{"numero_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "articles": [{"article_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3-201", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3me Année", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 154, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 79, "texte": "3me Année. — N° 3.\n\n\n\n\n   LA\n\nW A LLONIE.\n\n\n\n            31 Mars 1888.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3-202", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LES SOIRS, par Emile Verhaeren", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 155, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 1883, "texte": "LES SOIRS, par Emile Verhaeren\n   Un volum e de vers, hors com m erce, luxueusem ent é d i té à petit n o m b re,\n                    illustré p a r Odilon R edon ;\n               en souscription chez Mme Ve Monnom.\n                               P rix : 7 francs.\n\n      V I N CEN ZO                    L\n                                      O\n                                      MB\n                                       AR\n                                        D\n                                        I\n                   Glose à l’A près-m idi d’un Faune,\n                         Poèm e symphonique\n               chez l ’auteur, 10, Avenue R eille, P aris\n                            P rix : 5 fra n c s.\n\n             LE LYS, par Fernand Severin\n                     avec Frontispice par II. D E C HOUX\nchez Lacom blez, rue des Paroissiens, B ruxelles et chez L em erre.\n                             Paris.\n                      P rix : 2 fra n c s.\n\n                 C AP R I C E                 R EVUE\n       JO U R N A L      A R T IST IQ U E       ET     L IT T É R A IR E\n           B ureaux : R ue du J a rd in Botanique, L iége.\n                       A bonnem ent : 5 fr. p ar an.\n\n   H IST O IR E S                   E S T U D IA N T IN E S\n        P a r Georges ROSM EL (Gust. R A H L E N B E C K )\n              chez B. K noetig, 70, rue V erte, B ruxelles.\n                              P rix : 2 francs.\n\n                 A P A R A IT R E E N A V R IL\n CONTES POUR L’AIMÉE, par Maurice Siville\n      Un volume de grand luxe format in-8° jésus,\n             illustré par Emile Berckmans.\n     P r ix     en sou scrip tio n            : D IX       F R A NC S .\n Ces exemplaires seront tous signés et numérotés\n                     à la presse.\nOn souscrit chez M. Aug. B E N A R D , imprimeur-éditeur,\n        rue du Jardin-Botanique, 12, à Liége.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3-001", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 141, "page_fin": 141, "titre_corps": "Les fastes : Appel", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "APPEL. L aisse la calme femme et", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 156, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 830, "texte": "APPEL.\n\n\n\n\n L aisse la calme femme et les doux mots d’amour,\n    E t les lys et les luths qui leurrent ta tendresse.\n     Voici l’aurore, et du haut de la forteresse\nLa trompette t’appelle, Athlète aux ors du jour.\n\nCasque et cuirasse-toi, sans rêve de retour,\nPour ta bataille, au sol d’exil, avec V Ogresse.\nPuis hors des murs ! et sache entendre sans détresse\nSe clore sur tes pas les portes, de la tour.\n\n\nAu long des bleus remparts, les gardes des bannières\nS ’endorment à l’abri des ténèbres dernières.\nMais toi, baise la croix, symbole des tourments,\n\n\nE t marche droit vers les déserts et les savanes\nOù se révèle, aux tas épars des ossements,\nLa route, vers l’espoir, des vieilles caravanes.\n                                                   1\n                                                   0\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3-002", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 142, "page_fin": 142, "titre_corps": "Les fastes : Vespérale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stuart Merrill", "ancre_debut": "VESPÉRALE. A ras de u la plaine plate", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 157, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 65, "fin_caractere_exclue": 922, "texte": "VESPÉRALE.\n\n      A ras de\n             u la plaine plate\n         Le soleil écarlate\n       Se bossue en dôme d’or.\n         Les planètes funèbres,\n       De l’Erèbe des ténèbres,\n         Dardent l'azur et l’or.\n      Sous l'herbe sèche et la mousse\n         Le choc des pas s'émousse\n      Avec un spasme d'effroi.\n         Le vent tousse en la plaine\n      E t crachotte son haleine\n         Chuchotante d'effroi.\n\n      De la lune au crépuscule\n         Un bleu frisson circule.\n      Râle lumineux du soir.\n         L'âme de l'ombre ulule\n      E t la panique pullule\n         A l’heure où meurt le soir.\n      Car là, sur la plaine plate,\n         Un cadavre écarlate\n      Brûle en funérailles d’or,\n        E t voici qu’aux funèbres\n      Catafalques des ténèbres\n        Fument des torches d’or.\n                         S t u a r t M E R R IL L.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3-003", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 143, "page_fin": 151, "titre_corps": "Quelques œuvres d’art", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jules Destrée", "ancre_debut": "QUELQUES ŒUVRES D’ART (1). Amsterdam. AMSTERDAM, c’est la Ville souveraine", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 158, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 1250, "texte": "Q U E L Q U E S Œ U V R E S D ’A R T (1).\n\n                                                                   Am sterdam .\n\n\n\n\n            A\n            m\n          S T E R D A M , c’est la V ille souveraine, la cité\n          d’A rt par excellence, et malgré les trésors de\n         ses musées, malgré cette floraison magnifique\n         d’artistes sur son sol, elle me semble calom­\nniée par eux, et plus belle encore qu’ils ne l’ont célé­\nbrée. Grande œuvre d’art collective supérieure à\ntous les tableaux qu’elle renferme. Tout y paraît\ncombiné par un goût délicat pour la volupté des\nyeux; c’est un continuel ravissem en t: — les rues\navec leurs maisons en briques brunies par les siècles\net les brises marines, les blancs carrés des fenêtres\npropres, où s’épanouit la gaieté verte de minus­\ncules jardins suspendus, et où des linges sèchent\net flottent au vent comme des banderolles de fête,\npuis l’amusante fantaisie des tiresacs compliqués,\ndes poulies tendues au-dessus des passants, des\npignons bizarres, et des bouts de toits rouges, d’un\nton si chaud et si charmant dans la lumière calme\n\n  ( 1) N otes d e v o y ag e. V oir la W a l l o n i e , n o v e m b re 1887 : Cologne et\nF ran ckfort e t, fé v rie r -1888, C assel et La Haye.\n"}, {"page_pdf": 159, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1483, "texte": "144                                     L a W allonie.\n\n\n\n qui tombe du ciel gris, — et les canaux bordés\n d’arbres, si paisibles, aux eaux lentes, avec de lourds\n bateaux plats chargés de briques roses, de sacs\n gris ou de foins jaunes, conduits par un homme\nflegmatique et tranquille, délicieuse note à peine\nbougeante dans cette quiétude du paysage — et des\ndeux côtés, ces maisons aux portes olivâtres, aux\ntrottoirs enclos comme des concessions de repos\néternel, dans les bornes de pierre et des chaînes de\nfer noires, logis tous pareils et tous divers, décelant\nune lénifiante béatitude de bourgeois heureux et\nprospères, la douceur du foyer, la paix des existences\nlaborieuses et familiales ; — puis le port, la largeur\nde l’Y , son immensité de fleuve au loin, avec des\nbarques frêles, aux voiles comme des ailes d’oiseau,\navec des navires dont les mâtures se silhouettent\ncapricieusement fines sur le ciel, avec les steamers\nnoirs, ceints de rouge et traînant une longue crinière\nde brunâtre fumée, de l’eau, de l’eau sans fin, bou­\ngeante et berçante, l’horizon reculé comme devant la\nmer, les cieux énormes, et parfois un clair rayon de\nsoleil, glissant entre les nuées, et semant sur les\nvapeurs de l’espace et les vagues de l’onde, des\nséductions radieuses !\n\n   — Lelamentable Trippenhuis, humide, obscur, mais\nsi profondément hollandais et où les tableaux étaient\nsi exactement atmosphères, a été remplacé, l ’an\ndernier, par un énorme et luxueux palais dont le faste\n"}, {"page_pdf": 160, "page_imprimee": 145, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1584, "texte": "     Quelques Œuvres d'A rt.                            145\n\n\na horripilé les artistes. L ’architecte a plutôt cherché\nun succès personnel que le triomphe des maîtres\nanciens. Cependant lorsque cette polychromie tapa­\ngeuse se sera adoucie, quand le temps aura fané les\ndraperies de l’intérieur et noirci les briques de la\nfaçade, le monument ne sera pas sans caractère. Ce\nqu’il faut surtout déplorer, c’est l ’ineptie de la com­\nmission de placement : un arrangement bête, sans\nnulle idée, un pêle-mêle de maîtres les plus divers,\nles époques et les écoles confondues.... L ’occasion\nétait si belle pourtant d’édifier à chacun une chapelle\noù seraient venus ses fidèles, de réunir dans un cabi­\nnet les J a n S t e e n , dans un autre les P. d e H ooch ,\ndans un autre les T e r b u r s , et ainsi de suite. Quel\nenseignement et quel charme se seraient dégagés\nde ces autels réservés à un seul dieu, de la concen­\ntration de toutes les œuvres d’un même pinceau, du\nconcert de toutes les chansons envolées de la même\npalette !\n   R e m b r a n d t , ainsi isolé, eût été gigantesque. L a\nsalle des Rembrandt, c’était le rayonnement du\ngénie, l’éblouissement triomphal, l ’apothéose de la\ncouleur ! On a préféré l’éparpiller. L a Ronde de Nuit\na été encadrée dans un cadre joli, surélevée, et mise\nen crue lumière. Comme elle était plus impres­\nsionnante, fantastique et merveilleuse dans l’obscu­\nrité du Trippenhuis, posée à ras du sol, quand ce\nrêve semblait marcher vers vous ! Le rêve est rede­\nvenu maintenant un tableau. Très beau, sans doute ;\nmais l’illusion féerique a fui.\n"}, {"page_pdf": 161, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1540, "texte": "146                                      L a Wallonie.\n\n\n\n   L ’Illusion, la moitié de l’A rt : puisque un pareil\nchef-d’œuvre peut être pareillement diminué par des\ncirconstances extérieures. E t combien est juste,\nencore une fois, en sa paradoxale absurdité, cette\nthéorie que me développait l’autre jour, en outran-\ncier, Henri de Groux : ne voulait-il pas choisir entre\ntous celui auquel l ’œuvre serait montrée ; le sou­\nmettre à de longues préparations, développer en\nlui les sensitives qualités lui permettant de goûter\npleinement l’art particulier qui lui serait soumis ;\net par de compliquées lectures, et des concerts\nsavamment triés, disposer son âme à recevoir l’im­\npression voulue ; puis après quelques heures, ou\ndes années, ou une existence même, et pourquoi\npas ?, l’amener par un couloir sombre, brusquement,\ndevant le tableau à apprécier, exposé seul, rayonnant\nde gloire déjà — en sorte, qu’en ce cerveau, l’œuvre\neût été préliminairement créée, avant d’être aperçue,\nen sa réalité. — F ol projet, sans doute, mais n’est-\nce point cette folie-là qui nous guide, embryonnaire,\nquand nous discutons le cadre ou l’éclairage d’une\nœuvre d’art !\n   Il y a, à ce Musée d’Amsterdam,un R e m b r a n d t peu\ncélèbre qui m’a toujours bouleversé. C’est un frag­\nment d’une leçon d'anatomie ; presque toute la toile\nfut brûlée en un jour néfaste, et plus rienne reste que\nle cadavre, au cerveau découvert, au-dessus les mains\nsouples du professeur, et à gauche un élève sérieux,\nen cheveux longs, écoutant les explications du chi­\n"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 147, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1537, "texte": "    Quelques Œuvres d’A rt.                          147\n\n\nrurgien. Ce cadavre, dans un raccourci d’une audace\nextrême, est l’une des plus formidables choses qui se\npuissent voir. Jamais avec autant de calme grandeur,\nde sérénité auguste dans l’horreur, on n’a dit le\nmystère de la Mort, la solennité de l’anéantissement\nhumain ? Quel infini d’austères, de mélancoliques\nrêveries ! Dans l ’œuvre fameuse du maître, peu de\nmorceaux sont aussi superbement traités que cette\ntoile presque ignorée,mais je n’en sais pas de compa­\nrable comme intensité d’émotion et comme sugges­\ntive profondeur.\n   — Nombreuses visites chez F o c k i n g , le Rembrandt\nde la liqueur. Son Curaçao a des richesses de couleur\noù ruisselle la lumière de prestigieux éclats sur\ndes fonds sombres, c’est comme du soleil en verre,\ncomme un concert de flûtes, de hautbois et de\ncuivres doux qu’on entendrait par la bouche. Il met\nun peu de chaleur en la poitrine, allume une flamme\nde gaîté dans la tête, et vibre moelleusement en\nsaveurs de velours ! Comme le parfum, la musique ou\nle dessin, c’est un art que la liqueur ; combien d’amis\npourtant trouveront bizarre de saluer en M. F o c k i n g\nun maître-artiste ! — Tout comme un peintre, il a\ncompris l’exceptionnelle importance du cadre : en\nsorte que l’on peut affirmer qu’en dehors de la petite\nmaison d’Amsterdam, au bout d’un couloir sombre,\navec, comme seule enseigne, une grossière et vétuste\nfiguration d’appareil distillateur, aux fenêtres gar­\nnies d’étroits carreaux, en dehors de la salle basse où\n"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 148, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1477, "texte": "148                                     L a Wallonie.\n\n\n\nse rangent de lourds flacons noirs : trésors d’ivresses\nsuaves, ailleurs qu’au comptoir où trône l’impassi­\nbilité hollandaise d’une servante en bonnet très\nblanc, où sont, dans un petit panier, des bonbons\nsecs, et dans une terrine verte, des braises rou­\ngeoyantes, et les verres particuliers et charmants\nde forme ancienne, il n’est point de réel curaçao de\nFocking, tant est absolue cette vérité : que la sen­\nsation n ’a d'autre réalité que l’idée que Von s’en fait.\n\n                                              Marken.\n\n   Une vieille voiture, avec un assourdissant cliquetis\nde ferraille, nous avait emportés en pleine campagne\nhollandaise, au milieu de grands paysages plats\ns’allongeant à perte de vue sous le ciel vaste, avec\ndes voiles et des mâts glissant bizarrement à travers\nles arbres et les prairies, sur des canaux soupçonnés.\nUne église dans des feuillages, au clocher de loin\naperçu, quelques maisons pauvres au bord de la mer :\nc’est Monnickendam.\n   Là, en une lourde chaloupe péniblement menée\npar deux solides pêcheurs, nous nous embarquons\nsur Marken. Temps d’orage, splendide. Le vent\nsoufflait en tempête sur le Zuiderzée et des lames\nénormes soulevaient notre barque aux bois gémis­\nsants. Les deux marins vêtus de jaune toile\ngoudronnée, tranquilles sous l’eau ruisselante, ma­\nnœuvraient silencieusement sous l’effort des rafales.\n  Sur la ligne grise de l’horizon, les maisons de Marken\n"}, {"page_pdf": 164, "page_imprimee": 149, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1518, "texte": "    Quelques Œuvres d’A rt.                          149\n\n\n silhouettèrent leurs toits pointus, très hauts, comme\n des mâtures de vaisseaux à l ’ancre. Les vagues\nhurlaient contre la digue, jaillissant en gerbes\nblanches et répandues en poussière humide. E t\nquand vint à travers les nuées sombres, l’éclair\néblouissant d’un rayon de soleil sur les tuiles rouges,\nsur l’écume de neige, ce fut triomphant de couleur,\nl’île étrange, l ’île mélancolique où ne grandit pas un\narbre, où la joie semble impossible sous l’immensité\ndu ciel et de l’eau ! Des canaux, des petits ponts de\nbois coupent la monotonie triste des herbes pauvres,\nbroutées par quelques chèvres, et les maisons toutes\nnoires, avec d’imperceptibles fenêtres, semblent des\nbarques échouées, prêtes à reprendre la mer. Dans\nles ruelles, des pêcheurs, des femmes, des jeunes\nfilles, des enfants, dans ces costumes extraordinaires\ndont X avier M ellery a si artistement reproduit la\nséduisante barbarie. E t l’on est bien loin de la\nHollande, alors, bien loin d’Amsterdam que l’on\nvient de quitter, l’on se croirait transporté à mille\nlieues dans l’espace, à plusieurs siècles dans le temps.\nC’est une impression singulière et forte que ce\nbrusque abandon du monde présent et de sa pré­\ntendue civilisation, pour se retrouver tout à coup au\nmilieu d’un peuple, oh ! combien étranger ! qui\nrappelle le Danemark, la Norwège, la Finlande, des\nnations reculées vers le Nord, dans le vague encore,\ndes peuples de légende, à l’aurore des temps histo­\nriques....\n"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 150, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1533, "texte": "150                                     L a Wallonie.\n\n\n\n   Dans les intérieurs, les vieux bahuts, les porce­\nlaines bariolées, les cuillers d’étain, tout ce qu’ils\ngardent avec un respect jaloux, avec une obstination\npieuse pour les choses léguées par les ancêtres, conti­\nnuent cette impression; et l’on prévoit avec tristesse\nque bientôt sans doute les “ incessants progrès de\nla civilisation „ feront disparaître cette délicieuse île\nde rêve, si chère aux artistes.\n   Ainsi parfois je songe avec terreur au temps proche\noù tout sera uniformisé, où par le monde plus une\nfantaisie de costumes, d’architectures ou de mœurs\nne subsistera, où auront triomphé les gens qui “ n’ai­\nment pas les montagnes trop hautes ! „ Nous serons\ntellement civilisés alors, qu’il ne restera plus qu’à\nmourir d’ennui !\n   — Une promenade sur le Binnen Amstel, au crépu­\nscule, est un enchantement. Amsterdam y apparaît\ndans toute sa splendeur, en une impériale robe de\nvelours noir brodée de lumières. Le petit steamer\npart du centre de la ville, près du Dam, au milieu de\nl’affairement commercial : peu à peu le canal, d’abord\nétroit, s’élargit, et les conversations des passants, les\nroulements des voitures, le tocsin des tramways, se\nconfondent en une rumeur douce. Le petit bateau\nfile toujours sur l’eau sombre; par instants, sous un\npont, la cheminée s’abaisse et la machine ronfle plus\nfort. Dans la paix du soir, et ses teintes exquises,\ns’allument les lampes aux fenêtres; sur les quais\net les ponts, étincelle la danse des flammes jaunes\n"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 151, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1141, "texte": "    Quelques Œuvres d’A rt.                           151\n\n\ndes réverbères, et les lanternes des bateaux rencon­\ntrés sont de grands yeux ronds, rougeâtres, qui\nsaignent dans la nuit. En l ’obscurité croissante,\npartout flambloie l’illumination coutumière, et sur\nl’eau noire, ce sont de scintillantes traînées d’or,\ndes frissons merveilleux de lumière. Les maisons,\nlointaines déjà, sur les bords, semblent, dans la brume,\ngrandies, et leurs vieilles faces sombres, aux pignons\nmultiformes, avec des tourelles et des clochers émer­\ngeant du capricieux fouillis des toits, ont l’opulence\net la sévérité des palais de Venise. E t c’était doux\ndélicieusement, de se sentir ainsi séparé de cette\nvie toute prochaine, au milieu du large canal, presque\n seul, dans le silence et le calme de la nuit qui venait.\nA u retour, les arbres du rivage paraissaient bruns et\n entourés d’une buée de mystère, les maisons dans\nl’ombre accrue, avaient des lignes plus majestueuses\n encore, et à la chanson dorée des lumières de la\n ville, se mariaient des vapeurs s’argentant aux\n rayons bleus de la Lune.\n                                J u le s   DESTRÉE.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3-004", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 152, "page_fin": 154, "titre_corps": "Londres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Émile Verhaeren", "ancre_debut": "LONDRES. ODEURS de suif, crasse de peaux", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 167, "page_imprimee": 152, "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1168, "texte": "LONDRES.\n\n\n\nO    DEURS de suif, crasse de peaux, m arcs de bitum es !\n      T el qu’un lourd souvenir gros de rêves, debout\n      D ans la fumée énorme et jaune, dans les brum es,\nG rande de soir ! la ville inextricable bout\nE t roule ainsi que des reptiles noirs ses rues\nNoires, autour des ports, des docks et des hangards,\nOù des feux de pétrole et des torches bourrues,\nComme des gestes fous et des m asques hagards\n— B atailles d’ombre et d’or — s’em poignent en ténèbres.\nU n colossal b ru it d’eau roule, les nuits, les jours,\nR oule les lents retours et les départs funèbres\nD e la m er vers la m er et des voiles toujours\nV ers les voiles, tan d is que d’immenses usines\nIndom ptables, avec m arteaux cassant du fer,\nAvec cycles d’acier v iran t leurs gelasines\nT ordent au bord des quais — tels des m em bres de chair\nE cartelés sur des crochets et sur des roues —\nL eurs lanières de peine et leurs volants d’ennui.\nA u loin de longs tunnels fumeux, au loin des boues\nE t des gueules de noir engloutissant leur nuit,\nQuand stride un tout à coup de cri, stride et s’éraille :\nL es trains, voici les train s qui vont p laquant les ponts,\n"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 153, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1562, "texte": "     Londres.                                                153\n\n\nL es train s qui vont b a tta n t le rail et la ferraille,\nQui vont et vont m angés par les sous-sols profonds,\nE t revomis, là-bas, vers les gares lointaines,\nL es trains, là-bas, les train s tum ultueux — partis.\n\n\nTonneaux de poix, flaques d'huiles, ballots de laines !\nBois des îles cubant vos brusques abattis,\nP eaux de fauves, avec, au bout, vos griffes mortes,\nLam entables, cornes de buffle et dents d’aurochs\nE t reptiles, lam és d’éclair, pendus aux portes.\nO cet orgueil des vieux déserts, vendu p ar blocs,\nP a r tas, vendu ce roux orgueil vaincu de bêtes\nSolitaires : oursons d’ébène et tigres d’or,\nPoissons des lacs, aigles des m onts, lions des crêtes,\nH urleurs du Sahara, hurleurs du L abrador,\nBois de la force erran te au clair des nuits australes,\nHélas, voici pour vous, voici les pavés noirs,\nL es camions brutaux, les caves hum orales,\nE t les stères et les barils, voici les soirs\nD u Nord, les m ornes soirs, obscurs de leur lum ière,\nOù pourrissent les chairs m ortes du vieux soleil.\nVoici L ondres cuvant en des brouillards de bière,\nE norm ém ent son rêve d’or et son sommeil\nSuragité de fièvre et de cauchem ars rouges ;\nVoici le vieux L ondres et son fleuve grandir\nComme un songe dans un songe, voici ses bouges\nE t ses chantiers et ses com ptoirs s’approfondir\nE n dédales et se creuser en taupinées,\nE t p ar dessus, dans l ’a ir de zinc et de nickel,\nFlèches, dards, coupoles, beffrois et cheminées.\n— Tourm ents de pierre et d’ombre — éclatés vers le ciel.\n"}, {"page_pdf": 169, "page_imprimee": 154, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1276, "texte": "154                                           La Wallonie.\n\n\n\n\nO\nSoifs de lucre, combats de troc, ardeur de bourse !\n   mon âme, ces m ains en prière vers l’or,\nCes m ains monstrueuses vers l’or et puis la course\nDe millions de pas vers le lointain T habor\nDe l’or, là-bas, en quelque im m ensité de rêve,\nIm m ensém ent debout, im m ensém ent en bloc !\nDes voix, des cris, des batailles, — le jo u r s’achève,\nL a n uit revient — des voix, des cris, le heurt, le choc\nDes sans cesse labeurs, des sans cesse batailles,\nE n ses bureaux grinçant de leurs plum es de fer,\nSous le pli des plafonds e t le gaz des m urailles,\nL a lutte de dem ain contre la lu tte d’hier,\nL ’or contre l’or et la banque contre la banque....\nS’anéantir mon âme en ce féroce effort\nDe tous, se perdre et se broyer ! Voici la tranque,\nL a bêche et le charroi qui labourent de l’or\nE n des sillons de fièvre. O mon âme éclatée\nE t furieuse ! ô mon âme folle du vent\nH agard, mon âme énorm ém ent désorbitée,\nSalis-toi donc et m eurs en ton mépris fervent !\nA rrache-toi, déchire-toi ! Voici la cave\nP our t ’étouffer loin des regrets et loin des yeux\nMon âme, — et tu seras l ’indifférante épave,\nQue d’inlassables pas écraseront sous eux.\n\n                                  E m ile V E R H A ER E N .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3-005", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 155, "page_fin": 160, "titre_corps": "Vieilles cloches", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "George Garnir", "ancre_debut": "VIEILLES CLOCHES. A Cèles tin Dernblon. I . La pluie se mit à tomber", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 170, "page_imprimee": 155, "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 998, "texte": "V IE IL L E S CLOCHES.\n\n\n                                     A Cèles tin Dernblon.\n\n                          I   .\n    L a pluie se mit à tomber dru. Les moissonneurs\n        se faufilèrent au plus épais de la haie, leur\n        veste de coutil sur la tête, les pieds ramenés\n        dans les branches; et ils riaient de l’averse,\ns’égayant de plaisanteries wallonnes, dans un accès\nde jovialité de travailleurs enchantés de se reposer.\n   Je voulus t ’installer dans les feuillées humides\ndes noisetiers et t ’y faire une niche où tu aurais été\npareille à la V ierge en mai, souriante parmi les\nfrondaisons de l’autel. Mais tu refusais; tu avais\nune autre idée; et voici que tu me montras du\ndoigt le grand chariot mi-empli de gerbes qui rece­\nvait la pluie au milieu de la campagne déserte.\nAlors, je t ’offris la main et tous deux nous courûmes\nd’un seul trait, au milieu de l’averse, nous blottir\nentre les roues, bien à l ’abri, narguant la pluie qui\nreprenait avec plus de rage.\n"}, {"page_pdf": 171, "page_imprimee": 156, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1462, "texte": "15G                                   L a W allonie.\n\n\n\n   Je puis bien te le dire aujourd’hui — il y a si\nlongtemps de cela — j ’eus alors l ’impossible désir\nque la mort nous prît tous les deux en notre soli­\ntude, pâles et enlacés, pour que s’éternisât dans l’in­\nfini l’exquisité de ma passion. D ’incertaines images\nse levaient devant moi; l’innocence des enfantines\nchairs roses, la pudeur des robes de lin closes en\nleurs plis sévères et le mystère tendre des boutons\ngrêles qui vont s’épanouir au premier soleil.\n   En moi, tout un hymne de voix pieuses chantait,\ndans le silence haché par la pluie qui sabrait les\nchaumes. E t c’était, chère et lointaine aimée, une\nvague et délicieuse musique qui m’emplissait la tête\ncomme la vibration prolongée d’une cloche frôlée\nau passage par quelque bronze merveilleux. A ce\nmoment-là — t ’en souvient-il ? — tu restas saisie en\nte retournant tout à coup : car tu me vis tout pâle, le\ncœur tordu, avec des larmes plein les yeux, parce\nqu’il y avait trop de bonheur en moi.\n   Mais je ne t’ai rien dit, mignonne, et tu n’as rien\ndeviné.\n   E t aujourd’hui encore, c’est ma jouissance intime\nde redresser les pauvres chimères d’autrefois, d’en­\ntendre, dans le couchant rose, sonner les vieilles\n cloches aimées avec leur voix vague et frêle et de\nretrouver les chers appels nostalgiques de mes rêves\nd’enfant — car je suis toujours l ’enfant et le rêveur\nde jadis, mais un enfant douloureux et un rêveur\nmeurtri.\n"}, {"page_pdf": 172, "page_imprimee": 157, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1587, "texte": "     Vieilles Cloches.                                 157\n\n\n\n                            II.\n\n    Deux ans ont passé et c’est la mi-juillet.\n    Nous nous en allons par la route poudreuse, bordée\n de chèvrefeuilles, d’aubépines et, sans rien dire, nous\n regardons passer les petits bœufs attelés à la mode du\n pays, traînant les chariots de foin, les jarrets tordus,\n les naseaux fumants, l’œil hagard, étourdis de l ’effort.\n    E t le beau soleil de juillet noie les lointains d’une\n poussière d’or. Lumière, verdure, éblouissement : les\n campagnes avec leur fourmillement de travailleurs,\n les bois qui font des îlots d’ombre dans cette dé­\n bauche de rayons, la route blanche qui file à travers\n champs, et là-bas, le gros du village, tassé dans le\n creux du val, les fermes aux toits d’ardoises enfon ­\n cées sous les noyers, et le clocher qui, mi-affaissé dans\nl’air bleu, semble le rêveur pieux et solitaire implo­\nrant la gaieté pour les nids et la paix pour les\nhommes. E t plus loin encore, les premiers contreforts\n de l’Ardenne, les larges collines qui s’étagent en\ngradins et les basses futaies qui dégringolent les\nversants jusqu’à la plaine.\n    Je refais par l’esprit nos longues promenades ;\nj ’entends tes cris d’oiseau querelleur quand tu m’em­\npêchais de me mettre la chair en sang pour t ’aller\nchercher dans les épines les frêles chèvrefeuilles que\ntu aimais — que nous aimions — tant ; je me rappelle\ntes hochements de tête rêveurs quand j ’allais pousser\nl’audace jusqu’à te faire soupçonner que je t’aimais ;\n                                                 11\n"}, {"page_pdf": 173, "page_imprimee": 158, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1356, "texte": "108                                   L a Wallonie.\n\n\n\net parfois, quand je m’en vais seul par ma route\ndéserte, je crois sentir encore ton image immatérielle\npeser doucement sur mon bras comme aux jours\npassés.\n  Mais j ’avais encore un autre grand secret que je\nn’ai jamais osé te dire et que je me hasarde à\nrévéler aujourd’hui; c’était, serré précieusement sur\nma poitrine avec des jalousies de dévot, un gros\ncarnet de vers où raison et rime luttaient d’estoc et\nde taille, des fleurs malingres qui avaient poussé\npour toi, un recueil de chevilles où “ amour „ faisait\nécho à “ yeux bleus „ et que j ’ai relu l ’autre jour\nmignonne, et qui m’a fait pleurer.... si tu savais !\n\n                         III.\n\n   Chaque fois que je suis revenu, juché sur la malle-\nposte et qu’au tournant de la route, le village m’est\napparu brusquement dans le calme de la claire après-\nmidi d’été, ç’a été comme si quelque cruelle et inef­\nfable douleur descendait en mon cœur meurtri.\nPieusement, poigné de souffrance et de doute, je\nregardais, je regardais avec l’unique et impérieux\ndésir de m’emplir les yeux de cette familière vision\ndu passé que je voulais fixer en mon cerveau. E t je\nn’étais rassuré que quand tu paraissais sur le seuil\nde la ferme, accorte, avec ton bon sourire de jeunesse\net de gaîté.\n  E t pendant des ans, j ’ai conservé comme un trésor\n"}, {"page_pdf": 174, "page_imprimee": 159, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1418, "texte": "    Vieilles Cloches.                                        159\n\n\ndes anciens âges l’orgueil de mon amour intense ; j ’ai\nrêvé d’une passion exquise et hautaine, source de\nlumière dont tu aurais été l’éternel foyer ; j ’ai aimé\nBalzac parce qu’il avait créé cette idéalisation de la\nfemme : Henriette de Morsauf ; et avec la belle imper­\ntinence de mes seize ans, je me suis juré de garder en\nnos temps de progrès et de corruptions la vieille\npureté du cœur qui fait sourire les uns et que les\nautres appellent naïveté. J ’ai vu l ’avenir comme il\nnous apparaît alors : je me suis figuré le vieux monde\ns’agitant et s’épuisant autour de nous, le siècle\ntuant le sentiment des primitifs, les ignorants qui\nmenaçaient, les chiens qui hurlaient, les merles qui\nsifflaient, tandis que nous, bien abrités dans notre\namour, ayant de temps en temps un sourire de pitié,\nnous nous sentions au cœur quelque chose de bien\nsupérieur à toutes ces misères : notre amour vivifiant\net serein.\n                            IV .\n\n  E t aujourd’hui que notre pauvre rêve défunt s’en\nest allé avec les anciennes lunes et les vieux levers\nd’aurore, et que j ’ai abdiqué mes idées de calme\nbonheur rêvé, les vers du petit carnet me reviennent\nparfois comme un chant d’exil :\n    Si nous pouvions, vois-tu, nous aim er à pleine âme...\n\n  Alors, je me dis que mon avril ne refleurira plus,\nque la plante est morte, que les amours des autres\n"}, {"page_pdf": 175, "page_imprimee": 160, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 478, "texte": "160                                   L a W allonie.\n\n\n\nfemmes ne remplaceront jamais la sainteté du tien et\nque — pour nous qui avons su l’hiver — le renouveau\nne sera plus qu’un printemps factice, un vieux rappel\ndes soleils de l’enfance, une seconde pousse de\nfeuilles sur un tronc déjà fatigué.\n  E t lentement je m’enfonce dans l ’avenir et je sais\nque c’est l’universel dessèchement, la mort irrémé­\ndiable de la sève.\n\n                               G eorge G A R N IE .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 161, "page_fin": 161, "titre_corps": "Veillée de lune", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Georges Keller", "ancre_debut": "VEILLÉE DE LUNE. Très dolente s’étouffe une calme agonie", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 176, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 855, "texte": "V E I L L É E DE LUNE.\n\n\nT\nr\nè\ns  dolente s’étouffe une calme agonie :\nE n iv ré , le soir dort dans la nuit des lointains,\nD o u x et sombre, éventant les murmures éteints\nSous le rêve d’un vol de tendresse infinie.\n\n\n0 murmures perdus où quelqu’ un a chanté\nNos adorations durant la n u it fiévreuse,\nVous p arlerez toujours de la blonde amoureuse\nA llée — ô quel regret! — seule accueillir l’été!\n\nL ’inaccessible vague exalte le vieux thème\nD es rimes de souhaits, d’ extases, de langueurs,\nE t rythme les liens ineffables des cœurs\nQ ui répètent, tout bas, sans comprendre, j e t’aime..\n\nP a r le chaste réveil des songes inconnus,\nE lle revient, bercée au souffle de la brise...\nE t tandis qu’elle passe exquisem ent surprise , .\nD e blancs rayons de lune ont baisé ses bras nus.\n\n\n                                    Georges       KELLER.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 162, "page_fin": 172, "titre_corps": "Chronique littéraire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE. II y a 20 jours, M. Albert Giraud", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 177, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 2963, "texte": "CHRONIQUE LIT TÉ R A IR E .\n\n\n    II y a 20 jo u rs , M. A lbert G iraud m ’en v o y a so n liv re , Hors du S iè c le ,\navec ces m o ts : bien cordialem ent. Il y a d ix j o u r s , il m e la n ç a it d a n s la\nJeu n e B elg ique, c e rta in s q u alificatifs du plu s p é tilla n t B eau m arch ais. B ien\nq u ’il m e so it to u jo u rs ag réab le de v o ir u n ho m m e com m e M. G iraud se\nm e ltre en frais d ’e sp rit to u t sp éc ia le m en t p o u r m oi, je fus a h u ri, j e l’avoue.\nM G iraud — to u jo u rs b ien c o rd ia le m en t ! — m ’a p p e la it d é ca d e n t d e la\nP ie rre u s e , e t, p a r fav eu r p a rtic u liè re , a p rè s to u te s ces a m é n ités, ré s e rv a it\npo u r m on u sag e e x c lu sif le d é lic at p rén o m de botteresse . Botteresse ? Quel\nh o m m e , ce m o n sie u r G iraud ! E t p en sez q u e c e t o ra g e s'a m o n c e la it s u r\nm a tè te p o u r a v o ir osé a ttir e r l’a tte n tio n d ’u n am i s u r l’im p o rtan c e du\nrythm e interne !\n     Que fa ire ? Il y a v ait tro is p a rtis à p re n d re :\n     1° L a n c e r à la tè te de M G iraud q u elq u es b o n n es é p ith è tes, te lle s q u e :\nch a s s e u r d e p rin k è re s , Ja n n e k e , ou P ég ase à d eu x fins ; c ela m ’a u ra it\nven g é de botteresse.\n     2° P u is, j ’a u ra is pu lui fa ire tim id e m e n t o b se rv e r q u e le ry th m e in té ­\nrie u r e st l’â m e des b e au x v e rs com m e il e st la ra is o n e t la force\np ro p u lsiv e de la p h ra se m u sicale ; q u e des a rtis te s e stim ab les a p rè s to u t,\n— com m e R o n sa rd , V illon, R ac in e , V ictor H ugo, B au d e la ire e t Goethe\n( je c ite au h a s a rd ), — d o n n a ie n t to u s le u rs s o in s au ry th m e in té rie u r,\ns a n s c ro ire se d é sh o n o re r p o u r cela.\n     3 “ Enfin so u m e ttre Hors du S iècle à u n d ém o lissag e co m p let, lé g itim é\np ar m es ra n c u n e s : c ’é ta it m e c o n fo rm e r au x c o n v en a n c e s.\n     Le m a lh e u r, c ’e st q u e de ces tro is p a rtis , a u c u n n e m e c o n v ie n t :\n 1° Les in ju re s ; je c ro ira is m ’a b a isse r a u ta n t q u e M. G irau d, en lui en\na d re ss a n t ; 2° la d is se rta tio n s u r le ry th m e in te rn e ; je n ’ose plus en p a rle r,\np u isq u 'il me fa u d ra it av o u er q u e M. G iraud u se de c e tte n é ce ssité m u sic ale\nm a lg ré lu i, en assez h abile a rtis a n ; 3° d ire b eau co u p d e m al d e H ors du\nS iè cle . N on, v ra im e n t je ne su is pas né p o u r m ’o c cu p e r de le ttre s , c a r c e lte\np e tite infam ie m e ré p u g n e . E t p u is, s 'il fa u t le c o n fe sse r, m on a rtic le\né ta it d éjà é c rit — so u s l’influence du « bien c o rd ia le m en t » — . Le re c o m ­\nm e n c e r — sous l’influence de la « b o tte re s se » — c ’é ta it b ien lo n g , e t je\ns u is si p a re sse u x ! Il ne me re s te ain si q u ’u n e 4 e a lte rn a tiv e , il laq u elle je\n"}, {"page_pdf": 178, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2150, "texte": "       Chronique L ittéraire.                                                                  163\n\n\n\nm e ré so u s : d ire m a sim p le, a d m ira tiv e e t fran c h e o p in io n s u r H ors du\nS iècle , sa n s in ju re s , s a n s dém o lissag e ; e t p rie r M. G iraud d ’e x c u s e r c ette\nim p u d e n te in frac tio n au x u sag e s les plu s re sp e c ta b le s de so n m onde\nlitté ra ir e .\n                                   H O R S D U S IÈ C L E .\n\n   A lbert G iraud, lu i aussi, résiste au courant m oderne. P a r\nle Scribe il sem blait avoir promis aux vieilles form ules son\néternel soufflet claquant de révolutionnaire, et, alors, il nous\nparaissait se draper dans une révolte trop furieuse parce\nqu’elle m anquait le b u t; m ais sa tim idité h ésitan te d’à\nprésent a m is l’étouffoir aux gam mes de quintes, et le voilà\ncasé, rassis, bien posé. Vous vous rap p elez, dans Renée\nM aupérin, cet ancien héros de la révolution devenu proprié­\ntaire, et puis tim ide, et puis centre gauche à peine, et puis\nsim plem ent soucieux d’une am élioration médiocre apportée\nà son domaine. T el est U N p e u A lbert G iraud. Je souligne ce\nmot, et l’explique. J e ne veux point faire encore à A lbert\nG iraud le facile reproche d’em prunter à B anville et à Charles\nB audelaire; je connais assez sa loyauté d’écrivain pour être\nsûr, absolum ent, que ces échos sont de simples réminiscences.\nMais, il le fau t bien adm ettre, Pierre-Charles et Banville\nont sur lui une influence décisive, au point de lui dessiner une\npersonnalité à deux faces, dont chacune regarde l’un des\ndeux m aîtres. Or — et voici m a conclusion —, A lb ert G iraud\nest un classique dont l’œ uvre est seulem ent parsem ée des\nreflets que je viens de citer. L ’ancien révolté de Renée\nM aupérin se fait ni chair ni poisson en e n tra n t dans ses\nte rres; l’auteu r du Scribe a mis de l’eau sucrée dans son\nvitriol, en en tra n t à l ' É toile belge. E t, qui sa it? ce qui l’a\npréservé d’être un classique absolu (Casimir D elavigne au\ntem ps de M allarm é !), c’est la profonde em preinte conservée\n du reg ard m agnétisant de ces poètes : Banville et B audelaire.\n"}, {"page_pdf": 179, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1981, "texte": " 104                                                                 L a Wallonie.\n\n\n\n   Mais cette introduction term inée, il faut dire toute la\n valeur de ce livre : Hors du Siècle (*).\n   P our la technique, d’abord. Oui, certes, ce ne sont point de\nnouveaux rythm es, la forme est toujours celle du tem ps jadis,\net les recherches de rim es neuves ou même de combinaisons\ninoffensives et jolies obtenues p a r l’écho d’une rim e prolongée\ndans les suivantes, to u t cela le poète veut l’ignorer. Mais, s’il\nn ’ose s’écarter de la prosodie habituelle qui étage les alexan­\ndrins polis et uniform es comme les m arches régulières d’un\nescalier massif, s’il ne je tte un regard vers les trouées nou­\nvelles de la grande forêt des Form es, du m oins A lbert G iraud\nest-il un artiste de race qui sait plier les m ots à son désir, et\nles anime victorieusem ent. Ses vers — je parle su rto u t de\nquelques pièces rem a rq u a b le s, — ses vers scintillent à la\nlueur de belles images, et les idées, toujours fières et bien\nà leur plan, paraissent rêver dans ses strophes, caressées\np ar la brillante mélodie des rimes, comme les statu es m ys­\ntiques rêv en t, en nos églises, au rythm e balancé des encen­\nsoirs et des orgues mouvantes.\n   O utre la science du m ot rare, A lbert G iraud possède assez\nbien la souplesse tactile et intellectuelle qui fait concevoir la\nmusique des rythm es. A la surface de ses alexandrins carrés\nse joue avec aisance — inconsciemment dit-il, — le ry th m e\ninterne qui v a , v ie n t, court, sautille, ou se redresse\nd’une m ajesté roide, longue et ralen tie, puis s’esquive aux\nsourires d’un triolet. M alheureusem ent il ne sait pas — ou,\np ar entêtem ent gam in ne veut p a s savoir — l’incom parable\nforce des harm onies verbales. Ceci est un reg ret p lu tô t qu’un\n\n\n  (* ) Hors du S iè cle , u n trè s b eau vo lu m e in -8 ° s u r v é lin ,d e -124 p a g e s ;\nM onnom , im p rim eu r, à B ru x elles, e t V anier, é d ite u r, à P a ris .\n"}, {"page_pdf": 180, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2009, "texte": "     Chronique Littéraire.                                      165\n\n\n reproche. Puisque A lbert G iraud compose de très beaux vers,\n il serait m alséant de lui je te r à la face, comme une injure,\n la manière dont il les fa it; qu’il me soit permis seulem ent de\n songer aux pièces encore plus larges et plus complètes que\nnous vau d rait son beau ta le n t s’il consentait à u ser de tous\nses moyens. A lbert G iraud me fa it l’effet d’un superbe\norganiste qui ne voudrait jouer que d’un ancien harm onium\nsans registres. Il est triste de voir un poète d’une réelle\nvaleur s’a tta rd e r à de petites prom enades dans le ja rd in\npublic où passe la foule étrangère, lorsque s’étend à côté de\nlui un parc magnifique aux sombres allées, immenses et\nbaignées d’inconnu.\n    Q uant au fond des vers de Giraud, les pages précédentes\nl’ont fait déjà pressentir. Hors du Siècle ne brille pas, comme\nle L y s de Severin, p a r une belle et lumineuse unité, p ar une\nnom breuse ordonnance du plan ; les diverses parties du livre,\nle Regret de l’ E n fa n ce , l’Am our impossible — un titre p ris à\nB arbey d’A urevilly, — etc., reste n t isolés et sont des chapitres\néparpillés sans grande cohésion. L ’unité réside seulement\ndans la persévérance de l’au teu r à voir le même horizon.\n    A lbert G iraud serre de près la réalité, et le R êve l ’attire\nbeaucoup moins que les autres poètes de ces tem ps. Il ne se\nborne pas toutefois aux choses im m édiatem ent tangibles;\nmais, comme l ’a très bien expliqué, ici même, F ern an d\nSeverin, son am our d’infini le tran sp o rte aux siècles passés.\nOr l’infini de G iraud est u n infini m atériel; et comme il\nest aussi peintre que versificateur, son idéal sera l’infini\ndes couleurs, le kaléidoscope de la R enaissance, avec ses\npourpres, ses cu irasses, ses dépravations — qui doivent\nten ter un artiste raffiné comme lui — , ses intrigues, ses\nhommes aux volontés de fer dom ptant la foule mouvante\ndes énervés. L ’organe actif, chez A lbert G iraud, c’est l’œil,\n"}, {"page_pdf": 181, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1877, "texte": "166                                              L a Wallonie.\n\n\n\ncomme sa caractéristique m orale est la fierté : il regarde,\nlongtemps, longtem ps, — beaucoup dans les livres, j ’im a­\ngine — le songe des tem ps dorés et pourpres, des tem ps\noù des scintillem ents passaient, ainsi qu’en nos soirs d’été\npapillonnent et voltigent les lucioles sillonnant les ténèbres.\nL a forte et subtile étreinte de l’a r t, comme la poigne d’un T itan\nqui serait L oh engrin, ce colossal tressaillem ent de cerveaux\nd’occident qu’une civilisation convalescente venait alangourir\nd ’un obscur puis triom phal m agnétism e, ce renouveau de\nl ’E sp rit greffé sur la prom pte décadence physique, et les\nmignons en F rance au tem ps de la Pléiade, to u t ce fourm ille­\nm ent de nuances aux sonorités vives, de gestes rigides ou\npâm és, de fer frôlant le velours, cette finesse ra re n ag ean t à\nla surface du brutal, A lbert G iraud a regardé to u t cela,\nlo n g tem p s, longtem ps ; puis de ses souvenirs qui se\ndéployaient à ses yeux comme des bannières d’un ondoiement\nsplendide, de ses souvenirs il a tissé le b rilla n t vélum tendu\naux portes de son tem ple ; sur le vélum, il a fait broder ces\nmots : Hors du Siècle , et désorm ais il s’y réfugiera contre le\ncoudoiement quotidien des gens quelconques. P a r pudeur\net p ar piété, il a prononcé le vœu que toujours le vélum de\nses souvenirs fût drapé entre le monde et lui, pour que même\nla L um ière de ce monde étranger ne puisse l’effleurer sans\ns ’être colorée d’abord des nuances graves profondém ent\nim prégnées dans le m agique et som ptueux tissu de soie.\n                                             A l b e r t M OCKEL.\n\n\nD E L A PROTECTION DES Œ U V RES D E LA PEN SÉ E.\n                    Moens et F ils. Bruxelles.\n\n  En 1884, dans son discours de rentrée du barreau\nde Bruxelles, M. Janlet recherchait les origines du\n"}, {"page_pdf": 182, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1550, "texte": "    Chronique Littéraire.                             167\n\n\ndroit des auteurs. Depuis, il a publié des études sur\nla propriété des télégrammes et sur la propriété\nartistique et littéraire. Aujourd'hui, il donne un\ntraité complet de la protection légale des œuvres de\nla pensée. Le premier volume a seul paru. Il est par­\nticulièrement consacré à l’architecture. De nous\ntrouver en présence d’un commentaire doctrinal de\nla loi du 22 mars 1886, nous ne pouvons retenir une\nréflexion dont la portée générale enlève à l’observa­\ntion ce que, de prime abord, elle pourrait avoir de\ndésobligeant pour l ’auteur. Les commentaires hâtifs,\nqui voient le jour à l’aube d’une législation, sont, le\n plus souvent, d’un tempérament chlorotique, comme\nles enfants nés avant terme. Aussi longtemps que\nl ’ingéniosité des contrefacteurs, l’habilité des avocats,\nles roueries des héritiers et des cessionnaires n’auront\npas donné la mesure des mailles de la loi nouvelle,\n l’homme d’affaires et le jurisconsulte n’accorderont\n au manuel qu’une utilité restreinte.\n    Sous le bénéfice de cette réserve, nous nous\n bornerons à faire connaître le plan du 1er volume.\n Les divisions sont bien conçues. Il est traité de la\n nature, des conditions d’exercice, de la durée du\n droit de l’architecte, des reproductions, de la contre­\n façon, du droit international. Une table des matières,\n soigneusement faite, rend les recherches aisées.\n    Nous félicitons M. Janlet de n’avoir pas méconnu\n l’importance pratique d’un complément trop souvent\n  sacrifié par les auteurs,\n"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1661, "texte": "168                                                                 L a Wallonie.\n\n\n\n   L e traité de l'architecture est précédé d’une partie\ngénérale dont nous dirons quelques mots. Elle\ndébute par un historique nourri de faits intéressants,\nsuivie des textes de la législation spéciale. Vient\nensuite une dissertation sur cette question : le droit\nd’auteur est-il un droit de véritable propriété ? On\nsaisit que la difficulté ne s’élève pas à propos de\nl’objet — toile, marbre, monument, livre — qui maté­\nrialise la pensée de l’auteur ; cette propriété est,\nd’avis unanime, régie par les règles générales de la\npropriété mobilière. L a controverse, aiguisée par des\nsubtilités métaphysiques, porte sur l’élément intel­\nlectuel et intangible, sur la conception, sur le droit\nd’auteur en un mot. M. Janlet croit qu’il eût mieux\nvalu appeler un chat, un chat, et intituler la loi :\n “ de la propriété artistique et littéraire. „ On s’est\neffrayé de l ’objection pédantesque que, en soi, la\npropriété ne peut avoir pour objet qu’une chose\nmatérielle. Dans les discussions, un ministre a déclaré\nlaisser à l’avenir le soin de trancher la question.\n   Ajournons l’examen critique du traité jusqu’au\njour où il sera complet.                       S.\n\n                    H ISTO IR ES E STU D IA N TIN ES (*).\n\n   C’est, dans une coquette édition ornée d’une jolie couver­\ntu re p ar A rm and Rassenfosse, une suite de récits a ttra y a n ts,\n\n   (*) H istoires E studian tin es, p a r G eorges R osm el (G ustave R ahlenbeck) :\nu n jo li p e tit volum e de 150 p ag es, c o q u ettem e n t éd ité ; é d ite u rs : L em erre,\nP a r is ; K n o etig , B ru x e lle s.\n"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 169, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1712, "texte": "     Chronique Littéraire.                                       169\n\n\nde croquis pris sur le vif et notés avec un rem arquable ta le n t\nd’observation; le to u t écrit en un style élégant, alerte et très\nmoderne.\n   Tout d’abord, le délicieux profil de M iss D ispu te auquel\nprélude une scène d’in térieur liégeois ; d’un p arfait réaliste.\n   P uis viennent : Une assemblée à la Permanente, avec la\nm alicieuse caricature de quelques-uns des nôtres, — une\nF ête d’ étudiants, — l’E t oile Sirius, scènes universitaires,\ndans lesquelles l’auteu r raconte allegretto, avec une très\nfine nuance d’ironie, les joies et les vicissitudes de l ’insou­\nciante vie estudiantine.\n   Suivent deux hors cadre : L e marchand de marrons et\nPaïen, la profession de foi de l’auteur, un éloquent anathèm e\naux religions gothiques.\n   Encore : L ’ an d’ après, un a ttra y a n t croquis-Paris. Puis un\nP rofil de Grisette : une je u n e fille se rend en h âte à la messe\nd’onze heures, à St-Denis. Soudain, u n rêve, un rêve fou de\ngrandeur s’im plante en sa m ignonne caboche et l’obsède.\nMais la fillette parvient à se débarrasser de cette h an tise en\ns’absorbant en sa naïve prière. C’est exquisem ent raconté,\net, de plus, extraordinairem ent m cral.\n   P our finir se déroule, v ib ran te de couleur locale, la déso­\npilante odyssée du brave tondeur de chiens, E ustache-D ieu          ­\ndonné X hipette, dont l’enseigne est à elle seule un p e tit chef-\nd’œ uvre de drôlerie.\n   Bref, un recueil d’histoires charm antes, dites en une prose\nvive et très personnelle, accessible aux craintifs cerveaux\nque déconcerte l’élan hau tain des sym bolistes.\n   M ars.                     C H A R L E S D E L C H E V A L E R IE .\n"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 170, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2149, "texte": "                 P E T I T E CHRONIQUE.\n\n  Nous avons reçu le 4° almanach de l ' Université de Gand,\ntoujours édité avec le même soin p ar Ad. H oste.\n  Cet alm anach se distingue comme les précédents p ar une ,\npartie universitaire très consciencieuse, rem plie de notices\net de détails intéressants.\n  Q uant à la p artie littéraire , elle nous paraît, m alheu­\nreusem ent, un peu quelconque :\n   D es Vers d e V a n L e r b e r g h e , b ie n ; L ’E to ile Sirius, d e\nG EO RG ES RO SM EL ; Sur la plage , v e r s d e V IER SET, b ie n ,\nm a is re n fe r m a n t u n e fo rm id a b le c o q u ille : L e s flo ts r u is s e ­\nla ie n t d e , baisers e t d ’é to ile s p o u r, ru is s e la ie n t d e rubis.\n   P uis un fragm ent fort bien de “ Quelques Proses „ par\nA lb e r t M o ck el     et le tir à la lune de H e n r y M a u b e l ;\nquant au reste, sauf une R éparation , comédie en 1 acte de\nF r i t z E l l , c’est absolum ent médiocre.\n    Nous regrettons de ne pouvoir être plus élogieux, m ais les\nA lm anachs précédents sem blaient m ontrer plus de vie, et un\npeu m oins de doctrinarism e artistique.\n   A l’an prochain, n ’est-ce pas? bon courage et surtout,\nallez de l’avant!                                        P . M. O.\n                                          *\n                                         * *\n   C ette pauvre Jeune Belgique est folle, en vérité ; et nous\navons le privilège de provoquer ses criailleries de vieille fille,\nde même que le rouge agace les dindons. Ses gloussem ents\ncolériques nous laissent indifférents, mais la Jeune Belgique\ndont le groupe est morcelé et qui ne représente plus une idée,\nest si m alade qu’il convient d’en avoir pitié : nous répondrons\nà ses questions effarées, pour donner à ses derniers moments\nle sommeil rép arateu r dont elle a grand besoin.\n   l re question : Pourquoi annoncez-vous parm i les v ôtres les\nlivres d’Em ile V erhaeren et Camille L em onnier ?\n   E n énum érant les livres de Camille Lem onnier, de R oden                         ­\nbach, de V erhaeren, de Ghil, de M erril, de Rahlenbeck, de\nH enry de R égnier, de F ritz E ll, de Severin, de D estrée, de\n"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 171, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2198, "texte": "     P etite Chronique.                                        171\n\n\nDemblon, MM. Mahaim, Mockel, Olin et Siville n ’ont pas eu\nl ’intention de se les approprier ; ils ont voulu seulem ent donner\naux collaborateurs de L a W allonie le bénéfice d’une annonce\ncourtoise; de même M. Max W aller, lorsqu’il citait en dé­\ncembre 1885 les œ uvres de Camille Lem onnier, Théo H annon,\nGeorges Rodenbach, E m ile V erhaeren, Octave Maus, etc. E t\nsi tel n ’est pas l’avis de M. M ax W aller, tel est du moins\nl ’avis de MM. Em ile V erhaeren et Camille Lem onnier.\n    2e question : L a Jeune Belgique nous dem ande qui nous\nchoisirons de R ené G hil ou de Georges Khnopff. Mais nous les\nchoisissons tous les deux, cher monsieur. Au dem eurant, nous\nsommes étonnés de voir que M. W aller ose encore prononcer\nle nom de Georges Khnopff, après la petite vilénie dont s’est\nrendu coupable le dit Max W aller.\n    3e question : Q uant au délectable A natole Baju, l’auteur\nstupéfiant de L 'E co le décadente , nous nous sommes occupés\nbeaucoup trop de ce volum ineux criticule.\n    Nos amis R ené Ghil et A chille Delaroche ont repoussé les\n avances de sa revue; il ne peut le leur pardonner, cela se\n conçoit; eh bien nous lui laissons distiller à son aise la rage\n de sa déconvenue, sans nous en préoccuper.\n    L a Jeune Belgique est-elle satisfaite ?\n                               ***\n   U ne am usante coquille de la Jeune B elgique , revue men­\nsuelle inexorablem ent. E n proie à une douce folie, elle s’aban­\ndonne im perturbablem ent à sa monomanie : l’accusation de\nplagiat. Après Georges Khnopff, c’est R aoul P ascalis qui,dans\nle même numéro, est cité parm i les principaux collaborateurs\ndu recueil et inculpé de pillage littéraire. M. Pascalis a ré­\npondu p a r une le ttre acérée, que la Jeune Belgique reproduit\npiteusem ent. L e voilà donc au nom bre de “ ceux que M. Max\nW aller ne salue plus. „ C’est un bien g rand m alh eu r pour lui.\nSes compagnons d’infortune sont, jusqu’à présent : Edm ond\nP icard, Georges Khnopff, et l’auteu r de F a u s t : Gœthe. Mais\nM. P ascalis se range aussi parm i ceux “ qui ne saluent pas. „\nQ uant à ceux-ci, il serait tém éraire de vouloir les compter.\n"}, {"page_pdf": 187, "page_imprimee": 172, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2195, "texte": "172                                             L a Wallonie.\n\n\n\n\n    E n f i n ! L a Légia organise pour le lundi 19 m ars un su­\nperbe concert auquel nous convions tous les esthètes liégeois :\nconcert exclusivem ent consacré à César F ra n ck . César\nF ran ck va donc recevoir tardivem ent l ’hommage des adm ira­\ntions de ses com patriotes; mais il a fallu qu’à P aris on l ’ap­\npréciât parm i les prem iers, pour qu’à Liége la foule voulut\nbien lui reconnaître “ un beau talent. „ Au program m e du\nconcert, figurent : les Eolides, œ uvre déjà connue ; la puissante\nsonate pour piano et violon que nous avons entendue au salon\ndes X X , — in terp rétée p ar Théophile et Eugène T saye, au­\nquel elle est dédiée — ; un prélude avec fugue et choral dont\nles concours du Conservatoire nous ont m ontré le souffle et la\nprofondeur; puis un chœ ur inédit que F ran ck a dédié à\nS ylvain Dupuis, un air, deux mélodies, etc.; cinquante places\nseulem ent sont réservées au public ; les cartes sont en vente\nchez G evaert au prix de 5 francs.\n   L e comte de V illiers de l’Isle A dam est venu donner ici, il\ny a deux semaines, une conférence très goûtée : il a lu trois\nde ses contes avec le profond talent de causeur qu’on lui\nconnaît; et c’é tait une jouissance exquise de l’entendre dire\net jouer, des gestes et de la voix, ces pages intenses, décon­\ncertantes et profondes. V illiers de l ’Isle A dam vient de pu­\nb lier un nouveau recueil — H istoires in solites — analogue aux\nContes cruels et à L ’Am our suprême. Nous énoncerons plus\nta rd notre adm iration pour ce prodigieux artiste, en une\nétude plus digne de l’auteur de R é volte et plus complète que\nne pourrait l’ètre un compte rendu restre in t et forcém ent\nsuperficiel.\n\n     E rrata. P age 109 : apparu , au lieu de ap p aru t; page 125:\nvers 2, sous douce brise, au lieu de sans douce brise ; id. : vers\n9, frissonne au lieu de frisonne; vers 13, traverse l’eau vers\nl ’île verte où vont les voix ; page 126 : vers 7, de rire aigu, au\nlieu de du rire ; page 182: m évisto , au lieu de M éristo; page\n133: M adame B esn a rd, au lieu de B e rn a rd ; à Beguiling, pour\na Belguiling; page 134 : rarissim e , au lieu de ravissante.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3-203", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 188, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 2486, "texte": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n        H. Z E Y E N .\n               137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                          L I É G E                 .\n\n       S p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é le c tr i q u e .\n\n\n     FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                         P l a c e d u T h é â t r e , 11, L ié g e .\nP o r t e - c i g a r e s en é c u m e de m e r, a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n\n\n      RACCOMMODAGES\n   — P iè c e s d e c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u té s en 24 h e u r e s .\n                                                                         .\n INDE M\n      A  .  SE RR U\n                  RI                                                             ER\n                                                                                  -BO VY\nPERSE                                    RUE DE L’UNIVERSITÉ, 38\n                                                   LIEGE\nCHINE A R T IC L ES                                                            ORFEVRERIE\nJAPON MENAGE                                  DE\n\n\n\n\n       AGENT\n                 H     .     F O N D E R -B U R N E T ,\n\n                       GÉNÉRAL\n                              48, rue du P ont-d’Ile, Liége,\n                                             POUR         LA      B E L G IQ U E\n                                                                                ARGENTEE\n\n                                                                                         DE     LA\n                      P E I N T U R E FRANÇAISE.\n    C ette P e in tu re , p ré p a ré e à base d e c é ru se e t d ’h u ile de lin , e s t to u te p r ê te à\ne m p lo y e r; elle e s t b rilla n te e t s icc a tiv e . Sa q u a lité n e laisse rie n à d é sire r, son\nm é la n g e é ta n t a b so lu m en t co m p o sé com m e celu i fa it p a r les p e in tre s les plus\nex p é rim e n té s. Son em ploi s u r b o ise rie s, m u rs , m eu b les de fer ou bo is, g ro sse s\nv o itu re s , e tc , la place à la p o rté e de to u te s les p e rso n n es d é sire u se s de co n se\nv e r en b on é ta t le u r m a té rie l a g ric o le , in d u strie l ou a u tre s.\n  L ’assortim ent se compose de 42 nuances, en boîtes de 1, 2 et\n5 kilog., à fr. 1-10.\nA llu m e tte s Su é d oise s (Kaiser-H olzer), 20 fr. les 1000 boites\n       »        Nilson, bout noir            fr. 9-50 les 1000 boîtes\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3e ANNÉE, No 3.", "ancre_fin": "D’ART", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ernest MAHAIM", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 189, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 171, "texte": "3e ANNÉE, No 3.\n\n                   LA W ALLONIE\n   R E V U E M E N SU E L L E D E L IT T É R A T U R E E T D ’ART\n                                                    "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-03-31-n3-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Comité de rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Ernest MAHAIM", "ancre_fin": "SIVILLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "E entimbres-poste", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 189, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 171, "fin_caractere_exclue": 465, "texte": "E rnest      M AHAIM ,\n                                                    Albert       MOCKEL,\n              Comité de R édaction             -\n                                                    P . 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G n u sé ; G e o rg e ; D 'H e u r; D ecq ; D e so e r; A u b ette du\n      l’o n t d’A vroy ; A u b ette p lace S a in t-L a m b ert.\nA BRU X ELLES : Chez MM. R osez, lib ra ire , e t Is ta c e , lib ra ire .\nA PA R IS : Chez MM. V anier, lib ra ire , 1 9 , Q uai S t-M ic h e l; S avine, lib ra ire ,\n    1 8 , ru e D ro u o t, e t à la L ib ra irie N ouvelle, ru e d e la B oètie, 3.\nA GAND : Chez MM. A. H oste, lib ra ire , ru e des Cham ps ; W en n ew itz (M uquard),\n    lib ra ire , ru e d es Cham ps ; V u ilstek e, lib ra ire , r u e A ux V aches.\nA ANVERS : chez Mme Ve De V e tte r, re m p a rt S te-C at h e rin e ; M ax R u es, 50 ,\n    ru e des T a n n e u rs .\n\n                                     Des presses de II. 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D E C HOUX\nchez Lacom blez, rue des Paroissiens, B ruxelles et chez L em erre.\n                             Paris.\n                      P rix : 2 fra n c s.\n\n                 C AP R I C E                 R EVUE\n       JO U R N A L      A R T IST IQ U E       ET     L IT T É R A IR E\n           B ureaux : R ue du J a rd in Botanique, L iége.\n                       A bonnem ent : 5 fr. p ar an.\n\n   H IST O IR E S                   E S T U D IA N T IN E S\n        P a r Georges ROSM EL (Gust. R A H L E N B E C K )\n              chez B. K noetig, 70, rue V erte, B ruxelles.\n                              P rix : 2 francs.\n\n                 A P A R A IT R E E N A V R IL\n CONTES POUR L’AIMÉE, par Maurice Siville\n      Un volume de grand luxe format in-8° jésus,\n             illustré par Emile Berckmans.\n     P r ix     en sou scrip tio n            : D IX       F R A NC S .\n Ces exemplaires seront tous signés et numérotés\n                     à la presse.\nOn souscrit chez M. Aug. B E N A R D , imprimeur-éditeur,\n        rue du Jardin-Botanique, 12, à Liége.\n"}, {"page_pdf": 156, "texte": "                       APPEL.\n\n\n\n\n L aisse la calme femme et les doux mots d’amour,\n    E t les lys et les luths qui leurrent ta tendresse.\n     Voici l’aurore, et du haut de la forteresse\nLa trompette t’appelle, Athlète aux ors du jour.\n\nCasque et cuirasse-toi, sans rêve de retour,\nPour ta bataille, au sol d’exil, avec V Ogresse.\nPuis hors des murs ! et sache entendre sans détresse\nSe clore sur tes pas les portes, de la tour.\n\n\nAu long des bleus remparts, les gardes des bannières\nS ’endorment à l’abri des ténèbres dernières.\nMais toi, baise la croix, symbole des tourments,\n\n\nE t marche droit vers les déserts et les savanes\nOù se révèle, aux tas épars des ossements,\nLa route, vers l’espoir, des vieilles caravanes.\n                                                   1\n                                                   0\n"}, {"page_pdf": 157, "texte": "142                                 L a Wallonie.\n\n\n\n\n           VESPÉRALE.\n\n      A ras de\n             u la plaine plate\n         Le soleil écarlate\n       Se bossue en dôme d’or.\n         Les planètes funèbres,\n       De l’Erèbe des ténèbres,\n         Dardent l'azur et l’or.\n      Sous l'herbe sèche et la mousse\n         Le choc des pas s'émousse\n      Avec un spasme d'effroi.\n         Le vent tousse en la plaine\n      E t crachotte son haleine\n         Chuchotante d'effroi.\n\n      De la lune au crépuscule\n         Un bleu frisson circule.\n      Râle lumineux du soir.\n         L'âme de l'ombre ulule\n      E t la panique pullule\n         A l’heure où meurt le soir.\n      Car là, sur la plaine plate,\n         Un cadavre écarlate\n      Brûle en funérailles d’or,\n        E t voici qu’aux funèbres\n      Catafalques des ténèbres\n        Fument des torches d’or.\n                         S t u a r t M E R R IL L.\n"}, {"page_pdf": 158, "texte": "   Q U E L Q U E S Œ U V R E S D ’A R T (1).\n\n                                                                   Am sterdam .\n\n\n\n\n            A\n            m\n          S T E R D A M , c’est la V ille souveraine, la cité\n          d’A rt par excellence, et malgré les trésors de\n         ses musées, malgré cette floraison magnifique\n         d’artistes sur son sol, elle me semble calom­\nniée par eux, et plus belle encore qu’ils ne l’ont célé­\nbrée. Grande œuvre d’art collective supérieure à\ntous les tableaux qu’elle renferme. Tout y paraît\ncombiné par un goût délicat pour la volupté des\nyeux; c’est un continuel ravissem en t: — les rues\navec leurs maisons en briques brunies par les siècles\net les brises marines, les blancs carrés des fenêtres\npropres, où s’épanouit la gaieté verte de minus­\ncules jardins suspendus, et où des linges sèchent\net flottent au vent comme des banderolles de fête,\npuis l’amusante fantaisie des tiresacs compliqués,\ndes poulies tendues au-dessus des passants, des\npignons bizarres, et des bouts de toits rouges, d’un\nton si chaud et si charmant dans la lumière calme\n\n  ( 1) N otes d e v o y ag e. V oir la W a l l o n i e , n o v e m b re 1887 : Cologne et\nF ran ckfort e t, fé v rie r -1888, C assel et La Haye.\n"}, {"page_pdf": 159, "texte": "144                                     L a W allonie.\n\n\n\n qui tombe du ciel gris, — et les canaux bordés\n d’arbres, si paisibles, aux eaux lentes, avec de lourds\n bateaux plats chargés de briques roses, de sacs\n gris ou de foins jaunes, conduits par un homme\nflegmatique et tranquille, délicieuse note à peine\nbougeante dans cette quiétude du paysage — et des\ndeux côtés, ces maisons aux portes olivâtres, aux\ntrottoirs enclos comme des concessions de repos\néternel, dans les bornes de pierre et des chaînes de\nfer noires, logis tous pareils et tous divers, décelant\nune lénifiante béatitude de bourgeois heureux et\nprospères, la douceur du foyer, la paix des existences\nlaborieuses et familiales ; — puis le port, la largeur\nde l’Y , son immensité de fleuve au loin, avec des\nbarques frêles, aux voiles comme des ailes d’oiseau,\navec des navires dont les mâtures se silhouettent\ncapricieusement fines sur le ciel, avec les steamers\nnoirs, ceints de rouge et traînant une longue crinière\nde brunâtre fumée, de l’eau, de l’eau sans fin, bou­\ngeante et berçante, l’horizon reculé comme devant la\nmer, les cieux énormes, et parfois un clair rayon de\nsoleil, glissant entre les nuées, et semant sur les\nvapeurs de l’espace et les vagues de l’onde, des\nséductions radieuses !\n\n   — Lelamentable Trippenhuis, humide, obscur, mais\nsi profondément hollandais et où les tableaux étaient\nsi exactement atmosphères, a été remplacé, l ’an\ndernier, par un énorme et luxueux palais dont le faste\n"}, {"page_pdf": 160, "texte": "     Quelques Œuvres d'A rt.                            145\n\n\na horripilé les artistes. L ’architecte a plutôt cherché\nun succès personnel que le triomphe des maîtres\nanciens. Cependant lorsque cette polychromie tapa­\ngeuse se sera adoucie, quand le temps aura fané les\ndraperies de l’intérieur et noirci les briques de la\nfaçade, le monument ne sera pas sans caractère. Ce\nqu’il faut surtout déplorer, c’est l ’ineptie de la com­\nmission de placement : un arrangement bête, sans\nnulle idée, un pêle-mêle de maîtres les plus divers,\nles époques et les écoles confondues.... L ’occasion\nétait si belle pourtant d’édifier à chacun une chapelle\noù seraient venus ses fidèles, de réunir dans un cabi­\nnet les J a n S t e e n , dans un autre les P. d e H ooch ,\ndans un autre les T e r b u r s , et ainsi de suite. Quel\nenseignement et quel charme se seraient dégagés\nde ces autels réservés à un seul dieu, de la concen­\ntration de toutes les œuvres d’un même pinceau, du\nconcert de toutes les chansons envolées de la même\npalette !\n   R e m b r a n d t , ainsi isolé, eût été gigantesque. L a\nsalle des Rembrandt, c’était le rayonnement du\ngénie, l’éblouissement triomphal, l ’apothéose de la\ncouleur ! On a préféré l’éparpiller. L a Ronde de Nuit\na été encadrée dans un cadre joli, surélevée, et mise\nen crue lumière. Comme elle était plus impres­\nsionnante, fantastique et merveilleuse dans l’obscu­\nrité du Trippenhuis, posée à ras du sol, quand ce\nrêve semblait marcher vers vous ! Le rêve est rede­\nvenu maintenant un tableau. Très beau, sans doute ;\nmais l’illusion féerique a fui.\n"}, {"page_pdf": 161, "texte": "146                                      L a Wallonie.\n\n\n\n   L ’Illusion, la moitié de l’A rt : puisque un pareil\nchef-d’œuvre peut être pareillement diminué par des\ncirconstances extérieures. E t combien est juste,\nencore une fois, en sa paradoxale absurdité, cette\nthéorie que me développait l’autre jour, en outran-\ncier, Henri de Groux : ne voulait-il pas choisir entre\ntous celui auquel l ’œuvre serait montrée ; le sou­\nmettre à de longues préparations, développer en\nlui les sensitives qualités lui permettant de goûter\npleinement l’art particulier qui lui serait soumis ;\net par de compliquées lectures, et des concerts\nsavamment triés, disposer son âme à recevoir l’im­\npression voulue ; puis après quelques heures, ou\ndes années, ou une existence même, et pourquoi\npas ?, l’amener par un couloir sombre, brusquement,\ndevant le tableau à apprécier, exposé seul, rayonnant\nde gloire déjà — en sorte, qu’en ce cerveau, l’œuvre\neût été préliminairement créée, avant d’être aperçue,\nen sa réalité. — F ol projet, sans doute, mais n’est-\nce point cette folie-là qui nous guide, embryonnaire,\nquand nous discutons le cadre ou l’éclairage d’une\nœuvre d’art !\n   Il y a, à ce Musée d’Amsterdam,un R e m b r a n d t peu\ncélèbre qui m’a toujours bouleversé. C’est un frag­\nment d’une leçon d'anatomie ; presque toute la toile\nfut brûlée en un jour néfaste, et plus rienne reste que\nle cadavre, au cerveau découvert, au-dessus les mains\nsouples du professeur, et à gauche un élève sérieux,\nen cheveux longs, écoutant les explications du chi­\n"}, {"page_pdf": 162, "texte": "    Quelques Œuvres d’A rt.                          147\n\n\nrurgien. Ce cadavre, dans un raccourci d’une audace\nextrême, est l’une des plus formidables choses qui se\npuissent voir. Jamais avec autant de calme grandeur,\nde sérénité auguste dans l’horreur, on n’a dit le\nmystère de la Mort, la solennité de l’anéantissement\nhumain ? Quel infini d’austères, de mélancoliques\nrêveries ! Dans l ’œuvre fameuse du maître, peu de\nmorceaux sont aussi superbement traités que cette\ntoile presque ignorée,mais je n’en sais pas de compa­\nrable comme intensité d’émotion et comme sugges­\ntive profondeur.\n   — Nombreuses visites chez F o c k i n g , le Rembrandt\nde la liqueur. Son Curaçao a des richesses de couleur\noù ruisselle la lumière de prestigieux éclats sur\ndes fonds sombres, c’est comme du soleil en verre,\ncomme un concert de flûtes, de hautbois et de\ncuivres doux qu’on entendrait par la bouche. Il met\nun peu de chaleur en la poitrine, allume une flamme\nde gaîté dans la tête, et vibre moelleusement en\nsaveurs de velours ! Comme le parfum, la musique ou\nle dessin, c’est un art que la liqueur ; combien d’amis\npourtant trouveront bizarre de saluer en M. F o c k i n g\nun maître-artiste ! — Tout comme un peintre, il a\ncompris l’exceptionnelle importance du cadre : en\nsorte que l’on peut affirmer qu’en dehors de la petite\nmaison d’Amsterdam, au bout d’un couloir sombre,\navec, comme seule enseigne, une grossière et vétuste\nfiguration d’appareil distillateur, aux fenêtres gar­\nnies d’étroits carreaux, en dehors de la salle basse où\n"}, {"page_pdf": 163, "texte": "148                                     L a Wallonie.\n\n\n\nse rangent de lourds flacons noirs : trésors d’ivresses\nsuaves, ailleurs qu’au comptoir où trône l’impassi­\nbilité hollandaise d’une servante en bonnet très\nblanc, où sont, dans un petit panier, des bonbons\nsecs, et dans une terrine verte, des braises rou­\ngeoyantes, et les verres particuliers et charmants\nde forme ancienne, il n’est point de réel curaçao de\nFocking, tant est absolue cette vérité : que la sen­\nsation n ’a d'autre réalité que l’idée que Von s’en fait.\n\n                                              Marken.\n\n   Une vieille voiture, avec un assourdissant cliquetis\nde ferraille, nous avait emportés en pleine campagne\nhollandaise, au milieu de grands paysages plats\ns’allongeant à perte de vue sous le ciel vaste, avec\ndes voiles et des mâts glissant bizarrement à travers\nles arbres et les prairies, sur des canaux soupçonnés.\nUne église dans des feuillages, au clocher de loin\naperçu, quelques maisons pauvres au bord de la mer :\nc’est Monnickendam.\n   Là, en une lourde chaloupe péniblement menée\npar deux solides pêcheurs, nous nous embarquons\nsur Marken. Temps d’orage, splendide. Le vent\nsoufflait en tempête sur le Zuiderzée et des lames\nénormes soulevaient notre barque aux bois gémis­\nsants. Les deux marins vêtus de jaune toile\ngoudronnée, tranquilles sous l’eau ruisselante, ma­\nnœuvraient silencieusement sous l’effort des rafales.\n  Sur la ligne grise de l’horizon, les maisons de Marken\n"}, {"page_pdf": 164, "texte": "    Quelques Œuvres d’A rt.                          149\n\n\n silhouettèrent leurs toits pointus, très hauts, comme\n des mâtures de vaisseaux à l ’ancre. Les vagues\nhurlaient contre la digue, jaillissant en gerbes\nblanches et répandues en poussière humide. E t\nquand vint à travers les nuées sombres, l’éclair\néblouissant d’un rayon de soleil sur les tuiles rouges,\nsur l’écume de neige, ce fut triomphant de couleur,\nl’île étrange, l ’île mélancolique où ne grandit pas un\narbre, où la joie semble impossible sous l’immensité\ndu ciel et de l’eau ! Des canaux, des petits ponts de\nbois coupent la monotonie triste des herbes pauvres,\nbroutées par quelques chèvres, et les maisons toutes\nnoires, avec d’imperceptibles fenêtres, semblent des\nbarques échouées, prêtes à reprendre la mer. Dans\nles ruelles, des pêcheurs, des femmes, des jeunes\nfilles, des enfants, dans ces costumes extraordinaires\ndont X avier M ellery a si artistement reproduit la\nséduisante barbarie. E t l’on est bien loin de la\nHollande, alors, bien loin d’Amsterdam que l’on\nvient de quitter, l’on se croirait transporté à mille\nlieues dans l’espace, à plusieurs siècles dans le temps.\nC’est une impression singulière et forte que ce\nbrusque abandon du monde présent et de sa pré­\ntendue civilisation, pour se retrouver tout à coup au\nmilieu d’un peuple, oh ! combien étranger ! qui\nrappelle le Danemark, la Norwège, la Finlande, des\nnations reculées vers le Nord, dans le vague encore,\ndes peuples de légende, à l’aurore des temps histo­\nriques....\n"}, {"page_pdf": 165, "texte": "150                                     L a Wallonie.\n\n\n\n   Dans les intérieurs, les vieux bahuts, les porce­\nlaines bariolées, les cuillers d’étain, tout ce qu’ils\ngardent avec un respect jaloux, avec une obstination\npieuse pour les choses léguées par les ancêtres, conti­\nnuent cette impression; et l’on prévoit avec tristesse\nque bientôt sans doute les “ incessants progrès de\nla civilisation „ feront disparaître cette délicieuse île\nde rêve, si chère aux artistes.\n   Ainsi parfois je songe avec terreur au temps proche\noù tout sera uniformisé, où par le monde plus une\nfantaisie de costumes, d’architectures ou de mœurs\nne subsistera, où auront triomphé les gens qui “ n’ai­\nment pas les montagnes trop hautes ! „ Nous serons\ntellement civilisés alors, qu’il ne restera plus qu’à\nmourir d’ennui !\n   — Une promenade sur le Binnen Amstel, au crépu­\nscule, est un enchantement. Amsterdam y apparaît\ndans toute sa splendeur, en une impériale robe de\nvelours noir brodée de lumières. Le petit steamer\npart du centre de la ville, près du Dam, au milieu de\nl’affairement commercial : peu à peu le canal, d’abord\nétroit, s’élargit, et les conversations des passants, les\nroulements des voitures, le tocsin des tramways, se\nconfondent en une rumeur douce. Le petit bateau\nfile toujours sur l’eau sombre; par instants, sous un\npont, la cheminée s’abaisse et la machine ronfle plus\nfort. Dans la paix du soir, et ses teintes exquises,\ns’allument les lampes aux fenêtres; sur les quais\net les ponts, étincelle la danse des flammes jaunes\n"}, {"page_pdf": 166, "texte": "    Quelques Œuvres d’A rt.                           151\n\n\ndes réverbères, et les lanternes des bateaux rencon­\ntrés sont de grands yeux ronds, rougeâtres, qui\nsaignent dans la nuit. En l ’obscurité croissante,\npartout flambloie l’illumination coutumière, et sur\nl’eau noire, ce sont de scintillantes traînées d’or,\ndes frissons merveilleux de lumière. Les maisons,\nlointaines déjà, sur les bords, semblent, dans la brume,\ngrandies, et leurs vieilles faces sombres, aux pignons\nmultiformes, avec des tourelles et des clochers émer­\ngeant du capricieux fouillis des toits, ont l’opulence\net la sévérité des palais de Venise. E t c’était doux\ndélicieusement, de se sentir ainsi séparé de cette\nvie toute prochaine, au milieu du large canal, presque\n seul, dans le silence et le calme de la nuit qui venait.\nA u retour, les arbres du rivage paraissaient bruns et\n entourés d’une buée de mystère, les maisons dans\nl’ombre accrue, avaient des lignes plus majestueuses\n encore, et à la chanson dorée des lumières de la\n ville, se mariaient des vapeurs s’argentant aux\n rayons bleus de la Lune.\n                                J u le s   DESTRÉE.\n"}, {"page_pdf": 167, "texte": "                      LONDRES.\n\n\n\nO    DEURS de suif, crasse de peaux, m arcs de bitum es !\n      T el qu’un lourd souvenir gros de rêves, debout\n      D ans la fumée énorme et jaune, dans les brum es,\nG rande de soir ! la ville inextricable bout\nE t roule ainsi que des reptiles noirs ses rues\nNoires, autour des ports, des docks et des hangards,\nOù des feux de pétrole et des torches bourrues,\nComme des gestes fous et des m asques hagards\n— B atailles d’ombre et d’or — s’em poignent en ténèbres.\nU n colossal b ru it d’eau roule, les nuits, les jours,\nR oule les lents retours et les départs funèbres\nD e la m er vers la m er et des voiles toujours\nV ers les voiles, tan d is que d’immenses usines\nIndom ptables, avec m arteaux cassant du fer,\nAvec cycles d’acier v iran t leurs gelasines\nT ordent au bord des quais — tels des m em bres de chair\nE cartelés sur des crochets et sur des roues —\nL eurs lanières de peine et leurs volants d’ennui.\nA u loin de longs tunnels fumeux, au loin des boues\nE t des gueules de noir engloutissant leur nuit,\nQuand stride un tout à coup de cri, stride et s’éraille :\nL es trains, voici les train s qui vont p laquant les ponts,\n"}, {"page_pdf": 168, "texte": "     Londres.                                                153\n\n\nL es train s qui vont b a tta n t le rail et la ferraille,\nQui vont et vont m angés par les sous-sols profonds,\nE t revomis, là-bas, vers les gares lointaines,\nL es trains, là-bas, les train s tum ultueux — partis.\n\n\nTonneaux de poix, flaques d'huiles, ballots de laines !\nBois des îles cubant vos brusques abattis,\nP eaux de fauves, avec, au bout, vos griffes mortes,\nLam entables, cornes de buffle et dents d’aurochs\nE t reptiles, lam és d’éclair, pendus aux portes.\nO cet orgueil des vieux déserts, vendu p ar blocs,\nP a r tas, vendu ce roux orgueil vaincu de bêtes\nSolitaires : oursons d’ébène et tigres d’or,\nPoissons des lacs, aigles des m onts, lions des crêtes,\nH urleurs du Sahara, hurleurs du L abrador,\nBois de la force erran te au clair des nuits australes,\nHélas, voici pour vous, voici les pavés noirs,\nL es camions brutaux, les caves hum orales,\nE t les stères et les barils, voici les soirs\nD u Nord, les m ornes soirs, obscurs de leur lum ière,\nOù pourrissent les chairs m ortes du vieux soleil.\nVoici L ondres cuvant en des brouillards de bière,\nE norm ém ent son rêve d’or et son sommeil\nSuragité de fièvre et de cauchem ars rouges ;\nVoici le vieux L ondres et son fleuve grandir\nComme un songe dans un songe, voici ses bouges\nE t ses chantiers et ses com ptoirs s’approfondir\nE n dédales et se creuser en taupinées,\nE t p ar dessus, dans l ’a ir de zinc et de nickel,\nFlèches, dards, coupoles, beffrois et cheminées.\n— Tourm ents de pierre et d’ombre — éclatés vers le ciel.\n"}, {"page_pdf": 169, "texte": "154                                           La Wallonie.\n\n\n\n\nO\nSoifs de lucre, combats de troc, ardeur de bourse !\n   mon âme, ces m ains en prière vers l’or,\nCes m ains monstrueuses vers l’or et puis la course\nDe millions de pas vers le lointain T habor\nDe l’or, là-bas, en quelque im m ensité de rêve,\nIm m ensém ent debout, im m ensém ent en bloc !\nDes voix, des cris, des batailles, — le jo u r s’achève,\nL a n uit revient — des voix, des cris, le heurt, le choc\nDes sans cesse labeurs, des sans cesse batailles,\nE n ses bureaux grinçant de leurs plum es de fer,\nSous le pli des plafonds e t le gaz des m urailles,\nL a lutte de dem ain contre la lu tte d’hier,\nL ’or contre l’or et la banque contre la banque....\nS’anéantir mon âme en ce féroce effort\nDe tous, se perdre et se broyer ! Voici la tranque,\nL a bêche et le charroi qui labourent de l’or\nE n des sillons de fièvre. O mon âme éclatée\nE t furieuse ! ô mon âme folle du vent\nH agard, mon âme énorm ém ent désorbitée,\nSalis-toi donc et m eurs en ton mépris fervent !\nA rrache-toi, déchire-toi ! Voici la cave\nP our t ’étouffer loin des regrets et loin des yeux\nMon âme, — et tu seras l ’indifférante épave,\nQue d’inlassables pas écraseront sous eux.\n\n                                  E m ile V E R H A ER E N .\n"}, {"page_pdf": 170, "texte": "           V IE IL L E S CLOCHES.\n\n\n                                     A Cèles tin Dernblon.\n\n                          I   .\n    L a pluie se mit à tomber dru. Les moissonneurs\n        se faufilèrent au plus épais de la haie, leur\n        veste de coutil sur la tête, les pieds ramenés\n        dans les branches; et ils riaient de l’averse,\ns’égayant de plaisanteries wallonnes, dans un accès\nde jovialité de travailleurs enchantés de se reposer.\n   Je voulus t ’installer dans les feuillées humides\ndes noisetiers et t ’y faire une niche où tu aurais été\npareille à la V ierge en mai, souriante parmi les\nfrondaisons de l’autel. Mais tu refusais; tu avais\nune autre idée; et voici que tu me montras du\ndoigt le grand chariot mi-empli de gerbes qui rece­\nvait la pluie au milieu de la campagne déserte.\nAlors, je t ’offris la main et tous deux nous courûmes\nd’un seul trait, au milieu de l’averse, nous blottir\nentre les roues, bien à l ’abri, narguant la pluie qui\nreprenait avec plus de rage.\n"}, {"page_pdf": 171, "texte": "15G                                   L a W allonie.\n\n\n\n   Je puis bien te le dire aujourd’hui — il y a si\nlongtemps de cela — j ’eus alors l ’impossible désir\nque la mort nous prît tous les deux en notre soli­\ntude, pâles et enlacés, pour que s’éternisât dans l’in­\nfini l’exquisité de ma passion. D ’incertaines images\nse levaient devant moi; l’innocence des enfantines\nchairs roses, la pudeur des robes de lin closes en\nleurs plis sévères et le mystère tendre des boutons\ngrêles qui vont s’épanouir au premier soleil.\n   En moi, tout un hymne de voix pieuses chantait,\ndans le silence haché par la pluie qui sabrait les\nchaumes. E t c’était, chère et lointaine aimée, une\nvague et délicieuse musique qui m’emplissait la tête\ncomme la vibration prolongée d’une cloche frôlée\nau passage par quelque bronze merveilleux. A ce\nmoment-là — t ’en souvient-il ? — tu restas saisie en\nte retournant tout à coup : car tu me vis tout pâle, le\ncœur tordu, avec des larmes plein les yeux, parce\nqu’il y avait trop de bonheur en moi.\n   Mais je ne t’ai rien dit, mignonne, et tu n’as rien\ndeviné.\n   E t aujourd’hui encore, c’est ma jouissance intime\nde redresser les pauvres chimères d’autrefois, d’en­\ntendre, dans le couchant rose, sonner les vieilles\n cloches aimées avec leur voix vague et frêle et de\nretrouver les chers appels nostalgiques de mes rêves\nd’enfant — car je suis toujours l ’enfant et le rêveur\nde jadis, mais un enfant douloureux et un rêveur\nmeurtri.\n"}, {"page_pdf": 172, "texte": "     Vieilles Cloches.                                 157\n\n\n\n                            II.\n\n    Deux ans ont passé et c’est la mi-juillet.\n    Nous nous en allons par la route poudreuse, bordée\n de chèvrefeuilles, d’aubépines et, sans rien dire, nous\n regardons passer les petits bœufs attelés à la mode du\n pays, traînant les chariots de foin, les jarrets tordus,\n les naseaux fumants, l’œil hagard, étourdis de l ’effort.\n    E t le beau soleil de juillet noie les lointains d’une\n poussière d’or. Lumière, verdure, éblouissement : les\n campagnes avec leur fourmillement de travailleurs,\n les bois qui font des îlots d’ombre dans cette dé­\n bauche de rayons, la route blanche qui file à travers\n champs, et là-bas, le gros du village, tassé dans le\n creux du val, les fermes aux toits d’ardoises enfon ­\n cées sous les noyers, et le clocher qui, mi-affaissé dans\nl’air bleu, semble le rêveur pieux et solitaire implo­\nrant la gaieté pour les nids et la paix pour les\nhommes. E t plus loin encore, les premiers contreforts\n de l’Ardenne, les larges collines qui s’étagent en\ngradins et les basses futaies qui dégringolent les\nversants jusqu’à la plaine.\n    Je refais par l’esprit nos longues promenades ;\nj ’entends tes cris d’oiseau querelleur quand tu m’em­\npêchais de me mettre la chair en sang pour t ’aller\nchercher dans les épines les frêles chèvrefeuilles que\ntu aimais — que nous aimions — tant ; je me rappelle\ntes hochements de tête rêveurs quand j ’allais pousser\nl’audace jusqu’à te faire soupçonner que je t’aimais ;\n                                                 11\n"}, {"page_pdf": 173, "texte": "108                                   L a Wallonie.\n\n\n\net parfois, quand je m’en vais seul par ma route\ndéserte, je crois sentir encore ton image immatérielle\npeser doucement sur mon bras comme aux jours\npassés.\n  Mais j ’avais encore un autre grand secret que je\nn’ai jamais osé te dire et que je me hasarde à\nrévéler aujourd’hui; c’était, serré précieusement sur\nma poitrine avec des jalousies de dévot, un gros\ncarnet de vers où raison et rime luttaient d’estoc et\nde taille, des fleurs malingres qui avaient poussé\npour toi, un recueil de chevilles où “ amour „ faisait\nécho à “ yeux bleus „ et que j ’ai relu l ’autre jour\nmignonne, et qui m’a fait pleurer.... si tu savais !\n\n                         III.\n\n   Chaque fois que je suis revenu, juché sur la malle-\nposte et qu’au tournant de la route, le village m’est\napparu brusquement dans le calme de la claire après-\nmidi d’été, ç’a été comme si quelque cruelle et inef­\nfable douleur descendait en mon cœur meurtri.\nPieusement, poigné de souffrance et de doute, je\nregardais, je regardais avec l’unique et impérieux\ndésir de m’emplir les yeux de cette familière vision\ndu passé que je voulais fixer en mon cerveau. E t je\nn’étais rassuré que quand tu paraissais sur le seuil\nde la ferme, accorte, avec ton bon sourire de jeunesse\net de gaîté.\n  E t pendant des ans, j ’ai conservé comme un trésor\n"}, {"page_pdf": 174, "texte": "    Vieilles Cloches.                                        159\n\n\ndes anciens âges l’orgueil de mon amour intense ; j ’ai\nrêvé d’une passion exquise et hautaine, source de\nlumière dont tu aurais été l’éternel foyer ; j ’ai aimé\nBalzac parce qu’il avait créé cette idéalisation de la\nfemme : Henriette de Morsauf ; et avec la belle imper­\ntinence de mes seize ans, je me suis juré de garder en\nnos temps de progrès et de corruptions la vieille\npureté du cœur qui fait sourire les uns et que les\nautres appellent naïveté. J ’ai vu l ’avenir comme il\nnous apparaît alors : je me suis figuré le vieux monde\ns’agitant et s’épuisant autour de nous, le siècle\ntuant le sentiment des primitifs, les ignorants qui\nmenaçaient, les chiens qui hurlaient, les merles qui\nsifflaient, tandis que nous, bien abrités dans notre\namour, ayant de temps en temps un sourire de pitié,\nnous nous sentions au cœur quelque chose de bien\nsupérieur à toutes ces misères : notre amour vivifiant\net serein.\n                            IV .\n\n  E t aujourd’hui que notre pauvre rêve défunt s’en\nest allé avec les anciennes lunes et les vieux levers\nd’aurore, et que j ’ai abdiqué mes idées de calme\nbonheur rêvé, les vers du petit carnet me reviennent\nparfois comme un chant d’exil :\n    Si nous pouvions, vois-tu, nous aim er à pleine âme...\n\n  Alors, je me dis que mon avril ne refleurira plus,\nque la plante est morte, que les amours des autres\n"}, {"page_pdf": 175, "texte": "160                                   L a W allonie.\n\n\n\nfemmes ne remplaceront jamais la sainteté du tien et\nque — pour nous qui avons su l’hiver — le renouveau\nne sera plus qu’un printemps factice, un vieux rappel\ndes soleils de l’enfance, une seconde pousse de\nfeuilles sur un tronc déjà fatigué.\n  E t lentement je m’enfonce dans l ’avenir et je sais\nque c’est l’universel dessèchement, la mort irrémé­\ndiable de la sève.\n\n                               G eorge G A R N IE .\n"}, {"page_pdf": 176, "texte": "         V E I L L É E DE LUNE.\n\n\nT\nr\nè\ns  dolente s’étouffe une calme agonie :\nE n iv ré , le soir dort dans la nuit des lointains,\nD o u x et sombre, éventant les murmures éteints\nSous le rêve d’un vol de tendresse infinie.\n\n\n0 murmures perdus où quelqu’ un a chanté\nNos adorations durant la n u it fiévreuse,\nVous p arlerez toujours de la blonde amoureuse\nA llée — ô quel regret! — seule accueillir l’été!\n\nL ’inaccessible vague exalte le vieux thème\nD es rimes de souhaits, d’ extases, de langueurs,\nE t rythme les liens ineffables des cœurs\nQ ui répètent, tout bas, sans comprendre, j e t’aime..\n\nP a r le chaste réveil des songes inconnus,\nE lle revient, bercée au souffle de la brise...\nE t tandis qu’elle passe exquisem ent surprise , .\nD e blancs rayons de lune ont baisé ses bras nus.\n\n\n                                    Georges       KELLER.\n"}, {"page_pdf": 177, "texte": "              CHRONIQUE LIT TÉ R A IR E .\n\n\n    II y a 20 jo u rs , M. A lbert G iraud m ’en v o y a so n liv re , Hors du S iè c le ,\navec ces m o ts : bien cordialem ent. Il y a d ix j o u r s , il m e la n ç a it d a n s la\nJeu n e B elg ique, c e rta in s q u alificatifs du plu s p é tilla n t B eau m arch ais. B ien\nq u ’il m e so it to u jo u rs ag réab le de v o ir u n ho m m e com m e M. G iraud se\nm e ltre en frais d ’e sp rit to u t sp éc ia le m en t p o u r m oi, je fus a h u ri, j e l’avoue.\nM G iraud — to u jo u rs b ien c o rd ia le m en t ! — m ’a p p e la it d é ca d e n t d e la\nP ie rre u s e , e t, p a r fav eu r p a rtic u liè re , a p rè s to u te s ces a m é n ités, ré s e rv a it\npo u r m on u sag e e x c lu sif le d é lic at p rén o m de botteresse . Botteresse ? Quel\nh o m m e , ce m o n sie u r G iraud ! E t p en sez q u e c e t o ra g e s'a m o n c e la it s u r\nm a tè te p o u r a v o ir osé a ttir e r l’a tte n tio n d ’u n am i s u r l’im p o rtan c e du\nrythm e interne !\n     Que fa ire ? Il y a v ait tro is p a rtis à p re n d re :\n     1° L a n c e r à la tè te de M G iraud q u elq u es b o n n es é p ith è tes, te lle s q u e :\nch a s s e u r d e p rin k è re s , Ja n n e k e , ou P ég ase à d eu x fins ; c ela m ’a u ra it\nven g é de botteresse.\n     2° P u is, j ’a u ra is pu lui fa ire tim id e m e n t o b se rv e r q u e le ry th m e in té ­\nrie u r e st l’â m e des b e au x v e rs com m e il e st la ra is o n e t la force\np ro p u lsiv e de la p h ra se m u sicale ; q u e des a rtis te s e stim ab les a p rè s to u t,\n— com m e R o n sa rd , V illon, R ac in e , V ictor H ugo, B au d e la ire e t Goethe\n( je c ite au h a s a rd ), — d o n n a ie n t to u s le u rs s o in s au ry th m e in té rie u r,\ns a n s c ro ire se d é sh o n o re r p o u r cela.\n     3 “ Enfin so u m e ttre Hors du S iècle à u n d ém o lissag e co m p let, lé g itim é\np ar m es ra n c u n e s : c ’é ta it m e c o n fo rm e r au x c o n v en a n c e s.\n     Le m a lh e u r, c ’e st q u e de ces tro is p a rtis , a u c u n n e m e c o n v ie n t :\n 1° Les in ju re s ; je c ro ira is m ’a b a isse r a u ta n t q u e M. G irau d, en lui en\na d re ss a n t ; 2° la d is se rta tio n s u r le ry th m e in te rn e ; je n ’ose plus en p a rle r,\np u isq u 'il me fa u d ra it av o u er q u e M. G iraud u se de c e tte n é ce ssité m u sic ale\nm a lg ré lu i, en assez h abile a rtis a n ; 3° d ire b eau co u p d e m al d e H ors du\nS iè cle . N on, v ra im e n t je ne su is pas né p o u r m ’o c cu p e r de le ttre s , c a r c e lte\np e tite infam ie m e ré p u g n e . E t p u is, s 'il fa u t le c o n fe sse r, m on a rtic le\né ta it d éjà é c rit — so u s l’influence du « bien c o rd ia le m en t » — . Le re c o m ­\nm e n c e r — sous l’influence de la « b o tte re s se » — c ’é ta it b ien lo n g , e t je\ns u is si p a re sse u x ! Il ne me re s te ain si q u ’u n e 4 e a lte rn a tiv e , il laq u elle je\n"}, {"page_pdf": 178, "texte": "       Chronique L ittéraire.                                                                  163\n\n\n\nm e ré so u s : d ire m a sim p le, a d m ira tiv e e t fran c h e o p in io n s u r H ors du\nS iècle , sa n s in ju re s , s a n s dém o lissag e ; e t p rie r M. G iraud d ’e x c u s e r c ette\nim p u d e n te in frac tio n au x u sag e s les plu s re sp e c ta b le s de so n m onde\nlitté ra ir e .\n                                   H O R S D U S IÈ C L E .\n\n   A lbert G iraud, lu i aussi, résiste au courant m oderne. P a r\nle Scribe il sem blait avoir promis aux vieilles form ules son\néternel soufflet claquant de révolutionnaire, et, alors, il nous\nparaissait se draper dans une révolte trop furieuse parce\nqu’elle m anquait le b u t; m ais sa tim idité h ésitan te d’à\nprésent a m is l’étouffoir aux gam mes de quintes, et le voilà\ncasé, rassis, bien posé. Vous vous rap p elez, dans Renée\nM aupérin, cet ancien héros de la révolution devenu proprié­\ntaire, et puis tim ide, et puis centre gauche à peine, et puis\nsim plem ent soucieux d’une am élioration médiocre apportée\nà son domaine. T el est U N p e u A lbert G iraud. Je souligne ce\nmot, et l’explique. J e ne veux point faire encore à A lbert\nG iraud le facile reproche d’em prunter à B anville et à Charles\nB audelaire; je connais assez sa loyauté d’écrivain pour être\nsûr, absolum ent, que ces échos sont de simples réminiscences.\nMais, il le fau t bien adm ettre, Pierre-Charles et Banville\nont sur lui une influence décisive, au point de lui dessiner une\npersonnalité à deux faces, dont chacune regarde l’un des\ndeux m aîtres. Or — et voici m a conclusion —, A lb ert G iraud\nest un classique dont l’œ uvre est seulem ent parsem ée des\nreflets que je viens de citer. L ’ancien révolté de Renée\nM aupérin se fait ni chair ni poisson en e n tra n t dans ses\nte rres; l’auteu r du Scribe a mis de l’eau sucrée dans son\nvitriol, en en tra n t à l ' É toile belge. E t, qui sa it? ce qui l’a\npréservé d’être un classique absolu (Casimir D elavigne au\ntem ps de M allarm é !), c’est la profonde em preinte conservée\n du reg ard m agnétisant de ces poètes : Banville et B audelaire.\n"}, {"page_pdf": 179, "texte": " 104                                                                 L a Wallonie.\n\n\n\n   Mais cette introduction term inée, il faut dire toute la\n valeur de ce livre : Hors du Siècle (*).\n   P our la technique, d’abord. Oui, certes, ce ne sont point de\nnouveaux rythm es, la forme est toujours celle du tem ps jadis,\net les recherches de rim es neuves ou même de combinaisons\ninoffensives et jolies obtenues p a r l’écho d’une rim e prolongée\ndans les suivantes, to u t cela le poète veut l’ignorer. Mais, s’il\nn ’ose s’écarter de la prosodie habituelle qui étage les alexan­\ndrins polis et uniform es comme les m arches régulières d’un\nescalier massif, s’il ne je tte un regard vers les trouées nou­\nvelles de la grande forêt des Form es, du m oins A lbert G iraud\nest-il un artiste de race qui sait plier les m ots à son désir, et\nles anime victorieusem ent. Ses vers — je parle su rto u t de\nquelques pièces rem a rq u a b le s, — ses vers scintillent à la\nlueur de belles images, et les idées, toujours fières et bien\nà leur plan, paraissent rêver dans ses strophes, caressées\np ar la brillante mélodie des rimes, comme les statu es m ys­\ntiques rêv en t, en nos églises, au rythm e balancé des encen­\nsoirs et des orgues mouvantes.\n   O utre la science du m ot rare, A lbert G iraud possède assez\nbien la souplesse tactile et intellectuelle qui fait concevoir la\nmusique des rythm es. A la surface de ses alexandrins carrés\nse joue avec aisance — inconsciemment dit-il, — le ry th m e\ninterne qui v a , v ie n t, court, sautille, ou se redresse\nd’une m ajesté roide, longue et ralen tie, puis s’esquive aux\nsourires d’un triolet. M alheureusem ent il ne sait pas — ou,\np ar entêtem ent gam in ne veut p a s savoir — l’incom parable\nforce des harm onies verbales. Ceci est un reg ret p lu tô t qu’un\n\n\n  (* ) Hors du S iè cle , u n trè s b eau vo lu m e in -8 ° s u r v é lin ,d e -124 p a g e s ;\nM onnom , im p rim eu r, à B ru x elles, e t V anier, é d ite u r, à P a ris .\n"}, {"page_pdf": 180, "texte": "     Chronique Littéraire.                                      165\n\n\n reproche. Puisque A lbert G iraud compose de très beaux vers,\n il serait m alséant de lui je te r à la face, comme une injure,\n la manière dont il les fa it; qu’il me soit permis seulem ent de\n songer aux pièces encore plus larges et plus complètes que\nnous vau d rait son beau ta le n t s’il consentait à u ser de tous\nses moyens. A lbert G iraud me fa it l’effet d’un superbe\norganiste qui ne voudrait jouer que d’un ancien harm onium\nsans registres. Il est triste de voir un poète d’une réelle\nvaleur s’a tta rd e r à de petites prom enades dans le ja rd in\npublic où passe la foule étrangère, lorsque s’étend à côté de\nlui un parc magnifique aux sombres allées, immenses et\nbaignées d’inconnu.\n    Q uant au fond des vers de Giraud, les pages précédentes\nl’ont fait déjà pressentir. Hors du Siècle ne brille pas, comme\nle L y s de Severin, p a r une belle et lumineuse unité, p ar une\nnom breuse ordonnance du plan ; les diverses parties du livre,\nle Regret de l’ E n fa n ce , l’Am our impossible — un titre p ris à\nB arbey d’A urevilly, — etc., reste n t isolés et sont des chapitres\néparpillés sans grande cohésion. L ’unité réside seulement\ndans la persévérance de l’au teu r à voir le même horizon.\n    A lbert G iraud serre de près la réalité, et le R êve l ’attire\nbeaucoup moins que les autres poètes de ces tem ps. Il ne se\nborne pas toutefois aux choses im m édiatem ent tangibles;\nmais, comme l ’a très bien expliqué, ici même, F ern an d\nSeverin, son am our d’infini le tran sp o rte aux siècles passés.\nOr l’infini de G iraud est u n infini m atériel; et comme il\nest aussi peintre que versificateur, son idéal sera l’infini\ndes couleurs, le kaléidoscope de la R enaissance, avec ses\npourpres, ses cu irasses, ses dépravations — qui doivent\nten ter un artiste raffiné comme lui — , ses intrigues, ses\nhommes aux volontés de fer dom ptant la foule mouvante\ndes énervés. L ’organe actif, chez A lbert G iraud, c’est l’œil,\n"}, {"page_pdf": 181, "texte": "166                                              L a Wallonie.\n\n\n\ncomme sa caractéristique m orale est la fierté : il regarde,\nlongtemps, longtem ps, — beaucoup dans les livres, j ’im a­\ngine — le songe des tem ps dorés et pourpres, des tem ps\noù des scintillem ents passaient, ainsi qu’en nos soirs d’été\npapillonnent et voltigent les lucioles sillonnant les ténèbres.\nL a forte et subtile étreinte de l’a r t, comme la poigne d’un T itan\nqui serait L oh engrin, ce colossal tressaillem ent de cerveaux\nd’occident qu’une civilisation convalescente venait alangourir\nd ’un obscur puis triom phal m agnétism e, ce renouveau de\nl ’E sp rit greffé sur la prom pte décadence physique, et les\nmignons en F rance au tem ps de la Pléiade, to u t ce fourm ille­\nm ent de nuances aux sonorités vives, de gestes rigides ou\npâm és, de fer frôlant le velours, cette finesse ra re n ag ean t à\nla surface du brutal, A lbert G iraud a regardé to u t cela,\nlo n g tem p s, longtem ps ; puis de ses souvenirs qui se\ndéployaient à ses yeux comme des bannières d’un ondoiement\nsplendide, de ses souvenirs il a tissé le b rilla n t vélum tendu\naux portes de son tem ple ; sur le vélum, il a fait broder ces\nmots : Hors du Siècle , et désorm ais il s’y réfugiera contre le\ncoudoiement quotidien des gens quelconques. P a r pudeur\net p ar piété, il a prononcé le vœu que toujours le vélum de\nses souvenirs fût drapé entre le monde et lui, pour que même\nla L um ière de ce monde étranger ne puisse l’effleurer sans\ns ’être colorée d’abord des nuances graves profondém ent\nim prégnées dans le m agique et som ptueux tissu de soie.\n                                             A l b e r t M OCKEL.\n\n\nD E L A PROTECTION DES Œ U V RES D E LA PEN SÉ E.\n                    Moens et F ils. Bruxelles.\n\n  En 1884, dans son discours de rentrée du barreau\nde Bruxelles, M. Janlet recherchait les origines du\n"}, {"page_pdf": 182, "texte": "    Chronique Littéraire.                             167\n\n\ndroit des auteurs. Depuis, il a publié des études sur\nla propriété des télégrammes et sur la propriété\nartistique et littéraire. Aujourd'hui, il donne un\ntraité complet de la protection légale des œuvres de\nla pensée. Le premier volume a seul paru. Il est par­\nticulièrement consacré à l’architecture. De nous\ntrouver en présence d’un commentaire doctrinal de\nla loi du 22 mars 1886, nous ne pouvons retenir une\nréflexion dont la portée générale enlève à l’observa­\ntion ce que, de prime abord, elle pourrait avoir de\ndésobligeant pour l ’auteur. Les commentaires hâtifs,\nqui voient le jour à l’aube d’une législation, sont, le\n plus souvent, d’un tempérament chlorotique, comme\nles enfants nés avant terme. Aussi longtemps que\nl ’ingéniosité des contrefacteurs, l’habilité des avocats,\nles roueries des héritiers et des cessionnaires n’auront\npas donné la mesure des mailles de la loi nouvelle,\n l’homme d’affaires et le jurisconsulte n’accorderont\n au manuel qu’une utilité restreinte.\n    Sous le bénéfice de cette réserve, nous nous\n bornerons à faire connaître le plan du 1er volume.\n Les divisions sont bien conçues. Il est traité de la\n nature, des conditions d’exercice, de la durée du\n droit de l’architecte, des reproductions, de la contre­\n façon, du droit international. Une table des matières,\n soigneusement faite, rend les recherches aisées.\n    Nous félicitons M. Janlet de n’avoir pas méconnu\n l’importance pratique d’un complément trop souvent\n  sacrifié par les auteurs,\n"}, {"page_pdf": 183, "texte": "168                                                                 L a Wallonie.\n\n\n\n   L e traité de l'architecture est précédé d’une partie\ngénérale dont nous dirons quelques mots. Elle\ndébute par un historique nourri de faits intéressants,\nsuivie des textes de la législation spéciale. Vient\nensuite une dissertation sur cette question : le droit\nd’auteur est-il un droit de véritable propriété ? On\nsaisit que la difficulté ne s’élève pas à propos de\nl’objet — toile, marbre, monument, livre — qui maté­\nrialise la pensée de l’auteur ; cette propriété est,\nd’avis unanime, régie par les règles générales de la\npropriété mobilière. L a controverse, aiguisée par des\nsubtilités métaphysiques, porte sur l’élément intel­\nlectuel et intangible, sur la conception, sur le droit\nd’auteur en un mot. M. Janlet croit qu’il eût mieux\nvalu appeler un chat, un chat, et intituler la loi :\n “ de la propriété artistique et littéraire. „ On s’est\neffrayé de l ’objection pédantesque que, en soi, la\npropriété ne peut avoir pour objet qu’une chose\nmatérielle. Dans les discussions, un ministre a déclaré\nlaisser à l’avenir le soin de trancher la question.\n   Ajournons l’examen critique du traité jusqu’au\njour où il sera complet.                       S.\n\n                    H ISTO IR ES E STU D IA N TIN ES (*).\n\n   C’est, dans une coquette édition ornée d’une jolie couver­\ntu re p ar A rm and Rassenfosse, une suite de récits a ttra y a n ts,\n\n   (*) H istoires E studian tin es, p a r G eorges R osm el (G ustave R ahlenbeck) :\nu n jo li p e tit volum e de 150 p ag es, c o q u ettem e n t éd ité ; é d ite u rs : L em erre,\nP a r is ; K n o etig , B ru x e lle s.\n"}, {"page_pdf": 184, "texte": "     Chronique Littéraire.                                       169\n\n\nde croquis pris sur le vif et notés avec un rem arquable ta le n t\nd’observation; le to u t écrit en un style élégant, alerte et très\nmoderne.\n   Tout d’abord, le délicieux profil de M iss D ispu te auquel\nprélude une scène d’in térieur liégeois ; d’un p arfait réaliste.\n   P uis viennent : Une assemblée à la Permanente, avec la\nm alicieuse caricature de quelques-uns des nôtres, — une\nF ête d’ étudiants, — l’E t oile Sirius, scènes universitaires,\ndans lesquelles l’auteu r raconte allegretto, avec une très\nfine nuance d’ironie, les joies et les vicissitudes de l ’insou­\nciante vie estudiantine.\n   Suivent deux hors cadre : L e marchand de marrons et\nPaïen, la profession de foi de l’auteur, un éloquent anathèm e\naux religions gothiques.\n   Encore : L ’ an d’ après, un a ttra y a n t croquis-Paris. Puis un\nP rofil de Grisette : une je u n e fille se rend en h âte à la messe\nd’onze heures, à St-Denis. Soudain, u n rêve, un rêve fou de\ngrandeur s’im plante en sa m ignonne caboche et l’obsède.\nMais la fillette parvient à se débarrasser de cette h an tise en\ns’absorbant en sa naïve prière. C’est exquisem ent raconté,\net, de plus, extraordinairem ent m cral.\n   P our finir se déroule, v ib ran te de couleur locale, la déso­\npilante odyssée du brave tondeur de chiens, E ustache-D ieu          ­\ndonné X hipette, dont l’enseigne est à elle seule un p e tit chef-\nd’œ uvre de drôlerie.\n   Bref, un recueil d’histoires charm antes, dites en une prose\nvive et très personnelle, accessible aux craintifs cerveaux\nque déconcerte l’élan hau tain des sym bolistes.\n   M ars.                     C H A R L E S D E L C H E V A L E R IE .\n"}, {"page_pdf": 185, "texte": "                 P E T I T E CHRONIQUE.\n\n  Nous avons reçu le 4° almanach de l ' Université de Gand,\ntoujours édité avec le même soin p ar Ad. H oste.\n  Cet alm anach se distingue comme les précédents p ar une ,\npartie universitaire très consciencieuse, rem plie de notices\net de détails intéressants.\n  Q uant à la p artie littéraire , elle nous paraît, m alheu­\nreusem ent, un peu quelconque :\n   D es Vers d e V a n L e r b e r g h e , b ie n ; L ’E to ile Sirius, d e\nG EO RG ES RO SM EL ; Sur la plage , v e r s d e V IER SET, b ie n ,\nm a is re n fe r m a n t u n e fo rm id a b le c o q u ille : L e s flo ts r u is s e ­\nla ie n t d e , baisers e t d ’é to ile s p o u r, ru is s e la ie n t d e rubis.\n   P uis un fragm ent fort bien de “ Quelques Proses „ par\nA lb e r t M o ck el     et le tir à la lune de H e n r y M a u b e l ;\nquant au reste, sauf une R éparation , comédie en 1 acte de\nF r i t z E l l , c’est absolum ent médiocre.\n    Nous regrettons de ne pouvoir être plus élogieux, m ais les\nA lm anachs précédents sem blaient m ontrer plus de vie, et un\npeu m oins de doctrinarism e artistique.\n   A l’an prochain, n ’est-ce pas? bon courage et surtout,\nallez de l’avant!                                        P . M. O.\n                                          *\n                                         * *\n   C ette pauvre Jeune Belgique est folle, en vérité ; et nous\navons le privilège de provoquer ses criailleries de vieille fille,\nde même que le rouge agace les dindons. Ses gloussem ents\ncolériques nous laissent indifférents, mais la Jeune Belgique\ndont le groupe est morcelé et qui ne représente plus une idée,\nest si m alade qu’il convient d’en avoir pitié : nous répondrons\nà ses questions effarées, pour donner à ses derniers moments\nle sommeil rép arateu r dont elle a grand besoin.\n   l re question : Pourquoi annoncez-vous parm i les v ôtres les\nlivres d’Em ile V erhaeren et Camille L em onnier ?\n   E n énum érant les livres de Camille Lem onnier, de R oden                         ­\nbach, de V erhaeren, de Ghil, de M erril, de Rahlenbeck, de\nH enry de R égnier, de F ritz E ll, de Severin, de D estrée, de\n"}, {"page_pdf": 186, "texte": "     P etite Chronique.                                        171\n\n\nDemblon, MM. Mahaim, Mockel, Olin et Siville n ’ont pas eu\nl ’intention de se les approprier ; ils ont voulu seulem ent donner\naux collaborateurs de L a W allonie le bénéfice d’une annonce\ncourtoise; de même M. Max W aller, lorsqu’il citait en dé­\ncembre 1885 les œ uvres de Camille Lem onnier, Théo H annon,\nGeorges Rodenbach, E m ile V erhaeren, Octave Maus, etc. E t\nsi tel n ’est pas l’avis de M. M ax W aller, tel est du moins\nl ’avis de MM. Em ile V erhaeren et Camille Lem onnier.\n    2e question : L a Jeune Belgique nous dem ande qui nous\nchoisirons de R ené G hil ou de Georges Khnopff. Mais nous les\nchoisissons tous les deux, cher monsieur. Au dem eurant, nous\nsommes étonnés de voir que M. W aller ose encore prononcer\nle nom de Georges Khnopff, après la petite vilénie dont s’est\nrendu coupable le dit Max W aller.\n    3e question : Q uant au délectable A natole Baju, l’auteur\nstupéfiant de L 'E co le décadente , nous nous sommes occupés\nbeaucoup trop de ce volum ineux criticule.\n    Nos amis R ené Ghil et A chille Delaroche ont repoussé les\n avances de sa revue; il ne peut le leur pardonner, cela se\n conçoit; eh bien nous lui laissons distiller à son aise la rage\n de sa déconvenue, sans nous en préoccuper.\n    L a Jeune Belgique est-elle satisfaite ?\n                               ***\n   U ne am usante coquille de la Jeune B elgique , revue men­\nsuelle inexorablem ent. E n proie à une douce folie, elle s’aban­\ndonne im perturbablem ent à sa monomanie : l’accusation de\nplagiat. Après Georges Khnopff, c’est R aoul P ascalis qui,dans\nle même numéro, est cité parm i les principaux collaborateurs\ndu recueil et inculpé de pillage littéraire. M. Pascalis a ré­\npondu p a r une le ttre acérée, que la Jeune Belgique reproduit\npiteusem ent. L e voilà donc au nom bre de “ ceux que M. Max\nW aller ne salue plus. „ C’est un bien g rand m alh eu r pour lui.\nSes compagnons d’infortune sont, jusqu’à présent : Edm ond\nP icard, Georges Khnopff, et l’auteu r de F a u s t : Gœthe. Mais\nM. P ascalis se range aussi parm i ceux “ qui ne saluent pas. „\nQ uant à ceux-ci, il serait tém éraire de vouloir les compter.\n"}, {"page_pdf": 187, "texte": "172                                             L a Wallonie.\n\n\n\n\n    E n f i n ! L a Légia organise pour le lundi 19 m ars un su­\nperbe concert auquel nous convions tous les esthètes liégeois :\nconcert exclusivem ent consacré à César F ra n ck . César\nF ran ck va donc recevoir tardivem ent l ’hommage des adm ira­\ntions de ses com patriotes; mais il a fallu qu’à P aris on l ’ap­\npréciât parm i les prem iers, pour qu’à Liége la foule voulut\nbien lui reconnaître “ un beau talent. „ Au program m e du\nconcert, figurent : les Eolides, œ uvre déjà connue ; la puissante\nsonate pour piano et violon que nous avons entendue au salon\ndes X X , — in terp rétée p ar Théophile et Eugène T saye, au­\nquel elle est dédiée — ; un prélude avec fugue et choral dont\nles concours du Conservatoire nous ont m ontré le souffle et la\nprofondeur; puis un chœ ur inédit que F ran ck a dédié à\nS ylvain Dupuis, un air, deux mélodies, etc.; cinquante places\nseulem ent sont réservées au public ; les cartes sont en vente\nchez G evaert au prix de 5 francs.\n   L e comte de V illiers de l’Isle A dam est venu donner ici, il\ny a deux semaines, une conférence très goûtée : il a lu trois\nde ses contes avec le profond talent de causeur qu’on lui\nconnaît; et c’é tait une jouissance exquise de l’entendre dire\net jouer, des gestes et de la voix, ces pages intenses, décon­\ncertantes et profondes. V illiers de l ’Isle A dam vient de pu­\nb lier un nouveau recueil — H istoires in solites — analogue aux\nContes cruels et à L ’Am our suprême. Nous énoncerons plus\nta rd notre adm iration pour ce prodigieux artiste, en une\nétude plus digne de l’auteur de R é volte et plus complète que\nne pourrait l’ètre un compte rendu restre in t et forcém ent\nsuperficiel.\n\n     E rrata. P age 109 : apparu , au lieu de ap p aru t; page 125:\nvers 2, sous douce brise, au lieu de sans douce brise ; id. : vers\n9, frissonne au lieu de frisonne; vers 13, traverse l’eau vers\nl ’île verte où vont les voix ; page 126 : vers 7, de rire aigu, au\nlieu de du rire ; page 182: m évisto , au lieu de M éristo; page\n133: M adame B esn a rd, au lieu de B e rn a rd ; à Beguiling, pour\na Belguiling; page 134 : rarissim e , au lieu de ravissante.\n"}, {"page_pdf": 188, "texte": " PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n        H. Z E Y E N .\n               137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                          L I É G E                 .\n\n       S p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é le c tr i q u e .\n\n\n     FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                         P l a c e d u T h é â t r e , 11, L ié g e .\nP o r t e - c i g a r e s en é c u m e de m e r, a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n\n\n      RACCOMMODAGES\n   — P iè c e s d e c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u té s en 24 h e u r e s .\n                                                                         .\n INDE M\n      A  .  SE RR U\n                  RI                                                             ER\n                                                                                  -BO VY\nPERSE                                    RUE DE L’UNIVERSITÉ, 38\n                                                   LIEGE\nCHINE A R T IC L ES                                                            ORFEVRERIE\nJAPON MENAGE                                  DE\n\n\n\n\n       AGENT\n                 H     .     F O N D E R -B U R N E T ,\n\n                       GÉNÉRAL\n                              48, rue du P ont-d’Ile, Liége,\n                                             POUR         LA      B E L G IQ U E\n                                                                                ARGENTEE\n\n                                                                                         DE     LA\n                      P E I N T U R E FRANÇAISE.\n    C ette P e in tu re , p ré p a ré e à base d e c é ru se e t d ’h u ile de lin , e s t to u te p r ê te à\ne m p lo y e r; elle e s t b rilla n te e t s icc a tiv e . Sa q u a lité n e laisse rie n à d é sire r, son\nm é la n g e é ta n t a b so lu m en t co m p o sé com m e celu i fa it p a r les p e in tre s les plus\nex p é rim e n té s. Son em ploi s u r b o ise rie s, m u rs , m eu b les de fer ou bo is, g ro sse s\nv o itu re s , e tc , la place à la p o rté e de to u te s les p e rso n n es d é sire u se s de co n se\nv e r en b on é ta t le u r m a té rie l a g ric o le , in d u strie l ou a u tre s.\n  L ’assortim ent se compose de 42 nuances, en boîtes de 1, 2 et\n5 kilog., à fr. 1-10.\nA llu m e tte s Su é d oise s (Kaiser-H olzer), 20 fr. les 1000 boites\n       »        Nilson, bout noir            fr. 9-50 les 1000 boîtes\n"}, {"page_pdf": 189, "texte": "    3e ANNÉE, No 3.\n\n                   LA W ALLONIE\n   R E V U E M E N SU E L L E D E L IT T É R A T U R E E T D ’ART\n                                                    E rnest      M AHAIM ,\n                                                    Albert       MOCKEL,\n              Comité de R édaction             -\n                                                    P . M. OLIN.\n                                                    M a u r i c e S IV IL L E .\n\n\n\n E                            entimbres-poste\n                      Bureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\n    nvoi d’ un num éro spécim en co n tr e 5 0 ce n tim e s\n                                     .\n       A b o n n e m e n t : 5 fr. p a r an. Union postale : 6 fr.               50.\n\n                                    SOMM AIRE :\nS t u a r t M e r r i l l ....................... Appel; V espérale (vers).\nJ u le s D e s t r é e ....................... Quelques œ uvres d’a rt (A m ster­\n                                                    dam, M arken).\nEmile V e rh a e re n . . . . L ondres (vers).\nGeorge G a r n i r ...................... Vieilles cloches.\nG eorges K e lle r ......................V eillée de lune (vors).\nA. Moekel; S.; Ch. D elche­\n  v a l e r i e ...................................Chronique littéraire.\n                                  P e tite chronique.\n\n\n     Q uelques c o lle ctio n s de LA W ALLONIE (188G e t -1887) s o n t en vente\n                                   au p rix do G fra n c s .\n                      I.a VVnlIonie e s t en ven te\nA LIEGE : Chez MM. G n u sé ; G e o rg e ; D 'H e u r; D ecq ; D e so e r; A u b ette du\n      l’o n t d’A vroy ; A u b ette p lace S a in t-L a m b ert.\nA BRU X ELLES : Chez MM. R osez, lib ra ire , e t Is ta c e , lib ra ire .\nA PA R IS : Chez MM. V anier, lib ra ire , 1 9 , Q uai S t-M ic h e l; S avine, lib ra ire ,\n    1 8 , ru e D ro u o t, e t à la L ib ra irie N ouvelle, ru e d e la B oètie, 3.\nA GAND : Chez MM. A. H oste, lib ra ire , ru e des Cham ps ; W en n ew itz (M uquard),\n    lib ra ire , ru e d es Cham ps ; V u ilstek e, lib ra ire , r u e A ux V aches.\nA ANVERS : chez Mme Ve De V e tte r, re m p a rt S te-C at h e rin e ; M ax R u es, 50 ,\n    ru e des T a n n e u rs .\n\n                                     Des presses de II. Vaillant-Carmanne, à Liége.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "ordre_dans_volume": 3, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1888-03-31", "signet_source": "3ème année - N°3 - 31 mars 1888", "preuve": "Couverture (PDF 154, OCR) : « 3me Année. — N° 3. LA W A LLONIE. 31 Mars 1888. ».", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}