{"numero_id": "ulb-stella-1894-07-n2", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "articles": [{"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-001", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Pr e m i è r e A n n é e     Stella,", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 42, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 503, "texte": "Pr e m i è r e A n n é e     Stella,\n  — J u i l le t 1 8 9 4 .\n                             Revue mensuelle d’A r t et de Littérature.\nnuméro : 5 0 c e n t.\n\n\n\n                                           D irectio n : R ue V a u tier, 38, B r u x e lle s.\n\n\n\n\n                                 scintille e t m onte plus av a n t\n                                 d an s l’E ther, bien au d elà\n                                 des brum es et des ém anations\n                                 d e la fange.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-002", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 33, "page_fin": 41, "titre_corps": "Fragment", "titre_sommaire": "Fragment", "rubrique": "", "signature_source": "Henri de CLASSANT", "ancre_debut": "Fragment.                                    33                               F r a g m            e n t . (*)                   L a mort du vi", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 44, "page_imprimee": 33, "debut_caractere": 37, "fin_caractere_exclue": 1120, "texte": "Fragment.                                    33\n\n\n\n\n                          F r a g m            e n t . (*)\n\n\n\n               L a mort du vieux Sarne.\n\n\n\n\n   Ici, les vieux hiboux h u ppés, ro u an s et saures se d an ­\nd in en t et froissent les cristaux alcalins sous les ciels\nrouges m arbrés des h aines, entrelacem ents des couleurs\norgiaques de la m ort et de l’am o u r, a u to u r d’une m asure\ndécloisonnée p ar où les hululem ents p én ètrent, et les\nbêlem ents des ag neaux fourbus que les louves p ressent,\nles craquem ents des cactus secs et des ronces galactites,\nles lièvres apeurés qui se frôlent, les b attem ents d ’ailes\n\n    (*)N o u s c ro y o n s b ie n fa ire e n p u b lia n t e n u n e fo is ce lo n g\nfra g m e n t to u t d ’im a g in a tio n e t d e rê v e ; n o s le c te u rs n o u s en\ns a u r o n t g ré , p e n s o n s -n o u s , ce m o rc e a u é ta n t u n d e s p lu s\nr e m a r q u a b le s d e E n plaine, liv re a u q u e l n o tre a m i d e C la s s a n t\ntra v a ille d e p u is p lu s i e u r s a n n é e s d é jà .         N . D . L . 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E n ten d s-tu les\n"}, {"page_pdf": 46, "page_imprimee": 35, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1915, "texte": "                           firagnichli                       35\n\n\nalouettes qui p leu ren t et les b ru a n ts qui les consolent,\nô toi, bébé de grâce et d ’espérance ? E t le g rand soir de\nsarcasm e qui g ronde et les voix inco n n u es qui ap p ellen t ?\nP au v re S a rn e , placide cœ ur et nerfs de fem m e, les lièvres\ntro tten t, tu vas m o u rir !\n   E t, soudain, dans l’opacité des troubles rêves et des\nvisions poignantes, la résu rrectio n des d ouleurs, à tra ­\nvers le m asque de toute l’ancestrale lignée, les craintes\net les sentim entalités apprises se fu sio n n en t en la sym ­\nbolisation d ’u n e effroyable p eu r — celle d ’un suicidé\ndans une p lain e nu e, au to u r des hiboux qui se gaussent\net des agnelets qui g é m is s e n t... — car u n coup de feu s’est\nfait en ten d re, et la fenêtre terne derrière laquelle Sarne\nagonise s’est g ran d ie d ’u n flam boiem ent de cartouche\ncrevée.— E t la n u it plom be et g lace, les brises flagellent,\net les brousses poudrerisées des sels v enus des grèves,\nnerveusem ent se courb en t et chassent les lièvres qui\nrô d en t, h ag ard s et p eureux, partout.\n   E t la g ran d e épousée se signe, tandis que le petit hom ­\nm e blo n d traverse la p lain e à la volée, écrasant les herbes\nm auvaises de la terre froide où les êtres crépusculaires\nse croisent et les nécrophores défossent.\n   .. .I 1 r e n tr e ... S arn e rem ue.\n   — A h ! garce de vie, on ne p eu t d onc m o u rir ?\n   E t ses yeux glauques m o n tren t, à la clarté d ’une veil­\nleuse qui fum e à terre, su r les planches de cèdre co rro ­\ndées p a r les m an d ib u lles et les dards, le lièvre de l’heure\npassée, m ortellem ent coupé à la n u q u e, celui qui, ferme\nsu r ses pattes de devant, étirait son arrière-train de\nm isère et m âchait les m ousses sèches des m ers de neige,\nque les vents déposent.\n   — C ’est p o u r votre d éjeuner de d em ain , dit S arne,\n"}, {"page_pdf": 47, "page_imprimee": 36, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1826, "texte": "   36                      Fragment.\n\n\n en u n ricanem ent plein de rage.\n     E t le p etit hom m e blond songe que sa fem m e est .\n heureuse, que les lièvres détruisent ses p lan ta tio n s, et\n que le vieux S arn e va trépasser à la lu n e nouvelle.\n     E t le ro ngeur servit de régal aux cabylans m aigres,\n parce que la jeu n e femme pensait :\n     — Il m e parait que la m ort a tu é le lièvre et que\n S arne dit sa dernière prière.\n     E t l’aube se leva m oins rouge et plus énervante,\n m inaude et chatouilleuse.\n     E t , m aintenant, les crispations des nerfs apoplectiques\n et des m usculatures apophysées s’ajo u rn en t en raies\n bleuâtres su r le m asque blêm i du m ort p ro ch e. E t l’heure\n inaugure l’éternité de la m atière passive qui va s 'ép a r ­\n p iller de par les cagnées stériles, auprès des autres\n poussières — ô les vaincus d ’hier et de dem ain étageant\n les lits des fleuves futurs, aux tem ps im perçus dans\n l’infinité toujo u rs naissante !\n     E t dans la dégénérescense des chairs et l’allure des\n sangs diabétiques où le fer m anque, le vieux S arne à la\n vision surm enée en la processus de sénilité qui ressuscite.\n L es images des joies enfantines se m êlent aux enroule­\nm ents des fautes abâtardies; les paysages des belles\nverdures norm an d es aux fleurons des pom m iers qui\nru tilen t, défilent d ans l’azur ; les corolles parfum ées\npassent ; et ses n arines s’e n tro u v re n t et h um ent ; et les\nlacs d’or m iroitant les horizons d ’hier, et la vitalité u n i ­\nvelle et de m isère, la rage des haines accum ulées, la\nstratification des désirs a n n u la n t l’ém ulation des bontés\nnatives, les m inutes des vocations étouffées qui se révol­\nten t, depuis l’ap p aritio n de l’enfan t de chœ ur à la traîne\nsanguine frissant sous le surplis de dentelle en la m er\n"}, {"page_pdf": 48, "page_imprimee": 37, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1926, "texte": "                           Fragment.                       37\n\n  des cierges qui sym bolisent, ju sq u ’aux réduits des hontes\n  et des im puissances dans les carrières blanches des b an ­\n  lieues boueuses, antres des apaisem ents doucereux où\n les réfractaires de la vie, poursuivis p ar l’E n n u i tenace,\n — cette bête fauve aux yeux doux — v ien n ent s’ab riter,\n  dorm ir et rêver en leurs torpides débilités à jam ais m aî­\n  tresses. ..\n     T o u t cela défile, s’assoupit, s’enfonce et se réveille,\n to u t cela m ine et com m otionne les m oelles latentes de\n 1' âge m ûr déclinant à la caducité des énergies, par les os\n p erd an t leurs phosphates com m e ces bâtisses colossales\n d’où les chaux tom bent, laissant à n u les briquailles\n lézardées, ces chairs d ’altération difficile p a r où les\n usures en tren t et ravagent.\n     E t l’œil trem blotant de S arne qui s’éloigne, m oite\n d ’une rêvasserie vers les m oires crépusculaires du soir\nen fête, l’œil s’ouvre, ap p elan t en vain la lum ière. E t les\nanim alités de léthargie, vautrées en les vases solidifiées\net les rocailles, qui su rg iren t aux heures héroïques des\nfougères géantes se m iran t dans les m ares bleues, et des\nrêves, frissonnent sous les am ollissem ents du soleil qui\ntom be ; les cam éléons, ram pem ents d ’angles visqueux\naux contorsions d ’agonie qui, p arm i les sp len d eu rs in i­\ntiales fu ren t les rois et les m aîtres, égaux aux autres\nbatraciens ailés et de suprém atie d o n t les dégénérations\nexistantes sont les caricatures douloureuses et de dégoût,\nles tarentules aux pattes stim uleuses, ovoïdes dantesques\ndes cœ urs noirs, torren tu eu x et de répugnance qui, dans\nleurs m arches de furie, bondissent pareillem ent à des\nfautes anim ées, fuyantes et sans refuge, se crispant aux\népis vrillés que les blizzards lancen t; les crapeaux farcis\n  a r les fourm is tap ag eu ses, toutes les forces orgueilleuses\n"}, {"page_pdf": 49, "page_imprimee": 38, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "   38                        Fragment.\n\n\nd ’astuce et de lam entation se faufilent et s’efforcent\nd ’atteindre aux buts ignorés que les im ages d ’alentour\ncréent et im posent.\n    E t la n u it est redevenue toute noire, n u e et vide en l’im ­\npénétrabilité de ces m ultiples sentinelles du songe, les\nféeries im aginaires q u ’on devine et q u ’on ne voit p a s ...\n    E t le vieux S arn e s’est réveillé dans les soubresauts\nd ’une agonie partielle, allongem ent des extrém ités tac­\ntiles qui tâtent les néants douteux et de fantaisie, les\nongles gryposes et striés, m iroitant com m e si l’âme, se\ndiffusionnant du centre vital, craquait sa cuirasse dont\nelle em porterait les reflets en se sau v an t p a r toutes les\nissues à sa portée. A u to u r de la m asure, c’est encore les\npoules qui som m eillent su r leurs pattes sans branles, les\ngriffes contractées au to u r des sup p o rts de bois tendre,\nvireux et m angés d’excrém entielles orgies de nature.\n    Mais l’œil ne voit plus guère. Il s’est repu des ap p ari­\ntions finales et contradictoires, les chants et les travaux\nforcés des nécessités courantes ; e t, dans la n u it présente,\nqui p rélude à l’im m obilism e de sa charnalité décrépite, le\ncerveau lit p o u r la prem ière fois, en l’ensoleillem ent de la\nm ort ap p a ru e , le livre dupasse, to u t plein des m eurtrissures\net des révoltes.\n    E t l’or des jo u rs richissim es resplendit en coulées de\nlaves inépuisables d’où les doutes so n t exclus, où les\nélévations d ’âm e sont avilies, les m ensonges échafaudés\nsu r le palefroi de l’orgueil qui écum e, les sentim enta­\nlités salies par les suburres et les volitions en déroute.\n    E t S arne trem ble.\n    E t les flam boiem ents de l’am our, folies idéales éteintes\ndepuis les dégringolem ents aux spasm es vils, se posent\ndevant la vie com ateuse ; les enfants roses, ju p o n s de\n"}, {"page_pdf": 50, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1631, "texte": "                              Fragment.                          39\n\n\n dentelle, jam b es nues et tabliers blancs, crient, se cha­\nm aillent et s’en g u irlan d en t su r les pelouses vertes où les\ncerceaux ro u len t, où les balles b o ndissent su r les raq u et­\ntes, où les toutous tracassent, loin des chênaies aux\nfières et diffuses ram ures qui surplo m b en t deux am ou­\nreux de solitude et d ’errem ents.\n   O les baisers et les larm es, su r un b an c du ja rd in\np u b lic, en face d ’u n lac encerclé de pierre lisse où des\ncygnes h au tains se m euvent ! L a fille ainée q u ’on re­\npousse et délaisse, ap p araît en son ossature de dam née\nque le cœ ur m ange — gangrène de l’idéal n o n assouvi\n— et tous les presque m orts la tourm en ten t et l’irritent,\neux qui n ’o n t p lu s la ch air q u ’elle envie, elle qui n ’a\nplus les raffinem ents des am ours de sanctification q u ’ils\napp ellen t, p o u r ne pas aller en entier au néant com m e\nleurs corps.\n    E t S arne m eurt, ro u la n t au m ystère définitif d ’hier,\nen la noctu rn ité sans om bre de sa m asure q u ’il n ’ap er­\ncevait déjà plus parce que son em pire é tait devenu l’infi­\nni du tem ps et de l’espace.\n   E t d ans son ja rd in sont renversées les clôtures ; et les\nlevrauts ro n g en t les sandilles ; su r les deux figuiers et\nles trois p alm es, les chenilles jau n es su c e n t et ram p en t. E t\nles petits oiseaux blancs succom bent en pom p ant les sucs\ndes fleurs capiteuses, parce que le vieux S arne ne vient\nplus ratisser son chem in de chrom e, et que l’arro so ir est\ncrevé et le p u its sans âm e.\n   O ! la m ort, la m ort !\n"}, {"page_pdf": 51, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1888, "texte": "   40                      Fragment.\n\n\n     E t c’est la m ort, blanche et nue, la m ort appesantie\n en ses torpeurs, aux terres ignorées, la fin des hoquets\n et des succubes, la fin des im puissances ; et les vitalités\n rachètent leurs fautes en leu r transform ism e de dem ain\n d ’où coulera la sève p rin tan ière et d ’autres souffrances\n de cœ ur. C’est la m ort, « sœ ur ainée des am ours,\ntoujours v ierg e et toujours féconde» , berceuse des in q u i­\nétudes qui se désolent et se navrent, m ansuétude des\nâm es de m arb re et sans reproche, se gaussant des\nrem ords, et qui sourient en voyant passer les oiseaux de\nm auvais augure et de tristesse ; la m ort, source des\nlam entations h u m ain es, fée im placable aux buts ignorés,\naux secrets qui suicident, qui attire et désespère, fixe la\npensée de ses beaux yeux infinis, casse nos bras et nous\njette à la déroute de ses vœ ux ; la m ort, toutes les rages\net les soûleries qui m o n tren t D ieu.\n    E t dans la n udité lu m inaire et traîtresse, elle appelle\nles visionnaires du pauvre m onde qui écrase et rebute,\nla m ort, reine des anéantissem ents, révélatrice de l’im ­\nm ortalité, en la prem ière lueu r spirituelle de ceux qui\nglissent à la tom be, sans crainte et sans d am nation.\n    E t de ses im m obilités et de ces lassitudes n aîtro n t les\nvérités concluantes, les calvaires évoqués tom beront aux\nfluidités arom ales des fleurs, les C hrists vont descendre\ndes croix et revivre, et leurs yeux vagues et de servitude\nb oiront la lum ière et l’espérance.\n    O la vastitude des désespoirs, les heures hallucinantes\ndes attentes indéfinies, les peurs de l’injustice astucieuse\net rebelle qui crain t l’éclatant soleil et les chants d’église!\nC ruauté, n ’es-tu pas la terreur de ton om bre, quand tu\nrôdes p ar les lacs cuivrés des silences où tes soucis\nvacillent et se corrom pent. O la m ort ! la m ort !\n"}, {"page_pdf": 52, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 868, "texte": "                          Fragment.                       41\n\n   E coute les clapotem ents de fangeuses exécrations\ndans les cagnades !\n   L es chiens s’esq u iv en t, et les lièvres sautillent.\n   E lle enclora la vision des justificatifs désespoirs, la\nm ort, en ses nudités de ch air que les soleils ne ré ­\nchauffent p a s, m ais que les lunes bleues d iam antent ; ses\nfantoches seront galopés p ar la P e u r ju sq u ’aux horizons\nzébrés des tum ultes.\n   E t p ar les g ran d s soirs clairo n n an t les torpeurs des\nsolitudes rigides, les Sierras lointaines crouleront leurs\ncrêtes opalines aux nuages bardés des visions de crim e,\nen l’hiératism e des mélèzes, des pins et des cèdres am al­\ngam és sous les enchevêtrem ents sataniques des formes\nqui s’écrasent. E t les vides où les songes échafaudent !\n\n                             H enri   de   CLASSA NT.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-003", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 42, "page_fin": 42, "titre_corps": "Folie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur TOISOUL", "ancre_debut": "Folie.                                  F o lie .          Divinité d’Erasme", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 53, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1197, "texte": "Folie.\n\n\n\n\n                             F o lie .\n\n\n\n\n     Divinité d’Erasme, à l'œil hagard et rouge,\n     femme aux cheveux épars, au rictus effrayant,\n      aux longs bras décharnés et peints du sang farouche\n     des rages orgueilleuses et des haineux blasphèmes,\n\n     viens à moi ! viens à moi, les lèvres frémissantes,\n     les narines gonflées et le torse cambré ;\n     etje prosternerai aux pieds de ta magie\n     l'âme vierge et coquette de mes prières bleues !\n\n     Emplis la coupe lâche des gloires et des hontes,\n     et puis ordonne-moi d'y plonger mes regards !\n     Oh ! fais se lamenter comme un Désir captif\n     les plaies de mon cœur et la voix de ma n u it...\n     N e régnes-tu donc pas sur l'ivresse et la joie!\n     Le geste épouvanté de ta dextre ironique\n     ne se courbe-t-il pas sur la vaine Sagesse\n     sur la vague Science, sur l'ombre du Mystère !\n\n     C'est toi qui fais vibrer, ô trois fois sainte folle,\n     les sororales voix des lys purs et des harpes ;\n     c'est toi qui donnes,fière, aux Aèdes mystiques,\n     leurs extases d'argent et leurs chimères d'or !\n                                           Arthur T O IS O U L .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-004", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 43, "page_fin": 44, "titre_corps": "À la fontaine", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges RANCY", "ancre_debut": "A la Fontaine.                                         43                                      A la fontaine.       Q uelle e", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 54, "page_imprimee": 43, "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 1137, "texte": "A la Fontaine.                                         43\n\n\n\n\n                                 A la fontaine.\n\n\n\n   Q uelle est cette fontaine qui pleu re em m i le calm e in ­\nfini du soir ?\n   A lors que tout s’est tu, quelle est cette fontaine qui\ns’obstine à p leu rer désespérém ent ! ....................................\n\n\n   .. Je pleure ses larm es en une com m union de souf­\nfrance. ..\n   O h ! ces larm es, com m e elles s’égrènent m élanco­\nliq u es...............................................................................................\n   Sont-ce là des larm es de fontaine ? Q uelle lassitude\nlatente et m orne les a causées en si triste ab ondance ? ...\n   P e rle froissant perle, elles tom bent ;\nchute suivant chute, elles to m b e n t...\n   Q uelle sym pathie de succession les en traîn e à venir de\nla sorte neiger, l’une su r l’autre, leurs rhapsodies de\nplaintes ? ...\n    .. .C’est de quel horizon q u ’elles v ien n en t, ces voix de\n deuil ? ...\n    .. .E t la lan g u eu r des deuils inexpliqués p leure, pleu ­\n re sin istrem ent, em m i le calm e infini du soir.\n"}, {"page_pdf": 55, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1159, "texte": "   44                            A la Fontaine.\n\n\n   E t c’est indiscontinûm ent que pleuvent ces sanglots\nd’eau m o u ra n te ...\n   L a solitude a répandu su r elle une om bre de silence,\net ce sont des arbres silents qui l’entendent vider ses\néternels larm iers.......................................................................\n\n    Mais l’aubale résurrection chante en les cieux qui se\ndéstellent. M aintenant, la fontaine pleure en elle, et je\nsens le V ide de m on cœ ur s’em plir de ses larm es qu’on\nn ’entend plus.\n    P erle froissant perle, elles tom bent.;\nchute su iv an t chute, elles to m b e n t...\n    M ais de quelle source ? E t p ourquoi m ontent-elles le\nlong de m a poitrine, et pourquoi étreignent-elles ma\ngorge ? O h ! l’affreux serrem ent ! ... E t mes yeux, —\ndepuis q u an d sans fraîcheur ! — pourquoi se m ouillent-\nils d’une am ertune ignorée ? ... '\n    .. .E t je crois que la fontaine, qui se tait là-bas sous les\narbres qui s’éveillent, a passé dans m on cœ ur p o u r y\nv id er silentem ent ses éternels larm iers..............................\n\n\n                                                   G eorges     RA NCY.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-005", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 45, "page_fin": 45, "titre_corps": "Incantation", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A. de STASSART", "ancre_debut": "Incantation.                         45                    I ncantation. Oh ! luise", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 56, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1191, "texte": "Incantation.                         45\n\n\n\n\n               I ncantation.\nOh ! luise bientôt l'étoile des heures d'abandon\nsur la mer des désirs infiniment calmée,\net sur l'écrasement des horizons livides !\nLuise bientôt l'étoile!\nE t berce, berce mon cœur, berce mon cœur timide,\nô Vierge des espoirs d'azur et des chastes pensées !\n\nE n la barque de rêve où j'éternisé mon corps\nvers l’aube hiératique et pure des extases,\ndes extases qui fuient, ironiques et fières ;\nen la barque de rêve,\nviens sauver du Néant tes enivrantes phrases,\net brûle de l'amour dans la tombée du soir...\n\nEcoute, on chante d'or ! Musique de voix blanches\néthérisant des gazouillis d'enchantement...\nOh ! n'est-ce pas le chant céleste des mystères ?\nEcoute, on chante d'or !\nO Vierge, élève-moi vers ton ravissement,\nbaise l'émoi captif de mes regards maudits !\n\nS i tu cloîtres ta pitié dans l'éternel Refus,\nsi tu t'ériges dans l'inaccessible,\ntelle une volute enfiévrée, en l'inespoir des brunies,\nsi tu cloîtres ta pitié,\nles nymphes vont pleurer, les nymphes des forêts paisibles,\net ton petit coeur, ô Vierge,se veinera de larmes...\n                              A . deS T A S S A R T .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-006", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 46, "page_fin": 46, "titre_corps": "Les Étoiles", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Robert SAINTE-ESTELLE", "ancre_debut": "Les étoiles.                             Les Étoiles.      L à -h a u t, le So", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 57, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 1103, "texte": "Les étoiles.\n\n\n\n\n                        Les Étoiles.\n\n\n   L à -h a u t, le Solitaire sèm e : les étoiles glissent radieuses\nsu r la brise et filent en ria n t vers les horizons noirs.\n\n\n    E t voici que ces orbes lum ineux s’en v iennent p lan er\nsu r m on front : au to u r de moi folâtrent, se poursuivent\nleurs joyeux rayons ; et tout s’égaie, et to ut rit, et le soir\noublie d’être p en sif q u an d passe le capricieux essaim .\n   C ependant que, là-bas, trois sœ urs, pâles et tristes,\nto u rn en t leurs yeux plaintifs vers le Semeur.\n    E t, au loin, dans le val céleste, isolée com m e un\nange tom bé, une autre étoile, plus pâle et plus triste,\np leure sa sp len d eu r en allée et ses com pagnes perdues :\nn o n m oins douloureuse est sa plainte désolée que ces\nlugubres cris d’enfant qui, parfois, percent la n u it som ­\nb re ; et ses larm es sont de sang, et son m orne regard\nerre sans vie p ar le ciel, et ses lèvres souffrantes soupi­\nre n t : P re n d s le b o n h eu r autour de toi.\n\n                          R obert    S A IN T E - E S T E L L E .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-007", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 47, "page_fin": 51, "titre_corps": "Modernisme étranger (Suite)", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Edgar BAES", "ancre_debut": "Modernisme étranger.                     47                     M odernisme étranger", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 58, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1643, "texte": "Modernisme étranger.                     47\n\n\n\n\n                M odernisme étranger.\n                                   (Suite.)\n\n\n    E n B elgique, c’est à dire d ans la succursale de P aris,\nle véritable alam bic dans lequel se concentre l ’am algam e\nde toutes les quintessences exotiques, nous n ’avons pas\ng ran d ’chose à atten d re de notre coopération avec nos voi­\nsins du M idi. T o u t au p lu s recevons-nous la prem ière\nim pulsion, buvons-nous le prem ier extrait de ce N ectar\nm étropolitain, et en fin de com pte nous ne restons que\ndes clients de la prem ière h e u re , des d o n n e u rs d’étrennes.\n    Si au contraire, nous nous bornions à notre a rt à\nnous, sans rou tin e entêtée, avec la larg eu r de vues que\nl’esprit m oderne im prim e au jo u rd ’hui à tout intellectuel,\nnous pou rrio n s être l’objet de l’atten tio n m êm e de P aris\nqui verrait le parti à tirer de nos initiatives. Il le fait\npo u r l’A ngleterre, p o u r l’A llem agne après avoir exprim é\nju sq u ’au zeste le citron italien, et en ce m om ent il cher­\nche plus lo in , au bout du m o n d e, des sensations exotiques,\nde l’in atten d u , aux dépens de l’esthétique, n ’im porte !\nL ’ogre v eut du neuf. E n ce m om ent, au x artistes in d é­\np e n d a n ts, d o n t le P alais des A rts libéraux vient d’ab riter\nles p roductions m alsaines eta u tre s,il n ’y a rien , rien d’o­\nriginal n i de prom etteur. T o u jo u rs les pointilleurs, qui\nsont b ien de vrais décadents astreints à u n e besogne de\nretoucheurs patien ts, après u n e vue d ’ensem ble toute\ndifférente. Il nous est resté dans la m ém oire une femme\n"}, {"page_pdf": 59, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1930, "texte": "   48                Modernisme étranger.\n\n\nou deux de H e n ri D u ran t, aux m am elles pendantes très\nen évidence, une groupe naturaliste refusé : la fessée du\n L av o ir, de Z o la, d'horribles peintures genre céram ique de\nH . R ousseau, les couleurs locales violentes d ’A lb e rt;\nSignac avec ses im pressions im itan t la faïence de Delft,\nles poteries ém aillées de taches de H . d ’E n n eird a, et\nvoilà tout ! Il est vrai q u ’il n ’y a rien de plus rem arqua­\nble au C ham p de M ars. D onc, on piétine su r place.\nP issarro , P etit-Jean, A ngrand, Cross, et mêm e G. d’E s ­\npagnat, et le caricaturiste H e rm a n n P a u l, ne font\np o in t u n pas en avant, Jossol fait du sym bolism e au\ntrait d u r et au coloriage plat, déjà revu, dans ses Scia ­\npodes, et il sem ble que l’on ait reto u rn é toutes les for­\nm ules, essayé de tous les systèm es p ratiques et que l’on\nse résigne enfin au travail de l’écureuil en cage.\n    E h bien ! N ous B elges, p o u rv u , de p ar nos traditions,\ndes m oyens de renouveler notre art p ar u ne infusion de\nsang artériel, nous nous plaisons à végéter dans l’aném ie,\nà chercher nos inspirations dans ces ateliers anglais\nétablis à F lorence ou qui o n t tran sp lan té à L o ndres les\nvieux m aîtres antérieurs au Sanzio. N ous étudions tout\np a r trad u ctio n française et nous ignorons nos ancêtres\nqui étaient grossiers, incorrects, sans goût, soit, (non\nd isp u tan d u m !) m ais forts, exubérants, écrasants ; telle\nest la nourrice féconde q u ’il faut aux m em bres atrophiés\nde notre m oderne fam ille !\n    L es P arisien s, et nous à la suite, tirons en ce m om ent\nu n très bon parti décoratif des docum ents jap o n ais, à la\nportée de tous, des dessins d’H a b e rt D ys, des com posi­\ntions de B esnard, de la calligraphie du M agazine of\nA rt, etc. T o u t cela, tritu ré en céram ique forme sous les\ndoigts d ’un peintre intelligent, des o rnem entations\n"}, {"page_pdf": 60, "page_imprimee": 49, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1951, "texte": "                     Modernisme étranger.                   49\n\ncaractéristiques que le sym bole ag ran d it encore. Soit,\n ap p laudissons, m ais que ferons-nous dem ain ? E t quelle\n relation h arm onique existe-t-il entre ce style com posite\n tout à fait exotique et nos architectu res néo-flam andes,\n qui, heureusem ent, vont bientôt se généraliser et rejeter\n dans l’om bre ces abom inables façades plates, économ i­\nques, et faisant le bon h eu r des b arbouilleurs de b â ti­\n m ents ?\n     P o u rq u o i somm es-nous de p ru d en ts copistes et non\n des successeurs de nos pères ?L e X V Ie siècle nous a légué\nles travaux, lourds, m auvais si l’on veut, sans science,\nde tout un g roupe de m aitres décorateurs d o nt l’énergie\nétait alors décuplée p ar leur rivalité avec les ultram on ­\n tains. N ’y avait-il rien à tirer de ces am as de docum ents\n (il y a p o u rta n t en to u t le grain d’or!) H é o u i! T rois\n hom m es l’o n t com pris. Ils y o n t fait leu r renom m ée\narchitecturale : F ra n q u a rt, R u b en s et A n drouet du\n Cerceau ! P u is, tout est retom bé dans le silence et l’oubli\net au jo u rd ’hui on pousse du pied toute cette vieillerie et\nl’on va s'orienter au g ran d alam bic !\n     Il n ’est pas question de poncif, ni de copie des vieux\nm aîtres. Au point où nous en som m es, ce serait insensé !\nMais il suffit de jeter un coup d ’œil fu rtif su r les élucu­\nbrations de G oltzius, de S trad an , de F lo ris, de V rede ­\nm an de V ries, p o u r reconnaître q u ’il y a là po u r un\nsiècle d ’inspirations à trad u ire en style m oderne, p u is­\nqu ’il faut des traductions ! A près u n certain tem ps de\ncet exercice, nos peintres seraient rentrés dans le giron\nm aternel de notre vieille F la n d re saine et vigoureuse, et\npo u rraien t im p u n ém en t a sp ire r tous les sucs les plus\nléthifères. M ais nous craignons bien que ce sim ple con­\nseil nous fasse décorer du casque et des palm es acadé­\n"}, {"page_pdf": 61, "page_imprimee": 50, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1870, "texte": "   5o               Modernisme étranger.\n\n\nm iques. B ah ! N ous l’avons dit, la conscience est allégée.\nN o tre excuse est dans ceci : L es quelques forts, dans\nnotre littérature, et à leu r tête Camille L em onnier et\nM aeterlinqk, ont su parfaitem ent distinguer ce que notre\nsol contenait p o u r eux de germ es de vitalité. .Ils ont\ndepuis, frayé avec les F ran çais et les A nglais, d ’accord,\nm ais ils étaient d’abord W allo n ou F lam an d ; ainsi de\nR odenbach qui se retrem pe dans les couvents de nos\nvilles m ortes, tandis que M aeterlinck s 'était im prégné\nde l’atm osphère m ystique de nos m onastères du moyen-\nâge. E t ce que l’on fait ainsi avec succès dans les lettres\nserait un non-sens dans les arts?\n    L ’esprit de clocher est m esquin, le chauvinism e est\nridicule, la fraternisation internationale est dans l’air. ;\nm ais la g uerre restera ju sq u ’à la fin des siècles. Si,\nm atériellem ent, elle doit être tuée p ar la dynam ite ou la\npanclastite, elle ne changera que de nom p o u r être la\nlutte com m erciale, le débat des intérêts, la rivalité\nartistique, le struggle for life. Dès lors, pourquoi\ncom m ettre l’absurdité de ne pas se servir de ses arm es\nnaturelles, et de préférer em boîter le pas au voisin bien\narm é et im iter son exercice ? C’est absolum ent à cela que\ntend le cosm opolitism e artistique, car il y a u ra toujours\ndes chefs de file, tant q u ’il y au ra m ouvem ent, a u tre ­\nm ent dit évolution.\n   R ésum ons-nous : L ’évolution c’est P aris-cerveau,\nhydre gigantesque qui absorbe sans relâche tout ce qui\nsort des moëlles de l’U nivers tout entier, p o u r le tra n s­\nform er en or, son sang à elle ; et la décentralisation,\nc’est to u t sim plem ent la constitution de suçoirs variés\no p éran t toujours au profit du m onstre. Or, l’erreur géné­\nrale, im m ense, c’est de croire que ses tentacules, au lieu\n"}, {"page_pdf": 62, "page_imprimee": 51, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 567, "texte": "                   Modernisme étranger.                51\n\n\nde nous enlever ce que nous avons de m eilleur, nous\nap p o rten t jo u rn ellem en t la vie et la lum ière.\n   Soyons l’h ydre m inuscule, m ais tirons notre force de\nnotre terre, notre substance de partout, et coupons sans\ncrainte le lien de ch air qui nous relie à la pieuvre !\nN otre m odernism e ne p eu t que gagner à une originalité\nbasée su r la N atu re, la Science et notre R ace, et rép u ­\nd ian t l’aubette, le m astroquet et le beuglant.\n\n\n\n                                  E dgar   B A E S.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-008", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 52, "page_fin": 55, "titre_corps": "Maurice Maeterlinck", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles BRONNE", "ancre_debut": "Maurice Maeterlinck.                    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A lbert\nM ockel, dans le dernier num éro de la Revue wallonne, à\nL iège.\n   Sous ce titre : Une âme de poète, laissant de côté les\nqualités ou défauts particuliers à l’auteur, que si sou­\nvent déjà on a exposés, M. Mockel se com plaît à exam i­\nn er l’organism e de l’esprit qui a conçu l’œ uvre, an n o n ­\nçant, du reste, q u ’une autre étude est encore à faire :\n\n (*) Chez D em an, à B ruxelles.\n"}, {"page_pdf": 64, "page_imprimee": 53, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "                     Maurice Maeterlinck.                 53\n\n\n restituer en leu r ensem ble les caractères de ces poèm es\n p ar des mots qui les fassent revivre.\n    E n som m e, presque tout a été d it su r M. M aeterlinck,\n et il faudrait écrire à propos de son nouveau livre ce que\n déjà l’on redisait de ses précédentes œ uvres avec toute­\n fois en plus une résolution bien m arquée, au p o in t de\n vue de la form e, de ten d re vers un style égal et logique,\n com m e il convenait aux poèm es q u ’il encadre.\n    M ais je me bornerai à noter ici quelques brèves im ­\n pressions qui seront p lutôt d’une âm e ém otionnée — je\nle confesse — que d’un critique analysant. J ’ai retrouvé\nintacte, en lisant ces trois petits dram es, dès le début,\ncette exquise et puérile p hilosophie, très sim ple et très\nfragile que s’est faite le poète gantois, et dont, ju sq u ’à\nprésent, il ne s’est pas départi encore.\n    C ar revient le frêle enfant aux yeux inaccoutum és aux\nobjets de la terre m ais qui p énètrent p lu s facilem ent l’au-\ndelà q u ’ils ont quitté à peine ; puis la femm e à l’âm e de\nsensitive, plus près de D ieu que de nous et dont le\nfront se penche vers la fatalité avec, parfois, m ais po u r\ncom bien de tem ps, un m ouvem ent de révolte ; et le\nvieillard que le passé a in stru it, qui sait que l’avenir est\nsem blable au passé, m ais m êlé d’in co n n u , et qui attend\nstoïquem ent, disan t que quelque chose va se passer,\nm ais renonçant m êm e à résister aux événem ents qui\ndoivent être, qui seront. Il reste entre ces trois âm es une\nplaça étroite p o u r l’hom m e, le v ir il, qui sera ou bien\ninfluencé par l’enfant, la fem me ou le vieillard dont\nl’âm e déteindra su r la sienne, ou bien qui m anquera\nd’in té rê t; du reste, M. M aeterlinck le fait intervenir\nrarem ent et pour m ettre seulem ent en relief les autres\npersonnages. Il s’attard e p lutôt, en vrai poète, à m in u ­\n"}, {"page_pdf": 65, "page_imprimee": 54, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "   54                 Maurice Maeterlinck.\n\n\ntieusem ent décrire les ém ois d’une âm e d’enfant, et à ce\npropos, je ne sais rien de plus ém ouvant que cette m ort\nde T intagiles q u ’une aïeule orgueilleuse veut faire dis­\nparaître p o u r régner seule.\n    D e mêm e les enfants dans Intérieur, un vrai chef-\nd ’œ uvre. de sim plicité, d ’ém otion et de poésie, dont le\nplus petit s’endort alors que le m alheur entre dans la\nm aison.\n    D e l’enfant qui agit d’instinct, l’on passe à l'adoles­\ncent ou à la jeu n e vierge qui com m encent à raisonner leur\nsouffrance et à ne plus seulem ent souffrir du corps, mais\nde l’esprit. Ce sont alors les élans vers l’am our, d’A lla ­\ndine p our qui A stolaine la fiancée délaissée se sacrifie,\nparce que : « Il faut bien q u ’il y ait des lois plus p u is­\nsantes que celles de nos âmes dont nous parlons to u ­\njo u rs. » — Ceci est une phrase tirée d ’A lladine et de\nP alom ides, un dram e d o n t le sujet rappelle celui de\nPellèas et Mélisande où aussi l’am our jo in t des cœ urs qui,\nselon le m onde, n ’auraient pas d û se rencontrer ; m ais\nla fatalité est m aîtresse, elle tient par la m ain la douleur\net l’effroi. C’est encore parm i celles à qui la vie se révèle,\nles douces figures de M arie et de M arthe d a n s Intérieur,\net celles d’Y graine et de B ellangère les sœ urs de T in ta ­\ngiles. E nfin viennent trois om bres de vieillards : le vieux\nroi am oureux A blam or, le grand-père et le bon serviteur\nAglovale, chacun portant au to u r du front, comme une\ncouro n n e , la m ajesté d ’une vieillesse qui se penche vers la\nm ort.\n    T outes ces m arionnettes q u ’a créées M aurice M aeter­\nli n c k — com m e dans 1es petits théâtres des quartiers\npopuleux où l’on aim e encore les vieilles, bonnes et\nsim ples choses, en m on pays w allon — agissent avec\n"}, {"page_pdf": 66, "page_imprimee": 55, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 477, "texte": "                     Maurice Maeterlinck.                  55\n\n\nune délicieuse naïveté, sans un geste de tro p , en disant\nce qui doit être dit; et u n e ém otion intense m ’em poigne,\nlorsque les écoutant com m e j ’écouterais les soirs de\nveillée de très anciennes légendes, je les vois défiler en\nm ’en tr’o u v ran t un in stan t leurs âm es prim itives où je\nvois aussi celle du poète.\n\n                                  C h a rle s   BRONNE.\n\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-009", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 55, "page_fin": 58, "titre_corps": "Le mois", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur TOISOUL", "ancre_debut": "Le mois.       E n réalité, le théâtre de", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 66, "page_imprimee": 55, "debut_caractere": 477, "fin_caractere_exclue": 1100, "texte": "Le mois.\n\n\n\n   E n réalité, le théâtre de l'Œ u v re s’affirme de plus en\nplus. Il existe depuis un an à peine, et le voilà déjà\nadolescent !\n   L e théâtre ban il a vécu. N ous som m es las de la\nfadeur excessive des vaudevilles et des com édies dites\nfin-de-siècle ; il nous faut du neuf, du psychique.\n   L a p â le cohorte des « g r a n d s » critiques, ju sq u ’ici\nhostile à toute évolution esthétique, et q u i, h ier encore,\nconspuait M aeterlinck et son Intruse, le S ar et sa d é li­\ncieusem ent ru tilan te Babylone, s'initie, dirait-on, petit à\np etit, d an s les m ystères du B e a u ; elle est en traînée par\n"}, {"page_pdf": 67, "page_imprimee": 56, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1838, "texte": "   56                       Le mois.\n\n le co u ran t irrésistible de rénovation artistique qui\n traverse actuellem ent notre siècle, elle est contrainte —\n oh! bien m algré e ll e — de quitter un in stant les routi­\n nières conventions et les préjugés classiques po u r\ns’engager dans le chem in éblouissant de l’A rt vrai.\n    Mais pou: quoi donc enfin se d écid e-t-elle, cette pâle\ncohorte, à rom pre la lourde chaîne de l’indifférence, qui\nlui étreignait le cou de ses anneaux d’acier? P ourquoi\naussi, depuis que le théâtre de l’Œ u v re respire, p o u r­\nquoi l’A rt fait-il chaque jo u r de nouveaux adeptes parm i\nles jeunes gens enthousiastes et les penseurs que com pte\nnotre m oderne société ?\n    Me P icard , dans la conférence qu'il donna au Parc\nlors de la représentation de la Gardienne et des Créanciers,\na résolu, avec sa verve et son esprit satirique habituels,\nces questions du plus g rand intérêt.\n    L ’Œ u v re, a t-il dit, a pris une extension sem blable,\nd ’abord parce q u ’elle fut entreprise par de pauvres\nm ais courageux artistes qui sont : L u g n é-P o ë, E d o u a rd\nV uillard et Cam ille M auclair ; ensuite, parce qu’elle ne\nreprésenta que la « B elle-Œ uvre », q u ’elle jo u a des\npièces de M aeterlinck, de G erh art H a u p tm an n , d’Ibsen,\nde P élad an , etc., et puis aussi, parce q u’elle répond,\na-t-il ajouté, à un besoin psychique.\n    N otre âm e dem ande de la distraction, cela est in co n ­\ntestable, seulem ent, son dom aine c’est le grave, la\ntristesse, la pensée! O ui, il lui faut de la pensée pour\nsubsister, car la pensée est p our ainsi dire son entité,\nle rouage même de sa vie. N e doit-elle pas se repaître\nsans cesse de chim ères? N 'ép rouve t-elle pas sans cesse\nle désir de s'élever dans les sphères irradiantes du Rêve,\nde p lâner su r la vile dégénérescence d’ici bas?\n"}, {"page_pdf": 68, "page_imprimee": 57, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1841, "texte": "                        Le mois.                        57\n\n    L e théâtre d ’A ugier ou de D um as fils (dans sa confé­\nrence, M. P icard cita égalem ent ces écrivains) n ’est-il\ndonc pas la représentation de la vie dans son écœ urante\n banalité? E t nous assistons déjà chaque jo u r à ce spec­\n tacle par trop réaliste! P o u rq u o i donc alors nous le\nreprésente-t-on encore su r les scènes ? Est-ce pour nous\n enseigner la m orale! Q u o iq u e Z ola et ses pairs en\n disent, cette science n e s’enseigne pas p ar l ’expression\n p late des choses. D ’au tan t plus que nous avons tous en\n nous un m onde de subjectivités, d’idéales et chastes\njouissances que nous som m es con train ts d ’explorer à\n certains instants de la vie.\n    C’est m êm e précisém ent ce que M . H en ri de R ég n ier\nnous suggère dans sa Gardienne..\n    M ais q u ’est-ce donc que ce petit dram e en vers libres,\nmêlés de m ajestueux et sonores alex an d rin s, et écrit dans\nun style tant sublim e ? L e sujet en est fort sim ple. L e\nvoici en deux mots : U n guerrier ayan t quitté sa femme\ndepuis beaucoup d’années déjà, revient à elle et la\nretrouve pu re, douce, radieusem ent jolie et am oureu­\nse com m e aux prem iers jo u is de leur hym énée. Ce­\np en d an t, il s’est laissé en v ah ir p ar la lèpre du\ntem ps, ses cheveux ont blanchi « dans la gloire des\ncom bats victorieux ».\n    Mais cette action sim ple et vulgaire qui n ’est q u 'u n\ningénieux sym bole, dissim ule une psychologie originale\ninfinim ent ch arm an ts et délicieuse : le guerrier, c’est\nl’hom m e qui a écouté la voix perfide de ses passions et\nqui s’est égaré dans la plaine bourbeuse du vice ; la\nfem m e, c’est l’âm e de ce g u errier, c’est la sagesse qui\nest en lui, c’est sa pensée même. M. H en ri d e R ég n ier\na voulu tout sim plem ent nous présenter, sous la m ante\n"}, {"page_pdf": 69, "page_imprimee": 58, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1808, "texte": "   58                       Le mois.\n\ngrise du sym bole, un curieux état d’â me ; et il a réussi\nparfaitem ent. Si son poèm e ne sem ble pas s’ad apter à la\nscène, c’est parce que le théâtre d’au jo u rd ’h u i, pollué par\nla verm ine des conventions, nous a hab itu é aux grossières\nbêtises du réalism e. R ien que p our cela. L a form e scéni­\nque n’est-elle pas au théâtre ce que toute form e conven ­\ntio n n elle doit nécessairem ent être à la p ensée: u n obstacle\nà l’A rt !\n    L es Créanciers, du N orw égien S trin d b erg, s’adaptent\nau contraire très bien à la scène. Cette pièce n ’est\np as, com m e la Gardienne, idéaliste e t mystique,\nmais satisfait m ieux aux goûts du public. C'est une a n a ­\nlyse rem arquablem ent m inutieuse du prestig e de la\nfemme su r l’hom m e, ou, plutôt, du prestige étrange de\nl’am our su r les cœ urs. D ans cet ouvrage point de rêve,\nm ais en revanche une étude scientifique fouillée des\ncharm es, des caprices, des bizarreries, des peines in d i­\ncibles que l’am our vrai cause en nous. E t ce sujet ne\nplaî t-il pas to u jo u rs, surtout lorsqu’il est esthétiquem ent\ndéveloppé com m e dans ce dram e de M. S trin d b erg ?\n    M. L ugné-Poë nous reviendra l’an p ro ch ain , dit-on,\n— avis donc à . .. la pâle cohorte — avec Lanrenzaccio,\nd ’Alfred de M usset, le Roi Lear de Shakespeare, le Pro ­\nméthée enchaîné d ’E schyle, et l’Electre.\n    Avais-je raison de dire tantôt que le théâtre de\nl’Œ u v re s'affirme de plus en plus ! Q ui nous dit même\nq ue M. L ugné-Poë ne m ontera pas aussi, plus tard, les\ndram es d Ourvasis ou de Sacountala, ces chefs-d’œ uvre\nin liens, traduits par M. de Chézy, dont parle élo g ieu ­\nsem ent L am artine dans son adm irable Cours familier de\nlittérature?\n\n                                  A rth u r   T O IS O U L .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-010", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 59, "page_fin": 62, "titre_corps": "La critique littéraire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles BRONNE", "ancre_debut": "L a critique littéraire.                        59                         La critique littérai", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 70, "page_imprimee": 59, "debut_caractere": 30, "fin_caractere_exclue": 2060, "texte": "L a critique littéraire.                        59\n\n\n                      La critique littéraire.\n   Il n ’y a pas bien longtem ps que M . B ru n e tière s’élevait — et\navec raison, faut-il l'avouer — contre l ’envahissem ent p a r le jo u r­\nnalism e de la c ritiq u e littéraire.\n   A ujourd’hui, en effet, que l’activité hum ain e a p ris des allures\nfantastiques et que la vie est devenue en quelque sorte une m aladie\nfiévreuse, le jo u rn alism e s’efforçant de satisfaire cette fé b rilité qui\nl’a fait roi, en tre dans u n e phase nouvelle d ont l’inform ation\nextra-rapide, e m b rassan t tout ce qui est d ’un in té rêt quelconque,\nm ais    im m édiat p o u r le lecteur q u o tid ien , est la p rin cip ale\ncaractéristique.\n   M alheureusem ent si cela est relativem ent possible p our les faits\nco u ran ts de la vie m atérielle, il y a grand d anger à a p p liq u e r u n\nsem blable systèm e à des m atières où la justesse de l ’observation\ndépend de la réflexion et de la pondération.\n   C ’est le cas p our la c ritiq u e d 'a rt en général et p lu s p a rtic u liè re\np o u r la c ritiq u e littéra ire .\n   L ’œ uvre, en effet, fruit de longs m ois de veilles assidues et\nénervantes ; le livre, résultat de réflexions condensées p a r un tra ­\nvail sincère et a ch a rn é, une fois que revêtu de la form e voulue p a r\nl’artiste, il est livré au m arché, vite, est avidem ent saisi p a r la\npleiade des c h ro n iq u e u rs q u i, avant m êm e que le p u b l ic — juge\nsouverain cepen d an t — a it eu le tem p s d ’en co u p er les feuillets\nvierges, l'ont retourné, sondé, analysé, d isséqué rageusem ent en\nquelques heures, h âtivem ent, et jugé sans reto u r, q uand p ro b a b le ­\nm ent ils ne l’ont pas lu en entier et que c ertain em en t ils ne l’ont\npas relu.\n   O r l’on nom m e cela de la c h ro n iq u e litté ra ire , a lors que si ce\nn ’est pas de la réclam e, c ’est de l’a b a ttage, ou si vous voulez lui\ndonner un nom à consonnance a rtistiq u e, de l’im pressionnism e .\nPasse p o u r cela !\n"}, {"page_pdf": 71, "page_imprimee": 60, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2213, "texte": "    6o                     L a critique littéraire.\n\n\n   L es reproches que fait de la sorte M. B run etière aux ch roni ­\n queurs-journalistes sont fondés, et nul ne contestera la h â tiv ité\n m alh eureu se q u ’il déplore ; m ais un autre côté de la question est\n aussi à considérer, côté qui, je pense, est plu s im po rtan t encore\nq u e l'autre et cette fois commun au journ al et à la revue ; je\n veux parler de la compétence du m onsieur chargé de l’un ou l'au ­\n tre côté, d ’analyser l’œ uvre d ’u n artiste et de l a façon dont il\n s’acquittera de sa tâche.\n    S ’il ne s’agissait que de faire de l’impressionnisme, il est évident\n q u ’il ne faut pas d e m a n d e r à l’écrivain a u tre chose q ue la rapid e\n vision qui lui traverse le cerveau, lorsque, faisant un reto ur vers\n la lecture q u ’il vient d ’achever, il résum e l ’impression première et\n souvent très vague dont il est redevable au livre. Cette impression\n p o u rra être très diverse et considérée à une infinité de points de\n vue selon les préférences, les goûts, les inclinations du critique,\n selon sa disposition d ’esprit actuelle aussi, ses études, l 'école à\n laquelle il a p p a r t ie n t et, malheureuse m ent, parfois conform ément à\n un parti-pris peu loyal.\n    Notons q u ’une telle c hronique est toujours bien superficielle,\n souvent injuste et que, loin de considérer l ’œ uvre en ce q u ’elle\n peut avoir de réellement beau en art, le c h ronique u r donne son\n avis très personnel, voilà tout.\n    Il faut donc trouver autre chose; mais il s’agit cette fois de la\n revue et aussi de certains journaux se p iqu ant d'u n e parfaite pon­\n dération et qui en somme ont encore cela de bon pour e u x , au mi­\n lieu des vieilles rangaines, q u ’ils ne savent se décider à a b a n d o n n er\n Le Temps en F r a n c e est le m eilleur exemple qui soit de ce genre\n de presse. Q u a n t à la revue, il faut distin guer celle qui, fière d ’un\n certain nom bre d ’années d ’existence, croit cela suffisant pour im ­\n poser souverainement des appréciations très dicutables, et la revue\n jeunette qui, avec les yeux dans l’a zu r et les doigts d ans l’encrier,\n juge follement, inconsciamment, un peu avec parti pris aussi,\n"}, {"page_pdf": 72, "page_imprimee": 61, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2275, "texte": "                          L a critique littéraire.                           61\n\nune foule d'œ uvres très diverses.\n  L es vieux — je devrais d ire p lu tô t ceux q u i écrivent chez les\nvieux, c ar il est une race m alfaisante que l'on p o u rra it a p p eler les\njeunes-vieux — s'im aginent assez orgueilleusem ent q u 'ils sont a rri ­\nv é s a l a f i n de la p é rio d e q u ’ils doivent ju g er a p rès l'avoir étudiée\nplus ou m oins sérieusem ent, p ériode close p a r eux, leu r sem ble-t-il,\ndès le u r arrivée au pouvoir, et qui ne doit avoir désorm ais n ulle\nprogression. L a litté ra tu re contem poraine, ils l’ignorent volontaire­\nm ent — ils ne l'ont p a s m êm e lue, à quoi b o n ! — la litté ra tu re de\nl'avenir, ils la n ien t — que le u r im porte, ils ne seront p lu s là —\nils resten t confinés obstiném ent dans le passé com m e u n p iètre\nerm ite en son erm itage.\n  H e u reu x encore si, forcés d ’a p p réc ie r un livre m oderne, ils n ’em ­\nploient pas de déloyaux procédés, tels q u ’une courte relatio n ,\nnaturellem ent bien choisie p a r eux, et qui doit            se rv ir à do n n er la\nnote d ’un gros volum e. Je connais à Liège, p a r exem ple, u n des\nplus beaux spécim ens de ces jeunes-vieux, confits dans le u r obs ­\ntruism e. T ous, il fau t l'avouer, ne poussent pas les choses à ce\npoint.\n  Chez les jeu n es, c’est a u tre chose.\n  Ici, m an q u a n t d ’études sérieuses et p réalab les, h eureux               de\ndo n n er d a ns de l'im prim é une ap p réciatio n p ersonnelle sous p ré ­\ntexte de c hronique, ou b ien ils se livrent à de rid ic u les charges à\nfond contre u n m onsieur qui n 'a pas l'h e ur de le u r plaire, soit\nparce q u 'il n ’est pas de le u r école, soit p a rce qu'il n ’est pas en\ncom m union d'idées avec eux ; ou bien, s'a tta rd a n t à des éloges\nexagérés et puérils, ils s’élèvent m utu ellem en t de petites chapelles\npieusem ent éclairées p a r les cierges q u 'ils allu m en t et parfum ées\nd'un encens qui p o rte à la tête.\n  C’est fatalem ent le trav ers où tom bent les com m ençants — les\nexemples ne sont que trop nom breux ; — les fautes de leurs ainés\ndevraient p o u rta n t les m ettre en garde c ontre eux-m êm es ; m ais\non a la tête b rû lan te et l'on refuse de réfléchir.\n"}, {"page_pdf": 73, "page_imprimee": 62, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2456, "texte": "   62                     L a critique littéraire.\n\n  J'ai l'air certainem ent de f a i r e profession d ’un pessim ism e o u tra n ­\ncier, c'est une e rre u r, m ais je veux en a rriv e r à vous dém o n trer la\nforce a d m irab le d u c ritiq u e qui, m ûri p a r de solides études anté­\nrie u re s dans la solitude du c ab in et de travail, l'intelligence déve­\nloppée p a r la réflexion, la lectu re et les au teu rs, accessible au\nprogrès et à toutes les phases q u e traverse u n e litté ra tu re toujours\nen gésine, en garde contre les parti-p ris et les préférences qui les\ndéto u rn eraien t d'un jugem ent sain, du c ritiq u e donc qui vient et\njuge avec la conscience de son im p a rtia lité, de sa volonté et de sa\ncom préhension.\n  T el est le vrai c h ro n iq u e u r littéra ire , le seul d o n t l’opinion ait\nq u elq u e ré e lle valeur et d ont la décision soit acceptable, parce\nqu'il ne se refusera pas à la discuter, c ertain que, ven an t avec\npreuves à l'appui de ses dires, il sa u ra justifier la conclusion de\nson étude.\n  E t celui-là, ay an t beaucoup lu et beaucoup réfléchi, s'étant,\nentre au tres choses, rendu com pte de l'ad m irab le m éthode scienti­\nfique de T ain e et de H e n n eq u in , l'ap p liq u era avec certaines\nm odifications p a rticu lière s à son talent d ’artiste et de penseur, en\nse créant m êm e une v éritable originalité.\n  J'e n connais q uelques-uns ain si, en notre B elgique, que j ’adm ire\nsincèrem ent p o u r leu r travaux et p o u r leur loyauté. Chez eux, si le\nlivre n'est pas conform e absolum ent à leurs préférences secrètes,\nau m oins ont-ils la conscience d'avoir m ontré intégralem ent les\nparcelles de b eauté enchâssées dans l'œ uvre et l'effort sincère de\nl’écrivain qui sut faire fleurir l'idée après l'avoir choyée d a n s son\nâm e.                                         C harles     BRONNE.\n\n    Stella, sous peine de licencier une p a rtie de sa rédaction e t de\nre n ie r déjà son p rin cip e vital : l'h o rreu r de l'exclusif, ne sa u ra it\ns'enrôler sous aucu n d ra p ea u , pas m êm e sous celui de M . B ru n e ­\ntière qui n 'est point sans péché, sinon sans expérience. E n m atière\nd'A rt, si d élicate, on ne sa u ra it contenter tout le m onde et son\nau teu r, et, après tout, n'est-il pas bien a ttray a n t de p lan e r d a n s le\nbleu, m êm e en salissant quelque peu ses doigts à l’encrier, selon\nl ’im age-suggestive de M. B ronne ?              N .D .L .R .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-011", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 63, "page_fin": 64, "titre_corps": "Broutilles", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "***", "ancre_debut": "Broutilles.                            63                            B R O U T IL L E S .                                          de R ancy, p", "ancre_fin": "an S everdonck !!??!! m ière.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "C o rre sp o n d a n c e . H .   de    C lass.   — J ’a tte n d s im pa", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 74, "page_imprimee": 63, "debut_caractere": 32, "fin_caractere_exclue": 2200, "texte": "Broutilles.                            63\n\n\n                         B R O U T IL L E S .\n\n                                        de R ancy, page 28, p re ­\n    Au m om ent de m ettre              m ière ligne ; a résum ée, au\n sous presse, nous ap p re ­            lieu de : a résu m é; m êm e\n nons q u e M . L econte de             page, ligne 21me . grecque,\n L isle vient de succom ber             au lieu de grecques.\nà L ouvecienne (F ra n c e ),\ndes suites d'une p n eu m o ­\nnie.\n    L econte de L isle était               P a r suite des vacances,\nné en 1820 à l'île de la R é u ­        Stella ne p a ra îtra que le\nnion et a vait succédé, à               25 septem bre p ro c h a in en\nl'A cadém ie fran ç a ise, à V ic­      fascicule d ouble. E lle con­\nto r H ugo. Ses œ uvres o ri­           tie n d ra une reproduction\nginales sont nom b reu ses;             d u ch arm an t frontispice,\nil nous d o n n a aussi u n e           dû à M . L evêque, qui orne\ntrad u c tio n d'H om ère et une        la c o u v e rtu re de ce num éro.\npièce dans le genre tr a ­\ngique : Les Erynnies.\n\n                                           C 'est le 22 de ce m ois\n                                        que sera in au g u ré, à Ixelles,\n    N ous rem ercio n s vive­           le m onum ent élevé à Ch.\nm ent tous nos am is et le t­           D ecoster. U n seul discours\ntrés qui ont eu la g ra cieu ­          se ra prononcé p a r M . C a­\nseté de n ous envoyer des               m ille L em onnier.\nlettres d e félicitations et\nd 'encouragem ent, ainsi que\nles jo u rn au x e t revues qui\n                                            L a Chronique déclare ne\nont bien voulu an n o n ce r la\n                                        pas com prendre cette p h ra ­\nn aissan ce de Stella.\n                                        se de notre intro d u ctio n :\n****** * * * * * * * * * * * *          « N otre but est de défendre\n   E r r a t a . — L ire , dans         l’Art p u r et lib re contre les\nPages de tendresse : rh é to ­          a tta q u es incessantes de\nrique, au lieu de : ré th o ­           l ’exclusivism e. »\nriq u e ; d a n s la chro n iq u e\n"}, {"page_pdf": 75, "page_imprimee": 64, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2380, "texte": "64                                     Broutilles.\n\n                                                de B eeckm an, 45 et 46,\n                                                   belle facture.\n   N ous app ren o n s avec\n                                                M lle de B ièvre, 48 et 49,\njoie que M lle B erthe B arré,                     toujours la m êm e.\nune fillette de treize ans à                    D elsaux, 6 1 et 62, toiles\npeine, vient de re m p o rter                      déjà vues à Bruxelles.\nle 1er prix avec d istinction                   Je f M eyer, 64, bon.\n — e t récom pense spé­                         D e G aeljher, 68, p e tit chef-\nciale accordée dans cette                          d'œ uvre.\nclasse p a r la R eine — a u                    H œ terickx, 88 et 89, fort\nconcours de h a rp e du C o n ­                    m ais u n peu gris.\nservatoire.                                     M lle K lerckx, 103 , ré u ssit\n                                                   dans ce genre.\n   N ous lu i souhaitons b o n ­\n                                                M me L acroix, 104 et 105 ,\nne réussite dan s sa car­                          b elle lum ière.\nrière artistiq u e, q ui s'ouvre                Looym ans, b onne tonalité.\nsi belle devant elle.                           M adoux, 114 et 115, cou­\n                                                   le u r et facture.\n      E x p o s it io n   p ic t u r a l e\n                                                M elsen, 121, délicieu se­\n                                                   m ent. . . affreux.\n de               — N ous li­\n       M a l in e s .\n                                                M erckaert, 124, plein d ’effet.\nsons su r le catalogue de\n                                                M eyers, 127, jeune.\nno tre am i Ju le s P otvin, ces\n                                                T itz, belle coloration.\nquelques notes prises à la\n                                                V andam m e, 189, très in ­\nh âte :                                            tim e; 190, ciel très fluide.\nA rden, n° 7, plein air, fort.                  V an den E eden, 191, plein\nL. Baes, 8 et 9, p a s m al.                       de lum ière.\nd'A lheim , 25, bel effet lu ­                  V an S everdonck !!??!!\nm ière.\n\n\n\n\n                               "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-012", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 64, "page_fin": 64, "titre_corps": "Correspondance", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "C o rre sp o n d a n c e . 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BOURGOM .\n       C o m ité de R é d a c t i o n : H e n r i d e C L A S S A N T ,\n          E d g a r BAES,      R o b e r t SA IN T E - E S T E L L E ,\n          G eorges       B A LA T, A lbert de STA SSA R T,\n          G e o r g e s RA N CY .\n\n\n\n        L es m a n u s c rits n o n in sérés ne so n t pas rendus.\n\n\n\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-014", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "S O M M A I R E H enri de C lassant.", "ancre_fin": "B ro u tille s.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Stella ne publie que de l’i n é d i t", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 851, "fin_caractere_exclue": 1399, "texte": "S O M M A I R E\n            H enri    de   C lassant. —        Fragm ent.\n            A rthur     T o iso u l .     — F o lie , le m ois.\n            G e o r g e s R a n c y . — A la fo n ta in e .\n            A. d e S t a s s a r t . — I n c a n ta tio n .\n            R o b e r t S a i n t e - E s t e l l e . — L e s É to ile s.\n            E d g a r d B a e s . — M o d e rn is m e é tra n g e r (Suite).\n            C harlesB r o n n e . — M a u ric e M a e te rlin c k , la c r itiq u e litté ra ire .\n            * * * — B ro u tille s.\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-07-n2-015", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis et dépositaires", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Stella ne publie que de l’i n é d i t", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 77, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1399, "fin_caractere_exclue": 2209, "texte": "Stella ne publie que de l’i n é d i t et laisse à chacun de scs collabora­\nteurs la responsabilité de ses articles et de ses opinions.\n\n\n   Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra\nà la Rédaction.\n\n            Stella est en vente :\n          A B r u x e lle s , chez Istace; chez Wattiau, rue de Longue-\n            Vie ; chez Lacomblez, rue des Paroissiens.\n          A M o n s , chez Magerman, 15 rue de l'Athénée.\n          A G a n d , chez A d. Hoste, rue des Champs.\n          A A n v e r s , chez Forst, place de Meir.\n          A L iè g e , chez Gnusez, rue du Pont-d'Ile.\n          A V e r v i e r s , chez Gilon, Pont St. Laurent.\n          A P a r i s , Chez Chérie, rue Hallé.\n\n         Im prim erie G. B A L A T , rue Potagère, 57, Bruxelles.                            '\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 42, "texte": "Pr e m i è r e A n n é e     Stella,\n  — J u i l le t 1 8 9 4 .\n                             Revue mensuelle d’A r t et de Littérature.\nnuméro : 5 0 c e n t.\n\n\n\n                                           D irectio n : R ue V a u tier, 38, B r u x e lle s.\n\n\n\n\n                                 scintille e t m onte plus av a n t\n                                 d an s l’E ther, bien au d elà\n                                 des brum es et des ém anations\n                                 d e la fange.\n"}, {"page_pdf": 43, "texte": "V,\n"}, {"page_pdf": 44, "texte": "                                     Fragment.                                    33\n\n\n\n\n                          F r a g m            e n t . (*)\n\n\n\n               L a mort du vieux Sarne.\n\n\n\n\n   Ici, les vieux hiboux h u ppés, ro u an s et saures se d an ­\nd in en t et froissent les cristaux alcalins sous les ciels\nrouges m arbrés des h aines, entrelacem ents des couleurs\norgiaques de la m ort et de l’am o u r, a u to u r d’une m asure\ndécloisonnée p ar où les hululem ents p én ètrent, et les\nbêlem ents des ag neaux fourbus que les louves p ressent,\nles craquem ents des cactus secs et des ronces galactites,\nles lièvres apeurés qui se frôlent, les b attem ents d ’ailes\n\n    (*)N o u s c ro y o n s b ie n fa ire e n p u b lia n t e n u n e fo is ce lo n g\nfra g m e n t to u t d ’im a g in a tio n e t d e rê v e ; n o s le c te u rs n o u s en\ns a u r o n t g ré , p e n s o n s -n o u s , ce m o rc e a u é ta n t u n d e s p lu s\nr e m a r q u a b le s d e E n plaine, liv re a u q u e l n o tre a m i d e C la s s a n t\ntra v a ille d e p u is p lu s i e u r s a n n é e s d é jà .         N . D . L . R.\n"}, {"page_pdf": 45, "texte": "   34                      Fragment.\n\n\n des rapaces qui p lan en t et s'écœ urent, les hurles des\n m olosses en les reculem ents effacés, et les bronchopho­\n nies des brises coupées p a r les distances.\n     E t le très m isérable S arn e étendu su r son ham ac\n filoché p ar trois in diennes velues et flasques — ainsi les\n sorcières filent les m orts voulues — le très m isérable\n S arn e perçoit, p ar les vitres grasses et salies d'éclabous­\n sures, de rutilan tes m ouches, un long lièvre efflanqué\n qui, ferm e su r ses pattes de devant, étire son arrière-\n train de m isère en b ro u tan t les m ousses des cîmes que\nles vents déposent.\n    E t, plus loin, à cent pieds, dans l’au tre bas de la\nplaine où les bêtes sont rassem blées, en to u ran t la bico­\nque de deux frais épousés qui chantent, rie n t et jo u en t,\net que les vagissem ents d ’u n bébé m âle égaient, l’E n n u i\nne rôde guère ; et le B o n h eu r pousse en fleurs aux p a r­\nfum s subtils et rares, — in cantation des âm es vierges —\ntandis que les lointains s’effondrent d ans la lie noire des\nm irages, les tornades qui aveuglent et font songer à\nD ieu et à nos fautes.\n    Ici, les lièvres rap in en t, tau p en t et m ulotent, déter­\nre n t les poteaux des clôtures et fondent parm i les végé­\ntaux vifs.\n    E t les épousés, de plaisir, s’énam ourent, joyeux\nju sq u ’aux larm es — ô l’enfant qui s’ém ousse en la rage\ndes affamés repus, dans sa couche de soie blanche, su r\nl 'éd redon des m igrations qui flottent, à l’hiver rêveur,\neiders sensitifs et souches des mollesses, et des vénalités\n et deserreurs et des crim es.\n    E t S arn e va ren d re l’âm e !\n    Vois-tu les corroyas des savanes, qui passent au zénith ?\nVois-tu les corneilles qui tournoient ? E n ten d s-tu les\n"}, {"page_pdf": 46, "texte": "                           firagnichli                       35\n\n\nalouettes qui p leu ren t et les b ru a n ts qui les consolent,\nô toi, bébé de grâce et d ’espérance ? E t le g rand soir de\nsarcasm e qui g ronde et les voix inco n n u es qui ap p ellen t ?\nP au v re S a rn e , placide cœ ur et nerfs de fem m e, les lièvres\ntro tten t, tu vas m o u rir !\n   E t, soudain, dans l’opacité des troubles rêves et des\nvisions poignantes, la résu rrectio n des d ouleurs, à tra ­\nvers le m asque de toute l’ancestrale lignée, les craintes\net les sentim entalités apprises se fu sio n n en t en la sym ­\nbolisation d ’u n e effroyable p eu r — celle d ’un suicidé\ndans une p lain e nu e, au to u r des hiboux qui se gaussent\net des agnelets qui g é m is s e n t... — car u n coup de feu s’est\nfait en ten d re, et la fenêtre terne derrière laquelle Sarne\nagonise s’est g ran d ie d ’u n flam boiem ent de cartouche\ncrevée.— E t la n u it plom be et g lace, les brises flagellent,\net les brousses poudrerisées des sels v enus des grèves,\nnerveusem ent se courb en t et chassent les lièvres qui\nrô d en t, h ag ard s et p eureux, partout.\n   E t la g ran d e épousée se signe, tandis que le petit hom ­\nm e blo n d traverse la p lain e à la volée, écrasant les herbes\nm auvaises de la terre froide où les êtres crépusculaires\nse croisent et les nécrophores défossent.\n   .. .I 1 r e n tr e ... S arn e rem ue.\n   — A h ! garce de vie, on ne p eu t d onc m o u rir ?\n   E t ses yeux glauques m o n tren t, à la clarté d ’une veil­\nleuse qui fum e à terre, su r les planches de cèdre co rro ­\ndées p a r les m an d ib u lles et les dards, le lièvre de l’heure\npassée, m ortellem ent coupé à la n u q u e, celui qui, ferme\nsu r ses pattes de devant, étirait son arrière-train de\nm isère et m âchait les m ousses sèches des m ers de neige,\nque les vents déposent.\n   — C ’est p o u r votre d éjeuner de d em ain , dit S arne,\n"}, {"page_pdf": 47, "texte": "   36                      Fragment.\n\n\n en u n ricanem ent plein de rage.\n     E t le p etit hom m e blond songe que sa fem m e est .\n heureuse, que les lièvres détruisent ses p lan ta tio n s, et\n que le vieux S arn e va trépasser à la lu n e nouvelle.\n     E t le ro ngeur servit de régal aux cabylans m aigres,\n parce que la jeu n e femme pensait :\n     — Il m e parait que la m ort a tu é le lièvre et que\n S arne dit sa dernière prière.\n     E t l’aube se leva m oins rouge et plus énervante,\n m inaude et chatouilleuse.\n     E t , m aintenant, les crispations des nerfs apoplectiques\n et des m usculatures apophysées s’ajo u rn en t en raies\n bleuâtres su r le m asque blêm i du m ort p ro ch e. E t l’heure\n inaugure l’éternité de la m atière passive qui va s 'ép a r ­\n p iller de par les cagnées stériles, auprès des autres\n poussières — ô les vaincus d ’hier et de dem ain étageant\n les lits des fleuves futurs, aux tem ps im perçus dans\n l’infinité toujo u rs naissante !\n     E t dans la dégénérescense des chairs et l’allure des\n sangs diabétiques où le fer m anque, le vieux S arne à la\n vision surm enée en la processus de sénilité qui ressuscite.\n L es images des joies enfantines se m êlent aux enroule­\nm ents des fautes abâtardies; les paysages des belles\nverdures norm an d es aux fleurons des pom m iers qui\nru tilen t, défilent d ans l’azur ; les corolles parfum ées\npassent ; et ses n arines s’e n tro u v re n t et h um ent ; et les\nlacs d’or m iroitant les horizons d ’hier, et la vitalité u n i ­\nvelle et de m isère, la rage des haines accum ulées, la\nstratification des désirs a n n u la n t l’ém ulation des bontés\nnatives, les m inutes des vocations étouffées qui se révol­\nten t, depuis l’ap p aritio n de l’enfan t de chœ ur à la traîne\nsanguine frissant sous le surplis de dentelle en la m er\n"}, {"page_pdf": 48, "texte": "                           Fragment.                       37\n\n  des cierges qui sym bolisent, ju sq u ’aux réduits des hontes\n  et des im puissances dans les carrières blanches des b an ­\n  lieues boueuses, antres des apaisem ents doucereux où\n les réfractaires de la vie, poursuivis p ar l’E n n u i tenace,\n — cette bête fauve aux yeux doux — v ien n ent s’ab riter,\n  dorm ir et rêver en leurs torpides débilités à jam ais m aî­\n  tresses. ..\n     T o u t cela défile, s’assoupit, s’enfonce et se réveille,\n to u t cela m ine et com m otionne les m oelles latentes de\n 1' âge m ûr déclinant à la caducité des énergies, par les os\n p erd an t leurs phosphates com m e ces bâtisses colossales\n d’où les chaux tom bent, laissant à n u les briquailles\n lézardées, ces chairs d ’altération difficile p a r où les\n usures en tren t et ravagent.\n     E t l’œil trem blotant de S arne qui s’éloigne, m oite\n d ’une rêvasserie vers les m oires crépusculaires du soir\nen fête, l’œil s’ouvre, ap p elan t en vain la lum ière. E t les\nanim alités de léthargie, vautrées en les vases solidifiées\net les rocailles, qui su rg iren t aux heures héroïques des\nfougères géantes se m iran t dans les m ares bleues, et des\nrêves, frissonnent sous les am ollissem ents du soleil qui\ntom be ; les cam éléons, ram pem ents d ’angles visqueux\naux contorsions d ’agonie qui, p arm i les sp len d eu rs in i­\ntiales fu ren t les rois et les m aîtres, égaux aux autres\nbatraciens ailés et de suprém atie d o n t les dégénérations\nexistantes sont les caricatures douloureuses et de dégoût,\nles tarentules aux pattes stim uleuses, ovoïdes dantesques\ndes cœ urs noirs, torren tu eu x et de répugnance qui, dans\nleurs m arches de furie, bondissent pareillem ent à des\nfautes anim ées, fuyantes et sans refuge, se crispant aux\népis vrillés que les blizzards lancen t; les crapeaux farcis\n  a r les fourm is tap ag eu ses, toutes les forces orgueilleuses\n"}, {"page_pdf": 49, "texte": "   38                        Fragment.\n\n\nd ’astuce et de lam entation se faufilent et s’efforcent\nd ’atteindre aux buts ignorés que les im ages d ’alentour\ncréent et im posent.\n    E t la n u it est redevenue toute noire, n u e et vide en l’im ­\npénétrabilité de ces m ultiples sentinelles du songe, les\nféeries im aginaires q u ’on devine et q u ’on ne voit p a s ...\n    E t le vieux S arn e s’est réveillé dans les soubresauts\nd ’une agonie partielle, allongem ent des extrém ités tac­\ntiles qui tâtent les néants douteux et de fantaisie, les\nongles gryposes et striés, m iroitant com m e si l’âme, se\ndiffusionnant du centre vital, craquait sa cuirasse dont\nelle em porterait les reflets en se sau v an t p a r toutes les\nissues à sa portée. A u to u r de la m asure, c’est encore les\npoules qui som m eillent su r leurs pattes sans branles, les\ngriffes contractées au to u r des sup p o rts de bois tendre,\nvireux et m angés d’excrém entielles orgies de nature.\n    Mais l’œil ne voit plus guère. Il s’est repu des ap p ari­\ntions finales et contradictoires, les chants et les travaux\nforcés des nécessités courantes ; e t, dans la n u it présente,\nqui p rélude à l’im m obilism e de sa charnalité décrépite, le\ncerveau lit p o u r la prem ière fois, en l’ensoleillem ent de la\nm ort ap p a ru e , le livre dupasse, to u t plein des m eurtrissures\net des révoltes.\n    E t l’or des jo u rs richissim es resplendit en coulées de\nlaves inépuisables d’où les doutes so n t exclus, où les\nélévations d ’âm e sont avilies, les m ensonges échafaudés\nsu r le palefroi de l’orgueil qui écum e, les sentim enta­\nlités salies par les suburres et les volitions en déroute.\n    E t S arne trem ble.\n    E t les flam boiem ents de l’am our, folies idéales éteintes\ndepuis les dégringolem ents aux spasm es vils, se posent\ndevant la vie com ateuse ; les enfants roses, ju p o n s de\n"}, {"page_pdf": 50, "texte": "                              Fragment.                          39\n\n\n dentelle, jam b es nues et tabliers blancs, crient, se cha­\nm aillent et s’en g u irlan d en t su r les pelouses vertes où les\ncerceaux ro u len t, où les balles b o ndissent su r les raq u et­\ntes, où les toutous tracassent, loin des chênaies aux\nfières et diffuses ram ures qui surplo m b en t deux am ou­\nreux de solitude et d ’errem ents.\n   O les baisers et les larm es, su r un b an c du ja rd in\np u b lic, en face d ’u n lac encerclé de pierre lisse où des\ncygnes h au tains se m euvent ! L a fille ainée q u ’on re­\npousse et délaisse, ap p araît en son ossature de dam née\nque le cœ ur m ange — gangrène de l’idéal n o n assouvi\n— et tous les presque m orts la tourm en ten t et l’irritent,\neux qui n ’o n t p lu s la ch air q u ’elle envie, elle qui n ’a\nplus les raffinem ents des am ours de sanctification q u ’ils\napp ellen t, p o u r ne pas aller en entier au néant com m e\nleurs corps.\n    E t S arne m eurt, ro u la n t au m ystère définitif d ’hier,\nen la noctu rn ité sans om bre de sa m asure q u ’il n ’ap er­\ncevait déjà plus parce que son em pire é tait devenu l’infi­\nni du tem ps et de l’espace.\n   E t d ans son ja rd in sont renversées les clôtures ; et les\nlevrauts ro n g en t les sandilles ; su r les deux figuiers et\nles trois p alm es, les chenilles jau n es su c e n t et ram p en t. E t\nles petits oiseaux blancs succom bent en pom p ant les sucs\ndes fleurs capiteuses, parce que le vieux S arne ne vient\nplus ratisser son chem in de chrom e, et que l’arro so ir est\ncrevé et le p u its sans âm e.\n   O ! la m ort, la m ort !\n"}, {"page_pdf": 51, "texte": "   40                      Fragment.\n\n\n     E t c’est la m ort, blanche et nue, la m ort appesantie\n en ses torpeurs, aux terres ignorées, la fin des hoquets\n et des succubes, la fin des im puissances ; et les vitalités\n rachètent leurs fautes en leu r transform ism e de dem ain\n d ’où coulera la sève p rin tan ière et d ’autres souffrances\n de cœ ur. C’est la m ort, « sœ ur ainée des am ours,\ntoujours v ierg e et toujours féconde» , berceuse des in q u i­\nétudes qui se désolent et se navrent, m ansuétude des\nâm es de m arb re et sans reproche, se gaussant des\nrem ords, et qui sourient en voyant passer les oiseaux de\nm auvais augure et de tristesse ; la m ort, source des\nlam entations h u m ain es, fée im placable aux buts ignorés,\naux secrets qui suicident, qui attire et désespère, fixe la\npensée de ses beaux yeux infinis, casse nos bras et nous\njette à la déroute de ses vœ ux ; la m ort, toutes les rages\net les soûleries qui m o n tren t D ieu.\n    E t dans la n udité lu m inaire et traîtresse, elle appelle\nles visionnaires du pauvre m onde qui écrase et rebute,\nla m ort, reine des anéantissem ents, révélatrice de l’im ­\nm ortalité, en la prem ière lueu r spirituelle de ceux qui\nglissent à la tom be, sans crainte et sans d am nation.\n    E t de ses im m obilités et de ces lassitudes n aîtro n t les\nvérités concluantes, les calvaires évoqués tom beront aux\nfluidités arom ales des fleurs, les C hrists vont descendre\ndes croix et revivre, et leurs yeux vagues et de servitude\nb oiront la lum ière et l’espérance.\n    O la vastitude des désespoirs, les heures hallucinantes\ndes attentes indéfinies, les peurs de l’injustice astucieuse\net rebelle qui crain t l’éclatant soleil et les chants d’église!\nC ruauté, n ’es-tu pas la terreur de ton om bre, quand tu\nrôdes p ar les lacs cuivrés des silences où tes soucis\nvacillent et se corrom pent. O la m ort ! la m ort !\n"}, {"page_pdf": 52, "texte": "                          Fragment.                       41\n\n   E coute les clapotem ents de fangeuses exécrations\ndans les cagnades !\n   L es chiens s’esq u iv en t, et les lièvres sautillent.\n   E lle enclora la vision des justificatifs désespoirs, la\nm ort, en ses nudités de ch air que les soleils ne ré ­\nchauffent p a s, m ais que les lunes bleues d iam antent ; ses\nfantoches seront galopés p ar la P e u r ju sq u ’aux horizons\nzébrés des tum ultes.\n   E t p ar les g ran d s soirs clairo n n an t les torpeurs des\nsolitudes rigides, les Sierras lointaines crouleront leurs\ncrêtes opalines aux nuages bardés des visions de crim e,\nen l’hiératism e des mélèzes, des pins et des cèdres am al­\ngam és sous les enchevêtrem ents sataniques des formes\nqui s’écrasent. E t les vides où les songes échafaudent !\n\n                             H enri   de   CLASSA NT.\n"}, {"page_pdf": 53, "texte": "42                            Folie.\n\n\n\n\n                             F o lie .\n\n\n\n\n     Divinité d’Erasme, à l'œil hagard et rouge,\n     femme aux cheveux épars, au rictus effrayant,\n      aux longs bras décharnés et peints du sang farouche\n     des rages orgueilleuses et des haineux blasphèmes,\n\n     viens à moi ! viens à moi, les lèvres frémissantes,\n     les narines gonflées et le torse cambré ;\n     etje prosternerai aux pieds de ta magie\n     l'âme vierge et coquette de mes prières bleues !\n\n     Emplis la coupe lâche des gloires et des hontes,\n     et puis ordonne-moi d'y plonger mes regards !\n     Oh ! fais se lamenter comme un Désir captif\n     les plaies de mon cœur et la voix de ma n u it...\n     N e régnes-tu donc pas sur l'ivresse et la joie!\n     Le geste épouvanté de ta dextre ironique\n     ne se courbe-t-il pas sur la vaine Sagesse\n     sur la vague Science, sur l'ombre du Mystère !\n\n     C'est toi qui fais vibrer, ô trois fois sainte folle,\n     les sororales voix des lys purs et des harpes ;\n     c'est toi qui donnes,fière, aux Aèdes mystiques,\n     leurs extases d'argent et leurs chimères d'or !\n                                           Arthur T O IS O U L .\n"}, {"page_pdf": 54, "texte": "                                      A la Fontaine.                                         43\n\n\n\n\n                                 A la fontaine.\n\n\n\n   Q uelle est cette fontaine qui pleu re em m i le calm e in ­\nfini du soir ?\n   A lors que tout s’est tu, quelle est cette fontaine qui\ns’obstine à p leu rer désespérém ent ! ....................................\n\n\n   .. Je pleure ses larm es en une com m union de souf­\nfrance. ..\n   O h ! ces larm es, com m e elles s’égrènent m élanco­\nliq u es...............................................................................................\n   Sont-ce là des larm es de fontaine ? Q uelle lassitude\nlatente et m orne les a causées en si triste ab ondance ? ...\n   P e rle froissant perle, elles tom bent ;\nchute suivant chute, elles to m b e n t...\n   Q uelle sym pathie de succession les en traîn e à venir de\nla sorte neiger, l’une su r l’autre, leurs rhapsodies de\nplaintes ? ...\n    .. .C’est de quel horizon q u ’elles v ien n en t, ces voix de\n deuil ? ...\n    .. .E t la lan g u eu r des deuils inexpliqués p leure, pleu ­\n re sin istrem ent, em m i le calm e infini du soir.\n"}, {"page_pdf": 55, "texte": "   44                            A la Fontaine.\n\n\n   E t c’est indiscontinûm ent que pleuvent ces sanglots\nd’eau m o u ra n te ...\n   L a solitude a répandu su r elle une om bre de silence,\net ce sont des arbres silents qui l’entendent vider ses\néternels larm iers.......................................................................\n\n    Mais l’aubale résurrection chante en les cieux qui se\ndéstellent. M aintenant, la fontaine pleure en elle, et je\nsens le V ide de m on cœ ur s’em plir de ses larm es qu’on\nn ’entend plus.\n    P erle froissant perle, elles tom bent.;\nchute su iv an t chute, elles to m b e n t...\n    M ais de quelle source ? E t p ourquoi m ontent-elles le\nlong de m a poitrine, et pourquoi étreignent-elles ma\ngorge ? O h ! l’affreux serrem ent ! ... E t mes yeux, —\ndepuis q u an d sans fraîcheur ! — pourquoi se m ouillent-\nils d’une am ertune ignorée ? ... '\n    .. .E t je crois que la fontaine, qui se tait là-bas sous les\narbres qui s’éveillent, a passé dans m on cœ ur p o u r y\nv id er silentem ent ses éternels larm iers..............................\n\n\n                                                   G eorges     RA NCY.\n"}, {"page_pdf": 56, "texte": "                   Incantation.                         45\n\n\n\n\n               I ncantation.\nOh ! luise bientôt l'étoile des heures d'abandon\nsur la mer des désirs infiniment calmée,\net sur l'écrasement des horizons livides !\nLuise bientôt l'étoile!\nE t berce, berce mon cœur, berce mon cœur timide,\nô Vierge des espoirs d'azur et des chastes pensées !\n\nE n la barque de rêve où j'éternisé mon corps\nvers l’aube hiératique et pure des extases,\ndes extases qui fuient, ironiques et fières ;\nen la barque de rêve,\nviens sauver du Néant tes enivrantes phrases,\net brûle de l'amour dans la tombée du soir...\n\nEcoute, on chante d'or ! Musique de voix blanches\néthérisant des gazouillis d'enchantement...\nOh ! n'est-ce pas le chant céleste des mystères ?\nEcoute, on chante d'or !\nO Vierge, élève-moi vers ton ravissement,\nbaise l'émoi captif de mes regards maudits !\n\nS i tu cloîtres ta pitié dans l'éternel Refus,\nsi tu t'ériges dans l'inaccessible,\ntelle une volute enfiévrée, en l'inespoir des brunies,\nsi tu cloîtres ta pitié,\nles nymphes vont pleurer, les nymphes des forêts paisibles,\net ton petit coeur, ô Vierge,se veinera de larmes...\n                              A . deS T A S S A R T .\n"}, {"page_pdf": 57, "texte": "   46                         Les étoiles.\n\n\n\n\n                        Les Étoiles.\n\n\n   L à -h a u t, le Solitaire sèm e : les étoiles glissent radieuses\nsu r la brise et filent en ria n t vers les horizons noirs.\n\n\n    E t voici que ces orbes lum ineux s’en v iennent p lan er\nsu r m on front : au to u r de moi folâtrent, se poursuivent\nleurs joyeux rayons ; et tout s’égaie, et to ut rit, et le soir\noublie d’être p en sif q u an d passe le capricieux essaim .\n   C ependant que, là-bas, trois sœ urs, pâles et tristes,\nto u rn en t leurs yeux plaintifs vers le Semeur.\n    E t, au loin, dans le val céleste, isolée com m e un\nange tom bé, une autre étoile, plus pâle et plus triste,\np leure sa sp len d eu r en allée et ses com pagnes perdues :\nn o n m oins douloureuse est sa plainte désolée que ces\nlugubres cris d’enfant qui, parfois, percent la n u it som ­\nb re ; et ses larm es sont de sang, et son m orne regard\nerre sans vie p ar le ciel, et ses lèvres souffrantes soupi­\nre n t : P re n d s le b o n h eu r autour de toi.\n\n                          R obert    S A IN T E - E S T E L L E .\n"}, {"page_pdf": 58, "texte": "                      Modernisme étranger.                     47\n\n\n\n\n                M odernisme étranger.\n                                   (Suite.)\n\n\n    E n B elgique, c’est à dire d ans la succursale de P aris,\nle véritable alam bic dans lequel se concentre l ’am algam e\nde toutes les quintessences exotiques, nous n ’avons pas\ng ran d ’chose à atten d re de notre coopération avec nos voi­\nsins du M idi. T o u t au p lu s recevons-nous la prem ière\nim pulsion, buvons-nous le prem ier extrait de ce N ectar\nm étropolitain, et en fin de com pte nous ne restons que\ndes clients de la prem ière h e u re , des d o n n e u rs d’étrennes.\n    Si au contraire, nous nous bornions à notre a rt à\nnous, sans rou tin e entêtée, avec la larg eu r de vues que\nl’esprit m oderne im prim e au jo u rd ’hui à tout intellectuel,\nnous pou rrio n s être l’objet de l’atten tio n m êm e de P aris\nqui verrait le parti à tirer de nos initiatives. Il le fait\npo u r l’A ngleterre, p o u r l’A llem agne après avoir exprim é\nju sq u ’au zeste le citron italien, et en ce m om ent il cher­\nche plus lo in , au bout du m o n d e, des sensations exotiques,\nde l’in atten d u , aux dépens de l’esthétique, n ’im porte !\nL ’ogre v eut du neuf. E n ce m om ent, au x artistes in d é­\np e n d a n ts, d o n t le P alais des A rts libéraux vient d’ab riter\nles p roductions m alsaines eta u tre s,il n ’y a rien , rien d’o­\nriginal n i de prom etteur. T o u jo u rs les pointilleurs, qui\nsont b ien de vrais décadents astreints à u n e besogne de\nretoucheurs patien ts, après u n e vue d ’ensem ble toute\ndifférente. Il nous est resté dans la m ém oire une femme\n"}, {"page_pdf": 59, "texte": "   48                Modernisme étranger.\n\n\nou deux de H e n ri D u ran t, aux m am elles pendantes très\nen évidence, une groupe naturaliste refusé : la fessée du\n L av o ir, de Z o la, d'horribles peintures genre céram ique de\nH . R ousseau, les couleurs locales violentes d ’A lb e rt;\nSignac avec ses im pressions im itan t la faïence de Delft,\nles poteries ém aillées de taches de H . d ’E n n eird a, et\nvoilà tout ! Il est vrai q u ’il n ’y a rien de plus rem arqua­\nble au C ham p de M ars. D onc, on piétine su r place.\nP issarro , P etit-Jean, A ngrand, Cross, et mêm e G. d’E s ­\npagnat, et le caricaturiste H e rm a n n P a u l, ne font\np o in t u n pas en avant, Jossol fait du sym bolism e au\ntrait d u r et au coloriage plat, déjà revu, dans ses Scia ­\npodes, et il sem ble que l’on ait reto u rn é toutes les for­\nm ules, essayé de tous les systèm es p ratiques et que l’on\nse résigne enfin au travail de l’écureuil en cage.\n    E h bien ! N ous B elges, p o u rv u , de p ar nos traditions,\ndes m oyens de renouveler notre art p ar u ne infusion de\nsang artériel, nous nous plaisons à végéter dans l’aném ie,\nà chercher nos inspirations dans ces ateliers anglais\nétablis à F lorence ou qui o n t tran sp lan té à L o ndres les\nvieux m aîtres antérieurs au Sanzio. N ous étudions tout\np a r trad u ctio n française et nous ignorons nos ancêtres\nqui étaient grossiers, incorrects, sans goût, soit, (non\nd isp u tan d u m !) m ais forts, exubérants, écrasants ; telle\nest la nourrice féconde q u ’il faut aux m em bres atrophiés\nde notre m oderne fam ille !\n    L es P arisien s, et nous à la suite, tirons en ce m om ent\nu n très bon parti décoratif des docum ents jap o n ais, à la\nportée de tous, des dessins d’H a b e rt D ys, des com posi­\ntions de B esnard, de la calligraphie du M agazine of\nA rt, etc. T o u t cela, tritu ré en céram ique forme sous les\ndoigts d ’un peintre intelligent, des o rnem entations\n"}, {"page_pdf": 60, "texte": "                     Modernisme étranger.                   49\n\ncaractéristiques que le sym bole ag ran d it encore. Soit,\n ap p laudissons, m ais que ferons-nous dem ain ? E t quelle\n relation h arm onique existe-t-il entre ce style com posite\n tout à fait exotique et nos architectu res néo-flam andes,\n qui, heureusem ent, vont bientôt se généraliser et rejeter\n dans l’om bre ces abom inables façades plates, économ i­\nques, et faisant le bon h eu r des b arbouilleurs de b â ti­\n m ents ?\n     P o u rq u o i somm es-nous de p ru d en ts copistes et non\n des successeurs de nos pères ?L e X V Ie siècle nous a légué\nles travaux, lourds, m auvais si l’on veut, sans science,\nde tout un g roupe de m aitres décorateurs d o nt l’énergie\nétait alors décuplée p ar leur rivalité avec les ultram on ­\n tains. N ’y avait-il rien à tirer de ces am as de docum ents\n (il y a p o u rta n t en to u t le grain d’or!) H é o u i! T rois\n hom m es l’o n t com pris. Ils y o n t fait leu r renom m ée\narchitecturale : F ra n q u a rt, R u b en s et A n drouet du\n Cerceau ! P u is, tout est retom bé dans le silence et l’oubli\net au jo u rd ’hui on pousse du pied toute cette vieillerie et\nl’on va s'orienter au g ran d alam bic !\n     Il n ’est pas question de poncif, ni de copie des vieux\nm aîtres. Au point où nous en som m es, ce serait insensé !\nMais il suffit de jeter un coup d ’œil fu rtif su r les élucu­\nbrations de G oltzius, de S trad an , de F lo ris, de V rede ­\nm an de V ries, p o u r reconnaître q u ’il y a là po u r un\nsiècle d ’inspirations à trad u ire en style m oderne, p u is­\nqu ’il faut des traductions ! A près u n certain tem ps de\ncet exercice, nos peintres seraient rentrés dans le giron\nm aternel de notre vieille F la n d re saine et vigoureuse, et\npo u rraien t im p u n ém en t a sp ire r tous les sucs les plus\nléthifères. M ais nous craignons bien que ce sim ple con­\nseil nous fasse décorer du casque et des palm es acadé­\n"}, {"page_pdf": 61, "texte": "   5o               Modernisme étranger.\n\n\nm iques. B ah ! N ous l’avons dit, la conscience est allégée.\nN o tre excuse est dans ceci : L es quelques forts, dans\nnotre littérature, et à leu r tête Camille L em onnier et\nM aeterlinqk, ont su parfaitem ent distinguer ce que notre\nsol contenait p o u r eux de germ es de vitalité. .Ils ont\ndepuis, frayé avec les F ran çais et les A nglais, d ’accord,\nm ais ils étaient d’abord W allo n ou F lam an d ; ainsi de\nR odenbach qui se retrem pe dans les couvents de nos\nvilles m ortes, tandis que M aeterlinck s 'était im prégné\nde l’atm osphère m ystique de nos m onastères du moyen-\nâge. E t ce que l’on fait ainsi avec succès dans les lettres\nserait un non-sens dans les arts?\n    L ’esprit de clocher est m esquin, le chauvinism e est\nridicule, la fraternisation internationale est dans l’air. ;\nm ais la g uerre restera ju sq u ’à la fin des siècles. Si,\nm atériellem ent, elle doit être tuée p ar la dynam ite ou la\npanclastite, elle ne changera que de nom p o u r être la\nlutte com m erciale, le débat des intérêts, la rivalité\nartistique, le struggle for life. Dès lors, pourquoi\ncom m ettre l’absurdité de ne pas se servir de ses arm es\nnaturelles, et de préférer em boîter le pas au voisin bien\narm é et im iter son exercice ? C’est absolum ent à cela que\ntend le cosm opolitism e artistique, car il y a u ra toujours\ndes chefs de file, tant q u ’il y au ra m ouvem ent, a u tre ­\nm ent dit évolution.\n   R ésum ons-nous : L ’évolution c’est P aris-cerveau,\nhydre gigantesque qui absorbe sans relâche tout ce qui\nsort des moëlles de l’U nivers tout entier, p o u r le tra n s­\nform er en or, son sang à elle ; et la décentralisation,\nc’est to u t sim plem ent la constitution de suçoirs variés\no p éran t toujours au profit du m onstre. Or, l’erreur géné­\nrale, im m ense, c’est de croire que ses tentacules, au lieu\n"}, {"page_pdf": 62, "texte": "                   Modernisme étranger.                51\n\n\nde nous enlever ce que nous avons de m eilleur, nous\nap p o rten t jo u rn ellem en t la vie et la lum ière.\n   Soyons l’h ydre m inuscule, m ais tirons notre force de\nnotre terre, notre substance de partout, et coupons sans\ncrainte le lien de ch air qui nous relie à la pieuvre !\nN otre m odernism e ne p eu t que gagner à une originalité\nbasée su r la N atu re, la Science et notre R ace, et rép u ­\nd ian t l’aubette, le m astroquet et le beuglant.\n\n\n\n                                  E dgar   B A E S.\n"}, {"page_pdf": 63, "texte": "   52                 Maurice Maeterlinck.\n\n\n\n\n               M a u riceMaeterlinck.\n\n\n\n   V iennent de p araître dans la collection du Réveil, trois\npetits dram es p our M arionnettes, p ar M aurice M aeter­\nlinck : A l a dine et Palomides, Intérieur, et la Mort de Tin ­\ntagiles. (*)\n   M alheureusem ent, la place restreinte qui m ’est accor­\ndée et les quelques jo u rs qui me sont laissés p o u r m édi­\nter et écrire to u t ce que je pense de cette nouvelle œ uvre\nne m e perm ettent pas une longue étude ; aussi, po u r\ncom bler cette lacune bien involontaire, je conseillerai\nfort à mes lecteurs de voir ce q u ’en dit M. A lbert\nM ockel, dans le dernier num éro de la Revue wallonne, à\nL iège.\n   Sous ce titre : Une âme de poète, laissant de côté les\nqualités ou défauts particuliers à l’auteur, que si sou­\nvent déjà on a exposés, M. Mockel se com plaît à exam i­\nn er l’organism e de l’esprit qui a conçu l’œ uvre, an n o n ­\nçant, du reste, q u ’une autre étude est encore à faire :\n\n (*) Chez D em an, à B ruxelles.\n"}, {"page_pdf": 64, "texte": "                     Maurice Maeterlinck.                 53\n\n\n restituer en leu r ensem ble les caractères de ces poèm es\n p ar des mots qui les fassent revivre.\n    E n som m e, presque tout a été d it su r M. M aeterlinck,\n et il faudrait écrire à propos de son nouveau livre ce que\n déjà l’on redisait de ses précédentes œ uvres avec toute­\n fois en plus une résolution bien m arquée, au p o in t de\n vue de la form e, de ten d re vers un style égal et logique,\n com m e il convenait aux poèm es q u ’il encadre.\n    M ais je me bornerai à noter ici quelques brèves im ­\n pressions qui seront p lutôt d’une âm e ém otionnée — je\nle confesse — que d’un critique analysant. J ’ai retrouvé\nintacte, en lisant ces trois petits dram es, dès le début,\ncette exquise et puérile p hilosophie, très sim ple et très\nfragile que s’est faite le poète gantois, et dont, ju sq u ’à\nprésent, il ne s’est pas départi encore.\n    C ar revient le frêle enfant aux yeux inaccoutum és aux\nobjets de la terre m ais qui p énètrent p lu s facilem ent l’au-\ndelà q u ’ils ont quitté à peine ; puis la femm e à l’âm e de\nsensitive, plus près de D ieu que de nous et dont le\nfront se penche vers la fatalité avec, parfois, m ais po u r\ncom bien de tem ps, un m ouvem ent de révolte ; et le\nvieillard que le passé a in stru it, qui sait que l’avenir est\nsem blable au passé, m ais m êlé d’in co n n u , et qui attend\nstoïquem ent, disan t que quelque chose va se passer,\nm ais renonçant m êm e à résister aux événem ents qui\ndoivent être, qui seront. Il reste entre ces trois âm es une\nplaça étroite p o u r l’hom m e, le v ir il, qui sera ou bien\ninfluencé par l’enfant, la fem me ou le vieillard dont\nl’âm e déteindra su r la sienne, ou bien qui m anquera\nd’in té rê t; du reste, M. M aeterlinck le fait intervenir\nrarem ent et pour m ettre seulem ent en relief les autres\npersonnages. Il s’attard e p lutôt, en vrai poète, à m in u ­\n"}, {"page_pdf": 65, "texte": "   54                 Maurice Maeterlinck.\n\n\ntieusem ent décrire les ém ois d’une âm e d’enfant, et à ce\npropos, je ne sais rien de plus ém ouvant que cette m ort\nde T intagiles q u ’une aïeule orgueilleuse veut faire dis­\nparaître p o u r régner seule.\n    D e mêm e les enfants dans Intérieur, un vrai chef-\nd ’œ uvre. de sim plicité, d ’ém otion et de poésie, dont le\nplus petit s’endort alors que le m alheur entre dans la\nm aison.\n    D e l’enfant qui agit d’instinct, l’on passe à l'adoles­\ncent ou à la jeu n e vierge qui com m encent à raisonner leur\nsouffrance et à ne plus seulem ent souffrir du corps, mais\nde l’esprit. Ce sont alors les élans vers l’am our, d’A lla ­\ndine p our qui A stolaine la fiancée délaissée se sacrifie,\nparce que : « Il faut bien q u ’il y ait des lois plus p u is­\nsantes que celles de nos âmes dont nous parlons to u ­\njo u rs. » — Ceci est une phrase tirée d ’A lladine et de\nP alom ides, un dram e d o n t le sujet rappelle celui de\nPellèas et Mélisande où aussi l’am our jo in t des cœ urs qui,\nselon le m onde, n ’auraient pas d û se rencontrer ; m ais\nla fatalité est m aîtresse, elle tient par la m ain la douleur\net l’effroi. C’est encore parm i celles à qui la vie se révèle,\nles douces figures de M arie et de M arthe d a n s Intérieur,\net celles d’Y graine et de B ellangère les sœ urs de T in ta ­\ngiles. E nfin viennent trois om bres de vieillards : le vieux\nroi am oureux A blam or, le grand-père et le bon serviteur\nAglovale, chacun portant au to u r du front, comme une\ncouro n n e , la m ajesté d ’une vieillesse qui se penche vers la\nm ort.\n    T outes ces m arionnettes q u ’a créées M aurice M aeter­\nli n c k — com m e dans 1es petits théâtres des quartiers\npopuleux où l’on aim e encore les vieilles, bonnes et\nsim ples choses, en m on pays w allon — agissent avec\n"}, {"page_pdf": 66, "texte": "                     Maurice Maeterlinck.                  55\n\n\nune délicieuse naïveté, sans un geste de tro p , en disant\nce qui doit être dit; et u n e ém otion intense m ’em poigne,\nlorsque les écoutant com m e j ’écouterais les soirs de\nveillée de très anciennes légendes, je les vois défiler en\nm ’en tr’o u v ran t un in stan t leurs âm es prim itives où je\nvois aussi celle du poète.\n\n                                  C h a rle s   BRONNE.\n\n\n\n\n                         Le mois.\n\n\n\n   E n réalité, le théâtre de l'Œ u v re s’affirme de plus en\nplus. Il existe depuis un an à peine, et le voilà déjà\nadolescent !\n   L e théâtre ban il a vécu. N ous som m es las de la\nfadeur excessive des vaudevilles et des com édies dites\nfin-de-siècle ; il nous faut du neuf, du psychique.\n   L a p â le cohorte des « g r a n d s » critiques, ju sq u ’ici\nhostile à toute évolution esthétique, et q u i, h ier encore,\nconspuait M aeterlinck et son Intruse, le S ar et sa d é li­\ncieusem ent ru tilan te Babylone, s'initie, dirait-on, petit à\np etit, d an s les m ystères du B e a u ; elle est en traînée par\n"}, {"page_pdf": 67, "texte": "   56                       Le mois.\n\n le co u ran t irrésistible de rénovation artistique qui\n traverse actuellem ent notre siècle, elle est contrainte —\n oh! bien m algré e ll e — de quitter un in stant les routi­\n nières conventions et les préjugés classiques po u r\ns’engager dans le chem in éblouissant de l’A rt vrai.\n    Mais pou: quoi donc enfin se d écid e-t-elle, cette pâle\ncohorte, à rom pre la lourde chaîne de l’indifférence, qui\nlui étreignait le cou de ses anneaux d’acier? P ourquoi\naussi, depuis que le théâtre de l’Œ u v re respire, p o u r­\nquoi l’A rt fait-il chaque jo u r de nouveaux adeptes parm i\nles jeunes gens enthousiastes et les penseurs que com pte\nnotre m oderne société ?\n    Me P icard , dans la conférence qu'il donna au Parc\nlors de la représentation de la Gardienne et des Créanciers,\na résolu, avec sa verve et son esprit satirique habituels,\nces questions du plus g rand intérêt.\n    L ’Œ u v re, a t-il dit, a pris une extension sem blable,\nd ’abord parce q u ’elle fut entreprise par de pauvres\nm ais courageux artistes qui sont : L u g n é-P o ë, E d o u a rd\nV uillard et Cam ille M auclair ; ensuite, parce qu’elle ne\nreprésenta que la « B elle-Œ uvre », q u ’elle jo u a des\npièces de M aeterlinck, de G erh art H a u p tm an n , d’Ibsen,\nde P élad an , etc., et puis aussi, parce q u’elle répond,\na-t-il ajouté, à un besoin psychique.\n    N otre âm e dem ande de la distraction, cela est in co n ­\ntestable, seulem ent, son dom aine c’est le grave, la\ntristesse, la pensée! O ui, il lui faut de la pensée pour\nsubsister, car la pensée est p our ainsi dire son entité,\nle rouage même de sa vie. N e doit-elle pas se repaître\nsans cesse de chim ères? N 'ép rouve t-elle pas sans cesse\nle désir de s'élever dans les sphères irradiantes du Rêve,\nde p lâner su r la vile dégénérescence d’ici bas?\n"}, {"page_pdf": 68, "texte": "                        Le mois.                        57\n\n    L e théâtre d ’A ugier ou de D um as fils (dans sa confé­\nrence, M. P icard cita égalem ent ces écrivains) n ’est-il\ndonc pas la représentation de la vie dans son écœ urante\n banalité? E t nous assistons déjà chaque jo u r à ce spec­\n tacle par trop réaliste! P o u rq u o i donc alors nous le\nreprésente-t-on encore su r les scènes ? Est-ce pour nous\n enseigner la m orale! Q u o iq u e Z ola et ses pairs en\n disent, cette science n e s’enseigne pas p ar l ’expression\n p late des choses. D ’au tan t plus que nous avons tous en\n nous un m onde de subjectivités, d’idéales et chastes\njouissances que nous som m es con train ts d ’explorer à\n certains instants de la vie.\n    C’est m êm e précisém ent ce que M . H en ri de R ég n ier\nnous suggère dans sa Gardienne..\n    M ais q u ’est-ce donc que ce petit dram e en vers libres,\nmêlés de m ajestueux et sonores alex an d rin s, et écrit dans\nun style tant sublim e ? L e sujet en est fort sim ple. L e\nvoici en deux mots : U n guerrier ayan t quitté sa femme\ndepuis beaucoup d’années déjà, revient à elle et la\nretrouve pu re, douce, radieusem ent jolie et am oureu­\nse com m e aux prem iers jo u is de leur hym énée. Ce­\np en d an t, il s’est laissé en v ah ir p ar la lèpre du\ntem ps, ses cheveux ont blanchi « dans la gloire des\ncom bats victorieux ».\n    Mais cette action sim ple et vulgaire qui n ’est q u 'u n\ningénieux sym bole, dissim ule une psychologie originale\ninfinim ent ch arm an ts et délicieuse : le guerrier, c’est\nl’hom m e qui a écouté la voix perfide de ses passions et\nqui s’est égaré dans la plaine bourbeuse du vice ; la\nfem m e, c’est l’âm e de ce g u errier, c’est la sagesse qui\nest en lui, c’est sa pensée même. M. H en ri d e R ég n ier\na voulu tout sim plem ent nous présenter, sous la m ante\n"}, {"page_pdf": 69, "texte": "   58                       Le mois.\n\ngrise du sym bole, un curieux état d’â me ; et il a réussi\nparfaitem ent. Si son poèm e ne sem ble pas s’ad apter à la\nscène, c’est parce que le théâtre d’au jo u rd ’h u i, pollué par\nla verm ine des conventions, nous a hab itu é aux grossières\nbêtises du réalism e. R ien que p our cela. L a form e scéni­\nque n’est-elle pas au théâtre ce que toute form e conven ­\ntio n n elle doit nécessairem ent être à la p ensée: u n obstacle\nà l’A rt !\n    L es Créanciers, du N orw égien S trin d b erg, s’adaptent\nau contraire très bien à la scène. Cette pièce n ’est\np as, com m e la Gardienne, idéaliste e t mystique,\nmais satisfait m ieux aux goûts du public. C'est une a n a ­\nlyse rem arquablem ent m inutieuse du prestig e de la\nfemme su r l’hom m e, ou, plutôt, du prestige étrange de\nl’am our su r les cœ urs. D ans cet ouvrage point de rêve,\nm ais en revanche une étude scientifique fouillée des\ncharm es, des caprices, des bizarreries, des peines in d i­\ncibles que l’am our vrai cause en nous. E t ce sujet ne\nplaî t-il pas to u jo u rs, surtout lorsqu’il est esthétiquem ent\ndéveloppé com m e dans ce dram e de M. S trin d b erg ?\n    M. L ugné-Poë nous reviendra l’an p ro ch ain , dit-on,\n— avis donc à . .. la pâle cohorte — avec Lanrenzaccio,\nd ’Alfred de M usset, le Roi Lear de Shakespeare, le Pro ­\nméthée enchaîné d ’E schyle, et l’Electre.\n    Avais-je raison de dire tantôt que le théâtre de\nl’Œ u v re s'affirme de plus en plus ! Q ui nous dit même\nq ue M. L ugné-Poë ne m ontera pas aussi, plus tard, les\ndram es d Ourvasis ou de Sacountala, ces chefs-d’œ uvre\nin liens, traduits par M. de Chézy, dont parle élo g ieu ­\nsem ent L am artine dans son adm irable Cours familier de\nlittérature?\n\n                                  A rth u r   T O IS O U L .\n"}, {"page_pdf": 70, "texte": "                              L a critique littéraire.                        59\n\n\n                      La critique littéraire.\n   Il n ’y a pas bien longtem ps que M . B ru n e tière s’élevait — et\navec raison, faut-il l'avouer — contre l ’envahissem ent p a r le jo u r­\nnalism e de la c ritiq u e littéraire.\n   A ujourd’hui, en effet, que l’activité hum ain e a p ris des allures\nfantastiques et que la vie est devenue en quelque sorte une m aladie\nfiévreuse, le jo u rn alism e s’efforçant de satisfaire cette fé b rilité qui\nl’a fait roi, en tre dans u n e phase nouvelle d ont l’inform ation\nextra-rapide, e m b rassan t tout ce qui est d ’un in té rêt quelconque,\nm ais    im m édiat p o u r le lecteur q u o tid ien , est la p rin cip ale\ncaractéristique.\n   M alheureusem ent si cela est relativem ent possible p our les faits\nco u ran ts de la vie m atérielle, il y a grand d anger à a p p liq u e r u n\nsem blable systèm e à des m atières où la justesse de l ’observation\ndépend de la réflexion et de la pondération.\n   C ’est le cas p our la c ritiq u e d 'a rt en général et p lu s p a rtic u liè re\np o u r la c ritiq u e littéra ire .\n   L ’œ uvre, en effet, fruit de longs m ois de veilles assidues et\nénervantes ; le livre, résultat de réflexions condensées p a r un tra ­\nvail sincère et a ch a rn é, une fois que revêtu de la form e voulue p a r\nl’artiste, il est livré au m arché, vite, est avidem ent saisi p a r la\npleiade des c h ro n iq u e u rs q u i, avant m êm e que le p u b l ic — juge\nsouverain cepen d an t — a it eu le tem p s d ’en co u p er les feuillets\nvierges, l'ont retourné, sondé, analysé, d isséqué rageusem ent en\nquelques heures, h âtivem ent, et jugé sans reto u r, q uand p ro b a b le ­\nm ent ils ne l’ont pas lu en entier et que c ertain em en t ils ne l’ont\npas relu.\n   O r l’on nom m e cela de la c h ro n iq u e litté ra ire , a lors que si ce\nn ’est pas de la réclam e, c ’est de l’a b a ttage, ou si vous voulez lui\ndonner un nom à consonnance a rtistiq u e, de l’im pressionnism e .\nPasse p o u r cela !\n"}, {"page_pdf": 71, "texte": "    6o                     L a critique littéraire.\n\n\n   L es reproches que fait de la sorte M. B run etière aux ch roni ­\n queurs-journalistes sont fondés, et nul ne contestera la h â tiv ité\n m alh eureu se q u ’il déplore ; m ais un autre côté de la question est\n aussi à considérer, côté qui, je pense, est plu s im po rtan t encore\nq u e l'autre et cette fois commun au journ al et à la revue ; je\n veux parler de la compétence du m onsieur chargé de l’un ou l'au ­\n tre côté, d ’analyser l’œ uvre d ’u n artiste et de l a façon dont il\n s’acquittera de sa tâche.\n    S ’il ne s’agissait que de faire de l’impressionnisme, il est évident\n q u ’il ne faut pas d e m a n d e r à l’écrivain a u tre chose q ue la rapid e\n vision qui lui traverse le cerveau, lorsque, faisant un reto ur vers\n la lecture q u ’il vient d ’achever, il résum e l ’impression première et\n souvent très vague dont il est redevable au livre. Cette impression\n p o u rra être très diverse et considérée à une infinité de points de\n vue selon les préférences, les goûts, les inclinations du critique,\n selon sa disposition d ’esprit actuelle aussi, ses études, l 'école à\n laquelle il a p p a r t ie n t et, malheureuse m ent, parfois conform ément à\n un parti-pris peu loyal.\n    Notons q u ’une telle c hronique est toujours bien superficielle,\n souvent injuste et que, loin de considérer l ’œ uvre en ce q u ’elle\n peut avoir de réellement beau en art, le c h ronique u r donne son\n avis très personnel, voilà tout.\n    Il faut donc trouver autre chose; mais il s’agit cette fois de la\n revue et aussi de certains journaux se p iqu ant d'u n e parfaite pon­\n dération et qui en somme ont encore cela de bon pour e u x , au mi­\n lieu des vieilles rangaines, q u ’ils ne savent se décider à a b a n d o n n er\n Le Temps en F r a n c e est le m eilleur exemple qui soit de ce genre\n de presse. Q u a n t à la revue, il faut distin guer celle qui, fière d ’un\n certain nom bre d ’années d ’existence, croit cela suffisant pour im ­\n poser souverainement des appréciations très dicutables, et la revue\n jeunette qui, avec les yeux dans l’a zu r et les doigts d ans l’encrier,\n juge follement, inconsciamment, un peu avec parti pris aussi,\n"}, {"page_pdf": 72, "texte": "                          L a critique littéraire.                           61\n\nune foule d'œ uvres très diverses.\n  L es vieux — je devrais d ire p lu tô t ceux q u i écrivent chez les\nvieux, c ar il est une race m alfaisante que l'on p o u rra it a p p eler les\njeunes-vieux — s'im aginent assez orgueilleusem ent q u 'ils sont a rri ­\nv é s a l a f i n de la p é rio d e q u ’ils doivent ju g er a p rès l'avoir étudiée\nplus ou m oins sérieusem ent, p ériode close p a r eux, leu r sem ble-t-il,\ndès le u r arrivée au pouvoir, et qui ne doit avoir désorm ais n ulle\nprogression. L a litté ra tu re contem poraine, ils l’ignorent volontaire­\nm ent — ils ne l'ont p a s m êm e lue, à quoi b o n ! — la litté ra tu re de\nl'avenir, ils la n ien t — que le u r im porte, ils ne seront p lu s là —\nils resten t confinés obstiném ent dans le passé com m e u n p iètre\nerm ite en son erm itage.\n  H e u reu x encore si, forcés d ’a p p réc ie r un livre m oderne, ils n ’em ­\nploient pas de déloyaux procédés, tels q u ’une courte relatio n ,\nnaturellem ent bien choisie p a r eux, et qui doit            se rv ir à do n n er la\nnote d ’un gros volum e. Je connais à Liège, p a r exem ple, u n des\nplus beaux spécim ens de ces jeunes-vieux, confits dans le u r obs ­\ntruism e. T ous, il fau t l'avouer, ne poussent pas les choses à ce\npoint.\n  Chez les jeu n es, c’est a u tre chose.\n  Ici, m an q u a n t d ’études sérieuses et p réalab les, h eureux               de\ndo n n er d a ns de l'im prim é une ap p réciatio n p ersonnelle sous p ré ­\ntexte de c hronique, ou b ien ils se livrent à de rid ic u les charges à\nfond contre u n m onsieur qui n 'a pas l'h e ur de le u r plaire, soit\nparce q u 'il n ’est pas de le u r école, soit p a rce qu'il n ’est pas en\ncom m union d'idées avec eux ; ou bien, s'a tta rd a n t à des éloges\nexagérés et puérils, ils s’élèvent m utu ellem en t de petites chapelles\npieusem ent éclairées p a r les cierges q u 'ils allu m en t et parfum ées\nd'un encens qui p o rte à la tête.\n  C’est fatalem ent le trav ers où tom bent les com m ençants — les\nexemples ne sont que trop nom breux ; — les fautes de leurs ainés\ndevraient p o u rta n t les m ettre en garde c ontre eux-m êm es ; m ais\non a la tête b rû lan te et l'on refuse de réfléchir.\n"}, {"page_pdf": 73, "texte": "   62                     L a critique littéraire.\n\n  J'ai l'air certainem ent de f a i r e profession d ’un pessim ism e o u tra n ­\ncier, c'est une e rre u r, m ais je veux en a rriv e r à vous dém o n trer la\nforce a d m irab le d u c ritiq u e qui, m ûri p a r de solides études anté­\nrie u re s dans la solitude du c ab in et de travail, l'intelligence déve­\nloppée p a r la réflexion, la lectu re et les au teu rs, accessible au\nprogrès et à toutes les phases q u e traverse u n e litté ra tu re toujours\nen gésine, en garde contre les parti-p ris et les préférences qui les\ndéto u rn eraien t d'un jugem ent sain, du c ritiq u e donc qui vient et\njuge avec la conscience de son im p a rtia lité, de sa volonté et de sa\ncom préhension.\n  T el est le vrai c h ro n iq u e u r littéra ire , le seul d o n t l’opinion ait\nq u elq u e ré e lle valeur et d ont la décision soit acceptable, parce\nqu'il ne se refusera pas à la discuter, c ertain que, ven an t avec\npreuves à l'appui de ses dires, il sa u ra justifier la conclusion de\nson étude.\n  E t celui-là, ay an t beaucoup lu et beaucoup réfléchi, s'étant,\nentre au tres choses, rendu com pte de l'ad m irab le m éthode scienti­\nfique de T ain e et de H e n n eq u in , l'ap p liq u era avec certaines\nm odifications p a rticu lière s à son talent d ’artiste et de penseur, en\nse créant m êm e une v éritable originalité.\n  J'e n connais q uelques-uns ain si, en notre B elgique, que j ’adm ire\nsincèrem ent p o u r leu r travaux et p o u r leur loyauté. Chez eux, si le\nlivre n'est pas conform e absolum ent à leurs préférences secrètes,\nau m oins ont-ils la conscience d'avoir m ontré intégralem ent les\nparcelles de b eauté enchâssées dans l'œ uvre et l'effort sincère de\nl’écrivain qui sut faire fleurir l'idée après l'avoir choyée d a n s son\nâm e.                                         C harles     BRONNE.\n\n    Stella, sous peine de licencier une p a rtie de sa rédaction e t de\nre n ie r déjà son p rin cip e vital : l'h o rreu r de l'exclusif, ne sa u ra it\ns'enrôler sous aucu n d ra p ea u , pas m êm e sous celui de M . B ru n e ­\ntière qui n 'est point sans péché, sinon sans expérience. E n m atière\nd'A rt, si d élicate, on ne sa u ra it contenter tout le m onde et son\nau teu r, et, après tout, n'est-il pas bien a ttray a n t de p lan e r d a n s le\nbleu, m êm e en salissant quelque peu ses doigts à l’encrier, selon\nl ’im age-suggestive de M. B ronne ?              N .D .L .R .\n"}, {"page_pdf": 74, "texte": "                                Broutilles.                            63\n\n\n                         B R O U T IL L E S .\n\n                                        de R ancy, page 28, p re ­\n    Au m om ent de m ettre              m ière ligne ; a résum ée, au\n sous presse, nous ap p re ­            lieu de : a résu m é; m êm e\n nons q u e M . L econte de             page, ligne 21me . grecque,\n L isle vient de succom ber             au lieu de grecques.\nà L ouvecienne (F ra n c e ),\ndes suites d'une p n eu m o ­\nnie.\n    L econte de L isle était               P a r suite des vacances,\nné en 1820 à l'île de la R é u ­        Stella ne p a ra îtra que le\nnion et a vait succédé, à               25 septem bre p ro c h a in en\nl'A cadém ie fran ç a ise, à V ic­      fascicule d ouble. E lle con­\nto r H ugo. Ses œ uvres o ri­           tie n d ra une reproduction\nginales sont nom b reu ses;             d u ch arm an t frontispice,\nil nous d o n n a aussi u n e           dû à M . L evêque, qui orne\ntrad u c tio n d'H om ère et une        la c o u v e rtu re de ce num éro.\npièce dans le genre tr a ­\ngique : Les Erynnies.\n\n                                           C 'est le 22 de ce m ois\n                                        que sera in au g u ré, à Ixelles,\n    N ous rem ercio n s vive­           le m onum ent élevé à Ch.\nm ent tous nos am is et le t­           D ecoster. U n seul discours\ntrés qui ont eu la g ra cieu ­          se ra prononcé p a r M . C a­\nseté de n ous envoyer des               m ille L em onnier.\nlettres d e félicitations et\nd 'encouragem ent, ainsi que\nles jo u rn au x e t revues qui\n                                            L a Chronique déclare ne\nont bien voulu an n o n ce r la\n                                        pas com prendre cette p h ra ­\nn aissan ce de Stella.\n                                        se de notre intro d u ctio n :\n****** * * * * * * * * * * * *          « N otre but est de défendre\n   E r r a t a . — L ire , dans         l’Art p u r et lib re contre les\nPages de tendresse : rh é to ­          a tta q u es incessantes de\nrique, au lieu de : ré th o ­           l ’exclusivism e. »\nriq u e ; d a n s la chro n iq u e\n"}, {"page_pdf": 75, "texte": "64                                     Broutilles.\n\n                                                de B eeckm an, 45 et 46,\n                                                   belle facture.\n   N ous app ren o n s avec\n                                                M lle de B ièvre, 48 et 49,\njoie que M lle B erthe B arré,                     toujours la m êm e.\nune fillette de treize ans à                    D elsaux, 6 1 et 62, toiles\npeine, vient de re m p o rter                      déjà vues à Bruxelles.\nle 1er prix avec d istinction                   Je f M eyer, 64, bon.\n — e t récom pense spé­                         D e G aeljher, 68, p e tit chef-\nciale accordée dans cette                          d'œ uvre.\nclasse p a r la R eine — a u                    H œ terickx, 88 et 89, fort\nconcours de h a rp e du C o n ­                    m ais u n peu gris.\nservatoire.                                     M lle K lerckx, 103 , ré u ssit\n                                                   dans ce genre.\n   N ous lu i souhaitons b o n ­\n                                                M me L acroix, 104 et 105 ,\nne réussite dan s sa car­                          b elle lum ière.\nrière artistiq u e, q ui s'ouvre                Looym ans, b onne tonalité.\nsi belle devant elle.                           M adoux, 114 et 115, cou­\n                                                   le u r et facture.\n      E x p o s it io n   p ic t u r a l e\n                                                M elsen, 121, délicieu se­\n                                                   m ent. . . affreux.\n de               — N ous li­\n       M a l in e s .\n                                                M erckaert, 124, plein d ’effet.\nsons su r le catalogue de\n                                                M eyers, 127, jeune.\nno tre am i Ju le s P otvin, ces\n                                                T itz, belle coloration.\nquelques notes prises à la\n                                                V andam m e, 189, très in ­\nh âte :                                            tim e; 190, ciel très fluide.\nA rden, n° 7, plein air, fort.                  V an den E eden, 191, plein\nL. Baes, 8 et 9, p a s m al.                       de lum ière.\nd'A lheim , 25, bel effet lu ­                  V an S everdonck !!??!!\nm ière.\n\n\n\n\n                               C o rre sp o n d a n c e .\nH .   de    C lass.   — J ’a tte n d s im patiem m ent lettre de vous, ch er\n                          am i. Au p ro ch ain votre suggestive m édit, su r\n                          L'amlet.\nA u g . A r n . — P a s m al. C ontinuez vos envois.\nV a r i d e l . — ( A u g . A r n ?) M oins bien.\n"}, {"page_pdf": 76, "texte": ""}, {"page_pdf": 77, "texte": "                                        Stella,\n       R E V U E M E N S U E L L E D ’A R T & D E L I T T É R A T U R E\n                                 Paraissant du 25 au 30.\n\n\n\n                                ABONNEMENTS :\n               B E L G IQ U E : U n a n ..................5 f ra n c s .\n               U N IO N P O S T A L E ..................6 f r a n c s .\n\n\n\n         S e c r é t a i r e de R é d a c t i o n : A r t h u r T o i s o u l .\n                   A d m in istrateu r : A . BOURGOM .\n       C o m ité de R é d a c t i o n : H e n r i d e C L A S S A N T ,\n          E d g a r BAES,      R o b e r t SA IN T E - E S T E L L E ,\n          G eorges       B A LA T, A lbert de STA SSA R T,\n          G e o r g e s RA N CY .\n\n\n\n        L es m a n u s c rits n o n in sérés ne so n t pas rendus.\n\n\n\n                                 S O M M A I R E\n            H enri    de   C lassant. —        Fragm ent.\n            A rthur     T o iso u l .     — F o lie , le m ois.\n            G e o r g e s R a n c y . — A la fo n ta in e .\n            A. d e S t a s s a r t . — I n c a n ta tio n .\n            R o b e r t S a i n t e - E s t e l l e . — L e s É to ile s.\n            E d g a r d B a e s . — M o d e rn is m e é tra n g e r (Suite).\n            C harlesB r o n n e . — M a u ric e M a e te rlin c k , la c r itiq u e litté ra ire .\n            * * * — B ro u tille s.\n\n\n  Stella ne publie que de l’i n é d i t et laisse à chacun de scs collabora­\nteurs la responsabilité de ses articles et de ses opinions.\n\n\n   Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra\nà la Rédaction.\n\n            Stella est en vente :\n          A B r u x e lle s , chez Istace; chez Wattiau, rue de Longue-\n            Vie ; chez Lacomblez, rue des Paroissiens.\n          A M o n s , chez Magerman, 15 rue de l'Athénée.\n          A G a n d , chez A d. Hoste, rue des Champs.\n          A A n v e r s , chez Forst, place de Meir.\n          A L iè g e , chez Gnusez, rue du Pont-d'Ile.\n          A V e r v i e r s , chez Gilon, Pont St. Laurent.\n          A P a r i s , Chez Chérie, rue Hallé.\n\n         Im prim erie G. B A L A T , rue Potagère, 57, Bruxelles.                            '\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 2, "mois_verifie": true, "numero_verifie": false, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": true, "date_tri": "1894-07", "signet_source": "Première année - N°2 - Juillet 1894", "preuve": "Mois et année lus sur la couverture, PDF 42 ; sommaire imprimé au dos, PDF 77 ; le numéro 2 n'est pas imprimé", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}