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TOUCHARD, FRAPPARTETc\n                                                   (\n\n                                Secrétai?·es de la Rédactio11 :\n     \"        PAUL SAINTE-BRIGITTE et SANDER PIERRON.\n\n\n                                            Bel                  l, 3 francs, six mois, 1,75 francs,\n           Abonnements :\n                                                              , - 4 franes,       ,     2,25    ,\n~~                                                                                                                   ~~\n ~];------------Im-p-.-M-.V-A_N_D-ER_A_l~1W_E_R_A_ll_•w-J~c,-u,-.,-.t,-13~.~~~~o-Je~nb-cc~k~~-,~-xe~•ll-es-.-----------~~~~\n"}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1892-11-n2-004", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 20, "page_fin": 21, "titre_corps": "Burch Mitsu", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Eekhoud", "ancre_debut": "B U R CH          MITSU                                   ( S u ite .)        SURPLOMBANT le zi", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 35, "page_imprimee": 20, "debut_caractere": 75, "fin_caractere_exclue": 2208, "texte": "B U R CH          MITSU\n\n\n                                ( S u ite .)\n\n      SURPLOMBANT le zinc poli du com ptoir, des pintes de calibres variés\n      alignent leurs régim ents bien fourbis et attendant leur mobili ­\n       sation pour les batailles d’ale et de stout. Gigots e t roastbeafs\nfroids, jam bons d’York imposants et m ajestueux à l’égal de queen\nVictoria sanguinolent sous des clocbes qui sont de véritables coupoles\nde Panthéon et, de temps en tem ps, avec un geste d’ogresse apprivoisée,\nla bazine, une Ostendaise britannisante, après avoir repassé son\ncoutelas, découpe une large trange que le capitaine de navire, le m ate\nde chaloupe, le yachtsm an, le débarqué do la m alle, reluquent d’un\nœil carnassier.\n   O la confortable et ragoûtante auberge !\n   Le plaisant va e t vient des gens de m er, depuis le p etit mousse\nim berbe et joufflu jusqu’au tim onier hirsute qui s’y am ènent, bras\nballants, jam bes roulantes. Ce sont des F rançais de D unkerke, patau­\ngeant ju sq u ’aux fesses dans des bottes béantes, aux hardes lâches et\ndébraillées, d’un blanc douteux, striées de viscoçités, coiffés d’une\nm anière de casque-à-méche, porteurs de noms superbes comme des\nappels de clairons bibliques : M arie-Saint-Esprit des Anges ! — des\nAnglais, en gros bleu, au béret rejeté en arrière, moins hâbleurs,\nplus propres, mais hargneux et despotiques ; puis les pêcheurs osten­\ndais même, d’aspect et d’allure placide, de beaux gars, les m eilleurs\nenfants de la terre, un peu dépaysés, gauchis ju sq u ’à en paraître\npiteux et godiches, dans cette taverne cosmopolite où leur concurrents\nde Grimsby et de Ramsgate autrem ent protégés et défendus par leur\ngouvernem ent que nos m arins belges, se comportent comme a t home.\nA certaines intonations, à des échanges de regards, à des lampées\nqui sont des défis, je pressens plus d’une fois des p arties de boxes et\nde couteaux qui se lient d’une tablée à l’autre.\n  Quoique notre baes, un grand diable d’Englisch, ancien forban,\ndemeuré quelque peu contrebandier, penche naturellem ent du côté de\nses anciens compatriotes, il se pique d’im partialité et il expulserait\n"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": 21, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2767, "texte": "                            LA R E V U E ROUGE                          21\n\n\nl’agresseur quel qu’il fût de sorte que les chamaillis qui couvent\net s’alim entent ici dans les fumées du houblon et de l’alcool, n’éclatent\ngénéralem ent qu’au dehors, plus loin et plus tard.\n   En attendant, les heures s’écoulent benoîtement on veillées vocales\net chorégraphipues. Song and dance ! Séances dont les étrangers sont\nles frais.\n   Romances d’un bleu de myosotis, chantées avec une componction\nde prem ière communiante p ar des gabiers barbus, et mal équarris qui\nfont rouler à bord les jurons plus âcres que leur chique et plus abon­\ndants que leur salive ! E t des bourrées ! E t des bagpipes ! A mesure\nque les pieds du danseur, un pilotin m em bru, tricotent de plus en\nplus vertigineusem ent, sa physionomie devient de plus en plus grave\net se revêt d’on ne sait quelle expression nostalgique. Puis, sa\nperform ance achevée, souriant, il fait la collecte au profit des petiots\nd’un ancien qui a bu le grand coup ou, sim plement — pardi ! il a\nraison de l’avouer, la monnaie n’en pleuvra pas moins dans son béret\n— au profit de l’équipage en bordée.\n   Que de soirs déjà lointains, de m aritim es et taciturnes soirs passés,\nen fumerie, eu beuverie, à observer, à écouter, à m’engoisser délicieu ­\nm ent, comme en un rêve ! La béate torpeur après les beignades et les\n excursions de la journée ! Dans la porte ouverte s’encadrent, de plus\nen plus sombres, le velours bleu de la nuit ou le rubis d’un fanal au\nsommet d’un m at scintille à coté du b rilla n t d’une étoile... Good night.\nLes m atelots lourdem ent dém arrent et leurs pas traînards s’éloignent\ncadencés.\n   Mais, à l’écart, dans les ténèbres des quais extrêm es ou dans le\ndernier bouge ouvert aux hourvaris et aux bagarres noctam bules\néclate le cris de ralliem ent des anciens Kerels : H arop ! H arop !\n   Sous le Flam and abalourdi et passif rep araît le cher mauvais cou­\ncheur des communes. En garde les Anglais ; toi le roucouleur de\ncantilénes et toi le talonneur de gigues ? En garde ! H arop ! H arop !...\n   Le m atin, en ouvrant ma fenêtre, je contenple alignés côte à côte,\nrapprochés frileusem ent, agitant au sommet de leurs mâts une petite\nlangue de drapeau, la flottille des bateaux de pêche. Un peu plus tard,\nils ont disparu comme p ar enchantem ent. Le bassin est désert. Pas une\nbarque n’est restée au port. Elles ont prestem ent déployé leurs voiles\net, rem orquées par équipes, jusqu’à la sortie du chenal, elles ont\nrepris la m er à marée haute. En revanche, quelques heures après\nà condition que la m er soit propice, toutes seront revenues à quai.\nAinsi les pigeons s’envoient et voyagent de compagnie.\n\n  ( A continuer).                                  G eorges E e k h o u d .\n"}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1892-11-n2-005", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 22, "page_fin": 22, "titre_corps": "Vers : Ève après la chute", "titre_sommaire": "Vers", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "22 YERS. 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Les biens de la terre son", "ancre_fin": "o b e r t .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CROQUIS         d' A u to m n e.     Une grande rafale vient", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": 23, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 2767, "texte": "FLAQ_UEFAIM.\n\n                                              Les biens de la terre sont don_\n                                            nés à quelques-uns pour le bien-\n                                            être de tous.\n                                                      (Religion chrétienne.)\n\n      E soir.   Se closent, l'un après l'autre, les estaminets étroits,\n       avec un grincement triste Q.es volets et s'éteignent, en bonsoir\n       brusque, los lumières, après la poussèe au dehors, par le baes\nen hâte de dormir, des sans-le-sou, dont les trois cens dernières ont\npayé un peu de genièvre avalé lentement.\n   Ils sommeillaient de si belle quiétude, les pauvres diables, dans la\nchaleur lourde de ces salles basses, embrumées de fumées grises,\nempuanties d'alcool.\n   Ils vont dans le soir froid, ramenant leurs loques en puéril préser-\nvatif, leurs souliers éculés clapotant dans la dégelée.\n   Ils vont par les rues mornes, regardant d'envie l'enfilade éteinte\ndes maisons, où l'on doit si bien se reposer en la tiédeur des lits ;\ncroisant les emmitouflés, retour de rire, qui se reculent du frol de\nleurs vêtements sonlidPs, ou df>passant un pochard .blême qui étoile\nln sol de son degueulis.\n   Oh ! ce,; joies de,s hemeux inconscients des misères cotoyées,\nsubies avec quelle fierté ! Tout cet argent, dépen.~é en boire exce~sif\net aboutissant de quoi vivre, pour beaucoup, pendant au moins un\njour!\n   Et ils filent plus attristés, accélérant leur marche lamantable, le\ndos rond. sous l'œil soupçonneux des o;;ergents de ville, en crainte do\nl'amigo, avec ses promiscuités et son interrogatoire humiliant ; en\ncrainte, aussi d'Hoogstraeten peut-être, car c'est alors l'impossibilité\nde trouver du travail ; vagabond dit voleur et taré à nonrbre de ]Ji-\ngeurs étroits !\n   Certains de ces traine-misère, à qui n'en répugne l'aveu, s'en vont\n demander un repos fébrile aux asiles de nuit, hemeux s'ils ne l0s\ntrouvent remplis d'éreintés comme eux ; mais le~ autres, plus fiers\n ou plus honteux, en toujours appréhension, d'ailleurs, d'inscriptions\n sur des papiers officiels ou d'une inquisition possible de la police, ,cPt\n épouvantail des humbles, préfèrent s'affaler trop las enfin, dans\nquelque recoin d'impasse où nul ne i;'aventnro, ou se tasser dans\nl'ombre propice d'une porte cochère.\n    C'est alors une heure ou deux do sommeil lourd, inquiet, qn'intor-\n rompent hientôt les cabots sonores des charrettei; <le maraîchers\n roulant vers le marché léurs flancs bondés de victuailles. Et los\n misérables se lèvent, ongourdts, les yeux clignotants, traiuant leurs\n corps moulus vers la Grand'Place où, en portcmt, ventre vide, d0s\n"}, {"page_pdf": 39, "page_imprimee": 24, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 403, "texte": "   24                      LA R E V U E R OUGE\n\n\n\ncharges de comestibles, ils pourront récolter péniblem ent quelques\nsous, souffrant d’avantage de vouloir rester honnêtes alors que s’avi ­\nvent les tiraillem ents de la faim ....\n\n  L ’aube blême éclaire lugubrem ent leur faces, plus blêmes encore.. .\n                                                   M a t h ia s R o b e r t .\n\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1892-11-n2-008", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 24, "page_fin": 24, "titre_corps": "Croquis d'automne : Les chemins à ornières", "titre_sommaire": "Croquis d'automne", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CROQUIS         d' A u to m n e.     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J ’ai vu", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 40, "page_imprimee": 25, "debut_caractere": 84, "fin_caractere_exclue": 1571, "texte": "Derniers rayons.\n   L a grande rafale em portant le tourbillon de feuilles jaunies s’en est\nallée au-dessus des landes et des sapins, elle a visité les ravins de\nsables et les ornières des chemins.\n   Elle a chanté dans les aiguilles vertes des vieux résineux ; devant\nelle ont tournoyé des vols d’étourneaux affolés et m aintenant elle\nespère m ollement, lasse d’aller ; les feuilles m ourantes se sont mélées\nà d’autres feuilles déjà mortes, au fond d’un fossé bordé de prêles...\n                                     *\n                                   * *\n   Des bois roux, des coins perdus des landes s’exhalent les senteurs\nde tourbe et une vague odeur de miel, reste du dernier printem ps.\n   Un chant triste monte avec elles de toutes choses.\n   C’est fini à présent des grandes joies énsoleillées de l’été ; il règne\nsur toute la nature qui s’endort, une mélancolie douce, douce qui\nm ourra aussi quand viendront les grands froids de l’hiver. E t elle\nm ourra bientôt car l’hiver c’est dem ain...\n   Alors les papillons égarés autour des dernières fleurs, se changeront\nen papillons de neige blanche. Il y en aura tan t et tant, que l ’on ne\nverra plus les fleurs sous leurs ailes légères, posées sur la terre,\nendormies.\n   Quand viendront les soirs glacés, leurs ailes fines brûleront d’un\ndernier feu rouge; puis ce sera le sommeil, le silence, la Mort.\n                                                L u c ie n J o t t r a n d .\n  Septembre 1892.\n\n\n\n\n                      "}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1892-11-n2-010", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 25, "page_fin": 26, "titre_corps": "Rimes folles : Pour une inconnue", "titre_sommaire": "Rimes folles", "rubrique": "", "signature_source": "Paul Sainte-Breigitte", "ancre_debut": "R I MES       F    OLLES                                             Pour une inconnue.        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Vous vous en\nsouvenez ?\n   — Si je m ’en souviens, dit-elle en riant, le jo u r où vous m ’avez\nfait votre déclaration , ou vous m’avez em brassée.\n   — Je venais de passer mon baccalauréat, je devais diner chez vous\nav an t de reprendre le train. Votre père était en voyage, et vous étiez\nseule à la maison, nous dînâm es en tête à tète. Oh ce diner ! je m ’en\nsouviens comme si c’était d’hier, les moindres détails en sont restés\nfixés en mon esprit avec cette sorte de netteté photographique que\ngardent certains souvenirs d’enfance ; c’est resté pour moi une de\n"}, {"page_pdf": 42, "page_imprimee": 27, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2846, "texte": "                             LA R E V U E ROUGE                       27\n\n\nces souvenances chères et dorées dont on caresse les jours de tristesse.\nDieu que vous étiez jolie en ce tem ps là, cousine. Vous aviez de\nlourds bandeaux noirs qui tom baient gracieusem ent sur vos tem pes\nencadrant la blancheur de votre front aux lignes pures ; et des yeux !\nde jolis yeux bruns qui me rendaient fou. Ah ne riez pas cousine, je\nvous ai aimé bien fort, bien sérieusem ent.» Il disait cela lentem ent,\ntristem ent avec un air de regret et il la regardait les yeux humides.\n   “E t ce jo u r là, continua-t-il, vous avez é té si jolie, si gracieuse,\nvous vous étiez si gentim ent moquée de moi que vous m ’avez rem pli\nd’une griserie qui em porta m a tim idité native.\n   E t après le diner nous sommes allés nous prom ener dans le jard in ,\nau bras l’un de l’autre vous vous en souvenez? Je vous sentais frisonner\ncontre moi et j ’avais une envie folle de vous em brasser.\n   Je sentais la chaleur douce de votre corps au travers des étoffes et\ncette chaleur m ’était délicieuse comme un baiser. Votre jolie main\nposée dans la m ienne, me causait la rapide, la divine sensation de\ncette folie, de cette ivresse qui donne aux am oureux plus de bonheur\nen un tressaillem ent que n’en peuvent cueillir en toute leur vie les\nautres hommes.\n   E t vous vous penchiez, vous vous abandonniez sur mon épaule, et\ntout-à-coup votre joli visage se trouva près de m a bouche. Je vis\ntrouble alors, j ’eus une m inute de folie je perdis conscience des\nchoses et je vous em brassai. E t puis pour m ’expliquer, pour me\nfaire pardonner ma brutalité, je vous dis mon am our, mon amour\nprofond, mon am our comprimé et tim ide.\n   E t gentim ent vous avez repris mon bras en m e disant : Alons\nfaisons la paix, parlons d’autre chose ; mais surtout ne recommencez\npas, Monsieur mon cousin, parceque si vous recommenciez, je serais\nobligée de vous en vouloir.\n   Ah ce fut une journée délicieuse, une journée qui au rait dû durer\ntoujours. Mais hélas, comme tous nos moments de bonheur, elle\npassa avec la rapidité d’un rêve.\n   Vers le soir votre père ren tra et je dus partir.\n   Ah je vous ai beaucoup aim ée cousine!\n   E t pourquoi n ’ai-je pas dem andér votre main ? oui pourquoi hélas !\nfut-ce délicatesse ou niaiserie ? peut-être les deux ?\n   Quand je me suis trouvé établi, en âge de me m arier, vous étiez\nlibre encore et mon cœ ur n ’avait point changé.\n   Mais vous n’étiez plus la jolie et rieuse fillette d’autrefois, vous\nétiez une belle demoiselle de vingt ans, aim able et correcte, toujours\navec un front de madone, mais im pénétrable m aintenant, vous aviez\ncet énigm atique sourire qu’ont souvent les femmes et autravers\nduquel on ne voit jam ais le fond de l’âme, vous aviez l’expérience de\nla vie qu’ont à vingt ans toutes les jeunes filles modernes.\n"}, {"page_pdf": 43, "page_imprimee": 28, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2521, "texte": "  28                        LA R E V U E R OUGE\n\n\n\n    M’aimiez-vous ençore, entourée que vous étiez de jeunes gens\nriches et spirituels ?\n    M’avez vous jam ais aim é. Si vous ne m ’aviez pas repoussé le jo u r\noù je vous avais avoué mon am our, n’était-ce pas une vanité de\npensionnaire qui se sent aim ée pour la prem ière fois. E t puis quand\nmême j ’aurais été certain de votre am our, avais-je le droit, moi parent\npauvre, de vous arracher à votre luxe, à vos relations mondaines! Car\n si votre père gagnait gros, il dépensait de même.\n    Une fois m arié n’auriez vous pas regretté votre, sacrifice. Je me\n disait tout cela et des solutions me venaient. Elle du rèren t longtemps,\n bien longtemps ju sq u ’au jour où vous épousiez Serval. Ah cousine,\ncela m ’a fait bien souffrir !\n    — «Ce n ’étais pourtant pas à moi à dem ander votre main cousin\ninterrom pit-elle, comme p o u r répondre à un reproche d e son regard.\n    Mais il continua sans répondre. Ah m isérable raté que je suis, un\n  raté du bonheur, de la vie, un inutile, un incom plet, \" c ’est bien cela.\n    Des portions de supériorité et d’étranges suffisances.\n    Une moitié d’homme de lettres, construisant des plans de romans\n qu’il n ’a jam ais eu la puissance d’écrire.\n    Un sens de l’observation intim e qui aurait pu devenir du talent,\n avec un peu d’effort, et pas la m oindre volonté. Une imagination\n d’enfant et une nervosité de femme ; pas la m oindre virile énergie.\n    E t puis je l’ai usée mon énergie, je l’ai usée dans nne sorte de\n libertinage sentim ental qui fit de moi une m anière d’homme à bonnes\n fortunes.\n    Car j ’ai eu des am ours après votre m ariage et même de honteuses\n amours, j e sens deux hommes en moi l’un qui aime les filles impu­\n diques et corrom pues, l’autre un sentim ental, un délicat, un romanes\n que aim ant parceque l ’am our est noble et sacré, ah j ’ai raté ma v ie !\nj ’ai ra té ma vie.\n    Voilà de singulières confidances n ’est-ce pas cousine, m ais voilà\nlongtemps que cela me roule dans le cerveau et j ’avais besoin de\nm’ouvrir à quelqu’un.\n    Qui pouvais-je choisir m ieux que m a vieille a m ie ? ajouta-t-îl avec\n un soupir.\n    — Allons cousin, répondit Mme Serval, ce n ’est pins le moment de\n regretter le passé. Tout cela, ce sont des folies de jeunesse auxquelles\n il ne faut plus penser que pour en rire.\n    E lle disait cela en souriant m ais elle avait un regret dans la voix.\n                                                       J ean B rézal.\n       Septem bre 1862 .\n"}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1892-11-n2-012", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 29, "page_fin": 29, "titre_corps": "Artiste pauvre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Sander Pierron", "ancre_debut": "A RTISTE          PAUVRE,                                      A mon ami le peintre A . 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Le souvenir de ses années de\nlu tte et de sacrifice m élancolisent son cœur. Rien ne lui sourit,\nl’indifférence le tue.\n   Depuis h u it années que dure cette lutte, exténué il succombe. La\nvolonté l ’abandonne, il déespère. Sa conviction même, cette conviction\nqu’il croyait si sincère et si noble, lui apparait fausse à présent. Sa\npensée vogue dans la cham bre, s’arrête devant l e s toiles, ces œuvres\nchoyées et, aimées qu’il exécuta jadis avec tan t d’ardeur et qui\ngardent chacune un lam beau de son âme et une partie de ses\nillusions.\n   Une femme entre ; le vieux tapis am ortit le bruit de ses pas. Elle\nest belle et très pale, comme nimbée d’un vaporeux voile. Sa figure\naussi revèle la souffrance, et ses yeux gardent en leur béatitude la\ntrace de larm es qu’elle doit verser bien souvent. Devant le peintre\nelle s’arrête le front plissé de souci, et ses prunelles le couvrent de\nbien doux et profonds regards. Ses m ains blanches et amaigries\ncaressent la chevelure du jeu n e homme et s’y m êlent et se confondent\navec ses fils d ’argent. Il relève lentem ent la tête, contemple la\nchaste vision, va à elle, et comme causant à une madone lui dit avec\nrespect et avec am our : “Près de toi je suis le plus heureux !\n                                                  Sa nder   P ie r r o n .\n"}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1892-11-n2-013", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 30, "page_fin": 31, "titre_corps": "Chronique théâtrale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry Le Boeuf", "ancre_debut": "CHRONIQUE TH E A T R A L E              THÉÂTRE DE LA MONNAIE. — L o", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 45, "page_imprimee": 30, "debut_caractere": 59, "fin_caractere_exclue": 3220, "texte": "CHRONIQUE TH E A T R A L E\n\n            THÉÂTRE DE LA MONNAIE. — L o h e n g r i n .\n     C’est une reprise presque annuelle que celle de Lohengrin à la\n Monnaie. L’œuvre, en effet, est propice à une prudente initiation\n w agnérienne, et son allure, révolutionnaire à son apparition, est\n devenue toute naturelle aujourd’hui, au milieu des essais audacieux\n de la jeune école musicale. Lohengrin est resté pourtant un opéra\n bien construit et d’une impression forte, pourvu de qualités déjà\n puissantes, et qui le feront rester longtemps à la scène. Malgré la\n diversité des passions si instenses qui se h eurtent en un conflit habile,\n l’œuvre reste toujours puissam m ent une, dans son m ysticism e élevé\n et soutenu, si grandem ent exprim é p ar l’adm irable prélude.\n    C’est cette impression hautem ent artistique, ce sent m ent génial de\n pure religiogité que nous regrettons n’avoir pas ressenti à la Monnaie.\n L ’exécution accuse une préparation hâtive ; la m esure y est, sans\n doute ; mais il n’y a qu’elle. Le splendide crescendo à l’arrivée de\n Lohengrin, et en général les portées où l’orchestre joue le rôle\n prépondérant, m anquent de ce relief nerveux et vigoureux qui éclate\n dans toute œuvre wagnériennc, de ce relief que M. Dupont sait si\n bien im prim er aux ensembles instrum entaux. C’e st gris, incolore, d’un\n mouvement trop Uniforme, souvent trop rapide et un peu exubérant\n quand il faut accompagner la voix. — Il y a là sans doute de nombreux\n et excellents artistes, m ais M. Flou n’a pas d’autorité ; son bras ne\n \"tie n t \" pas assez l’ensemble, et son geste m anque de chaleur et\n d’élan,\n    Mlle Chrétien est toujours l ’in te lligente et consciencieuse canta­\ntrice m ettant au service de son rôle toute la richesse de sa voix, si\n nourrie et d ’une émission s i facile. Un peu trop de zèle seulem ent\n dans la mimiques, et des accents de passion assez factices. —\nM. Seguin un it à de puissantes qualités de chaleur cette compré­\n hension exacte du personnage qui fait de ses rôles presque une\n création. — Nous connaissons également dans le rôle d’O rtrude,\nMlle Wolf, dont le talen t habile a progressé depuis l’an dernier, et\n et qui joue avec un sentim ent très dram atique les sombres scènes du\n2e  acte. — Quant à Lohengrin, M. Lafarge nous avait gâté. On s’est\nsouvenu, — uu peu trop, p ar m alheur, — du caractère si élevé qu’il\navait su donner à cette belle figure; quelle aisance dans l’allure,\nquelle suavité dans les dem i-teintes, quelle sobriété dans le geste !\nM. M urates a pourtant une voix fortem ent établie ; mais il la con­\n duit avec inexpérience, et la douceur chez lui consiste, à voiler\ndésagréablem ent son chant. Il m anque enfin de grandeur et m ysti­\ncisme ; ce Lohengrin ést trop terrestre et trop bruyant.\n   Quant aux chœurs pour ne prendre qu’un exemple, celui des fian­\nçailles a été \" brossé \" et rapidem ent enlevé, — à l’exclusion du senti­\nm ent artistique le plus prim itif.\n   Enfin, — ceci n’est plus de la critique, — ne pourrait-on, une fois\nfois pour toutes, supprim er cette m alencontreuse ficelle qui agite\nau dernier acte, la tête du cygne en salutations béates et m esurées ?\n"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": 31, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3503, "texte": "                            LA B E V U E BOUGE                                 31\n\n\nRien n’est plus puéril ni plus ridicule, et le spectacle de l’oiseau\néclatant dans le je t de lum ière bleutée, est assez réussit pour ne pas\nle gâter p ar cette sotte et inutile invention.\n                                      *\n                                    * *\n        THÉÂTRE DU PARC. — L a p r i n c e s s e G e o rg e s .\n    De tout l’œuvre de Dumas fils, la Pricesse Georges est sans contre­\ndit l’une des pièces vivantes, comme rapidité d’intrigue, et les plus\ncaractéristiques, p ar ses qualités comme p ar ses défauts. En effet,\ncette action exceptionnelle pose un problème d’un intérêt déjà moin­\ndre à notre époque, et de plus, elle ne peut arriver à le résoudre par\ncette déroutante conclusion.\n   Ce système, qui veut développer une idée unique à laquelle tous\nles élém ents doivent concourir, nous semble plus voulu, plus forcé,\net contraire à l’idéal de réalism e qui seul peut produire du théâtre\nvrai. Néamoins l’œuvre a de belles et fortes qualités, une adm irable\nexposition qui campe im m édiatem ent chaque personnage, un plan\ntoujours suivi, uue habile disposition des scènes, une savante garda ­\ntion de l’intérêt.\n   L ’exécution de cette comédie au P arc, accuse quelques progrès\naccomplis depuis les débuts de la campagne ; mais l’ensemble garde\nnéamoins une hésitation pénible, un manque d’aisance dans le dialo­\ngue, d’égalité dans le ton. Les tem péram ents différents des comédiens\nsont trop m arqués ; la conversation a trop de décousu et la tonalité\nvarie à l’excès. La troupe contient cependant de bons élém ents. A\nnotre sens Mme Archam baud de N iéric dram atise outre mesure le\ndifficile personnage de la princesse : c’est presque de la tragédie.\nSéverine est plus sombre, plus intim em ent et profondement blessée ;\net l’intensité de la colère jalouse, en des éclats de voix moins répétés,\neût été plus frappante. Mme Archam baud possèce un organe riche et\nflexible, qui sait se faire caressant dans les câlineries de la passion ;\nsa m usique, souvent sobre et ju ste est aussi trop hâtive, comme dans\nle je u de scène de la fin du 1er acte, p ar exemple Mme de Pontry a\nrem pli le rôle de Sylvanie avec une placidité voulue, et une froideur\nrêche dans la voix allant ju sq u ’à l’excès. Mme Mégard a plus de charm e\nelle a détaillé avec quelque esprit, et le laisser-aller confiant qui la\nrendait déjà si personnelle l’an passé, la jolie scène de caquetage du\n2° acte. — M. Liverani fait du prince de Bivac une création hésitante\nillégale et assez grise ; la voix trop sourde au début, a de brusques\nsorties qui détonnent. — M. Stéphane a des accents justes dans la\npersonnage du notaire, e t M. Dubroca joue finement l’invraisemblable\nrôle de Victor. — Enfin M. Robert est suffisament “ sanglier,, en comte\nde Tenemonde.\n                                                    H e n r y L e B oe u f .\n                                     *\n                                     * *\n   Une fort belle reprise, au Théâtre Flam and, de L iejd ed rift, l’œuvre\nsi vivante de M. de Tière. L’interprétation très soignée, a mis en\nlum ière une fois de plus les talents solides de Mme Rans. MM. W iche ­\nler, A. H endrickx.— La direction annonce une campagne bien fournie\nun vaudeville de G. H endrickx, une opérette de Teirlinck-Styns et\nM iry, ’t is u it L iefd e, dont on dit grand bien. Enfin les répétitions de\nCharlotte Corday prom ettent une exécution parfaite en tous points.\n"}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1892-11-n2-014", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 32, "page_fin": 32, "titre_corps": "Grappillages", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "G R A P P IL L A G E S .    Nous avons eu l'occasion", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 47, "page_imprimee": 32, "debut_caractere": 87, "fin_caractere_exclue": 4489, "texte": "G R A P P IL L A G E S .\n   Nous avons eu l'occasion d’entendre, l’enseignement, que dans la religion,\nle 30 octobre, à l’académie, l’exécution        l ’administration, la justice, le droit d’as­\nde la cantate “ Audromède» qui a valu à sociation. C’est un tableau indiqué\nson auteur M. Smulders, le 1er second et complet des misères d’un peuple op­\nprix du concours de composition musi­ primé, une attaque vigoureuse et enfla­\ncale de 1891. — Nous y avons reconnu m ée contre l’oppression morale et pro­\nde fortes qualités dramatiques, une gressive exeercée sur la fière race de\ninspiration assez libre quoique peu sou­ l’ancienne Daacie Tragane. Ce ne sont\ntenue et n ’excluant pas certains remplis­ pas de simples paroles ; les preu­\nsages. — Après u n début assez laborieux, ves et les faite remplissent toutes les\naux réminescences un peu nombreuses,se i pages, disposes en habile gradation,\ndéveloppe la marche des prêtres d’Am­ amenant la conclusion naturelle “les\nmon, rappelant fort, comme système de Roumains démandent à être en Hongrie\nconstruction, les cortèges du 3e acte de une nation libre, jouissant de la liberté\nParisfal. Assez lourde et longue cette au même titre que la nation magyare,\nmarche, et faisant preuve d’une légère ayant les mêmes obligations et les mêmes\ninexpérience dans l’emploi des cuivres. droits.\" Au lieu du gouvernement ma­\n— Une des plus belles pages de l’œuvre gyar centralisateur, les Roumains veu­\n est la fin de cette 2e partie, pleine de cou­ lent être un état organisé, ayant les\nleur, d’animation, de passion, et très mêmes privilèges, et vivant sur le\nlibrement conduite jusqu’à la fin .— Les pied de la plus complète liberté natio­\nexquises harmonies qui ouvrent la partie nale. — Le pamphlet est écrit dans\nsuivante sont plus personnelles de fac­ un style ferme, à l’allure fière et con­\nture, de même que les comentations vaicante, que la traduction française à\nd’Audromède. d’un sentiment très juste ; su heureusement lui conserver.\nla danse des Néréides, qui semble une\nbacchanale de foire, nous a rappelé par             Le nouvel opéra en 4 actes de Jan\ncontraste, le morceau si léger et délicat      Blockx,    Mettre M artin, dont le sujet est\nde M. Paul Lebrun, dans le même sujet; tiré d’une nouvelle d’Hoffmann, passera\nl’arrivée de Persée se ressent de souve- le 24 court à la Monnaie ; les répétitions\nsouvenirs wagnériens bien vivaces; — en sont activement poussées.\nenfin le finale est largement et vigoureu­\n                                                   Pour paraître chez l’éditeur Lacom­\nsement traité.\n                                               blez : Les récits de Nazareth, par Eugène\n   En considérant les conditions où ces\n                                               Demoldes ; pour la fin de l ’hiver, Sous\nœuvres sont produites, l’Audromède de\n                                               la Couronne, le nouveau volume de vers\nM. Smulders accuse évidemment un sen­\n                                               de Albert Giraud ; du Siècle de Shake­\ntiment très musical et un louable souci\n                                               spaere, par Georges Eekhoud, qui paraî­\nd’originalité; mais nous croyons que le\n                                               tra vers la fin du mois.\ntalent du lauréat s’accommoderait mieux i\nd ’une action théâtrale que d’un poème             L ’exposition du cercle Pour l’A rt,\nsymphonique, visant surtout à la décora­ s’est ouverte le 12 novembre. La ferme­\ntion représentative.                           ture aura lieu en décembre. Au pro­\n                                               chain numéro la chronique de notre\n   A propos de la question roumaine, ce\n                                               critique.\nproblème de passionante actualité, les\nétudiants roumains de Transylvanie et              Nous avons reçu un receuil de six\nde Turquie ont lencé en Europe une mélodies pour piano d’un de nos jeunes\nbrochure très curieuse, et qui donne compositeurs M. Weyts. Ces morceaux\nl’explication complèie de ce conflit me­ sont fort jolis et d’une musique très évo­\nnaçant. — Les auteurs examinent tout cative, les deux surtout faites sur les\nd’abord la situation créée parles magyars poésies de notre ami et collaborateur\naux Roumains de leur pays, accumulant M. Robert.\nune à une les vexations, aussi bien dans           Editeur: M.Vanderauwera, à Bruxelles.\n"}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1892-11-n2-015", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "J MPRIMERIE- ~ITHOGRAPHIE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 49, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1107, "texte": "J MPRIMERIE- ~ITHOGRAPHIE\n\n\n              VANBERAUWERA\n                                                                  l,.           __ ,\n\n                          ~ue c:J'ennàzl, JJ                            ... '\n                                                                           ..\n                                                                    ~\n\n\n\n\n           (PRÈS DU BOULEVARD LÉOPOLD II )\n                                Molenbeek-Bruxelles.\n\n\n\n           IMPRESSIONS COMMERCIALES ET ADMINJS'l'R.ÀTIVES\nSpécialité de circulaires, factures, enveloppes, , journau~, souches,\n              titres pour Sociétés, prix-coura11ts, etc.\n    INSTALLATION SPÉCIALE POUR AFFICHES\n\n                         Lettres de décès en 1 heure.\n                  PE.tit·&l'tAR.:MES lEliN TOUS Gli:Hl\\ES\n                                FABRIQUE DE RÉGISTRES\n\n            CARTES DE VISITE ET D'ADRESSE\n                          Maté?'iel r!U!carmiq1ee perfectionné,\n        pe~-metta'll!t   d'ent?·epre11dre les travteux les plus importants.\n\n\n\n\n                                 CASE A LOUER\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 33, "texte": "         . ~1- '-<-;v\n     ~                                                           ~·~0~\n                                                                                                                   ~~~\n~ç~~\n 0 ! ------·----------------------------------------------------\nH.                                                                  ~y\n           PREMIÈRE ANNÉE__                                N°2                         NOVEMBRE 1892\n\n\n                                               Le Numéro 2~ centimes.\n\n                                                            SOMMAIRE:\n                                           Vau-la-Rue, (suite), CAMILLE LEMONNIER, Bm•ch Mitsù, (suite),\n                                           GEoRGES EEKHOUD,      Vm·s: \"'GÉo MAuVÈRE, Claquej'aim, MA-\n                                            THIAs RoBERT,     C1·oquis d'automne, LuCIEN JoTTRAND, Rimes\n                                             folles, PAUL STE-BRIGITTE, Monsieu1· Mm·bois, JEAN BRÉ-\n                                               ZAL, A1·ttste paum·e, SANDER PIERRON, Chronique Tltéâ-\n\n                                                  trale : HENRY     LE BŒuF, 61'appillages,       ***.\n\n\n\n\n                                                                  Rédaction et Administration:\n\n\n\n\n                 MENSUELLE\n\n           de ~'tlézalure, clt!icl\n                               ET\n\n\n\n\n                   Collaborateurs :\n           GEORGES EEKHOUD, EMILE VERHAEREN,\n             CAMILLE LEMONNIER, EMILE v ANDER-\n             VELDE, D• CHARBONNIER, FR.!Nz DEL-\n             BASTÉE, MATHIAS ROBERT, ELSLANDER,\n             P. ARMEN, HENRY LEBŒUF, JEANBRÈZAL,\n\n                                       )   -·-\n             GÉoMAUVÈRE,G. TOUCHARD, FRAPPARTETc\n                                                   (\n\n                                Secrétai?·es de la Rédactio11 :\n     \"        PAUL SAINTE-BRIGITTE et SANDER PIERRON.\n\n\n                                            Bel                  l, 3 francs, six mois, 1,75 francs,\n           Abonnements :\n                                                              , - 4 franes,       ,     2,25    ,\n~~                                                                                                                   ~~\n ~];------------Im-p-.-M-.V-A_N_D-ER_A_l~1W_E_R_A_ll_•w-J~c,-u,-.,-.t,-13~.~~~~o-Je~nb-cc~k~~-,~-xe~•ll-es-.-----------~~~~\n"}, {"page_pdf": 34, "texte": ""}, {"page_pdf": 35, "texte": "  20                       LA R E V U E RO UGE\n\n\n\n\n                        B U R CH          MITSU\n\n\n                                ( S u ite .)\n\n      SURPLOMBANT le zinc poli du com ptoir, des pintes de calibres variés\n      alignent leurs régim ents bien fourbis et attendant leur mobili ­\n       sation pour les batailles d’ale et de stout. Gigots e t roastbeafs\nfroids, jam bons d’York imposants et m ajestueux à l’égal de queen\nVictoria sanguinolent sous des clocbes qui sont de véritables coupoles\nde Panthéon et, de temps en tem ps, avec un geste d’ogresse apprivoisée,\nla bazine, une Ostendaise britannisante, après avoir repassé son\ncoutelas, découpe une large trange que le capitaine de navire, le m ate\nde chaloupe, le yachtsm an, le débarqué do la m alle, reluquent d’un\nœil carnassier.\n   O la confortable et ragoûtante auberge !\n   Le plaisant va e t vient des gens de m er, depuis le p etit mousse\nim berbe et joufflu jusqu’au tim onier hirsute qui s’y am ènent, bras\nballants, jam bes roulantes. Ce sont des F rançais de D unkerke, patau­\ngeant ju sq u ’aux fesses dans des bottes béantes, aux hardes lâches et\ndébraillées, d’un blanc douteux, striées de viscoçités, coiffés d’une\nm anière de casque-à-méche, porteurs de noms superbes comme des\nappels de clairons bibliques : M arie-Saint-Esprit des Anges ! — des\nAnglais, en gros bleu, au béret rejeté en arrière, moins hâbleurs,\nplus propres, mais hargneux et despotiques ; puis les pêcheurs osten­\ndais même, d’aspect et d’allure placide, de beaux gars, les m eilleurs\nenfants de la terre, un peu dépaysés, gauchis ju sq u ’à en paraître\npiteux et godiches, dans cette taverne cosmopolite où leur concurrents\nde Grimsby et de Ramsgate autrem ent protégés et défendus par leur\ngouvernem ent que nos m arins belges, se comportent comme a t home.\nA certaines intonations, à des échanges de regards, à des lampées\nqui sont des défis, je pressens plus d’une fois des p arties de boxes et\nde couteaux qui se lient d’une tablée à l’autre.\n  Quoique notre baes, un grand diable d’Englisch, ancien forban,\ndemeuré quelque peu contrebandier, penche naturellem ent du côté de\nses anciens compatriotes, il se pique d’im partialité et il expulserait\n"}, {"page_pdf": 36, "texte": "                            LA R E V U E ROUGE                          21\n\n\nl’agresseur quel qu’il fût de sorte que les chamaillis qui couvent\net s’alim entent ici dans les fumées du houblon et de l’alcool, n’éclatent\ngénéralem ent qu’au dehors, plus loin et plus tard.\n   En attendant, les heures s’écoulent benoîtement on veillées vocales\net chorégraphipues. Song and dance ! Séances dont les étrangers sont\nles frais.\n   Romances d’un bleu de myosotis, chantées avec une componction\nde prem ière communiante p ar des gabiers barbus, et mal équarris qui\nfont rouler à bord les jurons plus âcres que leur chique et plus abon­\ndants que leur salive ! E t des bourrées ! E t des bagpipes ! A mesure\nque les pieds du danseur, un pilotin m em bru, tricotent de plus en\nplus vertigineusem ent, sa physionomie devient de plus en plus grave\net se revêt d’on ne sait quelle expression nostalgique. Puis, sa\nperform ance achevée, souriant, il fait la collecte au profit des petiots\nd’un ancien qui a bu le grand coup ou, sim plement — pardi ! il a\nraison de l’avouer, la monnaie n’en pleuvra pas moins dans son béret\n— au profit de l’équipage en bordée.\n   Que de soirs déjà lointains, de m aritim es et taciturnes soirs passés,\nen fumerie, eu beuverie, à observer, à écouter, à m’engoisser délicieu ­\nm ent, comme en un rêve ! La béate torpeur après les beignades et les\n excursions de la journée ! Dans la porte ouverte s’encadrent, de plus\nen plus sombres, le velours bleu de la nuit ou le rubis d’un fanal au\nsommet d’un m at scintille à coté du b rilla n t d’une étoile... Good night.\nLes m atelots lourdem ent dém arrent et leurs pas traînards s’éloignent\ncadencés.\n   Mais, à l’écart, dans les ténèbres des quais extrêm es ou dans le\ndernier bouge ouvert aux hourvaris et aux bagarres noctam bules\néclate le cris de ralliem ent des anciens Kerels : H arop ! H arop !\n   Sous le Flam and abalourdi et passif rep araît le cher mauvais cou­\ncheur des communes. En garde les Anglais ; toi le roucouleur de\ncantilénes et toi le talonneur de gigues ? En garde ! H arop ! H arop !...\n   Le m atin, en ouvrant ma fenêtre, je contenple alignés côte à côte,\nrapprochés frileusem ent, agitant au sommet de leurs mâts une petite\nlangue de drapeau, la flottille des bateaux de pêche. Un peu plus tard,\nils ont disparu comme p ar enchantem ent. Le bassin est désert. Pas une\nbarque n’est restée au port. Elles ont prestem ent déployé leurs voiles\net, rem orquées par équipes, jusqu’à la sortie du chenal, elles ont\nrepris la m er à marée haute. En revanche, quelques heures après\nà condition que la m er soit propice, toutes seront revenues à quai.\nAinsi les pigeons s’envoient et voyagent de compagnie.\n\n  ( A continuer).                                  G eorges E e k h o u d .\n"}, {"page_pdf": 37, "texte": "22\n\n\n\n                     YERS.\n             QVE APRÈS LA CHUTE.\n     Le Seigneur ajeté des voiles\n     Sur le mystère du Saint lieu\n     Et, gardant les vergers d'étoiles\n     Veille un ange au glaive de fou.\n\n     Dans la nuit brusquement Âclos\n     Tous les astres se sont éteint\" ;\n     Jo ne verrai plus l'aube rose\n     Ni le blond charme des matins ?\n\n     Sous le poids de ma chair superh0,\n     Tu plaças mon âme, Seigneur,\n     Et pour mieux étouffer le verbe\n     Tu jetas l'amour en mon cœur ;\n\n     Tu m'offris la ro::;e sanglante\n     Pour me la faire refusPr,\n     Je perds ta demeure élatante\n     Mais sais le charme du baiser !\n\n              LE FRUIT DÉFENDU.\n     La fillette qui ::;e promènt>\n     Dans le vieil EdPn au ciel d'or\n     Pout cueillir de~ lys à douzaine\n     Et tous les fruits pendant r>ncor.\n\n      Elle marche, distraite et lente,\n      Le cœur empli d'un vague espoir\n      Ecoutant la chanson galante\n      Dos rossignols quand meurt le soir,\n\n      \"Mais tous les fruits vermeils sont fades,\n      Les charmes des fleurs sont défunts,\n      Assez de vaines sérénades,\n      Je veux de plus puissants parfums,,\n\n      Puis elle cueille l'âcre pommE'\n      Dont tant de lèvres ont joui ;\n      Pendant que l'Act se consomme\n      Le vieil Eden s'évanouit.\n                                  GEO MAUVÈRE.\n"}, {"page_pdf": 38, "texte": "                           LA REVUE ROUGE                              23\n\n\n\n                         .FLAQ_UEFAIM.\n\n                                              Les biens de la terre sont don_\n                                            nés à quelques-uns pour le bien-\n                                            être de tous.\n                                                      (Religion chrétienne.)\n\n      E soir.   Se closent, l'un après l'autre, les estaminets étroits,\n       avec un grincement triste Q.es volets et s'éteignent, en bonsoir\n       brusque, los lumières, après la poussèe au dehors, par le baes\nen hâte de dormir, des sans-le-sou, dont les trois cens dernières ont\npayé un peu de genièvre avalé lentement.\n   Ils sommeillaient de si belle quiétude, les pauvres diables, dans la\nchaleur lourde de ces salles basses, embrumées de fumées grises,\nempuanties d'alcool.\n   Ils vont dans le soir froid, ramenant leurs loques en puéril préser-\nvatif, leurs souliers éculés clapotant dans la dégelée.\n   Ils vont par les rues mornes, regardant d'envie l'enfilade éteinte\ndes maisons, où l'on doit si bien se reposer en la tiédeur des lits ;\ncroisant les emmitouflés, retour de rire, qui se reculent du frol de\nleurs vêtements sonlidPs, ou df>passant un pochard .blême qui étoile\nln sol de son degueulis.\n   Oh ! ce,; joies de,s hemeux inconscients des misères cotoyées,\nsubies avec quelle fierté ! Tout cet argent, dépen.~é en boire exce~sif\net aboutissant de quoi vivre, pour beaucoup, pendant au moins un\njour!\n   Et ils filent plus attristés, accélérant leur marche lamantable, le\ndos rond. sous l'œil soupçonneux des o;;ergents de ville, en crainte do\nl'amigo, avec ses promiscuités et son interrogatoire humiliant ; en\ncrainte, aussi d'Hoogstraeten peut-être, car c'est alors l'impossibilité\nde trouver du travail ; vagabond dit voleur et taré à nonrbre de ]Ji-\ngeurs étroits !\n   Certains de ces traine-misère, à qui n'en répugne l'aveu, s'en vont\n demander un repos fébrile aux asiles de nuit, hemeux s'ils ne l0s\ntrouvent remplis d'éreintés comme eux ; mais le~ autres, plus fiers\n ou plus honteux, en toujours appréhension, d'ailleurs, d'inscriptions\n sur des papiers officiels ou d'une inquisition possible de la police, ,cPt\n épouvantail des humbles, préfèrent s'affaler trop las enfin, dans\nquelque recoin d'impasse où nul ne i;'aventnro, ou se tasser dans\nl'ombre propice d'une porte cochère.\n    C'est alors une heure ou deux do sommeil lourd, inquiet, qn'intor-\n rompent hientôt les cabots sonores des charrettei; <le maraîchers\n roulant vers le marché léurs flancs bondés de victuailles. Et los\n misérables se lèvent, ongourdts, les yeux clignotants, traiuant leurs\n corps moulus vers la Grand'Place où, en portcmt, ventre vide, d0s\n"}, {"page_pdf": 39, "texte": "   24                      LA R E V U E R OUGE\n\n\n\ncharges de comestibles, ils pourront récolter péniblem ent quelques\nsous, souffrant d’avantage de vouloir rester honnêtes alors que s’avi ­\nvent les tiraillem ents de la faim ....\n\n  L ’aube blême éclaire lugubrem ent leur faces, plus blêmes encore.. .\n                                                   M a t h ia s R o b e r t .\n\n\n\n\n                  CROQUIS         d' A u to m n e.\n\n\n  Une grande rafale vient de passer, em portant un prem ier tourbillon\nde feuilles jau n ies...\n\nL es Chemins à Ornières.\n   Ils zigzaguent à travers la lande, les chemins creusés d’ornières\nprofondes.\n   Ils cotoyent les sapinières, longent les haies de chênes qui bordent\nles pâtures, ils s’enfoncent dans les sables.\n   Ils serpentent dans les campagnes ; ils vont aux plus isolées des\nchaumières.\n   Presque toujours déserts, il y pousse une herbe line, et dans les\ncreux, dorm ent des flaques gardant un petit coin du ciel.\n   Lés charrettes qui les suivent, lentem ent tra inées p ar des petits\nbœufs aux regards profonds, aux flancs encroûtés do boue brune, se\nlaissent durem ent cahoter par les ornières et les grandes roues minces,\nbrillantes et coupantes oscillent lourdem ent sur les rebords herbus\ndes fossés pleins d’eaux vertes.\n   Elles vont sans se presser et l’homme y dort tranquille, se fiant au\nchemin qui dirige l’attelage.\n   Le long de ces chemins il y a des chaum ières pauvres et basses,\naux m urs de torchis, replâtrés de boue brune, leurs toits de chaume\nsont verdis de vieilles mousses ; des fumées bleues laissent descendre\nleurs volutes légères jusqu’au puits que protègent les branches pen­\ndantes et tordues d’un pom m ier...\n   Au bord de ces chemins se dressent des croix grossières, de pau­\nvres calvaires faits d ’une mauvaise boite peinte en bleu abritant une\nstatue de la Vierge, appendues au tronc d’un arbre dont les branches\ns’entrelacent de banderolles salies.\n   E t quand les paysans charriant leur tourbe ou leur foin passent\ndevant ces pauvres objets de foi naïve, ils soulèvent leur casquette,\ncar la vierge de faïence protège le vieux chemin aux ornières pro­\nfondes.\n"}, {"page_pdf": 40, "texte": "                           LA R E V U E ROUGE                                  25\n\n\nDerniers rayons.\n   L a grande rafale em portant le tourbillon de feuilles jaunies s’en est\nallée au-dessus des landes et des sapins, elle a visité les ravins de\nsables et les ornières des chemins.\n   Elle a chanté dans les aiguilles vertes des vieux résineux ; devant\nelle ont tournoyé des vols d’étourneaux affolés et m aintenant elle\nespère m ollement, lasse d’aller ; les feuilles m ourantes se sont mélées\nà d’autres feuilles déjà mortes, au fond d’un fossé bordé de prêles...\n                                     *\n                                   * *\n   Des bois roux, des coins perdus des landes s’exhalent les senteurs\nde tourbe et une vague odeur de miel, reste du dernier printem ps.\n   Un chant triste monte avec elles de toutes choses.\n   C’est fini à présent des grandes joies énsoleillées de l’été ; il règne\nsur toute la nature qui s’endort, une mélancolie douce, douce qui\nm ourra aussi quand viendront les grands froids de l’hiver. E t elle\nm ourra bientôt car l’hiver c’est dem ain...\n   Alors les papillons égarés autour des dernières fleurs, se changeront\nen papillons de neige blanche. Il y en aura tan t et tant, que l ’on ne\nverra plus les fleurs sous leurs ailes légères, posées sur la terre,\nendormies.\n   Quand viendront les soirs glacés, leurs ailes fines brûleront d’un\ndernier feu rouge; puis ce sera le sommeil, le silence, la Mort.\n                                                L u c ie n J o t t r a n d .\n  Septembre 1892.\n\n\n\n\n                      R I MES       F    OLLES\n\n                                           Pour une inconnue.\n\n      J ’ai vu ton ombre errer, les soir dans les taillis,\n      J ’ai vu ton auréole illu m in er l ’espace\n      J ’a i vu ton charme a ltier, ton sourire et ta grâce\n      E t j ’ai vibré p o u r toi des accords indécis\n\n      J ’ai vu ton ombre errer, j e veux chanter ta gloire\n      J e veux forger mon vers où ta lèvre a relui,\n      J e veux quitter mon deuil, mon rêve et mon ennui\n      E t briser à tes p ied s mon front, blancheur d ’ivoire.\n\n      J ’ai vu ton ombre errer et j ’ai suivi tes pas,\n      J ’a i vu la nuit m auvaise allanguie et funeste\n      M au dire et blasphémer comme un amour inceste\n      M on rêve séraphin de m ourir en tes bras.\n"}, {"page_pdf": 41, "texte": " 26                         LA R E V U E R OUGE\n\n\n\n      M on orgueil est brutal, et mon orgueil vain queur.\n      D éferle tristem ent ses accents d ’offensive,\n      M on âme psalm odie et de la recte ogive\n      D u temple, p a r cent voix chanté gravite un choeur.\n\n      O chant m ystique et doux, ô célestes vocables,\n      C lam ez p a rto u t Son règne et p a rto u t Ses désirs\n      E t dans l’odieux néant des prochains avenirs\n      E le v e z son éclat vers des cieux im m uables.\n\n           P eu t-être suis-je fou ?.\n      E t te verrais-je enfin, o ma belle inconnue\n      P ou r ensemble écouter, de musique ingénue\n      L ’alléluia des D ieu x en l ’orchestre du Sang !\n\n                                     P a u l Sa in t e -B r e ig it t e .\n           Novembre 1892 .\n\n\n\n\n                   M O NSIEUR M ARBOIS,\n\n                               NOUVELLE.\n  Le dîner venait dé finir ; on était passé dans le petit salon rouge\npour prendre le café. L a lam pe étal lit doucement sa lum ière blanche,\ndans la cheminée le feu se m ourait et Monsieur Marbois mollement\nétendu dans un fauteuil sucrait distraitem ent son café les yeux\nperdus dans le vague.\n   Vous paraissez tout songeur ce soir cousin, lui dit Mme A nnette\nServal, une veuve de cinquante cinq ans d’une belle gaité de personne\nraisonnable et bien équilibrée. “Ah cousine, répondit, lé vieux\ngarçon, c’est que ce dîner en tête à tête m ’a fait souveuir de celui\nque nous avons fait ensemble il y a près de tren te ans. Vous vous en\nsouvenez ?\n   — Si je m ’en souviens, dit-elle en riant, le jo u r où vous m ’avez\nfait votre déclaration , ou vous m’avez em brassée.\n   — Je venais de passer mon baccalauréat, je devais diner chez vous\nav an t de reprendre le train. Votre père était en voyage, et vous étiez\nseule à la maison, nous dînâm es en tête à tète. Oh ce diner ! je m ’en\nsouviens comme si c’était d’hier, les moindres détails en sont restés\nfixés en mon esprit avec cette sorte de netteté photographique que\ngardent certains souvenirs d’enfance ; c’est resté pour moi une de\n"}, {"page_pdf": 42, "texte": "                             LA R E V U E ROUGE                       27\n\n\nces souvenances chères et dorées dont on caresse les jours de tristesse.\nDieu que vous étiez jolie en ce tem ps là, cousine. Vous aviez de\nlourds bandeaux noirs qui tom baient gracieusem ent sur vos tem pes\nencadrant la blancheur de votre front aux lignes pures ; et des yeux !\nde jolis yeux bruns qui me rendaient fou. Ah ne riez pas cousine, je\nvous ai aimé bien fort, bien sérieusem ent.» Il disait cela lentem ent,\ntristem ent avec un air de regret et il la regardait les yeux humides.\n   “E t ce jo u r là, continua-t-il, vous avez é té si jolie, si gracieuse,\nvous vous étiez si gentim ent moquée de moi que vous m ’avez rem pli\nd’une griserie qui em porta m a tim idité native.\n   E t après le diner nous sommes allés nous prom ener dans le jard in ,\nau bras l’un de l’autre vous vous en souvenez? Je vous sentais frisonner\ncontre moi et j ’avais une envie folle de vous em brasser.\n   Je sentais la chaleur douce de votre corps au travers des étoffes et\ncette chaleur m ’était délicieuse comme un baiser. Votre jolie main\nposée dans la m ienne, me causait la rapide, la divine sensation de\ncette folie, de cette ivresse qui donne aux am oureux plus de bonheur\nen un tressaillem ent que n’en peuvent cueillir en toute leur vie les\nautres hommes.\n   E t vous vous penchiez, vous vous abandonniez sur mon épaule, et\ntout-à-coup votre joli visage se trouva près de m a bouche. Je vis\ntrouble alors, j ’eus une m inute de folie je perdis conscience des\nchoses et je vous em brassai. E t puis pour m ’expliquer, pour me\nfaire pardonner ma brutalité, je vous dis mon am our, mon amour\nprofond, mon am our comprimé et tim ide.\n   E t gentim ent vous avez repris mon bras en m e disant : Alons\nfaisons la paix, parlons d’autre chose ; mais surtout ne recommencez\npas, Monsieur mon cousin, parceque si vous recommenciez, je serais\nobligée de vous en vouloir.\n   Ah ce fut une journée délicieuse, une journée qui au rait dû durer\ntoujours. Mais hélas, comme tous nos moments de bonheur, elle\npassa avec la rapidité d’un rêve.\n   Vers le soir votre père ren tra et je dus partir.\n   Ah je vous ai beaucoup aim ée cousine!\n   E t pourquoi n ’ai-je pas dem andér votre main ? oui pourquoi hélas !\nfut-ce délicatesse ou niaiserie ? peut-être les deux ?\n   Quand je me suis trouvé établi, en âge de me m arier, vous étiez\nlibre encore et mon cœ ur n ’avait point changé.\n   Mais vous n’étiez plus la jolie et rieuse fillette d’autrefois, vous\nétiez une belle demoiselle de vingt ans, aim able et correcte, toujours\navec un front de madone, mais im pénétrable m aintenant, vous aviez\ncet énigm atique sourire qu’ont souvent les femmes et autravers\nduquel on ne voit jam ais le fond de l’âme, vous aviez l’expérience de\nla vie qu’ont à vingt ans toutes les jeunes filles modernes.\n"}, {"page_pdf": 43, "texte": "  28                        LA R E V U E R OUGE\n\n\n\n    M’aimiez-vous ençore, entourée que vous étiez de jeunes gens\nriches et spirituels ?\n    M’avez vous jam ais aim é. Si vous ne m ’aviez pas repoussé le jo u r\noù je vous avais avoué mon am our, n’était-ce pas une vanité de\npensionnaire qui se sent aim ée pour la prem ière fois. E t puis quand\nmême j ’aurais été certain de votre am our, avais-je le droit, moi parent\npauvre, de vous arracher à votre luxe, à vos relations mondaines! Car\n si votre père gagnait gros, il dépensait de même.\n    Une fois m arié n’auriez vous pas regretté votre, sacrifice. Je me\n disait tout cela et des solutions me venaient. Elle du rèren t longtemps,\n bien longtemps ju sq u ’au jour où vous épousiez Serval. Ah cousine,\ncela m ’a fait bien souffrir !\n    — «Ce n ’étais pourtant pas à moi à dem ander votre main cousin\ninterrom pit-elle, comme p o u r répondre à un reproche d e son regard.\n    Mais il continua sans répondre. Ah m isérable raté que je suis, un\n  raté du bonheur, de la vie, un inutile, un incom plet, \" c ’est bien cela.\n    Des portions de supériorité et d’étranges suffisances.\n    Une moitié d’homme de lettres, construisant des plans de romans\n qu’il n ’a jam ais eu la puissance d’écrire.\n    Un sens de l’observation intim e qui aurait pu devenir du talent,\n avec un peu d’effort, et pas la m oindre volonté. Une imagination\n d’enfant et une nervosité de femme ; pas la m oindre virile énergie.\n    E t puis je l’ai usée mon énergie, je l’ai usée dans nne sorte de\n libertinage sentim ental qui fit de moi une m anière d’homme à bonnes\n fortunes.\n    Car j ’ai eu des am ours après votre m ariage et même de honteuses\n amours, j e sens deux hommes en moi l’un qui aime les filles impu­\n diques et corrom pues, l’autre un sentim ental, un délicat, un romanes\n que aim ant parceque l ’am our est noble et sacré, ah j ’ai raté ma v ie !\nj ’ai ra té ma vie.\n    Voilà de singulières confidances n ’est-ce pas cousine, m ais voilà\nlongtemps que cela me roule dans le cerveau et j ’avais besoin de\nm’ouvrir à quelqu’un.\n    Qui pouvais-je choisir m ieux que m a vieille a m ie ? ajouta-t-îl avec\n un soupir.\n    — Allons cousin, répondit Mme Serval, ce n ’est pins le moment de\n regretter le passé. Tout cela, ce sont des folies de jeunesse auxquelles\n il ne faut plus penser que pour en rire.\n    E lle disait cela en souriant m ais elle avait un regret dans la voix.\n                                                       J ean B rézal.\n       Septem bre 1862 .\n"}, {"page_pdf": 44, "texte": "                            LA R E V U E R OUGE                              20\n\n\n\n\n                     A RTISTE          PAUVRE,\n\n                                    A mon ami le peintre A . Oleffe.\n\n        ’La t e l i e r est silencieux. Au dehors par délà les toits, qu’on\n        apperçoit à travers là verrière, la neige de ses flocons ouatés\n        étend une blanche perspective. Les tourelles émergent, ça et\nlà, m antelées d’herm ine. Au loin le palais de justice, vaporeux, appa ­\nra it prom enant sa structure dans l’horizon d’hiver.\n   Le vent souffle et fait vibrer les vitres. L’artiste est rêveur, la tête\npenchée et perdue parm i les fouillis de paperasses et d’esquises d’une\ntab le de travail. Il songe, le peintre, il songe et est triste. E t sa\nmémoire effeuille les pages de sa vie. Le souvenir de ses années de\nlu tte et de sacrifice m élancolisent son cœur. Rien ne lui sourit,\nl’indifférence le tue.\n   Depuis h u it années que dure cette lutte, exténué il succombe. La\nvolonté l ’abandonne, il déespère. Sa conviction même, cette conviction\nqu’il croyait si sincère et si noble, lui apparait fausse à présent. Sa\npensée vogue dans la cham bre, s’arrête devant l e s toiles, ces œuvres\nchoyées et, aimées qu’il exécuta jadis avec tan t d’ardeur et qui\ngardent chacune un lam beau de son âme et une partie de ses\nillusions.\n   Une femme entre ; le vieux tapis am ortit le bruit de ses pas. Elle\nest belle et très pale, comme nimbée d’un vaporeux voile. Sa figure\naussi revèle la souffrance, et ses yeux gardent en leur béatitude la\ntrace de larm es qu’elle doit verser bien souvent. Devant le peintre\nelle s’arrête le front plissé de souci, et ses prunelles le couvrent de\nbien doux et profonds regards. Ses m ains blanches et amaigries\ncaressent la chevelure du jeu n e homme et s’y m êlent et se confondent\navec ses fils d ’argent. Il relève lentem ent la tête, contemple la\nchaste vision, va à elle, et comme causant à une madone lui dit avec\nrespect et avec am our : “Près de toi je suis le plus heureux !\n                                                  Sa nder   P ie r r o n .\n"}, {"page_pdf": 45, "texte": "     30                     LA REVUE ROUGE\n\n\n\n\n            CHRONIQUE TH E A T R A L E\n\n            THÉÂTRE DE LA MONNAIE. — L o h e n g r i n .\n     C’est une reprise presque annuelle que celle de Lohengrin à la\n Monnaie. L’œuvre, en effet, est propice à une prudente initiation\n w agnérienne, et son allure, révolutionnaire à son apparition, est\n devenue toute naturelle aujourd’hui, au milieu des essais audacieux\n de la jeune école musicale. Lohengrin est resté pourtant un opéra\n bien construit et d’une impression forte, pourvu de qualités déjà\n puissantes, et qui le feront rester longtemps à la scène. Malgré la\n diversité des passions si instenses qui se h eurtent en un conflit habile,\n l’œuvre reste toujours puissam m ent une, dans son m ysticism e élevé\n et soutenu, si grandem ent exprim é p ar l’adm irable prélude.\n    C’est cette impression hautem ent artistique, ce sent m ent génial de\n pure religiogité que nous regrettons n’avoir pas ressenti à la Monnaie.\n L ’exécution accuse une préparation hâtive ; la m esure y est, sans\n doute ; mais il n’y a qu’elle. Le splendide crescendo à l’arrivée de\n Lohengrin, et en général les portées où l’orchestre joue le rôle\n prépondérant, m anquent de ce relief nerveux et vigoureux qui éclate\n dans toute œuvre wagnériennc, de ce relief que M. Dupont sait si\n bien im prim er aux ensembles instrum entaux. C’e st gris, incolore, d’un\n mouvement trop Uniforme, souvent trop rapide et un peu exubérant\n quand il faut accompagner la voix. — Il y a là sans doute de nombreux\n et excellents artistes, m ais M. Flou n’a pas d’autorité ; son bras ne\n \"tie n t \" pas assez l’ensemble, et son geste m anque de chaleur et\n d’élan,\n    Mlle Chrétien est toujours l ’in te lligente et consciencieuse canta­\ntrice m ettant au service de son rôle toute la richesse de sa voix, si\n nourrie et d ’une émission s i facile. Un peu trop de zèle seulem ent\n dans la mimiques, et des accents de passion assez factices. —\nM. Seguin un it à de puissantes qualités de chaleur cette compré­\n hension exacte du personnage qui fait de ses rôles presque une\n création. — Nous connaissons également dans le rôle d’O rtrude,\nMlle Wolf, dont le talen t habile a progressé depuis l’an dernier, et\n et qui joue avec un sentim ent très dram atique les sombres scènes du\n2e  acte. — Quant à Lohengrin, M. Lafarge nous avait gâté. On s’est\nsouvenu, — uu peu trop, p ar m alheur, — du caractère si élevé qu’il\navait su donner à cette belle figure; quelle aisance dans l’allure,\nquelle suavité dans les dem i-teintes, quelle sobriété dans le geste !\nM. M urates a pourtant une voix fortem ent établie ; mais il la con­\n duit avec inexpérience, et la douceur chez lui consiste, à voiler\ndésagréablem ent son chant. Il m anque enfin de grandeur et m ysti­\ncisme ; ce Lohengrin ést trop terrestre et trop bruyant.\n   Quant aux chœurs pour ne prendre qu’un exemple, celui des fian­\nçailles a été \" brossé \" et rapidem ent enlevé, — à l’exclusion du senti­\nm ent artistique le plus prim itif.\n   Enfin, — ceci n’est plus de la critique, — ne pourrait-on, une fois\nfois pour toutes, supprim er cette m alencontreuse ficelle qui agite\nau dernier acte, la tête du cygne en salutations béates et m esurées ?\n"}, {"page_pdf": 46, "texte": "                            LA B E V U E BOUGE                                 31\n\n\nRien n’est plus puéril ni plus ridicule, et le spectacle de l’oiseau\néclatant dans le je t de lum ière bleutée, est assez réussit pour ne pas\nle gâter p ar cette sotte et inutile invention.\n                                      *\n                                    * *\n        THÉÂTRE DU PARC. — L a p r i n c e s s e G e o rg e s .\n    De tout l’œuvre de Dumas fils, la Pricesse Georges est sans contre­\ndit l’une des pièces vivantes, comme rapidité d’intrigue, et les plus\ncaractéristiques, p ar ses qualités comme p ar ses défauts. En effet,\ncette action exceptionnelle pose un problème d’un intérêt déjà moin­\ndre à notre époque, et de plus, elle ne peut arriver à le résoudre par\ncette déroutante conclusion.\n   Ce système, qui veut développer une idée unique à laquelle tous\nles élém ents doivent concourir, nous semble plus voulu, plus forcé,\net contraire à l’idéal de réalism e qui seul peut produire du théâtre\nvrai. Néamoins l’œuvre a de belles et fortes qualités, une adm irable\nexposition qui campe im m édiatem ent chaque personnage, un plan\ntoujours suivi, uue habile disposition des scènes, une savante garda ­\ntion de l’intérêt.\n   L ’exécution de cette comédie au P arc, accuse quelques progrès\naccomplis depuis les débuts de la campagne ; mais l’ensemble garde\nnéamoins une hésitation pénible, un manque d’aisance dans le dialo­\ngue, d’égalité dans le ton. Les tem péram ents différents des comédiens\nsont trop m arqués ; la conversation a trop de décousu et la tonalité\nvarie à l’excès. La troupe contient cependant de bons élém ents. A\nnotre sens Mme Archam baud de N iéric dram atise outre mesure le\ndifficile personnage de la princesse : c’est presque de la tragédie.\nSéverine est plus sombre, plus intim em ent et profondement blessée ;\net l’intensité de la colère jalouse, en des éclats de voix moins répétés,\neût été plus frappante. Mme Archam baud possèce un organe riche et\nflexible, qui sait se faire caressant dans les câlineries de la passion ;\nsa m usique, souvent sobre et ju ste est aussi trop hâtive, comme dans\nle je u de scène de la fin du 1er acte, p ar exemple Mme de Pontry a\nrem pli le rôle de Sylvanie avec une placidité voulue, et une froideur\nrêche dans la voix allant ju sq u ’à l’excès. Mme Mégard a plus de charm e\nelle a détaillé avec quelque esprit, et le laisser-aller confiant qui la\nrendait déjà si personnelle l’an passé, la jolie scène de caquetage du\n2° acte. — M. Liverani fait du prince de Bivac une création hésitante\nillégale et assez grise ; la voix trop sourde au début, a de brusques\nsorties qui détonnent. — M. Stéphane a des accents justes dans la\npersonnage du notaire, e t M. Dubroca joue finement l’invraisemblable\nrôle de Victor. — Enfin M. Robert est suffisament “ sanglier,, en comte\nde Tenemonde.\n                                                    H e n r y L e B oe u f .\n                                     *\n                                     * *\n   Une fort belle reprise, au Théâtre Flam and, de L iejd ed rift, l’œuvre\nsi vivante de M. de Tière. L’interprétation très soignée, a mis en\nlum ière une fois de plus les talents solides de Mme Rans. MM. W iche ­\nler, A. H endrickx.— La direction annonce une campagne bien fournie\nun vaudeville de G. H endrickx, une opérette de Teirlinck-Styns et\nM iry, ’t is u it L iefd e, dont on dit grand bien. Enfin les répétitions de\nCharlotte Corday prom ettent une exécution parfaite en tous points.\n"}, {"page_pdf": 47, "texte": "   32                             LA R EV U E R OUGE\n\n\n\n                               G R A P P IL L A G E S .\n   Nous avons eu l'occasion d’entendre, l’enseignement, que dans la religion,\nle 30 octobre, à l’académie, l’exécution        l ’administration, la justice, le droit d’as­\nde la cantate “ Audromède» qui a valu à sociation. C’est un tableau indiqué\nson auteur M. Smulders, le 1er second et complet des misères d’un peuple op­\nprix du concours de composition musi­ primé, une attaque vigoureuse et enfla­\ncale de 1891. — Nous y avons reconnu m ée contre l’oppression morale et pro­\nde fortes qualités dramatiques, une gressive exeercée sur la fière race de\ninspiration assez libre quoique peu sou­ l’ancienne Daacie Tragane. Ce ne sont\ntenue et n ’excluant pas certains remplis­ pas de simples paroles ; les preu­\nsages. — Après u n début assez laborieux, ves et les faite remplissent toutes les\naux réminescences un peu nombreuses,se i pages, disposes en habile gradation,\ndéveloppe la marche des prêtres d’Am­ amenant la conclusion naturelle “les\nmon, rappelant fort, comme système de Roumains démandent à être en Hongrie\nconstruction, les cortèges du 3e acte de une nation libre, jouissant de la liberté\nParisfal. Assez lourde et longue cette au même titre que la nation magyare,\nmarche, et faisant preuve d’une légère ayant les mêmes obligations et les mêmes\ninexpérience dans l’emploi des cuivres. droits.\" Au lieu du gouvernement ma­\n— Une des plus belles pages de l’œuvre gyar centralisateur, les Roumains veu­\n est la fin de cette 2e partie, pleine de cou­ lent être un état organisé, ayant les\nleur, d’animation, de passion, et très mêmes privilèges, et vivant sur le\nlibrement conduite jusqu’à la fin .— Les pied de la plus complète liberté natio­\nexquises harmonies qui ouvrent la partie nale. — Le pamphlet est écrit dans\nsuivante sont plus personnelles de fac­ un style ferme, à l’allure fière et con­\nture, de même que les comentations vaicante, que la traduction française à\nd’Audromède. d’un sentiment très juste ; su heureusement lui conserver.\nla danse des Néréides, qui semble une\nbacchanale de foire, nous a rappelé par             Le nouvel opéra en 4 actes de Jan\ncontraste, le morceau si léger et délicat      Blockx,    Mettre M artin, dont le sujet est\nde M. Paul Lebrun, dans le même sujet; tiré d’une nouvelle d’Hoffmann, passera\nl’arrivée de Persée se ressent de souve- le 24 court à la Monnaie ; les répétitions\nsouvenirs wagnériens bien vivaces; — en sont activement poussées.\nenfin le finale est largement et vigoureu­\n                                                   Pour paraître chez l’éditeur Lacom­\nsement traité.\n                                               blez : Les récits de Nazareth, par Eugène\n   En considérant les conditions où ces\n                                               Demoldes ; pour la fin de l ’hiver, Sous\nœuvres sont produites, l’Audromède de\n                                               la Couronne, le nouveau volume de vers\nM. Smulders accuse évidemment un sen­\n                                               de Albert Giraud ; du Siècle de Shake­\ntiment très musical et un louable souci\n                                               spaere, par Georges Eekhoud, qui paraî­\nd’originalité; mais nous croyons que le\n                                               tra vers la fin du mois.\ntalent du lauréat s’accommoderait mieux i\nd ’une action théâtrale que d’un poème             L ’exposition du cercle Pour l’A rt,\nsymphonique, visant surtout à la décora­ s’est ouverte le 12 novembre. La ferme­\ntion représentative.                           ture aura lieu en décembre. Au pro­\n                                               chain numéro la chronique de notre\n   A propos de la question roumaine, ce\n                                               critique.\nproblème de passionante actualité, les\nétudiants roumains de Transylvanie et              Nous avons reçu un receuil de six\nde Turquie ont lencé en Europe une mélodies pour piano d’un de nos jeunes\nbrochure très curieuse, et qui donne compositeurs M. Weyts. Ces morceaux\nl’explication complèie de ce conflit me­ sont fort jolis et d’une musique très évo­\nnaçant. — Les auteurs examinent tout cative, les deux surtout faites sur les\nd’abord la situation créée parles magyars poésies de notre ami et collaborateur\naux Roumains de leur pays, accumulant M. Robert.\nune à une les vexations, aussi bien dans           Editeur: M.Vanderauwera, à Bruxelles.\n"}, {"page_pdf": 48, "texte": ""}, {"page_pdf": 49, "texte": "            J MPRIMERIE- ~ITHOGRAPHIE\n\n\n              VANBERAUWERA\n                                                                  l,.           __ ,\n\n                          ~ue c:J'ennàzl, JJ                            ... '\n                                                                           ..\n                                                                    ~\n\n\n\n\n           (PRÈS DU BOULEVARD LÉOPOLD II )\n                                Molenbeek-Bruxelles.\n\n\n\n           IMPRESSIONS COMMERCIALES ET ADMINJS'l'R.ÀTIVES\nSpécialité de circulaires, factures, enveloppes, , journau~, souches,\n              titres pour Sociétés, prix-coura11ts, etc.\n    INSTALLATION SPÉCIALE POUR AFFICHES\n\n                         Lettres de décès en 1 heure.\n                  PE.tit·&l'tAR.:MES lEliN TOUS Gli:Hl\\ES\n                                FABRIQUE DE RÉGISTRES\n\n            CARTES DE VISITE ET D'ADRESSE\n                          Maté?'iel r!U!carmiq1ee perfectionné,\n        pe~-metta'll!t   d'ent?·epre11dre les travteux les plus importants.\n\n\n\n\n                                 CASE A LOUER\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 2, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1892-11", "signet_source": "Première année - N°2 - Novembre 1892", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 33", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}