{"numero_id": "ulb-reveil-1891-12-n12", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "articles": [{"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-001", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Première Année. N° 12. DECEMBRE 1891", "ancre_fin": "REVUE MENSUELLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOM M AIRE DU N ° 1 2", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 226, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 241, "texte": "Première Année. 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DECEMBRE 1891;\n\n\n\n                    ESSAIS                P U B L IÉ S P A R LE\n\n\n\n\nCERCLE LITTERAIRE FRANÇAISREVUE MENSUELLE.\n\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-002", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOM M AIRE DU N ° 1 2", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 226, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 241, "fin_caractere_exclue": 1330, "texte": "SOM M AIRE DU                      N °   1 2 .\n\n\n\n       Le P o lic h in e lle   ( Conte   de Noël) . . . .           Louis V é h e n n e .\n\n       Encens de m arché ( T rio le ts ) ............... R o d r ig u e         S é r a s q u ie z\n\n       Panoram as d ’en h a u t........................... L éon L u c y -M a r .\n\n       S o n n e t .......................................... L éon L u c y -M a r .\n\n       La fille de l ’illu s tre T iefde n ken . . . .              F r é d é r ic F r ic h e .\n\n       B ib lio g ra p h ie ...................................... L ou is D e B. & J. D.\n\n\n\n\n                P r i x d ix n u m é r o : 4 0                      c e n t im e s .\n      P r ix     d e l ’a b o n n e m e n t : u n                   a n 4 fra n c s.\n\n\n                                   BUREAU        DU J O U R N A L :\n   G A N D , 7 1 , R U E D E F L A N D R E , 71, G A N D .\n\n                                              GAND,\n        Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER, rue Savaen, 32.\n\n                                   TOUS     DROITS      RÉSERVÉS.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-003", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "N . - B . — Il sera rendu compte", "ancre_fin": "bureau du Journal.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PUBLICATIONS RECOMMANDEES.", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 227, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 316, "texte": "N . - B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra au\n                      bureau de la rédaction, RUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                 L es journaux ou revues qui désire ratent faire l’échange\n                     sont priés de s’adresser au bureau du Journal.\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-004", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Publications recommandées", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PUBLICATIONS RECOMMANDEES.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 227, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 316, "fin_caractere_exclue": 2010, "texte": "PUBLICATIONS RECOMMANDEES.\n 1. La Jeune Belgique, Revue Mensuelle. — Boulevard d’Anderlecht, B r u x e l l e s .\n         Abonnement 1 0    francs.\n 2. L a Revue Belge. — Rue de Bériot, 42, Louvain.\n         Abonnement un an -4 fr. ; le numéro 2 0        centimes.\n 3. Chimère, Revue Mensuelle. — Rédaction : rue du commandeur, 17, P a r i s .\n         Abonnement 8     francs.\n\n 4. L ’Ermitage, Revue Mensuelle. — Rédaction : Rue de Varennes, 26, P                 aris.\n\n         Abonnement 1 2 fr . ; prix du numéro fr.      1-2 5 .\n 5.   L e Sylphe, Revue Mensuelle. — 8 , Faubourg- Trois-Cloitres, G r e n o b l e .\n         Abonnement 6     fr. ; prix du numéro 5 0      centimes.\n 6. Le N ord Littéraire, Revue Mensuelle. — 113, rue de Paris, V             alenciennes.\n\n         Abonnement un an 5         francs.\n7.    La Libre critique. — Paraissant le Dimanche. Rédaction : Rue Souveraine, 37, Bruxelles.\n         Abonnement un an 5         francs. — Le numéro 2 0      centimes.\n 8. L ’A rt moderne (paraissant le dimanche). — Rue de l’Industrie, 32, Bruxelles.\n         Abonnement un an 1 0         francs.\n\n d. Mercure de France, Mensuel. — Rédaction, 15, rue de l’Echaudé, St-Germain, Paris.\n         Abonnement un an T fr ; prix du numéro 6 0            centimes.\n10. Le     Fluet, Revue Pi-Mensuelle, 28, rue du Mont-Thabor, P a r i s .\n         Abonnement un an T fr.; prix du numéro 2 SS centimes\n11. La France Moderne. — Bureaux: 15, Boulevard du Nord, Marseille\n         Abonnement un an 6         fr. ; prix du numéro 1 0   centimes.\n13. La Revue Flam ande de littérature et d'art,- Mensuelle. — Imprimerie Schamnans,\n      B ruxelles.\n           Abonnement : 1 5     fr.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-005", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 177, "page_fin": 180, "titre_corps": "Le Polichinelle", "titre_sommaire": "Le Polichinelle (Conte de Noël)", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Véhenne", "ancre_debut": "CON T E D E NOË L. 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De feu, point; pourtant il faisait bien\nfroid, car l’on était à la veille de Noël et la neige était tombée drue durant tout\nle jour.\n      Cette femme s ’était penchée sur la couche et regardait son fils, un petit garçon de\ncinq à six ans, profondément assoupi. De temps à autre une toux sèche secouait\nla poitrine de l’enfant, amenant un flot d e sang à ses joues d’un blanc mat. Elle\nle considéra longtemps, des larmes brillaient dans ses yeux.                 Puis, ramenant la\ncouverture sur les .mains bleuies du petit, abandonnées sur le drap, Jeanne —\nainsi s’appelait-elle — se leva et posant son front contre la vitre regarda dans\nla rue.\n      Toutes   blanches étaient      les maisons, découpant sur le sol leurs silhouettes\nnoires. Leu rs toits neigeux scintillaient sous les           rayons d’une lune de gel ; on\naurait dit des pierreries jetées confusément sur un vaste manteau d’hermine. L e\nciel était plein d’étoiles, brillant dans le bleu sombre de la voûte comme autant de\nclous d’or et dont la lumière discrète paraissait infiniment m ystérieuse et triste.\nParfois des pas faisaient craquer la neige durcie; ce bruit troublait seul le silence\nqui     régnait   dans ce quartier désert de Paris.           Des     cloches tintaient dans le\nlointain; N o ë l! N o ël! chantaient-elles, et ces envolées argentines, emportées par le\nvent, allaient partout très claires et très joyeu ses.\n   Tout doucement la rue, les maisons               disparaissaient de devant     les yeux de\nJeanne; dans la rêverie où elle s'était abandonnée, elle avait une autre vision*\ncelle du lieu où s ’était écoulée son enfance, où s’étaient passés ses beaux jours!\nCes     cloches lui rappelaient le village où elle était née; elle voyait encore la\nlongue file des paysans se rendant à la messe de minuit, leurs lanternes sautillant\n"}, {"page_pdf": 229, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2946, "texte": "                                          - 178 -\nsur les routes comme autant de feux follets. Et l’église, éclatante de lumières, et\nles orgues qui ronflaient, et la crèche, et d’autres choses encore, elle revivait cela\ntrès distinctement.\n     H élas! Jeanne était toute seule maintenant dans le grand Paris. Toute                seule.\nSi son petit Paul avait eu un père pour le             protéger, mais il n’en avait pas......\n     Le     roman de cette malheureuse       était bien simple, un de ces romans comme\nil y en a tant et tant, mais si tristes dans leur cruelle banalité. Pauvre fille séduite\net abandonnée, elle avait quitté son village, ne pouvant résister aux sarcasm es,\naux       railleries   que lui   décochaient ses anciennes       amies et était venue      vivre\nà Paris avec son enfant, oubliée de tous. Pendant les prem ières années elle s ’était\nplacée comme ouvrière chez une fleuriste ; sa maigre paye avait suffi à ses besoins.\n     Mais voilà que depuis deux mois le petit Paul était tombé malade ; on devait\ntoujours rester à la maison pour le soigner. S a mère n’allait plus à l’atelier, aussi\nle peu        d’argent   qu’elle avait   épargné    s’était-il évanoui.   Oh! elle   l’avait tant\nredoutée, cette misère noire qui allait            se dresser devant elle ! Elle n’avait plus\nde pain, le feu était éteint depuis longtemps et la santé de son enfant qui nécessitait\ntant de soins! A vec         cela qu’elle n’ignorait pas qu’il n’aurait fallu que bien peu\nde    chose pour éteindre ce petit souffle déjà si laible. Et pourtant jamais elle\nn’aurait voulu aller seule à l’ouvrage. Il aurait fallu confier Paul à une étrangère\nou le placer dans un établissement quelconque. Tout plutôt que cela. Il avait\nbesoin de bien trop de tendresse, le petit.\n     Jeanne     regardait toujours à la fenêtre, sans voir, perdue dans son rêve.\n     « Maman, dit une petite voix, j ’ai froid et il fait si noir. »\n     Brusquement ramenée à la réalité, elle se précipita vers Paul. Il avait les yeu x\ngrands ouverts, dans ses prunelles brillait une flamme étrange qu’y                avait allumée\nla fièvre.\n     « Qu’y a-t-il, mon chéri? »\n     « J ’ai froid, » reprit l’enfant. Et après quelques moments d’hésitation, comme\ns’il avait craint de parler : « N’est-ce pas cette nuit que le petit Jésu s apporte des\njouets aux enfants qui ont été bien sa g e s? »\n     Et toujours les grands yeu x restaient fixés sur la mère.\n      « Tu m’avais dit, il y a un mois, que Saint-Nicolas aussi nous aimait,                   qu’il\nnous apportait des cadeaux. Il n’est pas venu; je l’avais cependant tant prié. Petit\nJésu s ne m’oubliera pas lui, n’est-ce pas ? »\n     Paul souriait, il était sûr que sa prière serait        exaucée cette fois.\n     « Tu ne manqueras pas de mettre mon petit soulier dans la cheminée? Je l’y\naurais déjà placé moi-même, si je n’étais pas si            malade.... Dis, s’il m’apportait     un\n"}, {"page_pdf": 230, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2595, "texte": "                                               - 179 -\ngrand polichinelle? C ’est ça qui serait amusant. T u sais, comme celui qui coûtait\nsi    cher et que      nous avons vu un jour           à la vitrine d’un magasin .. Oh ! que\nje voudrais l’avoir. »\n     Jeanne ne répondait pas ; elle souffrait tant d’entendre cet innocent lui demander\nun polichinelle de quarante sous. A h! bien oui, avec ça qu’elle avait de quoi lui\ndonner quelque chose à Saint-Nicolas ou à Noël, alors qu’il n’y avait plus de pain\ndans la huche.\n     Une douleur pleurait en songeant à ce babil d’enfant. Quand Jeanne releva la\ntête, elle regarda de nouveau son fils, il dormait. Un             sourire venait mourir sur\nses lèvres pâles. Il rêvait sans doute de jouets dorés, de grands bonshommes de\nmassepain. O h!        ce polichinelle, elle y pensait toujours maintenant; c’était une\nhantise qui la poursuivait.\n     Et     pourtant    n’y     aurait-il pas moyen   de satisfaire ce   caprice de Paul ?\n               r\n     Jeanne^était levée subitement; voyant le petit toujours endormi, elle ouvrit la\nporte, puis descendit dans la rue.\n     Elle    marcha au hasard, glissant sur le verglas ; après avoir erré quelque temps,\nelle se       trouva dans un quartier de Paris plus animé           et soudainement s ’arrêta\ndevant un grand bazar, où une foule pressée se bousculait au milieu d’un immense\nbrouhaha. Elle avait devant les yeux le polichinelle dont Paul avait parlé, tout\nreluisant de vernis, ayant l'air de sourire aux acheteurs. Jeanne entra.\n     C ’était bien     celui qu’elle avait vu avec son fils, deux mois passés. Quarante\nsou s! Et elle n’avait plus rien. Oh! si elle eut osé, elle aurait           mendié, mais elle\nn’osait pas. Jam ais sa main ne s’était tendue.\n     L a pauvre femme regardait d’un œil d’envie            ce jouet     quePaul aurait      tant\ndésiré posséder. Puis, subitement, cédant à un mouvement irréfléchi, alors qu’elle\ncroyait que personne ne la              regardait, elle s’empara du polichinelle   et le cacha\nsous son tablier.\n     A peine       avait-elle    fait quelques pas dans la rue, qu’elle entendit une voix\ncrier :\n     \" A rrêtez cette femme, arrêtez-la ! „\n     A lors elle se mit à courir tout d’une haleine, bousculant les passants, ainsi\nqu’une folle.\n     Elle monta vite dans sa chambre. Plus de bruit de voix. Peut-être avait-on\nperdu sa trace.\n     Jeanne tira le verrou de la porte branlante,          déposa le     polichinelle sur le lit\nde Paul.\n     L e petit, réveillé par le bruit, ouvrit les yeux. Il aperçut le bonhomme de bois\n"}, {"page_pdf": 231, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2586, "texte": "                                       - 180 -\nqui lui souriait. Ce fut un moment de joie indescriptible ; il n’en croyait pas ses\nyeux.\n   Ainsi petit Jésu s ne l’avait pas oublié. Oh ! il allait bien le remercier.\n   Soudain, alors que rien ne l’aurait fait supposer, il fut pris d’un accès de toux\nsi déchirant, que sa mère pâlit affreusement. \" Mon Dieu, dit-elle, il se trouve mal. „\n    Paul avait la parole brève et saccadée; ses traits se contractaient violemment,\nsa tête retomba sur l’oreiller, ses yeu x devinrent vitreux. Au même moment,\nJeanne entendit sur le palier une voix qui lui arrivait très distincte : « C’ est dans\ncette chambre que s’est réfugiée cette femme. Nous allons bien voir. »\n    On frappa à la porte.\n    « O uvrez, » cria-t-on.\n    L a pauvre mère était blanche comme une morte. On l’avait suivie! D errière la\nporte ces hommes qui menaçaient, et Paul qui se mourait!\n    « Ouvrez, ou j ’enfonce, » dit quelqu’un. L a cloison fut secouée avec force.\n    Paul s’était soulevé sur ses oreillers, il tremblait de crainte. Ces voix inconnues,\nbrutales, le terrifiaient. Il avait la figure convulsée, les yeux sortaient des orbites,\nses petits bras, dans un geste d’agonie, s’étaient accrochés à ceux de sa mère.\n    \" Maman, soupira-t-il, qui est là? J ’ai si peur. Ils viennent pour me faire           du\nmal... Oh ! la lampe s’est éteinte, n’est-ce pas ? Je ne vois plus clair. »\n    Et pourtant la    lampe   brûlait toujours. De nouveau la porte fut violemment\nébranlée.\n    Jeanne était folle de douleur.\n    « A ssassins! s’écria-t-elle, mais vous allez le tuer! » On n’entendit pas sa voix.\n    Paul,    dans un dernier effort, s’était penché vers sa mère et d’une voix             si\nfaible, mais si faible que    ce n’était plus qu’un souffle : “ T u rem ercieras petit\nJésu s, n’est-ce pas, maman? Moi, je vais dormir.... Oh! j’ai si sommeil           je crois\nque j e ......\n    S e s yeux devinrent d’une fixité effrayante et pâlirent ; on aurait dit des étoiles\nqui s’éteignaient. S e s membres se détendirent, il resta immobile.\n    Jeanne poussa un grand cri. A u même instant la porte cédait, deux hommes\nfaisaient irruption dans la chambre.\n    A leur vue, l’infortunée s’était élancée; dans un geste de rage elle saisit le\npolichinelle et le jeta   à leurs    pieds : « Prenez-le, dit-elle, je   n’en veux plus ;\npourtânt je l’ai payé assez cher : il m’a coûté la vie de mon fils. „\n    Puis elle tomba inanimée aux pieds du cadavre du petit Paul.\n\n                                                                    Louis   V éh en n e.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-006", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 181, "page_fin": 182, "titre_corps": "Encens de marché", "titre_sommaire": "Encens de marché (Triolets)", "rubrique": "", "signature_source": "Rodrigue Sérasquier", "ancre_debut": "ENCENS DE MARCHE. 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Dans la fraîcheur de l'aube humide", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 232, "page_imprimee": 181, "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 1190, "texte": "ENCENS DE MARCHE.\n          (T R IO L E T S ).\n\n   Dans la fraîcheur de l'aube humide,\n   Cavalcade de chariots,\n   Dont des ruraux à l'air cupide,\n   Dans la fraîcheur de l’aube humide,\n   Par la corde qui sert de bride\n   Conduisent les grossiers chevaux.\n   Dans la fraîcheur de l'aube humide,\n   Cavalcade de chariots.\n\n   Les rustiques vêtus en fête\n   Se dressent près de leurs paniers.\n   Au marchandage ils tiennent tête,\n   Les rustiques vêtus en fête.\n   Cherchant à tromper la replète\n   Bourgeoise aux airs peu finassiers,\n   Les rustiques vêtus en fête\n   Se dressent près de leurs paniers.\n\n   Ici des fleurs aux teintes claires\n   Emergent de leurs rouges pots ;\n   Bouquets d’un sou, corbeilles chères,\n   Ici des fleurs aux teintes claires',\n   Fleurs du pays, fleurs étrangères,\n   Chrysanthèmes et lys pâlots;\n   Ici des fleurs aux teintes claires\n   Emergent de leurs rouges pots.\n\n   Là-bas des fruits en empilades\n   Et des légumes entassés,\n   Depuis pèches jusqu'à salades!\n   Là-bas des fruits en empilades,\n   Poires, pommes et melons fades,\n   Fleurant bon, juteux et glacés.\n   Là-bas des fruits eu empilades\n   Et des légumes entassés.\n"}, {"page_pdf": 233, "page_imprimee": 182, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2015, "texte": "                                      - 182 -\n                         Plus loin marché cosmopolite\n                         Près d’Arlevelde en bronze vert,\n                         Haranguant le peuple, stylite.\n                         Plus loin marché cosmopolite :\n                         Aunages à teinte insolite,\n                         Bouquins et bibelots divers.\n                         Plus loin marché cosmopolite\n                         Près dArtevelde en bronze vert.\n\n\n\n                         Marchands de jambon, lard, saucisses,\n                         Dattes, saurets et Herve infect,\n                         De schots, de spiks, de pains d'épices:\n                         Marchands de jambon, lard, saucisses,\n                         Koekebaks, oliekoeks, — délices ! —\n                         Frites à graillonneux fumet ;\n                         Marchands de jambon, lard , saucisses,\n                         Dattes, saurets et Herve infect.\n\n\n                         Enfin: canards, peuple qui braille,\n                         Poulets ; œufs, beurre; oignons; gibier;\n                         Sur un marché jonché de paille.\n                         Enfin canards, peuple qui braille,\n                         Lapins fronçant le nez, volaille\n                         Poussant la tête hors du panier.\n                         Enfin: canards, peuple qui braille,\n                         Poulets; œufs, beurre; oignons; gibier.\n\n\n                         Et des clochettes métalliques,\n                         Du carillon du vieux beffroi\n                         S ’envole un de ces lieds antiques,\n                         Dont les clochettes métalliques\n                         Egrènent les notes magiques,\n                         Par dessus tout ce désarroi,\n                         Vieilles clochettes métalliques\n                         Du carillon du vieux beffroi.\n\nGand, N ovem bre 1891.                                         R o d r ig u e S ê r a s q u ie r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-007", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 183, "page_fin": 184, "titre_corps": "Panoramas d’en haut", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Lucy-Mar", "ancre_debut": "PANORAMAS D'EN HAUT. I. C ’est au-dessus de l’Océan", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 234, "page_imprimee": 183, "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 2327, "texte": "PANORAMAS D'EN HAUT.\n                                           I.\n\n\n   C ’est au-dessus de l’Océan par un temps clair. Peu de bruit, à part le clapotis\nrégulier des vagues et le souffle du vent sur les eaux; parfois un cri d’albatros\nou de mouette, perdu dans l’immensité du calme, avec           un léger frissonnement\nd’ailes blanches. La mer miroite, éblouissante, sous les feux du soleil.\n   L e s terres grises s’estompent, indécises, au lointain, comme une sorte de plaine\nbrumeuse, sans aucune végétation, sans la plus pâle apparence de vie.        Il semble\nque la clarté s’arrête aux côtes découpées de ces étendues, que l’onde absorbe\ntout le soleil, superbement orgueilleux, voilant de ce vermeil manteau sa nudité\nfarouche... A certaines heures, la vague prend des transparences exquises... C ’est\nalors comme un vaste champ        d’émeraudes, semé     de blondeurs éblouissamment\nmobiles, coloré de réverbérations et de rayons solaires, d’une prodigieuse intensité...\nC ’est un infini d’or et de perles, un tapis d’une indicible richesse,      floconneux\ndes reflêtements d’en haut, tissé de fils mouvants et lamé de flammes.\n   Parfois aussi, l’ombre ovale du ballon passe comme un endeuillement sur cette\nféerie... La mer maintenant est calme, pieusement. . Plus une ride sur cette immen­\nsité !... un tranquille inrêvé, inoubliablement troubleur et grandiose. C ’est la force\ndormante, la puissance suprême et brutale en son repos tragique,... un ondoiement\nqui sommeille... un incendie verdâtre qui serait immobile ! — Et de cette fournaise\ninagitée, comme d’une cassolette infinie, montent vers le ciel clair un flot de nuages\nvaporeux et doux, quelque chose d’éthéré violettement, une coloration mauve sur du\nblanc... L ’implacable sérénité couvre cette perspective m erveilleuse... L e s nuages,\ndans leur stabilité magique et flamboyante, paraissent au zénith en d’innombrables\nformes, tantôt coupoles, dômes et flèches élancées, tantôt massifs et lourds, su r­\nplombant l’or de blancheurs nacrées. . Toute la luxuriante architecture orientale est\néchafaudée aux parvis de l’éther,... et l’aérostat fier et calme passe au travers de\nce monde enchanté, seul noir dans cette virginité du ciel, seul terrestre dans celte\nexquisité divine !....\n"}, {"page_pdf": 235, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3124, "texte": "                                           - 184 —\n\n                                               II.\n\n   C ’est au-dessus de Paris par une            nuit splendide de fin d’août            La grande\nmétropole scintille de mille lumières, semées tantôt en cordons régu liers, tantôt\ndispersées aux fenêtres        des    habitations que l’on n’aperçoit plus...        Ce    sont des\nvitres rougies, des falots dont on voit la           lueur tremblante, d’innombrables flam­\nmes jetées ainsi que des étoiles sur le noir de            la grande ville, et         le puissant\nappareil      électrique de la tour promène majestueusement son flamboyant regard\nlimpide sur tout ce jaune et tout ce             som bre.... L e    ciel   est d’un azur foncé\nexcessivement tendre. L a lune, dont l’orbe plein parcourt silencieusement son éternel\nvoyage, illumine les nuées, que troublent d’étincelantes constellations. L'atmosphère\nrayée de courants tièdes, balance à peine l’aérostat qui           maintenant flamboie sous le\nc ie l: la toile jaunâtre a pris, dans l’éclatante lumière de l’astre, des tons de miroir\nou de cristal. Il semble que ce soit un globe            de feu, un aérolithe incandescent,\nune sphère phosphorescente qui plâne, hautainement et calme, dans l’incomparable\ndouceur       de ce nocturne éther. L a nacelle oscille à peine, tant les vents son1\ntranquilles ; c’est plutôt une navigation qu’ une ascension ; le mouvement de l’aérostat\nindiquerait bien plus un remous de marée qu’un souffle d’air. C ’est une sorte de\nnatation infiniment onctueuse dans un flot de brises paresseuses et odorantes, à\nhuit cents mètres au-dessus de P aris... L e silence couvre aussi cette nuit merveilleuse\nsi théâtralement. Peu des bruits de la cité grouillante parviennent jusqu’aux aéronautes,\nseul,     et d’heure en heure,       le bourdon de Notre-Dame lance au zénith ses notes\ngraves et lentes. Et pourtant, c’est la minute agitée de            la grande vie, l’heure où\nles boulevards superbes se bondent de leur foule mondaine et gaie, l’heure des\néclats de rires, des bals insensés ! Mais tout cela s'éteint en s ’élevant, et il                   ne\nparvient là-haut      qu’un murmure       à peine perceptible, moins encore entendu que\nle clapotis      des vagues, tantôt... Une buée opaline entoure la nacelle immobile,\net, penchés sur les bords, les voyageurs regardent, l’esprit étrangement apaisé,\ncette grande clarté muette au dessus de cette             grande     existence     sombre, cette\npaix qui dérobe le bruit, cet ineffable calme, voile impénétrable des animations d’en\nbas... Ils contemplent, songeurs, toutes ces choses, et surtout l’Infini, cette étendue\nsurhumaine et insaisissable, si sublimement large et si puissamment haute, qui règne\nà des millions de lieues des séjours terrestres... Et ce n’est pas sans un frissonnement\nd’horreur et sans un désir irrésistible d’excelsior, que l’on rêve à la turpitude des\nêtres, ainsi mise en contraste avec l’immortelle pureté des atmosphères. ..\n        Liège, Octobre 1891.                                               L éon L u c y -M a r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-008", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 185, "page_fin": 185, "titre_corps": "Sonnet", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Lucy-Mar", "ancre_debut": "S O N N ET. A M lle J e a n n e L a u r e n t y", "ancre_fin": "L éon L u c y -M a r .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La Fil e de l'iu stre Tief d enken.", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 236, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 77, "fin_caractere_exclue": 1250, "texte": "S O N N ET.\n                                                             A M lle J e a n n e L a u r e n t y .\n\n\n                  C 'était un vieux tombeau, debout contre un vieux mur,\n                  Vert-de-grisé, portant le sceau des anciens âges,\n                  Où rêvaient, tout armés, deux nobles personnages,\n               D ans la pierre sculptés p a r un artiste obscur.'...\n\n\n               Ils étaient étendus, le visage très pur,\n                  Les mains jointes, ayant — pompe des sarcophages —\n               A leurs deux pieds unis deux animaux sauvages,\n               E t puis une couronne à leur fr o n t fr o id et dur.\n\n\n                  On les avait trouvés dans un saint monastère.\n               A u fo n d d'un cloître humide et noir, souillés de terre,\n               Ouvrant leurs yeu x profonds où s’abritaient, les nuits,\n\n\n               L es vers, fr o id s habitants de cette ruine antique.\n               E t de ces vieux barons le tombeau magnifique,\n                  Va, m'a-t-on dit, servir à recouvrir un puits.\n                                                                        L éon L u c y -M a r .\n\n\n\n\n              "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-009", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 185, "page_fin": 189, "titre_corps": "La Fille de l’illustre Tiefdenken", "titre_sommaire": "La fille de l’illustre Tiefdenken", "rubrique": "", "signature_source": "Frédéric Friche", "ancre_debut": "La Fil e de l'iu stre Tief d enken. 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A près    quelques relais, cette préoccupation              disparue,\nEva, se prit à soupirer, à      froncer sa     jolie frimousse   rose, et finalement elle\n"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3054, "texte": "                                              - 186 -\nfondit en larmes, tout en murmurant d’une voix entrecoupée: « Wilhelm, qu’avons\nnous fait! pourquoi         vous ai-je suivie...., quel chagrin pour mon pauvre père...,\net que dira-t-on de moi par la ville. .. Je vais                passer pour la dernière         des\ndernières...., personne ne voudra plus me regarder. . , comment ai-je pû me prêter\nà tout ceci.. . quelle folie ! »\n  Et la pauvre petite se montait             de plus en plus, se tordait les bras dans son\nencoignure.      Ne sachant que faire pour la consoler, Wilhelm lui prit les                  mains,\nles caressa, les baisa gentiment, lui murmura son nom à l’oreille, effleurant de la\nmoustache les          folles petites mèches blondes de la tempe; il voulut lui passer le\nbras autour de la taille, la bercer sur ses genoux....\n  — “ Laissez-moi, monsieur, cria-t-elle en trépignant de ses mignons petits pieds,\nne me touchez pas, vous me faites horreur. — Vous êtes un misérable, un infâme,\nlin     monstre ...,    n’approchez   pas,    ôtez-vous   de   devant mes y e u x ....   Je    veu x\nretourner de suite, tout de suite, ou je me jette par la portière.... „\n  — “ La, la, ma petite Eva, lui sussura Wilhelm à genoux devant elle, ma chère,\nma belle petite Eva, calme-toi, voyons, ne te fâches pas; ne m’aimes tu plus, dis,\nregarde-moi. Tu          sais   comme je      t'aime, que crains tu ?    Ne   sommes nous pas\nconvenus de tout: dans quelques heures nous arriverons à la chapelle de ce vieux\nprêtre dont je         t’ai parlé, qui nous mariera, puis nous retournerons demander le\npardon de ton père. Il nous le donnera, il t’aime trop pour en faire autrement..., tu\nv erras..., calme toi, ne sois pas inquiète, ma belle petite, tu me désoles! »\n      — « Il ne nous pardonnera jamais, jamais, sanglota la pauvre E va un peu calmée,\nmais poussant des soupirs capables d’attendrir un roc,                il nous maudira, il nous\nchassera.... »\n  — « Non, non, ma chérie, il n’en fera rien. Ecoute : je              vais te confier un grand\nsecret, une chose que je suis obligé de taire encore, mais plus longtemps, j ’espère ;\nje ne m’appelle pas Krantz. Je suis le prince de Narrenfels von Krachenbach                      »\n  — « Bonté divine, fit la petite tout émotionnée, le prince de                »\n  — « Ni plus ni moins, mais écoute-moi. Mes ancêtres ont longtemps occupé le\ntrône de Narrenfels, et j ’en suis l’héritier légitime, mais mon tuteur, îe m argrave de\nNim m ersatt-Schweinenfressen, l’a usurpé pendant ma minorité et s ’y maintient par\nla force, opprimant mes malheureux sujets. Une conspiration s’est nouée pour le\nchasser, et avant peu j ’espère, si tu veux bien, tu seras princesse.. .. »\n      — Princesse, moi, Eva Tiefdenken, exclama-t-elle en battant les mains comme un\nenfant à la promesse d’un beau jouet... .\n  Wilhelm l’attira doucement contre lui, et tout en caressant son beau front blanc,\noù il mit plus d’un baiser, il lui conta longuement toutes les splendeurs de la cour :\n"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2871, "texte": "                                           - 187 -\nla couronne toute d'or et de pierreries, auprès de laquelle veillaient nuit et jour\ndeux gardes de fer avec des épées aussi longues qu’eux sur l’épaule ; et le manteau\nprincier   de    satin d’argent,   le jou r de leur entrée à Narrenfels,      dont les pages\nporteraient la longue traîne,      et les fêtes, les bals, les   chasses, les dames d’honneur\nqui la serviraient et lui tiendraient compagnie.\n  Wilhelm parla si bien, que toute trace de larmes disparut; penchée sur son\népaule, elle lui souriait à présent de ses yeu x bleus, où brillait la splendeur de\ntoutes ces      belle choses promises. Le soleil de ce beau jour de             printemps se\nmettait de la partie pour l’égayer, remplissant d’un joyeu x frisson les branches et\nles buissons de la route et         les herbes des prairies qui descendaient jusqu’au\ngrand Rhin pailleté d’argent, où les voiles obliques mettaient leurs taches blanches;\nles oiseaux chantaient, timides encore, comme engourdis par l’hiver passé ; et les\ndeux amoureux, serrés l’un contre l’autre au fond de la voiture, faisaient les plus\ndoux projets d’avenir\n  Tout-à-coup, à un coude brusque de la route, un                carrosse   arrivant en sens\ninverse manqua les faire verser. Wilhelm mit la tête à la portière. Une exclamation\nde surprise retentit,     et   un vieux gentilhomme qui occupait l’autre carrosse mit\nrapidement pied à terre, et s’approcha de lui chapeau bas.\n  — « K issinger, vous ici ! » s'écria le jeune prince.\n  — \" Moi-même, altesse, fit l’autre tout joyeux. Je venais vous chercher en toute\nhâte : le m argrave de Nimmersatt — le diable aît son âme — est mort subitement\nd’indigestion le jour du bien heureux Saint-Marc. « Le conseil d’Etat vous a acclamé\ncomme souverain. Je suis dépêché pour vous en porter la nouvelle, mais je devance\nde quelques      heures   seulement une ambassade nombreuse plus digne                de Votre\nA ltesse. »\n  — « Merci, mon bon K issinger, fit Wilhelm rayonnant. Je me souviendrai toujours\nque c’est de vous que j ’en ai tenu la nouvelle. Dès aujourd'hui, vous êtes comman­\ndeur de mon ordre et gouverneur général des perruches de la cour. »\n  L e brave Kissinger, suffoqué par tant d’honneurs, voulut se jeter à ses pieds :\n  — « Relevez-vous, mon fidèle serviteur, „ dit Wilhelm d’un ton fort digne, ma fo is\nsurtout pour le bürsch le plus fou des universités allemandes. — « Je vous présente\nla princesse » dit-il en se tournant vers la belle E va que la surprise              et   la joie\nclouaient au fond du carrosse. Et, arrêtant le flot de compliments et les révérences\ndu vieux gentilhomme: « Montez dans mon carrosse,                continuait-il, je   rebrousse\nchemin. Dépéchez un de vos piqueurs pour enjoindre à ma cour de faire diligence. »\n\n                                              * **\n"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2953, "texte": "                                             - 188 -\n  Lorsque    Tiefdenken s’aperçut du          rapt de sa fille, il      faillit avoir une attaque\nd’apoplexie, tant le coup lui arrivait brutal, comme le                 maillet sur le front d’un\nbœuf. Mais sa première stupeur passée, il remplit la maison d'une colère épouvan­\ntable, repoussant      les exhortations      au calme qu’on lui prodiguait, et jetant ses\nin-folios à la tête de ceux qui osaient l’approcher.\n  Au désespoir que lui causait la perte de sa fille, se joignait encore la colère\nd’avoir été joué de la sorte par ce misérable Krantz, contre lequel il vomissait\nun torrent       d’imprécations   capables    de   terrifier   Eselkopf lui-même, si habitué\npourtant à ce       genre d’argumentation; tout ce que l’allemand, le latin, le grec et\nl’hébreux    comptent d’injures et       de gros    mots, se heurtaient dans sa salle de\ntravail, se cognaient, rebondissaient aux vieux meubles sévères, aux livres austères\nde la bibliothèque, aux portraits des anciens Tiefdenken pendus aux murailles.\n  On eut dit une querelle de démons se disputant un damné, tant il faisait tapage\nà lui tout seul, la perruque ébourifées comme les poils d’un chat en furie; ses petits\n3'eux dardaient des éclairs sous les besicles remontées au front, ses mains osseuses\net crochues s’allongaient comme de monstrueuses araignées jaunes, comme pour\ncrever les yeux et tordre le cou à un Wilhelm imaginaire. Ah, s’il l’avait eu devant\nlui, ce suppôt d’enfer de Wilhelm, il l’aurait mis en pièces sans lui laisser le temps\nde dire o u f!\n  T errib le, il le vouait successivement aux tortures et aux supplices les plus agréable­\nment variés, depuis le pal jusqu’à l’écartellement.\n  Cet   accès      était trop violent pour durer. Peu            à    peu,   comme s’apaise   une\ntempête, ses imprécations devinrent moins démesurées, et il ne fut plus question\nque de faire pourrir Wilhelm sur la paille d’ un cachot. Malheureusement, il se\nsouvint que de ce côté le ravisseur n’avait rien à craindre, comme il le lui avait\ndémontré lui-même, vieux fou qu’il était !\n  A la pensée de son abandon, le pauvre vieux se mit à pleurer en silence, sa\nvieille face plissée en une grimace ridicule et navrante à la fois.\n L e voyant plus calme, ses amis s’étaient retirés, laissant seul auprès de lui le\nconseiller Korpach, son intime depuis un demi-siècle, petit homme timide aux yeux\nde lapin, fureteurs et rouges.\n  Ils se taisaient tous deux, enfoncés dans leurs fauteuils, aux deux bouts de la\ngrande salle lambrissée, où flottaient déjà les reflets du crépuscule rougeoyant au-\ndessus du Rhin. Tiefdenken          se    calmait peu    à     peu,   soulagé par   ses   larmes,\nmais gardant toujours sa petite grimace ridicule; le conseiller lui, les regards\ninquiets fixés sur son ami, et ne trouvant pas de consolations à lui offrir, balançait\nmachinalement ses jambes grêles, les mains entre les genoux.\n"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 189, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1666, "texte": "                                                      - 189 _\n   — « K orpach,           donne-moi ma pipe, soupira faiblement le pauvre Tiefdenken,\nfumer me fera du bien. »\n    Korpach aveignit la précieuse pipe, mais comme, le professeur se disposait à\nl’allumer, an roulement de carrosse fit tremblotter les petites vitres rondes, le\nmarteau de la porte battit avec fracas... puis un froissement de soie, un cliquetis\nd’éperons et d’armures monta l’escalier, la porte s’ouvrit......\n   E v a et W ilhelm se jetèrent aux pieds de Tiefdenken; derrière eux se tenaient\ndes dames magnifiquement vêtues                        de drap d’or sur les larges vertugadins, des\nofficiers en hongreline et hausse-col, le grand feutre à panache à la main.\n   L e vieux professeur, à demi-soulevé aux bras de son fauteuil, pût à peine en\ncroire ses oreilles, lorsque le beau Wilhem, tout chamaré de plaques et de grands-\ncordons, lui demanda respectueusement pardon et, lui contant sa nouvelle fortunej\nle supplia de permettre que sa fille devint princesse de Narrenfels-Krachenbach.\n   L e coup était trop subit pour le pauvre Tiefdenken. Il devint tout pâle, ouvrit\nla bouche, laissa tomber sa pipe sur le parquet, et s’affala dans son fauteuil, prêt\nà défaillir. On s’empressa autour de lui, mais déjà ses nerfs avaient repris le\ndessus. S e redressant tout d’une pièce, très digne, il dit sèchement : “ Je vous\nla donne, il le faut bien, mais vous êtes un joli garnement, quoique prince... et\npuis... vous m’avez fait casser ma pipe.\n                                                                                           F r éd éric F r ic h e .\n\n\n\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-010", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 189, "page_fin": 192, "titre_corps": "Bibliographie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "BIOGRAPHIE. Nous avons reçu de Mr V. T h éry", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 240, "page_imprimee": 189, "debut_caractere": 1666, "fin_caractere_exclue": 3525, "texte": "BIOGRAPHIE.\n  Nous avons reçu de Mr V. T h éry, le                         6 1/2 heures du s o ir ; voulant c au ser une su rp rise\nfactum suivant, que nous reproduisons                          agréable à mon ami Paul L ebru n , proclam é\n                                                               lau réat du dit concours, je me mis im m édiatem ent\nintègre :\n                                                               à l’œ u vre et j ’enfentais d’une petite pièce de v e rs\n                       Gand, le 16 N ovem bre 1891.            dont je donnais lecture à sa rentrée de B ru x e lle s\n                                                               v e rs 1 1 h eu res du soir.\n              M o n sieu r   le   D ir e c te u r ,               Ce sont donc ces v e rs, com posés au p as de\n                                                               charge, dont votre critique s ’occupe. N éc e ssa ire ­\n   L e s n 0’ 10 et 1 1 des “ E ssa is du C erclé littéraire   ment le tem ps m’avait fait défaut de les produire\nfran çais „ me prennent à partie, et quoique le                d’ une façon tout-à-fait correcte, et je com ptais bien,\ncritique sem ble vouloir m’y m alm ener quelque                en tem ps utile, leu r app liquer la dose de co rrec­\npeu, je m’honore de ce qu'il me fournit l’occasion             tions n écessaire ; j ’eus le m alheur, le lendem ain à\nde donner quelques mots d’explications au sujet                mon bureau de la isser traîner mon brouillon ; un\nd es v e rs qui l’occupent d’une façon si in téressée.         farceur, san s doute dans le but de me jo u e r un\n   L e résultat du concours du p rix de R o m e était          petit tour, n’eut rien de si p re ssé que d’en p rendre\nconnu à Gand, le 12 Sep tem b re dernier, v e rs               copie et de les liv rer, à mon insu, à la publicité.\n"}, {"page_pdf": 241, "page_imprimee": 190, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5834, "texte": "                                                           - 190 -\n\n   V oilà pourquoi, M onsieur, vo tre critique y a                              Les     R e v ues.\ntrouvé des fautes et qu’il a pu m arqu er en lettres\n                                                                        L a Jeune Belgique (Novembre) nous\nitaliques l’hiatus du p rem ier v e rs de m a quatrièm e\nstrophe.                                                            offre, par Albert Giraud, un éreintement\n  D ans vo tre num éro 1 1 , répondant à un article                  en règle de MM. Gustave F ré d e rix et\ndu Vaderland, votre critique, p a r p laisan teriej                  Charles Tardieu, qui, de parti pris, ne\nprétend vouloir me tenir pour un gén ie; je ne me                   font aucune attention aux œ uvres des\nsen tirais d’aise si je ne rep o u ssais les vain es gran ­\n                                                                    jeunes écrivains Belges. L a maison G .\ndeurs de ce m onde. V o tre critique a to rt; je n’ai\n                                                                    F . C. T . & C ’”, que ces Nestors composent\nni talent, ni g é n ie ; le sentim ent seul fait toute ma\nscience ; mon vra i bonheur consiste, dans les cir              ­   à eux deux, offre en réalité ce danger,\nconstances de fêtes, de pouvoir honorer quelque                     que les philistins — ceux qui daignent\nami, s ’il y a lieu, p a r la production d’une poésie où            s'occuper de littérature — acceptent les\nje chante ses qualités, ou bien encore, quand on                    souverains verbes du critique de “ leur\nme sollicite, de prêter, d’un façon désin téressée\n                                                                    journal „ comme paroles d’évangile; et\ntoujours, le concours de mon faible petit talent\n poétique à reh au sser l’éclat de quelque oeuvre                   l’on s ’étonne après cela que pour leurs\n charitable.                                                        épais concitoyens, les jeunes de notre\n   J ’é crivais en 1887 dans un album d’am i :                      pays écrivent en chinois, plagient leurs\n                                                                    voisins du sud, ne produisent, malgré\n  \" J e n’ ai, ma foi, ni talent ni génie,\n                                                                    cela, que des œ uvres lilliputiennes, et\n  Mats suis heureux quand mes faibles accents\n  Touchent le cœur, aux sons de l’harmonie,                         sont d’une crasse ignorance ! En bons\n  Des bienfaiteurs, pour les pauvres passants. ^                    singes de la Jeune Belgique — c’est le\n                                                                    tapir du Vaderland qui nous appelle\n  E t en 1889, dans m a pièce de v e rs lue et dédiée\n                                                                    ainsi — nous ne pouvons qu’applaudir cet\nà la “ S o ciété R o y a le des Chœ urs , :\n                                                                    article de son collaborateur.\n  \" Le croirait-on? Un monde me dénie                                   C e fascicule contient une prose : Frag­\n  D’ être l’ auteur de mes faibles écrits,                          ment de H enry Maubel; des vers de\n  Comme si moi j ’ avais quelque génie,\n                                                                     Valère Gille, Gustave Kahn, Jean Boels -\n  Ou du talent que charment des profits.\n  Gloire et honneur, ces titres qu’ on envie.\n                                                                    et de Paul Lacomblez un extrait du\n  M'ont fa it connaître un jour l’inimitié : (1)                    drame qu' il vient de publier sous le\n  Tout n’ est pas rose en cette triste vie,                         titre: Loth et ses filles.\n  Voilà pourquoi je prêche l’ amitié! „                                 Dans le Memento, on cite des passages\n                                                                    de l’ébouriffant rapport du susnommé\n   V ous voudrez bien m’excu ser, M onsieur le D i­\n                                                                    M. F ré d e rix sur la Princesse Maleine, à\nrecteur, de la longueur d ém esu rée de mon é p itre ;\nje tenais absolum ent à ju stifier l’incorrection de m es\n                                                                    qui le ju r y — après l’avoir vue traîner\nv e r s ; je vo u s sau rais g ré, puisque mon nom a été            dans la boue — a décerné la palme,\ncité et m alm ené, de vouloir in sé re r la p résente               qu’a eu grandement raison de refuser\ndans votre plus prochain numéro.                                    Maurice Maeterlinck. L e s prix de l’académie\n   Veuillez, M onsieur le D irecteur, me croire à vous              — que Max W a lle r appelait une chapelle\n de sym pathie et d’amitié.\n                                                                    d’admiration mutuelle à l’usage des\n                                     V ic t o r   TH ERY.\n                                                                    adorateurs de nombril — et autres du\n  Un document de cet accabit peut aisé­                             même accabit, ont créé plus d’un sot, plus\nment se passer de commentaires. Espérons                            d’un croûte, qui se gobe, se croit un\nque voilà l’incident clos.                                          génie, un être à qui tout est permis,\n                                                                     même de faire de mauvais ve rs — voir\n  (1) Par le fait d'avoir obtenu en 1888 de Sa Majesté le Roi des    l’Andromède de M. Sauvenière par exem­\nBelges, une épingle d'or, ornée de diamants à son chiffre.          ple — depuis qu’il a empoché son diplôme.\n"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 191, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5003, "texte": "                                                  - 191 -\nMaurice Maeterlinck n’a pas besoin de la                  11 Hurrah!... Hurrah!... Hurrah !... „ L a cohorte\nsanction — donnée dans quelles conditions,                                                         [sanglante]\ndu reste — de tous ces perruqueux, qui,                   S ’ évanouit cependant que, fou s d’ épouvante,\nse mêlant de juger, de réglem enter l’art, ne             Des chiens décharnés l'echent les plaies des blessés...\n\nfont que l’étoufler dans son développement                E t la lune livide, autour de qui s’ effare\n« et voulant de leurs mains profanes                      Un vol d’ oiseaux de nuit, ricane aux trépassés,\ntresser des couronnes de gloire, n’arrivent               Ainsi qu’ un mascaron tragiquement hilare.\nqu’à dégrader le front des artistes qui\n                                                                                     *\nont la faiblesse de les accepter. »                                                 * *\n\n\n                            *                                Dans l'Erm itage (Novembre) j ’ai lu avec\n                           **                              infiniment de plaisir, un article de Pol\n   Chimère (Novembre)      outre une sym ­\n                                                           Maçon: Un Yoghi dans son répertoire.\npathique lettre de Jules Simon, donne des\n                                                           C es quelques pages sont remplies de\nproses remarquables de A n dré G ill, phi­\n                                                           pensées originales, la plupart gaies, telles:\nlosophique, voire «ch im érique;» d’A lb ert\n                                                             « G loire au tambour ! C ’est toujours\nA rn a y, amoureuse à la fois et funèbre, et\n                                                           avec des résonnements de peau d’âne\nde J. P. N ixos, antithèse des « tribunaux »\n                                                           qu’on persuadera aux peuples d’aller faire\nde Jules Moineaux. — V e rs de G . Tou-\n                                                          trouer la leur. » et\nchard, l’ancien des Jeunes, Jean Court, etc.\n                                                             « Il ne faut pas ju ger de l’arbre par\n   Chim ère est un nom à ajouter sur la liste             l’écorce. L es Auvergnats portent volontiers\ndes bonnes revues de jeunes.                              des vêtements de velours. »\n                                                             D’autres sont plus profondes, et laissent\n                              Jt\n                          *        *                      parfois énormément matière à réflexion\n                                                          au lecteur, par exemple :\n  Dans le Mercure de France, (Novembre),                     « On ne m’ôtera pas de la tête qu’il y\nremarqué : Histoire de « Hans Pfaal »                     a eu interversion dans l'ordre des livres\nd’E d g a r P o ë . — Fo rt bien l’Autopsie de            saints, et que tout ce qui est dit de la\nla vieille fille, prose très m ystique de                 création d’un être raisonnable formé à\nSt-Pol-R oux. — En vers, nous citerons                    l’image de Dieu doit être rangé parmi les\nextrait du Reliquaire, le Bal des Pendus,                 prophéties. »\nstrophes originales d’A rthu r Rimbaud ; et                  En somme bon article, d’un genre\ndes sonnets d’A lbert Samain et Jean                      nouveau, et par cela même de plus d’intérêt\nCourt. L e sonnet de ce dernier est digne                 et de mérite.\nd’être reproduit :                                           Dans ce même numéro, bons vers de\n                                                          Dauphin Meunier, Henri De Gron, G .\n             Extermination.\n                                                          Fourest et Pierre Dufay.\nDe grands cavaliers noirs, sans casque ni rondache,                                 *\n                                                                                   * *\nP a r la nuit rouge minent un galop d'enfer ;\nCourbés sur leurs chevaux, torche au poing, haut            L a France Moderne (5 Novem.) Numéro\n                                       [la haché],        intéressant. Henry Delcourt nous y parle\nIls font gicler le sang des vaincus sous leur fer.\n                                                          de la P a ix du cœur, roman psychologique\n“ Hurrah ! la Ville est p rise! Que flambe la Ville ! „\n                                                          de Jean Blaize, dont un extrait nous est\nE t les arcs triomphaux, les Palais et les Tours          donné à la 30 page. Ensuite, continuation\nEcrasent en croulant la peuplade servile                  du Baron de Mont-Mayor, de L . D. de\nDes vaincus qu'épargna la hache des Vautours.             Savignac, et trois pièces de poésie.\n"}, {"page_pdf": 243, "page_imprimee": 192, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2448, "texte": "                                                  - 192\n  Dans la Revue Belge (1er Novembre),                 3me Exposition du Cercle : WIJ WILLEN.\nlongue tartine de M. Tilman sur l’affaire\nMaeterlinck, et intéressant article, intitulé           La tant bonne et endormie ville de Gand\n« Coups de plume, » de notre concitoyen              vient d’avoir une petite exposition originale\nFirmin Van den Bosch. — En outre la suite            et artistique; ce rarissime événement vaut\nde la Vengeance d’Achille jolie nouvelle             la peine d'être noté.\nde F.-E. Ardrighetti. — déjà cité dans                  Nous avons relevé en cette exposition\ndes numéros, précédents, — et plusieurs              d’excellentes toiles, aquarelles, sculptures\npoésies. —                                           de MM. O. Coppens, Hip. L e Roy, Montald,\n                                                     Van Melle, Horenbant, Willaert, De Wette,\n                         ¥\n                     *       *                       Toeff aert, Mast, etc\n                                                        Rien de saillant dans la séance musicale\n  L a Libre Critique (8 Novembre.) Numéro\n                                                     d’inauguration.\ncalme. Nous citerons: Frederixiana, toujours\n                                                        Quant au catalogue il a droit à des\nà propos du prix décerné à l’auteur de la\n                                                     éloges : il n’est pas du tout quelconque.\nPrincesse Maleine, et un article sur L o th\n                                                       A vec infiniment de plaisir nous y avons\net ses filles, de Paul Lacomblez.\n                                                     lu de bons vers de nos collaborateurs\n                     *\n                         ¥\n                             *\n                                                     Frédéric Friche, Louis et Lucien De Bus ­\n                                                     scher, Carlos du F ay . Nos chaleureuses\n  A u dernier moment, nous apprenons                 félicitations.\nqu’on a commencé l’impression d ’Autom ­\nnales, planquette de vers illustrée de notre              A quand la 4\" exposition?\nami et collaborateur Carlos du F a y .\n                                  Louis   D. B.                                         j . D.\n\n\n\n\n                                 FIN DE LA PREMIÈRE ANNÉE.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-011", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Page de titre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "ESS AI S P U B L IÉ S P A R L E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 244, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 368, "texte": "ESS AI S\n                          P U B L IÉ S P A R L E\n\n\n\n\n« L E LITTÉRAIRE FRANÇAIS\n                REVUE MENSUELLE.\n\n\n\n           PREMIERE ANNEE.\n\n\n\n\n                   BUREAUX       DU J O U R N A L :\n\n\n GAND, 71, R U E DE F L A N D R E , 31, GAND.\n\n\n\n\n                             GAND,\n    Imprimerie mécanique de LÉON DE BUSSCHER, rue Savaen, 32.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-012", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Errata", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "E R R A T A", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 245, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1953, "texte": "E R R A T A .\n\n\n\nPage     8 lig n e     23 au lieu de      emmène          lisez   emmènera.\n »      21      »          1        »    s’interrompit       » s’interrompait.\n »      45      »      24           »    paru !              » para,\n »      47      »        5          »    câline              » calme.\n »      48      »        9          »    fa is a it          » fa isa is.\n »      54      »      11           »    laissée             » laissé.\n »      58      »      37           »    huîtres             » truites.\n »      59      »        9          »    chaires             » chairs.\n »      68      »      20           »    parce qu’il         » il.\n »      93      »      15           »    table               » sable.\n »      95      »        3          »    l ’a ir             » Fan.\n »      95      »        4          »    sourire             » souvenir\n »     124     »       13           »    ris                 » rit.\n »     130     »      16            »    hyperboréennes   du » hyperboréennes, du.\n »     130      »      21           »    Jatougaye           » Fatougaye.\n »     134      »      22           »    son                 » sur.\n »     167      »        7          »    infligé             » affligé.\n »     1 74     »        5          »    révérente           » révérend.\n »     174      »      15           »    apporté             » apposté.\n »     175      »        2          »    que                »d\n                                                             t\n                                                             n\n                                                             o\n\n »     179      »      14           »    était               » s'était.\n »     189     »                    »    Biographie          » Bibliographie.\n »     190    4 2 (1e c o lo n n e ) »   accabit              » acabit.\n\n »     192    1 7 (1e co lon n e)   »    planquette           » plaquette.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1891-12-n12-013", "volume": "ELB-ULB-a0130-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "099e4f4947a24f9524bee8149a8c97ee53e2a8a0e6105e8563228a8af4339cf5", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Table des matières", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "TABLEDESMATIERES", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 246, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 25, "fin_caractere_exclue": 3063, "texte": "TABLEDESMATIERES.\n\n                                                                                               E.\nA u x lecteurs.                                             1    E n cen s de m arché, R odrigu e S érasq u ier.                 18 1\nA m our chiffonnier, (L’), Paul M.                     91        E scarp o lette (L '), A . W esterm ann.                         52\nA m oureuse, (L),           J . D . G.                 92\n                                                                                               F .\nA n ge qui m eurt, P au l M.                           66\nA p r è s une prom enade en forêt,                               F a b le sans m orale, L . Lucy-M ar.                             3\n\n    A . W esterm ann.                                 84        Fem m e (La), A . W esterm ann.                                  162\n                                                                F ille d e l’illu stre T ie fd e n k e n (L a), F . F ric h e 17o-185\n                            B .                                 F o sso y e u r Nocturne. L o u is D e B.                       163\n\nB a ise rs de juin, F réd é ric F rich e.            116        Fragm en ts d’un journal de pensionnaire,\n\nB al chez les o iseau x (Un) L o u is D e B .         74             P . H ancart.                                              10 3\n\nB eauté qui tue, Pau l M.                             66                                      H .\nBibliographies.            80-96-111-127-143-159-174-189\n                                                                H eu res vécu es, L . Lucy-M ar.                                168\n                            C                                   H ollandais chez lui, (Le) P ie rre H ancart.                    38\n                                                                H om ard (Le), V . L é z a r.                                    57\nCarillon, F réd éric F rich e.                        95\nChien de Pau l M arcellin (Le) F réd é ric\n    Friche.                                        1 7-43       Idylle R o u ge, L ou is Véhenne.                         33-53-70\nCigarette, (La) F réd éric Friche.                     8        Incarnation, L . Lucy-M ar.                                      22\nConte de Noël, L o u is V éhenne.                    177\n                                                                                              L.\nC roquis, L éo n Lucy-M ar.                           88\n                                                                L am b eau détaché d’une vie d’artiste, J. D. G. 140\n                           D     .\n                                                                L e ttre à P ie rre Loti. A . W esterm an n.                    100\nD ans le N ord, L ou is Véhenne.                    145         L e ttre Perdue- J       D. G.                                   49\nD ésesp o ir G eorges D ussillon.                     14        L iv r e de la Pitié et de la Mort, (Le) P . H ancart. 129\n"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3805, "texte": "                                M.                      R o n d els, Je a n Novis.                            94\n                                                        R o n de S p e ctra le , L ou is Véhenne-             68\n M adrigal, Paul M.                              37\n                                                        R o se M ousseuse (La) L ou is De B u ssch er.        18\n Mauricette, L o u is V éh enn e.              97\n                                                        R u ban M auve, (Le) R . L e q u a te r.             113\n Menus Souven irs, L . Lucy-M ar.              65\n M er (La), L o u is V éhenne.                      6\n                                                                                       S.\n M ère (Une), A . W esterm an n .                77      Salon littéraire au X IX * siècle, [Un)\n\n M essidor. A      W esterm an n .             139           J . D esgen êts.                                 166\n\n M onsieur C h averd ier, Je a n N ovis        24        Seren ata, L o u is V éhenne.                        138\n\n Mort d’A nges, L. Lucy-M ar.                   61       S i j ’a v a is des ailes, G eorges A rv e n sis.          4\n\n Mortuis, Lou is V éhenne.                     16 1      Silhouettes soldatesques, L ou is De B .              81\n                                                        Son ge (Un), V. L e za r.                              31\n                                N .                     Sonnet, L Lucy-M ar.                                  185\n Ne p as savoir, P au l M.                      60      Sonnets, C arlo s du F a y .                           73\n Nuit Claire, Je a n N ovis.                   102      Sonnets, C arlo s du F a y .                          128\n                                P.                      Sonnets, C h arles T u ytten s.                        12\n                                                        Sonnets, R odrigu e S érasq u ie r.                  109\nP an oram as d’en haut, L . Lucy-M ar.         183\n                                                        Sonnets, Rodrigue Sérasq u ier.                       143\nP arisian a, L     L ucy-M ar                  89\n                                                        Souvenance, P ie rre H an cart.                      125\nP astel, C arlos du F a y .                     41\n                                                        Sp leen d’am our, Pau l M.                             64\nPetit poèm e fin de siècle. F . F rich e.      67\n                                                        S u re a u x (L es), F . F rich e                    114\nPochade, R odrigu e S érasq u ie r.            165\n                                                        S u r l’eau, R . S érasq u ie r.                     15 1\nPortrait, P au l M .                           37\nP o rtraits, Je a n N ovis.                    153\n                                                                                      T.\nP o u r uA baiser, C arlo s du F a y .         56       T ab leau T riste , Jo se p h D e G eyn st.             9\n\n                              R\n                                                        T ra v e rs é e , J . D. G.                          1 13\n                                                        T rio lets Printaniers, Je a n Novis.                 69\nRem em brance, R o drigu e S é ra sq u ie r.   21                                     V.\nR ê v e , R o drigue S érasq u ie r.           48       Valse des va lse (La), Lou is De B .                 135\nR ê v e d’id ylle, R . S é ra sq u ie r.       13 4     V ie et jour, G eorges A rv e n sis.                  29\nR ê ve rie , M axim e San gh i.                26       V o ix envolées, L . Lucy-M ar.                      175\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 226, "texte": " Première Année. N° 12.                                                         DECEMBRE 1891;\n\n\n\n                    ESSAIS                P U B L IÉ S P A R LE\n\n\n\n\nCERCLE LITTERAIRE FRANÇAISREVUE MENSUELLE.\n\n                               SOM M AIRE DU                      N °   1 2 .\n\n\n\n       Le P o lic h in e lle   ( Conte   de Noël) . . . .           Louis V é h e n n e .\n\n       Encens de m arché ( T rio le ts ) ............... R o d r ig u e         S é r a s q u ie z\n\n       Panoram as d ’en h a u t........................... L éon L u c y -M a r .\n\n       S o n n e t .......................................... L éon L u c y -M a r .\n\n       La fille de l ’illu s tre T iefde n ken . . . .              F r é d é r ic F r ic h e .\n\n       B ib lio g ra p h ie ...................................... L ou is D e B. & J. D.\n\n\n\n\n                P r i x d ix n u m é r o : 4 0                      c e n t im e s .\n      P r ix     d e l ’a b o n n e m e n t : u n                   a n 4 fra n c s.\n\n\n                                   BUREAU        DU J O U R N A L :\n   G A N D , 7 1 , R U E D E F L A N D R E , 71, G A N D .\n\n                                              GAND,\n        Im prim erie m écanique de LÉON DE BUSSCHER, rue Savaen, 32.\n\n                                   TOUS     DROITS      RÉSERVÉS.\n"}, {"page_pdf": 227, "texte": "      N . - B . — Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra au\n                      bureau de la rédaction, RUE DE FLANDRE, 71, GAND.\n\n                 L es journaux ou revues qui désire ratent faire l’échange\n                     sont priés de s’adresser au bureau du Journal.\n\n\n\n         PUBLICATIONS RECOMMANDEES.\n 1. La Jeune Belgique, Revue Mensuelle. — Boulevard d’Anderlecht, B r u x e l l e s .\n         Abonnement 1 0    francs.\n 2. L a Revue Belge. — Rue de Bériot, 42, Louvain.\n         Abonnement un an -4 fr. ; le numéro 2 0        centimes.\n 3. Chimère, Revue Mensuelle. — Rédaction : rue du commandeur, 17, P a r i s .\n         Abonnement 8     francs.\n\n 4. L ’Ermitage, Revue Mensuelle. — Rédaction : Rue de Varennes, 26, P                 aris.\n\n         Abonnement 1 2 fr . ; prix du numéro fr.      1-2 5 .\n 5.   L e Sylphe, Revue Mensuelle. — 8 , Faubourg- Trois-Cloitres, G r e n o b l e .\n         Abonnement 6     fr. ; prix du numéro 5 0      centimes.\n 6. Le N ord Littéraire, Revue Mensuelle. — 113, rue de Paris, V             alenciennes.\n\n         Abonnement un an 5         francs.\n7.    La Libre critique. — Paraissant le Dimanche. Rédaction : Rue Souveraine, 37, Bruxelles.\n         Abonnement un an 5         francs. — Le numéro 2 0      centimes.\n 8. L ’A rt moderne (paraissant le dimanche). — Rue de l’Industrie, 32, Bruxelles.\n         Abonnement un an 1 0         francs.\n\n d. Mercure de France, Mensuel. — Rédaction, 15, rue de l’Echaudé, St-Germain, Paris.\n         Abonnement un an T fr ; prix du numéro 6 0            centimes.\n10. Le     Fluet, Revue Pi-Mensuelle, 28, rue du Mont-Thabor, P a r i s .\n         Abonnement un an T fr.; prix du numéro 2 SS centimes\n11. La France Moderne. — Bureaux: 15, Boulevard du Nord, Marseille\n         Abonnement un an 6         fr. ; prix du numéro 1 0   centimes.\n13. La Revue Flam ande de littérature et d'art,- Mensuelle. — Imprimerie Schamnans,\n      B ruxelles.\n           Abonnement : 1 5     fr.\n"}, {"page_pdf": 228, "texte": "                                               - 177 -\n\n\n\n       CON T E D E NOË L.\n                              L E P O L IC H IN E L L E .\n      Dans une chambre misérable, mal éclairée par               un lumignon fumeux dont la\nflamme      borgne    dessinait    sur   les    murailles   crépies   des ombres étrangement\ndém esurées et fantastiques, une femme               se trouvait assise au      chevet d’un lit\nd’ enfant. Une chaise écloppée, un méchant grabat moisissant dans un coin, c’était\nlà tout l’ameublement de          ce pauvre taudis. De feu, point; pourtant il faisait bien\nfroid, car l’on était à la veille de Noël et la neige était tombée drue durant tout\nle jour.\n      Cette femme s ’était penchée sur la couche et regardait son fils, un petit garçon de\ncinq à six ans, profondément assoupi. De temps à autre une toux sèche secouait\nla poitrine de l’enfant, amenant un flot d e sang à ses joues d’un blanc mat. Elle\nle considéra longtemps, des larmes brillaient dans ses yeux.                 Puis, ramenant la\ncouverture sur les .mains bleuies du petit, abandonnées sur le drap, Jeanne —\nainsi s’appelait-elle — se leva et posant son front contre la vitre regarda dans\nla rue.\n      Toutes   blanches étaient      les maisons, découpant sur le sol leurs silhouettes\nnoires. Leu rs toits neigeux scintillaient sous les           rayons d’une lune de gel ; on\naurait dit des pierreries jetées confusément sur un vaste manteau d’hermine. L e\nciel était plein d’étoiles, brillant dans le bleu sombre de la voûte comme autant de\nclous d’or et dont la lumière discrète paraissait infiniment m ystérieuse et triste.\nParfois des pas faisaient craquer la neige durcie; ce bruit troublait seul le silence\nqui     régnait   dans ce quartier désert de Paris.           Des     cloches tintaient dans le\nlointain; N o ë l! N o ël! chantaient-elles, et ces envolées argentines, emportées par le\nvent, allaient partout très claires et très joyeu ses.\n   Tout doucement la rue, les maisons               disparaissaient de devant     les yeux de\nJeanne; dans la rêverie où elle s'était abandonnée, elle avait une autre vision*\ncelle du lieu où s ’était écoulée son enfance, où s’étaient passés ses beaux jours!\nCes     cloches lui rappelaient le village où elle était née; elle voyait encore la\nlongue file des paysans se rendant à la messe de minuit, leurs lanternes sautillant\n"}, {"page_pdf": 229, "texte": "                                          - 178 -\nsur les routes comme autant de feux follets. Et l’église, éclatante de lumières, et\nles orgues qui ronflaient, et la crèche, et d’autres choses encore, elle revivait cela\ntrès distinctement.\n     H élas! Jeanne était toute seule maintenant dans le grand Paris. Toute                seule.\nSi son petit Paul avait eu un père pour le             protéger, mais il n’en avait pas......\n     Le     roman de cette malheureuse       était bien simple, un de ces romans comme\nil y en a tant et tant, mais si tristes dans leur cruelle banalité. Pauvre fille séduite\net abandonnée, elle avait quitté son village, ne pouvant résister aux sarcasm es,\naux       railleries   que lui   décochaient ses anciennes       amies et était venue      vivre\nà Paris avec son enfant, oubliée de tous. Pendant les prem ières années elle s ’était\nplacée comme ouvrière chez une fleuriste ; sa maigre paye avait suffi à ses besoins.\n     Mais voilà que depuis deux mois le petit Paul était tombé malade ; on devait\ntoujours rester à la maison pour le soigner. S a mère n’allait plus à l’atelier, aussi\nle peu        d’argent   qu’elle avait   épargné    s’était-il évanoui.   Oh! elle   l’avait tant\nredoutée, cette misère noire qui allait            se dresser devant elle ! Elle n’avait plus\nde pain, le feu était éteint depuis longtemps et la santé de son enfant qui nécessitait\ntant de soins! A vec         cela qu’elle n’ignorait pas qu’il n’aurait fallu que bien peu\nde    chose pour éteindre ce petit souffle déjà si laible. Et pourtant jamais elle\nn’aurait voulu aller seule à l’ouvrage. Il aurait fallu confier Paul à une étrangère\nou le placer dans un établissement quelconque. Tout plutôt que cela. Il avait\nbesoin de bien trop de tendresse, le petit.\n     Jeanne     regardait toujours à la fenêtre, sans voir, perdue dans son rêve.\n     « Maman, dit une petite voix, j ’ai froid et il fait si noir. »\n     Brusquement ramenée à la réalité, elle se précipita vers Paul. Il avait les yeu x\ngrands ouverts, dans ses prunelles brillait une flamme étrange qu’y                avait allumée\nla fièvre.\n     « Qu’y a-t-il, mon chéri? »\n     « J ’ai froid, » reprit l’enfant. Et après quelques moments d’hésitation, comme\ns’il avait craint de parler : « N’est-ce pas cette nuit que le petit Jésu s apporte des\njouets aux enfants qui ont été bien sa g e s? »\n     Et toujours les grands yeu x restaient fixés sur la mère.\n      « Tu m’avais dit, il y a un mois, que Saint-Nicolas aussi nous aimait,                   qu’il\nnous apportait des cadeaux. Il n’est pas venu; je l’avais cependant tant prié. Petit\nJésu s ne m’oubliera pas lui, n’est-ce pas ? »\n     Paul souriait, il était sûr que sa prière serait        exaucée cette fois.\n     « Tu ne manqueras pas de mettre mon petit soulier dans la cheminée? Je l’y\naurais déjà placé moi-même, si je n’étais pas si            malade.... Dis, s’il m’apportait     un\n"}, {"page_pdf": 230, "texte": "                                               - 179 -\ngrand polichinelle? C ’est ça qui serait amusant. T u sais, comme celui qui coûtait\nsi    cher et que      nous avons vu un jour           à la vitrine d’un magasin .. Oh ! que\nje voudrais l’avoir. »\n     Jeanne ne répondait pas ; elle souffrait tant d’entendre cet innocent lui demander\nun polichinelle de quarante sous. A h! bien oui, avec ça qu’elle avait de quoi lui\ndonner quelque chose à Saint-Nicolas ou à Noël, alors qu’il n’y avait plus de pain\ndans la huche.\n     Une douleur pleurait en songeant à ce babil d’enfant. Quand Jeanne releva la\ntête, elle regarda de nouveau son fils, il dormait. Un             sourire venait mourir sur\nses lèvres pâles. Il rêvait sans doute de jouets dorés, de grands bonshommes de\nmassepain. O h!        ce polichinelle, elle y pensait toujours maintenant; c’était une\nhantise qui la poursuivait.\n     Et     pourtant    n’y     aurait-il pas moyen   de satisfaire ce   caprice de Paul ?\n               r\n     Jeanne^était levée subitement; voyant le petit toujours endormi, elle ouvrit la\nporte, puis descendit dans la rue.\n     Elle    marcha au hasard, glissant sur le verglas ; après avoir erré quelque temps,\nelle se       trouva dans un quartier de Paris plus animé           et soudainement s ’arrêta\ndevant un grand bazar, où une foule pressée se bousculait au milieu d’un immense\nbrouhaha. Elle avait devant les yeux le polichinelle dont Paul avait parlé, tout\nreluisant de vernis, ayant l'air de sourire aux acheteurs. Jeanne entra.\n     C ’était bien     celui qu’elle avait vu avec son fils, deux mois passés. Quarante\nsou s! Et elle n’avait plus rien. Oh! si elle eut osé, elle aurait           mendié, mais elle\nn’osait pas. Jam ais sa main ne s’était tendue.\n     L a pauvre femme regardait d’un œil d’envie            ce jouet     quePaul aurait      tant\ndésiré posséder. Puis, subitement, cédant à un mouvement irréfléchi, alors qu’elle\ncroyait que personne ne la              regardait, elle s’empara du polichinelle   et le cacha\nsous son tablier.\n     A peine       avait-elle    fait quelques pas dans la rue, qu’elle entendit une voix\ncrier :\n     \" A rrêtez cette femme, arrêtez-la ! „\n     A lors elle se mit à courir tout d’une haleine, bousculant les passants, ainsi\nqu’une folle.\n     Elle monta vite dans sa chambre. Plus de bruit de voix. Peut-être avait-on\nperdu sa trace.\n     Jeanne tira le verrou de la porte branlante,          déposa le     polichinelle sur le lit\nde Paul.\n     L e petit, réveillé par le bruit, ouvrit les yeux. Il aperçut le bonhomme de bois\n"}, {"page_pdf": 231, "texte": "                                       - 180 -\nqui lui souriait. Ce fut un moment de joie indescriptible ; il n’en croyait pas ses\nyeux.\n   Ainsi petit Jésu s ne l’avait pas oublié. Oh ! il allait bien le remercier.\n   Soudain, alors que rien ne l’aurait fait supposer, il fut pris d’un accès de toux\nsi déchirant, que sa mère pâlit affreusement. \" Mon Dieu, dit-elle, il se trouve mal. „\n    Paul avait la parole brève et saccadée; ses traits se contractaient violemment,\nsa tête retomba sur l’oreiller, ses yeu x devinrent vitreux. Au même moment,\nJeanne entendit sur le palier une voix qui lui arrivait très distincte : « C’ est dans\ncette chambre que s’est réfugiée cette femme. Nous allons bien voir. »\n    On frappa à la porte.\n    « O uvrez, » cria-t-on.\n    L a pauvre mère était blanche comme une morte. On l’avait suivie! D errière la\nporte ces hommes qui menaçaient, et Paul qui se mourait!\n    « Ouvrez, ou j ’enfonce, » dit quelqu’un. L a cloison fut secouée avec force.\n    Paul s’était soulevé sur ses oreillers, il tremblait de crainte. Ces voix inconnues,\nbrutales, le terrifiaient. Il avait la figure convulsée, les yeux sortaient des orbites,\nses petits bras, dans un geste d’agonie, s’étaient accrochés à ceux de sa mère.\n    \" Maman, soupira-t-il, qui est là? J ’ai si peur. Ils viennent pour me faire           du\nmal... Oh ! la lampe s’est éteinte, n’est-ce pas ? Je ne vois plus clair. »\n    Et pourtant la    lampe   brûlait toujours. De nouveau la porte fut violemment\nébranlée.\n    Jeanne était folle de douleur.\n    « A ssassins! s’écria-t-elle, mais vous allez le tuer! » On n’entendit pas sa voix.\n    Paul,    dans un dernier effort, s’était penché vers sa mère et d’une voix             si\nfaible, mais si faible que    ce n’était plus qu’un souffle : “ T u rem ercieras petit\nJésu s, n’est-ce pas, maman? Moi, je vais dormir.... Oh! j’ai si sommeil           je crois\nque j e ......\n    S e s yeux devinrent d’une fixité effrayante et pâlirent ; on aurait dit des étoiles\nqui s’éteignaient. S e s membres se détendirent, il resta immobile.\n    Jeanne poussa un grand cri. A u même instant la porte cédait, deux hommes\nfaisaient irruption dans la chambre.\n    A leur vue, l’infortunée s’était élancée; dans un geste de rage elle saisit le\npolichinelle et le jeta   à leurs    pieds : « Prenez-le, dit-elle, je   n’en veux plus ;\npourtânt je l’ai payé assez cher : il m’a coûté la vie de mon fils. „\n    Puis elle tomba inanimée aux pieds du cadavre du petit Paul.\n\n                                                                    Louis   V éh en n e.\n"}, {"page_pdf": 232, "texte": "               — 181 —\n\n\nENCENS DE MARCHE.\n          (T R IO L E T S ).\n\n   Dans la fraîcheur de l'aube humide,\n   Cavalcade de chariots,\n   Dont des ruraux à l'air cupide,\n   Dans la fraîcheur de l’aube humide,\n   Par la corde qui sert de bride\n   Conduisent les grossiers chevaux.\n   Dans la fraîcheur de l'aube humide,\n   Cavalcade de chariots.\n\n   Les rustiques vêtus en fête\n   Se dressent près de leurs paniers.\n   Au marchandage ils tiennent tête,\n   Les rustiques vêtus en fête.\n   Cherchant à tromper la replète\n   Bourgeoise aux airs peu finassiers,\n   Les rustiques vêtus en fête\n   Se dressent près de leurs paniers.\n\n   Ici des fleurs aux teintes claires\n   Emergent de leurs rouges pots ;\n   Bouquets d’un sou, corbeilles chères,\n   Ici des fleurs aux teintes claires',\n   Fleurs du pays, fleurs étrangères,\n   Chrysanthèmes et lys pâlots;\n   Ici des fleurs aux teintes claires\n   Emergent de leurs rouges pots.\n\n   Là-bas des fruits en empilades\n   Et des légumes entassés,\n   Depuis pèches jusqu'à salades!\n   Là-bas des fruits en empilades,\n   Poires, pommes et melons fades,\n   Fleurant bon, juteux et glacés.\n   Là-bas des fruits eu empilades\n   Et des légumes entassés.\n"}, {"page_pdf": 233, "texte": "                                      - 182 -\n                         Plus loin marché cosmopolite\n                         Près d’Arlevelde en bronze vert,\n                         Haranguant le peuple, stylite.\n                         Plus loin marché cosmopolite :\n                         Aunages à teinte insolite,\n                         Bouquins et bibelots divers.\n                         Plus loin marché cosmopolite\n                         Près dArtevelde en bronze vert.\n\n\n\n                         Marchands de jambon, lard, saucisses,\n                         Dattes, saurets et Herve infect,\n                         De schots, de spiks, de pains d'épices:\n                         Marchands de jambon, lard, saucisses,\n                         Koekebaks, oliekoeks, — délices ! —\n                         Frites à graillonneux fumet ;\n                         Marchands de jambon, lard , saucisses,\n                         Dattes, saurets et Herve infect.\n\n\n                         Enfin: canards, peuple qui braille,\n                         Poulets ; œufs, beurre; oignons; gibier;\n                         Sur un marché jonché de paille.\n                         Enfin canards, peuple qui braille,\n                         Lapins fronçant le nez, volaille\n                         Poussant la tête hors du panier.\n                         Enfin: canards, peuple qui braille,\n                         Poulets; œufs, beurre; oignons; gibier.\n\n\n                         Et des clochettes métalliques,\n                         Du carillon du vieux beffroi\n                         S ’envole un de ces lieds antiques,\n                         Dont les clochettes métalliques\n                         Egrènent les notes magiques,\n                         Par dessus tout ce désarroi,\n                         Vieilles clochettes métalliques\n                         Du carillon du vieux beffroi.\n\nGand, N ovem bre 1891.                                         R o d r ig u e S ê r a s q u ie r .\n"}, {"page_pdf": 234, "texte": "                                      - 183 -\n\n\n\n              PANORAMAS D'EN HAUT.\n                                           I.\n\n\n   C ’est au-dessus de l’Océan par un temps clair. Peu de bruit, à part le clapotis\nrégulier des vagues et le souffle du vent sur les eaux; parfois un cri d’albatros\nou de mouette, perdu dans l’immensité du calme, avec           un léger frissonnement\nd’ailes blanches. La mer miroite, éblouissante, sous les feux du soleil.\n   L e s terres grises s’estompent, indécises, au lointain, comme une sorte de plaine\nbrumeuse, sans aucune végétation, sans la plus pâle apparence de vie.        Il semble\nque la clarté s’arrête aux côtes découpées de ces étendues, que l’onde absorbe\ntout le soleil, superbement orgueilleux, voilant de ce vermeil manteau sa nudité\nfarouche... A certaines heures, la vague prend des transparences exquises... C ’est\nalors comme un vaste champ        d’émeraudes, semé     de blondeurs éblouissamment\nmobiles, coloré de réverbérations et de rayons solaires, d’une prodigieuse intensité...\nC ’est un infini d’or et de perles, un tapis d’une indicible richesse,      floconneux\ndes reflêtements d’en haut, tissé de fils mouvants et lamé de flammes.\n   Parfois aussi, l’ombre ovale du ballon passe comme un endeuillement sur cette\nféerie... La mer maintenant est calme, pieusement. . Plus une ride sur cette immen­\nsité !... un tranquille inrêvé, inoubliablement troubleur et grandiose. C ’est la force\ndormante, la puissance suprême et brutale en son repos tragique,... un ondoiement\nqui sommeille... un incendie verdâtre qui serait immobile ! — Et de cette fournaise\ninagitée, comme d’une cassolette infinie, montent vers le ciel clair un flot de nuages\nvaporeux et doux, quelque chose d’éthéré violettement, une coloration mauve sur du\nblanc... L ’implacable sérénité couvre cette perspective m erveilleuse... L e s nuages,\ndans leur stabilité magique et flamboyante, paraissent au zénith en d’innombrables\nformes, tantôt coupoles, dômes et flèches élancées, tantôt massifs et lourds, su r­\nplombant l’or de blancheurs nacrées. . Toute la luxuriante architecture orientale est\néchafaudée aux parvis de l’éther,... et l’aérostat fier et calme passe au travers de\nce monde enchanté, seul noir dans cette virginité du ciel, seul terrestre dans celte\nexquisité divine !....\n"}, {"page_pdf": 235, "texte": "                                           - 184 —\n\n                                               II.\n\n   C ’est au-dessus de Paris par une            nuit splendide de fin d’août            La grande\nmétropole scintille de mille lumières, semées tantôt en cordons régu liers, tantôt\ndispersées aux fenêtres        des    habitations que l’on n’aperçoit plus...        Ce    sont des\nvitres rougies, des falots dont on voit la           lueur tremblante, d’innombrables flam­\nmes jetées ainsi que des étoiles sur le noir de            la grande ville, et         le puissant\nappareil      électrique de la tour promène majestueusement son flamboyant regard\nlimpide sur tout ce jaune et tout ce             som bre.... L e    ciel   est d’un azur foncé\nexcessivement tendre. L a lune, dont l’orbe plein parcourt silencieusement son éternel\nvoyage, illumine les nuées, que troublent d’étincelantes constellations. L'atmosphère\nrayée de courants tièdes, balance à peine l’aérostat qui           maintenant flamboie sous le\nc ie l: la toile jaunâtre a pris, dans l’éclatante lumière de l’astre, des tons de miroir\nou de cristal. Il semble que ce soit un globe            de feu, un aérolithe incandescent,\nune sphère phosphorescente qui plâne, hautainement et calme, dans l’incomparable\ndouceur       de ce nocturne éther. L a nacelle oscille à peine, tant les vents son1\ntranquilles ; c’est plutôt une navigation qu’ une ascension ; le mouvement de l’aérostat\nindiquerait bien plus un remous de marée qu’un souffle d’air. C ’est une sorte de\nnatation infiniment onctueuse dans un flot de brises paresseuses et odorantes, à\nhuit cents mètres au-dessus de P aris... L e silence couvre aussi cette nuit merveilleuse\nsi théâtralement. Peu des bruits de la cité grouillante parviennent jusqu’aux aéronautes,\nseul,     et d’heure en heure,       le bourdon de Notre-Dame lance au zénith ses notes\ngraves et lentes. Et pourtant, c’est la minute agitée de            la grande vie, l’heure où\nles boulevards superbes se bondent de leur foule mondaine et gaie, l’heure des\néclats de rires, des bals insensés ! Mais tout cela s'éteint en s ’élevant, et il                   ne\nparvient là-haut      qu’un murmure       à peine perceptible, moins encore entendu que\nle clapotis      des vagues, tantôt... Une buée opaline entoure la nacelle immobile,\net, penchés sur les bords, les voyageurs regardent, l’esprit étrangement apaisé,\ncette grande clarté muette au dessus de cette             grande     existence     sombre, cette\npaix qui dérobe le bruit, cet ineffable calme, voile impénétrable des animations d’en\nbas... Ils contemplent, songeurs, toutes ces choses, et surtout l’Infini, cette étendue\nsurhumaine et insaisissable, si sublimement large et si puissamment haute, qui règne\nà des millions de lieues des séjours terrestres... Et ce n’est pas sans un frissonnement\nd’horreur et sans un désir irrésistible d’excelsior, que l’on rêve à la turpitude des\nêtres, ainsi mise en contraste avec l’immortelle pureté des atmosphères. ..\n        Liège, Octobre 1891.                                               L éon L u c y -M a r .\n"}, {"page_pdf": 236, "texte": "                                         - 185 -\n\n\n                          S O N N ET.\n                                                             A M lle J e a n n e L a u r e n t y .\n\n\n                  C 'était un vieux tombeau, debout contre un vieux mur,\n                  Vert-de-grisé, portant le sceau des anciens âges,\n                  Où rêvaient, tout armés, deux nobles personnages,\n               D ans la pierre sculptés p a r un artiste obscur.'...\n\n\n               Ils étaient étendus, le visage très pur,\n                  Les mains jointes, ayant — pompe des sarcophages —\n               A leurs deux pieds unis deux animaux sauvages,\n               E t puis une couronne à leur fr o n t fr o id et dur.\n\n\n                  On les avait trouvés dans un saint monastère.\n               A u fo n d d'un cloître humide et noir, souillés de terre,\n               Ouvrant leurs yeu x profonds où s’abritaient, les nuits,\n\n\n               L es vers, fr o id s habitants de cette ruine antique.\n               E t de ces vieux barons le tombeau magnifique,\n                  Va, m'a-t-on dit, servir à recouvrir un puits.\n                                                                        L éon L u c y -M a r .\n\n\n\n\n              La Fil e de l'iu stre Tief d enken.\n                                            (Fin).\n\n\n  L e lendemain, dès l’aurore, un carrosse supérieurement attelé emportait à grands\ntours de roue loin de la ville l’heureux Wilhelm, qui couvait d’un regard                            de\ntriomphe sa chère Eva, pelotonnée dans un coin, toute confuse et inquiète.\n Les   premières lieues     furent    silencieuses,   remplies seulement par la              crainte\nd’une poursuite    possible. A près    quelques relais, cette préoccupation              disparue,\nEva, se prit à soupirer, à      froncer sa     jolie frimousse   rose, et finalement elle\n"}, {"page_pdf": 237, "texte": "                                              - 186 -\nfondit en larmes, tout en murmurant d’une voix entrecoupée: « Wilhelm, qu’avons\nnous fait! pourquoi         vous ai-je suivie...., quel chagrin pour mon pauvre père...,\net que dira-t-on de moi par la ville. .. Je vais                passer pour la dernière         des\ndernières...., personne ne voudra plus me regarder. . , comment ai-je pû me prêter\nà tout ceci.. . quelle folie ! »\n  Et la pauvre petite se montait             de plus en plus, se tordait les bras dans son\nencoignure.      Ne sachant que faire pour la consoler, Wilhelm lui prit les                  mains,\nles caressa, les baisa gentiment, lui murmura son nom à l’oreille, effleurant de la\nmoustache les          folles petites mèches blondes de la tempe; il voulut lui passer le\nbras autour de la taille, la bercer sur ses genoux....\n  — “ Laissez-moi, monsieur, cria-t-elle en trépignant de ses mignons petits pieds,\nne me touchez pas, vous me faites horreur. — Vous êtes un misérable, un infâme,\nlin     monstre ...,    n’approchez   pas,    ôtez-vous   de   devant mes y e u x ....   Je    veu x\nretourner de suite, tout de suite, ou je me jette par la portière.... „\n  — “ La, la, ma petite Eva, lui sussura Wilhelm à genoux devant elle, ma chère,\nma belle petite Eva, calme-toi, voyons, ne te fâches pas; ne m’aimes tu plus, dis,\nregarde-moi. Tu          sais   comme je      t'aime, que crains tu ?    Ne   sommes nous pas\nconvenus de tout: dans quelques heures nous arriverons à la chapelle de ce vieux\nprêtre dont je         t’ai parlé, qui nous mariera, puis nous retournerons demander le\npardon de ton père. Il nous le donnera, il t’aime trop pour en faire autrement..., tu\nv erras..., calme toi, ne sois pas inquiète, ma belle petite, tu me désoles! »\n      — « Il ne nous pardonnera jamais, jamais, sanglota la pauvre E va un peu calmée,\nmais poussant des soupirs capables d’attendrir un roc,                il nous maudira, il nous\nchassera.... »\n  — « Non, non, ma chérie, il n’en fera rien. Ecoute : je              vais te confier un grand\nsecret, une chose que je suis obligé de taire encore, mais plus longtemps, j ’espère ;\nje ne m’appelle pas Krantz. Je suis le prince de Narrenfels von Krachenbach                      »\n  — « Bonté divine, fit la petite tout émotionnée, le prince de                »\n  — « Ni plus ni moins, mais écoute-moi. Mes ancêtres ont longtemps occupé le\ntrône de Narrenfels, et j ’en suis l’héritier légitime, mais mon tuteur, îe m argrave de\nNim m ersatt-Schweinenfressen, l’a usurpé pendant ma minorité et s ’y maintient par\nla force, opprimant mes malheureux sujets. Une conspiration s’est nouée pour le\nchasser, et avant peu j ’espère, si tu veux bien, tu seras princesse.. .. »\n      — Princesse, moi, Eva Tiefdenken, exclama-t-elle en battant les mains comme un\nenfant à la promesse d’un beau jouet... .\n  Wilhelm l’attira doucement contre lui, et tout en caressant son beau front blanc,\noù il mit plus d’un baiser, il lui conta longuement toutes les splendeurs de la cour :\n"}, {"page_pdf": 238, "texte": "                                           - 187 -\nla couronne toute d'or et de pierreries, auprès de laquelle veillaient nuit et jour\ndeux gardes de fer avec des épées aussi longues qu’eux sur l’épaule ; et le manteau\nprincier   de    satin d’argent,   le jou r de leur entrée à Narrenfels,      dont les pages\nporteraient la longue traîne,      et les fêtes, les bals, les   chasses, les dames d’honneur\nqui la serviraient et lui tiendraient compagnie.\n  Wilhelm parla si bien, que toute trace de larmes disparut; penchée sur son\népaule, elle lui souriait à présent de ses yeu x bleus, où brillait la splendeur de\ntoutes ces      belle choses promises. Le soleil de ce beau jour de             printemps se\nmettait de la partie pour l’égayer, remplissant d’un joyeu x frisson les branches et\nles buissons de la route et         les herbes des prairies qui descendaient jusqu’au\ngrand Rhin pailleté d’argent, où les voiles obliques mettaient leurs taches blanches;\nles oiseaux chantaient, timides encore, comme engourdis par l’hiver passé ; et les\ndeux amoureux, serrés l’un contre l’autre au fond de la voiture, faisaient les plus\ndoux projets d’avenir\n  Tout-à-coup, à un coude brusque de la route, un                carrosse   arrivant en sens\ninverse manqua les faire verser. Wilhelm mit la tête à la portière. Une exclamation\nde surprise retentit,     et   un vieux gentilhomme qui occupait l’autre carrosse mit\nrapidement pied à terre, et s’approcha de lui chapeau bas.\n  — « K issinger, vous ici ! » s'écria le jeune prince.\n  — \" Moi-même, altesse, fit l’autre tout joyeux. Je venais vous chercher en toute\nhâte : le m argrave de Nimmersatt — le diable aît son âme — est mort subitement\nd’indigestion le jour du bien heureux Saint-Marc. « Le conseil d’Etat vous a acclamé\ncomme souverain. Je suis dépêché pour vous en porter la nouvelle, mais je devance\nde quelques      heures   seulement une ambassade nombreuse plus digne                de Votre\nA ltesse. »\n  — « Merci, mon bon K issinger, fit Wilhelm rayonnant. Je me souviendrai toujours\nque c’est de vous que j ’en ai tenu la nouvelle. Dès aujourd'hui, vous êtes comman­\ndeur de mon ordre et gouverneur général des perruches de la cour. »\n  L e brave Kissinger, suffoqué par tant d’honneurs, voulut se jeter à ses pieds :\n  — « Relevez-vous, mon fidèle serviteur, „ dit Wilhelm d’un ton fort digne, ma fo is\nsurtout pour le bürsch le plus fou des universités allemandes. — « Je vous présente\nla princesse » dit-il en se tournant vers la belle E va que la surprise              et   la joie\nclouaient au fond du carrosse. Et, arrêtant le flot de compliments et les révérences\ndu vieux gentilhomme: « Montez dans mon carrosse,                continuait-il, je   rebrousse\nchemin. Dépéchez un de vos piqueurs pour enjoindre à ma cour de faire diligence. »\n\n                                              * **\n"}, {"page_pdf": 239, "texte": "                                             - 188 -\n  Lorsque    Tiefdenken s’aperçut du          rapt de sa fille, il      faillit avoir une attaque\nd’apoplexie, tant le coup lui arrivait brutal, comme le                 maillet sur le front d’un\nbœuf. Mais sa première stupeur passée, il remplit la maison d'une colère épouvan­\ntable, repoussant      les exhortations      au calme qu’on lui prodiguait, et jetant ses\nin-folios à la tête de ceux qui osaient l’approcher.\n  Au désespoir que lui causait la perte de sa fille, se joignait encore la colère\nd’avoir été joué de la sorte par ce misérable Krantz, contre lequel il vomissait\nun torrent       d’imprécations   capables    de   terrifier   Eselkopf lui-même, si habitué\npourtant à ce       genre d’argumentation; tout ce que l’allemand, le latin, le grec et\nl’hébreux    comptent d’injures et       de gros    mots, se heurtaient dans sa salle de\ntravail, se cognaient, rebondissaient aux vieux meubles sévères, aux livres austères\nde la bibliothèque, aux portraits des anciens Tiefdenken pendus aux murailles.\n  On eut dit une querelle de démons se disputant un damné, tant il faisait tapage\nà lui tout seul, la perruque ébourifées comme les poils d’un chat en furie; ses petits\n3'eux dardaient des éclairs sous les besicles remontées au front, ses mains osseuses\net crochues s’allongaient comme de monstrueuses araignées jaunes, comme pour\ncrever les yeux et tordre le cou à un Wilhelm imaginaire. Ah, s’il l’avait eu devant\nlui, ce suppôt d’enfer de Wilhelm, il l’aurait mis en pièces sans lui laisser le temps\nde dire o u f!\n  T errib le, il le vouait successivement aux tortures et aux supplices les plus agréable­\nment variés, depuis le pal jusqu’à l’écartellement.\n  Cet   accès      était trop violent pour durer. Peu            à    peu,   comme s’apaise   une\ntempête, ses imprécations devinrent moins démesurées, et il ne fut plus question\nque de faire pourrir Wilhelm sur la paille d’ un cachot. Malheureusement, il se\nsouvint que de ce côté le ravisseur n’avait rien à craindre, comme il le lui avait\ndémontré lui-même, vieux fou qu’il était !\n  A la pensée de son abandon, le pauvre vieux se mit à pleurer en silence, sa\nvieille face plissée en une grimace ridicule et navrante à la fois.\n L e voyant plus calme, ses amis s’étaient retirés, laissant seul auprès de lui le\nconseiller Korpach, son intime depuis un demi-siècle, petit homme timide aux yeux\nde lapin, fureteurs et rouges.\n  Ils se taisaient tous deux, enfoncés dans leurs fauteuils, aux deux bouts de la\ngrande salle lambrissée, où flottaient déjà les reflets du crépuscule rougeoyant au-\ndessus du Rhin. Tiefdenken          se    calmait peu    à     peu,   soulagé par   ses   larmes,\nmais gardant toujours sa petite grimace ridicule; le conseiller lui, les regards\ninquiets fixés sur son ami, et ne trouvant pas de consolations à lui offrir, balançait\nmachinalement ses jambes grêles, les mains entre les genoux.\n"}, {"page_pdf": 240, "texte": "                                                      - 189 _\n   — « K orpach,           donne-moi ma pipe, soupira faiblement le pauvre Tiefdenken,\nfumer me fera du bien. »\n    Korpach aveignit la précieuse pipe, mais comme, le professeur se disposait à\nl’allumer, an roulement de carrosse fit tremblotter les petites vitres rondes, le\nmarteau de la porte battit avec fracas... puis un froissement de soie, un cliquetis\nd’éperons et d’armures monta l’escalier, la porte s’ouvrit......\n   E v a et W ilhelm se jetèrent aux pieds de Tiefdenken; derrière eux se tenaient\ndes dames magnifiquement vêtues                        de drap d’or sur les larges vertugadins, des\nofficiers en hongreline et hausse-col, le grand feutre à panache à la main.\n   L e vieux professeur, à demi-soulevé aux bras de son fauteuil, pût à peine en\ncroire ses oreilles, lorsque le beau Wilhem, tout chamaré de plaques et de grands-\ncordons, lui demanda respectueusement pardon et, lui contant sa nouvelle fortunej\nle supplia de permettre que sa fille devint princesse de Narrenfels-Krachenbach.\n   L e coup était trop subit pour le pauvre Tiefdenken. Il devint tout pâle, ouvrit\nla bouche, laissa tomber sa pipe sur le parquet, et s’affala dans son fauteuil, prêt\nà défaillir. On s’empressa autour de lui, mais déjà ses nerfs avaient repris le\ndessus. S e redressant tout d’une pièce, très digne, il dit sèchement : “ Je vous\nla donne, il le faut bien, mais vous êtes un joli garnement, quoique prince... et\npuis... vous m’avez fait casser ma pipe.\n                                                                                           F r éd éric F r ic h e .\n\n\n\n\n                    BIOGRAPHIE.\n  Nous avons reçu de Mr V. T h éry, le                         6 1/2 heures du s o ir ; voulant c au ser une su rp rise\nfactum suivant, que nous reproduisons                          agréable à mon ami Paul L ebru n , proclam é\n                                                               lau réat du dit concours, je me mis im m édiatem ent\nintègre :\n                                                               à l’œ u vre et j ’enfentais d’une petite pièce de v e rs\n                       Gand, le 16 N ovem bre 1891.            dont je donnais lecture à sa rentrée de B ru x e lle s\n                                                               v e rs 1 1 h eu res du soir.\n              M o n sieu r   le   D ir e c te u r ,               Ce sont donc ces v e rs, com posés au p as de\n                                                               charge, dont votre critique s ’occupe. N éc e ssa ire ­\n   L e s n 0’ 10 et 1 1 des “ E ssa is du C erclé littéraire   ment le tem ps m’avait fait défaut de les produire\nfran çais „ me prennent à partie, et quoique le                d’ une façon tout-à-fait correcte, et je com ptais bien,\ncritique sem ble vouloir m’y m alm ener quelque                en tem ps utile, leu r app liquer la dose de co rrec­\npeu, je m’honore de ce qu'il me fournit l’occasion             tions n écessaire ; j ’eus le m alheur, le lendem ain à\nde donner quelques mots d’explications au sujet                mon bureau de la isser traîner mon brouillon ; un\nd es v e rs qui l’occupent d’une façon si in téressée.         farceur, san s doute dans le but de me jo u e r un\n   L e résultat du concours du p rix de R o m e était          petit tour, n’eut rien de si p re ssé que d’en p rendre\nconnu à Gand, le 12 Sep tem b re dernier, v e rs               copie et de les liv rer, à mon insu, à la publicité.\n"}, {"page_pdf": 241, "texte": "                                                           - 190 -\n\n   V oilà pourquoi, M onsieur, vo tre critique y a                              Les     R e v ues.\ntrouvé des fautes et qu’il a pu m arqu er en lettres\n                                                                        L a Jeune Belgique (Novembre) nous\nitaliques l’hiatus du p rem ier v e rs de m a quatrièm e\nstrophe.                                                            offre, par Albert Giraud, un éreintement\n  D ans vo tre num éro 1 1 , répondant à un article                  en règle de MM. Gustave F ré d e rix et\ndu Vaderland, votre critique, p a r p laisan teriej                  Charles Tardieu, qui, de parti pris, ne\nprétend vouloir me tenir pour un gén ie; je ne me                   font aucune attention aux œ uvres des\nsen tirais d’aise si je ne rep o u ssais les vain es gran ­\n                                                                    jeunes écrivains Belges. L a maison G .\ndeurs de ce m onde. V o tre critique a to rt; je n’ai\n                                                                    F . C. T . & C ’”, que ces Nestors composent\nni talent, ni g é n ie ; le sentim ent seul fait toute ma\nscience ; mon vra i bonheur consiste, dans les cir              ­   à eux deux, offre en réalité ce danger,\nconstances de fêtes, de pouvoir honorer quelque                     que les philistins — ceux qui daignent\nami, s ’il y a lieu, p a r la production d’une poésie où            s'occuper de littérature — acceptent les\nje chante ses qualités, ou bien encore, quand on                    souverains verbes du critique de “ leur\nme sollicite, de prêter, d’un façon désin téressée\n                                                                    journal „ comme paroles d’évangile; et\ntoujours, le concours de mon faible petit talent\n poétique à reh au sser l’éclat de quelque oeuvre                   l’on s ’étonne après cela que pour leurs\n charitable.                                                        épais concitoyens, les jeunes de notre\n   J ’é crivais en 1887 dans un album d’am i :                      pays écrivent en chinois, plagient leurs\n                                                                    voisins du sud, ne produisent, malgré\n  \" J e n’ ai, ma foi, ni talent ni génie,\n                                                                    cela, que des œ uvres lilliputiennes, et\n  Mats suis heureux quand mes faibles accents\n  Touchent le cœur, aux sons de l’harmonie,                         sont d’une crasse ignorance ! En bons\n  Des bienfaiteurs, pour les pauvres passants. ^                    singes de la Jeune Belgique — c’est le\n                                                                    tapir du Vaderland qui nous appelle\n  E t en 1889, dans m a pièce de v e rs lue et dédiée\n                                                                    ainsi — nous ne pouvons qu’applaudir cet\nà la “ S o ciété R o y a le des Chœ urs , :\n                                                                    article de son collaborateur.\n  \" Le croirait-on? Un monde me dénie                                   C e fascicule contient une prose : Frag­\n  D’ être l’ auteur de mes faibles écrits,                          ment de H enry Maubel; des vers de\n  Comme si moi j ’ avais quelque génie,\n                                                                     Valère Gille, Gustave Kahn, Jean Boels -\n  Ou du talent que charment des profits.\n  Gloire et honneur, ces titres qu’ on envie.\n                                                                    et de Paul Lacomblez un extrait du\n  M'ont fa it connaître un jour l’inimitié : (1)                    drame qu' il vient de publier sous le\n  Tout n’ est pas rose en cette triste vie,                         titre: Loth et ses filles.\n  Voilà pourquoi je prêche l’ amitié! „                                 Dans le Memento, on cite des passages\n                                                                    de l’ébouriffant rapport du susnommé\n   V ous voudrez bien m’excu ser, M onsieur le D i­\n                                                                    M. F ré d e rix sur la Princesse Maleine, à\nrecteur, de la longueur d ém esu rée de mon é p itre ;\nje tenais absolum ent à ju stifier l’incorrection de m es\n                                                                    qui le ju r y — après l’avoir vue traîner\nv e r s ; je vo u s sau rais g ré, puisque mon nom a été            dans la boue — a décerné la palme,\ncité et m alm ené, de vouloir in sé re r la p résente               qu’a eu grandement raison de refuser\ndans votre plus prochain numéro.                                    Maurice Maeterlinck. L e s prix de l’académie\n   Veuillez, M onsieur le D irecteur, me croire à vous              — que Max W a lle r appelait une chapelle\n de sym pathie et d’amitié.\n                                                                    d’admiration mutuelle à l’usage des\n                                     V ic t o r   TH ERY.\n                                                                    adorateurs de nombril — et autres du\n  Un document de cet accabit peut aisé­                             même accabit, ont créé plus d’un sot, plus\nment se passer de commentaires. Espérons                            d’un croûte, qui se gobe, se croit un\nque voilà l’incident clos.                                          génie, un être à qui tout est permis,\n                                                                     même de faire de mauvais ve rs — voir\n  (1) Par le fait d'avoir obtenu en 1888 de Sa Majesté le Roi des    l’Andromède de M. Sauvenière par exem­\nBelges, une épingle d'or, ornée de diamants à son chiffre.          ple — depuis qu’il a empoché son diplôme.\n"}, {"page_pdf": 242, "texte": "                                                  - 191 -\nMaurice Maeterlinck n’a pas besoin de la                  11 Hurrah!... Hurrah!... Hurrah !... „ L a cohorte\nsanction — donnée dans quelles conditions,                                                         [sanglante]\ndu reste — de tous ces perruqueux, qui,                   S ’ évanouit cependant que, fou s d’ épouvante,\nse mêlant de juger, de réglem enter l’art, ne             Des chiens décharnés l'echent les plaies des blessés...\n\nfont que l’étoufler dans son développement                E t la lune livide, autour de qui s’ effare\n« et voulant de leurs mains profanes                      Un vol d’ oiseaux de nuit, ricane aux trépassés,\ntresser des couronnes de gloire, n’arrivent               Ainsi qu’ un mascaron tragiquement hilare.\nqu’à dégrader le front des artistes qui\n                                                                                     *\nont la faiblesse de les accepter. »                                                 * *\n\n\n                            *                                Dans l'Erm itage (Novembre) j ’ai lu avec\n                           **                              infiniment de plaisir, un article de Pol\n   Chimère (Novembre)      outre une sym ­\n                                                           Maçon: Un Yoghi dans son répertoire.\npathique lettre de Jules Simon, donne des\n                                                           C es quelques pages sont remplies de\nproses remarquables de A n dré G ill, phi­\n                                                           pensées originales, la plupart gaies, telles:\nlosophique, voire «ch im érique;» d’A lb ert\n                                                             « G loire au tambour ! C ’est toujours\nA rn a y, amoureuse à la fois et funèbre, et\n                                                           avec des résonnements de peau d’âne\nde J. P. N ixos, antithèse des « tribunaux »\n                                                           qu’on persuadera aux peuples d’aller faire\nde Jules Moineaux. — V e rs de G . Tou-\n                                                          trouer la leur. » et\nchard, l’ancien des Jeunes, Jean Court, etc.\n                                                             « Il ne faut pas ju ger de l’arbre par\n   Chim ère est un nom à ajouter sur la liste             l’écorce. L es Auvergnats portent volontiers\ndes bonnes revues de jeunes.                              des vêtements de velours. »\n                                                             D’autres sont plus profondes, et laissent\n                              Jt\n                          *        *                      parfois énormément matière à réflexion\n                                                          au lecteur, par exemple :\n  Dans le Mercure de France, (Novembre),                     « On ne m’ôtera pas de la tête qu’il y\nremarqué : Histoire de « Hans Pfaal »                     a eu interversion dans l'ordre des livres\nd’E d g a r P o ë . — Fo rt bien l’Autopsie de            saints, et que tout ce qui est dit de la\nla vieille fille, prose très m ystique de                 création d’un être raisonnable formé à\nSt-Pol-R oux. — En vers, nous citerons                    l’image de Dieu doit être rangé parmi les\nextrait du Reliquaire, le Bal des Pendus,                 prophéties. »\nstrophes originales d’A rthu r Rimbaud ; et                  En somme bon article, d’un genre\ndes sonnets d’A lbert Samain et Jean                      nouveau, et par cela même de plus d’intérêt\nCourt. L e sonnet de ce dernier est digne                 et de mérite.\nd’être reproduit :                                           Dans ce même numéro, bons vers de\n                                                          Dauphin Meunier, Henri De Gron, G .\n             Extermination.\n                                                          Fourest et Pierre Dufay.\nDe grands cavaliers noirs, sans casque ni rondache,                                 *\n                                                                                   * *\nP a r la nuit rouge minent un galop d'enfer ;\nCourbés sur leurs chevaux, torche au poing, haut            L a France Moderne (5 Novem.) Numéro\n                                       [la haché],        intéressant. Henry Delcourt nous y parle\nIls font gicler le sang des vaincus sous leur fer.\n                                                          de la P a ix du cœur, roman psychologique\n“ Hurrah ! la Ville est p rise! Que flambe la Ville ! „\n                                                          de Jean Blaize, dont un extrait nous est\nE t les arcs triomphaux, les Palais et les Tours          donné à la 30 page. Ensuite, continuation\nEcrasent en croulant la peuplade servile                  du Baron de Mont-Mayor, de L . D. de\nDes vaincus qu'épargna la hache des Vautours.             Savignac, et trois pièces de poésie.\n"}, {"page_pdf": 243, "texte": "                                                  - 192\n  Dans la Revue Belge (1er Novembre),                 3me Exposition du Cercle : WIJ WILLEN.\nlongue tartine de M. Tilman sur l’affaire\nMaeterlinck, et intéressant article, intitulé           La tant bonne et endormie ville de Gand\n« Coups de plume, » de notre concitoyen              vient d’avoir une petite exposition originale\nFirmin Van den Bosch. — En outre la suite            et artistique; ce rarissime événement vaut\nde la Vengeance d’Achille jolie nouvelle             la peine d'être noté.\nde F.-E. Ardrighetti. — déjà cité dans                  Nous avons relevé en cette exposition\ndes numéros, précédents, — et plusieurs              d’excellentes toiles, aquarelles, sculptures\npoésies. —                                           de MM. O. Coppens, Hip. L e Roy, Montald,\n                                                     Van Melle, Horenbant, Willaert, De Wette,\n                         ¥\n                     *       *                       Toeff aert, Mast, etc\n                                                        Rien de saillant dans la séance musicale\n  L a Libre Critique (8 Novembre.) Numéro\n                                                     d’inauguration.\ncalme. Nous citerons: Frederixiana, toujours\n                                                        Quant au catalogue il a droit à des\nà propos du prix décerné à l’auteur de la\n                                                     éloges : il n’est pas du tout quelconque.\nPrincesse Maleine, et un article sur L o th\n                                                       A vec infiniment de plaisir nous y avons\net ses filles, de Paul Lacomblez.\n                                                     lu de bons vers de nos collaborateurs\n                     *\n                         ¥\n                             *\n                                                     Frédéric Friche, Louis et Lucien De Bus ­\n                                                     scher, Carlos du F ay . Nos chaleureuses\n  A u dernier moment, nous apprenons                 félicitations.\nqu’on a commencé l’impression d ’Autom ­\nnales, planquette de vers illustrée de notre              A quand la 4\" exposition?\nami et collaborateur Carlos du F a y .\n                                  Louis   D. B.                                         j . D.\n\n\n\n\n                                 FIN DE LA PREMIÈRE ANNÉE.\n"}, {"page_pdf": 244, "texte": "            ESS AI S\n                          P U B L IÉ S P A R L E\n\n\n\n\n« L E LITTÉRAIRE FRANÇAIS\n                REVUE MENSUELLE.\n\n\n\n           PREMIERE ANNEE.\n\n\n\n\n                   BUREAUX       DU J O U R N A L :\n\n\n GAND, 71, R U E DE F L A N D R E , 31, GAND.\n\n\n\n\n                             GAND,\n    Imprimerie mécanique de LÉON DE BUSSCHER, rue Savaen, 32.\n"}, {"page_pdf": 245, "texte": "                E R R A T A .\n\n\n\nPage     8 lig n e     23 au lieu de      emmène          lisez   emmènera.\n »      21      »          1        »    s’interrompit       » s’interrompait.\n »      45      »      24           »    paru !              » para,\n »      47      »        5          »    câline              » calme.\n »      48      »        9          »    fa is a it          » fa isa is.\n »      54      »      11           »    laissée             » laissé.\n »      58      »      37           »    huîtres             » truites.\n »      59      »        9          »    chaires             » chairs.\n »      68      »      20           »    parce qu’il         » il.\n »      93      »      15           »    table               » sable.\n »      95      »        3          »    l ’a ir             » Fan.\n »      95      »        4          »    sourire             » souvenir\n »     124     »       13           »    ris                 » rit.\n »     130     »      16            »    hyperboréennes   du » hyperboréennes, du.\n »     130      »      21           »    Jatougaye           » Fatougaye.\n »     134      »      22           »    son                 » sur.\n »     167      »        7          »    infligé             » affligé.\n »     1 74     »        5          »    révérente           » révérend.\n »     174      »      15           »    apporté             » apposté.\n »     175      »        2          »    que                »d\n                                                             t\n                                                             n\n                                                             o\n\n »     179      »      14           »    était               » s'était.\n »     189     »                    »    Biographie          » Bibliographie.\n »     190    4 2 (1e c o lo n n e ) »   accabit              » acabit.\n\n »     192    1 7 (1e co lon n e)   »    planquette           » plaquette.\n"}, {"page_pdf": 246, "texte": "                         TABLEDESMATIERES.\n\n                                                                                               E.\nA u x lecteurs.                                             1    E n cen s de m arché, R odrigu e S érasq u ier.                 18 1\nA m our chiffonnier, (L’), Paul M.                     91        E scarp o lette (L '), A . W esterm ann.                         52\nA m oureuse, (L),           J . D . G.                 92\n                                                                                               F .\nA n ge qui m eurt, P au l M.                           66\nA p r è s une prom enade en forêt,                               F a b le sans m orale, L . Lucy-M ar.                             3\n\n    A . W esterm ann.                                 84        Fem m e (La), A . W esterm ann.                                  162\n                                                                F ille d e l’illu stre T ie fd e n k e n (L a), F . F ric h e 17o-185\n                            B .                                 F o sso y e u r Nocturne. L o u is D e B.                       163\n\nB a ise rs de juin, F réd é ric F rich e.            116        Fragm en ts d’un journal de pensionnaire,\n\nB al chez les o iseau x (Un) L o u is D e B .         74             P . H ancart.                                              10 3\n\nB eauté qui tue, Pau l M.                             66                                      H .\nBibliographies.            80-96-111-127-143-159-174-189\n                                                                H eu res vécu es, L . Lucy-M ar.                                168\n                            C                                   H ollandais chez lui, (Le) P ie rre H ancart.                    38\n                                                                H om ard (Le), V . L é z a r.                                    57\nCarillon, F réd éric F rich e.                        95\nChien de Pau l M arcellin (Le) F réd é ric\n    Friche.                                        1 7-43       Idylle R o u ge, L ou is Véhenne.                         33-53-70\nCigarette, (La) F réd éric Friche.                     8        Incarnation, L . Lucy-M ar.                                      22\nConte de Noël, L o u is V éhenne.                    177\n                                                                                              L.\nC roquis, L éo n Lucy-M ar.                           88\n                                                                L am b eau détaché d’une vie d’artiste, J. D. G. 140\n                           D     .\n                                                                L e ttre à P ie rre Loti. A . W esterm an n.                    100\nD ans le N ord, L ou is Véhenne.                    145         L e ttre Perdue- J       D. G.                                   49\nD ésesp o ir G eorges D ussillon.                     14        L iv r e de la Pitié et de la Mort, (Le) P . H ancart. 129\n"}, {"page_pdf": 247, "texte": "                                M.                      R o n d els, Je a n Novis.                            94\n                                                        R o n de S p e ctra le , L ou is Véhenne-             68\n M adrigal, Paul M.                              37\n                                                        R o se M ousseuse (La) L ou is De B u ssch er.        18\n Mauricette, L o u is V éh enn e.              97\n                                                        R u ban M auve, (Le) R . L e q u a te r.             113\n Menus Souven irs, L . Lucy-M ar.              65\n M er (La), L o u is V éhenne.                      6\n                                                                                       S.\n M ère (Une), A . W esterm an n .                77      Salon littéraire au X IX * siècle, [Un)\n\n M essidor. A      W esterm an n .             139           J . D esgen êts.                                 166\n\n M onsieur C h averd ier, Je a n N ovis        24        Seren ata, L o u is V éhenne.                        138\n\n Mort d’A nges, L. Lucy-M ar.                   61       S i j ’a v a is des ailes, G eorges A rv e n sis.          4\n\n Mortuis, Lou is V éhenne.                     16 1      Silhouettes soldatesques, L ou is De B .              81\n                                                        Son ge (Un), V. L e za r.                              31\n                                N .                     Sonnet, L Lucy-M ar.                                  185\n Ne p as savoir, P au l M.                      60      Sonnets, C arlo s du F a y .                           73\n Nuit Claire, Je a n N ovis.                   102      Sonnets, C arlo s du F a y .                          128\n                                P.                      Sonnets, C h arles T u ytten s.                        12\n                                                        Sonnets, R odrigu e S érasq u ie r.                  109\nP an oram as d’en haut, L . Lucy-M ar.         183\n                                                        Sonnets, Rodrigue Sérasq u ier.                       143\nP arisian a, L     L ucy-M ar                  89\n                                                        Souvenance, P ie rre H an cart.                      125\nP astel, C arlos du F a y .                     41\n                                                        Sp leen d’am our, Pau l M.                             64\nPetit poèm e fin de siècle. F . F rich e.      67\n                                                        S u re a u x (L es), F . F rich e                    114\nPochade, R odrigu e S érasq u ie r.            165\n                                                        S u r l’eau, R . S érasq u ie r.                     15 1\nPortrait, P au l M .                           37\nP o rtraits, Je a n N ovis.                    153\n                                                                                      T.\nP o u r uA baiser, C arlo s du F a y .         56       T ab leau T riste , Jo se p h D e G eyn st.             9\n\n                              R\n                                                        T ra v e rs é e , J . D. G.                          1 13\n                                                        T rio lets Printaniers, Je a n Novis.                 69\nRem em brance, R o drigu e S é ra sq u ie r.   21                                     V.\nR ê v e , R o drigue S érasq u ie r.           48       Valse des va lse (La), Lou is De B .                 135\nR ê v e d’id ylle, R . S é ra sq u ie r.       13 4     V ie et jour, G eorges A rv e n sis.                  29\nR ê ve rie , M axim e San gh i.                26       V o ix envolées, L . Lucy-M ar.                      175\n"}, {"page_pdf": 248, "texte": ""}, {"page_pdf": 249, "texte": ""}, {"page_pdf": 250, "texte": ""}, {"page_pdf": 251, "texte": ""}, {"page_pdf": 252, "texte": ""}, {"page_pdf": 253, "texte": ""}, {"page_pdf": 254, "texte": "                  Règles d’utilisation de copies numériques d‘œuvres littéraires\n                  mises à disposition par les Archives & Bibliothèques de l’ULB\n\nL’usage des copies numériques d’œuvres littéraires, ci-après dénommées « copies numériques », mises à\ndisposition par les Archives & Bibliothèques de l’Université libre de Bruxelles, ci-après A&B, implique un\ncertain nombre de règles de bonne conduite, précisées ici. Celles-ci sont reproduites sur la dernière page\nde chaque copie numérique mise en ligne par les A&B. Elles s’articulent selon les trois axes : protection,\nutilisation et reproduction.\n\n\n\nProtection\n\n1. Droits d’auteur\nLa première page de chaque copie numérique indique les droits d’auteur d’application sur l’œuvre\nlittéraire.\n\n\n2. Responsabilité\nMalgré les efforts consentis pour garantir les meilleures qualité et accessibilité des copies numériques,\ncertaines défectuosités peuvent y subsister – telles, mais non limitées à, des incomplétudes, des erreurs\ndans les fichiers, un défaut empêchant l’accès au document, etc. -. Les A&B déclinent toute\nresponsabilité concernant les dommages, coûts et dépenses, y compris des honoraires légaux, entraînés\npar l’accès et/ou l’utilisation des copies numériques. De plus, les A&B ne pourront être mises en cause\ndans l’exploitation subséquente des copies numériques ; et la dénomination des ‘Archives &\nBibliothèques de l’ULB’ et de l’ULB, ne pourra être ni utilisée, ni ternie, au prétexte d’utiliser des copies\nnumériques mises à disposition par eux.\n\n\n3. Localisation\nChaque copie numérique dispose d'un URL (uniform resource locator) stable de la forme\n<http://digistore.bib.ulb.ac.be/annee/nom_du_fichier.pdf> qui permet d'accéder au document ;\nl’adresse physique ou logique des fichiers étant elle sujette à modifications sans préavis. Les A&B\nencouragent les utilisateurs à utiliser cet URL lorsqu’ils souhaitent faire référence à une copie numérique.\n\n\n\n\nUtilisation\n\n4. Gratuité\nLes A&B mettent gratuitement à la disposition du public les copies numériques d’œuvres\nlittéraires numérisées par elles : aucune rémunération ne peut être réclamée par des tiers ni pour leur\nconsultation, ni au prétexte du droit d’auteur.\n\n\n5. Buts poursuivis\nLes copies numériques peuvent être utilisées à des fins de recherche, d’enseignement ou à usage privé.\nQuiconque souhaitant utiliser les copies numériques à d’autres fins et/ou les distribuer contre\nrémunération est tenu d’en demander l’autorisation aux Archives & Bibliothèques de l’ULB, en joignant à\nsa requête, l’auteur, le titre, et l’éditeur du (ou des) document(s) concerné(s).\nDemande à adresser au Directeur de la Bibliothèque électronique et Collections Spéciales, Archives &\nBibliothèques CP 180, Université Libre de Bruxelles, Avenue Franklin Roosevelt 50, B-1050 Bruxelles.\nCourriel : bibdir@ulb.ac.be.\n\n\n\n\n                                                                                                           1\n"}, {"page_pdf": 255, "texte": "6. Citation\nPour toutes les utilisations autorisées, l’usager s’engage à citer dans son travail, les documents utilisés,\npar la mention « Université Libre de Bruxelles – Archives & Bibliothèques » accompagnée des précisions\nindispensables à l’identification des documents (auteur, titre, date et lieu d’édition).\n\n\n7. Liens profonds\nLes liens profonds, donnant directement accès à une copie numérique particulière, sont autorisés si les\nconditions suivantes sont respectées :\na) les sites pointant vers ces documents doivent clairement informer leurs utilisateurs qu’ils y ont accès\nvia le site web des Archives & Bibliothèques de l’ULB ;\nb) l’utilisateur, cliquant un de ces liens profonds, devra voir le document s’ouvrir dans une nouvelle\nfenêtre ; cette action pourra être accompagnée de l’avertissement ‘Vous accédez à un document du site\nweb des Archives & Bibliothèques de l’ULB’.\n\n\n\nReproduction\n\n8. Sous format électronique\nPour toutes les utilisations autorisées mentionnées dans ce règlement le téléchargement, la copie et le\nstockage des copies numériques sont permis ; à l’exception du dépôt dans une autre base de données,\nqui est interdit.\n\n\n9. Sur support papier\nPour toutes les utilisations autorisées mentionnées dans ce règlement les fac-similés exacts, les\nimpressions et les photocopies, ainsi que le copié/collé (lorsque le document est au format texte) sont\npermis.\n\n\n10. Références\nQuel que soit le support de reproduction, la suppression des références à l’ULB et aux Archives &\nBibliothèques de l’ULB dans les copies numériques est interdite.\n\n\n\n\n                                                                                                          2\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 12, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1891-12", "signet_source": "Première année - N°12 - Décembre 1891", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 226 (« Première Année. N° 12. DECEMBRE 1891 »). PDF 244 à 247 : page de titre, errata et table du volume reliés en fin de numéro (leur folio extrapolé est faux) ; PDF 248 à 250 pages blanches, 251 à 253 gardes de reliure, 254 et 255 notice de l'ULB, hors revue.", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}