{"numero_id": "ulb-stella-1894-06-n1", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "articles": [{"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-001", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Première A n n é e . N ° 1. 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J u i n 1894 .\n\n\n\n\n                                                          L A\n                 E                                      L\n             s T                                     Revue mensuelle\n\n                                         d ’A rt e t d e\n\n                                                         L itté r a tu r e\n\n\n\n\n                                                       R é d a c t io n      & A d m in is t r a t io n :\n\n                                       A r t h u r T o i s o u l , r u e V a u t i e r , 38, B r u x e l l e s .\n\n\n\n                                                     "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-002", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SO M M A IRE Stella. - Au le c te u r.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 6, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 730, "fin_caractere_exclue": 1681, "texte": "SO M M A IRE\n\n                       Stella.     -     Au le c te u r.\n                       H enri    de     C lassant.    -     L 'A u tre , S o u rir e d 'A u ro re .\n                       A rthur     D axhelet.         — L a C h a n so n des P as.\n                       R obert     S a in t e -E s t e l l e . —   Salomé.\n                       A.   de   Stassart.        — V ie rg e in c ré é e , Au P a y s d u P é c h é .\n                       A rthur     T o i s o u l . — A m e tris te , R é v e il, B a b y lo n e .\n\n                       A.   L evèque.       — L e s M a ître s .\n                       E dgar B a es.       — M o d e rn is m e é tra n g e r.\n                       G eorges       R an CY.   )\n                       Arth.     T.                  L es liv re s.\n                       P aul     F erté.\n                       * * * — B ro u tille s.\n\n\n\n\n                                       50 centimes ce nu m éro .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-003", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 2, "page_fin": 2, "titre_corps": "Au lecteur", "titre_sommaire": "Au lecteur", "rubrique": "", "signature_source": "Stella", "ancre_debut": "N otre bu t, en p u b lia n t cette R evue, est de défen­ d re l'A rt p u r et", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 8, "page_imprimee": 2, "debut_caractere": 65, "fin_caractere_exclue": 494, "texte": "N otre bu t, en p u b lia n t cette R evue, est de défen­\nd re l'A rt p u r et lib re contre les atta q u es incessan­\ntes de l’exclusivism e. 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R iez à pleine gorge,\nvous ne la connaissez pas, vous, l'Autre.\n   A nxieux, j ’ai fermé m a porte et je me suis remis à lire,\nlisant entre les lignes ce que l’im aginative forge po u r les\nnatures inquiètes, des gouffres noirs, des cavées où les\nluxures végètent et des ornières où les folies s’incarnent ;\net l'Autre est revenue, pen ch an t son om bre sur m on\nlivre ju sq u ’à confondre son haleine avec la m ienne. Je\nsais bien que je ne la verrai plus q u an d j’aurai tout mon\ncourage, car la volonté broie tous les fantasm es ; m ais la\nn u it d’hiver tom be seulem ent — quatre heures — et je\n"}, {"page_pdf": 11, "page_imprimee": 4, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1891, "texte": "   4                        L 'A u tre .\n\n\n ne serai v aillan t q u ’au pro ch ain jo u r. Alors il faut la\n su b ir et lui faire bonne m ine, tenir m on esprit en con­\n versation intim e avec elle, si je ne veux de nouveau\nvoir son im patience s’exalter, p ar tous les ennuis possi­\nbles de m a vie actuelle, les chiens qui h u rle n t et brisent\nleurs chaînes, et les fenêtres de ma case qui s’ouvrent\np o u r laisser en trer le vent froid du nord.\n    A h ! quelles tu rp itu d es et quels désœ uvrem ents ! Si\np o u rta n t elle naissait des vides de m a solitude? Car\nl’irréel récuse l’im age,aussi vrai q u ’il n ’y a point de néant.\nT a rétine ne voit que ce que tu veux b ien y m ettre,\nhom m e ; là où il n ’y a rien, il y a encore quelque chose.\nD u reste,ne fallait-il pas quelle v în t ? C om m ent vivre\nseul? Im aginez le p âtre laissé à lui-m êm e dans les h iver­\nnales béatitudes des sierras. L es houles lam entent autour\nde lui, les glaciers lum ineux dégringolent ju sq u ’aux ca ­\ngnées, e t, p arfois, un condor bat des ailes. L a m e d italors:\nJe ne suis pas seule, je suis a v e c ... l'Autre.\n    E lle n ’est point la P e u r, cet autre m ystère, plus poi­\ng nante p o u r ceux qui la subissent, m ort lente et\nsue, seconde p a r seconde ; car, se savoir la proie\nd’une force qui v iendra vous d am n er en les m ille\naspects de sa form e, que vous ignorez encore, m ais dont\nles prém isses déjà sourdinent, n ’est-ce pas le degré der­\nn ier de l’anéantissem ent de l’être au hasard et, pour\nm ieux dire, à la déroute ! N o n , car elle ne fantôm ise\npas, l'Autre. Dirai-je q u e lle in q u iè te ? D irai-je q u ’elle\nattriste ?\n    M aintenant que j’ai cessé de lire et que je suis vide\nd’idées, je l’écoute venir à m oi, presque câline. J ’ai\npeuplé mes m urs si nus et si vid es, de reliques indiennes,\nde cornes en spirale ram assées dans les charniers de la\n"}, {"page_pdf": 12, "page_imprimee": 5, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "                           L ’Autre.                        5\n\n\n plaine, de rattles de crotales qui brillaient hier sur\n l’alcali, et de fleurs jau n es aux calices fiers qui effraient\n tan t p a r les crépuscules bleus, le long des m ares. Mais,\n tous ces restes ch an ten t encore m ieux la vitalité disparue\n et p arlen t tan t de ce qui a été et n ’est plus, que, sans le\n savoir, j’ai bâti le sanctuaire où l'Autre a pu se plaire.\n     Peut-être, l'Autre, est-ce la v ie ? Je ne cherche pas à\n savoir, car,o ù nous voyons des trous, il y a parfois des\n gouffres. Je préfère rester là, im m obile et sans rêve,\n convaincu que je ne suis pas seul et que l’am biance de\n ma case est partagée. N e pas être, oui ; ne pas être, et\n hors du rêve, et dans la vie, puisque l'Autre me rappelle\n à la réalité,dès que je bouge.\n    Jusques à quand sera-t-elle ma com pagne? Je sais qu’au\n p rintem ps d ern ier, les oiseaux chantaient au tour de moi ;\nje regardais les alfalfas rutilants frém ir sous les caresses\ndu bon soleil et je m e savais très seul avec moi-même.\n Ma n u it s’em plissait d ’un bon som m eil réparateur, tra­\nversé parfois d’heureux songes. M aintenant, mes\nheures sont éternelles. L ’Autre me tient en éveil, en\ntravail d ’intellect d o n t l’issue est toujours nulle.\n    Mais, dem ain m ’attend, et, qui sa it? Je ne veux\npas savoir, encore m oins m e plaindre. Je constate.\n    M aintenant, elle est partie, l'Autre. A l’instant, je\nm ’aperçus de son départ. L ’aubale m agnificence rose et\nblonde, rose com m e une des joues qui reçurent des\nbaisers d’ivresse de moi seul, blonde comme les moissons\nde ju illet des pays fuis, hélas ! s’éparpillait de tous les\nconfins de la p laine su r les rosées glacées. L es chevaux\nlibres, harceleurs et vaillants, passaient, secouant leurs\ncrinières d ’or et soulevant les poussières. E t je me suis\nsenti plus libre. A l’aise et sur, j’ai ouvert ma porte et\n"}, {"page_pdf": 13, "page_imprimee": 6, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1804, "texte": "   6                       L 'A u tre .\n\n\nj ’ai respiré divinem ent le baum e de la fraîcheur. M ais, ce\nfut une lu eu r de joie, car je vis, n o n loin de m oi, sur un\ndes coins de m on coral, u n pauvre cabylan qui battait\npéniblem ent des ailes et m e regardait avec un sem blant\nde tristesse. C ’est vrai, ils sont nom breux, les rapaces\négarés dans ces parages, et le cœ ur est si petit pour\ns’in q u iéter de toutes les souffrances qui passent ! D onc,\nje m e suis engagé dans la voie de l’égo ïsm e,'puisque, au\nlieu de songer que, là-bas, derrière l’horizon, il y a des\nâm es qui p leurent, j’ai eu quelques larm es pour la bête\nm auvaise q u i, peut-être, avait guetté mes troupeaux. Q ui\nsait si YAutre n ’est pas la transfiguration du R eproche?\n M ais, alors, p ourquoi ce cabylan songeur n ’a-t-il pas pris\n une au tre route, et p ourquoi la lum ière du jo u r n ’est-elle\n pas restée dans les ténèbres de m a n u it d’attente? Oh! non,\nje ne veux pas savoir. Seulem ent, je regarderai m algré\n tout au to u r de m oi ; j ’aurai la constante vision des im a­\nges qui m ’entourent, p our assurer ju sq u ’à plus tard le\nsom m eil de m on phantasm e. P e n d a n t cette prem ière\n heu re, je récolterai la sève des euphorbes laiteuses, car,\n ic i, les crotales fourm illent en plein m idi, som nolents et\n guetteurs de m uscles ; je détru irai les cactus qui s’entre­\n m êlent dans les laines de mes bêtes, et je cuirai m on\n p a in dans la terre d u re avec les herbes sèches chassées\n des m ontagnes. E t prenez-m oi, p our le reste de m on\njo u r, ô vous, l'Autre, qui déjà glissez en m oi et me con­\n traignez au repos : je n ’offrirai point de résistance; car,\n sans au cun doute, vous devez être la vie, si pas moi-\n m êm e.\n\n                              H enri      de   CLA SSA N T.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-006", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 7, "page_fin": 8, "titre_corps": "La Chanson des pas", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur DAXHELET", "ancre_debut": "L a Chanson des Pas.                       7        L a C h a nso n d e s P a s.                                   pour", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 14, "page_imprimee": 7, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 805, "texte": "L a Chanson des Pas.                       7\n\n\n\n\n   L a C h a nso n d e s P a s.\n\n\n\n\n                              pour Philip Sparrow.\n\nDes pas souvent ont fa it battre mon cœur,\nMieux que des voix aux volutes berceuses,\nMieux que les yeux des douces amoureuses,\nMieux qu'un soupir où pleure une rancœur...\n\n\nJe me souviens de pas lourds et pénibles\nQuej'entendais en le voisin logis :\nIls me disaient des deuils soudain surgis,\n Ou cadencaient des angoisses terribles...\n\n\nOh ! ceux, dolents, des mornes esseulés,\nDont se remplit la chambre où la soupente !\nDu vieux plancher ils suivent chaque fente,\nEternisant leurs rythmes désolés...\n\n\nJ'en sais encor brisés de lassitude,\nTout hésitants, traînant le long des murs,\nOu s'égrenant, incohérents et durs,\nSonnant le glas de la décrépitude...\n"}, {"page_pdf": 15, "page_imprimee": 8, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1031, "texte": "8              L a Chanson des P as.\n\n\n    Ceux-ci, pesants, du travailleur rendu,\n    S ’en remontant vers la pauvre mansarde ;\n    Ceux qu’alanguit un sommeil qui s'attarde,\n    A llant si tôt vers un labeur ardu...\n\n\n    Mais il en est dont le citant est de joie,\n    Venant, courant, s'éparpillant seulets,\n    Ou se croisant en ensembles follets\n    Sur le tapis, comme frou-frou de soie...\n\n\n    Les pas légers, ceux que l'amour conduit,\n    Ceux de l’amant, ou bien ceux de sa belle ;\n    E t ceux aussi qu’un doux repos appelle ;\n    Ecoutez-les, comme ils glissent sans bruit...\n\n\n    Train titubant des petits pieds qu'on baise\n    Des frais bambins : on vous aime en tremblant ;\n    Train-train gentil des petons, si troublant :\n    De vous ouïr le galant est tout aise...\n\n\n    E t tous les pas fo n t battre ainsi des cœurs,\n    Mieux que les voix aux volutes berceuses,\n    Mieux que les yeux des douces amoureuses,\n    Mieux que soupirs où pleurent des rancœurs...\n\n                         Arthur D A X H E L E T .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-007", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 9, "page_fin": 11, "titre_corps": "Salomé", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Robert SAINTE-ESTELLE", "ancre_debut": "Salomé.                              9                                   Salomé.                                    A la m ém oire de G", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 16, "page_imprimee": 9, "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 735, "texte": "Salomé.                              9\n\n\n\n\n                              Salomé.\n\n\n\n                                A la m ém oire de G ustave F la u b ert.\n\n\n  E n B retagne, on adore la légende. Ceci p our vous dire\nque la veillée était nom breuse, ce soir-là, chez le père\nM ahieu : g ra n d ’m ère M athurine devait conter la légende\nde Salom é.\n\n\n\n\n   Q uand elle eut donc préparé ses fils, M athurine fit\nto u rn er son rouet, et com m ença :\n\n\n\n  « ...P a le s tin e ... P alestin e... disaient les v o ix ... E t elle\nfuyait to u jo u rs...\n  » L a chevelure éparse, les bras crispés, les pâles\nrubans de sa robe flottant au vent, toute blanche, la fan ­\ntôm ale Salom é fuyait to u jo u rs...\n"}, {"page_pdf": 17, "page_imprimee": 10, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1513, "texte": "   10                                  Salomé.\n\n   » L a lune, éclairant sa folle course, lui m ontrait un\nplateau d ’argent, su r lequel u n e hideuse tête saignait, la\nreg ard ait... E t, avec Salom é, le plateau d ’argent et la\nhideuse tête fuyaient to u jo u rs...\n\n   S oudain, M ath u rin e se tait. L es yeux ferm és, elle songe.\n\n\n   » Mes enfants, dit-elle, le fil s’est ro m p u : l’u n de nous\nne verra plus dem ain.\n   E t Yvon le p âto u r laissa tom ber : « J ’ai vu le cierge\nde la M ort errer dans la lande, ce so ir...»\n   E n ren o u an t son fil, M ath u rin e continua : « D ans cinq\nm inutes, j ’aurai vécu cent ans. Passe-m oi l’écuelle, Yvon,\nje parlerai plus v i t e .................................................................\n\n\n\n    » Salom é fuyait toujours, et les voix répétaient :\n...« P a le stin e ... » et le plateau d ’arg en t fuyait, et la\nhideuse tête saignait, la reg ard ait...\n    » S o udain, tout s’arrête, tout se tait : sur le som m et\nd’un m ont, Salom é, im m obile, m urm ure : « Ai-je donc\nfait le to u r du m onde ? E st-ce la P alestin e, là-bas ? »\n    » L a lune se cacha ; le R em ords grinça : « P alestine »\nle vent siffla : « P alestin e » le flot hurla : « P alestine »\net quelque chose, dans la vallée, g ronda : « C hâti­\nm ent »...\n    » Q u an d la lune rep aru t, Salom é, su r le versant du\nm ont, fuyait...\n    » U n fleuve charriait des glaçons par la vallée : Salom é\ns’élança sur l’u n deux, et voilà que ce glaçon s’enfonça...\ns’enfonça...\n"}, {"page_pdf": 18, "page_imprimee": 11, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 859, "texte": "                                  Salomé.                               11\n\n\n   » Alors, la lune éclaira, su r l’eau, le plateau d’argent\net la hideuse tête                   .........................................\n\n\n   » E t, près de la hideuse tête, une tête aux cheveux épars\nfuyait su r u n plateau de glace...\n   » L es plateaux s’entrechoquèrent, et le prem ier dériva\nà l’éternelle joie, et le second, à l ’éternelle peine . . .\n\n\net la hideuse tète dériva à l’éternelle joie, et la tète aux\ncheveux épars dériva à l’éternelle peine      ........................\n\n\n   T o u t se tait. L e rouet s’arrête. L e fil, à nouveau\nrom pu, flotte entre les doigts de M athurine.\n   L a fileuse regarde la veillée une dernière fois et ferme\nles yeux...\n   E lle était m orte à cent ans.\n\n                              R obert      S A IN T E -E S T E L L E .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-008", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 12, "page_fin": 12, "titre_corps": "Vierge incréée", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A. de STASSART", "ancre_debut": "Vierge Incréée.                       Vierge J n c r é.e                                             à A rthur T", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 19, "page_imprimee": 12, "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "Vierge Incréée.\n\n\n\n\n                  Vierge J n c r é.e\n\n\n                                          à A rthur Toisoul.\n     Vierge incréée, à toi que j'aime dans mes rêves,\n     Sylphide, cher fantôme au doux regard voilé,\n     Toi que je vois passer dans un ciel désolé\n     Lors des jours printaniers et des lunaisons brèves,\n\n\n     Conduis-moi par la main dans les sentiers brumeux\n     Où croit sinistrement la tige du Mystère ;\n     Apprends-moi les secrets qu'ignore cette terre,\n     Fais-moi voir l'horizon dans lequel tu te meus.\n\n\n     Est-il feint ou réel, cet horizon magique\n     Que mon œil éploré cherche pendant mes nuits ;\n     Ce pays idéal qui calme mes ennuis,\n     Est-il réel ou feint dans sa sombreur tragique ?\n\n\n     Ces nuages chagrins qui roulent sans effort\n     Sur la plaine où tu vas, insensible et muette,\n     Qu'ils sont lourds et crispants pour l'âme du poète,\n     Qui cherche, mais en vain, la radieuse M ort !...\n\n                                  A . deS T A S S A R T .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-009", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 13, "page_fin": 15, "titre_corps": "Âme triste", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur TOISOUL", "ancre_debut": "A m e triste             l3                                 A me triste.         O m on âm e ! ô m", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 20, "page_imprimee": 13, "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "A m e triste             l3\n\n\n\n\n                            A me triste.\n\n\n\n\n    O m on âm e ! ô m on â me,\n ne crois-tu pas te sou ven ir d’avoir parcouru ja d is l’effroi\n des orbes con stellés ?\n  N e crois-tu pas te sou ven ir d’avoir vécu ja d is dans\nquelque étoile de l’A u -delà, d’y avo ir adoré telles vierges,\nidéalem ent b lan ch es, aux yeux de séraphique m ystère ?\n\n\n\n\n   O m on â me ! ô m on â me,\nje cro is t’ou ïr p le u re r...\n\n\n   O m on âme,\nje t’entends p le u r e r ...\n\n\n   O m on âm e,\nje vois tes m ains effilées :\nelles blêm issent de tris te s s e ...\n\n\n    O m on â me,\nj ’entends tom ber tes pleurs sur tes m a in s ...\n"}, {"page_pdf": 21, "page_imprimee": 14, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1120, "texte": "  14                    Ame trist e\n\n\n   O h! pleurer ais-tu tes absences en ces mondes célestes?\n   Pleurerais-tu des soeurs que tu as aimées\net qui se sont égarées en l'Infini\n— ou qui sont mortes ?\n   Que dis je ? que dis-je ?\n   L es âmes ne meurent point.\n   Ne sont-e lles pas condamnées à toujours souffrir ?\n   E t toi aussi tu souffres, o mon âme !\n   Tu souffres !\n   Mais pourquoi souffres-tu ?\n   Tu as peut-être un jou r blasphémé la sagesse de ton\n                                                    Dieu ?\n   Oh ! n'est ce pas pour cela que tu portes la sanglante\ncroix des ennuis, des amertumes et des rages ?\n\n\n\n   O mon âme ! ô mon âme,\nje t’entends san g lo ter...\n\n\n\n   O h! pourquoi, si tu sanglotes, pourquoi ton Seigneur\nne te pardonne-t-il pas tes péchés? Pourquoi son cœur ne\ns’ouvre-t-il pas à tes fières souffrances, comme une fleur\naux baisers roses des avrils ?\n\n   O mon âme,\nn'é ternise pas la désolation de tes sanglots !\n   Ote le crêpe noir qui t’auréole\net ceins ton front de jasm ins et d'œillets !\n   Oh ! cesse de brûler\ndans l’encensoir de tes chagrins\nl’encens divin des jo ies !\n"}, {"page_pdf": 22, "page_imprimee": 15, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 654, "texte": "                        Ame triste.                       15\n\n\n   Im m ole l’agneau noir de ton orgueil:\nc’est à cause de ses maléfices que tu souffres ..\n   M ange la pâle hostie de l’oubli\net bois au S aint-G raal des m ystiques extases,\nô m on âm e !\n   O h ! écoute les chants des lys,\nécoute les chants des fontaines\noù les ondines se baignent,\nécoute le vol léger des colom bes,\nécoute l’émoi des buissons,\nécoute pleu rer les soirs et rire les aurores,\nécoute les chastes lyres\ndes aèdes blonds de ton R êve,\net fais ascendre\nvers le calme fier de l ’A zur\nla douceur d’or de tes prières !\n\n                               A rthur   T O IS O U L .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-010", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 16, "page_fin": 16, "titre_corps": "Sourire d’Aurore", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri de CLASSANT", "ancre_debut": "Sourire d'Aurore.                       S o u rire d 'A u ro re.                                                A A rthu", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 23, "page_imprimee": 16, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1585, "texte": "Sourire d'Aurore.\n\n\n\n\n                  S o u rire d 'A u ro re.\n\n                                              A A rthur Toisoul.\n         Je voyais la nuit épaisse s'évanouir.\n         Puis vint la mort dans le grand zénith diaphane,\n         L a mort lente des fleurs stellaires.\n         Les brousses se froissaient et f entendais gémir\n         L a brise froide et les hiboux sortis de terre.\n         E t la vision triste passa dans mon âme :\n         Les mondes écroulés sous les folles richesses ;\n         Les esclaves nus, errant au milieu des tombes ;\n         E t je donnais au néant mon dernier courage,\n         Quand les oiseaux bleus apparurent dans la plaine.\n         E t les reculs se marbraient de sang et de nacre ;\n         O ! sourire, sourire d'Aurore...\n         Les robins chantent les champs de riz, les bananes,\n         Les oranges de la lande sèche, les maïs ;\n         E t les feuilles des eucalyptus fulgurent.\n         Le vieux soleil entre dans sa magnificence ;\n         Là-bas, les coqs orgueilleux des rancîtes claironnent,\n         Le clocher du village vient de sonner l'aube,\n         L a glèbe est molle et les chevaux s'en viennent boire.\n         E t l'heureuse vision passa dans mon âme :\n         Les mondes réédifiés sous les ruines,\n         Les esclaves d'hier, hommes puissants et libres\n         Agenouillés vers l'Est où le soleil rayonne,\n         Liberté et Lumière... O ! le sourire d!Aurore !\n\n                                     Henri de C L A S S A N T .\nD evils lake, N o rth D acota, 17 A pril, 1894.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-011", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 17, "page_fin": 19, "titre_corps": "Au Pays du Péché", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A. de STASSART", "ancre_debut": "A u Pays du Péché.                              17                    A u Pays du Péché.                                « E t a d o", "ancre_fin": "T . ttrueil. L'ange blond du", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "réveil m'a frôlé de son aile :         des s", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 24, "page_imprimee": 17, "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1073, "texte": "A u Pays du Péché.                              17\n\n\n\n\n               A u Pays du Péché.\n\n                              « E t a d o rav e ru n t eos quos fecerunt\n                              d igiti eorum , et curvatus est homo,\n                              et hum iliatus est v ir, et non laxabo\n                              illis. »\n                                                     Livres sacrés.\n\n\n   .. .E t des fleurs poussèrent sur la terre du P éché, des\nfleurs étranges, teintées de sang,\ndu sang des sylvestres m artyrs, au seuil des évolutions\nm ystiques ..\n   L ’encens de l’Im puissance fum ait vers les diaboliques\nimages, en d ’effrayants effluves de désirs charnels.\n\n\n   Il vécut un Ju ste au pays du P éch é, u n Ju ste des âges\nantiques.\n   Ses pas le p o rtaien t vers l’idéale L u m ière, au sein\nd’hiératiques puretés.\n   Sa parole jetait su r le m onde la sem ence des rénova­\ntions.\n\n\n   M ais les payennes fleurs ascendaient, et le grain\ncéleste s'étouffait sous l’ivraie.\n  Des m ains apostates façonnaient des Idoles.\n"}, {"page_pdf": 25, "page_imprimee": 18, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1073, "texte": "    18                              A u Pays du Péché.\n\n\n   E t des m ontées de désespoirs en des ciels de brum e,\navec des crissem ents d ’âcres baisers, em poisonnés de\nb av e..................................................................................................\n\n\n    E t le Ju ste reg ard ait expirer la V e r tu ...\n\n\n    Des vautrem ents infinim ent v oluptueux, sur l’or divin\ndes P ensées,\ns’é ta le n t...\net adoraverunt eos quos fecerunt digiti.\n   O sens !\nsu b tilités charm eresses des yeux frangés d’am our,\nsouplesse des corps pâm és en l’horizon des ex ta se s...\n   O sens !\net curvatus est homo, et humiliatus est vir !\n\n\n    .. .E t le Ju ste écoutait jo u ir les apostats du B ien.\n    Il déploya sa dextre et l’orgueil de son front su r la\nh an tise laide et vile d u P éché.\n    D e très loin, p ar dessus les océans d’am ertum es et\nd ’im puretés, s’o u ït sa voix de c h â t i m e n t ........................\n\n\n   « Je suis l’O m bre,\nl’O m bre qui va glacer les joies !. . .\n   Je suis l’envoyé de l’E lu ,\nje suis le verbe d u V erbe.\n"}, {"page_pdf": 26, "page_imprimee": 19, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 987, "texte": "                        A u Pays du Péché.                       19\n\n   L ’H om m e a prostitué son am our et son culte en l’ado­\nration des esprits de l’E n fer ;\n   L ’H om m e a failli dans le sentier de son éternité ;\n  l’H om m e a péché devant l’U n iq u e !\n\n\n   J e suis le R em ords scru tateu r des âm es, je suis Celui\nqui p u n is ...\n   E t m on S eigneur m ’a dit :\n   Non laxabo illis !\net le rep en tir sera vain, car est passé l’in sta n t des m isé­\nricordes. ..\n   L a T erre va su p p o rter le jo u g de l’infam ie et la crisp a­\ntion des D ésirs.\n   Incessam m ent vont m onter vers u n Idéal de Vice des\nlourdeurs diaboliques et des clam eurs féroces.\n   Des litanies d’im p u reté vont s’égrener dans le silence\ndu ciel, et l’aveuglém ent va couvrir la T erre.»\n\n\n  E t le Ju ste abaissa sa dextre vengeresse, et tout fut\naccom pli !\n                                       A . deS T A S S A R T .\n\n\n\n\n                            ttrueil.\n\n        L'ange blond du "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-012", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 19, "page_fin": 20, "titre_corps": "Réveil", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur TOISOUL", "ancre_debut": "réveil m'a frôlé de son aile :         des s", "ancre_fin": "O IS O U L .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "L es M a îtres.                      PAGES D É T A C H É E S                       Hymne à", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 26, "page_imprimee": 19, "debut_caractere": 987, "fin_caractere_exclue": 1187, "texte": "réveil m'a frôlé de son aile :\n        des sourires divins se pâment sur mes livres\n        et des sources de charme ruissellent dans mes yeux.\n        L'ange blond du réveil m'a frôlé de son aile...\n"}, {"page_pdf": 27, "page_imprimee": 20, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 575, "texte": "    20                         Réveil.\n\n         J'entends au loin la voix du coq\n         qui chante l'effroi roux de la mourante nuit.\n         J'entends au loin la cloche, toute bronzée d'espoirs,\n         qui tinte en la brume amorale...\n\n         Et,comme un beau guerrier, vêtu d'or et de gemmes,\n         brandissant une dague à l'éclat martial,\n         l’orgueilleuse folie du Rêve triomphal\n         passe dans la candeur de mon cerveau qui prie !\n\n            14 M ai 1894.\n\n                                         Arthur T O IS O U L .\n\n\n\n\n                      "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-013", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 20, "page_fin": 22, "titre_corps": "Les Maîtres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A. LEVÈQUE", "ancre_debut": "L es M a îtres.                      PAGES D É T A C H É E S                       Hymne à", "ancre_fin": "des Im m ortels. A. L.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "M odern ism e étranger.        M odernism e ! E st-il bien p", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 27, "page_imprimee": 20, "debut_caractere": 575, "fin_caractere_exclue": 978, "texte": "L es M a îtres.\n                     PAGES D É T A C H É E S\n\n\n\n\n                  Hymne à un morceau de peinture de Hais.\n\n                                I.\n\n    L ’h allu cin an te ouvrière que T a M ain, ô F ra n z ; E lle\ntransm et — E T L ’IM P O S E — le vertigo — S O N E N ­\nT I T É — ainsi q u ’une essorante gym nasiarque, dont\nl'a s c e n s io n — T E L L E C E L L E D ’U N E E L F E (*) —\n"}, {"page_pdf": 28, "page_imprimee": 21, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1275, "texte": "                        Les Maîtres.                     21\n\nvers le cônique plafond en toile d ’un cirque, pirouette\nses virevoltes délirantes ju sq u ’à une retom bée, comme\nvolontaire — S O U R IA N T E E N C O R E , N U L L E ­\nM E N T F R O I S S É E , E T M O N O C L E B IE N E N\nP L A C E T O U J O U R S — en le restreint cercle, à la\ncraie tra c é , d ’où — S O U D A IN T A N T O T — elle bon­\ndit.\n\n                             II.\n\n  A insi, T a M ain — D I P T È R E N A G E A N T A U\nR A Y O N — volette ses évolutions m ixtilignes et rythm e\nses voltigem ents ép erd u s — P A R M I L A T O I L E\nV IB R A N T E — su r T a chanson to n itru an te et,je parie,\nfort grivoise.\n\n\n                             III.\n\n    T a palette — R E V Ê T U E D E S E S P A T E S M U L ­\nT I F L O R E S — est belle com m e serait belle une jonchée\nde tulipes fabuleuses ; T a brosse — E N I V R É E — y\nfait des cataclysm es d ’éblouissances, des charivaris\nd ’arcs-en-ciel, des m osaïques et des vitraux de rêves\nopiacés.\n\n                             IV .\n\n   C’est le laboratoire où E lle créa les opulences dont\nruissellent T es œ uvres ; le Creuset où, — P O U R L E S\nÉPA N D R E RO Y A LEM EN T EN UN T O R R E N ­\nT U E U X B A R B O U IL L A G E — E lle fusionna —\n"}, {"page_pdf": 29, "page_imprimee": 22, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 733, "texte": "   22                          Les Maîtres.\n\n\nT R A N S M U T A T IO N D I V I N E — les coruscations\néclatantes de leurs pâtes, plus précieuses que l’abraxas,\nla chrysoprase ou la chim érique pierre.\n                                                A. L E V È Q U E .\n   (*) L e fém inin n 'est ju sq u e m ain ten an t po in t donné à ce m ot de\nsi charm euses suggestions. L a sensation et la fan taisie com plices,\nm 'in c itè ren t donc seules à l'éc rire a in si ; — ce qui re n d p lu s exac­\ntem ent m a pensée au reste — je les laissai me conseiller et s’é b attre\nen atte n d an t les futures décisions sacrées des Im m ortels.\n                                                                    A. L.\n\n\n\n\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-014", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 22, "page_fin": 26, "titre_corps": "Modernisme étranger", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Edgar BAES", "ancre_debut": "M odern ism e étranger.        M odernism e ! E st-il bien p", "ancre_fin": "S a r a édifié sa", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Babylone.   Q ui o serait n ie r la puis", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 29, "page_imprimee": 22, "debut_caractere": 733, "fin_caractere_exclue": 1549, "texte": "M odern ism e étranger.\n\n\n\n    M odernism e ! E st-il bien perm is d ’ap p eler ainsi un\na rt puisé à des sources vieilles de q u atre siècles et qui\nn ’a de n e u f p o u r n o u s q u ’un aspect n o n habituel,\ncontraire à ce que nous avions pris p o u r b u t de notre\nesthétique et ne rap p elan t la n atu re q u ’à travers un\nprism e déform ateur, suggestif m ais trad u cteu r : or on\nsait q u ’il est peu de différence entre une traduction et\nune traîtrise !\n    P o u rta n t c’est bien un style nouveau qui s’im plante\nto u t doucem ent chez nous, un a rt anglais, néo-gothique,\nun peu R enaissance, assez h y b rid e, et qui ne gagnera\npas un sang plus p u r en d evenant à dem i belge !\n    M ais le sort en est jeté ! N ous allons subir une m éta­\nm orphose (m om entanée heureusem ent) en Old England,\n"}, {"page_pdf": 30, "page_imprimee": 23, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1892, "texte": "                     Modernisme étranger.                    23\n\n\net The Studio est en tra in de nous inon d er de types b ri­\ntan n iq u es qui seront aussitôt la proie de ceux qui\nveulent innover q u an d m êm e, sans savoir ni prévoir ; et\nl ’on s’écartera encore de quelques brasses du rivage où\nl’on au rait pu ab o rd er !\n    E t l’on d ira une fois de plus que les Belges sont nés\nsinges ou contrefacteurs et q u ’ils n ’o n t p o int d ’a rt ni de\ngénie pro p re ! F ran ch em en t, il sera difficile de s’in su r­\ng er contre ce reproche, car, cette fois, le coup part de ce\nq u ’il y a de plus vivant p arm i nous : des prom oteurs de\nl’a rt jeu n e, m oderne, libre, et plus du tout d’un clan\nasservi à une esthétique réglem entaire !\n    E sp éro n s q u ’il n ’y a là q u ’un m alentendu encore, ou\nbien u n essai de tran sitio n . N o u s som m es le prem ier à\ndéclarer que la note nouvelle qui est une im itation des\npréraphaélites anglais et en m êm e tem ps des m anuscrits\nanglo-norm ands, des m aîtres florentins traduits p ar de\nvrais artistes tels que B u rn e Jones, R ossetti et leurs\ncongénères, est parfaitem ent esthétique et s’adapte à un\nart appliqué, et nous n ’avons pas g rand m érite à cette\nsincérité, car les exem ples com m encent à abonder. Mais\nc’est u n pas vers l’art cosm opolite, sans caractère de\nrace, sans gran d eu r, et de plus c’est u n retour vers le\nponcif tan t d é c rié . Cela s’appelle to u rn er dans un cercle\nvicieux.\n    Q uoi ! L ’on est écœ uré de la trad itio n académ ique,\nqui ne donne plus rien de neuf, d o n t les m odèles innom ­\nbrables, aux m ains de tous, p ro d u isen t un a rt factice\navec ap parence de correction, et l’on se m et à forger de\ntoutes pièces une tradition qui, elle aussi, dans peu\nd ’années, sera tom bée dans la banalité par la profusion\ndes types, et la facilité de les im iter superficiellem ent !\n"}, {"page_pdf": 31, "page_imprimee": 24, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1972, "texte": "   24                 Modernisme étranger.\n\n\n     Q uel avantage alors à cette évolution qui n ’est q u ’un\n palliatif, et p ourquoi ne pas tendre de p rim e abord à\n u n style orig in al, à nous ? C ar un style, il en faut abso­\n lum ent, n o n p o u r ce que les A nglais appellent Fine art,\n m ais applied art ; sans style déterm iné, pas d ’art ap p li­\n qué, pas d ’o rnem entation industrielle, m onum entale ou\n m obilière. Certes, l’éclectism e peut arriv er à des résultats\n a m u sa n ts, a une variété récréative, jam ais à la g randeur.\n Conçoit-on un architecte qui m êlerait dans le plan d ’un\n b âtim ent les form es tourm entées des idoles japonaises\n ou h in d o u es, aux m otifs L o u is X V , gothiques et grecs\n p u rs ? Q uel salm igondis d ig n e d ’un yankee, à m ettre en\n regard du T em p le de M inerve A p tère ou de la chapelle\n d ella S pina, du b ord de l’A rno !\n    L a p rin cip ale difficulté de la m éthode éclectique gît\n dans la nécessité prim ordiale de l’h arm onie dans toute\nœ uvre d ’art, et l’entente d ’un style qui est une conven­\n tion, sans doute, m ais in d ispensable dans l’a rt décoratif\n où l’u nion de différents genres est toujours recherchée,\na p o u r loi constitutive cette harm o n ie, ou, p o u r m ieux\n dire, cette unité de conception.\n    D u m oins c’est toujours ainsi q u e l’a considéré le\ngénie h u m ain , désireux de voir réaliser l’inspiration\nd’un hom m e par les efforts de ses subo rd o nnés. L ’a n a r­\nchie artistique p eu t, il est vrai, répudier cette su b o rd in a­\ntio n , ten ter l’œ uvre collective d o n t toutes les parties\nso n t laissées à des initiatives différentes : on ab outira\nainsi à des œ uvres très variées d ’aspect, intéressantes,\nsingulières ou m o n stru e u ses, m ais qui ne perm ettro n t\npas le jugem ent, et ne satisferont jam ais le sens du\ngoût, qui doit co m m u n iq u er une sorte de saisissem ent à\nla prem ière vue des g ran d es lignes d ’une œ uvre d ’art.\n"}, {"page_pdf": 32, "page_imprimee": 25, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1821, "texte": "                    Modernisme étranger.                25\n\n\n     Il en serait de m êm e en littérature d’une rhapsodie\n formée d’une foule de fragm ents provenant de sources\n diverses ; même étant d’une qualité parfaite, ils ne\n po u rraien t nous satisfaire a u ta n t q u ’un poèm e conçu\n d ’après u n p lan grandiose, varié dans ses détails tout\n en p oursuivant son cours vers le but final de son\nauteur.\n     L a rhapsodie nous laisserait u n regret ; le poèm e\nnous oblige à confesser la puissance et les vues d’en­\nsem ble de son auteur.\n     Il est des périodes transitoires, im proprem ent nom ­\nmées de décadence, où une destruction m éthodique est\nnécessaire et sentie. N otre m odernism e est une de ces\npériodes, et son b u t (à courte distance, trop courte) a\nété ju sq u ’ici de faire table rase d’une foule d ’abus, de\nchinoiseries, de routinières conventions. Mais déjà naît\nau loin p o u r les voyants, (et ils sont plus nom breux que\nja d is , et com m encent à voir de bonne heure) une aurore\nnouvelle, au nim be encore voilé si l’on veut, m ais qu’il\ns’agit p o u rtan t de pressentir et de préparer.\n    L ’o rientation, telle est l’in quiétude de ceux qui cher­\nchent le rayon de lum ière, et ces essais m anqués, ces\ntâtonnem ents grotesques com m e les tentatives de l’e n ­\nfant nouveau-né, n ’ont p o in t d’autre cause.\n    Il s’agit de se soutenir, de s’en tr’aider, n on plus d’a­\nbattre des idoles délaissées, encore m oins de lutter pour\nm archer su r le corps des rivaux, p o u r arriver où ? Il\nfaut d’abord le savoir. O r, p o u r ne p arler que d ’art,\net mêm e d’art appliqué, de celui qui doit p a r le peuple,\np ar l’indu strie, régénérer l’autre, (l’art de l’idéal, sans\nau tre tendance que l’adoration du Beau) il règne en ce\nm om ent un désarroi, une angoisse, parm i tous ces\n"}, {"page_pdf": 33, "page_imprimee": 26, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 633, "texte": "   26                   Modernisme étranger.\n\n\nchercheurs que désespère l’in u tilité de leurs efforts vers\nle neuf.\n   D ire q u ’ils ne s’y p re n n e n t pas bien, est facile certai­\nnem ent q u an d on se b o rn e à in d iq u e r l a voie à su iv re s ans\nen trer résolum ent soi mêm e dans l’engrenage. E t cepen­\nd an t c’est un devoir, en atten d an t m ieux.\n\n        (A suivre.)                              E d g ar BA ES.\n\n\n\n\n                            B a b y l o n c ,e\n                      tragédie wagnérienne en 4 actes, du Sar Péladan.\n\n\n  L a P ensée et le M ystère, voilà su r quelles bases le S a r a édifié\nsa "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-015", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 26, "page_fin": 27, "titre_corps": "Babylone", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur TOISOUL", "ancre_debut": "Babylone.   Q ui o serait n ie r la puis", "ancre_fin": "O IS O U L .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Quelques mots sur les G recs.                                            A propos d'un livre récen", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 33, "page_imprimee": 26, "debut_caractere": 633, "fin_caractere_exclue": 1351, "texte": "Babylone.\n  Q ui o serait n ie r la puissance p restigieuse du M ystère su r l'â me ?\nD ep u is le com m encem ent des âges, l'h u m an ité se passionne à\nl’investigation h ypothétique de la cause p rem ière. E n v a in , notre\nim agination s'égare à la p o u rsu ite de chim ères qui, cependant,\nnous han ten t, se fluidifient, dirai-je m êm e, p re n n en t une form e,\np én ètren t en nous, hum en t nos m oindres sentim ents. L 'aim an t\nch arm eu r des sciences occultes nous a ttire san s cesse à lui ; nous\naim ons à nous élever dans le pâle ciel de la m étaphysique. L es\npassions ont beau se to rd re les entrailles en des désirs fous et\nb a v er su r nos corps de lâcheté, l’Idée n'en plan e pas m oins su r\n"}, {"page_pdf": 34, "page_imprimee": 27, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1221, "texte": "                                    Babylone.                                     27\n\nle m onde, im m atérielle, im périssable, triom phante!\n  E h bien, Babylone développe tout sim plem ent cette donnée : —\nvieille si l'on veut, m ais toujours a d m irab le — L a prééminence de\nl'esprit sur la matière. C 'est, com m e Parsifal, une étude sym bolique\na pprofondie de n o tre sœ ur P sy ch é. D e plus, cette pièce est écrite\ndans un style délicieusem ent m ajestueux, ru tila n t, sonore                         et\nsuggestif, d ’où sem ble su rg ir une étrange et a u b ale clarté de réno­\nvation m ystique, un en iv ran t parfum de fleurs p arad isiaq u es.\n  N ous ne résum erons pas l ’action de Babylone, déjà connue sans\ndoute de nos lecteurs. N ous nous bornerons à d ire que le G rand-\nM aître de la Rose+ Croix, du T em ple et du G raal a p resq u e atteint,\ndans cette œ uvre incontestablem ent esthétique, à la perfection\nidéaliste et m orale.\n  H om m es de génie, ceux qui, com m e lui, m éprisent l’ignare,\nfoulent aux pieds les sots préjugés, et ne s’a rrê te n t point au seuil de\nla vaste et tan t divine P en sée !\n                                             Arthur       T O IS O U L .\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-016", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 27, "page_fin": 29, "titre_corps": "Quelques mots sur les Grecs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges RANCY", "ancre_debut": "Quelques mots sur les G recs.                                            A propos d'un livre récen", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 34, "page_imprimee": 27, "debut_caractere": 1221, "fin_caractere_exclue": 1725, "texte": "Quelques mots sur les G recs.\n                                           A propos d'un livre récent, (*)\n\n  Ce livre, je l’ai lu insoucieusem ent d ’ab o rd , puis en m ’attachant\npeu à peu à m a lecture, ju sq u 'à m ’enivrer des délicieux parfum s\nantiques qui s'en dégagent.\n  F a isa n t abstraction de l ’histo ire docum entaire, dans laquelle\ntous les a u te u rs sont forcés de se tra d u ire m utuellem ent, et que\n\n     A b rég é d e l'H istoire grecque, p a r M . C, N ourry. — L Ebêgue & Cie.\n"}, {"page_pdf": 35, "page_imprimee": 28, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2303, "texte": "    28                   Quelques mots sur les Grecs.\n\n\ncelui-ci a résum é d ’u n façon très m éthodique et très com plète,\nj ’ab o rd e im m édiatem ent la p a rtie originale de l'œ uvre : les obser­\nvations m orales, littéraires, a rtistiq u es su r la G rèce. N'est-ce pas\nlà ce qui intéresse les intellectuels?\n   E t tout d ’ab o rd , il y a, au d ébut de l'ouvrage, u n c h ap itre in ti­\ntulé : I n f l u e n c e d u   m il ie u   p h y s iq u e   sur   le   g é n ie   d es   G recs.\n\nJe ne crois pas qu 'il soit possible de résu m er de façon plus person­\nnelle tout ce qui a été d it su r cette question : le p a rticu la rism e des\nG recs et le m orcellem ent irrém éd iab le de le u r territo ire , s'expli­\nq u a n t p a r le relief de le u r pays ; la diversité de leurs coutum es, de\nleurs m œ urs, de leu rs dialectes et de leu rs a p titu d es ; et, com m e\nconséquence, la v ariété san s exem ple qui fait de le u r civilisation la\nplus b rilla n te et la p lu s féconde que le génie hum ain ait fait éclore ;\nenfin, et su rto u t, l'influence exercée su r le u r ém otivité p a r les\ncontrastes de toute natu re, fondus en u n h arm onieux ensem ble\nque p résente de toutes p a rts le u r pays ; influence qui a fait des\nG recs les A d o rateu rs p a r excellence de la B eauté, ne p e rd an t\njam ais de vue le souci du goût et de l'harm onie, de la n etteté et de\nla précision.\n  J'a im e aussi beau co u p les pages consacrées a u m ode de form a­\ntion des colonies grecques : tout p a r la religion. N ’est-ce pas elle\nqui fait les peuples forts ? E t n ’est-ce pas elle, com m e le fait ju d i­\ncieusem ent re m a rq u e r l'au teu r, qui a donné aux G recs, com bat­\nta n t p o u r leu rs dieux, leurs victoires éternellem ent m ém orables\nsu r les b a rb a re s im pies et in souciants de l ’Asie ?\n   L 'ap erçu s u r la civilisation grecques au X e siècle est très fouillé.\nC 'est H om ère qui est no tre in itiate u r en cette période, et d e la\nP oésie n a ît l'H isto ire.\n   L e c h a p itre des m œ urs est excellent, de m êm e q u e celui consa­\ncré à la religion hellénique. Les m anuels em ployés dans les classes\nlaissen t trop cette question dans l'om bre. Son é lucidation p rim o r­\ndiale n ’est-elle p a s nécessaire                cependant à la com préhension\n"}, {"page_pdf": 36, "page_imprimee": 29, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1766, "texte": "                     Quelques mots sur les Grecs.                     29\n\nnette et définitive des poètes grecs? E t puis, quel jo u r lum ineux\ncette étude jette su r le sym bolism e a n tiq u e ! N e p erd-on p a s s e s\npréventions contre la nouvelle école littéra ire à l'évidente consta­\ntation des m êm es tendances chez nos M aîtres illustres ? L e sym bole\nétait p a rto u t chez les G recs, et c ’est ce q u e M . C. N o u rry a su\nparfaitem ent faire ressortir, en expliquant m êm e l'un ou l'au tre\nm ythe.\n   L ’a u te u r n ’a p a s m oins soigné les pages où il fait l'étude som ­\nm aire de la littéra tu re grecque à ses diverses époques. E n quelques\np h ra ses sim ples et facilem ent assim ilables, il donne la note géné­\nrale du génie d'H om ère, d ’E schyle, de Sophocle, d ’E u rip id e ,\nd 'A ristophane, de Socrate, de P la to n et de leurs p a irs. Ce m ’a été\nune joie véritable de repasser avec lui l'exposé des différents\nsystèm es de philosophie qui ont successivem ent alim enté les intel­\nligences anciennes et qui nous ravissent encore m algré le u r vétusté.\n  M ais l'espace m e m anque p o u r d ire tout le bien que je pense de\nce livre. J e ne veux p o in t term in er c ep en d an t sans ad resser des\néloges à l'idée ingénieuse q u ’à eue M . N o u rry en illu stran t son\nœ uvre de ces petites vignettes, intéressantes et bien faites, qui nous\ndonnent un aperçu de ce que fut l’a rt en G rèce. (Je ferai cette\nre m a rq u e spécialem ent p o u r ce qui regarde le théâtre et ses acces­\nsoires.)\n  E n som m e, bon m anuel p o u r les petits et excellent résum é p our\nles grands qui ont eu le courage de ne point d ire un éternel adieu\nà leurs prem ières études.\n\n                                            G eorges    RAN CY.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-017", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 30, "page_fin": 30, "titre_corps": "Les livres : Pages de tendresse vague et Nouvelles de Wallonie", "titre_sommaire": "Les livres", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur TOISOUL", "ancre_debut": "L es poètes de W allonie sont actuellem ent ceux d o n t on s'occu", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 37, "page_imprimee": 30, "debut_caractere": 218, "fin_caractere_exclue": 2138, "texte": "L es poètes de W allonie sont actuellem ent ceux d o n t on s'occupe\nle p lu s. E n u n récent article, p a ru d a n s une R evue liégeoise, et\nconsacré p récisém ent à la recherche et à l'étude de l'âm e w allonne,\nM . W ilm otte p arle élogieusem ent de D axhelet d ont il com pare le\nc h arm an t poèm e des Mains à c ertaine v ib ran te page de G régoire\nL eroy. « R ien n'est p lu s dissem blable, dit-il, que ces deux visions,\naussi im m atérielles l ’une q u e l'au tre. Si je ne craignais le reproche\nde vaine réth o riq u e, je d irais que R om e illum ine la prem ière, et\nque la seconde nous em porte vers les forêts de légende ger­\nm aniques. » E t, en effet, c'est bien vrai. L ’A rt n'a pas de pays ni\nd ’âge, m ais il a certes ses nuances : chaq u e liv re nouveau qui\np a ra ît en B elgique nous en ap p o rte u n e p lu s m anifeste preuve.\n  T el que G. G a rn ir, le talentueux a u te u r des Charneux, M. D axhe­\nlet s’est profondém ent in sp iré de la contrée qui l’a vu naître, et il\nen a délicieusem ent décrit, dans ses Nouvelles, la poésie sauvage,\nfière, gracieuse et douce. Son Ame wallonne, su rto u t, est exquise de\nnaïveté et de psychologie. N ous aim ons aussi sa Fiancée du Nuton.\nC'est assurém ent le souvenir d'une de ces h istoires fantastiques,\ncontée, u n soir, au coin du feu, qui lui a u ra suggéré la com posi­\ntion de cette jolie légende.\n  N ous ne dirons pas a u ta n t de bien de ses Pages de tendresse vague :\nnom bre d ’en tre elles nous p a raissen t m ièvres, pas suffisam m ent\ntravaillées.   C ertains   m orceaux, Croquis idyllique, Les heureuses\npetites fleurs, Souhait, sont m êm e incorrects et dem andent une\nsérieuse retouche.\n  N ous souhaiterions volontiers que M . D axhelet essayât le vers\nlib re ; tro p souvent, les capricieuses exigences de la rim e sont\npréjudiciables à son talent.\n                                              A rthur    T O IS O U L .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-018", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 31, "page_fin": 31, "titre_corps": "Les livres : La Vie", "titre_sommaire": "Les livres", "rubrique": "", "signature_source": "Paul FERTÉ", "ancre_debut": "La Vie.                                 31                                       L a V ie,                               par Charles Bro", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 38, "page_imprimee": 31, "debut_caractere": 39, "fin_caractere_exclue": 1978, "texte": "La Vie.                                 31\n\n\n                                    L a V ie,\n                              par Charles Bronne. (Liège, M iot & Jam ar.)\n\n   O n p o u rra it beau co u p re p ro c h e r à M . B ro n n e : des longueurs\ndan s l ’une ou l'a u tre légende et des ph rases parfois fort négligées.\nOn p o u rra it d ire que certaines d escrip tio n s m an q u en t de vie ;\nq u ’on y sent tro p la m anière du d essin ateu r co rre c t ; bref, qu'elles\nsont trop réalistes dans u n livre où tout tend à l'Id éa l. Je serais\nm êm e ten té d ’ajo u ter que, dans la Vie, la poésie confine parfois au\nvague.\n  Je n ’a ttrib u e d ’a illeu rs q u ’à l ’insuffisance d u trav ail la p lu p a rt de\nces défauts. L es q u a lités du livre les ra c h è te n t en partie.\n   M . B ro n n e a su m ettre du c harm e d a n s m aintes légendes'. L ’Étoile,\nla Consolatrice, le Sphinx et, su rto u t, la Fleur de neige, à m on avis le\nplu s beau m orceau du livre, ont une gran d e intensité d e m o tio n et\nune éloquënce sim p le . R ien de p lu s exquis, sous ce ra p p o rt, que le\np o rtrait de la m ère d a n s cette d e rn iè re pièce.\n   Je me b o rn e ra i à in d iq u e r très brièv em en t la donnée philoso­\np hiq u e de la Vie :\n   L a vie m atérielle ne donne p a s le vrai b o n h e u r ; celui-ci n ’existe\nq u e d a n s la vie de l’esp rit, dans le Rêve, l’Idéal, l ’Infini. L ’am our\net l’a rt, l ’égoïsm e et l’orgueil, la m ort sont des ty ran s. M . B ronne\noppose la c ru au té de cette ty ran n ie au b o n h e u r q u ’on éprouve\nda n s les élans vers l’insaisissable B eau ; la folie sublim e, telle est\n« la R aison de vivre ».\n   P o u r to u t résu m er en un m ot, il n ’y a que la p o n d é ratio n qui\nm anque au ta le n t de M . B ro n n e. A ussi, son d é b u t fait-il bien\na u g u rer de sa p ro ch ain e p ro d u c tio n .\n                                                     P aul   FER TÉ.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-019", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 32, "page_fin": 32, "titre_corps": "Broutilles", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "***", "ancre_debut": "Broutilles.                             B R O U T IL L E S .                                            n'est possib", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 39, "page_imprimee": 32, "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 3260, "texte": "Broutilles.\n\n                           B R O U T IL L E S .\n                                           n'est possible qu'en sup p o ­\n                                           san t la co nnaissance du\n   «S’il s'agit de form er une             latin . D u       reste, encore\nélite intellectuelle, capable              u n e fois, to u t cela ne rem ­\nde recu eillir l’héritage de               p lac era jam a is la tra d u c ­\nce que la terre a p ro d u it de           tion, cette assim ilation to­\nplu s p arfait et de tran sm e t­          tale, cœ ur et esp rit, au\ntre cet héritage in ta c t aux             tem ps, à la vie, aux idées, à\ngénérations futures, en y                  la langue, aux m ots m êm e\najo u tan t les p ro d u its nou­          de l'a u te u r q u'on trad u it :\nveaux de la haute cu ltu re                cette tension intellectuelle\nde l ’esp rit, rie n ne peut               n 'a u ra jam a is d ’équivalent\nrem placer l’étude ap p ro ­               q u a n t aux ré su lta ts p r a ti­\nfondie des hum an ités clas­\n                                           ques.\nsiques. »\n    T el est le sentim ent de\nM . G ilkin et de la Jeune\nBelgique su r la question des                 N o tre p ro c h ain n um éro\nhum an ités classiques, ques­              c o n tie n d ra un fragm ent de\ntion passionnante au p re ­                En Plaine, œ uvre inédite\nm ier chef. N ous ne pouvons               de notre ami et c o llab o ra­\nq u e nous y ra llier. Sans                te u r C lassant. P a ra îtro n t\nre to u rn e r à l ' i m i t a t i o n     aussi de lui : U n e réflexion\ngréco-latine, il faut que les              su r H a m le t et une étude\nintellectuels se n o u rrissen t           su r W alter W ithm an.\nde la m anne esthétique\nta n t généreusem ent d istri­\nbuée p a r les grands clas­                      P a r le s R e v u e s .\nsiques anciens. D 'ailleurs,\nil ne faut pas ou b lier que                  A la Nervie : D u D estrée,\nles études n ’ont pas u n iq u e ­          du M ockel, d u M arlow , et\nm ent p o u r b u t l’ornement de           une c h ro n iq u e de E d g ar\nl ’esp rit, m ais aussi sa cul­             Baes.\nture. N ous nous dem andons                   Au Réveil : L es disciples\np a r quoi l'on p o u rrait bien            à Saï s, p a r N ovalis, tra d .\nrem placer la t r a d u c t i o n           de M . M aeterlin ck ; des\ndes au teu rs grecs et latins,              proses de M au b el, S é ra s ­\np our a rriv e r aux m êm es                quiez, P . L eclercq ; des\nrésultats de gym nastique                   vers de Rassenfosse, L e d e n ,\nintellectuelle. L es m athé­                et la chro n iq u e littéra ire\nm atiques, ce qui n ’est pas                de M . A rnay.\nd isc u té , n e       s’adressent            Au Libre Journal : U ne\nqu'au Jugem ent. L es scien­                légende, de P . G erm ain,et\nces que préconise M . G eor­                des vers de T oisoul.\nges D w elshauvers ne regar ­                 A la Jeune Belgique : L a\nd e n t q u e l a M ém oire. L 'étu ­       tentatio n de S an d ro B oti ­\nde sérieuse, approfondie de                 celli, de M . G iraud.\nla       litté ra tu re française\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-06-n1-020", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis et abonnements", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stella", "ancre_debut": "Stella. R E V U E M E N S U E L L E D ’A R T & D E L I T T É R A T U R E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 41, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 1473, "texte": "Stella.\n        R E V U E M E N S U E L L E D ’A R T & D E L I T T É R A T U R E\n\n\n\n\n                             ABONNEM ENTS :\n               B E L G IQ U E : U n a n ..................5 f r a n c s .\n               U N IO N P O S T A L E ..................6 f r a n c s .\n\n\n\n\n          S ecrétaire de R é d a c tio n : A r th u r T o iso u l.\n                  A d m in istrateu r : A . BOURGOM .\n       C o m ité de R é d a c t i o n : H e n r i d e C L A S S A N T ,\n          E d g a r BAES,      R o b e r t SA IN T E - E S T E L L E ,\n          G eorges      B A L A T , A lbert de ST A SSA R T ,\n         G e o r g e s RANCY.\n\n\n\n\n        L es m a n u sc rits n on insérés ne so n t pas rendus.\n\n\n\n  Stella ne publie que de l’i n é d i t et laisse à chacun de ses collabora­\nteurs la responsabilité de ses articles et de ses opinions.\n\n\n\n   Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra\nà la Rédaction.\n\n\n            Stella est en vente :\n          A B r u x e ll e s , chez Istace; chez W attiau, rue de Longue-\n            Vie ; chez Lacomblez, rue des Paroissiens.\n          A M o n s , chez Magerman, 15 rue de l'Athénée.\n          A G a n d , chez A d. Hoste, rue des Champs.\n          A L iè g e , chez Gnusez, rue du Pont-d'Ile.\n          A V e r v i e r s , chez Gilon, Pont St. Laurent.\n          A P a r i s , Chez Chérie, rue Halle.\n        Im prim erie G. B A L A T , rue Potagère, 5 7 , Bruxelles.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 6, "texte": "Première A n n é e .                                   N ° 1.                                               J u i n 1894 .\n\n\n\n\n                                                          L A\n                 E                                      L\n             s T                                     Revue mensuelle\n\n                                         d ’A rt e t d e\n\n                                                         L itté r a tu r e\n\n\n\n\n                                                       R é d a c t io n      & A d m in is t r a t io n :\n\n                                       A r t h u r T o i s o u l , r u e V a u t i e r , 38, B r u x e l l e s .\n\n\n\n                                                     SO M M A IRE\n\n                       Stella.     -     Au le c te u r.\n                       H enri    de     C lassant.    -     L 'A u tre , S o u rir e d 'A u ro re .\n                       A rthur     D axhelet.         — L a C h a n so n des P as.\n                       R obert     S a in t e -E s t e l l e . —   Salomé.\n                       A.   de   Stassart.        — V ie rg e in c ré é e , Au P a y s d u P é c h é .\n                       A rthur     T o i s o u l . — A m e tris te , R é v e il, B a b y lo n e .\n\n                       A.   L evèque.       — L e s M a ître s .\n                       E dgar B a es.       — M o d e rn is m e é tra n g e r.\n                       G eorges       R an CY.   )\n                       Arth.     T.                  L es liv re s.\n                       P aul     F erté.\n                       * * * — B ro u tille s.\n\n\n\n\n                                       50 centimes ce nu m éro .\n"}, {"page_pdf": 7, "texte": ""}, {"page_pdf": 8, "texte": "                                                    52418\n\n\n\n\n   N otre bu t, en p u b lia n t cette R evue, est de défen­\nd re l'A rt p u r et lib re contre les atta q u es incessan­\ntes de l’exclusivism e. L es jeu n es de tale n t peuvent\ndonc v e n ir à nous en toute confiance. L es m anus­\ncrits seront im partialem ent exam inés p a r le C om i­\nté de R édaction.\n   N ous faisons appel à tous les v ra is am is des\nlettres et des arts.\n                                          Stella.\n"}, {"page_pdf": 9, "texte": "scintille et m onte plus av an t\nd ans l’É th e r, bien au d elà\ndes brum es et des ém an atio n s\nd e la fange.\n"}, {"page_pdf": 10, "texte": "                        L 'A utre.\n\n\n\n    N on, jam ais je ne lui parlai, non plus que je ne lui\nfis rem arquer m on existence, n on plus l’entendis-je ; et\ncependant n ’était-elle pas là, en face de moi, b arra n t ma\nroute étagée dans l’infinité bleue de mes rêves. E lle\nalors, qui serait dans l’im possibilité de me voir, puisque\nses yeux sont m orts, froidis comme de vieilles lam es,\nelle s’est m ise à courir ju sq u ’au plus lointain horizon de\nla plaine et j ’ai perdu son om bre. R iez à pleine gorge,\nvous ne la connaissez pas, vous, l'Autre.\n   A nxieux, j ’ai fermé m a porte et je me suis remis à lire,\nlisant entre les lignes ce que l’im aginative forge po u r les\nnatures inquiètes, des gouffres noirs, des cavées où les\nluxures végètent et des ornières où les folies s’incarnent ;\net l'Autre est revenue, pen ch an t son om bre sur m on\nlivre ju sq u ’à confondre son haleine avec la m ienne. Je\nsais bien que je ne la verrai plus q u an d j’aurai tout mon\ncourage, car la volonté broie tous les fantasm es ; m ais la\nn u it d’hiver tom be seulem ent — quatre heures — et je\n"}, {"page_pdf": 11, "texte": "   4                        L 'A u tre .\n\n\n ne serai v aillan t q u ’au pro ch ain jo u r. Alors il faut la\n su b ir et lui faire bonne m ine, tenir m on esprit en con­\n versation intim e avec elle, si je ne veux de nouveau\nvoir son im patience s’exalter, p ar tous les ennuis possi­\nbles de m a vie actuelle, les chiens qui h u rle n t et brisent\nleurs chaînes, et les fenêtres de ma case qui s’ouvrent\np o u r laisser en trer le vent froid du nord.\n    A h ! quelles tu rp itu d es et quels désœ uvrem ents ! Si\np o u rta n t elle naissait des vides de m a solitude? Car\nl’irréel récuse l’im age,aussi vrai q u ’il n ’y a point de néant.\nT a rétine ne voit que ce que tu veux b ien y m ettre,\nhom m e ; là où il n ’y a rien, il y a encore quelque chose.\nD u reste,ne fallait-il pas quelle v în t ? C om m ent vivre\nseul? Im aginez le p âtre laissé à lui-m êm e dans les h iver­\nnales béatitudes des sierras. L es houles lam entent autour\nde lui, les glaciers lum ineux dégringolent ju sq u ’aux ca ­\ngnées, e t, p arfois, un condor bat des ailes. L a m e d italors:\nJe ne suis pas seule, je suis a v e c ... l'Autre.\n    E lle n ’est point la P e u r, cet autre m ystère, plus poi­\ng nante p o u r ceux qui la subissent, m ort lente et\nsue, seconde p a r seconde ; car, se savoir la proie\nd’une force qui v iendra vous d am n er en les m ille\naspects de sa form e, que vous ignorez encore, m ais dont\nles prém isses déjà sourdinent, n ’est-ce pas le degré der­\nn ier de l’anéantissem ent de l’être au hasard et, pour\nm ieux dire, à la déroute ! N o n , car elle ne fantôm ise\npas, l'Autre. Dirai-je q u e lle in q u iè te ? D irai-je q u ’elle\nattriste ?\n    M aintenant que j’ai cessé de lire et que je suis vide\nd’idées, je l’écoute venir à m oi, presque câline. J ’ai\npeuplé mes m urs si nus et si vid es, de reliques indiennes,\nde cornes en spirale ram assées dans les charniers de la\n"}, {"page_pdf": 12, "texte": "                           L ’Autre.                        5\n\n\n plaine, de rattles de crotales qui brillaient hier sur\n l’alcali, et de fleurs jau n es aux calices fiers qui effraient\n tan t p a r les crépuscules bleus, le long des m ares. Mais,\n tous ces restes ch an ten t encore m ieux la vitalité disparue\n et p arlen t tan t de ce qui a été et n ’est plus, que, sans le\n savoir, j’ai bâti le sanctuaire où l'Autre a pu se plaire.\n     Peut-être, l'Autre, est-ce la v ie ? Je ne cherche pas à\n savoir, car,o ù nous voyons des trous, il y a parfois des\n gouffres. Je préfère rester là, im m obile et sans rêve,\n convaincu que je ne suis pas seul et que l’am biance de\n ma case est partagée. N e pas être, oui ; ne pas être, et\n hors du rêve, et dans la vie, puisque l'Autre me rappelle\n à la réalité,dès que je bouge.\n    Jusques à quand sera-t-elle ma com pagne? Je sais qu’au\n p rintem ps d ern ier, les oiseaux chantaient au tour de moi ;\nje regardais les alfalfas rutilants frém ir sous les caresses\ndu bon soleil et je m e savais très seul avec moi-même.\n Ma n u it s’em plissait d ’un bon som m eil réparateur, tra­\nversé parfois d’heureux songes. M aintenant, mes\nheures sont éternelles. L ’Autre me tient en éveil, en\ntravail d ’intellect d o n t l’issue est toujours nulle.\n    Mais, dem ain m ’attend, et, qui sa it? Je ne veux\npas savoir, encore m oins m e plaindre. Je constate.\n    M aintenant, elle est partie, l'Autre. A l’instant, je\nm ’aperçus de son départ. L ’aubale m agnificence rose et\nblonde, rose com m e une des joues qui reçurent des\nbaisers d’ivresse de moi seul, blonde comme les moissons\nde ju illet des pays fuis, hélas ! s’éparpillait de tous les\nconfins de la p laine su r les rosées glacées. L es chevaux\nlibres, harceleurs et vaillants, passaient, secouant leurs\ncrinières d ’or et soulevant les poussières. E t je me suis\nsenti plus libre. A l’aise et sur, j’ai ouvert ma porte et\n"}, {"page_pdf": 13, "texte": "   6                       L 'A u tre .\n\n\nj ’ai respiré divinem ent le baum e de la fraîcheur. M ais, ce\nfut une lu eu r de joie, car je vis, n o n loin de m oi, sur un\ndes coins de m on coral, u n pauvre cabylan qui battait\npéniblem ent des ailes et m e regardait avec un sem blant\nde tristesse. C ’est vrai, ils sont nom breux, les rapaces\négarés dans ces parages, et le cœ ur est si petit pour\ns’in q u iéter de toutes les souffrances qui passent ! D onc,\nje m e suis engagé dans la voie de l’égo ïsm e,'puisque, au\nlieu de songer que, là-bas, derrière l’horizon, il y a des\nâm es qui p leurent, j’ai eu quelques larm es pour la bête\nm auvaise q u i, peut-être, avait guetté mes troupeaux. Q ui\nsait si YAutre n ’est pas la transfiguration du R eproche?\n M ais, alors, p ourquoi ce cabylan songeur n ’a-t-il pas pris\n une au tre route, et p ourquoi la lum ière du jo u r n ’est-elle\n pas restée dans les ténèbres de m a n u it d’attente? Oh! non,\nje ne veux pas savoir. Seulem ent, je regarderai m algré\n tout au to u r de m oi ; j ’aurai la constante vision des im a­\nges qui m ’entourent, p our assurer ju sq u ’à plus tard le\nsom m eil de m on phantasm e. P e n d a n t cette prem ière\n heu re, je récolterai la sève des euphorbes laiteuses, car,\n ic i, les crotales fourm illent en plein m idi, som nolents et\n guetteurs de m uscles ; je détru irai les cactus qui s’entre­\n m êlent dans les laines de mes bêtes, et je cuirai m on\n p a in dans la terre d u re avec les herbes sèches chassées\n des m ontagnes. E t prenez-m oi, p our le reste de m on\njo u r, ô vous, l'Autre, qui déjà glissez en m oi et me con­\n traignez au repos : je n ’offrirai point de résistance; car,\n sans au cun doute, vous devez être la vie, si pas moi-\n m êm e.\n\n                              H enri      de   CLA SSA N T.\n"}, {"page_pdf": 14, "texte": "          L a Chanson des Pas.                       7\n\n\n\n\n   L a C h a nso n d e s P a s.\n\n\n\n\n                              pour Philip Sparrow.\n\nDes pas souvent ont fa it battre mon cœur,\nMieux que des voix aux volutes berceuses,\nMieux que les yeux des douces amoureuses,\nMieux qu'un soupir où pleure une rancœur...\n\n\nJe me souviens de pas lourds et pénibles\nQuej'entendais en le voisin logis :\nIls me disaient des deuils soudain surgis,\n Ou cadencaient des angoisses terribles...\n\n\nOh ! ceux, dolents, des mornes esseulés,\nDont se remplit la chambre où la soupente !\nDu vieux plancher ils suivent chaque fente,\nEternisant leurs rythmes désolés...\n\n\nJ'en sais encor brisés de lassitude,\nTout hésitants, traînant le long des murs,\nOu s'égrenant, incohérents et durs,\nSonnant le glas de la décrépitude...\n"}, {"page_pdf": 15, "texte": "8              L a Chanson des P as.\n\n\n    Ceux-ci, pesants, du travailleur rendu,\n    S ’en remontant vers la pauvre mansarde ;\n    Ceux qu’alanguit un sommeil qui s'attarde,\n    A llant si tôt vers un labeur ardu...\n\n\n    Mais il en est dont le citant est de joie,\n    Venant, courant, s'éparpillant seulets,\n    Ou se croisant en ensembles follets\n    Sur le tapis, comme frou-frou de soie...\n\n\n    Les pas légers, ceux que l'amour conduit,\n    Ceux de l’amant, ou bien ceux de sa belle ;\n    E t ceux aussi qu’un doux repos appelle ;\n    Ecoutez-les, comme ils glissent sans bruit...\n\n\n    Train titubant des petits pieds qu'on baise\n    Des frais bambins : on vous aime en tremblant ;\n    Train-train gentil des petons, si troublant :\n    De vous ouïr le galant est tout aise...\n\n\n    E t tous les pas fo n t battre ainsi des cœurs,\n    Mieux que les voix aux volutes berceuses,\n    Mieux que les yeux des douces amoureuses,\n    Mieux que soupirs où pleurent des rancœurs...\n\n                         Arthur D A X H E L E T .\n"}, {"page_pdf": 16, "texte": "                                 Salomé.                              9\n\n\n\n\n                              Salomé.\n\n\n\n                                A la m ém oire de G ustave F la u b ert.\n\n\n  E n B retagne, on adore la légende. Ceci p our vous dire\nque la veillée était nom breuse, ce soir-là, chez le père\nM ahieu : g ra n d ’m ère M athurine devait conter la légende\nde Salom é.\n\n\n\n\n   Q uand elle eut donc préparé ses fils, M athurine fit\nto u rn er son rouet, et com m ença :\n\n\n\n  « ...P a le s tin e ... P alestin e... disaient les v o ix ... E t elle\nfuyait to u jo u rs...\n  » L a chevelure éparse, les bras crispés, les pâles\nrubans de sa robe flottant au vent, toute blanche, la fan ­\ntôm ale Salom é fuyait to u jo u rs...\n"}, {"page_pdf": 17, "texte": "   10                                  Salomé.\n\n   » L a lune, éclairant sa folle course, lui m ontrait un\nplateau d ’argent, su r lequel u n e hideuse tête saignait, la\nreg ard ait... E t, avec Salom é, le plateau d ’argent et la\nhideuse tête fuyaient to u jo u rs...\n\n   S oudain, M ath u rin e se tait. L es yeux ferm és, elle songe.\n\n\n   » Mes enfants, dit-elle, le fil s’est ro m p u : l’u n de nous\nne verra plus dem ain.\n   E t Yvon le p âto u r laissa tom ber : « J ’ai vu le cierge\nde la M ort errer dans la lande, ce so ir...»\n   E n ren o u an t son fil, M ath u rin e continua : « D ans cinq\nm inutes, j ’aurai vécu cent ans. Passe-m oi l’écuelle, Yvon,\nje parlerai plus v i t e .................................................................\n\n\n\n    » Salom é fuyait toujours, et les voix répétaient :\n...« P a le stin e ... » et le plateau d ’arg en t fuyait, et la\nhideuse tête saignait, la reg ard ait...\n    » S o udain, tout s’arrête, tout se tait : sur le som m et\nd’un m ont, Salom é, im m obile, m urm ure : « Ai-je donc\nfait le to u r du m onde ? E st-ce la P alestin e, là-bas ? »\n    » L a lune se cacha ; le R em ords grinça : « P alestine »\nle vent siffla : « P alestin e » le flot hurla : « P alestine »\net quelque chose, dans la vallée, g ronda : « C hâti­\nm ent »...\n    » Q u an d la lune rep aru t, Salom é, su r le versant du\nm ont, fuyait...\n    » U n fleuve charriait des glaçons par la vallée : Salom é\ns’élança sur l’u n deux, et voilà que ce glaçon s’enfonça...\ns’enfonça...\n"}, {"page_pdf": 18, "texte": "                                  Salomé.                               11\n\n\n   » Alors, la lune éclaira, su r l’eau, le plateau d’argent\net la hideuse tête                   .........................................\n\n\n   » E t, près de la hideuse tête, une tête aux cheveux épars\nfuyait su r u n plateau de glace...\n   » L es plateaux s’entrechoquèrent, et le prem ier dériva\nà l’éternelle joie, et le second, à l ’éternelle peine . . .\n\n\net la hideuse tète dériva à l’éternelle joie, et la tète aux\ncheveux épars dériva à l’éternelle peine      ........................\n\n\n   T o u t se tait. L e rouet s’arrête. L e fil, à nouveau\nrom pu, flotte entre les doigts de M athurine.\n   L a fileuse regarde la veillée une dernière fois et ferme\nles yeux...\n   E lle était m orte à cent ans.\n\n                              R obert      S A IN T E -E S T E L L E .\n"}, {"page_pdf": 19, "texte": "12                     Vierge Incréée.\n\n\n\n\n                  Vierge J n c r é.e\n\n\n                                          à A rthur Toisoul.\n     Vierge incréée, à toi que j'aime dans mes rêves,\n     Sylphide, cher fantôme au doux regard voilé,\n     Toi que je vois passer dans un ciel désolé\n     Lors des jours printaniers et des lunaisons brèves,\n\n\n     Conduis-moi par la main dans les sentiers brumeux\n     Où croit sinistrement la tige du Mystère ;\n     Apprends-moi les secrets qu'ignore cette terre,\n     Fais-moi voir l'horizon dans lequel tu te meus.\n\n\n     Est-il feint ou réel, cet horizon magique\n     Que mon œil éploré cherche pendant mes nuits ;\n     Ce pays idéal qui calme mes ennuis,\n     Est-il réel ou feint dans sa sombreur tragique ?\n\n\n     Ces nuages chagrins qui roulent sans effort\n     Sur la plaine où tu vas, insensible et muette,\n     Qu'ils sont lourds et crispants pour l'âme du poète,\n     Qui cherche, mais en vain, la radieuse M ort !...\n\n                                  A . deS T A S S A R T .\n"}, {"page_pdf": 20, "texte": "                                   A m e triste             l3\n\n\n\n\n                            A me triste.\n\n\n\n\n    O m on âm e ! ô m on â me,\n ne crois-tu pas te sou ven ir d’avoir parcouru ja d is l’effroi\n des orbes con stellés ?\n  N e crois-tu pas te sou ven ir d’avoir vécu ja d is dans\nquelque étoile de l’A u -delà, d’y avo ir adoré telles vierges,\nidéalem ent b lan ch es, aux yeux de séraphique m ystère ?\n\n\n\n\n   O m on â me ! ô m on â me,\nje cro is t’ou ïr p le u re r...\n\n\n   O m on âme,\nje t’entends p le u r e r ...\n\n\n   O m on âm e,\nje vois tes m ains effilées :\nelles blêm issent de tris te s s e ...\n\n\n    O m on â me,\nj ’entends tom ber tes pleurs sur tes m a in s ...\n"}, {"page_pdf": 21, "texte": "  14                    Ame trist e\n\n\n   O h! pleurer ais-tu tes absences en ces mondes célestes?\n   Pleurerais-tu des soeurs que tu as aimées\net qui se sont égarées en l'Infini\n— ou qui sont mortes ?\n   Que dis je ? que dis-je ?\n   L es âmes ne meurent point.\n   Ne sont-e lles pas condamnées à toujours souffrir ?\n   E t toi aussi tu souffres, o mon âme !\n   Tu souffres !\n   Mais pourquoi souffres-tu ?\n   Tu as peut-être un jou r blasphémé la sagesse de ton\n                                                    Dieu ?\n   Oh ! n'est ce pas pour cela que tu portes la sanglante\ncroix des ennuis, des amertumes et des rages ?\n\n\n\n   O mon âme ! ô mon âme,\nje t’entends san g lo ter...\n\n\n\n   O h! pourquoi, si tu sanglotes, pourquoi ton Seigneur\nne te pardonne-t-il pas tes péchés? Pourquoi son cœur ne\ns’ouvre-t-il pas à tes fières souffrances, comme une fleur\naux baisers roses des avrils ?\n\n   O mon âme,\nn'é ternise pas la désolation de tes sanglots !\n   Ote le crêpe noir qui t’auréole\net ceins ton front de jasm ins et d'œillets !\n   Oh ! cesse de brûler\ndans l’encensoir de tes chagrins\nl’encens divin des jo ies !\n"}, {"page_pdf": 22, "texte": "                        Ame triste.                       15\n\n\n   Im m ole l’agneau noir de ton orgueil:\nc’est à cause de ses maléfices que tu souffres ..\n   M ange la pâle hostie de l’oubli\net bois au S aint-G raal des m ystiques extases,\nô m on âm e !\n   O h ! écoute les chants des lys,\nécoute les chants des fontaines\noù les ondines se baignent,\nécoute le vol léger des colom bes,\nécoute l’émoi des buissons,\nécoute pleu rer les soirs et rire les aurores,\nécoute les chastes lyres\ndes aèdes blonds de ton R êve,\net fais ascendre\nvers le calme fier de l ’A zur\nla douceur d’or de tes prières !\n\n                               A rthur   T O IS O U L .\n"}, {"page_pdf": 23, "texte": " 16                     Sourire d'Aurore.\n\n\n\n\n                  S o u rire d 'A u ro re.\n\n                                              A A rthur Toisoul.\n         Je voyais la nuit épaisse s'évanouir.\n         Puis vint la mort dans le grand zénith diaphane,\n         L a mort lente des fleurs stellaires.\n         Les brousses se froissaient et f entendais gémir\n         L a brise froide et les hiboux sortis de terre.\n         E t la vision triste passa dans mon âme :\n         Les mondes écroulés sous les folles richesses ;\n         Les esclaves nus, errant au milieu des tombes ;\n         E t je donnais au néant mon dernier courage,\n         Quand les oiseaux bleus apparurent dans la plaine.\n         E t les reculs se marbraient de sang et de nacre ;\n         O ! sourire, sourire d'Aurore...\n         Les robins chantent les champs de riz, les bananes,\n         Les oranges de la lande sèche, les maïs ;\n         E t les feuilles des eucalyptus fulgurent.\n         Le vieux soleil entre dans sa magnificence ;\n         Là-bas, les coqs orgueilleux des rancîtes claironnent,\n         Le clocher du village vient de sonner l'aube,\n         L a glèbe est molle et les chevaux s'en viennent boire.\n         E t l'heureuse vision passa dans mon âme :\n         Les mondes réédifiés sous les ruines,\n         Les esclaves d'hier, hommes puissants et libres\n         Agenouillés vers l'Est où le soleil rayonne,\n         Liberté et Lumière... O ! le sourire d!Aurore !\n\n                                     Henri de C L A S S A N T .\nD evils lake, N o rth D acota, 17 A pril, 1894.\n"}, {"page_pdf": 24, "texte": "                     A u Pays du Péché.                              17\n\n\n\n\n               A u Pays du Péché.\n\n                              « E t a d o rav e ru n t eos quos fecerunt\n                              d igiti eorum , et curvatus est homo,\n                              et hum iliatus est v ir, et non laxabo\n                              illis. »\n                                                     Livres sacrés.\n\n\n   .. .E t des fleurs poussèrent sur la terre du P éché, des\nfleurs étranges, teintées de sang,\ndu sang des sylvestres m artyrs, au seuil des évolutions\nm ystiques ..\n   L ’encens de l’Im puissance fum ait vers les diaboliques\nimages, en d ’effrayants effluves de désirs charnels.\n\n\n   Il vécut un Ju ste au pays du P éch é, u n Ju ste des âges\nantiques.\n   Ses pas le p o rtaien t vers l’idéale L u m ière, au sein\nd’hiératiques puretés.\n   Sa parole jetait su r le m onde la sem ence des rénova­\ntions.\n\n\n   M ais les payennes fleurs ascendaient, et le grain\ncéleste s'étouffait sous l’ivraie.\n  Des m ains apostates façonnaient des Idoles.\n"}, {"page_pdf": 25, "texte": "    18                              A u Pays du Péché.\n\n\n   E t des m ontées de désespoirs en des ciels de brum e,\navec des crissem ents d ’âcres baisers, em poisonnés de\nb av e..................................................................................................\n\n\n    E t le Ju ste reg ard ait expirer la V e r tu ...\n\n\n    Des vautrem ents infinim ent v oluptueux, sur l’or divin\ndes P ensées,\ns’é ta le n t...\net adoraverunt eos quos fecerunt digiti.\n   O sens !\nsu b tilités charm eresses des yeux frangés d’am our,\nsouplesse des corps pâm és en l’horizon des ex ta se s...\n   O sens !\net curvatus est homo, et humiliatus est vir !\n\n\n    .. .E t le Ju ste écoutait jo u ir les apostats du B ien.\n    Il déploya sa dextre et l’orgueil de son front su r la\nh an tise laide et vile d u P éché.\n    D e très loin, p ar dessus les océans d’am ertum es et\nd ’im puretés, s’o u ït sa voix de c h â t i m e n t ........................\n\n\n   « Je suis l’O m bre,\nl’O m bre qui va glacer les joies !. . .\n   Je suis l’envoyé de l’E lu ,\nje suis le verbe d u V erbe.\n"}, {"page_pdf": 26, "texte": "                        A u Pays du Péché.                       19\n\n   L ’H om m e a prostitué son am our et son culte en l’ado­\nration des esprits de l’E n fer ;\n   L ’H om m e a failli dans le sentier de son éternité ;\n  l’H om m e a péché devant l’U n iq u e !\n\n\n   J e suis le R em ords scru tateu r des âm es, je suis Celui\nqui p u n is ...\n   E t m on S eigneur m ’a dit :\n   Non laxabo illis !\net le rep en tir sera vain, car est passé l’in sta n t des m isé­\nricordes. ..\n   L a T erre va su p p o rter le jo u g de l’infam ie et la crisp a­\ntion des D ésirs.\n   Incessam m ent vont m onter vers u n Idéal de Vice des\nlourdeurs diaboliques et des clam eurs féroces.\n   Des litanies d’im p u reté vont s’égrener dans le silence\ndu ciel, et l’aveuglém ent va couvrir la T erre.»\n\n\n  E t le Ju ste abaissa sa dextre vengeresse, et tout fut\naccom pli !\n                                       A . deS T A S S A R T .\n\n\n\n\n                            ttrueil.\n\n        L'ange blond du réveil m'a frôlé de son aile :\n        des sourires divins se pâment sur mes livres\n        et des sources de charme ruissellent dans mes yeux.\n        L'ange blond du réveil m'a frôlé de son aile...\n"}, {"page_pdf": 27, "texte": "    20                         Réveil.\n\n         J'entends au loin la voix du coq\n         qui chante l'effroi roux de la mourante nuit.\n         J'entends au loin la cloche, toute bronzée d'espoirs,\n         qui tinte en la brume amorale...\n\n         Et,comme un beau guerrier, vêtu d'or et de gemmes,\n         brandissant une dague à l'éclat martial,\n         l’orgueilleuse folie du Rêve triomphal\n         passe dans la candeur de mon cerveau qui prie !\n\n            14 M ai 1894.\n\n                                         Arthur T O IS O U L .\n\n\n\n\n                      L es M a îtres.\n                     PAGES D É T A C H É E S\n\n\n\n\n                  Hymne à un morceau de peinture de Hais.\n\n                                I.\n\n    L ’h allu cin an te ouvrière que T a M ain, ô F ra n z ; E lle\ntransm et — E T L ’IM P O S E — le vertigo — S O N E N ­\nT I T É — ainsi q u ’une essorante gym nasiarque, dont\nl'a s c e n s io n — T E L L E C E L L E D ’U N E E L F E (*) —\n"}, {"page_pdf": 28, "texte": "                        Les Maîtres.                     21\n\nvers le cônique plafond en toile d ’un cirque, pirouette\nses virevoltes délirantes ju sq u ’à une retom bée, comme\nvolontaire — S O U R IA N T E E N C O R E , N U L L E ­\nM E N T F R O I S S É E , E T M O N O C L E B IE N E N\nP L A C E T O U J O U R S — en le restreint cercle, à la\ncraie tra c é , d ’où — S O U D A IN T A N T O T — elle bon­\ndit.\n\n                             II.\n\n  A insi, T a M ain — D I P T È R E N A G E A N T A U\nR A Y O N — volette ses évolutions m ixtilignes et rythm e\nses voltigem ents ép erd u s — P A R M I L A T O I L E\nV IB R A N T E — su r T a chanson to n itru an te et,je parie,\nfort grivoise.\n\n\n                             III.\n\n    T a palette — R E V Ê T U E D E S E S P A T E S M U L ­\nT I F L O R E S — est belle com m e serait belle une jonchée\nde tulipes fabuleuses ; T a brosse — E N I V R É E — y\nfait des cataclysm es d ’éblouissances, des charivaris\nd ’arcs-en-ciel, des m osaïques et des vitraux de rêves\nopiacés.\n\n                             IV .\n\n   C’est le laboratoire où E lle créa les opulences dont\nruissellent T es œ uvres ; le Creuset où, — P O U R L E S\nÉPA N D R E RO Y A LEM EN T EN UN T O R R E N ­\nT U E U X B A R B O U IL L A G E — E lle fusionna —\n"}, {"page_pdf": 29, "texte": "   22                          Les Maîtres.\n\n\nT R A N S M U T A T IO N D I V I N E — les coruscations\néclatantes de leurs pâtes, plus précieuses que l’abraxas,\nla chrysoprase ou la chim érique pierre.\n                                                A. L E V È Q U E .\n   (*) L e fém inin n 'est ju sq u e m ain ten an t po in t donné à ce m ot de\nsi charm euses suggestions. L a sensation et la fan taisie com plices,\nm 'in c itè ren t donc seules à l'éc rire a in si ; — ce qui re n d p lu s exac­\ntem ent m a pensée au reste — je les laissai me conseiller et s’é b attre\nen atte n d an t les futures décisions sacrées des Im m ortels.\n                                                                    A. L.\n\n\n\n\n                  M odern ism e étranger.\n\n\n\n    M odernism e ! E st-il bien perm is d ’ap p eler ainsi un\na rt puisé à des sources vieilles de q u atre siècles et qui\nn ’a de n e u f p o u r n o u s q u ’un aspect n o n habituel,\ncontraire à ce que nous avions pris p o u r b u t de notre\nesthétique et ne rap p elan t la n atu re q u ’à travers un\nprism e déform ateur, suggestif m ais trad u cteu r : or on\nsait q u ’il est peu de différence entre une traduction et\nune traîtrise !\n    P o u rta n t c’est bien un style nouveau qui s’im plante\nto u t doucem ent chez nous, un a rt anglais, néo-gothique,\nun peu R enaissance, assez h y b rid e, et qui ne gagnera\npas un sang plus p u r en d evenant à dem i belge !\n    M ais le sort en est jeté ! N ous allons subir une m éta­\nm orphose (m om entanée heureusem ent) en Old England,\n"}, {"page_pdf": 30, "texte": "                     Modernisme étranger.                    23\n\n\net The Studio est en tra in de nous inon d er de types b ri­\ntan n iq u es qui seront aussitôt la proie de ceux qui\nveulent innover q u an d m êm e, sans savoir ni prévoir ; et\nl ’on s’écartera encore de quelques brasses du rivage où\nl’on au rait pu ab o rd er !\n    E t l’on d ira une fois de plus que les Belges sont nés\nsinges ou contrefacteurs et q u ’ils n ’o n t p o int d ’a rt ni de\ngénie pro p re ! F ran ch em en t, il sera difficile de s’in su r­\ng er contre ce reproche, car, cette fois, le coup part de ce\nq u ’il y a de plus vivant p arm i nous : des prom oteurs de\nl’a rt jeu n e, m oderne, libre, et plus du tout d’un clan\nasservi à une esthétique réglem entaire !\n    E sp éro n s q u ’il n ’y a là q u ’un m alentendu encore, ou\nbien u n essai de tran sitio n . N o u s som m es le prem ier à\ndéclarer que la note nouvelle qui est une im itation des\npréraphaélites anglais et en m êm e tem ps des m anuscrits\nanglo-norm ands, des m aîtres florentins traduits p ar de\nvrais artistes tels que B u rn e Jones, R ossetti et leurs\ncongénères, est parfaitem ent esthétique et s’adapte à un\nart appliqué, et nous n ’avons pas g rand m érite à cette\nsincérité, car les exem ples com m encent à abonder. Mais\nc’est u n pas vers l’art cosm opolite, sans caractère de\nrace, sans gran d eu r, et de plus c’est u n retour vers le\nponcif tan t d é c rié . Cela s’appelle to u rn er dans un cercle\nvicieux.\n    Q uoi ! L ’on est écœ uré de la trad itio n académ ique,\nqui ne donne plus rien de neuf, d o n t les m odèles innom ­\nbrables, aux m ains de tous, p ro d u isen t un a rt factice\navec ap parence de correction, et l’on se m et à forger de\ntoutes pièces une tradition qui, elle aussi, dans peu\nd ’années, sera tom bée dans la banalité par la profusion\ndes types, et la facilité de les im iter superficiellem ent !\n"}, {"page_pdf": 31, "texte": "   24                 Modernisme étranger.\n\n\n     Q uel avantage alors à cette évolution qui n ’est q u ’un\n palliatif, et p ourquoi ne pas tendre de p rim e abord à\n u n style orig in al, à nous ? C ar un style, il en faut abso­\n lum ent, n o n p o u r ce que les A nglais appellent Fine art,\n m ais applied art ; sans style déterm iné, pas d ’art ap p li­\n qué, pas d ’o rnem entation industrielle, m onum entale ou\n m obilière. Certes, l’éclectism e peut arriv er à des résultats\n a m u sa n ts, a une variété récréative, jam ais à la g randeur.\n Conçoit-on un architecte qui m êlerait dans le plan d ’un\n b âtim ent les form es tourm entées des idoles japonaises\n ou h in d o u es, aux m otifs L o u is X V , gothiques et grecs\n p u rs ? Q uel salm igondis d ig n e d ’un yankee, à m ettre en\n regard du T em p le de M inerve A p tère ou de la chapelle\n d ella S pina, du b ord de l’A rno !\n    L a p rin cip ale difficulté de la m éthode éclectique gît\n dans la nécessité prim ordiale de l’h arm onie dans toute\nœ uvre d ’art, et l’entente d ’un style qui est une conven­\n tion, sans doute, m ais in d ispensable dans l’a rt décoratif\n où l’u nion de différents genres est toujours recherchée,\na p o u r loi constitutive cette harm o n ie, ou, p o u r m ieux\n dire, cette unité de conception.\n    D u m oins c’est toujours ainsi q u e l’a considéré le\ngénie h u m ain , désireux de voir réaliser l’inspiration\nd’un hom m e par les efforts de ses subo rd o nnés. L ’a n a r­\nchie artistique p eu t, il est vrai, répudier cette su b o rd in a­\ntio n , ten ter l’œ uvre collective d o n t toutes les parties\nso n t laissées à des initiatives différentes : on ab outira\nainsi à des œ uvres très variées d ’aspect, intéressantes,\nsingulières ou m o n stru e u ses, m ais qui ne perm ettro n t\npas le jugem ent, et ne satisferont jam ais le sens du\ngoût, qui doit co m m u n iq u er une sorte de saisissem ent à\nla prem ière vue des g ran d es lignes d ’une œ uvre d ’art.\n"}, {"page_pdf": 32, "texte": "                    Modernisme étranger.                25\n\n\n     Il en serait de m êm e en littérature d’une rhapsodie\n formée d’une foule de fragm ents provenant de sources\n diverses ; même étant d’une qualité parfaite, ils ne\n po u rraien t nous satisfaire a u ta n t q u ’un poèm e conçu\n d ’après u n p lan grandiose, varié dans ses détails tout\n en p oursuivant son cours vers le but final de son\nauteur.\n     L a rhapsodie nous laisserait u n regret ; le poèm e\nnous oblige à confesser la puissance et les vues d’en­\nsem ble de son auteur.\n     Il est des périodes transitoires, im proprem ent nom ­\nmées de décadence, où une destruction m éthodique est\nnécessaire et sentie. N otre m odernism e est une de ces\npériodes, et son b u t (à courte distance, trop courte) a\nété ju sq u ’ici de faire table rase d’une foule d ’abus, de\nchinoiseries, de routinières conventions. Mais déjà naît\nau loin p o u r les voyants, (et ils sont plus nom breux que\nja d is , et com m encent à voir de bonne heure) une aurore\nnouvelle, au nim be encore voilé si l’on veut, m ais qu’il\ns’agit p o u rtan t de pressentir et de préparer.\n    L ’o rientation, telle est l’in quiétude de ceux qui cher­\nchent le rayon de lum ière, et ces essais m anqués, ces\ntâtonnem ents grotesques com m e les tentatives de l’e n ­\nfant nouveau-né, n ’ont p o in t d’autre cause.\n    Il s’agit de se soutenir, de s’en tr’aider, n on plus d’a­\nbattre des idoles délaissées, encore m oins de lutter pour\nm archer su r le corps des rivaux, p o u r arriver où ? Il\nfaut d’abord le savoir. O r, p o u r ne p arler que d ’art,\net mêm e d’art appliqué, de celui qui doit p a r le peuple,\np ar l’indu strie, régénérer l’autre, (l’art de l’idéal, sans\nau tre tendance que l’adoration du Beau) il règne en ce\nm om ent un désarroi, une angoisse, parm i tous ces\n"}, {"page_pdf": 33, "texte": "   26                   Modernisme étranger.\n\n\nchercheurs que désespère l’in u tilité de leurs efforts vers\nle neuf.\n   D ire q u ’ils ne s’y p re n n e n t pas bien, est facile certai­\nnem ent q u an d on se b o rn e à in d iq u e r l a voie à su iv re s ans\nen trer résolum ent soi mêm e dans l’engrenage. E t cepen­\nd an t c’est un devoir, en atten d an t m ieux.\n\n        (A suivre.)                              E d g ar BA ES.\n\n\n\n\n                            B a b y l o n c ,e\n                      tragédie wagnérienne en 4 actes, du Sar Péladan.\n\n\n  L a P ensée et le M ystère, voilà su r quelles bases le S a r a édifié\nsa Babylone.\n  Q ui o serait n ie r la puissance p restigieuse du M ystère su r l'â me ?\nD ep u is le com m encem ent des âges, l'h u m an ité se passionne à\nl’investigation h ypothétique de la cause p rem ière. E n v a in , notre\nim agination s'égare à la p o u rsu ite de chim ères qui, cependant,\nnous han ten t, se fluidifient, dirai-je m êm e, p re n n en t une form e,\np én ètren t en nous, hum en t nos m oindres sentim ents. L 'aim an t\nch arm eu r des sciences occultes nous a ttire san s cesse à lui ; nous\naim ons à nous élever dans le pâle ciel de la m étaphysique. L es\npassions ont beau se to rd re les entrailles en des désirs fous et\nb a v er su r nos corps de lâcheté, l’Idée n'en plan e pas m oins su r\n"}, {"page_pdf": 34, "texte": "                                    Babylone.                                     27\n\nle m onde, im m atérielle, im périssable, triom phante!\n  E h bien, Babylone développe tout sim plem ent cette donnée : —\nvieille si l'on veut, m ais toujours a d m irab le — L a prééminence de\nl'esprit sur la matière. C 'est, com m e Parsifal, une étude sym bolique\na pprofondie de n o tre sœ ur P sy ch é. D e plus, cette pièce est écrite\ndans un style délicieusem ent m ajestueux, ru tila n t, sonore                         et\nsuggestif, d ’où sem ble su rg ir une étrange et a u b ale clarté de réno­\nvation m ystique, un en iv ran t parfum de fleurs p arad isiaq u es.\n  N ous ne résum erons pas l ’action de Babylone, déjà connue sans\ndoute de nos lecteurs. N ous nous bornerons à d ire que le G rand-\nM aître de la Rose+ Croix, du T em ple et du G raal a p resq u e atteint,\ndans cette œ uvre incontestablem ent esthétique, à la perfection\nidéaliste et m orale.\n  H om m es de génie, ceux qui, com m e lui, m éprisent l’ignare,\nfoulent aux pieds les sots préjugés, et ne s’a rrê te n t point au seuil de\nla vaste et tan t divine P en sée !\n                                             Arthur       T O IS O U L .\n\n\n\n\n          Quelques mots sur les G recs.\n                                           A propos d'un livre récent, (*)\n\n  Ce livre, je l’ai lu insoucieusem ent d ’ab o rd , puis en m ’attachant\npeu à peu à m a lecture, ju sq u 'à m ’enivrer des délicieux parfum s\nantiques qui s'en dégagent.\n  F a isa n t abstraction de l ’histo ire docum entaire, dans laquelle\ntous les a u te u rs sont forcés de se tra d u ire m utuellem ent, et que\n\n     A b rég é d e l'H istoire grecque, p a r M . C, N ourry. — L Ebêgue & Cie.\n"}, {"page_pdf": 35, "texte": "    28                   Quelques mots sur les Grecs.\n\n\ncelui-ci a résum é d ’u n façon très m éthodique et très com plète,\nj ’ab o rd e im m édiatem ent la p a rtie originale de l'œ uvre : les obser­\nvations m orales, littéraires, a rtistiq u es su r la G rèce. N'est-ce pas\nlà ce qui intéresse les intellectuels?\n   E t tout d ’ab o rd , il y a, au d ébut de l'ouvrage, u n c h ap itre in ti­\ntulé : I n f l u e n c e d u   m il ie u   p h y s iq u e   sur   le   g é n ie   d es   G recs.\n\nJe ne crois pas qu 'il soit possible de résu m er de façon plus person­\nnelle tout ce qui a été d it su r cette question : le p a rticu la rism e des\nG recs et le m orcellem ent irrém éd iab le de le u r territo ire , s'expli­\nq u a n t p a r le relief de le u r pays ; la diversité de leurs coutum es, de\nleurs m œ urs, de leu rs dialectes et de leu rs a p titu d es ; et, com m e\nconséquence, la v ariété san s exem ple qui fait de le u r civilisation la\nplus b rilla n te et la p lu s féconde que le génie hum ain ait fait éclore ;\nenfin, et su rto u t, l'influence exercée su r le u r ém otivité p a r les\ncontrastes de toute natu re, fondus en u n h arm onieux ensem ble\nque p résente de toutes p a rts le u r pays ; influence qui a fait des\nG recs les A d o rateu rs p a r excellence de la B eauté, ne p e rd an t\njam ais de vue le souci du goût et de l'harm onie, de la n etteté et de\nla précision.\n  J'a im e aussi beau co u p les pages consacrées a u m ode de form a­\ntion des colonies grecques : tout p a r la religion. N ’est-ce pas elle\nqui fait les peuples forts ? E t n ’est-ce pas elle, com m e le fait ju d i­\ncieusem ent re m a rq u e r l'au teu r, qui a donné aux G recs, com bat­\nta n t p o u r leu rs dieux, leurs victoires éternellem ent m ém orables\nsu r les b a rb a re s im pies et in souciants de l ’Asie ?\n   L 'ap erçu s u r la civilisation grecques au X e siècle est très fouillé.\nC 'est H om ère qui est no tre in itiate u r en cette période, et d e la\nP oésie n a ît l'H isto ire.\n   L e c h a p itre des m œ urs est excellent, de m êm e q u e celui consa­\ncré à la religion hellénique. Les m anuels em ployés dans les classes\nlaissen t trop cette question dans l'om bre. Son é lucidation p rim o r­\ndiale n ’est-elle p a s nécessaire                cependant à la com préhension\n"}, {"page_pdf": 36, "texte": "                     Quelques mots sur les Grecs.                     29\n\nnette et définitive des poètes grecs? E t puis, quel jo u r lum ineux\ncette étude jette su r le sym bolism e a n tiq u e ! N e p erd-on p a s s e s\npréventions contre la nouvelle école littéra ire à l'évidente consta­\ntation des m êm es tendances chez nos M aîtres illustres ? L e sym bole\nétait p a rto u t chez les G recs, et c ’est ce q u e M . C. N o u rry a su\nparfaitem ent faire ressortir, en expliquant m êm e l'un ou l'au tre\nm ythe.\n   L ’a u te u r n ’a p a s m oins soigné les pages où il fait l'étude som ­\nm aire de la littéra tu re grecque à ses diverses époques. E n quelques\np h ra ses sim ples et facilem ent assim ilables, il donne la note géné­\nrale du génie d'H om ère, d ’E schyle, de Sophocle, d ’E u rip id e ,\nd 'A ristophane, de Socrate, de P la to n et de leurs p a irs. Ce m ’a été\nune joie véritable de repasser avec lui l'exposé des différents\nsystèm es de philosophie qui ont successivem ent alim enté les intel­\nligences anciennes et qui nous ravissent encore m algré le u r vétusté.\n  M ais l'espace m e m anque p o u r d ire tout le bien que je pense de\nce livre. J e ne veux p o in t term in er c ep en d an t sans ad resser des\néloges à l'idée ingénieuse q u ’à eue M . N o u rry en illu stran t son\nœ uvre de ces petites vignettes, intéressantes et bien faites, qui nous\ndonnent un aperçu de ce que fut l’a rt en G rèce. (Je ferai cette\nre m a rq u e spécialem ent p o u r ce qui regarde le théâtre et ses acces­\nsoires.)\n  E n som m e, bon m anuel p o u r les petits et excellent résum é p our\nles grands qui ont eu le courage de ne point d ire un éternel adieu\nà leurs prem ières études.\n\n                                            G eorges    RAN CY.\n"}, {"page_pdf": 37, "texte": "   3o                  Pages de tendresse vague.\n\n        P a g e s d e te n d r e sse\n                                  et N o u v e lle s de W a llo n ie ,\n               par A rthur Daxhelet. (Lacom blez, B rux.)\n  L es poètes de W allonie sont actuellem ent ceux d o n t on s'occupe\nle p lu s. E n u n récent article, p a ru d a n s une R evue liégeoise, et\nconsacré p récisém ent à la recherche et à l'étude de l'âm e w allonne,\nM . W ilm otte p arle élogieusem ent de D axhelet d ont il com pare le\nc h arm an t poèm e des Mains à c ertaine v ib ran te page de G régoire\nL eroy. « R ien n'est p lu s dissem blable, dit-il, que ces deux visions,\naussi im m atérielles l ’une q u e l'au tre. Si je ne craignais le reproche\nde vaine réth o riq u e, je d irais que R om e illum ine la prem ière, et\nque la seconde nous em porte vers les forêts de légende ger­\nm aniques. » E t, en effet, c'est bien vrai. L ’A rt n'a pas de pays ni\nd ’âge, m ais il a certes ses nuances : chaq u e liv re nouveau qui\np a ra ît en B elgique nous en ap p o rte u n e p lu s m anifeste preuve.\n  T el que G. G a rn ir, le talentueux a u te u r des Charneux, M. D axhe­\nlet s’est profondém ent in sp iré de la contrée qui l’a vu naître, et il\nen a délicieusem ent décrit, dans ses Nouvelles, la poésie sauvage,\nfière, gracieuse et douce. Son Ame wallonne, su rto u t, est exquise de\nnaïveté et de psychologie. N ous aim ons aussi sa Fiancée du Nuton.\nC'est assurém ent le souvenir d'une de ces h istoires fantastiques,\ncontée, u n soir, au coin du feu, qui lui a u ra suggéré la com posi­\ntion de cette jolie légende.\n  N ous ne dirons pas a u ta n t de bien de ses Pages de tendresse vague :\nnom bre d ’en tre elles nous p a raissen t m ièvres, pas suffisam m ent\ntravaillées.   C ertains   m orceaux, Croquis idyllique, Les heureuses\npetites fleurs, Souhait, sont m êm e incorrects et dem andent une\nsérieuse retouche.\n  N ous souhaiterions volontiers que M . D axhelet essayât le vers\nlib re ; tro p souvent, les capricieuses exigences de la rim e sont\npréjudiciables à son talent.\n                                              A rthur    T O IS O U L .\n"}, {"page_pdf": 38, "texte": "                                       La Vie.                                 31\n\n\n                                    L a V ie,\n                              par Charles Bronne. (Liège, M iot & Jam ar.)\n\n   O n p o u rra it beau co u p re p ro c h e r à M . B ro n n e : des longueurs\ndan s l ’une ou l'a u tre légende et des ph rases parfois fort négligées.\nOn p o u rra it d ire que certaines d escrip tio n s m an q u en t de vie ;\nq u ’on y sent tro p la m anière du d essin ateu r co rre c t ; bref, qu'elles\nsont trop réalistes dans u n livre où tout tend à l'Id éa l. Je serais\nm êm e ten té d ’ajo u ter que, dans la Vie, la poésie confine parfois au\nvague.\n  Je n ’a ttrib u e d ’a illeu rs q u ’à l ’insuffisance d u trav ail la p lu p a rt de\nces défauts. L es q u a lités du livre les ra c h è te n t en partie.\n   M . B ro n n e a su m ettre du c harm e d a n s m aintes légendes'. L ’Étoile,\nla Consolatrice, le Sphinx et, su rto u t, la Fleur de neige, à m on avis le\nplu s beau m orceau du livre, ont une gran d e intensité d e m o tio n et\nune éloquënce sim p le . R ien de p lu s exquis, sous ce ra p p o rt, que le\np o rtrait de la m ère d a n s cette d e rn iè re pièce.\n   Je me b o rn e ra i à in d iq u e r très brièv em en t la donnée philoso­\np hiq u e de la Vie :\n   L a vie m atérielle ne donne p a s le vrai b o n h e u r ; celui-ci n ’existe\nq u e d a n s la vie de l’esp rit, dans le Rêve, l’Idéal, l ’Infini. L ’am our\net l’a rt, l ’égoïsm e et l’orgueil, la m ort sont des ty ran s. M . B ronne\noppose la c ru au té de cette ty ran n ie au b o n h e u r q u ’on éprouve\nda n s les élans vers l’insaisissable B eau ; la folie sublim e, telle est\n« la R aison de vivre ».\n   P o u r to u t résu m er en un m ot, il n ’y a que la p o n d é ratio n qui\nm anque au ta le n t de M . B ro n n e. A ussi, son d é b u t fait-il bien\na u g u rer de sa p ro ch ain e p ro d u c tio n .\n                                                     P aul   FER TÉ.\n"}, {"page_pdf": 39, "texte": "32                                 Broutilles.\n\n                           B R O U T IL L E S .\n                                           n'est possible qu'en sup p o ­\n                                           san t la co nnaissance du\n   «S’il s'agit de form er une             latin . D u       reste, encore\nélite intellectuelle, capable              u n e fois, to u t cela ne rem ­\nde recu eillir l’héritage de               p lac era jam a is la tra d u c ­\nce que la terre a p ro d u it de           tion, cette assim ilation to­\nplu s p arfait et de tran sm e t­          tale, cœ ur et esp rit, au\ntre cet héritage in ta c t aux             tem ps, à la vie, aux idées, à\ngénérations futures, en y                  la langue, aux m ots m êm e\najo u tan t les p ro d u its nou­          de l'a u te u r q u'on trad u it :\nveaux de la haute cu ltu re                cette tension intellectuelle\nde l ’esp rit, rie n ne peut               n 'a u ra jam a is d ’équivalent\nrem placer l’étude ap p ro ­               q u a n t aux ré su lta ts p r a ti­\nfondie des hum an ités clas­\n                                           ques.\nsiques. »\n    T el est le sentim ent de\nM . G ilkin et de la Jeune\nBelgique su r la question des                 N o tre p ro c h ain n um éro\nhum an ités classiques, ques­              c o n tie n d ra un fragm ent de\ntion passionnante au p re ­                En Plaine, œ uvre inédite\nm ier chef. N ous ne pouvons               de notre ami et c o llab o ra­\nq u e nous y ra llier. Sans                te u r C lassant. P a ra îtro n t\nre to u rn e r à l ' i m i t a t i o n     aussi de lui : U n e réflexion\ngréco-latine, il faut que les              su r H a m le t et une étude\nintellectuels se n o u rrissen t           su r W alter W ithm an.\nde la m anne esthétique\nta n t généreusem ent d istri­\nbuée p a r les grands clas­                      P a r le s R e v u e s .\nsiques anciens. D 'ailleurs,\nil ne faut pas ou b lier que                  A la Nervie : D u D estrée,\nles études n ’ont pas u n iq u e ­          du M ockel, d u M arlow , et\nm ent p o u r b u t l’ornement de           une c h ro n iq u e de E d g ar\nl ’esp rit, m ais aussi sa cul­             Baes.\nture. N ous nous dem andons                   Au Réveil : L es disciples\np a r quoi l'on p o u rrait bien            à Saï s, p a r N ovalis, tra d .\nrem placer la t r a d u c t i o n           de M . M aeterlin ck ; des\ndes au teu rs grecs et latins,              proses de M au b el, S é ra s ­\np our a rriv e r aux m êm es                quiez, P . L eclercq ; des\nrésultats de gym nastique                   vers de Rassenfosse, L e d e n ,\nintellectuelle. L es m athé­                et la chro n iq u e littéra ire\nm atiques, ce qui n ’est pas                de M . A rnay.\nd isc u té , n e       s’adressent            Au Libre Journal : U ne\nqu'au Jugem ent. L es scien­                légende, de P . G erm ain,et\nces que préconise M . G eor­                des vers de T oisoul.\nges D w elshauvers ne regar ­                 A la Jeune Belgique : L a\nd e n t q u e l a M ém oire. L 'étu ­       tentatio n de S an d ro B oti ­\nde sérieuse, approfondie de                 celli, de M . G iraud.\nla       litté ra tu re française\n"}, {"page_pdf": 40, "texte": ""}, {"page_pdf": 41, "texte": "                                 Stella.\n        R E V U E M E N S U E L L E D ’A R T & D E L I T T É R A T U R E\n\n\n\n\n                             ABONNEM ENTS :\n               B E L G IQ U E : U n a n ..................5 f r a n c s .\n               U N IO N P O S T A L E ..................6 f r a n c s .\n\n\n\n\n          S ecrétaire de R é d a c tio n : A r th u r T o iso u l.\n                  A d m in istrateu r : A . BOURGOM .\n       C o m ité de R é d a c t i o n : H e n r i d e C L A S S A N T ,\n          E d g a r BAES,      R o b e r t SA IN T E - E S T E L L E ,\n          G eorges      B A L A T , A lbert de ST A SSA R T ,\n         G e o r g e s RANCY.\n\n\n\n\n        L es m a n u sc rits n on insérés ne so n t pas rendus.\n\n\n\n  Stella ne publie que de l’i n é d i t et laisse à chacun de ses collabora­\nteurs la responsabilité de ses articles et de ses opinions.\n\n\n\n   Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra\nà la Rédaction.\n\n\n            Stella est en vente :\n          A B r u x e ll e s , chez Istace; chez W attiau, rue de Longue-\n            Vie ; chez Lacomblez, rue des Paroissiens.\n          A M o n s , chez Magerman, 15 rue de l'Athénée.\n          A G a n d , chez A d. Hoste, rue des Champs.\n          A L iè g e , chez Gnusez, rue du Pont-d'Ile.\n          A V e r v i e r s , chez Gilon, Pont St. Laurent.\n          A P a r i s , Chez Chérie, rue Halle.\n        Im prim erie G. B A L A T , rue Potagère, 5 7 , Bruxelles.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 1, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1894-06", "signet_source": "Première année - N°1 - Juin 1894", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 06", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}