{"numero_id": "ulb-reveil-1891-11-n11", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "articles": [{"article_id": "ulb-reveil-1891-11-n11-001", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Première Année. N° 11. NOVEMBRE 1891", "ancre_fin": "REVUE MENSUELLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOM M AIRE D U N ° 11", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 206, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 294, "texte": "Première Année. 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NOVEMBRE 1891.\n\n\n\n                    ESSAIS\nCERCLELITTERAIREFRANÇAIS\n                                          P U B L IÉ S P A R L E\n\n\n\n\n                         REVUE MENSUELLE.\n\n                            "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-11-n11-002", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOM M AIRE D U N ° 11", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 206, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 294, "fin_caractere_exclue": 1530, "texte": "SOM M AIRE D U N ° 11.\n       M o r t u i s ................................ L ou is V é h e n n e .\n       La F e m m e .......................................... W e s t e r m a n n .\n       Fossoyeur n o c t u r n e ...........................Louis De B.\n       P o c h a d e ........................... R o d r ig u e    S é r a s q u ie z !\n\n       Un salon litté ra ire au X IX e siècle.           . . .         Joseph D e sg e n êts .\n\n       Heures v é c u e s ....................... L éon L u cy -M a r .\n       La fille de l ’illu s tre T iefde n ken . . . .                 F r é d é r ic F r i c h e .\n\n       B ib lio g ra p h ie .........................L. D. B. ; L. ; J. D.\n\n\n\n\n                P r i x «lu. n u m é r o :    4 0                        c e n t im e s .\n      P r ix     d e l ’a b o n n e m e n t : u n                       a n 4 fra n c s.\n\n\n                                  BUREAU          DU J O U R N A L :\n  G A N D , 71, R U E D E F L A N D R E , 7                                               1, G A N D\n\n                                              GAND,\n        Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER, rue Savaen, 32.\n\n                                  TOUS      DROITS       RÉSERVÉS.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-11-n11-003", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 161, "page_fin": 162, "titre_corps": "Mortuis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Véhenne", "ancre_debut": "MORTUIS. 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Et\nquand vient la date de l’anniversaire de tous ces pauvres chers disparus, dormant\nleur dernier sommeil, là-bas, sous le gazon humide, ce m’est une consolation\nd’aller les visiter, eux si froids et si abandonnés.\n   Dites-moi, morts tant pleurés, qu’ un sarcophage de porphyre ou qu’ une simple\ncroix de bois se dresse sur votre pauvre corps, n’ êtes-vous pas tous égaux dans\nle grand néant où vous êtes retournés? A quoi bon alors ce luxe vain déployé\nsur vos tombes, pourquoi ces monuments immenses, si vous ne connaissez plus la\ngloire factice d’ici-bas?\n   Dites-moi, à quoi songez-vous maintenant, enveloppés dans vos linceuls mor­\ntuaires ? Vos   grands      yeu x vides, qui regardent dans la nuit, ont-ils sondé le\nm ystère de l’au-delà ? Et alors que vous nous voyez, nous autres, paraissant si\nlorts,   et pourtant si misérables, un     rire affreux, rire de pitié, ne vient-il pas\nsecouer vos os glacés?\n   Ainsi je songeais, longeant les tombes qui peuplaient le cimetière, coudoyant\nune foule presque indifférente, venant là comme but de promenade. Partout des\ncouronnes fraîches, un sot étalage de richesse; quelques personnes agenouillées\ndevant de pauvres tertres recouverts de mousse. Oh ! comme le cimetière de\ncampagne, tout humble qu’il est, présente un caractère plus grandiose                             et plus\nprofondément triste que ces immenses nécropoles aux froids monuments, grands\nsquelettes sans âme.\n   Une cloche tintait.... L a porte d’une église était ouverte. J ’entrai. L e s cierges\nbrillaient, piquant de petits points d’or le noir du drap qui recouvrait l’autel, les\norgues remplissaient les voûtes de leurs notes plaintives, qui se perdaient dans\nles hauteurs    de la n ef;    une odeur d’encens, lourde et pénétrante,                   remplissait\n"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1335, "texte": "                                          - 162 -\ntoutes choses,   vous grisant doucement.... Au         milieu      de      l’église se dressait un\nimmense catafalque, papillotant des lueurs que projetaient les cierges. L ’enceinte\nétait pleine de monde; quelques personnes paraissaient émues. Et le glas reten­\ntissait au loin, tombant très lourd et très lugubre sur cette cité de morts.\n   Dites-moi, pauvres défunts, entendiez-vous ces chants et ces prières qui s’élevaient\npour vous?\n   L e soir, alors que la bise gémissait au dehors, comme la plainte d’un trépassé,\nje revivais votre souvenir. Je vous croyais revenus, il me semblait entendre derrière\nmoi vos pas bien connus, je sentais vos souffles effleurer mes cheveux, et les grands\nportraits qui ornaient la chambre paraissaient s’animer. Non, ce n’était pas vous,\ntout restait muet, et vos places devant l’âtre étaient toujours vides. Le beau rêve,\nmais hélas, vous êtes partis, jamais vous ne reviendrez.\n   Et alors, je pensais à tout ce qui n’est plus, à tout ce que nous serons nous\nmêmes plus tard. Ainsi s'écoulaient les heures, plongé dans d’amères réflexions.\n   Dites-moi, morts adorés, est-ce trop de quelques larmes versées tous les ans\nsur ceux que nous avons tant aimés?                                            Louis V é h e n n e .\n\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-11-n11-004", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 162, "page_fin": 163, "titre_corps": "La Femme", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ad. Westermann", "ancre_debut": "LA FEM M E. Et Dieu fit une femme", "ancre_fin": "A d . W esterm ann.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "FOSSOYEUR NOCTURNE.", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 209, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 1335, "fin_caractere_exclue": 2443, "texte": "LA                 FEM M E.\n                                                    “ Et Dieu fit une femme de la côte qu’il\n                                                      avait p rise à A dam . „\n                                                                L iv r e   de la   G en è se, c h ap.   11.\n\n\n                  A dam dormait. C’était aux prem iers temps du monde.\n                  A dam dorm ait devant I'immensité profonde,\n                  E t la prem ière aurore éclairait son sommeil\n                  De toute la splendeur de son prem ier soleil.\n                  D ans le ciel radieux, plein de lueurs étranges,\n                  Dieu regardait, tranquille, entouré de ses anges.\n                  L a terre s’éveillait de la nuit du néant :\n                  Tout était jeune, heureux et beau, tout était g ra n d .\n                  E t l'univers semblait la perfection même.\n                  Dieu vit qu’il y manquait un chef-d'œuvre suprême.\n                  A lo rs pour couronner tout ce qu’il avait fait,\n                  I l p rit un peu de chair à l’homme qui dorm ait;\n"}, {"page_pdf": 210, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1350, "texte": "                                      - 163 -\n                    A la nature il p rit ses plus charmantes choses,\n                   L ’innocence des lys et la candeur des roses,\n                   L a chanson du printemps, pleine de grandes voix,\n                   Que la brise murmure aux arbres dans les bois,\n                   I l p rit aux anges p u rs la douceur de leurs ailes,\n                   E t des perles, encor plus douces et plus belles,\n                   Des gouttes de rosée et des gouttes de lait :\n                   I l mit ce qui rayonne avec tout ce qui plaît,\n                   Avec l’azur des d eu x et la blancheur des cimes,\n                   D ans le divin creuset des mystères sublimes ;\n                   Il p rit les diamants des prés couleur d'espoir,\n                   E t l’hymne du matin, le cantique du soir,\n                   E t la douce lueur de l'étoile qui tombe,\n                   Avec des chants d'oiseaux, des soupirs de colombes,\n                   Des rayons de soleil et des parfum s de fleu rs.\n                   P u is Dieu m il prés d’Adam la gerbe de splendeurs,\n                   E t dans ce corps charmant plaçant la sainte flamme,\n                   De toutes ces clartés fit la prem ière fem me.\n\n                                                        A d . W esterm ann.\n\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-11-n11-005", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 163, "page_fin": 164, "titre_corps": "Fossoyeur nocturne", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Louis D. B.", "ancre_debut": "FOSSOYEUR NOCTURNE. 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Il\ntressaille,... et s ’arrachant à sa pénible rêverie, se lève vivement. P ris d’une idée\nsubite, il endosse son pardessus, met son chapeau et sort de la maison.......\n   Le proche clocher, dans sa gracilité, candide, pique le ciel constellé, où noyée\ndans un nimbe verdâtre, la lune poitrinaire ruisselle, semant des étincelles sur les\ntoits neigeux. E t il marche vite à travers les rues désertes, sous le papillotement\nindécis des réverbères ; il semble ne pas sentir la rigueur du froid            nocturne.\nIl marche, courbé sous le vent qui roule             de l’extrémité du boulevard, faisant\ntourbillonner les flocons tombés le matin en une ronde effrénée, fantastique. Il\nmarche ; ses pieds s’enfoncent dans la neige qu’ils font gémir, et il murmure des\nparoles insaisissables. Il marche comme une ombre par les boulevards plantés de\nsquelettes d’arbres et les ruelles tortueuses bordées           de fantômes   de maisons\nsilentes.\n   Il marche ; la ville ensevelie sous la neige s'efface peu à peu dans le lointain ;\nla campagne s’étend là-bas, uniformément blanche. Il marche toujours. Ci poindre\nune avenue plantée d’arbres aux branches chargées de neige, qui craquent ; il s’y\nen gage; sous l’effort du vent, des plaintes sortent, funèbres, des vieux troncs\ndénudés........\n   L e cimetière est devant lui.\n   L a grille grince      Il entre... . Dans le voisinage, un chien hurle....\n   Sou s la blondeur lunaire, entre les tertres blancs qui par rangées renflent le\nsol, les monuments funéraires et les sapins dont les branches glacées plient sous\nl’amoncellement de la neige, il se dirige vers la tombe fraîchement fermée de sa\ncompagne, s’y agenouille. Et, démesurée, sur la neige proxime son ombre grise\nse meut, s’abaissant, se relevant.......\n   Le lendemain on trouva la terre dure et gelée du tertre creusée à un mètre de\nprofondeur, et à côté, assis sur une pierre tombale, violet de froid, les mains\nnoires, les ongles ensanglantés, lui ricanant: il était fou.\n     Octobre 1891.                                                       Louis D. B.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-11-n11-007", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 167, "page_fin": 168, "titre_corps": "Un salon littéraire au XIXe siècle", "titre_sommaire": "Un salon littéraire au XIXe siècle", "rubrique": "", "signature_source": "Joseph Desgenêts", "ancre_debut": "M adam e S ., très jeune mais mariée", "ancre_fin": "J o seph D e s g e n ê t s .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "HEURES VECUES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 214, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 68, "fin_caractere_exclue": 2860, "texte": "M adam e    S ., très jeune mais mariée; taille moyenne; grands yeu x ravis trouant\nun visage éveillé; toilette criarde. Elle est assise sur une chaise longue et s’adresse\na Monsieur R .\n   — “ Alors, mon cher, c’est tout à fait décidé; vous déposerez chez moi, demain\ndans la matinée, le dernier volume d’Ohnet. „\n   M o n sieu r   R., rentier entre deux âges; joie épandue sur un visage rouge brique;\ninfligé d’un embonpoint terriblement menaçant; cheveux poissés de Cosmétique; nez\népaté; voix nasillarde; parle avec un dodelinement de la tête.\n   — « Vous les aimez donc beaucoup ces livres! »\n   M adam e   S . (avec passion.) S i je les aime! (longue extase). J ’en ai dévoré quatre\nen six jours. C ’est si bien écrit! Ça n’est pas bien compliqué, il est vrai, mais\nquelle finesse d’analyse, quelle pénétrante observation des moindres états psycholo­\ngiques! Appréciez-vous aussi, vous dont le bon goût est reconnu (avec un gracieux\nsourire), cet adorable écrivain ?\n   M o n sieu r   R . (avec conviction). Chère madame, comme vous je l’apprécie à sa juste\nvaleur. C ’est un des plus grands écrivains contemporains, mais je vous avouerai\nque je n’en ai rien lu. X avier de Montépin, voilà mon auteur favori! (un moment\nde silence). Il surpasse, croyez-moi, Ohnet. Toutes ses œuvres présentent un intérêt\nvraiment artistique. Et puis quelle langue chaude et superbe! Non sans raison,\nmadame, on l’a comparée à celle de Corneille. Quel scintillement de mots spirituels!\n(élevant la voix et écartant les bras en un geste majestueux de prestidigitateur.) Je\nsuis convaincu qu’il aura l’honneur de s’asseoir dans le premier fauteuil vacant à\nl’Académie Française. (Crescendo.) Sa place d’ailleurs y est toute indiquée!\n   Un frémissement d’admiration         traverse le salon. Puis un silence.\n   M o n sieu r   T ., très vieu x; tout rabougri;       une forêt de cheveux blancs lui bat\nla nuque; on dirait un vénérable académicien; voix lente et très voîlée.\n   — « Je suis entièrement de votre avis, Monsieur R . Mon Dieu! où allons-nous?\noù tous ces écrivains nous mènent-ils? Et Zola (les invitées rougissent), et Daudet,\net Maupassant, et Bourget, et Catulle Mendès, et Armand Silvestre (les invitées\nprennent des teintes cramoisies), tous ces pornographes enfin qui atrophient notre\nlittérature. (Avec indignation). A       leur suite vient une bande échevelée de jeunes\nécrivains que je ne veux pas et          n’ai jamais voulu lire. Comment voulez-vous que\ndes jeunes fassent quelque chose de bon! Qu’ils lisent Ponson du T errail, G eorges\nOhnet, X avier de Montépin! Voilà des écrivains de mérite! Qu’ils lisent comme:\nmoi tous les jours le Petit Jo u rn a l et quelquefois le Petit Parisien. C ’est de la\nlittérature noble et forte qui leur donnera de grandes et hautes idées.\n"}, {"page_pdf": 215, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "                                         - 168 -\n   M adam e       X., vieille et laide; disgracieuse; visage chiffonné; yeux à fleur de tête;\npoitrine insolemment développée.\n    — « Pourriez-vous me fournir quelques éclaircissements, mon cher monsieur R.\nsur la signification des mots Décadents, Déliquescents, Symbolistes. Instrumentistes.\nMon fils me parle souvent de ces genres littéraires.\n    M o n s ie u r R. (embarassé au plus haut point). Je ne pourrais vous expliquer en ce\n\nmoment le sens de ces mots. Je le regrette, mais croyez-moi, chère dame, bien\nque je n'aie jamais lu d’œ uvres d’écrivains appartenant à ces différentes écoles, je\nsuis convaincu qu:elles ne contiennent rien de bon!\n    M a d a m e X., très souvent aussi mon fils me parle de représentations données au\n\nThéâtre d’Art et au T héâtre Libre. Q u’est-cela?\n    Tous l e s i n v i t é s (avec une indignation marquée). Oh! Oh! mais c’est horrible!\nIl s’y passe des choses, mais des choses!\n    M a d a m e X. (visiblement épouvantée.) Eh bien? Eclairez-moi, je vous en supplie.\n\nPeut-être est-il temps encore de sauver mon fils! Q u’est-ce donc que ces théâtres?\n    Tous l e s i n v i t é s : Nous ne savons pas; nous n'y sommes jamais allés, mais c’est\nhorrible tout de même!\n    L a soirée continue.                                                  J o seph D e s g e n ê t s .\n\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-11-n11-008", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 168, "page_fin": 170, "titre_corps": "Heures vécues", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Lucy-Mar", "ancre_debut": "HEURES VECUES Ami, ce g ra n d bonheur", "ancre_fin": "Léon L u c y -M a r .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA FILLE DE L'ILLUSTRE TIEFDENKEN", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 215, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 1386, "fin_caractere_exclue": 2467, "texte": "HEURES VECUES\n                                       “ Ami, ce g ra n d bonheur retournera dans l’ ombre ;\n                                       Bientôt tu n'auras plus dans ta détresse sombre,\n                                       Comme baume, qu’ un souvenir !\n\n\n                                                        A M elle M a r i e D u p o n t .\n   J’ai toujours aimé à revivre les heures vécues, à me replonger dans un passe\nmorne et triste, à en égréner à nouveau tous les instants, toutes les joies, toutes\nles larmes. C’est une exquise sensation que me donne cette rentrée au cœur de\nce qui n’est plus,... une sensation étrange d’éternité, de jamais, pleine d ’une\nprofonde et douce mélancolie. Et c’est surtout en face des choses, des êtres de\nce passé là, des objets — fussent-ils les plus petits — de cette époque disparue,\nque me revient toute la vie de ces heures... Il arrive aussi à mon âme une\nimpression toute autre, parfois : l’idée que peut-être, que probablement, dans un\ntemps indéterminé et futur, ces mêmes heures renaîtront, identiquement semblables,\n"}, {"page_pdf": 216, "page_imprimee": 169, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2861, "texte": "                                            - 169 -\net très lentes,.... et qu’elles s’écouleront alors bien plus dolemment, et qu’elles\nseront bien plus longues — aussi longues que nos désirs.....\n    C'est ainsi que l’autre soir, seul, assis devant ma table couverte d’anciennes\nchoses, j ’ai revu distinctement la plus délicieuse époque de ma vie, l’heure rose\nde l’autre fois, — il y a déjà si longtemps !.... Et je               fis   alors   un   rêve sans\npareil et si vrai, si exact minutieusement, qu’il ne fallut pas grand effort d’imagi­\nnation pour m’y croire encore,.... dans la lumière de ce petit salon aux tentures\nmultiples et sombres, devant ce piano noir à incrustations cuivrées,.... avec E lle\nà mon côté, fredonnant les paroles d’une romance si vieille!.... tandis que je\nl’accompagnais. .. Il pouvait être midi, une matinée un peu grise, un peu froide,\navec de temps en temps un pâle rayon de soleil! Au dehors, — et je l’entendais\nétrangement dans cette rêverie, — le bruit bariolé des boulevards, ce bruit de\nfoule, ce bruit de choses,       et le bruit du vent, parfois....             Autour de       nous,\nrien ,   que les y eux des statuettes et        des photographies,          personne,       pas   une\ncréature,...   Je   calm e! Seu les, les notes perlées s’échappaient de l’instrument,\navec les petits frissons d’or de sa voix comme écho limpide.\n   Et je percevais exquisement les tremblements de ce timbre frais et si. jeune,\ncomme le jou r       même où cela s’était passé.            L es   mêmes    effluves     troublantes\nberçaient mon être,... et cette promiscuité solitairement chaste, cette radieuse jeune\nfille auprès de moi, dans cette pénombre parfumée, tout cela me revenait avec\nune effrayante vérité.... Je dis effrayante, car j ’eus peur à la fin, de cette résu r­\nrection d’une chose déjà depuis tant de jours enfuie!.... Un tremblement glacial\nme secoua,     une tristesse mêlée d'une indéfinie crainte m’oppressa soudain, et\nm algré ce bouleversement de moi-même, j’entendais la voix chère qui continuait :\n\n\n                              “ Nous allons chanter ri la ronde\n                                        S i vous voulez,\n                              Que je l'adore et qu’ elle est blonde\n                                       Comme les blés ! „\n\n\n\n— et je voyais mes doigts enfoncer les touches claires du clavier qui bruissait\nfidèlement, et en sourdine....\n   Toutes les odeurs d’alentour me grisaient... J ’étais bien transporté à cette époque\nmême, dans cette cité étrangère,         auprès de         cette mignonne,      la veille    encore\nignorée.... Tout le nu de ma chambre avait disparu, et c’était bien maintenant ce\nboudoir, ce salon coquet, si féminin, cette chambre d’artiste, pleine d’exotiques\nmagnificences.... C ’était de nouveau le bonheur en son plein, la félicité vraie, —\n"}, {"page_pdf": 217, "page_imprimee": 170, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1430, "texte": "                                         - 170 -\nla première que j ’aie goûtée dans ma lamentable existence, la consécration                         à\nl’amour d’une vie qui commençait seulement....\n     Et j ’ouïs se     finir la plaintive romance et la   voix chère se mourir dans un\ngrand enlacement....       L ’impression délicieusement        neuve   de deux     bras      blancs\nautour de mon cou et l'attouchement de deux lèvres brûlantes, me                      plongèrent\ndans un ravissement tel que tout s’effondra, dans des poussières de baisers, de\ncaresses et de regards... L a sensation de réalité avait été trop forte.\n     Cette dernière résurrection brisa le charme,... tout le bleu s ’envola, et je fus\nrappelé à moi-même, dans la tant sombre vérité ! . .\n     Oh ! qu’il était loin, le passé mort, à ce brusque réveil '\n     Qu’ils étaient loin les accords de la lente musique et les accents de cette\nvoix douce! ... Oh! loin! loin!... disparus! finis !... éteint le boudoir aux magiques\nsenteurs         éteint le pâle soleil du    boulevard!.... bien       morte aussi,     hélas!      la\nchère mignonne, et froides ses lèvres rouges !\n     Je me retrouvai seul et triste, effroyablement, devant ma lampe qui baissait,\ntrès lugubre, tandis qu’un chien hurlait à la mort dans un jardin voisin.\n\n      Liège, 9    Octobre 18 9 1.                                         Léon   L u c y -M a r .\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-11-n11-009", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 170, "page_fin": 174, "titre_corps": "La Fille de l’illustre Tiefdenken", "titre_sommaire": "La fille de l’illustre Tiefdenken", "rubrique": "", "signature_source": "Frédéric Friche", "ancre_debut": "LA FILLE DE L'ILLUSTRE TIEFDENKEN", "ancre_fin": "A suivre. 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A tout instant,\non le voyait passer devant la maison du professeur, faisant sonner ses éperons,\nretroussant fièrement sa moustache et les yeu x fixés sur la fenêtre où la blonde\nenfant se montrait d’habitude. Son manège mettait Tiefdenken hors de lui : quoi,\nce bretteur, ce fat, le plus paresseux           des bkrehen    de l’Université, toujours en\nripailles et en kneipe, oser prétendre à son Eva, sa fille à lui Tiefdenken l c’était\nà tomber foudroyé! Qu’aurait dit l’infortuné professeur, s’il avait su                que loin\nd’être, comme          il le croyait, insensible à ses assiduités, la timide E va y répon­\ndait de toute la force de son petit cœur, et prenait grand plaisir à entendre les\ndoux        propos    de Wilhelm, derrière    les piliers de l’Eglise où ils se       donnaient\nrendez vous !\n    Heureusement, l’ignorance de Tiefdenken était parfaite en ce point.\n\n\n\n\n    Or, il advint qu’un matin l’illustre professeur se leva de fort mauvaise humeur.\nIl avait      veillé tard le soir précédent, courbé sur un nouveau mémoire de son\nennemi intime et contradicteur juré, le fameux Eselkopf de Heidelberg ; le susdit\nEselkopf avait l’audace de s’attaquer à la fameuse thèse de Tiefdenken : De la\nquestion de savoir         s i les   bœufs, sous le troisième consulat de     Caïus    Marcus\nGarullus       se    vendaient au marché aux bœufs ou          bien dans le temple de Vesta.\nTiefdenken          lui-même était fort malmené    et traité de v ir ignarus, voir même\ns tultus.\n"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 172, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2959, "texte": "                                       - 172 -\n   Tant d’outrecuidance lui faisait bouillir la bile et déjà il échafaudait mentalement\nune réplique victorieuse à cet animal d’Eselkopf (vir perridiculus ac ineptissimus).\n   Il   était   si absorbé que, sortant de chez lui le nez baissé, il ne vit pas ce\ngarnement de Wilhelm Krantz, s’avançant en sens inverse, les yeux levés au balcon.\nII en résulta que le professeur et le beau cavalier se heurtèrent violemment : le\nprem ier jura par Aedepol, le second par Gambrinus, et ils se reconnurent mutuel­\nlement.\n   « Vraiment, maître Krantz » grogna              Tiefdenken, « ceci dépasse       les bornes      »\nvous êtes un insolent — hotno rudis — et je pourrais                 bien    toucher à Monseigneur\nle Recteur deux mots de votre conduite scandaleuse, pour vous apprendre à faire\nle godelureau sous les fenêtres de ma fille ! »\n   La semonce tombait mal à propos, car l’infortuné Krantz se rendait précisément\nchez le. professeur pour lui       demander la main de sa fille, comme il en était\nconvenu avec elle pas plus tard que la veille ; il arrivait, non sans appréhension,\npréparant un début adroit et rusé         qui touchât        le    professeur, et   voilà, comme\nintroduction, qu’il manquait le       renverser au seuil de sa porte.           La bordée qu’il\nreçut lui fit perdre le peu de présence d’esprit qui lui restait encore. « Illustre\nmaître » balbutia-t-il, en lui balayant les pieds de son chapeau à plumes, « je suis\nbien confus de vous avoir heurté unpeu brusquement,                    mais je suis     si troublé\net quand vous saurez p o u rq u o i       »\n   « Voilà qui m’est bien égal, par exem ple! grogna Tiefdenken.\n   « T rè s précieux, herr docent », reprit W ilhelm d’une voix lamentable,                  en le\nretenant par le pan de sa toge, « j ’adore votre fille et vous supplie de m’accor...                »\n   « Infandum ! néfas ! »        bégaya       le   savant,   les   bras au   ciel   —   « mi.........\nmisérable       petit sacripant, vous êtes le plus impudent personnage!.... Mehercle !\npilier de taverne, vous êtes ivre ou fou ou tous les deux. Je vous ju re                         que\nvous vous repentirez de votre insolence — Vade rétro — je ne veux rien entendre\n— je      cours    chez Monseigneur le         recteur demander pour vous un châtiment\nexemplaire ! »\n   Et il se sauva furibond, à grandes              enjambées. L e pauvre        amoureux rentra tout\npenaud chez lui, où quelques jo yeu x              camarades vinrent le relancer et le conso­\nlèrent à grand renfort de pots et de cruches.\n    L e lendemain tandis qu’il sommeillait encore, se              reposant de ses émotions de\nla veille, et ressentant comme de vagues tiraillements dans le cuir chevelu, un\ndes pedellen du recteur frappa à la porte. Il en reçut un large parchemin tout\nhérissé de latin et de grec. Comme Wilhelm ne ressentait qu’une sainte terreur pour\n"}, {"page_pdf": 220, "page_imprimee": 173, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2908, "texte": "                                           - 173 -\nces deux langues, il s’empressa de jeter le grim oire au feu, et le regarda s’y\ntordre, ce qui lui rappela les contorsions indignées de l’illustre Tiefdenken. Ce\nsouvenir l’ayant rendu tout mélancolique, il se mit à la recherche de ses amis\net sut noyer amplement son chagrin.          Puis il ne pensa plus au m ystérieux écrit ;\nil eut grand tort, car huit jou rs         après, le corps des pedellen tout entier vint\nl’appréhender, en grand costume et grande cérémonie. On le conduisit proces­\nsionnellement aux cachots de l’Université, pour y purger la peine d’un mois de prison\nà laquelle le senatus academicus l’avait condamné par contumace.\n\n                                               *\n                                                   **\n\n     Bien loin d’éteindre son amour, cette fâcheuse aventure ne fit que l’exciter ; tout\nen    continuant ses assiduités auprès de la blonde                 Eva, il mena activement ses\ntranchées autour du père, dont il se mit                à suivre   les leçons avec un zèle qu’on\nne lui avait jam ais connu.\n     Il buvait les paroles de l’illustre Tiefdenken, prenait force notes            et lorsque le\nprofesseur descendait de sa chaire, il semblait ne quitter les bancs qu’à regret.\n     Il poussait l’hypocrisie jusqu’à aller         de temps en temps consulter Tiefdenken\nsur un point obscur de jurisprudence, après bien entendu, que Grotius et Puffendorf\nlui eussent permis de traiter doctoralement la question.\n     II avait l’air   si appliqué, si respectueux, si              repentant, que Tiefdenken s’y laissa\nprendre, et le        crût revenu de ses folles idées et désireux de lui faire oublier\nson impertinence.\n     Un beau jour, Wilhelm vint lui poser cette question brûlante : “ Illustre maître,\nquelques amis studieux et moi, nous avons l’autre jour discuté,                     comment   est\npunissable l’enlèvement d’une jeune fille ou d’une matrone, et nous n’avons pû\nnous mettre d’accord, tous les textes manquant de clarté, à ce qu’il nous a semblé.\nNe pourriez-vous, dans votre sagesse, trancher la question ? „\n     L ’illustre Tiefdenken avait si bien abandonné toute idée de défiance à l’égard\nde son élève, qu’il ne vit rien de suspect à sa demande. Il faut vous dire qu’il\nétait ce jour-là, dans de merveilleuses dispositions. Il venait de                 pulvériser ce\nmisérable Eselkopf, sous une triomphante réponse, et sa gloire en avait grandi de\ncent coudées.\n     L ’Allemagne savante ne parlait plus que de celà;               dans toutes les universités,\nc’ étaient des oh et des ah d’admiration à n’en pas finir.\n     \" Comment, mon jeune ami, fit Tiefdenken, vous, si studieux et si érudit, vous\nne vous souvenez pas de la loi: s i quis virgm em vel matronam.... le texte est\nformel. Mais remarquez pourtant », continua-t-il, emporté par son flair, comme le\n"}, {"page_pdf": 221, "page_imprimee": 174, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1824, "texte": "                                         - 174 -\nchien qui suit une piste, que cette loi est fort défectueuse. On peut l’éluder faci­\nlement. — Comment donc, cher maître ?„ fit Wilhelm subitement très attentif.\n   “ C ’est bien simple : supposons pour un instant que vous vouliez enlever une\njeune fille—\n   \" Oh!    oh!    révérente herr docent, „ quelle supposition ! nasilla hypocritement\nWilhelm.\n   « Rassurez-vous » mon jeune ami, je sais que vous avez laissé à tout jamais\nvotre ancienne vie de débauche et de dissipation.\n   Supposons donc que vouliez commettre ce rapt si peu en rapport avec vos\naustères dispositions actuelles. Suivez bien mon raisonnement, je vous prie : serez-\nvous punissable si vous vous faites enlever par la jeune personne? Et sans doute,\nne me regardez pas de cet air étonné : vous avez, j ’imagine, un bon carrosse aux\nportes de la      ville, les coffres bourrés pour un petit voyage à la frontière. L a\ndemoiselle s'y installe, vous arrivez, comme en vous promenant; elle vous inter­\npelle et vous invite à monter auprès d’elle — vous avez apporté des gens dignes\nde foi qui pourront en témoigner — et fouette postillon. Vous voyez bien, dans\ncet exemple, le ravisseur ne serait malheureusement pas punissable, car ce rapt\ndéguisé    ne serait plus celui dont parle la loi.         C ’est une   étrange et fâcheuse\nlacune de nos lois, aussi bien que du droit romain.. ,.»\n   \" O h herr docent„, s’écria      Wilhelm avec       un enthousiasme très réel,            « v o tre\nperspicacité est véritablement miraculeuse, et le plus fameux des juristes passés\nou présents ne serait pas digne de nouer les rubans                de vos souliers !»           Et il\ns'enfuit radieux.\n   A suivre.                                                             F r é d é ric F ric h e .\n\n\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-11-n11-010", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 174, "page_fin": 176, "titre_corps": "Bibliographie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "BIBLIOGRAPHIE. Une feuille de chou flamande", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 221, "page_imprimee": 174, "debut_caractere": 1824, "fin_caractere_exclue": 2916, "texte": "BIBLIOGRAPHIE.\n  Une feuille de chou flamande, s’adressant       en question, — qui n’a pas le courage de\naux ouvriers et aux philistins, le Vaderland,     signer sa prose,— est-il malade ou se fiche-\nqui sort des mêmes presses que la Flandre         t-il agréablement des \" hommes de lettres „\nLibérale, — ce tant intéressant journal dont      qu’il cherche à défendre?\nles rédacteurs se servent plus volontiers            Et en le supposant sincère, quels sont ces\ndes ciseaux que de la plume, — se fait le         écrivains de talent si injustement attaqués?\nchampion de \"littérateurs,, ayant donné déjà,        Est-ce Mr de Monge ; ou le S â r aux pieds\ndit-elle, des preuves d’un réel talent, et        fumeux?\nque nous éreintons de si arrogante façon             Est-ce le flamingant “ mijnheer „ Rooses,\ndans notre dernier numéro.                        que nous avions invité à cacher son fromage\n  Tout d’abord se pose un dilemne : le            au lieu de préconiser des choses délatoires\n\" critique de littérature et d’art „ du journal   et submersibles, comme dit Ronchonot ! L e\n"}, {"page_pdf": 222, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4551, "texte": "                                                - 175 -\ndéfendu serait-il le sublime Sauvenière,               jour où il s'avisera encore d’accoucher\nque nous avons été les premiers à signaler             de monstruosités pareilles.\nau public                                                On assure que le troisième enfantement,\n Les vers pleins de beautés que n'ont point tous les   — c’est-à-dire le troisième numéro — est\n                                        [autres?]      attendu à Pâques— ou à la Trinité.\nOu les deux \" bardes „ locaux, Mr C. Verhé,                                                          L.\ndont le beau fr o n t se penche avec amour, et\nMr V. Théry,\n                                                                                *\n                                                                               * •\n                                                          Nous avons reçu une fort intéressante\n    Dont l'astre a im é à . (horizon se lève           petite brochure de propagande publiée\ntandis que                                             par : L a Vérité Philosophique de Paris.\n  Son g r a n d génie ouvre à 1‘ intelligence          Elle est intitulée Une Mère Vierge et\n  L ’immensité du monde des esprits?!                  signée G. W. Foote. Cette brochure\n                                                       traduite de l’Anglais par M. C. Cilvva,\n   Je l’ignore, car l'article est vague. Toute­        rédacteur du Bleuet, est dirigée contre\nfois si cela peut faire le bonheur de ce\npauvre plumitif, nous tiendrons ces mes­               l’immaculée Conception de la Vierge.\nsieurs pour des génies, et nous le procla­             L ’argumentation est serrée et très con­\nmerons, lui, tapir de 1e classe !                      cluante. Le style correct et clair.\n   Mais ce que vous ne savez pas, ouvriers\n                                                                                *\n                                                                               * *\n\net truands, ce que vous ne savez pas,                     E v o h é l par G e o r g e s M a r l o w . L- et\nphilistins pansus, c’est que fonder un cercle          A. G o d e n n e , Imprimeurs-Editeurs, rue\ndans le but de faire de la littérature fran­           Notre-Dame, 1 0 1 , Malines.\nçaise est chose noble. C’est le “ critique „              A vec sa livrée rose pâle un peu déteinte,\ndu Vaderland qui a trouvé celà tout seul; et           ce petit volume de vers fait plaisir par\nil a daigné nous conseiller aussi d’écrire             ce morne et embrumé ciel d’automne.\nd’une manière compréhensible, au lieu de               Les oiseaux se taisent, les poètes chan­\nsinger la Jeune Belgique , les décadents et            tent ! Cette éclosion d’arrière-saison a fort\nautres fin-de-siècle!                                  bonne allure et vaut bien qu’on en dise\n  Mais vous parlez d’or, mon cher Monsieur !           un mot.\nNous n’imiterons plus la Jeune B elgique :               Si nous ne nous trompons Evohé est\n“ Merci de vos conseils. Heureusement                  le premier volume de vers que M. G.\nque vous êtes là! Voulez-vous la rédaction             Marlow, un tout jeune poète belge, livre\nen chef?...                                            au public. Ce début renferme des pro­\n   Je baise vos cothurnes. »                           messes réelles à côté de défaillances.\n                                  Louis D. B.          Les vers sont souvent délicats; il y a de\n                        *\n                            ¥\n                                *\n                                                       jolis tableaux ; ce n’est ni trop subtil, ni\n                                                       trop fouillé ; c’est frais et sincère. Seule­\n  Entrevu dans L a Zwanze, petite feuille              ment nous voudrions un peu plus d’ori­\nparaissant quelquefois — le deuxième                   ginalité dans le choix des sujets et plus\nnuméro vient de voir le jour après une                 de variété dans les rhythmes.\ngestation de sept mois!!! — chétives et\nplates plaisanteries d’un goût douteux.\n  Nous conseillons à l’unique collabora­                   A .   travers les R evues.\nteur, je veux dire z w a n z e u r , de cette            L a Jeune Belgique. — Numéro d’octobre.\nébouriffante production, M. Pr.... de faire            — Remarqué dans ce fascicule les deux\ndès à présent provision de sel pour le                 sonnets: Vaines Rencontres d’Albert Giraud\n"}, {"page_pdf": 223, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3634, "texte": "                                         - 176 -\net Madeleine de Valère Gille. Eu prose            L ’Ermitage.   — Dans ce numéro d’oc­\n un excellent article de Georges Eekhoud:       tobre de bonnes pages : Au bord de la\n Cycle Patibulaire. Blanchelive.... Blanche­    Baltique (notes de voyages) par G Bernard-\nlivette ! G’est un beau specimen du style       Kalhler et Soir d Eté (nouvelle) par Eugène\nmouvementé et puissant de l’écrivain de         Hollande. En outre le dernier acte de\nla Nouvelle Carthage et des Fusilles de         La fin des Dieux par Henri Mazel.\nMalines, écrivain qui sait sentir et bien\nrendre ses sensations. Lu avec infiniment\nd’intérêt une consciencieuse étude signée     Chimère. — Numéro d'octobre- — Cette\nErnest Verlant : Trois pièces d’Ibsen.      coquette revue, âgée de quelques mois\n                    * *\n                         ¥\n                                            à peine, est toute pleine de jolies choses\n  La Libre Critique. — Dans le numéro signées Redonnel, Armand Silvestre,\ndu 25 octobre M. Franc émet de bonnes Fernand Mazade, P. Devoluy. Nous nous\nidées dans son article : Nos jeunes auteurs permettons d’en détacher ce beau sonnet\ndramatiques. Les précédents numéros de Ch. Frappart.\ncontiennent quelques épitres jaculatoires\ndéfendant ou critiquant les Ecrivains                   TRIOM PHE\ndécadents- Les collaborateurs de La Libre                               A G. T o u c h a r d .\nCritique ont raison d’étudier ces intéres­\nsantes questions, mais sous prétexte de Les guerriers tasses de gloire et de prodiges,\ns’éclairer mutuellemet, fis s’aveuglent Fiers de la fierté dis êtres victorieux,\nsouvent et en viennent aux gros mots. Suivant le long cortège éclatant des quadriges,\nMoins de véhémence el. plus de froideur L'cvent leurs glaives blancs, en défi, vers les cieux.\nvaudrait mieux, nous semble-t-il.           Leur chef insigne est sur te char de la victoire\n                         »\n                     +       *                  Que traînent des chevaux sanglés de pourpre et d’ o r;\n  La Revue Belge. — Numéro du 15 octobre.       E t des foules clamant la grandeur de sa gloire.\n— A citer une odyssée banale et d ’une          L u i décernent le nom divin d’Imperator.\ndésespérante naïveté : Contes de mon vil­\nlage de J. B. Chatrian.                         Voici suivre bientôt les dépouilles opimes,\n                         *\n                                                E t parm i ceux qui vont, dédaigneux et sans pleur.\n                     *       *\n                                                Sombres et lentement s'avancent les victimes,\n   Mercure de France. — Numéro d’octobre.\n— Remarqué l’article initial : La Gent          Dont les yeux éclairés d’inutiles audaces\nIrritable. La Trêve de Saint-Pol-Roux.          Montrent malgré l’ affront et malgré les menaces,\nPages très spirituelles avec un fond de         La   rage des vaincus et l’horreur du vainqueur.\nvérité et de raison.\n  En vers : Ruines d’Edouard Dubus et\nA un jeune Aède de Louis le Cardonnel.            Naissance. — Nous souhaitons longue\n  Dans ce fascicule G. Albert Auriez            vie et prospérité à La Revue flamande de\npublie une étude -très approfondie de           Littérature et d’Art, éditée chez J. B.\nquatre toiles du peintre belge Henry de         Schaumans, rue Dethy, 74, Bruxelles.\nGroux. \" personnalité qui aura sa place         Cette revue mensuelle a pour directeur:\net sa place glorieuse dans l’histoire de la     Frantz Foulon.\npeinture. „\n                                                                                            J. D.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-11-n11-011", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "N .-B . — Il sera rendu compte", "ancre_fin": "bureau du Journal.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PUBLICATIONS RECOMMANDEES.", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 224, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 325, "texte": "N .-B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra au\n                    bureau de la rédaction, RUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                  L es journaux ou revues qui désireraient, faire l ’ é c h a n g e\n                      sont p riés de s ’adresser au bureau du Journal.\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-11-n11-012", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Publications recommandées", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PUBLICATIONS RECOMMANDEES.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 224, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 325, "fin_caractere_exclue": 2058, "texte": "PUBLICATIONS RECOMMANDEES.\n 1. La Jeune Belgique, Revue Mensuelle. — Boulevard d’Anderlscht, B r u x e l l e s .\n         Abonnement 1 0     francs.\n\n 2. L a Revue Belge. — Rue de Bériot, 42, L o u v a i n .\n         Abonnement un an 4         fr. ; le numéro 2 0   centimes.\n\n 3. Chimère, Revue Mensuelle. — Rédaction : rue du commandeur,                 17, P a r i s .\n         Abonnement       francs.\n\n 4. L ' Ermitage, Revue Mensuelle. — Rédaction : Rue de Varennes, 26, P a r i s .\n         Abonnement 1 2     fr. ; prix du numéro fr. 1 - 2 2 5 .\n\n 5. L e Sylphe, Revue Mensuelle. — 8, Faubourg Trois-Cloitres, G r e n o b l e .\n         Abonnement 6     fr. ; prix du numéro 2 5 0 centimes.\n\n 6.   Le N ord Littéraire, Revue Mensuelle. — 113, rue de Paris, V a l e n c i e n n e s .\n        Abonnement un an 5          francs.\n\n7. La Libre critique. — Paraissant le Dimanche. Rédaction : Rue Souveraine, 37, Bruxelles.\n        Abonnement un an 8          francs. — Le numéro    20      centimes.\n\n 8. L ’ A rt moderne (paraissant le dimanche). — Rue do l’Industrie, 32, Bruxelles.\n        Abonnement un an 1 0          francs.\n\n 9. M ercure de France, Mensuel. — Rédaction, 15, rue de l’Echaudé, St-Germain, P a r i s .\n        Abonnement un an 7          fr ; prix du numéro 6 0     centimes.\n\n10. Repue L ib re, Mensuelle. — Rédaction : 15, Chaussée de W avre, Bruxelles.\n        Abonnement un an      5 fr.; prix du numéro 5 0 centimes\n\n11.   L a France Moderne. — Bureaux: 15, Boulevard du Nord, Marseille.\n        Abonnement un an 6          fr. ; prix du numéro 1 0    centimes.\n\n13. L a Revue Flam ande de littérature et d ’art, Mensuelle. — Imprimerie Schaumans,\n        B ruxelles.\n\n          Abonnement : 1 2 5 fr.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 206, "texte": " Première Année. N° 11.                                                             NOVEMBRE 1891.\n\n\n\n                    ESSAIS\nCERCLELITTERAIREFRANÇAIS\n                                          P U B L IÉ S P A R L E\n\n\n\n\n                         REVUE MENSUELLE.\n\n                            SOM M AIRE D U N ° 11.\n       M o r t u i s ................................ L ou is V é h e n n e .\n       La F e m m e .......................................... W e s t e r m a n n .\n       Fossoyeur n o c t u r n e ...........................Louis De B.\n       P o c h a d e ........................... R o d r ig u e    S é r a s q u ie z !\n\n       Un salon litté ra ire au X IX e siècle.           . . .         Joseph D e sg e n êts .\n\n       Heures v é c u e s ....................... L éon L u cy -M a r .\n       La fille de l ’illu s tre T iefde n ken . . . .                 F r é d é r ic F r i c h e .\n\n       B ib lio g ra p h ie .........................L. D. B. ; L. ; J. D.\n\n\n\n\n                P r i x «lu. n u m é r o :    4 0                        c e n t im e s .\n      P r ix     d e l ’a b o n n e m e n t : u n                       a n 4 fra n c s.\n\n\n                                  BUREAU          DU J O U R N A L :\n  G A N D , 71, R U E D E F L A N D R E , 7                                               1, G A N D\n\n                                              GAND,\n        Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER, rue Savaen, 32.\n\n                                  TOUS      DROITS       RÉSERVÉS.\n"}, {"page_pdf": 207, "texte": ""}, {"page_pdf": 208, "texte": "                                        - 161 -\n\n\n\n                         MORTUIS.\n                                                 L e s m orts ne sont p as ceu x qui m eurent\n                                                E t qui s ’en vont en p arad is;\n                                                L e s v ra is morts sont ceu x qui dem eurent,\n                                                P a r la stupeur des deuils raidis.\n                                                                       ( G e o r g e s B o u t e l l e a u ).\n\n\n\n\n   A u x jours tristes et sombres de novembre, je songe à ceux qui fu ren t.... Et\nquand vient la date de l’anniversaire de tous ces pauvres chers disparus, dormant\nleur dernier sommeil, là-bas, sous le gazon humide, ce m’est une consolation\nd’aller les visiter, eux si froids et si abandonnés.\n   Dites-moi, morts tant pleurés, qu’ un sarcophage de porphyre ou qu’ une simple\ncroix de bois se dresse sur votre pauvre corps, n’ êtes-vous pas tous égaux dans\nle grand néant où vous êtes retournés? A quoi bon alors ce luxe vain déployé\nsur vos tombes, pourquoi ces monuments immenses, si vous ne connaissez plus la\ngloire factice d’ici-bas?\n   Dites-moi, à quoi songez-vous maintenant, enveloppés dans vos linceuls mor­\ntuaires ? Vos   grands      yeu x vides, qui regardent dans la nuit, ont-ils sondé le\nm ystère de l’au-delà ? Et alors que vous nous voyez, nous autres, paraissant si\nlorts,   et pourtant si misérables, un     rire affreux, rire de pitié, ne vient-il pas\nsecouer vos os glacés?\n   Ainsi je songeais, longeant les tombes qui peuplaient le cimetière, coudoyant\nune foule presque indifférente, venant là comme but de promenade. Partout des\ncouronnes fraîches, un sot étalage de richesse; quelques personnes agenouillées\ndevant de pauvres tertres recouverts de mousse. Oh ! comme le cimetière de\ncampagne, tout humble qu’il est, présente un caractère plus grandiose                             et plus\nprofondément triste que ces immenses nécropoles aux froids monuments, grands\nsquelettes sans âme.\n   Une cloche tintait.... L a porte d’une église était ouverte. J ’entrai. L e s cierges\nbrillaient, piquant de petits points d’or le noir du drap qui recouvrait l’autel, les\norgues remplissaient les voûtes de leurs notes plaintives, qui se perdaient dans\nles hauteurs    de la n ef;    une odeur d’encens, lourde et pénétrante,                   remplissait\n"}, {"page_pdf": 209, "texte": "                                          - 162 -\ntoutes choses,   vous grisant doucement.... Au         milieu      de      l’église se dressait un\nimmense catafalque, papillotant des lueurs que projetaient les cierges. L ’enceinte\nétait pleine de monde; quelques personnes paraissaient émues. Et le glas reten­\ntissait au loin, tombant très lourd et très lugubre sur cette cité de morts.\n   Dites-moi, pauvres défunts, entendiez-vous ces chants et ces prières qui s’élevaient\npour vous?\n   L e soir, alors que la bise gémissait au dehors, comme la plainte d’un trépassé,\nje revivais votre souvenir. Je vous croyais revenus, il me semblait entendre derrière\nmoi vos pas bien connus, je sentais vos souffles effleurer mes cheveux, et les grands\nportraits qui ornaient la chambre paraissaient s’animer. Non, ce n’était pas vous,\ntout restait muet, et vos places devant l’âtre étaient toujours vides. Le beau rêve,\nmais hélas, vous êtes partis, jamais vous ne reviendrez.\n   Et alors, je pensais à tout ce qui n’est plus, à tout ce que nous serons nous\nmêmes plus tard. Ainsi s'écoulaient les heures, plongé dans d’amères réflexions.\n   Dites-moi, morts adorés, est-ce trop de quelques larmes versées tous les ans\nsur ceux que nous avons tant aimés?                                            Louis V é h e n n e .\n\n\n\n\n                  LA                 FEM M E.\n                                                    “ Et Dieu fit une femme de la côte qu’il\n                                                      avait p rise à A dam . „\n                                                                L iv r e   de la   G en è se, c h ap.   11.\n\n\n                  A dam dormait. C’était aux prem iers temps du monde.\n                  A dam dorm ait devant I'immensité profonde,\n                  E t la prem ière aurore éclairait son sommeil\n                  De toute la splendeur de son prem ier soleil.\n                  D ans le ciel radieux, plein de lueurs étranges,\n                  Dieu regardait, tranquille, entouré de ses anges.\n                  L a terre s’éveillait de la nuit du néant :\n                  Tout était jeune, heureux et beau, tout était g ra n d .\n                  E t l'univers semblait la perfection même.\n                  Dieu vit qu’il y manquait un chef-d'œuvre suprême.\n                  A lo rs pour couronner tout ce qu’il avait fait,\n                  I l p rit un peu de chair à l’homme qui dorm ait;\n"}, {"page_pdf": 210, "texte": "                                      - 163 -\n                    A la nature il p rit ses plus charmantes choses,\n                   L ’innocence des lys et la candeur des roses,\n                   L a chanson du printemps, pleine de grandes voix,\n                   Que la brise murmure aux arbres dans les bois,\n                   I l p rit aux anges p u rs la douceur de leurs ailes,\n                   E t des perles, encor plus douces et plus belles,\n                   Des gouttes de rosée et des gouttes de lait :\n                   I l mit ce qui rayonne avec tout ce qui plaît,\n                   Avec l’azur des d eu x et la blancheur des cimes,\n                   D ans le divin creuset des mystères sublimes ;\n                   Il p rit les diamants des prés couleur d'espoir,\n                   E t l’hymne du matin, le cantique du soir,\n                   E t la douce lueur de l'étoile qui tombe,\n                   Avec des chants d'oiseaux, des soupirs de colombes,\n                   Des rayons de soleil et des parfum s de fleu rs.\n                   P u is Dieu m il prés d’Adam la gerbe de splendeurs,\n                   E t dans ce corps charmant plaçant la sainte flamme,\n                   De toutes ces clartés fit la prem ière fem me.\n\n                                                        A d . W esterm ann.\n\n\n\n       FOSSOYEUR NOCTURNE.\n                       ( F A N T A I S I E M A C A B R E ).\n   Sa compagne est morte.\n   Ecoutant   au dehors s’éteindre les rumeurs vespérales, bruisser la neige qui\ndescendait en ouates légères et les heures s ’envoler du clocher de la proche église,\nil a veillé deux nuits près du lit où elle reposait pallide, inerte, sous les couronnes,\nles bouquets et les palmes, à !a lueur de deux chandeliers à flamme crépitante,\nflanquant un christ   d’ébène et un verre d’eau bénite où plongeait un rameau\nde buis.\n   Il T a vue mettre en    b iè re, et ce matin, sous l’avalanche          des flocons   qui\ns ’abattaient en tourbillonnant, blême, le front moite, les yeux           fixes, il a suivi\njusqu’au cimetière le corbillard cahotant la dépouille aimée pendant tout le trajet.\n   Dans la fosse où s’ est engouffré le cercueil, il a jeté une pelletée de terre\n"}, {"page_pdf": 211, "texte": "                                           - 164 -\ngelée, qui fit un bruit très sourd           et lugubre   en frappant le bois verni et le\ncrucifix d’argent.....\n   Et une voiture l’a ramené.\n   Depuis, il est assis devant le feu, immobile, distrait, plongé dans une torpeur\nmaladive ; tantôt il regarde sautiller la flamme sur les charbons luisants, tantôt\nfixe quelque chose dans l’ombre, de          ses   yeu x vides, où micasse un désespoir\ninfini, tels ceux d’un opiumesque ivrogne.......\n   Rompant le béant silence, dix coups s’échappent tristement de la tour de l’église\nvoisine, et prennent, en vibrant dans l’air pur, leur vol à travers           l’espace.   Il\ntressaille,... et s ’arrachant à sa pénible rêverie, se lève vivement. P ris d’une idée\nsubite, il endosse son pardessus, met son chapeau et sort de la maison.......\n   Le proche clocher, dans sa gracilité, candide, pique le ciel constellé, où noyée\ndans un nimbe verdâtre, la lune poitrinaire ruisselle, semant des étincelles sur les\ntoits neigeux. E t il marche vite à travers les rues désertes, sous le papillotement\nindécis des réverbères ; il semble ne pas sentir la rigueur du froid            nocturne.\nIl marche, courbé sous le vent qui roule             de l’extrémité du boulevard, faisant\ntourbillonner les flocons tombés le matin en une ronde effrénée, fantastique. Il\nmarche ; ses pieds s’enfoncent dans la neige qu’ils font gémir, et il murmure des\nparoles insaisissables. Il marche comme une ombre par les boulevards plantés de\nsquelettes d’arbres et les ruelles tortueuses bordées           de fantômes   de maisons\nsilentes.\n   Il marche ; la ville ensevelie sous la neige s'efface peu à peu dans le lointain ;\nla campagne s’étend là-bas, uniformément blanche. Il marche toujours. Ci poindre\nune avenue plantée d’arbres aux branches chargées de neige, qui craquent ; il s’y\nen gage; sous l’effort du vent, des plaintes sortent, funèbres, des vieux troncs\ndénudés........\n   L e cimetière est devant lui.\n   L a grille grince      Il entre... . Dans le voisinage, un chien hurle....\n   Sou s la blondeur lunaire, entre les tertres blancs qui par rangées renflent le\nsol, les monuments funéraires et les sapins dont les branches glacées plient sous\nl’amoncellement de la neige, il se dirige vers la tombe fraîchement fermée de sa\ncompagne, s’y agenouille. Et, démesurée, sur la neige proxime son ombre grise\nse meut, s’abaissant, se relevant.......\n   Le lendemain on trouva la terre dure et gelée du tertre creusée à un mètre de\nprofondeur, et à côté, assis sur une pierre tombale, violet de froid, les mains\nnoires, les ongles ensanglantés, lui ricanant: il était fou.\n     Octobre 1891.                                                       Louis D. B.\n"}, {"page_pdf": 212, "texte": ""}, {"page_pdf": 213, "texte": ""}, {"page_pdf": 214, "texte": "                                          -    1     6    7    -\n\n  M adam e    S ., très jeune mais mariée; taille moyenne; grands yeu x ravis trouant\nun visage éveillé; toilette criarde. Elle est assise sur une chaise longue et s’adresse\na Monsieur R .\n   — “ Alors, mon cher, c’est tout à fait décidé; vous déposerez chez moi, demain\ndans la matinée, le dernier volume d’Ohnet. „\n   M o n sieu r   R., rentier entre deux âges; joie épandue sur un visage rouge brique;\ninfligé d’un embonpoint terriblement menaçant; cheveux poissés de Cosmétique; nez\népaté; voix nasillarde; parle avec un dodelinement de la tête.\n   — « Vous les aimez donc beaucoup ces livres! »\n   M adam e   S . (avec passion.) S i je les aime! (longue extase). J ’en ai dévoré quatre\nen six jours. C ’est si bien écrit! Ça n’est pas bien compliqué, il est vrai, mais\nquelle finesse d’analyse, quelle pénétrante observation des moindres états psycholo­\ngiques! Appréciez-vous aussi, vous dont le bon goût est reconnu (avec un gracieux\nsourire), cet adorable écrivain ?\n   M o n sieu r   R . (avec conviction). Chère madame, comme vous je l’apprécie à sa juste\nvaleur. C ’est un des plus grands écrivains contemporains, mais je vous avouerai\nque je n’en ai rien lu. X avier de Montépin, voilà mon auteur favori! (un moment\nde silence). Il surpasse, croyez-moi, Ohnet. Toutes ses œuvres présentent un intérêt\nvraiment artistique. Et puis quelle langue chaude et superbe! Non sans raison,\nmadame, on l’a comparée à celle de Corneille. Quel scintillement de mots spirituels!\n(élevant la voix et écartant les bras en un geste majestueux de prestidigitateur.) Je\nsuis convaincu qu’il aura l’honneur de s’asseoir dans le premier fauteuil vacant à\nl’Académie Française. (Crescendo.) Sa place d’ailleurs y est toute indiquée!\n   Un frémissement d’admiration         traverse le salon. Puis un silence.\n   M o n sieu r   T ., très vieu x; tout rabougri;       une forêt de cheveux blancs lui bat\nla nuque; on dirait un vénérable académicien; voix lente et très voîlée.\n   — « Je suis entièrement de votre avis, Monsieur R . Mon Dieu! où allons-nous?\noù tous ces écrivains nous mènent-ils? Et Zola (les invitées rougissent), et Daudet,\net Maupassant, et Bourget, et Catulle Mendès, et Armand Silvestre (les invitées\nprennent des teintes cramoisies), tous ces pornographes enfin qui atrophient notre\nlittérature. (Avec indignation). A       leur suite vient une bande échevelée de jeunes\nécrivains que je ne veux pas et          n’ai jamais voulu lire. Comment voulez-vous que\ndes jeunes fassent quelque chose de bon! Qu’ils lisent Ponson du T errail, G eorges\nOhnet, X avier de Montépin! Voilà des écrivains de mérite! Qu’ils lisent comme:\nmoi tous les jours le Petit Jo u rn a l et quelquefois le Petit Parisien. C ’est de la\nlittérature noble et forte qui leur donnera de grandes et hautes idées.\n"}, {"page_pdf": 215, "texte": "                                         - 168 -\n   M adam e       X., vieille et laide; disgracieuse; visage chiffonné; yeux à fleur de tête;\npoitrine insolemment développée.\n    — « Pourriez-vous me fournir quelques éclaircissements, mon cher monsieur R.\nsur la signification des mots Décadents, Déliquescents, Symbolistes. Instrumentistes.\nMon fils me parle souvent de ces genres littéraires.\n    M o n s ie u r R. (embarassé au plus haut point). Je ne pourrais vous expliquer en ce\n\nmoment le sens de ces mots. Je le regrette, mais croyez-moi, chère dame, bien\nque je n'aie jamais lu d’œ uvres d’écrivains appartenant à ces différentes écoles, je\nsuis convaincu qu:elles ne contiennent rien de bon!\n    M a d a m e X., très souvent aussi mon fils me parle de représentations données au\n\nThéâtre d’Art et au T héâtre Libre. Q u’est-cela?\n    Tous l e s i n v i t é s (avec une indignation marquée). Oh! Oh! mais c’est horrible!\nIl s’y passe des choses, mais des choses!\n    M a d a m e X. (visiblement épouvantée.) Eh bien? Eclairez-moi, je vous en supplie.\n\nPeut-être est-il temps encore de sauver mon fils! Q u’est-ce donc que ces théâtres?\n    Tous l e s i n v i t é s : Nous ne savons pas; nous n'y sommes jamais allés, mais c’est\nhorrible tout de même!\n    L a soirée continue.                                                  J o seph D e s g e n ê t s .\n\n\n\n\n                  HEURES VECUES\n                                       “ Ami, ce g ra n d bonheur retournera dans l’ ombre ;\n                                       Bientôt tu n'auras plus dans ta détresse sombre,\n                                       Comme baume, qu’ un souvenir !\n\n\n                                                        A M elle M a r i e D u p o n t .\n   J’ai toujours aimé à revivre les heures vécues, à me replonger dans un passe\nmorne et triste, à en égréner à nouveau tous les instants, toutes les joies, toutes\nles larmes. C’est une exquise sensation que me donne cette rentrée au cœur de\nce qui n’est plus,... une sensation étrange d’éternité, de jamais, pleine d ’une\nprofonde et douce mélancolie. Et c’est surtout en face des choses, des êtres de\nce passé là, des objets — fussent-ils les plus petits — de cette époque disparue,\nque me revient toute la vie de ces heures... Il arrive aussi à mon âme une\nimpression toute autre, parfois : l’idée que peut-être, que probablement, dans un\ntemps indéterminé et futur, ces mêmes heures renaîtront, identiquement semblables,\n"}, {"page_pdf": 216, "texte": "                                            - 169 -\net très lentes,.... et qu’elles s’écouleront alors bien plus dolemment, et qu’elles\nseront bien plus longues — aussi longues que nos désirs.....\n    C'est ainsi que l’autre soir, seul, assis devant ma table couverte d’anciennes\nchoses, j ’ai revu distinctement la plus délicieuse époque de ma vie, l’heure rose\nde l’autre fois, — il y a déjà si longtemps !.... Et je               fis   alors   un   rêve sans\npareil et si vrai, si exact minutieusement, qu’il ne fallut pas grand effort d’imagi­\nnation pour m’y croire encore,.... dans la lumière de ce petit salon aux tentures\nmultiples et sombres, devant ce piano noir à incrustations cuivrées,.... avec E lle\nà mon côté, fredonnant les paroles d’une romance si vieille!.... tandis que je\nl’accompagnais. .. Il pouvait être midi, une matinée un peu grise, un peu froide,\navec de temps en temps un pâle rayon de soleil! Au dehors, — et je l’entendais\nétrangement dans cette rêverie, — le bruit bariolé des boulevards, ce bruit de\nfoule, ce bruit de choses,       et le bruit du vent, parfois....             Autour de       nous,\nrien ,   que les y eux des statuettes et        des photographies,          personne,       pas   une\ncréature,...   Je   calm e! Seu les, les notes perlées s’échappaient de l’instrument,\navec les petits frissons d’or de sa voix comme écho limpide.\n   Et je percevais exquisement les tremblements de ce timbre frais et si. jeune,\ncomme le jou r       même où cela s’était passé.            L es   mêmes    effluves     troublantes\nberçaient mon être,... et cette promiscuité solitairement chaste, cette radieuse jeune\nfille auprès de moi, dans cette pénombre parfumée, tout cela me revenait avec\nune effrayante vérité.... Je dis effrayante, car j ’eus peur à la fin, de cette résu r­\nrection d’une chose déjà depuis tant de jours enfuie!.... Un tremblement glacial\nme secoua,     une tristesse mêlée d'une indéfinie crainte m’oppressa soudain, et\nm algré ce bouleversement de moi-même, j’entendais la voix chère qui continuait :\n\n\n                              “ Nous allons chanter ri la ronde\n                                        S i vous voulez,\n                              Que je l'adore et qu’ elle est blonde\n                                       Comme les blés ! „\n\n\n\n— et je voyais mes doigts enfoncer les touches claires du clavier qui bruissait\nfidèlement, et en sourdine....\n   Toutes les odeurs d’alentour me grisaient... J ’étais bien transporté à cette époque\nmême, dans cette cité étrangère,         auprès de         cette mignonne,      la veille    encore\nignorée.... Tout le nu de ma chambre avait disparu, et c’était bien maintenant ce\nboudoir, ce salon coquet, si féminin, cette chambre d’artiste, pleine d’exotiques\nmagnificences.... C ’était de nouveau le bonheur en son plein, la félicité vraie, —\n"}, {"page_pdf": 217, "texte": "                                         - 170 -\nla première que j ’aie goûtée dans ma lamentable existence, la consécration                         à\nl’amour d’une vie qui commençait seulement....\n     Et j ’ouïs se     finir la plaintive romance et la   voix chère se mourir dans un\ngrand enlacement....       L ’impression délicieusement        neuve   de deux     bras      blancs\nautour de mon cou et l'attouchement de deux lèvres brûlantes, me                      plongèrent\ndans un ravissement tel que tout s’effondra, dans des poussières de baisers, de\ncaresses et de regards... L a sensation de réalité avait été trop forte.\n     Cette dernière résurrection brisa le charme,... tout le bleu s ’envola, et je fus\nrappelé à moi-même, dans la tant sombre vérité ! . .\n     Oh ! qu’il était loin, le passé mort, à ce brusque réveil '\n     Qu’ils étaient loin les accords de la lente musique et les accents de cette\nvoix douce! ... Oh! loin! loin!... disparus! finis !... éteint le boudoir aux magiques\nsenteurs         éteint le pâle soleil du    boulevard!.... bien       morte aussi,     hélas!      la\nchère mignonne, et froides ses lèvres rouges !\n     Je me retrouvai seul et triste, effroyablement, devant ma lampe qui baissait,\ntrès lugubre, tandis qu’un chien hurlait à la mort dans un jardin voisin.\n\n      Liège, 9    Octobre 18 9 1.                                         Léon   L u c y -M a r .\n\n\n\n\n            LA FILLE DE L'ILLUSTRE TIEFDENKEN\n                                        C\n                                        ON\n                                         TR\n                                          ED\n                                           'O\n                                            U\n                                            TR\n                                             E-R\n                                               HIN\n     Dans une ville du Rhin, au bon temps des universités allemandes, vivait l'illustre\nprofesseur Tiefdenken, dont l’immense savoir           était    célèbre   de par l’Allemagne\nentière, où il passait pour l’homme du monde le plus versé en droit                     romain et\ngermanique.\n     C ’était le personnage le plus considérable de la ville, et chacun lui tirait son\nchapeau jusqu’à terre, aussi bien le philister le plus arrogant, que le dernier des\nf uchsen.\n     Ses collègues de l’Université le tenaient en si haute estime, qu’on parlait de\nl’élire bientôt rector magnificus.\n     Mais les honneurs le laissaient indifférent et ne déridaient pas sa figure jaune\net    recroquevillée     comme      un vieux parchemin, toujours plissée par les pensers\nprofonds qui s ’agitaient sous son crâne.\n"}, {"page_pdf": 218, "texte": "                                              - 171 -\n    Deux choses seulement lui faisaient quitter son air m orose: sa pipe et sa fille;\nc’était une longue belle pipe de porcelaine et une jolie fille blonde, toutes deux\nvraies allemandes, roses et blanches, potelées, joyeu ses à voir, ayant même certain\nair de parenté.\n    Quand l’illustre Tiefdenken, bien emmitouflé dans sa houppelande fourrée, les\npieds sur les chenets, regardait à travers les spirales bleues sa fille Eva, les yeux\nbaissés sur quelque broderie, alors son cœur se dilatait, un sourire épanouissait\nses lèvres pincées et son menton en galoche, et il louait le Seigneur de lui avoir\naccordé de si grands biens.\n    Pourtant, même dans cette quiétude du coin du feu, une chose le tarabustait : il\nvoyait avec          impatience nombre     d’étudiants et de jeunes     gentilshommes rôder\nautour       de sa fille ; l’un deux surtout, ce mauvais sujet de Wilhelm Krantz, se\ndistinguait par une rare audace; sitôt qu'Eva sortait de chez elle, même accompagnée\non était sûr de voir le plumet et la rapière de Wilhelm apparaître à l’angle de la\nrue, et la suivre partout : à la promenade, au marché, à l’église. A tout instant,\non le voyait passer devant la maison du professeur, faisant sonner ses éperons,\nretroussant fièrement sa moustache et les yeu x fixés sur la fenêtre où la blonde\nenfant se montrait d’habitude. Son manège mettait Tiefdenken hors de lui : quoi,\nce bretteur, ce fat, le plus paresseux           des bkrehen    de l’Université, toujours en\nripailles et en kneipe, oser prétendre à son Eva, sa fille à lui Tiefdenken l c’était\nà tomber foudroyé! Qu’aurait dit l’infortuné professeur, s’il avait su                que loin\nd’être, comme          il le croyait, insensible à ses assiduités, la timide E va y répon­\ndait de toute la force de son petit cœur, et prenait grand plaisir à entendre les\ndoux        propos    de Wilhelm, derrière    les piliers de l’Eglise où ils se       donnaient\nrendez vous !\n    Heureusement, l’ignorance de Tiefdenken était parfaite en ce point.\n\n\n\n\n    Or, il advint qu’un matin l’illustre professeur se leva de fort mauvaise humeur.\nIl avait      veillé tard le soir précédent, courbé sur un nouveau mémoire de son\nennemi intime et contradicteur juré, le fameux Eselkopf de Heidelberg ; le susdit\nEselkopf avait l’audace de s’attaquer à la fameuse thèse de Tiefdenken : De la\nquestion de savoir         s i les   bœufs, sous le troisième consulat de     Caïus    Marcus\nGarullus       se    vendaient au marché aux bœufs ou          bien dans le temple de Vesta.\nTiefdenken          lui-même était fort malmené    et traité de v ir ignarus, voir même\ns tultus.\n"}, {"page_pdf": 219, "texte": "                                       - 172 -\n   Tant d’outrecuidance lui faisait bouillir la bile et déjà il échafaudait mentalement\nune réplique victorieuse à cet animal d’Eselkopf (vir perridiculus ac ineptissimus).\n   Il   était   si absorbé que, sortant de chez lui le nez baissé, il ne vit pas ce\ngarnement de Wilhelm Krantz, s’avançant en sens inverse, les yeux levés au balcon.\nII en résulta que le professeur et le beau cavalier se heurtèrent violemment : le\nprem ier jura par Aedepol, le second par Gambrinus, et ils se reconnurent mutuel­\nlement.\n   « Vraiment, maître Krantz » grogna              Tiefdenken, « ceci dépasse       les bornes      »\nvous êtes un insolent — hotno rudis — et je pourrais                 bien    toucher à Monseigneur\nle Recteur deux mots de votre conduite scandaleuse, pour vous apprendre à faire\nle godelureau sous les fenêtres de ma fille ! »\n   La semonce tombait mal à propos, car l’infortuné Krantz se rendait précisément\nchez le. professeur pour lui       demander la main de sa fille, comme il en était\nconvenu avec elle pas plus tard que la veille ; il arrivait, non sans appréhension,\npréparant un début adroit et rusé         qui touchât        le    professeur, et   voilà, comme\nintroduction, qu’il manquait le       renverser au seuil de sa porte.           La bordée qu’il\nreçut lui fit perdre le peu de présence d’esprit qui lui restait encore. « Illustre\nmaître » balbutia-t-il, en lui balayant les pieds de son chapeau à plumes, « je suis\nbien confus de vous avoir heurté unpeu brusquement,                    mais je suis     si troublé\net quand vous saurez p o u rq u o i       »\n   « Voilà qui m’est bien égal, par exem ple! grogna Tiefdenken.\n   « T rè s précieux, herr docent », reprit W ilhelm d’une voix lamentable,                  en le\nretenant par le pan de sa toge, « j ’adore votre fille et vous supplie de m’accor...                »\n   « Infandum ! néfas ! »        bégaya       le   savant,   les   bras au   ciel   —   « mi.........\nmisérable       petit sacripant, vous êtes le plus impudent personnage!.... Mehercle !\npilier de taverne, vous êtes ivre ou fou ou tous les deux. Je vous ju re                         que\nvous vous repentirez de votre insolence — Vade rétro — je ne veux rien entendre\n— je      cours    chez Monseigneur le         recteur demander pour vous un châtiment\nexemplaire ! »\n   Et il se sauva furibond, à grandes              enjambées. L e pauvre        amoureux rentra tout\npenaud chez lui, où quelques jo yeu x              camarades vinrent le relancer et le conso­\nlèrent à grand renfort de pots et de cruches.\n    L e lendemain tandis qu’il sommeillait encore, se              reposant de ses émotions de\nla veille, et ressentant comme de vagues tiraillements dans le cuir chevelu, un\ndes pedellen du recteur frappa à la porte. Il en reçut un large parchemin tout\nhérissé de latin et de grec. Comme Wilhelm ne ressentait qu’une sainte terreur pour\n"}, {"page_pdf": 220, "texte": "                                           - 173 -\nces deux langues, il s’empressa de jeter le grim oire au feu, et le regarda s’y\ntordre, ce qui lui rappela les contorsions indignées de l’illustre Tiefdenken. Ce\nsouvenir l’ayant rendu tout mélancolique, il se mit à la recherche de ses amis\net sut noyer amplement son chagrin.          Puis il ne pensa plus au m ystérieux écrit ;\nil eut grand tort, car huit jou rs         après, le corps des pedellen tout entier vint\nl’appréhender, en grand costume et grande cérémonie. On le conduisit proces­\nsionnellement aux cachots de l’Université, pour y purger la peine d’un mois de prison\nà laquelle le senatus academicus l’avait condamné par contumace.\n\n                                               *\n                                                   **\n\n     Bien loin d’éteindre son amour, cette fâcheuse aventure ne fit que l’exciter ; tout\nen    continuant ses assiduités auprès de la blonde                 Eva, il mena activement ses\ntranchées autour du père, dont il se mit                à suivre   les leçons avec un zèle qu’on\nne lui avait jam ais connu.\n     Il buvait les paroles de l’illustre Tiefdenken, prenait force notes            et lorsque le\nprofesseur descendait de sa chaire, il semblait ne quitter les bancs qu’à regret.\n     Il poussait l’hypocrisie jusqu’à aller         de temps en temps consulter Tiefdenken\nsur un point obscur de jurisprudence, après bien entendu, que Grotius et Puffendorf\nlui eussent permis de traiter doctoralement la question.\n     II avait l’air   si appliqué, si respectueux, si              repentant, que Tiefdenken s’y laissa\nprendre, et le        crût revenu de ses folles idées et désireux de lui faire oublier\nson impertinence.\n     Un beau jour, Wilhelm vint lui poser cette question brûlante : “ Illustre maître,\nquelques amis studieux et moi, nous avons l’autre jour discuté,                     comment   est\npunissable l’enlèvement d’une jeune fille ou d’une matrone, et nous n’avons pû\nnous mettre d’accord, tous les textes manquant de clarté, à ce qu’il nous a semblé.\nNe pourriez-vous, dans votre sagesse, trancher la question ? „\n     L ’illustre Tiefdenken avait si bien abandonné toute idée de défiance à l’égard\nde son élève, qu’il ne vit rien de suspect à sa demande. Il faut vous dire qu’il\nétait ce jour-là, dans de merveilleuses dispositions. Il venait de                 pulvériser ce\nmisérable Eselkopf, sous une triomphante réponse, et sa gloire en avait grandi de\ncent coudées.\n     L ’Allemagne savante ne parlait plus que de celà;               dans toutes les universités,\nc’ étaient des oh et des ah d’admiration à n’en pas finir.\n     \" Comment, mon jeune ami, fit Tiefdenken, vous, si studieux et si érudit, vous\nne vous souvenez pas de la loi: s i quis virgm em vel matronam.... le texte est\nformel. Mais remarquez pourtant », continua-t-il, emporté par son flair, comme le\n"}, {"page_pdf": 221, "texte": "                                         - 174 -\nchien qui suit une piste, que cette loi est fort défectueuse. On peut l’éluder faci­\nlement. — Comment donc, cher maître ?„ fit Wilhelm subitement très attentif.\n   “ C ’est bien simple : supposons pour un instant que vous vouliez enlever une\njeune fille—\n   \" Oh!    oh!    révérente herr docent, „ quelle supposition ! nasilla hypocritement\nWilhelm.\n   « Rassurez-vous » mon jeune ami, je sais que vous avez laissé à tout jamais\nvotre ancienne vie de débauche et de dissipation.\n   Supposons donc que vouliez commettre ce rapt si peu en rapport avec vos\naustères dispositions actuelles. Suivez bien mon raisonnement, je vous prie : serez-\nvous punissable si vous vous faites enlever par la jeune personne? Et sans doute,\nne me regardez pas de cet air étonné : vous avez, j ’imagine, un bon carrosse aux\nportes de la      ville, les coffres bourrés pour un petit voyage à la frontière. L a\ndemoiselle s'y installe, vous arrivez, comme en vous promenant; elle vous inter­\npelle et vous invite à monter auprès d’elle — vous avez apporté des gens dignes\nde foi qui pourront en témoigner — et fouette postillon. Vous voyez bien, dans\ncet exemple, le ravisseur ne serait malheureusement pas punissable, car ce rapt\ndéguisé    ne serait plus celui dont parle la loi.         C ’est une   étrange et fâcheuse\nlacune de nos lois, aussi bien que du droit romain.. ,.»\n   \" O h herr docent„, s’écria      Wilhelm avec       un enthousiasme très réel,            « v o tre\nperspicacité est véritablement miraculeuse, et le plus fameux des juristes passés\nou présents ne serait pas digne de nouer les rubans                de vos souliers !»           Et il\ns'enfuit radieux.\n   A suivre.                                                             F r é d é ric F ric h e .\n\n\n\n\n       BIBLIOGRAPHIE.\n  Une feuille de chou flamande, s’adressant       en question, — qui n’a pas le courage de\naux ouvriers et aux philistins, le Vaderland,     signer sa prose,— est-il malade ou se fiche-\nqui sort des mêmes presses que la Flandre         t-il agréablement des \" hommes de lettres „\nLibérale, — ce tant intéressant journal dont      qu’il cherche à défendre?\nles rédacteurs se servent plus volontiers            Et en le supposant sincère, quels sont ces\ndes ciseaux que de la plume, — se fait le         écrivains de talent si injustement attaqués?\nchampion de \"littérateurs,, ayant donné déjà,        Est-ce Mr de Monge ; ou le S â r aux pieds\ndit-elle, des preuves d’un réel talent, et        fumeux?\nque nous éreintons de si arrogante façon             Est-ce le flamingant “ mijnheer „ Rooses,\ndans notre dernier numéro.                        que nous avions invité à cacher son fromage\n  Tout d’abord se pose un dilemne : le            au lieu de préconiser des choses délatoires\n\" critique de littérature et d’art „ du journal   et submersibles, comme dit Ronchonot ! L e\n"}, {"page_pdf": 222, "texte": "                                                - 175 -\ndéfendu serait-il le sublime Sauvenière,               jour où il s'avisera encore d’accoucher\nque nous avons été les premiers à signaler             de monstruosités pareilles.\nau public                                                On assure que le troisième enfantement,\n Les vers pleins de beautés que n'ont point tous les   — c’est-à-dire le troisième numéro — est\n                                        [autres?]      attendu à Pâques— ou à la Trinité.\nOu les deux \" bardes „ locaux, Mr C. Verhé,                                                          L.\ndont le beau fr o n t se penche avec amour, et\nMr V. Théry,\n                                                                                *\n                                                                               * •\n                                                          Nous avons reçu une fort intéressante\n    Dont l'astre a im é à . (horizon se lève           petite brochure de propagande publiée\ntandis que                                             par : L a Vérité Philosophique de Paris.\n  Son g r a n d génie ouvre à 1‘ intelligence          Elle est intitulée Une Mère Vierge et\n  L ’immensité du monde des esprits?!                  signée G. W. Foote. Cette brochure\n                                                       traduite de l’Anglais par M. C. Cilvva,\n   Je l’ignore, car l'article est vague. Toute­        rédacteur du Bleuet, est dirigée contre\nfois si cela peut faire le bonheur de ce\npauvre plumitif, nous tiendrons ces mes­               l’immaculée Conception de la Vierge.\nsieurs pour des génies, et nous le procla­             L ’argumentation est serrée et très con­\nmerons, lui, tapir de 1e classe !                      cluante. Le style correct et clair.\n   Mais ce que vous ne savez pas, ouvriers\n                                                                                *\n                                                                               * *\n\net truands, ce que vous ne savez pas,                     E v o h é l par G e o r g e s M a r l o w . L- et\nphilistins pansus, c’est que fonder un cercle          A. G o d e n n e , Imprimeurs-Editeurs, rue\ndans le but de faire de la littérature fran­           Notre-Dame, 1 0 1 , Malines.\nçaise est chose noble. C’est le “ critique „              A vec sa livrée rose pâle un peu déteinte,\ndu Vaderland qui a trouvé celà tout seul; et           ce petit volume de vers fait plaisir par\nil a daigné nous conseiller aussi d’écrire             ce morne et embrumé ciel d’automne.\nd’une manière compréhensible, au lieu de               Les oiseaux se taisent, les poètes chan­\nsinger la Jeune Belgique , les décadents et            tent ! Cette éclosion d’arrière-saison a fort\nautres fin-de-siècle!                                  bonne allure et vaut bien qu’on en dise\n  Mais vous parlez d’or, mon cher Monsieur !           un mot.\nNous n’imiterons plus la Jeune B elgique :               Si nous ne nous trompons Evohé est\n“ Merci de vos conseils. Heureusement                  le premier volume de vers que M. G.\nque vous êtes là! Voulez-vous la rédaction             Marlow, un tout jeune poète belge, livre\nen chef?...                                            au public. Ce début renferme des pro­\n   Je baise vos cothurnes. »                           messes réelles à côté de défaillances.\n                                  Louis D. B.          Les vers sont souvent délicats; il y a de\n                        *\n                            ¥\n                                *\n                                                       jolis tableaux ; ce n’est ni trop subtil, ni\n                                                       trop fouillé ; c’est frais et sincère. Seule­\n  Entrevu dans L a Zwanze, petite feuille              ment nous voudrions un peu plus d’ori­\nparaissant quelquefois — le deuxième                   ginalité dans le choix des sujets et plus\nnuméro vient de voir le jour après une                 de variété dans les rhythmes.\ngestation de sept mois!!! — chétives et\nplates plaisanteries d’un goût douteux.\n  Nous conseillons à l’unique collabora­                   A .   travers les R evues.\nteur, je veux dire z w a n z e u r , de cette            L a Jeune Belgique. — Numéro d’octobre.\nébouriffante production, M. Pr.... de faire            — Remarqué dans ce fascicule les deux\ndès à présent provision de sel pour le                 sonnets: Vaines Rencontres d’Albert Giraud\n"}, {"page_pdf": 223, "texte": "                                         - 176 -\net Madeleine de Valère Gille. Eu prose            L ’Ermitage.   — Dans ce numéro d’oc­\n un excellent article de Georges Eekhoud:       tobre de bonnes pages : Au bord de la\n Cycle Patibulaire. Blanchelive.... Blanche­    Baltique (notes de voyages) par G Bernard-\nlivette ! G’est un beau specimen du style       Kalhler et Soir d Eté (nouvelle) par Eugène\nmouvementé et puissant de l’écrivain de         Hollande. En outre le dernier acte de\nla Nouvelle Carthage et des Fusilles de         La fin des Dieux par Henri Mazel.\nMalines, écrivain qui sait sentir et bien\nrendre ses sensations. Lu avec infiniment\nd’intérêt une consciencieuse étude signée     Chimère. — Numéro d'octobre- — Cette\nErnest Verlant : Trois pièces d’Ibsen.      coquette revue, âgée de quelques mois\n                    * *\n                         ¥\n                                            à peine, est toute pleine de jolies choses\n  La Libre Critique. — Dans le numéro signées Redonnel, Armand Silvestre,\ndu 25 octobre M. Franc émet de bonnes Fernand Mazade, P. Devoluy. Nous nous\nidées dans son article : Nos jeunes auteurs permettons d’en détacher ce beau sonnet\ndramatiques. Les précédents numéros de Ch. Frappart.\ncontiennent quelques épitres jaculatoires\ndéfendant ou critiquant les Ecrivains                   TRIOM PHE\ndécadents- Les collaborateurs de La Libre                               A G. T o u c h a r d .\nCritique ont raison d’étudier ces intéres­\nsantes questions, mais sous prétexte de Les guerriers tasses de gloire et de prodiges,\ns’éclairer mutuellemet, fis s’aveuglent Fiers de la fierté dis êtres victorieux,\nsouvent et en viennent aux gros mots. Suivant le long cortège éclatant des quadriges,\nMoins de véhémence el. plus de froideur L'cvent leurs glaives blancs, en défi, vers les cieux.\nvaudrait mieux, nous semble-t-il.           Leur chef insigne est sur te char de la victoire\n                         »\n                     +       *                  Que traînent des chevaux sanglés de pourpre et d’ o r;\n  La Revue Belge. — Numéro du 15 octobre.       E t des foules clamant la grandeur de sa gloire.\n— A citer une odyssée banale et d ’une          L u i décernent le nom divin d’Imperator.\ndésespérante naïveté : Contes de mon vil­\nlage de J. B. Chatrian.                         Voici suivre bientôt les dépouilles opimes,\n                         *\n                                                E t parm i ceux qui vont, dédaigneux et sans pleur.\n                     *       *\n                                                Sombres et lentement s'avancent les victimes,\n   Mercure de France. — Numéro d’octobre.\n— Remarqué l’article initial : La Gent          Dont les yeux éclairés d’inutiles audaces\nIrritable. La Trêve de Saint-Pol-Roux.          Montrent malgré l’ affront et malgré les menaces,\nPages très spirituelles avec un fond de         La   rage des vaincus et l’horreur du vainqueur.\nvérité et de raison.\n  En vers : Ruines d’Edouard Dubus et\nA un jeune Aède de Louis le Cardonnel.            Naissance. — Nous souhaitons longue\n  Dans ce fascicule G. Albert Auriez            vie et prospérité à La Revue flamande de\npublie une étude -très approfondie de           Littérature et d’Art, éditée chez J. B.\nquatre toiles du peintre belge Henry de         Schaumans, rue Dethy, 74, Bruxelles.\nGroux. \" personnalité qui aura sa place         Cette revue mensuelle a pour directeur:\net sa place glorieuse dans l’histoire de la     Frantz Foulon.\npeinture. „\n                                                                                            J. D.\n"}, {"page_pdf": 224, "texte": "      N .-B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra au\n                    bureau de la rédaction, RUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                  L es journaux ou revues qui désireraient, faire l ’ é c h a n g e\n                      sont p riés de s ’adresser au bureau du Journal.\n\n\n\n          PUBLICATIONS RECOMMANDEES.\n 1. La Jeune Belgique, Revue Mensuelle. — Boulevard d’Anderlscht, B r u x e l l e s .\n         Abonnement 1 0     francs.\n\n 2. L a Revue Belge. — Rue de Bériot, 42, L o u v a i n .\n         Abonnement un an 4         fr. ; le numéro 2 0   centimes.\n\n 3. Chimère, Revue Mensuelle. — Rédaction : rue du commandeur,                 17, P a r i s .\n         Abonnement       francs.\n\n 4. L ' Ermitage, Revue Mensuelle. — Rédaction : Rue de Varennes, 26, P a r i s .\n         Abonnement 1 2     fr. ; prix du numéro fr. 1 - 2 2 5 .\n\n 5. L e Sylphe, Revue Mensuelle. — 8, Faubourg Trois-Cloitres, G r e n o b l e .\n         Abonnement 6     fr. ; prix du numéro 2 5 0 centimes.\n\n 6.   Le N ord Littéraire, Revue Mensuelle. — 113, rue de Paris, V a l e n c i e n n e s .\n        Abonnement un an 5          francs.\n\n7. La Libre critique. — Paraissant le Dimanche. Rédaction : Rue Souveraine, 37, Bruxelles.\n        Abonnement un an 8          francs. — Le numéro    20      centimes.\n\n 8. L ’ A rt moderne (paraissant le dimanche). — Rue do l’Industrie, 32, Bruxelles.\n        Abonnement un an 1 0          francs.\n\n 9. M ercure de France, Mensuel. — Rédaction, 15, rue de l’Echaudé, St-Germain, P a r i s .\n        Abonnement un an 7          fr ; prix du numéro 6 0     centimes.\n\n10. Repue L ib re, Mensuelle. — Rédaction : 15, Chaussée de W avre, Bruxelles.\n        Abonnement un an      5 fr.; prix du numéro 5 0 centimes\n\n11.   L a France Moderne. — Bureaux: 15, Boulevard du Nord, Marseille.\n        Abonnement un an 6          fr. ; prix du numéro 1 0    centimes.\n\n13. L a Revue Flam ande de littérature et d ’art, Mensuelle. — Imprimerie Schaumans,\n        B ruxelles.\n\n          Abonnement : 1 2 5 fr.\n"}, {"page_pdf": 225, "texte": ""}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 11, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1891-11", "signet_source": "Première année - N°11 - Novembre 1891", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 206 (« Première Année. N° 11. NOVEMBRE 1891 »).", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}