{"numero_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "articles": [{"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-201", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3me Année", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 114, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 106, "texte": "3me Année. —    °2.\n                         N\n\n\n\n\n   LA\n\nW ALLONIE\n\n\n\n          29 Février 1888.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-202", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LES SOIRS, par Emile Verhaeren", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 115, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1825, "texte": "LES SOIRS, par Emile Verhaeren\n    U n vo lu m e d e v e rs, h o rs c o m m e rc é , lu x u e u se m e n t é d ité à p e tit\n                        nombre, illustré par ODILON R edon ;\n                   en souscription chez Mme ! Ve Monnom.\n                                     Prix : 7 francs.\n\n         V IN C E N Z O M . L O M B A R D I\n                       G lose à l’A près-m idi d’un Faune,\n                              Poèm e sym phonique\n                  c h e z l’ a u t e u r , 1 0 , A v e n u e R e ill e , P a r is\n                                 Prix : 5 francs. LE\n\n                LYS, par Fernand Severin av ec\n                         Frontispice par H . D E G RO UX chez\nL a c o m b le z , ru e d e s P a ro issie n s, B ru x e lle s e t c h e z L e m e rre .\n                                        Paris.\n                                 P rix : 2 fran cs.\n                      C A P R IC E R E V U E\n        JO U R N A L A R T IS T IQ U E E T L IT T É R A IR E\n             B u rea u x : R u e d u Jard in B o ta n iq u e , L iég e .\n                            Abonnement : 5 fr. par an.\n\n   H IST O IR E S                        E S T U D IA N T IN E S\n          P a r Georges ROSM EL (Gust. R A H LEN B ECK )\n                chez B. K noetig, 70, rue V erte, B ruxelles.\n                                   P rix : 2 francs.\n\n                     A P A R A IT R E EN A V R IL\n COUTES POUR L’AIMÉE, par Maurice Siville\n       Un volume de grand luxe format in-8° jésus,\n              illustré par Emile Berchmans.\n       P r ix     en sou scrip tio n                 : D IX         F R A NC S .\n Ces exemplaires seront tous signés et numérotés\n                     à la presse.\nOn souscrit chez M. Aug. B E N A R D , imprimeur-éditeur,\n        rue du Jardin-Botanique, 12, à Liége.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-001", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 105, "page_fin": 106, "titre_corps": "Lettre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stéphane Mallarmé", "ancre_debut": "LETTRE. Mallarmé nous adresse", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 116, "page_imprimee": 105, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 913, "texte": "LETTRE.\n\n\n\n                Mallarmé nous adresse — et nous\n      St é p h a n e\n\n        aimons à la publier, — la lettre suivante.\n        Les pages du Maître sont trop précieuses et\ncelle-ci nous est une trop douce joie, pour que nous\nrésistions au plaisir de la faire connaître à nos\nlecteurs.\n\n               Mon cher confrère\n\n   J ’ai à vous remercier ; et à m'excuser, non de mon\nsilence après votre gracieux envol de la collection (vous\nsavez que les lettres ne s'arrachent au poète en train\nd'un travail, qu'à la façon du linge sur la peau d’un\nmalade, ou douloureusement) mais de ne vous avoir\npas répondu par ma collaboration. I l faut, pour résister\nà cela, devant l a W a l l o n i e , qui me paraît le recueil\njetant, avec le plus de matin, la note présente chez vous\net remplaçant bien nos Ecrits pour l’Art, un motif.\n                                                     8\n"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 106, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 492, "texte": "100                                     L a Wallonie.\n\n\n\nSimplement que j ’ai renoncé, d’ici au jour qu’il me\nsera permis de produire, dans leur stricte et totale évi­\ndence, quelques idées qui me hantent encore incomplètes\nou troubles, oui, malgré toute une vie ! à rien distraire\nde ma pensée prématurément; ce n’est jamais qu’une\nmauvaise besogne et la tronque ou la dénature, anté­\nrieurement à elle-même.\n\n  Mais je vous lis, avec joie.\n\n                         S téphane M A LLAR M É.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-002", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 107, "page_fin": 116, "titre_corps": "Quelques œuvres d’art", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "QUELQUES ŒUVRES D'ART (1). (CASSEL, LA HAYE.)", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 118, "page_imprimee": 107, "debut_caractere": 2, "fin_caractere_exclue": 1036, "texte": "Q U E L Q U E S Œ U V R E S D ’A R T (1).\n\n\n                         (C a s s e l , L a H a y e .)\n\n\n\n                                                                             C a ssel.\n\n\n\n\n          Ce s t aux\n                   ’ de Goncourt, beaucoup, et à Bürger\n         un peu, que je dois d’être venu ici, et je les en\n         ai cordialement maudits. L e très sagace cri­\n         tique dont les excellentes études ont mis en\ndue lumière les principaux artistes de l’école hollan­\ndaise, disait grand bien du Musée de Cassel ; et les\nde Goncourt, dans cet admirable livre ; Idées et Sen­\nsations, la quintessence de leur Journal tant apprécié\nces derniers mois, avaient noté l’impression d’une\nétrange capitale où il semblait que personne ne\nrégnât et au Musée, des Rembrandt presque ignorés,\nsurtout l’un d’eux, en une prestigieuse description :\nLa Bénédiction de Jacob !\n\n  ( 1) N otes de vo y ag e. V oir L a   W a l l o n ie , 4   no v em b re 1887 : Cologne et\nFrancfort. — D ans le p ro c h a in n ° , A m sterdam .\n"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 108, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1583, "texte": " 108                                    L a Wallonie.\n\n\n\n     Quelles désillusions ! J ’ai trouvé une ville assez\n  grande, mais flairant terriblement la province et la\n  déchéance, et infectée de militarisme. On entend\n  dans les rues trop larges et presque désertes, sonner\n  des éperons et des sabres ; partout l’empreinte\n  prussienne et le brutal souvenir de 1870 s’attestent.\n  E t de ce musée tant vanté, que dire d’assez mé­\n prisant, d’assez flétrissant ? C’est plutôt un meeting\n de toiles qu’un musée. Quelle démolition à faire, cette\n célébrité, et quel service à rendre aux infortunés\n qu’attire à travers l’espace, son renom usurpé : ne\n partez pas, amis et prenez garde ! N ’allez point\n cogner là-bas vos enthousiasmes aux murs déce­\n vants de cette très médiocre galerie. V otre culte\n pour Rembrandt en aurait les ailes cassées et il\n vous faudrait beaucoup d’efforts pour conserver de\n l’estime à Jordaens et à Rubens ! 0 les chromos\n abjects, les œuvres infâmes de maîtres vénérés !\n    Il y à Cassel presque autant de R em b ra n d t que\n dans la Hollande entière. Mais tandis que la terre-\npatrie conservait ses chefs-d’œuvre, Cassel s’occu­\npait à collectionner les rebuts et les défaillances de\nson labeur formidable. Sont là, du maître, des por\ntraits lamentables, des portraits qui font mal à celui\nqui l’aime, tant il semble révéler de vileté d’âme, de\nbassesse de peintre méticuleux et bête volontaire­\nment, humiliant son art, en de lâches complaisances\nà d’imbéciles désirs de bourgeois qui paient ! De\nfaciles besognes, qui paraissent souillées encore\n"}, {"page_pdf": 120, "page_imprimee": 109, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1493, "texte": "     Quelques Œuvres d’A rt.                           109\n\n\n des préoccupations de lucre qui les inspirèrent, et\npour lesquelles le peintre parcimonieusement triait\nles magiques qualités de son pinceau. Jamais\nRembrandt ne m’était apparut sous cet aspect.\n   Jamais non plus je n’ai senti, comme à C assel, tout\nle côté de procédé monotone et commode qu’il y a\ndans ses œuvres inférieures, ses éclairages absurdes,\nses couleurs de convention, la faiblesse de son dessin.\n   Il convient d’excepter de cet anathème un beau\nPaysage, la Bénédiction de Jacob dont parlent les\nConcourt, en dessous pourtant de leur brillante\ninterprétation, car je ne sais si l ’artiste, au lieu du\nlarge symbolisme qu’ils y découvrent, n’a pas sim­\nplement cherché un bel effet de lumière rouge et or,\nbien supérieurement atteint dans la Fiancée Juive\nd’Amsterdam et enfin un superbe Portrait, où j ’ai\nretrouvé tout son génie.\n   Le catalogue, — un catalogue comme plus\nune collection publique n’oserait encore en avoir\nactuellement — le renseigne ainsi : “ Portrait de\nNicolas Bruyningk, Secrétaire de la Chambre des\nInsolvables, à Amsterdam, signé R e m b ra n d t 1568 „ et\najoute ce boniment ridicule : “ L a très spirituelle\nconception de cette aimable personnalité, aussi bien\nque l'extraordinaire liberté et maîtrise de l'exécution\nne peuvent être égalées. „ C ’est idiotement dit et il\nest agaçant de se voir imposer des impressions, mais\nc’est juste.\n   Je sais peu de portraits plus beaux que celui-là.\n"}, {"page_pdf": 121, "page_imprimee": 110, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1567, "texte": "110                                                     L a W allonie.\n\n\n\nDe la seconde manière de Rembrandt, quand sa\nlibre originalité, déployée soudain, commençait à\ndéconcerter ses contemporains, il est aussi large­\n ment traité que le merveilleux portrait du bourg­\nmestre Six ; et, dans la tête mélancolique et fière du\njeune homme, s’indique un monde de pensées, le\nmystère psychologique d’ une existence, cet au delà\n— qui est le meilleur et le plus pur de l’art, — et\nque Rembrandt sut parfois mettre en des œuvres,\npréoccupées surtout, en apparence, de restituer la\n réalité et la vie !\n     Mais que dire du reste ! Les R u b e n s et les J o r d a e n s\n et les H a l s s’étalent et tous ont l’air de copies. Leur\n peinture est terne et pauvre, et leurs caractéristiques\n s’exagèrent en insupportables défauts. Puis c’est la\n cohue obligée de petits maîtres hollandais qui,\n lorsqu’ils ne sont pas parfaits, sont fort déplaisants.\n Ici, ils sont pires que partout ailleurs.\n      E t l’on se promène désespérément à travers les\n salles d’où suinte un ennui lourd. Des Anglais\n aux guides rouges, s’exaltent de confiance. Malgré\n toutes les désillusions, on est stupéfié quand on ne\n trouve dans le cabinet des écoles belges et françaises\n que quatre G é r a r d d e L a i r e s s e , deux B e r t h o l e t\n F l e m a e l , deux P o u s s i n , un I n c o n n u , deux C a r l o\n  C i g n a n i , un F r a n c e s c o T r e v i s a n i (* ).\n\n      Après cela, quelques Allemands primitifs M a t h .\n\n   (1) A bsolum ent e x a c t. C atalogue, page 2 0 .\n"}, {"page_pdf": 122, "page_imprimee": 111, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1512, "texte": "     Quelques Œuvres d'A rt.                                    111\n\n\nG r ü n e w a l d et B e r n a r d S t r i g e l entre autres, pa­\n\nraissent splendides et vous arrêtent quelque temps,\net l ’on retombe, dans les écoles italiennes représen­\ntées seulement par des copies du T i t i e n et les plus\nrepoussants produits de la fabrique bolonaise. Puis,\npour finir, — le coup de grâce : rêve-t-on cela ! —\nune salle entière de copies de R a f a ë l !\n   J ’en suis sorti furieux et m’en fus promener mon\ndésappointement dans le parc du Grand-Duc. E t il se\ntrouve que ce parc, que je n’espérais point, était\nencore la plus attirante des œuvres d’art de Cassel.\nImmense et royal, avec de vastes pelouses, des\npièces d’eau, des taillis comme des forêts, et des\nallées, dans de très hauts et très vieux arbres, larges\npour y mener toute une cour, des cygnes lents sur\nles étangs sombres et des blancheurs de statues, au\nloin, comme des ombres sveltes aperçues dans les\nbois, la paix, la majesté de seigneuriaux domaines,\nun grand décor X V I I I e siècle et princier, qui me\nconsola.... Puis c’était abandonné et désert ; et en\nAllemagne, moins il y a d’habitants dans le paysage,\nplus c’est beau !\n                                                     La Haye.\n\n\n\n  Chez un marchand de tableaux, M. v. W..., qui\nsait être en même temps un délicat artiste et un\nappréciateur d’un goût sûr, et que les seules exi­\ngences des bourgeois acheteurs n’empêchent pas\nd’aller hardiment vers l ’art nouveau, vers les tenta­\n"}, {"page_pdf": 123, "page_imprimee": 112, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": " 112                                        L a Wallonie.\n\n\n\n  tives originales et déconcertantes, — dans une mai­\n  son emplie de toiles choisies, audacieuses, indépen­\n  dantes , et exquisement encombrée de bibelots\n  précieux, j ’ai pu admirer l ’œuvre de l ’artiste qui\n  est, à l ’heure actuelle, le premier de ceux de\n  Hollande : M a t h i e u M a r i s . Il exposa au X X en\n février passé et j ’en disais alors, dans la Jeune Bel­\n gique : “ de M a t h i e u M a r i s , quatre petits tableaux\n qui font désirer un envoi plus important, surtout\n cette admirable Rêverie, si chaudement colorée dans\n une gamme de tons bruns et roux, avec toute une\n poésie de mystère en ces fouillis profonds, et une\n grâce énigmatique et inquiétante en cet enfant qui\n songe. „ Il fut peu remarqué, et la plupart ne\n s’appliquèrent point à le distinguer des deux autres\n M a r i s déjà célèbres, W i l l e m , le peintre d’animaux\n qui exposait en même temps des vaches d’une opu­\n lente couleur, et J a c q u e s , l’admirable paysagiste\n dont on se rappelle le Souvenir de Dordecht, au salon\n de Bruxelles de 1884. M a t h i e u M a r i s est supérieur à\n ses deux homonymes de toute la hauteur d’une rare\n intellectualité. C’est un peintre aussi, et qui a l’habi­\n tude prodigieuse et la science consommée du métier,\nmais c’est surtout une âme. Nous entrons avec lui\n dans un monde étrange, presque inexploré ; il dé­\nroute d’abord tant il est inattendu, mais on le chérit\nensuite avec d’autant plus de ferveur, qu’il n’a pu\nêtre compris qu’après une difficile initiation. Dans\nles champs de l’art, un sillon nouveau.\n"}, {"page_pdf": 124, "page_imprimee": 113, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1601, "texte": "     Quelques Œuvres d’A rt.                             113\n\n\n    J ’ai vu chez M . v. W.... six tableaux et u n fusain, le\n labeur de longues années, car M a r is est, paraît-il, un\n furieux de perfection, jamais satisfait de lui-même et\n s’acharnant à réaliser ce qu’il a voulu. Etaient là : un\n portrait d’enfant, œuvre ancienne déjà, d’une facture\n un peu sèche comme un B. V an der Helst, mais avec\n des accents décidés et une allure à la V elasquez; un\n fusain : un château, vieux manoir de légende, perché\n sur un rocher, dans des arbres, au milieu de buées,\n très vague, rêveur et doux comme un Corot ; deux\n têtes : une jeune fille blonde, mi-renversée, à la\n bouche comme un fruit, l’autre quelque Cléopâtre\nfière et superbe, l’œil noir impératif, une chair mate\n sous un bout de draperie orange ; — un paysage gris\nroux, au matin, très incertain, un effet d’aurore\nbrumeuse d’une rare délicatesse de tons harmo­\nnieux comme certaines esquisses symphoniques de\nW histler — une autre tête de femme, sous des den­\ntelles blanches et des fleurs virginales, à demi voilée,\nune fiancée candide et ingénue, mais en même temps\nsi bizarre, avec des dessous de caractères si fan­\ntasques, une apparence raide de poupée, je ne sais\nquoi d’artificiel, d’étrange, véritable chef-d’œuvre qui\nm’a rappelé mes émotions devant les R edon ; enfin,\nun grand tableau, une rêverie : une châtelaine à\ndemi renversée, en robe bouffante d’époque vague­\nment lointaine, autour d’elle des architectures\nlongues à discerner, peut-être un palais, une fenêtre,\nun vitrail. Dans l’ombre, une tête de sorcière, telle on\n"}, {"page_pdf": 125, "page_imprimee": 114, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1511, "texte": "114                                     L a Wallonie.\n\n\n\nen voit dans des albums de Crane ; et dans le haut\npasse comme flottant dans la nuit un pâle et triste\nvisage de jeune homme, aux yeux douloureusement\namoureux, comme, après certains primitifs italiens,\nBurne Jones en a su mettre en ses tableaux. — L a\nRêverie exposée au X X faisait penser à Gustave\nMoreau, mais il y a encore dans celle-ci des traits\ncommuns avec le maître français.\n   Que voilà de noms cités et d’analogies : Velasquez,\nRedon, W histler, Moreau, Burne Jones ! C ’est qu’il\nest bien difficile vraiment, quand on doit parler d’un\npeintre original et neuf, de caractériser son talent,\nsans recourir à des comparaisons souvent forcées.\nMaris a un peu du génie de tous ces maîtres, mais il\na le sien bien à lui et cet ensemble de toiles si variées\na un indéniable accent personnel. Comme tous les\npeintres du Nord, c’est un coloriste ; il possède le\nsecret des tons rares et splendides, mais il s’en sert\nde très discrète façon. En cela, il se rapproche plus\ndes Anglais que de ses compatriotes. Pas de touches\nviolentes et grasses, mais un travail extrêmement\nserré, poussé aussi loin que possible, sans jamais\naller à la méticulosité. Pas de couleurs tapageuses\net en contraste, au contraire, une volontaire atmo­\nsphère, cherchée, peinte, vaguement brune ou rousse,\nenveloppant tout, couleurs et nuances, dans un\nmoelleux de songe et par conséquent une tonalité\ngénérale uniforme, où très délicatement vibrent des\nharmonies spéciales.\n"}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": 115, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1608, "texte": "    Quelques Œuvres d’A rt.                          115\n\n\n   Mais ce n’est pas ses extraordinaires qualités de\nmétier : cet œil si sensible aux plus subtiles corres­\npondances, cette main si sûre d’elle-même — les\ntêtes de la châtelaine et des pages dans la Rêverie\nsont des merveilles de dessin et des merveilles d’une\nfacture fort curieuse et dont le secret est difficile à\ndécouvrir, — que je veux louer en Maris. Ce qui le\nmet si haut et si à part dans l’art de ce temps, c’est\nque c’est un peintre de mystère. Comme Moreau,\ncomme Redon, il met un peu d’illim ité dans ses\nœuvres. Elles sont longues à comprendre, et jamais\non n’est certain de les avoir entièrement perçues.\nSuggestives plutôt que descriptives, elles valent par\nl’énigme qu’elles nous posent et l’écheveau sans fin\ndes réponses possibles qu’elles y font. C’est l’imprévu,\net l’étrange, le millier d’hypothèses, d’idées vagues,\nde sentiments confus, variables et mobiles comme le\ndessin des nuages au ciel. Telles certaines sensa­\ntions, peu définissables données par la musique. E t\nrêveries qui bien admirées, prennent rapidement la\n signification profonde de symboles, tant elles syn­\n thétisent d’impressions, et réalisent, en images, des\n idées. E n ce sens supérieur, Maris est plus qu’un\n peintre, c’est un artiste. E t c’est pourquoi, en atten­\n dant quelque étude sérieuse, j ’ai voulu donner dès\n maintenant ces notes trop sommaires, car je ne sais\n pas, pour qui critique, de plus certaine satisfaction\n et de plus légitime orgueil que de devancer les admi­\n rations et d’aller aux ignorés qui seront les gloires de\n  demain.\n"}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": 116, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 505, "texte": "116                                            La Wallonie.\n\n\n\n   P h ilip p e Z ilc k e n , l’excellent aquafortiste, a fait\nd’après Maris deux superbes eaux-fortes ; l’une\nd’après un tableau que je n’ai pas vu : Un baptême\nen Suisse, très curieux en son arrangement bizarre et\nd’une émotion intense en son intimité, l’autre d’après\nle fusain, le paysage au château de légende, perché\nsur son rocher au milieu des arbres, comme dans un\nrêve.\n\n                                    J u le s   D E S T R ÉE.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-003", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 117, "page_fin": 120, "titre_corps": "Extrait de « Meilleur devenir »", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "René Ghil", "ancre_debut": "EXTRAIT DE « MEILLEUR DEVENIR » (DU MANUSCRIT NON REVU)", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 128, "page_imprimee": 117, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1515, "texte": "E X T R A I T DE « M E I L L E U R DE VEN IR »\n\n\n               (DU MANUSCRIT NON REVU).\n\n\n\n                                  A r g u m e n t : l e m e il l e u r   d e v e n ir   est\n                              le P o è m e d u     D a r w in is m e .\n                                  E n ce poèm e III : v enus des P ro -\n                              liste s n és d ’in c o n n u e s e t sim ples\n                              ré a c tio n s c h im iq u es (« l’A nim é - qui -\n                              n ’e s t-A u tre »), se s é p a re n t ré so lu m e n t\n                              en le u rs deu x m ilieu x , l’a ir e t l’eau,\n                              le m onde v égétal e t le m o n d e a n im a l...\n                              Des é ru p tio n s p a rtie lle s im m enses\n                              a g ite n t la T e rre e t la M e r...\n                                  P o u r l’e n tiè re c o m p ré h e n sio n de\n                              l’in s tru m e n ta tio n : p a ss e n t quelques\n                              th èm es de l’O u v e rtu re e t des deux\n                              p re m ie rs poèm es, e t le g ra n d le it­\n                              m otiv « e t selon le p ro g r è s ...»\n\n\n                       POÈM E III.\n\n   et l’éparre a sillé les am as de naguères\n\n   et le doute intégral s’agite de purs grés\n   (la pluie évanouie et lente dégénère)\n   et soulageant la m er grave sans dénouements\n   se dépose longtem ps l’espoir des sédiments.\n"}, {"page_pdf": 129, "page_imprimee": 118, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1632, "texte": "118                                             L a Wallonie.\n\n\n\n      e t qu’il appert qu’un m onde en existan t augm ente\n      qu’engendra l’Animé-qui-n’est-A utre g ira n t !\n      I l le m eut au salut de la lourde lum ière\n      dont les dispensateurs aveux p lanent errés :\n      O suite en le viv an t Tressaillem ent en suite\n      en le long verdoiem ent dans la vague exhum ante\n      et le plus h au t que doit l’air qu’elle expérim ente\n      en l’am ple aggrippem ent qui vainque végétal :\n      I l le m eut au salut de la lourde lum ière !\n      O qui m onte agité du g rand sort inquiet\n      de digérer l ’appât des sels qui gisent, et !\n      A pte à se segm enter d’étrangers qu’il avère\n      ou laissant évaguer vers des songes d’ovaire\n       d’un pollen anim al les songes viateurs,\n       de prodiguer le mieux d’A utruis am pliateurs\n       vers une plante vraie et dans l ’azur séduite :\n       O suite en le viv an t T ressaillem ent en suite\n       m êlant im m ensém ent le h asard génital\n       sous qui gère la loi d’ellipse dilatoire :\nAmour — germe dans lui de lui germant — Amour.\n\n      (la pluie évanouie et lente dégénère)\n\n      Or houlante nuem ent sous la voûte la Mer\n      (la pluie évanouie et lente dégénère)\n      de ses dessous et ses m onts mornes arrache et\n      M ontre non sonore et h au t T résor au m uet\n      gisem ent pur aux nuits aux plages qui plangorent\n      Quels anim aux d’aurore im puissants à mouvoir\n      leur mollesse gardée en un derme stérile\n      n a rra n t qu’ils viennent des passés plus seuls qu’hier\n      Où les visquosités natives le n t explorent :\n"}, {"page_pdf": 130, "page_imprimee": 119, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1339, "texte": "   E x tr a it du “ M eilleur D evenir. „              119\n\n\n   et leur long devenir végète le devoir\n   (O suite en le vivant Tressaillem ent en suite)\n   de digérer l’appât des sels qui gisent, et !\n   A pte à se segm enter d’étrangers qu’il avère\n   ou laissant évaguer vers des songes d’ovaire\n   d'un pollen anim al les songes viateurs,\n   de prodiguer le mieux d’A utruis am pliateurs\n   vers l’anim al lui-même en m ouvement et gloire\n   M êlant im m ensém ent le h asard génital\n   sous qui gère la loi d’ellipse dilatoire :\nAmour — germe dans lui de lui germant — Amour\n\n   e t là depuis le grand nuage originaire\n   la pluie évanouie et lente dégénère.\n\n\n\n\n   Tel en les deux m ilieux que le voilà divers :\n   et qui du sol prem ier qu’onde ne violente\n   T ôt épris de plus loin envia l’univers,\n   et qui dut unim ent en sa genèse allante\n   éprouver que valaient pour qui vive et supplante\n   Toutes les nuits et les phosphores de la Mer\n   Tièdes aux âges lourds et m ultiples d’une ère :\n   Tel en les deux m ilieux que le voilà divers :\n   l’unique monde plein d’évagation lente\n   qu’engendra l’Anim é-qui-n’est-A utre g irant\n   des neutres unions sous l’ondoiem ent seul grand,\n   en deux grands orients pullulants évolue\n   V ers la loi pressentie et la plus vite élue :\n   O le plus am plem ent et le plus âprem ent !\n"}, {"page_pdf": 131, "page_imprimee": 120, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 973, "texte": "120                                                      La Wallonie.\n\n\n\net selon le progrès de l’ellipse suprême\naux deux points éloignés s’éloignant au désir\nQu’elle règne la droite universelle et même\nAussi loin qu’en deux sens aillent rêve et loisir.\n\n\n\n      et les M idis et les M inuits s’am éliorent.\n      Quoique réem pourprant les T erres et dressant\n      l ’onde et l’angoisse et leurs T ourm entes qui d’éparre\n      (en quels T orrents de leurs lueurs en quels T orrents)\n      Troueront même Midi dont le M inuit s’em pare :\n      Mais unissant l’espoir des îles long issan t !\n      (la pluie évanouie et lente dégénère)\n      en vain d’épuisem ents plus h au t d’ire et d’ardeurs\n      Tonne en hasards le soin dernier d’ardeurs m ourantes.\n\n                                                         R ené   G H IL .\n\n\n   (LE MEILLEUR       d e v e n ir   : liv r e I,   en    préparation , de\nLÉGENDE DE SONGE ET d e SANGS, prem ière partie de la\nV IE .)\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-004", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": 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Le croissant lunaire d’une magnétique pâleur,\ntrône dans le bleu qui s’assombrit graduellement.\nUne étoile solitaire, hâtive à son poste nocturne,\nsemble l’œil placide d’une V ierge ignorante et in­\nviolée, morte sans avoir soupçonné la sanglante\nâpreté des terrestres amours. Des chauves-souris,\nzigzaguant par les airs, esquissent de fantastiques\narabesques en leur vol bizarre et cassant. A l’horizon\nfuit, blanche et comme éperdue, la fumée d’un train\ninvisible. Sur le fleuve aux eaux étincelantes, rapide\n                                                      9\n"}, {"page_pdf": 133, "page_imprimee": 122, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 718, "texte": "122                                   L a W allonie.\n\n\n\net silencieux, un vapeur glisse, et l’on dirait d’un\ncygne noir, énorme, nageant dans l’onde glauque, si\nmystérieuse ! Une brise tiède vient réveiller les\nfeuillées assoupies, qui se plaignent discrètement.\n   Près de ma fenêtre passent, dans l’air saturé de\nsenteurs capiteuses, des bourdonnements de lucioles,\napaiseurs, plaintivement.\n   Et, torturé par l’ennui de vivre, souffrant de ne\npouvoir ciseler un beau vers merveilleux, un vers\ngrandiose et candide, où je mettrais toute mon âme,\nje rêve à l’ultime délice de me figer dans l’éternel\noubli, dans la Mort généreuse, pareil à ces saints de\nvitrail dont l’œil extasié louche immuablement.\n\n\n\n\n          "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-005", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 122, "page_fin": 123, "titre_corps": "Souvenir d’antan", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Delchevalerie", "ancre_debut": "SOUVENIR D’ANTAN. Pour la belle Rêveuse. 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Je sentis un bonheur immense,\n débordant : la tête haute, d’un pas léger, je continuai\n ma route en souriant, radieux, enchanté, au delà\n d’humaine expression, d’avoir reçu dans un regard\n la pitié consolante, l’affectueuse compatissance de la\n splendide rêveuse; tandis que le soleil, plus éclatant\n entre deux nuages noirs, tombait en rayons drus sur\n\n\n                           Charles\n les toits lavés et miroitants.\n\n                               D E L C H E V A L E R IE .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 124, "page_fin": 124, "titre_corps": "L’Annonciatrice", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Van Lerberghe", "ancre_debut": "L’ANNONCIATRICE. A Albert Mockel", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 135, "page_imprimee": 124, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 556, "texte": "L ’A N N O N C I A T R I C E .\n\n\n                                       A A lbert M ockel.\n\n\n\n\nE\nAu\nn cette n u it mobile et sombre\n Sourde aux parfum s silencieux,\n     fond du songe de mes yeux\n S ’est répandue une enfant d’ombre ;\n\n Son corps p aré pour le matin\n D es blancheurs de son âme entière ,\n A mes lèvres fit la lumière\n D e ses murmures de satin.\n\n Or cette en fan t , fleur rayonnée,\n E n mes yeux où son âme dort ,\n D a n s l’ ombre s’est illuminée\n D u réveil d’une chambre d’or.\n\n                 C h a r le s VAN L E R B E R G H E .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 125, "page_fin": 128, "titre_corps": "Scènes de bal", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Saint-Paul", "ancre_debut": "SCÈNES DE BAL. 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leurs pieds d’élégants amoureux,\nenrubannés sous des souliers si savoureux,\nqu’ils sem blent dire et délier cette vieillesse\ndu rire aigu, regain de vieillard en liesse,\nd’harm onica, de clavecin : joujoux d’enfants.\n\nA ux mouvements des distingués paniers bouffants\ntrém ole, et s’accentue, et chevrote, et soupire,\nSi trem blotant, si secoué, cassé, — ce rire\nque les seuls violons, sur l’aigrelet ténu,\nfilent menu, menu, menu, menu, menu.\n                               «\nF êtes vers Cupidon se vocalisent douces\np ar des rappels d’échos — pour les déçus lointains.\n\nD es guirlandes d’enfants seigneurs, m ûrs aux dédains,\ndandinent dans des sons claqués doubles de pouces,\ndélicatesse de castagnettes : les m ains !\ninnocences de chairs que nacrent les fossettes,\noffrant à l’enfant dieu les délices doucettes\ndes jeunes m ères si frivoles des demains,\nqui té tèren t le la it de la Mère des mères.\n\nE t les frêles bras nus, en guirlandes passant, .\nont des enlacem ents tourm entants de chimères\nserpentines, — et les frêles bras brandissant\nles signes conjugaux d’absences éphémères\nappellent les Toujours des Lendem ains issus.\n"}, {"page_pdf": 138, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1435, "texte": "     Scènes de B al.                                          127\n\n\nE t des rappels d’échos m artèlen t les déçus\nque sucrent de façons rieuses et rebelles\nen leur m ignard effarem ent les folles belles !\n\nT an t que vers Cupidon volent, frêles et nus,\nles bras nacrés d’enfants en guirlandes venus.\n                                *\n\nP anaches perlés, gerbés ont ja illi les je ts d’eau joyeux,\net jaillissen t lourds d’écumeux pompons, gerbes cajoleuses.\n\nDes rondes d’enfants, des rondes de fleurs, des rondes frôleuses\nvont se pavanant et se déployant d’un élan soyeux.\n\nE t, panaches blancs, jaillissent toujours les gerbes fécondes :\ntriom phe d’écume en la m oire d’eaux qu’enlacent les rondes.\n\nBortdissants et vifs, savam m ent lancés, volent les volants\ndont se croisent h au t les frém issem ents si neigeux de plumes :\nfrissons de duvet sem blant s’échapper des laines d’écumes.\n\nL es je ts argentés s’élèvent joyeux panaches croulants.\n\nE t pleure les fleurs, ses flocons frileux dont plus il n ’ondoie,\nle jo li gazon, le gazon foulé p ar les jeux de joie.\n\nL a foule poudrée au b ru it des to rre n ts ondule — et les cris\ndes rires d’enfants sonnent cristallins les notes loyales\nde cette fragile et lasse folie où les guilleris\ndes lascives voix s’orchestrent aux jeu x des ondes royales.\n                                *\nF lo tte un envolement las de teintes fanées\nen les tiédeurs de blancs ram ages de blancheurs.\n"}, {"page_pdf": 139, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1020, "texte": " 128                                           L a Wallonie.\n\n\n\nS’avance un pas menu d’élégance — et, lècheurs\nde nudités des fleurs sur l’herbe talonnées,\nles souliers palpitants glissent au noble pas,\nen les tiédeurs des froissem ent frêles de robes.\n\nL es menus pieds pressent le pas — m ais ne vont pas\nsans balancer en des blancheurs ternes de globes\nles fraîcheurs pâles des perruques à frimas.\n\nP arm i les lys et les iris glisse et s’irise\nle las envolem ent de soie aux plis d’émail\ndes nudités de leurs robes où flotte, et frise,\net s’éploie un duvet de cygne en éventail\nque perv ertit de m ignardise un geste mince.\n\nSi délicat m eurt d’élégance un menu pas\noù les pieds am incis lassent les falbalas\nqu’entre deux doigts coquettem ent discrète on p ince,\nen les tiédeurs d’envolement et les fraîcheurs\ndes iris près des lys irisés de blancheurs,\n\nquand s’alanguit telle douceur de ce sourire,\nau pas, flâneur; si m ièvre au geste, et qui désire.\n\n                                    A l b e r t SAINT-PAUL.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-008", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 129, "page_fin": 134, "titre_corps": "Chronique des arts", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CHRONIQUE DES ARTS. A Bruxelles. rAmand Sylv", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 140, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1026, "texte": "C H R O N IQ U E D E S A R T S .\n\n\n                                           A B ru xelles.\n\n\n\n\n         rAmand Sylvestre est venu conférencer à\n           Bruxelles, il y a un mois. Ne croyez pas que\n           je vais longuement vous entretenir de ce\n           peu intéressant personnage; je veux simple­\nment vous dire que, sous prétexte de nous parler du\n théâtre de George Sand, le conférencier nous a\nraconté des histoires très drôles sur MM. Dennery,\nDaudet, et.... Mme Sand, même.\n   Il nous a lu — aussi mal qu’il les fait — des vers\nqu’il écrivit à la mort de cette grande femme. —\nRien ne doit plus nous étonner ! — Le même Armand\na commis une pièce caramélique dénommée la Mort\nde Sapho, qui, ayant été dite atrocement par des\nacteurs fort mal disposés, sans doute l ’interprétation\nvalant l ’œuvre, a fait un four noir.\n  Pauvre Laripète :\n  Max W aller a fait jouer dernièrement, un tout petit\nacte, très applaudi, intitulé Poison. — Nous décompo­\nsons : une conversation entre une mère, son fils, une\n"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1664, "texte": "130                                                                       L a Wallonie.\n\n\n\njeune fille “ très bien, „ une histoire sur la création du\nmonde et du.... thé vert, narrée par le fils — un avocat\ncélèbre, nous apprend-on;— une scène entre ce jeune\n Cujas et “ une de ces femmes qui sont la honte de leur\nsexe et l’opprobre du genre humain „ (cette phrase de\nTartuffe est écrite par un étudiant ! 0 vertu !) sa maî­\ntresse qu’il vient de “ lâcher,,; puis l’intervention de\nla maman qui essaie de mettre à la raison et à la porte,\ncette Sapho récalcitrante, laquelle feignant le dé­\nsespoir, tire de sa poche une fiole de poison. E lle va\navaler le “ fatal breuvage „ quand la maman le lui\nprend des mains et l’ingurgite ; — ça, du poison ?\nallons donc! — E t très “ estoumaquée „ celle qui doit\nson bien-être à son déshonneur (*), sort en disant à\nson “ type „ : Décidément, mon bon, ta mère est\nplus forte que toi ! — L e mot de la fin est très\nthéâtral, et a porté, mais nous doutons fort qu’il\nexiste une maman assez imprudente pour être aussi\nforte que cela. — Poison est très gentiment écrit et\nest une bonne œuvre parmi le menu bagage littéraire\nde Max Waller.\n                              *\n                             * *\n   Le 6me concert Servais avait fait salle comble ; le\nprogramme était superbe. Après la délicieuse ouver­\nture des noces de Figaro, de Mozart, très bien rendue,\nMlle E lly Warnots a chanté un air de la Flûte\n\n   ( 1) V oir p o u r re n s e ig n e m e n ts s u r c e tte p h ra se m a je stu e u sem e n t p u d i­\nbo nde, le ju g e qui a p ro n o n c é le ju g e m e n t d a n s l'affaire R ig h e ttin i à\nB ru x elles.\n"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1515, "texte": "    Chronique des A rts.                            131\n\n\nenchantée. Mlle W arnots est une cantatrice à voix\nforcée; de savantes études de gymnastique vocale\nont suppléé chez elle aux qualités naturelles absentes.\nAussi son organe est-il peu sympathique ; de plus,\nMlleW arnots chante faux avec un sangfroid étonnant.\n   L a symphonie n° 1 de Brahms que nous y avons\nentendue est certes la moins personnelle des œuvres\nde ce maître. L ’influence de Beethoven y est con­\nstamment très sensible. L a partie de violon est admi­\nrable comme toujours chez Brahms ; les cuivres sont\nmoins bien traités. Quoi qu’il en soit, cette symphonie\nest très belle ; elle a été fort bien interprétée par\nl’orchestre — un peu maigre — des concerts d’Hiver.\n   L a pièce de résistance du programme était “ l'Eg ­\nmont „ de Beethoven, œuvre très impressionnante,\nquoique d’une coloration assez terne. L e génie de\nBeethoven semble s’être trouvé mal à l’aise dans ce\nmélodrame à courte haleine; mais dans l ’ouverture\net le finale où il a pu se développer plus à l’aise, on\nretrouve le colossal symphoniste.\n   L e public a fort applaudi l’exécution de l’œuvre.\nM. Alhaiza a dit les récits d'Egmont avec une justesse\net une sobriété très louables. — Disons pourtant que\nla voix de Mlle Warnots, la traduction ingrate de\nM. Guillaume et quelques accrocs de l’orchestre\nont un peu nui à la très artistique tentative de\nM. Servais.\n   L'évasion a été jouée, au Molière, le jeudi 16.\nL ’œuvre de V illiers de l’Isle-Adam, pleine de défauts\n"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1459, "texte": "132                                    L a Wallonie.\n\n\n\n et d’éclairs de génie — c’est un acte qu’il écrivit il\ny a vingt-cinq ans — demanderait une étude que la\n place dont je dispose ne me permet pas ici. Je me\n contenterai de signaler l’énorme succès obtenu dans\nle rôle de Pagnol, par M. Meristo, du théâtre libre de\nParis. Cet artiste possède un talent dramatique qui\nle place au premier rang, à côté de M. Antoine, dont\nje vous ai parlé dernièrement. Il a été sublime et\nterrifiant. Ce n’est pourtant l’élève d’aucun conser­\nvatoire !\n                               L u d w ig G H E LD R E .\n\n                                         Le Salon des X X .\n\n\n   L ’intérêt du salon actuel des X X est dans cette\nconstatation de l ’épuisement des antérieures for­\nmules, de leur remplacement par des préoccupations\net des théories nouvelles.\n   Depuis un temps long déjà, la lumière a de plus en\nplus préoccupé les artistes et peu à peu ont disparu\nles tons bruns et enfumés qui encrassaient les toiles\nd’antan. Il semble difficile de dépasser les gloires de\nclarté qui étincellent dans certaines œuvres contem­\nporaines et pourtant, qui sait ?\n   Mais au fond ce n’est que changement de théorie\ne t de technique, et si la plupart des toiles exposées\nau X X réjouissent l’œil par leurs merveilleuses tona­\nlités, une inquiétude se fait jour, de percevoir aussi\nchez quelques-uns, une telle absence, ou insou­\nciance d’idée ! Si nous exceptons Rops, Mellery,\n"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 133, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1591, "texte": "    Chronique des A rts.                             133\n\n\nKhnopff, de Groux et peut-être Lautrec, que reste-t-il\n sinon d’incomparables luministes ? L a couleur et la\nlumière sont de fort belles choses mais dont la maté­\nrialité est écrasée par la splendeur d’une pensée.\n   Ces quelques observations générales émises, nous\nparcourrons très rapidement ce salon en ne citant\nque ce qui s’impose.\n   Parmi les étrangers, Signac a des paysages d’une\nfraîcheur d’impression et d’une blondeur de lumière\nincomparable, de Toulouse-Lautrec, le plus intéres­\nsant des novateurs à notre avis, a envoyé 11 toiles\ndont plusieurs très remarquables : des portraits, des\ntypes curieux, des écuyères. Ces toiles laissent une\nimpression plus durable que la plupart de leurs voi­\nsines, elles ont une profondeur qui manque à la\nplupart des autres. Quant à Anquetin, c’est un très\ncurieux artiste qui a d’une manière évidente subi de\ntrès fortes influences japonaises, dont il a les décon ­\ncertances de dessin. L a couleur est étonnante, il a\nentre autres envoyé deux étincelantes toiles fumisto-\ndécoratives, Faucheur et Bateau. Madame Bernard a\nfait cette tentative à encourager de rénover l’art des\ndella R obbia en des statuettes céramiques fort\ncurieuses. M. Blanche lui, est un peintre qui a la\nchance d’avoir une ravissante femme, si le charmant\nportrait de Helleu est ressemblant. Dubois Pillet, un\nportrait et une grue à vapeur, le reste insignifiant,\nmême deux abominables portraits. Enfin Whistler\nqui a envoyé un portrait de femme arrangement en\nnoir n° 3, d’une superbe distinction, aussi deux\n"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 134, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1576, "texte": "134                                    L a Wallonie.\n\n\n\npastels et quelques petites eaux fortes. Les autres\nétrangers vont parfois jusqu’à être déplaisants.\n   Parmi les X X , à citer seuls : Henry de Groux qui\nfait présager un artiste d’une trempe peu commune\nmais se confine en des œuvres inachevées, des\nébauches souvent par trop rudimentaires, mal équili­\nbrées. Nous saluons en lui de puissantes, promesses\nmais jusqu’ici, rien de plus. Fernand Khnopff, des\nportraits insignifiants, des petits paysages adorables,\nsa sphynge d’une très empoignante impression d’é­\ntrangeté, un curieux tableautin \" de Belguiling, „ et\nenfin un extraordinaire petit portrait au crayon, une\nréelle merveille. Félicien Rops envoie le dessin du\nsuperbe frontispice qui orne la ravissante édition de\nMallarmé. Cette “ grande lyre „ est l’une de ses plus\nremarquables productions, et donne une bien rare\nsensation d’au delà.\n   Hellery (invité) à envoyé des diplômes de l’expo­\nsition d’Amsterdam très beaux, un frontispice pour\nles Pandectes, inférieur bien que fort beau, et enfin\nMajorité, œuvre capitale que Camille Lemonnier a\nglorifié avec trop d’autorité dans l’Art moderne, pour\nque nous en reparlions plus au long.\n   Quant au reste des exposants, bien que fort inté­\nressants pour la plupart, ils sont arrivés soit à un art\ntranquille qui nous est indifférent, ou se cherchent\ntrop eux-mêmes et leur personnalité pour produire\nune œuvre intéressante en soi. Mais la sympathie de\ntout artiste encourage leurs consciencieux efforts.\n                                            P. M. O.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-009", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 135, "page_fin": 140, "titre_corps": "Chronique littéraire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE. ’Jouvre le Lys de Fernand", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 146, "page_imprimee": 135, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1023, "texte": "C HR ONIQU E L I T T É R A I R E .\n\n\n\n\n        ’Jouvre le Lys de Fernand Severin, et le titre,\n          ces trois lettres imprimées en outremer pro­\n          fond, avec la forme bizarre, ancienne et un\n          peu cabalistique de ce caractère Y , ce mot,\nainsi qu'un hiératique oiseau d'azur qui symbolise\nétrangement la blancheur du livre, donne l’impul­\nsion initiale à ma songerie. “ Comme un navire\nindolent et sans but qui s’abandonne aux molles\npoussées des brises et se laisse flotter d’une incon­\nsciente dérive, ma pensée erre au gré des images.„\n   E t soudain une vision légère fixe son attention.\nA u fond du ciel d’un bleu songeur, il me semble\napercevoir la noble ondulation de grandes ailes\nblanches. Oui, c’est un grand cygne qui va planant,\nseul dans l’étendue immense. Il paraît doucement\nreligieux et résigné, regarde pensivement la terre\ndouloureuse où germent les passions. E t voici que\nde sa poitrine blanche neigent, neigent, des plumes\nsoyeuses, des plumes ou des pétales immaculés ; et\n"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 136, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1481, "texte": "136                                    L a Wallonie.\n\n\n\n cette belle neige duvetée s’éparpille et tombe sur la\n terre comme une dédaigneuse Charité, comme la\n forme frêle d’une liliale pensée peut-être affligée\n d’un Regret.\n   Le livre, en me glissant des mains, me rappelle à\nla réalité des choses. Mais le souvenir de cette vision\nme hante encore longtemps. — Oui, c’est bien cela :\nla Charité dédaigneuse d’un être pur, pour tout ce\nqui est impur autour de lui, et la comparaison de sa\npensée avec celle des autres le rattachant de plus en\nplus à la naïveté de la Foi. L e livre de Fernand\nSeverin est simple, religieux, et vaguement craintif\nde la chair. Il a le charme des choses frêles qu’à\npeine on peut toucher, et qu’un seul regard brutal\nserait capable de salir.\n   On y sent l’influence d’une éducation très catho­\nlique, dont le souvenir élève un incertain rempart\ncontre les sollicitations du monde. Aussi Fernand\nSeverin est-il un gothique absolu, d’art et de pensée.\nCe n’est point une poésie objective que la sienne; au\ncontraire, il nous dit ses désirs longs et doux, ses\ntièdes émois d’adolescent, des je-me-rappelle, vi­\nbrant comme la plainte d’une harpe, et aussi les\ndésirs flottants qui peuplent l’horizon de son avenir\net passent, çà et là, comme des traînées de voiles\nblanches aux lointains de la mer.\n   Le livre vaut donc par une unité remarquable ; et\nune personnalité fort nette s’en dégage, ennemie\ndu quelconque, éprise des nuances vagues, et déjà\n"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 137, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "    Chronique L ittéraire.                          137\n\n\n sûre d’elle-même. Cette phrase paraît enfermer une\n antithèse paradoxale. Elle est très vraie pourtant et\n dit combien d’éloges mérite le poète F ernand Seve ­\n rin.\n    Quant à la forme, elle n’est pas à la hauteur de la\n pensée. Em ile V erhaeren l ’a déjà fait observer dans\n l'Art moderne, et je le répète ici comme un affec­\n tueux avertissement à un artiste que j ’aime : F ernand\n Severin fait des vers parnassiens et se tient isolé de\nl’actuel mouvement littéraire. Je me rappelle qu’un\njour, ayant écrit une petite pièce en vers de neuf\n syllabes, il fut effrayé de son audace et ne l ’osa\npublier d’abord. J ’insiste sur ce point; non pas que\ntelle école me semble avoir réalisé la formule absolue\nne varietur de l’art. Mais parce qu’en définitive un\n artiste n’est vraiment complet que s’il admet l’art\nde son temps, et que l’art présent veut la parfaite\nliberté des moyens. L ’époque du sonnet et des vers\ngéométriquement tracés est bien passée depuis la\nvenue de W agner. Malheureusement Severin ignore\ntrop la musique, et ses vers le prouvent. Nous vou­\nlons l’originale variété des rythmes, et non plus les\nphrases carrées. Les alexandrins ne valent, comme\nforme poétique, que s’ils sont des rives solides entre\nlesquelles se jouent les mille remous du rythme inté­\nrieur, et, celui-là, Fernand Severin le néglige beau­\ncoup trop.\n   Mais cette critique ne doit point s’étendre trop\nloin, et je veux féliciter F ernand Severin d’avoir\n"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 138, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1192, "texte": "138                                       L a Wallonie.\n\n\n\ntrouvé mainte nouvelle alliance de mots, d’heureux\naccouplements de syllabes, et des vers définitifs tels\nque celui-ci :\n      Oh toute l’âme enfant recluse en tous ces lys.\n  Ce vers pourrait symboliser la figure même du\npoète que j ’analyse : sa naïveté qui regarde le\nmonde avec des airs d’étonnement, et la pureté\nnoble et fière d’un art vierge que l’étreinte de nul\nautre n’a souillé de son influence. E t enfin, il faut le\ndire nettement, le Lys de Fernand Se vérin est l’un\ndes plus beaux, sinon le plus beau, des poèmes de début\nque nous ayons eus en Belgique, depuis longtemps.\n\n                                A lbert   M O CKEL.\n\n\n\n\n                  UN E RÉPA RA TIO N .\n\n  Titre — qui donne à penser — d’un très amusant\nlever de rideau.\n  J ’y pointe deux dialogues menés allègrement, sur\nun ton mondain et pas trop banal ; se lisent quelques\ntrouvailles.\n  E n l ’un, Laurent Ferrières, 24 ans, revenu de tout,\nexpose ses théories, entre deux danses, à une candide\nenfant : il déplore que les jeunes gens de son âge\nn’aient, quant au mariage “ aucune valeur mar­\nchande „ ; les naïfs cherchant l’Amour lui font l’effet\n"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1056, "texte": "    Chronique Littéra ire.                           139\n\n\n“ de ces bons vieux qui se permettent une valse alle­\nmande le soir de leurs noces d’or. „\n   E n l’autre, M. de St-Girons — 60 ans — proclame\ntrès naturel de choisir une jeune fille “ sur laquelle\nnous faisons, en quelque sorte, l ’essai des sentiments\nqui naissent en nous. „ Ces mignonnes seraient donc,\ncomme d’ailleurs il le dit plus loin, “ nos premiers\nviolons. „ Son interlocutrice, M me de Cry, a été jadis\n— pour ne point sortir de cette comparaison — le\npremier violon de Laurent Eerrières; mais elle a\ntrouvé en lui “ trop de théorie, une correction aca­\ndémique, ni fougue, ni maestria. „ Généreuse, elle\nl’offre à Mlle de St-Girons qui l’accepte avec recon­\nnaissance.\n   Ainsi charpentée, assez habilement, sans nulle\ntrace d’intrigue, Une Réparation est peu faite pour\nrévolutionner l ’A rt dramatique ; jouée en un salon,\nelle plaira beaucoup au public féminin de nature\nenthousiaste et primesautière.\n   C’est un succès.\n                              M a u r i c e S IY IL L E .\n"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1613, "texte": "140                                            L a Wallonie.\n\n\n\n\n             P E T I T E CHRONIQUE.\n\n  L ’éditeur Deman, de B ruxelles, s’é tait déjà recommandé\npar les artistes soins apportés au superbe livre de V erhaeren :\nles Soirs.\n   Nous apprenons avec joie qu’il v ient de tra ite r avec R ené\n Ghil pour la publication complète des Légendes de Songe et\nde Sangs. I l rem ettra au jo u r les œ uvres déjà parues du jeune\nM aître instrum entiste ; le Traité du Verbe (refondu, corrigé,\net affermi p ar l’énoncé de la Philosophie de Ghil) et le Geste\ningénu, deuxième livre des L égendes, auront de nouvelles\néditions. E n outre, to u t ce que, dans l’avenir, produira notre\nami, c’est-à-dire les divers livres des Légendes , de la Glose et\nde la L o i dont l’ensemble form era l ’œ uvre entière LA V ie ;\ntous ces poèmes, l’éditeur D em an les im prim era, dès qu’ils\nseront écrits. M. D em an fait preuve de goût et de clair­\nvoyance littéraire, en répondant ainsi aux beaux esprits qui\nplaignaient R ené G hil “ exilé chez nous dans d’obscurs\ncharbonnages. „\n                                ***\n  Ju les D estrée term ine en ce moment son volume L es\nChimères, une suite de tren te poèmes en prose destinés à\nparaître à l’automne prochain, en une luxueuse édition de\nbibliophile, avec, en introduction : une étude sur le Poème en\nProse , p ar J.-K . Huysm ans.\n\n                              **\n  M. M aurice D esom biaux a, sous presse, chez la veuve\nM onnom, un volume : Chants des jo u rs lointains, qui paraîtra,\nen une édition très soignée, tirée à p etit nombre, dans le\ncourant d’avril prochain.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-203", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 152, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 2012, "texte": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n        H. Z E Y E N .\n                                         LI\n              137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                                  É G E.\n\n      S p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é l e c triq u e .\n\n\n     FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                         P l a c e d u T h é â t r e , 11, L ié g e .\nP o r t e - c i g a r e s e n é c u m e de m e r , a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s d e c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n„ e x é c u té s en ‘2 4 h e u r e s .\n                                  RACCOMMODAGES.\n\n\n\n INDE\nPERSE RUE DE L’UNIVERSITÉ, 38\n                                   MA        S E R R U R IE R - B O V Y\n\n\n\nCHINE A R T IC L E S L I E GORFÈVRERIE\n                              E\n\nJAPON MÉNAGE ARGENTÉE                       DE\n\n\n\n\n                 H.         F        ON D E R - B U R N E T ,\n                              48, rue du Pont-d’Ile, Liége,\n       AGENT           GÉNÉRAL              PO U R      LA      B E L G IQ U E         DE     LA\n                     P E I N T U R E FRANÇAISE.\n    Cet te P e in tu re , p ré p a ré e à base de c é ru se e t d ’h u ile de lin , e st to u te p rê te à\ne m p lo y e r; elle e s t b rilla n te e t sicu ativ e. Sa q u a lité n e laisse rie n à d é sire r, son\nm élan g e é ta n t a b so lu m en t com posé com m e celu i fa it p a r les p e in tre s les plus\ne x p érim e n tés. Son em ploi s u r b o ise rie s, m u rs , m eu b les de fer ou bois, g ro sse s\nv o itu res, e tc , la place à la p o rté e de to u te s les p e rso n n es d é sire u se s de co n se\nv e r e n b on é ta t le u r m até rie l a g ric o le , in d u strie l ou a u tres.\n  L ’assortim ent se compose de 42 nuances, en boîtes de 1, 2 et\n5 kilog., à fr. 1-10.\nA llu m e tte s S u é d o ise s (Kaiser-Holzer), 20 fr. les 1000 boîtes\n       »        N ilson, bout noir            fr. 9-50 les 1030 boîtes\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3e ANNÉE, No 2.", "ancre_fin": "D’ART", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ernest MAHAIM", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 153, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 170, "texte": "3e   ANNÉE, No 2.\n\n                 LA W ALLONIE\n  R E V U E M E N SU E L L E D E L IT T É R A T U R E E T D ’A R T\n                                                   "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Comité de rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Ernest MAHAIM", "ancre_fin": "SIVILLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Bureaux : rue St-Adalbert", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 153, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 170, "fin_caractere_exclue": 502, "texte": "E r n e s t M AHAIM ,\n                                                                               A l b e r t MOCKEL,\n             Comité de R édaction              ·\n                                                   P . M. OLIN.\n                                                   M a u r i c e SIVIL L E .\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-206", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Bureaux : rue St-Adalbert", "ancre_fin": "6 fr. 50.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 153, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 502, "fin_caractere_exclue": 752, "texte": "B ureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\nEnvol d’un n um éro spécimen c o n tr e 5 0 centim es\n                             en tim bres-poste.\n        A bonnem ent        : 5 fr. p a r an. 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L ettre.\nJ u le s D e s t r ê e .......................Quelques œ uvres d’a rt (Cassel,\n                                                   L a H aye).\nR ené G h il ...................................E x tra it du “ M eilleur D evenir.,,\nCh. D elch ev alerle .                       . . Spleen; Souvenir d’antan.\nCh. V an L e rb erg h e .                    . . L ’A nnonciatrice (vers).\nAlb. S a in t-P a u l ..................... Scènes de bal (vers).\nL u d w ig G heldre; P. M. O. Chronique des arts.\nA. M ockel; M au rice Siville. Chronique littéraire.\n                                 P etite chronique.\n\n\n\n\n                      L\n     "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-02-29-n2-208", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Dépôts de vente", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quelques collections", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 153, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1451, "fin_caractere_exclue": 2464, "texte": "Q uelq u es c o lle c tio n s de LA W ALLONIE (1 8 8 6 e t 1887) s o n t en ven te\n                                   au p rix de G fran c s.\n                        a W a l lo n i e e st en vente\nA LIÉGE : Chez MM. G n u sé ; G e o rg e ; D 'H e u r; Decq ; D e so e r; A ubette d u\n     P o n t d’A vroy ; A u b etle p lace S a in t-L a m b ert.\nA BRU XELLES : Chez MM. R osez, lib ra ire , e t Is ta c e , lib ra ire .\nA PA R IS : Chez MM. V anier, lib ra ire , 19, Q uai St-M ichel ; S av ine, lib ra ire ,\n    18 , ru e D ro u o t, e t à la L ib ra irie N ouvelle, ru e de la B oétie, 3.\nA GAND : Chez MM. A. Ho ste, lib ra ire , ru e d es Cham ps ; W en n ew itz (M uquard),\n    lib ra ire , ru e des C ham ps ; V uilsteke, lib ra ire , ru e Aux V aches.\nA ANVERS : chez Mme Ve De V e lte r, re m p a rt Slc-C a th e rin o ; O . F o r s t, ru e du\n    Ja m b o n ; Max R u es, 5 0 , ru e d es T a n n e u rs .\n\n                                      Des presses tic II. V iiilliiiil-C a n n a nne, à U éije.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 114, "texte": "        3me Année. —    °2.\n                         N\n\n\n\n\n   LA\n\nW ALLONIE\n\n\n\n          29 Février 1888.\n"}, {"page_pdf": 115, "texte": "             LES SOIRS, par Emile Verhaeren\n    U n vo lu m e d e v e rs, h o rs c o m m e rc é , lu x u e u se m e n t é d ité à p e tit\n                        nombre, illustré par ODILON R edon ;\n                   en souscription chez Mme ! Ve Monnom.\n                                     Prix : 7 francs.\n\n         V IN C E N Z O M . L O M B A R D I\n                       G lose à l’A près-m idi d’un Faune,\n                              Poèm e sym phonique\n                  c h e z l’ a u t e u r , 1 0 , A v e n u e R e ill e , P a r is\n                                 Prix : 5 francs. LE\n\n                LYS, par Fernand Severin av ec\n                         Frontispice par H . D E G RO UX chez\nL a c o m b le z , ru e d e s P a ro issie n s, B ru x e lle s e t c h e z L e m e rre .\n                                        Paris.\n                                 P rix : 2 fran cs.\n                      C A P R IC E R E V U E\n        JO U R N A L A R T IS T IQ U E E T L IT T É R A IR E\n             B u rea u x : R u e d u Jard in B o ta n iq u e , L iég e .\n                            Abonnement : 5 fr. par an.\n\n   H IST O IR E S                        E S T U D IA N T IN E S\n          P a r Georges ROSM EL (Gust. R A H LEN B ECK )\n                chez B. K noetig, 70, rue V erte, B ruxelles.\n                                   P rix : 2 francs.\n\n                     A P A R A IT R E EN A V R IL\n COUTES POUR L’AIMÉE, par Maurice Siville\n       Un volume de grand luxe format in-8° jésus,\n              illustré par Emile Berchmans.\n       P r ix     en sou scrip tio n                 : D IX         F R A NC S .\n Ces exemplaires seront tous signés et numérotés\n                     à la presse.\nOn souscrit chez M. Aug. B E N A R D , imprimeur-éditeur,\n        rue du Jardin-Botanique, 12, à Liége.\n"}, {"page_pdf": 116, "texte": "                        LETTRE.\n\n\n\n                Mallarmé nous adresse — et nous\n      St é p h a n e\n\n        aimons à la publier, — la lettre suivante.\n        Les pages du Maître sont trop précieuses et\ncelle-ci nous est une trop douce joie, pour que nous\nrésistions au plaisir de la faire connaître à nos\nlecteurs.\n\n               Mon cher confrère\n\n   J ’ai à vous remercier ; et à m'excuser, non de mon\nsilence après votre gracieux envol de la collection (vous\nsavez que les lettres ne s'arrachent au poète en train\nd'un travail, qu'à la façon du linge sur la peau d’un\nmalade, ou douloureusement) mais de ne vous avoir\npas répondu par ma collaboration. I l faut, pour résister\nà cela, devant l a W a l l o n i e , qui me paraît le recueil\njetant, avec le plus de matin, la note présente chez vous\net remplaçant bien nos Ecrits pour l’Art, un motif.\n                                                     8\n"}, {"page_pdf": 117, "texte": "100                                     L a Wallonie.\n\n\n\nSimplement que j ’ai renoncé, d’ici au jour qu’il me\nsera permis de produire, dans leur stricte et totale évi­\ndence, quelques idées qui me hantent encore incomplètes\nou troubles, oui, malgré toute une vie ! à rien distraire\nde ma pensée prématurément; ce n’est jamais qu’une\nmauvaise besogne et la tronque ou la dénature, anté­\nrieurement à elle-même.\n\n  Mais je vous lis, avec joie.\n\n                         S téphane M A LLAR M É.\n"}, {"page_pdf": 118, "texte": "  Q U E L Q U E S Œ U V R E S D ’A R T (1).\n\n\n                         (C a s s e l , L a H a y e .)\n\n\n\n                                                                             C a ssel.\n\n\n\n\n          Ce s t aux\n                   ’ de Goncourt, beaucoup, et à Bürger\n         un peu, que je dois d’être venu ici, et je les en\n         ai cordialement maudits. L e très sagace cri­\n         tique dont les excellentes études ont mis en\ndue lumière les principaux artistes de l’école hollan­\ndaise, disait grand bien du Musée de Cassel ; et les\nde Goncourt, dans cet admirable livre ; Idées et Sen­\nsations, la quintessence de leur Journal tant apprécié\nces derniers mois, avaient noté l’impression d’une\nétrange capitale où il semblait que personne ne\nrégnât et au Musée, des Rembrandt presque ignorés,\nsurtout l’un d’eux, en une prestigieuse description :\nLa Bénédiction de Jacob !\n\n  ( 1) N otes de vo y ag e. V oir L a   W a l l o n ie , 4   no v em b re 1887 : Cologne et\nFrancfort. — D ans le p ro c h a in n ° , A m sterdam .\n"}, {"page_pdf": 119, "texte": " 108                                    L a Wallonie.\n\n\n\n     Quelles désillusions ! J ’ai trouvé une ville assez\n  grande, mais flairant terriblement la province et la\n  déchéance, et infectée de militarisme. On entend\n  dans les rues trop larges et presque désertes, sonner\n  des éperons et des sabres ; partout l’empreinte\n  prussienne et le brutal souvenir de 1870 s’attestent.\n  E t de ce musée tant vanté, que dire d’assez mé­\n prisant, d’assez flétrissant ? C’est plutôt un meeting\n de toiles qu’un musée. Quelle démolition à faire, cette\n célébrité, et quel service à rendre aux infortunés\n qu’attire à travers l’espace, son renom usurpé : ne\n partez pas, amis et prenez garde ! N ’allez point\n cogner là-bas vos enthousiasmes aux murs déce­\n vants de cette très médiocre galerie. V otre culte\n pour Rembrandt en aurait les ailes cassées et il\n vous faudrait beaucoup d’efforts pour conserver de\n l’estime à Jordaens et à Rubens ! 0 les chromos\n abjects, les œuvres infâmes de maîtres vénérés !\n    Il y à Cassel presque autant de R em b ra n d t que\n dans la Hollande entière. Mais tandis que la terre-\npatrie conservait ses chefs-d’œuvre, Cassel s’occu­\npait à collectionner les rebuts et les défaillances de\nson labeur formidable. Sont là, du maître, des por\ntraits lamentables, des portraits qui font mal à celui\nqui l’aime, tant il semble révéler de vileté d’âme, de\nbassesse de peintre méticuleux et bête volontaire­\nment, humiliant son art, en de lâches complaisances\nà d’imbéciles désirs de bourgeois qui paient ! De\nfaciles besognes, qui paraissent souillées encore\n"}, {"page_pdf": 120, "texte": "     Quelques Œuvres d’A rt.                           109\n\n\n des préoccupations de lucre qui les inspirèrent, et\npour lesquelles le peintre parcimonieusement triait\nles magiques qualités de son pinceau. Jamais\nRembrandt ne m’était apparut sous cet aspect.\n   Jamais non plus je n’ai senti, comme à C assel, tout\nle côté de procédé monotone et commode qu’il y a\ndans ses œuvres inférieures, ses éclairages absurdes,\nses couleurs de convention, la faiblesse de son dessin.\n   Il convient d’excepter de cet anathème un beau\nPaysage, la Bénédiction de Jacob dont parlent les\nConcourt, en dessous pourtant de leur brillante\ninterprétation, car je ne sais si l ’artiste, au lieu du\nlarge symbolisme qu’ils y découvrent, n’a pas sim­\nplement cherché un bel effet de lumière rouge et or,\nbien supérieurement atteint dans la Fiancée Juive\nd’Amsterdam et enfin un superbe Portrait, où j ’ai\nretrouvé tout son génie.\n   Le catalogue, — un catalogue comme plus\nune collection publique n’oserait encore en avoir\nactuellement — le renseigne ainsi : “ Portrait de\nNicolas Bruyningk, Secrétaire de la Chambre des\nInsolvables, à Amsterdam, signé R e m b ra n d t 1568 „ et\najoute ce boniment ridicule : “ L a très spirituelle\nconception de cette aimable personnalité, aussi bien\nque l'extraordinaire liberté et maîtrise de l'exécution\nne peuvent être égalées. „ C ’est idiotement dit et il\nest agaçant de se voir imposer des impressions, mais\nc’est juste.\n   Je sais peu de portraits plus beaux que celui-là.\n"}, {"page_pdf": 121, "texte": "110                                                     L a W allonie.\n\n\n\nDe la seconde manière de Rembrandt, quand sa\nlibre originalité, déployée soudain, commençait à\ndéconcerter ses contemporains, il est aussi large­\n ment traité que le merveilleux portrait du bourg­\nmestre Six ; et, dans la tête mélancolique et fière du\njeune homme, s’indique un monde de pensées, le\nmystère psychologique d’ une existence, cet au delà\n— qui est le meilleur et le plus pur de l’art, — et\nque Rembrandt sut parfois mettre en des œuvres,\npréoccupées surtout, en apparence, de restituer la\n réalité et la vie !\n     Mais que dire du reste ! Les R u b e n s et les J o r d a e n s\n et les H a l s s’étalent et tous ont l’air de copies. Leur\n peinture est terne et pauvre, et leurs caractéristiques\n s’exagèrent en insupportables défauts. Puis c’est la\n cohue obligée de petits maîtres hollandais qui,\n lorsqu’ils ne sont pas parfaits, sont fort déplaisants.\n Ici, ils sont pires que partout ailleurs.\n      E t l’on se promène désespérément à travers les\n salles d’où suinte un ennui lourd. Des Anglais\n aux guides rouges, s’exaltent de confiance. Malgré\n toutes les désillusions, on est stupéfié quand on ne\n trouve dans le cabinet des écoles belges et françaises\n que quatre G é r a r d d e L a i r e s s e , deux B e r t h o l e t\n F l e m a e l , deux P o u s s i n , un I n c o n n u , deux C a r l o\n  C i g n a n i , un F r a n c e s c o T r e v i s a n i (* ).\n\n      Après cela, quelques Allemands primitifs M a t h .\n\n   (1) A bsolum ent e x a c t. C atalogue, page 2 0 .\n"}, {"page_pdf": 122, "texte": "     Quelques Œuvres d'A rt.                                    111\n\n\nG r ü n e w a l d et B e r n a r d S t r i g e l entre autres, pa­\n\nraissent splendides et vous arrêtent quelque temps,\net l ’on retombe, dans les écoles italiennes représen­\ntées seulement par des copies du T i t i e n et les plus\nrepoussants produits de la fabrique bolonaise. Puis,\npour finir, — le coup de grâce : rêve-t-on cela ! —\nune salle entière de copies de R a f a ë l !\n   J ’en suis sorti furieux et m’en fus promener mon\ndésappointement dans le parc du Grand-Duc. E t il se\ntrouve que ce parc, que je n’espérais point, était\nencore la plus attirante des œuvres d’art de Cassel.\nImmense et royal, avec de vastes pelouses, des\npièces d’eau, des taillis comme des forêts, et des\nallées, dans de très hauts et très vieux arbres, larges\npour y mener toute une cour, des cygnes lents sur\nles étangs sombres et des blancheurs de statues, au\nloin, comme des ombres sveltes aperçues dans les\nbois, la paix, la majesté de seigneuriaux domaines,\nun grand décor X V I I I e siècle et princier, qui me\nconsola.... Puis c’était abandonné et désert ; et en\nAllemagne, moins il y a d’habitants dans le paysage,\nplus c’est beau !\n                                                     La Haye.\n\n\n\n  Chez un marchand de tableaux, M. v. W..., qui\nsait être en même temps un délicat artiste et un\nappréciateur d’un goût sûr, et que les seules exi­\ngences des bourgeois acheteurs n’empêchent pas\nd’aller hardiment vers l ’art nouveau, vers les tenta­\n"}, {"page_pdf": 123, "texte": " 112                                        L a Wallonie.\n\n\n\n  tives originales et déconcertantes, — dans une mai­\n  son emplie de toiles choisies, audacieuses, indépen­\n  dantes , et exquisement encombrée de bibelots\n  précieux, j ’ai pu admirer l ’œuvre de l ’artiste qui\n  est, à l ’heure actuelle, le premier de ceux de\n  Hollande : M a t h i e u M a r i s . Il exposa au X X en\n février passé et j ’en disais alors, dans la Jeune Bel­\n gique : “ de M a t h i e u M a r i s , quatre petits tableaux\n qui font désirer un envoi plus important, surtout\n cette admirable Rêverie, si chaudement colorée dans\n une gamme de tons bruns et roux, avec toute une\n poésie de mystère en ces fouillis profonds, et une\n grâce énigmatique et inquiétante en cet enfant qui\n songe. „ Il fut peu remarqué, et la plupart ne\n s’appliquèrent point à le distinguer des deux autres\n M a r i s déjà célèbres, W i l l e m , le peintre d’animaux\n qui exposait en même temps des vaches d’une opu­\n lente couleur, et J a c q u e s , l’admirable paysagiste\n dont on se rappelle le Souvenir de Dordecht, au salon\n de Bruxelles de 1884. M a t h i e u M a r i s est supérieur à\n ses deux homonymes de toute la hauteur d’une rare\n intellectualité. C’est un peintre aussi, et qui a l’habi­\n tude prodigieuse et la science consommée du métier,\nmais c’est surtout une âme. Nous entrons avec lui\n dans un monde étrange, presque inexploré ; il dé­\nroute d’abord tant il est inattendu, mais on le chérit\nensuite avec d’autant plus de ferveur, qu’il n’a pu\nêtre compris qu’après une difficile initiation. Dans\nles champs de l’art, un sillon nouveau.\n"}, {"page_pdf": 124, "texte": "     Quelques Œuvres d’A rt.                             113\n\n\n    J ’ai vu chez M . v. W.... six tableaux et u n fusain, le\n labeur de longues années, car M a r is est, paraît-il, un\n furieux de perfection, jamais satisfait de lui-même et\n s’acharnant à réaliser ce qu’il a voulu. Etaient là : un\n portrait d’enfant, œuvre ancienne déjà, d’une facture\n un peu sèche comme un B. V an der Helst, mais avec\n des accents décidés et une allure à la V elasquez; un\n fusain : un château, vieux manoir de légende, perché\n sur un rocher, dans des arbres, au milieu de buées,\n très vague, rêveur et doux comme un Corot ; deux\n têtes : une jeune fille blonde, mi-renversée, à la\n bouche comme un fruit, l’autre quelque Cléopâtre\nfière et superbe, l’œil noir impératif, une chair mate\n sous un bout de draperie orange ; — un paysage gris\nroux, au matin, très incertain, un effet d’aurore\nbrumeuse d’une rare délicatesse de tons harmo­\nnieux comme certaines esquisses symphoniques de\nW histler — une autre tête de femme, sous des den­\ntelles blanches et des fleurs virginales, à demi voilée,\nune fiancée candide et ingénue, mais en même temps\nsi bizarre, avec des dessous de caractères si fan­\ntasques, une apparence raide de poupée, je ne sais\nquoi d’artificiel, d’étrange, véritable chef-d’œuvre qui\nm’a rappelé mes émotions devant les R edon ; enfin,\nun grand tableau, une rêverie : une châtelaine à\ndemi renversée, en robe bouffante d’époque vague­\nment lointaine, autour d’elle des architectures\nlongues à discerner, peut-être un palais, une fenêtre,\nun vitrail. Dans l’ombre, une tête de sorcière, telle on\n"}, {"page_pdf": 125, "texte": "114                                     L a Wallonie.\n\n\n\nen voit dans des albums de Crane ; et dans le haut\npasse comme flottant dans la nuit un pâle et triste\nvisage de jeune homme, aux yeux douloureusement\namoureux, comme, après certains primitifs italiens,\nBurne Jones en a su mettre en ses tableaux. — L a\nRêverie exposée au X X faisait penser à Gustave\nMoreau, mais il y a encore dans celle-ci des traits\ncommuns avec le maître français.\n   Que voilà de noms cités et d’analogies : Velasquez,\nRedon, W histler, Moreau, Burne Jones ! C ’est qu’il\nest bien difficile vraiment, quand on doit parler d’un\npeintre original et neuf, de caractériser son talent,\nsans recourir à des comparaisons souvent forcées.\nMaris a un peu du génie de tous ces maîtres, mais il\na le sien bien à lui et cet ensemble de toiles si variées\na un indéniable accent personnel. Comme tous les\npeintres du Nord, c’est un coloriste ; il possède le\nsecret des tons rares et splendides, mais il s’en sert\nde très discrète façon. En cela, il se rapproche plus\ndes Anglais que de ses compatriotes. Pas de touches\nviolentes et grasses, mais un travail extrêmement\nserré, poussé aussi loin que possible, sans jamais\naller à la méticulosité. Pas de couleurs tapageuses\net en contraste, au contraire, une volontaire atmo­\nsphère, cherchée, peinte, vaguement brune ou rousse,\nenveloppant tout, couleurs et nuances, dans un\nmoelleux de songe et par conséquent une tonalité\ngénérale uniforme, où très délicatement vibrent des\nharmonies spéciales.\n"}, {"page_pdf": 126, "texte": "    Quelques Œuvres d’A rt.                          115\n\n\n   Mais ce n’est pas ses extraordinaires qualités de\nmétier : cet œil si sensible aux plus subtiles corres­\npondances, cette main si sûre d’elle-même — les\ntêtes de la châtelaine et des pages dans la Rêverie\nsont des merveilles de dessin et des merveilles d’une\nfacture fort curieuse et dont le secret est difficile à\ndécouvrir, — que je veux louer en Maris. Ce qui le\nmet si haut et si à part dans l’art de ce temps, c’est\nque c’est un peintre de mystère. Comme Moreau,\ncomme Redon, il met un peu d’illim ité dans ses\nœuvres. Elles sont longues à comprendre, et jamais\non n’est certain de les avoir entièrement perçues.\nSuggestives plutôt que descriptives, elles valent par\nl’énigme qu’elles nous posent et l’écheveau sans fin\ndes réponses possibles qu’elles y font. C’est l’imprévu,\net l’étrange, le millier d’hypothèses, d’idées vagues,\nde sentiments confus, variables et mobiles comme le\ndessin des nuages au ciel. Telles certaines sensa­\ntions, peu définissables données par la musique. E t\nrêveries qui bien admirées, prennent rapidement la\n signification profonde de symboles, tant elles syn­\n thétisent d’impressions, et réalisent, en images, des\n idées. E n ce sens supérieur, Maris est plus qu’un\n peintre, c’est un artiste. E t c’est pourquoi, en atten­\n dant quelque étude sérieuse, j ’ai voulu donner dès\n maintenant ces notes trop sommaires, car je ne sais\n pas, pour qui critique, de plus certaine satisfaction\n et de plus légitime orgueil que de devancer les admi­\n rations et d’aller aux ignorés qui seront les gloires de\n  demain.\n"}, {"page_pdf": 127, "texte": "116                                            La Wallonie.\n\n\n\n   P h ilip p e Z ilc k e n , l’excellent aquafortiste, a fait\nd’après Maris deux superbes eaux-fortes ; l’une\nd’après un tableau que je n’ai pas vu : Un baptême\nen Suisse, très curieux en son arrangement bizarre et\nd’une émotion intense en son intimité, l’autre d’après\nle fusain, le paysage au château de légende, perché\nsur son rocher au milieu des arbres, comme dans un\nrêve.\n\n                                    J u le s   D E S T R ÉE.\n"}, {"page_pdf": 128, "texte": "E X T R A I T DE « M E I L L E U R DE VEN IR »\n\n\n               (DU MANUSCRIT NON REVU).\n\n\n\n                                  A r g u m e n t : l e m e il l e u r   d e v e n ir   est\n                              le P o è m e d u     D a r w in is m e .\n                                  E n ce poèm e III : v enus des P ro -\n                              liste s n és d ’in c o n n u e s e t sim ples\n                              ré a c tio n s c h im iq u es (« l’A nim é - qui -\n                              n ’e s t-A u tre »), se s é p a re n t ré so lu m e n t\n                              en le u rs deu x m ilieu x , l’a ir e t l’eau,\n                              le m onde v égétal e t le m o n d e a n im a l...\n                              Des é ru p tio n s p a rtie lle s im m enses\n                              a g ite n t la T e rre e t la M e r...\n                                  P o u r l’e n tiè re c o m p ré h e n sio n de\n                              l’in s tru m e n ta tio n : p a ss e n t quelques\n                              th èm es de l’O u v e rtu re e t des deux\n                              p re m ie rs poèm es, e t le g ra n d le it­\n                              m otiv « e t selon le p ro g r è s ...»\n\n\n                       POÈM E III.\n\n   et l’éparre a sillé les am as de naguères\n\n   et le doute intégral s’agite de purs grés\n   (la pluie évanouie et lente dégénère)\n   et soulageant la m er grave sans dénouements\n   se dépose longtem ps l’espoir des sédiments.\n"}, {"page_pdf": 129, "texte": "118                                             L a Wallonie.\n\n\n\n      e t qu’il appert qu’un m onde en existan t augm ente\n      qu’engendra l’Animé-qui-n’est-A utre g ira n t !\n      I l le m eut au salut de la lourde lum ière\n      dont les dispensateurs aveux p lanent errés :\n      O suite en le viv an t Tressaillem ent en suite\n      en le long verdoiem ent dans la vague exhum ante\n      et le plus h au t que doit l’air qu’elle expérim ente\n      en l’am ple aggrippem ent qui vainque végétal :\n      I l le m eut au salut de la lourde lum ière !\n      O qui m onte agité du g rand sort inquiet\n      de digérer l ’appât des sels qui gisent, et !\n      A pte à se segm enter d’étrangers qu’il avère\n      ou laissant évaguer vers des songes d’ovaire\n       d’un pollen anim al les songes viateurs,\n       de prodiguer le mieux d’A utruis am pliateurs\n       vers une plante vraie et dans l ’azur séduite :\n       O suite en le viv an t T ressaillem ent en suite\n       m êlant im m ensém ent le h asard génital\n       sous qui gère la loi d’ellipse dilatoire :\nAmour — germe dans lui de lui germant — Amour.\n\n      (la pluie évanouie et lente dégénère)\n\n      Or houlante nuem ent sous la voûte la Mer\n      (la pluie évanouie et lente dégénère)\n      de ses dessous et ses m onts mornes arrache et\n      M ontre non sonore et h au t T résor au m uet\n      gisem ent pur aux nuits aux plages qui plangorent\n      Quels anim aux d’aurore im puissants à mouvoir\n      leur mollesse gardée en un derme stérile\n      n a rra n t qu’ils viennent des passés plus seuls qu’hier\n      Où les visquosités natives le n t explorent :\n"}, {"page_pdf": 130, "texte": "   E x tr a it du “ M eilleur D evenir. „              119\n\n\n   et leur long devenir végète le devoir\n   (O suite en le vivant Tressaillem ent en suite)\n   de digérer l’appât des sels qui gisent, et !\n   A pte à se segm enter d’étrangers qu’il avère\n   ou laissant évaguer vers des songes d’ovaire\n   d'un pollen anim al les songes viateurs,\n   de prodiguer le mieux d’A utruis am pliateurs\n   vers l’anim al lui-même en m ouvement et gloire\n   M êlant im m ensém ent le h asard génital\n   sous qui gère la loi d’ellipse dilatoire :\nAmour — germe dans lui de lui germant — Amour\n\n   e t là depuis le grand nuage originaire\n   la pluie évanouie et lente dégénère.\n\n\n\n\n   Tel en les deux m ilieux que le voilà divers :\n   et qui du sol prem ier qu’onde ne violente\n   T ôt épris de plus loin envia l’univers,\n   et qui dut unim ent en sa genèse allante\n   éprouver que valaient pour qui vive et supplante\n   Toutes les nuits et les phosphores de la Mer\n   Tièdes aux âges lourds et m ultiples d’une ère :\n   Tel en les deux m ilieux que le voilà divers :\n   l’unique monde plein d’évagation lente\n   qu’engendra l’Anim é-qui-n’est-A utre g irant\n   des neutres unions sous l’ondoiem ent seul grand,\n   en deux grands orients pullulants évolue\n   V ers la loi pressentie et la plus vite élue :\n   O le plus am plem ent et le plus âprem ent !\n"}, {"page_pdf": 131, "texte": "120                                                      La Wallonie.\n\n\n\net selon le progrès de l’ellipse suprême\naux deux points éloignés s’éloignant au désir\nQu’elle règne la droite universelle et même\nAussi loin qu’en deux sens aillent rêve et loisir.\n\n\n\n      et les M idis et les M inuits s’am éliorent.\n      Quoique réem pourprant les T erres et dressant\n      l ’onde et l’angoisse et leurs T ourm entes qui d’éparre\n      (en quels T orrents de leurs lueurs en quels T orrents)\n      Troueront même Midi dont le M inuit s’em pare :\n      Mais unissant l’espoir des îles long issan t !\n      (la pluie évanouie et lente dégénère)\n      en vain d’épuisem ents plus h au t d’ire et d’ardeurs\n      Tonne en hasards le soin dernier d’ardeurs m ourantes.\n\n                                                         R ené   G H IL .\n\n\n   (LE MEILLEUR       d e v e n ir   : liv r e I,   en    préparation , de\nLÉGENDE DE SONGE ET d e SANGS, prem ière partie de la\nV IE .)\n"}, {"page_pdf": 132, "texte": "                     SPLEEN.\n\n\n                              Pour mon am i Joseph D uvivier.\n\n\n\n\n         A  a fenêtre,\n                  m    un soir d’été. Un calme immense\n           endort toutes choses. Le disque rouge du\n          soleil vient de disparaître derrière les mon­\n          tagnes. Dans la grisaille crépusculaire, les\nmasses brutales des maisons, baignées de buées\nbleuâtres se découpent anguleusement. Des réver­\nbères s’allument, un à un comme de jaunâtres feux\nfollets aux lueurs falotes dans l’indécise brume ves­\npérale. Le croissant lunaire d’une magnétique pâleur,\ntrône dans le bleu qui s’assombrit graduellement.\nUne étoile solitaire, hâtive à son poste nocturne,\nsemble l’œil placide d’une V ierge ignorante et in­\nviolée, morte sans avoir soupçonné la sanglante\nâpreté des terrestres amours. Des chauves-souris,\nzigzaguant par les airs, esquissent de fantastiques\narabesques en leur vol bizarre et cassant. A l’horizon\nfuit, blanche et comme éperdue, la fumée d’un train\ninvisible. Sur le fleuve aux eaux étincelantes, rapide\n                                                      9\n"}, {"page_pdf": 133, "texte": "122                                   L a W allonie.\n\n\n\net silencieux, un vapeur glisse, et l’on dirait d’un\ncygne noir, énorme, nageant dans l’onde glauque, si\nmystérieuse ! Une brise tiède vient réveiller les\nfeuillées assoupies, qui se plaignent discrètement.\n   Près de ma fenêtre passent, dans l’air saturé de\nsenteurs capiteuses, des bourdonnements de lucioles,\napaiseurs, plaintivement.\n   Et, torturé par l’ennui de vivre, souffrant de ne\npouvoir ciseler un beau vers merveilleux, un vers\ngrandiose et candide, où je mettrais toute mon âme,\nje rêve à l’ultime délice de me figer dans l’éternel\noubli, dans la Mort généreuse, pareil à ces saints de\nvitrail dont l’œil extasié louche immuablement.\n\n\n\n\n          S O U V E N I R D ’A N T A N .\n\n                                    P our la belle Rêveuse.\n\n\n\n\n    Dans la rue boueuse et maussade, sous la pluie\n crépitante, bousculé par les passants indifférents,\nj ’allais, comme une épave en dérive, promenant mon\n spleen sous la tristesse du ciel gris.\n    Soudain, comme attirés par une puissance magné­\n tique, mes regards se portèrent à ma droite, vers les\n fenêtres d’une maison riche.\n"}, {"page_pdf": 134, "texte": "    Souvenir d 'A n tan.                               123\n\n\n   E t je vis, mélancoliquement assise derrière la\nporte vitrée qui donne sur le balcon désert, une jeune\nfille, très délicate, d’une beauté de pastel ancien,\nblonde, avec de grands yeux bleus, attirants, vague­\nment rêveurs        D ’une main lasse, dont l’aristocra­\ntique pâleur s’harmonisait, dans un accord intime,\navec les teintes exquisement fanées de son peignoir\nrose et des tentures mauves, elle soulevait le rideau.\n    Comme devinant ma détresse grande de faible,\nson regard sourit au mien, tristement tendre, doux\n comme une caresse.\n    E t ce fut, en mon âme, comme un éblouissement\n de soleil printanier. Je sentis un bonheur immense,\n débordant : la tête haute, d’un pas léger, je continuai\n ma route en souriant, radieux, enchanté, au delà\n d’humaine expression, d’avoir reçu dans un regard\n la pitié consolante, l’affectueuse compatissance de la\n splendide rêveuse; tandis que le soleil, plus éclatant\n entre deux nuages noirs, tombait en rayons drus sur\n\n\n                           Charles\n les toits lavés et miroitants.\n\n                               D E L C H E V A L E R IE .\n"}, {"page_pdf": 135, "texte": "    L ’A N N O N C I A T R I C E .\n\n\n                                       A A lbert M ockel.\n\n\n\n\nE\nAu\nn cette n u it mobile et sombre\n Sourde aux parfum s silencieux,\n     fond du songe de mes yeux\n S ’est répandue une enfant d’ombre ;\n\n Son corps p aré pour le matin\n D es blancheurs de son âme entière ,\n A mes lèvres fit la lumière\n D e ses murmures de satin.\n\n Or cette en fan t , fleur rayonnée,\n E n mes yeux où son âme dort ,\n D a n s l’ ombre s’est illuminée\n D u réveil d’une chambre d’or.\n\n                 C h a r le s VAN L E R B E R G H E .\n"}, {"page_pdf": 136, "texte": "             S C È N E S DE B A L .\n\n                      FRAGMENTS.\n\n\n\nV ICI, telles que p le u rs, les fraîcheurs d’aube fuir :\nO\n\n\nSe plisse en rides l ’eau sans douce brise neuve\net des fleurs ! et des fleurs s ’effleurent sur le fleuve.\n\nA ux rives : les éclats de rire du plaisir,\nles froissem ents épars de leurs robes de soie\net, ce soir ! avec le départ les feux de joie.\n\nMais des gondoles pour tous ces fous de désirs :\nloin ! c’est loin que le cher bouquet d’arbres verdoie.\n\nE n les longs bois frisonne un solo de hautbois,\net se mêle aux frissons quelque m usique grêle.\n\nL a rose aurore arrose et dore les longs bois,\net la brise s’avive et frêle, vite et frêle !\ntraverse l’eau vers l’île où vont les voix.\n                          *\n\n\nIls sont p artis au pas flaneur que leur accordent\nles violons, moqueurs fripons, dont vite m ordent\nsur les cordes des sons mâchonnés — les archets.\n"}, {"page_pdf": 137, "texte": "12G                                          L a W allonie.\n\n\nUne brise d’airs vifs verse ses cascatelles\nsur les saluts m uets souris vers les surjets\ndes falbalas pinces p ar les gants de dentelles.\n\nE t si frêles ! leurs pieds d’élégants amoureux,\nenrubannés sous des souliers si savoureux,\nqu’ils sem blent dire et délier cette vieillesse\ndu rire aigu, regain de vieillard en liesse,\nd’harm onica, de clavecin : joujoux d’enfants.\n\nA ux mouvements des distingués paniers bouffants\ntrém ole, et s’accentue, et chevrote, et soupire,\nSi trem blotant, si secoué, cassé, — ce rire\nque les seuls violons, sur l’aigrelet ténu,\nfilent menu, menu, menu, menu, menu.\n                               «\nF êtes vers Cupidon se vocalisent douces\np ar des rappels d’échos — pour les déçus lointains.\n\nD es guirlandes d’enfants seigneurs, m ûrs aux dédains,\ndandinent dans des sons claqués doubles de pouces,\ndélicatesse de castagnettes : les m ains !\ninnocences de chairs que nacrent les fossettes,\noffrant à l’enfant dieu les délices doucettes\ndes jeunes m ères si frivoles des demains,\nqui té tèren t le la it de la Mère des mères.\n\nE t les frêles bras nus, en guirlandes passant, .\nont des enlacem ents tourm entants de chimères\nserpentines, — et les frêles bras brandissant\nles signes conjugaux d’absences éphémères\nappellent les Toujours des Lendem ains issus.\n"}, {"page_pdf": 138, "texte": "     Scènes de B al.                                          127\n\n\nE t des rappels d’échos m artèlen t les déçus\nque sucrent de façons rieuses et rebelles\nen leur m ignard effarem ent les folles belles !\n\nT an t que vers Cupidon volent, frêles et nus,\nles bras nacrés d’enfants en guirlandes venus.\n                                *\n\nP anaches perlés, gerbés ont ja illi les je ts d’eau joyeux,\net jaillissen t lourds d’écumeux pompons, gerbes cajoleuses.\n\nDes rondes d’enfants, des rondes de fleurs, des rondes frôleuses\nvont se pavanant et se déployant d’un élan soyeux.\n\nE t, panaches blancs, jaillissent toujours les gerbes fécondes :\ntriom phe d’écume en la m oire d’eaux qu’enlacent les rondes.\n\nBortdissants et vifs, savam m ent lancés, volent les volants\ndont se croisent h au t les frém issem ents si neigeux de plumes :\nfrissons de duvet sem blant s’échapper des laines d’écumes.\n\nL es je ts argentés s’élèvent joyeux panaches croulants.\n\nE t pleure les fleurs, ses flocons frileux dont plus il n ’ondoie,\nle jo li gazon, le gazon foulé p ar les jeux de joie.\n\nL a foule poudrée au b ru it des to rre n ts ondule — et les cris\ndes rires d’enfants sonnent cristallins les notes loyales\nde cette fragile et lasse folie où les guilleris\ndes lascives voix s’orchestrent aux jeu x des ondes royales.\n                                *\nF lo tte un envolement las de teintes fanées\nen les tiédeurs de blancs ram ages de blancheurs.\n"}, {"page_pdf": 139, "texte": " 128                                           L a Wallonie.\n\n\n\nS’avance un pas menu d’élégance — et, lècheurs\nde nudités des fleurs sur l’herbe talonnées,\nles souliers palpitants glissent au noble pas,\nen les tiédeurs des froissem ent frêles de robes.\n\nL es menus pieds pressent le pas — m ais ne vont pas\nsans balancer en des blancheurs ternes de globes\nles fraîcheurs pâles des perruques à frimas.\n\nP arm i les lys et les iris glisse et s’irise\nle las envolem ent de soie aux plis d’émail\ndes nudités de leurs robes où flotte, et frise,\net s’éploie un duvet de cygne en éventail\nque perv ertit de m ignardise un geste mince.\n\nSi délicat m eurt d’élégance un menu pas\noù les pieds am incis lassent les falbalas\nqu’entre deux doigts coquettem ent discrète on p ince,\nen les tiédeurs d’envolement et les fraîcheurs\ndes iris près des lys irisés de blancheurs,\n\nquand s’alanguit telle douceur de ce sourire,\nau pas, flâneur; si m ièvre au geste, et qui désire.\n\n                                    A l b e r t SAINT-PAUL.\n"}, {"page_pdf": 140, "texte": "        C H R O N IQ U E D E S A R T S .\n\n\n                                           A B ru xelles.\n\n\n\n\n         rAmand Sylvestre est venu conférencer à\n           Bruxelles, il y a un mois. Ne croyez pas que\n           je vais longuement vous entretenir de ce\n           peu intéressant personnage; je veux simple­\nment vous dire que, sous prétexte de nous parler du\n théâtre de George Sand, le conférencier nous a\nraconté des histoires très drôles sur MM. Dennery,\nDaudet, et.... Mme Sand, même.\n   Il nous a lu — aussi mal qu’il les fait — des vers\nqu’il écrivit à la mort de cette grande femme. —\nRien ne doit plus nous étonner ! — Le même Armand\na commis une pièce caramélique dénommée la Mort\nde Sapho, qui, ayant été dite atrocement par des\nacteurs fort mal disposés, sans doute l ’interprétation\nvalant l ’œuvre, a fait un four noir.\n  Pauvre Laripète :\n  Max W aller a fait jouer dernièrement, un tout petit\nacte, très applaudi, intitulé Poison. — Nous décompo­\nsons : une conversation entre une mère, son fils, une\n"}, {"page_pdf": 141, "texte": "130                                                                       L a Wallonie.\n\n\n\njeune fille “ très bien, „ une histoire sur la création du\nmonde et du.... thé vert, narrée par le fils — un avocat\ncélèbre, nous apprend-on;— une scène entre ce jeune\n Cujas et “ une de ces femmes qui sont la honte de leur\nsexe et l’opprobre du genre humain „ (cette phrase de\nTartuffe est écrite par un étudiant ! 0 vertu !) sa maî­\ntresse qu’il vient de “ lâcher,,; puis l’intervention de\nla maman qui essaie de mettre à la raison et à la porte,\ncette Sapho récalcitrante, laquelle feignant le dé­\nsespoir, tire de sa poche une fiole de poison. E lle va\navaler le “ fatal breuvage „ quand la maman le lui\nprend des mains et l’ingurgite ; — ça, du poison ?\nallons donc! — E t très “ estoumaquée „ celle qui doit\nson bien-être à son déshonneur (*), sort en disant à\nson “ type „ : Décidément, mon bon, ta mère est\nplus forte que toi ! — L e mot de la fin est très\nthéâtral, et a porté, mais nous doutons fort qu’il\nexiste une maman assez imprudente pour être aussi\nforte que cela. — Poison est très gentiment écrit et\nest une bonne œuvre parmi le menu bagage littéraire\nde Max Waller.\n                              *\n                             * *\n   Le 6me concert Servais avait fait salle comble ; le\nprogramme était superbe. Après la délicieuse ouver­\nture des noces de Figaro, de Mozart, très bien rendue,\nMlle E lly Warnots a chanté un air de la Flûte\n\n   ( 1) V oir p o u r re n s e ig n e m e n ts s u r c e tte p h ra se m a je stu e u sem e n t p u d i­\nbo nde, le ju g e qui a p ro n o n c é le ju g e m e n t d a n s l'affaire R ig h e ttin i à\nB ru x elles.\n"}, {"page_pdf": 142, "texte": "    Chronique des A rts.                            131\n\n\nenchantée. Mlle W arnots est une cantatrice à voix\nforcée; de savantes études de gymnastique vocale\nont suppléé chez elle aux qualités naturelles absentes.\nAussi son organe est-il peu sympathique ; de plus,\nMlleW arnots chante faux avec un sangfroid étonnant.\n   L a symphonie n° 1 de Brahms que nous y avons\nentendue est certes la moins personnelle des œuvres\nde ce maître. L ’influence de Beethoven y est con­\nstamment très sensible. L a partie de violon est admi­\nrable comme toujours chez Brahms ; les cuivres sont\nmoins bien traités. Quoi qu’il en soit, cette symphonie\nest très belle ; elle a été fort bien interprétée par\nl’orchestre — un peu maigre — des concerts d’Hiver.\n   L a pièce de résistance du programme était “ l'Eg ­\nmont „ de Beethoven, œuvre très impressionnante,\nquoique d’une coloration assez terne. L e génie de\nBeethoven semble s’être trouvé mal à l’aise dans ce\nmélodrame à courte haleine; mais dans l ’ouverture\net le finale où il a pu se développer plus à l’aise, on\nretrouve le colossal symphoniste.\n   L e public a fort applaudi l’exécution de l’œuvre.\nM. Alhaiza a dit les récits d'Egmont avec une justesse\net une sobriété très louables. — Disons pourtant que\nla voix de Mlle Warnots, la traduction ingrate de\nM. Guillaume et quelques accrocs de l’orchestre\nont un peu nui à la très artistique tentative de\nM. Servais.\n   L'évasion a été jouée, au Molière, le jeudi 16.\nL ’œuvre de V illiers de l’Isle-Adam, pleine de défauts\n"}, {"page_pdf": 143, "texte": "132                                    L a Wallonie.\n\n\n\n et d’éclairs de génie — c’est un acte qu’il écrivit il\ny a vingt-cinq ans — demanderait une étude que la\n place dont je dispose ne me permet pas ici. Je me\n contenterai de signaler l’énorme succès obtenu dans\nle rôle de Pagnol, par M. Meristo, du théâtre libre de\nParis. Cet artiste possède un talent dramatique qui\nle place au premier rang, à côté de M. Antoine, dont\nje vous ai parlé dernièrement. Il a été sublime et\nterrifiant. Ce n’est pourtant l’élève d’aucun conser­\nvatoire !\n                               L u d w ig G H E LD R E .\n\n                                         Le Salon des X X .\n\n\n   L ’intérêt du salon actuel des X X est dans cette\nconstatation de l ’épuisement des antérieures for­\nmules, de leur remplacement par des préoccupations\net des théories nouvelles.\n   Depuis un temps long déjà, la lumière a de plus en\nplus préoccupé les artistes et peu à peu ont disparu\nles tons bruns et enfumés qui encrassaient les toiles\nd’antan. Il semble difficile de dépasser les gloires de\nclarté qui étincellent dans certaines œuvres contem­\nporaines et pourtant, qui sait ?\n   Mais au fond ce n’est que changement de théorie\ne t de technique, et si la plupart des toiles exposées\nau X X réjouissent l’œil par leurs merveilleuses tona­\nlités, une inquiétude se fait jour, de percevoir aussi\nchez quelques-uns, une telle absence, ou insou­\nciance d’idée ! Si nous exceptons Rops, Mellery,\n"}, {"page_pdf": 144, "texte": "    Chronique des A rts.                             133\n\n\nKhnopff, de Groux et peut-être Lautrec, que reste-t-il\n sinon d’incomparables luministes ? L a couleur et la\nlumière sont de fort belles choses mais dont la maté­\nrialité est écrasée par la splendeur d’une pensée.\n   Ces quelques observations générales émises, nous\nparcourrons très rapidement ce salon en ne citant\nque ce qui s’impose.\n   Parmi les étrangers, Signac a des paysages d’une\nfraîcheur d’impression et d’une blondeur de lumière\nincomparable, de Toulouse-Lautrec, le plus intéres­\nsant des novateurs à notre avis, a envoyé 11 toiles\ndont plusieurs très remarquables : des portraits, des\ntypes curieux, des écuyères. Ces toiles laissent une\nimpression plus durable que la plupart de leurs voi­\nsines, elles ont une profondeur qui manque à la\nplupart des autres. Quant à Anquetin, c’est un très\ncurieux artiste qui a d’une manière évidente subi de\ntrès fortes influences japonaises, dont il a les décon ­\ncertances de dessin. L a couleur est étonnante, il a\nentre autres envoyé deux étincelantes toiles fumisto-\ndécoratives, Faucheur et Bateau. Madame Bernard a\nfait cette tentative à encourager de rénover l’art des\ndella R obbia en des statuettes céramiques fort\ncurieuses. M. Blanche lui, est un peintre qui a la\nchance d’avoir une ravissante femme, si le charmant\nportrait de Helleu est ressemblant. Dubois Pillet, un\nportrait et une grue à vapeur, le reste insignifiant,\nmême deux abominables portraits. Enfin Whistler\nqui a envoyé un portrait de femme arrangement en\nnoir n° 3, d’une superbe distinction, aussi deux\n"}, {"page_pdf": 145, "texte": "134                                    L a Wallonie.\n\n\n\npastels et quelques petites eaux fortes. Les autres\nétrangers vont parfois jusqu’à être déplaisants.\n   Parmi les X X , à citer seuls : Henry de Groux qui\nfait présager un artiste d’une trempe peu commune\nmais se confine en des œuvres inachevées, des\nébauches souvent par trop rudimentaires, mal équili­\nbrées. Nous saluons en lui de puissantes, promesses\nmais jusqu’ici, rien de plus. Fernand Khnopff, des\nportraits insignifiants, des petits paysages adorables,\nsa sphynge d’une très empoignante impression d’é­\ntrangeté, un curieux tableautin \" de Belguiling, „ et\nenfin un extraordinaire petit portrait au crayon, une\nréelle merveille. Félicien Rops envoie le dessin du\nsuperbe frontispice qui orne la ravissante édition de\nMallarmé. Cette “ grande lyre „ est l’une de ses plus\nremarquables productions, et donne une bien rare\nsensation d’au delà.\n   Hellery (invité) à envoyé des diplômes de l’expo­\nsition d’Amsterdam très beaux, un frontispice pour\nles Pandectes, inférieur bien que fort beau, et enfin\nMajorité, œuvre capitale que Camille Lemonnier a\nglorifié avec trop d’autorité dans l’Art moderne, pour\nque nous en reparlions plus au long.\n   Quant au reste des exposants, bien que fort inté­\nressants pour la plupart, ils sont arrivés soit à un art\ntranquille qui nous est indifférent, ou se cherchent\ntrop eux-mêmes et leur personnalité pour produire\nune œuvre intéressante en soi. Mais la sympathie de\ntout artiste encourage leurs consciencieux efforts.\n                                            P. M. O.\n"}, {"page_pdf": 146, "texte": "       C HR ONIQU E L I T T É R A I R E .\n\n\n\n\n        ’Jouvre le Lys de Fernand Severin, et le titre,\n          ces trois lettres imprimées en outremer pro­\n          fond, avec la forme bizarre, ancienne et un\n          peu cabalistique de ce caractère Y , ce mot,\nainsi qu'un hiératique oiseau d'azur qui symbolise\nétrangement la blancheur du livre, donne l’impul­\nsion initiale à ma songerie. “ Comme un navire\nindolent et sans but qui s’abandonne aux molles\npoussées des brises et se laisse flotter d’une incon­\nsciente dérive, ma pensée erre au gré des images.„\n   E t soudain une vision légère fixe son attention.\nA u fond du ciel d’un bleu songeur, il me semble\napercevoir la noble ondulation de grandes ailes\nblanches. Oui, c’est un grand cygne qui va planant,\nseul dans l’étendue immense. Il paraît doucement\nreligieux et résigné, regarde pensivement la terre\ndouloureuse où germent les passions. E t voici que\nde sa poitrine blanche neigent, neigent, des plumes\nsoyeuses, des plumes ou des pétales immaculés ; et\n"}, {"page_pdf": 147, "texte": "136                                    L a Wallonie.\n\n\n\n cette belle neige duvetée s’éparpille et tombe sur la\n terre comme une dédaigneuse Charité, comme la\n forme frêle d’une liliale pensée peut-être affligée\n d’un Regret.\n   Le livre, en me glissant des mains, me rappelle à\nla réalité des choses. Mais le souvenir de cette vision\nme hante encore longtemps. — Oui, c’est bien cela :\nla Charité dédaigneuse d’un être pur, pour tout ce\nqui est impur autour de lui, et la comparaison de sa\npensée avec celle des autres le rattachant de plus en\nplus à la naïveté de la Foi. L e livre de Fernand\nSeverin est simple, religieux, et vaguement craintif\nde la chair. Il a le charme des choses frêles qu’à\npeine on peut toucher, et qu’un seul regard brutal\nserait capable de salir.\n   On y sent l’influence d’une éducation très catho­\nlique, dont le souvenir élève un incertain rempart\ncontre les sollicitations du monde. Aussi Fernand\nSeverin est-il un gothique absolu, d’art et de pensée.\nCe n’est point une poésie objective que la sienne; au\ncontraire, il nous dit ses désirs longs et doux, ses\ntièdes émois d’adolescent, des je-me-rappelle, vi­\nbrant comme la plainte d’une harpe, et aussi les\ndésirs flottants qui peuplent l’horizon de son avenir\net passent, çà et là, comme des traînées de voiles\nblanches aux lointains de la mer.\n   Le livre vaut donc par une unité remarquable ; et\nune personnalité fort nette s’en dégage, ennemie\ndu quelconque, éprise des nuances vagues, et déjà\n"}, {"page_pdf": 148, "texte": "    Chronique L ittéraire.                          137\n\n\n sûre d’elle-même. Cette phrase paraît enfermer une\n antithèse paradoxale. Elle est très vraie pourtant et\n dit combien d’éloges mérite le poète F ernand Seve ­\n rin.\n    Quant à la forme, elle n’est pas à la hauteur de la\n pensée. Em ile V erhaeren l ’a déjà fait observer dans\n l'Art moderne, et je le répète ici comme un affec­\n tueux avertissement à un artiste que j ’aime : F ernand\n Severin fait des vers parnassiens et se tient isolé de\nl’actuel mouvement littéraire. Je me rappelle qu’un\njour, ayant écrit une petite pièce en vers de neuf\n syllabes, il fut effrayé de son audace et ne l ’osa\npublier d’abord. J ’insiste sur ce point; non pas que\ntelle école me semble avoir réalisé la formule absolue\nne varietur de l’art. Mais parce qu’en définitive un\n artiste n’est vraiment complet que s’il admet l’art\nde son temps, et que l’art présent veut la parfaite\nliberté des moyens. L ’époque du sonnet et des vers\ngéométriquement tracés est bien passée depuis la\nvenue de W agner. Malheureusement Severin ignore\ntrop la musique, et ses vers le prouvent. Nous vou­\nlons l’originale variété des rythmes, et non plus les\nphrases carrées. Les alexandrins ne valent, comme\nforme poétique, que s’ils sont des rives solides entre\nlesquelles se jouent les mille remous du rythme inté­\nrieur, et, celui-là, Fernand Severin le néglige beau­\ncoup trop.\n   Mais cette critique ne doit point s’étendre trop\nloin, et je veux féliciter F ernand Severin d’avoir\n"}, {"page_pdf": 149, "texte": "138                                       L a Wallonie.\n\n\n\ntrouvé mainte nouvelle alliance de mots, d’heureux\naccouplements de syllabes, et des vers définitifs tels\nque celui-ci :\n      Oh toute l’âme enfant recluse en tous ces lys.\n  Ce vers pourrait symboliser la figure même du\npoète que j ’analyse : sa naïveté qui regarde le\nmonde avec des airs d’étonnement, et la pureté\nnoble et fière d’un art vierge que l’étreinte de nul\nautre n’a souillé de son influence. E t enfin, il faut le\ndire nettement, le Lys de Fernand Se vérin est l’un\ndes plus beaux, sinon le plus beau, des poèmes de début\nque nous ayons eus en Belgique, depuis longtemps.\n\n                                A lbert   M O CKEL.\n\n\n\n\n                  UN E RÉPA RA TIO N .\n\n  Titre — qui donne à penser — d’un très amusant\nlever de rideau.\n  J ’y pointe deux dialogues menés allègrement, sur\nun ton mondain et pas trop banal ; se lisent quelques\ntrouvailles.\n  E n l ’un, Laurent Ferrières, 24 ans, revenu de tout,\nexpose ses théories, entre deux danses, à une candide\nenfant : il déplore que les jeunes gens de son âge\nn’aient, quant au mariage “ aucune valeur mar­\nchande „ ; les naïfs cherchant l’Amour lui font l’effet\n"}, {"page_pdf": 150, "texte": "    Chronique Littéra ire.                           139\n\n\n“ de ces bons vieux qui se permettent une valse alle­\nmande le soir de leurs noces d’or. „\n   E n l’autre, M. de St-Girons — 60 ans — proclame\ntrès naturel de choisir une jeune fille “ sur laquelle\nnous faisons, en quelque sorte, l ’essai des sentiments\nqui naissent en nous. „ Ces mignonnes seraient donc,\ncomme d’ailleurs il le dit plus loin, “ nos premiers\nviolons. „ Son interlocutrice, M me de Cry, a été jadis\n— pour ne point sortir de cette comparaison — le\npremier violon de Laurent Eerrières; mais elle a\ntrouvé en lui “ trop de théorie, une correction aca­\ndémique, ni fougue, ni maestria. „ Généreuse, elle\nl’offre à Mlle de St-Girons qui l’accepte avec recon­\nnaissance.\n   Ainsi charpentée, assez habilement, sans nulle\ntrace d’intrigue, Une Réparation est peu faite pour\nrévolutionner l ’A rt dramatique ; jouée en un salon,\nelle plaira beaucoup au public féminin de nature\nenthousiaste et primesautière.\n   C’est un succès.\n                              M a u r i c e S IY IL L E .\n"}, {"page_pdf": 151, "texte": "140                                            L a Wallonie.\n\n\n\n\n             P E T I T E CHRONIQUE.\n\n  L ’éditeur Deman, de B ruxelles, s’é tait déjà recommandé\npar les artistes soins apportés au superbe livre de V erhaeren :\nles Soirs.\n   Nous apprenons avec joie qu’il v ient de tra ite r avec R ené\n Ghil pour la publication complète des Légendes de Songe et\nde Sangs. I l rem ettra au jo u r les œ uvres déjà parues du jeune\nM aître instrum entiste ; le Traité du Verbe (refondu, corrigé,\net affermi p ar l’énoncé de la Philosophie de Ghil) et le Geste\ningénu, deuxième livre des L égendes, auront de nouvelles\néditions. E n outre, to u t ce que, dans l’avenir, produira notre\nami, c’est-à-dire les divers livres des Légendes , de la Glose et\nde la L o i dont l’ensemble form era l ’œ uvre entière LA V ie ;\ntous ces poèmes, l’éditeur D em an les im prim era, dès qu’ils\nseront écrits. M. D em an fait preuve de goût et de clair­\nvoyance littéraire, en répondant ainsi aux beaux esprits qui\nplaignaient R ené G hil “ exilé chez nous dans d’obscurs\ncharbonnages. „\n                                ***\n  Ju les D estrée term ine en ce moment son volume L es\nChimères, une suite de tren te poèmes en prose destinés à\nparaître à l’automne prochain, en une luxueuse édition de\nbibliophile, avec, en introduction : une étude sur le Poème en\nProse , p ar J.-K . Huysm ans.\n\n                              **\n  M. M aurice D esom biaux a, sous presse, chez la veuve\nM onnom, un volume : Chants des jo u rs lointains, qui paraîtra,\nen une édition très soignée, tirée à p etit nombre, dans le\ncourant d’avril prochain.\n"}, {"page_pdf": 152, "texte": " PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n        H. Z E Y E N .\n                                         LI\n              137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                                  É G E.\n\n      S p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é l e c triq u e .\n\n\n     FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                         P l a c e d u T h é â t r e , 11, L ié g e .\nP o r t e - c i g a r e s e n é c u m e de m e r , a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s d e c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n„ e x é c u té s en ‘2 4 h e u r e s .\n                                  RACCOMMODAGES.\n\n\n\n INDE\nPERSE RUE DE L’UNIVERSITÉ, 38\n                                   MA        S E R R U R IE R - B O V Y\n\n\n\nCHINE A R T IC L E S L I E GORFÈVRERIE\n                              E\n\nJAPON MÉNAGE ARGENTÉE                       DE\n\n\n\n\n                 H.         F        ON D E R - B U R N E T ,\n                              48, rue du Pont-d’Ile, Liége,\n       AGENT           GÉNÉRAL              PO U R      LA      B E L G IQ U E         DE     LA\n                     P E I N T U R E FRANÇAISE.\n    Cet te P e in tu re , p ré p a ré e à base de c é ru se e t d ’h u ile de lin , e st to u te p rê te à\ne m p lo y e r; elle e s t b rilla n te e t sicu ativ e. Sa q u a lité n e laisse rie n à d é sire r, son\nm élan g e é ta n t a b so lu m en t com posé com m e celu i fa it p a r les p e in tre s les plus\ne x p érim e n tés. Son em ploi s u r b o ise rie s, m u rs , m eu b les de fer ou bois, g ro sse s\nv o itu res, e tc , la place à la p o rté e de to u te s les p e rso n n es d é sire u se s de co n se\nv e r e n b on é ta t le u r m até rie l a g ric o le , in d u strie l ou a u tres.\n  L ’assortim ent se compose de 42 nuances, en boîtes de 1, 2 et\n5 kilog., à fr. 1-10.\nA llu m e tte s S u é d o ise s (Kaiser-Holzer), 20 fr. les 1000 boîtes\n       »        N ilson, bout noir            fr. 9-50 les 1030 boîtes\n"}, {"page_pdf": 153, "texte": "   3e   ANNÉE, No 2.\n\n                 LA W ALLONIE\n  R E V U E M E N SU E L L E D E L IT T É R A T U R E E T D ’A R T\n                                                   E r n e s t M AHAIM ,\n                                                                               A l b e r t MOCKEL,\n             Comité de R édaction              ·\n                                                   P . M. OLIN.\n                                                   M a u r i c e SIVIL L E .\n                     B ureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\nEnvol d’un n um éro spécimen c o n tr e 5 0 centim es\n                             en tim bres-poste.\n        A bonnem ent        : 5 fr. p a r an. Union postale : 6 fr. 50.\n\n                                    SOMMAIRE :\nS té h p an e M a lla rm é .               . . L ettre.\nJ u le s D e s t r ê e .......................Quelques œ uvres d’a rt (Cassel,\n                                                   L a H aye).\nR ené G h il ...................................E x tra it du “ M eilleur D evenir.,,\nCh. D elch ev alerle .                       . . Spleen; Souvenir d’antan.\nCh. V an L e rb erg h e .                    . . L ’A nnonciatrice (vers).\nAlb. S a in t-P a u l ..................... Scènes de bal (vers).\nL u d w ig G heldre; P. M. O. Chronique des arts.\nA. M ockel; M au rice Siville. Chronique littéraire.\n                                 P etite chronique.\n\n\n\n\n                      L\n     Q uelq u es c o lle c tio n s de LA W ALLONIE (1 8 8 6 e t 1887) s o n t en ven te\n                                   au p rix de G fran c s.\n                        a W a l lo n i e e st en vente\nA LIÉGE : Chez MM. G n u sé ; G e o rg e ; D 'H e u r; Decq ; D e so e r; A ubette d u\n     P o n t d’A vroy ; A u b etle p lace S a in t-L a m b ert.\nA BRU XELLES : Chez MM. R osez, lib ra ire , e t Is ta c e , lib ra ire .\nA PA R IS : Chez MM. V anier, lib ra ire , 19, Q uai St-M ichel ; S av ine, lib ra ire ,\n    18 , ru e D ro u o t, e t à la L ib ra irie N ouvelle, ru e de la B oétie, 3.\nA GAND : Chez MM. A. Ho ste, lib ra ire , ru e d es Cham ps ; W en n ew itz (M uquard),\n    lib ra ire , ru e des C ham ps ; V uilsteke, lib ra ire , ru e Aux V aches.\nA ANVERS : chez Mme Ve De V e lte r, re m p a rt Slc-C a th e rin o ; O . F o r s t, ru e du\n    Ja m b o n ; Max R u es, 5 0 , ru e d es T a n n e u rs .\n\n                                      Des presses tic II. V iiilliiiil-C a n n a nne, à U éije.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "ordre_dans_volume": 2, "mois_verifie": false, "numero_verifie": false, "mois_reconstitue": true, "numero_reconstitue": true, "date_tri": "1888-02-29", "signet_source": "3ème année - N°2 - 29 février 1888", "preuve": "Couverture PDF 114 repérée mais date et numéro non lisibles dans le relevé ; signet repris du brouillon, non vérifié. Indices internes : Armand Sylvestre est venu conférencer à Bruxelles « il y a un mois » ; Salon des XX (Bruxelles, début 1888) ; Petite chronique annonçant un volume de Desombiaux « dans le courant d’avril prochain » ; compte rendu du Lys de Fernand Séverin. PDF 115 (p. 104) : annonces de librairie et de revues, hors notices.", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}