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(É t r a n g e r 6   f r a n c s .)\n\n\n\n\nSecrétaire de Rédaction : FRÉDÉRIC FRICHE\n                    RODRIGUE SÉRASQUIER\nAdministrateurs :                     _\n                   FLORENT BOSSAERTS\n                 Administration, Rue Neuve St-Pierre, 71, Gand.\n\n\n\n\nEnvoyer tous         manuscrits, livres et revues, à                    la     Rédaction,       Rue\n                            St-Llévin, 306, Gand.\n\n\n\n\n                  COLLECTIONS DU RÉVEIL.\n\nIere A N N E E , 1891, (les E ssa is)................................................... (épuisés)\nI I e A N N E E , 1892, (quelques exem plaires seulem ent)\n            P rix m ajoré . . .           ......................................... fr. 12 00\nI II e A N N E E , 1893             .                                                      fr   6 00\n\n\n\nL ' Adm inistration rachèterait au p r ix fo r t des exem ­\n       plaires en bon état des n os 4 et 5 de 1892.\n\n\nV o i r le S o m m a ir e à l a q u a t r iè m e p a g e d e\n                   la c o u v e rtu re\n\n\n                                        "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-003", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Erratum", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "ERRATUM Les pages", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 121, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1195, "fin_caractere_exclue": 1323, "texte": "ERRATUM\n     L e s pages du présent n um éro d oiven t porter F E V R I E R au\n                         lieu de J A N V I E R .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-004", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 105, "page_fin": 107, "titre_corps": "Fragment", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Camille Lemonnier", "ancre_debut": "FRAGMENT (*) Or, l'après-midi du troisième jour", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 122, "page_imprimee": 105, "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 1765, "texte": "FRAG M EN T   (*)\n\n     O r, l'après-m idi du troisièm e jo u r, le ciel se v o ila su r E olie,\n U n e fine cendre m onta, fit p âlir l’aoû t glo rieu x . Poud reuse,\n recuite a u x fournaises, depuis des m ois la terre haletait, v ib ra it,\n toute sèche, altérée. L ’espace o n d o y ait d’ors et de feu x, pleuvait\n en lu m ières terribles. D e m inces frisures, des ouates légères\n seules vap o risaien t les cou ch an ts et ensuite s’effum aient devan t\n les galaxies. M ais ce jo u r-là su rtou t, le midi a va it brûlé v o lc a n i­\nque et torpide.\n    S y lv a n , las, sans courage, partit rem iser ses bœ ufs a v a n t la fin\ndu sillon . A p rès les heures de force, u ne étrange faiblesse tout à\ncoup l’am ollissait, une lan gu eu r com m e là-bas, en ses fuites, a u x\nheures de la crise. M aintenant le cham p, le labeur sacré s’attes­\nla it pour lui sans v ertu . L a petite cendre grise qu i éteign ait l’es\"\npace sem bla à la fois a vo ir atteint son héroïsm e. E t, couché sur la\nberge au bord des eau x, sans tristesse, sans jo ie , il ne sa v ait plus\ns ’il était le v a illa n t artisan des labours ou s'il était redeven u le\nfaible enfant opprim é d ’un m al in conn u . L ’île, sous des souffles\nsans rem ous, de longues haleines brûlan tes, ferm entait com m e une\ncuve. M êm e les rudes bœ ufs sous l'a igu illo n des loran d iers pante.\nlaien t en des orbes n ég ligen ts. D an s les airs m agnétiques, les bruits\ns’étaient ouatés, se v olatilisaien t avec la su eu r des sols bouil­\nlants. Seules, les âpres cigales grin çaien t d'am o u r, de colère,\nstridentes com m e des cistres tandis qu e, rem ontée a u x n uages,\n\n( #) D 'u n l iv r e p r o c h a in .                                      8\n"}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": 106, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2570, "texte": "106                            LE   R É V E IL\n\n\n\nla m in u scule alouette se m ourait d’ un cri altéré, du regret des\nclartés ternies.\n   E n su ite tout se vesp érisa, l’om bre sourde régna dans un cré­\npuscule déchiré de m uets éclairs. L e ciel co n vu lsé trépida des\nspasm es d'un e ch a ir roidie par les affres, tordue d ’agonie. C e fut\nun soir des âges élém en taires, sous S atu rn e et V u lca in déchaînés,\nun so ir a u x lourd s suspens électriques dans la fum ée des ardentes\nstym p h alites, la fou rn aise des gran ds lacs en ébu llition.\n    A lo rs il n’y eut plus dans les silences bas que le crécellem ent\nsu raigu des cigales, leur b ruit furieu x de petites coryb an d es\nagitant les disques d’or aux rites de l'orgie.\n    — O h ! pensait S y lv a n , quelle chose en moi se m eurt et\nse réveille pour m on con stan t m alheu r ! E t qui me d élivrera de\nce je ne sais quoi qui m e tourm ente et m e fait regretter la v ie ?\nS an s doute il est un D ieu des larm es secrètes vers qui s’éplore\nl’appel des âm es so lita ire s... M ais ce D ie u , lequel peut-il ê tre ?\nM on père ne m ’enseign a que les d ieu x heureux.\n    D a n s sa peine il sentit le besoin d’ un recours. S a foi soudaine\njaillit, darda v ers les M iséricordes obscures. Il o u v rit les bras,\ncria :\n    — D ieu ! ô D ieu in conn u !\n    L e ciel se fendit. A u fond des espaces o u verts, il v it to u rn o yer\nd’ autres espaces, fuir de vertigin euses ellipses. D es volcan s y\néruptaient, des torrents de laves et de sang. E t il retom ba, il\ngém it :\n    — C elu i-là est le D ieu de colère... Ce n’est pas le triste et\nsecourable D ieu que j ’évoqu e. V a à présent, triste S y lv a n !\n R etourne a u x dem eures puisque aussi bien ce D ieu n’ existe pas !\n    D es om bres de l’autre riv e , com m e il disait, une plainte s’égala\nà la sienne. L à v iv a it u ne h u m an ité douce et courageuse, la\nso d a lité des hum bles c o m p a gn o n s des sem ailles et des labours. U n\n p rim itif et m ystérieu x m u sicien pou rtan t, une âm e plus fine su r\n la flûte pleurait son m al. M ais le sim ple S y lv a n ign orait l’ artiste\n et quel était ce bois sonore, proscrit com m e toutes les m usiques,\n hors le cor riche et dur, de l’ innocent E d en. A lo rs il resta saisi,\n retenant son haleine. L ’acide et persuasive m élodie le perforait,\n lu i cou lait un baum e m erveilleu x. E lle aussi, en la crise du grand\n ciel, en ce soir v o lu p tu e u x et angoissé, déchirait l’air léth argiqu e\n  d’ un spasm e gém issant et subitem ent furieu x. A p rès des notes\n"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": 107, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1337, "texte": "                                 ja n v i e r 1894                                 10 7\n\n\n profondes et lentes, l’am as lourd des pleurs con tenu s se libérait,\n éclatait en souffles rauques et rapides, pareils à l’éclair dont se\ndélivraien t les nues. A in si des som bres m ystères d ’A sie était\nnée la flûte fiévreuse et saccadée, son cri liv id e , désordonné\ncom m e un pouls d ’agoni e.\n    . . . L ’in visible m u siq ue s’enflait, v ib ra it, e x p ir a it la m ort et\nl’am our. Sou s l’herbe b rû lé e , sa sœ ur, la sèch e et électriqu e\ncigale tâch ait de s'ég aler à ses ém ois. Quel rem ords de la v ie\npour un mal ign oré se la m e n tait en celte v o ix folle, em portée ?\nS y lv a n , les y e u x en p le u r s, s’in terrogeait, in terrogeait la\ndouteuse n u it. E t ne con n a issa n t pas l'am o u r par son nom , il\névoqu ait une destinée cru elle, un m alheu r im m érité. S a s y m ­\npathie s’é ve illa , il eût v o u lu fran ch ir la riv iè re , tendre les bras à\nl'ê tre fraternel. C ’était com m e lu i m êm e se perdant, se retrou vant\nen la flûte blessée et lascive.\n    E t il restait mi é van o u i, la ch a ir froide, saisie d ’un frisson\n in conn u, dans le large frisson des cieu x , la brûlan te palpitation\nde la terre...\n                                                 C a m il l e L e m o n n ie r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-005", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 108, "page_fin": 108, "titre_corps": "Odelette", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri de Régnier", "ancre_debut": "ODELETTE. Une rose sourit si pâle", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 125, "page_imprimee": 108, "debut_caractere": 71, "fin_caractere_exclue": 1103, "texte": "O D E L E T T E .\n\n\n\n      Une rose sourit si pâle qu’elle expire\n      A u dessin du sang de marbre du porphyre\n      E t se montre plus pâle encor\n      D ans l ’eau endormie où se mire\n      L ’exsangue douceur que devient son sourire\n      Taciturne de fleu r qui dort\n      Dans l’eau que rougit le porphyre\n      Autour d ’un Triton nu que le soleil fa it d'or\n      E t dont la conque est torse au souffle de son rire.\n\n      L e soir rôde,d'arbres en arbres, à pas d’ombre ;\n      Des bruits se croisent qui s'envolent et qui tombent\n      C'est la première feu ille et le dernier oiseau ;\n      L a rose s’efflore dans l’eau ;\n      Le Triton d’or qui se renfrogne en bloc de bronze\n      Devient m e ombre\n      E t son rire s'embouche en silence à sa conque ;\n      L a rose s'efflore dans l'eau\n      O ù elle diminue à ce qui d ’elle y tombe ;\n      L e soir rôde, d ’arbres en arbres, à pas d’ombre...\n\n      Une rose se souriait dans l ’eau.\n\n                                             H e n r i d e R é g n ie r .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-006", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 109, "page_fin": 111, "titre_corps": "Chanson de l’heure triste", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Francis Vielé-Griffin", "ancre_debut": "CHANSON DE L'HEURE TRISTE. Chante, la pauvre joie", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 126, "page_imprimee": 109, "debut_caractere": 61, "fin_caractere_exclue": 1112, "texte": "CH AN SO N D E L ’H E U R E T R IS T E .\n\n\n\n Chante, la pauvre joie îles foules,\nH urle cl crie et couvre les voix\nD e ceux qui tombent et de ceux qu'on f oule,\nChante, hurle et crie, ô la pauvre jo ie !\n\nTelle, en ta sauvage gaîté triste.\nQ u’on suit, comme des spasmes d ’angoisse,\nTes hoquets d ’ insulte au doux D ieu Christ\n— E t l ’herbe meurt que ton lourd pied froisse —\n\nN 'a -t-il plu un peu de rose espérance\nD e tant d'aurores et de tant d' A vrils ?\nSera-t-il ainsi jusqu'au soir immense\nE t le dernier jo u r blasphémera-t-il ?\n\nPleurs et sang à grossir des fleuves !\nTout f u t donc fu tile et vain, de la sorte ?\nL e s heures s'en iront comme des veuves,\nAm our, et la H aine sera donc plus forte ?\n\nA u moins, de la voix qui nous fu t donnée,\nRedisons l ’A m our et l'E spoir et la Joie,\nP o u r dormir nos rêves pardonnes\nSous la jeune terre qui fleurit et verdoie,\n\n\n\n\nL ’E s p o i r est vil dans ces âmes tristes :\nL 'o r terne,\nD ’immondes gloires,\nAvec la haine de ce qui résiste,\nL e besoin de sang pauvre utile à des victoires\n"}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": 110, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1434, "texte": "110                    LE   R É V E IL\n\n\n\n\n       — E t l'oeil inquiet que cerne\n       L a veille vaine de l'avenir n oir...\n\n\n       A m o u r , ô pauvre amour !\n       Les baisers laissent de la boue aux joues,\n       Leurs livres pâles, toutes recroquevillées ;\n       I ls t'ont fa it à leur guise : aveugle et sourd ;\n       E t, selon leur âme, ils t'ont fa it abject et fo u ,\n       O bel amour, ô saint amour émerveillé !...\n\n\n       B eauté,\n       Ils t'ont fardée d ’affronts que n ul ne compte :\n       I l n'est pas de coeur bas, d'âme sordide\n       Q ui ne te ju g e avecque privante,\n       Avec des mots !\n       Ils discutent de ta royauté.\n       D e p ar l ’insulte de leurs yeu x avides ;\n       E t c’est la honte...\n\n\n                              ***\n\n\n       E sp o ir !\n      Ton vert pennon levé mine les jeunes A vrils\n      A u cri des troupes neuves chantant par mille et mille,\n      E t les filles vêtues du vert reflet des feuilles\n      Vont, par l’ombre légère, au devant de l'accueil :\n      Tout baiser se veut tien fu t-il d'un soir néfaste,\n      Espoir perpétuel, astre d e nos désastres :\n      E t tu nuts de la joie dans le fon d du cercueil...\n\n\n      A mour,\n      Cause et fin , splendeur des eurythmies,\n      Vertige des abîmes,\n      F leu r simple aux doigts des filles blondes\n      E t virginal sourire d'endormie,\n      Fauteur indulgent du crime sublime.\n      Rythme du monde,\n"}, {"page_pdf": 128, "page_imprimee": 111, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 610, "texte": "                 JANVIER 1894                                   111\n\n\n\n\n    F rir e rosé de la pâle mort\n    Justicier comme elle, comme elle, fo r t\n    A l ’égal de l ’Eternité féconde...\n\nB eauté !\nOn tremble, pâle,\nA révérer ta majesté égale : —\nC ar tout l'espoir du double crépuscule\n— Q u'on surgisse vers l'aube,que,le soir,on suppute, —\nC ar tout l ’amour qui dans les nuits circule\nD e rêve en rêve, de cœur en cœur, de corps en corps,\nTout l ’Espoir, tout l ’Am our s'en vont à toi, leur but :\nE t l'on te cherche, avide, dans la mort.\n\n                       F r a n c is   V ie l é -G r if f in .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-007", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 112, "page_fin": 137, "titre_corps": "L’Abyme", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Aug. Jenart", "ancre_debut": "L'ABYME. 1 II. L'Etrangère gît pâmée en la mousse", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 129, "page_imprimee": 112, "debut_caractere": 90, "fin_caractere_exclue": 2115, "texte": "L’ ABYME. 1\n                                           )(\n\n\n                                          I I.\n\n                                              L'Etrangère gît pâm ée en la m ousse ; sa robe\n                                          blanche et ses cheveux de lum ière fanée vêtent\n                                          d'ironique virginité sa pose lascive.\n                                              L’Aventurier se raidit taciturnement contre le\n                                          vertige de la chute.\n                                              Sous les hautes cimes, entre les troncs paral­\n                                          lèles et nus, l’om bre s’entasse depuis toujours\n                                          ; et l'immensité, et l’internité do la foret hantent\n                                          le prodigieux silence.\n\n\n                                   L'AVENTURIER.\n\n  Ha ! syncope si bien à propos !...\n                         LA VOIX, très vague et très lointaine.\n\n                           Nous n’irons plus au bois,\n                           Les lauriers sont coupés\n                                :Fermez la porte !\n                           Les clochers sont tombés\n                           Et les moulins brûlés :\n                           Fermez la porte d’autrefois !\n                                   L'AVENTURIER. Ha\n\n  ! il était tem ps de se laisser couler à fond ! Il\n  fallait aller ch erch er le m o t d 'o rd re sou terrain p o u r d éjo u er\ncette folle évasion vers l’espoir\n                                   !LA VOIX, à peine.\n                           La Belle-au-bois est morte\n                           Et les loups vont venir ;\n                                Fermez la porte !\n                           Chaperon-la-petite\n                           Cendrillon, Marguerite,\n                           Elles sont toutes mortes :\n                           Fermez la porte d'avenir !\n\n\n (1) Voir le Réveil de novem bre-décem bre 93\"\n"}, {"page_pdf": 130, "page_imprimee": 113, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2432, "texte": "                                         J A N V IE R      1894                       113\n\n                                         L'AVENTURIER.\n   I l fa lla it lâ c h e r le v e r tig e\ns u r c e tte a u d a c e e sc a la d a n t le z é n ith ,\np o u r la r é in té g re r a u x c o u tu m iè re s c a v e r n e s !\n                                          LA VOIX lointaine,\n                                  Sœur Anne sur la tour\n                                  Ne vois-tu rien venir ? ...\n                                 L'AVENTURIER ironique.\n   P e tite fille in g é n u e ! ....\n   P e tite â m e tr e m b la n te !\na v e c v o s a ile s d ’e x ta s e s b la n c h e s ,\nv o u s s a v ie z à q u o i v o u s en te n ir , é v id e m m e n t 1 ....\n                                           L A V O I X lo in ta in e .\n\n                              J e vois la nuit, je vois l ’éclair,\n                                   J e vois l'onde s'enfu ir :\n                                   L a tour, prends garde !\n                               J e vois le ciel, je vois l'enfer,\n                                   J e vois les temps venir :\n                              L a tour prends garde ! garde !\n                                           L'AVENTURIER.\n    P e t it e tro ttin d es v o ie s la ctée s\nq u i r a c o lie z le s d iv in s fa m ilie rs d es é to ile s\na v e c v o s c a n d e u rs b a p tism a le s,\nh a § sa lo p e a n g é liq u e §\n   J e sa is v o t r e n o m , à p r é s e n t ! ... .\n                                                la v o ix .\n                                Sœur Anne, ma sœur Anne,\n                                O ma sœur sur la tour !\n                                   L'AVENTURIER, plus amer.\n    M o n e n fa n t m y s t é r ie u s e ! h a ! . . . h a ! . . . h a ! . . .\n   A ie p itié d u v a g a b o n d d es s iè c le s ! h a ! . .. h a ! ... h a !...\n   R a m è n e m a fiè v re a u x so u rc e s n a ta le s 1\n   H é b ie n 1 n o u s y v o ilà !...\n                                                la v o ix .\n                           J e vois le Saint, la croix et l'âne,\n                              J e vois l'E n fa n t dorm ir :\n                              L a tour, prends garde !\n                           J e vois l ’étoile et le désert\n                              E t la Mère souffrir :\n                           L a tour prends garde! garde! garde!\n"}, {"page_pdf": 131, "page_imprimee": 114, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1861, "texte": "114                                L E R É V E IL\n\n\n\n                                L ’A V E N T U R I E R .\n\n  V o ilà la gueule rouge du v en tre o u verte encore\net sa vom issu re de ténèbres su r m a v ie encore !\n   V o ilà l’ im placable et ty ran iq u e C h a ir\nencore !\n   U n m ot !... un g e s te !...\net ce sera la lutte et la c h u te encore et toujours\net la dégringolade a u x vidan ges de l’am ou r !\n                                    la voix.\n\n                            Ma sœur à la tourelle\n                           Ne vois-tu rien venir ?\n\n                                L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n    O mes aïeu x !\n  L e s preux ! les v a illa n ts ! et les forts !\n  voici le ré v eil de vos ru ts dans mes vein es,\n  au conspect de cette fornication possible.\n   V o tre procession étincelante en arm ures d ’arch anges,\ndes claires hauteurs de m es songes elle dévale,\nelle dévale à la débandade les ravin es de m es vein es,\net se rue à la curée de cette vian d e fraich e,\nô mes aïeu x ! fau x braves que la charogne a v ain cu s !..\n   A h ! elle m ’évo qu ait berceaux et patries, celle qu i v o u s resti­\ntu ait tannières et repaires !\n   A m és et féaux de l'im p ératrice L u x u re ,\nen qu elles dégoûtations m 'a v ez-vo u s don c con çu ?...\n                                     la     v o ix ,\n\n                     J e vois l'endroit, j e vois l'envers.\n                        J e vois la fin des jours ;\n                        L a tour, prends garde !\n                        J e vois la nuit, j e vois l ’éclair,\n                     J e vois la Mort qui me regarde\n                        Oh ! pour toujours !\n                                  L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n      J ’en v e u x fin ir une bonne fois !\n      Je v e u x tordre ces seins de perdition,\n      Je v e u x m ordre ce cœ u r de trahison,\n"}, {"page_pdf": 132, "page_imprimee": 115, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2104, "texte": "                                  J A N V IE R     1894                                115\n\n\n  Ju sq u ’à l’o u b li des v ieille s défaites !\n   M a haine, je v eu x la v êtir\nde toute la pourpre infâm e de cette ro y ale anim ale\net la crucifier su r tel rem ords au bord du gouffre,\nm a h ain e ! qu 'elle soit l'efficace é p ou van tail !\n                                     la v o ix .\n                    Ma sœur Anne, ma sœur A nne !...\n                    E lle est morte en la tourelle :\n                               P r iez pour elle !\n\n                                                            U n sou ffle p a s s e .\n                                 L ’A V E N T U R I E R .\n\n   Frisson des feuilles dans le hau t silen ce !\n   F ro u fro u de rire à travers les m ille ans de silence des branches!\nrire fu rtif de la forêt com plice de tout ceci !\nrire iro n iqu e des choses fautrices de cette détresse-ci,\net tant aise de m ’a v o ir v o u é au m al de ch a ir\npar leu r m ille ans de silence équ ivo q u e\n— oh ! si bien aise de m ’avo irga n g re n é de l'in cu ra b le m al de c h a ir ?\n                                   la voix.\n                         L'indomptable Géant se tord\n                        Sous le chaos d ’iniquités\n                        D ans la caverne de la mort.\n\n                                 L 'A V E N T U R I E R .\n\n  G u é rir !...\n  R en ier langes, béqu illes, suaire,\n  et foncer droit à travers to u t ju s q u ’au fo y e r n atal !\n  à travers le v a in lam ento des m ers,\n  et la supplication in exau cée des forêts,\n  et la patience in u tile des plaines,\n  et l’in qu iétud e b ru y a n te des v illes,\n  et l’effort stérile des m onts,\n  foncer droit à travers le m ensonge de tout\n  ju s q u ’à la flam me v acillan te au bout des étendues !\n  et fondre d’aplom b à travers soi ju s q u ’à la flam m e sanctifiante\n  à travers le leurre astu cieu x des songes,\n  et l’orgu eil im puissan t des pensées,\n  et la sécurité m enteuse des peines,\n  et l’aveu g le b ru talité des in stincts\n  et la p rodigieu se van ité de la con science,\n"}, {"page_pdf": 133, "page_imprimee": 116, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1638, "texte": "116                                        L E R É V E IL\n\n\n\n fondre d’aplom b à travers la m isère de soi\n ju s q u ’à la flam m e rayon n an te au fond des tem ps !\n et s’en v êtir\n et re jaillir dans ses ra yon s au-delà des opacités,\n au cœ u r des heu res d’aurore,\n  des flores d'extase,\n  des races de rêve,\n  des âm es accom plies !...\n  O toi ! que n’étais-tu la bon ne voie,\n  petite créature si trém ébonde,\n  p au vre petite enfant si dolorie !...\n  T u l a cherchais sans doute aussi, la guérison !...\n\n                                    L A V O IX       lo in ta in e ,\n\n\n                           Va-t-elle pas bientôt venir\n                           Des profondeurs de l ’avenir\n                           Celle de toute éternité ?...\n\n                      L 'É T R A N G È R E , g is a n ts en l a         m o u sse ,\n\n\n  M am an !...\n                                L 'A V E N T U R I E R .. à p a r t .\n\n  P a u v re ange dépenaillé !...\n\n                      L 'É T R A N G È R E , sa le v a n t s u r son s é a n t.\n\n\n  M on D ie u !\n                                       L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n  D e profondis !\n                                 L 'É T R A N G È R E , é g a r é e .\n\n\n  Q u’ il fait profond ! et n o ir ! et v ie u x !\n  M on D ie u !... où suis-je !...\n                     L 'A V E N T U R I E R ., s e m e tta n t d e v a n t e lle,\n\n\n  S u r le chem in de son t le monde,\n  S u r le gran d chem in de tous les détrousseurs de l'om bre.\n\n                        L 'É T R A N G È R E , s e le v a n t to u t à fa it .\n\n\n          A h V O U S !...\n          A h D ieu !... m on D ieu !...\n"}, {"page_pdf": 134, "page_imprimee": 117, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1809, "texte": "                                    J a n v ie r       1894                                        117\n\n\n\n\n                                L A V O I X , lo in ta in e .\n\n\n                   E lle s ’attarde chez la lune\n                           A nti Pierrot\n                   E lle recueille sur la dune\n                   Les satins pâles de la. lune :\n                   C'est pour tefa ire un blanc manteau.\n\n           L 'É T R A N G È R E . J e ta n t a u x e n to u r a d es r e g a r d a é p e u rée .\n\n\n       Q u ’est-il donc a rriv é , S eig n e u r ?\n                                       L 'A V E N T U R I E R . .\n\n\n       O h ! rien de bien n o u ve au !\n                                         L 'É T R A N G È R E .\n\n\n       Quel m onstre m ’a donc terrassée !\n                                        L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n        O h ! c ’est très... naturel !\n                                         L 'É T R A N G È R E .\n\n\n        Q uelles frayeu rs in co n n u es...\nquelles fautes o u b liées...\nquelles irréparables fautes !...\nO v o u s ! a y e z pitié de m oi !\n                                        L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n        O h ! ce n ’est pas qu elque chose de bien inattendu.\n                                         L 'É T R A N G È R E .\n\n\n         J ’ai dû v o ir le tom beau de tout près.\nJ 'a i dû regarder de trop près des m ystères interdits.\nJ ’ai dorm i, n ’est-ce pas ?\n                                        L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n        M ais oui ? v o ilà ce que c’est !\n\n                                          L 'É T R A N G È R E .\n\n\n       C ’est un songe, un affreux ! un lu gub re songe !\nm ais un songe, n'est-ce pas ?...\n                                        L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n        C e n ’est rien autre que cela.\n"}, {"page_pdf": 135, "page_imprimee": 118, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1769, "texte": "118                                  L E R É V E IL\n\n\n\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  M ais dites-m oi donc ce qu ’il y a eu !\n                                  L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n  L a com ète s’en est allée.\n                    L 'É T R A N G È R E , é c la t a n t en s a n g lo ts .\n\n\n   H a ! D ieu !... D ieu !... D ieu !...\n   Je m e so uvien s !...\n   T o u t s’en est allé !... l’ange-gardien m ’a délaissée !....\n   Je suis là perdue avec des lieues de n u it !...\na ve c des im m ensités de n oir silen ce autour de m oi !...\n   H a ! D i e u ! . . . p o u rq u o i!... p o u rq u o i!...\n   M a claire enfance !...\nm on ign oran ce bénigne !...\nm a sainte m am an !...\npetits Jésus ! M adone ! noëls ! guirlandes !\na h ! tout !...\n   M on im age blanche dans l’om bre de la fontaine !\nm on frère de rêve dans l’om bre du soir !\np ourquoi !... pourquoi !...\n   R u in e et so u illu re !... honte et souillure !\n   Je suis une p au vre fem m e à présent !\n   M on D ieu !... Ma m am an !. .\n   Je ne sa v ais pas !\n   Je ne savais pas l’abom inable m isère des pauvres fem m es !\n                                 L A V O I X , lo in ta in e .\n\n\n                 E lle s ’attarde chez le lys.\n                       A m i Pierrot ;\n                 A u lointain ja r d in de l'oubli\n                 E lle éveille la soie du lys :\n                 C ’est pour tefaire un blanc chapeau.\n\n                                   L 'A V E N T U R I E R .\n\n  L a m aléfique étoile a fait son œ u vre et elle est disparue.\n                            L 'É T R A N G È R E , e n la r m e s .\n\n\n  Je ne suis p lu s digne de la clarté des étoiles,\nJe ne m érite plus la pitié des clartés.\nO si l’aurore p ou vait ne plus reven ir !\n"}, {"page_pdf": 136, "page_imprimee": 119, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1859, "texte": "                               J A N V IE R      18 9 4               119\n\n\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n  Ne sen tez-vou s plus l’im m ensité de l’om bre, m ain tenan t ?\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  L aissez-m oi seule !\n   L aissez-m oi com m e une m orte toute seule !\net que la n u it me c o u v re !\net que je pleure tant que m on corps se désêche.\nque m on âm e se sanctifie\net s’en vole toute blan ch e dans le m ystère des ram ures !\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n   N e v o y e z -v o u s plus com bien la forêt est ancienn e ?\n   N ’êtes-vous plus étrangère ici, m ain tenan t ?\n   L ’ ho rreu r déprédatrice de votre pâm oison,\nfût-ce la messe noire in itiatrice a u x choses d’ici,\nque v o u s projetez v o u s y p ro m o u voir dryad e ?\n   N e fût-ce, plutôt, a veu glem en t tel\nà ne soup çonn er pas, m êm e\nq u e l’in tim ité des u n ivers est close m ain tenan t,\net que le rêve nous a jetés dehors !\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n   Je m ’ évaderai v ers des lim bes d ’enfance.\n   Je redevien drai petite et douce et calm e\n sans plus de curiosité au delà de m es gu irla n d es ;\nje retrou verai les petits Jésus et les saintes M aries\net ne serai plus que m a prière n aïv e en toute ign oran ce.\n\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n  C o u v rez du pardon de vo s m ains jo in tes, seulem en t, la trahison\nde v o s seins ?...\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n  Je n ’oserai p lu s, seign eu r !\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n  L a is se z aller, seulem ent, les ch au ves-sou ris de v o s sanglots\ndans la solennité de cette n uit ?\n\n                                 L 'É T R A N G È R E .\n\n  S e ig n e u r ! Je suis celle qui ne pleurera plus !\n"}, {"page_pdf": 137, "page_imprimee": 120, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2179, "texte": "120                                      LE      R É V E IL\n\n\n\n\n                                     L 'A V E N T U R I E R .\n\n  R etro u vez sous les feuilles m ortes de vos am ertum es la floraison\nde vos sourires, seu lem en t!\n                                       L 'É T R A N G È R E .\n\n   Je suis. S eig n e u r ! celle qui n ’ou bliera p lu s!\n                                    L A V O I X , lo in ta in e .\n\n                     E lle s'attarde au cimetière,\n                             A m i Pierrot ;\n                     E lle polit au cimetière\n                     L e fr a is silence de la pierre :\n                     C ’est pour tefa ite un blanc tombeau.\n                                      L 'A V E N T U R I E R .\n\n   E n ten d e z-v o u s le glissem ent des om bres,\nl’affaissem ent des âm es?\n   D a n s le m aëlstrom taciturne d’om bre\nsen tez-v o u s l'irrém édiable glissem ent ?....\n                                                                                 U n é c la ir v ag u e\n                         L 'É T R A N G È R E , se c o u v r a n t les y e u x\n   H o!\n                                     L 'A V E N T U R I E R .\n\n   V o y e z -v o u s le vertige u niversel ?\n   S en te z vou s — dans votre esprit et dans l'espace\nle m alaise ann on ciateur d’orage et de désastres ?\n— le m alaise issu, dites, de l’espace ou de l’esprit ?\np our quels désastres, dites ? dans l’espace ou votre esp rit ?....\n   T o u t est troublé ju s q u ’aux v ie u x arbres, ju s q u ’a u x étoiles :\n   C ela ne se passera pas ainsi !\n                                      L 'É T R A N G È R E .\n\n   O h ! allons-nous-en de cette n uit !\n                                     L 'A V E N T U R I E R .\n\n   V en ez-vous-en de vous-m êm e !\n                                      L 'É T R A N G È R E .\n\n   A p p elez qu elqu ’ un d ’hu m ain , au m oins ?\n                                      L 'A V E N T U R I E R .\n\n   E t que nos m isères se retrou ven t en fam ille ;\nque nos lâchetés s’abriten t dans l’orgueil du nom bre\np ou r que nos hontes soient la règle\n— la règle a vératrice d’exister, la règle m uselière au doute et\nm asque à la m ort !\n"}, {"page_pdf": 138, "page_imprimee": 121, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2140, "texte": "                                J A N V IE R 1 8 9 4                     121\n\n                                      L 'É T R A N G È R E .\n\n   L a lu ne ne vien d ra donc pas !\n   Cette h eu re lu gub re n ’en fin ira donc plus !\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n   C ette in certitude d ’être n ’en finira plus.\n                                     L 'É T R A N G È R E .\n\n   A h !... la do u leu r d’être fleu rie ! et claire ! et pure !\n toute fleurs et rosée ! toute m u siq ue et lum ière !\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n  R e g r e t!....\nbaiser du ja rd in des o lives au front du rêve pascal !\n                                     L 'É T R A N G È R E .\n\n   Me voici celle d ev an t qu i les m orts aim és se lèven t\na ve c la m alédiction , pou r des siècles d ’exil,\nde leurs visages herm étiqu es et du rs et déjà d’étrangers :\n   M e v o ic i celle q u ’on ban n it du cim etière.\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n  R em ords !...\ntrente derniers du m arché de la m ort !\n                                     L 'É T R A N G È R E .\n\n  A h ! m o u rir !....\n                             ( U n é c la i r v a g u e ) .\n\n  C ette clarté d ’on ne sa it où\nc’est la m ort q u i passe a v e c sa lanterne.\nA h ! m o u rir ! a v e c vo s y e u x to ut près,\np ou r un peu de su rv ie en leu r bon ne p itié !\n                                   L 'A V E N T U R I E R .\n\n   P eu t-être !\nA u carrefour de la sépulture, gu eu x séculaire,\ndépouiller des m inables h aillo n s d’hu m an ité\net s’en aller v ers de p lu s saintes aum ônes d ’a p p a ra ître ....\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\nA h !... p ar v o tre pitié dernière crispée en caresse féroce,\nêtre arrachée de l’ incarn ation m al seyante\net rev êtir la robe n uptiale que seraient v o s pensées !...\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n  T ro p tard !\nV o u s a v e z pris le m al de votre vestu re\net vou s n ’oseriez plus a ller toute chaste et toute nue.\n\n                                                                    9\n"}, {"page_pdf": 139, "page_imprimee": 122, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1864, "texte": "122                                LE R É V E IL\n\n\n\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  Q u’ai-je fait, ô mon D ieu !\n                              L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n   V o u s a v e z déçu le désir innom brable.\nJe vou s avais vou é mes m ains et mes y e u x ;\nJe vou s a va is dédié les T h u lé s et les W a lh a ls ;\ndes gouffres d’angoisse a u x cîm es d ’extase,\nJe vou s avais ann on cée :\net le m ystère a v a it tressailli,\nla ténèbre a va it fleu ri,\nla terre était deven u e féconde ;\ndes m illion s d’efforts éperdus avaien t tu m u ltu é vers l’aurore,\net dans le ravissem en t précieux de ses royau m es,\nm on âm e attendait v otre v en u e, ô v o u s, la V ie !\n   M ais qu elle dérision vou s a suscitée,\nv o u s a jetée en travers de l’espoir unanim e\ncom m e une tom be !... u ne insondable tom be !\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  O h ! quelle dérision m ’a poussée !\n                              L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n      E n mes polaires tristesses il dort solitairem ent,\n  l ’E n fa n t que mon âm e a con çu de sa foi héroïque et chaste ;\n  P rin ce des ch éru bin s et R oi de la légende,\n  il dort douloureusem ent dans m es funèbres tristesses polaires\n  m on divin O rphelin, rédem pteur des fu tu rs ;\n  et j ’a va is salué en v o u s la V ie rg e attendue,\n  le geste qui m oissonne les chastetés fleuries a u x neiges des pôles\n  et les étreint su r sa bouche d’aurore\n  et les élève au ciel d’O rien t, delà les calvaires.\n   M ais v o ilà q u ’ une infernale m alédiction\n  v o u s a cou ch ée sous mon espoir\n  com m e une tom be !... une incom m ensurable tom be !\n\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n    O h ! de quels passés coupables,\n de quels passés im pardonnablem ent coupables\n s’est levée l’ infernale main qui m ’a v ain cu e !...\n"}, {"page_pdf": 140, "page_imprimee": 123, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "                          JA N V IE R        1894                       12 3\n\n\n                        L A V O I X , v a g u e , à l ’e n v ir o n .\n\n\n               E lle s’attarde et son ombre s'allonge :\n                         Allum ez un cierge !\n               L ’heure décline et son ombre s'allonge :\n               A llum ez un cierge devant la vierge.\n                       L 'É T R A N G È R E , a v e c s tu p e u r\n\n       C elle-qu i-chante !\n                                     la    v o ix\n            Son ombre s ’allonge et tout est en deuil :\n                      A llum ez deux cierges !\n            Son ombre demeure et tout est mensonge :\n            A llum ez denx cierges près du cercueil.\n                        L 'É T R A N G È R E , é p o u v a n té e\n\n       C elle-qu i-chante !\nO h ! elle sait !... elle sait quel secret terrible !\n                        L 'A V E N T U R I E R . co m m e en r ê v e\n\n       S on om bre s’ allon ge et to u t est en deu il.\n                         L 'É T R A N G È R E , fa s c in é e\n\n       A llu m e z les cierges de la vierge.\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n       Son om bre dem eure et tout est m ensonge.\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n\n       A llu m e z les cierges du cercu eil.\n                                   la     v o ix\n\n           Son ombre demeure au ja r d in de l ’heure :\n           A llum ez un cierge devant la vierge.\n                              L 'A V E N T U R I E R .\n\n      E t tout est m ensonge\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n      E t tout est en deuil.\n                                   la     v o ix\n\n             Son ombre demeure au palais du songe\n              A llum ez deux cierges près du cercueil.\n"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 124, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1946, "texte": "124                                   L E R É V E IL\n\n\n\n\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n\n   A h ! toutes les choses sont en deuil.\n                                  L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n   E lles sont en proie à ce m ensonge q u ’elles ne veu len t\net q u ’ il faut qu ’elles soient p o u r toujours.\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n\n    E t leu r d ouleu r choit su r nous inévitablem ent !\n                                  L 'A V E N T U R IE R .\n\n\n   E t le u r m ensonge nous écrase irrévocablem ent !\n                                         la v o ix\n\n                 Mais an fo n d de l’ombre la mort demeure\n                 A llum ez trois cierges dans votre coeur.\n                                  L 'A V E N T U R I E R\n\n      M ais l’om bre dem eure au fond de nos cœ urs irréparablem ent !\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n   Irréparablem ent !\n                                   L 'A V E N T U R I E R .\n\n   H a ! la m ort dem eure au fond de nos c œ u rs...\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n   .... irréparablem ent !\n                                   L ’A V E N T U R I E R\n\n      ... ir !-ré !-pa !-ra !-ble !-men t !...\n                                 L A V O I X l ' é lo ig n a n t\n\n                           S u r le pont d ’Avignon,\n                           On y danse, on y danse...\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n      L a v ie ille v o ix du fond du passé!\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n    L a claire v o ix d’à travers l’om bre et le m ensonge !\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n      L a v o ix n avrée du fond des fautes sans pardon !\n                                L A V O I X , s ’é lo ig n a n t\n\n                           S u r le pont d ’Avignon\n                           On y danse tous en rond.\n"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 125, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1715, "texte": "                                ja n v ie r        1894                           125\n\n\n                                     L 'É T R A N G È R E ..\n\n\n   O les rondes d’enfants !...\nV o u s so uvien t-il ?...\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n.... d ’être m ort tant d ’ h iers ?..\n                                     L 'É T R A N G È R E .\n\n\n.... des blonds m atins d'enfance a u x clairs levers d’a m o u r?\n                                   L 'A V E N T U R I E R .\n\n\nT o u t est m ensonge ! deuil et m ensonge !\n                         L 'É T R A N G È R E ., d ’u n e v o ix fr ê le ,\n\n\n   Il a dû passer...\ndans les y e u x de celle qu i m ’a b ercée...\nun so n ge... un m irage de so n ge...\nun m irage de v o u s ! qu i s’est enfoncé dans l’ in visib le\net que j ’ ai s u iv i...\navec m es y e u x au-dessus du m onde\nju s q u ’ici ! ..\n   S u r mes som m eils il a dû se lever une é to ile...\nque v o u s a v ie z é lu e ...\net qu i m 'a guidée ju s q u ’ici,\navec m on so urire au-dessus des pein es...\n   Il a d û ... dans m a p rière... descen dre...\nun ange qu i v o u s a va it aim é\net qui m ’a ju s q u ’ici m en ée...\navec mes m ain s jo in te s au-dessus des fau tes...\n\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n   T o u t cela ne va peut-être pas se passer ainsi !\n\n               L 'É T R A N G È R E , s a v o ix d u lo in ta in de s a pensée.\n\n\n   D es ly s se sont penchés su r ma ro u te...\net m ’on t parlé de vou s !\n   D es cygn es m 'o n t fait e sco rte...\nqui a va ien t con nu v os y e u x , sans doute !\n   J’ai rencontré des brises...\nqui se souvenaient de v os paroles !\n   E n d'anciens paysages de lu ne et de rossign ols...\n"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1832, "texte": "126                                L E R É V E IL\n\n\n\n\n  des corolles m ’on t frôlées...\n  à qu i vo s m ains n ’étaient pas étrangères !\n  ah 1 les heures disaient de telles choses !...\n                               L ’A V E N T U R I E R\n\n\n         T o u t n ’est peut-être pas fini !\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n\n           I l y eut ainsi tou jo u rs...\n depuis le sourire des fées et des poupées...\n parm i le geste des choses et le frisson des clartés...\n dans toute la v ie il y eut ainsi toujours\n l'en ch an tem en t de furtives caresses im m atérielles...\n ra y o n n an t v ers m oi d’ une â m e...\n d’ un ange fraternel caché derrière les être s...\n et tous les êtres m ’é taient l'e nchantem ent de ses caresses.\n A h ! j ’ étais C elle qui a le don d ’enfance !\n                              L 'A V E N T U R I E R .\n\n         T o u t n ’est peut-être pas si vain !\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n         Il y eut ce vertige toujours d’étreintes atteintes jam ais !\n ja m ais qu ’entrerêvées en m irage de paradis ;\n et j ’allais docile et patiente vers elles,\n cro y a n t que v iv re était cette patience ign oran te et vailla n te,\n a v c c ce bon heur au bout pour toujours.\n A h ! j ’étais celle qui a le don d 'am o u r !\n                              L 'A V E N T U R I E R .\n\n        A h ! l’ aube lu ira peut-être à la fin !\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n\n        Ne    m ’estim ant autre ni m oindre q u ’ herbe            frêle   ou\n p u re étoile,\n j ’allais sans m ’ém o u v o ir que de m oi-m êm e,\n car j ’étais celle qu i a le don de m ystère ;\n et vo ilà que par delà l’écoulem ent des v ieilles n uits\n ém erge...\n       au ro re !...\n                     l ’auréole !...\nv o ilà que je crois trou ver l’A n g e du Secret\n"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1937, "texte": "                          J a n v ie r 1 8 9 4                             127\n\n\net m ’end orm ir au paradis de la lu m iè re ...\net c’e st... ah ! D ie u !...\n                            L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n          C ’est le sacre unan im e\nave c la bien ven ue sororale des ch o ses...\navec la jo y e u s e entrée au terroir patrial\net l’ in vestitu re des radieuses m ouvan ces du fu tu r...\nC ’e st... ah ! c ’est l’iron ie d ’ un sacre unan im e\net le leurre de sa voir le sceptre de nos destins,\nah ! c'est le sacre du m ensonge u n a n im e!\n                             L 'É T R A N G È R E .\n\n\n          H o ! je suis échouée au riv ag e de la ténèbre in itiale !\nE t l’ h o rreu r du péché se révèle !\ne t m on sexe néfaste se dévoile !\nA h ! je ne savais pas ! mon D ieu !...\nJe ne savais pas l'abo m in ab le m isère des p auvres fem m es !\n                             L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n        C ’est   le   m ensonge      des choses         qui   n ou s a jo u é ce\n                                                                 [vilain tour.\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n\n         T o u te s les bêtes affam ées sont entrées dans m on sein ;\ntous les v o ls n octurn es se sont réfugiés dans m a tête.\nE t j ’ai perdu le sens de la Joie ;\nj ’ai perdu le sens prem ier qui éclairait mes autres sens\nà p ercevoir au travers d'eu x la Joie :\nje su is u ne pauvre âm e aveu g le\nque les m auvais desseins des funèbres profondeurs\npoussent v ers quel désastre ?...\n                             L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n C ’est peut-être l'in v ite au final renoncem ent ?\n                              L 'É T R A N G È R E .\n\n\n    L a ran cœ u r des v ie u x arbres\n si fiers d ’être debout dans leur effort depuis to u jo u rs...\n l ’hostilité de la m er\n si belle d ’être fidèle à sa d o u leu r depuis to u jo u rs...\n le m épris de l’a zu r si chaste depuis to u jo u rs...\n"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1952, "texte": "128                                  LE      R É V E IL\n\n\n\n tout cela m ’étouffe !..\n O h ! je su is la hon te éternelle de to u t !\n\n                                L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n      C ’est l’am ertum e des pénitences qu ’il faut.\n                                 L 'É T R A N G È R E .\n\n\n      D e h ain eu x sarcasm es v o n t siffler dans les bran ches...\n      D es hu ées vengeresses v o n t so u lever les v agu es...\n      D es clam itation s féroces v o n t secouer les ro ch es...\n      D ’effarants oracles v o n t c h o ir...\n      L ’orage va fondre su r m oi !\n      O h ! je su is la proie éternelle de tout !...\n\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n C e sont vo s v ie u x êtres qu i se rédem ptent.\n\n                                 L 'É T R A N G È R E .\n\n\n   Je su is en ch aîn ée... à l’abjection im m ense\n de mes pauvres pieds prom is a u x ro n ce s!..\n Je su is clou ée su r la m isère in exp rim ab le\n de m es m inables jam b es et de m es bras im puissants !..\n Je su is em prisonnée dans l ’infam ie de m on corps rid icu le,\n et cern ée par ses faim s de bête et ses h o n teu x besoins !..\n Je su is la grim ace lam entable du péché !...\n\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n C ’est sans doute le sacrifice exp ia to ire ...\n                                                          (Eclair vague, — grondem ents sourds\n                                                          e t cris d e b ête ép a rs a u lo in )\n\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n      E co u tez !... quel supplice on m e prépare !\n O h ! que je su is ch étive !..\n O h ! que je su is ... coupable !\n\n                              L A V O I X lo i n t a i n e .\n\n                       L e Géant indomptable tord\n                       L es montagnes d'iniquités\n                      Q ui s ’entassent sur son effort\n                       Depuis quarante éternités.\n"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1957, "texte": "                                        J A N V IE R       1894\n\n\n\n               LA   F O U L E , tr è s lo in , a v e c d e s é ch o s p lu s lo i n t a i n s\n\n\n                    — C elle en fleu rs... e u ... e u ...\n                    — Q ui l’a v u e ... u e ... u e ...\n                    — M e la fau t... a u t... a u t...\n                    — P a rtie ... ie ... ie ... ie ...\n                    — P e rd u e ... u e ... u e ... u e ...\n                    — P â tir a ... a ... a ... a ...\n\n                                             LA V O IX .\n\n\n                         Mais Celle qui devait venir\n                         Depuis quarante éternités,\n                         Est-elle morte, en l ’avenir ?\n                                     L 'É T R A N G È R E .\n   E co u tez !\nles détresses s’am euten t v e rs moi de tous les coins du m onde !\nO h ! je su is la v ictim e u niverselle !\n                                      L 'A V E N T U R I E R .\n\nC ’est peut-être l’affre dernière et le triom ph e déjà ?\n                                       L 'É T R A N G È R E .\n\n\n   U n e porte secrète s’est ou verte a u x cry p te s de m a m ém oire\net dans l’ou b li séculaire des spectres in co n n u s rô den t...\nil en rem onte de toutes les catacom b es...\nil en rev ien t de toutes les h o n tes...\nC 'e st le sabbat !\nl’o cculte sabbat de tous les m in u its\n don t la b a ve in solite em poisonne les sources.\nM e v o ilà gisan te au carrefour du m al,\ntoute souillée de l’ou trage des R even an ts !\n                                     L 'A V E N T U R I E R .\n\n\nO u b lie z v otre néfaste dénuem ent !\n                                     L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  H o ! toutes les choses on t m enti !\n                                      L 'A V E N T U R I E R .\n\n\nNe so y e z plus que v o tre verbe in co n scien t !\nC réez-vou s n o u ve lle et pure en m oi par v o tre v erb e\ne t toute v o tre âm e, donnez-la moi !\n"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1995, "texte": "130                             L E R É V E IL\n\n\n\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n      Il a m enti, m on corps funèbre !\n                              L ’A V E N T U R I E R .\n\n  D ites-m oi qu elle allégresse ou quel effroi\n  vou s on t tirée du n atal n irv a n a !\n  et par quels chem ins de lum ière et de prière vou s êtes ven u e,\n  oh ! dites-le m oi !\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  Je sortis d’ un som m eil enchan té où votre pitié s’était penchée.\n                              L ’A V E N T U R I E R .\n\n  L a salutation des choses et l’hosan na des clartés\n  quan d v o u s êtes apparue,\n  o h ! dites-les moi !\n                              L 'É T R A N G È R E .\n\n      Je v in s à la dérive d’ un songe où v o tre bonté s’était m irée\n                               L ’A V E N T U R I E R .\n\n  L e s escortes d’anges et les am bassades d ’espoirs reçues\n  oh ! dites-les m oi !\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n      Je n’étais rien a va n t l’aurore que vou s fîtes en m oi.\n                              L ’A V E N T U R I E R .\n\n   L e s auberges d’apparaîtres où v ou s êtes descendue,\net les tom bes d’im m ém oire où vou s a v e z dorm i,\no h ! dites-les m oi !\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n  Je ne suis née que dans vo s y e u x .\n                               L ’A V E N T U R I E R .\n\n  Quel m essage v ou s am ène des profondeurs de la G enèse,\nM adone a u x sept m ystères?\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n  Je ne sais pas ! Je ne sais plus !...\n                               L ’A V E N T U R I E R .\n\n   O h ! que votre âm e soit dans mon désir\ncom m e l’hostie dans la bouche du cro y a n t!\net que la grâce m ’ illu m in e et m ’ infinise !\net que m on O rphelin divin s’éveille au c la ir de son destin,\nM adone à la clairière des sept chem in de l'A u -d e là !\n                               L 'É T R A N G È R E .\n  Je vou s aim e !\n"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1823, "texte": "                                  J A N V IE R 1 8 9 4                  131\n\n\n                                L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n    On dit cela a u x pauvres hom m es,\na u x déserteurs du nul en m araude a u x jard in s de la m ort.\nM ais ce leurre d’être et de le croire,\nce qu i le clam e et le réclam e,\nc ’est le glas in tim e de la foi.\n                                  L 'É T R A N G È R E .\n\n   Je vou s aim e!\nN 'est-ce pas l’âm e toute, je v o u s a im e ?...\n                                 L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n   On dit cela a u x tristes hom m es,\na u x vagabon ds de la nuit à l'affût des aubes.\nM ais ce feu follet creva n t su r leurs y e u x\nse suggère l’œ u vre form idable\ndes efforts cabrés dans l’étendue en m yriad es,\nsi bien que leurs cécités récuseront le soleil.\n                                 L 'É T R A N G È R E .\n\n  D u silen ce et de la tourm ente\ncela seul m onte a u x c ieu x : Je v o u s aim e !\n                                L ’A V E N T U R IE R .\n\n\n   O n dit cela a u x m inables hom m es,\na u x détrousseurs d’ idéal égarés a u x steppes d’ennui.\nE t ce m aléfice les galvan ise,\net m algré les gestes ép loyeu rs d ’espace et sem eurs de m ondes,\nleu r om bre ne prend jam ais que la m esure de leurs tom bes.\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  L a V o ix de D ieu n ’est rien autre que cela : Je v o u s aim e !\n                               L ’A V E N T U R I E R .\n\n   A h ! tais-toi !\nJe v e u x la V ie ! et la bataille! et le triom phe !\nL e s m uffles d’instincts crispés à m on haillo n de chair,\nje v eu x les tordre !\nles nœ uds d’étreintes qu i m ’enchain en t, les b rise r!\nJe v e u x ru er! à rom pre le harn ois de règles qu i m ’étouffent !\net libre et fau ve bo n dir à travers tout !\nD an s leurs retraites tortueuses\n"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1738, "texte": "132                                  LE RÉVEIL\n\n\n                                  L'AVENTURIER.\n\nles m agnétiques E m buscades\nqu i me décochent les pensées et les fièvres,\nje veu x le surprendre et les dom pter !\nJe v e u x dresser m a R évolte devan t les rem parts de m ystère\nderrière quoi M aya som m eille ;\net dans ses y e u x d’où la clarté prim e radie\nan crer mon v o u lo ir si profond\nqu ’ il n argue in viciblem en t l'ahan des causes.\nJe v e u x ! Je v e u x ! Je v eu x !\n                                     L'ÉTRANGÈRE.\n\n\n  O h ! qui donc êtes-vous !\n                                    L’AVENTURIER.\n\n\n   L ’A v e n tu rie r de l'E sp éran ce hum aine.\nL e s n uits pestilencielles de l’incarnation\noù le péché tend ses lacis de tentacules dans l’eau vén éneuse\nau to u r du doute étique et du rem ords gan gren eu x,\ndu ran t des siècles de siècles je les ai traversées\nE t j ’ai v u l'au rore !\net je v eu x la clarté !\nO h ! fais le geste fau ch eu r d’om bre\net que le M essie de mon rêve se lève !\n                       L ' é t r a n g è r e J o ig n a n t les m a ins .\n\n  M on âm e, prenez la toute !\n                                      L’AVENTURIER.\n\n  M ais ta ch a ir se met entre n ou s !\n                                      L'ÉTRA N G È RE .\n\n  Je v o u s a im e! prenez-m oi toute !\n                                     L’AVENTURIER.\n\n  T e v o ilà toute en la tentation de ses regards,\no fem m e !\n                                      L'ÉTRANGÈRE.\n\n  Je v o u s aim e ! sau vez-m oi toute !\n                                    L’AVENTURIER.\n\n  T e v o ilà toute dans l’ém eute de tes seins,\no fem elle!\n                                      L'ÉTRANGÈRE.\n\n  Je v o u s aim e ! sacrifiez-m oi toute !\n"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 133, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1691, "texte": "                                  J A N V IE R      1894      133\n\n                                  L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n  T e v o ilà toute en ta splen deu r charn elle\nô pâture d'in stin cts !\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n\n   O h ! insultez-m oi ! piétinez-m oi !\net qu ’ une pourpre régin ale v o u s fleurisse !\n                                  L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n  P rovid en ce des m âles a u x abois, te v o ilà toute!\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n   O pas cela !\nvotre bouche vou s a trom pé !\nje suis vierge !\n                                  L ’A V E N T U R I E R .\n\n   T o i ! vierge ?\nE t cette crotte interloppe de ta chair\nRam assée de m are en m are a u x chem in s de la chute ?..\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n   V o tre la n g u e vou s a trahi :\nje suis chaste\n                                   L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n  E t ta prostitution a u x vou loirs de partout\ndans la m aison publique de ta parole ?..\n\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n  O h ! assez ! assez !\nque je m ’en a ille m o u rir quelque part !...\n                                  L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n   H a ! p au vre ! n u lle heure ne m eurt :\ntoutes siègent en cercle d'om bre autour de nous,\net nous n’ iro n s plus n u lle part !\non n e v ien d ra plus à n ou s de n u lle part !\nnous som m es effro yablem en t aband on n és..\n\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n   A y e z pitié, m on D ie u !\n                                  L ’A V E N T U R I E R .\n\n   N ous som m es tout seuls !\nn ous som m es épouvantablem ent seuls !\n"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 134, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1963, "texte": "134                            L E R E V E IL\n\n\n                                 L'ÉTRANGÈRE.\n\n  Que je suis à bo ut, seign eur !\n                                L ’AVENTURIER.\n\n  S eig n e u r ! que je suis à fond !\n                               L'AVENTURIER.\n\n  Som m es-nous encore bien v iv a n ts ?\n                                 L'ÉTRANGÈRE.\n\n\n   N ous ne p ourrion s p ro uver à rien que nous som m es v iv a n ts\nsinon en répandant la m ort qui n ou s déborde :\nil n ’y a que cela en nous.\n                                L 'A V E N T U R IE R .\n\n\n  R ien n’a l’a ir de nous savoir là !\n                                L'ÉTRANGÈRE.\n\n  R ien n ’a l’air de se so u v en ir de nous.\n                                L’AVENTURIER.\n\nE t se souvient-on de soi-m êm e,\nhors d’être m ort tout au lo n g des jo u rs.\nIl ne faut pas jo u e r su r les m ots, non !\nni s’en tenir à ce m alentendu :\nn ou s som m es, soit, la m ascarade m acabre de la vie,\nm ais il n ’ y a que la m ort en nous !\nD is-m oi donc ce qu i n ’est pas m ort de nous !\n                                L'ÉTRANGÈRE.\n\n  J ’ai froid dans m on cœ ur !\n                                L’AVENTURIER.\n\n   N os songes ? ils nous o n t laissés là tout seuls ! tout seuls !\nsinistrem ent seuls !\n                                L'ÉTRANGÈRE.\n\n  C ’est pour qu elque chose de sinistre que nous som m es ici !\n                                L ’ A V E N T U R IE R\n\n   Ils s'en sont allés dans d'autres vies et d ’autres m ondes\net nous on t laissé sinistrem ent déserts e t seuls\net la m ascarade m acabre est finie.\n                                L'ÉTRANGÈRE.\n  J ’ai peur !\n                                L’AVENTURIER\n\n   O n les supplicie là-bas dans d'autres m ondes et d’autres vies\net nous n ’avo n s plus aucune bonne raison d’être ici.\nN ous n ’avo n s plus de raison d’être n ulle part !\n                                 L'ÉTRANGÈRE.\n\n  J ’ai peur de son âm e en v o y a g e , S eign eur !\n"}, {"page_pdf": 152, "page_imprimee": 135, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2131, "texte": "                                       J A N V IE R 1 8 9 4                                       135\n\n\n                                           L ’A V E N T U R I E R .\n\n  Je vois ton om bre d evan t moi,\nm ais je ne te vois poin t, toi ni la lune.\nO ù a ller ? et que dire ?\nJe su is un p a u v re v ie u x q u 'on a laissé tout seul.\n                                            L 'É T R A N G È R E .\n\n  S eig n eu r ! j ’ai peur de son âm e évadée !\n                                           L ’A V E N T U R I E R .\n\n   Je cherche en m on puits tes y e u x d’ A ccoudée a u x m argelles de\nl’a zu r, m ais tu t’es retirée\net je ne suis q u ’ un p au vre v ie u x qu i ne sait plus où ni quoi.\n                                            L 'É T R A N G È R E .\n\n  J ’ai p eur de son âm e de passage, S eig n eu r !\n                                           L ’A V E N T U R I E R .\n\n   L e s m agiq ues E m bu scad es sont entrées dans m a m aison\nE lles m ’on t fait boire leur v in de m ensonge\net m ’on t jeté dehors.\nA h ! je suis iv re de m ensonge\n                                            L 'É T R A N G È R E .\n\n   M on p au vre m alade !\n                                           L ’A V E N T U R I E R .\n\n  Je suis m alade de m ensonge...\nO h qu ’ il fait n o ir ! oh q u ’il fait p au vre !\net tous ces étrangers q u ’est-ce q u ’ils fon t dans m a m aison !..\n                                    L 'É T R A N G È R E ., c o n tre lu i\n\n   Mon doux m alade !\n                 L ’A V E N T U R I E R . s a t ê t e g l is s a n t s u r l a p o n t o ffe rt\n\n   M a tête a le m al des ténèbres\n   M on âm e a le m al de l’A b y m e !...\n                                   L 'É T R A N G È R E ., l ’e n la ç a n t\n\n   O h ! je v e u x te gu érir !\n                                 L ’A V E N T U R I E R ., l ’a i r là - b a s\n\n   Petite sœ u r!\n                                      L 'É T R A N G È R E ., c â lin e\n\n  L e M essie de rê v e, ton m ystiqu e O rphelin,\nlaisse le v e n ir entre nous\net chasser les n u its...\n                                           L ’A V E N T U R I E R .\n   Petite m ère !\n"}, {"page_pdf": 153, "page_imprimee": 136, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1768, "texte": "                                         J A N V IE R 1 8 9 4                             13 6\n\n\n\n                          L 'É T R A N G È R E , m p r e s sa n t c o n tre l o i .\n\n\n   Je nous gu érirai avec m es sourires ;\nje n ou s v êtira i a ve c m a ch evelu re ;\n et je rallum erai nos cœ urs à m on am ou r ;\net je chasserai la m ort !\n                                         L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n  P e tite fem m e !\n                                 L 'É T R A N G È R E , l 'é tr e ig n a n t .\n\n\n  E t je te soûlerai de caresses\nô m on am an t !\n                              L ’A V E N T U R I E R , se r e s s issa n t\n\n\n  O fem m e encore et toujours !\n                                  L 'É T R A N G È R E ,      l 'a t t i r a n t .\n\n\n   E t je t ’étourdirai de pâm oisons !\n                                L ’A V E N T U R I E R . M d é g a g e a n t.\n\n\n  O fem elle encore et toujours !\n                                   L 'É T R A N G È R E , o b s tin é e .\n\n\n  E t je te rem isciterai de volu p té !\n                             L ’A V E N T U R I E R .,    lu i é c h a p p a n t .\n\n  O vam p ire !\n                     L 'É T R A N G È R E , s 'a ffa is s a n t s u r les g e n o u x .\n\n\n  M on D ie u !... e n c o r e !...\n                                   L A V O I X , t r ès lo i n t a i n e .\n\n\n\n                    L'om bre s'allonge au coeur du songe\n                   E t tout est deuil et tout mensonge\n                   J u sq u ’aux cavernes de la mort.\n\n                        L 'É T R A N G È R E ., l a fa c e d a n \" le s m a in \" .\n\n\n  M on D ieu !... M on D ieu !...\nE n core c e la !...\n  C e vertige !... et celte m alédiction !\n                                         L 'É T R A N G È R E .\n\n  A h ! tribade !\n"}, {"page_pdf": 154, "page_imprimee": 137, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1798, "texte": "                                   JANVIER 1 8 9 4                                                            137\n\n\n                   L 'É T R A N G È R E , e n f a n t in e e t h o q u e ta n te .\n\n\n        Ce n’est pas m oi, m on D ie u !\n                                   L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n        A h ! tragique putain !\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n\n        C ’est la n u it !... la forêt !... l’orage !... tout !...\nA h ! t o u t !...\n                                     L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n        A h ! salope apocalyp tiq u e !\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n\n        C e son t les reven an ts !... les infâm es reven an ts !\net leu r vau trem en t dans m on cœ u r !\n                 LA F O U L E ,      in v i s i b le , é p a r s e d a n s l a fo r ê t.\n\n\n       — L a m er s’apprête.\n       — V o ilà le ven t.\n       — I l v a se passer q u elque chose !\n       — L e m onde se retourne su r son envers.\n       — L ’éclair !\n       — L ’éclair d'un e fau x derrière la mer.\n       — A h ! m alheur.\n                                                    ( D u v e n t, fo u e tté d 'é c la ir s lo in ta in s\n\n                                      L 'É T R A N G È R E .\n\n   C e sont les reven an ts !\net leu r sabbat dans m on cœ u r !\n                                  L ’A V E N T U R I E R .\n\n\nO h ! je ne suis pas si fou !\nL e s rabatteurs de ténèbres sont en route !\nH a ! — ha ! — ha ! regarde, les v o ilà !\nm alheu r à toi !\n                                LA     FO U LE        d ébusqua.\n\n                                                                               A ug. J en art\n\n\n\n\n                                                                                                             10\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-008", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 138, "page_fin": 139, "titre_corps": "A tous ceux de la ronde : La vie en sagesse", "titre_sommaire": "A tous ceux de la ronde", "rubrique": "", "signature_source": "Paul Gérardy", "ancre_debut": "A TOUS CEUX DE LA RONDE (Fragments) à Stefan George LA VIE EN SAGESSE", "ancre_fin": "S y rin x endormira son cœur", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "D'AIMER 1. 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A rgen tariu s).\n\n      P o u r Lysidice emplis-moi douze fo is la coupe,\n      E t puis rien qu'une fo is à la gloire d'Euphrante.\n      T u crois que Lysidice est ma plus chère amante ?\n      Non, par Bacchus qu'ici j e bois à pleine coupe !\n      Euphrante est l’un dans d ix — ou la lune qui voile,\n      D e sa seule splendeur d’ innombrables étoiles.\n\n                                    4.\n                                         (d’après Asclépiade)\n      Demeurez au dessus de sa porte, ô couronnes,\n      Sans secouer encor votre feuillage en fleurs\n      D e mes larmes trempé. — L ’ amour sait bien des pleurs !\n      Mais dès que sur le seuil son pas très lent résonne,\n      D e vos feu illes alors que douce pluie inonde\n      E t mouille avec amour sa chevelure blonde.\n\n\n\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-010", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 140, "page_fin": 142, "titre_corps": "A tous ceux de la ronde : La fin de la ronde", "titre_sommaire": "A tous ceux de la ronde", "rubrique": "", "signature_source": "Paul Gérardy", "ancre_debut": "LA FIN DE LA RONDE Byzantins de Byzance", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 157, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 1436, "fin_caractere_exclue": 1639, "texte": "L A F IN D E L A R O N D E .\n\n      Byzantins de Byzance, écoutez à vos portes !\n                 Les pas des barbares cohortes\n                 Endeuillent le silence\n                D e rudes cadences\n"}, {"page_pdf": 158, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1510, "texte": "                       J A N V IE R 1 8 9 4                    141\n\n\n\nE t chantait les effrois de la venue prochaine\n             D ans le vent tiède de la, plaine.\n\n\nA ujourd'hui les chansons et la mort pour demain !\n            Toute la volupté du vin\n            Dont nos amours s'enivrent\n            E t la joie des livres\n Q ui chantent l ’épopée languide de leur gloire\n            Encore au fo n d de nos mémoires ;\n\n\nE t les carillons clairs de mille campaniles\n              E t tous nos grands dieux puérils\n             A u x yeux d'étranges pierres\n              Illustres et claires\nOù les prêtres tremblants voyaient dans l'avenir\n              Les hordes barbares venir ;\n\n\n Demain, demain et tout au g a i soleil levant\n              Sera de la poussière au vent !\n             A u x barbares nos filles\n              Donneront, tranquilles\n E n la perfide jo ie des grands sourires vagues,\n              De leurs longs doigts blancs l ’or des bagues.\n\n\n L es esclaves haineux ont déjà f u i les portes\n              E t vont au devant des cohortes\n              Porteurs de nos trésors.\n              Nos icônes d ’or,\n Nos lamentables christs sur émail rose cl bleu\n              A u x longs regards vagues et creux ;\n\n\n Nos vierges aux yeux pleins de mystères charnels,\n               Nos reliques et nos missels,\n               D e nos défunts espoirs\n               Souvenirs d ’ivoire....\n E t le rire joyeux des grands enfants barbares\n               Eclate à l'aspect de nos gloires !\n"}, {"page_pdf": 159, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1375, "texte": "142                              L E R É V E IL\n\n\n\n      Oh ce rire, ce rire et sa jo ie grande et saine !\n                  Hélas ! et sa jo ie courte et vaine...\n                   O grands enfants sauvages,\n                  Grands enfants tris sages,\n      Puissiez-vous nejam ais sentir au fond, du cœur\n                   Que rien ne vaut qu'on rie ou pleure\n\n        E t venez, gais porteurs de la mort en nos joies !\n                   Nos fronts que la fatig ue ploie\n                   De trop de choses sues\n                   Attendent vos massues...\n      Donnez, vous qui savez l'immensité de vivre,\n                   A u fe u la sagesse des livres...\n\n      A i n s i se clot le rêve et les chansons se taisent !\n                      L es folles bouches qui me baisent\n                      Ont des râles d'effroi...\n                      J e ne sa is... en moi\n      I l chante encor comme u n oiseau dans une tombe...\n                      Rentrez acteurs, la toile tombe !\n\n      Toutes portes au large ouvertes aux cohortes !\n                   A h , qui courra fé m u r les portes ?\n                   C a r moi, trop las du rêve\n                   Des vers que j ' achève,\n      J e ne puis et j'irai tout au plus pour les voir\n                   A u haut des terrasses m'asseoir.\n\n                                                      P aul G érardy.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-011", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 143, "page_fin": 143, "titre_corps": "Paroles pour ma Campine : Initiation", "titre_sommaire": "Paroles pour ma Campine", "rubrique": "", "signature_source": "Edmond De Bruyn", "ancre_debut": "PAROLES POUR MA CAMPINE. 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N ’est-il de tout petits enfan ts qu i appellent du\ndoigt l'étoile ?\n   ....M ain te n an t pèlerin de cet am ou r d’ hier, je revien s su r les\nbrisées d 'in itia tio n ....\n   C a r d'épier le réveil de là b ru yè re a u x prim es blon deurs du\nsoleil, quand les m ille et m ille cassolettes de pourpre attiédissent\nau ras du sol la v ib ra tio n des b rou illards,\n   et de v iv re à pleins poum ons quand des lourd eu rs de ven t\nécrasent l’orgueil des frondaisons et que dans un rêve de rivale\nexubérance, les sapins m aigres se fendent sous la résine,\n   puis aussi de se sen tir enliser dans des in co n n u s d ’im m ense\nlangueur, alors que les y e u x en vain fatigués se closent su r la\nlande, approfondie à chaque sondage, ju s q u ’à l ’ infini d ’un m u r\nd’ocrc pâle lézardé de m ordorures pourpres,\n   je con nus les jo ie s, les fiertés et les fièvres.\n   E t de m on âm e vers cette terre, et de cette terre vers m on âm e\nje sentis sourdre envelop pante la sy m p a th ie ...\n\n\n                            "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-012", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 143, "page_fin": 144, "titre_corps": "Paroles pour ma Campine : Esthétique", "titre_sommaire": "Paroles pour ma Campine", "rubrique": "", "signature_source": "Edmond De Bruyn", "ancre_debut": "ESTHÉTIQUE. 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L 'im a g e su rgit d’ un ren ou veau lu stral ; c’est\nl ’am ou r de la C am pine qu i se hausse ju sq u 'au R êve.\n    (Décembre 1893)\n\n\n\n\n                            "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-013", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 144, "page_fin": 145, "titre_corps": "Paroles pour ma Campine : Santa Casa", "titre_sommaire": "Paroles pour ma Campine", "rubrique": "", "signature_source": "Edmond De Bruyn", "ancre_debut": "SANTA CASA Au Poète Rodrigue Sérasquier", "ancre_fin": "(de Zoersel : Septembre 1893)", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L'AGONIE DES CHAMPS De pâleur et d'or", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 161, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 742, "fin_caractere_exclue": 2128, "texte": "SA N TA CASA.\n\n                                     A u Poète Rodrigue S érasquier.\n\n    A ccro u p ie tout près de l ’église, com m e les m en diantes frileuses\ndes portiques, rêv ait la petite m aison blan ch e : quel a ir sim plet,\nm êm e en ce dim an che et m algré toute celte prodigalité du sable\nfraîch em en t répandu su r le pas de la porte ; m ais que de gen til­\nlesses, petite m aison, dans ta fenêtre où guetten t quelques géra­\nn ium s, que de coquetteries sous le tortis de v ig n e naine qui\nt’e ncourtine, oh ! si am oureusem ent...\n    N e serait-ce ici qu ’elle file le lin — et celui de pureté e t de v ie,\n— la petite vierge M arie, au béguin em pesé, la petite vierge\névadée d'un retable ?\n    D ou ce est en effet la m élopée que chante la n ature. E t quand\nen salu tation s se cou rben t les peupliers, tu entends com m e des\nfrou frou s de longues m ousselines et d’ailes de chéru bin s.\n    O r, dans la sym p h o n ie des ave s’arpège v ers des hau teurs\nd ’ adoration protectrice, m ais plus droite encore, u n e note\ncécilien n e in fin im en t : un an gélu s qui délivre et dont les accords\n— tels les gestes consécratoires des prêtres — désarm ent dans\nl’a len to u r tout sortilège.\n    C ar là, su r le m u r une plaque déjà fruste s y lla b a it la sa u ve­\ngarde.\n    E lle faisait face à l'o rien t où très au lo in m outonne la v agu e\ndes sables.\n"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 923, "texte": "                              J A N V IE R   1894                          145\n\n\n    \" P a x h u ic D om u i \" ainsi disait la pierre. N 'as-tu entendu ces\ndoux répons qui glissent de lèvres sacerdotales ?\n   E t sont réverberés les effluves de grâce :\n   M inistre et sym bo le, cette pierre litan ierait-elle les rogations\nsur les m asures signées d ’une c ro ix et les cham ps bordés de\nbuis ? clam erait-elle des exorcism es devers la n oirceur des sapi­\nnières où des m aléfices c o u v e n t l’ incendie, devers la pâm oison\ndes m ares que les âm es errantes des im pudiques v ien n en t\nlu tin er au crépuscule ?...\n   ...M a in ten a n t le soleil strie le m u r de chaudes raies d 'o r. E t\ndans ce m idi clair d ’apothéose la pierre v o tiv e s’érige com m e\nenchâppée d’orfroi...\n   O la petite m aison v êtu e de p aix et la bénédiction de cette\npierre !\n  (de Zoersel : Septembre 1893)\n\n\n\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-014", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 145, "page_fin": 145, "titre_corps": "Paroles pour ma Campine : L’agonie des champs", "titre_sommaire": "Paroles pour ma Campine", "rubrique": "", "signature_source": "Edmond De Bruyn", "ancre_debut": "L'AGONIE DES CHAMPS De pâleur et d'or", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 162, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 923, "fin_caractere_exclue": 1692, "texte": "L ’A G O N I E D E S     CH AM PS.\n\n   D e pâleur et d’or, a u x lu isances atténuées d’ une patène eucha­\nristique, se penchait le soleil au dessus de la lente agonie.\n   D an s l’adoucissem ent de tous les coloris — ca r aussi su r les\narbres de la route fum ait en encens bleuté la tristesse des derniers\nbrouillards — la glèbe épuisée gard ait encore le reflet rose des\nanciens m atins.\n   M ais les sillons p resqu’effacés par un trop lo n g abandon\nstriaient cette triste ch a ir d ’om bres faibles et allon gées, cou leu r\ndes veines aném iques où s’est caillé un reste de sang.\n   E t le silence v e illa it...\n\n                                                E dmond D e B r u y n .\n\n\n\n\n                                                                      11\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-015", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 146, "page_fin": 146, "titre_corps": "Un soir", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Lionel des Rieux", "ancre_debut": "UN SOIR. Dans le clair de la fontaine", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 163, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 74, "fin_caractere_exclue": 1268, "texte": "UN        S O I R .\n\n\n\n       D a n s le clair de la fontaine\n      Regardons la N uit qui se baigne.\n      Tout bas, le Z éph yr lu i murmure\n                 Des mots d'amour ;\n      L e s Astres, dans le crépuscule,\n      Pour l'admirer, se penchent tour à tour ;\n      L es corolles des Nénuphars\n                 Ouvrent leurs yeu x\n      E t sous le désir de ces regards,\n      Sous la caresse des Flots harmonieux,\n      Sous les tendres aveux soupires par les Choses,\n      L a N uit amoureuse frissonne\n\n      L a bine tend sa voile d'or\n      E t lts nymphéas lu i sourient ;\n      L es cygnes, blanches rêveries,\n      Caressent l'onde qui s'endort.\n      Venez, c’est l ’heure où le silence\n      Plane sur le monde muet ;\n      M ieux que pavane et menuet\n      Que cette barque nous balance.\n\n      C ’est l ’heure où le jo u r devient nuit,\n      C ’est l'heure des nuances, l'heure\n      Où l'aile du mystère effleure\n      L e dernier rayon qui s’enfuit.\n\n      Donnez votre main, douce amie ;\n      A u cla ir de lune, allons rêvant ;\n      J e veux que sur mon coeur le vent\n      Vous caresse tout endormie.\n                                      L io n e l d e s R ie u x .\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-016", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 147, "page_fin": 148, "titre_corps": "Tablettes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "TABLETTES ERRATA", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 164, "page_imprimee": 147, "debut_caractere": 244, "fin_caractere_exclue": 7875, "texte": "T A B L E T T E S\n\n       ERRATA :\n       E n n o tr e n u m é r o d e J a n v ie r , d a n s la proso\n                                                                                              D e u x n o u v e a u x c o n fr è r e s e n c o r e :\nd e M r A l f r e d L a v a c h e r y , lis e z :\n                                                                                          L ’A L B U M              D E S L E G E N D E S , m e n s u e l il l u s ­\n    p a g e 6 7, lig n e 8 , le sen tim e n t ;\n                                                                                          t r é . D ir e c tio n : A . e t J . d es G a c h o n s , 1 0                         R ue\n    p a g e 6 3 , l i g ne 1 6 , d e cœ u r ;\n                                                                                          d e B u c i,          P a r is . N ous y r e m a r q u o n s s u r to u t\n           ib ,        lig n e 1 7 , les e n vies.\n                                                                                          d e s co n tes d e R e n é B o y l es v e e t A lp h o n s e G e r ­\n    D a n s c e lle d e M r F r é d é r i c F r ic h e , p a g e 63,\n                                                                                          m a in , e t u n h o r s t e x te en c o u leu r d ’A n d r é d e s\nlig n e 6 , lis e z : u n e tr a m e ; e t p a g e 8 4, lig n e 2\n                                                                                          G a c h o n s.\nen r e m o n ta n t, erra n te\" ,\n                                                                                              P A G E S D 'A R T , r e v u e é c le c tiq u e e t d 'O c c î-\n                                         *\n                                      * *                                                 t a n ie , m e n s u e l, —               6     R u e D e v il l e à T o u lo u s e .\n    M a lg r é l'a u g m e n ta t io n d u n o m b r e d es p a g es                      A u s o m m a ir e d u p r e m ie r n u m é r o ,                            R é m y de\ndo ce n u m é ro ,            n o u s so m m es fo rc é s d e r e m e t ­                 G o u r m o n t, E m m a n u e l D e lb o u s q u e t, e tc .\ntr e     au       p r o c h a in   nos       c h r o n iq u e s    l it t é r a ir e s       N ous s o n t r e v e n u s LA                         S y r in x e t B L A E T -\na r tis tiq u e s e t m u s ic a le s .                                                   T E R F U R D I E K U N ST                            où      nous        lis o n s    de\n    L e n u m é ro          d e m a r s c o n tie n d r a           au ssi       un       fo r t b e lle s tr a d u c tio n s d e B a u d e la ir e .\np oèm e d e           M. A.        F e r d in a n d H é r o ld , in titu lé\n                                                                                                                                          *\nF lor ia n e et P er s ig an t,                                                                                                          *\n                                                                                             A        l 'i n i t i a t i v e     de      MM.          P aul     G érard y         et\n                                     * **\n                                                                                         H ic h a r d         L e d o n t, i l s 'e s t c o n s t itu é à L ié g e u n\n    P r o c h a in e m e n t, n o tr e c o u v e r tu r e s e r a o rn ée\nd ’ un d es s in de M r G eo rg es L e m m e n , actuellement                            c o m ité d a n s le b u t d 'é le v e r u n m o n u m e n t à\n\n          exp o sé a u s a lo n d e l a L ib r e E s thé tiq u e , à                     C ésar F ra n c k .\n\nB r u x e lle s .                                                                            P r é s id e n t : M . J . - T h . R a d o u x , d ir e c te u r du\n\n    N ous d o n n ero n s a u s s i d e s il l u s t r a t io n s d e                     C o n s e r v a to ir e r o y a l d e m u s iq u e do L iè g e .\n\nM M . J a n T o o ro p ,            Théo         Tan        R y s s e lb e r g h e ,         V ic e - p r é s id e n t : M . K l e y e r , é c h e v in                         d es\n                                                                                          B e a u x - A r t s d e l a V il l e do L ié g e ,\nH en ri       V a n d e v eld e ,     G e o r g e s M in n e , M a u ric e\n                                                                                             M em b res :\nB a u e r , A r m a n d R a s s e n fo ss e , A u g u s t e D o n n a y ,\ne tc .                                                                                       M M . H , D a b i n , é d ite u r d e m u s iq u e (m a is o n\n                                                                                         M u r a i lle ), r u e d e l'U n i v e r s it é , L i é g e .\n                                                                                             J . D e f r e c h e u x , r u e B o n n e - N o u v e lle , L ié g e .\n    A l'o c c a s io n d e n o tr e n u m é r o d e J a n v ie r , la\n                                                                                             J . D u p o n t , d ir e c te u r d es C o n c e r ts p o p u la i­\nJ e u n e B elg iq u e a f a i t u n c a le m b o u r .\n                                                                                         re s , B r u x e lle s .\n                                                                                             S y l v a in        D e p u is ,           p r o fe s s e u r    su    C o n se rv a -\n                                     ***\n    M o n sie u r        José      M a r ia      de      H é r é d ia      v ie n t      t o ir e r o y a l d e L i è g e , d ir e c te u r d e l a So c ié té d es\nd' ê tre élu m e m b re            de     l'A c a d é m ie        F r a n ç a is e       N o u v e a u x c o n c e r ts , ru e J a n fo sse, L ié g e .\nqu e le m a îtr e s o u v e r a in             d e s T rophées v e u ille                    E ug .        Isaye.              p r o fe s s e u r     au      C o n s e r v a to ir e\nr e c e v o ir ic i, u n e fo is         d e p lu s , l ’h o m m a g e de                r o y a l d e B r u x e lle s .\nno t r e p ro fo n d e a d m i r a t io n .                                                  D r J o r i s s e n n e , b o u le v a r d d e la S a u v e n lè r e ,\n    E t c ’e st       s u r to u t à l'A c a d é m ie q u e d o iv e n t                 L ié g e .\ns 'a d r e s s e r to u te s f é l ic it a t io n s .                                        L . K e f e r , d ir e c te u r d e l ’ E c o le d e                      m u s iq u e\n                                                                                         d e V e r v ie r s .\n                                         *\n                                     * *                                                     M a u r i c e K u f f e r a t h , d ir e c t e u r d u \" G u id e\n    P e tite s b ê tis e s dos g r a n d s J o u r n a u x : A p r o ­                   M u s ic a l \" , B r u x e lle s .\npos de c ette é le c tio n , i l e s t p a r lé e n               u n q u o ti­             B ic hard            L edent,               hom m e         d e le t t r e s ,      ru e\nd ien fla m a n d , d e M , J ose p h d e Mé r ia d e [s ic ].                           d ’A m e r c oeu r , L ié g e .\n"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 148, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 5392, "texte": " 148                                                                    LE R É V E IL\n\n\n\n    O c ta v e M a u s , d ir e c te u r d e l 'A r t m o d e rn e ,                E e k h o u d , e t i l fe r a p a r a ît r e p r o c h a in e m e n t\n r u e d u B e r g e r , B r u x e lle s .                                          u n e tr a d u c tio n d e la N o u velle Carthage ,\n    J u le s S a u v e n i e r e ,           h o m m e de le ttr e s , r u e              I l p r é p a r e u n e é tu d e s u r n o tr e lit t é r a t u r e ,\nB a s s e n g e , L iè g e .                                                        e t il a c o n sa c r é nu Réve i l un a r t ic le tr è s é lo ­\n    M . A l b e r t M O C K E L. r u e Léon C o ig n e t, P a r i s ,               g ie u x , en l a r e v u e L ic h tstr a h le n .\n\ns e r a le d élég u é à P a r i s d e la C o m m is s io n ,                              M r Tony           K e l len    p u b lic   a c tu e lle m e n t un\n\n    M , P a u l G é r a r d y , a é té d ésig n é p o u r r e m ­                   r o m a n on la n g u e a lle m a n d e \" D ie Grodel \" q u i\np l i r le s fo n c tio n s d e s e c r e ta ir e de l a C o m m is ­               p a r a ît r a p e u t-ê tr e é g a le m e n t eu fr a n ç a is .\n\ns io n .\n\n    L ’a r t i s t e c h a r g é d e l’e x é c u tio n du m o n u m e n t\n                                                                                       A u x l iv r e s d o n t n o u s a v o n s an n o n c é l a p u b li­\nV . J o s e p h HULOT, s ’e s t m is à l’œ u v re e t p o u r ra\n                                                                                    c a tio n , d a n s la c o lle c tio n du R é v e il, a jo u to n s :\nb ie n t ô t e x p o s e r son p r o je t.\n                                                                                           V ers la     vie , d e R ic h a r d L e d e n t ; u n e s u ite d e\n    L e s s o u s c r ip tio n s s e r o n t reç u e s c h e z to u s les           tr o is d r a m e s e n v e r s in t it u lé s : la F o r ê t , la M e r ,\nm e m b r e s d e l a C o m m is s io n .                                           l a V il l e , fo r m a n t un v o lu m e i n - 8 e d ’e n v ir o n\n\n    U n s o u s - c o m i t é v ie n t d e se fo r m e r à P a r is ,               1 5 0 p a g e s , au p r ix de 3 fr a n c s .\n\ne t s e c o n d e r a p u is s a m m e n t le c o m ité ce n t r a l lié ­             On s o u s c r it c h e z l 'a u t e u r , ru e d ’A m e r c œ u r\n\ng e o is . I l e s t c om p o sé d e M U . V in c e n t d ’I n d y ,                1 2 . L ié g e , ou à l 'a d m i n is t r a t io n d u Réveil,\n\np r é s id e n t,    C a m ille           B e n o it, C h a r le s     B ord es,       P a r a î t r o n t a u s s i, p r o c h a in e m e n t :\n\nP ie r r e   do          B r é v ille ,     A lb e r t   C ah en . A r th u r          Les Hym nes à la N u it e t le s C ha n ts                      s p ir i­\n\nC o g n a rd ,      E r n es t       C hausson,          H en ri      D u p arc,   tu e ls de N o v a lis [ F r é d é r ic d e H a r d e n b e r g ] t r a ­\n\nA u g u s ta H o lm e s e t G u y R o p a r tz .                                   d u its en fr a n ç a is p o u r la p r e m iè r e fo is p a r\n                                                                                   P a u l G é r a r d y e t o rn ée d 'u n p o r t r a it d e No v a lis .\n   I l s e r a d o n n é b ie n t ô t , à L i è g e , u n g r a n d c o n ­\n                                                                                       A to u s c e u x d e ta r on d e, u n l iv r e d e v e r s p a r\nc e r t a u b é néfi ce d e l ’e n t r e p r is e . On y e x é c u te r a\n                                                                                   P au l G érard y,\ns o u s l a d ir e c tio n d e M r J . T h . R a d o u x , le c h e f\n                                                                                       B eux          p e tits v o lu m e s i n - 1 6 , d ’e n v ir o n 100\nd 'œ u v r e d u m a î tr e : Les Béa titu d e s .\n                                                                                   p a g es c h a cu n\n                                                                                       I l s e r a t ir é d e c h a q u e o u v r a g e 300 e x e m ­\n                                          ***\n                                                                                   p la ir e s s u r h o lla n d e V a n G e ld e r à f r . 2 , 50 e t\n   M . T ony K e lten , r é d a c te u r a u J o u r n a l d 'A l ­                20 e x e m p la ir e s do lu x e s u r J a p o n im p é r ia l à\nsace à S t r a s b o u r g r u e d e s V e a u x 9 , a e n tr e ­                  5 fr a n c s .\np r i s d e f a ir e c o n n a ît r e les le ttr e s b e lg e s d a n s                E n s o u s c r ip tio n a u R éveil ou c h e z M . G é r a r d y\nle s p a y s        de     la n g u e a lle m a n d e . I l          v ie n t de   ru e       S t - Rém y,        L ié g e ,   le s    deux        v o lu m e s\np u b lie r u n e b e l l e é d itio n a lle m a n d e d e K ees                   r é u n is : é d itio n s u r h o lla n d e f r . 4 ; s u r J a p o n\nDoori k a v e c u n e in tr o d u c tio n s u r M . G e o rg es                    f r . 7.\n"}]}, {"article_id": "ulb-reveil-1894-02-n2-017", "volume": "ELB-ULB-a0130-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0130-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "f17e88eee50b004b57b67472694e16b0d33ddb1f0bf9985c0234a681383ada1e", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE DU NUMÉRO DE FÉVRIER 1894", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 167, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 766, "texte": "S O M M A I R E DU N U M É R O D E F É V R I E R 1 8 9 4 .\n\n\n Henri de R é g n ie r..................................•     .   Odelette.\n\nFrancis Vielé-Griffin.............................                Chanson de l’Heure triste.\n\nCamille L e m o n n i e r ........................... F ragm en t.\n\nAuguste       J e n a r t ................................ L ’A b y m e.\n\nPaul G é r a r d y .................................... A tous c eu x de la ronde.\n\nEdmond De Bruyn................................ Paroles p ou r m a C am pine.\n\nLionel des R i e u x ................................U n soir.\n\n                                              Tablettes.\n\n\n\n\n              G a n d , lm p . cen tra le, D . D e K eukelaere, rue longue d u V e rg e r, 31,\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 120, "texte": "    (FLANDRE         ET    WALLONIE)\nIV e A N N É E ,   N° 2   F É V R IE R   1 89 4\n\n\n\n\nLE RÉVEIL\n\n\n\n\n                               Ce numéro 5 0 ceitim ej\n"}, {"page_pdf": 121, "texte": "LE RÉVEIL\n                   MENSUEL DE LITTÉRATURE ET D’ART\n\n\n            Abonnem ent           : un an 5       fr s . (É t r a n g e r 6   f r a n c s .)\n\n\n\n\nSecrétaire de Rédaction : FRÉDÉRIC FRICHE\n                    RODRIGUE SÉRASQUIER\nAdministrateurs :                     _\n                   FLORENT BOSSAERTS\n                 Administration, Rue Neuve St-Pierre, 71, Gand.\n\n\n\n\nEnvoyer tous         manuscrits, livres et revues, à                    la     Rédaction,       Rue\n                            St-Llévin, 306, Gand.\n\n\n\n\n                  COLLECTIONS DU RÉVEIL.\n\nIere A N N E E , 1891, (les E ssa is)................................................... (épuisés)\nI I e A N N E E , 1892, (quelques exem plaires seulem ent)\n            P rix m ajoré . . .           ......................................... fr. 12 00\nI II e A N N E E , 1893             .                                                      fr   6 00\n\n\n\nL ' Adm inistration rachèterait au p r ix fo r t des exem ­\n       plaires en bon état des n os 4 et 5 de 1892.\n\n\nV o i r le S o m m a ir e à l a q u a t r iè m e p a g e d e\n                   la c o u v e rtu re\n\n\n                                        ERRATUM\n     L e s pages du présent n um éro d oiven t porter F E V R I E R au\n                         lieu de J A N V I E R .\n"}, {"page_pdf": 122, "texte": "                                        FRAG M EN T   (*)\n\n     O r, l'après-m idi du troisièm e jo u r, le ciel se v o ila su r E olie,\n U n e fine cendre m onta, fit p âlir l’aoû t glo rieu x . Poud reuse,\n recuite a u x fournaises, depuis des m ois la terre haletait, v ib ra it,\n toute sèche, altérée. L ’espace o n d o y ait d’ors et de feu x, pleuvait\n en lu m ières terribles. D e m inces frisures, des ouates légères\n seules vap o risaien t les cou ch an ts et ensuite s’effum aient devan t\n les galaxies. M ais ce jo u r-là su rtou t, le midi a va it brûlé v o lc a n i­\nque et torpide.\n    S y lv a n , las, sans courage, partit rem iser ses bœ ufs a v a n t la fin\ndu sillon . A p rès les heures de force, u ne étrange faiblesse tout à\ncoup l’am ollissait, une lan gu eu r com m e là-bas, en ses fuites, a u x\nheures de la crise. M aintenant le cham p, le labeur sacré s’attes­\nla it pour lui sans v ertu . L a petite cendre grise qu i éteign ait l’es\"\npace sem bla à la fois a vo ir atteint son héroïsm e. E t, couché sur la\nberge au bord des eau x, sans tristesse, sans jo ie , il ne sa v ait plus\ns ’il était le v a illa n t artisan des labours ou s'il était redeven u le\nfaible enfant opprim é d ’un m al in conn u . L ’île, sous des souffles\nsans rem ous, de longues haleines brûlan tes, ferm entait com m e une\ncuve. M êm e les rudes bœ ufs sous l'a igu illo n des loran d iers pante.\nlaien t en des orbes n ég ligen ts. D an s les airs m agnétiques, les bruits\ns’étaient ouatés, se v olatilisaien t avec la su eu r des sols bouil­\nlants. Seules, les âpres cigales grin çaien t d'am o u r, de colère,\nstridentes com m e des cistres tandis qu e, rem ontée a u x n uages,\n\n( #) D 'u n l iv r e p r o c h a in .                                      8\n"}, {"page_pdf": 123, "texte": "106                            LE   R É V E IL\n\n\n\nla m in u scule alouette se m ourait d’ un cri altéré, du regret des\nclartés ternies.\n   E n su ite tout se vesp érisa, l’om bre sourde régna dans un cré­\npuscule déchiré de m uets éclairs. L e ciel co n vu lsé trépida des\nspasm es d'un e ch a ir roidie par les affres, tordue d ’agonie. C e fut\nun soir des âges élém en taires, sous S atu rn e et V u lca in déchaînés,\nun so ir a u x lourd s suspens électriques dans la fum ée des ardentes\nstym p h alites, la fou rn aise des gran ds lacs en ébu llition.\n    A lo rs il n’y eut plus dans les silences bas que le crécellem ent\nsu raigu des cigales, leur b ruit furieu x de petites coryb an d es\nagitant les disques d’or aux rites de l'orgie.\n    — O h ! pensait S y lv a n , quelle chose en moi se m eurt et\nse réveille pour m on con stan t m alheu r ! E t qui me d élivrera de\nce je ne sais quoi qui m e tourm ente et m e fait regretter la v ie ?\nS an s doute il est un D ieu des larm es secrètes vers qui s’éplore\nl’appel des âm es so lita ire s... M ais ce D ie u , lequel peut-il ê tre ?\nM on père ne m ’enseign a que les d ieu x heureux.\n    D a n s sa peine il sentit le besoin d’ un recours. S a foi soudaine\njaillit, darda v ers les M iséricordes obscures. Il o u v rit les bras,\ncria :\n    — D ieu ! ô D ieu in conn u !\n    L e ciel se fendit. A u fond des espaces o u verts, il v it to u rn o yer\nd’ autres espaces, fuir de vertigin euses ellipses. D es volcan s y\néruptaient, des torrents de laves et de sang. E t il retom ba, il\ngém it :\n    — C elu i-là est le D ieu de colère... Ce n’est pas le triste et\nsecourable D ieu que j ’évoqu e. V a à présent, triste S y lv a n !\n R etourne a u x dem eures puisque aussi bien ce D ieu n’ existe pas !\n    D es om bres de l’autre riv e , com m e il disait, une plainte s’égala\nà la sienne. L à v iv a it u ne h u m an ité douce et courageuse, la\nso d a lité des hum bles c o m p a gn o n s des sem ailles et des labours. U n\n p rim itif et m ystérieu x m u sicien pou rtan t, une âm e plus fine su r\n la flûte pleurait son m al. M ais le sim ple S y lv a n ign orait l’ artiste\n et quel était ce bois sonore, proscrit com m e toutes les m usiques,\n hors le cor riche et dur, de l’ innocent E d en. A lo rs il resta saisi,\n retenant son haleine. L ’acide et persuasive m élodie le perforait,\n lu i cou lait un baum e m erveilleu x. E lle aussi, en la crise du grand\n ciel, en ce soir v o lu p tu e u x et angoissé, déchirait l’air léth argiqu e\n  d’ un spasm e gém issant et subitem ent furieu x. A p rès des notes\n"}, {"page_pdf": 124, "texte": "                                 ja n v i e r 1894                                 10 7\n\n\n profondes et lentes, l’am as lourd des pleurs con tenu s se libérait,\n éclatait en souffles rauques et rapides, pareils à l’éclair dont se\ndélivraien t les nues. A in si des som bres m ystères d ’A sie était\nnée la flûte fiévreuse et saccadée, son cri liv id e , désordonné\ncom m e un pouls d ’agoni e.\n    . . . L ’in visible m u siq ue s’enflait, v ib ra it, e x p ir a it la m ort et\nl’am our. Sou s l’herbe b rû lé e , sa sœ ur, la sèch e et électriqu e\ncigale tâch ait de s'ég aler à ses ém ois. Quel rem ords de la v ie\npour un mal ign oré se la m e n tait en celte v o ix folle, em portée ?\nS y lv a n , les y e u x en p le u r s, s’in terrogeait, in terrogeait la\ndouteuse n u it. E t ne con n a issa n t pas l'am o u r par son nom , il\névoqu ait une destinée cru elle, un m alheu r im m érité. S a s y m ­\npathie s’é ve illa , il eût v o u lu fran ch ir la riv iè re , tendre les bras à\nl'ê tre fraternel. C ’était com m e lu i m êm e se perdant, se retrou vant\nen la flûte blessée et lascive.\n    E t il restait mi é van o u i, la ch a ir froide, saisie d ’un frisson\n in conn u, dans le large frisson des cieu x , la brûlan te palpitation\nde la terre...\n                                                 C a m il l e L e m o n n ie r .\n"}, {"page_pdf": 125, "texte": "108                      LE   R É V E IL .\n\n\n\n\n                        O D E L E T T E .\n\n\n\n      Une rose sourit si pâle qu’elle expire\n      A u dessin du sang de marbre du porphyre\n      E t se montre plus pâle encor\n      D ans l ’eau endormie où se mire\n      L ’exsangue douceur que devient son sourire\n      Taciturne de fleu r qui dort\n      Dans l’eau que rougit le porphyre\n      Autour d ’un Triton nu que le soleil fa it d'or\n      E t dont la conque est torse au souffle de son rire.\n\n      L e soir rôde,d'arbres en arbres, à pas d’ombre ;\n      Des bruits se croisent qui s'envolent et qui tombent\n      C'est la première feu ille et le dernier oiseau ;\n      L a rose s’efflore dans l’eau ;\n      Le Triton d’or qui se renfrogne en bloc de bronze\n      Devient m e ombre\n      E t son rire s'embouche en silence à sa conque ;\n      L a rose s'efflore dans l'eau\n      O ù elle diminue à ce qui d ’elle y tombe ;\n      L e soir rôde, d ’arbres en arbres, à pas d’ombre...\n\n      Une rose se souriait dans l ’eau.\n\n                                             H e n r i d e R é g n ie r .\n"}, {"page_pdf": 126, "texte": "            JA N V IE R 18 9 4                      109\n\n\n\n\n CH AN SO N D E L ’H E U R E T R IS T E .\n\n\n\n Chante, la pauvre joie îles foules,\nH urle cl crie et couvre les voix\nD e ceux qui tombent et de ceux qu'on f oule,\nChante, hurle et crie, ô la pauvre jo ie !\n\nTelle, en ta sauvage gaîté triste.\nQ u’on suit, comme des spasmes d ’angoisse,\nTes hoquets d ’ insulte au doux D ieu Christ\n— E t l ’herbe meurt que ton lourd pied froisse —\n\nN 'a -t-il plu un peu de rose espérance\nD e tant d'aurores et de tant d' A vrils ?\nSera-t-il ainsi jusqu'au soir immense\nE t le dernier jo u r blasphémera-t-il ?\n\nPleurs et sang à grossir des fleuves !\nTout f u t donc fu tile et vain, de la sorte ?\nL e s heures s'en iront comme des veuves,\nAm our, et la H aine sera donc plus forte ?\n\nA u moins, de la voix qui nous fu t donnée,\nRedisons l ’A m our et l'E spoir et la Joie,\nP o u r dormir nos rêves pardonnes\nSous la jeune terre qui fleurit et verdoie,\n\n\n\n\nL ’E s p o i r est vil dans ces âmes tristes :\nL 'o r terne,\nD ’immondes gloires,\nAvec la haine de ce qui résiste,\nL e besoin de sang pauvre utile à des victoires\n"}, {"page_pdf": 127, "texte": "110                    LE   R É V E IL\n\n\n\n\n       — E t l'oeil inquiet que cerne\n       L a veille vaine de l'avenir n oir...\n\n\n       A m o u r , ô pauvre amour !\n       Les baisers laissent de la boue aux joues,\n       Leurs livres pâles, toutes recroquevillées ;\n       I ls t'ont fa it à leur guise : aveugle et sourd ;\n       E t, selon leur âme, ils t'ont fa it abject et fo u ,\n       O bel amour, ô saint amour émerveillé !...\n\n\n       B eauté,\n       Ils t'ont fardée d ’affronts que n ul ne compte :\n       I l n'est pas de coeur bas, d'âme sordide\n       Q ui ne te ju g e avecque privante,\n       Avec des mots !\n       Ils discutent de ta royauté.\n       D e p ar l ’insulte de leurs yeu x avides ;\n       E t c’est la honte...\n\n\n                              ***\n\n\n       E sp o ir !\n      Ton vert pennon levé mine les jeunes A vrils\n      A u cri des troupes neuves chantant par mille et mille,\n      E t les filles vêtues du vert reflet des feuilles\n      Vont, par l’ombre légère, au devant de l'accueil :\n      Tout baiser se veut tien fu t-il d'un soir néfaste,\n      Espoir perpétuel, astre d e nos désastres :\n      E t tu nuts de la joie dans le fon d du cercueil...\n\n\n      A mour,\n      Cause et fin , splendeur des eurythmies,\n      Vertige des abîmes,\n      F leu r simple aux doigts des filles blondes\n      E t virginal sourire d'endormie,\n      Fauteur indulgent du crime sublime.\n      Rythme du monde,\n"}, {"page_pdf": 128, "texte": "                 JANVIER 1894                                   111\n\n\n\n\n    F rir e rosé de la pâle mort\n    Justicier comme elle, comme elle, fo r t\n    A l ’égal de l ’Eternité féconde...\n\nB eauté !\nOn tremble, pâle,\nA révérer ta majesté égale : —\nC ar tout l'espoir du double crépuscule\n— Q u'on surgisse vers l'aube,que,le soir,on suppute, —\nC ar tout l ’amour qui dans les nuits circule\nD e rêve en rêve, de cœur en cœur, de corps en corps,\nTout l ’Espoir, tout l ’Am our s'en vont à toi, leur but :\nE t l'on te cherche, avide, dans la mort.\n\n                       F r a n c is   V ie l é -G r if f in .\n"}, {"page_pdf": 129, "texte": "112                                   L E R É V E IL\n\n\n\n\n                                 L’ ABYME. 1\n                                           )(\n\n\n                                          I I.\n\n                                              L'Etrangère gît pâm ée en la m ousse ; sa robe\n                                          blanche et ses cheveux de lum ière fanée vêtent\n                                          d'ironique virginité sa pose lascive.\n                                              L’Aventurier se raidit taciturnement contre le\n                                          vertige de la chute.\n                                              Sous les hautes cimes, entre les troncs paral­\n                                          lèles et nus, l’om bre s’entasse depuis toujours\n                                          ; et l'immensité, et l’internité do la foret hantent\n                                          le prodigieux silence.\n\n\n                                   L'AVENTURIER.\n\n  Ha ! syncope si bien à propos !...\n                         LA VOIX, très vague et très lointaine.\n\n                           Nous n’irons plus au bois,\n                           Les lauriers sont coupés\n                                :Fermez la porte !\n                           Les clochers sont tombés\n                           Et les moulins brûlés :\n                           Fermez la porte d’autrefois !\n                                   L'AVENTURIER. Ha\n\n  ! il était tem ps de se laisser couler à fond ! Il\n  fallait aller ch erch er le m o t d 'o rd re sou terrain p o u r d éjo u er\ncette folle évasion vers l’espoir\n                                   !LA VOIX, à peine.\n                           La Belle-au-bois est morte\n                           Et les loups vont venir ;\n                                Fermez la porte !\n                           Chaperon-la-petite\n                           Cendrillon, Marguerite,\n                           Elles sont toutes mortes :\n                           Fermez la porte d'avenir !\n\n\n (1) Voir le Réveil de novem bre-décem bre 93\"\n"}, {"page_pdf": 130, "texte": "                                         J A N V IE R      1894                       113\n\n                                         L'AVENTURIER.\n   I l fa lla it lâ c h e r le v e r tig e\ns u r c e tte a u d a c e e sc a la d a n t le z é n ith ,\np o u r la r é in té g re r a u x c o u tu m iè re s c a v e r n e s !\n                                          LA VOIX lointaine,\n                                  Sœur Anne sur la tour\n                                  Ne vois-tu rien venir ? ...\n                                 L'AVENTURIER ironique.\n   P e tite fille in g é n u e ! ....\n   P e tite â m e tr e m b la n te !\na v e c v o s a ile s d ’e x ta s e s b la n c h e s ,\nv o u s s a v ie z à q u o i v o u s en te n ir , é v id e m m e n t 1 ....\n                                           L A V O I X lo in ta in e .\n\n                              J e vois la nuit, je vois l ’éclair,\n                                   J e vois l'onde s'enfu ir :\n                                   L a tour, prends garde !\n                               J e vois le ciel, je vois l'enfer,\n                                   J e vois les temps venir :\n                              L a tour prends garde ! garde !\n                                           L'AVENTURIER.\n    P e t it e tro ttin d es v o ie s la ctée s\nq u i r a c o lie z le s d iv in s fa m ilie rs d es é to ile s\na v e c v o s c a n d e u rs b a p tism a le s,\nh a § sa lo p e a n g é liq u e §\n   J e sa is v o t r e n o m , à p r é s e n t ! ... .\n                                                la v o ix .\n                                Sœur Anne, ma sœur Anne,\n                                O ma sœur sur la tour !\n                                   L'AVENTURIER, plus amer.\n    M o n e n fa n t m y s t é r ie u s e ! h a ! . . . h a ! . . . h a ! . . .\n   A ie p itié d u v a g a b o n d d es s iè c le s ! h a ! . .. h a ! ... h a !...\n   R a m è n e m a fiè v re a u x so u rc e s n a ta le s 1\n   H é b ie n 1 n o u s y v o ilà !...\n                                                la v o ix .\n                           J e vois le Saint, la croix et l'âne,\n                              J e vois l'E n fa n t dorm ir :\n                              L a tour, prends garde !\n                           J e vois l ’étoile et le désert\n                              E t la Mère souffrir :\n                           L a tour prends garde! garde! garde!\n"}, {"page_pdf": 131, "texte": "114                                L E R É V E IL\n\n\n\n                                L ’A V E N T U R I E R .\n\n  V o ilà la gueule rouge du v en tre o u verte encore\net sa vom issu re de ténèbres su r m a v ie encore !\n   V o ilà l’ im placable et ty ran iq u e C h a ir\nencore !\n   U n m ot !... un g e s te !...\net ce sera la lutte et la c h u te encore et toujours\net la dégringolade a u x vidan ges de l’am ou r !\n                                    la voix.\n\n                            Ma sœur à la tourelle\n                           Ne vois-tu rien venir ?\n\n                                L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n    O mes aïeu x !\n  L e s preux ! les v a illa n ts ! et les forts !\n  voici le ré v eil de vos ru ts dans mes vein es,\n  au conspect de cette fornication possible.\n   V o tre procession étincelante en arm ures d ’arch anges,\ndes claires hauteurs de m es songes elle dévale,\nelle dévale à la débandade les ravin es de m es vein es,\net se rue à la curée de cette vian d e fraich e,\nô mes aïeu x ! fau x braves que la charogne a v ain cu s !..\n   A h ! elle m ’évo qu ait berceaux et patries, celle qu i v o u s resti­\ntu ait tannières et repaires !\n   A m és et féaux de l'im p ératrice L u x u re ,\nen qu elles dégoûtations m 'a v ez-vo u s don c con çu ?...\n                                     la     v o ix ,\n\n                     J e vois l'endroit, j e vois l'envers.\n                        J e vois la fin des jours ;\n                        L a tour, prends garde !\n                        J e vois la nuit, j e vois l ’éclair,\n                     J e vois la Mort qui me regarde\n                        Oh ! pour toujours !\n                                  L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n      J ’en v e u x fin ir une bonne fois !\n      Je v e u x tordre ces seins de perdition,\n      Je v e u x m ordre ce cœ u r de trahison,\n"}, {"page_pdf": 132, "texte": "                                  J A N V IE R     1894                                115\n\n\n  Ju sq u ’à l’o u b li des v ieille s défaites !\n   M a haine, je v eu x la v êtir\nde toute la pourpre infâm e de cette ro y ale anim ale\net la crucifier su r tel rem ords au bord du gouffre,\nm a h ain e ! qu 'elle soit l'efficace é p ou van tail !\n                                     la v o ix .\n                    Ma sœur Anne, ma sœur A nne !...\n                    E lle est morte en la tourelle :\n                               P r iez pour elle !\n\n                                                            U n sou ffle p a s s e .\n                                 L ’A V E N T U R I E R .\n\n   Frisson des feuilles dans le hau t silen ce !\n   F ro u fro u de rire à travers les m ille ans de silence des branches!\nrire fu rtif de la forêt com plice de tout ceci !\nrire iro n iqu e des choses fautrices de cette détresse-ci,\net tant aise de m ’a v o ir v o u é au m al de ch a ir\npar leu r m ille ans de silence équ ivo q u e\n— oh ! si bien aise de m ’avo irga n g re n é de l'in cu ra b le m al de c h a ir ?\n                                   la voix.\n                         L'indomptable Géant se tord\n                        Sous le chaos d ’iniquités\n                        D ans la caverne de la mort.\n\n                                 L 'A V E N T U R I E R .\n\n  G u é rir !...\n  R en ier langes, béqu illes, suaire,\n  et foncer droit à travers to u t ju s q u ’au fo y e r n atal !\n  à travers le v a in lam ento des m ers,\n  et la supplication in exau cée des forêts,\n  et la patience in u tile des plaines,\n  et l’in qu iétud e b ru y a n te des v illes,\n  et l’effort stérile des m onts,\n  foncer droit à travers le m ensonge de tout\n  ju s q u ’à la flam me v acillan te au bout des étendues !\n  et fondre d’aplom b à travers soi ju s q u ’à la flam m e sanctifiante\n  à travers le leurre astu cieu x des songes,\n  et l’orgu eil im puissan t des pensées,\n  et la sécurité m enteuse des peines,\n  et l’aveu g le b ru talité des in stincts\n  et la p rodigieu se van ité de la con science,\n"}, {"page_pdf": 133, "texte": "116                                        L E R É V E IL\n\n\n\n fondre d’aplom b à travers la m isère de soi\n ju s q u ’à la flam m e rayon n an te au fond des tem ps !\n et s’en v êtir\n et re jaillir dans ses ra yon s au-delà des opacités,\n au cœ u r des heu res d’aurore,\n  des flores d'extase,\n  des races de rêve,\n  des âm es accom plies !...\n  O toi ! que n’étais-tu la bon ne voie,\n  petite créature si trém ébonde,\n  p au vre petite enfant si dolorie !...\n  T u l a cherchais sans doute aussi, la guérison !...\n\n                                    L A V O IX       lo in ta in e ,\n\n\n                           Va-t-elle pas bientôt venir\n                           Des profondeurs de l ’avenir\n                           Celle de toute éternité ?...\n\n                      L 'É T R A N G È R E , g is a n ts en l a         m o u sse ,\n\n\n  M am an !...\n                                L 'A V E N T U R I E R .. à p a r t .\n\n  P a u v re ange dépenaillé !...\n\n                      L 'É T R A N G È R E , sa le v a n t s u r son s é a n t.\n\n\n  M on D ie u !\n                                       L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n  D e profondis !\n                                 L 'É T R A N G È R E , é g a r é e .\n\n\n  Q u’ il fait profond ! et n o ir ! et v ie u x !\n  M on D ie u !... où suis-je !...\n                     L 'A V E N T U R I E R ., s e m e tta n t d e v a n t e lle,\n\n\n  S u r le chem in de son t le monde,\n  S u r le gran d chem in de tous les détrousseurs de l'om bre.\n\n                        L 'É T R A N G È R E , s e le v a n t to u t à fa it .\n\n\n          A h V O U S !...\n          A h D ieu !... m on D ieu !...\n"}, {"page_pdf": 134, "texte": "                                    J a n v ie r       1894                                        117\n\n\n\n\n                                L A V O I X , lo in ta in e .\n\n\n                   E lle s ’attarde chez la lune\n                           A nti Pierrot\n                   E lle recueille sur la dune\n                   Les satins pâles de la. lune :\n                   C'est pour tefa ire un blanc manteau.\n\n           L 'É T R A N G È R E . J e ta n t a u x e n to u r a d es r e g a r d a é p e u rée .\n\n\n       Q u ’est-il donc a rriv é , S eig n e u r ?\n                                       L 'A V E N T U R I E R . .\n\n\n       O h ! rien de bien n o u ve au !\n                                         L 'É T R A N G È R E .\n\n\n       Quel m onstre m ’a donc terrassée !\n                                        L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n        O h ! c ’est très... naturel !\n                                         L 'É T R A N G È R E .\n\n\n        Q uelles frayeu rs in co n n u es...\nquelles fautes o u b liées...\nquelles irréparables fautes !...\nO v o u s ! a y e z pitié de m oi !\n                                        L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n        O h ! ce n ’est pas qu elque chose de bien inattendu.\n                                         L 'É T R A N G È R E .\n\n\n         J ’ai dû v o ir le tom beau de tout près.\nJ 'a i dû regarder de trop près des m ystères interdits.\nJ ’ai dorm i, n ’est-ce pas ?\n                                        L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n        M ais oui ? v o ilà ce que c’est !\n\n                                          L 'É T R A N G È R E .\n\n\n       C ’est un songe, un affreux ! un lu gub re songe !\nm ais un songe, n'est-ce pas ?...\n                                        L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n        C e n ’est rien autre que cela.\n"}, {"page_pdf": 135, "texte": "118                                  L E R É V E IL\n\n\n\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  M ais dites-m oi donc ce qu ’il y a eu !\n                                  L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n  L a com ète s’en est allée.\n                    L 'É T R A N G È R E , é c la t a n t en s a n g lo ts .\n\n\n   H a ! D ieu !... D ieu !... D ieu !...\n   Je m e so uvien s !...\n   T o u t s’en est allé !... l’ange-gardien m ’a délaissée !....\n   Je suis là perdue avec des lieues de n u it !...\na ve c des im m ensités de n oir silen ce autour de m oi !...\n   H a ! D i e u ! . . . p o u rq u o i!... p o u rq u o i!...\n   M a claire enfance !...\nm on ign oran ce bénigne !...\nm a sainte m am an !...\npetits Jésus ! M adone ! noëls ! guirlandes !\na h ! tout !...\n   M on im age blanche dans l’om bre de la fontaine !\nm on frère de rêve dans l’om bre du soir !\np ourquoi !... pourquoi !...\n   R u in e et so u illu re !... honte et souillure !\n   Je suis une p au vre fem m e à présent !\n   M on D ieu !... Ma m am an !. .\n   Je ne sa v ais pas !\n   Je ne savais pas l’abom inable m isère des pauvres fem m es !\n                                 L A V O I X , lo in ta in e .\n\n\n                 E lle s ’attarde chez le lys.\n                       A m i Pierrot ;\n                 A u lointain ja r d in de l'oubli\n                 E lle éveille la soie du lys :\n                 C ’est pour tefaire un blanc chapeau.\n\n                                   L 'A V E N T U R I E R .\n\n  L a m aléfique étoile a fait son œ u vre et elle est disparue.\n                            L 'É T R A N G È R E , e n la r m e s .\n\n\n  Je ne suis p lu s digne de la clarté des étoiles,\nJe ne m érite plus la pitié des clartés.\nO si l’aurore p ou vait ne plus reven ir !\n"}, {"page_pdf": 136, "texte": "                               J A N V IE R      18 9 4               119\n\n\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n  Ne sen tez-vou s plus l’im m ensité de l’om bre, m ain tenan t ?\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  L aissez-m oi seule !\n   L aissez-m oi com m e une m orte toute seule !\net que la n u it me c o u v re !\net que je pleure tant que m on corps se désêche.\nque m on âm e se sanctifie\net s’en vole toute blan ch e dans le m ystère des ram ures !\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n   N e v o y e z -v o u s plus com bien la forêt est ancienn e ?\n   N ’êtes-vous plus étrangère ici, m ain tenan t ?\n   L ’ ho rreu r déprédatrice de votre pâm oison,\nfût-ce la messe noire in itiatrice a u x choses d’ici,\nque v o u s projetez v o u s y p ro m o u voir dryad e ?\n   N e fût-ce, plutôt, a veu glem en t tel\nà ne soup çonn er pas, m êm e\nq u e l’in tim ité des u n ivers est close m ain tenan t,\net que le rêve nous a jetés dehors !\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n   Je m ’ évaderai v ers des lim bes d ’enfance.\n   Je redevien drai petite et douce et calm e\n sans plus de curiosité au delà de m es gu irla n d es ;\nje retrou verai les petits Jésus et les saintes M aries\net ne serai plus que m a prière n aïv e en toute ign oran ce.\n\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n  C o u v rez du pardon de vo s m ains jo in tes, seulem en t, la trahison\nde v o s seins ?...\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n  Je n ’oserai p lu s, seign eu r !\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n  L a is se z aller, seulem ent, les ch au ves-sou ris de v o s sanglots\ndans la solennité de cette n uit ?\n\n                                 L 'É T R A N G È R E .\n\n  S e ig n e u r ! Je suis celle qui ne pleurera plus !\n"}, {"page_pdf": 137, "texte": "120                                      LE      R É V E IL\n\n\n\n\n                                     L 'A V E N T U R I E R .\n\n  R etro u vez sous les feuilles m ortes de vos am ertum es la floraison\nde vos sourires, seu lem en t!\n                                       L 'É T R A N G È R E .\n\n   Je suis. S eig n e u r ! celle qui n ’ou bliera p lu s!\n                                    L A V O I X , lo in ta in e .\n\n                     E lle s'attarde au cimetière,\n                             A m i Pierrot ;\n                     E lle polit au cimetière\n                     L e fr a is silence de la pierre :\n                     C ’est pour tefa ite un blanc tombeau.\n                                      L 'A V E N T U R I E R .\n\n   E n ten d e z-v o u s le glissem ent des om bres,\nl’affaissem ent des âm es?\n   D a n s le m aëlstrom taciturne d’om bre\nsen tez-v o u s l'irrém édiable glissem ent ?....\n                                                                                 U n é c la ir v ag u e\n                         L 'É T R A N G È R E , se c o u v r a n t les y e u x\n   H o!\n                                     L 'A V E N T U R I E R .\n\n   V o y e z -v o u s le vertige u niversel ?\n   S en te z vou s — dans votre esprit et dans l'espace\nle m alaise ann on ciateur d’orage et de désastres ?\n— le m alaise issu, dites, de l’espace ou de l’esprit ?\np our quels désastres, dites ? dans l’espace ou votre esp rit ?....\n   T o u t est troublé ju s q u ’aux v ie u x arbres, ju s q u ’a u x étoiles :\n   C ela ne se passera pas ainsi !\n                                      L 'É T R A N G È R E .\n\n   O h ! allons-nous-en de cette n uit !\n                                     L 'A V E N T U R I E R .\n\n   V en ez-vous-en de vous-m êm e !\n                                      L 'É T R A N G È R E .\n\n   A p p elez qu elqu ’ un d ’hu m ain , au m oins ?\n                                      L 'A V E N T U R I E R .\n\n   E t que nos m isères se retrou ven t en fam ille ;\nque nos lâchetés s’abriten t dans l’orgueil du nom bre\np ou r que nos hontes soient la règle\n— la règle a vératrice d’exister, la règle m uselière au doute et\nm asque à la m ort !\n"}, {"page_pdf": 138, "texte": "                                J A N V IE R 1 8 9 4                     121\n\n                                      L 'É T R A N G È R E .\n\n   L a lu ne ne vien d ra donc pas !\n   Cette h eu re lu gub re n ’en fin ira donc plus !\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n   C ette in certitude d ’être n ’en finira plus.\n                                     L 'É T R A N G È R E .\n\n   A h !... la do u leu r d’être fleu rie ! et claire ! et pure !\n toute fleurs et rosée ! toute m u siq ue et lum ière !\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n  R e g r e t!....\nbaiser du ja rd in des o lives au front du rêve pascal !\n                                     L 'É T R A N G È R E .\n\n   Me voici celle d ev an t qu i les m orts aim és se lèven t\na ve c la m alédiction , pou r des siècles d ’exil,\nde leurs visages herm étiqu es et du rs et déjà d’étrangers :\n   M e v o ic i celle q u ’on ban n it du cim etière.\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n  R em ords !...\ntrente derniers du m arché de la m ort !\n                                     L 'É T R A N G È R E .\n\n  A h ! m o u rir !....\n                             ( U n é c la i r v a g u e ) .\n\n  C ette clarté d ’on ne sa it où\nc’est la m ort q u i passe a v e c sa lanterne.\nA h ! m o u rir ! a v e c vo s y e u x to ut près,\np ou r un peu de su rv ie en leu r bon ne p itié !\n                                   L 'A V E N T U R I E R .\n\n   P eu t-être !\nA u carrefour de la sépulture, gu eu x séculaire,\ndépouiller des m inables h aillo n s d’hu m an ité\net s’en aller v ers de p lu s saintes aum ônes d ’a p p a ra ître ....\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\nA h !... p ar v o tre pitié dernière crispée en caresse féroce,\nêtre arrachée de l’ incarn ation m al seyante\net rev êtir la robe n uptiale que seraient v o s pensées !...\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n  T ro p tard !\nV o u s a v e z pris le m al de votre vestu re\net vou s n ’oseriez plus a ller toute chaste et toute nue.\n\n                                                                    9\n"}, {"page_pdf": 139, "texte": "122                                LE R É V E IL\n\n\n\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  Q u’ai-je fait, ô mon D ieu !\n                              L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n   V o u s a v e z déçu le désir innom brable.\nJe vou s avais vou é mes m ains et mes y e u x ;\nJe vou s a va is dédié les T h u lé s et les W a lh a ls ;\ndes gouffres d’angoisse a u x cîm es d ’extase,\nJe vou s avais ann on cée :\net le m ystère a v a it tressailli,\nla ténèbre a va it fleu ri,\nla terre était deven u e féconde ;\ndes m illion s d’efforts éperdus avaien t tu m u ltu é vers l’aurore,\net dans le ravissem en t précieux de ses royau m es,\nm on âm e attendait v otre v en u e, ô v o u s, la V ie !\n   M ais qu elle dérision vou s a suscitée,\nv o u s a jetée en travers de l’espoir unanim e\ncom m e une tom be !... u ne insondable tom be !\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  O h ! quelle dérision m ’a poussée !\n                              L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n      E n mes polaires tristesses il dort solitairem ent,\n  l ’E n fa n t que mon âm e a con çu de sa foi héroïque et chaste ;\n  P rin ce des ch éru bin s et R oi de la légende,\n  il dort douloureusem ent dans m es funèbres tristesses polaires\n  m on divin O rphelin, rédem pteur des fu tu rs ;\n  et j ’a va is salué en v o u s la V ie rg e attendue,\n  le geste qui m oissonne les chastetés fleuries a u x neiges des pôles\n  et les étreint su r sa bouche d’aurore\n  et les élève au ciel d’O rien t, delà les calvaires.\n   M ais v o ilà q u ’ une infernale m alédiction\n  v o u s a cou ch ée sous mon espoir\n  com m e une tom be !... une incom m ensurable tom be !\n\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n    O h ! de quels passés coupables,\n de quels passés im pardonnablem ent coupables\n s’est levée l’ infernale main qui m ’a v ain cu e !...\n"}, {"page_pdf": 140, "texte": "                          JA N V IE R        1894                       12 3\n\n\n                        L A V O I X , v a g u e , à l ’e n v ir o n .\n\n\n               E lle s’attarde et son ombre s'allonge :\n                         Allum ez un cierge !\n               L ’heure décline et son ombre s'allonge :\n               A llum ez un cierge devant la vierge.\n                       L 'É T R A N G È R E , a v e c s tu p e u r\n\n       C elle-qu i-chante !\n                                     la    v o ix\n            Son ombre s ’allonge et tout est en deuil :\n                      A llum ez deux cierges !\n            Son ombre demeure et tout est mensonge :\n            A llum ez denx cierges près du cercueil.\n                        L 'É T R A N G È R E , é p o u v a n té e\n\n       C elle-qu i-chante !\nO h ! elle sait !... elle sait quel secret terrible !\n                        L 'A V E N T U R I E R . co m m e en r ê v e\n\n       S on om bre s’ allon ge et to u t est en deu il.\n                         L 'É T R A N G È R E , fa s c in é e\n\n       A llu m e z les cierges de la vierge.\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n       Son om bre dem eure et tout est m ensonge.\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n\n       A llu m e z les cierges du cercu eil.\n                                   la     v o ix\n\n           Son ombre demeure au ja r d in de l ’heure :\n           A llum ez un cierge devant la vierge.\n                              L 'A V E N T U R I E R .\n\n      E t tout est m ensonge\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n      E t tout est en deuil.\n                                   la     v o ix\n\n             Son ombre demeure au palais du songe\n              A llum ez deux cierges près du cercueil.\n"}, {"page_pdf": 141, "texte": "124                                   L E R É V E IL\n\n\n\n\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n\n   A h ! toutes les choses sont en deuil.\n                                  L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n   E lles sont en proie à ce m ensonge q u ’elles ne veu len t\net q u ’ il faut qu ’elles soient p o u r toujours.\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n\n    E t leu r d ouleu r choit su r nous inévitablem ent !\n                                  L 'A V E N T U R IE R .\n\n\n   E t le u r m ensonge nous écrase irrévocablem ent !\n                                         la v o ix\n\n                 Mais an fo n d de l’ombre la mort demeure\n                 A llum ez trois cierges dans votre coeur.\n                                  L 'A V E N T U R I E R\n\n      M ais l’om bre dem eure au fond de nos cœ urs irréparablem ent !\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n   Irréparablem ent !\n                                   L 'A V E N T U R I E R .\n\n   H a ! la m ort dem eure au fond de nos c œ u rs...\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n   .... irréparablem ent !\n                                   L ’A V E N T U R I E R\n\n      ... ir !-ré !-pa !-ra !-ble !-men t !...\n                                 L A V O I X l ' é lo ig n a n t\n\n                           S u r le pont d ’Avignon,\n                           On y danse, on y danse...\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n      L a v ie ille v o ix du fond du passé!\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n    L a claire v o ix d’à travers l’om bre et le m ensonge !\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n      L a v o ix n avrée du fond des fautes sans pardon !\n                                L A V O I X , s ’é lo ig n a n t\n\n                           S u r le pont d ’Avignon\n                           On y danse tous en rond.\n"}, {"page_pdf": 142, "texte": "                                ja n v ie r        1894                           125\n\n\n                                     L 'É T R A N G È R E ..\n\n\n   O les rondes d’enfants !...\nV o u s so uvien t-il ?...\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n.... d ’être m ort tant d ’ h iers ?..\n                                     L 'É T R A N G È R E .\n\n\n.... des blonds m atins d'enfance a u x clairs levers d’a m o u r?\n                                   L 'A V E N T U R I E R .\n\n\nT o u t est m ensonge ! deuil et m ensonge !\n                         L 'É T R A N G È R E ., d ’u n e v o ix fr ê le ,\n\n\n   Il a dû passer...\ndans les y e u x de celle qu i m ’a b ercée...\nun so n ge... un m irage de so n ge...\nun m irage de v o u s ! qu i s’est enfoncé dans l’ in visib le\net que j ’ ai s u iv i...\navec m es y e u x au-dessus du m onde\nju s q u ’ici ! ..\n   S u r mes som m eils il a dû se lever une é to ile...\nque v o u s a v ie z é lu e ...\net qu i m 'a guidée ju s q u ’ici,\navec m on so urire au-dessus des pein es...\n   Il a d û ... dans m a p rière... descen dre...\nun ange qu i v o u s a va it aim é\net qui m ’a ju s q u ’ici m en ée...\navec mes m ain s jo in te s au-dessus des fau tes...\n\n                                    L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n   T o u t cela ne va peut-être pas se passer ainsi !\n\n               L 'É T R A N G È R E , s a v o ix d u lo in ta in de s a pensée.\n\n\n   D es ly s se sont penchés su r ma ro u te...\net m ’on t parlé de vou s !\n   D es cygn es m 'o n t fait e sco rte...\nqui a va ien t con nu v os y e u x , sans doute !\n   J’ai rencontré des brises...\nqui se souvenaient de v os paroles !\n   E n d'anciens paysages de lu ne et de rossign ols...\n"}, {"page_pdf": 143, "texte": "126                                L E R É V E IL\n\n\n\n\n  des corolles m ’on t frôlées...\n  à qu i vo s m ains n ’étaient pas étrangères !\n  ah 1 les heures disaient de telles choses !...\n                               L ’A V E N T U R I E R\n\n\n         T o u t n ’est peut-être pas fini !\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n\n           I l y eut ainsi tou jo u rs...\n depuis le sourire des fées et des poupées...\n parm i le geste des choses et le frisson des clartés...\n dans toute la v ie il y eut ainsi toujours\n l'en ch an tem en t de furtives caresses im m atérielles...\n ra y o n n an t v ers m oi d’ une â m e...\n d’ un ange fraternel caché derrière les être s...\n et tous les êtres m ’é taient l'e nchantem ent de ses caresses.\n A h ! j ’ étais C elle qui a le don d ’enfance !\n                              L 'A V E N T U R I E R .\n\n         T o u t n ’est peut-être pas si vain !\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n         Il y eut ce vertige toujours d’étreintes atteintes jam ais !\n ja m ais qu ’entrerêvées en m irage de paradis ;\n et j ’allais docile et patiente vers elles,\n cro y a n t que v iv re était cette patience ign oran te et vailla n te,\n a v c c ce bon heur au bout pour toujours.\n A h ! j ’étais celle qui a le don d 'am o u r !\n                              L 'A V E N T U R I E R .\n\n        A h ! l’ aube lu ira peut-être à la fin !\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n\n        Ne    m ’estim ant autre ni m oindre q u ’ herbe            frêle   ou\n p u re étoile,\n j ’allais sans m ’ém o u v o ir que de m oi-m êm e,\n car j ’étais celle qu i a le don de m ystère ;\n et vo ilà que par delà l’écoulem ent des v ieilles n uits\n ém erge...\n       au ro re !...\n                     l ’auréole !...\nv o ilà que je crois trou ver l’A n g e du Secret\n"}, {"page_pdf": 144, "texte": "                          J a n v ie r 1 8 9 4                             127\n\n\net m ’end orm ir au paradis de la lu m iè re ...\net c’e st... ah ! D ie u !...\n                            L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n          C ’est le sacre unan im e\nave c la bien ven ue sororale des ch o ses...\navec la jo y e u s e entrée au terroir patrial\net l’ in vestitu re des radieuses m ouvan ces du fu tu r...\nC ’e st... ah ! c ’est l’iron ie d ’ un sacre unan im e\net le leurre de sa voir le sceptre de nos destins,\nah ! c'est le sacre du m ensonge u n a n im e!\n                             L 'É T R A N G È R E .\n\n\n          H o ! je suis échouée au riv ag e de la ténèbre in itiale !\nE t l’ h o rreu r du péché se révèle !\ne t m on sexe néfaste se dévoile !\nA h ! je ne savais pas ! mon D ieu !...\nJe ne savais pas l'abo m in ab le m isère des p auvres fem m es !\n                             L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n        C ’est   le   m ensonge      des choses         qui   n ou s a jo u é ce\n                                                                 [vilain tour.\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n\n         T o u te s les bêtes affam ées sont entrées dans m on sein ;\ntous les v o ls n octurn es se sont réfugiés dans m a tête.\nE t j ’ai perdu le sens de la Joie ;\nj ’ai perdu le sens prem ier qui éclairait mes autres sens\nà p ercevoir au travers d'eu x la Joie :\nje su is u ne pauvre âm e aveu g le\nque les m auvais desseins des funèbres profondeurs\npoussent v ers quel désastre ?...\n                             L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n C ’est peut-être l'in v ite au final renoncem ent ?\n                              L 'É T R A N G È R E .\n\n\n    L a ran cœ u r des v ie u x arbres\n si fiers d ’être debout dans leur effort depuis to u jo u rs...\n l ’hostilité de la m er\n si belle d ’être fidèle à sa d o u leu r depuis to u jo u rs...\n le m épris de l’a zu r si chaste depuis to u jo u rs...\n"}, {"page_pdf": 145, "texte": "128                                  LE      R É V E IL\n\n\n\n tout cela m ’étouffe !..\n O h ! je su is la hon te éternelle de to u t !\n\n                                L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n      C ’est l’am ertum e des pénitences qu ’il faut.\n                                 L 'É T R A N G È R E .\n\n\n      D e h ain eu x sarcasm es v o n t siffler dans les bran ches...\n      D es hu ées vengeresses v o n t so u lever les v agu es...\n      D es clam itation s féroces v o n t secouer les ro ch es...\n      D ’effarants oracles v o n t c h o ir...\n      L ’orage va fondre su r m oi !\n      O h ! je su is la proie éternelle de tout !...\n\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n C e sont vo s v ie u x êtres qu i se rédem ptent.\n\n                                 L 'É T R A N G È R E .\n\n\n   Je su is en ch aîn ée... à l’abjection im m ense\n de mes pauvres pieds prom is a u x ro n ce s!..\n Je su is clou ée su r la m isère in exp rim ab le\n de m es m inables jam b es et de m es bras im puissants !..\n Je su is em prisonnée dans l ’infam ie de m on corps rid icu le,\n et cern ée par ses faim s de bête et ses h o n teu x besoins !..\n Je su is la grim ace lam entable du péché !...\n\n                               L 'A V E N T U R I E R .\n\n\n C ’est sans doute le sacrifice exp ia to ire ...\n                                                          (Eclair vague, — grondem ents sourds\n                                                          e t cris d e b ête ép a rs a u lo in )\n\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n      E co u tez !... quel supplice on m e prépare !\n O h ! que je su is ch étive !..\n O h ! que je su is ... coupable !\n\n                              L A V O I X lo i n t a i n e .\n\n                       L e Géant indomptable tord\n                       L es montagnes d'iniquités\n                      Q ui s ’entassent sur son effort\n                       Depuis quarante éternités.\n"}, {"page_pdf": 146, "texte": "                                        J A N V IE R       1894\n\n\n\n               LA   F O U L E , tr è s lo in , a v e c d e s é ch o s p lu s lo i n t a i n s\n\n\n                    — C elle en fleu rs... e u ... e u ...\n                    — Q ui l’a v u e ... u e ... u e ...\n                    — M e la fau t... a u t... a u t...\n                    — P a rtie ... ie ... ie ... ie ...\n                    — P e rd u e ... u e ... u e ... u e ...\n                    — P â tir a ... a ... a ... a ...\n\n                                             LA V O IX .\n\n\n                         Mais Celle qui devait venir\n                         Depuis quarante éternités,\n                         Est-elle morte, en l ’avenir ?\n                                     L 'É T R A N G È R E .\n   E co u tez !\nles détresses s’am euten t v e rs moi de tous les coins du m onde !\nO h ! je su is la v ictim e u niverselle !\n                                      L 'A V E N T U R I E R .\n\nC ’est peut-être l’affre dernière et le triom ph e déjà ?\n                                       L 'É T R A N G È R E .\n\n\n   U n e porte secrète s’est ou verte a u x cry p te s de m a m ém oire\net dans l’ou b li séculaire des spectres in co n n u s rô den t...\nil en rem onte de toutes les catacom b es...\nil en rev ien t de toutes les h o n tes...\nC 'e st le sabbat !\nl’o cculte sabbat de tous les m in u its\n don t la b a ve in solite em poisonne les sources.\nM e v o ilà gisan te au carrefour du m al,\ntoute souillée de l’ou trage des R even an ts !\n                                     L 'A V E N T U R I E R .\n\n\nO u b lie z v otre néfaste dénuem ent !\n                                     L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  H o ! toutes les choses on t m enti !\n                                      L 'A V E N T U R I E R .\n\n\nNe so y e z plus que v o tre verbe in co n scien t !\nC réez-vou s n o u ve lle et pure en m oi par v o tre v erb e\ne t toute v o tre âm e, donnez-la moi !\n"}, {"page_pdf": 147, "texte": "130                             L E R É V E IL\n\n\n\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n      Il a m enti, m on corps funèbre !\n                              L ’A V E N T U R I E R .\n\n  D ites-m oi qu elle allégresse ou quel effroi\n  vou s on t tirée du n atal n irv a n a !\n  et par quels chem ins de lum ière et de prière vou s êtes ven u e,\n  oh ! dites-le m oi !\n                               L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  Je sortis d’ un som m eil enchan té où votre pitié s’était penchée.\n                              L ’A V E N T U R I E R .\n\n  L a salutation des choses et l’hosan na des clartés\n  quan d v o u s êtes apparue,\n  o h ! dites-les moi !\n                              L 'É T R A N G È R E .\n\n      Je v in s à la dérive d’ un songe où v o tre bonté s’était m irée\n                               L ’A V E N T U R I E R .\n\n  L e s escortes d’anges et les am bassades d ’espoirs reçues\n  oh ! dites-les m oi !\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n      Je n’étais rien a va n t l’aurore que vou s fîtes en m oi.\n                              L ’A V E N T U R I E R .\n\n   L e s auberges d’apparaîtres où v ou s êtes descendue,\net les tom bes d’im m ém oire où vou s a v e z dorm i,\no h ! dites-les m oi !\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n  Je ne suis née que dans vo s y e u x .\n                               L ’A V E N T U R I E R .\n\n  Quel m essage v ou s am ène des profondeurs de la G enèse,\nM adone a u x sept m ystères?\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n  Je ne sais pas ! Je ne sais plus !...\n                               L ’A V E N T U R I E R .\n\n   O h ! que votre âm e soit dans mon désir\ncom m e l’hostie dans la bouche du cro y a n t!\net que la grâce m ’ illu m in e et m ’ infinise !\net que m on O rphelin divin s’éveille au c la ir de son destin,\nM adone à la clairière des sept chem in de l'A u -d e là !\n                               L 'É T R A N G È R E .\n  Je vou s aim e !\n"}, {"page_pdf": 148, "texte": "                                  J A N V IE R 1 8 9 4                  131\n\n\n                                L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n    On dit cela a u x pauvres hom m es,\na u x déserteurs du nul en m araude a u x jard in s de la m ort.\nM ais ce leurre d’être et de le croire,\nce qu i le clam e et le réclam e,\nc ’est le glas in tim e de la foi.\n                                  L 'É T R A N G È R E .\n\n   Je vou s aim e!\nN 'est-ce pas l’âm e toute, je v o u s a im e ?...\n                                 L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n   On dit cela a u x tristes hom m es,\na u x vagabon ds de la nuit à l'affût des aubes.\nM ais ce feu follet creva n t su r leurs y e u x\nse suggère l’œ u vre form idable\ndes efforts cabrés dans l’étendue en m yriad es,\nsi bien que leurs cécités récuseront le soleil.\n                                 L 'É T R A N G È R E .\n\n  D u silen ce et de la tourm ente\ncela seul m onte a u x c ieu x : Je v o u s aim e !\n                                L ’A V E N T U R IE R .\n\n\n   O n dit cela a u x m inables hom m es,\na u x détrousseurs d’ idéal égarés a u x steppes d’ennui.\nE t ce m aléfice les galvan ise,\net m algré les gestes ép loyeu rs d ’espace et sem eurs de m ondes,\nleu r om bre ne prend jam ais que la m esure de leurs tom bes.\n                                L 'É T R A N G È R E .\n\n\n  L a V o ix de D ieu n ’est rien autre que cela : Je v o u s aim e !\n                               L ’A V E N T U R I E R .\n\n   A h ! tais-toi !\nJe v e u x la V ie ! et la bataille! et le triom phe !\nL e s m uffles d’instincts crispés à m on haillo n de chair,\nje v eu x les tordre !\nles nœ uds d’étreintes qu i m ’enchain en t, les b rise r!\nJe v e u x ru er! à rom pre le harn ois de règles qu i m ’étouffent !\net libre et fau ve bo n dir à travers tout !\nD an s leurs retraites tortueuses\n"}, {"page_pdf": 149, "texte": "132                                  LE RÉVEIL\n\n\n                                  L'AVENTURIER.\n\nles m agnétiques E m buscades\nqu i me décochent les pensées et les fièvres,\nje veu x le surprendre et les dom pter !\nJe v e u x dresser m a R évolte devan t les rem parts de m ystère\nderrière quoi M aya som m eille ;\net dans ses y e u x d’où la clarté prim e radie\nan crer mon v o u lo ir si profond\nqu ’ il n argue in viciblem en t l'ahan des causes.\nJe v e u x ! Je v e u x ! Je v eu x !\n                                     L'ÉTRANGÈRE.\n\n\n  O h ! qui donc êtes-vous !\n                                    L’AVENTURIER.\n\n\n   L ’A v e n tu rie r de l'E sp éran ce hum aine.\nL e s n uits pestilencielles de l’incarnation\noù le péché tend ses lacis de tentacules dans l’eau vén éneuse\nau to u r du doute étique et du rem ords gan gren eu x,\ndu ran t des siècles de siècles je les ai traversées\nE t j ’ai v u l'au rore !\net je v eu x la clarté !\nO h ! fais le geste fau ch eu r d’om bre\net que le M essie de mon rêve se lève !\n                       L ' é t r a n g è r e J o ig n a n t les m a ins .\n\n  M on âm e, prenez la toute !\n                                      L’AVENTURIER.\n\n  M ais ta ch a ir se met entre n ou s !\n                                      L'ÉTRA N G È RE .\n\n  Je v o u s a im e! prenez-m oi toute !\n                                     L’AVENTURIER.\n\n  T e v o ilà toute en la tentation de ses regards,\no fem m e !\n                                      L'ÉTRANGÈRE.\n\n  Je v o u s aim e ! sau vez-m oi toute !\n                                    L’AVENTURIER.\n\n  T e v o ilà toute dans l’ém eute de tes seins,\no fem elle!\n                                      L'ÉTRANGÈRE.\n\n  Je v o u s aim e ! sacrifiez-m oi toute !\n"}, {"page_pdf": 150, "texte": "                                  J A N V IE R      1894      133\n\n                                  L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n  T e v o ilà toute en ta splen deu r charn elle\nô pâture d'in stin cts !\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n\n   O h ! insultez-m oi ! piétinez-m oi !\net qu ’ une pourpre régin ale v o u s fleurisse !\n                                  L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n  P rovid en ce des m âles a u x abois, te v o ilà toute!\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n   O pas cela !\nvotre bouche vou s a trom pé !\nje suis vierge !\n                                  L ’A V E N T U R I E R .\n\n   T o i ! vierge ?\nE t cette crotte interloppe de ta chair\nRam assée de m are en m are a u x chem in s de la chute ?..\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n   V o tre la n g u e vou s a trahi :\nje suis chaste\n                                   L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n  E t ta prostitution a u x vou loirs de partout\ndans la m aison publique de ta parole ?..\n\n                                    L 'É T R A N G È R E .\n\n  O h ! assez ! assez !\nque je m ’en a ille m o u rir quelque part !...\n                                  L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n   H a ! p au vre ! n u lle heure ne m eurt :\ntoutes siègent en cercle d'om bre autour de nous,\net nous n’ iro n s plus n u lle part !\non n e v ien d ra plus à n ou s de n u lle part !\nnous som m es effro yablem en t aband on n és..\n\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n   A y e z pitié, m on D ie u !\n                                  L ’A V E N T U R I E R .\n\n   N ous som m es tout seuls !\nn ous som m es épouvantablem ent seuls !\n"}, {"page_pdf": 151, "texte": "134                            L E R E V E IL\n\n\n                                 L'ÉTRANGÈRE.\n\n  Que je suis à bo ut, seign eur !\n                                L ’AVENTURIER.\n\n  S eig n e u r ! que je suis à fond !\n                               L'AVENTURIER.\n\n  Som m es-nous encore bien v iv a n ts ?\n                                 L'ÉTRANGÈRE.\n\n\n   N ous ne p ourrion s p ro uver à rien que nous som m es v iv a n ts\nsinon en répandant la m ort qui n ou s déborde :\nil n ’y a que cela en nous.\n                                L 'A V E N T U R IE R .\n\n\n  R ien n’a l’a ir de nous savoir là !\n                                L'ÉTRANGÈRE.\n\n  R ien n ’a l’air de se so u v en ir de nous.\n                                L’AVENTURIER.\n\nE t se souvient-on de soi-m êm e,\nhors d’être m ort tout au lo n g des jo u rs.\nIl ne faut pas jo u e r su r les m ots, non !\nni s’en tenir à ce m alentendu :\nn ou s som m es, soit, la m ascarade m acabre de la vie,\nm ais il n ’ y a que la m ort en nous !\nD is-m oi donc ce qu i n ’est pas m ort de nous !\n                                L'ÉTRANGÈRE.\n\n  J ’ai froid dans m on cœ ur !\n                                L’AVENTURIER.\n\n   N os songes ? ils nous o n t laissés là tout seuls ! tout seuls !\nsinistrem ent seuls !\n                                L'ÉTRANGÈRE.\n\n  C ’est pour qu elque chose de sinistre que nous som m es ici !\n                                L ’ A V E N T U R IE R\n\n   Ils s'en sont allés dans d'autres vies et d ’autres m ondes\net nous on t laissé sinistrem ent déserts e t seuls\net la m ascarade m acabre est finie.\n                                L'ÉTRANGÈRE.\n  J ’ai peur !\n                                L’AVENTURIER\n\n   O n les supplicie là-bas dans d'autres m ondes et d’autres vies\net nous n ’avo n s plus aucune bonne raison d’être ici.\nN ous n ’avo n s plus de raison d’être n ulle part !\n                                 L'ÉTRANGÈRE.\n\n  J ’ai peur de son âm e en v o y a g e , S eign eur !\n"}, {"page_pdf": 152, "texte": "                                       J A N V IE R 1 8 9 4                                       135\n\n\n                                           L ’A V E N T U R I E R .\n\n  Je vois ton om bre d evan t moi,\nm ais je ne te vois poin t, toi ni la lune.\nO ù a ller ? et que dire ?\nJe su is un p a u v re v ie u x q u 'on a laissé tout seul.\n                                            L 'É T R A N G È R E .\n\n  S eig n eu r ! j ’ai peur de son âm e évadée !\n                                           L ’A V E N T U R I E R .\n\n   Je cherche en m on puits tes y e u x d’ A ccoudée a u x m argelles de\nl’a zu r, m ais tu t’es retirée\net je ne suis q u ’ un p au vre v ie u x qu i ne sait plus où ni quoi.\n                                            L 'É T R A N G È R E .\n\n  J ’ai p eur de son âm e de passage, S eig n eu r !\n                                           L ’A V E N T U R I E R .\n\n   L e s m agiq ues E m bu scad es sont entrées dans m a m aison\nE lles m ’on t fait boire leur v in de m ensonge\net m ’on t jeté dehors.\nA h ! je suis iv re de m ensonge\n                                            L 'É T R A N G È R E .\n\n   M on p au vre m alade !\n                                           L ’A V E N T U R I E R .\n\n  Je suis m alade de m ensonge...\nO h qu ’ il fait n o ir ! oh q u ’il fait p au vre !\net tous ces étrangers q u ’est-ce q u ’ils fon t dans m a m aison !..\n                                    L 'É T R A N G È R E ., c o n tre lu i\n\n   Mon doux m alade !\n                 L ’A V E N T U R I E R . s a t ê t e g l is s a n t s u r l a p o n t o ffe rt\n\n   M a tête a le m al des ténèbres\n   M on âm e a le m al de l’A b y m e !...\n                                   L 'É T R A N G È R E ., l ’e n la ç a n t\n\n   O h ! je v e u x te gu érir !\n                                 L ’A V E N T U R I E R ., l ’a i r là - b a s\n\n   Petite sœ u r!\n                                      L 'É T R A N G È R E ., c â lin e\n\n  L e M essie de rê v e, ton m ystiqu e O rphelin,\nlaisse le v e n ir entre nous\net chasser les n u its...\n                                           L ’A V E N T U R I E R .\n   Petite m ère !\n"}, {"page_pdf": 153, "texte": "                                         J A N V IE R 1 8 9 4                             13 6\n\n\n\n                          L 'É T R A N G È R E , m p r e s sa n t c o n tre l o i .\n\n\n   Je nous gu érirai avec m es sourires ;\nje n ou s v êtira i a ve c m a ch evelu re ;\n et je rallum erai nos cœ urs à m on am ou r ;\net je chasserai la m ort !\n                                         L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n  P e tite fem m e !\n                                 L 'É T R A N G È R E , l 'é tr e ig n a n t .\n\n\n  E t je te soûlerai de caresses\nô m on am an t !\n                              L ’A V E N T U R I E R , se r e s s issa n t\n\n\n  O fem m e encore et toujours !\n                                  L 'É T R A N G È R E ,      l 'a t t i r a n t .\n\n\n   E t je t ’étourdirai de pâm oisons !\n                                L ’A V E N T U R I E R . M d é g a g e a n t.\n\n\n  O fem elle encore et toujours !\n                                   L 'É T R A N G È R E , o b s tin é e .\n\n\n  E t je te rem isciterai de volu p té !\n                             L ’A V E N T U R I E R .,    lu i é c h a p p a n t .\n\n  O vam p ire !\n                     L 'É T R A N G È R E , s 'a ffa is s a n t s u r les g e n o u x .\n\n\n  M on D ie u !... e n c o r e !...\n                                   L A V O I X , t r ès lo i n t a i n e .\n\n\n\n                    L'om bre s'allonge au coeur du songe\n                   E t tout est deuil et tout mensonge\n                   J u sq u ’aux cavernes de la mort.\n\n                        L 'É T R A N G È R E ., l a fa c e d a n \" le s m a in \" .\n\n\n  M on D ieu !... M on D ieu !...\nE n core c e la !...\n  C e vertige !... et celte m alédiction !\n                                         L 'É T R A N G È R E .\n\n  A h ! tribade !\n"}, {"page_pdf": 154, "texte": "                                   JANVIER 1 8 9 4                                                            137\n\n\n                   L 'É T R A N G È R E , e n f a n t in e e t h o q u e ta n te .\n\n\n        Ce n’est pas m oi, m on D ie u !\n                                   L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n        A h ! tragique putain !\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n\n        C ’est la n u it !... la forêt !... l’orage !... tout !...\nA h ! t o u t !...\n                                     L ’A V E N T U R I E R .\n\n\n        A h ! salope apocalyp tiq u e !\n                                   L 'É T R A N G È R E .\n\n\n        C e son t les reven an ts !... les infâm es reven an ts !\net leu r vau trem en t dans m on cœ u r !\n                 LA F O U L E ,      in v i s i b le , é p a r s e d a n s l a fo r ê t.\n\n\n       — L a m er s’apprête.\n       — V o ilà le ven t.\n       — I l v a se passer q u elque chose !\n       — L e m onde se retourne su r son envers.\n       — L ’éclair !\n       — L ’éclair d'un e fau x derrière la mer.\n       — A h ! m alheur.\n                                                    ( D u v e n t, fo u e tté d 'é c la ir s lo in ta in s\n\n                                      L 'É T R A N G È R E .\n\n   C e sont les reven an ts !\net leu r sabbat dans m on cœ u r !\n                                  L ’A V E N T U R I E R .\n\n\nO h ! je ne suis pas si fou !\nL e s rabatteurs de ténèbres sont en route !\nH a ! — ha ! — ha ! regarde, les v o ilà !\nm alheu r à toi !\n                                LA     FO U LE        d ébusqua.\n\n                                                                               A ug. J en art\n\n\n\n\n                                                                                                             10\n"}, {"page_pdf": 155, "texte": "138                                 LE RÉVEIL.\n\n\n\n\nde   :\n\n\n\n\n                A T O U S C E U X DE LA R O N D E .\n\n                                   (Fragments)\n\n                                                       à   Stefa n   G eorge.\n\n\n\n\n         LA     V IE    EN    SAGESSE.\n                                         I .\n\n\n\n         J 'a i rencontré Platon au détour de ma route\n         Ou Duns-Scott lu i disait dis choses très subtiles.\n         — J e menais le troupeau de mes chèvres qui broutent\n         L'herbe tendre parmi les épines hostiles\n         E t j e cueillais des lys en chantant et des roses.\n         L o rs Platon vint à moi las de philosophie :\n         \" Oh donne-moi tes fleu rs et leur joie blanche et rose!\n         L a bonite part, c’est toi, pâtre, qui l'as choisie ;\n         C ar toute la sagesse humaine elle est enclose\n         E n la blancheur des lys et le parfum des roses, \"\n\n                                         3.\n\n\n                                   (d'après A n tip a ter de T hessalon ique)\n\n         L e laboureur Archippe étendu sur sa couche\n         Entend les gonds déjà des portes souterraines.\n         Lo rs à ses fils i l d i t . \" Que votre amour farouche \"\n         Cherche au rude labour ses voluptés sereines.\n         A im ez la bêche dure et la bonne charrue\n         P our toute la joie que par elles ƒ ai connues\n          Que jam ais à travers sa tristesse et sa peine\n          Vers scs dangers lointains la tuer ne vous entraîne;\n"}, {"page_pdf": 156, "texte": "                         JA N V IE R 1 8 9 4                   139\n\n\nCar, comme la marâtre aime moins que la mère,\nMoins que toi l'onde est bonne, ô maternelle terre !\n\n                                 3.\n                                       (d’après A n acréon )\nJ'aim e peu l'homme qui, près de la coupe pleine,\nParle de guerre triste et de batailles vaines.\nJ ’aime qui jo in t le vin d ’or aux muses hautaines,\nE t boit sa claire vie en volupté sereine.\n\n                                4.\n                                          (d’après Platon)\nSous ces pins haut cimes assieds-toi, voyageur.\nL e vent joue et bruit dans les frissons des feu illes ;\nL e ruisseau qui susurre et enchante ton œil,\nA u x doux sons de S y rin x endormira son cœur.\n\n\n\n               D’A I M E R\n\n                                 1.\n\n                   P oètes de l'amour\n                                très doux ;\n                   Poètes des chansons\n                                très bonnes ;\n\n\n                   O vous, de n ’importe où\n                              qu'amour,\n                   Se prenne en rire ou donne\n                                 très bons\n\n                   L a volupté toujours\n                                en vous\n                   Chante et rit ses chansons\n                                très bonnes.\n"}, {"page_pdf": 157, "texte": "140                            LE RÉVEIL\n\n\n\n\n                                   2.\n\n                           L’A B E IL L E .\n\n                                         (d’après M éléagre).\n\n      D is, pourquoi sur sa joue, ô toi de fleu rs nourrie,\n      Abeille, loin des prés en fleurs te poses-tu ?\n      Veux-tu m'apprendre ainsi qu’en le cœur de l'amie\n      Caché, cruel et doux, l'arc d ’E ros est tendu ?\n      Oui, c ’est cela ! retourne alors sans plies attendre\n      J e sais depuis longtemps ce que tu viens m'apprendre !\n\n                                   3.\n                                   (d’après M . A rgen tariu s).\n\n      P o u r Lysidice emplis-moi douze fo is la coupe,\n      E t puis rien qu'une fo is à la gloire d'Euphrante.\n      T u crois que Lysidice est ma plus chère amante ?\n      Non, par Bacchus qu'ici j e bois à pleine coupe !\n      Euphrante est l’un dans d ix — ou la lune qui voile,\n      D e sa seule splendeur d’ innombrables étoiles.\n\n                                    4.\n                                         (d’après Asclépiade)\n      Demeurez au dessus de sa porte, ô couronnes,\n      Sans secouer encor votre feuillage en fleurs\n      D e mes larmes trempé. — L ’ amour sait bien des pleurs !\n      Mais dès que sur le seuil son pas très lent résonne,\n      D e vos feu illes alors que douce pluie inonde\n      E t mouille avec amour sa chevelure blonde.\n\n\n\n\n                    L A F IN D E L A R O N D E .\n\n      Byzantins de Byzance, écoutez à vos portes !\n                 Les pas des barbares cohortes\n                 Endeuillent le silence\n                D e rudes cadences\n"}, {"page_pdf": 158, "texte": "                       J A N V IE R 1 8 9 4                    141\n\n\n\nE t chantait les effrois de la venue prochaine\n             D ans le vent tiède de la, plaine.\n\n\nA ujourd'hui les chansons et la mort pour demain !\n            Toute la volupté du vin\n            Dont nos amours s'enivrent\n            E t la joie des livres\n Q ui chantent l ’épopée languide de leur gloire\n            Encore au fo n d de nos mémoires ;\n\n\nE t les carillons clairs de mille campaniles\n              E t tous nos grands dieux puérils\n             A u x yeux d'étranges pierres\n              Illustres et claires\nOù les prêtres tremblants voyaient dans l'avenir\n              Les hordes barbares venir ;\n\n\n Demain, demain et tout au g a i soleil levant\n              Sera de la poussière au vent !\n             A u x barbares nos filles\n              Donneront, tranquilles\n E n la perfide jo ie des grands sourires vagues,\n              De leurs longs doigts blancs l ’or des bagues.\n\n\n L es esclaves haineux ont déjà f u i les portes\n              E t vont au devant des cohortes\n              Porteurs de nos trésors.\n              Nos icônes d ’or,\n Nos lamentables christs sur émail rose cl bleu\n              A u x longs regards vagues et creux ;\n\n\n Nos vierges aux yeux pleins de mystères charnels,\n               Nos reliques et nos missels,\n               D e nos défunts espoirs\n               Souvenirs d ’ivoire....\n E t le rire joyeux des grands enfants barbares\n               Eclate à l'aspect de nos gloires !\n"}, {"page_pdf": 159, "texte": "142                              L E R É V E IL\n\n\n\n      Oh ce rire, ce rire et sa jo ie grande et saine !\n                  Hélas ! et sa jo ie courte et vaine...\n                   O grands enfants sauvages,\n                  Grands enfants tris sages,\n      Puissiez-vous nejam ais sentir au fond, du cœur\n                   Que rien ne vaut qu'on rie ou pleure\n\n        E t venez, gais porteurs de la mort en nos joies !\n                   Nos fronts que la fatig ue ploie\n                   De trop de choses sues\n                   Attendent vos massues...\n      Donnez, vous qui savez l'immensité de vivre,\n                   A u fe u la sagesse des livres...\n\n      A i n s i se clot le rêve et les chansons se taisent !\n                      L es folles bouches qui me baisent\n                      Ont des râles d'effroi...\n                      J e ne sa is... en moi\n      I l chante encor comme u n oiseau dans une tombe...\n                      Rentrez acteurs, la toile tombe !\n\n      Toutes portes au large ouvertes aux cohortes !\n                   A h , qui courra fé m u r les portes ?\n                   C a r moi, trop las du rêve\n                   Des vers que j ' achève,\n      J e ne puis et j'irai tout au plus pour les voir\n                   A u haut des terrasses m'asseoir.\n\n                                                      P aul G érardy.\n"}, {"page_pdf": 160, "texte": "                             J a n vie r 1894                          143\n\n\n\n\n   PAROLES POUR MA CAMPINE.\n\n\n                             I N IT I A T I O N .\n\n  E n fin ! — toute elle est à m oi, m a T e r re d'élection .\n  Je la v o u lais, car d ’in tu ition subite, je la sentis reflet de m on\nâm e, à cette lo in tain e vesprée, où m ’a rrêtan t d evan t la m are\nm orte dans l’enn ui ja u n e des sables, je v is m on pâle fro n t\nd’enfant su rgir, n im bé, de cette tristesse ardoisée qu ’écailla sou ­\ndain de rouge et d ’o r un adieu de so leil.\n  J’étais sacré l’am ant.\n   E t dès lors ce fu t un désir hors des p roportion s : la fièvre de\ntout un m onde. N ’est-il de tout petits enfan ts qu i appellent du\ndoigt l'étoile ?\n   ....M ain te n an t pèlerin de cet am ou r d’ hier, je revien s su r les\nbrisées d 'in itia tio n ....\n   C a r d'épier le réveil de là b ru yè re a u x prim es blon deurs du\nsoleil, quand les m ille et m ille cassolettes de pourpre attiédissent\nau ras du sol la v ib ra tio n des b rou illards,\n   et de v iv re à pleins poum ons quand des lourd eu rs de ven t\nécrasent l’orgueil des frondaisons et que dans un rêve de rivale\nexubérance, les sapins m aigres se fendent sous la résine,\n   puis aussi de se sen tir enliser dans des in co n n u s d ’im m ense\nlangueur, alors que les y e u x en vain fatigués se closent su r la\nlande, approfondie à chaque sondage, ju s q u ’à l ’ infini d ’un m u r\nd’ocrc pâle lézardé de m ordorures pourpres,\n   je con nus les jo ie s, les fiertés et les fièvres.\n   E t de m on âm e vers cette terre, et de cette terre vers m on âm e\nje sentis sourdre envelop pante la sy m p a th ie ...\n\n\n                            E S T H É T IQ U E .\n   M aintenant que je l’ai com prise toute, cette T erre , — car est-il\nstade d’ initiation a u delà de la souffrance : pleurer de la tristesse\nd’ un p aysage m ort..,? — son âm e v ib re dans m on so u ven ir.\n"}, {"page_pdf": 161, "texte": "144                              L E R É V E IL\n\n\n\n    E t ain si, idéalem ent colorés a u x nuan ces dom inantes de\nl’im agination — palette brouillée par les am biances jo u rn a lières\n— passent dans mon abstraction les an cien s points de v u e : par­\nfois m atins clairs de blan c soleil et plus so uven t fun érailles noires\nd ’autom ne.\n    D é jà l’im age, tant de fois caressée, devien t fruste dans l’h ab i­\ntude et les reliefs du décor se lu stren t de la patine des choses\nvieilles et baisées : patine p ou r tels paysages toute d’atténuation\net de m ysticité. L 'im a g e su rgit d’ un ren ou veau lu stral ; c’est\nl ’am ou r de la C am pine qu i se hausse ju sq u 'au R êve.\n    (Décembre 1893)\n\n\n\n\n                            SA N TA CASA.\n\n                                     A u Poète Rodrigue S érasquier.\n\n    A ccro u p ie tout près de l ’église, com m e les m en diantes frileuses\ndes portiques, rêv ait la petite m aison blan ch e : quel a ir sim plet,\nm êm e en ce dim an che et m algré toute celte prodigalité du sable\nfraîch em en t répandu su r le pas de la porte ; m ais que de gen til­\nlesses, petite m aison, dans ta fenêtre où guetten t quelques géra­\nn ium s, que de coquetteries sous le tortis de v ig n e naine qui\nt’e ncourtine, oh ! si am oureusem ent...\n    N e serait-ce ici qu ’elle file le lin — et celui de pureté e t de v ie,\n— la petite vierge M arie, au béguin em pesé, la petite vierge\névadée d'un retable ?\n    D ou ce est en effet la m élopée que chante la n ature. E t quand\nen salu tation s se cou rben t les peupliers, tu entends com m e des\nfrou frou s de longues m ousselines et d’ailes de chéru bin s.\n    O r, dans la sym p h o n ie des ave s’arpège v ers des hau teurs\nd ’ adoration protectrice, m ais plus droite encore, u n e note\ncécilien n e in fin im en t : un an gélu s qui délivre et dont les accords\n— tels les gestes consécratoires des prêtres — désarm ent dans\nl’a len to u r tout sortilège.\n    C ar là, su r le m u r une plaque déjà fruste s y lla b a it la sa u ve­\ngarde.\n    E lle faisait face à l'o rien t où très au lo in m outonne la v agu e\ndes sables.\n"}, {"page_pdf": 162, "texte": "                              J A N V IE R   1894                          145\n\n\n    \" P a x h u ic D om u i \" ainsi disait la pierre. N 'as-tu entendu ces\ndoux répons qui glissent de lèvres sacerdotales ?\n   E t sont réverberés les effluves de grâce :\n   M inistre et sym bo le, cette pierre litan ierait-elle les rogations\nsur les m asures signées d ’une c ro ix et les cham ps bordés de\nbuis ? clam erait-elle des exorcism es devers la n oirceur des sapi­\nnières où des m aléfices c o u v e n t l’ incendie, devers la pâm oison\ndes m ares que les âm es errantes des im pudiques v ien n en t\nlu tin er au crépuscule ?...\n   ...M a in ten a n t le soleil strie le m u r de chaudes raies d 'o r. E t\ndans ce m idi clair d ’apothéose la pierre v o tiv e s’érige com m e\nenchâppée d’orfroi...\n   O la petite m aison v êtu e de p aix et la bénédiction de cette\npierre !\n  (de Zoersel : Septembre 1893)\n\n\n\n\n                    L ’A G O N I E D E S     CH AM PS.\n\n   D e pâleur et d’or, a u x lu isances atténuées d’ une patène eucha­\nristique, se penchait le soleil au dessus de la lente agonie.\n   D an s l’adoucissem ent de tous les coloris — ca r aussi su r les\narbres de la route fum ait en encens bleuté la tristesse des derniers\nbrouillards — la glèbe épuisée gard ait encore le reflet rose des\nanciens m atins.\n   M ais les sillons p resqu’effacés par un trop lo n g abandon\nstriaient cette triste ch a ir d ’om bres faibles et allon gées, cou leu r\ndes veines aném iques où s’est caillé un reste de sang.\n   E t le silence v e illa it...\n\n                                                E dmond D e B r u y n .\n\n\n\n\n                                                                      11\n"}, {"page_pdf": 163, "texte": "146                         L E R É V E IL\n\n\n\n\n                           UN        S O I R .\n\n\n\n       D a n s le clair de la fontaine\n      Regardons la N uit qui se baigne.\n      Tout bas, le Z éph yr lu i murmure\n                 Des mots d'amour ;\n      L e s Astres, dans le crépuscule,\n      Pour l'admirer, se penchent tour à tour ;\n      L es corolles des Nénuphars\n                 Ouvrent leurs yeu x\n      E t sous le désir de ces regards,\n      Sous la caresse des Flots harmonieux,\n      Sous les tendres aveux soupires par les Choses,\n      L a N uit amoureuse frissonne\n\n      L a bine tend sa voile d'or\n      E t lts nymphéas lu i sourient ;\n      L es cygnes, blanches rêveries,\n      Caressent l'onde qui s'endort.\n      Venez, c’est l ’heure où le silence\n      Plane sur le monde muet ;\n      M ieux que pavane et menuet\n      Que cette barque nous balance.\n\n      C ’est l ’heure où le jo u r devient nuit,\n      C ’est l'heure des nuances, l'heure\n      Où l'aile du mystère effleure\n      L e dernier rayon qui s’enfuit.\n\n      Donnez votre main, douce amie ;\n      A u cla ir de lune, allons rêvant ;\n      J e veux que sur mon coeur le vent\n      Vous caresse tout endormie.\n                                      L io n e l d e s R ie u x .\n"}, {"page_pdf": 164, "texte": "                                                                      JANVIER l8 94                                                                                             147\n\n\n\n                                                             T A B L E T T E S\n\n       ERRATA :\n       E n n o tr e n u m é r o d e J a n v ie r , d a n s la proso\n                                                                                              D e u x n o u v e a u x c o n fr è r e s e n c o r e :\nd e M r A l f r e d L a v a c h e r y , lis e z :\n                                                                                          L ’A L B U M              D E S L E G E N D E S , m e n s u e l il l u s ­\n    p a g e 6 7, lig n e 8 , le sen tim e n t ;\n                                                                                          t r é . D ir e c tio n : A . e t J . d es G a c h o n s , 1 0                         R ue\n    p a g e 6 3 , l i g ne 1 6 , d e cœ u r ;\n                                                                                          d e B u c i,          P a r is . N ous y r e m a r q u o n s s u r to u t\n           ib ,        lig n e 1 7 , les e n vies.\n                                                                                          d e s co n tes d e R e n é B o y l es v e e t A lp h o n s e G e r ­\n    D a n s c e lle d e M r F r é d é r i c F r ic h e , p a g e 63,\n                                                                                          m a in , e t u n h o r s t e x te en c o u leu r d ’A n d r é d e s\nlig n e 6 , lis e z : u n e tr a m e ; e t p a g e 8 4, lig n e 2\n                                                                                          G a c h o n s.\nen r e m o n ta n t, erra n te\" ,\n                                                                                              P A G E S D 'A R T , r e v u e é c le c tiq u e e t d 'O c c î-\n                                         *\n                                      * *                                                 t a n ie , m e n s u e l, —               6     R u e D e v il l e à T o u lo u s e .\n    M a lg r é l'a u g m e n ta t io n d u n o m b r e d es p a g es                      A u s o m m a ir e d u p r e m ie r n u m é r o ,                            R é m y de\ndo ce n u m é ro ,            n o u s so m m es fo rc é s d e r e m e t ­                 G o u r m o n t, E m m a n u e l D e lb o u s q u e t, e tc .\ntr e     au       p r o c h a in   nos       c h r o n iq u e s    l it t é r a ir e s       N ous s o n t r e v e n u s LA                         S y r in x e t B L A E T -\na r tis tiq u e s e t m u s ic a le s .                                                   T E R F U R D I E K U N ST                            où      nous        lis o n s    de\n    L e n u m é ro          d e m a r s c o n tie n d r a           au ssi       un       fo r t b e lle s tr a d u c tio n s d e B a u d e la ir e .\np oèm e d e           M. A.        F e r d in a n d H é r o ld , in titu lé\n                                                                                                                                          *\nF lor ia n e et P er s ig an t,                                                                                                          *\n                                                                                             A        l 'i n i t i a t i v e     de      MM.          P aul     G érard y         et\n                                     * **\n                                                                                         H ic h a r d         L e d o n t, i l s 'e s t c o n s t itu é à L ié g e u n\n    P r o c h a in e m e n t, n o tr e c o u v e r tu r e s e r a o rn ée\nd ’ un d es s in de M r G eo rg es L e m m e n , actuellement                            c o m ité d a n s le b u t d 'é le v e r u n m o n u m e n t à\n\n          exp o sé a u s a lo n d e l a L ib r e E s thé tiq u e , à                     C ésar F ra n c k .\n\nB r u x e lle s .                                                                            P r é s id e n t : M . J . - T h . R a d o u x , d ir e c te u r du\n\n    N ous d o n n ero n s a u s s i d e s il l u s t r a t io n s d e                     C o n s e r v a to ir e r o y a l d e m u s iq u e do L iè g e .\n\nM M . J a n T o o ro p ,            Théo         Tan        R y s s e lb e r g h e ,         V ic e - p r é s id e n t : M . K l e y e r , é c h e v in                         d es\n                                                                                          B e a u x - A r t s d e l a V il l e do L ié g e ,\nH en ri       V a n d e v eld e ,     G e o r g e s M in n e , M a u ric e\n                                                                                             M em b res :\nB a u e r , A r m a n d R a s s e n fo ss e , A u g u s t e D o n n a y ,\ne tc .                                                                                       M M . H , D a b i n , é d ite u r d e m u s iq u e (m a is o n\n                                                                                         M u r a i lle ), r u e d e l'U n i v e r s it é , L i é g e .\n                                                                                             J . D e f r e c h e u x , r u e B o n n e - N o u v e lle , L ié g e .\n    A l'o c c a s io n d e n o tr e n u m é r o d e J a n v ie r , la\n                                                                                             J . D u p o n t , d ir e c te u r d es C o n c e r ts p o p u la i­\nJ e u n e B elg iq u e a f a i t u n c a le m b o u r .\n                                                                                         re s , B r u x e lle s .\n                                                                                             S y l v a in        D e p u is ,           p r o fe s s e u r    su    C o n se rv a -\n                                     ***\n    M o n sie u r        José      M a r ia      de      H é r é d ia      v ie n t      t o ir e r o y a l d e L i è g e , d ir e c te u r d e l a So c ié té d es\nd' ê tre élu m e m b re            de     l'A c a d é m ie        F r a n ç a is e       N o u v e a u x c o n c e r ts , ru e J a n fo sse, L ié g e .\nqu e le m a îtr e s o u v e r a in             d e s T rophées v e u ille                    E ug .        Isaye.              p r o fe s s e u r     au      C o n s e r v a to ir e\nr e c e v o ir ic i, u n e fo is         d e p lu s , l ’h o m m a g e de                r o y a l d e B r u x e lle s .\nno t r e p ro fo n d e a d m i r a t io n .                                                  D r J o r i s s e n n e , b o u le v a r d d e la S a u v e n lè r e ,\n    E t c ’e st       s u r to u t à l'A c a d é m ie q u e d o iv e n t                 L ié g e .\ns 'a d r e s s e r to u te s f é l ic it a t io n s .                                        L . K e f e r , d ir e c te u r d e l ’ E c o le d e                      m u s iq u e\n                                                                                         d e V e r v ie r s .\n                                         *\n                                     * *                                                     M a u r i c e K u f f e r a t h , d ir e c t e u r d u \" G u id e\n    P e tite s b ê tis e s dos g r a n d s J o u r n a u x : A p r o ­                   M u s ic a l \" , B r u x e lle s .\npos de c ette é le c tio n , i l e s t p a r lé e n               u n q u o ti­             B ic hard            L edent,               hom m e         d e le t t r e s ,      ru e\nd ien fla m a n d , d e M , J ose p h d e Mé r ia d e [s ic ].                           d ’A m e r c oeu r , L ié g e .\n"}, {"page_pdf": 165, "texte": " 148                                                                    LE R É V E IL\n\n\n\n    O c ta v e M a u s , d ir e c te u r d e l 'A r t m o d e rn e ,                E e k h o u d , e t i l fe r a p a r a ît r e p r o c h a in e m e n t\n r u e d u B e r g e r , B r u x e lle s .                                          u n e tr a d u c tio n d e la N o u velle Carthage ,\n    J u le s S a u v e n i e r e ,           h o m m e de le ttr e s , r u e              I l p r é p a r e u n e é tu d e s u r n o tr e lit t é r a t u r e ,\nB a s s e n g e , L iè g e .                                                        e t il a c o n sa c r é nu Réve i l un a r t ic le tr è s é lo ­\n    M . A l b e r t M O C K E L. r u e Léon C o ig n e t, P a r i s ,               g ie u x , en l a r e v u e L ic h tstr a h le n .\n\ns e r a le d élég u é à P a r i s d e la C o m m is s io n ,                              M r Tony           K e l len    p u b lic   a c tu e lle m e n t un\n\n    M , P a u l G é r a r d y , a é té d ésig n é p o u r r e m ­                   r o m a n on la n g u e a lle m a n d e \" D ie Grodel \" q u i\np l i r le s fo n c tio n s d e s e c r e ta ir e de l a C o m m is ­               p a r a ît r a p e u t-ê tr e é g a le m e n t eu fr a n ç a is .\n\ns io n .\n\n    L ’a r t i s t e c h a r g é d e l’e x é c u tio n du m o n u m e n t\n                                                                                       A u x l iv r e s d o n t n o u s a v o n s an n o n c é l a p u b li­\nV . J o s e p h HULOT, s ’e s t m is à l’œ u v re e t p o u r ra\n                                                                                    c a tio n , d a n s la c o lle c tio n du R é v e il, a jo u to n s :\nb ie n t ô t e x p o s e r son p r o je t.\n                                                                                           V ers la     vie , d e R ic h a r d L e d e n t ; u n e s u ite d e\n    L e s s o u s c r ip tio n s s e r o n t reç u e s c h e z to u s les           tr o is d r a m e s e n v e r s in t it u lé s : la F o r ê t , la M e r ,\nm e m b r e s d e l a C o m m is s io n .                                           l a V il l e , fo r m a n t un v o lu m e i n - 8 e d ’e n v ir o n\n\n    U n s o u s - c o m i t é v ie n t d e se fo r m e r à P a r is ,               1 5 0 p a g e s , au p r ix de 3 fr a n c s .\n\ne t s e c o n d e r a p u is s a m m e n t le c o m ité ce n t r a l lié ­             On s o u s c r it c h e z l 'a u t e u r , ru e d ’A m e r c œ u r\n\ng e o is . I l e s t c om p o sé d e M U . V in c e n t d ’I n d y ,                1 2 . L ié g e , ou à l 'a d m i n is t r a t io n d u Réveil,\n\np r é s id e n t,    C a m ille           B e n o it, C h a r le s     B ord es,       P a r a î t r o n t a u s s i, p r o c h a in e m e n t :\n\nP ie r r e   do          B r é v ille ,     A lb e r t   C ah en . A r th u r          Les Hym nes à la N u it e t le s C ha n ts                      s p ir i­\n\nC o g n a rd ,      E r n es t       C hausson,          H en ri      D u p arc,   tu e ls de N o v a lis [ F r é d é r ic d e H a r d e n b e r g ] t r a ­\n\nA u g u s ta H o lm e s e t G u y R o p a r tz .                                   d u its en fr a n ç a is p o u r la p r e m iè r e fo is p a r\n                                                                                   P a u l G é r a r d y e t o rn ée d 'u n p o r t r a it d e No v a lis .\n   I l s e r a d o n n é b ie n t ô t , à L i è g e , u n g r a n d c o n ­\n                                                                                       A to u s c e u x d e ta r on d e, u n l iv r e d e v e r s p a r\nc e r t a u b é néfi ce d e l ’e n t r e p r is e . On y e x é c u te r a\n                                                                                   P au l G érard y,\ns o u s l a d ir e c tio n d e M r J . T h . R a d o u x , le c h e f\n                                                                                       B eux          p e tits v o lu m e s i n - 1 6 , d ’e n v ir o n 100\nd 'œ u v r e d u m a î tr e : Les Béa titu d e s .\n                                                                                   p a g es c h a cu n\n                                                                                       I l s e r a t ir é d e c h a q u e o u v r a g e 300 e x e m ­\n                                          ***\n                                                                                   p la ir e s s u r h o lla n d e V a n G e ld e r à f r . 2 , 50 e t\n   M . T ony K e lten , r é d a c te u r a u J o u r n a l d 'A l ­                20 e x e m p la ir e s do lu x e s u r J a p o n im p é r ia l à\nsace à S t r a s b o u r g r u e d e s V e a u x 9 , a e n tr e ­                  5 fr a n c s .\np r i s d e f a ir e c o n n a ît r e les le ttr e s b e lg e s d a n s                E n s o u s c r ip tio n a u R éveil ou c h e z M . G é r a r d y\nle s p a y s        de     la n g u e a lle m a n d e . I l          v ie n t de   ru e       S t - Rém y,        L ié g e ,   le s    deux        v o lu m e s\np u b lie r u n e b e l l e é d itio n a lle m a n d e d e K ees                   r é u n is : é d itio n s u r h o lla n d e f r . 4 ; s u r J a p o n\nDoori k a v e c u n e in tr o d u c tio n s u r M . G e o rg es                    f r . 7.\n"}, {"page_pdf": 166, "texte": ""}, {"page_pdf": 167, "texte": "         S O M M A I R E DU N U M É R O D E F É V R I E R 1 8 9 4 .\n\n\n Henri de R é g n ie r..................................•     .   Odelette.\n\nFrancis Vielé-Griffin.............................                Chanson de l’Heure triste.\n\nCamille L e m o n n i e r ........................... F ragm en t.\n\nAuguste       J e n a r t ................................ L ’A b y m e.\n\nPaul G é r a r d y .................................... A tous c eu x de la ronde.\n\nEdmond De Bruyn................................ Paroles p ou r m a C am pine.\n\nLionel des R i e u x ................................U n soir.\n\n                                              Tablettes.\n\n\n\n\n              G a n d , lm p . cen tra le, D . D e K eukelaere, rue longue d u V e rg e r, 31,\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 2, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1894-02", "signet_source": "IVe année - N°2 (nouvelle série) - Février 1894", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 120 (« IVe année, n° 2, février 1894 ») et sur le sommaire de la quatrième page de couverture, PDF 167. Les titres courants des pages portent encore « Janvier 1894 », ce que corrige l'erratum du PDF 121.", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}