{"numero_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "articles": [{"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-001", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Deuxième Année — N° 11 et 12 Novembre - Décembre 1892", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 374, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 1273, "texte": "Deuxième Année — N° 11 et 12                                         Novembre - Décembre 1892\n\n\n\n\n     LE\n\n        RÉVEIL\nRevue mensuelle de Littérature & d'Art\n\n             P U B L IÉ E S O U S L E S A U S P IC E S DU C ERC LE L IT T É R A IR E FRANÇAIS\n\n                                                         ---\n\n\n\n                              Ont collaboré à ce numéro :\n              L u d o v ic A g -Y o -Bé , P i e r r e D é v o l u y , M a r c e l F l e u r y ,\n\n   F r é d é r ic F r ic h e , P au l G ér a r d y , E dm ond G l e s e n e r , T rist a n K l in g s o r ,\n\n     C a m il l e L e m o n n ie r , A nt o n io M a r q u e s, G éo M a u v è r e , J ean N o v is .\n\n          L é o n P a s c h a l , E dm ond R a s s e n f o s s e , R o d r ig u e S é r a s q u ie r ,\n\n                         G eorges T ouchard, Au g u ste V ie r se t .\n\n\n                                Voir le Sommaire an verso.\n\n\nAbonnement : Belgique, un an 5 francs. (Pour l’étranger, le port en sus).\n\n                          C e n u m éro d o u b le               : 1 fr a n c .\n\n\n\n\n    Rédaction : Marché aux Grains, 7, GAND.\n                                      TOUS DROITS RÉSER V ÉS.\n\n\n\n                  G and, imp. à vapeur F . 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L es Supercheries du Théâtre.\nP aul Gérardy              . . . .          Chansons d’A utom ne.\n            \"              . . . .          E t ils le chassèrent de leur ville.\nG e o r g e s T o u c h a r d . . . L 'A m a n t des Poses.\nJ e a n N o v i s ...................... L e L iv re du Tabernacle Spirituel ,   de\n                                              R uusbroeck l'A dm irable (fragm ent).\nP ie r r e D é v o l u y . .          '. . B allade.\nA n t o n io M a r q u e s       .     . . N u it de Poète.\n            \"                    . . .     L a dernière Page.\nJ e a n Novis...................... Vers.\nL éo n P aschal            . . . .         Barbel.\nR o d r ig u e S é r a s q u i e r     . . Vœu.\nA u g u st e V ie r s e t . .          . . L a chanson de la mer.\nE dmond R a ssen fo sse                . . de “ Di t un P a g e \".\nT r is t a n K l in g s o r        . . . Thrène à la Châtelaine.\nG eo rges T o u c h a r d .          . . D a n s le. Vague.\nG Éo M a u v è r e .................. G alam m ent.\nE d m o n d Gl e s e n e r         . . . F leu rs Moroses.\nL itdo vio A g -Y o -B é           . . . Crucifîm ent.\nMarcel F leu ry . . . .                     C lair de lune.\n                                                      C HRON IQ UE L IT T É R A IR E .\nJ ean N ovis ......................................M aurice Dësombiaux : Les Amants de\n                                                  Taillem arh.\nR odrigue Sé r a sq u ier . . . . R ené Ghil : Le vœu de vivre.\nG eorges T ouchard ..................... Hen ry K istem aeckers : Mon Amant!\nF rédéric F r i c h e ..................... E mmanuel D eluousquet ; En tes landes.\n                      ......................E m ile L ecomtk : Papillons et papillotes.\n                                  C HR O N IQ UE A R T IS T IQ U E :\n\n        Josse D’A ille u r s . — De Liège. L'Exposition du Cercle des\n                         Beaux-Arts. Mr X avier Francotte.\n                                   Conférence du Sàr Péladan.\n                  R od. Sq u ier . —\n\n                                  CHR ON IQ UE T H É A T R A L E :\n\n       Au Chat Noir. — Au grand Théâtre. — Au théâtre Minard.\n                                    Tablettes\n                        Table des M atières. — E r r a ta .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-003", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 321, "page_fin": 327, "titre_corps": "Les supercheries du théâtre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Camille Lemonnier", "ancre_debut": "Les Supercheries du Théâtre a dame Jane F leuret", "ancre_fin": "Ca m il l e L e m o n n ie r .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "C hansons d’A u to m n e", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 376, "page_imprimee": 321, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 1866, "texte": "Les Supercheries du Théâtre\n             a dame Jane F leuret! vint annoncer le valet de chambre.\n             M\n                 — Oh! faites entrer, répondit A ntonin de R oy, sa n s,\n              dissim uler un étonnem ent joyeux.\n    C’était, le lendem ain, la répétition générale de ce drame de\npassion sauvage et forte qui, autour de ses rudes protagonistes,\ntraîn a n t en scène une senteur de rural terreau , allait, pendant\nquinze jo u rs, am euter, pour de si im prévues licences de langue et\nd ’éthique, les paniques harauts de la critique. Depuis un mois,\nl’écrivain, dans la poudreuse ténèbre des coulisses, revivait les\nincertitudes et les émotions de son œ uvre, la voyant lentem ent se\ndébrouiller, aux indigentes clartés d ’un bec de gaz allumé par\ndessus les gesticulations en habit de ville de ses interprètes, et\nprendre corps, avec ses fureurs et ses cris, dans l’illusion, chaque\njo u r enforcie, de ces hommes aux joues rases et de ces femmes aux\nlas visages enfarinés d’un pied de blanc qui, — à mesure pris aux\nentrailles par la puissance de l ’éthopée après une nonchalante et\nmolle initiation, — enfin lui transposaient en de tangibles réali­\nsations son rêve d ’une vierge hum anité des ham eaux et des bois.\n    Au giron de la forêt, dans les vernales ferm entations de la terre,\n un couple, à l ’unisson des bêtes fouaillées p ar l’universel ru t, clam ait\n sa peine et sa volupté. Le dram e, presque sans complications\n scéniques, associait aux impétueux hym ens de l’anim alité lâchée\n par la feuillée, la charnalité farouche et tendre de ces deux êtres\n adamiques. C’étaient, — symboliques quasi de la loi prim ordiale\n qui combine les sexes pour les éternelles palingenésies — le Mâle\n et la Femelle en présence, — l’un com plotant le ra p t et l’assouvis­\n sem ent avec la férocité d’un chasseur traquant une proie, — l’autre\n"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 322, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2482, "texte": " 322                           LE RÉVEIL\n\n\n\n\n insidieuse et fatale, arm ée, pour déjouer ses poursuites, de toutes\n les ruses qui font la femme triom phante, même quand elle s’aban­\n donne. E t une péripétie surtout, au bout de laquelle la rauque\n clam eur du vainqueur sonnait le désir délivré et la proie chaude\n em portée au fond des halliers, si virulem m ent fanfarait avec ses\n rouges éréthism es, que, même sur ce théâtre soustrait aux effrois\n de la censure, la pièce en sem blait irrém issiblem ent compromise.\n    A ntonin de Roy se rendait compte du p é ril; il était à peu près\n certain que les fleurs poivrées dont s’im prégnait l ’atm osphère de\n son concept dram atique indisposeraient l’hypocrisie décente des\n foules, accoutum ées à de fades et nauséeux fum ets. Mais, retran ch é\n derrière un idéal d ’a rt viril, en dédain des frauduleuses et souriantes\n pornographies consenties à la scène, il acceptait d’être assimilé,\n dans des feuilletons gorgés d ’outrages, à un vidangeur m anipulant\n une hum anité excrém entielle. A la vérité, il com ptait un peu sur\n Arm and Ducroc, le mime ém ouvant e t le persuasif diseur, qui,\n avec une pénétration profonde, avait assumé le héros, — et plus\n encore sur cette belle Jane F leuret, ju sq u ’alors dévolue à d’incer­\ntains rôles de dem i-caractère et qui, en cette création nouvelle,\ntout-à-coup, se révélait grande tragédienne.\n    Justem ent elle en trait, les paupières rem uées, toute pâle et\n brusque, un pli nerveux aux lèvres, lui tendant, comme au hasard,\n sans le regarder, sa main avec laquelle ensuite elle se tam ponnait\n la bouche de son mouchoir. Et il dem eurait un instant à l ’observer,\npris d’une peur imprécise, s’im aginant qu’elle renonçait à là bataille\ne t qu’elle venait pour le lui dire.\n    — Mon Dieu! ma belle, qu’avez-vous?... Tenez, là, dans ce\n fauteuil... Mais dites-moi donc, parlez.\n    Alors, en des mots brefs, rapides, qu’elle lui jetait à la pointe des\n dents, ses pieds trépignant sur le tapis et son m anchon décrivant\n des paraboles :\n    — Laissez d onc... Il s’agit bien de cela... Ah! vous ne savez\np as... E h bien? là ... Ce rôle, ah! ce rô le ... Mais comprenez donc,\nje voudrais et je ne peux p a s... C’est au-dessus de m oi... Voyez-\n vous, il reste là !... Ça ne sort p a s!... Je crie, je me dém ène,\nje sens que c’est à peu près çà... Mais le cri, le cri vrai, le cri\noù l’on vom it son âm e, eh bien! non! je ne le trouve pas. Ah!\ntenez, je ne suis qu’une bête !\n"}, {"page_pdf": 378, "page_imprimee": 323, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2501, "texte": "                                L E R É V E IL                           323\n\n\n   Antonin. à présent rassuré, la prenait par les poignets en\nsouriant, avec des paroles câlines — (Allons, voyons, voyons, vous\nallez! vous allez!) — la poussait dans un fauteuil où, les yeux\nlointains et fixes en leurs bistreuses cernures, — et des yeux\nhumides de larm es qui ne coulaient pas, — elle restait à se tour­\nm enter en haussant les épaules et balançant sa petite tête colère\nsous sa toque de fourrure.\n   — Vous êtes trop difficile aussi, re p rit-il, planté devant elle et\nla considérant avec un sincère apitoiem ent. Il ne vous suffit donc\npas d’avoir prêté la vie à mon rêve? Mais que diable voulez-vous\ndonc de plus?\n   — Ce que je voudrais? (et elle se je ta it hors du fauteuil, se\ndressait avec tout son désespoir de ne pouvoir aboutir à l ’in carn a­\ntion absolue, et de nouveau, ses pâles m ains de soie b a tta n t l’air\ncomme en un naufrage de sa volonté, elle lui hachait menu ses\npetites phrases exaspérées). — Ce que je voudrais? Mais so rtir de\nma p e a u ,... oublier la comédienne et le théâtre et to u t... n ’être plus\nque de l’am our, l’am our à cœ ur perdu, dans les bois! E t la bête,\noui, la bête, une fille à hom m es!... E t enfin que ça me sorte,\nl’am our, de p a rto u t!... Est-ce que je sais, moi? Mais tenez, j ’ai\nbeau faire, c’est toujours la comédienne, avec la voix, les attitu d es ,\nles yeux — to u t ce qu’on a appris. E t puis... et p u is... y a des fois\nque je me demande : E st-ce que je le comprends bien, après tout,\nce rôle !... Ah ! vous ne savez pas combien je suis grue !\n   — Ah! cette folle petite tête de grande artiste! fit Antonin en\nlui touchant le front du bout du doigt. V raim ent, ma chère F leuret,\nvous m ’étonnez, c’est après m ’avoir donné à moi, l’auteur, la\nsensation d ’une si intense restitution de mon personnage qu’il ne\nm ’eût pas été possible de le concevoir autrem ent, c’est alors que\nvous venez me chanter cette antienne? Mais ma pauvre amie,\ncroyez b ien ...\n   — Ta ta ta ! Je sais tout ce que vous allez me d ire ... Mais ça\nm ’est bien égal. E t justem ent, c’est ce que je voudrais ne pas ê tre ...\nune grande artiste, comme vous d ites... Je voudrais cela simple et\nrude, tout en élans, en cris .. E t pas de gestes pour le public...\nMais vous ne savez donc pas vous-même combien c’est beau, votre\ntype? J ’en ai les sangs remués, moi! Oh! quand elle lui di t :\na C’est donc que t ’as soif de ma peau? » Hé! mon cher, je ne sais\n"}, {"page_pdf": 379, "page_imprimee": 324, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2173, "texte": "324                            LE RÉVEIL\n\n\n\n\n pas, moi, mais il faudrait trouver une voix pour cela... une voix qui\n dise : « Mais j ’en ai soif aussi de la tienne! » E t je ne l’ai pas, moi,\n cette voix !\n    — A h! p ar exem ple!\n    — Non, je vous dis, je sens bien que je ne l ’ai p as...\n    « C’est donc que t ’as soif rie ma p ea u !...\n    » Trop en dedans...\n    » C’est donc — (et elle y m ettait cette fois une ironie joyeuse .et\ntriom phante), — c ’est donc que t ’as soif de ma peau !\n    » Mais non, mais non, triplé bourrique ! c’est canaille et\nbarrière, ça !\n    » C’est donc — d’une voix presque en sourdine et chuchotteuse)\nque t ’as soif de ma peau !\n    » ... Tiens, ça va m ieux... Oui, mais un peu dans les cordes\nbasses. »\n    E t elle se m ettait à répéter cette phrase v ingt fois de suite, en\nv arian t les intonations, insinuante et féline, persiflante et funeste,\ns’offrant et se reprenant dans ces mots dont elle lé cajolait et qu’elle\nlui plantait sous la moustache à tra v e rs une haleine de passion, ses\ngencives à nu dans le rire à pleines dents de sa bouche anim ale. E t\ntout de suite après, le rire s ’effacait, la bouche se pinçait; avec un\nfroncem ent de sourcil elle se rabrouait d’un :\n    — « P a s encore ç a ... n\n    A la fin, elle allait s’abattre sur le divan, parm i les piles de livres\net les amas de jo u rn au x , et la tête en tre les poings, comme dans\nl ’accès d’une douleur physique, elle se lam entait, se plaignait\nelle-m êm e :\n    — \" A h! ma pauvre v ieille... ma pauvre vieille! \"\n    E nsuite, elle sem blait faire un effort, et avec un pauvre sourire\nnavré, se to u rn an t vers de Roy qui, les bras croisés, penché vers\nsa peine, ne tro uvait plus un mot pour la calm er, elle lui tendait les\nmains en lui disant :\n    — Pardonnez-m oi, mon am i... Vous voyez bien que je fais ce\nque je peu x ... Ce n ’est pas ma faute si je ne vous comprends pas\nm ieux... Non, voyez vous, je n ’étais pas la femme de ce rô le...\nMoi, je suis trop calme pour ça, j ’ai des goûts de poussinière, je vis\ndans mon coin avec mon vieil am our pour mon cher F le u re t...\nIl vous eût fallu une fille de ch a ir... là ... enfin!\n"}, {"page_pdf": 380, "page_imprimee": 325, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2452, "texte": "                                L E R É V E IL                           325\n\n\n    E t A ntonin de R oy, ses m usculeux doigts toujours pris dans cette\nfine poignée de main trépidante, revoyait — à l ’entendre ainsi\nparler — l’exem plaire ménage d’am our bourgeois de la belle fille,\naux ry th m es souples et déliés comme le fleuret de son nom , avec\nle p etit m aître à danser simiesque et falot, son invincible tendresse.\n    — F ran ch em ent, vous vous exagérez les difficultés, dit-il en lui\np re n an t à son tour la m ain et la serran t entre les siennes. Personne\n n ’au rait pu cam per ce rôle-là comme vous.\n    Elle secoua la tête, et un court silence s’interposa au bout\nduquel, tout à coup enjouée, elle lui fit signe de venir s’asseoir\nauprès d ’elle e t lui dit :\n    — Tenez, j ’ai une idée... M ettez-vous là, mon cher de Roy,\net contez-m oi votre pièce... Oui, comme si je ne la savais pas. Je\nvous écouterai et vous regarderai. Il me viendra peut-être des\nm ouvem ents.\n    Elle fit sau ter sa toque, se tassa dans les capitons, croisa ses\nmains su r ses genoux. E t A ntonin, ayant flambé une cigarette,\n le corps en av an t et les coudes aux cuisses, se laissait aller, d ’abord\n sans gestes et sur le ton d’un récit, à présen ter ses personnages,\nà dessiner leurs caractères, à résum er leur psychologie, — en\ninsistant su r les topographies, les m ilieux, les contingences, fatale­\nm ent délaissées p ar la transposition scénique\n    — Ces gens-là, vous savez, c’est des sauvages. Ça vit comme\ndes bêtes. Mon B rinquand, j ’étais tout p etit comme ça quand je l’ai\nconnu. Il venait à la maison, chez une grand’-ta n te où j ’allais\npasser mes vacances. Un gaillard h au t de cinq pieds, du poil aux\nm ains, avec la belle mine et la voix en coup de tonnerre. Plus tard\non m ’a m ontré la h u tte où il se te rra it : des écorces d’arbre plaquées\nsur des trav erses, avec un trou en h au t pour la fumée. Eh bien!\n figurez-vous...\n    P e tit à p etit, il s ’anim ait à serrer de près l ’action; il disait la\nrencontre du drille et de la riche paysanne, leurs rendez-vous dans\nles taillis, le printem ps neigeant ses aubépines sur ces folies de leur\n chair, et le bougre bram ant sous bois son am our forcené, la traquant\nju sq u ’en la ferm e, la disputant à un rival a pour le bon m otif », et\n tout le thèm e avec ses à-coups de scènes brusques, im prévues,\norageuses, qu’une dernière, après le lâchage de la belle, term inait\n"}, {"page_pdf": 381, "page_imprimee": 326, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2475, "texte": "326                            L E RÉ V E IL\n\n\n\n\npar du sang — le m eurtre de la douillarde ferm ière dans une fureur\nde possession suprêm e E t c’était dit en des raccourcis de phrases,\nen des chocs de vocables, avec un argot de peuple et un patois de\ncam pagne, qui m ettait en Jane F leuret l’illusion de la chose arrivée\net la soulevait du divan, la bouche frém issante, toute secouée d’une\nte rre u r quand à la fin, elle avait à disputer sa vie aux m eurtricides\nbaisers de son effrayant am ant.\n    M aintenant, il entrem êlait à son récit des textes entiers de\nscènes, saccageait sa pièce qu’il lui débitait en m orceaux. Et,\nquelquefois, l ’œil enflammé, son col mince tendu aux rauques\nhaleines de ce débit, elle se prenait à crier :\n    — O ui... très bien ! très bien ! C’est ça ... A llez-y!\n    Ensuite, comme il abordait la péripétie finale, elle se levait, lui\ndonnait la réplique et, tous deux, face à face, se m angeant les\nprunelles, avec un piétinem ent sur les tapis, se m ettaient à m im er\ncette m ort dans l ’am our, oubliant le réel pour revivre ensemble le\nmensonge tragique de cette littératu re.\n    — « T ’es donc venue? c’est toi? » disait-il.\n    — « Ben o u i,c ’est moi. J ’en ai assez,là. J ’ai une autre tendrese »\n    E t il lui saisissait, entre ses larges paumes, ses épaules délicates,\nles broyait sous ses doigts to rtu ra n ts, d’une goulée lui dévorait\nen sa nuque la rougeur des baisers du tem ps de l’am our.\n    — Ah ben ! ah ben ! clam ait-elle, j ’peux pas te quitter. J ’suis ton\nâme vendue. Est-ce qu’on pourrait faire a u t’chose que de s’bouquer?\n    Mais il avait son idée, le farouche et terrible paysan. Sa main\ncherchait à son dos sa hache de bûcheron; il la levait sur elle.\nE t c ’étaient des râles au trav ers desquels tous deux, dans les affres\nde la m ort qui brouillaient jusqu’à la conscience de ce qu’ils étaient\nl’un pour l’autre, roulaient en une étreinte éperdue.\n    — Non, non, à moi! hurlait-elle sous ses dents mangeuses de\nson souffle. E t il en arriv ait à la posséder véritablem ent, leurs\nbouches h u rlan t la passion et la colère, ses inexorables mains de\n m eu rtrier lui fouillant la gorge, elle pendue à son col et l’im plorant\nencore dans un spasme qui m ontait vers les plafonds, en la bouscu­\n lade des meubles de ce calme cabinet de rêve et de pensée.\n    Puis le souple corps aux chattelines courbures de la comédienne\n se redressait: d’une ondulation de ses reins, elle faisait redescendre\n"}, {"page_pdf": 382, "page_imprimee": 327, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1182, "texte": "                              L E R É V E IL                                        3 27\n\n\n\n\nses robes; et tard a n t à reprendre pied dans l’existence, après ces\nvertiges d ’une chimérique seconde, elle souriait, disait :\n   — A h! j ’y suis m aintenant! comme tu m’aim es, toi! comme je\nsens que je vais t ’aim er! Des cris... j ’en au rai, sols tranquille.\n   E t tout à coup, ensuite, s ’apercevant clans la glace, elle avait\nun sursaut, se passait la main sur le front :\n   — A h! ce pauvre F leuret qui m ’attend en bas dans la voiture!\n   Très vite, elle coulait derrière son oreille une mèche de ses\ncheveux qui avait glissé, et faisant tom ber jusqu’à ses narines\npalpitantes et roses le rebord de sa voilette, elle tendit à l ’écrivain\nses doigts, presque cérém onieuse et froide.\n   — E h bien! M. de Roy, à demain la répétition générale. Je m ’en\nvais piocher çà. Vous ne m ’en voulez pas trop de vous avoir pris\nvotre temps?\n   — Folle ! fît de Roy en l ’a ttira n t à lui.\n   — Oh! n o n ,p a s ça!\n   E t Jan e F leu ret, lui échappant, se lança à travers l ’escalier.\n\n                                               Ca m ille L e m o n n ie r .\n\n\n\n\n                 "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-004", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 327, "page_fin": 328, "titre_corps": "Chansons d’automne : III", "titre_sommaire": "Chansons d’Automne", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "C hansons d’A u to m n e P o u r J u d it h", "ancre_fin": "J e trouve ma chanson", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "IV L ’amour ne tisse", "segments_controles": false, "controle": 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chanson.\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-005", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 328, "page_fin": 328, "titre_corps": "Chansons d’automne : IV", "titre_sommaire": "Chansons d’Automne", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "IV L ’amour ne tisse pas de soie", "ancre_fin": "d ’amour un peu", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Et ils le ch assèrent de leur ville", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 383, "page_imprimee": 328, "debut_caractere": 240, "fin_caractere_exclue": 773, "texte": "IV\n\n        L ’amour ne tisse pas de soie\n        L ’amour ma mie, l’amour ma m ie;\n        N e pleure pas si 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vin t avec ses colères de prophète\nE t ses chants de révolte et d ’orgueil en nos fêtes,\nQui v in t avec aussi des douceurs en la voix,\nP o u r les mener vers quelque rêve de folie\nR a v ir la volupté de nos filles langoureuses\nA u x bras enlaceurs des éphèbes;\n\nCelui qui v in t avec des chansons nouvelles\nChanter les fastes de dieux nouveaux;\nCelui dont la voix de mépris et de révolte\nF it briller des flammes austères de l’orgueil\nE t du mâle désir de plus altières joies\nL e s yeux des éphèbes rebelles,\n\nN ous l ’avons chassé vers la forêt et ses bêtes,\nN o u s avons chassé le prophète;\nQue nos chansons de joie s'en aillent p a r la ville.\nJo ie, jo ie et volupté aux gens des bonnes villes.\nN o u s remettons pour nos festins la table renversée;\nL a m ain des esclaves habiles\nN o u s préparera des lits de volupté\nE t nous irons rappeler à nos joies\nL e s vierges et les éphèbes rêveurs\nQui pleurent le prophète en allé. »\nA in s i chantaient en joyeuses théories\nL e s filles rieuses d ’une Capoue.\nE t les vieux et les vieilles, stryges et satyres,\nSuivaient lentement, titubant telle chanson.\n« Gloire à nous, gloire à nous! le trouble-fête\nS ’en est allé vers la forêt et ses bêtes,\nGloire à nous!..\n"}, {"page_pdf": 385, "page_imprimee": 330, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 930, "texte": "330                        L E RÉV EIL\n\n\n\n\n      N o tre vieillesse s'en ira tranquille\n      P a rm i notre or et nos filles,\n      P uisque l’orgueilleux contempteur de nos coutumes\n      S ’en est allé chanter p a rm i les bêtes.\n\n      I l s ’en est allé en superbe insolence\n      C hantant d'orgueil les dieux de sa folie\n      Cependant que de nos mains\n      Des lanières ont sifflé vers ses reins et des pierres,\n      E t que nos cris et nos insultes et nos rires\n      Ont couvert sous l’éclat de leur jo yeu x tonnerre\n      L e s chants de sa voix et de sa lyre. n\n\n      Stryges et satyres, les vieux et les vieilles\n      E t les éphèbes et les filles s'en allèrent vers l'orgie\n      E t leurs chansons allaient :\n      “ Joie, joie et p a ix a u x gens des bonnes villes,\n      Joie, jo ie et p a ix du haut des hautes tours! »\n\n                                               P a u l G érardy.\n\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-007", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 330, "page_fin": 331, "titre_corps": "L’Amant des roses : Le soleil", "titre_sommaire": "L’Amant des Roses", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Touchard", "ancre_debut": "L’A m ant des Roses Le Soleil", "ancre_fin": "A u x flèches d'or d ’apothéose", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Joli Message", "segments_controles": false, 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se chiffonnent,\nSe pâmant aux parfums touffus\nVenus des corolles mignonnes.\n\nLors, je dis à ces gentes fleurs :\n« C’est pour la reine de Navarre.\nFaites refleurir ses faveurs,\nQu’elle en soit ores moins avare.\n\n« Dites qu’un rêveur veut bercer\nL a belle qu’il n ’a plus revue,\nE t qu’il la voudrait caresser\nD ’une étreinte plus éperdue.\n\n« Fleurs, ô seul lien entre nous,\nBaisez les lèvres de ma reine,\nE t descendez sur ses genoux,\nPuis sur le satin de sa traîne. »\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-009", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 332, "page_fin": 332, "titre_corps": "L’Amant des roses : Péchés", "titre_sommaire": "L’Amant des Roses", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Touchard", "ancre_debut": "Péchés 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L.\n\n\n\n\n     Venez, impures et trop belles,\n     Oter les fards et les carmins;\n     Le péché des anges rebelles\n     Nous plongera dans les jasm ins :\n\n     Pour sentir naître la caresse\n     De sourires moins débauchés\n     Nous invoquerons la déesse\n     De l’amour et des doux péchés,\n\n     E t dans l’odeur des fleurs nouvelles,\n     Nous aurons des rêves légers\n     Comme les fraîches pastourelles,\n     Jadis, et les jeunes bergers.\n\n\n\n\n             "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-010", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 332, "page_fin": 333, "titre_corps": "L’Amant des roses : Soir d’automne", "titre_sommaire": "L’Amant des Roses", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Touchard", "ancre_debut": "Soir d’Automne Au p e in t r e H enri B r e y d e l", "ancre_fin": "Que surgît une nuit hautaine", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Madrigal", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 387, "page_imprimee": 332, "debut_caractere": 585, "fin_caractere_exclue": 973, "texte": "Soir d’Automne\n\n                                      Au p e in t r e H enri B r e y d e l .\n\n\n\n\n     Les ondes des fleuves éteints\n     Mirent un ciel pâle et de soie :\n     Octobre embrume les lointains.\n     Plus de fleurs, partant plus de joie.\n\n     Fané comme des vers d ’antan,\n     D u vieux rose aristocratique,\n     P ar le silence qui s'étend\n     Exhale une plainte mystique.\n"}, {"page_pdf": 388, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 326, "texte": "             L E R É V E IL                          333\n\nC’est comme une vieille chanson :\nL ’abandon d ’une gente dame\nDans les ruines d'un vieux donjon,\nE t ses appels qui navrent l’âme.\n\nLe vieux rose se meurt aussi\nAvec une splendeur lointaine;\nL a dame est partie, et voici\nQue surgît une nuit hautaine.\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-011", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 333, "page_fin": 333, "titre_corps": "L’Amant des roses : Madrigal", "titre_sommaire": "L’Amant des Roses", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Touchard", "ancre_debut": "Madrigal A M lle A . 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M.\n\n\n\n\nVos lèvres sont charmant séjour\nPour musique et rimes nouvelles;\nMais, certes, mieux vaut tout le jour\nBaiser leurs pétales rebelles\n\nQu’à beaux accords fa ire la cour;\nVotre air n a ïf de bergerelle\nDonne bon appétit d'amour,\nAllume an cœur mainte étincelle :\n\nN ’y mettez donc nul éteignoir;\nQue vos lèvres de gente oiselle\nCe soir consentent sans surseoir;\n\nSur elles, laissez-moi, la belle,\nCueillir un pauvre brin d ’espoir\nQui me sera joie éternelle.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-012", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 334, "page_fin": 334, "titre_corps": "L’Amant des roses : Manière de consolation", "titre_sommaire": "L’Amant des Roses", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Touchard", "ancre_debut": "Manière de Consolation Tu pleures les roses galantes", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 389, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 45, "fin_caractere_exclue": 849, "texte": "Manière de Consolation\n\n\n      Tu pleures les roses galantes\n      Qui jadis t ’échurent en don,\n      E t même ces grâces méchantes\n      Dont certes tu fis abandon.\n\n      Soit! Qu'on se moque de tes plaintes,\n      Qu'un matin fripon et charmeur\n      Boive tes paroles éteintes\n      De frêle aurore qui se meurt.\n\n      Marche vers la mélancolie,\n      Qu’un amour artificiel\n      Emplisse ton cœur de la lie\n      Dont s’ensanglante au soir le ciel.\n\n      Mais si la nuit ton cœur maraude\n      Dans quelque bocage noirci,\n      Prends, chère, pour ta bouche chaude\n      Les doux pétales que voici :\n\n      Car ce sont mes lèvres graciles,\n      A u x vagues sourires fanés;\n      Accepte les baisers dociles\n      Que ta douleur a ramenés.\n                                   Georges T ouchard.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-013", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 335, "page_fin": 337, "titre_corps": "Le livre du Tabernacle spirituel de Ruusbroec l’Admirable", "titre_sommaire": "Le Livre du Tabernacle Spirituel, de Ruusbroeck l’Admirable (fragment)", "rubrique": "", "signature_source": "Ruusbroec l’Admirable", "ancre_debut": "Le Livre du Tabernacle spirituel de R uusbroec l’A dm irable", "ancre_fin": "par J ean N ov is", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "BALLADE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 390, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 117, "fin_caractere_exclue": 1973, "texte": "Le Livre du Tabernacle spirituel\n                                   de R uusbroec l’A dm irable\n\n\n\n          an va n R uusbroec (1293-1381) est né à Ruusbroec,\n          ham eau situé entre Hal et Bruxelles.\n            Il fu t prieur de l ’abbaye de G roenendael-lez-B ruxelles.\nL ’œuvre purem ent m ystique de ce moine humble est simple et trè s-\nétendue. Outre u n e version latine assez délayée de L au ren tiu s Surius,\nversion qui date du 16e siècle et em brasse l ’ensemble de l’œ uvre, il\nexiste deux traductions des écrits de celui que déjà ses contemporains\nsurnom m aient Doctor A d m ir a b ilis : l’une, fragm entaire, p ar E rn est\nHello (*) est un travail de seconde m ain, fait déjà sur la version de\nSurius, et peu rem arquable. L’autre concerne un ouvrage complet\ndu fameux m ystique : l ’Ornement des Noces spirituelles (**). Elle\nest due à notre collaborateur Maurice M aeterlinck, et, interprétant\nle tex te original, elle se recommande par son exactitude. —\n    Nous avons essayé de traduire du flamand, à l ’intention de nos\nlecteurs, un passage caractéristique d’un traité de Ruusbroec. Ils\nauront ainsi une idée de l ’adm irable élévation de pensée du moine\nflam and, aujourd’hui trop ignoré, et du raffinem ent de sa dialec­\ntique. — Term inons ce petit préambule par une phrase de H uys ­\nm ans : « Il y a plus de science et de com préhension du cœ ur de\nl ’homme dans une page du vieux R uysbroeck que dans tous les\nS tendhal, tous les Bourget et tout les Barrès du monde ».\n\n\n\n\n   (* ) R u b b r o c k (sic ) l ’ A d m i r a b l e , Œ uvres ch oisies, traduit par E rnest H ello.\nP aris, P oussielgue.\n  ( * ) L ’O r n e m e n t   des    N oces   s p iritu e lle s   de   R u y b b ro b c k   l ’A d m i r a b l e ,\ntraduit du flamand et accom pagné d ’une introduction par M aurice M aeterlinck.\nB ruxelles, Lacom blez. 1891.\n"}, {"page_pdf": 391, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2286, "texte": "33 6                          LE RÉVEIL\n\n\n\n\n       Ici com m ence le L iv re du T abernacle sp iritu el.\n\n                              Prologue\n\n    C u rrite u t comprehendatis (I. Cor. 9, 24). Courez de telle sorte\nque vous p u issiez sa isir le b u t, voilà les mots de Saint Paul à ceux\nde C orinthe et aussi à nous tous. En ces paroles, nous pouvons\nobserver trois choses : dans le prem ier m ot, quand il dit Courez, il\nnous commande à tous de rivaliser par l’esprit, c’est-à-dire par\nl ’am our. Dans les mots qui suivent, lorsqu’il dit de telle sorte\nque il nous p rescrit de rem arquer la m anière dont nous courons,\nafin de courir sagem ent. En troisièm e lieu, il veut que nous\nconsidérions la fin de notre course et l ’objet vers lequel nous courons\nafin de ne pas le m anquer, mais de le saisir et le posséder.\n    Tous les hommes doivent courir la course am oureuse, soit vers\nDieu, soit vers les créatures. E t nulle chose n ’est aussi rapide ni\naussi subtile que la course de l’am our. C’est pourquoi l ’homme\ns’observera et éprouvera si le cours de son am our est dirigé vers\nDieu : en ce cas il attein d ra sûrem ent son but. E st-il au contraire\nporté vers les créatures, il doit alors toujours m anquer sa fin, car il\nperdra tout ce qu’il aime. Vous pouvez donc com prendre que tous\nnous courrons : dès lors il est bon que nous réglions notre course de\ntelle façon que d’après le précepte de Saint P au l, nous trouvions et\nsaisissions tout ce que nous cherchons.\n    P o u r ce m otif, nous allons considérer un symbole de cette course,\nque nous décrit le prophète Moïse, symbole qui lui fut m ontré par\nDieu sur le m ont Sinaï. E t cela se trouve dans son second livre qui\ns ’appelle la sortie d’Egypte des Enfants d’Israël, vers la terre que\nDieu lui av ait prom ise. Le symbole auquel je pense est celui d’une\nA rche, d’un T abernacle, avec toutes les choses qui s’y ra tta ch aien t\nC’est là ce que Dieu ordonna de lui faire d’après toutes les indications\nqu’il donnerait à Moïse sur la m ontagne. E t c’est là dedans que Dieu\nvoulut se déplacer au milieu d ’eux selon la façon d’être de ce\ntabernacle avec tous ses accessoires.\n    Le prophète Moïse nous décrit 7 points qui tous appartiennent\n à une espèce de course d’am our. E t dans chacun des 7 points on\n"}, {"page_pdf": 392, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1195, "texte": "                              LE RÉVEIL                                  337\n\ntrouve Dieu et on le possède, et toujours dans un plus grand am our,\net toujours dans une plus parfaite com préhension et en une plus\ngrande sagesse, suivant la m anière dont l’homme atteint les points\nou les degrés qui appartiennent à l ’am our. Dès le prem ier point,\nl’homme e st absous et purifié de tout péché. E t ce point renferm e\nen lui tous les autres, pour le cas seulem ent où le temps ferait défaut\nà l ’hom m e. Comme au second point et au troisièm e l’être sentant est\nparé au dehors et au dedans en ses m œurs et sentim ents pour la\nvolonté de Dieu et la domination divine. De même au quatrièm e\npoint et au cinquième la raison et la volonté sont ornés de sagesse\net d’am our, pour la louange et l ’honneur do Dieu. E t de même au\nsixième point toutes les vertus sont parachevées pour la volonté de\nDieu la plus agréable. Comme enfin au septièm e point, on attein t le\nrepos. Alors on possède, on saisit, et l’on court tout en saisissant\net l ’on saisit tout en courant : et c’est là la vie éternelle.\n\n                   Traduit sur le texte flam and par J ean N ov is .\n\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-014", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 337, "page_fin": 338, "titre_corps": "Ballade", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pierre Dévoluy", "ancre_debut": "BALLADE pour rassurer la Bourgeoisie", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 392, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 1195, "fin_caractere_exclue": 1723, "texte": "BALLADE\n\npour rassurer la Bourgeoisie et inciter certains poètes à moins de lune.\n\n\n\n                                                     A G eorges F ou rest.\n\n\n\n\n                D u Finistère à la Grenille\n                E t de Bordeaux jusqu’à Menton\n                Le bon bourgeois fa it sa manille\n                E n digérant son miroton;\n                O juteux Ragoût de mouton\n                C’est vers Toi que va la prière\n                Des ventrus à double menton;\n                Les Poètes sont en fourrière.\n"}, {"page_pdf": 393, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 865, "texte": "338                LE RÉVEIL\n\n\n\n      Pour eux le bouge et la guenille\n      E t le moisi d'un vieux croûton,\n      L a bonne crème à la vanille\n      N ’est point leur lot, le caneton\n      A u x pois non plus, leur gueuleton\n      E st simple aidant que leur carrière :\n      Gueux vivant d’airs de mirliton,\n      Les Poètes sont en fourrière.\n\n      Qui donc a rivé leur manille?\n      Quel Homais casqué de coton\n      De peur qu’un seul ne décanille\n      Cadenasse leur ripaton?\n      E n ce grotesque Charenton\n      Fouquier leur aboie au derrière\n      E t Brunetière est de planton.\n      Les Poètes sont en fourrière.\n\n                    ENVOI\n\n      Bourgeois! caressez le téton\n      E n paix de Rose aventurière,\n      N ’ayez pas peur du Hanneton :\n      Les Poètes sont en fourrière.\n                                    P ie r r e D é v o l u y .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-015", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 339, "page_fin": 341, "titre_corps": "Nuit de poète", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Nuit de poète *)( à A rthur MELLO", "ancre_fin": "S an P a u lo (Brésil) 1891", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "La dernière page", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 394, "page_imprimee": 339, "debut_caractere": 131, "fin_caractere_exclue": 2384, "texte": "Nuit de poète *)(\n\n                                                                      à A rthur MELLO.\n\n\n\n            L a N u it. A u to u r de m o i, le v id e . L 'a ile d e l ’o m b re ,\n            F ro id e, a in s i q u ’a n b a ise r des lè v re s d e J u d a s,\n            D escend d e l'in fin i. L a te r r e s'est en d o rm ie\n            Comm e u n g r a n d se rp e n t a p rè s u n g r a n d re p a s.\n            P a s u n se u l b ru it. L es éto iles se ca c h e n t\n            D an s le u r s robes d ’or.\n                                              L ’U nivers sou ffre ou rêve.\n\n            C e s t l ’h eu re où le p o è te se d é liv r e d e ses lien s\n            E t s ’éch a p p e p a r la g ra n d e fe n ê tre blan ch e de l'id éa l.\n            E o rs lu i, la ténèbre, l'énorm e v e n tr e d 'a ir a in\n            Où s'opère, éter n e lle , la g e sta tio n des m o n stres.\n            T ou t e s t e n d o rm i : L es a ig le s s u r la m o n tag n e,\n            L es h ibou x d a n s le u rs ca v e rn e s....\n                                                        S eu l le p o è te v e ille .\n\n           L orsqu e le c œ u r sou ffre il f a u t qu e l'â m e rê v e .\n           P oète, p r e n d s ta ly r e , e t que ton c h a n t so it\n           H a u t com m e l'm fin i, d o u x com m e la p r iè r e .\n           A llo n s, fe rm e tes fen ê tre s a u x b a ta illo n s d u m a l.\n           L e so le il a été f a i t p o u r é c la ir e r la ju s ti c e ,\n           L a n u it p o u r ca ch er les p o r te s d e s p riso n s.\n           L e n é a n t n 'ex iste p a s ; le n é a n t c'est l'ou bli.\n           C élèbre le silen ce d e la n a tu r e en d o rm ie ,\n           L es p a r f u m s des roses, tes so u ffra n ces e t les la rm e s,\n           Il f a u t c h a n te r to u jo u rs.\n\n           C h a n ter! C h an ter! O non! P le u r e r ! P le u r e r ! P le u r e r !\n           I l n 'y a r ie n d e bon à c h a n te r d a n s le v id e .\n           L 'hom m e e s t com m e u n a ve u g le à g e n o u x d e v a n t la N u it,\n           En lu i d e m a n d a n t l'au m ôn e d e l'iv re sse\n           P o u r o u b lie r, p o u r r ê v e r !\n\n\n(*) T ra d u it d u p o rtu g a is.\n"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 340, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2627, "texte": "340                                LE RÉVEIL\n\n\n\n                                 L 'a m o u r e s t un e chose sa n s n o m\n      E n ve n te a u m a rc h é d e l'E m p e re u r M illio n .\n      L a ju s tic e d o r t com m e u n e d a n seu se iv r e ,\n      E t p e n d a n t que l'É g lise v e n d le C h rist en m o r c e a u x\n      S a in t Ign ace l i t le m isse l, T o rq u e m a d a a llu m e le b û ch er.\n      Ils v o n t b r û le r la lib e rté h u m a in e!\n\n      L a c ro ix e s t u n é c h a fa u d , le p r ê t r e e s t u n b o u rrea u .\n      L ’é v a n g ile e s t à p e in e u n code c rim in e l.\n\n      On a ch ète la v e r tu a in s i q u ’on v e n d l'honneur\n      C onsoler n 'est p lu s u n e m issio n d e l ’É glise,\n      E lle se con ten te d e p r i e r e t fo u r n it d e l'ea u bénite,\n      L es o rp h elin s sa n s p a in m e u r e n t s u r le tr o tto ir ,\n      E t la v ie ille sse tre m b le com m e u n fa ib le ro sea u .\n      L e d r o it e s t u n e tr a ite tiré e s u r R o th sc h ild ,\n      L es ju g e s o n t le u r ta r if...\n                                                       L a conscience d o rt.\n      M a is i l f a u t g a r a n tir la p a i x u n iv e r se lle\n      E t p o u r c e la (ô cécité, ô p e tite s s e h u m ain es!)\n      I l f a u t e n tr e te n ir m a lg r é les la r m e s d es so u ffra n ts,\n      — D es a rm é es p o u r tu e r , d es p r ê tr e s p o u r m e n tir !\n\n      N on ! Je n e v e u x p lu s r ê v e r , j e ne v e u x p l u s p le u r e r !\n\n      O m a m u se fid è le , to u jo u rs p u r e , to u jo u rs je u n e ,\n      F ille a în ée d e l'a u ro re, sœ u r d e la lib erté,\n      A p p o rte-m o i la coupe où a bu J u v e n a l!\n      D onne-m oi les p lu s h a u ts d e tes a ccen ts\n      D on t chaqu e stro p h e s o it l'ex p lo sio n d e m a h ain e,\n      C haque v e r s u ne épée chauffée a u ro u g e!\n      P o u r d é liv r e r la ju s tic e , p o u r é tr a n g le r le m a l,\n      I l m e f a u t des iro n ies, i l m e f a u t des sa rc a sm e s,\n      L a v o ix d u to n n erre e t les g riffe s d u tig re.\n\n\n      E t a in s i j e p e n sa is a u s o r t d u g en re h u m a in ...\n\n      T ou t à coup un e im a g e , b la n ch e com m e la v e r tu\n      M e to u ch a d e ses d o ig ts, en m e d is a n t :\n      Sois tr a n q u ille , p o è te !\n      L e j o u r d e la ju s tic e e s t p lu s p r è s que tu ne cro is.\n      D ors, m o n a m i.\n      E t m oi, j e m 'en d o rm is so u s c e tte v o ix h éroïqu e ,\n      Com m e u n e n fa n t tou ch é d e m a te rn e lle s ca resses.\n"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 536, "texte": "                                       LE RÉVEIL                                           341\n\n          E t j ’a i v u d a n s m o n r ê v e (6 bon h eu r d es h u m a in s!)\n          Une é to ile g a r d a n t le to m b ea u d e J é su s ,\n          E t p lu s lo in , les a ile s o u v erte s, a u x tén èbres p ro fo n d e s ,\n          Un v a u to u r n o ir, im p la c a b le , te rrib le ,\n          S u r le c a d a v r e p o u r r i d e l'em p e re u r T ib ère....\n\nS an P a u lo (Brésil) 1891.\n\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-016", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 341, "page_fin": 341, "titre_corps": "La dernière page", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Antonio Marques", "ancre_debut": "La dernière page (*) C’est ici que fin it", "ancre_fin": "A n t o n io M a r q u e s", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "VERS Musique des Passés", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 396, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 536, "fin_caractere_exclue": 1321, "texte": "La dernière page (*)\n\n          C’est ici que fin it l’histoire de mes souffrances.\n          L'héritage est petit, quelques larmes à peine,\n          Un paquet de lettres, une poignée de cheveux\n                                       E t ma harpe muette.\n\n          Le regard de ma Mire éclaira mon enfance,\n          L ’idéal a brodé les plus purs de mes rêves;\n          E t an dernier moment il me reste vivante,\n                                     Une image chérie...\n\n          On dira que c'est peu : c’est tout ce qui me reste.\n          Poètes qui pleurez, vous pouvez recueillir,\n          E n pleurant comme lui, l’héritage d’un fo u .\n\n                                                                 A n t o n io M a r q u e s .\n\n\n\n\n                                      "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-017", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 341, "page_fin": 342, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Novis", "ancre_debut": "VERS Musique des Passés", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 396, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 1321, "fin_caractere_exclue": 1604, "texte": "VERS\n       Musique des Passés, musique des Naguères,\n       Des petits jours heureux des Autrefois défunts,\n       E t si bonne, et suave, et — oh! un peu — amère,\n       Les souvenirs m ’emplissent l’âme de parfum s.\n\n\n(*) T ra d u it d u p o rtu g u a is, d u Poema das Lagrimas.\n"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 342, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1284, "texte": "3 42                          LE RÉVEIL\n\n\n\n       E t c’est en moi comme un très-grand jardin de roses\n       Épanchant leur poème aux doux vents printaniers,\n       P ar le sourire des matins pacifiés,\n       Jusqu’au grand songe des soleils couchants moroses.\n\n       S u r le fo n d pâlissant du beau ciel automnal\n       Les fleurs ont trépassé, graciles, sur leurs tiges,\n       E t dans les tiges déjà la sève se fige\n       Avec le regret du réveil initial.\n\n       E t le Ja rd in frisonne, gris, au vent d’hiver,\n       Dans une longue nuit, silencieux, frissonne\n       E t rêve, et songe, et prie, et nul chant ne résonne\n       Soies le dais endeuillé du profond ciel couvert.\n\n       Un jeune Printemps reviendra-t-il\n       Reviendra-t-il Mars mauve avec A vril subtil?\n\n       Le Ja rd in endormi dans sa douce ignorance\n       E st trop las pour rêver de jours fu tu rs meilleurs\n       S i vite il a perdu ses plus câlins bonheurs\n       Qu’il n ’ose plus rêver de fin à sa souffrance.\n\n       E t rêve doucement, — et triste, — des Jadis\n       Avec la vision de Paradis fleuris\n       S'endort comme un E nfant qui sanglote sa peine...\n\n       E t de vagues bontés j ’ai l’Ame toute pleine.\n\n                                                        J ean N o v is .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-018", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 343, "page_fin": 344, "titre_corps": "Barbel", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Léon Paschal", "ancre_debut": "Barbel e n ’entends plus tes chansons", "ancre_fin": "L éon P aschal", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Vœu O pouvoir accomplir", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 398, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 110, "fin_caractere_exclue": 1947, "texte": "Barbel\n         e n ’entends plus tes chansons, Barbel?\n             — Ne ris pas d e là sorte, Jan , dans trois jo u rs je vais\n          m ourir.\n    E t Jan to u rn a la tête pour rire encore.\n    — Tu brûleras des cierges dans de hauts chandeliers d ’argent\ne t les abbés chanteront des prières afin que Dame Vierge au ciel\nm ’accueille.\n    — Oui Barbel ! oui Barbel !\n    — N ’épouse point de femme m échante. Nos petits enfants ont\nl’âme frêle et le chagrin leur ferait endurer une vie entière de\ntristesse. Moi-même, Jan . je souffrirais bien q u ’ensevelie.\n    La nu it, les enfants eurent des songes et s’éveillaient en\ntrem blant. Barbel balançait leur couche et ses m ains fraîches\ncaressaient leur front.\n    Elle chantait.\n    Ses lèvres peu à peu devinrent lourdes. Un sifflement aigu déchira\nsa gorge. Aux douze heures la lune soudain brilla. Une croix noire\nreflétée sur les dalles se dressa dans la fenêtre et, parmi la clarté\npâle ondulaient des sourires d’anges.\n    Barbel, résignée, joignit les mains pour m ourir.\n    Les cierges et la voix des orgues n ’étaient pas éteintes — oui\nB arbel, oui B arbel — Jan épouse C lara, la rieuse voisine.\n    Dans les ténèbres les enfants délaissés sanglottent.\n    Michel l ’aîné dit à ses deux frères :\n    — Taisez vos larm es. Nous irons au loin chercher notre m ère.\nJe connais l ’avenue qui mène à l’enclos des tom beaux.\n    Dès le m atin ils partirent. Michel dans son bras portait le plus\njeu n e; il traîn ait l ’autre dont la main lasse, dans l’oubli des douleurs,\ncueillait les tiges fleuries des grandes herbes.\n    Devant la tombe ils s’agenouillèrent.\n    Michel priait. Ses frères se signaient avec des gestes ingénus.\n    Barbel souleva la terre molle, pâle et couverte du drap de m ort.\n Elle p rit son dernier né sur les genoux, lui m it le sein entre les\n"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1099, "texte": "344                            LE RÉVEIL\n\n\n\nlèvres et l ’enfançon, étonné d ’abord agita ses petites jam bes nues;\ncomme jadis sa bouche sourit au sein.\n   Barbel a ttira le moyen auprès d’elle, peigna ses cheveux longs,\nlava de son linceul hum ide son visage souillé, puis lui donna pour\njouer les osselets épars sur la terre consacrée.\n   Elle d it ensuite :\n   Michel, va et mendie ton pain. Au reçu d ’une aum ône, faisant\ntrois révérences tu diras : « Que Dieu, Seigneur, vous le rende ».\n   Il p artit loin, vers des palais et des dem eures. Mais devant ses\nlarm es et sa faim les portes restaient closes.\n   Michel, au crépuscule s’en retourna. Le soir tom be. Il se lam ente:\n   — Le monde est vide d’am our pour les enfants sans m ère !\n   Sur sa tombe Barbel attend. La m orte prend Michel dans ses bras\net sa tendresse le berce. Michel frissonne. Ses larm es sous ses\npaupières se gèlent, puis, au son des harpes divines, il s’endort.\n\n      (D ’après une vieille chanson flamande).\n                                                     L éon P aschal .\n\n\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-019", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 344, "page_fin": 344, "titre_corps": "Vœu", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Rodrigue Sérasquier", "ancre_debut": "Vœu O pouvoir accomplir", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 399, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 1099, "fin_caractere_exclue": 1982, "texte": "Vœu\n\n        O pouvoir accomplir l ’unique vœu de vivre,\n        Éloigné de la foule et du monde, inconnu,\n        A côté de la femme an cœur fier, impollu,\n        A u x yeux clairs, sourieurs, dont le regard délivre!...\n\n        De la fem m e — ignorant la souillure du Livre, —\n        Qui garde ces trésors pour le fu tu r E lu :\n        E t les chastes lueurs d’un esprit ingénu,\n        E t ses illusions, qui seules la fo n t vivre!...\n\n        — E n des jardins fleuris, aux jets montant des vasques,\n        Nous sèmerions, rieurs, tous nos rêves fantasques\n        A u vent fra is, fleurant bon, d ’un éternel A vril;\n\n        Elle fera it vibrer sur des claviers magiques\n        Des lieds dolents; et pour elle, tels des béryls,\n        J e sertirais des vers et des chants prophétiques!\n\n                                             R o d r ig u e S é r a s q u i e r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-020", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 345, "page_fin": 346, "titre_corps": "La chanson de la mer", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Aug. 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V ie r s e t", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "DE DIT UN P A G E", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 400, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 82, "fin_caractere_exclue": 1500, "texte": "La c h a n so n de la mer\n\nP laintif, sur cette plage où je viens de m'asseoir\nO mer! ton flot déferle en bruissantes bulles;\nE t j ’imagine ouir les grêles campanules\nAgitant leurs grelots dans l’air vibrant du soir.\n\nJ e songe à l'arômal frisson des roseraies,\nA u x barcarottes monotones des épis\nA u x rires d’une source en les prés assoupis,\nA ux bruits vagues de l’herbe, aux gazouillis des haies,\n\nA u x longs soupirs jaillis de l’âme des grands bois,\nVoix tristes, voix sans fin, voix de rêves, voix pâles\nOù la nature a mis ses chants, ses cris, ses râles\nE t qu’on retrouve, ô mer pensive, dans ta voix!\n\nTa voix, folle chanson, langoureuse caresse,\nLourd sanglot de ton gouffre en pleurs, murmure las,\nOrgue des désespoirs, cloche des mornes glas,\nR u g issem en t sonore où clam e ta d étresse!\n\nVa! tu n ’as pas besoin de nous dire pourquoi\nTu bondis et te tords en vagues éperdues\nE t, de ta lave glauque éclaboussant les nues,\nTu hurles dans la nuit ton indicible émoi.\n\nN ’avon s-nou s p a s a u ssi nos p a ssio n s h au ta in es\nNos regrets, nos douleurs, nos chants, nos rêves fous?\nNos pleurs sont-ils moins vrais, nos souvenirs moins doux,\nE t nos âpres dégoûts, moins profonds que tes haines?\n\nNous avons nos récifs à fleur d ’eau, nos écueils,\nNos plages de soleil où s’apaisent nos plaintes\nE t si l’abîme obscur te garde en ses étreintes,\nNous gémissons, vivants, en nos corps, ces cercueils!\n"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 817, "texte": "34 6                             LE RÉVEIL\n\n\n\n          Lèche le sable fin des grèves, mer câline!\n          Berce la balancelle au son des flots falots,\n          E t, lasse de griffer les vitres des hublots,\n          Fais patte de velours et ronronne, ô féline!\n\n          Ou bien rebiffe-toi, cavale qu’aucun frein\n          Ne dompte; lâche bride à ta fu reu r mauvaise;\n          Assaille, mords, et laisse aux flancs de la falaise\n          Le stigmate écumeux de ta bouche d’airain;\n\n          Gronde, brise, mugis, blasphème ou vocifère,\n          Nous ne voyons en toi, mer lourde de rancœur,\n          Qu'un pâle écho de cet autre océan, — le cœur!\n\n          Serait-ce pour cela que tu nous es si chère?\n\n  1886.\n                                                      A u g . V ie r s e t .\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-021", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 346, "page_fin": 347, "titre_corps": "De « Dit un page »", "titre_sommaire": "de « Dit un Page »", "rubrique": "", "signature_source": "Edmond Rassenfosse", "ancre_debut": "DE DIT UN P A G E", "ancre_fin": "E dmond R a s s e n f o s s e", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Thrène à la Châtelaine", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 401, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 817, "fin_caractere_exclue": 1471, "texte": "DE\n\n                                DIT UN P A G E \"\n  Pour Armand Rassenfosse.\n\n       L ’âm e lassée de peines anxieuses\n       J e suis allé aux forêts anciennes\n       P o u r endorm ir mon rêve aux lointaines légendes\n       É p arses en le m ystère des vieilles solitudes.\n\n       P lus sereines s’y font m es pâles chansons d’am our\n       Languides en ces parfum s de choses qui ne sont plus,\n       De très vieilles am ours, et de très vieux espoirs,\n       M orts emmi ces silences parlant des tem ps passés.\n\n\n  (*) Plaquette de vers, avec dessins d ’Aug. Donnay et d’Arm. R assenfosse, à\nparaître en Décem bre chez A. Bénard, éditeur, Liège.\n"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 946, "texte": "                         LE RÉVEIL                                 347\n\n\n\nL a tête lourde des larm es de souffrances à venir,\nDe l’âp re et vague conscience de ces am ours qui tuent,\nJ e vais vers les vieux arbres qui sem blent me bénir\nR ecueillir mon am our en folie douloureuse.\n\nMa pauvre enfance naïve et ses calmes chansons\nSe sont enfuies très loin, perdues parm i les branches,\nE t l’âme silencieuse de l’austère forêt\nSem ble m ’envelopper de ses regards profonds.\n\nU n ch a n t p ourtant s ’en vint enivrer m a pensée,\nP a r le silence un chant en notes triom phales,\nV int dans la solitude, le chant de mon aimée,\nUn ancien chant d ’am our en la vieille forêt.\n\nMon âm e s’est éveillée en fière adolescence.\nJ ’ai quitté la forêt en joie et en espoir.\nE t je m ’en vais vers vous ô blanche dam e aim ée.,.\nOh donc chantez pour moi la chanson triom phale!\n\n                                 E dmond R a s s e n f o s s e .\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-022", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 347, "page_fin": 348, "titre_corps": "Thrène à la Châtelaine", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Tristan Klingsor", "ancre_debut": "Thrène à la Châtelaine A G éo M auvêre", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 402, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 946, "fin_caractere_exclue": 1348, "texte": "Thrène à la Châtelaine\n\n                                                    A G éo M auvêre.\n\n\n\n\n    J 'a i miré mon âme au miroir de tes yeux\n    comme dans une eau triste de rêve;\n    j ’ai miré mon âme la folle enfant frêle\n     en l’eau triste de tes beaux yeux merveilleux.\n\n    Dis-moi, ne sais-tu pourquoi vient l'enfant frêle,\n    l'enfant de Thulé\n    eu sou manteau blanc que la fée a filé ?\n"}, {"page_pdf": 403, "page_imprimee": 348, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 802, "texte": "348                        L E R É V E IL\n\n\n\n\n      Elle s’en vient surprise vers l'eau du rêve\n      où s’érigent de faibles 'fleurs;\n      elle s’en vient cueillir les étranges fleurs.\n\n      Elle s’est penchée surprise vers les fleurs.\n\n      L ’image purpurine de sa lèvre\n      lui semblait une fleur plus belle :\n      c’est pour cueillir la fleur la plus belle\n      qu’elle s’est penchée, l ’enfant frêle.\n\n      Mais dis-moi, qu’a donc fa it l’enfant de Thulé,\n      qu’on ne voit plus trembler\n      son manteau blanc que la fée a filé?\n\n      E t pourtant c’était en l’eau triste\n      de tes beaux yeux,\n      et les fleurs vers l ’eau penchées ont l ’air bien triste\n      de tout cela, de tout cela, mon Dieu.\n\n\n                                              T r is t a n K l in g s o r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-023", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 349, "page_fin": 352, "titre_corps": "Dans le vague", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Touchard", "ancre_debut": "Dans le Vague 31 août", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 404, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 102, "fin_caractere_exclue": 2124, "texte": "Dans le Vague\n                                                              31 août.\n\n\n            on Dieu ! rendez-moi à la réalité des choses !\n                Le ciel est bleu, et pur comme le plus parfait des\n             lavis ; je sais que les fruits m ûrissent : ils trouent la\nverdure des espaliers et disent à ma raison que la nature est pleine\nde santé : mais je ne le sens pas, et, pour avoir vu tom ber les\nprem ières feuilles jaunes des arbres, je doute, je doute, je doute;\nil me semble que mes idées vont s’en aller au gré du vent comme\nces feuilles que le soleil a certes trop fatiguées, et qui quitteront les\nbranches; bientôt les fruits seront trop m ûrs, et l’on ne verra plus\nque lesquelette des arbres. Ce sera la nuit pour tout ! mon Dieu !\nmon Dieu! Rendez-moi à la réalité des choses! Cependant, quand\nj ’ai trop regardé le ciel et q u ’il est en tré lentem ent dans mes yeux\nvagues, je rêve que je suis heureux comme tous les hommes, que la\n vie me réserve comme à eux des jouissances, que Jeanne m ’aime\n au tan t que jadis.\n    Quelle fatalité m ’a jeté en dehors de l’existence commune, loin\n des pensées et des occupations de tous? P a r quelle fatalité aperçois-je\n seul le fond de la vie? Le soleil a pour moi des lueurs que les\n autres n ’ont jam ais conçues.\n\n                                                          1 septem bre.\n\n   Jeanne, ce m atin, s’est approchée de moi comme si le printem ps\npoussait encore des feuilles pâles aux. arbres. Assurém ent elle\nvoulait me donner le change, me trom per, ses lèvres s’offraient aux\nm iennes. Oh ! Elle voulait me trom per, m ’illusionner, comme un\nenfant, comme un simple d’esprit! J ’ai deviné, j ’ai percé à jo u r\ncette comédie offensante; j ’ai détourné la tête pour ne point baiser\nles lèvres d’une femme qui ne m ’aime plus, qui me laisse seul. Car\nje suis seul. Quand je m arche, quand je m ange, quand je dors, je\nsuis seul, effroyablement seul. A utour de moi, c’est comme un\ndésert obscur que peuplent des visions obsédantes.\n"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2106, "texte": "350                           LE RÉVEIL\n\n\n\n   En me m iran t dans une glace, j ’ai cru voir un octogénaire vide\nd’illusions. C’est bien ça. Mes cheveux ne sont pas gris, la raison\nme prouve que je n ’ai que vingt-six ans. Oh! Je suis vieux, beaucoup\nd’années ont écrasé mes épaules, il y a longtem ps, longtem ps que\nJeanne a cessé de m ’aim er.\n                                                         3 septem bre.\n\n    Je passe à côté de Jeanne chaque instant de ma vie : mais je ne\nl ’aperçois pas tous les jours. Je l ’ai regardée aujourd’hui : chose\nétrange, chose surnaturelle, elle est jeune, toujours jeune. Est-elle\nma femme? E st-ce elle qui m ’a aimé autrefois? Suis-je dupe d’une\nim posture nouvelle de la menteuse raison?\n    Comment dém êler ceci, so rtir du chaos, du cauchem ar? Si j ’avais\nla vue courte comme les autres hommes, j ’accepterais ce problème\nsans trouble, sans même désirer le résoudre. Mon Dieu, ayez pitié\nde moi, envoyez-moi la certitude, rien qu’une certitude.\n\n                                                          M ême date.\n\n   Jeanne m ’a d it que nous dînerions aujourd’hui avec un ami de sa\nfamille.\n   Je n ’ai jam ais entendu p arler de cet am i, c’est bizarre. Qu’est-ce\nque cet intrus vient faire dans mon existence? Jeanne veut-elle me\ntrom per?\n   Ma décision est prise : je ne paraîtrai pas, et ils resteront en tête\nà tête.\n   Puisqu’elle ne m ’aime plus et que je suis vieux, vieux...\n\n                                                          Même date.\n\n   Je l ’ai vu. Environ quarante ans. Le regard sérieux et obser­\nv ateu r. Il a voulu faire ma connaissance, m’a fait la cour plus qu’à\nm a femme. Sa conduite est inexplicable. Je me suis avancé vers lui\nde la dém arche lente convenant à mon âge et à l’automne qui rougit\nles vignes vierges. J ’ai prononcé lentem ent, sur un ton paternel :\n   — Bonjour, mon ami.\n   — Tu connais M onsieur? m’a répliqué Jeanne, étonnée.\n   — Nous sommes des amis d’enfance, ai-je répondu.\n   L’invité a accepté mes paroles sans tressaillir, sans dénoncer par\nun geste mon flagrant mensonge.\n   E st-il bête ?\n"}, {"page_pdf": 406, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2167, "texte": "                             LE RÉVEIL                                351\n\n   Après quelques paroles, les siennes polies, les m iennes vagues et\ndéraisonnables à dessein, je m ’en suis allé, dignement.\n   J ’ai de nouveau constaté que cet homme extraordinaire, me\nlaissait débiter les paradoxes les plus fantastiques sans sourciller :\nil les discutait d’une façon aimable, pour me capter, sans doute.\nMais je suis fermé à toute am itié. Ce n ’est pas à cet homme,\nimbécile ou fou, que je m’ouvrirai.\n\n                                                       4 septembre\n\n\n    — Sais-tu quel était notre invité d’hier? m ’a dit Jeanne.\n    Je l ’ai regardée fixem ent :\n    — Cela me laisse indifférent. J ’ai oublié son visage, comme\nj ’oublierai le tien le lendemain de ta m ort.\n    Jean n e, nullem ent courroucée par ce propos :\n    — C’est un médecin ; il dit que tu as besoin de repos.\n    J ’eus un rire strident.\n    — C’est ton esprit qui est fatigué. Cette année, tu as trop fait\nde m usique...\n    Ces mots ont été une révélation pour moi. J ’avais totalem ent\noublié que j ’étais musicien, que je composais. Je me suis revu au\nC onservatoire, puis à la veille de mes prem iers succès. Depuis\nquinze jo u rs, de plus graves pensées ont donc chassé mes préoccu­\npations musicales? Mon Dieu! Il n ’y aura plus d ’idées sous mon\nfront quand les dernières fleurs des champs seront fanées!\n    Je me suis mis au piano pour lire du Schum ann : quinze jours\nde repos ont suffi à rouiller mes doigts. Il ne connaissent plus\nles notes, je ne sais plus jo u er, et l ’instrum ent rend des sons\nabominables.\n                                                       8 septembre.\n\n   Jeanne ayant persisté dans son désir de me faire prendre du repos,\nnous sommes partis pour la campagne. Pourquoi la campagne? On\nprétend que mes yeux doivent s’habituer à de nouveaux objets.\n   Cela me convient, au reste.\n   Nous vivons dans une villa perdue, ay an t vue sur la Meuse. Nous\nverrons un paysage quelconque : je ne le connais pas; d’abord,\nil aura le charm e de l ’inédit; l’habitude ém oussant tout plaisir,\nil deviendra bientôt morne comme les murs qui enclosent ma vie...\n"}, {"page_pdf": 407, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1773, "texte": "352                           LE RÉVEIL\n\n\n\n                                                         10 Septem bre.\n\n\n   La m aisonnette qui m ’enferm e ne se distingue des autres par\naucune singularité. Je n ’ose sortir. Je crains à mon reto u r, de ne\nplus la reconnaître. Elle est de briques, entourée d’arbres, et\npercée de fenêtres. Signalem ent odieux de. banalité! J ’ai passé une\nh eure pour chercher un détail caractéristique.\n   Jeanne m ’a tranquillisé en m ’indiquant le num éro de la porte.\nJe n ’y avais pas songé.\n   A présen t, je regarde couler l’eau. Elle em porte mes pensées, qui\nla suivent, se noient dans les vagues, iront se perdre dans la m er.\n\n                                                        21 Septembre.\n\n\n   Je crois que je redeviens comme tous le hommes. Le côté objectif\ndes choses me frappe. La bête qui fut en moi renaît. Un effet du\nsoleil exceptionnellem ent chaud? de cette vie abêtissante de la\ncampagne? Ce qui m ’entoure prend un aspect de réalité. J ’ai éprouvé\ndu plaisir quand Jeanne m ’a em brassé. C’est donc elle?\n    — Ne vois-tu pas que j ’ai soixante ans de plus que toi, lui ai-je\nd it; il est peu honnête de ten ter un vieillard, de lui offrir des lèvres\ninexpérim entées, presque vierges.\n    Jeanne a fait :\n    — Fou ! Tu as la berlue.\n    Possible, après to u t...\n                                                            1 octobre.\n\n\n   Décidément, la réalité me subm erge. Je ne suis plus seul. Je ne\nsuis plus vieux. Je ne rêve plus. Jeanne m ’aime ou semble m ’aim er.\n   Je viens de relire ce m anuscrit; je reconnais l’écritu re de Jeanne:\nelle a corrigé deux fautes d’orthographe, la chère petite!\n   Positivem ent, j ’ai eu la berlue.\n\n                                             G eorges T ouchard.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-024", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 353, "page_fin": 353, "titre_corps": "Galamment : Par les venelles", "titre_sommaire": "Galamment", "rubrique": "", "signature_source": "Géo Mauvère", "ancre_debut": "G alam m en t ( d 'u n volum e) P ar les v e n e l l e s", "ancre_fin": "Me tendra sa lèvre amoureuse", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Abbé de Cour A l’am i R éné H E N R Y", "segments_controles": false, 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"texte": "354              LE RÉVEIL\n\n\n\n\n      Il revêt pourpoint et culotte,\n      Linge odorant, dentelles fines,\n      Puis s’essaie aux galantes mines\n      Pour enjôler Rose ou Javotte.\n\n      Monsieur l’abbé, ce soir volage\n      Sort de sa chambre garçonnière\n      E t, d ’édifiante manière,\n      Salue un grand Christ, au passage.\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-026", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 354, "page_fin": 354, "titre_corps": "Galamment : Ma Dame", "titre_sommaire": "Galamment", "rubrique": "", "signature_source": "Géo Mauvère", "ancre_debut": "Ma Dame A M ' T ristan K L IN G S O R", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, 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           violem m ent de leurs voix fortes,\n             faisant strider les gonds des portes,\n             et ployant les grêles viornes.\n             Si que voilà les vents qui cornent-\n\n              D es voix mystiques se concertent\n             sur les ailes creuses du vent.\n             C’est de mon âme que concertent\n             — résignée entre leurs mains —\n             les clairs séraphins dans le vent.\n\n             Les Angelus tintés, glissant\n             sur les mains jointes des beaux lys\n             semblent des frissons indolents,\n             semblent des baisers long-trem blants\n             sur les mains pâles de l’Ennui.\n\nL iège, ce 26 /11 — 92.\n                                               E dmond   G lesen er.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-028", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": 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pleine.\n      Ils m ’ont crucifié, priant le ciel : « Qu’il meure! »\n      Et je meurs, Seigneur Dieu, mon Père, était-ce l’heure?\n      Donc, ils ont bien cloué mes mains violacées.\n      Avec l ’éponge amère, en leurs basses pensées,\n      Ils ont mouillé mes lèvres de fièvres glacées.\n      Lam m a Sabacthani ! ils m'ont ravi Ma Dame\n      L a Madeleine! Ils ne m ’ont gardé qu’une Lame,\n      L ’Isolement des morts pour me transpercer l ’âme!\n                                          L udovic A g-Y o-Bé.\n\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-029", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 356, "page_fin": 356, "titre_corps": "Clair de lune", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Marcel Fleury", "ancre_debut": "Clair de lu ne Blanche de langueurs", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 411, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 940, "fin_caractere_exclue": 1647, "texte": "Clair de lu ne\n             Blanche de langueurs épanchées\n             E t de mollesses lunatiques,\n             L a plaine, en formes ébauchées,\n             Sculpte ses rêves fantastiques.\n\n             Les arbres semblent des portiques\n             Où de chastes femmes penchées,\n             A u son de tres vagues cantiques\n             Regardent fu ir des chevauchées.\n\n             Bleuissent au loin les collines,\n             Sous les cascades cristallines\n             Qui versent leur neige nocturne.\n             E t, dans la paix de son arène,\n             Déroule ses cheveux de reine\n             L a blonde lune taciturne.\n                                             M arcel F l e u r y .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-030", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 357, "page_fin": 357, "titre_corps": "Maurice Desombiaux : Les Amants de Taillemark", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Novis", "ancre_debut": "M a u r ic e D eso m b ia u x . — Les Amants de Taillemark", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 412, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 139, "fin_caractere_exclue": 2430, "texte": "M a u r ic e D eso m b ia u x . — Les Amants de Taillemark (*)\n\n         ’Sil est un genre littéraire abâtardi, une écurie d’Augias où le\n           courant régénérateur et purifiant des idées jeunes a fort à\n           faire, c’est assurém ent le th é â tre contem porain. Nous voilà\n loin du noble brodequin de la tragédie, et des socques de la comédie\n antique. Que nous donne-t-on en échange? Parfois des pièces grave­\n leuses qui figurent cent fois sur l ’affiche sans parvenir à satisfaire\n les basses passions de la foule ; parfois des mélodrames d’une noir­\n ceur épouvantable à l ’usage des braves m ères-grand qu’un bel amas\n de bêtises rem ue invariablem ent de fond en comble ; parfois des tr a ­\n gédies enflées comme les outres du fabuliste dont il ne sort rien que\n du vent : mon voisin d’étude au lycée en avait commis une qui s’in­\n titu lait Les E n fa n ts de Lothaire; un capitaine en re traite qu’on me\n fit voir l ’autre jo u r travaille depuis dix ans, m ’assure-t-on, aux\n M alheurs de Conrad I I . E t l ’accorte comédie de P la te, de Térence\n de Molière et de Beaum archais, la voilà bien loin de son antique\ndevise : Castigat r id endo mores ! Si elle provoque encore le rire ,\n c’est un rire de pitié pour le philistinism e et le prudh ommesque\n gâtism e des héros qu’elle nous présente : songez donc, le bourgeois\n contem porain pire encore que nature!\n    Dieu merci, les jeunes ont compris que de ce côté il y avait de\n beaux coups à férir. Les pièces qui ont vu la ram pe au th éâtre d ’A rt\n do P aris, les œuvres dram atiques de M aeterlinck, d ’Ibsen, nous\n rassu ren t pour l ’avenir.\n    Un de nos collaborateurs, Mr Maurice Desombiaux, vient de\njoindre ses efforts à ceux des confrères lu tta n t déjà sur la brèche.\nSon dram e en trois actes, e t en prose, Les A m a n ts de T aillem ark\nest une œuvre bien pensée et vigoureusem ent écrite, qui doit en­\n gager l ’au teu r à persévérer dans la route qu’il v ien t de prendre.\n Diverses p arties, notam m ent la description de la naissance et des\n progrès de l’am our coupable du prince Rodolphe et de sa belle-m ère,\n la duchesse de T aillem ark, sont déjà des m orceaux de m aître.\n                                                          Jean   N o v is .\n\n  (*) B ru xelles, V ve Mounom, Editeur.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-031", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 358, "page_fin": 358, "titre_corps": "René Ghil : Le Vœu de vivre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Rodrigue Sérasquier", "ancre_debut": "R en é G h il . — Le Vœu de vivre", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 413, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 64, "fin_caractere_exclue": 2457, "texte": "R en é G h il . —      Le Vœu de vivre (*)\n\n            eRné Ghil, le chef de l ’école E volutive-Instrum entiste et\n              l ’instaurateur de l ’a rt Sociocratique, combat pour les\n              glorieuses émancipations et la solution des problèmes\nsociaux. Il est de ceux que M. G. de la Salle, en un récent article\nde L 'A r t Social, appelait « poètes de com bat ». En effet, Le Vœu\nde vivre est une critique des institutions sociales m odernes, en même\ntemps qu’une satire des m œurs de petite ville de province.\n    P o u r M. Ghil et les siens, l ’idéal du poète de com bat est, —\nsi j ’en crois A lbert Lantoine, — d’être un conducteur de peuples.\nMais, — et ces idées sont m iennes, bien qu’ailleurs exprim ées par\nun des nôtres à propos de B o is ton Sang, — lorsqu’on est conduc­\nteu r de peuples, (et en adm ettant que ces préoccupations soient\nsusceptibles d’expression lyrique), c’est aux peuples eux-m êm es,\nc’est-à-dire à tout le monde, aux pauvres comme aux riches, aux\nignorants comme aux lettrés et aux savants, qu’il faut enseigner\nLe M eilleur D evenir, L e D evoir et L a L o i, qu’il faut dispenser\nle baume des bonnes et pacifiantes paroles, et l ’élan des grandes\nidées. E t pour ce, le poète de combat doit abaisser l ’A rt, — ou\nplutôt son a rt, — au niveau intellectuel du peuple, à défaut de\npouvoir élever le peuple à la hauteur de l ’A rt, — idéal aussi\nirréalisable qu’il est noble et généreux.\n    Or, comme par leur forme recherchée (Instrum entation verbale),\nleur langue savante, les livres de René Ghil e t de la plupart des\nsiens ne s’adressent et ne s’adresseront jam ais qu’à un très petit\nnom bre, j ’estime qu’au point de vue du but même de l ’A rt socio­\ncratique, ils ne produisent que des œuvres m ortes.\n    — Voilà, franchem ent exprim ées, mes idées à ce sujet. E t je prie\nM. Ghil, et ceux des E c r its p o u r V A r t , des E ss a is de Jeunes, etc.,\nqui com battent pour la cause de l ’A rt sociocratique, — et que nous\napprécions hautem ent comme artistes, — de ne pas voir de parti-pris\nirréfléchi ou d’intention blessante en cette simple divergence d’idées.\nP our éviter tout m alentendu regrettable, ceci m éritait d’être dit.\n                                           R o d r ig u e S é r a s q u ie r .\n  (*) Œ uvre: de René Ghil. I. Dire du M ieux. IV . Le Vœu de vivre. Volum e II,\n1892. — Edition des É crits pour l'A r t.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-032", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 359, "page_fin": 361, "titre_corps": "Henry Kistemaeckers : Mon Amant !", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Touchard", "ancre_debut": "H e n ry K istem a eck ers . — Mon Amant", "ancre_fin": "G eorges T ouchard", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "E m m anu el — En les Landes", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 414, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 90, "fin_caractere_exclue": 2426, "texte": "H e n ry K istem a eck ers . —          Mon Amant !\n             es littérateu rs néo-rom antiques, éparpillés en vingt écoles,\n              et plus, réagissent p ar leurs bijoux d ’a rt contre la litté­\n              ratu re m ercantile et salariée, que leurs consciences répu­\n dient. Confondent-ils avec elle le réalisme? Non, je pense, bien que\n  souvent ils l ’aient déclaré m ort et en terré. Qu’est-ce qui explique\n alors le dédain qu’ils affichent à l’égard de MM. Zola, Goncourt, e t\n consorts? Quelle cause assigner à la déchéance actuelle de l ’a rt\n v ériste? Voici mes hypothèses :\n     1° L ’effrayant ta le n t qu’ont déployé MM. Zola, Daudet, Mau­\n passant, H ennique, Céard, A lexis, e tc ... qui nous rapetisse\n rudem ent, nous, les nouveaux venus.\n    2° Les difficultés d’un travail d’observation nécessitant une\n continuelle tension de la pensée.\n    Cependant, les deux groupes littéraires subsistent, avec des\n différences profondes. Les néo-rom antiques (décadents, symbolistes,\n magnifiques, baudelairiens...) se réfugient dans leur rêve, leur\n pensée, leur tour d’ivoire, leur moi, deviennent de plus en plus\n personnels et subjectifs. Les réalistes se placent carrém ent du côté\n de la vie et de l ’action, cherchent à objectiver, à donner la sensation\n du vrai, l ’illusion que la chose narrée est arrivée.\n    M. H enry Kistem aeckers s’est écarté du m ouvem ent général de\n poésie et de symbolisme. Jadis, il a, comme tout le monde, rim é\ndes vers à la lune, mais pour s’am ender bientôt, et obtenir sa grâce\n par cette prem ière œuvre : L it de Cabot.\n    L it de Cabot, c’est le roman comique d’une troupe de comédiens ;\nseulem ent, l’esp rit cocasse de Scarron est remplacé ici par l ’am er­\ntume des petites choses basses de la vie. C’est une sincère enquête\nsu r l ’existence des pauvres cabots. M. K istem aeckers ne les plaint\npas, ne s’apitoie p as; ses mots n ’ont pas la bouche en cœur. De\nmêm e, il ne pousse jam ais le tableau au noir. Il se contente\nd’indiquer froidem ent, objectivement. E t nous sommes émus p ar\ntoute la lie découverte au fond de l’existence du ténor que nous\napplaudissons certains soirs, et que des triom phes semblent exalter.\n    Les cabots de K istem aeckers sont bien en chair et en os, plantés\nd ’aplomb, débraillés, les pieds dans leurs pantoufles sales. Le décor\n"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2437, "texte": "360                             LE RÉVEIL\n\n\n\n\naussi est saisi sur le vif : relisez la description des Galeries\n    H u b e rt, des boîtes de la rue des Bouchers.\n    Nous avons, avec L it de Cabot, un rom an belge d ’ecriture\nfrançaise, sans nul relent de MM. Camille Lem onnier ou Georges\nE ekhoud.\n    Mon A m a n t! qui vient de paraître chez Flam m arion, reçoit du\npublic un excellent accueil. Je le crois m érité.\n    P au l R ière, un chroniqueur parisien, produit névrosé de\nl ’asphalte, est l ’àm ant, le seul et unique am ant de la féline et\nséduisante M eriem, une divette qui offre plus d ’un point de ressem ­\nblance avec Mlle Y vette Guilbert. L ’état psychologique de P aul est\nanorm al. Il est pris de ce vague malaise qui h an te, depuis le\ncom m encem ent du siècle, les cerveaux surchauffés, et qui a donné\nlieu à mille interprétations d iv erses: René, Adolphe, W erther,\nDes E ssein tes, l'E n fa n t du Siècle de M usset, P h ilip p e de B arrés.\n P aul Rière est un sceptique, un désabusé. Bien qu’il sache encore\n aim er, une fatalité le porte à toujours scru ter, analyser et soup­\n çonner. N aturellem ent, il parcourt toute la gamme de la jalousie :\np résen t, avenir, et passé. Oui, il est ja lo u x dans le passé! Il se\nproduit alors des scènes qui em bêtent la petite M eriem, e t encore plus\nPaul Rière qui décide qu’il ira se guérir bien loin, en pleine nature.\nMeriem accepte son départ; c’est le point faible du livre : les\nam oureux se q u itten t trop facilem ent, d’un cœ ur trop léger.\n    P au l R ière v it alors de cette vie saine de campagne, qui ab ru tit\net réconforte. Des aventures rom anesques le m ettent en rapport\navec les de Bienne, qui habitent un château, près de la Meuse.\nPaul s’éprend d’Alice de Bienne, une jeune vierge de dix-huit ans,\ncandide et passionnée : il en devient l ’am ant.\n    L a m ort de Meriem dénoue brusquem ent le livre et frappe d’un\ncoup profond l ’esprit de Paul R ière.\n    Deux au tres personnages interviennent, très bien dessinés,\nd’ailleurs : le père et le frère d ’Alice. G ontran a vu sa sœ ur se\nlaisser em brasser par R ière. Il ne somme pas le journaliste de\ns ’expliquer. Oh! non. Plongé dans une dêche noire, il se contente\nde faire ch an ter sa sœur. La situation, neuve et scabreuse, est d’un\nréalisme frappant.\n    Une langue claire et sobre, un sentim ent vrai de la nature, des\ndialogues vifs et vrais, voilà les qualités de ce livre, moins\n"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 969, "texte": "                                 L E R É V E IL                           361\n\n\ndocum enté, p eu t-être, mais m ieux écrit que L it de Cabot. P o u r la\np lu p art des jeunes, bien écrire consiste à se servir de beaucoup de\nm étaphores. Je me contente, moi, d ’une langue claire et expressive,\nqui n ’em pêche pas des trouvailles comme : « les am oureux cocori-\nqu a n t autour d’une m aîtresse... » « s'i n tim ise r à la ré a lité ... ».\nVoilà de bien petits détails, me direz-vous. E h! non. C’est l ’indice\nd ’un tem péram ent d’artiste. Ces expressions, appelées p ar l’idée,\nviennent d’elles-m êm es, sans préparation : C’est pourquoi elles\nplaisent.\n    Je me résum e : le fond du talen t de M. H enry K istem aeckers\np araît être un intense scepticisme. Il s’est incarné en P aul R ière,\nle poète m ort jeune, et dont les illusions se sont écroulées comme\nun château de cartes.\n                                                  G eorges   T ouchard.\n\n\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-033", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 361, "page_fin": 362, "titre_corps": "Emmanuel Delbousquet : En les landes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Frédéric Friche", "ancre_debut": "E m m anu el — En les Landes", "ancre_fin": "F rédéric F r ic h e", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "E m ile L e co m te . — Papillons et Papillotes", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 416, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 969, "fin_caractere_exclue": 2224, "texte": "E m m anu el                  — En les Landes.\n                      D e lb o u s q u e t.\n\n                         I. Le lointain Cor\n                  (Avec une préface de R e n é G h i l ) .\n\n\n         e livre m ’a ébloui : en vain chercherais-je des vocables\n          grandiloquents pour exprim er mon adm iration : Im pératif\n          s ’impose un mot : m erveilleu x, en ses accords profonds\nd’images évoquées; je crois qu’avec ce m ot s’éveillera chez les frères\nqui auront lu ce récent poème, la vision de ses larges splendeurs.\n   Laissons les vaticinations naïves appelant l ’hum anité vers l’utopie\ndu Bien; dédaignons aussi l ’égoïsme plaintif et vain qui se com plaît\nen puériles m inuties : mais allons vers la grande N ature, seule\nadoration possible, car elle est la grande Beauté. E t loin de la Ville\nsacrilège, ensevelissons nos rancœ urs dans ses couchants magnifiques,\ncautère à nos plaies.\n   Je m ’incline devant le glorieux poète qui nous est venu, d’exquise\nsensibilité mais jam ais étalée, et devant la splendeur des vers\nimpeccables et si la tin s , qui chantent, vibrent, rougeoient et\nfleurent, évocateurs de l ’Autom ne ensanglantant les chênes blessés\nqui :\n\n          Sem blent des bas-reliefs où se meuvent des ombres,\n"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 655, "texte": "3 62                                L E R E V E IL\n\n\n\ndes galops d ’étalons vers les pouliches effarées, dans le souffle sain\ndes bruyères m arines ; des cors chantants en les crépuscules des\npinèdes odorantes ; des taureaux affolés bram ant :\n\n            ... de stupeur vers les brumes des soirs\n        Que signent des feu x clairs en m iroitantes rides.\n\n   Livre inouï! Et de début : car, nous dit René Ghil en préface,\nEm m anuel Delbousquet n ’est âgé que do dix-huit ans.\n   Celui-Là sera très grand : p rêtre im puissant du beau, je salue en\nlui le libérateur.\n                                                     F rédéric F r ic h e .\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-034", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 362, "page_fin": 362, "titre_corps": "Emile Lecomte : Papillons et papillotes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Frédéric Friche", "ancre_debut": "E m ile L e co m te . — Papillons et Papillotes", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 417, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 655, "fin_caractere_exclue": 1593, "texte": "E m ile   L e co m te . —       Papillons et Papillotes (*)\n\n\n         eRcueil de poésies avec épigraphes de J. B. Rousseau,\n           Souvestre, A. Lefèvre, P . Delhaye, V. Compas, Cfnàtrian\n           et Camille N atal, dédicaces à « M. E . N . .., membre\nouvrier de p lu sieu rs conseils », pièces de circonstance, tendres\nrêveries, aveux tim ides, etc. :\n\n                            J 'a i toujours aimé\n                            L ’humble pâquerette\n                            N aïve fleurette\n                            D ont la collerette\n                            M ’a toujours charmé.\n\n   P a rle r ici de critique littéraire serait un m onstrueux dévergon­\ndage de m ots, ces petites bétises-là ne relevant de la litté ra tu re\nni de la critique. Je vais m ’en abluer le cerveau, avec du Verlaine.\n                                                     F rédéric   F rich e.\n\n\n\n\n (*) P oésies. V erviers, G ilon, éditeur.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-035", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 363, "page_fin": 364, "titre_corps": "De Liège : 1re exposition du Cercle des Beaux-Arts", "titre_sommaire": "De Liège. 1re Exposition du Cercle des Beaux-Arts", "rubrique": "", "signature_source": "Josse d’Ailleurs", "ancre_debut": "De Liège 1re E xposition du « Cercle des B eaux-A rts »", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 418, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 164, "fin_caractere_exclue": 2217, "texte": "De Liège\n           1re E xposition du « Cercle des B eaux-A rts »\n                   — M onsieur Xavier F rancotte\n\n           'LÉ m u la tio n , à Liège, est une coalition de bourgeois cossus\n             plus ou moins inintelligents qui se proposèrent jadis de\n             protéger l ’a rt. P our ce ils se font verser de dix à vingt\nfrancs par jo u r, par quelques pauvres artistes auxquels ils perm et­\nten t d’exposer leurs œuvres dans une à cet effet très désavantageuse\nsalle qu’ils possèdent. En outre tous les m em bres de la dite coalition,\nc’est-à-dire à peu près tous les bourgeois un peu chics, en tre n t\nà l’œil pendant l’entière durée de l ’exhibition.\n   Dans la grande salle faux-gothique de l 'E m u la tio n , d a m e s et\ndes demoiselles ont mis des fleurs, des aquarelles, et m êm e, hélas,\ndes po rtraits, le tout plus ou moins godiche. — Comme avec les\ndames il faut toujours, e tc ..., nous passerons.\n   Voici des Messieurs très honorables : tout le long des m urs ils\nont appendu d’inoffensifs badigeons. — Si ça les am u se!... M ention\nspéciale : P . J. et M. Antoine Dainef et le suave Daco.\n   Les Élèves d’Académie nous exhibent les résultats de plus ou\nmoins heureux efforts. Cette rem arque : beaucoup ont l’adm irable\ndon de la couleur, aucun n ’a les plus élém entaires notions de dessin.\n— Qu’en pense Mr De W itte, leur professeur? — Deux promesses :\nMM. P el e t W ür th ; un déjà très pur artiste duquel une exquise\naquarelle nous perm et d’attendre avec confiance de définitives\nœuvres : R ichard Heintz.\n   M onsieur Heintz nous mène aux artistes. Ici trois œuvres\nchacune parfaite en sa m anière s ’imposent d’abord : l ' Autom ne\nd’Auguste Donnay, un panneau décoratif d’harm onieuse ém otion;\nsous la claire mélancolie d’un ciel fastueux d’autom ne, emmi le\nvent qui éparpille la vêture d’or de quelque légendaire forêt, une\nfemme chem ine, pensive, inconsciente.— Comment dire l ’indéfinis­\nsable tristesse qui vous arrête devant cette toile!\n   La seconde œ uvre est d’Arm and Rassenfosse : une femme de\n"}, {"page_pdf": 419, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2447, "texte": "364                           L E R É V E IL\n\n\n\ntroublante lasciveté, une Messaline aux blanches dents mordeuses\net dont les sanguines lèvres sem blent faites pour sucer des vies.\nAdmirable de simplicité Mr Rassenfosse, par cette étrange figure\nde femme, sait je te r plus de trouble en l'âme que ne le peuvent en\nleur bizarre a ttirail toutes les sphynges que nous font et nous refont\nnos m odernes peintres.\n   Sans ém otionnante idée, mais si vraie, si sincère et d ’effort si\nconsciencieux la petite toile de Mr M ataive, D écrépitude, est dans\nun genre inférieur un petit chef-d’œuvre.\n   Il est d’autres belles choses encore dans ce salonnet : Deux\np ortraits de grande allure e t si vivants d’Auguste Donnay et,\ntoujours du mêm e, des dessins e t des eaux fortes de si triste, tan tô t\nclaire et tan tô t sombre inconscience. Donnay se classe définitivem ent\nparm i les tout prem iers des actuels artistes, et dès qu’il voudra\nexposer ailleurs qu’en notre bourgeoise cité et aller à l’interna­\ntional public artiste, la critique le sacrera le grand et suggestif\npeintre et poète de ceux qui vont inconscients, sous les fatalités.\n   Rassenfosse a trois très belles eaux-fortes se ressentant quelque\npeu de la h an tise de Rops que l ’artiste subit en disciple e t ami.\n   Nous citerons deux noms encore de chercheurs sincères et qui\ncertes tro u v ero n t un jo u r : Louis Moreels avec ses m iniatures,\nétonnantes de grâce, de fini et de délicatesse. Nous aim ons moins\ndans son ensemble sa grande vue panoramique de Liège, où l’achevé\nde certains détails contraste m alencontreusem ent avec l ’é ta t rudi­\nm entaire d ’autres; il nous semble que c’est là une œuvre à re tra ­\nvailler. Mr Bauër a de bons tableaux quelque peu impersonnels mais\nqui indiquent un laborieux artiste. Ses portraits plaisent, moins\net ont des contours bien peu harm onieux. Les sculpteurs : Oscar\nBerchm ans : son superbe buste d’homme et un beau bas-relief nous\nsont une révélation et font pressentir un grand artiste.\n   Mignon expose une épreuve un peu m alvenue nous sem ble-t-il de\nson beau Combat de taureaux. Sa statuette p o rtra it est bien petite\nsous plusieurs rapports.\n   Une petite lionne de L iebert est puissam m ent et hardim ent modelée.\n   Si on tien t compte des conditions dans lesquelles s’est effectuée\ncette prem ière exposition du jeune Cercle des B e a u x -A rts on peut\nse réjouir de la vitalité du m ouvem ent d’A rt en W allonie.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-036", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 365, "page_fin": 366, "titre_corps": "De Liège : Monsieur Xavier Francotte", "titre_sommaire": "Mr Xavier Francotte", "rubrique": "", "signature_source": "Josse d’Ailleurs", "ancre_debut": "Quittons les A rtistes et dégringolons", "ancre_fin": "J o sse d ’A i l l e u r s", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Conférence du Sâr Péladan", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 420, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 81, "fin_caractere_exclue": 2543, "texte": "Quittons les A rtistes et dégringolons ju sq u ’à Mr X avier F rancotte,\ndocteur, professeur à l’U niversité et en outre bedeau d ’une foule\nd ’églises et de chapelles.\n   D’abord son histoire : il fut un obscur et très pieux sacristain,\nd’œuvres pies très occupé. Mais voilà qu’un jo u r Lombroso envahit\nla m aisonnette de son intellect — et tout s’y bouleverse. — Ah! ces\nm audits italiens, quand laisseront-ils en paix somnoler les fils de\nl’Eglise! Mr F ran cotte s’intoxiqua de Lombroso et alors commença\npour lui une existence de m arty r !\n   Lombroso me semble n ’avoir pas to rt, se dit-il ; mais la foi aussi\na raison, — qui donc alors a raison? Voilà Mr F rancotte étudiant,\nexpérim entant, com pilant, com pulsant; il devient savant, il devient\nanthropologiste et bientôt ' stupéfie le monde p ar une indigeste et\nindigérée compilation, de ses labeurs fruit avorté. Il nomme cela\nAnthropologie crim inelle, et s’im agine, peut-être sérieusem ent,\nav o ir ram ené Lombroso sous le parapluie du V atican.\n    Ce Lombroso nous fait rire un peu; Mr F rancotte beaucoup.\n   A rrivons au fait : à l ' Union C atholique, sorte de visqueuse\nligue du doctrinarism e clérical et tête-de-pipesque, le bon Mr X avier\nfait une conférence sur la D éséquilibration mentale dans la littéra ­\nture contem poraine, en-tête qui ronfle très avantageusem ent.\n   Dans la conférence il est prouvé, irréfutablem ent, que F laubert,\nles Goncourt, B arbey, B au d ela ire — oh, surtout Baudelaire! —\n étaient des toqués — parfaitem ent M onsieur, des archi-toqués!\n   Comme preuves : quelques boutades et gouailleries plus ou moins\nauthentiques que se seraient perm is ces génies, leur sensibilité\ndélicieusement affinée, et surtout — oh oui, surtout! leur m éprisante\nhaine du médiocre, du lion, du bourgeois bête et mesquin.\n   Débiter telles crétineries, le bon sacristain — jadis on disait\ncuistre — l’appelle faire de l ’A nthropologie!... Mr F rancotte ne\nveut pas que les crim inels soient des épileptiques, des irresponsa­\nbles; mais il s’accomode parfaitem ent de l ’idée que le génie est une\nforme de l ’épilepsie.\n   Comme devait béatem ent sourire l’évêque de Liège dont la figure\nonctueusem ent épanouie présidait à ce déballage ; comme se devaient\nsentir à l ’aise les bourgeois et nobillons auditeurs, quand le <1 savant\nprofesseur » débita d’une voix émue cette exquise péroraison :\n    « L 'a u rea m ediocritas n ’est pas vraie pour la fortune seulem ent:\n"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1180, "texte": "366                               L E R É V E IL\n\n\n\n» elle l ’est aussi pour l ’intelligence. Quand on considère la triste\n» destinée qui paraît être le partage des esprits d ’élite, on se\n» résigne plus facilem ent à la médiocrité et l’on se félicite d’échap ­\n   per à tan t de soucis et à ta n t de déceptions » (*).\n   Le bienheureux Mr F rancotte !\n   On sait que depuis longtemps les génies sont les têtes-de-turc d es\nnos soi-disant «catholiques» et que l ’a rt leur p araît la pompe et les\nœuvres de Satan. Ils ne se contenteront plus désormais d’affamer\nles grands hommes, de les conspuer, de les ignorer (voire de les\nexcommunier) — tels Hello, V illiers, Baudelaire, V erlaine, Bloy :—\nils finiront par dem ander leur collocation en un asile quelconque,\noù le savant anthropologiste Mr F rancotte étudiera leur cas.\n   Les Bourgeois que Dieu commit à la garde de la Foi p réparent\ndes Charenton pour les Thom as d ’Aquin, les François d ’Assise,\nles B onaventure, les M arbode, les Anselm e, les Dante de l ’A venir,\net des Salpétrières pour les futures Sainte-T hérèse.\n                                                        J o sse   d ’A i l l e u r s .\n\n\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-037", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 366, "page_fin": 367, "titre_corps": "Conférence du Sâr Péladan", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Rod. 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Péladan, mage authentique et ré v é lé ,—\n             aussi de passage en notre pays pour donner une m atinée\n             littéraire pendant l’exposition du cercle P o u r l 'A r t , —\nest venu nous dispenser l ’aiguail de ses bonnes paroles au Cercle\na rtistiq u e et littéra ire.\n   Tête de C hrist : barbe et cheveux noirs, fins, bouclés, frisottés,\n— on d irait d ’un grand tu rb an , — justaucorps de moire et ra b at\nde dentelle, le Sàr nous a parlé, sans plan bien défini, de la Magie,\ndu M ystère, de l’Amour, de l ’A rt.\n   La prem ière partie de sa conférence fut de com préhension assez\ndifficile : la quintessence en est que, pour lui, la Magie est l’idéal\nde la vie intellectuelle, la conception, la réalisation et la sublimation\nfinale du M oi; — et le M ystère, une zone interm édiaire entre la vie\n\n\n  (*) In-extenso dans cette chère Ga z ette de Liège.\n"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2416, "texte": "                                L E R É V E IL                           367\n\n banale et Dieu, zone accessible à de rares élus, esprits supérieurs.\n     Lorsqu’il nous en tre tin t de l ’A m our, le Sâ r fut mieux entendu.\n P o u r lui, Cupidon est tro p ... concret; il lui préfère Erôs, l’Am our\n ab strait.\n     M ortels, les joies incom parables de l’Am our ne sont qu’un vain\n le u rre ! P a r les peines dont il est cause, nous rachetons largem ent\n les jouissances que parfois il nous procure, et expions en outre toutes\n nos fautes, tous nos péchés. L’homme et la femme sont créés pour\n qu’en un hym en expiratoire, ils se servent m utuellem ent l’un de\n bourreau, l ’autre de « bourrelle! »\n    E n p assant, le conférencier flagelle « M onsieur B ichet », Alfred\nde M usset, Schopenhauer, et dit W ag n er dangereux, — bien\n qu’adm irable, — dans T rista n et Y s e u lt, p ar exem ple, car « Y seult\nreprésente les colonnes d’Hercule de la passion ». Il exprim e aussi\nce délectable aphorism e : \" toute femme qui trouble, corrom pt; la\nfemme est faite pour apaiser; » — et donne au double cœ ur féminin\nle doux nom de ruac.\n    Relevons encore cette interprétation de la création de l ’homme :\n« les anges projetèrent leur ombre sur le sol, et ce fut le schém a de\nla forme hum aine » ; — et de la femme p ar le dédoublement de\nl ’androgyne p rim itif en son principe actif e t son principe passif.\n    Enfin, l’au teu r de l 'Ethopèe de la Décadence L a tin e exprim a,\navec les lois de l’E sthétique, ses opinions, — idéalistes, — sur\nl’A rt, qu’il définit: «l’ensemble des moyens expressifs de la Beauté».\nIl nous parle de l’hiératism e dans l ’A rt, influence accusée dans\nl ’École F lam ande; — . m ontre qu’en Belgique, plus que partout\nailleurs, la religion se fait entretenir par lu i; — et compare l’A rt\ncontem porain à la T itania de Shakespeare, qui couronne de roses\nun âne.\n    Le Sâr term ine par la lecture du Coran de la Rose + Croix, écrit\nen un style charm eur, — c’est une justice à lui rendre, — véritable,\npoème en prose, avec alinéas débutant pour la plupart par un\nalexandrin, sem blablem ent aux cantiques de Nebo, en le R itu e l\nd 'A m o u r du rom an \" A cœur perdu \" .\n    Ce fut une soirée déconcertante pour le gros du public, mais\nféconde en douces jouissances pour les E sthètes — non impassibles!\n\n\n                                                       R od . S queer.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-038", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 368, "page_fin": 368, "titre_corps": "Au Chat Noir", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "F. F.", "ancre_debut": "Au Chat Noir eC félin subtil", "ancre_fin": "F. 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F.\n\n                        "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-039", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 368, "page_fin": 369, "titre_corps": "Au Grand Théâtre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "J. 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La voix est claire, d ’un tim bre agréable,\nsavam m ent conduite, et la diction fort nette. Mais Melle Priollaud\na le grand to rt de se surm ener outre m esure. Tout dernièrem ent,\nelle a , en une sem aine, tenu cinq rôles différents. P a r m om ents,\ndéjà, la fatigue se fait sentir.\n"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2283, "texte": "                                    L E R É V E IL                              369\n\n\n\n    Mme Boulland, elle aussi, a su rapidem m ent conquérir les suffrages\n du public, notam m ent par son interp rétatio n superbe de Carmen et\n de Rose F riq u et.\n    P o u r l’emploi de forte chanteuse, on en est encore aux tâtonne­\nm ents. Melle B riard et MmeDuzil ne sont pas parvenues à contenter les\nhabitués. La direction s’occupe activem ent de leur rem placem ent.\n    Du côté des hommes il y a comme ténor de grand opéra M. M errit.\nBien que déjà longtemps sur les planches, il semble n ’avoir guère\nperdu de ses très sérieuses qualités de ch an teu r : sa voix sympa­\nthique a, surto u t dans le hau t, conservé un éclat vainqueur.\n    Le ténor léger, M. Galand, vient après MM. Boon et Génin, qui\navaient été jugés insuffisants. Il a débuté voici quelques jo u rs dans\nle B a rb ier de S éville qui a été pour lui un réel succès. Il nous plaît\naussi beaucoup dans le rôle de F aust.\n    MM. P allu et Lebreton, sont deux barytons de valeur. Le prem ier\nest aussi bon chanteur qu’il est mauvais acteur. Le second a des qua­\nlités très réelles de voix et de mimique : il a joué le rôle de Figaro\nd ’une façon point du tout vulgaire. Nous nous plaisons à féliciter\nici cet artiste consciencieux.\n    MM. L o u y re tte e t F a b ry , basses, o n t le u rs bons m oments. Ce dernier\ns’est tiré fort à son honneur du rôle de C apulet dans Roméo et Ju liette.\n    Q uant à la basse chantante, M. Jacquin n ’a fait ici que p araître,\net M. Dejean, qui re tard ait ses débuts pour cause de m aladie, nous\nassure-t-on, est rem placé m om entaném ent par un lau réat de notre\nConservatoire, M. Jules Bresou qui s’est fait applaudir pour son in­\nterp rétatio n de Méphistophélès.\n   Outre l ’habituel contingent de pièces faisant partie du répertoire,\ncourant, quelques nouveautés ont vu la ram pe : l’A m o u r M ouillé\nde V arney, m usiquette gentille et poème nul ; G illette de N arbonne,\nd ’A udran, qu’on a presque sifflée. Enfin un ballet de P aul d ’Acosta,\nqui renferm e de bons passages.\n   M. E . B ayard pour sa bonne volonté et ses efforts m érite des en ­\ncouragem ents et toute notre sym pathie.\n                                                                             J. 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Fontenelle et, R ich et sont venus cet h iver reprendre\n               le bon com bat déjà engagé l’année dernière; il convient\n               de les féliciter hautem ent de leur courageuse entreprise :\nla tâche d ’une troupe de comédie en province est rude : il faut un\nrépertoire énorme et très rapidem ent déroulé, pour contenter un\npublic peu renouvelé, à Gand surtout, ville pauvre m algré ses\ndeux cent mille âm es, et où l ’élém ent flottant fait com plètem ent\ndéfaut; si l ’on ajoute à cela la fatigue des tournées par les petites\nvilles voisines, on est forcé de convenir que notre troupe est\nabsolum ent héroïque.\n    Elle nous a donné jusqu’ici presqu’au tan t d’ouvrages que de\nreprésentations.\n    Citons to u t d’abord G ringoire et le B a is e r , du grand m aître\nBanville. Le prem ier de ces actes exquis n ’a pas trop mal été\ncompris de notre spirituel public; par contre lui a com plètem ent\néchappé ce délicieux badinage : le B a ise r ; il a bien fallu rendre\njustice à l ’irréprochable interprétation de M. Fontenelle et de\nMme Chabrol, mais c ’est tout.\n    Une fouaillante satire de Ginisty : On ne badine p a s avec\n l'honneur, a été prise par nos bons Gantois pour une petite grivoiserie.\n    L e P rin ce d ’A urec, excellem m ent donné, n ’a guère plu ; à notre\navis, c ’est une bien faible pièce bondée de bien jolis m ots.\n    Succès m érité en tous points pour le Député de Bom bignac, la\nB oule, M a C am arade, l'E tin ce lle et dans un autre genre pour\n Bébé, le P e tit L u dovic, F erd in a n d le N oceur et les Dominos Roses\n (un peu fripés ces dominos).\n    Nous reg rettons que la direction soit obligée, pour a ttire r les\n trém olom anes, de dévider des pelotes de ficelle comme D enise,\n D o ra , B a ta ille de Dam es, M a r ty r e , P a r D ro it de Conquête, etc.\n    La troupe’) est bonne et bien homogène : en prem ière ligne,\n à l ’honneur comme à la peine : MM. Fontenelle, le souple talent\n que nous avons déjà pu apprécier en sa prem ière campagne, et\n R ichet, acteur parfait, ayant beaucoup de discrétion et de goût; —\n qu’il se défie pourtant des rôles trop jeunes, comme dans Bébé.\n"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 371, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 899, "texte": "                             L E R É V E IL                       371\n\n   M. Lapeyre est un artiste de tout prem ier ordre : son talen t est\ntrès personnel, très fin et très varié. Cette dernière qualité m anque\nseule à M. M ontherel qui, à p a rt cela, est irréprochable, et plus\nencore à M. L abranche, qui n ’en est pas moins un des m eilleurs\ncomiques que nous ayons vu à Gand.\n   Du côté des dames, citons surtout Mme Carling, toujours gracieuse\net spirituelle, N antier, Chabrol — trop récem m ent ici pour que nous\nayons pu l’apprécier d’une façon complète — et D argent. Q uant à M11e\nR olla, son hébraïque beauté ne compense pas toujours sa froideur.\n   Les petits rôles sont tenus de la façon la plus satisfaisante; une\nmention spéciale pour MMlles Pillois et G éry, deux charm antes\nnovices qui prom ettent, et tiendront.\n                                                               F.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-041", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 372, "page_fin": 377, "titre_corps": "Tablettes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "TABLETTES L a R é d ac tio n p r é v ie n t le s c o llab o ra", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 427, "page_imprimee": 372, "debut_caractere": 107, "fin_caractere_exclue": 5552, "texte": "TABLETTES\n    L a R é d ac tio n p r é v ie n t le s c o llab o ra­       L e C h a t H u a n t hulule des Contes P i ­\nt e u r s e t a b o n n és que M. J o s e p h D e s­          chottiers, des chansons, d e s vers et des\ng e n ê t s n e r e m p l i t plus a u c u n e fo n c tio n   chroniques antim uflatiques. F ort beaux\na n B é v e il. E lle l e s p r i e e n conséquence           dessins de Carré, E m ile Brunet, H enri\nd ’a d re s s e r to n te s le u r s co m m unica­            Gousse, etc. En un dessin signé Lekram,\ntio n s e x c lu siv e m e n t à la R é d ac tio n ,          nous remarquons la Mort, qui, — affec­\nM a rch é a u x D ra in s , 7 , à G and.                      tée anti-anatom iquem ent de tarses im ­\n                                                              prévus et d ’un nom bre incalculable de\n                           ***                                côtes sternales, —\n             A travers les Revues                                     .fra p p a n t une tombe avec son talon,\n  Souhaitons la bienvenue, ce m ois, à                          Z i g et z ig et za g , jo u e un a ir de danse,\ntrois nouvelles R evues :                                       Z i g et z ig et z a g , su r son violon.\n  L e D r a p e a u , La R e v u e R o u g e et                  C h im è r e p u b l i e u n n u m é ro d o u b le\nP l a t t e r f ü e d ie K u n s t .\n                                                              b ie n m in c e , — m a té r ie lle m e n t, s’e n te n d.\n   L e D r a p e a u , (rédacteur en ch ef F ir-\n                                                              — Beaux vers d e s Chansons E ternelles de\nmin Van den Bosch), débute par une                            Paul Redonnel; B a lla d e d’E ugène Héros\n profession de foi un peu longue et exclu­                    — faut-il faire siffler P S? — Dantesque\nsive. Sans vouloir discuter la possibilité                    prose d’H enri Mazel ; ainsi qu’un por­\nd’un A rt catholique, nous formons le                         trait de Géo M auvère, (ignoré protec­\nvœ u sincère de voir bientôt s’élargir ce                     teur des lettres grecques, ô Paparigo­\ncadre, trop étroit pour une revue de                          poulos!) page et troubadour, collant\njeunes. — Le prem ier n° contient de                          m i-parti, toque h créneaux, et couleurs\n bons vers de Paul Gérardy.                                   de sa Dame, de sa très-gente Dam e, sur\n    L a R e v u e R o u g e , elle, n ’a p a s d e\n                                                              le cœur, le tout par Léon L eclère.\nprogramme : c’est, paraît-il, le m eilleur                        Bienheureuse L a C l o c h e nu gosier\nmoyen de n’y point manquer. — Elle                            vigoureux. Je voudrais bien encore e n ­\npublie du Verhaeren, du Georges E ek­                         tendre, sa voix, sa voix si te. ..e. ,.e.. endre !\nhoud, du Lem onnier.                                          Mais les brumes de Flandre étouffent\n    B l a t t e r f ü r d i e K u n s t débutent par\n                                                              son bruit, et la Poste ne le répercute\n un m anifeste court et serré. Nous y                         plus jusqu’à nous.\nlisons des vers de Stefan George, H ugo                           Du C o i n d u F e u nous recevons un\nV on H ofm annsihal, Edm und Lorm,                            numéro g r is-de-cendre et bien froid,\n Cari R ouge; et, de Paul Gérardy, trois                      depuis la couverture et 1rs p r o s e s , A u\npièces des C ro ix, traduites par l ’auteur,                  p a ys noir, N o ctu rn e, ju squ' aux vers :\net conservant adm irablement leur beau                        Spleen, L es tristes jo u r s . Gémissons! Et\nrythm e français.                                             tisonnons un brin.\n    N ous recevons pour la prem ière fois                         En F l o r é a l , traduits, des fragments\nl ’excellente W a l l o n i e , toute pleine de               d ’A lg a b a t, de Stefan George; Copeaux\n choses délicates, Bignées H enri de R é­                     Irisés, de Célestin Dem blon, A la f o n ­\n gn ier, F ernan d Séverin, Em . V erhaeren,                  taine en f o r ê t de Ch. B ronne, et par\n A.-Ferdinand H érold, e tc ., etc. Quel                       A lb ert Arnay, une chronique sur le\n dommage que ces derniers numéros                             Salon de Gand. — Pas de nouvelles\n soient son chant du Cygne, le Cycle                          depuis longtem ps :\n Septennaire assigné étant révolu. La\n Direction a soin d’en avertir, par une                           J o l i F loréal, qua n d reviendras-tu ?\n note horrifiquem ent éru d ite.                              com me dit Alfred Gauche.\n    L ’A r t S o c i a l , — quelle antithèse!                  L a L i b r e C r i t i q u e a portraicturé ce\n — nous offre un curieux article de G.                        m ois, le peintre Edm ond Van der\n de la Salle, L itté ra tu re de R evues, des                 M eulen, et de charmantes actrices, ainsi\n vers d’Henry de Braisne, On me dit                           que le Sûr Péladan, à qui cette évocation\n va in e m e n t,..., et la P etite G uerre, bien             d’Aphrodite fait pudiquem ent baisser\n amusante.                                                    les yeux. Oh sarcasme !\n"}, {"page_pdf": 428, "page_imprimee": 373, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6204, "texte": "                                                LE RÉVEIL                                                    373\n\n   L ire dans L e M é p h is to les c o rre sp o n ­       Le M r Onraet prénom m é ferait bien\ndances th éâ tra les gantoises, signées                  d’en m éditer la m orale :\nJob II.\n                                                                   G est que souven t p our réussir,\n   L ’E rm itage récapitule le m ouvem ent                      Lorsqu'on entreprend une affaire,\ndes Revues pendant ces trois dernières                           I l ne suffit pas de bien f a i r e ; (?)\nannées. E st-il besoin de dire que les                   M ais p a r le bon coté c'est q u 'il f a ut la saisir.!!!\ndeux derniers sommaires sont m agnifi­\nques? Il nous suffira de m entionner des                     O césure classique, quelles suaves in ­\nvers inédits d’Arthur Rimbaud, d’autres                   versions tu procures à tes adorateurs !\nd’Adolphe R etté, Paul Verlaine, A n­                        L e M e r c u r e d e F r a n c e , qui porte\ntoine Sabatier ; chronique de Karl                        le deuil de G. A lbert Aurier — les morts\nA ugust sur L a Littérature allemande                     vont vite ! — donne de superbes vers du\ncontemporaine ; très fine et profonde fan­                regretté et déjà grand poète. N ous y\ntaisie de Georges F ourest, L a profession                liso n s encore : d E rnest Raynàud, A\nd ’Eusebe Frottemouillard; et aphorismes                 propos du Premier Livre Pastoral, et\ncruels de Paul Masson, sous le titre                      d ’E rnest H ello, Le Secret de M . Renan,\nillicébrant et vertigineux de Yoghi soit                  une lettre fort curieuse, exhum ée de\nqui mal y pense, cueillons :                              L a Revue du Monde Catholique, où elle\n                                                          dormait depuis 1863. P uis des vers très\n   « Quelles orgueilleuses que toutes ces\n                                                         -purs de J ea n Lorrain (d’après Les Idylles\npetites fem m es. A peine ont-elles conquis le\n                                                          du R o i de Tennysson), des extraits du\nmoindre de nous, qu'elles gonflent comme\n                                                          L ivre des Reinesde A .-Ferdinand Hérold,\ndes ballons.                                              L a Dent de Rachilde.\n    « La nature est insensible à nos douleurs.\n                                                              M. Louis Dum ur— dont l ’esprit n 'e st\nN ’est-il pas effroyable de penser que les bois           jam ais à ses pieds, — distille une série\nde la guillotine peuvent jouer ? »                        de subtils Petits Aphorismes sur la litté ­\n   Les E ssais de J eunes donnent des                     rature. Qu’il nous perm ette d’en trans­\nextraits de Maguelone détruite, drame de                   crire quelques uns :\nLouis-X avier de Ricard; une prose d’E m .                    « Un écrivain qui se résout au rôle d ’a­\nDelbousquet, et des vers parm i lesquels                   muser un public devrait vendre ses livres\nLes Tartanes, de P ierre Dévoluy.                          enfarinés comme une tête de pitre.\n    L a F rance M o derne ne nous est pas                     « D ans la littérature qui s'adresse aux\nencore arrivée. “ Je com mence à croire                   foules j ’exige au moins la morale.\nque le facteur n ’est pas B e u l respon­                     « Ce qui f a i t que l ’on lit volontiers des\nsable! „ comme dit quelque part cet                        œuvres manifestement inintelligentes, c ’est\nexcellent M. Hector M alot, ou quelque                     que l ’on éprouve la satisfaction de se sentir\nautre de ces M essieurs.                                   supérieur à elles.\n    L a J e u n e B elgiq u e (Octobre-Nov.)                  Enfin : \" — M . Z*** est notre plus grand\ncontinue h brandir l ’épée fulgurante                      romancier : L ’humanité chez lui n ’est qu'un\nvictorieuse des monstres; lire à ce pro­                   troupeau de porcs. — Non, c’est M . K***,\npos : Questions du jo u r, la Chronique                    l'humanité chez lui n ’est qu’un frémisse­\n Littéraire et le M em ento.il n ous est diffi­            ment d ’ailes d ’anges. — Laissez-moi vous\n cile de choisir; citons cependant les vers                mettre d ’accord. Il n'y a qu'un seul roman­\n de Valère G ille, Albert Arnay, Albert                    cier, c'est M . X ***, de l'école synthétique :\n Giraud, et les proses de Georges E ck ­                   chez lui, l ’homme est un porc ailé ».\n houd et O.-G. Destrée.                                       Un infâm e épicier, à qui nous lisions\n                                                           cet aphorism e, s’est perm is à ce sujet ce\n    L e M a g a sin L i t t é r a i r e incline un         calembour incongru :\n peu vers le bazar à treize. A part le s                      “ E t dans certains romans de cape et\n vers de Paul H arel, et Maurice Dullaert,\n                                                           d’épée, l ’homm e est un porc épique ! »\n rien à applaudir. Une m ention spéciale                   — Frém issons. —\n à l ’étonnant M. Jules Onraet, qui com­                      L e M o u v e m en t L i t t é r a i r e tend à\n m et une fable : Le Singe et les Allumettes.              affoler les sism ographes. M . Jean D el­\n Extrayons, non sans douleur :                             ville s’y livre à une danse de Peau-rouge\n   Accablé de fa tig u e et s u rp ris p a r le soir,       autour d e s poteaux où il a crucifié Les\n   U n voyageur ven a it sous u n arbre s'asseoir           Petits Iconoclastes, brandit son chapeau\n          D ans une fo r ê t (CA m érique.                  calabrais au bout de son tom ahawk et\n   I l éprouva bientôt le besoin de fu m e r                hurle de grands cris de guerre. Plus\n   Et, bourrant une pipe, i l p r i t Pour l allum er,      calmes, des proses du com te Léonce\n          Une allumette phosphorique.                       de Larmandie, de Léon Donnay, de\n"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": 374, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6150, "texte": " 374                                                L E RÉ V E IL\n\n\n\n N estor Outer, et une chronique de Géo                        Un bien intéressant journal, L e s S o i ­\nM eunier sur Marcel Lefrère.                                                        de verviers, — jour­\n                                                            r é e s p o p u l a ir e s ,\n    L ire en L a R e v u e B l a n c h e des P a y ­        nal littéraire, — offre à ses lecteurs une\nsages n eigeux, de Claude Cébel, des                        «Recette pour débarrasser les poules de leurs\nP aradoxes su r R en a n , de Léon B lu m , et              poux ». Nos lecteurs nous excuseront de\nla Chronique de la L ittéra tu re, par Lucien               ne pas la reproduire : le manque de\nM ühlfeld. Que de blancheur !                               place Beul nous réduit à cette triste\n    L a R e v u e G é n é r a l e : beau format,            extrém ité.\nprès de deux cents pages d’excellent                          L e S e m e u r , — qui s è m e pour récolter,\npapier, et rédaction tres respectable.                      comme bien on pense, — offre à la pros­\nU ltérieurem ent nous en analyserons les                    ternation des races futures un petit\nplantureuses beautés.                                       Dialogue v if et animé entre L u i et Elle.\n    Toujours plein e d’intérêt, L a R e v u e               (Rien des Fêtes Galantes). N os ciseaux\nI n d é p e n d a n t e continue Les Soutiens de            ne résistent pas à la tentation de sortir\nla Société, le beau drame d’Ibsen. M . René                 de leur étui :\nGhil y pharamine du V œ u de V ivre; nous                                                 E lle .\ny trouvons encore un F ragm ent de\n                                                              J e c r a in s l ’h u m id ité , m on c h e r , il se f a i t tard.»\nP ierre D évoluy, des vers d’Abel P elle­\n                                                              J e tou sse lorsque f a i r e sp ir é le b ro u illa rd ..\ntier, de Petites polém iques mensuelles\ns ignées G. M ., et de Georges Bonnam our,                                                 L u i.\nune prose bizarre : A narchistes.                          ....Nous iro n s p a r les bois         ................................\n    R o u e n -A r t is t e consacre u n d e ses               D a n s le calm e sa cre d u so m m e il de la ch ose .......\nderniers num éros à l’illu stre Compagnie\nd u Chat-Noir, avec vagues portraictures                                                  E lle .\net autographes échevelés. E xem ple :                         J e v a is m ettre m on ch â le. O les v ila in s Poètes •.\n                                                              T u p e u x b ien m 'appeler ta douce b ien -a imée,\n   L es fe m m e s sont scandalisées                          T u p a ie r a s le docteur s i j e s u is en rhu m ée.\n   D e c 'qui s'passe a u x Champs E lysées.                                   (S ig n e) : C om te A l b e r t d u B ois.\n\n                                                               Nous arrivent au dernier m om ent :\nE n d’autres num éros, R enan, Banvolf,                        Le dernier fascicule (Octobre) de Là\netc.                                                        S o c i é t é N o u v e l l e , la revue interna­\n  L e S il l o n qui toujours :                             tionale que dirige M. Fernand Brouez.\n                                                            I1 est des p l u s intéressants, tantau point\n A côté du S illo n creuse un autre S illo n ,              de vue littéraire qu’au point de vue\n                                                            sociologique et scientifique. T ou t le\nim prim e des proses déchirantes de Jules                  sommaire est à remarquer : de II.\nBonnet, l ’E tern el N a u fra g e, P our l'o u ­           M aubel, un fragment de son prochain\nblieuse A im ée, (dans le bocal de ses pen­                 volum e, Quelqu’un d'aujourd'hui ; de\nsées, comme dit Quasi), bien submer­                       H ubert Stiernet, une nouvelle fort\nsibles, dirait Ronchonot.                                  vivante, Paternelle Scélératesse ; de\n   L e S y l p h e a p r i s son dernier envol             Francis Nautet une très com plète étude\navec des vers de l ’onsard, E m ile B lan­                 sur l’œuvre de Camille Lem onnier; de\ndel, et Léon-L. Berthaut, L a reine                        M. G . Dwelshauwers. la prem ière partie\nM a rguerite à D a m iette. A citer encore                 d’un travail sur Friedrich N ietzsche,\nune prose Bignée Abel Charmeyran, A                        puis deux articles sociologiques, le\npropos d 'u n e S o u ris.                                 Socialisme Rationnel, lettre adressée à\n   L a S yrinx m odule des airs savam­                     C. Delescluze par le philosophe Colins\nm ent cadencés : L e M endiant, la pièce                   et L ’organisation de la Statistique inter­\nici parue de Léon Leclère (Tristan                         nationale du travail par M. Hector D enis.\nK lingsor) ; et de Joachim Gasquet, une                        Les d eu x dernières fulgurations de L a\nm agistrale prose extraite de N arcisse.                   R e v u e M o d e r n e — dont les collabora­\n   M algré l'avancem ent de la Saison,                     teurs professent une sainte horreur pour\nL e B luet parfume encore les guerêts                      l ’élém ent liquide incolore (page 663).—\nde ses ém anations discrètes.                              E xcellen ts numéros. Un caillou blanc\n                                                           Surtout pour X avier de Ricard, Henry\n     V oulez-vous que j e vous raconte                     de Braisne, Lucien Cortambert, René\n     L 'h isto ire d ’u n j o l i B lu e t? (sic)          Boudard, M arius Dillard, André Escour­\n                                                           ro n , E rnest F leury, E . Sauty; et Bon\n   Ce pourrait-être trop long. Passons.                    excellent directeur Charles Bourget,\n"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5086, "texte": "                                         L E R É V E IL                                    375\n\ndont le dernier fascicule publie le por­          la com position de l ’Académ ie de B el­\ntrait. — D’autres bonnes choses encore,           gique, classe des lettres? Ils sont là\nm ais nous devrions copier le sommaire.           vingt-sept; nous défions le plus fin con­\n   H a rm o n ie , revue sociale et littéraire,   naisseur des lettres belges d’en citer\nde propagande et de combat sous l’égide           trois s a n s tricher.\nde la ph ilosophie libertaire. U n peu trop\nde spiritism e cependant. — Vers de Ca­\nm ille Chaigneau; Les parts sociales d’H ec­         N ous publierons un de ces jours la\nto r France. G are les fautes d’impression!       com position de la susdite Académ ie\n   E n dernier lieu — non en dernière             te lle qu’elle devrait être.           ’\nestim e, — L ouvain - J e u n e . journal des        Nous ferons le même travail pour une\nUniversitaires catholiques, spirituel,            Académie Internationale des Mufles.\nvulp in souvent et parfois calem bou­\nresque.                                              Un jou r, dans une grande ville uni­\n                                                  versitaire, l ’hom m e ém inent qui dirige\n                                                  la Bibliothèque, — où comme les r o is\n                  N otules                        constitutionnels il règne et ne gouverne\n                                                  pas, — avisa dans un catalogue de librai­\n  Le recrutem ent de l ’Académie fran­            rie Les deux Masques de Paul de Saint\nçaise est à l ’ordre du jour. Nous propo­         V ictor, s ’im aginant avoir m is la main\nsons une solution absolum ent neuve :             sur quelque antiquaille, il enjoignit au\nd’y nom m er d e s ta len ts .                    bibliothécaire-adjoint d’en l'aire l’acqui­\n                                                  sition . Mais lorsque l’hom me ém inent\n                                                  v it l’ouvrage, sans l ’ouvrir, il clama fu­\n   Le jeu des petits papiers étant tout           ribond : “ Comment, un livre nouveau !\naussi à la m ode, les amis du R é v e il se       Je croyais que c ’était un ancien. Si c ’est\nsont amusés à. form er une liste de con­          comme ça, j ’en veux p a s : il est à votre\nciliation pour une Académ ie française...         com pte ! »\nidéale. Nous transcrivons : Sully Prud’­\nhom m e, Leconte de L isle, Jean R iche­             Au reste, il se passe à cette B iblio­\n  in, Paul V erlaine, Stéphane Mallarmé,          thèque des choses fabuleuses : ainsi les\np Henri de Régnier, Francis Viélé-Griffin,        œuvres dramatiques, par je ne sais\nJosé Maria de H érédia, Jean Moréas,              quelle bizarre disposition du catalogue ,\nGoncourt, Maupassant, Daudet, Catulle             n ’y sont pas considérées comme litté ­\nMendès, A rm a n d Silvestre, Maurice             raires, et le public ne les obtient qu’avec\nR ollinat, Edm . Haraucourt, Charles Le           grande difficulté.\nGoffic, Ta in e, Zola, Hosny, Paul Bourget,          Un de nos amis nous a conté que, il y\nPaul M argueritte, H enri Lavedan, Fran­          a trois ou quatre ans, il demanda un\nçois Coppée, Jean Aicard, Maurice                 jour en lecture Le Passant do Coppée.\nliouchor, Ch. F üster, F élicien Champ-           Il lu i lu t répondu ceci par un des iné­\nsa u r , Gabriel Vicaire, Theuriet, H enri        narrables surveillants :\nBecque, P ailleron, Jules L em aître, Jean           — « M ochieu je peux pas te donnaie\nRameau, Jean Lorrain, Em ile Goudeau,             cha, cha ne pas un ouvrache littrair’,\nMarcel Schwob, H enri M azel, Paul                s’tu ! \"\nA rène, Jules Renard.                                Le bibliothécaire étant absent, notre\n                                                  ami dut se contenter de cette explication.\n                                                     Qu’on nie, après cela, l'influence\n  L e M agasin L it t é r a ir e nous confie      des idées nouvelles sur l ’esprit dos\nque l ’Académie des Science?, n e voulant         masses! Pourtant, nous trouvons le stu­\npas demeurer en reste de gentillesse              v e illa nt bien sévère : ardeur d e néophyte,\navec l ’Académ ie française qui installera        B ans doute.\nsous peu, paraît-il, dans un de ses fau­\nteuils la chim ie de M . B erthelot, a               Un autre de n o s collaborateurs ayant\ndécidé d’ \" ouvrir son se in \" à M. Sté­          demandé au m êm e prépo sé la traduction\nphane Mallarmé.                                   Panckouke des Académiques d e Cicéron,\n                                                  il lui fut répondu, après une dem i-heure\n                                                  de savantes investigation s, que la traduc­\n  Toujours à propos d’Académies.                  tion de Pannekoeke par Monsieur Cicéron\n  Quelqu’un de nos lecteurs a-t-il jamais         n’était pas à la Bibliothèque !\neu la curiosité de lire dans un annuaire\n"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5662, "texte": "376                                         LE RÉVEIL\n\n\n\n    Apologue Oriental. Il était deux fu­                  Parlant de toutes les jeunes écoles\n m istes qui s’ennuyaient, en vacances                poétiques, qu’il confond avec la plus\n dans un hôtel de province. Pour tuer                  aim able ig n o ran c e, le père Cornut cro­\n le temp9, ils créèrent de toutes pièces —            asse gravem ent que, ce qui f rapte à\n telle M inerve, — un jeune poète exo­                travers cette littérature bruyante des jeunes,\n tique, qui à peine né, se m it à pondre              c ’est le désarroi, l'etroitesse et l'anarchie\n des poèm es échevelés, dédiés : A u vieil             dans les idées, dans le langage et dans la\n ami Verlaine, A u cher Verhaeren, en sou­            conduite. Leurs audaces lui font expec­\n venir de ma Sœ ur; A Georges Touchard,               torer ceci : Cette violation perpétuelle des\nfleuriste; A mon cousin D elville. Puis les           règles fondamentales de notre langue et de\n deux compères lui dictèrent une fort                 notre poésie étonnera moins, si l ’on se rap­\n belle é p itre , e t expédièrent le tout à une       pelle que ce sont des Grecs comme Moréas,\n Revue de notre connaissance.                         des Suisses, des A nglais et des Américains\n    Mais les rédacteurs de cette R evue,              qui prétendent améliorer notre versification.\n étant très sagaces, découvrirent le tour,             Camille Lemonnier (? ), Georges Roden­\n et jetèren t, d’abord le s hauts cris, puis          bach, Maurice Maeterlinck, Emile Ver­\n la lettre au panier.                                 hoeren, Albert Giraud (!!) etc., sont\n    Moralité : A beau m entir qui vien t de           Belges !!!!!! (page 228).\nloin.                                                     M . Guy de Maupassant est la mouche\n                       **                             vénimeuse qui se plaît aux purulences, et\n                                                      dont la piqûre imperceptible laisse dans\n   Petites sottises des grands journaux.\n                                                      l'organisme un trouble rongeur, parfois\n   D e notre grand-oncle Sarcey, à propos             mortel! (page 84).\nde la reprise de Ferdinand le Noceur, co­                 Nous regrettons que la place nous\nm édie de G andillot :                                fa sse défaut : il r e ste encore de bien\n   « Ce vaudeville, déjà deux ou trois fo is          belles choses à noter en ce livre remar­\nc e n te n a ire , etc. »                             quable; à propos du charmeur Catulle\n   Dans Amour Mortel, feuilleton de M.                M endès : dans toute société qui se respec­\nCharles M érouvel : « Ce soir-là, le                  terait, et où la moralité publique compterait\ncomte sortit de chez sa maîtresse à trois             pour quelque chose, de pareils livres seraient\nheures du matin! »                                    supprimés, et l ’auteur mis dans l ’impuis­\n   E nfin, de M. Hector M alot, déjà                  sance de nuire! (Charmant, ce dernier\nnom m é, en Madame Prétavoine ;                       euphém ism e).\n   — Tu viens de Condé? s'écria-t-elle.                   E t plus loin : L ’imagination déréglée\n   — Qui te l'a dit?                                  et le réalisme cynique ont contribué beaucoup\n   — Mon cœur!!!                                      à la célébrité de Victor H ugo et de Zola.\n                                                      On y fouaille aussi comme il le m érite\n                                                      l ’ignorant et lourd Flaubert !!!\n    Avez-vous lu . Les Malfaiteurs L itté­                M oralité : Les petits chiens lèven t la\nraires du père É tienne Cornut, S. J.?                patte contre les grands m onum ents.\nN on , n ’est-ce pas . Eh bien, vous avez\ntort! C’est d’une délicatesse exquise.\nLes M alfaiteurs Littéraires, c ’est, d a n s un\nmême sac, la Philosophie, la Critique, la               E n le Journal de Gand du 20 Octobre\nP oésie, le Journal et le Roman contem ­              dernier nous lis ons un Bonnet respec­\nporain. D ’après le père Cornut : L ’exis­            tueusem ent dédié par Frédéric Friche\ntence d ic ta ie n t de Musset fu re n t des fléaux   au tuteur François Coppée :\n(page 186);\n    C’est au bon sens autant et plus encore           M on r êve se ra it d 'être u n m a rc h a n d d e f r i t u r e ,\nqu’à la religion et à la m orale, que Victor          L e long des boulevards e x té r ie u r s , le so ir,\nH ugo a été nuisible; ce talent détraqué re­          D 'e n ten d re g r é s ille r le la r d , et de m 'a sseo ir\nlève de la psychologie pathologique autant            Sous le p e t it a u ve n t où le r é c h a u d fu lg u re »\nque de la critique littéraire. (Ibid.)                M on échoppe a u r a it u n e o d eu r de bon augure»\n    Un seul poète trouve grâce devant ce              A v e c son œ i l de f e u q u i b r ille d a n s le n o ir ,\nnouveau Fléau de Dieu : M. François                   E t j e déb itera is vies f r i t e s , sa n s vo u lo ir\nCoppée!!! P ourtant: C’est un pinson un               R o g n e r les p o rtio n s — la saison est s i d u r e !\npeu léger, (page 191). Comme qualifica­\nt if ornithologique, le mot de Serin ne               J ' en d o n n e ra is g r a tis a u x m ôm es étonnés t\nconviendrait-il pas m ieu x en l'occur­               A u x bons m ûm es p e n s ifs , q u i , les d o igts d a n s le\nrence?                                                C ontem plent l 'é talage avec des y e u x de rêve, [nez,\n"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3842, "texte": "                                                          L E R É V E IL                                   377\n\nE t p u is , i l me serait, à l ' autom ne, très dou x              Les Barbares, drame en 5 actes par\nD e s u iv r e d u r e g a r d d a n s le jo u r g u i s'achève   Paul Gérardy.\nL ’o u v riè r e q u i p r e n d u n corn et de d e u x sous.       D it un page, plaquette de vers par\n                                                                  Rem y d e T ylves.\n                                                                    E t un volum e de Grégoire Le R oy,\n                                                                  dont nous ignorons encore le titre.\n   On nous prie d’annoncer la prochaine\napparition de L 'A s de Trefie, journal\nlittéraire dirigé par MM. Mauvère,\nTouchard et F rappart. Un bel atout                                  Pour paraître le 15 D écem bre chez\ndans le jeu des jeu n es.                                         A le x is M oens, (G alerie Bortier), Bruxel­\n                                                                  les :\n                                                                           L ’A m a n t d e s R o s e s\n   N otre collaborateur Frédéric Friche                                      par Georges Touchard,.\ntravaille à un poèm e qui aura pour titre\nLes Mirages.                                                        Les souscriptions sont reçues par\n   L ucien De Busscher (qui abandonne                             carte postale chez l’éditeur et aux bu ­\nson pseudonyme de Jean N ovis; prépare,                           reaux du R é v e i l . Prix : 2 francs.\nlu i, Les Rosaires.\n                                                                   '' N otre charm ante consœur liégeoise,\n                                                                  F l o r é a l , v a , nous\n                                                                                           apprend-on, être\n   Pour paraître prochainem ent chez                              com plétée et réorganisée. F l o r é a l pa­\nLacomblez :\n   Quelqu'un d'aujourd'hui, par H enri                            raîtra à p a n ir de Janvier prochain, deux\nM aubel.                                                          fois par m ois. L ’un des deux numéros\n   Silhouettes et portraits, (2 vol.) par le                      du m ois contiendra une chanson popu­\nbaron de H aulleville.                                            laire de la W allon ie; l’autre sera ac­\n                                                                  com pagné de la reproduction de quelque\n   A u siècle de Shakespeare, par Georges\nEekhoud.                                                          chef-d’œuvre de l'a r t m osan, ancien ou\n   N oël fin-de-siècle, album de Christmas,                       m oderne. Le but de cette innovation :\n                                                                  rattacher le m ouvem ent actuel aux\nrimé par Théo Haunon, illustré par A.\nLynen.                                                            profondes et ignorées sources qu’il a\n  Le Château des Merveilles, par Valère                           dans un passé très-reculé.\nGille.                                                                Cordialem ent nous applaudissons à\n                                                                  cette entrep rise vraim ent artistique de\n   Sous la Couronne, par Albert Giraud\n   Chez divers :                                                  notre confrère Paul Gérardy.\n   Scélératesse paternelle, par Hubert\nStiernet.                                                                                      F. F. et R . S.\n   Les Récits de Nazareth, par E ug. De­\nm older.\n  'From Home, par Aug. Vierset.\n   Aurora, par Célestin Demblon.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-042", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Table des matières", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "T A B L E D E S M A T IÈ R E S LUDOV IC AG-YO-BÉ", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 433, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 4014, "texte": "T A B L E D E S M A T IÈ R E S\n\n\n                                                           LUDOV IC AG-YO-BÉ\n\n                                                                                                                                                          Page\nTrouvères                               ................................................................................................................... 2 44\nC ru cifîm en t............................................................................................................................................ 356\n\n                                                              A L B E R T ARNAY\n\nA v r i l . ...................................................................................................................................................196\nQuelques m o t s ......................................................................................................................................299\n\n                                                               VALMY BAY SSE .\n\nT r is te s s e .........................                                                                                                                   280\n\n                                                               C A T U L L E BL É E\n\nL 'A m o u r s'en vien t .. s'en v a ...............................................................................                                        230\n\n                                                  CH RONIQUES ART IS TIQ UES\n\nExposition É m ile C lans..................................................................................................................... 58\nExposition M aurice B e k a c r t ....................................................................................................... 123\nExposition F ern a n d A e l m a n ....................................................................................................... 123\nM . F ra n tz M elchers                                                                                                                              156\nQuatrième Exposition de l ' Union des A rtistes des F landres. . .                                                                 . . .             188\nExposition B a r o n .................................................................................................                               19°\nL e S a lo n T rien n a l        ................................................................................................................... 3 r 3\nDe Liège, 1re exposition du Cercle des B e a u x -A rts .                                                                                            3^3\n\n                                                 CHRO NIQUES L I T T É R A IR E S\n\nAutomnales, de Carlos du F a y .............................................................................................. 28\nFleurs de Mauve, de Legrand du F resn e................................................................................. 59\nContes et Nouvelles, d ’Alfred L a v a c h e r y .................................................................................60\nLes Lourty,                    Id.               ..................................................            . . .               61\nCoups de Plume, de Firmin Vanden B o s c h ......................................                        . . . .                   92\nÉchos P laintifs, de Georges C a r l i e r ....................................................................................... 93\nLes Chansons Naïves, de Paul G é r a r d y ............................................................................... 124\nEn Pays Flamand, de A. Heins et G. M e u n i e r ............................................................. 125\nCycle Patibulaire , de Georges E e k h o u d ............................................................................... 147\n"}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 6020, "texte": "                                                                    L E R É V E IL                                                                        379\n\n\n\n                                                                                                                                                         P ig e\nL e J a r d in de l'A m e , de Fernand R o u s s e l .........................................................................150\nD am e de V o lu p té, de Cam ille L em onnier. .                                                                                            152\nD o m in ica l, de Max E ls k a m p ....................................................................................................... 153\nH isto ire des lettres belges d'expression fra n ç a ise , de F rancis Na u t e l . . . .                                                   185\nRoses d 'A u to m n e , de Jules S o t t i a u x ..................................................................................... 186\nB ru g es-la -M o rte, de G eorges R o d e n b a c h ...............................................................................215\nL a F in des B ourgeois, de Cam ille L e m o n n ie r ...................................................................216\nH ild -H y llia , de Jules S a u v e n i è r e ........................................................................................... 217\nChansons p o u r M im e, de Catulle B lé e ..................................................................................... 219\nSérénité, de Léon D on n ay ............................................................................................................. 221\nL e Fou R aisonnable, d’Arnold G o f fin ..................................................................................... 245\nP rin tem p s som bre, de Charles C u d e l l ..................................................................................... 248\nT ryptique des Châtelaines, de Tristan K lin g so r ............................................................. 249\nL ' A dolescent C onfidentiel, de Michel F é l i n e ................................................................... 250\nB o is ton S a n g , de Pierre D é v o lu y ...................................................................................... 282\nB a lla d es R usses, de Hector H oornaert.....................................................................................284\nL a F in des D ie u x , de Henri M a z e l .....................................................................................309\nA u Ciel, de Jean C a s i e r ............................................................................................................. 311\nL es H o rizo n s H a n tés, de Jean D e l v i l l e ...............................................................................311\nL es A m a n ts de T a illem ark, de Maurice D e s o m b ia u x ...................................................... 357\nL e V œ u de V ivre, de René G h i l ........................................................................................... 358\nM on A m a n t ! d’H enry K istem a eck ers.....................................' .............................................359\nE n les landes, d’Em m anuel D e lb o u sq u e t...............................................................................361\nP a p illo n s et P a p illo tes, d’E m ile L ecom te...............................................................................362\n\n                                                    CH RONIQUES M USICALES\n\nAu Conservatoire. D istribution des P r i x .........................................................................                                    26\nPrem ier C o n c e r t ..................................................................................................................................91\nLes Concours de Chant du C o n s e r v a t o ir e .........................................................................251\n\n                                                 CH RO NIQUES T H E A T R A L E S\n\n                                                       22, 55, 88, 119, 318, 368\n\n                                                                CO NFÉREN CES\nG ustave F réd érix .                                                                                                                                         30\nE d m o n d H a r a u c o u r t............................................................................................................................30\nM elle P o p e l i n ........................................................................................................................................ 58\nG ustave F r é d é r i x ................................................................................................................................ 127\nM aurice D e so m b ia u x ..........................................................................................................................127\nLe S â r P éladan . . . .                                                                                                                                  366\nM r X a v ie r F rancotte......................................................................................................................... 363\n\n                                                       EDM OND D E F F E R N E Z\nA u P ays du C h a r b o n ......................................................................................................................46\nL e B i l l e t ......................................................................................                                         183\n\n                                                  CHARLES DEL C H EV A L ER IE\nL es I n g é n u s .........................                                                                                                              138\n"}, {"page_pdf": 435, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5702, "texte": "380                                                                  L E RÉ V E IL\n\n\n\n\n                                                            JO SEPH D E S G E N Ê T S\n                                                                                                                                                               Page\nGeorges R o d e n b a c h ..............................................................................\nC r o q u is ..................................................................................................................................................... 44\nC eux de là-bas.............................................................                       . . . .                                                      114\nR éveil d 'A m e s ...................................................................................................................................... 203\nRêve de S i n g e s ................................................................................................................................ 204\n\n                                                      MAURICE DESO M BIA UX\nPaysage d 'â m e . . .                                                                                                                                         19\nL a F e n ê tr e .........................                                                                                                                    104\n\n                                                             P IE R R E DÉV OL UY\nA venturine .                                      .                                                                                                            77\nB a l l a d e ...........................................            .                                                                                       337\n\n                                                                 LÉON DO NNAY\nL e So n n et de S y r ia c ...............................                                                                                                   250\n\n                                                            GEORGES EEK H OU D\nL es P rétendants à la Couronne . . . .                                                      .                                                     226, 263\n\n                                                               CARLOS DU FAY\nSym phonie B lanche .                                                                                                           .                       - 7 9\nP ierrot T riste . . .                                                                                                                                        13g\nL ' Inoublièe . . . .                                                                                                                       . . .            174\nR êve de S o ir . . .                                                                                             .. . . .                     .             200\nInvocation . . . .                                 . . .                                    . . . .                    .                   .                 297\n\n                                                             MARCEL F L E U R Y\nClair de lune . . .                                                                                                                                          356\n\n                                                         CH ARL ES FRAPPART\nSéparation .                         .                                                                   .                                            20\nLes P rin cesses.................................................                                                                           . . .    135\nC o n so la tio n ..........................................................                                                                 . . . .                    ..202\nLégende .                     .                                                                                                             . . .    306\n\n                                                            F R É D É R IC FRICHE\nGethsem a n i ............................................................................................       . . .                    .               9\nTrésors S o m b r e s .................................................................................................................................. 38\nL es L a u r i e r s .........................................................................           . .                                             68\nL e serm ent du C h r i s t ...................................................................                   .                                    144\nSonnet . . . .                                                                                                                                         198\nArgo.............................................                                                                                                            243\n                                                                P A U L GÉRARDY\nP rière N o i r e .......................................................................................................        259\nChansons d 'A u to m n e .........................                                                                               327\nE t ils le chassèrent de leur v i l l e ...................................................................................... . 328\n"}, {"page_pdf": 436, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5593, "texte": "                                                                      L E R É V E IL                                                                          381\n\n\n\n\n                                                                 V A L È R E G IL L E\n                                                                                                                                                               P age\nL 'E n d o r m ie .......................................................................................................................................          8\nA b e l .........................................................................................................................................................171\n\n                                                           EDM OND G L E SE N E R\nF leurs m oro ses......................................................................................................................................355\n\n                                                      ARNOLD GOFFIN\nForet E n c h a n t é e ............................................................................................................                                      21\n\n                                                              P IE R R E HANCART\nI l l u s i o n .....................................................................................................................................................14\nP ensers en d e u illis..................................................................................................                        . . .               35\n\n                                                               JOSÉ H EN N E BIC Q\nCroquis . . .\nL ' A g n e a u ............................................................................................................................................ 193\n\n                                                            T R IST A N KLINGSOR\nC a n tilln e p o u r m a bonne D am e la L u n e ............................................................................... 136\nChansons de V i o l e ......................................................................................................................... 213\nL e M e n d i a n t ......................................................................................................................................237\nL 'A d o lescen t du M issel c h a n t e .................................................................................................307\nThrene à la C h â te la in e ................................................................................................................... 347\n\n                                                                H U B E R T K RAINS\nL es Poèmes en prose d ’A r th u r R i m b a u d ................................................................................. 97\n\n                                                           A LFR ED LAVACHERY\n L e R o i est m o r t .................................................................................................................................. 70\n C h a r l e m a g n e ...............................................................................\n\n                                                          CAM ILLE LE M O N N IE R\nF r a g m e n t .............................................................................................................................................. 33\nL a F in des B o u r g e o i s .................................................................................................................... 129\nL es Supercheries du T h é â t r e ....................................................................................................... 321\n\n                                                                 LÉON LUCY-M AR\nL e s C o r n e ille s...............................................................................                                                             45\nTrès A n cien n e C h a n s o n ....................................................................................................................137\nI n s ta n ta n é s ............................................................................................................................................ 141\nA u x B r u n e s ......................................................................................................................................308\n\n                                                              GEORGES MARLOW\nC a n t i l è n e ....................................................................                                                                            17\nP r o p h é t i e ............................................................................................................................................ 103\nS o u v e n a n c e .............................................................................................................................................143\nV e r s .........................................................................................................................................................209\nL i e d .........................................................................................................................................................279\nTes Y e u x ............................................................................................................................................ 279\n"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5347, "texte": "  382                                                                  L E R É V E IL\n\n\n\n\n                                                             ANTONIO MARQUES\n                                                                                                                                                              Page\n N u it de p o è t e .......................................................................................................................................339\n L a dernière p a g e ................................................................................................................................341\n\n                                                                  GÉO M AUVÈRE\n\nSydoine a u x Y eu x d 'O r ...............................................................................................................18\nM es trois A m oureuses blondes.................................................................................................. 39\nÉ la in e C h â tela in e................................................................................................................................112\nA u x É to iles! ...................................................................................................................................... 142\nG a la m m e n t .................................................................................................................................271, 353\n\n                                                                     J E A N NOVIS\n\nV ie de F l e u r ........................................................................................................................................ 41\nC œ ur M o r t ....................................................................................................................................... 116\nL a P rom enade des P rin c e sse s.................................................................................................. 140\nD é s o la n e e s ............................................................................................................................................205\nL à-bas au D étour du C h em in ........................................................................................................239\nP l u i e ........................................................................................................................................................ 295\nLe L iv re du Tabernacle S p i r i t u e l ...........................................................................................335\nV e r s ........................................................................................................................................................ 341\n\n                                                                RAYMOND NYST\n\nA u x fé m in ité s e r r a n te s ....................................................................................................................257\n\n                                                        EDM OND R A SSE N FO SSE\n\nC h a n so n ..................................................................................................................................................281\nD e : D it u n P a g e ......................................................................................................................... 346\n\n                                                              P A U L R ED O N N E L\n\nA n a b a s e ................................................................................................................................................... 106\n\n                                                        GEORGES RODENBACH\n\nD im anche au B é g u i n a g e ...................................................................                                                                4\n\n                                                            F E R N A N D R O U SSEL\n\nD é c e p t i o n .................................................................................................................... . .         34\nLes B lanches F i a n ç a i l l e s ............................................................................................................. 161\n\n                                                       RO DRIGUE SÉR A SQ U IER\n\nR ondels            ...............................................................................................................................................13\nB a l l a d e .................................................................................................................................................... 43\nM u s é e .................................................................................................................................................... 69\nL ’Ile E n c h a n t é e ................................................................................................................................ 184\nP u rifica tio n ............................................................................................................................................ 232\nV œ u ......................................................................................................................................................... 344\n"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4389, "texte": "                                                                    L E RÉ V E IL                                                                            383\n\n\n\n                                                           F E R N A N D SÉ V E R IN\n                                                                                                                                                             Page\nV e r s .......................................................................................................................................................... 63\n\n\n                                                             CH ARLES SLU Y T S\n\nP o u r l ’O r g u e ille u s e ............................................................................................................................ 12\nP ierrot au P a ys du T h sin ......................................................................................                         .            199\n\n\n                                                            H U BE R T ST IE R N E T\n\nL e V o y a g e ......................................................................................................................................-         65\nS o l é a l .................................................................................................................................................. 289\n\n\n                                                                     TABLETTES\n\n                                                               31, 63, 95, 128. 159, 191, 223, 254, 287, 319, 372\n\n\n                                                               LA TÉ TRARCH IE\n\nB a lla d e p o u r célébrer les Oncles du T em ps de Charles X                                                       ..............................           .28 1\n\n\n                                                          GEORGES TO UCH ARD\n\nP ro fils d 'A m o u r e u x ..................................................................................................                  . 49, 90\nA propos de « L a F lûte à Siebel » ..................................................................................... 117\nO c t o b r e ............................................................................................                                                    171\nFrêles F l e u r s ..............................                                                                                                             210\nF leu rette.................................................................................................................................................. 273\nL ’A m a n t des R o s e s ..........................................................................................................................330\nD a n s le V ague..................................................................................................................................... 349\n\n\n                                                               LO U IS V É H E N N E\n\n L e C hrist de P ie r r e ....................................................................................................................        2\n Les Quatres A g e s ............................................................................................................................42\n M onsieur M o u ch e................................................................................................................................107\n E n des S entiers F leu ris.............................................................................................................. .......\n Poèmes M ystiq u es............................................................................................................................... 274\n\n\n                                                             A U G U STE V IE R SE T\n\n L es B i b i a d é r i ................................................................................................................................ ......\n L ’I n i t i a t r i c e ......................................................................................................................................233\n L a Chanson de la m e r ................................................................................................................... 3 4 5\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-043", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 384, "page_fin": 384, "titre_corps": "Errata", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "ERRATA Page 9 , vers 2", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 439, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 854, "texte": "ERRATA\n\n  Page   9 , vers 2, au lieu de          f éri           lisez      fé r u\n   —   10, lign e 7,    —               longs             —        lourds\n   —    11, — 2 2 ,     —             viren t             —        voient\n   —    34, vers   5,   —             p leu rs            —       fle u r s\n   — 106, —       7,    —      calm e trop souvent       — trop souvent calm e.\n   —   183, —      2.   —                La               —          Ta\n  —     199 —       15      —              fe m m e      —       gem m e\n  —     279 , —     16,     —                 du         —          au\n  —     286, ligne 3.       —             a d je c tif   —       a d je c tif\n  —    287, 2e co l., lg. 2, en rem.    g râce du        —      grâ c e au.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-044", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis important", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "A v is im p ortan t Nous rappelons", "ancre_fin": "parviendra à la rédaction", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "BOITE AUX LETTRES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 440, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1729, "texte": "A v is im p ortan t\n\n   Nous rappelons à nos correspondants que tout ce qui concerne\nL e R é v e i l doit être adressé à la Rédaction, M a r c h é a u x G r a i n s , 7 ,\nà Gand.\n  Prière à ceux de nos abonnés qui ne désireraient pas continuer leur\nabonnement l’année prochaine de nous en avertir par écrit, ou de nous\nrenvoyer le numéro de J a n v i e r 1 8 9 3 sous sa bande.\n\n\n                   LE RÉV EIL\n      REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE & D’ART\n         PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES       DU C E R C L E L I T T É R A I R E F R A N Ç A I S .\n\n\n            PRINCIPAUX COLLABORATEURS :\n   Ludovic Ag-Yo-Bé, Albert Arnay, Valmy Baysse, Catulle Blée, Edm. Deffer-\nnez, Ch. Delchevalerie, Eugène Demolder, O.-G. D estrée, Maurice Desombiaux,\nP ierre Dévoluy, Léon Donnay, Carlos du Fay, Georges Eekhoud, M arcelFleury,\nCharles Frappart, Frédéric F rich e, Paul Gérardy, Iwan Gilkin, Valère Gille,\nAlbert Giraud, Edmond Glesener, Arnold Goffin, Pierre Hancart, José Henne­\nbicq, T ristan K lingsor, Hubert Krains, A lfred Lavachery, Camille L emon-\nnier, Grégoire Le Roy, Léon Lucy-Mar, Maurice M aeterlinck, Georges Mar­\nlow , Antonio Marques, Géo Mauvère, Jean N o v is, Baym ond N yst, Léon Paschal,\nEdmond R assenfosse, Paul Redonne], Georges Rodenbach, Fernand R oussel,\nR odrigue Sérasquier, Fernand Séverin. Charles S lu y ts, Hubert Stiernet,\nGeorges Touchard, Louis Véhenne, Em ile Verhaeren, A u gn ste V ierset, etc.\n\n\n\n      L e Réveil ne publie que de l'inédit.\n\n      Les manuscrits ne sont pas rendus.\n\n       Les collaborateurs sont seuls responsables de leurs articles.\n\n     Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire\n parviendra à la rédaction.\n\n                        "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-045", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Boîte aux lettres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "BOITE AUX LETTRES Emalphe d’Ysembart", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 440, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1729, "fin_caractere_exclue": 2198, "texte": "BOITE AUX LETTRES.\n   Emalphe d’Ysembart, Bruxelles. — Faites-vous connaître ; né\n pouvons rien avant.\n   Marcel Fleury, Bruxelles. — Insérons votre Clair de Urne; nous\n ne pouvons accepter les deux autres pièces. Travaillez et revenez-nous\n avec meilleur. Et quand nous est ouverte une Revue comme L e R é v e i l ,\n nenous aplatissons plus à collaborera la Petite Revue Belge, n’est-cepas?\n   Carlos du Fay, L’pool. — A quand de vos nouvelles, sociocrati-\n quement ?\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-046", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Nos échanges", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "NOS ECHANGES", "ancre_fin": "R ue S t. 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R ém y, 22, Liège.\nH a r m o n ie . — m — R ue S t Jacques, 23, M arseille.\nL a J e u n e B e l g i q u e . — m — R ue P otagère, 64, B ruxelles.\nL a L i b r e C r i t i q u e . — h — R ue Souveraine, 3 7 , B ruxelles.\nL o u v a i n - J e u n e . — h — R ue de la Station, 56, L ouvain.\nL e M a g a s in L i t t é r a i r e . — m — R ue H au t-P o rt, 52, Gand.\nL e M é p h i s t o . — h — R ue du L om bard, 28, Anvers.\nL e M e r c u r e d e F r a n c e . — m — R ue de l’É cuhadé-S ^G erm ain,\n     15, P aris.\nLe   M o u v e m e n t L i t t é r a i r e . — . b . m — R u e M arie T hérèse, 73 ,\n     B ruxelles.\nLa    R e v u e B l a n c h e — m — R u e d es M a r ty r s , 19, P a r is .\nLa   R e v u e G é n é r a l e . — m — R ue T reurenberg, 16, B ruxelles.\nLa   R e v u e I n d é p e n d a n t e . — m — R ue des P yram ides, 12, P aris.\nLa   R e v u e M o d e r n e . — b.m — R ue O rdener, 96, P aris.\nL a R e v u e R o u g e . — m — R ue G endëbien, 18, B ruxelles.\nR o u e n - A r t i s t e . — R ue G rand-P ont, 4, R ouen.\nL e S i l l o n . — m — R u e de C habrol, 3 1 , P aris.\nL a S o c i é t é N o u v e l l e . — m — R ue dp l’Industrie, 32, B ruxelles.\nL e s S o i r é e s P o p u l a i r e s . — h — R ue du Collège, 96, V erviers.\nL e S y l p h e . — m — R ue de la G are, 2, V oiron (Isère).\nL a S y r i n x . — M. — R ue L acépède 27, Aix (Provence).\nL a W a l l o n i e . — m — R ue S t. A dalbert, Liège\n\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1892-11-n11-12-047", "volume": "ELB-ULB-a0130-1892-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1892-000.pdf", "ocr_sha256": "9e306ce074a04f4e6c0a6de3792fdae866ac460f4455b793ffe85578baa0176d", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Bureaux de vente du Réveil", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Bu re a ux de vente du R É V E I L", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 441, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 2113, "fin_caractere_exclue": 2621, "texte": "Bu re a ux de vente du R É V E I L :\n\n  G and.              — Ad. H oste, ru e des Cham ps, 49.\n                        L ibrairie U niverselle, rue Courte du J o u r.\n                        Mme Otte, ru e de F landre.\n                        L ib rairie — R u e du P aradis.\n  B r u x e l l e s . — Jèrôm e-D oliger, G alerie de la R eine, 32.\n  L iè g e .          — Gnusé, rue du P o n t d’Ile.\n                        Michel, rue du P ont d’île.\n  P a r is .          — C ham uel, ru e de T révise, 29.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 374, "texte": " Deuxième Année — N° 11 et 12                                         Novembre - Décembre 1892\n\n\n\n\n     LE\n\n        RÉVEIL\nRevue mensuelle de Littérature & d'Art\n\n             P U B L IÉ E S O U S L E S A U S P IC E S DU C ERC LE L IT T É R A IR E FRANÇAIS\n\n                                                         ---\n\n\n\n                              Ont collaboré à ce numéro :\n              L u d o v ic A g -Y o -Bé , P i e r r e D é v o l u y , M a r c e l F l e u r y ,\n\n   F r é d é r ic F r ic h e , P au l G ér a r d y , E dm ond G l e s e n e r , T rist a n K l in g s o r ,\n\n     C a m il l e L e m o n n ie r , A nt o n io M a r q u e s, G éo M a u v è r e , J ean N o v is .\n\n          L é o n P a s c h a l , E dm ond R a s s e n f o s s e , R o d r ig u e S é r a s q u ie r ,\n\n                         G eorges T ouchard, Au g u ste V ie r se t .\n\n\n                                Voir le Sommaire an verso.\n\n\nAbonnement : Belgique, un an 5 francs. (Pour l’étranger, le port en sus).\n\n                          C e n u m éro d o u b le               : 1 fr a n c .\n\n\n\n\n    Rédaction : Marché aux Grains, 7, GAND.\n                                      TOUS DROITS RÉSER V ÉS.\n\n\n\n                  G and, imp. à vapeur F . M eyer-Van Loo, rue de Flandre, 66.\n"}, {"page_pdf": 375, "texte": "                                 SOMMAIRE\n\n               N os 11 § 12. — N ovembre - Décembre                           1892.\n\n\n\nCa m il l e L e m o n n ie r .       . . L es Supercheries du Théâtre.\nP aul Gérardy              . . . .          Chansons d’A utom ne.\n            \"              . . . .          E t ils le chassèrent de leur ville.\nG e o r g e s T o u c h a r d . . . L 'A m a n t des Poses.\nJ e a n N o v i s ...................... L e L iv re du Tabernacle Spirituel ,   de\n                                              R uusbroeck l'A dm irable (fragm ent).\nP ie r r e D é v o l u y . .          '. . B allade.\nA n t o n io M a r q u e s       .     . . N u it de Poète.\n            \"                    . . .     L a dernière Page.\nJ e a n Novis...................... Vers.\nL éo n P aschal            . . . .         Barbel.\nR o d r ig u e S é r a s q u i e r     . . Vœu.\nA u g u st e V ie r s e t . .          . . L a chanson de la mer.\nE dmond R a ssen fo sse                . . de “ Di t un P a g e \".\nT r is t a n K l in g s o r        . . . Thrène à la Châtelaine.\nG eo rges T o u c h a r d .          . . D a n s le. Vague.\nG Éo M a u v è r e .................. G alam m ent.\nE d m o n d Gl e s e n e r         . . . F leu rs Moroses.\nL itdo vio A g -Y o -B é           . . . Crucifîm ent.\nMarcel F leu ry . . . .                     C lair de lune.\n                                                      C HRON IQ UE L IT T É R A IR E .\nJ ean N ovis ......................................M aurice Dësombiaux : Les Amants de\n                                                  Taillem arh.\nR odrigue Sé r a sq u ier . . . . R ené Ghil : Le vœu de vivre.\nG eorges T ouchard ..................... Hen ry K istem aeckers : Mon Amant!\nF rédéric F r i c h e ..................... E mmanuel D eluousquet ; En tes landes.\n                      ......................E m ile L ecomtk : Papillons et papillotes.\n                                  C HR O N IQ UE A R T IS T IQ U E :\n\n        Josse D’A ille u r s . — De Liège. L'Exposition du Cercle des\n                         Beaux-Arts. Mr X avier Francotte.\n                                   Conférence du Sàr Péladan.\n                  R od. Sq u ier . —\n\n                                  CHR ON IQ UE T H É A T R A L E :\n\n       Au Chat Noir. — Au grand Théâtre. — Au théâtre Minard.\n                                    Tablettes\n                        Table des M atières. — E r r a ta .\n"}, {"page_pdf": 376, "texte": "    Les Supercheries du Théâtre\n             a dame Jane F leuret! vint annoncer le valet de chambre.\n             M\n                 — Oh! faites entrer, répondit A ntonin de R oy, sa n s,\n              dissim uler un étonnem ent joyeux.\n    C’était, le lendem ain, la répétition générale de ce drame de\npassion sauvage et forte qui, autour de ses rudes protagonistes,\ntraîn a n t en scène une senteur de rural terreau , allait, pendant\nquinze jo u rs, am euter, pour de si im prévues licences de langue et\nd ’éthique, les paniques harauts de la critique. Depuis un mois,\nl’écrivain, dans la poudreuse ténèbre des coulisses, revivait les\nincertitudes et les émotions de son œ uvre, la voyant lentem ent se\ndébrouiller, aux indigentes clartés d ’un bec de gaz allumé par\ndessus les gesticulations en habit de ville de ses interprètes, et\nprendre corps, avec ses fureurs et ses cris, dans l’illusion, chaque\njo u r enforcie, de ces hommes aux joues rases et de ces femmes aux\nlas visages enfarinés d’un pied de blanc qui, — à mesure pris aux\nentrailles par la puissance de l ’éthopée après une nonchalante et\nmolle initiation, — enfin lui transposaient en de tangibles réali­\nsations son rêve d ’une vierge hum anité des ham eaux et des bois.\n    Au giron de la forêt, dans les vernales ferm entations de la terre,\n un couple, à l ’unisson des bêtes fouaillées p ar l’universel ru t, clam ait\n sa peine et sa volupté. Le dram e, presque sans complications\n scéniques, associait aux impétueux hym ens de l’anim alité lâchée\n par la feuillée, la charnalité farouche et tendre de ces deux êtres\n adamiques. C’étaient, — symboliques quasi de la loi prim ordiale\n qui combine les sexes pour les éternelles palingenésies — le Mâle\n et la Femelle en présence, — l’un com plotant le ra p t et l’assouvis­\n sem ent avec la férocité d’un chasseur traquant une proie, — l’autre\n"}, {"page_pdf": 377, "texte": " 322                           LE RÉVEIL\n\n\n\n\n insidieuse et fatale, arm ée, pour déjouer ses poursuites, de toutes\n les ruses qui font la femme triom phante, même quand elle s’aban­\n donne. E t une péripétie surtout, au bout de laquelle la rauque\n clam eur du vainqueur sonnait le désir délivré et la proie chaude\n em portée au fond des halliers, si virulem m ent fanfarait avec ses\n rouges éréthism es, que, même sur ce théâtre soustrait aux effrois\n de la censure, la pièce en sem blait irrém issiblem ent compromise.\n    A ntonin de Roy se rendait compte du p é ril; il était à peu près\n certain que les fleurs poivrées dont s’im prégnait l ’atm osphère de\n son concept dram atique indisposeraient l’hypocrisie décente des\n foules, accoutum ées à de fades et nauséeux fum ets. Mais, retran ch é\n derrière un idéal d ’a rt viril, en dédain des frauduleuses et souriantes\n pornographies consenties à la scène, il acceptait d’être assimilé,\n dans des feuilletons gorgés d ’outrages, à un vidangeur m anipulant\n une hum anité excrém entielle. A la vérité, il com ptait un peu sur\n Arm and Ducroc, le mime ém ouvant e t le persuasif diseur, qui,\n avec une pénétration profonde, avait assumé le héros, — et plus\n encore sur cette belle Jane F leuret, ju sq u ’alors dévolue à d’incer­\ntains rôles de dem i-caractère et qui, en cette création nouvelle,\ntout-à-coup, se révélait grande tragédienne.\n    Justem ent elle en trait, les paupières rem uées, toute pâle et\n brusque, un pli nerveux aux lèvres, lui tendant, comme au hasard,\n sans le regarder, sa main avec laquelle ensuite elle se tam ponnait\n la bouche de son mouchoir. Et il dem eurait un instant à l ’observer,\npris d’une peur imprécise, s’im aginant qu’elle renonçait à là bataille\ne t qu’elle venait pour le lui dire.\n    — Mon Dieu! ma belle, qu’avez-vous?... Tenez, là, dans ce\n fauteuil... Mais dites-moi donc, parlez.\n    Alors, en des mots brefs, rapides, qu’elle lui jetait à la pointe des\n dents, ses pieds trépignant sur le tapis et son m anchon décrivant\n des paraboles :\n    — Laissez d onc... Il s’agit bien de cela... Ah! vous ne savez\np as... E h bien? là ... Ce rôle, ah! ce rô le ... Mais comprenez donc,\nje voudrais et je ne peux p a s... C’est au-dessus de m oi... Voyez-\n vous, il reste là !... Ça ne sort p a s!... Je crie, je me dém ène,\nje sens que c’est à peu près çà... Mais le cri, le cri vrai, le cri\noù l’on vom it son âm e, eh bien! non! je ne le trouve pas. Ah!\ntenez, je ne suis qu’une bête !\n"}, {"page_pdf": 378, "texte": "                                L E R É V E IL                           323\n\n\n   Antonin. à présent rassuré, la prenait par les poignets en\nsouriant, avec des paroles câlines — (Allons, voyons, voyons, vous\nallez! vous allez!) — la poussait dans un fauteuil où, les yeux\nlointains et fixes en leurs bistreuses cernures, — et des yeux\nhumides de larm es qui ne coulaient pas, — elle restait à se tour­\nm enter en haussant les épaules et balançant sa petite tête colère\nsous sa toque de fourrure.\n   — Vous êtes trop difficile aussi, re p rit-il, planté devant elle et\nla considérant avec un sincère apitoiem ent. Il ne vous suffit donc\npas d’avoir prêté la vie à mon rêve? Mais que diable voulez-vous\ndonc de plus?\n   — Ce que je voudrais? (et elle se je ta it hors du fauteuil, se\ndressait avec tout son désespoir de ne pouvoir aboutir à l ’in carn a­\ntion absolue, et de nouveau, ses pâles m ains de soie b a tta n t l’air\ncomme en un naufrage de sa volonté, elle lui hachait menu ses\npetites phrases exaspérées). — Ce que je voudrais? Mais so rtir de\nma p e a u ,... oublier la comédienne et le théâtre et to u t... n ’être plus\nque de l’am our, l’am our à cœ ur perdu, dans les bois! E t la bête,\noui, la bête, une fille à hom m es!... E t enfin que ça me sorte,\nl’am our, de p a rto u t!... Est-ce que je sais, moi? Mais tenez, j ’ai\nbeau faire, c’est toujours la comédienne, avec la voix, les attitu d es ,\nles yeux — to u t ce qu’on a appris. E t puis... et p u is... y a des fois\nque je me demande : E st-ce que je le comprends bien, après tout,\nce rôle !... Ah ! vous ne savez pas combien je suis grue !\n   — Ah! cette folle petite tête de grande artiste! fit Antonin en\nlui touchant le front du bout du doigt. V raim ent, ma chère F leuret,\nvous m ’étonnez, c’est après m ’avoir donné à moi, l’auteur, la\nsensation d ’une si intense restitution de mon personnage qu’il ne\nm ’eût pas été possible de le concevoir autrem ent, c’est alors que\nvous venez me chanter cette antienne? Mais ma pauvre amie,\ncroyez b ien ...\n   — Ta ta ta ! Je sais tout ce que vous allez me d ire ... Mais ça\nm ’est bien égal. E t justem ent, c’est ce que je voudrais ne pas ê tre ...\nune grande artiste, comme vous d ites... Je voudrais cela simple et\nrude, tout en élans, en cris .. E t pas de gestes pour le public...\nMais vous ne savez donc pas vous-même combien c’est beau, votre\ntype? J ’en ai les sangs remués, moi! Oh! quand elle lui di t :\na C’est donc que t ’as soif de ma peau? » Hé! mon cher, je ne sais\n"}, {"page_pdf": 379, "texte": "324                            LE RÉVEIL\n\n\n\n\n pas, moi, mais il faudrait trouver une voix pour cela... une voix qui\n dise : « Mais j ’en ai soif aussi de la tienne! » E t je ne l’ai pas, moi,\n cette voix !\n    — A h! p ar exem ple!\n    — Non, je vous dis, je sens bien que je ne l ’ai p as...\n    « C’est donc que t ’as soif rie ma p ea u !...\n    » Trop en dedans...\n    » C’est donc — (et elle y m ettait cette fois une ironie joyeuse .et\ntriom phante), — c ’est donc que t ’as soif de ma peau !\n    » Mais non, mais non, triplé bourrique ! c’est canaille et\nbarrière, ça !\n    » C’est donc — d’une voix presque en sourdine et chuchotteuse)\nque t ’as soif de ma peau !\n    » ... Tiens, ça va m ieux... Oui, mais un peu dans les cordes\nbasses. »\n    E t elle se m ettait à répéter cette phrase v ingt fois de suite, en\nv arian t les intonations, insinuante et féline, persiflante et funeste,\ns’offrant et se reprenant dans ces mots dont elle lé cajolait et qu’elle\nlui plantait sous la moustache à tra v e rs une haleine de passion, ses\ngencives à nu dans le rire à pleines dents de sa bouche anim ale. E t\ntout de suite après, le rire s ’effacait, la bouche se pinçait; avec un\nfroncem ent de sourcil elle se rabrouait d’un :\n    — « P a s encore ç a ... n\n    A la fin, elle allait s’abattre sur le divan, parm i les piles de livres\net les amas de jo u rn au x , et la tête en tre les poings, comme dans\nl ’accès d’une douleur physique, elle se lam entait, se plaignait\nelle-m êm e :\n    — \" A h! ma pauvre v ieille... ma pauvre vieille! \"\n    E nsuite, elle sem blait faire un effort, et avec un pauvre sourire\nnavré, se to u rn an t vers de Roy qui, les bras croisés, penché vers\nsa peine, ne tro uvait plus un mot pour la calm er, elle lui tendait les\nmains en lui disant :\n    — Pardonnez-m oi, mon am i... Vous voyez bien que je fais ce\nque je peu x ... Ce n ’est pas ma faute si je ne vous comprends pas\nm ieux... Non, voyez vous, je n ’étais pas la femme de ce rô le...\nMoi, je suis trop calme pour ça, j ’ai des goûts de poussinière, je vis\ndans mon coin avec mon vieil am our pour mon cher F le u re t...\nIl vous eût fallu une fille de ch a ir... là ... enfin!\n"}, {"page_pdf": 380, "texte": "                                L E R É V E IL                           325\n\n\n    E t A ntonin de R oy, ses m usculeux doigts toujours pris dans cette\nfine poignée de main trépidante, revoyait — à l ’entendre ainsi\nparler — l’exem plaire ménage d’am our bourgeois de la belle fille,\naux ry th m es souples et déliés comme le fleuret de son nom , avec\nle p etit m aître à danser simiesque et falot, son invincible tendresse.\n    — F ran ch em ent, vous vous exagérez les difficultés, dit-il en lui\np re n an t à son tour la m ain et la serran t entre les siennes. Personne\n n ’au rait pu cam per ce rôle-là comme vous.\n    Elle secoua la tête, et un court silence s’interposa au bout\nduquel, tout à coup enjouée, elle lui fit signe de venir s’asseoir\nauprès d ’elle e t lui dit :\n    — Tenez, j ’ai une idée... M ettez-vous là, mon cher de Roy,\net contez-m oi votre pièce... Oui, comme si je ne la savais pas. Je\nvous écouterai et vous regarderai. Il me viendra peut-être des\nm ouvem ents.\n    Elle fit sau ter sa toque, se tassa dans les capitons, croisa ses\nmains su r ses genoux. E t A ntonin, ayant flambé une cigarette,\n le corps en av an t et les coudes aux cuisses, se laissait aller, d ’abord\n sans gestes et sur le ton d’un récit, à présen ter ses personnages,\nà dessiner leurs caractères, à résum er leur psychologie, — en\ninsistant su r les topographies, les m ilieux, les contingences, fatale­\nm ent délaissées p ar la transposition scénique\n    — Ces gens-là, vous savez, c’est des sauvages. Ça vit comme\ndes bêtes. Mon B rinquand, j ’étais tout p etit comme ça quand je l’ai\nconnu. Il venait à la maison, chez une grand’-ta n te où j ’allais\npasser mes vacances. Un gaillard h au t de cinq pieds, du poil aux\nm ains, avec la belle mine et la voix en coup de tonnerre. Plus tard\non m ’a m ontré la h u tte où il se te rra it : des écorces d’arbre plaquées\nsur des trav erses, avec un trou en h au t pour la fumée. Eh bien!\n figurez-vous...\n    P e tit à p etit, il s ’anim ait à serrer de près l ’action; il disait la\nrencontre du drille et de la riche paysanne, leurs rendez-vous dans\nles taillis, le printem ps neigeant ses aubépines sur ces folies de leur\n chair, et le bougre bram ant sous bois son am our forcené, la traquant\nju sq u ’en la ferm e, la disputant à un rival a pour le bon m otif », et\n tout le thèm e avec ses à-coups de scènes brusques, im prévues,\norageuses, qu’une dernière, après le lâchage de la belle, term inait\n"}, {"page_pdf": 381, "texte": "326                            L E RÉ V E IL\n\n\n\n\npar du sang — le m eurtre de la douillarde ferm ière dans une fureur\nde possession suprêm e E t c’était dit en des raccourcis de phrases,\nen des chocs de vocables, avec un argot de peuple et un patois de\ncam pagne, qui m ettait en Jane F leuret l’illusion de la chose arrivée\net la soulevait du divan, la bouche frém issante, toute secouée d’une\nte rre u r quand à la fin, elle avait à disputer sa vie aux m eurtricides\nbaisers de son effrayant am ant.\n    M aintenant, il entrem êlait à son récit des textes entiers de\nscènes, saccageait sa pièce qu’il lui débitait en m orceaux. Et,\nquelquefois, l ’œil enflammé, son col mince tendu aux rauques\nhaleines de ce débit, elle se prenait à crier :\n    — O ui... très bien ! très bien ! C’est ça ... A llez-y!\n    Ensuite, comme il abordait la péripétie finale, elle se levait, lui\ndonnait la réplique et, tous deux, face à face, se m angeant les\nprunelles, avec un piétinem ent sur les tapis, se m ettaient à m im er\ncette m ort dans l ’am our, oubliant le réel pour revivre ensemble le\nmensonge tragique de cette littératu re.\n    — « T ’es donc venue? c’est toi? » disait-il.\n    — « Ben o u i,c ’est moi. J ’en ai assez,là. J ’ai une autre tendrese »\n    E t il lui saisissait, entre ses larges paumes, ses épaules délicates,\nles broyait sous ses doigts to rtu ra n ts, d’une goulée lui dévorait\nen sa nuque la rougeur des baisers du tem ps de l’am our.\n    — Ah ben ! ah ben ! clam ait-elle, j ’peux pas te quitter. J ’suis ton\nâme vendue. Est-ce qu’on pourrait faire a u t’chose que de s’bouquer?\n    Mais il avait son idée, le farouche et terrible paysan. Sa main\ncherchait à son dos sa hache de bûcheron; il la levait sur elle.\nE t c ’étaient des râles au trav ers desquels tous deux, dans les affres\nde la m ort qui brouillaient jusqu’à la conscience de ce qu’ils étaient\nl’un pour l’autre, roulaient en une étreinte éperdue.\n    — Non, non, à moi! hurlait-elle sous ses dents mangeuses de\nson souffle. E t il en arriv ait à la posséder véritablem ent, leurs\nbouches h u rlan t la passion et la colère, ses inexorables mains de\n m eu rtrier lui fouillant la gorge, elle pendue à son col et l’im plorant\nencore dans un spasme qui m ontait vers les plafonds, en la bouscu­\n lade des meubles de ce calme cabinet de rêve et de pensée.\n    Puis le souple corps aux chattelines courbures de la comédienne\n se redressait: d’une ondulation de ses reins, elle faisait redescendre\n"}, {"page_pdf": 382, "texte": "                              L E R É V E IL                                        3 27\n\n\n\n\nses robes; et tard a n t à reprendre pied dans l’existence, après ces\nvertiges d ’une chimérique seconde, elle souriait, disait :\n   — A h! j ’y suis m aintenant! comme tu m’aim es, toi! comme je\nsens que je vais t ’aim er! Des cris... j ’en au rai, sols tranquille.\n   E t tout à coup, ensuite, s ’apercevant clans la glace, elle avait\nun sursaut, se passait la main sur le front :\n   — A h! ce pauvre F leuret qui m ’attend en bas dans la voiture!\n   Très vite, elle coulait derrière son oreille une mèche de ses\ncheveux qui avait glissé, et faisant tom ber jusqu’à ses narines\npalpitantes et roses le rebord de sa voilette, elle tendit à l ’écrivain\nses doigts, presque cérém onieuse et froide.\n   — E h bien! M. de Roy, à demain la répétition générale. Je m ’en\nvais piocher çà. Vous ne m ’en voulez pas trop de vous avoir pris\nvotre temps?\n   — Folle ! fît de Roy en l ’a ttira n t à lui.\n   — Oh! n o n ,p a s ça!\n   E t Jan e F leu ret, lui échappant, se lança à travers l ’escalier.\n\n                                               Ca m ille L e m o n n ie r .\n\n\n\n\n                 C hansons d’A u to m n e\n\n                                                                  P o u r J u d it h .\n\n\n\n\n                                  iii\n\n\n                    A u haut de ma tour\n                    B ien loin de ma raison\n                    De rêve et d ’amour\n                   J ’ai trouvé ma chanson...\n\n                    Tes yeux du passé\n                    Enchantent ma maison\n                    E t pour les chasser\n                    J ’ai trouvé ma chanson...\n"}, {"page_pdf": 383, "texte": "328                        L E R É V E IL\n\n\n\n\n                 Mais quand vient vers moi\n                 Ton amour simple et bon\n                 Pour chanter ma joie\n                 J e trouve ma chanson.\n                                IV\n\n        L ’amour ne tisse pas de soie\n        L ’amour ma mie, l’amour ma m ie;\n        N e pleure pas si me voilà\n        P artant, p a rti d ’amour ma mie.\n\n        Car voici que l ’automne pleure\n        E t chante dans les arbres d ’or,\n        E t sous les feuilles qui chante-pleurent\n        Tous mes beaux oiseaux bleus sont m orts...\n\n        E t j ’irai chanter p a r l ’automne\n        Ce qu’ont chanté les oiseaux bleus;\n        E t j ’irai pleurer par l ’automne\n\n        D ’amour ma mie, d ’amour un peu.\n\n\n\n\n      Et ils le ch assèrent de leur ville...\n\n                                                            (St Luc).\n\n\n\n\n                                                    A S tefa n G e o r g e .\n\n\n\n\n       u Joie, joie et p a ix a u x gens des bonnes villes\n       Joie, joie et p a ix du haut des hautes tours.\n\n       Vers la foret lointaine et ses bêtes\n       S ’en va, s'en va le trouble-fête,\n       S 'en est allé.\n"}, {"page_pdf": 384, "texte": "                    LE RÉVEIL                            329\n\nA llo n s en guirlandes\nD e filles et d ’éphèbes\nD anser notre joie\nE m m i nos rires chantants.\n\nCelui qui vin t avec ses colères de prophète\nE t ses chants de révolte et d ’orgueil en nos fêtes,\nQui v in t avec aussi des douceurs en la voix,\nP o u r les mener vers quelque rêve de folie\nR a v ir la volupté de nos filles langoureuses\nA u x bras enlaceurs des éphèbes;\n\nCelui qui v in t avec des chansons nouvelles\nChanter les fastes de dieux nouveaux;\nCelui dont la voix de mépris et de révolte\nF it briller des flammes austères de l’orgueil\nE t du mâle désir de plus altières joies\nL e s yeux des éphèbes rebelles,\n\nN ous l ’avons chassé vers la forêt et ses bêtes,\nN o u s avons chassé le prophète;\nQue nos chansons de joie s'en aillent p a r la ville.\nJo ie, jo ie et volupté aux gens des bonnes villes.\nN o u s remettons pour nos festins la table renversée;\nL a m ain des esclaves habiles\nN o u s préparera des lits de volupté\nE t nous irons rappeler à nos joies\nL e s vierges et les éphèbes rêveurs\nQui pleurent le prophète en allé. »\nA in s i chantaient en joyeuses théories\nL e s filles rieuses d ’une Capoue.\nE t les vieux et les vieilles, stryges et satyres,\nSuivaient lentement, titubant telle chanson.\n« Gloire à nous, gloire à nous! le trouble-fête\nS ’en est allé vers la forêt et ses bêtes,\nGloire à nous!..\n"}, {"page_pdf": 385, "texte": "330                        L E RÉV EIL\n\n\n\n\n      N o tre vieillesse s'en ira tranquille\n      P a rm i notre or et nos filles,\n      P uisque l’orgueilleux contempteur de nos coutumes\n      S ’en est allé chanter p a rm i les bêtes.\n\n      I l s ’en est allé en superbe insolence\n      C hantant d'orgueil les dieux de sa folie\n      Cependant que de nos mains\n      Des lanières ont sifflé vers ses reins et des pierres,\n      E t que nos cris et nos insultes et nos rires\n      Ont couvert sous l’éclat de leur jo yeu x tonnerre\n      L e s chants de sa voix et de sa lyre. n\n\n      Stryges et satyres, les vieux et les vieilles\n      E t les éphèbes et les filles s'en allèrent vers l'orgie\n      E t leurs chansons allaient :\n      “ Joie, joie et p a ix a u x gens des bonnes villes,\n      Joie, jo ie et p a ix du haut des hautes tours! »\n\n                                               P a u l G érardy.\n\n\n\n\n               L’A m ant des Roses\n\n                         Le Soleil\n\n\n            Le soleil au baiser brillant\n            E st seul amant de la nature.\n            Le soleil est un vert galant.\n            L a nuit lui sert de couverture.\n\n            Comme ses rayons sont pleins l ’or,\n            L a gente rose se balance\n            Pour chiper un peu du trésor\n            E t vivre ores dans l’opulence.\n"}, {"page_pdf": 386, "texte": "              L E R É V E IL                                   331\n\n\nJ o li soleil, va te coucher\nA u milieu du nuage rose.\nRepose-toi, vaillant archer\nA u x flèches d'or d ’apothéose.\n\n\n\n          Joli Message\n\n                                     A M adame R o n v a u x\n\n\n\n\nA u soleil amoureux et pur\nDe beaux rêves semblaient éclore :\nDes roses pointaient dans l ’azur\nAvec des pétales d ’aurore.\n\nJ ’en faisais un bouquet confus :\nIris, œillets qui se chiffonnent,\nSe pâmant aux parfums touffus\nVenus des corolles mignonnes.\n\nLors, je dis à ces gentes fleurs :\n« C’est pour la reine de Navarre.\nFaites refleurir ses faveurs,\nQu’elle en soit ores moins avare.\n\n« Dites qu’un rêveur veut bercer\nL a belle qu’il n ’a plus revue,\nE t qu’il la voudrait caresser\nD ’une étreinte plus éperdue.\n\n« Fleurs, ô seul lien entre nous,\nBaisez les lèvres de ma reine,\nE t descendez sur ses genoux,\nPuis sur le satin de sa traîne. »\n"}, {"page_pdf": 387, "texte": "32                LE RÉVEIL\n\n\n\n\n                   Péchés\n\n                                                          A Mlle G . L.\n\n\n\n\n     Venez, impures et trop belles,\n     Oter les fards et les carmins;\n     Le péché des anges rebelles\n     Nous plongera dans les jasm ins :\n\n     Pour sentir naître la caresse\n     De sourires moins débauchés\n     Nous invoquerons la déesse\n     De l’amour et des doux péchés,\n\n     E t dans l’odeur des fleurs nouvelles,\n     Nous aurons des rêves légers\n     Comme les fraîches pastourelles,\n     Jadis, et les jeunes bergers.\n\n\n\n\n             Soir d’Automne\n\n                                      Au p e in t r e H enri B r e y d e l .\n\n\n\n\n     Les ondes des fleuves éteints\n     Mirent un ciel pâle et de soie :\n     Octobre embrume les lointains.\n     Plus de fleurs, partant plus de joie.\n\n     Fané comme des vers d ’antan,\n     D u vieux rose aristocratique,\n     P ar le silence qui s'étend\n     Exhale une plainte mystique.\n"}, {"page_pdf": 388, "texte": "             L E R É V E IL                          333\n\nC’est comme une vieille chanson :\nL ’abandon d ’une gente dame\nDans les ruines d'un vieux donjon,\nE t ses appels qui navrent l’âme.\n\nLe vieux rose se meurt aussi\nAvec une splendeur lointaine;\nL a dame est partie, et voici\nQue surgît une nuit hautaine.\n\n\n\n\n            Madrigal\n\n                                        A M lle A . M.\n\n\n\n\nVos lèvres sont charmant séjour\nPour musique et rimes nouvelles;\nMais, certes, mieux vaut tout le jour\nBaiser leurs pétales rebelles\n\nQu’à beaux accords fa ire la cour;\nVotre air n a ïf de bergerelle\nDonne bon appétit d'amour,\nAllume an cœur mainte étincelle :\n\nN ’y mettez donc nul éteignoir;\nQue vos lèvres de gente oiselle\nCe soir consentent sans surseoir;\n\nSur elles, laissez-moi, la belle,\nCueillir un pauvre brin d ’espoir\nQui me sera joie éternelle.\n"}, {"page_pdf": 389, "texte": "334               L E R É V E IL\n\n\n\n\n        Manière de Consolation\n\n\n      Tu pleures les roses galantes\n      Qui jadis t ’échurent en don,\n      E t même ces grâces méchantes\n      Dont certes tu fis abandon.\n\n      Soit! Qu'on se moque de tes plaintes,\n      Qu'un matin fripon et charmeur\n      Boive tes paroles éteintes\n      De frêle aurore qui se meurt.\n\n      Marche vers la mélancolie,\n      Qu’un amour artificiel\n      Emplisse ton cœur de la lie\n      Dont s’ensanglante au soir le ciel.\n\n      Mais si la nuit ton cœur maraude\n      Dans quelque bocage noirci,\n      Prends, chère, pour ta bouche chaude\n      Les doux pétales que voici :\n\n      Car ce sont mes lèvres graciles,\n      A u x vagues sourires fanés;\n      Accepte les baisers dociles\n      Que ta douleur a ramenés.\n                                   Georges T ouchard.\n"}, {"page_pdf": 390, "texte": "                                              LE    R ÉV EIL                                                335\n\n\n\n\n Le Livre du Tabernacle spirituel\n                                   de R uusbroec l’A dm irable\n\n\n\n          an va n R uusbroec (1293-1381) est né à Ruusbroec,\n          ham eau situé entre Hal et Bruxelles.\n            Il fu t prieur de l ’abbaye de G roenendael-lez-B ruxelles.\nL ’œuvre purem ent m ystique de ce moine humble est simple et trè s-\nétendue. Outre u n e version latine assez délayée de L au ren tiu s Surius,\nversion qui date du 16e siècle et em brasse l ’ensemble de l’œ uvre, il\nexiste deux traductions des écrits de celui que déjà ses contemporains\nsurnom m aient Doctor A d m ir a b ilis : l’une, fragm entaire, p ar E rn est\nHello (*) est un travail de seconde m ain, fait déjà sur la version de\nSurius, et peu rem arquable. L’autre concerne un ouvrage complet\ndu fameux m ystique : l ’Ornement des Noces spirituelles (**). Elle\nest due à notre collaborateur Maurice M aeterlinck, et, interprétant\nle tex te original, elle se recommande par son exactitude. —\n    Nous avons essayé de traduire du flamand, à l ’intention de nos\nlecteurs, un passage caractéristique d’un traité de Ruusbroec. Ils\nauront ainsi une idée de l ’adm irable élévation de pensée du moine\nflam and, aujourd’hui trop ignoré, et du raffinem ent de sa dialec­\ntique. — Term inons ce petit préambule par une phrase de H uys ­\nm ans : « Il y a plus de science et de com préhension du cœ ur de\nl ’homme dans une page du vieux R uysbroeck que dans tous les\nS tendhal, tous les Bourget et tout les Barrès du monde ».\n\n\n\n\n   (* ) R u b b r o c k (sic ) l ’ A d m i r a b l e , Œ uvres ch oisies, traduit par E rnest H ello.\nP aris, P oussielgue.\n  ( * ) L ’O r n e m e n t   des    N oces   s p iritu e lle s   de   R u y b b ro b c k   l ’A d m i r a b l e ,\ntraduit du flamand et accom pagné d ’une introduction par M aurice M aeterlinck.\nB ruxelles, Lacom blez. 1891.\n"}, {"page_pdf": 391, "texte": "33 6                          LE RÉVEIL\n\n\n\n\n       Ici com m ence le L iv re du T abernacle sp iritu el.\n\n                              Prologue\n\n    C u rrite u t comprehendatis (I. Cor. 9, 24). Courez de telle sorte\nque vous p u issiez sa isir le b u t, voilà les mots de Saint Paul à ceux\nde C orinthe et aussi à nous tous. En ces paroles, nous pouvons\nobserver trois choses : dans le prem ier m ot, quand il dit Courez, il\nnous commande à tous de rivaliser par l’esprit, c’est-à-dire par\nl ’am our. Dans les mots qui suivent, lorsqu’il dit de telle sorte\nque il nous p rescrit de rem arquer la m anière dont nous courons,\nafin de courir sagem ent. En troisièm e lieu, il veut que nous\nconsidérions la fin de notre course et l ’objet vers lequel nous courons\nafin de ne pas le m anquer, mais de le saisir et le posséder.\n    Tous les hommes doivent courir la course am oureuse, soit vers\nDieu, soit vers les créatures. E t nulle chose n ’est aussi rapide ni\naussi subtile que la course de l’am our. C’est pourquoi l ’homme\ns’observera et éprouvera si le cours de son am our est dirigé vers\nDieu : en ce cas il attein d ra sûrem ent son but. E st-il au contraire\nporté vers les créatures, il doit alors toujours m anquer sa fin, car il\nperdra tout ce qu’il aime. Vous pouvez donc com prendre que tous\nnous courrons : dès lors il est bon que nous réglions notre course de\ntelle façon que d’après le précepte de Saint P au l, nous trouvions et\nsaisissions tout ce que nous cherchons.\n    P o u r ce m otif, nous allons considérer un symbole de cette course,\nque nous décrit le prophète Moïse, symbole qui lui fut m ontré par\nDieu sur le m ont Sinaï. E t cela se trouve dans son second livre qui\ns ’appelle la sortie d’Egypte des Enfants d’Israël, vers la terre que\nDieu lui av ait prom ise. Le symbole auquel je pense est celui d’une\nA rche, d’un T abernacle, avec toutes les choses qui s’y ra tta ch aien t\nC’est là ce que Dieu ordonna de lui faire d’après toutes les indications\nqu’il donnerait à Moïse sur la m ontagne. E t c’est là dedans que Dieu\nvoulut se déplacer au milieu d ’eux selon la façon d’être de ce\ntabernacle avec tous ses accessoires.\n    Le prophète Moïse nous décrit 7 points qui tous appartiennent\n à une espèce de course d’am our. E t dans chacun des 7 points on\n"}, {"page_pdf": 392, "texte": "                              LE RÉVEIL                                  337\n\ntrouve Dieu et on le possède, et toujours dans un plus grand am our,\net toujours dans une plus parfaite com préhension et en une plus\ngrande sagesse, suivant la m anière dont l’homme atteint les points\nou les degrés qui appartiennent à l ’am our. Dès le prem ier point,\nl’homme e st absous et purifié de tout péché. E t ce point renferm e\nen lui tous les autres, pour le cas seulem ent où le temps ferait défaut\nà l ’hom m e. Comme au second point et au troisièm e l’être sentant est\nparé au dehors et au dedans en ses m œurs et sentim ents pour la\nvolonté de Dieu et la domination divine. De même au quatrièm e\npoint et au cinquième la raison et la volonté sont ornés de sagesse\net d’am our, pour la louange et l ’honneur do Dieu. E t de même au\nsixième point toutes les vertus sont parachevées pour la volonté de\nDieu la plus agréable. Comme enfin au septièm e point, on attein t le\nrepos. Alors on possède, on saisit, et l’on court tout en saisissant\net l ’on saisit tout en courant : et c’est là la vie éternelle.\n\n                   Traduit sur le texte flam and par J ean N ov is .\n\n\n\n\n                         BALLADE\n\npour rassurer la Bourgeoisie et inciter certains poètes à moins de lune.\n\n\n\n                                                     A G eorges F ou rest.\n\n\n\n\n                D u Finistère à la Grenille\n                E t de Bordeaux jusqu’à Menton\n                Le bon bourgeois fa it sa manille\n                E n digérant son miroton;\n                O juteux Ragoût de mouton\n                C’est vers Toi que va la prière\n                Des ventrus à double menton;\n                Les Poètes sont en fourrière.\n"}, {"page_pdf": 393, "texte": "338                LE RÉVEIL\n\n\n\n      Pour eux le bouge et la guenille\n      E t le moisi d'un vieux croûton,\n      L a bonne crème à la vanille\n      N ’est point leur lot, le caneton\n      A u x pois non plus, leur gueuleton\n      E st simple aidant que leur carrière :\n      Gueux vivant d’airs de mirliton,\n      Les Poètes sont en fourrière.\n\n      Qui donc a rivé leur manille?\n      Quel Homais casqué de coton\n      De peur qu’un seul ne décanille\n      Cadenasse leur ripaton?\n      E n ce grotesque Charenton\n      Fouquier leur aboie au derrière\n      E t Brunetière est de planton.\n      Les Poètes sont en fourrière.\n\n                    ENVOI\n\n      Bourgeois! caressez le téton\n      E n paix de Rose aventurière,\n      N ’ayez pas peur du Hanneton :\n      Les Poètes sont en fourrière.\n                                    P ie r r e D é v o l u y .\n"}, {"page_pdf": 394, "texte": "                                        LE RÉVEIL                                          339\n\n\n\n\n                                Nuit de poète *)(\n\n                                                                      à A rthur MELLO.\n\n\n\n            L a N u it. A u to u r de m o i, le v id e . L 'a ile d e l ’o m b re ,\n            F ro id e, a in s i q u ’a n b a ise r des lè v re s d e J u d a s,\n            D escend d e l'in fin i. L a te r r e s'est en d o rm ie\n            Comm e u n g r a n d se rp e n t a p rè s u n g r a n d re p a s.\n            P a s u n se u l b ru it. L es éto iles se ca c h e n t\n            D an s le u r s robes d ’or.\n                                              L ’U nivers sou ffre ou rêve.\n\n            C e s t l ’h eu re où le p o è te se d é liv r e d e ses lien s\n            E t s ’éch a p p e p a r la g ra n d e fe n ê tre blan ch e de l'id éa l.\n            E o rs lu i, la ténèbre, l'énorm e v e n tr e d 'a ir a in\n            Où s'opère, éter n e lle , la g e sta tio n des m o n stres.\n            T ou t e s t e n d o rm i : L es a ig le s s u r la m o n tag n e,\n            L es h ibou x d a n s le u rs ca v e rn e s....\n                                                        S eu l le p o è te v e ille .\n\n           L orsqu e le c œ u r sou ffre il f a u t qu e l'â m e rê v e .\n           P oète, p r e n d s ta ly r e , e t que ton c h a n t so it\n           H a u t com m e l'm fin i, d o u x com m e la p r iè r e .\n           A llo n s, fe rm e tes fen ê tre s a u x b a ta illo n s d u m a l.\n           L e so le il a été f a i t p o u r é c la ir e r la ju s ti c e ,\n           L a n u it p o u r ca ch er les p o r te s d e s p riso n s.\n           L e n é a n t n 'ex iste p a s ; le n é a n t c'est l'ou bli.\n           C élèbre le silen ce d e la n a tu r e en d o rm ie ,\n           L es p a r f u m s des roses, tes so u ffra n ces e t les la rm e s,\n           Il f a u t c h a n te r to u jo u rs.\n\n           C h a n ter! C h an ter! O non! P le u r e r ! P le u r e r ! P le u r e r !\n           I l n 'y a r ie n d e bon à c h a n te r d a n s le v id e .\n           L 'hom m e e s t com m e u n a ve u g le à g e n o u x d e v a n t la N u it,\n           En lu i d e m a n d a n t l'au m ôn e d e l'iv re sse\n           P o u r o u b lie r, p o u r r ê v e r !\n\n\n(*) T ra d u it d u p o rtu g a is.\n"}, {"page_pdf": 395, "texte": "340                                LE RÉVEIL\n\n\n\n                                 L 'a m o u r e s t un e chose sa n s n o m\n      E n ve n te a u m a rc h é d e l'E m p e re u r M illio n .\n      L a ju s tic e d o r t com m e u n e d a n seu se iv r e ,\n      E t p e n d a n t que l'É g lise v e n d le C h rist en m o r c e a u x\n      S a in t Ign ace l i t le m isse l, T o rq u e m a d a a llu m e le b û ch er.\n      Ils v o n t b r û le r la lib e rté h u m a in e!\n\n      L a c ro ix e s t u n é c h a fa u d , le p r ê t r e e s t u n b o u rrea u .\n      L ’é v a n g ile e s t à p e in e u n code c rim in e l.\n\n      On a ch ète la v e r tu a in s i q u ’on v e n d l'honneur\n      C onsoler n 'est p lu s u n e m issio n d e l ’É glise,\n      E lle se con ten te d e p r i e r e t fo u r n it d e l'ea u bénite,\n      L es o rp h elin s sa n s p a in m e u r e n t s u r le tr o tto ir ,\n      E t la v ie ille sse tre m b le com m e u n fa ib le ro sea u .\n      L e d r o it e s t u n e tr a ite tiré e s u r R o th sc h ild ,\n      L es ju g e s o n t le u r ta r if...\n                                                       L a conscience d o rt.\n      M a is i l f a u t g a r a n tir la p a i x u n iv e r se lle\n      E t p o u r c e la (ô cécité, ô p e tite s s e h u m ain es!)\n      I l f a u t e n tr e te n ir m a lg r é les la r m e s d es so u ffra n ts,\n      — D es a rm é es p o u r tu e r , d es p r ê tr e s p o u r m e n tir !\n\n      N on ! Je n e v e u x p lu s r ê v e r , j e ne v e u x p l u s p le u r e r !\n\n      O m a m u se fid è le , to u jo u rs p u r e , to u jo u rs je u n e ,\n      F ille a în ée d e l'a u ro re, sœ u r d e la lib erté,\n      A p p o rte-m o i la coupe où a bu J u v e n a l!\n      D onne-m oi les p lu s h a u ts d e tes a ccen ts\n      D on t chaqu e stro p h e s o it l'ex p lo sio n d e m a h ain e,\n      C haque v e r s u ne épée chauffée a u ro u g e!\n      P o u r d é liv r e r la ju s tic e , p o u r é tr a n g le r le m a l,\n      I l m e f a u t des iro n ies, i l m e f a u t des sa rc a sm e s,\n      L a v o ix d u to n n erre e t les g riffe s d u tig re.\n\n\n      E t a in s i j e p e n sa is a u s o r t d u g en re h u m a in ...\n\n      T ou t à coup un e im a g e , b la n ch e com m e la v e r tu\n      M e to u ch a d e ses d o ig ts, en m e d is a n t :\n      Sois tr a n q u ille , p o è te !\n      L e j o u r d e la ju s tic e e s t p lu s p r è s que tu ne cro is.\n      D ors, m o n a m i.\n      E t m oi, j e m 'en d o rm is so u s c e tte v o ix h éroïqu e ,\n      Com m e u n e n fa n t tou ch é d e m a te rn e lle s ca resses.\n"}, {"page_pdf": 396, "texte": "                                       LE RÉVEIL                                           341\n\n          E t j ’a i v u d a n s m o n r ê v e (6 bon h eu r d es h u m a in s!)\n          Une é to ile g a r d a n t le to m b ea u d e J é su s ,\n          E t p lu s lo in , les a ile s o u v erte s, a u x tén èbres p ro fo n d e s ,\n          Un v a u to u r n o ir, im p la c a b le , te rrib le ,\n          S u r le c a d a v r e p o u r r i d e l'em p e re u r T ib ère....\n\nS an P a u lo (Brésil) 1891.\n\n\n\n\n                         La dernière page (*)\n\n          C’est ici que fin it l’histoire de mes souffrances.\n          L'héritage est petit, quelques larmes à peine,\n          Un paquet de lettres, une poignée de cheveux\n                                       E t ma harpe muette.\n\n          Le regard de ma Mire éclaira mon enfance,\n          L ’idéal a brodé les plus purs de mes rêves;\n          E t an dernier moment il me reste vivante,\n                                     Une image chérie...\n\n          On dira que c'est peu : c’est tout ce qui me reste.\n          Poètes qui pleurez, vous pouvez recueillir,\n          E n pleurant comme lui, l’héritage d’un fo u .\n\n                                                                 A n t o n io M a r q u e s .\n\n\n\n\n                                      VERS\n       Musique des Passés, musique des Naguères,\n       Des petits jours heureux des Autrefois défunts,\n       E t si bonne, et suave, et — oh! un peu — amère,\n       Les souvenirs m ’emplissent l’âme de parfum s.\n\n\n(*) T ra d u it d u p o rtu g u a is, d u Poema das Lagrimas.\n"}, {"page_pdf": 397, "texte": "3 42                          LE RÉVEIL\n\n\n\n       E t c’est en moi comme un très-grand jardin de roses\n       Épanchant leur poème aux doux vents printaniers,\n       P ar le sourire des matins pacifiés,\n       Jusqu’au grand songe des soleils couchants moroses.\n\n       S u r le fo n d pâlissant du beau ciel automnal\n       Les fleurs ont trépassé, graciles, sur leurs tiges,\n       E t dans les tiges déjà la sève se fige\n       Avec le regret du réveil initial.\n\n       E t le Ja rd in frisonne, gris, au vent d’hiver,\n       Dans une longue nuit, silencieux, frissonne\n       E t rêve, et songe, et prie, et nul chant ne résonne\n       Soies le dais endeuillé du profond ciel couvert.\n\n       Un jeune Printemps reviendra-t-il\n       Reviendra-t-il Mars mauve avec A vril subtil?\n\n       Le Ja rd in endormi dans sa douce ignorance\n       E st trop las pour rêver de jours fu tu rs meilleurs\n       S i vite il a perdu ses plus câlins bonheurs\n       Qu’il n ’ose plus rêver de fin à sa souffrance.\n\n       E t rêve doucement, — et triste, — des Jadis\n       Avec la vision de Paradis fleuris\n       S'endort comme un E nfant qui sanglote sa peine...\n\n       E t de vagues bontés j ’ai l’Ame toute pleine.\n\n                                                        J ean N o v is .\n"}, {"page_pdf": 398, "texte": "                                L E R É V E IL                          343\n\n\n\n\n                              Barbel\n         e n ’entends plus tes chansons, Barbel?\n             — Ne ris pas d e là sorte, Jan , dans trois jo u rs je vais\n          m ourir.\n    E t Jan to u rn a la tête pour rire encore.\n    — Tu brûleras des cierges dans de hauts chandeliers d ’argent\ne t les abbés chanteront des prières afin que Dame Vierge au ciel\nm ’accueille.\n    — Oui Barbel ! oui Barbel !\n    — N ’épouse point de femme m échante. Nos petits enfants ont\nl’âme frêle et le chagrin leur ferait endurer une vie entière de\ntristesse. Moi-même, Jan . je souffrirais bien q u ’ensevelie.\n    La nu it, les enfants eurent des songes et s’éveillaient en\ntrem blant. Barbel balançait leur couche et ses m ains fraîches\ncaressaient leur front.\n    Elle chantait.\n    Ses lèvres peu à peu devinrent lourdes. Un sifflement aigu déchira\nsa gorge. Aux douze heures la lune soudain brilla. Une croix noire\nreflétée sur les dalles se dressa dans la fenêtre et, parmi la clarté\npâle ondulaient des sourires d’anges.\n    Barbel, résignée, joignit les mains pour m ourir.\n    Les cierges et la voix des orgues n ’étaient pas éteintes — oui\nB arbel, oui B arbel — Jan épouse C lara, la rieuse voisine.\n    Dans les ténèbres les enfants délaissés sanglottent.\n    Michel l ’aîné dit à ses deux frères :\n    — Taisez vos larm es. Nous irons au loin chercher notre m ère.\nJe connais l ’avenue qui mène à l’enclos des tom beaux.\n    Dès le m atin ils partirent. Michel dans son bras portait le plus\njeu n e; il traîn ait l ’autre dont la main lasse, dans l’oubli des douleurs,\ncueillait les tiges fleuries des grandes herbes.\n    Devant la tombe ils s’agenouillèrent.\n    Michel priait. Ses frères se signaient avec des gestes ingénus.\n    Barbel souleva la terre molle, pâle et couverte du drap de m ort.\n Elle p rit son dernier né sur les genoux, lui m it le sein entre les\n"}, {"page_pdf": 399, "texte": "344                            LE RÉVEIL\n\n\n\nlèvres et l ’enfançon, étonné d ’abord agita ses petites jam bes nues;\ncomme jadis sa bouche sourit au sein.\n   Barbel a ttira le moyen auprès d’elle, peigna ses cheveux longs,\nlava de son linceul hum ide son visage souillé, puis lui donna pour\njouer les osselets épars sur la terre consacrée.\n   Elle d it ensuite :\n   Michel, va et mendie ton pain. Au reçu d ’une aum ône, faisant\ntrois révérences tu diras : « Que Dieu, Seigneur, vous le rende ».\n   Il p artit loin, vers des palais et des dem eures. Mais devant ses\nlarm es et sa faim les portes restaient closes.\n   Michel, au crépuscule s’en retourna. Le soir tom be. Il se lam ente:\n   — Le monde est vide d’am our pour les enfants sans m ère !\n   Sur sa tombe Barbel attend. La m orte prend Michel dans ses bras\net sa tendresse le berce. Michel frissonne. Ses larm es sous ses\npaupières se gèlent, puis, au son des harpes divines, il s’endort.\n\n      (D ’après une vieille chanson flamande).\n                                                     L éon P aschal .\n\n\n                                 Vœu\n\n        O pouvoir accomplir l ’unique vœu de vivre,\n        Éloigné de la foule et du monde, inconnu,\n        A côté de la femme an cœur fier, impollu,\n        A u x yeux clairs, sourieurs, dont le regard délivre!...\n\n        De la fem m e — ignorant la souillure du Livre, —\n        Qui garde ces trésors pour le fu tu r E lu :\n        E t les chastes lueurs d’un esprit ingénu,\n        E t ses illusions, qui seules la fo n t vivre!...\n\n        — E n des jardins fleuris, aux jets montant des vasques,\n        Nous sèmerions, rieurs, tous nos rêves fantasques\n        A u vent fra is, fleurant bon, d ’un éternel A vril;\n\n        Elle fera it vibrer sur des claviers magiques\n        Des lieds dolents; et pour elle, tels des béryls,\n        J e sertirais des vers et des chants prophétiques!\n\n                                             R o d r ig u e S é r a s q u i e r .\n"}, {"page_pdf": 400, "texte": "                             LE RÉVEIL                         345\n\n\n\n            La c h a n so n de la mer\n\nP laintif, sur cette plage où je viens de m'asseoir\nO mer! ton flot déferle en bruissantes bulles;\nE t j ’imagine ouir les grêles campanules\nAgitant leurs grelots dans l’air vibrant du soir.\n\nJ e songe à l'arômal frisson des roseraies,\nA u x barcarottes monotones des épis\nA u x rires d’une source en les prés assoupis,\nA ux bruits vagues de l’herbe, aux gazouillis des haies,\n\nA u x longs soupirs jaillis de l’âme des grands bois,\nVoix tristes, voix sans fin, voix de rêves, voix pâles\nOù la nature a mis ses chants, ses cris, ses râles\nE t qu’on retrouve, ô mer pensive, dans ta voix!\n\nTa voix, folle chanson, langoureuse caresse,\nLourd sanglot de ton gouffre en pleurs, murmure las,\nOrgue des désespoirs, cloche des mornes glas,\nR u g issem en t sonore où clam e ta d étresse!\n\nVa! tu n ’as pas besoin de nous dire pourquoi\nTu bondis et te tords en vagues éperdues\nE t, de ta lave glauque éclaboussant les nues,\nTu hurles dans la nuit ton indicible émoi.\n\nN ’avon s-nou s p a s a u ssi nos p a ssio n s h au ta in es\nNos regrets, nos douleurs, nos chants, nos rêves fous?\nNos pleurs sont-ils moins vrais, nos souvenirs moins doux,\nE t nos âpres dégoûts, moins profonds que tes haines?\n\nNous avons nos récifs à fleur d ’eau, nos écueils,\nNos plages de soleil où s’apaisent nos plaintes\nE t si l’abîme obscur te garde en ses étreintes,\nNous gémissons, vivants, en nos corps, ces cercueils!\n"}, {"page_pdf": 401, "texte": "34 6                             LE RÉVEIL\n\n\n\n          Lèche le sable fin des grèves, mer câline!\n          Berce la balancelle au son des flots falots,\n          E t, lasse de griffer les vitres des hublots,\n          Fais patte de velours et ronronne, ô féline!\n\n          Ou bien rebiffe-toi, cavale qu’aucun frein\n          Ne dompte; lâche bride à ta fu reu r mauvaise;\n          Assaille, mords, et laisse aux flancs de la falaise\n          Le stigmate écumeux de ta bouche d’airain;\n\n          Gronde, brise, mugis, blasphème ou vocifère,\n          Nous ne voyons en toi, mer lourde de rancœur,\n          Qu'un pâle écho de cet autre océan, — le cœur!\n\n          Serait-ce pour cela que tu nous es si chère?\n\n  1886.\n                                                      A u g . V ie r s e t .\n\n\n\n\n           DE\n\n                                DIT UN P A G E \"\n  Pour Armand Rassenfosse.\n\n       L ’âm e lassée de peines anxieuses\n       J e suis allé aux forêts anciennes\n       P o u r endorm ir mon rêve aux lointaines légendes\n       É p arses en le m ystère des vieilles solitudes.\n\n       P lus sereines s’y font m es pâles chansons d’am our\n       Languides en ces parfum s de choses qui ne sont plus,\n       De très vieilles am ours, et de très vieux espoirs,\n       M orts emmi ces silences parlant des tem ps passés.\n\n\n  (*) Plaquette de vers, avec dessins d ’Aug. Donnay et d’Arm. R assenfosse, à\nparaître en Décem bre chez A. Bénard, éditeur, Liège.\n"}, {"page_pdf": 402, "texte": "                         LE RÉVEIL                                 347\n\n\n\nL a tête lourde des larm es de souffrances à venir,\nDe l’âp re et vague conscience de ces am ours qui tuent,\nJ e vais vers les vieux arbres qui sem blent me bénir\nR ecueillir mon am our en folie douloureuse.\n\nMa pauvre enfance naïve et ses calmes chansons\nSe sont enfuies très loin, perdues parm i les branches,\nE t l’âme silencieuse de l’austère forêt\nSem ble m ’envelopper de ses regards profonds.\n\nU n ch a n t p ourtant s ’en vint enivrer m a pensée,\nP a r le silence un chant en notes triom phales,\nV int dans la solitude, le chant de mon aimée,\nUn ancien chant d ’am our en la vieille forêt.\n\nMon âm e s’est éveillée en fière adolescence.\nJ ’ai quitté la forêt en joie et en espoir.\nE t je m ’en vais vers vous ô blanche dam e aim ée.,.\nOh donc chantez pour moi la chanson triom phale!\n\n                                 E dmond R a s s e n f o s s e .\n\n\n\n           Thrène à la Châtelaine\n\n                                                    A G éo M auvêre.\n\n\n\n\n    J 'a i miré mon âme au miroir de tes yeux\n    comme dans une eau triste de rêve;\n    j ’ai miré mon âme la folle enfant frêle\n     en l’eau triste de tes beaux yeux merveilleux.\n\n    Dis-moi, ne sais-tu pourquoi vient l'enfant frêle,\n    l'enfant de Thulé\n    eu sou manteau blanc que la fée a filé ?\n"}, {"page_pdf": 403, "texte": "348                        L E R É V E IL\n\n\n\n\n      Elle s’en vient surprise vers l'eau du rêve\n      où s’érigent de faibles 'fleurs;\n      elle s’en vient cueillir les étranges fleurs.\n\n      Elle s’est penchée surprise vers les fleurs.\n\n      L ’image purpurine de sa lèvre\n      lui semblait une fleur plus belle :\n      c’est pour cueillir la fleur la plus belle\n      qu’elle s’est penchée, l ’enfant frêle.\n\n      Mais dis-moi, qu’a donc fa it l’enfant de Thulé,\n      qu’on ne voit plus trembler\n      son manteau blanc que la fée a filé?\n\n      E t pourtant c’était en l’eau triste\n      de tes beaux yeux,\n      et les fleurs vers l ’eau penchées ont l ’air bien triste\n      de tout cela, de tout cela, mon Dieu.\n\n\n                                              T r is t a n K l in g s o r .\n"}, {"page_pdf": 404, "texte": "                               L E RÉ V E IL                              349\n\n\n\n\n                    Dans le Vague\n                                                              31 août.\n\n\n            on Dieu ! rendez-moi à la réalité des choses !\n                Le ciel est bleu, et pur comme le plus parfait des\n             lavis ; je sais que les fruits m ûrissent : ils trouent la\nverdure des espaliers et disent à ma raison que la nature est pleine\nde santé : mais je ne le sens pas, et, pour avoir vu tom ber les\nprem ières feuilles jaunes des arbres, je doute, je doute, je doute;\nil me semble que mes idées vont s’en aller au gré du vent comme\nces feuilles que le soleil a certes trop fatiguées, et qui quitteront les\nbranches; bientôt les fruits seront trop m ûrs, et l’on ne verra plus\nque lesquelette des arbres. Ce sera la nuit pour tout ! mon Dieu !\nmon Dieu! Rendez-moi à la réalité des choses! Cependant, quand\nj ’ai trop regardé le ciel et q u ’il est en tré lentem ent dans mes yeux\nvagues, je rêve que je suis heureux comme tous les hommes, que la\n vie me réserve comme à eux des jouissances, que Jeanne m ’aime\n au tan t que jadis.\n    Quelle fatalité m ’a jeté en dehors de l’existence commune, loin\n des pensées et des occupations de tous? P a r quelle fatalité aperçois-je\n seul le fond de la vie? Le soleil a pour moi des lueurs que les\n autres n ’ont jam ais conçues.\n\n                                                          1 septem bre.\n\n   Jeanne, ce m atin, s’est approchée de moi comme si le printem ps\npoussait encore des feuilles pâles aux. arbres. Assurém ent elle\nvoulait me donner le change, me trom per, ses lèvres s’offraient aux\nm iennes. Oh ! Elle voulait me trom per, m ’illusionner, comme un\nenfant, comme un simple d’esprit! J ’ai deviné, j ’ai percé à jo u r\ncette comédie offensante; j ’ai détourné la tête pour ne point baiser\nles lèvres d’une femme qui ne m ’aime plus, qui me laisse seul. Car\nje suis seul. Quand je m arche, quand je m ange, quand je dors, je\nsuis seul, effroyablement seul. A utour de moi, c’est comme un\ndésert obscur que peuplent des visions obsédantes.\n"}, {"page_pdf": 405, "texte": "350                           LE RÉVEIL\n\n\n\n   En me m iran t dans une glace, j ’ai cru voir un octogénaire vide\nd’illusions. C’est bien ça. Mes cheveux ne sont pas gris, la raison\nme prouve que je n ’ai que vingt-six ans. Oh! Je suis vieux, beaucoup\nd’années ont écrasé mes épaules, il y a longtem ps, longtem ps que\nJeanne a cessé de m ’aim er.\n                                                         3 septem bre.\n\n    Je passe à côté de Jeanne chaque instant de ma vie : mais je ne\nl ’aperçois pas tous les jours. Je l ’ai regardée aujourd’hui : chose\nétrange, chose surnaturelle, elle est jeune, toujours jeune. Est-elle\nma femme? E st-ce elle qui m ’a aimé autrefois? Suis-je dupe d’une\nim posture nouvelle de la menteuse raison?\n    Comment dém êler ceci, so rtir du chaos, du cauchem ar? Si j ’avais\nla vue courte comme les autres hommes, j ’accepterais ce problème\nsans trouble, sans même désirer le résoudre. Mon Dieu, ayez pitié\nde moi, envoyez-moi la certitude, rien qu’une certitude.\n\n                                                          M ême date.\n\n   Jeanne m ’a d it que nous dînerions aujourd’hui avec un ami de sa\nfamille.\n   Je n ’ai jam ais entendu p arler de cet am i, c’est bizarre. Qu’est-ce\nque cet intrus vient faire dans mon existence? Jeanne veut-elle me\ntrom per?\n   Ma décision est prise : je ne paraîtrai pas, et ils resteront en tête\nà tête.\n   Puisqu’elle ne m ’aime plus et que je suis vieux, vieux...\n\n                                                          Même date.\n\n   Je l ’ai vu. Environ quarante ans. Le regard sérieux et obser­\nv ateu r. Il a voulu faire ma connaissance, m’a fait la cour plus qu’à\nm a femme. Sa conduite est inexplicable. Je me suis avancé vers lui\nde la dém arche lente convenant à mon âge et à l’automne qui rougit\nles vignes vierges. J ’ai prononcé lentem ent, sur un ton paternel :\n   — Bonjour, mon ami.\n   — Tu connais M onsieur? m’a répliqué Jeanne, étonnée.\n   — Nous sommes des amis d’enfance, ai-je répondu.\n   L’invité a accepté mes paroles sans tressaillir, sans dénoncer par\nun geste mon flagrant mensonge.\n   E st-il bête ?\n"}, {"page_pdf": 406, "texte": "                             LE RÉVEIL                                351\n\n   Après quelques paroles, les siennes polies, les m iennes vagues et\ndéraisonnables à dessein, je m ’en suis allé, dignement.\n   J ’ai de nouveau constaté que cet homme extraordinaire, me\nlaissait débiter les paradoxes les plus fantastiques sans sourciller :\nil les discutait d’une façon aimable, pour me capter, sans doute.\nMais je suis fermé à toute am itié. Ce n ’est pas à cet homme,\nimbécile ou fou, que je m’ouvrirai.\n\n                                                       4 septembre\n\n\n    — Sais-tu quel était notre invité d’hier? m ’a dit Jeanne.\n    Je l ’ai regardée fixem ent :\n    — Cela me laisse indifférent. J ’ai oublié son visage, comme\nj ’oublierai le tien le lendemain de ta m ort.\n    Jean n e, nullem ent courroucée par ce propos :\n    — C’est un médecin ; il dit que tu as besoin de repos.\n    J ’eus un rire strident.\n    — C’est ton esprit qui est fatigué. Cette année, tu as trop fait\nde m usique...\n    Ces mots ont été une révélation pour moi. J ’avais totalem ent\noublié que j ’étais musicien, que je composais. Je me suis revu au\nC onservatoire, puis à la veille de mes prem iers succès. Depuis\nquinze jo u rs, de plus graves pensées ont donc chassé mes préoccu­\npations musicales? Mon Dieu! Il n ’y aura plus d ’idées sous mon\nfront quand les dernières fleurs des champs seront fanées!\n    Je me suis mis au piano pour lire du Schum ann : quinze jours\nde repos ont suffi à rouiller mes doigts. Il ne connaissent plus\nles notes, je ne sais plus jo u er, et l ’instrum ent rend des sons\nabominables.\n                                                       8 septembre.\n\n   Jeanne ayant persisté dans son désir de me faire prendre du repos,\nnous sommes partis pour la campagne. Pourquoi la campagne? On\nprétend que mes yeux doivent s’habituer à de nouveaux objets.\n   Cela me convient, au reste.\n   Nous vivons dans une villa perdue, ay an t vue sur la Meuse. Nous\nverrons un paysage quelconque : je ne le connais pas; d’abord,\nil aura le charm e de l ’inédit; l’habitude ém oussant tout plaisir,\nil deviendra bientôt morne comme les murs qui enclosent ma vie...\n"}, {"page_pdf": 407, "texte": "352                           LE RÉVEIL\n\n\n\n                                                         10 Septem bre.\n\n\n   La m aisonnette qui m ’enferm e ne se distingue des autres par\naucune singularité. Je n ’ose sortir. Je crains à mon reto u r, de ne\nplus la reconnaître. Elle est de briques, entourée d’arbres, et\npercée de fenêtres. Signalem ent odieux de. banalité! J ’ai passé une\nh eure pour chercher un détail caractéristique.\n   Jeanne m ’a tranquillisé en m ’indiquant le num éro de la porte.\nJe n ’y avais pas songé.\n   A présen t, je regarde couler l’eau. Elle em porte mes pensées, qui\nla suivent, se noient dans les vagues, iront se perdre dans la m er.\n\n                                                        21 Septembre.\n\n\n   Je crois que je redeviens comme tous le hommes. Le côté objectif\ndes choses me frappe. La bête qui fut en moi renaît. Un effet du\nsoleil exceptionnellem ent chaud? de cette vie abêtissante de la\ncampagne? Ce qui m ’entoure prend un aspect de réalité. J ’ai éprouvé\ndu plaisir quand Jeanne m ’a em brassé. C’est donc elle?\n    — Ne vois-tu pas que j ’ai soixante ans de plus que toi, lui ai-je\nd it; il est peu honnête de ten ter un vieillard, de lui offrir des lèvres\ninexpérim entées, presque vierges.\n    Jeanne a fait :\n    — Fou ! Tu as la berlue.\n    Possible, après to u t...\n                                                            1 octobre.\n\n\n   Décidément, la réalité me subm erge. Je ne suis plus seul. Je ne\nsuis plus vieux. Je ne rêve plus. Jeanne m ’aime ou semble m ’aim er.\n   Je viens de relire ce m anuscrit; je reconnais l’écritu re de Jeanne:\nelle a corrigé deux fautes d’orthographe, la chère petite!\n   Positivem ent, j ’ai eu la berlue.\n\n                                             G eorges T ouchard.\n"}, {"page_pdf": 408, "texte": "            LE RÉVEIL                                            353\n\n\n\n        G alam m en t\n                                        ( d 'u n volum e)\n\n\n\n     P ar les v e n e l l e s\n\n                          au p e in tre H e n ry B O D A R T .\n\n\n\n\nAssez de musique morose,\nAssez de fleurs parm i les Sèvres,\nJ ’ai soif de soleil et de lèvres,\nCar voici, rose, l’heure éclose.\n\nA yant fu i les amours foliacés,\nJ ’irai voir l ’aube de dentelles\nOuvrir les lilas des venelles\nAvec de lentes grâces lasses,\n\nPour chercher, l ’enfant matineuse\nA l’âme simple de cousine\nQui, sans reproche et sans lésine\nMe tendra sa lèvre amoureuse.\n\n\n\n\n        Abbé de Cour\n\n                                A l’am i R éné H E N R Y .\n\n\n\n\nCe soir, monsieur l ’abbé, bel homme\nP risé pour sa bonne tournure\nEnlève d ’une preste allure\nLes habits de la Cour de Rome.\n"}, {"page_pdf": 409, "texte": "354              LE RÉVEIL\n\n\n\n\n      Il revêt pourpoint et culotte,\n      Linge odorant, dentelles fines,\n      Puis s’essaie aux galantes mines\n      Pour enjôler Rose ou Javotte.\n\n      Monsieur l’abbé, ce soir volage\n      Sort de sa chambre garçonnière\n      E t, d ’édifiante manière,\n      Salue un grand Christ, au passage.\n\n\n\n                Ma Dame\n\n                               A M ' T ristan K L IN G S O R ,\n                                 en co n fratern elle sym pathie.\n\n\n\n\n      Fleurie comme une rose pâle\n      Ma Dame a la peau, blanche et fin e;\n      L e flot de ses cheveux câline\n      S a souple taille impériale;\n\n      Son cœur s’orne de broderies :\n      Rouges seigneurs et sages pages,\n      Images dont tournent les pages\n      Quand souffle un soir de rêveries;\n\n      Son âme est tout historiée\n      De lys, de neige, et colombelle;\n      D roite et simple, Ma Dame est belle\n      E n sa noblesse armoriée.\n\n                                     Géo M a u v è b e .\n"}, {"page_pdf": 410, "texte": "                              L E R É V E IL                           355\n\n\n\n\n                          Fleurs Moroses\n\n              Des fossés gourds, le long des eaux\n              croupissantes de feuilles m ortes,\n              de la saulaie et des roseaux\n              les rauquements des crapauds sortent,\n             des fossés gourds le long des eaux.\n\n              Si que voilà les vents qui cornent\n             violem m ent de leurs voix fortes,\n             faisant strider les gonds des portes,\n             et ployant les grêles viornes.\n             Si que voilà les vents qui cornent-\n\n              D es voix mystiques se concertent\n             sur les ailes creuses du vent.\n             C’est de mon âme que concertent\n             — résignée entre leurs mains —\n             les clairs séraphins dans le vent.\n\n             Les Angelus tintés, glissant\n             sur les mains jointes des beaux lys\n             semblent des frissons indolents,\n             semblent des baisers long-trem blants\n             sur les mains pâles de l’Ennui.\n\nL iège, ce 26 /11 — 92.\n                                               E dmond   G lesen er.\n"}, {"page_pdf": 411, "texte": "356                         LE RÉVEIL\n\n\n\n\n                        Crueifîment\n      E st mort le Jêsus-Christ, et pleure Madeleine!\n      O h ! sur des pieds sanglants sentir la douce haleine\n      D ’une fem m e dont l’amour pur point ne vous leurre.\n      A genoux à la Croix une femme qui pleure!\n      Ils ont planté ma Croix au surplomb de la plaine.\n      J e suis un Jésus-Christ à l’âme d'amour pleine.\n      Ils m ’ont crucifié, priant le ciel : « Qu’il meure! »\n      Et je meurs, Seigneur Dieu, mon Père, était-ce l’heure?\n      Donc, ils ont bien cloué mes mains violacées.\n      Avec l ’éponge amère, en leurs basses pensées,\n      Ils ont mouillé mes lèvres de fièvres glacées.\n      Lam m a Sabacthani ! ils m'ont ravi Ma Dame\n      L a Madeleine! Ils ne m ’ont gardé qu’une Lame,\n      L ’Isolement des morts pour me transpercer l ’âme!\n                                          L udovic A g-Y o-Bé.\n\n                       Clair de lu ne\n             Blanche de langueurs épanchées\n             E t de mollesses lunatiques,\n             L a plaine, en formes ébauchées,\n             Sculpte ses rêves fantastiques.\n\n             Les arbres semblent des portiques\n             Où de chastes femmes penchées,\n             A u son de tres vagues cantiques\n             Regardent fu ir des chevauchées.\n\n             Bleuissent au loin les collines,\n             Sous les cascades cristallines\n             Qui versent leur neige nocturne.\n             E t, dans la paix de son arène,\n             Déroule ses cheveux de reine\n             L a blonde lune taciturne.\n                                             M arcel F l e u r y .\n"}, {"page_pdf": 412, "texte": "                                  L E R É V E IL                          357\n\n                    C H R O N IQ U E L IT T É R A I R E\n\n\n\n M a u r ic e D eso m b ia u x . — Les Amants de Taillemark (*)\n\n         ’Sil est un genre littéraire abâtardi, une écurie d’Augias où le\n           courant régénérateur et purifiant des idées jeunes a fort à\n           faire, c’est assurém ent le th é â tre contem porain. Nous voilà\n loin du noble brodequin de la tragédie, et des socques de la comédie\n antique. Que nous donne-t-on en échange? Parfois des pièces grave­\n leuses qui figurent cent fois sur l ’affiche sans parvenir à satisfaire\n les basses passions de la foule ; parfois des mélodrames d’une noir­\n ceur épouvantable à l ’usage des braves m ères-grand qu’un bel amas\n de bêtises rem ue invariablem ent de fond en comble ; parfois des tr a ­\n gédies enflées comme les outres du fabuliste dont il ne sort rien que\n du vent : mon voisin d’étude au lycée en avait commis une qui s’in­\n titu lait Les E n fa n ts de Lothaire; un capitaine en re traite qu’on me\n fit voir l ’autre jo u r travaille depuis dix ans, m ’assure-t-on, aux\n M alheurs de Conrad I I . E t l ’accorte comédie de P la te, de Térence\n de Molière et de Beaum archais, la voilà bien loin de son antique\ndevise : Castigat r id endo mores ! Si elle provoque encore le rire ,\n c’est un rire de pitié pour le philistinism e et le prudh ommesque\n gâtism e des héros qu’elle nous présente : songez donc, le bourgeois\n contem porain pire encore que nature!\n    Dieu merci, les jeunes ont compris que de ce côté il y avait de\n beaux coups à férir. Les pièces qui ont vu la ram pe au th éâtre d ’A rt\n do P aris, les œuvres dram atiques de M aeterlinck, d ’Ibsen, nous\n rassu ren t pour l ’avenir.\n    Un de nos collaborateurs, Mr Maurice Desombiaux, vient de\njoindre ses efforts à ceux des confrères lu tta n t déjà sur la brèche.\nSon dram e en trois actes, e t en prose, Les A m a n ts de T aillem ark\nest une œuvre bien pensée et vigoureusem ent écrite, qui doit en­\n gager l ’au teu r à persévérer dans la route qu’il v ien t de prendre.\n Diverses p arties, notam m ent la description de la naissance et des\n progrès de l’am our coupable du prince Rodolphe et de sa belle-m ère,\n la duchesse de T aillem ark, sont déjà des m orceaux de m aître.\n                                                          Jean   N o v is .\n\n  (*) B ru xelles, V ve Mounom, Editeur.\n"}, {"page_pdf": 413, "texte": "358                              L E R É V E IL\n\n\n\n\n            R en é G h il . —      Le Vœu de vivre (*)\n\n            eRné Ghil, le chef de l ’école E volutive-Instrum entiste et\n              l ’instaurateur de l ’a rt Sociocratique, combat pour les\n              glorieuses émancipations et la solution des problèmes\nsociaux. Il est de ceux que M. G. de la Salle, en un récent article\nde L 'A r t Social, appelait « poètes de com bat ». En effet, Le Vœu\nde vivre est une critique des institutions sociales m odernes, en même\ntemps qu’une satire des m œurs de petite ville de province.\n    P o u r M. Ghil et les siens, l ’idéal du poète de com bat est, —\nsi j ’en crois A lbert Lantoine, — d’être un conducteur de peuples.\nMais, — et ces idées sont m iennes, bien qu’ailleurs exprim ées par\nun des nôtres à propos de B o is ton Sang, — lorsqu’on est conduc­\nteu r de peuples, (et en adm ettant que ces préoccupations soient\nsusceptibles d’expression lyrique), c’est aux peuples eux-m êm es,\nc’est-à-dire à tout le monde, aux pauvres comme aux riches, aux\nignorants comme aux lettrés et aux savants, qu’il faut enseigner\nLe M eilleur D evenir, L e D evoir et L a L o i, qu’il faut dispenser\nle baume des bonnes et pacifiantes paroles, et l ’élan des grandes\nidées. E t pour ce, le poète de combat doit abaisser l ’A rt, — ou\nplutôt son a rt, — au niveau intellectuel du peuple, à défaut de\npouvoir élever le peuple à la hauteur de l ’A rt, — idéal aussi\nirréalisable qu’il est noble et généreux.\n    Or, comme par leur forme recherchée (Instrum entation verbale),\nleur langue savante, les livres de René Ghil e t de la plupart des\nsiens ne s’adressent et ne s’adresseront jam ais qu’à un très petit\nnom bre, j ’estime qu’au point de vue du but même de l ’A rt socio­\ncratique, ils ne produisent que des œuvres m ortes.\n    — Voilà, franchem ent exprim ées, mes idées à ce sujet. E t je prie\nM. Ghil, et ceux des E c r its p o u r V A r t , des E ss a is de Jeunes, etc.,\nqui com battent pour la cause de l ’A rt sociocratique, — et que nous\napprécions hautem ent comme artistes, — de ne pas voir de parti-pris\nirréfléchi ou d’intention blessante en cette simple divergence d’idées.\nP our éviter tout m alentendu regrettable, ceci m éritait d’être dit.\n                                           R o d r ig u e S é r a s q u ie r .\n  (*) Œ uvre: de René Ghil. I. Dire du M ieux. IV . Le Vœu de vivre. Volum e II,\n1892. — Edition des É crits pour l'A r t.\n"}, {"page_pdf": 414, "texte": "                                 L E R É V E IL                         359\n\n\n\n\n          H e n ry K istem a eck ers . —          Mon Amant !\n             es littérateu rs néo-rom antiques, éparpillés en vingt écoles,\n              et plus, réagissent p ar leurs bijoux d ’a rt contre la litté­\n              ratu re m ercantile et salariée, que leurs consciences répu­\n dient. Confondent-ils avec elle le réalisme? Non, je pense, bien que\n  souvent ils l ’aient déclaré m ort et en terré. Qu’est-ce qui explique\n alors le dédain qu’ils affichent à l’égard de MM. Zola, Goncourt, e t\n consorts? Quelle cause assigner à la déchéance actuelle de l ’a rt\n v ériste? Voici mes hypothèses :\n     1° L ’effrayant ta le n t qu’ont déployé MM. Zola, Daudet, Mau­\n passant, H ennique, Céard, A lexis, e tc ... qui nous rapetisse\n rudem ent, nous, les nouveaux venus.\n    2° Les difficultés d’un travail d’observation nécessitant une\n continuelle tension de la pensée.\n    Cependant, les deux groupes littéraires subsistent, avec des\n différences profondes. Les néo-rom antiques (décadents, symbolistes,\n magnifiques, baudelairiens...) se réfugient dans leur rêve, leur\n pensée, leur tour d’ivoire, leur moi, deviennent de plus en plus\n personnels et subjectifs. Les réalistes se placent carrém ent du côté\n de la vie et de l ’action, cherchent à objectiver, à donner la sensation\n du vrai, l ’illusion que la chose narrée est arrivée.\n    M. H enry Kistem aeckers s’est écarté du m ouvem ent général de\n poésie et de symbolisme. Jadis, il a, comme tout le monde, rim é\ndes vers à la lune, mais pour s’am ender bientôt, et obtenir sa grâce\n par cette prem ière œuvre : L it de Cabot.\n    L it de Cabot, c’est le roman comique d’une troupe de comédiens ;\nseulem ent, l’esp rit cocasse de Scarron est remplacé ici par l ’am er­\ntume des petites choses basses de la vie. C’est une sincère enquête\nsu r l ’existence des pauvres cabots. M. K istem aeckers ne les plaint\npas, ne s’apitoie p as; ses mots n ’ont pas la bouche en cœur. De\nmêm e, il ne pousse jam ais le tableau au noir. Il se contente\nd’indiquer froidem ent, objectivement. E t nous sommes émus p ar\ntoute la lie découverte au fond de l’existence du ténor que nous\napplaudissons certains soirs, et que des triom phes semblent exalter.\n    Les cabots de K istem aeckers sont bien en chair et en os, plantés\nd ’aplomb, débraillés, les pieds dans leurs pantoufles sales. Le décor\n"}, {"page_pdf": 415, "texte": "360                             LE RÉVEIL\n\n\n\n\naussi est saisi sur le vif : relisez la description des Galeries\n    H u b e rt, des boîtes de la rue des Bouchers.\n    Nous avons, avec L it de Cabot, un rom an belge d ’ecriture\nfrançaise, sans nul relent de MM. Camille Lem onnier ou Georges\nE ekhoud.\n    Mon A m a n t! qui vient de paraître chez Flam m arion, reçoit du\npublic un excellent accueil. Je le crois m érité.\n    P au l R ière, un chroniqueur parisien, produit névrosé de\nl ’asphalte, est l ’àm ant, le seul et unique am ant de la féline et\nséduisante M eriem, une divette qui offre plus d ’un point de ressem ­\nblance avec Mlle Y vette Guilbert. L ’état psychologique de P aul est\nanorm al. Il est pris de ce vague malaise qui h an te, depuis le\ncom m encem ent du siècle, les cerveaux surchauffés, et qui a donné\nlieu à mille interprétations d iv erses: René, Adolphe, W erther,\nDes E ssein tes, l'E n fa n t du Siècle de M usset, P h ilip p e de B arrés.\n P aul Rière est un sceptique, un désabusé. Bien qu’il sache encore\n aim er, une fatalité le porte à toujours scru ter, analyser et soup­\n çonner. N aturellem ent, il parcourt toute la gamme de la jalousie :\np résen t, avenir, et passé. Oui, il est ja lo u x dans le passé! Il se\nproduit alors des scènes qui em bêtent la petite M eriem, e t encore plus\nPaul Rière qui décide qu’il ira se guérir bien loin, en pleine nature.\nMeriem accepte son départ; c’est le point faible du livre : les\nam oureux se q u itten t trop facilem ent, d’un cœ ur trop léger.\n    P au l R ière v it alors de cette vie saine de campagne, qui ab ru tit\net réconforte. Des aventures rom anesques le m ettent en rapport\navec les de Bienne, qui habitent un château, près de la Meuse.\nPaul s’éprend d’Alice de Bienne, une jeune vierge de dix-huit ans,\ncandide et passionnée : il en devient l ’am ant.\n    L a m ort de Meriem dénoue brusquem ent le livre et frappe d’un\ncoup profond l ’esprit de Paul R ière.\n    Deux au tres personnages interviennent, très bien dessinés,\nd’ailleurs : le père et le frère d ’Alice. G ontran a vu sa sœ ur se\nlaisser em brasser par R ière. Il ne somme pas le journaliste de\ns ’expliquer. Oh! non. Plongé dans une dêche noire, il se contente\nde faire ch an ter sa sœur. La situation, neuve et scabreuse, est d’un\nréalisme frappant.\n    Une langue claire et sobre, un sentim ent vrai de la nature, des\ndialogues vifs et vrais, voilà les qualités de ce livre, moins\n"}, {"page_pdf": 416, "texte": "                                 L E R É V E IL                           361\n\n\ndocum enté, p eu t-être, mais m ieux écrit que L it de Cabot. P o u r la\np lu p art des jeunes, bien écrire consiste à se servir de beaucoup de\nm étaphores. Je me contente, moi, d ’une langue claire et expressive,\nqui n ’em pêche pas des trouvailles comme : « les am oureux cocori-\nqu a n t autour d’une m aîtresse... » « s'i n tim ise r à la ré a lité ... ».\nVoilà de bien petits détails, me direz-vous. E h! non. C’est l ’indice\nd ’un tem péram ent d’artiste. Ces expressions, appelées p ar l’idée,\nviennent d’elles-m êm es, sans préparation : C’est pourquoi elles\nplaisent.\n    Je me résum e : le fond du talen t de M. H enry K istem aeckers\np araît être un intense scepticisme. Il s’est incarné en P aul R ière,\nle poète m ort jeune, et dont les illusions se sont écroulées comme\nun château de cartes.\n                                                  G eorges   T ouchard.\n\n\n\n\n       E m m anu el                  — En les Landes.\n                      D e lb o u s q u e t.\n\n                         I. Le lointain Cor\n                  (Avec une préface de R e n é G h i l ) .\n\n\n         e livre m ’a ébloui : en vain chercherais-je des vocables\n          grandiloquents pour exprim er mon adm iration : Im pératif\n          s ’impose un mot : m erveilleu x, en ses accords profonds\nd’images évoquées; je crois qu’avec ce m ot s’éveillera chez les frères\nqui auront lu ce récent poème, la vision de ses larges splendeurs.\n   Laissons les vaticinations naïves appelant l ’hum anité vers l’utopie\ndu Bien; dédaignons aussi l ’égoïsme plaintif et vain qui se com plaît\nen puériles m inuties : mais allons vers la grande N ature, seule\nadoration possible, car elle est la grande Beauté. E t loin de la Ville\nsacrilège, ensevelissons nos rancœ urs dans ses couchants magnifiques,\ncautère à nos plaies.\n   Je m ’incline devant le glorieux poète qui nous est venu, d’exquise\nsensibilité mais jam ais étalée, et devant la splendeur des vers\nimpeccables et si la tin s , qui chantent, vibrent, rougeoient et\nfleurent, évocateurs de l ’Autom ne ensanglantant les chênes blessés\nqui :\n\n          Sem blent des bas-reliefs où se meuvent des ombres,\n"}, {"page_pdf": 417, "texte": "3 62                                L E R E V E IL\n\n\n\ndes galops d ’étalons vers les pouliches effarées, dans le souffle sain\ndes bruyères m arines ; des cors chantants en les crépuscules des\npinèdes odorantes ; des taureaux affolés bram ant :\n\n            ... de stupeur vers les brumes des soirs\n        Que signent des feu x clairs en m iroitantes rides.\n\n   Livre inouï! Et de début : car, nous dit René Ghil en préface,\nEm m anuel Delbousquet n ’est âgé que do dix-huit ans.\n   Celui-Là sera très grand : p rêtre im puissant du beau, je salue en\nlui le libérateur.\n                                                     F rédéric F r ic h e .\n\n\n       E m ile   L e co m te . —       Papillons et Papillotes (*)\n\n\n         eRcueil de poésies avec épigraphes de J. B. Rousseau,\n           Souvestre, A. Lefèvre, P . Delhaye, V. Compas, Cfnàtrian\n           et Camille N atal, dédicaces à « M. E . N . .., membre\nouvrier de p lu sieu rs conseils », pièces de circonstance, tendres\nrêveries, aveux tim ides, etc. :\n\n                            J 'a i toujours aimé\n                            L ’humble pâquerette\n                            N aïve fleurette\n                            D ont la collerette\n                            M ’a toujours charmé.\n\n   P a rle r ici de critique littéraire serait un m onstrueux dévergon­\ndage de m ots, ces petites bétises-là ne relevant de la litté ra tu re\nni de la critique. Je vais m ’en abluer le cerveau, avec du Verlaine.\n                                                     F rédéric   F rich e.\n\n\n\n\n (*) P oésies. V erviers, G ilon, éditeur.\n"}, {"page_pdf": 418, "texte": "                                L E R É V E IL                          363\n\n\n                    C H R O N IQ U E A R T IS T IQ U E\n\n\n\n                            De Liège\n           1re E xposition du « Cercle des B eaux-A rts »\n                   — M onsieur Xavier F rancotte\n\n           'LÉ m u la tio n , à Liège, est une coalition de bourgeois cossus\n             plus ou moins inintelligents qui se proposèrent jadis de\n             protéger l ’a rt. P our ce ils se font verser de dix à vingt\nfrancs par jo u r, par quelques pauvres artistes auxquels ils perm et­\nten t d’exposer leurs œuvres dans une à cet effet très désavantageuse\nsalle qu’ils possèdent. En outre tous les m em bres de la dite coalition,\nc’est-à-dire à peu près tous les bourgeois un peu chics, en tre n t\nà l’œil pendant l’entière durée de l ’exhibition.\n   Dans la grande salle faux-gothique de l 'E m u la tio n , d a m e s et\ndes demoiselles ont mis des fleurs, des aquarelles, et m êm e, hélas,\ndes po rtraits, le tout plus ou moins godiche. — Comme avec les\ndames il faut toujours, e tc ..., nous passerons.\n   Voici des Messieurs très honorables : tout le long des m urs ils\nont appendu d’inoffensifs badigeons. — Si ça les am u se!... M ention\nspéciale : P . J. et M. Antoine Dainef et le suave Daco.\n   Les Élèves d’Académie nous exhibent les résultats de plus ou\nmoins heureux efforts. Cette rem arque : beaucoup ont l’adm irable\ndon de la couleur, aucun n ’a les plus élém entaires notions de dessin.\n— Qu’en pense Mr De W itte, leur professeur? — Deux promesses :\nMM. P el e t W ür th ; un déjà très pur artiste duquel une exquise\naquarelle nous perm et d’attendre avec confiance de définitives\nœuvres : R ichard Heintz.\n   M onsieur Heintz nous mène aux artistes. Ici trois œuvres\nchacune parfaite en sa m anière s ’imposent d’abord : l ' Autom ne\nd’Auguste Donnay, un panneau décoratif d’harm onieuse ém otion;\nsous la claire mélancolie d’un ciel fastueux d’autom ne, emmi le\nvent qui éparpille la vêture d’or de quelque légendaire forêt, une\nfemme chem ine, pensive, inconsciente.— Comment dire l ’indéfinis­\nsable tristesse qui vous arrête devant cette toile!\n   La seconde œ uvre est d’Arm and Rassenfosse : une femme de\n"}, {"page_pdf": 419, "texte": "364                           L E R É V E IL\n\n\n\ntroublante lasciveté, une Messaline aux blanches dents mordeuses\net dont les sanguines lèvres sem blent faites pour sucer des vies.\nAdmirable de simplicité Mr Rassenfosse, par cette étrange figure\nde femme, sait je te r plus de trouble en l'âme que ne le peuvent en\nleur bizarre a ttirail toutes les sphynges que nous font et nous refont\nnos m odernes peintres.\n   Sans ém otionnante idée, mais si vraie, si sincère et d ’effort si\nconsciencieux la petite toile de Mr M ataive, D écrépitude, est dans\nun genre inférieur un petit chef-d’œuvre.\n   Il est d’autres belles choses encore dans ce salonnet : Deux\np ortraits de grande allure e t si vivants d’Auguste Donnay et,\ntoujours du mêm e, des dessins e t des eaux fortes de si triste, tan tô t\nclaire et tan tô t sombre inconscience. Donnay se classe définitivem ent\nparm i les tout prem iers des actuels artistes, et dès qu’il voudra\nexposer ailleurs qu’en notre bourgeoise cité et aller à l’interna­\ntional public artiste, la critique le sacrera le grand et suggestif\npeintre et poète de ceux qui vont inconscients, sous les fatalités.\n   Rassenfosse a trois très belles eaux-fortes se ressentant quelque\npeu de la h an tise de Rops que l ’artiste subit en disciple e t ami.\n   Nous citerons deux noms encore de chercheurs sincères et qui\ncertes tro u v ero n t un jo u r : Louis Moreels avec ses m iniatures,\nétonnantes de grâce, de fini et de délicatesse. Nous aim ons moins\ndans son ensemble sa grande vue panoramique de Liège, où l’achevé\nde certains détails contraste m alencontreusem ent avec l ’é ta t rudi­\nm entaire d ’autres; il nous semble que c’est là une œuvre à re tra ­\nvailler. Mr Bauër a de bons tableaux quelque peu impersonnels mais\nqui indiquent un laborieux artiste. Ses portraits plaisent, moins\net ont des contours bien peu harm onieux. Les sculpteurs : Oscar\nBerchm ans : son superbe buste d’homme et un beau bas-relief nous\nsont une révélation et font pressentir un grand artiste.\n   Mignon expose une épreuve un peu m alvenue nous sem ble-t-il de\nson beau Combat de taureaux. Sa statuette p o rtra it est bien petite\nsous plusieurs rapports.\n   Une petite lionne de L iebert est puissam m ent et hardim ent modelée.\n   Si on tien t compte des conditions dans lesquelles s’est effectuée\ncette prem ière exposition du jeune Cercle des B e a u x -A rts on peut\nse réjouir de la vitalité du m ouvem ent d’A rt en W allonie.\n"}, {"page_pdf": 420, "texte": "                               L E R É V E IL                          365\n\n\n\n   Quittons les A rtistes et dégringolons ju sq u ’à Mr X avier F rancotte,\ndocteur, professeur à l’U niversité et en outre bedeau d ’une foule\nd ’églises et de chapelles.\n   D’abord son histoire : il fut un obscur et très pieux sacristain,\nd’œuvres pies très occupé. Mais voilà qu’un jo u r Lombroso envahit\nla m aisonnette de son intellect — et tout s’y bouleverse. — Ah! ces\nm audits italiens, quand laisseront-ils en paix somnoler les fils de\nl’Eglise! Mr F ran cotte s’intoxiqua de Lombroso et alors commença\npour lui une existence de m arty r !\n   Lombroso me semble n ’avoir pas to rt, se dit-il ; mais la foi aussi\na raison, — qui donc alors a raison? Voilà Mr F rancotte étudiant,\nexpérim entant, com pilant, com pulsant; il devient savant, il devient\nanthropologiste et bientôt ' stupéfie le monde p ar une indigeste et\nindigérée compilation, de ses labeurs fruit avorté. Il nomme cela\nAnthropologie crim inelle, et s’im agine, peut-être sérieusem ent,\nav o ir ram ené Lombroso sous le parapluie du V atican.\n    Ce Lombroso nous fait rire un peu; Mr F rancotte beaucoup.\n   A rrivons au fait : à l ' Union C atholique, sorte de visqueuse\nligue du doctrinarism e clérical et tête-de-pipesque, le bon Mr X avier\nfait une conférence sur la D éséquilibration mentale dans la littéra ­\nture contem poraine, en-tête qui ronfle très avantageusem ent.\n   Dans la conférence il est prouvé, irréfutablem ent, que F laubert,\nles Goncourt, B arbey, B au d ela ire — oh, surtout Baudelaire! —\n étaient des toqués — parfaitem ent M onsieur, des archi-toqués!\n   Comme preuves : quelques boutades et gouailleries plus ou moins\nauthentiques que se seraient perm is ces génies, leur sensibilité\ndélicieusement affinée, et surtout — oh oui, surtout! leur m éprisante\nhaine du médiocre, du lion, du bourgeois bête et mesquin.\n   Débiter telles crétineries, le bon sacristain — jadis on disait\ncuistre — l’appelle faire de l ’A nthropologie!... Mr F rancotte ne\nveut pas que les crim inels soient des épileptiques, des irresponsa­\nbles; mais il s’accomode parfaitem ent de l ’idée que le génie est une\nforme de l ’épilepsie.\n   Comme devait béatem ent sourire l’évêque de Liège dont la figure\nonctueusem ent épanouie présidait à ce déballage ; comme se devaient\nsentir à l ’aise les bourgeois et nobillons auditeurs, quand le <1 savant\nprofesseur » débita d’une voix émue cette exquise péroraison :\n    « L 'a u rea m ediocritas n ’est pas vraie pour la fortune seulem ent:\n"}, {"page_pdf": 421, "texte": "366                               L E R É V E IL\n\n\n\n» elle l ’est aussi pour l ’intelligence. Quand on considère la triste\n» destinée qui paraît être le partage des esprits d ’élite, on se\n» résigne plus facilem ent à la médiocrité et l’on se félicite d’échap ­\n   per à tan t de soucis et à ta n t de déceptions » (*).\n   Le bienheureux Mr F rancotte !\n   On sait que depuis longtemps les génies sont les têtes-de-turc d es\nnos soi-disant «catholiques» et que l ’a rt leur p araît la pompe et les\nœuvres de Satan. Ils ne se contenteront plus désormais d’affamer\nles grands hommes, de les conspuer, de les ignorer (voire de les\nexcommunier) — tels Hello, V illiers, Baudelaire, V erlaine, Bloy :—\nils finiront par dem ander leur collocation en un asile quelconque,\noù le savant anthropologiste Mr F rancotte étudiera leur cas.\n   Les Bourgeois que Dieu commit à la garde de la Foi p réparent\ndes Charenton pour les Thom as d ’Aquin, les François d ’Assise,\nles B onaventure, les M arbode, les Anselm e, les Dante de l ’A venir,\net des Salpétrières pour les futures Sainte-T hérèse.\n                                                        J o sse   d ’A i l l e u r s .\n\n\n\n\n       Conférence du Sâr Péladan\n                   au Cercle artistique et littéraire\n\n            L\n            e Sàr M érodack J. Péladan, mage authentique et ré v é lé ,—\n             aussi de passage en notre pays pour donner une m atinée\n             littéraire pendant l’exposition du cercle P o u r l 'A r t , —\nest venu nous dispenser l ’aiguail de ses bonnes paroles au Cercle\na rtistiq u e et littéra ire.\n   Tête de C hrist : barbe et cheveux noirs, fins, bouclés, frisottés,\n— on d irait d ’un grand tu rb an , — justaucorps de moire et ra b at\nde dentelle, le Sàr nous a parlé, sans plan bien défini, de la Magie,\ndu M ystère, de l’Amour, de l ’A rt.\n   La prem ière partie de sa conférence fut de com préhension assez\ndifficile : la quintessence en est que, pour lui, la Magie est l’idéal\nde la vie intellectuelle, la conception, la réalisation et la sublimation\nfinale du M oi; — et le M ystère, une zone interm édiaire entre la vie\n\n\n  (*) In-extenso dans cette chère Ga z ette de Liège.\n"}, {"page_pdf": 422, "texte": "                                L E R É V E IL                           367\n\n banale et Dieu, zone accessible à de rares élus, esprits supérieurs.\n     Lorsqu’il nous en tre tin t de l ’A m our, le Sâ r fut mieux entendu.\n P o u r lui, Cupidon est tro p ... concret; il lui préfère Erôs, l’Am our\n ab strait.\n     M ortels, les joies incom parables de l’Am our ne sont qu’un vain\n le u rre ! P a r les peines dont il est cause, nous rachetons largem ent\n les jouissances que parfois il nous procure, et expions en outre toutes\n nos fautes, tous nos péchés. L’homme et la femme sont créés pour\n qu’en un hym en expiratoire, ils se servent m utuellem ent l’un de\n bourreau, l ’autre de « bourrelle! »\n    E n p assant, le conférencier flagelle « M onsieur B ichet », Alfred\nde M usset, Schopenhauer, et dit W ag n er dangereux, — bien\n qu’adm irable, — dans T rista n et Y s e u lt, p ar exem ple, car « Y seult\nreprésente les colonnes d’Hercule de la passion ». Il exprim e aussi\nce délectable aphorism e : \" toute femme qui trouble, corrom pt; la\nfemme est faite pour apaiser; » — et donne au double cœ ur féminin\nle doux nom de ruac.\n    Relevons encore cette interprétation de la création de l ’homme :\n« les anges projetèrent leur ombre sur le sol, et ce fut le schém a de\nla forme hum aine » ; — et de la femme p ar le dédoublement de\nl ’androgyne p rim itif en son principe actif e t son principe passif.\n    Enfin, l’au teu r de l 'Ethopèe de la Décadence L a tin e exprim a,\navec les lois de l’E sthétique, ses opinions, — idéalistes, — sur\nl’A rt, qu’il définit: «l’ensemble des moyens expressifs de la Beauté».\nIl nous parle de l’hiératism e dans l ’A rt, influence accusée dans\nl ’École F lam ande; — . m ontre qu’en Belgique, plus que partout\nailleurs, la religion se fait entretenir par lu i; — et compare l’A rt\ncontem porain à la T itania de Shakespeare, qui couronne de roses\nun âne.\n    Le Sâr term ine par la lecture du Coran de la Rose + Croix, écrit\nen un style charm eur, — c’est une justice à lui rendre, — véritable,\npoème en prose, avec alinéas débutant pour la plupart par un\nalexandrin, sem blablem ent aux cantiques de Nebo, en le R itu e l\nd 'A m o u r du rom an \" A cœur perdu \" .\n    Ce fut une soirée déconcertante pour le gros du public, mais\nféconde en douces jouissances pour les E sthètes — non impassibles!\n\n\n                                                       R od . S queer.\n"}, {"page_pdf": 423, "texte": "3 68                          L E R É V E IL\n\n\n\n\n                   CHRONIQUE TH É Â T R A L E .\n\n\n                         Au Chat Noir\n\n        eC félin subtil nous est revenu, p ortant la bonne nouvelle, et\n          le Mufle s’est encore écrasé aux portes, car le Mufle\n          toujours adore qui l’égratigne.\n   Nous avons revu les gais compagnons et très délicats poètes :\nM arcel Lefèvre, A rm and Masson, Jules Jouy, P aul Delmet, Hyspa,\nd’autres encore.\n  Le Mufle n ’a compris ni l ’atticism e de P h ryn é, ni la grandeur\nsombre de l'Epopée, ni l ’ironie sanglante de M arcel Lefèvre et de\nJacques F ern y , ni la grâce d ’Arm and Masson, ni rien du to u t:\nmais il s’est tordu aux polissonneries... qu’il a cru entendre.\n   Nous avons ouï une grosse dame déclarer que : a c'était quand\nmême bien p lu s jo li chez les m arionnettes H olden de la f o i r e ,\nsavez-vous. »\n  La même impression se retrouve dans certains com pte-rendus\nde grands jo u rn aux que nous pourrions citer : la bêtise du monde\nm ’an éan tit, disait le grand F lau b ert !\n                                                              F. F.\n\n                        Au Grand Théâtre\n\n           pArès avoir six mois du ran t savouré toute la douceur de ce\n             sommeil du juste ta n t vanté, notre grand th éâtre s’est\n             enfin réveillé, voici deux mois. La direction de notre\nprem ière scène a été confiée p ar l ’adm inistration communale à\nM. E. Bayard.\n   Celui-ci nous est arrivé avec une troupe com prenant des élém ents\nde valeur diverse, dont quelques uns de tout prem ier ordre.\n   Tout d’abord la prem ière chanteuse légère, Melle P riollaud, qui\nest de l ’avis général, une des m eilleures artistes qu’il nous ait été\ndonné d ’entendre à Gand. La voix est claire, d ’un tim bre agréable,\nsavam m ent conduite, et la diction fort nette. Mais Melle Priollaud\na le grand to rt de se surm ener outre m esure. Tout dernièrem ent,\nelle a , en une sem aine, tenu cinq rôles différents. P a r m om ents,\ndéjà, la fatigue se fait sentir.\n"}, {"page_pdf": 424, "texte": "                                    L E R É V E IL                              369\n\n\n\n    Mme Boulland, elle aussi, a su rapidem m ent conquérir les suffrages\n du public, notam m ent par son interp rétatio n superbe de Carmen et\n de Rose F riq u et.\n    P o u r l’emploi de forte chanteuse, on en est encore aux tâtonne­\nm ents. Melle B riard et MmeDuzil ne sont pas parvenues à contenter les\nhabitués. La direction s’occupe activem ent de leur rem placem ent.\n    Du côté des hommes il y a comme ténor de grand opéra M. M errit.\nBien que déjà longtemps sur les planches, il semble n ’avoir guère\nperdu de ses très sérieuses qualités de ch an teu r : sa voix sympa­\nthique a, surto u t dans le hau t, conservé un éclat vainqueur.\n    Le ténor léger, M. Galand, vient après MM. Boon et Génin, qui\navaient été jugés insuffisants. Il a débuté voici quelques jo u rs dans\nle B a rb ier de S éville qui a été pour lui un réel succès. Il nous plaît\naussi beaucoup dans le rôle de F aust.\n    MM. P allu et Lebreton, sont deux barytons de valeur. Le prem ier\nest aussi bon chanteur qu’il est mauvais acteur. Le second a des qua­\nlités très réelles de voix et de mimique : il a joué le rôle de Figaro\nd ’une façon point du tout vulgaire. Nous nous plaisons à féliciter\nici cet artiste consciencieux.\n    MM. L o u y re tte e t F a b ry , basses, o n t le u rs bons m oments. Ce dernier\ns’est tiré fort à son honneur du rôle de C apulet dans Roméo et Ju liette.\n    Q uant à la basse chantante, M. Jacquin n ’a fait ici que p araître,\net M. Dejean, qui re tard ait ses débuts pour cause de m aladie, nous\nassure-t-on, est rem placé m om entaném ent par un lau réat de notre\nConservatoire, M. Jules Bresou qui s’est fait applaudir pour son in­\nterp rétatio n de Méphistophélès.\n   Outre l ’habituel contingent de pièces faisant partie du répertoire,\ncourant, quelques nouveautés ont vu la ram pe : l’A m o u r M ouillé\nde V arney, m usiquette gentille et poème nul ; G illette de N arbonne,\nd ’A udran, qu’on a presque sifflée. Enfin un ballet de P aul d ’Acosta,\nqui renferm e de bons passages.\n   M. E . B ayard pour sa bonne volonté et ses efforts m érite des en ­\ncouragem ents et toute notre sym pathie.\n                                                                             J. N.\n"}, {"page_pdf": 425, "texte": "370                             L E R É V E IL\n\n\n\n\n                          Au T héâtre M inard\n\n\n\n              M. Fontenelle et, R ich et sont venus cet h iver reprendre\n               le bon com bat déjà engagé l’année dernière; il convient\n               de les féliciter hautem ent de leur courageuse entreprise :\nla tâche d ’une troupe de comédie en province est rude : il faut un\nrépertoire énorme et très rapidem ent déroulé, pour contenter un\npublic peu renouvelé, à Gand surtout, ville pauvre m algré ses\ndeux cent mille âm es, et où l ’élém ent flottant fait com plètem ent\ndéfaut; si l ’on ajoute à cela la fatigue des tournées par les petites\nvilles voisines, on est forcé de convenir que notre troupe est\nabsolum ent héroïque.\n    Elle nous a donné jusqu’ici presqu’au tan t d’ouvrages que de\nreprésentations.\n    Citons to u t d’abord G ringoire et le B a is e r , du grand m aître\nBanville. Le prem ier de ces actes exquis n ’a pas trop mal été\ncompris de notre spirituel public; par contre lui a com plètem ent\néchappé ce délicieux badinage : le B a ise r ; il a bien fallu rendre\njustice à l ’irréprochable interprétation de M. Fontenelle et de\nMme Chabrol, mais c ’est tout.\n    Une fouaillante satire de Ginisty : On ne badine p a s avec\n l'honneur, a été prise par nos bons Gantois pour une petite grivoiserie.\n    L e P rin ce d ’A urec, excellem m ent donné, n ’a guère plu ; à notre\navis, c ’est une bien faible pièce bondée de bien jolis m ots.\n    Succès m érité en tous points pour le Député de Bom bignac, la\nB oule, M a C am arade, l'E tin ce lle et dans un autre genre pour\n Bébé, le P e tit L u dovic, F erd in a n d le N oceur et les Dominos Roses\n (un peu fripés ces dominos).\n    Nous reg rettons que la direction soit obligée, pour a ttire r les\n trém olom anes, de dévider des pelotes de ficelle comme D enise,\n D o ra , B a ta ille de Dam es, M a r ty r e , P a r D ro it de Conquête, etc.\n    La troupe’) est bonne et bien homogène : en prem ière ligne,\n à l ’honneur comme à la peine : MM. Fontenelle, le souple talent\n que nous avons déjà pu apprécier en sa prem ière campagne, et\n R ichet, acteur parfait, ayant beaucoup de discrétion et de goût; —\n qu’il se défie pourtant des rôles trop jeunes, comme dans Bébé.\n"}, {"page_pdf": 426, "texte": "                             L E R É V E IL                       371\n\n   M. Lapeyre est un artiste de tout prem ier ordre : son talen t est\ntrès personnel, très fin et très varié. Cette dernière qualité m anque\nseule à M. M ontherel qui, à p a rt cela, est irréprochable, et plus\nencore à M. L abranche, qui n ’en est pas moins un des m eilleurs\ncomiques que nous ayons vu à Gand.\n   Du côté des dames, citons surtout Mme Carling, toujours gracieuse\net spirituelle, N antier, Chabrol — trop récem m ent ici pour que nous\nayons pu l’apprécier d’une façon complète — et D argent. Q uant à M11e\nR olla, son hébraïque beauté ne compense pas toujours sa froideur.\n   Les petits rôles sont tenus de la façon la plus satisfaisante; une\nmention spéciale pour MMlles Pillois et G éry, deux charm antes\nnovices qui prom ettent, et tiendront.\n                                                               F.\n"}, {"page_pdf": 427, "texte": "372                                                L E R É V E IL\n\n\n\n\n                                     TABLETTES\n    L a R é d ac tio n p r é v ie n t le s c o llab o ra­       L e C h a t H u a n t hulule des Contes P i ­\nt e u r s e t a b o n n és que M. J o s e p h D e s­          chottiers, des chansons, d e s vers et des\ng e n ê t s n e r e m p l i t plus a u c u n e fo n c tio n   chroniques antim uflatiques. F ort beaux\na n B é v e il. E lle l e s p r i e e n conséquence           dessins de Carré, E m ile Brunet, H enri\nd ’a d re s s e r to n te s le u r s co m m unica­            Gousse, etc. En un dessin signé Lekram,\ntio n s e x c lu siv e m e n t à la R é d ac tio n ,          nous remarquons la Mort, qui, — affec­\nM a rch é a u x D ra in s , 7 , à G and.                      tée anti-anatom iquem ent de tarses im ­\n                                                              prévus et d ’un nom bre incalculable de\n                           ***                                côtes sternales, —\n             A travers les Revues                                     .fra p p a n t une tombe avec son talon,\n  Souhaitons la bienvenue, ce m ois, à                          Z i g et z ig et za g , jo u e un a ir de danse,\ntrois nouvelles R evues :                                       Z i g et z ig et z a g , su r son violon.\n  L e D r a p e a u , La R e v u e R o u g e et                  C h im è r e p u b l i e u n n u m é ro d o u b le\nP l a t t e r f ü e d ie K u n s t .\n                                                              b ie n m in c e , — m a té r ie lle m e n t, s’e n te n d.\n   L e D r a p e a u , (rédacteur en ch ef F ir-\n                                                              — Beaux vers d e s Chansons E ternelles de\nmin Van den Bosch), débute par une                            Paul Redonnel; B a lla d e d’E ugène Héros\n profession de foi un peu longue et exclu­                    — faut-il faire siffler P S? — Dantesque\nsive. Sans vouloir discuter la possibilité                    prose d’H enri Mazel ; ainsi qu’un por­\nd’un A rt catholique, nous formons le                         trait de Géo M auvère, (ignoré protec­\nvœ u sincère de voir bientôt s’élargir ce                     teur des lettres grecques, ô Paparigo­\ncadre, trop étroit pour une revue de                          poulos!) page et troubadour, collant\njeunes. — Le prem ier n° contient de                          m i-parti, toque h créneaux, et couleurs\n bons vers de Paul Gérardy.                                   de sa Dame, de sa très-gente Dam e, sur\n    L a R e v u e R o u g e , elle, n ’a p a s d e\n                                                              le cœur, le tout par Léon L eclère.\nprogramme : c’est, paraît-il, le m eilleur                        Bienheureuse L a C l o c h e nu gosier\nmoyen de n’y point manquer. — Elle                            vigoureux. Je voudrais bien encore e n ­\npublie du Verhaeren, du Georges E ek­                         tendre, sa voix, sa voix si te. ..e. ,.e.. endre !\nhoud, du Lem onnier.                                          Mais les brumes de Flandre étouffent\n    B l a t t e r f ü r d i e K u n s t débutent par\n                                                              son bruit, et la Poste ne le répercute\n un m anifeste court et serré. Nous y                         plus jusqu’à nous.\nlisons des vers de Stefan George, H ugo                           Du C o i n d u F e u nous recevons un\nV on H ofm annsihal, Edm und Lorm,                            numéro g r is-de-cendre et bien froid,\n Cari R ouge; et, de Paul Gérardy, trois                      depuis la couverture et 1rs p r o s e s , A u\npièces des C ro ix, traduites par l ’auteur,                  p a ys noir, N o ctu rn e, ju squ' aux vers :\net conservant adm irablement leur beau                        Spleen, L es tristes jo u r s . Gémissons! Et\nrythm e français.                                             tisonnons un brin.\n    N ous recevons pour la prem ière fois                         En F l o r é a l , traduits, des fragments\nl ’excellente W a l l o n i e , toute pleine de               d ’A lg a b a t, de Stefan George; Copeaux\n choses délicates, Bignées H enri de R é­                     Irisés, de Célestin Dem blon, A la f o n ­\n gn ier, F ernan d Séverin, Em . V erhaeren,                  taine en f o r ê t de Ch. B ronne, et par\n A.-Ferdinand H érold, e tc ., etc. Quel                       A lb ert Arnay, une chronique sur le\n dommage que ces derniers numéros                             Salon de Gand. — Pas de nouvelles\n soient son chant du Cygne, le Cycle                          depuis longtem ps :\n Septennaire assigné étant révolu. La\n Direction a soin d’en avertir, par une                           J o l i F loréal, qua n d reviendras-tu ?\n note horrifiquem ent éru d ite.                              com me dit Alfred Gauche.\n    L ’A r t S o c i a l , — quelle antithèse!                  L a L i b r e C r i t i q u e a portraicturé ce\n — nous offre un curieux article de G.                        m ois, le peintre Edm ond Van der\n de la Salle, L itté ra tu re de R evues, des                 M eulen, et de charmantes actrices, ainsi\n vers d’Henry de Braisne, On me dit                           que le Sûr Péladan, à qui cette évocation\n va in e m e n t,..., et la P etite G uerre, bien             d’Aphrodite fait pudiquem ent baisser\n amusante.                                                    les yeux. Oh sarcasme !\n"}, {"page_pdf": 428, "texte": "                                                LE RÉVEIL                                                    373\n\n   L ire dans L e M é p h is to les c o rre sp o n ­       Le M r Onraet prénom m é ferait bien\ndances th éâ tra les gantoises, signées                  d’en m éditer la m orale :\nJob II.\n                                                                   G est que souven t p our réussir,\n   L ’E rm itage récapitule le m ouvem ent                      Lorsqu'on entreprend une affaire,\ndes Revues pendant ces trois dernières                           I l ne suffit pas de bien f a i r e ; (?)\nannées. E st-il besoin de dire que les                   M ais p a r le bon coté c'est q u 'il f a ut la saisir.!!!\ndeux derniers sommaires sont m agnifi­\nques? Il nous suffira de m entionner des                     O césure classique, quelles suaves in ­\nvers inédits d’Arthur Rimbaud, d’autres                   versions tu procures à tes adorateurs !\nd’Adolphe R etté, Paul Verlaine, A n­                        L e M e r c u r e d e F r a n c e , qui porte\ntoine Sabatier ; chronique de Karl                        le deuil de G. A lbert Aurier — les morts\nA ugust sur L a Littérature allemande                     vont vite ! — donne de superbes vers du\ncontemporaine ; très fine et profonde fan­                regretté et déjà grand poète. N ous y\ntaisie de Georges F ourest, L a profession                liso n s encore : d E rnest Raynàud, A\nd ’Eusebe Frottemouillard; et aphorismes                 propos du Premier Livre Pastoral, et\ncruels de Paul Masson, sous le titre                      d ’E rnest H ello, Le Secret de M . Renan,\nillicébrant et vertigineux de Yoghi soit                  une lettre fort curieuse, exhum ée de\nqui mal y pense, cueillons :                              L a Revue du Monde Catholique, où elle\n                                                          dormait depuis 1863. P uis des vers très\n   « Quelles orgueilleuses que toutes ces\n                                                         -purs de J ea n Lorrain (d’après Les Idylles\npetites fem m es. A peine ont-elles conquis le\n                                                          du R o i de Tennysson), des extraits du\nmoindre de nous, qu'elles gonflent comme\n                                                          L ivre des Reinesde A .-Ferdinand Hérold,\ndes ballons.                                              L a Dent de Rachilde.\n    « La nature est insensible à nos douleurs.\n                                                              M. Louis Dum ur— dont l ’esprit n 'e st\nN ’est-il pas effroyable de penser que les bois           jam ais à ses pieds, — distille une série\nde la guillotine peuvent jouer ? »                        de subtils Petits Aphorismes sur la litté ­\n   Les E ssais de J eunes donnent des                     rature. Qu’il nous perm ette d’en trans­\nextraits de Maguelone détruite, drame de                   crire quelques uns :\nLouis-X avier de Ricard; une prose d’E m .                    « Un écrivain qui se résout au rôle d ’a­\nDelbousquet, et des vers parm i lesquels                   muser un public devrait vendre ses livres\nLes Tartanes, de P ierre Dévoluy.                          enfarinés comme une tête de pitre.\n    L a F rance M o derne ne nous est pas                     « D ans la littérature qui s'adresse aux\nencore arrivée. “ Je com mence à croire                   foules j ’exige au moins la morale.\nque le facteur n ’est pas B e u l respon­                     « Ce qui f a i t que l ’on lit volontiers des\nsable! „ comme dit quelque part cet                        œuvres manifestement inintelligentes, c ’est\nexcellent M. Hector M alot, ou quelque                     que l ’on éprouve la satisfaction de se sentir\nautre de ces M essieurs.                                   supérieur à elles.\n    L a J e u n e B elgiq u e (Octobre-Nov.)                  Enfin : \" — M . Z*** est notre plus grand\ncontinue h brandir l ’épée fulgurante                      romancier : L ’humanité chez lui n ’est qu'un\nvictorieuse des monstres; lire à ce pro­                   troupeau de porcs. — Non, c’est M . K***,\npos : Questions du jo u r, la Chronique                    l'humanité chez lui n ’est qu’un frémisse­\n Littéraire et le M em ento.il n ous est diffi­            ment d ’ailes d ’anges. — Laissez-moi vous\n cile de choisir; citons cependant les vers                mettre d ’accord. Il n'y a qu'un seul roman­\n de Valère G ille, Albert Arnay, Albert                    cier, c'est M . X ***, de l'école synthétique :\n Giraud, et les proses de Georges E ck ­                   chez lui, l ’homme est un porc ailé ».\n houd et O.-G. Destrée.                                       Un infâm e épicier, à qui nous lisions\n                                                           cet aphorism e, s’est perm is à ce sujet ce\n    L e M a g a sin L i t t é r a i r e incline un         calembour incongru :\n peu vers le bazar à treize. A part le s                      “ E t dans certains romans de cape et\n vers de Paul H arel, et Maurice Dullaert,\n                                                           d’épée, l ’homm e est un porc épique ! »\n rien à applaudir. Une m ention spéciale                   — Frém issons. —\n à l ’étonnant M. Jules Onraet, qui com­                      L e M o u v e m en t L i t t é r a i r e tend à\n m et une fable : Le Singe et les Allumettes.              affoler les sism ographes. M . Jean D el­\n Extrayons, non sans douleur :                             ville s’y livre à une danse de Peau-rouge\n   Accablé de fa tig u e et s u rp ris p a r le soir,       autour d e s poteaux où il a crucifié Les\n   U n voyageur ven a it sous u n arbre s'asseoir           Petits Iconoclastes, brandit son chapeau\n          D ans une fo r ê t (CA m érique.                  calabrais au bout de son tom ahawk et\n   I l éprouva bientôt le besoin de fu m e r                hurle de grands cris de guerre. Plus\n   Et, bourrant une pipe, i l p r i t Pour l allum er,      calmes, des proses du com te Léonce\n          Une allumette phosphorique.                       de Larmandie, de Léon Donnay, de\n"}, {"page_pdf": 429, "texte": " 374                                                L E RÉ V E IL\n\n\n\n N estor Outer, et une chronique de Géo                        Un bien intéressant journal, L e s S o i ­\nM eunier sur Marcel Lefrère.                                                        de verviers, — jour­\n                                                            r é e s p o p u l a ir e s ,\n    L ire en L a R e v u e B l a n c h e des P a y ­        nal littéraire, — offre à ses lecteurs une\nsages n eigeux, de Claude Cébel, des                        «Recette pour débarrasser les poules de leurs\nP aradoxes su r R en a n , de Léon B lu m , et              poux ». Nos lecteurs nous excuseront de\nla Chronique de la L ittéra tu re, par Lucien               ne pas la reproduire : le manque de\nM ühlfeld. Que de blancheur !                               place Beul nous réduit à cette triste\n    L a R e v u e G é n é r a l e : beau format,            extrém ité.\nprès de deux cents pages d’excellent                          L e S e m e u r , — qui s è m e pour récolter,\npapier, et rédaction tres respectable.                      comme bien on pense, — offre à la pros­\nU ltérieurem ent nous en analyserons les                    ternation des races futures un petit\nplantureuses beautés.                                       Dialogue v if et animé entre L u i et Elle.\n    Toujours plein e d’intérêt, L a R e v u e               (Rien des Fêtes Galantes). N os ciseaux\nI n d é p e n d a n t e continue Les Soutiens de            ne résistent pas à la tentation de sortir\nla Société, le beau drame d’Ibsen. M . René                 de leur étui :\nGhil y pharamine du V œ u de V ivre; nous                                                 E lle .\ny trouvons encore un F ragm ent de\n                                                              J e c r a in s l ’h u m id ité , m on c h e r , il se f a i t tard.»\nP ierre D évoluy, des vers d’Abel P elle­\n                                                              J e tou sse lorsque f a i r e sp ir é le b ro u illa rd ..\ntier, de Petites polém iques mensuelles\ns ignées G. M ., et de Georges Bonnam our,                                                 L u i.\nune prose bizarre : A narchistes.                          ....Nous iro n s p a r les bois         ................................\n    R o u e n -A r t is t e consacre u n d e ses               D a n s le calm e sa cre d u so m m e il de la ch ose .......\nderniers num éros à l’illu stre Compagnie\nd u Chat-Noir, avec vagues portraictures                                                  E lle .\net autographes échevelés. E xem ple :                         J e v a is m ettre m on ch â le. O les v ila in s Poètes •.\n                                                              T u p e u x b ien m 'appeler ta douce b ien -a imée,\n   L es fe m m e s sont scandalisées                          T u p a ie r a s le docteur s i j e s u is en rhu m ée.\n   D e c 'qui s'passe a u x Champs E lysées.                                   (S ig n e) : C om te A l b e r t d u B ois.\n\n                                                               Nous arrivent au dernier m om ent :\nE n d’autres num éros, R enan, Banvolf,                        Le dernier fascicule (Octobre) de Là\netc.                                                        S o c i é t é N o u v e l l e , la revue interna­\n  L e S il l o n qui toujours :                             tionale que dirige M. Fernand Brouez.\n                                                            I1 est des p l u s intéressants, tantau point\n A côté du S illo n creuse un autre S illo n ,              de vue littéraire qu’au point de vue\n                                                            sociologique et scientifique. T ou t le\nim prim e des proses déchirantes de Jules                  sommaire est à remarquer : de II.\nBonnet, l ’E tern el N a u fra g e, P our l'o u ­           M aubel, un fragment de son prochain\nblieuse A im ée, (dans le bocal de ses pen­                 volum e, Quelqu’un d'aujourd'hui ; de\nsées, comme dit Quasi), bien submer­                       H ubert Stiernet, une nouvelle fort\nsibles, dirait Ronchonot.                                  vivante, Paternelle Scélératesse ; de\n   L e S y l p h e a p r i s son dernier envol             Francis Nautet une très com plète étude\navec des vers de l ’onsard, E m ile B lan­                 sur l’œuvre de Camille Lem onnier; de\ndel, et Léon-L. Berthaut, L a reine                        M. G . Dwelshauwers. la prem ière partie\nM a rguerite à D a m iette. A citer encore                 d’un travail sur Friedrich N ietzsche,\nune prose Bignée Abel Charmeyran, A                        puis deux articles sociologiques, le\npropos d 'u n e S o u ris.                                 Socialisme Rationnel, lettre adressée à\n   L a S yrinx m odule des airs savam­                     C. Delescluze par le philosophe Colins\nm ent cadencés : L e M endiant, la pièce                   et L ’organisation de la Statistique inter­\nici parue de Léon Leclère (Tristan                         nationale du travail par M. Hector D enis.\nK lingsor) ; et de Joachim Gasquet, une                        Les d eu x dernières fulgurations de L a\nm agistrale prose extraite de N arcisse.                   R e v u e M o d e r n e — dont les collabora­\n   M algré l'avancem ent de la Saison,                     teurs professent une sainte horreur pour\nL e B luet parfume encore les guerêts                      l ’élém ent liquide incolore (page 663).—\nde ses ém anations discrètes.                              E xcellen ts numéros. Un caillou blanc\n                                                           Surtout pour X avier de Ricard, Henry\n     V oulez-vous que j e vous raconte                     de Braisne, Lucien Cortambert, René\n     L 'h isto ire d ’u n j o l i B lu e t? (sic)          Boudard, M arius Dillard, André Escour­\n                                                           ro n , E rnest F leury, E . Sauty; et Bon\n   Ce pourrait-être trop long. Passons.                    excellent directeur Charles Bourget,\n"}, {"page_pdf": 430, "texte": "                                         L E R É V E IL                                    375\n\ndont le dernier fascicule publie le por­          la com position de l ’Académ ie de B el­\ntrait. — D’autres bonnes choses encore,           gique, classe des lettres? Ils sont là\nm ais nous devrions copier le sommaire.           vingt-sept; nous défions le plus fin con­\n   H a rm o n ie , revue sociale et littéraire,   naisseur des lettres belges d’en citer\nde propagande et de combat sous l’égide           trois s a n s tricher.\nde la ph ilosophie libertaire. U n peu trop\nde spiritism e cependant. — Vers de Ca­\nm ille Chaigneau; Les parts sociales d’H ec­         N ous publierons un de ces jours la\nto r France. G are les fautes d’impression!       com position de la susdite Académ ie\n   E n dernier lieu — non en dernière             te lle qu’elle devrait être.           ’\nestim e, — L ouvain - J e u n e . journal des        Nous ferons le même travail pour une\nUniversitaires catholiques, spirituel,            Académie Internationale des Mufles.\nvulp in souvent et parfois calem bou­\nresque.                                              Un jou r, dans une grande ville uni­\n                                                  versitaire, l ’hom m e ém inent qui dirige\n                                                  la Bibliothèque, — où comme les r o is\n                  N otules                        constitutionnels il règne et ne gouverne\n                                                  pas, — avisa dans un catalogue de librai­\n  Le recrutem ent de l ’Académie fran­            rie Les deux Masques de Paul de Saint\nçaise est à l ’ordre du jour. Nous propo­         V ictor, s ’im aginant avoir m is la main\nsons une solution absolum ent neuve :             sur quelque antiquaille, il enjoignit au\nd’y nom m er d e s ta len ts .                    bibliothécaire-adjoint d’en l'aire l’acqui­\n                                                  sition . Mais lorsque l’hom me ém inent\n                                                  v it l’ouvrage, sans l ’ouvrir, il clama fu­\n   Le jeu des petits papiers étant tout           ribond : “ Comment, un livre nouveau !\naussi à la m ode, les amis du R é v e il se       Je croyais que c ’était un ancien. Si c ’est\nsont amusés à. form er une liste de con­          comme ça, j ’en veux p a s : il est à votre\nciliation pour une Académ ie française...         com pte ! »\nidéale. Nous transcrivons : Sully Prud’­\nhom m e, Leconte de L isle, Jean R iche­             Au reste, il se passe à cette B iblio­\n  in, Paul V erlaine, Stéphane Mallarmé,          thèque des choses fabuleuses : ainsi les\np Henri de Régnier, Francis Viélé-Griffin,        œuvres dramatiques, par je ne sais\nJosé Maria de H érédia, Jean Moréas,              quelle bizarre disposition du catalogue ,\nGoncourt, Maupassant, Daudet, Catulle             n ’y sont pas considérées comme litté ­\nMendès, A rm a n d Silvestre, Maurice             raires, et le public ne les obtient qu’avec\nR ollinat, Edm . Haraucourt, Charles Le           grande difficulté.\nGoffic, Ta in e, Zola, Hosny, Paul Bourget,          Un de nos amis nous a conté que, il y\nPaul M argueritte, H enri Lavedan, Fran­          a trois ou quatre ans, il demanda un\nçois Coppée, Jean Aicard, Maurice                 jour en lecture Le Passant do Coppée.\nliouchor, Ch. F üster, F élicien Champ-           Il lu i lu t répondu ceci par un des iné­\nsa u r , Gabriel Vicaire, Theuriet, H enri        narrables surveillants :\nBecque, P ailleron, Jules L em aître, Jean           — « M ochieu je peux pas te donnaie\nRameau, Jean Lorrain, Em ile Goudeau,             cha, cha ne pas un ouvrache littrair’,\nMarcel Schwob, H enri M azel, Paul                s’tu ! \"\nA rène, Jules Renard.                                Le bibliothécaire étant absent, notre\n                                                  ami dut se contenter de cette explication.\n                                                     Qu’on nie, après cela, l'influence\n  L e M agasin L it t é r a ir e nous confie      des idées nouvelles sur l ’esprit dos\nque l ’Académie des Science?, n e voulant         masses! Pourtant, nous trouvons le stu­\npas demeurer en reste de gentillesse              v e illa nt bien sévère : ardeur d e néophyte,\navec l ’Académ ie française qui installera        B ans doute.\nsous peu, paraît-il, dans un de ses fau­\nteuils la chim ie de M . B erthelot, a               Un autre de n o s collaborateurs ayant\ndécidé d’ \" ouvrir son se in \" à M. Sté­          demandé au m êm e prépo sé la traduction\nphane Mallarmé.                                   Panckouke des Académiques d e Cicéron,\n                                                  il lui fut répondu, après une dem i-heure\n                                                  de savantes investigation s, que la traduc­\n  Toujours à propos d’Académies.                  tion de Pannekoeke par Monsieur Cicéron\n  Quelqu’un de nos lecteurs a-t-il jamais         n’était pas à la Bibliothèque !\neu la curiosité de lire dans un annuaire\n"}, {"page_pdf": 431, "texte": "376                                         LE RÉVEIL\n\n\n\n    Apologue Oriental. Il était deux fu­                  Parlant de toutes les jeunes écoles\n m istes qui s’ennuyaient, en vacances                poétiques, qu’il confond avec la plus\n dans un hôtel de province. Pour tuer                  aim able ig n o ran c e, le père Cornut cro­\n le temp9, ils créèrent de toutes pièces —            asse gravem ent que, ce qui f rapte à\n telle M inerve, — un jeune poète exo­                travers cette littérature bruyante des jeunes,\n tique, qui à peine né, se m it à pondre              c ’est le désarroi, l'etroitesse et l'anarchie\n des poèm es échevelés, dédiés : A u vieil             dans les idées, dans le langage et dans la\n ami Verlaine, A u cher Verhaeren, en sou­            conduite. Leurs audaces lui font expec­\n venir de ma Sœ ur; A Georges Touchard,               torer ceci : Cette violation perpétuelle des\nfleuriste; A mon cousin D elville. Puis les           règles fondamentales de notre langue et de\n deux compères lui dictèrent une fort                 notre poésie étonnera moins, si l ’on se rap­\n belle é p itre , e t expédièrent le tout à une       pelle que ce sont des Grecs comme Moréas,\n Revue de notre connaissance.                         des Suisses, des A nglais et des Américains\n    Mais les rédacteurs de cette R evue,              qui prétendent améliorer notre versification.\n étant très sagaces, découvrirent le tour,             Camille Lemonnier (? ), Georges Roden­\n et jetèren t, d’abord le s hauts cris, puis          bach, Maurice Maeterlinck, Emile Ver­\n la lettre au panier.                                 hoeren, Albert Giraud (!!) etc., sont\n    Moralité : A beau m entir qui vien t de           Belges !!!!!! (page 228).\nloin.                                                     M . Guy de Maupassant est la mouche\n                       **                             vénimeuse qui se plaît aux purulences, et\n                                                      dont la piqûre imperceptible laisse dans\n   Petites sottises des grands journaux.\n                                                      l'organisme un trouble rongeur, parfois\n   D e notre grand-oncle Sarcey, à propos             mortel! (page 84).\nde la reprise de Ferdinand le Noceur, co­                 Nous regrettons que la place nous\nm édie de G andillot :                                fa sse défaut : il r e ste encore de bien\n   « Ce vaudeville, déjà deux ou trois fo is          belles choses à noter en ce livre remar­\nc e n te n a ire , etc. »                             quable; à propos du charmeur Catulle\n   Dans Amour Mortel, feuilleton de M.                M endès : dans toute société qui se respec­\nCharles M érouvel : « Ce soir-là, le                  terait, et où la moralité publique compterait\ncomte sortit de chez sa maîtresse à trois             pour quelque chose, de pareils livres seraient\nheures du matin! »                                    supprimés, et l ’auteur mis dans l ’impuis­\n   E nfin, de M. Hector M alot, déjà                  sance de nuire! (Charmant, ce dernier\nnom m é, en Madame Prétavoine ;                       euphém ism e).\n   — Tu viens de Condé? s'écria-t-elle.                   E t plus loin : L ’imagination déréglée\n   — Qui te l'a dit?                                  et le réalisme cynique ont contribué beaucoup\n   — Mon cœur!!!                                      à la célébrité de Victor H ugo et de Zola.\n                                                      On y fouaille aussi comme il le m érite\n                                                      l ’ignorant et lourd Flaubert !!!\n    Avez-vous lu . Les Malfaiteurs L itté­                M oralité : Les petits chiens lèven t la\nraires du père É tienne Cornut, S. J.?                patte contre les grands m onum ents.\nN on , n ’est-ce pas . Eh bien, vous avez\ntort! C’est d’une délicatesse exquise.\nLes M alfaiteurs Littéraires, c ’est, d a n s un\nmême sac, la Philosophie, la Critique, la               E n le Journal de Gand du 20 Octobre\nP oésie, le Journal et le Roman contem ­              dernier nous lis ons un Bonnet respec­\nporain. D ’après le père Cornut : L ’exis­            tueusem ent dédié par Frédéric Friche\ntence d ic ta ie n t de Musset fu re n t des fléaux   au tuteur François Coppée :\n(page 186);\n    C’est au bon sens autant et plus encore           M on r êve se ra it d 'être u n m a rc h a n d d e f r i t u r e ,\nqu’à la religion et à la m orale, que Victor          L e long des boulevards e x té r ie u r s , le so ir,\nH ugo a été nuisible; ce talent détraqué re­          D 'e n ten d re g r é s ille r le la r d , et de m 'a sseo ir\nlève de la psychologie pathologique autant            Sous le p e t it a u ve n t où le r é c h a u d fu lg u re »\nque de la critique littéraire. (Ibid.)                M on échoppe a u r a it u n e o d eu r de bon augure»\n    Un seul poète trouve grâce devant ce              A v e c son œ i l de f e u q u i b r ille d a n s le n o ir ,\nnouveau Fléau de Dieu : M. François                   E t j e déb itera is vies f r i t e s , sa n s vo u lo ir\nCoppée!!! P ourtant: C’est un pinson un               R o g n e r les p o rtio n s — la saison est s i d u r e !\npeu léger, (page 191). Comme qualifica­\nt if ornithologique, le mot de Serin ne               J ' en d o n n e ra is g r a tis a u x m ôm es étonnés t\nconviendrait-il pas m ieu x en l'occur­               A u x bons m ûm es p e n s ifs , q u i , les d o igts d a n s le\nrence?                                                C ontem plent l 'é talage avec des y e u x de rêve, [nez,\n"}, {"page_pdf": 432, "texte": "                                                          L E R É V E IL                                   377\n\nE t p u is , i l me serait, à l ' autom ne, très dou x              Les Barbares, drame en 5 actes par\nD e s u iv r e d u r e g a r d d a n s le jo u r g u i s'achève   Paul Gérardy.\nL ’o u v riè r e q u i p r e n d u n corn et de d e u x sous.       D it un page, plaquette de vers par\n                                                                  Rem y d e T ylves.\n                                                                    E t un volum e de Grégoire Le R oy,\n                                                                  dont nous ignorons encore le titre.\n   On nous prie d’annoncer la prochaine\napparition de L 'A s de Trefie, journal\nlittéraire dirigé par MM. Mauvère,\nTouchard et F rappart. Un bel atout                                  Pour paraître le 15 D écem bre chez\ndans le jeu des jeu n es.                                         A le x is M oens, (G alerie Bortier), Bruxel­\n                                                                  les :\n                                                                           L ’A m a n t d e s R o s e s\n   N otre collaborateur Frédéric Friche                                      par Georges Touchard,.\ntravaille à un poèm e qui aura pour titre\nLes Mirages.                                                        Les souscriptions sont reçues par\n   L ucien De Busscher (qui abandonne                             carte postale chez l’éditeur et aux bu ­\nson pseudonyme de Jean N ovis; prépare,                           reaux du R é v e i l . Prix : 2 francs.\nlu i, Les Rosaires.\n                                                                   '' N otre charm ante consœur liégeoise,\n                                                                  F l o r é a l , v a , nous\n                                                                                           apprend-on, être\n   Pour paraître prochainem ent chez                              com plétée et réorganisée. F l o r é a l pa­\nLacomblez :\n   Quelqu'un d'aujourd'hui, par H enri                            raîtra à p a n ir de Janvier prochain, deux\nM aubel.                                                          fois par m ois. L ’un des deux numéros\n   Silhouettes et portraits, (2 vol.) par le                      du m ois contiendra une chanson popu­\nbaron de H aulleville.                                            laire de la W allon ie; l’autre sera ac­\n                                                                  com pagné de la reproduction de quelque\n   A u siècle de Shakespeare, par Georges\nEekhoud.                                                          chef-d’œuvre de l'a r t m osan, ancien ou\n   N oël fin-de-siècle, album de Christmas,                       m oderne. Le but de cette innovation :\n                                                                  rattacher le m ouvem ent actuel aux\nrimé par Théo Haunon, illustré par A.\nLynen.                                                            profondes et ignorées sources qu’il a\n  Le Château des Merveilles, par Valère                           dans un passé très-reculé.\nGille.                                                                Cordialem ent nous applaudissons à\n                                                                  cette entrep rise vraim ent artistique de\n   Sous la Couronne, par Albert Giraud\n   Chez divers :                                                  notre confrère Paul Gérardy.\n   Scélératesse paternelle, par Hubert\nStiernet.                                                                                      F. F. et R . S.\n   Les Récits de Nazareth, par E ug. De­\nm older.\n  'From Home, par Aug. Vierset.\n   Aurora, par Célestin Demblon.\n"}, {"page_pdf": 433, "texte": "                T A B L E D E S M A T IÈ R E S\n\n\n                                                           LUDOV IC AG-YO-BÉ\n\n                                                                                                                                                          Page\nTrouvères                               ................................................................................................................... 2 44\nC ru cifîm en t............................................................................................................................................ 356\n\n                                                              A L B E R T ARNAY\n\nA v r i l . ...................................................................................................................................................196\nQuelques m o t s ......................................................................................................................................299\n\n                                                               VALMY BAY SSE .\n\nT r is te s s e .........................                                                                                                                   280\n\n                                                               C A T U L L E BL É E\n\nL 'A m o u r s'en vien t .. s'en v a ...............................................................................                                        230\n\n                                                  CH RONIQUES ART IS TIQ UES\n\nExposition É m ile C lans..................................................................................................................... 58\nExposition M aurice B e k a c r t ....................................................................................................... 123\nExposition F ern a n d A e l m a n ....................................................................................................... 123\nM . F ra n tz M elchers                                                                                                                              156\nQuatrième Exposition de l ' Union des A rtistes des F landres. . .                                                                 . . .             188\nExposition B a r o n .................................................................................................                               19°\nL e S a lo n T rien n a l        ................................................................................................................... 3 r 3\nDe Liège, 1re exposition du Cercle des B e a u x -A rts .                                                                                            3^3\n\n                                                 CHRO NIQUES L I T T É R A IR E S\n\nAutomnales, de Carlos du F a y .............................................................................................. 28\nFleurs de Mauve, de Legrand du F resn e................................................................................. 59\nContes et Nouvelles, d ’Alfred L a v a c h e r y .................................................................................60\nLes Lourty,                    Id.               ..................................................            . . .               61\nCoups de Plume, de Firmin Vanden B o s c h ......................................                        . . . .                   92\nÉchos P laintifs, de Georges C a r l i e r ....................................................................................... 93\nLes Chansons Naïves, de Paul G é r a r d y ............................................................................... 124\nEn Pays Flamand, de A. Heins et G. M e u n i e r ............................................................. 125\nCycle Patibulaire , de Georges E e k h o u d ............................................................................... 147\n"}, {"page_pdf": 434, "texte": "                                                                    L E R É V E IL                                                                        379\n\n\n\n                                                                                                                                                         P ig e\nL e J a r d in de l'A m e , de Fernand R o u s s e l .........................................................................150\nD am e de V o lu p té, de Cam ille L em onnier. .                                                                                            152\nD o m in ica l, de Max E ls k a m p ....................................................................................................... 153\nH isto ire des lettres belges d'expression fra n ç a ise , de F rancis Na u t e l . . . .                                                   185\nRoses d 'A u to m n e , de Jules S o t t i a u x ..................................................................................... 186\nB ru g es-la -M o rte, de G eorges R o d e n b a c h ...............................................................................215\nL a F in des B ourgeois, de Cam ille L e m o n n ie r ...................................................................216\nH ild -H y llia , de Jules S a u v e n i è r e ........................................................................................... 217\nChansons p o u r M im e, de Catulle B lé e ..................................................................................... 219\nSérénité, de Léon D on n ay ............................................................................................................. 221\nL e Fou R aisonnable, d’Arnold G o f fin ..................................................................................... 245\nP rin tem p s som bre, de Charles C u d e l l ..................................................................................... 248\nT ryptique des Châtelaines, de Tristan K lin g so r ............................................................. 249\nL ' A dolescent C onfidentiel, de Michel F é l i n e ................................................................... 250\nB o is ton S a n g , de Pierre D é v o lu y ...................................................................................... 282\nB a lla d es R usses, de Hector H oornaert.....................................................................................284\nL a F in des D ie u x , de Henri M a z e l .....................................................................................309\nA u Ciel, de Jean C a s i e r ............................................................................................................. 311\nL es H o rizo n s H a n tés, de Jean D e l v i l l e ...............................................................................311\nL es A m a n ts de T a illem ark, de Maurice D e s o m b ia u x ...................................................... 357\nL e V œ u de V ivre, de René G h i l ........................................................................................... 358\nM on A m a n t ! d’H enry K istem a eck ers.....................................' .............................................359\nE n les landes, d’Em m anuel D e lb o u sq u e t...............................................................................361\nP a p illo n s et P a p illo tes, d’E m ile L ecom te...............................................................................362\n\n                                                    CH RONIQUES M USICALES\n\nAu Conservatoire. D istribution des P r i x .........................................................................                                    26\nPrem ier C o n c e r t ..................................................................................................................................91\nLes Concours de Chant du C o n s e r v a t o ir e .........................................................................251\n\n                                                 CH RO NIQUES T H E A T R A L E S\n\n                                                       22, 55, 88, 119, 318, 368\n\n                                                                CO NFÉREN CES\nG ustave F réd érix .                                                                                                                                         30\nE d m o n d H a r a u c o u r t............................................................................................................................30\nM elle P o p e l i n ........................................................................................................................................ 58\nG ustave F r é d é r i x ................................................................................................................................ 127\nM aurice D e so m b ia u x ..........................................................................................................................127\nLe S â r P éladan . . . .                                                                                                                                  366\nM r X a v ie r F rancotte......................................................................................................................... 363\n\n                                                       EDM OND D E F F E R N E Z\nA u P ays du C h a r b o n ......................................................................................................................46\nL e B i l l e t ......................................................................................                                         183\n\n                                                  CHARLES DEL C H EV A L ER IE\nL es I n g é n u s .........................                                                                                                              138\n"}, {"page_pdf": 435, "texte": "380                                                                  L E RÉ V E IL\n\n\n\n\n                                                            JO SEPH D E S G E N Ê T S\n                                                                                                                                                               Page\nGeorges R o d e n b a c h ..............................................................................\nC r o q u is ..................................................................................................................................................... 44\nC eux de là-bas.............................................................                       . . . .                                                      114\nR éveil d 'A m e s ...................................................................................................................................... 203\nRêve de S i n g e s ................................................................................................................................ 204\n\n                                                      MAURICE DESO M BIA UX\nPaysage d 'â m e . . .                                                                                                                                         19\nL a F e n ê tr e .........................                                                                                                                    104\n\n                                                             P IE R R E DÉV OL UY\nA venturine .                                      .                                                                                                            77\nB a l l a d e ...........................................            .                                                                                       337\n\n                                                                 LÉON DO NNAY\nL e So n n et de S y r ia c ...............................                                                                                                   250\n\n                                                            GEORGES EEK H OU D\nL es P rétendants à la Couronne . . . .                                                      .                                                     226, 263\n\n                                                               CARLOS DU FAY\nSym phonie B lanche .                                                                                                           .                       - 7 9\nP ierrot T riste . . .                                                                                                                                        13g\nL ' Inoublièe . . . .                                                                                                                       . . .            174\nR êve de S o ir . . .                                                                                             .. . . .                     .             200\nInvocation . . . .                                 . . .                                    . . . .                    .                   .                 297\n\n                                                             MARCEL F L E U R Y\nClair de lune . . .                                                                                                                                          356\n\n                                                         CH ARL ES FRAPPART\nSéparation .                         .                                                                   .                                            20\nLes P rin cesses.................................................                                                                           . . .    135\nC o n so la tio n ..........................................................                                                                 . . . .                    ..202\nLégende .                     .                                                                                                             . . .    306\n\n                                                            F R É D É R IC FRICHE\nGethsem a n i ............................................................................................       . . .                    .               9\nTrésors S o m b r e s .................................................................................................................................. 38\nL es L a u r i e r s .........................................................................           . .                                             68\nL e serm ent du C h r i s t ...................................................................                   .                                    144\nSonnet . . . .                                                                                                                                         198\nArgo.............................................                                                                                                            243\n                                                                P A U L GÉRARDY\nP rière N o i r e .......................................................................................................        259\nChansons d 'A u to m n e .........................                                                                               327\nE t ils le chassèrent de leur v i l l e ...................................................................................... . 328\n"}, {"page_pdf": 436, "texte": "                                                                      L E R É V E IL                                                                          381\n\n\n\n\n                                                                 V A L È R E G IL L E\n                                                                                                                                                               P age\nL 'E n d o r m ie .......................................................................................................................................          8\nA b e l .........................................................................................................................................................171\n\n                                                           EDM OND G L E SE N E R\nF leurs m oro ses......................................................................................................................................355\n\n                                                      ARNOLD GOFFIN\nForet E n c h a n t é e ............................................................................................................                                      21\n\n                                                              P IE R R E HANCART\nI l l u s i o n .....................................................................................................................................................14\nP ensers en d e u illis..................................................................................................                        . . .               35\n\n                                                               JOSÉ H EN N E BIC Q\nCroquis . . .\nL ' A g n e a u ............................................................................................................................................ 193\n\n                                                            T R IST A N KLINGSOR\nC a n tilln e p o u r m a bonne D am e la L u n e ............................................................................... 136\nChansons de V i o l e ......................................................................................................................... 213\nL e M e n d i a n t ......................................................................................................................................237\nL 'A d o lescen t du M issel c h a n t e .................................................................................................307\nThrene à la C h â te la in e ................................................................................................................... 347\n\n                                                                H U B E R T K RAINS\nL es Poèmes en prose d ’A r th u r R i m b a u d ................................................................................. 97\n\n                                                           A LFR ED LAVACHERY\n L e R o i est m o r t .................................................................................................................................. 70\n C h a r l e m a g n e ...............................................................................\n\n                                                          CAM ILLE LE M O N N IE R\nF r a g m e n t .............................................................................................................................................. 33\nL a F in des B o u r g e o i s .................................................................................................................... 129\nL es Supercheries du T h é â t r e ....................................................................................................... 321\n\n                                                                 LÉON LUCY-M AR\nL e s C o r n e ille s...............................................................................                                                             45\nTrès A n cien n e C h a n s o n ....................................................................................................................137\nI n s ta n ta n é s ............................................................................................................................................ 141\nA u x B r u n e s ......................................................................................................................................308\n\n                                                              GEORGES MARLOW\nC a n t i l è n e ....................................................................                                                                            17\nP r o p h é t i e ............................................................................................................................................ 103\nS o u v e n a n c e .............................................................................................................................................143\nV e r s .........................................................................................................................................................209\nL i e d .........................................................................................................................................................279\nTes Y e u x ............................................................................................................................................ 279\n"}, {"page_pdf": 437, "texte": "  382                                                                  L E R É V E IL\n\n\n\n\n                                                             ANTONIO MARQUES\n                                                                                                                                                              Page\n N u it de p o è t e .......................................................................................................................................339\n L a dernière p a g e ................................................................................................................................341\n\n                                                                  GÉO M AUVÈRE\n\nSydoine a u x Y eu x d 'O r ...............................................................................................................18\nM es trois A m oureuses blondes.................................................................................................. 39\nÉ la in e C h â tela in e................................................................................................................................112\nA u x É to iles! ...................................................................................................................................... 142\nG a la m m e n t .................................................................................................................................271, 353\n\n                                                                     J E A N NOVIS\n\nV ie de F l e u r ........................................................................................................................................ 41\nC œ ur M o r t ....................................................................................................................................... 116\nL a P rom enade des P rin c e sse s.................................................................................................. 140\nD é s o la n e e s ............................................................................................................................................205\nL à-bas au D étour du C h em in ........................................................................................................239\nP l u i e ........................................................................................................................................................ 295\nLe L iv re du Tabernacle S p i r i t u e l ...........................................................................................335\nV e r s ........................................................................................................................................................ 341\n\n                                                                RAYMOND NYST\n\nA u x fé m in ité s e r r a n te s ....................................................................................................................257\n\n                                                        EDM OND R A SSE N FO SSE\n\nC h a n so n ..................................................................................................................................................281\nD e : D it u n P a g e ......................................................................................................................... 346\n\n                                                              P A U L R ED O N N E L\n\nA n a b a s e ................................................................................................................................................... 106\n\n                                                        GEORGES RODENBACH\n\nD im anche au B é g u i n a g e ...................................................................                                                                4\n\n                                                            F E R N A N D R O U SSEL\n\nD é c e p t i o n .................................................................................................................... . .         34\nLes B lanches F i a n ç a i l l e s ............................................................................................................. 161\n\n                                                       RO DRIGUE SÉR A SQ U IER\n\nR ondels            ...............................................................................................................................................13\nB a l l a d e .................................................................................................................................................... 43\nM u s é e .................................................................................................................................................... 69\nL ’Ile E n c h a n t é e ................................................................................................................................ 184\nP u rifica tio n ............................................................................................................................................ 232\nV œ u ......................................................................................................................................................... 344\n"}, {"page_pdf": 438, "texte": "                                                                    L E RÉ V E IL                                                                            383\n\n\n\n                                                           F E R N A N D SÉ V E R IN\n                                                                                                                                                             Page\nV e r s .......................................................................................................................................................... 63\n\n\n                                                             CH ARLES SLU Y T S\n\nP o u r l ’O r g u e ille u s e ............................................................................................................................ 12\nP ierrot au P a ys du T h sin ......................................................................................                         .            199\n\n\n                                                            H U BE R T ST IE R N E T\n\nL e V o y a g e ......................................................................................................................................-         65\nS o l é a l .................................................................................................................................................. 289\n\n\n                                                                     TABLETTES\n\n                                                               31, 63, 95, 128. 159, 191, 223, 254, 287, 319, 372\n\n\n                                                               LA TÉ TRARCH IE\n\nB a lla d e p o u r célébrer les Oncles du T em ps de Charles X                                                       ..............................           .28 1\n\n\n                                                          GEORGES TO UCH ARD\n\nP ro fils d 'A m o u r e u x ..................................................................................................                  . 49, 90\nA propos de « L a F lûte à Siebel » ..................................................................................... 117\nO c t o b r e ............................................................................................                                                    171\nFrêles F l e u r s ..............................                                                                                                             210\nF leu rette.................................................................................................................................................. 273\nL ’A m a n t des R o s e s ..........................................................................................................................330\nD a n s le V ague..................................................................................................................................... 349\n\n\n                                                               LO U IS V É H E N N E\n\n L e C hrist de P ie r r e ....................................................................................................................        2\n Les Quatres A g e s ............................................................................................................................42\n M onsieur M o u ch e................................................................................................................................107\n E n des S entiers F leu ris.............................................................................................................. .......\n Poèmes M ystiq u es............................................................................................................................... 274\n\n\n                                                             A U G U STE V IE R SE T\n\n L es B i b i a d é r i ................................................................................................................................ ......\n L ’I n i t i a t r i c e ......................................................................................................................................233\n L a Chanson de la m e r ................................................................................................................... 3 4 5\n"}, {"page_pdf": 439, "texte": "384                                    L E R É V E IL\n\n\n\n\n                                       ERRATA\n\n  Page   9 , vers 2, au lieu de          f éri           lisez      fé r u\n   —   10, lign e 7,    —               longs             —        lourds\n   —    11, — 2 2 ,     —             viren t             —        voient\n   —    34, vers   5,   —             p leu rs            —       fle u r s\n   — 106, —       7,    —      calm e trop souvent       — trop souvent calm e.\n   —   183, —      2.   —                La               —          Ta\n  —     199 —       15      —              fe m m e      —       gem m e\n  —     279 , —     16,     —                 du         —          au\n  —     286, ligne 3.       —             a d je c tif   —       a d je c tif\n  —    287, 2e co l., lg. 2, en rem.    g râce du        —      grâ c e au.\n"}, {"page_pdf": 440, "texte": "                          A v is im p ortan t\n\n   Nous rappelons à nos correspondants que tout ce qui concerne\nL e R é v e i l doit être adressé à la Rédaction, M a r c h é a u x G r a i n s , 7 ,\nà Gand.\n  Prière à ceux de nos abonnés qui ne désireraient pas continuer leur\nabonnement l’année prochaine de nous en avertir par écrit, ou de nous\nrenvoyer le numéro de J a n v i e r 1 8 9 3 sous sa bande.\n\n\n                   LE RÉV EIL\n      REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE & D’ART\n         PUBLIÉE SOUS LES AUSPICES       DU C E R C L E L I T T É R A I R E F R A N Ç A I S .\n\n\n            PRINCIPAUX COLLABORATEURS :\n   Ludovic Ag-Yo-Bé, Albert Arnay, Valmy Baysse, Catulle Blée, Edm. Deffer-\nnez, Ch. Delchevalerie, Eugène Demolder, O.-G. D estrée, Maurice Desombiaux,\nP ierre Dévoluy, Léon Donnay, Carlos du Fay, Georges Eekhoud, M arcelFleury,\nCharles Frappart, Frédéric F rich e, Paul Gérardy, Iwan Gilkin, Valère Gille,\nAlbert Giraud, Edmond Glesener, Arnold Goffin, Pierre Hancart, José Henne­\nbicq, T ristan K lingsor, Hubert Krains, A lfred Lavachery, Camille L emon-\nnier, Grégoire Le Roy, Léon Lucy-Mar, Maurice M aeterlinck, Georges Mar­\nlow , Antonio Marques, Géo Mauvère, Jean N o v is, Baym ond N yst, Léon Paschal,\nEdmond R assenfosse, Paul Redonne], Georges Rodenbach, Fernand R oussel,\nR odrigue Sérasquier, Fernand Séverin. Charles S lu y ts, Hubert Stiernet,\nGeorges Touchard, Louis Véhenne, Em ile Verhaeren, A u gn ste V ierset, etc.\n\n\n\n      L e Réveil ne publie que de l'inédit.\n\n      Les manuscrits ne sont pas rendus.\n\n       Les collaborateurs sont seuls responsables de leurs articles.\n\n     Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire\n parviendra à la rédaction.\n\n                        BOITE AUX LETTRES.\n   Emalphe d’Ysembart, Bruxelles. — Faites-vous connaître ; né\n pouvons rien avant.\n   Marcel Fleury, Bruxelles. — Insérons votre Clair de Urne; nous\n ne pouvons accepter les deux autres pièces. Travaillez et revenez-nous\n avec meilleur. Et quand nous est ouverte une Revue comme L e R é v e i l ,\n nenous aplatissons plus à collaborera la Petite Revue Belge, n’est-cepas?\n   Carlos du Fay, L’pool. — A quand de vos nouvelles, sociocrati-\n quement ?\n"}, {"page_pdf": 441, "texte": "           NOS ECHANGES'\nL ’A r t S o c i a l . — m — Im passe du B éarn, 5, P aris.\nB l â t t e r f ü r d i e K u n s t . — m — L othringerstrasse, 9, B erlin.\nL e C h a t - H u a n t . — h — R u e V ieille T o u r, 21, B ordeaux.\nC h i m è r e . — m — B oulevard R enouvier, 4, M ontpellier.\nL e C o in d u F e u . — m — R ue N euve, 25, V erviers.\nL e D r a p e a u . — m — R u e G uinard, 2, Gand.\nE c r i t s p o u r l ’A r t . — P a ra ît 3 fois p ar an. — R ue L au risto n i6 bis,\n     P aris.\nL ’E r m i t a g e . — m — R ue de V arennes, 26, P aris.\nE s s a i s d e J e u n e s — m — B oulevard d ’Arcole, 40, T oulouse.\nF l o r é a l . — m — R ue S t. R ém y, 22, Liège.\nH a r m o n ie . — m — R ue S t Jacques, 23, M arseille.\nL a J e u n e B e l g i q u e . — m — R ue P otagère, 64, B ruxelles.\nL a L i b r e C r i t i q u e . — h — R ue Souveraine, 3 7 , B ruxelles.\nL o u v a i n - J e u n e . — h — R ue de la Station, 56, L ouvain.\nL e M a g a s in L i t t é r a i r e . — m — R ue H au t-P o rt, 52, Gand.\nL e M é p h i s t o . — h — R ue du L om bard, 28, Anvers.\nL e M e r c u r e d e F r a n c e . — m — R ue de l’É cuhadé-S ^G erm ain,\n     15, P aris.\nLe   M o u v e m e n t L i t t é r a i r e . — . b . m — R u e M arie T hérèse, 73 ,\n     B ruxelles.\nLa    R e v u e B l a n c h e — m — R u e d es M a r ty r s , 19, P a r is .\nLa   R e v u e G é n é r a l e . — m — R ue T reurenberg, 16, B ruxelles.\nLa   R e v u e I n d é p e n d a n t e . — m — R ue des P yram ides, 12, P aris.\nLa   R e v u e M o d e r n e . — b.m — R ue O rdener, 96, P aris.\nL a R e v u e R o u g e . — m — R ue G endëbien, 18, B ruxelles.\nR o u e n - A r t i s t e . — R ue G rand-P ont, 4, R ouen.\nL e S i l l o n . — m — R u e de C habrol, 3 1 , P aris.\nL a S o c i é t é N o u v e l l e . — m — R ue dp l’Industrie, 32, B ruxelles.\nL e s S o i r é e s P o p u l a i r e s . — h — R ue du Collège, 96, V erviers.\nL e S y l p h e . — m — R ue de la G are, 2, V oiron (Isère).\nL a S y r i n x . — M. — R ue L acépède 27, Aix (Provence).\nL a W a l l o n i e . — m — R ue S t. A dalbert, Liège\n\n\n\n\n               Bu re a ux de vente du R É V E I L :\n\n  G and.              — Ad. H oste, ru e des Cham ps, 49.\n                        L ibrairie U niverselle, rue Courte du J o u r.\n                        Mme Otte, ru e de F landre.\n                        L ib rairie — R u e du P aradis.\n  B r u x e l l e s . — Jèrôm e-D oliger, G alerie de la R eine, 32.\n  L iè g e .          — Gnusé, rue du P o n t d’Ile.\n                        Michel, rue du P ont d’île.\n  P a r is .          — C ham uel, ru e de T révise, 29.\n"}, {"page_pdf": 442, "texte": ""}, {"page_pdf": 443, "texte": "i\n"}, {"page_pdf": 444, "texte": ""}, {"page_pdf": 445, "texte": ""}, {"page_pdf": 446, "texte": "                  Règles d’utilisation de copies numériques d‘œuvres littéraires\n                  mises à disposition par les Archives & Bibliothèques de l’ULB\n\nL’usage des copies numériques d’œuvres littéraires, ci-après dénommées « copies numériques », mises à\ndisposition par les Archives & Bibliothèques de l’Université libre de Bruxelles, ci-après A&B, implique un\ncertain nombre de règles de bonne conduite, précisées ici. Celles-ci sont reproduites sur la dernière page\nde chaque copie numérique mise en ligne par les A&B. Elles s’articulent selon les trois axes : protection,\nutilisation et reproduction.\n\n\n\nProtection\n\n1. Droits d’auteur\nLa première page de chaque copie numérique indique les droits d’auteur d’application sur l’œuvre\nlittéraire.\n\n\n2. Responsabilité\nMalgré les efforts consentis pour garantir les meilleures qualité et accessibilité des copies numériques,\ncertaines défectuosités peuvent y subsister – telles, mais non limitées à, des incomplétudes, des erreurs\ndans les fichiers, un défaut empêchant l’accès au document, etc. -. Les A&B déclinent toute\nresponsabilité concernant les dommages, coûts et dépenses, y compris des honoraires légaux, entraînés\npar l’accès et/ou l’utilisation des copies numériques. De plus, les A&B ne pourront être mises en cause\ndans l’exploitation subséquente des copies numériques ; et la dénomination des ‘Archives &\nBibliothèques de l’ULB’ et de l’ULB, ne pourra être ni utilisée, ni ternie, au prétexte d’utiliser des copies\nnumériques mises à disposition par eux.\n\n\n3. Localisation\nChaque copie numérique dispose d'un URL (uniform resource locator) stable de la forme\n<http://digistore.bib.ulb.ac.be/annee/nom_du_fichier.pdf> qui permet d'accéder au document ;\nl’adresse physique ou logique des fichiers étant elle sujette à modifications sans préavis. Les A&B\nencouragent les utilisateurs à utiliser cet URL lorsqu’ils souhaitent faire référence à une copie numérique.\n\n\n\n\nUtilisation\n\n4. Gratuité\nLes A&B mettent gratuitement à la disposition du public les copies numériques d’œuvres\nlittéraires numérisées par elles : aucune rémunération ne peut être réclamée par des tiers ni pour leur\nconsultation, ni au prétexte du droit d’auteur.\n\n\n5. Buts poursuivis\nLes copies numériques peuvent être utilisées à des fins de recherche, d’enseignement ou à usage privé.\nQuiconque souhaitant utiliser les copies numériques à d’autres fins et/ou les distribuer contre\nrémunération est tenu d’en demander l’autorisation aux Archives & Bibliothèques de l’ULB, en joignant à\nsa requête, l’auteur, le titre, et l’éditeur du (ou des) document(s) concerné(s).\nDemande à adresser au Directeur de la Bibliothèque électronique et Collections Spéciales, Archives &\nBibliothèques CP 180, Université Libre de Bruxelles, Avenue Franklin Roosevelt 50, B-1050 Bruxelles.\nCourriel : bibdir@ulb.ac.be.\n\n\n\n\n                                                                                                           1\n"}, {"page_pdf": 447, "texte": "6. Citation\nPour toutes les utilisations autorisées, l’usager s’engage à citer dans son travail, les documents utilisés,\npar la mention « Université Libre de Bruxelles – Archives & Bibliothèques » accompagnée des précisions\nindispensables à l’identification des documents (auteur, titre, date et lieu d’édition).\n\n\n7. Liens profonds\nLes liens profonds, donnant directement accès à une copie numérique particulière, sont autorisés si les\nconditions suivantes sont respectées :\na) les sites pointant vers ces documents doivent clairement informer leurs utilisateurs qu’ils y ont accès\nvia le site web des Archives & Bibliothèques de l’ULB ;\nb) l’utilisateur, cliquant un de ces liens profonds, devra voir le document s’ouvrir dans une nouvelle\nfenêtre ; cette action pourra être accompagnée de l’avertissement ‘Vous accédez à un document du site\nweb des Archives & Bibliothèques de l’ULB’.\n\n\n\nReproduction\n\n8. Sous format électronique\nPour toutes les utilisations autorisées mentionnées dans ce règlement le téléchargement, la copie et le\nstockage des copies numériques sont permis ; à l’exception du dépôt dans une autre base de données,\nqui est interdit.\n\n\n9. Sur support papier\nPour toutes les utilisations autorisées mentionnées dans ce règlement les fac-similés exacts, les\nimpressions et les photocopies, ainsi que le copié/collé (lorsque le document est au format texte) sont\npermis.\n\n\n10. Références\nQuel que soit le support de reproduction, la suppression des références à l’ULB et aux Archives &\nBibliothèques de l’ULB dans les copies numériques est interdite.\n\n\n\n\n                                                                                                          2\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 11, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1892-11", "signet_source": "Deuxième année - N°11-12 - Novembre-Décembre 1892", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 374 (« Deuxième Année, N° 11 et 12, Novembre-Décembre 1892 ») et sur le sommaire, PDF 375. PDF 440 et 441 : pages intérieures de couverture sans folio ; PDF 442 à 445 : page blanche et pages de garde ; PDF 446 et 447 : règles d'utilisation de l'ULB, hors revue.", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}