{"numero_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "articles": [{"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-201", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3me Année", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 190, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 79, "texte": "3me Année. — N° 4.\n\n\n\n\n   LA\n\n\nW ALLONIE\n\n\n\n            30 Avril 1888.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-202", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LI HOULO", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 191, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1564, "texte": "LI H O ULO\n    Rom an de m œ urs w allonnes, en w allon p a r DD. SALM E\n            Chez Vaillant-C arm anne, Liége, 2 fr.\n\n                C AP R I C E        R EV U E\n       JO U R N A L A R T IST IQ U E E T L IT T É R A IR E\n          B ureaux : R ue du Ja rd in B otanique, Liége.\n                   A bonnem ent : 6 fr. p a r an.\n\nA paraître chez E. D EM AN , rue d’Arenberg, Bruxelles.\n\n              L ’É V E N T A I L DE L A Q U E\n      Poèmes en prose, p a r S tép h an e M ALLARM É.\n\n        LE T R A I T É              DU     VERBE\nAVEC L A PH IL O SO PH IE & L ’E ST H É T IQ U E D E L ’A U TE U R\n         p ar R ené G H IL : T irage à 110 exempl.\n\n                  Les Fambeaux Noirs\n         L ivre de vers par Em ile V E R H A E R E N .\n\n             E N A L L E M A G N E\nIM PRESSIO N S D ’UN PASSANT, p a r Cam ille L em onnier\n         L ibrairie illustrée, P aris, prix : fr. 3,50.\n\n                     ÉPISODES\n     L IV R E D E V ERS, P A R H e n ri DE R É G N IE R\n                  Chez   VAN N IER; Paris.\n\n  DU SILENCE, vers, par Georges Rodenbach\n                 L emerre , Paris, Fr. 1 .5 0 .\n\n                A P A R A IT R E E N A V R IL\n CONTES POUR L’AIMÉE, par Maurice Siville\n      Un volume de grand luxe format in-8° jésus,\n   illustré de 25 compositions par Emile Berchmans.\n     P r ix    en sou scrip tio n   : D IX    FRAN C8.\n  Ces exem plaires porteront, imprim é, le nom du souscripteur.\nOn souscrit ch ez M. 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( 2 me c a h i e r ) (HEURES MÉLAN", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 192, "page_imprimee": 173, "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1206, "texte": "MES MÉMOIRES.\n                          ( 2 me c a h i e r )\n\n\n\n               (HEURES MÉLANCOLIQUES)\n\n                 E t ce warbulant personnage s’amusait\n                    comme un petit Bon Dieu !\n                                                        P aul   D u b o is .\n\n\n                      L E DOUTE.\n\n                  O rancœurs ennuiverselles ! expérien ces nervicides ,\n                  nuits m artyriséennes ! A im e-m oi à p etit f e u . inven­\n                  torie-m oi, m assacre-m oi , m assacrilège-m oi !\n\n                                                   J u les L a fo r g u e.\n\n\n\n\n        Cc i me erestera, je le crains, l’un de mes plus\n\n         poignants souvenirs). Des hasards de voyage\n        m’avaient fait rencontrer un jeune Anglo-\n         Gallois et certaines analogies de caractère,\npeut-être, avaient créé ces rapports bizarres com­\nplexes mais fréquents qui, sans être ce profond sen­\ntiment, l’Am itié, en prennent tous les dehors et\nbeaucoup des prérogatives.\n  Ennuyé, lassé de son ennui sans cause, un jour, sans\nprévenir personne, sans savoir où il voulait aller, il\n                                                                   12\n"}, {"page_pdf": 193, "page_imprimee": 174, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1499, "texte": "174                                       L a Wallonie.\n\n\n\n avait abandonné le vieux manoir patrimonial et la\n tranquillité sereine de son beau pays de Galles.\n    Bien dans la vie moderne n’attirait son incuriosité\n et après avoir souffert de l’irréalisation de ses espoirs,\n il souffrait de leur définitive destruction. Il se retrou­\n va un soir, sut-il jamais comment ? dans l’un de ces\n caravansérails, où se brocantent grands vices et\npetites vertus : Une ville d’eaux cosmopolite. Jouait-\n on encore ? Il ne s’en enquit, le hasard n’ayant nulle\nattirance, la foule l’écœurant.\n    Deux femmes, qui lors de la splendide effloraison\nde ses vingt ans furent ses amies, se trouvaient là.\nLeur caractère un peu étrange, d’une netteté sin­\ngulièrement contradictoire, nous avait fait leur\ndonner ces noms : Isis, Skulda. Lui ne les v it pas\net ce furent elles qui vinrent à lui, et dès lors, chaque\nmatin il les accompagnait en leurs longues che­\nvauchées. Mais en somme simple inertie : il n’avait\nni force ni volonté de résister à leur absorbante\naffection.\n    Ces deux femmes réunies étaient singulièrement\ntroublantes. Isis, majestueuse, grande, noire, très\ncharnelle ; Skulda, pâle, petite, très blonde, frêle,\ntoute spiritualité, une sylphide égarée en notre\nmonde et toujours étonnée de s’y trouver : elles se\ncomplétaient trop merveilleusement et leurs prin­\ncipes, confondus, eussent créé l a F e m m e , cet objet\ndes perpétuelles recherches, pierre philosophale des\ncœurs épris d’idéal.\n"}, {"page_pdf": 194, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1482, "texte": "   Mes Mémoires.                                  175\n\n\n   Lui, quatre années de souffrances imaginaires,\nd’indécisions tuant sa vigoureuse nature, son mépris\nde l ’action avec la violence de son caractère, lui\navaient imprimé le cachet le plus déconcertant. Ce\nrêveur, cet utopiste en sa mâle énergie physique,\ndevait, une fois encore, attirer l’attention de ces\ndeux femmes exceptionnelles. Son caractère nuageux\net indécis de Breton en avait été troublé et depuis\nle ballottait au milieu des brouillards de ses contra­\ndictions. Ce qui, surtout étonna les deux femmes,\nce fut de voir cet Idéaliste devenu prosélyte du\ngrand Rien par amour de l’Absolu qu’il avait vaine­\nment cherché.\n   Leur affection ancienne, renouvelée par leur mu­\ntuelle amitié, exagérée par Sa perpétuelle indéci­\nsion, devait nécessairement s’exacerber au point de\nleur faire oublier tout, sinon leur désir de Lui, qui\npressentait la lutte terrible devant s’engager entre\nces natures contraires, lutte dont il était l’enjeu et\n dont il serait la première et la plus saignante vic­\ntime.\n    Cette vie presque commune des villes d’eaux\n continuait avec la fréquence de ses intimes rapports.\n E t une nouvelle souffrance s’était jointe au monde\n de désespoirs qu’il nourrissait déjà en lui.\n    Un court instant, un éclair de bonheur avait illu­\n miné son esprit: Il avait la certitude d’aimer (cette\n protéenne chimère qui toujours lui avait échappé et\n parfois au moment où il croyait l’avoir v i nculée)\n"}, {"page_pdf": 195, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1642, "texte": " 176                                     L a Wallonie.\n\n\n\n  Mais bientôt au plus profond de sa lancinante\n  géhenne, il se v it rejeter : car il ne put savoir\n  laquelle il aimait, et il craignait d’apercevoir au fond\n  de sa pensée cet effroyable sentiment de n’aimer ni\n  l’une ni l’autre, mais deux personnes comme ne for­\n  mant qu’une seule individualité. E t sa souffrance\n  s’accrut : il ferma les yeux comme lorsqu’on se sent\n  tomber et il ne voulut plus essayer de sonder la\n  profondeur, noire de sa désespérance.\n     Isis, s’exaspérant de ce qu’elle ne pouvait com­\n prendre lui dit un soir : “ Quelle singulière hésitation\n vous retient ? Comment se peut-il que ni Skulda, ni\n  moi ne soyons à vous ? Cette situation affolante\n  est insoutenable. Moi ! je ne puis ni ne veux plus m’y\n prêter ¡ „ Choisissez! “ Vous devez savoir que je ne puis\n choisir. Allez, et laissez agir les Éléments ! „ Non !\n il le faut. Elle ou moi ! „ “ Qu’importe ! Non, je ne\n choisirai pas. Si vous vous mettez sur l’un des pla­\n teaux de la balance, oubliez-vous que moi-même je\n serai sur l’autre! Je veux ma liberté! „ “ E t si Skulda\n vous proposait la même alternative ? „ “ Indigne de\n vous cette question ! Isis. Mais ni l’une ni l’autre\nplutôt que l’une ou l’autre ! „ “ Tête dure comme les\nroches de ton pays, cœur froid comme les brumes ! „\n    E t cette vie tranquille, sans événements, se pro­\nlongeait, et certes ! sans que chacun sût jamais\ncomment, par la force impulsive et irresponsable des\nchoses, des sensations et des contraires qui à travers\nlui s’attiraient, ils se trouvèrent unis en une prodi­\ngieuse et pantelante Trinité !\n"}, {"page_pdf": 196, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1535, "texte": "    Mes Mémoires.                                    177\n\n\n   E t ses prévisions se réalisant il fut très malheu­\n reux : Il avait dû souiller l’immatérialité de son\n rêve de Skulda, avec elle il regrettait la splendeur\nphysique d’Isis, dans la chair de qui il ne cherchait\n qu’une âme. A vec l’une songeant à l’autre, préférant\nl’absente sans l’aimer toutefois, il restait dans l’inti­\nmité la plus absolue, étranger aussi bien à l’une qu’à\nl’autre, et il était très malheureux.\n   Il n’avait la sensation de l ’Amour que loin d’Elles,\nalors qu’un fuligineux rêve les unifiant en les trans­\nformant ne lui laissait que la perception d’une seule\nfemme aux complexités infinies. (Mon Dieu ! que\nc’est donc une sale profession que celle d’homme\nsupérieur !)\n   Skulda la sensitive, de beaucoup la première, eut\nla sensation de cet intime désespoir. E lle s’inquiéta\navec une douleur d’amour de ce perpétuel méconten­\ntement de soi-même et de la distraction de son\namant, alors qu’elle s’était livrée Corps et Ame. Elle\nsavait qu’il ne mentait pas lorsque, la voix altérée, il\nlui jurait l ’aimer à en mourir et pourtant il en aimait\nune autre et autant qu’elle-même : elle en était cer­\ntaine ! E lle n’avait donc su réaliser son Rêve ?\n   Voulant, en son amour suprême, satisfaire l’éternel\nIndécis, fût-ce par le sacrifice de soi-même, sans\nhaine ni jalousie, elle dit à Isis sa gêne.\n   Celle-ci toute à l’emportement de son amour sen­\nsuel n’avait rien remarqué, ou peu, mais avec la\npuissance d’assimilation de sa magnifique nature\n"}, {"page_pdf": 197, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1283, "texte": "178                                    L a W allonie.\n\n\n\nanimale, elle comprit le doute odieux, sphynx muet\nqui déchirait le cœur du chercheur désabusé ; donc\nil avait trouvé séparé ce qu’il désirait uni et se\nmourait de son impuissance à fusionner les anta­\ngonismes.\n   Prise du dévoûment qu’inspirent seules les souve­\nrainetés d’Esprit, dominant Skulda d’un long regard\nmagnétique et lourd, elle lui dit : “ Soyons à lui,\nEnsemble.... Ainsi nous ne l ’écartèlerons plus. „\nSkulda appâlie et tremblante : “ Je m’en fie à ton\ninstinct, grande et puissante Tsis, mais ne crains-tu\npas qu’il n’entre trop de spiritualité et trop d’infini\ndans sa douleur pour que nous réussissions à la\ntuer ? „\n   Elles l’amenèrent donc à un unique rendez-vous.\n   C’était son désir inespéré, la suprême tentative à\nfaire pour savoir si fatalement il devait toujours être\nen désaccord avec lui-même et sa destinée.\n   Le lendemain, après une nuitée effrayante, ayant\napprofondi le vide de son espoir, son désir de posses­\nsion unique, l’ayant poursuivi au sein de la plus\natroce volupté et l’in-niable de son dédoublement\nnécessaire devant l’irréductible individualité de ses\n deux amantes, il s’était tué, et par un dernier\nrespect de soi-même, avec un poison qui ne laisse pas\n de trace.\n   Amen.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-002", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 179, "page_fin": 182, "titre_corps": "Lettre qui ne fut jamais envoyée", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pierre-Marie Olin", "ancre_debut": "Car noble cuer de homme ne doit point enquérir", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 198, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 157, "fin_caractere_exclue": 1524, "texte": "Car noble cuer de homme ne d oit\n                              p oint enquérir du f a i t des fem m es.\n                                           A n t o in e   de l a   S ale.\n\n\n\n   Ce très vieux bijou, je vous l’envoie, parce que\nseul en sa simplicité, il a pu correspondre à l’incom­\npressible symbolisme que je vois enveloppant mes\nactions autant que mes idées.\n   E n ces antiques et authentiques abraxas, taillées\nprécieusement en dures et incorruptibles pierres, ne\npuis-je retrouver mon amitié non nouvelle, d’une\nsincérité si absolue qu’elle m’étonne et déroute mon\nrésistant septicisme, et d’une persistance que je crois\nà forte épreuve, fût-ce même peut-être, à celle de\nvotre oubli. Puis sa monture par ce grand artiste,\nCastellani, avec sa forme un peu baroque bien que si\nsimple et un peu barbare, et les caractères cabalis ­\ntiques incisés au revers des jaspes, et des chalcedoines,\nn’est-ce pas la reproduction secrète de ces longs\nentretiens si doux où je me laissais aller à toute la\nsauvage extravagance de ma biscornuité et toute la\nprofondeur des byzantinismes artistiques et senti­\nmentaires qui sont presque le tréfonds de moi-même.\n   Car qui sait ce qui nécessairement doit arriver ?\n   Jamais vous ne me verrez m’en étonner ! quoique\nce doive être. Mais l’espérance que j ’ai, c’est que\ncette fuite de nous, ne nous chassera pas totalement\n"}, {"page_pdf": 199, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1704, "texte": "180                                               L a W allonie.\n\n\n\nde Vous et qu’un souvenir peut-être restera. E t quel\nsouvenir plus simple, me semble-t-il et plus cordial,\nque cette sorte de camaraderie égalitaire et cette\npersistante mutuelle bonne volonté ! L a mienne ne\npourra disparaître, car elle est au-dessus d’atteintes.\nL a vôtre ?.;....\n\n\n             COMBIEN D O U L O U R E U X !.....\n\n                                   On s'en n u ie de tout mon ange        ,\n                               c'est une lo i de la n ature ce n ’est\n                               p a s ma fa u te . S i donc j e m 'ennuie\n                               a ujou rd 'h u i d'u n e aventure q u i m ’a\n                               occupé entièrem ent depuis quatre\n                                              ,\n                               m ortels m ois ce n'est pas ma fa u te .\n                                                      de   L aclo s.\n\n\n\n\n   Tu ne saurais croire le vide qu’a laissé en moi ton\n arrachement. N ’avoir ainsi soudain, plus personne à qui\npenser ou du moins qui pense à vous ! C ’est très cruel\n alors même que tout sentiment écarté il n’y a plus là,\nqu’une habitude sentimentaire infiniment durable. Il\nest fort vrai qu’extérieurement, tu as pu m’accuser\nd’indifférence, mais cela venait de la force de cette\nintimité qui pour moi naïf ! ne me semblait pas tou­\njours devoir se retremper dans la réalité. Je te jure que\ntu étais tout aussi présente alors que je restais seul.\nCette continuité de pensée brusquement rompue me\nlaisse un trou trop douloureux pour que je n’essaye\npas de le combler un peu en t’écrivant cette\npeut-être dernière lettre. Ne va pas croire que je\n"}, {"page_pdf": 200, "page_imprimee": 181, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1576, "texte": "    M es Mémoires.                                   181\n\n\nveuille revenir sur ce qui s’est passé, ni sur ce qui est\npassé. Mais en vérité je ne vois guère la possibilité\nde n’être plus quelque chose pour toi, comme toi pour\nmoi. E t si tu m’offres ce lénitif de l’Amitié — comme\nsi l’Am ité pouvait découler de l’Amour, — quelque\nmanque de confiance que j ’en aie, je l’accepte — pro­\nvisoirement, par égoïsme et jusqu’au moment où ma\nperfection indifférentielle ayant atteint son apogée,\nje n’aie plus besoin ni d’Amour, ni d’Amitié. Car\ntu connaissais le trouble de ma pensée, alors que\ncomme un nageur pris dans un tourbillon, je luttais,\nquoique bien faible, contre le gouffre de désespé­\nrance qui m’attirait : je résistais parce que sur la\nrive je voyais ton ombre me tendre les bras et\npleurer sur ma misère. Tu as sans doute trouvé que\nje ne me rapprochais pas assez vite, et accusé mes\nefforts de mollesse et tu es partie regardant à peine\nderrière toi ! De ce jour, lutter je ne puis plus, je ne\nle ferai plus ! Je me laisse entraîner à la dérive par\nle redoutable courant qui mène à l’indifférence\nabsolue ou au suicide. Où tomberai-je, je n’en sais\nrien, mais plus rien je n’éviterai, car pour quoi\nlutter et se donner une peine quelconque. Y a-t-il\njamais eu un but à la vie et vaut-elle bien la peine\nd’être vécue ? Une chose désirable seulement ? Tout\nn’est-il pas mirage et mensonge ? Mon dernier\nrefuge était l ’exercice corporel jusqu’à l’épuisement,\ncar alors à plus rien je ne savais penser. Cela même,\nmaintenant me dégoûte. Le monde ! Ah ! quelle scie,\n"}, {"page_pdf": 201, "page_imprimee": 182, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 732, "texte": "182                                       La W allonie.\n\n\n\nquelle corvée ! Je me trouve tout désorbité et la\nseule chose qui me soit encore à bonheur : dormir,\ndormir! car c’est alors le Néant !\n   Ne t’étonne pas que je continue à te tutoyer : je\nm’attends si bien à ce que tu me répondes ! Faites-\nmoi le plaisir de m’écrire autrement. Ne m’appelez\nplus par mon nom et enfin ! ne m’écrivez plus ; que tout\n— tout ! — soit fini. A moins que tu n’aies le courage\nde me dire ces trois choses à la fois : comme un\nobjet qui a cessé de plaire et qu’on relègue dans un\ncoin obscur, ma foi, lorsqu’on le revoit pour en éviter\nl’obsession et son mauvais souvenir, on le jette !\n\n                              P ie r r e -M a r ie   OLIN.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-003", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 183, "page_fin": 183, "titre_corps": "Rondeau", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "René Ghil", "ancre_debut": "RONDEAU", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 202, "page_imprimee": 183, "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 928, "texte": "RONDEAU.\n\n\n\n E\n                                                 pour la Seu le.\n\n\n\n   notre douleur,\n         t        m eurt aux déliements d’histoires,\n  du g e l! sauves pour des départs agitant moires\n  et soleils vers les loins et les loins et pour les\n mariages ainsi dans l’espoir esseulés :\n  et qui portent le poids d’un heur dans les mémoires.\n  T a n t! que de plum es et d'ondes ondulatoires ,\n  et de mains par le deuil longuement méritoires,\n  s'emplissent d’ être les las songes exilés :\n               et notre douleur, meurt.\n\n\n  et, l’ Une et Seule en ma patrie aux promontoires\n  qui vont les rêves haut d’amour exhalatoires !\n  donnons-nous p a r l’ avril nos longs doigts désolés\n  en l’hiver à longtemps et ses soirs angulés :\n  et sont en nous oiseaux et ruisseaux dilatoires,\n               et notre douleur, meurt.\n\nM ars, 88.                                        R e n é G H IL .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-004", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 184, "page_fin": 188, "titre_corps": "À cœur perdu", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Mockel", "ancre_debut": "A CŒUR PERDU EST un livre bizarre", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 203, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 1403, "texte": "A CŒUR PERDU.\n\n\n          EST un livre bizarre. B izarre surtout p ar le divorce\n         ’C\n            constant de l ’Idée et de sa mise en œuvre; M. Joséphin\n           P éladan se dit catholique, sans cesse fait allusion à\n           l’ésotérism e des Rose-Croix, au bonheur intellectuel,\n à l’infériorité de la chair ; m ais to u t cela sous la forme la plus\n m atérielle et la plus lascive qui soit. D ans le Vice Suprême, son\n prem ier et son m eilleur livre, sa m anière m éridionale et char­\nnelle et les images allusionnant le contact des sexes, étaient\nfacilem ent explicables p ar l ’influence d’un sujet pervers·\nL orsque sa Curieuse nous promène m élodram atiquem ent p ar\nles bouges parisiens, lorsque son In itiation sentimentale fouille\n avec persistance les dessous douteux et m alpropres des pas­\nsions, on peut trouver le ton de m auvaise compagnie, sans\ninsister davantage. Mais ici, l’antagonism e du fond et de la\nforme est frappant.\n   A cœur perdu, c’est Nébo, le Mage chrétien, le platonicien\npur, qui tente de vivre un am our intellectuel. Que rien de la\nchair ne souille l’atm osphère im m aculée qui l’enveloppe, lui\net la Princesse Riazan. Ayons la seule extase des yeux et de\nl’esprit, dit-il, et notre am our sera bel et grand.\n   M ais bientôt le démon de la chair insinue ses paroles se r­\npentines. L a princesse, la jeune et fière vierge, aime Nébo\n"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2006, "texte": "     À cœur perdu.                                                 185\n\n\npar le corps bien plus que p a r l’esprit. E t l’union des sexes\nune fois réalisée — p a r sa faute, — la Fem m e v a se révéler\navec sa m anie d’appuyer son despotisme sur l ’homme aimé.\nMais alors l’homme génial se redresse, et Nébo répudie\nl’am ante devenue la m aîtresse dom inatrice.\n   L a prem ière p artie du livre, M. P éladan l’a tra ité e avec puis­\nsance ; il y a déployé une grande application aux recherches\npsychologiques, et certains chapitres, certains poèm es en\nprose, — m alheureusem ent si peu de distinction dans la\nforme ! — sont poussés très profond. T rès profond ? J e me\ntrom pe, M. Joséphin P éladan est prolixe, disserte beaucoup\net trè s philosophiquem ent de la situation déséquilibrée de ses\npersonnages; mais, à p a rt quelques longues trouées d’un\nregard ferm e qui va scruter la perspective des sentim ents,\npresque toujours il reste à la surface des choses, emploie\nbeaucoup de m ots grecs, use de larges digressions, ne\ndédaigne pas une page d’éloquence m ystique, et préfère à\nl’acuité de l’observation, l’im prévu faussem ent suggestif d’un\n“ mot „ th éâtral. C ependant, beaucoup de ces mots sont\nplacés habilem ent, et leur effet porte. I l fa it p arler à ses\npersonnages une langue pratiquem ent im possible; il se sert\nd’eux comme porte-voix et nous les voyons sans cesse occupés\nà aligner l’infanterie serrée d’un bataillon d’argum ents\nmassifs. Ce ne serait pas un grave défaut à m es yeux si\nM. P éladan avait su les anim er d’une vie plus nerveuse et\nplus artistiquem ent vraie. D ans le Vice Suprême, certaines\nconversations hachées de courtes phrases, solides et incisives,\ndonnaient une existence personnelle aux êtres du rom an ; les\ncaractères, aussi, étaien t plus vigoureusem ent taillés dans\nl’œuvre. Ici, Nébo est un pédant, un pédant parfois bien\nennuyeux ; la princesse R iazan allie à la noblesse du sang et\nà l’aristocratie de l’intelligence, les· gestes et les façons de\n"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2033, "texte": "186                                              L a Wallonie.\n\n\n\np arler d’une viveuse de troisièm e ordre, la sottise égoïste de\nla petite bourgeoise qui jalouse. E t cela, non moins que\nl’espèce de “ priapée m ystique „ à laquelle s’abandonne\n com plaisam m ent l’auteur, ren d pénible parfois la lecture de\nA cœur perdu. L ’am our gracile et fort, pur mais puissant, qui\nest l’am our dans le rêve, ne p eut être décrit sans d’infinies\ndélicatesses; et M. Toséphin P éladan, p ar négligence peut-\nêtre, l ’em prisonne sous un style chargé de breloques dont l’or\np a ra ît du clinquant, quelque chose de rastaquouère au fond;\nun peu de l’im pression triste que donnerait un rayon de lune\ncaché par les vitres rouges d’une lanterne louche.\n    J ’ai prononcé ta n tô t ce m ot : négligence. Oui, c’est bien ce\nqui frappe avant tout, à la lecture de ce livre curieux ; négli­\ngence dans le fond et aussi dans la forme. L a prem ière p artie\nest très soigneusem ent travaillée; comme je le disais, il y a\ncertaines pages d’une psychologie neuve et solide, solide plus\nque raffinée; il y a aussi des chapitres où sont des essais de\nprose rythm ée parfois très appréciés : la précation de P a u le ,\np ar exemple. Mais ensuite! après l ’E xta ticon , où sont les plus\nbelles et grandes pages, après l ' Osculon, qui contient encore\ndes coups de lum ière intéressants, vient une longue et pédante\ndéclam ation qui tente sans cesse le poème en prose sans p ar­\nvenir à la perfection et à la noblesse qui sont les qualités\nnécessaires du genre.\n   Voyez-vous l’honnête M arcus Tullius s’ingéniant à copier\nore rotundo l’aristocratique et désinvolte scepticism e de\nSalluste, ou, s’il l’avait pu connaître, le cynisme gouailleur\net incisif de la saty re de P étro n e? Voyez-vous B enjam in\nC onstant s’essayant aux adm irables subtilités m ystiques de\nG ustave Moreau ? E h bien ! M. P éladan tombe sans cesse\ndans le même travers. I l a ce défaut, — très fréquent parm i\nles méridionaux, je crois, —; d’enfler la voix lorsqu’il p arle de\n"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2032, "texte": "     A cœur perdu.                                                 187\n\n\nchoses raffinées. Si bien que m aints chapitres qui. ouvrés par\nVilliers de l’Isle-A dam ou fouillés p ar F laubert, au raien t été\ndes chefs-d’œuvre, donnent seulem ent l’impression papillot­\nta n te et superficielle de grandes toiles décoratives couvertes\nde rouge et d’or, — ou encore la vision d’une Ju iv e sur\nle retour, qui “ répare des ans etc., „ en se chargeant de\nbijoux.\n    P our le fond, la même défaillance. M. P éladan rem place\ntrop souvent l’analyse p ar un m orceau d’éloquence, ou par\nune physiologique digression sur “ la localisation du désir\nérotique, „ ou bien p ar de simples notes et des effets de\nthéâtre, surtout dans la dernière partie. E t, quant à l’union\ndu fond et de la form e, je ne comprends pas du to u t la m a­\nnière de M. Péladan. Il écrit son œ uvre d’abord en style de\njournaliste, puis charge sa phrase de m ots sonores, de néolo­\ngismes et d’images. I l ne s’en cache pas, du reste, me dit-on.\nCe procédé étrange m ’im p orterait peu si M. P éladan arriv ait\nainsi à rendre les m ots adéquats aux idées. Mais tel n ’est pas\nle cas ; et la m anière d’écrire de M. P éladan nous donne l’ex­\nplication du “ divorce „ que je signalais au commencement\nde cet article. L es m ots rares et les néologismes ne doivent\n pas être de sim ples ornements. L e m ot ra re doit désigner une\nidée rare, le néologisme une nuance nouvelle. Ou encore, dans\n l’écriture d’une œuvre, te l m ot p ara ît à l ’artiste le m ot décisif\ncréé pour m atérialiser sa pensée, et il l’emploie sans hésiter,\nquel qu’il soit : c’est, je crois, la seule m anière de parvenir à\nl’acuité et à la précision. Mais te l ne m e semble pas le but\n de M. Péladan. L a précision lui est si peu habituelle !\nIl possède u n vocabulaire trè s riche, m ais donne souvent à\n chacun de ses term es un sens m al assuré. Il ne fau t pas faire\n ici de confusion. P our rendre les im pressions de vague qui\nplanent parm i les formes évanouies, l’artiste doit avoir la\n"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1316, "texte": "188                                           L a W allonie.\n\n\n\nprécision de son idée à lui, et non lâcher des phrases à l ’à-peu-\nprès de la rencontre; le style de M. P éladan n ’a pas ces\napparences de légèreté transparente qui se nuancent aux\nténuités des nuages : mais, avec des expressions parfois bien\npédantes, il laisse un souvenir d’inachevé, de pas définitif.\n   J ’ai insisté beaucoup sur les défaillances de A cœur perdu;\nil faut achever de dire aussi — plus brièvem ent, p a r m alheur,\n— les grandes et fortes qualités du livre. L ’Initia tion senti­\nmentale m o ntrait un grand progrès réalisé depuis Curieuse;\nA cœur perdu est de beaucoup supérieur à l ' In itiation .\nM. Péladan y a prouvé la largeur de conception et la puis­\nsance qu’il faut attrib u er à l’auteur du Vice suprême. A cœur\nperdu est une œ uvre très inégale. Mais certaines parties sem­\nblent prom ettre pour l’avenir un livre plus profondém ent m ûri\net ciselé, qui pourrait bien être un livre de réelle valeur. E n\noutre, M. P éladan est l ’un des talen ts les plus personnels\nparm i les jeunes rom anciers de ces temps. C’est une person­\nnalité souvent lourde, em barrassée de ta s de choses grecques\net magiques, m ais digne d’intérêt, et, à coup sur, pas\nquelconque.\n                                        A l b e r t MOCKEL.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-005", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 189, "page_fin": 190, "titre_corps": "Les illusions perdues", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Achille Delaroche", "ancre_debut": "LES ILLUSIONS PERDUES", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 208, "page_imprimee": 189, "debut_caractere": 2, "fin_caractere_exclue": 1066, "texte": "L E S ILLUSIONS PERDUES.\n\n\net s’èplore en la brise une Aurore infinie\nune Aurore d’hier languide d’ agonie.\nTels couples enlacés en un silence d’yeux\nmurmuré vers l’ aveu des promesses nacrées\nque stagnante la conque à l'envi des marées\népanche en maints soupirs de luths mélodieux.\nA u gré des nonchaloirs le rêve des dentelles\ns'abolit en les doigts de loisir indolents ,\net s’en vont les espoirs, s’en vont si las ! si lents !\nvers le fu tu r s'en vont des angoisses mortelles:\n\nM ais oublieux le flot des promesses d’hier !\n\ns ’effeuillent les accueils à l’heur des tresses roses\nque les roses lauraient de couronnes moroses.\nToi, l’ ailé nautonier des fu ites vers demain\np e n s if sur l’ aviron qui s’ oublie en ta main\nton fro n t s’est obombré de telle n u it de rides\nPrésageant le sûr deuil de lendemains arides !\n\nO ublieux de l’esq u if oh ! si fo l et si fier !\ns’ éplore p a r le soir la languide agonie !\net s’exa lta it un Orient d’ Epiphanie\n(surnaturel azur où nul p la isir n’ élut)\n                                                          15\n"}, {"page_pdf": 209, "page_imprimee": 190, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1273, "texte": "190                                                                     L a Wallonie.\n\n\n\n       quand si lasse ! la voile aux stériles veuvages\n       cingla dans le matin vers de vierges rivages !\n\n      S ’enflait le pavillon d’ironiques zéphyrs\n      et rieuse la houle et câline et lascive\n      floflottant si berceuse ! à la fête pensive\n      D es ingénus épris de fabuleux Ophirs :\n      tibicinait l’ émoi des idéales flûtes\n      et frêles les doigtés ailés tentaient les luths\n      qui scandent le Triomphe illusoire des luttes.\n\n      M ais si loin l’horizon ! ni loin s’en fu it le but !\n      Or qui pleure un regret amer de recordies\n      s’ allonge le vélin aux lentes psalmodies :\n      plus ne poindra d’ aurore aux couples enlacés !\n      plus de soirs alizés aux frêles barcarolles !\n      les fols zéphyrs ont fu i les p lis des banderoles :\n      la tendresse se meurt aux rythmes cadencés!\n      et chu des doigts lassés du délire des lyres\n      le luth muet s’enlise en l’oubli de nuls rires !\n\n      Lentement du vélin — murmure cadencé —\n      s’ éplore à la vesprêe un deuil d'Epiphanie !\n\n         Nov. 87.                                  A c h il l e     D ELA ROCH E.\n\n E x tra it d 'E p i p h a n i e , à p a ra ître p ro ch ain em en t.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 191, "page_fin": 197, "titre_corps": "Chronique musicale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "L. Hemma", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE. U n peu de M usique E t même", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 210, "page_imprimee": 191, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1644, "texte": "CHRONIQUE MUSICALE.\n\n\n    U n peu de M usique E t même beaucoup de m usique ! Trois\nconcerts et quatre “ auditions „. A celles-ci d’abord.\n    L e s A u d i t i o n s au c o n se r v a to ir e. C’e st un su cc è s, à un\ntr ip le titr e . D ’abord in té r e ss e r le s L ié g e o is à d es v ir tu o se s\nliégeois qui n ’o n t p as l ’e x c u se to u te p u issa n te de la m éd io crité.\nE t p u is r é u ssir à am en er c e s m êm es L ié g e o is à d e s sé a n c e s\nm u sic a les d o n n é es e n matinée. P lu s de to ile tte s à e x h ib e r\np o r ta n t c érém o n ie p a s chic ; et, je u n e s fille s, je u n e s g e n s et\nch ap eron s n ’a v o ir p lu s l ’a ig u illo n de la p o se, la c o lo ssa le e t\nsu rn a tu r elle POSE, e t m a lg ré c e la a lle r éco u ter de la m u ­\nsiq u e, — j e d is é-cou -ter de la m u siq u e — , c ’e s t r e n v e r sa n t !\n   E nfin les organisateurs avaient eu l’idée très a rtiste de faire\nde ces auditions une sorte de tableau de l ’histoire musicale.\nC’est ainsi que nous avons entendu du J . S. B ach plusieurs\nfois, du Ch. P hilippe E m m anuel Bach, du H aendel, du L assus,\ndu Corelli, du L eclair, du H aydn, du G rétry, etc. Cela, c’est\ntrès bien ; et les program m es indiquant 1’ “ époque „ aux igno­\nran ts, trè s bien aussi. M ais si l’on voulait faire l ’histoire\nmusicale, pourquoi ne pas suivre quelque ordre chronologique\ndans le program m e ? on au ra it pu ainsi apprécier la pro­\ngression de l ’A rt, et le b u t au rait été mieux attein t. — Mais\n cela, c’est à com pléter l’an prochain.\n    Sans m ’a rrête r aux détails de ces quatre séances, je citerai\n"}, {"page_pdf": 211, "page_imprimee": 192, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1988, "texte": " 192                                            L a Wallonie.\n\n\n\n seulement les choses vraim ent intéressantes y rem arquées.\n D ’abord les classes de violon. On peut discuter, en principe,\nl ’impression d’a rt que peuvent donner les h u it ou dix élèves —\n adolescents et bam bins — de chaque classe, tous ces jeunes\n gens “ présentés en liberté „ par rang de taille, et jo u a n t à\nl’unisson une gavotte ancienne sous la direction pianistale\n d’un professeur auquel ils tournent le dos. Mais je ne veux\npas être grincheux ; et, des réserves faites sur ce procédé un\npeu forain, il importe de signaler encore l’étonnante valeur\nde l’enseignement liégeois, pour le violon. Liége s’est dès\nlongtem ps distingué sous ce rapport ; beaucoup des violons-\nsolo des grands orchestres de l’étran g er sont recrutés chez\n nous. E t de prestigieux virtuoses des cordes — César Thomson,\n M arcick, Rémy, Eugène Ysaye, Ovide M usin,pour. ne citer que\nles meilleurs parm i les vivants — sont sortis de notre Ecole.\nE h bien, je me h âte de le dire, l’avenir est encore gros de\npromesses. P arm i les classes présentées, celles de M. Rodolphe\nM assart, de M. Thomson et surtout de M. Dossin, m ontrent\ndes résultats absolum ent rem arquables, auxquels nous applau­\n dissons de grand cœur. — Puis, M. R agghianti, cet élève de\nM. Thomson dont nous avons déjà fait l’éloge, a prouvé un\nfécond tempérament· d’artiste au style large et gravem ent\nrespectueux des œuvres, en in te rp ré tan t un superbe concerto\nde Goldmarck ; il était du reste supérieurem ent accom pagné\np a r l’orchestre qui se sentait sous la poigne solide de César\nThomson. Celui-ci s’est aussi fait entendre — et quel ta le n t ! —\ndans un morceau quelconque de L éonard (pour deux violons);\nm ais une idée insensée, était celle de lui donner comme p ar­\ntenaire M. H eynberg ; la comparaison a été désastreuse pour\nM. H eynberg qui ne la souhaitait guère, et fo rt inutilem ent\ndésagréable à M. Thomson qui s’en serait bien passé.\n"}, {"page_pdf": 212, "page_imprimee": 193, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1992, "texte": "     Chronique musicale.                                          193\n\n\n   L es autres choses à noter dans ces quatre séances sont la\nsonate pour trois pianos de J . S. B ach — M. D onis y a m ontré\nune belle com préhension m usicale; une m agistrale sym phonie\nde Charles P hilippe Em m anuel, puis B ach ; quelques fra g ­\nm ents de Gluck, de H aendel, de Corelli; et l’adm irable sym ­\nphonie en si m ineur (la quatrièm e, inachevée) de ce noble\nm aître : F ran z Schubert. J e citerai encore le violoncelliste\nPéclers, M. L ejeune, professeur de cor, et, parm i les artistes\ndu clavier, MM. D ebefve e t D uysings, avec leur talen t robuste\net souple dont nous avons déjà parlé ; Mme D elhase, au je u\nclair et aristocratique, mais “ court d’haleine „ ; e t M. P lan tin ,\nqui prom et un bon virtuose du piano.\n   E t il fau t dire aussi que le jeune orchestre du Conservatoire,\nalternativem ent dirigé p a r MM. Dossin, Debefve, D elsemme,\net D upuis, — u n peu aussi p a r M. Thomson — , a prouvé\nqu’une nerveuse phalange d’artistes peut faire mieux que la\ngrosse et routinière m asse d’instrum entistes que l’on nous\nprésente m ollem ent aux concerts du Conservatoire.\n                                 *\n                                * *\n   SOIRÉE CÉSAR F r a n c k . — U n agaçant contretem ps m ’a\nforcé à n ’entendre qu’une p artie du concert consacré à César\nF ranck p ar la Légia. L a p lu p a rt des m orceaux y exécutés\nsont connus et vivent d’une haute et fière vie d’art, austère\net large. J e re g re tte de n ’en pouvoir p arle r ici. M. Théophile\nY saye a joué avec une correction froide le très beau et très\ndifficile P rélude, le g ran d et profond choral et la fugue\nindiqués au program m e. E t puis, ·— T héophile Y saye le\nsecondant — E ugène Y saye a interp rété avec noblesse et\nbrio la m agistale sonate pour piano e t violon qui lui est\ndédiée : je voudrais m ’étendre davantage su r ce su je t; m ais\nqu’il me suffise de noter la ra re distinction du virtuose\n"}, {"page_pdf": 213, "page_imprimee": 194, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1908, "texte": "194                                          L a Wallonie.\n\n\n\nalliée à la requérante m aîtrise de l’œ uvre — et le succès de\ntriom phante adm iration rem porté par César Franck.\n                               *\n                              * *\n   Au CONSERVATOIRE. — T rès rem arquable le dernier\nconcert. L e Requiem de Berlioz, grande page décorative, un\npeu longue et un peu boum-bo::m, mais im pressionnante.\nLorsqu’on a feuilleté la partiton, si l’on entend le Requiem\nune première fois, il p ara ît très beau ; on se rend compte de\nla banalité de certains moyens, de la superficialité agaçante\nde l’œ uvre ; mais on est empoigné m algré soi par l’explosion\nsoudaine et terrifiante de ta n t de trom pettes et de tubas,\npar ta n t de roulem ents de tim bales et ta n t de grondant,\nd’éclatant, de to n n an t tintam arre, annonçant le Jugem ent\nD ernier. Mais à la seconde audition, alors... alors on sent le\nvide de trop de phrases, la vulgarité de mille effets, la\nmollesse de certains contours, etc. Il reste cependant quelques\nbelles pages : le tuba mirum qui secoue les nerfs m algré la\nférule de la réflexion, un petit fragm ent du L a crymosa et\nsurtout de beaux déroulem ents de bois et de cordes au Sanc    ­\ntus. Après, on a eu encore du Berlioz : une “ M arche des\ndrapeaux „ qu’on dirait composée pour un festival d’h a r­\nmonies cam pagnardes et qui ferait s’extasier P aulus ; et le\nballet des Sylphes de la Dam nation de F a u st, œ uvre ado­\nrable, étoilée, d’une distinction mélancolisée de flûtes, avec\ndes rêves qui planent et chantent... Cela vaut mieux que tout\nle Requiem.\n   L e violoniste Joachim s’est fait acclam er dans l’adm irable\n Concerto de Beethoven et dans quelques fragm ents adorables\ndes six sonates de J . Sébastien Bach. Simple, compréhensif,\naustère et dominateur, son jeu subjugue l’adm iration. Mais\nun violoniste s’est chargé déjà de décrire le grand artiste\n"}, {"page_pdf": 214, "page_imprimee": 195, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2407, "texte": "        Chronique-, musicale.                                                                  195\n\n\naux lecteurs de L a W allonie , e t je les renvoie à l’étude de\nLouis H irsche parue dans la livraison de décem bre 1887.\n                                                 *\n                                               * *\n   A VERVIERS, un bien intéressant concert, sous la ferm e et\nsym pathique direction de Louis K éfer. L e program m e (1), fort\nintelligem m ent composé, é tait divisé en deux parties ; l ’une\nconsacrée à B eethoven, l’au tre à W a g n er; et les œ uvres des\ndeux M aîtres, très judicieusem ent choisies, faisaient con­\nn aître le Beethoven de la symphonie, le B eethoven des v ir­\ntuoses, B eethoven com posant pour la voix; puis R ichard\nW agner dans sa prem ière m anière, la période tran sito ire et\nla troisièm e époque de son génie. A utre détail auquel il faut\napplaudir : on rem e tta it aux auditeurs une notice contenant\nl’analyse des œ uvres orchestrales, en des fragm ents em pruntés\nà R ichard W agner, Berlioz, Schuré et Mendès.\n   L e jeune orchestre de M. K éfer, pour n ’être pas aussi\nnom breux que l ’orchestre liégeois, n ’en est pas moins supé­\nrieu r à quelques titres. L es cuivres et les bois sont m édiocres\n— certaines entrées dans Sym phonie héroïque en font foi —\nm ais le quatuor est réellem ent rem arquable. I l y av a it une\nvigueur, une précision et une n etteté surprenantes dans to u t\n\n\n    ( 1) S y m p h o n ie h é ro ïq u e de B eeth o v en , in é g a le, m ais sa be lle m a rc h e\nfu n è b re e t so n to u rb illo n n a n t scherzo. Le 1er alleg ro du C oncerto p o u r\nv io lo n , fo rt b ien tra d u it, m a foi, p a r u n to u t je u n e ho m m e, M. K rickboom ,\nélève d e L. K éfer ; A délaïde, a ir c h a n té p a r Mme C o rn élis S e rv a is. P u is ,\nde W ag n er, les finales d e la W alküre e t d u R h ein g o ld , — sa n s h a rp e s, e t\nles R h e in töc h te r rem p lacées p a r des bois, ce qui d é ro u te u n peu ; — la\nK a ise rm a rc h , s u p erb e q u a n t à l’o rc h e s tra tio n m ais fo rt peu d istin g u é e\net qui a p re sq u e l’a ir d ’u n c h a n t p o p u la ire , à cô té des d e u x m a g is tra le s\np ag es de la T é tralo g ie . E nfin l’e n tré e d ’E lisa b e th au 2me a cte de T a n n         ­\nh a ü se r, l’a d o ra b le S p in n lied e t la d ra m a tiq u e ballad e du V aisseau F an tô m e.\n"}, {"page_pdf": 215, "page_imprimee": 196, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1986, "texte": "196                                                      L a W allonie.\n\n\n\nle groupe des arch ets; et l’ensemble, le sty le , la larg eu r de\nl’interprétation, indiquaient d’une m anière décisive la valeur\ndu chef d’orchestre. A rriver, en une petite ville comme V er­\nviers, à donner une exécution vraim ent claire et artistiq u e de\ngrandes œuvres classiques comme la Symphonie héroïque de\nBeethoven et de grandes œuvres m odernistes comme le finale\ndu Eheingold et le finale de la W alküre (1), c’est un résu ltat\nqui doit rendre perplexe M. R adoux — et dont il fau t h au te­\nm ent féliciter l’intelligente et ferm e initiative de M. Kéfer.\nCelui-ci célébrait son vingt-cinquièm e anniversaire de pro­\nfessorat officiel; le concours en p artie g ra tu it que lui prêtaien t\nles instrum entistes, et les ovations enthousiastes mêlées aux\ncouronnes offertes par ses élèves, la Société de musique, ses\namis liégeois, etc., etc., prouvent que le public lui est recon­\nnaissant de l’éducation musicale et de la com préhension d’a rt\nqu’il doit à Louis Kéfer.\n                                            *\n                                           * *\n  A    A i x - l a -C h a p e l l e , la    Passion selon S a in t Mathieu.\nC e t t e géniale conception est trop connue, sa mise en œ uvre a\nété trop savam m ent analysée pour que je me donne le ridicule\nd’octroyer à J.-S. Bach une approbation posthum e et naïve\ndont il n ’a que faire. Si j ’en parle, c’est pour noter une im­\npression comme on n’en peut avoir qu’en la vieille A llem agne :\nl’étrange effet d’une assemblée immense vêtue de noir et\nblanc, m assée dans une grande salle, et silencieuse, attentive,\nreligieuse; au m ilieu du public, sous un vaste baldaquin noir\nlarm é d’argent, le buste de l’em pereur m ort : un peu ridicule\net regardant le vide, comme un gros chat blanc et patriarche.\n\n\n  ( 1) O u, e n co re, la Sym phonie libre d’E sasm e R aw ay, l’an d e rn ie r.\n(Voyez la W allonie d ’o cto b re 1 8 8 7 .)\n"}, {"page_pdf": 216, "page_imprimee": 197, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 853, "texte": "     Chronique musicale.                                       197\n\n\n    Or, ce concert, c’é tait une “ fête funèbre, „ quelque chose\nd’agaçant p a r cette politique mêlée aux choses de l'a rt, m ais\ném ouvant to u t de même. L a Trauermarsch de la Symphonie\nhéroïque com m ençait la cérémonie ; aux derniers accords, pas\nun applaudissem ent; puis, l’œ uvre du P ère et M aître J.-S.\nB ach, déroulant ses phrases comme l’ondoiem ent profond\nd’un fleuve aux vagues sonores. L a foule se recueillait,\nm uette et pieuse; les chœ urs disaient la grave et douce\nparole du C hrist ; et l’on se n tait planer parm i les souffles de\nl ’harm onie l’hommage suprêm e d’un peuple à son fétiche,\noui, l’adieu sombre et solennel de tout le Peuple allem and au\nvieux K aiser W ilhelm en allé pour toujours.\n                                                  L. HEMMA.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 198, "page_fin": 201, "titre_corps": "Chronique littéraire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Mario Varvara", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE. Enfin, il s’est trouvé en B", "ancre_fin": "le plus énergique.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PETITE CHRONIQUE. 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J e n ’en suis pas sur, pourtan t, et, p ar\ninstinct, me défie des critiques officiels ; il est possible que\nla grandeur de cette œuvre, la Belgique, ait réussi à briser le\ndur “ front de taureau       mais je ne sais quelle m échante voix\nme chuchotte à l’oreille : “ jam ais ils n ’auraient couronné un\nlivre de Camille Lem onnier sans la crainte du ridicule. „\n\n\n\nl\n'  L a décision du ju ry ne g ran d it point à nos yeux l’au teu r de\nla Belgique. Celui qui a fait Happe Chair, un M âle , le M ort,\n  H ystérique n ’avait pas besoin des approbations officielles\npour recevoir de nous un trib u t de respect et d’adm iration.\nMais nous nous réjouissons à l’idée que personne ne songera\nplus à contester la justice de cet hommage enfin rendu chez\nnous à notre prem ier écrivain. Les sym pathies et les acclama­\ntions de tous se réunissent pour fêter le g rand artiste, et, à\nce concert de bienvenue, nous mêlons nos applaudissem ents\nenthousiastes,\n"}, {"page_pdf": 218, "page_imprimee": 199, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1937, "texte": "     Chronique L ittéra ire.                                                      199\n\n\n\n   Camille L em onnier réunit en un volume, sous ce titre :\nles P e i n t r e s d e l a V i e (*), différentes études de critique\nartistique ja d is publiées séparém ent. Toutes les personnes\nplus ou moins lettrées connaissent le b rilla n t L em onnier du\nMâle, du M ort et de l ' H ystérique : mais ils sont moins nom­\nbreux, ceux auxquels est fam ilière l’œ uvre critique du g ran d\nP eintre de lettres. Nos Flam ands et su rtout l ’H istoire des\nB eaux-A rts en Belgique v alent p o u rtan t p ar de belles et grandes\npages d’un jugem ent à la fois “ enthousiaste et m ûri „. Les\nP ein tres de la V ie ont su rto u t le parfum d’une grande force\nsincère. Ce n ’est pas de la critique dispensée au gré de la\ncam araderie, comme l’au-jour-le-jour des poignées de m ain ;\nm ais c’est le travail d’un cerveau perspicace et large, d’un\nartiste, qui dit avec droiture ce qu’il v oit et a vu et qui ne\nrenie pas des idées abandonnées depuis, parce qu’il a la con­\nscience d’avoir écrit, alors comme à présent, ce q u 'il pensait.\n   Voyez ces quelques lignes si vraies de la préface :\n   “ E n tre les Propos d’ art, le Courbet et les M édailles (trois\nchapitres du livre), il existe le lien d’une com mune aspiration\nvers un a r t rationnel, moderne, natu raliste. C’est une th éo rie\nd’art, ni m eilleure n i pire qu’une autre. I l n ’y a pas, d’ailleurs,\nde bonnes ni de m auvaises théories en a rt : il y a des cons­\nciences, seules juges de leurs directions, et, en dernier résu ltat,\n des œ uvres. „\n                           UN D IL E M M E (2).\n\n   L ’a rt de J.-K . H uysm ans est, en ses m oindres m anifesta­\ntions mêmes, le révélateur de joies essentielles, l’affirm ation\n\n\n  (*) Un volum e de 3 1 5 pages p a ru chez S avine à P a ris . — P rix : 3 fr 50,\n  (2) P a r J.-K . H u y s m a n s ; 1 vol. Chez T re s s e e t S to ck , 2 fr,\n"}, {"page_pdf": 219, "page_imprimee": 200, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1923, "texte": "200                                            L a Wallonie.\n\n\n\n toujours plus haute d’un tem péram ent m erveilleux et sûr,\n qu’empreigne l’aristocratie d’une conscience h autain e agis­\n sant en la plus souveraine indifférence pour ce qui est applau­\n dissement tapageur de foule stupide et approbation creuse de\ncritique officielle. Il s’ensuit, pour les oeuvres du m aître, une\ncertaine conspiration de silence, qui est peut-être naturelle,\nsans aucune idée préconçue d’ostracism e : toute œuvre de\nH uysm ans se présentant sobre, sans préparation de grosse\ncaisse, et s’appesantissant sur les cervelles m édiocres de tout\nl’irrém édiable et soudain poids de son originalité rare.\n    Un dilemme, qui vient de paraître en la mignonne petite\nbibliothèque de Tresse et Stock, est une nouvelle, ou, pour\nmieux dire, une scène de vie , simple et déchirante, où to u t le\npoignant in térêt ressort de la sensation personnelle que le\nm aître en a reçue.\n   L e tem péram ent de J.-K . H uysm ans le prédispose à la\nperception aiguë et exaspérante des horreurs bourgeoises. —\nPour ce volume, le crime inconscient, placide et féroce, que\nprotège et légalise un code logiquem ent im pitoyable, a attiré\net secoué le m aître, dont les nerfs se sont ébranlés de vibra­\ntions bouleversantes, se transform ant en le cuisant charm e\nd’une prose tranchante, où la phrase, l’épithète, sonnent le\nsaignant ridicule d’un féroce égoïsme qui bestialem ent\ns’ignore et désespérém ent étale la fange de son essence cri­\nminelle. — E n les quelques milieux, où cette scène de vie se\nmanifeste, ressortent des sensations de choses, de tableaux\net de mouvements secondaires, où s’am assent de savoureuses\nlumières, et qu’anim ent des silhouettes médiocres enlevées\navec une splendeur m assives de synthétique crânerie.\n   L a déflorante exposition du fa it me semble inutile. Il me\np ara ît suffisant d’avoir en quelque sorte proclamé une fois\n"}, {"page_pdf": 220, "page_imprimee": 201, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 350, "texte": "     Petite Chronique.                                        201\n\n\nencore m a haute reconnaissance adm irative pour ce glorieux\ntalen t, qui toujours plus profondém ent s’affirme comme l’un\ndes plus énergiques m aîtres de la prose moderne, si ce n ’est\nle plus énergique.\n                                       M a b io V A E VARA.\n\n\n\n\n             "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-008", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 201, "page_fin": 204, "titre_corps": "Petite chronique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PETITE CHRONIQUE CACHAPRÈS, 4 actes, par Camille Lemonnier", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 220, "page_imprimee": 201, "debut_caractere": 350, "fin_caractere_exclue": 1398, "texte": "PETIT E CHRONIQUE.\n\n\n       CACHAPRÈS, 4 actes, p a r Camille Lem onnier.\n\n    G rand succès de lecture, lundi, au th é âtre du P arc, pour\nM. Camille Lem onnier. L a séance a duré près de trois heures.\n   L es deux prem iers actes, avec leur note claire et jo y eu se;\nle troisièm e, avec sa sauvagerie, et enfin le quatrièm e, poi­\ngnant, terrible, ont tenu les interprètes sous le charme. Ce\nsera là une prem ière à sensation et en tous cas un grand\névénem ent littéraire.\n   L e dram e se déroule au pays wallon. C’est une oeuvre'\nnationale. Tous les personnages sont des paysans w allons qui\np arlen t leur langue si pittoresque et si imagée.\n   Mlle Sylviac, qui assistait à la lecture avec ses nouveaux\ncam arades, créera le rôle de G erm aine, d’une psychologie\ntrès fouillée.\n   M. Chelles incarnera Cachaprès. R etenu à P aris, il n ’assis­\nta it pas à la lecture. Mais il a pris connaissance du m anus­\ncrit.\n  Voici son impression toute chaude : “ ... A vant tout, laissez-\n  moi vous dire que je suis absolum ent enthousiasm é p ar la\n"}, {"page_pdf": 221, "page_imprimee": 202, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1798, "texte": "202                                           L a W allonie.\n\n\n\n„ lecture de la pièce de M. Camille Lem onnier. C’est splen    ­\n  dide et adm irable, G erm aine et Cachaprès sont deux types\n„ bien amusants à faire, — et sous l’œil du m aître qui les a\n„ composés, je suis sûr qu’on en peut tire r de m erveilleux\n„ effets. „\n  L es répétitions sont commencées sous la direction de M.\nA. B ahier, un des auteurs.\n  L a pièce passera vers la mi-mai. Nous y serons tous.\n                              * *\n   U n M. F ix, correspondant bruxellois de la Meuse, a sur la\nlittératu re des idées aussi spéciales que délicatem ent physio­\nlogiques. Le mois dernier, il a jugé bon de dire aussi son p etit\nm ot sur la Belgique de Camille Lem onnier. I l cite fragm en   ­\ntairem ent la description que l’au teu r a donnée de “ B ruxelles\nmoral „, et voici ce qu’il trouve à en dire :\n   “ Q uant à moi, je pense que M. Camille Lem onnier aura\nécrit cette belle phrase ronflante un lendem ain de carnaval,\naprès une noce à tout casser, ayant des papillons noirs devant\nles yeux, les reins brisés, l’estomac malade et la tête vide. Si\nl’écrivain a voulu ne pas ressem bler à un vulgaire “ faiseur\nde guides     il a pleinem ent réussi. „\n   Oh là là ! Qu’en dis-tu Joseph Prudhom m e ?\n                                *\n   L ’éditeur Alphonse L em erre publie en une charm ante\nplaquette, quelques pièces nouvelles de Georges Rodenbach ;\nle titre : du Silence. Il y a là dedans des vers d’une grâce\nsubtile et longuement indolente, avec une petite poussée vers\nles formes nouvelles de l’A rt. P uis Maurice Dessombiaux fait\nparaître ses Chants des jou rs lointains ; et, pour finir, un fin\nrégal : les Episodes, livre de vers p ar H enri de Régnier, et\nE n Allemagne, le volume de prose de Camille Lem onnier\n"}, {"page_pdf": 222, "page_imprimee": 203, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1707, "texte": "    Petite Chronique.                                            203\n\n\ndont nos lecteurs ont eu sous les yeux le prem ier chapitre. A\nb ientôt avec critique plus détaillée.\n                                 *\n                                * *\n  Une erreur, dans no tre chronique litté ra ire ; le livre de\nM. A lbert G iraud, H ors du S iècle , p o rtait en dédicace :\n“ L ittérairem en t, des antipodes ; m ais très confraternel l e    ­\nm ent „ ; et non pas “ bien cordialem ent „ comme un lapsus\nnous l’a fa it écrire.\n                                     *\n                                 *       *\n\n  E m ile V erhaeren a perdu son père ; M aurice Siville vient de\nperdre son grand-père. A ces deux am is : la rédaction de la\nW allonie adresse l ’expression de ses condoléances les plus\nvraies.\n                               ***\n\n  A chille D elaroche annonce quatre volumes de vers à p ara ître\ndans l ’ordre suivant :\n   1° L e G raal, 2° E piphanie , 3° A énor, 4° K o ro l ar K lèze (la\nD am e du Glaive). Cette livraison contient un fragm ent d’E p i­\nphanie.\n  A lbert S t-P au let M ario V arvara term inent l' Album parisien\nqui p a ra îtra d’ici peu.\n                                 *\n                                * *\n   L e p o rtra it de R ené G hil (cliché des ECRITS POUR l ’A r t )\nvient de p ara ître chez L . Joly, libraire, 19 quai St-Michel\nP aris. C’est un tirag e de luxe à p e tit nom bre encre spéciale.\n   F o rm at in-4° Jésus, chine appliqué. 1,50 franc.\n         »         „        velin                1,00     „\n   E n vente à P aris chez l’É d ite u r ; à B ruxelles chez E. Deman,\nrue d’A renberg ; et à L iége chez George, libraire, et aux\nbureaux de la Wallonie.\n"}, {"page_pdf": 223, "page_imprimee": 204, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1301, "texte": "204                                             L a Wallonie.\n\n\n\n   M. E. Deman, qui s’est rendu acquéreur des derniers exem­\nplaires des Soirs de V erh aeren, au prix de souscription,\néditera cette année les DÉBÂCLES. C ette série d’œ uvres\nsera complétée p ar les FLAMBEAUX NOIRS où V erh aeren\na noté, parallèlem ent aux “ im pressions des choses „ sur\nle cerveau d’un m alade, les impressions des idées de l’a rt\net de la philosophie.\n                                #*\n   L a province, oh la province !\n   U n journal qui se pique de préoccupations artistiques, voire\nlittéraires, et dont la devise est '* trav ail et p atrie „ imprim e\nparfois de bien belles choses, son titre est déjà une trouvaille\nde concision : L ’ éducation populaire des bassins de Charleroi ,\ndu Centre et de la Basse-Sambre ; et, en dessous du titre , nous\npigeons cette phrase originale : L à (à C hâtelet en H ainaut), la\nsymphonie, cette forme si agréable du m ouvem ent m usical (!!),\nqu’on a si bien (!!!) caractérisée du nom de musique de\nchambre (!!!!), reçut son plus éclatant épanouissement. „\n   “ A gréable „ hein ? l’orchestre Lam oureux réd u it pour\nentresol, alors? Oh, cette “ forme d’un m ouvem ent „ qui\n“ reçoit son épanouissement „ à C hâtelet, et le plus éclatant !\nJ e crois bien, mille tonnerres.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-203", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 224, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1881, "texte": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n       H. Z E Y E N .\n              137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                          L I E G E .\n\n      s p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é le c tr i q u e .\n\n\n     FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n            P lace du T h é â tre , 11, Liège.\nP o r t e - c i g a r e s en é c u m e de m e r, a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s de c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u té s en ‘2 4 h e u r e s .\n                                RACCOMMODAGES.\n\n\n\n INDE Ma. SERRURIER-BOVY\nPERSE RUE DE L'UNIVERSITÉ, 38\nCHINE A R T IC L ES L I È GORFÈVRERIE\n                             E\n\nJAPON MÉNAGE                ARGENTEE\n                                             DE\n\n\n                 H . F O N D E R -B U R N E T\n                       48, rue du Pont-d’Ile, Liége,\n       A G EN T        GÉNÉRAL              PO U R        LA B E L G IQ U E L E LA\n                      P E I N T U R E FRANÇAISE.\n    C ette P e in tu re , p ré p a ré e à base de c é ru se e t d’hu ile de lin , e s t to u te p rê te à\ne m p lo y e r; elle e s t b rilla n te e t s icc a tiv e . Sa q u a lité n e laisse rie n à d é sire r, son\nm éla n g e é ta n t a b so lu m en t com posé com m e celu i fa it p a r les p e in tre s les plus\ne x p érim e n tés. Sor. em ploi s u r b o ise rie s, m u rs , m eu b les de fe r ou bois, g ro sses\nv o itu re s, e tc , la place à la p o rté e de to u te s les p e rso n n es d é sireu se s de co n se\nv e r en bon é ta t le u r m a té rie l a g ric o le , in d u strie l ou a u tre s.\n  L ’assortim ent se compose de 42 nuances, en boites de 1, 2 et\n5 kilog., à fr. 1-10.\nA llu m e tte s S u é d o ises (Kaiser-Holzer), 20 fr. les 1000 boîtes\n       »        Nilson, bout noir            fr. 9-50 les 1000 boîtes\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3e ANNÉE, No 4.", "ancre_fin": "D’ART", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ernest MAHAIM", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 225, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 169, "texte": "3e ANNÉE, No 4.\n\n                 LA W ALLONIE\n    R E V U E M E N SU E L L E D E L IT T É R A T U R E E T D ’A RT\n                                                  "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Comité de rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Ernest MAHAIM", "ancre_fin": "SIVILLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Bureaux : rue St-Adalbert", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 225, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 169, "fin_caractere_exclue": 422, "texte": "E r n e s t M AHAIM ,\n\n             Comité de R édaction                          M OCKEL,\n                                                  P . M. OLIN.\n                                                  M a u r i c e S IV I L L E .\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-206", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Bureaux : rue St-Adalbert", "ancre_fin": "6 fr. 50.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 225, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 422, "fin_caractere_exclue": 656, "texte": "B ureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\nEnvoi «L’un numéro spécim en co n tre 5 0 cen tim es\n               en tim b res-p oste·.\n      A b o n n e m e n t : 5 fr. p ar an. 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Rondeau.\nA lb e rt M ockel A cœur perdu (Joséphin                      P é­\n                      .\n\n\n\n\n                                         ladan.)\nA. D elaro ch e L es illusions perdues.\n                      .\n\n\n\n\n               L. H em m a. — Chronique musicale.\n   A uditions au Conservatoire ; Soirée César F ranck ; Au Conser­\nvato ire; A V erviers; A Aix-la-Chapelle.\n              M. V a rv a ra . — Chronique littéraire.\n  L es peintres de la vie. (Cam ille Lem onnier) ; U n dilemme.\n (J.H uysm ans).\n                         P e tite chronique.\n\n\n\n\n                      L\n      "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-04-30-n4-208", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Dépôts de vente", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quelques collections", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 225, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1362, "fin_caractere_exclue": 2358, "texte": "Q uelques c o lle ctio n s de LA W ALLONIE (1 8 8 6 e t 1887) s o n t en ven te\n                                   au p rix de G fra n c s .\n                        a W a llo n ie e st en vente\nA  LIÉGE : Chez MM. G n u sé ; G e o rg e ; D 'H e u r; Decq ; D e so e r; A ubette du\n     P o n t d ’A vroy ; A u b ette p lace S a in t-L a m b ert.                       ,\nA BRUXELLES : Chez MM. R osez, lib ra ire , e t Ista c e , lib ra ire .\nA PA R IS : Chez MM. V anter, lib ra ire , 19, Quai St-M ichel ; S avine, lib ra ire ,\n    1 8 , ru e D ro u o t, e t à la L ib ra irie N ouvelle, ru e de la Bo étie, 3.\nA GAND : Chez MM. A. H oste, lib ra ire , ru e des Cham ps ; W en n e w itz (M uquard),\n    lib ra ire , ru e d es C ham ps ; V u ilslek e, lib ra ire ,        ru e Aux V aches.\nA ANVERS : chez Mme Ve De V e tte r, re m p a rt S te-C a th e rin e ; Max R u es, 5 0 ,\n    ru e d e s T a n n e u rs .\n                                     Des presses d e H . Vaillant-Carmanne, à Liége.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 190, "texte": "        3me Année. — N° 4.\n\n\n\n\n   LA\n\n\nW ALLONIE\n\n\n\n            30 Avril 1888.\n"}, {"page_pdf": 191, "texte": "                      LI H O ULO\n    Rom an de m œ urs w allonnes, en w allon p a r DD. SALM E\n            Chez Vaillant-C arm anne, Liége, 2 fr.\n\n                C AP R I C E        R EV U E\n       JO U R N A L A R T IST IQ U E E T L IT T É R A IR E\n          B ureaux : R ue du Ja rd in B otanique, Liége.\n                   A bonnem ent : 6 fr. p a r an.\n\nA paraître chez E. D EM AN , rue d’Arenberg, Bruxelles.\n\n              L ’É V E N T A I L DE L A Q U E\n      Poèmes en prose, p a r S tép h an e M ALLARM É.\n\n        LE T R A I T É              DU     VERBE\nAVEC L A PH IL O SO PH IE & L ’E ST H É T IQ U E D E L ’A U TE U R\n         p ar R ené G H IL : T irage à 110 exempl.\n\n                  Les Fambeaux Noirs\n         L ivre de vers par Em ile V E R H A E R E N .\n\n             E N A L L E M A G N E\nIM PRESSIO N S D ’UN PASSANT, p a r Cam ille L em onnier\n         L ibrairie illustrée, P aris, prix : fr. 3,50.\n\n                     ÉPISODES\n     L IV R E D E V ERS, P A R H e n ri DE R É G N IE R\n                  Chez   VAN N IER; Paris.\n\n  DU SILENCE, vers, par Georges Rodenbach\n                 L emerre , Paris, Fr. 1 .5 0 .\n\n                A P A R A IT R E E N A V R IL\n CONTES POUR L’AIMÉE, par Maurice Siville\n      Un volume de grand luxe format in-8° jésus,\n   illustré de 25 compositions par Emile Berchmans.\n     P r ix    en sou scrip tio n   : D IX    FRAN C8.\n  Ces exem plaires porteront, imprim é, le nom du souscripteur.\nOn souscrit ch ez M. Aug. B É N A R D , imprimeur-éditeur,\n        rue du Jardin-Botanique, 12, à L iég e.\n"}, {"page_pdf": 192, "texte": "               MES MÉMOIRES.\n                          ( 2 me c a h i e r )\n\n\n\n               (HEURES MÉLANCOLIQUES)\n\n                 E t ce warbulant personnage s’amusait\n                    comme un petit Bon Dieu !\n                                                        P aul   D u b o is .\n\n\n                      L E DOUTE.\n\n                  O rancœurs ennuiverselles ! expérien ces nervicides ,\n                  nuits m artyriséennes ! A im e-m oi à p etit f e u . inven­\n                  torie-m oi, m assacre-m oi , m assacrilège-m oi !\n\n                                                   J u les L a fo r g u e.\n\n\n\n\n        Cc i me erestera, je le crains, l’un de mes plus\n\n         poignants souvenirs). Des hasards de voyage\n        m’avaient fait rencontrer un jeune Anglo-\n         Gallois et certaines analogies de caractère,\npeut-être, avaient créé ces rapports bizarres com­\nplexes mais fréquents qui, sans être ce profond sen­\ntiment, l’Am itié, en prennent tous les dehors et\nbeaucoup des prérogatives.\n  Ennuyé, lassé de son ennui sans cause, un jour, sans\nprévenir personne, sans savoir où il voulait aller, il\n                                                                   12\n"}, {"page_pdf": 193, "texte": "174                                       L a Wallonie.\n\n\n\n avait abandonné le vieux manoir patrimonial et la\n tranquillité sereine de son beau pays de Galles.\n    Bien dans la vie moderne n’attirait son incuriosité\n et après avoir souffert de l’irréalisation de ses espoirs,\n il souffrait de leur définitive destruction. Il se retrou­\n va un soir, sut-il jamais comment ? dans l’un de ces\n caravansérails, où se brocantent grands vices et\npetites vertus : Une ville d’eaux cosmopolite. Jouait-\n on encore ? Il ne s’en enquit, le hasard n’ayant nulle\nattirance, la foule l’écœurant.\n    Deux femmes, qui lors de la splendide effloraison\nde ses vingt ans furent ses amies, se trouvaient là.\nLeur caractère un peu étrange, d’une netteté sin­\ngulièrement contradictoire, nous avait fait leur\ndonner ces noms : Isis, Skulda. Lui ne les v it pas\net ce furent elles qui vinrent à lui, et dès lors, chaque\nmatin il les accompagnait en leurs longues che­\nvauchées. Mais en somme simple inertie : il n’avait\nni force ni volonté de résister à leur absorbante\naffection.\n    Ces deux femmes réunies étaient singulièrement\ntroublantes. Isis, majestueuse, grande, noire, très\ncharnelle ; Skulda, pâle, petite, très blonde, frêle,\ntoute spiritualité, une sylphide égarée en notre\nmonde et toujours étonnée de s’y trouver : elles se\ncomplétaient trop merveilleusement et leurs prin­\ncipes, confondus, eussent créé l a F e m m e , cet objet\ndes perpétuelles recherches, pierre philosophale des\ncœurs épris d’idéal.\n"}, {"page_pdf": 194, "texte": "   Mes Mémoires.                                  175\n\n\n   Lui, quatre années de souffrances imaginaires,\nd’indécisions tuant sa vigoureuse nature, son mépris\nde l ’action avec la violence de son caractère, lui\navaient imprimé le cachet le plus déconcertant. Ce\nrêveur, cet utopiste en sa mâle énergie physique,\ndevait, une fois encore, attirer l’attention de ces\ndeux femmes exceptionnelles. Son caractère nuageux\net indécis de Breton en avait été troublé et depuis\nle ballottait au milieu des brouillards de ses contra­\ndictions. Ce qui, surtout étonna les deux femmes,\nce fut de voir cet Idéaliste devenu prosélyte du\ngrand Rien par amour de l’Absolu qu’il avait vaine­\nment cherché.\n   Leur affection ancienne, renouvelée par leur mu­\ntuelle amitié, exagérée par Sa perpétuelle indéci­\nsion, devait nécessairement s’exacerber au point de\nleur faire oublier tout, sinon leur désir de Lui, qui\npressentait la lutte terrible devant s’engager entre\nces natures contraires, lutte dont il était l’enjeu et\n dont il serait la première et la plus saignante vic­\ntime.\n    Cette vie presque commune des villes d’eaux\n continuait avec la fréquence de ses intimes rapports.\n E t une nouvelle souffrance s’était jointe au monde\n de désespoirs qu’il nourrissait déjà en lui.\n    Un court instant, un éclair de bonheur avait illu­\n miné son esprit: Il avait la certitude d’aimer (cette\n protéenne chimère qui toujours lui avait échappé et\n parfois au moment où il croyait l’avoir v i nculée)\n"}, {"page_pdf": 195, "texte": " 176                                     L a Wallonie.\n\n\n\n  Mais bientôt au plus profond de sa lancinante\n  géhenne, il se v it rejeter : car il ne put savoir\n  laquelle il aimait, et il craignait d’apercevoir au fond\n  de sa pensée cet effroyable sentiment de n’aimer ni\n  l’une ni l’autre, mais deux personnes comme ne for­\n  mant qu’une seule individualité. E t sa souffrance\n  s’accrut : il ferma les yeux comme lorsqu’on se sent\n  tomber et il ne voulut plus essayer de sonder la\n  profondeur, noire de sa désespérance.\n     Isis, s’exaspérant de ce qu’elle ne pouvait com­\n prendre lui dit un soir : “ Quelle singulière hésitation\n vous retient ? Comment se peut-il que ni Skulda, ni\n  moi ne soyons à vous ? Cette situation affolante\n  est insoutenable. Moi ! je ne puis ni ne veux plus m’y\n prêter ¡ „ Choisissez! “ Vous devez savoir que je ne puis\n choisir. Allez, et laissez agir les Éléments ! „ Non !\n il le faut. Elle ou moi ! „ “ Qu’importe ! Non, je ne\n choisirai pas. Si vous vous mettez sur l’un des pla­\n teaux de la balance, oubliez-vous que moi-même je\n serai sur l’autre! Je veux ma liberté! „ “ E t si Skulda\n vous proposait la même alternative ? „ “ Indigne de\n vous cette question ! Isis. Mais ni l’une ni l’autre\nplutôt que l’une ou l’autre ! „ “ Tête dure comme les\nroches de ton pays, cœur froid comme les brumes ! „\n    E t cette vie tranquille, sans événements, se pro­\nlongeait, et certes ! sans que chacun sût jamais\ncomment, par la force impulsive et irresponsable des\nchoses, des sensations et des contraires qui à travers\nlui s’attiraient, ils se trouvèrent unis en une prodi­\ngieuse et pantelante Trinité !\n"}, {"page_pdf": 196, "texte": "    Mes Mémoires.                                    177\n\n\n   E t ses prévisions se réalisant il fut très malheu­\n reux : Il avait dû souiller l’immatérialité de son\n rêve de Skulda, avec elle il regrettait la splendeur\nphysique d’Isis, dans la chair de qui il ne cherchait\n qu’une âme. A vec l’une songeant à l’autre, préférant\nl’absente sans l’aimer toutefois, il restait dans l’inti­\nmité la plus absolue, étranger aussi bien à l’une qu’à\nl’autre, et il était très malheureux.\n   Il n’avait la sensation de l ’Amour que loin d’Elles,\nalors qu’un fuligineux rêve les unifiant en les trans­\nformant ne lui laissait que la perception d’une seule\nfemme aux complexités infinies. (Mon Dieu ! que\nc’est donc une sale profession que celle d’homme\nsupérieur !)\n   Skulda la sensitive, de beaucoup la première, eut\nla sensation de cet intime désespoir. E lle s’inquiéta\navec une douleur d’amour de ce perpétuel méconten­\ntement de soi-même et de la distraction de son\namant, alors qu’elle s’était livrée Corps et Ame. Elle\nsavait qu’il ne mentait pas lorsque, la voix altérée, il\nlui jurait l ’aimer à en mourir et pourtant il en aimait\nune autre et autant qu’elle-même : elle en était cer­\ntaine ! E lle n’avait donc su réaliser son Rêve ?\n   Voulant, en son amour suprême, satisfaire l’éternel\nIndécis, fût-ce par le sacrifice de soi-même, sans\nhaine ni jalousie, elle dit à Isis sa gêne.\n   Celle-ci toute à l’emportement de son amour sen­\nsuel n’avait rien remarqué, ou peu, mais avec la\npuissance d’assimilation de sa magnifique nature\n"}, {"page_pdf": 197, "texte": "178                                    L a W allonie.\n\n\n\nanimale, elle comprit le doute odieux, sphynx muet\nqui déchirait le cœur du chercheur désabusé ; donc\nil avait trouvé séparé ce qu’il désirait uni et se\nmourait de son impuissance à fusionner les anta­\ngonismes.\n   Prise du dévoûment qu’inspirent seules les souve­\nrainetés d’Esprit, dominant Skulda d’un long regard\nmagnétique et lourd, elle lui dit : “ Soyons à lui,\nEnsemble.... Ainsi nous ne l ’écartèlerons plus. „\nSkulda appâlie et tremblante : “ Je m’en fie à ton\ninstinct, grande et puissante Tsis, mais ne crains-tu\npas qu’il n’entre trop de spiritualité et trop d’infini\ndans sa douleur pour que nous réussissions à la\ntuer ? „\n   Elles l’amenèrent donc à un unique rendez-vous.\n   C’était son désir inespéré, la suprême tentative à\nfaire pour savoir si fatalement il devait toujours être\nen désaccord avec lui-même et sa destinée.\n   Le lendemain, après une nuitée effrayante, ayant\napprofondi le vide de son espoir, son désir de posses­\nsion unique, l’ayant poursuivi au sein de la plus\natroce volupté et l’in-niable de son dédoublement\nnécessaire devant l’irréductible individualité de ses\n deux amantes, il s’était tué, et par un dernier\nrespect de soi-même, avec un poison qui ne laisse pas\n de trace.\n   Amen.\n"}, {"page_pdf": 198, "texte": "    Mes Mémoires.                                                      170\n\n\n\n\n    L E T T R E QUI NE EU T JA M A IS ENVOYÉE.\n\n                              Car noble cuer de homme ne d oit\n                              p oint enquérir du f a i t des fem m es.\n                                           A n t o in e   de l a   S ale.\n\n\n\n   Ce très vieux bijou, je vous l’envoie, parce que\nseul en sa simplicité, il a pu correspondre à l’incom­\npressible symbolisme que je vois enveloppant mes\nactions autant que mes idées.\n   E n ces antiques et authentiques abraxas, taillées\nprécieusement en dures et incorruptibles pierres, ne\npuis-je retrouver mon amitié non nouvelle, d’une\nsincérité si absolue qu’elle m’étonne et déroute mon\nrésistant septicisme, et d’une persistance que je crois\nà forte épreuve, fût-ce même peut-être, à celle de\nvotre oubli. Puis sa monture par ce grand artiste,\nCastellani, avec sa forme un peu baroque bien que si\nsimple et un peu barbare, et les caractères cabalis ­\ntiques incisés au revers des jaspes, et des chalcedoines,\nn’est-ce pas la reproduction secrète de ces longs\nentretiens si doux où je me laissais aller à toute la\nsauvage extravagance de ma biscornuité et toute la\nprofondeur des byzantinismes artistiques et senti­\nmentaires qui sont presque le tréfonds de moi-même.\n   Car qui sait ce qui nécessairement doit arriver ?\n   Jamais vous ne me verrez m’en étonner ! quoique\nce doive être. Mais l’espérance que j ’ai, c’est que\ncette fuite de nous, ne nous chassera pas totalement\n"}, {"page_pdf": 199, "texte": "180                                               L a W allonie.\n\n\n\nde Vous et qu’un souvenir peut-être restera. E t quel\nsouvenir plus simple, me semble-t-il et plus cordial,\nque cette sorte de camaraderie égalitaire et cette\npersistante mutuelle bonne volonté ! L a mienne ne\npourra disparaître, car elle est au-dessus d’atteintes.\nL a vôtre ?.;....\n\n\n             COMBIEN D O U L O U R E U X !.....\n\n                                   On s'en n u ie de tout mon ange        ,\n                               c'est une lo i de la n ature ce n ’est\n                               p a s ma fa u te . S i donc j e m 'ennuie\n                               a ujou rd 'h u i d'u n e aventure q u i m ’a\n                               occupé entièrem ent depuis quatre\n                                              ,\n                               m ortels m ois ce n'est pas ma fa u te .\n                                                      de   L aclo s.\n\n\n\n\n   Tu ne saurais croire le vide qu’a laissé en moi ton\n arrachement. N ’avoir ainsi soudain, plus personne à qui\npenser ou du moins qui pense à vous ! C ’est très cruel\n alors même que tout sentiment écarté il n’y a plus là,\nqu’une habitude sentimentaire infiniment durable. Il\nest fort vrai qu’extérieurement, tu as pu m’accuser\nd’indifférence, mais cela venait de la force de cette\nintimité qui pour moi naïf ! ne me semblait pas tou­\njours devoir se retremper dans la réalité. Je te jure que\ntu étais tout aussi présente alors que je restais seul.\nCette continuité de pensée brusquement rompue me\nlaisse un trou trop douloureux pour que je n’essaye\npas de le combler un peu en t’écrivant cette\npeut-être dernière lettre. Ne va pas croire que je\n"}, {"page_pdf": 200, "texte": "    M es Mémoires.                                   181\n\n\nveuille revenir sur ce qui s’est passé, ni sur ce qui est\npassé. Mais en vérité je ne vois guère la possibilité\nde n’être plus quelque chose pour toi, comme toi pour\nmoi. E t si tu m’offres ce lénitif de l’Amitié — comme\nsi l’Am ité pouvait découler de l’Amour, — quelque\nmanque de confiance que j ’en aie, je l’accepte — pro­\nvisoirement, par égoïsme et jusqu’au moment où ma\nperfection indifférentielle ayant atteint son apogée,\nje n’aie plus besoin ni d’Amour, ni d’Amitié. Car\ntu connaissais le trouble de ma pensée, alors que\ncomme un nageur pris dans un tourbillon, je luttais,\nquoique bien faible, contre le gouffre de désespé­\nrance qui m’attirait : je résistais parce que sur la\nrive je voyais ton ombre me tendre les bras et\npleurer sur ma misère. Tu as sans doute trouvé que\nje ne me rapprochais pas assez vite, et accusé mes\nefforts de mollesse et tu es partie regardant à peine\nderrière toi ! De ce jour, lutter je ne puis plus, je ne\nle ferai plus ! Je me laisse entraîner à la dérive par\nle redoutable courant qui mène à l’indifférence\nabsolue ou au suicide. Où tomberai-je, je n’en sais\nrien, mais plus rien je n’éviterai, car pour quoi\nlutter et se donner une peine quelconque. Y a-t-il\njamais eu un but à la vie et vaut-elle bien la peine\nd’être vécue ? Une chose désirable seulement ? Tout\nn’est-il pas mirage et mensonge ? Mon dernier\nrefuge était l ’exercice corporel jusqu’à l’épuisement,\ncar alors à plus rien je ne savais penser. Cela même,\nmaintenant me dégoûte. Le monde ! Ah ! quelle scie,\n"}, {"page_pdf": 201, "texte": "182                                       La W allonie.\n\n\n\nquelle corvée ! Je me trouve tout désorbité et la\nseule chose qui me soit encore à bonheur : dormir,\ndormir! car c’est alors le Néant !\n   Ne t’étonne pas que je continue à te tutoyer : je\nm’attends si bien à ce que tu me répondes ! Faites-\nmoi le plaisir de m’écrire autrement. Ne m’appelez\nplus par mon nom et enfin ! ne m’écrivez plus ; que tout\n— tout ! — soit fini. A moins que tu n’aies le courage\nde me dire ces trois choses à la fois : comme un\nobjet qui a cessé de plaire et qu’on relègue dans un\ncoin obscur, ma foi, lorsqu’on le revoit pour en éviter\nl’obsession et son mauvais souvenir, on le jette !\n\n                              P ie r r e -M a r ie   OLIN.\n"}, {"page_pdf": 202, "texte": "                    RONDEAU.\n\n\n\n E\n                                                 pour la Seu le.\n\n\n\n   notre douleur,\n         t        m eurt aux déliements d’histoires,\n  du g e l! sauves pour des départs agitant moires\n  et soleils vers les loins et les loins et pour les\n mariages ainsi dans l’espoir esseulés :\n  et qui portent le poids d’un heur dans les mémoires.\n  T a n t! que de plum es et d'ondes ondulatoires ,\n  et de mains par le deuil longuement méritoires,\n  s'emplissent d’ être les las songes exilés :\n               et notre douleur, meurt.\n\n\n  et, l’ Une et Seule en ma patrie aux promontoires\n  qui vont les rêves haut d’amour exhalatoires !\n  donnons-nous p a r l’ avril nos longs doigts désolés\n  en l’hiver à longtemps et ses soirs angulés :\n  et sont en nous oiseaux et ruisseaux dilatoires,\n               et notre douleur, meurt.\n\nM ars, 88.                                        R e n é G H IL .\n"}, {"page_pdf": 203, "texte": "                  A CŒUR PERDU.\n\n\n          EST un livre bizarre. B izarre surtout p ar le divorce\n         ’C\n            constant de l ’Idée et de sa mise en œuvre; M. Joséphin\n           P éladan se dit catholique, sans cesse fait allusion à\n           l’ésotérism e des Rose-Croix, au bonheur intellectuel,\n à l’infériorité de la chair ; m ais to u t cela sous la forme la plus\n m atérielle et la plus lascive qui soit. D ans le Vice Suprême, son\n prem ier et son m eilleur livre, sa m anière m éridionale et char­\nnelle et les images allusionnant le contact des sexes, étaient\nfacilem ent explicables p ar l ’influence d’un sujet pervers·\nL orsque sa Curieuse nous promène m élodram atiquem ent p ar\nles bouges parisiens, lorsque son In itiation sentimentale fouille\n avec persistance les dessous douteux et m alpropres des pas­\nsions, on peut trouver le ton de m auvaise compagnie, sans\ninsister davantage. Mais ici, l’antagonism e du fond et de la\nforme est frappant.\n   A cœur perdu, c’est Nébo, le Mage chrétien, le platonicien\npur, qui tente de vivre un am our intellectuel. Que rien de la\nchair ne souille l’atm osphère im m aculée qui l’enveloppe, lui\net la Princesse Riazan. Ayons la seule extase des yeux et de\nl’esprit, dit-il, et notre am our sera bel et grand.\n   M ais bientôt le démon de la chair insinue ses paroles se r­\npentines. L a princesse, la jeune et fière vierge, aime Nébo\n"}, {"page_pdf": 204, "texte": "     À cœur perdu.                                                 185\n\n\npar le corps bien plus que p a r l’esprit. E t l’union des sexes\nune fois réalisée — p a r sa faute, — la Fem m e v a se révéler\navec sa m anie d’appuyer son despotisme sur l ’homme aimé.\nMais alors l’homme génial se redresse, et Nébo répudie\nl’am ante devenue la m aîtresse dom inatrice.\n   L a prem ière p artie du livre, M. P éladan l’a tra ité e avec puis­\nsance ; il y a déployé une grande application aux recherches\npsychologiques, et certains chapitres, certains poèm es en\nprose, — m alheureusem ent si peu de distinction dans la\nforme ! — sont poussés très profond. T rès profond ? J e me\ntrom pe, M. Joséphin P éladan est prolixe, disserte beaucoup\net trè s philosophiquem ent de la situation déséquilibrée de ses\npersonnages; mais, à p a rt quelques longues trouées d’un\nregard ferm e qui va scruter la perspective des sentim ents,\npresque toujours il reste à la surface des choses, emploie\nbeaucoup de m ots grecs, use de larges digressions, ne\ndédaigne pas une page d’éloquence m ystique, et préfère à\nl’acuité de l’observation, l’im prévu faussem ent suggestif d’un\n“ mot „ th éâtral. C ependant, beaucoup de ces mots sont\nplacés habilem ent, et leur effet porte. I l fa it p arler à ses\npersonnages une langue pratiquem ent im possible; il se sert\nd’eux comme porte-voix et nous les voyons sans cesse occupés\nà aligner l’infanterie serrée d’un bataillon d’argum ents\nmassifs. Ce ne serait pas un grave défaut à m es yeux si\nM. P éladan avait su les anim er d’une vie plus nerveuse et\nplus artistiquem ent vraie. D ans le Vice Suprême, certaines\nconversations hachées de courtes phrases, solides et incisives,\ndonnaient une existence personnelle aux êtres du rom an ; les\ncaractères, aussi, étaien t plus vigoureusem ent taillés dans\nl’œuvre. Ici, Nébo est un pédant, un pédant parfois bien\nennuyeux ; la princesse R iazan allie à la noblesse du sang et\nà l’aristocratie de l’intelligence, les· gestes et les façons de\n"}, {"page_pdf": 205, "texte": "186                                              L a Wallonie.\n\n\n\np arler d’une viveuse de troisièm e ordre, la sottise égoïste de\nla petite bourgeoise qui jalouse. E t cela, non moins que\nl’espèce de “ priapée m ystique „ à laquelle s’abandonne\n com plaisam m ent l’auteur, ren d pénible parfois la lecture de\nA cœur perdu. L ’am our gracile et fort, pur mais puissant, qui\nest l’am our dans le rêve, ne p eut être décrit sans d’infinies\ndélicatesses; et M. Toséphin P éladan, p ar négligence peut-\nêtre, l ’em prisonne sous un style chargé de breloques dont l’or\np a ra ît du clinquant, quelque chose de rastaquouère au fond;\nun peu de l’im pression triste que donnerait un rayon de lune\ncaché par les vitres rouges d’une lanterne louche.\n    J ’ai prononcé ta n tô t ce m ot : négligence. Oui, c’est bien ce\nqui frappe avant tout, à la lecture de ce livre curieux ; négli­\ngence dans le fond et aussi dans la forme. L a prem ière p artie\nest très soigneusem ent travaillée; comme je le disais, il y a\ncertaines pages d’une psychologie neuve et solide, solide plus\nque raffinée; il y a aussi des chapitres où sont des essais de\nprose rythm ée parfois très appréciés : la précation de P a u le ,\np ar exemple. Mais ensuite! après l ’E xta ticon , où sont les plus\nbelles et grandes pages, après l ' Osculon, qui contient encore\ndes coups de lum ière intéressants, vient une longue et pédante\ndéclam ation qui tente sans cesse le poème en prose sans p ar­\nvenir à la perfection et à la noblesse qui sont les qualités\nnécessaires du genre.\n   Voyez-vous l’honnête M arcus Tullius s’ingéniant à copier\nore rotundo l’aristocratique et désinvolte scepticism e de\nSalluste, ou, s’il l’avait pu connaître, le cynisme gouailleur\net incisif de la saty re de P étro n e? Voyez-vous B enjam in\nC onstant s’essayant aux adm irables subtilités m ystiques de\nG ustave Moreau ? E h bien ! M. P éladan tombe sans cesse\ndans le même travers. I l a ce défaut, — très fréquent parm i\nles méridionaux, je crois, —; d’enfler la voix lorsqu’il p arle de\n"}, {"page_pdf": 206, "texte": "     A cœur perdu.                                                 187\n\n\nchoses raffinées. Si bien que m aints chapitres qui. ouvrés par\nVilliers de l’Isle-A dam ou fouillés p ar F laubert, au raien t été\ndes chefs-d’œuvre, donnent seulem ent l’impression papillot­\nta n te et superficielle de grandes toiles décoratives couvertes\nde rouge et d’or, — ou encore la vision d’une Ju iv e sur\nle retour, qui “ répare des ans etc., „ en se chargeant de\nbijoux.\n    P our le fond, la même défaillance. M. P éladan rem place\ntrop souvent l’analyse p ar un m orceau d’éloquence, ou par\nune physiologique digression sur “ la localisation du désir\nérotique, „ ou bien p ar de simples notes et des effets de\nthéâtre, surtout dans la dernière partie. E t, quant à l’union\ndu fond et de la form e, je ne comprends pas du to u t la m a­\nnière de M. Péladan. Il écrit son œ uvre d’abord en style de\njournaliste, puis charge sa phrase de m ots sonores, de néolo­\ngismes et d’images. I l ne s’en cache pas, du reste, me dit-on.\nCe procédé étrange m ’im p orterait peu si M. P éladan arriv ait\nainsi à rendre les m ots adéquats aux idées. Mais tel n ’est pas\nle cas ; et la m anière d’écrire de M. P éladan nous donne l’ex­\nplication du “ divorce „ que je signalais au commencement\nde cet article. L es m ots rares et les néologismes ne doivent\n pas être de sim ples ornements. L e m ot ra re doit désigner une\nidée rare, le néologisme une nuance nouvelle. Ou encore, dans\n l’écriture d’une œuvre, te l m ot p ara ît à l ’artiste le m ot décisif\ncréé pour m atérialiser sa pensée, et il l’emploie sans hésiter,\nquel qu’il soit : c’est, je crois, la seule m anière de parvenir à\nl’acuité et à la précision. Mais te l ne m e semble pas le but\n de M. Péladan. L a précision lui est si peu habituelle !\nIl possède u n vocabulaire trè s riche, m ais donne souvent à\n chacun de ses term es un sens m al assuré. Il ne fau t pas faire\n ici de confusion. P our rendre les im pressions de vague qui\nplanent parm i les formes évanouies, l’artiste doit avoir la\n"}, {"page_pdf": 207, "texte": "188                                           L a W allonie.\n\n\n\nprécision de son idée à lui, et non lâcher des phrases à l ’à-peu-\nprès de la rencontre; le style de M. P éladan n ’a pas ces\napparences de légèreté transparente qui se nuancent aux\nténuités des nuages : mais, avec des expressions parfois bien\npédantes, il laisse un souvenir d’inachevé, de pas définitif.\n   J ’ai insisté beaucoup sur les défaillances de A cœur perdu;\nil faut achever de dire aussi — plus brièvem ent, p a r m alheur,\n— les grandes et fortes qualités du livre. L ’Initia tion senti­\nmentale m o ntrait un grand progrès réalisé depuis Curieuse;\nA cœur perdu est de beaucoup supérieur à l ' In itiation .\nM. Péladan y a prouvé la largeur de conception et la puis­\nsance qu’il faut attrib u er à l’auteur du Vice suprême. A cœur\nperdu est une œ uvre très inégale. Mais certaines parties sem­\nblent prom ettre pour l’avenir un livre plus profondém ent m ûri\net ciselé, qui pourrait bien être un livre de réelle valeur. E n\noutre, M. P éladan est l ’un des talen ts les plus personnels\nparm i les jeunes rom anciers de ces temps. C’est une person­\nnalité souvent lourde, em barrassée de ta s de choses grecques\net magiques, m ais digne d’intérêt, et, à coup sur, pas\nquelconque.\n                                        A l b e r t MOCKEL.\n"}, {"page_pdf": 208, "texte": "  L E S ILLUSIONS PERDUES.\n\n\net s’èplore en la brise une Aurore infinie\nune Aurore d’hier languide d’ agonie.\nTels couples enlacés en un silence d’yeux\nmurmuré vers l’ aveu des promesses nacrées\nque stagnante la conque à l'envi des marées\népanche en maints soupirs de luths mélodieux.\nA u gré des nonchaloirs le rêve des dentelles\ns'abolit en les doigts de loisir indolents ,\net s’en vont les espoirs, s’en vont si las ! si lents !\nvers le fu tu r s'en vont des angoisses mortelles:\n\nM ais oublieux le flot des promesses d’hier !\n\ns ’effeuillent les accueils à l’heur des tresses roses\nque les roses lauraient de couronnes moroses.\nToi, l’ ailé nautonier des fu ites vers demain\np e n s if sur l’ aviron qui s’ oublie en ta main\nton fro n t s’est obombré de telle n u it de rides\nPrésageant le sûr deuil de lendemains arides !\n\nO ublieux de l’esq u if oh ! si fo l et si fier !\ns’ éplore p a r le soir la languide agonie !\net s’exa lta it un Orient d’ Epiphanie\n(surnaturel azur où nul p la isir n’ élut)\n                                                          15\n"}, {"page_pdf": 209, "texte": "190                                                                     L a Wallonie.\n\n\n\n       quand si lasse ! la voile aux stériles veuvages\n       cingla dans le matin vers de vierges rivages !\n\n      S ’enflait le pavillon d’ironiques zéphyrs\n      et rieuse la houle et câline et lascive\n      floflottant si berceuse ! à la fête pensive\n      D es ingénus épris de fabuleux Ophirs :\n      tibicinait l’ émoi des idéales flûtes\n      et frêles les doigtés ailés tentaient les luths\n      qui scandent le Triomphe illusoire des luttes.\n\n      M ais si loin l’horizon ! ni loin s’en fu it le but !\n      Or qui pleure un regret amer de recordies\n      s’ allonge le vélin aux lentes psalmodies :\n      plus ne poindra d’ aurore aux couples enlacés !\n      plus de soirs alizés aux frêles barcarolles !\n      les fols zéphyrs ont fu i les p lis des banderoles :\n      la tendresse se meurt aux rythmes cadencés!\n      et chu des doigts lassés du délire des lyres\n      le luth muet s’enlise en l’oubli de nuls rires !\n\n      Lentement du vélin — murmure cadencé —\n      s’ éplore à la vesprêe un deuil d'Epiphanie !\n\n         Nov. 87.                                  A c h il l e     D ELA ROCH E.\n\n E x tra it d 'E p i p h a n i e , à p a ra ître p ro ch ain em en t.\n"}, {"page_pdf": 210, "texte": "            CHRONIQUE MUSICALE.\n\n\n    U n peu de M usique E t même beaucoup de m usique ! Trois\nconcerts et quatre “ auditions „. A celles-ci d’abord.\n    L e s A u d i t i o n s au c o n se r v a to ir e. C’e st un su cc è s, à un\ntr ip le titr e . D ’abord in té r e ss e r le s L ié g e o is à d es v ir tu o se s\nliégeois qui n ’o n t p as l ’e x c u se to u te p u issa n te de la m éd io crité.\nE t p u is r é u ssir à am en er c e s m êm es L ié g e o is à d e s sé a n c e s\nm u sic a les d o n n é es e n matinée. P lu s de to ile tte s à e x h ib e r\np o r ta n t c érém o n ie p a s chic ; et, je u n e s fille s, je u n e s g e n s et\nch ap eron s n ’a v o ir p lu s l ’a ig u illo n de la p o se, la c o lo ssa le e t\nsu rn a tu r elle POSE, e t m a lg ré c e la a lle r éco u ter de la m u ­\nsiq u e, — j e d is é-cou -ter de la m u siq u e — , c ’e s t r e n v e r sa n t !\n   E nfin les organisateurs avaient eu l’idée très a rtiste de faire\nde ces auditions une sorte de tableau de l ’histoire musicale.\nC’est ainsi que nous avons entendu du J . S. B ach plusieurs\nfois, du Ch. P hilippe E m m anuel Bach, du H aendel, du L assus,\ndu Corelli, du L eclair, du H aydn, du G rétry, etc. Cela, c’est\ntrès bien ; et les program m es indiquant 1’ “ époque „ aux igno­\nran ts, trè s bien aussi. M ais si l’on voulait faire l ’histoire\nmusicale, pourquoi ne pas suivre quelque ordre chronologique\ndans le program m e ? on au ra it pu ainsi apprécier la pro­\ngression de l ’A rt, et le b u t au rait été mieux attein t. — Mais\n cela, c’est à com pléter l’an prochain.\n    Sans m ’a rrête r aux détails de ces quatre séances, je citerai\n"}, {"page_pdf": 211, "texte": " 192                                            L a Wallonie.\n\n\n\n seulement les choses vraim ent intéressantes y rem arquées.\n D ’abord les classes de violon. On peut discuter, en principe,\nl ’impression d’a rt que peuvent donner les h u it ou dix élèves —\n adolescents et bam bins — de chaque classe, tous ces jeunes\n gens “ présentés en liberté „ par rang de taille, et jo u a n t à\nl’unisson une gavotte ancienne sous la direction pianistale\n d’un professeur auquel ils tournent le dos. Mais je ne veux\npas être grincheux ; et, des réserves faites sur ce procédé un\npeu forain, il importe de signaler encore l’étonnante valeur\nde l’enseignement liégeois, pour le violon. Liége s’est dès\nlongtem ps distingué sous ce rapport ; beaucoup des violons-\nsolo des grands orchestres de l’étran g er sont recrutés chez\n nous. E t de prestigieux virtuoses des cordes — César Thomson,\n M arcick, Rémy, Eugène Ysaye, Ovide M usin,pour. ne citer que\nles meilleurs parm i les vivants — sont sortis de notre Ecole.\nE h bien, je me h âte de le dire, l’avenir est encore gros de\npromesses. P arm i les classes présentées, celles de M. Rodolphe\nM assart, de M. Thomson et surtout de M. Dossin, m ontrent\ndes résultats absolum ent rem arquables, auxquels nous applau­\n dissons de grand cœur. — Puis, M. R agghianti, cet élève de\nM. Thomson dont nous avons déjà fait l’éloge, a prouvé un\nfécond tempérament· d’artiste au style large et gravem ent\nrespectueux des œuvres, en in te rp ré tan t un superbe concerto\nde Goldmarck ; il était du reste supérieurem ent accom pagné\np a r l’orchestre qui se sentait sous la poigne solide de César\nThomson. Celui-ci s’est aussi fait entendre — et quel ta le n t ! —\ndans un morceau quelconque de L éonard (pour deux violons);\nm ais une idée insensée, était celle de lui donner comme p ar­\ntenaire M. H eynberg ; la comparaison a été désastreuse pour\nM. H eynberg qui ne la souhaitait guère, et fo rt inutilem ent\ndésagréable à M. Thomson qui s’en serait bien passé.\n"}, {"page_pdf": 212, "texte": "     Chronique musicale.                                          193\n\n\n   L es autres choses à noter dans ces quatre séances sont la\nsonate pour trois pianos de J . S. B ach — M. D onis y a m ontré\nune belle com préhension m usicale; une m agistrale sym phonie\nde Charles P hilippe Em m anuel, puis B ach ; quelques fra g ­\nm ents de Gluck, de H aendel, de Corelli; et l’adm irable sym ­\nphonie en si m ineur (la quatrièm e, inachevée) de ce noble\nm aître : F ran z Schubert. J e citerai encore le violoncelliste\nPéclers, M. L ejeune, professeur de cor, et, parm i les artistes\ndu clavier, MM. D ebefve e t D uysings, avec leur talen t robuste\net souple dont nous avons déjà parlé ; Mme D elhase, au je u\nclair et aristocratique, mais “ court d’haleine „ ; e t M. P lan tin ,\nqui prom et un bon virtuose du piano.\n   E t il fau t dire aussi que le jeune orchestre du Conservatoire,\nalternativem ent dirigé p a r MM. Dossin, Debefve, D elsemme,\net D upuis, — u n peu aussi p a r M. Thomson — , a prouvé\nqu’une nerveuse phalange d’artistes peut faire mieux que la\ngrosse et routinière m asse d’instrum entistes que l’on nous\nprésente m ollem ent aux concerts du Conservatoire.\n                                 *\n                                * *\n   SOIRÉE CÉSAR F r a n c k . — U n agaçant contretem ps m ’a\nforcé à n ’entendre qu’une p artie du concert consacré à César\nF ranck p ar la Légia. L a p lu p a rt des m orceaux y exécutés\nsont connus et vivent d’une haute et fière vie d’art, austère\net large. J e re g re tte de n ’en pouvoir p arle r ici. M. Théophile\nY saye a joué avec une correction froide le très beau et très\ndifficile P rélude, le g ran d et profond choral et la fugue\nindiqués au program m e. E t puis, ·— T héophile Y saye le\nsecondant — E ugène Y saye a interp rété avec noblesse et\nbrio la m agistale sonate pour piano e t violon qui lui est\ndédiée : je voudrais m ’étendre davantage su r ce su je t; m ais\nqu’il me suffise de noter la ra re distinction du virtuose\n"}, {"page_pdf": 213, "texte": "194                                          L a Wallonie.\n\n\n\nalliée à la requérante m aîtrise de l’œ uvre — et le succès de\ntriom phante adm iration rem porté par César Franck.\n                               *\n                              * *\n   Au CONSERVATOIRE. — T rès rem arquable le dernier\nconcert. L e Requiem de Berlioz, grande page décorative, un\npeu longue et un peu boum-bo::m, mais im pressionnante.\nLorsqu’on a feuilleté la partiton, si l’on entend le Requiem\nune première fois, il p ara ît très beau ; on se rend compte de\nla banalité de certains moyens, de la superficialité agaçante\nde l’œ uvre ; mais on est empoigné m algré soi par l’explosion\nsoudaine et terrifiante de ta n t de trom pettes et de tubas,\npar ta n t de roulem ents de tim bales et ta n t de grondant,\nd’éclatant, de to n n an t tintam arre, annonçant le Jugem ent\nD ernier. Mais à la seconde audition, alors... alors on sent le\nvide de trop de phrases, la vulgarité de mille effets, la\nmollesse de certains contours, etc. Il reste cependant quelques\nbelles pages : le tuba mirum qui secoue les nerfs m algré la\nférule de la réflexion, un petit fragm ent du L a crymosa et\nsurtout de beaux déroulem ents de bois et de cordes au Sanc    ­\ntus. Après, on a eu encore du Berlioz : une “ M arche des\ndrapeaux „ qu’on dirait composée pour un festival d’h a r­\nmonies cam pagnardes et qui ferait s’extasier P aulus ; et le\nballet des Sylphes de la Dam nation de F a u st, œ uvre ado­\nrable, étoilée, d’une distinction mélancolisée de flûtes, avec\ndes rêves qui planent et chantent... Cela vaut mieux que tout\nle Requiem.\n   L e violoniste Joachim s’est fait acclam er dans l’adm irable\n Concerto de Beethoven et dans quelques fragm ents adorables\ndes six sonates de J . Sébastien Bach. Simple, compréhensif,\naustère et dominateur, son jeu subjugue l’adm iration. Mais\nun violoniste s’est chargé déjà de décrire le grand artiste\n"}, {"page_pdf": 214, "texte": "        Chronique-, musicale.                                                                  195\n\n\naux lecteurs de L a W allonie , e t je les renvoie à l’étude de\nLouis H irsche parue dans la livraison de décem bre 1887.\n                                                 *\n                                               * *\n   A VERVIERS, un bien intéressant concert, sous la ferm e et\nsym pathique direction de Louis K éfer. L e program m e (1), fort\nintelligem m ent composé, é tait divisé en deux parties ; l ’une\nconsacrée à B eethoven, l’au tre à W a g n er; et les œ uvres des\ndeux M aîtres, très judicieusem ent choisies, faisaient con­\nn aître le Beethoven de la symphonie, le B eethoven des v ir­\ntuoses, B eethoven com posant pour la voix; puis R ichard\nW agner dans sa prem ière m anière, la période tran sito ire et\nla troisièm e époque de son génie. A utre détail auquel il faut\napplaudir : on rem e tta it aux auditeurs une notice contenant\nl’analyse des œ uvres orchestrales, en des fragm ents em pruntés\nà R ichard W agner, Berlioz, Schuré et Mendès.\n   L e jeune orchestre de M. K éfer, pour n ’être pas aussi\nnom breux que l ’orchestre liégeois, n ’en est pas moins supé­\nrieu r à quelques titres. L es cuivres et les bois sont m édiocres\n— certaines entrées dans Sym phonie héroïque en font foi —\nm ais le quatuor est réellem ent rem arquable. I l y av a it une\nvigueur, une précision et une n etteté surprenantes dans to u t\n\n\n    ( 1) S y m p h o n ie h é ro ïq u e de B eeth o v en , in é g a le, m ais sa be lle m a rc h e\nfu n è b re e t so n to u rb illo n n a n t scherzo. Le 1er alleg ro du C oncerto p o u r\nv io lo n , fo rt b ien tra d u it, m a foi, p a r u n to u t je u n e ho m m e, M. K rickboom ,\nélève d e L. K éfer ; A délaïde, a ir c h a n té p a r Mme C o rn élis S e rv a is. P u is ,\nde W ag n er, les finales d e la W alküre e t d u R h ein g o ld , — sa n s h a rp e s, e t\nles R h e in töc h te r rem p lacées p a r des bois, ce qui d é ro u te u n peu ; — la\nK a ise rm a rc h , s u p erb e q u a n t à l’o rc h e s tra tio n m ais fo rt peu d istin g u é e\net qui a p re sq u e l’a ir d ’u n c h a n t p o p u la ire , à cô té des d e u x m a g is tra le s\np ag es de la T é tralo g ie . E nfin l’e n tré e d ’E lisa b e th au 2me a cte de T a n n         ­\nh a ü se r, l’a d o ra b le S p in n lied e t la d ra m a tiq u e ballad e du V aisseau F an tô m e.\n"}, {"page_pdf": 215, "texte": "196                                                      L a W allonie.\n\n\n\nle groupe des arch ets; et l’ensemble, le sty le , la larg eu r de\nl’interprétation, indiquaient d’une m anière décisive la valeur\ndu chef d’orchestre. A rriver, en une petite ville comme V er­\nviers, à donner une exécution vraim ent claire et artistiq u e de\ngrandes œuvres classiques comme la Symphonie héroïque de\nBeethoven et de grandes œuvres m odernistes comme le finale\ndu Eheingold et le finale de la W alküre (1), c’est un résu ltat\nqui doit rendre perplexe M. R adoux — et dont il fau t h au te­\nm ent féliciter l’intelligente et ferm e initiative de M. Kéfer.\nCelui-ci célébrait son vingt-cinquièm e anniversaire de pro­\nfessorat officiel; le concours en p artie g ra tu it que lui prêtaien t\nles instrum entistes, et les ovations enthousiastes mêlées aux\ncouronnes offertes par ses élèves, la Société de musique, ses\namis liégeois, etc., etc., prouvent que le public lui est recon­\nnaissant de l’éducation musicale et de la com préhension d’a rt\nqu’il doit à Louis Kéfer.\n                                            *\n                                           * *\n  A    A i x - l a -C h a p e l l e , la    Passion selon S a in t Mathieu.\nC e t t e géniale conception est trop connue, sa mise en œ uvre a\nété trop savam m ent analysée pour que je me donne le ridicule\nd’octroyer à J.-S. Bach une approbation posthum e et naïve\ndont il n ’a que faire. Si j ’en parle, c’est pour noter une im­\npression comme on n’en peut avoir qu’en la vieille A llem agne :\nl’étrange effet d’une assemblée immense vêtue de noir et\nblanc, m assée dans une grande salle, et silencieuse, attentive,\nreligieuse; au m ilieu du public, sous un vaste baldaquin noir\nlarm é d’argent, le buste de l’em pereur m ort : un peu ridicule\net regardant le vide, comme un gros chat blanc et patriarche.\n\n\n  ( 1) O u, e n co re, la Sym phonie libre d’E sasm e R aw ay, l’an d e rn ie r.\n(Voyez la W allonie d ’o cto b re 1 8 8 7 .)\n"}, {"page_pdf": 216, "texte": "     Chronique musicale.                                       197\n\n\n    Or, ce concert, c’é tait une “ fête funèbre, „ quelque chose\nd’agaçant p a r cette politique mêlée aux choses de l'a rt, m ais\ném ouvant to u t de même. L a Trauermarsch de la Symphonie\nhéroïque com m ençait la cérémonie ; aux derniers accords, pas\nun applaudissem ent; puis, l’œ uvre du P ère et M aître J.-S.\nB ach, déroulant ses phrases comme l’ondoiem ent profond\nd’un fleuve aux vagues sonores. L a foule se recueillait,\nm uette et pieuse; les chœ urs disaient la grave et douce\nparole du C hrist ; et l’on se n tait planer parm i les souffles de\nl ’harm onie l’hommage suprêm e d’un peuple à son fétiche,\noui, l’adieu sombre et solennel de tout le Peuple allem and au\nvieux K aiser W ilhelm en allé pour toujours.\n                                                  L. HEMMA.\n"}, {"page_pdf": 217, "texte": "         CH RONIQUE L I T T É R A I R E .\n\n\n   Enfin, il s’est trouvé en Belgique un ju ry pour ju g e r Camille\nL em onnier cligne d ’un prix quinquennal. On se souvient du\nb ruit que fit la décision des ju rés précédents, lorsqu’ils ne\nvoulurent pas accorder à l'au teu r du M âle la distinction que\nlui décernaient les suffrages de tous les artistes. L es tem ps\nsont changés, depuis ; et peut-être faut-il voir dans la décision\nde l’aréopage littéraire l’indice des progrès réalisés chez nous\np ar les idées artistes. J e n ’en suis pas sur, pourtan t, et, p ar\ninstinct, me défie des critiques officiels ; il est possible que\nla grandeur de cette œuvre, la Belgique, ait réussi à briser le\ndur “ front de taureau       mais je ne sais quelle m échante voix\nme chuchotte à l’oreille : “ jam ais ils n ’auraient couronné un\nlivre de Camille Lem onnier sans la crainte du ridicule. „\n\n\n\nl\n'  L a décision du ju ry ne g ran d it point à nos yeux l’au teu r de\nla Belgique. Celui qui a fait Happe Chair, un M âle , le M ort,\n  H ystérique n ’avait pas besoin des approbations officielles\npour recevoir de nous un trib u t de respect et d’adm iration.\nMais nous nous réjouissons à l’idée que personne ne songera\nplus à contester la justice de cet hommage enfin rendu chez\nnous à notre prem ier écrivain. Les sym pathies et les acclama­\ntions de tous se réunissent pour fêter le g rand artiste, et, à\nce concert de bienvenue, nous mêlons nos applaudissem ents\nenthousiastes,\n"}, {"page_pdf": 218, "texte": "     Chronique L ittéra ire.                                                      199\n\n\n\n   Camille L em onnier réunit en un volume, sous ce titre :\nles P e i n t r e s d e l a V i e (*), différentes études de critique\nartistique ja d is publiées séparém ent. Toutes les personnes\nplus ou moins lettrées connaissent le b rilla n t L em onnier du\nMâle, du M ort et de l ' H ystérique : mais ils sont moins nom­\nbreux, ceux auxquels est fam ilière l’œ uvre critique du g ran d\nP eintre de lettres. Nos Flam ands et su rtout l ’H istoire des\nB eaux-A rts en Belgique v alent p o u rtan t p ar de belles et grandes\npages d’un jugem ent à la fois “ enthousiaste et m ûri „. Les\nP ein tres de la V ie ont su rto u t le parfum d’une grande force\nsincère. Ce n ’est pas de la critique dispensée au gré de la\ncam araderie, comme l’au-jour-le-jour des poignées de m ain ;\nm ais c’est le travail d’un cerveau perspicace et large, d’un\nartiste, qui dit avec droiture ce qu’il v oit et a vu et qui ne\nrenie pas des idées abandonnées depuis, parce qu’il a la con­\nscience d’avoir écrit, alors comme à présent, ce q u 'il pensait.\n   Voyez ces quelques lignes si vraies de la préface :\n   “ E n tre les Propos d’ art, le Courbet et les M édailles (trois\nchapitres du livre), il existe le lien d’une com mune aspiration\nvers un a r t rationnel, moderne, natu raliste. C’est une th éo rie\nd’art, ni m eilleure n i pire qu’une autre. I l n ’y a pas, d’ailleurs,\nde bonnes ni de m auvaises théories en a rt : il y a des cons­\nciences, seules juges de leurs directions, et, en dernier résu ltat,\n des œ uvres. „\n                           UN D IL E M M E (2).\n\n   L ’a rt de J.-K . H uysm ans est, en ses m oindres m anifesta­\ntions mêmes, le révélateur de joies essentielles, l’affirm ation\n\n\n  (*) Un volum e de 3 1 5 pages p a ru chez S avine à P a ris . — P rix : 3 fr 50,\n  (2) P a r J.-K . H u y s m a n s ; 1 vol. Chez T re s s e e t S to ck , 2 fr,\n"}, {"page_pdf": 219, "texte": "200                                            L a Wallonie.\n\n\n\n toujours plus haute d’un tem péram ent m erveilleux et sûr,\n qu’empreigne l’aristocratie d’une conscience h autain e agis­\n sant en la plus souveraine indifférence pour ce qui est applau­\n dissement tapageur de foule stupide et approbation creuse de\ncritique officielle. Il s’ensuit, pour les oeuvres du m aître, une\ncertaine conspiration de silence, qui est peut-être naturelle,\nsans aucune idée préconçue d’ostracism e : toute œuvre de\nH uysm ans se présentant sobre, sans préparation de grosse\ncaisse, et s’appesantissant sur les cervelles m édiocres de tout\nl’irrém édiable et soudain poids de son originalité rare.\n    Un dilemme, qui vient de paraître en la mignonne petite\nbibliothèque de Tresse et Stock, est une nouvelle, ou, pour\nmieux dire, une scène de vie , simple et déchirante, où to u t le\npoignant in térêt ressort de la sensation personnelle que le\nm aître en a reçue.\n   L e tem péram ent de J.-K . H uysm ans le prédispose à la\nperception aiguë et exaspérante des horreurs bourgeoises. —\nPour ce volume, le crime inconscient, placide et féroce, que\nprotège et légalise un code logiquem ent im pitoyable, a attiré\net secoué le m aître, dont les nerfs se sont ébranlés de vibra­\ntions bouleversantes, se transform ant en le cuisant charm e\nd’une prose tranchante, où la phrase, l’épithète, sonnent le\nsaignant ridicule d’un féroce égoïsme qui bestialem ent\ns’ignore et désespérém ent étale la fange de son essence cri­\nminelle. — E n les quelques milieux, où cette scène de vie se\nmanifeste, ressortent des sensations de choses, de tableaux\net de mouvements secondaires, où s’am assent de savoureuses\nlumières, et qu’anim ent des silhouettes médiocres enlevées\navec une splendeur m assives de synthétique crânerie.\n   L a déflorante exposition du fa it me semble inutile. Il me\np ara ît suffisant d’avoir en quelque sorte proclamé une fois\n"}, {"page_pdf": 220, "texte": "     Petite Chronique.                                        201\n\n\nencore m a haute reconnaissance adm irative pour ce glorieux\ntalen t, qui toujours plus profondém ent s’affirme comme l’un\ndes plus énergiques m aîtres de la prose moderne, si ce n ’est\nle plus énergique.\n                                       M a b io V A E VARA.\n\n\n\n\n             PETIT E CHRONIQUE.\n\n\n       CACHAPRÈS, 4 actes, p a r Camille Lem onnier.\n\n    G rand succès de lecture, lundi, au th é âtre du P arc, pour\nM. Camille Lem onnier. L a séance a duré près de trois heures.\n   L es deux prem iers actes, avec leur note claire et jo y eu se;\nle troisièm e, avec sa sauvagerie, et enfin le quatrièm e, poi­\ngnant, terrible, ont tenu les interprètes sous le charme. Ce\nsera là une prem ière à sensation et en tous cas un grand\névénem ent littéraire.\n   L e dram e se déroule au pays wallon. C’est une oeuvre'\nnationale. Tous les personnages sont des paysans w allons qui\np arlen t leur langue si pittoresque et si imagée.\n   Mlle Sylviac, qui assistait à la lecture avec ses nouveaux\ncam arades, créera le rôle de G erm aine, d’une psychologie\ntrès fouillée.\n   M. Chelles incarnera Cachaprès. R etenu à P aris, il n ’assis­\nta it pas à la lecture. Mais il a pris connaissance du m anus­\ncrit.\n  Voici son impression toute chaude : “ ... A vant tout, laissez-\n  moi vous dire que je suis absolum ent enthousiasm é p ar la\n"}, {"page_pdf": 221, "texte": "202                                           L a W allonie.\n\n\n\n„ lecture de la pièce de M. Camille Lem onnier. C’est splen    ­\n  dide et adm irable, G erm aine et Cachaprès sont deux types\n„ bien amusants à faire, — et sous l’œil du m aître qui les a\n„ composés, je suis sûr qu’on en peut tire r de m erveilleux\n„ effets. „\n  L es répétitions sont commencées sous la direction de M.\nA. B ahier, un des auteurs.\n  L a pièce passera vers la mi-mai. Nous y serons tous.\n                              * *\n   U n M. F ix, correspondant bruxellois de la Meuse, a sur la\nlittératu re des idées aussi spéciales que délicatem ent physio­\nlogiques. Le mois dernier, il a jugé bon de dire aussi son p etit\nm ot sur la Belgique de Camille Lem onnier. I l cite fragm en   ­\ntairem ent la description que l’au teu r a donnée de “ B ruxelles\nmoral „, et voici ce qu’il trouve à en dire :\n   “ Q uant à moi, je pense que M. Camille Lem onnier aura\nécrit cette belle phrase ronflante un lendem ain de carnaval,\naprès une noce à tout casser, ayant des papillons noirs devant\nles yeux, les reins brisés, l’estomac malade et la tête vide. Si\nl’écrivain a voulu ne pas ressem bler à un vulgaire “ faiseur\nde guides     il a pleinem ent réussi. „\n   Oh là là ! Qu’en dis-tu Joseph Prudhom m e ?\n                                *\n   L ’éditeur Alphonse L em erre publie en une charm ante\nplaquette, quelques pièces nouvelles de Georges Rodenbach ;\nle titre : du Silence. Il y a là dedans des vers d’une grâce\nsubtile et longuement indolente, avec une petite poussée vers\nles formes nouvelles de l’A rt. P uis Maurice Dessombiaux fait\nparaître ses Chants des jou rs lointains ; et, pour finir, un fin\nrégal : les Episodes, livre de vers p ar H enri de Régnier, et\nE n Allemagne, le volume de prose de Camille Lem onnier\n"}, {"page_pdf": 222, "texte": "    Petite Chronique.                                            203\n\n\ndont nos lecteurs ont eu sous les yeux le prem ier chapitre. A\nb ientôt avec critique plus détaillée.\n                                 *\n                                * *\n  Une erreur, dans no tre chronique litté ra ire ; le livre de\nM. A lbert G iraud, H ors du S iècle , p o rtait en dédicace :\n“ L ittérairem en t, des antipodes ; m ais très confraternel l e    ­\nm ent „ ; et non pas “ bien cordialem ent „ comme un lapsus\nnous l’a fa it écrire.\n                                     *\n                                 *       *\n\n  E m ile V erhaeren a perdu son père ; M aurice Siville vient de\nperdre son grand-père. A ces deux am is : la rédaction de la\nW allonie adresse l ’expression de ses condoléances les plus\nvraies.\n                               ***\n\n  A chille D elaroche annonce quatre volumes de vers à p ara ître\ndans l ’ordre suivant :\n   1° L e G raal, 2° E piphanie , 3° A énor, 4° K o ro l ar K lèze (la\nD am e du Glaive). Cette livraison contient un fragm ent d’E p i­\nphanie.\n  A lbert S t-P au let M ario V arvara term inent l' Album parisien\nqui p a ra îtra d’ici peu.\n                                 *\n                                * *\n   L e p o rtra it de R ené G hil (cliché des ECRITS POUR l ’A r t )\nvient de p ara ître chez L . Joly, libraire, 19 quai St-Michel\nP aris. C’est un tirag e de luxe à p e tit nom bre encre spéciale.\n   F o rm at in-4° Jésus, chine appliqué. 1,50 franc.\n         »         „        velin                1,00     „\n   E n vente à P aris chez l’É d ite u r ; à B ruxelles chez E. Deman,\nrue d’A renberg ; et à L iége chez George, libraire, et aux\nbureaux de la Wallonie.\n"}, {"page_pdf": 223, "texte": "204                                             L a Wallonie.\n\n\n\n   M. E. Deman, qui s’est rendu acquéreur des derniers exem­\nplaires des Soirs de V erh aeren, au prix de souscription,\néditera cette année les DÉBÂCLES. C ette série d’œ uvres\nsera complétée p ar les FLAMBEAUX NOIRS où V erh aeren\na noté, parallèlem ent aux “ im pressions des choses „ sur\nle cerveau d’un m alade, les impressions des idées de l’a rt\net de la philosophie.\n                                #*\n   L a province, oh la province !\n   U n journal qui se pique de préoccupations artistiques, voire\nlittéraires, et dont la devise est '* trav ail et p atrie „ imprim e\nparfois de bien belles choses, son titre est déjà une trouvaille\nde concision : L ’ éducation populaire des bassins de Charleroi ,\ndu Centre et de la Basse-Sambre ; et, en dessous du titre , nous\npigeons cette phrase originale : L à (à C hâtelet en H ainaut), la\nsymphonie, cette forme si agréable du m ouvem ent m usical (!!),\nqu’on a si bien (!!!) caractérisée du nom de musique de\nchambre (!!!!), reçut son plus éclatant épanouissement. „\n   “ A gréable „ hein ? l’orchestre Lam oureux réd u it pour\nentresol, alors? Oh, cette “ forme d’un m ouvem ent „ qui\n“ reçoit son épanouissement „ à C hâtelet, et le plus éclatant !\nJ e crois bien, mille tonnerres.\n"}, {"page_pdf": 224, "texte": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n       H. Z E Y E N .\n              137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                          L I E G E .\n\n      s p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é le c tr i q u e .\n\n\n     FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n            P lace du T h é â tre , 11, Liège.\nP o r t e - c i g a r e s en é c u m e de m e r, a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s de c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u té s en ‘2 4 h e u r e s .\n                                RACCOMMODAGES.\n\n\n\n INDE Ma. SERRURIER-BOVY\nPERSE RUE DE L'UNIVERSITÉ, 38\nCHINE A R T IC L ES L I È GORFÈVRERIE\n                             E\n\nJAPON MÉNAGE                ARGENTEE\n                                             DE\n\n\n                 H . F O N D E R -B U R N E T\n                       48, rue du Pont-d’Ile, Liége,\n       A G EN T        GÉNÉRAL              PO U R        LA B E L G IQ U E L E LA\n                      P E I N T U R E FRANÇAISE.\n    C ette P e in tu re , p ré p a ré e à base de c é ru se e t d’hu ile de lin , e s t to u te p rê te à\ne m p lo y e r; elle e s t b rilla n te e t s icc a tiv e . Sa q u a lité n e laisse rie n à d é sire r, son\nm éla n g e é ta n t a b so lu m en t com posé com m e celu i fa it p a r les p e in tre s les plus\ne x p érim e n tés. Sor. em ploi s u r b o ise rie s, m u rs , m eu b les de fe r ou bois, g ro sses\nv o itu re s, e tc , la place à la p o rté e de to u te s les p e rso n n es d é sireu se s de co n se\nv e r en bon é ta t le u r m a té rie l a g ric o le , in d u strie l ou a u tre s.\n  L ’assortim ent se compose de 42 nuances, en boites de 1, 2 et\n5 kilog., à fr. 1-10.\nA llu m e tte s S u é d o ises (Kaiser-Holzer), 20 fr. les 1000 boîtes\n       »        Nilson, bout noir            fr. 9-50 les 1000 boîtes\n"}, {"page_pdf": 225, "texte": "    3e ANNÉE, No 4.\n\n                 LA W ALLONIE\n    R E V U E M E N SU E L L E D E L IT T É R A T U R E E T D ’A RT\n                                                  E r n e s t M AHAIM ,\n\n             Comité de R édaction                          M OCKEL,\n                                                  P . M. OLIN.\n                                                  M a u r i c e S IV I L L E .\n                    B ureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\nEnvoi «L’un numéro spécim en co n tre 5 0 cen tim es\n               en tim b res-p oste·.\n      A b o n n e m e n t : 5 fr. p ar an. Union postale : 6 fr. 50.\n\n                                   SOMM AIRE :\nP. M. O l i n M es Mémoires (2e cahier.)\n                  .\n\n\n\n\nR ené G h i l ................... Rondeau.\nA lb e rt M ockel A cœur perdu (Joséphin                      P é­\n                      .\n\n\n\n\n                                         ladan.)\nA. D elaro ch e L es illusions perdues.\n                      .\n\n\n\n\n               L. H em m a. — Chronique musicale.\n   A uditions au Conservatoire ; Soirée César F ranck ; Au Conser­\nvato ire; A V erviers; A Aix-la-Chapelle.\n              M. V a rv a ra . — Chronique littéraire.\n  L es peintres de la vie. (Cam ille Lem onnier) ; U n dilemme.\n (J.H uysm ans).\n                         P e tite chronique.\n\n\n\n\n                      L\n      Q uelques c o lle ctio n s de LA W ALLONIE (1 8 8 6 e t 1887) s o n t en ven te\n                                   au p rix de G fra n c s .\n                        a W a llo n ie e st en vente\nA  LIÉGE : Chez MM. G n u sé ; G e o rg e ; D 'H e u r; Decq ; D e so e r; A ubette du\n     P o n t d ’A vroy ; A u b ette p lace S a in t-L a m b ert.                       ,\nA BRUXELLES : Chez MM. R osez, lib ra ire , e t Ista c e , lib ra ire .\nA PA R IS : Chez MM. V anter, lib ra ire , 19, Quai St-M ichel ; S avine, lib ra ire ,\n    1 8 , ru e D ro u o t, e t à la L ib ra irie N ouvelle, ru e de la Bo étie, 3.\nA GAND : Chez MM. A. H oste, lib ra ire , ru e des Cham ps ; W en n e w itz (M uquard),\n    lib ra ire , ru e d es C ham ps ; V u ilslek e, lib ra ire ,        ru e Aux V aches.\nA ANVERS : chez Mme Ve De V e tte r, re m p a rt S te-C a th e rin e ; Max R u es, 5 0 ,\n    ru e d e s T a n n e u rs .\n                                     Des presses d e H . Vaillant-Carmanne, à Liége.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "ordre_dans_volume": 4, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1888-04-30", "signet_source": "3ème année - N°4 - 30 avril 1888", "preuve": "Couverture (PDF 190, OCR) : « 3me Année. — N° 4. LA W ALLONIE 30 Avril 1888. ».", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}