Mais sa surprise fut bien plus grande, quand\nelle s’aperçut que dans sa large distribution,           elle avait     complètement oublié sa\nsœur cadette, la P a r i s i e n n e !.... S e s yeux bleus si frangés de cils clairs s’ouvrirent\nbien larges et bien contrits: « O h ! ma mignonne!              dit elle, que faire?.... j ’ai tout\népuisé de mes trésors ! Que veux tu que je te donne ? Tiens,.... veux-tu mon\nmanteau bleu et mon diadème? mais ce n’est pas assez,... et ce n’est pas durable ! »\nEt, dans une moue charmante d’adorable ennui la gracieuse silphyde appuya son\nmenton    si   potelé sur sa main blanche, tandis que              deux gentilles fossettes se\ncreusaient aux coins de ses lèvres.... Mais bientôt, cette inquiétude s'effaça de son\nvisage rêveur, et d’un geste, rappelant          les   chères     baptisées, elle leur dit d'un\nton de voix si irrésistible, oh! si tendre! “ Tenez, voilà, mes mignonnes, que j’ai\noublié votre sœur, dans mon partage... Il ne me reste plus rien pour elle. Soyez\ncharitables, donnez-lui un peu de vos dons à chacune..., et partez contentes. C ’est\ntout ce que je peux faire à présent ! » — Et elle disparut, zéphir radieux, dans\nl’atmosphère embaumée de son passage....\n   C ’est pourquoi la Parisienne fut gratifiée de toutes les grâces et de tous les\ncharmes séduisants qui devaient caractériser ses compagnes... Et depuis tant de\nmille ans que la distribution éthérée a eu lieu, elle a conservé, la si jolie, tous\nses avantages, tous ses voluptueux détails, pour le grand plaisir et                       le grand\nenivrement de nos yeux et pour            la satisfaction insatiable de tous nos appétits.\n     Liège, A v ril 1891   .                                                L éon L u c y -M a r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-010", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 91, "page_fin": 91, "titre_corps": "L’Amour chiffonnier", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L’AMOUR CHIFFONNIER L'amour, un soir", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": 91, "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1348, "texte": "L’AMOUR CHIFFONNIER\n  L'amour, un soir par les chemins,\n  Tout en haillons, tout en guenilles,\n  Boiteux, courbé sur îles béquilles,\n  Tenant un crochet des deux mains.\n  Cherchait après des cœurs humains\n  Dans la cendre et les escarbilles.\n  Il était bien triste et soucieux,\n  Chercheur d'infortunes cachées\n  Ne trouvant qu’âmes desséchées,\n  Et des pleurs mouillaient ses beaux\n  Ne pouvant hélas ! chercher mieux\n  De ses pauvres mains écorchées.\n  Sans se décourager pourtant,\n  Il s'acharnait. à bon Cythère !\n  Quand tout à coup survint sa mère\n  Cypris, au visage charmant\n  Oui redoutait pour son enfant\n  Le contact fangeux de la terre.\n  “ Q ue fais-tu donc ô mon Amour ?\n  „ Lui dit-elle avec inquiétude,\n  „ Aurais-tu perdu l’habitude\n  „ De notre céleste s éjo ur,\n  „ Et ne crois tu pas ce qu’un jour\n  „ Je t’ai dit dans la solitude ?\n  „ Je t’ai dit que. les hommes font\n  „ Bien fi de toutes tes tendresses ;\n  „ Ils sont blasés de tes caresses\n  „ Et ne connaissent pins ton nom !\n  ,, Je t'en conjure, ô Cupidon !\n                                   »\n  „ Reste au ciel parmi les déesses —\n  Mais l'enfant répondit : Tu vas\n  „ Voir bientôt, ô mère chérie,\n  „ Que lu te trompais ; je t’en prie\n  „ Porte avec moi ces cœurs en tas\n  „ Je connais un ange ici-bas\n  „ Près duquel ils reprendront vie. „\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-011", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 92, "page_fin": 93, "titre_corps": "L’Amoureuse", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "J. D. G.", "ancre_debut": "L'AMOUREUSE. ÉC R IT POUR", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 119, "page_imprimee": 92, "debut_caractere": 77, "fin_caractere_exclue": 2177, "texte": "L'AMOUREUSE.\n                                                                   ÉC R IT   POUR 1-j.l.l-\n\n\n\n\n     Semblant pleurer une immense douleur, le jour se mourait en un grand scin­\ntillement de pourpres pâles. La mer, exhalant les sanglots des calmes crépuscules\ns’en allant troubler la quiétude des lointaines grèves, apaisait les languides rougeoie­\nments du soleil. Strié de la neigeuse écume des vagues, le bleu sombre de l’eau\nse fondait, en la douceur d’un baiser, avec le bleu tendre du ciel gouaché de la\nblancheur morte des nuages. Les ternes lueurs du jour se noyaient dans l’infini\nde la mer aux vagues se poursuivant, s’enlaçant suavement, ivres d ’amour. Au\nloin, comme une envolée d’oiseaux blancs effarouchés, des barques balançaient sous\nla brise enflant leurs voiles bombées. .. Et la vie s’endormait dans une tristesse\nde rêve....\n     Comme tous les soirs, il marchait là, seul, s’imprégnant de la fraîcheur de l’air,\njetant ses yeux éteints dans les larmes sur cette mer qui perfidement le fascinait,\nle faisait atrocement souffrir et dont il n’avait pas la force de les détacher. Vieux\nmarin, courbaturé et aveuli, il avait pour cette grande gueuse d ’irréelles adorations,\n d ’extatiques ardeurs. Une attirance de désir le faisait venir là, près d’Elle, à la\n tombée du jour, remuait en lui ses nostalgies de voyages, exacerbait ses sens. Par\n les soirs sans lune comme par les soirs brillant de l’or des étoiles, voilà cinq années,\n terribles de longueur, qu’il y venait. Il en était éperdu, puis, sans qu’il put résister,\n des attendrissements le prenaient, le berçaient, le torturaient doucement dans un\n emportement d’amollissante passion qui lui donnait la confuse vision de pays radieux\n de lumière et d’amour....\n     La nuit s’était faîte, toute noire.... Ses tristesses l’envahissaient plus sombres....\n Et toujours, quoique ne la distinguant plus du ciel tendu d’opaques nuages, il avait\n les yeux rivés sur Elle. C’est qu’il l’aimait, qu’il était fou de cette grande amoureuse\n  qui versait la vie en son vieux corps. Il aurait voulu qu’Elle engloutisse tout,\n"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": 93, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1464, "texte": "                                       - 93 -\nqu’ElIe ne fût qu'à lui, rien qu’à lui, dans l'éternité. Oh ! ces décevantes hantises\nqui le torturaient immensément !\n   Des veines les plus infimes de son corps le sang affluait à sa tête comme pour\nla faire éclater; il lui semblait que son cœur se fondait, tant il le donnait tout entier\nà cette Mer. S a gorge se serrait, toujours plus      fort, dans un étau ; ses nerfs se\ncrispaient terriblement. O h ! qu’il souffrait! Oh, cette vie !...\n   Un vent, doux, vrai frôlement d’aîles, s’élève, pousse un nuage et dévoile les\ncandides nudités de la lune. On dirait une blessure dans le ciel. S a clarté de grand\ncierge ruisselle sur la Mer....\n   Voyant,   dans   un agrandissement de fièvre, la mer si belle, si attirante, si\ndélicieusement argentée, il s’arrête. S e s yeux éblouis le trompent et il lui semble\npercevoir des multitudes d’anges dans la tristesse désolée du ciel. Puis c'est la\nMer qui arrive sur lui qui la désirait tant ; une peur immense le prend, quelque\nchose de lourd pèse sur ses paupières déjà closes, le sang injecte ses yeux morts.\nL a vie s’exhale de son pauvre corps qui s’affale sur      le table. Craintivement une\nvague vient l’effleurer.\n   Lentement la lune se revoile d’i'n nuage. T rè s lourde se refait l’obscurité et\nla mer sanglote toujours. Là-bas, la lumière d’un phare tremble péniblement.\n    Mai 1891.                                                              J. D. G.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-012", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 94, "page_fin": 94, "titre_corps": "Rondels", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Novis", "ancre_debut": "RO N D E L S. Étang- clair.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 121, "page_imprimee": 94, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 2050, "texte": "RO N D E L S.\n     Étang- clair.                          Étoile du soir .\n\nL'étang s’argente au lointain        Blafarde, l'étoile du soir\nE l le ciel bleu s'y reflète.        A l'horizon bleuté s’allume.\n                •s\n\nPour mirer sa gorgerette             En le firmament de bitume\n-S j' penche l'oiseau lutin.         Sa clarté semble se douloir.\n\nA la brise du matin                  On dirait que sous un lissoir\nL'onde claire fait risette...        Par les guérets s’étend la brume.\nL'étang s'argente au lointain        Blafarde, l'étoile du soir\nEt le ciel bleu s’y reflète.         Si l'horizon bleuté s’allume...\n\nLe nénuphar de satin                 Elle épanche son désespoir\nY déclot sa collerette ;             Sur le moite sillon qui fume.\nChantant comme une ariette           Un brouillard léger comme plume.\nSon clapotis argentin,               Et voilant, vapeur d'encensoir,\nL'étang s'argente au lointain.       Blafarde, l'étoile du soir.\n\n\n\n          N e ig e .                             Hiboux.\n\nLa valse silencieuse                 Sous l’albe regard de la lune\nDes flocons se poursuivant           On perçoit geindre les hibou v ;\nCire, ondule, soulevant              Avec un frémissement doux\nSa spirale gracieuse.                Passe leur vol en la nuit brune.\n\nAu sein de la nuit pieuse,           L ’onde stagne dans la lagune\nLa neige met sous le vent            Et se traîne avec un remous...\nLa valse silencieuse                 Sous l'albe regard de la lune\nDes flocons se poursuivant.          On perçoit geindre les hiboux.\n\nPar fût capricieuse                  On croirait vraiment ouir une\nLeur duvet qui va pleuvant           F lû te en leurs vagissements mous\n— Blanc fantôme décevant —           Qui semblent sortir des grands houx.\nLance en l’ombre vicieuse            Pleurant leur romance importune\nLa valse silencieuse.                Sous l'albe regard de la lune.\n                                                               J ean N ov is.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-013", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 95, "page_fin": 95, "titre_corps": "Carillon", "titre_sommaire": "Aux sons du carillon", "rubrique": "", "signature_source": "Frédéric Friche", "ancre_debut": "CARILLON. D ans les vieilles villes des Flandres", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 122, "page_imprimee": 95, "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "CARILLON.\n                                        D ans les vieilles villes des Flandres,\n                                        P a r les crépu scu les d'été,\n                                        L e s carillons sont purs et tendres,\n                                        E t longs comme l’éternité.\n                                                           ( C h a r l e s F i t s t e r ).\n\n\n\n\nL e carillon sc met en branle et sonne l'heure,\nChantant un a ir g a illa rd de son timbre casse.\nOr, voici que dit vieil amour de l’ain. passe,\n— Bien loin pourtant, bien mort — un sourire m'effleure.\n\n\nCe même a ir autrefois me disait : Il est. temps.\nJ e courais la revoir — Oh les heures charm ées!\n— E l nos âmes se sont l’une à l ’autre ferm ées ;\nD ire que l’on s ’oublie après s’être aimés tant!\n\n\nJ e ne la vois déjà plus que dans un nuage;\nSon souvenir s ’en va chaque jo u r davantage,\nComme au flacon vidé s ’affaiblit un parfum .\n\n\nSes cheveux blonds, scs yeu x bruns me semblent un leurre,\nCe n’est même plus elle à présent que je. pleure,\nNon, je porte le deuil de mon amour défunt.\n\n\n                                                      F rédéric: F r              i che.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-014", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 96, "page_fin": 96, "titre_corps": "Bibliographie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Lucien D. B.", "ancre_debut": "A travers des revues. L a Jeune Belgique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 123, "page_imprimee": 96, "debut_caractere": 78, "fin_caractere_exclue": 7691, "texte": "A travers des revues.                                           L a Jeune Belgique (N° de Mai, 1891) com prend\n                                                                   une nouvelle d’ap rès l’italien : Chevalerie rustique\n       L e num éro du Mercure de France (Mai, 1891),               de M. G eorges E eck h ou d ; Panthée, pièce de v e rs\n  renferm e un portrait inédit et très-artistique de               de M. C h arles Van L erb ergh e, le jeu n e poète bien\n  G ustave Flaubert.                                               connu; des proses de M. G e o rges D estrée et enfin\n     Ce mêm e fascicule contient des v e rs originaux              quelques strop hes de M. Victor R em o ucham ps.\n  de MM. T o Ja D orian, A d rien R em acle, L ou is               L e num éro se term ine p a r une chronique litté ra ire\n  D enise, Saint-Pol-R oux, G. A lb ert A u rier, Edouard          d es plus intéressan tes due à MM. lw an Gilkin,\n  Dubus. T o u tes ces p ièces sont ém inem m ent su g ­           V a lè re Gille et E ugène D em older.\n  gestives et la form e en est très soignée. L a partie de                                     *\n  p rose est égalem enl rem arquable : a p rès quatre                                         **\n  p ages m agistrales de V illers de l’Isle A dam ,                    Le Sylphe (N° d’A vril, 1891) contient beaucoup\n  M. C h arles M erki, sous le titre de Simples Notes,            de ve rs, rien que des v e rs même, si l’on en e x ce p te\n  nous offre quelques lignes piquantes. M. R e m y de             huit p ages de p rose alerte e t spirituelle, et une\n  Gourm ont donne une page dram atique : l'Opéra ­                étude raisonnable d’esthétique m u sicale Su r les\n teur des morts, qui sort tout à fait de l’ordinaire.             héroïnes d ’Ambroise Thomas, p ar M. G ab riel\n A u ssi ne faut-il p as s ’étonner de v o ir ce jeune            Monavon. Citons les p o ésies de MM. A le x a n d re\n auteur en butte aux attaques de certains jo u r­                 Michel, H enri Second, E m ile A ugier. D ans le su p ­\n nalistes m oroses, p a r exem p le M. N estor — rien             plém ent ré se rv é aux écrivain s non dauphinois on\n du roi de P y lo s — dans l'Echo de Paris. Viennent              rem arque d es sonnets de MM. B land el et A y me­\n ensuite MM. Ju le s R en ard en Lou is Dumur.                    rillot.\n     L e Mercure de France m érite tous nos éloges.                  Un sonnet de M. A y m erillo t m’a surtout charm é.\n Quoiqu'en dise M. N estor p récité, les productions              J e me perm ets de le soum ettre au lecteu r : ces\n (éditées dans cette re vu e sont autre chose que de              quelques v e rs ne peuvent que lui faire p laisir.\n fades élucubrations, et leu rs auteurs ne sont pas\n précisém ent ce qu’il app elle des “ la rv e s d’hom ­                             M ANON.\n mes. ,*                     *\n                                 *       tk                                                         a l ’a b b é   P rév o st.\n     L a sym pathique re vu e p arisienne L’ Ermitage             Monsieur l'abbé, je ferm e en pleurant votre livre,\n(N° de Mai, 1891), fait d éfiler d evant nous la riche            J e souriais pourtant quand je l’ ai commence,\npléiade de ses collaborateurs. R em arq u on s l’a r­             Desgrieux me p/aisad aime, puis délaissé\n ticle de fond su r l'Evolution de M. Maurice Barres,             P a r la folle Manon dont le baiser l'enivre.\nl'Eternel désir de M. P ie rre D ufay, Attributs, v e rs\nde M. H enri de R égn ier, enfin la série des Très\npetits poèmes en prose de M. H enri M azel.                      J ’y trouvais le portrait de notre Age insensé,\n   C es p ages, em preintes d’une grâce qui ne va                Et chaque tour auquel votre couple se livre\npoint san s quelque m ignardise, plaisent p ar là                Dériderait, je crois, l’homme le plus glacé.\nmêm e au lecteur et le font rêver... C ’ est, je pense,          Mais, en tournant, bientôt les pages pour poursuivre,\nle m eilleur éloge que j’en p uisse faire.\n                                 *\n                             •       *                           Le triste Châtelet se montre à notre esprit,\n      L ire dans la Jeune Belgique l’article initial             Le chariot souillé passe, et l’on s’ attendrit\n Protectionnisme littéraire. C ’est une protestation             S u r ces jeunes amants dont le destin se joue.\n indignée contre le m ercantilism e de certains\n libraires belges, qui p ourraient m ettre à profit la           Notre bouche n’ a plus le sourire moqueur,\n dénonciation faite p a r la Belgique de la convention           Le cœur du chevalier palpite en noire cœur,\n littéraire conclue avec le gouvernem ent fran çais,             Et les pleurs de Manon glissent sur notre joue\n et rendre notre p a y s un fo y e r de contrefaçon\n artistique.\n    L e s littérateurs de la Jeune Belgique répudient              T outes nos félicitations à l’auteur. Il fait v o ir\n hautement p areille conduite Nous ne pouvons que                qu’il a “ sen ti,, le rom an du bon abbé P ré v o st,\n les a p p u ye r et nous ran ger à leu r a v is. Quand          c’est b ie n ; m ais; il décrit cette im pression en v e rs\n com prendra-t-on que la p rop riété littéraire est un           nets et p récis c’est m ieux e n c o re .\n bien com m e un autre, et que c’est com m ettre                                                 *\n un vol aussi grav e qu’ un vol d’argent, lo rsq u ’on                                       **\ny porte atteinte?                                                    L a Revue Belge (N° et 15 Mai, 18 9 1) renferm e des\n      Montrons que si la propriété littéraire n’est               articles très-instructifs de MM. E. B ae s, F . L o ise ,\nqu’im parfaitem ent protégée contre le s atteintes,               L . G oem ans, — des v e rs de MM. Beltjens, A ulit,\nc’est un m otif de plus pour la respecter. F aiso n s            et de bons articles de p rose dus à MM. C h arles\nvoir surtout à nos am is de Fran ce que nous                     S lu yts, E. Bonnehill. Mentionnons une belle page\nsaurons sa u ve ga rd er leu rs droits et les défendre           sou s le titre de Mon Képi d’étudiant, p a r M. Firm in\nmême à l’occasion.                                               V an den Bosch.\n    Nos p ères s ’étaient acquis une réputation uni­                                          *\nverselle de contrefacteurs littéraires. A u siè c le                                         * •\ndernier, V oltaire s ’était résolu à faire éditer dans                L ire dans la France Moderne (N° du 15 Mai 1891)\nles P a y s-B a s une partie de ses œ u vres. M ais, dès         un sonnet de M. H en ry de B ra is n e ; Baiser de\nqu'avait paru l’édition originale, il s ’en im prim a            Mai, p ar K a rs N issa, et une étude littéraire bien\nune dizaine de contrefaçons. A u ssi l’écrivain ,                travaillée et très-exacte p ar M. A lfred de M artonne\nprenant un congé de notre p a y s et de ses habitants            su r M. Lucien Pâté, le poète virgilien, “ qui, dit\ns 'é c riait: A d ieu x canaux, canard s, c a n a i l l e s ,    M. P au l Stap fer, voit la nature a ve c les y e u x de\n    Tâchons que la Fran ce d’aujourd’hui n e renou ­             l’âm e, et, non content de la peindre, la sent au ssi\nvelle p as à notre ad resse le mot du patriarch e                profondém ent. „\nde f e r n e y .                                                                                          L u c i e n D. B.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-06-n6-015", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "P U B LIC A TIO NS RECOMMA N DEES", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 124, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 1430, "texte": "P U B LIC A TIO N S RECOMMA N DEES.\n\n\n]. L a J e u n e B e lg iq u e , Revue Mensuelle. — Boulevard d’Anderlecht, B r u x e l l e s .\n         Abonnement 1 0 francs.\n2. L a R e v u e B elge. — Rue de Bériot, 42, L o u v a in .\n         Abonnement un an 4             fr. ; le numéro 2 0          centimes.\n3. L e s J e u n e s , Revue Mensuelle. — 6 , rue de Fer, Namur .\n         Abonnement •”» francs.\n4. L e s A n n a l e s G a u lo is e s , Revue Littéraire & Artistique. — Paraissant le 5 et le 20 de\n   chaque mois. — Rédaction : P a r i s , 17, rue du Commandeur.\n         Abonnement 6 fr ; prix du numéro 2 0                       centimes,\n5   . L e S y lp h e , Revue Mensuelle. — 8, Faubourg Trois-Cloitres, Grenoble.\n         Abonnement 6 f r .: pris du numéro 5 0                     centimes.\n6 . L e N o r d L it t é r a ir e,      Revue Mensuelle. — 113, rue de Paris, V a le n c ie n n e s .\n         Abonnement un an 5 francs.\n7.    B u l l e t i n L i t t é r a i r e M e n s u e l de l a   Société L ’Amicitia, V a l e n c i e n n e s .\n         Abonnement un an 6 francs.\n8. L ’A r t m o d e r n e (paraissant le dimanche). — Rue de l’Industrie, 32, Bruxelles.\n         Abonnement un an 1 0              francs.\n9. M e r c u r e de F r a n c e , Mensuel. — Rédaction, 15, rue de l’Echaudé, St-Germain, P a r i s .\n         Abonnement un an 7 fr ; prix du numéro 6 0                        centimes.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 106, "texte": " Première Année. N\" 6.                                                                     JUIN 189\n\n\n\n                   ESSAIS\n                                        PUBL I ÉS P A R LE\n\n\n\n\nCERCLELITTERAIREFRANÇAIS                                                                           O\n\n                        REVUE MENSUELLE.\n\n                             S O M M A IR E             D U      N ° 6.\n\n        S ilh ou e tte s s o ld a te s q u e s ................... Louis De B.\n        A près une prom enade en fo rê t . . . A. W e s t e r m a n n\n        Ronde s p e c t r a l e ........................... Louis V ê h e n n e .\n        L ’A m ou r c h if f o n n ie r ....................... P a u l M.\n        L’A m o u r e u s e .................................. j. D.. G .\n        R o n d e l s ...................................... J e a n N o v i s .\n        C roquis............... /\n        P a ris ia n a . . . .            ' ................... L u c \\ - M a r .\n        A u x sons du c a r illo n ....................... F r e d é r i c F r i c h e .\n        B ib lio g ra p h ie .\n\n\n\n\n              P r ix d u n u m é ro : 4 0                         c e n t im e s .\n     P r ix    d e l ’a b o n n e m e n t : u n                   an     4 fra n c s.\n\n\n                               BUR E A U        DU    JO U RN AL:\n  G a n d ,     71, R U E              D E       F LA\n                                                    ND\n                                                     RE\n                                                      7            1       ,   G     A     N   D\n\n\n\n                                            G   AND ,\n       Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER. rue Savaen, 32.\n\n                                TOUS     DROITS       RÉSERVÉS.\n"}, {"page_pdf": 107, "texte": "     N . - B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra at\n                     bureau de la rédaction, HUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                 L es journaux ou revues qui désireraient, faire l’éoliang-o\n                      sont p riés de s ’adresser au bureau du Journal.\n\n\n\n             CERCLE LITTERAIRE FRANÇAIS.\n                                (FONDÉ I,E 24 DÉCEMBRE 1888.)\n\n                       E X T R A IT DU R È G LE M EN T .\nA r tic le       I. — Le Cercle Littéraire Français est constitué clans le but de donner des\n                         Conférences et de former une bibliothèque d’ouvrages écrits ou\n                         traduits en français.\nA r tic le      II . — Le Cercle comprend 3 catégories de membres: les membres effectifs,\n                         les membres correspondants et les membres d’honneur.\n                      Les membres effectifs sont ceux qui habitent la ville. Ils sont tenus\n                         de donner à tour de rôle des conférences, évangiles du jour et\n                         lectures.\n                      Les membres correspondants sont ceux, qui n’habitent pas la ville. Ils\n                         110 sont astreints à aucune rétribution, mais sont tenus d’envoyer\n                         au Cercle un évangile du jour (œuvre personnelle) au moins une\n                         J'ois tous les deux mois.\nA r t ic l e    X. — Le Membre qui obtient le premier un ouvrage en lecture est obligé\n                         d’en rendre compte à la date fixée par le Comité.\nA r t ic l e XVII. — Le Cercle organise chaque année un Concours littéraire entre tous ses\n                        membres.\nA r tic le XVIII — Le jury se compose de 5 membres. Ils sont choisis parmi les membres\n                        du Cercle. Le scrutin est secret et a lieu à une des premières\n                        séances de l’année. Le jury prend les dispositions spéciales pour ce\n                        concours.\nA rticle     X IX . — La cotisation annuelle est fixée à 5   f r . pour les membres effectifs.\n"}, {"page_pdf": 108, "texte": "                                                - 81 -\n\n\n\n          SILHOUETTES SOLDATESQUES.\n                                                  I.\n\n                                         X V I e S IÈ C L E .\n\n\n     C ’est un vieux couvent en ruines, où sont campés des soldats. Au dehors, la\nbise pince      ferme, et la sentinelle arpente en              battant    la semelle      les dalles du\npromenoir extérieur, envahi          par la mousse et           le lierre. La neige qui n’a cessé\nde    tomber    implacablement       pendant toute      lajournée, s ’est          amoncelée      sur les\nbranches glacées des arbres, et là-bas, dans l’ombre                      des     monticules blancs ren­\ndant le sol semblent cacher des tertres.               La lune apparaît au haut                 du clocher\njauni de la chapelle, depuis         longtemps fermée aux              fidèles,    comme       un point sur\nun i et éclaire d’une lueur blafarde les arbustes et les buissons, dont les branches\n                                                                                                              f\n\ndépouillées de leurs feuilles projettent sur le sol                   blanc et les pierres tombales\nrecouvertes d’inscriptions latines des ombres bizarres, auxquelles une imagination\nsurexcitée pourrait prêter des formes fantastiques. D’aucuns même s ’attendraient\nà voir ces monuments s’entr’ouvrir, pour livrer                  passage à des abbés ou à des\nabbesses, mitre en tête et crosse à la main, suivis de la troupe des moines, grands\nsquelettes     vêtus de   bure, et    faisant    claquer        leurs mâchoires en récitant des\nlitanies. Dans le silence, interrom du seulement                par    le sifflement     du     vent,   des\nfrémissements sortent, lugubres, de la carcasse des vieux troncs. Mais le faction­\nnaire, lui, ne voit, n’entend rien de tout           cela ; il continue           sa promenade, fredon­\nnant entre     les dents un vieux refrain de         bataille, et pensant à sa payse, fille de\nquelque fermier cossu, ou au dernier bal, pendant lequel il                        n’a cessé    de danser\navec de grosses et belles campagnardes que pour avaler                             d’un trait de grands\nbrocs de bière mousseuse, tandis que les ménétriers, debouts sur des tonneaux,\nraclaient leurs violons à tour de bras, ou s’époumonnaient à souffler dans leurs\nfifres.\n     Dans la chapelle, plus de croix       sur l'autel, plus          de chrges, plus d’encensoir,\nle froid pénètre par les vitraux        cassés, la porte ballote sinistrement, et le vent\nfut tourbillonner comme un essaim éperdu, les feuilles mortes qu’il y a chassées\n"}, {"page_pdf": 109, "texte": "                                                 - 82 -\nà la fin de l’automne. Reîtres et lansquenets,                   assis pêle-mêle autour de grands\nfeux de bois mort, causent, rient et chantent en buvant ; plusieurs, étendus sur le\nsol, dorment enveloppés dans leur ample manteau; quatre reîtres, dont deux sont\nassis sur les restes d’un lutrin qu’ils ont trouvé dans quelque coin de l’ancienne\nsacristie, jouent aux dés sur un tambour, tandis qu’un lansquenet, appuyé sur sa\nhallebarde,    semble    suivre le         jeu avec intérêt. L a lueur             rougeâtre        des feux\nmourants      éclaire   par     intervalles      des    armes diverses,         posées contre       le mur :\narquebuses, pistolets         d’arçon,     sabres,     épées,    rapières, lances, etc. Au pied de\nl’autel, des officiers, assis autour d’une table, causent et boivent en riant comme\nleurs hommes, éclairés par           les    rayons livides,          qui tombent en raies grises sur\nles dalles de marbre, d’un cierge de cire fiché dans un vieil os à moëlle.\n   Mais peu à peu,        chants,        rires   et causeries        cessent;    officiers et soldats se\ncouchent dans leurs grands manteaux, et                      s’endorment sous      la    garde   d’un     des\nleurs, dont on entend les pas lourds et                       cadencés résonner         sous   les arceaux\ndéserts. Mais il ne tarde pas à venir réveiller un de ses camarades, qui doit le\nremplacer. Et tandis que la sentinelle de tantôt se couche, le nouveau factionnaire,\nsaisissant son tartan et son feutre empanaché,                   décroche son arquebuse, franchit\nla porte entr’ouverte, et disparait dans la sombre nuit.\n\n\n                                                       II.\n\n                                              X I X e S IÈ C L E .\n\n\n\n   L a neige lourde tombe en tourbillonnant, la bourrasque siffle et gronde ; dans\nl’air s’élargissent parfois des trouées d’ouragan, et les flocons s’abattent toujours.\nÇà et là, les églises piquent le ciel                noir, impénétrable, de leurs clochers effilés,\net la lune phtisique      ruisselle, mettant des scintillements argentés sur                        les   toits\nneigeux. La ville est endormie ; partout plane un                     silence morne, glacé, que rien\nne coupe, ni le miaulement des chats, ni les ululations des chiens. Pas un passant,\nseuls quelques rares habitués sont béatement léthargés                          dans les   cafés,    attablés\ndevant leur consommation favorite, et entourés de la fumée de leurs pipes.\n    Le petit pioupiou,         le fusil     sur l’épaule et renfoncé dans sa grosse                   capote,\nmarche vite, le long du mur nu et humide de la caserne. L ’air dilate ses narines,\nson pas sonne fortement à travers la rue déserte. A u loin, les toits et les arbres\ndu boulevard, couverts de neige, éblouissent.                    Deci, delà, clignotent les papillons\n"}, {"page_pdf": 110, "texte": "                                          83 -\njaunes des becs de gaz. Tout-à-coup, le vent se lève, Il roule du bout de l’avenue,\nfaisant tournoyer les flocons de neige en un ballet fantastique. Et le petit pioupiou\nmarche toujours, aveuglé par la neige, luttant contre le vent qui siffle à ses tempes.\n    Puis il entre dans sa guérite, et l’arme au pied, pelotonné dans son manteau,\nil pense à la maison paternelle ; à l’âtre où flambe en belles flammes bleues une\ngrosse bûche de bois, tandis que, suspendu à la crémaillère, le chaudron de soupe\n(Time et chante gaiement; ou aux longues         veilles d’hiver, pendant lesquelles sa\nmère et ses soeurs cousent et tricotent, et que son père fume sous le          manteau\nde la cheminée, en lisant l’almanach ou la feuille d'annonces.\n    Mais des pas pesants retentissent dans la cour de la caserne : c’est le caporal\net un camarade, qui vient relever de faction le petit pioupiou. Celui-ci boucle son\nsac, présente les armes, donne le mot d’ordre, et rentre au corps de garde.\n    Le poêle ronfle.   Une fenêtre aux carreaux fendus, un        store déchiré ; près\nd ’un trousseau de clefs, un quinquet qui noie la salle dans       une clarté rousse.\nContre le mur, un râtelier pour les fusils; dans un coin, empilés, les sacs et les\nképis ; les ceinturons sont suspendus à des clous. Ici une table branlante, à laquelle\nest assis le fourrier, occupé à faire les comptes de la compagnie.        L à quelques\ncar:asses de chaises dépaillées. Une odeur mixte de rata, de café et de tabac nage\ndans l’air. A u bord des planches qui servent de lit, deux soldats font une partie\nde piquet. Un autre, employant son sac comme pupitre, écrit à sa payse sur du\npapier à fleurs, et le caporal dessine au dos d’une enveloppe la tête de       quelque\nfille de cabaret. La plupart des pioupious fument et baillent en s ’étirant; d’autres,\nplus rares, dorment roulés dans une couverture. Onze heures et demie sonnent.\nL e sergent baisse le quinquet et chacun se couche.\n   Bientôt on n’entend plus que les sifflets déchirants du vent, qui stride lugu­\nbrement, et les ronflements sonores, réguliers des dormeurs ; et, de distance en\ndistance, les rayons de la lune dessinent sur le sol des lignes blanches....\n   L ’horloge de l’église voisine égrène lentement douze coups. L e caporal se lève\net éveille un soldat pour aller relever la sentinelle. Tous deux mettent leur képi,\nleur capote, bouclent sac et ceinturon, et sortent l’arme sur l’épaule.... On entend\nhurler la tempête; une bouffée d’air froid, semblable à un gigantesque battement\nd ’éventail, pénètre dans le corps de garde, et le bruit de la porte qui se referme\nrésonne gravement dans la grande salle nue....\n\n    Septem bre 1890.                                                Louis De B.\n"}, {"page_pdf": 111, "texte": "                        - 84 -\n\nAPR E S U N E P R O M E N A D E E N F O R ÊT.\n                         ( l e t t r e ),\n\n        Vous m’avez demandé d ’écrire\n        Quelques strophes à mon retour,\n        E t de vous chanter sur ma lyre,\n        L es souvenirs de ce beau jo u r.\n\n        M ais j'éta is couché dans la mousse\n        Quand j e vous prom is mes chansons\n        E t les oiseaux, de leur voix douce,\n        S e répondaient dans les buissons.\n\n        L e s feuilles, couleur d'espérance,\n        Nous fa isaien t de s i jo lis vers !\n        L e luth était le ciel immense\n        E t l'album était les prés verts.\n\n        Chaque fle u r apportait sa strophe\n        A ce poëme universel :\n        Un chêne, bon vieux philosophe,\n        Cherchait la rim e d'Eternel.\n\n        L es brins d ’herbe des hémistiches\n        S e tiraient admirablement\n        E l trouvaient des rim es très riches ;\n        P a s d ’hiatus : c’était charmant !\n\n        Un grillo n marquait la mesure,\n        E t donnait aux insectes d'o r\n        Une leçon su r la césure,\n        P o u r fa ir e une ode à messidor.\n\n        Tout près de nous une fontaine\n        Nous récitait chaque verset ;\n        L a brise, pour reprendre haleine,\n        Au moment voulu se taisait.\n"}, {"page_pdf": 112, "texte": "               - 85 -\nTonies les voix de la nature\nReprenaient en choeur le refra in ;\nRien n'était fa u x d ans ce m urm ure,\nParce qu'il n'avait rien d ’humain.\n\nE t dans les frisso n s des ramées,\nL 'immense poëme béni\nDes hautes herbes parfum ées,\nMontait vers Dieu dans l'infini.\n\nM ais maintenant que dans la vie\nJ e suis revenu des g ra n d s bois\nL ’Ame encore doucement ravie\nDe toutes ces divines voix,\n\nH élas ! je sens mon impuissance\nA vous rappeler ces concerts,\nIl vaut mieux g a rd e r le silence,\nQue de troubler l'hymne des airs.\n\nCroyez-vous que la voix humaine,\nA u rait pu, dans ce chœur divin,\nA id er la nature sereine\nM urm urant an fo n d du ravin ?\n\nA près ces poêles, la rose,\nL a fauvette et le rossignol,\n Vous comprenez bien que j e n'ose\n Chanter les bois de Locquignol.\n\nJ e sens que je ne puis pas dire\n Les beaux vers des petits oiseaux,\n E t je cherche en vain sur ma lyre\n Le bruit du vent dans les roseaux.\n\n A près les chansons des linottes,\n J 'a i peur de paraître bien peu,\n E t de fa ir e des fausses notes,\n Dans le g ra n d psaume du bon Dieu.\n                                          E d. W e s t e r m a n n .\n"}, {"page_pdf": 113, "texte": "                                   - 86 -\n\n\n                 R\n                 ON\n                  DESPECTACU\n                           LAIR\n                              E\n                                                          P O U R MON AMI   P. V.\n\n Que la lune est pâle ce soir!\n Où donc sont les étoiles?\n Regardez ces nuages noirs, regardez comme ils roulent dans l'espace.\n Une lueur glauque illumine l’horizon.\n Ecoutez : un crapaud a coassé dans les hautes herbes.\n Un hibou a hululé par trois fois.\n Des feux follets dansent sur les fosses fraîchement creusées.\n Quelle est cette tête verte qui apparaît?\n Mon Dieu! les tombes s’ouvrent!\nL ’odeur de tous ces cadavres navre et fait horreur.\nD'où vient ce bruit d ’os entre-choqués?\nCe sont les morts qui dansent une ronde.\nIls ont l'air plus heureux que les vivants.\nOh! la mort qui met un terme à nos douleurs\nEt la vie, plus horrible que la mort.\nPourquoi devoir souffrir si longtemps ici-bas?\nPourquoi l’homme a-t-il peur de retourner au néant dont il sort?\nAlors que le bonheur n’est que dans l’oubli.\nUn vol de corbeaux plane dans le ciel.\nUne vieille femme passe sur la route.\nElle porte un sac sur le dos.\nElle marche toujours et elle est aveugle...\nDes jeunes filles dansent en se donnant la main...\nThéories de vierges dans le chaos.\nMon Dieu! que la nuit est obscure!\nUn crime a dû se commettre ici...\nLa lune est toujours plus pâle.\nJ’entends les hurlements des damnés dans l’enfer\nEt les vagissements des enfants dans les limbes\nEt les cris des amants dans le purgatoire\nEt les soupirs des vierges dans le ciel\n"}, {"page_pdf": 114, "texte": "                                     - 87 -\nEt la lune devient toujours plus pâle.\nUn chien hogne...\nQue les arbres sont agités par le vent !\nEt combien les nuages se suivent plus pressés!\nOn dirait une course vers l’abîme.\nDes corbillards roulant dans l’espace.\nUne étoile filante a rayé les ténèbres.\nPourquoi le chien s’est-il tu?\nJ'entends un bruit de chaînes\nEt de nouveau des clameurs horribles.\nL a géhenne s ’est-elle rouverte?\nL a ronde de spectres se reforme.\nOh! tous ces fantômes n’ont plus d’yeux...\nUne goule dévore le corps d’une jeune fille.\nDes salamandres se tordent autour des croix.\nDes vampires sortent des tombeaux.\nL'enfer a vomi ses créatures.\nDes guivres rampent sur les pierres.\nDes chauves-souris volètent en larges cernes.\nDes brucolaques se lamentent dans la nuit\nE t des stryges sucent le sang bleu des cadavres.\nL a ronde tourne toujours.\nOn entend le rire satanique des spectres\nEt leurs os heurter les dalles funéraires\nEt toujours se déroule la sinistre farandole.\nSoudain une cloche a tinté.\nUne lueur albe s’est dessinée à l'horizon.\nUn coq a chanté.\nEt les fantômes ont fui.\nEt les tombes se sont refermées.\nEt tout a disparu.\nOh! ce ciel noir.\nEt ces caveaux plus noirs que le ciel.\nEt plus noire que les caveaux, mon âme.\n                                                    L o u is V éh en n e.\n"}, {"page_pdf": 115, "texte": "                                         88\n\n\n                          C R O Q U IS .\n\n                                                  A M1' Louis V é h e n n e , auteur de\n                                                           « XIdylle Rouge »\n\n\n   La guerre a passé par là... tout est sang... tout est ruine. La plaine est vaste et\nravagée. Une odeur de poudre envenime l’air. L ’on craint, quand on marche... L ’idée\nd’un être embusqué, l’arme au poing, hante. Tout n’est qu’un immense désert. Seules,\nquelques ruines de chaumine humble et moussue, vêtues de lichen, restent là,\ntriste souvenir d’une époque effroyable qui a couru comme un éclair. L a désolation\nsouveraine entoure, unique, ce désastre. Ces murs que la poudre            a noircis, ces\nrestes de meubles éventrés et fumants,      cette sombre histoire de la guerre, qui\ns ’est gravée à la bayonnette sur cette misérable chaumière, tout ce deuil qui plane,\nemplit l’âme d’une terreur secrète et vague, non définie, qui oppresse. Tout autour,\nl’herbe roussie et piétinée, que la flamme dévorante et voluptueuse a léchée, lente­\nment, ainsi que les caillous et les pierres, exhale une émanation délétère et âcre.\nDans un enclos qui fut     l’étable, la pauvre petite étable de cette pauvre petite\nmaison, des restes hideux, des os rougis ou calcinés, révèlent l’horrible autodafé\nde ces animaux innocents, pris dans les flammes et délaissés dans la fuite rapide\ndes habitants... Malgré soi, le cœur songe, attristé, aux effroyables souffrances de\nces bêtes, proies douces de l’incendie... Une piste noire et semée de décombres,\nconduit au centre de cette cabane, et       là, marchant sur les débris du toit           de\nmousse    effondré, si vous levez   les yeux, ayant autour de vous la mort et le\nsilence, vous apercevez des lambeaux parfumés du ciel bleu, qui semblent, antithèse\nblessante, sourire à cette hécatombe.. . Tout rappelle l’instant fatal, tout ramène\nau jour qui fut la fin... tout respire le sang, la désolation... et les oiseaux noirs,\nmessagers de mort, qui croassent encore au-dessus des terres, appellent la pensée\nvers les corps des braves morts dans l’épopée affreuse.\n\n   Sedan, A o û t 1888.                                           Léon L ucy-M ak.\n"}, {"page_pdf": 116, "texte": "                                              - 89 -\n\n\n                      PARISIANA.\n                                                                          a    Mlle J e a n n e L.\n\n   L es   oiseaux, au      sommet     des branches,     chantaient.   On n’entendait, de             par\ntoute la forêt si claire, qu’une grande voix harmonieuse,               élevée, qu’un         concert\nvarié d’accents aigus et de roulades perçantes. A u centre du dédale feuillu, une\nclairière était là, si tentante ! toute dorée d’un soleil bien joyeux et bien chaud,\ntout émaillée de pâquerettes et de boutons :l’or. Oh ! la jolie petite clairière, avec\nson   petit ruisseau moqueur qui l’entourait et où les légers              chanteurs venaient\nboire, parfois, pour mieux égrener leur voix perlée !... Ce fut cet éden là que, du\nhaut des cieux, la fée Bleue aperçut, dans sa recherche d’un coin de terre. Oh !\nqu’elle était jolie, la fée B l e u e !...,   toute jeune, toute   mignonne,     tout     e nsatinée,\navec un diadème de fleurs blanches dans les cheveux. Son long manteau d’azur\nfrôlait l’herbe humide, quand elle arriva, et son pied alerte foulait le sol si prin­\ntanier !... Elle resta quelques instants au bord de l’eau, regardant rire les poissons\net les têtards, qui filaient, insaisissables et avaient peur d’elle, la prenant pour le\nsoleil. La fée Bleue, rieuse, plissa ses lèvres roses, alors, contre ses dents si petites,\net siffla si gentiment, que les rossignols se turent, sur les branches, pour l’écouter.\nL a forêt toute déserte parut alors s ’animer. De tous les buissons, de toutes les\nsentes, de tous les massifs, s’en vinrent des êtres, des jeunes filles, toutes au\nplus jolies, au plus gaies,       au plus séduisantes.      Et il y en avait tant que bien\nvite la clairière fut débordée, et que les grands chênes durent s'écarter, et que\nle petit ruisseau réduisant son onde si            étroite à un mince filet d’eau, à peine\nperceptible dans cet amas de longs cheveux et de regards brillants. Alors, quand\nle silence se fut fait parmi cette jolie          foule, la douce fée Bleue prit la parole,\net dit, toute sérieuse :\n   — \" N'est-ce pas qu’il était bien temps, mes sœurs, que je                 vienne supprimer\nla confusion    qui règne parmi vous ? Vous toutes si              roses, venez, que je vous\nembellisse ! Il est si grand le ciel, que je           puis y puiser, dites, des merveilles !\nApprochez que je vous donne un nom et un diadème à chacune, pour que je\nvous retrouve plus tard, quand il sera venu, votre jour, mes petites amies, votre\njour d’immortalité ! „ —\n   Et comme elles se pressaient, jalouses, d’une masse : « Oh ! pas vite !.... tout\ndoucement!      Une par une, que je vous voie bien, en face, au fond du cœ ur! »\n   A lo rs, tous    les   oiseaux se     turent, sur les branches et le partage            parfumé\n"}, {"page_pdf": 117, "texte": "                                           - 90 -\ncommença. De toutes ces charmantes, chacune reçut un don de la fée Bleue,.... et\naussi un nom,       un de      ces noms   qui subsistent encore         aujourd’hui,     que    nous\nconnaissons, mais que l’on nous a souillé, que l’on nous a                meurtri, si bien que\nla douce fée ne s’occupe plus de ses sœurs après les avoir tant aimées !... Mais\nce jour-là, tout était encore pur, c’était l’aurore claire des nations vierges, c’était\nle beau temps, l’âge d’or, l'âge des oiseaux, de la nature, de la vertu....\n   L ’Espagnole, de la fée Bleue reçut le noir de jais pour sa chevelure, qui flotta\nau vent comme un crêpe et qu’elle relevait comme une mantille. L ’Italienne eut\nles yeux sombres, brillants comme la lave ardente du Vésuve. A l’Allemande, elle\ndonna les dents de perle, aux teintes de corail et les tresses                  blondes, comme\nles épis. L a Russe se para de la Majesté gracieuse, et l’Anglaise du coloris rosé\nde ses joues... Toutes reçurent un de ces dons si vivaces au primordial printemps,\ndégénérés aujourd’hui, mais reconnaissables encore et tant jolis, tant exquisement,\nrêveurs!. .. Et quand la fée Bleue, se fut délicattment acquittée de sa tâche, et que\ndans le dispersement joyeux de ses compagnes, elle allait reprendre son vol léger\nvers sa demeure azurée, elle sentit tout à coup une petite main fine frapper son\népaule,... et se retourna étonnée.... Mais sa surprise fut bien plus grande, quand\nelle s’aperçut que dans sa large distribution,           elle avait     complètement oublié sa\nsœur cadette, la P a r i s i e n n e !.... S e s yeux bleus si frangés de cils clairs s’ouvrirent\nbien larges et bien contrits: « O h ! ma mignonne!              dit elle, que faire?.... j ’ai tout\népuisé de mes trésors ! Que veux tu que je te donne ? Tiens,.... veux-tu mon\nmanteau bleu et mon diadème? mais ce n’est pas assez,... et ce n’est pas durable ! »\nEt, dans une moue charmante d’adorable ennui la gracieuse silphyde appuya son\nmenton    si   potelé sur sa main blanche, tandis que              deux gentilles fossettes se\ncreusaient aux coins de ses lèvres.... Mais bientôt, cette inquiétude s'effaça de son\nvisage rêveur, et d’un geste, rappelant          les   chères     baptisées, elle leur dit d'un\nton de voix si irrésistible, oh! si tendre! “ Tenez, voilà, mes mignonnes, que j’ai\noublié votre sœur, dans mon partage... Il ne me reste plus rien pour elle. Soyez\ncharitables, donnez-lui un peu de vos dons à chacune..., et partez contentes. C ’est\ntout ce que je peux faire à présent ! » — Et elle disparut, zéphir radieux, dans\nl’atmosphère embaumée de son passage....\n   C ’est pourquoi la Parisienne fut gratifiée de toutes les grâces et de tous les\ncharmes séduisants qui devaient caractériser ses compagnes... Et depuis tant de\nmille ans que la distribution éthérée a eu lieu, elle a conservé, la si jolie, tous\nses avantages, tous ses voluptueux détails, pour le grand plaisir et                       le grand\nenivrement de nos yeux et pour            la satisfaction insatiable de tous nos appétits.\n     Liège, A v ril 1891   .                                                L éon L u c y -M a r .\n"}, {"page_pdf": 118, "texte": "                    91 -\n\nL’AMOUR CHIFFONNIER\n  L'amour, un soir par les chemins,\n  Tout en haillons, tout en guenilles,\n  Boiteux, courbé sur îles béquilles,\n  Tenant un crochet des deux mains.\n  Cherchait après des cœurs humains\n  Dans la cendre et les escarbilles.\n  Il était bien triste et soucieux,\n  Chercheur d'infortunes cachées\n  Ne trouvant qu’âmes desséchées,\n  Et des pleurs mouillaient ses beaux\n  Ne pouvant hélas ! chercher mieux\n  De ses pauvres mains écorchées.\n  Sans se décourager pourtant,\n  Il s'acharnait. à bon Cythère !\n  Quand tout à coup survint sa mère\n  Cypris, au visage charmant\n  Oui redoutait pour son enfant\n  Le contact fangeux de la terre.\n  “ Q ue fais-tu donc ô mon Amour ?\n  „ Lui dit-elle avec inquiétude,\n  „ Aurais-tu perdu l’habitude\n  „ De notre céleste s éjo ur,\n  „ Et ne crois tu pas ce qu’un jour\n  „ Je t’ai dit dans la solitude ?\n  „ Je t’ai dit que. les hommes font\n  „ Bien fi de toutes tes tendresses ;\n  „ Ils sont blasés de tes caresses\n  „ Et ne connaissent pins ton nom !\n  ,, Je t'en conjure, ô Cupidon !\n                                   »\n  „ Reste au ciel parmi les déesses —\n  Mais l'enfant répondit : Tu vas\n  „ Voir bientôt, ô mère chérie,\n  „ Que lu te trompais ; je t’en prie\n  „ Porte avec moi ces cœurs en tas\n  „ Je connais un ange ici-bas\n  „ Près duquel ils reprendront vie. „\n"}, {"page_pdf": 119, "texte": "                                         - 92 -\n\n\n\n                          L'AMOUREUSE.\n                                                                   ÉC R IT   POUR 1-j.l.l-\n\n\n\n\n     Semblant pleurer une immense douleur, le jour se mourait en un grand scin­\ntillement de pourpres pâles. La mer, exhalant les sanglots des calmes crépuscules\ns’en allant troubler la quiétude des lointaines grèves, apaisait les languides rougeoie­\nments du soleil. Strié de la neigeuse écume des vagues, le bleu sombre de l’eau\nse fondait, en la douceur d’un baiser, avec le bleu tendre du ciel gouaché de la\nblancheur morte des nuages. Les ternes lueurs du jour se noyaient dans l’infini\nde la mer aux vagues se poursuivant, s’enlaçant suavement, ivres d ’amour. Au\nloin, comme une envolée d’oiseaux blancs effarouchés, des barques balançaient sous\nla brise enflant leurs voiles bombées. .. Et la vie s’endormait dans une tristesse\nde rêve....\n     Comme tous les soirs, il marchait là, seul, s’imprégnant de la fraîcheur de l’air,\njetant ses yeux éteints dans les larmes sur cette mer qui perfidement le fascinait,\nle faisait atrocement souffrir et dont il n’avait pas la force de les détacher. Vieux\nmarin, courbaturé et aveuli, il avait pour cette grande gueuse d ’irréelles adorations,\n d ’extatiques ardeurs. Une attirance de désir le faisait venir là, près d’Elle, à la\n tombée du jour, remuait en lui ses nostalgies de voyages, exacerbait ses sens. Par\n les soirs sans lune comme par les soirs brillant de l’or des étoiles, voilà cinq années,\n terribles de longueur, qu’il y venait. Il en était éperdu, puis, sans qu’il put résister,\n des attendrissements le prenaient, le berçaient, le torturaient doucement dans un\n emportement d’amollissante passion qui lui donnait la confuse vision de pays radieux\n de lumière et d’amour....\n     La nuit s’était faîte, toute noire.... Ses tristesses l’envahissaient plus sombres....\n Et toujours, quoique ne la distinguant plus du ciel tendu d’opaques nuages, il avait\n les yeux rivés sur Elle. C’est qu’il l’aimait, qu’il était fou de cette grande amoureuse\n  qui versait la vie en son vieux corps. Il aurait voulu qu’Elle engloutisse tout,\n"}, {"page_pdf": 120, "texte": "                                       - 93 -\nqu’ElIe ne fût qu'à lui, rien qu’à lui, dans l'éternité. Oh ! ces décevantes hantises\nqui le torturaient immensément !\n   Des veines les plus infimes de son corps le sang affluait à sa tête comme pour\nla faire éclater; il lui semblait que son cœur se fondait, tant il le donnait tout entier\nà cette Mer. S a gorge se serrait, toujours plus      fort, dans un étau ; ses nerfs se\ncrispaient terriblement. O h ! qu’il souffrait! Oh, cette vie !...\n   Un vent, doux, vrai frôlement d’aîles, s’élève, pousse un nuage et dévoile les\ncandides nudités de la lune. On dirait une blessure dans le ciel. S a clarté de grand\ncierge ruisselle sur la Mer....\n   Voyant,   dans   un agrandissement de fièvre, la mer si belle, si attirante, si\ndélicieusement argentée, il s’arrête. S e s yeux éblouis le trompent et il lui semble\npercevoir des multitudes d’anges dans la tristesse désolée du ciel. Puis c'est la\nMer qui arrive sur lui qui la désirait tant ; une peur immense le prend, quelque\nchose de lourd pèse sur ses paupières déjà closes, le sang injecte ses yeux morts.\nL a vie s’exhale de son pauvre corps qui s’affale sur      le table. Craintivement une\nvague vient l’effleurer.\n   Lentement la lune se revoile d’i'n nuage. T rè s lourde se refait l’obscurité et\nla mer sanglote toujours. Là-bas, la lumière d’un phare tremble péniblement.\n    Mai 1891.                                                              J. D. G.\n"}, {"page_pdf": 121, "texte": "                                 - 94 -\n\n               RO N D E L S.\n     Étang- clair.                          Étoile du soir .\n\nL'étang s’argente au lointain        Blafarde, l'étoile du soir\nE l le ciel bleu s'y reflète.        A l'horizon bleuté s’allume.\n                •s\n\nPour mirer sa gorgerette             En le firmament de bitume\n-S j' penche l'oiseau lutin.         Sa clarté semble se douloir.\n\nA la brise du matin                  On dirait que sous un lissoir\nL'onde claire fait risette...        Par les guérets s’étend la brume.\nL'étang s'argente au lointain        Blafarde, l'étoile du soir\nEt le ciel bleu s’y reflète.         Si l'horizon bleuté s’allume...\n\nLe nénuphar de satin                 Elle épanche son désespoir\nY déclot sa collerette ;             Sur le moite sillon qui fume.\nChantant comme une ariette           Un brouillard léger comme plume.\nSon clapotis argentin,               Et voilant, vapeur d'encensoir,\nL'étang s'argente au lointain.       Blafarde, l'étoile du soir.\n\n\n\n          N e ig e .                             Hiboux.\n\nLa valse silencieuse                 Sous l’albe regard de la lune\nDes flocons se poursuivant           On perçoit geindre les hibou v ;\nCire, ondule, soulevant              Avec un frémissement doux\nSa spirale gracieuse.                Passe leur vol en la nuit brune.\n\nAu sein de la nuit pieuse,           L ’onde stagne dans la lagune\nLa neige met sous le vent            Et se traîne avec un remous...\nLa valse silencieuse                 Sous l'albe regard de la lune\nDes flocons se poursuivant.          On perçoit geindre les hiboux.\n\nPar fût capricieuse                  On croirait vraiment ouir une\nLeur duvet qui va pleuvant           F lû te en leurs vagissements mous\n— Blanc fantôme décevant —           Qui semblent sortir des grands houx.\nLance en l’ombre vicieuse            Pleurant leur romance importune\nLa valse silencieuse.                Sous l'albe regard de la lune.\n                                                               J ean N ov is.\n"}, {"page_pdf": 122, "texte": "                         - 95 -\n\n\n\n    CARILLON.\n                                        D ans les vieilles villes des Flandres,\n                                        P a r les crépu scu les d'été,\n                                        L e s carillons sont purs et tendres,\n                                        E t longs comme l’éternité.\n                                                           ( C h a r l e s F i t s t e r ).\n\n\n\n\nL e carillon sc met en branle et sonne l'heure,\nChantant un a ir g a illa rd de son timbre casse.\nOr, voici que dit vieil amour de l’ain. passe,\n— Bien loin pourtant, bien mort — un sourire m'effleure.\n\n\nCe même a ir autrefois me disait : Il est. temps.\nJ e courais la revoir — Oh les heures charm ées!\n— E l nos âmes se sont l’une à l ’autre ferm ées ;\nD ire que l’on s ’oublie après s’être aimés tant!\n\n\nJ e ne la vois déjà plus que dans un nuage;\nSon souvenir s ’en va chaque jo u r davantage,\nComme au flacon vidé s ’affaiblit un parfum .\n\n\nSes cheveux blonds, scs yeu x bruns me semblent un leurre,\nCe n’est même plus elle à présent que je. pleure,\nNon, je porte le deuil de mon amour défunt.\n\n\n                                                      F rédéric: F r              i che.\n"}, {"page_pdf": 123, "texte": "                                                                96 -\n\n        A travers des revues.                                           L a Jeune Belgique (N° de Mai, 1891) com prend\n                                                                   une nouvelle d’ap rès l’italien : Chevalerie rustique\n       L e num éro du Mercure de France (Mai, 1891),               de M. G eorges E eck h ou d ; Panthée, pièce de v e rs\n  renferm e un portrait inédit et très-artistique de               de M. C h arles Van L erb ergh e, le jeu n e poète bien\n  G ustave Flaubert.                                               connu; des proses de M. G e o rges D estrée et enfin\n     Ce mêm e fascicule contient des v e rs originaux              quelques strop hes de M. Victor R em o ucham ps.\n  de MM. T o Ja D orian, A d rien R em acle, L ou is               L e num éro se term ine p a r une chronique litté ra ire\n  D enise, Saint-Pol-R oux, G. A lb ert A u rier, Edouard          d es plus intéressan tes due à MM. lw an Gilkin,\n  Dubus. T o u tes ces p ièces sont ém inem m ent su g ­           V a lè re Gille et E ugène D em older.\n  gestives et la form e en est très soignée. L a partie de                                     *\n  p rose est égalem enl rem arquable : a p rès quatre                                         **\n  p ages m agistrales de V illers de l’Isle A dam ,                    Le Sylphe (N° d’A vril, 1891) contient beaucoup\n  M. C h arles M erki, sous le titre de Simples Notes,            de ve rs, rien que des v e rs même, si l’on en e x ce p te\n  nous offre quelques lignes piquantes. M. R e m y de             huit p ages de p rose alerte e t spirituelle, et une\n  Gourm ont donne une page dram atique : l'Opéra ­                étude raisonnable d’esthétique m u sicale Su r les\n teur des morts, qui sort tout à fait de l’ordinaire.             héroïnes d ’Ambroise Thomas, p ar M. G ab riel\n A u ssi ne faut-il p as s ’étonner de v o ir ce jeune            Monavon. Citons les p o ésies de MM. A le x a n d re\n auteur en butte aux attaques de certains jo u r­                 Michel, H enri Second, E m ile A ugier. D ans le su p ­\n nalistes m oroses, p a r exem p le M. N estor — rien             plém ent ré se rv é aux écrivain s non dauphinois on\n du roi de P y lo s — dans l'Echo de Paris. Viennent              rem arque d es sonnets de MM. B land el et A y me­\n ensuite MM. Ju le s R en ard en Lou is Dumur.                    rillot.\n     L e Mercure de France m érite tous nos éloges.                  Un sonnet de M. A y m erillo t m’a surtout charm é.\n Quoiqu'en dise M. N estor p récité, les productions              J e me perm ets de le soum ettre au lecteu r : ces\n (éditées dans cette re vu e sont autre chose que de              quelques v e rs ne peuvent que lui faire p laisir.\n fades élucubrations, et leu rs auteurs ne sont pas\n précisém ent ce qu’il app elle des “ la rv e s d’hom ­                             M ANON.\n mes. ,*                     *\n                                 *       tk                                                         a l ’a b b é   P rév o st.\n     L a sym pathique re vu e p arisienne L’ Ermitage             Monsieur l'abbé, je ferm e en pleurant votre livre,\n(N° de Mai, 1891), fait d éfiler d evant nous la riche            J e souriais pourtant quand je l’ ai commence,\npléiade de ses collaborateurs. R em arq u on s l’a r­             Desgrieux me p/aisad aime, puis délaissé\n ticle de fond su r l'Evolution de M. Maurice Barres,             P a r la folle Manon dont le baiser l'enivre.\nl'Eternel désir de M. P ie rre D ufay, Attributs, v e rs\nde M. H enri de R égn ier, enfin la série des Très\npetits poèmes en prose de M. H enri M azel.                      J ’y trouvais le portrait de notre Age insensé,\n   C es p ages, em preintes d’une grâce qui ne va                Et chaque tour auquel votre couple se livre\npoint san s quelque m ignardise, plaisent p ar là                Dériderait, je crois, l’homme le plus glacé.\nmêm e au lecteur et le font rêver... C ’ est, je pense,          Mais, en tournant, bientôt les pages pour poursuivre,\nle m eilleur éloge que j’en p uisse faire.\n                                 *\n                             •       *                           Le triste Châtelet se montre à notre esprit,\n      L ire dans la Jeune Belgique l’article initial             Le chariot souillé passe, et l’on s’ attendrit\n Protectionnisme littéraire. C ’est une protestation             S u r ces jeunes amants dont le destin se joue.\n indignée contre le m ercantilism e de certains\n libraires belges, qui p ourraient m ettre à profit la           Notre bouche n’ a plus le sourire moqueur,\n dénonciation faite p a r la Belgique de la convention           Le cœur du chevalier palpite en noire cœur,\n littéraire conclue avec le gouvernem ent fran çais,             Et les pleurs de Manon glissent sur notre joue\n et rendre notre p a y s un fo y e r de contrefaçon\n artistique.\n    L e s littérateurs de la Jeune Belgique répudient              T outes nos félicitations à l’auteur. Il fait v o ir\n hautement p areille conduite Nous ne pouvons que                qu’il a “ sen ti,, le rom an du bon abbé P ré v o st,\n les a p p u ye r et nous ran ger à leu r a v is. Quand          c’est b ie n ; m ais; il décrit cette im pression en v e rs\n com prendra-t-on que la p rop riété littéraire est un           nets et p récis c’est m ieux e n c o re .\n bien com m e un autre, et que c’est com m ettre                                                 *\n un vol aussi grav e qu’ un vol d’argent, lo rsq u ’on                                       **\ny porte atteinte?                                                    L a Revue Belge (N° et 15 Mai, 18 9 1) renferm e des\n      Montrons que si la propriété littéraire n’est               articles très-instructifs de MM. E. B ae s, F . L o ise ,\nqu’im parfaitem ent protégée contre le s atteintes,               L . G oem ans, — des v e rs de MM. Beltjens, A ulit,\nc’est un m otif de plus pour la respecter. F aiso n s            et de bons articles de p rose dus à MM. C h arles\nvoir surtout à nos am is de Fran ce que nous                     S lu yts, E. Bonnehill. Mentionnons une belle page\nsaurons sa u ve ga rd er leu rs droits et les défendre           sou s le titre de Mon Képi d’étudiant, p a r M. Firm in\nmême à l’occasion.                                               V an den Bosch.\n    Nos p ères s ’étaient acquis une réputation uni­                                          *\nverselle de contrefacteurs littéraires. A u siè c le                                         * •\ndernier, V oltaire s ’était résolu à faire éditer dans                L ire dans la France Moderne (N° du 15 Mai 1891)\nles P a y s-B a s une partie de ses œ u vres. M ais, dès         un sonnet de M. H en ry de B ra is n e ; Baiser de\nqu'avait paru l’édition originale, il s ’en im prim a            Mai, p ar K a rs N issa, et une étude littéraire bien\nune dizaine de contrefaçons. A u ssi l’écrivain ,                travaillée et très-exacte p ar M. A lfred de M artonne\nprenant un congé de notre p a y s et de ses habitants            su r M. Lucien Pâté, le poète virgilien, “ qui, dit\ns 'é c riait: A d ieu x canaux, canard s, c a n a i l l e s ,    M. P au l Stap fer, voit la nature a ve c les y e u x de\n    Tâchons que la Fran ce d’aujourd’hui n e renou ­             l’âm e, et, non content de la peindre, la sent au ssi\nvelle p as à notre ad resse le mot du patriarch e                profondém ent. „\nde f e r n e y .                                                                                          L u c i e n D. B.\n"}, {"page_pdf": 124, "texte": "          P U B LIC A TIO N S RECOMMA N DEES.\n\n\n]. L a J e u n e B e lg iq u e , Revue Mensuelle. — Boulevard d’Anderlecht, B r u x e l l e s .\n         Abonnement 1 0 francs.\n2. L a R e v u e B elge. — Rue de Bériot, 42, L o u v a in .\n         Abonnement un an 4             fr. ; le numéro 2 0          centimes.\n3. L e s J e u n e s , Revue Mensuelle. — 6 , rue de Fer, Namur .\n         Abonnement •”» francs.\n4. L e s A n n a l e s G a u lo is e s , Revue Littéraire & Artistique. — Paraissant le 5 et le 20 de\n   chaque mois. — Rédaction : P a r i s , 17, rue du Commandeur.\n         Abonnement 6 fr ; prix du numéro 2 0                       centimes,\n5   . L e S y lp h e , Revue Mensuelle. — 8, Faubourg Trois-Cloitres, Grenoble.\n         Abonnement 6 f r .: pris du numéro 5 0                     centimes.\n6 . L e N o r d L it t é r a ir e,      Revue Mensuelle. — 113, rue de Paris, V a le n c ie n n e s .\n         Abonnement un an 5 francs.\n7.    B u l l e t i n L i t t é r a i r e M e n s u e l de l a   Société L ’Amicitia, V a l e n c i e n n e s .\n         Abonnement un an 6 francs.\n8. L ’A r t m o d e r n e (paraissant le dimanche). — Rue de l’Industrie, 32, Bruxelles.\n         Abonnement un an 1 0              francs.\n9. M e r c u r e de F r a n c e , Mensuel. — Rédaction, 15, rue de l’Echaudé, St-Germain, P a r i s .\n         Abonnement un an 7 fr ; prix du numéro 6 0                        centimes.\n"}, {"page_pdf": 125, "texte": ""}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 6, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1891-06", "signet_source": "Première année - N°6 - Juin 1891", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 106 (« Première Année. N° 6. JUIN 1891 »).", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}