{"numero_id": "ulb-stella-1894-10-n5", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "articles": [{"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-001", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Aug. 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L evêque\n                                d an s l’É th er, bien au d e là\n                                des brum es et des ém an atio n s\n                                de la fange.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-002", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "S O M M A I R E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 147, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1151, "fin_caractere_exclue": 1972, "texte": "S O M M A I R E\n           J oseph    D e s g e n è t s . — H e n ri  M azel,\n           R en é G u il . — C hant futur.\n           L é o n P a s c h a l . — Le chevaucheur de clocher.\n           G e o r g e s A n g e l r o t h . — B allade des M uses d'autrefois.\n           A r t h u r T o i s o u l . — A une âm e exilée dans la m ort.\n           A l b e r t S t a s s a r t . — F u n érailles.\n           C h . L o u i s P h i l i p p e . — Seuils de T om bes.\n           E d g a r B a e s . — U n peu d 'a rchéologie (suite).\n           D è s y E l i a s . — L es rep résen tatio n s du T h éâ tre libre.\n           C h a r l e s B r o n n e , et E d g a r B a e s . — C hroniques de livres.\n           * * * — B routilles.\n                H o r s texte : R e g a rd l u n a i r e . p a r J u l e s M e rc k a e rt.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-003", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 129, "page_fin": 131, "titre_corps": "Silhouettes d’Aujourd’hui : Henri Mazel", "titre_sommaire": "Henri Mazel", "rubrique": "", "signature_source": "Joseph DESGENÊTS", "ancre_debut": "Silhouettes d'aujourd'hui.              129                 Silhouettes d 'A u jo u", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 148, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1169, "texte": "Silhouettes d'aujourd'hui.              129\n\n\n\n\n            Silhouettes d 'A u jo u rd 'h u i.\n\n\n\n\n                    H e n r i Mazel.\n\n    M. H en ri Mazel porte avec au tan t de fierté que de\n vaillance le drapeau de L ’Ermitage où u n e élite d ’écri­\nvains vien t, com m e en re tra ite , élaborer ses travaux d ’art.\n T ous les m ois, les erm ites — depuis le I e r avril 1890\n— d o n n en t d’incontestables preuves de leurs talents et\nde leu r vitalité. L'Ermitage est un terrain neutre sur\nlequel se ren co n tren t les opinions les p lu s contradic­\ntoires; on y est curieux et avide de toutes les m anifesta­\ntions de l’esprit ; on y guette toutes les personnalités\nnouvelles et on y épie tous les talents naissants.\n    L a direction de la revue L ’Ermitage n ’est pas du tout\ndespotique et M. H e n ri Mazel est d’une intelligence à la\nfois tro p ouverte et trop bien avisée p o u r q u’il en soit\nautrem ent.\n    L es directeurs de revues sont n om breux à P a ris et ils\nform ent une pléiade de physionom ies intéressantes.\nM. H . Mazel est sans n u l doute parm i les plus sym pa­\nthiques : il a su faire progresser sa revue avec une\n"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1897, "texte": "   130            Silhouettes d'aujourdh'ui.\n\nrapid ité rem arquable et est parvenu à g ro u per autour de\nlui une quantité de talents de valeurs diverses, il est\nvrai, m ais dont quelques-uns b rillen t déjà d’un bel\néclat. Sans hésiter sont venues à lui des plum es aptes à\nlivrer le bon com bat et nous nous autorisons à transcrire\nici les nom s de quelques-uns de ces fervents : L . L e\nC ardonnel, A. G erm ain, H . R ebell, R . B ouyer, P . V er­\nlaine, L . T ailhade, J . M oréas, H . de R égnier, F . Vielé-\nGriffin, E . V erhaeren, A . R etté, S. M erril, J. D eclareuil,\nA. Sabatier, J . D estrem , J . R en ard , C. M auclair,\nR achilde, B . L azare, H . B érenger, E . H o llan d e,\nP . M asson, G. F ourest.\n    Il n’eû t pas été aisé de parler de M. H . Mazel sans\ndire le bien que nous pensons de la revue qu’il dirige.\n    Comme la p lu p art de ses confrères de la génération\nprésente, celui que nous silhouettons d ébuta p ar des\narticles de revue dont la personnalité était visible. Il fut\nbientôt désireux d’avoir son organe à lui, organe où il\nau rait p u , librem ent et sans contrainte aucune, exposer\nses idées et exprim er ses visées d ’art : de là la naissance\nde L'Ermitage. Il suffit de feuilleter les fascicules de ce\npériodique pour se faire une idée de la façon nette et\nprofonde d o n t M. H . M azel traite les sujets — com bien\nv a rié s! — q u ’il aborde. Il est dans le m ouvem ent des\nidées m odernes et il est curieux d e toutes les m anières\ndont peuvent se m anifester l’esprit et la m e de ses contem ­\nporains. Son sens d ’observation et son aristocratique\nintellectualité sont p arto u t révélés dans ses travaux ; il\ns’entend m erveilleusem ent à ruiner le prestige des dieux\nchoyés du public et à m olester les réputations usurpées.\nSi nous n ’avions la crainte de fatiguer le lecteur, nous\nn ’hésiterions pas à reproduire les titres des innom brables\n"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1627, "texte": "                     Silhouettes d ’aujourd'hui.              131\n\n\n articles p arus sous la signature d ’H e n ri Mazel ou de\n S aint-A ntoine — pseudonym e sous le couvert duquel le\ndirecteur de L'Ermitage publie ses critiques et ses études\n d’a rt et de sociologie. N o u s nous b ornerons à quelques\ntitres, p ris parm i les plus significatifs : N ietzsche et le\n P résen t ; pro L ib ro ; S tendhal et F la u b e rt ; de belles\npages su r S ain t-F ran ço is d ’A ssise; le P ro testan tism e;\nque l’artiste doit faire vivant certes ! m ais artiste d ’abord ;\nque toutes les subventions officielles sont m auvaises;\nq u ’il est utile et nécessaire d ’in a u g u re r en F ran ce une\nville sainte d’art ; que les artistes ne peuvent avoir pour\nles politiciens q u ’u n seul sentim ent, le m épris ; qu’il est\nu rg en t d’opposer à la triple alliance des Rosses, des\nMuffles, des P leu tres, l’Aigle bicéphale, défensive et\noffensive, des A rtistes et des A ristes ; q u’il est urgent\nd ’ab d iq u er l'étiquette de jeu n es que la bienveillance\np u b liq u e s’obstine à nous coller au dos.\n    M. H e n ri Mazel est dans la plén itu d e de son talent.\nIl est né à N îm es en 1864 et il ne lui a pas fallu\nbeaucoup de tem ps p our p ren d re une place en vue\np arm i la pléiade des écrivains d’a u jo u rd ’h ui. Il nous\nap p araît com m e u n zélé travailleur et on peut attendre\nbeaucoup de son talent.\n                                   Joseph D E S G E N Ê T S\n           (A suivre.)\n\n     Le restreint de notre publication nous oblige à remettre au\nprochain numéro la suite de cet intéressant article. ( N .D .L .R .)\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-004", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 132, "page_fin": 135, "titre_corps": "Chant futur", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "René GHIL.", "ancre_debut": "Chant fu tu r.                 C h a n t futur. )*(        Or, sur les te", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 151, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 28, "fin_caractere_exclue": 975, "texte": "Chant fu tu r.\n\n\n\n\n            C h a n t futur. )*(\n\n\n\n    Or, sur les terrasses en prenant nos épaules\n      longtemps, parmi la nuit d'étoiles qui se perd\n      aux ramures qui sont toutes\n                                   comme de saules\n      appesantis sur d'amples eaux odorant l'air\n      de vivre et de mourir : sur les terrasses hautes\n     promenons-nous ! aux pas mêlés au sol, des hôtes\n      de la Terre, les Yeux ouverts des vastitudes\n      rondes où tournera, qui dise notre même\n      origine, des astres en venir l'ultième\n      tornade d'or - équipollant ses amplitudes...\n\n\n\n    En amas qui s'indélimite à devenir :\n      les Planètes et Soleils - ils tournent, uniques\n      en l ’innuméré mouvement d'ordre, et tenant\n      entre leurs pesanteurs les routes erratiques\n      des éternels errants soleils-Comètes :\n                                              tour\n\n\n(*) Du volume I I I Au Livre V de Œ u v re (à paraître).\n"}, {"page_pdf": 152, "page_imprimee": 133, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1339, "texte": "                     Chant futur.                       133\n\n  de tout astre, qui n'est qu’un point ! tournent immenses\n  dans l'immense, tandis qu'à des rotations denses\n  d'Atome, initiale issante sans tarir\n  condense la Matière magnétique :\n                                        tour\n  de tout astre, qui n'est qu'un point ! tournent immenses\n  de tout Espace — à pondérer de la Matière\n  évoluante le multiple et devenant\n  Venir, muant sur les Ellipses de lumière...\n\n\n\n\nA h ! sur les terrasses en prenant nos épaules\n   longtemps, parmi la nuit d'étoiles à meurtrir\n   notre gloire, passons ! — mes Y eux pleurent les mondes\n   qu'ils n’ont point vus, et qu’ils ne verront pas : les ondes\n   de leur lumière où mon être mortel ne doit\n   s’épanouir, ouvert en la limite seule\n   de son expansion ! ouvert, pour qu'en émoi\n   le traverse le plus de la Matière-aïeule. ..\n\n\n\nA h ! sur les terrasses en prenant nos épaules\n   longtemps, parmi la nuit d'étoiles à veiller\n   nos morts vaines, passons ! — mes Yeux pleurent les\n                                                    [Femmes\n   qu'ils n'ont point vues, et qu'ils ne verront pas : l'air\n   est algide, qui m'environne du désert\n   de leurs manquantes présences — leurs doigts de vie\n   que mon amour voulut de toute pierrerie\n   multi-ardente aux soleils ivres, émailler !\n"}, {"page_pdf": 153, "page_imprimee": 134, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1260, "texte": "                     Chant fu tu r .\n\n   sur mes lèvres, leurs doigts ont la vanité suave\n   du doux vent qui s'en vient de la houleuse entrave\n   des pétales : et l'harmonie de ï A tome\n   et des A stres disant en la nuit péristome\n   le los sonore de l'Unité, du long geste\n   elliptique et total de leur don nu, s'atteste,\n   résumant l'heure entière des Epithalames !. . .\n\n\n\n\nLes Etoiles, et les Femmes : sois les moi toutes\n  ô toute Aimée ! sois les moi douces —\n                                            toi ! pour\n  communier à toutes ondes de la nature\n  magnétiques et thermiques et lumineuses\n  et sonores ! l'aveu des ellipses heureuses\n  de ton être moitié du mien, mon sûr amour\n  t'en a priée : ô vois ! d'un rêve sans rupture\n  que le torrent du monde onde dans ta toison\n  où du soleil se meurt :\n                          d'électrique attrait ! mes\n  Yeux l’ont senti, un pâle éparre à la saison\n  molle des printemps et des sèves exhumés\n  un éparre d'orage et parmi leur verdure\n  et sur la mer diurne en tes grands Yeux a lui ! . . .\n\n\n\nDans ton étreinte se pâmant : sois les moi toutes\n  ô toute Aimée ! sois les moi douces...\n                                         A u x doutes\n  d'être, et aux triomphes d'être ! dans ton étreinte\n"}, {"page_pdf": 154, "page_imprimee": 135, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 719, "texte": "                 Chant futur.                     1 35\n\nroulent égaux à des Soleils, à l'heure éteinte\nd’entour nos atomes en lutte, et en amour\nqui lent gravitent — et l’Univers est dans elle\nl'étroitement liante et l'immmense aussi, lui\néternellement qui se transmue et pantèle\net de lui-même resurgit ! . . .\n\n\n\n\n                              Tout vient en nous...\nvois ! — Sur les terrasses en prenant nos épaules\nlongtemps, qui sommes du Monde en œuvre deux pôles\nqui s'unissent : sur les terrasses nûment hautes\nparmi la nuit d'étoiles et d'arômes doux\nde vivre et de mourir — sur les terrasses hautes\npromenons-nous ! aux pas mêlés au sol, des hôtes\nde la Terre ! ...\n\n                             René G H IL .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-005", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 136, "page_fin": 137, "titre_corps": "Le Chevaucheur de clocher", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "LÉON PASCHAL.", "ancre_debut": "Le Chevaucheur de clocher.               L e C hevaucheur de C lo ch", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 155, "page_imprimee": 136, "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1574, "texte": "Le Chevaucheur de clocher.\n\n\n\n\n          L e C hevaucheur de C lo ch er\n\n\n     A B ruges il était, autrefois, un fou, am ant des nuées.\n N eele P ie r, loqueteux d o n t les hab its s’effrangeaient,\n m o n tran t la chair, et qui regardait avec des yeux torves\n et noirs entre les m èches de sa chevelure retom bante. Sa\n m arche intim idée effleurait les m urailles, cherchait\n l’om bre des pignons, et sa suprêm e volupté était de voir,\n assis su r la culée d’u n po n t, les nuages fuir dans le\n m iro ir des canaux glauques. E n tre les nénuphars, des\n m oires zébraient les eaux, le soleil y dard ait, le courant\n charriait des avalanches de lum ière neigeuse, les splen­\n deurs enivraient N eele P ie r et sa face, parm i l’or du\nciel, se réflètait, grim acière et rieuse, dans l’eau ridée.\n    N eele abho rrait fêtes et ju bilés où la joie des tru a n ­\ndailles fait m ousser les pots d ’orge et fleurir les trognes.\nS u r les ponts, la cohue sautait, bruyante, la la hopsassa!\nau son aigre des cornem uses. N eele erra, dans les carre­\nfours, parm i l’air alourdi p ar les buées de bière et les\nsueurs, heurté p ar les tum ultes, b ro n ch an t parm i le\ndésarroi des tonnes et des bancs, triste en l’im m ense\nregret de ses rêveries fam ilières.\n    D ésireux de solitude, il gravit l’escalier de son ami\nS us, le veilleur de la tour. Il s’arrêta, las, dans le jo u r\nd ’une rayère. S u r son front s’enchevêtraient des solives\net des poutres, le b attan t d ’une cloche pendait comme\nu n e langue assoiffée. E t devant lui le ciel se d rap ait\n"}, {"page_pdf": 156, "page_imprimee": 137, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "                  Le Chevaucheur de clocher.            137\n\n d’une p o u rp re barb are. L es nuages surgissaient de la\n m er, flagellés d’u n vent de tem pête, som ptueux et tra­\n giques ; le soleil chassait les huées sous des javelots d ’or.\n    M ais N eele désirait des horizons plus lointains et des\n ciels p lu s splendides.\n    Il gravit les échelles droites, enjam ba les airs, puis\n su r le clocher h arp a les gargouilles, grim pa le long de la\nto itu re p a r des prodiges de volonté ju sq u ’à la croix.\n    A lors N eele P ie r eu t u n e vision grandiose :\n    Les nuages étaient figés, im m obiles, m ais la tour\nm archait. L a cathédrale était u n anim al som bre, à la\ncroupe écailleuse, volant à travers les espaces. L es b o u r­\ndons sonnèrent et les volées de cloches dans le frém isse­\nm en t de l’édifice furent le tonnerre de son galop. N eele\nsu r cette bête fabuleuse, traversait des portiques de\nm arb re, des contrées m erveilleuses, des torrents de\nclartés qui ruisselaient com m e une pluie le long de la\ncroupe. Il ap p ro ch ait du Soleil qui dans la m er noyait\nson orbe agrandi en des rem ous d ’ém eraude et de rubis.\nC’était u n délire ; son front s’alourdit, ses yeux se voi­\nlèrent d ’u n vertige ténébreux.\n   N eele P ie r s’affala, le front écrasé su r le parvis de la\ncathédrale.\n\n                                   L éon P A S C H A L .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-006", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 138, "page_fin": 139, "titre_corps": "Ballade des Muses d’autrefois", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges ANGELROTH.", "ancre_debut": "Ballade des Muses d’autrefois.     Ballade des Muses d’autr", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 157, "page_imprimee": 138, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 717, "texte": "Ballade des Muses d’autrefois.\n\n\n\n\nBallade des Muses d’autrefois.\n\n\n\n\n       Muses des bois verts et des prés,\n       Regrettez bien ceux qui,naguère.\n       Poursuivirent vos chœurs sacrés\n       Jusque sous l'ombre bocagère,\n       Pour vous y faire douce guerre ;\n       Le Monde écoute encor leur voix,\n       Mais leurs baisers dorment sous terre :\n       Pleurez vos amants d'autrefois !\n\n\n\n\n       Las ! Vieux temps de jeunes amours\n       Où, pour vous séduire, Virgile,\n       E n vous enlevant vos atours,\n       Vous dédiait les fleurs du style ;\n       Où Théocrite de Sicile\n       Enchantait les échos des bois...\n       Beau temps, amour, coupe fragile :\n       Pleurez vos amants d'autrefois !\n"}, {"page_pdf": 158, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 558, "texte": "   Ballade des Muses d'autrefois.             139\n\n\n\n   Vint Ronsard, de roses orné,\n   L a Fontaine aux pinceaux classiques,\n   Chénier au front tôt moissonné ;\n   Or, sous les arceaux poétiques,\n   N u l épris des Muses antiques\n   Plus ne vient vider son carquois :\n   Nos modernes sont plus mystiques...\n   Pleurez vos amants d'autrefois !\n\n\n\n\n              ENVOI\n\n   Pauvres muses de ces fontaines,\n   Naïves muses de ces bois,\n   On parle nègre sous vos chênes...\n   Pleurez vos amants d'autrefois !\n\n                Georges A N G E L R O T H .\n189 3.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-007", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 140, "page_fin": 141, "titre_corps": "A une âme exilée dans la mort", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur TOISOUL.", "ancre_debut": "A une âme exilée dans la m ort .           A une âme exilée              dans la m", "ancre_fin": "Arthur T O IS O U L .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Funérailles. D’après le Lancelot du Lac.", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 159, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1034, "texte": "A une âme exilée dans la m ort .\n\n\n\n\n      A une âme exilée\n             dans la mort.\n\n      Ame dans la mort exilée,\n      âme fée,\n      souviens-toi des roses jadis\n      vêtus de palmes et de lys !\n\n      Oh ! le souris de nos en allés avrils roses ! . . .\n\n      Ecoute ! . . .\n      — Oh ! voix coquette de langueur ! —\n      Le Passé, vieil aède au beau pourpoint de moire,\n      susurre un virelai songeur\n      sous la fenêtre d'or de ma jeune mémoire.\n\n      Oh ! le souris de nos en allés avrils roses ! . . .\n\n      Oh ! nos doux errements dans le val de l'Espoir,\n      au temps heureux où s enlaçaient nos frêles rires !\n      Oh ! les flammes de ta candeur, en les mirons\n      d'où jaillissaient tes saints regards, lueurs d'hostie !\n\n      Oh! le souris de nos en allés avrils roses ! . ..\n\n      Oh ! les prestigieux serments de nos baisers,\n      et leurs cantiques purs et leurs gestes d'azur !\n      Oh ! le pompeux envol de tes folles chimères,\n      vers le mystique deuil des sphères du Mystère !\n"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 207, "texte": "                Funérailles.                        141\n\nA me dans la mort exilée,\nâme fée,\nSouviens-toi des roses jadis\nvêtus de palmes et de lys !\n                      Arthur T O IS O U L .\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-009", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 141, "page_fin": 141, "titre_corps": "Funérailles", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert STASSART.", "ancre_debut": "Funérailles. D’après le Lancelot du Lac.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 162, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 207, "fin_caractere_exclue": 1125, "texte": "Funérailles.\n                      D'après le Lancelot du Lac.\n\nSous l’azur constellé du ciel diamantin,\nla barque où Sa présence extatique s’incruste,\n— un moine murmurant sa cantilène fruste —\ncingle par l’âpre effort d’un rameur levantin.\n\nL ’horizon pleure dans la mysticité brune,\net sur le lac, éternité vague des eaux,\nparmi des sursauts d’ombre et l’éveil des roseaux,\nimplacable, sereine et douce, dort la lune.\n\nL a voix de l’âme morte a surgi son essor,\nen triomphe, par delà les pleurs monastiques,\nla voix de l’âme, jusqu'aux cieux eucharistiques,\nd'où les anges sanglants ont fa it pleuvoir de l'or.\n\nL'horizon pleure encore, et c'est la-mise en terre,\nsans le grand deuil des fleurs, sans cloche, sans au-\n                                               [cun e,\navec la suite lente des rayons de lune,\nde l'Amante, éternelle et vierge, du M ystère.. .\n\n                          Albert S T A S S A R T .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-010", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 142, "page_fin": 145, "titre_corps": "Seuils de tombes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles-Louis PHILIPPE.", "ancre_debut": "Seuils de tombes.             Seuils de Tom bes.              S i frèt", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 163, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1000, "texte": "Seuils de tombes.\n\n\n\n\n        Seuils de Tom bes.\n\n\n\n          S i frètes qui blêmissent et si longtemps — ah !\n      E t si loin de la vie, et si lassés de mort,\n      Les Vieux en gels de jours : — et leur regard ne sort\n      Hébêté du demain, en l'éclair qui silla !\n      S i frêles qui blêmissent, et si longtemps, — las !\n      E t leur regard est d'ombre où le printemps ne valve\n      Les fleurs de sa chanson en midis de décors :\n      Très lents du soir, les Vieux, au soleil ont la salve\n      En un couchant marin, du soleil de ces ors !\n\n\n\n      E t les Vieux dorment lourds d'encens — oh ! lourds de\n                                                           [terre\n      Par la vie qui vacille en leurs cheveux du soir, —\n      E t le temps là les vêt d'un baiser pour les taire,\n      E t fous du clair,les Vieux,en leurs fronts ont ce N o ir. . .\n      E t la vie s'est repue de leur las tremblis grêle...\n\n\n      Les vieux de l'an, volés à la mort, ont pâli.\n"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "               Seuils de tombes.                   143\n\nLors d'un vol séparé en les branches, — y ruisselle,\nVa, le ciel en songe, si pleurant et molli !\n\n\nE t le lit d'ordre bée, où pleuraient leurs dormir s\nSon sein devers la vie à des bercis de seuils\nTout velours et long de trêve avec, et d'orgueils —\nTout neige et t out velours, éparpil de dormirs !\n\n\nIls y peindront de mort un jour à veines ternes,\nHors de ces voix cassées en de blancs jours de tombe\nA h ! leur sommeil s'éteint comme une feuille tombe,\nQui vague un deuil errant en vacils de lanternes ! ...\n\n                        *\n\n\nOù la nef se lance en de gris-roses et meurt\nHaut de ciel veuf par des élans d'ombre et d'encens —\nA douce église vieille d'âmes lasses, sans\nL'aube des clairons un bleu silence dort — d'heur !\nVa lors en voix de mal cet or des saints qui meurent !\n\n\n\nUn cercueil assoupit ses pleurs au long des cierges\nA u don des chants de flamme avec la susurrance\nLoin de marbre aprilien, et d'or les matins vierges :\nSeul du songe et du seuil où la mort le balance !\n\n\n\nE t pieux, — et les cierges, et l'encens qui s arôme, —\nE t pieux de pleurs chus lourds, par l’éternel du soir\n"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1260, "texte": "144                    Seuils de tombes.\n\n      Vers la nue et la lune égarée en cœur d’homme\n      Qui saigne et ne bat — doux — au ciel à ce soir n o ir...\n      0 les larmes d'hommes comme des grappes cimes !\n      E t les chants vêtent la peur d'un manteau fondant\n      Plein qui palpite à deuils et flotte d'un vol d’an\n      Proche comme un passé, et d'ombre avec les nues !\n      E n des flots la nuit veille et vague à voix connues.\n\n\n\n\n      I l vient des remouvoirs en des deuils et des flammes,\n      Doux tintent des cloches sous l'herbe, à son de nuit\n      E t le passé est d'air comme un jardin qui fu it ;\n      I l vient des remouvoirs en des deuils et des flam m es...\n      E t sonnent des cloches du loin, à larmes d'âmes.\n\n\n      Longs, là — en muets chemins d'arôme qui glisse\n      I l leur va des sons doux hors des nuits à las doute\n      E t sont du sol, les Vieux, épars en la Vie, — toute ! —\n      Sur la tombe d'engrais épanouis en calice.\n      E t des miels se mêlent à des hoquets de tombes !\n\n\n\n\n      Par le ciel lent et la nuit vague de chansons\n      E t baisers, — pieux le lac fleurit d’absents, et mal !. . .\n      Titillez en la N uit qui ne vogue à des sons,\n      Les Vieux au corps de chose en revoir à blanc col !\n"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 711, "texte": "                Seuils de tombes.                      145\n\n\nE t tout dans la chambrette est une âme et s'irise :\nLe lit a de caresse un pleur des morts dormirs,\nHuant le glas du rêve, en silents : nuls finirs,\nQui claque haut d'amour, la mer à voile grise !\n\n\nLe lent doux d'un deuil émane de ciel de grève :\nSe pose à blancs genoux tout le souci des cœurs\nAdorable en miel d'alarme, — et le soir des cœurs\nUn glas flotte en nuit seule, et seul en nuit de grève !\n\n\nCar les a glacés vers lui, — hors Dieu, du soir monte !\nLe glacis lavé frais de l'heure, qui s’en va\nLà où, oh ! lent de ce mal ! un silence va\nFlottant encor la vie où la brume en vol monte !\n\n                  Charles-Louis P H I L I P P E .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-011", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 146, "page_fin": 148, "titre_corps": "Un peu d’archéologie (Suite)", "titre_sommaire": "Un peu d’archéologie (suite)", "rubrique": "", "signature_source": "Edgar BAES.", "ancre_debut": "Un peu d'Archéologie.                   Un peu d'Archéologie.                              (Sui", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 167, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1697, "texte": "Un peu d'Archéologie.\n\n\n\n\n              Un peu d'Archéologie.\n                             (Suite.)\n     M ais enfin, de bonne foi, si l’on devait nous servir\n d u ra n t plusieurs années de suite le m êm e plat m oder­\n niste, contem porain, ne plus nous m on trer que nous-\n mêmes dans le m iroir, ne finirions-nous pas par gagner\n un véritable dégoût de la p ein tu re ?\n    E n revanche, j ’en appelle aux plus jeunes, m ais à\n ceux qui sentent en eux la flamme de l’art et non unique­\n m ent le désir d ’épater, se dégoûte-t-on d ’aller visiter nos\n m usées anciens, nos trésors rétrospectifs, et q u an d , de\n loin en loin, une gran d e exhibition d’a rt rétrospectif est\n organisée, n ’y court-on pas avec u n em pressem ent fié­\n vreux, n ’en sort-on pas en red isan t en soi :\n    « Ceux-là, c’étaient des hom m es ! O ù donc trouver\n encore le secret de leu r force, de leur foi, de leur convic­\ntion ? »\n    N otre époque ne se contente plus de l’à-peu-près. L e\nrom antique, le th éâtral, les boursouflures sous prétexte\nd ’idéal la laissent froide. Son caractère, sa valeur typique,\nce sera cet esprit de recherche de la n atu re de l’analyse\nexacte qui a sa g ran d eu r p ar la vérité. Zola a été un\ninstant l’incarnation de cette m éthode expérim entale, et\nl’am as de docum ents certains que nous laisserons à la\ngénération future, la sincérité de nos notations p ro d u i­\nro n t sans nul doute une poussée d ’art rem arquable.\n   Mais précisém ent parce que notre lot n ’a plus rien de\nsuperficiel, que nous rép u d io n s les R om ains et les\nG recs en b au d ru ch e, nous devons nous efforcer de\nreconstituer m inutieusem ent ce qui fut avant nous, au-\n"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 147, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1902, "texte": "                     Un peu d'Archéologie.                 147\n\ntan t que ce qui nous entoure, et ne pas laisser perdre et\nan éan tir les docum ents que le tem ps nous a laissés.\n    Il ne s’agit pas de faire revenir la m ode du passé,\nm ais de conserver l'héritage des ancêtres, ne fût-ce qu’à\ntitre de curiosité et com m e détail historique.\n    O ui, l’on p eu t vivre en se disant : Je n ’ai ni père ni\nm ère ; je suis b âtard ou enfant trouvé ; à quoi bon me\npréoccuper de chercher qui m ’a donné le jo u r ! — Mais\nil est m ille fois plus agréable de p ouvoir dire : Voici les\nportraits de mes aïeux ; voyez par quel phénom ène\nd ’atavism e je ressem ble à celui-ci ; celui-là m ’a transm is\ntelle faculté, et m ieux encore (n’est-il pas vrai, réalistes ?)\nvoici le château et les terres q u ’on m ’a laissés, les collec­\ntions d ’art ou les titres de rente qui m’ont été légués.\n    O n ne sau rait n ier l’histoire, son intérêt et son utilité,\nsans provoquer une p ertu rb atio n dans la société entière,\ndans la propriété, dans les lois, dans le droit des gens,\ndans la liberté des peuples. P o u rq u o i la négliger dans\nl’art ? — U n iq u em en t p ar un m otif pratique, parce que\nl’o n ne voit plus de ses yeux le passé, et que dès lors on\np e u t s’égarer sur une fausse piste !\n    E h bien, c’est en cela que des hom m es tels que ceux\ndo n t nous avons parlé p lu s haut, que des reconstruc­\nteurs acharnés de ce passé, des V iollet-le-Duc, des\nCom te de B astard, des du Som m erard, etc., ont leur rai­\nson d ’illu strer notre siècle de progrès, c’est en cela que\nse m ontre l’utilité des sociétés archéologiques, des\nm usées d ’antiquités, et même des collectionneurs et\nantiq u aires.\n    T o u s sont, p ar une chaîne étroite, liés à l’art et à l’his­\ntoire, et co n trib u en t au m aintien de la nationalité que\nten d en t à effacer et d étruire les tentatives dém ocratiques,\n"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 148, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1872, "texte": "   148               Un peu d'Archéologie.\n\n  (anarchistes p ar nécessité transitoire).\n     C haque révolution, chaque changem ent de régime\n  s’est fait sur des ruines artistiques : les exploits d ’Acker­\n  m an, de H em ltyse, des conquérants de tout acabit, de\n  la C onvention française, tout cela nous a privé d ’objets\n d’art que nous vénérerions au jo u rd ’hui à genoux.\n     E t que nous prom et en échange cet art cosm opolite\n que d ’aucuns p rô n en t sous prétexte d’évolution, de con­\n tem poranéité, etc.,? Des efforts très louables, un travail\n individualiste acharné, m ais le tout écrasé sous le\n niveau du progrès lui-m êm e, qui, p a r son ordre, sa m i­\n nu tie, sa réglem entation, étendus à toute terre lointaine\n que p eut atteindre u n e de ses fusées, ren d la vie m ono­\n tone et insipide, l’être hum ain sem blable à son voisin et\n le m onde une véritable m écanique.\n     E n som m e, sans faire une opposition violente de sau­\n vage, qui nous ferait confondre bien innocem m ent avec\n l’anarchiste dont le beau geste n ’est que la traduction\n d ’une horreu r instinctive de la com pression réglem en­\n taire, ayons donc un honnête retour, deci, delà, vers la\n vie de nos ancêtres, dussions-nous rem onter ju sq u ’au\nprédécesseur d ’A dam . L ’avantage p o u r le goût artis­\n tique, p our le sentim ent de l’art sera im m ense : pour\nnotre existence physique, il ne sera pas m oins g ran d ,\ncar il nous rapprochera, ce retour, de notre m ère la\nN atu re, d o n t nos ascendants n ’oubliaient pas les q u ali­\ntés et les conseils, il nous rap p ro ch era de la vie sim ple :\nô P icard , ô Tolstoï ! et nous m énagera une distraction\ncharm ante, douce m anie au m ilieu de l’u tilitaire fatras\nde chiffres, de records, de reports et de tuyaux qui cons­\ntitue notre bon h eu r m oderniste !\n                                   E dgar    BAES.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-012", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 149, "page_fin": 156, "titre_corps": "Les représentations du Théâtre Libre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Désy ÉLIAS", "ancre_debut": "Les représentations du Théâtre Libre,       U ne revue m ensuelle ne p", "ancre_fin": "D é s y É L IA S", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "S C H E R ZO , par Ernestine André Van Hassell.", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 170, "page_imprimee": 149, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 1557, "texte": "Les représentations du Théâtre Libre,\n\n\n\n   U ne revue m ensuelle ne p arle q u ’avec désavantage de certains\nfaits. L es représentations du T h éâ tre L ib re ont été l'objet de\nea u co u p   d 'ap p réciatio n s, dans la      presse     et ailleurs,     d e p u is\nplu sieu rs sem aines, (1)\n  Il est c ep en d an t bien n a tu re l q u ’ici se rencontre égalem ent une\nopinion. L e T h éâ tre L ib re a une im portance assez grande pour\nq u ’a p rès les jo u rn au x    quotidiens, les       pu b licatio n s   littéraires\ném ettent un avis.'\n  Au reste, les pièces jouées cette fois a ttiren t l ’attention.\n  Je ne les analyserai pas toutes. Il y en a, m ê me, d ont je ne dirai\nrien, ou peu de chose. D ’a b o rd , l ’une d ’elles est trop connue p our\nque j ’aie à en p a rle r longuem ent :\n  L'Ecole des Veufs. — M . M irelet fait vraim en t \" une école \" et\nles incidents qui m arq u e n t sa situ atio n et en résu lten t sont expo­\nsés très      drôlem ent, avec esprit et sim plicité. Seulem ent cela\nse ra it tout aussi vrai s’il était m oins bête. M . Ancey en a fait un\nm aniaque. C ’est le m ot de M arguerite, la m aîtresse du vieux b o u r­\ngeois. E t c’est bien inutile. Cela sent u n peu la charge d ’artiste.\nC’est dom m age ; la pièce serait parfaite sans cela.\n   Il est vrai q u ’a p rès\n\n   (1) N ous n’en som m es pas moins forcés d e rem ettre a u num éro d e novem bre la\nfin de cet artic le , relative à l'in terp réta tio n -\n"}, {"page_pdf": 171, "page_imprimee": 150, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2238, "texte": "    150                     Le Théâtre Libre.\n\n   Les Tisserands, — on pouvait bien rire sans y reg ard er de trop\n près.\n   P ièce très connue aussi, celle-ci. On en a beau co u p pa rlé ; m ais,\n la situ atio n change. C’est à cause de cela que je dois en p a rle r à\n m on tour. Je suis loin d ’adm ettre certaines choses qu'on en a dites\net qui ne m anquent pas de gravité. Q u an d j ’entends p ro clam er\nque c ’est une œ uvre de haute portée sociale, je crois devoir rép o n ­\ndre q u ’à m on sens c’est une oeuvre fausse. O r, si tout doit concou­\nrir à la recherche et à l’expression de la vérité, p lu s grave reproche\nne p o u rrait être fait à un travail, que le reproche de défigurer la\nvérité. R éellem ent, si l’a u te u r des Tisserands n ’a pas voulu déve­\nlopper un thèm e de fantaisie, il faut bien qu'il a it m anqué, tout à\nfait, de clairvoyance. Où voit-on, dans la vie, des choses com m e\ncelles q u ’il nous raconte ? A h ! des hom m es qui ne gagnent pas\nassez, des m ères qui p leu re n t, des enfants qui ont faim , il y en a\nbeaucoup, m alheureusem ent. D es p a trons hypocrites et durs, il y\nen a aussi. L e nom bre en décroît cepen d an t ; M onsieur G erhard\nH a u p tm a n n ne le sait peut-être pas. Il dev rait le savoir. P a rc e\nq u ’on doit connaître les choses d ont on p arle. S ’il connaît celle-là,\nil a eu tort de re p ré se n ter tous les patro n s com m e des « geoliers ».\nSon D reissiger et ses D ietrich sont des types. D ans la réalité, des\nhom m es com m e ceux-là ne sont que des individus et ta n t pis po u r\nle théâtre de l’écrivain si ce th éâtre a besoin de types, et si cet é cri­\nvain n ’a de souffle que p our les déclam ations. L ’existence hum aine,\ndans son im m ense variété, dans ses luttes, dans ses m isères phy­\nsiques et m orales, d a n s ses g ra n d eu rs et ses abjections, suffit,\ntelle q u ’elle est, à qui sait la voir, la c om prendre et v ib re r a u con­\ntac t de ses ém otions. D e quel droit reco u rir à des g én éralisations qui\nsont des carica tu res et des injustices ? E t puis, une e rre u r en\nen tra in e une autre.\n  Les Tisserands sont un tissu d ’invraisem blances. Côté des o u ­\nv riers : tous les m énages ont un g ra n d nom bre d'enfants, des\n"}, {"page_pdf": 172, "page_imprimee": 151, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2392, "texte": "                           Le Théâtre Libre.                           i5 i\n\n\nfem m es infirm es ; on y a faim , on y vit dan s le d é n û m ent. D e\nl'au tre côté : tous ceux q ui touch en t au patron, de près ou de loin,\njo u en t u n rôle peu enviable. Il n ’y en a pas un qui épouse les inté­\nrêts de D reissiger, ou qui représente l'au to rité sans se m ontrer\nim pitoyable, ou ridicule : le com m is-voyageur raille les ouvriers ;\nle garde-chasse les insulte ; le gendarm e est dépeint sous des cou­\nleurs très peu flatteuses ; le com m issaire est à p la t ventre devant\nle rich e in d u striel ; les em ployés sont froidem ent et bêtem ent\ncruels ; le p a steu r qui se fera m assacrer p o u r calm er les ém eutiers\n— ce q u i est très b e a u — trouve q u 'ils ont com plètem ent to rt et\nque les questions sociales sont des choses inu tiles d ont il est m êm e\nbon de ne pas s'occuper ; la femm e du p atron ne voit dans le sou­\nlèvem ent des trav a illeu rs q u ’une seule chose : la soirée gâtée. U n\nseul, dans l’entourage, se range du côté des o uvriers ; m ais, avec\ndes paroles qui expliquent son renvoi et avec le m êm e m anque de\nm odération qui an im ent les révoltés, sans avoir leurs raisons d ’a n ­\ntip ath ie. E n tre les deux cam ps exagérés, personne qui prononce la\np arole de conciliation ; pas un hom m e de paix et de sagesse. C ette\nparole-là, ce n ’est pas le père H ilse qui peut la d ire et il ne la dit\npo in t ; p u isq u 'il trouve, aussi, que les o u v riers doivent avoir to rt.\nIl ne com p ren d pas. A uprès de l'aïeule aveugle qui dem ande ce\nq u ’il y a, p en d an t q u ’on se tue, il est l ’aveugle intellectuel qui ne\nveut pas c roire aux réalités et dont la foi religieuse est aussi vaine\net aussi in erte que celle du p a steu r. E t le m édecin, lui aussi, reste\nindifférent. T o u t ce qu'il voit dans les événem ents,. c’est q u e les\nouvriers sont fous, p u isq u ’il, vont être vaincus. Sa philosophie ne\nva pas au-delà et sa science lui est aussi in u tile qu'aux deux au tres\nle u r religion. E t encore, il p a rait qu'il avait to rt en croyant à la\ndéfaite. Ce sont les tisserands, avec leurs bâtons, qu i, a u m ilieu de\nla fusillade, chassent les soldats, et c'est su r cette victoire que se\nterm ine la pièce. S u r cette révélation aussi, ca r de ce côté du\nR h in , on s'était h abitué à cro ire l'arm ée allem ande plus forte.\n"}, {"page_pdf": 173, "page_imprimee": 152, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2160, "texte": "    15 2                      Le Théâtre Libre.\n\n   E h ! bien, est-ce que c'est raisonnable, tout c ela? E st-ce que,\np o u r que l’on put, en dehors d ’u n th éâ tre , assister à pareil spec­\n tacle, il ne fau d rait pas q u ’il y e u t un concours tout à fait extraor­\nd in aire de circonstances ? E st-ce q u ’une telle ré union d ’hom m es,\nune telle rencontre de sentim ents et d ’idées ne sont pas, nécessaire­\nm ent, exceptionnelles? E t exceptionnels aussi, ces villages où l’on\nne voit que des gens qui m eurent de faim ?\n   O r, l’on ne doit pas m ettre l ’exceptionnel à la scène, quand\nmêm e cela se ferait sans danger.\n   E t ici, le d anger existe. L e fabricant qui force ses ouvriers à d ire\nq u ’il est généreux, alors q u ’il spécule su r leur m isère et qu'il n ’a\npas le te m ps d ’éco u ter leurs plaintes si douloureuses et si ém ou­\nvantes, excite les rires m oqueurs, les m épris, les colères. Il en est\nde m êm e des gens m échants ou stupides qui l’entourent. D 'a u tre\np a rt, les b ru ta lité s injustifiées et les paroles les plus extravagantes\nfont éclater les applaudissem ents.\n  J ’aim e à c roire que ce n ’est pas ce résu ltat q u ’a poursuivi\nM . H a u p tm a n n . P o u rta n t, sau f d a n s le rôle du père H ilse, il n ’y a\nd ’énergie capable de faire im pression que dans les scènes de vio­\nlence. Il n’y a de la verve que dans les paroles de haine, les m ots\nindignés, les clam eurs désespérées et fu rieu ses: chez le forgeron.\nM aurice, Baeeker, la fem m e de G rottliech.\n  C ela ne suffit pas p o u r que je voie dans la pièce l’intérêt a rtis ­\ntiq u e que d ’a u tre s y ont vu.\n  M aintenant, les Tisserands sont-ils un plagiat de Germinal ? Si oui,\nM. H a u p tm a n n est bien m aladroit. Il y avait une œ uvre m eilleure\nà tire r du liv re de Zola, sans a v o ir recours à la g r osse m ise en\nscène qui a fait le succès lourd et m alsain de la pièce allem ande.\nL e doute est possible, d ’ailleu rs, p o u r qui a lu Germinal. U n e fa u t\npas être si p ro m p t à c rie r au plagiat, même q u a n d une œ uvre\nressem ble à une au tre.\n  Mariage d'argent — rappelle bien plus c ertain s contes de Guy de\n"}, {"page_pdf": 174, "page_imprimee": 153, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2297, "texte": "                              Le Théâtre Libre.                            153\n\nM au p assan t que les Tisserands ne font penser à l’ensem ble de Ger­\nminal et je n ’ai pas cru du tout que M. E m ile B ourgeois eût plagié\nle célèbre écrivain. Il a m êm e fait quelque chose p o u r sa gloire :\nil a ré p o n d u d ’avance à un jo u rn aliste parisien qu i, l'a u tre jour,\ntrouvait M aupassant inv raisem b lab le. C a r c'est l ’im pression d u r e\nchose bien vivante que laisse ce lever de rid eau . Je ne puis en dire\ndavantage ; la brièveté qui m ’est im posée m e force à passer àl a\npièce qu i, avec les Tisserands, a su rto u t m arq u é le passage du\nT h é â tre L ib re :\n   Les Fossiles. — A u n c ertain m om ent, l ’un des personnages d it\nque les nobles avant de d isp a raître , com m e de grands fossiles,\ndev raien t.. . . Si le m ot n ’était pas dans la pièce, il eut pu serv ir à\nla caractériser.\n   L e sont-ils assez fossiles, les bonshom m es de M. de C urel ! Il\ns’est trom pé, en em ployant le m ot dans une com paraison en tre le\nprésent et l’avenir. L a d isp a ritio n de la noblesse, c'est le passé.\nP e u t-ê tre M. de C urel a-t-il vu en rêve la noblesse com m e telle.\nJ ’aim e m ieux ceux q u i, faisant de tels rêves, les poussent ju s q u ’au\nbout. L a ferraille du moyen-âge est com ique, m ais il faut bien rire.\nT an d is que des situations im possibles, des sentim ents à la fois\nélevés et indignes, une noblesse qui revient p our philosopher, —\nce q u ’elle ne faisait pas q u an d elle existait — cela fait bien rire\naussi, oui, si l’on veut, seulem ent il y a dans ce rire, quelque p itié.\n   E t puis pourquoi, en m o n tra n t une fin de race (si M . de C urel\np réten d que ce qui en reste com pte encore p o u r quelque chose) et\nla voulant g rande, ne pas se c ontenter de lui d o n n e r cette g ra n ­\nd e u r d a n s les actes ? P o u rq u o i les tirad es d 'u ne jeu n e fille et les\nrêveries d'un m alade? E n dehors du p u r am o u r de R obert de C h a n ­\ntem elle et du pard o n qu'il accorde (et ce sont choses nullem ent\nréservées aux nobles), q u ’y a-t-il, sous toutes les belles phrases des\nFossiles, d e solide et de rem arquable, sa u f ceci : L a force, le nom ,\nla situation, la gloire avant tout, au-dessus de tout ; » il sera tou­\n"}, {"page_pdf": 175, "page_imprimee": 154, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2379, "texte": "   154                       L e Théâtre Libre.\n\njo u rs tem ps de p en ser à la m orale, à la dignité vraie, au respect\nv é ritab le de soi-m êm e et peut-être des au tre s » ? P a re ille théorie\nfut-elle le secret de la puissance de l’aristocratie ? L 'a u te u r a-t-il\nc ru q u 'il n ’y avait pas m oyen de présenter cette d e rn iè re sous un\njo u r plu s favorable ? D ans ce cas il eût m ieux fait de ne pas en\np a rle r. C a r il n ’a fait ni œ uvre d 'h isto ire , ni œ uvre satiriq u e. Ceci\nne l’a pas em pêché d'ê tre d u r p o u r la noblesse.\n  Ainsi, lorsque le duc de C hantem elle veut d o n n e r sa m aîtresse\ncom m e femme, à son fils, c’est elle qui se révolte. E lle aim e le fils\net en est aim ée. P o u r être là où il était, elle a tout souffert, m êm e\nles assiduités outrageantes du m aître, les en trep rises odieuses du\ngran d seigneur d ont la présence seule l ’effraie ; m ais elle se tro u ­\nble à l’idée de l ’épouser, de le tro m p er su r le u r vraie, situ atio n à\ntous les deux. L e duc foule aux pieds les scrupules de la plébéienne.\nC'est un noble si l’on veut. Son caractère im périeux rappelle ses\nancêtres, son désir de p e rp é tu e r son titre q u a n d m êm e les rappelle\naussi. Ainsi encore, la jeu n e C laire elle-m ême consent au m ariage.\nP lu s forte, elle a résisté avec plus d ’énergie ; m ais, l ’in térêt de la\nrace la subjugue. E t à quoi aboutissent cette volonté de fer de l’un,\nson orgueil a risto c ratiq u e, secrètem ent son espoir de trouver une\nsolution à ses fredaines ; cet am o u r de la g ra n d eu r h éréd itaire, ou\ncette soum ission forcée des a u tres ? Au m ariage de R o b ert avec\nune femm e qui fut à lui et à son père et il co n tin u e ra à se c roire\nle père de l’enfant qu'elle venait de ram ener au pays, dans la chau­\nm ière d 'u n garde, sous l’œ il vigilant et inquiet de M. le D uc.\n  M lle de C hantem elle est sym pathique dans son élévation m orale.\nC'est la race dont elle est la fille et la victim e qui est coupable.\nSeulem ent, la jeu n e fille est vraim ent trop exaltée. M . de C urel a\nforcé la note. L orsque R obert ap p ren d la vérité (d'une façon un\npeu b urlesque, p a r exem ple) et que, m alade, il veut q u itte r le M idi\net revenir, en plein hiver, à C hantem elle, p o u r y m o u rir à l ’om bre\ndes grands souvenirs chevaleresques, sa sœ ur n ’est-elle pas in sen ­\n"}, {"page_pdf": 176, "page_imprimee": 155, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2448, "texte": "                              Le Théâtre Libre.                            155\n\n sée en ap p ro u v an t ce caprice? Il ne s'agit p lu s de sauver quelque\n chose. Il ne s’agit que d ’une im agination m aladive. A près cela, que\nle d ésir d ’être grand, exceptionnel, de vivre d a n s les régions supé­\n rieu res d 'u n sentim ent factice dé tra q u e un peu les cervelles, cela\n n'est pas du tout im possible; m ais, ce n ’est v raisem blablem ent pas\ncette pensée qui a inspiré l'au te u r. C'est sous l’em pire de la m êm e\nexaltation q u ’une jeu n e fille doit se tro u v er p o u r refu ser de se\nm arier, afin de faire de son neveu un vrai du c. M. de C urel p a rait\na v o ir pensé, non pas : exaltation, m ais : générosité. Il a, to u t sim ­\nplem ent, donné la vie à u n personnage a n tin a tu re l, e xtrahum ain.\n   Au reste, si les faits de la pièce ne s’expliquent po in t p a r les\ncauses a p p are n te s que le u r a ttrib u e l ’a u te u r, cela n ’est pas éton­\nn a n t. J ’ai m ontré l’e rre u r fondam entale de l’œ uvre et c ’est lo u rd ,\np o u r u n e e rre u r, tout ce q u ’il fait reposer su r la sienne : l ’héroïsm e\nd ’une jeu n e fille trop fière, fière ju s q u ’à     l'égarem ent ; la c la ir­\nvoyance et les utopies tout ensem ble d'un jeu n e hom m e qui veut\nêtre grand avant de d isp a ra ître et qui veut c o n stitu e r la noblesse\nsu r de nouvelles bases, la ra p p ro c h e r du peuple, la fa ire e n tre r\ndans le siècle p our le g ra n d ir et le faire m arch er à sa suite ; les\ndo u leu rs d'une m ère et d'une sœ u r sacrifiées à l'av e n ir d 'u n e race ;\nl'étrange figure d ’un père qui eut pu être autrefois u n brigand\nseigneurial et qui se ra ttra p e com m e il peut en n o tre époque p ro ­\nsaïque ; l ’insignifiance et l'in ertie d 'u n e femme d ont l'am o u r a de\ntrag iq u es suites.\n  Il est im possible de ne pas être frappé, p a r tout ce que M. de\nC urel a in tro d u it : là idées, sentim ents, situ atio n s b e au c o u p de\ntalent. Il eût pu, avec u n au tre sujet p o rter de p areils élém ents à\ndes effets co nsidérables et à un des succès les plu s sérieux du\nth éâtre d 'a u jo u rd 'h u i. E t le sujet n'eût pas été difficile à trouver.\nIl y a, d a n s les Fossiles, la m atière de p lu sieu rs pièces. Cela ne veut\npas d ire que l’a u te u r n ’a it pas su tire r p arti des ressources qu'il s'est\nainsi créées. D an s la lutte du duc avec sa femme, sa fille et M lle Va-\n"}, {"page_pdf": 177, "page_imprimee": 156, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 450, "texte": "   156                           Scherzo.\n\ntrin ; dans le p o rtrait du duc, si nettem ent dessiné ; dan s les pensées\nque développe R o b e rt, co m p aran t la m er au m onde des égaux et\nles grandes forêts au m onde des inégalités, il y a de la vigueur, de\nla finesse, de l’élévation et un style bien su p é rieu r au style habi­\ntuel du théâtre.\n            (A suivre)\n                                                 D é s y É L IA S\n\n\n\n\n       "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-013", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 156, "page_fin": 158, "titre_corps": "Chroniques de livres", "titre_sommaire": "Chroniques de livres", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "S C H E R ZO , par Ernestine André Van Hassell.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 177, "page_imprimee": 156, "debut_caractere": 450, "fin_caractere_exclue": 1650, "texte": "S C H E R ZO , par Ernestine André Van Hassell.\n                                   B ru x e lle s , 1894.\n\n\n  S'il est ingrat de vouer sa plum e à 1'é reintem ent d ’un confrère,\nque dire de la tâche déplorable d ’analyser une œ uvre fém inine,\ncar, n ’en d éplaise aux p artisan s de 1' ém ancipation, la p a rité des\nsexes sera toujours u n e ab su rd e énorm ité ? — Soyez sévère, vous\nêtes un ru stre ; soyez bienveillant, vous êtes un p lat galantin ;\ncherchez à m élanger le p laisa n t au sévère, vous n'ê tes plu s q u ’un\nidiot. — L e choix est scabreux, m ais à tout p ren d re, le ru stre est\nencore préférable.\n  L ’a u te u r de Scherzo a de qui tenir et n ’a point à se p lain d re de\nl ’atavism e. Un jo li livre intitu lé Pizzicato nous a révélé son nom il\ny a quelques années et nous avons retrouvé ce d e rn ie r çà et là\ndans p l u s d'un e revue. E lle reste fidèle à la m usique, u n peu à\nl’Alle magne, tout au m oins aux concerts des villes d ’eau et elle\ntraite fort agréablem ent le genre du m onde spécial q u ’elle a choisi.\nM ais. . . pourquoi faire de son livre une sorte d ’anthologie, dont la\nm eilleure p a rt lui revient assez po u r p rouver q u ’elle d e v rait en\n"}, {"page_pdf": 178, "page_imprimee": 157, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1785, "texte": "                                  L e Bonheur Irréel                            157\n\n ê tre l'au te u r u n iq u e ? P o u r em b a rrasse r la c ritiq u e ?? Quoi q u ’il en\n soit le systèm e des petites pièces convient très bien à sa plum e\n aim able et enjouée, et sa phrase toujours rythm ée ne sau rait que\n gagner à être lue à haute voix. D e tem ps en tem ps une nuance\n m atérialiste vient h eureusem ent d issip er les b ro u illa rd s du R hin,\n com m e le faisait la choucroûte p o u r M me Stoltz, et le triom phe de\n l'im m ortalité, la cravate de B eethoven, les variations de Schum ann,\n m ieux que certaines trad u ctio n s restées un peu germ an iq u es de\n sentim ent, dénotent un toucher d élicat et léger, une m ain de\nfemm e en un m ot, et le bon e sp rit de laisser aux m an o u v riers litté ­\nra ire s les lo u rd es besognes à rem uer. Aussi, ne pou v an t lui c rie r\nda capo, nous nous p erm ettrons tout au m oins un staccato ! et un\nallegro viva:e, en a tte n d an t le bravo décisif.\n                                                     E dgar    BA ES.\n\n\n\n\n    L E B O N H E U R I R R É E L , par Fernand Roussel.\n                                   (D e m an , B ru x e lle s.)\n\n\n\n\n  M. F e rn a n d R oussel nous avait donné l’an d e rn ie r un prem ier\nliv re : Le Jardin de l'âm e a u jo u rd ’hui je re ç o is le Bonheur irréel\navec la prom esse d ’un p ro c h ain rom an : Les blanches fiançailles.\n  C'est à dessein que j ’expose cette succession de volum es.\n  Le Bonheur irréel. en effet, — un titre qui est celui d u p re m ier\nconte du recueil et p atro n n e les au tres — n ’a visé, je pense, en ses\nsoixante-douze pages, à aucu n e cohésion. C 'e st une su ite de frag­\nm ents, de tonalités diverses, de genres différents et d e valeur iné­\n"}, {"page_pdf": 179, "page_imprimee": 158, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1537, "texte": "    158                         Le Bonheur Irréel.\n\ngale, d o n n a n t cette incom plète sensation qu'ils ont été            extraits\nd 'u n volum e q u e l'on désire, m ais d ont on n ’entrevoit m êm e pas\nles grandes lignes.\n   C’est p o urquoi je suis po rté à croire q u ’il est le louable ré su lta t\ndes efforts d 'u n jeu n e littéra te u r qui voulait s’essayer au rom an.\nT els m orceaux, plu s com plets, com m e L'Eborgnée, Le 5 décembre,\nSilhouette de foire, m e prouvent que M . R oussel a les qualités néces­\nsaires p o u r ré u ssir en ce genre.\n  Si, des quelques pages données a u jo u rd 'h u i, il est p erm is de\npro n o stiq u er p o u r l'avenir, l'œ uvre pro ch ain e sera celle d ’u n se n si­\ntif, am oureux de su b tilités psychologiques, se se n tan t irrésistib le ­\nm ent a ttiré p a r la puissance du réalism e existant a u sein m êm e\ndes conceptions sp iritu a liste s et philosophiques, bien plus en idée\nq u ’en image d ont il ne saisit que les dem is-tons, et p a r cela m êm e\nayant les q ualités com m e les défauts des gens d u N ord, bien plus\nq u e d e s âm es du M idi.\n  Seulem ent, s'il faut p a rle r de la form e, M . R oussel ne gagnerait-\nil pas à ten d re vers u n style plus sim ple ; qu'il n ’oublie pas q u e les\nm ots doivent s’u n ir logiquem ent et q u ’alors seulem ent l'idée surgit\nbelle et pure.\n  L es essais étant term inés, le rom an do n n era définitivem ent la\ncaractéristiq u e du talent de l’écrivain.\n\n\n                                             C harles     BRONNE.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-014", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 159, "page_fin": 159, "titre_corps": "Samson et Dalila, à la Monnaie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A. BOURGOM.", "ancre_debut": "Samson et Dalila, à la M onnaie. — L e sujet", "ancre_fin": "A. B O U R G O M .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "B R O U T IL L E S .    R e çu :", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 180, "page_imprimee": 159, "debut_caractere": 83, "fin_caractere_exclue": 1058, "texte": "Samson et Dalila, à la M onnaie. — L e sujet de cette œ uvre est\nsim ple ; le 1er acte com m e le 3e a la c ouleur de l’orato rio et donne\nl ’im pression religieuse des oratorios de M endelssohn, m ais\nM. S ain t Saëns a su trouver une opposition saisissante en tre le\nc h œ u r des H é b re u x , d ont on a pu a d m irer le ry th m e o rch estral au\n1er a cte, e t les danses et les in cantations des P h ilistin s au 3e. L e\n2e acte est celui que le p u b lic préfère, bien que les ch œ u rs en\nsoient b a n n is et que tro is personnages seulem ent y p artag en t\nl ’in té rê t d ra m a tiq u e , la grande scène de séduction lui donne\nun cachet particulièrem ent scénique. L e 1er tab leau du 3e acte est\nm agnifique, on y sent d ’un b out à l’a u tre la tristesse résignée du\ncoupable accablé ; la scène du tem p le, p a r c o n tre , reste d a n s une\nnote assez banale.\n                                                 A. B O U R G O M .\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-015", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 159, "page_fin": 160, "titre_corps": "Broutilles", "titre_sommaire": "Broutilles", "rubrique": "", "signature_source": "***", "ancre_debut": "B R O U T IL L E S .    R e çu :", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 180, "page_imprimee": 159, "debut_caractere": 1058, "fin_caractere_exclue": 1970, "texte": "B R O U T IL L E S .\n    R e çu :\n L'Apologie de l'homme (H ors com m erce), p a r M au rice L eb lo n d ;\n Vers la Vie, p a r R ich a rd L edent ; L a mouche des croches, p a r\nW î l l y ,π  λι;pa r F ra n c is V ielé-Griffin ; Oripeaux, p a r X ***\n                 α\n\n  F o n t dès ce m ois p a rtie de notre Conseil de                R édaction :\nM M . F ra n z W ien er et R o b ert Sand.\n\n    E r r a ta . — L isez :\n  page 113 , ligne 18, salvatrice;\n    » 124, 1. 4, perspicacité ;\n    » 125, 1. 26, péché.\n\n    N otre 66 fascicule c o n tie n d ra u n a rticle de M . José de C oppin\ns u r O C T A V E P IR M E Z , quelques m ots su r Tristan et Yseult, des\nvers d ’E dm ond P ilo n , etc.,\n\n    P u b lic a tio n s re ç u e s :\n  La Plume, P a ris, n os 1 30 , 1 3 1, 1 3 2 . Y lire : Le congrès des poètes.\n  Le Mercure de France, P a ris, n os 58 et 59 . — D u H . de Régnier,\ndu R. de M arès, etc.,\n"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 160, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1756, "texte": "   160                           Broutilles.\n\n   L'Erm itage, P a ris, n° 10. L es nom s de V ielé-G riffin, H e n ri\nM azel, S t P ol Roux, etc.,\n   L 'A r t littéraire, P a ris, 9 et 10. Aux som m aires : R. de G ourm ont,\nR ené G hil, A. Ja rry , etc.,\n   Les Essais d’A rt libre, P a ris, n° trip le . Q uelques nom s : H . Mazel,\nR o in ard , A lph. G erm ain, J os. D eclareuil, etc.,\n   L ’Idée moderne, P a ris, n os 4 et 5 . V ers et proses de L . L e C a r ­\ndonnel, M ichel C habance, etc.,\n  L a Nouvelle Revue internationale, P a ris. Au - som m aire : E m ilio\nC astelar, Je a n V iollis, L éon H en n eb ic q , etc.,\n   Durendal, B ruxelles, n ° 9. U n a rtic le de P o l D em ade.\n   Magasin littéraire, G and, n ° d'octobre. L es nom s de W . R itter,\nH . B ordeaux, etc.,\n   La Nervie, L a L ouvière, 5 et 6 . Du H . M azel, du G. M arlow ,\ndu L ouis D elattre, du M auclair, etc.,\n  Le Réveil, G and, n os 7 et 8. M aeterlinck, V erhaeren, R em ou-\ncham ps, M ockel, S érasquier, etc.,\n   Journal des Artistes, P a ris. E n q u ête su r l'évolution des industries\nd'art, p a r H e n ri N ocq.\n   L 'A rt moderne, B ruxelles. T o u jo u rs très intéressant.\n   La Revue wallonne, Liège, n° 5 . S ecrétaire L éon P asch al.\n   Revue-Journal, Bruxelles, n ° 27. Des vers de V erh aeren et des\narticles de L . P a sc h a l et E . M onseur.\n  Le Libre Journal, M ons, n os 2, 3 , 5 .\n  Chronique estudiantine, Liège, n° 1. T ous nos souhaits.\n  Flamberge ! Liège, n os4 et 5, proses de Ch. B ronne et de F e rn ,\nR oussel.\n  La Revue de Belgique, B ruxelles, n° 10. D iscours de Ch. Saroléa.\n  L ’Idée libre, P a ris, n° double très in téressan t.\n  Pages littéraires, Genève, 4 et 5, m ensuelle qui a la p rétention\nde. . . ne rien rénover.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-016", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Stella est en vente ; Errata", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Stella est e n v e n te :", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 182, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1178, "texte": "Stella est e n v e n te :\n        A B r u x e l le s , chez Istace; chez W attiau, rue de Longue-\n          Vie ; chez Lacomblez, rue des Paroissiens.\n        A M o n s , chez Magerman, 1 5 rue de l'Athénée.\n        A G a n d , chez Ad. Hoste, rue des Champs.\n        A A n v e r s , chez Forst, place de Meir.\n        A L iè g e , chez Gnusez, rue du Pont-d'Ile.\n        A V e r v i e r s , chez Gilon, Pont St. Laurent.\n        A P a r i s , Chez Chèriè, rue Hallè, chez Chamuel, rue de\n          Trévise.\n\n\n\n\n                                   E R R A T A\n         L i r e , d a n s ce f a s c ic u le :\np a g e 141, l i g n e 3, souviens-toi\n    \" 146, « 13, c étaient\n   «       146,      «     13 , nature, de\n   «       149,      «    3, beaucoup\n   \"       151,      «     2 6 , p u isq u 'ils\n   «       1 55,     «1     3, l'œ uvre, et c’est lourd,\n   .(      1 55,     «     2 1 , eût\n   \"       1 55 ,    «     2 5, I l est impossible de ne p a s être fr a p p é p a r tout\nce que M . de C u rel a in tr o d u it là rid é e s, sentim ents, situations. I l y\na là beaucoup de talent.\n\n\n\n\n        Im prim erie G. B A L A T , rue Potagère, 5 7 , Bruxelles.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-10-n5-017", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonce : Typographie et lithographie G. Balat", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "T y p o g ra p h ie", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 183, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 989, "texte": "T y p o g ra p h ie\n\ne t L ith o g ra p h ie                         G. BALAT.\n                                    57, rue P o ta g ère,\n                                  B R U X E L L E S\n\n\n                                                  *\n                              » P a r la S cien ce et l’E x p é rien c e »\n\n                                                  *\n\n\n\n\n       Im pressions a d m in istra tives et com m er­\n   ciales, spécialité de B rochures artistiques et\n   littéraires, C atalogues, F ascicules de toutes\n   espèces...\n       F actures, P r ix -C o u r a n ts, M a n d a ts, C ir­\n   culaires, B o rd erea u x, R egistres, E tiquettes,\n   In v ita tio n s, P ro g ra m m e s, M enus, Cartes\n   d ’adresse et de visite, E nveloppes, L ettres\n   de fa ir e p a r t, A ffiches en tous g e n re s...\n\nLa Maison entreprend tons les travaux d’impression,\n          de quelque nature qu’ils soient.\n\n\n\n\n       De gustibus et coloribus non disputandum.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 146, "texte": "Pr e m i è r e A n n é e        S t e l la ,\nN°5.   — O cto b re .\n\n       1894.               Revue mensuelle d’A r t et de Littérature.\n\nnuméro : 5 0 cen t.\n\n                                        D ir e c tio n : R u e V a u t i e r , 38, B r u x e lle s .\n\n\n\n\n                                scin tille e t m onte plus a v a n t    D essin de A ug. L evêque\n                                d an s l’É th er, bien au d e là\n                                des brum es et des ém an atio n s\n                                de la fange.\n"}, {"page_pdf": 147, "texte": "                                      Stella,\n        R E V U E M E N S U E L L E D ’A RT & D E L I T T É R A T U R E\n                                  paraissant du 25 au 30.\n\n\n\n                                 ABONNEM ENTS :\n\n                B E L G IQ U E : U n a n ..................5 f r a n c s .\n                U N IO N P O S T A L E ..................6 f r a n c s .\n\n\n\n\n          S ecrétaire de R é d a c tio n :              A rth u r T oiso u l.\n                     A d m in istrateu r : A . B O U R G O M .\n       C o m i té d e R é d a c t i o n : H e n r i d e C L A S S A N T ,\n          E d g a r BAES, R o b e r t S A IN T E - E S T E L L E ,\n          G e o rg es B A L A T , A lb e r t de S T A S S A R T ,\n          F ra n z W IE N E R ,        R o b e rt   SAND, G e o rg e s\n         R A N CY .\n\n\n\n         L es m a n u sc rits non insérés ne so n t pas rendus.\n\n\n\n  Stella ne publie que de l’i n é d i t et laisse à chacun de ses collabora­\nteurs la responsabilité de ses articles et de ses opinions.\n\n\n\n   Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parviendra\nà la Rédaction.\n\n\n\n                                 S O M M A I R E\n           J oseph    D e s g e n è t s . — H e n ri  M azel,\n           R en é G u il . — C hant futur.\n           L é o n P a s c h a l . — Le chevaucheur de clocher.\n           G e o r g e s A n g e l r o t h . — B allade des M uses d'autrefois.\n           A r t h u r T o i s o u l . — A une âm e exilée dans la m ort.\n           A l b e r t S t a s s a r t . — F u n érailles.\n           C h . L o u i s P h i l i p p e . — Seuils de T om bes.\n           E d g a r B a e s . — U n peu d 'a rchéologie (suite).\n           D è s y E l i a s . — L es rep résen tatio n s du T h éâ tre libre.\n           C h a r l e s B r o n n e , et E d g a r B a e s . — C hroniques de livres.\n           * * * — B routilles.\n                H o r s texte : R e g a rd l u n a i r e . p a r J u l e s M e rc k a e rt.\n"}, {"page_pdf": 148, "texte": "                   Silhouettes d'aujourd'hui.              129\n\n\n\n\n            Silhouettes d 'A u jo u rd 'h u i.\n\n\n\n\n                    H e n r i Mazel.\n\n    M. H en ri Mazel porte avec au tan t de fierté que de\n vaillance le drapeau de L ’Ermitage où u n e élite d ’écri­\nvains vien t, com m e en re tra ite , élaborer ses travaux d ’art.\n T ous les m ois, les erm ites — depuis le I e r avril 1890\n— d o n n en t d’incontestables preuves de leurs talents et\nde leu r vitalité. L'Ermitage est un terrain neutre sur\nlequel se ren co n tren t les opinions les p lu s contradic­\ntoires; on y est curieux et avide de toutes les m anifesta­\ntions de l’esprit ; on y guette toutes les personnalités\nnouvelles et on y épie tous les talents naissants.\n    L a direction de la revue L ’Ermitage n ’est pas du tout\ndespotique et M. H e n ri Mazel est d’une intelligence à la\nfois tro p ouverte et trop bien avisée p o u r q u’il en soit\nautrem ent.\n    L es directeurs de revues sont n om breux à P a ris et ils\nform ent une pléiade de physionom ies intéressantes.\nM. H . Mazel est sans n u l doute parm i les plus sym pa­\nthiques : il a su faire progresser sa revue avec une\n"}, {"page_pdf": 149, "texte": "   130            Silhouettes d'aujourdh'ui.\n\nrapid ité rem arquable et est parvenu à g ro u per autour de\nlui une quantité de talents de valeurs diverses, il est\nvrai, m ais dont quelques-uns b rillen t déjà d’un bel\néclat. Sans hésiter sont venues à lui des plum es aptes à\nlivrer le bon com bat et nous nous autorisons à transcrire\nici les nom s de quelques-uns de ces fervents : L . L e\nC ardonnel, A. G erm ain, H . R ebell, R . B ouyer, P . V er­\nlaine, L . T ailhade, J . M oréas, H . de R égnier, F . Vielé-\nGriffin, E . V erhaeren, A . R etté, S. M erril, J. D eclareuil,\nA. Sabatier, J . D estrem , J . R en ard , C. M auclair,\nR achilde, B . L azare, H . B érenger, E . H o llan d e,\nP . M asson, G. F ourest.\n    Il n’eû t pas été aisé de parler de M. H . Mazel sans\ndire le bien que nous pensons de la revue qu’il dirige.\n    Comme la p lu p art de ses confrères de la génération\nprésente, celui que nous silhouettons d ébuta p ar des\narticles de revue dont la personnalité était visible. Il fut\nbientôt désireux d’avoir son organe à lui, organe où il\nau rait p u , librem ent et sans contrainte aucune, exposer\nses idées et exprim er ses visées d ’art : de là la naissance\nde L'Ermitage. Il suffit de feuilleter les fascicules de ce\npériodique pour se faire une idée de la façon nette et\nprofonde d o n t M. H . M azel traite les sujets — com bien\nv a rié s! — q u ’il aborde. Il est dans le m ouvem ent des\nidées m odernes et il est curieux d e toutes les m anières\ndont peuvent se m anifester l’esprit et la m e de ses contem ­\nporains. Son sens d ’observation et son aristocratique\nintellectualité sont p arto u t révélés dans ses travaux ; il\ns’entend m erveilleusem ent à ruiner le prestige des dieux\nchoyés du public et à m olester les réputations usurpées.\nSi nous n ’avions la crainte de fatiguer le lecteur, nous\nn ’hésiterions pas à reproduire les titres des innom brables\n"}, {"page_pdf": 150, "texte": "                     Silhouettes d ’aujourd'hui.              131\n\n\n articles p arus sous la signature d ’H e n ri Mazel ou de\n S aint-A ntoine — pseudonym e sous le couvert duquel le\ndirecteur de L'Ermitage publie ses critiques et ses études\n d’a rt et de sociologie. N o u s nous b ornerons à quelques\ntitres, p ris parm i les plus significatifs : N ietzsche et le\n P résen t ; pro L ib ro ; S tendhal et F la u b e rt ; de belles\npages su r S ain t-F ran ço is d ’A ssise; le P ro testan tism e;\nque l’artiste doit faire vivant certes ! m ais artiste d ’abord ;\nque toutes les subventions officielles sont m auvaises;\nq u ’il est utile et nécessaire d ’in a u g u re r en F ran ce une\nville sainte d’art ; que les artistes ne peuvent avoir pour\nles politiciens q u ’u n seul sentim ent, le m épris ; qu’il est\nu rg en t d’opposer à la triple alliance des Rosses, des\nMuffles, des P leu tres, l’Aigle bicéphale, défensive et\noffensive, des A rtistes et des A ristes ; q u’il est urgent\nd ’ab d iq u er l'étiquette de jeu n es que la bienveillance\np u b liq u e s’obstine à nous coller au dos.\n    M. H e n ri Mazel est dans la plén itu d e de son talent.\nIl est né à N îm es en 1864 et il ne lui a pas fallu\nbeaucoup de tem ps p our p ren d re une place en vue\np arm i la pléiade des écrivains d’a u jo u rd ’h ui. Il nous\nap p araît com m e u n zélé travailleur et on peut attendre\nbeaucoup de son talent.\n                                   Joseph D E S G E N Ê T S\n           (A suivre.)\n\n     Le restreint de notre publication nous oblige à remettre au\nprochain numéro la suite de cet intéressant article. ( N .D .L .R .)\n"}, {"page_pdf": 151, "texte": " 132                        Chant fu tu r.\n\n\n\n\n            C h a n t futur. )*(\n\n\n\n    Or, sur les terrasses en prenant nos épaules\n      longtemps, parmi la nuit d'étoiles qui se perd\n      aux ramures qui sont toutes\n                                   comme de saules\n      appesantis sur d'amples eaux odorant l'air\n      de vivre et de mourir : sur les terrasses hautes\n     promenons-nous ! aux pas mêlés au sol, des hôtes\n      de la Terre, les Yeux ouverts des vastitudes\n      rondes où tournera, qui dise notre même\n      origine, des astres en venir l'ultième\n      tornade d'or - équipollant ses amplitudes...\n\n\n\n    En amas qui s'indélimite à devenir :\n      les Planètes et Soleils - ils tournent, uniques\n      en l ’innuméré mouvement d'ordre, et tenant\n      entre leurs pesanteurs les routes erratiques\n      des éternels errants soleils-Comètes :\n                                              tour\n\n\n(*) Du volume I I I Au Livre V de Œ u v re (à paraître).\n"}, {"page_pdf": 152, "texte": "                     Chant futur.                       133\n\n  de tout astre, qui n'est qu’un point ! tournent immenses\n  dans l'immense, tandis qu'à des rotations denses\n  d'Atome, initiale issante sans tarir\n  condense la Matière magnétique :\n                                        tour\n  de tout astre, qui n'est qu'un point ! tournent immenses\n  de tout Espace — à pondérer de la Matière\n  évoluante le multiple et devenant\n  Venir, muant sur les Ellipses de lumière...\n\n\n\n\nA h ! sur les terrasses en prenant nos épaules\n   longtemps, parmi la nuit d'étoiles à meurtrir\n   notre gloire, passons ! — mes Y eux pleurent les mondes\n   qu'ils n’ont point vus, et qu’ils ne verront pas : les ondes\n   de leur lumière où mon être mortel ne doit\n   s’épanouir, ouvert en la limite seule\n   de son expansion ! ouvert, pour qu'en émoi\n   le traverse le plus de la Matière-aïeule. ..\n\n\n\nA h ! sur les terrasses en prenant nos épaules\n   longtemps, parmi la nuit d'étoiles à veiller\n   nos morts vaines, passons ! — mes Yeux pleurent les\n                                                    [Femmes\n   qu'ils n'ont point vues, et qu'ils ne verront pas : l'air\n   est algide, qui m'environne du désert\n   de leurs manquantes présences — leurs doigts de vie\n   que mon amour voulut de toute pierrerie\n   multi-ardente aux soleils ivres, émailler !\n"}, {"page_pdf": 153, "texte": "                     Chant fu tu r .\n\n   sur mes lèvres, leurs doigts ont la vanité suave\n   du doux vent qui s'en vient de la houleuse entrave\n   des pétales : et l'harmonie de ï A tome\n   et des A stres disant en la nuit péristome\n   le los sonore de l'Unité, du long geste\n   elliptique et total de leur don nu, s'atteste,\n   résumant l'heure entière des Epithalames !. . .\n\n\n\n\nLes Etoiles, et les Femmes : sois les moi toutes\n  ô toute Aimée ! sois les moi douces —\n                                            toi ! pour\n  communier à toutes ondes de la nature\n  magnétiques et thermiques et lumineuses\n  et sonores ! l'aveu des ellipses heureuses\n  de ton être moitié du mien, mon sûr amour\n  t'en a priée : ô vois ! d'un rêve sans rupture\n  que le torrent du monde onde dans ta toison\n  où du soleil se meurt :\n                          d'électrique attrait ! mes\n  Yeux l’ont senti, un pâle éparre à la saison\n  molle des printemps et des sèves exhumés\n  un éparre d'orage et parmi leur verdure\n  et sur la mer diurne en tes grands Yeux a lui ! . . .\n\n\n\nDans ton étreinte se pâmant : sois les moi toutes\n  ô toute Aimée ! sois les moi douces...\n                                         A u x doutes\n  d'être, et aux triomphes d'être ! dans ton étreinte\n"}, {"page_pdf": 154, "texte": "                 Chant futur.                     1 35\n\nroulent égaux à des Soleils, à l'heure éteinte\nd’entour nos atomes en lutte, et en amour\nqui lent gravitent — et l’Univers est dans elle\nl'étroitement liante et l'immmense aussi, lui\néternellement qui se transmue et pantèle\net de lui-même resurgit ! . . .\n\n\n\n\n                              Tout vient en nous...\nvois ! — Sur les terrasses en prenant nos épaules\nlongtemps, qui sommes du Monde en œuvre deux pôles\nqui s'unissent : sur les terrasses nûment hautes\nparmi la nuit d'étoiles et d'arômes doux\nde vivre et de mourir — sur les terrasses hautes\npromenons-nous ! aux pas mêlés au sol, des hôtes\nde la Terre ! ...\n\n                             René G H IL .\n"}, {"page_pdf": 155, "texte": "    136            Le Chevaucheur de clocher.\n\n\n\n\n          L e C hevaucheur de C lo ch er\n\n\n     A B ruges il était, autrefois, un fou, am ant des nuées.\n N eele P ie r, loqueteux d o n t les hab its s’effrangeaient,\n m o n tran t la chair, et qui regardait avec des yeux torves\n et noirs entre les m èches de sa chevelure retom bante. Sa\n m arche intim idée effleurait les m urailles, cherchait\n l’om bre des pignons, et sa suprêm e volupté était de voir,\n assis su r la culée d’u n po n t, les nuages fuir dans le\n m iro ir des canaux glauques. E n tre les nénuphars, des\n m oires zébraient les eaux, le soleil y dard ait, le courant\n charriait des avalanches de lum ière neigeuse, les splen­\n deurs enivraient N eele P ie r et sa face, parm i l’or du\nciel, se réflètait, grim acière et rieuse, dans l’eau ridée.\n    N eele abho rrait fêtes et ju bilés où la joie des tru a n ­\ndailles fait m ousser les pots d ’orge et fleurir les trognes.\nS u r les ponts, la cohue sautait, bruyante, la la hopsassa!\nau son aigre des cornem uses. N eele erra, dans les carre­\nfours, parm i l’air alourdi p ar les buées de bière et les\nsueurs, heurté p ar les tum ultes, b ro n ch an t parm i le\ndésarroi des tonnes et des bancs, triste en l’im m ense\nregret de ses rêveries fam ilières.\n    D ésireux de solitude, il gravit l’escalier de son ami\nS us, le veilleur de la tour. Il s’arrêta, las, dans le jo u r\nd ’une rayère. S u r son front s’enchevêtraient des solives\net des poutres, le b attan t d ’une cloche pendait comme\nu n e langue assoiffée. E t devant lui le ciel se d rap ait\n"}, {"page_pdf": 156, "texte": "                  Le Chevaucheur de clocher.            137\n\n d’une p o u rp re barb are. L es nuages surgissaient de la\n m er, flagellés d’u n vent de tem pête, som ptueux et tra­\n giques ; le soleil chassait les huées sous des javelots d ’or.\n    M ais N eele désirait des horizons plus lointains et des\n ciels p lu s splendides.\n    Il gravit les échelles droites, enjam ba les airs, puis\n su r le clocher h arp a les gargouilles, grim pa le long de la\nto itu re p a r des prodiges de volonté ju sq u ’à la croix.\n    A lors N eele P ie r eu t u n e vision grandiose :\n    Les nuages étaient figés, im m obiles, m ais la tour\nm archait. L a cathédrale était u n anim al som bre, à la\ncroupe écailleuse, volant à travers les espaces. L es b o u r­\ndons sonnèrent et les volées de cloches dans le frém isse­\nm en t de l’édifice furent le tonnerre de son galop. N eele\nsu r cette bête fabuleuse, traversait des portiques de\nm arb re, des contrées m erveilleuses, des torrents de\nclartés qui ruisselaient com m e une pluie le long de la\ncroupe. Il ap p ro ch ait du Soleil qui dans la m er noyait\nson orbe agrandi en des rem ous d ’ém eraude et de rubis.\nC’était u n délire ; son front s’alourdit, ses yeux se voi­\nlèrent d ’u n vertige ténébreux.\n   N eele P ie r s’affala, le front écrasé su r le parvis de la\ncathédrale.\n\n                                   L éon P A S C H A L .\n"}, {"page_pdf": 157, "texte": " 138   Ballade des Muses d’autrefois.\n\n\n\n\nBallade des Muses d’autrefois.\n\n\n\n\n       Muses des bois verts et des prés,\n       Regrettez bien ceux qui,naguère.\n       Poursuivirent vos chœurs sacrés\n       Jusque sous l'ombre bocagère,\n       Pour vous y faire douce guerre ;\n       Le Monde écoute encor leur voix,\n       Mais leurs baisers dorment sous terre :\n       Pleurez vos amants d'autrefois !\n\n\n\n\n       Las ! Vieux temps de jeunes amours\n       Où, pour vous séduire, Virgile,\n       E n vous enlevant vos atours,\n       Vous dédiait les fleurs du style ;\n       Où Théocrite de Sicile\n       Enchantait les échos des bois...\n       Beau temps, amour, coupe fragile :\n       Pleurez vos amants d'autrefois !\n"}, {"page_pdf": 158, "texte": "   Ballade des Muses d'autrefois.             139\n\n\n\n   Vint Ronsard, de roses orné,\n   L a Fontaine aux pinceaux classiques,\n   Chénier au front tôt moissonné ;\n   Or, sous les arceaux poétiques,\n   N u l épris des Muses antiques\n   Plus ne vient vider son carquois :\n   Nos modernes sont plus mystiques...\n   Pleurez vos amants d'autrefois !\n\n\n\n\n              ENVOI\n\n   Pauvres muses de ces fontaines,\n   Naïves muses de ces bois,\n   On parle nègre sous vos chênes...\n   Pleurez vos amants d'autrefois !\n\n                Georges A N G E L R O T H .\n189 3.\n"}, {"page_pdf": 159, "texte": "140         A une âme exilée dans la m ort .\n\n\n\n\n      A une âme exilée\n             dans la mort.\n\n      Ame dans la mort exilée,\n      âme fée,\n      souviens-toi des roses jadis\n      vêtus de palmes et de lys !\n\n      Oh ! le souris de nos en allés avrils roses ! . . .\n\n      Ecoute ! . . .\n      — Oh ! voix coquette de langueur ! —\n      Le Passé, vieil aède au beau pourpoint de moire,\n      susurre un virelai songeur\n      sous la fenêtre d'or de ma jeune mémoire.\n\n      Oh ! le souris de nos en allés avrils roses ! . . .\n\n      Oh ! nos doux errements dans le val de l'Espoir,\n      au temps heureux où s enlaçaient nos frêles rires !\n      Oh ! les flammes de ta candeur, en les mirons\n      d'où jaillissaient tes saints regards, lueurs d'hostie !\n\n      Oh! le souris de nos en allés avrils roses ! . ..\n\n      Oh ! les prestigieux serments de nos baisers,\n      et leurs cantiques purs et leurs gestes d'azur !\n      Oh ! le pompeux envol de tes folles chimères,\n      vers le mystique deuil des sphères du Mystère !\n"}, {"page_pdf": 160, "texte": "S u p p lément à S te l la , n ° 5.\n\n\n\n\n                                      Regard    l unai r e.\n                                       (Toile de Jules Me rck aert.)\n"}, {"page_pdf": 161, "texte": ""}, {"page_pdf": 162, "texte": "                Funérailles.                        141\n\nA me dans la mort exilée,\nâme fée,\nSouviens-toi des roses jadis\nvêtus de palmes et de lys !\n                      Arthur T O IS O U L .\n\n\n\n\n          Funérailles.\n                      D'après le Lancelot du Lac.\n\nSous l’azur constellé du ciel diamantin,\nla barque où Sa présence extatique s’incruste,\n— un moine murmurant sa cantilène fruste —\ncingle par l’âpre effort d’un rameur levantin.\n\nL ’horizon pleure dans la mysticité brune,\net sur le lac, éternité vague des eaux,\nparmi des sursauts d’ombre et l’éveil des roseaux,\nimplacable, sereine et douce, dort la lune.\n\nL a voix de l’âme morte a surgi son essor,\nen triomphe, par delà les pleurs monastiques,\nla voix de l’âme, jusqu'aux cieux eucharistiques,\nd'où les anges sanglants ont fa it pleuvoir de l'or.\n\nL'horizon pleure encore, et c'est la-mise en terre,\nsans le grand deuil des fleurs, sans cloche, sans au-\n                                               [cun e,\navec la suite lente des rayons de lune,\nde l'Amante, éternelle et vierge, du M ystère.. .\n\n                          Albert S T A S S A R T .\n"}, {"page_pdf": 163, "texte": "142                    Seuils de tombes.\n\n\n\n\n        Seuils de Tom bes.\n\n\n\n          S i frètes qui blêmissent et si longtemps — ah !\n      E t si loin de la vie, et si lassés de mort,\n      Les Vieux en gels de jours : — et leur regard ne sort\n      Hébêté du demain, en l'éclair qui silla !\n      S i frêles qui blêmissent, et si longtemps, — las !\n      E t leur regard est d'ombre où le printemps ne valve\n      Les fleurs de sa chanson en midis de décors :\n      Très lents du soir, les Vieux, au soleil ont la salve\n      En un couchant marin, du soleil de ces ors !\n\n\n\n      E t les Vieux dorment lourds d'encens — oh ! lourds de\n                                                           [terre\n      Par la vie qui vacille en leurs cheveux du soir, —\n      E t le temps là les vêt d'un baiser pour les taire,\n      E t fous du clair,les Vieux,en leurs fronts ont ce N o ir. . .\n      E t la vie s'est repue de leur las tremblis grêle...\n\n\n      Les vieux de l'an, volés à la mort, ont pâli.\n"}, {"page_pdf": 164, "texte": "               Seuils de tombes.                   143\n\nLors d'un vol séparé en les branches, — y ruisselle,\nVa, le ciel en songe, si pleurant et molli !\n\n\nE t le lit d'ordre bée, où pleuraient leurs dormir s\nSon sein devers la vie à des bercis de seuils\nTout velours et long de trêve avec, et d'orgueils —\nTout neige et t out velours, éparpil de dormirs !\n\n\nIls y peindront de mort un jour à veines ternes,\nHors de ces voix cassées en de blancs jours de tombe\nA h ! leur sommeil s'éteint comme une feuille tombe,\nQui vague un deuil errant en vacils de lanternes ! ...\n\n                        *\n\n\nOù la nef se lance en de gris-roses et meurt\nHaut de ciel veuf par des élans d'ombre et d'encens —\nA douce église vieille d'âmes lasses, sans\nL'aube des clairons un bleu silence dort — d'heur !\nVa lors en voix de mal cet or des saints qui meurent !\n\n\n\nUn cercueil assoupit ses pleurs au long des cierges\nA u don des chants de flamme avec la susurrance\nLoin de marbre aprilien, et d'or les matins vierges :\nSeul du songe et du seuil où la mort le balance !\n\n\n\nE t pieux, — et les cierges, et l'encens qui s arôme, —\nE t pieux de pleurs chus lourds, par l’éternel du soir\n"}, {"page_pdf": 165, "texte": "144                    Seuils de tombes.\n\n      Vers la nue et la lune égarée en cœur d’homme\n      Qui saigne et ne bat — doux — au ciel à ce soir n o ir...\n      0 les larmes d'hommes comme des grappes cimes !\n      E t les chants vêtent la peur d'un manteau fondant\n      Plein qui palpite à deuils et flotte d'un vol d’an\n      Proche comme un passé, et d'ombre avec les nues !\n      E n des flots la nuit veille et vague à voix connues.\n\n\n\n\n      I l vient des remouvoirs en des deuils et des flammes,\n      Doux tintent des cloches sous l'herbe, à son de nuit\n      E t le passé est d'air comme un jardin qui fu it ;\n      I l vient des remouvoirs en des deuils et des flam m es...\n      E t sonnent des cloches du loin, à larmes d'âmes.\n\n\n      Longs, là — en muets chemins d'arôme qui glisse\n      I l leur va des sons doux hors des nuits à las doute\n      E t sont du sol, les Vieux, épars en la Vie, — toute ! —\n      Sur la tombe d'engrais épanouis en calice.\n      E t des miels se mêlent à des hoquets de tombes !\n\n\n\n\n      Par le ciel lent et la nuit vague de chansons\n      E t baisers, — pieux le lac fleurit d’absents, et mal !. . .\n      Titillez en la N uit qui ne vogue à des sons,\n      Les Vieux au corps de chose en revoir à blanc col !\n"}, {"page_pdf": 166, "texte": "                Seuils de tombes.                      145\n\n\nE t tout dans la chambrette est une âme et s'irise :\nLe lit a de caresse un pleur des morts dormirs,\nHuant le glas du rêve, en silents : nuls finirs,\nQui claque haut d'amour, la mer à voile grise !\n\n\nLe lent doux d'un deuil émane de ciel de grève :\nSe pose à blancs genoux tout le souci des cœurs\nAdorable en miel d'alarme, — et le soir des cœurs\nUn glas flotte en nuit seule, et seul en nuit de grève !\n\n\nCar les a glacés vers lui, — hors Dieu, du soir monte !\nLe glacis lavé frais de l'heure, qui s’en va\nLà où, oh ! lent de ce mal ! un silence va\nFlottant encor la vie où la brume en vol monte !\n\n                  Charles-Louis P H I L I P P E .\n"}, {"page_pdf": 167, "texte": "   146               Un peu d'Archéologie.\n\n\n\n\n              Un peu d'Archéologie.\n                             (Suite.)\n     M ais enfin, de bonne foi, si l’on devait nous servir\n d u ra n t plusieurs années de suite le m êm e plat m oder­\n niste, contem porain, ne plus nous m on trer que nous-\n mêmes dans le m iroir, ne finirions-nous pas par gagner\n un véritable dégoût de la p ein tu re ?\n    E n revanche, j ’en appelle aux plus jeunes, m ais à\n ceux qui sentent en eux la flamme de l’art et non unique­\n m ent le désir d ’épater, se dégoûte-t-on d ’aller visiter nos\n m usées anciens, nos trésors rétrospectifs, et q u an d , de\n loin en loin, une gran d e exhibition d’a rt rétrospectif est\n organisée, n ’y court-on pas avec u n em pressem ent fié­\n vreux, n ’en sort-on pas en red isan t en soi :\n    « Ceux-là, c’étaient des hom m es ! O ù donc trouver\n encore le secret de leu r force, de leur foi, de leur convic­\ntion ? »\n    N otre époque ne se contente plus de l’à-peu-près. L e\nrom antique, le th éâtral, les boursouflures sous prétexte\nd ’idéal la laissent froide. Son caractère, sa valeur typique,\nce sera cet esprit de recherche de la n atu re de l’analyse\nexacte qui a sa g ran d eu r p ar la vérité. Zola a été un\ninstant l’incarnation de cette m éthode expérim entale, et\nl’am as de docum ents certains que nous laisserons à la\ngénération future, la sincérité de nos notations p ro d u i­\nro n t sans nul doute une poussée d ’art rem arquable.\n   Mais précisém ent parce que notre lot n ’a plus rien de\nsuperficiel, que nous rép u d io n s les R om ains et les\nG recs en b au d ru ch e, nous devons nous efforcer de\nreconstituer m inutieusem ent ce qui fut avant nous, au-\n"}, {"page_pdf": 168, "texte": "                     Un peu d'Archéologie.                 147\n\ntan t que ce qui nous entoure, et ne pas laisser perdre et\nan éan tir les docum ents que le tem ps nous a laissés.\n    Il ne s’agit pas de faire revenir la m ode du passé,\nm ais de conserver l'héritage des ancêtres, ne fût-ce qu’à\ntitre de curiosité et com m e détail historique.\n    O ui, l’on p eu t vivre en se disant : Je n ’ai ni père ni\nm ère ; je suis b âtard ou enfant trouvé ; à quoi bon me\npréoccuper de chercher qui m ’a donné le jo u r ! — Mais\nil est m ille fois plus agréable de p ouvoir dire : Voici les\nportraits de mes aïeux ; voyez par quel phénom ène\nd ’atavism e je ressem ble à celui-ci ; celui-là m ’a transm is\ntelle faculté, et m ieux encore (n’est-il pas vrai, réalistes ?)\nvoici le château et les terres q u ’on m ’a laissés, les collec­\ntions d ’art ou les titres de rente qui m’ont été légués.\n    O n ne sau rait n ier l’histoire, son intérêt et son utilité,\nsans provoquer une p ertu rb atio n dans la société entière,\ndans la propriété, dans les lois, dans le droit des gens,\ndans la liberté des peuples. P o u rq u o i la négliger dans\nl’art ? — U n iq u em en t p ar un m otif pratique, parce que\nl’o n ne voit plus de ses yeux le passé, et que dès lors on\np e u t s’égarer sur une fausse piste !\n    E h bien, c’est en cela que des hom m es tels que ceux\ndo n t nous avons parlé p lu s haut, que des reconstruc­\nteurs acharnés de ce passé, des V iollet-le-Duc, des\nCom te de B astard, des du Som m erard, etc., ont leur rai­\nson d ’illu strer notre siècle de progrès, c’est en cela que\nse m ontre l’utilité des sociétés archéologiques, des\nm usées d ’antiquités, et même des collectionneurs et\nantiq u aires.\n    T o u s sont, p ar une chaîne étroite, liés à l’art et à l’his­\ntoire, et co n trib u en t au m aintien de la nationalité que\nten d en t à effacer et d étruire les tentatives dém ocratiques,\n"}, {"page_pdf": 169, "texte": "   148               Un peu d'Archéologie.\n\n  (anarchistes p ar nécessité transitoire).\n     C haque révolution, chaque changem ent de régime\n  s’est fait sur des ruines artistiques : les exploits d ’Acker­\n  m an, de H em ltyse, des conquérants de tout acabit, de\n  la C onvention française, tout cela nous a privé d ’objets\n d’art que nous vénérerions au jo u rd ’hui à genoux.\n     E t que nous prom et en échange cet art cosm opolite\n que d ’aucuns p rô n en t sous prétexte d’évolution, de con­\n tem poranéité, etc.,? Des efforts très louables, un travail\n individualiste acharné, m ais le tout écrasé sous le\n niveau du progrès lui-m êm e, qui, p a r son ordre, sa m i­\n nu tie, sa réglem entation, étendus à toute terre lointaine\n que p eut atteindre u n e de ses fusées, ren d la vie m ono­\n tone et insipide, l’être hum ain sem blable à son voisin et\n le m onde une véritable m écanique.\n     E n som m e, sans faire une opposition violente de sau­\n vage, qui nous ferait confondre bien innocem m ent avec\n l’anarchiste dont le beau geste n ’est que la traduction\n d ’une horreu r instinctive de la com pression réglem en­\n taire, ayons donc un honnête retour, deci, delà, vers la\n vie de nos ancêtres, dussions-nous rem onter ju sq u ’au\nprédécesseur d ’A dam . L ’avantage p o u r le goût artis­\n tique, p our le sentim ent de l’art sera im m ense : pour\nnotre existence physique, il ne sera pas m oins g ran d ,\ncar il nous rapprochera, ce retour, de notre m ère la\nN atu re, d o n t nos ascendants n ’oubliaient pas les q u ali­\ntés et les conseils, il nous rap p ro ch era de la vie sim ple :\nô P icard , ô Tolstoï ! et nous m énagera une distraction\ncharm ante, douce m anie au m ilieu de l’u tilitaire fatras\nde chiffres, de records, de reports et de tuyaux qui cons­\ntitue notre bon h eu r m oderniste !\n                                   E dgar    BAES.\n"}, {"page_pdf": 170, "texte": "                                L e Théâtre Libre.                           149\n\n\n\n\n               Les représentations du Théâtre Libre,\n\n\n\n   U ne revue m ensuelle ne p arle q u ’avec désavantage de certains\nfaits. L es représentations du T h éâ tre L ib re ont été l'objet de\nea u co u p   d 'ap p réciatio n s, dans la      presse     et ailleurs,     d e p u is\nplu sieu rs sem aines, (1)\n  Il est c ep en d an t bien n a tu re l q u ’ici se rencontre égalem ent une\nopinion. L e T h éâ tre L ib re a une im portance assez grande pour\nq u ’a p rès les jo u rn au x    quotidiens, les       pu b licatio n s   littéraires\ném ettent un avis.'\n  Au reste, les pièces jouées cette fois a ttiren t l ’attention.\n  Je ne les analyserai pas toutes. Il y en a, m ê me, d ont je ne dirai\nrien, ou peu de chose. D ’a b o rd , l ’une d ’elles est trop connue p our\nque j ’aie à en p a rle r longuem ent :\n  L'Ecole des Veufs. — M . M irelet fait vraim en t \" une école \" et\nles incidents qui m arq u e n t sa situ atio n et en résu lten t sont expo­\nsés très      drôlem ent, avec esprit et sim plicité. Seulem ent cela\nse ra it tout aussi vrai s’il était m oins bête. M . Ancey en a fait un\nm aniaque. C ’est le m ot de M arguerite, la m aîtresse du vieux b o u r­\ngeois. E t c’est bien inutile. Cela sent u n peu la charge d ’artiste.\nC’est dom m age ; la pièce serait parfaite sans cela.\n   Il est vrai q u ’a p rès\n\n   (1) N ous n’en som m es pas moins forcés d e rem ettre a u num éro d e novem bre la\nfin de cet artic le , relative à l'in terp réta tio n -\n"}, {"page_pdf": 171, "texte": "    150                     Le Théâtre Libre.\n\n   Les Tisserands, — on pouvait bien rire sans y reg ard er de trop\n près.\n   P ièce très connue aussi, celle-ci. On en a beau co u p pa rlé ; m ais,\n la situ atio n change. C’est à cause de cela que je dois en p a rle r à\n m on tour. Je suis loin d ’adm ettre certaines choses qu'on en a dites\net qui ne m anquent pas de gravité. Q u an d j ’entends p ro clam er\nque c ’est une œ uvre de haute portée sociale, je crois devoir rép o n ­\ndre q u ’à m on sens c’est une oeuvre fausse. O r, si tout doit concou­\nrir à la recherche et à l’expression de la vérité, p lu s grave reproche\nne p o u rrait être fait à un travail, que le reproche de défigurer la\nvérité. R éellem ent, si l’a u te u r des Tisserands n ’a pas voulu déve­\nlopper un thèm e de fantaisie, il faut bien qu'il a it m anqué, tout à\nfait, de clairvoyance. Où voit-on, dans la vie, des choses com m e\ncelles q u ’il nous raconte ? A h ! des hom m es qui ne gagnent pas\nassez, des m ères qui p leu re n t, des enfants qui ont faim , il y en a\nbeaucoup, m alheureusem ent. D es p a trons hypocrites et durs, il y\nen a aussi. L e nom bre en décroît cepen d an t ; M onsieur G erhard\nH a u p tm a n n ne le sait peut-être pas. Il dev rait le savoir. P a rc e\nq u ’on doit connaître les choses d ont on p arle. S ’il connaît celle-là,\nil a eu tort de re p ré se n ter tous les patro n s com m e des « geoliers ».\nSon D reissiger et ses D ietrich sont des types. D ans la réalité, des\nhom m es com m e ceux-là ne sont que des individus et ta n t pis po u r\nle théâtre de l’écrivain si ce th éâtre a besoin de types, et si cet é cri­\nvain n ’a de souffle que p our les déclam ations. L ’existence hum aine,\ndans son im m ense variété, dans ses luttes, dans ses m isères phy­\nsiques et m orales, d a n s ses g ra n d eu rs et ses abjections, suffit,\ntelle q u ’elle est, à qui sait la voir, la c om prendre et v ib re r a u con­\ntac t de ses ém otions. D e quel droit reco u rir à des g én éralisations qui\nsont des carica tu res et des injustices ? E t puis, une e rre u r en\nen tra in e une autre.\n  Les Tisserands sont un tissu d ’invraisem blances. Côté des o u ­\nv riers : tous les m énages ont un g ra n d nom bre d'enfants, des\n"}, {"page_pdf": 172, "texte": "                           Le Théâtre Libre.                           i5 i\n\n\nfem m es infirm es ; on y a faim , on y vit dan s le d é n û m ent. D e\nl'au tre côté : tous ceux q ui touch en t au patron, de près ou de loin,\njo u en t u n rôle peu enviable. Il n ’y en a pas un qui épouse les inté­\nrêts de D reissiger, ou qui représente l'au to rité sans se m ontrer\nim pitoyable, ou ridicule : le com m is-voyageur raille les ouvriers ;\nle garde-chasse les insulte ; le gendarm e est dépeint sous des cou­\nleurs très peu flatteuses ; le com m issaire est à p la t ventre devant\nle rich e in d u striel ; les em ployés sont froidem ent et bêtem ent\ncruels ; le p a steu r qui se fera m assacrer p o u r calm er les ém eutiers\n— ce q u i est très b e a u — trouve q u 'ils ont com plètem ent to rt et\nque les questions sociales sont des choses inu tiles d ont il est m êm e\nbon de ne pas s'occuper ; la femm e du p atron ne voit dans le sou­\nlèvem ent des trav a illeu rs q u ’une seule chose : la soirée gâtée. U n\nseul, dans l’entourage, se range du côté des o uvriers ; m ais, avec\ndes paroles qui expliquent son renvoi et avec le m êm e m anque de\nm odération qui an im ent les révoltés, sans avoir leurs raisons d ’a n ­\ntip ath ie. E n tre les deux cam ps exagérés, personne qui prononce la\np arole de conciliation ; pas un hom m e de paix et de sagesse. C ette\nparole-là, ce n ’est pas le père H ilse qui peut la d ire et il ne la dit\npo in t ; p u isq u 'il trouve, aussi, que les o u v riers doivent avoir to rt.\nIl ne com p ren d pas. A uprès de l'aïeule aveugle qui dem ande ce\nq u ’il y a, p en d an t q u ’on se tue, il est l ’aveugle intellectuel qui ne\nveut pas c roire aux réalités et dont la foi religieuse est aussi vaine\net aussi in erte que celle du p a steu r. E t le m édecin, lui aussi, reste\nindifférent. T o u t ce qu'il voit dans les événem ents,. c’est q u e les\nouvriers sont fous, p u isq u ’il, vont être vaincus. Sa philosophie ne\nva pas au-delà et sa science lui est aussi in u tile qu'aux deux au tres\nle u r religion. E t encore, il p a rait qu'il avait to rt en croyant à la\ndéfaite. Ce sont les tisserands, avec leurs bâtons, qu i, a u m ilieu de\nla fusillade, chassent les soldats, et c'est su r cette victoire que se\nterm ine la pièce. S u r cette révélation aussi, ca r de ce côté du\nR h in , on s'était h abitué à cro ire l'arm ée allem ande plus forte.\n"}, {"page_pdf": 173, "texte": "    15 2                      Le Théâtre Libre.\n\n   E h ! bien, est-ce que c'est raisonnable, tout c ela? E st-ce que,\np o u r que l’on put, en dehors d ’u n th éâ tre , assister à pareil spec­\n tacle, il ne fau d rait pas q u ’il y e u t un concours tout à fait extraor­\nd in aire de circonstances ? E st-ce q u ’une telle ré union d ’hom m es,\nune telle rencontre de sentim ents et d ’idées ne sont pas, nécessaire­\nm ent, exceptionnelles? E t exceptionnels aussi, ces villages où l’on\nne voit que des gens qui m eurent de faim ?\n   O r, l’on ne doit pas m ettre l ’exceptionnel à la scène, quand\nmêm e cela se ferait sans danger.\n   E t ici, le d anger existe. L e fabricant qui force ses ouvriers à d ire\nq u ’il est généreux, alors q u ’il spécule su r leur m isère et qu'il n ’a\npas le te m ps d ’éco u ter leurs plaintes si douloureuses et si ém ou­\nvantes, excite les rires m oqueurs, les m épris, les colères. Il en est\nde m êm e des gens m échants ou stupides qui l’entourent. D 'a u tre\np a rt, les b ru ta lité s injustifiées et les paroles les plus extravagantes\nfont éclater les applaudissem ents.\n  J ’aim e à c roire que ce n ’est pas ce résu ltat q u ’a poursuivi\nM . H a u p tm a n n . P o u rta n t, sau f d a n s le rôle du père H ilse, il n ’y a\nd ’énergie capable de faire im pression que dans les scènes de vio­\nlence. Il n’y a de la verve que dans les paroles de haine, les m ots\nindignés, les clam eurs désespérées et fu rieu ses: chez le forgeron.\nM aurice, Baeeker, la fem m e de G rottliech.\n  C ela ne suffit pas p o u r que je voie dans la pièce l’intérêt a rtis ­\ntiq u e que d ’a u tre s y ont vu.\n  M aintenant, les Tisserands sont-ils un plagiat de Germinal ? Si oui,\nM. H a u p tm a n n est bien m aladroit. Il y avait une œ uvre m eilleure\nà tire r du liv re de Zola, sans a v o ir recours à la g r osse m ise en\nscène qui a fait le succès lourd et m alsain de la pièce allem ande.\nL e doute est possible, d ’ailleu rs, p o u r qui a lu Germinal. U n e fa u t\npas être si p ro m p t à c rie r au plagiat, même q u a n d une œ uvre\nressem ble à une au tre.\n  Mariage d'argent — rappelle bien plus c ertain s contes de Guy de\n"}, {"page_pdf": 174, "texte": "                              Le Théâtre Libre.                            153\n\nM au p assan t que les Tisserands ne font penser à l’ensem ble de Ger­\nminal et je n ’ai pas cru du tout que M. E m ile B ourgeois eût plagié\nle célèbre écrivain. Il a m êm e fait quelque chose p o u r sa gloire :\nil a ré p o n d u d ’avance à un jo u rn aliste parisien qu i, l'a u tre jour,\ntrouvait M aupassant inv raisem b lab le. C a r c'est l ’im pression d u r e\nchose bien vivante que laisse ce lever de rid eau . Je ne puis en dire\ndavantage ; la brièveté qui m ’est im posée m e force à passer àl a\npièce qu i, avec les Tisserands, a su rto u t m arq u é le passage du\nT h é â tre L ib re :\n   Les Fossiles. — A u n c ertain m om ent, l ’un des personnages d it\nque les nobles avant de d isp a raître , com m e de grands fossiles,\ndev raien t.. . . Si le m ot n ’était pas dans la pièce, il eut pu serv ir à\nla caractériser.\n   L e sont-ils assez fossiles, les bonshom m es de M. de C urel ! Il\ns’est trom pé, en em ployant le m ot dans une com paraison en tre le\nprésent et l’avenir. L a d isp a ritio n de la noblesse, c'est le passé.\nP e u t-ê tre M. de C urel a-t-il vu en rêve la noblesse com m e telle.\nJ ’aim e m ieux ceux q u i, faisant de tels rêves, les poussent ju s q u ’au\nbout. L a ferraille du moyen-âge est com ique, m ais il faut bien rire.\nT an d is que des situations im possibles, des sentim ents à la fois\nélevés et indignes, une noblesse qui revient p our philosopher, —\nce q u ’elle ne faisait pas q u an d elle existait — cela fait bien rire\naussi, oui, si l’on veut, seulem ent il y a dans ce rire, quelque p itié.\n   E t puis pourquoi, en m o n tra n t une fin de race (si M . de C urel\np réten d que ce qui en reste com pte encore p o u r quelque chose) et\nla voulant g rande, ne pas se c ontenter de lui d o n n e r cette g ra n ­\nd e u r d a n s les actes ? P o u rq u o i les tirad es d 'u ne jeu n e fille et les\nrêveries d'un m alade? E n dehors du p u r am o u r de R obert de C h a n ­\ntem elle et du pard o n qu'il accorde (et ce sont choses nullem ent\nréservées aux nobles), q u ’y a-t-il, sous toutes les belles phrases des\nFossiles, d e solide et de rem arquable, sa u f ceci : L a force, le nom ,\nla situation, la gloire avant tout, au-dessus de tout ; » il sera tou­\n"}, {"page_pdf": 175, "texte": "   154                       L e Théâtre Libre.\n\njo u rs tem ps de p en ser à la m orale, à la dignité vraie, au respect\nv é ritab le de soi-m êm e et peut-être des au tre s » ? P a re ille théorie\nfut-elle le secret de la puissance de l’aristocratie ? L 'a u te u r a-t-il\nc ru q u 'il n ’y avait pas m oyen de présenter cette d e rn iè re sous un\njo u r plu s favorable ? D ans ce cas il eût m ieux fait de ne pas en\np a rle r. C a r il n ’a fait ni œ uvre d 'h isto ire , ni œ uvre satiriq u e. Ceci\nne l’a pas em pêché d'ê tre d u r p o u r la noblesse.\n  Ainsi, lorsque le duc de C hantem elle veut d o n n e r sa m aîtresse\ncom m e femme, à son fils, c’est elle qui se révolte. E lle aim e le fils\net en est aim ée. P o u r être là où il était, elle a tout souffert, m êm e\nles assiduités outrageantes du m aître, les en trep rises odieuses du\ngran d seigneur d ont la présence seule l ’effraie ; m ais elle se tro u ­\nble à l’idée de l ’épouser, de le tro m p er su r le u r vraie, situ atio n à\ntous les deux. L e duc foule aux pieds les scrupules de la plébéienne.\nC'est un noble si l’on veut. Son caractère im périeux rappelle ses\nancêtres, son désir de p e rp é tu e r son titre q u a n d m êm e les rappelle\naussi. Ainsi encore, la jeu n e C laire elle-m ême consent au m ariage.\nP lu s forte, elle a résisté avec plus d ’énergie ; m ais, l ’in térêt de la\nrace la subjugue. E t à quoi aboutissent cette volonté de fer de l’un,\nson orgueil a risto c ratiq u e, secrètem ent son espoir de trouver une\nsolution à ses fredaines ; cet am o u r de la g ra n d eu r h éréd itaire, ou\ncette soum ission forcée des a u tres ? Au m ariage de R o b ert avec\nune femm e qui fut à lui et à son père et il co n tin u e ra à se c roire\nle père de l’enfant qu'elle venait de ram ener au pays, dans la chau­\nm ière d 'u n garde, sous l’œ il vigilant et inquiet de M. le D uc.\n  M lle de C hantem elle est sym pathique dans son élévation m orale.\nC'est la race dont elle est la fille et la victim e qui est coupable.\nSeulem ent, la jeu n e fille est vraim ent trop exaltée. M . de C urel a\nforcé la note. L orsque R obert ap p ren d la vérité (d'une façon un\npeu b urlesque, p a r exem ple) et que, m alade, il veut q u itte r le M idi\net revenir, en plein hiver, à C hantem elle, p o u r y m o u rir à l ’om bre\ndes grands souvenirs chevaleresques, sa sœ ur n ’est-elle pas in sen ­\n"}, {"page_pdf": 176, "texte": "                              Le Théâtre Libre.                            155\n\n sée en ap p ro u v an t ce caprice? Il ne s'agit p lu s de sauver quelque\n chose. Il ne s’agit que d ’une im agination m aladive. A près cela, que\nle d ésir d ’être grand, exceptionnel, de vivre d a n s les régions supé­\n rieu res d 'u n sentim ent factice dé tra q u e un peu les cervelles, cela\n n'est pas du tout im possible; m ais, ce n ’est v raisem blablem ent pas\ncette pensée qui a inspiré l'au te u r. C'est sous l’em pire de la m êm e\nexaltation q u ’une jeu n e fille doit se tro u v er p o u r refu ser de se\nm arier, afin de faire de son neveu un vrai du c. M. de C urel p a rait\na v o ir pensé, non pas : exaltation, m ais : générosité. Il a, to u t sim ­\nplem ent, donné la vie à u n personnage a n tin a tu re l, e xtrahum ain.\n   Au reste, si les faits de la pièce ne s’expliquent po in t p a r les\ncauses a p p are n te s que le u r a ttrib u e l ’a u te u r, cela n ’est pas éton­\nn a n t. J ’ai m ontré l’e rre u r fondam entale de l’œ uvre et c ’est lo u rd ,\np o u r u n e e rre u r, tout ce q u ’il fait reposer su r la sienne : l ’héroïsm e\nd ’une jeu n e fille trop fière, fière ju s q u ’à     l'égarem ent ; la c la ir­\nvoyance et les utopies tout ensem ble d'un jeu n e hom m e qui veut\nêtre grand avant de d isp a ra ître et qui veut c o n stitu e r la noblesse\nsu r de nouvelles bases, la ra p p ro c h e r du peuple, la fa ire e n tre r\ndans le siècle p our le g ra n d ir et le faire m arch er à sa suite ; les\ndo u leu rs d'une m ère et d'une sœ u r sacrifiées à l'av e n ir d 'u n e race ;\nl'étrange figure d ’un père qui eut pu être autrefois u n brigand\nseigneurial et qui se ra ttra p e com m e il peut en n o tre époque p ro ­\nsaïque ; l ’insignifiance et l'in ertie d 'u n e femme d ont l'am o u r a de\ntrag iq u es suites.\n  Il est im possible de ne pas être frappé, p a r tout ce que M. de\nC urel a in tro d u it : là idées, sentim ents, situ atio n s b e au c o u p de\ntalent. Il eût pu, avec u n au tre sujet p o rter de p areils élém ents à\ndes effets co nsidérables et à un des succès les plu s sérieux du\nth éâtre d 'a u jo u rd 'h u i. E t le sujet n'eût pas été difficile à trouver.\nIl y a, d a n s les Fossiles, la m atière de p lu sieu rs pièces. Cela ne veut\npas d ire que l’a u te u r n ’a it pas su tire r p arti des ressources qu'il s'est\nainsi créées. D an s la lutte du duc avec sa femme, sa fille et M lle Va-\n"}, {"page_pdf": 177, "texte": "   156                           Scherzo.\n\ntrin ; dans le p o rtrait du duc, si nettem ent dessiné ; dan s les pensées\nque développe R o b e rt, co m p aran t la m er au m onde des égaux et\nles grandes forêts au m onde des inégalités, il y a de la vigueur, de\nla finesse, de l’élévation et un style bien su p é rieu r au style habi­\ntuel du théâtre.\n            (A suivre)\n                                                 D é s y É L IA S\n\n\n\n\n       S C H E R ZO , par Ernestine André Van Hassell.\n                                   B ru x e lle s , 1894.\n\n\n  S'il est ingrat de vouer sa plum e à 1'é reintem ent d ’un confrère,\nque dire de la tâche déplorable d ’analyser une œ uvre fém inine,\ncar, n ’en d éplaise aux p artisan s de 1' ém ancipation, la p a rité des\nsexes sera toujours u n e ab su rd e énorm ité ? — Soyez sévère, vous\nêtes un ru stre ; soyez bienveillant, vous êtes un p lat galantin ;\ncherchez à m élanger le p laisa n t au sévère, vous n'ê tes plu s q u ’un\nidiot. — L e choix est scabreux, m ais à tout p ren d re, le ru stre est\nencore préférable.\n  L ’a u te u r de Scherzo a de qui tenir et n ’a point à se p lain d re de\nl ’atavism e. Un jo li livre intitu lé Pizzicato nous a révélé son nom il\ny a quelques années et nous avons retrouvé ce d e rn ie r çà et là\ndans p l u s d'un e revue. E lle reste fidèle à la m usique, u n peu à\nl’Alle magne, tout au m oins aux concerts des villes d ’eau et elle\ntraite fort agréablem ent le genre du m onde spécial q u ’elle a choisi.\nM ais. . . pourquoi faire de son livre une sorte d ’anthologie, dont la\nm eilleure p a rt lui revient assez po u r p rouver q u ’elle d e v rait en\n"}, {"page_pdf": 178, "texte": "                                  L e Bonheur Irréel                            157\n\n ê tre l'au te u r u n iq u e ? P o u r em b a rrasse r la c ritiq u e ?? Quoi q u ’il en\n soit le systèm e des petites pièces convient très bien à sa plum e\n aim able et enjouée, et sa phrase toujours rythm ée ne sau rait que\n gagner à être lue à haute voix. D e tem ps en tem ps une nuance\n m atérialiste vient h eureusem ent d issip er les b ro u illa rd s du R hin,\n com m e le faisait la choucroûte p o u r M me Stoltz, et le triom phe de\n l'im m ortalité, la cravate de B eethoven, les variations de Schum ann,\n m ieux que certaines trad u ctio n s restées un peu germ an iq u es de\n sentim ent, dénotent un toucher d élicat et léger, une m ain de\nfemm e en un m ot, et le bon e sp rit de laisser aux m an o u v riers litté ­\nra ire s les lo u rd es besognes à rem uer. Aussi, ne pou v an t lui c rie r\nda capo, nous nous p erm ettrons tout au m oins un staccato ! et un\nallegro viva:e, en a tte n d an t le bravo décisif.\n                                                     E dgar    BA ES.\n\n\n\n\n    L E B O N H E U R I R R É E L , par Fernand Roussel.\n                                   (D e m an , B ru x e lle s.)\n\n\n\n\n  M. F e rn a n d R oussel nous avait donné l’an d e rn ie r un prem ier\nliv re : Le Jardin de l'âm e a u jo u rd ’hui je re ç o is le Bonheur irréel\navec la prom esse d ’un p ro c h ain rom an : Les blanches fiançailles.\n  C'est à dessein que j ’expose cette succession de volum es.\n  Le Bonheur irréel. en effet, — un titre qui est celui d u p re m ier\nconte du recueil et p atro n n e les au tres — n ’a visé, je pense, en ses\nsoixante-douze pages, à aucu n e cohésion. C 'e st une su ite de frag­\nm ents, de tonalités diverses, de genres différents et d e valeur iné­\n"}, {"page_pdf": 179, "texte": "    158                         Le Bonheur Irréel.\n\ngale, d o n n a n t cette incom plète sensation qu'ils ont été            extraits\nd 'u n volum e q u e l'on désire, m ais d ont on n ’entrevoit m êm e pas\nles grandes lignes.\n   C’est p o urquoi je suis po rté à croire q u ’il est le louable ré su lta t\ndes efforts d 'u n jeu n e littéra te u r qui voulait s’essayer au rom an.\nT els m orceaux, plu s com plets, com m e L'Eborgnée, Le 5 décembre,\nSilhouette de foire, m e prouvent que M . R oussel a les qualités néces­\nsaires p o u r ré u ssir en ce genre.\n  Si, des quelques pages données a u jo u rd 'h u i, il est p erm is de\npro n o stiq u er p o u r l'avenir, l'œ uvre pro ch ain e sera celle d ’u n se n si­\ntif, am oureux de su b tilités psychologiques, se se n tan t irrésistib le ­\nm ent a ttiré p a r la puissance du réalism e existant a u sein m êm e\ndes conceptions sp iritu a liste s et philosophiques, bien plus en idée\nq u ’en image d ont il ne saisit que les dem is-tons, et p a r cela m êm e\nayant les q ualités com m e les défauts des gens d u N ord, bien plus\nq u e d e s âm es du M idi.\n  Seulem ent, s'il faut p a rle r de la form e, M . R oussel ne gagnerait-\nil pas à ten d re vers u n style plus sim ple ; qu'il n ’oublie pas q u e les\nm ots doivent s’u n ir logiquem ent et q u ’alors seulem ent l'idée surgit\nbelle et pure.\n  L es essais étant term inés, le rom an do n n era définitivem ent la\ncaractéristiq u e du talent de l’écrivain.\n\n\n                                             C harles     BRONNE.\n"}, {"page_pdf": 180, "texte": "                                  Broutilles.                            159\n\n\n    Samson et Dalila, à la M onnaie. — L e sujet de cette œ uvre est\nsim ple ; le 1er acte com m e le 3e a la c ouleur de l’orato rio et donne\nl ’im pression religieuse des oratorios de M endelssohn, m ais\nM. S ain t Saëns a su trouver une opposition saisissante en tre le\nc h œ u r des H é b re u x , d ont on a pu a d m irer le ry th m e o rch estral au\n1er a cte, e t les danses et les in cantations des P h ilistin s au 3e. L e\n2e acte est celui que le p u b lic préfère, bien que les ch œ u rs en\nsoient b a n n is et que tro is personnages seulem ent y p artag en t\nl ’in té rê t d ra m a tiq u e , la grande scène de séduction lui donne\nun cachet particulièrem ent scénique. L e 1er tab leau du 3e acte est\nm agnifique, on y sent d ’un b out à l’a u tre la tristesse résignée du\ncoupable accablé ; la scène du tem p le, p a r c o n tre , reste d a n s une\nnote assez banale.\n                                                 A. B O U R G O M .\n\n\n                           B R O U T IL L E S .\n    R e çu :\n L'Apologie de l'homme (H ors com m erce), p a r M au rice L eb lo n d ;\n Vers la Vie, p a r R ich a rd L edent ; L a mouche des croches, p a r\nW î l l y ,π  λι;pa r F ra n c is V ielé-Griffin ; Oripeaux, p a r X ***\n                 α\n\n  F o n t dès ce m ois p a rtie de notre Conseil de                R édaction :\nM M . F ra n z W ien er et R o b ert Sand.\n\n    E r r a ta . — L isez :\n  page 113 , ligne 18, salvatrice;\n    » 124, 1. 4, perspicacité ;\n    » 125, 1. 26, péché.\n\n    N otre 66 fascicule c o n tie n d ra u n a rticle de M . José de C oppin\ns u r O C T A V E P IR M E Z , quelques m ots su r Tristan et Yseult, des\nvers d ’E dm ond P ilo n , etc.,\n\n    P u b lic a tio n s re ç u e s :\n  La Plume, P a ris, n os 1 30 , 1 3 1, 1 3 2 . Y lire : Le congrès des poètes.\n  Le Mercure de France, P a ris, n os 58 et 59 . — D u H . de Régnier,\ndu R. de M arès, etc.,\n"}, {"page_pdf": 181, "texte": "   160                           Broutilles.\n\n   L'Erm itage, P a ris, n° 10. L es nom s de V ielé-G riffin, H e n ri\nM azel, S t P ol Roux, etc.,\n   L 'A r t littéraire, P a ris, 9 et 10. Aux som m aires : R. de G ourm ont,\nR ené G hil, A. Ja rry , etc.,\n   Les Essais d’A rt libre, P a ris, n° trip le . Q uelques nom s : H . Mazel,\nR o in ard , A lph. G erm ain, J os. D eclareuil, etc.,\n   L ’Idée moderne, P a ris, n os 4 et 5 . V ers et proses de L . L e C a r ­\ndonnel, M ichel C habance, etc.,\n  L a Nouvelle Revue internationale, P a ris. Au - som m aire : E m ilio\nC astelar, Je a n V iollis, L éon H en n eb ic q , etc.,\n   Durendal, B ruxelles, n ° 9. U n a rtic le de P o l D em ade.\n   Magasin littéraire, G and, n ° d'octobre. L es nom s de W . R itter,\nH . B ordeaux, etc.,\n   La Nervie, L a L ouvière, 5 et 6 . Du H . M azel, du G. M arlow ,\ndu L ouis D elattre, du M auclair, etc.,\n  Le Réveil, G and, n os 7 et 8. M aeterlinck, V erhaeren, R em ou-\ncham ps, M ockel, S érasquier, etc.,\n   Journal des Artistes, P a ris. E n q u ête su r l'évolution des industries\nd'art, p a r H e n ri N ocq.\n   L 'A rt moderne, B ruxelles. T o u jo u rs très intéressant.\n   La Revue wallonne, Liège, n° 5 . S ecrétaire L éon P asch al.\n   Revue-Journal, Bruxelles, n ° 27. Des vers de V erh aeren et des\narticles de L . P a sc h a l et E . M onseur.\n  Le Libre Journal, M ons, n os 2, 3 , 5 .\n  Chronique estudiantine, Liège, n° 1. T ous nos souhaits.\n  Flamberge ! Liège, n os4 et 5, proses de Ch. B ronne et de F e rn ,\nR oussel.\n  La Revue de Belgique, B ruxelles, n° 10. D iscours de Ch. Saroléa.\n  L ’Idée libre, P a ris, n° double très in téressan t.\n  Pages littéraires, Genève, 4 et 5, m ensuelle qui a la p rétention\nde. . . ne rien rénover.\n"}, {"page_pdf": 182, "texte": "            Stella est e n v e n te :\n        A B r u x e l le s , chez Istace; chez W attiau, rue de Longue-\n          Vie ; chez Lacomblez, rue des Paroissiens.\n        A M o n s , chez Magerman, 1 5 rue de l'Athénée.\n        A G a n d , chez Ad. Hoste, rue des Champs.\n        A A n v e r s , chez Forst, place de Meir.\n        A L iè g e , chez Gnusez, rue du Pont-d'Ile.\n        A V e r v i e r s , chez Gilon, Pont St. Laurent.\n        A P a r i s , Chez Chèriè, rue Hallè, chez Chamuel, rue de\n          Trévise.\n\n\n\n\n                                   E R R A T A\n         L i r e , d a n s ce f a s c ic u le :\np a g e 141, l i g n e 3, souviens-toi\n    \" 146, « 13, c étaient\n   «       146,      «     13 , nature, de\n   «       149,      «    3, beaucoup\n   \"       151,      «     2 6 , p u isq u 'ils\n   «       1 55,     «1     3, l'œ uvre, et c’est lourd,\n   .(      1 55,     «     2 1 , eût\n   \"       1 55 ,    «     2 5, I l est impossible de ne p a s être fr a p p é p a r tout\nce que M . de C u rel a in tr o d u it là rid é e s, sentim ents, situations. I l y\na là beaucoup de talent.\n\n\n\n\n        Im prim erie G. B A L A T , rue Potagère, 5 7 , Bruxelles.\n"}, {"page_pdf": 183, "texte": "                  T y p o g ra p h ie\n\ne t L ith o g ra p h ie                         G. BALAT.\n                                    57, rue P o ta g ère,\n                                  B R U X E L L E S\n\n\n                                                  *\n                              » P a r la S cien ce et l’E x p é rien c e »\n\n                                                  *\n\n\n\n\n       Im pressions a d m in istra tives et com m er­\n   ciales, spécialité de B rochures artistiques et\n   littéraires, C atalogues, F ascicules de toutes\n   espèces...\n       F actures, P r ix -C o u r a n ts, M a n d a ts, C ir­\n   culaires, B o rd erea u x, R egistres, E tiquettes,\n   In v ita tio n s, P ro g ra m m e s, M enus, Cartes\n   d ’adresse et de visite, E nveloppes, L ettres\n   de fa ir e p a r t, A ffiches en tous g e n re s...\n\nLa Maison entreprend tons les travaux d’impression,\n          de quelque nature qu’ils soient.\n\n\n\n\n       De gustibus et coloribus non disputandum.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 4, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1894-10", "signet_source": "Première année - N°5 - Octobre 1894", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 146", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}