{"numero_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "articles": [{"article_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1-001", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "euxieme Année", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 70, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 449, "texte": "euxieme Année -    No 1\n                                               JANVIER 1893\n\n\n\n\n                   ..\n\n      LA\n\n\n\n                                         MENSUELLE\n                          ~e jlittérature, ~t:tlrt & ~'16conomie\n\n                                            politique\n\n\n\n\n             Le Numéro : 2S Centimes\n\n\n\n\n                  '1\\.édaction él ..Administration :\n\n      Rue                                     Bruxelles\n"}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1-002", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Note de la rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Secrétaires de Rédaction", "ancre_fin": "Jacques Patient, etc", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 113, "fin_caractere_exclue": 827, "texte": "Secrétaires de Rédaction :\n\n        Paul SAINTE-BRIGITTE él: Sander PIERRON\n\n\n\n                       ABONNEMENTS :\n\n\n        · Belgique    Un an, 3 francs; six mois, fr. 1.75 •\n          Etranger           4    ))              )) 2.25\n                     Le numéro 25 centimes\n\n\n\n                COLL.A'B07(.ATEU7(S:\n\n  Georges Eeckhoud - Emile Verhaeren - Camille Lemonnier _ ,\nEugène Demolder -Hubert Krains -Joseph Desgenêts -Emile\nVandervelde - D•· Charbonnier - Frans Delbastée - Elslander - ·\nMathias Robert - Henry Le Bœuf - Henry Ketels - Géo Mauvère\n- Lucien Jottrand- Charles Frappart- Jean Brézal- Georges ·\nTouchard- Pierre Armen - Paul Janssens- Jacques Patient, etc ..\n\n\n\n                          "}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1-003", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 827, "fin_caractere_exclue": 1482, "texte": "SOMMAIRE\nLe soir de l'Ermite .                      EuGENE DEMOLDER.\nBurch Mitsu (suite).                       GEORGES EECKHOUD.\nEnvol (vers) . .                           PAUL SAINTE-BRIGITTE.-\nSuicide .                                  PAUL   JANSSENS.\nSouvenirs d'Exil .                         PIERRE AR MEN.\nProse.                                     SANDER PŒRRON.\nLes matins bleus (vers)                    GEORGES ToucHARDr\nMesse de Noël                              jEAN BRËZAL.\nChronique Arti~tique .                     H. LE B.\nL'Amant des Roses (critique)               H. LE B.\nGrappillages                               P. S'~ B. 8: S. 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Ils s’élançaient à travers\n les arbres à la poursuite des biches du soir, qui saignaient du pourpre\n au firmament.\n    D ’autres fois ils s’incarnaient dans la forme plus tendre de colombes,\ntoutes chaudes d’avoir voleté dans du printem ps et qui passaient\ncomme des cœ urs éplorés par la nuit approchante. O u bien c’étaient\nles roues aux yeux multicolores, pareilles à celles des grands paons\norgueilleux, qu’imaginaient, à leurs faites, les ormes baignées par le\ncouchant.\n   Euthée se leva et fit un signe de croix devant ces phénom ènes m a­\nléfiques, et vraim ent trop charnels — et il alla chercher l’air et la\nmélancolie du soir à la lisière de la forêt.\n   Il y arriva au m om ent de la plus belle splendeur du soleil au\ncouchant.\n   Le globe de Phébus était tel qu’un immense cristal transparent,\nirradiant sur les campagnes, une lanterne féérique laissant des papil­\nlons de feu s’échapper de ses flammes et se poser parmi toute la pro­\nvince, un sac énorm e éventré de gloire et de magnificence, d'où les\nécus épargnés par des siècles de lumière croulaient sur les chaumières\nde la terre.\n   Au loin, la petite ville de Hal, au fond de sa vallée, sous un dôme\nde soieries, affectait des airs de reliquaire d’or, avec la tour ouvragée\nde son église miraculeuse. Le canal, qui la baignait, traversait des\nprés aux vertes couleurs de paix et d’espoir et, sur sa surface glis­\nsaient des voiles amoureuses de la brise, des voiles qui paraissaient\nprécieuses dans cette atm osphère et qui allaient sans doute vers les\ntabernacles voisins servir de robes aux vierges surnaturelles. Et les\nprairies brabançonnes se pâmaient, avec une chaste réserve, au crépus­\ncule dont les bouches éveillaient une passion de cuivre et de topaze\npar des ruisseaux veinant le paysage, tandis que des troupeaux pâles\nçà et là s’éparpillaient aux écoutes des notes argentines, lancées par\nles campaniles de la petite cité.\n   Euthée m archait sur des herbes plus molles que des tapis de Smyrne\net il prenait plaisir à fouler des fleurs de ses pieds nus — quand soudain\nle long de la lisière du bois qui regardait le coucher du soleil et lui\ndisait d’ailleurs les contes verts de ses futaies — une femme parut,\nvêtue des seules lueurs de la vesprée.\n"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": 51, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2636, "texte": "                             La Revue rouge                              51\n\n\n\n\n     Elle était belle en chair et sa poitrine brillait comme une ruche\n   d’or.\n     Elle dit :\n     « Euthée, ma peau est chaude ainsi que les fruits au soleil et l’ambre\n  des étés en a m ordoré les plis. Mon ventre est le portique blanc du\n  palais de folie que je porte en moi. Mes seins pourraient être servis\n  parmi des oranges. Je suis la volupté de cette soirée. J ’habite un châ­\n  teau superbe où de vieux rayons vespéraux, aux héroïques rouilles de\n  sang se sont réunis en faisceaux pour organiser des colonnades. Il\n  s’y trouve des salles en marbre transparent où ruisselle l’ambroisie des\n  lacs, aux fins des belles journées et je me couche en un lit de roses et\n  de feu, lumineux comme le soleil, dont je suis la fille ardente. T u\n  pourrais t ’enivrer là en vidant dans mes bras des calices de lys pleins\n  de la transparence des cieux purpurins, et mon haleine te prodiguerait\n  tous les lents parfums des fleurs lasses d'amour. »\n     Des rossignols chantaient étrangem ent à la lisière, de beaux ros­\n signols tels qu’on en vit au paradis terrestre; des perroquets des îles\n vinrent se percher, d’une envolée flamboyante, sur les plus hautes\n branches des chênes; ils étaient panachés de crêtes éclatantes et ils\n lissaient leurs plumes exotiques; des paons suivaient la belle femme\n nue en ouvrant des écrins im périaux; des faisans rouges vinrent\n s’abattre sur les champs voisins, où ils rencontrèrent de magnifiques\n perdreaux dorés. T ous ces oiseaux paraissaient en fête et on eût dit\n les plus beaux volatiles de l’arche de N oë lâchés après le déluge.\n    La tentante nudité m ythologique souriait à toutes ces bêtes, dont\n elle était l’oiseau le plus riant, encore, avec ses lèvres aussi sanguines\n que les crêtes des coqs les plus fiers et son gosier blanc comme de la\ndélicieuse farine de chair amoureuse et qui devait contenir des san­\nglots plus sonores et des soupirs plus harmonieux que tous les chants\ndes prairies et des bois.\n    « Euthée, je suis, dit-elle, la Volupté de cette soirée. Je suis l’arai­\ngnée blanche et savoureuse qui tisse les toiles merveilleuses du cré­\npuscule. Je suis la souris de vermeil qui ronge les dômes embrasés des\nhautes futaies. M on cœ ur est le sanctuaire où brûlent les rubis des\nraisins qui s’endorm ent et ma poitrine est une cage pour les essaims\npassionnés des abeilles invisibles qui vibrent comme des cordes de\nvioloncelles par les vesprées. T u y trouverais le miel des ivresses du\ncouchant extatique. »\n    Mais le m oine, effaré, avait ouvert déjà un bréviaire aux pages\n"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": 52, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 857, "texte": " 52                        LA REVUE RO UGE\n\n\n\n\nbrunies, avec des litanies de rouge imprimées et des feuilles de buis\nparmi les feuillets.\n   La vallée de Hal était toujours religieuse. Au loin des femmes en\nbéguin blanc, avec des robes orangées ou lilas, se rendaient au pèle­\nrinage par des chemins sablonneux. Une abbaye aux grands murs\nblancs brillait comme un joyau sur les bords de la Senne. Et par ce\nbeau soir, on pouvait parfaitem ent distinguer, aux portes féodales des\ncastels, les châtelains suivis de leurs meutes, qui allaient voir se cou­\ncher le soleil parmi les peupliers, tandis que les châtelaines, dans des\njardins plantés de m uguets et de tulipes, s’amusaient à jeter leur\nnourriture aux cygnes mélancoliques et regrettant le jour qui s’en\nallait sur un beau char en or.                 Eugène D e m o l d e r .\n\n\n                      "}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1-005", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 52, "page_fin": 54, "titre_corps": "Burch Mitsu", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges EECKHOUD.", "ancre_debut": "B u rc h M its u                                  ( s u it e )      C ’était un adolesc", "ancre_fin": "k h o u d .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "E n v o l (*)                                    Vers un zénith toujours", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": 52, "debut_caractere": 857, "fin_caractere_exclue": 2347, "texte": "B u rc h M its u\n                                 ( s u it e )\n\n\n   C ’était un adolescent blond, au teint briqueté, membru et ro ­\nbuste comme un homme fait. Dix-sept ans tout au plus, la bouche\ncharnue et songeuse, parfois m utine, démasquant des dents entière­\nm ent blanches et saines. Les yeux bleus, de ce bleu profond et enve ­\nloppeur des chaudes nuits de juillet, avaient des regards expansifs.\nVisage ouvert et candide, dont l’expression caressante et débonnaire\ncontrastait avec la carrure imposante et les ronds biceps du sujet. Le\njersey enfoncé dans ses bragues collantes, une courroie jaune serrée\nà la taille; sur la tête, la petite casquette des marins d’O stende, un\npeu rejetée en arrière : dans cet accoutrem ent sommaire ses gestes\navaient une liberté, une assurance et une véritable grâce. Aussi porté\nque je sois pour les gens du peuple, celui-ci me revenait particuliè­\nrement.\n  Je me mis à converser avec lui, et il faut croire que je lui inspirai\nconfiance et qu’il devina ma sympathie, car il m ’apprit dès cette pre­\nmière prom enade un tas de particularités sur sa personne, sa famille,\nsa condition et son métier.\n  I l s’appelait Burchard, ou plutôt, par abréviation et plus familière­\nm ent, Burch Mitsu. C ’était le second de cinq frères, dont l’aîné, de\ndeux ans plus âgé que lui, pêcheur et m arin modèle, était engagé\npour la navigation hauturière et se rendait, comme les marins de\nPaim pol, jusqu’au Groenland, à T erre-N euve et en Islande, à chaque\n"}, {"page_pdf": 76, "page_imprimee": 53, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2799, "texte": "                            LA REVUE RO UGE                             53\n\n\n\n saison de la morue. Burch me vantait ce grand frère avec une admira­\n tion lyrique et rêvait de m archer un jour sur ses traces.\n    En attendant, il faisait son apprentissage à bord des bateaux qui\n vont pêcher la crevette ou le poisson côtier. J ’avais plaisir à entendre\n ce brave garçon me parler de lui et des siens. Il me disait avec tant de\n simplicité leur vie de labeur et de périls; leurs salaires dérisoires; les\n soucis que causait à leur m ère, demeurée veuve, les tout jeunes frères\n et sœ urs, une véritable couvée, tout un petit monde qu’il fallait nour­\n rir et surveiller, et pourvoir de sabots, et tenir en bonne santé; — il\nme parlait avec un tel abandon, une effusion si flatteuse pour le\nconfident de ces détails intimes, que je ne me lassais pas de l’entendre.\nT o u t en causant, il m anœuvrait le m ât et la voile. Sa silhouette fière\nse découpait sur l’im mensité du paysage. Plus d’une fois, en l’enten­\ndant, je me rappelai ce passage de Goethe où W erther parle de l’im ­\npression que lui procure une idylle d’am our racontée avec le plein\naccent de la passion vraie par le valet de ferme qui en est le héros.\nLe mâle et doux langage était im prégné de la notion du devoir com­\npris dans son sens le plus hautain et tout y vibrait de l’amativité sans\nphrases d’un de ces chauds et pantelants cœurs du peuple, d’une de\nces natures vierges et presque infantiles, d ’impulsion logique, d’instinct\njuste, de com préhension généreuse, qui ne connaîtront jamais les\ntransactions viles, les subterfuges et les félonies.\n    En voilà un, me disais-je, qu’il serait difficile, mais bien dangereux,\nde pousser à bout ! Une fois hors de ses gonds, il n ’y rentrerait plus !\n    Je m ’attachais de plus en plus à ce com pagnon et renouvelais\nsouvent mes excursions le long du littoral jusqu’à Knocke, d’une\npart; jusqu’à la Panne, de l’autre.\n    L ’habitude de sa présence s’invétéra à tel point que les matins où\nun contre-tem ps m ’empêchait de m ’embarquer avec lui, un vide se\ncreusait dans ma journée. Parfois aussi, il avait été engagé par d’autres\nclients, et je me voyais forcé, plus pour lui taire plaisir que par goût,\nde louer la barque et de me contenter des services d’un camarade, à\nqui le digne garçon me recommandait. J ’ai même souvent pensé, par\nla suite, que m on ami m énageait ces occasions pour faire profiter de\nson aubaine un concurrent moins avantagé et plus nécessiteux que lui.\nAucune délicatesse native ne devait lui être étrangère. Je n ’eus, d’ail­\nleurs, jamais à me plaindre de ces remplaçants. C’étaient de braves m a­\nrins comme lui, qui, loin de chercher, ainsi que cela se pratique presque\npartout à cette époque d ’âpre lutte pour la vie, à lui enlever sa pratique\n"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": 54, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 511, "texte": "54                                              LA REVUE ROU GE\n\n\n\n\net à l ’am oindrir, à le « débiner » pour mieux se faire valoir, disaient\nde lui tout le bien im aginable, me vantaient son talent professionnel,\nconfirmaient ce que je savais de son intéressante famille, enchéris­\nsaient même sur des traits que sa m odestie l’empêchait de publier.\n     (A suivre.)                                                                Georges E e c k h o u d .\n\n\n                                                    "}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1-006", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 54, "page_fin": 54, "titre_corps": "Envol", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paul SAINTE-BRIGITTE.", "ancre_debut": "E n v o l (*)                                    Vers un zénith toujours", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": 54, "debut_caractere": 511, "fin_caractere_exclue": 2227, "texte": "E n v o l (*)\n\n                                  Vers un zénith toujours obscur,\n                                  Vers une onde presque inconnue,\n                                  Vers une indubitable nue\n                                  A pris son Envol mon A zur.\n\n                                  Vers un ciel d’opale agonie,\n                                  Vers un horizon solitaire\n                                  S ’élève en lugubre mystère,\n                                  De mon âme, la Symphonie.\n\n                                  E n le spectural anathème\n                                  D ’un monde bâtard et trompeur,\n                                  Mon cerveau de rage et de peur\n                                  A déclos son orbe suprême.\n\n                                  E t vers mon Idéal de mort,\n                                  Vers mon Rêve Apoplectique\n                                  Ascend toujours en sa mystique\n                                  Mon Etre d ’éternel remords.\n\n                                 E t j ’entrevois aux blanches nues\n                                 Un long cortège de cercueils\n                                 Où se froissent tous les orgueils\n                                 De nos vanités ingénues.\n\n                                 Cette vision me poursuit\n                                 Toujours, toujours comme un fantôme\n                                 E t passe en sinistre symptôme\n                                 P ar les sommeils froids de la Nuit.\n     Décembre 92.                                               P a u l S a in t e - B r ig it t e .\n\n\n\n(*) E x tr a it d’u n v o lu m e en p ré p a ra tio n ; Chansons Tristes,\n"}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1-007", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 55, "page_fin": 56, "titre_corps": "Suicide", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Paul JANSSENS.", "ancre_debut": "Suicide                                                      A H . Hennault.    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La fumée a cessé de s’épandre de sa haute cheminée\nlugubre et ses fenêtres, tantôt rouges et enflammées, se sont éteintes\net ont pris un regard terne et sinistre.\n   Sous la lumière fumeuse d’une lampe, les ouvriers s’écoulent, en\nprocession lente et mélancolique, le dos bombé, l’œ il atone, avec\ncette pensée navrante, que leur salaire dérisoire ne pourra soustraire\nleur famille à la misère irrémédiable.\n   L’un d’entre eux, que ses com pagnons suivent d’un regard apitoyé,\nsans oser le consoler, vient d’être renvoyé pour une futilité. A pré­\nsent, la face em preinte de désespoir suprême, il s’éloigne tout seul,\npar une rue boueuse et noire, éclairée du rayon triste et grêle d’un\nréverbère lointain.\n   Q ue faire m aintenant? Plus de besogne. Des ressources minimes.\nEt l’on est en hiver.\n   T o u t le jour, en un coin de la chambre, la tête dans les mains\ncomme un coupable, il lui faudra entendre ses petits lui crier leur\nfaim et leur froid, en des cris déchirants, qui s’enfoncent dans son\nâme et s’y retournent comme d’impitoyables glaives. Et la femme,\nrendue injuste par le malheur, l’accablera de ses aigres reproches......\n   Ces pensées, insensiblement, lui font ralentir le pas.\n   Le voilà arrivé à un bouge, sur le quai. Les fenêtres violemment\néclairées, le bruit grinçant d’un violon l’amorcent invinciblement.\n   Pris soudain d’une rage d’oubli, il entre. Sur des bancs, affalés en\ndes poses de brutes, noyés dans une âcre et dense fumée de tabac,\ndes hommes com plètem ent ivres hurlent des chansons obscènes.\nAprès quelques petits verres, ingurgités l'un après l’autre dans une\nespèce de fureur, il est bientôt à leur unisson. Et, la face rougie,\nl’œil hagard d’ivresse m ontante, il se met à les accompagner,\ngueulant plus fort qu’eux. Des femmes sont là, ribaudes de bas étage,\ndépoitraillées, incitant à la lubricité par des attitudes et des gestes\npeu équivoques. Il se livre à l’une d’elles et la ventouse lui pompe\njusqu’au dernier sou.\n\n  Le bouge est fermé. Les volets sont clos. Le crincrin s’est tu.\n"}, {"page_pdf": 79, "page_imprimee": 56, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 910, "texte": "56                          LA REVUE RO UGE\n\n\n\n\n   Il se trouve à la rue, tout seul. Le froid de la nuit dissipe lentem ent\nson ivresse.\n   A présent, l’intelligence lucide, il m esure toute la protondeur de\nl’abime dans lequel il vient de tomber. Les ressources qui, pour\nquelque temps au m oins, auraient préservé ses enfants de la faim, il\nles a jetées à cette catin, dont les baisers frelatés traînent encore sur\nsa bouche en une saveur corrodante.....\n   Se sentant agrippé par les détresses irrémédiables, il se lance au\ncanal, dans un subit coup de folie.\n   Le ciel est funèbre et, sur le quai boueux, les réverbères pleurent\nsur son agonie de grêles et tristes rayons.\n\n  Dans une chambre, sous la lampe pâle des soirs, une épouse et des\nenfants, tordus d’angoisse, de faim et de froid, attendent celui qui\nne reviendra plus.                               Paul J a n s s e n s .\n\n\n\n                   "}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1-008", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 56, "page_fin": 57, "titre_corps": "Souvenirs d’Exil", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pierre ARMEN.", "ancre_debut": "S ouvenirs d ’E x il                                     I                   LEVER DE SOLEIL EN ANNA", "ancre_fin": "A r m e n .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Prose                                                       A Ed. Schneider.    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Des grands camé­\nlias à fleurs ronges criblant les feuillages sombres de taches sanglantes,\nm ontent les trilles légers des oiseaux qui essayent leurs voix, tout\ndoucement esquissant des bouts de chansons qu’interrom pent les\npetits coups de bec, les secousses et les ébrouem ents de la toilette\nmatinale.\n   Le soleil, en m ontant dans l’espace, chassa bientôt tous ces oiseaux.\n"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": 57, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "                           LA REVUE RO UGE                                57\n\n\n\nIls s’envolèrent, les uns par troupes compactes, par vols en triangles,\nles autres seuls. D ’autres encore gagnèrent les grandes forêts et les\nrizières en sautant de branche en branche, glanant les graines ou\npicorant des fleurs et des fruits tardifs.\n   Cependant les lointains s’ensoleillaient. Les berges basses de la ri­\nvière sortaient lentem ent du bouillard. Sous les bandes de vapeurs\ntraînant sur l’eau, m ollem ent emportées vers le large, de grands coups\nde lumière semblaient des coulées de métal en fusion renvoyant\nune clarté chaude et trem blottante sur les rizières encore assoupies.\n   Des files de buffles, immobiles, s’allongeaient dans la rivière; les\nsilhouettes des bêtes brunes étaient mangées de lumière. Les sabots\ndans l’eau, les yeux mi-clos, ils semblaient lassés déjà de la trop grande\nchaleur lourde.\n   Les pâtres jaunes, armés d’une longue gaule, sortirent alors des\nhautes herbes, entrèrent dans l’eau, et avec de petits sifflements et de\ngrands gestes de bras, chassèrent les buffles. Lentem ent ils se rassem­\nblèrent, flairant l’eau, puis disparurent dans les joncs, laissant au\nmilieu des grandes tiges un sillage ondulant.\n                                                     Pierre A r m e n .\n\n\n\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1-009", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 57, "page_fin": 58, "titre_corps": "Prose", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Sander PIERRON.", "ancre_debut": "Prose                                                       A Ed. Schneider.    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Mais pourquoi partir pas ces tristes jours,\npourquoi Jésus ne l'appelle-t-il pas par un crépuscule de printem ps ?\nIl aurait le concert des jolis oiseaux pour l’accom pagner jusqu’au\nseuil du paradis. A présent la campagne est m élancolique, l’horizon\nest blanc et froid et les arbres se proém inent comme de lugubres\nsquelettes sur le ciel gris.\n   Un m orose soleil d’hiver exhale ses rayons comme à regret. Son\ndisque rouge descend dans le soir et se perdra bientôt au loin.\n   L ’enfant regarde fixement l’astre qui semble le réchauffer et en­\nflammer ses joues. Il croit l’été de retour et semble entendre une\n"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": 58, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 380, "texte": "58                                        LA REVUE ROUGE\n\n\n\n\nétrange musique qui l’endort doucement. Ses yeux se ferment et sa\ntête reste immobile.\n   Le soleil est parti.\n   La nuit étend dans la chambre son drap m ortuaire.\n   Une vieille horloge sonne lentement l’heure.\n                                                Sander P i e r r o n .\n\n\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1-010", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 58, "page_fin": 58, "titre_corps": "Les matins bleus", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges TOUCHARD.", "ancre_debut": "L e s m atins bleus (1)                                     L A B O N N E L O R R A IN E                                                                                    A    Jean", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 81, "page_imprimee": 58, "debut_caractere": 380, "fin_caractere_exclue": 2142, "texte": "L e s m atins bleus (1)\n\n                                   L A B O N N E L O R R A IN E\n                                                                                   A    Jean N o v is.\n\n                               Jehanne était f i l le de Lorraine\n                               Aimant mieux rire que pleurer,\n                               Priant dame Marie, sa reine,\n                               De gentes fleurs l ’allant parer,\n                               De roses blanches et d ’herbette;\n                               Tant qu’un jour Michel, l’angelet,\n                               D it à la douce pucelette\n                               A u pré gardant son agnelet :\n                               — Jehanne de Dieu bien aimée,\n                               Grâce aux oraisons que tu dis,\n                               Lorsque France sera calmée,\n                               Tu t’en viendras au paradis...\n\n\n                                   P R IÈ R E D E JE H A N N E\n                                                                      A R o d rig u e S e ra sq u ie z .\n\n                               Chères file s , mes bonnes Saintes,\n                               Qui prés du Seigneur habites,\n                               E t Saint Michel, oyez les plaintes\n                               Des gentils Lorrains irrités.\n                               L as! j ’en ai deuil, mes bonnes Saintes.\n                               L a s! qu’ils ont enduré de maux!\n                               Bonne fin mettez à leurs plaintes,\n                               E t faites les mylords penauds.\n                                                             G eorges T o u c h a r d .\n\n( 1)   Vers inédits. — Droits réservés.\n"}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1-011", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 59, "page_fin": 60, "titre_corps": "Messe de Noël", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Messe de Noël       Ding, dong, ding, ding, dong", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 82, "page_imprimee": 59, "debut_caractere": 101, "fin_caractere_exclue": 1957, "texte": "Messe de Noël\n      Ding, dong, ding, ding, dong.....\n                          Noël!.. Noël!.. Noël!\nchantent les cloches.\n     Ding, dong, ding, ding, dong.....\n                          Noël!.. Noël!.. Noël!\net de tous les chochers qu’on devine là-bas, dans la nuit, à l’horizon\nde la plaine flamande, blanche, blanche indéfiniment, m ontent les\nnotes claires des pleines sonnailles des jours de fête...\n                          N oël!.. N oël!.. Noël!\n    et les cloches jettent leurs voix plaintives sur l’étendue blanche et\nglacée des neiges.\n\n\n   Dans la très vieille église, en la pénom bre que trouent çà et là les\ncierges allumés, la foule des fidèles religieusement affalés sur les\nchaises, en grand silence, écoute l’office divin.\n   La petite sonnette de l’enfant de chœ ur tinte, réglant les m ouve­\nments des fidèles. La musique de l’orgue bruit solennelle et lente,\net l’encens m onte des encensoirs balancés par les enfants en barette\nblanche. Le prêtre chante le « Kyrie eleison » et des femmes, la poi­\ntrine secouée d’ém otion, s’abîment sur leur chaise, la figure cachée\ndans les mains, en des élans de mysticisme et de foi.\n\n\n   Suivie de la bonne, elle entra doucement, sur la pointe du pied,\npour ne point troubler l’office. La tête enveloppée de fourrures noires\nau milieu desquelles éclatait la blancheur ivoirine de son teint de\nbrune; avec des m ouvem ents gracieux et jeunes, elle se dirigea vers\nune chaise restée libre. Elle était venue là un peu par dévotion, beau­\ncoup par curiosité, par caprice, n ’ayant que la religion de convenance,\nordinaire aux jeunes filles de la bourgeoisie. Tous les fidèles se levaient\nà la lecture de l’évangile. Le prêtre tournait les pages du livre saint\net larm oyait les versets d’une voix m ourante. La musique, d’abord\ntrès douce comme un chant de miséricorde, éclatait m aintenant avec\n"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": 60, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2530, "texte": "6o                          LA REVUE ROUGE\n\n\n\n\n des sonorités superbes. Des rayons jouaient dans l’église, des buées\n bleues m ontaient dans le poudroiem ent des lumières. Les cierges\n mettaient leur feu d’étoile parmi les robes sombres. A la nef, des voix\n m ontaient dans des parfums, des prières dans des chants.\n   Devant le lutrin des hom m es chantaient d ’une voix pleine, prolon­\ngeant indéfiniment les syllabes du latin sonore, éternisant les amens\navec des â indéfinis que le serpent soutenait de sa note m onotone\npoussée sans fin. Et peu à peu en l'âm e de la jeune fille, une rém inis­\ncence des grandes dévotions de la fillette, un souvenir de la grande\nreligiosité du parfait amour qui l'élevait vers Dieu à l’époque de sa\npremière com m union, se fit jour. Au contact de toutes ces dévotions,\nqui l’entouraient, elle se sentit prise par un retour de sa foi passée.\nElle se ressouvint de ses croyances de fillette. Elle revit les nuits de\nNoël de sa petite enfance, quand en ses rêves elle voyait la crèche,\njolie comme un joujou, et la Vierge, et le bœuf, et l’âne, et les mages\nen chappes dorées, et le petit Jésus en un rayon d’or. L’encens, les\naccords solennels de la musique, l’air de dévotion qui flottait dans\nl’église agissaient sur ses nerfs vibrants et des prières lui vinrent aux\nlèvres, des prières d’autrefois, quand toute petite elle entendait la\nmesse en la chapelle du couvent.\n\n\n   « T rois fois saint Seigneur Dieu, Sabaoth, le ciel et la terre sont\nremplis de V otre gloire. Hosanna dans les deux, béni soit celui qui\nvient au nom du Seigneur. » Le prêtre entonnait le credo et la foule\ndes fidèles bégayait les prières consacrées. Et une dévotion profonde,\nun bonheur très grand pénétra l’âme de la jeune fille, comme une\nréminiscence de l’immense bonheur du jour divin de la communion.\nElle se revoyait habillée de blanc, elle revivait l’heure heureuse où\npour la première fois, elle avait reçu son Dieu avec le ravissement\nd’une sorte de défaillance. Une grande douceur lui noyait le cœ ur de\ntendresse. L ’église lui paraissait un lieu saint et charm ant. T o u t son\nsang lui m ontait à la tête et au cœur. Elle était agitée de tressaille­\nm ents et de frissons.\n   Le prêtre rem onta vers l’autel avec des gestes trem blants. Il se\ntourna vers les fidèles et les mains tendues vers eux, prononça « O rate\nfratres », priez mes frères. Ils priaient tous.\n   Cette vapeur de cire allumée, ce silence où quand la musique se\ntaisait bruissaient m ystérieusem ent une toux amortie, un frôlement\n"}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1-012", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 61, "page_fin": 61, "titre_corps": "Grappillages", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Le samedi q, s'est ouvert le Sa-", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": 61, "debut_caractere": 56, "fin_caractere_exclue": 2005, "texte": "Le samedi q, s'est ouvert le Sa- de r ele,·ée , conférence par Georges\nlon anhuel du Voorwaerts; tendance Eeckhoud. Sujet: Au Sie'cle de Schall-\ntoujours trés accentuée et jeune. De s}eare.                         S. P.\nbonnes toiles de Gilsoul, Lacrmans,\nBlieck, Van Do01·en, Stobbaerts;              Petite Correspondance\ndes dessins de Colman, etc.\n                                         M. M. C. Schaerbeek. Nous n'ac-\n  En notre prochain nP une cluo- ,\n                                       ceptons pas la virginité des en·\nnique spéciale consacrée à cette\n                                       fants ...\nexposition de jeunes, - et de Yail-\nlants jeunes!                            M. C. H ... En déc!=mbre prochain\n                                       à Noël, envoyez-nous un Conte,\n  La quatrième exposition du jeune\n                                       mais autre chose que votre Visiou,\ncercle: W ~i Willen, composé d' élèœs\n                                       je vous en conjure.\net anciens élèves de l'Académie de\nMolenbeek, s'est ouverte il y a <ptel-    M. Cam. de Br. .. Si vous y tenez,\nques semaines.                         Monsieur, nous communiquérons à\n  Les principaux morceaux expo- notre collaborateur Emile Verhae-\nsés sont des sujets ù'art industriel.  ren, le sonnet que vous voulez bien\nComme grand art, aucune tentative.     lui dédier, et il jugera.\nNous nous souvenons seulement\n                                         M. Chr. Fli : Le Comité a placé\nd'une petite toile signée Jacoby. Ces\n                                       votre article en quarantaine ...\nchamps de la Hulpe, un crépuscule.\nColoris superbe, avec une naïveté        M. Jacques P ... Votre article pas-\nde faire, très personnelle.            sera trés probablement le mois pro-\n  Samedi 22 courant, à 2 heures chain. Merci.                    P. S•c B.\n\n\n\n\n                .\\lalincs. -   Imf)rimeric L. & A. GoJl.!nne, rue N.-D.,   101.\n"}]}, {"article_id": "ulb-revue-rouge-1893-01-n1-013", "volume": "ELB-KBR-a098-1892-1893-001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-KBR-a098-1892-1893-001.pdf", "ocr_sha256": "45283282f29285f31e8b2fbe6d787c23797e165e07f8d821ec8641dcc552d062", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Imprimerie Artistique L. & A. Godenne", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "ImprÏlnerie Artistique", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 85, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 356, "texte": "ImprÏlnerie Artistique\n\n  L. & A. GODENNE\n           Rue Notre-Dame, Ioi, à Malines\n\n\n\n\n  Typographie, Litbcgr:1phie, Autographie, Gravure\n\n           Spécialité b'5mpressions be lu~e\n\n]oumaux, 73rochures, 7\\_cvues, Prix- courants, Catalogues, etc.\n\n                  FABRIQUE DE HGISTRES\n\n  Imprimés Industriels, Administratifs & Commerciaux\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 70, "texte": "euxieme Année -    No 1\n                                               JANVIER 1893\n\n\n\n\n                   ..\n\n      LA\n\n\n\n                                         MENSUELLE\n                          ~e jlittérature, ~t:tlrt & ~'16conomie\n\n                                            politique\n\n\n\n\n             Le Numéro : 2S Centimes\n\n\n\n\n                  '1\\.édaction él ..Administration :\n\n      Rue                                     Bruxelles\n"}, {"page_pdf": 71, "texte": "               La Revue Rouge\n  MENSUELLE DE LITTERATURE, D'ART ET D'ECONOMIE POLITIQUE\n\n\n\n\n                     Secrétaires de Rédaction :\n\n        Paul SAINTE-BRIGITTE él: Sander PIERRON\n\n\n\n                       ABONNEMENTS :\n\n\n        · Belgique    Un an, 3 francs; six mois, fr. 1.75 •\n          Etranger           4    ))              )) 2.25\n                     Le numéro 25 centimes\n\n\n\n                COLL.A'B07(.ATEU7(S:\n\n  Georges Eeckhoud - Emile Verhaeren - Camille Lemonnier _ ,\nEugène Demolder -Hubert Krains -Joseph Desgenêts -Emile\nVandervelde - D•· Charbonnier - Frans Delbastée - Elslander - ·\nMathias Robert - Henry Le Bœuf - Henry Ketels - Géo Mauvère\n- Lucien Jottrand- Charles Frappart- Jean Brézal- Georges ·\nTouchard- Pierre Armen - Paul Janssens- Jacques Patient, etc ..\n\n\n\n                          SOMMAIRE\nLe soir de l'Ermite .                      EuGENE DEMOLDER.\nBurch Mitsu (suite).                       GEORGES EECKHOUD.\nEnvol (vers) . .                           PAUL SAINTE-BRIGITTE.-\nSuicide .                                  PAUL   JANSSENS.\nSouvenirs d'Exil .                         PIERRE AR MEN.\nProse.                                     SANDER PŒRRON.\nLes matins bleus (vers)                    GEORGES ToucHARDr\nMesse de Noël                              jEAN BRËZAL.\nChronique Arti~tique .                     H. LE B.\nL'Amant des Roses (critique)               H. LE B.\nGrappillages                               P. S'~ B. 8: S. P.\n"}, {"page_pdf": 72, "texte": "               Le soir de l’E r m ite\n            U\n            n soir d'hiver, dans un castel du Brabant, Breughel de V e­\n            lours conta cette miniature :\n               T o u t était silencieux, cette vesprée-là, près de cette\n            forêt légendaire ou le moine blanc s’était retiré du monde.\nIl s’était arrêté dans le voisinage d ’une source où se miraient des\nchênes très anciens, et seules des abeilles venaient parfois pomper le\nsuc des plantes forestières, puis des ramiers agitaient les branchées de\nleur vol sauvage.\n   Soudain les cloches de l’abbaye, qui était assez proche, se m irent à\ntinter — c’était d ’ailleurs la fin d’un beau jour de juin et les caresses\ndu ciel étaient veloutées, soyeuses et exquises — et l’ermite joignit les\nmains à ce doux angélus.\n   Mais ne voilà-t-il pas que des feuilles tom bèrent des futaies et le\nfrôlèrent.\n   Les verdures avaient souvent chuté ainsi autour de lui, surtout aux\népoques où elles se rouillent aux pluies de novembre, et il avait vu\ndes tourm entes de cuivre et de bronze l’envelopper sous la nef hiver­\nnale de la forêt : mais aujourd’hui ces feuilles étaient comme des\nbaisers.\n   Un coucher de soleil suave, et musical à l’égal des sons des violes,\ninondait les bosquets, les vêtait d’étoffes lumineuses, serties d’éme ­\nraudes et de rubis; et les arbres vibraient sous les multiples archets\ndont les caressait le bel astre au déclin; et des fleurs blanches et\nétranges, aussi princières que des reflets de satin, s'ouvrirent sur le\nsol où les fougères commençaient à dérouler leurs dentelles.\n   Euthée, l’ermite, sentit en même temps au long de ses membres le\nfrisson parfumé que les rivières d’été, qui ont reflète des roses et des\naubépines, prodiguent à ceux qui s’y baignent.\n"}, {"page_pdf": 73, "texte": "50                          La Revue rouge\n\n\n\n\n    La soirée, vraiment, devenait provocante.\n    Des souffles se glissaient comme des lévriers d’azur et de lumière\n qui léchaient au passage les joues de l’ascète. Ils s’élançaient à travers\n les arbres à la poursuite des biches du soir, qui saignaient du pourpre\n au firmament.\n    D ’autres fois ils s’incarnaient dans la forme plus tendre de colombes,\ntoutes chaudes d’avoir voleté dans du printem ps et qui passaient\ncomme des cœ urs éplorés par la nuit approchante. O u bien c’étaient\nles roues aux yeux multicolores, pareilles à celles des grands paons\norgueilleux, qu’imaginaient, à leurs faites, les ormes baignées par le\ncouchant.\n   Euthée se leva et fit un signe de croix devant ces phénom ènes m a­\nléfiques, et vraim ent trop charnels — et il alla chercher l’air et la\nmélancolie du soir à la lisière de la forêt.\n   Il y arriva au m om ent de la plus belle splendeur du soleil au\ncouchant.\n   Le globe de Phébus était tel qu’un immense cristal transparent,\nirradiant sur les campagnes, une lanterne féérique laissant des papil­\nlons de feu s’échapper de ses flammes et se poser parmi toute la pro­\nvince, un sac énorm e éventré de gloire et de magnificence, d'où les\nécus épargnés par des siècles de lumière croulaient sur les chaumières\nde la terre.\n   Au loin, la petite ville de Hal, au fond de sa vallée, sous un dôme\nde soieries, affectait des airs de reliquaire d’or, avec la tour ouvragée\nde son église miraculeuse. Le canal, qui la baignait, traversait des\nprés aux vertes couleurs de paix et d’espoir et, sur sa surface glis­\nsaient des voiles amoureuses de la brise, des voiles qui paraissaient\nprécieuses dans cette atm osphère et qui allaient sans doute vers les\ntabernacles voisins servir de robes aux vierges surnaturelles. Et les\nprairies brabançonnes se pâmaient, avec une chaste réserve, au crépus­\ncule dont les bouches éveillaient une passion de cuivre et de topaze\npar des ruisseaux veinant le paysage, tandis que des troupeaux pâles\nçà et là s’éparpillaient aux écoutes des notes argentines, lancées par\nles campaniles de la petite cité.\n   Euthée m archait sur des herbes plus molles que des tapis de Smyrne\net il prenait plaisir à fouler des fleurs de ses pieds nus — quand soudain\nle long de la lisière du bois qui regardait le coucher du soleil et lui\ndisait d’ailleurs les contes verts de ses futaies — une femme parut,\nvêtue des seules lueurs de la vesprée.\n"}, {"page_pdf": 74, "texte": "                             La Revue rouge                              51\n\n\n\n\n     Elle était belle en chair et sa poitrine brillait comme une ruche\n   d’or.\n     Elle dit :\n     « Euthée, ma peau est chaude ainsi que les fruits au soleil et l’ambre\n  des étés en a m ordoré les plis. Mon ventre est le portique blanc du\n  palais de folie que je porte en moi. Mes seins pourraient être servis\n  parmi des oranges. Je suis la volupté de cette soirée. J ’habite un châ­\n  teau superbe où de vieux rayons vespéraux, aux héroïques rouilles de\n  sang se sont réunis en faisceaux pour organiser des colonnades. Il\n  s’y trouve des salles en marbre transparent où ruisselle l’ambroisie des\n  lacs, aux fins des belles journées et je me couche en un lit de roses et\n  de feu, lumineux comme le soleil, dont je suis la fille ardente. T u\n  pourrais t ’enivrer là en vidant dans mes bras des calices de lys pleins\n  de la transparence des cieux purpurins, et mon haleine te prodiguerait\n  tous les lents parfums des fleurs lasses d'amour. »\n     Des rossignols chantaient étrangem ent à la lisière, de beaux ros­\n signols tels qu’on en vit au paradis terrestre; des perroquets des îles\n vinrent se percher, d’une envolée flamboyante, sur les plus hautes\n branches des chênes; ils étaient panachés de crêtes éclatantes et ils\n lissaient leurs plumes exotiques; des paons suivaient la belle femme\n nue en ouvrant des écrins im périaux; des faisans rouges vinrent\n s’abattre sur les champs voisins, où ils rencontrèrent de magnifiques\n perdreaux dorés. T ous ces oiseaux paraissaient en fête et on eût dit\n les plus beaux volatiles de l’arche de N oë lâchés après le déluge.\n    La tentante nudité m ythologique souriait à toutes ces bêtes, dont\n elle était l’oiseau le plus riant, encore, avec ses lèvres aussi sanguines\n que les crêtes des coqs les plus fiers et son gosier blanc comme de la\ndélicieuse farine de chair amoureuse et qui devait contenir des san­\nglots plus sonores et des soupirs plus harmonieux que tous les chants\ndes prairies et des bois.\n    « Euthée, je suis, dit-elle, la Volupté de cette soirée. Je suis l’arai­\ngnée blanche et savoureuse qui tisse les toiles merveilleuses du cré­\npuscule. Je suis la souris de vermeil qui ronge les dômes embrasés des\nhautes futaies. M on cœ ur est le sanctuaire où brûlent les rubis des\nraisins qui s’endorm ent et ma poitrine est une cage pour les essaims\npassionnés des abeilles invisibles qui vibrent comme des cordes de\nvioloncelles par les vesprées. T u y trouverais le miel des ivresses du\ncouchant extatique. »\n    Mais le m oine, effaré, avait ouvert déjà un bréviaire aux pages\n"}, {"page_pdf": 75, "texte": " 52                        LA REVUE RO UGE\n\n\n\n\nbrunies, avec des litanies de rouge imprimées et des feuilles de buis\nparmi les feuillets.\n   La vallée de Hal était toujours religieuse. Au loin des femmes en\nbéguin blanc, avec des robes orangées ou lilas, se rendaient au pèle­\nrinage par des chemins sablonneux. Une abbaye aux grands murs\nblancs brillait comme un joyau sur les bords de la Senne. Et par ce\nbeau soir, on pouvait parfaitem ent distinguer, aux portes féodales des\ncastels, les châtelains suivis de leurs meutes, qui allaient voir se cou­\ncher le soleil parmi les peupliers, tandis que les châtelaines, dans des\njardins plantés de m uguets et de tulipes, s’amusaient à jeter leur\nnourriture aux cygnes mélancoliques et regrettant le jour qui s’en\nallait sur un beau char en or.                 Eugène D e m o l d e r .\n\n\n                      B u rc h M its u\n                                 ( s u it e )\n\n\n   C ’était un adolescent blond, au teint briqueté, membru et ro ­\nbuste comme un homme fait. Dix-sept ans tout au plus, la bouche\ncharnue et songeuse, parfois m utine, démasquant des dents entière­\nm ent blanches et saines. Les yeux bleus, de ce bleu profond et enve ­\nloppeur des chaudes nuits de juillet, avaient des regards expansifs.\nVisage ouvert et candide, dont l’expression caressante et débonnaire\ncontrastait avec la carrure imposante et les ronds biceps du sujet. Le\njersey enfoncé dans ses bragues collantes, une courroie jaune serrée\nà la taille; sur la tête, la petite casquette des marins d’O stende, un\npeu rejetée en arrière : dans cet accoutrem ent sommaire ses gestes\navaient une liberté, une assurance et une véritable grâce. Aussi porté\nque je sois pour les gens du peuple, celui-ci me revenait particuliè­\nrement.\n  Je me mis à converser avec lui, et il faut croire que je lui inspirai\nconfiance et qu’il devina ma sympathie, car il m ’apprit dès cette pre­\nmière prom enade un tas de particularités sur sa personne, sa famille,\nsa condition et son métier.\n  I l s’appelait Burchard, ou plutôt, par abréviation et plus familière­\nm ent, Burch Mitsu. C ’était le second de cinq frères, dont l’aîné, de\ndeux ans plus âgé que lui, pêcheur et m arin modèle, était engagé\npour la navigation hauturière et se rendait, comme les marins de\nPaim pol, jusqu’au Groenland, à T erre-N euve et en Islande, à chaque\n"}, {"page_pdf": 76, "texte": "                            LA REVUE RO UGE                             53\n\n\n\n saison de la morue. Burch me vantait ce grand frère avec une admira­\n tion lyrique et rêvait de m archer un jour sur ses traces.\n    En attendant, il faisait son apprentissage à bord des bateaux qui\n vont pêcher la crevette ou le poisson côtier. J ’avais plaisir à entendre\n ce brave garçon me parler de lui et des siens. Il me disait avec tant de\n simplicité leur vie de labeur et de périls; leurs salaires dérisoires; les\n soucis que causait à leur m ère, demeurée veuve, les tout jeunes frères\n et sœ urs, une véritable couvée, tout un petit monde qu’il fallait nour­\n rir et surveiller, et pourvoir de sabots, et tenir en bonne santé; — il\nme parlait avec un tel abandon, une effusion si flatteuse pour le\nconfident de ces détails intimes, que je ne me lassais pas de l’entendre.\nT o u t en causant, il m anœuvrait le m ât et la voile. Sa silhouette fière\nse découpait sur l’im mensité du paysage. Plus d’une fois, en l’enten­\ndant, je me rappelai ce passage de Goethe où W erther parle de l’im ­\npression que lui procure une idylle d’am our racontée avec le plein\naccent de la passion vraie par le valet de ferme qui en est le héros.\nLe mâle et doux langage était im prégné de la notion du devoir com­\npris dans son sens le plus hautain et tout y vibrait de l’amativité sans\nphrases d’un de ces chauds et pantelants cœurs du peuple, d’une de\nces natures vierges et presque infantiles, d ’impulsion logique, d’instinct\njuste, de com préhension généreuse, qui ne connaîtront jamais les\ntransactions viles, les subterfuges et les félonies.\n    En voilà un, me disais-je, qu’il serait difficile, mais bien dangereux,\nde pousser à bout ! Une fois hors de ses gonds, il n ’y rentrerait plus !\n    Je m ’attachais de plus en plus à ce com pagnon et renouvelais\nsouvent mes excursions le long du littoral jusqu’à Knocke, d’une\npart; jusqu’à la Panne, de l’autre.\n    L ’habitude de sa présence s’invétéra à tel point que les matins où\nun contre-tem ps m ’empêchait de m ’embarquer avec lui, un vide se\ncreusait dans ma journée. Parfois aussi, il avait été engagé par d’autres\nclients, et je me voyais forcé, plus pour lui taire plaisir que par goût,\nde louer la barque et de me contenter des services d’un camarade, à\nqui le digne garçon me recommandait. J ’ai même souvent pensé, par\nla suite, que m on ami m énageait ces occasions pour faire profiter de\nson aubaine un concurrent moins avantagé et plus nécessiteux que lui.\nAucune délicatesse native ne devait lui être étrangère. Je n ’eus, d’ail­\nleurs, jamais à me plaindre de ces remplaçants. C’étaient de braves m a­\nrins comme lui, qui, loin de chercher, ainsi que cela se pratique presque\npartout à cette époque d ’âpre lutte pour la vie, à lui enlever sa pratique\n"}, {"page_pdf": 77, "texte": "54                                              LA REVUE ROU GE\n\n\n\n\net à l ’am oindrir, à le « débiner » pour mieux se faire valoir, disaient\nde lui tout le bien im aginable, me vantaient son talent professionnel,\nconfirmaient ce que je savais de son intéressante famille, enchéris­\nsaient même sur des traits que sa m odestie l’empêchait de publier.\n     (A suivre.)                                                                Georges E e c k h o u d .\n\n\n                                                    E n v o l (*)\n\n                                  Vers un zénith toujours obscur,\n                                  Vers une onde presque inconnue,\n                                  Vers une indubitable nue\n                                  A pris son Envol mon A zur.\n\n                                  Vers un ciel d’opale agonie,\n                                  Vers un horizon solitaire\n                                  S ’élève en lugubre mystère,\n                                  De mon âme, la Symphonie.\n\n                                  E n le spectural anathème\n                                  D ’un monde bâtard et trompeur,\n                                  Mon cerveau de rage et de peur\n                                  A déclos son orbe suprême.\n\n                                  E t vers mon Idéal de mort,\n                                  Vers mon Rêve Apoplectique\n                                  Ascend toujours en sa mystique\n                                  Mon Etre d ’éternel remords.\n\n                                 E t j ’entrevois aux blanches nues\n                                 Un long cortège de cercueils\n                                 Où se froissent tous les orgueils\n                                 De nos vanités ingénues.\n\n                                 Cette vision me poursuit\n                                 Toujours, toujours comme un fantôme\n                                 E t passe en sinistre symptôme\n                                 P ar les sommeils froids de la Nuit.\n     Décembre 92.                                               P a u l S a in t e - B r ig it t e .\n\n\n\n(*) E x tr a it d’u n v o lu m e en p ré p a ra tio n ; Chansons Tristes,\n"}, {"page_pdf": 78, "texte": "                           LA REVUE ROUGE                              55\n\n\n\n\n                            Suicide\n                                                     A H . Hennault.\n   Samedi, huit heures du soir.\n   Contre un ciel brouillé, la fabrique se dresse, longue et basse,\nl’air menaçant. La fumée a cessé de s’épandre de sa haute cheminée\nlugubre et ses fenêtres, tantôt rouges et enflammées, se sont éteintes\net ont pris un regard terne et sinistre.\n   Sous la lumière fumeuse d’une lampe, les ouvriers s’écoulent, en\nprocession lente et mélancolique, le dos bombé, l’œ il atone, avec\ncette pensée navrante, que leur salaire dérisoire ne pourra soustraire\nleur famille à la misère irrémédiable.\n   L’un d’entre eux, que ses com pagnons suivent d’un regard apitoyé,\nsans oser le consoler, vient d’être renvoyé pour une futilité. A pré­\nsent, la face em preinte de désespoir suprême, il s’éloigne tout seul,\npar une rue boueuse et noire, éclairée du rayon triste et grêle d’un\nréverbère lointain.\n   Q ue faire m aintenant? Plus de besogne. Des ressources minimes.\nEt l’on est en hiver.\n   T o u t le jour, en un coin de la chambre, la tête dans les mains\ncomme un coupable, il lui faudra entendre ses petits lui crier leur\nfaim et leur froid, en des cris déchirants, qui s’enfoncent dans son\nâme et s’y retournent comme d’impitoyables glaives. Et la femme,\nrendue injuste par le malheur, l’accablera de ses aigres reproches......\n   Ces pensées, insensiblement, lui font ralentir le pas.\n   Le voilà arrivé à un bouge, sur le quai. Les fenêtres violemment\néclairées, le bruit grinçant d’un violon l’amorcent invinciblement.\n   Pris soudain d’une rage d’oubli, il entre. Sur des bancs, affalés en\ndes poses de brutes, noyés dans une âcre et dense fumée de tabac,\ndes hommes com plètem ent ivres hurlent des chansons obscènes.\nAprès quelques petits verres, ingurgités l'un après l’autre dans une\nespèce de fureur, il est bientôt à leur unisson. Et, la face rougie,\nl’œil hagard d’ivresse m ontante, il se met à les accompagner,\ngueulant plus fort qu’eux. Des femmes sont là, ribaudes de bas étage,\ndépoitraillées, incitant à la lubricité par des attitudes et des gestes\npeu équivoques. Il se livre à l’une d’elles et la ventouse lui pompe\njusqu’au dernier sou.\n\n  Le bouge est fermé. Les volets sont clos. Le crincrin s’est tu.\n"}, {"page_pdf": 79, "texte": "56                          LA REVUE RO UGE\n\n\n\n\n   Il se trouve à la rue, tout seul. Le froid de la nuit dissipe lentem ent\nson ivresse.\n   A présent, l’intelligence lucide, il m esure toute la protondeur de\nl’abime dans lequel il vient de tomber. Les ressources qui, pour\nquelque temps au m oins, auraient préservé ses enfants de la faim, il\nles a jetées à cette catin, dont les baisers frelatés traînent encore sur\nsa bouche en une saveur corrodante.....\n   Se sentant agrippé par les détresses irrémédiables, il se lance au\ncanal, dans un subit coup de folie.\n   Le ciel est funèbre et, sur le quai boueux, les réverbères pleurent\nsur son agonie de grêles et tristes rayons.\n\n  Dans une chambre, sous la lampe pâle des soirs, une épouse et des\nenfants, tordus d’angoisse, de faim et de froid, attendent celui qui\nne reviendra plus.                               Paul J a n s s e n s .\n\n\n\n                   S ouvenirs d ’E x il\n                                    I\n\n                 LEVER DE SOLEIL EN ANNAM\n\n   Dans le ciel pâle extrêm em ent pur, passe un vol lourd d’oiseaux\nroses allant à grands coups d’ailes réguliers vers les lointains brumeux\nde la rivière Claire.\n   Dans les feuillages s’éveille tout un monde d ’aigrettes blanches et\nde perruches vertes, de merles mandarins et de tourterelles grises. Ils\ntournoient au-dessus des bouquets de lataniers et de banians entre­\nmêlés de lianes, puis tom bent en pluies vivantes au travers des hautes\nfrondaisons. Ce sont alors des habillements pressés, des disputes qui\néclatent et se term inent très haut dans les airs ou aux bords des petites\nmares noyées d’ombre sous les branches traînantes. Des grands camé­\nlias à fleurs ronges criblant les feuillages sombres de taches sanglantes,\nm ontent les trilles légers des oiseaux qui essayent leurs voix, tout\ndoucement esquissant des bouts de chansons qu’interrom pent les\npetits coups de bec, les secousses et les ébrouem ents de la toilette\nmatinale.\n   Le soleil, en m ontant dans l’espace, chassa bientôt tous ces oiseaux.\n"}, {"page_pdf": 80, "texte": "                           LA REVUE RO UGE                                57\n\n\n\nIls s’envolèrent, les uns par troupes compactes, par vols en triangles,\nles autres seuls. D ’autres encore gagnèrent les grandes forêts et les\nrizières en sautant de branche en branche, glanant les graines ou\npicorant des fleurs et des fruits tardifs.\n   Cependant les lointains s’ensoleillaient. Les berges basses de la ri­\nvière sortaient lentem ent du bouillard. Sous les bandes de vapeurs\ntraînant sur l’eau, m ollem ent emportées vers le large, de grands coups\nde lumière semblaient des coulées de métal en fusion renvoyant\nune clarté chaude et trem blottante sur les rizières encore assoupies.\n   Des files de buffles, immobiles, s’allongeaient dans la rivière; les\nsilhouettes des bêtes brunes étaient mangées de lumière. Les sabots\ndans l’eau, les yeux mi-clos, ils semblaient lassés déjà de la trop grande\nchaleur lourde.\n   Les pâtres jaunes, armés d’une longue gaule, sortirent alors des\nhautes herbes, entrèrent dans l’eau, et avec de petits sifflements et de\ngrands gestes de bras, chassèrent les buffles. Lentem ent ils se rassem­\nblèrent, flairant l’eau, puis disparurent dans les joncs, laissant au\nmilieu des grandes tiges un sillage ondulant.\n                                                     Pierre A r m e n .\n\n\n\n                               Prose\n                                                      A Ed. Schneider.\n   L ’enfant est malade.\n   Depuis des mois le mal le couche dans son lit.\n   Le teint rose de ses joues est parti avec les derniers beaux jours.\nIl est pâle, pâle comme une lueur de cierge, et ses mains sont maigres\net n ’ont plus la force de soulever son pauvre corps.\n   Il pense qu’il va m ourir. Mais pourquoi partir pas ces tristes jours,\npourquoi Jésus ne l'appelle-t-il pas par un crépuscule de printem ps ?\nIl aurait le concert des jolis oiseaux pour l’accom pagner jusqu’au\nseuil du paradis. A présent la campagne est m élancolique, l’horizon\nest blanc et froid et les arbres se proém inent comme de lugubres\nsquelettes sur le ciel gris.\n   Un m orose soleil d’hiver exhale ses rayons comme à regret. Son\ndisque rouge descend dans le soir et se perdra bientôt au loin.\n   L ’enfant regarde fixement l’astre qui semble le réchauffer et en­\nflammer ses joues. Il croit l’été de retour et semble entendre une\n"}, {"page_pdf": 81, "texte": "58                                        LA REVUE ROUGE\n\n\n\n\nétrange musique qui l’endort doucement. Ses yeux se ferment et sa\ntête reste immobile.\n   Le soleil est parti.\n   La nuit étend dans la chambre son drap m ortuaire.\n   Une vieille horloge sonne lentement l’heure.\n                                                Sander P i e r r o n .\n\n\n                                 L e s m atins bleus (1)\n\n                                   L A B O N N E L O R R A IN E\n                                                                                   A    Jean N o v is.\n\n                               Jehanne était f i l le de Lorraine\n                               Aimant mieux rire que pleurer,\n                               Priant dame Marie, sa reine,\n                               De gentes fleurs l ’allant parer,\n                               De roses blanches et d ’herbette;\n                               Tant qu’un jour Michel, l’angelet,\n                               D it à la douce pucelette\n                               A u pré gardant son agnelet :\n                               — Jehanne de Dieu bien aimée,\n                               Grâce aux oraisons que tu dis,\n                               Lorsque France sera calmée,\n                               Tu t’en viendras au paradis...\n\n\n                                   P R IÈ R E D E JE H A N N E\n                                                                      A R o d rig u e S e ra sq u ie z .\n\n                               Chères file s , mes bonnes Saintes,\n                               Qui prés du Seigneur habites,\n                               E t Saint Michel, oyez les plaintes\n                               Des gentils Lorrains irrités.\n                               L as! j ’en ai deuil, mes bonnes Saintes.\n                               L a s! qu’ils ont enduré de maux!\n                               Bonne fin mettez à leurs plaintes,\n                               E t faites les mylords penauds.\n                                                             G eorges T o u c h a r d .\n\n( 1)   Vers inédits. — Droits réservés.\n"}, {"page_pdf": 82, "texte": "                            LA REVUE ROU GE                              59\n\n\n\n\n                     Messe de Noël\n      Ding, dong, ding, ding, dong.....\n                          Noël!.. Noël!.. Noël!\nchantent les cloches.\n     Ding, dong, ding, ding, dong.....\n                          Noël!.. Noël!.. Noël!\net de tous les chochers qu’on devine là-bas, dans la nuit, à l’horizon\nde la plaine flamande, blanche, blanche indéfiniment, m ontent les\nnotes claires des pleines sonnailles des jours de fête...\n                          N oël!.. N oël!.. Noël!\n    et les cloches jettent leurs voix plaintives sur l’étendue blanche et\nglacée des neiges.\n\n\n   Dans la très vieille église, en la pénom bre que trouent çà et là les\ncierges allumés, la foule des fidèles religieusement affalés sur les\nchaises, en grand silence, écoute l’office divin.\n   La petite sonnette de l’enfant de chœ ur tinte, réglant les m ouve­\nments des fidèles. La musique de l’orgue bruit solennelle et lente,\net l’encens m onte des encensoirs balancés par les enfants en barette\nblanche. Le prêtre chante le « Kyrie eleison » et des femmes, la poi­\ntrine secouée d’ém otion, s’abîment sur leur chaise, la figure cachée\ndans les mains, en des élans de mysticisme et de foi.\n\n\n   Suivie de la bonne, elle entra doucement, sur la pointe du pied,\npour ne point troubler l’office. La tête enveloppée de fourrures noires\nau milieu desquelles éclatait la blancheur ivoirine de son teint de\nbrune; avec des m ouvem ents gracieux et jeunes, elle se dirigea vers\nune chaise restée libre. Elle était venue là un peu par dévotion, beau­\ncoup par curiosité, par caprice, n ’ayant que la religion de convenance,\nordinaire aux jeunes filles de la bourgeoisie. Tous les fidèles se levaient\nà la lecture de l’évangile. Le prêtre tournait les pages du livre saint\net larm oyait les versets d’une voix m ourante. La musique, d’abord\ntrès douce comme un chant de miséricorde, éclatait m aintenant avec\n"}, {"page_pdf": 83, "texte": "6o                          LA REVUE ROUGE\n\n\n\n\n des sonorités superbes. Des rayons jouaient dans l’église, des buées\n bleues m ontaient dans le poudroiem ent des lumières. Les cierges\n mettaient leur feu d’étoile parmi les robes sombres. A la nef, des voix\n m ontaient dans des parfums, des prières dans des chants.\n   Devant le lutrin des hom m es chantaient d ’une voix pleine, prolon­\ngeant indéfiniment les syllabes du latin sonore, éternisant les amens\navec des â indéfinis que le serpent soutenait de sa note m onotone\npoussée sans fin. Et peu à peu en l'âm e de la jeune fille, une rém inis­\ncence des grandes dévotions de la fillette, un souvenir de la grande\nreligiosité du parfait amour qui l'élevait vers Dieu à l’époque de sa\npremière com m union, se fit jour. Au contact de toutes ces dévotions,\nqui l’entouraient, elle se sentit prise par un retour de sa foi passée.\nElle se ressouvint de ses croyances de fillette. Elle revit les nuits de\nNoël de sa petite enfance, quand en ses rêves elle voyait la crèche,\njolie comme un joujou, et la Vierge, et le bœuf, et l’âne, et les mages\nen chappes dorées, et le petit Jésus en un rayon d’or. L’encens, les\naccords solennels de la musique, l’air de dévotion qui flottait dans\nl’église agissaient sur ses nerfs vibrants et des prières lui vinrent aux\nlèvres, des prières d’autrefois, quand toute petite elle entendait la\nmesse en la chapelle du couvent.\n\n\n   « T rois fois saint Seigneur Dieu, Sabaoth, le ciel et la terre sont\nremplis de V otre gloire. Hosanna dans les deux, béni soit celui qui\nvient au nom du Seigneur. » Le prêtre entonnait le credo et la foule\ndes fidèles bégayait les prières consacrées. Et une dévotion profonde,\nun bonheur très grand pénétra l’âme de la jeune fille, comme une\nréminiscence de l’immense bonheur du jour divin de la communion.\nElle se revoyait habillée de blanc, elle revivait l’heure heureuse où\npour la première fois, elle avait reçu son Dieu avec le ravissement\nd’une sorte de défaillance. Une grande douceur lui noyait le cœ ur de\ntendresse. L ’église lui paraissait un lieu saint et charm ant. T o u t son\nsang lui m ontait à la tête et au cœur. Elle était agitée de tressaille­\nm ents et de frissons.\n   Le prêtre rem onta vers l’autel avec des gestes trem blants. Il se\ntourna vers les fidèles et les mains tendues vers eux, prononça « O rate\nfratres », priez mes frères. Ils priaient tous.\n   Cette vapeur de cire allumée, ce silence où quand la musique se\ntaisait bruissaient m ystérieusem ent une toux amortie, un frôlement\n"}, {"page_pdf": 84, "texte": "                                   LA 1\\E\\TE ROCGE\n\n\n\n  Le samedi q, s'est ouvert le Sa- de r ele,·ée , conférence par Georges\nlon anhuel du Voorwaerts; tendance Eeckhoud. Sujet: Au Sie'cle de Schall-\ntoujours trés accentuée et jeune. De s}eare.                         S. P.\nbonnes toiles de Gilsoul, Lacrmans,\nBlieck, Van Do01·en, Stobbaerts;              Petite Correspondance\ndes dessins de Colman, etc.\n                                         M. M. C. Schaerbeek. Nous n'ac-\n  En notre prochain nP une cluo- ,\n                                       ceptons pas la virginité des en·\nnique spéciale consacrée à cette\n                                       fants ...\nexposition de jeunes, - et de Yail-\nlants jeunes!                            M. C. H ... En déc!=mbre prochain\n                                       à Noël, envoyez-nous un Conte,\n  La quatrième exposition du jeune\n                                       mais autre chose que votre Visiou,\ncercle: W ~i Willen, composé d' élèœs\n                                       je vous en conjure.\net anciens élèves de l'Académie de\nMolenbeek, s'est ouverte il y a <ptel-    M. Cam. de Br. .. Si vous y tenez,\nques semaines.                         Monsieur, nous communiquérons à\n  Les principaux morceaux expo- notre collaborateur Emile Verhae-\nsés sont des sujets ù'art industriel.  ren, le sonnet que vous voulez bien\nComme grand art, aucune tentative.     lui dédier, et il jugera.\nNous nous souvenons seulement\n                                         M. Chr. Fli : Le Comité a placé\nd'une petite toile signée Jacoby. Ces\n                                       votre article en quarantaine ...\nchamps de la Hulpe, un crépuscule.\nColoris superbe, avec une naïveté        M. Jacques P ... Votre article pas-\nde faire, très personnelle.            sera trés probablement le mois pro-\n  Samedi 22 courant, à 2 heures chain. Merci.                    P. S•c B.\n\n\n\n\n                .\\lalincs. -   Imf)rimeric L. & A. GoJl.!nne, rue N.-D.,   101.\n"}, {"page_pdf": 85, "texte": "             ImprÏlnerie Artistique\n\n  L. & A. GODENNE\n           Rue Notre-Dame, Ioi, à Malines\n\n\n\n\n  Typographie, Litbcgr:1phie, Autographie, Gravure\n\n           Spécialité b'5mpressions be lu~e\n\n]oumaux, 73rochures, 7\\_cvues, Prix- courants, Catalogues, etc.\n\n                  FABRIQUE DE HGISTRES\n\n  Imprimés Industriels, Administratifs & Commerciaux\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 4, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1893-01", "signet_source": "Deuxième année - N°1 - Janvier 1893", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 70", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}