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D E M A N , rue d’Arenberg, Bruxelles.\n\n\n    PO ÈMES D’EDGARD A L L A N POE\n           trad u its par S té p h an e M ALLARM É\n\n        L E     T R A I T É            D U      V E R B E\nAVEC L A PH IL O SO PH IE & L ’E ST H É T IQ U E D E L ’A U TE U R\n           p a r R ené G H IL : Tirage à 110 exempl.\n\n\n                  Les Fambeaux Noirs\n         L iv re de vers p ar E m ile V E R H A E R E N .\n\n               E N       A L L E M A G N E\nIM PR ESSIO N S D ’UN PASSANT, p a r Cam ille L em onnier\n           L ib rairie illustrée, P aris, prix : fr. 3,60.\n\n\n                        ÉPISODES\n     L IV R E D E V ERS, P A R H e n ri DE R É G N IE R\n                  Chez      V A N N IE R , Paris.\n\n  DU SILENCE, vers, par Georges Rodenbach\n                Lem erre,       Paris, Fr. 1 .5 0 .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-001", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 205, "page_fin": 205, "titre_corps": "Les résignés", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "George Keller", "ancre_debut": "LES RÉSIGNÉS. Pour celui qui part", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 228, "page_imprimee": 205, "debut_caractere": 14, "fin_caractere_exclue": 1160, "texte": "L E S RÉSIGNÉS.\n                                           P o u r celu i qu i p a rt\n\n\nh ! si rêveurs, et las, ils partent les nuits calmes,\nO\n P a r la v oix des mots doux et le bien des baisers,\n T ou t seuls, vers le su b til des brouillards épuisés\nOù la brise a tendu ses éventails de pa lm es!\n\nIls p artent, et voyant les alisiers pâlis\nE ffeuiller en frissons tant de corolles blanches,\nD evin ent, telles qu’eu x, les choses sur les branches,\nD o n t l’ âme sombre ira souffrir les longs oublis.\n\nD es vertiges d’ azur sous leurs paupières blondes,\nI l s réveillent l’essor de leurs rêves dormants,\nE t comme les oiseaux ivres de firmaments ,\nLeurs souvenirs lointains passent les intermondes.\n\nA in si, cher résigné qui souffrez l’ abandon,\nN u l espoir des retours en la folle infidèle!\nE t vous allez, noyant ce que vous eûtes d’elle\nA u x échos des regrets inondés de pardon,\n\nTriste et las, recueillir les p lu s lasses délices,\nP a r delà les mots doux et les tendres baisers,\nTou t seul ! vers les parfum s des halliers épuisés\nOù la chimère ceint de palm es les calices!\n\n                                      George K E LL E R\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-002", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 206, "page_fin": 207, "titre_corps": "L’abime", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Delchevalerie", "ancre_debut": "L’ABIME. Lui, l’incomparable artiste", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 229, "page_imprimee": 206, "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 1066, "texte": "L ’ABIME.\n\n\n         Lui, l’incomparable artiste, le rêveur hautain,\n          l’implacable violateur, le chercheur opiniâtre\n          et calme, au front blême et ridé de soucis\n          énormes, lui, le Fort, le Grand, qui si bien\navait su dompter en lui l’homme qu’il en était presque\ndemi-Dieu, ouit un jour parler d’un lac, d’un beau\nlac légendaire inaccessible, entouré d’immenses rocs\nà pic, dont la nappe miroitante jamais n’avait été\nridée par une chose terrestre, et n’avait reflété que\nl’invariable bleu vierge du ciel.\n    E t, alors, il eut un désir orgueilleux et cruel, le\ndésir grandiose de se mirer voluptueusement dans\ncette eau virginale, dans cette eau qui n’avait reflété\nque le splendide azur et la voûte criblée d’étoiles des\nnuits toujours belles. Il franchit des obstacles insur­\nmontables pour tout autre, il parvint, le Puissant, à\nl ’abîme ; il descendit, creusant lui-même des marches\ndans le roc dur pour s’y accrocher des pieds et des\nmains, et se trouva enfin au niveau de l’onde impé­\n nétrablement mystérieuse.\n"}, {"page_pdf": 230, "page_imprimee": 207, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 953, "texte": "    L'abîm e.                                               207\n\n\n   Ricanant avec une joie mauvaise, il s’inclina vers\nle miroir inviolé, mais n’y vit point son image ;\nplus fort il se pencha, et, dans l’eau glauque, aperçut\nune forme d’abord vague, qui devint un fantôme lui\ntendant les bras, il eut la vision de la Femme d’élec­\ntion rêvée, de la sphynge idéale qui toujours se\ndérobe à l’homme, éternellement fugitive !\n   E t, s’élançant vers cette sirène qui lui offrait son\nmagique embrassement, il tomba avec un cri rauque,\nun cri chargé de haine impuissante : car, à l ’instant\noù son corps toucha le fluide miroir, il subit l’étreinte\nimmonde d’un squelette grimaçant, aux os duquel\npendaient des chairs pourries.\n   Il y eut sur le lac un ricanement sinistre que réper­\ncutèrent les échos des rochers :\n   L ’eau se referma implacablement, comme retombe\nla pierre d’un sépulcre.\n\n                    C h a r le s   D E L C H E V A L E R IE .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-003", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 208, "page_fin": 208, "titre_corps": "Gloire d’amour", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "George Garnir", "ancre_debut": "GLOIRE D’AMOUR. TANDIS qu’au Ciel Vénus", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 231, "page_imprimee": 208, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 758, "texte": "GLOIRE D’AMOUR.\n\n\nT    ANDIS qu’au Ciel V énus, rêveuse d’indolence,\n      Semble un soleil voilé de soir et de langueur,\n      On songe que l ’on porte au re tra it de son cœur\nP lus de paix que la nuit n ’enferme de silence.\n\nO douceur ! étendant la droite vers le Ciel,\nOn sent n aître en son cœur la volupté voulue,\nD ’écrire vaguem ent le nom cher de l’élue\nSur l’ombre de la nuit, voile im m atériel.\n\nL ’âme s’épanouit de vaillances hautaines\nE t de la pureté des époques lointaines.\nE t soudain l’on voudrait, sous les cieux entrouverts\n\nOù le scintillem ent des étoiles s’allume,\nForger des strophes d’or sur la solide enclume\nOù les plus fiers rim eurs ont m artelé leurs vers !\n\n                                   G eo rge   G A EN IE .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-004", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 209, "page_fin": 212, "titre_corps": "Le bonheur", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Achille Delaroche", "ancre_debut": "LE BONHEUR. POÈME par Sully-Prudhomme.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 232, "page_imprimee": 209, "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 1257, "texte": "L E BONHEUR.\n\n                              POÈME\n\n\n                     par Sully-Prudhomme.\n\n\n     TRANGE,\n     E             et pour la joie et protestation des poètes en\n        ce tem ps de prose à outrance, s’ouvre à nous le nouveau\n        rom an en vers de M. Sully-Prudhom m e. Roman, certes !\net psychique, bien que s ’épanouissant dans les étoiles, à\nl’in star de telle fantaisie d’astronom e. A ces constructions\ncosmiques, d’ailleurs, comme il appert en m ain t endroit de\nses œ uvres, essentiellem ent se com plaît l’esprit de l’auteur.\nE t c’est, je pense, touchant hommage au Zodiaque qu’il fau t\nin terp réter cette division en douze chants, si dès longtem ps\ninsolite.\n   Inquiet de la F élicité parfaite et ballo tté p ar les mille\npéripéties — vainem ent distraites — d’un dram e intim e,\nd’av a ta r en avatar, ju sq u ’au cycle suprêm e enfin conquis,\névolue le héros du livre — F a u s t u s , dont il fau t dire en\ndétail et p ar ordre les aventures.\n   I l trépassa h ier : et pour toujours, semble-t-il, la conscience\nde son identité a sombré dans la n uit du n éant. Mais sou d ain ,\nvoilà qu’il s’éveille de l’éternel sommeil dans un m ond e\nétrange et luxuriant et devant lui se tie n t celle q u ’i l aim a\n"}, {"page_pdf": 233, "page_imprimee": 210, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1791, "texte": "210                                                                   L a W allonie.\n\n\n\nsu r te rr e e t q u ’u n stu p id e p r é ju g é d e c a s te lu i in te r d it à\nja m a is de p o s s é d e r — S T E L L A .\n\n               Ta c h a ir com m e la m ie n n e a tra v e rs é la m o rt.\n               La te m p ê te e st passée e t je t’a ccu eille au p o rt !\n\nlui dit-elle.\n   L es deux amis p arte n t sur un coursier ailé pour explorer\nleur nouveau séjour.\n   C’est d’abord la flore : si subtile et enivrante, qu’elle pro­\nvoque une crise de nerfs chez F austus\n                  Qui succom be ép u isé, p le u re e t s ’é v an o u it.\n\n   Stella lui sert l’am broisie et le nectar : c’est “ une précieuse\nliqueur „ puisée à la source voisine, et des fruits qui \" d ’un\npur fluide enrichissent les veines. „ Car on ne m ange pas de\nchair en cet E den :\n                 Jam ais pareil fe stin n e so u ille ra no s fêtes ;\n                  Ic i, p lu s de san g ré p a n d u .\n\n   Chemin faisant, nos voyageurs font connaissance avec les\nh abitants de la planète : “ gracieux et hardis cavaliers „ qui\nfurent, dit Stella, les prem iers hommes de toutes races ay an t\npeuplé la terre.\n   Jadis, laids, torturés de m aladies, esclaves, ils sont m ain­\ntenant beaux et libres, “ réalisan t leurs derniers types\naccomplis. „ F austus leur apprend que leurs descendants\npossèdent enfin la glèbe sur la q uelle ils furent courbés, mais\n               Sans g a g n e r le b o n h e u r, ils o n t co n q u is le d ro it.\n\n  R este l ’harm onie, dont F austus n ’avait eu sur te rre qu’im par­\nfaite sensation. Alors Stella chante devant lui ; d’abord avec sa\nvoix ancienne, puis avec sa voix d’im m ortelle; et, dépouillant\nsa forme terrestre qu’elle a gardée jusqu’ici pour être recon­\n"}, {"page_pdf": 234, "page_imprimee": 211, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1737, "texte": "   L e Bonheur.                                                               211\n\n\nnue de son am ant, elle se révèle transfigurée, dans toute la\nsplendeur de sa beauté céleste, à F au stu s qui, m uet et blême\nd’extase devant son rêve réalisé, s’écrie :\n           D ans u n h y m en sublim e u n isso n s n o s d eu x ê tre s !\n\n .... et n ’a pas ouï une rum eur immense et confuse qui m onte\n de la terre, “ plainte de l’hum anité souffrante à sa cause\nm uette. „\n    Cependant cette félicité si parfaite ne suffit pas à F au stu s:\nle souci de savoir, le tourm ente ; il veut “ arrach er le secret\nau silence du gouffre „ et s’adresse aux m aîtres du savoir\nhum ain.\n    “ Amour et volupté, voilà le dernier m ot de to u t, „ répond\nla sagesse antique.\n    “ Volonté ! ton salut est de tendre au n éan t ! „ d it la\nmoderne. “ Sonder l’infini est folie, „ reprend le savant,\n“ seul, ce qui est pondérable et se m esure doit nous\noccuper. „\n    Déçu, F au stu s se résigne, sur le conseil de P ascal, à aim er\nsans comprendre.\n    Mais les clam eurs de la te rre ont enfin réussi à percer\nl’étendue et viennent troubler son égoïste bonheur. Alors un\nétrange projet a germ é en lui : il v eu t aller p o rter secours\naux damnés de la te rre e t s’en ouvre à son amie. Stella,\nd’abord effrayée, offre de p arta g er avec lu i le danger et la\ngloire de\n            T e n d re sa p a rt de ciel au p a u v re g e n re h u m ain .\n\n   P our l’accom plissement de ce grave dessein, la m ort a con­\nsenti à les rem porter sur la terre. L es voilà donc p artis pour\nle g rand voyage; ils arrivent, ils a tte rrisse n t. M ais, hélas ! le\nvieux globe a bien changé depuis leur dép art : l’homme en\nest disparu. Les généreux époux qui ont fait\n"}, {"page_pdf": 235, "page_imprimee": 212, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1335, "texte": "212                                                                     L a Wallonie.\n\n\n                        .       .      .   .   l'e x p é rie n c e am ère\n                        De l’a ctio n su b lim e e t san s u tilité ,\n\nfondent en larm es, s’accusant d’avoir trop ta rd é à secourir\nleurs frères m isérables. P our apaiser leurs rem ords, Stella\npropose de faire souche d’une race nouvelle dont elle\nsera la seconde E ve et qui possédera le bonheur inné. Mais\nF austus lui fait observer qu’un te l bonheur ne se se n tira it\npas : \" car le cœur ne jo u it que des biens achetés au prix de\nses m aux. »\n                Ou so uffrir ou d é ch o ir, q uelle sév ère loi !\n\ns’écrie Stella qui persiste dans son noble dessein et ordonne\nà la m ort d’aborder à terre. Mais, sur un signe de l’arbitre\néternel, celle-ci,\n          .     .   .       .       to u rn a n t le dos au globe in fé rie u r,\n           Vers le plu s g lo rieu x séjo u r e t le m eilleu r\n          R av it ép erd u m e n t le couple m ag n an im e.\n\n   E t, sacrés par la charité habitants du vrai ciel dont il\nn ’avaient eu qu’un avant-gout. im parfait, les E lus “ en tren t\nvainqueurs „\n                            Dans le trio m p h e e t d an s la jo ie !\n\n\n  (à suivre.)                                        A c h il l e      D E LA R O C H E.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-005", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 213, "page_fin": 217, "titre_corps": "De l’Album parisien", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Mario Varvara", "ancre_debut": "De l ’A L B U M P A R I S I E N (*). 2 2 novem bre 87.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 236, "page_imprimee": 213, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 968, "texte": "De l ’A L B U M P A R I S I E N (*).\n\n  2 2 novem bre 87.                                      à J .- F . R a f f a ë l l i .\n\n\n\n\n       Seprécipitant aux premières envolées de notes\n         de quadrille, voici que surgit, sur les étroites\n         planches vulgaires d’un café beuglant, un\n         double couple, dans une crânerie à peine\nsouriante et nonchalante, en face d’une irrévérence\nde salle.\n   L a foule spectatrice déverse comme un hurlement\nde sympathie gouailleuse; et, onduleusement d’abord,\nserpentin, frôleur, le Quadrille incohérent entame\nl’initiale danse.\n   Dévoilant, en le décolleté, une agréable roseur\nd’épiderme, l’une moule sa sveltesse de sautillant\ninsecte dans l’irréprochabilité de noir satin : femme-\ndandy, que lisse et amincit et subtilise une violence\nde soigneuses poses, une intentionnelle mesure de\ngestes élastiques : et que parfois vêt d’une plus\n\n  ( 1) P a r MM. A. S aint - P aul e t M. Varvar a , à para ît re .\n"}, {"page_pdf": 237, "page_imprimee": 214, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1433, "texte": "214                                    L a Wallonie.\n\n\n\néclatante et quelque peu déconcertante correction\ngommeuse le vitreux miroitement d’un monocle\nqui, devant sa prunelle droite, s'encastre.\n   L ’autre, en rose, la mine pouponne, le vague air\nd’une bambine qui se délurerait et se farderait tout\nen gardant encore une éclosion de santé fraîche,\nn’est qu’un vibrant sourire rose.\n   Plus effacés, dans un affaissement de gaieté\nlugubre, les hommes évoluent et se plient, en la\nsoucieuse étreinte de leur élimé habit noir, que\nmarque la longue lassitude de services innombrables.\n   Comme la danse se déploie et s’accélère, plus\nvisiblement les deux rieuses physionomies féminines\ns’ouvrent et vivement s’épanouissent ; un éploiement\nd’idéal éventail évente de molles clapotantes ondu­\nlations de gamines éjouissances leur peau insoucieuse\nde folâtres donzelles ; et plus joyeusement et préci­\npitamment se ramassent et se détendent les invi­\nsibles vivants ressorts de leurs membres, étonnants\nd’un calcul de folie.\n   Les hommes, l’échine souvent pliée, dessinent\nautour d’elles des volutes de chiens cajoleurs ; et\nalors les tailles féminines semblent s’élancer en une\nsveltesse de tiges dominatrices.\n   Mais un signal de baguette frappante commande\nla première halte ; et voilà que se replie la quadruple\nexaltation gigotante, se range au fond de la scène\net se repose dans un essoufflement léger de tempo­\nraire somnolence.\n"}, {"page_pdf": 238, "page_imprimee": 215, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1544, "texte": "    D e l’Album parisien.                           215\n\n\n   Soudain les instruments repartent, les deux cou­\nples s’ébranlent ; et une élégante poussée de jambes\nsavantes jette à l’atteinte des doigts le bord dentellé\ndes jupes saisi délicatement et vite.\n   Tourbillonne, et se complique de fureurs de bonds,\nle quadrille. Proclame une habile finesse de chahut\nla courbe cadencée que décrit un lancement si élas­\ntique de jambes, volant à hauteur de tête et décou­\nvrant, sous les jupes éployées, les tempétueuses\nvagues de blancheurs de jupons. Tout à coup se\ndérobe et s’efface un couple, dans un angle, tandis\nque l’autre paresseusement se balance, maître des\nplanches ; mais preste s’enfuit aussi la partenaire,\net, seul, l’homme, aux précipitations de l’orchestre,\n se désarticule sur place, lançant plus haut que la tête\n sa jambe droite dans un furieux gigotement, sans\njamais toucher terre ; élastique vertige noir, dont la\n résistance ébahissante s’accompagne, en la salle, de\nhurlements admiratifs : illusion de vivant caoutchouc\n que finit par crever d’une tache pourpre une con­\n gestion de visage, et qui à la fin sur les planches\n s’écroule dans un subit écrasement de chair assas­\n sinée, et immédiatement se relève et se campe dans\n une vibration déliée de pose, saluant le déchaînement\n de cris qui le salue.\n    Une fugitive ébauche de générale danse se dessine,\n pour que le second couple à son tour se balance seul,\n et que le partenaire à son tour soit abandonné, par\n l’effacement glissé de sa dame, à l’unique nanifes-\n"}, {"page_pdf": 239, "page_imprimee": 216, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1562, "texte": "216                                     L a Wallonie.\n\n\n\n tation de ses talents devant cette souveraineté de\n public. Alors, dans l’étroitesse de l'espace, l’homme\n se livre à une furie de cabrioles ridiculisant l ’origi­\n nelle aristocratie de l’habit, dont les basques\n violemment et cocassement se renversent et se cassent\n et se recroquevillent et ricanent, comme d’énormes\n et noires langues d’aliénés fabuleux ; un soudain\nbond le projette en l’air et le rejette à terre, dans la\nfracassante chute d’une correction de grand écart.\nLentement élastique, il reste quelques instants à\n savourer la complaisance de la foule, puis se relève.\n E t de nouveau une esquisse menue de quadrille\n meut les quatre, qui tout de suite, avec de fuyantes\n salutations de sourires biaisés, s’engouffrent en l’ou­\nverture du fond et disparaissent.\n    A u x appels retentissants de la salle, reparaissent\nles deux couples. Une dernière figure se danse. Une\naccentuation de folies étudiées frappe les planches,\nle papillotement d’une coloration de gestes entre­\n croisés en l’air, une animation de vivaces teintes sur\nles faces féminines ; tandis que, même en les folles\nsauteries, les hommes gardent une vague modestie\nrespectueuse. Meurt l ’agitation en un tableau de\njambes levées haut, le pied se reposant en la main ;\npuis les fines bottines des femmes, toujours en haut\nse rapprochent, s’embrassent et de la sorte quel­\nques instants demeurent ; et cette étrange accolade\ns’anime d’une suggestion lointaine de lesbiennes\naventures. La corruptrice vision se délace et se\n"}, {"page_pdf": 240, "page_imprimee": 217, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 869, "texte": "   D e l’Album parisien.                                     217\n\n\nnoie, et soudainement un regain de violents bonds\ntord en une définitive crise le quadrille : les jupes\npincées, relevées, et les jambes droites, noire et rose,\ndans un balancement actif et large thuribulant, par\nune étrangeté de salutation dernière, la foule, les\ndeux femmes devant la rampe s’affichent ; cependant\nque, d’un côté et de l ’autre, la jambe en l’air, le\npied en main, immobiles, les hommes se tiennent,\nnoirs et sérieux, dans une incohérence d’attitude\nd’hommage. Puis le jeu se désagrège et tombe — et\nde guingois et vite le quadrille bat en retraite.\n  Ainsi fuit cette fleur de bals publics, cette sélection\nde parisiens bastringues, que farde la singulière\ngrâce d’une science de chahut, d’une aristocratie de\ngrand écart.\n                                  M a r io V a r v a r a .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 218, "page_fin": 219, "titre_corps": "Concert", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Auguste Vierset", "ancre_debut": "CONCERT. U S R, la place, où l’astre réjoui", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 241, "page_imprimee": 218, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 773, "texte": "CONCERT.\n\n\nU\nS R, la place, où l’astre réjoui\n R avive d’or les façades grises,\n E t dont les feuillages, sous les brises,\n  B alancent leur reve épanoui,\n\n E n un diffus bourdonnem ent d'onde\n L a foule éparse afflue et prend corps,\n A ssujettie aux cuivrés accords,\n D ont le concert ce m atin l ’inonde.\n\n L e long des trottoirs, viv an t bouquet,\n T riom phent les m ondaines jolies, .\n Qui font s’enfuir les mélancolies\n P a r leur charm e élégant et coquet.\n\n L es étudiants flânent en groupes,\n L e rire aux lèvres, les yeux moqueurs\n Em oustillés p ar les airs vainqueurs\n Des laiderons agitant leurs croupes.\n\n E t comme le m arché s’est ouvert,\n L es fleurs encor pleines de rosée\n M ontrent partout leur gloire irisée\n D ans un am oncellement de vert.\n"}, {"page_pdf": 242, "page_imprimee": 219, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 539, "texte": "Concert.                                                    219\n\n\n           E t tandis que les vieux en fam ille\n           P ren n en t des bocks au seuil des cafés,\n           D evant moi, sous les b ruits étouffés\n           D u public qui s ’écoule et fourmille,\n\n           T out se confond, m usique et couleurs,\n           Soleil de m ai scintillant de flammes,\n           F leu rs m ignardes aux fraîcheurs de femmes.\n           Fem m es sveltes aux parfum s de fleurs !\n\n                                 A ugu ste   V I E R SET.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 220, "page_fin": 223, "titre_corps": "L’antithèse", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Mockel", "ancre_debut": "ANTITHÈSE. Des voix (*) sont encore, tièdes et suggestives.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 243, "page_imprimee": 220, "debut_caractere": 34, "fin_caractere_exclue": 1429, "texte": "A N T I T H È S E .\n\n\n            Des voix (*) sont encore, tièdes et suggestives.\n         Je les sens qui chuchotent, et leur murmure\n         s’éclaire de sourires. — Dans le mol balance­\n         ment de l’air, qui chante en berçant de pâles\nrayons, j ’écoute se dresser le Rythme, je vois le\nRythme grandir et décroître, berçant, là-bas, la Fleur\nde l’I llu s i o n .....................................................................\n\n                        F leu r de neige,\n                   au monde im pur exilée\n                         en songe épars,\n                   fleur d’exil aux pleurs d’argent,\n                   frêle écho d’un am our défunt,\n                   âme exhalée en parfum s\n                   aux plaines d’azur,\n                   à toi, Rêveuse, à toi mon Désir.\n\n   (*) Un frag m en t des Soirs m ouvants. Le h é ro s du liv re, a p rè s a v o ir\nex am in é (dans le u rs ra p p o rts avec le b o n h e u r), e t re p o u ssé , to u s les b u ts\nqu e p r é s e n te la vie, s 'a rrê te à l’idée de l’A r t; c e tte id ée, il la choie avec\nu n e com plaisance a ttris té e p a r ses d é sillu sio n s p ré c éd e n te s ; e t m algré\nlu i, so u s l’esp o ir qui lui s o u rit d an s ce b u t n o u v eau , v ie n t s o u rd re so u rd e ­\nm en t, pu is re to m b e r, la p en sée de l'in ac c essib le — Des voix lui d ise n t\nla fleur de l'illu sio n .\n"}, {"page_pdf": 244, "page_imprimee": 221, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1472, "texte": "l ' Antithèse.                                            221\n\n\n        T a clochette sonne le glas du Passé.\n        Sonne, elle sonne ! et le P ré sen t s’étonne\n        vers cet A venir foulant un passé lassé.\n\n        F leu r de neige au songe d’am our\n        fleur d’exil à to i mon orgueil.\n        Ingénue aux caresses des Jours\n        vois-tu ces cœ urs et leur désir en deuil.\n        ces cœurs en deuil d’une Ame perdue,\n        les sceptiques pleurant leur bel espoir déçu,\n        balancer l’encensoir de leur espoir en pleurs\n        vers toi, la belle V ierge, — indifférente et Vierge.\n\n        Oh ! dans l’E glise des Rancœ urs\n        leur âme si folle exaltée vers ton A rt !\n  E t leur âme impuissante à sonder ton R egard, —\n        — le cercueil de leur âme lourde, — :\n  le très lourd cercueil a surgi, roide et blafard.\n\n      Car dans l ’E glise des R ancœ urs\n      où l’orgue, la voix, le tocsin,\n      sous les blocs m arm oréens des nuées\n  lugubrem ent effeuillent les fleurs du destin,\n      — oui, dans l ’E glise des R ancœ urs\n      tin te un sourire d’harm onie atténuée,\n      tin te le cristal des perles musicales,\n      tin te n t les initiales joailleries :\n      rosée aux lèvres de ta clochette fleurie.\n            H arpes d’éth er illuminées,\n                      pâles illunées;\n      flûte élue aux caprice et puériles ruses\n             du rythm e, la flûte ingénue !\n                                                    15\n"}, {"page_pdf": 245, "page_imprimee": 222, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1541, "texte": "222                                           L a W allonie.\n\n\n\n              cristalline viole, iris ! aux m ains des fées,\n             to u t m odule en zéphirs la solitude ailée\n             exhalée en fumée d’étoiles diluées, —\n         pour les héros dont fend l’azur le vol archange.\n             Céleste vision d’inaccessible aim é !\n             Or les âmes glacées par le sort,\n             immolées p ar la sourde haine du sort,\n             m ortes à l’orgueil et m ortes à l’espérance :\n             sur ces âmes, les Cierges de tes yeux funèbres,\n      — tes yeux vierges, luisant h au t et droit comme cierges,—\n      cierges nus, cierges durs, comme une lam e aiguë\n             dans la poitrine des Ténèbres.\n\n             Gronde, ô sombre bataille\n             en profondes funérailles !\n\n      E t ces éternels vols de souvenirs étranges\n      sur leurs tom beaux hantés p ar ces vols de corbeaux !\n              Oh la T erreur, confusément\n      grelottante aux roides parois des tom beaux\n         d’un roc vibrant, — v ib ran t la Mort, —\n      et sonnant co m m e un gong au palais de la M ort !\n\n        L es sonores caveaux entonnent la louange\n              incantatoire de la Mort\n        qui va roulant son colossal effort,\n      broyant l’espoir, broyant la gloire et la mémoire,\n      — et l’épuisé désir de survie éth érée\n      où s’irisa it l ’envie des expirés, — m eurtrie.\n\n        Roule ton corps inerte, — M ort.\n        Profonde bataille, tonne et gronde\n        aux sombres funérailles de ces ombres.\n"}, {"page_pdf": 246, "page_imprimee": 223, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1313, "texte": "l’Antithèse.                                                2 23\n\n\n\n       F leu r fatidique à la Voix incomprise,\n       geste tendu vers les plaines d’azur,\n       ta clochette sonne le glas du Passé. —\n       Sonne, elle sonne ! et le P résen t s’étonne\n       vers cet A venir foulant un Passé lassé.\n\n        Comme toi, mon Rêve en exil\n        frissonne au froid de ce m onde vil.\n\n\n\n     f\n     r\n     ê\n     l\n     e\n     F rêle au désert du ciel immense\n     où passe le vol pesant des souffrances,\n            elle trem ble au ciel crépusculaire\n        l’aile du Rêve ailé d’éphémère.\n     Mais qu’un souffle palm é d’espérances\n     em porte un jo u r son fol essor\n     vers un ciel sonore de lum ière et d’or,\n     vers un Z énith inconnu des soirs\n     d’où neigent, lentes, Gloire et V ictoire !\n        A lors mon orgueil sera to n amour,\n  et loin de l’exil où tes pleurs d’argent s’effeuillent,\n  d’exil revenue aimée, tu seras l’orgueil.\n\n       F leu r candide, songe ailé de pétales,\n       ta clochette sonne, et m eurt le Passé lassé ;\n       sonne, elle sonne, e t qu’A ujourd’hui s’étonne\n       vers l’A venir de Soleil m agistral\n       qu’appelle ton geste ailé de pétales,\n\n\n       F leur de l’A rt, ô F leu r de l’Idéal.\n\n\n\n1887                                  A l b e r t MOCKEL.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-008", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 224, "page_fin": 231, "titre_corps": "Chronique littéraire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "L. Hemma", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE. CAMILLE Lemonnier a fait, l’an dernier, un voyage en Allemagne", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 247, "page_imprimee": 224, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1436, "texte": "CHRONIQUE LITTÉRAIR E.\n\n\nC AMILLE L e m o n n ie r a fait, l’an dernier, un voyage en\n       Allemagne, et voici qu’il en revient avec un livre de\n       souvenirs. Mais combien différent des “ notes „ ordi­\nnaires d’un positif ou d’un superficiel mondain, comme en\npublient annuellem ent ta n t de libraires spéciaux! Ici, un\nartiste parle, dit ce qu’il a vu, et su rtout la m anière dont il\na vu : moins les spectacles et les faits, que leurs suggestions.\n    J e ne jurerais pas que Camille L em onnier ait vu l’Alle­\nm agne telle qu’elle est ; on au rait pu s’atten d re en son livre\nau récit d’une Germanie épique, cyclopéen colosse dont les\nmem bres sont l’Armée, les nerfs l’A dm inistration, et l’œil\nH err von Bismarck. Mais cette Allemagne-là ne tran sp a raît\nque de tem ps en tem ps, en quelque chapitre aiguisé d’une\nréflexion générale, et bien vite disparaît comme un vilain\ndémon exorcisé. On sent vibrer dans tout le livre ce désir\nde ne point s’écarter d’une pure vision de l’A rt, soit l’A rt\nréalisé en œ uvres, aux musées, soit l’A rt qui s’éparpille en\nsuggestion de foules, de paysages, de profondeurs urbaines.\nCamille Lem onnier, on le dirait, a peur de la grosse Allemagne\naux poings de f e r ; il la relègue loin, bien loin, p ar delà\nl ’horizon de ses phrases d’esthète, — ces phrases colorées qui\nse nuancent de songe, comme l’accord somptueux et l ’or des\nblés s’attén u en t aux sourdines du soir.\n"}, {"page_pdf": 248, "page_imprimee": 225, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2017, "texte": "      Chronique Littéraire.                                      225\n\n\n     Oui, la géante A llem agne et son colossal bloc de force,\n  Camille L em onnier ne veut pas la v o ir; mais, m algré tout, à\n  la silhouette “ hum ble et im périeuse „ d’un garde, à l ’acci­\n  dentelle description d’un régim ent de la L andw eh r — fer et\n  discipline, — autom atique et raide, on sent planer su r les\n midis glorieux de l’évocation artiste, l ’om bre de cette grande\n m ain de pierre qui a brutalem ent lié les A llem ands en\n faisceau pour en form er l’E m pire.\n    Oh, je me garderais bien de reg retter la m anière dont\n  Camille L em onnier nous décrit son Allem agne ! Sensation\n d’un passant, d it-il; mais quel p assan t! car au gré de son\n souvenir, les villes s’anim ent et p arlent, les édifices palpitent,\n les œ uvres d’a r t tressaillent au sang qui circule dans leurs\n veines glacées et nous disent leur histoire, l’histoire de leur\n tem ps, e t leurs rêves et leur désir, et leur effroi.\n    Il faut lire les belles pages qui vont d’une pensive flânerie\n à trav ers les rues de N ürnberg, ou bien sous les arceaux de\n la cathédrale de Cologne, et ces élans de lyrism e devant les\n peintres flam ands, à Munich. Cette A llem agne, — n o tre\n A llem agne à nous, les artistes, — Camille L em onnier la d it\nlonguem ent et brillam m ent, avec un enthousiasm e qui\ns’exalte ou s’atten d rit au souffle de l’A rt et du symbole —\ncomme dans “ la m arche au supplice, „ les agonies de règne,\nles superbes im provisations sur Rubens et R em brand — et\ns’éthérise en sourires de chanterelles, lorsque sa vision s’in­\nsinue au charm e des gothiques.\n    Oui, je sais bien que la p hrase n ’a pas toujours assez de\nplans, que les vocables s’entassent parfois sans m esure\ncomme des joyaux je té s à pleines poignées, — m ais encore\nquel beau désordre! et quelle pulsation de cœ ur sensitif et\nlarge, quelle ém ouvante pulsation anim e les blocs serrés des\nim ages! E t puis, Camille L em onnier s’est rév élé ici, par\n"}, {"page_pdf": 249, "page_imprimee": 226, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1959, "texte": "2-26                                          L a Wallonie.\n\n\n\nmoments, sous un aspect nouveau. Nous l’avions vu, peintre\npuissant, donner à la toile de ses idées l’éclatant coloris d’un\nJordaens. Ici, des nuances neuves ont enrichi le tréso r de sa\npalette. L a phrase se dilue et s’assouplit, s’irise de ten ­\ndresses m i-teintées, comme un avril de grâces jeunes en fleurs\nplus délicates. Certains m ots évoquent des fluidités adorables\net, alors, des perspectives pâles et douces où rien ne v it plus\nque le son délié d’une idée. Tel, p ar exemple, le chapitre\npublié dans la W allonie , — début de l’œuvre, — telles les\nsongeries enveloppant, à Cologne, le souvenir de Stephan\nL ochner et des gothiques; telles les visions de n u it (par\nexemple le silence de N urem berg, et aussi cette petite mariée\nau clair de lu n e, à Munich,) tels, enfin, quelques chapitres sur\nN urem berg — la plus belle partie du livre, peut-être.\n   A propos de la Belgique, nous ém ettions cette idée que le\nCamille Lem onnier de Nos Flam ands évolue doucement vers\nun a rt plus wallon. M aintes pages de son dernier livre nous\naffermissent dans cette conviction; et ce nous est une joie de\nle voir, en conservant sa force, irrésistiblem ent sourire à la\njeune aurore du songe, où s’éparpille en clairs flocons la\nneige des lumières atténuées.\n                                 ·»\n                               ·* *\n  D eux livres de vers jeunes, personnels, artistes. Georges\nRodenbach nous apporte du Silence, H enri de R égnier une\ncollection d 'Episodes. E n ces derniers tem ps, le sentim ent qui,\nchez nous, a le plus remué la sève créatrice des poètes, c’est\npeut-être la lassitude. L assitude m aladive et tragiquem ent\népouvantée, dans les Soirs d e V erhaeren; lassitude incons­\nciente et dédaigneux retour vers la pensée, dans le L y s de\nSeverin; fier exil aux tem ps passés, dans H ors du, Siècle,\nd'A lbert G iraud; lilial et- frêle envol de regrets parm i des\n"}, {"page_pdf": 250, "page_imprimee": 227, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1930, "texte": "     Chronique Littéraire.                                                          227\n\n\nsérénités d’azur, chez Georges K hnopff; frisson de lueurs\ntroubles, et sourdes phosphorescences de la vie devinée, chez\nM aeterlinck; noblesse aux bleus reflets d’un glaive qui doit\ndéfendre une solitude contemplative, — C harles V an L e r                            ­\nberghe; enfin le droit et âpre et révolté regard d’Iw an Gilkin,\nqui scrute les douteuses pénombres du mal. J e ne cite n i la\nfierté pensive et suprême du m aître Stéphane M allarmé ; ni\nl’intim e philosophie et la tristesse pétillan te de Ju les L a ­\nforgue, ni ta n t d’autres, en France.\n   du Silence, le livre de Georges Rodenbach, confirme encore\ncette idée ; écoutez ces vers :\n         S ilen c e : c ’e st la voix qui se tra în e , u n p eu lasse,\n         De la d am e d e m on S ilence, à trè s d o u x pas\n         Effeuillant les lys b la n c s de so n te in t d an s la g la c e ;\n\n  P lus loin :\n         Le c ré p u sc u le e st d o u x com m e u n e b o n n e m o rt.\n\n\n         E t to u t s’é te in t ! P lu s de r ê ve qui se d év id e!\n         D o u c eu r! p e n se r du v ague e t re g a rd e r le v id e !\n\n   L e livre de Georges R odenbach est une psychologie de\nsouvenirs et d’impressions. P a r des im ages et des échos, il\nnous fera p énétrer dans l’âme de l’auteur. E t l’histoire se\ndéroule, en effet. Trop de dégoûts lointains — certaines\npièces de la Jeunesse Blanche, — et voici la lassitude qui\ns’impose ; la tristesse s’est glissée en ram pant dans ce cœur\nde tiède sensitivité. L e sujet ne sa it s’il lui faut vivre encore,\nou s’affaisser, d’une insouciante nonchalance, dans la quié­\ntude du N irvâna; m ais des sensations exquisem ent fluides\nlui révèlent l’inaperçue nuance :\n         Il flotte u n e m u siq u e é te in te en de c e rta in es\n         C ham bres, u n e m u siq u e a u x tris te s s e s lo in ta in e s ....\n"}, {"page_pdf": 251, "page_imprimee": 228, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2078, "texte": "228                                                                     La    Wallonie.\n\n\n   Il a deviné la vie contem plative, compris\n           L’h o stilité d 'u n g ra n d sile n ce q u 'o n d é ra n g e ;\n  E t le nuage du E êve sera son bouclier contre la vie\nbrutale :\n           Ah vous êtes m es s œ u rs, les âm es qui vivez\n           D ans ce doux n o n c h alo ir des rê v e s m i-rêv és.\n\n   Oui ! mais cette vie dolente et sans but,\n           Les cygnes noirs du désespoir, durs et sauvages\n\nen m ettron t à n u la rancœ ur. H éla s c’e st v r a i ! E t le p oète se\nm é la n co lise :\n           Le ciel c ro u le ; m on c œ u r se re m p lit d 'a s tre s b lan cs\n           Et m on c œ u r e st u n g ra n d cim e tiè re d’é to iles !\n\n   Alors du repos, le repos d’un épuisé :\n           E n p ro v in ce, d an s la la n g u e u r m a tu tin a le\n           T in te le c a rillo n , tin te d an s la d o u c eu r\n           D e l’aube qui re g a rd e avec des yeu x de s œ u r ;\n           T in te le c arillo n — e t sa m u siq u e pâle\n           S’effleuille fleu r à fleur s u r les to its d ’a le n to u r,\n           E l s u r les e sc a lie rs des p ig n o n s n o irs s'effeuille\n           Comme u n b o u q u et d e so n s m ouillés q u e le v e n t c u eille;\n           Qui tom be de trè s lo in en g u irla n d e s fan ées,\n           Qui tom be de N ag u ère en invisibles lys,\n           En p étales si le n ts , si fro id s e t si pâlis\n           Qu’ils sem b len t s ’effeuiller du fro n t m o rt des A nnées.\n\n   E t puis ? E t puis c’est la fin, le retour découragé vers les\nannées enfuies. V ivre? Mais le pourquoi de vivre et le\npourquoi d’avoir vécu? E t ainsi, de nouveau, la conclusion,\nle sommeil, l ’éternel sommeil sur l’oreiller du tom beau:\n           Las ! le ro se d e m oi je le se n s d éfleu rir,\n          Je le sen s qui se fane e t je sen s q u ’on le cu eille !\n          Mon s a n g n e coule pas ; on d ira it q u ’il s ’e ffe u ille ...\n          E t p u isq u e la n u it v ie n t, — j ’ai som m eil de m o u rir.\n"}, {"page_pdf": 252, "page_imprimee": 229, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1843, "texte": "     Chronique Littéraire.                                      229\n\n\n   L e dernier livre de Georges R odenbach est un fo rt g ran d\nprogrès. J ’avoue que, en dehors de certaines pièces, mon\nadm iration pour les Tristesses, l’H iver mondain e t la M er\nélégante, était accompagnée de nombreuses réserves; m ais\nGeorges Rodenbach s’est révélé victorieusem ent poète p ar\nla Jeunesse blanche. E h bien, la p lu p a rt des vers de cette\nfine plaquette, du Silence, valent m ieux que les m eilleures\npièces de la Jeunesse blanche. L e livre a, d’abord, une vie\nindividuelle, une unité rem arquable. L e vocabulaire est plus\nnom breux, et le poète en m anie les term es avec plus de p ré ­\ncision ; puis il est arrivé ici à une intensité d’im ages douces\net tendrem ent profondes, à des rim es et à des rythm es qui\ns’allient délicatem ent au charm e éteint de la pensée. Ce ne\nsont pas encore les formes les plus nouvelles de l ’a r t moderne;\ncertaines expressions, aussi, m anquent de noblesse et de légè­\nreté ; m ais il y a la souplesse et la grâce fluette d’une poé­\ntique plus subtile, qui s’unit, jo liette et langoureuse, à la\nmélancolie sentim entale du poète. L a sentim entalité est sou­\nv ent la plus agaçante des efflorescences du cœur. D ans le\nlivre de Georges R odenbach, elle en p a ra ît la plus exquise.\n\n\n\n\n   Episodes , le recueil publié p ar H en ri de R égnier, v it d’une\nvie différente. I l passe dans ses vers un souffle plus vibrant,\nqui se tra d u it p a r certains m ots héroïques. H en ri de R égnier\nest u n parnassien fortem ent influencé p a r la m anière de\nStéphane M allarmé. Son vers, en général tro p décoratif,\nétincelle parfois aux scintillem ents d’un m ot d’une im prévue\nrareté subtile ; et de plus en plus, — suivant le cours balancé\nde ses désirs, — le poète ira m archant dans la voie m oder­\nniste.\n"}, {"page_pdf": 253, "page_imprimee": 230, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2037, "texte": "230                                                                   L a Wallonie.\n\n\n   Épisodes — ce titre, trop modeste, est dém enti par le livre,\n— n ’est pas une œ uvre de langueur et de sourires éteints,\ncomme du Silence ; l’œ uvre procède de la “ lassitude „ en ce\nsens qu’elle est une évasion du monde. C’est une fiction d’âme,\nainsi que l’a voulue l’auteur ; mais la fiction d’une âme qui\ns’ém eut vers l’épopée; témoins ces vers :\n        J'a i m a rc h é v e rs le b u t a rd u d ’un apogée\n        P o u r q u e , d iv in isé p a r le c u lte fu tu r\n        Des T em ps, sig n e c éleste , au firm am en t j ’élève\n        P arm i les a stre s c la irs qui c o n ste lle n t l’A zur,\n        Une É to ile à la p o in te a ltiè re de m on glaive.\n\n  H enri de R égnier est h anté p ar cette idée qu’une existence\nantérieure a été nôtre son livre me p ara ît tendre à ce b ut :\nrestituer, comme elle peut lui parvenir p ar des éch os d’une\ninterm ittence confuse, la vie de son “ âme de jadis. ,,\n        . .. d a n s n o tre som m eil, v eillé p a r les c h im è re s,\n        Nous avons g a rd é to u t u n é b lo u issem en t\n        De l’époque ab o lie e t des au b es p re m iè re s ...\n\n         Les d o u x so irs d’a u tre fo is s u rg is s e n t u n à u n\n        E t to u rn e n t le n te m en t e n u n e ro n d e é tra n g e .\n\n   L ’idée de cette restitution est bien moderne, et l’œ uvre en\nacquiert une volontaire unité, m alheureusem ent rom pue p ar\nquelques pièces étrangères. H enri de R égnier procède p a r la\ndescription : une succession de tableaux unis p ar des sonnets\nqui form ent transition. C’est dire que l’œ uvre est plastique\nbien plus que musicale, et il est dommage que l’auteur n ’ait\npas eu plus souvent recours aux inductions psychologiques,\net aussi à la suggestion qui laisse deviner ce que l’on ne pour­\nra it peindre. Cependant quelques-uns des sonnets, et, parm i\nles tableaux, les derniers surtout, m ontrent des tendances\nplus profondes. Tel sonnet donne une impression de chaleur\n"}, {"page_pdf": 254, "page_imprimee": 231, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1954, "texte": "     Chronique Littéraire.                                                          231\n\n\nestivale et bourdonnante qui est avant to u t sensuelle, m ais\nra re ; et dans presque toutes les pièces foisonnent des com­\nparaisons lum ineuses, des m ots forts, in attendu s et dorés, qui\nfont songer aux glaives ornés de pierreries.\n   L a technique de H enri de R égnier est adéquate à sa pensée :\ndes rythm es alternativem ent solides ou brisés, — m ais aux­\nquels m anque peut-être la ligne gracile des gothiques; — et\ndes harm onies pleines et fermes sans couleur bru tale, parfois\ncaressées de nuances très douces.— J e voudrais citer beaucoup\nde vers des E pisodes , ce beau sonnet :\n         Les h e u re s, fol essaim ! s o n t m o rtes u n e à u n e ...\n\nou bien Paroles dans la N u it, Ariane, Cendres, Prélude, la\nGrotte, la Galère, le Verger, d’autres encore. Mais il fau t me\ncontenter de détacher ce sonnet :\n         Selon les je u x d iv e rs du c o u c h a n t, v e rs la m er\n        Où m o u ru t la sp le n d e u r d ’u n s o ir en p ie rre rie s ,\n        N o tre âm e s ’e x alta de R êves e t de Vies\n        P lu s b elles p o u r l’o rg u e il de l’E tre e t de la C h air:\n\n        N’a v o n s-n o u s pas c o n q u is a u x te rre s d ’o r céleste s\n        Ces lam b eau x de n u é e en flocon de to iso n s ?\n        Le s a n g de l’H ydre m o rte av iv a les tiso n s\n        D u b û c h e r fab u leu x où b rû lè re n t n o s re s te s .\n\n        E t l’o m bre c in é ra ire en le ciel en v ah i\n        S’é p an d , lin c e u l d e n u it, s u r le v a illa n t tra h i\n        Q ue p le u re u n rite n u p tia l d e C hoéphores,\n\n        E t le v e n t qui tra v a ille en l ’o m b re à l’œ u v re o b scu r\n        Vide le m au so lée e t les u rn e s so n o re s\n        Des c e n d re s , p o u r q u ’en n a isse le p rin tem p s fu tu r.\n                                                                        L. HEMMA.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-009", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 232, "page_fin": 233, "titre_corps": "De la peinture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Auguste Donnay", "ancre_debut": "PETITE CHRONIQUE. DE LA PEINTURE. 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N ulle aspiration vers l ’a u -d e là; une visible\npréoccupation de faire propre et bien, — acceptable ; et sur\nles tem péram ents, un vernis.... égalitaire!\n   D e ci de là, des toiles très estim ables, signées V erwée,\nStobbaerts, V erdyen, V an Leem putten, A sselberghs, H ague          ­\nm ans, Berchm ans, V an Engelen, Bauës, etc. D ’autres\npeintres, moins adroits peut-être, font vibrer un a rt plus\nintim e qui côtoie davantage nos désirs ; les m eilleurs d’entre\neux : A ndré Collin, X avier M ellery, Binjé, T y tg a d t et\nM arcette fils.\n   L es chercheurs de lumière, absents; presque to u tes les\nœ uvres sont encore saucées de ce bitum e si cher à l ’école\nd ’Anvers. U n seul artiste, W ytsm an, abandonne résolum ent\nl’antique ornière. Il ne vise point à donner une impression\n"}, {"page_pdf": 256, "page_imprimee": 233, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1211, "texte": "     P e tite C h ron iq u e.                                      233\n\n\nintellectuelle au sens absolu du m ot; m ais ses atm osphères\nfluides, transparentes, la vibration diluée des rayons su r ses\ntoiles, sont un achem inem ent vers un a r t plus intangible.\n     Cent fois plus intéressant que la grosse exposition officielle,\nest le p e tit salon où de W itte et Mignon ont rassem blé quel­\nques unes de leurs œ uvres. On sent la une conscience d 'a rt\nferme, de l’assurance et de la conviction; et vraim ent cela\nfa it du bien, — au sortir des halles du conservatoire où\nflorit le commerce de la toile peinte, — ce p e tit coin où un\na r t jeune, indépendant et volontaire s’épanouit librem ent.\n    D e W itte et Mignon ne m archent p o u rtan t pas toujours\nvers le b ut de nos rêves. N otre idéal, s’il faut le dire, le voici :\n    non point seulem ent la forme pour la forme, m ais la\nrecherche d ’œ uvres suggestives dans lesquelles la forme\nserait le contenu d’un symbole, — de même que les joaillers\nsertissent dans leur or les nobles gemmes d’où s’effuse et se\nrépand comme un effluve m agnétique — la lumière.\n                                        A u g u s t e DONNAY.\n\n\n\n\n                     "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-010", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 233, "page_fin": 235, "titre_corps": "La symphonie libre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Alb. M.", "ancre_debut": "LA SYMPHONIE LIBRE. A l’Emulation, un fort beau concert", "ancre_fin": "Alb. 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B yrom ; nous n ’avons pas à revenir sur\nce chef-d’œ uvre qu’on ne discute p lu s; m ais la prem ière\npartie de la soirée était consacrée à la Symphonie libre\n"}, {"page_pdf": 257, "page_imprimee": 234, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2215, "texte": "234                                                                 L a Wallonie.\n\n\nd ’E R ASME R a w A y , œ u v re p u iss a m m e n t e t ré s o lu m e n t n o v a ­\nt r ic e q u i a le p r iv ilè g e de fa ir e to m b e r d u h a u t m a l c e r ta in s\néminents p e rs o n n a g e s d e n o tr e r o y a l c o n s e rv a to ir e . L ’a n a ly s e\nde la Symphonie libre a é té d é v e lo p p é e ic i m êm e, l ’a n d e rn ie r,\nlo rsq u e l ’E m u la tio n p r it l ’in itia tiv e d ’en d o n n e r la p re m iè re\na u d itio n ( 1). M a is p u isq u e —          à u n e e x c e p tio n p rè s — , la\np re s se lié g e o is e n ’ a p o in t p a r lé d e c e t te s u p e rb e c o n ce p tio n\nm u s ic a le d ’ un L i é g e o is , i l f a u t d ir e e n c o re , e t m o tiv e r , n o tre\na d m ir a tio n ré fléc h ie .\n    L a symphonie d’E rasm e R aw ay est le triom phe de l’A na­\nlyse et de la Synthèse aboutissant à l’Unité. Synthétique\ndans la pensée, analytique dans la forme, elle procède des\nprincipes énoncés p a r la neuvième sym phonie et p ar la T étra­\nlogie. U n thèm e générateur surgit, et, dès l’introduction,\ndonne naissance à cette famille de motifs qui seront la vie\nm ouvante et fourm illante de l’œ uvre entière. P uis les germes\nde l’introduction grandissent : ils deviennent la rude et ferm e\ntige du scherzo, se développent idéalem ent en larges phrases\naux ram eaux purs de l’adagio, — pour créer à leur tour, dans\nle finale, la sombre F leu r qui est le B ut présent et le fécond\nA venir de cette œ uvre de vie.\n   L a Symphonie libre est un drame, un dram e psychologique;\ne t elle a ce caractère, bien wallon, d’une absolue subjectivité.\nE rasm e R aw ay proscrit l’im itation (2), la description, to u t ce\nqui est purem ent objectif. Même dans le scherzo, où passe\navec le plus de force le courant de la vie extérieure, cette vie\nest seulem ent accusée en ta n t qu’elle affecte le sujet ; l’artiste\nne décrit point la vie, m ais les seules impressions du sujet. De\n\n\n   ( 1) Voir la W a llo n ie , Avril 1887.\n   (2) Ce m ot p ris d an s le se n s d 'h a rm o n ie im ita tiv e , e t n o n d a n s le sens\ntech n iq u e de c e rta in e form e m u sic ale , cela v a de soi.\n"}, {"page_pdf": 258, "page_imprimee": 235, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1184, "texte": "     Petite Chronique.                                          235\n\n\nmême pour l’adagio : ce ch ant profond qui s’ém eut aux in ti­\nm ités d’une âme ; de même pour le finale, ce tum ulte d’im­\npressions entrechoquées dans un cerveau, et qui tout à coup\ns’unissent pour form er le je t définitif et triom phal d’une\ngénératrice Pensée.\n   Nous pourrions an a ly se r la sym phonie libre à un point de vue\nplus spécialem ent m usical, dire notre respect pour la science\npolyphonique de R aw ay, in sister sur la m aîtrise de certain\nchoral qui nous h a n te ; m ais cela, d’autres le feront et l ’ont\nfait. Ce qu’il fallait ici m ettre en lumière, c’est la puissante\nm odernité de l’œ uvre et son accord avec les tendances les\nplus nouvelles de la littératu re et des arts plastiques, — si la\nsynthèse et l’unité de conception sont le b u t de nos désirs,\net si sym boliser c’est voir la philosophie du m onde extérieur,\nen cherchant dans les choses non point leur forme m atérielle,\nm ais l’essentielle pensée qu’en peut faire ja illir le geste de\nl’A rtiste.                                         A l b . M.\n                                 *\n                                * *\n  "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-011", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 235, "page_fin": 237, "titre_corps": "Petite chronique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Camille Lemonnier a restitué son vrai titre à la pièce", "ancre_fin": "En le cœur qui pleure sans trêve !", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "De René Ghil, la lettre suivante", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 258, "page_imprimee": 235, "debut_caractere": 1184, "fin_caractere_exclue": 1847, "texte": "Camille L em onnier a restitué son v rai titre à la pièce qu’il\nfait représenter au th é âtre du Parc. L e drame ne s’appelle\ndonc plus Cachaprès , m ais Un M âle , comme le rom an dont il\nest tiré.\n  Disons vite que la pièce, d’un naturisme étonnant·, a eu le\nbeau succès qu’elle m éritait.\n                                 *\n                                * *\n   L ’ anthologie Contemporaine dont nous avons p arlé déjà,\npubliait dans sa prem ière série des extraits d’œ uvres de\nCamille Lem onnier, Georges Rodenbach, C atulle Mendès,\nL éon Cladel, Stéphane M allarm é ; e t puis de Théo H annon,\nCharles V ignier, J. K . H uysm ans, E douard D ujardin, Mau-\n"}, {"page_pdf": 259, "page_imprimee": 236, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2312, "texte": "236                                                               L a Wallonie.\n\n\n\npassant, Octave Maus, Edm ond Picard, J . P éla d an , P au l V er­\nlaine et Em ile V erhaeren. Toutes les brochures ne v alen t pas\ncelles que nous citons ; m ais un assez grand nom bre sont\nintéressantes.\n   L ’album de prose et de vers consacré à des fragm ents de\nM allarm é est surtout précieux : sauf la grande édition m anu­\nscrite, très coûteuse, les œ uvres du M aître reste n t dissémi­\nnées en des brochures et livraisons de revue dont beaucoup\nsont rares, et le p etit album de l ’anthologie en acquiert plus\nde prix.\n   C harles V ignier a laissé reproduire quelques pièces de vers,\ndont une ou deux curieuses, extraites de Centon, et un p etit\nbout de scène en prose d’un “ Jules-Laforguism e „ am usant.\nNous pointons dans la brochure lui consacrée, cette pièce un\npeu superficielle m ais exquise et bien m oderne :\n                                                  Un grand som m eil noir\n                                                  Tombe sur ma vie :\n\n\n\n\n                 R\n                                                  Dormez tout espoir,\n                                                  Dormez , toute envie.\n                                                                   P a u l   V e r l a in e .\n\n                   o ses ro se s, où les ro s ées\n                 R o u len t le u rs g o u tte s d ’a rg y ro se s,\n\n\n\n                 O\n                 R oses, on les d ira it ro sées\n                 P a r les fa rd s de l’a u ro re ro se !\n                    les su av es c a n t ilènes\n\n\n\n                 O\n                 Q ue c h an te la so u rc e en ch a n té e\n\n\n\n                 O\n                 L’arô m e doux des m a rjo la in e s !\n                   c h è re p la in te c h u ch o ttée !\n                    le v e n t, le v e n t m o n o to n e,\n                 S u s u rra n t d an s les feuilles ja u n e s !\n                 L am ento lo n g du v e n t d ’au to m n e\n                 Qui s ’étouffe en les touffes d ’a u ln e s !\n                 La p lu ie, ô la d o le n te pluie\n                 Qui n o u s la n c in e e t n o u s tra n s p e rc e ,\n                 Qui fait que n o ire âm e s’en n u ie\n                 Et se fond d an s la g rise a v erse !\n"}, {"page_pdf": 260, "page_imprimee": 237, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 347, "texte": "     Petite Chronique.                                                      237\n\n\n                     Puis l’heure fuit. Éternel leurre\n                     Qui promet l’heur à notre rêve !\n                     O douleur en le cœur qui pleure,\n                     En le cœur qui pleure sans trêve !\n\n                                       *\n\n\n  "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-012", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 237, "page_fin": 238, "titre_corps": "Lettre de René Ghil", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "René Ghil", "ancre_debut": "De René Ghil, la lettre suivante : Paris, 4 mai 88. Mon cher M***", "ancre_fin": "René Ghil", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Nous recevons les premiers numéros", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 260, "page_imprimee": 237, "debut_caractere": 347, "fin_caractere_exclue": 1896, "texte": "D e R ené Ghil, la lettre suivante :\n\n                                                         P aris. 4 mai 88.\n               Mon cher M***,\n\n  I l p araît que le DÉCADENT e s t lu par q u elq u ’un : la J e u n e\nB e l g i q u e r e la te , m e d it-on , qu ’e n u n de se s dern iers n os le\nd irecteu r de c e tte fe u ille , M. B a ju , d éclara que j ’a v a is m en ti !\n   A M. B aju j ’adressai alors la lettre ci-dessous, sans espoir\nd’ailleurs, vu sa m auvaise foi, de l’insertion; et l’on n ’a pas\ninsér é, je crois. Personne n ’ay an t parlé, j ’oubliai.\n  V oulez-vous me pardonner de vous faire im prim er en\nvotre WALLONIE ce nom d’Anatole Baju, et produire la\nlettre. Prem ière et dernière réponse, n ’est-ce p as? car ce\nmonsieur d ésirerait seulem ent une polémique qui lui serait\nréclame....\n  J e ne m ’indigne ni ne m ’afflige, cher am i: ici, ce n ’est\nautour de moi et de mes quelques amis que rages, tortueuses\ntoujours! du grand nom bre des m ystificateurs et im puissants,\nque colères sournoises des prétendus m archeurs en avant,\ntous “ prophètes du passé „ ; prophètes du P arnasse, au fond.\n   J ’en su is h eu reu x: c ela sig n ifie que j e n e m e su is pas\ntrom p é. E t, a in si, sa n s que m e so ie n t d es r eg r ets, le T r a i t é\nDU V e r b e , d é fin itif, ce m o is, dira, en m êm e te m p s que to u t\nle m o t de m on v o u lo ir e t de m a v ie , to u te m a p e n sée su r leu r\np o é sie d’ig n o ra n ce, de sop h ism e e t de n éa n t.\n   A u long, après, notre ami M. A chille Delaroche dévelop­\n"}, {"page_pdf": 261, "page_imprimee": 238, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1809, "texte": "238                                                               L a Wallonie.\n\n\n\npera en vos pages : du droit de sa science serrée et de son\nn euf talent.\n   Au revoir, et merci, de votre toujours dévoué\n                                                                    R e n é G H IL.\n\n                                                                  P aris, avril 88.\n\n                à M. A. Baju, directeur du DÉCADENT.\n  De mon droit de réponse cette lettre à insérer en votre plus\nprochain n°.\n   V o u s m ’a c c u s e z de “ m e n tir e ffr o n té m e n t,,, c a r j e m e s e r a is\n“ fa u s s e m e n t,, v a n té ! e n la W A L L O N IE , d ’a v o ir re p o u s sé v o s\no ffre s de c o lla b o r e r à v o tr e s i a m u s a n t jo u r n a l.\n  Inutile presque de relever. Si quelqu’un, p ar hasard, a lu :\nRené G hil accusé de mensonge, et p ar vous, c’est là un non-\nsens qui saute aux yeux.\n  Mais vous, avez m enti : l’article auquel vous faites allusion\nn'est pas signé de moi, et vous donnez à entendre le contraire.\nCelui qui l’a écrit, av ait vu sim plem ent, sans doute, en votre\nE C O LE d é c a d e n t e , l’endroit où vous me décernez du\n\n“ génie „ : évident appel, en effet, et sûr si j ’étais un imbécile,\nà m a collaboration.\n   E t il a v u m a ré p o n s e , a lo rs , au F IG A R O , a ille u r s re p ro d u ite :\nc e la , ou i, é ta it u n e in ju re , e t j ’a i d it m o n m é p ris.\n  A ujourd’hui, j ’estime que vous me servez, en rétrac ta n t\nindirectem ent ce m ot qui me pouvait faire tort, venant de\nvous....\n   C e tte le ttr e p a r a ît r a é g a le m e n t à la W A L L O N IE .\n                                                                    R e n é G H IL.\n                                            *\n                                           * »\n  "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-013", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 238, "page_fin": 240, "titre_corps": "Petite chronique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Nous recevons les premiers numéros d’un journal littéraire louvaniste", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 261, "page_imprimee": 238, "debut_caractere": 1809, "fin_caractere_exclue": 1937, "texte": "Nous recevons les prem iers numéros d’un jo u rn al littéraire\nlouvaniste; titre : la Revue belge, bimensuelle, 4 fr. l’an ; le\n"}, {"page_pdf": 262, "page_imprimee": 239, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1968, "texte": "        Petite Chronique.                                                                 239\n\n\n directeur est M. Charles Tilm an, m ais sa revue s’annonce\néclectique — avec des théories passablem ent drôles su r la\nliberté de p enser et d’écrire ! — et nous ne voulons pas la\njuger d’après ses prem ières livraisons.\n\n                                               ***\n                                                  *\n\n    L ’I d o l e (*), une curieuse gravure satirique à l’eau-forte\nintitulée : E ssais sur les divinités modernes. Idoles et Fétiches\npopulaires , représen tan t : V e-thor U r-goth (Victor Hugo).\n E n dieu indien, il est assis sur une bouche d’égout en guise\n de trône. L ’un de ses m ultiples bras soutient le moulin\n “ A vant, pendant et après l’exil, „ les ailes sont des lames\n de rasoir. — D ’un autre bras il supporte un tem ple qui\n p ara ît être l’In stitu t, au fronton duquel on lit : “ Pagode\n fermée au D ieu inconnu. „ De deux de ses bras du milieu\nil jongle avec des mots, tandis que d’un autre encore, il\nbénit. De ses deux bras inférieurs enfin, l’un étend une m ain\ncrochue sur de gros sacs gorgés d’or, l’autre s’appuie su r de\nnom breux paquets de ficelle, dont un bout- est avalé par\nle porc “ Demos, „ et, trav e rsan t le corps de celui-ci, est\navidem ent dévoré p ar le dogue “ Populo. „ I l en so rt pour\nm aintenir un ballon-réclam e sur la tête de la déité, dont on\ndevine la face parm i les nuages qui la voilent. L e crâne\nse détache su r une lyre, tatoué d’une tê te de m ort, et\nle ventre voyant de l ’idole, où gravés l ’A lpha et l ’Oméga,\nest éclairé par une lan tern e....\n   Au-dessous de cette allégorie est un sonnet truculent, dans\n\n\n    (1) Chez Jo ly , 19. quai S ain t-M ich el, à P a r is ; la g ra v u re , tir é e à p e tit\nn o m b re , e s t envoyée fran c o c o n tre m a n d a t :\n   ln -4 ° co lo m b ier, p a p ie r v e rg é , 5 fran c s.\n   Q uelques ép re u v es s u r Ja p o n , 10 fran c s.\n"}, {"page_pdf": 263, "page_imprimee": 240, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1996, "texte": "240                                            L a Wallonie.\n\n\n\nlequel l’auteur exprim e son sentim ent sur Celui qu’il a si\nsingulièrem ent déifié.\n  C ette bizarre apothéose, signée Jam -her (?) est datée de\nm ars 1885, antérieure donc à la m ort du grand Poète.\n                               *\n                               *       *\n  M. Gaston D ubédat — l’ancien directeur des E c r i t s\nPOUR l ’A r t , v a publier dans quelques jo u rs un numéro spé­\ncial où se retrouveront une fois encore les collaborateurs de\nla défunte revue. On parle même de re sta u re r com plètement\nles É c r its , l’an prochain ; il va sans dire que nous applaudis­\nsons de to u t cœ ur à ces projets et qu’ay a n t les mêmes rédac­\nteurs m archant au même but, W allonie et É crits pour l'A r t\nseront toujours étroitem ent alliés.\n                                   *\n\n  Encore des coquilles; jam ais Camille L em onnier n ’a fait\nacte de soumission à l’école “ n aturaliste „ — que nous\nsachions du moins. C’est donc naturiste et non pas natura­\nliste qu’il fallait lire, page 199. E t page 203, il fau t lire la\nDanse du glaive au lieu de la Dam e du glaive, pour le titre du\nvolume de vers que prépare A chille D elaroche. Disons à ce\npropos que les quatre livres de notre am i ne seront pas des\nfeuilles détachées au h asard de la trouvaille, m ais une œuvre\n\n\n\n                               *\nsuivie, dont chaque livre form era un chapitre, de même que\nles cahiers de Verhaeren et de Ghil.\n                                   *\n                                       *\n   Nous recevons le Salon du F ron deur , collection de carica­\ntu res dont plusieurs lestem ent enlevées ; la brochure s’ouvre\np a r une vive, sincère et alerte critique du salon liégeois, —\nla m eilleure qui a it paru, sans aucun doute. A près les poncifs\ndu conservatoire, vrai, cette bouffée d’air jeune fait plaisir.\n\n  L a W allonie ne p a ra îtra pas le mois prochain, mais don­\nnera, le 1er ju illet, une livraison double.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-203", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 264, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 557, "texte": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANEE\n       H. Z E Y E N .\n            137, boulevard de la Sauvenière, 137\n\n\n     S p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é l e c triq u e .\n\n\n\n    FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                     P la ce du T h é â tre , 11, Liége.\nP o r t e - c i g a r e s en é c u m e de m e r , a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s de c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u t é s en ‘2 4 h e u r e s .\n                              RACCOMMODAGES.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3e ANNEE, N° 5.", "ancre_fin": "D’ART", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ernest MAHAIM", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 265, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 160, "texte": "3e ANNEE, N° 5.\n\n                   LA W ALLONIE\n   R E V U E M E N SU EL L E D E L IT T É R A T U R E E T D ’A RT\n                                        "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Comité de rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Ernest MAHAIM", "ancre_fin": "SIVILLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Bureaux : rue St-Adalbert", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 265, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 160, "fin_caractere_exclue": 418, "texte": "E r n e s t M A H AIM ,\n            _                           A l b e r t M OCKEL,\n            C om ité de R é d a c tio n\n                                        P . M. OLIN.\n                                        Maurice SI V IL L E .\n                  "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-206", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Bureaux : rue St-Adalbert", "ancre_fin": "6 fr. 50.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 265, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 418, "fin_caractere_exclue": 656, "texte": "B ureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\n Envoi d’ un num éro spécim en co n tre 5 0 cen tim es\n                 en tim b res-p oste.\n       ABONNEMENT : 5 f r . p a r an. 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L ’Abîme.\n G eorge G a r n i r ........................... G loire d’Amour.\n Achille D elaroche . . . .                         L e B onheur (poème p ar Sully\n                                                       Prudhom m e).\nM ario V a r v a r a ......................De l ’A lbum parisien.\nA u g u ste V i e r s e t ......................Concert.\nA lb e rt M o c k e l ........................... L ’A ntithèse.\n                                Chronique littéraire :\nL. H e m m a ........................... E n                  Allemagne,        p ar Camille\n                                                              L em onnier; du Silence , p ar\n                                                              Georges R odenbach; E p i­\n                                                              sodes , p ar H enri de R égnier.\n                                     Chronique de l ’A rt :\nAug. D o n n a y ........................... D e la P einture.\nX ...................................................... L a Sym phonie         l ib r e .\n                                       P e tite chronique.\n\n\n\n                      La\n      "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-05-31-n5-208", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Dépôts de vente", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quelques collections", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 265, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1931, "fin_caractere_exclue": 2903, "texte": "Q uelques c o lle ctio n s de LA W ALLONIE (-188G e t 1887) s o n t en v e n te\n                                    au p rix de G fran c s.\n                            W a llo n ie e st en ven te\nA LIÉGE : Chez MM. G n u sé ; G e o rg e ; D ’H e u r; I)ec q ; D e so e r; A u bette du\n      P o n t d ’A vroy ; A u b ette place S a in t-L a m b ert.\nA BRU X ELLES : Chez MM. R osez, lib ra ire , e t Ista c e , lib raire.\nA PA R IS : Chez MSI. V anier, lib ra ire , -10, Quai S t-M ic h e l; S av in e, lib ra ire ,\n     18, ru e D ro u o t, e t à la L ib ra irie N ouvelle, ru e de la B oétie, 3.\nA GAND : Chez MM. A. Ho ste, lib ra ire , ru e des C ham ps ; W en n ew itz (M uquard),\n    lib ra ire , ru e des C ham ps ; V uilsteke, lib ra ire , ru e Aux V aches.\n  ANVERS : chez Mme Ve De V e tte r, re m p a rt Ste-C a th e rin e ; M ax R u es, 50 ,\n    ru e des T a n n e u r s .\n                                        Des presses de H . Vaillanl-Carmanne, à Liége.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 226, "texte": "        3me Année. — N° 5.\n\n\n\n\n   LA\nW A L LONIE\n\n\n\n\n             31 Mai 1888.\n"}, {"page_pdf": 227, "texte": "   E C R I T S P O U R L ’A R T\n                        UNE SEULE LIVRAISON\n\n              contenant l’exposé des désirs du groupe\n                          va p ara ître à P aris.\n\n\n               C A P R IC E              I tliV L i;\n       JO U R N A L    A R TIST IQ U E     ET       L IT T É R A IR E\n          B ureaux : R ue du J a rd in B otanique, Liége.\n                      A bonnem ent : 6 fr. p ar an.\n\nA paraître chez E. D E M A N , rue d’Arenberg, Bruxelles.\n\n\n    PO ÈMES D’EDGARD A L L A N POE\n           trad u its par S té p h an e M ALLARM É\n\n        L E     T R A I T É            D U      V E R B E\nAVEC L A PH IL O SO PH IE & L ’E ST H É T IQ U E D E L ’A U TE U R\n           p a r R ené G H IL : Tirage à 110 exempl.\n\n\n                  Les Fambeaux Noirs\n         L iv re de vers p ar E m ile V E R H A E R E N .\n\n               E N       A L L E M A G N E\nIM PR ESSIO N S D ’UN PASSANT, p a r Cam ille L em onnier\n           L ib rairie illustrée, P aris, prix : fr. 3,60.\n\n\n                        ÉPISODES\n     L IV R E D E V ERS, P A R H e n ri DE R É G N IE R\n                  Chez      V A N N IE R , Paris.\n\n  DU SILENCE, vers, par Georges Rodenbach\n                Lem erre,       Paris, Fr. 1 .5 0 .\n"}, {"page_pdf": 228, "texte": "              L E S RÉSIGNÉS.\n                                           P o u r celu i qu i p a rt\n\n\nh ! si rêveurs, et las, ils partent les nuits calmes,\nO\n P a r la v oix des mots doux et le bien des baisers,\n T ou t seuls, vers le su b til des brouillards épuisés\nOù la brise a tendu ses éventails de pa lm es!\n\nIls p artent, et voyant les alisiers pâlis\nE ffeuiller en frissons tant de corolles blanches,\nD evin ent, telles qu’eu x, les choses sur les branches,\nD o n t l’ âme sombre ira souffrir les longs oublis.\n\nD es vertiges d’ azur sous leurs paupières blondes,\nI l s réveillent l’essor de leurs rêves dormants,\nE t comme les oiseaux ivres de firmaments ,\nLeurs souvenirs lointains passent les intermondes.\n\nA in si, cher résigné qui souffrez l’ abandon,\nN u l espoir des retours en la folle infidèle!\nE t vous allez, noyant ce que vous eûtes d’elle\nA u x échos des regrets inondés de pardon,\n\nTriste et las, recueillir les p lu s lasses délices,\nP a r delà les mots doux et les tendres baisers,\nTou t seul ! vers les parfum s des halliers épuisés\nOù la chimère ceint de palm es les calices!\n\n                                      George K E LL E R\n"}, {"page_pdf": 229, "texte": "                    L ’ABIME.\n\n\n         Lui, l’incomparable artiste, le rêveur hautain,\n          l’implacable violateur, le chercheur opiniâtre\n          et calme, au front blême et ridé de soucis\n          énormes, lui, le Fort, le Grand, qui si bien\navait su dompter en lui l’homme qu’il en était presque\ndemi-Dieu, ouit un jour parler d’un lac, d’un beau\nlac légendaire inaccessible, entouré d’immenses rocs\nà pic, dont la nappe miroitante jamais n’avait été\nridée par une chose terrestre, et n’avait reflété que\nl’invariable bleu vierge du ciel.\n    E t, alors, il eut un désir orgueilleux et cruel, le\ndésir grandiose de se mirer voluptueusement dans\ncette eau virginale, dans cette eau qui n’avait reflété\nque le splendide azur et la voûte criblée d’étoiles des\nnuits toujours belles. Il franchit des obstacles insur­\nmontables pour tout autre, il parvint, le Puissant, à\nl ’abîme ; il descendit, creusant lui-même des marches\ndans le roc dur pour s’y accrocher des pieds et des\nmains, et se trouva enfin au niveau de l’onde impé­\n nétrablement mystérieuse.\n"}, {"page_pdf": 230, "texte": "    L'abîm e.                                               207\n\n\n   Ricanant avec une joie mauvaise, il s’inclina vers\nle miroir inviolé, mais n’y vit point son image ;\nplus fort il se pencha, et, dans l’eau glauque, aperçut\nune forme d’abord vague, qui devint un fantôme lui\ntendant les bras, il eut la vision de la Femme d’élec­\ntion rêvée, de la sphynge idéale qui toujours se\ndérobe à l’homme, éternellement fugitive !\n   E t, s’élançant vers cette sirène qui lui offrait son\nmagique embrassement, il tomba avec un cri rauque,\nun cri chargé de haine impuissante : car, à l ’instant\noù son corps toucha le fluide miroir, il subit l’étreinte\nimmonde d’un squelette grimaçant, aux os duquel\npendaient des chairs pourries.\n   Il y eut sur le lac un ricanement sinistre que réper­\ncutèrent les échos des rochers :\n   L ’eau se referma implacablement, comme retombe\nla pierre d’un sépulcre.\n\n                    C h a r le s   D E L C H E V A L E R IE .\n"}, {"page_pdf": 231, "texte": "          GLOIRE D’AMOUR.\n\n\nT    ANDIS qu’au Ciel V énus, rêveuse d’indolence,\n      Semble un soleil voilé de soir et de langueur,\n      On songe que l ’on porte au re tra it de son cœur\nP lus de paix que la nuit n ’enferme de silence.\n\nO douceur ! étendant la droite vers le Ciel,\nOn sent n aître en son cœur la volupté voulue,\nD ’écrire vaguem ent le nom cher de l’élue\nSur l’ombre de la nuit, voile im m atériel.\n\nL ’âme s’épanouit de vaillances hautaines\nE t de la pureté des époques lointaines.\nE t soudain l’on voudrait, sous les cieux entrouverts\n\nOù le scintillem ent des étoiles s’allume,\nForger des strophes d’or sur la solide enclume\nOù les plus fiers rim eurs ont m artelé leurs vers !\n\n                                   G eo rge   G A EN IE .\n"}, {"page_pdf": 232, "texte": "                    L E BONHEUR.\n\n                              POÈME\n\n\n                     par Sully-Prudhomme.\n\n\n     TRANGE,\n     E             et pour la joie et protestation des poètes en\n        ce tem ps de prose à outrance, s’ouvre à nous le nouveau\n        rom an en vers de M. Sully-Prudhom m e. Roman, certes !\net psychique, bien que s ’épanouissant dans les étoiles, à\nl’in star de telle fantaisie d’astronom e. A ces constructions\ncosmiques, d’ailleurs, comme il appert en m ain t endroit de\nses œ uvres, essentiellem ent se com plaît l’esprit de l’auteur.\nE t c’est, je pense, touchant hommage au Zodiaque qu’il fau t\nin terp réter cette division en douze chants, si dès longtem ps\ninsolite.\n   Inquiet de la F élicité parfaite et ballo tté p ar les mille\npéripéties — vainem ent distraites — d’un dram e intim e,\nd’av a ta r en avatar, ju sq u ’au cycle suprêm e enfin conquis,\névolue le héros du livre — F a u s t u s , dont il fau t dire en\ndétail et p ar ordre les aventures.\n   I l trépassa h ier : et pour toujours, semble-t-il, la conscience\nde son identité a sombré dans la n uit du n éant. Mais sou d ain ,\nvoilà qu’il s’éveille de l’éternel sommeil dans un m ond e\nétrange et luxuriant et devant lui se tie n t celle q u ’i l aim a\n"}, {"page_pdf": 233, "texte": "210                                                                   L a W allonie.\n\n\n\nsu r te rr e e t q u ’u n stu p id e p r é ju g é d e c a s te lu i in te r d it à\nja m a is de p o s s é d e r — S T E L L A .\n\n               Ta c h a ir com m e la m ie n n e a tra v e rs é la m o rt.\n               La te m p ê te e st passée e t je t’a ccu eille au p o rt !\n\nlui dit-elle.\n   L es deux amis p arte n t sur un coursier ailé pour explorer\nleur nouveau séjour.\n   C’est d’abord la flore : si subtile et enivrante, qu’elle pro­\nvoque une crise de nerfs chez F austus\n                  Qui succom be ép u isé, p le u re e t s ’é v an o u it.\n\n   Stella lui sert l’am broisie et le nectar : c’est “ une précieuse\nliqueur „ puisée à la source voisine, et des fruits qui \" d ’un\npur fluide enrichissent les veines. „ Car on ne m ange pas de\nchair en cet E den :\n                 Jam ais pareil fe stin n e so u ille ra no s fêtes ;\n                  Ic i, p lu s de san g ré p a n d u .\n\n   Chemin faisant, nos voyageurs font connaissance avec les\nh abitants de la planète : “ gracieux et hardis cavaliers „ qui\nfurent, dit Stella, les prem iers hommes de toutes races ay an t\npeuplé la terre.\n   Jadis, laids, torturés de m aladies, esclaves, ils sont m ain­\ntenant beaux et libres, “ réalisan t leurs derniers types\naccomplis. „ F austus leur apprend que leurs descendants\npossèdent enfin la glèbe sur la q uelle ils furent courbés, mais\n               Sans g a g n e r le b o n h e u r, ils o n t co n q u is le d ro it.\n\n  R este l ’harm onie, dont F austus n ’avait eu sur te rre qu’im par­\nfaite sensation. Alors Stella chante devant lui ; d’abord avec sa\nvoix ancienne, puis avec sa voix d’im m ortelle; et, dépouillant\nsa forme terrestre qu’elle a gardée jusqu’ici pour être recon­\n"}, {"page_pdf": 234, "texte": "   L e Bonheur.                                                               211\n\n\nnue de son am ant, elle se révèle transfigurée, dans toute la\nsplendeur de sa beauté céleste, à F au stu s qui, m uet et blême\nd’extase devant son rêve réalisé, s’écrie :\n           D ans u n h y m en sublim e u n isso n s n o s d eu x ê tre s !\n\n .... et n ’a pas ouï une rum eur immense et confuse qui m onte\n de la terre, “ plainte de l’hum anité souffrante à sa cause\nm uette. „\n    Cependant cette félicité si parfaite ne suffit pas à F au stu s:\nle souci de savoir, le tourm ente ; il veut “ arrach er le secret\nau silence du gouffre „ et s’adresse aux m aîtres du savoir\nhum ain.\n    “ Amour et volupté, voilà le dernier m ot de to u t, „ répond\nla sagesse antique.\n    “ Volonté ! ton salut est de tendre au n éan t ! „ d it la\nmoderne. “ Sonder l’infini est folie, „ reprend le savant,\n“ seul, ce qui est pondérable et se m esure doit nous\noccuper. „\n    Déçu, F au stu s se résigne, sur le conseil de P ascal, à aim er\nsans comprendre.\n    Mais les clam eurs de la te rre ont enfin réussi à percer\nl’étendue et viennent troubler son égoïste bonheur. Alors un\nétrange projet a germ é en lui : il v eu t aller p o rter secours\naux damnés de la te rre e t s’en ouvre à son amie. Stella,\nd’abord effrayée, offre de p arta g er avec lu i le danger et la\ngloire de\n            T e n d re sa p a rt de ciel au p a u v re g e n re h u m ain .\n\n   P our l’accom plissement de ce grave dessein, la m ort a con­\nsenti à les rem porter sur la terre. L es voilà donc p artis pour\nle g rand voyage; ils arrivent, ils a tte rrisse n t. M ais, hélas ! le\nvieux globe a bien changé depuis leur dép art : l’homme en\nest disparu. Les généreux époux qui ont fait\n"}, {"page_pdf": 235, "texte": "212                                                                     L a Wallonie.\n\n\n                        .       .      .   .   l'e x p é rie n c e am ère\n                        De l’a ctio n su b lim e e t san s u tilité ,\n\nfondent en larm es, s’accusant d’avoir trop ta rd é à secourir\nleurs frères m isérables. P our apaiser leurs rem ords, Stella\npropose de faire souche d’une race nouvelle dont elle\nsera la seconde E ve et qui possédera le bonheur inné. Mais\nF austus lui fait observer qu’un te l bonheur ne se se n tira it\npas : \" car le cœur ne jo u it que des biens achetés au prix de\nses m aux. »\n                Ou so uffrir ou d é ch o ir, q uelle sév ère loi !\n\ns’écrie Stella qui persiste dans son noble dessein et ordonne\nà la m ort d’aborder à terre. Mais, sur un signe de l’arbitre\néternel, celle-ci,\n          .     .   .       .       to u rn a n t le dos au globe in fé rie u r,\n           Vers le plu s g lo rieu x séjo u r e t le m eilleu r\n          R av it ép erd u m e n t le couple m ag n an im e.\n\n   E t, sacrés par la charité habitants du vrai ciel dont il\nn ’avaient eu qu’un avant-gout. im parfait, les E lus “ en tren t\nvainqueurs „\n                            Dans le trio m p h e e t d an s la jo ie !\n\n\n  (à suivre.)                                        A c h il l e      D E LA R O C H E.\n"}, {"page_pdf": 236, "texte": "          De l ’A L B U M P A R I S I E N (*).\n\n  2 2 novem bre 87.                                      à J .- F . R a f f a ë l l i .\n\n\n\n\n       Seprécipitant aux premières envolées de notes\n         de quadrille, voici que surgit, sur les étroites\n         planches vulgaires d’un café beuglant, un\n         double couple, dans une crânerie à peine\nsouriante et nonchalante, en face d’une irrévérence\nde salle.\n   L a foule spectatrice déverse comme un hurlement\nde sympathie gouailleuse; et, onduleusement d’abord,\nserpentin, frôleur, le Quadrille incohérent entame\nl’initiale danse.\n   Dévoilant, en le décolleté, une agréable roseur\nd’épiderme, l’une moule sa sveltesse de sautillant\ninsecte dans l’irréprochabilité de noir satin : femme-\ndandy, que lisse et amincit et subtilise une violence\nde soigneuses poses, une intentionnelle mesure de\ngestes élastiques : et que parfois vêt d’une plus\n\n  ( 1) P a r MM. A. S aint - P aul e t M. Varvar a , à para ît re .\n"}, {"page_pdf": 237, "texte": "214                                    L a Wallonie.\n\n\n\néclatante et quelque peu déconcertante correction\ngommeuse le vitreux miroitement d’un monocle\nqui, devant sa prunelle droite, s'encastre.\n   L ’autre, en rose, la mine pouponne, le vague air\nd’une bambine qui se délurerait et se farderait tout\nen gardant encore une éclosion de santé fraîche,\nn’est qu’un vibrant sourire rose.\n   Plus effacés, dans un affaissement de gaieté\nlugubre, les hommes évoluent et se plient, en la\nsoucieuse étreinte de leur élimé habit noir, que\nmarque la longue lassitude de services innombrables.\n   Comme la danse se déploie et s’accélère, plus\nvisiblement les deux rieuses physionomies féminines\ns’ouvrent et vivement s’épanouissent ; un éploiement\nd’idéal éventail évente de molles clapotantes ondu­\nlations de gamines éjouissances leur peau insoucieuse\nde folâtres donzelles ; et plus joyeusement et préci­\npitamment se ramassent et se détendent les invi­\nsibles vivants ressorts de leurs membres, étonnants\nd’un calcul de folie.\n   Les hommes, l’échine souvent pliée, dessinent\nautour d’elles des volutes de chiens cajoleurs ; et\nalors les tailles féminines semblent s’élancer en une\nsveltesse de tiges dominatrices.\n   Mais un signal de baguette frappante commande\nla première halte ; et voilà que se replie la quadruple\nexaltation gigotante, se range au fond de la scène\net se repose dans un essoufflement léger de tempo­\nraire somnolence.\n"}, {"page_pdf": 238, "texte": "    D e l’Album parisien.                           215\n\n\n   Soudain les instruments repartent, les deux cou­\nples s’ébranlent ; et une élégante poussée de jambes\nsavantes jette à l’atteinte des doigts le bord dentellé\ndes jupes saisi délicatement et vite.\n   Tourbillonne, et se complique de fureurs de bonds,\nle quadrille. Proclame une habile finesse de chahut\nla courbe cadencée que décrit un lancement si élas­\ntique de jambes, volant à hauteur de tête et décou­\nvrant, sous les jupes éployées, les tempétueuses\nvagues de blancheurs de jupons. Tout à coup se\ndérobe et s’efface un couple, dans un angle, tandis\nque l’autre paresseusement se balance, maître des\nplanches ; mais preste s’enfuit aussi la partenaire,\net, seul, l’homme, aux précipitations de l’orchestre,\n se désarticule sur place, lançant plus haut que la tête\n sa jambe droite dans un furieux gigotement, sans\njamais toucher terre ; élastique vertige noir, dont la\n résistance ébahissante s’accompagne, en la salle, de\nhurlements admiratifs : illusion de vivant caoutchouc\n que finit par crever d’une tache pourpre une con­\n gestion de visage, et qui à la fin sur les planches\n s’écroule dans un subit écrasement de chair assas­\n sinée, et immédiatement se relève et se campe dans\n une vibration déliée de pose, saluant le déchaînement\n de cris qui le salue.\n    Une fugitive ébauche de générale danse se dessine,\n pour que le second couple à son tour se balance seul,\n et que le partenaire à son tour soit abandonné, par\n l’effacement glissé de sa dame, à l’unique nanifes-\n"}, {"page_pdf": 239, "texte": "216                                     L a Wallonie.\n\n\n\n tation de ses talents devant cette souveraineté de\n public. Alors, dans l’étroitesse de l'espace, l’homme\n se livre à une furie de cabrioles ridiculisant l ’origi­\n nelle aristocratie de l’habit, dont les basques\n violemment et cocassement se renversent et se cassent\n et se recroquevillent et ricanent, comme d’énormes\n et noires langues d’aliénés fabuleux ; un soudain\nbond le projette en l’air et le rejette à terre, dans la\nfracassante chute d’une correction de grand écart.\nLentement élastique, il reste quelques instants à\n savourer la complaisance de la foule, puis se relève.\n E t de nouveau une esquisse menue de quadrille\n meut les quatre, qui tout de suite, avec de fuyantes\n salutations de sourires biaisés, s’engouffrent en l’ou­\nverture du fond et disparaissent.\n    A u x appels retentissants de la salle, reparaissent\nles deux couples. Une dernière figure se danse. Une\naccentuation de folies étudiées frappe les planches,\nle papillotement d’une coloration de gestes entre­\n croisés en l’air, une animation de vivaces teintes sur\nles faces féminines ; tandis que, même en les folles\nsauteries, les hommes gardent une vague modestie\nrespectueuse. Meurt l ’agitation en un tableau de\njambes levées haut, le pied se reposant en la main ;\npuis les fines bottines des femmes, toujours en haut\nse rapprochent, s’embrassent et de la sorte quel­\nques instants demeurent ; et cette étrange accolade\ns’anime d’une suggestion lointaine de lesbiennes\naventures. La corruptrice vision se délace et se\n"}, {"page_pdf": 240, "texte": "   D e l’Album parisien.                                     217\n\n\nnoie, et soudainement un regain de violents bonds\ntord en une définitive crise le quadrille : les jupes\npincées, relevées, et les jambes droites, noire et rose,\ndans un balancement actif et large thuribulant, par\nune étrangeté de salutation dernière, la foule, les\ndeux femmes devant la rampe s’affichent ; cependant\nque, d’un côté et de l ’autre, la jambe en l’air, le\npied en main, immobiles, les hommes se tiennent,\nnoirs et sérieux, dans une incohérence d’attitude\nd’hommage. Puis le jeu se désagrège et tombe — et\nde guingois et vite le quadrille bat en retraite.\n  Ainsi fuit cette fleur de bals publics, cette sélection\nde parisiens bastringues, que farde la singulière\ngrâce d’une science de chahut, d’une aristocratie de\ngrand écart.\n                                  M a r io V a r v a r a .\n"}, {"page_pdf": 241, "texte": "          CONCERT.\n\n\nU\nS R, la place, où l’astre réjoui\n R avive d’or les façades grises,\n E t dont les feuillages, sous les brises,\n  B alancent leur reve épanoui,\n\n E n un diffus bourdonnem ent d'onde\n L a foule éparse afflue et prend corps,\n A ssujettie aux cuivrés accords,\n D ont le concert ce m atin l ’inonde.\n\n L e long des trottoirs, viv an t bouquet,\n T riom phent les m ondaines jolies, .\n Qui font s’enfuir les mélancolies\n P a r leur charm e élégant et coquet.\n\n L es étudiants flânent en groupes,\n L e rire aux lèvres, les yeux moqueurs\n Em oustillés p ar les airs vainqueurs\n Des laiderons agitant leurs croupes.\n\n E t comme le m arché s’est ouvert,\n L es fleurs encor pleines de rosée\n M ontrent partout leur gloire irisée\n D ans un am oncellement de vert.\n"}, {"page_pdf": 242, "texte": "Concert.                                                    219\n\n\n           E t tandis que les vieux en fam ille\n           P ren n en t des bocks au seuil des cafés,\n           D evant moi, sous les b ruits étouffés\n           D u public qui s ’écoule et fourmille,\n\n           T out se confond, m usique et couleurs,\n           Soleil de m ai scintillant de flammes,\n           F leu rs m ignardes aux fraîcheurs de femmes.\n           Fem m es sveltes aux parfum s de fleurs !\n\n                                 A ugu ste   V I E R SET.\n"}, {"page_pdf": 243, "texte": "                                l’A N T I T H È S E .\n\n\n            Des voix (*) sont encore, tièdes et suggestives.\n         Je les sens qui chuchotent, et leur murmure\n         s’éclaire de sourires. — Dans le mol balance­\n         ment de l’air, qui chante en berçant de pâles\nrayons, j ’écoute se dresser le Rythme, je vois le\nRythme grandir et décroître, berçant, là-bas, la Fleur\nde l’I llu s i o n .....................................................................\n\n                        F leu r de neige,\n                   au monde im pur exilée\n                         en songe épars,\n                   fleur d’exil aux pleurs d’argent,\n                   frêle écho d’un am our défunt,\n                   âme exhalée en parfum s\n                   aux plaines d’azur,\n                   à toi, Rêveuse, à toi mon Désir.\n\n   (*) Un frag m en t des Soirs m ouvants. Le h é ro s du liv re, a p rè s a v o ir\nex am in é (dans le u rs ra p p o rts avec le b o n h e u r), e t re p o u ssé , to u s les b u ts\nqu e p r é s e n te la vie, s 'a rrê te à l’idée de l’A r t; c e tte id ée, il la choie avec\nu n e com plaisance a ttris té e p a r ses d é sillu sio n s p ré c éd e n te s ; e t m algré\nlu i, so u s l’esp o ir qui lui s o u rit d an s ce b u t n o u v eau , v ie n t s o u rd re so u rd e ­\nm en t, pu is re to m b e r, la p en sée de l'in ac c essib le — Des voix lui d ise n t\nla fleur de l'illu sio n .\n"}, {"page_pdf": 244, "texte": "l ' Antithèse.                                            221\n\n\n        T a clochette sonne le glas du Passé.\n        Sonne, elle sonne ! et le P ré sen t s’étonne\n        vers cet A venir foulant un passé lassé.\n\n        F leu r de neige au songe d’am our\n        fleur d’exil à to i mon orgueil.\n        Ingénue aux caresses des Jours\n        vois-tu ces cœ urs et leur désir en deuil.\n        ces cœurs en deuil d’une Ame perdue,\n        les sceptiques pleurant leur bel espoir déçu,\n        balancer l’encensoir de leur espoir en pleurs\n        vers toi, la belle V ierge, — indifférente et Vierge.\n\n        Oh ! dans l’E glise des Rancœ urs\n        leur âme si folle exaltée vers ton A rt !\n  E t leur âme impuissante à sonder ton R egard, —\n        — le cercueil de leur âme lourde, — :\n  le très lourd cercueil a surgi, roide et blafard.\n\n      Car dans l ’E glise des R ancœ urs\n      où l’orgue, la voix, le tocsin,\n      sous les blocs m arm oréens des nuées\n  lugubrem ent effeuillent les fleurs du destin,\n      — oui, dans l ’E glise des R ancœ urs\n      tin te un sourire d’harm onie atténuée,\n      tin te le cristal des perles musicales,\n      tin te n t les initiales joailleries :\n      rosée aux lèvres de ta clochette fleurie.\n            H arpes d’éth er illuminées,\n                      pâles illunées;\n      flûte élue aux caprice et puériles ruses\n             du rythm e, la flûte ingénue !\n                                                    15\n"}, {"page_pdf": 245, "texte": "222                                           L a W allonie.\n\n\n\n              cristalline viole, iris ! aux m ains des fées,\n             to u t m odule en zéphirs la solitude ailée\n             exhalée en fumée d’étoiles diluées, —\n         pour les héros dont fend l’azur le vol archange.\n             Céleste vision d’inaccessible aim é !\n             Or les âmes glacées par le sort,\n             immolées p ar la sourde haine du sort,\n             m ortes à l’orgueil et m ortes à l’espérance :\n             sur ces âmes, les Cierges de tes yeux funèbres,\n      — tes yeux vierges, luisant h au t et droit comme cierges,—\n      cierges nus, cierges durs, comme une lam e aiguë\n             dans la poitrine des Ténèbres.\n\n             Gronde, ô sombre bataille\n             en profondes funérailles !\n\n      E t ces éternels vols de souvenirs étranges\n      sur leurs tom beaux hantés p ar ces vols de corbeaux !\n              Oh la T erreur, confusément\n      grelottante aux roides parois des tom beaux\n         d’un roc vibrant, — v ib ran t la Mort, —\n      et sonnant co m m e un gong au palais de la M ort !\n\n        L es sonores caveaux entonnent la louange\n              incantatoire de la Mort\n        qui va roulant son colossal effort,\n      broyant l’espoir, broyant la gloire et la mémoire,\n      — et l’épuisé désir de survie éth érée\n      où s’irisa it l ’envie des expirés, — m eurtrie.\n\n        Roule ton corps inerte, — M ort.\n        Profonde bataille, tonne et gronde\n        aux sombres funérailles de ces ombres.\n"}, {"page_pdf": 246, "texte": "l’Antithèse.                                                2 23\n\n\n\n       F leu r fatidique à la Voix incomprise,\n       geste tendu vers les plaines d’azur,\n       ta clochette sonne le glas du Passé. —\n       Sonne, elle sonne ! et le P résen t s’étonne\n       vers cet A venir foulant un Passé lassé.\n\n        Comme toi, mon Rêve en exil\n        frissonne au froid de ce m onde vil.\n\n\n\n     f\n     r\n     ê\n     l\n     e\n     F rêle au désert du ciel immense\n     où passe le vol pesant des souffrances,\n            elle trem ble au ciel crépusculaire\n        l’aile du Rêve ailé d’éphémère.\n     Mais qu’un souffle palm é d’espérances\n     em porte un jo u r son fol essor\n     vers un ciel sonore de lum ière et d’or,\n     vers un Z énith inconnu des soirs\n     d’où neigent, lentes, Gloire et V ictoire !\n        A lors mon orgueil sera to n amour,\n  et loin de l’exil où tes pleurs d’argent s’effeuillent,\n  d’exil revenue aimée, tu seras l’orgueil.\n\n       F leu r candide, songe ailé de pétales,\n       ta clochette sonne, et m eurt le Passé lassé ;\n       sonne, elle sonne, e t qu’A ujourd’hui s’étonne\n       vers l’A venir de Soleil m agistral\n       qu’appelle ton geste ailé de pétales,\n\n\n       F leur de l’A rt, ô F leu r de l’Idéal.\n\n\n\n1887                                  A l b e r t MOCKEL.\n"}, {"page_pdf": 247, "texte": "        CHRONIQUE LITTÉRAIR E.\n\n\nC AMILLE L e m o n n ie r a fait, l’an dernier, un voyage en\n       Allemagne, et voici qu’il en revient avec un livre de\n       souvenirs. Mais combien différent des “ notes „ ordi­\nnaires d’un positif ou d’un superficiel mondain, comme en\npublient annuellem ent ta n t de libraires spéciaux! Ici, un\nartiste parle, dit ce qu’il a vu, et su rtout la m anière dont il\na vu : moins les spectacles et les faits, que leurs suggestions.\n    J e ne jurerais pas que Camille L em onnier ait vu l’Alle­\nm agne telle qu’elle est ; on au rait pu s’atten d re en son livre\nau récit d’une Germanie épique, cyclopéen colosse dont les\nmem bres sont l’Armée, les nerfs l’A dm inistration, et l’œil\nH err von Bismarck. Mais cette Allemagne-là ne tran sp a raît\nque de tem ps en tem ps, en quelque chapitre aiguisé d’une\nréflexion générale, et bien vite disparaît comme un vilain\ndémon exorcisé. On sent vibrer dans tout le livre ce désir\nde ne point s’écarter d’une pure vision de l’A rt, soit l’A rt\nréalisé en œ uvres, aux musées, soit l’A rt qui s’éparpille en\nsuggestion de foules, de paysages, de profondeurs urbaines.\nCamille Lem onnier, on le dirait, a peur de la grosse Allemagne\naux poings de f e r ; il la relègue loin, bien loin, p ar delà\nl ’horizon de ses phrases d’esthète, — ces phrases colorées qui\nse nuancent de songe, comme l’accord somptueux et l ’or des\nblés s’attén u en t aux sourdines du soir.\n"}, {"page_pdf": 248, "texte": "      Chronique Littéraire.                                      225\n\n\n     Oui, la géante A llem agne et son colossal bloc de force,\n  Camille L em onnier ne veut pas la v o ir; mais, m algré tout, à\n  la silhouette “ hum ble et im périeuse „ d’un garde, à l ’acci­\n  dentelle description d’un régim ent de la L andw eh r — fer et\n  discipline, — autom atique et raide, on sent planer su r les\n midis glorieux de l’évocation artiste, l ’om bre de cette grande\n m ain de pierre qui a brutalem ent lié les A llem ands en\n faisceau pour en form er l’E m pire.\n    Oh, je me garderais bien de reg retter la m anière dont\n  Camille L em onnier nous décrit son Allem agne ! Sensation\n d’un passant, d it-il; mais quel p assan t! car au gré de son\n souvenir, les villes s’anim ent et p arlent, les édifices palpitent,\n les œ uvres d’a r t tressaillent au sang qui circule dans leurs\n veines glacées et nous disent leur histoire, l’histoire de leur\n tem ps, e t leurs rêves et leur désir, et leur effroi.\n    Il faut lire les belles pages qui vont d’une pensive flânerie\n à trav ers les rues de N ürnberg, ou bien sous les arceaux de\n la cathédrale de Cologne, et ces élans de lyrism e devant les\n peintres flam ands, à Munich. Cette A llem agne, — n o tre\n A llem agne à nous, les artistes, — Camille L em onnier la d it\nlonguem ent et brillam m ent, avec un enthousiasm e qui\ns’exalte ou s’atten d rit au souffle de l’A rt et du symbole —\ncomme dans “ la m arche au supplice, „ les agonies de règne,\nles superbes im provisations sur Rubens et R em brand — et\ns’éthérise en sourires de chanterelles, lorsque sa vision s’in­\nsinue au charm e des gothiques.\n    Oui, je sais bien que la p hrase n ’a pas toujours assez de\nplans, que les vocables s’entassent parfois sans m esure\ncomme des joyaux je té s à pleines poignées, — m ais encore\nquel beau désordre! et quelle pulsation de cœ ur sensitif et\nlarge, quelle ém ouvante pulsation anim e les blocs serrés des\nim ages! E t puis, Camille L em onnier s’est rév élé ici, par\n"}, {"page_pdf": 249, "texte": "2-26                                          L a Wallonie.\n\n\n\nmoments, sous un aspect nouveau. Nous l’avions vu, peintre\npuissant, donner à la toile de ses idées l’éclatant coloris d’un\nJordaens. Ici, des nuances neuves ont enrichi le tréso r de sa\npalette. L a phrase se dilue et s’assouplit, s’irise de ten ­\ndresses m i-teintées, comme un avril de grâces jeunes en fleurs\nplus délicates. Certains m ots évoquent des fluidités adorables\net, alors, des perspectives pâles et douces où rien ne v it plus\nque le son délié d’une idée. Tel, p ar exemple, le chapitre\npublié dans la W allonie , — début de l’œuvre, — telles les\nsongeries enveloppant, à Cologne, le souvenir de Stephan\nL ochner et des gothiques; telles les visions de n u it (par\nexemple le silence de N urem berg, et aussi cette petite mariée\nau clair de lu n e, à Munich,) tels, enfin, quelques chapitres sur\nN urem berg — la plus belle partie du livre, peut-être.\n   A propos de la Belgique, nous ém ettions cette idée que le\nCamille Lem onnier de Nos Flam ands évolue doucement vers\nun a rt plus wallon. M aintes pages de son dernier livre nous\naffermissent dans cette conviction; et ce nous est une joie de\nle voir, en conservant sa force, irrésistiblem ent sourire à la\njeune aurore du songe, où s’éparpille en clairs flocons la\nneige des lumières atténuées.\n                                 ·»\n                               ·* *\n  D eux livres de vers jeunes, personnels, artistes. Georges\nRodenbach nous apporte du Silence, H enri de R égnier une\ncollection d 'Episodes. E n ces derniers tem ps, le sentim ent qui,\nchez nous, a le plus remué la sève créatrice des poètes, c’est\npeut-être la lassitude. L assitude m aladive et tragiquem ent\népouvantée, dans les Soirs d e V erhaeren; lassitude incons­\nciente et dédaigneux retour vers la pensée, dans le L y s de\nSeverin; fier exil aux tem ps passés, dans H ors du, Siècle,\nd'A lbert G iraud; lilial et- frêle envol de regrets parm i des\n"}, {"page_pdf": 250, "texte": "     Chronique Littéraire.                                                          227\n\n\nsérénités d’azur, chez Georges K hnopff; frisson de lueurs\ntroubles, et sourdes phosphorescences de la vie devinée, chez\nM aeterlinck; noblesse aux bleus reflets d’un glaive qui doit\ndéfendre une solitude contemplative, — C harles V an L e r                            ­\nberghe; enfin le droit et âpre et révolté regard d’Iw an Gilkin,\nqui scrute les douteuses pénombres du mal. J e ne cite n i la\nfierté pensive et suprême du m aître Stéphane M allarmé ; ni\nl’intim e philosophie et la tristesse pétillan te de Ju les L a ­\nforgue, ni ta n t d’autres, en France.\n   du Silence, le livre de Georges Rodenbach, confirme encore\ncette idée ; écoutez ces vers :\n         S ilen c e : c ’e st la voix qui se tra în e , u n p eu lasse,\n         De la d am e d e m on S ilence, à trè s d o u x pas\n         Effeuillant les lys b la n c s de so n te in t d an s la g la c e ;\n\n  P lus loin :\n         Le c ré p u sc u le e st d o u x com m e u n e b o n n e m o rt.\n\n\n         E t to u t s’é te in t ! P lu s de r ê ve qui se d év id e!\n         D o u c eu r! p e n se r du v ague e t re g a rd e r le v id e !\n\n   L e livre de Georges R odenbach est une psychologie de\nsouvenirs et d’impressions. P a r des im ages et des échos, il\nnous fera p énétrer dans l’âme de l’auteur. E t l’histoire se\ndéroule, en effet. Trop de dégoûts lointains — certaines\npièces de la Jeunesse Blanche, — et voici la lassitude qui\ns’impose ; la tristesse s’est glissée en ram pant dans ce cœur\nde tiède sensitivité. L e sujet ne sa it s’il lui faut vivre encore,\nou s’affaisser, d’une insouciante nonchalance, dans la quié­\ntude du N irvâna; m ais des sensations exquisem ent fluides\nlui révèlent l’inaperçue nuance :\n         Il flotte u n e m u siq u e é te in te en de c e rta in es\n         C ham bres, u n e m u siq u e a u x tris te s s e s lo in ta in e s ....\n"}, {"page_pdf": 251, "texte": "228                                                                     La    Wallonie.\n\n\n   Il a deviné la vie contem plative, compris\n           L’h o stilité d 'u n g ra n d sile n ce q u 'o n d é ra n g e ;\n  E t le nuage du E êve sera son bouclier contre la vie\nbrutale :\n           Ah vous êtes m es s œ u rs, les âm es qui vivez\n           D ans ce doux n o n c h alo ir des rê v e s m i-rêv és.\n\n   Oui ! mais cette vie dolente et sans but,\n           Les cygnes noirs du désespoir, durs et sauvages\n\nen m ettron t à n u la rancœ ur. H éla s c’e st v r a i ! E t le p oète se\nm é la n co lise :\n           Le ciel c ro u le ; m on c œ u r se re m p lit d 'a s tre s b lan cs\n           Et m on c œ u r e st u n g ra n d cim e tiè re d’é to iles !\n\n   Alors du repos, le repos d’un épuisé :\n           E n p ro v in ce, d an s la la n g u e u r m a tu tin a le\n           T in te le c a rillo n , tin te d an s la d o u c eu r\n           D e l’aube qui re g a rd e avec des yeu x de s œ u r ;\n           T in te le c arillo n — e t sa m u siq u e pâle\n           S’effleuille fleu r à fleur s u r les to its d ’a le n to u r,\n           E l s u r les e sc a lie rs des p ig n o n s n o irs s'effeuille\n           Comme u n b o u q u et d e so n s m ouillés q u e le v e n t c u eille;\n           Qui tom be de trè s lo in en g u irla n d e s fan ées,\n           Qui tom be de N ag u ère en invisibles lys,\n           En p étales si le n ts , si fro id s e t si pâlis\n           Qu’ils sem b len t s ’effeuiller du fro n t m o rt des A nnées.\n\n   E t puis ? E t puis c’est la fin, le retour découragé vers les\nannées enfuies. V ivre? Mais le pourquoi de vivre et le\npourquoi d’avoir vécu? E t ainsi, de nouveau, la conclusion,\nle sommeil, l ’éternel sommeil sur l’oreiller du tom beau:\n           Las ! le ro se d e m oi je le se n s d éfleu rir,\n          Je le sen s qui se fane e t je sen s q u ’on le cu eille !\n          Mon s a n g n e coule pas ; on d ira it q u ’il s ’e ffe u ille ...\n          E t p u isq u e la n u it v ie n t, — j ’ai som m eil de m o u rir.\n"}, {"page_pdf": 252, "texte": "     Chronique Littéraire.                                      229\n\n\n   L e dernier livre de Georges R odenbach est un fo rt g ran d\nprogrès. J ’avoue que, en dehors de certaines pièces, mon\nadm iration pour les Tristesses, l’H iver mondain e t la M er\nélégante, était accompagnée de nombreuses réserves; m ais\nGeorges Rodenbach s’est révélé victorieusem ent poète p ar\nla Jeunesse blanche. E h bien, la p lu p a rt des vers de cette\nfine plaquette, du Silence, valent m ieux que les m eilleures\npièces de la Jeunesse blanche. L e livre a, d’abord, une vie\nindividuelle, une unité rem arquable. L e vocabulaire est plus\nnom breux, et le poète en m anie les term es avec plus de p ré ­\ncision ; puis il est arrivé ici à une intensité d’im ages douces\net tendrem ent profondes, à des rim es et à des rythm es qui\ns’allient délicatem ent au charm e éteint de la pensée. Ce ne\nsont pas encore les formes les plus nouvelles de l ’a r t moderne;\ncertaines expressions, aussi, m anquent de noblesse et de légè­\nreté ; m ais il y a la souplesse et la grâce fluette d’une poé­\ntique plus subtile, qui s’unit, jo liette et langoureuse, à la\nmélancolie sentim entale du poète. L a sentim entalité est sou­\nv ent la plus agaçante des efflorescences du cœur. D ans le\nlivre de Georges R odenbach, elle en p a ra ît la plus exquise.\n\n\n\n\n   Episodes , le recueil publié p ar H en ri de R égnier, v it d’une\nvie différente. I l passe dans ses vers un souffle plus vibrant,\nqui se tra d u it p a r certains m ots héroïques. H en ri de R égnier\nest u n parnassien fortem ent influencé p a r la m anière de\nStéphane M allarmé. Son vers, en général tro p décoratif,\nétincelle parfois aux scintillem ents d’un m ot d’une im prévue\nrareté subtile ; et de plus en plus, — suivant le cours balancé\nde ses désirs, — le poète ira m archant dans la voie m oder­\nniste.\n"}, {"page_pdf": 253, "texte": "230                                                                   L a Wallonie.\n\n\n   Épisodes — ce titre, trop modeste, est dém enti par le livre,\n— n ’est pas une œ uvre de langueur et de sourires éteints,\ncomme du Silence ; l’œ uvre procède de la “ lassitude „ en ce\nsens qu’elle est une évasion du monde. C’est une fiction d’âme,\nainsi que l’a voulue l’auteur ; mais la fiction d’une âme qui\ns’ém eut vers l’épopée; témoins ces vers :\n        J'a i m a rc h é v e rs le b u t a rd u d ’un apogée\n        P o u r q u e , d iv in isé p a r le c u lte fu tu r\n        Des T em ps, sig n e c éleste , au firm am en t j ’élève\n        P arm i les a stre s c la irs qui c o n ste lle n t l’A zur,\n        Une É to ile à la p o in te a ltiè re de m on glaive.\n\n  H enri de R égnier est h anté p ar cette idée qu’une existence\nantérieure a été nôtre son livre me p ara ît tendre à ce b ut :\nrestituer, comme elle peut lui parvenir p ar des éch os d’une\ninterm ittence confuse, la vie de son “ âme de jadis. ,,\n        . .. d a n s n o tre som m eil, v eillé p a r les c h im è re s,\n        Nous avons g a rd é to u t u n é b lo u issem en t\n        De l’époque ab o lie e t des au b es p re m iè re s ...\n\n         Les d o u x so irs d’a u tre fo is s u rg is s e n t u n à u n\n        E t to u rn e n t le n te m en t e n u n e ro n d e é tra n g e .\n\n   L ’idée de cette restitution est bien moderne, et l’œ uvre en\nacquiert une volontaire unité, m alheureusem ent rom pue p ar\nquelques pièces étrangères. H enri de R égnier procède p a r la\ndescription : une succession de tableaux unis p ar des sonnets\nqui form ent transition. C’est dire que l’œ uvre est plastique\nbien plus que musicale, et il est dommage que l’auteur n ’ait\npas eu plus souvent recours aux inductions psychologiques,\net aussi à la suggestion qui laisse deviner ce que l’on ne pour­\nra it peindre. Cependant quelques-uns des sonnets, et, parm i\nles tableaux, les derniers surtout, m ontrent des tendances\nplus profondes. Tel sonnet donne une impression de chaleur\n"}, {"page_pdf": 254, "texte": "     Chronique Littéraire.                                                          231\n\n\nestivale et bourdonnante qui est avant to u t sensuelle, m ais\nra re ; et dans presque toutes les pièces foisonnent des com­\nparaisons lum ineuses, des m ots forts, in attendu s et dorés, qui\nfont songer aux glaives ornés de pierreries.\n   L a technique de H enri de R égnier est adéquate à sa pensée :\ndes rythm es alternativem ent solides ou brisés, — m ais aux­\nquels m anque peut-être la ligne gracile des gothiques; — et\ndes harm onies pleines et fermes sans couleur bru tale, parfois\ncaressées de nuances très douces.— J e voudrais citer beaucoup\nde vers des E pisodes , ce beau sonnet :\n         Les h e u re s, fol essaim ! s o n t m o rtes u n e à u n e ...\n\nou bien Paroles dans la N u it, Ariane, Cendres, Prélude, la\nGrotte, la Galère, le Verger, d’autres encore. Mais il fau t me\ncontenter de détacher ce sonnet :\n         Selon les je u x d iv e rs du c o u c h a n t, v e rs la m er\n        Où m o u ru t la sp le n d e u r d ’u n s o ir en p ie rre rie s ,\n        N o tre âm e s ’e x alta de R êves e t de Vies\n        P lu s b elles p o u r l’o rg u e il de l’E tre e t de la C h air:\n\n        N’a v o n s-n o u s pas c o n q u is a u x te rre s d ’o r céleste s\n        Ces lam b eau x de n u é e en flocon de to iso n s ?\n        Le s a n g de l’H ydre m o rte av iv a les tiso n s\n        D u b û c h e r fab u leu x où b rû lè re n t n o s re s te s .\n\n        E t l’o m bre c in é ra ire en le ciel en v ah i\n        S’é p an d , lin c e u l d e n u it, s u r le v a illa n t tra h i\n        Q ue p le u re u n rite n u p tia l d e C hoéphores,\n\n        E t le v e n t qui tra v a ille en l ’o m b re à l’œ u v re o b scu r\n        Vide le m au so lée e t les u rn e s so n o re s\n        Des c e n d re s , p o u r q u ’en n a isse le p rin tem p s fu tu r.\n                                                                        L. HEMMA.\n"}, {"page_pdf": 255, "texte": "              PETIT E CHRONIQUE.\n\n                      D E L A P E IN T U R E .\n\n   Calme, calme, comme un trè s calme tem péram ent lym pha­\ntique et monotone, ainsi qu’une route de H esbaye en ju illet,\nle Salon de 1888 en notre trè s calme ville de Liége.\n   U ne ininterrom pue succession d’œ uvres fo rt proprem ent\nexécutées, sans grandes fautes, ni ratu res; pages calligra­\nphiques que M. P ru d ’homme peut adm irer de confiance.\n   Ni heurts, ni cahots, une exposition à l’usage de to u t le\nmonde ; où l’on cherche en vain une toile à discuter, à la fois\ntrès m auvaise et très bonne, où lu tten t les grands défauts e t\nles belles qualités. N ulle aspiration vers l ’a u -d e là; une visible\npréoccupation de faire propre et bien, — acceptable ; et sur\nles tem péram ents, un vernis.... égalitaire!\n   D e ci de là, des toiles très estim ables, signées V erwée,\nStobbaerts, V erdyen, V an Leem putten, A sselberghs, H ague          ­\nm ans, Berchm ans, V an Engelen, Bauës, etc. D ’autres\npeintres, moins adroits peut-être, font vibrer un a rt plus\nintim e qui côtoie davantage nos désirs ; les m eilleurs d’entre\neux : A ndré Collin, X avier M ellery, Binjé, T y tg a d t et\nM arcette fils.\n   L es chercheurs de lumière, absents; presque to u tes les\nœ uvres sont encore saucées de ce bitum e si cher à l ’école\nd ’Anvers. U n seul artiste, W ytsm an, abandonne résolum ent\nl’antique ornière. Il ne vise point à donner une impression\n"}, {"page_pdf": 256, "texte": "     P e tite C h ron iq u e.                                      233\n\n\nintellectuelle au sens absolu du m ot; m ais ses atm osphères\nfluides, transparentes, la vibration diluée des rayons su r ses\ntoiles, sont un achem inem ent vers un a r t plus intangible.\n     Cent fois plus intéressant que la grosse exposition officielle,\nest le p e tit salon où de W itte et Mignon ont rassem blé quel­\nques unes de leurs œ uvres. On sent la une conscience d 'a rt\nferme, de l’assurance et de la conviction; et vraim ent cela\nfa it du bien, — au sortir des halles du conservatoire où\nflorit le commerce de la toile peinte, — ce p e tit coin où un\na r t jeune, indépendant et volontaire s’épanouit librem ent.\n    D e W itte et Mignon ne m archent p o u rtan t pas toujours\nvers le b ut de nos rêves. N otre idéal, s’il faut le dire, le voici :\n    non point seulem ent la forme pour la forme, m ais la\nrecherche d ’œ uvres suggestives dans lesquelles la forme\nserait le contenu d’un symbole, — de même que les joaillers\nsertissent dans leur or les nobles gemmes d’où s’effuse et se\nrépand comme un effluve m agnétique — la lumière.\n                                        A u g u s t e DONNAY.\n\n\n\n\n                     L A SYM PH O NIE L IB R E .\n\n   A l’Em ulation, un fo rt beau concert, sous l a direction\ndoucem ent consciencieuse de M. H utoy ; outre quelques\npages m usicales détaillées p ar Mme D elhaze, l’ouverture\njubilaire de H utoy et quelques am usettes sym phoniques de\nM. de H arto g — soigneusem ent orchestrées m ais franchem ent\nvides —, on donnait le finale de la W alküre avec les adieux de\nW o tan chantés p a r M. B yrom ; nous n ’avons pas à revenir sur\nce chef-d’œ uvre qu’on ne discute p lu s; m ais la prem ière\npartie de la soirée était consacrée à la Symphonie libre\n"}, {"page_pdf": 257, "texte": "234                                                                 L a Wallonie.\n\n\nd ’E R ASME R a w A y , œ u v re p u iss a m m e n t e t ré s o lu m e n t n o v a ­\nt r ic e q u i a le p r iv ilè g e de fa ir e to m b e r d u h a u t m a l c e r ta in s\néminents p e rs o n n a g e s d e n o tr e r o y a l c o n s e rv a to ir e . L ’a n a ly s e\nde la Symphonie libre a é té d é v e lo p p é e ic i m êm e, l ’a n d e rn ie r,\nlo rsq u e l ’E m u la tio n p r it l ’in itia tiv e d ’en d o n n e r la p re m iè re\na u d itio n ( 1). M a is p u isq u e —          à u n e e x c e p tio n p rè s — , la\np re s se lié g e o is e n ’ a p o in t p a r lé d e c e t te s u p e rb e c o n ce p tio n\nm u s ic a le d ’ un L i é g e o is , i l f a u t d ir e e n c o re , e t m o tiv e r , n o tre\na d m ir a tio n ré fléc h ie .\n    L a symphonie d’E rasm e R aw ay est le triom phe de l’A na­\nlyse et de la Synthèse aboutissant à l’Unité. Synthétique\ndans la pensée, analytique dans la forme, elle procède des\nprincipes énoncés p a r la neuvième sym phonie et p ar la T étra­\nlogie. U n thèm e générateur surgit, et, dès l’introduction,\ndonne naissance à cette famille de motifs qui seront la vie\nm ouvante et fourm illante de l’œ uvre entière. P uis les germes\nde l’introduction grandissent : ils deviennent la rude et ferm e\ntige du scherzo, se développent idéalem ent en larges phrases\naux ram eaux purs de l’adagio, — pour créer à leur tour, dans\nle finale, la sombre F leu r qui est le B ut présent et le fécond\nA venir de cette œ uvre de vie.\n   L a Symphonie libre est un drame, un dram e psychologique;\ne t elle a ce caractère, bien wallon, d’une absolue subjectivité.\nE rasm e R aw ay proscrit l’im itation (2), la description, to u t ce\nqui est purem ent objectif. Même dans le scherzo, où passe\navec le plus de force le courant de la vie extérieure, cette vie\nest seulem ent accusée en ta n t qu’elle affecte le sujet ; l’artiste\nne décrit point la vie, m ais les seules impressions du sujet. De\n\n\n   ( 1) Voir la W a llo n ie , Avril 1887.\n   (2) Ce m ot p ris d an s le se n s d 'h a rm o n ie im ita tiv e , e t n o n d a n s le sens\ntech n iq u e de c e rta in e form e m u sic ale , cela v a de soi.\n"}, {"page_pdf": 258, "texte": "     Petite Chronique.                                          235\n\n\nmême pour l’adagio : ce ch ant profond qui s’ém eut aux in ti­\nm ités d’une âme ; de même pour le finale, ce tum ulte d’im­\npressions entrechoquées dans un cerveau, et qui tout à coup\ns’unissent pour form er le je t définitif et triom phal d’une\ngénératrice Pensée.\n   Nous pourrions an a ly se r la sym phonie libre à un point de vue\nplus spécialem ent m usical, dire notre respect pour la science\npolyphonique de R aw ay, in sister sur la m aîtrise de certain\nchoral qui nous h a n te ; m ais cela, d’autres le feront et l ’ont\nfait. Ce qu’il fallait ici m ettre en lumière, c’est la puissante\nm odernité de l’œ uvre et son accord avec les tendances les\nplus nouvelles de la littératu re et des arts plastiques, — si la\nsynthèse et l’unité de conception sont le b u t de nos désirs,\net si sym boliser c’est voir la philosophie du m onde extérieur,\nen cherchant dans les choses non point leur forme m atérielle,\nm ais l’essentielle pensée qu’en peut faire ja illir le geste de\nl’A rtiste.                                         A l b . M.\n                                 *\n                                * *\n  Camille L em onnier a restitué son v rai titre à la pièce qu’il\nfait représenter au th é âtre du Parc. L e drame ne s’appelle\ndonc plus Cachaprès , m ais Un M âle , comme le rom an dont il\nest tiré.\n  Disons vite que la pièce, d’un naturisme étonnant·, a eu le\nbeau succès qu’elle m éritait.\n                                 *\n                                * *\n   L ’ anthologie Contemporaine dont nous avons p arlé déjà,\npubliait dans sa prem ière série des extraits d’œ uvres de\nCamille Lem onnier, Georges Rodenbach, C atulle Mendès,\nL éon Cladel, Stéphane M allarm é ; e t puis de Théo H annon,\nCharles V ignier, J. K . H uysm ans, E douard D ujardin, Mau-\n"}, {"page_pdf": 259, "texte": "236                                                               L a Wallonie.\n\n\n\npassant, Octave Maus, Edm ond Picard, J . P éla d an , P au l V er­\nlaine et Em ile V erhaeren. Toutes les brochures ne v alen t pas\ncelles que nous citons ; m ais un assez grand nom bre sont\nintéressantes.\n   L ’album de prose et de vers consacré à des fragm ents de\nM allarm é est surtout précieux : sauf la grande édition m anu­\nscrite, très coûteuse, les œ uvres du M aître reste n t dissémi­\nnées en des brochures et livraisons de revue dont beaucoup\nsont rares, et le p etit album de l ’anthologie en acquiert plus\nde prix.\n   C harles V ignier a laissé reproduire quelques pièces de vers,\ndont une ou deux curieuses, extraites de Centon, et un p etit\nbout de scène en prose d’un “ Jules-Laforguism e „ am usant.\nNous pointons dans la brochure lui consacrée, cette pièce un\npeu superficielle m ais exquise et bien m oderne :\n                                                  Un grand som m eil noir\n                                                  Tombe sur ma vie :\n\n\n\n\n                 R\n                                                  Dormez tout espoir,\n                                                  Dormez , toute envie.\n                                                                   P a u l   V e r l a in e .\n\n                   o ses ro se s, où les ro s ées\n                 R o u len t le u rs g o u tte s d ’a rg y ro se s,\n\n\n\n                 O\n                 R oses, on les d ira it ro sées\n                 P a r les fa rd s de l’a u ro re ro se !\n                    les su av es c a n t ilènes\n\n\n\n                 O\n                 Q ue c h an te la so u rc e en ch a n té e\n\n\n\n                 O\n                 L’arô m e doux des m a rjo la in e s !\n                   c h è re p la in te c h u ch o ttée !\n                    le v e n t, le v e n t m o n o to n e,\n                 S u s u rra n t d an s les feuilles ja u n e s !\n                 L am ento lo n g du v e n t d ’au to m n e\n                 Qui s ’étouffe en les touffes d ’a u ln e s !\n                 La p lu ie, ô la d o le n te pluie\n                 Qui n o u s la n c in e e t n o u s tra n s p e rc e ,\n                 Qui fait que n o ire âm e s’en n u ie\n                 Et se fond d an s la g rise a v erse !\n"}, {"page_pdf": 260, "texte": "     Petite Chronique.                                                      237\n\n\n                     Puis l’heure fuit. Éternel leurre\n                     Qui promet l’heur à notre rêve !\n                     O douleur en le cœur qui pleure,\n                     En le cœur qui pleure sans trêve !\n\n                                       *\n\n\n  D e R ené Ghil, la lettre suivante :\n\n                                                         P aris. 4 mai 88.\n               Mon cher M***,\n\n  I l p araît que le DÉCADENT e s t lu par q u elq u ’un : la J e u n e\nB e l g i q u e r e la te , m e d it-on , qu ’e n u n de se s dern iers n os le\nd irecteu r de c e tte fe u ille , M. B a ju , d éclara que j ’a v a is m en ti !\n   A M. B aju j ’adressai alors la lettre ci-dessous, sans espoir\nd’ailleurs, vu sa m auvaise foi, de l’insertion; et l’on n ’a pas\ninsér é, je crois. Personne n ’ay an t parlé, j ’oubliai.\n  V oulez-vous me pardonner de vous faire im prim er en\nvotre WALLONIE ce nom d’Anatole Baju, et produire la\nlettre. Prem ière et dernière réponse, n ’est-ce p as? car ce\nmonsieur d ésirerait seulem ent une polémique qui lui serait\nréclame....\n  J e ne m ’indigne ni ne m ’afflige, cher am i: ici, ce n ’est\nautour de moi et de mes quelques amis que rages, tortueuses\ntoujours! du grand nom bre des m ystificateurs et im puissants,\nque colères sournoises des prétendus m archeurs en avant,\ntous “ prophètes du passé „ ; prophètes du P arnasse, au fond.\n   J ’en su is h eu reu x: c ela sig n ifie que j e n e m e su is pas\ntrom p é. E t, a in si, sa n s que m e so ie n t d es r eg r ets, le T r a i t é\nDU V e r b e , d é fin itif, ce m o is, dira, en m êm e te m p s que to u t\nle m o t de m on v o u lo ir e t de m a v ie , to u te m a p e n sée su r leu r\np o é sie d’ig n o ra n ce, de sop h ism e e t de n éa n t.\n   A u long, après, notre ami M. A chille Delaroche dévelop­\n"}, {"page_pdf": 261, "texte": "238                                                               L a Wallonie.\n\n\n\npera en vos pages : du droit de sa science serrée et de son\nn euf talent.\n   Au revoir, et merci, de votre toujours dévoué\n                                                                    R e n é G H IL.\n\n                                                                  P aris, avril 88.\n\n                à M. A. Baju, directeur du DÉCADENT.\n  De mon droit de réponse cette lettre à insérer en votre plus\nprochain n°.\n   V o u s m ’a c c u s e z de “ m e n tir e ffr o n té m e n t,,, c a r j e m e s e r a is\n“ fa u s s e m e n t,, v a n té ! e n la W A L L O N IE , d ’a v o ir re p o u s sé v o s\no ffre s de c o lla b o r e r à v o tr e s i a m u s a n t jo u r n a l.\n  Inutile presque de relever. Si quelqu’un, p ar hasard, a lu :\nRené G hil accusé de mensonge, et p ar vous, c’est là un non-\nsens qui saute aux yeux.\n  Mais vous, avez m enti : l’article auquel vous faites allusion\nn'est pas signé de moi, et vous donnez à entendre le contraire.\nCelui qui l’a écrit, av ait vu sim plem ent, sans doute, en votre\nE C O LE d é c a d e n t e , l’endroit où vous me décernez du\n\n“ génie „ : évident appel, en effet, et sûr si j ’étais un imbécile,\nà m a collaboration.\n   E t il a v u m a ré p o n s e , a lo rs , au F IG A R O , a ille u r s re p ro d u ite :\nc e la , ou i, é ta it u n e in ju re , e t j ’a i d it m o n m é p ris.\n  A ujourd’hui, j ’estime que vous me servez, en rétrac ta n t\nindirectem ent ce m ot qui me pouvait faire tort, venant de\nvous....\n   C e tte le ttr e p a r a ît r a é g a le m e n t à la W A L L O N IE .\n                                                                    R e n é G H IL.\n                                            *\n                                           * »\n  Nous recevons les prem iers numéros d’un jo u rn al littéraire\nlouvaniste; titre : la Revue belge, bimensuelle, 4 fr. l’an ; le\n"}, {"page_pdf": 262, "texte": "        Petite Chronique.                                                                 239\n\n\n directeur est M. Charles Tilm an, m ais sa revue s’annonce\néclectique — avec des théories passablem ent drôles su r la\nliberté de p enser et d’écrire ! — et nous ne voulons pas la\njuger d’après ses prem ières livraisons.\n\n                                               ***\n                                                  *\n\n    L ’I d o l e (*), une curieuse gravure satirique à l’eau-forte\nintitulée : E ssais sur les divinités modernes. Idoles et Fétiches\npopulaires , représen tan t : V e-thor U r-goth (Victor Hugo).\n E n dieu indien, il est assis sur une bouche d’égout en guise\n de trône. L ’un de ses m ultiples bras soutient le moulin\n “ A vant, pendant et après l’exil, „ les ailes sont des lames\n de rasoir. — D ’un autre bras il supporte un tem ple qui\n p ara ît être l’In stitu t, au fronton duquel on lit : “ Pagode\n fermée au D ieu inconnu. „ De deux de ses bras du milieu\nil jongle avec des mots, tandis que d’un autre encore, il\nbénit. De ses deux bras inférieurs enfin, l’un étend une m ain\ncrochue sur de gros sacs gorgés d’or, l’autre s’appuie su r de\nnom breux paquets de ficelle, dont un bout- est avalé par\nle porc “ Demos, „ et, trav e rsan t le corps de celui-ci, est\navidem ent dévoré p ar le dogue “ Populo. „ I l en so rt pour\nm aintenir un ballon-réclam e sur la tête de la déité, dont on\ndevine la face parm i les nuages qui la voilent. L e crâne\nse détache su r une lyre, tatoué d’une tê te de m ort, et\nle ventre voyant de l ’idole, où gravés l ’A lpha et l ’Oméga,\nest éclairé par une lan tern e....\n   Au-dessous de cette allégorie est un sonnet truculent, dans\n\n\n    (1) Chez Jo ly , 19. quai S ain t-M ich el, à P a r is ; la g ra v u re , tir é e à p e tit\nn o m b re , e s t envoyée fran c o c o n tre m a n d a t :\n   ln -4 ° co lo m b ier, p a p ie r v e rg é , 5 fran c s.\n   Q uelques ép re u v es s u r Ja p o n , 10 fran c s.\n"}, {"page_pdf": 263, "texte": "240                                            L a Wallonie.\n\n\n\nlequel l’auteur exprim e son sentim ent sur Celui qu’il a si\nsingulièrem ent déifié.\n  C ette bizarre apothéose, signée Jam -her (?) est datée de\nm ars 1885, antérieure donc à la m ort du grand Poète.\n                               *\n                               *       *\n  M. Gaston D ubédat — l’ancien directeur des E c r i t s\nPOUR l ’A r t , v a publier dans quelques jo u rs un numéro spé­\ncial où se retrouveront une fois encore les collaborateurs de\nla défunte revue. On parle même de re sta u re r com plètement\nles É c r its , l’an prochain ; il va sans dire que nous applaudis­\nsons de to u t cœ ur à ces projets et qu’ay a n t les mêmes rédac­\nteurs m archant au même but, W allonie et É crits pour l'A r t\nseront toujours étroitem ent alliés.\n                                   *\n\n  Encore des coquilles; jam ais Camille L em onnier n ’a fait\nacte de soumission à l’école “ n aturaliste „ — que nous\nsachions du moins. C’est donc naturiste et non pas natura­\nliste qu’il fallait lire, page 199. E t page 203, il fau t lire la\nDanse du glaive au lieu de la Dam e du glaive, pour le titre du\nvolume de vers que prépare A chille D elaroche. Disons à ce\npropos que les quatre livres de notre am i ne seront pas des\nfeuilles détachées au h asard de la trouvaille, m ais une œuvre\n\n\n\n                               *\nsuivie, dont chaque livre form era un chapitre, de même que\nles cahiers de Verhaeren et de Ghil.\n                                   *\n                                       *\n   Nous recevons le Salon du F ron deur , collection de carica­\ntu res dont plusieurs lestem ent enlevées ; la brochure s’ouvre\np a r une vive, sincère et alerte critique du salon liégeois, —\nla m eilleure qui a it paru, sans aucun doute. A près les poncifs\ndu conservatoire, vrai, cette bouffée d’air jeune fait plaisir.\n\n  L a W allonie ne p a ra îtra pas le mois prochain, mais don­\nnera, le 1er ju illet, une livraison double.\n"}, {"page_pdf": 264, "texte": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANEE\n       H. Z E Y E N .\n            137, boulevard de la Sauvenière, 137\n\n\n     S p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é l e c triq u e .\n\n\n\n    FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                     P la ce du T h é â tre , 11, Liége.\nP o r t e - c i g a r e s en é c u m e de m e r , a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s de c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u t é s en ‘2 4 h e u r e s .\n                              RACCOMMODAGES.\n"}, {"page_pdf": 265, "texte": "     3e ANNEE, N° 5.\n\n                   LA W ALLONIE\n   R E V U E M E N SU EL L E D E L IT T É R A T U R E E T D ’A RT\n                                        E r n e s t M A H AIM ,\n            _                           A l b e r t M OCKEL,\n            C om ité de R é d a c tio n\n                                        P . M. OLIN.\n                                        Maurice SI V IL L E .\n                  B ureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\n Envoi d’ un num éro spécim en co n tre 5 0 cen tim es\n                 en tim b res-p oste.\n       ABONNEMENT : 5 f r . p a r an. Union postale : 6 f r . 5 0 .\n\n                                     SOMM AIRE :\n G eorge K e l l e r ...........................L es Résignés.\n Ch. D elch ev alerie . . . .                       L ’Abîme.\n G eorge G a r n i r ........................... G loire d’Amour.\n Achille D elaroche . . . .                         L e B onheur (poème p ar Sully\n                                                       Prudhom m e).\nM ario V a r v a r a ......................De l ’A lbum parisien.\nA u g u ste V i e r s e t ......................Concert.\nA lb e rt M o c k e l ........................... L ’A ntithèse.\n                                Chronique littéraire :\nL. H e m m a ........................... E n                  Allemagne,        p ar Camille\n                                                              L em onnier; du Silence , p ar\n                                                              Georges R odenbach; E p i­\n                                                              sodes , p ar H enri de R égnier.\n                                     Chronique de l ’A rt :\nAug. D o n n a y ........................... D e la P einture.\nX ...................................................... L a Sym phonie         l ib r e .\n                                       P e tite chronique.\n\n\n\n                      La\n      Q uelques c o lle ctio n s de LA W ALLONIE (-188G e t 1887) s o n t en v e n te\n                                    au p rix de G fran c s.\n                            W a llo n ie e st en ven te\nA LIÉGE : Chez MM. G n u sé ; G e o rg e ; D ’H e u r; I)ec q ; D e so e r; A u bette du\n      P o n t d ’A vroy ; A u b ette place S a in t-L a m b ert.\nA BRU X ELLES : Chez MM. R osez, lib ra ire , e t Ista c e , lib raire.\nA PA R IS : Chez MSI. V anier, lib ra ire , -10, Quai S t-M ic h e l; S av in e, lib ra ire ,\n     18, ru e D ro u o t, e t à la L ib ra irie N ouvelle, ru e de la B oétie, 3.\nA GAND : Chez MM. A. Ho ste, lib ra ire , ru e des C ham ps ; W en n ew itz (M uquard),\n    lib ra ire , ru e des C ham ps ; V uilsteke, lib ra ire , ru e Aux V aches.\n  ANVERS : chez Mme Ve De V e tte r, re m p a rt Ste-C a th e rin e ; M ax R u es, 50 ,\n    ru e des T a n n e u r s .\n                                        Des presses de H . Vaillanl-Carmanne, à Liége.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "ordre_dans_volume": 5, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1888-05-31", "signet_source": "3ème année - N°5 - 31 mai 1888", "preuve": "Couverture (PDF 226, OCR) : « 3me Année. — N° 5. LA W A L LONIE 31 Mai 1888. ».", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}