{"numero_id": "ulb-reveil-1891-07-n7", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "articles": [{"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-001", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Première Année. N° 7. JUILLET 1891.", "ancre_fin": "REVUE MENSUELLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE DU N° 7", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 262, "texte": "Première Année. 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JUILLET 1891.\n\n\n\n                 ESSAIS                 PUDLIÉS P A R LE\n\n\n\n\n    CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS\n                       REVUE MENSUELLE.\n\n                            "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-002", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE DU N° 7", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 262, "fin_caractere_exclue": 1311, "texte": "SOMMAIRE DU N° 7.\n\n       M a u r i c e t t e ...................................Louis       Véhenne.\n\n       L e ttre à P ie rre L o t i ....................... A. W e s t e r m a n n .\n\n       N u it C l a i r e ...................................... J e a n    N o v is.\n\n       Fragm ents d ’un jo u rn a l de p en sionnaire.              P ie rr e H an cart.\n\n       S o n n e t s ...................................... R o d r i g u e S é k a s q u i e z\n\n       B ib lio g ra p h ie ...................        . . .        Louis V é h e n n e .\n\n\n\n\n              P r ix d u n u m é ro :       40                       c e n t im e s .\n     P r ix    d e l ’a b o n n e m e n t : u n                      an      4 fra n c s.\n\n\n                                BUREAU            DU J O U R N A L :\n  G A N D , 7 1, R U E D E F L A N D R E , 7 1 , G A N D .\n\n                                             GAND,\n       Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER, rue Savaen, 32.\n\n                                 TOUS      DROITS       RESERVES.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-003", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "N .-B . — Il sera rendu compte", "ancre_fin": "bureau du Journal", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 127, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 317, "texte": "N .-B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra au\n                   bureau de la rédaction, RUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                 L es journaux ou revues qui désireraien t faire l'échang e\n                     s ont p riés de s’adresser au bureau du Journal.\n\n\n\n             "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-004", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Cercle littéraire français : extrait du règlement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 127, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 317, "fin_caractere_exclue": 1985, "texte": "CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS.\n                                (FONDÉ LU 24 DÉCEMBRE 1888.)\n\n\n                       E X T R A IT DU R È G LE M EN T .\nA rticle     I. — Le Cercle Littéraire Français est constitué clans le but de donner des\n                    Conférences et de former une bibliothèque d’ouvrages écrits ou\n                    traduits en français.\nA rticle    II. — Le Cercle comprend 3 catégories de membres : les membres effectifs,\n                    les membres correspondants et les membres d’honneur.\n                 Les membres effectifs sont ceux qui habitent la ville. Ils sont tenus\n                    de donner à tour de rôle des conférences, évangiles du jour et\n                    lectures.\n                 Les membres correspondants sont ceux qui n’habitent pas la ville. Ils\n                    ne sont astreints à aucune rétribution, mais sont tenus d’envoyer\n                    au Cercle un évangile du jour (œuvre personnelle) au moins une\n                    fois tous les deux mois.\nA rticle    X. — Le Membre qui obtient le premier un ouvrage en lecture est obligé\n                    d’en rendre compte à la date fixée par le Comité.\nArticle XVII. — Le Cercle organise chaque année un Concours littéraire entre tous ses\n                   membres.\nA rticle XVIII — Le jury se compose de 5 membres. Ils sont choisis parmi les membres\n                   du Cercle. Le scrutin est secret et a lieu à une des premières\n                   séances de l’année. Le jury prend les dispositions spéciales pour ce\n                   concours.\nA r tic le   X IX . — La cotisation annuelle est fixée à 5   f r , pour les membres effectifs.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-005", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 97, "page_fin": 99, "titre_corps": "Mauricette", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Véhenne", "ancre_debut": "MAURICETTE P R O F IL P A R ISIE N . a M r L éo n", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 128, "page_imprimee": 97, "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 2378, "texte": "MAURICETTE\n                                P R O F IL    P A R ISIE N .\n\n\n                                                               a   M r L éo n L u c y -M a r .\n\n\n\n   Dix-neuf ans, petite figure chiffonnée, nez retroussé, bouche bien fendue s'ouvrant\nsur des ivoires   roses, grands yeux         de biche d’où sortaient des regards d’une\ndouceur alanguissante, cheveux d’un blond d’épis, ébouriffés, formant couronne\nautour de ce minois tentant, telle était Mauricette, couturière à l’atelier, grisette le\ndimanche et à ses moments perdus.\n   Un peu grande peut-être, comme une fleur qui s’est épanouie trop tôt, elle\navait pourtant dans tous ses mouvements une grâce séduisante, un laisser-aller qui\ncharmait; taille de guêpe, flexible comme un roseau, petit pied bien cambré, tout\nen elle faisait songer aux soubrettes’ du temps du bon roi Louis X V .\n   N’allez pas croire que je vais vous écrire un roman; oh! non, ce que je veux\nvous raconter est un simple souvenir de jeunesse, un de ces souvenirs lointains\nqui nous apportent encore, malgré le temps écoulé, comme une sorte de parfum\nprintanier, remembrance vivante de nos belles années.\n   A l’époque où je connus Mauricette, mon ami Paul Rémaury et moi, nous étions\ntous deux à Paris, étudiants à l’école de droit. Toujours ensemble, compagnons de\nplaisir comme d’étude, nos joies, nos peines étaient communes.\n   Je me rappellerai longtemps encore ces heures passées, la nuit, penchés sur\nnos cahiers, mais aussi quels dédommagements nous nous donnions, quelles folles\néquipées parfois, lorsque fatigués, nous jetions nos livres à tous les diables et que\nbras dessus bras dessous, nous allions nous promener à l’aventure, droit devant\nnous, sans but.\n   Un soir du mois de juin, nous nous trouvions assis tous deux dans une des\ncontre-allées qui bordent les Champs-Elysées. II avait fait chaud tout le jour                   et\nc ’était avec délices qu’on respirait à pleins poumons la première fraîcheur de la\nnuit qui tombait. Nous laissions errer nos regards s ur ce panorama mouvant du\ngrand   Paris qui se déroulait devant nous, observant les huit-ressorts qui allaient\nau Bois ou en revenaient, glissant sans bruit sur l’asphalte, les lourds omnibus sur\nlesquels s ’étalaient en grosses lettres : Madeleine-Bois de Boulogne, ou bien suivant\n"}, {"page_pdf": 129, "page_imprimee": 98, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2872, "texte": "                                        - 98 -\ndes yeux le trot rapide d’un cavalier qui passait comme une flèche au milieu de\nce dédale de véhicules de tous genres.\n   Tantôt aussi, c’était le ciel que nous regardions, le soleil qui se couchait avec\ndes reflets de cuivre, illuminant de lueurs bizarres la place de la Concorde, faisant\npasser ses fontaines jaillissantes par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, incendiant\nsoudainement dans le lointain la coupole dorée des Invalides. C ’était alors, lorsque\nle globe de feu descendait toujours, l’horizon s’estompant déjà de couleurs sombres,\nque mon ami se laissait aller quelquefois à ses rêves de poète, qu’il faisait, disait-\nil, un voyage dans l’au delà, dans le pays des songes.\n   Comme nous rêvassions ainsi, Paul me fit remarquer une jeune fille qui passait\ndevant nous, une de ces mille couturières qui, le jour, enfermées dans les ateliers,\ns ’en vont le soir, avec leur amoureux, respirer l’air pur des environs pittoresques\nde ce Paris malsain, tout heureuses de quitter cette grande ville, vraie ruche\nbourdonnante, toujours en travail.\n   Cette jeune fille, vous le devinez, c’était Mauricette.\n   Vous narrer comment nous fîmes sa connaissance, comment elle devint en peu\nde temps la préférée de Paul Rémaury, pas n’est besoin de vous le dire, cela\nn’intéresserait personne. Mais ce que je voudrais et malheureusement ne puis vous\nraconter, tant il est impossible de dépeindre ces folles années de jeunesse, ce\nfurent les joyeuses heures que nous passâmes ensemble, mon ami, Mauricette et moi.\n   Souvent, le dimanche, Paul m’invitait à venir passer la journée à Neuilly ou à\nVincennes; Mauricette nous accompagnait toujours. Combien me semble encore\ndo ux le souvenir de ces pique-niques sur l’herbe qui fleurait bon, combien m’est\nrestée vivace la souvenance de nos longues siestes, la nuque enfouie dans les\nbuissons   de lilas, regardant vaguement les vapeurs blanches errer dans l’azur\ndu ciel!\n   Et parfois, voyant Mauricette étendue tout de son long, un brin d’herbe dans\nla bouche, riant tout son soûl, je songeais à Musette, souvent aussi je me demandais\nsi tant heureuse qu’elle était, elle ne devait pas avoir la fin de Famine.\n   Paul avait une confiance absolue en la fidélité de sa nouvelle conquête, il la croyait\nincapable de le trahir. Je n’étais pas de son avis, sachant combien l’argent, ce qui\nnous manque précisément à nous autres, étudiants, avait d’influence sur les jeunes\npersonnes de son espèce. Aussi        étaient-ce des débats sans fin,      lorsque nous\ndiscutions sur le plus ou moins de constance probable de Mauricette.\n   Mes prévisions ne se justifièrent que trop, malheureusement pour mon pauvre\nami. Depuis quelque temps déjà, je m’étais aperçu que Mauricette n’était plus la même\nqu’autrefois; elle était souvent mélancolique, semblait préoccupée et lorsque nous\n"}, {"page_pdf": 130, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2057, "texte": "                                        - 99 -\n la questionnions sur ce changement d'humeur, elle se hâtait de détourner la con­\n versation.\n    Nous eûmes bientôt l'explication de ce mystère.\n    Un soir, Mauricette, contrairement à son habitude, ne vint pas au quartier de\n Paul Rémaury. Il l’attendit toute la soirée, ce fut en vain. Le lendemain, de nouveau\n pas de Mauricette.\n    \" Ne te l’avais-je pas prédit qu’il viendrait un jour où elle te planterait là, dis-je\nà Paul. Elle aura probablement trouvé quelque vieux qui la paie bien et contre\n l’or, vois-tu, nous autres, tout jeunes que nous sommes, nous ne devons pas avoir\n la prétention de lutter.... »\n    Mais Paul ne me croyait pas. Il lui fallait des preuves.\n    Ces preuves, il les eut le lendemain.\n    Rue Royale, une élégante victoria nous dépassa, traînée par deux bais clairs.\n Au fond de la voiture, dans une toilette éclatante, mais comme embarrassée de la\nrichesse de ses vêtements, était assise Mauricette. Elle nous fit un signe gracieux\n’ de la tête et disparut dans un nuage de poussière.\n    Paul s’était arrêté, tout bête.\n    « Eh bien! lui dis-je, crois-tu toujours à la constance et à l’amour? T e faut-il\nd ’autres preuves encore de l’infidélité de Mauricette? »\n    « C ’est vrai, répondit-il, j ’avais tort, j ’aurais dû te croire. Comment étais-je\nassez fou de penser qu’ une jolie fille pût aimer dans un homme autrechose             que\nson argent. »\n    Ce fut là toute l'oraison funèbre de notre ancienne amie.\n    Ici s’arrête mon histoire qui n’en est pas une; j ’aurais pu vous raconter d’autres\naventures de jeunesse bien plus intéressantes que celle-ci.... ce sera pour une\nautre fois.\n   Vous me demanderez ce que devint l’ex-maîtresse de Paul Rém aury? A vrai\ndire, je n’en sais rien.\n   Du reste, vous êtes bien curieux. J e vous avais promis de vous parler de\nMauricette, g rise tte , c’est ce que j ’ai fait; Mauricette, devenue... grande dame,\nétait morte pour moi.\n\n                                                                     Louis V éhenne.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-006", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 100, "page_fin": 101, "titre_corps": "Lettre à Pierre Loti", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ad. Westermann", "ancre_debut": "LETTRE A PIERRE LOTI après une lecture", "ancre_fin": "A d . W esterm an n.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "R é po n s e d e P ie r r e L o t i", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 131, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1598, "texte": "LETTRE A PIERRE LOTI\n      après une lecture du « M ariage de Loti. »\n\n\n                                           “ De la confusion que je faisais de ces\n                                       ch oses se dégageait un sentim ent d’ensem ­\n                                       ble absolum ent ju ste, une intuition de leu r\n                                       m orne splen d eu r et de leu r am olissante\n                                       m élancolie. „\n                                              Le Roman d’un Enfant — P . L o t i .\n\n\n J e viens de referm er ton charmant petit livre ;\n E t puis j e l’a i rouvert pour le relire encor,\n Car, des bords enchantés où j e viens de te suivre,\n Mon cœur triste soupire après les rives d ’or.\n\n\n Poète, comme toi, dans la fo rê t profonde,\n B ien souvent j ’e rra i seul sous le re g a rd de Dieu ;\n J 'a i rêvé tout enfant dans les bois du vieux monde,\n De palm iers et de fle u rs , d'am our et de ciel bleu.\n\n\n Mon âme s’envolait vers ces lointaines plages :\n Comme toi j ' a i souffert, comme toi j'a i pleuré,\n E t toutes les splendeurs de ces pays sauvages\n Ont passé bien souvent dans mon rêve doré.\n\n\n L e soir, quand le soleil disparaît dans les nues,\n Teignant de pourpre et d'o r le vaste ciel rougi,\n J e songe qu'il va voir ces terres inconnues\n Que mon esprit devine il travers l'infini,\n\n\n E t j'aperçois là-bas, loin dans la mer immense,\n Ces rivages bénis d'un éternel printemps\n Qui, loin de nos soucis, loin de notre souffrance,\n Dorment dans le soleil sous les cieux éclatants......\n"}, {"page_pdf": 132, "page_imprimee": 101, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 958, "texte": "                                                - 101 -\n                  M ais j 'attendais toujours que la voix d ’un poète\n                  Dise le charme étrange et doux de ces pays,\n                  Où la nature donne une éternelle fête,\n                  Prodiguant ses trésors aux regards éblouis,\n\n\n                  E t que de Taï/i, l’île délicieuse,\n                  S u r une lyre d'o r digne de ces splendeurs,\n                  S ’élève un chant d'amour, né sur sa plage heureuse,\n                  Au bord des flots profonds, dans l'azur et les fle u rs ...\n\n\n                  Merci, L o t i! Merci, poète au doux génie,\n                  Toi qui sais la comprendre et qui sais la sentir,\n                 De nous avoir chanté la belle Océanie,\n                  Oit j e voudrais aimer, où je voudrais m ourir !\n\n\n                                                                           A d. W esterm an n .\n\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-007", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 101, "page_fin": 101, "titre_corps": "Réponse de Pierre Loti", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pierre Loti", "ancre_debut": "R é po n s e d e P ie r r e L o t i M o n s ie u r", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 132, "page_imprimee": 101, "debut_caractere": 958, "fin_caractere_exclue": 1744, "texte": "R é po n s e           d e   P ie r r e L o t i\n\n\n                             M o n s ie u r ,\n\n\n\n   Depuis deux mois j ’ai mené une vie errante, en Orient et ailleurs, et n’ai plus\nguère répondu à personne. Pardonnez-moi de ne vous avoir pas remercié                                 plus\ntôt de votre   lettre et de vos jolis vers.             Je vous assure     que ces       sympathies\nd ’inconnus, qui me viennent spontanément comme                 la vôtre, me causent toujours\nun moment de vraie joie.\n   Croyez-moi, n’enviez pas ma vie, et ne vous laissez jamais prendre au charme\nde ces lointains pays de soleil.....\n  J e vous remercie de tout cœur et je vous serre la main.\n\n                                                                                P ie r r e L o t i.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-008", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 102, "page_fin": 102, "titre_corps": "Nuit claire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Novis", "ancre_debut": "NUIT CLAIRE. Urne pâle", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 133, "page_imprimee": 102, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 1758, "texte": "NUIT CLAIRE.\n                     Urne pâle,\n                     Fontaine de clarté,\n                     Epands doucement ton hâl e\n                     Dans l’ombre triste oit luit ta fixité.\n\n\n\n                     L a lividité sympathique\n                     De ton clair croissant argenté,\n                     A u paysage drolatique\n                     Donne un a ir de rigidité.\n\n                     J'aperçois la légère armée\n                     Des nymphes et des blancs sylvains,\n                     P a r les airs, comme une fum ée ,\n                     Traînant ses arabesques vains.\n\n                     Dans leur gaine fr o id e , les Faunes\n                     Grimaçant leur stupide ennui,\n                     Font bailler leurs lèvres aphones,\n                     Ebauchant le p a rler d'autrui.\n\n                     L e lys sous la blondeur lunaire\n                     Pleure le soleil aboli;\n                     E n sa pâleur de poitrinaire\n                     Son calice dort sans un pli.\n\n                     L e je t d'eau retombe en sa vasque\n                     E t son susurrement mutin\n                     Semble de loin la voix fantasque\n                     D'une sylphide ou d'un lutin,\n\n                     L e chant de la nuit vicieuse,\n                     D e la lutte à l’ œil velouté,\n                     Perlant dans l'ombre spacieuse\n                     L'éclat de sa gracilité...\n\n\n\n                     Urne pâle,\n                     Fontaine de clarté,\n                     Epands doucement ton hâle\n                     Dans l'ombre triste oh luit ta fixité.\n\n\nGarni, m a i 1891.                                             J ean N o v is.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-009", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 103, "page_fin": 108, "titre_corps": "Fragments d’un journal de pensionnaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pierre Hancart", "ancre_debut": "Fragments d'un Journal de Pensionnaire. Mardi 20 mai.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 134, "page_imprimee": 103, "debut_caractere": 62, "fin_caractere_exclue": 2674, "texte": "Fragments d'un Journal de Pensionnaire.\n                                                                      Mardi 20 mai.\n\n   Ce matin, la supérieure m’a appelée dans son cabinet et m’a dit, en principe,\nces paroles : — « Ma chère enfant, j ’aime à voir qu’une jeune fille sérieuse s’occupe\nde ses compagnes plus jeunes, leur sert en         quelque sorte   de grande sœur, et\npar ses attentions, ses prévenances, atténue le chagrin qu’elles pourraient ressentir\nd'être seules, séparées de leur famille et de leurs amies.\n  Clara, votre petite protégée, n’a que 15 ans, et vous ne sauriez croire, ma chère\nenfant,    combien   les conseils et les bons exemples d’une jeune fille de dix-huit\nans lui peuvent être salutaires „ et patati et patata; cela a duré au moins un gros\nquart d’heure. J ’avais bien besoin de cette longue tirade avec des \" ma .chère\nenfant „    à la clef et des qualificatifs les plus louangeux mais souvent les moins\nvrais. S é r i e u s e ? Je ne sais où la bonne mère a pu   voir cela? Il   faut que ses\nlunettes tiennent bien mal à califourchon       sur son nez crochu. Quant aux bons\nexemples que j ’aurais pu donner — à mon insu — je crois qu’ils n’ont jamais eu\nle pouvoir de faire des néophytes. J ’admire      surtout   “ l’influence salutaire „ que\nj ’exerce sur ma petite Marie.    Il est vrai   que je lui porte une véritable amitié,\nmais jamais il ne m’était venu à l'idée que nos entretiens pussent rouler sur la\nbienséance, la religion, la morale et que sais-je ? J ’aime cette petite d'une autre\namitié que celle que je prodigue à quelques-unes de mes compagnes; — je l’aime\nparce que scs grands yeux bleus me font songer à ceux d’un certain cousin que\nje ne détestais pas. Mais je l’aime aussi pour elle, pour sa grâce, pour sa bouche\nsouriante, pour son caractère charmant, pour sa nature caressante.\n   Je l’aime parce qu’elle m’adore, parce que, arrivée à cet âge où tous les sen­\ntiments qu’on a en soi ont besoin d’aliments, elles les a reportés sur moi.... Faute\nde mieux, peut-être.\n   Et puis — pourquoi ne le dirais-je pas ? — je      suis bien reconnaissante à cette\n“ chère enfant „ pour parler comme la supérieure, de toutes les petites attentions\nqu'elle a pour moi, de tous les petits services qu’elle me rend. Ainsi le matin, à\npeine suis-je   levée, qu’elle se glisse dans ma chambrette, rôde autour de moi\net me frôle avec la souplesse et les calineries d’un chat, promène          ses regards\nbrillants sur mes cheveux dénoués, mes jupons froissés, la peau de mes bras et\nde ma gorge. C ’est elle qui lustre mes cheveux, qui lace mon corset d’une main\n"}, {"page_pdf": 135, "page_imprimee": 104, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2525, "texte": "                                              - 104 -\n qu’elle tente en vain         de rendre   ferme; elle    boutonne mes bottines, brosse ma\n robe, range ma chambrette, en un mot joue auprès de moi le rôle d’un domestique\namoureux de sa maîtresse. A l’étude — comme je suis très paresseuse — c’est\nelle qui fait quelquefois mes          devoirs, et souvent même, elle achève un ouvrage\nd’aiguilie ou de broderie, m’évite ainsi des réprimandes et bien plus, me fait passer\npour une des meilleures élèves du cours......\n\n                                                                        Jeudi 22 mai.\n\n   Jour de visite aujourd'hui.... Céline a reçu celle de sa tante et de son cousin.\nL ’avons-nous ennuyée, la pauvre Céline, en lui parlant du beau Charles. Et les ren­\nseignements que nous lui avons demandés! Comment est-il? A-t-il les yeux                gris\nou bleus? Il a les cheveux roux, n’est-ce pas ? Quel nez a-t-il ? rond, grand, petit ?\nEt les questions se croisaient! et la timide Céline rougissait!\n\n                                                                    Vendredi 23 mai.\n\n   Marguerite Loiseau s’est fait rappeler chez elle pour je ne sais plus quel motif.\nL e fait est qu’il nous fallait des livres.... pas trop sérieux.. . un peu grivois.... et\nque c’est elle notre pourvoyeuse habituelle.\n\n                                                                       Lundi 26 mai.\n\n   En sortant de classe, ce midi, je vis quelques gamines de quinze à seize ans\ngroupées au fond de la cour, autour de la belle Paule de Ricourt. J ’approche. Elle\nlisait une lettre d’amour que lui avait écrite un élève du collège voisin et qu’une\nservante lui avait remise. Je la transcris ici :\n\n            Ma   b ien - a im é e ,\n\n\n   Je ne vis plus depuis que je t’ai vue. J ’ignore tes sentiments à mon égard,\nmais ce que je sais, c’est que tu es divinement belle. Toujours je vois devant\nmoi, comme dans un rêve, tes cheveux d’or tombant en torsades épaisses sur le\ndos, ton cou d’albâtre autour duquel folâtrent quelques boucles folichonnes, ton\nnez légèrement aquilin, aux narines voluptueuses, ta peau veloutée et qu’on dirait\nsaupoudrée de quelque duvet doux et soyeux à peine visible. J ’aime ta démarche,\nj ’aime ce je    ne     sais    quoi de gentil, de    gracieux, qui se dégage r«e toute ta\npersonne; j ’aime tes yeux qui font ressouvenir des vers du poète...\n\n                      \" . . . j a i vu dans leur nuance délicate\n                  L e m irage lointain des Edens et des deux. „\n"}, {"page_pdf": 136, "page_imprimee": 105, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2415, "texte": "                                         - 105\n   Oh ! oui, tes yeux font rêver à tout ce qui est beau, à l’infini, à l’idéal,... à\nl’amour. J e t’aime, je t’aime, je t’aime. .; je ne me lasse pas de le dire, car mon\namour est infini. J e voudrais être tout à toi et toujours... Mais comment recevras-\ntu cette lettre? Je n’ose espérer que tu la conserves pour la relire, le soir, en\nte couchant, alors que ta tête, entourée d’une blonde auréole, se profile sur la\nblancheur de l’ oreiller. Mais je t'en prie, ne te moques pas de mes aveux; j ’aimerais\nmieux un non catégorique que de voir éclore sur tes lèvres carminées un sourire\nironique; reçois-les au moins comme un hommage à ta beauté, un hommage d’un\ncœur épris qui n’espère, qui ne demande qu’un regard de toi pour être le plus\nheureux des heureux.\n   Je dépose mon cœur à tes pieds.\n\n                                                                        NESTOR.\n\n\n   Il fallait entendre les réflexions de ces petites espiègles! Il fallait voir leur mine\népanouie   et sur les \" lèvres carminées „ de Paule, ce \" sourire ironique „ que\ncraignait tant le pauvre amoureux. Amant infortuné, si tu avais vu la belle, je\nsuis certain que tu te serais poignardé de douleur. Franchement, entre nous soit\ndit, Paule est moqueuse, mais d’une moquerie méchante. Elle vous dit souvent\ndes choses blessantes, vous lance des coups de fouet cinglants; non qu’elle soit\nméchante par nature : elle est toute de premier mouvement, d’une légèreté qu’elle\nest souvent la première à regretter. Ainsi, séance tenante, au milieu du jardin,\nentourée de ses amies, elle griffonna au crayon, sur un morceau de papier à\ndevoir, la réponse suivante :\n   « Vous avez des idées très jolies, très légères, très touchantes, mais comme je\n» ne suis pas disposée à vous rendre le plus heureux des heureux, il faudra vous\n» contenter d’être le plus malheureux des malheureux. Comme j ’ai le cœur assez\n» compatissant, je veux bien vous accorder une satisfaction : je ne déchirerai pas\n» votre lettre et je vous promets de la mettre dans ma collection à côté de toutes\n» celles qui m’ont déjà été adressées. J e vais même jusqu'à vous confier que j'ai\n» l’intention de   publier   une   anthologie d’épistoliers amoureux      et que        vous y\n» figurerez... pas tout à fait au premier rang. »\n\n                                                              P a u l e d e R ic o u r t .\n"}, {"page_pdf": 137, "page_imprimee": 106, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2637, "texte": "                                     - 106 -\n\n                                                                Mercredi 28 mai.\n\n   Marguerite Loiseau est rentrée aujourd'hui. Nous l’attendions avec impatience.\nElle s’est d’abord excusée de n’avoir pu nous apporter autant de livres qu’ elle\naurait voulu. Ordinairement elle fourrageait dans la bibliothèque de son frère, mais\nil faut croire que celui-ci s'était aperçu de ces petits larcins, car il avait presque\ntout mis sous clef. Elle n’a pu enlever que quelques bouquins épars sur une étagère :\nAmants, de Paul M argueritte— Manon Lescaut — un volume de l’histoire du peuple\nd’Israël — la faute de l’abbé Mouret — un numéro d'une revue agricole. — Nous nous\nsommes partagées ces différents ouvrages ; j ’ai pris — étant la plus grande — la\nfaute de l’abbé Mouret.\n\n                                                                    Jeudi 29 mai.\n\n   Ce matin, au point du jour, étendue paresseusement dans mon           lit, j ’ai continué\nnon à lire mais à dévorer mon roman.        J ’ai divisé mon livre en     quatre parties\ncomprenant chacune un certain nombre de feuillets pouvant facilement se cacher\nsous un tablier ou entre les pages d'un     autre livre. J ’ai glissé trois de ces parties\ndans le ressort de mon lit....\n   Ce soir, à l’étude, mes devoirs finis,   je me suis remise à la       lecture de mon\nroman.   La   sœur surveillante se pâmait d’admiration devant       quelques cantiques\ncélestes dus à l’imagination enthousiaste d’un hystérique quelconque de la littérature\nsacrée ; de temps en temps elle levait les yeux de dessus son livre et promenait\nson regard où il y avait encore quelque chose d’extatique, sur la classe. Pas habituée\nà me voir si tranquille, la brave sœur me demanda : — Mademoiselle, que faites\nvou s? — Je lis. ma sœur, répondis-je avec l'aplomb que donne la vérité. Et que\nlisez-vous, mon enfant? La “ Vie des Saints,, dis-je hypocritement. — T rè s bien,\nc’est une lecture très édifiante où l'on apprend.....\n   Je m’étais remise à lire.\n\n                                                                Dimanche 1 juin.\n\n   Hier soir, le gaz éteint, le dortoir plongé dans l'obscurité et le silence, je rêvais\ntout éveillée aux scènes troublantes que Zola m’avait fait entrevoir... Je       songeais\nà l’abbé Mouret, à son existence calme et tranquille,     toute de dévotion, à sa vie\ns’écoulant uniformément heureuse entre sa sœur et la Tense, sa servante, une virago.\n   Une espèce de religiosité planait sur cette existence, la rendait pour ainsi dire\ndétachée de la terre. Aucun écho du monde n’arrivait dans ce village perdu des\n"}, {"page_pdf": 138, "page_imprimee": 107, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3068, "texte": "                                         - 107 -\nArtaud, et rien de ce qui se passait dans le village n’arrivait jusqu’à la cure. Le\npauvre abbé semblait vivre dans un oubli de tout et de tous, se contentant d’aller\nvisiter quelques malades et de lire son bréviaire.... Mais quelle révolution soudaine\ns ’est faite dans ce cœur vierge de tous sentiments qui n’étaient pas des sentiments\nreligieux? La vue d’Albine, la fille de Janbernat, gardien du Paradou, a suffi pour\ndonner libre cours à ses sentiments qui jusqu’alors avaient été repliés sur eux-\nmêmes au fond de son cœur.         Il   semble voir   le vide de son existence. Il avait\naccepté la vie sans enthousiasme comme sans chagrin, et cette vie s'était écoulée\nuniformément plate dans la crainte de Dieu et le plaisir de le servir. S a jeunesse,\nil l’avait consacrée à Dieu ; il aimait son Dieu d’un amour infini, et déjà, au séminaire,\nil avait été douloureusement ému de voir que parmi ses compagnons, il s’en trouvait\nqui n’étaient pas religieux comme il aurait voulu qu’ils        fussent, et que    l’intérêt\nfaisait embrasser une carrière pour laquelle ils ne se sentaient aucune           vocation.\nIl revivait en souvenir sa vie de séminariste. Mais il avait la hantise de cette fille,\nelle, l'enfant d’un libre-penseur, d’un mangeur de curés. Il sait bien le pauvre abbé\nqu’il fait mal, mais il ne peut se défendre d'y penser. S a tête est en feu. Il tremble,\nses tempes battent avec violence, ses dents s’entre-choquent et clans son délire il\nla revoit telle qu'il l’a vue au Paradou, “ la tête renversée, la gorge toute gonflée\nde gaieté, heureuse de ses fleurs, des fleurs sauvages, tressées dans ses cheveux\nblonds, noués à son cou, à son corsage, à ses bras minces, nus et dorés. „ Oh !\ncette vision qui le hantait, qui le torturait, qui le fit tomber sans force sur le parquet.\n\n\n   Et puis ces quelques semaines passées au Paradou. S e rg e a perdu souvenance\nde tout. Il n’est plus prêtre, il est homme et il se laisse aller, sans remords, sans\nhésitation, à l’amour que lui inspire Albine. C ’est elle qui l'a soigné, qui a assisté\nà sa convalescence, qui a soutenu ses premiers pas dans le parc. A h ! vous, parc,\nfleurs, arbres, que je vous aime! et dans quel trouble vous m’avez jetée! Et ce\ntrouble que j ’ai ressenti, S e rg e a subi le charme de son influence aussi. Il ne s’en\ndéfend pas, il aime et se laisse aimer sans savoir bien démêler, analyser le\nsentiment qu’il éprouve pour sa garde-malade... Et que de tableaux charmants nous\nprésente ce Paradou! Je vois encore S e rg e endormi sur l’herbe, dans un berceau\nde roses; avec quel ravissement j ’ai lu l’air qu’a chanté l’auteur sur les façons\nd’aimer des roses! En lisant ces quelques lignes — et d’autres encore — en me\nles remémorant même, un frisson m’agite; il me semble que je suis grisée par les\nenivrantes senteurs qui se dégagent de partout; je voudrais serrer quelqu’un dans\nmes bras, le couvrir de baisers tendres et amoureux. ...\n   Tout était beau dans ce Paradou : les arbres, les fleurs, les oiseaux, Albine,\n"}, {"page_pdf": 139, "page_imprimee": 108, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3101, "texte": "                                          - 103 -\n Serge.... S e rg e surtout, S e rg e avec \" ses membres fins, la posture carrée, les\népaules rondes; une bouche grave et douce, des joues fermes, un nez grand, des\nyeux gris, très clairs, souverains. Ses longs cheveux qui lui cachaient tout le\ncrâne retombaient sur ses épaules en boucles noires, tandis que sa barbe, légère,\nfrisait à sa lèvre et à son menton, laissant voir le blanc de la peau „... Et les\ncourses dans le Paradou, S e rg e portant Albine assise à califourchon sur son dos;\nles ruisseaux aux eaux argentées, miroitant a u soleil, où barbotaient les amoureux,\nmouillant leurs blanches chevilles ; les repos sous la verdure, ces déjeuners impro­\nvisés, ces rires, le murmure de leurs paroles, leurs poses honnêtement impudiques,\nleurs longs regards, francs, ouverts. Mais un jour ils surent leur amour. Ce jour-là\nils eurent comme peur l’un de l'autre, ils n’osèrent se regarder, se toucher, vivre\ndans la familiarité troublante où ils avaient vécu jusqu’alors. Mais quand cette crise\nfut passée, leur amour éclata plus grand encore, réclamant ses droits. Oh ! ineffable\nmoment où du parterre partait « un long chuchotement qui contait les noces des\nroses, les voluptés des violettes! » Et cet embrassement de deux êtres qui se\ndonnent tout entiers l’un à l’autre, là, au milieu de la nature en joie, sous la\nramée où les oiseaux joignent leurs trilles harmonieux et leur troublant gazouillis\naux tendres baisers des amants . . .             ................................................................................\n\n\n     Je m’endormis; ce matin je me retrouvai dans mon lit tenant mon coussin serré\ncontre moi. A       10 heures, comme tous les dimanches, nous avons assisté à la\nmesse, dans la chapelle du couvent. Quand le curé est entré, je me suis retournée\npar un mouvement instinctif; je l'ai suivi des yeu x jusqu’à l’autel, croyant trouver\nen lui quelque chose de S e rg e ; mais il m’a semblé plutôt le portrait vivant de\nl’ignoble frère Archangias... Et pendant qu’il priait, comme hier soir j ’ai rêvé....\nJ ’étais dans un jardin immense : au détour des venelles bien sablées, bien sarclées,\nil y avait maints endroits écartés, vrais nids d’amoureux, où l’air était embaumé\nde   ces   mille   senteurs   qui   alanguissent, où les grands arbres laissent à                                    peine\nfiltrer quelques rayons de soleil qui viennent se jouer sur le sable du                                            sentier\net semblaient des paillettes d’or, où le silence invitait aux confidences, aux entretiens\nintimes, aux doux épanchements, où la pénombre de tous ces grands arbres me\nfaisait trouver plus beau le jeune homme que j ’aime, où je le serrais dans mes\nbras, et les lèvres sur les lèvres, lui donnais dans un indicible baiser, dans un\nbaiser voluptueux, tout ce que j ’avais d’amour en moi.\n                                                                            P o u r copie conforme :\n                                                                                  P ie r r e H a n c a r t .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-010", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 109, "page_fin": 109, "titre_corps": "Sonnets : Lever de lune", "titre_sommaire": "Sonnets", "rubrique": "", "signature_source": "Rodrigue Sérasquiez", "ancre_debut": "SON N E TS. 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S u r ses g ra n d s donjons\nL a lune répand sa lumière pâle ;\nL a brise du soir, fa ib le comme un râle,\nDans ses fo ssés noirs fa it fr é m ir les joncs.\n\nDoux, susurrant comme un chant de grillons,\nOn entend, troublant la nuit estivale.\nUn son languide et triste qui s’exhale\nTandis qu’un écho lointain lui répond...\n"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 110, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 288, "texte": "                      - 110 -\n E t l’on aperçoit tout près de la porte,\n Dans les ajoncs fins, hachures d'eau forte,\n L à , contre le mur, au pied de la tour,\n\nSous l'appartement de sa damoiselle,\n L u i sérénadant une villanelle\nE n pinçant son luth, un blond troubadour.\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-012", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 110, "page_fin": 110, "titre_corps": "Sonnets : Fin de luth", "titre_sommaire": "Sonnets", "rubrique": "", "signature_source": "Rodrigue Sérasquiez", "ancre_debut": "FIN D E L U T H. T o ujo urs intact", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 141, "page_imprimee": 110, "debut_caractere": 288, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "FIN D E L U T H .\n\n                                           T o ujo urs intact aux y e u x du m onde.\n                                           Il sent croître et pleurer tout bas\n                                            S a blessure fine et profonde....\n                                           Il est brisé.... N 'y touchez p as !...\n                                                                   ( S u l l y - P r u d h o m m e ).\n\n\nL e luth en un coin g ît abandonné,\nAphone depuis que la châtelaine\nDans le cimetière, au pied d ’un troène,\nRepose sous son tertre écussonné.\n\nMais il est fêlé, la s ! le luth chiné\nComme une fem m e en robe de futaine ;\nPeu à peu la fente en son cœur d'ébène\nGagne, et nul ne sait qu’il est écorné! —\n\nPeut-être qu’un jo u r une damoiselle,\nE n fredonnant sa romance nouvelle,\nP ren d ra le vieux luth, puis d'un doigt léger\n\nPincera la corde et voudra chanter....\nM ais rien qu’un son sourd et plein d ’ironie\nOui sera la fin de son agonie !\n\n                            R o d r ig u e S ê r a s q u i e z .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-013", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 111, "page_fin": 112, "titre_corps": "Bibliographie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Véhenne", "ancre_debut": "B IB L IO G R A P H IE . R evue des revues.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 142, "page_imprimee": 111, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 6150, "texte": "B IB L IO G R A P H IE .\n          R evue des revues.                                J e ne le connais pas, ce sylphe des ténèbres,\n                                                            Qui vient mêler son deuil à mon ciel; or, d’oit vient\n   Le Mercure de France ( ju in ) contient plusieurs        Que mon œil aime ta langueur triste du sien,\np ièce s de v e r s fort bien venu es, parm i lesquelles    E t mon front te contact de ses voiles funèbres,\nL a Tartane de S ain t-P ol-R ou x, Le Chant du silence     C’est que vers nous,pensif, il vient des sombres bonis.\nd e L o u is Oumur, Litanies de Je a n Court. Citons        S a voix plaintive évoque en nos âmes émues\ntout particulièrem en t Le Voile de P . R oinard. A         Le cher ressouvenir des voix qui se sont tues.\nsign aler aussi, dans ce fascicule, d eu x études\nlittéraires : l’une su r H uysm ans p a r R e m y de        Mais ces regrets lointains de nos bien-aimés morts\nG ourm ont, l’autre su r Georges Rodenbach p ar             Ne blessent plus le coeur que d’ une main faiblir,\nC h arles M erki. Cette d ern ière surtout est bien         Et j ’ aime ta douleur, sainte Mélancolie !\ntra va illée . M. M erki nous p arle du nouveau livre\nde Rodenbach, Le Règne du silence.                             S o u s le titre : Les Enchanteresses de ta Musique,\n                                                             ap rès nous avo ir parlé dans les précédents num é­\n    D an s s a dern ière œ uvre, la religion du rêve         ros du Sylphe, des héroïnes de Gounod et de\nhante le jeu n e poète qui, dans L a Jeunesse Blanche        Thom as, ce sont celles de M assenet, dont M. G a ­\nnous dépeignait d’une façon si délicate, si m ystique,       briel M onavon s ’ occupe aujourd’hui. T o u r à tour\nle s antiques béguinages de nos vieille s villes             défilent devant nos y e u x les créations du m aître\nflam andes, à demi d ép eu p lées, se m ourant d’ennui       qui a si bien su chanter “ l’éternel féminin „ Manon,\ndans leur solitude, les quais d éserts de B ru g e s —      Salomé, Esclarmondc, Chimène, Anahita, l ’arheda.\nla grande endorm ie — ou bien la sym phonie grêle           Critique m usicale in téressan te, un peu superficielle\nd es carillons dans la quiétude d es soirs d’été.           peut-être.\n                                                               D ans le supplém ent ré se rv é aux écrivain s non\nE t voici que soudain les cloches agitées                   dauphinois, à lire une piquante épigram m e de\nEbranlent le Beffroi debout dans son orgueil,               G u stave Nadaud et une foule de charm antes p ié­\nE t leurs sons, lourds d'airain, sur la ville au cercueil   cettes de vers, dont je ne puis citer les auteurs ici.\nDescendent lentement comme des pelletées!                   l’esp ace du jou rnal ré servé à la bibliographie\n                                                            étant trop restreint.\n                                                                                         *\n   Chose curieuse, bien que M. R odenbach soit                                           **\np resq u e un concitoyen — il a fait ses études à\nG and — ses œ u vres sont pour la plupart totale-             La Jeune Belgique ( J u in ) . L e jo li conte que L e\n                                                            Massacre des Innocents, d’E ugène D em older. C ela\nm ent inconnues chez nous. C ela est triste à avouer,\nm ais c’est ainsi. Il est v ra i que les artistes ne        vous ém eut vraim ent et on com patit à la d ouleur\n                                                            des bonnes gens d’Y perd am m e, dont les m arm ots\ncourent p as ap rès les b ra v es lecteurs : ils écrivent\np ou r eux-m êm es et pour leu rs égaux.                    ont été m assa cré s p ar ordre du m échant ro y\n                                                            H érode.\n                                                              L a Jeune Belgique insère une lettre du baron de\n                                                            H aulleville, qui se lam ente su r l’état de m arasm e\n   Le Sylphe ( M a i) . B eaucoup de jo lies ch oses dans   dans lequel est tombé l’art dram atique. L ’au teu r\nle num éro de mai de la revu e dauphinoise. L e s           de la lettre croit avo ir trouvé le m oyen de faire\n                                                            ressu sciter le g ran d art et c’est ce qu’il expliqu e\np oètes surtout ont bien donné : H enri B ossann e,\n                                                            longuement. Son projet est-il ré a lisa b le ? J e le\nC. Niemand, Fernand D ém ovios, A im é Gém in,\n                                                            voud rais, m ais j ’en doute fort.\nF a b re des E ssa rts, etc. Une mention spéciale pour\n                                                              L a Mendiante d’A n d ré F o n tain as, Vers de\nle sonnet de G u stave R ivet, Mélancolie, qu’en\n                                                            G u stave K a h n , Sonnets d e H enri de R é gn ie r et d es\nam ateur de v e rs beau x et bons, je tran scris ici :\n                                                            Chroniques Littéraires fort bien faites, com plètent\n                                                            un num éro de p rem ier ordre.\n                Mélancolie.                                                                  *\n                                                                                         *       •\n\n\nParfois, dans les éthers oit je m'envole, heureux,            Les Jeunes ( M a i- Ju in ) . M. Je a n D elville a com ­\nUn sylphe lent et morne aux lourdes ailes sombres           m encé dans ce num éro double, la publication d’une\nPasse, attristant mes yeux de ses yeux chargés              étude : Le Symbolisme Pictural qui p ré se n tera\n                                          [d ’ombres]       certes un intérêt véritab le à en ju g e r p ar les quel­\nE t creusant sur mon fro n t un sillon douloureux.          ques p ages p aru es ju sq u ’ici.\n"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 112, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6461, "texte": "                                                                  112\n  L e s ve rs tiennent la p rem ière place dans ce                      Revue Libre ( J u in ) . L e deuxièm e num éro de la\nfascicule : rem arqués ceu x de Ch. F ra p p a rt,                   Revue Libre, s ’ou vre p ar un article de M. Cam ille\nTouchard et surtout Les Croix d e T rista n M al ­                   Lem onn ier, su r le peintre Henry Degroux.\ndange. D ans une des dern ières liv ra iso n s des                      “ Q uelque part, en ce lazaret d’am putés, dit\nJeunes, le poète ava it d éjà chanté cet instrum ent                 L em onn ier en parlan t du salon des A rts-L ib é ra u x ,\nde supplice pour lequel il sem ble a v o ir un faible.               en ce croupissem ent de casem ates b o u rrées de\nLes Croix le hantent assurém ent.                                    tous les rebuts d’atelier, gorgées de toutes les\n                                                                     m ises-bas d’éco les, en cette fou rrière d 'ép av es\n                L E S C R O IX .                                     ra m a ssé e s su r le s trottoirs de l’idéal, tout à coup\n                                                                     une seco u sse, un p oignement d evan t un pan de\n        O la tristesse des croix solitaires,                         mur, quatre cadres isolés qui vous hantent et\n        L a tristesse des rigides croix                              qu’on ne peut plus quitter....\n        Tendant aux carrefours leurs bras de bois                       Ce jeu n e H en ry D egroux, cet esp rit im perm éab le\n        E t sous les pa/hdes clartés lunaires                        et vierge su r lequel a glissé, san s l’entam er, la\n        Leurs ombres s ’étendant par les chemins.                    co rro ssiv e éducation d'un tem ps p ropice aux\n                                                                     m alins et funeste au x instinctifs, tout à coup se\n         Et passent les nocturnes pèlerins                           dénonce épique, en fiévré de cataclysm es, torturé\n        S i lents, si mornes, vers les sanctuaires ;                d’im ages sanglantes, san s parenté avec aucune/\n        Et passent les caravanes mercantiles                        école, san s analogie avec ses d evan ciers, si ce\n        Des richesses d'âpres marchands.                             n’est peut-être D elacroix, affam é de m assa cre s et\n                                                                     de boucheries, tout em pourpré de ses ru isse lle ­\n       E t passent le rouge rut des crimes\n                                                                    m ents verm eils.\n       L es haines louches, les lâchetés viles,\n                                                                       L e s quatre toiles sont abattues com m e avec la\n       E t là-bas, dans les bois, les râles des victimes\n                                                                    cognée dans la forêt de la m ort; il fauche son â p re\n       E t le triomphe sanglant des méchants.\n                                                                    idéal dans les cham ps du m eurtre et du fratricide.\n       Tout passe, et les impassibles prunelles                     C ’est le cas d’un esp rit visiblem ent hanté p ar l’idée\n       Du Christ en croix fixent l’ immensité                       de l’exterm ination, tourné aux conceptions tragi­\n       E t semblent contempler de lointaines eités,                 ques et funèbres. L a Mort, chez lui, récu se les\n       Une floraison d’âmes plus belles.                            plastiques s e r e in e s ; elle se p rop ose violente et\n                                                                    forcen ée; elle sous-entend les m êlées, les la rg e s\n   C e num éro renferm e encore de la p rose de                     p laies fum antes, les je ts et les bouillons de la s è v e ;\nMM. D elchevalerie, A rn a y , H en n eb icq e t des satires        elle bram e et se rue comme les ch evau ch ées de\np assablem ent m ordantes de MM. Géo M auvère et                    l’A po calyp se....\nG y p se y . Som m e toute, num éro de réelle v a le u r               La Croix de Cam ille R o u ssel est une belle p ag e,\net qui prouve, quoi qu’en disent certain s hargneux,\nqu’il ne faut p as être académ icien et avo ir cin­                     Il est p ris de la mer qui rugit en cadence\nquante ans révolus pour faire bien.                                     E t roule en ses sanglots des baisers de romance\n   L e réd acteu r d es Jeunes, G eo M auvère vient de                  Une très noire croix, comme un hautain remord\nlan cer son p rem ier volum e, un album de v e rs et                    Elevant ses longs bras en un paix de mort.\nde p rose : Mascarades (Sur fo n d d’ o r — D ’Amour)\net Le Magot, conte m oderne. P rix : 1 f r . 5 0 .\nOn souscrit au bureau des Jeunes, 6, rue de F e r,\n                                                                      Recueillement de Je a n D elville et Effroi de l’âme\nNamur.\n                              *                                    de H en ry C lassant, com plètent la partie de v e rs\n                             9 *\n                                                                   de ce fascicule. P o u r la p rose, à sign aler encore :\n   La France Moderne ( 28 M a i . 1 1 J u i n ) . T o u jo u rs    Au mont Whitney de H enri C lassan t et une étude\nintéressant jo u rn al que la France Moderne.D ans les             littéraire approfondie, celle là de M. Je a n D elville\nd eu x d erniers num éros, j ’ai lu avec p la isir deux            su r la nouvelle œ uvre de H u ysm ans : Là-bas.\nsonnets : Pour l’Aimée de S ain t-Y vè s et l'Atome                   R e le v é , dans le s Tablettes de la Revue Libre ce\nde H en ry D e B ra isn e . U ne autre jo lie poésie : La          mot charm ant de M. Van W am beke, à propos du\nFenêtre de Fern an d M azade. A m entionner encore                 style de Cam ille Lem o n n ier : “ Ce n’est p as un\nd es articles de p rose de Pau l CoiTinières, De                   B elge, cet auteur là, m ais un F ran ça is ! „ D élicieu x !\nSavignac, A lb ert Jh o u n e y , C h arles Couplet, etc.\n                               *\n                              9 9                                                                         L o u is V é h e n n e .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-07-n7-014", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PU BLIC ATIO NSR ECO M M AND EES", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 144, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1605, "texte": "PU\n        BLIC\n           ATIO\n              NSR\n                ECO\n                  M M\n                    AND\n                      EES.\n\n\n  1. L a Jeune Belgique, Revue Mensuelle. — Boulevard d’Anderlecht, B r u x e l l e s .\n         Abonnement 1 0 francs.\n 2. L a Revue Belge. — Rue de Bériot, 42, L o u v a in .\n         Abonnement un an 4 fr. ; le numéro 2 0 centimes.\n 3. Les Jeunes, Revue Mensuelle. — 6 , rue de Fer, N a m u r .\n         Abonnement ô francs.\n 4. Les Annales Gauloises, Revue Littéraire & Artistique. — Paraissant le 5 et le 20 de\n      chaque mois. — Rédaction : P a r is , 17, rue du Commandeur.\n        Abonnement 6 fr. ; prix du numéro 8 0 centimes.\n 5. L e Sylphe, Revue Mensuelle. — 8, Faubourg Trois-Cloitres. G r e n o b l e .\n        Abonnement 6 fr. ; prix du numéro 5 0 centimes.\n (i. Le N ord Littéraire, Revue Mensuelle. — 113, rue de Paris, VALENCIENNES.\n        Abonnement un an 5 francs.\n 7. Bulletin Littéraire Mensuel de la Société L'Amicitia, V al e n c i e n n e s .\n        Abonnement un an 6 francs.\n 8 . L ’A rt moderne paraissant le dimanche). — Rue de l’Industrie, 32, Bruxelles.\n        Abonnement un an 1 0 francs.\n 9. M ercure de France, Mensuel. — Rédaction, 15, rue de l'Echaudé, St-Germain, P a r i s .\n         Abonnement un an 7 fr.; pris du numéro 6 0 centimes.\n10 . Revue L ib re , Mensuelle. — Rédaction : 15, Chaussée deW avre, Bruxelles.\n        Abonnement un an 5 fr.; prix du numéro 5 0 centimes\n11 . L a France M odern'. — Bureaux: 15, Boulevard du Nord,Marseille.\n        Abonnement un an 6 fr. : prix du numéro 1 0 centimes.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 126, "texte": "Première Année. N° 7.                                                               JUILLET 1891.\n\n\n\n                 ESSAIS                 PUDLIÉS P A R LE\n\n\n\n\n    CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS\n                       REVUE MENSUELLE.\n\n                            SOMMAIRE DU N° 7.\n\n       M a u r i c e t t e ...................................Louis       Véhenne.\n\n       L e ttre à P ie rre L o t i ....................... A. W e s t e r m a n n .\n\n       N u it C l a i r e ...................................... J e a n    N o v is.\n\n       Fragm ents d ’un jo u rn a l de p en sionnaire.              P ie rr e H an cart.\n\n       S o n n e t s ...................................... R o d r i g u e S é k a s q u i e z\n\n       B ib lio g ra p h ie ...................        . . .        Louis V é h e n n e .\n\n\n\n\n              P r ix d u n u m é ro :       40                       c e n t im e s .\n     P r ix    d e l ’a b o n n e m e n t : u n                      an      4 fra n c s.\n\n\n                                BUREAU            DU J O U R N A L :\n  G A N D , 7 1, R U E D E F L A N D R E , 7 1 , G A N D .\n\n                                             GAND,\n       Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER, rue Savaen, 32.\n\n                                 TOUS      DROITS       RESERVES.\n"}, {"page_pdf": 127, "texte": "     N .-B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra au\n                   bureau de la rédaction, RUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                 L es journaux ou revues qui désireraien t faire l'échang e\n                     s ont p riés de s’adresser au bureau du Journal.\n\n\n\n             CERCLE LITTÉRAIRE FRANÇAIS.\n                                (FONDÉ LU 24 DÉCEMBRE 1888.)\n\n\n                       E X T R A IT DU R È G LE M EN T .\nA rticle     I. — Le Cercle Littéraire Français est constitué clans le but de donner des\n                    Conférences et de former une bibliothèque d’ouvrages écrits ou\n                    traduits en français.\nA rticle    II. — Le Cercle comprend 3 catégories de membres : les membres effectifs,\n                    les membres correspondants et les membres d’honneur.\n                 Les membres effectifs sont ceux qui habitent la ville. Ils sont tenus\n                    de donner à tour de rôle des conférences, évangiles du jour et\n                    lectures.\n                 Les membres correspondants sont ceux qui n’habitent pas la ville. Ils\n                    ne sont astreints à aucune rétribution, mais sont tenus d’envoyer\n                    au Cercle un évangile du jour (œuvre personnelle) au moins une\n                    fois tous les deux mois.\nA rticle    X. — Le Membre qui obtient le premier un ouvrage en lecture est obligé\n                    d’en rendre compte à la date fixée par le Comité.\nArticle XVII. — Le Cercle organise chaque année un Concours littéraire entre tous ses\n                   membres.\nA rticle XVIII — Le jury se compose de 5 membres. Ils sont choisis parmi les membres\n                   du Cercle. Le scrutin est secret et a lieu à une des premières\n                   séances de l’année. Le jury prend les dispositions spéciales pour ce\n                   concours.\nA r tic le   X IX . — La cotisation annuelle est fixée à 5   f r , pour les membres effectifs.\n"}, {"page_pdf": 128, "texte": "                                        - 97 -\n\n\n              MAURICETTE\n                                P R O F IL    P A R ISIE N .\n\n\n                                                               a   M r L éo n L u c y -M a r .\n\n\n\n   Dix-neuf ans, petite figure chiffonnée, nez retroussé, bouche bien fendue s'ouvrant\nsur des ivoires   roses, grands yeux         de biche d’où sortaient des regards d’une\ndouceur alanguissante, cheveux d’un blond d’épis, ébouriffés, formant couronne\nautour de ce minois tentant, telle était Mauricette, couturière à l’atelier, grisette le\ndimanche et à ses moments perdus.\n   Un peu grande peut-être, comme une fleur qui s’est épanouie trop tôt, elle\navait pourtant dans tous ses mouvements une grâce séduisante, un laisser-aller qui\ncharmait; taille de guêpe, flexible comme un roseau, petit pied bien cambré, tout\nen elle faisait songer aux soubrettes’ du temps du bon roi Louis X V .\n   N’allez pas croire que je vais vous écrire un roman; oh! non, ce que je veux\nvous raconter est un simple souvenir de jeunesse, un de ces souvenirs lointains\nqui nous apportent encore, malgré le temps écoulé, comme une sorte de parfum\nprintanier, remembrance vivante de nos belles années.\n   A l’époque où je connus Mauricette, mon ami Paul Rémaury et moi, nous étions\ntous deux à Paris, étudiants à l’école de droit. Toujours ensemble, compagnons de\nplaisir comme d’étude, nos joies, nos peines étaient communes.\n   Je me rappellerai longtemps encore ces heures passées, la nuit, penchés sur\nnos cahiers, mais aussi quels dédommagements nous nous donnions, quelles folles\néquipées parfois, lorsque fatigués, nous jetions nos livres à tous les diables et que\nbras dessus bras dessous, nous allions nous promener à l’aventure, droit devant\nnous, sans but.\n   Un soir du mois de juin, nous nous trouvions assis tous deux dans une des\ncontre-allées qui bordent les Champs-Elysées. II avait fait chaud tout le jour                   et\nc ’était avec délices qu’on respirait à pleins poumons la première fraîcheur de la\nnuit qui tombait. Nous laissions errer nos regards s ur ce panorama mouvant du\ngrand   Paris qui se déroulait devant nous, observant les huit-ressorts qui allaient\nau Bois ou en revenaient, glissant sans bruit sur l’asphalte, les lourds omnibus sur\nlesquels s ’étalaient en grosses lettres : Madeleine-Bois de Boulogne, ou bien suivant\n"}, {"page_pdf": 129, "texte": "                                        - 98 -\ndes yeux le trot rapide d’un cavalier qui passait comme une flèche au milieu de\nce dédale de véhicules de tous genres.\n   Tantôt aussi, c’était le ciel que nous regardions, le soleil qui se couchait avec\ndes reflets de cuivre, illuminant de lueurs bizarres la place de la Concorde, faisant\npasser ses fontaines jaillissantes par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, incendiant\nsoudainement dans le lointain la coupole dorée des Invalides. C ’était alors, lorsque\nle globe de feu descendait toujours, l’horizon s’estompant déjà de couleurs sombres,\nque mon ami se laissait aller quelquefois à ses rêves de poète, qu’il faisait, disait-\nil, un voyage dans l’au delà, dans le pays des songes.\n   Comme nous rêvassions ainsi, Paul me fit remarquer une jeune fille qui passait\ndevant nous, une de ces mille couturières qui, le jour, enfermées dans les ateliers,\ns ’en vont le soir, avec leur amoureux, respirer l’air pur des environs pittoresques\nde ce Paris malsain, tout heureuses de quitter cette grande ville, vraie ruche\nbourdonnante, toujours en travail.\n   Cette jeune fille, vous le devinez, c’était Mauricette.\n   Vous narrer comment nous fîmes sa connaissance, comment elle devint en peu\nde temps la préférée de Paul Rémaury, pas n’est besoin de vous le dire, cela\nn’intéresserait personne. Mais ce que je voudrais et malheureusement ne puis vous\nraconter, tant il est impossible de dépeindre ces folles années de jeunesse, ce\nfurent les joyeuses heures que nous passâmes ensemble, mon ami, Mauricette et moi.\n   Souvent, le dimanche, Paul m’invitait à venir passer la journée à Neuilly ou à\nVincennes; Mauricette nous accompagnait toujours. Combien me semble encore\ndo ux le souvenir de ces pique-niques sur l’herbe qui fleurait bon, combien m’est\nrestée vivace la souvenance de nos longues siestes, la nuque enfouie dans les\nbuissons   de lilas, regardant vaguement les vapeurs blanches errer dans l’azur\ndu ciel!\n   Et parfois, voyant Mauricette étendue tout de son long, un brin d’herbe dans\nla bouche, riant tout son soûl, je songeais à Musette, souvent aussi je me demandais\nsi tant heureuse qu’elle était, elle ne devait pas avoir la fin de Famine.\n   Paul avait une confiance absolue en la fidélité de sa nouvelle conquête, il la croyait\nincapable de le trahir. Je n’étais pas de son avis, sachant combien l’argent, ce qui\nnous manque précisément à nous autres, étudiants, avait d’influence sur les jeunes\npersonnes de son espèce. Aussi        étaient-ce des débats sans fin,      lorsque nous\ndiscutions sur le plus ou moins de constance probable de Mauricette.\n   Mes prévisions ne se justifièrent que trop, malheureusement pour mon pauvre\nami. Depuis quelque temps déjà, je m’étais aperçu que Mauricette n’était plus la même\nqu’autrefois; elle était souvent mélancolique, semblait préoccupée et lorsque nous\n"}, {"page_pdf": 130, "texte": "                                        - 99 -\n la questionnions sur ce changement d'humeur, elle se hâtait de détourner la con­\n versation.\n    Nous eûmes bientôt l'explication de ce mystère.\n    Un soir, Mauricette, contrairement à son habitude, ne vint pas au quartier de\n Paul Rémaury. Il l’attendit toute la soirée, ce fut en vain. Le lendemain, de nouveau\n pas de Mauricette.\n    \" Ne te l’avais-je pas prédit qu’il viendrait un jour où elle te planterait là, dis-je\nà Paul. Elle aura probablement trouvé quelque vieux qui la paie bien et contre\n l’or, vois-tu, nous autres, tout jeunes que nous sommes, nous ne devons pas avoir\n la prétention de lutter.... »\n    Mais Paul ne me croyait pas. Il lui fallait des preuves.\n    Ces preuves, il les eut le lendemain.\n    Rue Royale, une élégante victoria nous dépassa, traînée par deux bais clairs.\n Au fond de la voiture, dans une toilette éclatante, mais comme embarrassée de la\nrichesse de ses vêtements, était assise Mauricette. Elle nous fit un signe gracieux\n’ de la tête et disparut dans un nuage de poussière.\n    Paul s’était arrêté, tout bête.\n    « Eh bien! lui dis-je, crois-tu toujours à la constance et à l’amour? T e faut-il\nd ’autres preuves encore de l’infidélité de Mauricette? »\n    « C ’est vrai, répondit-il, j ’avais tort, j ’aurais dû te croire. Comment étais-je\nassez fou de penser qu’ une jolie fille pût aimer dans un homme autrechose             que\nson argent. »\n    Ce fut là toute l'oraison funèbre de notre ancienne amie.\n    Ici s’arrête mon histoire qui n’en est pas une; j ’aurais pu vous raconter d’autres\naventures de jeunesse bien plus intéressantes que celle-ci.... ce sera pour une\nautre fois.\n   Vous me demanderez ce que devint l’ex-maîtresse de Paul Rém aury? A vrai\ndire, je n’en sais rien.\n   Du reste, vous êtes bien curieux. J e vous avais promis de vous parler de\nMauricette, g rise tte , c’est ce que j ’ai fait; Mauricette, devenue... grande dame,\nétait morte pour moi.\n\n                                                                     Louis V éhenne.\n"}, {"page_pdf": 131, "texte": "                           - 100 -\n\n\n\nLETTRE A PIERRE LOTI\n      après une lecture du « M ariage de Loti. »\n\n\n                                           “ De la confusion que je faisais de ces\n                                       ch oses se dégageait un sentim ent d’ensem ­\n                                       ble absolum ent ju ste, une intuition de leu r\n                                       m orne splen d eu r et de leu r am olissante\n                                       m élancolie. „\n                                              Le Roman d’un Enfant — P . L o t i .\n\n\n J e viens de referm er ton charmant petit livre ;\n E t puis j e l’a i rouvert pour le relire encor,\n Car, des bords enchantés où j e viens de te suivre,\n Mon cœur triste soupire après les rives d ’or.\n\n\n Poète, comme toi, dans la fo rê t profonde,\n B ien souvent j ’e rra i seul sous le re g a rd de Dieu ;\n J 'a i rêvé tout enfant dans les bois du vieux monde,\n De palm iers et de fle u rs , d'am our et de ciel bleu.\n\n\n Mon âme s’envolait vers ces lointaines plages :\n Comme toi j ' a i souffert, comme toi j'a i pleuré,\n E t toutes les splendeurs de ces pays sauvages\n Ont passé bien souvent dans mon rêve doré.\n\n\n L e soir, quand le soleil disparaît dans les nues,\n Teignant de pourpre et d'o r le vaste ciel rougi,\n J e songe qu'il va voir ces terres inconnues\n Que mon esprit devine il travers l'infini,\n\n\n E t j'aperçois là-bas, loin dans la mer immense,\n Ces rivages bénis d'un éternel printemps\n Qui, loin de nos soucis, loin de notre souffrance,\n Dorment dans le soleil sous les cieux éclatants......\n"}, {"page_pdf": 132, "texte": "                                                - 101 -\n                  M ais j 'attendais toujours que la voix d ’un poète\n                  Dise le charme étrange et doux de ces pays,\n                  Où la nature donne une éternelle fête,\n                  Prodiguant ses trésors aux regards éblouis,\n\n\n                  E t que de Taï/i, l’île délicieuse,\n                  S u r une lyre d'o r digne de ces splendeurs,\n                  S ’élève un chant d'amour, né sur sa plage heureuse,\n                  Au bord des flots profonds, dans l'azur et les fle u rs ...\n\n\n                  Merci, L o t i! Merci, poète au doux génie,\n                  Toi qui sais la comprendre et qui sais la sentir,\n                 De nous avoir chanté la belle Océanie,\n                  Oit j e voudrais aimer, où je voudrais m ourir !\n\n\n                                                                           A d. W esterm an n .\n\n\n\n\n                         R é po n s e           d e   P ie r r e L o t i\n\n\n                             M o n s ie u r ,\n\n\n\n   Depuis deux mois j ’ai mené une vie errante, en Orient et ailleurs, et n’ai plus\nguère répondu à personne. Pardonnez-moi de ne vous avoir pas remercié                                 plus\ntôt de votre   lettre et de vos jolis vers.             Je vous assure     que ces       sympathies\nd ’inconnus, qui me viennent spontanément comme                 la vôtre, me causent toujours\nun moment de vraie joie.\n   Croyez-moi, n’enviez pas ma vie, et ne vous laissez jamais prendre au charme\nde ces lointains pays de soleil.....\n  J e vous remercie de tout cœur et je vous serre la main.\n\n                                                                                P ie r r e L o t i.\n"}, {"page_pdf": 133, "texte": "                                    - 102 -\n\n          NUIT CLAIRE.\n                     Urne pâle,\n                     Fontaine de clarté,\n                     Epands doucement ton hâl e\n                     Dans l’ombre triste oit luit ta fixité.\n\n\n\n                     L a lividité sympathique\n                     De ton clair croissant argenté,\n                     A u paysage drolatique\n                     Donne un a ir de rigidité.\n\n                     J'aperçois la légère armée\n                     Des nymphes et des blancs sylvains,\n                     P a r les airs, comme une fum ée ,\n                     Traînant ses arabesques vains.\n\n                     Dans leur gaine fr o id e , les Faunes\n                     Grimaçant leur stupide ennui,\n                     Font bailler leurs lèvres aphones,\n                     Ebauchant le p a rler d'autrui.\n\n                     L e lys sous la blondeur lunaire\n                     Pleure le soleil aboli;\n                     E n sa pâleur de poitrinaire\n                     Son calice dort sans un pli.\n\n                     L e je t d'eau retombe en sa vasque\n                     E t son susurrement mutin\n                     Semble de loin la voix fantasque\n                     D'une sylphide ou d'un lutin,\n\n                     L e chant de la nuit vicieuse,\n                     D e la lutte à l’ œil velouté,\n                     Perlant dans l'ombre spacieuse\n                     L'éclat de sa gracilité...\n\n\n\n                     Urne pâle,\n                     Fontaine de clarté,\n                     Epands doucement ton hâle\n                     Dans l'ombre triste oh luit ta fixité.\n\n\nGarni, m a i 1891.                                             J ean N o v is.\n"}, {"page_pdf": 134, "texte": "                                       - 103 -\n\n\n             Fragments d'un Journal de Pensionnaire.\n                                                                      Mardi 20 mai.\n\n   Ce matin, la supérieure m’a appelée dans son cabinet et m’a dit, en principe,\nces paroles : — « Ma chère enfant, j ’aime à voir qu’une jeune fille sérieuse s’occupe\nde ses compagnes plus jeunes, leur sert en         quelque sorte   de grande sœur, et\npar ses attentions, ses prévenances, atténue le chagrin qu’elles pourraient ressentir\nd'être seules, séparées de leur famille et de leurs amies.\n  Clara, votre petite protégée, n’a que 15 ans, et vous ne sauriez croire, ma chère\nenfant,    combien   les conseils et les bons exemples d’une jeune fille de dix-huit\nans lui peuvent être salutaires „ et patati et patata; cela a duré au moins un gros\nquart d’heure. J ’avais bien besoin de cette longue tirade avec des \" ma .chère\nenfant „    à la clef et des qualificatifs les plus louangeux mais souvent les moins\nvrais. S é r i e u s e ? Je ne sais où la bonne mère a pu   voir cela? Il   faut que ses\nlunettes tiennent bien mal à califourchon       sur son nez crochu. Quant aux bons\nexemples que j ’aurais pu donner — à mon insu — je crois qu’ils n’ont jamais eu\nle pouvoir de faire des néophytes. J ’admire      surtout   “ l’influence salutaire „ que\nj ’exerce sur ma petite Marie.    Il est vrai   que je lui porte une véritable amitié,\nmais jamais il ne m’était venu à l'idée que nos entretiens pussent rouler sur la\nbienséance, la religion, la morale et que sais-je ? J ’aime cette petite d'une autre\namitié que celle que je prodigue à quelques-unes de mes compagnes; — je l’aime\nparce que scs grands yeux bleus me font songer à ceux d’un certain cousin que\nje ne détestais pas. Mais je l’aime aussi pour elle, pour sa grâce, pour sa bouche\nsouriante, pour son caractère charmant, pour sa nature caressante.\n   Je l’aime parce qu’elle m’adore, parce que, arrivée à cet âge où tous les sen­\ntiments qu’on a en soi ont besoin d’aliments, elles les a reportés sur moi.... Faute\nde mieux, peut-être.\n   Et puis — pourquoi ne le dirais-je pas ? — je      suis bien reconnaissante à cette\n“ chère enfant „ pour parler comme la supérieure, de toutes les petites attentions\nqu'elle a pour moi, de tous les petits services qu’elle me rend. Ainsi le matin, à\npeine suis-je   levée, qu’elle se glisse dans ma chambrette, rôde autour de moi\net me frôle avec la souplesse et les calineries d’un chat, promène          ses regards\nbrillants sur mes cheveux dénoués, mes jupons froissés, la peau de mes bras et\nde ma gorge. C ’est elle qui lustre mes cheveux, qui lace mon corset d’une main\n"}, {"page_pdf": 135, "texte": "                                              - 104 -\n qu’elle tente en vain         de rendre   ferme; elle    boutonne mes bottines, brosse ma\n robe, range ma chambrette, en un mot joue auprès de moi le rôle d’un domestique\namoureux de sa maîtresse. A l’étude — comme je suis très paresseuse — c’est\nelle qui fait quelquefois mes          devoirs, et souvent même, elle achève un ouvrage\nd’aiguilie ou de broderie, m’évite ainsi des réprimandes et bien plus, me fait passer\npour une des meilleures élèves du cours......\n\n                                                                        Jeudi 22 mai.\n\n   Jour de visite aujourd'hui.... Céline a reçu celle de sa tante et de son cousin.\nL ’avons-nous ennuyée, la pauvre Céline, en lui parlant du beau Charles. Et les ren­\nseignements que nous lui avons demandés! Comment est-il? A-t-il les yeux                gris\nou bleus? Il a les cheveux roux, n’est-ce pas ? Quel nez a-t-il ? rond, grand, petit ?\nEt les questions se croisaient! et la timide Céline rougissait!\n\n                                                                    Vendredi 23 mai.\n\n   Marguerite Loiseau s’est fait rappeler chez elle pour je ne sais plus quel motif.\nL e fait est qu’il nous fallait des livres.... pas trop sérieux.. . un peu grivois.... et\nque c’est elle notre pourvoyeuse habituelle.\n\n                                                                       Lundi 26 mai.\n\n   En sortant de classe, ce midi, je vis quelques gamines de quinze à seize ans\ngroupées au fond de la cour, autour de la belle Paule de Ricourt. J ’approche. Elle\nlisait une lettre d’amour que lui avait écrite un élève du collège voisin et qu’une\nservante lui avait remise. Je la transcris ici :\n\n            Ma   b ien - a im é e ,\n\n\n   Je ne vis plus depuis que je t’ai vue. J ’ignore tes sentiments à mon égard,\nmais ce que je sais, c’est que tu es divinement belle. Toujours je vois devant\nmoi, comme dans un rêve, tes cheveux d’or tombant en torsades épaisses sur le\ndos, ton cou d’albâtre autour duquel folâtrent quelques boucles folichonnes, ton\nnez légèrement aquilin, aux narines voluptueuses, ta peau veloutée et qu’on dirait\nsaupoudrée de quelque duvet doux et soyeux à peine visible. J ’aime ta démarche,\nj ’aime ce je    ne     sais    quoi de gentil, de    gracieux, qui se dégage r«e toute ta\npersonne; j ’aime tes yeux qui font ressouvenir des vers du poète...\n\n                      \" . . . j a i vu dans leur nuance délicate\n                  L e m irage lointain des Edens et des deux. „\n"}, {"page_pdf": 136, "texte": "                                         - 105\n   Oh ! oui, tes yeux font rêver à tout ce qui est beau, à l’infini, à l’idéal,... à\nl’amour. J e t’aime, je t’aime, je t’aime. .; je ne me lasse pas de le dire, car mon\namour est infini. J e voudrais être tout à toi et toujours... Mais comment recevras-\ntu cette lettre? Je n’ose espérer que tu la conserves pour la relire, le soir, en\nte couchant, alors que ta tête, entourée d’une blonde auréole, se profile sur la\nblancheur de l’ oreiller. Mais je t'en prie, ne te moques pas de mes aveux; j ’aimerais\nmieux un non catégorique que de voir éclore sur tes lèvres carminées un sourire\nironique; reçois-les au moins comme un hommage à ta beauté, un hommage d’un\ncœur épris qui n’espère, qui ne demande qu’un regard de toi pour être le plus\nheureux des heureux.\n   Je dépose mon cœur à tes pieds.\n\n                                                                        NESTOR.\n\n\n   Il fallait entendre les réflexions de ces petites espiègles! Il fallait voir leur mine\népanouie   et sur les \" lèvres carminées „ de Paule, ce \" sourire ironique „ que\ncraignait tant le pauvre amoureux. Amant infortuné, si tu avais vu la belle, je\nsuis certain que tu te serais poignardé de douleur. Franchement, entre nous soit\ndit, Paule est moqueuse, mais d’une moquerie méchante. Elle vous dit souvent\ndes choses blessantes, vous lance des coups de fouet cinglants; non qu’elle soit\nméchante par nature : elle est toute de premier mouvement, d’une légèreté qu’elle\nest souvent la première à regretter. Ainsi, séance tenante, au milieu du jardin,\nentourée de ses amies, elle griffonna au crayon, sur un morceau de papier à\ndevoir, la réponse suivante :\n   « Vous avez des idées très jolies, très légères, très touchantes, mais comme je\n» ne suis pas disposée à vous rendre le plus heureux des heureux, il faudra vous\n» contenter d’être le plus malheureux des malheureux. Comme j ’ai le cœur assez\n» compatissant, je veux bien vous accorder une satisfaction : je ne déchirerai pas\n» votre lettre et je vous promets de la mettre dans ma collection à côté de toutes\n» celles qui m’ont déjà été adressées. J e vais même jusqu'à vous confier que j'ai\n» l’intention de   publier   une   anthologie d’épistoliers amoureux      et que        vous y\n» figurerez... pas tout à fait au premier rang. »\n\n                                                              P a u l e d e R ic o u r t .\n"}, {"page_pdf": 137, "texte": "                                     - 106 -\n\n                                                                Mercredi 28 mai.\n\n   Marguerite Loiseau est rentrée aujourd'hui. Nous l’attendions avec impatience.\nElle s’est d’abord excusée de n’avoir pu nous apporter autant de livres qu’ elle\naurait voulu. Ordinairement elle fourrageait dans la bibliothèque de son frère, mais\nil faut croire que celui-ci s'était aperçu de ces petits larcins, car il avait presque\ntout mis sous clef. Elle n’a pu enlever que quelques bouquins épars sur une étagère :\nAmants, de Paul M argueritte— Manon Lescaut — un volume de l’histoire du peuple\nd’Israël — la faute de l’abbé Mouret — un numéro d'une revue agricole. — Nous nous\nsommes partagées ces différents ouvrages ; j ’ai pris — étant la plus grande — la\nfaute de l’abbé Mouret.\n\n                                                                    Jeudi 29 mai.\n\n   Ce matin, au point du jour, étendue paresseusement dans mon           lit, j ’ai continué\nnon à lire mais à dévorer mon roman.        J ’ai divisé mon livre en     quatre parties\ncomprenant chacune un certain nombre de feuillets pouvant facilement se cacher\nsous un tablier ou entre les pages d'un     autre livre. J ’ai glissé trois de ces parties\ndans le ressort de mon lit....\n   Ce soir, à l’étude, mes devoirs finis,   je me suis remise à la       lecture de mon\nroman.   La   sœur surveillante se pâmait d’admiration devant       quelques cantiques\ncélestes dus à l’imagination enthousiaste d’un hystérique quelconque de la littérature\nsacrée ; de temps en temps elle levait les yeux de dessus son livre et promenait\nson regard où il y avait encore quelque chose d’extatique, sur la classe. Pas habituée\nà me voir si tranquille, la brave sœur me demanda : — Mademoiselle, que faites\nvou s? — Je lis. ma sœur, répondis-je avec l'aplomb que donne la vérité. Et que\nlisez-vous, mon enfant? La “ Vie des Saints,, dis-je hypocritement. — T rè s bien,\nc’est une lecture très édifiante où l'on apprend.....\n   Je m’étais remise à lire.\n\n                                                                Dimanche 1 juin.\n\n   Hier soir, le gaz éteint, le dortoir plongé dans l'obscurité et le silence, je rêvais\ntout éveillée aux scènes troublantes que Zola m’avait fait entrevoir... Je       songeais\nà l’abbé Mouret, à son existence calme et tranquille,     toute de dévotion, à sa vie\ns’écoulant uniformément heureuse entre sa sœur et la Tense, sa servante, une virago.\n   Une espèce de religiosité planait sur cette existence, la rendait pour ainsi dire\ndétachée de la terre. Aucun écho du monde n’arrivait dans ce village perdu des\n"}, {"page_pdf": 138, "texte": "                                         - 107 -\nArtaud, et rien de ce qui se passait dans le village n’arrivait jusqu’à la cure. Le\npauvre abbé semblait vivre dans un oubli de tout et de tous, se contentant d’aller\nvisiter quelques malades et de lire son bréviaire.... Mais quelle révolution soudaine\ns ’est faite dans ce cœur vierge de tous sentiments qui n’étaient pas des sentiments\nreligieux? La vue d’Albine, la fille de Janbernat, gardien du Paradou, a suffi pour\ndonner libre cours à ses sentiments qui jusqu’alors avaient été repliés sur eux-\nmêmes au fond de son cœur.         Il   semble voir   le vide de son existence. Il avait\naccepté la vie sans enthousiasme comme sans chagrin, et cette vie s'était écoulée\nuniformément plate dans la crainte de Dieu et le plaisir de le servir. S a jeunesse,\nil l’avait consacrée à Dieu ; il aimait son Dieu d’un amour infini, et déjà, au séminaire,\nil avait été douloureusement ému de voir que parmi ses compagnons, il s’en trouvait\nqui n’étaient pas religieux comme il aurait voulu qu’ils        fussent, et que    l’intérêt\nfaisait embrasser une carrière pour laquelle ils ne se sentaient aucune           vocation.\nIl revivait en souvenir sa vie de séminariste. Mais il avait la hantise de cette fille,\nelle, l'enfant d’un libre-penseur, d’un mangeur de curés. Il sait bien le pauvre abbé\nqu’il fait mal, mais il ne peut se défendre d'y penser. S a tête est en feu. Il tremble,\nses tempes battent avec violence, ses dents s’entre-choquent et clans son délire il\nla revoit telle qu'il l’a vue au Paradou, “ la tête renversée, la gorge toute gonflée\nde gaieté, heureuse de ses fleurs, des fleurs sauvages, tressées dans ses cheveux\nblonds, noués à son cou, à son corsage, à ses bras minces, nus et dorés. „ Oh !\ncette vision qui le hantait, qui le torturait, qui le fit tomber sans force sur le parquet.\n\n\n   Et puis ces quelques semaines passées au Paradou. S e rg e a perdu souvenance\nde tout. Il n’est plus prêtre, il est homme et il se laisse aller, sans remords, sans\nhésitation, à l’amour que lui inspire Albine. C ’est elle qui l'a soigné, qui a assisté\nà sa convalescence, qui a soutenu ses premiers pas dans le parc. A h ! vous, parc,\nfleurs, arbres, que je vous aime! et dans quel trouble vous m’avez jetée! Et ce\ntrouble que j ’ai ressenti, S e rg e a subi le charme de son influence aussi. Il ne s’en\ndéfend pas, il aime et se laisse aimer sans savoir bien démêler, analyser le\nsentiment qu’il éprouve pour sa garde-malade... Et que de tableaux charmants nous\nprésente ce Paradou! Je vois encore S e rg e endormi sur l’herbe, dans un berceau\nde roses; avec quel ravissement j ’ai lu l’air qu’a chanté l’auteur sur les façons\nd’aimer des roses! En lisant ces quelques lignes — et d’autres encore — en me\nles remémorant même, un frisson m’agite; il me semble que je suis grisée par les\nenivrantes senteurs qui se dégagent de partout; je voudrais serrer quelqu’un dans\nmes bras, le couvrir de baisers tendres et amoureux. ...\n   Tout était beau dans ce Paradou : les arbres, les fleurs, les oiseaux, Albine,\n"}, {"page_pdf": 139, "texte": "                                          - 103 -\n Serge.... S e rg e surtout, S e rg e avec \" ses membres fins, la posture carrée, les\népaules rondes; une bouche grave et douce, des joues fermes, un nez grand, des\nyeux gris, très clairs, souverains. Ses longs cheveux qui lui cachaient tout le\ncrâne retombaient sur ses épaules en boucles noires, tandis que sa barbe, légère,\nfrisait à sa lèvre et à son menton, laissant voir le blanc de la peau „... Et les\ncourses dans le Paradou, S e rg e portant Albine assise à califourchon sur son dos;\nles ruisseaux aux eaux argentées, miroitant a u soleil, où barbotaient les amoureux,\nmouillant leurs blanches chevilles ; les repos sous la verdure, ces déjeuners impro­\nvisés, ces rires, le murmure de leurs paroles, leurs poses honnêtement impudiques,\nleurs longs regards, francs, ouverts. Mais un jour ils surent leur amour. Ce jour-là\nils eurent comme peur l’un de l'autre, ils n’osèrent se regarder, se toucher, vivre\ndans la familiarité troublante où ils avaient vécu jusqu’alors. Mais quand cette crise\nfut passée, leur amour éclata plus grand encore, réclamant ses droits. Oh ! ineffable\nmoment où du parterre partait « un long chuchotement qui contait les noces des\nroses, les voluptés des violettes! » Et cet embrassement de deux êtres qui se\ndonnent tout entiers l’un à l’autre, là, au milieu de la nature en joie, sous la\nramée où les oiseaux joignent leurs trilles harmonieux et leur troublant gazouillis\naux tendres baisers des amants . . .             ................................................................................\n\n\n     Je m’endormis; ce matin je me retrouvai dans mon lit tenant mon coussin serré\ncontre moi. A       10 heures, comme tous les dimanches, nous avons assisté à la\nmesse, dans la chapelle du couvent. Quand le curé est entré, je me suis retournée\npar un mouvement instinctif; je l'ai suivi des yeu x jusqu’à l’autel, croyant trouver\nen lui quelque chose de S e rg e ; mais il m’a semblé plutôt le portrait vivant de\nl’ignoble frère Archangias... Et pendant qu’il priait, comme hier soir j ’ai rêvé....\nJ ’étais dans un jardin immense : au détour des venelles bien sablées, bien sarclées,\nil y avait maints endroits écartés, vrais nids d’amoureux, où l’air était embaumé\nde   ces   mille   senteurs   qui   alanguissent, où les grands arbres laissent à                                    peine\nfiltrer quelques rayons de soleil qui viennent se jouer sur le sable du                                            sentier\net semblaient des paillettes d’or, où le silence invitait aux confidences, aux entretiens\nintimes, aux doux épanchements, où la pénombre de tous ces grands arbres me\nfaisait trouver plus beau le jeune homme que j ’aime, où je le serrais dans mes\nbras, et les lèvres sur les lèvres, lui donnais dans un indicible baiser, dans un\nbaiser voluptueux, tout ce que j ’avais d’amour en moi.\n                                                                            P o u r copie conforme :\n                                                                                  P ie r r e H a n c a r t .\n"}, {"page_pdf": 140, "texte": "                    - 109 -\n\nSON N E TS.\n        LEVER           D E LU NE.\n\n                                        Que la fraîch eu r du soir descende\n                                        E t que son om bre se suspende\n                                        Comm e une gaze dans les airs.\n                                                        (CH. d e N u g e n t ).\n\n\n\nA l'horizon teint de pourpre et d ’azur,\nLent, le soleil a quitté la colline;\nE t l'aube qui su r le vallon s’incline\nE pa n d ses lueurs dans le bois obscur.\n\nUn vent souffle, doux, fleurant bon, très pur,\nQ ui berce le pin vert et l'églantine ;\nOn perçoit pleurer la source argentine,\nE t le bruissement houleux du. blé mûr.\n\nL e ciel s'assombrit, le silence plane ....\nSeul dans le lointain un coucou ricane;\nD une mare sort un coassement....\n\nTout à coup au ciel l'orient s ’enflamme,\nE t l’astre des nuits, p a r sa douce flamme,\nVient, blême, argenter le val mollement.\n\n\n\n            S É R É N A D E .\n\n                      Ma corde de fer sonne au x com bats sous l’a rm ure,\n                      S u r ma corde d’argent le doux am our m urm ure.\n                      E t dans m a corde d’or pleure un hym ne du ciel !\n                                                            ( A im é G i r o n ).\n\n\n\nC'est un vieux château. S u r ses g ra n d s donjons\nL a lune répand sa lumière pâle ;\nL a brise du soir, fa ib le comme un râle,\nDans ses fo ssés noirs fa it fr é m ir les joncs.\n\nDoux, susurrant comme un chant de grillons,\nOn entend, troublant la nuit estivale.\nUn son languide et triste qui s’exhale\nTandis qu’un écho lointain lui répond...\n"}, {"page_pdf": 141, "texte": "                      - 110 -\n E t l’on aperçoit tout près de la porte,\n Dans les ajoncs fins, hachures d'eau forte,\n L à , contre le mur, au pied de la tour,\n\nSous l'appartement de sa damoiselle,\n L u i sérénadant une villanelle\nE n pinçant son luth, un blond troubadour.\n\n\n\n\n           FIN D E L U T H .\n\n                                           T o ujo urs intact aux y e u x du m onde.\n                                           Il sent croître et pleurer tout bas\n                                            S a blessure fine et profonde....\n                                           Il est brisé.... N 'y touchez p as !...\n                                                                   ( S u l l y - P r u d h o m m e ).\n\n\nL e luth en un coin g ît abandonné,\nAphone depuis que la châtelaine\nDans le cimetière, au pied d ’un troène,\nRepose sous son tertre écussonné.\n\nMais il est fêlé, la s ! le luth chiné\nComme une fem m e en robe de futaine ;\nPeu à peu la fente en son cœur d'ébène\nGagne, et nul ne sait qu’il est écorné! —\n\nPeut-être qu’un jo u r une damoiselle,\nE n fredonnant sa romance nouvelle,\nP ren d ra le vieux luth, puis d'un doigt léger\n\nPincera la corde et voudra chanter....\nM ais rien qu’un son sourd et plein d ’ironie\nOui sera la fin de son agonie !\n\n                            R o d r ig u e S ê r a s q u i e z .\n"}, {"page_pdf": 142, "texte": "         B IB L IO G R A P H IE .\n          R evue des revues.                                J e ne le connais pas, ce sylphe des ténèbres,\n                                                            Qui vient mêler son deuil à mon ciel; or, d’oit vient\n   Le Mercure de France ( ju in ) contient plusieurs        Que mon œil aime ta langueur triste du sien,\np ièce s de v e r s fort bien venu es, parm i lesquelles    E t mon front te contact de ses voiles funèbres,\nL a Tartane de S ain t-P ol-R ou x, Le Chant du silence     C’est que vers nous,pensif, il vient des sombres bonis.\nd e L o u is Oumur, Litanies de Je a n Court. Citons        S a voix plaintive évoque en nos âmes émues\ntout particulièrem en t Le Voile de P . R oinard. A         Le cher ressouvenir des voix qui se sont tues.\nsign aler aussi, dans ce fascicule, d eu x études\nlittéraires : l’une su r H uysm ans p a r R e m y de        Mais ces regrets lointains de nos bien-aimés morts\nG ourm ont, l’autre su r Georges Rodenbach p ar             Ne blessent plus le coeur que d’ une main faiblir,\nC h arles M erki. Cette d ern ière surtout est bien         Et j ’ aime ta douleur, sainte Mélancolie !\ntra va illée . M. M erki nous p arle du nouveau livre\nde Rodenbach, Le Règne du silence.                             S o u s le titre : Les Enchanteresses de ta Musique,\n                                                             ap rès nous avo ir parlé dans les précédents num é­\n    D an s s a dern ière œ uvre, la religion du rêve         ros du Sylphe, des héroïnes de Gounod et de\nhante le jeu n e poète qui, dans L a Jeunesse Blanche        Thom as, ce sont celles de M assenet, dont M. G a ­\nnous dépeignait d’une façon si délicate, si m ystique,       briel M onavon s ’ occupe aujourd’hui. T o u r à tour\nle s antiques béguinages de nos vieille s villes             défilent devant nos y e u x les créations du m aître\nflam andes, à demi d ép eu p lées, se m ourant d’ennui       qui a si bien su chanter “ l’éternel féminin „ Manon,\ndans leur solitude, les quais d éserts de B ru g e s —      Salomé, Esclarmondc, Chimène, Anahita, l ’arheda.\nla grande endorm ie — ou bien la sym phonie grêle           Critique m usicale in téressan te, un peu superficielle\nd es carillons dans la quiétude d es soirs d’été.           peut-être.\n                                                               D ans le supplém ent ré se rv é aux écrivain s non\nE t voici que soudain les cloches agitées                   dauphinois, à lire une piquante épigram m e de\nEbranlent le Beffroi debout dans son orgueil,               G u stave Nadaud et une foule de charm antes p ié­\nE t leurs sons, lourds d'airain, sur la ville au cercueil   cettes de vers, dont je ne puis citer les auteurs ici.\nDescendent lentement comme des pelletées!                   l’esp ace du jou rnal ré servé à la bibliographie\n                                                            étant trop restreint.\n                                                                                         *\n   Chose curieuse, bien que M. R odenbach soit                                           **\np resq u e un concitoyen — il a fait ses études à\nG and — ses œ u vres sont pour la plupart totale-             La Jeune Belgique ( J u in ) . L e jo li conte que L e\n                                                            Massacre des Innocents, d’E ugène D em older. C ela\nm ent inconnues chez nous. C ela est triste à avouer,\nm ais c’est ainsi. Il est v ra i que les artistes ne        vous ém eut vraim ent et on com patit à la d ouleur\n                                                            des bonnes gens d’Y perd am m e, dont les m arm ots\ncourent p as ap rès les b ra v es lecteurs : ils écrivent\np ou r eux-m êm es et pour leu rs égaux.                    ont été m assa cré s p ar ordre du m échant ro y\n                                                            H érode.\n                                                              L a Jeune Belgique insère une lettre du baron de\n                                                            H aulleville, qui se lam ente su r l’état de m arasm e\n   Le Sylphe ( M a i) . B eaucoup de jo lies ch oses dans   dans lequel est tombé l’art dram atique. L ’au teu r\nle num éro de mai de la revu e dauphinoise. L e s           de la lettre croit avo ir trouvé le m oyen de faire\n                                                            ressu sciter le g ran d art et c’est ce qu’il expliqu e\np oètes surtout ont bien donné : H enri B ossann e,\n                                                            longuement. Son projet est-il ré a lisa b le ? J e le\nC. Niemand, Fernand D ém ovios, A im é Gém in,\n                                                            voud rais, m ais j ’en doute fort.\nF a b re des E ssa rts, etc. Une mention spéciale pour\n                                                              L a Mendiante d’A n d ré F o n tain as, Vers de\nle sonnet de G u stave R ivet, Mélancolie, qu’en\n                                                            G u stave K a h n , Sonnets d e H enri de R é gn ie r et d es\nam ateur de v e rs beau x et bons, je tran scris ici :\n                                                            Chroniques Littéraires fort bien faites, com plètent\n                                                            un num éro de p rem ier ordre.\n                Mélancolie.                                                                  *\n                                                                                         *       •\n\n\nParfois, dans les éthers oit je m'envole, heureux,            Les Jeunes ( M a i- Ju in ) . M. Je a n D elville a com ­\nUn sylphe lent et morne aux lourdes ailes sombres           m encé dans ce num éro double, la publication d’une\nPasse, attristant mes yeux de ses yeux chargés              étude : Le Symbolisme Pictural qui p ré se n tera\n                                          [d ’ombres]       certes un intérêt véritab le à en ju g e r p ar les quel­\nE t creusant sur mon fro n t un sillon douloureux.          ques p ages p aru es ju sq u ’ici.\n"}, {"page_pdf": 143, "texte": "                                                                  112\n  L e s ve rs tiennent la p rem ière place dans ce                      Revue Libre ( J u in ) . L e deuxièm e num éro de la\nfascicule : rem arqués ceu x de Ch. F ra p p a rt,                   Revue Libre, s ’ou vre p ar un article de M. Cam ille\nTouchard et surtout Les Croix d e T rista n M al ­                   Lem onn ier, su r le peintre Henry Degroux.\ndange. D ans une des dern ières liv ra iso n s des                      “ Q uelque part, en ce lazaret d’am putés, dit\nJeunes, le poète ava it d éjà chanté cet instrum ent                 L em onn ier en parlan t du salon des A rts-L ib é ra u x ,\nde supplice pour lequel il sem ble a v o ir un faible.               en ce croupissem ent de casem ates b o u rrées de\nLes Croix le hantent assurém ent.                                    tous les rebuts d’atelier, gorgées de toutes les\n                                                                     m ises-bas d’éco les, en cette fou rrière d 'ép av es\n                L E S C R O IX .                                     ra m a ssé e s su r le s trottoirs de l’idéal, tout à coup\n                                                                     une seco u sse, un p oignement d evan t un pan de\n        O la tristesse des croix solitaires,                         mur, quatre cadres isolés qui vous hantent et\n        L a tristesse des rigides croix                              qu’on ne peut plus quitter....\n        Tendant aux carrefours leurs bras de bois                       Ce jeu n e H en ry D egroux, cet esp rit im perm éab le\n        E t sous les pa/hdes clartés lunaires                        et vierge su r lequel a glissé, san s l’entam er, la\n        Leurs ombres s ’étendant par les chemins.                    co rro ssiv e éducation d'un tem ps p ropice aux\n                                                                     m alins et funeste au x instinctifs, tout à coup se\n         Et passent les nocturnes pèlerins                           dénonce épique, en fiévré de cataclysm es, torturé\n        S i lents, si mornes, vers les sanctuaires ;                d’im ages sanglantes, san s parenté avec aucune/\n        Et passent les caravanes mercantiles                        école, san s analogie avec ses d evan ciers, si ce\n        Des richesses d'âpres marchands.                             n’est peut-être D elacroix, affam é de m assa cre s et\n                                                                     de boucheries, tout em pourpré de ses ru isse lle ­\n       E t passent le rouge rut des crimes\n                                                                    m ents verm eils.\n       L es haines louches, les lâchetés viles,\n                                                                       L e s quatre toiles sont abattues com m e avec la\n       E t là-bas, dans les bois, les râles des victimes\n                                                                    cognée dans la forêt de la m ort; il fauche son â p re\n       E t le triomphe sanglant des méchants.\n                                                                    idéal dans les cham ps du m eurtre et du fratricide.\n       Tout passe, et les impassibles prunelles                     C ’est le cas d’un esp rit visiblem ent hanté p ar l’idée\n       Du Christ en croix fixent l’ immensité                       de l’exterm ination, tourné aux conceptions tragi­\n       E t semblent contempler de lointaines eités,                 ques et funèbres. L a Mort, chez lui, récu se les\n       Une floraison d’âmes plus belles.                            plastiques s e r e in e s ; elle se p rop ose violente et\n                                                                    forcen ée; elle sous-entend les m êlées, les la rg e s\n   C e num éro renferm e encore de la p rose de                     p laies fum antes, les je ts et les bouillons de la s è v e ;\nMM. D elchevalerie, A rn a y , H en n eb icq e t des satires        elle bram e et se rue comme les ch evau ch ées de\np assablem ent m ordantes de MM. Géo M auvère et                    l’A po calyp se....\nG y p se y . Som m e toute, num éro de réelle v a le u r               La Croix de Cam ille R o u ssel est une belle p ag e,\net qui prouve, quoi qu’en disent certain s hargneux,\nqu’il ne faut p as être académ icien et avo ir cin­                     Il est p ris de la mer qui rugit en cadence\nquante ans révolus pour faire bien.                                     E t roule en ses sanglots des baisers de romance\n   L e réd acteu r d es Jeunes, G eo M auvère vient de                  Une très noire croix, comme un hautain remord\nlan cer son p rem ier volum e, un album de v e rs et                    Elevant ses longs bras en un paix de mort.\nde p rose : Mascarades (Sur fo n d d’ o r — D ’Amour)\net Le Magot, conte m oderne. P rix : 1 f r . 5 0 .\nOn souscrit au bureau des Jeunes, 6, rue de F e r,\n                                                                      Recueillement de Je a n D elville et Effroi de l’âme\nNamur.\n                              *                                    de H en ry C lassant, com plètent la partie de v e rs\n                             9 *\n                                                                   de ce fascicule. P o u r la p rose, à sign aler encore :\n   La France Moderne ( 28 M a i . 1 1 J u i n ) . T o u jo u rs    Au mont Whitney de H enri C lassan t et une étude\nintéressant jo u rn al que la France Moderne.D ans les             littéraire approfondie, celle là de M. Je a n D elville\nd eu x d erniers num éros, j ’ai lu avec p la isir deux            su r la nouvelle œ uvre de H u ysm ans : Là-bas.\nsonnets : Pour l’Aimée de S ain t-Y vè s et l'Atome                   R e le v é , dans le s Tablettes de la Revue Libre ce\nde H en ry D e B ra isn e . U ne autre jo lie poésie : La          mot charm ant de M. Van W am beke, à propos du\nFenêtre de Fern an d M azade. A m entionner encore                 style de Cam ille Lem o n n ier : “ Ce n’est p as un\nd es articles de p rose de Pau l CoiTinières, De                   B elge, cet auteur là, m ais un F ran ça is ! „ D élicieu x !\nSavignac, A lb ert Jh o u n e y , C h arles Couplet, etc.\n                               *\n                              9 9                                                                         L o u is V é h e n n e .\n"}, {"page_pdf": 144, "texte": "       PU\n        BLIC\n           ATIO\n              NSR\n                ECO\n                  M M\n                    AND\n                      EES.\n\n\n  1. L a Jeune Belgique, Revue Mensuelle. — Boulevard d’Anderlecht, B r u x e l l e s .\n         Abonnement 1 0 francs.\n 2. L a Revue Belge. — Rue de Bériot, 42, L o u v a in .\n         Abonnement un an 4 fr. ; le numéro 2 0 centimes.\n 3. Les Jeunes, Revue Mensuelle. — 6 , rue de Fer, N a m u r .\n         Abonnement ô francs.\n 4. Les Annales Gauloises, Revue Littéraire & Artistique. — Paraissant le 5 et le 20 de\n      chaque mois. — Rédaction : P a r is , 17, rue du Commandeur.\n        Abonnement 6 fr. ; prix du numéro 8 0 centimes.\n 5. L e Sylphe, Revue Mensuelle. — 8, Faubourg Trois-Cloitres. G r e n o b l e .\n        Abonnement 6 fr. ; prix du numéro 5 0 centimes.\n (i. Le N ord Littéraire, Revue Mensuelle. — 113, rue de Paris, VALENCIENNES.\n        Abonnement un an 5 francs.\n 7. Bulletin Littéraire Mensuel de la Société L'Amicitia, V al e n c i e n n e s .\n        Abonnement un an 6 francs.\n 8 . L ’A rt moderne paraissant le dimanche). — Rue de l’Industrie, 32, Bruxelles.\n        Abonnement un an 1 0 francs.\n 9. M ercure de France, Mensuel. — Rédaction, 15, rue de l'Echaudé, St-Germain, P a r i s .\n         Abonnement un an 7 fr.; pris du numéro 6 0 centimes.\n10 . Revue L ib re , Mensuelle. — Rédaction : 15, Chaussée deW avre, Bruxelles.\n        Abonnement un an 5 fr.; prix du numéro 5 0 centimes\n11 . L a France M odern'. — Bureaux: 15, Boulevard du Nord,Marseille.\n        Abonnement un an 6 fr. : prix du numéro 1 0 centimes.\n"}, {"page_pdf": 145, "texte": ""}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 7, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1891-07", "signet_source": "Première année - N°7 - Juillet 1891", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 126 (« Première Année. N° 7. JUILLET 1891 »).", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}