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Soléal.\nJ e a n N o v i s .................................. P luie.\nC a rlo s d u Fa y             . . . .                  Invocation.\nA lb e r t Ar n a y        . . . .               Quelques mots.\nC h a r l e s F r a p p a rtt . . .              Légende.\nT ris ta n K lin g s o r .         .             L ' A dolescent du missel chante.\nL é o n L u c y -M a r . . . .                   A u x Brunes.\n                                                           C H R O N IQ U E L I T T É R A I R E .\nJo s e p h D esg e n ê t s                               H. M a z e l : Lu Fin des Dieux.\nF. F. . . .              * ...........................J . C a s ie r   : Au    Ciel.\nR o d rig u e Sé r a s q u i e r . .                  . J. D el v i l l e : Les Horizons hantés.\nJo se p h D e sg en êt s . . . . .                        Le Salon Triennal.\nJ . D....................             . . . .             Chronique Théâtrale.\n                                                  Tablettes\n\n\nAbonnement : Belgique, un an 5 francs. (Pour l’étranger, le port en sus).\n                               C e n um éro :            50 cen tim es.\n\n\n       Rédaction : Marché aux Grains, 7, GAND.\n                                        TOUS DROITS RESERVES.\n\n\n                     G a n d, im p. à vapeur F. 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'\n\n\n\n\n            PRINCIPAUX COLLABORATEURS :\n\n  Ludovic Ag-Yo-Bé, Albert Arnay, Valmy Baysse, Catulle Blée, Edm. Deffer­\nnez, Cb. Delchevalerie, E ugène Demolder, Joseph D esgenêts, Maurice Desom-\nbiaux, Pierre Devoluy, Carlos du Eay, A rthur Dupont, Georges Eekhoud,\nCharles Frappart, Frédéric F rich e, Paul Gérardy, Iwan Gilkin, Valère G ille,\nArnold Goffin, Pierre Hancart, José Hennebicq, Gustave Kahn, T ristan K ling-\nsor, Hubert Krains, Alfred Lavachery, Camille Lemonnier, Grégoire Le\nHoy, Léon Lucy-Mar, Paul M., Maurice M aeterlinck, Georges Marlow,\nGéo Manvère, Francis N autet, Jean N ovis, Raymond N yst, Edmond Rassen-\nfosse, Paul Redonnel, Georges Rodenbach, Fernand R oussel, Rodrigue Séras-\nquier, Fernand Séverin, Charles S lu yts, Hubert Stiernet, Georges Touchard,\nLouis Véhenne, A u gu ste V ierset, Adolphe W estermann, etc.\n\n\n\n\n     Le Réveil ne publie que de l’inédit.\n\n     Les manuscrits ne sont pas rendus.\n\n     Les collaborateurs sont responsables de leurs articles.\n\n     Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire\nparviendra à la rédaction.\n\n     Les journaux ou revues qui désireraient faire l’échange sont\npriés de s’adresser à la rédaction.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-10-n10-004", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 289, "page_fin": 294, "titre_corps": "Soléal", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Hubert Stiernet", "ancre_debut": "Soléal Lîle Soléal était perdue dans l’océan", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 340, "page_imprimee": 289, "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 2020, "texte": "Soléal\n          ’Lîle Soléal était perdue dans l’océan ; jam ais un navire n ’y\n            abordait et les h abitants ne s’en plaignaient point, car ils\n            tro u v aient sur leur te rre tout ce dont ils avaient besoin\npour vivre. L’île ne com portait qu’un gros bourg entouré, d’un côté,\nde bois om breux où gazouillaient des sources claires, de l’autre, de\nmagnifiques prairies couvertes de nom breux troupeaux. Les Soléa ­\nliens ne connaissaient point l ’arg en t : le m eunier m oulait le grain\ndu boulanger qui lui fabriquait du pain ou du bûcheron qui lui\ndonnait du bois. Ils ignoraient le m al, n ’ay a n t jam ais souffert de\ntoutes les passions qui y m ènent. P o in t de roi, point de m endiants,\npoint de rich es, point de pauvres, tous égaux, m angeant à leur\nfaim , buvant à leur soif, sans cesse joyeux. P oint de gouvernem ent,\npoint de ju g es, point de soldats, point de savants qui eussent pu leur\nenseigner de m alsaines curiosités et les exposer aux terribles re p ré­\nsailles du grand sphinx violé.\n   Le m atin, à l’aurore, ou par les vastes soirs étoilés, ils se réu ­\nnissaient pour ch an ter des hym nes au soleil, à la lune, aux astres\nlointains. Peu s’en fallait qu’ils ne fussent parfaitem ent heureux,\nétan t malades quelques jo u rs à peine avant leur m ort qui arriv ait\ntrès tard. La m ort était bien le seul point noir dans le ciel im mua­\nblem ent bleu des habitants de Soléal. Com ment n ’auraient-ils pas\neu , plus que les autres peuples, h o rreu r de cette m ort qui ne les\nlaissait jam ais indifférents, puisqu’ils ne form aient qu’une même\nfamille? Chacun n ’était-il pas un frère tendrem ent aimé? Mais\nlorsqu’une sombre pensée les effleurait de son aile, ils se tournaient\nvers le midi d’où leu r venait un rayon de suprêm e et tenace espoir :\ncette haute to u r élevée au bord de la m er était un solide pilier\nauquel ils am arraien t fiévreusem ent et qui les em pêchait de glisser\nà la dérive su r les vagues effrayantes de l ’Infini.\n"}, {"page_pdf": 341, "page_imprimee": 290, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2610, "texte": "290                               L E R É V E IL\n\n\n\n\n    Un jo u r, était né dans l ’île un enfant m erveilleux ; à l’âge où les\n au tres ne m archent point seuls, il inventait toute espèce d ’in stru ­\nm ents u tiles; ses raisonnem ents déconcertèrent les vieillards; au\nlieu de jo u er avec ses compagnons, il étudiait les étoiles et guéris­\nsait les anim aux malades. Les Soléaliens se dirent qu’il y avait en\nlui quelque chose d ’extraordinaire e t qu’i l p o u rra it p e u t-ê tre résoudre\nle grand problèm e. Une im portante décision fut prise. Les architectes\net les maçonso\n                    se m irent à l’œ uvre. Sur le rivage sans cesse enso ­\nleillé, à l’endroit où ne pouvaient s’entendre les enclumes des forge­\nro n s, les scies des m enuisiers, ni les fléaux des batteurs en grange,\n ils élevèrent une haute to u r pleine d ’élégance, faite de blocs de\n m arbre blanc. A quatre cents pieds en l ’a ir, fu ren t aménagées des\n salles spacieuses pour la commodité desquelles s’épuisa l’imagination\n des artisans les plus ingénieux. Là, l’enfant m iraculeux comme un\ndieu dans son tem ple, grandit à l ’aise, servi à souhait par le village\nentier, nourri des fruits les plus tendres et les plus savoureux. Quand\nil atteig n it l ’âge d ’hom m e , 0n para comme pour une fête, toutes les\njeunes filles de l ’île et, parm i ce troupeau candide et frém issant,\nl’éphèbe prédestiné fit son choix. P uis, il em m ena l’épouse vers la\nto u r du salut, m ais, jam ais, elle ne fut introduite en ces ateliers\nm ystérieux où l ’Homme lu tta it avec la M ort.\n    E t les Soléaliens regardaient avec es tressaillem ents d’espérance,\nla fumée des cornues qui s’élevaient dans le ciel, au-dessus de la\nto u r, ou, le soir, la petite fenêtre éclairée qui tém oignait des labeurs\ndu terrible ouvrier.\n    C ependant, les deux hom m es qui, à leur tour, se sont tenus, la\nnuit, sous le Donjon des Espoirs, au service du Magicien, reviennent\nau village : Le Seigneur, disent-ils, convoque tous les h ab itan ts;\nil leu r annoncera une grande nouvelle...\n    Aussitôt l’ivresse ne connaît plus de bornes; personne ne doute\nque la Cam arde ne soit sur le point de déposer sa faux. Les hommes,\nles femmes, abandonnant leurs trav a u x , les enfants, leurs je u x , se\nprécipitent à l’appel extraordinaire. Ils s’aveuglent à regarder fixe­\nment cette immaculée blancheur de m arbre que le soleil fait étinceler,\nquand la fenêtre du Docteur bouge... Soudain, elle s ’ouvre toute\nlarge, il y p araît, m ontrant à la foule une m ignonne petite fille nue,\nfrêle comme un oiselet sans plum es. Une immense acclam ation\n"}, {"page_pdf": 342, "page_imprimee": 291, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2499, "texte": "                                LE   R ÉV EIL                             291\n\n\n\n\nmonte vers lui, m ais, Dieu sait que de désillusion il y a au fond de\nces cris de joie! P o u rtan t, le Magicien se ra -t-il aussi plein d’allé­\ngresse, le jo u r où il révélera au peuple assemblé le secret de ne\npoint m ourir!\n    P eu d’années après, la perte de sa compagne le plongea dans une\ndésolation profonde. Il com prit alors combien chacun était im patient\nde le voir aboutir dans ses trav a u x et l ’am ère vanité de ses déjà\nlongs efforts l’eût découragé à jam ais; il eût im ploré l ’Ennem ie comme\non implore une am ante, si, à côté d e lui q u i vieillissait et enlaidissait,\nil n ’eût vu s’épanouir dans tout son éclat cette tendre fleur qu’il\nappelait sa fille, sa douce Floram e!\n    Il se rem it à l ’ouvrage; mais, la confiance des Soléaliens en leur\nDocteur s’affaiblissait et les vieux pensaient: Il faudra donc m ourir...\n    Un m atin, nouvelle alerte ; derechef, cohue haletante sous la\nto u r de m arbre : va-t-elle enfin laisser tom ber la parole attendue?\n    L’Homme p araît : ses cheveux ont grisonné et la lum ière tom bant\nsu r ses larges lunettes lui donne une apparence fantastique de messie\naux yeux de feu. Il prend la parole :\n  . — Soléaliens, mes frères, je n ’ai point vaincu l’E sprit exterm i­\nn a te u r; mais, désormais, nous sauverons nos corps des hontes de lu\nverm ine. Ces corps que nous soignons, que nous vêtons, que nous\naim ons, ne se décomposeront plus sous les immondes caresses des\nvers. Nous perdrons les paroles et les regards de nos m orts bien-\naimés, nous conserverons leur image et leurs formes. Puisse cette\nconquête être le prélude de la grande victoire!\n    Il fit connaître qu’il avait composé un élixir transform ant en\nstatu es de p ierre les cadavres des hommes et des anim aux.\n    Dès lors, la physionom ie de Soléal changea peu à peu. Chaque\nfamille garda d’abord religieusem ent dans son intérieur les quelques\np aren ts qu’elle avait perdus et les corridors furent habités\np ar de rigides ancêtres, tan tes et oncles, qu’on venait em brasser et\nd ont on im plorait la bénédiction avant le coucher. C ependant, leur\nnom bre augm enta et l’oubli les dépouilla de leur arm ure de respect\ne t d’am our. On les plaça un peu p arto u t : des groupes immobiles\nsem blèrent conspirer dans la pénombre des ja rd in s; le long des\nrou tes, s’égren èrent d ’interm inables théories de processionnaires\n lugubres et fatigués, déam bulant vers le repos.\n"}, {"page_pdf": 343, "page_imprimee": 292, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2440, "texte": "292                            L E R É V E IL\n\n\n\n\n    Rien de plus étrange que le spectacle de cette île unique, par une\nbelle n u it, quand le reflet de la lune découpant toutes ces silhouettes,\nsem blait faire revivre les défunts pendant que les vivants étaient\nm orts dans le sommeil. On s’aperçut alors que ce peuple de pierre,\nse m ultipliant à m esure de la disparition des êtres, tenait une place\nà laquelle il n ’av ait plus droit, et le m om ent ne fut pas loin où l’on\naccuserait l’invention de l’illustre Docteur.\n    Cependant le zèle de ce dernier ne s’était point refroidi, quoique\nl’homme fut devenu un vieillard. Il com battait toujours avec plus\nd’àpreté dans cet effroyable duel où on lui avait assigné un adversaire\ntrop redoutable. Il se fit un g rief de l’am our intense qu’il p o rtait à\nsa fille et des m om ents qu’il lui donnait : tout son tem ps, tout son\nesprit, était-ce donc trop pour vaincre? Ne se devait-il point corps\net âme à Soléal? — Il ne descendit plus de sa tour et défendit à\nl ’enfant de l ’y rejoindre.\n    Floram e a toujours obéi, mais, pourtant, ce jour, c ’est la fête de\nson père et il ne vient point... Elle a résolu de distraire le vieux\nsavant par une surprise agréable. La voilà devant sa glace, qui se\npare, semblable à une fiancée que son prince va conduire à l’autel.\nElle a revêtu sa robe de soie blanche brodée d ’or et d’argent. Les\nopulentes boucles de ses cheveux blonds pendent sur ses épaules,\nentrem êlées de fleurs de diam ant que lui a données le Docteur; une\nrangée de grosses perles entoure son cou, tandis qu’un diadème\nétincelant surm onte son front.\n    Dans ce riche appareil qui m et en relief sa réginale beauté,\nelle va te n te r l’ascension de la tour e t porter à son père des fleurs\ne t des baisers. Les jam bes flageolent en m ontant l’escalier aux degrés\ninnom brables, car elle est tém éraire : quel m ortel autre que le\nDocteur a passé par ce chem in? Néanmoins, elle a rriv e ; une odeur\ninconnue l ’indispose; elle aperçoit des fioles de formes bizarres\nrenferm ant des liquides aux couleurs les plus variées; de hautes\nflammes vertes s’élèvent d’un foyer devant lequel se tie n t debout\nson père qui ne se doute point de sa présence.\n    La jeune fille n ’ose avancer, elle respire difficilement, v a-t-elle\ndéfaillir?\n    Elle saisit un verre qui est à sa portée, le porte à ses lèvres,\ncroyant absorber de l ’eau claire. Dieu! Qu’a-t-elle fait? Aussitôt,\n"}, {"page_pdf": 344, "page_imprimee": 293, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2505, "texte": "                                L E RÉVEIL                               293\n\n\n\nses yeux se voilent, sa tête s’appesantit, la coupe qu’elle ten ait lui\néchappe et se brise,elle-m êm e s’affaise en la soie blanche de sa robe.\n     Le vieux magicien a entendu le bruit, se retourne et pousse un\ncri de douleur :\n    — M alheur! M alheur! F loram e, ma F loram e!\n    Floram e a bu de la liqueur qui pétrifie; son corps m erveilleux,\nresplendissant de pierreries, se transform e en un m arbre incom pa­\nrable. Elle dort pour toujours p eut-être dans la to u r qui s’élève bien\nh a u t au-dessus de Soléal et d’où l’on voit toute la m e r...\n    Depuis cette heure funeste, le Docteur ne vécut plus que pour\ntro u v er le p h iltre destiné à ranim er sa fille, sa Floram e bien-aim ée.\nLa vue de la divine statue qu’il avait couchée sur un grand lit dans\nson laboratoire soutenait ses forces; car, elles faiblirent quand il\nsongea que les dieux l ’avaient puni comme ils avaient puni P rom é ­\nth ée, parce qu’il avait voulu leur enlever la m ort. Il s’hum ilia\n d evant eux, p ria, les m ains au ciel, ju ra de briser ses cornues le jo u r\noù il au rait ressuscité son enfant, offrant sa vie en échange. Il peina\njo u r et nu it : les Soléaliens ingrats qui connaissaient son m alheur,\nn ’avaient aucune pitié de lui et ricanaient en regardant la fenêtre\néclairée de ce fameux ouvrier qui ne pouvait pas seulem ent les\nem pêcher de m ourir. La population de l’île dim inuait sensiblem ent\ne t la te rre é ta it couverte de statues de pierre.\n     Enfin, le Docteur cru t que ses veilles laborieuses n ’avaient point\nété vaines. La joie fit bourdonner son sang dans ses oreilles, il\n craignit la folie :\n     — Floram e! Floram e! s’écria-t-il, se tou rn an t vers l ’endorm ie,\nte rev errai-je sourire? Oh! relève-toi et que je m eure!\n     Les petits anim aux qu’il avait pétrifiés se m irent à courir quand\n il leur eut versé son nouveau breuvage : serait-il aussi efficace sur\n l’h o m m e..? Il n ’hésita pas à te n te r une grave expérience : qu’était\n le monde entier vis-à-vis de sa fille! Il fit m onter dans la tour un\n de ses domestiques et le pétrifia. Le lendem ain, plein d ’impatience\n e t d’anxiété, il lui adm inistra la liqueur rédem ptrice.\n     L ’homme rev in t à la vie.\n     Le vieillard alors pressa contre son cœ ur la coupe qui allait lui\n rendre son enfant, puis, la déposa près de la jeune fille et, joignant\n les m ains, faisant à la blanche statue un nim be d ’or du bonheur qui\n"}, {"page_pdf": 345, "page_imprimee": 294, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2531, "texte": "294                            LE   R É V E IL\n\n\n\n\nray o n n ait de ses pauvres yeux usés, il adressa au Ciel une ardente\np riè re ... Ses regards éteints depuis si longtem ps allaient donc se\nfixer su r lui avec am our; ses joues se coloreraient, ses lèvres rem ue­\nraien t et lui diraient de bonnes paroles filiales...\n    — O Dieu, pardonne mon orgueil m onstrueux d’ange rebelle !\nNe te souviens point, Dieu de clém ence, de mes propos insensés!\nQuand elle se relèvera, ne me tue point que je n ’aie rempli d’elle mes\nprunelles pour l’é te rn ité ; après, perds-m oi, dam ne-m oi, n ’em por ­\nterai-je pas en mon âm e, même en enfer, mon seul paradis envié!\nQue m ’im portera le tien dont l'ineffable lum ière qui brille à tra v e rs\nta n t de siècles et ta n t de m ondes ne peut encore égaler la parfaite\nsplendeur de son sourire!\n    Le bonheur le rendait blasphém ateur et crim inel; il fit irruption\nen lui comme une lave brûlante, je t furieux qui, tro u v an t trop\nétroit ce petit corps, creva les vaisseaux, rom pit les nerfs, déchira\n les fibres, ébranla les os. Le Docteur sen tit un éclat dans sa raison,\n un atroce déchirem ent dans tout son être ; il croula comme une\nm asse, se débattit en proie à d’horribles convulsions, tom ba dans\nl ’escalier, roula ju sq u ’au fond où se retrouva son cadavre baigné\ndans le sang, la cervelle éclaboussant les m urs\n    Les Soléaliens pensèrent que, découragé et honteux, il s’était\nsuicidé ! Jam ais personne ne s’aventura dans la tour.\n    A quelque tem ps de là, par une n u it orageuse rem plie d ’éclairs\net de coups de to n n erre, la m er m onta furieusem ent, envahit l ’île\nSoléal et noya tous ses habitants.\n    Ce fut ainsi que, dans une rage de triom phe, la M ort ru a au\ncarnage les noirs escadrons des flots aux panaches écumeux.\n    Il n ’y eut plus d’île, m ais, au-dessus des eaux v ertes, s’éleva\ntriom phante la blanche tour de m arbre du vieux D octeur; et dans\ncette to u r, repose toujours sur son grand lit, la vierge froide aux\natours de fête. A côté d’elle, la coupe du breuvage magique qui\nren d ra le sourire à ses yeux, la parole à ses lèv res... Mais, quelle\nmain lui versera le précieux liquide? Quel m ortel ressuscitera la\nvierge Floram e? La lampe du Docteur ne se rallum era-t-elle donc\njam ais d ’elle-même en la nuit, pour guider quelque fol chercheur\nde rares délices? Mais qui cueillera les fleurs m illénaires des baisers\nde la belle dormeuse de Soléal...\n                                                  H U B E R T S t I E R NE T.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-10-n10-005", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 295, "page_fin": 296, "titre_corps": "Pluie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Novis", "ancre_debut": "P luie a P aul G érar dy", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 346, "page_imprimee": 295, "debut_caractere": 84, "fin_caractere_exclue": 818, "texte": "P luie\n\n                                     a   P aul G érar dy.\n\n\n\n\n                     I\n\n\n\nFlic fla c ! le chant des gouttelettes\nDescend sur la ville songeuse.\nA travers la feuillée ombreuse\nSon éclat de rire volète ...\n\nIl cogne gaîment à la vitre\nDes maisonnettes de béguines,\nE t sur le vieux Christ qui s ’effrite\nL a pluie descend en rosée fine.\n\nL a pluie tombe bien doucement...\nO la chanson des gouttelettes\nOù trés calme se reflète\nUne quiétude de couvent.\n\nO la chanson des gouttelettes\nDouce chanson d'enfantelet\nVieux lied si doux et si discret\nQue mon âme s ’en inquiété.\n\nS u r la ville flam ande,       —m orte , —\nTeintant d ’un peu de g a i les glauques\nE t mélancoliques canaux\nO la chanson des gouttelettes !\n"}, {"page_pdf": 347, "page_imprimee": 296, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1440, "texte": "296                     LE   R É V E IL\n\n\n\n\n                               II\n      I l p le u t, il p leu t p a r le ciel rose\n      D es centaines de gouttelettes\n      Toutes cristallines, flu ette s,\n      Q u i su r les fleu rettes se posent.\n\n      L e u r baiser songeur est s i d o u x\n      S u r la fro n d a iso n des allées\n      O ù les am antes en allées\n      R êven t p a rfo is de baisers fo u s .\n\n      B a ise rs d o u x-a m ers com m e en donnent\n      L e s gouttelettes a u x blanches fle u rs,\n      B a isers a u x tr ès longues pâleurs\n      D o n t la troublance au cœ ur frisso n n e .\n\n      M ignonne, il p leu t p a r le ciel ro se...\n      A llo n s rêv er, si tu le veu x\n      A u ja r d in , où p o u r tes cheveux\n      J e p ren d ra i des gem m es a u x roses.\n                              III\n\n      E ncore une averse d ’autom ne\n      Q u i descend d u ciel appâli.\n      H é la s ! M ignonne, ils sont cueillis\n      L es g ra n d s lys où la p lu ie frisso n n e .\n\n      A vec les ja s m in s et les roses\n      L 'o r g u e il des ja r d in s est d é fu n t;\n      L ’a m er regret de leu r p a r fu m\n      F lotte p a r m i le deuil des choses...\n\n      I l p le u t! V oici les jo u r s fa lla ces\n      E t la f i n du vernal bonheur,\n       V oici l ’autom ne et dans m on cœ ur\n      I l p leu t des souvenances lasses.\n                                                   J e a n N o v is\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-10-n10-006", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 297, "page_fin": 299, "titre_corps": "Invocation", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Carlos du Fay", "ancre_debut": "Invocation O très bonne Dame, ma Reine", "ancre_fin": "Septem bre 92.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quelques mots(1) iBen des choses", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 348, "page_imprimee": 297, "debut_caractere": 63, "fin_caractere_exclue": 898, "texte": "Invocation\n\n\n\nO très bonne Dame, ma Reine\ndouce en la lumière frangée de soir,\nvers quel étrange ostensoir\nce baiser que pour vos lèvres traîne\n     la douleur sereine\n     de mon pauvre cœur?\n\n O bonne Dame d'indolence\n aux yeux d ’or et d ’apothéoses\njetez les ronces de vos roses...\n et de vos lèvres de silence,\n      bannissez la désespérance\n      de mon pauvre cœur.\n\nReine albe en vos somptueux charmes,\nde vos pudeurs inviolées\ndrapez vous pour être immolée,\n— en l'heure douce des alarmes, —\n    aux larmes\n    de mon pauvre cœur.\n                                        II\nOh! pourquoi rester impassible,\nlorsque triste mon âme pleure\nde vouloir l ’idéal bonheur :\ncelui des rêves indicibles?\n\nReine, c’est l ’A vril de vos grâces,\net le printemps sème des fleurs\ninnommées de roses pâleurs\npour enivrer vos pudeurs lasses.\n"}, {"page_pdf": 349, "page_imprimee": 298, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1295, "texte": "298                L E RÉVEIL\n\n\n\n\n      A votre lèvre triomphale\n      s'attache un calme chimérique,\n      mais vos yeux sont mélancoliques\n      sous l ’or de vos torsades pâles.\n\n      Dans le sommeil d'un lourd silence\n      votre âme en son envol des voiles\n      a des défaillances d ’étoiles\n      vers de doux rêves d ’indolence...\n                                              III\n      O h! si vers vous mon âme pleure\n      le deuil de se voir désolée,\n      soyez clémente et bonne, Reine,\n      pensez qu'aimer n ’est pas un leurre,\n      qu’en la nuit des corps ont saigné,\n      et donnez à mon pauvre cœur\n      en les ténèbres qui fo n t peur\n      l ’appui de votre m ain sereine.\n\n      S i le soleil brûle ma tempe,\n      sous les torsades enivrantes\n      de vos cheveux enrubannés\n      abritez mon fro n t impeccable,\n      et de vos lents yeux implacables\n      de pâle vierge désolée,\n      versez vos rayons de candeur\n      sur mon âme qui vers vous pleure.\n\n      Soyez clémente et bonne — Reine, —\n      et laissez couler de vos lèvres\n      les rimes tant fanées et mièvres\n      que chantaient — ô ma châtelaine —\n      les tout vieux cantiques d ’aimer.\n      Chantez, chantez et que mon rêve\n      en la nuit pâle qui l ’achève\n      s'immobilise à vos pensers.\n"}, {"page_pdf": 350, "page_imprimee": 299, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 607, "texte": "                                 LE   R ÉV EIL                                299\n\n\n\n\n                  A vant qu'au philtre de vos charmes\n                  mon âme s'endorme à jam ais,\n                  qu'en un holocauste secret\n                  votre baiser sèche les larmes\n                  du pauvre cœur qui meurt pour vous...\n                  E t puis, après le saint Mystère,\n                  la tête inclinée vers la Terre,\n                  priez longtemps à deux genoux !\n\n                                                   Carlos        du   F ay.\n   Septem bre 92.\n\n\n\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-10-n10-007", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 299, "page_fin": 305, "titre_corps": "Quelques mots", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Arnay", "ancre_debut": "Quelques mots(1) iBen des choses", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 350, "page_imprimee": 299, "debut_caractere": 607, "fin_caractere_exclue": 1893, "texte": "Quelques mots(1)\n         iBen des choses furent écrites sur les origines du m ouvem ent\n           littéraire belge contem porain. On en a fait ressortir la\n           vraim ent belle et toute spontanée éclosion, l ’heureux et\nprom pt développem ent. On a mis en lum ière aussi, avec plus ou\nmoins d ’à propos et de bonne foi, ceux qui en furent les princes\ncharm ants ou les enthousiastes paladins. Un point p ar contre a été\nlaissé dans l’ombre : je veux parler des sortes de groupes que ce\nm ouvem ent a produits, de l ’influence exercée par certains écrivains\nde ses prem ières heures sur ceux qui v in ren t après eux. Sans doute,\ncette particularité ne se manifesta pas dans une très large m esure ;\nen se m o n tran t fort difficiles, d’aucuns prétendraient même qu’elle\nfût plutôt ra re ... Elle n ’en m érite pas moins d ’être notée car ce qui\nétait vrai dans ce sens précédem m ent n ’a pas com plètem ent cessé\nd’être vrai aujourd’hui.\n   Au nom bre de ces chefs de files — ou de groupes, comme on veut\n— M. A lbert Giraud arrive incontestablem ent bon prem ier; et, en\ny réfléchissant, on ne tarde pas à com prendre qui lui surtout devait\nrécolter ce genre spécial de succès. Qu’on se rappelle ce qu’étaient\n\n\n  ( 1) A propos de l'E n vo l des R êves de M. Arthur D upont.\n"}, {"page_pdf": 351, "page_imprimee": 300, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2628, "texte": "300                             L E R É V E IL\n\n\n\n\nla littératu re et la poésie dans notre Belgique d ’il y a dix ans! La.\nconsigne sem blait avoir été donnée de ne produire que des choses\ntern es, des choses sans âm e, des choses sans vie. Les œ uvres étaient\nnon seulem ent rares mais généralem ent m auvaises et, à p a rt d’occa­\nsionnelles exceptions, la jeunesse ne tro u v ait dans les rev u es du\ntem ps que d ’insipides poèmes et de non moins fadasses proses. Elle\ndevinait cependant, cette jeunesse, qu’un a rt différent devait être\npossible — un a rt où se refléterait ce dont elle se sen tait elle-m êm e\nanim ée. Cet a rt elle l ’a tte n d a it; et quand la Jeune B elgique naquit,\ndissipant les brum es, toutes les âmes bien nées la saluèrent avec la\nvéridique joie de la délivrance. Ces poètes nouveaux apportaient la\nlum ière, les couleurs, les m usiques; ils exh altaien t le radieux\nprestige des belles form es, la sym phonie caressante des belles\nrim es! Leurs poèmes sentaient bon comme ces cham bres aux larges\ncroisées où l’air pénètre librem ent e t nous 11e nous lassions pas d ’en\nadm irer l’éblouissante ornem entation après avoir été les hôtes tristes\ndes plus m éphitiques caveaux. Tout cela nous apparaissait, à nous\nles petits derniers, comme un enchantem ent et p ar m om ents il\nsem blait que nous voyions pour la prem ière fois. Un notam m ent\nd’entre les nouveaux venus nous requérait — non pas, je pense,\nqu’il nous p aru t supérieur à tel ou à tel dont il s’en to u rait mais\nparce qu’il possédait à un plus évident degré ce brillant de la pensée,\ncette splendeur de l ’expression dont nous avions été particulière­\nm ent sevrés. Celui-là, c’était M. A lbert Giraud. P our tout dire en\nquelques mots, son a rt répondait davantage à nos propres nostalgies\net satisfaisait davantage ce goût des teintes chaudes, des clartés\nscintillantes qui a toujours gouverné de p rin tan iers regards.\nA ussi, bien des vers furent alignés à la façon de l ’au teu r de H o rs\ndu siècle; tels jeunes hommes même qui n ’étaient pas destinés\nà so rtir de la foule se sentirent pris d ’un véritable p ru rit d ’écrire\n— d ’écrire ainsi. E t m aintenant encore, comme je l ’indiquais plus\nh au t, cette influence n ’a pas cessé; des poèmes paraissent où un œil\nexercé la reconnaît sans hésitation, des livres nous sont offerts qui\nen p o rten t presque à chaque page l ’irrécusable estam pille...\n   P o u r certains lecteurs, ce qui précède p araîtra assez hâtivem ent\ndit. Le m anque de place nous empêche d ’être prolixe, et d ’ailleurs\nceci doit être pris non pas pour un chapitre d ’histoire littéraire m ais\n"}, {"page_pdf": 352, "page_imprimee": 301, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2058, "texte": "                                L E R É V E IL                           301\n\n\n\n\npour l ’introduction, et rien de plus, à l’article voulu à propos d ’u n\nlivre. J ’ajouterai que, chose curieuse, aucun ou presque aucun des\nsuivants de M. Giraud ne sut en conserver une im pression complète.\nSi tous calquèrent sa mélancolie, son pessimisme, les uns ne s’assi­\nm ilèrent que le to u r, la cadence et le rythm e de ses œ uvres; les\nantres en re tin re n t seulem ent le côté décoratif ou purem ent plas­\ntique. En réalité cela pouvait valoir mieux qu’une ressem blance\nradicale, à condition de rem placer par autre chose ce que, de la sorte,\non laissait de côté. Voilà m alheureusem ent ce qui n ’eu t pas lieu. Un\nexemple du prem ier cas se trouverait chez M. F ernand Roussel dont\nle J a r d in de l 'A m e n ’a que cela — une m anière de musique, ana­\nlogue en ses élém ents constitutifs à celle de son incontestable\ninspirateu r, et où l’on chercherait en vain de la couleur, une ligne\nprécise, une image nette et pleinem ent suggérée. Q uant au second\ncas, au cas où l ’on s’enquerrait d’un poète chez qui l ’influence\ngiraudine procéda plutôt, sinon exclusivem ent du décor — nous\nciterions, parmi d ’autres, M. A rth u r Dupont, l’auteur de l 'E n v o l des\nrêves paru récem m ent chez l’éditeur Lacomblez.\n\n                                    *\n                                   & *\n\n   Tout d ’abord nous nous refusons à adm ettre que M. Dupont a it le\ndon de poésie car ses poèmes fourm illent de phrases discordantes,\nde strophes inharm oniques. Quand on a l ’oreille on n ’écrit pas des\nvers tel celui-ci :\n\n          Comme des hiboux aux cris enroués d ’effroi...\n\nni comme cet autre :\n\n                 E t , p lu s a n tiq u es q u e les mondes,\n\nni comme cet autre encore :\n\n          L'écum e ardente de l’eau. L à profondém ent...\n\n  F aut-il dire à ceux qui lu ren t ici nos propres vers que nous\nadm ettons toutes les m étriques et tous les genres de poésie?... Mais\ncela n ’est pas en question ; il ne s’agit pas cette fois de discuter le\n"}, {"page_pdf": 353, "page_imprimee": 302, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2632, "texte": "302                             L E R É V E IL\n\n\n\n\n vers libre et le vers régulier. Nous voulons sim plem ent faire ressortir\n que du m om ent qu’un poète nous présente des vers écrits selon la\n tradition nous avons le droit d ’exiger qu’il l ’observe jusqu’au bout;\n or on la transgresse incontestablem ent dans les expressions qui\n viennent d’être relevées. D’ailleurs, ces fautes grossières eussent-\n elles été évitées, il n ’en serait pas moins vrai que la langue de\n M. Dupont est raboteuse, que rien dans ses poèmes ne se fond, ne\n s’enchaîne. La coupe des vers subit les raccrocs les plus bizarres.\n Des mots s’y échevèlent, sortent des rangs et prétendent m archer\n à l’écart. Ce n ’est pas même de la musique défectueuse c’est Dieu\n me pardonne! de la cacophonie et de la cacophonie hélas! qui n ’a\n pas le m érite d’être drôle.\n     P assons, d’autres exemples nous appellent... Je me suis demandé\n — car n ’est-on pas tenté de croire, en présence d’un livre qui ne\n plait pas, qu’il doit m algré tout s ’y trouver quelque chose? — je me\n suis demandé un in stan t si la muse de M. Dupont n ’est pas comme\n cette jeu n e fille de Polidori qui « avait un tein t de rose et m ettait du\n rouge ». Quoi qu’il en soit cette muse a furieusem ent h o rreu r du\n n a tu re l; les choses les plus sim ples, elle les surcharge à l ’excès et\n elle en arrive à ne plus laisser percevoir ce qu’elle voulait sans doute\n m ettre hautem ent en relief. M. Dupont, disais-je, a subi l’influence\n décorative îles poèmes de M. A lbert Giraud. On sait com m ent celui-ci\nérige ce décor. Dans ses sonnets ce sont de grands plans égaux, tout\n en fastueuses • couleurs, se com plétant l’un l ’au tre, croissant ou\n décroissant de phrase en phrase et se reflétant prism atiquem ent\njusque dans les m oindres mots. Dans ses rondels, des teintes plus\n paisibles s’en trelacent en petits traits m ixtes e t s’om brent doucement\n d ’un reflet de paysage au fond de l’eau. L ’E n vo l des Rêves tra h it les\n mêmes intentions; seulem ent de ce côté aussi la désillusion vous guette.\nL ’influence subie ne reste honorable que dans les lignes d’esquisse;\n et, si ces lignes n e m anquent pas toujours de grâce, le rem pli est,\n neuf fois sur dix; exécrable. P our préciser, supposons qu’une image\n se présente à l ’esprit de M. Giraud comme susceptible de traduire\n fidèlement tel épisode de sa pensée. Que fera le poète? I1 lui donnera\ntoute l’am pleur possible mais sans jam ais perm ettre qu’elle s ’écarte\n du re sta n t du dire ni qu’elle aille au delà des destinées mêmes de\n l ’idée. A utre est le cas lorsque M. Dupont nous parle. Outre qu’elles\n"}, {"page_pdf": 354, "page_imprimee": 303, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2057, "texte": "                                L E R É V E IL                          303\n\n\n\n\nse ju stifien t rarem en t, ses images s’attesten t sous les dehors les plus\nhostiles à, leur essence et elles se com pliquent d’une ou de plusieurs\nautres les détruisant de fond en comble. La muse ne veut pas\nq u’être rouge, il faut qu’elle soit pourpre et M. Dupont m et\nv raim ent trop de complaisance à la satisfaire.\n   L ’au teu r de l 'E n v o l des Rêves cultive assez agréablem ent aussi\nla faute de français. Qu’un vers lui arrive qui com porte, par exemple,\nplus de douze pieds, il n ’hésitera pas à le ch arcu ter au hasard pour\nrespecter le nom bre constant. A notre avis, il est assez peu correct\nde dire :\n\n          N o s souvenirs aimés naguère se sont pris,\n          Comme des oiselets, à la glu de vos ailes\n          E t p a rtis avec vous bien loin dans l'Incom pris.\n\n   Il ne l’est pas davantage de s’écrier :\n\n         J e sais dans la fo rêt un vallon tutélaire\n         Où nous abriterons nos têtes à dem ain;\n\n   De pareils vers ne sont pas même dignes d’un élève ordinaire de\nrhétorique qui ne laisserait probablem ent pas subsister les\ndrôleries dont M. Dupont ne s’est pas douté. C’est ainsi qu’il boit\nquelque p art la m er p o u r... pleurer davantage; il nous en tretien t\nailleurs d ’un « deuil de m ort », ailleurs encore de a jard in s m uets\ncomme des portes closes » — vous savez ces portes dont on a\ncoutume de dire : j ’ai trouvé visage de bois. L’au teu r rêve aussi des\njard in s\n\n         Où som m eillent comme en des rideaux de percale,\n         Sous les enlacements de lierres et de lys,\n         L e s satyres de marbre et les sylva in s rustiques;\n\n   P o u r lui les hiboux ont des regards troublants « ainsi des regards\nd’anges », les pom m iers des ram ures a comme des bras fleuris\nd’astres blancs », et d ’intrépides cheveux so n t... « couleur de\nsérail ». Cette dernière expression su rto u t me dépasse car dans to u t\nsérail qui se respecte il y a, ai-je lu, , des odalisques très blondes et\ndes favorites très noires.\n"}, {"page_pdf": 355, "page_imprimee": 304, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1772, "texte": "304                           L E R E V E IL\n\n\n\n\n   Les chevilles encore ne sont pas ce qu’il y a de moins fréquent le\nlong de ce volume où la pensée est toujours fragm entaire et pous­\nsive. Les sonnets n ’y sont pas des poèmes de volonté, les pièces\nlibres divaguent avec candeur, l ’am our m anque d’abandon, les\nregrets m anquent de sincérité et les espoirs de confiance. Les m eil­\nleures pièces mêmes ne sont pas exem ptes de ces tare s. En voici\nune que je ne choisis pas au hasard :\n\n\n                              Royauté\n\n       T riste ju s q u 'à pleurer sous le poids de mes rêves\n       J e voudrais découvrir au loin, dans la forêt,\n       Quelque chaume m uet et calme où m onterait\n       L e m urm ure affligé des p lu s prochaines grèves.\n\n       J e voudrais sans retour u n refuge d ’oublis\n       Où je pourrais fin ir une vaine existence;\n       Un asile égoïste où des voix de silence\n       Réchaufferaient mon cœur dans leurs tièdes surplis.\n\n       Car j'a i vu de si près la noirceur de l’A bîm e\n       D a n s l'âme des navrés du Tourm ent et dit Crime\n       Que je me suis senti gagné p u r son péril.\n\n       J e ne redoute plus l’angoisse ni l’attente\n       D ’une mort salutaire à m a peine haletante,\n       Qui me sacrerait Moi sur u n trône d'exil.\n\n\n\n\n    Il est temps de clore. P e u t être même ai-je déjà trop dit.\nJ ’entends fort bien les objections de toutes sortes que cet article\nsuscitera. E h quoi, dirons les uns, M. A rnay en veut donc bien fort\nà l ’écrivain dont il nous parle! E rre u r profonde; j ’ai vu M. Dupont\nune seule fois et ne fus jam ais en relations avec lui. P o u r d’autres\nmon « éreintem ent » sem blera déplacé. Quand une œ uvre est\nm auvaise, m oduleront ceux-là, on l ’écarte en deux m ots et l ’on\n"}, {"page_pdf": 356, "page_imprimee": 305, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2276, "texte": "                               L E R É V E IL                          305\n\n\n\n\npasse. Ainsi aurais-je fait m ais, outre qu’il me sem blait opportun\nd ’étab lir ce p ar quoi j ’ai commencé, j ’ai cru qu’il y avait lieu de se\nm ontrer moins réservé. Depuis quelque tem ps on a la déplorable\nmanie de tro u v er bon tout ce qui p araît en Belgique au bénéfice\nd ’un nom nouveau. T an t que ce procédé ne dépassait pas certaines\nrevues d’une tenue plus que critiquable il n ’y avait pas grand mal.\nLa chose m alheureusem ent tend à s ’étendre, déjà elle gagne des\npublications qui nous avaient habitués à moins d’indulgence et il est\ntem ps — il est tem ps surtout si nous voulons re ste r dignes vis-à-vis\nde l ’étran g er — qu’une réaction se produise. N otre propre public\nd’ailleurs où des êtres com préhensifs attendent de nous la bonne\nparole — le public n ’est-il pas disposé à ra n g er sur une même ligne\ntous les écrivains plus 0n moins recom m andés? A nous donc de nous\nm o n trer scrupuleux. Qu’on exagère quelque p eu le talen t d’un ami\nqui en a, qu’on cherche à ne pas trop blesser l ’ami qui en a moins,\nje n ’y vois à la rigueur aucun inconvénient. Mais lorsqu’un livre\nest foncièrem ent mauvais il faut oser l ’avouer, le crie r, et c ’est ce\nque nous avons fait.\n    Dans la préface de son C hatterton A lfred de V igny opinait que\nl ’on ne doit jam ais arg u er des erreu rs prem ières d ’un poète pour\naffirm er qu’il est incapable de souffrir et de penser. Seulem ent\nil s’est chargé aussi d ’analyser le m auvais hom m e de lettres.\n« Celui-là, d it-il, sait le nom bre de paroles que l ’on peut réu n ir\npour faire les apparences de la passion, de la m élancolie, de la\ngrav ité, de l ’érudition et de l ’enthousiasm e. Mais il n ’a que île\nfroides velléités de ces choses, et les devine plus qu’il ne les sen t;\nil les respire de loin comme de vagues odeurs de fleurs inconnues...»\n    J ’ai peut être to rt, mais il me semble que ces m ots s’appliquent,\nsans atténuation ni réserve, à M. A rth u r Dupont. E t encore ne\nsuis-je pas sû r qu’il sache toujours discerner les parfum s qui lui\n arriv en t, qu’il en découvre toujours, comme il faudrait, la délicieuse\nnature.\n    A oû t 92.\n                                                  A lbert   Arnay.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-10-n10-008", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 306, "page_fin": 306, "titre_corps": "Légende", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Frappart", "ancre_debut": "L égen d e Vainqueur des monstres noirs", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 357, "page_imprimee": 306, "debut_caractere": 75, "fin_caractere_exclue": 1399, "texte": "L égen d e\n\n      Vainqueur des monstres noirs qui gardent les Colchides,\n      Où fleurissent en lys les âmes des princesses,\n      L ’adolescent, promis aux lustrales caresses,\n      Voit l’aube se lever en ses rêves candides.\n\n      Il va par un chemin de douceur meurtrière.\n      On a semé des fleurs partout et dans l ’allée.\n      Le chant de son triomphe expire en la vallée.\n      A h ! que n ’expire aussi sa gloire mensongère.\n\n      Soudain, devant le temple éblouissant du Rêve,\n      Recueillant son courage en une ultime audace,\n      Il se vit, élevant son cœur en sa main lasse,\n      Frapper la porte d’or, du pommeau de son glaive.\n\n      E t la porte céda, très lente et solennelle —\n      P ar les couloirs drapés de tentures magiques,\n      L ’adolescent nimbé de ses gloires épiques\n      Marcha vers le baiser de l’amante fidèle.\n\n      « L ’amante! ô douce sœur d ’une âme liliale!\n      0 bénie à mes yeux, et par ma main bénie :\n      Laissez que toutes deux nos âmes communient\n      E n le premier baiser des lèvres nuptiales — »\n\n      Etalant devant elle une âme d ’épopée,\n      — E t le cœur ingénu bercé de ses paroles, —\n      Il brisa l’or m assif de sa sanglante épée\n      E t jeta les morceaux épars en les corolles.\n\n                                              Ch arles F r appart.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-10-n10-009", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 307, "page_fin": 307, "titre_corps": "L’Adolescent du missel chante", "titre_sommaire": "L’Adolescent du missel chante", "rubrique": "", "signature_source": "Tristan Klingsor", "ancre_debut": "L’Adoleseent du Missel eh a n te à L o u is le C a r d o n n r t", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 358, "page_imprimee": 307, "debut_caractere": 88, "fin_caractere_exclue": 1218, "texte": "L’Adoleseent du Missel eh a n te\n\n                                            à L o u is   le   C a r d o n n r t ..\n\n\n\n\n Les cloches d’amour ont doucement sonné\n pa r l ’église bleue où le rite s’achève,\n et voici venir le cortège damné\n des Souvenances en leurs robes de rêve —\n les cloches d ’amour ont doucement sonné.\n\n A u Chœur fleurdelysé d ’azur brûlent des cierges\n comme des âmes et des fe u x follets,\n et les Souvenances aux voiles de vierges\n ont en leurs yeux très purs d ’étranges reflets.\n\n C’est la messe des fleurs;\n c’est la messe des leurres;\n sur le fro n t des damnées neigent des douleurs,\n et l ’Officiant chante la maie heure\n A u Chœur d ’azur semé de trèfles et de fleurs.\n\n  Sonnez, cloches d’amour, cloches bercées!\n  Les Souvenances ont l’air de Fiancées,\n  des Fiancées souriantes de mes Jadis,\n  et c’est pourquoi lorsqu’à l ’autel fleuri, le Prêtre\n  mystique et légendaire s’est retourné\n  vers les damnées aux yeux emplis de paradis\n j ’ai cru merveilleusement me reconnaître, —\n et les cloches d ’amour ont doucement sonné.\n\n                                      T r is t a n K l in g s o r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-10-n10-010", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 308, "page_fin": 308, "titre_corps": "Aux brunes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Lucy-Mar", "ancre_debut": "A ux B runes à M r G éo M a u v ê r e", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 359, "page_imprimee": 308, "debut_caractere": 55, "fin_caractere_exclue": 848, "texte": "A ux B runes\n\n                                         à M r G éo M a u v ê r e\n\n\n\n      Moi, poete, ce sont les Brim es,\n      L a gloire des brunes, que chante\n      Ma Rim e en sa façon méchante,\n      Moi, poète, ce sont les brimes.\n\n      Oui, leurs cheveux sont sans lumière,\n      Car ils sont drapés de ténèbres,\n      M ais, moi, je les aime, car fiere\n      E st leur beauté.   —Car, tant funèbres\n      Sont les regards de leurs prunelles,\n      E t que j ’aime les chevelures\n      E n deuil, en larmes, éternelles\n      —Oh! tes vers en leurs ciselures! —\n      E t douces, et pourtant friponnes\n      En leur grâce haute ou m ignarde\n      Comme un baiser de nuit qui farde\n      Le fron t des caresses mignonnes!\n\n                                        L éo n L u c y -M a r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-10-n10-011", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 309, "page_fin": 310, "titre_corps": "Chronique littéraire : Henri Mazel, La Fin des Dieux", "titre_sommaire": "H. 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Les acclam ations populaires m ontent vers le roi d’A rles et\nle S ain t-P ère. Au m ilieu de la fastuosité de ces fêtes célébrant les\nfiançailles de Cléotas e t de Chryséis un moine du N ord, F rère-N orbert,\nse présente et conjure le roi d’Arles de ram ener le peuple au C hris­\ntianism e de son enfance. Le roi d’A rles lui perm et de prêcher le\npeuple.\n    C’e st le forum d ’Arles. N orbert a parlé et les chœ urs ch a n te n t sa\nglorification. La belle fiancée de l ’île de Scyros, C hryséis est con­\nv e rtie ; elle abdique les joies profanes. N orbert l ’engage à convertir\nCléotas. Le soleil décline lentem ent. Cléotas arrive au Forum et\nveut s’approcher de C hryséis qui l ’évite et lui dit son am our pour\nle Dieu des chrétiens lui-m êm e. Des suppliants chan ten t tristem ent\ndans le soir. Des protestations populaires surgissent. Chryséis restée\nseule s’agenouille au pied d’une croix. Un groupe de jeunes gens\nl ’insulte; Cléotas survient et protège sa fiancée perdue; il essaie de\nressusciter son am our; il lui rem ém ore l’île de Scyros et son radieux\nO lym pe. Un doux éveil de souvenances se fait en C hryséis; elle est\nreconquise à l’am our de Cléotas. Leurs âmes s ’essorent vers les\ndieux anciens. Des clam eurs déchirent la tranquillité du soir qui\n\n\n  (*) Librairie de l'A r t Indépendant, Paris.\n"}, {"page_pdf": 361, "page_imprimee": 310, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "3 10                          L E R É V E IL\n\n\n\n\nsoudain s’illumine de lueurs incendiaires : les tem ples b rûlent, les\nstatues sont renversées. N orbert p araît et Chryséis lui crie son\nreniem ent. Dans A rles c’est la lu tte en tre le paganism e et le\nchristianism e qui s’ouvre.\n    C’est à A rles, au château de M inerve. Des hom m es d’arm es\nveillent car les chevaliers, du Nord gravissent la pente de la col­\nline. Ceux-ci p én ètren t dans la ville et bientôt ils en sont les\nvainqueurs. Cléotas est fait prisonnier. On l ’am ème devant N orbert\net il le supplie d ’épargner Chryséis, sa fiancée. N orbert prom et\nmais au p rix de la conversion de C léotas; Chryséis accourt éperdue\net N orbert sauve les jeunes fiancés en les faisant fuir p ar la croisée.\n    Telle est en quelques lignes la charpente du dram e de M. H enri\nMazel, dont le talen t s’oriente vers un a rt d ’une splendeur ancienne\nq u ’il ne p a rv ie n t pas toujours à rendre avec la même vigueur; de\nlà dans l ’œ uvre de M. Mazel des diversités curieuses qui attén u en t\nl’im pression d’ensemble.\n    L’inclinaison vers le grandiose se m aintient difficilement; la\nmoindre déviation suscite le sourire. (Dans « L a F in des D ieu x »\nla dernière scène du 3e acte).\n    La quintessence du drame? Une lutte entre le paganism e et le\nchristianism e, en tre l’esprit nouveau et le génie antique. Cette\nlu tte sert de pivot à une action habillem ent conduite mais qui se\nrapproche de telles et telles scènes d ’autres œ uvres. E t puis nous\nne dissim ulerons pas à M. H. Mazel, l ’étonnem ent que nous a\ncausé son paganisme qu’il confond avec la débauche comme le\nfaisait rem arquer notre consœ ur F loréal. C’est une conception dont\nl ’originalité fait tout le prix. Nous reprocherons aussi à l’œ uvre des\npassages d’une longueur fastidieuse. (Les docteurs dans certaines\nscènes n ’écrasent-ils pas le lecteur sous le poids de leurs sciences?)\n    P a r les quelques critiques que nous venons de form uler, nous\nn ’avons pas voulu dire que l’œuvre de M. Mazel est faible; elle\nest d’un artiste sincère et très p u r; m aintes pages du livre le\nprouvent suffisamment.\n\n                                               J o seph   Desg en êt s.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-10-n10-012", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 311, "page_fin": 311, "titre_corps": "Chronique littéraire : Jean Casier, Au Ciel", "titre_sommaire": "J. Casier : Au Ciel", "rubrique": "", "signature_source": "F. F.", "ancre_debut": "Jean C a s ie r Au Ciel, poème", "ancre_fin": "F. 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Casier, ayant pris l ’inévitable harpe,\n           nous chante béatem ent les délices de la Sainte Table, du\nP arad is, etc.\n   Nous n ’y voyons pas de m al, à condition de ne plus com m ettre\nde petites infamies comme :\n\n          — B a n s les feu x du Soleil resplendira l’É toile\n          E t le jo u r absolu fera briller le Voile\n          Sous lequel tin Dieu se livra ....\n\n          G ra n d s, petits, rapprochant leur distance éloignée\n          V in ren t ensemble au P a in des d e u x ....\n                                                                    F. F. 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(**)\n\n\n         ’Cest un salmis de vers de tous les m ètres possibles et\n           impossibles, dont l ’harm onie est souvent sujette à caution,\n           sans césure, de sens assez confus, avec, parfois, des lon­\ngueurs inutiles, — dans la pièce intitulée A z r a ël par exem ple; —\nen un m ot, une véritable anarchie poétique, une licence comme\njam ais rim eu r ne s ’en perm it, — et — ceci est de V erlaine, —\n\n                S i Von n ’y veille, elle ira ju sq u 'o ù ? ....\n\n   Un reproche, — que je n ’adresse pas seulem ent à M. Delville, —\nest d’abuser de l ’hyperm ètre. Je cueille trois vers, au hasard, dans\nle volume :\n\n\n  (*) Siffer. É diteur. Gand.\n  (**) Chez Paul L acom blez, éditeur, à B ruxelles. — P rix : 3 francs.\n"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 312, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2071, "texte": "3 12                           L E R É V E IL\n\n\n\n\n       M o n âme se prostern(e) vers ton silenc(e) de D ieu...\n       L a griffe im pitoyabl(e) du sp h in x tueur d ’espoir...\n       C’est bien l’heure éternelle et p rim itiv(e) du soir...\n\n   Si l ’on veut considérer ces vers comme des alexandrins, il faut\nescam oter, tan tô t une, tan tô t deux m uettes. Encore la chose serait-\nelle admissible si l ’on en faisait une règle générale; mais l’e m uet\ncompte ou ne compte pas dans la m esure, suivant les besoins de la\ncause! —\n   Toutefois, — à côté de vers que même un collaborateur Au. B lu e t\nou de L a R evue Belge h ésiterait à signer, — nous en trouvons\nd’adm irables, annonciateurs d’une inspiration élevée :\n\n       L es princesses mortes d ans leurs songes d ’herm ine...\n\n       Tous les m a rtyrs du rive, avec leur rêve au fro n t\n       Seront crucifiés sur la croix des huées...\n\n       I l est des âmes si lasses qu’elles en m eurent...\n\n       H u r le n t, fous d ’épopée, les belliqueux buccins!... etc.\n\n   Dans quelques pièces, le poète s’est asservi aux lois de la m étri­\nque; — et ce sont ces pièces, précisém ent, qui constituent les\nm eilleures pages du livre : N octam bule, Le vain L a b eu r, A m es\nlasses, etc.\n   Parfois aussi, M. Delville se se rt de rythm es charm ants, — qui\nvous bercent comme des « lieder » m élancoliques, et rappellent les\nsi douces chansons du poète de D om inical :\n                   T ravail nocturne et mauvais\n                   de mes pâles m ains hantées,\n                   tes œuvres, rouges tourmentées,\n                   seront vaines à ja m a is,\n                   travail nocturne et m auvais.\n                                                    (L e vain Labeur).\n\n                Seigneur ! le pénitent réclame\n                que tu lui fasses le m ystique don,\n                d ’illum iner tes cierges de pardon,\n                a u x grandes ténèbres de son âme,\n                a u x grandes ténèbres de son âme.\n                                                   (S oir de C h apelle).\n"}, {"page_pdf": 364, "page_imprimee": 313, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 678, "texte": "                               LE RÉVEIL                                        313\n\n\n   — En somme, à p art les précédentes restrictions, et quelques ré ­\nminiscences, — principalem ent d’Em. V erh aeren , — dans Les\nH o rizo n s hantés perce une indiscutable originalité. De beaux vers\n— quand il les veux ciseler,— des rythm es souvent heureux, et de\nsplendides idées : voilà les m atériaux dont dispose M. Delville, et si\n— comme j ’aime à le croire, dans un prochain livre il sait m ieux les\nm ettre à profit, il créera une œ uvre artistique de valeur réelle, —\net durable.\n\n                                        R o d r ig u e   S é r a s q u ie r .\n\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-10-n10-014", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 313, "page_fin": 317, "titre_corps": "Le Salon triennal", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Joseph Desgenêts", "ancre_debut": "Le Salon Triennal es juvéniles ardeurs", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 364, "page_imprimee": 313, "debut_caractere": 678, "fin_caractere_exclue": 1935, "texte": "Le Salon Triennal\n            es juvéniles ardeurs de notre revue ne nous obligeaient-\n             elles pas un peu à être des prem iers à lancer notre article\n           : su r le Salon triennal? Nous nous sommes laissés devancer\np ar tous les grands oncles de la Critique e t... nous en rougissons\ndevant nos amis du R éveil. Enfin! Que voulez-vous? certaines cir­\nconstances nous ont forcé de différer la publication de ces quelques\nlignes mais nous expierons notre crime en tâch an t d ’arriv e r bon-\np rem ier à l’avenir.\n    Une simple pérégrination à trav ers le Salon de cette année nous\nm ontre son incontestable supériorité sur les devanciers. Cette fois\nle ju ry a fait preuve d’intelligence et d’éclectism e; il s’est légèrem ent\ndébarrassé de ses idées régressives et est sorti de son officielle im­\npassibilité. Les fabricants de peintures adm inistratives et pompeuse­\nm ent académ iques sont revenus très nom breux au Salon, c ’était\ninévitable, mais avec eux quelques artistes d’une essence autrem ent\npure et intéressante, s’y sont faufilés. On a semé çà et là des œ uvres\nd’a rt réel, à tendances curieuses et actuelles; et ceci rehausse le\nniveau du Salon. La chose est trop peu fréquente pour 11e pas être\nrem arquable et rem arquée.\n"}, {"page_pdf": 365, "page_imprimee": 314, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2508, "texte": "3 14                           LE RÉVEIL\n\n\n\n\n    Dans toute exposition l’attention et les faveurs du public s’en vont\ninvariablem ent aux toiles de dimensions peu communes e t ce n ’est\npas sans causer un certain préjudice aux envois d ’allure moins pro­\ndigieuse m ais très souvent plus transcendants de qualités.\n    Dans une des salles lim inaires du Salon une toile domine tout,\nécrase to u t (même le m erveilleux étalage de décorations sénatoriales\nsitué non loin!) c’est le Jacques Van A rtevelde de M. G. Van Aise.\nCette œ uvre a déjà trop souvent été décrite pour que nous aussi\nnous y allions de notre description. Elle est vigoureusem ent belle,\nd ’une harm onie de couleurs superbe, d ’un dessin parachevé, d’une\nlum ière v ib ran te; il y a là des qualités essentielles qui rappellent\nl ’a rt flamand le plus p u r; la toile décèle un artiste d’une sûreté et\nd’une puissance de coloris extraordinaire. Seulem ent le m ouvem ent\nde certain groupe (gauche) ne devrait-il pas être plus accentué? le\ncom m unier dans sa longue robe fulgurante n ’est-il pas d’une m ajesté\nexagérée? Nous aurions aimé voir l ’œ uvre en quelque sorte plus\nfranche, moins arrangée et un peu moins solennelle; l’intensité\ncom m unicative n ’aurait-elle pas été plus forte et en même tem ps\nplus artistique?\n    Nous attendions mieux de M. C. Montald qui a exposé ailleurs\ndes œuvres autrem ent m éritoires que celle qu’il a envoyée au Salon.\nSon im mense tableau « Les H arpes éoliennes » n ’est pas sans qua­\nlités, no n ; l ’artiste s ’efforce de so rtir des sentiers éternellem ent\nbattus et sous ce rapport son œuvre n ’est pas banale ; elle est même\nd’une assez subtile intellectualité mais ce genre de peinture requiert\nà notre sens la perfection. Chez M. Montald la conception est trop\nnégligée et la profusion de certains tons pâles et ternes n ’est pas\nheu reu x . L 'avant-plan du tableau ne s’apparie pas du tout au reste\net semble avoir appartenu à une autre œuvre.\n     M. Van Biesbroeck, ju n io r, dépense son talen t à des productions\npresque toujours académiques; il n ’est pas poursuivi par la fièvre\ndes recherches artistiques et ses œuvres m anquent de personnalité;\nson a rt identique pour ainsi dire à celui de son père est sta ­\ntionnaire. La chose est regrettable chez un tout jeune homme.\nCe n ’est pas que ses œuvres soient veuves de tout m érite : le lance­\nm ent d ’Argo a du m ouvem ent, quant à la Fem m e au m iro ir nous\navons déjà exprim é notre appréciation sur cette toile, lors d’une\n"}, {"page_pdf": 366, "page_imprimee": 315, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2554, "texte": "                               L E R É V E IL                        315\n\n\n\n\n exposition au Cercle A rtistique. De M. J. Biesbroeck, père, nous\n signalerons son panneau décoratif : P a i x , œ uvre peu originale m ais\n cependant la moins em barrassée d’influences diverses.\n     M. M ichel — encore un concitoyen — a barbouillé absolum ent\n en pure p erte une toile d ’un nombre respectable de m ètres carrés.\n C’en est la principale curiosité. Le catalogue porte : « H onneur\n et fidélité au drapeau, sous l ’égide de la religion et de la paix\n sociale ». Quelles ronflantes banalités sous prétexte de patriotism e !\n Il est vrai que la source des inspirations de M. Michel est un vers de\n M. Eddy Levis. Il n ’y manque vraim ent qu’un orchestrion jo u a n t\n des brabançonnes!\n               »\n     A u trem ent in téressant est le tableau de M. L uyten : Struggle\nf o r l ife , d’une facture em portée p eut-être, mais d’une vie intense,\n d’une exaspération poignante et comm unicative.\n     Depuis des tem ps im m ém oriaux il est convenu de représenter les\n quatre cavaliers de l'Apocalypse de la même façon. M. C luysenaer\n n ’a. point voulu déroger à la règle et sa grisaille est une œ uvre abso­\n lum ent im personnelle. La grande frise de M. Craco, « L es S o irs, »\n reléguée dans une des salles de l ’étage, déconcerte à prem ière vue;\n elle n ’est cependant pas dépourvue de qualités quoique d’une inco­\n hérence voulue et d’une ordonnance intentionnellem ent négligée.\n     Les plus réelles attractio n s du Salon sont dans les envois de plus\n m odestes dimensions. Le triptyque de M. Léon F rédéric « L a Sainte\n T r in ité » est sans conteste une des conceptions les plus captivantes\n qu’il nous ait été donné de voir. E n même tem ps qu’une puissante\n originalité un sentim ent de profonde poésie se dégage du tableau.\n Le volet de droite où là Vierge tressaille à l ’idée de sa future ma­\n tern ité semble avoir été traité avec une passion particulière et\n l ’artiste y a mis toute sa sensibilité, sa tendresse ardente et souf­\n  fran te; le volet de gauche représentant le grandiose symbole de la\n création des mondes par Dieu le père est à notre sens moins réussi bien\n  que la conception en soit d’une indéniable personnalité; le panneau\n cen tral est la partie dont l’inspiration est la plus brillante et l’or­\n  donnance la plus heureuse : la douleur résignée saignant sur la face\n  du C hrist, les deux anges aux yeux p leu ran t des larm es de douce\n  innocence et de pitié, l ’arrière-p lan d’une sereine et troublante\n  poésie.\n"}, {"page_pdf": 367, "page_imprimee": 316, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2555, "texte": "3 16                             L E R É V E IL\n\n\n\n\n    M. A. Baertsoen est un artiste d ’un tem péram ent opposé; il est\nplus robuste et moins délicat. Un autre genre de vie anime ses toiles :\nE n ville fla m a n d e, toile mélancolique et d’un effet saisissant, Vue\nde M a ria k erke-sur-m er, d’une vibrante et rem arquable lum ière,\npuis quelques études brossées d ’une façon fort intéressante.\n    Non loin des tableaux de M. B aertsoen une composition a ttire p a r\nsa m erveilleuse conjonction de trois sources de lum ière différente;\nc’est le Sacrifice signé H. de R ichem ont. M. C. Doudelet dont nous\navons déjà ailleurs apprécié le talen t ne s ’est pas surpassé cette fois;\nl ’artiste peut aisém ent prendre sa revanche. De M. H orenbant —\nun au tre concitoyen — nous avons rem arqué une toile d’un beau et\nn atu rel m ouvem ent les L avandières, d’une tonalité p eu t-être trop\nuniform e; de bonnes choses encore de MM. W illa e rt, de W e tte ,\nB ek aert, B illiet e t d u R y.\n    M. E . Claus dont les envois sont toujours rem arquables\nexpose cette fois plusieurs toiles inondées de lum ière éclatan te;\n M. T. V erstraete une Veillée de M ort en C am fine d ’un effet\nsaisissant. Un jeune M. E. L arock attire l ’atten tio n p ar son I d io t ,\n d’une belle originalité; MM. V ander Ouderaa et AV. Geets par leurs\n chrom olithographies; dans l 'A nnonciation de Pearce il y a une belle\n fraîcheur d’inspiration, dans la P erversité de R ichir beaucoup de\n qualités, dans le M arché de n u it an M aroc de Clarke une spirituelle\n originalité. Signalons encore les bons envois de MM. A. Sain et\n Lefèbvre, un peu trop élèves de Carolus-D uran toutefois, de\n Gronvold, L e P a in Q uotidien d’un sentim ent très vif et d ’une\n facture spontanée, les Roll ne valent guère ceux des précédentes\n expositions, de même que les C arolus-D uran; à rem arquer encore\n une œ uvre d’impression intense « M a tern ité » de Léon C arrière,\n des toiles de M arcette, de Mr e t Mme W y tsm an , Mensonge de M. II.\n M artin, une B ienheureuse de C ourtois, Y H élène de M. F an tin -\n L atour, D agnan-B ouveret avec ses petits p o rtra its d’une délicatesse\n extrêm e, Raffaëlli avecses spirituels dessins, l’envoi de M. de St C yr,\n les curieuses petites toiles d’un a rt très m arqué de M. Degouves de\n Nuncques et un Cimetière de F . Nys.\n    Les portraits sont nom breux au Salon de cette année. A côté de\n fort médiocres quelques uns sont à n o ter : de Bonnat E r n e s t R e n a n ,\nd e de Lalaing V. Tesch, de De Kesel le docteur B urggraeve, de\n"}, {"page_pdf": 368, "page_imprimee": 317, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1445, "texte": "                                L E R É V E IL                             317\n\n\n\nL. Comerre une femme dont la robe semble avoir été peinte avec\nune ferveur toute particulière!\n    Les peintres anim aliers sont représentés au Salon par MM. V er ­\nwée, Stobbaerts, Crabeels, les natures m ortes p ar Bellis qui manque\nsouvent de natu rel, les fleurs par une pléiade de dames peintres\ndont nous tairons les noms pour ne pas susciter ces terribles\njalousies féminines.\n    Les aquarellistes on t cette année d ’excellents envois, signés\nU y ttersch au t, Heins, Staquet, Hogemans, Vindevogel et B oulvin;\nq uant à la sculpture une belle place lui a été réservée, beaucoup\nd’œ uvres de valeurs diverses, les unes rem arquables, les autres\nnégligeables. Nous détachons parm i les sculptures semées cà et là :\nles M eunier, de Rodin le buste de P u v is de Chavannes, un des\nenvois les plus artistiques du Salon, l 'Abondance de De R udder,\nl 'A na n kè de Le R oy, le Supplicié de de Haen, M a rtyre de Mast.\n    Nous croyons a v o ir signalé les œ uvres les plus m éritoires du Salon.\nLe form at ex ig u de notre revue nous a obligé à énum érer sim plem ent\nles œuvres qui nous ont paru les plus artistiques; à borner nos\nappréciations, dom pter notre enthousiasm e pour certaines toiles e t\nre strein d re les critiques que de nom breux bariolages au raien t pu\nexciter.\n                                                  JO S E P H D e SG EN ê TS.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-10-n10-015", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 318, "page_fin": 318, "titre_corps": "Chronique théâtrale : Théâtre Minard", "titre_sommaire": "Chronique théâtrale", "rubrique": "", "signature_source": "J. 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F ontenelle et\nR icliet tien d ro n t toutes leurs promesses : les débuts ont été du reste\nplus qu’honorables: MM. Fontenelle, R ichet, Labranche, M onthérel,\nR ey, Mmes Carling, N autier, G arcia, sont des acteurs d’un m érite\ntrès réel, m érite qu’ils o n t prouvé dans D ora , M a rtyre , M a Ca­\nm a ra d e, On ne badine pas avec l'honneur de G in isty , œ uvre fort\nbien d ’aplomb, représentée il n ’y a pas longtemps au Théâtre libre\net l 'E tin celle de Pailleron ; de plus les directeurs nous p ro m etten t\nLe B a ise r de Banville, Le P rince d 'A u re c , la récente pièce de H.\nL avedan, et le L ion A m o u reu x de P onsard.\n   Nous voudrions pouvoir nous étendre quelque peu sur ces prem ières\nreprésentations mais la place restrein te qui cette fois nous est dé­\nvolue nous en empêche.\n   N otre revue tien t à féliciter cordialem ent les directeurs qui osent\naffronter dans notre routinière ville une telle tentative.\n\n                                                              J. 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Olin et Edm ond\n                                                     Rassenfosse.\n    Au Sommaire de L a J eu n e B elgique               Dans L e M ercu re de F r a n c e , d’in té­\nde Septem bre nous relevons: F . Séverin,            ressants extraits du Salut par les J u ifs ,\nPointes; E m. Verhaeren, Vers; Iwan Gil­             le prochain livre de Léon Bloy; Ballades\nkin. Petites études de Poétique française.           de Laurent Tailhade, des vers encore de\n    Un m onsieur dont nous connaissons               A . F . H érold, Tristan K lingsor, C. M a-1\nl ’enseigne, mais quenousnous abstenons              ryx, P. Q uillard; et de désopilants\nde nom m er, e B t parvenu à insinuer en             Mimes signés Quasi.\n les colonnes de La Flandre Libérale un\n                                                        Les E ssais de J eu n es , en leurs Echos\nfielleu x articulet visant la chronique              littéraires, consacrent quelques lignes\nd’A lbert Giraud B u r L a Débâcle, chro­            au R é v e il . N ous som m es heureux de\nnique parue en ce num éro. Le procédé                les voir se rallier à nous en notre cam­\n qu il em ploie, — citation de phrases               pagne pour l ’exterm ination des « Sales\ntronquées, n’est rien m oins que propre,             pâtisseries » qui ne font rien m oins que\net nous lui conseillons fort de ne plus              de l ’A rt et de la Littérature. En ce n°,\nrisquer de ces p etites incursions sur un            suite et fin de la charge à fond de R ené\nterrain qui lui est com plètem ent étran­            Ghil contre Le Dogme Universitaire, et\nger. A u reste, nous sommes persuadés                des vers, touB à citer, d’Em m anuel D el­\nque c’est par inadvertance que L a                   bousquet, E ug . Thebault, Paul Darthez,\nFlandre — actuellem ent assez sym pa­                R ené Cardailhac, Raim ond Darsiles.\nthique aux jeunes, e t fort peu coutum ière\n de ces ....façon s d’agir, — s’est prêtée à             En I’A r t S ocial nous remarquons\nde telles m anœuvres.                                A ve libertas, vers signés Gabriel de la\n                                                     Salle, et une prose de Jules Souchet, Le\n    A rapprocher d e la chronique. d’Albert          vote imprévu.                                   '\nGiraud, la lettre du capitaine Tanera, —\négalem ent au sujet du dernier roman de                 E n R ouen -A r t is t e , Rimes pour Marat\nZola, — publiée par L e Figaro et repro­             par L. de St V aléry une chronique sur\nduite par divers quotidiens, parmi le s­             L a Débâcle, et des extraits du Scapin\nquels, précisém ent, L a Flandre Libérale.            Commissaire, de Catulle Blée.\n    E t à propos du Figaro, nous n ’avons ,             E n L a S yrinx des vers de M aurice\njusqu’ici, cité qu’accidentellem ent les             Bouchor, Marius André et Joachim Gas­\narticles de M. François de N ion sur le              quet.\nm ouvem ent littéraire en B elgique, qui                L e S y l p h e nous arrive, comme tou­\ny ont paru il y a quelque temps déjà, —              jours, avec des vers tout plein , dont\narticles qui, com me dit Floréal, nous ont           d’aucuns, certes, ont leur valeur.\nrévélé m aint détail im prévu sur la litté ­            L e Ch at -H u a n t , un confrère en la\nrature belge, — mais pour lesquels,                  plus grande Abom ination du Mufle\nnéanm oins, nous adressons tous n o s re­            « distillateur de fuchsine et de cam­\nm ercîm ents à M. de N ion.                            èche, » com me dit V alm y Baysse, dé­\n    L a R e v u s B l a n c h e en Bon fascicule      pb\n                                                       u te par une Ballade en l ’honneur de celle\ndouble Août-Septem bre, donne des notes              d ’Arcachon; vien nent ensuite Lu chanson,\nsur Léon Cladel, et par Charles Sluyts,              croquiB en prose de Valm y BaysBe,\nun article A propos du Salon de Gand; des            un sonnet d ’Arm and Masson et une\nvers de H enri D eloncle et Em . V er­               chanson de V incent Hyspa du « Chat\nhaeren.                                              Noir; » et pour clore, d'assez bons vers,\n    F loréal rattrape le temps perdu et              Ballade des tristesses finales, par André\npublie des livraisons doubles. Celle de              Girodie.\nJu illet-A oû t nous est parvenue récem ­               La revue C h im è r e , du bon poète Paul\nm ent. N ous y lisons de splendides vers             R edonnel, nous laisse encore attendre\nde Francis Vielé-Griflin, L 'A m our et la           Bes nos d’A oût et de Septem bre.\nM ort; d'autres d’Em . Verhaeren, L 'a u ­              N otre confrère A nversois L e M é­\ntom n e et de Paul Gérardy, La Dame en               p h is t o , dans son n° du 17 Septembre\n"}, {"page_pdf": 371, "page_imprimee": 320, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5485, "texte": "320                                           L E R ÉVEIL\n\n\n\ndernier, consacre au R éveil un arliculet               cune im p o rta n c e ,e t q u ’e lle s p e r d r o n t\ndes plus sym pathiques, dont nous le                    le u r tem p s e t le u r b ile à r a m p e r d\nrem ercions très sincèrem ent.                          nos p ie d s .... E t nous m èn eron s n otre\n  L a R evue M oderne donne, sur B ois                  œ u v re à bien, d u sse n t les j a l o u x s e\nton S a n g , des notes très intéressantes de           d re s se r s u r le u rs erg o ts e t en p â l i r\nRobert Bernier. Citons encore deux                      d e ra g e.\nproses de Joanny Bonichon et Ch. Bour­                     C’est à faire rêver une limande ! — E t\nget, et des vers signés A. de Alartonne,                plus lo in , page 18, nous lisons :\nÉ . Sauty, L uigi SpèB\n   L ’avant-dernier fascicule de L a L ibre\n                                                              P o u r ê tr e in s é r é , i l f a u t ê tre\nCritique biographie et portraicture le                                        abonné,\n                                                        ce qui, — à défaut d’être français,. —\npeintre Louis M aeterlinck . Oh ! Oh ! Oh !\n   L e Sillon d’août nous parle de Leconte              n'est rien m oins qu’honnête.\n                                                           Conclusion, comme nous l'avions dit :\nde L isle; outre cela un sonnet d ’Aug.\nCheylack et des C antilenes de J. Bonnet.               S a l e b o u t iq u e !              C. Q. F . D.\nEn le n° suivant, à peu près les mêmes                     P . S . Le dernier n° du B luet, porte à\nnom s : E . Bouhaye, A . Cheylack, J.                   un fra n c le prix des cartes de collabora­\nB onnet, P . Gabillard.                                 teur.\n   Dans L ’E rmitage , des vers inédits de\nRimbaud; de Laurent Tailhade des B a l­                    N otre Oncle E liacin, lui, se montre\nlades qui sont de vrais joyaux, «harm o­                avare et de ses précieuses paroles, et des\nnies et suavités, en dit avec raison Saint              exem plaires de l ’intéressante publica­\nA n toin e, contradictoirem ent hurlantes               tion qu’il dirige.\navec celles du M ercure , sifflements et                   Pourtant, nous lui faisons assez de\nsputations ». Des vers encore de P . V a­               réclam e!...\nléry, A d. R etté ; et d e s Etudes sur H enry\nde Groux, V illiers de l’Isle-Adam et le                                     N o tu le s\nthéâtre d’H enri Mazel.                                    N otre collaborateur Hubert Stiernet\n   En L a R e v u e G é n é r a l e , une esquisse      achève en ce m om ent un volum e : Scé­\nde mœurs, S. M. l ’É d iteu r, signée A. Sa­            lératesse paternelle, qui paraîtra sous peu.\nm oso, et des vers faibles, faibles !\n   A lire dans L e M agasin L ittéraire                    Pour paraître incessam m ent, un v o ­\ndes N otes d 'A r t sur le Salon de Gand,par\nM. A. Dutry, et une intéressante étude                  lum e de prose : From Home, d’Auguste\n                                                        V ierset. P rix : 2 f r a n c e.\nde Firm in Van den Bosch sur Edouard                       On souscrit chez l’auteur, il Saint\nDrum ont.                                               Hubert (Luxem bourg), et aux bureaux\n   L e M ouvement L ittéraire nous est                  du R é v e il .\narrivé avec beaucoup de D onnay,peu ou\npoint de N y s t, et pas du tout de Fernand               E rratum : en le Lied de Georges Mar­\nRoussel, qui semble vouloir se retran­                  low , (n° 9 du R é v e i l , page 279,) au der­\ncher du m onde littéraire.                              nier vers, au lieu de : Qui songent du\n   Nous ne pouvons que citer, faute de                  pays, prière de lire : Qui songent an pays.\nplace, L e Coin du Feu, L a F ra n c e Mo­                N o s excuses à M. M arlow.\nd e rn e et L a R evue U n iv e rsita ire , qui,\nau reste, ne paraît pas pendant les va­\ncances.                                                   Le 27 A oût dernier, sous ce titre :\n   Outre Chim ère, ne nous sont pas par­                B ro utilles d ’A r t , une revue b im e n ­\nvenus régulièrem ent, les derniers de L a               suelle a vu le jour en notre v ille. (Ré­\nC loche et L a R evue In d é p en d an te.              daction et A dm inistration : Rue du\n   Par contre n o u s recevons L’O rches ­              Jam bon, 11, Gand).\nt r e , revue théâtrale et m ondaine, h eb ­\ndomadaire. (Adm inistration : R u e Zirk,                  A paru à Berlin et à V ienne : B la et -\n35, Anvers. — Abonnem ent, 3 francs                     te r FUR d ie K unst , périodique de litté ­\npar an).                                                rature et d’art. Rédacteurs : MM. Stefan\n          E x tra its du « BLU ET »                     George (l’auteur de P ilgerfahrten,) et\n                                                        Karl August\n            (N ° de S ep tem bre i 892) .\n\n   P a g e 1. M a lg ré l ’a v a n c e m e n t d e ht     Nous avons à enrégistrer, ce m ois, la\n.saison, il y a encore des v ip è re s q u i            m ort d ’E rnest Renan, du poète anglais\nb a v e n t d a n s l'om bre. N ou s les p r é ­        Tennyson, et d’A. G. A urier.\nven on s que nous n ’y a tta c h e ro n s a u ­                                            Ch a n t e c l e r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-10-n10-017", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Bureaux de vente du R É V E I L", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 372, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 2835, "texte": "Bureaux de vente du R É V E I L\n\n  G and.             — A d . H o s te , ru e des C h a m p s ,     49.\n                        L ibrairie U niverselle, rue Courte du J o u r.\n                        Mme Otte, rue de F landre.\n                        L ib ra ir ie '— R ue du P aradis.\n  B r u x e l l e s . — J é rô me-D oliger, G alerie de la R eine, 32.\n                        Office de Publicité, rue de la M adeleine, 76.\n  L ié g e .          — G nu.#, rue du P ont d’île.\n                        D ’H eur, rue du P ont d’île.\n  P a ris .           — C ham uel, rue de Trévise.\n\n\n\n\n           PUBLICATIONS RECOMMANDÉES ;\nL ’A r t S o c i a l . — m — Im passe du B éarn, 5, P aris.\nL e C h a t - H u a n t . — h — R ue V ieille T o u r, 21, B ordeaux.\nC h i m è r e . — m — Cours G am betta, 52, M ontpellier.\nL a C l o c h e . — b . m — R ue St. Placide, 39, P aris.\nL e C o i n d u F e u . — m — R ué N euve, 25, V erviers.\nE c r i t s p o u r l ’A r t . — P a ra ît 3 fois p ar an. — R ue L au risto n 16bis,\n       P aris.\nL ’E r m i t a g e . — m — R ue de V arennes, 26, P aris.\nE s s a i s d e J e u n e s — m — R ue de la Concorde, 2, Toulouse.\nF l o r é a l . — m — R ue S t. R ém y, 22, Liège.\nL a F r a n c e M o d e r n e . — b.m — F aubourg du N ord, 15, M arseille.\nL a J e u n e B e l g i q u e . — m —- R ue P otagère, 64, B ruxelles.\nL a L i b r e C r i t i q u e . — h — R ue S ouveraine, 37, B ruxelles.\nL e M a g a s i n L i t t é r a i r e . — m — R ue H au t-P o rt, 52, Gand.\nL e M é p h i s t o . — h — R ue du L om bard, 28, A nvers;\nL e M e r c u r e d e F r a n c e . — m — R ue de l’É chaudé-S '-G erm ain,\n        15, P aris.\nL e M ouvem ent L it t é r a ir e . —           b .m —   R u e M a r ie T h é r è s e , 73,\n    B ru xelles.\n                                     ( R ue des M artyrs, 19, P a ris.\nL a R evue B lanche             —      sm   —\n                                                         1'\n                                     ( R ue de O uest, 74, L iége.\nL a R e v u e G é n é r a l e . — m — R ue T reu ren b erg , 16, B ruxelles.\nL a R e v u e I n d é p e n d a n t e . — m — R u e des P y r a m i d e s , 12, P a r i s .\nL a R e v u e M o d e r n e . — b.m — R u e O rdener, 96, P aris.\nL a R e v u e U n i v e r s i t a i r e . — m — R u e Coeni'aets, 54, S1 G illes.\nR o u e n - A r t i s t e . — R u e G rand-P ont, 4, R ouen.\nL e S i l l o n . — m — R ue de Chabrol, 3 1 , P aris.\nL e S y lp h e .         — m — R ue de la        G are, 2, V o i r o n (Isère)\nL a S y r i n x . — M . — R ue L acépède 27, Aix (Provence).\nL a W a l l o n i e . — m — R ue St. A dalbert, Liège\n\n                                    M       — M ensuel.\n                                  b .m      == Bi-M ensuel.\n                                    h       — H ebdom adaire.\n"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 957, "texte": "    LA JEUNE BELGIQUE\n                                               R e v u e M e n s u e lle\n\n\n                   Directeur : I w a n              G ilk in\n\n              R u e P o t a g è r e , 64, B R U X E L L E S .\n\n\n\n\n    FLORÉAL\n                                               R e v u e M e n s u e lle\n\n\n                Directeur : P a u l G é r a r d y\n              Rue        St.   Rémy,         22,     LIÉGE.\n\n\n\n\n LE MOUVEM ENT LITTÉRAIRE\n                                                   R e v u e b i-m e n s u e lle\n\n     Fondateurs : L é o n          D o n n ay, R aymond             N yst,\n                         F ern and R oussel\n\n          R u e M a rie -T h érèse,        73 , B R U X E L L E S .\n\n\n\n\n    LA WALLONIE\n                                              R e v u e M e n s u e lle\n\n\nDirecteurs : H .    de    R é g n ie r ,    P. M.       O l in ,   A.   M ockel.\n\n                   R u e St. A d a l b e r t , L I È G E .\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 338, "texte": "Deuxième Année — N° 10                                                      O C T O B R E 1892\n\n\n\n     LE\n         RÉVEIL\nRevue mensuelle de Littérature & d'Art\n              PU B L IÉ E S O U S L E S AU SP ICES DU C ERC LE L IT T E R A IR E FRANÇAIS\n\n\n\n\n                                     SOMMAIRE\nH u b e r t S t i e r n et            .                 Soléal.\nJ e a n N o v i s .................................. P luie.\nC a rlo s d u Fa y             . . . .                  Invocation.\nA lb e r t Ar n a y        . . . .               Quelques mots.\nC h a r l e s F r a p p a rtt . . .              Légende.\nT ris ta n K lin g s o r .         .             L ' A dolescent du missel chante.\nL é o n L u c y -M a r . . . .                   A u x Brunes.\n                                                           C H R O N IQ U E L I T T É R A I R E .\nJo s e p h D esg e n ê t s                               H. M a z e l : Lu Fin des Dieux.\nF. F. . . .              * ...........................J . C a s ie r   : Au    Ciel.\nR o d rig u e Sé r a s q u i e r . .                  . J. D el v i l l e : Les Horizons hantés.\nJo se p h D e sg en êt s . . . . .                        Le Salon Triennal.\nJ . D....................             . . . .             Chronique Théâtrale.\n                                                  Tablettes\n\n\nAbonnement : Belgique, un an 5 francs. (Pour l’étranger, le port en sus).\n                               C e n um éro :            50 cen tim es.\n\n\n       Rédaction : Marché aux Grains, 7, GAND.\n                                        TOUS DROITS RESERVES.\n\n\n                     G a n d, im p. à vapeur F. M eyer-V an Loo, rue de Flandre, 66.\n"}, {"page_pdf": 339, "texte": "  P our rappel. —L es Bureaux du R é v e il\n sont transférés M a r c h é a u x G r a in s , 7 .\n\n\n\n                      LE RÉV EIL\n      REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE & D’ART\n\n        P U B L I É E S O U S L E S A U S P I C E S DU C E R C L E L I T T É R A I R E F R A N Ç A I S . '\n\n\n\n\n            PRINCIPAUX COLLABORATEURS :\n\n  Ludovic Ag-Yo-Bé, Albert Arnay, Valmy Baysse, Catulle Blée, Edm. Deffer­\nnez, Cb. Delchevalerie, E ugène Demolder, Joseph D esgenêts, Maurice Desom-\nbiaux, Pierre Devoluy, Carlos du Eay, A rthur Dupont, Georges Eekhoud,\nCharles Frappart, Frédéric F rich e, Paul Gérardy, Iwan Gilkin, Valère G ille,\nArnold Goffin, Pierre Hancart, José Hennebicq, Gustave Kahn, T ristan K ling-\nsor, Hubert Krains, Alfred Lavachery, Camille Lemonnier, Grégoire Le\nHoy, Léon Lucy-Mar, Paul M., Maurice M aeterlinck, Georges Marlow,\nGéo Manvère, Francis N autet, Jean N ovis, Raymond N yst, Edmond Rassen-\nfosse, Paul Redonnel, Georges Rodenbach, Fernand R oussel, Rodrigue Séras-\nquier, Fernand Séverin, Charles S lu yts, Hubert Stiernet, Georges Touchard,\nLouis Véhenne, A u gu ste V ierset, Adolphe W estermann, etc.\n\n\n\n\n     Le Réveil ne publie que de l’inédit.\n\n     Les manuscrits ne sont pas rendus.\n\n     Les collaborateurs sont responsables de leurs articles.\n\n     Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire\nparviendra à la rédaction.\n\n     Les journaux ou revues qui désireraient faire l’échange sont\npriés de s’adresser à la rédaction.\n"}, {"page_pdf": 340, "texte": "                             Soléal\n          ’Lîle Soléal était perdue dans l’océan ; jam ais un navire n ’y\n            abordait et les h abitants ne s’en plaignaient point, car ils\n            tro u v aient sur leur te rre tout ce dont ils avaient besoin\npour vivre. L’île ne com portait qu’un gros bourg entouré, d’un côté,\nde bois om breux où gazouillaient des sources claires, de l’autre, de\nmagnifiques prairies couvertes de nom breux troupeaux. Les Soléa ­\nliens ne connaissaient point l ’arg en t : le m eunier m oulait le grain\ndu boulanger qui lui fabriquait du pain ou du bûcheron qui lui\ndonnait du bois. Ils ignoraient le m al, n ’ay a n t jam ais souffert de\ntoutes les passions qui y m ènent. P o in t de roi, point de m endiants,\npoint de rich es, point de pauvres, tous égaux, m angeant à leur\nfaim , buvant à leur soif, sans cesse joyeux. P oint de gouvernem ent,\npoint de ju g es, point de soldats, point de savants qui eussent pu leur\nenseigner de m alsaines curiosités et les exposer aux terribles re p ré­\nsailles du grand sphinx violé.\n   Le m atin, à l’aurore, ou par les vastes soirs étoilés, ils se réu ­\nnissaient pour ch an ter des hym nes au soleil, à la lune, aux astres\nlointains. Peu s’en fallait qu’ils ne fussent parfaitem ent heureux,\nétan t malades quelques jo u rs à peine avant leur m ort qui arriv ait\ntrès tard. La m ort était bien le seul point noir dans le ciel im mua­\nblem ent bleu des habitants de Soléal. Com ment n ’auraient-ils pas\neu , plus que les autres peuples, h o rreu r de cette m ort qui ne les\nlaissait jam ais indifférents, puisqu’ils ne form aient qu’une même\nfamille? Chacun n ’était-il pas un frère tendrem ent aimé? Mais\nlorsqu’une sombre pensée les effleurait de son aile, ils se tournaient\nvers le midi d’où leu r venait un rayon de suprêm e et tenace espoir :\ncette haute to u r élevée au bord de la m er était un solide pilier\nauquel ils am arraien t fiévreusem ent et qui les em pêchait de glisser\nà la dérive su r les vagues effrayantes de l ’Infini.\n"}, {"page_pdf": 341, "texte": "290                               L E R É V E IL\n\n\n\n\n    Un jo u r, était né dans l ’île un enfant m erveilleux ; à l’âge où les\n au tres ne m archent point seuls, il inventait toute espèce d ’in stru ­\nm ents u tiles; ses raisonnem ents déconcertèrent les vieillards; au\nlieu de jo u er avec ses compagnons, il étudiait les étoiles et guéris­\nsait les anim aux malades. Les Soléaliens se dirent qu’il y avait en\nlui quelque chose d ’extraordinaire e t qu’i l p o u rra it p e u t-ê tre résoudre\nle grand problèm e. Une im portante décision fut prise. Les architectes\net les maçonso\n                    se m irent à l’œ uvre. Sur le rivage sans cesse enso ­\nleillé, à l’endroit où ne pouvaient s’entendre les enclumes des forge­\nro n s, les scies des m enuisiers, ni les fléaux des batteurs en grange,\n ils élevèrent une haute to u r pleine d ’élégance, faite de blocs de\n m arbre blanc. A quatre cents pieds en l ’a ir, fu ren t aménagées des\n salles spacieuses pour la commodité desquelles s’épuisa l’imagination\n des artisans les plus ingénieux. Là, l’enfant m iraculeux comme un\ndieu dans son tem ple, grandit à l ’aise, servi à souhait par le village\nentier, nourri des fruits les plus tendres et les plus savoureux. Quand\nil atteig n it l ’âge d ’hom m e , 0n para comme pour une fête, toutes les\njeunes filles de l ’île et, parm i ce troupeau candide et frém issant,\nl’éphèbe prédestiné fit son choix. P uis, il em m ena l’épouse vers la\nto u r du salut, m ais, jam ais, elle ne fut introduite en ces ateliers\nm ystérieux où l ’Homme lu tta it avec la M ort.\n    E t les Soléaliens regardaient avec es tressaillem ents d’espérance,\nla fumée des cornues qui s’élevaient dans le ciel, au-dessus de la\nto u r, ou, le soir, la petite fenêtre éclairée qui tém oignait des labeurs\ndu terrible ouvrier.\n    C ependant, les deux hom m es qui, à leur tour, se sont tenus, la\nnuit, sous le Donjon des Espoirs, au service du Magicien, reviennent\nau village : Le Seigneur, disent-ils, convoque tous les h ab itan ts;\nil leu r annoncera une grande nouvelle...\n    Aussitôt l’ivresse ne connaît plus de bornes; personne ne doute\nque la Cam arde ne soit sur le point de déposer sa faux. Les hommes,\nles femmes, abandonnant leurs trav a u x , les enfants, leurs je u x , se\nprécipitent à l’appel extraordinaire. Ils s’aveuglent à regarder fixe­\nment cette immaculée blancheur de m arbre que le soleil fait étinceler,\nquand la fenêtre du Docteur bouge... Soudain, elle s ’ouvre toute\nlarge, il y p araît, m ontrant à la foule une m ignonne petite fille nue,\nfrêle comme un oiselet sans plum es. Une immense acclam ation\n"}, {"page_pdf": 342, "texte": "                                LE   R ÉV EIL                             291\n\n\n\n\nmonte vers lui, m ais, Dieu sait que de désillusion il y a au fond de\nces cris de joie! P o u rtan t, le Magicien se ra -t-il aussi plein d’allé­\ngresse, le jo u r où il révélera au peuple assemblé le secret de ne\npoint m ourir!\n    P eu d’années après, la perte de sa compagne le plongea dans une\ndésolation profonde. Il com prit alors combien chacun était im patient\nde le voir aboutir dans ses trav a u x et l ’am ère vanité de ses déjà\nlongs efforts l’eût découragé à jam ais; il eût im ploré l ’Ennem ie comme\non implore une am ante, si, à côté d e lui q u i vieillissait et enlaidissait,\nil n ’eût vu s’épanouir dans tout son éclat cette tendre fleur qu’il\nappelait sa fille, sa douce Floram e!\n    Il se rem it à l ’ouvrage; mais, la confiance des Soléaliens en leur\nDocteur s’affaiblissait et les vieux pensaient: Il faudra donc m ourir...\n    Un m atin, nouvelle alerte ; derechef, cohue haletante sous la\nto u r de m arbre : va-t-elle enfin laisser tom ber la parole attendue?\n    L’Homme p araît : ses cheveux ont grisonné et la lum ière tom bant\nsu r ses larges lunettes lui donne une apparence fantastique de messie\naux yeux de feu. Il prend la parole :\n  . — Soléaliens, mes frères, je n ’ai point vaincu l’E sprit exterm i­\nn a te u r; mais, désormais, nous sauverons nos corps des hontes de lu\nverm ine. Ces corps que nous soignons, que nous vêtons, que nous\naim ons, ne se décomposeront plus sous les immondes caresses des\nvers. Nous perdrons les paroles et les regards de nos m orts bien-\naimés, nous conserverons leur image et leurs formes. Puisse cette\nconquête être le prélude de la grande victoire!\n    Il fit connaître qu’il avait composé un élixir transform ant en\nstatu es de p ierre les cadavres des hommes et des anim aux.\n    Dès lors, la physionom ie de Soléal changea peu à peu. Chaque\nfamille garda d’abord religieusem ent dans son intérieur les quelques\np aren ts qu’elle avait perdus et les corridors furent habités\np ar de rigides ancêtres, tan tes et oncles, qu’on venait em brasser et\nd ont on im plorait la bénédiction avant le coucher. C ependant, leur\nnom bre augm enta et l’oubli les dépouilla de leur arm ure de respect\ne t d’am our. On les plaça un peu p arto u t : des groupes immobiles\nsem blèrent conspirer dans la pénombre des ja rd in s; le long des\nrou tes, s’égren èrent d ’interm inables théories de processionnaires\n lugubres et fatigués, déam bulant vers le repos.\n"}, {"page_pdf": 343, "texte": "292                            L E R É V E IL\n\n\n\n\n    Rien de plus étrange que le spectacle de cette île unique, par une\nbelle n u it, quand le reflet de la lune découpant toutes ces silhouettes,\nsem blait faire revivre les défunts pendant que les vivants étaient\nm orts dans le sommeil. On s’aperçut alors que ce peuple de pierre,\nse m ultipliant à m esure de la disparition des êtres, tenait une place\nà laquelle il n ’av ait plus droit, et le m om ent ne fut pas loin où l’on\naccuserait l’invention de l’illustre Docteur.\n    Cependant le zèle de ce dernier ne s’était point refroidi, quoique\nl’homme fut devenu un vieillard. Il com battait toujours avec plus\nd’àpreté dans cet effroyable duel où on lui avait assigné un adversaire\ntrop redoutable. Il se fit un g rief de l’am our intense qu’il p o rtait à\nsa fille et des m om ents qu’il lui donnait : tout son tem ps, tout son\nesprit, était-ce donc trop pour vaincre? Ne se devait-il point corps\net âme à Soléal? — Il ne descendit plus de sa tour et défendit à\nl ’enfant de l ’y rejoindre.\n    Floram e a toujours obéi, mais, pourtant, ce jour, c ’est la fête de\nson père et il ne vient point... Elle a résolu de distraire le vieux\nsavant par une surprise agréable. La voilà devant sa glace, qui se\npare, semblable à une fiancée que son prince va conduire à l’autel.\nElle a revêtu sa robe de soie blanche brodée d ’or et d’argent. Les\nopulentes boucles de ses cheveux blonds pendent sur ses épaules,\nentrem êlées de fleurs de diam ant que lui a données le Docteur; une\nrangée de grosses perles entoure son cou, tandis qu’un diadème\nétincelant surm onte son front.\n    Dans ce riche appareil qui m et en relief sa réginale beauté,\nelle va te n te r l’ascension de la tour e t porter à son père des fleurs\ne t des baisers. Les jam bes flageolent en m ontant l’escalier aux degrés\ninnom brables, car elle est tém éraire : quel m ortel autre que le\nDocteur a passé par ce chem in? Néanmoins, elle a rriv e ; une odeur\ninconnue l ’indispose; elle aperçoit des fioles de formes bizarres\nrenferm ant des liquides aux couleurs les plus variées; de hautes\nflammes vertes s’élèvent d’un foyer devant lequel se tie n t debout\nson père qui ne se doute point de sa présence.\n    La jeune fille n ’ose avancer, elle respire difficilement, v a-t-elle\ndéfaillir?\n    Elle saisit un verre qui est à sa portée, le porte à ses lèvres,\ncroyant absorber de l ’eau claire. Dieu! Qu’a-t-elle fait? Aussitôt,\n"}, {"page_pdf": 344, "texte": "                                L E RÉVEIL                               293\n\n\n\nses yeux se voilent, sa tête s’appesantit, la coupe qu’elle ten ait lui\néchappe et se brise,elle-m êm e s’affaise en la soie blanche de sa robe.\n     Le vieux magicien a entendu le bruit, se retourne et pousse un\ncri de douleur :\n    — M alheur! M alheur! F loram e, ma F loram e!\n    Floram e a bu de la liqueur qui pétrifie; son corps m erveilleux,\nresplendissant de pierreries, se transform e en un m arbre incom pa­\nrable. Elle dort pour toujours p eut-être dans la to u r qui s’élève bien\nh a u t au-dessus de Soléal et d’où l’on voit toute la m e r...\n    Depuis cette heure funeste, le Docteur ne vécut plus que pour\ntro u v er le p h iltre destiné à ranim er sa fille, sa Floram e bien-aim ée.\nLa vue de la divine statue qu’il avait couchée sur un grand lit dans\nson laboratoire soutenait ses forces; car, elles faiblirent quand il\nsongea que les dieux l ’avaient puni comme ils avaient puni P rom é ­\nth ée, parce qu’il avait voulu leur enlever la m ort. Il s’hum ilia\n d evant eux, p ria, les m ains au ciel, ju ra de briser ses cornues le jo u r\noù il au rait ressuscité son enfant, offrant sa vie en échange. Il peina\njo u r et nu it : les Soléaliens ingrats qui connaissaient son m alheur,\nn ’avaient aucune pitié de lui et ricanaient en regardant la fenêtre\néclairée de ce fameux ouvrier qui ne pouvait pas seulem ent les\nem pêcher de m ourir. La population de l’île dim inuait sensiblem ent\ne t la te rre é ta it couverte de statues de pierre.\n     Enfin, le Docteur cru t que ses veilles laborieuses n ’avaient point\nété vaines. La joie fit bourdonner son sang dans ses oreilles, il\n craignit la folie :\n     — Floram e! Floram e! s’écria-t-il, se tou rn an t vers l ’endorm ie,\nte rev errai-je sourire? Oh! relève-toi et que je m eure!\n     Les petits anim aux qu’il avait pétrifiés se m irent à courir quand\n il leur eut versé son nouveau breuvage : serait-il aussi efficace sur\n l’h o m m e..? Il n ’hésita pas à te n te r une grave expérience : qu’était\n le monde entier vis-à-vis de sa fille! Il fit m onter dans la tour un\n de ses domestiques et le pétrifia. Le lendem ain, plein d ’impatience\n e t d’anxiété, il lui adm inistra la liqueur rédem ptrice.\n     L ’homme rev in t à la vie.\n     Le vieillard alors pressa contre son cœ ur la coupe qui allait lui\n rendre son enfant, puis, la déposa près de la jeune fille et, joignant\n les m ains, faisant à la blanche statue un nim be d ’or du bonheur qui\n"}, {"page_pdf": 345, "texte": "294                            LE   R É V E IL\n\n\n\n\nray o n n ait de ses pauvres yeux usés, il adressa au Ciel une ardente\np riè re ... Ses regards éteints depuis si longtem ps allaient donc se\nfixer su r lui avec am our; ses joues se coloreraient, ses lèvres rem ue­\nraien t et lui diraient de bonnes paroles filiales...\n    — O Dieu, pardonne mon orgueil m onstrueux d’ange rebelle !\nNe te souviens point, Dieu de clém ence, de mes propos insensés!\nQuand elle se relèvera, ne me tue point que je n ’aie rempli d’elle mes\nprunelles pour l’é te rn ité ; après, perds-m oi, dam ne-m oi, n ’em por ­\nterai-je pas en mon âm e, même en enfer, mon seul paradis envié!\nQue m ’im portera le tien dont l'ineffable lum ière qui brille à tra v e rs\nta n t de siècles et ta n t de m ondes ne peut encore égaler la parfaite\nsplendeur de son sourire!\n    Le bonheur le rendait blasphém ateur et crim inel; il fit irruption\nen lui comme une lave brûlante, je t furieux qui, tro u v an t trop\nétroit ce petit corps, creva les vaisseaux, rom pit les nerfs, déchira\n les fibres, ébranla les os. Le Docteur sen tit un éclat dans sa raison,\n un atroce déchirem ent dans tout son être ; il croula comme une\nm asse, se débattit en proie à d’horribles convulsions, tom ba dans\nl ’escalier, roula ju sq u ’au fond où se retrouva son cadavre baigné\ndans le sang, la cervelle éclaboussant les m urs\n    Les Soléaliens pensèrent que, découragé et honteux, il s’était\nsuicidé ! Jam ais personne ne s’aventura dans la tour.\n    A quelque tem ps de là, par une n u it orageuse rem plie d ’éclairs\net de coups de to n n erre, la m er m onta furieusem ent, envahit l ’île\nSoléal et noya tous ses habitants.\n    Ce fut ainsi que, dans une rage de triom phe, la M ort ru a au\ncarnage les noirs escadrons des flots aux panaches écumeux.\n    Il n ’y eut plus d’île, m ais, au-dessus des eaux v ertes, s’éleva\ntriom phante la blanche tour de m arbre du vieux D octeur; et dans\ncette to u r, repose toujours sur son grand lit, la vierge froide aux\natours de fête. A côté d’elle, la coupe du breuvage magique qui\nren d ra le sourire à ses yeux, la parole à ses lèv res... Mais, quelle\nmain lui versera le précieux liquide? Quel m ortel ressuscitera la\nvierge Floram e? La lampe du Docteur ne se rallum era-t-elle donc\njam ais d ’elle-même en la nuit, pour guider quelque fol chercheur\nde rares délices? Mais qui cueillera les fleurs m illénaires des baisers\nde la belle dormeuse de Soléal...\n                                                  H U B E R T S t I E R NE T.\n"}, {"page_pdf": 346, "texte": "               L E R É V E IL                               295\n\n\n\n\n                P luie\n\n                                     a   P aul G érar dy.\n\n\n\n\n                     I\n\n\n\nFlic fla c ! le chant des gouttelettes\nDescend sur la ville songeuse.\nA travers la feuillée ombreuse\nSon éclat de rire volète ...\n\nIl cogne gaîment à la vitre\nDes maisonnettes de béguines,\nE t sur le vieux Christ qui s ’effrite\nL a pluie descend en rosée fine.\n\nL a pluie tombe bien doucement...\nO la chanson des gouttelettes\nOù trés calme se reflète\nUne quiétude de couvent.\n\nO la chanson des gouttelettes\nDouce chanson d'enfantelet\nVieux lied si doux et si discret\nQue mon âme s ’en inquiété.\n\nS u r la ville flam ande,       —m orte , —\nTeintant d ’un peu de g a i les glauques\nE t mélancoliques canaux\nO la chanson des gouttelettes !\n"}, {"page_pdf": 347, "texte": "296                     LE   R É V E IL\n\n\n\n\n                               II\n      I l p le u t, il p leu t p a r le ciel rose\n      D es centaines de gouttelettes\n      Toutes cristallines, flu ette s,\n      Q u i su r les fleu rettes se posent.\n\n      L e u r baiser songeur est s i d o u x\n      S u r la fro n d a iso n des allées\n      O ù les am antes en allées\n      R êven t p a rfo is de baisers fo u s .\n\n      B a ise rs d o u x-a m ers com m e en donnent\n      L e s gouttelettes a u x blanches fle u rs,\n      B a isers a u x tr ès longues pâleurs\n      D o n t la troublance au cœ ur frisso n n e .\n\n      M ignonne, il p leu t p a r le ciel ro se...\n      A llo n s rêv er, si tu le veu x\n      A u ja r d in , où p o u r tes cheveux\n      J e p ren d ra i des gem m es a u x roses.\n                              III\n\n      E ncore une averse d ’autom ne\n      Q u i descend d u ciel appâli.\n      H é la s ! M ignonne, ils sont cueillis\n      L es g ra n d s lys où la p lu ie frisso n n e .\n\n      A vec les ja s m in s et les roses\n      L 'o r g u e il des ja r d in s est d é fu n t;\n      L ’a m er regret de leu r p a r fu m\n      F lotte p a r m i le deuil des choses...\n\n      I l p le u t! V oici les jo u r s fa lla ces\n      E t la f i n du vernal bonheur,\n       V oici l ’autom ne et dans m on cœ ur\n      I l p leu t des souvenances lasses.\n                                                   J e a n N o v is\n"}, {"page_pdf": 348, "texte": "              L E R É V E IL                 297\n\n\n\n\n          Invocation\n\n\n\nO très bonne Dame, ma Reine\ndouce en la lumière frangée de soir,\nvers quel étrange ostensoir\nce baiser que pour vos lèvres traîne\n     la douleur sereine\n     de mon pauvre cœur?\n\n O bonne Dame d'indolence\n aux yeux d ’or et d ’apothéoses\njetez les ronces de vos roses...\n et de vos lèvres de silence,\n      bannissez la désespérance\n      de mon pauvre cœur.\n\nReine albe en vos somptueux charmes,\nde vos pudeurs inviolées\ndrapez vous pour être immolée,\n— en l'heure douce des alarmes, —\n    aux larmes\n    de mon pauvre cœur.\n                                        II\nOh! pourquoi rester impassible,\nlorsque triste mon âme pleure\nde vouloir l ’idéal bonheur :\ncelui des rêves indicibles?\n\nReine, c’est l ’A vril de vos grâces,\net le printemps sème des fleurs\ninnommées de roses pâleurs\npour enivrer vos pudeurs lasses.\n"}, {"page_pdf": 349, "texte": "298                L E RÉVEIL\n\n\n\n\n      A votre lèvre triomphale\n      s'attache un calme chimérique,\n      mais vos yeux sont mélancoliques\n      sous l ’or de vos torsades pâles.\n\n      Dans le sommeil d'un lourd silence\n      votre âme en son envol des voiles\n      a des défaillances d ’étoiles\n      vers de doux rêves d ’indolence...\n                                              III\n      O h! si vers vous mon âme pleure\n      le deuil de se voir désolée,\n      soyez clémente et bonne, Reine,\n      pensez qu'aimer n ’est pas un leurre,\n      qu’en la nuit des corps ont saigné,\n      et donnez à mon pauvre cœur\n      en les ténèbres qui fo n t peur\n      l ’appui de votre m ain sereine.\n\n      S i le soleil brûle ma tempe,\n      sous les torsades enivrantes\n      de vos cheveux enrubannés\n      abritez mon fro n t impeccable,\n      et de vos lents yeux implacables\n      de pâle vierge désolée,\n      versez vos rayons de candeur\n      sur mon âme qui vers vous pleure.\n\n      Soyez clémente et bonne — Reine, —\n      et laissez couler de vos lèvres\n      les rimes tant fanées et mièvres\n      que chantaient — ô ma châtelaine —\n      les tout vieux cantiques d ’aimer.\n      Chantez, chantez et que mon rêve\n      en la nuit pâle qui l ’achève\n      s'immobilise à vos pensers.\n"}, {"page_pdf": 350, "texte": "                                 LE   R ÉV EIL                                299\n\n\n\n\n                  A vant qu'au philtre de vos charmes\n                  mon âme s'endorme à jam ais,\n                  qu'en un holocauste secret\n                  votre baiser sèche les larmes\n                  du pauvre cœur qui meurt pour vous...\n                  E t puis, après le saint Mystère,\n                  la tête inclinée vers la Terre,\n                  priez longtemps à deux genoux !\n\n                                                   Carlos        du   F ay.\n   Septem bre 92.\n\n\n\n\n                    Quelques mots(1)\n         iBen des choses furent écrites sur les origines du m ouvem ent\n           littéraire belge contem porain. On en a fait ressortir la\n           vraim ent belle et toute spontanée éclosion, l ’heureux et\nprom pt développem ent. On a mis en lum ière aussi, avec plus ou\nmoins d ’à propos et de bonne foi, ceux qui en furent les princes\ncharm ants ou les enthousiastes paladins. Un point p ar contre a été\nlaissé dans l’ombre : je veux parler des sortes de groupes que ce\nm ouvem ent a produits, de l ’influence exercée par certains écrivains\nde ses prem ières heures sur ceux qui v in ren t après eux. Sans doute,\ncette particularité ne se manifesta pas dans une très large m esure ;\nen se m o n tran t fort difficiles, d’aucuns prétendraient même qu’elle\nfût plutôt ra re ... Elle n ’en m érite pas moins d ’être notée car ce qui\nétait vrai dans ce sens précédem m ent n ’a pas com plètem ent cessé\nd’être vrai aujourd’hui.\n   Au nom bre de ces chefs de files — ou de groupes, comme on veut\n— M. A lbert Giraud arrive incontestablem ent bon prem ier; et, en\ny réfléchissant, on ne tarde pas à com prendre qui lui surtout devait\nrécolter ce genre spécial de succès. Qu’on se rappelle ce qu’étaient\n\n\n  ( 1) A propos de l'E n vo l des R êves de M. Arthur D upont.\n"}, {"page_pdf": 351, "texte": "300                             L E R É V E IL\n\n\n\n\nla littératu re et la poésie dans notre Belgique d ’il y a dix ans! La.\nconsigne sem blait avoir été donnée de ne produire que des choses\ntern es, des choses sans âm e, des choses sans vie. Les œ uvres étaient\nnon seulem ent rares mais généralem ent m auvaises et, à p a rt d’occa­\nsionnelles exceptions, la jeunesse ne tro u v ait dans les rev u es du\ntem ps que d ’insipides poèmes et de non moins fadasses proses. Elle\ndevinait cependant, cette jeunesse, qu’un a rt différent devait être\npossible — un a rt où se refléterait ce dont elle se sen tait elle-m êm e\nanim ée. Cet a rt elle l ’a tte n d a it; et quand la Jeune B elgique naquit,\ndissipant les brum es, toutes les âmes bien nées la saluèrent avec la\nvéridique joie de la délivrance. Ces poètes nouveaux apportaient la\nlum ière, les couleurs, les m usiques; ils exh altaien t le radieux\nprestige des belles form es, la sym phonie caressante des belles\nrim es! Leurs poèmes sentaient bon comme ces cham bres aux larges\ncroisées où l’air pénètre librem ent e t nous 11e nous lassions pas d ’en\nadm irer l’éblouissante ornem entation après avoir été les hôtes tristes\ndes plus m éphitiques caveaux. Tout cela nous apparaissait, à nous\nles petits derniers, comme un enchantem ent et p ar m om ents il\nsem blait que nous voyions pour la prem ière fois. Un notam m ent\nd’entre les nouveaux venus nous requérait — non pas, je pense,\nqu’il nous p aru t supérieur à tel ou à tel dont il s’en to u rait mais\nparce qu’il possédait à un plus évident degré ce brillant de la pensée,\ncette splendeur de l ’expression dont nous avions été particulière­\nm ent sevrés. Celui-là, c’était M. A lbert Giraud. P our tout dire en\nquelques mots, son a rt répondait davantage à nos propres nostalgies\net satisfaisait davantage ce goût des teintes chaudes, des clartés\nscintillantes qui a toujours gouverné de p rin tan iers regards.\nA ussi, bien des vers furent alignés à la façon de l ’au teu r de H o rs\ndu siècle; tels jeunes hommes même qui n ’étaient pas destinés\nà so rtir de la foule se sentirent pris d ’un véritable p ru rit d ’écrire\n— d ’écrire ainsi. E t m aintenant encore, comme je l ’indiquais plus\nh au t, cette influence n ’a pas cessé; des poèmes paraissent où un œil\nexercé la reconnaît sans hésitation, des livres nous sont offerts qui\nen p o rten t presque à chaque page l ’irrécusable estam pille...\n   P o u r certains lecteurs, ce qui précède p araîtra assez hâtivem ent\ndit. Le m anque de place nous empêche d ’être prolixe, et d ’ailleurs\nceci doit être pris non pas pour un chapitre d ’histoire littéraire m ais\n"}, {"page_pdf": 352, "texte": "                                L E R É V E IL                           301\n\n\n\n\npour l ’introduction, et rien de plus, à l’article voulu à propos d ’u n\nlivre. J ’ajouterai que, chose curieuse, aucun ou presque aucun des\nsuivants de M. Giraud ne sut en conserver une im pression complète.\nSi tous calquèrent sa mélancolie, son pessimisme, les uns ne s’assi­\nm ilèrent que le to u r, la cadence et le rythm e de ses œ uvres; les\nantres en re tin re n t seulem ent le côté décoratif ou purem ent plas­\ntique. En réalité cela pouvait valoir mieux qu’une ressem blance\nradicale, à condition de rem placer par autre chose ce que, de la sorte,\non laissait de côté. Voilà m alheureusem ent ce qui n ’eu t pas lieu. Un\nexemple du prem ier cas se trouverait chez M. F ernand Roussel dont\nle J a r d in de l 'A m e n ’a que cela — une m anière de musique, ana­\nlogue en ses élém ents constitutifs à celle de son incontestable\ninspirateu r, et où l’on chercherait en vain de la couleur, une ligne\nprécise, une image nette et pleinem ent suggérée. Q uant au second\ncas, au cas où l ’on s’enquerrait d’un poète chez qui l ’influence\ngiraudine procéda plutôt, sinon exclusivem ent du décor — nous\nciterions, parmi d ’autres, M. A rth u r Dupont, l’auteur de l 'E n v o l des\nrêves paru récem m ent chez l’éditeur Lacomblez.\n\n                                    *\n                                   & *\n\n   Tout d ’abord nous nous refusons à adm ettre que M. Dupont a it le\ndon de poésie car ses poèmes fourm illent de phrases discordantes,\nde strophes inharm oniques. Quand on a l ’oreille on n ’écrit pas des\nvers tel celui-ci :\n\n          Comme des hiboux aux cris enroués d ’effroi...\n\nni comme cet autre :\n\n                 E t , p lu s a n tiq u es q u e les mondes,\n\nni comme cet autre encore :\n\n          L'écum e ardente de l’eau. L à profondém ent...\n\n  F aut-il dire à ceux qui lu ren t ici nos propres vers que nous\nadm ettons toutes les m étriques et tous les genres de poésie?... Mais\ncela n ’est pas en question ; il ne s’agit pas cette fois de discuter le\n"}, {"page_pdf": 353, "texte": "302                             L E R É V E IL\n\n\n\n\n vers libre et le vers régulier. Nous voulons sim plem ent faire ressortir\n que du m om ent qu’un poète nous présente des vers écrits selon la\n tradition nous avons le droit d ’exiger qu’il l ’observe jusqu’au bout;\n or on la transgresse incontestablem ent dans les expressions qui\n viennent d’être relevées. D’ailleurs, ces fautes grossières eussent-\n elles été évitées, il n ’en serait pas moins vrai que la langue de\n M. Dupont est raboteuse, que rien dans ses poèmes ne se fond, ne\n s’enchaîne. La coupe des vers subit les raccrocs les plus bizarres.\n Des mots s’y échevèlent, sortent des rangs et prétendent m archer\n à l’écart. Ce n ’est pas même de la musique défectueuse c’est Dieu\n me pardonne! de la cacophonie et de la cacophonie hélas! qui n ’a\n pas le m érite d’être drôle.\n     P assons, d’autres exemples nous appellent... Je me suis demandé\n — car n ’est-on pas tenté de croire, en présence d’un livre qui ne\n plait pas, qu’il doit m algré tout s ’y trouver quelque chose? — je me\n suis demandé un in stan t si la muse de M. Dupont n ’est pas comme\n cette jeu n e fille de Polidori qui « avait un tein t de rose et m ettait du\n rouge ». Quoi qu’il en soit cette muse a furieusem ent h o rreu r du\n n a tu re l; les choses les plus sim ples, elle les surcharge à l ’excès et\n elle en arrive à ne plus laisser percevoir ce qu’elle voulait sans doute\n m ettre hautem ent en relief. M. Dupont, disais-je, a subi l’influence\n décorative îles poèmes de M. A lbert Giraud. On sait com m ent celui-ci\nérige ce décor. Dans ses sonnets ce sont de grands plans égaux, tout\n en fastueuses • couleurs, se com plétant l’un l ’au tre, croissant ou\n décroissant de phrase en phrase et se reflétant prism atiquem ent\njusque dans les m oindres mots. Dans ses rondels, des teintes plus\n paisibles s’en trelacent en petits traits m ixtes e t s’om brent doucement\n d ’un reflet de paysage au fond de l’eau. L ’E n vo l des Rêves tra h it les\n mêmes intentions; seulem ent de ce côté aussi la désillusion vous guette.\nL ’influence subie ne reste honorable que dans les lignes d’esquisse;\n et, si ces lignes n e m anquent pas toujours de grâce, le rem pli est,\n neuf fois sur dix; exécrable. P our préciser, supposons qu’une image\n se présente à l ’esprit de M. Giraud comme susceptible de traduire\n fidèlement tel épisode de sa pensée. Que fera le poète? I1 lui donnera\ntoute l’am pleur possible mais sans jam ais perm ettre qu’elle s ’écarte\n du re sta n t du dire ni qu’elle aille au delà des destinées mêmes de\n l ’idée. A utre est le cas lorsque M. Dupont nous parle. Outre qu’elles\n"}, {"page_pdf": 354, "texte": "                                L E R É V E IL                          303\n\n\n\n\nse ju stifien t rarem en t, ses images s’attesten t sous les dehors les plus\nhostiles à, leur essence et elles se com pliquent d’une ou de plusieurs\nautres les détruisant de fond en comble. La muse ne veut pas\nq u’être rouge, il faut qu’elle soit pourpre et M. Dupont m et\nv raim ent trop de complaisance à la satisfaire.\n   L ’au teu r de l 'E n v o l des Rêves cultive assez agréablem ent aussi\nla faute de français. Qu’un vers lui arrive qui com porte, par exemple,\nplus de douze pieds, il n ’hésitera pas à le ch arcu ter au hasard pour\nrespecter le nom bre constant. A notre avis, il est assez peu correct\nde dire :\n\n          N o s souvenirs aimés naguère se sont pris,\n          Comme des oiselets, à la glu de vos ailes\n          E t p a rtis avec vous bien loin dans l'Incom pris.\n\n   Il ne l’est pas davantage de s’écrier :\n\n         J e sais dans la fo rêt un vallon tutélaire\n         Où nous abriterons nos têtes à dem ain;\n\n   De pareils vers ne sont pas même dignes d’un élève ordinaire de\nrhétorique qui ne laisserait probablem ent pas subsister les\ndrôleries dont M. Dupont ne s’est pas douté. C’est ainsi qu’il boit\nquelque p art la m er p o u r... pleurer davantage; il nous en tretien t\nailleurs d ’un « deuil de m ort », ailleurs encore de a jard in s m uets\ncomme des portes closes » — vous savez ces portes dont on a\ncoutume de dire : j ’ai trouvé visage de bois. L’au teu r rêve aussi des\njard in s\n\n         Où som m eillent comme en des rideaux de percale,\n         Sous les enlacements de lierres et de lys,\n         L e s satyres de marbre et les sylva in s rustiques;\n\n   P o u r lui les hiboux ont des regards troublants « ainsi des regards\nd’anges », les pom m iers des ram ures a comme des bras fleuris\nd’astres blancs », et d ’intrépides cheveux so n t... « couleur de\nsérail ». Cette dernière expression su rto u t me dépasse car dans to u t\nsérail qui se respecte il y a, ai-je lu, , des odalisques très blondes et\ndes favorites très noires.\n"}, {"page_pdf": 355, "texte": "304                           L E R E V E IL\n\n\n\n\n   Les chevilles encore ne sont pas ce qu’il y a de moins fréquent le\nlong de ce volume où la pensée est toujours fragm entaire et pous­\nsive. Les sonnets n ’y sont pas des poèmes de volonté, les pièces\nlibres divaguent avec candeur, l ’am our m anque d’abandon, les\nregrets m anquent de sincérité et les espoirs de confiance. Les m eil­\nleures pièces mêmes ne sont pas exem ptes de ces tare s. En voici\nune que je ne choisis pas au hasard :\n\n\n                              Royauté\n\n       T riste ju s q u 'à pleurer sous le poids de mes rêves\n       J e voudrais découvrir au loin, dans la forêt,\n       Quelque chaume m uet et calme où m onterait\n       L e m urm ure affligé des p lu s prochaines grèves.\n\n       J e voudrais sans retour u n refuge d ’oublis\n       Où je pourrais fin ir une vaine existence;\n       Un asile égoïste où des voix de silence\n       Réchaufferaient mon cœur dans leurs tièdes surplis.\n\n       Car j'a i vu de si près la noirceur de l’A bîm e\n       D a n s l'âme des navrés du Tourm ent et dit Crime\n       Que je me suis senti gagné p u r son péril.\n\n       J e ne redoute plus l’angoisse ni l’attente\n       D ’une mort salutaire à m a peine haletante,\n       Qui me sacrerait Moi sur u n trône d'exil.\n\n\n\n\n    Il est temps de clore. P e u t être même ai-je déjà trop dit.\nJ ’entends fort bien les objections de toutes sortes que cet article\nsuscitera. E h quoi, dirons les uns, M. A rnay en veut donc bien fort\nà l ’écrivain dont il nous parle! E rre u r profonde; j ’ai vu M. Dupont\nune seule fois et ne fus jam ais en relations avec lui. P o u r d’autres\nmon « éreintem ent » sem blera déplacé. Quand une œ uvre est\nm auvaise, m oduleront ceux-là, on l ’écarte en deux m ots et l ’on\n"}, {"page_pdf": 356, "texte": "                               L E R É V E IL                          305\n\n\n\n\npasse. Ainsi aurais-je fait m ais, outre qu’il me sem blait opportun\nd ’étab lir ce p ar quoi j ’ai commencé, j ’ai cru qu’il y avait lieu de se\nm ontrer moins réservé. Depuis quelque tem ps on a la déplorable\nmanie de tro u v er bon tout ce qui p araît en Belgique au bénéfice\nd ’un nom nouveau. T an t que ce procédé ne dépassait pas certaines\nrevues d’une tenue plus que critiquable il n ’y avait pas grand mal.\nLa chose m alheureusem ent tend à s ’étendre, déjà elle gagne des\npublications qui nous avaient habitués à moins d’indulgence et il est\ntem ps — il est tem ps surtout si nous voulons re ste r dignes vis-à-vis\nde l ’étran g er — qu’une réaction se produise. N otre propre public\nd’ailleurs où des êtres com préhensifs attendent de nous la bonne\nparole — le public n ’est-il pas disposé à ra n g er sur une même ligne\ntous les écrivains plus 0n moins recom m andés? A nous donc de nous\nm o n trer scrupuleux. Qu’on exagère quelque p eu le talen t d’un ami\nqui en a, qu’on cherche à ne pas trop blesser l ’ami qui en a moins,\nje n ’y vois à la rigueur aucun inconvénient. Mais lorsqu’un livre\nest foncièrem ent mauvais il faut oser l ’avouer, le crie r, et c ’est ce\nque nous avons fait.\n    Dans la préface de son C hatterton A lfred de V igny opinait que\nl ’on ne doit jam ais arg u er des erreu rs prem ières d ’un poète pour\naffirm er qu’il est incapable de souffrir et de penser. Seulem ent\nil s’est chargé aussi d ’analyser le m auvais hom m e de lettres.\n« Celui-là, d it-il, sait le nom bre de paroles que l ’on peut réu n ir\npour faire les apparences de la passion, de la m élancolie, de la\ngrav ité, de l ’érudition et de l ’enthousiasm e. Mais il n ’a que île\nfroides velléités de ces choses, et les devine plus qu’il ne les sen t;\nil les respire de loin comme de vagues odeurs de fleurs inconnues...»\n    J ’ai peut être to rt, mais il me semble que ces m ots s’appliquent,\nsans atténuation ni réserve, à M. A rth u r Dupont. E t encore ne\nsuis-je pas sû r qu’il sache toujours discerner les parfum s qui lui\n arriv en t, qu’il en découvre toujours, comme il faudrait, la délicieuse\nnature.\n    A oû t 92.\n                                                  A lbert   Arnay.\n"}, {"page_pdf": 357, "texte": "306                          L E R É V E IL\n\n\n\n\n                           L égen d e\n\n      Vainqueur des monstres noirs qui gardent les Colchides,\n      Où fleurissent en lys les âmes des princesses,\n      L ’adolescent, promis aux lustrales caresses,\n      Voit l’aube se lever en ses rêves candides.\n\n      Il va par un chemin de douceur meurtrière.\n      On a semé des fleurs partout et dans l ’allée.\n      Le chant de son triomphe expire en la vallée.\n      A h ! que n ’expire aussi sa gloire mensongère.\n\n      Soudain, devant le temple éblouissant du Rêve,\n      Recueillant son courage en une ultime audace,\n      Il se vit, élevant son cœur en sa main lasse,\n      Frapper la porte d’or, du pommeau de son glaive.\n\n      E t la porte céda, très lente et solennelle —\n      P ar les couloirs drapés de tentures magiques,\n      L ’adolescent nimbé de ses gloires épiques\n      Marcha vers le baiser de l’amante fidèle.\n\n      « L ’amante! ô douce sœur d ’une âme liliale!\n      0 bénie à mes yeux, et par ma main bénie :\n      Laissez que toutes deux nos âmes communient\n      E n le premier baiser des lèvres nuptiales — »\n\n      Etalant devant elle une âme d ’épopée,\n      — E t le cœur ingénu bercé de ses paroles, —\n      Il brisa l’or m assif de sa sanglante épée\n      E t jeta les morceaux épars en les corolles.\n\n                                              Ch arles F r appart.\n"}, {"page_pdf": 358, "texte": "                     L E R É V E IL                                             307\n\n\n\n\nL’Adoleseent du Missel eh a n te\n\n                                            à L o u is   le   C a r d o n n r t ..\n\n\n\n\n Les cloches d’amour ont doucement sonné\n pa r l ’église bleue où le rite s’achève,\n et voici venir le cortège damné\n des Souvenances en leurs robes de rêve —\n les cloches d ’amour ont doucement sonné.\n\n A u Chœur fleurdelysé d ’azur brûlent des cierges\n comme des âmes et des fe u x follets,\n et les Souvenances aux voiles de vierges\n ont en leurs yeux très purs d ’étranges reflets.\n\n C’est la messe des fleurs;\n c’est la messe des leurres;\n sur le fro n t des damnées neigent des douleurs,\n et l ’Officiant chante la maie heure\n A u Chœur d ’azur semé de trèfles et de fleurs.\n\n  Sonnez, cloches d’amour, cloches bercées!\n  Les Souvenances ont l’air de Fiancées,\n  des Fiancées souriantes de mes Jadis,\n  et c’est pourquoi lorsqu’à l ’autel fleuri, le Prêtre\n  mystique et légendaire s’est retourné\n  vers les damnées aux yeux emplis de paradis\n j ’ai cru merveilleusement me reconnaître, —\n et les cloches d ’amour ont doucement sonné.\n\n                                      T r is t a n K l in g s o r .\n"}, {"page_pdf": 359, "texte": "308                 L E R É V E IL\n\n\n\n\n                A ux B runes\n\n                                         à M r G éo M a u v ê r e\n\n\n\n      Moi, poete, ce sont les Brim es,\n      L a gloire des brunes, que chante\n      Ma Rim e en sa façon méchante,\n      Moi, poète, ce sont les brimes.\n\n      Oui, leurs cheveux sont sans lumière,\n      Car ils sont drapés de ténèbres,\n      M ais, moi, je les aime, car fiere\n      E st leur beauté.   —Car, tant funèbres\n      Sont les regards de leurs prunelles,\n      E t que j ’aime les chevelures\n      E n deuil, en larmes, éternelles\n      —Oh! tes vers en leurs ciselures! —\n      E t douces, et pourtant friponnes\n      En leur grâce haute ou m ignarde\n      Comme un baiser de nuit qui farde\n      Le fron t des caresses mignonnes!\n\n                                        L éo n L u c y -M a r .\n"}, {"page_pdf": 360, "texte": "                                     L E R E V E IL                      309\n\n\n\n\n                       C H R O N IQ U E L IT T E R A I R E\n\n\n\n\n          H en ri     M a z e l.   —     La Fin des Dieux.\n\n\n            e paganism e s’est instauré dans la blonde Occitanie. Les\n              chrétiens sont pris d ’inquiétudes au re to u r des anciennes\n              superstitions : l’évêque d ’Edesse, l’abbé de Psalm odi, des\nmoines sont à A rles, dans les jard in s auliques de l’em pereur R ené.\nDes chœ urs de fiancés ex a lte n t leurs joies et aux sons des fanfares\ntriom phales défile le somptueux cortège des rois, des croisés et des\ncaptifs. Les acclam ations populaires m ontent vers le roi d’A rles et\nle S ain t-P ère. Au m ilieu de la fastuosité de ces fêtes célébrant les\nfiançailles de Cléotas e t de Chryséis un moine du N ord, F rère-N orbert,\nse présente et conjure le roi d’Arles de ram ener le peuple au C hris­\ntianism e de son enfance. Le roi d’A rles lui perm et de prêcher le\npeuple.\n    C’e st le forum d ’Arles. N orbert a parlé et les chœ urs ch a n te n t sa\nglorification. La belle fiancée de l ’île de Scyros, C hryséis est con­\nv e rtie ; elle abdique les joies profanes. N orbert l ’engage à convertir\nCléotas. Le soleil décline lentem ent. Cléotas arrive au Forum et\nveut s’approcher de C hryséis qui l ’évite et lui dit son am our pour\nle Dieu des chrétiens lui-m êm e. Des suppliants chan ten t tristem ent\ndans le soir. Des protestations populaires surgissent. Chryséis restée\nseule s’agenouille au pied d’une croix. Un groupe de jeunes gens\nl ’insulte; Cléotas survient et protège sa fiancée perdue; il essaie de\nressusciter son am our; il lui rem ém ore l’île de Scyros et son radieux\nO lym pe. Un doux éveil de souvenances se fait en C hryséis; elle est\nreconquise à l’am our de Cléotas. Leurs âmes s ’essorent vers les\ndieux anciens. Des clam eurs déchirent la tranquillité du soir qui\n\n\n  (*) Librairie de l'A r t Indépendant, Paris.\n"}, {"page_pdf": 361, "texte": "3 10                          L E R É V E IL\n\n\n\n\nsoudain s’illumine de lueurs incendiaires : les tem ples b rûlent, les\nstatues sont renversées. N orbert p araît et Chryséis lui crie son\nreniem ent. Dans A rles c’est la lu tte en tre le paganism e et le\nchristianism e qui s’ouvre.\n    C’est à A rles, au château de M inerve. Des hom m es d’arm es\nveillent car les chevaliers, du Nord gravissent la pente de la col­\nline. Ceux-ci p én ètren t dans la ville et bientôt ils en sont les\nvainqueurs. Cléotas est fait prisonnier. On l ’am ème devant N orbert\net il le supplie d ’épargner Chryséis, sa fiancée. N orbert prom et\nmais au p rix de la conversion de C léotas; Chryséis accourt éperdue\net N orbert sauve les jeunes fiancés en les faisant fuir p ar la croisée.\n    Telle est en quelques lignes la charpente du dram e de M. H enri\nMazel, dont le talen t s’oriente vers un a rt d ’une splendeur ancienne\nq u ’il ne p a rv ie n t pas toujours à rendre avec la même vigueur; de\nlà dans l ’œ uvre de M. Mazel des diversités curieuses qui attén u en t\nl’im pression d’ensemble.\n    L’inclinaison vers le grandiose se m aintient difficilement; la\nmoindre déviation suscite le sourire. (Dans « L a F in des D ieu x »\nla dernière scène du 3e acte).\n    La quintessence du drame? Une lutte entre le paganism e et le\nchristianism e, en tre l’esprit nouveau et le génie antique. Cette\nlu tte sert de pivot à une action habillem ent conduite mais qui se\nrapproche de telles et telles scènes d ’autres œ uvres. E t puis nous\nne dissim ulerons pas à M. H. Mazel, l ’étonnem ent que nous a\ncausé son paganisme qu’il confond avec la débauche comme le\nfaisait rem arquer notre consœ ur F loréal. C’est une conception dont\nl ’originalité fait tout le prix. Nous reprocherons aussi à l’œ uvre des\npassages d’une longueur fastidieuse. (Les docteurs dans certaines\nscènes n ’écrasent-ils pas le lecteur sous le poids de leurs sciences?)\n    P a r les quelques critiques que nous venons de form uler, nous\nn ’avons pas voulu dire que l’œuvre de M. Mazel est faible; elle\nest d’un artiste sincère et très p u r; m aintes pages du livre le\nprouvent suffisamment.\n\n                                               J o seph   Desg en êt s.\n"}, {"page_pdf": 362, "texte": "                                    LE RÉVEIL                                 3 11\n\n\n\n\n              Jean   C a s ie r .   —    Au Ciel, poème. (*)\n\n\n          T\n          a ndis que loin des dogmes la poésie cherche sa voie dans\n           les ténèbres, M. J. Casier, ayant pris l ’inévitable harpe,\n           nous chante béatem ent les délices de la Sainte Table, du\nP arad is, etc.\n   Nous n ’y voyons pas de m al, à condition de ne plus com m ettre\nde petites infamies comme :\n\n          — B a n s les feu x du Soleil resplendira l’É toile\n          E t le jo u r absolu fera briller le Voile\n          Sous lequel tin Dieu se livra ....\n\n          G ra n d s, petits, rapprochant leur distance éloignée\n          V in ren t ensemble au P a in des d e u x ....\n                                                                    F. F. '\n\n\n       Jean    D e lv ille. —           Les Horizons hantés. (**)\n\n\n         ’Cest un salmis de vers de tous les m ètres possibles et\n           impossibles, dont l ’harm onie est souvent sujette à caution,\n           sans césure, de sens assez confus, avec, parfois, des lon­\ngueurs inutiles, — dans la pièce intitulée A z r a ël par exem ple; —\nen un m ot, une véritable anarchie poétique, une licence comme\njam ais rim eu r ne s ’en perm it, — et — ceci est de V erlaine, —\n\n                S i Von n ’y veille, elle ira ju sq u 'o ù ? ....\n\n   Un reproche, — que je n ’adresse pas seulem ent à M. Delville, —\nest d’abuser de l ’hyperm ètre. Je cueille trois vers, au hasard, dans\nle volume :\n\n\n  (*) Siffer. É diteur. Gand.\n  (**) Chez Paul L acom blez, éditeur, à B ruxelles. — P rix : 3 francs.\n"}, {"page_pdf": 363, "texte": "3 12                           L E R É V E IL\n\n\n\n\n       M o n âme se prostern(e) vers ton silenc(e) de D ieu...\n       L a griffe im pitoyabl(e) du sp h in x tueur d ’espoir...\n       C’est bien l’heure éternelle et p rim itiv(e) du soir...\n\n   Si l ’on veut considérer ces vers comme des alexandrins, il faut\nescam oter, tan tô t une, tan tô t deux m uettes. Encore la chose serait-\nelle admissible si l ’on en faisait une règle générale; mais l’e m uet\ncompte ou ne compte pas dans la m esure, suivant les besoins de la\ncause! —\n   Toutefois, — à côté de vers que même un collaborateur Au. B lu e t\nou de L a R evue Belge h ésiterait à signer, — nous en trouvons\nd’adm irables, annonciateurs d’une inspiration élevée :\n\n       L es princesses mortes d ans leurs songes d ’herm ine...\n\n       Tous les m a rtyrs du rive, avec leur rêve au fro n t\n       Seront crucifiés sur la croix des huées...\n\n       I l est des âmes si lasses qu’elles en m eurent...\n\n       H u r le n t, fous d ’épopée, les belliqueux buccins!... etc.\n\n   Dans quelques pièces, le poète s’est asservi aux lois de la m étri­\nque; — et ce sont ces pièces, précisém ent, qui constituent les\nm eilleures pages du livre : N octam bule, Le vain L a b eu r, A m es\nlasses, etc.\n   Parfois aussi, M. Delville se se rt de rythm es charm ants, — qui\nvous bercent comme des « lieder » m élancoliques, et rappellent les\nsi douces chansons du poète de D om inical :\n                   T ravail nocturne et mauvais\n                   de mes pâles m ains hantées,\n                   tes œuvres, rouges tourmentées,\n                   seront vaines à ja m a is,\n                   travail nocturne et m auvais.\n                                                    (L e vain Labeur).\n\n                Seigneur ! le pénitent réclame\n                que tu lui fasses le m ystique don,\n                d ’illum iner tes cierges de pardon,\n                a u x grandes ténèbres de son âme,\n                a u x grandes ténèbres de son âme.\n                                                   (S oir de C h apelle).\n"}, {"page_pdf": 364, "texte": "                               LE RÉVEIL                                        313\n\n\n   — En somme, à p art les précédentes restrictions, et quelques ré ­\nminiscences, — principalem ent d’Em. V erh aeren , — dans Les\nH o rizo n s hantés perce une indiscutable originalité. De beaux vers\n— quand il les veux ciseler,— des rythm es souvent heureux, et de\nsplendides idées : voilà les m atériaux dont dispose M. Delville, et si\n— comme j ’aime à le croire, dans un prochain livre il sait m ieux les\nm ettre à profit, il créera une œ uvre artistique de valeur réelle, —\net durable.\n\n                                        R o d r ig u e   S é r a s q u ie r .\n\n\n\n\n                Le Salon Triennal\n            es juvéniles ardeurs de notre revue ne nous obligeaient-\n             elles pas un peu à être des prem iers à lancer notre article\n           : su r le Salon triennal? Nous nous sommes laissés devancer\np ar tous les grands oncles de la Critique e t... nous en rougissons\ndevant nos amis du R éveil. Enfin! Que voulez-vous? certaines cir­\nconstances nous ont forcé de différer la publication de ces quelques\nlignes mais nous expierons notre crime en tâch an t d ’arriv e r bon-\np rem ier à l’avenir.\n    Une simple pérégrination à trav ers le Salon de cette année nous\nm ontre son incontestable supériorité sur les devanciers. Cette fois\nle ju ry a fait preuve d’intelligence et d’éclectism e; il s’est légèrem ent\ndébarrassé de ses idées régressives et est sorti de son officielle im­\npassibilité. Les fabricants de peintures adm inistratives et pompeuse­\nm ent académ iques sont revenus très nom breux au Salon, c ’était\ninévitable, mais avec eux quelques artistes d’une essence autrem ent\npure et intéressante, s’y sont faufilés. On a semé çà et là des œ uvres\nd’a rt réel, à tendances curieuses et actuelles; et ceci rehausse le\nniveau du Salon. La chose est trop peu fréquente pour 11e pas être\nrem arquable et rem arquée.\n"}, {"page_pdf": 365, "texte": "3 14                           LE RÉVEIL\n\n\n\n\n    Dans toute exposition l’attention et les faveurs du public s’en vont\ninvariablem ent aux toiles de dimensions peu communes e t ce n ’est\npas sans causer un certain préjudice aux envois d ’allure moins pro­\ndigieuse m ais très souvent plus transcendants de qualités.\n    Dans une des salles lim inaires du Salon une toile domine tout,\nécrase to u t (même le m erveilleux étalage de décorations sénatoriales\nsitué non loin!) c’est le Jacques Van A rtevelde de M. G. Van Aise.\nCette œ uvre a déjà trop souvent été décrite pour que nous aussi\nnous y allions de notre description. Elle est vigoureusem ent belle,\nd ’une harm onie de couleurs superbe, d ’un dessin parachevé, d’une\nlum ière v ib ran te; il y a là des qualités essentielles qui rappellent\nl ’a rt flamand le plus p u r; la toile décèle un artiste d’une sûreté et\nd’une puissance de coloris extraordinaire. Seulem ent le m ouvem ent\nde certain groupe (gauche) ne devrait-il pas être plus accentué? le\ncom m unier dans sa longue robe fulgurante n ’est-il pas d’une m ajesté\nexagérée? Nous aurions aimé voir l ’œ uvre en quelque sorte plus\nfranche, moins arrangée et un peu moins solennelle; l’intensité\ncom m unicative n ’aurait-elle pas été plus forte et en même tem ps\nplus artistique?\n    Nous attendions mieux de M. C. Montald qui a exposé ailleurs\ndes œuvres autrem ent m éritoires que celle qu’il a envoyée au Salon.\nSon im mense tableau « Les H arpes éoliennes » n ’est pas sans qua­\nlités, no n ; l ’artiste s ’efforce de so rtir des sentiers éternellem ent\nbattus et sous ce rapport son œuvre n ’est pas banale ; elle est même\nd’une assez subtile intellectualité mais ce genre de peinture requiert\nà notre sens la perfection. Chez M. Montald la conception est trop\nnégligée et la profusion de certains tons pâles et ternes n ’est pas\nheu reu x . L 'avant-plan du tableau ne s’apparie pas du tout au reste\net semble avoir appartenu à une autre œuvre.\n     M. Van Biesbroeck, ju n io r, dépense son talen t à des productions\npresque toujours académiques; il n ’est pas poursuivi par la fièvre\ndes recherches artistiques et ses œuvres m anquent de personnalité;\nson a rt identique pour ainsi dire à celui de son père est sta ­\ntionnaire. La chose est regrettable chez un tout jeune homme.\nCe n ’est pas que ses œuvres soient veuves de tout m érite : le lance­\nm ent d ’Argo a du m ouvem ent, quant à la Fem m e au m iro ir nous\navons déjà exprim é notre appréciation sur cette toile, lors d’une\n"}, {"page_pdf": 366, "texte": "                               L E R É V E IL                        315\n\n\n\n\n exposition au Cercle A rtistique. De M. J. Biesbroeck, père, nous\n signalerons son panneau décoratif : P a i x , œ uvre peu originale m ais\n cependant la moins em barrassée d’influences diverses.\n     M. M ichel — encore un concitoyen — a barbouillé absolum ent\n en pure p erte une toile d ’un nombre respectable de m ètres carrés.\n C’en est la principale curiosité. Le catalogue porte : « H onneur\n et fidélité au drapeau, sous l ’égide de la religion et de la paix\n sociale ». Quelles ronflantes banalités sous prétexte de patriotism e !\n Il est vrai que la source des inspirations de M. Michel est un vers de\n M. Eddy Levis. Il n ’y manque vraim ent qu’un orchestrion jo u a n t\n des brabançonnes!\n               »\n     A u trem ent in téressant est le tableau de M. L uyten : Struggle\nf o r l ife , d’une facture em portée p eut-être, mais d’une vie intense,\n d’une exaspération poignante et comm unicative.\n     Depuis des tem ps im m ém oriaux il est convenu de représenter les\n quatre cavaliers de l'Apocalypse de la même façon. M. C luysenaer\n n ’a. point voulu déroger à la règle et sa grisaille est une œ uvre abso­\n lum ent im personnelle. La grande frise de M. Craco, « L es S o irs, »\n reléguée dans une des salles de l ’étage, déconcerte à prem ière vue;\n elle n ’est cependant pas dépourvue de qualités quoique d’une inco­\n hérence voulue et d’une ordonnance intentionnellem ent négligée.\n     Les plus réelles attractio n s du Salon sont dans les envois de plus\n m odestes dimensions. Le triptyque de M. Léon F rédéric « L a Sainte\n T r in ité » est sans conteste une des conceptions les plus captivantes\n qu’il nous ait été donné de voir. E n même tem ps qu’une puissante\n originalité un sentim ent de profonde poésie se dégage du tableau.\n Le volet de droite où là Vierge tressaille à l ’idée de sa future ma­\n tern ité semble avoir été traité avec une passion particulière et\n l ’artiste y a mis toute sa sensibilité, sa tendresse ardente et souf­\n  fran te; le volet de gauche représentant le grandiose symbole de la\n création des mondes par Dieu le père est à notre sens moins réussi bien\n  que la conception en soit d’une indéniable personnalité; le panneau\n cen tral est la partie dont l’inspiration est la plus brillante et l’or­\n  donnance la plus heureuse : la douleur résignée saignant sur la face\n  du C hrist, les deux anges aux yeux p leu ran t des larm es de douce\n  innocence et de pitié, l ’arrière-p lan d’une sereine et troublante\n  poésie.\n"}, {"page_pdf": 367, "texte": "3 16                             L E R É V E IL\n\n\n\n\n    M. A. Baertsoen est un artiste d ’un tem péram ent opposé; il est\nplus robuste et moins délicat. Un autre genre de vie anime ses toiles :\nE n ville fla m a n d e, toile mélancolique et d’un effet saisissant, Vue\nde M a ria k erke-sur-m er, d’une vibrante et rem arquable lum ière,\npuis quelques études brossées d ’une façon fort intéressante.\n    Non loin des tableaux de M. B aertsoen une composition a ttire p a r\nsa m erveilleuse conjonction de trois sources de lum ière différente;\nc’est le Sacrifice signé H. de R ichem ont. M. C. Doudelet dont nous\navons déjà ailleurs apprécié le talen t ne s ’est pas surpassé cette fois;\nl ’artiste peut aisém ent prendre sa revanche. De M. H orenbant —\nun au tre concitoyen — nous avons rem arqué une toile d’un beau et\nn atu rel m ouvem ent les L avandières, d’une tonalité p eu t-être trop\nuniform e; de bonnes choses encore de MM. W illa e rt, de W e tte ,\nB ek aert, B illiet e t d u R y.\n    M. E . Claus dont les envois sont toujours rem arquables\nexpose cette fois plusieurs toiles inondées de lum ière éclatan te;\n M. T. V erstraete une Veillée de M ort en C am fine d ’un effet\nsaisissant. Un jeune M. E. L arock attire l ’atten tio n p ar son I d io t ,\n d’une belle originalité; MM. V ander Ouderaa et AV. Geets par leurs\n chrom olithographies; dans l 'A nnonciation de Pearce il y a une belle\n fraîcheur d’inspiration, dans la P erversité de R ichir beaucoup de\n qualités, dans le M arché de n u it an M aroc de Clarke une spirituelle\n originalité. Signalons encore les bons envois de MM. A. Sain et\n Lefèbvre, un peu trop élèves de Carolus-D uran toutefois, de\n Gronvold, L e P a in Q uotidien d’un sentim ent très vif et d ’une\n facture spontanée, les Roll ne valent guère ceux des précédentes\n expositions, de même que les C arolus-D uran; à rem arquer encore\n une œ uvre d’impression intense « M a tern ité » de Léon C arrière,\n des toiles de M arcette, de Mr e t Mme W y tsm an , Mensonge de M. II.\n M artin, une B ienheureuse de C ourtois, Y H élène de M. F an tin -\n L atour, D agnan-B ouveret avec ses petits p o rtra its d’une délicatesse\n extrêm e, Raffaëlli avecses spirituels dessins, l’envoi de M. de St C yr,\n les curieuses petites toiles d’un a rt très m arqué de M. Degouves de\n Nuncques et un Cimetière de F . Nys.\n    Les portraits sont nom breux au Salon de cette année. A côté de\n fort médiocres quelques uns sont à n o ter : de Bonnat E r n e s t R e n a n ,\nd e de Lalaing V. Tesch, de De Kesel le docteur B urggraeve, de\n"}, {"page_pdf": 368, "texte": "                                L E R É V E IL                             317\n\n\n\nL. Comerre une femme dont la robe semble avoir été peinte avec\nune ferveur toute particulière!\n    Les peintres anim aliers sont représentés au Salon par MM. V er ­\nwée, Stobbaerts, Crabeels, les natures m ortes p ar Bellis qui manque\nsouvent de natu rel, les fleurs par une pléiade de dames peintres\ndont nous tairons les noms pour ne pas susciter ces terribles\njalousies féminines.\n    Les aquarellistes on t cette année d ’excellents envois, signés\nU y ttersch au t, Heins, Staquet, Hogemans, Vindevogel et B oulvin;\nq uant à la sculpture une belle place lui a été réservée, beaucoup\nd’œ uvres de valeurs diverses, les unes rem arquables, les autres\nnégligeables. Nous détachons parm i les sculptures semées cà et là :\nles M eunier, de Rodin le buste de P u v is de Chavannes, un des\nenvois les plus artistiques du Salon, l 'Abondance de De R udder,\nl 'A na n kè de Le R oy, le Supplicié de de Haen, M a rtyre de Mast.\n    Nous croyons a v o ir signalé les œ uvres les plus m éritoires du Salon.\nLe form at ex ig u de notre revue nous a obligé à énum érer sim plem ent\nles œuvres qui nous ont paru les plus artistiques; à borner nos\nappréciations, dom pter notre enthousiasm e pour certaines toiles e t\nre strein d re les critiques que de nom breux bariolages au raien t pu\nexciter.\n                                                  JO S E P H D e SG EN ê TS.\n"}, {"page_pdf": 369, "texte": "3 18                           LE RÉVEIL\n\n\n\n\n                    C H R O N IQ U E T H É Â T R A L E .\n\n\n\n\n                           Théâtre Minard.\n\n\n            eCtte année encore nous avons notre troupe de Comédie\n              française et nous devons en rem ercier les directeurs MM.\n              Fontenelle et Rich et et en même temps leur souhaiter tout\nle succès que leurs tentatives et leurs efforts m éritent.\n   Les prem ières représentations ont été très favorables aux acteurs\ndont la m ajorité est très bonne et perm et au directeur d’aborder des\nœ uvres de valeur. Nous sommes convaincus que MM. F ontenelle et\nR icliet tien d ro n t toutes leurs promesses : les débuts ont été du reste\nplus qu’honorables: MM. Fontenelle, R ichet, Labranche, M onthérel,\nR ey, Mmes Carling, N autier, G arcia, sont des acteurs d’un m érite\ntrès réel, m érite qu’ils o n t prouvé dans D ora , M a rtyre , M a Ca­\nm a ra d e, On ne badine pas avec l'honneur de G in isty , œ uvre fort\nbien d ’aplomb, représentée il n ’y a pas longtemps au Théâtre libre\net l 'E tin celle de Pailleron ; de plus les directeurs nous p ro m etten t\nLe B a ise r de Banville, Le P rince d 'A u re c , la récente pièce de H.\nL avedan, et le L ion A m o u reu x de P onsard.\n   Nous voudrions pouvoir nous étendre quelque peu sur ces prem ières\nreprésentations mais la place restrein te qui cette fois nous est dé­\nvolue nous en empêche.\n   N otre revue tien t à féliciter cordialem ent les directeurs qui osent\naffronter dans notre routinière ville une telle tentative.\n\n                                                              J. D.\n"}, {"page_pdf": 370, "texte": "                                             L E R É V E IL                                    3 19\n\n\n\n\n                                  TABLETTES\n\n           A tra v e r s l e s R e v u e s           noir;des proses de P.-M . Olin et Edm ond\n                                                     Rassenfosse.\n    Au Sommaire de L a J eu n e B elgique               Dans L e M ercu re de F r a n c e , d’in té­\nde Septem bre nous relevons: F . Séverin,            ressants extraits du Salut par les J u ifs ,\nPointes; E m. Verhaeren, Vers; Iwan Gil­             le prochain livre de Léon Bloy; Ballades\nkin. Petites études de Poétique française.           de Laurent Tailhade, des vers encore de\n    Un m onsieur dont nous connaissons               A . F . H érold, Tristan K lingsor, C. M a-1\nl ’enseigne, mais quenousnous abstenons              ryx, P. Q uillard; et de désopilants\nde nom m er, e B t parvenu à insinuer en             Mimes signés Quasi.\n les colonnes de La Flandre Libérale un\n                                                        Les E ssais de J eu n es , en leurs Echos\nfielleu x articulet visant la chronique              littéraires, consacrent quelques lignes\nd’A lbert Giraud B u r L a Débâcle, chro­            au R é v e il . N ous som m es heureux de\nnique parue en ce num éro. Le procédé                les voir se rallier à nous en notre cam­\n qu il em ploie, — citation de phrases               pagne pour l ’exterm ination des « Sales\ntronquées, n’est rien m oins que propre,             pâtisseries » qui ne font rien m oins que\net nous lui conseillons fort de ne plus              de l ’A rt et de la Littérature. En ce n°,\nrisquer de ces p etites incursions sur un            suite et fin de la charge à fond de R ené\nterrain qui lui est com plètem ent étran­            Ghil contre Le Dogme Universitaire, et\nger. A u reste, nous sommes persuadés                des vers, touB à citer, d’Em m anuel D el­\nque c’est par inadvertance que L a                   bousquet, E ug . Thebault, Paul Darthez,\nFlandre — actuellem ent assez sym pa­                R ené Cardailhac, Raim ond Darsiles.\nthique aux jeunes, e t fort peu coutum ière\n de ces ....façon s d’agir, — s’est prêtée à             En I’A r t S ocial nous remarquons\nde telles m anœuvres.                                A ve libertas, vers signés Gabriel de la\n                                                     Salle, et une prose de Jules Souchet, Le\n    A rapprocher d e la chronique. d’Albert          vote imprévu.                                   '\nGiraud, la lettre du capitaine Tanera, —\négalem ent au sujet du dernier roman de                 E n R ouen -A r t is t e , Rimes pour Marat\nZola, — publiée par L e Figaro et repro­             par L. de St V aléry une chronique sur\nduite par divers quotidiens, parmi le s­             L a Débâcle, et des extraits du Scapin\nquels, précisém ent, L a Flandre Libérale.            Commissaire, de Catulle Blée.\n    E t à propos du Figaro, nous n ’avons ,             E n L a S yrinx des vers de M aurice\njusqu’ici, cité qu’accidentellem ent les             Bouchor, Marius André et Joachim Gas­\narticles de M. François de N ion sur le              quet.\nm ouvem ent littéraire en B elgique, qui                L e S y l p h e nous arrive, comme tou­\ny ont paru il y a quelque temps déjà, —              jours, avec des vers tout plein , dont\narticles qui, com me dit Floréal, nous ont           d’aucuns, certes, ont leur valeur.\nrévélé m aint détail im prévu sur la litté ­            L e Ch at -H u a n t , un confrère en la\nrature belge, — mais pour lesquels,                  plus grande Abom ination du Mufle\nnéanm oins, nous adressons tous n o s re­            « distillateur de fuchsine et de cam­\nm ercîm ents à M. de N ion.                            èche, » com me dit V alm y Baysse, dé­\n    L a R e v u s B l a n c h e en Bon fascicule      pb\n                                                       u te par une Ballade en l ’honneur de celle\ndouble Août-Septem bre, donne des notes              d ’Arcachon; vien nent ensuite Lu chanson,\nsur Léon Cladel, et par Charles Sluyts,              croquiB en prose de Valm y BaysBe,\nun article A propos du Salon de Gand; des            un sonnet d ’Arm and Masson et une\nvers de H enri D eloncle et Em . V er­               chanson de V incent Hyspa du « Chat\nhaeren.                                              Noir; » et pour clore, d'assez bons vers,\n    F loréal rattrape le temps perdu et              Ballade des tristesses finales, par André\npublie des livraisons doubles. Celle de              Girodie.\nJu illet-A oû t nous est parvenue récem ­               La revue C h im è r e , du bon poète Paul\nm ent. N ous y lisons de splendides vers             R edonnel, nous laisse encore attendre\nde Francis Vielé-Griflin, L 'A m our et la           Bes nos d’A oût et de Septem bre.\nM ort; d'autres d’Em . Verhaeren, L 'a u ­              N otre confrère A nversois L e M é­\ntom n e et de Paul Gérardy, La Dame en               p h is t o , dans son n° du 17 Septembre\n"}, {"page_pdf": 371, "texte": "320                                           L E R ÉVEIL\n\n\n\ndernier, consacre au R éveil un arliculet               cune im p o rta n c e ,e t q u ’e lle s p e r d r o n t\ndes plus sym pathiques, dont nous le                    le u r tem p s e t le u r b ile à r a m p e r d\nrem ercions très sincèrem ent.                          nos p ie d s .... E t nous m èn eron s n otre\n  L a R evue M oderne donne, sur B ois                  œ u v re à bien, d u sse n t les j a l o u x s e\nton S a n g , des notes très intéressantes de           d re s se r s u r le u rs erg o ts e t en p â l i r\nRobert Bernier. Citons encore deux                      d e ra g e.\nproses de Joanny Bonichon et Ch. Bour­                     C’est à faire rêver une limande ! — E t\nget, et des vers signés A. de Alartonne,                plus lo in , page 18, nous lisons :\nÉ . Sauty, L uigi SpèB\n   L ’avant-dernier fascicule de L a L ibre\n                                                              P o u r ê tr e in s é r é , i l f a u t ê tre\nCritique biographie et portraicture le                                        abonné,\n                                                        ce qui, — à défaut d’être français,. —\npeintre Louis M aeterlinck . Oh ! Oh ! Oh !\n   L e Sillon d’août nous parle de Leconte              n'est rien m oins qu’honnête.\n                                                           Conclusion, comme nous l'avions dit :\nde L isle; outre cela un sonnet d ’Aug.\nCheylack et des C antilenes de J. Bonnet.               S a l e b o u t iq u e !              C. Q. F . D.\nEn le n° suivant, à peu près les mêmes                     P . S . Le dernier n° du B luet, porte à\nnom s : E . Bouhaye, A . Cheylack, J.                   un fra n c le prix des cartes de collabora­\nB onnet, P . Gabillard.                                 teur.\n   Dans L ’E rmitage , des vers inédits de\nRimbaud; de Laurent Tailhade des B a l­                    N otre Oncle E liacin, lui, se montre\nlades qui sont de vrais joyaux, «harm o­                avare et de ses précieuses paroles, et des\nnies et suavités, en dit avec raison Saint              exem plaires de l ’intéressante publica­\nA n toin e, contradictoirem ent hurlantes               tion qu’il dirige.\navec celles du M ercure , sifflements et                   Pourtant, nous lui faisons assez de\nsputations ». Des vers encore de P . V a­               réclam e!...\nléry, A d. R etté ; et d e s Etudes sur H enry\nde Groux, V illiers de l’Isle-Adam et le                                     N o tu le s\nthéâtre d’H enri Mazel.                                    N otre collaborateur Hubert Stiernet\n   En L a R e v u e G é n é r a l e , une esquisse      achève en ce m om ent un volum e : Scé­\nde mœurs, S. M. l ’É d iteu r, signée A. Sa­            lératesse paternelle, qui paraîtra sous peu.\nm oso, et des vers faibles, faibles !\n   A lire dans L e M agasin L ittéraire                    Pour paraître incessam m ent, un v o ­\ndes N otes d 'A r t sur le Salon de Gand,par\nM. A. Dutry, et une intéressante étude                  lum e de prose : From Home, d’Auguste\n                                                        V ierset. P rix : 2 f r a n c e.\nde Firm in Van den Bosch sur Edouard                       On souscrit chez l’auteur, il Saint\nDrum ont.                                               Hubert (Luxem bourg), et aux bureaux\n   L e M ouvement L ittéraire nous est                  du R é v e il .\narrivé avec beaucoup de D onnay,peu ou\npoint de N y s t, et pas du tout de Fernand               E rratum : en le Lied de Georges Mar­\nRoussel, qui semble vouloir se retran­                  low , (n° 9 du R é v e i l , page 279,) au der­\ncher du m onde littéraire.                              nier vers, au lieu de : Qui songent du\n   Nous ne pouvons que citer, faute de                  pays, prière de lire : Qui songent an pays.\nplace, L e Coin du Feu, L a F ra n c e Mo­                N o s excuses à M. M arlow.\nd e rn e et L a R evue U n iv e rsita ire , qui,\nau reste, ne paraît pas pendant les va­\ncances.                                                   Le 27 A oût dernier, sous ce titre :\n   Outre Chim ère, ne nous sont pas par­                B ro utilles d ’A r t , une revue b im e n ­\nvenus régulièrem ent, les derniers de L a               suelle a vu le jour en notre v ille. (Ré­\nC loche et L a R evue In d é p en d an te.              daction et A dm inistration : Rue du\n   Par contre n o u s recevons L’O rches ­              Jam bon, 11, Gand).\nt r e , revue théâtrale et m ondaine, h eb ­\ndomadaire. (Adm inistration : R u e Zirk,                  A paru à Berlin et à V ienne : B la et -\n35, Anvers. — Abonnem ent, 3 francs                     te r FUR d ie K unst , périodique de litté ­\npar an).                                                rature et d’art. Rédacteurs : MM. Stefan\n          E x tra its du « BLU ET »                     George (l’auteur de P ilgerfahrten,) et\n                                                        Karl August\n            (N ° de S ep tem bre i 892) .\n\n   P a g e 1. M a lg ré l ’a v a n c e m e n t d e ht     Nous avons à enrégistrer, ce m ois, la\n.saison, il y a encore des v ip è re s q u i            m ort d ’E rnest Renan, du poète anglais\nb a v e n t d a n s l'om bre. N ou s les p r é ­        Tennyson, et d’A. G. A urier.\nven on s que nous n ’y a tta c h e ro n s a u ­                                            Ch a n t e c l e r .\n"}, {"page_pdf": 372, "texte": "               Bureaux de vente du R É V E I L\n\n  G and.             — A d . H o s te , ru e des C h a m p s ,     49.\n                        L ibrairie U niverselle, rue Courte du J o u r.\n                        Mme Otte, rue de F landre.\n                        L ib ra ir ie '— R ue du P aradis.\n  B r u x e l l e s . — J é rô me-D oliger, G alerie de la R eine, 32.\n                        Office de Publicité, rue de la M adeleine, 76.\n  L ié g e .          — G nu.#, rue du P ont d’île.\n                        D ’H eur, rue du P ont d’île.\n  P a ris .           — C ham uel, rue de Trévise.\n\n\n\n\n           PUBLICATIONS RECOMMANDÉES ;\nL ’A r t S o c i a l . — m — Im passe du B éarn, 5, P aris.\nL e C h a t - H u a n t . — h — R ue V ieille T o u r, 21, B ordeaux.\nC h i m è r e . — m — Cours G am betta, 52, M ontpellier.\nL a C l o c h e . — b . m — R ue St. Placide, 39, P aris.\nL e C o i n d u F e u . — m — R ué N euve, 25, V erviers.\nE c r i t s p o u r l ’A r t . — P a ra ît 3 fois p ar an. — R ue L au risto n 16bis,\n       P aris.\nL ’E r m i t a g e . — m — R ue de V arennes, 26, P aris.\nE s s a i s d e J e u n e s — m — R ue de la Concorde, 2, Toulouse.\nF l o r é a l . — m — R ue S t. R ém y, 22, Liège.\nL a F r a n c e M o d e r n e . — b.m — F aubourg du N ord, 15, M arseille.\nL a J e u n e B e l g i q u e . — m —- R ue P otagère, 64, B ruxelles.\nL a L i b r e C r i t i q u e . — h — R ue S ouveraine, 37, B ruxelles.\nL e M a g a s i n L i t t é r a i r e . — m — R ue H au t-P o rt, 52, Gand.\nL e M é p h i s t o . — h — R ue du L om bard, 28, A nvers;\nL e M e r c u r e d e F r a n c e . — m — R ue de l’É chaudé-S '-G erm ain,\n        15, P aris.\nL e M ouvem ent L it t é r a ir e . —           b .m —   R u e M a r ie T h é r è s e , 73,\n    B ru xelles.\n                                     ( R ue des M artyrs, 19, P a ris.\nL a R evue B lanche             —      sm   —\n                                                         1'\n                                     ( R ue de O uest, 74, L iége.\nL a R e v u e G é n é r a l e . — m — R ue T reu ren b erg , 16, B ruxelles.\nL a R e v u e I n d é p e n d a n t e . — m — R u e des P y r a m i d e s , 12, P a r i s .\nL a R e v u e M o d e r n e . — b.m — R u e O rdener, 96, P aris.\nL a R e v u e U n i v e r s i t a i r e . — m — R u e Coeni'aets, 54, S1 G illes.\nR o u e n - A r t i s t e . — R u e G rand-P ont, 4, R ouen.\nL e S i l l o n . — m — R ue de Chabrol, 3 1 , P aris.\nL e S y lp h e .         — m — R ue de la        G are, 2, V o i r o n (Isère)\nL a S y r i n x . — M . — R ue L acépède 27, Aix (Provence).\nL a W a l l o n i e . — m — R ue St. A dalbert, Liège\n\n                                    M       — M ensuel.\n                                  b .m      == Bi-M ensuel.\n                                    h       — H ebdom adaire.\n"}, {"page_pdf": 373, "texte": "    LA JEUNE BELGIQUE\n                                               R e v u e M e n s u e lle\n\n\n                   Directeur : I w a n              G ilk in\n\n              R u e P o t a g è r e , 64, B R U X E L L E S .\n\n\n\n\n    FLORÉAL\n                                               R e v u e M e n s u e lle\n\n\n                Directeur : P a u l G é r a r d y\n              Rue        St.   Rémy,         22,     LIÉGE.\n\n\n\n\n LE MOUVEM ENT LITTÉRAIRE\n                                                   R e v u e b i-m e n s u e lle\n\n     Fondateurs : L é o n          D o n n ay, R aymond             N yst,\n                         F ern and R oussel\n\n          R u e M a rie -T h érèse,        73 , B R U X E L L E S .\n\n\n\n\n    LA WALLONIE\n                                              R e v u e M e n s u e lle\n\n\nDirecteurs : H .    de    R é g n ie r ,    P. M.       O l in ,   A.   M ockel.\n\n                   R u e St. A d a l b e r t , L I È G E .\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 10, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1892-10", "signet_source": "Deuxième année - N°10 - Octobre 1892", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 338 (« Deuxième Année. N° 10. OCTOBRE 1892 »).", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}