{"numero_id": "ulb-reveil-1892-09-n9", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "articles": [{"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-001", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Deuxième Année — N° 9 S E P T E M B R E 1892", "ancre_fin": "FRANÇAIS", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 302, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 227, "texte": "Deuxième Année — N° 9                                     S E P T E M B R E 1892\n\n\n\n    LE\n       RÉVEIL\n           P U B L IÉ E S O U S L E S AU SP ICES DU C ERC LE L IT T É R A IR E FRANÇAIS\n\n\n\n\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-002", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOM M AIRE R aym ond N y s t", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 302, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 227, "fin_caractere_exclue": 1467, "texte": "SOM M AIRE\nR aym ond N y s t.           . . A u x fém inités errantes.      '\nP a u l G érard y.           . . Prière N oire.\nEdm ond R a s s e n fo s s e      Chansons.\nG eo rges E ekhoud.            . L e s P rétendants à la Couronne.\nG é o M a u v è r e . . . G alam m ent.\nG e o r g e s T o u c h a r d . Fleurette.\nL ouis V é h e n n e . . Poèm es m ystiques.\nG e o r g e s M a r lo w .    . L ied . — Tes Y eu x.\nV a lm y B a y s s e .       . . Tristesse.\nL a T é te a r c h ie        . . Ballade pour célébrerles Oncles du temps\n                                    de Charles X .\n                                                  C HR ON IQ UE L IT T É R A I R E .\n                           | P ie r r e Dévoluy : B ois ton Sang.\nR odrigue S éra sq u ier . ^ H ector H oorn aert : B allad es Russes.\nLouis V é hen ne . . . .     Ar t h u r De t r y : Contes à ma p etite Rose.\n                                         Tablettes\n\nAbonnement : Belgique, un an 5 francs, (Pour l’étranger, le port en sus).\n                        L e numéro : 50 centimes.\n    Rédaction : Marché aux Grains, 7, GAND.\n                                TOUS DROITS RÉSERVÉS.\n\n\n               G and, imp. à vapeur F. M èyer-V an L o o, rue de Flandre, 66.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-003", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "P o u r rappel. —L es B ureaux du R é v e il", "ancre_fin": "à la rédaction.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "BOITE AUX LETTRES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 303, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 1503, "texte": "P o u r rappel. —L es Bureaux du R é v e il\n  sont transférés M a r ch é a u x G r a in s , 7 .\n\n\n                      LE R ÉV EIL\n      REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE & D’ART\n\n        P U B L I É E S O U S L E S A U S P I C E S DU C E R C L E L I T T É R A I R E F R A N Ç A I S .\n\n\n\n            PRINCIPAUX COLLABORATEURS :\n  Ludovic Ag-Yo-Bé, Albert Arnay, Valmy Baysse, Catulle Blée, Edm. Deffer­\nnez, Ch. Delchevalerie, E ugène Demolder, Joseph D esgenêts, Maurice Desom-\nbiaux , P ierre Devoluy, Carlos dn E ay, A rthur Dupont, Georges Eekhoud,\nCharles Frappart, Frédéric F rich e, Paul Gérardy, Iwan Gilkin, Valère Gille,\nArnold Goffin, Pierre Hancart, José Hennebicq, Gustave Kahn, T ristan K lin g ­\nsor, Hubert Krains, A lfred Lavachery, Camille Lemonnier, Grégoire Le\nKoy, Léon Lucy-Mar, Paul M., Maurice M aeterlinck, Georges Marlow,\nGéo Manvère, F rancis N autet, Jean N ovis, Raymond N yst, Edmond Rassen-\nfosse, Paul Redonnel, Georges Rodenbach, Fernand R oussel, Rodrigue Séras-\nquier, Fernand Séverin, Charles S luy ts, Hubert Stiernet, Georges Touchard,\nLouis Véhenne, A uguste V ierset, Adolphe W estermann, etc.\n\n\n\n\n     L e R éveil ne publie que de l’inédit.\n\n    Les manuscrits ne sont pas rendus.\n\n    Les collaborateurs sont responsables de leurs articles.\n\n    Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire\nparviendra à la rédaction.\n\n     Les journaux ou revues qui désireraient faire l’échange sont\npriés de s’adresser à la rédaction.\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-004", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Rod. 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La coupe des sou­\n          venirs est devant moi, et je la regarde, et je les prends un\n          à un et je les caresse. Les tristesses en sont toutes ôtées et\nla coupe est fastueuse et sereine comme un riche horizon d ’automne.\nLes diam ants, en monceau, y sont les larm es de joie et la limpi­\ndité de la jo ie; les ém erandes et les turquoises y sont les claires\nm atinées fuies au fond des bois verts et au long des longues routes\nsous le ch arm an t azur; les rubis y sont leurs bouches et l’am our\nsilencieux bouche à bouche; les ivoires et les perles y sont leurs\ndents qui s ’abandonnent, et leurs yeux comme une nacre, qui\ntrem blent en tre les cils sous le doux frém issem ent des paupières...\nOh! qu’elles étaient belles ! et comme du soleil, et de la chaleur,\net de la rosée sont restés à mes doigts de les avoir touchées! Mes\ndoigts grossiers se décorent et s’affinent sous l ’œil de mes souvenirs,\nla chair en devient translucide et vermeille et il me semble que j ’ai\ndes doigts de dieu pour caresser vos souvenirs! Les topazes y sont\nles vins sucrés qui adoucissent vos lèvres pour les soirs joyeux, et\nles moissons que nous avons longées au hasard de la recherche d’un\ntoit caché d ’am our; ce diam ant noir est une nuit dans la forêt :\ntalism an magique et m émorial : un essaim d ’étoiles rayonne autour\nqui se m ire en un plan lisse de lac et le cœ ur de la plus aimée qui\nbat, de peur du silence auguste, fait frisonner la surface de cette\neau. Tous ces reflets sont vos j e u x , vos yeux de joie ou de rêverie :\nvos yeux de jeunes filles, vos yeux de gaîté, ornés de longs cils qui\nse dressent comme un printanier bourgeonnem ent de futaie devant\nun ciel d’aurore! Vos yeux de femmes, vos yeux de songes que les\ncils abritent comme un lac que magnifie l ’ombre pompeuse des soirs\n"}, {"page_pdf": 305, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2397, "texte": "258                            L E R É V E IL\n\n\n\n\n couchants ! Toute cette lum ière qui étincelle et flotte sont vos\n sourires! frais comme des souffles de victo ire... Les ciselures d ’or\n et d ’arg en t de la coupe sont les nœuds et les fines dentelles p ar­\n fumées de vos grâces dévêtues... Oh! qu’elles étaient belles! Je vous\n revois : vous aim ant entre vous pour l ’am our de moi, je vous revois\n sans jalousie danser ensem ble, — égalem ent belles, — égalem ent\n aim ées, — vous souvenant de moi! Je vous revois me plaisant\n comme jad is, je vous revois comme jadis vous plaisant à me plaire\n — car il n ’y a dans cette coupe que l ’image des bons jo u rs...\n Vos robes m ulticolores, aux couleurs de vos hum eurs, c’est parées\n de celles-ci que vous dansez à travers les opales; lès yeux et les\n doigts de souvenir de ma pensée e rre n t entre vos corps diaphanes\n et je suis dans les robes et les chevelures qui flottent autour de vous;\nje suis dans vos ciels d’opâles et je suis dans l ’air que frôlent vos\n danses; et je suis comme l’air d’un jardin où l ’azur du ciel très\n lum ineux serait le bas de vos robes traîn an tes, où je serais le vent\n parm i des verdures légères, et des fleurs parfum ées, qui caresse. Ma\n lourde chair cependant, et mon lourd souvenir d’homme, encore\n qu’ils n ’ont été le vent subtil, sont restés transpercés de vous!\n Je suis to u t parfum é, je suis tout parfum é de vous. Regardez comme\nmon corps s’est embelli à se modeler pour les vôtres; écoutez comme\nj ’ai harm onisé ma voix ; vous avez passé dans moi comme des\naccords sur une lyre ! Vous dansez au doux son de la musique de\nm a m émoire! Je regarde la coupe des souvenirs que mon âme\néclaire m aintenent comme un soleil de midi. Joyaux, vous rayonnez\nde la chair, et des regards, et des ry th m es! Debordez sur mes doigts\ncomme du lait chaud de m amelles! Riez dans mon sang comme\ndes jours heureux, de vos flèches d ’or!\n    Souvenir, je veux votre joie seule!\n    Cette coupe est débordante de gaîté !\n    Je veux prendre cette coupe en m ains, et des deux bras contre\nma poitrine, la p o rter comme un panier de vendange, sous le soleil !\n    E t par les sentiers, et par les bois, et par les prés, et les nacelles\nsur les lacs, je vous verrai revenir vers moi, sans ombre dans vos\nrobes diaphanes...\n    Mais vous faites plus d’ombre que les arbres et les collines, de\nvos corps frêles!\n"}, {"page_pdf": 306, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 911, "texte": "                              L E RÉV EIL                            2 59\n\n\n\n\n    Tenez, belles, c’est des larm es que j ’ai pour rem plir une coupe ;\nmais légères et scintillantes, qui rayonnent sur l’étendue de mon\nâme comme les étoiles sans l ’espace .. C entre d’une ténèbre étoilée\nd ’am our, étoiles d ’am our, je vous regarde dans la nuit pure,\ndiam ants évaporés de ma coupe, je vous regarde rêveur et triom phal,\net le pied perdu dans l’obscurité de cet astre qui est la terre, mon\ncœ ur s’étire vers les innombrables constellations de vos regards\nqui me reg ard en t : m a peine est d’être chétivem ent en un point\nborné de l’espace, sous vos regards aux douces souvenances, mais,\ndu talon j ’écrase le phallus obstiné, dans le m arais ténébreux de\nla te rre , et mon âme est avec Vous dans les cieux...\n\n                                                R aymond N y s t .\n\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-006", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 259, 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de mon front,\n       E t de ma lassitude, de ma tonte faiblesse\n       S'éplorant sur ma vie en stérile détresse.\n"}, {"page_pdf": 307, "page_imprimee": 260, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1565, "texte": "2 60                           LE RÉ V E IL\n\n\n\n\n       Seigneur soyez la guérison\n       Du mal en ma tête qui brûle;\n       Soyez la paix, soyez le berceau pour mon front\n       E t pour vies nerfs qui grincent et mes os\n       E t toute la souffrance enclose sons mon crâne.\n\n       Seigneur ayez pitié de l'ombre qui s’entasse\n       Qui s'entasse et s’agite et qui grouille en mon fro n t\n       Où l ’image confuse sur l ’idée douloureuse\n       S'impose en linceul de ténèbres à jam ais;\n       Ayez pitié de l'ombre s'amassant dans mon fro n t,\n       De l'ombre, châtiment de l'orgueil de penser,\n       E t faites qu'en voilant la lumière\n       Elle atteigne aussi le feu.\n\n       E t quand la dame en noir sera venue vers ma demeure\n       A u x sons des grelots d ’or qui tintent,\n       O Seigneur, rendez-la clémente\n       E t douce et bonne en ma demeure;\n       E t qu’elle soit la consolante\n       E t triste un peu et pas rieuse\n       L a douce mère et la berceuse\n       A u x mains qui fermeront nos yeux\n       Pour leur celer la vie mauvaise.\n\n       Oh quelle ne soit pas la chantante d ’orgueil et d ’ironie\n       Hurlant par les chemins des hymnes de démence\n       A u x passants qui se signent et fuient —\n       Mais qu'elle soit la douce et triste un peu\n       Assise au foyer de mon âme\n       E t dont les yeux éteints et blancs\n       Se perdent en vagues et doux lointains,\n       Comme les yeux des sphinx, là-bas,\n       Rêveurs de profonds et calmes néants.\n\n                                                 P aul G érardy.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-007", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", 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sereines\nD e douces amours toutes tristes\nAmours de larmes délicieuses,\n—N 'as-tu donc pas trouvé de reine\n       Pour tes chansons?\n\nAmours sereines dans des sanglots\nDans des larmes bienheureuses\nAm ours craintives de naïves âmes\nAmours de rêve du doux page\n        De mes chansons!\n\nPage, doux page de mes chansons\nP a g e, doux prêtre des clairs-de-lune\nN 'as-tu donc pas trouvé de dame\nA u x claires mélodies des larmes\n        D e tes chansons!\n"}, {"page_pdf": 309, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1037, "texte": "262                 L E RÉ V E IL\n\n\n\n\n                          II\n\n      C ’est dans les soirs, les soirs si bleus,\n      Tout sombres, tout tristes, tout voilés,\n      Dans les montagnes de tes détresses\n      Perdus les soirs de Kermesse\n      Avec ton frêle mantel taché,\n      Page, que je t'a i rencontré.\n\n      P etit page triste qui chantait\n      Avec des pleurs tout rempli l ’âme\n      Le leurre des cœurs enamourés;\n      D e pales âmes que frôlaient\n      Les songes de tes soirs mauvais\n      Que tu chantais!\n\n      C ’était le départ d'êtres aimés,\n      C'étaient des espoirs brisés,\n      E t puis le doux oubli des tombes.\n      De pauvres cœurs qui souffraient,\n      De folles dames qui riaient,\n      Que tu chantais!\n\n      Un soir tout sombre de Kermesse\n      Tu t ’es enfui p a r les allées,\n      Ayant plus tristement chanté,\n      Vers l ’eau si douce de brouillards bleus\n      Avec ton frêle mantel taché.\n      —J e ne t'ai plus rencontré!\n                               E dm ond R a s s e n f o s s e .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-008", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 263, "page_fin": 270, 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P e te r, mon fils, écoute moi! Nous éveille­\nrons le sentim ent national et réunirons nos peuplades en un seul,\nen un vrai peuple. H abitants de la côte et naturels de D rontheim ;\nH alogalandais et gens du pays d ’Agde; m ontagnards et Sogndœlle-\nriens, tous form eront une puissante fam ille; crois-m oi, alors le pays\ngagnera non seulem ent en étendue mais aussi en prospérité!\n   P eter. — Quelle grande, quelle enivrante pensée!\n   S ku le. — L ’em brasses-tu?\n   P eter. — Oui, oui! c ’est la clarté même!\n   Skule. — E t as-tu foi en ce but?\n   P eler. — Oui, oui; puisque j ’ai foi en toi!\n   S ku le (sauvage). — P érisse Hakonn Hakonson !\n   P eter. — Si tu le veux, il est légitim e qu’il périsse.\n   S ku le. — Cela coûtera du sang mais il ne peut en être autrem ent.\n   P eter. — Le sang versé pour ta cause, ne sera pas versé en vain.\n   S kule. — Lorsque j ’aurai fondé l ’em pire, à toi sera tout le\npouvoir. Tu t ’asseieras sur le trône royal, la couronne au front, le\nlong m anteau de pourpre flottant autour de tes épaules; toutes les\ntribus de la N orwège fléchiront le genou devant to i....\n                   (Sonnerie de trompes dans le lointain).\n\n  S ku le. — Ha! Qu’est-cela? (Avec un cri.) L’arm ée des B irke-\nbeinern ! Que disait donc Paul Flida! (11 se précipite au fond de la scène).\n"}, {"page_pdf": 311, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1774, "texte": "264                                 L E RÉV EIL\n\n\n\n\n              L E S P R É C É D E N T S . — PA U L F L ID A .\n\n\n   P a u l F lid a (s'écriant). — A présent notre heure est venue, roi\nSkule !\n   Skule (consterné). — Les B irkebeinern ! L ’arm ée du roi H akonn!\nOù sont-ils?\n  P a u l F lid a . — Ils dévalent par m illiers de l ’Ekeberg.\n   Skule. — Fais sonner aux arm es! Sonne! Sonne donc! Conseille-\nmoi. Où pourrons-nous nous re n co n trer?...\n   P a u l F lid a . — Toutes les églises nous sont encore ouvertes.\n   Sku le. — Je veux parler des B irkebeinern...\n   P a u l F lid a . — Tous les ponts leur sont o u v erts...\n   Skule. — M isérable! Qu’as-tu fait?\n  P a u l F lid a . — J ’ai obéi à mon roi.\n  Sku le. — Mon fils! Mon fils! Malédiction sur moi! J ’ai perdu\nton royaum e.\n  P eter. — Non, tu vaincras! Une si grandiose pensée de Roi ne\nsaurait périr !\n  S ku le. — Tais-toi! Tais-toi!\n\n                      (Les fanfares guerrières se rapprochent).\n\n\n   S kule. — A cheval ! Aux arm es ! Il y va d’autre chose ici que de\nla vie et de la m ort des hommes! (Il se précipite au fond de la scène).\nTO US (le suivent).\n\n  A la scène suivante les troupes du roi H akonn pénètrent dans Oslo. Les deux\nrois se rencontrent entourés d’une escorte. Skule monte un cheval blanc et Peter\nmarche à côté do lu i, tenant d’un main le cheval par le m ors et dans l’autre main\nun crucifix.\n\n   S ku le. — M assacrez-les. N ’en épargnez aucun. Un nouveau pré­\ntendant à la couronne vient de su rg ir en Norwège.\n  L es B irkebeinern. — Un nouveau prétendant, d it-il.\n  H akonn. — Skule Bordsson, partageons le royaum e.\n  S ku le. — Tout ou rien !\n  H akonn. — Songez à la re in e, votre fille.\n  S ku le. — J ’ai un fils ! J ’ai un fils ! Je ne songe plus qu’à lui.\n"}, {"page_pdf": 312, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2235, "texte": "                                   Le   r évëîl                                265\n\n\n\n\n   H akonn. — Moi aussi j ’ai un fils et si je succombe, le royaum e\nlui revient !\n   S kule. — Tuez l ’enfant du Roi, n ’im porte où vous le trouverez !\nTuez-le su r le trône, tuez-le devant l ’autel ; tuez-le, tuez-le dans\nles bras de la Reine !\n   H ako n n . — A présent tu as prononcé ton arrêt.\n   S ku le (excitant ceux qui l ’entourent, à pleine voix). — Tuez-les, tuez-les\ntous! Le roi Skule a un fils! Tuez, tuez tout! (Le combat se poursuit\nvers la gauche de la scène).\n\n   \" Vous l ’avez entendu \", dit Hakonn, resté 6eul avec ses guerriers, “ Il a mis\nm on enfant hors la loi, mon innocent enfant, le futur roi de N orw ège ! Quel\nchâtim ent m érite un forfait pareil ? — La mort ! — Eh bien j ’en fais le serment.\nSkule BorsBon sera tué partout où on le trouvera, sauf dans une église ou un autre\nlieu d’asile ! \"\n   \" Cependant les Birkebeinern rem portent la victoire sur l’usurpateur Skule. La\nreine M arguerite, épouse de Hakonn et fille de Skule, rejoint son mari. E t ici se\nplace une autre des maîtresses scènes des Prétendants à la Couronne.\n\n\n     H A K O N N , — S IR A V IL JA M . — M A R G U E R IT E . —\n                    S U IV A N T E S . — G U E R R IE R S .\n\n\n   M arguerite. — H aknnn, mon époux! Le ciel t ’a protégé! Tu\nas vaincu et je te retrouve sain et sauf!\n   H a ko n n . — Oui je suis vainqueur. Où est notre enfant?\n   M arguerite. — Sur le navire royal; sous la protection d’hommes\nsûrs.\n   H akonn. — Que quelques uns d’entre-vous courent le chercher...\n(Plusieurs guerriers obéissent.)\n    M arguerite. — H akonn, où est le duc Skule?\n   H ako n n . — Il a pris la route vers les m ontagnes...\n    M arguerite. — Ainsi il vit encore! Mon époux, puis-je rem er­\ncier Dieu d ’avoir preservé ses jours?\n    H akonn (un douloureux combat se livre en lui). — Ecoute-m oi, M ar­\ng u erite; tu me fus toujours une compagne fidèle; je te trouvai con­\nstam m ent à mes côtés dans les bons comme dans les mauvais jo u rs;\ntu m ’as dispensé d ’infinis, d ’inépuisables trésors d’am our; et\np o u rtan t il me faut te préparer une violente to rtu re ; ô je le fais\nbien malgré moi; mais je suis Roi et je dois...\n"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2175, "texte": "266                                  L E RÉV EIL\n\n\n\n\n    M arguerite (anxieuse). — La chose concerne-t-elle le duc?\n    H akonn. — Oui. Nul sort plus douloureux ne pourrait m ’être\nréservé, que s’il me fallait écouler mes jours loin de toi; toutefois\nsi tu crois, qu’il doive en être ainsi, après que tu auras entendu\nce que j ’ai à te dire, — s ’il te semble ne pouvoir dem eurer à mes\ncôtés, ne pouvoir supporter ma vue sans pâlir — eh bien, en ce cas\nn otre séparation s’impose. — Nous irons chacun de notre côté — et\nje ne te garderai jam ais rancune de cette défection.\n    M arguerite. — Me séparer de toi ! Comment peux-tu seulem ent\nconcevoir pareille pensée? Donne moi la main.\n    H akonn. — Ne la touche pas! Je viens de la lever pour ju re r ...\n     M arguerite. — P our ju re r?\n    H akonn. — E t mon serm ent, scellait une irrévocable sentence\nde m o rt.\n    M arguerite. — Mon père! O mon père! (Les femmes la soutiennent).\n    H akonn. — Oui, M arguerite, comme Roi j ’ai dû condam ner ton\npère à m ort.\n    M arguerite. — Alors il a commis certes un crim e plus grave\nencore qu’en usurpant ton titre de roi.\n    H akonn. — En effet; et si tu crois à présent qu’il faille nous\nséparer, que ce soit sur l ’heure.\n    M arguerite (Se rapprochant de lui, avec énergie.) — Nous ne pouvons\nplus nous séparer! Je suis ta femme, je ne suis rien sur la terre que\nta femme !\n    H akonn. — E s-tu forte assez? A s-tu tout entendu, tout compris?\nJ ’ai condam né ton père.\n    M arguerite. — J ’ai tout entendu, tout compris. Tu as condamné\nmon père.\n    H a ko n n . — E t tu ne désire pas connaître son crime?\n    M arguerite. — Il suffit que toi tu le connaisses.\n    H akonn. — Je l’ai condamné à m ort.\n    M arguerite (s’agenouille devant le Roi et lui baise la main). — Mon\népoux, mon auguste m aître, t u as fait justice!\n\n   Au cinquièm e acte nous trouvons Skule qui s'est jeté avec ses partisans dans la\nforteresse de Nidaros. Le prétendant est som bre, découragé; c’est en vain que ses\nfidèles essaient de le reconforter, la tendresse fervente et la foi fanatique de son fils\nmêmes sont im puissantes à lui rendre son énergie. Cependant la sédition gronde\n"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 267, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3056, "texte": "                                       Le r é v e i l                                   267\n\n\n\n\nautour de lui dans Nidaros. Les habitants contestent sa royauté. La châsse do Saint\nOlaf n ’a pas été portée devant lui lors de son sacre.\n    — E h bien, s’écrie le fougueux P eter, que l ’on fasse sortir au plus vite la châsse\nde Saint Olaf, et qu’elle rende hom m age au R oi !\n    — La chose est im possible! objecte un des chefs. — Qu’y a-t-il d'im possible,\ns’écrie le jeu n e hom m e, lorsqu’il s’agit de lu i!\n    E t il montre le Roi. E t Peter commande : \" Que les sonnettes convoquent les\nguerriers à un thing solennel et qu’on aille chercher la châsse! \"\n    Les assistants se récrient avec effroi : \" Un sacrilège ! \"\n    Mais P eter : Un sacrilège! n ’importe! A llons, venez! Les chevaliers de Jérusalem\nqui gardent la relique, sont favorables au R o i Skule; nous obtiendrons leur au to­\nrisation.\n    Les autres : “ Ils ne le p euvent à cause de l ’archevêque ! »\n    P eter les presse, les adjure : “ V ous vous dites les féaux du Roi et vous ne l ’ai­\nderiez pas en cet instant où sa couronne et sa vie sont e n je u ? C’est bien. Là-bas,\nd a n s la rue, j ’en trouverai de m eilleure volonté. Mon père, mon R oi, je trouverai\ndes supplications si éloquents que les chevaliers de Jérusalem seront bien forcés de\nfléchir. Ordonne qu’on sonne au thing. Sois tranquille, tu porteras le titre de Roi\nsans qu’on puisse désormais te le contester. »\n    E t il se précipite en dehors.\n    Dans la ville le m éco n ten tem en t augm en te, l’o rage gro nde. Des présages te rri­\nfiants ajoutent à l’h o stilité et à la c o n stern atio n des citadins. “ Des fem m es\naccouchent dans les églises, des p rê tre s et des m oines, p ris de folie, p a rc o u re n t\nles rues en p ré d isan t le ju g e m e n t d e rn ie r ! n\n    Skule a repris courage. Il adresse une proclam ation au peuple : Il lui vaudra\nl ’âge d’or, et comme aux beaux jours du Roi H akonn, chaque été le grain mûrira\ndeux fois. Les esprits ne s’apaisent pas et au contraire le tum ulte augm ente, les\nfâcheux augures redoublent. Tout à coup s ’élè v e une grande clameur :\n    — Sauve qui peut! F uyons! Fuyons ! Malheur à Nidaros ! M alheur au sacrilège!\n\n\n  S ku le. — Que s ’est-il passé?\n   B o r d B ra tte . — Tout fuit, tout se sauve, comme si on venait de\nlâcher une bête fauve.\n   Sku le. — Oui, tout fuit — (transporté de joie). Ha! Qu’im porte à\nprésent. — Nous sommes sauvés. — Voyez, voyez ! — La châsse\nde Saint Olaf se dresse au milieu de la cour du château.\n   P a u l F lid a . — La châsse du roi Olaf!\n   B o rd B ra tte . — Oui, c’est qu’il dit vrai ! — Voilà bien la châsse\nvénérée!\n   Sku le. — Les chevaliers de Jerusalem me sont fidèles ! Je le\nsavais. Mais jam ais ils ne m ’auront rendu plus signalé service!\n  P a u l F lid a . — Écoutez. On sonne l’appel au thing.\n   Sku le. — Il ne me manque plus aucune consécration à présent.\n   P eter (accourant.) — R evêts ton m anteau de pourpre, ô mon Roi;\ncar la châsse sainte t ’attend là, sous tes fenêtres !\n"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 268, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2007, "texte": "268                               LE RÉVEIL\n\n\n\n\n   Skule. — Ainsi le royaum e et moi, nous te devons le salut.\nNous garderons aussi une éternelle reconnaissance aux F rères\nqui se sont rendus à ta filiale supplique.\n   P eter. — Aux frères croisés, dis-tu mon père? Tu ne leur dois\naucune reconnaissance.\n   S kule. — Ce sont eux pourtant, qui t ’ont aidé?\n   P eter. — Ils je tè re n t l ’interdit contre quiconque oserait toucher\nau reliquaire.\n   Skule. — C’est donc l ’archevêque, alors ! A la fin il a cédé.\n   P eter. — L’archevêque a fulminé des excommunications plus\nredoutables encore que les Frères-Croisés.\n   Skule. — Allons, je vois qu’il me reste encore de fidèles guerriers.\nVous autres, ici, vous trem bliez à la seule pensée d ’affronter les\nfoudres épiscopales; vous reculiez, vous qui deviez être les prem iers\nà me soutenir — et là-bas, dans cette foule infime j ’ai rencontré\ndes amis inconnus, capables de se charger, pour moi, d’un a tte n ta t\naussi terrib le ...\n   P eter. — Détrompe toi. Il n ’en est pas un qui eut osé prendre\nce pêché sur lui !\n   S ku le. — Le Dieu tout P uissant a -t-il donc fait un m iracle ! Qui\ndonc a retiré la châsse de l’église ?\n   P eter. — Moi, mon père!\n   S k u le (A vec un cri.) — Toi?\n   Les a ssista n ts (s’écartent de Peter.) — Sacrilège !\n  Paul F lida e t une couple d'autres se retirent.\n\n\n         L E S P R É C É D E N T S SANS P A U L F L ID A E T\n                           BORD BRA TTE.\n\n   P eter. — Il fallait que la chose se fît. Sans cette consécration\ntu ne pouvais plus com pter sur la fidélité d’aucun sujet. J ’im plorai,\nje menaçai les Frères-C roisés. Menaces ou prières furent inutiles.\nDe guerre lasse je forçai la porte de l’église. Aucun n ’osa m ’y\nsuivre. Je sautai sur le m aître-autel, se saisis la poignée de la\nchâsse en appliquant, pour m ’arcbouter, le genou contre le m ur ;\nc’était comme si une puissance m ystérieuse m ’eût accordé une force\n surhum aine. La châsse céda; je la traînai derrière moi, sur les\n"}, {"page_pdf": 316, "page_imprimee": 269, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2259, "texte": "                                     L E RÉVEIL                                   269\n\n\n\n\ndalles de l’église, tandis que l’anathèm e grondait comme un orage\nsous les arceaux; je la traînai hors de l’église; tout bruyait et se\ndétournait de m oi; arrivé au milieu de la cour du château, la\npoignée me re sta dans la m ain ; la voici. (Il la montre à Skule.)\n   S k u le (muet, atterré). — Sacrilège!\n   P eter. — P o u r to i; pour l ’am our de ta grandiose pensée royale!\nD’ailleurs tu me rem ettras m a faute, il n ’est rien que tu ne\npuisses absoudre, toi ! Car tu nous apporteras la lum ière, la paix\nmême! Une aube radieuse va se lever sur ce pays; qu’im porte\nles sinistres taches qui l ’ont précédée?\n   S ku le. — Comme une auréole encadrait ta tête, lorsque tu me\nfus amené par ta mère — et à présent, c’est comme si j ’y voyais\nfulgurer l ’éclair de l’anathèm e !\n   P eter. — P ère, père, ne songe pas à m oi; ne te préoccupe pas\nde mon bonheur ou de mon m alheur. J ’ai accompli ta volonté —\ncom m ent pourrait-on m ’en faire un crime?\n   Skule. — Je voulais que tu n ’eusses de foi qu’en moi-même, et\ncette foi est devenue de l ’impiété !\n   P ete r. — Mais si c’est pour toi que le sacrilège a été commis,\nimpossible à Dieu de ne pas l ’absoudre !\n   S ku le. — P u r et sans pêché! J ’en fis le vœu à Ingebjoerg. E t\nle voilà qui atten te au ciel!\n\n  N idaros indigné par le sacrilège se revolte contre Skule et bientôt le roi Hakonn\net ses tro u p es s’emparent de la v ille. Skule e t ses derniers partisans ont pris la\nfuite. Le prétendant ira chercher un asile dans le cloître d’E lgesaeter. Une escorte\nde Frères-Croisés s’offre à le conduire jusque là. E n chevauchant, la nuit, un de\nccb Frères-Croisés engage une conversation avec lui. Ce Frère-Croisé n ’est autre\nque le fantôm e damné de l’évêque Nicolas.\n\n   — Qui es-tu? lui demande Skule?\n   L e Frère-C roisé. — Une ancienne connaissance.\n   S ku le. — Je ne vis jam ais visage plus pâle.\n   Le Frère-C roisé. — E t tu ne me reconnais pas?\n   S ku le. — C’est toi qui t ’es offert à me conduire à Elgesaeter.\n   Frère-C roisé. — C’est moi qui veux te conduire au trône.\n   S ku le. — Le pourrais-tu?\n   F rère-C roisé. — Je le peux si tu le veux.\n   S ku le. — E t par quel moyen?\n"}, {"page_pdf": 317, "page_imprimee": 270, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2000, "texte": "270                                  L E R É V E IL\n\n\n\n\n   Frère-Croisé. — P a r le moyen que j ’employai autrefois; je te\nm ènerai sur une haute m ontagne d’où je te m ontrerai toutes les\nrichesses de l ’univers.\n   S kule. — J ’ai déjà aperçu toutes ces richesses en des rêves\nséduisants.\n   Frère-Croisé. — C’est moi qui t ’ envoyais ces rêves.\n   S ku le. — Qui donc es-tu?\n   Frère-Croisé. — Un m essager du plus ancien prétendant à la\ncouronne de l ’univers.\n   Skule. — Du plus ancien prétendant à la couronne de l ’univers?\n   Frère-Croisé. — Du prem ier Y arl qui se révolta contre le souve­\nrain royaum e pour fonder lui-m êm e un royaum e destiné à durer\ncomme l ’éternité.\n   S ku le (en poussant un cri d’effroi). L’évêque N ic o la s !\n\n    L ’évêque promet la couronne à Skule s’il tue l ’enfant du roi Hakonn. — E t c’est\nton fils qui régnera un jour ! dit le démon.\n    Skule se rappelle le sacrilège et une terrible lum ière se fait en lu i. C’est contre\nl ’âme de P eter, contre l’âme de son fils bien aimé que conspire le démon. Skule\nappelle le ciel à son aide. Le tentateur disparaît.\n    Cependant le fu gitif arrive au cloître d’E lgesaeter et s’y fait recueillir grâce à\nl ’intervention de R aghild sa sœur, une illum inée, et de la reine M arguerite qui s’y\ntrouve avec son enfant. P eter rejoint son père. Il veut tuer l ’enfant d’Hakonn.\nMais Skule s’y oppose et il confesse alors à P eter que la “ grandiose idée royale »\nest celle du roi Hakonn. A u dehors les Birkebeinern am eutés, réclam ent de leur\ncôté la tête de l’usurpateur et du sacrilège. R aghild, la voyante, exhorte son frère\nà s’im m oler avec son fils pour désarmer le courroux céleste. P eter accueille avec\nenthousiasme l'idée de m ourir avec son père, son idole. Ils font ouvrir la porte du\ncloître et tom bent massacrés, sur le parvis. Du m oins ce sacrifice aura rendu\nP eter, pur et sans tache, à sa m ère Ingebjoerg.\n\n\n                                                       G eorges E ek h o u d .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-009", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 271, "page_fin": 271, "titre_corps": "Galamment : Aux blondes", "titre_sommaire": "Galamment", "rubrique": "", "signature_source": "Géo Mauvère", "ancre_debut": "G alam m en t (d 'u n volum e.) 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L. de S.\n\n\n      Redis les chansons anciennes\n      A u x senteurs d ’iris de Florence\n      E t refleurisse la Romance\n      S ur tes livres magiciennes!\n\n      A h ! Goûtons le passé de charmes\n      —Comme sur des bruyères fauves\n                                    —\n      U n tulle épars de brumes mauves\n      Car le Présent parait de larm es,\n\n      Chante la Romance fanée\n      P u is nous nous aimerons encore\n      Pour faire en l ’Avenir éclore\n      Une souvenance enchantée.\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-012", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 272, "page_fin": 273, "titre_corps": "Galamment : Les sphynx du parc", "titre_sommaire": "Galamment", "rubrique": "", "signature_source": "Géo Mauvère", "ancre_debut": "Les Sphynx du Parc Les sphynx du parc ancien", "ancre_fin": "Géo M a u v è r e .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Fleurette A G eo M a u v è r e", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 319, "page_imprimee": 272, "debut_caractere": 792, "fin_caractere_exclue": 973, "texte": "Les Sphynx du Parc\n\n      Les sphynx du parc ancien me disent :\n      « Nous avons vu maintes idylles,\n      Serments, rires, lèvres faciles\n      E t les plus fines des marquises,\n"}, {"page_pdf": 320, "page_imprimee": 273, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 618, "texte": "                               L E R ÉVEIL                                        273\n\n\n                        ,\n              M ais dans la brume d'or des âges\n              Nous cherchons les serments fidèles :\n              L ’amour des brunes a des ailes\n              E t les blondes ne sont p a s sages!          »\n              Les sphynx aux allures vieillotes\n              Parlent toujours des vieilles choses;\n              Il s’êclot de plus neuves roses\n              S ur leur concile qui radote.\n\n                                                    Géo M a u v è r e .\n\n\n\n\n                             "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-013", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 273, "page_fin": 273, "titre_corps": "Frêles fleurs : Fleurette", "titre_sommaire": "Fleurette", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Touchard", "ancre_debut": "Fleurette A G eo M a u v è r e", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 320, "page_imprimee": 273, "debut_caractere": 618, "fin_caractere_exclue": 1589, "texte": "Fleurette\n                                                         A G eo M a u v è r e .\n\n                  Viens donc conter fleurette aux fleurs\n                  Pointant dans la pâle pelouse\n                  Mi-closes sous la pluie des pleurs\n                  De la lune qui les épouse.\n\n                  Que ton mysticisme drôlet\n                  Egrène belles rapsodies\n                  D ’autrefois emmi le ballet\n                  Des chastes fleurs abasourdies.\n\n                  J ’éprouve leur épatement :\n                  J ’aperçois toutes leurs frimousses\n                  Languides amoureusement.\n                  De peur que tu ne les courrouces.\n\n                  Il fa u t de plus près les tâter.\n                  E t fais de même aux bouquetières,\n                  E t cours à tue-tête chanter :\n                  Les fleurs ne seront plus rosières !\n\n(F rê le s F leu rs).\n                                             G eorges T ouchard,\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-014", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 274, "page_fin": 276, "titre_corps": "Poèmes mystiques : Le vitrail", "titre_sommaire": "Poèmes mystiques", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Véhenne", "ancre_debut": "Poèmes Mystiques I Le Vitrail eL soleil", "ancre_fin": "aux pétales m aculés...", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "II La Colombe", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 321, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 66, "fin_caractere_exclue": 1973, "texte": "Poèmes Mystiques\n                                     I\n\n\n                              Le Vitrail\n\n           eL soleil en trait à flots dans la chapelle du couvent, filtran t\n             à travers les vitraux m ulticolores, inondant de lum ière\n             les hauts piliers massifs, fouillant les coins d’ombre,\ns’allongeant en raies éclatantes sur les dalles usées du h eu rt des\nsandales, faisant éclater crûm ent le cuivre des orgues. E t au\ndehors, à l ’horizon, im mense, descendait l’astre, incendiant les\ntourelles du m onastère, plaquant du feu sur les m urailles frustes,\nfaisant saigner la campagne sous ses baisers ardents.\n    La porte de la sacristie s’ouvrit et frère Jean, lentem ent, t r a ­\nversa l ’église criblée de langues de feu, dards aigus foudroyant\nfollem ent, où se jouaient des poussières blondes. Il m onta le petit\nescalier qui conduisait au jubé et s’assit devant l ’orgue. C’était là\nque chaque soir, après vêpres, venait l ’organiste de la com m unauté.\nDepuis qu’il avait quitté le noviciat, tantôt un an, — frère Jean\nn ’en com ptait que vingt-deux, — à la tombée du jo u r, il aim ait à\nprom ener ses doigts sur les vieilles touches noircies par le tem ps,\nà se laisser aller à cette musique qui le berçait d’abord m ollement,\nl ’envahissait ensuite, le plongeait dans des profondeurs de rêve,\ndans des lointains d’irréel.\n    A côté de lui, un immense vitrail éclairait le jubé, donnant\npassage à la lum ière qui caressait sa tête jeune et m âle, aux yeux\nbrillan ts, enfoncés dans les orbites, ses membres maigres et souples,\nfaisant saillie hors de la roideur du froc. Ses regards s’arrêtèren t\nsu r la grande baie lumineuse et vaguem ent il contem pla une suite\nde vierges pâles, drapées dans des robes blanches, aux longs plis\namples, qui s’y trouvaient représentées. C’étaient les m artyres, les\nsaintes femmes que n ’avaient pû ém ouvoir les tentations ni les\n"}, {"page_pdf": 322, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2441, "texte": "                                 L E RÉVEIL                               275\n\n\n\n\n tourm ents, qui n ’avaient pas succombé à la chair, et au-dessous\n desquelles se trouvaient les paroles : « Mon royaum e n ’est pas de\n ce monde. »\n    Alors frère Jean soupira. Son royaume à lui aussi, n ’était pas de\n ce monde; lui aussi avait vécu chaste, comme ces femmes aux regards\n pudiques; lui aussi n ’avait pas connu l ’am our.\n    L’am our? L ’am our? E t c’était un re g re t qui le prenait m ainte­\n n an t comme une sorte de colère même d’avoir sacrifié sa jeunesse\n à ce culte rigide, de s’être séparé de to u t ce qui vit, de s’être con­\n dam né à erre r dans les corridors épais de solitude, ne connaissant\n que les toujours mêmes figures silencieuses des frères, m ort vivant\n parm i des ombres.\n    E t le pauvre moine regarda cette théorie de vierges, regard où\n se m êlait une profonde tristesse à un immense désir. Tout en\n songeant, il s’était mis à jouer de l’orgue. Ce fut d’abord comme une\n voix plaintive, plaintive, qui semblait sortir de lointains ignorés,\n voix de suppliant, de pêcheur devant son juge. Doucement, ainsi\n qu’une haleine, elle se balançait dans les h au teu rs de la nef, ta n ­\ntô t p leu ran t, tan tô t d’une quiétude infinie. Puis elle s’accentua et\n tout-à-coup éclata, victorieuse, en accents triom phants, em plissant\nto u t le vaisseau de ses chants d ’allégresse, se h eu rtan t aux voûtes,\na llan t jusque dans tous les recoins crier joie et délivrance.\n    F rère Jean sem blait comme transfiguré. Des yeux toujours rivés\nau v itrail, bercé p ar le ronflem ent des orgues, il achevait son rêve,\nrêve d ’un désir impossible qu’il traduisait sur l ’instrum ent en accords\nmagnifiques.\n    Le soleil commençait à décliner, l’ombre envahissait peu à peu le\njubé. Déjà un m ystère sem blait planer en l’église qui en trait dans\nles ténèbres, toute froide m aintenant, privée des caresses de feu de\nl ’astre couchant. Seul, le grand vitrail éclatait encore avec son\nfond ru tilan t, ses vierges de cire au lys de neige à la main.\n    De nouveau, les orgues s’étaient apaisées, de nouveau elles chan­\ntaien t un thèm e d’espérance, d’am our, d’am our m ystique, inconnu,\nm ystérieux. Ce c h a n t... comme l ’appel du m o u ran t à l ’agonie vers la\ndélivrance fin ale....\n    F rère Jean, toujours, regardait obstiném ent ce vitrail. Oh!\nSainte-A gnès, comme elle était jolie, toute blonde dans ses atours\n"}, {"page_pdf": 323, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1211, "texte": "276                             L E RÉ V E IL\n\n\n\n\nblancs, avec ses yeux bleus, profonds comme l ’azur, ses lèvres\nsemblables à une tache de sang, son lys immaculé à la m ain, sa\ngloire d’or lui nim bant la nuque. Comme elle ressortait parmi les\nau tres vierges hiératiques. E t toujours il la regardait, toujours, et\nl’orgue jouait toujours plein de d é sir....\n   Soudain une lumière rose p aru t s ’épandre sur la figure pâle de\nla sainte, un peu de sang sembla circuler sous la blancheur de cire.\nF rère Jean , inconscient reg ard ait, fou d ’am our, son rêve s’ac­\ncomplir.\n   L ’orgue jo u ait toujours.\n   P e tit à petit, les tra its d’Agnès s’anim èrent, une brise fit ondoyer\nles plis de son long m anteau et ainsi que m archent les ombres, frère\nJean la vit qu itter le vitrail et doucement, doucem ent, s’avancer\nvers lui.\n   L ’orgue jo u ait encore.\n   Alors, ten an t son grand lys à la m ain, Agnès s ’approcha du moine\net frère Jean sen tit poser sur ses lèvres un baiser d ’am our, immense,\ninfini__\n   L’orgue ne jouait plus.\n\n   F rère Jean fut retrouvé m ort le lendem ain m atin. A ses pieds,\ngisait un pauvre lys effeuillé, aux pétales m aculés...\n\n\n\n\n                                     "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-015", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 276, "page_fin": 278, "titre_corps": "Poèmes mystiques : La colombe", "titre_sommaire": "Poèmes mystiques", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Véhenne", "ancre_debut": "La Colombe eL jo u r se levait", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 323, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 1244, "fin_caractere_exclue": 1730, "texte": "La Colombe\n\n         eL jo u r se levait doucement, faisant pâlir le croissant de la\n           lune, sem ant une teinte rose sur la terre humide du frais\n           de la nuit. P etit à petit, la campagne s’éclairait, les fleurs\ns’ouvraient, une vie nouvelle semblait sourdre en toutes choses.\nSoudain des flèches d ’or crevèrent le terne de l’aurore, et ce fut un\nconcert étourdissant de cris de coqs, de pépiements d’oiseaux,\ntandis que m ajestueux, m ontait le soleil à l ’horizon.\n"}, {"page_pdf": 324, "page_imprimee": 277, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2405, "texte": "                              LE RÉVEIL                             277\n\n\n\n\n   Une cloche tin ta , cloche d’un couvent de sœ urs, et la porte du\ncloître s’ouvrit, liv ran t passage à deux files de religieuses allant\nch anter m atines à la chapelle proxime. Elles allaient en long essaim,\nleurs cornettes blanches semblables à de larges ailes éployées,\nprocessionnant en spirales serpentines le long des arcades encore\nchargées d’ombre. Une à une, elles s’engouffrèrent dans le sanctuaire,\ntout retom ba dans le silence.\n    Alors s’ouvrit une fenêtre du couvent et p a ru t à la croisée une\njeune religieuse aux tra its émaciés, d’une pâleur de linge.\n    Sœ ur Anne allait m ourir. Elle sentait cette consomption lente\nqui la m in ait, l’envahir de plus en p lu s, et seule, dans sa froide\ncellule, elle regardait vaguem ent se lever ce jo u r qui serait peut-\n être son dernier.\n    Comme elle était absorbée ainsi, noyée dans ses pensées, une\ncolombe vint se poser sur l’appui de la croisée. Seule amie de sœur\nA nne, cette colombe, qui avait pris pour habitude de venir jo u r­\nnellem ent s’installer sur le rebord de la fenêtre de la religieuse,\nsachant bien qu’il s’y trouvait toujours quelque friandise. E t elle se\nlissait les plum es, roucoulant doucement, venant m anger jusque\ndans la main les petits m orceaux de pain qu’Anne lui donnait.\nQuand elle se fut suffisamment rassasiée, elle b attit des ailes et\nalla se poser su r une plate forme voisine, où elle fut bientôt rejointe\np ar un joli pigeon gris de perle qui lui tin t sans doute des propros\nd’am our, à en ju g er p ar le ro u .... rou de contentem ent qu’elle fit\nentendre.\n    Sœur Anne avait suivi la colombe des yeux, et une tristesse\n passait m aintenant dans ses grands yeux limpides, à la vue de ces\n deux am oureux. Un soupir s’échappa de sa poitrine, soupir de\n reg ret, de bonheur à jam ais perdu.\n    La vue de ces pigeons, involontairem ent, lui faisait songer â son\n village et surtout à certain garçon à la peau brune qu’elle avait\n connu jad is, lorsqu’elle était toute jeune encore. Elle se rappelait\n des promenades au bord de l’eau, dans la quiétude des soirs, alors\n que le silence du crépuscule naissant n ’était troublé que par le chant\n des lavandières qui, joyeusem ent, frappaient l ’eau de leur battoir;\n elle se ressouvenait de longues haltes, tous deux silencieux, écou­\n tan t les m urm ures de la forêt.\n"}, {"page_pdf": 325, "page_imprimee": 278, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1900, "texte": "278                            L E R É V E IL\n\n\n\n\n   Le garçon à la peau brune, qu’était-il devenu? Elle l ’ignorait et\nelle l’ignorerait toujours, en terrée qu’elle était dans ce sépulcre.\n   La vie, elle l ’avait dédaignée, elle l ’avait répudiée, dans son\nexaltation religieuse, pour devenir l’épouse du C hrist. Jusqu’ici,\njam ais elle ne s’était repentie de cela, et voilà que m aintenant,\naccoudée qu’elle était à la fenêtre, un regret, un immense re g ret la\nprenait.\n   Le soleil l ’éclairait, réchauffant ses membres glacés, une odeur de\nglèbe fraîchem ent remuée m ontait vers elle, et avec volupté elle\nrespirait les mille parfum s des champs, qui la grisaient, lui faisaient\nb attre les tempes.\n   A h! c’était bon vivre. E t elle qui n ’avait jam ais connu qu’un\nam our innocent, affection pure et toute spirituelle, elle aurait voulu\nm aintenant se trouver comme les autres êtres vivants, subir la\nloi universelle.\n   Elle regarda de nouveau les pigeons qui continuaient à se becqueter,\nlà, devant elle, comme pour la narguer. E t cela lui faisait mal.\n   Oh! si elle avait pu être comme cette colombe; mais hélas, il\nétait trop tard , elle allait m ourir, elle sentait approcher la crise\nsuprêm e__\n   Soudain elle fut prise d ’une te rre u r folle de la m ort; elle implora\nsa patronne et la V ierge, de la laisser vivre, ne fût-ce que pendant\nquelques heures encore, assez pour qu’elle pût réaliser son rêve.\n   Une dernière fois, elle regarda les pigeons qui s ’étaient rapprochés\nl’un de l ’a u tre __\n   Alors, m iraculeusem ent, s’accomplit le veu de sœ ur Anne. Elle\nfut identifiée à la blanche colombe, amoureuse du pigeon gris de\nperle, puis expira, un sourire sur les lèvres, dans la joie du désir\nsatisfait.\n   S ur la plate-form e, la colombe gisait inerte, la tête renversée,\nses petites pattes raidies.\n\n                                                 Louis   V éhenne.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-016", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 279, "page_fin": 279, "titre_corps": "Lied", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Marlow", "ancre_debut": "Lied A VALERE G ILLE", "ancre_fin": "Qui songent du pays et pleurent...", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Tes Y eux", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les 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"https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 279, "page_fin": 279, "titre_corps": "Tes yeux", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Marlow", "ancre_debut": "Tes Y eux J ’attendrai tes yeux bleus", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 326, "page_imprimee": 279, "debut_caractere": 821, "fin_caractere_exclue": 1558, "texte": "Tes Y eux\nJ ’attendrai tes yeux bleus, les soirs où les étoiles\nOuvriront dans la paix de l’azur sans nuages\nLeurs paupières d’argent, telles de blanches voiles\nStellant un océan mystique des vieux âges.\nE t je me guiderai, pareil aux anciens Mages\nVers la lueur rêvée et chaste de tes voiles :\nJ ’irai vers tes 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             — H ibou criant quand b ru it on mène\n                                     D e quelque livre « d é c a d e n t »\n                                     E n sa bêtise souvetaine\n                                     Ou est l 'avunculus T ilm a n ?\n\n                                     Oh leur N êpotule Cilwa\n                                     (G rand commerce de confitures,)\n                                     Q ui prétendait le groupe ia\n                                     M onosyllabe. — D 'aventure\n                                     N ’aurait-on pas perçu la hure\n                                     D e B a ra n zy dém énageant?\n                                     L a R e v u e R o s e p lu s ne d u r c !(i)\n                                     On est l'a vu n cu lu s T ilm a n ?\n\n                                    Oh Charles P o tvin l 'incongru\n                                    « Q u i b o it la v ie u n iv e r s e lle\n                                    D a n s l ’U r n e d e l ’in d iv id u » ? !? !? !\n                                    Ou N a ta l déploye-t-il son aile,\n                                    C hantant en strophes im m ortelles\n                                    L e chagrin des m orts? — M ais a va n t,\n                                    Critique à la bonne chandelle ,(2)\n                                    Oh est l 'avunculus T ilm a n ?\n\n                                                             ENVOI\n\n                                    Prince des sots, que la séquelle\n                                    D u M u fl e va congratulant,\n                                    T a R e v u e B e lg e , oh donc est-elle,\n                                    Ou est l'avunculus T ilm a n ?\n                                                                                               L a T é t r a r c h i e (3).\n   (1) O h im é ! N . D . L . R .\n   (2) J a m a is E liac in ne sera lum ineux. S a gloire est d 'ê tre lum iniste (Ch. T ilm an , Revue. B elg e ilu\n15 J u ille t 1891).\n   (3) N ous publierons pro ch ain em e n t une étu d e trè s com plète sur le m ouvem ent T é tra rc h o -e sth é tico-\nn éo -évolutionniste e t les ad e lp h es T é tra rq u e s : R o d rig u e S é ra sq u ie r, S éb aste T é tra rq u e ; Jo sep h\nD esg en êts, H iéro g ly p h iste ; J e a n N ovis, P â p y ro tb è q u e e t F ré d é ric F ric h e , P y lo p h y lax ; ainsi q ue sur\nle « P è r eg r i n p assion n e » C arlos du F av, alias M ac + R h ô (m age révélé), qui p rit son envol vers les\nriv ages C alédoniens.                                                                                              N . D. L . 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Lantoine nous présente l ’auteur, nous expose\n          ses théories, le But q u ’il poursuit, et commente son œuvre\n avec un réel talent.\n   P o u r P ie rre Dévoluy, nous dit-il, « le poète a une mission à\nrem plir. Il est le vatès chargé tan tô t de consoler les hum bles de ses\n pacifiantes paroles, tan tô t de flageller les vendeurs de son vers trem pé\ncomme un acier, et de les chasser du Temple ». E t ,plus loin : « le\npoète ne doit pas s’atten d rir au vol d ’un papillon ou à l’effeuillement\nd’une rose, quand il a sous les yeux les pitoyantes hideurs et les\nm isères des hommes. — Aussi l ’enchaînem ent de tous ces orgueil­\nleux poèmes aboutit à la certitude du Devenir m eilleur ».\n   La prem ière partie du livre, intitulée L es P réludes se compose\nde pièces bibliques — \" symbole d’où découleront les futuritions » —\nje citerai : L a gourde, P o u r apprendre a u x en fa n ts de J u d a à tirer\nde l ’arc.\n   Dans la seconde, E n les H a sa r d s , le poète nous chante l ’Amour,\nnon pas le « Jeu d ’A m our, » comme dit si spirituellem ent M. René\nGhil, mais l’A m our-sentim ent, l’A m our-intellectualité :\n\n\n        M e tuera, belle, ainsi qu’un poison voire œil d ’or,\n        D o u x ja d is à mon triste am our las des prières,\n        E t m a in tenant lac morne et glacial où dort\n        L ’hypocrite candeur des haines meurtrières.\n\n\n\n\n  (*) Édition de \" Chimère \" Paris , librairie de l’Art Indépendant.\n"}, {"page_pdf": 330, "page_imprimee": 283, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2037, "texte": "                                  L E R ÉVEIL                                 283\n\n\n\n        P renez plutôt en vos m ains fines ce poignard\n        B o n i je m 'arm ai pour les dois m orts des jalousies :\n        Ce franc poignard et non ce sourire m ignard\n        E t ces y e u x , de vos yeux d 'a n tan cruels Sosies...\n\n   En l 'A llée le poète nous chante douces, douces choses, av an t de\np én étrer dans la partie la plus v irile de son livre; il nous chante\nA ven tu rin e (la splendide pièce ici parue,) M a tin d ’A v r il, Le B e ffro i,\nLe F aune, Croquis F la m a n d , L a m o rt d ’E lsa qui nous m ènent à\nSang et Cendre, où la P atrie est célébrée en chants qui sont de\nvéritables épopées, aux vers sonores et pleins comme des réson­\nnances de buccins; et ce sont Les os secs des guerriers « blêm issants\nsu r la plaine, » dispersés, qui par la volonté de Dieu se rapprochent,\ns’unissent en tre eux, se recouvrent à nouveau de chair,\n\n     E t l'esprit dît T rès-H aut pénétrant dans leurs moelles\n     I l s se dressèrent tous sur leurs o r te ils — vivants!\n     E t ce fu t une A rm ée cparse aux quatre vents\n     Qui marchait, innombrable, aux lueurs des étoiles!\n\n   Ce sont : L a Coupe et A l'éphèbe de S a la m in e :\n\n     P orte-lyre indigné, qu’A pollon te protège! —\n     On sèmera des lys sous les pas du cortège\n     Quand, les lauriers au front, tu rentreras vainqueur,\n\n     E t si ta Destinée au champ d ’A r è s est telle\n     Que le trait de la mort s'enfonce dans ton cœur\n     L 'A o ïd e chantera ta mémoire im m ortelle!\n\n   Enfin F lu m en véritable paraphrase de l’Idée évolutionniste où le\npoète nous m ontre « l ’hum anité toujours cinglant vers l ’inaccessible\nB ut, » term ine magnifiquement le livre.\n   P o u r l’instrum entation, l’idéal du poète, nous apprend M. Lantoine,\n« était un vers dont le sens s’harm onisât pour ainsi dire avec le son\ndes mots, qui non seulem ent donnât la notation exacte d’une peinture,\nm ais qui, comme un suggestif air de musique, fit vaguer l ’esprit en\n"}, {"page_pdf": 331, "page_imprimee": 284, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 757, "texte": "284                            L E R É V E IL\n\n\n\n\nde plus lointaines pensées. \" Sans plus de fastidieux com m entaires,\net pour clore, je me bornerai à transcrire ici les tercets du magni­\nfique sonnet A ven tu rin e, le lecteur jugera :\n\n\n         M 'êtes-vous pas le fru it d ’élite du verger?\n         L a brebis claire et vive, orgueil pur du berger,\n         Que solennel il mène au pré jo y e u x des roses\n\n         N uptiales, où l’or des grenades se fend, —\n         L ’aiguail de voire amour ondoierait mes névroses\n         E t j e vous aimerais mille ans, ô mon e n fa n t! —\n\n\n  B ref, un succès — oh ! point banal — pour P ierre Dévoluy, et\nun non moindre honneur pour la vaillante revue C h i m è r e , qui a\nédité le volume.\n\n\n\n\n           ’"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-021", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 284, "page_fin": 285, "titre_corps": "Chronique littéraire : Hector Hoornaert, Ballades russes", "titre_sommaire": "Hector Hoornaert : Ballades Russes", "rubrique": "", "signature_source": "Rodrigue Sérasquier", "ancre_debut": "LAbbé H e c t o r H o o r n a e r t Ballades R usses", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 331, "page_imprimee": 284, "debut_caractere": 757, "fin_caractere_exclue": 1897, "texte": "LAbbé H e c t o r H o o r n a e r t . — Ballades R usses. —\n             C’est devenu chose banale, en peinture et en littératu re,\n             que d’évoquer le pays ensoleillé des sérails et des harem s,\ndes odalisques et des h o u ris; l’Espagne, les toréadors, les \" Señ oras\nlong-voilées » ; l ’Italie et les tarentelles; et Venise, ses canaux,\nses gondoles, ses lions, que sais-je encore!\n   M. H oornaert, lui, fait des vers sur le pays à la mode, — les\nau tres, la belle époque en est passée! — il nous chante la Russie,\navec ses m œurs et ses légendes, nous parle de m oujiks, de kalikis,\nde bourlaks, de bogatyrs, de sam ovar, de tchoum aks             — Cette\nassociation de vocables rébarbatifs fait penser à la chanson Russe\nque \" le bon poète \" Marcel Lefèvre chanta au C hat Noir, et l ’on\nne peut s ’em pêcher de sourire. —\n   Au nombre des légendes que rapporte l’abbé H oornaert nous a\nsurto u t charm é Le Châtim ent de Sviatogor, qui « souffrant du vif\ntourm ent de ses forces trop grandes », a poussé vers Dieu des\nclam eurs offensives; or comme il chem inait p ar le steppe, il ren ­\ncontre un vieux moujik cassé, qui\n"}, {"page_pdf": 332, "page_imprimee": 285, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1503, "texte": "                                 L E RÉVEIL                                       285\n\n\n\n        S ’approcha, lamentable, im plorant sa puissance. —\n        — « Daignez charger ce sac dessus mon dos baissé »\n        G e ig n it-il......\n\nmais le géant 11’y parvient p as; il s’épuise en efforts et en colères\ninutiles, au point\n\n          Que le sang coule au long de sa fa c e verm eille!\n\n\nmais ses pieds descendent en te rre , il s’y enfonce ju sq u ’à la poitrine,\nsans parv en ir à soulever le sac m audit......\n\n            Ses veines ont sauté sous l ’effort fr is s o n n a n t!\n\nenfin\n\n         Ses yeu x tournent trois f o i s dans sa tête imm obile,\n          Un u ltim e soupir éclate en cri tonnant,\n         E t son énorme chair d urcit en roc stérile.\n\n         Lors le p e tit v ieilla rd s'éloigne, — ricanant.\n\n   Je citerai encore : L a méchante R ivière, L 'exp lo it de M icoula,\nL ’illu s tr e B a ïd a , Le Crépuscule des B ogatyrs, Le prédiction\nd 'A le x is . —\n   Q uant à la forme, je la voudrais un peu plus soignée; M. Hoor­\nn aert a, je crois, le vers très facile : cela constitue un véritable\nécueil, dont il doit se m éfier, mais ne m ’em pêchera point de le\nconsidérer comme un vrai poète, comme un artiste sincère.\n   Des félicitations sont dues à M. Daniel De Haene, le graveur des\ndeux eaux-fortes qui adornent l ’ouvrage, et à M. Siffer pour la\nfaçon dont celui-ci a été exécuté.\n\n                                               R o d r ig u e   S é r a s q u ie r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-022", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 286, "page_fin": 286, "titre_corps": "Chronique littéraire : Arthur Detry, Contes à ma petite Rose", "titre_sommaire": "Arthur Detry : Contes à ma petite Rose", "rubrique": "", "signature_source": "Louis Véhenne", "ancre_debut": "rAt h u r D e try Contes à m a p e tite R ose", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 333, "page_imprimee": 286, "debut_caractere": 69, "fin_caractere_exclue": 977, "texte": "rAt h u r   D e try . —   C ontes à m a p e tite R ose. (*) —\n              Quelques pages écrites en un style simple et clair, sans\n              le souci de l 'adjeclif à effet, nous offre M. Detry.\n    Bien que cette plaquette ait de la valeur littéraire, je reproche à\nl ’au teu r d’être trop souvent tombé dans la banalité, dans le déjà lu,\nainsi L a soirée de deux e n fa n ts , A u x cham ps, ne sont pas œuvres\nfort originales.\n    Dans certains contes de son opuscule, po u rtan t, M. Detry est\nsorti des ornières frayées par ses devanciers; telles, les dernières\nlignes de l ’In té rie u r d 'u n bohème, où l ’auteur expose hardim ent ses\nidées sur le culte de la femme.\n    En somme, un livre d ’une lecture agréable, surtout plein de\nprom esses pour l’avenir.\n\n                                                       Louis V é h e n n e .\n\n\n\n\n (*) Verviers. — P ierre F éguenne, rue ilu Collége.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-023", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 287, "page_fin": 288, "titre_corps": "Tablettes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "TABLETTES A travers les Revues", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 334, "page_imprimee": 287, "debut_caractere": 138, "fin_caractere_exclue": 4935, "texte": "TABLETTES\n\n           A travers les Revues                      Bourget. Vers de Charles F rém ine et\n                                                     Georges Bernard K ahler.\n                                                        R ouen A r tiste publie des vers in é­\n   Aux derniers n os du Ch at H uant ,\n                                                     dits, de jeunesse, de Louis Bouilhet ;\njo lis vers de G irodin, Ludovic Ag-Yo-Bé,\n                                                     puis une amusante et jo lie prose de\n Valmy Baisse, etc.\n                                                     T ony d’Ulmès.\n   L e Coin du F eu de septembre nous\n                                                        Au S y lp h e , une saisissante nouvelle\ndonne une forte étude juridique su r la              d’H enri Bossanne : les H allucinés : vers\ncondition de la fe m m e dans le m ariage, par\n                                                     de Gustave R ivet, H enri Second, e t les\nL ouis F ran ck ,et un quatuor de quatrains,         Pouliches de Roilinat.\ndu très prudhommesque Georges Haas.                     Une ré v élatio n d a n s l a SYRINX (juillet):\n   E x cellen t fascicule des É c r i t s p o u r    Vers splendides, classiques clans le\nl ’A r t : Lettre ouverte de René Ghil à             g ra n d sens d u m ot, signés H enri M ichel.\nÉ m ile Zola, vers d’Ém m anuel D elbous­            Ceci n ’est pas de d é b u ta n t, m ais de\nquet, A lbert Lantoine; deux beaux                   m a ître o u v rie r e t g ra n d p oète.\nsonnets d’Edm ond Cros, pas factices, ce\nqui fait bien plaisir par ces tem ps-ci;                                                       F . F.\np uis, le D ilem m e de P ierrot, prose de\nGeorges Docquois, l ’auteur de M élic                   Je n ’ai plus eu de nouvelles de Ch i ­\napplaudie au Théâtre Libre.                          m ère     depuis quelque temps. Somm es-\n   N ous remarquons dans l 'E r m i t a g e          nous en panne, confrère? F a u t-il vous\nun article de H ugues Rebell : A propos              envoyer un rem orqueur?\ndes Noces de F igaro ; de superbes proses               Dans la C lo ch e , Georges É lcar écrit\nd’Henri M azel, et d’Adolphe R etté,                 deB épitaphes pour leB Grands hommes\nP a radoxe su r la critiq ue. Toujours d éli­        vivants. Georget s’amuse !\ncieux, les aphorismes de Paul Masson :                  T oub nos rem ercîm ents aux confrères\n   Du tissu de nos rêves, quand ils sont             des E ssais d es J eunes pour leurs bonnes\nusés, sachons faire de la charpie :                  paroles, et nos félicitations à leur direc­\n   Si la magistrature est le rempart de la           teur, M. Delbousquet, pour sa coura­\nsociété, les agents de police en sont les            geuse conférence.\ncontre-escarpes.                                        N oël ! N oël ! F lo réa l a reparu ! A\n    La L ib r e C ritiq u e sous c o u v ertu re     quand le prochain?\nfinem ent harm onisée, com mence ses                    Inutile de dire que la F rance M o­\nbiographies d’artistes par celles des                d ern e ne nous est pas parvenue. Mau­\np e in tr es Jules M ontigny et Evert                dite P oste, va! E t que serait-ce b ie lle\nLarock.                                              n ’existait point ?\n   L e fascicule du M e r c u r e d e F r a n c k       DanS l e M a g a sin L i t t é r a i r e d ’Août,\nest excellen t; cela devient fastidieux à            A lb u m s p ar M . D ullaert.\nrépéter : Vers de Jean Court; prose\nmagnifique d’H enri Mazel : U ltim a Dies;\nballades cruelles de Laurent Tailhade,\netc.                                                    « F o r t des résultats acquiS, soulevé peu\n   L e M o u v em en t L i t t é r a i r e reprend   à peu par le flot m êm e de la jeune g éné­\ndu F igaro une remarquable étude sur le              ration, le B lu et vogue bravem ent vers\nm ouvem ent littéraire en Belgique, par              une célébrité et un prestige qu’il aura\nFrancis de N ion; vers de Verhaeren,                 bien m érités, n E t pour arriver à cela il\nprose du Comte Léonce de Larmandie.                  envoie force circulaires, où il annonce\n    L a R e v u e I n d é p e n d a n te donne le    sa fusion avec les A b e il l e s et le\n1er acte des Sou tiens de la Société,                R é v e il L it t é r a ir e , et contenant des\nd’Ibsen, et une belle prose d’André                  extraits de journaux et de lettres de son\nPicard.                                              com ité de patronage. Je cueille :\n    En la R e v u e M o d e r n e notons un bon         Grâce du B luet, plus d'une perle a été\ncom pte-rendu de la Débâcle, par Charles             sauvée de l'obscurité ! ! ! J ’te crois !\n"}, {"page_pdf": 335, "page_imprimee": 288, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4980, "texte": " 288                                              L E RÉ V E IL\n\n\n\n    L e B l u e t a é té fondé pour la publica­             des sociétés musicales et poétiques, d i­\n tion d'essais littéraires qui autrement                    recteur E . Sinoquet, officier de plusieurs\n auraient risqué de ne jam ais voir le jo u r!.1!           ordres et de divers autres. La spécialité\n Diable, si vous le dites vous m êmes !                     de la maison est aussi de sauver des\n    L e B l u e t contient des articles d ’ « aspi­         perles de l ’obscurité, à en juger par\n rants auteurs. » O cruelle ironie !                        celle-ci :\n    Enfin : Les poètes novices ne peuvent\nmieux faire que s'abonner à cette revue!!!                   L e s d r a p e a u x d e la d iv is io n L a p a s s e t\n    Ici perce le côté mercantile de l'œ u­\nvre, et ù ce propos il est bon de citer ces                                                 I.\nquelques lignes d'Em ile Goudeau :                          A p r è s u n siège, h o r rib le d 'u n e f i n m isérable,\n    “ J'ai vu des gens réputés très-respec­                 L n soldai g lo r ie u x don t le. nom m émorable\ntables faire payer à des naïfs cinquante                    D e v a it sa u ver l ' h o n n eu r de la F r a n ce e n v a h ie!\n                                                            E n b r û la n t les d ra p ea u x de. sa noble p a tr ie .\ncentim es et un franc par vers inséré.\nDe cette constatation presque banale                                                       II.\n(tant on connaît d’agences sem blables!)\n,je tire deux conclusions : c’est que la                    La passet, c ’est son nom le p lu s beau de r h isto ir e ,\n                                                            I l résista , ce brave, à u n tr a îtr e sa n s g lo ir e ,\npoésie est tellem ent en honneur en ce                      E t r e n n e m i v a in c u P a r ce tr a it d\" héroïsm e,\npays-ci, que, pour conquérir le titre de                    S alua notre a rm ée dans son p a trio tism e .\nbarde, beaucoup de commandants en                                                                    E. S i n o q u e t ,\nretraite, de percepteurs fatigués, de                                                            officier d ’académie.\nmarchands de salade, ou de m agistrats,                         Je regrette de ne pas avoir trouvé\navares sur leur nourriture ou celle de                      l ’adresse de cet honnête industriel.\nleurs proches, parfois criblés de d e tt e s ,\nn ’hésitent pas à dépenser de l ’argent,                                                  **\nafin de se faire im prim er. Poésie et\n                                                               Encore une aimable in ep tie, du M a s ­\nvanité ! C’est sur ce deuxièm e péché que\ntablent le s entrepreneurs de petits jour­\n                                                            q u e d e F e u celle-ci, cela a paru d a n s\nnaux poétiques, rédigés par les abonnés,                    presque tous les journaux et s'intitule :\ndit le prospectus! où ces m alheureux                                        N o u v e a u x b a c ille s .\npayent sérieusem ent la gloire d’alim en­\nter la cuisine de deux ou trois sceptiques                     A soit tour on nous inocule,\njoyeux qui revendent au poids l ’in év i­                      A p rès la rage et caetera,\ntable bouillon de leurs journaux. Pauvres                      Le bacille du choléra,\ngogos du rêve !                                                Un tout petit animalcule !\n                                                              Puisque la science articule\n                                                              Qu’elle a sauvé le genre humain,\n   Ne    nous       sont 'p oin t parvenus : les              Pourquoi s ’arrêter en chemin\nd e r n ie r s de L a R e v u e B l a n c h e , l ’A r t      A vant les sep t travaux d ’Hercule ?\nS o c ia l , C h i m è r e , je crois, et L a F r a n c e\nm o d e r n e (pour rappel1. — L a R e v u e                  Il n ’y a donc pas que les petits belges\nR o se déménage encore toujours. —                          pour être des oies !\nQuant à notre oncle Tilm an, nous lui\ndédions une petite Ballade.\n                                    Ch a n t e c l e r .                             N o tu le s\n                                                               N o u s avons dû rem ettre au prochain\n                                                            fascicule le com pte-rendu, par A lbert\n                 Autre guitare !                            Arnay, de l’E nvoi des Rêves d Arthur\n                                                            Dupont ; ainsi que ceux par Joseph D es­\n- E st venu échouer sur ma table L’In ­                     genêts, de L a Fin des D ieux, d’i l . M azel,\ns t it u t p o p u l a ir e d e F r a n c e , organe        et d e s Horizons Hantés de Jean D elville.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-09-n9-024", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Bureaux de vente du R É V E I L", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 336, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 2736, "texte": "Bureaux de vente du R É V E I L\n\n   G an d .            — Ad. H oste, rue des Cham ps, 49.\n                         L ib rairie U niverselle, rue Courte du Jo u r.\n                         Mme Otte, rue de F landre.\n   B r u x e l l e s . — Jérôm e-D oliger, G alerie de la Reine, 32.\n   L ié g e .          — Gnusé, ru e P ont d’île.\n\n\n\n\n           PUBLICATIONS RECOMMANDÉES :\nL ’A r t S o c i a l . — m — Im passe du B éarn, 5, P aris.\nL e C h a t - H u a n t . — h — R u e Vieille T o u r, 21, B ordeaux.\nC h i m è r e . — m — Cours G am betta, 52, M ontpellier.\nL a C l o c h e . — b . m — R ue St. Placide, 3g, P aris.\nL e C o i n d u F e u . — m — R ue Neuve, 25, V erviers.\nE c r i t s p o u r l ’A r t . — P a ra ît 3 fois par an. — R ue L au risto n 16bis,\n       P aris.\nL ’E r m i t a g e . — m — R ue de V arennes, 26, P aris.\nE s s a i s d e J e u n e s — m — R ue de la Concorde, 2, T oulouse.\nF l o r é a l . — m — R ue S t. R ém y, 22, Liège.\nL a F r a n c e M o d e r n e . — b.m — F aubourg du N ord, 15, M arseille.\nL a J e u n e B e l g i q u e . — m — R ue P otagère, 64, B ruxelles.\nL a L i b r e C r i t i q u e . — h — R ue S ouveraine, 37, B ruxelles.\nL e M a g a s i n L i t t é r a i r e . — m — R ue H au t-P o rt, 52, Gand.\nL e M é p h i s t o . — h — R ue du L om bard, 28, Anvers.\nL e M e r c u r e d e F r a n c e . — m — R ue de l’É chaudé-S t-G erm ain,\n       15, P aris.\nL e M o u v e m e n t L i t t é r a i r e . — b.m — R u e M arie T hérèse, 73,\n       B ruxelles.\n                                                            ( R ue des M artyrs, 19, P aris.\nL a R e v u e B la n c h e — m                       ,\n                                                         1             ,\n                                             ( R ue de O uest, 74,L iége.\nL a R e v u e G é n é r a l e . — m — R ue T reu ren b erg , 16, B ruxelles.\nL a R e v u e I n d é p e n d a n t e . — m — R u e des Pyram ides. 12, P aris.\nL a R e v u e M o d e r n e . — b . m — R u e O r d e n e r , 96, P a r i s .\nL a R e v u e U n i v e r s i t a i r e . — m — R ue C oenraets, 54, S ‘ Gilles.\nR o u e n - A r t i s t e . — R ue G rand-P ont, 4, R ouen.\nL e S i l l o n . — m — R u e de C habrol, 31, P aris.\nL e S y l p h e . — m — R ue de la G are, 2, V oiron (Isère).\nL a S y r i n x . — m. — R ue L acépède 27, Aix (Provence).\n\n                 PUBLICATIONS NON R E C O M M A N D É E S :\nL e B l u e t . — m — R ue Croix des P etits C ham ps, P aris.\nL a R e v u e B e l g e . — b.m. — P lace de la S tation, 10, L ouvain.\n\n\n                                   M     = M ensuel.\n                                  b .m   = Bi-M ensuel.\n                                   H     = H ebdom adaire.\n"}, {"page_pdf": 337, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1333, "texte": "                                             LE BLUET\n CHARLES TILMAN                      Lance des écrivains et des vélocipèdes.\n\n     T Ê T E D E TU R C\n\n  GAR A NTIE INCASSABLE.\n                                            LE BLUET\n                                        Sauvé des perles de l ’o b s c u r i t é .\n PLAC E D E L A ST A T IO N , 10\n\n\n         L o u v a in .\n\n\n                                            LE BLUET\n                                      Contient des articles d’ u aspirants\n                                                  auteurs. »\n\n\n\n\n                                           LE BLUET\n                                    Les poètes novices ne peuvent mieux\n                                      faire que s abonner à cette revue.\n CASE A LOUER\n          P O U R UN\n\n\n\n\nAVUNCULUS.                                LE BLUET\n                                     P ou r 5 0 centim es\n\n                                   envoie une carte de collaborateur à tout\n (O n tra ite   à   forfait).        ohnète commerçant ou autre épicier\n                                     sur demande affranchie.\n                                   Moitié prix seulement pour les abonnés\n                                    du R é v e i l , les bonnes d’enfants et\n                                    M. Charles Tilman.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 302, "texte": "Deuxième Année — N° 9                                     S E P T E M B R E 1892\n\n\n\n    LE\n       RÉVEIL\n           P U B L IÉ E S O U S L E S AU SP ICES DU C ERC LE L IT T É R A IR E FRANÇAIS\n\n\n\n\n                              SOM M AIRE\nR aym ond N y s t.           . . A u x fém inités errantes.      '\nP a u l G érard y.           . . Prière N oire.\nEdm ond R a s s e n fo s s e      Chansons.\nG eo rges E ekhoud.            . L e s P rétendants à la Couronne.\nG é o M a u v è r e . . . G alam m ent.\nG e o r g e s T o u c h a r d . Fleurette.\nL ouis V é h e n n e . . Poèm es m ystiques.\nG e o r g e s M a r lo w .    . L ied . — Tes Y eu x.\nV a lm y B a y s s e .       . . Tristesse.\nL a T é te a r c h ie        . . Ballade pour célébrerles Oncles du temps\n                                    de Charles X .\n                                                  C HR ON IQ UE L IT T É R A I R E .\n                           | P ie r r e Dévoluy : B ois ton Sang.\nR odrigue S éra sq u ier . ^ H ector H oorn aert : B allad es Russes.\nLouis V é hen ne . . . .     Ar t h u r De t r y : Contes à ma p etite Rose.\n                                         Tablettes\n\nAbonnement : Belgique, un an 5 francs, (Pour l’étranger, le port en sus).\n                        L e numéro : 50 centimes.\n    Rédaction : Marché aux Grains, 7, GAND.\n                                TOUS DROITS RÉSERVÉS.\n\n\n               G and, imp. à vapeur F. M èyer-V an L o o, rue de Flandre, 66.\n"}, {"page_pdf": 303, "texte": "   P o u r rappel. —L es Bureaux du R é v e il\n  sont transférés M a r ch é a u x G r a in s , 7 .\n\n\n                      LE R ÉV EIL\n      REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE & D’ART\n\n        P U B L I É E S O U S L E S A U S P I C E S DU C E R C L E L I T T É R A I R E F R A N Ç A I S .\n\n\n\n            PRINCIPAUX COLLABORATEURS :\n  Ludovic Ag-Yo-Bé, Albert Arnay, Valmy Baysse, Catulle Blée, Edm. Deffer­\nnez, Ch. Delchevalerie, E ugène Demolder, Joseph D esgenêts, Maurice Desom-\nbiaux , P ierre Devoluy, Carlos dn E ay, A rthur Dupont, Georges Eekhoud,\nCharles Frappart, Frédéric F rich e, Paul Gérardy, Iwan Gilkin, Valère Gille,\nArnold Goffin, Pierre Hancart, José Hennebicq, Gustave Kahn, T ristan K lin g ­\nsor, Hubert Krains, A lfred Lavachery, Camille Lemonnier, Grégoire Le\nKoy, Léon Lucy-Mar, Paul M., Maurice M aeterlinck, Georges Marlow,\nGéo Manvère, F rancis N autet, Jean N ovis, Raymond N yst, Edmond Rassen-\nfosse, Paul Redonnel, Georges Rodenbach, Fernand R oussel, Rodrigue Séras-\nquier, Fernand Séverin, Charles S luy ts, Hubert Stiernet, Georges Touchard,\nLouis Véhenne, A uguste V ierset, Adolphe W estermann, etc.\n\n\n\n\n     L e R éveil ne publie que de l’inédit.\n\n    Les manuscrits ne sont pas rendus.\n\n    Les collaborateurs sont responsables de leurs articles.\n\n    Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire\nparviendra à la rédaction.\n\n     Les journaux ou revues qui désireraient faire l’échange sont\npriés de s’adresser à la rédaction.\n\n\n\n                         BOITE AUX LETTRES.\nC. d. F . L’pool. — Réservons “ Invocation » pour le prochain.\n    T étrarch iquement tibi.\n                                                                                   R o d . S q u ie r .\n"}, {"page_pdf": 304, "texte": "           Aux féminités errantes\n        ’Jai des souvenirs pour em plir une coupe. La coupe des sou­\n          venirs est devant moi, et je la regarde, et je les prends un\n          à un et je les caresse. Les tristesses en sont toutes ôtées et\nla coupe est fastueuse et sereine comme un riche horizon d ’automne.\nLes diam ants, en monceau, y sont les larm es de joie et la limpi­\ndité de la jo ie; les ém erandes et les turquoises y sont les claires\nm atinées fuies au fond des bois verts et au long des longues routes\nsous le ch arm an t azur; les rubis y sont leurs bouches et l’am our\nsilencieux bouche à bouche; les ivoires et les perles y sont leurs\ndents qui s ’abandonnent, et leurs yeux comme une nacre, qui\ntrem blent en tre les cils sous le doux frém issem ent des paupières...\nOh! qu’elles étaient belles ! et comme du soleil, et de la chaleur,\net de la rosée sont restés à mes doigts de les avoir touchées! Mes\ndoigts grossiers se décorent et s’affinent sous l ’œil de mes souvenirs,\nla chair en devient translucide et vermeille et il me semble que j ’ai\ndes doigts de dieu pour caresser vos souvenirs! Les topazes y sont\nles vins sucrés qui adoucissent vos lèvres pour les soirs joyeux, et\nles moissons que nous avons longées au hasard de la recherche d’un\ntoit caché d ’am our; ce diam ant noir est une nuit dans la forêt :\ntalism an magique et m émorial : un essaim d ’étoiles rayonne autour\nqui se m ire en un plan lisse de lac et le cœ ur de la plus aimée qui\nbat, de peur du silence auguste, fait frisonner la surface de cette\neau. Tous ces reflets sont vos j e u x , vos yeux de joie ou de rêverie :\nvos yeux de jeunes filles, vos yeux de gaîté, ornés de longs cils qui\nse dressent comme un printanier bourgeonnem ent de futaie devant\nun ciel d’aurore! Vos yeux de femmes, vos yeux de songes que les\ncils abritent comme un lac que magnifie l ’ombre pompeuse des soirs\n"}, {"page_pdf": 305, "texte": "258                            L E R É V E IL\n\n\n\n\n couchants ! Toute cette lum ière qui étincelle et flotte sont vos\n sourires! frais comme des souffles de victo ire... Les ciselures d ’or\n et d ’arg en t de la coupe sont les nœuds et les fines dentelles p ar­\n fumées de vos grâces dévêtues... Oh! qu’elles étaient belles! Je vous\n revois : vous aim ant entre vous pour l ’am our de moi, je vous revois\n sans jalousie danser ensem ble, — égalem ent belles, — égalem ent\n aim ées, — vous souvenant de moi! Je vous revois me plaisant\n comme jad is, je vous revois comme jadis vous plaisant à me plaire\n — car il n ’y a dans cette coupe que l ’image des bons jo u rs...\n Vos robes m ulticolores, aux couleurs de vos hum eurs, c’est parées\n de celles-ci que vous dansez à travers les opales; lès yeux et les\n doigts de souvenir de ma pensée e rre n t entre vos corps diaphanes\n et je suis dans les robes et les chevelures qui flottent autour de vous;\nje suis dans vos ciels d’opâles et je suis dans l ’air que frôlent vos\n danses; et je suis comme l’air d’un jardin où l ’azur du ciel très\n lum ineux serait le bas de vos robes traîn an tes, où je serais le vent\n parm i des verdures légères, et des fleurs parfum ées, qui caresse. Ma\n lourde chair cependant, et mon lourd souvenir d’homme, encore\n qu’ils n ’ont été le vent subtil, sont restés transpercés de vous!\n Je suis to u t parfum é, je suis tout parfum é de vous. Regardez comme\nmon corps s’est embelli à se modeler pour les vôtres; écoutez comme\nj ’ai harm onisé ma voix ; vous avez passé dans moi comme des\naccords sur une lyre ! Vous dansez au doux son de la musique de\nm a m émoire! Je regarde la coupe des souvenirs que mon âme\néclaire m aintenent comme un soleil de midi. Joyaux, vous rayonnez\nde la chair, et des regards, et des ry th m es! Debordez sur mes doigts\ncomme du lait chaud de m amelles! Riez dans mon sang comme\ndes jours heureux, de vos flèches d ’or!\n    Souvenir, je veux votre joie seule!\n    Cette coupe est débordante de gaîté !\n    Je veux prendre cette coupe en m ains, et des deux bras contre\nma poitrine, la p o rter comme un panier de vendange, sous le soleil !\n    E t par les sentiers, et par les bois, et par les prés, et les nacelles\nsur les lacs, je vous verrai revenir vers moi, sans ombre dans vos\nrobes diaphanes...\n    Mais vous faites plus d’ombre que les arbres et les collines, de\nvos corps frêles!\n"}, {"page_pdf": 306, "texte": "                              L E RÉV EIL                            2 59\n\n\n\n\n    Tenez, belles, c’est des larm es que j ’ai pour rem plir une coupe ;\nmais légères et scintillantes, qui rayonnent sur l’étendue de mon\nâme comme les étoiles sans l ’espace .. C entre d’une ténèbre étoilée\nd ’am our, étoiles d ’am our, je vous regarde dans la nuit pure,\ndiam ants évaporés de ma coupe, je vous regarde rêveur et triom phal,\net le pied perdu dans l’obscurité de cet astre qui est la terre, mon\ncœ ur s’étire vers les innombrables constellations de vos regards\nqui me reg ard en t : m a peine est d’être chétivem ent en un point\nborné de l’espace, sous vos regards aux douces souvenances, mais,\ndu talon j ’écrase le phallus obstiné, dans le m arais ténébreux de\nla te rre , et mon âme est avec Vous dans les cieux...\n\n                                                R aymond N y s t .\n\n\n\n\n                         Prière noire\n\n\n       Seigneur, à jointes mains de vaincu suppliant\n       Le fo l enfant prodigue, harrassé d'équipées\n       Où son âme et son cœur en lambeaux ont saigné,\n       Le fo l enfant prodigue a des prières enfin.\n\n       Les ombres se sont enfuies toutes de mon chemin\n       — Ombres à qui j'avais, confiant, donné la main — ;\n       E t sans appui dans les ténèbres qui fo n t peur\n       Je vais, voilant mes yeux pour ne pas voir la Nuit.\n\n       Seigneur ayez pitié du mal de ma tempe,\n       Seigneur ayez pitié du feu de mon front,\n       E t de ma lassitude, de ma tonte faiblesse\n       S'éplorant sur ma vie en stérile détresse.\n"}, {"page_pdf": 307, "texte": "2 60                           LE RÉ V E IL\n\n\n\n\n       Seigneur soyez la guérison\n       Du mal en ma tête qui brûle;\n       Soyez la paix, soyez le berceau pour mon front\n       E t pour vies nerfs qui grincent et mes os\n       E t toute la souffrance enclose sons mon crâne.\n\n       Seigneur ayez pitié de l'ombre qui s’entasse\n       Qui s'entasse et s’agite et qui grouille en mon fro n t\n       Où l ’image confuse sur l ’idée douloureuse\n       S'impose en linceul de ténèbres à jam ais;\n       Ayez pitié de l'ombre s'amassant dans mon fro n t,\n       De l'ombre, châtiment de l'orgueil de penser,\n       E t faites qu'en voilant la lumière\n       Elle atteigne aussi le feu.\n\n       E t quand la dame en noir sera venue vers ma demeure\n       A u x sons des grelots d ’or qui tintent,\n       O Seigneur, rendez-la clémente\n       E t douce et bonne en ma demeure;\n       E t qu’elle soit la consolante\n       E t triste un peu et pas rieuse\n       L a douce mère et la berceuse\n       A u x mains qui fermeront nos yeux\n       Pour leur celer la vie mauvaise.\n\n       Oh quelle ne soit pas la chantante d ’orgueil et d ’ironie\n       Hurlant par les chemins des hymnes de démence\n       A u x passants qui se signent et fuient —\n       Mais qu'elle soit la douce et triste un peu\n       Assise au foyer de mon âme\n       E t dont les yeux éteints et blancs\n       Se perdent en vagues et doux lointains,\n       Comme les yeux des sphinx, là-bas,\n       Rêveurs de profonds et calmes néants.\n\n                                                 P aul G érardy.\n"}, {"page_pdf": 308, "texte": "              L E RÉ V E IL               2 61\n\n\n\n\n            C hansons\n                    I\n\nN ’as-tu f a it nulle amoureuse\nD oux page rêveur de chansons?\nChansons d ’amour, chansons berceuses,\nChansons de reines, bienheureuses\n        Chansons!\n\nB eau page follet des allées\nPage doux prêtre des claires allées,\nPages pieux de dames blanches,\nPetites âmes dans les branches,\n       D e tes chansons!\n\nP age rêveur d’amours sereines\nD e douces amours toutes tristes\nAmours de larmes délicieuses,\n—N 'as-tu donc pas trouvé de reine\n       Pour tes chansons?\n\nAmours sereines dans des sanglots\nDans des larmes bienheureuses\nAm ours craintives de naïves âmes\nAmours de rêve du doux page\n        De mes chansons!\n\nPage, doux page de mes chansons\nP a g e, doux prêtre des clairs-de-lune\nN 'as-tu donc pas trouvé de dame\nA u x claires mélodies des larmes\n        D e tes chansons!\n"}, {"page_pdf": 309, "texte": "262                 L E RÉ V E IL\n\n\n\n\n                          II\n\n      C ’est dans les soirs, les soirs si bleus,\n      Tout sombres, tout tristes, tout voilés,\n      Dans les montagnes de tes détresses\n      Perdus les soirs de Kermesse\n      Avec ton frêle mantel taché,\n      Page, que je t'a i rencontré.\n\n      P etit page triste qui chantait\n      Avec des pleurs tout rempli l ’âme\n      Le leurre des cœurs enamourés;\n      D e pales âmes que frôlaient\n      Les songes de tes soirs mauvais\n      Que tu chantais!\n\n      C ’était le départ d'êtres aimés,\n      C'étaient des espoirs brisés,\n      E t puis le doux oubli des tombes.\n      De pauvres cœurs qui souffraient,\n      De folles dames qui riaient,\n      Que tu chantais!\n\n      Un soir tout sombre de Kermesse\n      Tu t ’es enfui p a r les allées,\n      Ayant plus tristement chanté,\n      Vers l ’eau si douce de brouillards bleus\n      Avec ton frêle mantel taché.\n      —J e ne t'ai plus rencontré!\n                               E dm ond R a s s e n f o s s e .\n"}, {"page_pdf": 310, "texte": "                                L E RÉV EIL                             263\n\n\n\n\n  Les Prétendants à la Couronne\n                   pa r   HENRIK IBSEN\n\n\n                                  (F in ).\n\n                   L E ROI SK U LE. — P E T E R .\n\n\n   Skule. — Le mom ent est venu d’entreprendre en Norwège une\ngrandiose œuvre de Roi! P e te r, mon fils, écoute moi! Nous éveille­\nrons le sentim ent national et réunirons nos peuplades en un seul,\nen un vrai peuple. H abitants de la côte et naturels de D rontheim ;\nH alogalandais et gens du pays d ’Agde; m ontagnards et Sogndœlle-\nriens, tous form eront une puissante fam ille; crois-m oi, alors le pays\ngagnera non seulem ent en étendue mais aussi en prospérité!\n   P eter. — Quelle grande, quelle enivrante pensée!\n   S ku le. — L ’em brasses-tu?\n   P eter. — Oui, oui! c ’est la clarté même!\n   Skule. — E t as-tu foi en ce but?\n   P eler. — Oui, oui; puisque j ’ai foi en toi!\n   S ku le (sauvage). — P érisse Hakonn Hakonson !\n   P eter. — Si tu le veux, il est légitim e qu’il périsse.\n   S ku le. — Cela coûtera du sang mais il ne peut en être autrem ent.\n   P eter. — Le sang versé pour ta cause, ne sera pas versé en vain.\n   S kule. — Lorsque j ’aurai fondé l ’em pire, à toi sera tout le\npouvoir. Tu t ’asseieras sur le trône royal, la couronne au front, le\nlong m anteau de pourpre flottant autour de tes épaules; toutes les\ntribus de la N orwège fléchiront le genou devant to i....\n                   (Sonnerie de trompes dans le lointain).\n\n  S ku le. — Ha! Qu’est-cela? (Avec un cri.) L’arm ée des B irke-\nbeinern ! Que disait donc Paul Flida! (11 se précipite au fond de la scène).\n"}, {"page_pdf": 311, "texte": "264                                 L E RÉV EIL\n\n\n\n\n              L E S P R É C É D E N T S . — PA U L F L ID A .\n\n\n   P a u l F lid a (s'écriant). — A présent notre heure est venue, roi\nSkule !\n   Skule (consterné). — Les B irkebeinern ! L ’arm ée du roi H akonn!\nOù sont-ils?\n  P a u l F lid a . — Ils dévalent par m illiers de l ’Ekeberg.\n   Skule. — Fais sonner aux arm es! Sonne! Sonne donc! Conseille-\nmoi. Où pourrons-nous nous re n co n trer?...\n   P a u l F lid a . — Toutes les églises nous sont encore ouvertes.\n   Sku le. — Je veux parler des B irkebeinern...\n   P a u l F lid a . — Tous les ponts leur sont o u v erts...\n   Skule. — M isérable! Qu’as-tu fait?\n  P a u l F lid a . — J ’ai obéi à mon roi.\n  Sku le. — Mon fils! Mon fils! Malédiction sur moi! J ’ai perdu\nton royaum e.\n  P eter. — Non, tu vaincras! Une si grandiose pensée de Roi ne\nsaurait périr !\n  S ku le. — Tais-toi! Tais-toi!\n\n                      (Les fanfares guerrières se rapprochent).\n\n\n   S kule. — A cheval ! Aux arm es ! Il y va d’autre chose ici que de\nla vie et de la m ort des hommes! (Il se précipite au fond de la scène).\nTO US (le suivent).\n\n  A la scène suivante les troupes du roi H akonn pénètrent dans Oslo. Les deux\nrois se rencontrent entourés d’une escorte. Skule monte un cheval blanc et Peter\nmarche à côté do lu i, tenant d’un main le cheval par le m ors et dans l’autre main\nun crucifix.\n\n   S ku le. — M assacrez-les. N ’en épargnez aucun. Un nouveau pré­\ntendant à la couronne vient de su rg ir en Norwège.\n  L es B irkebeinern. — Un nouveau prétendant, d it-il.\n  H akonn. — Skule Bordsson, partageons le royaum e.\n  S ku le. — Tout ou rien !\n  H akonn. — Songez à la re in e, votre fille.\n  S ku le. — J ’ai un fils ! J ’ai un fils ! Je ne songe plus qu’à lui.\n"}, {"page_pdf": 312, "texte": "                                   Le   r évëîl                                265\n\n\n\n\n   H akonn. — Moi aussi j ’ai un fils et si je succombe, le royaum e\nlui revient !\n   S kule. — Tuez l ’enfant du Roi, n ’im porte où vous le trouverez !\nTuez-le su r le trône, tuez-le devant l ’autel ; tuez-le, tuez-le dans\nles bras de la Reine !\n   H ako n n . — A présent tu as prononcé ton arrêt.\n   S ku le (excitant ceux qui l ’entourent, à pleine voix). — Tuez-les, tuez-les\ntous! Le roi Skule a un fils! Tuez, tuez tout! (Le combat se poursuit\nvers la gauche de la scène).\n\n   \" Vous l ’avez entendu \", dit Hakonn, resté 6eul avec ses guerriers, “ Il a mis\nm on enfant hors la loi, mon innocent enfant, le futur roi de N orw ège ! Quel\nchâtim ent m érite un forfait pareil ? — La mort ! — Eh bien j ’en fais le serment.\nSkule BorsBon sera tué partout où on le trouvera, sauf dans une église ou un autre\nlieu d’asile ! \"\n   \" Cependant les Birkebeinern rem portent la victoire sur l’usurpateur Skule. La\nreine M arguerite, épouse de Hakonn et fille de Skule, rejoint son mari. E t ici se\nplace une autre des maîtresses scènes des Prétendants à la Couronne.\n\n\n     H A K O N N , — S IR A V IL JA M . — M A R G U E R IT E . —\n                    S U IV A N T E S . — G U E R R IE R S .\n\n\n   M arguerite. — H aknnn, mon époux! Le ciel t ’a protégé! Tu\nas vaincu et je te retrouve sain et sauf!\n   H a ko n n . — Oui je suis vainqueur. Où est notre enfant?\n   M arguerite. — Sur le navire royal; sous la protection d’hommes\nsûrs.\n   H akonn. — Que quelques uns d’entre-vous courent le chercher...\n(Plusieurs guerriers obéissent.)\n    M arguerite. — H akonn, où est le duc Skule?\n   H ako n n . — Il a pris la route vers les m ontagnes...\n    M arguerite. — Ainsi il vit encore! Mon époux, puis-je rem er­\ncier Dieu d ’avoir preservé ses jours?\n    H akonn (un douloureux combat se livre en lui). — Ecoute-m oi, M ar­\ng u erite; tu me fus toujours une compagne fidèle; je te trouvai con­\nstam m ent à mes côtés dans les bons comme dans les mauvais jo u rs;\ntu m ’as dispensé d ’infinis, d ’inépuisables trésors d’am our; et\np o u rtan t il me faut te préparer une violente to rtu re ; ô je le fais\nbien malgré moi; mais je suis Roi et je dois...\n"}, {"page_pdf": 313, "texte": "266                                  L E RÉV EIL\n\n\n\n\n    M arguerite (anxieuse). — La chose concerne-t-elle le duc?\n    H akonn. — Oui. Nul sort plus douloureux ne pourrait m ’être\nréservé, que s’il me fallait écouler mes jours loin de toi; toutefois\nsi tu crois, qu’il doive en être ainsi, après que tu auras entendu\nce que j ’ai à te dire, — s ’il te semble ne pouvoir dem eurer à mes\ncôtés, ne pouvoir supporter ma vue sans pâlir — eh bien, en ce cas\nn otre séparation s’impose. — Nous irons chacun de notre côté — et\nje ne te garderai jam ais rancune de cette défection.\n    M arguerite. — Me séparer de toi ! Comment peux-tu seulem ent\nconcevoir pareille pensée? Donne moi la main.\n    H akonn. — Ne la touche pas! Je viens de la lever pour ju re r ...\n     M arguerite. — P our ju re r?\n    H akonn. — E t mon serm ent, scellait une irrévocable sentence\nde m o rt.\n    M arguerite. — Mon père! O mon père! (Les femmes la soutiennent).\n    H akonn. — Oui, M arguerite, comme Roi j ’ai dû condam ner ton\npère à m ort.\n    M arguerite. — Alors il a commis certes un crim e plus grave\nencore qu’en usurpant ton titre de roi.\n    H akonn. — En effet; et si tu crois à présent qu’il faille nous\nséparer, que ce soit sur l ’heure.\n    M arguerite (Se rapprochant de lui, avec énergie.) — Nous ne pouvons\nplus nous séparer! Je suis ta femme, je ne suis rien sur la terre que\nta femme !\n    H akonn. — E s-tu forte assez? A s-tu tout entendu, tout compris?\nJ ’ai condam né ton père.\n    M arguerite. — J ’ai tout entendu, tout compris. Tu as condamné\nmon père.\n    H a ko n n . — E t tu ne désire pas connaître son crime?\n    M arguerite. — Il suffit que toi tu le connaisses.\n    H akonn. — Je l’ai condamné à m ort.\n    M arguerite (s’agenouille devant le Roi et lui baise la main). — Mon\népoux, mon auguste m aître, t u as fait justice!\n\n   Au cinquièm e acte nous trouvons Skule qui s'est jeté avec ses partisans dans la\nforteresse de Nidaros. Le prétendant est som bre, découragé; c’est en vain que ses\nfidèles essaient de le reconforter, la tendresse fervente et la foi fanatique de son fils\nmêmes sont im puissantes à lui rendre son énergie. Cependant la sédition gronde\n"}, {"page_pdf": 314, "texte": "                                       Le r é v e i l                                   267\n\n\n\n\nautour de lui dans Nidaros. Les habitants contestent sa royauté. La châsse do Saint\nOlaf n ’a pas été portée devant lui lors de son sacre.\n    — E h bien, s’écrie le fougueux P eter, que l ’on fasse sortir au plus vite la châsse\nde Saint Olaf, et qu’elle rende hom m age au R oi !\n    — La chose est im possible! objecte un des chefs. — Qu’y a-t-il d'im possible,\ns’écrie le jeu n e hom m e, lorsqu’il s’agit de lu i!\n    E t il montre le Roi. E t Peter commande : \" Que les sonnettes convoquent les\nguerriers à un thing solennel et qu’on aille chercher la châsse! \"\n    Les assistants se récrient avec effroi : \" Un sacrilège ! \"\n    Mais P eter : Un sacrilège! n ’importe! A llons, venez! Les chevaliers de Jérusalem\nqui gardent la relique, sont favorables au R o i Skule; nous obtiendrons leur au to­\nrisation.\n    Les autres : “ Ils ne le p euvent à cause de l ’archevêque ! »\n    P eter les presse, les adjure : “ V ous vous dites les féaux du Roi et vous ne l ’ai­\nderiez pas en cet instant où sa couronne et sa vie sont e n je u ? C’est bien. Là-bas,\nd a n s la rue, j ’en trouverai de m eilleure volonté. Mon père, mon R oi, je trouverai\ndes supplications si éloquents que les chevaliers de Jérusalem seront bien forcés de\nfléchir. Ordonne qu’on sonne au thing. Sois tranquille, tu porteras le titre de Roi\nsans qu’on puisse désormais te le contester. »\n    E t il se précipite en dehors.\n    Dans la ville le m éco n ten tem en t augm en te, l’o rage gro nde. Des présages te rri­\nfiants ajoutent à l’h o stilité et à la c o n stern atio n des citadins. “ Des fem m es\naccouchent dans les églises, des p rê tre s et des m oines, p ris de folie, p a rc o u re n t\nles rues en p ré d isan t le ju g e m e n t d e rn ie r ! n\n    Skule a repris courage. Il adresse une proclam ation au peuple : Il lui vaudra\nl ’âge d’or, et comme aux beaux jours du Roi H akonn, chaque été le grain mûrira\ndeux fois. Les esprits ne s’apaisent pas et au contraire le tum ulte augm ente, les\nfâcheux augures redoublent. Tout à coup s ’élè v e une grande clameur :\n    — Sauve qui peut! F uyons! Fuyons ! Malheur à Nidaros ! M alheur au sacrilège!\n\n\n  S ku le. — Que s ’est-il passé?\n   B o r d B ra tte . — Tout fuit, tout se sauve, comme si on venait de\nlâcher une bête fauve.\n   Sku le. — Oui, tout fuit — (transporté de joie). Ha! Qu’im porte à\nprésent. — Nous sommes sauvés. — Voyez, voyez ! — La châsse\nde Saint Olaf se dresse au milieu de la cour du château.\n   P a u l F lid a . — La châsse du roi Olaf!\n   B o rd B ra tte . — Oui, c’est qu’il dit vrai ! — Voilà bien la châsse\nvénérée!\n   Sku le. — Les chevaliers de Jerusalem me sont fidèles ! Je le\nsavais. Mais jam ais ils ne m ’auront rendu plus signalé service!\n  P a u l F lid a . — Écoutez. On sonne l’appel au thing.\n   Sku le. — Il ne me manque plus aucune consécration à présent.\n   P eter (accourant.) — R evêts ton m anteau de pourpre, ô mon Roi;\ncar la châsse sainte t ’attend là, sous tes fenêtres !\n"}, {"page_pdf": 315, "texte": "268                               LE RÉVEIL\n\n\n\n\n   Skule. — Ainsi le royaum e et moi, nous te devons le salut.\nNous garderons aussi une éternelle reconnaissance aux F rères\nqui se sont rendus à ta filiale supplique.\n   P eter. — Aux frères croisés, dis-tu mon père? Tu ne leur dois\naucune reconnaissance.\n   S kule. — Ce sont eux pourtant, qui t ’ont aidé?\n   P eter. — Ils je tè re n t l ’interdit contre quiconque oserait toucher\nau reliquaire.\n   Skule. — C’est donc l ’archevêque, alors ! A la fin il a cédé.\n   P eter. — L’archevêque a fulminé des excommunications plus\nredoutables encore que les Frères-Croisés.\n   Skule. — Allons, je vois qu’il me reste encore de fidèles guerriers.\nVous autres, ici, vous trem bliez à la seule pensée d ’affronter les\nfoudres épiscopales; vous reculiez, vous qui deviez être les prem iers\nà me soutenir — et là-bas, dans cette foule infime j ’ai rencontré\ndes amis inconnus, capables de se charger, pour moi, d’un a tte n ta t\naussi terrib le ...\n   P eter. — Détrompe toi. Il n ’en est pas un qui eut osé prendre\nce pêché sur lui !\n   S ku le. — Le Dieu tout P uissant a -t-il donc fait un m iracle ! Qui\ndonc a retiré la châsse de l’église ?\n   P eter. — Moi, mon père!\n   S k u le (A vec un cri.) — Toi?\n   Les a ssista n ts (s’écartent de Peter.) — Sacrilège !\n  Paul F lida e t une couple d'autres se retirent.\n\n\n         L E S P R É C É D E N T S SANS P A U L F L ID A E T\n                           BORD BRA TTE.\n\n   P eter. — Il fallait que la chose se fît. Sans cette consécration\ntu ne pouvais plus com pter sur la fidélité d’aucun sujet. J ’im plorai,\nje menaçai les Frères-C roisés. Menaces ou prières furent inutiles.\nDe guerre lasse je forçai la porte de l’église. Aucun n ’osa m ’y\nsuivre. Je sautai sur le m aître-autel, se saisis la poignée de la\nchâsse en appliquant, pour m ’arcbouter, le genou contre le m ur ;\nc’était comme si une puissance m ystérieuse m ’eût accordé une force\n surhum aine. La châsse céda; je la traînai derrière moi, sur les\n"}, {"page_pdf": 316, "texte": "                                     L E RÉVEIL                                   269\n\n\n\n\ndalles de l’église, tandis que l’anathèm e grondait comme un orage\nsous les arceaux; je la traînai hors de l’église; tout bruyait et se\ndétournait de m oi; arrivé au milieu de la cour du château, la\npoignée me re sta dans la m ain ; la voici. (Il la montre à Skule.)\n   S k u le (muet, atterré). — Sacrilège!\n   P eter. — P o u r to i; pour l ’am our de ta grandiose pensée royale!\nD’ailleurs tu me rem ettras m a faute, il n ’est rien que tu ne\npuisses absoudre, toi ! Car tu nous apporteras la lum ière, la paix\nmême! Une aube radieuse va se lever sur ce pays; qu’im porte\nles sinistres taches qui l ’ont précédée?\n   S ku le. — Comme une auréole encadrait ta tête, lorsque tu me\nfus amené par ta mère — et à présent, c’est comme si j ’y voyais\nfulgurer l ’éclair de l’anathèm e !\n   P eter. — P ère, père, ne songe pas à m oi; ne te préoccupe pas\nde mon bonheur ou de mon m alheur. J ’ai accompli ta volonté —\ncom m ent pourrait-on m ’en faire un crime?\n   Skule. — Je voulais que tu n ’eusses de foi qu’en moi-même, et\ncette foi est devenue de l ’impiété !\n   P ete r. — Mais si c’est pour toi que le sacrilège a été commis,\nimpossible à Dieu de ne pas l ’absoudre !\n   S ku le. — P u r et sans pêché! J ’en fis le vœu à Ingebjoerg. E t\nle voilà qui atten te au ciel!\n\n  N idaros indigné par le sacrilège se revolte contre Skule et bientôt le roi Hakonn\net ses tro u p es s’emparent de la v ille. Skule e t ses derniers partisans ont pris la\nfuite. Le prétendant ira chercher un asile dans le cloître d’E lgesaeter. Une escorte\nde Frères-Croisés s’offre à le conduire jusque là. E n chevauchant, la nuit, un de\nccb Frères-Croisés engage une conversation avec lui. Ce Frère-Croisé n ’est autre\nque le fantôm e damné de l’évêque Nicolas.\n\n   — Qui es-tu? lui demande Skule?\n   L e Frère-C roisé. — Une ancienne connaissance.\n   S ku le. — Je ne vis jam ais visage plus pâle.\n   Le Frère-C roisé. — E t tu ne me reconnais pas?\n   S ku le. — C’est toi qui t ’es offert à me conduire à Elgesaeter.\n   Frère-C roisé. — C’est moi qui veux te conduire au trône.\n   S ku le. — Le pourrais-tu?\n   F rère-C roisé. — Je le peux si tu le veux.\n   S ku le. — E t par quel moyen?\n"}, {"page_pdf": 317, "texte": "270                                  L E R É V E IL\n\n\n\n\n   Frère-Croisé. — P a r le moyen que j ’employai autrefois; je te\nm ènerai sur une haute m ontagne d’où je te m ontrerai toutes les\nrichesses de l ’univers.\n   S kule. — J ’ai déjà aperçu toutes ces richesses en des rêves\nséduisants.\n   Frère-Croisé. — C’est moi qui t ’ envoyais ces rêves.\n   S ku le. — Qui donc es-tu?\n   Frère-Croisé. — Un m essager du plus ancien prétendant à la\ncouronne de l ’univers.\n   Skule. — Du plus ancien prétendant à la couronne de l ’univers?\n   Frère-Croisé. — Du prem ier Y arl qui se révolta contre le souve­\nrain royaum e pour fonder lui-m êm e un royaum e destiné à durer\ncomme l ’éternité.\n   S ku le (en poussant un cri d’effroi). L’évêque N ic o la s !\n\n    L ’évêque promet la couronne à Skule s’il tue l ’enfant du roi Hakonn. — E t c’est\nton fils qui régnera un jour ! dit le démon.\n    Skule se rappelle le sacrilège et une terrible lum ière se fait en lu i. C’est contre\nl ’âme de P eter, contre l’âme de son fils bien aimé que conspire le démon. Skule\nappelle le ciel à son aide. Le tentateur disparaît.\n    Cependant le fu gitif arrive au cloître d’E lgesaeter et s’y fait recueillir grâce à\nl ’intervention de R aghild sa sœur, une illum inée, et de la reine M arguerite qui s’y\ntrouve avec son enfant. P eter rejoint son père. Il veut tuer l ’enfant d’Hakonn.\nMais Skule s’y oppose et il confesse alors à P eter que la “ grandiose idée royale »\nest celle du roi Hakonn. A u dehors les Birkebeinern am eutés, réclam ent de leur\ncôté la tête de l’usurpateur et du sacrilège. R aghild, la voyante, exhorte son frère\nà s’im m oler avec son fils pour désarmer le courroux céleste. P eter accueille avec\nenthousiasme l'idée de m ourir avec son père, son idole. Ils font ouvrir la porte du\ncloître et tom bent massacrés, sur le parvis. Du m oins ce sacrifice aura rendu\nP eter, pur et sans tache, à sa m ère Ingebjoerg.\n\n\n                                                       G eorges E ek h o u d .\n"}, {"page_pdf": 318, "texte": "               L E RÉVEIL                                            271\n\n\n\n\n           G alam m en t\n                                                     (d 'u n volum e.)\n\n\n            Aux Blondes\nJ e chante la gloire des blondes\nA u x cheveux tissés de lum ière,\nJ e chante leur grande manière\nE t leur sourire à la Joconde;\n\nJ e bois aux blondes souveraines\nLe philtre d ’amours éternelles\nDans les azurales prunelles\nDe Jeanne, de Blanche et d ’Irene\n\nCar j ’aime leurs cheveux d'aurore\nE t leur grâce hautaine ou mignarde\nComme un soleil d ’avril qui farde\nUne fraîche fleur pres d'éclore.\n\n\n\n       Dans la forêt d’avril\n                                              Pour L a u re\n                                   L a u re n ’est p as u ne Chim ère.\n\n\nD ’un aveu tu n’es pas farouche,\nLaure,   —ni d ’un baiser qu'on vole;\nS a is tu que mon amour s ’affolle\nD e la promesse de ta bouche?\n\nQue l ’heure de soir est mourante\nE n floraisons d ’étoiles vives,\nQue mes mains ne sont pas naïves,\nQue la forêt d ’a vril nous tente?\n"}, {"page_pdf": 319, "texte": "272                  L E R É V E IL\n\n\n\n\n      —J e renouerai le mieux du monde\n      Tes cheveux poudrés de bruyère\n      E t ma main des lors fam ilière\n      Rajustera ta ju pe blonde.      —\n\n              La Romance fanée\n                                      Sur Talbum de M elle E. L. de S.\n\n\n      Redis les chansons anciennes\n      A u x senteurs d ’iris de Florence\n      E t refleurisse la Romance\n      S ur tes livres magiciennes!\n\n      A h ! Goûtons le passé de charmes\n      —Comme sur des bruyères fauves\n                                    —\n      U n tulle épars de brumes mauves\n      Car le Présent parait de larm es,\n\n      Chante la Romance fanée\n      P u is nous nous aimerons encore\n      Pour faire en l ’Avenir éclore\n      Une souvenance enchantée.\n\n\n\n            Les Sphynx du Parc\n\n      Les sphynx du parc ancien me disent :\n      « Nous avons vu maintes idylles,\n      Serments, rires, lèvres faciles\n      E t les plus fines des marquises,\n"}, {"page_pdf": 320, "texte": "                               L E R ÉVEIL                                        273\n\n\n                        ,\n              M ais dans la brume d'or des âges\n              Nous cherchons les serments fidèles :\n              L ’amour des brunes a des ailes\n              E t les blondes ne sont p a s sages!          »\n              Les sphynx aux allures vieillotes\n              Parlent toujours des vieilles choses;\n              Il s’êclot de plus neuves roses\n              S ur leur concile qui radote.\n\n                                                    Géo M a u v è r e .\n\n\n\n\n                             Fleurette\n                                                         A G eo M a u v è r e .\n\n                  Viens donc conter fleurette aux fleurs\n                  Pointant dans la pâle pelouse\n                  Mi-closes sous la pluie des pleurs\n                  De la lune qui les épouse.\n\n                  Que ton mysticisme drôlet\n                  Egrène belles rapsodies\n                  D ’autrefois emmi le ballet\n                  Des chastes fleurs abasourdies.\n\n                  J ’éprouve leur épatement :\n                  J ’aperçois toutes leurs frimousses\n                  Languides amoureusement.\n                  De peur que tu ne les courrouces.\n\n                  Il fa u t de plus près les tâter.\n                  E t fais de même aux bouquetières,\n                  E t cours à tue-tête chanter :\n                  Les fleurs ne seront plus rosières !\n\n(F rê le s F leu rs).\n                                             G eorges T ouchard,\n"}, {"page_pdf": 321, "texte": "274                             L E RÉ V E IL\n\n\n\n\n                Poèmes Mystiques\n                                     I\n\n\n                              Le Vitrail\n\n           eL soleil en trait à flots dans la chapelle du couvent, filtran t\n             à travers les vitraux m ulticolores, inondant de lum ière\n             les hauts piliers massifs, fouillant les coins d’ombre,\ns’allongeant en raies éclatantes sur les dalles usées du h eu rt des\nsandales, faisant éclater crûm ent le cuivre des orgues. E t au\ndehors, à l ’horizon, im mense, descendait l’astre, incendiant les\ntourelles du m onastère, plaquant du feu sur les m urailles frustes,\nfaisant saigner la campagne sous ses baisers ardents.\n    La porte de la sacristie s’ouvrit et frère Jean, lentem ent, t r a ­\nversa l ’église criblée de langues de feu, dards aigus foudroyant\nfollem ent, où se jouaient des poussières blondes. Il m onta le petit\nescalier qui conduisait au jubé et s’assit devant l ’orgue. C’était là\nque chaque soir, après vêpres, venait l ’organiste de la com m unauté.\nDepuis qu’il avait quitté le noviciat, tantôt un an, — frère Jean\nn ’en com ptait que vingt-deux, — à la tombée du jo u r, il aim ait à\nprom ener ses doigts sur les vieilles touches noircies par le tem ps,\nà se laisser aller à cette musique qui le berçait d’abord m ollement,\nl ’envahissait ensuite, le plongeait dans des profondeurs de rêve,\ndans des lointains d’irréel.\n    A côté de lui, un immense vitrail éclairait le jubé, donnant\npassage à la lum ière qui caressait sa tête jeune et m âle, aux yeux\nbrillan ts, enfoncés dans les orbites, ses membres maigres et souples,\nfaisant saillie hors de la roideur du froc. Ses regards s’arrêtèren t\nsu r la grande baie lumineuse et vaguem ent il contem pla une suite\nde vierges pâles, drapées dans des robes blanches, aux longs plis\namples, qui s’y trouvaient représentées. C’étaient les m artyres, les\nsaintes femmes que n ’avaient pû ém ouvoir les tentations ni les\n"}, {"page_pdf": 322, "texte": "                                 L E RÉVEIL                               275\n\n\n\n\n tourm ents, qui n ’avaient pas succombé à la chair, et au-dessous\n desquelles se trouvaient les paroles : « Mon royaum e n ’est pas de\n ce monde. »\n    Alors frère Jean soupira. Son royaume à lui aussi, n ’était pas de\n ce monde; lui aussi avait vécu chaste, comme ces femmes aux regards\n pudiques; lui aussi n ’avait pas connu l ’am our.\n    L’am our? L ’am our? E t c’était un re g re t qui le prenait m ainte­\n n an t comme une sorte de colère même d’avoir sacrifié sa jeunesse\n à ce culte rigide, de s’être séparé de to u t ce qui vit, de s’être con­\n dam né à erre r dans les corridors épais de solitude, ne connaissant\n que les toujours mêmes figures silencieuses des frères, m ort vivant\n parm i des ombres.\n    E t le pauvre moine regarda cette théorie de vierges, regard où\n se m êlait une profonde tristesse à un immense désir. Tout en\n songeant, il s’était mis à jouer de l’orgue. Ce fut d’abord comme une\n voix plaintive, plaintive, qui semblait sortir de lointains ignorés,\n voix de suppliant, de pêcheur devant son juge. Doucement, ainsi\n qu’une haleine, elle se balançait dans les h au teu rs de la nef, ta n ­\ntô t p leu ran t, tan tô t d’une quiétude infinie. Puis elle s’accentua et\n tout-à-coup éclata, victorieuse, en accents triom phants, em plissant\nto u t le vaisseau de ses chants d ’allégresse, se h eu rtan t aux voûtes,\na llan t jusque dans tous les recoins crier joie et délivrance.\n    F rère Jean sem blait comme transfiguré. Des yeux toujours rivés\nau v itrail, bercé p ar le ronflem ent des orgues, il achevait son rêve,\nrêve d ’un désir impossible qu’il traduisait sur l ’instrum ent en accords\nmagnifiques.\n    Le soleil commençait à décliner, l’ombre envahissait peu à peu le\njubé. Déjà un m ystère sem blait planer en l’église qui en trait dans\nles ténèbres, toute froide m aintenant, privée des caresses de feu de\nl ’astre couchant. Seul, le grand vitrail éclatait encore avec son\nfond ru tilan t, ses vierges de cire au lys de neige à la main.\n    De nouveau, les orgues s’étaient apaisées, de nouveau elles chan­\ntaien t un thèm e d’espérance, d’am our, d’am our m ystique, inconnu,\nm ystérieux. Ce c h a n t... comme l ’appel du m o u ran t à l ’agonie vers la\ndélivrance fin ale....\n    F rère Jean, toujours, regardait obstiném ent ce vitrail. Oh!\nSainte-A gnès, comme elle était jolie, toute blonde dans ses atours\n"}, {"page_pdf": 323, "texte": "276                             L E RÉ V E IL\n\n\n\n\nblancs, avec ses yeux bleus, profonds comme l ’azur, ses lèvres\nsemblables à une tache de sang, son lys immaculé à la m ain, sa\ngloire d’or lui nim bant la nuque. Comme elle ressortait parmi les\nau tres vierges hiératiques. E t toujours il la regardait, toujours, et\nl’orgue jouait toujours plein de d é sir....\n   Soudain une lumière rose p aru t s ’épandre sur la figure pâle de\nla sainte, un peu de sang sembla circuler sous la blancheur de cire.\nF rère Jean , inconscient reg ard ait, fou d ’am our, son rêve s’ac­\ncomplir.\n   L ’orgue jo u ait toujours.\n   P e tit à petit, les tra its d’Agnès s’anim èrent, une brise fit ondoyer\nles plis de son long m anteau et ainsi que m archent les ombres, frère\nJean la vit qu itter le vitrail et doucement, doucem ent, s’avancer\nvers lui.\n   L ’orgue jo u ait encore.\n   Alors, ten an t son grand lys à la m ain, Agnès s ’approcha du moine\net frère Jean sen tit poser sur ses lèvres un baiser d ’am our, immense,\ninfini__\n   L’orgue ne jouait plus.\n\n   F rère Jean fut retrouvé m ort le lendem ain m atin. A ses pieds,\ngisait un pauvre lys effeuillé, aux pétales m aculés...\n\n\n\n\n                                     II\n\n\n                            La Colombe\n\n         eL jo u r se levait doucement, faisant pâlir le croissant de la\n           lune, sem ant une teinte rose sur la terre humide du frais\n           de la nuit. P etit à petit, la campagne s’éclairait, les fleurs\ns’ouvraient, une vie nouvelle semblait sourdre en toutes choses.\nSoudain des flèches d ’or crevèrent le terne de l’aurore, et ce fut un\nconcert étourdissant de cris de coqs, de pépiements d’oiseaux,\ntandis que m ajestueux, m ontait le soleil à l ’horizon.\n"}, {"page_pdf": 324, "texte": "                              LE RÉVEIL                             277\n\n\n\n\n   Une cloche tin ta , cloche d’un couvent de sœ urs, et la porte du\ncloître s’ouvrit, liv ran t passage à deux files de religieuses allant\nch anter m atines à la chapelle proxime. Elles allaient en long essaim,\nleurs cornettes blanches semblables à de larges ailes éployées,\nprocessionnant en spirales serpentines le long des arcades encore\nchargées d’ombre. Une à une, elles s’engouffrèrent dans le sanctuaire,\ntout retom ba dans le silence.\n    Alors s’ouvrit une fenêtre du couvent et p a ru t à la croisée une\njeune religieuse aux tra its émaciés, d’une pâleur de linge.\n    Sœ ur Anne allait m ourir. Elle sentait cette consomption lente\nqui la m in ait, l’envahir de plus en p lu s, et seule, dans sa froide\ncellule, elle regardait vaguem ent se lever ce jo u r qui serait peut-\n être son dernier.\n    Comme elle était absorbée ainsi, noyée dans ses pensées, une\ncolombe vint se poser sur l’appui de la croisée. Seule amie de sœur\nA nne, cette colombe, qui avait pris pour habitude de venir jo u r­\nnellem ent s’installer sur le rebord de la fenêtre de la religieuse,\nsachant bien qu’il s’y trouvait toujours quelque friandise. E t elle se\nlissait les plum es, roucoulant doucement, venant m anger jusque\ndans la main les petits m orceaux de pain qu’Anne lui donnait.\nQuand elle se fut suffisamment rassasiée, elle b attit des ailes et\nalla se poser su r une plate forme voisine, où elle fut bientôt rejointe\np ar un joli pigeon gris de perle qui lui tin t sans doute des propros\nd’am our, à en ju g er p ar le ro u .... rou de contentem ent qu’elle fit\nentendre.\n    Sœur Anne avait suivi la colombe des yeux, et une tristesse\n passait m aintenant dans ses grands yeux limpides, à la vue de ces\n deux am oureux. Un soupir s’échappa de sa poitrine, soupir de\n reg ret, de bonheur à jam ais perdu.\n    La vue de ces pigeons, involontairem ent, lui faisait songer â son\n village et surtout à certain garçon à la peau brune qu’elle avait\n connu jad is, lorsqu’elle était toute jeune encore. Elle se rappelait\n des promenades au bord de l’eau, dans la quiétude des soirs, alors\n que le silence du crépuscule naissant n ’était troublé que par le chant\n des lavandières qui, joyeusem ent, frappaient l ’eau de leur battoir;\n elle se ressouvenait de longues haltes, tous deux silencieux, écou­\n tan t les m urm ures de la forêt.\n"}, {"page_pdf": 325, "texte": "278                            L E R É V E IL\n\n\n\n\n   Le garçon à la peau brune, qu’était-il devenu? Elle l ’ignorait et\nelle l’ignorerait toujours, en terrée qu’elle était dans ce sépulcre.\n   La vie, elle l ’avait dédaignée, elle l ’avait répudiée, dans son\nexaltation religieuse, pour devenir l’épouse du C hrist. Jusqu’ici,\njam ais elle ne s’était repentie de cela, et voilà que m aintenant,\naccoudée qu’elle était à la fenêtre, un regret, un immense re g ret la\nprenait.\n   Le soleil l ’éclairait, réchauffant ses membres glacés, une odeur de\nglèbe fraîchem ent remuée m ontait vers elle, et avec volupté elle\nrespirait les mille parfum s des champs, qui la grisaient, lui faisaient\nb attre les tempes.\n   A h! c’était bon vivre. E t elle qui n ’avait jam ais connu qu’un\nam our innocent, affection pure et toute spirituelle, elle aurait voulu\nm aintenant se trouver comme les autres êtres vivants, subir la\nloi universelle.\n   Elle regarda de nouveau les pigeons qui continuaient à se becqueter,\nlà, devant elle, comme pour la narguer. E t cela lui faisait mal.\n   Oh! si elle avait pu être comme cette colombe; mais hélas, il\nétait trop tard , elle allait m ourir, elle sentait approcher la crise\nsuprêm e__\n   Soudain elle fut prise d ’une te rre u r folle de la m ort; elle implora\nsa patronne et la V ierge, de la laisser vivre, ne fût-ce que pendant\nquelques heures encore, assez pour qu’elle pût réaliser son rêve.\n   Une dernière fois, elle regarda les pigeons qui s ’étaient rapprochés\nl’un de l ’a u tre __\n   Alors, m iraculeusem ent, s’accomplit le veu de sœ ur Anne. Elle\nfut identifiée à la blanche colombe, amoureuse du pigeon gris de\nperle, puis expira, un sourire sur les lèvres, dans la joie du désir\nsatisfait.\n   S ur la plate-form e, la colombe gisait inerte, la tête renversée,\nses petites pattes raidies.\n\n                                                 Louis   V éhenne.\n"}, {"page_pdf": 326, "texte": "                    L E RÉVEIL                                     279\n\n\n\n\n                       Lied\n                                              A VALERE   G ILLE.\n\n\n       Le château que l ’automne dore\n       Sous l’assaut des glycines blanches,\n       Laisse voguer parmi les branches\n       Les doux sanglots d ’une mandore\n       Qu’une belle enfant exilée\n       Fait pleurer sons ses mains blêmies\n       Tandis que des roses amies\n       Laissent la vierge inconsolée :\n       Les roses dans les vases roses\n       Se fanent loin des chemins vagues\n       Où des seigneurs à coups de dagues\n       Ont brisé leurs pâleurs décloses!\n       E t pendant que les roses meurent,\n       Le ciel allume ses étoiles\n       Comme de très lointaines voiles\n       Qui songent du pays et pleurent...\n\n\n                  Tes Y eux\nJ ’attendrai tes yeux bleus, les soirs où les étoiles\nOuvriront dans la paix de l’azur sans nuages\nLeurs paupières d’argent, telles de blanches voiles\nStellant un océan mystique des vieux âges.\nE t je me guiderai, pareil aux anciens Mages\nVers la lueur rêvée et chaste de tes voiles :\nJ ’irai vers tes yeux doux, j ’irai vers tes yeux sages\nTissant des pleurs du ciel de prophétiques toiles.\nE t je m ’endormirai sous les flèches bénies\nDe tes regards songeurs, et la voix de mon âme\nChantera la douceur des blanches agonies.\nL ’aube ne fleurira plus jam ais de ses roses\nLe parc mystérieux de mon cœur où les choses\nDe la terre auront f u i sur des ailes de fem m e !\n                                        G eorges Marlow .\n"}, {"page_pdf": 327, "texte": "280                      LE RÉVEIL\n\n\n\n\n                      T ristesse\n\n                 C h a p so n s p our m es y eu x\n\n\n\n      Mes y e u x , m es p a u v r e s y e u x s ’en vont\n      T a n g u a n t su r u n fleu ve de larm es,\n      Mes y e u x , mes pauvres y e u x s ’en vont\n      B ercés p a r u n chagrin p rofond.\n\n      Mes p a u vre s y e u x ont les couleurs\n      D e la violette de P a rm e,\n      Mes pa u vres y e u x ont les couleurs\n      D e la fa n a iso n su r les fle u rs.\n\n      E t la tristesse a u d u r profil\n      D évale su r eu x com m e u n fleu ve,\n      E t la tristesse a u d u r p ro fil\n      L e u r verse son poison subtil.\n\n      O pourquoi, pourquoi, pauvres y e u x .\n      P leu rer à la prem ière épreuve,\n      O pourquoi, pourquoi, pauvres y e u x ,\n      B o ire a u p h iltre p ern icieu x.\n\n      O mes pauvres y e u x q u i s ’en vont\n      T a n g u a n t su r u n fle u v e de larm es,\n      O mes pauvres y e u x q u i s'en vont\n      B ercés p a r u n chagrin profond.\n\n\n                                               V alm y   B ay sse.\n"}, {"page_pdf": 328, "texte": "                                                           L E RÉ VEIL                                                             281\n\n\n\n\n                                                 BALLADE\n       pour célébrer les oncles du temps d e C h a rle s X\n                                                                                                       A b o m in er le M ufle.\n                                                                                                       E pa ter le C o n frère.\n                                                                                     (D evise de la T é tra rc h ic E sth é tiq u e\n                                                                                              N éo -év olutionniste).\n                                     Oh est ce F rédérix m alin\n                                     Q ui chantait à vo ix de Sirene,\n                                     E t com m anda que M aeterlinck\n                                     F u t rejeté loin de la scène?\n                                     — H ibou criant quand b ru it on mène\n                                     D e quelque livre « d é c a d e n t »\n                                     E n sa bêtise souvetaine\n                                     Ou est l 'avunculus T ilm a n ?\n\n                                     Oh leur N êpotule Cilwa\n                                     (G rand commerce de confitures,)\n                                     Q ui prétendait le groupe ia\n                                     M onosyllabe. — D 'aventure\n                                     N ’aurait-on pas perçu la hure\n                                     D e B a ra n zy dém énageant?\n                                     L a R e v u e R o s e p lu s ne d u r c !(i)\n                                     On est l'a vu n cu lu s T ilm a n ?\n\n                                    Oh Charles P o tvin l 'incongru\n                                    « Q u i b o it la v ie u n iv e r s e lle\n                                    D a n s l ’U r n e d e l ’in d iv id u » ? !? !? !\n                                    Ou N a ta l déploye-t-il son aile,\n                                    C hantant en strophes im m ortelles\n                                    L e chagrin des m orts? — M ais a va n t,\n                                    Critique à la bonne chandelle ,(2)\n                                    Oh est l 'avunculus T ilm a n ?\n\n                                                             ENVOI\n\n                                    Prince des sots, que la séquelle\n                                    D u M u fl e va congratulant,\n                                    T a R e v u e B e lg e , oh donc est-elle,\n                                    Ou est l'avunculus T ilm a n ?\n                                                                                               L a T é t r a r c h i e (3).\n   (1) O h im é ! N . D . L . R .\n   (2) J a m a is E liac in ne sera lum ineux. S a gloire est d 'ê tre lum iniste (Ch. T ilm an , Revue. B elg e ilu\n15 J u ille t 1891).\n   (3) N ous publierons pro ch ain em e n t une étu d e trè s com plète sur le m ouvem ent T é tra rc h o -e sth é tico-\nn éo -évolutionniste e t les ad e lp h es T é tra rq u e s : R o d rig u e S é ra sq u ie r, S éb aste T é tra rq u e ; Jo sep h\nD esg en êts, H iéro g ly p h iste ; J e a n N ovis, P â p y ro tb è q u e e t F ré d é ric F ric h e , P y lo p h y lax ; ainsi q ue sur\nle « P è r eg r i n p assion n e » C arlos du F av, alias M ac + R h ô (m age révélé), qui p rit son envol vers les\nriv ages C alédoniens.                                                                                              N . D. L . R .\n"}, {"page_pdf": 329, "texte": "282                                 L E RÉ V E IL\n\n\n\n\n                       C H R O N IQ U E L IT T É R A IR E\n\n\n\n\n        PIERRE D é v o l u y . — B ois to n Sang (*) — D a n s la préface\n          du livre, M. Lantoine nous présente l ’auteur, nous expose\n          ses théories, le But q u ’il poursuit, et commente son œuvre\n avec un réel talent.\n   P o u r P ie rre Dévoluy, nous dit-il, « le poète a une mission à\nrem plir. Il est le vatès chargé tan tô t de consoler les hum bles de ses\n pacifiantes paroles, tan tô t de flageller les vendeurs de son vers trem pé\ncomme un acier, et de les chasser du Temple ». E t ,plus loin : « le\npoète ne doit pas s’atten d rir au vol d ’un papillon ou à l’effeuillement\nd’une rose, quand il a sous les yeux les pitoyantes hideurs et les\nm isères des hommes. — Aussi l ’enchaînem ent de tous ces orgueil­\nleux poèmes aboutit à la certitude du Devenir m eilleur ».\n   La prem ière partie du livre, intitulée L es P réludes se compose\nde pièces bibliques — \" symbole d’où découleront les futuritions » —\nje citerai : L a gourde, P o u r apprendre a u x en fa n ts de J u d a à tirer\nde l ’arc.\n   Dans la seconde, E n les H a sa r d s , le poète nous chante l ’Amour,\nnon pas le « Jeu d ’A m our, » comme dit si spirituellem ent M. René\nGhil, mais l’A m our-sentim ent, l’A m our-intellectualité :\n\n\n        M e tuera, belle, ainsi qu’un poison voire œil d ’or,\n        D o u x ja d is à mon triste am our las des prières,\n        E t m a in tenant lac morne et glacial où dort\n        L ’hypocrite candeur des haines meurtrières.\n\n\n\n\n  (*) Édition de \" Chimère \" Paris , librairie de l’Art Indépendant.\n"}, {"page_pdf": 330, "texte": "                                  L E R ÉVEIL                                 283\n\n\n\n        P renez plutôt en vos m ains fines ce poignard\n        B o n i je m 'arm ai pour les dois m orts des jalousies :\n        Ce franc poignard et non ce sourire m ignard\n        E t ces y e u x , de vos yeux d 'a n tan cruels Sosies...\n\n   En l 'A llée le poète nous chante douces, douces choses, av an t de\np én étrer dans la partie la plus v irile de son livre; il nous chante\nA ven tu rin e (la splendide pièce ici parue,) M a tin d ’A v r il, Le B e ffro i,\nLe F aune, Croquis F la m a n d , L a m o rt d ’E lsa qui nous m ènent à\nSang et Cendre, où la P atrie est célébrée en chants qui sont de\nvéritables épopées, aux vers sonores et pleins comme des réson­\nnances de buccins; et ce sont Les os secs des guerriers « blêm issants\nsu r la plaine, » dispersés, qui par la volonté de Dieu se rapprochent,\ns’unissent en tre eux, se recouvrent à nouveau de chair,\n\n     E t l'esprit dît T rès-H aut pénétrant dans leurs moelles\n     I l s se dressèrent tous sur leurs o r te ils — vivants!\n     E t ce fu t une A rm ée cparse aux quatre vents\n     Qui marchait, innombrable, aux lueurs des étoiles!\n\n   Ce sont : L a Coupe et A l'éphèbe de S a la m in e :\n\n     P orte-lyre indigné, qu’A pollon te protège! —\n     On sèmera des lys sous les pas du cortège\n     Quand, les lauriers au front, tu rentreras vainqueur,\n\n     E t si ta Destinée au champ d ’A r è s est telle\n     Que le trait de la mort s'enfonce dans ton cœur\n     L 'A o ïd e chantera ta mémoire im m ortelle!\n\n   Enfin F lu m en véritable paraphrase de l’Idée évolutionniste où le\npoète nous m ontre « l ’hum anité toujours cinglant vers l ’inaccessible\nB ut, » term ine magnifiquement le livre.\n   P o u r l’instrum entation, l’idéal du poète, nous apprend M. Lantoine,\n« était un vers dont le sens s’harm onisât pour ainsi dire avec le son\ndes mots, qui non seulem ent donnât la notation exacte d’une peinture,\nm ais qui, comme un suggestif air de musique, fit vaguer l ’esprit en\n"}, {"page_pdf": 331, "texte": "284                            L E R É V E IL\n\n\n\n\nde plus lointaines pensées. \" Sans plus de fastidieux com m entaires,\net pour clore, je me bornerai à transcrire ici les tercets du magni­\nfique sonnet A ven tu rin e, le lecteur jugera :\n\n\n         M 'êtes-vous pas le fru it d ’élite du verger?\n         L a brebis claire et vive, orgueil pur du berger,\n         Que solennel il mène au pré jo y e u x des roses\n\n         N uptiales, où l’or des grenades se fend, —\n         L ’aiguail de voire amour ondoierait mes névroses\n         E t j e vous aimerais mille ans, ô mon e n fa n t! —\n\n\n  B ref, un succès — oh ! point banal — pour P ierre Dévoluy, et\nun non moindre honneur pour la vaillante revue C h i m è r e , qui a\nédité le volume.\n\n\n\n\n           ’LAbbé H e c t o r H o o r n a e r t . — Ballades R usses. —\n             C’est devenu chose banale, en peinture et en littératu re,\n             que d’évoquer le pays ensoleillé des sérails et des harem s,\ndes odalisques et des h o u ris; l’Espagne, les toréadors, les \" Señ oras\nlong-voilées » ; l ’Italie et les tarentelles; et Venise, ses canaux,\nses gondoles, ses lions, que sais-je encore!\n   M. H oornaert, lui, fait des vers sur le pays à la mode, — les\nau tres, la belle époque en est passée! — il nous chante la Russie,\navec ses m œurs et ses légendes, nous parle de m oujiks, de kalikis,\nde bourlaks, de bogatyrs, de sam ovar, de tchoum aks             — Cette\nassociation de vocables rébarbatifs fait penser à la chanson Russe\nque \" le bon poète \" Marcel Lefèvre chanta au C hat Noir, et l ’on\nne peut s ’em pêcher de sourire. —\n   Au nombre des légendes que rapporte l’abbé H oornaert nous a\nsurto u t charm é Le Châtim ent de Sviatogor, qui « souffrant du vif\ntourm ent de ses forces trop grandes », a poussé vers Dieu des\nclam eurs offensives; or comme il chem inait p ar le steppe, il ren ­\ncontre un vieux moujik cassé, qui\n"}, {"page_pdf": 332, "texte": "                                 L E RÉVEIL                                       285\n\n\n\n        S ’approcha, lamentable, im plorant sa puissance. —\n        — « Daignez charger ce sac dessus mon dos baissé »\n        G e ig n it-il......\n\nmais le géant 11’y parvient p as; il s’épuise en efforts et en colères\ninutiles, au point\n\n          Que le sang coule au long de sa fa c e verm eille!\n\n\nmais ses pieds descendent en te rre , il s’y enfonce ju sq u ’à la poitrine,\nsans parv en ir à soulever le sac m audit......\n\n            Ses veines ont sauté sous l ’effort fr is s o n n a n t!\n\nenfin\n\n         Ses yeu x tournent trois f o i s dans sa tête imm obile,\n          Un u ltim e soupir éclate en cri tonnant,\n         E t son énorme chair d urcit en roc stérile.\n\n         Lors le p e tit v ieilla rd s'éloigne, — ricanant.\n\n   Je citerai encore : L a méchante R ivière, L 'exp lo it de M icoula,\nL ’illu s tr e B a ïd a , Le Crépuscule des B ogatyrs, Le prédiction\nd 'A le x is . —\n   Q uant à la forme, je la voudrais un peu plus soignée; M. Hoor­\nn aert a, je crois, le vers très facile : cela constitue un véritable\nécueil, dont il doit se m éfier, mais ne m ’em pêchera point de le\nconsidérer comme un vrai poète, comme un artiste sincère.\n   Des félicitations sont dues à M. Daniel De Haene, le graveur des\ndeux eaux-fortes qui adornent l ’ouvrage, et à M. Siffer pour la\nfaçon dont celui-ci a été exécuté.\n\n                                               R o d r ig u e   S é r a s q u ie r .\n"}, {"page_pdf": 333, "texte": "286                                   L E R É V E IL\n\n\n\n\n            rAt h u r   D e try . —   C ontes à m a p e tite R ose. (*) —\n              Quelques pages écrites en un style simple et clair, sans\n              le souci de l 'adjeclif à effet, nous offre M. Detry.\n    Bien que cette plaquette ait de la valeur littéraire, je reproche à\nl ’au teu r d’être trop souvent tombé dans la banalité, dans le déjà lu,\nainsi L a soirée de deux e n fa n ts , A u x cham ps, ne sont pas œuvres\nfort originales.\n    Dans certains contes de son opuscule, po u rtan t, M. Detry est\nsorti des ornières frayées par ses devanciers; telles, les dernières\nlignes de l ’In té rie u r d 'u n bohème, où l ’auteur expose hardim ent ses\nidées sur le culte de la femme.\n    En somme, un livre d ’une lecture agréable, surtout plein de\nprom esses pour l’avenir.\n\n                                                       Louis V é h e n n e .\n\n\n\n\n (*) Verviers. — P ierre F éguenne, rue ilu Collége.\n"}, {"page_pdf": 334, "texte": "                                           L E R É V E IL                                          287\n\n\n\n\n                               TABLETTES\n\n           A travers les Revues                      Bourget. Vers de Charles F rém ine et\n                                                     Georges Bernard K ahler.\n                                                        R ouen A r tiste publie des vers in é­\n   Aux derniers n os du Ch at H uant ,\n                                                     dits, de jeunesse, de Louis Bouilhet ;\njo lis vers de G irodin, Ludovic Ag-Yo-Bé,\n                                                     puis une amusante et jo lie prose de\n Valmy Baisse, etc.\n                                                     T ony d’Ulmès.\n   L e Coin du F eu de septembre nous\n                                                        Au S y lp h e , une saisissante nouvelle\ndonne une forte étude juridique su r la              d’H enri Bossanne : les H allucinés : vers\ncondition de la fe m m e dans le m ariage, par\n                                                     de Gustave R ivet, H enri Second, e t les\nL ouis F ran ck ,et un quatuor de quatrains,         Pouliches de Roilinat.\ndu très prudhommesque Georges Haas.                     Une ré v élatio n d a n s l a SYRINX (juillet):\n   E x cellen t fascicule des É c r i t s p o u r    Vers splendides, classiques clans le\nl ’A r t : Lettre ouverte de René Ghil à             g ra n d sens d u m ot, signés H enri M ichel.\nÉ m ile Zola, vers d’Ém m anuel D elbous­            Ceci n ’est pas de d é b u ta n t, m ais de\nquet, A lbert Lantoine; deux beaux                   m a ître o u v rie r e t g ra n d p oète.\nsonnets d’Edm ond Cros, pas factices, ce\nqui fait bien plaisir par ces tem ps-ci;                                                       F . F.\np uis, le D ilem m e de P ierrot, prose de\nGeorges Docquois, l ’auteur de M élic                   Je n ’ai plus eu de nouvelles de Ch i ­\napplaudie au Théâtre Libre.                          m ère     depuis quelque temps. Somm es-\n   N ous remarquons dans l 'E r m i t a g e          nous en panne, confrère? F a u t-il vous\nun article de H ugues Rebell : A propos              envoyer un rem orqueur?\ndes Noces de F igaro ; de superbes proses               Dans la C lo ch e , Georges É lcar écrit\nd’Henri M azel, et d’Adolphe R etté,                 deB épitaphes pour leB Grands hommes\nP a radoxe su r la critiq ue. Toujours d éli­        vivants. Georget s’amuse !\ncieux, les aphorismes de Paul Masson :                  T oub nos rem ercîm ents aux confrères\n   Du tissu de nos rêves, quand ils sont             des E ssais d es J eunes pour leurs bonnes\nusés, sachons faire de la charpie :                  paroles, et nos félicitations à leur direc­\n   Si la magistrature est le rempart de la           teur, M. Delbousquet, pour sa coura­\nsociété, les agents de police en sont les            geuse conférence.\ncontre-escarpes.                                        N oël ! N oël ! F lo réa l a reparu ! A\n    La L ib r e C ritiq u e sous c o u v ertu re     quand le prochain?\nfinem ent harm onisée, com mence ses                    Inutile de dire que la F rance M o­\nbiographies d’artistes par celles des                d ern e ne nous est pas parvenue. Mau­\np e in tr es Jules M ontigny et Evert                dite P oste, va! E t que serait-ce b ie lle\nLarock.                                              n ’existait point ?\n   L e fascicule du M e r c u r e d e F r a n c k       DanS l e M a g a sin L i t t é r a i r e d ’Août,\nest excellen t; cela devient fastidieux à            A lb u m s p ar M . D ullaert.\nrépéter : Vers de Jean Court; prose\nmagnifique d’H enri Mazel : U ltim a Dies;\nballades cruelles de Laurent Tailhade,\netc.                                                    « F o r t des résultats acquiS, soulevé peu\n   L e M o u v em en t L i t t é r a i r e reprend   à peu par le flot m êm e de la jeune g éné­\ndu F igaro une remarquable étude sur le              ration, le B lu et vogue bravem ent vers\nm ouvem ent littéraire en Belgique, par              une célébrité et un prestige qu’il aura\nFrancis de N ion; vers de Verhaeren,                 bien m érités, n E t pour arriver à cela il\nprose du Comte Léonce de Larmandie.                  envoie force circulaires, où il annonce\n    L a R e v u e I n d é p e n d a n te donne le    sa fusion avec les A b e il l e s et le\n1er acte des Sou tiens de la Société,                R é v e il L it t é r a ir e , et contenant des\nd’Ibsen, et une belle prose d’André                  extraits de journaux et de lettres de son\nPicard.                                              com ité de patronage. Je cueille :\n    En la R e v u e M o d e r n e notons un bon         Grâce du B luet, plus d'une perle a été\ncom pte-rendu de la Débâcle, par Charles             sauvée de l'obscurité ! ! ! J ’te crois !\n"}, {"page_pdf": 335, "texte": " 288                                              L E RÉ V E IL\n\n\n\n    L e B l u e t a é té fondé pour la publica­             des sociétés musicales et poétiques, d i­\n tion d'essais littéraires qui autrement                    recteur E . Sinoquet, officier de plusieurs\n auraient risqué de ne jam ais voir le jo u r!.1!           ordres et de divers autres. La spécialité\n Diable, si vous le dites vous m êmes !                     de la maison est aussi de sauver des\n    L e B l u e t contient des articles d ’ « aspi­         perles de l ’obscurité, à en juger par\n rants auteurs. » O cruelle ironie !                        celle-ci :\n    Enfin : Les poètes novices ne peuvent\nmieux faire que s'abonner à cette revue!!!                   L e s d r a p e a u x d e la d iv is io n L a p a s s e t\n    Ici perce le côté mercantile de l'œ u­\nvre, et ù ce propos il est bon de citer ces                                                 I.\nquelques lignes d'Em ile Goudeau :                          A p r è s u n siège, h o r rib le d 'u n e f i n m isérable,\n    “ J'ai vu des gens réputés très-respec­                 L n soldai g lo r ie u x don t le. nom m émorable\ntables faire payer à des naïfs cinquante                    D e v a it sa u ver l ' h o n n eu r de la F r a n ce e n v a h ie!\n                                                            E n b r û la n t les d ra p ea u x de. sa noble p a tr ie .\ncentim es et un franc par vers inséré.\nDe cette constatation presque banale                                                       II.\n(tant on connaît d’agences sem blables!)\n,je tire deux conclusions : c’est que la                    La passet, c ’est son nom le p lu s beau de r h isto ir e ,\n                                                            I l résista , ce brave, à u n tr a îtr e sa n s g lo ir e ,\npoésie est tellem ent en honneur en ce                      E t r e n n e m i v a in c u P a r ce tr a it d\" héroïsm e,\npays-ci, que, pour conquérir le titre de                    S alua notre a rm ée dans son p a trio tism e .\nbarde, beaucoup de commandants en                                                                    E. S i n o q u e t ,\nretraite, de percepteurs fatigués, de                                                            officier d ’académie.\nmarchands de salade, ou de m agistrats,                         Je regrette de ne pas avoir trouvé\navares sur leur nourriture ou celle de                      l ’adresse de cet honnête industriel.\nleurs proches, parfois criblés de d e tt e s ,\nn ’hésitent pas à dépenser de l ’argent,                                                  **\nafin de se faire im prim er. Poésie et\n                                                               Encore une aimable in ep tie, du M a s ­\nvanité ! C’est sur ce deuxièm e péché que\ntablent le s entrepreneurs de petits jour­\n                                                            q u e d e F e u celle-ci, cela a paru d a n s\nnaux poétiques, rédigés par les abonnés,                    presque tous les journaux et s'intitule :\ndit le prospectus! où ces m alheureux                                        N o u v e a u x b a c ille s .\npayent sérieusem ent la gloire d’alim en­\nter la cuisine de deux ou trois sceptiques                     A soit tour on nous inocule,\njoyeux qui revendent au poids l ’in év i­                      A p rès la rage et caetera,\ntable bouillon de leurs journaux. Pauvres                      Le bacille du choléra,\ngogos du rêve !                                                Un tout petit animalcule !\n                                                              Puisque la science articule\n                                                              Qu’elle a sauvé le genre humain,\n   Ne    nous       sont 'p oin t parvenus : les              Pourquoi s ’arrêter en chemin\nd e r n ie r s de L a R e v u e B l a n c h e , l ’A r t      A vant les sep t travaux d ’Hercule ?\nS o c ia l , C h i m è r e , je crois, et L a F r a n c e\nm o d e r n e (pour rappel1. — L a R e v u e                  Il n ’y a donc pas que les petits belges\nR o se déménage encore toujours. —                          pour être des oies !\nQuant à notre oncle Tilm an, nous lui\ndédions une petite Ballade.\n                                    Ch a n t e c l e r .                             N o tu le s\n                                                               N o u s avons dû rem ettre au prochain\n                                                            fascicule le com pte-rendu, par A lbert\n                 Autre guitare !                            Arnay, de l’E nvoi des Rêves d Arthur\n                                                            Dupont ; ainsi que ceux par Joseph D es­\n- E st venu échouer sur ma table L’In ­                     genêts, de L a Fin des D ieux, d’i l . M azel,\ns t it u t p o p u l a ir e d e F r a n c e , organe        et d e s Horizons Hantés de Jean D elville.\n"}, {"page_pdf": 336, "texte": "                 Bureaux de vente du R É V E I L\n\n   G an d .            — Ad. H oste, rue des Cham ps, 49.\n                         L ib rairie U niverselle, rue Courte du Jo u r.\n                         Mme Otte, rue de F landre.\n   B r u x e l l e s . — Jérôm e-D oliger, G alerie de la Reine, 32.\n   L ié g e .          — Gnusé, ru e P ont d’île.\n\n\n\n\n           PUBLICATIONS RECOMMANDÉES :\nL ’A r t S o c i a l . — m — Im passe du B éarn, 5, P aris.\nL e C h a t - H u a n t . — h — R u e Vieille T o u r, 21, B ordeaux.\nC h i m è r e . — m — Cours G am betta, 52, M ontpellier.\nL a C l o c h e . — b . m — R ue St. Placide, 3g, P aris.\nL e C o i n d u F e u . — m — R ue Neuve, 25, V erviers.\nE c r i t s p o u r l ’A r t . — P a ra ît 3 fois par an. — R ue L au risto n 16bis,\n       P aris.\nL ’E r m i t a g e . — m — R ue de V arennes, 26, P aris.\nE s s a i s d e J e u n e s — m — R ue de la Concorde, 2, T oulouse.\nF l o r é a l . — m — R ue S t. R ém y, 22, Liège.\nL a F r a n c e M o d e r n e . — b.m — F aubourg du N ord, 15, M arseille.\nL a J e u n e B e l g i q u e . — m — R ue P otagère, 64, B ruxelles.\nL a L i b r e C r i t i q u e . — h — R ue S ouveraine, 37, B ruxelles.\nL e M a g a s i n L i t t é r a i r e . — m — R ue H au t-P o rt, 52, Gand.\nL e M é p h i s t o . — h — R ue du L om bard, 28, Anvers.\nL e M e r c u r e d e F r a n c e . — m — R ue de l’É chaudé-S t-G erm ain,\n       15, P aris.\nL e M o u v e m e n t L i t t é r a i r e . — b.m — R u e M arie T hérèse, 73,\n       B ruxelles.\n                                                            ( R ue des M artyrs, 19, P aris.\nL a R e v u e B la n c h e — m                       ,\n                                                         1             ,\n                                             ( R ue de O uest, 74,L iége.\nL a R e v u e G é n é r a l e . — m — R ue T reu ren b erg , 16, B ruxelles.\nL a R e v u e I n d é p e n d a n t e . — m — R u e des Pyram ides. 12, P aris.\nL a R e v u e M o d e r n e . — b . m — R u e O r d e n e r , 96, P a r i s .\nL a R e v u e U n i v e r s i t a i r e . — m — R ue C oenraets, 54, S ‘ Gilles.\nR o u e n - A r t i s t e . — R ue G rand-P ont, 4, R ouen.\nL e S i l l o n . — m — R u e de C habrol, 31, P aris.\nL e S y l p h e . — m — R ue de la G are, 2, V oiron (Isère).\nL a S y r i n x . — m. — R ue L acépède 27, Aix (Provence).\n\n                 PUBLICATIONS NON R E C O M M A N D É E S :\nL e B l u e t . — m — R ue Croix des P etits C ham ps, P aris.\nL a R e v u e B e l g e . — b.m. — P lace de la S tation, 10, L ouvain.\n\n\n                                   M     = M ensuel.\n                                  b .m   = Bi-M ensuel.\n                                   H     = H ebdom adaire.\n"}, {"page_pdf": 337, "texte": "                                             LE BLUET\n CHARLES TILMAN                      Lance des écrivains et des vélocipèdes.\n\n     T Ê T E D E TU R C\n\n  GAR A NTIE INCASSABLE.\n                                            LE BLUET\n                                        Sauvé des perles de l ’o b s c u r i t é .\n PLAC E D E L A ST A T IO N , 10\n\n\n         L o u v a in .\n\n\n                                            LE BLUET\n                                      Contient des articles d’ u aspirants\n                                                  auteurs. »\n\n\n\n\n                                           LE BLUET\n                                    Les poètes novices ne peuvent mieux\n                                      faire que s abonner à cette revue.\n CASE A LOUER\n          P O U R UN\n\n\n\n\nAVUNCULUS.                                LE BLUET\n                                     P ou r 5 0 centim es\n\n                                   envoie une carte de collaborateur à tout\n (O n tra ite   à   forfait).        ohnète commerçant ou autre épicier\n                                     sur demande affranchie.\n                                   Moitié prix seulement pour les abonnés\n                                    du R é v e i l , les bonnes d’enfants et\n                                    M. Charles Tilman.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 9, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1892-09", "signet_source": "Deuxième année - N°9 - Septembre 1892", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 302 (« Deuxième Année. N° 9. SEPTEMBRE 1892 »).", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}