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P roses M orbides.\nA lb e r t A rn a y .        .     . A v r il.\nF ré d é ric F ric h e      .     . Sonnet.\nC h a rle s S lu y ts         .    . P ierro t au p a y s du T h sin .\nC a rlo s d u F a y .         .   . Rêve de Soir.\nC h a rle s F ra p p a r t          . Consolation.\nJo s e p h D e s g e n ê ts .       . Proses.\nJ e a n N o v is . . . .             Désolances.\nG e o rg e s M a h lo w .           . Vers.\nG e o rg e s T o u c h a rd         . F rêles F leurs.\nT r is ta n K lin g s o r.          . Chansons de Viole.\n                                                    C HR ON IQ UE L I T T É R A I R E .\nL ouis V é h e n n e .  ,           . G . R o d e n b a c h : B ruges-la-M orte.\nJo sep h D esg en ê ts .            . G . L e m o n n i e r : L a fin des Bourgeois.\nR o d rig u e S é r a s q u ie r     J . S a u v e n i è r e : H ild -h yllia .\nF ré d é r ic F ric h e . .          C . B l é e : Chansons p o u r M im e.\nR o d rig u e S é r a s q u ie r     L . D o n n a y : Sérénité.\n                                            Tablettes\n\n\nAbonnement : Belgique, un an 5 francs. (Pour l’étranger, le port en sus),\n                                   Le numéro : 5 0 cent im es.\n\n       Rédaction : Rue de Flandre, 71, GAND.\n                                    TOUS DROITS RESER V ES.\n\n\n\n                   G and, imp. à vapeur F . 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Deffernez, Ch. D elchevalerie, E ugène Demolder, Joseph\nD esgenêts, Maurice Desombiaux, P ierre D evolny, Carlos du Pay, Georges E ek ­\nhoud, Charles Frappart, Frédéric F rich e, Paul Gérardy, Valère G ille, Arnold\nGoffin, Pierre Hancart, José Hennebicq, Gustave Kahn, T ristan K lingsor, Hubert\nKrains, Alfred Lavachery, Camille Lemonnier, Grégoire Le Boy, Léon Lucy-\nMar, Paul M., Maurice Maeterlinck, Georges Marlow, Géo Manvère, F rancis\nN autet, Jean N ovis, Paul Hedonnel, Georges Eodenbach, Fernand B ou ssel,\nRodrigue Sérasquier, Fernand Séverin, Charles S ln yts, Hubert S tiernet,\nGeorges Touchard, L ouis Véhenne, A u g u ste V ierset, Adolphe W estermann, etc.\n\n\n\n\n     L e Réveil ne publie que de l'inédit.\n\n     Les m anuscrits ne sont pas rendus.\n\n     Les collaborateurs sont responsables de leurs articles.\n\n    Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exem plaire\nparviendra à la rédaction.\n\n     Les journaux ou revues qui désireraient faire l’échange sont\npriés de s’adresser à la rédaction.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-004", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 193, "page_fin": 195, "titre_corps": "Proses morbides : L’Agneau", "titre_sommaire": "Proses morbides", "rubrique": "", "signature_source": "José Hennebicq", "ancre_debut": "Proses Morbides L ’Agneau", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 232, "page_imprimee": 193, "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1421, "texte": "Proses Morbides\n                            L ’Agneau\n                                            A M onsieur R a y m o n d N y s t\n\n\n          xEilé en province — pour une quinzaine — je me suis\n            réfugié dans une cham bre écartée, pour être seul.\n               Elle est basse, de forme carrée, à peine meublée — in­\noccupée qu’elle est ordinairem ent. Elle est triste : son vieux papier\nanémié par le tem ps et mordu par le soleil a des nostalgies de\nfeuilles m ortes. D’anciennes gravures encadrées d ’acajou y plaquent\nleur rectangulaire naïveté. E n fait d ’êtres hum ains je ne vois que\nces figures gravées il y a quelques cinquante ans.\n   Sur la cheminée une pendule m uette. Est-ce le m atin, est-ce le\nsoir? Je ne sais et je ne cherche pas à le savoir.\n   P a r la fenêtre on aperçoit un lam beau de ciel, ennuagé de\ntristesse, éventré p ar les toits pointus et rouges des maisons\nprovinciales.\n   Dans la rue — to u t en bas — des enfants chantent une ronde\npuérile et un agneau bêle chez le boucher voisin.\n   Il bêle ! Il bêle! P auvre bête vouée au couteau du victim aire! Je\nte devine blanche et naïve comme l’Agneau Pascal que tu me rap ­\npelés en cette semaine de Pâques.\n   Le Seigneur avait dit :\n\n   « E t vous le m angerez ainsi : Avec vos reins ceints, vos souliers\nà vos pieds, et votre bâton en votre main et vous le m angerez à\nla hâte : C’est la Pâque de l’E ternel.\n"}, {"page_pdf": 233, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2149, "texte": "194                            L E R ÉVEIL\n\n\n\n\n    » Car je passerai cette nuit là par le pays d’Egypte et je irapperai\nto u t prem ier-né au pays d’Egypte depuis les hommes ju sq u ’aux\nbêtes; et j ’exercerai des jugem ents sur tous les dieux de l ’Egypte.\nJe suis l ’E ternel.\n    » E t le sang sera pour signe sur les maisons où vous serez ; car\nje verrai le sang et je passerai pas dessus vous et il n ’y aura point\nde plaie parm i vous pour détruire, lorsque je frapperai le pays\nd ’Egypte. »\n\n    Oui, tu dois être pur et frêle comme cet Agneau sacré. Mais s’il\nétait immolé pour sanctifier le Seigneur et écarter les malédictions,\ntoi tu es destiné au festin du m auvais riche !\n    Tu bêles pauvre Agneau, ignorant du so rt qui t ’attend. Je te\nvois, allant p ar gambades à l ’abattoir — trop jeune encore pour\nflairer l ’odeur âcre du sang.\n    Je te vois saisi par ra b a tte u r brutal. Je vois ton sang vierge\nja illir en flots roses de ta gorge béante et ton albe toison maculée\nde rouge.\n    Je vois tes pattes grêles se débattre en d’agonisantes convulsions\ne t se clore tes yeux doux.\n\n   Innocente victim e! Il est des heures où j ’envie ton destin et oû\nil me semble que j ’irais insoucieux — comme toi — au devant de\ncoutelas.\n   P o u rtan t l ’on dit que la jeunesse c’est le rire et l ’espoir!\n   Il est de jours où j ’appelle cet exil qui enliserait mon cerveau\nd’inertie, où je désire cette vie m atérielle et compassée de petite\nville : toute cérébralité devant som brer dans le tout les jours\nuniforme et mesquin. Où j ’aspire à cette am putation de ma pensée\npour tom ber dans le m achinal et laborieux travail d’un m étier.\n   E t j ’espère alors que ce suicide intellectuel serait précédé d e la\nm ort physique — Cette seule vérité.\n\n   Ici les gens ne pensent pas : ils calculent le gain q u ’ils feront.\nHier est aujourd’hui, demain sera aujourd’hui pour eux. Ils croient\nen Dieu p ar peur des châtim ents futurs qu’on leur prédit ou par\négoisme, dans l ’attente des récompenses qu'on leur prom et, ou par\nin térêt afin de ne pas voir se ta rir une source de profits.\n   L ’a rt ne rap p ortant rien est ignoré d’eux.\n"}, {"page_pdf": 234, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2122, "texte": "                                Le r é v e il                                195\n\n\n\n    Sont-ce eux qui on t raison ou nous autres qui œuvrons hantés\npar un idéal, m ordus au front p ar une chim ère. Ont-ils to rt de dire\nque l ’A rt et l ’Amour n ’existent pas, eux qui sont pris dans l ’engre­\nnage d ’un quotidien labeur, aiguillonnés par l’âpre désir du lucre,\navec, pour issue, une vieillesse bien rentée?\n    Ont-ils to rt et avons-nous raison nous qui répudions toutes\nrichesses horm is celles du cœur et du cerveau ?\n    Je me le demande.\n    P arfois des doutes e n tre n t dans le cerveau — ainsi que des rais\nde lum ière louche.\n    Il est cependant des instants où j ’envie ces gens et où — poussé\np ar d’im périeux et déconcertants mobiles — je songe à m ’ouvrir le\ntombeau de cette vie provinciale.\n    Cette rue étroite pavée de spleen, cet agneau qui bêle son glas\na ttire n t mon Ame vers cette ville d ’exil — Il me semble que je\nvivrais toujours en cette cham bre imprégnée de chlorose sans y\nchanger rien. J ’y vivrais ignorant de l’heure, oublieux du tem ps,\ndans une demi-inconscience de mon être — sans rêve, sans souve­\nn ir, sans espoir — dans une ambiance d’anim alité. Je ne penserais\nplus, je ne voudrais plus — im puissant que je serais de toute pensée\nou de to u t vouloir.\n    Ce serait là le suicide puisque l’autre est impossible.\n    D’au tres fois je songe à un m ortifiant et rigide ascétisme. Je rêve\nde p rier ! De p rier le jo u r, de p rier la nuit, dans une cellule tombale\nde cloître, ceint du cilice hum iliant du pénitent. E t de p rier non\npour un être aimé, non pour les hom m es, non pour Dieu et le salut\nde l’Ame, non pas même pour moi — mais pour oublier. Je me je tte ­\nrais par la prière dans l’oubli plutôt que dans la Foi et je dem anderai\nl’oubli du m onde, l’oubli de m oi-même, de mon essence et de mon\ndestin__\n\n  Le soir est descendu. Dans la rue les enfants ont cessé leurs\nchants.\n  Seul, dans la nuit l’Agneau grêle bêle, l ’agneau frêle bêle. Il\nbêle son g la s....\n                                                  J osé H e n n e b ic q .\n    (F ragm en t)\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-005", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 196, "page_fin": 198, "titre_corps": "Avril", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Arnay", "ancre_debut": "Avril De mauve atténué et d ’or", "ancre_fin": "A lbert A r n a y .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Sonnet.", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 235, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 76, "fin_caractere_exclue": 1402, "texte": "Avril\n\n      De mauve atténué et d ’or\n      ou de roseurs ainsi que joues de femm es\n      les premières fleurs rendent à toute âme\n      son originelle flamme;\n      et les nymphes de l ’air trillent penchées au bord\n      des rivulets si lents passant de la campagne\n      mille promesses d’épithalames\n      qu'un souffle meilleur de brise accompagne.\n\n      L a Terre éperdue encore au sortir du long,\n      dit permanent sommeil où l’induisit décembre,\n      la Terre aspire le vin d'ambre\n       que le jeune soleil prodigue en ses rayons :\n       et voici qu’en débâcles s’enfuient\n       sous la poussée virile des sèves hardies\n       les hiémals cortèges du malheur.\n\n      E l dans les jardins lès petites sœurs\n      tournent tournent la ronde,\n       rieuses des toilettes déjà plus claires;\n      les jeunes malades, les jeunes mères —\n      en relevailles sous leurs torsades blondes,\n      viennent sourire aussi au chevalier Printemps\n      qui passe aux chers chemins ourlés de safrans.\n\n      C ’est l ’avril! c’est l’avril, chantent les sœurs graciles,\n      le mois neuf babillant au réveil des charmilles\n      à ’angéliques vieilles chansons;\n      c’est l'a vril! c’est le mois où craquent les bourgeons,\n      où les amandiers sont tout de rose en fleurs\n      où les magnolias se parent de pâleurs.\n"}, {"page_pdf": 236, "page_imprimee": 197, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1262, "texte": "                    L E RÉVEIL                          197\n\n\n Une mitre voix susurre : c'est l ’époque où la Terre\nreniant ses guenilles et ses suaires\nrestitue au vertige d'être les ferments\ndont nous affligeait l'assoupissement...\nc'est l'époque enchantée et d'ivresse où la Terre\nressucite les voix aux forêts de mystère\noù l'on sent qu'elle seule reste sous le ciel\ncomme le ciel essentiel.\n\nE t le rivulet dit : c'est l'époque où tout est pur\nsous l'azur,\noù la joie d'éclore couronne\nle séculaire fa îte des murs branlants,\nc'est l'aime saison où tout ambitionne\ndes destins latents.\n\nMais aux vallons encor d'effroi\nde moi même fuse une voix :\n\n ce serait doux pourtant demain d'aller à deux\npar les routes que le mois de Marie\nfera pour les yeux du gueux plus jolies —\nah! ce serait si près des vœux\nprisonniers depuis des années\ndans tes chambres fermées...\nla priée cueillerait pour toi des fleurs sauvages\net tu verrais son fin corsage\nsuivre sa lèvre épanouie, ri ton baiser.\n\n Tu saurais le bonheur — mais il fa u d ra it oser,\noser vivre vraiment avec la vie qui vient,\noser quitter tes livres et l'orgueil ancien\nqui ne te sera rien qu'un leurre...\nil fa u d ra it oser rire et rire mais tu pleures,\net tu ne veux pas t'écouter, mon pauvre cœur.\n"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 198, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 449, "texte": "19 8                       L E R É V E IL\n\n\n\n\n       E t dans les jardins les petites sœurs\n       tournent en vain pour toi, heureuses des lilas\n       que leur main demain coupera, —\n       elles chantent en vain, les virginales sœurs,\n       le soleil instaurant des avenirs meilleurs...\n       en vain! si tout en joie quand tu pleures tout bas.\n\n                                               A lbert A r n a y .\n\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-006", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 198, "page_fin": 198, "titre_corps": "Sonnet", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Frédéric Friche", "ancre_debut": "Sonnet. A J oseph D b sg en ê t s", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 237, "page_imprimee": 198, "debut_caractere": 449, "fin_caractere_exclue": 1272, "texte": "Sonnet.\n                                                     A J oseph D b sg en ê t s.\n\n\n\n\n             Quand tu souffriras de la Femme\n             N e gém is p as — tu serais vil;\n             Garde-toi d ’un regret servit.\n             — M a is, l’insulter serait infâm e.\n\n             Ferme ton cœur, et lis des vers\n             D ’un impassible et p u r artiste :\n             B u B audelaire fataliste\n             — E t non p a s le sonnet d ’A rvers.\n\n              Songe qu’E lle est irresponsable :\n              Ce que tu traces dans le sable\n              E n peu d ’in sta n ts est effacé!\n\n              F u is-L a , sois heureux p a r le L ivre\n              V ersant à ton espoir lassé\n              L e magique mot qui délivre.\n\n\n                                             F r é d é r ic F r ic h e .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-007", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 199, "page_fin": 199, "titre_corps": "Pierrot au pays du Thsin", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Sluyts", "ancre_debut": "Pierrot au pays du T hsin Pour le fumoir", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 238, "page_imprimee": 199, "debut_caractere": 80, "fin_caractere_exclue": 928, "texte": "Pierrot au pays du T hsin\n\n                                Pour le fumoir de mon ami\n                                                  I w an L e G rand.\n\n\n\n\nOn lu i d it un so ir       —j o l i so ir —\n« (Bierrot, blanc (Pierrot de m on â m e ! »\nE t depu is il va , san s vou loir,\nrech erch an t cette unique fe m m e .\n\nE t depu is il a vu, p a re ils\na u x re g a rd s des belles pieuses,\ndes p rés in ondés de soleils,\nom brés de géhennes d'yeuses;\n\ndes p a y s a u x bouffan ts décors\nq u i m a r ia ie n t en leu rs caprices\nles obliquités des f a u x ors\net les p ied s-d e -n e z des fa c tic e s ,...\n\ns i bien, si bien\nque le v o ilà sous les ra m e a u x ,\nse soû lan t d ’une fe m m e fo lle ,\nen v o y a n t sous ses o rip ea u x\nu n (Pierrot blanc qu i se b a rio le !\n\n                                        C harles      Sluyts.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-008", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 200, "page_fin": 201, "titre_corps": "Rêve de soir", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Carlos du Fay", "ancre_debut": "Rêve de Soir Le lac êpand de soir", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 239, "page_imprimee": 200, "debut_caractere": 60, "fin_caractere_exclue": 1303, "texte": "Rêve de Soir\n\n\n      Le lac êpand de soir, au calme de la plaine,\n      U11 long baiser d'ennui et de frêle pâleur\n      E n le silence lourd et dont mon âme est pleine,\n      Le lac tout bleu d ’azur et de mon âme sœur.\n\n\n      Le lac épand au loin en douceurs vaporeuses\n      L ’écho voluptueux alangui de frissons\n      P ar la nuit embaumée de langueurs vaporeuses;\n      A u vent le lac me berce un rêve d ’illusions.\n\n\n      Le lac êpand sur lui, en lueurs idéales,\n      Les étoiles d’amour s’aimant en le ciel bleu;\n      E t mon âme y revit les lèvres florêales\n      Des étoiles d ’ici sombrées en le lac bleu.\n\n\n      Le lac épand sur moi en souvenances vaines\n      Le reflux des baisers de mon tout pâle cœur;\n      Le lac épand sur moi le calme de la plaine\n      Le lac tout bleu d ’azur et de mon âme sœur.\n\n\n      De calme hélas! le lac à mes pensers moroses\n      Reflète en ces azurs les jours inoubliés\n      E t je revis d’amour tel qu’en un songe rose\n      Les cygnes blancs des autrefois de volupté.\n\n\n      E t passent en essor les blanches vierges lentes;\n      Passent comme un baiser d ’effleurement lointain\n      E t nait un long sourire à leur bouche silente\n      Avec ces pleurs qui fo n t la rosée du matin.\n"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 201, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1235, "texte": "                    L E R É V E IL                            201\n\n\n\n\nE n le repos de soir qui plane par la plaine\nLe calme de la nuit s'épand sur mon désir\nE t le lac qui sommeille au chant des cloches vaines\nAnnonce un geste grand de Celle d ’Avenir.\n\n\nMe berçant en la nuit de pâleurs ténébreuses\nMon âme vers l'appel de lointains abandons\nA surgi — tout de soir — en l ’Amante pleureuse\nAvec des regrets et des larmes de Pardon.\n\n\nE t mon cœur ébloui de tant de rêve en elle\nVers ce calme troublant de sa mysticité,\nTabernacle — mon cœur! — de sa beauté si frêle,\nS'est voulu longuement tout d ’amour immolé.\n\n\nE n l’extase si douce et vers son front de reine\nCe f u t un long oubli de lèvres par la nuit,\nCe f u t un long baiser, ah! chimère lointaine\nE t mon rêve et mon cœur en demeurent meurtris.\n\n\nCaressante et furtive en le lac de lumière\nL a plainte fu t un rêve de douce volupté\nMais nos cœurs se sont joints comme des mains en prière\nE t nos yeux las d ’amour en la nuit ont pleuré!\n\n\nPour faner notre songe fa it de défaillances\nL a dolence du lac neigeux de nénuphars\nS ’effeuilla lentement en nos mains de silence\nE t la nuit s’embauma de nos rêves épars.\n\n\n                                     C arlos     du   F ay.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-009", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 202, "page_fin": 202, "titre_corps": "Consolation", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Frappart", "ancre_debut": "Consolation L ’amer regret", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 241, "page_imprimee": 202, "debut_caractere": 70, "fin_caractere_exclue": 1488, "texte": "Consolation\n\n      L ’amer regret d'a n ia n se fane sur vos lèvres.\n      Quels mots pourraient encore enchanter votre deuil?\n      Votre cœur virginal expire su r vos lèvres,\n      E t vous Valiez draper en u n morne linceul.\n\n      Vers quel bois autom naux processionnent les vœ ux\n      S i las d ’agoniser et tristes ju sq u 'a u x pleurs,\n      L e s vœ ux timides, nés de vos premiers aveux\n      A u x jo u rs d ’autrefois morts en des tombes de fleurs.\n\n      C 'était un beau soleil en rire sur les mousses.\n      L e printem ps essaim ait des roses et des lys.\n      O qu’en vos m ains d'en fa n t les roses étaient douces,\n      E t doux aussi les lys pour vos yeux affaiblis!\n\n      H é la s! L e temps est loin : m ais mon cœur ingénu\n      V eut ceindre votre fro n t d’un jo yeu x diadème;\n      J e suis encor pour vous un am ant inconnu,\n      E t que vous aimerez bientôt comme il vous aime.\n\n      P a r les chemins de soir où dorment les silences,\n      N o u s irons à pas lents, tels de jeunes enfants,\n      V oir les cygnes réver leurs blanches indolences,\n      S u r le m iroir glacé des pallides étangs.\n\n      N o s rêves vogueront au loin, à pleines voiles :\n      L à -b a s sont les p a ys des bonheurs éternels.\n      Sous vos pas défaillants écloront des étoiles\n      E t nos âmes suivront ces rêves fraternels.\n\n                                           Charles        F rappart.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-010", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 203, "page_fin": 203, "titre_corps": "Proses : Réveil d’âmes", "titre_sommaire": "Proses", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Proses Réveil d’Ames", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 242, "page_imprimee": 203, "debut_caractere": 112, "fin_caractere_exclue": 1875, "texte": "Proses\n                            Réveil d’Ames\n\n           U\n           n e aurore triom phale échancra la brum e et le béguinage fut\n            arrach é à son calme chim érique. Le soleil éclata et tomba\n            en une pluie d ’ors pâles. Ce fut en les hautes branches un\ninsolent réveil d’oiseaux dont les notes éperdues s’essaim èrent dans\nles grands châtaigniers. Les toitures ardoisées et le campanile de\nl ’église p riren t des reflets d ’acier : 0n au rait dit les cuirasses d’une\narm ée de preux s’en allant, sous la débonnaire égide de leur\nprince, vers quelque lointaine terre promise. Les petites maisons\ns’éblouirent à la claire lum ière de ce m atin prestigieux et l ’air\ns’alourdissait des victorieuses floraisons s’épandant des jardinets.\nLe vert des volets encore clos sur le m ystère de ces habitations de\nrenoncem ents e t de vœ ux, s’apaisa...\n    De craintifs battem ents de volets se perçurent et des recluses\nse profilèrent en l’encadrem ent des fenêtres ouvertes. En elles\nsurg it un ravissem ent ignoré, un frisson de délicieuse résurrection\nles caressa et leurs âmes s ’ensoleillèrent d’un rayon d’immense\nespérance. Des sensations jusqu’alors inéprouvées les abîm èrent en\nune extase qu’elles ne ten tèren t pas de rom pre; la fallacieuse\ndésespérance du béguinage leur avait fait croire à la m ort de leurs\ncœurs et elles eu ren t peur de l’ineffable réveil de leurs tendresses\nendormies. Ce fut une volupté étrange, la sensation d ’un effleure­\nm ent de lèvres, d’une chute impérieuse, très lente, très douce, dans\nune vallée magique de bonheur éternel, puis un envol glorieux et\nlibérateur de leurs âmes vierges, délivrées des m ysticités vaines,\ndes félicités illusoires, vers les joies incom parables et réelles de\nl’Am our.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-011", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 204, "page_fin": 204, "titre_corps": "Proses : Rêve de singes", "titre_sommaire": "Proses", "rubrique": "", "signature_source": "Joseph Desgenêts", "ancre_debut": "Rêve de Singes", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 243, "page_imprimee": 204, "debut_caractere": 72, "fin_caractere_exclue": 1620, "texte": "Rêve de Singes.\n\n          ’Cest en quelque jard in zoologique une cage spacieuse, au\n            grand a ir; au milieu une vasque d’où s’élance un je t d’eau\n            irisé au soleil; les branches noires d’un arbre zigzaguent\nsur le bleu du ciel; des cordes, des balançoires oscillent, accrochées\nsym étriquem ent aux barreaux supérieurs. Deux singes alertes et\ndeux guenons m aigrichonnes, l ’ironie aux lèvres plissées d ’une\nfaçon insolite, campés en des poses caricaturales, regardent, de\nleurs petits yeux griffés de m alignité, les bourgeois bariolés,\nextasiés devant leur cage. Le quatuor sourit à cette cocasse térato­\nlogie : femmes plantureuses, charnues, aux traits vulgaires ; hommes\nim pudem m ent boursouflés de stupidité, la face vineuse, assom m ant\nla galerie de réflexions saugrenues d’une radieuse vacuité; gommeux\nd’une sécheresse de cotret et d’une incurable bêtise ; jeunes filles\ndégingandées, enserrées en des toilettes tapageuses et très équivoques,\ntrav aillan t leurs m oindres gestes, le teint frelaté e t peinturluré;\nenfants piaillant leur adm iration avec une ténacité crisp an te....\nSuperbem ent indifférents à cette badauderie bourgeoise, les singes\ntournent le dos à la foule qui fo rt béatem ent continue à les consi­\nd érer, s’étalent sur le macadam de leur cage, puis sont envahis par\nun sommeil délicieux hanté de rêves orgueilleux où tran sp arait et\nla supériorité de leur race et la dégénérescence de leur hum aine\npostérité.\n                                               J o seph D e s g e n ê t s .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-012", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 205, "page_fin": 209, "titre_corps": "Désolances", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Novis", "ancre_debut": "D ésolanees M on c œ u r est g a i", "ancre_fin": "J ean N o v is .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS P o u r M elle T h é r é s a B", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 244, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 1258, "texte": "D ésolanees\n                         M on c œ u r est g a i, m o n c œ u r est tr is te ;\n                         I l v e u t a im e r et n e v e u t p a s ;\n                          C ar i l est la s, i l est très la s...\n                         M a is doucem ent fa ttio u r in siste .\n\n                                                    Gr ég ro ir e le Ro y.\n\n\n                                                            I\n\nA u x bois feuillus, des brises pâles\nE n cortège lent ont passé,\nE t leur envolement plissé\nA détaché les feuilles pâles...\n\nVoici l ’hiver au faste lourd\nQui s’abat sur l’orgueil des branches,\nE t des rigidités si blanches\nVêtent les arbres de velours.\n\nE t dans un long regret tranquille\nS ’immobilise la forêt\nM irant ses doux profils discrets\nA u miroir de glace immobile.\n\nS u r l ’or mat des couchants pâlis,\nDe gris, la forêt se profile.\nLe soir, veuf de regrets futiles\nL a vêt de très graciles plis.\n                                                           II\nChante maintenant les Printemps\nMon cœur....\n                       Une plainte indécise\nDans le soir de mon âme grise\nPleure la beauté des Printemps.\n"}, {"page_pdf": 245, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1084, "texte": "206                     L E RÉVEIL\n\n\n\n\n                                             III\n\n      Comme en un chant de fiançailles\n      C ’est un poème de baisers\n      E t des désirs inapaisés\n      A u cœur où l'extase tressaille.\n\n\n      L a valse des regrets dolents\n      Tournoie en mon âme plaintive\n      Où vaguement s'immobilise\n      L a splendeur des défunts printemps.\n\n                                             IV\n\n      Morte la pureté des roses\n      Mortes les blancheurs des grands lys\n      Où l ’âme des hivers pâlis\n      Se mire avec d’étranges poses...\n\n      E t mort le cantique des fleurs\n      S 'ouvrant au soir comme des lèvres\n      E t parlant de baisers très mièvres\n      E t de passionnantes pâleurs.\n\n                                              V\n\n      Ma Ville s’endort dans les soirs\n      A u x voix douces des angelus,\n      E n un calme de reposoir\n      E l songeant aux siècles vécus.\n\n\n      A u x ruelles les Saintes Vierges\n      Ont des gestes las de pardon...\n\n      Portant le deuil des Abandons\n      Vacille la lueur des cierges.\n"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1134, "texte": "                  L E RÉVEIL                         207\n\n\n\n\n                                        VI\n\nII neige en mon cœur et décembre\nSanglote un bien amer sanglot;\nN u l rayon de soleil n 'éclot\nPour ensoleiller mon Décembre.\n\nOn dirait qu’une femm e pleure\nA u sanctuaire de mon âme\nOù nul chant vespéral ne clame\nE n la fu ite vite de l’heure.\n\n                                       V II\nE n le matin d’avril\nLe chœur chante — argentin — des clochettes matutinales\nLe gai renouveau rose des subtiles amours....\nE t dans le ciel doré c'est comme une tramée\nD ’un parfum musical s’éparpillant en l ’air,\nS i las, si frêle et si douloureusement clair\nQue les yeux de mon cœur se sont emplis de larmes.\n\n\nE t pressentant l ’étreinte amère des Alarmes\nMon âme a f u i vers le tutélaire manoir,\nE t par les vitraux peints regarde la campagne\nOù quelque printemps perfidement quiet stagne.\n\n                                      V III\n\nOr voici venir les Enfants :\nIls ont de grands yeux de surprise\nE t leur âme calme est surprise\nEcoutant mes refrains dolents...\n\n\nLeurs yeux sont purs comme leur âme\nIls ignorent toutes amours...\n"}, {"page_pdf": 247, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1446, "texte": "2o8                     LE   R É V E IL\n\n\n\n\n      S'étonnant de tout et toujours,\n      Que je voudrais avoir leur âme.\n\n      E t leurs beaux yeux de violette\n      Où sourit le lac de leur cœur\n      J e les voudrais, car la douceur\n      Des âmes d ’ange s 'y reflète.\n                                                  IX\n      C'est, loin, aux horizons de rêve\n      Rêvant sur la nocturne grève\n      Où s’immobilisait la mer\n      Un gigantesque souffle amer,\n      Un appel de géant qui clame\n      Vers les deux de suie où s'enflamme\n      Le grimoire d ’or des éclairs...\n\n      E t morts sont la lune et les astres\n      — Portant le deuil profond d’un si réel désastre —\n      L ’agonie et la mort des jours,\n      Le mièvre trépas de l ’amour\n      E t les caresses envolées...\n\n      E l nos amours d ’antan, lasses, s’en sont allées;\n      Les craintives nefs se hâtent vers les Lointains...\n                                                   X\n      Les jardins reverdis s'endorment dans le soir\n      E t les jets d'eau dolents pleurent d ’exquises plaintes.\n      Ce sont dans les massifs des calmes de reposoir :\n      Les frondaisons se parent comme pour un deuil de\n                                            [Sainte.\n\n      E t c’est dans les lointains un étrange concert\n      Qu’un vieux Faune barbu écoute avec surprise :\n      Un vespéral frisson passe sur les couverts,\n      Une musique vague chantonne en la brise...\n"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 830, "texte": "                      LE R É V E IL                                            209\n\n\n\n\n    L a nuit a des douceurs, le soir a des sanglots\n    Dont l ’attendrissement se reflète en mon âme;\n    E t j ’ai de longs regrets pour le chant des jets d ’eau\n    Pleurant ses thrènes doux vers les couchants de flamme.\n\n                                                   XI\n    Un vol rapide dans l'air\n    A u clair de lune\n    Vers qui le jet d ’eau pleure une blanche Infortune\n    Les pâles Espoirs — ceux de Ja d is — ont passé\n    Comme une blanche théorie d ’irréels trépassés.\n\n                                                 X II\n\n     Une vapeur ternit le miroir de mon âme,\n    E t c'est un hymne pur de doux baisers de f e mme.\n\n                                               J ean        N o v is .\n\n\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-013", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 209, "page_fin": 210, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Marlow", "ancre_debut": "VERS P o u r M elle T h é r é s a B", "ancre_fin": "G eorges M ar lo w .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Frêles Fleurs", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 248, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 830, "fin_caractere_exclue": 1278, "texte": "VERS\n                                            P o u r M elle T h é r é s a B .\n\n\n\n\nDe par le vieux jardin de mon passé, des âmes,\nTrès paresseusement, des âmes sont venues\nSemant dans la douceur triste des avenues\nLes baisers oubliés et le parfum des femmes :\n\nE t toutes les chansons d'autrefois, si câlines,\nS i berceuses emmi la peine de mes songes,\nE t tous les lys fanés à l’heure des mensonges\nOnt transpercé ma nuit, comme des javelines.\n"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 795, "texte": "210                        L E R ÉVEIL\n\n\n\n\n      L a candeur où dormaient les yeux des bien aimées\n      E t la sérénité de leurs lèvres graciles\n      — Cygnes s’en revenant de fabuleuses îles —\n      Ont rouvert en mon cœur les blessures fermées,\n\n      E n mon Cœur où passaient les Reines merveilleuses,\n      Les Reines aux yeux las qui regardent leurs rêves\n      S ’envoler vers l ’ennui mortel des froides grèves,\n      E n mon cœur déchiré par des mains orgueilleuses...\n\n      E t je cherche à nouveau le vain baiser des femmes,\n      Des lèvres embaumant l ’amour et le mystère,\n      Des manoirs où s’effeuille une chanson bien chère,\n      Loin du jardin de mon Passé, loin de ces âmes...\n\n                                             G eorges M ar lo w .\n\n\n\n\n                      "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-014", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 210, "page_fin": 211, "titre_corps": "Frêles fleurs : Le beau page", "titre_sommaire": "Frêles Fleurs", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Touchard", "ancre_debut": "Frêles Fleurs Le beau Page", "ancre_fin": "puis oublié tout son amour.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L ’Amoureuse Légende", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les 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Reviens avec ta candeur! »\n\nMais le beau page amoureux d ’elle,\nLassé de lui faire la cour,\nLe beau page a quitté la belle,\nP uis oublié tout son amour.\n\n\n\n\n     "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-015", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 211, "page_fin": 211, "titre_corps": "Frêles fleurs : L’Amoureuse légende", "titre_sommaire": "Frêles Fleurs", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Touchard", "ancre_debut": "L ’Amoureuse Légende Gisèle, pure fleur", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 250, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 299, "fin_caractere_exclue": 822, "texte": "L ’Amoureuse Légende\n\nGisèle, pure fleur de neige,\nPlus pure encor par sa blondeur,\nGisèle a déjà pris au piège\nDe sa blondeur, de sa candeur,\n\nA u piège d ’un sourire étrange,\nMaint frêle page au jeune cœur;\nLe page la trouvait un ange,\nE t l'ange répondait : Seigneur!\n\nS i bien que, trop rempli de zèle,\nOn voulait des baisers falots :\nLe freluquet aimait Gisèle\nQui se riait de ses sanglots.\n\nL'am our du page f u t trop claire;\nLe châtelain pieux eut soin\nDe l'envoyer fa ire lanlaire!\nMais le page n'en mourut point.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-016", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 212, "page_fin": 212, "titre_corps": "Frêles fleurs : Les primevères", "titre_sommaire": "Frêles Fleurs", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Touchard", "ancre_debut": "Les Primevères O ta pauvre âme défleurie", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 251, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 53, "fin_caractere_exclue": 694, "texte": "Les Primevères\n\n      O ta pauvre âme défleurie!\n      Pourtant n ’en suis guère marri :\n      Mais ne permets pas que je rie\n      De ton automne endolori.\n\n      Les primevères de ton âme?\n      Les primevères que de fois\n      Me furent sourires de fem m e!\n      Hélas! je n'irai plus au bois\n\n      Ceuillir de douces primevères\n      Pour des bergères de Watteau :\n      E t je suis comme les trouvères\n      Retrouvant vide le château\n\n      Où quelquefois leur belle dame,\n      Leur gente dame leur donnait\n      Les primevères de son âme\n      Sur le satin d ’un coussinet.\n\n                                   Georges   T ouchard.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-017", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 213, "page_fin": 214, "titre_corps": "Chansons de viole", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Tristan Klingsor", "ancre_debut": "Chansons de Viole I Quand tu viendras", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 252, "page_imprimee": 213, "debut_caractere": 76, "fin_caractere_exclue": 1051, "texte": "C hansons de Viole\n\n                            I\n\n\nQuand tu viendras, p a r une des n u its pâlies\nqui pendent au ciel des lampadaires d ’or,\nquand tu viendras, ô M ignonne a u x joues p â lies,\nviens avec de folles chansons d'Ophélie\npour bercer mon cœur malade qui s'endort,\n\n\nA l’heure où le beau Soir lum ineux qui pleure,\ncomme un E tra n g er lent et m ystérieux\ndescend regarder à ma fenêtre, à l'heure\noù le Cor mélancolique et morne pleure,\nviens-t-en avec des mélancolies a u x yeux.\n\n\nN o u s serons seuls avec les étoiles blanches;\nelles te m ettront une aube pâle d'or\nau fr o n t; et de ta voix très douce qui dort\ntu chanteras des choses tristes et blanches\npour bercer mon cœur malade qui s'endort.\n\n\n                            II\n\n\nSois heureuse — M a is si lente neige la neige!\n— N e parle plus des hiers m ystérieux\noù passaient de pâles filles de Norvège\nen transparents cortèges\navec des extases tristes aux yeux;\nne parle plus des hiers m ystérieux.\n"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 214, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 745, "texte": "214                        LE RÉ V E IL\n\n\n\n\n      L a neige croule en flocons lourds, en flocons lents.\n      — Su r un lac de neige où nagent des cygnes,\n      un E n fa n t royal rêve et te fa it signe,\n      derrière le voile étoilé de blanc,\n      sur un lac de neige où nagent des cygnes. —\n      L a neige croule en flocons lourds, en flocons lents.\n\n\n      Oh! sois heureuse — M a is si lente neige la neige!\n      — N ' écoute p lu s m a voix dolente d ’E njôleur\n      où sanglotent des chants d'amour, où s’arpègent\n      des mois diaphanes et frôleurs;\n      va-t-en p lus loin, avec des lys, avec des pleurs\n      et sois heureuse — M a is trop lente neige la neige!\n\n                                           T ristan K ling sor .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-018", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 215, "page_fin": 216, "titre_corps": "Chronique littéraire : Georges Rodenbach, Bruges-la-Morte", "titre_sommaire": "G. Rodenbach : Bruges-la-Morte", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Véhenne", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE Georges Rodenbach Bruges-la-Morte", "ancre_fin": "L o u is V é h e n n e .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Camille Lemonnier", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 254, "page_imprimee": 215, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 2018, "texte": "C H R O N IQ U E L IT T É R A IR E\n\n\n\n\n        G eorges R o d en ba c h . —      Bruges-la-Morte (1)\n\n\n            eGorges Rodenbach, le chantre a ttitré des antiques communes\n              flamandes dépeuplées, des béguinages aux corridors épais\n              de solitude, des carillons aux vieilles petites cloches s’égre­\n  nant, lasses, sur la cité en allée, nous parle encore de sa Bruges, de\n  B ruges-la-M orte, \" où tous les jo u rs ont l ’air de la Toussaint \" .\n     Dans son nouveau rom an, l ’auteur nous dit qu’il a voulu princi­\n  palem ent évoquer la Ville, comme un personnage essentiel, associé\n  aux états d ’âm e, qui conseille, dissuade, déterm ine à agir. Ainsi,\n  dans la réalité, cette Bruges apparaît presque hum aine. Un ascen­\n  dant s’établit d’elle sur ceux qui y séjournent.\n     E t c ’est sous l ’influence de cette Bruges, que vit Hugues Viane,\n  inconsolable depuis la m ort de sa femme. Il l’a ta n t pleurée, l ’inou ­\n  bliée, mais ne voilà-t-il pas qu’un jour, au th éâtre, il aperçoit une\n  danseuse : « m iracle presque effrayant d’une ressem blance avec\n. l’au tre, allan t ju sq u ’à l’identité ».\n     Or, invoquant vis-à-vis de lui cette justification de la ressem ­\n  blance, il se leurre sur le coupable am our qu’il ressent pour elle.\n  Amour éphém ère, pourtant, car un jo u r, sa m aîtresse s’étant raillée\n  des souvenirs de la m orte, pour lesquels Hugues professait un culte,\n  celui-ci s’élance... « Jane avait poussé un petit cri, un soupir, comme\n  le souffle d’une bulle expirée à fleur d’eau. É tranglée, elle tom ba...»\n     Dans cette étude passionnelle, — c’est plus une étude qu’un\n  rom an, — Rodenbach s’est surtout plu à analyser les impressions\n  tristes et quiètes qui se dégagent de cette Bruges aux quais déserts,\n  aux cygnes pâles flottant sur l’eau m orte, aux tours aux ombres\n\n\n   (*) Un volume. Librairie Marpon et Flammarion. — Paris. 3,50 fr.\n"}, {"page_pdf": 255, "page_imprimee": 216, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 663, "texte": "2 16                             le    ré v e il\n\n\n\n\npesantes, et en cela il a pleinem ent réussi. Nous aimons moins les\ncaractères des personnages, celui de Hugues, par exem ple, un peu\ntrop sous l ’influence grise qui se dégage de la ville.\n    Si nous préférons peut-être l’auteur du « Règne du Silence dans\nd’autres productions, celle-ci cependant est loin d ’être une œuvre\nquelconque. Elle est bien en dehors des sentiers b attus, et dénote le\nra re esprit d’observation, le sentim ent ju s te des choses, qui o n t fa it de\nRodenbach un de nos m eilleurs contemporains.\n\n                                                     L o u is V é h e n n e .\n\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-019", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 216, "page_fin": 217, "titre_corps": "Chronique littéraire : Camille Lemonnier, La Fin des Bourgeois", "titre_sommaire": "C. Lemonnier : La fin des Bourgeois", "rubrique": "", "signature_source": "Joseph Desgenêts", "ancre_debut": "Camille Lemonnier La Fin des Bourgeois", "ancre_fin": "J o seph De sg e n ê t s.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Jules Sauvenière", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 255, "page_imprimee": 216, "debut_caractere": 663, "fin_caractere_exclue": 1796, "texte": "C a m il l e L e m o n n ie r . —   La Fin des Bourgeois (*)\n\n\n             a caractéristique primordiale de ce livre nous paraît\n              être la vie tum ultueuse, exaspérée, quelquefois auda­\n              cieusem ent perverse et raffinée dont il déborde. La\npuissance créatrice si accentuée de Camille Lem onnier vient de\nnous donner une nouvelle œuvre de beaucoup de force dont la\nlecture laisse une impression indélébile. Le talen t et l’originalité y\nsont aussi largem ent déployés et avec autant d ’a rt que dans les\nœuvres devancières.\n  L’histoire de cette famille arrachée à la plèbe par des richesses\ninespérées, som brant ensuite en les plus basses ignominies, pour\nêtre enfin régénérée par un bâtard né des am ours d’un valet de\ncham bre avec la fille de ses m aîtres est élaborée d ’une façon saisis­\nsante et était bien de nature à perm ettre à Camille Lemonnier\nde dépenser avantageusem ent une partie de sa fécondité, de son\nindéniable talen t. Incontestablem ent le sujet com portait des déve­\nloppements capables de chatouiller la pudibonderie de certaines\n\n\n  (*) Un volume chez Dentu. — l ’aris. — 3,50 fr.\n"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 675, "texte": "                                   L E R É V E IL                               2 17\n\n\n\n\nâm es, mais ces développements sont faits avec ta n t d’a rt, la langue\nen est si opulente, si libérée des banalités courantes qu’ils im posent\nl’adm iration. Certains critiques étaleront sans doute une pruderie\nfactice plutôt que de se débarasser une bonne fois des préjugés\ninvétérés qui font considérer les créations libres comme dénuées\nde qualités et absolum ent étrangères à l’a r t. Quoi qu’il en soit\n« La F in des Bourgeois » est une œ uvre appelée, croyons-nous,\nà un beau succès.\n                                                    J o seph De sg e n ê t s.\n\n\n\n\n             "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-020", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 217, "page_fin": 219, "titre_corps": "Chronique littéraire : Jules Sauvenière, Hild-hyllia", "titre_sommaire": "J. Sauvenière : Hild-hyllia", "rubrique": "", "signature_source": "Rodrigue Sérasquier", "ancre_debut": "Jules Sauvenière Hild-hyllia", "ancre_fin": "M a i 1892.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Catulle Blée", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 256, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 675, "fin_caractere_exclue": 2067, "texte": "J u le s   S a u v e n iè r e .   — Hild-hyllia.\n\n\n            eci n ’est pas le prem ier ouvrage de M. Sauvenière : il a\n             déjà donné un dram e, L a Ferm e des A u ln e s , — que je\n             reg rette de ne pas connaître, — et deux poèmes, S in a ï et\nAndrom ède, — combien lam entables! — que je passerai sous silence,\n(il en a été question jadis en les « Essais »). — Mais pour H ild -\nh yllia sa n ature s ’est com plètem ent transform ée, et avec elle sa\nconception prim itive de la Poésie, ses idées antérieures sur l ’A rt.\n    P o u r ju g er convenablem ent cette œ uvre, il faut se placer au\npoint de vue de l’auteur : il a voulu écrire un dram e lyriq u e,\n « essayer pour le T héâtre d’opéra une formule qui réponde aux\nprogrès de la polyphonie m oderne; » et, tandis que s ’encanaille, —\nsi je puis m ’exprim er ainsi, — le th éâtre de la Comédie, garder au\nthéâtre Lyrique la grandeur tragique si grande, l ’enveloppe si\nbrillante, les impressions si nobles que nous lui trouvons dans la\nTétralogie par exemple. Bref, ten ter de concevoir une œuvre qui,\nbien que procédant de W agner, ne fut pas sienne, mais personnelle,\noriginale, te l était le but de M. Sauvenière.\n   Le sujet d'H ild -h y llia est une légende sym bolique, créée de\ntoutes pièces p ar l ’imagination de l’a u te u r; — les noms des\npersonnages seuls sont em pruntés à la poétique d’Ossian, —\n"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2412, "texte": "218                          L E R É V E IL\n\n\n\n\nJe n ’en saurais mieux donner la quintessence que ne l’a fait mon\nconfrère M. Aug. Jeunehomm e (de la Revue Blanche) :\n   « Le glaive runique, ;— symbole de la Force — légué par T ren ­\nm or, fondateur de la puissance calédonienne, passe à ses héritiers\navec le pouvoir de l ’aïeul, et quand Fingal, son descendant,\nle brise, c’est aussi sa race qu’il brise, et avec elle, son\nautorité royale dont la principale force dérive de l ’héridité. Mais\nl’ombre de la reine R oscrana viendra reforger les tronçons de l’arme\nem portés p ar le fils et alors, en Ryno fortifié, ren aîtra l ’espoir de\nconquérir le pardon. Or la F atalité le détourne; il va quérant\nH ild-hyllia, la W alkyrie aimée, cause involontaire de ses m alheurs,\net la sauve de la m er prête à l ’engloutir; elle veut l ’entraîner vers\nles splendeurs du W alh alla, mais l’Homme l ’a possédée et, p ar elle,\ndésormais soumis à son pouvoir le principe divin.\n    \" Cependant, le glaive brisé, bientôt fut détruit le palais de\nF ingal, Sélama, autour de laquelle gravite toute l ’actio n ,— symbole\nde la Gloire. Là se trouvent les trophées des ancêtres, c’est Sélama\nqu’évoquent des guerriers dans les combats, qu’ils chantent en la\nvictoire, et c’est un tison de ses portes incendiées, jeté aux pieds de\nR yno, qui ressuscitera le souvenir des gloires du passé et réveillera\nsa vaillance ; il ira alors, arm é du glaive de Trenm or, vaincre les\nhéros et réédifier la puissance paternelle. Mais — ainsi l ’a voulu le\nso rt, — il est blessé et m eurt, \"\n    Voilà, en quelques mots, la légende de M. Sauvenière : Ryno\npersonnifie la Volonté ardente s’acharnant à la poursuite de son\nIdéal, H ild-hyllia, la F atalité, qui veut le détourner de l’accom­\nplissem ent de son devoir, et aux séductions de laquelle il résiste\nvictorieusem ent. A utour de ces deux personnages, outre Fingal\n(l’Autorité) et R oscrana (la famille), viennent s’en grouper d’autres,\n sym bolisant l’Am itié (Gaul, M invane), la Religion (le Druide du\n Crom la, les Bardes), la Haine (Swaran), la Vengeance (Cran ­\n tara). —\n    Dans la versification, l ’autenr a visé à l’originalité; il a voulu\n rendre p ar un vers tourm enté, haché, néanmoins sonore et souvent\n fort harm onieux, la sensation de m alheur, de te rre u r presque, qui\n plane, qui pèse sur tout le dram e. Écoutez ce beau début du Ve\n Acte, (H ild-hyllia parle) :\n"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1352, "texte": "                                L E R É V E IL                                     2 19\n\n\n\n\n   Vos cœ urs! vos cœurs d 'a ira in ! E s t morte l ’espèrance.\n  Un crépuscule amer déployant sa souffrance\n  emprisonne mes y e u x ..., mon cœur et ses p en sers...\n  P a r u n f r o i d sépulcral tous mes membres glacés\n  se fig e n t!... E t se m eu rt — à son rêve — mon A m e !...\n  Un p a la is ra d ieu x s'écroule et — noirs lam beaux —\n  roule en de noirs néants d'où germ ent des tombeaux\n  su r une lande a rid e ... E t m e u rt, se m eu rt mon A m e\n  à son rêve... Oh mon Oiel qu'un F o l D ésir p e r d it\n  au Vœu d'une H eure É lu e .... a u jo u rd ’h u i toute m o rte !...\n\n   — Sans avoir l ’am pleur de conception et la portée des opéras\nde W ag n er, — sous l ’influence desquels elle a été conçue, —\nH ild-hyllia est une œuvre personnelle et forte.\n   Son au teur, dont le talen t s’est révélé sous un aspect nouveau,\nest un trav ailleur, un artiste sincère, qui m érite toute notre\nsym pathie.\n   E t en term in an t cette analyse, p eut-être trop brève, trop super­\nficielle, je souhaite à M. Sauvenière, et je ne suis pas le prem ier à\nle faire, — de trouver en Belgique un W ag n er, pour la réalisation\nde son rêve.\n                                                 R o d r ig u e S é r a s q u i e r .\n  M a i 1892.\n\n\n\n\n        "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-021", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 219, "page_fin": 220, "titre_corps": "Chronique littéraire : Catulle Blée, Chansons pour Mime", "titre_sommaire": "C. Blée : Chansons pour Mime", "rubrique": "", "signature_source": "Frédéric Friche", "ancre_debut": "Catulle Blée Chansons pour Mime", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 258, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 1352, "fin_caractere_exclue": 1820, "texte": "C a tu lle   B lé e .   — Chansons pour Mime.\n\n\n         eaucoup de jeunes poètes traiten t bien singulièrem ent\n          la Fem m e et l ’Am our, c’est à dire la source même de\n          toute poésie.\n  Je n ’entends point faire procès de tendance; mais indépendam­\nm ent de toute idée d ’école ou de chapelle, je trouve révoltant ce\nsadisme m ystique et impuissant, où m alheureusem ent se com­\nplaisent beaucoup de bons esprits littéraires, en parlant de ces deux\n"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1678, "texte": "220                             L E RÉ V E IL\n\n\n\n\nchoses sacrées qui synthétisent le Beau, les seules, hélas, qui nous\nresten t à a d o rer, puisque nous avons perdu toutes nos idoles, ju sq u ’au\nBien, jusqu’au V rai même ! Nous ne savons plus généralem ent aim er\nla vie pour la Fem m e, ce qui est après tout, la suprême sagesse! —\nnous ne comprenons pas que le poète est fait pour aim er sa m aîtresse\net la chanter, et que cela suffit en somme !\n    Q’on ne nous parle pas de prosternations respectueuses : Les dé­\nvotions à la Femme sacrée, à l ’Am our, doivent être riantes comme\ncelles à K ypris ou Bacchus, couronnées de pam pres, agitant des\nth y rses, au son des péans, non des thrènes.\n    C’est ce qu’a bien compris Monsieur Catulle Blée, qui est un très\n p u r et grand artiste. Ses vers sont de ceux qu’on relit m aintes fois :\n\n\n                 Oublions to u t, laissons nous vivre\n                 comme de pauvres sans cervelle!\n                 la sagesse n ’est que d ’être ivre\n                 chaque jo u r d ’une am our nouvelle!\n\n\n                 E t su r des bouches que demain\n                 nous ne connaîtrons même p lu s ,\n                 ceuillons avec ta fle u r , carm in,\n                 l ’oubli des rêves révolus!\n\n\n   C’est v rai, nous ne les connaîtrons plus dem ain, celles qui nous\nau ro n t versé l ’ivresse. Mais l’Amour nous restera.\n   Ces adorables chansons — et très profondes — consolent déli­\ncieusem ent des tristes rabâcheurs d'en fa n ts fr ê le s de mes songes,\nde princesses de silence, de mauvaises reines, et de leurs dégoûts\nd ’eunuques.\n\n                                                    F r édér ic F r ic h e .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-022", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 221, "page_fin": 222, "titre_corps": "Chronique littéraire : Léon Donnay, Sérénité", "titre_sommaire": "L. Donnay : Sérénité", "rubrique": "", "signature_source": "Rodrigue Sérasquier", "ancre_debut": "Léon Donnay Sérénité", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 260, "page_imprimee": 221, "debut_caractere": 95, "fin_caractere_exclue": 1911, "texte": "L éon D o n n a y . —    Sérénité.\n\n\n        S\n        i vous trouviez de la douleur et des larm es dans mon livre !...\n         C ertainem ent, et beaucoup; et la douleur que j ’y trouve\n         n ’est pas im aginaire, maladive, lam entable, comme celles\nque nous dépeignent les poètes pâles et fades ; la douleur que nous\nfait sentir Mr Donnay est celle des hum bles, des « derniers, » la\ndouleur vraie, en son âpre réalité. C’est là ce qui constitue l ’origi­\nnalité de son livre.\n    Une série d’esquisses rapides de la vie hum aine, avec ses douleurs\net ses peines, ses ridicules et ses ironies; de scènes vues, vécues,\nparfois étranges, toujours tristes ; voilà Sérénité.\n    Dans la plupart de ces pièces, l ’effet cherché ne pouvait être\nmieux atteint. — P ourrait-on im aginer plus grande pitié que celle\ndu \" Barnum \" pour le phoque en papier m âché qu’il exhibe, que\ncelle de ce m isérable pour la pâte qu’il a peut-être pétrie lui-même?\nQuel so rt plus triste que celui des poissons rouges, condamnés à\nv irer éternellem ent en leur bocal de v erre, alors que sur l ’étang,\nDieu « dit au nénuphar de fleurir et de faire un peu d’ombre sous\nl ’eau, les jo u rs de grand soleil? » — E t quel désespoir d’am our plus\nimmense que celui d’une filette de treize ans, que l ’on voit, « pour\nles beaux yeux d’un collégien, m ourir comme Ophélie !___ »—\n    Le style de Mr Donnay est net, concis, — parfois trop concis peut-\nê tre ; — les phrases sont courtes; pas un m ot qui soit inutile. P our\nen donner un exemple, je citerai cette piécette :\n\n\n                                Croquis\n\n\n                              Une place,\n                               à l'aube.\n                          Une fo u le imbécile.\n                     D eux m ontants parallèles.\n                              Un couteau.\n"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 222, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 633, "texte": "222                             L E RÉ V E IL\n\n\n\n\n                      Voici q u ’une porte s'ouvre,\n                     voici q u ’on traîne u n homme,\n                         voici qu’i l s ’agenouille\n                        et que le couteau tombe.\n                            Justice est f a i te !\n\n   E n somme, un livre original à la fois comme conception et comme\nexécution, un livre qu’il faut relire et m éditer; et où perce beaucoup\nd’émotion, m algré la « superbe indifférence » dont s’accuse l’auteur,\nen sa préface.\n                                         R o d r ig u e   S é r a s q u ie r .\n\n      J u in 1892.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-023", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 223, "page_fin": 224, "titre_corps": "Tablettes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Chantecler", "ancre_debut": "TABLETTES A tra v ers l e s R e v u e s", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 262, "page_imprimee": 223, "debut_caractere": 135, "fin_caractere_exclue": 3977, "texte": "TABLETTES\n\n          A tra v ers l e s R e v u e s             faveur de « Un Hollandais à Paris en\n   Comme lim inaires, deux publications             1891. » —\ndont il n ’a point encore été question ici :           En L e M ouvement L it t é r a ir e un ar­\n   Les É c r i t s p o u r l ’A r t (6e année, 2e   ticle de Raymond N yst sur « Comment on\ntrim estre), où nous relevons : A ltruism e         devient Mage » du Sâr Péladan, des\npar P ierre Dévoluy (qui annonce un                 Proses Morbides de José H ennebicq et des\nvolum e de vers sous ce titre : Bois ton            vers d’Arthur Dupont. —\nsang), des vers de G. et J. Couturat,                  Dans la R ev c e G én ér a le nous rele­\nH enri Corbel, Em . Delbousquet, et des             vons : Un Journal du 21e siècle, par\nDonnées Évolutives de R ené Ghil ; — et             Georges Kaiser, et Le Crépuscule des\nL e C h a t- H u a n t, chat noir Bordelais,        Bogatyrs, de H ector Hoornaert, (des\ntout plein de chansons et de jo lis vers,           Ballades Russes à paraître prochaine­\nparmi lesquels : Aliptes, de Laurent                m ent). —\nTailhade, L a chanson des Paradons par                 L a S y h in x nouB donne des vers de\nLouis Lavigerie, Complainte Ethéréenne              MM. Paul Souchon, P ierre Louys, G.\nde AG-Yo-Bé, Ballade des Renouvelles                Bonnam our, Joachim Gasquet, et de\nassoifances par Valmy Fraisse, Fragment             notre collaborateur Lucien De Busscher\npar Léon E scalus.                                  (Jean Novis); en prose, un fragm ent de\n    A ux E ssais s e s J eunes sont à citer         L a Fin des D ieux d ’H enri M azel. —\nles m êmes noms qu’en les É crits pour                 L a R e v u e I n d é p e n d a n te publie dea\nl ’A rt : R ené Ghil, P ierre D évoluy, E m .       extraits de « Bois ton Sang » de P. D é­\nDelbousquet et encore MM. Gabriel                   voluy. Citons aussi : Fragment d ’un\nDucos et Jean Maur. —                                drame (***), un article sur N icolas Lenau,\n    A lire dans Ch im è r e la suite de l ’étude     et une critique deB Cygnes de F . V iélé-\nde Paul Redonnel sur le Socialisme inté­             Griffin. —\ngral, une prose de A. Grillon, des vers                E n L e S y l p h e de Mai, L a Denteliére\nde Ch. Frappart et Jean Court. Sous la               de Bruges par Ch. F uster, et, de Maurice\nrubrique \" Pédantisons! \" oh! oh! oh!                R ollinat, l ’original sonnet que voici :\nque d’érudition, confrère, que d’érudi­\ntion ! —                                                         A u C r é p u s c u le\n    A u sommaire de L ’E rm ita g e , des vers\nde Paul V erlaine, Stuart M erill, Louis               Le soir, couleur cendre et corbeau,\nLe Cardonnel, et une prose d’Henri                     Verse au ravin qui s ’extasie\n Mazel, L'Eponym e. —                                  Sa solennelle poésie\n    Il faudrait citer sans exception aucune            E t son fantastique si beau.\nles articles du M e r c u r e d e F r a n c e ;\n                                                       Soudain, sur l ’eau morte et moisie\nceuillons cependant : Les chants d'Ofeg,\n                                                       S'allum e, comme un gra n d flambeau\n de Ola Hansson (Jean de N é th y , trad.);\n                                                       Qui se lève sur un tombeau,\n Les Héroïnes, trè s remarquables vers de\n                                                       L a lune énorme et cramoisie.\n Jean Lorrain; des études de R em y de\n Gourmont sur les Poètes Hétéroclites ; de             E t tandis que dans l ’air sanglant\n P . Quillard sur H enri de Régnier, et un.            Tout sort de l'ombre : moulin blanc,\n plaidoyer éloquent d’Allred V alette en               Pont ja u n i, verte chénevière,\n"}, {"page_pdf": 263, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4166, "texte": " 224                                            L E RÉV EIL\n\n\n\n\n   On voit entre les nénuphars                            trop s ou ven t n o u s oublier : Dame, cela\n   Moitié rouges, moitié blafards,                        pourrait se gagn er!... C h a n t e c l e r .\n   Flotter l'âme de la rivière.                                            Notules\n                         M a u r ic e R o l l in a t .\n                                                            Nous avons assisté le mois dernier à\n     A lire encore : dans L e B l ü e t , Le             une intéressante conférence de M. E .\n pèlerinage par Arm. Silvestre, et dans                  Discailles à la \" Société générale des\n L e Coin du F e u , Les quatre Collégiens de            Etudiants, \" Le sujet : « Charles Rogier\n la ville de X ***, par Mardi-gras. —                    avant 1830 » offrait plusieurs poin ts\n    Dans L a R e v u e M o d e rn e (25 Mai)             curieux et caractéristiques, notamm ent\n L ’enfance du Précurseur, d’H enry de                   le Rogier poète ou versificateur, comme\n Braisne, Sonnet à Cynthie (d’après P ro­                l’on voudra.\n perce) par H enri Corbel; Le dolent baiser,                11 serait superflu de dire tout le plaisir\n poèm e en prose d’A lbert Patron (un nom                qu’on éprouve à écouter des conféren­\n à retenir) et Arlequin chez Pierrot, comé­              ciers comme M. D iscailles.\n die de Joanny Bonichon. — E n le fas­\n cicule du 20 Juin (numéro double,) à                       Le Cercle Artistique et Littéraire ne\n citer : leB articles de MM. Jean Rameau,                chôm e guère.\n Ch. Bourget, E ug. Tavernier, Henry de                     M. Ceuppens y exposait, il y a quel­\n Braisne, A lb . Sérieys. —                              ques jo u rs des œuvres (blanc et noir)\n    V oici L a J rune B elgique de Juin                  fort remarquables. Toutes n o s félicita­\n avec, au sommaire : E ug. Demolder,                     tions.\n Chœur d ’Anges; Maurice Desom biaux,\n Mon cœur dans la caverne de la haine;                     Notre collaborateur Géo Mauvère et\nValère G ille, Vers; G. Eekhoud, (trad.)                 M. Simon Haux viennent de faire éditer\n Lam ort de l'évêque Nicolas; Fr. A ccin elli,           à Namur une Romance de réelle valeur :\n L a danse des rythmes; A lb. Giraud, Lettre             « Quand les brouillards seront venus. »\nà M , Anatole France. —\n    A voir dans L e M agasin L it t é r a ir e             Pour paraître prochainem ent chez\naussi, des Ballades Russes de M . H ector                Lacomblez, éditeur, rue des Paroissiens,\nH oom aert, et Choses d 'A rt par Maurice                Bruxelles, un volum e de J. D elville :\nBekaert. —                                               « Les Horizons Hantés » (3 francs en\n    E n leB derniers n os d e RouEN-ARTisTE,             souscription).\nL a Ballade des Anciens Nègres, par J.\nDoucet ; Pour l ’amie intime, par Catulle                   Nous rendrons com pte en notre pro­\nBlée; Paysageroux, Séparation, d'Hugues                  chain fascicule du livre de vers de M.\nDelorm e et Pour la plèbe de Louis L e­                  M ichel F élin e : « L'Adolescent confiden­\ncom te. —                                                tiel. *\n   Enfin L e Sil l o n , avec : Aug. Chey­\nlack, Serment; M.. Spronck, Conclusion;                     Le mois d’A oût verra éclore en notre\ndes vers de H. d’E rv ille, J. Bonnet, E.                v ille un nouveau journal artistique et\nBouhaye, G. Lautaud. — E t L a L ib r e                  littéraire (hebdomadaire) : \" l ’A u b e , \"\nC r it iq u e . —                                           II se vouera à l ’art jeune et indépen­\n   Mais, Sœur A nne, où donc L a Cr oi-                  dant.\nsade et F lo r éa l , e t L a F rance Mo­                                    *\nd e r n e , et L a R evue R ose , et La R evüe              Erratum : En le R éveil de Juin , an\nB elge de nostre avunculus très-cher?...                 2e vers du Sonnet de M. Deffernez, au\n    Nous prions c e s revues de ne point                 lieu de La Sirène, lisez Ta Sirène.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-07-n7-024", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Bureaux de vente du R É V E I L", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 264, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2817, "texte": "Bureaux de vente du R É V E I L :\n\n  •G a n d .          — Ad. H oste, rue des C ham ps, 4g.\n                        L ib rairie U niverselle, rue C ourte du J o u r.\n                        Mme Otte, rue de F landre.\n  B r u x e l l e s . — Jérôm e-D olfger, G alerie de la R eine, 32.\n  L iè g e .          — D ’H eur, rue P o n t d’île.\n\n\n\n               PUBLICATIONS RECOMMANDÉES :\nL e B l u e t . — m —- R ue Croix des P etits C ham ps, P aris.\nL e C h a t - H u à n t . — h — R ue V ieille T o u r, 21, B ordeaux.\nC h i m è r e . — m — Cours G am betta, 52, M ontpellier.\nL a C l o c h e . — b.m — R ue S t. Placide, 3g', P aris.\nL e C o in d u F e u . — m — R ue N euve, 25, V erviers.\nL a C r o i s a d e . — m — R ue Mexico, ig, L e H âvre.\nE c r i t s p o u r l ’A r t . — P a ra ît 3 fois p a r an. — R ue L au risto n\n      P a ris.\nL ’ E r m i t a g e . — m — R ue de V arennes, 26, P aris.\nE s s a i s d e J e u n e s — m — R ue de la Concorde, 2, T oulouse.\nF l o r é a l . — m — R ue S t. R ém y, 22, Liège.\nL a F r a n c e M o d e r n e . — b.m — F aubourg du N ord, 15, M arseille.\nL a J e u n e B e l g i q u e . — m — R ue P otagère, 64, B ruxelles.\nL a J e u n e F r a n c e . — h — R ue du Cardinal Lem oine, 61, P a ris.\nL a L i b r e C r i t i q u e . — h — R ue S ouveraine, 37, B ruxelles.\nL e M a g a s in L i t t é r a i r e . — m — R ue H au t-P o rt, 52, Gand.\nL e M é p h i s t o . — h —■ R ue du L om bard, 28; A nvers.\nL e M e r c u r e d e F r a n c e . — m — R ue de l’É chaudé-S ‘-G erm ain,\n       15, P aris.\nL e M o u v e m e n t L i t t é r a i r e . — b.m — R ue des M inimes, 13,\n      B ruxelles.\nL e M o u v e m e n t S o c i a l . — b . m. — Maison du P euple, B ru x elles.\nL a R e v u e B e l g e . — b.m — P lace de la S ta tio n , 10, L o u v a in .\n                 _                   ( R ue des M artyrs, ig, P a ris.\nL a R e v u e B la n c h e . — m —   \\ „               ,       T -,\n                                     ( R ue de l O uest, 74, Liege.\nL a R e v u e G é n é r a l e . — M — R u e T reu ren b erg , 16, B ruxelles.\nL a R e v u e I n d é p e n d a n t e . — m — R u e des P y r a m id e s . 12, P a r is .\nL a R e v u e M o d e r n e . — b.m — R u e O rdener, g6, P aris.\nL a R e v u e R o s e . — h — Place du T h éâ tre, 12, L iège.\nL a R e v u e U n i v e r s i t a i r e . — m — R u e C o e n ra e ts , 54, S 1 G illes.\nR o u e n - A r t i s t e . — R u e G rand-P ont, 4, R o u e n .\nL e S i l l o n . — m — R u e de C habrol, 31, P aris.\nL e S y l p h e . — m — R ue de la G are, 2, V oiron (Isère).\nL a S y r i n x . — M . — R ue Lacépède 27, Aix (Provence).\n\n                                  M     = M ensuel.\n                                 b .m   = Bi-M ensuel.\n                                  h     = H ebdom adaire.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 230, "texte": "De ux i ème A n n é e — N ° 7                                         J U I L L E T 1892\n\n\n\n     LE\n        RÉVEIL\nRevue mensuelle de Littérature & d'Art\n             P U B L IÉ E S O U S L E S A U SP IC ES DU C ER C LE        L IT T É R A IR E FRANÇAIS\n\n\n\n                                   SOMMAIRE\nJ o s é H e n n e b ic q     .    . P roses M orbides.\nA lb e r t A rn a y .        .     . A v r il.\nF ré d é ric F ric h e      .     . Sonnet.\nC h a rle s S lu y ts         .    . P ierro t au p a y s du T h sin .\nC a rlo s d u F a y .         .   . Rêve de Soir.\nC h a rle s F ra p p a r t          . Consolation.\nJo s e p h D e s g e n ê ts .       . Proses.\nJ e a n N o v is . . . .             Désolances.\nG e o rg e s M a h lo w .           . Vers.\nG e o rg e s T o u c h a rd         . F rêles F leurs.\nT r is ta n K lin g s o r.          . Chansons de Viole.\n                                                    C HR ON IQ UE L I T T É R A I R E .\nL ouis V é h e n n e .  ,           . G . R o d e n b a c h : B ruges-la-M orte.\nJo sep h D esg en ê ts .            . G . L e m o n n i e r : L a fin des Bourgeois.\nR o d rig u e S é r a s q u ie r     J . S a u v e n i è r e : H ild -h yllia .\nF ré d é r ic F ric h e . .          C . B l é e : Chansons p o u r M im e.\nR o d rig u e S é r a s q u ie r     L . D o n n a y : Sérénité.\n                                            Tablettes\n\n\nAbonnement : Belgique, un an 5 francs. (Pour l’étranger, le port en sus),\n                                   Le numéro : 5 0 cent im es.\n\n       Rédaction : Rue de Flandre, 71, GAND.\n                                    TOUS DROITS RESER V ES.\n\n\n\n                   G and, imp. à vapeur F . M eyer-V an Loo, rue de Flandre, 66.\n"}, {"page_pdf": 231, "texte": "                       LE RÉV EIL\n      REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE & D’ART\n\n         P U B L I É E S O U S L E S A U S P I C E S DU C E R C L E L I T T É R A I R E F R A N Ç A I S .\n\n\n\n            PRINCIPAUX COLLABORATEURS.:\n  Albert Arnay, Edm. Deffernez, Ch. D elchevalerie, E ugène Demolder, Joseph\nD esgenêts, Maurice Desombiaux, P ierre D evolny, Carlos du Pay, Georges E ek ­\nhoud, Charles Frappart, Frédéric F rich e, Paul Gérardy, Valère G ille, Arnold\nGoffin, Pierre Hancart, José Hennebicq, Gustave Kahn, T ristan K lingsor, Hubert\nKrains, Alfred Lavachery, Camille Lemonnier, Grégoire Le Boy, Léon Lucy-\nMar, Paul M., Maurice Maeterlinck, Georges Marlow, Géo Manvère, F rancis\nN autet, Jean N ovis, Paul Hedonnel, Georges Eodenbach, Fernand B ou ssel,\nRodrigue Sérasquier, Fernand Séverin, Charles S ln yts, Hubert S tiernet,\nGeorges Touchard, L ouis Véhenne, A u g u ste V ierset, Adolphe W estermann, etc.\n\n\n\n\n     L e Réveil ne publie que de l'inédit.\n\n     Les m anuscrits ne sont pas rendus.\n\n     Les collaborateurs sont responsables de leurs articles.\n\n    Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exem plaire\nparviendra à la rédaction.\n\n     Les journaux ou revues qui désireraient faire l’échange sont\npriés de s’adresser à la rédaction.\n"}, {"page_pdf": 232, "texte": "                 Proses Morbides\n                            L ’Agneau\n                                            A M onsieur R a y m o n d N y s t\n\n\n          xEilé en province — pour une quinzaine — je me suis\n            réfugié dans une cham bre écartée, pour être seul.\n               Elle est basse, de forme carrée, à peine meublée — in­\noccupée qu’elle est ordinairem ent. Elle est triste : son vieux papier\nanémié par le tem ps et mordu par le soleil a des nostalgies de\nfeuilles m ortes. D’anciennes gravures encadrées d ’acajou y plaquent\nleur rectangulaire naïveté. E n fait d ’êtres hum ains je ne vois que\nces figures gravées il y a quelques cinquante ans.\n   Sur la cheminée une pendule m uette. Est-ce le m atin, est-ce le\nsoir? Je ne sais et je ne cherche pas à le savoir.\n   P a r la fenêtre on aperçoit un lam beau de ciel, ennuagé de\ntristesse, éventré p ar les toits pointus et rouges des maisons\nprovinciales.\n   Dans la rue — to u t en bas — des enfants chantent une ronde\npuérile et un agneau bêle chez le boucher voisin.\n   Il bêle ! Il bêle! P auvre bête vouée au couteau du victim aire! Je\nte devine blanche et naïve comme l’Agneau Pascal que tu me rap ­\npelés en cette semaine de Pâques.\n   Le Seigneur avait dit :\n\n   « E t vous le m angerez ainsi : Avec vos reins ceints, vos souliers\nà vos pieds, et votre bâton en votre main et vous le m angerez à\nla hâte : C’est la Pâque de l’E ternel.\n"}, {"page_pdf": 233, "texte": "194                            L E R ÉVEIL\n\n\n\n\n    » Car je passerai cette nuit là par le pays d’Egypte et je irapperai\nto u t prem ier-né au pays d’Egypte depuis les hommes ju sq u ’aux\nbêtes; et j ’exercerai des jugem ents sur tous les dieux de l ’Egypte.\nJe suis l ’E ternel.\n    » E t le sang sera pour signe sur les maisons où vous serez ; car\nje verrai le sang et je passerai pas dessus vous et il n ’y aura point\nde plaie parm i vous pour détruire, lorsque je frapperai le pays\nd ’Egypte. »\n\n    Oui, tu dois être pur et frêle comme cet Agneau sacré. Mais s’il\nétait immolé pour sanctifier le Seigneur et écarter les malédictions,\ntoi tu es destiné au festin du m auvais riche !\n    Tu bêles pauvre Agneau, ignorant du so rt qui t ’attend. Je te\nvois, allant p ar gambades à l ’abattoir — trop jeune encore pour\nflairer l ’odeur âcre du sang.\n    Je te vois saisi par ra b a tte u r brutal. Je vois ton sang vierge\nja illir en flots roses de ta gorge béante et ton albe toison maculée\nde rouge.\n    Je vois tes pattes grêles se débattre en d’agonisantes convulsions\ne t se clore tes yeux doux.\n\n   Innocente victim e! Il est des heures où j ’envie ton destin et oû\nil me semble que j ’irais insoucieux — comme toi — au devant de\ncoutelas.\n   P o u rtan t l ’on dit que la jeunesse c’est le rire et l ’espoir!\n   Il est de jours où j ’appelle cet exil qui enliserait mon cerveau\nd’inertie, où je désire cette vie m atérielle et compassée de petite\nville : toute cérébralité devant som brer dans le tout les jours\nuniforme et mesquin. Où j ’aspire à cette am putation de ma pensée\npour tom ber dans le m achinal et laborieux travail d’un m étier.\n   E t j ’espère alors que ce suicide intellectuel serait précédé d e la\nm ort physique — Cette seule vérité.\n\n   Ici les gens ne pensent pas : ils calculent le gain q u ’ils feront.\nHier est aujourd’hui, demain sera aujourd’hui pour eux. Ils croient\nen Dieu p ar peur des châtim ents futurs qu’on leur prédit ou par\négoisme, dans l ’attente des récompenses qu'on leur prom et, ou par\nin térêt afin de ne pas voir se ta rir une source de profits.\n   L ’a rt ne rap p ortant rien est ignoré d’eux.\n"}, {"page_pdf": 234, "texte": "                                Le r é v e il                                195\n\n\n\n    Sont-ce eux qui on t raison ou nous autres qui œuvrons hantés\npar un idéal, m ordus au front p ar une chim ère. Ont-ils to rt de dire\nque l ’A rt et l ’Amour n ’existent pas, eux qui sont pris dans l ’engre­\nnage d ’un quotidien labeur, aiguillonnés par l’âpre désir du lucre,\navec, pour issue, une vieillesse bien rentée?\n    Ont-ils to rt et avons-nous raison nous qui répudions toutes\nrichesses horm is celles du cœur et du cerveau ?\n    Je me le demande.\n    P arfois des doutes e n tre n t dans le cerveau — ainsi que des rais\nde lum ière louche.\n    Il est cependant des instants où j ’envie ces gens et où — poussé\np ar d’im périeux et déconcertants mobiles — je songe à m ’ouvrir le\ntombeau de cette vie provinciale.\n    Cette rue étroite pavée de spleen, cet agneau qui bêle son glas\na ttire n t mon Ame vers cette ville d ’exil — Il me semble que je\nvivrais toujours en cette cham bre imprégnée de chlorose sans y\nchanger rien. J ’y vivrais ignorant de l’heure, oublieux du tem ps,\ndans une demi-inconscience de mon être — sans rêve, sans souve­\nn ir, sans espoir — dans une ambiance d’anim alité. Je ne penserais\nplus, je ne voudrais plus — im puissant que je serais de toute pensée\nou de to u t vouloir.\n    Ce serait là le suicide puisque l’autre est impossible.\n    D’au tres fois je songe à un m ortifiant et rigide ascétisme. Je rêve\nde p rier ! De p rier le jo u r, de p rier la nuit, dans une cellule tombale\nde cloître, ceint du cilice hum iliant du pénitent. E t de p rier non\npour un être aimé, non pour les hom m es, non pour Dieu et le salut\nde l’Ame, non pas même pour moi — mais pour oublier. Je me je tte ­\nrais par la prière dans l’oubli plutôt que dans la Foi et je dem anderai\nl’oubli du m onde, l’oubli de m oi-même, de mon essence et de mon\ndestin__\n\n  Le soir est descendu. Dans la rue les enfants ont cessé leurs\nchants.\n  Seul, dans la nuit l’Agneau grêle bêle, l ’agneau frêle bêle. Il\nbêle son g la s....\n                                                  J osé H e n n e b ic q .\n    (F ragm en t)\n"}, {"page_pdf": 235, "texte": "196                         L E R É V E IL\n\n\n\n\n                             Avril\n\n      De mauve atténué et d ’or\n      ou de roseurs ainsi que joues de femm es\n      les premières fleurs rendent à toute âme\n      son originelle flamme;\n      et les nymphes de l ’air trillent penchées au bord\n      des rivulets si lents passant de la campagne\n      mille promesses d’épithalames\n      qu'un souffle meilleur de brise accompagne.\n\n      L a Terre éperdue encore au sortir du long,\n      dit permanent sommeil où l’induisit décembre,\n      la Terre aspire le vin d'ambre\n       que le jeune soleil prodigue en ses rayons :\n       et voici qu’en débâcles s’enfuient\n       sous la poussée virile des sèves hardies\n       les hiémals cortèges du malheur.\n\n      E l dans les jardins lès petites sœurs\n      tournent tournent la ronde,\n       rieuses des toilettes déjà plus claires;\n      les jeunes malades, les jeunes mères —\n      en relevailles sous leurs torsades blondes,\n      viennent sourire aussi au chevalier Printemps\n      qui passe aux chers chemins ourlés de safrans.\n\n      C ’est l ’avril! c’est l’avril, chantent les sœurs graciles,\n      le mois neuf babillant au réveil des charmilles\n      à ’angéliques vieilles chansons;\n      c’est l'a vril! c’est le mois où craquent les bourgeons,\n      où les amandiers sont tout de rose en fleurs\n      où les magnolias se parent de pâleurs.\n"}, {"page_pdf": 236, "texte": "                    L E RÉVEIL                          197\n\n\n Une mitre voix susurre : c'est l ’époque où la Terre\nreniant ses guenilles et ses suaires\nrestitue au vertige d'être les ferments\ndont nous affligeait l'assoupissement...\nc'est l'époque enchantée et d'ivresse où la Terre\nressucite les voix aux forêts de mystère\noù l'on sent qu'elle seule reste sous le ciel\ncomme le ciel essentiel.\n\nE t le rivulet dit : c'est l'époque où tout est pur\nsous l'azur,\noù la joie d'éclore couronne\nle séculaire fa îte des murs branlants,\nc'est l'aime saison où tout ambitionne\ndes destins latents.\n\nMais aux vallons encor d'effroi\nde moi même fuse une voix :\n\n ce serait doux pourtant demain d'aller à deux\npar les routes que le mois de Marie\nfera pour les yeux du gueux plus jolies —\nah! ce serait si près des vœux\nprisonniers depuis des années\ndans tes chambres fermées...\nla priée cueillerait pour toi des fleurs sauvages\net tu verrais son fin corsage\nsuivre sa lèvre épanouie, ri ton baiser.\n\n Tu saurais le bonheur — mais il fa u d ra it oser,\noser vivre vraiment avec la vie qui vient,\noser quitter tes livres et l'orgueil ancien\nqui ne te sera rien qu'un leurre...\nil fa u d ra it oser rire et rire mais tu pleures,\net tu ne veux pas t'écouter, mon pauvre cœur.\n"}, {"page_pdf": 237, "texte": "19 8                       L E R É V E IL\n\n\n\n\n       E t dans les jardins les petites sœurs\n       tournent en vain pour toi, heureuses des lilas\n       que leur main demain coupera, —\n       elles chantent en vain, les virginales sœurs,\n       le soleil instaurant des avenirs meilleurs...\n       en vain! si tout en joie quand tu pleures tout bas.\n\n                                               A lbert A r n a y .\n\n\n\n\n                           Sonnet.\n                                                     A J oseph D b sg en ê t s.\n\n\n\n\n             Quand tu souffriras de la Femme\n             N e gém is p as — tu serais vil;\n             Garde-toi d ’un regret servit.\n             — M a is, l’insulter serait infâm e.\n\n             Ferme ton cœur, et lis des vers\n             D ’un impassible et p u r artiste :\n             B u B audelaire fataliste\n             — E t non p a s le sonnet d ’A rvers.\n\n              Songe qu’E lle est irresponsable :\n              Ce que tu traces dans le sable\n              E n peu d ’in sta n ts est effacé!\n\n              F u is-L a , sois heureux p a r le L ivre\n              V ersant à ton espoir lassé\n              L e magique mot qui délivre.\n\n\n                                             F r é d é r ic F r ic h e .\n"}, {"page_pdf": 238, "texte": "                     L E RÉVEIL                                        199\n\n\n\n\n Pierrot au pays du T hsin\n\n                                Pour le fumoir de mon ami\n                                                  I w an L e G rand.\n\n\n\n\nOn lu i d it un so ir       —j o l i so ir —\n« (Bierrot, blanc (Pierrot de m on â m e ! »\nE t depu is il va , san s vou loir,\nrech erch an t cette unique fe m m e .\n\nE t depu is il a vu, p a re ils\na u x re g a rd s des belles pieuses,\ndes p rés in ondés de soleils,\nom brés de géhennes d'yeuses;\n\ndes p a y s a u x bouffan ts décors\nq u i m a r ia ie n t en leu rs caprices\nles obliquités des f a u x ors\net les p ied s-d e -n e z des fa c tic e s ,...\n\ns i bien, si bien\nque le v o ilà sous les ra m e a u x ,\nse soû lan t d ’une fe m m e fo lle ,\nen v o y a n t sous ses o rip ea u x\nu n (Pierrot blanc qu i se b a rio le !\n\n                                        C harles      Sluyts.\n"}, {"page_pdf": 239, "texte": "200                      L E RÉVEIL\n\n\n\n\n                    Rêve de Soir\n\n\n      Le lac êpand de soir, au calme de la plaine,\n      U11 long baiser d'ennui et de frêle pâleur\n      E n le silence lourd et dont mon âme est pleine,\n      Le lac tout bleu d ’azur et de mon âme sœur.\n\n\n      Le lac épand au loin en douceurs vaporeuses\n      L ’écho voluptueux alangui de frissons\n      P ar la nuit embaumée de langueurs vaporeuses;\n      A u vent le lac me berce un rêve d ’illusions.\n\n\n      Le lac êpand sur lui, en lueurs idéales,\n      Les étoiles d’amour s’aimant en le ciel bleu;\n      E t mon âme y revit les lèvres florêales\n      Des étoiles d ’ici sombrées en le lac bleu.\n\n\n      Le lac épand sur moi en souvenances vaines\n      Le reflux des baisers de mon tout pâle cœur;\n      Le lac épand sur moi le calme de la plaine\n      Le lac tout bleu d ’azur et de mon âme sœur.\n\n\n      De calme hélas! le lac à mes pensers moroses\n      Reflète en ces azurs les jours inoubliés\n      E t je revis d’amour tel qu’en un songe rose\n      Les cygnes blancs des autrefois de volupté.\n\n\n      E t passent en essor les blanches vierges lentes;\n      Passent comme un baiser d ’effleurement lointain\n      E t nait un long sourire à leur bouche silente\n      Avec ces pleurs qui fo n t la rosée du matin.\n"}, {"page_pdf": 240, "texte": "                    L E R É V E IL                            201\n\n\n\n\nE n le repos de soir qui plane par la plaine\nLe calme de la nuit s'épand sur mon désir\nE t le lac qui sommeille au chant des cloches vaines\nAnnonce un geste grand de Celle d ’Avenir.\n\n\nMe berçant en la nuit de pâleurs ténébreuses\nMon âme vers l'appel de lointains abandons\nA surgi — tout de soir — en l ’Amante pleureuse\nAvec des regrets et des larmes de Pardon.\n\n\nE t mon cœur ébloui de tant de rêve en elle\nVers ce calme troublant de sa mysticité,\nTabernacle — mon cœur! — de sa beauté si frêle,\nS'est voulu longuement tout d ’amour immolé.\n\n\nE n l’extase si douce et vers son front de reine\nCe f u t un long oubli de lèvres par la nuit,\nCe f u t un long baiser, ah! chimère lointaine\nE t mon rêve et mon cœur en demeurent meurtris.\n\n\nCaressante et furtive en le lac de lumière\nL a plainte fu t un rêve de douce volupté\nMais nos cœurs se sont joints comme des mains en prière\nE t nos yeux las d ’amour en la nuit ont pleuré!\n\n\nPour faner notre songe fa it de défaillances\nL a dolence du lac neigeux de nénuphars\nS ’effeuilla lentement en nos mains de silence\nE t la nuit s’embauma de nos rêves épars.\n\n\n                                     C arlos     du   F ay.\n"}, {"page_pdf": 241, "texte": "202                           L E RÉVEIL\n\n\n\n\n                         Consolation\n\n      L ’amer regret d'a n ia n se fane sur vos lèvres.\n      Quels mots pourraient encore enchanter votre deuil?\n      Votre cœur virginal expire su r vos lèvres,\n      E t vous Valiez draper en u n morne linceul.\n\n      Vers quel bois autom naux processionnent les vœ ux\n      S i las d ’agoniser et tristes ju sq u 'a u x pleurs,\n      L e s vœ ux timides, nés de vos premiers aveux\n      A u x jo u rs d ’autrefois morts en des tombes de fleurs.\n\n      C 'était un beau soleil en rire sur les mousses.\n      L e printem ps essaim ait des roses et des lys.\n      O qu’en vos m ains d'en fa n t les roses étaient douces,\n      E t doux aussi les lys pour vos yeux affaiblis!\n\n      H é la s! L e temps est loin : m ais mon cœur ingénu\n      V eut ceindre votre fro n t d’un jo yeu x diadème;\n      J e suis encor pour vous un am ant inconnu,\n      E t que vous aimerez bientôt comme il vous aime.\n\n      P a r les chemins de soir où dorment les silences,\n      N o u s irons à pas lents, tels de jeunes enfants,\n      V oir les cygnes réver leurs blanches indolences,\n      S u r le m iroir glacé des pallides étangs.\n\n      N o s rêves vogueront au loin, à pleines voiles :\n      L à -b a s sont les p a ys des bonheurs éternels.\n      Sous vos pas défaillants écloront des étoiles\n      E t nos âmes suivront ces rêves fraternels.\n\n                                           Charles        F rappart.\n"}, {"page_pdf": 242, "texte": "                                LE   R É V E IL                          203\n\n\n\n\n                               Proses\n                            Réveil d’Ames\n\n           U\n           n e aurore triom phale échancra la brum e et le béguinage fut\n            arrach é à son calme chim érique. Le soleil éclata et tomba\n            en une pluie d ’ors pâles. Ce fut en les hautes branches un\ninsolent réveil d’oiseaux dont les notes éperdues s’essaim èrent dans\nles grands châtaigniers. Les toitures ardoisées et le campanile de\nl ’église p riren t des reflets d ’acier : 0n au rait dit les cuirasses d’une\narm ée de preux s’en allant, sous la débonnaire égide de leur\nprince, vers quelque lointaine terre promise. Les petites maisons\ns’éblouirent à la claire lum ière de ce m atin prestigieux et l ’air\ns’alourdissait des victorieuses floraisons s’épandant des jardinets.\nLe vert des volets encore clos sur le m ystère de ces habitations de\nrenoncem ents e t de vœ ux, s’apaisa...\n    De craintifs battem ents de volets se perçurent et des recluses\nse profilèrent en l’encadrem ent des fenêtres ouvertes. En elles\nsurg it un ravissem ent ignoré, un frisson de délicieuse résurrection\nles caressa et leurs âmes s ’ensoleillèrent d’un rayon d’immense\nespérance. Des sensations jusqu’alors inéprouvées les abîm èrent en\nune extase qu’elles ne ten tèren t pas de rom pre; la fallacieuse\ndésespérance du béguinage leur avait fait croire à la m ort de leurs\ncœurs et elles eu ren t peur de l’ineffable réveil de leurs tendresses\nendormies. Ce fut une volupté étrange, la sensation d ’un effleure­\nm ent de lèvres, d’une chute impérieuse, très lente, très douce, dans\nune vallée magique de bonheur éternel, puis un envol glorieux et\nlibérateur de leurs âmes vierges, délivrées des m ysticités vaines,\ndes félicités illusoires, vers les joies incom parables et réelles de\nl’Am our.\n"}, {"page_pdf": 243, "texte": "204                           LE   R ÉV EIL\n\n\n\n\n                        Rêve de Singes.\n\n          ’Cest en quelque jard in zoologique une cage spacieuse, au\n            grand a ir; au milieu une vasque d’où s’élance un je t d’eau\n            irisé au soleil; les branches noires d’un arbre zigzaguent\nsur le bleu du ciel; des cordes, des balançoires oscillent, accrochées\nsym étriquem ent aux barreaux supérieurs. Deux singes alertes et\ndeux guenons m aigrichonnes, l ’ironie aux lèvres plissées d ’une\nfaçon insolite, campés en des poses caricaturales, regardent, de\nleurs petits yeux griffés de m alignité, les bourgeois bariolés,\nextasiés devant leur cage. Le quatuor sourit à cette cocasse térato­\nlogie : femmes plantureuses, charnues, aux traits vulgaires ; hommes\nim pudem m ent boursouflés de stupidité, la face vineuse, assom m ant\nla galerie de réflexions saugrenues d’une radieuse vacuité; gommeux\nd’une sécheresse de cotret et d’une incurable bêtise ; jeunes filles\ndégingandées, enserrées en des toilettes tapageuses et très équivoques,\ntrav aillan t leurs m oindres gestes, le teint frelaté e t peinturluré;\nenfants piaillant leur adm iration avec une ténacité crisp an te....\nSuperbem ent indifférents à cette badauderie bourgeoise, les singes\ntournent le dos à la foule qui fo rt béatem ent continue à les consi­\nd érer, s’étalent sur le macadam de leur cage, puis sont envahis par\nun sommeil délicieux hanté de rêves orgueilleux où tran sp arait et\nla supériorité de leur race et la dégénérescence de leur hum aine\npostérité.\n                                               J o seph D e s g e n ê t s .\n"}, {"page_pdf": 244, "texte": "                   LE R ÉVEIL                                                   205\n\n\n\n\n               D ésolanees\n                         M on c œ u r est g a i, m o n c œ u r est tr is te ;\n                         I l v e u t a im e r et n e v e u t p a s ;\n                          C ar i l est la s, i l est très la s...\n                         M a is doucem ent fa ttio u r in siste .\n\n                                                    Gr ég ro ir e le Ro y.\n\n\n                                                            I\n\nA u x bois feuillus, des brises pâles\nE n cortège lent ont passé,\nE t leur envolement plissé\nA détaché les feuilles pâles...\n\nVoici l ’hiver au faste lourd\nQui s’abat sur l’orgueil des branches,\nE t des rigidités si blanches\nVêtent les arbres de velours.\n\nE t dans un long regret tranquille\nS ’immobilise la forêt\nM irant ses doux profils discrets\nA u miroir de glace immobile.\n\nS u r l ’or mat des couchants pâlis,\nDe gris, la forêt se profile.\nLe soir, veuf de regrets futiles\nL a vêt de très graciles plis.\n                                                           II\nChante maintenant les Printemps\nMon cœur....\n                       Une plainte indécise\nDans le soir de mon âme grise\nPleure la beauté des Printemps.\n"}, {"page_pdf": 245, "texte": "206                     L E RÉVEIL\n\n\n\n\n                                             III\n\n      Comme en un chant de fiançailles\n      C ’est un poème de baisers\n      E t des désirs inapaisés\n      A u cœur où l'extase tressaille.\n\n\n      L a valse des regrets dolents\n      Tournoie en mon âme plaintive\n      Où vaguement s'immobilise\n      L a splendeur des défunts printemps.\n\n                                             IV\n\n      Morte la pureté des roses\n      Mortes les blancheurs des grands lys\n      Où l ’âme des hivers pâlis\n      Se mire avec d’étranges poses...\n\n      E t mort le cantique des fleurs\n      S 'ouvrant au soir comme des lèvres\n      E t parlant de baisers très mièvres\n      E t de passionnantes pâleurs.\n\n                                              V\n\n      Ma Ville s’endort dans les soirs\n      A u x voix douces des angelus,\n      E n un calme de reposoir\n      E l songeant aux siècles vécus.\n\n\n      A u x ruelles les Saintes Vierges\n      Ont des gestes las de pardon...\n\n      Portant le deuil des Abandons\n      Vacille la lueur des cierges.\n"}, {"page_pdf": 246, "texte": "                  L E RÉVEIL                         207\n\n\n\n\n                                        VI\n\nII neige en mon cœur et décembre\nSanglote un bien amer sanglot;\nN u l rayon de soleil n 'éclot\nPour ensoleiller mon Décembre.\n\nOn dirait qu’une femm e pleure\nA u sanctuaire de mon âme\nOù nul chant vespéral ne clame\nE n la fu ite vite de l’heure.\n\n                                       V II\nE n le matin d’avril\nLe chœur chante — argentin — des clochettes matutinales\nLe gai renouveau rose des subtiles amours....\nE t dans le ciel doré c'est comme une tramée\nD ’un parfum musical s’éparpillant en l ’air,\nS i las, si frêle et si douloureusement clair\nQue les yeux de mon cœur se sont emplis de larmes.\n\n\nE t pressentant l ’étreinte amère des Alarmes\nMon âme a f u i vers le tutélaire manoir,\nE t par les vitraux peints regarde la campagne\nOù quelque printemps perfidement quiet stagne.\n\n                                      V III\n\nOr voici venir les Enfants :\nIls ont de grands yeux de surprise\nE t leur âme calme est surprise\nEcoutant mes refrains dolents...\n\n\nLeurs yeux sont purs comme leur âme\nIls ignorent toutes amours...\n"}, {"page_pdf": 247, "texte": "2o8                     LE   R É V E IL\n\n\n\n\n      S'étonnant de tout et toujours,\n      Que je voudrais avoir leur âme.\n\n      E t leurs beaux yeux de violette\n      Où sourit le lac de leur cœur\n      J e les voudrais, car la douceur\n      Des âmes d ’ange s 'y reflète.\n                                                  IX\n      C'est, loin, aux horizons de rêve\n      Rêvant sur la nocturne grève\n      Où s’immobilisait la mer\n      Un gigantesque souffle amer,\n      Un appel de géant qui clame\n      Vers les deux de suie où s'enflamme\n      Le grimoire d ’or des éclairs...\n\n      E t morts sont la lune et les astres\n      — Portant le deuil profond d’un si réel désastre —\n      L ’agonie et la mort des jours,\n      Le mièvre trépas de l ’amour\n      E t les caresses envolées...\n\n      E l nos amours d ’antan, lasses, s’en sont allées;\n      Les craintives nefs se hâtent vers les Lointains...\n                                                   X\n      Les jardins reverdis s'endorment dans le soir\n      E t les jets d'eau dolents pleurent d ’exquises plaintes.\n      Ce sont dans les massifs des calmes de reposoir :\n      Les frondaisons se parent comme pour un deuil de\n                                            [Sainte.\n\n      E t c’est dans les lointains un étrange concert\n      Qu’un vieux Faune barbu écoute avec surprise :\n      Un vespéral frisson passe sur les couverts,\n      Une musique vague chantonne en la brise...\n"}, {"page_pdf": 248, "texte": "                      LE R É V E IL                                            209\n\n\n\n\n    L a nuit a des douceurs, le soir a des sanglots\n    Dont l ’attendrissement se reflète en mon âme;\n    E t j ’ai de longs regrets pour le chant des jets d ’eau\n    Pleurant ses thrènes doux vers les couchants de flamme.\n\n                                                   XI\n    Un vol rapide dans l'air\n    A u clair de lune\n    Vers qui le jet d ’eau pleure une blanche Infortune\n    Les pâles Espoirs — ceux de Ja d is — ont passé\n    Comme une blanche théorie d ’irréels trépassés.\n\n                                                 X II\n\n     Une vapeur ternit le miroir de mon âme,\n    E t c'est un hymne pur de doux baisers de f e mme.\n\n                                               J ean        N o v is .\n\n\n\n\n                     VERS\n                                            P o u r M elle T h é r é s a B .\n\n\n\n\nDe par le vieux jardin de mon passé, des âmes,\nTrès paresseusement, des âmes sont venues\nSemant dans la douceur triste des avenues\nLes baisers oubliés et le parfum des femmes :\n\nE t toutes les chansons d'autrefois, si câlines,\nS i berceuses emmi la peine de mes songes,\nE t tous les lys fanés à l’heure des mensonges\nOnt transpercé ma nuit, comme des javelines.\n"}, {"page_pdf": 249, "texte": "210                        L E R ÉVEIL\n\n\n\n\n      L a candeur où dormaient les yeux des bien aimées\n      E t la sérénité de leurs lèvres graciles\n      — Cygnes s’en revenant de fabuleuses îles —\n      Ont rouvert en mon cœur les blessures fermées,\n\n      E n mon Cœur où passaient les Reines merveilleuses,\n      Les Reines aux yeux las qui regardent leurs rêves\n      S ’envoler vers l ’ennui mortel des froides grèves,\n      E n mon cœur déchiré par des mains orgueilleuses...\n\n      E t je cherche à nouveau le vain baiser des femmes,\n      Des lèvres embaumant l ’amour et le mystère,\n      Des manoirs où s’effeuille une chanson bien chère,\n      Loin du jardin de mon Passé, loin de ces âmes...\n\n                                             G eorges M ar lo w .\n\n\n\n\n                      Frêles Fleurs\n\n\n                        Le beau Page\n\n             « E n ton absence, ô mon beau page,\n             Désirs et rêves fabuleux\n             Hantent mon cœur qui se saccage.\n             Reviens, mon beau page aux yeux bleus !\n\n             E t comme moi les tours, dans l’aube,\n             Demandent an soleil frileux\n             Pourquoi mon page se dérobe!\n             Reviens, mon beau page aux yeux bleus!\n"}, {"page_pdf": 250, "texte": "                LE RÉVEIL             211\n\n\n\n\nE t garde ta pureté mièvre,\nCar la neige de ta pudeur\nFondra certes près de ma fièvre.\nOh! Reviens avec ta candeur! »\n\nMais le beau page amoureux d ’elle,\nLassé de lui faire la cour,\nLe beau page a quitté la belle,\nP uis oublié tout son amour.\n\n\n\n\n     L ’Amoureuse Légende\n\nGisèle, pure fleur de neige,\nPlus pure encor par sa blondeur,\nGisèle a déjà pris au piège\nDe sa blondeur, de sa candeur,\n\nA u piège d ’un sourire étrange,\nMaint frêle page au jeune cœur;\nLe page la trouvait un ange,\nE t l'ange répondait : Seigneur!\n\nS i bien que, trop rempli de zèle,\nOn voulait des baisers falots :\nLe freluquet aimait Gisèle\nQui se riait de ses sanglots.\n\nL'am our du page f u t trop claire;\nLe châtelain pieux eut soin\nDe l'envoyer fa ire lanlaire!\nMais le page n'en mourut point.\n"}, {"page_pdf": 251, "texte": "212                  L E RÉ VEIL\n\n\n\n\n                Les Primevères\n\n      O ta pauvre âme défleurie!\n      Pourtant n ’en suis guère marri :\n      Mais ne permets pas que je rie\n      De ton automne endolori.\n\n      Les primevères de ton âme?\n      Les primevères que de fois\n      Me furent sourires de fem m e!\n      Hélas! je n'irai plus au bois\n\n      Ceuillir de douces primevères\n      Pour des bergères de Watteau :\n      E t je suis comme les trouvères\n      Retrouvant vide le château\n\n      Où quelquefois leur belle dame,\n      Leur gente dame leur donnait\n      Les primevères de son âme\n      Sur le satin d ’un coussinet.\n\n                                   Georges   T ouchard.\n"}, {"page_pdf": 252, "texte": "                      L E RÉ V E IL                    2 13\n\n\n\n\n            C hansons de Viole\n\n                            I\n\n\nQuand tu viendras, p a r une des n u its pâlies\nqui pendent au ciel des lampadaires d ’or,\nquand tu viendras, ô M ignonne a u x joues p â lies,\nviens avec de folles chansons d'Ophélie\npour bercer mon cœur malade qui s'endort,\n\n\nA l’heure où le beau Soir lum ineux qui pleure,\ncomme un E tra n g er lent et m ystérieux\ndescend regarder à ma fenêtre, à l'heure\noù le Cor mélancolique et morne pleure,\nviens-t-en avec des mélancolies a u x yeux.\n\n\nN o u s serons seuls avec les étoiles blanches;\nelles te m ettront une aube pâle d'or\nau fr o n t; et de ta voix très douce qui dort\ntu chanteras des choses tristes et blanches\npour bercer mon cœur malade qui s'endort.\n\n\n                            II\n\n\nSois heureuse — M a is si lente neige la neige!\n— N e parle plus des hiers m ystérieux\noù passaient de pâles filles de Norvège\nen transparents cortèges\navec des extases tristes aux yeux;\nne parle plus des hiers m ystérieux.\n"}, {"page_pdf": 253, "texte": "214                        LE RÉ V E IL\n\n\n\n\n      L a neige croule en flocons lourds, en flocons lents.\n      — Su r un lac de neige où nagent des cygnes,\n      un E n fa n t royal rêve et te fa it signe,\n      derrière le voile étoilé de blanc,\n      sur un lac de neige où nagent des cygnes. —\n      L a neige croule en flocons lourds, en flocons lents.\n\n\n      Oh! sois heureuse — M a is si lente neige la neige!\n      — N ' écoute p lu s m a voix dolente d ’E njôleur\n      où sanglotent des chants d'amour, où s’arpègent\n      des mois diaphanes et frôleurs;\n      va-t-en p lus loin, avec des lys, avec des pleurs\n      et sois heureuse — M a is trop lente neige la neige!\n\n                                           T ristan K ling sor .\n"}, {"page_pdf": 254, "texte": "                                LE   R ÉV EIL                           215\n\n\n\n\n                    C H R O N IQ U E L IT T É R A IR E\n\n\n\n\n        G eorges R o d en ba c h . —      Bruges-la-Morte (1)\n\n\n            eGorges Rodenbach, le chantre a ttitré des antiques communes\n              flamandes dépeuplées, des béguinages aux corridors épais\n              de solitude, des carillons aux vieilles petites cloches s’égre­\n  nant, lasses, sur la cité en allée, nous parle encore de sa Bruges, de\n  B ruges-la-M orte, \" où tous les jo u rs ont l ’air de la Toussaint \" .\n     Dans son nouveau rom an, l ’auteur nous dit qu’il a voulu princi­\n  palem ent évoquer la Ville, comme un personnage essentiel, associé\n  aux états d ’âm e, qui conseille, dissuade, déterm ine à agir. Ainsi,\n  dans la réalité, cette Bruges apparaît presque hum aine. Un ascen­\n  dant s’établit d’elle sur ceux qui y séjournent.\n     E t c ’est sous l ’influence de cette Bruges, que vit Hugues Viane,\n  inconsolable depuis la m ort de sa femme. Il l’a ta n t pleurée, l ’inou ­\n  bliée, mais ne voilà-t-il pas qu’un jour, au th éâtre, il aperçoit une\n  danseuse : « m iracle presque effrayant d’une ressem blance avec\n. l’au tre, allan t ju sq u ’à l’identité ».\n     Or, invoquant vis-à-vis de lui cette justification de la ressem ­\n  blance, il se leurre sur le coupable am our qu’il ressent pour elle.\n  Amour éphém ère, pourtant, car un jo u r, sa m aîtresse s’étant raillée\n  des souvenirs de la m orte, pour lesquels Hugues professait un culte,\n  celui-ci s’élance... « Jane avait poussé un petit cri, un soupir, comme\n  le souffle d’une bulle expirée à fleur d’eau. É tranglée, elle tom ba...»\n     Dans cette étude passionnelle, — c’est plus une étude qu’un\n  rom an, — Rodenbach s’est surtout plu à analyser les impressions\n  tristes et quiètes qui se dégagent de cette Bruges aux quais déserts,\n  aux cygnes pâles flottant sur l’eau m orte, aux tours aux ombres\n\n\n   (*) Un volume. Librairie Marpon et Flammarion. — Paris. 3,50 fr.\n"}, {"page_pdf": 255, "texte": "2 16                             le    ré v e il\n\n\n\n\npesantes, et en cela il a pleinem ent réussi. Nous aimons moins les\ncaractères des personnages, celui de Hugues, par exem ple, un peu\ntrop sous l ’influence grise qui se dégage de la ville.\n    Si nous préférons peut-être l’auteur du « Règne du Silence dans\nd’autres productions, celle-ci cependant est loin d ’être une œuvre\nquelconque. Elle est bien en dehors des sentiers b attus, et dénote le\nra re esprit d’observation, le sentim ent ju s te des choses, qui o n t fa it de\nRodenbach un de nos m eilleurs contemporains.\n\n                                                     L o u is V é h e n n e .\n\n\n\n\n   C a m il l e L e m o n n ie r . —   La Fin des Bourgeois (*)\n\n\n             a caractéristique primordiale de ce livre nous paraît\n              être la vie tum ultueuse, exaspérée, quelquefois auda­\n              cieusem ent perverse et raffinée dont il déborde. La\npuissance créatrice si accentuée de Camille Lem onnier vient de\nnous donner une nouvelle œuvre de beaucoup de force dont la\nlecture laisse une impression indélébile. Le talen t et l’originalité y\nsont aussi largem ent déployés et avec autant d ’a rt que dans les\nœuvres devancières.\n  L’histoire de cette famille arrachée à la plèbe par des richesses\ninespérées, som brant ensuite en les plus basses ignominies, pour\nêtre enfin régénérée par un bâtard né des am ours d’un valet de\ncham bre avec la fille de ses m aîtres est élaborée d ’une façon saisis­\nsante et était bien de nature à perm ettre à Camille Lemonnier\nde dépenser avantageusem ent une partie de sa fécondité, de son\nindéniable talen t. Incontestablem ent le sujet com portait des déve­\nloppements capables de chatouiller la pudibonderie de certaines\n\n\n  (*) Un volume chez Dentu. — l ’aris. — 3,50 fr.\n"}, {"page_pdf": 256, "texte": "                                   L E R É V E IL                               2 17\n\n\n\n\nâm es, mais ces développements sont faits avec ta n t d’a rt, la langue\nen est si opulente, si libérée des banalités courantes qu’ils im posent\nl’adm iration. Certains critiques étaleront sans doute une pruderie\nfactice plutôt que de se débarasser une bonne fois des préjugés\ninvétérés qui font considérer les créations libres comme dénuées\nde qualités et absolum ent étrangères à l’a r t. Quoi qu’il en soit\n« La F in des Bourgeois » est une œ uvre appelée, croyons-nous,\nà un beau succès.\n                                                    J o seph De sg e n ê t s.\n\n\n\n\n             J u le s   S a u v e n iè r e .   — Hild-hyllia.\n\n\n            eci n ’est pas le prem ier ouvrage de M. Sauvenière : il a\n             déjà donné un dram e, L a Ferm e des A u ln e s , — que je\n             reg rette de ne pas connaître, — et deux poèmes, S in a ï et\nAndrom ède, — combien lam entables! — que je passerai sous silence,\n(il en a été question jadis en les « Essais »). — Mais pour H ild -\nh yllia sa n ature s ’est com plètem ent transform ée, et avec elle sa\nconception prim itive de la Poésie, ses idées antérieures sur l ’A rt.\n    P o u r ju g er convenablem ent cette œ uvre, il faut se placer au\npoint de vue de l’auteur : il a voulu écrire un dram e lyriq u e,\n « essayer pour le T héâtre d’opéra une formule qui réponde aux\nprogrès de la polyphonie m oderne; » et, tandis que s ’encanaille, —\nsi je puis m ’exprim er ainsi, — le th éâtre de la Comédie, garder au\nthéâtre Lyrique la grandeur tragique si grande, l ’enveloppe si\nbrillante, les impressions si nobles que nous lui trouvons dans la\nTétralogie par exemple. Bref, ten ter de concevoir une œuvre qui,\nbien que procédant de W agner, ne fut pas sienne, mais personnelle,\noriginale, te l était le but de M. Sauvenière.\n   Le sujet d'H ild -h y llia est une légende sym bolique, créée de\ntoutes pièces p ar l ’imagination de l’a u te u r; — les noms des\npersonnages seuls sont em pruntés à la poétique d’Ossian, —\n"}, {"page_pdf": 257, "texte": "218                          L E R É V E IL\n\n\n\n\nJe n ’en saurais mieux donner la quintessence que ne l’a fait mon\nconfrère M. Aug. Jeunehomm e (de la Revue Blanche) :\n   « Le glaive runique, ;— symbole de la Force — légué par T ren ­\nm or, fondateur de la puissance calédonienne, passe à ses héritiers\navec le pouvoir de l ’aïeul, et quand Fingal, son descendant,\nle brise, c’est aussi sa race qu’il brise, et avec elle, son\nautorité royale dont la principale force dérive de l ’héridité. Mais\nl’ombre de la reine R oscrana viendra reforger les tronçons de l’arme\nem portés p ar le fils et alors, en Ryno fortifié, ren aîtra l ’espoir de\nconquérir le pardon. Or la F atalité le détourne; il va quérant\nH ild-hyllia, la W alkyrie aimée, cause involontaire de ses m alheurs,\net la sauve de la m er prête à l ’engloutir; elle veut l ’entraîner vers\nles splendeurs du W alh alla, mais l’Homme l ’a possédée et, p ar elle,\ndésormais soumis à son pouvoir le principe divin.\n    \" Cependant, le glaive brisé, bientôt fut détruit le palais de\nF ingal, Sélama, autour de laquelle gravite toute l ’actio n ,— symbole\nde la Gloire. Là se trouvent les trophées des ancêtres, c’est Sélama\nqu’évoquent des guerriers dans les combats, qu’ils chantent en la\nvictoire, et c’est un tison de ses portes incendiées, jeté aux pieds de\nR yno, qui ressuscitera le souvenir des gloires du passé et réveillera\nsa vaillance ; il ira alors, arm é du glaive de Trenm or, vaincre les\nhéros et réédifier la puissance paternelle. Mais — ainsi l ’a voulu le\nso rt, — il est blessé et m eurt, \"\n    Voilà, en quelques mots, la légende de M. Sauvenière : Ryno\npersonnifie la Volonté ardente s’acharnant à la poursuite de son\nIdéal, H ild-hyllia, la F atalité, qui veut le détourner de l’accom­\nplissem ent de son devoir, et aux séductions de laquelle il résiste\nvictorieusem ent. A utour de ces deux personnages, outre Fingal\n(l’Autorité) et R oscrana (la famille), viennent s’en grouper d’autres,\n sym bolisant l’Am itié (Gaul, M invane), la Religion (le Druide du\n Crom la, les Bardes), la Haine (Swaran), la Vengeance (Cran ­\n tara). —\n    Dans la versification, l ’autenr a visé à l’originalité; il a voulu\n rendre p ar un vers tourm enté, haché, néanmoins sonore et souvent\n fort harm onieux, la sensation de m alheur, de te rre u r presque, qui\n plane, qui pèse sur tout le dram e. Écoutez ce beau début du Ve\n Acte, (H ild-hyllia parle) :\n"}, {"page_pdf": 258, "texte": "                                L E R É V E IL                                     2 19\n\n\n\n\n   Vos cœ urs! vos cœurs d 'a ira in ! E s t morte l ’espèrance.\n  Un crépuscule amer déployant sa souffrance\n  emprisonne mes y e u x ..., mon cœur et ses p en sers...\n  P a r u n f r o i d sépulcral tous mes membres glacés\n  se fig e n t!... E t se m eu rt — à son rêve — mon A m e !...\n  Un p a la is ra d ieu x s'écroule et — noirs lam beaux —\n  roule en de noirs néants d'où germ ent des tombeaux\n  su r une lande a rid e ... E t m e u rt, se m eu rt mon A m e\n  à son rêve... Oh mon Oiel qu'un F o l D ésir p e r d it\n  au Vœu d'une H eure É lu e .... a u jo u rd ’h u i toute m o rte !...\n\n   — Sans avoir l ’am pleur de conception et la portée des opéras\nde W ag n er, — sous l ’influence desquels elle a été conçue, —\nH ild-hyllia est une œuvre personnelle et forte.\n   Son au teur, dont le talen t s’est révélé sous un aspect nouveau,\nest un trav ailleur, un artiste sincère, qui m érite toute notre\nsym pathie.\n   E t en term in an t cette analyse, p eut-être trop brève, trop super­\nficielle, je souhaite à M. Sauvenière, et je ne suis pas le prem ier à\nle faire, — de trouver en Belgique un W ag n er, pour la réalisation\nde son rêve.\n                                                 R o d r ig u e S é r a s q u i e r .\n  M a i 1892.\n\n\n\n\n        C a tu lle   B lé e .   — Chansons pour Mime.\n\n\n         eaucoup de jeunes poètes traiten t bien singulièrem ent\n          la Fem m e et l ’Am our, c’est à dire la source même de\n          toute poésie.\n  Je n ’entends point faire procès de tendance; mais indépendam­\nm ent de toute idée d ’école ou de chapelle, je trouve révoltant ce\nsadisme m ystique et impuissant, où m alheureusem ent se com­\nplaisent beaucoup de bons esprits littéraires, en parlant de ces deux\n"}, {"page_pdf": 259, "texte": "220                             L E RÉ V E IL\n\n\n\n\nchoses sacrées qui synthétisent le Beau, les seules, hélas, qui nous\nresten t à a d o rer, puisque nous avons perdu toutes nos idoles, ju sq u ’au\nBien, jusqu’au V rai même ! Nous ne savons plus généralem ent aim er\nla vie pour la Fem m e, ce qui est après tout, la suprême sagesse! —\nnous ne comprenons pas que le poète est fait pour aim er sa m aîtresse\net la chanter, et que cela suffit en somme !\n    Q’on ne nous parle pas de prosternations respectueuses : Les dé­\nvotions à la Femme sacrée, à l ’Am our, doivent être riantes comme\ncelles à K ypris ou Bacchus, couronnées de pam pres, agitant des\nth y rses, au son des péans, non des thrènes.\n    C’est ce qu’a bien compris Monsieur Catulle Blée, qui est un très\n p u r et grand artiste. Ses vers sont de ceux qu’on relit m aintes fois :\n\n\n                 Oublions to u t, laissons nous vivre\n                 comme de pauvres sans cervelle!\n                 la sagesse n ’est que d ’être ivre\n                 chaque jo u r d ’une am our nouvelle!\n\n\n                 E t su r des bouches que demain\n                 nous ne connaîtrons même p lu s ,\n                 ceuillons avec ta fle u r , carm in,\n                 l ’oubli des rêves révolus!\n\n\n   C’est v rai, nous ne les connaîtrons plus dem ain, celles qui nous\nau ro n t versé l ’ivresse. Mais l’Amour nous restera.\n   Ces adorables chansons — et très profondes — consolent déli­\ncieusem ent des tristes rabâcheurs d'en fa n ts fr ê le s de mes songes,\nde princesses de silence, de mauvaises reines, et de leurs dégoûts\nd ’eunuques.\n\n                                                    F r édér ic F r ic h e .\n"}, {"page_pdf": 260, "texte": "                              LÉ REVEIL                             2 21\n\n\n\n\n                  L éon D o n n a y . —    Sérénité.\n\n\n        S\n        i vous trouviez de la douleur et des larm es dans mon livre !...\n         C ertainem ent, et beaucoup; et la douleur que j ’y trouve\n         n ’est pas im aginaire, maladive, lam entable, comme celles\nque nous dépeignent les poètes pâles et fades ; la douleur que nous\nfait sentir Mr Donnay est celle des hum bles, des « derniers, » la\ndouleur vraie, en son âpre réalité. C’est là ce qui constitue l ’origi­\nnalité de son livre.\n    Une série d’esquisses rapides de la vie hum aine, avec ses douleurs\net ses peines, ses ridicules et ses ironies; de scènes vues, vécues,\nparfois étranges, toujours tristes ; voilà Sérénité.\n    Dans la plupart de ces pièces, l ’effet cherché ne pouvait être\nmieux atteint. — P ourrait-on im aginer plus grande pitié que celle\ndu \" Barnum \" pour le phoque en papier m âché qu’il exhibe, que\ncelle de ce m isérable pour la pâte qu’il a peut-être pétrie lui-même?\nQuel so rt plus triste que celui des poissons rouges, condamnés à\nv irer éternellem ent en leur bocal de v erre, alors que sur l ’étang,\nDieu « dit au nénuphar de fleurir et de faire un peu d’ombre sous\nl ’eau, les jo u rs de grand soleil? » — E t quel désespoir d’am our plus\nimmense que celui d’une filette de treize ans, que l ’on voit, « pour\nles beaux yeux d’un collégien, m ourir comme Ophélie !___ »—\n    Le style de Mr Donnay est net, concis, — parfois trop concis peut-\nê tre ; — les phrases sont courtes; pas un m ot qui soit inutile. P our\nen donner un exemple, je citerai cette piécette :\n\n\n                                Croquis\n\n\n                              Une place,\n                               à l'aube.\n                          Une fo u le imbécile.\n                     D eux m ontants parallèles.\n                              Un couteau.\n"}, {"page_pdf": 261, "texte": "222                             L E RÉ V E IL\n\n\n\n\n                      Voici q u ’une porte s'ouvre,\n                     voici q u ’on traîne u n homme,\n                         voici qu’i l s ’agenouille\n                        et que le couteau tombe.\n                            Justice est f a i te !\n\n   E n somme, un livre original à la fois comme conception et comme\nexécution, un livre qu’il faut relire et m éditer; et où perce beaucoup\nd’émotion, m algré la « superbe indifférence » dont s’accuse l’auteur,\nen sa préface.\n                                         R o d r ig u e   S é r a s q u ie r .\n\n      J u in 1892.\n"}, {"page_pdf": 262, "texte": "                                          L E R É V E IL                                        223\n\n\n\n\n                               TABLETTES\n\n          A tra v ers l e s R e v u e s             faveur de « Un Hollandais à Paris en\n   Comme lim inaires, deux publications             1891. » —\ndont il n ’a point encore été question ici :           En L e M ouvement L it t é r a ir e un ar­\n   Les É c r i t s p o u r l ’A r t (6e année, 2e   ticle de Raymond N yst sur « Comment on\ntrim estre), où nous relevons : A ltruism e         devient Mage » du Sâr Péladan, des\npar P ierre Dévoluy (qui annonce un                 Proses Morbides de José H ennebicq et des\nvolum e de vers sous ce titre : Bois ton            vers d’Arthur Dupont. —\nsang), des vers de G. et J. Couturat,                  Dans la R ev c e G én ér a le nous rele­\nH enri Corbel, Em . Delbousquet, et des             vons : Un Journal du 21e siècle, par\nDonnées Évolutives de R ené Ghil ; — et             Georges Kaiser, et Le Crépuscule des\nL e C h a t- H u a n t, chat noir Bordelais,        Bogatyrs, de H ector Hoornaert, (des\ntout plein de chansons et de jo lis vers,           Ballades Russes à paraître prochaine­\nparmi lesquels : Aliptes, de Laurent                m ent). —\nTailhade, L a chanson des Paradons par                 L a S y h in x nouB donne des vers de\nLouis Lavigerie, Complainte Ethéréenne              MM. Paul Souchon, P ierre Louys, G.\nde AG-Yo-Bé, Ballade des Renouvelles                Bonnam our, Joachim Gasquet, et de\nassoifances par Valmy Fraisse, Fragment             notre collaborateur Lucien De Busscher\npar Léon E scalus.                                  (Jean Novis); en prose, un fragm ent de\n    A ux E ssais s e s J eunes sont à citer         L a Fin des D ieux d ’H enri M azel. —\nles m êmes noms qu’en les É crits pour                 L a R e v u e I n d é p e n d a n te publie dea\nl ’A rt : R ené Ghil, P ierre D évoluy, E m .       extraits de « Bois ton Sang » de P. D é­\nDelbousquet et encore MM. Gabriel                   voluy. Citons aussi : Fragment d ’un\nDucos et Jean Maur. —                                drame (***), un article sur N icolas Lenau,\n    A lire dans Ch im è r e la suite de l ’étude     et une critique deB Cygnes de F . V iélé-\nde Paul Redonnel sur le Socialisme inté­             Griffin. —\ngral, une prose de A. Grillon, des vers                E n L e S y l p h e de Mai, L a Denteliére\nde Ch. Frappart et Jean Court. Sous la               de Bruges par Ch. F uster, et, de Maurice\nrubrique \" Pédantisons! \" oh! oh! oh!                R ollinat, l ’original sonnet que voici :\nque d’érudition, confrère, que d’érudi­\ntion ! —                                                         A u C r é p u s c u le\n    A u sommaire de L ’E rm ita g e , des vers\nde Paul V erlaine, Stuart M erill, Louis               Le soir, couleur cendre et corbeau,\nLe Cardonnel, et une prose d’Henri                     Verse au ravin qui s ’extasie\n Mazel, L'Eponym e. —                                  Sa solennelle poésie\n    Il faudrait citer sans exception aucune            E t son fantastique si beau.\nles articles du M e r c u r e d e F r a n c e ;\n                                                       Soudain, sur l ’eau morte et moisie\nceuillons cependant : Les chants d'Ofeg,\n                                                       S'allum e, comme un gra n d flambeau\n de Ola Hansson (Jean de N é th y , trad.);\n                                                       Qui se lève sur un tombeau,\n Les Héroïnes, trè s remarquables vers de\n                                                       L a lune énorme et cramoisie.\n Jean Lorrain; des études de R em y de\n Gourmont sur les Poètes Hétéroclites ; de             E t tandis que dans l ’air sanglant\n P . Quillard sur H enri de Régnier, et un.            Tout sort de l'ombre : moulin blanc,\n plaidoyer éloquent d’Allred V alette en               Pont ja u n i, verte chénevière,\n"}, {"page_pdf": 263, "texte": " 224                                            L E RÉV EIL\n\n\n\n\n   On voit entre les nénuphars                            trop s ou ven t n o u s oublier : Dame, cela\n   Moitié rouges, moitié blafards,                        pourrait se gagn er!... C h a n t e c l e r .\n   Flotter l'âme de la rivière.                                            Notules\n                         M a u r ic e R o l l in a t .\n                                                            Nous avons assisté le mois dernier à\n     A lire encore : dans L e B l ü e t , Le             une intéressante conférence de M. E .\n pèlerinage par Arm. Silvestre, et dans                  Discailles à la \" Société générale des\n L e Coin du F e u , Les quatre Collégiens de            Etudiants, \" Le sujet : « Charles Rogier\n la ville de X ***, par Mardi-gras. —                    avant 1830 » offrait plusieurs poin ts\n    Dans L a R e v u e M o d e rn e (25 Mai)             curieux et caractéristiques, notamm ent\n L ’enfance du Précurseur, d’H enry de                   le Rogier poète ou versificateur, comme\n Braisne, Sonnet à Cynthie (d’après P ro­                l’on voudra.\n perce) par H enri Corbel; Le dolent baiser,                11 serait superflu de dire tout le plaisir\n poèm e en prose d’A lbert Patron (un nom                qu’on éprouve à écouter des conféren­\n à retenir) et Arlequin chez Pierrot, comé­              ciers comme M. D iscailles.\n die de Joanny Bonichon. — E n le fas­\n cicule du 20 Juin (numéro double,) à                       Le Cercle Artistique et Littéraire ne\n citer : leB articles de MM. Jean Rameau,                chôm e guère.\n Ch. Bourget, E ug. Tavernier, Henry de                     M. Ceuppens y exposait, il y a quel­\n Braisne, A lb . Sérieys. —                              ques jo u rs des œuvres (blanc et noir)\n    V oici L a J rune B elgique de Juin                  fort remarquables. Toutes n o s félicita­\n avec, au sommaire : E ug. Demolder,                     tions.\n Chœur d ’Anges; Maurice Desom biaux,\n Mon cœur dans la caverne de la haine;                     Notre collaborateur Géo Mauvère et\nValère G ille, Vers; G. Eekhoud, (trad.)                 M. Simon Haux viennent de faire éditer\n Lam ort de l'évêque Nicolas; Fr. A ccin elli,           à Namur une Romance de réelle valeur :\n L a danse des rythmes; A lb. Giraud, Lettre             « Quand les brouillards seront venus. »\nà M , Anatole France. —\n    A voir dans L e M agasin L it t é r a ir e             Pour paraître prochainem ent chez\naussi, des Ballades Russes de M . H ector                Lacomblez, éditeur, rue des Paroissiens,\nH oom aert, et Choses d 'A rt par Maurice                Bruxelles, un volum e de J. D elville :\nBekaert. —                                               « Les Horizons Hantés » (3 francs en\n    E n leB derniers n os d e RouEN-ARTisTE,             souscription).\nL a Ballade des Anciens Nègres, par J.\nDoucet ; Pour l ’amie intime, par Catulle                   Nous rendrons com pte en notre pro­\nBlée; Paysageroux, Séparation, d'Hugues                  chain fascicule du livre de vers de M.\nDelorm e et Pour la plèbe de Louis L e­                  M ichel F élin e : « L'Adolescent confiden­\ncom te. —                                                tiel. *\n   Enfin L e Sil l o n , avec : Aug. Chey­\nlack, Serment; M.. Spronck, Conclusion;                     Le mois d’A oût verra éclore en notre\ndes vers de H. d’E rv ille, J. Bonnet, E.                v ille un nouveau journal artistique et\nBouhaye, G. Lautaud. — E t L a L ib r e                  littéraire (hebdomadaire) : \" l ’A u b e , \"\nC r it iq u e . —                                           II se vouera à l ’art jeune et indépen­\n   Mais, Sœur A nne, où donc L a Cr oi-                  dant.\nsade et F lo r éa l , e t L a F rance Mo­                                    *\nd e r n e , et L a R evue R ose , et La R evüe              Erratum : En le R éveil de Juin , an\nB elge de nostre avunculus très-cher?...                 2e vers du Sonnet de M. Deffernez, au\n    Nous prions c e s revues de ne point                 lieu de La Sirène, lisez Ta Sirène.\n"}, {"page_pdf": 264, "texte": "                 Bureaux de vente du R É V E I L :\n\n  •G a n d .          — Ad. H oste, rue des C ham ps, 4g.\n                        L ib rairie U niverselle, rue C ourte du J o u r.\n                        Mme Otte, rue de F landre.\n  B r u x e l l e s . — Jérôm e-D olfger, G alerie de la R eine, 32.\n  L iè g e .          — D ’H eur, rue P o n t d’île.\n\n\n\n               PUBLICATIONS RECOMMANDÉES :\nL e B l u e t . — m —- R ue Croix des P etits C ham ps, P aris.\nL e C h a t - H u à n t . — h — R ue V ieille T o u r, 21, B ordeaux.\nC h i m è r e . — m — Cours G am betta, 52, M ontpellier.\nL a C l o c h e . — b.m — R ue S t. Placide, 3g', P aris.\nL e C o in d u F e u . — m — R ue N euve, 25, V erviers.\nL a C r o i s a d e . — m — R ue Mexico, ig, L e H âvre.\nE c r i t s p o u r l ’A r t . — P a ra ît 3 fois p a r an. — R ue L au risto n\n      P a ris.\nL ’ E r m i t a g e . — m — R ue de V arennes, 26, P aris.\nE s s a i s d e J e u n e s — m — R ue de la Concorde, 2, T oulouse.\nF l o r é a l . — m — R ue S t. R ém y, 22, Liège.\nL a F r a n c e M o d e r n e . — b.m — F aubourg du N ord, 15, M arseille.\nL a J e u n e B e l g i q u e . — m — R ue P otagère, 64, B ruxelles.\nL a J e u n e F r a n c e . — h — R ue du Cardinal Lem oine, 61, P a ris.\nL a L i b r e C r i t i q u e . — h — R ue S ouveraine, 37, B ruxelles.\nL e M a g a s in L i t t é r a i r e . — m — R ue H au t-P o rt, 52, Gand.\nL e M é p h i s t o . — h —■ R ue du L om bard, 28; A nvers.\nL e M e r c u r e d e F r a n c e . — m — R ue de l’É chaudé-S ‘-G erm ain,\n       15, P aris.\nL e M o u v e m e n t L i t t é r a i r e . — b.m — R ue des M inimes, 13,\n      B ruxelles.\nL e M o u v e m e n t S o c i a l . — b . m. — Maison du P euple, B ru x elles.\nL a R e v u e B e l g e . — b.m — P lace de la S ta tio n , 10, L o u v a in .\n                 _                   ( R ue des M artyrs, ig, P a ris.\nL a R e v u e B la n c h e . — m —   \\ „               ,       T -,\n                                     ( R ue de l O uest, 74, Liege.\nL a R e v u e G é n é r a l e . — M — R u e T reu ren b erg , 16, B ruxelles.\nL a R e v u e I n d é p e n d a n t e . — m — R u e des P y r a m id e s . 12, P a r is .\nL a R e v u e M o d e r n e . — b.m — R u e O rdener, g6, P aris.\nL a R e v u e R o s e . — h — Place du T h éâ tre, 12, L iège.\nL a R e v u e U n i v e r s i t a i r e . — m — R u e C o e n ra e ts , 54, S 1 G illes.\nR o u e n - A r t i s t e . — R u e G rand-P ont, 4, R o u e n .\nL e S i l l o n . — m — R u e de C habrol, 31, P aris.\nL e S y l p h e . — m — R ue de la G are, 2, V oiron (Isère).\nL a S y r i n x . — M . — R ue Lacépède 27, Aix (Provence).\n\n                                  M     = M ensuel.\n                                 b .m   = Bi-M ensuel.\n                                  h     = H ebdom adaire.\n"}, {"page_pdf": 265, "texte": ""}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 7, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1892-07", "signet_source": "Deuxième année - N°7 - Juillet 1892", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 230 (« Deuxième Année. N° 7. JUILLET 1892 »). PDF 265 : page blanche.", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}