{"numero_id": "ulb-reveil-1891-10-n10", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "articles": [{"article_id": "ulb-reveil-1891-10-n10-001", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Prem ière Année. N° 10. OCTOBRE 1891", "ancre_fin": "REVUE MENSUELLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMA I R E D U N ° 1 0", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 186, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 348, "texte": "Prem ière Année. 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OCTOBRE 1891,\n\n\n\n    ESSAIS                                    P U B L IE S P A R L E\n\n\n\n\nCERCLELITTERAIRE\n              F\n              R\n              A\n              NC\n               IS         REVUE MENSUELLE.\n\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-10-n10-002", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMA I R E D U N ° 1 0", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 186, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 348, "fin_caractere_exclue": 1649, "texte": "SOMMA I R E D U N ° 1 0                                         .\n      Dans le N o r d ................................... Louis V é h e n n e .\n      Sur l ’eau ( T rio le ts    )   .............................................. R o d r i g u e S é r a s q u i e r\n\n      P o r t r a i t s .......................................... J e a n N o v i s . :\n\n      S o n n e t s ........................................... R o d r ig u e S é r a s q u ie r                          j\n      V o ix e n v o lé e s ................................... L éon L u c y -M a r\n\n      B ib lio g r a p h ie   ................................................... FREDERIC FRICHE\n                                                                               I Louis D. B.\n\n\n\n\n            P r i x (lu n u m é r o : 4 0                                          c e n t im e s .\n     P r i x d e l ’a b o n n e m e n t : u n                                      a n 4 fra n c s .\n\n\n                                      BUREAU            DU J O U R N A L :\n G A N D ,7 1 , R U E D E F L A N D R E , 7 1 , G A N D\n\n                                                   GAND,\n        Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER, rue Savaen, 32.\n\n                                      TOUS       DROITS           RÉSERVÉS\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-10-n10-003", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "N . - B . — Il sera rendu compte", "ancre_fin": "bureau du Journal.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PUBLICATIONS RECOMMANDEES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 187, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 326, "texte": "N . - B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra au\n                      bureau de la rédaction, RUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                   L es journaux ou revues qui désireraien t faire l’échange\n                       sont priés de s ’adresser au bureau du Journal.\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-10-n10-004", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Publications recommandées", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PUBLICATIONS RECOMMANDEES", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 187, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 326, "fin_caractere_exclue": 1890, "texte": "PUBLICATIONS RECOMMANDEES\n\n 1. La Jeune Belgique, Revue Mensuelle. — Boulevard d’Anderlecht, B r u x e l l e s .\n          Abonnement 1 0    francs.\n\n 2. La Revue Belge. — Rue de Bériot, 42, L o u v a i n .\n          Abonnement 1 1 1 1 an 4k fr. ; le numéro 2 0    centimes.\n\n 3 . Chimère. Revue Mensuelle. — Rédaction: rue du commandeur. 17, P a r i s .\n          Abonnement       francs.\n\n 4. L ’Ermitage, Revue Mensuelle. — Rédaction : Rue de Varennes, 20, P a r i s .\n         Abonnement 1 2     fr. ; prix du numéro fr. 1 - 2 5 .\n\n 5   . Le Sylphe, Revue Mensuelle. — 8 , Faubourg Trois-Cloîtres, G r e n o b l e .\n         Abonnement O fr. ; prix du numéro 2 5 0 centimes.\n\n 6. Le N ord Littéraire, Revue Mensuelle. — 113 , rue de Paris, V a l e n c ie n n e s .\n         Abonnement un an 5          francs.\n\n7. La JÀbre critique.— Paraissant le Dimanche. Rédaction : Rue Souveraine, 37, Bruxelles.\n         Abonnement un an 8          francs. — Le numéro 2 0      centimes.\n\n 8. L ’A rt moderne (paraissant le dimanche). — Rue de l’Industrie, 32, Bruxelles.\n         Abonnement un an 1 0         francs.\n\n 9. Mercure de France, Mensuel. — Rédaction, 15, rue de l’Echaudé. St-Germain, P a r is .\n         Abonnement un an 7          fr ; prix du numéro 6 0    centimes.\n\n10. Revue L ib re, Mensuelle — Rédaction : 15, Chaussée de W avre, Bruxelles.\n         Abonnement un an 2S fr.; prix du numéro 2 5 0 centimes\n\n1 1. La France M odem ?. — Bureaux: 15, Boulevard du Nord, Marseille.\n         Abonnement un an 6          fr. ; prix du numéro 1 0   centimes.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-10-n10-005", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 145, "page_fin": 150, "titre_corps": "Dans le Nord", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Véhenne", "ancre_debut": "DANS LE NORD. S O U V E N IR S DE VOYAGE. Tartarin", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 188, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 59, "fin_caractere_exclue": 2256, "texte": "DANS LE NORD.\n                       S O U V E N IR S DE VOYAGE.\n\n  Tartarin,    dans   son   exagération, est encore concevable en Suisse, pays trop\ncivilisé, peut-être; au contraire Daudet n’aurait jamais eu l’idée de faire voyager\nson héros à travers les A lpes Scandinaves. C ’est encore trop authentique par là.\nOn n’y trouve pas de chamois apprivoisés.\n  L a Scandinavie et la Su isse se ressemblant sous tant de rapports quant à la\nnature du sol, différent entièrement pour tout ce qui regarde la commodité des\nvoyageurs, ainsi les moyens de transport, le logement, la nourriture, etc.\n  L a N orvège, c’est la nature nue, dans toute sa grandeur sauvage; la Suisse,\nc ’est la nature fardée, souriant aux visiteurs comme une jolie femme à ses admirateurs.\n  En Suisse, vous rencontrez partout des hôtels somptueux; il n’y a rocher sur\nlequel on n’ait construit quelque ruine pittoresque, faisant bien dans le tableau. En\nN orvège,     vous trouverez des paysages tout aussi grandioses, mais si vous vous\naventurez dans le cœur même du pays, c’est dans de pauvres hôtels — si on peut\nappeler hôtels, les baraques où l’on est quelquefois obligé de nicher — que l’on\nse voit d’ordinaire forcé de passer la nuit. Il faut aussi s’habituer à la nourriture\nquelquefois moins, que ragoûtante.\n  Ce n’est certainement pas le cas pour les grandes villes du Nord. A Stockholm,\nà Copenhague, à Christiania, partout des hôtels de premier ordre, à Stockholm\nsurtout, qu’on peut appeler sans exagération le Paris du Nord. Stockholm est sans\ncontredit, d’abord par      sa situation, une des plus pittoresques, ensuite par les\ndistractions qu’elle offre, une des plus séduisantes cités de l’Europe. C'est une de\nces villes qui produisent sur l’imagination des voyageurs une sensation irrésistible,\nune de ces villes que l’on regrette de quitter et dont le souvenir reste bien vivace\ndans la mémoire.\n  Théâtres, m usées,'rien ne manque à la curiosité du touriste : à citer surtout le\nMusée du Nord, dont l a surveillance est exercée par des Dalécarliennes en costume\nnational, fort jolies, ma foi, avec leur petit corset blanc et bleu, leurs longues\njupes rayées, leur bonnet original, cachant les cheveux.\n"}, {"page_pdf": 189, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2860, "texte": "                                       - 146 -\n  A Stockholm, on dirait que les gens ne songent qu’à s’amuser. S i vous vous\npromenez le soir le long des belles avenues qui ornent la capitale, à chaque pas\nvous rencontrez un café-restaurant où de braves Suédois vident leur punch au\nson de la musique. L e punch est leur boisson favorite, et ils en font une grande\nconsommation. Ils n’ont pas tort, du reste, car soit dit en passant, c’est un breuvage\nexquis. T ous les soirs, illumination des jardins qui entourent ces différents cafés :\nl’on croit assister à une perpétuelle kermesse, et rien , n’est joli comme ces lumières\nmulticolores se reflétant dans l’eau du lac, donnant à la ville un aspect vraiment\nféerique.\n   J ’ai assisté, à l’Opéra, à une représentation de Roméo et Juliette, en suédois.\nQuelle langue dure et heurtée! Les deux amants de Vérone avaient plutôt l’air\nde se lancer des injures à la tète que de se débiter des douceurs de caram els.\nSomme toute, bonne interprétation, pas digne cependant d’ une capitale.\n   Au sommet de l’ascenseur qui relie la ville basse à la ville haute, on a une\nvue splendide de Stockholm. A ses pieds, le lac Maelar, tout découpé par des\ngolfes et des promontoires, sur lesquels s’étagent de gracieuses maisons de cam­\npagne, puis, plus loin, le port avec sa forêt de mâts hérissés,, puis, là-bas, la\nmer et l’infini.... Et tout cela vu par un temps bien clair, éclairé par un beau\nsoleil, offre un tableau saisissant.\n   Bien autre que Stockholm est Christiania, ville offrant peu d’intérêt et assez\ntriste. Une rue fort animée, puis, plus rien. Christiania jouit cependant d’une très\nbelle situation. L a capitale est placée au fond du fjord, entre la mer et les mon­\ntagnes, ses maisons blanches se mirant dans l’eau, et devant, des îles verdoyantes,\ndéposées un peu partout comme des corbeilles de fleurs,\n  Ce qui laisse beaucoup à désirer en N orvège, ce sont les chemins de fer*\nvéritables tortues rampantes.    L e s distances qui séparent   toutes   les villes   sont\nterriblement longues, et avec    cela le temps qu’on perd en route...! De Stockholm\nà Christiania, le trajet ne compte pas moins de dix-huit heures, et de Christiania\nà Copenhague, la distance est tout aussi longue.\n   Cette dernière ville est très curieuse à visiter. Riche en musées, en châteaux\nhistoriques, en œ uvres d’art de toute sorte, elle ferait les délices des archéologues.\n   Son musée ethnographique où l’on voit se développer à travers les âges la\ncivilisation des peuples du Nord, est peut-être unique en Europe. Partis des temps\nles plus recu lés, des troglodytes, nous voyons successivement l’âge de pierre,\nl’âge de bronze, l’âge de fer... puis, plus loin, le moyen-âge, les temps m odernes,\nenfin nous arrivons    en plein X IX e siècle.   C ’est toute l’histoire de l’humanité\nrenfermée dans quelques salles.\n"}, {"page_pdf": 190, "page_imprimee": 147, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2858, "texte": "                                    - 147 -\n   Une visite intéressante est celle du musée Thorwaldsen, le grand sculpteur\ndanois. Ici se trouvent réunies toutes ses productions, au nombre d’un demi-mille.\nDans la cour du musée, déserte et triste, une longue pierre recouverte de lierre,\nc’est là-dessous que repose l’auteur de ces chefs-d’œuvre.\n   Toutes les villes du Nord qui se respectent ont un Tivoli, sorte de grand jardin\nauquel on a accès moyennant une couronne. Dans ce jardin, on trouve tous les\nplaisirs imaginables; théâtres, cirques en quantité, panoramas, ballon captif, tirs,\ncarrousels, cafés, et que sais-je? Il y en a pour tous les goûts. Moyennant quel­\nques ôre, on visite successivement ces différents établissements qui offrent de quoi\ncontenter les plus difficiles. Ces Tivolis sont des sortes de foires permanentes.\nChaque soir il y a des illuminations, des feux d’artifices, etc. Encore une fois, les\ngens du Nord s’en donnent ferme. Ils sont moins froids qu’on veut bien le croire.\n   Copenhague est vraiment une ville attirante ; et quelles jolies promenades offrent\nses environs; quels ravissants points de vue en longeant le Sund. D ’un côté une\nmer bleue, bleue comme le saphir, avec des teintes verdâtres dans le lointain,\nvenant mourir à vos pieds, et de l’autre côté, non pas des dunes arides et tristes,\nmais une végétation luxuriante, des arbres fruitiers, des fleurs éclatantes, des petits\nruisseaux d’eau douce qui se perdent, là-bas, dans la forêt, en chantant, répondant\nà la grosse voix de la mer.\n   Une des excursions les plus intéressantes que l’on puisse faire, étant donné un\nséjour à Copenhague, est la visite du château de Rosenborg, plein de souvenirs\nhistoriques se rattachant à l’histoire des rois de Danemark.\n   Non loin de Copenhague se trouve Elseneur, bien connu de tous ceux qui ont\nlu Shakespeare. Là se dresse devant le touriste, la fameuse forteresse de Kron-\nborg, où le gouvernement prélevait autrefois le péage du Sund. L e château, qui\ndate de 1585, a été immortalisé par l’auteur d'Hamlet. Il paraît que ce n’est du\nreste pas là le château dont parle le poète. Cela est fort probable, mais j’aime à\ncroire que c’est celui-là. J ’y vois l’esplanade où l’ombre du feu roi se présentait à\nHamlet; il me semble que ces grands murs gris, léchés par la lune, sont bien\nceux sur lesquels les sentinelles voyaient chaque nuit passer le spectre. Je me\ncrois au théâtre et j’entends Hamlet dire à son père :\n   « Que tu sois un esprit bienfaisant ou un spectre infernal, que tu exhales autour\nde toi un parfum céleste ou les vapeurs de l’enfer; que tes desseins soient méchants\nou charitables, tu viens sous une forme si intéressante pour moi que je prétends\nte parler... »\n    A lors le roi défunt, de sa voix d’outre-tombe :\n   « Je suis l’âme de ton père, condamnée pour un temps marqué à errer ' la\n"}, {"page_pdf": 191, "page_imprimee": 148, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2814, "texte": "                                      - 148 -\nnuit, et le jou r à être emprisonnée dans les flammes, jusqu'à ce que les fautes\nimpures qui ont souillé mes jours pendant ma vie, soient consumées et purifiées\npar le feu.... »\n   Et là-bas, n’est-ce pas Ophélie, bercée par les flots, toute de blanc habillée....\nmorte? Non, c’est un rêve, rien de tout cela n’a jamais existé, mais le moyen de\nne pas laisser errer son imagination, de ne pas croire     à ce qui n’est pas ?\n   C ’est aussi dans les casemates de ce château que, selon la légende, demeure\nl’esprit qui protège le royaume, O gier le Danois, chanté dans les contes d’Andersen,\net c’est de là qu’il sortira pour voler au secours de la patrie le jou r où celle-ci\nsera en danger.\n   On montre encore dans la forteresse la chambre où la reine Caroline-Mathilde,\nfemme de Christian VII fut enfermée après qu’elle fut soupçonnée d’avoir eu des\nrelations trop intimes avec le ministre du roi, Struensée. Ce dernier, comme on\nsait, fut disgracié et mis à mort.\n   Dans un voyage en Scandinavie, il faut distinguer deux parties : l’une, la partie\nurbaine, avec ses distractions bien modernes, ses richesses artistiques, ses mœurs\nraffinées, l’autre, la partie rustique, avec son    étude de la   nature,   ses mœurs\nprimitives, la bonhomie franche et toute simple de ses habitants.\n   Pour celui qui aime cette étude de la nature, il sera servi à souhait en allant\nen N orvège. A     chaque pas il rencontrera de nouvelles merveilles. D ’abord, il\nverra des chutes d’eau que la Suisse est loin de posséder. L es plus remarquables\nsont celles de T rollhättan, non loin de Gothembourg. Elles sont au nombre de six,\ntoutes alimentées par le lac W ener qui reçoit dans son sein plus de vingt-quatre\nrivières. C es chutes se déversent à perte de vue, et ont été comparées, à juste\ntitre, parait-il, à celles du Niagara. L a plus haute est la chute Toppö, dont on a\nune vue splendide d’un petit pont jeté au-dessus des cataractes.\n   Partout d’ailleurs, n’importe où vous allez, vous trouverez des chutes d’eau. E t\nc’est un plaisir que de vo yag er dans ce pays où chaque tournant de route vous\nréserve une surprise, un point de vue tout neuf, non encore entrevu dans d’autres\nvoyages.\n   Souvent aussi on rencontre des Marmites de géants. Ce sont d’énormes blocs\nde pierre, que les glaciers fondus ont charriés à une époque très reculée et qi’i\nont été arrêtés par des rochers; l’eau continuant à les rouler sur place, leur a fait\ncreuser dans le roc même, des trous qui sont parfois assez profonds. Dans quel­\nques-unes de ces cavités, on trouve encore la pierre. D ’après la légende, les géants\ny faisaient leur cuisine d’où Marmites de géants.\n   La légende joue du reste un grand rôle dans ce pays, et les anciennes sagas\nse transmettent encore de père en fils.\n"}, {"page_pdf": 192, "page_imprimee": 149, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2936, "texte": "                                       _ 149 -\n   L e s habitants de la Scandinavie sont d'une honnêteté toute naïve; ils ignorent\nce que c’est qu’exploiter les voyageurs. Ils accueillent bien tous les touristes,\nindistinctement, mais ils ont cependant une antipathie marquée pour les Allemands,\net ne se gênent pas, au contraire, pour faire des démonstrations d’amitié aux\nFrançais. C ’est ainsi que bien souvent, à Stockholm, j ’ai entendu des concerts se\nterminant par une vigoureuse M arseillaise, étouffée par les hourras dé la foule.\n   Lorsque   vous allez visiter une contrée dans l’intérieur de la N orvège, le\nTélém arken, par exemple, il faut se méfier, je l’ai déjà dit plus haut, des hôtels\net de la nourriture. Il est bien triste vraiment que l’homme doive dormir et\nmanger, sans quoi ce serait une très belle excursion à recommander. Là, vous\nvoyez les    habitants tels qu’ils   sont, pas très civilisés peut-être, mais bons et\nsympathiques. C’ est là seulement que vous rencontrerez de ces maisons nor­\nvégiennes, si caractéristiques en leur rusticité primitive. A l’intérieur, une haute\ncheminée, dont le manteau supporte d’anciens chandeliers en cuivre, un grand lit,\nclôturé par des rideaux     en étoffe grossière,    de longs bancs en bois de chêne\ndevant une table massive tout encombrée de brocs d'étain. Un rouet dort dans\nun coin, aux murs sont appendues des images aux couleurs hurlantes, ainsi que\ndes assiettes de porcelaine, une petite lampe en cuivre se balance au plafond. T el\nest l’intérieur du paysan norvégien.\n   Toutes de bois, ces maisons; sur le seuil vous verrez une vieille femme fumant\nune pipe, vous regardant d’un air ébahi. D errière l’habitation se trouve remisé le\ntraîneau, qui n’attend que la première neige pour se lancer, rapide, traîné par un\nrenne. L e toit de la maison est recouvert de m ousse; au-dessus de la porte\nsouvent une tête de renne ; contre les cloisons, ordinairement peintes en rouge,\nquelques hiboux, crucifiés, pourrissent tranquillement.\n   Si vous pénétrez dans un de ces chalets, quelquefois une jolie fille, aux tresses\nblondes, aux yeux bleus, au teint rosé, vous dit en norvégien : God M orgen, H erre.\nH va d önsker de? (Bonjour, Monsieur. Que désirez-vous?) Et vous vous trouvez\ntout bête, dans votre ignorance de la langue, de ne savoir que répondre à ces\ngrands yeu x qui vous regardent, vous interrogent....\n   Demandez l’hospitalité à des paysans norvégiens; ils ne manqueront jamais de\nvous servir comme dessert à leur maîgre dîner des multes, sortes de framboises,\ncouleur orange, qui selon les habitants du pays sont un fruit très rafraîchissant,\nmais que je n’ai jamais réussi à avaler. C ’est d’une acidité!....\n   Ce qui est bien original aussi, ce sont les anciennes églises que l'on rencontre\nen N orvège, églises remontant souvent au X IIe ou au X IIIe siècle.\n   Ces églises, entièrement en bois, ont un toit à trois étages, découpé ainsi que\n"}, {"page_pdf": 193, "page_imprimee": 150, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1282, "texte": "                                      - 150 -\nceux des pagodes chinoises, avec des figures représentant des dragons ailés, des\nsalamandres. A   l’intérieur, une galerie parcourt tout le petit édifice, bien vieux,\nbien vermoulu, rongé des vers. Entre autres curiosités, on remarque encore « le banc de\nmariage „ placé devant l'autel, quelque bénitier préhistorique d’une forme indéfinis­\nsable, ressemblant un peu à une bouilloire, de vieux retables en chêne sculpté....\n   En N orvège, les soirées sont bien plus longues que chez nous. A lors que dans\nle Sud c’est déjà nuit noire, le soleil éclaire encore les montagnes neigeuses de\nla Scandinavie... L a nuit tombe doucement. Dans les immenses forêts de sapins et\nde mélèzes,   un grand    calme   règne. Au-dessus     de la tête, des pics abrupts\némergent des broussailles qui les recouvrent en partie, aux pieds, des combes\ns’étagent en gradins. Dans le lointain, le tintement des clochettes suspendues au\ncou des vaches    et dont la symphonie va s’éloignant dans les profondeurs silen­\ncieuses des forêts, un coucou chantant dans un arbre...\n   C ’est alors qu’on se surprend à aimer la nature, tout seul, là-bas, au fond\ndes bois...\n\n\n\n    Septembre 1891.                                                Louis V é h e n n e .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-10-n10-006", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 151, "page_fin": 152, "titre_corps": "Sur l’eau", "titre_sommaire": "Sur l’eau (Triolets)", "rubrique": "", "signature_source": "Rodrigue Sérasquier", "ancre_debut": "SU R L’EAU. T R IO L E T S. 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R o d r ig u e S é r a s q u i e r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-10-n10-008", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 155, "page_fin": 155, "titre_corps": "Gagaïsme", "titre_sommaire": "Sonnets", "rubrique": "", "signature_source": "Rodrigue Sérasquier", "ancre_debut": "G A G A ÏS M E . 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P rè s de moi s’assied, pimpant,\n\n                    Un groupe fé m in in ; et le buste bombant,\n                   L a taille bien cambrée et rieur le visage,\n                   L a tresse qui descend ju sq u ’au bas du corsage,\n                   L es jeunes filles sont à causer, et j ’entends\n\n                   Une g ra n d e aux yeu x noirs, aux petits a irs candides,\n                   Lâcher sans sourciller des paroles stupides,\n                   Accompagnant ses mots de gestes ravissants.\n\n                   E t rem pli de pitié pour (inepte poupée\n                   J ' étouffai le désir qu'en mon âme frappée\n                   J ’avais,faible, senti sourdre aux prem iers moments.\n\n\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-10-n10-009", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 155, "page_fin": 155, "titre_corps": "Mignardise", "titre_sommaire": "Sonnets", "rubrique": "", "signature_source": "Rodrigue Sérasquier", "ancre_debut": "M IG N A R D IS E . P o u r J e a n N o v is", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 198, "page_imprimee": 155, "debut_caractere": 1174, "fin_caractere_exclue": 2354, "texte": "M IG N A R D IS E .\n                                                                          P o u r J e a n N o v is .\n\n                   Bien haut dans le ciel p u r et teinté de saphir,\n                   E lle dort en un lit de nuages candides;\n                   Vagues de soie emmi les coussins tout humides,\n                   L a mer de ses cheveux, que l'on voit resplendir.\n\n                   Soulevant ses seins nus, un long, très long soupir,\n                   F a it fr é m ir de son nez les ailes translucides ;\n                   E t sa paupière a clos ses g ra n d s yeu x limpides,\n                   P ers, tels les raisins blancs d'un cep p rès de m ûrir.\n\n                   E n rêve elle aperçoit ambuler l'alme unique\n                   P lu s aimé de son âme, et lu i tend, impudique,\n                   S a lèvre qu'un sourire on voit adoniser ;\n\n                   M ais seul fendant la blanche ouate de sa couche,\n                   A rc et carquois au dos, su r son amène bouche,\n                   E rôs, le dieu m ignard, vient poser un baiser.\nSeptem bre 1891.                                                  R o d r ig u e S é r a e q u ie r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-10-n10-010", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 156, "page_fin": 157, "titre_corps": "Voix envolées", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Lucy-Mar", "ancre_debut": "V O IX E N V O L E E S I. — Ce que l’on chante en Mai", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 199, "page_imprimee": 156, "debut_caractere": 68, "fin_caractere_exclue": 2152, "texte": "V O IX E N V O L E E S\n\n\n                       I. — Ce que l’on chante en Mai.\n\n\n   Puisque tu veux savoir, mignonne, maintenant que mai perle les fenêtres et les\nfleurs, puisque tu veux savoir si j ’ai rêvé d’avenir en te voyant, écoute l’exquise\net suave promenade que j ’ai faite dans les temps qui viennent. J ’ai cherché bien\nlongtemps dans tes yeu x la réponse à mon amour,          et     puisque tu souris à mon\ncôté, j ’ai décidé de te satisfaire,   pour que, dans ta joie naïve, tu découvres au\njou r tes dents si blanches, et que deux gentilles fossettes se creusent aux deux\ncoins de tes lèvres.\n   Je me suis dit, vois-tu, qu’il serait bien charmant de vivre sans cesse auprès\nde toi, allant à deux, l’été, comme aux premiers jours, le long des verts sentiers\nde forêt, cueillir mignonnement les mûres, dont le jus noir te souillerait la bouche,\npour que je l’essuie d’un baiser!... Et l’hiver, de rester, bien doucettement frileux,\nau coin de l’âtre, dans notre claire mansarde, le givre aux fenêtres, ce givre\ndentelé qui fait épanouir ta joie,     et qui, découvrant tes dents si blanches, creuse\ndeux gentilles fossettes aux deux      coins   de tes lèvres !\n   ... Je me suis rêvé tout cela,... et j ’ai vu la vie bien rose, l'avenir bien parfumé\nde venelles et d’églantines!... J ’ai songé ta grâce éclose dans les fleurs,... et j ’ai\nvu les papillons courir le long de ton corsage dégrafé, pour te dire m ystérieuse­\nment à l’oreille : « N’est-ce pas qu’il serait bien     charmant de vivre sans cesse\nauprès de toi, allant à deux, l’été, comme aux premiers jours, le long des verts\nsentiers de forêt! »... Et j ’ai résolu de ne boire que le beau de l’ existence,... de\nn’effleurer de la terre que tes cheveux, et de ne t’aimer à jamais que dans la\nclarté alanguie du soleil, au milieu d’un concert de gazoullis et de roulades ailées,\nlorsque afin que, couchés rêveusement tous deux sous les hauts buissons, l’astre assoupi\nne puisse nous apercevoir, toi m’écoutant, et moi te répétant ce que tu peux savoir\nmaintenant que mai perle les fenêtres et les fleurs...\n"}, {"page_pdf": 200, "page_imprimee": 157, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1933, "texte": "                                        - 157 -\n                       II. —Ce que l’ on, pleure en août.\n\n   L à mignonne est partie... Dieu! que les grands bois sont tristes' Tout est terne\net plein d’une amère mélancolie! Notre claire mansarde d’autrefois est bien sombre\nmaintenant! L e s lilas de la petite fenêtre se sont fanés à son départ!... et mon\ncœur est tout blessé, tout meurtri, comme les verts sentiers de forêt où nous nous\nenlacions rêveusement, sous les    hauts buissons fleuris d'églantines! Tout a pris\nune voix bien dolente, le grand ciel me crie de ses accents bleus : « La mignonne\nest partie. » — Dieu! que les grands bois sont tristes!\n   L ’infidèle a fui     et le parfum   blond   de ses cheveux     emplit     encore        mon\nâme... J ’ai brisé ma lyre et j ’ai chassé la muse du logis simple où nous nous\nsommes aimés. Les pigeons qui roucoulaient sur la corniche           du toit, ma main\nbrutale les a chassés et je    n’ai plus voulu voir les touffes moussues qui crois­\nsaient dans la gouttière, et que la mignonne aimait tant. J ’ai tout délaissé ; tout\nabandonné. C ar l’infidèle a fui, et le parfum blond de ses cheveux emplit encore\nmon âme.\n   Allez, amants au cœur brisé, allez rêver bien seuls à travers la campagne\nodorante ;...   allez nous souvenir exquisemeut de la tant    aimée       disparue... Elle\nétait si jolie ! L es oiseaux chantent encore dans leurs nids. Nous, nos voix se\nsont troublées,    et nous n’avons plus de couche nuptiale dans la sente... il est\nencore un bonheur pour notre esprit désabusé.... c'est de nous survivre à nous-\nmêmes; c’est de songer aux ides passées, aux longs jours bien chauds où nous\nadorions la choisie, et où la choisie paraissait nous aimer... Maintenant, je n’ai\nplus rien pour consoler les sombres : « allez ! amants au cœur brisé, » allez rêv e r\nbien seuls, à travers la campagne odorante !                     L é o n L u c y -M a r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-10-n10-011", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 158, "page_fin": 160, "titre_corps": "Bibliographie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "BIBLIOGRAPHIE. ANDROMEDE, O n consulte l’oracle", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 201, "page_imprimee": 158, "debut_caractere": 72, "fin_caractere_exclue": 5298, "texte": "BIBLIOGRAPHIE.\n             ANDROMEDE,                                            O n consulte l’oracle :\n\n   Andromède, Po èm e lyriqu e de Mr Sau ven ière,               Parle, révèles-nous la décision suprême ! . . .\np ro fesseu r à l'A th én ée R o y a l de L iè g e — ( Œ u vre   . . . Eclate, au même instant un formidable bruit :\ncouronnée au Grand Concours de P o ésie en 1891).                Le strident sifflement de Gorgone, qui fu it\n    C ertains esp rits chagrins soutiennent avec                 L ’ Hespéride et ses monts (sous le glaive invincible\na igreu r que le s lettres belges sont dans le                   Du fils de Jupiter, de Persée intrépide.\nm arasm e. Ils ajoutent mêm e que la faute en est                L e vainqueur pressenti.) Le temple va crouler !\nsurtout ’à la nullité lam entable des professeurs,\n                                                                    — Dam , on crou lerait à moins !\ninspecteurs, etc, dont la tâche serait d’encourager\n                                                                    A ndrom ède, condam née p ar l’oracle, est sa isie\nnotre littératu re, et qui — toujours au dire des\n                                                                 p a r les prêtres d’Am m on, dieu du Soleil (?) :\nm alveillants — s ’efforcent d’étouff er tout bon\ngerm e, pour que rien ne les dérange dans la                           Du Dieu la volonté\nbéatitude de l’ignorance où ils se carrent.                            Veut qu’ au monstre on t?entraîne,\n    C es propositions saugrenues, je rougis de les                     S u r le roc qu'on l’enchaîne,\nra p p e le r ici ; m ais je ne le fais que pour les réfuter           Peuple, Dieu l’ a dicté!\nà l’instant m êm e p a r un argum ent ad hominem.\nL ’argum ent, c’est M onsieur S au ven ière, p rofesseu r          E t voici la p au vre toute seulette et grelottante\n etc., etc.                                                      su r son ro cher :\n     D éjà, lors du dern ier concours triennal de\n poésie, M onsieur le P ro fe sse u r ava it livré à notre       S e s blonds cheveux épars voilent sa nudité\n ém erveillem ent un adm irable poèm e ly riq u e :              Défaillante. Mordant à la roche inhumaine,\n Sinaï, su r lequel les concurrents au p rix R om e              Les bras tordus, crispés, dans une attente vaine,\n avaient brodé les arab esq u es éch evelées de leurs            Que l’ espoir a déçue et que trahit l’ amour,\n m élodies. Qui ne se souvient de ces v e rs im m ortels:        Andromède alanguie est vaincue à son tour !\n\n                                  t Eternel, notre Dieu,           H eureusem ent tout s ’arran ge, grâce au bon\nDonne aux fils d‘Abraham des troupeaux et des                    gendarm e P e rsée , lequel, ap rès a vo ir abattu le\n                                                  [villes]       m onstre, annonce que\nQu’ ils n’ ont point élevés ! ..........\n. . . L ’ Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel, etc.             Le myrtefleurira sur la branche du chêne !\n\n     M ais M onsieur le P ro fe sse u r ne s ’endort p as           D iablem ent fort en arboriculture, ce P e rs é e !\nsu r se s lau riers. Il nous donne cette année un                P re sq u e autant que le jard in ier dont cet excellen t\nnouveau chef-d’œ uvre, son Andromède. J e vou d rais             Mr G eorges Ohnet parle quelque part, et qui greffe\np ouvo ir rep rod u ire ici ce pu r bijou dans sa                avec plein su ccès un ro sie r su r un cep de vigne,\nsuperb e intégrité, m ais h élas, la place me m anque,           ou bien une vigne su r un rosier, je ne sais trop\net les ciseau x de la Rédaction ne le cèdent p as en             lequel des deux.\nférocité à ceu x d’rîtro po s, la P arq u e inhum aine!             O r donc, ap rès avo ir prédit ce m iracle stupéfiant,\n   J e me born erai donc à ne cueillir que quelques              P e rsé e désenfourche P é g a se, — et M onsieur le\nfleurs, au h asard , dans ce p arterre su ave.                   P ro fe sse u r aussi.\n   L a Justification prélim inaire nous apprend que :               L e s trop courts extraits ci-dessus ne donnent p as\nDans un concours de beauté (rien de S p a j Andro­               de la perfection de cet exquis et rare poèm e\nmède ose disputer le p rix aux Néreïdes, filles de               l’idée que je voudrais. Mais, en vo yan t l'ensem b le,\nNeptune. En châtiment, un m onstre ra v a g e le p a y s         on est porté à en vier les h eu reu x auxquels fut\ndu roi son père. M onsieur le p ro fesseu r nous fait            dévolu l’honneur de m ettre en m usique ces v e rs\nentendre :                                                       délicieux. Il me sem ble qu’il ne faut p as être bien\n                                   . . . A u x rivages           grand clerc pou r récham pir de m élodies ra vissa n tes\n L e cri des malheureux mourant d’ avoir souffert,               ces paroles divinem ent harm onieuses, aux rim es\n Les plaintes des guerriers, les sanglots des épouses             savan tes et rich es, au x coupes im peccables, e t\n Le cri de tes enfants, mère, que tu repousses.                   qui sont p ar elles m êm es une m usique idéale.\n"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 159, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6411, "texte": "                                                          - 159 -\n   O h! M onsieur le P ro fe sseu r, de grâce, dans trois                                    *\n                                                                                            * *\nans, daignez p roduire à l’ébaubissem ent de vo s\ncontem porains un nouveau Sinaï, une nouvelle                       L’Hermitage (Septembre). P ro se lim inaire de\nAndromède, autant que vo s précéd en tes œ u vres                G. B e rn a rd -K a h lé r su r la Littérature dans la\nd élicieu se, p ré cie u se , m erveilleu se , glorieu se,        Politique. J ’y rem arque une p h rase fort ju ste,\nvictorieuse ' et supercoquencieuse, laquelle, n’en               visant peut-être quelques p ag es su r le sen s\ndoutez p as, ren con trera le mêm e respectueu x                 esthétique chez les R u sse s, qui ont paru dans\naccueil de la part d’un ju r y souverainem ent im par­           le M ercure de Fran ce, signées P rin cesse N adejad :\ntial et com pétent.                                              “ Nous n’avons p as besoin de la littérature et\n   Continuez, M onsieur le P ro fe sseu r, continuez :           de l’art ru s s e ; les canons du czar seu ls nous\nMacte animo, gencrose m agisire! sic itur ad astra !             im portent à l’heure actuelle. „ —\net m êm e à l’A cadém ie de Belgique.                               P lu s loin, à citer : Décor pour symphonie\n                                                                 funebre d’A lb ert Saint-Paul et l’Armurier, fort\n                                   F r é d é r ic F r ic h e .\n                                                                 belle page d’Ant. S ab atier. P u is A zu r et Or de\n                                                                 H enri Mazel, P ro se s m ignardes, am oureuses p ar\n     A    travers les R evues.                                   endroits, dans le genre des Tout petits poèmes\n                                                                 en prose, dont j ’ai gardé bonne souvenance. Enfin\n   La Jeune Belgique ( S e p t e m b r e ) débute p a r un\n                                                                 Spleen, pantom im e p a r M arc L egran d et A b el\narticle intitulé : L ’ A rt pour l’ A rt au Congrès de\n                                                                 T a rrid e. —\nMalines. Un p ro fesseu r de l’U niversité de Louvain,\n                                                                     B on s v e rs de Dauphin Meunier, de Cam .\nMr Léon de Monge, grand p rêtre de jan sén ism e\n                                                                 M auclair. D e Jo se p h D eclareuil, Le Ramesside,\nlittéraire en Belgique, a voulu p rop oser l’insanité\n                                                                 excellent sonnet que je prends la liberté de\nsuivante : “ L a théorie de l'A rt pour l’A rt est une\n                                                                 transcrire ici :\nthéorie im m orale. „ M ais gêné peut-être de la\npaternité de cette énormité, il endossa le soin de               Il songeait aux aïeux qu’ il mit en de superbes\nla p résen ter au concile de son collègue, M. Kurth,             Catafalques de pierre, ornementés d’iris,\nqui fit adroitem ent ajourn er la discussion. Et dans            Et qui régnent sur les pallides Osiris,\nla suite, le C ongrès n’osant p as condam ner la fo r­           Ainsi que le glaïeul sur la plèbe des herbes ;\nm ule incrim inée, c la ssa la proposition a rem otis.\nD e fait, comme le dit l’auteur de l’article, l’ajo u r­         I l songeait comme un moissonneur devant ses\nnem ent p rim itif a été transform é en enterrem ent                                                       [gerbesJ,\nde prem ière classe.                                             Et, jouvencel aux airs musclés de B œ u f Apis,\n    Ce num éro nous donne en v e rs : de F. S éve rin ,          Sous le gorgerin bleu d’ émail et de lapis.\nL a Béatrice & A m o u r; deu x p oèm es ingénus,                Etait celui qui dit les impériaux verbes,\nlangoureux,écrits p ar l’A m ant d’une idéale Voulue.\n    Plu s loin , Album-Blüttchen, d’A lb ert A r n a y ,         Qui porte la vipère et le sceptre des hommes\npiécettes faciles, originales, et Oarystos d’Eugenio             Et pour qui la Lybie et Ju d a sont des nomes,\nde Castro. C es dern iers ve rs, traduits du portugais           L ’époux sacré d’Isis, le très divin H oros!\nne sont que fioritures, festons et astragales, avec\nparfois des com paraisons étranges, vo ire même                  Tabernacle choyé d’Ammon-Ra qui le hante\nh a rd ie s; au dem eurant, m orceau rem arquable.               Et tel P hoïbos, ô Grecs, taillé dans le Paros,\n    D ans le Memento, nous apprenons que les con ­               Il mirait dans le ciel son image flambante !\ng resseu x Malinois, toujours su r la proposition du                                             *\n                                                                                            * *\nsublim e M. de Monge, ont placé le S â r M érodack\nB aladan — très-connu en littérature, surtout pour                  D ans La Revue Belge (15 S e p t e m b r e ', rem arqué\nl’intensité de son odeur p éd estre — au nom bre des             une nouvelle de J.-B. Chatrian, En Vacances; et\n écrivain s qui com prom ettent et déshonorent les               d ’A ug. L e fè v re un bon sonnet, le B elluaire.\n catholiques B elg e s !                                            A la fin du fascicule, M. Léon G oem ans nous\n    E t à propos du S â r , les Petites Affiches annon­          parle de 1’ “ estom irante „ proposition Rooses au\n cent qu’il a fondé le “ Salon de la Rose Croix. „ —             Congrès N éerlandais de Gand. — C a r il n’est\nM anifestation victorieuse des N orm es de la B eau té,          p erm is à nul d’ignorer que ce Mijnheer, répandant\n ce salon se ra “ un tem ple dédié à l’A rt-D ieu, avec          du haut de son perchoir les p erles p récieu ses de\n le s chefs-d’œ uvre pour dogmes, et pour saints les             sa parole esbaudissante sur son auditoire attendri\n génies. „                                                       a p rop osé à quelques autres Mijnheer accourus\n    D électable fum isterie !                                    des quatre coins du petit monde flam ingant\n"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 160, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4851, "texte": "                                                      - 160 -\n\" d'exclure la langue française de l'enseignement             Heureux celui qui peut, au bout de sa carrière,\nprimaire dans la partie flamande du p a y s ! ! ! „           S e sou ven ir assez, s 'il regarde en arriéré,\n                                                              Pour dire en soupirant: c'était mon plus beau jo u r !\nMais au lieu de tenir, Mijnheer, pareil langage.\n                                                              S a tâche est accomplie, et son beau front se penche.\nIl vaudrait mieux te taire et cacher ton from age !\n                                                              Heureux ce fron t divin sous l’auréole blanche\n                                                              Qui se souvient avec am our!\n                            **\n                             *\n\n\n\n\n   D ans la Franee Moderne, à sign aler un article                                                   C am . V e r h é.\nde M. F . M istral su r les Poésies Hébraïco-\n                                                              Son g ra n d génie ou vre à l’intelligence\nProvencales, traduites et tran scrites p a r S. M. Don\nP ed ro II d’A lcan tara, ex-em p ereu r du B résil. —        L ’im m ensité du monde des esprits,\nEnsuite, enquête très littéraire p a r P an glo ss :          E t la justice y trouve sa balance ;\n\" de l’influence du chapeau mou su r le cerveau               Oui, notre ville est fière de ce f i l s !\ndes poètes. „ Ce num éro donne aussi des v e rs               Entendez-vous, le beffroi carillonne\nque Lau ren t de G a vo ty a d re ssa ja d is à A g a r       Pour salu er ce triomphe opportun.\nla célébré tragédienne, qui vient de m ourir à                J ’ ai cinquante a n s! m a m use est toujours bonne,\nM ustapha, âgée de 55 ans.                                    Pour acclamer notre ami P au l Lebrun !\n\n                                                                                                         V. T h é r y .\n\n   L e s Jeunes ( S e p t e m b r e ) nous annoncent qu’ils     J ’ai ap p ris que M. V erh é a é té classé second\nont fusionné avec la Chimère, réd acteu r en chef,            au concours de p oésie où M. S au v en ière a\nPaul Redonnel, auteur d es Liminaires. D om m age!            décroché la timbale ! Encore a p rè s S a u v e n iè re ?\ncar c’était un des ra re s bons jo u rn a u x littéraires     A lo rs cela ne m’étonne plus !\nb elges. D ans ce num éro — le dern ier donc qui                 Quant à M. T h é ry ! S i la ju stice y trou ve sa\nparaît sous ce titre — bonnes p ro se s d’A ug. V ierzet,     balance, moi je n’y trouve rien, p as mêm e des\nA lb. d é Q uiriny, P . M. O lin ; et v e rs de G é o Mau ­   bouts-rim és!\nrè re et Ch. F rap p a rt.\n   Nous faisons d es vœ u x pour Chimere et ses                                   Apres Verhé,\nnouveaux rédacteurs.                                                                   Ohimé!\n                                                                                  Mais après Théry\n                           ***                                                       A ïe !\n\n   J ’ai reçu les trois p rem iers num éros d’une nou­          Comm e disait B oileau.\nvelle revu e L a libre Critique, où j ’ai rem arqué :\nLes tribulations d'un auteur dramatique, p a r\nC h a m p c ev ra is; puis Décadent! de R o b ert C h ar ­\nm ette, et, signée J . A . une bonne rép on se à ce             F le u r de gagaïsm e :\ndernier article, qui critiquait V erlain e. B ra v o !          T e x te d’un sujet de d evoir français, p rop osé\nl’anonym e d éfenseur de l’au teu r des poèm es satu r ­      dans la tant bonne et littéraire ville de G and, à\nniens                                                         un cours m ilitaire su ivi p ar de jeu n es cap o rau x\n                                                              de 15 à 17 ans :\n\n                                                                “ Lettre de condoléances de Louis X I I à la\n   L ’entrée solennelle du lau réat du concours pour          duchesse de Nemours, à propos de la mort de\nle p rix de R om e, M. L ebru n , qui est parvenu à           Gaston de F oix à la bataille de Ravenne. „\nm ettre en m usique les délicieux v e rs de M. S a u ­\nvenière, a fourni à deu x “ bard es „ gantois, M es­            Est-ce que “ Mossieu „ le p rofesseu r ne se\nsieu rs Cam. V erh é et V . T h é ry l’occasion d’une         sentirait p as bien ?\npetite envolée lyrique. C es m essieurs, enfourchant\nle P é g a se rétif et tant p ou ssif su r lequel Boileau                                              Louis D. B.\na ja d is encore chevauché, ont fait un petit vo yage\nau vieux P a rn a sse du 18 “ siècle, et en ont rapporté\ndes pondaisons dont vo ici deu x échantillons :\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 186, "texte": "Prem ière Année. N° 10.                                                                               OCTOBRE 1891,\n\n\n\n    ESSAIS                                    P U B L IE S P A R L E\n\n\n\n\nCERCLELITTERAIRE\n              F\n              R\n              A\n              NC\n               IS         REVUE MENSUELLE.\n\n                              SOMMA I R E D U N ° 1 0                                         .\n      Dans le N o r d ................................... Louis V é h e n n e .\n      Sur l ’eau ( T rio le ts    )   .............................................. R o d r i g u e S é r a s q u i e r\n\n      P o r t r a i t s .......................................... J e a n N o v i s . :\n\n      S o n n e t s ........................................... R o d r ig u e S é r a s q u ie r                          j\n      V o ix e n v o lé e s ................................... L éon L u c y -M a r\n\n      B ib lio g r a p h ie   ................................................... FREDERIC FRICHE\n                                                                               I Louis D. B.\n\n\n\n\n            P r i x (lu n u m é r o : 4 0                                          c e n t im e s .\n     P r i x d e l ’a b o n n e m e n t : u n                                      a n 4 fra n c s .\n\n\n                                      BUREAU            DU J O U R N A L :\n G A N D ,7 1 , R U E D E F L A N D R E , 7 1 , G A N D\n\n                                                   GAND,\n        Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER, rue Savaen, 32.\n\n                                      TOUS       DROITS           RÉSERVÉS\n"}, {"page_pdf": 187, "texte": "      N . - B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra au\n                      bureau de la rédaction, RUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                   L es journaux ou revues qui désireraien t faire l’échange\n                       sont priés de s ’adresser au bureau du Journal.\n\n\n               PUBLICATIONS RECOMMANDEES\n\n 1. La Jeune Belgique, Revue Mensuelle. — Boulevard d’Anderlecht, B r u x e l l e s .\n          Abonnement 1 0    francs.\n\n 2. La Revue Belge. — Rue de Bériot, 42, L o u v a i n .\n          Abonnement 1 1 1 1 an 4k fr. ; le numéro 2 0    centimes.\n\n 3 . Chimère. Revue Mensuelle. — Rédaction: rue du commandeur. 17, P a r i s .\n          Abonnement       francs.\n\n 4. L ’Ermitage, Revue Mensuelle. — Rédaction : Rue de Varennes, 20, P a r i s .\n         Abonnement 1 2     fr. ; prix du numéro fr. 1 - 2 5 .\n\n 5   . Le Sylphe, Revue Mensuelle. — 8 , Faubourg Trois-Cloîtres, G r e n o b l e .\n         Abonnement O fr. ; prix du numéro 2 5 0 centimes.\n\n 6. Le N ord Littéraire, Revue Mensuelle. — 113 , rue de Paris, V a l e n c ie n n e s .\n         Abonnement un an 5          francs.\n\n7. La JÀbre critique.— Paraissant le Dimanche. Rédaction : Rue Souveraine, 37, Bruxelles.\n         Abonnement un an 8          francs. — Le numéro 2 0      centimes.\n\n 8. L ’A rt moderne (paraissant le dimanche). — Rue de l’Industrie, 32, Bruxelles.\n         Abonnement un an 1 0         francs.\n\n 9. Mercure de France, Mensuel. — Rédaction, 15, rue de l’Echaudé. St-Germain, P a r is .\n         Abonnement un an 7          fr ; prix du numéro 6 0    centimes.\n\n10. Revue L ib re, Mensuelle — Rédaction : 15, Chaussée de W avre, Bruxelles.\n         Abonnement un an 2S fr.; prix du numéro 2 5 0 centimes\n\n1 1. La France M odem ?. — Bureaux: 15, Boulevard du Nord, Marseille.\n         Abonnement un an 6          fr. ; prix du numéro 1 0   centimes.\n"}, {"page_pdf": 188, "texte": "                                        - 145 -\n\n\n\n        DANS LE NORD.\n                       S O U V E N IR S DE VOYAGE.\n\n  Tartarin,    dans   son   exagération, est encore concevable en Suisse, pays trop\ncivilisé, peut-être; au contraire Daudet n’aurait jamais eu l’idée de faire voyager\nson héros à travers les A lpes Scandinaves. C ’est encore trop authentique par là.\nOn n’y trouve pas de chamois apprivoisés.\n  L a Scandinavie et la Su isse se ressemblant sous tant de rapports quant à la\nnature du sol, différent entièrement pour tout ce qui regarde la commodité des\nvoyageurs, ainsi les moyens de transport, le logement, la nourriture, etc.\n  L a N orvège, c’est la nature nue, dans toute sa grandeur sauvage; la Suisse,\nc ’est la nature fardée, souriant aux visiteurs comme une jolie femme à ses admirateurs.\n  En Suisse, vous rencontrez partout des hôtels somptueux; il n’y a rocher sur\nlequel on n’ait construit quelque ruine pittoresque, faisant bien dans le tableau. En\nN orvège,     vous trouverez des paysages tout aussi grandioses, mais si vous vous\naventurez dans le cœur même du pays, c’est dans de pauvres hôtels — si on peut\nappeler hôtels, les baraques où l’on est quelquefois obligé de nicher — que l’on\nse voit d’ordinaire forcé de passer la nuit. Il faut aussi s’habituer à la nourriture\nquelquefois moins, que ragoûtante.\n  Ce n’est certainement pas le cas pour les grandes villes du Nord. A Stockholm,\nà Copenhague, à Christiania, partout des hôtels de premier ordre, à Stockholm\nsurtout, qu’on peut appeler sans exagération le Paris du Nord. Stockholm est sans\ncontredit, d’abord par      sa situation, une des plus pittoresques, ensuite par les\ndistractions qu’elle offre, une des plus séduisantes cités de l’Europe. C'est une de\nces villes qui produisent sur l’imagination des voyageurs une sensation irrésistible,\nune de ces villes que l’on regrette de quitter et dont le souvenir reste bien vivace\ndans la mémoire.\n  Théâtres, m usées,'rien ne manque à la curiosité du touriste : à citer surtout le\nMusée du Nord, dont l a surveillance est exercée par des Dalécarliennes en costume\nnational, fort jolies, ma foi, avec leur petit corset blanc et bleu, leurs longues\njupes rayées, leur bonnet original, cachant les cheveux.\n"}, {"page_pdf": 189, "texte": "                                       - 146 -\n  A Stockholm, on dirait que les gens ne songent qu’à s’amuser. S i vous vous\npromenez le soir le long des belles avenues qui ornent la capitale, à chaque pas\nvous rencontrez un café-restaurant où de braves Suédois vident leur punch au\nson de la musique. L e punch est leur boisson favorite, et ils en font une grande\nconsommation. Ils n’ont pas tort, du reste, car soit dit en passant, c’est un breuvage\nexquis. T ous les soirs, illumination des jardins qui entourent ces différents cafés :\nl’on croit assister à une perpétuelle kermesse, et rien , n’est joli comme ces lumières\nmulticolores se reflétant dans l’eau du lac, donnant à la ville un aspect vraiment\nféerique.\n   J ’ai assisté, à l’Opéra, à une représentation de Roméo et Juliette, en suédois.\nQuelle langue dure et heurtée! Les deux amants de Vérone avaient plutôt l’air\nde se lancer des injures à la tète que de se débiter des douceurs de caram els.\nSomme toute, bonne interprétation, pas digne cependant d’ une capitale.\n   Au sommet de l’ascenseur qui relie la ville basse à la ville haute, on a une\nvue splendide de Stockholm. A ses pieds, le lac Maelar, tout découpé par des\ngolfes et des promontoires, sur lesquels s’étagent de gracieuses maisons de cam­\npagne, puis, plus loin, le port avec sa forêt de mâts hérissés,, puis, là-bas, la\nmer et l’infini.... Et tout cela vu par un temps bien clair, éclairé par un beau\nsoleil, offre un tableau saisissant.\n   Bien autre que Stockholm est Christiania, ville offrant peu d’intérêt et assez\ntriste. Une rue fort animée, puis, plus rien. Christiania jouit cependant d’une très\nbelle situation. L a capitale est placée au fond du fjord, entre la mer et les mon­\ntagnes, ses maisons blanches se mirant dans l’eau, et devant, des îles verdoyantes,\ndéposées un peu partout comme des corbeilles de fleurs,\n  Ce qui laisse beaucoup à désirer en N orvège, ce sont les chemins de fer*\nvéritables tortues rampantes.    L e s distances qui séparent   toutes   les villes   sont\nterriblement longues, et avec    cela le temps qu’on perd en route...! De Stockholm\nà Christiania, le trajet ne compte pas moins de dix-huit heures, et de Christiania\nà Copenhague, la distance est tout aussi longue.\n   Cette dernière ville est très curieuse à visiter. Riche en musées, en châteaux\nhistoriques, en œ uvres d’art de toute sorte, elle ferait les délices des archéologues.\n   Son musée ethnographique où l’on voit se développer à travers les âges la\ncivilisation des peuples du Nord, est peut-être unique en Europe. Partis des temps\nles plus recu lés, des troglodytes, nous voyons successivement l’âge de pierre,\nl’âge de bronze, l’âge de fer... puis, plus loin, le moyen-âge, les temps m odernes,\nenfin nous arrivons    en plein X IX e siècle.   C ’est toute l’histoire de l’humanité\nrenfermée dans quelques salles.\n"}, {"page_pdf": 190, "texte": "                                    - 147 -\n   Une visite intéressante est celle du musée Thorwaldsen, le grand sculpteur\ndanois. Ici se trouvent réunies toutes ses productions, au nombre d’un demi-mille.\nDans la cour du musée, déserte et triste, une longue pierre recouverte de lierre,\nc’est là-dessous que repose l’auteur de ces chefs-d’œuvre.\n   Toutes les villes du Nord qui se respectent ont un Tivoli, sorte de grand jardin\nauquel on a accès moyennant une couronne. Dans ce jardin, on trouve tous les\nplaisirs imaginables; théâtres, cirques en quantité, panoramas, ballon captif, tirs,\ncarrousels, cafés, et que sais-je? Il y en a pour tous les goûts. Moyennant quel­\nques ôre, on visite successivement ces différents établissements qui offrent de quoi\ncontenter les plus difficiles. Ces Tivolis sont des sortes de foires permanentes.\nChaque soir il y a des illuminations, des feux d’artifices, etc. Encore une fois, les\ngens du Nord s’en donnent ferme. Ils sont moins froids qu’on veut bien le croire.\n   Copenhague est vraiment une ville attirante ; et quelles jolies promenades offrent\nses environs; quels ravissants points de vue en longeant le Sund. D ’un côté une\nmer bleue, bleue comme le saphir, avec des teintes verdâtres dans le lointain,\nvenant mourir à vos pieds, et de l’autre côté, non pas des dunes arides et tristes,\nmais une végétation luxuriante, des arbres fruitiers, des fleurs éclatantes, des petits\nruisseaux d’eau douce qui se perdent, là-bas, dans la forêt, en chantant, répondant\nà la grosse voix de la mer.\n   Une des excursions les plus intéressantes que l’on puisse faire, étant donné un\nséjour à Copenhague, est la visite du château de Rosenborg, plein de souvenirs\nhistoriques se rattachant à l’histoire des rois de Danemark.\n   Non loin de Copenhague se trouve Elseneur, bien connu de tous ceux qui ont\nlu Shakespeare. Là se dresse devant le touriste, la fameuse forteresse de Kron-\nborg, où le gouvernement prélevait autrefois le péage du Sund. L e château, qui\ndate de 1585, a été immortalisé par l’auteur d'Hamlet. Il paraît que ce n’est du\nreste pas là le château dont parle le poète. Cela est fort probable, mais j’aime à\ncroire que c’est celui-là. J ’y vois l’esplanade où l’ombre du feu roi se présentait à\nHamlet; il me semble que ces grands murs gris, léchés par la lune, sont bien\nceux sur lesquels les sentinelles voyaient chaque nuit passer le spectre. Je me\ncrois au théâtre et j’entends Hamlet dire à son père :\n   « Que tu sois un esprit bienfaisant ou un spectre infernal, que tu exhales autour\nde toi un parfum céleste ou les vapeurs de l’enfer; que tes desseins soient méchants\nou charitables, tu viens sous une forme si intéressante pour moi que je prétends\nte parler... »\n    A lors le roi défunt, de sa voix d’outre-tombe :\n   « Je suis l’âme de ton père, condamnée pour un temps marqué à errer ' la\n"}, {"page_pdf": 191, "texte": "                                      - 148 -\nnuit, et le jou r à être emprisonnée dans les flammes, jusqu'à ce que les fautes\nimpures qui ont souillé mes jours pendant ma vie, soient consumées et purifiées\npar le feu.... »\n   Et là-bas, n’est-ce pas Ophélie, bercée par les flots, toute de blanc habillée....\nmorte? Non, c’est un rêve, rien de tout cela n’a jamais existé, mais le moyen de\nne pas laisser errer son imagination, de ne pas croire     à ce qui n’est pas ?\n   C ’est aussi dans les casemates de ce château que, selon la légende, demeure\nl’esprit qui protège le royaume, O gier le Danois, chanté dans les contes d’Andersen,\net c’est de là qu’il sortira pour voler au secours de la patrie le jou r où celle-ci\nsera en danger.\n   On montre encore dans la forteresse la chambre où la reine Caroline-Mathilde,\nfemme de Christian VII fut enfermée après qu’elle fut soupçonnée d’avoir eu des\nrelations trop intimes avec le ministre du roi, Struensée. Ce dernier, comme on\nsait, fut disgracié et mis à mort.\n   Dans un voyage en Scandinavie, il faut distinguer deux parties : l’une, la partie\nurbaine, avec ses distractions bien modernes, ses richesses artistiques, ses mœurs\nraffinées, l’autre, la partie rustique, avec son    étude de la   nature,   ses mœurs\nprimitives, la bonhomie franche et toute simple de ses habitants.\n   Pour celui qui aime cette étude de la nature, il sera servi à souhait en allant\nen N orvège. A     chaque pas il rencontrera de nouvelles merveilles. D ’abord, il\nverra des chutes d’eau que la Suisse est loin de posséder. L es plus remarquables\nsont celles de T rollhättan, non loin de Gothembourg. Elles sont au nombre de six,\ntoutes alimentées par le lac W ener qui reçoit dans son sein plus de vingt-quatre\nrivières. C es chutes se déversent à perte de vue, et ont été comparées, à juste\ntitre, parait-il, à celles du Niagara. L a plus haute est la chute Toppö, dont on a\nune vue splendide d’un petit pont jeté au-dessus des cataractes.\n   Partout d’ailleurs, n’importe où vous allez, vous trouverez des chutes d’eau. E t\nc’est un plaisir que de vo yag er dans ce pays où chaque tournant de route vous\nréserve une surprise, un point de vue tout neuf, non encore entrevu dans d’autres\nvoyages.\n   Souvent aussi on rencontre des Marmites de géants. Ce sont d’énormes blocs\nde pierre, que les glaciers fondus ont charriés à une époque très reculée et qi’i\nont été arrêtés par des rochers; l’eau continuant à les rouler sur place, leur a fait\ncreuser dans le roc même, des trous qui sont parfois assez profonds. Dans quel­\nques-unes de ces cavités, on trouve encore la pierre. D ’après la légende, les géants\ny faisaient leur cuisine d’où Marmites de géants.\n   La légende joue du reste un grand rôle dans ce pays, et les anciennes sagas\nse transmettent encore de père en fils.\n"}, {"page_pdf": 192, "texte": "                                       _ 149 -\n   L e s habitants de la Scandinavie sont d'une honnêteté toute naïve; ils ignorent\nce que c’est qu’exploiter les voyageurs. Ils accueillent bien tous les touristes,\nindistinctement, mais ils ont cependant une antipathie marquée pour les Allemands,\net ne se gênent pas, au contraire, pour faire des démonstrations d’amitié aux\nFrançais. C ’est ainsi que bien souvent, à Stockholm, j ’ai entendu des concerts se\nterminant par une vigoureuse M arseillaise, étouffée par les hourras dé la foule.\n   Lorsque   vous allez visiter une contrée dans l’intérieur de la N orvège, le\nTélém arken, par exemple, il faut se méfier, je l’ai déjà dit plus haut, des hôtels\net de la nourriture. Il est bien triste vraiment que l’homme doive dormir et\nmanger, sans quoi ce serait une très belle excursion à recommander. Là, vous\nvoyez les    habitants tels qu’ils   sont, pas très civilisés peut-être, mais bons et\nsympathiques. C’ est là seulement que vous rencontrerez de ces maisons nor­\nvégiennes, si caractéristiques en leur rusticité primitive. A l’intérieur, une haute\ncheminée, dont le manteau supporte d’anciens chandeliers en cuivre, un grand lit,\nclôturé par des rideaux     en étoffe grossière,    de longs bancs en bois de chêne\ndevant une table massive tout encombrée de brocs d'étain. Un rouet dort dans\nun coin, aux murs sont appendues des images aux couleurs hurlantes, ainsi que\ndes assiettes de porcelaine, une petite lampe en cuivre se balance au plafond. T el\nest l’intérieur du paysan norvégien.\n   Toutes de bois, ces maisons; sur le seuil vous verrez une vieille femme fumant\nune pipe, vous regardant d’un air ébahi. D errière l’habitation se trouve remisé le\ntraîneau, qui n’attend que la première neige pour se lancer, rapide, traîné par un\nrenne. L e toit de la maison est recouvert de m ousse; au-dessus de la porte\nsouvent une tête de renne ; contre les cloisons, ordinairement peintes en rouge,\nquelques hiboux, crucifiés, pourrissent tranquillement.\n   Si vous pénétrez dans un de ces chalets, quelquefois une jolie fille, aux tresses\nblondes, aux yeux bleus, au teint rosé, vous dit en norvégien : God M orgen, H erre.\nH va d önsker de? (Bonjour, Monsieur. Que désirez-vous?) Et vous vous trouvez\ntout bête, dans votre ignorance de la langue, de ne savoir que répondre à ces\ngrands yeu x qui vous regardent, vous interrogent....\n   Demandez l’hospitalité à des paysans norvégiens; ils ne manqueront jamais de\nvous servir comme dessert à leur maîgre dîner des multes, sortes de framboises,\ncouleur orange, qui selon les habitants du pays sont un fruit très rafraîchissant,\nmais que je n’ai jamais réussi à avaler. C ’est d’une acidité!....\n   Ce qui est bien original aussi, ce sont les anciennes églises que l'on rencontre\nen N orvège, églises remontant souvent au X IIe ou au X IIIe siècle.\n   Ces églises, entièrement en bois, ont un toit à trois étages, découpé ainsi que\n"}, {"page_pdf": 193, "texte": "                                      - 150 -\nceux des pagodes chinoises, avec des figures représentant des dragons ailés, des\nsalamandres. A   l’intérieur, une galerie parcourt tout le petit édifice, bien vieux,\nbien vermoulu, rongé des vers. Entre autres curiosités, on remarque encore « le banc de\nmariage „ placé devant l'autel, quelque bénitier préhistorique d’une forme indéfinis­\nsable, ressemblant un peu à une bouilloire, de vieux retables en chêne sculpté....\n   En N orvège, les soirées sont bien plus longues que chez nous. A lors que dans\nle Sud c’est déjà nuit noire, le soleil éclaire encore les montagnes neigeuses de\nla Scandinavie... L a nuit tombe doucement. Dans les immenses forêts de sapins et\nde mélèzes,   un grand    calme   règne. Au-dessus     de la tête, des pics abrupts\némergent des broussailles qui les recouvrent en partie, aux pieds, des combes\ns’étagent en gradins. Dans le lointain, le tintement des clochettes suspendues au\ncou des vaches    et dont la symphonie va s’éloignant dans les profondeurs silen­\ncieuses des forêts, un coucou chantant dans un arbre...\n   C ’est alors qu’on se surprend à aimer la nature, tout seul, là-bas, au fond\ndes bois...\n\n\n\n    Septembre 1891.                                                Louis V é h e n n e .\n"}, {"page_pdf": 194, "texte": "                - 151 -\n\n\nSU R L’EAU.\n\n           T R IO L E T S.\n\n L a barque g lisse doucement\n Entre les rives verdoyantes ;\n S u r la rivière se moirant\n L a barque g lisse doucement.\n Très f r a is et fleurant bon, le vent\n R ide un peu les eaux transparentes;\n L a barque g lisse doucement\n Entre les rives verdoyantes.\n\n\n\n L e soleil fa it couler ses ors\n S u r les arbres et les p rairies ;\n S u r les fle u rs constellant les bords\n L e soleil fa it couler ses o rs.\n Les oiseaux, soprani, ténors,\n Perlent, g a is, leurs chansons jolies.\n L e soleil fa it couler ses ors\n S u r les arbres et les prairies.\n\n\n\n De g ra n d s nénuphars de satin\n Ouvrent leurs corolles neigeuses;\n S u r l’eau sont, au cœur de succin,\n De g ra n d s nénuphars de satin.\n Avec un clapotis mutin\n L ’avant fe n d les eaux habilleuses.\n De g ra n d s nénuphars de salin\n Ouvrent leurs corolles neigeuses.\n"}, {"page_pdf": 195, "texte": "                                  - 152 -\n                   Tu trônes au fo n d du bateau\n                   Sous ton parasol rouge assise ;\n                   Ta blanche main traînant dans l'eau,\n                   Tu trônes au fo n d du bateau.\n                   Comme une m arquise Watteau\n                   Souriant avec m ignardise,\n                   Tu trônes au fo n d du bateau\n                   Sous ton parasol rouge assise.\n\n\n\n                   J e m'avance amoureusement\n                   P o u r prendre un baiser sur ta jo u e ;\n                   P o u r embrasser ion fr o n t s i blanc\n                   J e m’avance amoureusement...\n                   Soudain apparaît au tournant\n                   Une voile, et puis une proue...\n                   J e m’avance amoureusement\n                   P o u r prendre un baiser sur ta joue.\n\n\n\n                   L e canot passe p rès de nous ;\n                   Pourquoi devenir écarlate?\n                   L a s ! on y rit comme des fo u s !\n                   L e canot passe près de nous.\n                   Quel péché d ’être à tes genoux ?\n                   Est-ce une action scélérate?,..\n                   L e canot passe p rès de nous;\n                   P ourquoi devenir écarlate?\n\nSeptem bre 1891.                                               R o d r ig u e S é r a s q u i e r .\n"}, {"page_pdf": 196, "texte": ""}, {"page_pdf": 197, "texte": ""}, {"page_pdf": 198, "texte": "                                         - 155 -\n\n                                   G A G A ÏS M E .\n                                                                               P our P a u l M .\n\n                   A u concert. — On perçoit en un bruit déchirant\n                   S 'enfler les cuivres qui, derrière le feuillage\n                   B rillen t au soleil clair, et l'aigre radotage\n                   Des clarinettes. P rè s de moi s’assied, pimpant,\n\n                    Un groupe fé m in in ; et le buste bombant,\n                   L a taille bien cambrée et rieur le visage,\n                   L a tresse qui descend ju sq u ’au bas du corsage,\n                   L es jeunes filles sont à causer, et j ’entends\n\n                   Une g ra n d e aux yeu x noirs, aux petits a irs candides,\n                   Lâcher sans sourciller des paroles stupides,\n                   Accompagnant ses mots de gestes ravissants.\n\n                   E t rem pli de pitié pour (inepte poupée\n                   J ' étouffai le désir qu'en mon âme frappée\n                   J ’avais,faible, senti sourdre aux prem iers moments.\n\n\n                                 M IG N A R D IS E .\n                                                                          P o u r J e a n N o v is .\n\n                   Bien haut dans le ciel p u r et teinté de saphir,\n                   E lle dort en un lit de nuages candides;\n                   Vagues de soie emmi les coussins tout humides,\n                   L a mer de ses cheveux, que l'on voit resplendir.\n\n                   Soulevant ses seins nus, un long, très long soupir,\n                   F a it fr é m ir de son nez les ailes translucides ;\n                   E t sa paupière a clos ses g ra n d s yeu x limpides,\n                   P ers, tels les raisins blancs d'un cep p rès de m ûrir.\n\n                   E n rêve elle aperçoit ambuler l'alme unique\n                   P lu s aimé de son âme, et lu i tend, impudique,\n                   S a lèvre qu'un sourire on voit adoniser ;\n\n                   M ais seul fendant la blanche ouate de sa couche,\n                   A rc et carquois au dos, su r son amène bouche,\n                   E rôs, le dieu m ignard, vient poser un baiser.\nSeptem bre 1891.                                                  R o d r ig u e S é r a e q u ie r .\n"}, {"page_pdf": 199, "texte": "                                        - 156 -\n\n\n                  V O IX E N V O L E E S\n\n\n                       I. — Ce que l’on chante en Mai.\n\n\n   Puisque tu veux savoir, mignonne, maintenant que mai perle les fenêtres et les\nfleurs, puisque tu veux savoir si j ’ai rêvé d’avenir en te voyant, écoute l’exquise\net suave promenade que j ’ai faite dans les temps qui viennent. J ’ai cherché bien\nlongtemps dans tes yeu x la réponse à mon amour,          et     puisque tu souris à mon\ncôté, j ’ai décidé de te satisfaire,   pour que, dans ta joie naïve, tu découvres au\njou r tes dents si blanches, et que deux gentilles fossettes se creusent aux deux\ncoins de tes lèvres.\n   Je me suis dit, vois-tu, qu’il serait bien charmant de vivre sans cesse auprès\nde toi, allant à deux, l’été, comme aux premiers jours, le long des verts sentiers\nde forêt, cueillir mignonnement les mûres, dont le jus noir te souillerait la bouche,\npour que je l’essuie d’un baiser!... Et l’hiver, de rester, bien doucettement frileux,\nau coin de l’âtre, dans notre claire mansarde, le givre aux fenêtres, ce givre\ndentelé qui fait épanouir ta joie,     et qui, découvrant tes dents si blanches, creuse\ndeux gentilles fossettes aux deux      coins   de tes lèvres !\n   ... Je me suis rêvé tout cela,... et j ’ai vu la vie bien rose, l'avenir bien parfumé\nde venelles et d’églantines!... J ’ai songé ta grâce éclose dans les fleurs,... et j ’ai\nvu les papillons courir le long de ton corsage dégrafé, pour te dire m ystérieuse­\nment à l’oreille : « N’est-ce pas qu’il serait bien     charmant de vivre sans cesse\nauprès de toi, allant à deux, l’été, comme aux premiers jours, le long des verts\nsentiers de forêt! »... Et j ’ai résolu de ne boire que le beau de l’ existence,... de\nn’effleurer de la terre que tes cheveux, et de ne t’aimer à jamais que dans la\nclarté alanguie du soleil, au milieu d’un concert de gazoullis et de roulades ailées,\nlorsque afin que, couchés rêveusement tous deux sous les hauts buissons, l’astre assoupi\nne puisse nous apercevoir, toi m’écoutant, et moi te répétant ce que tu peux savoir\nmaintenant que mai perle les fenêtres et les fleurs...\n"}, {"page_pdf": 200, "texte": "                                        - 157 -\n                       II. —Ce que l’ on, pleure en août.\n\n   L à mignonne est partie... Dieu! que les grands bois sont tristes' Tout est terne\net plein d’une amère mélancolie! Notre claire mansarde d’autrefois est bien sombre\nmaintenant! L e s lilas de la petite fenêtre se sont fanés à son départ!... et mon\ncœur est tout blessé, tout meurtri, comme les verts sentiers de forêt où nous nous\nenlacions rêveusement, sous les    hauts buissons fleuris d'églantines! Tout a pris\nune voix bien dolente, le grand ciel me crie de ses accents bleus : « La mignonne\nest partie. » — Dieu! que les grands bois sont tristes!\n   L ’infidèle a fui     et le parfum   blond   de ses cheveux     emplit     encore        mon\nâme... J ’ai brisé ma lyre et j ’ai chassé la muse du logis simple où nous nous\nsommes aimés. Les pigeons qui roucoulaient sur la corniche           du toit, ma main\nbrutale les a chassés et je    n’ai plus voulu voir les touffes moussues qui crois­\nsaient dans la gouttière, et que la mignonne aimait tant. J ’ai tout délaissé ; tout\nabandonné. C ar l’infidèle a fui, et le parfum blond de ses cheveux emplit encore\nmon âme.\n   Allez, amants au cœur brisé, allez rêver bien seuls à travers la campagne\nodorante ;...   allez nous souvenir exquisemeut de la tant    aimée       disparue... Elle\nétait si jolie ! L es oiseaux chantent encore dans leurs nids. Nous, nos voix se\nsont troublées,    et nous n’avons plus de couche nuptiale dans la sente... il est\nencore un bonheur pour notre esprit désabusé.... c'est de nous survivre à nous-\nmêmes; c’est de songer aux ides passées, aux longs jours bien chauds où nous\nadorions la choisie, et où la choisie paraissait nous aimer... Maintenant, je n’ai\nplus rien pour consoler les sombres : « allez ! amants au cœur brisé, » allez rêv e r\nbien seuls, à travers la campagne odorante !                     L é o n L u c y -M a r .\n"}, {"page_pdf": 201, "texte": "                                                      - 158 -\n\n         BIBLIOGRAPHIE.\n             ANDROMEDE,                                            O n consulte l’oracle :\n\n   Andromède, Po èm e lyriqu e de Mr Sau ven ière,               Parle, révèles-nous la décision suprême ! . . .\np ro fesseu r à l'A th én ée R o y a l de L iè g e — ( Œ u vre   . . . Eclate, au même instant un formidable bruit :\ncouronnée au Grand Concours de P o ésie en 1891).                Le strident sifflement de Gorgone, qui fu it\n    C ertains esp rits chagrins soutiennent avec                 L ’ Hespéride et ses monts (sous le glaive invincible\na igreu r que le s lettres belges sont dans le                   Du fils de Jupiter, de Persée intrépide.\nm arasm e. Ils ajoutent mêm e que la faute en est                L e vainqueur pressenti.) Le temple va crouler !\nsurtout ’à la nullité lam entable des professeurs,\n                                                                    — Dam , on crou lerait à moins !\ninspecteurs, etc, dont la tâche serait d’encourager\n                                                                    A ndrom ède, condam née p ar l’oracle, est sa isie\nnotre littératu re, et qui — toujours au dire des\n                                                                 p a r les prêtres d’Am m on, dieu du Soleil (?) :\nm alveillants — s ’efforcent d’étouff er tout bon\ngerm e, pour que rien ne les dérange dans la                           Du Dieu la volonté\nbéatitude de l’ignorance où ils se carrent.                            Veut qu’ au monstre on t?entraîne,\n    C es propositions saugrenues, je rougis de les                     S u r le roc qu'on l’enchaîne,\nra p p e le r ici ; m ais je ne le fais que pour les réfuter           Peuple, Dieu l’ a dicté!\nà l’instant m êm e p a r un argum ent ad hominem.\nL ’argum ent, c’est M onsieur S au ven ière, p rofesseu r          E t voici la p au vre toute seulette et grelottante\n etc., etc.                                                      su r son ro cher :\n     D éjà, lors du dern ier concours triennal de\n poésie, M onsieur le P ro fe sse u r ava it livré à notre       S e s blonds cheveux épars voilent sa nudité\n ém erveillem ent un adm irable poèm e ly riq u e :              Défaillante. Mordant à la roche inhumaine,\n Sinaï, su r lequel les concurrents au p rix R om e              Les bras tordus, crispés, dans une attente vaine,\n avaient brodé les arab esq u es éch evelées de leurs            Que l’ espoir a déçue et que trahit l’ amour,\n m élodies. Qui ne se souvient de ces v e rs im m ortels:        Andromède alanguie est vaincue à son tour !\n\n                                  t Eternel, notre Dieu,           H eureusem ent tout s ’arran ge, grâce au bon\nDonne aux fils d‘Abraham des troupeaux et des                    gendarm e P e rsée , lequel, ap rès a vo ir abattu le\n                                                  [villes]       m onstre, annonce que\nQu’ ils n’ ont point élevés ! ..........\n. . . L ’ Eternel, notre Dieu, est le seul Eternel, etc.             Le myrtefleurira sur la branche du chêne !\n\n     M ais M onsieur le P ro fe sse u r ne s ’endort p as           D iablem ent fort en arboriculture, ce P e rs é e !\nsu r se s lau riers. Il nous donne cette année un                P re sq u e autant que le jard in ier dont cet excellen t\nnouveau chef-d’œ uvre, son Andromède. J e vou d rais             Mr G eorges Ohnet parle quelque part, et qui greffe\np ouvo ir rep rod u ire ici ce pu r bijou dans sa                avec plein su ccès un ro sie r su r un cep de vigne,\nsuperb e intégrité, m ais h élas, la place me m anque,           ou bien une vigne su r un rosier, je ne sais trop\net les ciseau x de la Rédaction ne le cèdent p as en             lequel des deux.\nférocité à ceu x d’rîtro po s, la P arq u e inhum aine!             O r donc, ap rès avo ir prédit ce m iracle stupéfiant,\n   J e me born erai donc à ne cueillir que quelques              P e rsé e désenfourche P é g a se, — et M onsieur le\nfleurs, au h asard , dans ce p arterre su ave.                   P ro fe sse u r aussi.\n   L a Justification prélim inaire nous apprend que :               L e s trop courts extraits ci-dessus ne donnent p as\nDans un concours de beauté (rien de S p a j Andro­               de la perfection de cet exquis et rare poèm e\nmède ose disputer le p rix aux Néreïdes, filles de               l’idée que je voudrais. Mais, en vo yan t l'ensem b le,\nNeptune. En châtiment, un m onstre ra v a g e le p a y s         on est porté à en vier les h eu reu x auxquels fut\ndu roi son père. M onsieur le p ro fesseu r nous fait            dévolu l’honneur de m ettre en m usique ces v e rs\nentendre :                                                       délicieux. Il me sem ble qu’il ne faut p as être bien\n                                   . . . A u x rivages           grand clerc pou r récham pir de m élodies ra vissa n tes\n L e cri des malheureux mourant d’ avoir souffert,               ces paroles divinem ent harm onieuses, aux rim es\n Les plaintes des guerriers, les sanglots des épouses             savan tes et rich es, au x coupes im peccables, e t\n Le cri de tes enfants, mère, que tu repousses.                   qui sont p ar elles m êm es une m usique idéale.\n"}, {"page_pdf": 202, "texte": "                                                          - 159 -\n   O h! M onsieur le P ro fe sseu r, de grâce, dans trois                                    *\n                                                                                            * *\nans, daignez p roduire à l’ébaubissem ent de vo s\ncontem porains un nouveau Sinaï, une nouvelle                       L’Hermitage (Septembre). P ro se lim inaire de\nAndromède, autant que vo s précéd en tes œ u vres                G. B e rn a rd -K a h lé r su r la Littérature dans la\nd élicieu se, p ré cie u se , m erveilleu se , glorieu se,        Politique. J ’y rem arque une p h rase fort ju ste,\nvictorieuse ' et supercoquencieuse, laquelle, n’en               visant peut-être quelques p ag es su r le sen s\ndoutez p as, ren con trera le mêm e respectueu x                 esthétique chez les R u sse s, qui ont paru dans\naccueil de la part d’un ju r y souverainem ent im par­           le M ercure de Fran ce, signées P rin cesse N adejad :\ntial et com pétent.                                              “ Nous n’avons p as besoin de la littérature et\n   Continuez, M onsieur le P ro fe sseu r, continuez :           de l’art ru s s e ; les canons du czar seu ls nous\nMacte animo, gencrose m agisire! sic itur ad astra !             im portent à l’heure actuelle. „ —\net m êm e à l’A cadém ie de Belgique.                               P lu s loin, à citer : Décor pour symphonie\n                                                                 funebre d’A lb ert Saint-Paul et l’Armurier, fort\n                                   F r é d é r ic F r ic h e .\n                                                                 belle page d’Ant. S ab atier. P u is A zu r et Or de\n                                                                 H enri Mazel, P ro se s m ignardes, am oureuses p ar\n     A    travers les R evues.                                   endroits, dans le genre des Tout petits poèmes\n                                                                 en prose, dont j ’ai gardé bonne souvenance. Enfin\n   La Jeune Belgique ( S e p t e m b r e ) débute p a r un\n                                                                 Spleen, pantom im e p a r M arc L egran d et A b el\narticle intitulé : L ’ A rt pour l’ A rt au Congrès de\n                                                                 T a rrid e. —\nMalines. Un p ro fesseu r de l’U niversité de Louvain,\n                                                                     B on s v e rs de Dauphin Meunier, de Cam .\nMr Léon de Monge, grand p rêtre de jan sén ism e\n                                                                 M auclair. D e Jo se p h D eclareuil, Le Ramesside,\nlittéraire en Belgique, a voulu p rop oser l’insanité\n                                                                 excellent sonnet que je prends la liberté de\nsuivante : “ L a théorie de l'A rt pour l’A rt est une\n                                                                 transcrire ici :\nthéorie im m orale. „ M ais gêné peut-être de la\npaternité de cette énormité, il endossa le soin de               Il songeait aux aïeux qu’ il mit en de superbes\nla p résen ter au concile de son collègue, M. Kurth,             Catafalques de pierre, ornementés d’iris,\nqui fit adroitem ent ajourn er la discussion. Et dans            Et qui régnent sur les pallides Osiris,\nla suite, le C ongrès n’osant p as condam ner la fo r­           Ainsi que le glaïeul sur la plèbe des herbes ;\nm ule incrim inée, c la ssa la proposition a rem otis.\nD e fait, comme le dit l’auteur de l’article, l’ajo u r­         I l songeait comme un moissonneur devant ses\nnem ent p rim itif a été transform é en enterrem ent                                                       [gerbesJ,\nde prem ière classe.                                             Et, jouvencel aux airs musclés de B œ u f Apis,\n    Ce num éro nous donne en v e rs : de F. S éve rin ,          Sous le gorgerin bleu d’ émail et de lapis.\nL a Béatrice & A m o u r; deu x p oèm es ingénus,                Etait celui qui dit les impériaux verbes,\nlangoureux,écrits p ar l’A m ant d’une idéale Voulue.\n    Plu s loin , Album-Blüttchen, d’A lb ert A r n a y ,         Qui porte la vipère et le sceptre des hommes\npiécettes faciles, originales, et Oarystos d’Eugenio             Et pour qui la Lybie et Ju d a sont des nomes,\nde Castro. C es dern iers ve rs, traduits du portugais           L ’époux sacré d’Isis, le très divin H oros!\nne sont que fioritures, festons et astragales, avec\nparfois des com paraisons étranges, vo ire même                  Tabernacle choyé d’Ammon-Ra qui le hante\nh a rd ie s; au dem eurant, m orceau rem arquable.               Et tel P hoïbos, ô Grecs, taillé dans le Paros,\n    D ans le Memento, nous apprenons que les con ­               Il mirait dans le ciel son image flambante !\ng resseu x Malinois, toujours su r la proposition du                                             *\n                                                                                            * *\nsublim e M. de Monge, ont placé le S â r M érodack\nB aladan — très-connu en littérature, surtout pour                  D ans La Revue Belge (15 S e p t e m b r e ', rem arqué\nl’intensité de son odeur p éd estre — au nom bre des             une nouvelle de J.-B. Chatrian, En Vacances; et\n écrivain s qui com prom ettent et déshonorent les               d ’A ug. L e fè v re un bon sonnet, le B elluaire.\n catholiques B elg e s !                                            A la fin du fascicule, M. Léon G oem ans nous\n    E t à propos du S â r , les Petites Affiches annon­          parle de 1’ “ estom irante „ proposition Rooses au\n cent qu’il a fondé le “ Salon de la Rose Croix. „ —             Congrès N éerlandais de Gand. — C a r il n’est\nM anifestation victorieuse des N orm es de la B eau té,          p erm is à nul d’ignorer que ce Mijnheer, répandant\n ce salon se ra “ un tem ple dédié à l’A rt-D ieu, avec          du haut de son perchoir les p erles p récieu ses de\n le s chefs-d’œ uvre pour dogmes, et pour saints les             sa parole esbaudissante sur son auditoire attendri\n génies. „                                                       a p rop osé à quelques autres Mijnheer accourus\n    D électable fum isterie !                                    des quatre coins du petit monde flam ingant\n"}, {"page_pdf": 203, "texte": "                                                      - 160 -\n\" d'exclure la langue française de l'enseignement             Heureux celui qui peut, au bout de sa carrière,\nprimaire dans la partie flamande du p a y s ! ! ! „           S e sou ven ir assez, s 'il regarde en arriéré,\n                                                              Pour dire en soupirant: c'était mon plus beau jo u r !\nMais au lieu de tenir, Mijnheer, pareil langage.\n                                                              S a tâche est accomplie, et son beau front se penche.\nIl vaudrait mieux te taire et cacher ton from age !\n                                                              Heureux ce fron t divin sous l’auréole blanche\n                                                              Qui se souvient avec am our!\n                            **\n                             *\n\n\n\n\n   D ans la Franee Moderne, à sign aler un article                                                   C am . V e r h é.\nde M. F . M istral su r les Poésies Hébraïco-\n                                                              Son g ra n d génie ou vre à l’intelligence\nProvencales, traduites et tran scrites p a r S. M. Don\nP ed ro II d’A lcan tara, ex-em p ereu r du B résil. —        L ’im m ensité du monde des esprits,\nEnsuite, enquête très littéraire p a r P an glo ss :          E t la justice y trouve sa balance ;\n\" de l’influence du chapeau mou su r le cerveau               Oui, notre ville est fière de ce f i l s !\ndes poètes. „ Ce num éro donne aussi des v e rs               Entendez-vous, le beffroi carillonne\nque Lau ren t de G a vo ty a d re ssa ja d is à A g a r       Pour salu er ce triomphe opportun.\nla célébré tragédienne, qui vient de m ourir à                J ’ ai cinquante a n s! m a m use est toujours bonne,\nM ustapha, âgée de 55 ans.                                    Pour acclamer notre ami P au l Lebrun !\n\n                                                                                                         V. T h é r y .\n\n   L e s Jeunes ( S e p t e m b r e ) nous annoncent qu’ils     J ’ai ap p ris que M. V erh é a é té classé second\nont fusionné avec la Chimère, réd acteu r en chef,            au concours de p oésie où M. S au v en ière a\nPaul Redonnel, auteur d es Liminaires. D om m age!            décroché la timbale ! Encore a p rè s S a u v e n iè re ?\ncar c’était un des ra re s bons jo u rn a u x littéraires     A lo rs cela ne m’étonne plus !\nb elges. D ans ce num éro — le dern ier donc qui                 Quant à M. T h é ry ! S i la ju stice y trou ve sa\nparaît sous ce titre — bonnes p ro se s d’A ug. V ierzet,     balance, moi je n’y trouve rien, p as mêm e des\nA lb. d é Q uiriny, P . M. O lin ; et v e rs de G é o Mau ­   bouts-rim és!\nrè re et Ch. F rap p a rt.\n   Nous faisons d es vœ u x pour Chimere et ses                                   Apres Verhé,\nnouveaux rédacteurs.                                                                   Ohimé!\n                                                                                  Mais après Théry\n                           ***                                                       A ïe !\n\n   J ’ai reçu les trois p rem iers num éros d’une nou­          Comm e disait B oileau.\nvelle revu e L a libre Critique, où j ’ai rem arqué :\nLes tribulations d'un auteur dramatique, p a r\nC h a m p c ev ra is; puis Décadent! de R o b ert C h ar ­\nm ette, et, signée J . A . une bonne rép on se à ce             F le u r de gagaïsm e :\ndernier article, qui critiquait V erlain e. B ra v o !          T e x te d’un sujet de d evoir français, p rop osé\nl’anonym e d éfenseur de l’au teu r des poèm es satu r ­      dans la tant bonne et littéraire ville de G and, à\nniens                                                         un cours m ilitaire su ivi p ar de jeu n es cap o rau x\n                                                              de 15 à 17 ans :\n\n                                                                “ Lettre de condoléances de Louis X I I à la\n   L ’entrée solennelle du lau réat du concours pour          duchesse de Nemours, à propos de la mort de\nle p rix de R om e, M. L ebru n , qui est parvenu à           Gaston de F oix à la bataille de Ravenne. „\nm ettre en m usique les délicieux v e rs de M. S a u ­\nvenière, a fourni à deu x “ bard es „ gantois, M es­            Est-ce que “ Mossieu „ le p rofesseu r ne se\nsieu rs Cam. V erh é et V . T h é ry l’occasion d’une         sentirait p as bien ?\npetite envolée lyrique. C es m essieurs, enfourchant\nle P é g a se rétif et tant p ou ssif su r lequel Boileau                                              Louis D. B.\na ja d is encore chevauché, ont fait un petit vo yage\nau vieux P a rn a sse du 18 “ siècle, et en ont rapporté\ndes pondaisons dont vo ici deu x échantillons :\n"}, {"page_pdf": 204, "texte": ""}, {"page_pdf": 205, "texte": ""}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 10, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1891-10", "signet_source": "Première année - N°10 - Octobre 1891", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 186 (« Première Année. N° 10. OCTOBRE 1891 »).", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}