{"numero_id": "ulb-stella-1895-03-n3", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "articles": [{"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-001", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "2e A n n é e No 3.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 298, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 576, "texte": "2e A n n é e\n\n   No 3. — MARS\n                                            Stella,\n         1895\n                               Revue mensuelle d'A rt et de Littérature.\nCe n u m é ro : 50 cent.\n\n\n                                               Direction : Rue Vautier, 3 8 , Bruxelles.\n\n\n\n\n                           S cin tille et m onte p lu s a v a n t      D essin d e A u g . L e v ê q u e\n                           d a n s l ’E th e r, b ie n a u delà\n                           d e s b r u m e s e t d es ém an atio n s\n                           d e la fan g e.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-002", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "S O M M A IR E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 299, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 35, "fin_caractere_exclue": 845, "texte": "S O M M A IR E\n\n\n\n\n             S t e l l a . — Paroles attendues.\n\n             E d g a r B a e s . — Rom a (cul-de-lampe).\n\n             A r t h u r T o is o u l . — Depuis lors...\n             H e n r i V a n d e p u t t e . — L ’escalier.\n\n             A n d r é R u y t e r s . — Chanson de consolation.\n\n             G e o r g e s R e n c y . — A z u r.\n\n             C a m il l e R o u s s e l . — A u pauvre.\n\n             J o s é H e n n e b ic q . — A la mémoire de Villiers.\n\n             A. S. — L ’œ uvre de Max Elskam p.\n             E d g . B a e s et A r t h . T o is o u l . — L ivres.\n             ***. — Broutilles.\n\n   N . D . L . R . — Quelques pages inédites de M. H enri Mazel nous sont\nparvenues trop tard pour encore paraître en Stella. Nous les conserverons\ndonc pour l' A r t jeune.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-003", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 33, "page_fin": 34, "titre_corps": "Paroles attendues", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stella", "ancre_debut": "PAROLES ATTENDUES    S’il est beau de voir, dans", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 300, "page_imprimee": 33, "debut_caractere": 85, "fin_caractere_exclue": 1693, "texte": "PAROLES ATTENDUES\n\n  S’il est beau de voir, dans une famille, des frères aim er leurs\naînés jusqu’à l’idolâtrie, il serait ridicule de les adm irer encore\nquand leur adoration ne s’arrête même pas devant des actes préju­\ndiciables aux intérêts com m uns.\n   L a Jeune Belgique, à qui nous avions voué la reconnaissance\nla plus entière en souvenir du branle donné par elle au mouve­\nm ent littéraire belge, nous a déliés elle-même du servage moral\noù nous nous tenions. L ’article, signé Valère Gille, qui étale\nses turpitudes contre V erhaeren dans son num éro de février,\ndoit soulever d a n s le coeur de tout artiste un hoquet de dégoût.\n  Ces messieurs de la J eu n e se gobent de façon am usante, et l’on\ncroirait vraim ent, à les lire, q u ’ils ont seuls en main le sceptre du\nbon goût en Belgique.\n  Mon Dieu ! si cela amuse ces petits bonzes de décocher de\ntem ps en temps une flèche inoffensive au vers libre et à ses adeptes,\nqu’ils continuent leur jeu : nous ne nous posons pas en empê­\ncheurs de danser en rond. Mais quand ils attaquent vilainem ent\net salem ent des homm es, des génies, des poètes ! comme Maeter ­\nlink et V erhaeren, halte-là ! Si ces braves défenseurs de la rime\nriche et de tout le vieil attirail rom antique sont rentrés en enfance,\nqu’on leur donne u n conseil de tutelle !\n  Mais ce qu’il im porte avant tout, c’est de faire le vide et le silence\nauto ur de cette Revue en retard. Que ses abonnés se désabonnent,\nque ses lecteurs au num éro cessent de l’acheter, et surtout, oh !\nsurtout, que les écrivains n ’aillent plus salir leurs oeuvres au\ncontact de ses feuillets.\n"}, {"page_pdf": 301, "page_imprimee": 34, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 412, "texte": "  44                              Stella\n\n  Bientôt le groupe réactionnaire se réduira à sa plus simple\nexpression.\n  E t vienne alors le Coq rouge, fanfarer le réveil définitif des\nJeunes.\n  E t que là, dans cette Revue large, apparaissent unis tous nos\nchers grands artistes du présent et tous nos artistes de l’avenir.\n  E t « cap sur le Z én ith ! »\n                                                   STELLA\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-005", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 35, "page_fin": 36, "titre_corps": "Depuis lors…", "titre_sommaire": "Depuis lors...", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur Toisoul", "ancre_debut": "DEPUIS LORS... (*                                )        Je ne vis pas le mensonge", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 302, "page_imprimee": 35, "debut_caractere": 79, "fin_caractere_exclue": 1121, "texte": "DEPUIS LORS... (*\n                               )\n       Je ne vis pas le mensonge, m a bonne amie,\n       En les jardins m iraculeux de ta beauté,\n       E t vers ton cœ ur où prie ta vie,\n       Ton cœ ur beau comme un jeune pré,\n       T on cœ ur beau comme une vague bleue\n       Où glisserait le geste d’une aurore,\n       Je dirigeai le vol heureux\n       De mes sourires.\n\n       E t te chanta, très doucement, m a lyre.\n\n       Depuis lors,\n       J ’ai su tes joies\n       E t tes espoirs en or,\n       Tes chagrins, tes émois,\n       E t puis ton corps ;\n       J ’ai su aussi ton âme,\n        Car je l’ai vue s’éparpiller en blanches flammes\n        S u r les rives de tes yeux et de tes lèvres,\n        L orsque ensemble égarés\n        D ans le m ystère ami\n        Des grands bois que tu sais,\n        Nous attendions la nuit,\n        P our cacher nos baisers\n        D ans son silence en deuil.\n        — A h ! ces instants dorés :\n        Parfois, à nos côtés,\n        L a chute d’une feuille\n\n(*) d’un volume en préparation.\n"}, {"page_pdf": 303, "page_imprimee": 36, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1679, "texte": "36                              S tella\n\n\n     P le u ra it lan g u issam m en t com m e u n e fleur q u ’on cueille.\n     A h ! ces in sta n ts où m es b ras t ’enlaçaient,\n     O ù trem b laien t m es soupirs,\n     Où, s u r to n fro n t, je v o y a is lu ire et so u rire\n     T rio m p h a le m e n t\n     L a c o u ro n n e de ton c h arm e !\n     A h ! ces in sta n ts où m on c œ u r\n     A to n c œ u r faisait h om m age\n     D e ses plus beau x espoirs et de ses belles fleurs !\n     A h ! ces in sta n ts où je v oyais tes extases\n     Si douces e t to u t en larm es\n     D ’être frêles et com m e u n bel oiseau en cage,\n     D e v an t A m o u r et la fraîc h eu r de son g ra n d âge !\n\n     A h ! douce m ienne et folle et b o n n e et belle,\n     Je n e sa u rais d ire com bien je t ’aim e,\n     M ais q u an d m a voix te fait don de p h rases d ’a m our,\n     Il m e sem ble q u e des clartés de jo u r\n     T o m b e n t com m e u n e flèche en m on cœ u r,\n     A h ! douce m ien n e e t folle et b o n n e et belle,\n     E t des frissons si doux q u ’o n d ira it d u b o n h e u r,\n     Q u’o n d ira it de la joie,\n     Qu’o n d ira it de l’extase,\n     O u bien des m ain s d ’e n fan t ou bien des voix\n     T rè s lasses,\n     S ’é p an d e n t s u r m es y e u x où s’é v eillen t des p leu rs...\n     — E t les p leu rs d ’a m o u r ne sont-ils pas p o u r n os y eu x ,\n     O sœ u r\n     C hérie,\n     Ce q u ’est la pluie\n     P o u r le g u éret depuis longtem ps v e u f de fraîch eu r?\n                                                   A r t h u r T O IS O U L .\n\n\n\n\n                                                                         /\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-006", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 37, "page_fin": 38, "titre_corps": "L’escalier", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry Vandeputte", "ancre_debut": "L'ESCALIER    L a lam pe éclaire l’escal", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 304, "page_imprimee": 37, "debut_caractere": 109, "fin_caractere_exclue": 1602, "texte": "L'ESCALIER\n   L a lam pe éclaire l’escalier.\n   L a cave b riq u ée su in te le froid. L a fenêtre — u n m en u carré de\nv e rre q u i se déscelle du châssis — large o u v e rte , encadre de la\nn u it.\n   Silence.\n   L a m aiso n est vide.\n   L a vieille dam e p a u v re c h u c h o tte , là-bas, quelque salu t.\n   R ien , d a n s les ch am b res vides et crépusculées, q u ’ici, cette\nlam pe.\n   G rasse, com m e elle arde sa petite flam m e fum euse !\n   G ra n d silence.\n   L ’escalier v it. O ui, bien s û r ! E t son âm e p a rle e t s’étale sous\nles lu eu rs.\n   C om m e des plaintes, re te n tissen t des craq u em en ts.\n   E t la flam m e parfois crépite.\n   C ’est u n trè s vieil escalier, dem eu ré éte rn ellem e n t là, com m e\nqu elq u e être d ’autrefois.\n   D u tem ps des rip ailles, on l ’é rein ta . L ’u su re ro n g e les m arches,\noù, sous le polissage des pas, s’éca rte lle n t plus visib lem en t les\nn œ u d s d u chêne.\n   L e s m arc h es so n t larges.\n   P o u r quels pas in ce rta in s o u vieillots les a-t-on taillées ?\n   A les v o ir l’on ne p e u t s’im ag in er l’a rb re feuillu et c ra q u a n t de\nsève, d o n t elles fu re n t sciées. E lles fo rm en t l’escalier, sem ble-t-il,\ncom m e les m em bres fo rm en t l’hom m e.\n   E t elles so n t belles, a n tan esq u es.\n   L a ram p e m o n te sa n s courbe ju s q u ’à la trap p e, m a in te n a n t\nclose, qui se rt d ’entrée. Ses m o n ta n ts so n t des doigts. E t son\néch in e a l’a ir las.\n"}, {"page_pdf": 305, "page_imprimee": 38, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1444, "texte": "   38                              Stella\n\n\n  D es en tailles polies p arto u t.\n  S u r le pilier d u bas, term in é en boule, des arm oiries plébéennes :\nu n e pioche, u n e bêche et u n ra te au q u ’e n n o u e n t des épis.\n  L a ram pe, d’u n n o ir accentué, v a ju s q u ’a u plafond, en u n e\nascension m o rn e.\n  L es lu eu rs la d écoupent su r le m u r, faiblem ent et p a r tressails.\n   L ’escalier est grave.\n  Quel pensif o m bré y p ro jette donc la lam pe?\n  E t c’est aussi u n effacé vieil o r de R e m b ra n d t s u r les m arches\nusuelles.\n   L a lam pe fum e.\n   A vec la vague clarté e n tre n t, p a r la fenêtre, des relen ts de\nm u rm u re .\n  Silence.\n   E t d o rt et v it le las escalier sous la lu e u r déteinte.\n   Silence.\n   P u is, u n g ra n d coup cogne, dans le d é tirem e n t des bois h u m id es.\n   E t s u r le dallage rouge clignote la lam pe.\n   L e v e rre , p a n su et sale, s’enfum e de plus en plus.\n   L es ra y o n s se rapetissent sous l’allongem ent des om bres.\n   Silence.\n   T ressails de la lum ière essoufflée.\n   C raquem ent.\n   L ’escalier v it.\n   E t cligne et cligne la flam m e, difform ant les lignes.\n   Silence.\n   L a n u it s’éclaire au dehors.\n   U n e étoile, com m e u n trille, v ib re en l’a z u r som bre.\n   E t la lam pe s’éteint.\n   M ol, u n ra y o n de lu n e coule su r l’escalier.\n\n                                              H enry V A N D E P U T T E .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-007", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 39, "page_fin": 39, "titre_corps": "Chanson de consolation", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "André Ruyters", "ancre_debut": "CHANSON DE CONSOLATION                                                            A. G.   Ja d is, q u a n d l’âm e en jo", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 306, "page_imprimee": 39, "debut_caractere": 74, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "CHANSON DE CONSOLATION\n                                                           A. G.\n  Ja d is, q u a n d l’âm e en joie,\n  je m ’en allais de toi,\n  après a v o ir baisé tes y eu x et tes cheveux,\n  ta b ouche et ta p oitrin e,\n  après a v o ir senti b a ttre ton c œ u r a im a n t\n  sous m es lèvres d ’e n fan t\n  ravi,\n  après a v o ir, chère, de m ain lente e t câline,\n  caressé, d o u cem en t, la d o u c eu r de to n corps :\n  oh ! j ’e m p o rtais encore\n  u n peu de toi s u r moi\n  e t, l ’âm e en joie e t l’âm e en fête,\n  je baisais ton o d e u r dem eurée à m es doigts!\n\n  M a in te n a n t — m isère ! L es la u rie rs so n t coupés !\n  E t les lèvres so n t closes !\n  N ous a v o n s effeuillé\n  n o s jo u rs com m e des roses\n  et je n e te v ois plus !\n  M ais dans m on c œ u r e n co r tu dem eures v iv an te,\n  v iv a n te e t je u n e et belle.\n  E t je t ’aim e et je t ’ai — ô dam e —\n  E t je peux\n  q u a n d je v eux,\n  a u tra v e rs de m es larm es,\n  baiser to n so u v e n ir d a n s le creu x de m on âm e !\n                                              A n dré RU Y TERS.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-008", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 40, "page_fin": 40, "titre_corps": "Azur !", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Rency", "ancre_debut": "AZUR!                                             P our H en ri Vandeputte.       A", "ancre_fin": "ro se !.... G eorges RENCY.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "AU PAUVRE      Ton cœur se gonfle, souffr", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 307, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 71, "fin_caractere_exclue": 992, "texte": "AZUR!\n                                            P our H en ri Vandeputte.\n\n     A h ! ce rien , a h ! ce to u t, a h ! ce su b til a zu r,\n     é panoui p o u r le trio m p h e des réveils,\n     et qui m onte, et qui m o n te, o h ! si dou x , o h ! ta n t p u r !\n     et qui m o n te sa n s cesse à l’a ssau t des soleils !\n     A h ! les p a y s encore, et les pays d u bleu,\n     où c h a n te en trilles d ’o r la paix des h a rm o n ies,\n     où to u t est calm e, où to u t est s a in t, où to u t est dieu,\n     les suaves pays des a m o u rs infinies !\n     A h ! p a rtir, a h ! tro u v e r les p a y s de l’a zu r,\n     ah ! p a rtir v ers l’a z u r en v o l d ’apothéose !\n     A h ! l’a zu r, a h ! l’a z u r d o rm a n t su r le blé m û r!\n     — A h ! secouer u n peu ces lan g u e u rs de n év ro se !....\n                                                    G eorges     RENCY.\n\n\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-009", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 40, "page_fin": 40, "titre_corps": "Au pauvre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Camille Roussel", "ancre_debut": "AU PAUVRE      Ton cœur se gonfle, souffr", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 307, "page_imprimee": 40, "debut_caractere": 992, "fin_caractere_exclue": 1764, "texte": "AU PAUVRE\n     Ton cœur se gonfle, souffrant, d ’une grande âme,\n     E t tes prunelles reflètent l’empire des angoisses,\n     Toi que des rides balafrent,\n     Comme des cinglures de douleur.\n     Tes paupières fripées salissent tes y e u x p u rs,\n     Comme des larves sur des fleurs,\n     E t ton regard d it aux méchants : \" J e suis bon,\n     Hum ble de la misère et de la laideur. »\n     Les plis de ta pelure nichent la fatigue,\n     Misérable p uant dont l ’âme dans l'éther\n     Jette par tes y e u x les p a rfu m s de sa douceur.\n     Sublim e pitoyable d ’une naissante race,\n     O T o i! g ra n d homme infime, inconscient du mauvais,\n     Laisse-m oi t ’adorer et laisse-moi pleurer !\n                                              C am ille     RO U SSEL.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-010", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 41, "page_fin": 42, "titre_corps": "À la mémoire du comte de Villiers de l’Isle-Adam", "titre_sommaire": "A la mémoire de Villiers", "rubrique": "", "signature_source": "José Hennebicq", "ancre_debut": "A L A M É M O IR E                                           DU         C om te d e V I L L I E R S d e L ’IS L E - A D A M    L e C onseil m u n icip al de", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 308, "page_imprimee": 41, "debut_caractere": 114, "fin_caractere_exclue": 2077, "texte": "A L A M É M O IR E\n\n                                         DU\n\n       C om te d e V I L L I E R S d e L ’IS L E - A D A M\n\n  L e C onseil m u n icip al de P a ris v ie n t de p re n d re u n e décision\nqui P h o n o re e t que les a d m ira te u rs du com te de V illiers de l’Isle-\nA dam a p p re n d ro n t avec joie.\n  S u r la pro p o sitio n de M M . G rebeauval et E scu d ier, le C onseil a\ndécidé à l’u n a n im ité que les restes m ortels du poète d ’ « A xel »\nse raie n t tran sféré s au P è re -L a ch a ise aux frais de la ville de P a ris\net q u ’u n e concession g ra tu ite à p erp étu ité s e rait accordée à V illiers.\n   M. L u cien D escaves a v ait, il y a q uelque tem ps, fait appel aux\nfervents d u g ra n d m o rt afin de lu i a c h e te r u n e concession au\ncim etière des B atignolles.\n   L es som m es sou scrites s’élèvent à plus de deux m ille francs.\nE lles s e rv iro n t à érig er u n m o n u m e n t à la m ém oire de V illiers.\n  J e n e puis m e fig u rer que to u t ce qui reste de l’être aim é ou\nv é n éré se tro u v e en ce m orceau de terre , sous cette p ierre ou sous\nces fleurs.\n  J e préfère n e pas m êm e y so n g er et c roire que son âm e s’est\nenvolée v e rs de firm a m en tale s c ontrées, v ers de bleus paradis,\np a rm i les voies lactées... je ne sais où.\n   L e poète d ’, « Axel » n ’a désiré n i c arn a v ale sq u es funérailles\n— « la p o p u larité, s u rto u t d a n s les choses de l ’esp rit, est to u jo u rs\nu n en ca n aille m en t », a dit d ’A urevilly — ni sta tu e , n i P a n th é o n .\nP o u r lui la m o rt n ’était-ce pas le « devenu », l ’impersonnel !\n  C ep en d an t la n o u v elle q u ’on a lla it je te r ses cendres a u x q u a tre\nv en ts m ’é m u t d o u lo u reu sem en t com m e elle a ttrista d ’a illeu rs\nto u s ceux qui o n t v oué à ce génial V illiers u n c u lte ferv en t et pu r.\n   L e d o u lo u reu x ém oi est a u jo u rd ’h u i passé. G râce à l’in itiativ e\n"}, {"page_pdf": 309, "page_imprimee": 42, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2042, "texte": "   42                                Stella\n\n\nde M . L u cien D escaves, grâce aussi a u C onseil m u n ic ip al de\nP a ris, n ous p o u rro n s a lle r n o u s recueillir d e v an t ce qui fu t le\ncom te de V illiers de l ’Isle-A dam , d ev an t les restes de l ’écrivain\nim m o rtel des « C ontes cruels », « d ’A kedysseril », de « la R évolte »,\nde « l’iro n iste », de « T rib u la t B o n h o m et » !\n  Ce n ’est pas encore ju stic e p o u rta n t si l’o n songe que T en n y s o n\nrepose à W estm in ster!\n  C’est à S a in t-D en is, ainsi que le d isait M. E d m o n d P ilo n dans\nu n e respectueuse c h ro n iq u e (Cocarde, 2 m ars 1895), que le com te\nde V illiers de l’Isle-A dam d e v ra it d o rm ir d u g ra n d som m eil.\n  N é an m o in s, il faut lo u er le C onseil m u n ic ip al de P a ris de son\nintelligent m écénism e. Il faut le proposer com m e exem ple à nos\nédiles. N ous a v o n s, n o u s aussi, u n g ra n d m éconnu, u n g ra n d\noublié, u n n oble et p u r p e n se u r : O ctave P irm ez.\n   L ’he u re de la ju stic e n e sonnera-t-elle pas b ie n tô t p o u r lui\ncom m e elle a sonné déjà p o u r l’a u te u r d ’ « U ilenspiegel » ?\n  A u lendem ain         de l’in au g u ra tio n du m o n u m e n t D e C oster,\nM . Je a n D elville, dans u ne lettre publiée p a r la Jeune Belgique,\nd em an d ait que l’on se so u v în t de l’écriv ain des « H e u res de p h i­\nlosophie ». M. H e n ry M aubel co n férenciait d e rn iè re m e n t encore\n— si je n e m e tro m p e — su r « O ctave P irm e z ».\n   A n o u s, jeu n e s, de fom enter les e n th o u siasm es, de c o m b a ttre\nl’é n erv a n te in ertie de ceux qui pensent et qui é criv en t. A n o u s de\nfaire re n d re ju stic e à P irm ez .\n                                                     J o s é H E N N E B IC Q .\n\n   M. José de C oppin en a parlé ici m êm e (Stella, n o v e m b re 1894:\nOctave P irm ez). N ous ne faisons q u ’ém ettre u n vœ u q u ’il a déjà\ném is.                                                                  J. H.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-011", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 43, "page_fin": 45, "titre_corps": "L’œuvre de Max Elskamp", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A. 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L a sin cérité la plu s en tière pa rle en lu i, l ’o b se rv atio n puérile\nse tém oigne p a r des n o tatio n s inoubliables.\n  Il p arle en D om inical :\n                          M on âm e, d ’u n v o y ag e e n fa n t\n                          e n m oi q u e l ’h ie r en d im a n c h e ,\n                          s ’en re v ie n t p o u r a lle r en b la n c\n                          a v e c le s e n fa n ts d e s d im a n c h e s .\n\n  C’est la note initiale d u T ry p tiq u e , q u i se d éro u le ensuite, en ses\ntrès v ieu x et très naïfs can tiq u es, faisant très do u cem en t rêver.\n  On e n tre v o it, v ag u em en t, dans le lo in ta in de la pensée in sp ira ­\ntrice, d ’ab o rd la sé rén ité des claires aubes dom in icales, avec des\nb ru its de cloches d a n s l ’h o rizo n , et, p a r les voies, la th éo rie des\ngens v ê tu s de n e u f v e rs les chapelles ; et puis, u n e h isto ire d ’a m o u r\ndiscrète, effacée com m e p a r des larm es ; et, enfin, la tristesse des\nsoirs, to u jo u rs de d im a n c h e, qui se term in e en u n e croix to m bale\népigraphée de ce vers :\n                    M es p a u v re s p e tits d im a n c h e s s o n t m orts,\n\nd é c h ira n t com m e u n adieu de violoncelle.\n  C ’est là D om inical, ce liv re de confession que to u t poète d o it\na im e r com m e s’il l’a v ait é crit lui-m êm e.\n"}, {"page_pdf": 311, "page_imprimee": 44, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2314, "texte": "   44                                         Stella\n\n\n  S ’o u v re n t les Salutations p a r ce cri d’a m o u r :\n\n                                                    Ici,\n                       J ’ai v o u lu , V o u s e t m oi, M ad am e la V ierg e,\n                       en u n e n o u v e lle lé g e n d e d o ré e -:\n                       j ’ai d e s c e n d u j u s q u ’à la B onté\n                       le fleuve d e m a n a ïv e té\n                       d e p u is m e s d im a n c h e s m o rts en F la n d re .\n\n  T o u r d ’ivoire, H orloge a d m irab le , E to ile de la m er, P lein e de\ngrâces, C onsolatrice des affligés, a h ! to u te la c a n d e u r des litanies,\nla c an d e u r perdue des litanies, les douces lita n ie s de n o s petites\nm ain s jo in te s! E lles re v iv e n t en ces pages, et bien m odernes sous\nle u r a rch aïsm e, elles c h a n te n t la V ie. L e c o u v e rt des term es re li­\ngieux cache l’h y m n e splendide à la n a tu re , e t la n a tu re a p p ara ît\nm algré to u t, sous le voile, p a r p etits c ris v ib ra n ts. O yez :\n                           E t d es v a is s e a u x voici le s b e a u x\n                           S u r la m e r en ro b e s d e fem m es,\n                           A llé s s u iv a n t le s oriflam m es\n                           A u b o u t d u ciel so m b ré d a n s l ’ea u .\n\n   L e sym bolism e s’accentue v ers la fin, en sanglots longs :\n               E n b a s , d a n s le s m a iso n s, c o u s e n t le s ta ille u rs n o irs\n               le s ro b e s tris te s d e la is se z -to u te -e s p é ra n c e .\n\n   M arie, d it-il, en ferm an t le livre,\n                                                               faites\n                           a u bois d e M ai d o rm ir m a tê te\n\n                           d u bon r e p o s d es b o n s o u tils ;\n                           e t sa in m on c o rp s p o u r sa in l ’e s p rit\n\n                           d a n s u n p lu s b e a u m ois d e M arie\n                            d e to u te m a tâ c h e accom plie.\n\n   V ie n t E n Symbole vers l’apostolat, liv re adm irable, liv re qui\nre stera , dans la litté ra tu re belge com m e d a n s la litté ra tu re géné­\n rale, bien q u ’il ne tienne ni à l ’u n e ni à l’a u tre . Il est déco n certan t,\n"}, {"page_pdf": 312, "page_imprimee": 45, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2298, "texte": "                                    F é v r ie r           1895                               45\n\nà prem ière v ue, à force de naïveté ; e t b ien tô t le c h arm e opère vic­\nto rie u se m en t. Ces p etits v e rs, qui n e so n t jam ais c om plètem ent\nfinis, su g g è ren t u n m o n d e de se n sa tio n s encore in co n n u e s. P a r\ndessus to u t, plane, ailes grandes, le G énie de la B onté, qui, en d e r­\nn ière a n aly se , reste l’in sp ira te u r foncier et u n iq u e de M . M ax\nE lsk am p .\n  Cette fois, les cin q sens so n t in terp ellés, p o u r le u r conseiller le\nB o n h e u r, l’A m o u r, la P atience.\n  V oulez-vous le ré su m é? L e poète p arle :\n\n                 C’e s t e n a u jo u rd ’h u i la b e lle R e n a is sa n c e\n                 o ù m a d o u ce s œ u r J o ie e t s o n frè re In n o c e n c e\n\n                 s ’en s o n t a llé s c u e illir, en s e d o n n a n t la m ain,\n                 s o u s d e s o is e a u x c h a n ta n ts le s fle u rs d u ro m a rin ,\n\n                 p o u r fê te r p a ix v e n u e a u x ja r d in s d e jo u v e n c e ,\n                 q u ’o u v re n t ici la foi e t la b o n n e e s p é ra n c e .\n\n   L e c an tiq u e I I I , a u x Y eux, d e v rait p o u v o ir être cité in tég rale­\nm en t. C’est u n chef-d’œ u v re . Je m e bo rn e fo rcém en t :\n\n\n                          e t jo ie ! s a c u re e n d e s ja r d in s\n                          em p lis d e fle u rs q u i fo n t la ch a în e,\n                          e t jo ie , le s y e u x ! fê te s e re in e ,\n                          a v e c le v e n t d a n s to u s le s coins.\n\n   L e c an tiq u e IV n ’est pas m o in s beau.\n   Il faut c onclure, et c’est difficile. D es livres com m e D om inical,                            .\nSalutations e t E n Symbole, se s e n te n t, m ais ne s’a n a ly se n t pas.\n   L ’im pression g énérale est u n e g ra n d e douceur, u n e g ra n d e paix\nd ans le c œ u r, et, d a n s le p h y siq u e, cette sen satio n q u ’o n a u ra it\nlongtem ps tâ té d u linge, des petits v ê te m en ts d ’e n fa n t à n a ître .\n   M. M ax E lsk am p , à m on avis, est l’un des g ra n d s poètes de nos\njo u rs.\n                                                                                             A . S.\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-012", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 46, "page_fin": 47, "titre_corps": "Livres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L ’ORDRE ALTRUISTE L iv r e V d e D ire du M ieux, 1", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 313, "page_imprimee": 46, "debut_caractere": 64, "fin_caractere_exclue": 1899, "texte": "L ’ORDRE ALTRUISTE\nL iv r e V d e D ire du M ieux, 1re p a r tie d e Œ u vre, p a r R e n é G h i l .\n\n\n\n  L iv re c u rie u x , à coup sû r, et destin é à placer s u r u n te rra in\ndésorm ais m o d ern e , c’est-à-dire scientifique, ce qui p araissait le\nplu s in élu c ta b le m en t opposé à la science m oderne : la Poésie !\n  E t de fait, après a v o ir lu, et q u ’on soit ou no n a d m ira te u r de\nl’œ u v re de R ené G hil, on est forcé de se dire que c’est la m anifes­\nta tio n la plu s in te n se de cet a rt de l’a v e n ir p ro c h ain qui doit\ne x p rim er les p réoccupations d ’u n e g én ératio n qui s’élève to u te\nseule, re je ta n t les langes du passé.\n  L e g ra n d P oèm e de l’A ltru ism e et du D ev o ir scientifiques est\nun e pro p h étie d o n t ch acu n de n ous ressen t la p o ig n an te e x actitu d e\nda n s le tréfo n d s de son être.\n  L es ingénieuses th éo ries du P oèm e ch im iq u e de la M atière,\nétayées des recherches expérim entales de nos plus g ra n d s n o v a ­\nte u rs font m ieu x v o ir encore cette form ule a b so lu m e n t con tem p o ­\nra in e de la Poésie scientifique, de celle qui n e s’adresse plus à un\npublic q u e lconque p o u r le bercer a u son d ’u n e m élopée sans\nsignification, m ais bien a u x sa v a n ts ou p lu tô t a u x h o m m es de\npensée.\n   L a form e est év id em m en t à l ’a n tip o d e d u P a rn a sse , en a p p a ­\nrence du m oins, car, en m a in t e n d ro it, de la richesse de la rim e et\nde la m ajesté de l’a le x an d rin , rien n ’est sacrifié ; m ais c’est u n\nliv re de pensée, n o u s v e n o n s de le dire, et d o n t la lecture, qui\nm ieux est, e ngendre la pensée.\n   S ’il é ta it possible de citer, ta n tô t : « les F em m es lassen t p o rta n t\nles étiques petits des o u v rie rs » ou « l’U n iv ersité m a râ tre , qui\n"}, {"page_pdf": 314, "page_imprimee": 47, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1941, "texte": "                                F é v r ier      1895                              47\n\n\nd a n s leu rs c rân e s le n t d é tru ira la v o lo n té d ’a illeu rs v e n an te » ou\ne n co re « lia n t u n g ra n d rê v e de proie e m p o rté d ’o r dans le soleil\ne x ta sian t », il serait facile de d é m o n tre r p a r fragm ents la v a le u r\nde ce liv re à sy n th è se p u issa n te, m ais à quoi b o n , p o u r ceux qui\nn e d e m a n d en t q u ’à v o ir se d é ro u le r la fum ée de le u r cigarette au\nson d’u n e boîte à m u siq u e ?\n   « ... l’U n iv e rs gire e t l ui du giroi z é n ith a l... et q u ’il n e so it ! le\nsoir e n tre v u dans u n songe où le geste s’angoisse, à s e n tir de p a r­\nto u t l’é p o u v an te qui p o isse... »\n   C eux qui s’a rrê te n t ici, éb ah is, d e v a n t certaines e x p re ss io n s\nobscures, ne sont-ils pas ceux qui, selon le poète : fo rm en t la\np a rtie négligeable de ce to u t qui lu tte et c h o it de son poids ?\n                                                                 E dgar     BAES.\n\n\n\n   Ames de couleur, p a r H e n r y M a u b e l . — Pages qui so n t to u tes\nde suggestifs e t subtils calques p ris s u r la so u v e n a n ce o paline des\nbelles h e u res enfuies de la vie d u poète, de sa vie qui fu t so u v e n t\nin q u iè te d ’a m o u r et com m e m élancolique de d o u ceu r et de bonté.\n A h ! les gestes nobles, les g o û ts b izarres, les caprices étran g es, les\nfolies prestigieuses, les réflexions sim ples et naïves, les espoirs\nb leu s et les tendresses de M ad, M iette et C h ristia n , êtres c h ers d ont\nle poète a scu lp té le c œ u r dan s le sien, et q u ’il a en su ite idéalisés\nà l ’im age m êm e de son â m e e n th o u sia ste des h a u ts rêves et\ne nvieuse d ’étern elles b é atitu d e s.\n                                                            A rthur     T O IS O U L .\n\n   R eçu : P a r les chemins, de P a u l A rd en .\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-013", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 48, "page_fin": 48, "titre_corps": "Broutilles", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "BROUTILLES     D ’u n c o m m u n accord e n tre", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 315, "page_imprimee": 48, "debut_caractere": 72, "fin_caractere_exclue": 2656, "texte": "BROUTILLES\n    D ’u n c o m m u n accord e n tre la rédaction de Stella et celle de l 'A r t\njeune, il a été décidé que, désorm ais, et sous le titre L 'A r t jeune\n (Stella), il se ra it publié m en su ellem en t un fascicule de 24 g randes\n pages (texte 16 X 10) où se ro n t défen d u s h a rd im e n t les in té rê ts\n essentiels de l’a rt. C ette fusion a y a n t p o u r b u t aussi de ré u n ir des\n efforts litté ra ire s épars, nos confrères y a p p la u d iro n t certain em en t.\n    L es livres, rev u es et jo u rn a u x d e v ro n t ê tre e nvoyés, com m e\n p a r le passé, à M. A rth . T o iso u l, 38, ru e V a u tie r ; les m an u scrits,\n 131, ru e de B rab an t.\n    N ous p rio n s nos confrères de faire écho à cette note.\n\n\n   N ous recevons re p ro g ra m m e que n o u s in séro n s v o lo n tiers :\n    « L es jeu n e s gens révoltés des im bécillités d u p ro g ram m e u n i­\nv e rsita ire qui d onne en p â tu re à le u r intelligence la poésie de B oilean\net de V oltaire, qui offre à le u r a d m iratio n la profondeur de L a\nB ru y è re, qui su p p rim e de n o tre litté ra tu re le XVIe et le XIXe siècles\nto u t entiers, les jeunes gens exaspérés, les u n s des abus de p o uvoir,\nles au tre s de l’in te rn a t et des m élanges forcés, sources de m œ u rs\nin n o m m ab les, enfin et s u rto u t d u m an q u e de liberté intellectuelle,\no n t fondé une société d o n t la Lutte, rev u e littéra ire et a n tiu n iv e rs i­\ntaire, sera l’organe. D es é criv ain s a u ta le n t ép ro u v é o n t bien v o u lu\nle u r p rê te r le u r concours. N ous faisons appel a u x jo u rn a u x et\nrevues p o u r n o u s a id e r dan s nos réclam atio n s, a u x litté ra te u rs\np o u r n o u s fo u rn ir des articles et a u x élèves p o u r secouer, en n ous\nu tilisa n t, le jo u g u n iv e rsita ire et ré p an d re n o tre L utte. L a R evue,\nbi-m ensuelle, p u b lie ra le 5 de c h aq u e m ois un su p p lém en t litté ­\nra ire et a rtistiq u e au q u el c o llab o rero n t, p o u r les dessins, MM. A.\nG ra n sa u t, H . de G ro u y , S huffenecker, R ops, etc., etc., et, p o u r le\ntexte, les h u m o riste s les plus aim és du p ublic : M M . M aurice\nB arrés (et la rédaction de la Cocarde), E d . D ru m o n t (et la Libre\nParole), O. M irbeau (Echo de P aris), S teen ack ers (Journal), Segard\n(Plume), de V in a n , V alette (et le Mercure). L e ré d ac te u r en c h ef :\n M ichel Juge. A b o n n em en ts trim e strie ls:P a ris, 2 fran cs; E tra n g er,\n fr. 2 .50. R édaction : A. Y ebel, 108, b o u lev ard H a u ssm a n n ,\n P a ris. »\n"}]}, {"article_id": "ulb-stella-1895-03-n3-014", "volume": "ELB-ULB-a085-1894-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-a085-1894-000.pdf", "ocr_sha256": "66699e144cf6db5760c93d11e0eb490343c7741564db771aaea0f68034fc2d53", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Avis et abonnements", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Stella, REVUE MENSUELLE D’ART ET DE LITTÉRATURE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 316, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 33, "fin_caractere_exclue": 2294, "texte": "Stella,\n           REVUE MENSUELLE D’ART ET DE LITTÉRATURE\n                       paraissant du 25 au 30 de chaque mois.\n\n\n                                ABONNEMENTS :\n                   Belgique, u n a n                ......................   5 francs\n                   U n io n p o s t a l e ........................ 6 francs\n\n\n               Secrétaire de Rédaction              : A r t h u r T O ISO U L\n                               (L e v e n d re d i, d e 4 à 7 h e u re s )\n\n       O n t déjà collaboré à Stella : G eorges A n g e lro th , E d g a r Baes,\n          C h arles B ro n n e , E d m o n d D e B ru y n , A . B o u rg o m , H e n ri\n          de C lassant, Jo sé de C oppin, A r th u r D a x h e le t, Jo sep h\n          D esgenêts, D ésy E lias, P a u l F e rté, R ené G h il, F ra n c is\n          V ielé-G riffin, A n d ré v a n H asselt, C am ille L e m o n n ie r, A u ­\n          guste L ev êq u e, P a u l L eclercq, R ich a rd L ed e n t, C harles v a n\n          L e rb erghe, A lb ert M ockel, H e n ri M aubel, A .- S . de\n          N everm ore, E d m o n d P ilo n , L éo n P a sc h a l, C h arles-L o u is\n          P h ilip p e , F e rn a n d R oussel, C am ille R oussel, V ic to r R em ou-\n          ch am p s, G eorges R en cy , A n d ré R u y ters, S té p h an o , R o b ert\n          S a in te -E stelle , A lb ert S ta ssa rt, A r th u r T o is o u l, H enri\n          V a n d ep u tte, E m ile V e rh a e re n , etc.\n\n\n       Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n\n   Stella ne publie q u e d e l ' i n é d i t et laisse à ch a c u n de ses col­\nla b o ra te u rs la responsabilité de ses articles e t de ses opinions.\n\n\n  Il se ra rendu c om pte de to u t o uv rage don t un e x em plaire p a r ­\nvie n d ra à la Rédaction.\n\n\n              Stella est en v en te :\n          A Bruxelles, chez Istace; chez W attiau, rue de Longue-V ie;\n             chez Lacomblez, rue des P aroissiens.\n          A Mons, chez M agerm an, 15, rue de l'Athénée.\n          A Gand, chez A d . Hoste, rue des Champs.\n          A Anvers, chez Forst, place de M eir.\n          A Liége, chez Gnusez, rue du P ont-d’Ile.\n          A Verviers, chez B oum al.\n          A Paris, chez Chérié, r ue H allé; chez Chamuel, rue de Trévise.\n"}, {"page_pdf": 317, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 136, "texte": "             Ixelles=B ruxeIles\nI mprimerie Economique, Société coopérative\n       R ue de T r è v e s , 38, Q u a r t i e r L é op old\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 298, "texte": "      2e A n n é e\n\n   No 3. — MARS\n                                            Stella,\n         1895\n                               Revue mensuelle d'A rt et de Littérature.\nCe n u m é ro : 50 cent.\n\n\n                                               Direction : Rue Vautier, 3 8 , Bruxelles.\n\n\n\n\n                           S cin tille et m onte p lu s a v a n t      D essin d e A u g . L e v ê q u e\n                           d a n s l ’E th e r, b ie n a u delà\n                           d e s b r u m e s e t d es ém an atio n s\n                           d e la fan g e.\n"}, {"page_pdf": 299, "texte": "                                   S O M M A IR E\n\n\n\n\n             S t e l l a . — Paroles attendues.\n\n             E d g a r B a e s . — Rom a (cul-de-lampe).\n\n             A r t h u r T o is o u l . — Depuis lors...\n             H e n r i V a n d e p u t t e . — L ’escalier.\n\n             A n d r é R u y t e r s . — Chanson de consolation.\n\n             G e o r g e s R e n c y . — A z u r.\n\n             C a m il l e R o u s s e l . — A u pauvre.\n\n             J o s é H e n n e b ic q . — A la mémoire de Villiers.\n\n             A. S. — L ’œ uvre de Max Elskam p.\n             E d g . B a e s et A r t h . T o is o u l . — L ivres.\n             ***. — Broutilles.\n\n   N . D . L . R . — Quelques pages inédites de M. H enri Mazel nous sont\nparvenues trop tard pour encore paraître en Stella. Nous les conserverons\ndonc pour l' A r t jeune.\n"}, {"page_pdf": 300, "texte": "                               S tella                            33\n\n\n\n\n            PAROLES ATTENDUES\n\n  S’il est beau de voir, dans une famille, des frères aim er leurs\naînés jusqu’à l’idolâtrie, il serait ridicule de les adm irer encore\nquand leur adoration ne s’arrête même pas devant des actes préju­\ndiciables aux intérêts com m uns.\n   L a Jeune Belgique, à qui nous avions voué la reconnaissance\nla plus entière en souvenir du branle donné par elle au mouve­\nm ent littéraire belge, nous a déliés elle-même du servage moral\noù nous nous tenions. L ’article, signé Valère Gille, qui étale\nses turpitudes contre V erhaeren dans son num éro de février,\ndoit soulever d a n s le coeur de tout artiste un hoquet de dégoût.\n  Ces messieurs de la J eu n e se gobent de façon am usante, et l’on\ncroirait vraim ent, à les lire, q u ’ils ont seuls en main le sceptre du\nbon goût en Belgique.\n  Mon Dieu ! si cela amuse ces petits bonzes de décocher de\ntem ps en temps une flèche inoffensive au vers libre et à ses adeptes,\nqu’ils continuent leur jeu : nous ne nous posons pas en empê­\ncheurs de danser en rond. Mais quand ils attaquent vilainem ent\net salem ent des homm es, des génies, des poètes ! comme Maeter ­\nlink et V erhaeren, halte-là ! Si ces braves défenseurs de la rime\nriche et de tout le vieil attirail rom antique sont rentrés en enfance,\nqu’on leur donne u n conseil de tutelle !\n  Mais ce qu’il im porte avant tout, c’est de faire le vide et le silence\nauto ur de cette Revue en retard. Que ses abonnés se désabonnent,\nque ses lecteurs au num éro cessent de l’acheter, et surtout, oh !\nsurtout, que les écrivains n ’aillent plus salir leurs oeuvres au\ncontact de ses feuillets.\n"}, {"page_pdf": 301, "texte": "  44                              Stella\n\n  Bientôt le groupe réactionnaire se réduira à sa plus simple\nexpression.\n  E t vienne alors le Coq rouge, fanfarer le réveil définitif des\nJeunes.\n  E t que là, dans cette Revue large, apparaissent unis tous nos\nchers grands artistes du présent et tous nos artistes de l’avenir.\n  E t « cap sur le Z én ith ! »\n                                                   STELLA\n"}, {"page_pdf": 302, "texte": "                            F é v r ie r 1985              35\n\n\n               DEPUIS LORS... (*\n                               )\n       Je ne vis pas le mensonge, m a bonne amie,\n       En les jardins m iraculeux de ta beauté,\n       E t vers ton cœ ur où prie ta vie,\n       Ton cœ ur beau comme un jeune pré,\n       T on cœ ur beau comme une vague bleue\n       Où glisserait le geste d’une aurore,\n       Je dirigeai le vol heureux\n       De mes sourires.\n\n       E t te chanta, très doucement, m a lyre.\n\n       Depuis lors,\n       J ’ai su tes joies\n       E t tes espoirs en or,\n       Tes chagrins, tes émois,\n       E t puis ton corps ;\n       J ’ai su aussi ton âme,\n        Car je l’ai vue s’éparpiller en blanches flammes\n        S u r les rives de tes yeux et de tes lèvres,\n        L orsque ensemble égarés\n        D ans le m ystère ami\n        Des grands bois que tu sais,\n        Nous attendions la nuit,\n        P our cacher nos baisers\n        D ans son silence en deuil.\n        — A h ! ces instants dorés :\n        Parfois, à nos côtés,\n        L a chute d’une feuille\n\n(*) d’un volume en préparation.\n"}, {"page_pdf": 303, "texte": "36                              S tella\n\n\n     P le u ra it lan g u issam m en t com m e u n e fleur q u ’on cueille.\n     A h ! ces in sta n ts où m es b ras t ’enlaçaient,\n     O ù trem b laien t m es soupirs,\n     Où, s u r to n fro n t, je v o y a is lu ire et so u rire\n     T rio m p h a le m e n t\n     L a c o u ro n n e de ton c h arm e !\n     A h ! ces in sta n ts où m on c œ u r\n     A to n c œ u r faisait h om m age\n     D e ses plus beau x espoirs et de ses belles fleurs !\n     A h ! ces in sta n ts où je v oyais tes extases\n     Si douces e t to u t en larm es\n     D ’être frêles et com m e u n bel oiseau en cage,\n     D e v an t A m o u r et la fraîc h eu r de son g ra n d âge !\n\n     A h ! douce m ienne et folle et b o n n e et belle,\n     Je n e sa u rais d ire com bien je t ’aim e,\n     M ais q u an d m a voix te fait don de p h rases d ’a m our,\n     Il m e sem ble q u e des clartés de jo u r\n     T o m b e n t com m e u n e flèche en m on cœ u r,\n     A h ! douce m ien n e e t folle et b o n n e et belle,\n     E t des frissons si doux q u ’o n d ira it d u b o n h e u r,\n     Q u’o n d ira it de la joie,\n     Qu’o n d ira it de l’extase,\n     O u bien des m ain s d ’e n fan t ou bien des voix\n     T rè s lasses,\n     S ’é p an d e n t s u r m es y e u x où s’é v eillen t des p leu rs...\n     — E t les p leu rs d ’a m o u r ne sont-ils pas p o u r n os y eu x ,\n     O sœ u r\n     C hérie,\n     Ce q u ’est la pluie\n     P o u r le g u éret depuis longtem ps v e u f de fraîch eu r?\n                                                   A r t h u r T O IS O U L .\n\n\n\n\n                                                                         /\n"}, {"page_pdf": 304, "texte": "                              F é v r ie r      1895                        37\n\n\n\n                           L'ESCALIER\n   L a lam pe éclaire l’escalier.\n   L a cave b riq u ée su in te le froid. L a fenêtre — u n m en u carré de\nv e rre q u i se déscelle du châssis — large o u v e rte , encadre de la\nn u it.\n   Silence.\n   L a m aiso n est vide.\n   L a vieille dam e p a u v re c h u c h o tte , là-bas, quelque salu t.\n   R ien , d a n s les ch am b res vides et crépusculées, q u ’ici, cette\nlam pe.\n   G rasse, com m e elle arde sa petite flam m e fum euse !\n   G ra n d silence.\n   L ’escalier v it. O ui, bien s û r ! E t son âm e p a rle e t s’étale sous\nles lu eu rs.\n   C om m e des plaintes, re te n tissen t des craq u em en ts.\n   E t la flam m e parfois crépite.\n   C ’est u n trè s vieil escalier, dem eu ré éte rn ellem e n t là, com m e\nqu elq u e être d ’autrefois.\n   D u tem ps des rip ailles, on l ’é rein ta . L ’u su re ro n g e les m arches,\noù, sous le polissage des pas, s’éca rte lle n t plus visib lem en t les\nn œ u d s d u chêne.\n   L e s m arc h es so n t larges.\n   P o u r quels pas in ce rta in s o u vieillots les a-t-on taillées ?\n   A les v o ir l’on ne p e u t s’im ag in er l’a rb re feuillu et c ra q u a n t de\nsève, d o n t elles fu re n t sciées. E lles fo rm en t l’escalier, sem ble-t-il,\ncom m e les m em bres fo rm en t l’hom m e.\n   E t elles so n t belles, a n tan esq u es.\n   L a ram p e m o n te sa n s courbe ju s q u ’à la trap p e, m a in te n a n t\nclose, qui se rt d ’entrée. Ses m o n ta n ts so n t des doigts. E t son\néch in e a l’a ir las.\n"}, {"page_pdf": 305, "texte": "   38                              Stella\n\n\n  D es en tailles polies p arto u t.\n  S u r le pilier d u bas, term in é en boule, des arm oiries plébéennes :\nu n e pioche, u n e bêche et u n ra te au q u ’e n n o u e n t des épis.\n  L a ram pe, d’u n n o ir accentué, v a ju s q u ’a u plafond, en u n e\nascension m o rn e.\n  L es lu eu rs la d écoupent su r le m u r, faiblem ent et p a r tressails.\n   L ’escalier est grave.\n  Quel pensif o m bré y p ro jette donc la lam pe?\n  E t c’est aussi u n effacé vieil o r de R e m b ra n d t s u r les m arches\nusuelles.\n   L a lam pe fum e.\n   A vec la vague clarté e n tre n t, p a r la fenêtre, des relen ts de\nm u rm u re .\n  Silence.\n   E t d o rt et v it le las escalier sous la lu e u r déteinte.\n   Silence.\n   P u is, u n g ra n d coup cogne, dans le d é tirem e n t des bois h u m id es.\n   E t s u r le dallage rouge clignote la lam pe.\n   L e v e rre , p a n su et sale, s’enfum e de plus en plus.\n   L es ra y o n s se rapetissent sous l’allongem ent des om bres.\n   Silence.\n   T ressails de la lum ière essoufflée.\n   C raquem ent.\n   L ’escalier v it.\n   E t cligne et cligne la flam m e, difform ant les lignes.\n   Silence.\n   L a n u it s’éclaire au dehors.\n   U n e étoile, com m e u n trille, v ib re en l’a z u r som bre.\n   E t la lam pe s’éteint.\n   M ol, u n ra y o n de lu n e coule su r l’escalier.\n\n                                              H enry V A N D E P U T T E .\n"}, {"page_pdf": 306, "texte": "                    F é v r ier        1895                        39\n\n\n\n\nCHANSON DE CONSOLATION\n                                                           A. G.\n  Ja d is, q u a n d l’âm e en joie,\n  je m ’en allais de toi,\n  après a v o ir baisé tes y eu x et tes cheveux,\n  ta b ouche et ta p oitrin e,\n  après a v o ir senti b a ttre ton c œ u r a im a n t\n  sous m es lèvres d ’e n fan t\n  ravi,\n  après a v o ir, chère, de m ain lente e t câline,\n  caressé, d o u cem en t, la d o u c eu r de to n corps :\n  oh ! j ’e m p o rtais encore\n  u n peu de toi s u r moi\n  e t, l ’âm e en joie e t l’âm e en fête,\n  je baisais ton o d e u r dem eurée à m es doigts!\n\n  M a in te n a n t — m isère ! L es la u rie rs so n t coupés !\n  E t les lèvres so n t closes !\n  N ous a v o n s effeuillé\n  n o s jo u rs com m e des roses\n  et je n e te v ois plus !\n  M ais dans m on c œ u r e n co r tu dem eures v iv an te,\n  v iv a n te e t je u n e et belle.\n  E t je t ’aim e et je t ’ai — ô dam e —\n  E t je peux\n  q u a n d je v eux,\n  a u tra v e rs de m es larm es,\n  baiser to n so u v e n ir d a n s le creu x de m on âm e !\n                                              A n dré RU Y TERS.\n"}, {"page_pdf": 307, "texte": "40                              S tella\n\n\n                             AZUR!\n                                            P our H en ri Vandeputte.\n\n     A h ! ce rien , a h ! ce to u t, a h ! ce su b til a zu r,\n     é panoui p o u r le trio m p h e des réveils,\n     et qui m onte, et qui m o n te, o h ! si dou x , o h ! ta n t p u r !\n     et qui m o n te sa n s cesse à l’a ssau t des soleils !\n     A h ! les p a y s encore, et les pays d u bleu,\n     où c h a n te en trilles d ’o r la paix des h a rm o n ies,\n     où to u t est calm e, où to u t est s a in t, où to u t est dieu,\n     les suaves pays des a m o u rs infinies !\n     A h ! p a rtir, a h ! tro u v e r les p a y s de l’a zu r,\n     ah ! p a rtir v ers l’a z u r en v o l d ’apothéose !\n     A h ! l’a zu r, a h ! l’a z u r d o rm a n t su r le blé m û r!\n     — A h ! secouer u n peu ces lan g u e u rs de n év ro se !....\n                                                    G eorges     RENCY.\n\n\n                       AU PAUVRE\n     Ton cœur se gonfle, souffrant, d ’une grande âme,\n     E t tes prunelles reflètent l’empire des angoisses,\n     Toi que des rides balafrent,\n     Comme des cinglures de douleur.\n     Tes paupières fripées salissent tes y e u x p u rs,\n     Comme des larves sur des fleurs,\n     E t ton regard d it aux méchants : \" J e suis bon,\n     Hum ble de la misère et de la laideur. »\n     Les plis de ta pelure nichent la fatigue,\n     Misérable p uant dont l ’âme dans l'éther\n     Jette par tes y e u x les p a rfu m s de sa douceur.\n     Sublim e pitoyable d ’une naissante race,\n     O T o i! g ra n d homme infime, inconscient du mauvais,\n     Laisse-m oi t ’adorer et laisse-moi pleurer !\n                                              C am ille     RO U SSEL.\n"}, {"page_pdf": 308, "texte": "                              F é v r ie r 1895                               41\n\n\n\n                              A L A M É M O IR E\n\n                                         DU\n\n       C om te d e V I L L I E R S d e L ’IS L E - A D A M\n\n  L e C onseil m u n icip al de P a ris v ie n t de p re n d re u n e décision\nqui P h o n o re e t que les a d m ira te u rs du com te de V illiers de l’Isle-\nA dam a p p re n d ro n t avec joie.\n  S u r la pro p o sitio n de M M . G rebeauval et E scu d ier, le C onseil a\ndécidé à l’u n a n im ité que les restes m ortels du poète d ’ « A xel »\nse raie n t tran sféré s au P è re -L a ch a ise aux frais de la ville de P a ris\net q u ’u n e concession g ra tu ite à p erp étu ité s e rait accordée à V illiers.\n   M. L u cien D escaves a v ait, il y a q uelque tem ps, fait appel aux\nfervents d u g ra n d m o rt afin de lu i a c h e te r u n e concession au\ncim etière des B atignolles.\n   L es som m es sou scrites s’élèvent à plus de deux m ille francs.\nE lles s e rv iro n t à érig er u n m o n u m e n t à la m ém oire de V illiers.\n  J e n e puis m e fig u rer que to u t ce qui reste de l’être aim é ou\nv é n éré se tro u v e en ce m orceau de terre , sous cette p ierre ou sous\nces fleurs.\n  J e préfère n e pas m êm e y so n g er et c roire que son âm e s’est\nenvolée v e rs de firm a m en tale s c ontrées, v ers de bleus paradis,\np a rm i les voies lactées... je ne sais où.\n   L e poète d ’, « Axel » n ’a désiré n i c arn a v ale sq u es funérailles\n— « la p o p u larité, s u rto u t d a n s les choses de l ’esp rit, est to u jo u rs\nu n en ca n aille m en t », a dit d ’A urevilly — ni sta tu e , n i P a n th é o n .\nP o u r lui la m o rt n ’était-ce pas le « devenu », l ’impersonnel !\n  C ep en d an t la n o u v elle q u ’on a lla it je te r ses cendres a u x q u a tre\nv en ts m ’é m u t d o u lo u reu sem en t com m e elle a ttrista d ’a illeu rs\nto u s ceux qui o n t v oué à ce génial V illiers u n c u lte ferv en t et pu r.\n   L e d o u lo u reu x ém oi est a u jo u rd ’h u i passé. G râce à l’in itiativ e\n"}, {"page_pdf": 309, "texte": "   42                                Stella\n\n\nde M . L u cien D escaves, grâce aussi a u C onseil m u n ic ip al de\nP a ris, n ous p o u rro n s a lle r n o u s recueillir d e v an t ce qui fu t le\ncom te de V illiers de l ’Isle-A dam , d ev an t les restes de l ’écrivain\nim m o rtel des « C ontes cruels », « d ’A kedysseril », de « la R évolte »,\nde « l’iro n iste », de « T rib u la t B o n h o m et » !\n  Ce n ’est pas encore ju stic e p o u rta n t si l’o n songe que T en n y s o n\nrepose à W estm in ster!\n  C’est à S a in t-D en is, ainsi que le d isait M. E d m o n d P ilo n dans\nu n e respectueuse c h ro n iq u e (Cocarde, 2 m ars 1895), que le com te\nde V illiers de l’Isle-A dam d e v ra it d o rm ir d u g ra n d som m eil.\n  N é an m o in s, il faut lo u er le C onseil m u n ic ip al de P a ris de son\nintelligent m écénism e. Il faut le proposer com m e exem ple à nos\nédiles. N ous a v o n s, n o u s aussi, u n g ra n d m éconnu, u n g ra n d\noublié, u n n oble et p u r p e n se u r : O ctave P irm ez.\n   L ’he u re de la ju stic e n e sonnera-t-elle pas b ie n tô t p o u r lui\ncom m e elle a sonné déjà p o u r l’a u te u r d ’ « U ilenspiegel » ?\n  A u lendem ain         de l’in au g u ra tio n du m o n u m e n t D e C oster,\nM . Je a n D elville, dans u ne lettre publiée p a r la Jeune Belgique,\nd em an d ait que l’on se so u v în t de l’écriv ain des « H e u res de p h i­\nlosophie ». M. H e n ry M aubel co n férenciait d e rn iè re m e n t encore\n— si je n e m e tro m p e — su r « O ctave P irm e z ».\n   A n o u s, jeu n e s, de fom enter les e n th o u siasm es, de c o m b a ttre\nl’é n erv a n te in ertie de ceux qui pensent et qui é criv en t. A n o u s de\nfaire re n d re ju stic e à P irm ez .\n                                                     J o s é H E N N E B IC Q .\n\n   M. José de C oppin en a parlé ici m êm e (Stella, n o v e m b re 1894:\nOctave P irm ez). N ous ne faisons q u ’ém ettre u n vœ u q u ’il a déjà\ném is.                                                                  J. H.\n"}, {"page_pdf": 310, "texte": "                                 F é v r i e r 1895                               43\n\n\n\n\n      L ’Œ UVRE DE M a x ELSKAMP\n\n  C’est le spectacle c a p tiv a n t d ’u n e âm e qui s’en re to u rn e , p a r les\nch em in s d ’enfance, vers la paix des d im an ch es religieux, vers la\ndo u c eu r de légende des sa lu ta tio n s à l’im m a cu lée , et qui s’initie,\nfin alem en t, en term e de p érég rin atio n s, a u m y stère de la T o u te-\nB onté évangélique.\n  Il n ’y a pas là de litté ra tu re , il n ’y a pas là de pose : M. M ax\nE lsk am p n ’écrit pas ses v ers p o u r le fu tile p laisir de se v o ir im p ri­\nm er. L a sin cérité la plu s en tière pa rle en lu i, l ’o b se rv atio n puérile\nse tém oigne p a r des n o tatio n s inoubliables.\n  Il p arle en D om inical :\n                          M on âm e, d ’u n v o y ag e e n fa n t\n                          e n m oi q u e l ’h ie r en d im a n c h e ,\n                          s ’en re v ie n t p o u r a lle r en b la n c\n                          a v e c le s e n fa n ts d e s d im a n c h e s .\n\n  C’est la note initiale d u T ry p tiq u e , q u i se d éro u le ensuite, en ses\ntrès v ieu x et très naïfs can tiq u es, faisant très do u cem en t rêver.\n  On e n tre v o it, v ag u em en t, dans le lo in ta in de la pensée in sp ira ­\ntrice, d ’ab o rd la sé rén ité des claires aubes dom in icales, avec des\nb ru its de cloches d a n s l ’h o rizo n , et, p a r les voies, la th éo rie des\ngens v ê tu s de n e u f v e rs les chapelles ; et puis, u n e h isto ire d ’a m o u r\ndiscrète, effacée com m e p a r des larm es ; et, enfin, la tristesse des\nsoirs, to u jo u rs de d im a n c h e, qui se term in e en u n e croix to m bale\népigraphée de ce vers :\n                    M es p a u v re s p e tits d im a n c h e s s o n t m orts,\n\nd é c h ira n t com m e u n adieu de violoncelle.\n  C ’est là D om inical, ce liv re de confession que to u t poète d o it\na im e r com m e s’il l’a v ait é crit lui-m êm e.\n"}, {"page_pdf": 311, "texte": "   44                                         Stella\n\n\n  S ’o u v re n t les Salutations p a r ce cri d’a m o u r :\n\n                                                    Ici,\n                       J ’ai v o u lu , V o u s e t m oi, M ad am e la V ierg e,\n                       en u n e n o u v e lle lé g e n d e d o ré e -:\n                       j ’ai d e s c e n d u j u s q u ’à la B onté\n                       le fleuve d e m a n a ïv e té\n                       d e p u is m e s d im a n c h e s m o rts en F la n d re .\n\n  T o u r d ’ivoire, H orloge a d m irab le , E to ile de la m er, P lein e de\ngrâces, C onsolatrice des affligés, a h ! to u te la c a n d e u r des litanies,\nla c an d e u r perdue des litanies, les douces lita n ie s de n o s petites\nm ain s jo in te s! E lles re v iv e n t en ces pages, et bien m odernes sous\nle u r a rch aïsm e, elles c h a n te n t la V ie. L e c o u v e rt des term es re li­\ngieux cache l’h y m n e splendide à la n a tu re , e t la n a tu re a p p ara ît\nm algré to u t, sous le voile, p a r p etits c ris v ib ra n ts. O yez :\n                           E t d es v a is s e a u x voici le s b e a u x\n                           S u r la m e r en ro b e s d e fem m es,\n                           A llé s s u iv a n t le s oriflam m es\n                           A u b o u t d u ciel so m b ré d a n s l ’ea u .\n\n   L e sym bolism e s’accentue v ers la fin, en sanglots longs :\n               E n b a s , d a n s le s m a iso n s, c o u s e n t le s ta ille u rs n o irs\n               le s ro b e s tris te s d e la is se z -to u te -e s p é ra n c e .\n\n   M arie, d it-il, en ferm an t le livre,\n                                                               faites\n                           a u bois d e M ai d o rm ir m a tê te\n\n                           d u bon r e p o s d es b o n s o u tils ;\n                           e t sa in m on c o rp s p o u r sa in l ’e s p rit\n\n                           d a n s u n p lu s b e a u m ois d e M arie\n                            d e to u te m a tâ c h e accom plie.\n\n   V ie n t E n Symbole vers l’apostolat, liv re adm irable, liv re qui\nre stera , dans la litté ra tu re belge com m e d a n s la litté ra tu re géné­\n rale, bien q u ’il ne tienne ni à l ’u n e ni à l’a u tre . Il est déco n certan t,\n"}, {"page_pdf": 312, "texte": "                                    F é v r ie r           1895                               45\n\nà prem ière v ue, à force de naïveté ; e t b ien tô t le c h arm e opère vic­\nto rie u se m en t. Ces p etits v e rs, qui n e so n t jam ais c om plètem ent\nfinis, su g g è ren t u n m o n d e de se n sa tio n s encore in co n n u e s. P a r\ndessus to u t, plane, ailes grandes, le G énie de la B onté, qui, en d e r­\nn ière a n aly se , reste l’in sp ira te u r foncier et u n iq u e de M . M ax\nE lsk am p .\n  Cette fois, les cin q sens so n t in terp ellés, p o u r le u r conseiller le\nB o n h e u r, l’A m o u r, la P atience.\n  V oulez-vous le ré su m é? L e poète p arle :\n\n                 C’e s t e n a u jo u rd ’h u i la b e lle R e n a is sa n c e\n                 o ù m a d o u ce s œ u r J o ie e t s o n frè re In n o c e n c e\n\n                 s ’en s o n t a llé s c u e illir, en s e d o n n a n t la m ain,\n                 s o u s d e s o is e a u x c h a n ta n ts le s fle u rs d u ro m a rin ,\n\n                 p o u r fê te r p a ix v e n u e a u x ja r d in s d e jo u v e n c e ,\n                 q u ’o u v re n t ici la foi e t la b o n n e e s p é ra n c e .\n\n   L e c an tiq u e I I I , a u x Y eux, d e v rait p o u v o ir être cité in tég rale­\nm en t. C’est u n chef-d’œ u v re . Je m e bo rn e fo rcém en t :\n\n\n                          e t jo ie ! s a c u re e n d e s ja r d in s\n                          em p lis d e fle u rs q u i fo n t la ch a în e,\n                          e t jo ie , le s y e u x ! fê te s e re in e ,\n                          a v e c le v e n t d a n s to u s le s coins.\n\n   L e c an tiq u e IV n ’est pas m o in s beau.\n   Il faut c onclure, et c’est difficile. D es livres com m e D om inical,                            .\nSalutations e t E n Symbole, se s e n te n t, m ais ne s’a n a ly se n t pas.\n   L ’im pression g énérale est u n e g ra n d e douceur, u n e g ra n d e paix\nd ans le c œ u r, et, d a n s le p h y siq u e, cette sen satio n q u ’o n a u ra it\nlongtem ps tâ té d u linge, des petits v ê te m en ts d ’e n fa n t à n a ître .\n   M. M ax E lsk am p , à m on avis, est l’un des g ra n d s poètes de nos\njo u rs.\n                                                                                             A . S.\n"}, {"page_pdf": 313, "texte": "                                     S tella\n\n\n\n\n               L ’ORDRE ALTRUISTE\nL iv r e V d e D ire du M ieux, 1re p a r tie d e Œ u vre, p a r R e n é G h i l .\n\n\n\n  L iv re c u rie u x , à coup sû r, et destin é à placer s u r u n te rra in\ndésorm ais m o d ern e , c’est-à-dire scientifique, ce qui p araissait le\nplu s in élu c ta b le m en t opposé à la science m oderne : la Poésie !\n  E t de fait, après a v o ir lu, et q u ’on soit ou no n a d m ira te u r de\nl’œ u v re de R ené G hil, on est forcé de se dire que c’est la m anifes­\nta tio n la plu s in te n se de cet a rt de l’a v e n ir p ro c h ain qui doit\ne x p rim er les p réoccupations d ’u n e g én ératio n qui s’élève to u te\nseule, re je ta n t les langes du passé.\n  L e g ra n d P oèm e de l’A ltru ism e et du D ev o ir scientifiques est\nun e pro p h étie d o n t ch acu n de n ous ressen t la p o ig n an te e x actitu d e\nda n s le tréfo n d s de son être.\n  L es ingénieuses th éo ries du P oèm e ch im iq u e de la M atière,\nétayées des recherches expérim entales de nos plus g ra n d s n o v a ­\nte u rs font m ieu x v o ir encore cette form ule a b so lu m e n t con tem p o ­\nra in e de la Poésie scientifique, de celle qui n e s’adresse plus à un\npublic q u e lconque p o u r le bercer a u son d ’u n e m élopée sans\nsignification, m ais bien a u x sa v a n ts ou p lu tô t a u x h o m m es de\npensée.\n   L a form e est év id em m en t à l ’a n tip o d e d u P a rn a sse , en a p p a ­\nrence du m oins, car, en m a in t e n d ro it, de la richesse de la rim e et\nde la m ajesté de l’a le x an d rin , rien n ’est sacrifié ; m ais c’est u n\nliv re de pensée, n o u s v e n o n s de le dire, et d o n t la lecture, qui\nm ieux est, e ngendre la pensée.\n   S ’il é ta it possible de citer, ta n tô t : « les F em m es lassen t p o rta n t\nles étiques petits des o u v rie rs » ou « l’U n iv ersité m a râ tre , qui\n"}, {"page_pdf": 314, "texte": "                                F é v r ier      1895                              47\n\n\nd a n s leu rs c rân e s le n t d é tru ira la v o lo n té d ’a illeu rs v e n an te » ou\ne n co re « lia n t u n g ra n d rê v e de proie e m p o rté d ’o r dans le soleil\ne x ta sian t », il serait facile de d é m o n tre r p a r fragm ents la v a le u r\nde ce liv re à sy n th è se p u issa n te, m ais à quoi b o n , p o u r ceux qui\nn e d e m a n d en t q u ’à v o ir se d é ro u le r la fum ée de le u r cigarette au\nson d’u n e boîte à m u siq u e ?\n   « ... l’U n iv e rs gire e t l ui du giroi z é n ith a l... et q u ’il n e so it ! le\nsoir e n tre v u dans u n songe où le geste s’angoisse, à s e n tir de p a r­\nto u t l’é p o u v an te qui p o isse... »\n   C eux qui s’a rrê te n t ici, éb ah is, d e v a n t certaines e x p re ss io n s\nobscures, ne sont-ils pas ceux qui, selon le poète : fo rm en t la\np a rtie négligeable de ce to u t qui lu tte et c h o it de son poids ?\n                                                                 E dgar     BAES.\n\n\n\n   Ames de couleur, p a r H e n r y M a u b e l . — Pages qui so n t to u tes\nde suggestifs e t subtils calques p ris s u r la so u v e n a n ce o paline des\nbelles h e u res enfuies de la vie d u poète, de sa vie qui fu t so u v e n t\nin q u iè te d ’a m o u r et com m e m élancolique de d o u ceu r et de bonté.\n A h ! les gestes nobles, les g o û ts b izarres, les caprices étran g es, les\nfolies prestigieuses, les réflexions sim ples et naïves, les espoirs\nb leu s et les tendresses de M ad, M iette et C h ristia n , êtres c h ers d ont\nle poète a scu lp té le c œ u r dan s le sien, et q u ’il a en su ite idéalisés\nà l ’im age m êm e de son â m e e n th o u sia ste des h a u ts rêves et\ne nvieuse d ’étern elles b é atitu d e s.\n                                                            A rthur     T O IS O U L .\n\n   R eçu : P a r les chemins, de P a u l A rd en .\n"}, {"page_pdf": 315, "texte": "    48                              S tella\n\n\n                          BROUTILLES\n    D ’u n c o m m u n accord e n tre la rédaction de Stella et celle de l 'A r t\njeune, il a été décidé que, désorm ais, et sous le titre L 'A r t jeune\n (Stella), il se ra it publié m en su ellem en t un fascicule de 24 g randes\n pages (texte 16 X 10) où se ro n t défen d u s h a rd im e n t les in té rê ts\n essentiels de l’a rt. C ette fusion a y a n t p o u r b u t aussi de ré u n ir des\n efforts litté ra ire s épars, nos confrères y a p p la u d iro n t certain em en t.\n    L es livres, rev u es et jo u rn a u x d e v ro n t ê tre e nvoyés, com m e\n p a r le passé, à M. A rth . T o iso u l, 38, ru e V a u tie r ; les m an u scrits,\n 131, ru e de B rab an t.\n    N ous p rio n s nos confrères de faire écho à cette note.\n\n\n   N ous recevons re p ro g ra m m e que n o u s in séro n s v o lo n tiers :\n    « L es jeu n e s gens révoltés des im bécillités d u p ro g ram m e u n i­\nv e rsita ire qui d onne en p â tu re à le u r intelligence la poésie de B oilean\net de V oltaire, qui offre à le u r a d m iratio n la profondeur de L a\nB ru y è re, qui su p p rim e de n o tre litté ra tu re le XVIe et le XIXe siècles\nto u t entiers, les jeunes gens exaspérés, les u n s des abus de p o uvoir,\nles au tre s de l’in te rn a t et des m élanges forcés, sources de m œ u rs\nin n o m m ab les, enfin et s u rto u t d u m an q u e de liberté intellectuelle,\no n t fondé une société d o n t la Lutte, rev u e littéra ire et a n tiu n iv e rs i­\ntaire, sera l’organe. D es é criv ain s a u ta le n t ép ro u v é o n t bien v o u lu\nle u r p rê te r le u r concours. N ous faisons appel a u x jo u rn a u x et\nrevues p o u r n o u s a id e r dan s nos réclam atio n s, a u x litté ra te u rs\np o u r n o u s fo u rn ir des articles et a u x élèves p o u r secouer, en n ous\nu tilisa n t, le jo u g u n iv e rsita ire et ré p an d re n o tre L utte. L a R evue,\nbi-m ensuelle, p u b lie ra le 5 de c h aq u e m ois un su p p lém en t litté ­\nra ire et a rtistiq u e au q u el c o llab o rero n t, p o u r les dessins, MM. A.\nG ra n sa u t, H . de G ro u y , S huffenecker, R ops, etc., etc., et, p o u r le\ntexte, les h u m o riste s les plus aim és du p ublic : M M . M aurice\nB arrés (et la rédaction de la Cocarde), E d . D ru m o n t (et la Libre\nParole), O. M irbeau (Echo de P aris), S teen ack ers (Journal), Segard\n(Plume), de V in a n , V alette (et le Mercure). L e ré d ac te u r en c h ef :\n M ichel Juge. A b o n n em en ts trim e strie ls:P a ris, 2 fran cs; E tra n g er,\n fr. 2 .50. R édaction : A. Y ebel, 108, b o u lev ard H a u ssm a n n ,\n P a ris. »\n"}, {"page_pdf": 316, "texte": "                                 Stella,\n           REVUE MENSUELLE D’ART ET DE LITTÉRATURE\n                       paraissant du 25 au 30 de chaque mois.\n\n\n                                ABONNEMENTS :\n                   Belgique, u n a n                ......................   5 francs\n                   U n io n p o s t a l e ........................ 6 francs\n\n\n               Secrétaire de Rédaction              : A r t h u r T O ISO U L\n                               (L e v e n d re d i, d e 4 à 7 h e u re s )\n\n       O n t déjà collaboré à Stella : G eorges A n g e lro th , E d g a r Baes,\n          C h arles B ro n n e , E d m o n d D e B ru y n , A . B o u rg o m , H e n ri\n          de C lassant, Jo sé de C oppin, A r th u r D a x h e le t, Jo sep h\n          D esgenêts, D ésy E lias, P a u l F e rté, R ené G h il, F ra n c is\n          V ielé-G riffin, A n d ré v a n H asselt, C am ille L e m o n n ie r, A u ­\n          guste L ev êq u e, P a u l L eclercq, R ich a rd L ed e n t, C harles v a n\n          L e rb erghe, A lb ert M ockel, H e n ri M aubel, A .- S . de\n          N everm ore, E d m o n d P ilo n , L éo n P a sc h a l, C h arles-L o u is\n          P h ilip p e , F e rn a n d R oussel, C am ille R oussel, V ic to r R em ou-\n          ch am p s, G eorges R en cy , A n d ré R u y ters, S té p h an o , R o b ert\n          S a in te -E stelle , A lb ert S ta ssa rt, A r th u r T o is o u l, H enri\n          V a n d ep u tte, E m ile V e rh a e re n , etc.\n\n\n       Les manuscrits non insérés ne sont pas rendus.\n\n   Stella ne publie q u e d e l ' i n é d i t et laisse à ch a c u n de ses col­\nla b o ra te u rs la responsabilité de ses articles e t de ses opinions.\n\n\n  Il se ra rendu c om pte de to u t o uv rage don t un e x em plaire p a r ­\nvie n d ra à la Rédaction.\n\n\n              Stella est en v en te :\n          A Bruxelles, chez Istace; chez W attiau, rue de Longue-V ie;\n             chez Lacomblez, rue des P aroissiens.\n          A Mons, chez M agerm an, 15, rue de l'Athénée.\n          A Gand, chez A d . Hoste, rue des Champs.\n          A Anvers, chez Forst, place de M eir.\n          A Liége, chez Gnusez, rue du P ont-d’Ile.\n          A Verviers, chez B oum al.\n          A Paris, chez Chérié, r ue H allé; chez Chamuel, rue de Trévise.\n"}, {"page_pdf": 317, "texte": "             Ixelles=B ruxeIles\nI mprimerie Economique, Société coopérative\n       R ue de T r è v e s , 38, Q u a r t i e r L é op old\n"}, {"page_pdf": 318, "texte": ""}, {"page_pdf": 319, "texte": ""}, {"page_pdf": 320, "texte": ""}, {"page_pdf": 321, "texte": ""}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 9, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1895-03", "signet_source": "Deuxième année - N°3 - Mars 1895", "preuve": "Date et numéro lus sur la couverture, PDF 298", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}