{"numero_id": "ulb-stella-1894-11-n6", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "articles": [{"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-001", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Aug. Levêque", "ancre_debut": "Première Année", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 184, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 518, "texte": "P rem ière   Année           Stella,\nN°6. —   N ovem bre.\n\n     1894.             Revue m ensuelle d ’A r t et de L ittéra tu re.\n\nnuméro : 5 0 cen t.\n\n                                    D i r e c t i o n : R u e V a u t i e r , 38, B r u x e l le s .\n\n\n\n\n                            scintille e t m onte plus av a n t        D essin d e A ug. Levêque\n                            d an s l’E th er, bien au d e là\n                            des brum es et des ém an atio n s\n                            d e la fange.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-002", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "S O M M A I R E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 185, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 785, "texte": "S O M M A I R E\n\n\n\n\nJ osé   de    C o ppin . —        O ctave P irm ez.\nE dmond       P il o n . —       D 'u n hy m n aire retrouvé.\nG eorges       B alat. —         C lairière songeuse.\nJoseph       D esg e n é ts. —       H enri    M a z e l (su ite).\n\nA rthur       T o is o u l . -    A lléluia, A m oroso, O blation.\nH enri de        C lassant. —         R é fle x io n .'\n\nAndré     R uyters. —            Com me ce soleil, A nnabella.\nH enri V andeputte. —                 Révolte.\nA lbert      S ta ssa rt. — A d ieu .\n\nD ésy    E l ia s . —    A propos de l'in te rp rétatio n des œ uvres d ra m a ­\n         tiques.\nE dgar    B a e s , E v . d 'A rcy       et   P aul       F erté. —   C hroniques des\n         livres.\n* * * — B routilles.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-003", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 161, "page_fin": 168, "titre_corps": "Octave Pirmez", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "José de COPPIN.", "ancre_debut": "Octave Pirm ez.                  161                     Octave Pirmez.     S on no", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 186, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1162, "texte": "Octave Pirm ez.                  161\n\n\n\n\n                Octave Pirmez.\n\n   S on nom seul, son grand nom vénéré, évoque, sugges­\ntivem ent, to u t u n passé déjà loin tain , m ais à jam ais\nprésent au cœ ur des fidèles, dévots de sa radieuse m é­\nm oire.\n   Il est p o u r quelques-uns — les aînés — le rappel\nd’un tem ps d’épreuve trop souvent im posé au génie qui\ndoit gagner v aillam m ent, dirait-t-on, la sublim e récom ­\npense, en conquérant p a r une lutte héroïque, ses droits\nà l’im m ortalité.\n   Il est p o u r les fervents de l’art, des lettres, de la pen­\nsée, le nom d ’un p récurseur illustre qui, l’u n des pre­\nm iers leu r m o n tra le chem in, où p lu tô t le fraya, d ’une\nm ain h ard ie et vigoureuse, D ieu sait au prix de quels\nefforts et de quelles m eurtrissures.\n   Il est p o u r la p atrie, p o u r la B elgique littéraire, le\nnom d ’u n enfant glorieux, que l’élite, sans distinction\nd’o p in io n s p h ilosophiques, de croyances religieuses ou\nde tendances d ’école, a salué avec respect, avec e n th o u ­\nsiasm e, dans l’élan sp ontané d ’une adm iration posthum e\nqui fut une véritable apothéose ! . . .\n"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1903, "texte": "    162                   Octave Pirmez.\n\n    A h ! sans doute, les élégances raffinées de son style\n im peccable, qui séduit p ar sa sim plicité savante, caresse\n l’oreille et berce la pensée p ar sa constante m élodie, sont\n peu propres à captiver l’attention des foules, à provoquer\n les applaudissem ents de la galerie, à ren dre son grand\n nom populaire. A ussi, l’œ uvre superbe d ’O ctave P irm ez\n rayonne discrètem ent, com m e les adm irables soleils de\n ces beaux soirs d ’autom ne q u ’il contem plait avec extase\n et décrivait avec tan t de m aitrise. Sa gloire est pareille\n à celle des astres co u ch an ts, sa gloire légitim e et tardive,\n sp len d eu r d ’une fin sereine de jo u r qui enchante le\n regard, m élancolise l 'âme, la plonge dans une sorte de\n rêverie.\n    O ù donc est-il le doux penseur, le profond philosophe,\n le délicat poète que la F ra n c e — si fertile en écrivains\n de talent, de génie, — plaçait au prem ier rang entre les\n m eilleurs, lui ren d an t un éclatant hom m age p a r ses\n voix les plus autorisées ? Où donc est-il, l’inoubliable\n au teu r de : Feuillée, Jours de solitude, Heures de philosophie,\nRémo, Lettres à José, Correspondance, au tant de rem ar­\nquables livres, hautem ent pensés, m agistralem ent écrits,\nform ant une œ uvre grandiose, d’u n p rix inestim able ? ...\nO ù donc est-il cet écrivain de race, ce charm eur dont\nS ainte-B euve, S aint-R ené-T aillandier J u le s J a n in , H en ri\nT ain e, V ictor H u g o , L éo n Cladel, X avier M arm ier,\nP élad an , F réd éric Am iel, et d ’autres m aîtres célèbres\ng o ûtaient si p articulièrem ent les écrits, q u ’ils louaient en\nterm es flatteurs et sym pathiques, ad m iran t leur distin c­\ntion exquise, leu r élévation m orale, leu r si grande\nv aleur artistique ?\n    D epuis plus de dix ans, il repose, to u t là-bas, en un\ncoin pittoresque de province, sous le chœ ur de l’ancienne\n"}, {"page_pdf": 188, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1889, "texte": "                        Octave Pirm ez.                   163\n\néglise de V illers-Potterie, transform é en chapelle sép u l­\ncrale ! Il repose chrétien n em en t, poétiquem ent, entouré\ndes croix et des pierres tom bales du cim etière du village,\nà l’om bre des vieux ifs éplorés. P arfois, du tem ple voi­\nsin, s’échappe u n vague parfum d ’encens, p e n d a n t que\nles orgues v ib ren t ou se lam entent, que des voix c h a n ­\ntent ou psalm odient, en chœ ur, les prières liturgiques\net les hym nes grégoriennes.\n   E t ces religieuses harm onies, auxquelles se m êlent,\ntour à tour, les joyeux tintem ents des cloches et les\nlugubres sonneries funèbres, sont en consonnance p ar­\nfaite avec les convictions du poète chrétien et avec le\ncaractère de son œ uvre à la fois austère, consolante,\nsolennelle, m élancolique, m ais toujours d’espérance\nillum inée, m êm e en scs pages les plus som bres, en ses\nplus noires désolations !\n   Au fond de l’étroite vallée, ap p araît le vieux m anoir\nd’Acoz, entouré de ses eaux im m obiles, d’où m onte une\nbrum e grisâtre qui l’enveloppe com m e d ’un voile, en les\naubes vaporeuses. Voilà le site solitaire que chérissait\nOctave, et qui encadrait naguère sa si belle, si expres­\nsive figure de poète ! Voici la haute fenêtre à laquelle il\nrêvait, en les soirs bleutés, en les nuits sereines, quand\nla lune, g lissant sa blanche clarté astrale su r les tours de\nl’antique château, leur prêtait des formes fantastiques.\n   M aintenant, l’autom ne est venu, l’autom ne délicieu­\nsem ent chan té par lu i, en des pages m agistrales aux plus\nbelles com parables. L e vent secoue les feuilles jaunes\nsur les vertes pelouses du p arc silencieux, et d ans les\navenues désertes, où, tan t de fois, il chercha l’insp iration,\nl’œil levé vers les cimes. M ais il n ’est plus là p o u r obser­\nver leu r ch u te rap id e et leurs capricieuses sarabandes.\n"}, {"page_pdf": 189, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1795, "texte": "                        Octave Pirm ez.\n\nE t elle v ient de d isparaître à son tour, la m ère de notre\ngénial écrivain, une femme doublem ent vénérable par\nl'âge et p a r sa haute intelligence. E lle a rejoint le fils\ninoublié, le cher enfant d o n t la naissance avait été la\np lu s grande joie de sa vie et d o n t la fin prém aturée fut\nle chagrin poignant de sa longue existence si cruellem ent\néprouvée.\n    M ais si la m ort im pitoyable a trop tôt em porté le\ng rand et noble artiste que fut l’au teu r des Jours de solitude,\nson œ uvre im périssable lui assure une glorieuse survi­\nvance.\n    O r, l’œ uvre d’O ctave P irm ez, c’est lui-même, c’est son\ncœ ur, son âm e, sa vie ; son cœ ur si foncièrem ent bon,\nson âm e si naturellem ent généreuse, sa vie toute de\ntendresse, de charité, de travail, de m éditation et de\nrêve. E st-il penseur plus sincère, écrivain plus conscien­\ncieux ? Il n ’ex prim ait q u ’après avoir senti, et n ’affirmait\nq u ’avec une conviction absolue. D e là, ses accents si\nvrais, cette souveraine éloquence, souvent pleine d ’en­\ntraînem ent et de fougue, m algré son ap p arente retenue.\nG rand artiste, certes, il le fut, virtuose de la plum e\nincontestablem ent, m ais n o n à-la façon de ces écrivains\nqui congédient la poésie, com m e u n e com pagne im por­\ntu n e, dès q u ’ils ont franchi le seuil de leur cabinet de\ntravail.\n    O n l’a surnom m é le solitaire d ’Acoz. A h ! oui, inac­\ncessible aux vulgaires am bitions, il se com plaisait dans\nla solitude, en am ant passionné de la natu re dont il\nsavourait les charm es et q u ’il savait p ein d re si superbe­\nm ent avec les riches couleurs de sa palette m erveilleuse.\n    Il se com plaisait aussi dans le for in térieur, dans\nl’intim ité de son âm e, non p ar am our de soi, m isan th ro ­\n"}, {"page_pdf": 190, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1911, "texte": "                       Octave Pirm ez.                 165\n\npie ou égoïsm e, m ais parce que la psychologie exerçait .\nsu r sa subtile intelligence une attirance singulière, une\nattraction irrésistible.\n    E n réalité, nul, plus que lui, n ’avait l’instinct de la\nsociabilité, l’am our de son sem blable, poussé ju sq u ’à\nl’abnégation la plus com plète, ju sq u ’au plus, rare désin­\ntéressem ent. L ’hospitalière dem eure du poète-philosophe\ns’ouvrait d evant to u t visiteur qui venait y frapper, riche\nou pauvre, heureux ou m alheureux, inconnu ou célèbre.\nE t tous y recevaient le m êm e cordial accueil, affable\naussi p o u r les souffrants m iséreux à qui l’incom parable\nph ilan th ro p e avait voué une si vive tendresse, une com ­\npatissance sans bornes, m anifestées souvent sous des\nform es aussi touchantes q u ’ingénieuses.\n    E tra n g e m éprise ! Q uelques-uns lui reprochaient sa\ncontem plative existence, et ne voyaient en lui q u ’un so n ­\ngeur, le travail énorm e de ce cerveau puissan t échap­\np a n t à leu r m yopie extrêm e. E t le m onde vain raillait ce\nprivilégié du sort, ce favorisé de la fortune qui refusait\nde s’asseoir au ban q u et de la vie ? M ais q u ’im portait à\ncet esp rit d ’élite ces jugem ents superficiels ? Il le savait\nbien, l u i : s’il repoussait, obstiném ent, la coupe d’un\nb o n h eu r ban al offerte à sa lèvre dédaigneuse, c’est qu’il\nse sentait à l’étroit dans u n e salle de festin, c’est qu’il\nentendait au dehors le cri de la souffrance, c’est q u ’il\navait, en u n m ot, des préoccupations obsédantes, et que\nle problèm e de nos destinées m ystérieuses l’absorbait\nsans cesse, to u t entier, invinciblem ent.\n    Avec ses idées hautes, ses vues larges, ses aspirations\ngénéreuses, il p araissait dépaysé dans les m ilieux où\nse d éb atten t les questions m esquines, où les rivalités se\nh eu rten t, où les am bitions se froissent et où les carac-\n"}, {"page_pdf": 191, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "   166                  Octave P irmez.\n\n tères se rapetissent.\n    Sa vie fut u n e sorte de m artyre. L e m artyre d’une\n âm e altérée d’idéal, torturée p ar la réalité cruelle,\n endolorie p ar la lutte incessante, m ais subissant toujours\n l’im pulsion d ’une volonté ferme, que rien ne pouvait\n alan g u ir. L e m artyre d ’un cœ ur aussi ; d’un cœ ur à la\n fois viril et tendre, im pressionnable et m agnanim e, tout\n rem pli d’am our, d ’indulgence, de pitié et de pardon.\n    A u début, O ctave P irm ez dem eura incom pris, dans sa\ngrande tristesse indéfinissable. O n le c o m p ara à W erth er,\nà R ené, à O berm an ; d’aucuns s’écrièrent : « Il retarde ! »\nIl eût été plus exact peut-être de dire : « Il avance !\nSon tem ps n ’est pas venu ; il em piète sur l’avenir, sur\nles idées prochaines que son regard perçant lui fait\ndécouvrir dans une lointaine perspective. » L a dém ocratie\nnoble de son âm e dem eurait insoupçonnée, sa m élan­\ncolie paraissait anorm ale à cette époque de prospérité\nm atérielle et de jouissance fiévreuse. O n ne voulait\nvoir en P irm ez q u ’un aristocrate de la pensée, trom pé\np ar la pom pe royale de son style et l’élévation de ses\nsentim ents.\n    L a vérité est que tout le tou rm en t de l’avenir —\ndevenu présent au jo u rd ’hui — sem ble avoir été éton­\nnam m ent pressenti par cette âm e vibrante, pensive, que\nl’on trouvait étrange, alors, parce q u ’elle se vêtait de\ndeuil, pleurait les hum aines infortunes, s’apitoyait sur la\nm isère des faibles, s’irritait de l’injustice des forts, rêvant\ndes réform es qui devaient am éliorer l’existence des\nhum bles, constatant, avec am ertum e, la profondeur des\nplaies sociales incurables, et se to u rn an t vers la M ort\ncomme vers une suprêm e réparatrice, l’interrogeant\nsans cesse, voulant connaître le mot de sa troublante\n"}, {"page_pdf": 192, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1848, "texte": "                        Octave Pirmez.                  167\n\nénigm e.\n   B ravem ent, toutefois, l’ouvrier courageux poursuivait\nson labeur, indifférent presque à l’approbation ou à la\ncritique, ayant conscience de sa force, restant fidèle à\nson génie, g ard an t une in éb ran lab le confiance en la\ndurée et le triom phe de son œ uvre. N e le devinait-il\npas ? L a m éconnaissance mêm e dont il était l’objet\nsem blait de favorable augure, réservée q u ’elle est d’o rd i­\nnaire à l’artiste privilégié d o n t l’œ uvre tran che su r la\ncoutum ière routine et désoriente l’h abitude m achinale.\nT rès doux p ar nature, peu enclin à la com bativité, m al­\ngré sa crânerie juvénile et bien q u ’il m an iât l’ironie avec\nune habileté qui le rendait redoutable à ses adversaires,\nil s’abstenait systém atiquem ent de toute polém ique,\nconvaincu que l’adm iration, pas p lu s que l’am our, ne\ns’im pose p a r la violence, et son an tip ath ie po u r les\nsuccès obtenus p ar la réclam e allan t ju sq u ’au dédain le\nplus farouche.\n   U n e réaction devait se produire, prévue, inévitable.\nAvec le m ouvem ent des idées, la gran d e poussée litté­\nraire, les aspirations nouvelles, et le retour d ’une jeu ­\nnesse désabusée vers je ne sais quel idéalism e et quel\néclectism e, l’œ uvre d’O ctave P irm ez sortit, to ut à coup,\ndes brum es qui l’entouraient et resplendit soudain, aux\nyeux de tous, dans sa beauté pure et sereine ! Il s’éleva\nalors com m e u n g rand concert de louanges, en présence\nde cette révélation, de cette naissance déjà ancienne,\n m ais que l’on s’im ag in ait toute récente, ta n t l’œ uvre\navait de jeunesse, de fraîcheur, d ’actualité m êm e en son\npessim ism e résigné et sa gran d e tristesse voulue.\n   L e génie de P irm ez fut reconnu et proclam é avec une\nun an im ité rare et im posante ! E t depuis l’aube si im pa­\n"}, {"page_pdf": 193, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1108, "texte": "   168                 Octave Pirm ez.\n\ntiem m ent atten d u e de ce jo u r béni de glorification m éri­\ntée, la rép u tatio n de notre illustre écrivain national ne\nfait que g ran d ir et s’étendre. Q ui donc en douterait ?\nCette réputation g ran d ira et s’étendra davantage encore,\nà m esure que la pensée de l’ém inent philosophe sera\nm ieux com prise, à m esure que l’on se re n d ra m ieux\ncom pte, p ar u n atten tif exam en, du talent prestigieux de\nl’artiste et de la richesse des m atériaux em ployés par\nlui p our élever son œ uvre m onum entale, adm irable dans\nsa sim plicité m ajestueuse au tan t q u ’en sa perfection\nétonnante !\n   Aussi, l’espérer serait-il tém éraire ? M aintenant que la\nR enom m ée a ren d u lentem ent, prudem m ent, en pleine\nconnaissance de cause, son jug em en t réfléchi sur\n O ctave P irm ez et su r son œ uvre, la P a trie se lèvera\npeut-être à son tour, p o u r ap p lau d ir à ce triom phe, et\ndécerner à l’un de ses enfants, l’hom m age qui lui est dû\net d o n t l’h o n n eu r rejaillira su r elle ! ...\n\n                                 J osé de C O P P IN .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-004", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 169, "page_fin": 170, "titre_corps": "D’un hymnaire retrouvé", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Edmond PILON.", "ancre_debut": "D 'un hymnaire retrouvé.     169     D ’un hymnaire retrou", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 194, "page_imprimee": 169, "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 765, "texte": "D 'un hymnaire retrouvé.     169\n\n\n\n\nD ’un hymnaire retrouvé.\n\n                       I\n\n  Vous c'est une Sainte-Marie,\n  Une Sainte-Agnès en robe fleurie\n  Que l'on vénère et que l'on prie ;\n\n  Vous c'est une sainte de paradis\n  Sur un bleu vitrail de parvis\n  E t c'est aussi\n  Dans la chapelle de mon Ame,\n  Une clarté de Notre-Dame ;\n\n Des fleurs d'orangers dans vos mains\n Des fleurs dans vos mains diaphanes\n E t de grands lys d'or qui se fanent\n Dans la fanaison de vos m ains...\n\n Des lys d'argent entre vos doigts\n Erigeant leur gloire et leur grâce\n Vers la clarté de votre Face\n Comme en couronnement de Rois,\n\n E t c'est aux chapelles éteintes,\n De votre lèvre vers mon cœur\n E t vers ma mystique Douleur,\n Des paroles d'amour qui tintent...\n"}, {"page_pdf": 195, "page_imprimee": 170, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 745, "texte": "170            D'un hymnaire retrouvé.\n\n\n                           II\n\n\n      Mon cœur en peine est un ciel gris,\n      Mon cime en peine est une plaine\n      Où tous les pauvres moutons gris\n      De mes regrets laissent leur laine ;\n\n      Les Troupeaux des nuages blancs\n      Que fa it paître un pasteur céleste,\n      Errent dans les pacages blancs\n      D'un calme paysage agreste...\n\n      Voici de la bonté sur moi\n      Qui tombe du grand ciel d'automne\n      E t qui tombe du grand beffroi\n      La plainte du vent monotone ;\n\n      Le murmure du soir mugit,\n      Des flammes vacillent dans l'âtre,\n      E t dans la plaine de la nuit\n      Mon cœur est comme un pauvre p âtre ...\n\n                                Edmond P I L O N .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-005", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 171, "page_fin": 172, "titre_corps": "Clairière songeuse", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges BALAT.", "ancre_debut": "Clairière songeuse.                  171                      Clairière songeuse", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 196, "page_imprimee": 171, "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1406, "texte": "Clairière songeuse.                  171\n\n\n\n\n                 Clairière songeuse.\n\n                                                  A M ...\n    E n les regards sanglants du crépuscule fusaient les\nnues blanches, et le b o urdonnem ent lourd des scarabées\net des diptères d’or se m êlait au gazouillis décroissant\ndes oiseaux.\n    U n souffle insensible glissait, caresseur, sur les dia­\nprées frondaisons, em portant p lu s loin, dans quelque\ntriste terre, les tièdes effluves des agonisantes clartés.\n    L es airs se dépeuplaient de leurs m ille bruits, à\nm esure que l’A stre descendait en l’abîm e des cieux,\nm ais toujours le b o urdonnem ent lourd des scarabées et\ndes diptères d ’or em plissait les vides laissés ; et sans cesse\nles om bres s’effilaient, se fondaient en des extrém ités\nindécises et douces.\n    E t, su r l’herbe folle, pleine encore du frém issem ent\nd iu rn e, je songeais...\n    E t les chéiroptères voletaient, silencieux, autour de\nm oi, cherchant les proies crép u scu laires,... cependant\nq u e le bou rd o n n em en t lourd des scarabées et des diptères\nd ’or s’assoupissait peu à peu dans la tom bée du so ir...\n\n    L à-bas, au loin, derrière les m onts, on devinait la\ndescente, lente m ais continue, de l’Astre, allant porter\nvers d ’autres terres ses aubes et ses crépuscules et, de\nl’a u tre côté, dans le ciel toujours plus som bre, on voyait\n"}, {"page_pdf": 197, "page_imprimee": 172, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 794, "texte": "  172                  Clairière songeuse.\n\ns’ép a n o u ir quelques sourires d'étoiles.\n   U n souffle insensible glissait toujours su r les feuilles\nque ne diapraien t plus les regards du couchant, mais\ns’était tu le lourd b o urdonnem ent des scarabées et des\ndiptères d ’o r...\n   . ..E t m on âm e pleura,\net ses pleurs coulèrent vers une au tre âm e qui ne lu i\nrép o n d it pas.\n   A u loin, le cri de la hulotte se fit en te n d re...\n   E t m on âm e frém it ;\nelle frém it de se trouver, la n u it, seule, avec le bruisse­\nm ent faible des noires frondaisons et les cris apeurés de\nla hulotte.\n   E t ses pleurs cessèrent, pour un instant, de couler\nvers cette autre âme qui ne lui répondait pas.\n\n                                     G e o rg es   BALAT.\n\n        S eptem bre, 1894.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-006", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 173, "page_fin": 176, "titre_corps": "Silhouettes d’Aujourd’hui : Henri Mazel (Suite)", "titre_sommaire": "Henri Mazel (suite)", "rubrique": "", "signature_source": "Joseph DESGENÊTS.", "ancre_debut": "Silhouettes d'aujourd'hui,                        173                  S ilhouettes d'Aujou", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 198, "page_imprimee": 173, "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1499, "texte": "Silhouettes d'aujourd'hui,                        173\n\n\n\n\n             S ilhouettes d'Aujourd'hui.\n\n\n                       H e n r i M azel.\n                                 (Suite.)*\n\n   L es livres publiés par le directeur de l'Ermitage ne\nconstituent pas encore un rayon de bibliothèque, mais,\ndans les trois œ uvres parues ju sq u ’à présent, se trouvent\nrévélées, dans des genres opposés, la souplesse de son\nesprit et l’originalité de son inspiration.\n    Vieux-Saxe (**) contient cinq actes ou m ieux cinq sujets\ndifférents : Le galant stratagème est d’une grâce sim ple et\nancienne ; c’est le badinage de deux jeunes gens qui se\np résentent à leur fiancées sous des vêtem ents de laquais.\nL e jeu est connu certes, m ais la forme en est délicate et\nto u t à fait charm ante ; l’Heure du berger, la Précaution dan­\ngereuse, la Surprise de l'Amour qui sont de la m êm e inspi­\nration enjouée, légère et u n peu m aniérée ; les scènes se\nd éroulent dans des boudoirs L o u is X V I ou dans un\npetit salon L o u is X V, et l’on y danse à plusieurs reprises\ndes m enuets et des gavottes ; c’est assez dire le caractère\ndes trois actes ; Les Funérailles d'un siècle ont lieu dans\nu n décor beaucoup m oins souriant : la salle com m une\nde la prison de la Conciergerie. L e petit m onde aristo­\ncratique qui b ad in ait si gentim ent dans les actes précé-\n  (*) V oir le n um éro d 'octobre de la Revue;.\n  (**) U n volum e, chez E d. G ira rd , É d it. P a ris — fr. 3 ,5o,\n"}, {"page_pdf": 199, "page_imprimee": 174, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1895, "texte": "   174               Silhouettes d’Aujourd'hui.\n\ndents, s’en va i c i... à l’échafaud, m o u rir avec g râ c e ...\nM. M azel a laissé au lecteur la faculté de conclure. E t\nil a bien fait.\n   A près le Nazaréen (*), œ uvre d’une conception assez\npersonnelle, p aru t la Fin des dieux (*), dram e en trois\nactes, que nous considérons com me le livre le plus im ­\np o rtan t de l’au teu r. N ous nous y arrêterons un instant :\nL e paganism e s’est instauré dans la blonde O ccitanie.\nL es chrétiens sont pris d’inquiétudes au retour des an­\nciennes superstitions : l’évêque d ’E desse, l’abbé de\nP salm odi, des m oines sont à A rles, dans les jard in s\nauliques de l’em pereur R ené. Des chœ urs de fiancés\nexaltent leurs joies e t, aux sons des fanfares triom phales,\ndéfile le som ptueux cortège des rois, des croisés et des\ncaptifs. L es acclam ations populaires m ontent vers le roi\nd ’Arles et le S aint-P ère. Au m ilieu de la fastuosité de\nces fêtes célébrant les fiançailles de Cléotas et de C hry­\nséïs, un m oine du N o rd , F rère-N o rb ert, se présente et\nconjure le roi d’A rles de ram ener le peuple au christia­\nnism e de son enfance. L e roi d’A rles lui perm et de\nprêcher le peuple.\n   C’est le forum d ’A rles. N o rb ert a parlé et les chœ urs\nch an ten t sa glorification. L a belle fiancée de l’ile de\nScyros, Chryséïs, est convertie ; elle abdique les joies\nprofanes. N o rb ert l’engage à convertir Cléotas. L e soleil\ndécline lentem ent. Cléotas arrive au F o ru m et veut\ns’approcher de Chryséïs qui l’évite et lui dit son am our\np o u r le D ieu des chrétiens lui-mêm e. Des suppliants\nchantent tristem ent dans le soir. D es protestations p o p u ­\nlaires surgissent. Chryséïs restée seule s’agenouille au\n  (*) U n volum e, à la L ib ra irie Savine, P a ris — fr. 3 ,5o.\n  (**) U n volum e, à la L ib ra irie de l’A rt In d é p en d a n t,\n     P a ris — fr. 3 ,5o.\n"}, {"page_pdf": 200, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1822, "texte": "                   Silhouettes d'aujourd’hui.\n\npied d ’une croix. U n groupe de jeunes gens l’insulte ;\nCléotas survient et protège sa fiancée perd u e ; il essaie\nde ressusciter son am our ; il lui rem ém ore l’ile de Sryros\net son radieux O lym pe. U n doux éveil de souvenances\nse fait en elle ; elle est reconquise à l’am our de Cléotas\net leurs âm es s’essorent vers les dieux anciens. Des cla­\nm eurs déchirent la tranquillité du soir qui soudain s ’illu­\nm ine de lueurs incendiaires : les tem ples b rûlent, les\nstatues sont renversées. N o rb ert paraît et Chryséïs lui\ncrie son reniem ent. D ans Arles c’est la lu tte entre le\npaganism e et le christianism e qui s’engage.\n    C’est à Arles, au château de M inerve. D es hom m es\nd ’arm es veillent car les chevaliers du N o rd gravissent la\npente de la colline. Ceux-ci p énètrent dans la ville et\nbientôt ils en sont les vainqueurs. Cléotas est fait p ri­\nsonnier. O n l'am ène devant N o rb e rt et il le supplie\nd ’épargner Chryséïs, sa fiancée. N o rb ert prom et m ais au\nprix de la conversion de Cléotas ; Chryséïs accourt\néperdue et N o rb ert sauve les jeu n es fiancés en les\nfaisant fuir p ar la croisée.\n    T elle est en quelques lignes la charpente du dram e\nde M. Mazel dont le talent s’oriente vers u n art d’une\nsplendeur ancienne.\n    L a quintessence du dram e ? U n e lutte entre le paga­\nnism e et le christianism e, entre l’esprit nouveau et le\ngénie antique. L e problèm e de la lutte de ces deux reli­\ngions a tenté plus d ’u n écrivain ; de là certaines pages\nde la F in des Dieux qui en rem ettent d’autres en m ém oire\net la phrase « E nvolons-nous vers les dieux anciens ! »\nqui reproduit, avec intention pensons-nous, une phrase\nde Goethe dans la Fiancée de Corinthe.\n   N o u s avons d it ailleurs, lors de l’ap p aritio n du livre\n"}, {"page_pdf": 201, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1211, "texte": "  176                Silhouettes d'aujourd'hui.\n\nde M . M azel, que l’au teu r ne p arv ien t pas toujours à\nrendre ses idées avec la m êm e vigueur et que n a tu ­\nrellem ent il en ré su lte des diversités curieuses qui atté­\nn u e n t l’im pression d ’ensem ble. M ais toujours est-il que\ndans le livre dont nous nous occupons, l’action est h ab i­\nlem ent conduite et la langue très châtiée et très h arm o ­\nnieuse. L a scène VI du prem ier acte contient des chœ urs\nd’une belle inspiratio n . Il en est d ’autres encore, m ais\nle lecteur nous reprocherait notre énum ération.\n    M. H e n ri Mazel est u n artiste sincère et très p u r ; il\nl’a prouvé suffisam m ent, et la place q u ’il occupe dans le\nrécent volum e : Portraits du prochain siècle (*) ne nous p araît\npas usurpée. L e s livres qui vien d ro n t et que l’au teur a\nsu r le m étier — u n dram e, le Khalife de Carthage, et la\n Frise du temple, poèm es — ne po u rro n t, pensons-nous,\nque confirm er l’opinion que nous avons de M . H e n ri\n Mazel et la raison qui nous l’a fait silhouetter au jo u r­\nd ’hui.\n                               Jo sep h D ESG EN ÊTS.\n\n\n\n\n  (*) U n volum e chez E . G ira rd , É d ite u r, P a r is — fr. 3,oo.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-007", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 177, "page_fin": 177, "titre_corps": "Alléluia", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "A lléluia.                        177              Alléluia.                                 Pour la nou", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 202, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 779, "texte": "A lléluia.                        177\n\n\n\n\n         Alléluia.\n\n\n                              Pour la nouvelle aimée.\n\n\nDepuis hier ma lyre est en délire,\ncar les très folles mains de mes D ésirs\nont érigé ton image de gloire\nsur la cime d'azur de mon Espoir !\nE t l'oiselle de mon amour\na déployé ses aimes ailes,\npour s'essorer vers le velours\nde ta lèvre innocente et fr è te ...\nA h ! je veux draper de lumière\nle sanctuaire de ton cœur,\npour qu'y viennent chanter en chœur\nles blondes joies de mes chimères !\nA h ! je veux courber mon extase\net baisser mes paupières fées\ndevant l'irradiante extase\nde tes gestes ceints de rosée !\nJe veux noyer mon front d'ivoire\nen les vagues de tes cheveux\net te nimber de baisers bleus\net des clairs rayons de ma gloire !\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-008", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 178, "page_fin": 178, "titre_corps": "Amoroso", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Amoroso.            Je veux que ton âme ingén", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 203, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1099, "texte": "Amoroso.\n\n          Je veux que ton âme ingénue\n          saillisse de tes jeunes chairs\n          et puis ascende vers les nues\n          de mes yeux séraphins et fiers !\n         E t je veux aussi que tu sois\n         le miroir de mes souvenirs,\n         pour que, parfois,\n         vienne y sourire\n         la chère image de la Morte :\n          son cœur,\n         je l'avais sculpté dans mon Rêve,\n          et sa livre saignait,\n          comme ta lèvre,\n         de roses grappes de sourires !\n\n\n\n\n               Amoroso.\n Nous allions, enlacés comme les bras d'un lierre,\n sur le trottoir vêtu d'une robe de lune ;\n nos lèvres se taisaient, et nos jeunes chimères,\nfollement, follement s'envolaient une à une\n en les gestes craintifs de la languide brune\nqui, lentement, neigeait ses ailes sur nos tètes...\n— E t dans nos cœurs de songe et d'amour, c'était fête !\n Nous allions, enlacés comme les bras d'un lierre ;\n nos regards frémissaient, nos regards de lumière,\n et nos ombres folles s'allongeaient toutes brunes\n et se baisaient, sur le trottoir vêtu de lune !\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-009", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 179, "page_fin": 179, "titre_corps": "Oblation", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur TOISOUL.", "ancre_debut": "Oblation.                          179             Oblation.                                        A la Morte. 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Réflexi o n .                                           A A rth u r T ois", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 205, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "Réflexion.\n\n\n\n\n                          Réflexi o n .\n\n\n                                        A A rth u r T oisoul.\n\n    P o u r aller vers D ieu il faut que l’hom m e ait goûté les\nprom iscuités des silences, q u ’il ait frissonné su r les\nplaines endorm ies et frôlé de ses pas trem blants les\nsolitudes où peu v en t gésir les m ystères. L a brise du soir\nrap p elle la p rière, l’étoile qui flambe au zénith récon­\nforte le cœ ur inquiet et souffrant. E t peut-être que le\nchem in de la tristesse ab o u tit à la révélation.\n   P leu rer, serait-ce croire ? p uisque les joies ne sont\np o in t de ce m onde et que les austérités rafferm issent les\ncroyances? A coup sûr, l’énigm e est la consolation su ­\np rêm e.\n    Où va l’oiseau ? Il trille et m e u rt ...\n    O ù va la fleur? E lle em baum e et s 'é tio le ...\n   L es choses n ’auraient-elles pas aussi la destination\ndivine ?\n   L e rêve serait-il la lueur de notre destinée ?\n                              Henri       de   CLASSAN T.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-011", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 181, "page_fin": 181, "titre_corps": "Comme ce soleil", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "André RUYTERS.", "ancre_debut": "Comme ce soleil.                       181                 C o m m e ce soleil.(I)         Mie", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 206, "page_imprimee": 181, "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 953, "texte": "Comme ce soleil.                       181\n\n\n\n\n            C o m m e ce soleil.(I)\n\n\n      Mienne, rappelle-toi : C'était un soir dolent\n      si doux que nous osions à peine, en notre extase,\n      effeuiller, mot à mot, une timide phrase\n      où nos âmes chantaient, chantaient en s'en allant,\n\n      en s'en allant au loin, d'un essor large et lent,\n      vers les horizons où s'alanguissait la grâce\n      d'un coucher de soleil à couleur de topaze,\n      dont les reflets, sous bois, s'émiettaient en tremblant,\n\n      et que nous admirions, quand, détournant la tête,\n     je découvris soudain, — Oh ! l'admirable fête ! —\n      miré dans ion regard, l'éclat pâle dus cieux !\n\n      E t je vis me parler le verbe de lumière,\n      et grave je compris et je baisai tes yeux,\n      translucides vitraux de ton âme — ô très chère !\n                                André R U Y T E R S .\n\n\n\n\n(1) des Ers, volum e en p réparation.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-012", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 182, "page_fin": 183, "titre_corps": "Révolte !", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri VANDEPUTTE.", "ancre_debut": "Révolte.                    Révolte !       C a ta ra cte n t e t", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 207, "page_imprimee": 182, "debut_caractere": 29, "fin_caractere_exclue": 824, "texte": "Révolte.\n\n\n\n\n               Révolte !\n\n\n\n   C a ta ra cte n t e t cro u len t du ha u t du m ont,\nrocs, chênes et blocs,\nmes orgueils !\n   C a ta ra cte n t e t croulent sous son talon !\n   Essaim cavalcad an t! chocs! h eu rts! e t bacchanale!\n   Rebondissem ents sourds\nsu r mon crâne !\n   Sons de gongs !\n   Sons de gongs !\n   E t des orchestres fracassant des hurlem ents désespérés !\n   La te rre où ils s’enfoncent ahane sourdem ent.\n   Rocs, chênes e t blocs ! e t braises !\n   C a taracten t e t croulent\nmes orgueils\nsous son talon !\n   Moi, parm i les décom bres,\nje ventrouille en les braises et les rocs\nmon désespoir !\n   T out est tom bé ! T out est fini !\n   Ah !\n   Au h au t du m ont\nla Dame,\nl'im placable R éalité,\nv êtu e de velours e t soleil\nm e reg ard e indifférem m ent\n"}, {"page_pdf": 208, "page_imprimee": 183, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 731, "texte": "                            Révolte.                    183\n\nde ses yeux antarctiques.\n  Ah ! non ! je ne veux pas ! je me relève encore,\nDame froide !\n   Ah ! v érité canaille !\n   Mes b ras sont forts ! e t mes orgueils grandis !\n   Ah ! vers Toi\npour te b ro y er !\net te cacher sous l'am oncellem ent de mes orgueils,\nje lance éperdum ent m a sem aille de rocs !\n   E t tes orchestres qui fracassent mes clam eurs désespérées\net su r ton crâne e t su r ton corps !\nim placable R éalité !\n Et se to n n e rre n t les gongs ! des rocs !\nles gongs ! les gongs !\n   E t voici que dans le silence de mon triom phe\nrossignolent soudain\ne t grisollent\ndes oiseaux su rn atu rels.\n                                H e n r i VANDEPUTTE.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-013", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 184, "page_fin": 184, "titre_corps": "Adieu", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert STASSART.", "ancre_debut": "Adieu.                          A dieu                                             à T . V.  Ton œil grave et", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 209, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 26, "fin_caractere_exclue": 1190, "texte": "Adieu.\n\n\n\n                      A dieu\n                                            à T . V.\n Ton œil grave et profond, aux reflets d'émeraude,\n a sailli l'éclair fou de tes désirs altiers,\n et nous marchons, las et songeurs, par les sentiers\n où notre amour, de pas en pas, nous suit et rode.\n Nous voici seuls, devant l'immensité des nuits :\n dis-moi, belle aux yeux durs, aux yeux énigmatiques,\n n'as-tu point vu s'ouvrir des gonds hiératiques\n sur l'horizon trompeur des éclairs jamais luis ?\n Un éphèbe aux longs cheveux, à la taille fine,\n des stances à la l èvre, et de la flamme aux yeux,\n a-t-il pas, te voyant, fa it le geste très vieux,\n très simple, de poser sa main sur sa poitrine ?\n E t ton R êve d’amour illusoire et charmant,\n t'a fa it perdre la proie pour l'ombre, et ta tendresse,\n ton chant essentiel d'amertume et d'ivresse,\n et tes larmes, parfois, scintils de diamant !\n Mon adieu se fa it doux et tremblant, bien-aimée :\n tu ne peux plus m'aimer, et tu pars sans chagrin.\n Tu m'as ravi l'espoir. — Ce mot n'est-il pas vain ? —\n Mourir ! . .. Je ne puis rien : c'était ma destinée...\n                                Albert S T A S S A R T .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-014", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 185, "page_fin": 187, "titre_corps": "A propos de l’interprétation des œuvres dramatiques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Désy ÉLIAS.", "ancre_debut": "A p r o p o s d e l ’in te r p ré ta tio n d e s œ u v re s d ra m a tiq u e s .     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Il m e suffira donc de la com pléter p a r quel­\nques notes et rem arq u es su r des spectacles plu s récents.\n  Ce n ’est pas d 'a u jo u rd ’hui que l'on a dit : « L a déclam ation est\nchose irra tio n n e lle ; il fau d rait b a n n ir la convention d u théâtre,\nen cela aussi et p a rle r su r la scène p lu s sim plem ent.\n  Il p a ra ît q u e c'était l'avis de N apoléon 1er. C'est, dans tous les\ncas, celui q u ’e x p rim ait E m ile Zola, il y a une quinzaine d ’années,\nd a n s le Naturalisme au Théâtre, au ch ap itre très in téressan t « Des\ncom édiens ».\n  T o u te convention ne peut d isp a raître , cependant, q u ’à une con­\nd itio n : les pièces à jo u e r doivent être écrites de façon à ne pas\na p p eler la déclam ation. E t il doit être bien e ntendu q u e la sim pli­\ncité de la diction et de l'attitu d e ne devra pas nécessairem ent,\ncom m e on sem ble le croire, copier l'existence de chaque jour.\nQ u ’un a cteu r soit au théâtre com m e chez lui, c ’est ce q u ’il est aussi\nim possible de lui d e m a n d er q u an d il re m p lit c ertain s rôles, m êm e\ntrès v rais et très n atu rels, q u ’on ne peut d em an d er à u n o ra te u r de\np a rle r à la trib u n e com m e d a n s son c abinet. Il doit faire v aloir le\nrôle, il doit d o n n e r du re lie f aux situ atio n s. Chez soi, on p a rle à\nses interlo cu teu rs, au th éâtre, on pa rle pour le p u b lic . L a difficulté\nest gran d e : il s’agit de p a rle r à ses p a rte n aire s com m e dans la vie\nréelle et p o u r le p u b lic sans songer au public.\n  Je crois q u ’un obstacle à la réform e (toujours attendue), en ce qui\nconcerne l'a llu re générale et les gestes, v ie n t de l’O péra, où l ’on\ndonne toute l'attention, d 'o rd in aire, à la voix et à la m ise en scène.\n"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2495, "texte": "       186                       L e Théâtre Libre.\n\n      In sp iré p a r la théorie, ou p a r son expérience, M . A ntoine est\n    lui aussi, p a rtisa n du natu rel et de la sim plicité. Seulem ent, il\n    pousse le systèm e à l'excès, d a n s les Fossiles. C'est d ire q u ’il l’a b a n ­\n    donne. L a pièce est, généralem ent, bien rendue, saut p a r Mme B.\n    B arny, qui p a ra ît m al à l'aise dan s son rôle de duchesse, et le\n    d irec te u r a b eaucoup d ’aisance, de n atu rel, un gran d accent de la\n    situ atio n dans le personnage du duc. C 'est bien le grand seigneur,\n    l'hom m e de cour, le descendant des gentilshom m es de V ersailles,\n    qui se contient, p a rla n t ferm e, m ais avec une m odération de voix\n    et de gestes et g a rd an t u n e c ertain e retenue, m êm e en sa fu reu r ;\n    m ais M . A ntoine, à force d 'être m esuré et de p a rle r p o u r les p e r­\n    sonnes qui en to u re n t le duc, fini p a r ne plus se laisser en te n d re de\n    la salle.\n      Il se corrige dans Les Tisserands. Il y donne toujours à son per­\n    sonnage (le père H ilse ) son vrai cara ctè re ; m ais, il le fait, de plus,\n    p a rle r d ’une voix claire et im pressionnante. M alheureusem ent, ses\n    com pagnons dépassent la m esure, en ce d e rn ie r sens. I l s se sont,\n    eux, tro p corrigés et il ne leur reste rien, sem ble-t-il, de la volonté\n    d 'être aussi n aturels q u e possible. D écidém ent, c'est u n e chose\n    bien difficile q u e le ju ste m ilieu. Q uand il faut p a rle r h au t, l’on\n    c rie ; s’il faut de la force, on s'e m b alle; faut-il de l'aisance? O n va\n    ju sq u 'au sans-gêne. D e la réserve? O n se guindé. L ’a b sen ce de\n    de toute exagération serait, cependant, b ien                souhaitable dan s\n    l ’interp rétatio n des Tisserands. Il fau d rait attén u er certaines vio­\n    lences, au lieu de les grossir, dans le rôle de B aum ert, p a r\n    exem ple. V oilà un hom m e ju sq u e-là très p aisible, q u e l’on d ira it\n    frappé, tout à coup, d épilepsie. P o u rq u o i, à la rep résen tatio n , ne\n    pas le faire, tout sim plem ent très résolu ? Ce serait bien assez én er­\n    gique. E h ! bien, non, cela ne suffirait pas e t on l’a fait hu rler.\n       H eureusem ent, les com édies gaies sont, ord in airem en t, bien\n    jouées p a r le « T h é â tre L ib re »! C ependant, d a n s Mariage d'argent.\n    M. A rquillière eût bien dû avoir l’a ir m oins c o u rb atu ré et p ren d re\n\n\n\n\nJ\n"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2397, "texte": "                            L e Théâtre Libre.                           187\n\nun ton m oins larm oyant. O n peut être au trem ent un v ieillard avare.\nII y a là aussi, u n peu d ’exagération, m ais facile à faire d isp a raî­\ntre. A côté de lu i M me P e rro t (qui, dans les Fossiles, ressem ble un\npeu à une petite pensionnaire) réalise très b ien le type de la pay­\nsanne têtue, avide, finaude, honnête fille sans être farouche.\n  J'a i pensé plus d ’une fois, en écrivant ces lignes, à un moyen\nbien sim ple (je le crois tel) et assez com m uném ent négligé : le choix\ndes rôles. Au parc, M . A lhaiza ne confie-t-il pas trop souvent des\nrôles de m êm e n a tu re à cette gracieuse et intelligente M lle P a ry s,\nd o n t le jeune talent ne dem ande q u ’à se développer et à s’étendre?\nM. B réant n ’est-il pas su rto u t fait p our les personnages tran q u illes\net sérieux? Avec u n peu p lu s de laisser-aller, il y sera excellent.\nMme B lanche M arcel convient très bien là où il fau t de l’aban d o n\net de la finesse ; u n écueil : l’a ir espiègle, d ont elle tend à a b u se r.\n— Au M olière, j ’ai vu M. M ontlouis, à côté de M me F a v a rt, voisi­\nnage dan g ereu x ; il avait son a ir noble et grave. Je le revois avec\nles m êm es qualités, un peu affaiblies. Il n ’a plus toute la vigueur\nq u i le soutenait. Il est toujours digne, m ais avec m oins d ’autorité.\nSon d é b it, lent et bon d a n s l’ensem ble, devient parfois m onotone\net a p e rd u de sa sûreté. A cteur aim a n t et voulan t le n a tu re l aussi ;\nm ais dont la m aîtrise s’ém iette. S’il jo u ait, de loin en loin, u n rôle\nplus léger, p o u r changer d ’air? F ran ch em en t, on le d ira it fatigué.\nP e u t-être re viendrait-il aux régions sereines de l’honnêteté austère,\navec un renouveau de cette a rd e u r q u ’il sa it si bien dirig er et de\ncette ém otion q u ’il con d u it à des effets si sû rs en la re te n an t. P e u\nd ’hom m es savent com m e lui, a u théâtre, laisser deviner leurs\nim pressions. M . M ontlouis ne se livre jam ais q u ’avec m esure et il\nle fait d ’une façon saisissante. C’est la c a ra cté ristiq u e de son grand\ntalent. M ais, le genre de pièces qui perm etten t la m ise en oeuvre\nd ’une telle p uissance n ’a bondent pas et M . M ontlouis s’use u n peu\nà toujours ap p u y er su r le m êm e ressort.\n                                                   D ésy É L I A S .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-015", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 188, "page_fin": 188, "titre_corps": "Annabella, drame de Ford", "titre_sommaire": "Annabella", "rubrique": "", "signature_source": "André RUYTERS.", "ancre_debut": "Les livres.           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C’é ta it le va\nb ru ta l et im placable de la fatalité au trav ers de deux existences.\nA nnabella et G iovanni ne connaissent pas le rem ords. Ils devaient\ns'aim er. I l s s’aim ent. Ils ne sont pas responsables. P lu s ta rd ,\nq u a n d A nnabella, enceinte, se m arie, q u a n d l’époux découvre\nl'état de sa femm e et le nom de l ’am ant, quan d , d a n s le b u t de\nl ’assassiner, il convie à un b an q u et G iovanni, celui-ci, in stru it de\ntout, conçoit u n projet atroce et saisissant q u ’il exécute avec la\nconviction suprêm e de son rôle fatidique. C’est alors q u ’ay an t tué\nsa sœ ur dans u n baiser, il lui a rra c h e le cœ u r, et que superbe, ver­\ntigineux, il vient le p résen ter aux invités de son hôte ! Ah ! oui,\nl'étrange, la p uissante, l'em poignante pièce! E t cep en d an t cahotée,\ninégale, m ais dont les d e rn ie rs actes ont enlevé le p u b lic et lui ont\njeté la m e dans des sensations rétives à l'analyse.\n  Ah ! que l ’on était loin des dram es bêtes et larm oyants ! E t ce­\npe n d an t L ugné-Poe, le prestigieux L ugné-P oe, a donné m oins\nq u ’on a tte n d ait de lui. F iév reu x et inquiet, il a m êm e p a ru , en de\ncertains m om ents, réellem ent indisposé. L e succès a été à M lle B .\nB ady. Oh ! son entrée d u prem ier acte ! L a délicate artiste a d é ­\nployé dans ce rôle to u t sein fin, su b til et souple talent. T o u r à tour\naim ante, joyeuse, fière, n arquoise et m ystique, elle est p arvenue à\nsynthétiser les données éparses du caractère d ’A nnabella en sa\nvivante et passionnée création.\n                                       A ndré R U Y T E R S .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-016", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 189, "page_fin": 191, "titre_corps": "Chroniques des livres", "titre_sommaire": "Chroniques des livres", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L ’A P O L O G I E DE L ’HOMME, (première étape du", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 214, "page_imprimee": 189, "debut_caractere": 80, "fin_caractere_exclue": 2315, "texte": "L ’A P O L O G I E DE L ’HOMME, (première étape du\n                       Néophyte) par Maurice Leblond,\n          (P a r is , 94. H o r s c o m m e rc e .)\n  P rofession de foi d ’un néophyte qui se p ré p are à œ u v rer synthé­\ntiq u e m en t m ais sans entrevoir la p ossibilité de dévier de la m agis­\ntrale d octrine que c onstituent p our lui les idées subtiles, profondes\nm ais classées de p a r l’analogie, de M . St-G eorges de B ouhélier.\nSoit, attendons l'œ uvre, bien q u ’u n tem péram ent s'accom m ode\nm alaisém ent de cette ad o ratio n toute passive. Q u an t au fond et à\nla conclusion q u ’en tire le c h éru b in prosterné devant son dieu, il\ny a certes m atière à controverse, et p o u r ne p a rle r que du Rêve,\nbase de to u t le systèm e, il n ’est jam ais que le souvenir de la V érité\nou il n'est rie n : or, on n ’édifie rie n de rien, d it M . St-Georges,\nc'est-à-dire q u ’on est hom m e et non créateur. Cette V érité m êm e\nnous échappe, et la R éalité, le v raisem b lab le dont nos rêves sont\nle souvenir m odifié p a r notre im agination, c'est-à-dire p a r le\nd ésordre, est la seule base à no tre portée. Si la raison, de plus,\nvient o pérer u n e transform ation nouvelle de ce rêve, ce ne peut\nê tre qu'en se fondant su r nos sens (l'expérim entation), ou su r\nnotre savoir (révélé ou non), la T rad itio n . C ette T rad itio n est sans\nd oute m êm e sortie de l’observation de la N a tu re com m e toute\nscience, et en p a rticu lier la science ésotérique. E lle est p ro b a b le ­\nm ent p arallèle à la R évélation com m e p rovenant de l ’éternelle\nV érité absolue de la N ature, de l'A rchétype si l ’on veut. H . Saint-\nG eorges ten d donc directem ent vers le sp iritu alism e d ont il se\ndéfend, vers le dogm e im posé, vers l'absolu ty ran n iq u e, à p rio ri.\n  M . L eblond a fait u n résum é lucide, m ais non absolum ent exact,\ndes doctrines très poétiques, m ais peut-être trop vastes de son\nm aître. L a dém onstration de ses prém isses serait bien difficile, et\nje préfère c onsidérer ce travail, de m êm e que l'Annonciation, au\npoint de vue élégant et esthétique, q uoique l ’exposé soit ingénieux.\n  C oncevoir le m onde idéal en se b a sa n t su r l’in tu itio n qui n ’est\n"}, {"page_pdf": 215, "page_imprimee": 190, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1715, "texte": "   190                            Les livres.\n\nq u e le rêve fondé su r le tém oignage de nos sens ou bien une in sp i­\nra tio n extra-terrestre, non prouvée, c ’est c o n stru ire su r une hypo­\nthèse peut-être fausse, et nous n'adm ettons pas cette réform e du\nréel à l’im age d ’un vrai supposé.\n  Ce que nous ne com prenons pas (nous hum ains bornés), n ’existe-\nt-il pas non o b stan t ? E t si l'hom m e-m icrocosm e se place au centre\nd ’un m icrocosm e en h arm onie avec lui-m êm e, à son point de vue\nétroit, ce m icrocosm e ne peut-il être u n e parcelle irrégulière, une\nanom alie d ’un m icrocosm e infinim ent plus vaste, ce qui d é tru it\nla supposition de l’analogie cosm ique relative à l'hom m e ?\n  E n som m e, l 'Apologie est bien une p rem ière étap e d ’un voyage\ncertainem ent intéressant.\n                                                E dgar B A E S .\n\n\n\n\n           L A MOUCHE D E S C RO CH ES, par Willy,\n                                (P a r is , F is h b a c h e r , 94.)\n\n  D ans un style b iz a rre , varié à l'excès, tu rb u le n t, très savoureux\nà certains e n d ro its, très énerv an t à d 'au tres, nous voyons défiler\ndans u n e bou scu lad e de jeu x de mots, de coq-à-l'âne, de ra p p ro ­\nchem ents insoupçonnés, les a u te u rs, œ uvres, aud itio n s, th éâtres et\ncirq u es de P a ris. B eaucoup         d'esp rit, — trop parfois — des\nréflexions justes, précises, fines, des m ots m échants, une com pré­\nhension délicate et savante de la m usique et, su rto u t, u n e verve,\nune couleur, u n en train étonnants : tel est le livre de W illy,\nc arn e t de l ’ouvreuse du c irq u e d'été.\n                                                        E v e l in g    d'ARCY .\n"}, {"page_pdf": 216, "page_imprimee": 191, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 804, "texte": "                                Les livres.                          191\n\n               O R I P E A U X , d’un anonyme.\n  N on, décidém ent, ce m onsieur n ’est pas un notaire, m ais ce\np o u rra it être u n fum iste, c a r il nous enfum e furieusem ent ! E t des\na llusions p o litiques ! E t des allusions religieuses ! F i donc, m on­\nsieu r l ’artiste, qui voulez faire du grand a rt ! (C'est p e ut-être une\nfum isterie suprêm e ?)\n  W illy, dorm ez en paix !\n                                              Paul    FERTÉ.\n\n\n\n\n  A ux p ro c h a in s : Vers la Vie, p a r R. L edent ; παλαι, p a r V ielé\nG riffin ; Eveils, p a r A. et M. M agre ; L a Nonne et l'Inexaucé, p a r P .\nG e rm ain ; Hors du siècle, I I , p a r A. G iraud ; Nouvelles Kermesses,\nnouvelle éd., p a r G. E eckoudt, etc. . .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-017", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 192, "page_fin": 192, "titre_corps": "Broutilles", "titre_sommaire": "Broutilles", "rubrique": "", "signature_source": "***", "ancre_debut": "Broutilles.                                 B R O U T IL L E S .        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Desgenêts, à Excelsior, de B ruges, su r A l b e r t\nG I R A U D , poète et c ritiq u e.\n\n\n   L ire , en la Nouvelle revue internationale de Paris : M ouvem ent litté­\nraire, p a r Aug. Asse ; au Mercure : F lû te s d ’avril, p a r H e n ri de\nR égnier ; à L a Plume : L e sa r P é la d a n , p a r A. F le u ry ; à L 'E rm i­\ntage : D es articles de Mazel ; en Flamberge : D es proses de\nCh. B ronne, A rth u r T oisoul, F e rn a n d R ou ssel; à L'Idée moderne :\nIn can tatio n , p a r L e C ardonnel, et P ré lu d e , p a r M . C h abance ; en\nRevue-Journal : E ssais d’esthétique positive, p a r L . P a sc h a l ; a u Réveil :\nAm es de couleur, de M . H e n ri M au bel ; à L a Nervie : L es nom s de\nL éon P aschal, E d m o n d P ilo n , A rth u r D axhelet, R oland de M arès\net Georges G a rn ir.\n   A lire aussi : L 'Ymagier. — P a ra it tous les 3 m ois en un fascicule\nde 64 à 72 pages in-40 écu ; est rédigé p a r R . de G ourm ont et\nA lfred Ja rry . 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BOURGOM .\n      C o m ité de R éd actio n : H e n r i d e CLASSANT,\n         E d g a r BA E S, R o b e r t S A I N T E - E S T E L L E ,\n         G eo rg es B A L A T , A lb ert de S T A S S A R T ,\n         F ranz W IE N E R ,      R obert     SAND, G eo rg es\n         RANCY.\n\n\n\n        L es m a n u s c rits n o n in sérés ne so n t pas re n d u s.\n\n\n\n  Stella ne publie que de l’in é d i t et laisse à chacun de ses collabora­\nteurs la responsabilité de ses articles et de ses opinions.\n\n\n\n   Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parvie ndra\nà la Rédaction.\n\n\n            Stella est en vente :\n          A B r u x e l le s , chez Istace ; chez Wattiau, rue de Longue-\n            Vie ; chez Lacomblez, vue des Paroissiens.\n          A M o n s , chez Magerman, 15 rue de l'A th enéc.\n          A G a n d , chez Ad. IToste, rue des Champs.\n          A A n v e r s , chez Forst, place de Meir.\n          A L iè g e , chez Gnusez, rue du Pout-d'Ile.\n          A V e r v i e r s , chez Gilon, Pont St. Laurent.\n          A P a r i s , chez Chérié, rue Halle, chez Chamuel, rue de\n            Trévise.\n         Imprimerie G. B A L A T , rue Potagère,                Bruxelles.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1894-11-n6-019", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonce : Typographie et lithographie G. Balat", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Typographie", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 219, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 965, "texte": "Typographie\n\net L itho g raph ie                     G.BALAT\n                                     57, rue P o ta g è re ,\n                                  B R U X E L L E S\n\n\n                                                *\n                                 Par la science et l'Expérience\n                                                *\n\n\n\n\n      Im pressions a d m in istra tives et com m er­\n  ciales, spécialité de B rochures artistiques et\n  littéraires, C atalogues, F ascicules de toutes\n  espèces...\n      F a ctures, P rix -C o u ra n ts, M a n d a ts, C ir­\n  cu laires, B o rd erea u x, R egistres, E tiq u e tte s ,\n  In v ita tio n s, P ro g ra m m e s, M enus, C a rtes\n  d'adresse et de visite, Enveloppes, L e ttr es\n  de fa ir e p a rt, A ffiches en tous g e n re s...\n\nL a Maison entreprend, tons les trav au x d’impression,\n            de quelque n atu re qu’ils soient.\n\n\n\n\n       D e gustibus et coloribus non disputandum .\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 184, "texte": "P rem ière   Année           Stella,\nN°6. —   N ovem bre.\n\n     1894.             Revue m ensuelle d ’A r t et de L ittéra tu re.\n\nnuméro : 5 0 cen t.\n\n                                    D i r e c t i o n : R u e V a u t i e r , 38, B r u x e l le s .\n\n\n\n\n                            scintille e t m onte plus av a n t        D essin d e A ug. Levêque\n                            d an s l’E th er, bien au d e là\n                            des brum es et des ém an atio n s\n                            d e la fange.\n"}, {"page_pdf": 185, "texte": "                                  S O M M A I R E\n\n\n\n\nJ osé   de    C o ppin . —        O ctave P irm ez.\nE dmond       P il o n . —       D 'u n hy m n aire retrouvé.\nG eorges       B alat. —         C lairière songeuse.\nJoseph       D esg e n é ts. —       H enri    M a z e l (su ite).\n\nA rthur       T o is o u l . -    A lléluia, A m oroso, O blation.\nH enri de        C lassant. —         R é fle x io n .'\n\nAndré     R uyters. —            Com me ce soleil, A nnabella.\nH enri V andeputte. —                 Révolte.\nA lbert      S ta ssa rt. — A d ieu .\n\nD ésy    E l ia s . —    A propos de l'in te rp rétatio n des œ uvres d ra m a ­\n         tiques.\nE dgar    B a e s , E v . d 'A rcy       et   P aul       F erté. —   C hroniques des\n         livres.\n* * * — B routilles.\n"}, {"page_pdf": 186, "texte": "                        Octave Pirm ez.                  161\n\n\n\n\n                Octave Pirmez.\n\n   S on nom seul, son grand nom vénéré, évoque, sugges­\ntivem ent, to u t u n passé déjà loin tain , m ais à jam ais\nprésent au cœ ur des fidèles, dévots de sa radieuse m é­\nm oire.\n   Il est p o u r quelques-uns — les aînés — le rappel\nd’un tem ps d’épreuve trop souvent im posé au génie qui\ndoit gagner v aillam m ent, dirait-t-on, la sublim e récom ­\npense, en conquérant p a r une lutte héroïque, ses droits\nà l’im m ortalité.\n   Il est p o u r les fervents de l’art, des lettres, de la pen­\nsée, le nom d ’un p récurseur illustre qui, l’u n des pre­\nm iers leu r m o n tra le chem in, où p lu tô t le fraya, d ’une\nm ain h ard ie et vigoureuse, D ieu sait au prix de quels\nefforts et de quelles m eurtrissures.\n   Il est p o u r la p atrie, p o u r la B elgique littéraire, le\nnom d ’u n enfant glorieux, que l’élite, sans distinction\nd’o p in io n s p h ilosophiques, de croyances religieuses ou\nde tendances d ’école, a salué avec respect, avec e n th o u ­\nsiasm e, dans l’élan sp ontané d ’une adm iration posthum e\nqui fut une véritable apothéose ! . . .\n"}, {"page_pdf": 187, "texte": "    162                   Octave Pirmez.\n\n    A h ! sans doute, les élégances raffinées de son style\n im peccable, qui séduit p ar sa sim plicité savante, caresse\n l’oreille et berce la pensée p ar sa constante m élodie, sont\n peu propres à captiver l’attention des foules, à provoquer\n les applaudissem ents de la galerie, à ren dre son grand\n nom populaire. A ussi, l’œ uvre superbe d ’O ctave P irm ez\n rayonne discrètem ent, com m e les adm irables soleils de\n ces beaux soirs d ’autom ne q u ’il contem plait avec extase\n et décrivait avec tan t de m aitrise. Sa gloire est pareille\n à celle des astres co u ch an ts, sa gloire légitim e et tardive,\n sp len d eu r d ’une fin sereine de jo u r qui enchante le\n regard, m élancolise l 'âme, la plonge dans une sorte de\n rêverie.\n    O ù donc est-il le doux penseur, le profond philosophe,\n le délicat poète que la F ra n c e — si fertile en écrivains\n de talent, de génie, — plaçait au prem ier rang entre les\n m eilleurs, lui ren d an t un éclatant hom m age p a r ses\n voix les plus autorisées ? Où donc est-il, l’inoubliable\n au teu r de : Feuillée, Jours de solitude, Heures de philosophie,\nRémo, Lettres à José, Correspondance, au tant de rem ar­\nquables livres, hautem ent pensés, m agistralem ent écrits,\nform ant une œ uvre grandiose, d’u n p rix inestim able ? ...\nO ù donc est-il cet écrivain de race, ce charm eur dont\nS ainte-B euve, S aint-R ené-T aillandier J u le s J a n in , H en ri\nT ain e, V ictor H u g o , L éo n Cladel, X avier M arm ier,\nP élad an , F réd éric Am iel, et d ’autres m aîtres célèbres\ng o ûtaient si p articulièrem ent les écrits, q u ’ils louaient en\nterm es flatteurs et sym pathiques, ad m iran t leur distin c­\ntion exquise, leu r élévation m orale, leu r si grande\nv aleur artistique ?\n    D epuis plus de dix ans, il repose, to u t là-bas, en un\ncoin pittoresque de province, sous le chœ ur de l’ancienne\n"}, {"page_pdf": 188, "texte": "                        Octave Pirm ez.                   163\n\néglise de V illers-Potterie, transform é en chapelle sép u l­\ncrale ! Il repose chrétien n em en t, poétiquem ent, entouré\ndes croix et des pierres tom bales du cim etière du village,\nà l’om bre des vieux ifs éplorés. P arfois, du tem ple voi­\nsin, s’échappe u n vague parfum d ’encens, p e n d a n t que\nles orgues v ib ren t ou se lam entent, que des voix c h a n ­\ntent ou psalm odient, en chœ ur, les prières liturgiques\net les hym nes grégoriennes.\n   E t ces religieuses harm onies, auxquelles se m êlent,\ntour à tour, les joyeux tintem ents des cloches et les\nlugubres sonneries funèbres, sont en consonnance p ar­\nfaite avec les convictions du poète chrétien et avec le\ncaractère de son œ uvre à la fois austère, consolante,\nsolennelle, m élancolique, m ais toujours d’espérance\nillum inée, m êm e en scs pages les plus som bres, en ses\nplus noires désolations !\n   Au fond de l’étroite vallée, ap p araît le vieux m anoir\nd’Acoz, entouré de ses eaux im m obiles, d’où m onte une\nbrum e grisâtre qui l’enveloppe com m e d ’un voile, en les\naubes vaporeuses. Voilà le site solitaire que chérissait\nOctave, et qui encadrait naguère sa si belle, si expres­\nsive figure de poète ! Voici la haute fenêtre à laquelle il\nrêvait, en les soirs bleutés, en les nuits sereines, quand\nla lune, g lissant sa blanche clarté astrale su r les tours de\nl’antique château, leur prêtait des formes fantastiques.\n   M aintenant, l’autom ne est venu, l’autom ne délicieu­\nsem ent chan té par lu i, en des pages m agistrales aux plus\nbelles com parables. L e vent secoue les feuilles jaunes\nsur les vertes pelouses du p arc silencieux, et d ans les\navenues désertes, où, tan t de fois, il chercha l’insp iration,\nl’œil levé vers les cimes. M ais il n ’est plus là p o u r obser­\nver leu r ch u te rap id e et leurs capricieuses sarabandes.\n"}, {"page_pdf": 189, "texte": "                        Octave Pirm ez.\n\nE t elle v ient de d isparaître à son tour, la m ère de notre\ngénial écrivain, une femme doublem ent vénérable par\nl'âge et p a r sa haute intelligence. E lle a rejoint le fils\ninoublié, le cher enfant d o n t la naissance avait été la\np lu s grande joie de sa vie et d o n t la fin prém aturée fut\nle chagrin poignant de sa longue existence si cruellem ent\néprouvée.\n    M ais si la m ort im pitoyable a trop tôt em porté le\ng rand et noble artiste que fut l’au teu r des Jours de solitude,\nson œ uvre im périssable lui assure une glorieuse survi­\nvance.\n    O r, l’œ uvre d’O ctave P irm ez, c’est lui-même, c’est son\ncœ ur, son âm e, sa vie ; son cœ ur si foncièrem ent bon,\nson âm e si naturellem ent généreuse, sa vie toute de\ntendresse, de charité, de travail, de m éditation et de\nrêve. E st-il penseur plus sincère, écrivain plus conscien­\ncieux ? Il n ’ex prim ait q u ’après avoir senti, et n ’affirmait\nq u ’avec une conviction absolue. D e là, ses accents si\nvrais, cette souveraine éloquence, souvent pleine d ’en­\ntraînem ent et de fougue, m algré son ap p arente retenue.\nG rand artiste, certes, il le fut, virtuose de la plum e\nincontestablem ent, m ais n o n à-la façon de ces écrivains\nqui congédient la poésie, com m e u n e com pagne im por­\ntu n e, dès q u ’ils ont franchi le seuil de leur cabinet de\ntravail.\n    O n l’a surnom m é le solitaire d ’Acoz. A h ! oui, inac­\ncessible aux vulgaires am bitions, il se com plaisait dans\nla solitude, en am ant passionné de la natu re dont il\nsavourait les charm es et q u ’il savait p ein d re si superbe­\nm ent avec les riches couleurs de sa palette m erveilleuse.\n    Il se com plaisait aussi dans le for in térieur, dans\nl’intim ité de son âm e, non p ar am our de soi, m isan th ro ­\n"}, {"page_pdf": 190, "texte": "                       Octave Pirm ez.                 165\n\npie ou égoïsm e, m ais parce que la psychologie exerçait .\nsu r sa subtile intelligence une attirance singulière, une\nattraction irrésistible.\n    E n réalité, nul, plus que lui, n ’avait l’instinct de la\nsociabilité, l’am our de son sem blable, poussé ju sq u ’à\nl’abnégation la plus com plète, ju sq u ’au plus, rare désin­\ntéressem ent. L ’hospitalière dem eure du poète-philosophe\ns’ouvrait d evant to u t visiteur qui venait y frapper, riche\nou pauvre, heureux ou m alheureux, inconnu ou célèbre.\nE t tous y recevaient le m êm e cordial accueil, affable\naussi p o u r les souffrants m iséreux à qui l’incom parable\nph ilan th ro p e avait voué une si vive tendresse, une com ­\npatissance sans bornes, m anifestées souvent sous des\nform es aussi touchantes q u ’ingénieuses.\n    E tra n g e m éprise ! Q uelques-uns lui reprochaient sa\ncontem plative existence, et ne voyaient en lui q u ’un so n ­\ngeur, le travail énorm e de ce cerveau puissan t échap­\np a n t à leu r m yopie extrêm e. E t le m onde vain raillait ce\nprivilégié du sort, ce favorisé de la fortune qui refusait\nde s’asseoir au ban q u et de la vie ? M ais q u ’im portait à\ncet esp rit d ’élite ces jugem ents superficiels ? Il le savait\nbien, l u i : s’il repoussait, obstiném ent, la coupe d’un\nb o n h eu r ban al offerte à sa lèvre dédaigneuse, c’est qu’il\nse sentait à l’étroit dans u n e salle de festin, c’est qu’il\nentendait au dehors le cri de la souffrance, c’est q u ’il\navait, en u n m ot, des préoccupations obsédantes, et que\nle problèm e de nos destinées m ystérieuses l’absorbait\nsans cesse, to u t entier, invinciblem ent.\n    Avec ses idées hautes, ses vues larges, ses aspirations\ngénéreuses, il p araissait dépaysé dans les m ilieux où\nse d éb atten t les questions m esquines, où les rivalités se\nh eu rten t, où les am bitions se froissent et où les carac-\n"}, {"page_pdf": 191, "texte": "   166                  Octave P irmez.\n\n tères se rapetissent.\n    Sa vie fut u n e sorte de m artyre. L e m artyre d’une\n âm e altérée d’idéal, torturée p ar la réalité cruelle,\n endolorie p ar la lutte incessante, m ais subissant toujours\n l’im pulsion d ’une volonté ferme, que rien ne pouvait\n alan g u ir. L e m artyre d ’un cœ ur aussi ; d’un cœ ur à la\n fois viril et tendre, im pressionnable et m agnanim e, tout\n rem pli d’am our, d ’indulgence, de pitié et de pardon.\n    A u début, O ctave P irm ez dem eura incom pris, dans sa\ngrande tristesse indéfinissable. O n le c o m p ara à W erth er,\nà R ené, à O berm an ; d’aucuns s’écrièrent : « Il retarde ! »\nIl eût été plus exact peut-être de dire : « Il avance !\nSon tem ps n ’est pas venu ; il em piète sur l’avenir, sur\nles idées prochaines que son regard perçant lui fait\ndécouvrir dans une lointaine perspective. » L a dém ocratie\nnoble de son âm e dem eurait insoupçonnée, sa m élan­\ncolie paraissait anorm ale à cette époque de prospérité\nm atérielle et de jouissance fiévreuse. O n ne voulait\nvoir en P irm ez q u ’un aristocrate de la pensée, trom pé\np ar la pom pe royale de son style et l’élévation de ses\nsentim ents.\n    L a vérité est que tout le tou rm en t de l’avenir —\ndevenu présent au jo u rd ’hui — sem ble avoir été éton­\nnam m ent pressenti par cette âm e vibrante, pensive, que\nl’on trouvait étrange, alors, parce q u ’elle se vêtait de\ndeuil, pleurait les hum aines infortunes, s’apitoyait sur la\nm isère des faibles, s’irritait de l’injustice des forts, rêvant\ndes réform es qui devaient am éliorer l’existence des\nhum bles, constatant, avec am ertum e, la profondeur des\nplaies sociales incurables, et se to u rn an t vers la M ort\ncomme vers une suprêm e réparatrice, l’interrogeant\nsans cesse, voulant connaître le mot de sa troublante\n"}, {"page_pdf": 192, "texte": "                        Octave Pirmez.                  167\n\nénigm e.\n   B ravem ent, toutefois, l’ouvrier courageux poursuivait\nson labeur, indifférent presque à l’approbation ou à la\ncritique, ayant conscience de sa force, restant fidèle à\nson génie, g ard an t une in éb ran lab le confiance en la\ndurée et le triom phe de son œ uvre. N e le devinait-il\npas ? L a m éconnaissance mêm e dont il était l’objet\nsem blait de favorable augure, réservée q u ’elle est d’o rd i­\nnaire à l’artiste privilégié d o n t l’œ uvre tran che su r la\ncoutum ière routine et désoriente l’h abitude m achinale.\nT rès doux p ar nature, peu enclin à la com bativité, m al­\ngré sa crânerie juvénile et bien q u ’il m an iât l’ironie avec\nune habileté qui le rendait redoutable à ses adversaires,\nil s’abstenait systém atiquem ent de toute polém ique,\nconvaincu que l’adm iration, pas p lu s que l’am our, ne\ns’im pose p a r la violence, et son an tip ath ie po u r les\nsuccès obtenus p ar la réclam e allan t ju sq u ’au dédain le\nplus farouche.\n   U n e réaction devait se produire, prévue, inévitable.\nAvec le m ouvem ent des idées, la gran d e poussée litté­\nraire, les aspirations nouvelles, et le retour d ’une jeu ­\nnesse désabusée vers je ne sais quel idéalism e et quel\néclectism e, l’œ uvre d’O ctave P irm ez sortit, to ut à coup,\ndes brum es qui l’entouraient et resplendit soudain, aux\nyeux de tous, dans sa beauté pure et sereine ! Il s’éleva\nalors com m e u n g rand concert de louanges, en présence\nde cette révélation, de cette naissance déjà ancienne,\n m ais que l’on s’im ag in ait toute récente, ta n t l’œ uvre\navait de jeunesse, de fraîcheur, d ’actualité m êm e en son\npessim ism e résigné et sa gran d e tristesse voulue.\n   L e génie de P irm ez fut reconnu et proclam é avec une\nun an im ité rare et im posante ! E t depuis l’aube si im pa­\n"}, {"page_pdf": 193, "texte": "   168                 Octave Pirm ez.\n\ntiem m ent atten d u e de ce jo u r béni de glorification m éri­\ntée, la rép u tatio n de notre illustre écrivain national ne\nfait que g ran d ir et s’étendre. Q ui donc en douterait ?\nCette réputation g ran d ira et s’étendra davantage encore,\nà m esure que la pensée de l’ém inent philosophe sera\nm ieux com prise, à m esure que l’on se re n d ra m ieux\ncom pte, p ar u n atten tif exam en, du talent prestigieux de\nl’artiste et de la richesse des m atériaux em ployés par\nlui p our élever son œ uvre m onum entale, adm irable dans\nsa sim plicité m ajestueuse au tan t q u ’en sa perfection\nétonnante !\n   Aussi, l’espérer serait-il tém éraire ? M aintenant que la\nR enom m ée a ren d u lentem ent, prudem m ent, en pleine\nconnaissance de cause, son jug em en t réfléchi sur\n O ctave P irm ez et su r son œ uvre, la P a trie se lèvera\npeut-être à son tour, p o u r ap p lau d ir à ce triom phe, et\ndécerner à l’un de ses enfants, l’hom m age qui lui est dû\net d o n t l’h o n n eu r rejaillira su r elle ! ...\n\n                                 J osé de C O P P IN .\n"}, {"page_pdf": 194, "texte": "           D 'un hymnaire retrouvé.     169\n\n\n\n\nD ’un hymnaire retrouvé.\n\n                       I\n\n  Vous c'est une Sainte-Marie,\n  Une Sainte-Agnès en robe fleurie\n  Que l'on vénère et que l'on prie ;\n\n  Vous c'est une sainte de paradis\n  Sur un bleu vitrail de parvis\n  E t c'est aussi\n  Dans la chapelle de mon Ame,\n  Une clarté de Notre-Dame ;\n\n Des fleurs d'orangers dans vos mains\n Des fleurs dans vos mains diaphanes\n E t de grands lys d'or qui se fanent\n Dans la fanaison de vos m ains...\n\n Des lys d'argent entre vos doigts\n Erigeant leur gloire et leur grâce\n Vers la clarté de votre Face\n Comme en couronnement de Rois,\n\n E t c'est aux chapelles éteintes,\n De votre lèvre vers mon cœur\n E t vers ma mystique Douleur,\n Des paroles d'amour qui tintent...\n"}, {"page_pdf": 195, "texte": "170            D'un hymnaire retrouvé.\n\n\n                           II\n\n\n      Mon cœur en peine est un ciel gris,\n      Mon cime en peine est une plaine\n      Où tous les pauvres moutons gris\n      De mes regrets laissent leur laine ;\n\n      Les Troupeaux des nuages blancs\n      Que fa it paître un pasteur céleste,\n      Errent dans les pacages blancs\n      D'un calme paysage agreste...\n\n      Voici de la bonté sur moi\n      Qui tombe du grand ciel d'automne\n      E t qui tombe du grand beffroi\n      La plainte du vent monotone ;\n\n      Le murmure du soir mugit,\n      Des flammes vacillent dans l'âtre,\n      E t dans la plaine de la nuit\n      Mon cœur est comme un pauvre p âtre ...\n\n                                Edmond P I L O N .\n"}, {"page_pdf": 196, "texte": "                       Clairière songeuse.                  171\n\n\n\n\n                 Clairière songeuse.\n\n                                                  A M ...\n    E n les regards sanglants du crépuscule fusaient les\nnues blanches, et le b o urdonnem ent lourd des scarabées\net des diptères d’or se m êlait au gazouillis décroissant\ndes oiseaux.\n    U n souffle insensible glissait, caresseur, sur les dia­\nprées frondaisons, em portant p lu s loin, dans quelque\ntriste terre, les tièdes effluves des agonisantes clartés.\n    L es airs se dépeuplaient de leurs m ille bruits, à\nm esure que l’A stre descendait en l’abîm e des cieux,\nm ais toujours le b o urdonnem ent lourd des scarabées et\ndes diptères d ’or em plissait les vides laissés ; et sans cesse\nles om bres s’effilaient, se fondaient en des extrém ités\nindécises et douces.\n    E t, su r l’herbe folle, pleine encore du frém issem ent\nd iu rn e, je songeais...\n    E t les chéiroptères voletaient, silencieux, autour de\nm oi, cherchant les proies crép u scu laires,... cependant\nq u e le bou rd o n n em en t lourd des scarabées et des diptères\nd ’or s’assoupissait peu à peu dans la tom bée du so ir...\n\n    L à-bas, au loin, derrière les m onts, on devinait la\ndescente, lente m ais continue, de l’Astre, allant porter\nvers d ’autres terres ses aubes et ses crépuscules et, de\nl’a u tre côté, dans le ciel toujours plus som bre, on voyait\n"}, {"page_pdf": 197, "texte": "  172                  Clairière songeuse.\n\ns’ép a n o u ir quelques sourires d'étoiles.\n   U n souffle insensible glissait toujours su r les feuilles\nque ne diapraien t plus les regards du couchant, mais\ns’était tu le lourd b o urdonnem ent des scarabées et des\ndiptères d ’o r...\n   . ..E t m on âm e pleura,\net ses pleurs coulèrent vers une au tre âm e qui ne lu i\nrép o n d it pas.\n   A u loin, le cri de la hulotte se fit en te n d re...\n   E t m on âm e frém it ;\nelle frém it de se trouver, la n u it, seule, avec le bruisse­\nm ent faible des noires frondaisons et les cris apeurés de\nla hulotte.\n   E t ses pleurs cessèrent, pour un instant, de couler\nvers cette autre âme qui ne lui répondait pas.\n\n                                     G e o rg es   BALAT.\n\n        S eptem bre, 1894.\n"}, {"page_pdf": 198, "texte": "                      Silhouettes d'aujourd'hui,                        173\n\n\n\n\n             S ilhouettes d'Aujourd'hui.\n\n\n                       H e n r i M azel.\n                                 (Suite.)*\n\n   L es livres publiés par le directeur de l'Ermitage ne\nconstituent pas encore un rayon de bibliothèque, mais,\ndans les trois œ uvres parues ju sq u ’à présent, se trouvent\nrévélées, dans des genres opposés, la souplesse de son\nesprit et l’originalité de son inspiration.\n    Vieux-Saxe (**) contient cinq actes ou m ieux cinq sujets\ndifférents : Le galant stratagème est d’une grâce sim ple et\nancienne ; c’est le badinage de deux jeunes gens qui se\np résentent à leur fiancées sous des vêtem ents de laquais.\nL e jeu est connu certes, m ais la forme en est délicate et\nto u t à fait charm ante ; l’Heure du berger, la Précaution dan­\ngereuse, la Surprise de l'Amour qui sont de la m êm e inspi­\nration enjouée, légère et u n peu m aniérée ; les scènes se\nd éroulent dans des boudoirs L o u is X V I ou dans un\npetit salon L o u is X V, et l’on y danse à plusieurs reprises\ndes m enuets et des gavottes ; c’est assez dire le caractère\ndes trois actes ; Les Funérailles d'un siècle ont lieu dans\nu n décor beaucoup m oins souriant : la salle com m une\nde la prison de la Conciergerie. L e petit m onde aristo­\ncratique qui b ad in ait si gentim ent dans les actes précé-\n  (*) V oir le n um éro d 'octobre de la Revue;.\n  (**) U n volum e, chez E d. G ira rd , É d it. P a ris — fr. 3 ,5o,\n"}, {"page_pdf": 199, "texte": "   174               Silhouettes d’Aujourd'hui.\n\ndents, s’en va i c i... à l’échafaud, m o u rir avec g râ c e ...\nM. M azel a laissé au lecteur la faculté de conclure. E t\nil a bien fait.\n   A près le Nazaréen (*), œ uvre d’une conception assez\npersonnelle, p aru t la Fin des dieux (*), dram e en trois\nactes, que nous considérons com me le livre le plus im ­\np o rtan t de l’au teu r. N ous nous y arrêterons un instant :\nL e paganism e s’est instauré dans la blonde O ccitanie.\nL es chrétiens sont pris d’inquiétudes au retour des an­\nciennes superstitions : l’évêque d ’E desse, l’abbé de\nP salm odi, des m oines sont à A rles, dans les jard in s\nauliques de l’em pereur R ené. Des chœ urs de fiancés\nexaltent leurs joies e t, aux sons des fanfares triom phales,\ndéfile le som ptueux cortège des rois, des croisés et des\ncaptifs. L es acclam ations populaires m ontent vers le roi\nd ’Arles et le S aint-P ère. Au m ilieu de la fastuosité de\nces fêtes célébrant les fiançailles de Cléotas et de C hry­\nséïs, un m oine du N o rd , F rère-N o rb ert, se présente et\nconjure le roi d’A rles de ram ener le peuple au christia­\nnism e de son enfance. L e roi d’A rles lui perm et de\nprêcher le peuple.\n   C’est le forum d ’A rles. N o rb ert a parlé et les chœ urs\nch an ten t sa glorification. L a belle fiancée de l’ile de\nScyros, Chryséïs, est convertie ; elle abdique les joies\nprofanes. N o rb ert l’engage à convertir Cléotas. L e soleil\ndécline lentem ent. Cléotas arrive au F o ru m et veut\ns’approcher de Chryséïs qui l’évite et lui dit son am our\np o u r le D ieu des chrétiens lui-mêm e. Des suppliants\nchantent tristem ent dans le soir. D es protestations p o p u ­\nlaires surgissent. Chryséïs restée seule s’agenouille au\n  (*) U n volum e, à la L ib ra irie Savine, P a ris — fr. 3 ,5o.\n  (**) U n volum e, à la L ib ra irie de l’A rt In d é p en d a n t,\n     P a ris — fr. 3 ,5o.\n"}, {"page_pdf": 200, "texte": "                   Silhouettes d'aujourd’hui.\n\npied d ’une croix. U n groupe de jeunes gens l’insulte ;\nCléotas survient et protège sa fiancée perd u e ; il essaie\nde ressusciter son am our ; il lui rem ém ore l’ile de Sryros\net son radieux O lym pe. U n doux éveil de souvenances\nse fait en elle ; elle est reconquise à l’am our de Cléotas\net leurs âm es s’essorent vers les dieux anciens. Des cla­\nm eurs déchirent la tranquillité du soir qui soudain s ’illu­\nm ine de lueurs incendiaires : les tem ples b rûlent, les\nstatues sont renversées. N o rb ert paraît et Chryséïs lui\ncrie son reniem ent. D ans Arles c’est la lu tte entre le\npaganism e et le christianism e qui s’engage.\n    C’est à Arles, au château de M inerve. D es hom m es\nd ’arm es veillent car les chevaliers du N o rd gravissent la\npente de la colline. Ceux-ci p énètrent dans la ville et\nbientôt ils en sont les vainqueurs. Cléotas est fait p ri­\nsonnier. O n l'am ène devant N o rb e rt et il le supplie\nd ’épargner Chryséïs, sa fiancée. N o rb ert prom et m ais au\nprix de la conversion de Cléotas ; Chryséïs accourt\néperdue et N o rb ert sauve les jeu n es fiancés en les\nfaisant fuir p ar la croisée.\n    T elle est en quelques lignes la charpente du dram e\nde M. Mazel dont le talent s’oriente vers u n art d’une\nsplendeur ancienne.\n    L a quintessence du dram e ? U n e lutte entre le paga­\nnism e et le christianism e, entre l’esprit nouveau et le\ngénie antique. L e problèm e de la lutte de ces deux reli­\ngions a tenté plus d ’u n écrivain ; de là certaines pages\nde la F in des Dieux qui en rem ettent d’autres en m ém oire\net la phrase « E nvolons-nous vers les dieux anciens ! »\nqui reproduit, avec intention pensons-nous, une phrase\nde Goethe dans la Fiancée de Corinthe.\n   N o u s avons d it ailleurs, lors de l’ap p aritio n du livre\n"}, {"page_pdf": 201, "texte": "  176                Silhouettes d'aujourd'hui.\n\nde M . M azel, que l’au teu r ne p arv ien t pas toujours à\nrendre ses idées avec la m êm e vigueur et que n a tu ­\nrellem ent il en ré su lte des diversités curieuses qui atté­\nn u e n t l’im pression d ’ensem ble. M ais toujours est-il que\ndans le livre dont nous nous occupons, l’action est h ab i­\nlem ent conduite et la langue très châtiée et très h arm o ­\nnieuse. L a scène VI du prem ier acte contient des chœ urs\nd’une belle inspiratio n . Il en est d ’autres encore, m ais\nle lecteur nous reprocherait notre énum ération.\n    M. H e n ri Mazel est u n artiste sincère et très p u r ; il\nl’a prouvé suffisam m ent, et la place q u ’il occupe dans le\nrécent volum e : Portraits du prochain siècle (*) ne nous p araît\npas usurpée. L e s livres qui vien d ro n t et que l’au teur a\nsu r le m étier — u n dram e, le Khalife de Carthage, et la\n Frise du temple, poèm es — ne po u rro n t, pensons-nous,\nque confirm er l’opinion que nous avons de M . H e n ri\n Mazel et la raison qui nous l’a fait silhouetter au jo u r­\nd ’hui.\n                               Jo sep h D ESG EN ÊTS.\n\n\n\n\n  (*) U n volum e chez E . G ira rd , É d ite u r, P a r is — fr. 3,oo.\n"}, {"page_pdf": 202, "texte": "                A lléluia.                        177\n\n\n\n\n         Alléluia.\n\n\n                              Pour la nouvelle aimée.\n\n\nDepuis hier ma lyre est en délire,\ncar les très folles mains de mes D ésirs\nont érigé ton image de gloire\nsur la cime d'azur de mon Espoir !\nE t l'oiselle de mon amour\na déployé ses aimes ailes,\npour s'essorer vers le velours\nde ta lèvre innocente et fr è te ...\nA h ! je veux draper de lumière\nle sanctuaire de ton cœur,\npour qu'y viennent chanter en chœur\nles blondes joies de mes chimères !\nA h ! je veux courber mon extase\net baisser mes paupières fées\ndevant l'irradiante extase\nde tes gestes ceints de rosée !\nJe veux noyer mon front d'ivoire\nen les vagues de tes cheveux\net te nimber de baisers bleus\net des clairs rayons de ma gloire !\n"}, {"page_pdf": 203, "texte": "178                     Amoroso.\n\n          Je veux que ton âme ingénue\n          saillisse de tes jeunes chairs\n          et puis ascende vers les nues\n          de mes yeux séraphins et fiers !\n         E t je veux aussi que tu sois\n         le miroir de mes souvenirs,\n         pour que, parfois,\n         vienne y sourire\n         la chère image de la Morte :\n          son cœur,\n         je l'avais sculpté dans mon Rêve,\n          et sa livre saignait,\n          comme ta lèvre,\n         de roses grappes de sourires !\n\n\n\n\n               Amoroso.\n Nous allions, enlacés comme les bras d'un lierre,\n sur le trottoir vêtu d'une robe de lune ;\n nos lèvres se taisaient, et nos jeunes chimères,\nfollement, follement s'envolaient une à une\n en les gestes craintifs de la languide brune\nqui, lentement, neigeait ses ailes sur nos tètes...\n— E t dans nos cœurs de songe et d'amour, c'était fête !\n Nous allions, enlacés comme les bras d'un lierre ;\n nos regards frémissaient, nos regards de lumière,\n et nos ombres folles s'allongeaient toutes brunes\n et se baisaient, sur le trottoir vêtu de lune !\n"}, {"page_pdf": 204, "texte": "                  Oblation.                          179\n\n\n\n         Oblation.\n                                       A la Morte.\nM a mignonne, voici des couronnes pensives\nque je t'apporte pour orner l'aime langueur\ndes candides miroirs aux dolentes lueurs,\nqui pleurent sur les rives d'extase de tes y e u x ...\nM a mignonne, voici des couronnes pensives\nque, naguère, ma joie tressa pour tes étés,\nsur les riantes rives\nde ton amour sacré...\nMa mignonne, voici de noirs pétales d'heures,\nque ma main d'inespoir a cueillis sur les rives\ndes tombes paies et pensives\noù trépassèrent nos bonheurs...\nO ma mignonne, oh / vois sourire,\nsur le rêve en deuil de mes cils,\nles doux pleurs de mes souvenirs !\nMa voix d'amour et puérile\nne se lasse pas de chanter\nl'aubale et coquette magie\nde ton image de clarté !\nChère, vois le flot roux de ma Douleur\nrouler vers les bleues rives de mon cœur !\nE t voici des couronnes pensives...\n                         Arthur T O I S O U L .\n"}, {"page_pdf": 205, "texte": "   180                     Réflexion.\n\n\n\n\n                          Réflexi o n .\n\n\n                                        A A rth u r T oisoul.\n\n    P o u r aller vers D ieu il faut que l’hom m e ait goûté les\nprom iscuités des silences, q u ’il ait frissonné su r les\nplaines endorm ies et frôlé de ses pas trem blants les\nsolitudes où peu v en t gésir les m ystères. L a brise du soir\nrap p elle la p rière, l’étoile qui flambe au zénith récon­\nforte le cœ ur inquiet et souffrant. E t peut-être que le\nchem in de la tristesse ab o u tit à la révélation.\n   P leu rer, serait-ce croire ? p uisque les joies ne sont\np o in t de ce m onde et que les austérités rafferm issent les\ncroyances? A coup sûr, l’énigm e est la consolation su ­\np rêm e.\n    Où va l’oiseau ? Il trille et m e u rt ...\n    O ù va la fleur? E lle em baum e et s 'é tio le ...\n   L es choses n ’auraient-elles pas aussi la destination\ndivine ?\n   L e rêve serait-il la lueur de notre destinée ?\n                              Henri       de   CLASSAN T.\n"}, {"page_pdf": 206, "texte": "                     Comme ce soleil.                       181\n\n\n\n\n            C o m m e ce soleil.(I)\n\n\n      Mienne, rappelle-toi : C'était un soir dolent\n      si doux que nous osions à peine, en notre extase,\n      effeuiller, mot à mot, une timide phrase\n      où nos âmes chantaient, chantaient en s'en allant,\n\n      en s'en allant au loin, d'un essor large et lent,\n      vers les horizons où s'alanguissait la grâce\n      d'un coucher de soleil à couleur de topaze,\n      dont les reflets, sous bois, s'émiettaient en tremblant,\n\n      et que nous admirions, quand, détournant la tête,\n     je découvris soudain, — Oh ! l'admirable fête ! —\n      miré dans ion regard, l'éclat pâle dus cieux !\n\n      E t je vis me parler le verbe de lumière,\n      et grave je compris et je baisai tes yeux,\n      translucides vitraux de ton âme — ô très chère !\n                                André R U Y T E R S .\n\n\n\n\n(1) des Ers, volum e en p réparation.\n"}, {"page_pdf": 207, "texte": "   182                       Révolte.\n\n\n\n\n               Révolte !\n\n\n\n   C a ta ra cte n t e t cro u len t du ha u t du m ont,\nrocs, chênes et blocs,\nmes orgueils !\n   C a ta ra cte n t e t croulent sous son talon !\n   Essaim cavalcad an t! chocs! h eu rts! e t bacchanale!\n   Rebondissem ents sourds\nsu r mon crâne !\n   Sons de gongs !\n   Sons de gongs !\n   E t des orchestres fracassant des hurlem ents désespérés !\n   La te rre où ils s’enfoncent ahane sourdem ent.\n   Rocs, chênes e t blocs ! e t braises !\n   C a taracten t e t croulent\nmes orgueils\nsous son talon !\n   Moi, parm i les décom bres,\nje ventrouille en les braises et les rocs\nmon désespoir !\n   T out est tom bé ! T out est fini !\n   Ah !\n   Au h au t du m ont\nla Dame,\nl'im placable R éalité,\nv êtu e de velours e t soleil\nm e reg ard e indifférem m ent\n"}, {"page_pdf": 208, "texte": "                            Révolte.                    183\n\nde ses yeux antarctiques.\n  Ah ! non ! je ne veux pas ! je me relève encore,\nDame froide !\n   Ah ! v érité canaille !\n   Mes b ras sont forts ! e t mes orgueils grandis !\n   Ah ! vers Toi\npour te b ro y er !\net te cacher sous l'am oncellem ent de mes orgueils,\nje lance éperdum ent m a sem aille de rocs !\n   E t tes orchestres qui fracassent mes clam eurs désespérées\net su r ton crâne e t su r ton corps !\nim placable R éalité !\n Et se to n n e rre n t les gongs ! des rocs !\nles gongs ! les gongs !\n   E t voici que dans le silence de mon triom phe\nrossignolent soudain\ne t grisollent\ndes oiseaux su rn atu rels.\n                                H e n r i VANDEPUTTE.\n"}, {"page_pdf": 209, "texte": "184                       Adieu.\n\n\n\n                      A dieu\n                                            à T . V.\n Ton œil grave et profond, aux reflets d'émeraude,\n a sailli l'éclair fou de tes désirs altiers,\n et nous marchons, las et songeurs, par les sentiers\n où notre amour, de pas en pas, nous suit et rode.\n Nous voici seuls, devant l'immensité des nuits :\n dis-moi, belle aux yeux durs, aux yeux énigmatiques,\n n'as-tu point vu s'ouvrir des gonds hiératiques\n sur l'horizon trompeur des éclairs jamais luis ?\n Un éphèbe aux longs cheveux, à la taille fine,\n des stances à la l èvre, et de la flamme aux yeux,\n a-t-il pas, te voyant, fa it le geste très vieux,\n très simple, de poser sa main sur sa poitrine ?\n E t ton R êve d’amour illusoire et charmant,\n t'a fa it perdre la proie pour l'ombre, et ta tendresse,\n ton chant essentiel d'amertume et d'ivresse,\n et tes larmes, parfois, scintils de diamant !\n Mon adieu se fa it doux et tremblant, bien-aimée :\n tu ne peux plus m'aimer, et tu pars sans chagrin.\n Tu m'as ravi l'espoir. — Ce mot n'est-il pas vain ? —\n Mourir ! . .. Je ne puis rien : c'était ma destinée...\n                                Albert S T A S S A R T .\n"}, {"page_pdf": 210, "texte": "                                L e Théâtre Libre.                               185\n\n\n\n\n     A p r o p o s d e l ’in te r p ré ta tio n d e s œ u v re s d ra m a tiq u e s .\n\n\n  Je n 'oserais v raim ent donner, en ce num éro, la suite de mon\na rticle du m ois d e rn ie r, si, re lisa n t cette suite, je ne lui trouvais\nune portée plus générale q u 'à un com pte ren d u des rep résentations\ndu « T h é â tre L ib re ». Il m e suffira donc de la com pléter p a r quel­\nques notes et rem arq u es su r des spectacles plu s récents.\n  Ce n ’est pas d 'a u jo u rd ’hui que l'on a dit : « L a déclam ation est\nchose irra tio n n e lle ; il fau d rait b a n n ir la convention d u théâtre,\nen cela aussi et p a rle r su r la scène p lu s sim plem ent.\n  Il p a ra ît q u e c'était l'avis de N apoléon 1er. C'est, dans tous les\ncas, celui q u ’e x p rim ait E m ile Zola, il y a une quinzaine d ’années,\nd a n s le Naturalisme au Théâtre, au ch ap itre très in téressan t « Des\ncom édiens ».\n  T o u te convention ne peut d isp a raître , cependant, q u ’à une con­\nd itio n : les pièces à jo u e r doivent être écrites de façon à ne pas\na p p eler la déclam ation. E t il doit être bien e ntendu q u e la sim pli­\ncité de la diction et de l'attitu d e ne devra pas nécessairem ent,\ncom m e on sem ble le croire, copier l'existence de chaque jour.\nQ u ’un a cteu r soit au théâtre com m e chez lui, c ’est ce q u ’il est aussi\nim possible de lui d e m a n d er q u an d il re m p lit c ertain s rôles, m êm e\ntrès v rais et très n atu rels, q u ’on ne peut d em an d er à u n o ra te u r de\np a rle r à la trib u n e com m e d a n s son c abinet. Il doit faire v aloir le\nrôle, il doit d o n n e r du re lie f aux situ atio n s. Chez soi, on p a rle à\nses interlo cu teu rs, au th éâtre, on pa rle pour le p u b lic . L a difficulté\nest gran d e : il s’agit de p a rle r à ses p a rte n aire s com m e dans la vie\nréelle et p o u r le p u b lic sans songer au public.\n  Je crois q u ’un obstacle à la réform e (toujours attendue), en ce qui\nconcerne l'a llu re générale et les gestes, v ie n t de l’O péra, où l ’on\ndonne toute l'attention, d 'o rd in aire, à la voix et à la m ise en scène.\n"}, {"page_pdf": 211, "texte": "       186                       L e Théâtre Libre.\n\n      In sp iré p a r la théorie, ou p a r son expérience, M . A ntoine est\n    lui aussi, p a rtisa n du natu rel et de la sim plicité. Seulem ent, il\n    pousse le systèm e à l'excès, d a n s les Fossiles. C'est d ire q u ’il l’a b a n ­\n    donne. L a pièce est, généralem ent, bien rendue, saut p a r Mme B.\n    B arny, qui p a ra ît m al à l'aise dan s son rôle de duchesse, et le\n    d irec te u r a b eaucoup d ’aisance, de n atu rel, un gran d accent de la\n    situ atio n dans le personnage du duc. C 'est bien le grand seigneur,\n    l'hom m e de cour, le descendant des gentilshom m es de V ersailles,\n    qui se contient, p a rla n t ferm e, m ais avec une m odération de voix\n    et de gestes et g a rd an t u n e c ertain e retenue, m êm e en sa fu reu r ;\n    m ais M . A ntoine, à force d 'être m esuré et de p a rle r p o u r les p e r­\n    sonnes qui en to u re n t le duc, fini p a r ne plus se laisser en te n d re de\n    la salle.\n      Il se corrige dans Les Tisserands. Il y donne toujours à son per­\n    sonnage (le père H ilse ) son vrai cara ctè re ; m ais, il le fait, de plus,\n    p a rle r d ’une voix claire et im pressionnante. M alheureusem ent, ses\n    com pagnons dépassent la m esure, en ce d e rn ie r sens. I l s se sont,\n    eux, tro p corrigés et il ne leur reste rien, sem ble-t-il, de la volonté\n    d 'être aussi n aturels q u e possible. D écidém ent, c'est u n e chose\n    bien difficile q u e le ju ste m ilieu. Q uand il faut p a rle r h au t, l’on\n    c rie ; s’il faut de la force, on s'e m b alle; faut-il de l'aisance? O n va\n    ju sq u 'au sans-gêne. D e la réserve? O n se guindé. L ’a b sen ce de\n    de toute exagération serait, cependant, b ien                souhaitable dan s\n    l ’interp rétatio n des Tisserands. Il fau d rait attén u er certaines vio­\n    lences, au lieu de les grossir, dans le rôle de B aum ert, p a r\n    exem ple. V oilà un hom m e ju sq u e-là très p aisible, q u e l’on d ira it\n    frappé, tout à coup, d épilepsie. P o u rq u o i, à la rep résen tatio n , ne\n    pas le faire, tout sim plem ent très résolu ? Ce serait bien assez én er­\n    gique. E h ! bien, non, cela ne suffirait pas e t on l’a fait hu rler.\n       H eureusem ent, les com édies gaies sont, ord in airem en t, bien\n    jouées p a r le « T h é â tre L ib re »! C ependant, d a n s Mariage d'argent.\n    M. A rquillière eût bien dû avoir l’a ir m oins c o u rb atu ré et p ren d re\n\n\n\n\nJ\n"}, {"page_pdf": 212, "texte": "                            L e Théâtre Libre.                           187\n\nun ton m oins larm oyant. O n peut être au trem ent un v ieillard avare.\nII y a là aussi, u n peu d ’exagération, m ais facile à faire d isp a raî­\ntre. A côté de lu i M me P e rro t (qui, dans les Fossiles, ressem ble un\npeu à une petite pensionnaire) réalise très b ien le type de la pay­\nsanne têtue, avide, finaude, honnête fille sans être farouche.\n  J'a i pensé plus d ’une fois, en écrivant ces lignes, à un moyen\nbien sim ple (je le crois tel) et assez com m uném ent négligé : le choix\ndes rôles. Au parc, M . A lhaiza ne confie-t-il pas trop souvent des\nrôles de m êm e n a tu re à cette gracieuse et intelligente M lle P a ry s,\nd o n t le jeune talent ne dem ande q u ’à se développer et à s’étendre?\nM. B réant n ’est-il pas su rto u t fait p our les personnages tran q u illes\net sérieux? Avec u n peu p lu s de laisser-aller, il y sera excellent.\nMme B lanche M arcel convient très bien là où il fau t de l’aban d o n\net de la finesse ; u n écueil : l’a ir espiègle, d ont elle tend à a b u se r.\n— Au M olière, j ’ai vu M. M ontlouis, à côté de M me F a v a rt, voisi­\nnage dan g ereu x ; il avait son a ir noble et grave. Je le revois avec\nles m êm es qualités, un peu affaiblies. Il n ’a plus toute la vigueur\nq u i le soutenait. Il est toujours digne, m ais avec m oins d ’autorité.\nSon d é b it, lent et bon d a n s l’ensem ble, devient parfois m onotone\net a p e rd u de sa sûreté. A cteur aim a n t et voulan t le n a tu re l aussi ;\nm ais dont la m aîtrise s’ém iette. S’il jo u ait, de loin en loin, u n rôle\nplus léger, p o u r changer d ’air? F ran ch em en t, on le d ira it fatigué.\nP e u t-être re viendrait-il aux régions sereines de l’honnêteté austère,\navec un renouveau de cette a rd e u r q u ’il sa it si bien dirig er et de\ncette ém otion q u ’il con d u it à des effets si sû rs en la re te n an t. P e u\nd ’hom m es savent com m e lui, a u théâtre, laisser deviner leurs\nim pressions. M . M ontlouis ne se livre jam ais q u ’avec m esure et il\nle fait d ’une façon saisissante. C’est la c a ra cté ristiq u e de son grand\ntalent. M ais, le genre de pièces qui perm etten t la m ise en oeuvre\nd ’une telle p uissance n ’a bondent pas et M . M ontlouis s’use u n peu\nà toujours ap p u y er su r le m êm e ressort.\n                                                   D ésy É L I A S .\n"}, {"page_pdf": 213, "texte": "   1 88                          Les livres.\n\n\n        A N N A B E L L A , drame de Ford. (Trad.-adapt, de\n                                        Maeterlinck,)\n  Oh ! l’étrange, la puissan te, l’em poignante pièce ! D 'a b o rd au\npublic., que désorientaient les si nom breux changem ents d e scènes\ndans u n u n iq u e décor, les p rem iers actes ont paru m ous et m êm e\nartificiels. Ce n ’é ta it q u ’u n vulgaire inceste en tre A nnabella et\nG iovanni. M ais bien tô t le dram e s’est élargi ; les événem ents ont\nm arché, terrib les. Ce n ’était p lu s la passion de deux êtres, c ’é ta it\nle jeu inexorable et féroce de deux destinées liées. C’é ta it le va\nb ru ta l et im placable de la fatalité au trav ers de deux existences.\nA nnabella et G iovanni ne connaissent pas le rem ords. Ils devaient\ns'aim er. I l s s’aim ent. Ils ne sont pas responsables. P lu s ta rd ,\nq u a n d A nnabella, enceinte, se m arie, q u a n d l’époux découvre\nl'état de sa femm e et le nom de l ’am ant, quan d , d a n s le b u t de\nl ’assassiner, il convie à un b an q u et G iovanni, celui-ci, in stru it de\ntout, conçoit u n projet atroce et saisissant q u ’il exécute avec la\nconviction suprêm e de son rôle fatidique. C’est alors q u ’ay an t tué\nsa sœ ur dans u n baiser, il lui a rra c h e le cœ u r, et que superbe, ver­\ntigineux, il vient le p résen ter aux invités de son hôte ! Ah ! oui,\nl'étrange, la p uissante, l'em poignante pièce! E t cep en d an t cahotée,\ninégale, m ais dont les d e rn ie rs actes ont enlevé le p u b lic et lui ont\njeté la m e dans des sensations rétives à l'analyse.\n  Ah ! que l ’on était loin des dram es bêtes et larm oyants ! E t ce­\npe n d an t L ugné-Poe, le prestigieux L ugné-P oe, a donné m oins\nq u ’on a tte n d ait de lui. F iév reu x et inquiet, il a m êm e p a ru , en de\ncertains m om ents, réellem ent indisposé. L e succès a été à M lle B .\nB ady. Oh ! son entrée d u prem ier acte ! L a délicate artiste a d é ­\nployé dans ce rôle to u t sein fin, su b til et souple talent. T o u r à tour\naim ante, joyeuse, fière, n arquoise et m ystique, elle est p arvenue à\nsynthétiser les données éparses du caractère d ’A nnabella en sa\nvivante et passionnée création.\n                                       A ndré R U Y T E R S .\n"}, {"page_pdf": 214, "texte": "                                   Les livres.                        189\n\n\n    L ’A P O L O G I E DE L ’HOMME, (première étape du\n                       Néophyte) par Maurice Leblond,\n          (P a r is , 94. H o r s c o m m e rc e .)\n  P rofession de foi d ’un néophyte qui se p ré p are à œ u v rer synthé­\ntiq u e m en t m ais sans entrevoir la p ossibilité de dévier de la m agis­\ntrale d octrine que c onstituent p our lui les idées subtiles, profondes\nm ais classées de p a r l’analogie, de M . St-G eorges de B ouhélier.\nSoit, attendons l'œ uvre, bien q u ’u n tem péram ent s'accom m ode\nm alaisém ent de cette ad o ratio n toute passive. Q u an t au fond et à\nla conclusion q u ’en tire le c h éru b in prosterné devant son dieu, il\ny a certes m atière à controverse, et p o u r ne p a rle r que du Rêve,\nbase de to u t le systèm e, il n ’est jam ais que le souvenir de la V érité\nou il n'est rie n : or, on n ’édifie rie n de rien, d it M . St-Georges,\nc'est-à-dire q u ’on est hom m e et non créateur. Cette V érité m êm e\nnous échappe, et la R éalité, le v raisem b lab le dont nos rêves sont\nle souvenir m odifié p a r notre im agination, c'est-à-dire p a r le\nd ésordre, est la seule base à no tre portée. Si la raison, de plus,\nvient o pérer u n e transform ation nouvelle de ce rêve, ce ne peut\nê tre qu'en se fondant su r nos sens (l'expérim entation), ou su r\nnotre savoir (révélé ou non), la T rad itio n . C ette T rad itio n est sans\nd oute m êm e sortie de l’observation de la N a tu re com m e toute\nscience, et en p a rticu lier la science ésotérique. E lle est p ro b a b le ­\nm ent p arallèle à la R évélation com m e p rovenant de l ’éternelle\nV érité absolue de la N ature, de l'A rchétype si l ’on veut. H . Saint-\nG eorges ten d donc directem ent vers le sp iritu alism e d ont il se\ndéfend, vers le dogm e im posé, vers l'absolu ty ran n iq u e, à p rio ri.\n  M . L eblond a fait u n résum é lucide, m ais non absolum ent exact,\ndes doctrines très poétiques, m ais peut-être trop vastes de son\nm aître. L a dém onstration de ses prém isses serait bien difficile, et\nje préfère c onsidérer ce travail, de m êm e que l'Annonciation, au\npoint de vue élégant et esthétique, q uoique l ’exposé soit ingénieux.\n  C oncevoir le m onde idéal en se b a sa n t su r l’in tu itio n qui n ’est\n"}, {"page_pdf": 215, "texte": "   190                            Les livres.\n\nq u e le rêve fondé su r le tém oignage de nos sens ou bien une in sp i­\nra tio n extra-terrestre, non prouvée, c ’est c o n stru ire su r une hypo­\nthèse peut-être fausse, et nous n'adm ettons pas cette réform e du\nréel à l’im age d ’un vrai supposé.\n  Ce que nous ne com prenons pas (nous hum ains bornés), n ’existe-\nt-il pas non o b stan t ? E t si l'hom m e-m icrocosm e se place au centre\nd ’un m icrocosm e en h arm onie avec lui-m êm e, à son point de vue\nétroit, ce m icrocosm e ne peut-il être u n e parcelle irrégulière, une\nanom alie d ’un m icrocosm e infinim ent plus vaste, ce qui d é tru it\nla supposition de l’analogie cosm ique relative à l'hom m e ?\n  E n som m e, l 'Apologie est bien une p rem ière étap e d ’un voyage\ncertainem ent intéressant.\n                                                E dgar B A E S .\n\n\n\n\n           L A MOUCHE D E S C RO CH ES, par Willy,\n                                (P a r is , F is h b a c h e r , 94.)\n\n  D ans un style b iz a rre , varié à l'excès, tu rb u le n t, très savoureux\nà certains e n d ro its, très énerv an t à d 'au tres, nous voyons défiler\ndans u n e bou scu lad e de jeu x de mots, de coq-à-l'âne, de ra p p ro ­\nchem ents insoupçonnés, les a u te u rs, œ uvres, aud itio n s, th éâtres et\ncirq u es de P a ris. B eaucoup         d'esp rit, — trop parfois — des\nréflexions justes, précises, fines, des m ots m échants, une com pré­\nhension délicate et savante de la m usique et, su rto u t, u n e verve,\nune couleur, u n en train étonnants : tel est le livre de W illy,\nc arn e t de l ’ouvreuse du c irq u e d'été.\n                                                        E v e l in g    d'ARCY .\n"}, {"page_pdf": 216, "texte": "                                Les livres.                          191\n\n               O R I P E A U X , d’un anonyme.\n  N on, décidém ent, ce m onsieur n ’est pas un notaire, m ais ce\np o u rra it être u n fum iste, c a r il nous enfum e furieusem ent ! E t des\na llusions p o litiques ! E t des allusions religieuses ! F i donc, m on­\nsieu r l ’artiste, qui voulez faire du grand a rt ! (C'est p e ut-être une\nfum isterie suprêm e ?)\n  W illy, dorm ez en paix !\n                                              Paul    FERTÉ.\n\n\n\n\n  A ux p ro c h a in s : Vers la Vie, p a r R. L edent ; παλαι, p a r V ielé\nG riffin ; Eveils, p a r A. et M. M agre ; L a Nonne et l'Inexaucé, p a r P .\nG e rm ain ; Hors du siècle, I I , p a r A. G iraud ; Nouvelles Kermesses,\nnouvelle éd., p a r G. E eckoudt, etc. . .\n"}, {"page_pdf": 217, "texte": "    192                            Broutilles.\n\n\n\n\n                            B R O U T IL L E S .\n\n\n\n    V isité, au Cercle artistique et littéraire, l'E xposition des figurines\nd ’ivoire. R em arqué su rto u t : La Méduse de Vin9otte, saisissante, et\nle Saint-Jean Baptiste, de Jo su é D upon; Psyché, de P a u l D e Vigne;\nLa Toilette, de V an B eu rd en ; les D illens, etc.\n\n\n   D eux d e nos collaborateurs ont conférencié, ce mois-ci : M . D ésy\nÉ lias, au Cercle littéraire de M olenbeek, su r G u i d e M A U P A S ­\nS A N T , et M. Jos. Desgenêts, à Excelsior, de B ruges, su r A l b e r t\nG I R A U D , poète et c ritiq u e.\n\n\n   L ire , en la Nouvelle revue internationale de Paris : M ouvem ent litté­\nraire, p a r Aug. Asse ; au Mercure : F lû te s d ’avril, p a r H e n ri de\nR égnier ; à L a Plume : L e sa r P é la d a n , p a r A. F le u ry ; à L 'E rm i­\ntage : D es articles de Mazel ; en Flamberge : D es proses de\nCh. B ronne, A rth u r T oisoul, F e rn a n d R ou ssel; à L'Idée moderne :\nIn can tatio n , p a r L e C ardonnel, et P ré lu d e , p a r M . C h abance ; en\nRevue-Journal : E ssais d’esthétique positive, p a r L . P a sc h a l ; a u Réveil :\nAm es de couleur, de M . H e n ri M au bel ; à L a Nervie : L es nom s de\nL éon P aschal, E d m o n d P ilo n , A rth u r D axhelet, R oland de M arès\net Georges G a rn ir.\n   A lire aussi : L 'Ymagier. — P a ra it tous les 3 m ois en un fascicule\nde 64 à 72 pages in-40 écu ; est rédigé p a r R . de G ourm ont et\nA lfred Ja rry . D irection : g, rue de V arenne, P a ris.\n"}, {"page_pdf": 218, "texte": "                               Stella,\n       R E V U E M E N S U E L L E D ’A RT & D E L I T T E R A T U R E\n                           paraissant du 25 au 30 .\n\n\n\n                           ABONNEM ENTS :\n              B E L G IQ U E : U n a n ............... 5 f ra n c s .\n              U N IO N P O S T A L E ........... .. 6 f r a n c s .\n\n\n\n\n         S ecrétaire de R é d a c tio n :      A r th u r T o iso u l.\n                  A d m in istrateu r : A . BOURGOM .\n      C o m ité de R éd actio n : H e n r i d e CLASSANT,\n         E d g a r BA E S, R o b e r t S A I N T E - E S T E L L E ,\n         G eo rg es B A L A T , A lb ert de S T A S S A R T ,\n         F ranz W IE N E R ,      R obert     SAND, G eo rg es\n         RANCY.\n\n\n\n        L es m a n u s c rits n o n in sérés ne so n t pas re n d u s.\n\n\n\n  Stella ne publie que de l’in é d i t et laisse à chacun de ses collabora­\nteurs la responsabilité de ses articles et de ses opinions.\n\n\n\n   Il sera rendu compte de tout ouvrage dont un exemplaire parvie ndra\nà la Rédaction.\n\n\n            Stella est en vente :\n          A B r u x e l le s , chez Istace ; chez Wattiau, rue de Longue-\n            Vie ; chez Lacomblez, vue des Paroissiens.\n          A M o n s , chez Magerman, 15 rue de l'A th enéc.\n          A G a n d , chez Ad. IToste, rue des Champs.\n          A A n v e r s , chez Forst, place de Meir.\n          A L iè g e , chez Gnusez, rue du Pout-d'Ile.\n          A V e r v i e r s , chez Gilon, Pont St. Laurent.\n          A P a r i s , chez Chérié, rue Halle, chez Chamuel, rue de\n            Trévise.\n         Imprimerie G. B A L A T , rue Potagère,                Bruxelles.\n"}, {"page_pdf": 219, "texte": "                  Typographie\n\net L itho g raph ie                     G.BALAT\n                                     57, rue P o ta g è re ,\n                                  B R U X E L L E S\n\n\n                                                *\n                                 Par la science et l'Expérience\n                                                *\n\n\n\n\n      Im pressions a d m in istra tives et com m er­\n  ciales, spécialité de B rochures artistiques et\n  littéraires, C atalogues, F ascicules de toutes\n  espèces...\n      F a ctures, P rix -C o u ra n ts, M a n d a ts, C ir­\n  cu laires, B o rd erea u x, R egistres, E tiq u e tte s ,\n  In v ita tio n s, P ro g ra m m e s, M enus, C a rtes\n  d'adresse et de visite, Enveloppes, L e ttr es\n  de fa ir e p a rt, A ffiches en tous g e n re s...\n\nL a Maison entreprend, tons les trav au x d’impression,\n            de quelque n atu re qu’ils soient.\n\n\n\n\n       D e gustibus et coloribus non disputandum .\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 5, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1894-11", "signet_source": "Première année - N°6 - Novembre 1894", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 184", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}