{"numero_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "articles": [{"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-002", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Propre du Mois", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 294, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 199, "fin_caractere_exclue": 1980, "texte": "Propre du Mois :\n  Raymond Lulle (trad.\n    M. M. André) :                L e L iv re de l ’A m i et l ’Aim é V I.\nScience religieuse :\n  Abbé P. Halflants : _           L a D idaché des dQuze Apôtres.\n\n                   Récit inédit de\n                      Saint Vincent Ferrier\n  Saint Vincent Ferrier :         L e Moine et l ’Oiseau (extrait d'un\n                                     M . S. lemosin de la Cathédrale de\n                                     Valence).\n  M. Victor Balaguer :            Annotations.\n  M. Max Elskamp :                Ornementations.\n  M. E . D. B .; Abbé J.N . D.;\n   M. V . K.; M. H . M. : Mémorial.\n\nArt religieux :\n  M. Georges Simon +\n     (commun, par M.\n     Em ile Bernard) :           P our un projet d’Esthétique Spiri­\n                                     tualiste.\n  Max Elskamp :                  L e Saint Nom en fleur (gravé sur\n                                     bois de poirier).\n  M. Albert Jounet :             A u Christ de Gloire.\n  M. Charles Guérin :            Vers.\n  M. Gaston Prunier :            L e Reniement de Pierre (bois).\n  M. Max Elskamp :               E nsevelir les Morts (gravé sur buis).\n  M. F. Van den Bosch :          Jean Casier.\n  M. E . D. B .; M. V. K. ;\n     M . W . R. :                Mémorial.\n\n\n\n\n        f id e s\n                                                                  F ID E M\n     QUAERENS\n                                                               QUAERENS\n  IN T E L L E C T U M\n                                                            IN T E L L E C T U S\n\n\n\n\n               B ureaux   du   S p e c t a t e u r C a t h o l iq u e\n\n     BRUXELLES                                            PARIS\n 40, ru e H yd rau liq u e.                      44, a ven u e du M aine.\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-003", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Comité de direction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Le Spectateur Catholique M ensuel de Science", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 295, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 47, "fin_caractere_exclue": 2991, "texte": "Le\n       Spectateur Catholique\n                                       M ensuel\n      de Science, d’A r t e t de Ju g em e n t religieux\n\n\n                                      D IR E C T E U R\n                       M.     E D M O N D        DE         BRUIJN\n\n\n                       S E C R E T A I R E S D E R E D A C T IO N\n M. R A O U L N A R S Y         M. V IC T O R K IN O N           M . W IL L IA M R I T T E R\n                                                                     (pays germaniques,\n[le Vendredi de 5 à 6 hres) au Siège de la Revue\n                                                                   balkaniques et Suisse)\n 44, avenue du Maine            40, rue Hydraulique                 I Johannesgasse, II ,\n         P A R IS                  BR U X ELLES                          V IE N N E\n\n\n                M . M A R IU S A N D R É            M. R A F A Ë L M IT J A N A\n\n                     11, rue O lozaga                      V ia G aeta, 4\n                         M ADRID                                ROME\n\n\n                     S E C R É T A I R E D ’A D M IN IS T R A T IO N\n                        M. J O S E P H van L I D T H de J E U D E\n\n\n\n                              C O M IT E P R O T E C T E U R\n\n  M . M a r i u s A n d r é , à Madrid.              A b b é L . H a l f l a n t s , à Tirlem ont\n  M. T h o m a s B r a u n , à Bruxelles.            A b b é P . H a l f l a n t s , à Louvain.\n  M. L . C o e n e n , à Weerde-Malines.             M . V i c t o r K i n o n , à Bruxelles.\n  M . E d m . D e B r u i j n , à A nvers.           D r F o r t u n é M a z e l , à Nîm es.\n  M g r C . d e H a r l e z , à Louvain.             M. H e n r i M a z e l , à Paris.\n  M . E r n s t D e l t e n r e , à Malines.         M . A d r . M i t h o u a r d , à Paris.\n  M. Louis D e n i s e , à Paris.                    M . R a o u l N a r s y , à Paris.\n  M. V i c t o r D e n i j n , à Turnhout.           M. A d h . S c h e i j s , à Vertrijck-Louvain.\n  M. A r i s t . D u p o n t , à Bruxelles.          A b b é A r m . T h i é r Y , à Louvain.\n  M . L a u r . F i e r e n s , à Anvers.            M. F i r m . V a n d e n B o s c h , à Courtrai.\n  M . A l p h . G e r m a i n , à Paris.             M. J. v a n L i d t h d e J e u d e , à Anvers.\n  M. A r n . G o f f i n , à Bruxelles.              M. C l . V o l i o , à Paris.\n\n\n\n  Le Spectateur Catholique laisse à ses rédacteurs liberté de tout\n     style, et, avec l ’honneur de leur responsabilité, liberté de toute\n     pensée, en les limites de l ’orthodoxie définie ou traditionnelle.\n                — L e s m a n u s c r it s n e s o n t p a s r e n d u s . -\n\n\n\n\nABONNEM ENT AN N U EL :\n\n                (Édition de luxe sur papier de hollande V an G elder : 20 frs.)\n\n\nL e S p e c t a t e u r C a t h o l iq u e p arait en fascicu les illu strés m ensuels et\n                     fo rm era I I T o m es de 3oo p ag es p a r an.\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-004", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 263, "page_fin": 268, "titre_corps": "Le Livre de l’Ami et de l’Aimé VI", "titre_sommaire": "Le Livre de l’Ami et l’Aimé VI", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Ici continue le libre de l'A mi et de l'A im é, lequel livre", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 296, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 2097, "texte": "Ici continue le libre de l'A mi et de\n                 l'A im é, lequel livre traite des dialogues\n                 et cantiques d’amour qui sont entre\n                 eux deux, et qui sont des exemples\n                 abrégés et des paraboles [nécessitant\n                 une exposition] par lesquels l’Entende­\n                ment s’élève plus haut en la contem­\n            plation, la dévotion et l’amour de son\n          Aimé. E t pour ce motif, ils sont en nombre\n     égal aux jours de l’année et chacun d’eux suffit\n     pour contempler tout un jour selon l’Art de Con­\n     templation. L 'A im é est Notre Seigneur Dieu\n     comme créateur, recréateur et fin dernière de\n     tout ce qui existe ; L'Ami est tout dévot et fidèle\n     chrétien qui se met en la contemplation et au\n     service de D ieu. L'Amour est la charité et la\n     bienveillance avec lesquelles s’aiment l’Ami et\n     l’Aimé ; et les trois (parlant en Dieu simpliciter)\n     sont une seule et même chose ; en autre manière\n     ils se distinguent entre eux.\n        1 52 . L ’Aimé chantait et disait : « J’ai exhorté\n     mes admirateurs à célébrer mes vertus, et les\n     ennemis de ma gloire les ont tourmentés et\n     tenus en grand mépris. C ’est pourquoi j ’ai dit à\n     mes amis de se lamenter et de pleurer sur les\n     offenses qui me sont faites, et leurs larmes sont\n     nées de mes amours. »\n        1 53 . L ’Ami jurait à l’Aimé que pour son\n     amour il aimait les travaux et les peines qu’il\n     endurait, et, adonc, il le priait de l’aimer et\n     d’avoir pitié de ses travaux et de ses peines.\n        L ’Aimé jura que la nature et la propriété de\n     son amour sont d’aimer tous ceux qui l’aiment\n     et d’avoir pitié de tous ceux qui pour son amour\n     supportent des peines. L ’Ami se réjouit et se\n     consola dans la nature et dans la propriété\n     essentielle de son Aimé.\n        154. L ’Aimé priva son Ami de l’usage de la\n     parole, et l’Ami se consola dans la contempla­\n     tion de son Aimé.\n\n\n\n\n18                                                        263\n"}, {"page_pdf": 297, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2143, "texte": "     1 55 . L ’Ami pleura tellement, et il appela telle­\n  ment son Aimé que celui-ci descendit des hau­\n  teurs souveraines du ciel ; et il vint sur terre\n  pleurer, souffrir et mourir par amour, pour\n  apprendre aux hommes à connaître et à aimer\n  sa gloire.\n     1 56 . L ’Ami blâmait les chrétiens parce qu’ils\n  ne mettent pas le nom de son Aimé Jésus-Christ\n  au commencement de leurs lettres et qu’ils ne\n  lui rendent pas le même honneur que les Sarra­\n  sins rendent à Mahomet qui fut pécheur et\n  fourbe et qu’ils honorent en écrivant son nom\n  au commencement de leurs lettres.\n     1 57 . L ’Ami rencontra un écuyer qui allait\n  soucieux et qui était maigre et pâle et pauvre­\n  ment vêtu ; et il salua l’Ami en lui souhaitant\n  d’être guidé par Dieu dans la recherche de son\n  Aimé. E t l’Ami lui demanda : « Comment m’as-\n  tu reconnu ! » E t l’écuyer lui dit qu’il y a des\n  secrets d’amour qui en révèlent d’autres et que\n  les amants se reconnaissent les uns les autres.\n     1 58 . Les noblesses, les honneurs et les bonnes\n  œuvres de l’Aimé sont le trésor et les richesses\n  de l’Ami ; et les trésors de l’Aimé sont les pen­\n  sées, les désirs, les tourments, les pleurs et les\n  larmes que l’Ami supporte pour honorer son\n  Aimé.\n    i 5g. Une grande armée et une grande multi­\n tude d’amants expérimentés se sont réunis et ils\n portent un étendard où sont représentées la\n figure et la devise de leur Aimé. E t ils ne veulent\n admettre en leur compagnie aucun homme qui\n soit sans amour pour que leur Aimé ne reçoive\n d’eux aucun affront.\n    160. L a vue des hommes qui sont assez fous\n pour entasser de l’argent excite l’Ami à être fou\n d’amour, et la honte que l’Ami a d’aller comme\n fou parmi les hommes lui montre combien il\n tient encore à l’estime des gens. C ’est pourquoi\n il est question de savoir lequel de ces deux\n mouvements est la plus grande occasion d’amour.\n    161. L ’amour attrista l’Ami par excès de pen­\n sées. L ’Aimé chanta et l’Ami l’ayant entendu se\n réjouit. E t il est question de savoir laquelle de\n ces deux choses fut le plus puissant motif de\n multiplication de l’amour en l’Ami.\n\n\n\n\n264\n"}, {"page_pdf": 298, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2160, "texte": "   162. Dans les secrets de l’Ami se révèlent les\nsecrets de l’Aimé, et dans les secrets de l’Aimé\nse révèlent les secrets de l’Ami. E t il est ques­\ntion de savoir lequel de ces deux secrets est la\nplus grande occasion de révélation.\n  163 . On demanda au fou à quels signes on\nreconnaissait son Aimé. Il répondit : « A la\nmiséricorde et à la pitié qui sont essentiellement\ndans sa volonté sans changer jamais. »\n   164. Par le spécial amour que l’Ami avait\npour son Aimé, il aimait le bien commun au-\ndessus du bien particulier, afin que son Aimé\nfût connu, loué et désiré de tout le monde.\n   1 65 . L ’amour et l’indifférence se rencontrèrent\ndans un verger où l’Ami et l’Aimé pleuraient\nsecrètement. L ’amour demanda à l’indifférence\ndans quelle intention elle était venue en ce lieu.\nL ’indifférence répondit : « Pour faire cesser\nl’amour de l’Ami et pour offenser l’Aimé. » Les\nparoles de l’indifférence déplurent beaucoup à\nl’Aimé et à l’Ami, et ils multiplièrent leurs\namours pour que l’Ami vainquît et anéantît l’in­\ndifférence.\n   166. « Dis, fol d’amour, à quoi te sens-tu\nenclin davantage : à aimer ou à haïr ! » Il répon­\ndit : « A aimer, car je ne hais que pour pouvoir\naimer. »\n   167. « Dis, amant, à quoi exerces-tu le plus\nton entendement : à comprendre la vérité ou\nl’erreur ? » Il répondit : « A comprendre la vérité,\nmais je cherche à comprendre l’erreur pour\ncomprendre la vérité. »\n   168. L ’Ami comprit qu’il était aimé de son\nAimé et il lui demanda si son amour et sa misé­\nricorde étaient une même chose. L ’Aimé affirma\nque dans son essence, il n’y avait aucune diffé­\nrence entre l’amour et la miséricorde. E t alors\nl’Ami lui demanda pourquoi son amour le tour­\nmentait et pourquoi sa miséricorde ne le guéris­\nsait pas de ses langueurs. E t l’Aimé répondit\nque c’était sa miséricorde elle-même qui lui\ndonnait les langueurs pour que par elle il hono­\nrât mieux son amour.\n  169. L ’Ami voulut aller en une terre étrangère\npour y glorifier son Aimé, et il voulut se déguiser\npour n’être pas reconnu et arrêté en chemin,\nmais il ne put cacher les pleurs de ses yeux ni\n\n\n\n\n                                                     265\n"}, {"page_pdf": 299, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2654, "texte": "      la maigreur et la pâleur de sa face, ni les pen­\n      sées, les plaintes, les soupirs, la tristesse et les\n      langueurs de son âme.\n         C ’est pourquoi il fut reconnu dans son voyage,\n      et livré aux tourments par les ennemis de son\n      Aimé, (1)\n     170. L ’Ami était prisonnier dans la prison\n  d’amour. Les pensées, les désirs et les souvenirs\n  le gardaient et l’enchaînaient pour qu’il ne pût\n  pas fuir son Aimé. Les langueurs le tourmen­\n  taient, la patience et l’espérance le consolaient.\n  L ’Ami se mourait, mais l’Aimé se manifesta à\n  lui et le ranima.\n     171. L ’Ami rencontra son Aimé, et il le recon­\n  nut et il pleura. L ’Aimé le réprimanda en ces\n  termes : « Pourquoi ne pleurais-tu pas avant de\n  me reconnaître, et comment m’as-tu reconnu\n  puisqu’auparavant tu ne pleurais point ? » L ’Ami\n  répondit : « Je t’ai reconnu dans ma mémoire,\n  mon entendement, et ma volonté, où se multiplia\n  l’amour assitôt que tu fus présent à mes yeux\n  corporels. »\n     172. L ’Aimé demanda à l’Ami : « Qu’est-ce\n  que l’amour ? » Il répondit : « C ’est la présence\n  de l’image et des paroles de l’Aimé dans le cœur\n  de l’amant qui soupire et languit en désir de\n  l’Aimé ; l’amour est un mélange d’audace et de\n  crainte dans la ferveur ; l’amour est la volonté\n  suprême désirant l’Aimé ; l’amour est ce qui\n\n     (1) Dans un grand nombre de versets de ce livre,\n l ’A m i qui va par les cités et les terres étrangères pour\n glorifier son Aim é est Raym ond L u lle lui-même. D ans\n celui-ci il prédit avec une étonnante précision son der­\n nier acte d’apôtre, son m artyre et sa mort. E n 1292 il\n avait été emprisonné à Tunis où, après avoir ém erveillé\n les savants arabes, il avait converti plusieurs infidèles à\n la vraie religion ; on lui rendit la liberté, mais on le chassa\n du pays où sa présence et sa parole étaient un danger, et\n il lui fut interdit d’y revenir sous peine de mort. E n 1307,\n il est chassé de Bougie avec les mêmes m enaces. M algré\n tous ces dangers et m algré son grand âge, il n’en entre­\n prend pas moins un nouveau vo yag e en A lgérie (1314).\n Il savait quelle mort l ’attendait, mais il brûlait du désir\n de term iner sa longue existence par le m artyre. Il se\n déguisa pour n ’ être pas reconnu en chemin , afin de glorifier son\n A im é avant de mourir pour lui ; mais il ne put cacher les\n pleurs de ses y e u x   et les langueurs de son âme, c ’est-à-dire\n que lorsqu’après un mois de propagande occulte à Tunis,\n il parut sur la place publique à Bougie, son éloquence le\n fit reconnaître ; c ’est pourquoi il fut pris, livré aux tour­\n ments, et lapidé par la populace.\n\n\n\n\n266\n"}, {"page_pdf": 300, "page_imprimee": 267, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2090, "texte": "occit l’Ami quand il entend chanter les beautés\nde son Aimé ; et l’amour est ce en quoi est ma\nmort et en quoi je mets toujours mon vouloir. »\n   1 7 3 . L a dévotion et la nostalgie transmirent\npar message des pensées au cœur de l’Ami pour\nfaire monter les larmes à ses yeux qui voulaient\ncesser de pleurer après avoir été longtemps en\nlarmes.\n   174. L ’Ami disait : « O amants, si vous voulez\ndu feu, venez à mon cœur et allumez-y vos\nlampes ; et si vous voulez de l’eau, venez à la\nfontaine de mes yeux d’où coulent les larmes ;\net si vous voulez des pensées d’amour, venez\nles prendre dans mes méditations ! »\n   175. Un jour l’Ami songeait à la grandeur de\nson amour pour l’Aimé, et aux grands travaux\net aux périls qu’il avait supportés longtemps\npour son amour ; et il considéra que de grandes\nrécompenses lui étaient réservées. Mais en médi­\ntant encore, l’Ami pensa que son Aimé l’avait\ndéjà payé puisqu’il lui avait fait aimer ses per­\nfections et que son amour lui avait donné des\nlangueurs.\n   176. L ’Ami essuyait de sa face et de ses yeux\nles pleurs que l’amour lui faisait répandre, afin\nde ne pas montrer les peines qui lui donnait son\nAimé ; mais celui-ci lui dit : « Pourquoi caches-\ntu ces marques d’amour aux autres amants ? Je\nte les ai données pour qu’ils les voient et soient\nencouragés,ainsi à célébrer ma gloire. »\n\n   177. « Dis, homme qui vas ainsi comme fou,\njusqu’à quand seras-tu captif et soumis à pleurer\net à supporter des travaux et des peines ? » Il\nrépondit : « Jusqu’au moment où mon Aimé\nséparera mon âme de mon corps. »\n\n   178. « Dis, fol d’amour, as-tu de l’argent ? —\nJ’ai mon Aimé. — As-tu des villes, des castels,\ndes royaumes, des comtés ? » Il répondit : « J’ai\ndes amours, des pensées, des désirs, des fleurs,\ndes travaux et des langueurs pour mon Aimé\nqui sont meilleurs qu’empires et royautés. »\n\n   17g. On demanda à l’Ami à quoi il reconnais­\nsait la sentence de son Aimé. Il répondit : « A\nl’égalité qu’il y a entre les plaisirs et les peines\nque mon Aimé donne à ses amants. »\n\n\n\n\n                                                   267\n"}, {"page_pdf": 301, "page_imprimee": 268, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 829, "texte": "    180. « Dis, fol, lequel des deux, à ton avis,\n connaît le mieux l’amour : celui qui en reçoit\n des plaisirs ou celui qui en reçoit des tourments\n et des peines ? » Il répondit et dit que celui qui\n ne connaît que les uns et ignore les autres ne\n peut avoir la connaissance de l’amour.\n\n   181. On demanda à l’Ami pourquoi il ne se\n disculpait pas des fautes et des crimes imagi­\n naires dont les hommes l’accusaient: Il répondit\n qu’il avait à défendre son Aimé que les gens\n blâmaient faussement, mais que l’homme en qui\n peuvent être l’erreur et le mensonge n’est pas\n digne de se défendre lui-même.\n\n                         C es 3o motifs suffiront à la\n                       contemplation pendant le mois\n                       de Juin ; les suivants suffiront\n                       pendant les mois suivants.\n\n\n\n\n268\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-005", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 269, "page_fin": 274, "titre_corps": "La Didachè des douze Apôtres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "PAUL HALFLANTS.", "ancre_debut": "La Didachè des              douze Apôtres    Plus que jamais on étudi", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 302, "page_imprimee": 269, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1895, "texte": "La Didachè des\n             douze Apôtres\n   Plus que jamais on étudie aujourd’hui les origines\ndu christianisme. Chaque année voit s’augmenter\npar centaines le nombre des publications traitant de\nl’histoire du premier siècle de l’Eglise de J ésus-Christ.\n   On comprend l’émotion produite au milieu de\ncette effervescente activité par une découverte aussi\nimportante que celle d’un document inédit des\npremiers siècles du christianisme. Ce manuscrit en\nlangue grecque, retrouvé dans un monastère de\nConstantinople, fut publié en i 883 par Mgr Philo ­\ntheos Bryennios, métropolite de Nicomédie.\n   Immédiatement, exégètes et savants de tous pays\nse mirent à l’œuvre ; notre document, épluché mot\nà mot, traduit en plusieurs langues, fut commenté\nde différentes façons. Peu d’années après, sa bibli­\nographie comporte déjà plus de trois cents publica­\ntions.\n   Nous voudrions à l’intention des lecteurs du\nSpectateur Catholique indiquer les résultats les plus\nsaillants de ces études, en nous basant entièrement\nsur un ouvrage très intéressant publié par M. l’Abbé\nE. Jacquier (1).\n   Depuis longtemps on savait qu’il avait existé un\nécrit intitulé la Doctrine des douze Apôtres. Différents\nPères de l’Église et des catalogues de livres cano­\nniques et extracanoniques en ont fait mention, mais\nle document lui-même était perdu. On a constaté\nimmédiatement après sa découverte, grâce aux\nnombreuses coïncidences existant entre elle et les\nécrits des Saints Pères, que la Didachè retrouvée\nétait bien celle que ceux-ci avaient connue.\n   Quoique essentiellement chrétienne,, elle laisse\n\n  (1)   E . Jacquier. Δ ι δ α χ ή τ ώ ν δ ώ δ ε κ α ά π ο σ τ ό λ ω ν . L a\nD octrine des douze Apôtres et ses enseignements. T hèse de\ndoctorat en théologie présentée à la faculté catholique de\nL yo n . (Paris, Lethielleux, 1891).\n\n\n\n\n                                                                    269\n"}, {"page_pdf": 303, "page_imprimee": 270, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2120, "texte": " deviner une influence juive, facilement explicable\n par les rapports qui ont existé entre le judaïsme et\n le christianisme, le premier étant la préparation\n et la figure du second. Ses doctrines et ses sen­\n tences s’inspirent de l’Ancien testament, plus souvent\n du Nouveau, surtout de l’Évangile selon S. Mat­\n thieu. Elle forme ainsi la transition entre les écrits\n du Nouveau Testament et les Pères Apostoliques,\n et donc constitue un document des plus précieux\n pour l’histoire du premier siècle du christianisme.\n On y trouve un tableau exact de la vie de la\n primitive Église.\n   L ’auteur, qui a réuni différents fragments repro­\n duisant la prédication des Apôtres, a certainement\n eu en vue d’écrire un manuel de religion pour\nl’instruction des catéchumènes. Aussi, M. l’Abbé\nJacquier l’appelle avec raison le catéchisme des\nApôtres.\n   L es critiques ne sont pas d’accord sur le nom\nde l’auteur. Ce devait être certainement un chrétien,\nconverti du judaïsme. On croit, non sans probabilité,\nque ce fut saint Siméon, second évêque de Jérusalem.\n   L a date précise de la composition est également\ndouteuse. Cependant, la majorité des critiques de\ntoutes les écoles la fixe entre l’an 70 et l’an 120.\nOn peut affirmer qu’elle a été écrite dans la seconde\nmoitié du premier siècle (1).\n   Après ces indications sommaires, on nous per­\nmettra de citer quelques extraits de la Didachè\nelle-même, d’après la traduction de M. Jacquier, et\nen maintenant la division en chapitres et versets la\nplus généralement suivie (2).\n   Pour donner une idée des enseignements moraux\nde la Doctrine des Apôtres, nous citerons un pas­\nsage du chapitre IV :\n   « 5 . N ’aie pas les mains tendues pour recevoir et\nfermées pour donner.\n   6.    Si tu as des biens, tu donneras par tes mains\nle rachat de tes péchés.\n\n  (1) N ous ne- pouvons, faute d’espace, qu’indiquer ici les\nconclusions ; pour les arguments et de plus amples détails,\nnous renvoyons nos lecteurs au livre où nous puisons nos\nrenseignements.\n  (2) L a division en 16 chapitres a été opérée par M gr\nBryennios. H arnack y a ajouté la notation des versets.\n\n\n\n\n270\n"}, {"page_pdf": 304, "page_imprimee": 271, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2420, "texte": "     7. T u donneras sans hésiter : après avoir donné,\n tu ne murmureras pas : car tu sais quel est celui\n qui doit te rendre avec largesse.\n     8. T u ne te détourneras pas de celui qui est dans\n le besoin ; tu mettras tout en commun avec ton\n frère et tu ne diras pas que quelque chose t’appar­\n tienne en propre (1) ; car si vous êtes associés dans\n la possession des biens immortels, à plus forte\n raison le devez-vous être dans celle des biens qui\n périssent.\n     9. Tu n’écarteras pas ta main de ton fils ou de ta\n fille ; mais dès leur jeunesse, tu leur apprendras la\n crainte de Dieu.\n     10. T u ne commanderas pas avec aigreur à ton\n serviteur et à ta servante, qui espèrent dans le\nmême Dieu que toi, de peur qu’ils n’arrivent à ne\nplus craindre le Dieu qui règne sur toi et sur eux ;\ncar il ne vient pas appeler en faisant acception de\npersonnes : il appelle ceux que l’esprit a préparés.\n     11. Pour vous, serviteurs, vous vous tiendrez\nsoumis à vos maîtres, comme à une image de Dieu,\navec respect et crainte. »\n    Outre les préceptes moraux, la Didachè contient\négalement beaucoup d’indications très précieuses\nconcernant le culte et la liturgie. Nous ne pouvons\nrésister à l’envie de citer d’abord un passage se\nrapportant au Baptême.\n    Nous lisons au chapitre V II :\n    « I. En ce qui concerne le baptême, baptisez de\nla manière suivante. Après avoir enseigné tout ce\n\n  (1) A l’époque où a été écrite la Didachè, il est probable\nque la communauté des biens existait encore dans l ’E glise de\nJérusalem, telle que les A ctes des Apôtres nous l’ont décrite\n(IV , 32-37 ). Comme le fait très bien rem arquer M. Jacquier,\non ne voit pas que nulle part ailleurs qu'à Jérusalem, la com­\nmunauté des biens ait été pratiquée. A Jérusalem même, elle\nn’était pas obligatoire, puisque S. P ierre affirma à Ananie\nqu’il aurait pu garder son bien (Act. V , 4). D ans les autres\ncommunautés tout devait être commun entre frères en ce sens\nque, tout en restant propriétaire de ses biens, chacun les\nregardait comme appartenant à tous et en faisait part aux\nindigents (1 Cor. V II, 3o). C ’est dans ce sens qu’il faut com­\nprendre ce passage de la Didachè. D ’ailleurs, les autres\npréceptes domestiques et sociaux contenus dans notre docu­\nment, particulièrem ent dans ce même chapitre, supposent\nque chacun restait possesseur de ses biens.\n\n\n\n\n                                                            271\n"}, {"page_pdf": 305, "page_imprimee": 272, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2088, "texte": "qui précède (1), baptisez au nom du Père et du Fils\net du Saint-Esprit, dans l’eau vive (2).\n   2. Si l’eau vive te fait défaut, baptise dans une\nautre eau ; si tu ne peux le faire dans l’eau froide (3),\nbaptise dans l’eau chaude.\n   3 . Si tu n’as ni de l’une ni de l’autre (4), verse sur\nla tête (5) trois fois de l’eau au nom du Père et du\nFils et du Saint-Esprit. »\n   Les passages concernant l’Eucharistie ne sont\npas aussi complets, du moins au point de vue\ndogmatique. E t c’est bien naturel. A cause de la\ndiscipline du secret qui a existé aux premiers siècles\ndu christianisme, les chrétiens supprimaient dans\nleurs écrits destinés à une certaine publicité les\nformules les plus étroitement liées au mystère de\nl’Eucharistie.\n   Remarquons également que la Didachè n’est pas\nun rituel proprement dit, mais plutôt, comme nous\nl’avons dit plus haut, un manuel d’instruction pour\nles catéchumènes. Il n’est donc pas étonnant d’y\ntrouver indiqué ce qui est essentiel au baptême,\nsacrement que tous devaient pouvoir administrer, et\nde n’y pas trouver la formule de la consécration\neucharistique, que les prêtres seuls devaient con­\nnaître.\n   Malgré cela, les passages que nous allons citer\nparlent fort clairement de l’Eucharistie. L a simpli­\ncité du style unie à l’élévation des pensées en fait\nun des plus beaux joyaux de la littérature chrétienne.\n\n                       C h a p it r e   ix .\n\n\n  « 1. Quant à l’Eucharistie, vous rendrez ainsi\ngrâces :\n\n  (1) Tout ce qui précède dans la D idachè formait la caté­\nchèse à enseigner à ceux qui se préparaient au baptême.\n  (2) « L ’eau courante, plus pure et plus fraîche que l ’eau\nstagnante, sym bolisait mieux l ’action régénératrice et rafraî­\nchissante du baptêm e » (Cfr. Jacquier, op. cit., p. 194).\n  (3 ) « Si la santé de celui qui doit être baptisé, le clim at du\npays ou la saison s’opposait à l ’usage de l’eau froide, on\npouvait se servir d’un bain chaud. »\n  (4) « E n quantité suffisante pour l’immersion. »\n  (5 ) « C ’est la mention la plus ancienne que l’on ait du\nbaptêm e par infusion ou aspersion. »\n\n\n\n\n272\n"}, {"page_pdf": 306, "page_imprimee": 273, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2404, "texte": "   2. D ’abord pour la coupe (1) : Nous te rendons\ngrâces, ô notre Père, pour la sainte vigne de\n David (2), ton enfant que tu nous a fait connaître\npar Jésus-Christ, ton enfant (3) : à Toi la gloire dans\ntous les siècles.\n   3 . Pour la fraction du pain : Nous te rendons\ngrâces, ô notre Père, pour la vie et la connaissance\nque tu nous a manifestées par Jésus-Christ, ton\nenfant ; à Toi la gloire dans tous les siècles.\n   4. Comme ce pain rompu était dispersé sur les\nmontagnes, qu’il a été réuni et qu’il est devenu un,\nqu’ainsi ton Eglise soit réunie des extrémités de la\nterre pour ton royaume : car à Toi sont la gloire et\nla puissance par Jésus-Christ dans tous les siècles.\n   5 . Que nul ne mange ni ne boive de votre Eucha­\nristie, sinon ceux qui ont été baptisés au nom du\nSeigneur (4) : car à ce sujet le Seigneur a dit : Ne\ndonnez pas aux chiens ce qui est saint (5).\n\n                           C h a p it r e x .\n\n  1. Après qu’on aura été rassasié (6), rendez grâce\nde cette manière :\n  2. Nous te rendons grâces, ô Père saint, pour\nton saint nom, que tu as fait habiter dans nos cœurs,\npour la connaissance, la foi et l’immortalité que tu\n\n   (1) L a D idachè sem ble supposer que la consécration de la\ncoupe précède celle du pain. Mais nous avons dit qu’elle n’est\npas un rituel, elle n’est pas tenue à observer un ordre rigou­\nreux. St. P au l aussi, dans un endroit de la première aux\nCorinthiens, parle du calice et puis du pain (X, 16-21), alors\nque plus loin (XI, 23 ), traitant la question au point de vue\nhistorique, il suit l ’ordre habituel, qui nous a été transmis par\nles E vangiles.\n   (2) C e sym bole désigne probablem ent Jésus-Christ, qui s’est\nlui-même appelé la vraie vigne (Jean, X V , 1).\n   (3 ) L e N ouveau Testam ent, en plusieurs endroits (p. ex.\nA c t. III, 1 3 ) appelle aussi Jésus-Christ l ’enfant (π α ίς ) de Dieu.\n   (4) C ette expression sert à distinguer des autres baptêm es,\ntels que celui de S. Jean-Baptiste, le baptêm e institué par\nJésus-Christ, et qui, comme la D idachè elle-même l ’a dit\nclairem ent plus haut, se confère au nom du P ère, et du F ils,\net du Saint-Esprit.\n  (5 ) Matth. V II, 6.\n  (6) L e terme grec èfnrXycrôrjvM se rapporte probablem ent\nà la fois à la communion et au repas de l ’agape, qui, dans les\npremiers temps de l ’E glise, étaient réunis.\n\n\n\n\n                                                                    273\n"}, {"page_pdf": 307, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2016, "texte": " nous as révélées par Jésus-Christ, ton enfant : à\n T oi la gloire dans tous les siècles ;\n   3 . O Maître tout-puissant, tu as tout créé à cause\n de ton nom : tu as donné aux hommes la nourriture\net la boisson afin qu’ils en jouissent pour te rendre\ngrâces ; mais pour nous, tu nous as gratifiés d’une\nnourriture et d’un breuvage spirituels, et de la vie\néternelle, par ton enfant ;\n   4. Avant tout, nous te rendrons grâces parce que\ntu es puissant ; à Toi la gloire dans tous les siècles ;\n   5 . Souviens-toi, Seigneur, de ton Eglise, afin de\nla délivrer de tout mal et de la rendre parfaite dans\nton amour. Rassemble-la des quatre vents, elle qui\na été sanctifiée pour ton royaume, que tu lui as\npréparé : car à Toi est la puissance et la gloire dans\ntous les siècles. »\n   Plus loin, au chapitre X IV , la Didachè revient\nsur le même sujet :\n   « 1. L e jour du Seigneur, réunissez-vous, rompez\nle pain et rendez grâces après avoir confessé vos\npéchés, afin que votre sacrifice soit pur.\n   2. Mais que quiconque est en différend avec son\ncompagnon ne se joigne pas à vous, jusqu’à ce\nqu’ils se soient réconciliés afin que votre sacrifice\nne soit pas souillé.\n   3 . Car voici la parole du Seigneur : En tout lieu,\nen tout temps, qu’il me soit offert un sacrifice pur :\ncar je suis un grand Roi, dit le Seigneur, et mon\nnom est admirable parmi les nations (1). »\n   Il n’est pas possible de citer ici toute la Didachè ;\nelle mérite cependant d’être lue et étudiée après les\nÉvangiles par tous les chrétiens instruits : puissent\nles extraits que nous en avons donnés déterminer\nplus d’un lecteur à le faire !\n   Ajoutons que . l’étude si consciencieuse dont\nM. l’abbé Jacquier a fait suivre le texte de notre\ndocument, nous donne une exacte idée du culte et\ndu ministère au premier siècle chrétien. Pour ce\nmotif seul, son livre sera lu avec plaisir par tout\ncatholique qui s’intéresse à l’histoire de sa Mère la\nSainte Église.\n                                P aul H alflan ts.\n\n  (1) M a l. I, 11-14.\n\n\n\n\n274\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-006", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 275, "page_fin": 278, "titre_corps": "Le Moine et l’Oiseau", "titre_sommaire": "Le Moine et l’Oiseau", "rubrique": "", "signature_source": "Victor Balaguer.", "ancre_debut": "L e M o i n e e t l 'O i s e u     L ég e n d e contée par S ain t", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 308, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 3157, "texte": "L e M o i n e e t l 'O i s e u\n    L ég e n d e contée par S ain t V in cen t F e rrie r\n\n                                                          (Notes de voyage).\n\n         J’étais sorti d’A rbucias au matin d’un beau jou r de juin.\nL e soleil dorait de ses premiers rayons les sommets qui bril­\nlaient tels des rochers d’or, tandis que les m ontagnes avec\nleurs vêtem ents d’arbres et de broussailles étaient encore\ndans l’obscurité. Je ne tardai pas à apercevoir tout près du\nchemin une jolie et pittoresque maison avec un m assif d’arbres\nauprès, faisant deviner le voisinage d’une fontaine ou d’un\nruisseau : lieu d'om brage et de paix comme il y en a tant dans\ncette cam pagne. J’interrogeai le cocher qui, connaissant mon\ngoût pour les antiquailles (ainsi qu’il disait lui-même) m ’engagea\nà visiter cette maison si je voulais voir une très belle statue\nde Saint V incent Ferrier.\n   Je fis aussitôt arrêter la voiture et m ’engageai dans le sen­\ntier qui conduisait à la maison. C ar j ’aime beaucoup Saint\nV incen t Ferrier et j ’ai pour lui une grande dévotion quoique\ncertains en doutent. L e P . F ages, des F rères Prêcheurs, par\nexem ple, dans son Histoire de Saint Vincent Ferrier, se plaint et\ns’étonne que j ’aie parlé de Saint Vincent comme d’un homme\npolitique. Pouvais-je faire autrement en écrivant l ’histoire du\nParlem ent de Caspe ? Fut-il un concile ce Parlem ent convoqué\ndans le seul but d’élire et de proclam er un roi ? E t ne fut-il\npas un vote politique, le vote de Saint V incent qui eut une\ninfluence si décisive sur l’opinion et l’esprit des juges ? (1)\n   A v e c tout le respect dû à un tel saint et celui que mérite le\nsouvenir de son éloquence, je me suis borné, historien im par­\ntial, à exprimer mon opinion défavorable au vote qu’émit\nSaint V incent en ce Parlem ent. E t rien de plus.\n          Pour en revenir à mon récit, je dirai que ce que mon\n cocher appelait une statue de Saint V incent était tout sim ple­\nment un de ces grands carreaux de faïence valenciens, aux\n couleurs vives, représentant le thaumaturge, et qui furent\n longtemps à la mode ; ou en trouvait dans beaucoup de mai­\n sons de cam pagne, principalem ent sur la côte catalane.\n A ujourd’hui ils sont très rares et on n’en voit presque plus\n que dans des collections et des musées. Celui que je vis là\n\n   (1) Saint Vincent, en effet, a joué un grand rôle politique. P ar son seul vote au\nParlem ent de Caspe il fit proclamer roi d’A ragon Ferdinand d’A ntequera après\navoir fait une ardente propagande en sa faveur et contre son rival le Comte d’U rgel.\nP ar cette élection, il préparait, sans le savoir, l’union des couronnes d ’A ragon et de\nCastille ou plutôt l’annexion du premier de ces royaumes au second. Aussi les écri­\nvains catalans et aragonais, tout en vénérant le saint qui fut un prodige d’éloquence\net de vertus déplorent que son influence ait écarté du trône le comte d’U rgel dont\nles droits étaient plus légitimes que ceux de Ferdinand.\n                                                                               M. A.\n\n\n\n\n                                                                                    275\n"}, {"page_pdf": 309, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2580, "texte": "  enchâssé dans le mur avec un petit toit au-dessus en guise de\n chapelle était très beau et caractéristique : un exem plaire\n bien conservé, eût dit un collectionneur. L e saint était debout,\n de corps entier, et c’est sans doute pour cela que le cocher\n l’avait appelé une statue.\n    J’étais entré précisém ent au moment où deux jeunes filles\n gracieuses — l ’une surtout de douze à treize ans au plus —\n préparaient un petit autel au pied du carreau, le paraient de\n guirlandes, de bouquets de violettes du bois, de genêts et\n d’autres fleurs des champs, pour une fête ou romeria qui devait\n se célébrer l'après-midi.\n\n\n\n\n      M ais plus que la statue du saint le m assif d'arbres voisins\n  attira mon attention, car il s’en éleva un chœur délicieux de\n rossignols. Comme je me l ’étais figuré, ces arbres se grou­\n paient autour d’une fontaine et d’un ruisseau murmurant\n auquel ils donnaient om brage et tranquillité. L a m atinée était\n belle et, dans ce site, c ’était un enchantement le murmure de\n l ’ eau, le ruisseau qui fuyait, la tiédeur et le parfum de la brise,\n et surtout le chant matinal des rossignols. Je passai un long\n moment à les écouter avec délice.\n      E n me voyant extasié, la plus gracieuse des deux fillettes\ns’approcha de moi et me dit en catalan :\n     — Fan música al sant. L i cantan l’aubada. (Ils font musique au\nsaint. Ils lui chantent l’aubade).\n     On ne peut s’im aginer la surprise que me causèrent les m é­\nlodieuses paroles qui des lèvres de cette enfant étaient sorties\n avec la fraîcheur de l ’idée et la cadence du vers. E lle me\nregardait fixement de ses yeu x bleus et brillants sous sa che­\nvelure blonde, ignorante de ce qu’elle avait dit, mais surprise\nde l’effet produit et qu’elle rem arquait en moi. Je l ’aurais\nvolontiers em brassée.... Je préférai lui donner une piécette\nd’argent qui lui fit sans doute plus de plaisir.\n     E t je pensai aussi à cet homme supérieur, pèlerin de la foi,\nabeille du m iel sacré, apôtre de l ’E urope, qui dut être une\nétonnante m erveille d’éloquence, lui qui entraînait par sa\nparole les grandes foules de V alen ce de C atalogne, d’A ragon ,\nde Castille, de P roven ce et d’Italie, à cet homme dont le vote\nenleva la décision du Parlem ent de C aspe, interrompant ainsi\nla m arche traditionnelle d’un royaum e pour le diriger vers\nd’autres destins — m eilleurs ou pires, je ne sais.\n     A cette époque Saint V incent Ferrier était particulièrem ent\n1'objet des préoccupations de mon esprit. U n ami, le chanoine\nde V alen ce, Roque Chabas, excellent écrivain et bibliophile\n\n\n\n\n276\n"}, {"page_pdf": 310, "page_imprimee": 277, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2348, "texte": "érudit, m’avait envoyé un cahier de résumés, d’extraits et de\nfragments des sermons de Saint V incent F errier conservés\nmanuscrits dans la Cathédrale de V alen ce, unique recueil, je\ncrois, que l ’on possède du saint en langue vulgaire. U n de ces\nsermons en lequel Saint V incent se révèle poète et artiste est\nintitulé « L e Moine et l ’Oiseau » dans la copie que m’a procu­\nrée mon ami le chanoine.\n   L e saint discourt sur les plaisirs des sens dans la gloire et\nil conte la légende m ystique du moine et de l’oiseau dans ce\npittoresque langage valencien qu’il dut posséder et manier\nm erveilleusem ent ; langage qui se prête comme nul autre à\nl’onomatopée pour laquelle Saint V incent avait une véritable\nprédilection et qui lui fournissait des recours oratoires extra­\nordinaires. L e saint conte la légende avec une sobriété exquise\nque je ne pourrai faire passer, en la traduisant, dans une\nlangue qui n’a pas la concision du lemosin.\n\n\n\n\n                                          V   i n cen t F erri er\n                                               p a r le :. . . .\n\n                   ombie n font gran des la puissance et\n                   C\n                l a miséricorde de D ieu ! I l y avait\n                   un moine de S a i nt B enoît / très-\n                   dédot/ sacristain d’un monastère.\n                     ” L a grâce de D ieu av ait pénétré\n            enlui. U n matin/ après matines et a v ant\n        jour il descendit à l’église pour sonner prime.\n       I l n’ en était pas encore l ’heure. — J ' e n\n        profiterai pour me promener un moment par\n        le b ois .\n           ” L e ciel était souriant/ pur et serein/ l’air\ndoux et parfumé/ la campagne belle en v égétation\net en fleurs .\n   ” L e moine allait à pas l ents/ lo rsque soudain\nparv int à ses oreilles le chant d’un oiseau inv is ible\n[ce dev ait être un ange plutôt qu'un oiseau.]\n   ” C e n’ était pas un chant/ mais un enchan te ­\nment / une h armonie / une mélodie céleste.\n   ” Exta sié/ le moine ne se la ssait pas de l’ ouïr/ et\nplus le chant durait plus il se sentait captiv é.\n   — L e moment doit être arriv é de sonner prime ” /\nd it-il enfin. E t faisant un effort pour éch apper à son\nabstraction/ il retourna/ pensi f / v ers la sainte m aison.\n\n\n\n\n                                                                    277\n"}, {"page_pdf": 311, "page_imprimee": 278, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2362, "texte": "       ” U ne fois parv enu au ja rdin/ il commença à re ­\n  g a rder de toutes p arts . I l ne reconnaissait pas ces\n  lieux.\n      ” E n face il v oy ait/ il est v rai/ la porte d’un mo ­\n  nastère/ mais ce n’ était pas celle du sien ; cette porte\n  n’ était point celle par où il était sorti peu auparav ant.\n      ” I l entra cependant et se trouv a dans le cloître\n  qui n’était pas son cloître et il s e dirigea v ers\n l’ église qui n’ était pas non plus son église.\n      ” I l l’ examina de tous côtés : elle lui était com ­\n p lètement inconnue.\n     ” S on trouble fut plus g ra nd encore/ lorsqu’a rri ­\n v ant à l ’autel où il av ait coutume de dire la messe/\n il dit que ce n’ était pas l e sien.\n     — O h ! .S ainte M arie ! Q u’ est cela ? O ù suis - je ?\n     ” Q uelques moines accoururent en ce moment/\ntous inconnus/ aussi/ de lui.\n     — Q ui es-tu ? lui demanda l’un d’ eux.\n     — J e suis l e Sacristain de ce monastère.\n     ” E t il conta comment il était sorti peu aup ara ­\nv ant pour une prom enade dans le bois où il s’était\na tta rdé un instan t distrait par le chant merv eilleux:\nd’ un petit oiseau.\n    ” L es moines lui firent d'a u tres questions ; ils lui\ndemandèrent qui était son abbé/ comment se nom­\nmaient les compagnons/ où était sa cellule ; et ils\nfinirent par comprendre que cinq cents ans étaient\npassés depuis que le moine était sorti du monastère.\n    \" P endant cinq siecles il était resté dans le bois à\nécouter le ch ant d’un ro ssignol de ces tem ps . ”\n\n\n\n\n   T elle est la légende m ystique de Saint V incent Ferrier que\nje me rappelais en cette matinée de juin en contem plant l’im age\ndu Saint sur un carreau de faïence et en écoutant chanter les\nrossignols du bosquet lorsque la fillette aux yeux bleus et aux\ncheveux blonds vint interrompre ce ravissem ent, peut-être\npour que ne m’advînt pas ce qui advint au moine de Saint\nVincent.\n                                                          V ic t o r B a l a g u e r .\n\n\n\n\n  I I . Balaguer, qui nous accorde ce petit document hagiologique inédit, est un esprit\nreconnu. On l'estime poète et historien, on le sait membre de l’A cadém ie d’Espagne,\nsénateur, ancien ministre des colonies. S a communication nous est traduite de l’espa­\ngnol par M . Marius André.\n                                                                           La D.\n\n\n\n\n278\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-007", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 279, "page_fin": 282, "titre_corps": "Mémorial de la Pensée religieuse", "titre_sommaire": "Mémorial", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Mémorial de la Pensée religieuse En m arge des « Origines du Christianisme. » E n 1894", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 312, "page_imprimee": 279, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2259, "texte": "Mémorial de la\n          Pensée religieuse\n    En m arge des « Origines du Christianisme. » E n 1894,\nle R . P . D elattre et M. Edmond P icard étaient en désaccord\nau sujet de Moloch, de la captivité babylonienne, des pro­\nphètes sémites aryanisés. . .\n    C ela se conçoit aisément.\n    L e P. D elattre formula ses raisons, qui sont les bonnes, en\nun livre récent L e Cerveau Picaresque (Bruxelles, S oc. B elge\nde Librairie). On y surprend M. P icard occupé surtout à étirer\nl ’élastique déjà lâche du Saint P a u l de Renan.\n    (Mais est-il si difficile de rester digne dans la victoire. L e\n P . D elattre épingle en épigraphe et convertit en titre une\n phrase de M. P icard « M on cerveau restera celui du penseur. »\n Or, la page 9 de V ie Simple amène ce troublant vœ u de vivre :\n « J’aurai mes heures de contemplation et mes heures de travail\n manuel, jardinant l ’étroit potager, badigeonnant les parois de\n la ferme, fanant les foins odorants. M a nourriture sera celle de\n l ’artisan, tandis que mon cerveau restera celui du penseur. »\n L e P . D elattre est-il quoi ? exégète aveugle aux nuances ou\n publiciste peu honnête).\n     Il est pénible à relater que des adversaires si considérés\n s’abandonnèrent à des choses plus honteuses encore.\n     U n jour le P . D elattre ridiculisa d’une cédille le nom de\n M. Picard. L e P . D elattre fut inconvenant. M ais M. P icard\n est vraim ent m alpropre qui m’envoie une chansonnette L a\n Lattropinade (Bruxelles, V e Larcier), où les échos de musicos\n  « Y ’ avait un pauv’ petit abbé Qu’on avait abélardisé ? — »\n  sont renforcés par les souvenirs du folklore érotique flamand\n  « P ou r coudr’ quelqu’ chose de viril... ! (bis) »\n     L e balai d’U bu !\n\n\n    Sacræ liturgiæ compendium. (Tournai : Decalonne-\n Liagre.) — Traditionnelles, claires et brèves, les leçons de\n feu Mgr Pourbaix au séminaire de Tournai, viennent d’être\n éditées par M. le chanoine Coppin.\n    O n pourra s’y convaincre que, comme disait Huijsmans,\n « tout dans l'É glise a un sens ; que rien n’est laissé à l ’im ­\n prévu ; qu’aucun détail si minime qu’il soit n’est inutile. »\n                                            E dmond D e B r u ijn .\n\n\n\n\n 19                                                               279\n"}, {"page_pdf": 313, "page_imprimee": 280, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2975, "texte": "    Canonisation. P a r trois fois, le jou r de l'Ascension, on a\n supplié le successeur de P ierre de proclam er Saints deux\n grands serviteurs de l’E glise et chaque fois le ciel et la terre\n qui se connaissent si bien ont eu ensemble un dialogue dont\n rien n’égale la beauté. L ’E glise militante a fait d’abord un\ntouchant appel à l ’É glise triomphante. Qu’il est sublime ce\n chant des « Grandes Litanies » dans cette Reine des É glises\n et dans cette Reine des V illes où tant de Saints, P apes,\n D octeurs, Confesseurs et M artyrs ont laissé leurs reliques\nsacrées. Presque tous ceux qu’on invoque sont ici ; nous tou­\nchons la place où ils reposent !\n    L e dialogue continue. A vec le P ap e nous récitons le\n« M iserere » pour nos péchés et ceux du monde entier. Puis\nL éon X III, le Grand D évot au Saint-Esprit entonne l ’hym ne\ndu Paraclet, le V en i Creator. F ort du secours d’en haut le\nPontife suprême se rend enfin à la triple supplication qui L u i\na été adressée instanter, instantius, instantissime. Toute l’as­\nsemblée se lève, le chef de l’église s’assied sur sa chaise de\nD octeur, — et la voix infaillible de Pierre dit : « En l’honneur\nde la Sainte et indivisible Trinité, pour l’exaltation de la fo i Catholi­\nque et pour l’accroissement de la Religion Chrétienne, par l’autorité de\nN . S. Jésus-Christ, des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et la\nNôtre : après une mûre délibération et ayant souvent imploré le\nsecours Divin, de l’avis de nos vénérables frères les Cardinaux de la\nSainte Eglise Romaine, les Patriarches, Archevêques et Evêques\nprésents dans la ville, nous décrétons et définissons Saints et nous\ninscrivons au catalogue des Saints, les Bienheureux Antoine-Marie\nZaccaria et Pierre Fourrier, Confesseurs, statuant que leur mémoire\ndevra être publiée tous les ans avec une pieuse dévotion dans l’Eglise\nUniverselle, savoir celle d’Antoine-Marie le cinq Juillet et celle de\nPierre le neuf Décembre. »\n                                               A bbé J. N . D u p u i s .\n\n\n   Les Religieuses Dominicaines de Béthanie et l ’œuvre\ndes Réhabilitées, par le R . P . van Caloen, des Frères Prê­\ncheurs (Louvain).\n   L ’odeur du péché attriste mais ne saurait écarter l’É glise :\nles plus purs de ses docteurs ne reculèrent point devant\nl’anatomie m œchialogique, et il se trouva, dès le X IIIe siècle,\ndes fiancées du Christ pour tendre la main aux mérétrices\nrepentantes. L ’œuvre des Réhabilitées de Béthanie, fondée\nen 1866 p a r le R . P . Lataste, des F rères Prêcheurs, constitue\nun mode nouveau de cette charité si essentiellem ent à l ’imita­\ntion de N otre-Seigneur Jésus-Christ. N ous renvoyons, quant\naux détails d’organisation, à la brochure du R. P . van Caloen.\nMais un spécial raffinement d’abnégation mérite insistance :\nles repenties pourront, après un temps d’épreuve, être admises\nà la vie religieuse. D ès lors aucun indice ne différenciera la\nréhabilitée de la réhabilitante. U ne communion s’effectue\n\n\n\n\n280\n"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 281, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2822, "texte": "entre elles par quoi la vierge assume une ombre d’infamie et\nla pécheresse un reflet d’innocence, en sorte de former, les\nunes et les autres — dans la même chapelle, sous les rayons\ncaressants de la même H ostie, et confondues selon les plis\ngothiques des guimpes dominicaines, — la fam ille de Béthanie.\n                                                  V ic t o r   K in o n .\n\n\n   Bossuet et le Jansénisme, par A . M. P . I n g o l d (Paris,\nHachette) ; Un Manuscrit de Bossuet, par E . L é v e s q u e (la\nQuinzaine, 1 5 octobre 1896).\n   E n 1682, Bossuet galllican opina différemment que le Con­\ncile du V atican, depuis. On le sait et qu’en droit ce n’est pas\nreprochable.\n   M ais il y a plus, ou autre chose, paraît-il : N e pas avoir fait\nles gestes suffisamment belliqueux en face d’une telle hérésie,\navoir humainement ou scientifiquement estimé certains rigo­\nristes en m orale et mésestimé deux ou trois pères de la Com ­\npagnie, voilà bien de quoi, à l’entendement de quelques\ncatholiques, assez tôt ou m al à propos scandalisés (M. D avin\npour nommer quelqu’un), ou de partisans anti-romains (M.\nGazier, M. L e R oy, etc.) inculper — sinon convaincre —\n B ossuet de jansénism e.\n    M. Ingold a tôt fait, par un procédé de critique graduée\ntrès net, et tout en s’en tenant aux sources imprimées connues\n— je veux dire, connues de lui, prodigieux érudit de ces\nchoses et que la dépense de ce court ouvrage ne pourra\n satisfaire (pourquoi ne nous conterait-il un peu les m isères de\n M. de N oailles ou la fortune du P . de la Chaize ?) — d’établir\nque Bossuet ne participa au jansénisme ni ne le soutint.\n   C e semble dit.\n   Mais comme cela fait mal, toute cette affaire ! E h quoi !\nquels monstres sommes nous, inconscients, ou conscients,\npires encore. P arce que je n ’abonde en votre conception de\nla grâce, vous faites intriguer contre moi dans l’esprit du roi.\n(Quels tristes appendices, par exem ple, sur Fénelon, sur quel­\n ques Jésuites.) E t cela reste vrai. On attaque ou soutient\n B ossuet, comme on le ferait d’une candidature, et des disputes\ntroublantes, comme celle sur le quiétisme, s’extériorisent en\n cauteleuses manœuvres de villageois.\n    Ce qui fait, les hommes changeant peu, que nous enregis­\n trons parfois en les controverses les plus nobles, celles des\n choses de l’âme ou de l ’esprit, de si émouvants malentendus.\n                                            E d m o n d D e B r u ij n .\n\n\n\n  Congrès ecclésiastique de Reims. (Compte-vendu publié\nsous la direction de M . l’abbé L emire, 1, rue F eyd eau , Paris). —\nBeaucoup de congrès politiques ou scientifiques pourraient\nprendre exem ple sur celui-ci : programme soigneusement\nétabli, rapports substantiels, discussion solide et brève, cinq\n\n\n\n\n                                                                        281\n"}, {"page_pdf": 315, "page_imprimee": 282, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3144, "texte": " minutes par interlocuteur, tout cela est parfait ; mais succès\n oblige ; le clergé de Fran ce faillirait à son devoir s’il ne\nrenouvellait pas dès cette année la réunion qui, l ’an dernier,\n a éveillé tant d’espoirs.\n   Une appréciation du Compte-rendu demanderait un volum e,\nsi nombreux furent les sujets abordés ; qu’on en ju ge par cette\nsimple table des m atières :\n   I. L ’Action (culte, sacrements, prédication, catéchism e,\npropagande, éducation, charité, œuvres sociales).\n   II. L a Science (sciences religieuses et auxiliaires, méthodes\nau séminaire, méthodes dans la vie active).\n   III. L ’Organisation (recrutement, diocèse, paroisse, groupe­\nments).\n   Vraim ent le clergé français sort à son avantage de cette\népreuve ; pour quelques congressistes arriérés ou timides,\nabondent les esprits larges, ardents, pratiques et initiatifs ; la\nnouvelle génération sait qu’elle a un rôle à jouer, et quel est\nce rôle ; c’est le m eilleur m oyen pour le jouer tôt ou tard.\nA ce sujet, j ’oserai formuler un vœ u, qu’un congrès ecclésias­\ntique ne pouvait guère exprimer, mais qu’un laïc a le droit de\ndire : c ’est que le prêtre devienne de plus en plus conscient\nde la grandeur et de l ’importance sociale de son action indi­\nviduelle ; si le clergé ne joue qu’un rôle minime, c’est qu’il\ns’est trop pelotonné, trop claquem uré dans sa sacristie, trop\nuniformisé dans une sorte de caserne m orale ; n’en déplaise à\nfeu M gr de Bonnechose, le clergé d’un diocèse n’est pas un\nrégim ent ; le Congrès de Reim s montre heureusement que les\nprêtres français ont un idéal un peu plus haut que le capora­\nlisme ; il faut les en louer ; le mot m alheureux de « presbyté­\nrianisme » retombe en somme, après la plus que correcte\ntenue des congressistes, sur ceux qui l’ont prononcé ; à l ’avenir\nqu’on évite de pareils mots vraiment regrettables à tous points\nde vue que les craintifs prennent un peu plus d’assurance,\nles sceptiques un peu plus de confiance, les pessimistes un\npeu plus de bienveillance, et tout ira bien, ou du moins tout\nira mieux, ce qui est déjà quelque chose.\n                                                 H enri M a ze l.\n\n\n   T r a v a i l de bénédictin. — Cette fois, la légende a raison,\net c’est si consolant. L es Bénédictins sont en effet des béné­\ndictins, par exem ple Dom Morin dont je parlerai, ou Dom\nU rsm er B erlière, qu’on tiendra bientôt d’Oxford à Tubingue\npour l’un des mieux consciencieux critiques.\n  Disposant la Revue Bénédictine de l'abbaye de Maredsous,\nD. Berlière manifeste un sens éveillé des nécessités de la\ndéfense religieuse, sans rien qui se dresse en polémique, puis\nencore un savoureux souci des choses de son ordre ; com­\npilateur du Monasticon Belge (Tome I, 2e livr. parues) (analogue\nà la collection Gallia Christiana, répertoire nom breux des\nsources afférentes à chaque fait-divers des existences d’ab­\nbayes assises sur le sol belge) il sem ble apporter une souriante\npatience dans les recherches, un tact pointilleux vis-à-vis des\ntrouvailles, car il a ce m iraculeux bonheur de toujours trouver.\n                                          E d m o n d D e B r u ij n .\n\n\n\n\n282\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-008", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 283, "page_fin": 289, "titre_corps": "Pour un projet d’Esthétique Spiritualiste", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "GEORGES SIMON †", "ancre_debut": "Pour un projet     d’Esthétique Spiritualiste       Si l’on se bornait à lire c", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 316, "page_imprimee": 283, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 1979, "texte": "Pour un projet\n    d’Esthétique Spiritualiste\n      Si l’on se bornait à lire certain passage d’Aristote\n  (Poétique C. IV), il semblerait que pour ce philo­\n  sophe, précurseur de Saint Thomas, père de la\n  Scholastique, l’origine de la poésie se trouve dans\n  l’instinct d’imitation et dans le plaisir que nous\n  cause celle-ci : cependant il ne faudrait pas en con­\n  clure que l’imitation est le tout de l’Art ; l’origine\n  soit, non la fin. Mais encore ne serait-il pas plus\n juste de dire que l’Art naît de l’instinct créateur\n  dont la satisfaction est un des plaisirs les plus élevés\n  de l’esprit. Aristote lui-même dit ailleurs que la\n  peinture doit représenter « non ce qui est, mais ce\n  qui doit être » et encore « la tragédie est l’imitation\n  du meilleur » — « la Poésie est plus vraie que\n  l’Histoire ».\n     Chacune de ces formules pourrait être commentée\n longuement, retenons seulement ces deux mots :\n  « l’Imitation du meilleur », et sachons comprendre\n non le meilleur de ce qui est, non le meilleur réalisé,\nmais le meilleur de ce qui doit être, le meilleur\npossible. Imiter ainsi le possible, le plus beau de ce\nque conçoit notre esprit et que nos sens n’ont point\nperçu, c’est, dans notre mesure, créer.\n     E t nous dirons que l’Imitation est une partie de\nl’Art, précisément en ce qu’elle est une tentative de\ncréation, souvent la plus réalisable pour nous. Et\nde fait nous ne créons jamais absolument, lorsque\nl’homme essaie de produire, il imite toujours quelque\npeu. Mais il est d’un artiste bien incomplet de s’at­\ntacher seulement à la copie de la nature. Schelling\na dit : « L a Nature n’est belle qu’incomplètement,\nqu’accidentellement, parce qu’elle ne possède que la\nseule activité inconsciente, tandis que l’œuvre d’art\nest intégrale et absolue. » E t l’artiste simple imita­\n teur s’est bien peu rapproché de Dieu, car alors\nmême qu’il aurait reproduit son œuvre, il n’aurait\n\n\n\n\n                                                     283\n"}, {"page_pdf": 317, "page_imprimee": 284, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2045, "texte": "pas reproduit son acte. Dieu créait, il a copié. C ’est\ndonc un plagiaire et non un poète.\n   Mais encore faut-il être bien peu philosophe pour\ncroire que l’on reproduit la réalité, l’être, la sub­\nstance. On exprime ce qu’on en connaît, ce qu’en\nont révélé nos sens, nos organes qui déforment et\nqui amoindrissent. Ainsi la Création et l’Imitation\nse mêlent toujours dans nos œuvres ; mais nous\npensons que l’âme s’élève d’autant plus qu’elle fait\nun effort plus personnel ; l’œuvre est d’autant plus\nbelle qu’il y eut chez l’artiste une part de création\nplus grande.\n   Mais qui songerait à contester que l’Art est d’au­\ntant plus haut qu’il nous rapproche davantage de\nDieu ? Celui qui prend son modèle dans les degrés\ninférieurs de l’être, qui s’attache à reproduire les\ninstincts de bestialité, est un ouvrier très vulgaire.\nCombien son œuvre est loin d’exciter « l’activité la\nplus parfaite de ce qu’il y a de plus parfait en nous » ;\ntelle est la définition du bonheur que nous a donnée\nAristote, et pensant avec lui qu’un tel bonheur est\nnotre fin, beaucoup accorderont que l’art est un des\nmoyens les plus nobles que nous ayons de la pour­\nsuivre.\n   Celui là est un vrai poète qui tente de créer la\nvision de tout un monde plus saint que le nôtre et\nvers lequel aspire notre vie. Les êtres qui peuplent\nce monde, nous ne pourrons les concevoir qu’en\nexaltant ce que nous avons de plus pur, en étouffant\nce que nous avons de charnel. Peignez moi des\nbeautés plus qu’humaines, et des vertus, et des\nhéroismes que le vulgaire trouve impossibles : si\nvotre œuvre me donne vraiment le frisson d’une\ngrandeur inconnue et le vertige d’un univers sublime,\nje vous saluerai pour mes maîtres, et je marcherai\nsur vos traces, prophètes héroïques, afin de tenter\nla conquête du Ciel, en me grisant de la symphonie\n de vos visions !\n   Qu’un tel artiste se serve de formes humaines,\nd’éléments empruntés à la nature, je ne veux point\nm’y opposer. Même j ’irai plus loin, j ’affirmerai que\nles conceptions les plus échevelées du grand poète\n\n\n\n\n284\n"}, {"page_pdf": 318, "page_imprimee": 285, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2238, "texte": "sont seulement la révélation d’un monde très réel,\npar un phénomène que quelques uns appelleront\nvaguement « le don du génie » que les philosophes\nnommeront « une intuition puissante » mais dans\nlaquelle les croyants salueront chez l’artiste sacré\nla grâce de Dieu. L e monde, il essaie de nous le\nmontrer à son tour comme le lui a montré son ange\net s’il est forcé, pour nous le rendre sensible, de le\ntransposer, s’il en exprime la beauté dans une langue\ntrop faible, faut-il le lui reprocher ? Saint Paul, qui\navait été ravi jusqu’au troisième Ciel (Corinthiens\nC. XII), souffrait de se plier au langage terrestre :\n« Je parle suivant l’usage des hommes, pour m’ac­\ncommoder à votre faiblesse » (Romains C. VI p. 19).\n    L ’œuvre du grand poète est donc la copie du\nmonde d’en haut ; mais copier de telle sorte, c’est\ntout ce que nous pouvons entendre par créer, faibles\nhommes pour qui ce mot n’aura jamais qu’un sens\nrelatif. Nous nous rapprochons d’autant plus du\nCréateur et de son action que notre intelligence\ns’élève à la connaissance de créatures plus grandes.\nMais, hélas ! comment exprimer en nos arts ce qui\nn’existe que si loin au dessus de nous ? Faites com­\nprendre à un chien, votre meilleur ami, toutes les\npassions de votre cœur d’homme ! L a sculpture, la\npeinture, ne peuvent se passer du monde matériel ;\nc ’est à peine si la littérature et la musique ont la puis­\nsance de faire pressentir à nos âmes ce qu’est le\nmonde des purs esprits. Comment donc exprimer la\nvision d’unmonde qui n’est que spirituel ? Ainsi par­\nlera l’homme faible que le découragement peut abattre.\nMais que ce désespoir est sot. Quand même nous ne\npourrions atteindre le but, serait-ce une raison pour\nn’y pas courir, si ce but était la Beauté, si ce but\nétait Dieu ? Si nous ne voulons étendre la main que\nvers un objet saisissable, renonçons à tout Idéal,\nà toute poésie, à toute prière. L a satisfaction n’est\npas tout entière dans le But, elle est aussi dans sa\npoursuite. Ne savons nous point par expérience\nqu’un but atteint, c’est une espérance perdue ? On\ns'exaltait à la poursuivre, une fois qu’on s’y trouve,\nl’enthousiasme s’abat et la fatigue reste. Je sais bien\n\n\n\n\n                                                        285\n"}, {"page_pdf": 319, "page_imprimee": 286, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2163, "texte": "  qu’ici le but est l’Idéal lui-même et l’Idéal exclut la\n fatigue : ce serait par définition le But dont on ne\n se lasserait pas ; mais l’Idéal exclut aussi la Réalité,\n et c’est justement parce que nous ne pouvons pas\n l’atteindre que nous ne pouvons nous en lasser.\n    En énonçant que l’Idéal exclut la réalité je n’en­\n tends pas nier son existence. Bien au contraire.\n L'Idéal, c’est l’absolu, l’absolu, c’est la Vérité !\n    Mais distinguons nous des Idéalistes : l'Idéal\n dont nous parlons ici est le Monde spirituel, celui\n des anges, celui des saints.\n    En disant qu’il exclut la Réalité, j ’entends qu’il\n est idéal pour nous, parce que nous pouvons seule­\n ment le pressentir, étant destinés à le posséder, mais\n en dépouillant notre nature d’hommes.\n    C ’est le monde le plus réel de tous, puisque c’est\n celui de l’Immortalité : la matière seule périt. Mais\n si nous le poursuivons dès cette vie, sachant qu’il\n est notre fin, n’oublions pas que nous ne pouvons\nl’atteindre en ce temps ; ce monde exclut notre\nréalité d’hommes, soumis à la matière, et mortels.\n    Inversement, c’est aussi le fait que nous ne pou­\nvons pas nous en lasser qui prouve qu’il n’est pas\nà notre portée. L ’une et l’autre proposition expri­\nment la même vérité ; ces conditions réciproques\nsont inséparables, ce sont les attributs de l’Idéal.\n    Nous vivons dans un monde où régnent la douleur\net la fatigue. L ’Idéal est le monde essentiellement\npositif (c’est-à-dire excluant le mal, la douleur, la\nfatigue, toutes les négations) où ces restrictions\nn’existent pas. Atteindre l’Idéal c’est donc sortir de\nnotre monde, et c’est évident.\n   En tout cela il n’y a rien qui doive nous découra­\nger. Je poursuis un but, et si je ne l’atteins pas à\ncause de sa trop grande hauteur, j ’aurai du moins\nla gloire de m’en être approché, d’être sorti de mon\nornière en m’élevant jusqu’où Dieu me l’aura permis.\n   Cherchons le sublime, et si nous restons en chemin,\nce que nous aurons rencontré sera encore de la\nBeauté pour nous et du baume pour notre misère.\nSi le chien n’est pas votre égal, croyez-vous qu’il\nne sente rien de ce qui se passe en vous, il le pres­\n\n\n\n\n286\n"}, {"page_pdf": 320, "page_imprimee": 287, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2123, "texte": " sent confusément ; il est doué d'assez de sympathie\n pour connaître un écho des émotions qui vous\n agitent, et c’est pour cela qu’il vous aime.\n    Que sera-ce donc entre le monde Spirituel et celui\n de l’Humanité ?\n    Si la distance semble plus grande qu’entre l’homme\n et le chien parce que ces deux êtres sont corporels,\n au lieu que de l’humanité au pur esprit on passe ré­\n ellement d’un monde à l’autre, nous devons rejeter\n cette illusion, et considérer que l’homme est doué\n d’une âme immortelle destinée à gagner un jour\n cette sphère de l’Idéal, du bonheur, et qui doit être\n le but de l’Art précisément parce qu’elle est notre\n fin.\n    Si le chien ressent quelque chose des passions\n qui troublent son maître, pourquoi Dieu ne permet­\ntrait-il pas que nous ayons quelque prescience aussi\n du monde où nous vivrons demain.\n    Mettons notre argumentation en forme : le but\n de l’Art est de nous élever ; élever un être c’est\n accélérer son développement, hâter sa marche vers\n sa fin. L ’art réalisera ce but en nous montrant le\nmonde que nous devons atteindre. Ce monde de\n Vérité et de Bien, l’art nous le montre sous la forme\nde la Beauté. Voir la Beauté, c’est l’aimer, c ’est la\ndésirer. L ’art nous élèvera donc par l’amour.\n    Mais nous montrer un monde spirituel, c’est nous\nfaire oublier la chair et tout ce qui est matériel.\nEst-ce à dire qu’il faille dénier toute valeur à la\npeinture et à la sculpture ? Loin de là. Certains\ntableaux, certaines statues font oublier la chair,\nmortifient les sens, élèvent l’esprit ; certains livres,\nque leurs auteurs appellent poèmes, certaines\nmélodies éveillent la sensualité, ravalent l’esprit.\n    Même en reproduisant les formes des créatures,\nanimaux ou plantes, les arts plastiques nous font\néprouver un tout autre plaisir que celui de recon­\nnaître ce que nous avons déjà vu. C ’est là une\nsatisfaction dont peuvent se contenter quelques gens\ngrossiers, mais qui n’a rien à voir avec l’esthétique.\nEncore parmi les appréciateurs du naturalisme\nmalsain trouverait-on quelques lettrés qui goûtent\n\n\n\n\n                                                    287\n"}, {"page_pdf": 321, "page_imprimee": 288, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2157, "texte": "  dans l’œuvre de ses écrivains autre chose que\n  l’imitation. Qui peut nier qu’en lisant une histoire\n  écrite par un romancier même médiocre, à plus\n  forte raison par un bon conteur, on éprouve des\n  sensations bien différentes de celles que l’on eût\n  ressenties en voyant l’action se dérouler à ses côtés.\n Je lis en trois heures un roman dont l’action se\n passe en vingt ans. Les différentes scènes étant\n ainsi placées sous mes yeux dans un intervalle plus\n restreint, je me souviens mieux. Je comprends\n l’enchaînement des faits, je pénètre la philosophie\n du drame, bien autrement que dans la vie.\n     E t ainsi, l’art a beau se borner à reproduire, il\n reste l’art parce qu’il donne une impression que ne\n donne pas la nature ; et si j ’ai montré tout à l’heure\n que l’artiste, imitant la Création, n’a pas imité sa\n cause, l’acte créateur, je constate maintenant qu’il\n ne reproduit pas davantage son effet, nous donnant\n une émotion différente.\n     S ’il arrive à un naturaliste d’inventer des êtres\n plus vils que ceux qui vivent, ce n’est pas un écri­\nvain nul, mais c’est un artiste à rebours qui plonge\nvers Satan au lieu de s’envoler vers Dieu. Toutes\nles âmes n’ont pas la même aspiration, ne sont pas\n orientées de même sorte. Il y aura des réprouvés\nmême parmi les gens de talent, je devrais dire : il\ny a parfois du talent même parmi les gens de Satan.\n    Je parlerai de la peinture brièvement. Outre\nqu’elle peut très bien ne pas s’en tenir à la copie, et\nsurtout de n’importe quoi, mais s’attacher à nous\nmontrer de préférence les formes les plus nobles,\nl’expression des sentiments les plus grands, et pour\ncela, exagérer les caractères physiques par où se\ntraduisent ces sentiments, il faudrait encore recon­\nnaître qu’il y a dans ces lignes mêmes, comme dans\nles couleurs, comme dans les tons que la matière\nnous présente, une certaine grâce dont le charme\nn’a rien à voir avec le plaisir de l’imitation, mais\nqui tient à une correspondance profonde, mysté­\nrieuse encore pour le critique et le philosophe, en\ndépit de leur analyse, entre la forme et l’idée, entre\nla matière et l’esprit. C ’est ce que les esthètes ont\n\n\n\n\n288\n"}, {"page_pdf": 322, "page_imprimee": 289, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2357, "texte": " nommé le Symbole. Ces correspondances trouvent\n leur expression dans la ligne, dans la couleur comme\n dans les accords ; et nous ne devrons pas en être sur­\n pris si nous avons constaté que toute loi des sciences\n physiques est l’expression, dans la nature, d’une\n vérité métaphysique, de même que chacune de nos\n sensations est la traduction, dans le monde de notre\n pensée, d’un phénomène du monde physique.\n    Il est regrettable qu’à la fin du X IX me siècle, après\n que tant de travaux ont été produits par des esthètes\n et des critiques qui furent d’habiles philosophes, on\npuisse sentir encore l’utilité de réfuter la théorie de\nl’imitation, principe de l’art ; mais c’est en vain que\npassent dans le monde les prophètes avec leurs\nflambeaux, les poètes avec leurs chants sacrés, le\nmonde a des yeux pour ne point voir et des oreilles\npour ne pas entendre. Hé bien ! que l’Humanité\npoursuive son évolution, fascinée par ceux-là seule­\nment dont la torche fut allumée dans les fournaises\nde Lucifer ; qu’elle marche animée seulement par\nles accents des faux Orphées qui chantent la louange\nde l’orgueil en glorifiant la Chair ; que la foule\nignorante aille à sa triste destinée, que Jérusalem\ncrucifie son Rédempteur, c’est à ce prix, hélas ! que\nles prédestinés pourront s’élever dans leur gloire....\n   E t quand le dernier poète aura rendu le dernier\nsoupir, exhalé son âme en chantant sa dernière\nstrophe sur les ruines de l’ultime autel, les malheu­\nreux qui survivront — des positivistes sans doute —\nauront l’amertume de voir ce que Dieu fera de leur\nmonde.\n   Annecy, 1 895 .                     G e o r g e s S im o n +\n\n\n   Cette étude était considérée par l’auteur comme incom plète ;\nelle n ’était que le b ref aperçu, le point de départ d’une esthé­\ntique qui peu à peu se serait organiquement développée dans\nl’étude de l’art, de la vie, de la philosophie, de l ’histoire...\n   L a mort a em pêché l’artiste chrétien G eorges Sim on décédé\nici, à 24 ans, avec mon chagrin solitaire pour linceul, d’ordon­\nner ce travail. On en trouve pourtant ici les aperçus. Pour\ncela et parce qu’elles sont représentatives d’une noble person­\nnalité, nous avons extrait ces notes des papiers du défunt.\n  L e Caire.                                  E m il e B e r n a r d .\n\n\n\n\n                                                                    289\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-009", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 290, "page_fin": 293, "titre_corps": "Au Christ de Gloire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "ALBERT JOUNET.", "ancre_debut": "Au Christ de Gloire                    FRAGM EN T.  Mais, pendant q", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 323, "page_imprimee": 290, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 1151, "texte": "Au Christ de Gloire\n                   FRAGM EN T.\n\nMais, pendant que ta gloire, aux Cieux purs, incendie,\nNous, chrétiens languissants sur la terre engourdie,\nTimorés dans l’espoir et lâches dans l’effort,\nFaibles et malheureux, nous épelons ta mort.\n\nQu’importe que je voie, avec mon âme avide,\nT a gloire dans le Ciel, si mon âme timide\nN ’ose au monde imposer la gloire qui m’émeut\nE t resculpter le monde à l’image de Dieu ?\n\nQu’à notre essor immense en la béatitude\nNous voulions, comme au tien, que la douleur prélude,\nQue, joyeux, pour tuer l’instinct vil de la chair,\nLa vigueur du péché, sève aux parfums amers,\nQue pour tuer encor la luxure de l’âme,\nL ’orgueil, nous embrassions la croix qui nous affame,\nOui — mais que, défaillants, sans beauté ni transport,\nPrenant pour te trahir prétexte de ta mort,\nNous n’ayons, ô mon Christ, que des âmes glacées,\nCapables seulement de prières lassées,\nIncapables d’aller, d’oser, de découvrir,\nImpuissantes à vivre, indignes de mourir,\nNon. Demeurons chrétiens douloureux pour nous mêmes,\nMais soyons avec toi, Majesté qui nous aimes,\nPour ton règne éclatant des chrétiens glorieux !\n\n\n\n\n290\n"}, {"page_pdf": 324, "page_imprimee": 291, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1769, "texte": "Et contraignons la terre à s’incarner les Cieux !\nA lors, vraiment, Jésus, nous servons la prière\nQue tu nous ordonnas d’élever à ton Père\nCar, si sa volonté s’accomplit ici-bas,\nAprès ta Passion ta Gloire y régnera.\n\nDonc, imprimons la croix aux vertus de notre âme,\nPar le renoncement tuons la force infâme\nQu’à la chair de luxure, à la raison d’orgueil\nSatan prête et clouons Satan dans un cercueil.\nMais, en nos actions candides et splendides\nE t nos pensers ardents, soyons des intrépides.\nAprès avoir tué la fausse gloire en nous,\nCréons la gloire vraie et céleste, à grands coups\nDe hardiesse pure en nous et dans le monde !\n— Par l’abnégation que la Splendeur se fonde.\n\nAinsi l’ère du Christ de gloire arrivera\nAprès l’ère du Christ de douleur et vivra\nDans le monde, en reflet de la gloire divine.\nNous serrerons le Crucifix sur nos poitrines.\nMais, sur les étendards du monde enfin soumis,\nUn Christ vainqueur et roi de tous ses ennemis,\nDélivré de la croix tortionnaire et sombre,\nSublime, éclatera d’une clarté sans ombre.\n— E t le Christ même, aux deux apparu, versera\nA cette Image une lumière qui vaincra.\n— Et, comme une Forêt en s’embrasant s’écroule,\nAutour d’un Incendie heureux qui fend sa houle,\nLe Mal s’écroulera, détruit, embrasé, beau,\nAutour du Christ royal brillant sur nos drapeaux !\n\n                           *\n                          * *\n\n\nNous devons consumer à tes rayons la terre,\nO Christ et nous dresser comme des volontaires\n\nEpris de ton service et rendre impérieux\nEn nous, autour de nous, dans les lois, dans les âmes,\nLe cœur et les pensers brûlants de l’Homme Dieu.\n\nSoyons des Saints. Prenons ton Idéal en flammes\nDans nos bras obstinés et laissons-nous ronger\n\n\n\n\n                                                     291\n"}, {"page_pdf": 325, "page_imprimee": 292, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1646, "texte": " Jusqu'à ce que ta gloire ait détruit de nos êtres\n Les noirs fumiers glacés qui lui sont étrangers\n E t que dans l’homme dévoré tu sois le Maître !\n\n E t nous susciterons en tous l’altier plaisir\n D ’avoir mieux que des pleurs pour t'avoir fait mourir.\n\nMais un acharnement décisif à détruire\nDans notre âme et nos chairs la cause de ta mort :\nLe Mal. Séchons nos pleurs et vengeons ton martyre ;\n\nAyons la sainteté poignante pour remords...\n                            *\n                           * *\n\nN i ta Divinité, claire splendeur du Verbe,\nN i l’esprit et la chair de ton Humanité\nQui du tentateur morne a brisé la superbe,\n\nN ’ont dans leur innocence ardente supporté\nL ’intrusion du Mal et des hontes putrides.\n\nE t c’est cette candeur de héros sans péché\nQu’il faut incorporer à nos âmes sordides\nA notre chair où le serpent reste attaché.\n\nI l faut qu’en moi je sente, impitoyable extase,\nUn Dieu violemment virginal qui m’embrase!\n\nI l faut que j ’aie en moi le conscient frisson\nDu Christ, quand il passait dans les hontes du monde\nE t restait Dieu très-pur, impénétrable et bon...\n\nJe voudrais même plus : que les hideurs immondes,\nSous ta gloire, aujourd’hui plus terrible, Seigneur,\n\nPérissent de tes feux dont la force nous change,\nComme, sous la lumière incandescente, meurt\nUn miasme râlant et brûlé dans sa fange.\n\n— En nous ta gloire, autour de nous le Mal, qui meurt...\n                            *\n                           **\nTu laissas dans nos yeux l’indélébile image\nDu Crucifié où s’aimantent nos courages !\nE t tu nous avais dit : « Prenez, portez ma croix. »\nE t nous ne serons point les indignes de toi\n\n\n\n\n292\n"}, {"page_pdf": 326, "page_imprimee": 293, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1918, "texte": "Et, même en préparant le règne de ta gloire,\nNous porterons la croix. Mais l’ombre expiatoire\nNe doit charger que nous et non pas tes rayons.\nIls doivent nous remplir de fulgurations\nE t faire comme un corps de gloire et de mystère\nDans notre corps souffrant qui marche sur la terre.\nE t le renoncement même et l’humilité\nDoivent de toi nourrir une immense fierté\nE t mépris de nous seuls ! Oh... l’avenir superbe\nEst que l’intensité de la gloire du Verbe\nSoit pour nous plus que l’ombre et les souffrants labeurs\nQu’à son avènement consacrent nos ardeurs.\nC’est que, te regardant plus que nos sacrifices,\nNous ayons, Dieu vainqueur, l’amour et la justice\nDe compter nos douleurs pour rien et ta beauté\nTriomphale pour tout. Là haut l’éternité\nNe te voit plus râlant sur le bois tyrannique.\nI l faut que je te voie, ô Christ, ô mon unique,\nAvec des yeux d’éternité, dans ta splendeur !\nC’est une complaisance égoïste à mon cœur\nDe trop considérer tes tortures anciennes,\nT es souffrances pour moi et de songer aux miennes.\nPensons à ta victoire, oubliant nos tourments,\nE t soyons les chrétiens dont l’amour véhément\nVeut désormais, cessant d’évoquer ton Calvaire,\nNe contemplant que ta victoire et ta lumière,\nLe Crucifix pour nous et l’Empire pour toi !\nO royal Bien Aimé, nous te volons la Croix !\nE t nous attirerons peut-être ton Empire\nA force de ne voir que ta majesté luire,\nQue ton règne planer dans les hauteurs du Ciel !\nD ’avoir l’obsession du Vainqueur éternel\nE t d’en faire éclater la vision puissante\nSur l’océan mental où le désir fermente...\nE t tu viendras frapper le monde — et nous aussi,\nIndignes malgré tout — et nous crierons merci\nD ’être les écrasés où ta gloire triomphe\nE t les stigmatisés, enfin, de ton Triomphe!\n                                      A lb e r t Jo u n e t.\n\n    E n la fête glorieuse de l ’Ascension.\n\n\n\n\n                                                           29   3\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-010", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 294, "page_fin": 294, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "CHARLES GUÉRIN.", "ancre_debut": "VERS          Celui qui n’a que sa trist", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 327, "page_imprimee": 294, "debut_caractere": 44, "fin_caractere_exclue": 2551, "texte": "VERS\n\n\n\n      Celui qui n’a que sa tristesse pour génie,\n       Las de pleurer sa peine en vers agonisants,\n      Sort par un crépuscule attendri du printemps.\n      L ’heure est pensive et pure et simple, elle est bénie ;\n       Toute chose au sommeil s'incline, et c’est la fin\n      Du jour, des voix en joie, et du labeur humain.\n      Le soir avant la nuit se prolonge, tranquille\n      Comme au pas de sa porte une aïeule qui file :\n      L ’ acier net d’un soc luit sur la glèbe, un oiseau\n      Chante encore parmi l’éternel bruit de l’eau ;\n      Une étoile apparaît au ciel...\n                                      Le solitaire\n      Respire la senteur puissante de la terre.\n      Ce soir limpide et long lui semble trop obscur,\n      Malgré, là-bas, l’oiseau qui chante et l’eau qui pleure,\n      E t malgré la première étoile dans l’azur ;\n      Ce soir n’apporte pas la paix intérieure,\n      Ce soir vernal, obscur et doux, amer et clair,\n      Forge le vieil et détestable œuvre de chair.\n      E t l’homme à qui l’amour, mouvant comme la mer,\n      En fuyant ne laissa que l’âcreté d’un rêve\n      Pareil au sel que l’onde a laissé sur la grève,\n      L ’esprit morne toujours inquiet du Destin,\n      Le poète subtil et maladif qu’étreint\n      A u plus mort de son cœur la volupté de vivre,\n      Retourne à la poussière inféconde du Livre.\n\n\n\n\n      Ton serviteur est là, Seigneur, murmure-t-il,\n      Un serviteur, hélas ! luxurieux et vil,\n      Mais qui sanglote et te supplie et qui s’accuse ;\n      I l tend ses pauvres mains pleines de péchés. Or\n      Je te sais humble avec les humbles, dur au fort ;\n      Sois rude au pénitent, flagelle mes sens, use\n      Mes genoux sur ton seuil et mon cœur à t’aimer,\n      Mais laisse mon banc vide aux noces de la terre,\n      Veuille que je demeure à jamais solitaire,\n      Epi pour le bon pain élu par l’ouvrier. —\n      A h ! la vie est, ce soir, trop vivante et trop belle,\n      Le désir alanguit l’épouse qui m’appelle...\n      Je suis faible, et ce soir de printemps m’a tenté ;\n      Seigneur, protège-moi contre la volupté,\n      Donne à ? arbre la fleur et le fruit, donne aux femmes\n      La grâce de régler la musique des âmes,\n      Donne aux près la rosée et la pluie, à l’amant\n      La tendresse et la force et l’ aube aufirmament :\n      A celui que sa chair perverse enivre, donne\n      La paix chaste, Seigneur, d’un immortel automne.\n\n                                               C h a r l e s G u é r in .\n\n\n\n\n294\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-013", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 299, "page_fin": 300, "titre_corps": "Jean Casier", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "FIRMIN VAN DEN BOSCH.", "ancre_debut": "Jean Casier  + à Gand, le 24 Mars 1897     P ar", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 332, "page_imprimee": 299, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1725, "texte": "Jean Casier\n + à Gand, le 24 Mars 1897\n    P ar devoir d’amitié envers l’en-allé autant que par fidélité\nau programme du Spectateur Catholique, je veux donner le salut\nd’un souvenir au poète chrétien parti pour l ’au-delà.\n    D e la génération littéraire qui conquit le Magasin littéraire\nau modernisme catholique, fonda le Drapeau et Durendal, Jean\nCasier est le premier que D ieu appelle à la possession inté­\ngrale de l ’Idéal ; il emporte avec lui dans la tom be une part\nde notre jeunesse — la m eilleure ! — celle des beaux rêves\nenthousiastes vers l’incarnation des vérités éternelles en la\nsplendeur des formes contemporaines ; à la réalisation de ces\nrêves, il apporta une aide vaillante et tenace ; non qu’il fut\nde ceux qui détruisaient les préventions et écartèrent les\nobstacles à coups de fronde et de massue (la lutte répugnait à\nl ’angélique douceur de son âme et à l ’extrême fragilité de son\nenveloppe cham elle) ; mais poète parce que croyant, ne con­\ncevant l ’œ uvre d’art que comme le prolongement de sa vie de\npiété et de pureté, Jean Casier — entre beaucoup de vers\nm édiocres, hélas, et qu’il eut dû sacrifier — écrivit maintes\npièces ou exultait, en une expression adéquate de sincérité et\nd’élévation, le dialogue m ystique de l ’âme avec le Créateur ;\nceux qui aimèrent Jean Casier doivent à la mémoire du poète\net à la gloire de notre foi, de réunir ces pièces en un recueil\nque le V erlaine de Sagesse n’eût point désavoué.\n    E t puis le discret et généreux M écène qu’il fut ! — se soula­\ngeant du poids de la richesse par une sollicitude constante et\nactive envers toutes les formes de propagande artistique et\n\n\n\n\n20                                                             299\n"}, {"page_pdf": 333, "page_imprimee": 300, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3145, "texte": "   une prodigalité royale à l ’égard de toutes les détresses d’ar­\n   tistes. A h ! j ’eus raison l ’autre jour de l ’appeler le V incent de\n   P au le des pauvres honteux de l ’art ! Il donna sans compter et\n   dans l’accomplissement de ce qu’il considérait comme « sa\n   mission » il connut à la fois la douceur des plus délicates\n   reconnaissances — et elles ne l'enorgueillirent point ! — et\n   l ’amertume des plus noires ingratitudes — et elles ne le rebu­\n   tèrent jam ais. S a charité était incorrigible — parce qu’elle\n   prenait sa source dans le sentiment altier des hauts devoirs et\n   des lourdes responsabilités de ceux à qui D ieu départit la\n  fortune. Opposa-t-il jam ais un refus à une demande de secours ?\n  J’en douterai si je ne savais qu’aux derniers jours de sa vie,\n  dressant en vue du jugem ent de Jésus-Christ, le bilan de son\n  existence, il fut hanté d’un remords — le seul vraim ent qui\n  put atteindre cette âme droite et délicate — et que se rap­\n  pellant certains rares appels auxquels il fit, sur les conseils\n  d’ailleurs de ses amis, des réponses négatives ou seulement\n  insuffisantes à son sens, il pria sa sainte mère de réparer par\n  des envois immédiats ce qu’il s’imaginait, avec une adorable\n  candeur, avoir été des « manquements de cœur » !\n      S i j ’avais une épitaphe à mettre sur la tombe de cet ami de\n noire adolescence, de cet aumônier de nos combats littéraires,\n j ’y inscrirai ces simples mots : « Il aima la Beauté, il pratiqua\n la Bonté ».... Oui, Jean Casier fut un artiste et ce fut un\n homme de bien ; il glorifia D ieu par le verbe et par l ’acte ;\n au seuil de l’Immortalité bienheureuse, les A n ges de pureté,\n de douceur et de charité auront accueilli parmi eux cette âme\n de douceur, de charité et de pureté — et Jean C asier à\n présent continue à ses frères de lettres la munificence de ses\n prières :\n\n       Pour les poètes morts je vous prie humblement\n       Seigneur... Contemplent-ils votre gloire bénie ?\n       Je me trouble, je prie a vec un trem blem ent...\n       Oh ! si leurs yeux avaient heurté l ’ombre infinie ;\n       E u x faits pour mieux voler à votre jour divin,\n       S ’ils avaient déchiré leur aile vaine et lasse ;\n\n       Eux faits pour mieux se joindre au chant du séraphin,\n       A u x rythmes amoureux dont le ciel nous enlace.\n       E ux faits pour votre claire et douce Royauté,\n       S ’ils avaient pour leur ch ef hideux le roi de l ’om bre,\n       S ’ils entendaient — chercheurs d’harmonique beauté —\n       L es grincements, les cris aigris du gouffre sombre !...\n\n\n         Pitié pour eux, Jésus, P oète essentiel ;\n         Pitié par vos douleurs, pitié par votre gloire.\n         Pitié par votre sang que leur soif voudrait boire :\n         Pitié par votre cœur dont l’amour fait le C iel !...\n\n                                        F i r m in V a n d e n B o s c h ,\n\n\n\n\n   Le Spectateur Catholique doit prier aussi pour le repos de\nl’écrivain madrilène M. J. F eliu y Codina, subitement décédé.\nM. J. Feliu y Codina honora encore de son avis notre récente\nconsultation sur « l’Orient et la Chrétienté. »       L a D.\n\n\n\n\n3 oo\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-014", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 301, "page_fin": 305, "titre_corps": "Mémorial de l’Expression religieuse", "titre_sommaire": "Mémorial", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Mémorial de      l’Expression religieuse      Les idées générales don", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 334, "page_imprimee": 301, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 2791, "texte": "Mémorial de\n     l’Expression religieuse\n     Les idées générales dont disposait Edgar Poe. — (Les\n   poèmes d’Edgar Poe, traduction de S. M a l l a r m é avec\n   portrait et fleuron par E . M a n e t . (2e édition. Bruxelles, Deman,\n   1897)).\n     On a lu P oe. Mais pour seconde ou centième lecture, l’édi­\n  tion présente — large ouverte sous la lam pe de veille — est\n  propice à ce qu’on le médite : de grands caractères fixent et\n  s’imposent, le peu de paroles d’une page se réclam e de\n  majesté, les marges donnent de l’ombre et rendent des échos.\n     E t alors que la main hésite devant le geste bruyant de\n  tourner à tire d’aile les feuillets, des réflexions s’insinuent,\n  comme :\n     Tout de même P o e — qui vécut si vivem ent — conçut peu\n  de raisons et de sens de vie : né comme ve u f et maladif,\n  aveugle à la plupart des faits-divers, sinon à constater que\n  dans le parterre se veloutent des pensées noires ou que des\n  feuilles mordorées s’affolent sur la moire d’une mare ardoisée.\n     M ais Jules Laforgue, par exemple, depuis, vit tout cela\n  derrière d’autres mots ; mais combien encore ne connut-il en\n plus ! la charité, la chasteté, tout ce dont il rit, tout ce que\n nous pourrions être et tout ce que nous ne sommes p a s.... L u i\n  aussi, s’il avait appliqué à d'autres phénomènes que ceux du\n sommeil, de l ’incompréhension et de l’amour trahi son œil\n désabusé, — et en plus, par exception, un œil serein — comme\n P o e serait grand et plus humain.\n     E t son systèm e spirituel? Je refuse de concevoir les elfes\n opportuns et les anges colorés, inexpressifs comme des topiques\n d’orientalisme. E t puis, quelle idée P oe se fait-il de la D ivi­\n nité ? U n nuage d’orage ? D e la couleur grise ? U n grand chat\n qui mange de la viande crue ? je ne sais ; ou prononcé avec\n m ajesté, selon quelque ampleur creuse, le mot : C iel, Cieux.\n Ainsi P o e déclam e à la F atalité les stances confuses du Ver\n  Vainqueur (Laforgue blasphèm e plus lestement, plus triste­\n ment, plus artistiquement, par exem ple : Bon soleil des poupées\n de cire....)\n    Quand P o e dit le Doute, la Peine, la Nuit, ou encore quand\n il distingue le corps et l’âme du Silence il ne peut, je pense,\n revendiquer quelque sens ; mais alors l ’ivresse du verbe tout\n de même nous émeut jusqu’à y appliquer — à ces entités —\n des analogies émouvantes, et d’autre part, l ’ondulation ber­\n ceuse des allitérations ou répétitions (une fois, une seule fois ;\njamais, jamais plus) soulève les grandes eaux de la douleur, et\n nous pleurons, sans motif, physiologiquem ent.\n    P o e n’enseigne rien, il crée une atm osphère; ainsi nous\n parlant d’un marais, il nous alourdira de m élancolie tout un\n soir.\n\n\n\n\n                                                                    301\n"}, {"page_pdf": 335, "page_imprimee": 302, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2917, "texte": "   Com bien dès lors par ses correspondances l’art est spirituel\net certain idéalisme semble efficace, si le balancem ent d’une\nlongue et d’une brève attriste ou affole ! Je dirais en somme\nde l’art de P o e — amplification logique d’un abstrait oiseux\net pourtant formellement (et je ne sais pourquoi) im pression­\nnant — que c ’est de la géom étrie capiteuse.\n\n\n   L e s s e p t lu e u r s d ’E lo h im , texte et vignettes par E d g a r\nB a e s , broch.   (Bruxelles. Lacom blez).\n   M. B aes n’est pas vulgaire ; je devine qu’il médite la Bible,\nqu’il contrôle les sciences exactes et qu’il supporte la vue des\nétoiles. C ’est un homme aussi de bonne volonté. Il tient à\nl’idéal, au ciel, à l’excelsior, etc., etc., c’est-à-dire que sa\nmorale n’est pas la règle pratique d’un homme vivant.\n   E t c’est ce manque de concrétisation qui se continue à\ntravers toute sa pensée et dans son écriture. Il s’exprime, au\nm oyen d’anges ou non-déchus, d’un peu de fini et d’infiniment\nd’infini et de m ajuscules variées.\n   D ès lors ce qui n’est pas de l ’ascétisme, n’est pas même de\nla littérature (la zone de la pureté, le champ de la perfection ne\nsont, ni plus ni moins, esthétiques que le double six ou le\ndouble blanc). M. B aes fait bien de méditer, mais fait m al de\ns’exprimer.\n   E t je préfère, que de lire ces allégories, voir passer les\nnuages.\n   Tous deux ne signifient rien. L e s seconds seuls s’excusent\npar leur beauté.\n   P . S. M. B aes, ayant dessiné à la couverture un diablotin\nà 7 lueurs tout à fait ébaudissant, je suis sans doute bien bon\nd’en parler sérieusement.                          E d m o n d D e B r u ij n .\n\n\n\n    H e n r y B o r d e a u x : Sentiments et idées de ce temps. Perrin. —\nV ic to r C h a r b o n n e l : Les mystiques dans la littérature présente.\nM ercure de F ran ce. — J u le s G illa r d : Idées de demain. Nam ur,\nGodenne.\n    Accentuant d’un peu plus de Taine la méthode inaugurée par\nM. Bourget dans les Essais de psychologie contemporaine, M. B or­\ndeaux s’efforça d’étreindre la vie sous la littérature ; et ce\nsouci, indéniablement, lui valut une attitude.\n    Un coin de vie étant donné (impressions d’enfance, im pres­\nsions de voyage, vie provinciale, etc.), le jeune critique y\ngroupera diverses natures d’écrivain, en sorte d’obtenir, selon\nune trame logique, de fort curieuses oppositions de nuances\nhumaines et littéraires.\n    M. Bordeaux est chrétien, des pages en témoignent noble­\nment. Si cependant, élargissant encore sa synthèse, il s’atta­\nchait à considérer la vie surélevée en D ieu par la Foi, l ’E spé­\nrance et la Charité, nous pourrions espérer de lui cette chose\ntant attendue et qui ne vient pas : un livre de critique\ncatholique.\n    M. l’abbé Charbonnel nous devait cela, j ’im agine, ou à-peu-\nprès, ayant entrepris de compulser les littératures récentes à\nl ’effet d’en dégager, frisson par frisson, l ’inquiétude mystique.\n\n\n\n\n302\n"}, {"page_pdf": 336, "page_imprimee": 303, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3141, "texte": " E t M. Charbonnel em pila des volum es, se barricada de\n volumes, ne voulut voir absolument que des livres et ne vit\n plus que des livres. C ’est dire qu’il en fit un détestable. Sans\nordonnance autre que métaphorique, d’une philosophie sérieu­\n sement badine, avec à peine le soupçon des facteurs moraux,\n sociaux et physiologiques dont la poussée détermina la renais­\nsance idéaliste, les Mystiques dans la littérature présente demeu­\nrent une exquise gazette où le plus spirituel des abbés narre,\ndélicieusem ent, l ’anecdote du m ysticisme. M. Charbonnel qui\nfut souvent émouvant, presque toujours sérieux s’oublie ici à\nm arivauder au dessert d’un dîner philosophique.\n   E n revanche M. G illard ne sourit pas, qui s’enthousiasme\npour les Idées de demain. L es nombreuses métaphores de cette\nbrochure la ciment de crêtes du plus bel écarlate. C ertes,\nl'auteur a raison de saluer d'un beau cri l ’apparition de\nl’É glise, toutes voiles dehors, sur les grandes eaux démocra­\ntiques. Mais l’idéalisme ! les cigognes de M. de V ogu é sont si\nloin... et passèrent depuis lors quelques autres oiseaux !\n   M. Charbonnel, lui, — craignant horriblement d’être dupe\n— comm ença son livre par ces mots charmants : « H ier\nencore, on parlait d’un mysticisme dans la littérature. Je ne\nsais si on en parle aujourd’hui. C ’est, en tout cas, une histoire\nà conter. »\n   H élas! oui, et fort lam entable. C ar il faut regretter qu’au\nmoment décisif, alors que les esprits, — à peine réaccoutu­\nmés du mode de penser noblement, — réclam aient que Jésus\nparlât, il ne se soit trouvé personne pour exposer la hautaine\nm agnificence de cela — qui, m al connu, causa les répulsions\ndes néo-chrétiens — et par quoi, cependant, le monde inté­\nrieur de l’homme s’achève d’une voûte d’absolu : le Dogm e.\n                                               V ic t o r K in o n .\n\n\n  Les catholiques et la littérature. L e s n os M ars-Avril-\nMai du Magasin Littéraire de G and, publient la sténographie\net des échos du tournoi littéraire de Gand, au sujet duquel\nnotre n° 3 amena des explications. U n peu moins provisoire\nest la vigoureuse conférence de M. l ’abbé Klein, présenté en\nce milieu par quelques notes de M. J. Soudan.\n\n\n   Emblème chrétien. — U ne croix dans un coin de nature\nest pour la plupart d’entre nous un spectacle plus que journa­\nlier.... Il faut avoir vécu longtemps en pays protestant pour\ncomprendre tout ce qui manque à un paysage sans aucune de\nces croix dont ce lourdaud païen de G oethe s’énervait en\nT yro l, sans calvaires, sans oratoires, sans stations, sans sta­\ntues de Saint-Jean de N épom uk à l ’entrée des ponts, sans\nédicules pieux d’aucune sorte sous les bouquets d’arbres\nisolés.... J’ai passé une bonne partie de mon adolescence dans\nune petite ville prétentieuse et méchante de la Suisse calvi­\nniste..-. M ais depuis la maison il ne fallait m archer qu’une\nheure pour arriver à un village catholique : une grande croix\nmarquait la frontière du territoire des deux confessions      Et\ntout de suite le paysage — le même identiquement que celui\n\n\n\n\n                                                                  303\n"}, {"page_pdf": 337, "page_imprimee": 304, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3001, "texte": "d’avant qu’on aperçût la croix : la grande bande violette du\nJura forestier par dessus la bande brune du vignoble, se trans­\nfigurait du coup.... U ne sensation en quelque sorte d’isole­\nment cessait, on se sentait de nouveau plus immédiatement\ndans la main de Dieu, comme mieux en puissance de l ’E glise.\nMême s’il ne s’agit que d’une personnelle illusion, d’une per­\nsuasion purement subjective, cela ne suffit-il pas à m otiver\nune œuvre d’art, voire même à en être le sujet proprement\ndit. C ’est ce qu’a fort bien éprouvé un artiste qui nous av ait\nhabitués déjà à de grandes choses mais pas dans cet ordre\nd’idées spiritualistes. C e véritable poète est le hollandais\nCharles Storm van ’s Gravesande, établi à W iesbaden depuis\nquelques années. D ans tout un lot d’eaux-fortes et de pointes-\nsèches récemment publiées, je relève une estampe qui me\nrend tout-à-fait cette impression de mon enfance, encore que\ndans un site d’un caractère alpestre fortement accusé et d’une\ntournure romantique toute spéciale. C ’est bien le paysage\nhostile adouci par la présence du signe rédempteur, la nature\nbrute et rude, tem pérée, sanctifiée et humanisée à la fois par\nla présence du sym bole de consolation. Il s’agit, à l ’angle\nd’un cimetière du Muottathal (canton de Schw yz), au bord\nd’une route rurale, d'une grande croix blanche, sur un fond\norageux et couvert, montagnes mordues à mi-côte par les\nnuages.... U n vague rayon de soleil m élancolique traîne sur\nla croix comme un baiser d’affligé, les flancs noirs de la vallée\nparlent de deuil et font catafalque.... P lus souvent qu’on ne le\n croit, au bord d’une grand’route le symbolisme des choses fait\n ainsi cadre au symbolisme d’un emblème chrétien, mais c’est\n quand même avoir œuvré en haut idéaliste — tout réaliste\nque se suppose généralem ent M. Storm — que de s’être si\nbien aperçu du langage des choses et d’avoir traduit cette\nharmonie à tout prendre fortuite avec une intensité et une\nprofondeur où l ’on sent encore le christianisme sous l ’art, tout\ncomme le m otif surajoute la croix à la nature.\n                                               W   il l ia m   R it t e r .\n\n\n\n\n  L e C h r is t d e M. C a r r iè r e . — On avait espéré ju squ ’au\ndernier moment, nous rapporte Le Cri de Paris, que l ’Etat\nfrançais se rendrait acquéreur du beau Christ de M. Carrière\nqui figure à l’Exposition du Cham p de Mars. (Pour ne rien\ndire de la V ille de Paris dont les passions ne sont que trop\nconnues.)\n   M ais sans doute on aura craint rue de V alois quelque dan­\ngereuse interpellation anti-cléricale. L e gouvernem ent ne s’est\npas soucié de se créer un grief de plus.\n   Heureusem ent on nous apprend que sur l’initiative de Mme\nMénard-Dorian, quelques personnes se sont associées pour\noffrir la belle œ uvre de M. Carrière à un musée.\n\n\n\n  A u S a lo n V ie n n o is de cette année une seule peinture\nreligieuse : une Madone des paysans, un grand triptyque dans un\ncadre de bois brut mordu d’ornements au fer rouge d’une\n\n\n\n\n 304\n"}, {"page_pdf": 338, "page_imprimee": 305, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3176, "texte": " invention décorative excellente, de M . Sandor Golz. Encore\n faut-il tenir compte à l’auteur davantage de l ’intention de\n l’œ uvre même que de l’exécution : des paysans quelconques,\n tous du même type, sont entassés un peu à tort et à travers\n sans choix (tort double dans un pays où les populations cam ­\n pagnardes sont si variées, si belles et si pieuses) ; il y a de\n graves réserves à faire aussi sur l’Enfant Jésus, mais la\n M adone est tout-à-fait charmante, et si bien autrichienne elle,\n c’est-à-dire à la fois populaire et im périale avec sa lourde\ntiare-couronne d’or baroque, à la façon de celle de la V ierge\nde M aria Z ell, par-dessus sa couronne de fleurs.... E t le pay­\nsage vespéral est harmonieux. Je signale cette œ uvre inégale,\ndiscutable, mais très méritoire par certains côtés, avec inten­\ntion. Personne à V ienne sauf M. G olz et une fois M. V eith\n(tableau votif pour l ’église paroissiale de Retz), ne pense plus\nà essayer de l ’art religieux et cela uniquement par fausse\nhonte et respect humain : la raillerie du ju if « éclairé » a fauché\npour un temps les parterres où fleurissaient en œ uvres d’art\nla piété poétique des de Schw ind, des K upelw ieser et des\nFührich. Lorsque le seul protecteur que compte l’art à Vienne\navec le Prince régnant de Lichtenstein, le Com te Charles\nLanckoronski voulut revêtir de fresques évangéliques le cor­\nridor de sa fondation pieuse d’Ober Sankt V eit et trouver un\nartiste assez religieux pour cette œuvre il dut s’adresser à\nW ilhelm Steinhausen de Francfort; il n’y avait personne à\nV ien n e ... M ais à V ienne on ignore ce que certains artistes\nprovinciaux de Bohêm e et de Pologne savent être religieux\nlorsqu’ils s’en mêlent, à cœur perdu.\n\n\n\n   W agner partout. — L e Dim anche de Pâques, dans la Métro­\npole Saint Etienne, S. E . le Cardinal A rchevêque de V ienne\na officié au « bruit » savant d’une m esse w agnérienne signée\nDreyer. Cette grande m esse triomphale est certes une œuvre\nde foi et une œ uvre de très b el art, c ’est un effort comme il\nn’en avait point été tenté depuis la M esse de Gran. Toutefois\nune observation : est-ce atteindre le but désirable que de\ndistraire l ’assistance au moment de l’E lévation par une con­\nstruction du Sanctus et du Benedictus répercutant le prélude de\nLohengrin ; de la distraire encore une fois au moment de la\nCommunion par un fragment de mélodie infinie sous le mot\nmiserere qui se prolonge avec l’exaltation et la frénésie ondu­\nleuse de certains cris d’Isolde, de Sieglinde ou de Brünhilde ;\nenfin le Resurrexit du Credo est-il assez glorieux évoqué par\ndes sonneries de cors qui font penser à un appel de W a lk y ­\nries ? N otre cher ami Marius André qui commet l ’erreur, à\nmon sens, de placer de la musique w agnérienne à M ontserrat\naurait dû être là pour juger de l’effet.... L ’expérience est con­\ncluante : la cathédrale ne supporte pas plus de m esse w agn é­\nrienne que de m esse italienne même aux fêtes glorieuses.\nL ’une est un non-sens comme l’autre. Il faut trouver autre\nchose.\n                                             W il l ia m R it t e r .\n\n\n\n\n                                                                   305\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-016", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 307, "page_fin": 307, "titre_corps": "Erreurs du Tome I", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Erreurs du Tome I       TEXTE ERRONÉ                      TE X TE RÉTA", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 340, "page_imprimee": 307, "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 2232, "texte": "Erreurs du Tome I\n      TEXTE ERRONÉ                      TE X TE RÉTABLI\n\n 21. 24. — On dit à l ’Am i :          24. — On dit à l ’A m i : « Où\n      « D ’où viens-tu? » Il        vas-tu ? » Il répondit : « Je\n      répondit : « Je viens de      viens de chez mon Aim é. —\n      chez mon Aim é. — Où          D ’où viens-tu ? — Je retourne\n      vas-tu ? — Je retourne        vers mon Aim é. —\n      vers mon Aim é. —                (N. Ce non-sens exprim e sans doute\n                                    u n état d'émotion et d ’impatience).\n 40. L a sérénité mondiale             L a sérénité m ondiale d’un\n        d’un Christ de Quentin      Christ de Quentin M atsijs...\n        M atsijs... nous émeut      nous émeut par l ’ordonnance\n        par l’ordonnance qu’        qu’elle fait éclater entre les\n        elle fait éclater entre     lignes du visage, entre les coloris\n        les pensées qui s’y ex­     qui s’y distribuent, entre les\n        priment. E t ces trois      pensées qui s’y expriment.\n        harm onies...               E t ces trois harm onies...\n109. ...M . M au rice H anrion...      ... M. M aurice Hauriou.\n112. ... renseigner au plus            ... informer le plus grand\n        grand nombre des a­         nombre des am is... que\n        m is... que\n116. 83 . — ... que celui-là sait     83 . — ... que celui-là sait\n        plus aimer qui fuit tou­    peu aimer qui fuit toutes pei­\n        tes peines                  nes\n166. dont je pourrais ensan­          dont je pourrais ensanglan­\n        glanter toutes les prier-   ter toutes les pierres...\n        res...\n      E t ulcère en fleur dont         E t ulcères en fleur dont la\n        la rose se gâch e,...       rose se gâch e,...\n168. L e s yeux fermés, afin          L e s yeux fermés, mon Dieu,\n        pour ta venue...            afin pour ta venue...\n191. L a paix est le grand             L a paix est le grand bien\n        dieu\n      et ce n’est jam ais expres­     et ce n’est jam ais impuné­\n        sément que la loi mo­       ment que la loi m orale uni­\n        rale universelle est        verselle est transgressée.\n        transgressée\n\n\n\n\n                                                                     307\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-018", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 309, "page_fin": 316, "titre_corps": "Tableau alphabétique des Rédacteurs du Tome I", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Tableau Alphabétique des Rédacteurs du Tome I", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 342, "page_imprimee": 309, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3102, "texte": "Tableau Alphabétique\n  des Rédacteurs du Tome I\nLE S p e c ta te u r C a th o liq u e :\n         C o n s t i t u t i o n ....................................................................               1\n          F a i r e - P a r t .......................................................... 6 3 , 112\n          L ’ O r i e n t e t l a C h r é t i e n t é .....................................1 7 5\n\nMe J U L I E T T E A D A M :\n         R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                        su r     l ’ O r ie n t\n\n                       et     la     C h r é t i e n t é ............................................ 1 7 6\n\nM . M A R IU S A N D R É :\n          L a S a in te E u ch a ris tie e t les É g lis e s d ’ O rie n t                                       31\n         L e s scien ces religieu ses en E s p a g n e .                                        .      .         73\n         E vénem ents                  touch ant               la        m u s iq u e        r e l i­\n\n                       g ie u s e e n         E s p a g n e ............................................ 1 0 0\n         Jan sen ism o y regalism o en E s p a n a .                                            .      .      131\n         R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                       su r     l ’ O r ie n t\n\n                      et      l a C h r é t ie n t é                 .      .                          .      176\n\nM. V IC T O R B A L A G U E R :\n         N o tes su r              un      paysage            et         S a in t V in c e n t\n                       F e r r i e r .........................................................................2 7 5\n\nM. M A U R IC E B A R R È S :\n         R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                       su r     l ’O r ie n t\n\n                      et      la    C h r é t i e n t é ............................................ 1 7 7\n\nM. Y V E S B E R T H O U :\n         E n P erd itio n .................................................................. 1 3 4\nM. L É O N B L O Y :\n         R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                       su r     l ’ O r ie n t\n\n                      et     la     C h r é t i e n t é ............................................ 1 7 8\n\nM. T H O M A S B R A U N :\n         L a Bénédiction du Cierge P a s c a l ..............................230\nA B B É CH AR LES CAEYM AEX :\n         U n ty p e g a l l o - r o m a i n .......................................... 106\nM. H E N R Y C A R T O N D E W IA R T :\n         R é p o n se a l a c o n s u l t a t io n                        su r     l ’O r ie n t\n\n                      et     la     C h r é t i e n t é .............................................1 7 8\n         D isc o u r s su r « S a g e s s e »                       ............................................2 3 4\n\nM. A L B E R T C H A P O N :\n         A r t M u sical r e lig ie u x à P a r i s ..............................147\n\n\n\n\n                                                                                                              309\n"}, {"page_pdf": 343, "page_imprimee": 310, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3567, "texte": "  A B B É V IC T O R C H A R B O N N E L :\n             R é p o n se a l a c o n su l t a t io n s u r l ’O r ie n t\n                         e t la      C h r é t i e n t é .............................. 1 7 9\n  RÉV. PÈRE CH ARM ETAN T :\n            A u x C h e fs d ’É t a t , C h a n c e l ie r s , A m ba ssa ­\n                        d e u r s e t M in is t r e s d e s six g r a n d es\n                        p u issa n c e s sig n a ta ir e s du t r a it é d e\n                         B e r l i n .......................................................2o    5\n  M. G E O R G E S C L E M E N C E A U :\n            R é p o n s e a la co n su l t a t io n su r l ’O r ie n t\n                        e t la C h r é t i e n t é .............................. 180\n\n  M. E D O U A R D C O R E M A N S :\n           R ép o n se a la c o n s u l t a t io n su r l ’ O r ie n t\n                       e t la       C h r é t i e n t é ................................... 181\n  M. W A L T E R C R A N E :\n           R é p o n se a la c o n su l t a t io n su r l ’O r ie n t\n                       e t la      C h r é t i e n t é ....................................181\n  M. E D M O N D D E B R U Y N :\n           C o n g rè s co n tre l ’a t h é ï s m e ......................................        25\n           C o n g rè s d es r e lig io n s ... ou p lu tô t, id éo lo g ie\n                       de M . C h a r b o n n e l .............................. 26\n           C a rly le et l ’In q u ié tu d e religieu se . .                       .   .          26\n          L ’E x é g è s e des m y t h e s ............................................27\n          T ra d u to re t r a d i t o r e .......................................28\n          R e v u e des r e l i g i o n s .......................................28\n          R e lig io n fran co -ru sse.......................................29\n          L e s V ie rg e s de T i l l y .......................................... 29\n          S atan ism e b r a v a c h e ....................................... 30\n          C lassiq u es ch rétien s et p a ïen s com p arés                                .     43\n          M . C h arles G u érin , n éo p h yte ?                       .          .   ..         44\n          N o te c o n cern an t « E n R o u te »                                          .      45\n          L a C a t h é d r a l e ...................................................... 45\n         L ’Y m a g i e r ............................................................ 46\n         V a n E i j c k ............................................................. 46\n         C e n a c o lo ............................................................             45\n         G é n i e .........................................................................46\n         C o n g rès de r e p o p u l a t i o n ..............................             56\n         E vén em en ts de F r a n c e .................................... 57\n         S a r a h b a n d e .............................................................57\n         M in istres de D i e u .............................................. 57\n         R é a lism e n a ïf et réalism e critiq u e                     . . .                   58\n         T h o m i s m e .............................................................5 9\n         M a rcel S c h w o b : S p i c i lè g e .............................. 59\n         U n p réla t éru d it, m ais h u m a in                        . . . .                  60\n\n\n\n\n3io\n"}, {"page_pdf": 344, "page_imprimee": 311, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3711, "texte": "                                                                                  7\n             M y sticism e i n f é r ie u r .......................................... 2\n                                                                                  73\n             D o c u m en t b o u d d h i q u e ....................................\n             L ’A d o ra tio n des M a g e s .................................... 73\n             D o u c e f i n .................................................................. 106\n             L e s O r ie n t a le s ...................................................... 109\n             U n de m oin s, p o u r t a n t .................................... 109\n             B a n q u e t de f u n é r a i l l e s .................................... 109\n                                                                                          30\n             M i r a c l e .................................................................. 1\n             G u irla n d e d ’é l u s .................................................1  30\n             M a rtyrs d ’A r c u e i l ................................................ 1 30\n             P a ïe n de b o n n e v o lo n t é .......................................... 143\n             A u s u j e t du c o n g r è s l i t t é r a i r e d e G a n d .                       1   56\n              E n m arge des « O rig in e s du C h ristian ism e »                                  279\n             S a c ræ litu rg iæ c o m p e n d i u m ............................. 279\n              B o ssu e t et le J a n s é n i s m e ................................... 281\n              L e s id ées gén érales d on t d isp o sait E d g a r\n                          P o e .................................................................   301\n              L e s sept lu eu rs d ’E l o h i m ................................... 302\n              L e s cath oliqu es et la littératu re                        . . . .                 303\n              L e C h rist de M . C a r r i è r e .............................. 304\n\nM. R EM Y D E G O U R M O N T :\n              R ép o n se a la c o n su l ta tio n su r l ’O r ie n t\n                          e t la C h r é t i e n t é .................................... 186\n\nM O N S E IG N E U R CH . D E H A R L E Z :\n              R ép o n se au l iv r e de M . l ’a b b é C h a r b o n n e l                             70\n\nM .E R N S T D E L T E N R E :\n         P la in - C h a n t..................................................................148\n\nM. H E C T O R D E N IS :\n         R é p o n se a la c o n su l ta tio n su r l ’ O r ie n t\n                           e t l a C h r é t i e n t é .............................. 182\n\nM. L O U IS D E N IS E :\n         Tierces-Rimes pour la Vierge Marie . . . .                                                     33\nV I C O M T E D ’H U G U E S :\n               R é p o n se a la c o n su l ta tio n s u r l ’ O r ie n t\n                           e t la      C h r é t ie n t é         .    .     .    .     .     .     188\n\nA B B É J .-N . D U P U I S :\n               C a n o n i s a t i o n ........................................................... 280\n\nM . J. F E L I U Y C O D I N A :\n          R é p o n se a l a c o n su l ta tio n su r l ’ O r ie n t\n                           e t l a C h r é t i e n t é .................................... 1            83\nM. F. F L E U R IO T -K É R IN O U :\n                            P our l ’A r m é n i e ......................................... 218\n\n\n\n\n                                                                                                        311\n"}, {"page_pdf": 345, "page_imprimee": 312, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3100, "texte": "  M. G E O R G E F O N S E G R IV E :\n            R é p o n s e a l a c o n su l t a t io n s u r l ’ O r ie n t\n                        e t l a C h r é t i e n t é ....................................1             83\n A B B E G. FR É M O N T :\n            R é p o n s e a l a c o n su l t a t io n su r l ’ O r ie n t\n                        e t l a C h r é t i e n t é ....................................1             85\n M. F R É R O N :\n            L e C om te d e M u n ................................................ 107\n M. A L P H O N S E G E R M A IN :\n           P our J é s u s .............................................................               6\n           L ’ H omme e t l ’I n v i s i b l e ....................................118\n M. A R N O L D G O F F IN :\n           I F io r e tti..........................................................................   32\n           F ra A n g e l i c o ..............................................................91\n M. JE A N G R A V E :\n           R é p o n s e a la c o n su l t a t io n s u r l ’ O r ie n t\n                       e t la      C h r é t i e n t é ....................................186\n M. C H A R L E S G U É R IN :\n          Paroles du Seigneur......................................................1                  33\n           V e r s ..............................................................................294\n ABBÉ PAUL H ALFLAN TS :\n           L a D id a ch è d e s d o u z e A p ô t r e s . . . .                                269\n M. M A U R IC E H A U R IO U :\n          R é p o n s e a l a c o n su l t a t io n su r l ’ O r ie n t\n                      e t la      C h r é t i e n t é ....................................187\nPASTEU R H U GEN H O LTZ :\n          R é p o n s e a l a c o n su l ta tio n s u r l ’O r ie n t\n                      e t la      C h r é t i e n t é ....................................188\nM . A U G .- E D M . J O L Y :\n          D e u x affichettes de M . G . R a m aek ers                              .     .       46\n          L e s S a lo n s à B r u x e l l e s ..........................................146\n          Les Tombeaux de J ésu s............................................... 228\nM. A L B E R T J O U N E T :\n          A u Christ de G loire......................................................290\nM. V IC T O R K IN O N :\n          D e la Musique in t é r ie u r e ............................................34\n          L a r e lig io n d u x x e s i è c l e ...................................... 1 2 8\n          L e s religieu ses D o m in ica in es de B é th a n ie\n                      et l ’œ u vre des R é h a b ilitées                     .     .    .     280\n          H e n ri B o rd e a u x , V ic to r C h arb o n n el, Ju les\n                     G i l l a r d ............................................................302\nA B B É F É L IX K L E IN :\n         R é p o n s e a l a c o n su l t a t io n su r l ’ O r ie n t\n                     e t la      C h r é t i e n t é ....................................189\n\n\n\n\n312\n"}, {"page_pdf": 346, "page_imprimee": 313, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3253, "texte": "M. GODEFROID K U R T H :\n           R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n               su r     l ’O r ie n t\n\n                        e t la      C h r é t i e n t é ............................................ 1 9 0\n\nM. PAUL LERO LLE :\n           R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n               su r     l ’O r ie n t\n\n                        e t l a C h r é t i e n t é ............................................ 1 9 0\n\nM. GEORGES L O R A N D :\n           R é p o n se a l a c o n s u l t a t io n                su r     l ’O r ie n t\n\n                        e t l a C h r é t i e n t é ............................................ 1 9 2\n\nDr FO RTU NÉ MAZEL :\n           R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n s u r                   l ’O r ie n t\n\n                        e t l a C h r é t i e n t é ............................................1 9      3\nM. H ENR I MAZEL :\n       Un essai de sociologie catholique.                                              . .       .   10 9\n\n           R é p o n se a l a c o n s u l t a t io n                 su r     l ’O r ie n t\n\n                        e t l a C h r é t i e n t é ............................................1 9 4\n      Congrès ecclésiastique de Reims .                                                . . . 281\nM. ADRIEN M ITHOUARD :\n            L e s P o è t e s M y s t iq u e s :\n                         I. Que la beauté est religieuse . . 39\n                         II. De la beauté mystique. . . . 102\n                         N o te ..............................................................144\n                         III. Paul Verlaine ou le Scrupule\n                              de la Beauté................................. 247\n            U n P a s c a l ie n : E r n e s t H e l l o                      .    .   .     .         75\n\n            En B o d in ière ..........................................................................1 2 9\n            T r ip t y q u e :\n          I. In c a n ta tio n .............................................166\n          II. Hora M o r t i s .......................................166\n          III. Exaltation .............................................166\nM. RAFAËL MITJANA :\n            R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n s u r                  l ’ O r ie n t\n\n                         e t l a C h r é t i e n t é ............................................ 1 9        5\nM. GABRIEL MONOD :\n            R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n s u r                  l ’ O r ie n t\n\n                         e t l a C h r é t i e n t é ............................................ 1 9 6\n\nM. CHARLES MORICE :\n            La R e lig io n d e P a u l V e r la in e .                            .   .     .          35\n            L e N o r d e t l ’ O r i e n t ....................................................1 4 9\n            R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n               su r      l ’O r ie n t\n\n                          e t l a C h r é t i e n t é ............................................ 1 9 7\n            Pour Paul Verlaine (à la Libre Esthétique) 233\n\n\n\n\n                                                                                                        313\n"}, {"page_pdf": 347, "page_imprimee": 314, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3298, "texte": " ABBÉ NAUDET :\n                  R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                    su r       l ’O r ie n t\n\n                               et     la     C h r é t i e n t é ............................................ 1 9 9\n\n M. RAOUL NARSY :\n                 M o n s e i g n e u r d H u l s t ......................................................             47\n                 T h éâtre :\n                               L’Évasion (M. Brieux)..............................61\n                               Au delà des forces (Bjornsterne-\n                                   Bjornson).............................................110\n                               La loi de l’homme (M. P. Hervieu). 159\n                               Spiritisme (M. V. Sardou). . . . 1 6 0\n                               La Cloche engloutie (M. G. Haupt­\n                                         m a n n ) ..................................................................2 6 0\n\nT. R. PÈR E O LLIVIER :\n                 R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                     su r      l ’O r ie n t\n\n                              et la         C h r é t i e n t é ............................................ 2 0 0\n\nM. EDM OND PICARD :\n                R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                      su r      l ’O r ie n t\n\n                              et     la     C h r é t i e n t é ............................................2 0 0\n\n M. GEORGES RAMAEKERS :\n                L a F o i ........................................................................................... 8 9\n M. W ILLIAM RITTER :\n                 L e     sen s       c h r é t ie n        de      l ’a r t e t         de     la        v ie\n\n                              autour de                S c h u b e r t .....................................1 4 1\n      Un autre exégète de l’œuvre de Fra Angelico 145\n      Emblème chrétien.................................................. 303\n      Au Salon V ie n n o is .............................................304\n      Wagner p a r to u t...................................................305\nM. GABRIEL TARDE :\n                R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                     su r       l ’O r ie n t\n\n                              e t la       C h r é t i e n t é ........................................... 2 0 1\n\nM. ALBERT VANDAL :\n                R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                     su r      l ’O r ie n t\n\n                              E T LA C R H É T I E N T É ............................................             202\nM. FIRM IN VAN DEN BOSCH :\n                L e T o u r n o i l it t é r a ir e d e G a n d .                              .     .      .     154\n      M. J e a n C a s i e r ......................................................................... 299\nPA STEU R W AGNER :\n                R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                    su r       l ’O r ie n t\n\n                             et     la     C h r é t i e n t é ............................................2 0 2\n\n\n         Anthologie ou Documents\nRITUALE ROMANUM (la t.) :\n                B e n e d i c t i o S e m i n i s ..............................................................I I\n\n\n\n\n3 14\n"}, {"page_pdf": 348, "page_imprimee": 315, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3333, "texte": " I N C E R T U S A U C T O R ( la t.) :\n          Psallite C h r i s t o .......................................................                                5\n I N C E R T U S A U C T O R (Thomas de Kempen) ( la t .) '.\n            De Imitatione Christi libri I I I \" capitulum L I .                                                   170\n S A N C T U S S E V E R U S (afioc.) (la t.) :\n            De Gradibus E c c le s ic e ................................................127\n B.    RAYM OND L U L L E                               (trad. du catalan) :\n            L e Livre de l'A m i et de l'Aim é (V . 1-18 1)\n                                                                13 , 6 5 , 1 1 3 , 16 1, 2 2 3 , 263\nS.    J E A N D E L A C R O I X (trad. du castillan) :\n            Cantique de la N u it obscure de l ’Ame.                                         . . .                 23\nS.    V I N C E N T F E R R I E R (trad. du lemosin) :\n           L e Moine et l'oiseau..................................................... 275\nL O U IS V E U IL L O T :\n           L e t t r e a E r n e s t H e l l o ..................................... 55\n\nERN EST H ELLO :\n           P a g e .................................................................................................. 74\n\nG E O R G E S S IM O N :\n           P o u r u n p r o j e t d ’E s t h é t i q u e s p i r i t u a l i s t e                              283\nNOTABLES                 A R M É N IE N S                      ET         ÉVÊQUES\n      G R É G O R IE N S                  (trad. de l ’arménien) :\n           R a p p o r t a u c a t h o l ic o s d ’E t c h m ia d z in e                                  .     210\n\n      Annotateurs, Editeurs et\n            Traducteurs\nH . A . (trad. de l ’arménien) :\n           R a p p o r t c o l l e c t i f a u c a t h o l i c o s d ’E t c h ­\n                         m i a d z i n e ......................................................................... 210\n\nM . M A R I U S A N D R É (préf. annote et trad. ducatalan):\n          L e Livre de l ’A m i et de l ’Aimé, de R A Y M O N D\n                         L U L L E ( V . 1-18 1). 1 3 , 6 5 , 1 1 3 , 1 6 1 , 2 2 3 , 2 63\nM . M A R I U S A N D R É (annote et trad. de l'espagnol):\n           N o t e s s u r un p a y s a g e e t S t V i n c e n t F e r ­\n                         r ie r , d e      M. V IC T O R B A L A G U E R .                                      275\nM. V IC T O R           BALAGUER                           (préf. éd. et trad. du\n      lemosin) :\n          L e Moine et l'Oiseau, de S t V I N C E N T\n                         F E R R I E R ..................................................... 275\nM . É M I L E B E R N A R D (éd. et annote) :\n          P our         un       pr o jet          d ’E s t h é t iq u e              s p ir it u a ­\n\n                        l is t e , d e        G E O R G E S S IM O N                              .      .     283\nR . P . C H A R M E T A N T (préf. éd. et annote) :\n          R a p p o r t c o l l e c t if a u c a t h o l ic o s d ’E t c h ­\n                        m i a d z i n e ......................................................................... 210\n\n\n\n\n                                                                                                                315\n"}, {"page_pdf": 349, "page_imprimee": 316, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3227, "texte": "M . R E M Y D E G O U R M O N T (trad. du castillan) :\n              Cantique de la N u it obscure de l ’Ame, de S.\n                         JE A N D E L A C R O IX                              . . . .                               23\n( L a D . : Note sur ce C a n t i q u e ................................................24)\n\n\n        Dessinateurs et Graveurs\nM. M A U R IC E D E N IS :\n              I l l u s t r a t io n p o u r l e        Ch. L I du                3e L i v r e\n                         de     l ’ I m it a t io n    (2 tirages teintés d'une\n                         photogravure sur cuivre).                        .       .       .           1 7 1 , 173\n\n              S u it e    de     d e s s in s    com m entant                 « SAG ES­\n                         S E » (zincogravures) :\n              (a) Vous êtes c a lm e ..................................................... 246\n              (b) L'âme antique était rude et vaine .                                 .       .       .       25 6\n              (c) Sagesse d'un Louis Racine j e t’envie !                                         .       .    259\nM. M AX E L S K A M P :\n              5e Œ u v r e d e M is é r ic o r d e : S o ig n e r l e s\n                         M alades          (grav. origin. sur bois de buis)                                     1   53\n              P e t i t C a l v a ir e      d ’ic i    (grav. origin. sur bois\n                         de poirier........................................................... 2 2 9\n              B osqu et         e t   p u it s    (grav. origin. sur bois de\n                         b u i s ) ..................................................... 2 7 6 , 2 7 7\n              L e S a i n t N o m e n f l e u r (grav. origin. sur f i l\n                         de bois de p o i r i e r ) ......................................... 2 9 0\n              7e Œ u v r e d e M is é r ic o r d e : E n s e v e l ir l e s\n                         M o rts      (grav. origin. sur bois de buis) .                                       299\n\nM . A U G .- E D M . J O L Y :\n              L a    M adone          au    V erbe         (2e timbre du Spect.\n                         Cath.) (zincogr.).................................................. 1 2\nM. G A STO N P R U N IE R :\n              C a l v a ir e    (grav. origin. sur bois de poirier)\n                         (2 états d'impression)                 .     .       .       .           137,         13 9\n              R e n ie m e n t     (grav. origin. sur bois de poirier .                                        297\n\nC H R IS T O P H E V A N S IC H E M :\n              P a c i e n c i a (reprod. zincogr. d'une grav. sur bois)                                        222\n\nM. M A U R IC E V E R N E U I L :\n              P avots      ( z i n c o g r .) ..................................................... 2 9 4\n(d ’a p r è s i n s c . m u r a l e ) :\n              C h r is m e     (1 er timbre du Spect. Cath.) (zincogr.)                                              1\n(é c o l e a l l e m a n d e ) :\n              D éluge          (reprod. zincogr. d'une grav. sur bois).                                        2o 5\n\n\n\n\n316\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-019", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Tiré pour le Spectateur catholique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "T ir é po u r         S u r l e s presses", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 350, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 201, "texte": "T ir é po u r         S u r l e s presses\n\n” l e Spectateu r        de   J.-E. B u s c h m a n n\n  C a t h o l iq u e ”          a   A nvers\n\n\n\n\n                                                317\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-020", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Enseignement et Éducation", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Enseignement et Éducation : L’Enseignement libre, l’U", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 352, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 1458, "texte": "Enseignement et Éducation :\nL’Enseignement libre, l’Université et l’Intérêt\n  national,\n    par M. George Fonsegrive (Quinzaine, 1 Avril).\nRéforme nécessaire,\n    par M. Jean Lerolle (Sillon, 10 Avril).\nLe T. H. Frère Joseph. Son action personnelle\n  dans l’œuvre de l’éducation,\n    par M. Paguelle de Follenay [Quinzaine, 1 et 1 5\n      Avril, 1 Mai).\nL’Enseignement supérieur des jeunes filles à l’In­\n  stitut catholique,\n    par Me la vicomtesse d’Adhémar (Rev. de l’Inst.\n       cath. de Paris, Mars-Avril).\nLa Question des écoles en Angleterre,\n    par Ch. Egremont (Quinzaine; 1 5 Avril).\nDécision papale relevant les catholiques anglais de\n la défense faite par la Propagande de fréquenter\n  Oxford et Cambridge ; commentaires à ce sujet en\n  France dans l’ Univers, en Belgique dans le Bien\n Public (Gand), où Mgr Abbeloos, recteur magnifique\n de l’Université de Louvain, prémunit contre la géné­\n ralisation de cette dispense seulement régionale.\nSituation de l’Enseignement supérieur donné aux\n  frais-de l’Êtat Belge.\n    Rapport triennal présenté aux Chambres légis­\n       latives par M. F. Schollaert, ministre de l’inté­\n      rieur et de l’instruction publique, Années 1892,\n       1893 , 1894 (document parlementaire).\nLe Promoteur et le Législateur de l’Instruction\n  primaire au XVIIe siècle, fut ce bienheureux\n  Pierre Fourrier, à la canonisation duquel l’Église\n  va procéder (lire le R. P. H. Chérot dans les\n  Études du 20 Avril).\n"}]}, {"article_id": "ulb-spectateur-catholique-1897-06-n6-021", "volume": "ELB-ULB-a0105-1897-001-0001", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a0105-1897-001-0001.pdf", "ocr_sha256": "927a836c0aedcbe8b042863115a41c0c2d1f0a8b7c80ac65d6f4568a111343c3", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Le Khalife de Carthage", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "H EN RI M AZEL Vient de faire paraître", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 353, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 2, "fin_caractere_exclue": 677, "texte": "H EN RI M AZEL\n\n                         Vient de faire paraître\n\n\nle Khalife de Carthage\n    œuvre dramatique, qui participe à la tentative\n                         d’une série idéologique :\n\nARCH YTAS           DE    M É T A P O N T E , L E S A M A N T S D ’A R L E S ,\n\n            L ’H É R É S I A R Q U E , L A F I N D E S D IE U X , ’\n\n\nconcrétisant les principaux stades religieux et les\ntournants de l'histoire occidentale.\n\n\n\n\n    T i r é ,p o u r                                     S u r l e s presses\n\n\" le Spectateur                                        de   J .- E . B u s c h m a n n\n  C a t h o l iq u e ”                                        a   A nvers\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 294, "texte": "                                                                        Juin 1897\n                                                                         N° 6\n\n\n\n\nle Spectateur\n          Catholique\nPropre du Mois :\n  Raymond Lulle (trad.\n    M. M. André) :                L e L iv re de l ’A m i et l ’Aim é V I.\nScience religieuse :\n  Abbé P. Halflants : _           L a D idaché des dQuze Apôtres.\n\n                   Récit inédit de\n                      Saint Vincent Ferrier\n  Saint Vincent Ferrier :         L e Moine et l ’Oiseau (extrait d'un\n                                     M . S. lemosin de la Cathédrale de\n                                     Valence).\n  M. Victor Balaguer :            Annotations.\n  M. Max Elskamp :                Ornementations.\n  M. E . D. B .; Abbé J.N . D.;\n   M. V . K.; M. H . M. : Mémorial.\n\nArt religieux :\n  M. Georges Simon +\n     (commun, par M.\n     Em ile Bernard) :           P our un projet d’Esthétique Spiri­\n                                     tualiste.\n  Max Elskamp :                  L e Saint Nom en fleur (gravé sur\n                                     bois de poirier).\n  M. Albert Jounet :             A u Christ de Gloire.\n  M. Charles Guérin :            Vers.\n  M. Gaston Prunier :            L e Reniement de Pierre (bois).\n  M. Max Elskamp :               E nsevelir les Morts (gravé sur buis).\n  M. F. Van den Bosch :          Jean Casier.\n  M. E . D. B .; M. V. K. ;\n     M . W . R. :                Mémorial.\n\n\n\n\n        f id e s\n                                                                  F ID E M\n     QUAERENS\n                                                               QUAERENS\n  IN T E L L E C T U M\n                                                            IN T E L L E C T U S\n\n\n\n\n               B ureaux   du   S p e c t a t e u r C a t h o l iq u e\n\n     BRUXELLES                                            PARIS\n 40, ru e H yd rau liq u e.                      44, a ven u e du M aine.\n"}, {"page_pdf": 295, "texte": "                                               Le\n       Spectateur Catholique\n                                       M ensuel\n      de Science, d’A r t e t de Ju g em e n t religieux\n\n\n                                      D IR E C T E U R\n                       M.     E D M O N D        DE         BRUIJN\n\n\n                       S E C R E T A I R E S D E R E D A C T IO N\n M. R A O U L N A R S Y         M. V IC T O R K IN O N           M . W IL L IA M R I T T E R\n                                                                     (pays germaniques,\n[le Vendredi de 5 à 6 hres) au Siège de la Revue\n                                                                   balkaniques et Suisse)\n 44, avenue du Maine            40, rue Hydraulique                 I Johannesgasse, II ,\n         P A R IS                  BR U X ELLES                          V IE N N E\n\n\n                M . M A R IU S A N D R É            M. R A F A Ë L M IT J A N A\n\n                     11, rue O lozaga                      V ia G aeta, 4\n                         M ADRID                                ROME\n\n\n                     S E C R É T A I R E D ’A D M IN IS T R A T IO N\n                        M. J O S E P H van L I D T H de J E U D E\n\n\n\n                              C O M IT E P R O T E C T E U R\n\n  M . M a r i u s A n d r é , à Madrid.              A b b é L . H a l f l a n t s , à Tirlem ont\n  M. T h o m a s B r a u n , à Bruxelles.            A b b é P . H a l f l a n t s , à Louvain.\n  M. L . C o e n e n , à Weerde-Malines.             M . V i c t o r K i n o n , à Bruxelles.\n  M . E d m . D e B r u i j n , à A nvers.           D r F o r t u n é M a z e l , à Nîm es.\n  M g r C . d e H a r l e z , à Louvain.             M. H e n r i M a z e l , à Paris.\n  M . E r n s t D e l t e n r e , à Malines.         M . A d r . M i t h o u a r d , à Paris.\n  M. Louis D e n i s e , à Paris.                    M . R a o u l N a r s y , à Paris.\n  M. V i c t o r D e n i j n , à Turnhout.           M. A d h . S c h e i j s , à Vertrijck-Louvain.\n  M. A r i s t . D u p o n t , à Bruxelles.          A b b é A r m . T h i é r Y , à Louvain.\n  M . L a u r . F i e r e n s , à Anvers.            M. F i r m . V a n d e n B o s c h , à Courtrai.\n  M . A l p h . G e r m a i n , à Paris.             M. J. v a n L i d t h d e J e u d e , à Anvers.\n  M. A r n . G o f f i n , à Bruxelles.              M. C l . V o l i o , à Paris.\n\n\n\n  Le Spectateur Catholique laisse à ses rédacteurs liberté de tout\n     style, et, avec l ’honneur de leur responsabilité, liberté de toute\n     pensée, en les limites de l ’orthodoxie définie ou traditionnelle.\n                — L e s m a n u s c r it s n e s o n t p a s r e n d u s . -\n\n\n\n\nABONNEM ENT AN N U EL :\n\n                (Édition de luxe sur papier de hollande V an G elder : 20 frs.)\n\n\nL e S p e c t a t e u r C a t h o l iq u e p arait en fascicu les illu strés m ensuels et\n                     fo rm era I I T o m es de 3oo p ag es p a r an.\n"}, {"page_pdf": 296, "texte": "                Ici continue le libre de l'A mi et de\n                 l'A im é, lequel livre traite des dialogues\n                 et cantiques d’amour qui sont entre\n                 eux deux, et qui sont des exemples\n                 abrégés et des paraboles [nécessitant\n                 une exposition] par lesquels l’Entende­\n                ment s’élève plus haut en la contem­\n            plation, la dévotion et l’amour de son\n          Aimé. E t pour ce motif, ils sont en nombre\n     égal aux jours de l’année et chacun d’eux suffit\n     pour contempler tout un jour selon l’Art de Con­\n     templation. L 'A im é est Notre Seigneur Dieu\n     comme créateur, recréateur et fin dernière de\n     tout ce qui existe ; L'Ami est tout dévot et fidèle\n     chrétien qui se met en la contemplation et au\n     service de D ieu. L'Amour est la charité et la\n     bienveillance avec lesquelles s’aiment l’Ami et\n     l’Aimé ; et les trois (parlant en Dieu simpliciter)\n     sont une seule et même chose ; en autre manière\n     ils se distinguent entre eux.\n        1 52 . L ’Aimé chantait et disait : « J’ai exhorté\n     mes admirateurs à célébrer mes vertus, et les\n     ennemis de ma gloire les ont tourmentés et\n     tenus en grand mépris. C ’est pourquoi j ’ai dit à\n     mes amis de se lamenter et de pleurer sur les\n     offenses qui me sont faites, et leurs larmes sont\n     nées de mes amours. »\n        1 53 . L ’Ami jurait à l’Aimé que pour son\n     amour il aimait les travaux et les peines qu’il\n     endurait, et, adonc, il le priait de l’aimer et\n     d’avoir pitié de ses travaux et de ses peines.\n        L ’Aimé jura que la nature et la propriété de\n     son amour sont d’aimer tous ceux qui l’aiment\n     et d’avoir pitié de tous ceux qui pour son amour\n     supportent des peines. L ’Ami se réjouit et se\n     consola dans la nature et dans la propriété\n     essentielle de son Aimé.\n        154. L ’Aimé priva son Ami de l’usage de la\n     parole, et l’Ami se consola dans la contempla­\n     tion de son Aimé.\n\n\n\n\n18                                                        263\n"}, {"page_pdf": 297, "texte": "     1 55 . L ’Ami pleura tellement, et il appela telle­\n  ment son Aimé que celui-ci descendit des hau­\n  teurs souveraines du ciel ; et il vint sur terre\n  pleurer, souffrir et mourir par amour, pour\n  apprendre aux hommes à connaître et à aimer\n  sa gloire.\n     1 56 . L ’Ami blâmait les chrétiens parce qu’ils\n  ne mettent pas le nom de son Aimé Jésus-Christ\n  au commencement de leurs lettres et qu’ils ne\n  lui rendent pas le même honneur que les Sarra­\n  sins rendent à Mahomet qui fut pécheur et\n  fourbe et qu’ils honorent en écrivant son nom\n  au commencement de leurs lettres.\n     1 57 . L ’Ami rencontra un écuyer qui allait\n  soucieux et qui était maigre et pâle et pauvre­\n  ment vêtu ; et il salua l’Ami en lui souhaitant\n  d’être guidé par Dieu dans la recherche de son\n  Aimé. E t l’Ami lui demanda : « Comment m’as-\n  tu reconnu ! » E t l’écuyer lui dit qu’il y a des\n  secrets d’amour qui en révèlent d’autres et que\n  les amants se reconnaissent les uns les autres.\n     1 58 . Les noblesses, les honneurs et les bonnes\n  œuvres de l’Aimé sont le trésor et les richesses\n  de l’Ami ; et les trésors de l’Aimé sont les pen­\n  sées, les désirs, les tourments, les pleurs et les\n  larmes que l’Ami supporte pour honorer son\n  Aimé.\n    i 5g. Une grande armée et une grande multi­\n tude d’amants expérimentés se sont réunis et ils\n portent un étendard où sont représentées la\n figure et la devise de leur Aimé. E t ils ne veulent\n admettre en leur compagnie aucun homme qui\n soit sans amour pour que leur Aimé ne reçoive\n d’eux aucun affront.\n    160. L a vue des hommes qui sont assez fous\n pour entasser de l’argent excite l’Ami à être fou\n d’amour, et la honte que l’Ami a d’aller comme\n fou parmi les hommes lui montre combien il\n tient encore à l’estime des gens. C ’est pourquoi\n il est question de savoir lequel de ces deux\n mouvements est la plus grande occasion d’amour.\n    161. L ’amour attrista l’Ami par excès de pen­\n sées. L ’Aimé chanta et l’Ami l’ayant entendu se\n réjouit. E t il est question de savoir laquelle de\n ces deux choses fut le plus puissant motif de\n multiplication de l’amour en l’Ami.\n\n\n\n\n264\n"}, {"page_pdf": 298, "texte": "   162. Dans les secrets de l’Ami se révèlent les\nsecrets de l’Aimé, et dans les secrets de l’Aimé\nse révèlent les secrets de l’Ami. E t il est ques­\ntion de savoir lequel de ces deux secrets est la\nplus grande occasion de révélation.\n  163 . On demanda au fou à quels signes on\nreconnaissait son Aimé. Il répondit : « A la\nmiséricorde et à la pitié qui sont essentiellement\ndans sa volonté sans changer jamais. »\n   164. Par le spécial amour que l’Ami avait\npour son Aimé, il aimait le bien commun au-\ndessus du bien particulier, afin que son Aimé\nfût connu, loué et désiré de tout le monde.\n   1 65 . L ’amour et l’indifférence se rencontrèrent\ndans un verger où l’Ami et l’Aimé pleuraient\nsecrètement. L ’amour demanda à l’indifférence\ndans quelle intention elle était venue en ce lieu.\nL ’indifférence répondit : « Pour faire cesser\nl’amour de l’Ami et pour offenser l’Aimé. » Les\nparoles de l’indifférence déplurent beaucoup à\nl’Aimé et à l’Ami, et ils multiplièrent leurs\namours pour que l’Ami vainquît et anéantît l’in­\ndifférence.\n   166. « Dis, fol d’amour, à quoi te sens-tu\nenclin davantage : à aimer ou à haïr ! » Il répon­\ndit : « A aimer, car je ne hais que pour pouvoir\naimer. »\n   167. « Dis, amant, à quoi exerces-tu le plus\nton entendement : à comprendre la vérité ou\nl’erreur ? » Il répondit : « A comprendre la vérité,\nmais je cherche à comprendre l’erreur pour\ncomprendre la vérité. »\n   168. L ’Ami comprit qu’il était aimé de son\nAimé et il lui demanda si son amour et sa misé­\nricorde étaient une même chose. L ’Aimé affirma\nque dans son essence, il n’y avait aucune diffé­\nrence entre l’amour et la miséricorde. E t alors\nl’Ami lui demanda pourquoi son amour le tour­\nmentait et pourquoi sa miséricorde ne le guéris­\nsait pas de ses langueurs. E t l’Aimé répondit\nque c’était sa miséricorde elle-même qui lui\ndonnait les langueurs pour que par elle il hono­\nrât mieux son amour.\n  169. L ’Ami voulut aller en une terre étrangère\npour y glorifier son Aimé, et il voulut se déguiser\npour n’être pas reconnu et arrêté en chemin,\nmais il ne put cacher les pleurs de ses yeux ni\n\n\n\n\n                                                     265\n"}, {"page_pdf": 299, "texte": "      la maigreur et la pâleur de sa face, ni les pen­\n      sées, les plaintes, les soupirs, la tristesse et les\n      langueurs de son âme.\n         C ’est pourquoi il fut reconnu dans son voyage,\n      et livré aux tourments par les ennemis de son\n      Aimé, (1)\n     170. L ’Ami était prisonnier dans la prison\n  d’amour. Les pensées, les désirs et les souvenirs\n  le gardaient et l’enchaînaient pour qu’il ne pût\n  pas fuir son Aimé. Les langueurs le tourmen­\n  taient, la patience et l’espérance le consolaient.\n  L ’Ami se mourait, mais l’Aimé se manifesta à\n  lui et le ranima.\n     171. L ’Ami rencontra son Aimé, et il le recon­\n  nut et il pleura. L ’Aimé le réprimanda en ces\n  termes : « Pourquoi ne pleurais-tu pas avant de\n  me reconnaître, et comment m’as-tu reconnu\n  puisqu’auparavant tu ne pleurais point ? » L ’Ami\n  répondit : « Je t’ai reconnu dans ma mémoire,\n  mon entendement, et ma volonté, où se multiplia\n  l’amour assitôt que tu fus présent à mes yeux\n  corporels. »\n     172. L ’Aimé demanda à l’Ami : « Qu’est-ce\n  que l’amour ? » Il répondit : « C ’est la présence\n  de l’image et des paroles de l’Aimé dans le cœur\n  de l’amant qui soupire et languit en désir de\n  l’Aimé ; l’amour est un mélange d’audace et de\n  crainte dans la ferveur ; l’amour est la volonté\n  suprême désirant l’Aimé ; l’amour est ce qui\n\n     (1) Dans un grand nombre de versets de ce livre,\n l ’A m i qui va par les cités et les terres étrangères pour\n glorifier son Aim é est Raym ond L u lle lui-même. D ans\n celui-ci il prédit avec une étonnante précision son der­\n nier acte d’apôtre, son m artyre et sa mort. E n 1292 il\n avait été emprisonné à Tunis où, après avoir ém erveillé\n les savants arabes, il avait converti plusieurs infidèles à\n la vraie religion ; on lui rendit la liberté, mais on le chassa\n du pays où sa présence et sa parole étaient un danger, et\n il lui fut interdit d’y revenir sous peine de mort. E n 1307,\n il est chassé de Bougie avec les mêmes m enaces. M algré\n tous ces dangers et m algré son grand âge, il n’en entre­\n prend pas moins un nouveau vo yag e en A lgérie (1314).\n Il savait quelle mort l ’attendait, mais il brûlait du désir\n de term iner sa longue existence par le m artyre. Il se\n déguisa pour n ’ être pas reconnu en chemin , afin de glorifier son\n A im é avant de mourir pour lui ; mais il ne put cacher les\n pleurs de ses y e u x   et les langueurs de son âme, c ’est-à-dire\n que lorsqu’après un mois de propagande occulte à Tunis,\n il parut sur la place publique à Bougie, son éloquence le\n fit reconnaître ; c ’est pourquoi il fut pris, livré aux tour­\n ments, et lapidé par la populace.\n\n\n\n\n266\n"}, {"page_pdf": 300, "texte": "occit l’Ami quand il entend chanter les beautés\nde son Aimé ; et l’amour est ce en quoi est ma\nmort et en quoi je mets toujours mon vouloir. »\n   1 7 3 . L a dévotion et la nostalgie transmirent\npar message des pensées au cœur de l’Ami pour\nfaire monter les larmes à ses yeux qui voulaient\ncesser de pleurer après avoir été longtemps en\nlarmes.\n   174. L ’Ami disait : « O amants, si vous voulez\ndu feu, venez à mon cœur et allumez-y vos\nlampes ; et si vous voulez de l’eau, venez à la\nfontaine de mes yeux d’où coulent les larmes ;\net si vous voulez des pensées d’amour, venez\nles prendre dans mes méditations ! »\n   175. Un jour l’Ami songeait à la grandeur de\nson amour pour l’Aimé, et aux grands travaux\net aux périls qu’il avait supportés longtemps\npour son amour ; et il considéra que de grandes\nrécompenses lui étaient réservées. Mais en médi­\ntant encore, l’Ami pensa que son Aimé l’avait\ndéjà payé puisqu’il lui avait fait aimer ses per­\nfections et que son amour lui avait donné des\nlangueurs.\n   176. L ’Ami essuyait de sa face et de ses yeux\nles pleurs que l’amour lui faisait répandre, afin\nde ne pas montrer les peines qui lui donnait son\nAimé ; mais celui-ci lui dit : « Pourquoi caches-\ntu ces marques d’amour aux autres amants ? Je\nte les ai données pour qu’ils les voient et soient\nencouragés,ainsi à célébrer ma gloire. »\n\n   177. « Dis, homme qui vas ainsi comme fou,\njusqu’à quand seras-tu captif et soumis à pleurer\net à supporter des travaux et des peines ? » Il\nrépondit : « Jusqu’au moment où mon Aimé\nséparera mon âme de mon corps. »\n\n   178. « Dis, fol d’amour, as-tu de l’argent ? —\nJ’ai mon Aimé. — As-tu des villes, des castels,\ndes royaumes, des comtés ? » Il répondit : « J’ai\ndes amours, des pensées, des désirs, des fleurs,\ndes travaux et des langueurs pour mon Aimé\nqui sont meilleurs qu’empires et royautés. »\n\n   17g. On demanda à l’Ami à quoi il reconnais­\nsait la sentence de son Aimé. Il répondit : « A\nl’égalité qu’il y a entre les plaisirs et les peines\nque mon Aimé donne à ses amants. »\n\n\n\n\n                                                   267\n"}, {"page_pdf": 301, "texte": "    180. « Dis, fol, lequel des deux, à ton avis,\n connaît le mieux l’amour : celui qui en reçoit\n des plaisirs ou celui qui en reçoit des tourments\n et des peines ? » Il répondit et dit que celui qui\n ne connaît que les uns et ignore les autres ne\n peut avoir la connaissance de l’amour.\n\n   181. On demanda à l’Ami pourquoi il ne se\n disculpait pas des fautes et des crimes imagi­\n naires dont les hommes l’accusaient: Il répondit\n qu’il avait à défendre son Aimé que les gens\n blâmaient faussement, mais que l’homme en qui\n peuvent être l’erreur et le mensonge n’est pas\n digne de se défendre lui-même.\n\n                         C es 3o motifs suffiront à la\n                       contemplation pendant le mois\n                       de Juin ; les suivants suffiront\n                       pendant les mois suivants.\n\n\n\n\n268\n"}, {"page_pdf": 302, "texte": "La Didachè des\n             douze Apôtres\n   Plus que jamais on étudie aujourd’hui les origines\ndu christianisme. Chaque année voit s’augmenter\npar centaines le nombre des publications traitant de\nl’histoire du premier siècle de l’Eglise de J ésus-Christ.\n   On comprend l’émotion produite au milieu de\ncette effervescente activité par une découverte aussi\nimportante que celle d’un document inédit des\npremiers siècles du christianisme. Ce manuscrit en\nlangue grecque, retrouvé dans un monastère de\nConstantinople, fut publié en i 883 par Mgr Philo ­\ntheos Bryennios, métropolite de Nicomédie.\n   Immédiatement, exégètes et savants de tous pays\nse mirent à l’œuvre ; notre document, épluché mot\nà mot, traduit en plusieurs langues, fut commenté\nde différentes façons. Peu d’années après, sa bibli­\nographie comporte déjà plus de trois cents publica­\ntions.\n   Nous voudrions à l’intention des lecteurs du\nSpectateur Catholique indiquer les résultats les plus\nsaillants de ces études, en nous basant entièrement\nsur un ouvrage très intéressant publié par M. l’Abbé\nE. Jacquier (1).\n   Depuis longtemps on savait qu’il avait existé un\nécrit intitulé la Doctrine des douze Apôtres. Différents\nPères de l’Église et des catalogues de livres cano­\nniques et extracanoniques en ont fait mention, mais\nle document lui-même était perdu. On a constaté\nimmédiatement après sa découverte, grâce aux\nnombreuses coïncidences existant entre elle et les\nécrits des Saints Pères, que la Didachè retrouvée\nétait bien celle que ceux-ci avaient connue.\n   Quoique essentiellement chrétienne,, elle laisse\n\n  (1)   E . Jacquier. Δ ι δ α χ ή τ ώ ν δ ώ δ ε κ α ά π ο σ τ ό λ ω ν . L a\nD octrine des douze Apôtres et ses enseignements. T hèse de\ndoctorat en théologie présentée à la faculté catholique de\nL yo n . (Paris, Lethielleux, 1891).\n\n\n\n\n                                                                    269\n"}, {"page_pdf": 303, "texte": " deviner une influence juive, facilement explicable\n par les rapports qui ont existé entre le judaïsme et\n le christianisme, le premier étant la préparation\n et la figure du second. Ses doctrines et ses sen­\n tences s’inspirent de l’Ancien testament, plus souvent\n du Nouveau, surtout de l’Évangile selon S. Mat­\n thieu. Elle forme ainsi la transition entre les écrits\n du Nouveau Testament et les Pères Apostoliques,\n et donc constitue un document des plus précieux\n pour l’histoire du premier siècle du christianisme.\n On y trouve un tableau exact de la vie de la\n primitive Église.\n   L ’auteur, qui a réuni différents fragments repro­\n duisant la prédication des Apôtres, a certainement\n eu en vue d’écrire un manuel de religion pour\nl’instruction des catéchumènes. Aussi, M. l’Abbé\nJacquier l’appelle avec raison le catéchisme des\nApôtres.\n   L es critiques ne sont pas d’accord sur le nom\nde l’auteur. Ce devait être certainement un chrétien,\nconverti du judaïsme. On croit, non sans probabilité,\nque ce fut saint Siméon, second évêque de Jérusalem.\n   L a date précise de la composition est également\ndouteuse. Cependant, la majorité des critiques de\ntoutes les écoles la fixe entre l’an 70 et l’an 120.\nOn peut affirmer qu’elle a été écrite dans la seconde\nmoitié du premier siècle (1).\n   Après ces indications sommaires, on nous per­\nmettra de citer quelques extraits de la Didachè\nelle-même, d’après la traduction de M. Jacquier, et\nen maintenant la division en chapitres et versets la\nplus généralement suivie (2).\n   Pour donner une idée des enseignements moraux\nde la Doctrine des Apôtres, nous citerons un pas­\nsage du chapitre IV :\n   « 5 . N ’aie pas les mains tendues pour recevoir et\nfermées pour donner.\n   6.    Si tu as des biens, tu donneras par tes mains\nle rachat de tes péchés.\n\n  (1) N ous ne- pouvons, faute d’espace, qu’indiquer ici les\nconclusions ; pour les arguments et de plus amples détails,\nnous renvoyons nos lecteurs au livre où nous puisons nos\nrenseignements.\n  (2) L a division en 16 chapitres a été opérée par M gr\nBryennios. H arnack y a ajouté la notation des versets.\n\n\n\n\n270\n"}, {"page_pdf": 304, "texte": "     7. T u donneras sans hésiter : après avoir donné,\n tu ne murmureras pas : car tu sais quel est celui\n qui doit te rendre avec largesse.\n     8. T u ne te détourneras pas de celui qui est dans\n le besoin ; tu mettras tout en commun avec ton\n frère et tu ne diras pas que quelque chose t’appar­\n tienne en propre (1) ; car si vous êtes associés dans\n la possession des biens immortels, à plus forte\n raison le devez-vous être dans celle des biens qui\n périssent.\n     9. Tu n’écarteras pas ta main de ton fils ou de ta\n fille ; mais dès leur jeunesse, tu leur apprendras la\n crainte de Dieu.\n     10. T u ne commanderas pas avec aigreur à ton\n serviteur et à ta servante, qui espèrent dans le\nmême Dieu que toi, de peur qu’ils n’arrivent à ne\nplus craindre le Dieu qui règne sur toi et sur eux ;\ncar il ne vient pas appeler en faisant acception de\npersonnes : il appelle ceux que l’esprit a préparés.\n     11. Pour vous, serviteurs, vous vous tiendrez\nsoumis à vos maîtres, comme à une image de Dieu,\navec respect et crainte. »\n    Outre les préceptes moraux, la Didachè contient\négalement beaucoup d’indications très précieuses\nconcernant le culte et la liturgie. Nous ne pouvons\nrésister à l’envie de citer d’abord un passage se\nrapportant au Baptême.\n    Nous lisons au chapitre V II :\n    « I. En ce qui concerne le baptême, baptisez de\nla manière suivante. Après avoir enseigné tout ce\n\n  (1) A l’époque où a été écrite la Didachè, il est probable\nque la communauté des biens existait encore dans l ’E glise de\nJérusalem, telle que les A ctes des Apôtres nous l’ont décrite\n(IV , 32-37 ). Comme le fait très bien rem arquer M. Jacquier,\non ne voit pas que nulle part ailleurs qu'à Jérusalem, la com­\nmunauté des biens ait été pratiquée. A Jérusalem même, elle\nn’était pas obligatoire, puisque S. P ierre affirma à Ananie\nqu’il aurait pu garder son bien (Act. V , 4). D ans les autres\ncommunautés tout devait être commun entre frères en ce sens\nque, tout en restant propriétaire de ses biens, chacun les\nregardait comme appartenant à tous et en faisait part aux\nindigents (1 Cor. V II, 3o). C ’est dans ce sens qu’il faut com­\nprendre ce passage de la Didachè. D ’ailleurs, les autres\npréceptes domestiques et sociaux contenus dans notre docu­\nment, particulièrem ent dans ce même chapitre, supposent\nque chacun restait possesseur de ses biens.\n\n\n\n\n                                                            271\n"}, {"page_pdf": 305, "texte": "qui précède (1), baptisez au nom du Père et du Fils\net du Saint-Esprit, dans l’eau vive (2).\n   2. Si l’eau vive te fait défaut, baptise dans une\nautre eau ; si tu ne peux le faire dans l’eau froide (3),\nbaptise dans l’eau chaude.\n   3 . Si tu n’as ni de l’une ni de l’autre (4), verse sur\nla tête (5) trois fois de l’eau au nom du Père et du\nFils et du Saint-Esprit. »\n   Les passages concernant l’Eucharistie ne sont\npas aussi complets, du moins au point de vue\ndogmatique. E t c’est bien naturel. A cause de la\ndiscipline du secret qui a existé aux premiers siècles\ndu christianisme, les chrétiens supprimaient dans\nleurs écrits destinés à une certaine publicité les\nformules les plus étroitement liées au mystère de\nl’Eucharistie.\n   Remarquons également que la Didachè n’est pas\nun rituel proprement dit, mais plutôt, comme nous\nl’avons dit plus haut, un manuel d’instruction pour\nles catéchumènes. Il n’est donc pas étonnant d’y\ntrouver indiqué ce qui est essentiel au baptême,\nsacrement que tous devaient pouvoir administrer, et\nde n’y pas trouver la formule de la consécration\neucharistique, que les prêtres seuls devaient con­\nnaître.\n   Malgré cela, les passages que nous allons citer\nparlent fort clairement de l’Eucharistie. L a simpli­\ncité du style unie à l’élévation des pensées en fait\nun des plus beaux joyaux de la littérature chrétienne.\n\n                       C h a p it r e   ix .\n\n\n  « 1. Quant à l’Eucharistie, vous rendrez ainsi\ngrâces :\n\n  (1) Tout ce qui précède dans la D idachè formait la caté­\nchèse à enseigner à ceux qui se préparaient au baptême.\n  (2) « L ’eau courante, plus pure et plus fraîche que l ’eau\nstagnante, sym bolisait mieux l ’action régénératrice et rafraî­\nchissante du baptêm e » (Cfr. Jacquier, op. cit., p. 194).\n  (3 ) « Si la santé de celui qui doit être baptisé, le clim at du\npays ou la saison s’opposait à l ’usage de l’eau froide, on\npouvait se servir d’un bain chaud. »\n  (4) « E n quantité suffisante pour l’immersion. »\n  (5 ) « C ’est la mention la plus ancienne que l’on ait du\nbaptêm e par infusion ou aspersion. »\n\n\n\n\n272\n"}, {"page_pdf": 306, "texte": "   2. D ’abord pour la coupe (1) : Nous te rendons\ngrâces, ô notre Père, pour la sainte vigne de\n David (2), ton enfant que tu nous a fait connaître\npar Jésus-Christ, ton enfant (3) : à Toi la gloire dans\ntous les siècles.\n   3 . Pour la fraction du pain : Nous te rendons\ngrâces, ô notre Père, pour la vie et la connaissance\nque tu nous a manifestées par Jésus-Christ, ton\nenfant ; à Toi la gloire dans tous les siècles.\n   4. Comme ce pain rompu était dispersé sur les\nmontagnes, qu’il a été réuni et qu’il est devenu un,\nqu’ainsi ton Eglise soit réunie des extrémités de la\nterre pour ton royaume : car à Toi sont la gloire et\nla puissance par Jésus-Christ dans tous les siècles.\n   5 . Que nul ne mange ni ne boive de votre Eucha­\nristie, sinon ceux qui ont été baptisés au nom du\nSeigneur (4) : car à ce sujet le Seigneur a dit : Ne\ndonnez pas aux chiens ce qui est saint (5).\n\n                           C h a p it r e x .\n\n  1. Après qu’on aura été rassasié (6), rendez grâce\nde cette manière :\n  2. Nous te rendons grâces, ô Père saint, pour\nton saint nom, que tu as fait habiter dans nos cœurs,\npour la connaissance, la foi et l’immortalité que tu\n\n   (1) L a D idachè sem ble supposer que la consécration de la\ncoupe précède celle du pain. Mais nous avons dit qu’elle n’est\npas un rituel, elle n’est pas tenue à observer un ordre rigou­\nreux. St. P au l aussi, dans un endroit de la première aux\nCorinthiens, parle du calice et puis du pain (X, 16-21), alors\nque plus loin (XI, 23 ), traitant la question au point de vue\nhistorique, il suit l ’ordre habituel, qui nous a été transmis par\nles E vangiles.\n   (2) C e sym bole désigne probablem ent Jésus-Christ, qui s’est\nlui-même appelé la vraie vigne (Jean, X V , 1).\n   (3 ) L e N ouveau Testam ent, en plusieurs endroits (p. ex.\nA c t. III, 1 3 ) appelle aussi Jésus-Christ l ’enfant (π α ίς ) de Dieu.\n   (4) C ette expression sert à distinguer des autres baptêm es,\ntels que celui de S. Jean-Baptiste, le baptêm e institué par\nJésus-Christ, et qui, comme la D idachè elle-même l ’a dit\nclairem ent plus haut, se confère au nom du P ère, et du F ils,\net du Saint-Esprit.\n  (5 ) Matth. V II, 6.\n  (6) L e terme grec èfnrXycrôrjvM se rapporte probablem ent\nà la fois à la communion et au repas de l ’agape, qui, dans les\npremiers temps de l ’E glise, étaient réunis.\n\n\n\n\n                                                                    273\n"}, {"page_pdf": 307, "texte": " nous as révélées par Jésus-Christ, ton enfant : à\n T oi la gloire dans tous les siècles ;\n   3 . O Maître tout-puissant, tu as tout créé à cause\n de ton nom : tu as donné aux hommes la nourriture\net la boisson afin qu’ils en jouissent pour te rendre\ngrâces ; mais pour nous, tu nous as gratifiés d’une\nnourriture et d’un breuvage spirituels, et de la vie\néternelle, par ton enfant ;\n   4. Avant tout, nous te rendrons grâces parce que\ntu es puissant ; à Toi la gloire dans tous les siècles ;\n   5 . Souviens-toi, Seigneur, de ton Eglise, afin de\nla délivrer de tout mal et de la rendre parfaite dans\nton amour. Rassemble-la des quatre vents, elle qui\na été sanctifiée pour ton royaume, que tu lui as\npréparé : car à Toi est la puissance et la gloire dans\ntous les siècles. »\n   Plus loin, au chapitre X IV , la Didachè revient\nsur le même sujet :\n   « 1. L e jour du Seigneur, réunissez-vous, rompez\nle pain et rendez grâces après avoir confessé vos\npéchés, afin que votre sacrifice soit pur.\n   2. Mais que quiconque est en différend avec son\ncompagnon ne se joigne pas à vous, jusqu’à ce\nqu’ils se soient réconciliés afin que votre sacrifice\nne soit pas souillé.\n   3 . Car voici la parole du Seigneur : En tout lieu,\nen tout temps, qu’il me soit offert un sacrifice pur :\ncar je suis un grand Roi, dit le Seigneur, et mon\nnom est admirable parmi les nations (1). »\n   Il n’est pas possible de citer ici toute la Didachè ;\nelle mérite cependant d’être lue et étudiée après les\nÉvangiles par tous les chrétiens instruits : puissent\nles extraits que nous en avons donnés déterminer\nplus d’un lecteur à le faire !\n   Ajoutons que . l’étude si consciencieuse dont\nM. l’abbé Jacquier a fait suivre le texte de notre\ndocument, nous donne une exacte idée du culte et\ndu ministère au premier siècle chrétien. Pour ce\nmotif seul, son livre sera lu avec plaisir par tout\ncatholique qui s’intéresse à l’histoire de sa Mère la\nSainte Église.\n                                P aul H alflan ts.\n\n  (1) M a l. I, 11-14.\n\n\n\n\n274\n"}, {"page_pdf": 308, "texte": "       L e M o i n e e t l 'O i s e u\n    L ég e n d e contée par S ain t V in cen t F e rrie r\n\n                                                          (Notes de voyage).\n\n         J’étais sorti d’A rbucias au matin d’un beau jou r de juin.\nL e soleil dorait de ses premiers rayons les sommets qui bril­\nlaient tels des rochers d’or, tandis que les m ontagnes avec\nleurs vêtem ents d’arbres et de broussailles étaient encore\ndans l’obscurité. Je ne tardai pas à apercevoir tout près du\nchemin une jolie et pittoresque maison avec un m assif d’arbres\nauprès, faisant deviner le voisinage d’une fontaine ou d’un\nruisseau : lieu d'om brage et de paix comme il y en a tant dans\ncette cam pagne. J’interrogeai le cocher qui, connaissant mon\ngoût pour les antiquailles (ainsi qu’il disait lui-même) m ’engagea\nà visiter cette maison si je voulais voir une très belle statue\nde Saint V incent Ferrier.\n   Je fis aussitôt arrêter la voiture et m ’engageai dans le sen­\ntier qui conduisait à la maison. C ar j ’aime beaucoup Saint\nV incen t Ferrier et j ’ai pour lui une grande dévotion quoique\ncertains en doutent. L e P . F ages, des F rères Prêcheurs, par\nexem ple, dans son Histoire de Saint Vincent Ferrier, se plaint et\ns’étonne que j ’aie parlé de Saint Vincent comme d’un homme\npolitique. Pouvais-je faire autrement en écrivant l ’histoire du\nParlem ent de Caspe ? Fut-il un concile ce Parlem ent convoqué\ndans le seul but d’élire et de proclam er un roi ? E t ne fut-il\npas un vote politique, le vote de Saint V incent qui eut une\ninfluence si décisive sur l’opinion et l’esprit des juges ? (1)\n   A v e c tout le respect dû à un tel saint et celui que mérite le\nsouvenir de son éloquence, je me suis borné, historien im par­\ntial, à exprimer mon opinion défavorable au vote qu’émit\nSaint V incent en ce Parlem ent. E t rien de plus.\n          Pour en revenir à mon récit, je dirai que ce que mon\n cocher appelait une statue de Saint V incent était tout sim ple­\nment un de ces grands carreaux de faïence valenciens, aux\n couleurs vives, représentant le thaumaturge, et qui furent\n longtemps à la mode ; ou en trouvait dans beaucoup de mai­\n sons de cam pagne, principalem ent sur la côte catalane.\n A ujourd’hui ils sont très rares et on n’en voit presque plus\n que dans des collections et des musées. Celui que je vis là\n\n   (1) Saint Vincent, en effet, a joué un grand rôle politique. P ar son seul vote au\nParlem ent de Caspe il fit proclamer roi d’A ragon Ferdinand d’A ntequera après\navoir fait une ardente propagande en sa faveur et contre son rival le Comte d’U rgel.\nP ar cette élection, il préparait, sans le savoir, l’union des couronnes d ’A ragon et de\nCastille ou plutôt l’annexion du premier de ces royaumes au second. Aussi les écri­\nvains catalans et aragonais, tout en vénérant le saint qui fut un prodige d’éloquence\net de vertus déplorent que son influence ait écarté du trône le comte d’U rgel dont\nles droits étaient plus légitimes que ceux de Ferdinand.\n                                                                               M. A.\n\n\n\n\n                                                                                    275\n"}, {"page_pdf": 309, "texte": "  enchâssé dans le mur avec un petit toit au-dessus en guise de\n chapelle était très beau et caractéristique : un exem plaire\n bien conservé, eût dit un collectionneur. L e saint était debout,\n de corps entier, et c’est sans doute pour cela que le cocher\n l’avait appelé une statue.\n    J’étais entré précisém ent au moment où deux jeunes filles\n gracieuses — l ’une surtout de douze à treize ans au plus —\n préparaient un petit autel au pied du carreau, le paraient de\n guirlandes, de bouquets de violettes du bois, de genêts et\n d’autres fleurs des champs, pour une fête ou romeria qui devait\n se célébrer l'après-midi.\n\n\n\n\n      M ais plus que la statue du saint le m assif d'arbres voisins\n  attira mon attention, car il s’en éleva un chœur délicieux de\n rossignols. Comme je me l ’étais figuré, ces arbres se grou­\n paient autour d’une fontaine et d’un ruisseau murmurant\n auquel ils donnaient om brage et tranquillité. L a m atinée était\n belle et, dans ce site, c ’était un enchantement le murmure de\n l ’ eau, le ruisseau qui fuyait, la tiédeur et le parfum de la brise,\n et surtout le chant matinal des rossignols. Je passai un long\n moment à les écouter avec délice.\n      E n me voyant extasié, la plus gracieuse des deux fillettes\ns’approcha de moi et me dit en catalan :\n     — Fan música al sant. L i cantan l’aubada. (Ils font musique au\nsaint. Ils lui chantent l’aubade).\n     On ne peut s’im aginer la surprise que me causèrent les m é­\nlodieuses paroles qui des lèvres de cette enfant étaient sorties\n avec la fraîcheur de l ’idée et la cadence du vers. E lle me\nregardait fixement de ses yeu x bleus et brillants sous sa che­\nvelure blonde, ignorante de ce qu’elle avait dit, mais surprise\nde l’effet produit et qu’elle rem arquait en moi. Je l ’aurais\nvolontiers em brassée.... Je préférai lui donner une piécette\nd’argent qui lui fit sans doute plus de plaisir.\n     E t je pensai aussi à cet homme supérieur, pèlerin de la foi,\nabeille du m iel sacré, apôtre de l ’E urope, qui dut être une\nétonnante m erveille d’éloquence, lui qui entraînait par sa\nparole les grandes foules de V alen ce de C atalogne, d’A ragon ,\nde Castille, de P roven ce et d’Italie, à cet homme dont le vote\nenleva la décision du Parlem ent de C aspe, interrompant ainsi\nla m arche traditionnelle d’un royaum e pour le diriger vers\nd’autres destins — m eilleurs ou pires, je ne sais.\n     A cette époque Saint V incent Ferrier était particulièrem ent\n1'objet des préoccupations de mon esprit. U n ami, le chanoine\nde V alen ce, Roque Chabas, excellent écrivain et bibliophile\n\n\n\n\n276\n"}, {"page_pdf": 310, "texte": "érudit, m’avait envoyé un cahier de résumés, d’extraits et de\nfragments des sermons de Saint V incent F errier conservés\nmanuscrits dans la Cathédrale de V alen ce, unique recueil, je\ncrois, que l ’on possède du saint en langue vulgaire. U n de ces\nsermons en lequel Saint V incent se révèle poète et artiste est\nintitulé « L e Moine et l ’Oiseau » dans la copie que m’a procu­\nrée mon ami le chanoine.\n   L e saint discourt sur les plaisirs des sens dans la gloire et\nil conte la légende m ystique du moine et de l’oiseau dans ce\npittoresque langage valencien qu’il dut posséder et manier\nm erveilleusem ent ; langage qui se prête comme nul autre à\nl’onomatopée pour laquelle Saint V incent avait une véritable\nprédilection et qui lui fournissait des recours oratoires extra­\nordinaires. L e saint conte la légende avec une sobriété exquise\nque je ne pourrai faire passer, en la traduisant, dans une\nlangue qui n’a pas la concision du lemosin.\n\n\n\n\n                                          V   i n cen t F erri er\n                                               p a r le :. . . .\n\n                   ombie n font gran des la puissance et\n                   C\n                l a miséricorde de D ieu ! I l y avait\n                   un moine de S a i nt B enoît / très-\n                   dédot/ sacristain d’un monastère.\n                     ” L a grâce de D ieu av ait pénétré\n            enlui. U n matin/ après matines et a v ant\n        jour il descendit à l’église pour sonner prime.\n       I l n’ en était pas encore l ’heure. — J ' e n\n        profiterai pour me promener un moment par\n        le b ois .\n           ” L e ciel était souriant/ pur et serein/ l’air\ndoux et parfumé/ la campagne belle en v égétation\net en fleurs .\n   ” L e moine allait à pas l ents/ lo rsque soudain\nparv int à ses oreilles le chant d’un oiseau inv is ible\n[ce dev ait être un ange plutôt qu'un oiseau.]\n   ” C e n’ était pas un chant/ mais un enchan te ­\nment / une h armonie / une mélodie céleste.\n   ” Exta sié/ le moine ne se la ssait pas de l’ ouïr/ et\nplus le chant durait plus il se sentait captiv é.\n   — L e moment doit être arriv é de sonner prime ” /\nd it-il enfin. E t faisant un effort pour éch apper à son\nabstraction/ il retourna/ pensi f / v ers la sainte m aison.\n\n\n\n\n                                                                    277\n"}, {"page_pdf": 311, "texte": "       ” U ne fois parv enu au ja rdin/ il commença à re ­\n  g a rder de toutes p arts . I l ne reconnaissait pas ces\n  lieux.\n      ” E n face il v oy ait/ il est v rai/ la porte d’un mo ­\n  nastère/ mais ce n’ était pas celle du sien ; cette porte\n  n’ était point celle par où il était sorti peu auparav ant.\n      ” I l entra cependant et se trouv a dans le cloître\n  qui n’était pas son cloître et il s e dirigea v ers\n l’ église qui n’ était pas non plus son église.\n      ” I l l’ examina de tous côtés : elle lui était com ­\n p lètement inconnue.\n     ” S on trouble fut plus g ra nd encore/ lorsqu’a rri ­\n v ant à l ’autel où il av ait coutume de dire la messe/\n il dit que ce n’ était pas l e sien.\n     — O h ! .S ainte M arie ! Q u’ est cela ? O ù suis - je ?\n     ” Q uelques moines accoururent en ce moment/\ntous inconnus/ aussi/ de lui.\n     — Q ui es-tu ? lui demanda l’un d’ eux.\n     — J e suis l e Sacristain de ce monastère.\n     ” E t il conta comment il était sorti peu aup ara ­\nv ant pour une prom enade dans le bois où il s’était\na tta rdé un instan t distrait par le chant merv eilleux:\nd’ un petit oiseau.\n    ” L es moines lui firent d'a u tres questions ; ils lui\ndemandèrent qui était son abbé/ comment se nom­\nmaient les compagnons/ où était sa cellule ; et ils\nfinirent par comprendre que cinq cents ans étaient\npassés depuis que le moine était sorti du monastère.\n    \" P endant cinq siecles il était resté dans le bois à\nécouter le ch ant d’un ro ssignol de ces tem ps . ”\n\n\n\n\n   T elle est la légende m ystique de Saint V incent Ferrier que\nje me rappelais en cette matinée de juin en contem plant l’im age\ndu Saint sur un carreau de faïence et en écoutant chanter les\nrossignols du bosquet lorsque la fillette aux yeux bleus et aux\ncheveux blonds vint interrompre ce ravissem ent, peut-être\npour que ne m’advînt pas ce qui advint au moine de Saint\nVincent.\n                                                          V ic t o r B a l a g u e r .\n\n\n\n\n  I I . Balaguer, qui nous accorde ce petit document hagiologique inédit, est un esprit\nreconnu. On l'estime poète et historien, on le sait membre de l’A cadém ie d’Espagne,\nsénateur, ancien ministre des colonies. S a communication nous est traduite de l’espa­\ngnol par M . Marius André.\n                                                                           La D.\n\n\n\n\n278\n"}, {"page_pdf": 312, "texte": "Mémorial de la\n          Pensée religieuse\n    En m arge des « Origines du Christianisme. » E n 1894,\nle R . P . D elattre et M. Edmond P icard étaient en désaccord\nau sujet de Moloch, de la captivité babylonienne, des pro­\nphètes sémites aryanisés. . .\n    C ela se conçoit aisément.\n    L e P. D elattre formula ses raisons, qui sont les bonnes, en\nun livre récent L e Cerveau Picaresque (Bruxelles, S oc. B elge\nde Librairie). On y surprend M. P icard occupé surtout à étirer\nl ’élastique déjà lâche du Saint P a u l de Renan.\n    (Mais est-il si difficile de rester digne dans la victoire. L e\n P . D elattre épingle en épigraphe et convertit en titre une\n phrase de M. P icard « M on cerveau restera celui du penseur. »\n Or, la page 9 de V ie Simple amène ce troublant vœ u de vivre :\n « J’aurai mes heures de contemplation et mes heures de travail\n manuel, jardinant l ’étroit potager, badigeonnant les parois de\n la ferme, fanant les foins odorants. M a nourriture sera celle de\n l ’artisan, tandis que mon cerveau restera celui du penseur. »\n L e P . D elattre est-il quoi ? exégète aveugle aux nuances ou\n publiciste peu honnête).\n     Il est pénible à relater que des adversaires si considérés\n s’abandonnèrent à des choses plus honteuses encore.\n     U n jour le P . D elattre ridiculisa d’une cédille le nom de\n M. Picard. L e P . D elattre fut inconvenant. M ais M. P icard\n est vraim ent m alpropre qui m’envoie une chansonnette L a\n Lattropinade (Bruxelles, V e Larcier), où les échos de musicos\n  « Y ’ avait un pauv’ petit abbé Qu’on avait abélardisé ? — »\n  sont renforcés par les souvenirs du folklore érotique flamand\n  « P ou r coudr’ quelqu’ chose de viril... ! (bis) »\n     L e balai d’U bu !\n\n\n    Sacræ liturgiæ compendium. (Tournai : Decalonne-\n Liagre.) — Traditionnelles, claires et brèves, les leçons de\n feu Mgr Pourbaix au séminaire de Tournai, viennent d’être\n éditées par M. le chanoine Coppin.\n    O n pourra s’y convaincre que, comme disait Huijsmans,\n « tout dans l'É glise a un sens ; que rien n’est laissé à l ’im ­\n prévu ; qu’aucun détail si minime qu’il soit n’est inutile. »\n                                            E dmond D e B r u ijn .\n\n\n\n\n 19                                                               279\n"}, {"page_pdf": 313, "texte": "    Canonisation. P a r trois fois, le jou r de l'Ascension, on a\n supplié le successeur de P ierre de proclam er Saints deux\n grands serviteurs de l’E glise et chaque fois le ciel et la terre\n qui se connaissent si bien ont eu ensemble un dialogue dont\n rien n’égale la beauté. L ’E glise militante a fait d’abord un\ntouchant appel à l ’É glise triomphante. Qu’il est sublime ce\n chant des « Grandes Litanies » dans cette Reine des É glises\n et dans cette Reine des V illes où tant de Saints, P apes,\n D octeurs, Confesseurs et M artyrs ont laissé leurs reliques\nsacrées. Presque tous ceux qu’on invoque sont ici ; nous tou­\nchons la place où ils reposent !\n    L e dialogue continue. A vec le P ap e nous récitons le\n« M iserere » pour nos péchés et ceux du monde entier. Puis\nL éon X III, le Grand D évot au Saint-Esprit entonne l ’hym ne\ndu Paraclet, le V en i Creator. F ort du secours d’en haut le\nPontife suprême se rend enfin à la triple supplication qui L u i\na été adressée instanter, instantius, instantissime. Toute l’as­\nsemblée se lève, le chef de l’église s’assied sur sa chaise de\nD octeur, — et la voix infaillible de Pierre dit : « En l’honneur\nde la Sainte et indivisible Trinité, pour l’exaltation de la fo i Catholi­\nque et pour l’accroissement de la Religion Chrétienne, par l’autorité de\nN . S. Jésus-Christ, des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et la\nNôtre : après une mûre délibération et ayant souvent imploré le\nsecours Divin, de l’avis de nos vénérables frères les Cardinaux de la\nSainte Eglise Romaine, les Patriarches, Archevêques et Evêques\nprésents dans la ville, nous décrétons et définissons Saints et nous\ninscrivons au catalogue des Saints, les Bienheureux Antoine-Marie\nZaccaria et Pierre Fourrier, Confesseurs, statuant que leur mémoire\ndevra être publiée tous les ans avec une pieuse dévotion dans l’Eglise\nUniverselle, savoir celle d’Antoine-Marie le cinq Juillet et celle de\nPierre le neuf Décembre. »\n                                               A bbé J. N . D u p u i s .\n\n\n   Les Religieuses Dominicaines de Béthanie et l ’œuvre\ndes Réhabilitées, par le R . P . van Caloen, des Frères Prê­\ncheurs (Louvain).\n   L ’odeur du péché attriste mais ne saurait écarter l’É glise :\nles plus purs de ses docteurs ne reculèrent point devant\nl’anatomie m œchialogique, et il se trouva, dès le X IIIe siècle,\ndes fiancées du Christ pour tendre la main aux mérétrices\nrepentantes. L ’œuvre des Réhabilitées de Béthanie, fondée\nen 1866 p a r le R . P . Lataste, des F rères Prêcheurs, constitue\nun mode nouveau de cette charité si essentiellem ent à l ’imita­\ntion de N otre-Seigneur Jésus-Christ. N ous renvoyons, quant\naux détails d’organisation, à la brochure du R. P . van Caloen.\nMais un spécial raffinement d’abnégation mérite insistance :\nles repenties pourront, après un temps d’épreuve, être admises\nà la vie religieuse. D ès lors aucun indice ne différenciera la\nréhabilitée de la réhabilitante. U ne communion s’effectue\n\n\n\n\n280\n"}, {"page_pdf": 314, "texte": "entre elles par quoi la vierge assume une ombre d’infamie et\nla pécheresse un reflet d’innocence, en sorte de former, les\nunes et les autres — dans la même chapelle, sous les rayons\ncaressants de la même H ostie, et confondues selon les plis\ngothiques des guimpes dominicaines, — la fam ille de Béthanie.\n                                                  V ic t o r   K in o n .\n\n\n   Bossuet et le Jansénisme, par A . M. P . I n g o l d (Paris,\nHachette) ; Un Manuscrit de Bossuet, par E . L é v e s q u e (la\nQuinzaine, 1 5 octobre 1896).\n   E n 1682, Bossuet galllican opina différemment que le Con­\ncile du V atican, depuis. On le sait et qu’en droit ce n’est pas\nreprochable.\n   M ais il y a plus, ou autre chose, paraît-il : N e pas avoir fait\nles gestes suffisamment belliqueux en face d’une telle hérésie,\navoir humainement ou scientifiquement estimé certains rigo­\nristes en m orale et mésestimé deux ou trois pères de la Com ­\npagnie, voilà bien de quoi, à l’entendement de quelques\ncatholiques, assez tôt ou m al à propos scandalisés (M. D avin\npour nommer quelqu’un), ou de partisans anti-romains (M.\nGazier, M. L e R oy, etc.) inculper — sinon convaincre —\n B ossuet de jansénism e.\n    M. Ingold a tôt fait, par un procédé de critique graduée\ntrès net, et tout en s’en tenant aux sources imprimées connues\n— je veux dire, connues de lui, prodigieux érudit de ces\nchoses et que la dépense de ce court ouvrage ne pourra\n satisfaire (pourquoi ne nous conterait-il un peu les m isères de\n M. de N oailles ou la fortune du P . de la Chaize ?) — d’établir\nque Bossuet ne participa au jansénisme ni ne le soutint.\n   C e semble dit.\n   Mais comme cela fait mal, toute cette affaire ! E h quoi !\nquels monstres sommes nous, inconscients, ou conscients,\npires encore. P arce que je n ’abonde en votre conception de\nla grâce, vous faites intriguer contre moi dans l’esprit du roi.\n(Quels tristes appendices, par exem ple, sur Fénelon, sur quel­\n ques Jésuites.) E t cela reste vrai. On attaque ou soutient\n B ossuet, comme on le ferait d’une candidature, et des disputes\ntroublantes, comme celle sur le quiétisme, s’extériorisent en\n cauteleuses manœuvres de villageois.\n    Ce qui fait, les hommes changeant peu, que nous enregis­\n trons parfois en les controverses les plus nobles, celles des\n choses de l’âme ou de l ’esprit, de si émouvants malentendus.\n                                            E d m o n d D e B r u ij n .\n\n\n\n  Congrès ecclésiastique de Reims. (Compte-vendu publié\nsous la direction de M . l’abbé L emire, 1, rue F eyd eau , Paris). —\nBeaucoup de congrès politiques ou scientifiques pourraient\nprendre exem ple sur celui-ci : programme soigneusement\nétabli, rapports substantiels, discussion solide et brève, cinq\n\n\n\n\n                                                                        281\n"}, {"page_pdf": 315, "texte": " minutes par interlocuteur, tout cela est parfait ; mais succès\n oblige ; le clergé de Fran ce faillirait à son devoir s’il ne\nrenouvellait pas dès cette année la réunion qui, l ’an dernier,\n a éveillé tant d’espoirs.\n   Une appréciation du Compte-rendu demanderait un volum e,\nsi nombreux furent les sujets abordés ; qu’on en ju ge par cette\nsimple table des m atières :\n   I. L ’Action (culte, sacrements, prédication, catéchism e,\npropagande, éducation, charité, œuvres sociales).\n   II. L a Science (sciences religieuses et auxiliaires, méthodes\nau séminaire, méthodes dans la vie active).\n   III. L ’Organisation (recrutement, diocèse, paroisse, groupe­\nments).\n   Vraim ent le clergé français sort à son avantage de cette\népreuve ; pour quelques congressistes arriérés ou timides,\nabondent les esprits larges, ardents, pratiques et initiatifs ; la\nnouvelle génération sait qu’elle a un rôle à jouer, et quel est\nce rôle ; c’est le m eilleur m oyen pour le jouer tôt ou tard.\nA ce sujet, j ’oserai formuler un vœ u, qu’un congrès ecclésias­\ntique ne pouvait guère exprimer, mais qu’un laïc a le droit de\ndire : c ’est que le prêtre devienne de plus en plus conscient\nde la grandeur et de l ’importance sociale de son action indi­\nviduelle ; si le clergé ne joue qu’un rôle minime, c’est qu’il\ns’est trop pelotonné, trop claquem uré dans sa sacristie, trop\nuniformisé dans une sorte de caserne m orale ; n’en déplaise à\nfeu M gr de Bonnechose, le clergé d’un diocèse n’est pas un\nrégim ent ; le Congrès de Reim s montre heureusement que les\nprêtres français ont un idéal un peu plus haut que le capora­\nlisme ; il faut les en louer ; le mot m alheureux de « presbyté­\nrianisme » retombe en somme, après la plus que correcte\ntenue des congressistes, sur ceux qui l’ont prononcé ; à l ’avenir\nqu’on évite de pareils mots vraiment regrettables à tous points\nde vue que les craintifs prennent un peu plus d’assurance,\nles sceptiques un peu plus de confiance, les pessimistes un\npeu plus de bienveillance, et tout ira bien, ou du moins tout\nira mieux, ce qui est déjà quelque chose.\n                                                 H enri M a ze l.\n\n\n   T r a v a i l de bénédictin. — Cette fois, la légende a raison,\net c’est si consolant. L es Bénédictins sont en effet des béné­\ndictins, par exem ple Dom Morin dont je parlerai, ou Dom\nU rsm er B erlière, qu’on tiendra bientôt d’Oxford à Tubingue\npour l’un des mieux consciencieux critiques.\n  Disposant la Revue Bénédictine de l'abbaye de Maredsous,\nD. Berlière manifeste un sens éveillé des nécessités de la\ndéfense religieuse, sans rien qui se dresse en polémique, puis\nencore un savoureux souci des choses de son ordre ; com­\npilateur du Monasticon Belge (Tome I, 2e livr. parues) (analogue\nà la collection Gallia Christiana, répertoire nom breux des\nsources afférentes à chaque fait-divers des existences d’ab­\nbayes assises sur le sol belge) il sem ble apporter une souriante\npatience dans les recherches, un tact pointilleux vis-à-vis des\ntrouvailles, car il a ce m iraculeux bonheur de toujours trouver.\n                                          E d m o n d D e B r u ij n .\n\n\n\n\n282\n"}, {"page_pdf": 316, "texte": " Pour un projet\n    d’Esthétique Spiritualiste\n      Si l’on se bornait à lire certain passage d’Aristote\n  (Poétique C. IV), il semblerait que pour ce philo­\n  sophe, précurseur de Saint Thomas, père de la\n  Scholastique, l’origine de la poésie se trouve dans\n  l’instinct d’imitation et dans le plaisir que nous\n  cause celle-ci : cependant il ne faudrait pas en con­\n  clure que l’imitation est le tout de l’Art ; l’origine\n  soit, non la fin. Mais encore ne serait-il pas plus\n juste de dire que l’Art naît de l’instinct créateur\n  dont la satisfaction est un des plaisirs les plus élevés\n  de l’esprit. Aristote lui-même dit ailleurs que la\n  peinture doit représenter « non ce qui est, mais ce\n  qui doit être » et encore « la tragédie est l’imitation\n  du meilleur » — « la Poésie est plus vraie que\n  l’Histoire ».\n     Chacune de ces formules pourrait être commentée\n longuement, retenons seulement ces deux mots :\n  « l’Imitation du meilleur », et sachons comprendre\n non le meilleur de ce qui est, non le meilleur réalisé,\nmais le meilleur de ce qui doit être, le meilleur\npossible. Imiter ainsi le possible, le plus beau de ce\nque conçoit notre esprit et que nos sens n’ont point\nperçu, c’est, dans notre mesure, créer.\n     E t nous dirons que l’Imitation est une partie de\nl’Art, précisément en ce qu’elle est une tentative de\ncréation, souvent la plus réalisable pour nous. Et\nde fait nous ne créons jamais absolument, lorsque\nl’homme essaie de produire, il imite toujours quelque\npeu. Mais il est d’un artiste bien incomplet de s’at­\ntacher seulement à la copie de la nature. Schelling\na dit : « L a Nature n’est belle qu’incomplètement,\nqu’accidentellement, parce qu’elle ne possède que la\nseule activité inconsciente, tandis que l’œuvre d’art\nest intégrale et absolue. » E t l’artiste simple imita­\n teur s’est bien peu rapproché de Dieu, car alors\nmême qu’il aurait reproduit son œuvre, il n’aurait\n\n\n\n\n                                                     283\n"}, {"page_pdf": 317, "texte": "pas reproduit son acte. Dieu créait, il a copié. C ’est\ndonc un plagiaire et non un poète.\n   Mais encore faut-il être bien peu philosophe pour\ncroire que l’on reproduit la réalité, l’être, la sub­\nstance. On exprime ce qu’on en connaît, ce qu’en\nont révélé nos sens, nos organes qui déforment et\nqui amoindrissent. Ainsi la Création et l’Imitation\nse mêlent toujours dans nos œuvres ; mais nous\npensons que l’âme s’élève d’autant plus qu’elle fait\nun effort plus personnel ; l’œuvre est d’autant plus\nbelle qu’il y eut chez l’artiste une part de création\nplus grande.\n   Mais qui songerait à contester que l’Art est d’au­\ntant plus haut qu’il nous rapproche davantage de\nDieu ? Celui qui prend son modèle dans les degrés\ninférieurs de l’être, qui s’attache à reproduire les\ninstincts de bestialité, est un ouvrier très vulgaire.\nCombien son œuvre est loin d’exciter « l’activité la\nplus parfaite de ce qu’il y a de plus parfait en nous » ;\ntelle est la définition du bonheur que nous a donnée\nAristote, et pensant avec lui qu’un tel bonheur est\nnotre fin, beaucoup accorderont que l’art est un des\nmoyens les plus nobles que nous ayons de la pour­\nsuivre.\n   Celui là est un vrai poète qui tente de créer la\nvision de tout un monde plus saint que le nôtre et\nvers lequel aspire notre vie. Les êtres qui peuplent\nce monde, nous ne pourrons les concevoir qu’en\nexaltant ce que nous avons de plus pur, en étouffant\nce que nous avons de charnel. Peignez moi des\nbeautés plus qu’humaines, et des vertus, et des\nhéroismes que le vulgaire trouve impossibles : si\nvotre œuvre me donne vraiment le frisson d’une\ngrandeur inconnue et le vertige d’un univers sublime,\nje vous saluerai pour mes maîtres, et je marcherai\nsur vos traces, prophètes héroïques, afin de tenter\nla conquête du Ciel, en me grisant de la symphonie\n de vos visions !\n   Qu’un tel artiste se serve de formes humaines,\nd’éléments empruntés à la nature, je ne veux point\nm’y opposer. Même j ’irai plus loin, j ’affirmerai que\nles conceptions les plus échevelées du grand poète\n\n\n\n\n284\n"}, {"page_pdf": 318, "texte": "sont seulement la révélation d’un monde très réel,\npar un phénomène que quelques uns appelleront\nvaguement « le don du génie » que les philosophes\nnommeront « une intuition puissante » mais dans\nlaquelle les croyants salueront chez l’artiste sacré\nla grâce de Dieu. L e monde, il essaie de nous le\nmontrer à son tour comme le lui a montré son ange\net s’il est forcé, pour nous le rendre sensible, de le\ntransposer, s’il en exprime la beauté dans une langue\ntrop faible, faut-il le lui reprocher ? Saint Paul, qui\navait été ravi jusqu’au troisième Ciel (Corinthiens\nC. XII), souffrait de se plier au langage terrestre :\n« Je parle suivant l’usage des hommes, pour m’ac­\ncommoder à votre faiblesse » (Romains C. VI p. 19).\n    L ’œuvre du grand poète est donc la copie du\nmonde d’en haut ; mais copier de telle sorte, c’est\ntout ce que nous pouvons entendre par créer, faibles\nhommes pour qui ce mot n’aura jamais qu’un sens\nrelatif. Nous nous rapprochons d’autant plus du\nCréateur et de son action que notre intelligence\ns’élève à la connaissance de créatures plus grandes.\nMais, hélas ! comment exprimer en nos arts ce qui\nn’existe que si loin au dessus de nous ? Faites com­\nprendre à un chien, votre meilleur ami, toutes les\npassions de votre cœur d’homme ! L a sculpture, la\npeinture, ne peuvent se passer du monde matériel ;\nc ’est à peine si la littérature et la musique ont la puis­\nsance de faire pressentir à nos âmes ce qu’est le\nmonde des purs esprits. Comment donc exprimer la\nvision d’unmonde qui n’est que spirituel ? Ainsi par­\nlera l’homme faible que le découragement peut abattre.\nMais que ce désespoir est sot. Quand même nous ne\npourrions atteindre le but, serait-ce une raison pour\nn’y pas courir, si ce but était la Beauté, si ce but\nétait Dieu ? Si nous ne voulons étendre la main que\nvers un objet saisissable, renonçons à tout Idéal,\nà toute poésie, à toute prière. L a satisfaction n’est\npas tout entière dans le But, elle est aussi dans sa\npoursuite. Ne savons nous point par expérience\nqu’un but atteint, c’est une espérance perdue ? On\ns'exaltait à la poursuivre, une fois qu’on s’y trouve,\nl’enthousiasme s’abat et la fatigue reste. Je sais bien\n\n\n\n\n                                                        285\n"}, {"page_pdf": 319, "texte": "  qu’ici le but est l’Idéal lui-même et l’Idéal exclut la\n fatigue : ce serait par définition le But dont on ne\n se lasserait pas ; mais l’Idéal exclut aussi la Réalité,\n et c’est justement parce que nous ne pouvons pas\n l’atteindre que nous ne pouvons nous en lasser.\n    En énonçant que l’Idéal exclut la réalité je n’en­\n tends pas nier son existence. Bien au contraire.\n L'Idéal, c’est l’absolu, l’absolu, c’est la Vérité !\n    Mais distinguons nous des Idéalistes : l'Idéal\n dont nous parlons ici est le Monde spirituel, celui\n des anges, celui des saints.\n    En disant qu’il exclut la Réalité, j ’entends qu’il\n est idéal pour nous, parce que nous pouvons seule­\n ment le pressentir, étant destinés à le posséder, mais\n en dépouillant notre nature d’hommes.\n    C ’est le monde le plus réel de tous, puisque c’est\n celui de l’Immortalité : la matière seule périt. Mais\n si nous le poursuivons dès cette vie, sachant qu’il\n est notre fin, n’oublions pas que nous ne pouvons\nl’atteindre en ce temps ; ce monde exclut notre\nréalité d’hommes, soumis à la matière, et mortels.\n    Inversement, c’est aussi le fait que nous ne pou­\nvons pas nous en lasser qui prouve qu’il n’est pas\nà notre portée. L ’une et l’autre proposition expri­\nment la même vérité ; ces conditions réciproques\nsont inséparables, ce sont les attributs de l’Idéal.\n    Nous vivons dans un monde où régnent la douleur\net la fatigue. L ’Idéal est le monde essentiellement\npositif (c’est-à-dire excluant le mal, la douleur, la\nfatigue, toutes les négations) où ces restrictions\nn’existent pas. Atteindre l’Idéal c’est donc sortir de\nnotre monde, et c’est évident.\n   En tout cela il n’y a rien qui doive nous découra­\nger. Je poursuis un but, et si je ne l’atteins pas à\ncause de sa trop grande hauteur, j ’aurai du moins\nla gloire de m’en être approché, d’être sorti de mon\nornière en m’élevant jusqu’où Dieu me l’aura permis.\n   Cherchons le sublime, et si nous restons en chemin,\nce que nous aurons rencontré sera encore de la\nBeauté pour nous et du baume pour notre misère.\nSi le chien n’est pas votre égal, croyez-vous qu’il\nne sente rien de ce qui se passe en vous, il le pres­\n\n\n\n\n286\n"}, {"page_pdf": 320, "texte": " sent confusément ; il est doué d'assez de sympathie\n pour connaître un écho des émotions qui vous\n agitent, et c’est pour cela qu’il vous aime.\n    Que sera-ce donc entre le monde Spirituel et celui\n de l’Humanité ?\n    Si la distance semble plus grande qu’entre l’homme\n et le chien parce que ces deux êtres sont corporels,\n au lieu que de l’humanité au pur esprit on passe ré­\n ellement d’un monde à l’autre, nous devons rejeter\n cette illusion, et considérer que l’homme est doué\n d’une âme immortelle destinée à gagner un jour\n cette sphère de l’Idéal, du bonheur, et qui doit être\n le but de l’Art précisément parce qu’elle est notre\n fin.\n    Si le chien ressent quelque chose des passions\n qui troublent son maître, pourquoi Dieu ne permet­\ntrait-il pas que nous ayons quelque prescience aussi\n du monde où nous vivrons demain.\n    Mettons notre argumentation en forme : le but\n de l’Art est de nous élever ; élever un être c’est\n accélérer son développement, hâter sa marche vers\n sa fin. L ’art réalisera ce but en nous montrant le\nmonde que nous devons atteindre. Ce monde de\n Vérité et de Bien, l’art nous le montre sous la forme\nde la Beauté. Voir la Beauté, c’est l’aimer, c ’est la\ndésirer. L ’art nous élèvera donc par l’amour.\n    Mais nous montrer un monde spirituel, c’est nous\nfaire oublier la chair et tout ce qui est matériel.\nEst-ce à dire qu’il faille dénier toute valeur à la\npeinture et à la sculpture ? Loin de là. Certains\ntableaux, certaines statues font oublier la chair,\nmortifient les sens, élèvent l’esprit ; certains livres,\nque leurs auteurs appellent poèmes, certaines\nmélodies éveillent la sensualité, ravalent l’esprit.\n    Même en reproduisant les formes des créatures,\nanimaux ou plantes, les arts plastiques nous font\néprouver un tout autre plaisir que celui de recon­\nnaître ce que nous avons déjà vu. C ’est là une\nsatisfaction dont peuvent se contenter quelques gens\ngrossiers, mais qui n’a rien à voir avec l’esthétique.\nEncore parmi les appréciateurs du naturalisme\nmalsain trouverait-on quelques lettrés qui goûtent\n\n\n\n\n                                                    287\n"}, {"page_pdf": 321, "texte": "  dans l’œuvre de ses écrivains autre chose que\n  l’imitation. Qui peut nier qu’en lisant une histoire\n  écrite par un romancier même médiocre, à plus\n  forte raison par un bon conteur, on éprouve des\n  sensations bien différentes de celles que l’on eût\n  ressenties en voyant l’action se dérouler à ses côtés.\n Je lis en trois heures un roman dont l’action se\n passe en vingt ans. Les différentes scènes étant\n ainsi placées sous mes yeux dans un intervalle plus\n restreint, je me souviens mieux. Je comprends\n l’enchaînement des faits, je pénètre la philosophie\n du drame, bien autrement que dans la vie.\n     E t ainsi, l’art a beau se borner à reproduire, il\n reste l’art parce qu’il donne une impression que ne\n donne pas la nature ; et si j ’ai montré tout à l’heure\n que l’artiste, imitant la Création, n’a pas imité sa\n cause, l’acte créateur, je constate maintenant qu’il\n ne reproduit pas davantage son effet, nous donnant\n une émotion différente.\n     S ’il arrive à un naturaliste d’inventer des êtres\n plus vils que ceux qui vivent, ce n’est pas un écri­\nvain nul, mais c’est un artiste à rebours qui plonge\nvers Satan au lieu de s’envoler vers Dieu. Toutes\nles âmes n’ont pas la même aspiration, ne sont pas\n orientées de même sorte. Il y aura des réprouvés\nmême parmi les gens de talent, je devrais dire : il\ny a parfois du talent même parmi les gens de Satan.\n    Je parlerai de la peinture brièvement. Outre\nqu’elle peut très bien ne pas s’en tenir à la copie, et\nsurtout de n’importe quoi, mais s’attacher à nous\nmontrer de préférence les formes les plus nobles,\nl’expression des sentiments les plus grands, et pour\ncela, exagérer les caractères physiques par où se\ntraduisent ces sentiments, il faudrait encore recon­\nnaître qu’il y a dans ces lignes mêmes, comme dans\nles couleurs, comme dans les tons que la matière\nnous présente, une certaine grâce dont le charme\nn’a rien à voir avec le plaisir de l’imitation, mais\nqui tient à une correspondance profonde, mysté­\nrieuse encore pour le critique et le philosophe, en\ndépit de leur analyse, entre la forme et l’idée, entre\nla matière et l’esprit. C ’est ce que les esthètes ont\n\n\n\n\n288\n"}, {"page_pdf": 322, "texte": " nommé le Symbole. Ces correspondances trouvent\n leur expression dans la ligne, dans la couleur comme\n dans les accords ; et nous ne devrons pas en être sur­\n pris si nous avons constaté que toute loi des sciences\n physiques est l’expression, dans la nature, d’une\n vérité métaphysique, de même que chacune de nos\n sensations est la traduction, dans le monde de notre\n pensée, d’un phénomène du monde physique.\n    Il est regrettable qu’à la fin du X IX me siècle, après\n que tant de travaux ont été produits par des esthètes\n et des critiques qui furent d’habiles philosophes, on\npuisse sentir encore l’utilité de réfuter la théorie de\nl’imitation, principe de l’art ; mais c’est en vain que\npassent dans le monde les prophètes avec leurs\nflambeaux, les poètes avec leurs chants sacrés, le\nmonde a des yeux pour ne point voir et des oreilles\npour ne pas entendre. Hé bien ! que l’Humanité\npoursuive son évolution, fascinée par ceux-là seule­\nment dont la torche fut allumée dans les fournaises\nde Lucifer ; qu’elle marche animée seulement par\nles accents des faux Orphées qui chantent la louange\nde l’orgueil en glorifiant la Chair ; que la foule\nignorante aille à sa triste destinée, que Jérusalem\ncrucifie son Rédempteur, c’est à ce prix, hélas ! que\nles prédestinés pourront s’élever dans leur gloire....\n   E t quand le dernier poète aura rendu le dernier\nsoupir, exhalé son âme en chantant sa dernière\nstrophe sur les ruines de l’ultime autel, les malheu­\nreux qui survivront — des positivistes sans doute —\nauront l’amertume de voir ce que Dieu fera de leur\nmonde.\n   Annecy, 1 895 .                     G e o r g e s S im o n +\n\n\n   Cette étude était considérée par l’auteur comme incom plète ;\nelle n ’était que le b ref aperçu, le point de départ d’une esthé­\ntique qui peu à peu se serait organiquement développée dans\nl’étude de l’art, de la vie, de la philosophie, de l ’histoire...\n   L a mort a em pêché l’artiste chrétien G eorges Sim on décédé\nici, à 24 ans, avec mon chagrin solitaire pour linceul, d’ordon­\nner ce travail. On en trouve pourtant ici les aperçus. Pour\ncela et parce qu’elles sont représentatives d’une noble person­\nnalité, nous avons extrait ces notes des papiers du défunt.\n  L e Caire.                                  E m il e B e r n a r d .\n\n\n\n\n                                                                    289\n"}, {"page_pdf": 323, "texte": "      Au Christ de Gloire\n                   FRAGM EN T.\n\nMais, pendant que ta gloire, aux Cieux purs, incendie,\nNous, chrétiens languissants sur la terre engourdie,\nTimorés dans l’espoir et lâches dans l’effort,\nFaibles et malheureux, nous épelons ta mort.\n\nQu’importe que je voie, avec mon âme avide,\nT a gloire dans le Ciel, si mon âme timide\nN ’ose au monde imposer la gloire qui m’émeut\nE t resculpter le monde à l’image de Dieu ?\n\nQu’à notre essor immense en la béatitude\nNous voulions, comme au tien, que la douleur prélude,\nQue, joyeux, pour tuer l’instinct vil de la chair,\nLa vigueur du péché, sève aux parfums amers,\nQue pour tuer encor la luxure de l’âme,\nL ’orgueil, nous embrassions la croix qui nous affame,\nOui — mais que, défaillants, sans beauté ni transport,\nPrenant pour te trahir prétexte de ta mort,\nNous n’ayons, ô mon Christ, que des âmes glacées,\nCapables seulement de prières lassées,\nIncapables d’aller, d’oser, de découvrir,\nImpuissantes à vivre, indignes de mourir,\nNon. Demeurons chrétiens douloureux pour nous mêmes,\nMais soyons avec toi, Majesté qui nous aimes,\nPour ton règne éclatant des chrétiens glorieux !\n\n\n\n\n290\n"}, {"page_pdf": 324, "texte": "Et contraignons la terre à s’incarner les Cieux !\nA lors, vraiment, Jésus, nous servons la prière\nQue tu nous ordonnas d’élever à ton Père\nCar, si sa volonté s’accomplit ici-bas,\nAprès ta Passion ta Gloire y régnera.\n\nDonc, imprimons la croix aux vertus de notre âme,\nPar le renoncement tuons la force infâme\nQu’à la chair de luxure, à la raison d’orgueil\nSatan prête et clouons Satan dans un cercueil.\nMais, en nos actions candides et splendides\nE t nos pensers ardents, soyons des intrépides.\nAprès avoir tué la fausse gloire en nous,\nCréons la gloire vraie et céleste, à grands coups\nDe hardiesse pure en nous et dans le monde !\n— Par l’abnégation que la Splendeur se fonde.\n\nAinsi l’ère du Christ de gloire arrivera\nAprès l’ère du Christ de douleur et vivra\nDans le monde, en reflet de la gloire divine.\nNous serrerons le Crucifix sur nos poitrines.\nMais, sur les étendards du monde enfin soumis,\nUn Christ vainqueur et roi de tous ses ennemis,\nDélivré de la croix tortionnaire et sombre,\nSublime, éclatera d’une clarté sans ombre.\n— E t le Christ même, aux deux apparu, versera\nA cette Image une lumière qui vaincra.\n— Et, comme une Forêt en s’embrasant s’écroule,\nAutour d’un Incendie heureux qui fend sa houle,\nLe Mal s’écroulera, détruit, embrasé, beau,\nAutour du Christ royal brillant sur nos drapeaux !\n\n                           *\n                          * *\n\n\nNous devons consumer à tes rayons la terre,\nO Christ et nous dresser comme des volontaires\n\nEpris de ton service et rendre impérieux\nEn nous, autour de nous, dans les lois, dans les âmes,\nLe cœur et les pensers brûlants de l’Homme Dieu.\n\nSoyons des Saints. Prenons ton Idéal en flammes\nDans nos bras obstinés et laissons-nous ronger\n\n\n\n\n                                                     291\n"}, {"page_pdf": 325, "texte": " Jusqu'à ce que ta gloire ait détruit de nos êtres\n Les noirs fumiers glacés qui lui sont étrangers\n E t que dans l’homme dévoré tu sois le Maître !\n\n E t nous susciterons en tous l’altier plaisir\n D ’avoir mieux que des pleurs pour t'avoir fait mourir.\n\nMais un acharnement décisif à détruire\nDans notre âme et nos chairs la cause de ta mort :\nLe Mal. Séchons nos pleurs et vengeons ton martyre ;\n\nAyons la sainteté poignante pour remords...\n                            *\n                           * *\n\nN i ta Divinité, claire splendeur du Verbe,\nN i l’esprit et la chair de ton Humanité\nQui du tentateur morne a brisé la superbe,\n\nN ’ont dans leur innocence ardente supporté\nL ’intrusion du Mal et des hontes putrides.\n\nE t c’est cette candeur de héros sans péché\nQu’il faut incorporer à nos âmes sordides\nA notre chair où le serpent reste attaché.\n\nI l faut qu’en moi je sente, impitoyable extase,\nUn Dieu violemment virginal qui m’embrase!\n\nI l faut que j ’aie en moi le conscient frisson\nDu Christ, quand il passait dans les hontes du monde\nE t restait Dieu très-pur, impénétrable et bon...\n\nJe voudrais même plus : que les hideurs immondes,\nSous ta gloire, aujourd’hui plus terrible, Seigneur,\n\nPérissent de tes feux dont la force nous change,\nComme, sous la lumière incandescente, meurt\nUn miasme râlant et brûlé dans sa fange.\n\n— En nous ta gloire, autour de nous le Mal, qui meurt...\n                            *\n                           **\nTu laissas dans nos yeux l’indélébile image\nDu Crucifié où s’aimantent nos courages !\nE t tu nous avais dit : « Prenez, portez ma croix. »\nE t nous ne serons point les indignes de toi\n\n\n\n\n292\n"}, {"page_pdf": 326, "texte": "Et, même en préparant le règne de ta gloire,\nNous porterons la croix. Mais l’ombre expiatoire\nNe doit charger que nous et non pas tes rayons.\nIls doivent nous remplir de fulgurations\nE t faire comme un corps de gloire et de mystère\nDans notre corps souffrant qui marche sur la terre.\nE t le renoncement même et l’humilité\nDoivent de toi nourrir une immense fierté\nE t mépris de nous seuls ! Oh... l’avenir superbe\nEst que l’intensité de la gloire du Verbe\nSoit pour nous plus que l’ombre et les souffrants labeurs\nQu’à son avènement consacrent nos ardeurs.\nC’est que, te regardant plus que nos sacrifices,\nNous ayons, Dieu vainqueur, l’amour et la justice\nDe compter nos douleurs pour rien et ta beauté\nTriomphale pour tout. Là haut l’éternité\nNe te voit plus râlant sur le bois tyrannique.\nI l faut que je te voie, ô Christ, ô mon unique,\nAvec des yeux d’éternité, dans ta splendeur !\nC’est une complaisance égoïste à mon cœur\nDe trop considérer tes tortures anciennes,\nT es souffrances pour moi et de songer aux miennes.\nPensons à ta victoire, oubliant nos tourments,\nE t soyons les chrétiens dont l’amour véhément\nVeut désormais, cessant d’évoquer ton Calvaire,\nNe contemplant que ta victoire et ta lumière,\nLe Crucifix pour nous et l’Empire pour toi !\nO royal Bien Aimé, nous te volons la Croix !\nE t nous attirerons peut-être ton Empire\nA force de ne voir que ta majesté luire,\nQue ton règne planer dans les hauteurs du Ciel !\nD ’avoir l’obsession du Vainqueur éternel\nE t d’en faire éclater la vision puissante\nSur l’océan mental où le désir fermente...\nE t tu viendras frapper le monde — et nous aussi,\nIndignes malgré tout — et nous crierons merci\nD ’être les écrasés où ta gloire triomphe\nE t les stigmatisés, enfin, de ton Triomphe!\n                                      A lb e r t Jo u n e t.\n\n    E n la fête glorieuse de l ’Ascension.\n\n\n\n\n                                                           29   3\n"}, {"page_pdf": 327, "texte": "                                            VERS\n\n\n\n      Celui qui n’a que sa tristesse pour génie,\n       Las de pleurer sa peine en vers agonisants,\n      Sort par un crépuscule attendri du printemps.\n      L ’heure est pensive et pure et simple, elle est bénie ;\n       Toute chose au sommeil s'incline, et c’est la fin\n      Du jour, des voix en joie, et du labeur humain.\n      Le soir avant la nuit se prolonge, tranquille\n      Comme au pas de sa porte une aïeule qui file :\n      L ’ acier net d’un soc luit sur la glèbe, un oiseau\n      Chante encore parmi l’éternel bruit de l’eau ;\n      Une étoile apparaît au ciel...\n                                      Le solitaire\n      Respire la senteur puissante de la terre.\n      Ce soir limpide et long lui semble trop obscur,\n      Malgré, là-bas, l’oiseau qui chante et l’eau qui pleure,\n      E t malgré la première étoile dans l’azur ;\n      Ce soir n’apporte pas la paix intérieure,\n      Ce soir vernal, obscur et doux, amer et clair,\n      Forge le vieil et détestable œuvre de chair.\n      E t l’homme à qui l’amour, mouvant comme la mer,\n      En fuyant ne laissa que l’âcreté d’un rêve\n      Pareil au sel que l’onde a laissé sur la grève,\n      L ’esprit morne toujours inquiet du Destin,\n      Le poète subtil et maladif qu’étreint\n      A u plus mort de son cœur la volupté de vivre,\n      Retourne à la poussière inféconde du Livre.\n\n\n\n\n      Ton serviteur est là, Seigneur, murmure-t-il,\n      Un serviteur, hélas ! luxurieux et vil,\n      Mais qui sanglote et te supplie et qui s’accuse ;\n      I l tend ses pauvres mains pleines de péchés. Or\n      Je te sais humble avec les humbles, dur au fort ;\n      Sois rude au pénitent, flagelle mes sens, use\n      Mes genoux sur ton seuil et mon cœur à t’aimer,\n      Mais laisse mon banc vide aux noces de la terre,\n      Veuille que je demeure à jamais solitaire,\n      Epi pour le bon pain élu par l’ouvrier. —\n      A h ! la vie est, ce soir, trop vivante et trop belle,\n      Le désir alanguit l’épouse qui m’appelle...\n      Je suis faible, et ce soir de printemps m’a tenté ;\n      Seigneur, protège-moi contre la volupté,\n      Donne à ? arbre la fleur et le fruit, donne aux femmes\n      La grâce de régler la musique des âmes,\n      Donne aux près la rosée et la pluie, à l’amant\n      La tendresse et la force et l’ aube aufirmament :\n      A celui que sa chair perverse enivre, donne\n      La paix chaste, Seigneur, d’un immortel automne.\n\n                                               C h a r l e s G u é r in .\n\n\n\n\n294\n"}, {"page_pdf": 328, "texte": "Reniement de St. Pierre\n              taillé sur poirier par\n\n        M. G A ST O N P R U N IE R\n"}, {"page_pdf": 329, "texte": "« Concordant Matt. X X V I.\n  Marc. XIV. Luc. XXII.\n  Joan. XVIII. »\n"}, {"page_pdf": 330, "texte": ""}, {"page_pdf": 331, "texte": ""}, {"page_pdf": 332, "texte": "        Jean Casier\n + à Gand, le 24 Mars 1897\n    P ar devoir d’amitié envers l’en-allé autant que par fidélité\nau programme du Spectateur Catholique, je veux donner le salut\nd’un souvenir au poète chrétien parti pour l ’au-delà.\n    D e la génération littéraire qui conquit le Magasin littéraire\nau modernisme catholique, fonda le Drapeau et Durendal, Jean\nCasier est le premier que D ieu appelle à la possession inté­\ngrale de l ’Idéal ; il emporte avec lui dans la tom be une part\nde notre jeunesse — la m eilleure ! — celle des beaux rêves\nenthousiastes vers l’incarnation des vérités éternelles en la\nsplendeur des formes contemporaines ; à la réalisation de ces\nrêves, il apporta une aide vaillante et tenace ; non qu’il fut\nde ceux qui détruisaient les préventions et écartèrent les\nobstacles à coups de fronde et de massue (la lutte répugnait à\nl ’angélique douceur de son âme et à l ’extrême fragilité de son\nenveloppe cham elle) ; mais poète parce que croyant, ne con­\ncevant l ’œ uvre d’art que comme le prolongement de sa vie de\npiété et de pureté, Jean Casier — entre beaucoup de vers\nm édiocres, hélas, et qu’il eut dû sacrifier — écrivit maintes\npièces ou exultait, en une expression adéquate de sincérité et\nd’élévation, le dialogue m ystique de l ’âme avec le Créateur ;\nceux qui aimèrent Jean Casier doivent à la mémoire du poète\net à la gloire de notre foi, de réunir ces pièces en un recueil\nque le V erlaine de Sagesse n’eût point désavoué.\n    E t puis le discret et généreux M écène qu’il fut ! — se soula­\ngeant du poids de la richesse par une sollicitude constante et\nactive envers toutes les formes de propagande artistique et\n\n\n\n\n20                                                             299\n"}, {"page_pdf": 333, "texte": "   une prodigalité royale à l ’égard de toutes les détresses d’ar­\n   tistes. A h ! j ’eus raison l ’autre jour de l ’appeler le V incent de\n   P au le des pauvres honteux de l ’art ! Il donna sans compter et\n   dans l’accomplissement de ce qu’il considérait comme « sa\n   mission » il connut à la fois la douceur des plus délicates\n   reconnaissances — et elles ne l'enorgueillirent point ! — et\n   l ’amertume des plus noires ingratitudes — et elles ne le rebu­\n   tèrent jam ais. S a charité était incorrigible — parce qu’elle\n   prenait sa source dans le sentiment altier des hauts devoirs et\n   des lourdes responsabilités de ceux à qui D ieu départit la\n  fortune. Opposa-t-il jam ais un refus à une demande de secours ?\n  J’en douterai si je ne savais qu’aux derniers jours de sa vie,\n  dressant en vue du jugem ent de Jésus-Christ, le bilan de son\n  existence, il fut hanté d’un remords — le seul vraim ent qui\n  put atteindre cette âme droite et délicate — et que se rap­\n  pellant certains rares appels auxquels il fit, sur les conseils\n  d’ailleurs de ses amis, des réponses négatives ou seulement\n  insuffisantes à son sens, il pria sa sainte mère de réparer par\n  des envois immédiats ce qu’il s’imaginait, avec une adorable\n  candeur, avoir été des « manquements de cœur » !\n      S i j ’avais une épitaphe à mettre sur la tombe de cet ami de\n noire adolescence, de cet aumônier de nos combats littéraires,\n j ’y inscrirai ces simples mots : « Il aima la Beauté, il pratiqua\n la Bonté ».... Oui, Jean Casier fut un artiste et ce fut un\n homme de bien ; il glorifia D ieu par le verbe et par l ’acte ;\n au seuil de l’Immortalité bienheureuse, les A n ges de pureté,\n de douceur et de charité auront accueilli parmi eux cette âme\n de douceur, de charité et de pureté — et Jean C asier à\n présent continue à ses frères de lettres la munificence de ses\n prières :\n\n       Pour les poètes morts je vous prie humblement\n       Seigneur... Contemplent-ils votre gloire bénie ?\n       Je me trouble, je prie a vec un trem blem ent...\n       Oh ! si leurs yeux avaient heurté l ’ombre infinie ;\n       E u x faits pour mieux voler à votre jour divin,\n       S ’ils avaient déchiré leur aile vaine et lasse ;\n\n       Eux faits pour mieux se joindre au chant du séraphin,\n       A u x rythmes amoureux dont le ciel nous enlace.\n       E ux faits pour votre claire et douce Royauté,\n       S ’ils avaient pour leur ch ef hideux le roi de l ’om bre,\n       S ’ils entendaient — chercheurs d’harmonique beauté —\n       L es grincements, les cris aigris du gouffre sombre !...\n\n\n         Pitié pour eux, Jésus, P oète essentiel ;\n         Pitié par vos douleurs, pitié par votre gloire.\n         Pitié par votre sang que leur soif voudrait boire :\n         Pitié par votre cœur dont l’amour fait le C iel !...\n\n                                        F i r m in V a n d e n B o s c h ,\n\n\n\n\n   Le Spectateur Catholique doit prier aussi pour le repos de\nl’écrivain madrilène M. J. F eliu y Codina, subitement décédé.\nM. J. Feliu y Codina honora encore de son avis notre récente\nconsultation sur « l’Orient et la Chrétienté. »       L a D.\n\n\n\n\n3 oo\n"}, {"page_pdf": 334, "texte": " Mémorial de\n     l’Expression religieuse\n     Les idées générales dont disposait Edgar Poe. — (Les\n   poèmes d’Edgar Poe, traduction de S. M a l l a r m é avec\n   portrait et fleuron par E . M a n e t . (2e édition. Bruxelles, Deman,\n   1897)).\n     On a lu P oe. Mais pour seconde ou centième lecture, l’édi­\n  tion présente — large ouverte sous la lam pe de veille — est\n  propice à ce qu’on le médite : de grands caractères fixent et\n  s’imposent, le peu de paroles d’une page se réclam e de\n  majesté, les marges donnent de l’ombre et rendent des échos.\n     E t alors que la main hésite devant le geste bruyant de\n  tourner à tire d’aile les feuillets, des réflexions s’insinuent,\n  comme :\n     Tout de même P o e — qui vécut si vivem ent — conçut peu\n  de raisons et de sens de vie : né comme ve u f et maladif,\n  aveugle à la plupart des faits-divers, sinon à constater que\n  dans le parterre se veloutent des pensées noires ou que des\n  feuilles mordorées s’affolent sur la moire d’une mare ardoisée.\n     M ais Jules Laforgue, par exemple, depuis, vit tout cela\n  derrière d’autres mots ; mais combien encore ne connut-il en\n plus ! la charité, la chasteté, tout ce dont il rit, tout ce que\n nous pourrions être et tout ce que nous ne sommes p a s.... L u i\n  aussi, s’il avait appliqué à d'autres phénomènes que ceux du\n sommeil, de l ’incompréhension et de l’amour trahi son œil\n désabusé, — et en plus, par exception, un œil serein — comme\n P o e serait grand et plus humain.\n     E t son systèm e spirituel? Je refuse de concevoir les elfes\n opportuns et les anges colorés, inexpressifs comme des topiques\n d’orientalisme. E t puis, quelle idée P oe se fait-il de la D ivi­\n nité ? U n nuage d’orage ? D e la couleur grise ? U n grand chat\n qui mange de la viande crue ? je ne sais ; ou prononcé avec\n m ajesté, selon quelque ampleur creuse, le mot : C iel, Cieux.\n Ainsi P o e déclam e à la F atalité les stances confuses du Ver\n  Vainqueur (Laforgue blasphèm e plus lestement, plus triste­\n ment, plus artistiquement, par exem ple : Bon soleil des poupées\n de cire....)\n    Quand P o e dit le Doute, la Peine, la Nuit, ou encore quand\n il distingue le corps et l’âme du Silence il ne peut, je pense,\n revendiquer quelque sens ; mais alors l ’ivresse du verbe tout\n de même nous émeut jusqu’à y appliquer — à ces entités —\n des analogies émouvantes, et d’autre part, l ’ondulation ber­\n ceuse des allitérations ou répétitions (une fois, une seule fois ;\njamais, jamais plus) soulève les grandes eaux de la douleur, et\n nous pleurons, sans motif, physiologiquem ent.\n    P o e n’enseigne rien, il crée une atm osphère; ainsi nous\n parlant d’un marais, il nous alourdira de m élancolie tout un\n soir.\n\n\n\n\n                                                                    301\n"}, {"page_pdf": 335, "texte": "   Com bien dès lors par ses correspondances l’art est spirituel\net certain idéalisme semble efficace, si le balancem ent d’une\nlongue et d’une brève attriste ou affole ! Je dirais en somme\nde l’art de P o e — amplification logique d’un abstrait oiseux\net pourtant formellement (et je ne sais pourquoi) im pression­\nnant — que c ’est de la géom étrie capiteuse.\n\n\n   L e s s e p t lu e u r s d ’E lo h im , texte et vignettes par E d g a r\nB a e s , broch.   (Bruxelles. Lacom blez).\n   M. B aes n’est pas vulgaire ; je devine qu’il médite la Bible,\nqu’il contrôle les sciences exactes et qu’il supporte la vue des\nétoiles. C ’est un homme aussi de bonne volonté. Il tient à\nl’idéal, au ciel, à l’excelsior, etc., etc., c’est-à-dire que sa\nmorale n’est pas la règle pratique d’un homme vivant.\n   E t c’est ce manque de concrétisation qui se continue à\ntravers toute sa pensée et dans son écriture. Il s’exprime, au\nm oyen d’anges ou non-déchus, d’un peu de fini et d’infiniment\nd’infini et de m ajuscules variées.\n   D ès lors ce qui n’est pas de l ’ascétisme, n’est pas même de\nla littérature (la zone de la pureté, le champ de la perfection ne\nsont, ni plus ni moins, esthétiques que le double six ou le\ndouble blanc). M. B aes fait bien de méditer, mais fait m al de\ns’exprimer.\n   E t je préfère, que de lire ces allégories, voir passer les\nnuages.\n   Tous deux ne signifient rien. L e s seconds seuls s’excusent\npar leur beauté.\n   P . S. M. B aes, ayant dessiné à la couverture un diablotin\nà 7 lueurs tout à fait ébaudissant, je suis sans doute bien bon\nd’en parler sérieusement.                          E d m o n d D e B r u ij n .\n\n\n\n    H e n r y B o r d e a u x : Sentiments et idées de ce temps. Perrin. —\nV ic to r C h a r b o n n e l : Les mystiques dans la littérature présente.\nM ercure de F ran ce. — J u le s G illa r d : Idées de demain. Nam ur,\nGodenne.\n    Accentuant d’un peu plus de Taine la méthode inaugurée par\nM. Bourget dans les Essais de psychologie contemporaine, M. B or­\ndeaux s’efforça d’étreindre la vie sous la littérature ; et ce\nsouci, indéniablement, lui valut une attitude.\n    Un coin de vie étant donné (impressions d’enfance, im pres­\nsions de voyage, vie provinciale, etc.), le jeune critique y\ngroupera diverses natures d’écrivain, en sorte d’obtenir, selon\nune trame logique, de fort curieuses oppositions de nuances\nhumaines et littéraires.\n    M. Bordeaux est chrétien, des pages en témoignent noble­\nment. Si cependant, élargissant encore sa synthèse, il s’atta­\nchait à considérer la vie surélevée en D ieu par la Foi, l ’E spé­\nrance et la Charité, nous pourrions espérer de lui cette chose\ntant attendue et qui ne vient pas : un livre de critique\ncatholique.\n    M. l’abbé Charbonnel nous devait cela, j ’im agine, ou à-peu-\nprès, ayant entrepris de compulser les littératures récentes à\nl ’effet d’en dégager, frisson par frisson, l ’inquiétude mystique.\n\n\n\n\n302\n"}, {"page_pdf": 336, "texte": " E t M. Charbonnel em pila des volum es, se barricada de\n volumes, ne voulut voir absolument que des livres et ne vit\n plus que des livres. C ’est dire qu’il en fit un détestable. Sans\nordonnance autre que métaphorique, d’une philosophie sérieu­\n sement badine, avec à peine le soupçon des facteurs moraux,\n sociaux et physiologiques dont la poussée détermina la renais­\nsance idéaliste, les Mystiques dans la littérature présente demeu­\nrent une exquise gazette où le plus spirituel des abbés narre,\ndélicieusem ent, l ’anecdote du m ysticisme. M. Charbonnel qui\nfut souvent émouvant, presque toujours sérieux s’oublie ici à\nm arivauder au dessert d’un dîner philosophique.\n   E n revanche M. G illard ne sourit pas, qui s’enthousiasme\npour les Idées de demain. L es nombreuses métaphores de cette\nbrochure la ciment de crêtes du plus bel écarlate. C ertes,\nl'auteur a raison de saluer d'un beau cri l ’apparition de\nl’É glise, toutes voiles dehors, sur les grandes eaux démocra­\ntiques. Mais l’idéalisme ! les cigognes de M. de V ogu é sont si\nloin... et passèrent depuis lors quelques autres oiseaux !\n   M. Charbonnel, lui, — craignant horriblement d’être dupe\n— comm ença son livre par ces mots charmants : « H ier\nencore, on parlait d’un mysticisme dans la littérature. Je ne\nsais si on en parle aujourd’hui. C ’est, en tout cas, une histoire\nà conter. »\n   H élas! oui, et fort lam entable. C ar il faut regretter qu’au\nmoment décisif, alors que les esprits, — à peine réaccoutu­\nmés du mode de penser noblement, — réclam aient que Jésus\nparlât, il ne se soit trouvé personne pour exposer la hautaine\nm agnificence de cela — qui, m al connu, causa les répulsions\ndes néo-chrétiens — et par quoi, cependant, le monde inté­\nrieur de l’homme s’achève d’une voûte d’absolu : le Dogm e.\n                                               V ic t o r K in o n .\n\n\n  Les catholiques et la littérature. L e s n os M ars-Avril-\nMai du Magasin Littéraire de G and, publient la sténographie\net des échos du tournoi littéraire de Gand, au sujet duquel\nnotre n° 3 amena des explications. U n peu moins provisoire\nest la vigoureuse conférence de M. l ’abbé Klein, présenté en\nce milieu par quelques notes de M. J. Soudan.\n\n\n   Emblème chrétien. — U ne croix dans un coin de nature\nest pour la plupart d’entre nous un spectacle plus que journa­\nlier.... Il faut avoir vécu longtemps en pays protestant pour\ncomprendre tout ce qui manque à un paysage sans aucune de\nces croix dont ce lourdaud païen de G oethe s’énervait en\nT yro l, sans calvaires, sans oratoires, sans stations, sans sta­\ntues de Saint-Jean de N épom uk à l ’entrée des ponts, sans\nédicules pieux d’aucune sorte sous les bouquets d’arbres\nisolés.... J’ai passé une bonne partie de mon adolescence dans\nune petite ville prétentieuse et méchante de la Suisse calvi­\nniste..-. M ais depuis la maison il ne fallait m archer qu’une\nheure pour arriver à un village catholique : une grande croix\nmarquait la frontière du territoire des deux confessions      Et\ntout de suite le paysage — le même identiquement que celui\n\n\n\n\n                                                                  303\n"}, {"page_pdf": 337, "texte": "d’avant qu’on aperçût la croix : la grande bande violette du\nJura forestier par dessus la bande brune du vignoble, se trans­\nfigurait du coup.... U ne sensation en quelque sorte d’isole­\nment cessait, on se sentait de nouveau plus immédiatement\ndans la main de Dieu, comme mieux en puissance de l ’E glise.\nMême s’il ne s’agit que d’une personnelle illusion, d’une per­\nsuasion purement subjective, cela ne suffit-il pas à m otiver\nune œuvre d’art, voire même à en être le sujet proprement\ndit. C ’est ce qu’a fort bien éprouvé un artiste qui nous av ait\nhabitués déjà à de grandes choses mais pas dans cet ordre\nd’idées spiritualistes. C e véritable poète est le hollandais\nCharles Storm van ’s Gravesande, établi à W iesbaden depuis\nquelques années. D ans tout un lot d’eaux-fortes et de pointes-\nsèches récemment publiées, je relève une estampe qui me\nrend tout-à-fait cette impression de mon enfance, encore que\ndans un site d’un caractère alpestre fortement accusé et d’une\ntournure romantique toute spéciale. C ’est bien le paysage\nhostile adouci par la présence du signe rédempteur, la nature\nbrute et rude, tem pérée, sanctifiée et humanisée à la fois par\nla présence du sym bole de consolation. Il s’agit, à l ’angle\nd’un cimetière du Muottathal (canton de Schw yz), au bord\nd’une route rurale, d'une grande croix blanche, sur un fond\norageux et couvert, montagnes mordues à mi-côte par les\nnuages.... U n vague rayon de soleil m élancolique traîne sur\nla croix comme un baiser d’affligé, les flancs noirs de la vallée\nparlent de deuil et font catafalque.... P lus souvent qu’on ne le\n croit, au bord d’une grand’route le symbolisme des choses fait\n ainsi cadre au symbolisme d’un emblème chrétien, mais c’est\n quand même avoir œuvré en haut idéaliste — tout réaliste\nque se suppose généralem ent M. Storm — que de s’être si\nbien aperçu du langage des choses et d’avoir traduit cette\nharmonie à tout prendre fortuite avec une intensité et une\nprofondeur où l ’on sent encore le christianisme sous l ’art, tout\ncomme le m otif surajoute la croix à la nature.\n                                               W   il l ia m   R it t e r .\n\n\n\n\n  L e C h r is t d e M. C a r r iè r e . — On avait espéré ju squ ’au\ndernier moment, nous rapporte Le Cri de Paris, que l ’Etat\nfrançais se rendrait acquéreur du beau Christ de M. Carrière\nqui figure à l’Exposition du Cham p de Mars. (Pour ne rien\ndire de la V ille de Paris dont les passions ne sont que trop\nconnues.)\n   M ais sans doute on aura craint rue de V alois quelque dan­\ngereuse interpellation anti-cléricale. L e gouvernem ent ne s’est\npas soucié de se créer un grief de plus.\n   Heureusem ent on nous apprend que sur l’initiative de Mme\nMénard-Dorian, quelques personnes se sont associées pour\noffrir la belle œ uvre de M. Carrière à un musée.\n\n\n\n  A u S a lo n V ie n n o is de cette année une seule peinture\nreligieuse : une Madone des paysans, un grand triptyque dans un\ncadre de bois brut mordu d’ornements au fer rouge d’une\n\n\n\n\n 304\n"}, {"page_pdf": 338, "texte": " invention décorative excellente, de M . Sandor Golz. Encore\n faut-il tenir compte à l’auteur davantage de l ’intention de\n l’œ uvre même que de l’exécution : des paysans quelconques,\n tous du même type, sont entassés un peu à tort et à travers\n sans choix (tort double dans un pays où les populations cam ­\n pagnardes sont si variées, si belles et si pieuses) ; il y a de\n graves réserves à faire aussi sur l’Enfant Jésus, mais la\n M adone est tout-à-fait charmante, et si bien autrichienne elle,\n c’est-à-dire à la fois populaire et im périale avec sa lourde\ntiare-couronne d’or baroque, à la façon de celle de la V ierge\nde M aria Z ell, par-dessus sa couronne de fleurs.... E t le pay­\nsage vespéral est harmonieux. Je signale cette œ uvre inégale,\ndiscutable, mais très méritoire par certains côtés, avec inten­\ntion. Personne à V ienne sauf M. G olz et une fois M. V eith\n(tableau votif pour l ’église paroissiale de Retz), ne pense plus\nà essayer de l ’art religieux et cela uniquement par fausse\nhonte et respect humain : la raillerie du ju if « éclairé » a fauché\npour un temps les parterres où fleurissaient en œ uvres d’art\nla piété poétique des de Schw ind, des K upelw ieser et des\nFührich. Lorsque le seul protecteur que compte l’art à Vienne\navec le Prince régnant de Lichtenstein, le Com te Charles\nLanckoronski voulut revêtir de fresques évangéliques le cor­\nridor de sa fondation pieuse d’Ober Sankt V eit et trouver un\nartiste assez religieux pour cette œuvre il dut s’adresser à\nW ilhelm Steinhausen de Francfort; il n’y avait personne à\nV ien n e ... M ais à V ienne on ignore ce que certains artistes\nprovinciaux de Bohêm e et de Pologne savent être religieux\nlorsqu’ils s’en mêlent, à cœur perdu.\n\n\n\n   W agner partout. — L e Dim anche de Pâques, dans la Métro­\npole Saint Etienne, S. E . le Cardinal A rchevêque de V ienne\na officié au « bruit » savant d’une m esse w agnérienne signée\nDreyer. Cette grande m esse triomphale est certes une œuvre\nde foi et une œ uvre de très b el art, c ’est un effort comme il\nn’en avait point été tenté depuis la M esse de Gran. Toutefois\nune observation : est-ce atteindre le but désirable que de\ndistraire l ’assistance au moment de l’E lévation par une con­\nstruction du Sanctus et du Benedictus répercutant le prélude de\nLohengrin ; de la distraire encore une fois au moment de la\nCommunion par un fragment de mélodie infinie sous le mot\nmiserere qui se prolonge avec l’exaltation et la frénésie ondu­\nleuse de certains cris d’Isolde, de Sieglinde ou de Brünhilde ;\nenfin le Resurrexit du Credo est-il assez glorieux évoqué par\ndes sonneries de cors qui font penser à un appel de W a lk y ­\nries ? N otre cher ami Marius André qui commet l ’erreur, à\nmon sens, de placer de la musique w agnérienne à M ontserrat\naurait dû être là pour juger de l’effet.... L ’expérience est con­\ncluante : la cathédrale ne supporte pas plus de m esse w agn é­\nrienne que de m esse italienne même aux fêtes glorieuses.\nL ’une est un non-sens comme l’autre. Il faut trouver autre\nchose.\n                                             W il l ia m R it t e r .\n\n\n\n\n                                                                   305\n"}, {"page_pdf": 339, "texte": "3o6\n"}, {"page_pdf": 340, "texte": "           Erreurs du Tome I\n      TEXTE ERRONÉ                      TE X TE RÉTABLI\n\n 21. 24. — On dit à l ’Am i :          24. — On dit à l ’A m i : « Où\n      « D ’où viens-tu? » Il        vas-tu ? » Il répondit : « Je\n      répondit : « Je viens de      viens de chez mon Aim é. —\n      chez mon Aim é. — Où          D ’où viens-tu ? — Je retourne\n      vas-tu ? — Je retourne        vers mon Aim é. —\n      vers mon Aim é. —                (N. Ce non-sens exprim e sans doute\n                                    u n état d'émotion et d ’impatience).\n 40. L a sérénité mondiale             L a sérénité m ondiale d’un\n        d’un Christ de Quentin      Christ de Quentin M atsijs...\n        M atsijs... nous émeut      nous émeut par l ’ordonnance\n        par l’ordonnance qu’        qu’elle fait éclater entre les\n        elle fait éclater entre     lignes du visage, entre les coloris\n        les pensées qui s’y ex­     qui s’y distribuent, entre les\n        priment. E t ces trois      pensées qui s’y expriment.\n        harm onies...               E t ces trois harm onies...\n109. ...M . M au rice H anrion...      ... M. M aurice Hauriou.\n112. ... renseigner au plus            ... informer le plus grand\n        grand nombre des a­         nombre des am is... que\n        m is... que\n116. 83 . — ... que celui-là sait     83 . — ... que celui-là sait\n        plus aimer qui fuit tou­    peu aimer qui fuit toutes pei­\n        tes peines                  nes\n166. dont je pourrais ensan­          dont je pourrais ensanglan­\n        glanter toutes les prier-   ter toutes les pierres...\n        res...\n      E t ulcère en fleur dont         E t ulcères en fleur dont la\n        la rose se gâch e,...       rose se gâch e,...\n168. L e s yeux fermés, afin          L e s yeux fermés, mon Dieu,\n        pour ta venue...            afin pour ta venue...\n191. L a paix est le grand             L a paix est le grand bien\n        dieu\n      et ce n’est jam ais expres­     et ce n’est jam ais impuné­\n        sément que la loi mo­       ment que la loi m orale uni­\n        rale universelle est        verselle est transgressée.\n        transgressée\n\n\n\n\n                                                                     307\n"}, {"page_pdf": 341, "texte": "3o 8\n"}, {"page_pdf": 342, "texte": "Tableau Alphabétique\n  des Rédacteurs du Tome I\nLE S p e c ta te u r C a th o liq u e :\n         C o n s t i t u t i o n ....................................................................               1\n          F a i r e - P a r t .......................................................... 6 3 , 112\n          L ’ O r i e n t e t l a C h r é t i e n t é .....................................1 7 5\n\nMe J U L I E T T E A D A M :\n         R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                        su r     l ’ O r ie n t\n\n                       et     la     C h r é t i e n t é ............................................ 1 7 6\n\nM . M A R IU S A N D R É :\n          L a S a in te E u ch a ris tie e t les É g lis e s d ’ O rie n t                                       31\n         L e s scien ces religieu ses en E s p a g n e .                                        .      .         73\n         E vénem ents                  touch ant               la        m u s iq u e        r e l i­\n\n                       g ie u s e e n         E s p a g n e ............................................ 1 0 0\n         Jan sen ism o y regalism o en E s p a n a .                                            .      .      131\n         R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                       su r     l ’ O r ie n t\n\n                      et      l a C h r é t ie n t é                 .      .                          .      176\n\nM. V IC T O R B A L A G U E R :\n         N o tes su r              un      paysage            et         S a in t V in c e n t\n                       F e r r i e r .........................................................................2 7 5\n\nM. M A U R IC E B A R R È S :\n         R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                       su r     l ’O r ie n t\n\n                      et      la    C h r é t i e n t é ............................................ 1 7 7\n\nM. Y V E S B E R T H O U :\n         E n P erd itio n .................................................................. 1 3 4\nM. L É O N B L O Y :\n         R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                       su r     l ’ O r ie n t\n\n                      et     la     C h r é t i e n t é ............................................ 1 7 8\n\nM. T H O M A S B R A U N :\n         L a Bénédiction du Cierge P a s c a l ..............................230\nA B B É CH AR LES CAEYM AEX :\n         U n ty p e g a l l o - r o m a i n .......................................... 106\nM. H E N R Y C A R T O N D E W IA R T :\n         R é p o n se a l a c o n s u l t a t io n                        su r     l ’O r ie n t\n\n                      et     la     C h r é t i e n t é .............................................1 7 8\n         D isc o u r s su r « S a g e s s e »                       ............................................2 3 4\n\nM. A L B E R T C H A P O N :\n         A r t M u sical r e lig ie u x à P a r i s ..............................147\n\n\n\n\n                                                                                                              309\n"}, {"page_pdf": 343, "texte": "  A B B É V IC T O R C H A R B O N N E L :\n             R é p o n se a l a c o n su l t a t io n s u r l ’O r ie n t\n                         e t la      C h r é t i e n t é .............................. 1 7 9\n  RÉV. PÈRE CH ARM ETAN T :\n            A u x C h e fs d ’É t a t , C h a n c e l ie r s , A m ba ssa ­\n                        d e u r s e t M in is t r e s d e s six g r a n d es\n                        p u issa n c e s sig n a ta ir e s du t r a it é d e\n                         B e r l i n .......................................................2o    5\n  M. G E O R G E S C L E M E N C E A U :\n            R é p o n s e a la co n su l t a t io n su r l ’O r ie n t\n                        e t la C h r é t i e n t é .............................. 180\n\n  M. E D O U A R D C O R E M A N S :\n           R ép o n se a la c o n s u l t a t io n su r l ’ O r ie n t\n                       e t la       C h r é t i e n t é ................................... 181\n  M. W A L T E R C R A N E :\n           R é p o n se a la c o n su l t a t io n su r l ’O r ie n t\n                       e t la      C h r é t i e n t é ....................................181\n  M. E D M O N D D E B R U Y N :\n           C o n g rè s co n tre l ’a t h é ï s m e ......................................        25\n           C o n g rè s d es r e lig io n s ... ou p lu tô t, id éo lo g ie\n                       de M . C h a r b o n n e l .............................. 26\n           C a rly le et l ’In q u ié tu d e religieu se . .                       .   .          26\n          L ’E x é g è s e des m y t h e s ............................................27\n          T ra d u to re t r a d i t o r e .......................................28\n          R e v u e des r e l i g i o n s .......................................28\n          R e lig io n fran co -ru sse.......................................29\n          L e s V ie rg e s de T i l l y .......................................... 29\n          S atan ism e b r a v a c h e ....................................... 30\n          C lassiq u es ch rétien s et p a ïen s com p arés                                .     43\n          M . C h arles G u érin , n éo p h yte ?                       .          .   ..         44\n          N o te c o n cern an t « E n R o u te »                                          .      45\n          L a C a t h é d r a l e ...................................................... 45\n         L ’Y m a g i e r ............................................................ 46\n         V a n E i j c k ............................................................. 46\n         C e n a c o lo ............................................................             45\n         G é n i e .........................................................................46\n         C o n g rès de r e p o p u l a t i o n ..............................             56\n         E vén em en ts de F r a n c e .................................... 57\n         S a r a h b a n d e .............................................................57\n         M in istres de D i e u .............................................. 57\n         R é a lism e n a ïf et réalism e critiq u e                     . . .                   58\n         T h o m i s m e .............................................................5 9\n         M a rcel S c h w o b : S p i c i lè g e .............................. 59\n         U n p réla t éru d it, m ais h u m a in                        . . . .                  60\n\n\n\n\n3io\n"}, {"page_pdf": 344, "texte": "                                                                                  7\n             M y sticism e i n f é r ie u r .......................................... 2\n                                                                                  73\n             D o c u m en t b o u d d h i q u e ....................................\n             L ’A d o ra tio n des M a g e s .................................... 73\n             D o u c e f i n .................................................................. 106\n             L e s O r ie n t a le s ...................................................... 109\n             U n de m oin s, p o u r t a n t .................................... 109\n             B a n q u e t de f u n é r a i l l e s .................................... 109\n                                                                                          30\n             M i r a c l e .................................................................. 1\n             G u irla n d e d ’é l u s .................................................1  30\n             M a rtyrs d ’A r c u e i l ................................................ 1 30\n             P a ïe n de b o n n e v o lo n t é .......................................... 143\n             A u s u j e t du c o n g r è s l i t t é r a i r e d e G a n d .                       1   56\n              E n m arge des « O rig in e s du C h ristian ism e »                                  279\n             S a c ræ litu rg iæ c o m p e n d i u m ............................. 279\n              B o ssu e t et le J a n s é n i s m e ................................... 281\n              L e s id ées gén érales d on t d isp o sait E d g a r\n                          P o e .................................................................   301\n              L e s sept lu eu rs d ’E l o h i m ................................... 302\n              L e s cath oliqu es et la littératu re                        . . . .                 303\n              L e C h rist de M . C a r r i è r e .............................. 304\n\nM. R EM Y D E G O U R M O N T :\n              R ép o n se a la c o n su l ta tio n su r l ’O r ie n t\n                          e t la C h r é t i e n t é .................................... 186\n\nM O N S E IG N E U R CH . D E H A R L E Z :\n              R ép o n se au l iv r e de M . l ’a b b é C h a r b o n n e l                             70\n\nM .E R N S T D E L T E N R E :\n         P la in - C h a n t..................................................................148\n\nM. H E C T O R D E N IS :\n         R é p o n se a la c o n su l ta tio n su r l ’ O r ie n t\n                           e t l a C h r é t i e n t é .............................. 182\n\nM. L O U IS D E N IS E :\n         Tierces-Rimes pour la Vierge Marie . . . .                                                     33\nV I C O M T E D ’H U G U E S :\n               R é p o n se a la c o n su l ta tio n s u r l ’ O r ie n t\n                           e t la      C h r é t ie n t é         .    .     .    .     .     .     188\n\nA B B É J .-N . D U P U I S :\n               C a n o n i s a t i o n ........................................................... 280\n\nM . J. F E L I U Y C O D I N A :\n          R é p o n se a l a c o n su l ta tio n su r l ’ O r ie n t\n                           e t l a C h r é t i e n t é .................................... 1            83\nM. F. F L E U R IO T -K É R IN O U :\n                            P our l ’A r m é n i e ......................................... 218\n\n\n\n\n                                                                                                        311\n"}, {"page_pdf": 345, "texte": "  M. G E O R G E F O N S E G R IV E :\n            R é p o n s e a l a c o n su l t a t io n s u r l ’ O r ie n t\n                        e t l a C h r é t i e n t é ....................................1             83\n A B B E G. FR É M O N T :\n            R é p o n s e a l a c o n su l t a t io n su r l ’ O r ie n t\n                        e t l a C h r é t i e n t é ....................................1             85\n M. F R É R O N :\n            L e C om te d e M u n ................................................ 107\n M. A L P H O N S E G E R M A IN :\n           P our J é s u s .............................................................               6\n           L ’ H omme e t l ’I n v i s i b l e ....................................118\n M. A R N O L D G O F F IN :\n           I F io r e tti..........................................................................   32\n           F ra A n g e l i c o ..............................................................91\n M. JE A N G R A V E :\n           R é p o n s e a la c o n su l t a t io n s u r l ’ O r ie n t\n                       e t la      C h r é t i e n t é ....................................186\n M. C H A R L E S G U É R IN :\n          Paroles du Seigneur......................................................1                  33\n           V e r s ..............................................................................294\n ABBÉ PAUL H ALFLAN TS :\n           L a D id a ch è d e s d o u z e A p ô t r e s . . . .                                269\n M. M A U R IC E H A U R IO U :\n          R é p o n s e a l a c o n su l t a t io n su r l ’ O r ie n t\n                      e t la      C h r é t i e n t é ....................................187\nPASTEU R H U GEN H O LTZ :\n          R é p o n s e a l a c o n su l ta tio n s u r l ’O r ie n t\n                      e t la      C h r é t i e n t é ....................................188\nM . A U G .- E D M . J O L Y :\n          D e u x affichettes de M . G . R a m aek ers                              .     .       46\n          L e s S a lo n s à B r u x e l l e s ..........................................146\n          Les Tombeaux de J ésu s............................................... 228\nM. A L B E R T J O U N E T :\n          A u Christ de G loire......................................................290\nM. V IC T O R K IN O N :\n          D e la Musique in t é r ie u r e ............................................34\n          L a r e lig io n d u x x e s i è c l e ...................................... 1 2 8\n          L e s religieu ses D o m in ica in es de B é th a n ie\n                      et l ’œ u vre des R é h a b ilitées                     .     .    .     280\n          H e n ri B o rd e a u x , V ic to r C h arb o n n el, Ju les\n                     G i l l a r d ............................................................302\nA B B É F É L IX K L E IN :\n         R é p o n s e a l a c o n su l t a t io n su r l ’ O r ie n t\n                     e t la      C h r é t i e n t é ....................................189\n\n\n\n\n312\n"}, {"page_pdf": 346, "texte": "M. GODEFROID K U R T H :\n           R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n               su r     l ’O r ie n t\n\n                        e t la      C h r é t i e n t é ............................................ 1 9 0\n\nM. PAUL LERO LLE :\n           R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n               su r     l ’O r ie n t\n\n                        e t l a C h r é t i e n t é ............................................ 1 9 0\n\nM. GEORGES L O R A N D :\n           R é p o n se a l a c o n s u l t a t io n                su r     l ’O r ie n t\n\n                        e t l a C h r é t i e n t é ............................................ 1 9 2\n\nDr FO RTU NÉ MAZEL :\n           R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n s u r                   l ’O r ie n t\n\n                        e t l a C h r é t i e n t é ............................................1 9      3\nM. H ENR I MAZEL :\n       Un essai de sociologie catholique.                                              . .       .   10 9\n\n           R é p o n se a l a c o n s u l t a t io n                 su r     l ’O r ie n t\n\n                        e t l a C h r é t i e n t é ............................................1 9 4\n      Congrès ecclésiastique de Reims .                                                . . . 281\nM. ADRIEN M ITHOUARD :\n            L e s P o è t e s M y s t iq u e s :\n                         I. Que la beauté est religieuse . . 39\n                         II. De la beauté mystique. . . . 102\n                         N o te ..............................................................144\n                         III. Paul Verlaine ou le Scrupule\n                              de la Beauté................................. 247\n            U n P a s c a l ie n : E r n e s t H e l l o                      .    .   .     .         75\n\n            En B o d in ière ..........................................................................1 2 9\n            T r ip t y q u e :\n          I. In c a n ta tio n .............................................166\n          II. Hora M o r t i s .......................................166\n          III. Exaltation .............................................166\nM. RAFAËL MITJANA :\n            R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n s u r                  l ’ O r ie n t\n\n                         e t l a C h r é t i e n t é ............................................ 1 9        5\nM. GABRIEL MONOD :\n            R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n s u r                  l ’ O r ie n t\n\n                         e t l a C h r é t i e n t é ............................................ 1 9 6\n\nM. CHARLES MORICE :\n            La R e lig io n d e P a u l V e r la in e .                            .   .     .          35\n            L e N o r d e t l ’ O r i e n t ....................................................1 4 9\n            R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n               su r      l ’O r ie n t\n\n                          e t l a C h r é t i e n t é ............................................ 1 9 7\n            Pour Paul Verlaine (à la Libre Esthétique) 233\n\n\n\n\n                                                                                                        313\n"}, {"page_pdf": 347, "texte": " ABBÉ NAUDET :\n                  R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                    su r       l ’O r ie n t\n\n                               et     la     C h r é t i e n t é ............................................ 1 9 9\n\n M. RAOUL NARSY :\n                 M o n s e i g n e u r d H u l s t ......................................................             47\n                 T h éâtre :\n                               L’Évasion (M. Brieux)..............................61\n                               Au delà des forces (Bjornsterne-\n                                   Bjornson).............................................110\n                               La loi de l’homme (M. P. Hervieu). 159\n                               Spiritisme (M. V. Sardou). . . . 1 6 0\n                               La Cloche engloutie (M. G. Haupt­\n                                         m a n n ) ..................................................................2 6 0\n\nT. R. PÈR E O LLIVIER :\n                 R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                     su r      l ’O r ie n t\n\n                              et la         C h r é t i e n t é ............................................ 2 0 0\n\nM. EDM OND PICARD :\n                R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                      su r      l ’O r ie n t\n\n                              et     la     C h r é t i e n t é ............................................2 0 0\n\n M. GEORGES RAMAEKERS :\n                L a F o i ........................................................................................... 8 9\n M. W ILLIAM RITTER :\n                 L e     sen s       c h r é t ie n        de      l ’a r t e t         de     la        v ie\n\n                              autour de                S c h u b e r t .....................................1 4 1\n      Un autre exégète de l’œuvre de Fra Angelico 145\n      Emblème chrétien.................................................. 303\n      Au Salon V ie n n o is .............................................304\n      Wagner p a r to u t...................................................305\nM. GABRIEL TARDE :\n                R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                     su r       l ’O r ie n t\n\n                              e t la       C h r é t i e n t é ........................................... 2 0 1\n\nM. ALBERT VANDAL :\n                R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                     su r      l ’O r ie n t\n\n                              E T LA C R H É T I E N T É ............................................             202\nM. FIRM IN VAN DEN BOSCH :\n                L e T o u r n o i l it t é r a ir e d e G a n d .                              .     .      .     154\n      M. J e a n C a s i e r ......................................................................... 299\nPA STEU R W AGNER :\n                R é p o n s e a l a c o n s u l t a t io n                    su r       l ’O r ie n t\n\n                             et     la     C h r é t i e n t é ............................................2 0 2\n\n\n         Anthologie ou Documents\nRITUALE ROMANUM (la t.) :\n                B e n e d i c t i o S e m i n i s ..............................................................I I\n\n\n\n\n3 14\n"}, {"page_pdf": 348, "texte": " I N C E R T U S A U C T O R ( la t.) :\n          Psallite C h r i s t o .......................................................                                5\n I N C E R T U S A U C T O R (Thomas de Kempen) ( la t .) '.\n            De Imitatione Christi libri I I I \" capitulum L I .                                                   170\n S A N C T U S S E V E R U S (afioc.) (la t.) :\n            De Gradibus E c c le s ic e ................................................127\n B.    RAYM OND L U L L E                               (trad. du catalan) :\n            L e Livre de l'A m i et de l'Aim é (V . 1-18 1)\n                                                                13 , 6 5 , 1 1 3 , 16 1, 2 2 3 , 263\nS.    J E A N D E L A C R O I X (trad. du castillan) :\n            Cantique de la N u it obscure de l ’Ame.                                         . . .                 23\nS.    V I N C E N T F E R R I E R (trad. du lemosin) :\n           L e Moine et l'oiseau..................................................... 275\nL O U IS V E U IL L O T :\n           L e t t r e a E r n e s t H e l l o ..................................... 55\n\nERN EST H ELLO :\n           P a g e .................................................................................................. 74\n\nG E O R G E S S IM O N :\n           P o u r u n p r o j e t d ’E s t h é t i q u e s p i r i t u a l i s t e                              283\nNOTABLES                 A R M É N IE N S                      ET         ÉVÊQUES\n      G R É G O R IE N S                  (trad. de l ’arménien) :\n           R a p p o r t a u c a t h o l ic o s d ’E t c h m ia d z in e                                  .     210\n\n      Annotateurs, Editeurs et\n            Traducteurs\nH . A . (trad. de l ’arménien) :\n           R a p p o r t c o l l e c t i f a u c a t h o l i c o s d ’E t c h ­\n                         m i a d z i n e ......................................................................... 210\n\nM . M A R I U S A N D R É (préf. annote et trad. ducatalan):\n          L e Livre de l ’A m i et de l ’Aimé, de R A Y M O N D\n                         L U L L E ( V . 1-18 1). 1 3 , 6 5 , 1 1 3 , 1 6 1 , 2 2 3 , 2 63\nM . M A R I U S A N D R É (annote et trad. de l'espagnol):\n           N o t e s s u r un p a y s a g e e t S t V i n c e n t F e r ­\n                         r ie r , d e      M. V IC T O R B A L A G U E R .                                      275\nM. V IC T O R           BALAGUER                           (préf. éd. et trad. du\n      lemosin) :\n          L e Moine et l'Oiseau, de S t V I N C E N T\n                         F E R R I E R ..................................................... 275\nM . É M I L E B E R N A R D (éd. et annote) :\n          P our         un       pr o jet          d ’E s t h é t iq u e              s p ir it u a ­\n\n                        l is t e , d e        G E O R G E S S IM O N                              .      .     283\nR . P . C H A R M E T A N T (préf. éd. et annote) :\n          R a p p o r t c o l l e c t if a u c a t h o l ic o s d ’E t c h ­\n                        m i a d z i n e ......................................................................... 210\n\n\n\n\n                                                                                                                315\n"}, {"page_pdf": 349, "texte": "M . R E M Y D E G O U R M O N T (trad. du castillan) :\n              Cantique de la N u it obscure de l ’Ame, de S.\n                         JE A N D E L A C R O IX                              . . . .                               23\n( L a D . : Note sur ce C a n t i q u e ................................................24)\n\n\n        Dessinateurs et Graveurs\nM. M A U R IC E D E N IS :\n              I l l u s t r a t io n p o u r l e        Ch. L I du                3e L i v r e\n                         de     l ’ I m it a t io n    (2 tirages teintés d'une\n                         photogravure sur cuivre).                        .       .       .           1 7 1 , 173\n\n              S u it e    de     d e s s in s    com m entant                 « SAG ES­\n                         S E » (zincogravures) :\n              (a) Vous êtes c a lm e ..................................................... 246\n              (b) L'âme antique était rude et vaine .                                 .       .       .       25 6\n              (c) Sagesse d'un Louis Racine j e t’envie !                                         .       .    259\nM. M AX E L S K A M P :\n              5e Œ u v r e d e M is é r ic o r d e : S o ig n e r l e s\n                         M alades          (grav. origin. sur bois de buis)                                     1   53\n              P e t i t C a l v a ir e      d ’ic i    (grav. origin. sur bois\n                         de poirier........................................................... 2 2 9\n              B osqu et         e t   p u it s    (grav. origin. sur bois de\n                         b u i s ) ..................................................... 2 7 6 , 2 7 7\n              L e S a i n t N o m e n f l e u r (grav. origin. sur f i l\n                         de bois de p o i r i e r ) ......................................... 2 9 0\n              7e Œ u v r e d e M is é r ic o r d e : E n s e v e l ir l e s\n                         M o rts      (grav. origin. sur bois de buis) .                                       299\n\nM . A U G .- E D M . J O L Y :\n              L a    M adone          au    V erbe         (2e timbre du Spect.\n                         Cath.) (zincogr.).................................................. 1 2\nM. G A STO N P R U N IE R :\n              C a l v a ir e    (grav. origin. sur bois de poirier)\n                         (2 états d'impression)                 .     .       .       .           137,         13 9\n              R e n ie m e n t     (grav. origin. sur bois de poirier .                                        297\n\nC H R IS T O P H E V A N S IC H E M :\n              P a c i e n c i a (reprod. zincogr. d'une grav. sur bois)                                        222\n\nM. M A U R IC E V E R N E U I L :\n              P avots      ( z i n c o g r .) ..................................................... 2 9 4\n(d ’a p r è s i n s c . m u r a l e ) :\n              C h r is m e     (1 er timbre du Spect. Cath.) (zincogr.)                                              1\n(é c o l e a l l e m a n d e ) :\n              D éluge          (reprod. zincogr. d'une grav. sur bois).                                        2o 5\n\n\n\n\n316\n"}, {"page_pdf": 350, "texte": "    T ir é po u r         S u r l e s presses\n\n” l e Spectateu r        de   J.-E. B u s c h m a n n\n  C a t h o l iq u e ”          a   A nvers\n\n\n\n\n                                                317\n"}, {"page_pdf": 351, "texte": ""}, {"page_pdf": 352, "texte": " Enseignement et Éducation :\nL’Enseignement libre, l’Université et l’Intérêt\n  national,\n    par M. George Fonsegrive (Quinzaine, 1 Avril).\nRéforme nécessaire,\n    par M. Jean Lerolle (Sillon, 10 Avril).\nLe T. H. Frère Joseph. Son action personnelle\n  dans l’œuvre de l’éducation,\n    par M. Paguelle de Follenay [Quinzaine, 1 et 1 5\n      Avril, 1 Mai).\nL’Enseignement supérieur des jeunes filles à l’In­\n  stitut catholique,\n    par Me la vicomtesse d’Adhémar (Rev. de l’Inst.\n       cath. de Paris, Mars-Avril).\nLa Question des écoles en Angleterre,\n    par Ch. Egremont (Quinzaine; 1 5 Avril).\nDécision papale relevant les catholiques anglais de\n la défense faite par la Propagande de fréquenter\n  Oxford et Cambridge ; commentaires à ce sujet en\n  France dans l’ Univers, en Belgique dans le Bien\n Public (Gand), où Mgr Abbeloos, recteur magnifique\n de l’Université de Louvain, prémunit contre la géné­\n ralisation de cette dispense seulement régionale.\nSituation de l’Enseignement supérieur donné aux\n  frais-de l’Êtat Belge.\n    Rapport triennal présenté aux Chambres légis­\n       latives par M. F. Schollaert, ministre de l’inté­\n      rieur et de l’instruction publique, Années 1892,\n       1893 , 1894 (document parlementaire).\nLe Promoteur et le Législateur de l’Instruction\n  primaire au XVIIe siècle, fut ce bienheureux\n  Pierre Fourrier, à la canonisation duquel l’Église\n  va procéder (lire le R. P. H. Chérot dans les\n  Études du 20 Avril).\n"}, {"page_pdf": 353, "texte": "  H EN RI M AZEL\n\n                         Vient de faire paraître\n\n\nle Khalife de Carthage\n    œuvre dramatique, qui participe à la tentative\n                         d’une série idéologique :\n\nARCH YTAS           DE    M É T A P O N T E , L E S A M A N T S D ’A R L E S ,\n\n            L ’H É R É S I A R Q U E , L A F I N D E S D IE U X , ’\n\n\nconcrétisant les principaux stades religieux et les\ntournants de l'histoire occidentale.\n\n\n\n\n    T i r é ,p o u r                                     S u r l e s presses\n\n\" le Spectateur                                        de   J .- E . B u s c h m a n n\n  C a t h o l iq u e ”                                        a   A nvers\n"}, {"page_pdf": 354, "texte": ""}, {"page_pdf": 355, "texte": ""}, {"page_pdf": 356, "texte": ""}, {"page_pdf": 357, "texte": ""}, {"page_pdf": 358, "texte": ""}, {"page_pdf": 359, "texte": ""}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 6, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1897-06", "signet_source": "Tome I - N°6 - Juin 1897", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 294", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}