{"numero_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "articles": [{"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-201", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3me Année", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 266, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 126, "texte": "3me Année. — N° 6.\n\n\n\n\n                   LA\n\nWALLONIE\n\n\n\n\nN um éro double.          31 Juillet 1888.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-202", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CAPRICE REVUE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 267, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 265, "fin_caractere_exclue": 1627, "texte": "Caprice Revue publie un p o rtra it en chacun de ses n°s. O nt\np a ru : V illiers de l’Isle Adam, Camille Lem onnier, Em ile V er­\nhaeren, E rasm e R aw ay, Joséphin P éladan, Ju les D estrée, etc.\n    A p araître : Félicien Rops, Edm. Picard, Alb. G iraud, Georges\nRodenbach, etc.\n\n      L ’A R T                 MODERNE\n REVUE    CRITIQUE       DES   ARTS     ET    DE   LA   LITTÉRATURE\n             26, Eue de l'Industrie, Bruxelles.\n                Abonnement : 10 fr. par an.\n\n         Paru chez Mme Ve M o n n o m , à Bruxelles :\n  IMPRESSIONS                          ET     SENSATION\n                   par    A r n o ld    G O FFIN .\n\n     Chez Camille D a l o u , 1 7 , quai V oltaire, à Paris:\n             FLAMMES                    MORTES\n         Volume de vers par Gabriel                 M o u rey.\n\n         Chez C h a r p e n t i e r , à Paris :\nM A D A ME L U P A R , par Camille L e m o n n i e r .\n\nA paraître chez E. D EM AN , rue d'Arenberg, Bruxelles.\n\n    POÈMES             D ’E D G A R           ALLAN           POE\n            trad u its p ar S té p h an e M ALLARM É\n\n         LE      T R A IT Ê            DU V E R B E\nAVEC L A PH IL O SO PH IE & L ’E ST H É TIQ U E D E L ’A U T E U R\n         p ar R ené G H IL : T irage à 110 exempl.\n\n                  Les Flambeaux Noirs\n         Livre de vers par É m ile V E R H A E R E N .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-001", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 241, "page_fin": 241, "titre_corps": "Satyre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri de Régnier", "ancre_debut": "SATYRE.  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C   OM M Ede grands v e lu ms, d", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 271, "page_imprimee": 244, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 1098, "texte": "L E C H A T IM E N T D E S P O È T E S .\n\nC   OM M Ede grands v e lu ms, des rêves salutaires\n    Se sont interposés entre la vie et nous,\n    Si bien que rien de vil, de bas ou de jaloux,\n    N ’a passé dans nos cœurs hautains et solitaires.\n\n    Nous n ’avons pas voulu sur le triste ici-bas\n    A baisser le rayon de nos regards lucides,\n    E t nous avons dressé des chimères splendides\n    D ans un m ystique Ciel que l ’on ne saura pas.\n\n    A insi qu’en un p arte rre où s’entrouvrent des roses\n    Chères illusions, vous fleurissez en nous ;\n    Vous avez le parfum d’un rêve étrange et doux\n    O vous qui nous cachez la tristesse des choses !\n\n     Mais quelque jo u r viendra d’imm ense navrem ent,\n     Où nos chers horizons d’ineffable mensonge\n     D éfailliront soudain comme un m erveilleux songe,\n     Qu’après un court sommeil on cherche vainem ent.\n\n     Car les dieux irrités de notre indifférence,\n     — P our punir notre orgueil de justes châtim ents —\n     F erm eront nos cerveaux aux longs enchantem ents\n     P uis, ils s’applaudiront tout h au t de leu r vengeance.\n"}, {"page_pdf": 272, "page_imprimee": 245, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1094, "texte": "L e châtim ent des poètes.                                 245\n\n\nNous qui n ’avons jam ais touché d’un doigt hum ain\nA la b ru talité des choses de la terre,\nE n vain nous chercherons les douceurs du m ystère\nD ans le monde réel qui s’offrira soudain.\n\nE t nos rêves, tous ceux qui peuplèrent nos âmes,\nD ’oiseaux et de parfum s, de rayons et de lys,\nE t tous ceux qui, pareils à des philtres d’oublis,\nE ndorm irent en nous les blessures des femmes\n\nRêves blancs des avrils, rêves de firm am ent,\nRêves pourpres d’orgueil, rêves de sang, farouches,\nQui comme des aiglons volèrent sur nos bouches,\nM ourront to u t d’une fois, irrém issiblem ent.\n\nAlors, pareils à ceux qui revivent les fêtes\nD u soleil, quand leurs yeux sont fermés pour toujours,\nNous irons tâ to n n an t nos morn es alentours\nM ais l’épouvantem ent fera ployer nos têtes.\n\nNous nous sentirons seuls pour la prem ière fois\nEt, nous tendrons en vain nos lèvres anxieuses,\nAvec l’âcre dégoût des heures odieuses,\nP our boire encor le rêve aux sources d’autrefois.\n\n                                    G e o r g e G A R N IR .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-004", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 246, "page_fin": 247, "titre_corps": "Autre air pastoral", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "René Ghil", "ancre_debut": "AU T R E AIR P A S T O R A L                             A A ch ille D ela roche e l A", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 273, "page_imprimee": 246, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 993, "texte": "AU T R E AIR P A S T O R A L\n\n                           A A ch ille D ela roche e l A lbert S a in t-P a u l.\n\n\nDes villages et des ham eaux, de loin et h au t !\n\nTrop tristes au long (quand reverra !) des mois mornes\nde gel et leur longueur de peupliers et d’ornes,\nAh ! ils ont h au t uni (quand reverra !) l’amour\nde la guirlande de la ronde :\n                       et plus n ’est lourd\nQui disait désolé des neiges monotones :\n\n\nQuand reverra mon doux désir, quand reverra,\nA h ! son plaisir et sa douleur, Telle aux automnes\nqui valsaient qui valsait et qui p rit mon esprit\nde veuvage, et depuis qui peut-être s’en r it\nà son plaisir et m a douleur !\n                       O Vous, élue\nau désir de m a m ain (quand la verra !) m enant\nà l’autel où se noue en l’anneau l’heure plue\net s’unit le soupir m utuel et p lanant :\n\n\n(Ah ! ils ont haut uni l’am our de la guirlande)\n\nn'avez-vous ri des Yeux et de m a peine grande,\nQuand aux danses d’antan venaient à vous guirlande\n"}, {"page_pdf": 274, "page_imprimee": 247, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1120, "texte": "     A utre air pastoral.                                         247\n\n\nles villages et les ham eaux, de loin et h au t !\nvous em portant leu r proie et p ar h eu rt et p a r saut :\nn ’avez-vous ri des Y eux et de m a peine grande,\net dites-moi quand la verra, si la verra\nmon g rand heu r soleillant parm i la moisson mue\nl’aurore de l ’aurore où m a peine m ourra\n\n\n( Ah ! ils ont h au t uni l’am our de la guirlande)\n\naux tem ps m ontant des Tours, et lourds, et grands, longtem ps\nT in tan t le tem ps m ontant des Tours et le printem ps !\n\n\nA h ! ils ont h au t uni l’am our de la guirlande\nde la ronde et l ’espoir délirant en v iran t :\n\nen g a rd a n t ses m outons (là l’arrête) en g ardant\nses moutons, la Très-neuve a pleuré (là l’arrête)\nsur les longs prés et sur les m arguerites, prête\nà dire h au t que là l’arrête le peinant,\net qu’allante elle ira quand il viendra venant :\n\net le soleil allum era la route émue\n\nau tem ps m ontant des Tours, et lourds, et grands, longtem ps\nT in ta n t le tem ps m ontant des T ours et le printem ps !\n\n\n     J u in 1888.                               R e n é GH IL .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-005", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 248, "page_fin": 250, "titre_corps": "Évocation des vieux Lièges", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Célestin Demblon", "ancre_debut": "É V O C A T I O N D E S V I E U X L I È G E S (*)              solennelle pour ceux do", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 275, "page_imprimee": 248, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1121, "texte": "É V O C A T I O N D E S V I E U X L I È G E S (*)\n\n\n           solennelle pour ceux dont la poitrine bat\n      e u re\n\n\n\n\nH     largement ! Le cortège se déroulait comme un\n      serpent d’aurore, immense, majestueux, pitto­\n     resque, enthousiaste, à travers les rues chatoyantes\n et gaies, qui regorgeaient d’une foule prodigue\n d’acclamations ; et sur tout son passage montaient,\nen volées compactes, de prestigieux souvenirs. En\nsorte qu’un intense émerveillement, pâle et sur­\nnaturel, fourmillait autour de nous, à perte de vue.\nC’était la W allonie morte hors du tombeau, ressus ­\ncitée de la poussière jadis vivante que nous foulions,\nrejaillie des vertigineuses entrailles du sol où ses\nâges sommeillent étagés. Tout s’offre en d’inex­\nprimables confusions à nos yeux chauds de larmes.\nGlorieux, souriants, mélancoliques, depuis les ca ­\nbanes-ruches des clairières jusqu’aux diligences où\nfurent cahotées nos aïeules jouvencelles, tous les\nLièges défunts s’enchevêtraient en s’agitant jusque\n\n\n  ( 1) F ra g m e n t d ’u n e b ro c h u re qui va p a ra ître : Traditions e t Rôle de\nLiège et de la W allonie.\n"}, {"page_pdf": 276, "page_imprimee": 249, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1571, "texte": "    Évocation des vieux Lièges.                     249\n\n\npar dessus les toits dans l’espace illuminé d’or : si\nbien qu’en ces visions diaphanes comme un cristal\npeuplé, notre Liège disparaissait à demi. Rues tor­\ntueuses, coteaux printaniers, faubourgs décrépits\nbossuant les remparts, bras du fleuve fleuri d’îlettes\nenlaçant d’azur les vinâves, houles de nerveuses et\nnaïves maisons bizarres coiffées de chaume, dentelles\nde pignons et de clochers paraissaient, s’évanouis­\nsaient et reparaissaient sans cesse. V oici les pères\nEburons, loups stoïques dans le prisme chanteur des\nhalliers ; voici les radieuses retraites d’où se déploya\nlégendairement la gloire carolingienne ; voici dans\nson fauve éclat la jactancieuse Chevalerie et, sous\nleurs bannières, les Métiers en armes autour dit\nPerron; et les têtes trépassées de vieillards, d’enfants\n et de femmes penchent leurs milliers de grappes aux\nexiguës fenêtres à mailles. Eclate le tocsin des ré­\njouissances : la Cité, pareille aux bois en mai, s’em­\nplit des éblouissantes “ Joyeuses Entrées. „ Eclate\nle tocsin d’alarme : Publémont, la Halle, Neuvice,\nle Chaffour, deviennent des enfers où les éclairs et\nles chocs d’acier scandent les cris de rage. L e tocsin\nde deuil : les gibets de Jean sans Pitié balancent, au\nvent des patenôtres, les communiers bourgeois\nvaincus dans l’écarlate irradiation enfumée des\ncouchants de Saint-Grilles ! A notre aspect, tout\ntressaille, s’épanouit, acclame silencieusement : un\ninsondable essaim nous submerge, fait des vastes\nmurmures mystiques de vingt siècles d’héroïsme\n"}, {"page_pdf": 277, "page_imprimee": 250, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 667, "texte": "250                                         L a Wallonie.\n\n\n\nattisant le brasier d’amour qui dévore nos cœurs.\nCes scènes magiques, ces mains tendues, ces mobiles\nconstellations d’aimantes et frileuses prunelles, ces\nindicibles parfums familiers de si loin revenus près\nde nous, oui, c’étaient toutes les patries jadis animées\net rayonnantes, puis lentement défuntes sans écho,\nc’étaient elles, ô folle fusion! foyer des souvenirs\nfulgurant d’espérances ! c’étaient elles, magnétisées,\nrallumant leur tumulte de vieilles aurores aux\nabîmes inconnus de mon rêve enivré, despotique et\nfilial qui les éternisera !\n\n                             C é le s tin   DEM BLON .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 251, "page_fin": 252, "titre_corps": "Pensées du soir", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Émile Verhaeren", "ancre_debut": "P E N S É E S DU SOIR.   S ur mes lèvres éteintes", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 278, "page_imprimee": 251, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 940, "texte": "P E N S É E S DU SOIR.\n\n\nS\nur mes lèvres éteintes où comme en un miroir\n J 'a i reflété mon cœur lassé, mon cœur du soir,\n A près un jo u r vécu sans gloire et sans vaillance ,\n Lam pes de mes larmes, larmez dans le silence\n Vos fe u x , pour le sommeil qui vient torpidement\n Clore mes yeux fanés et mon attristement;\n Lam pes brûlez durant des heures et des heures\n E n cor, inutiles pour tous, mais les meilleures\n P our le rêve veiller dont mon esprit, hélas !\n A u clair sonnant m atin ne se souviendra pas.\n\n\n\n\n Sous les vitres du hall nitreux que le froid fore\n E t rafle et que de mats brouillards baignent de vair,\n Un soir de tout à coup de gel , s’ ouvre l'hiver ,\n D a n s le foyer, fourbi de naph te et de phosphore,\n\n\n\n\n I\n l\n Q ui brûle : et le charbon p oin tu se mousse d’ or\n E t le posthume été dans l’ or se persévère ;\n    émeraude un bol, il enturquoise un verre\n E t m ultiplie en chatons d’or son âme encor.\n"}, {"page_pdf": 279, "page_imprimee": 252, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 469, "texte": "252                                            L a Wallonie.\n\n\n\n      Avec ce même feu qui l’abolit, sa jo ie\n      E s t de faire des fleurs parm i les lustres , vivre!\n      E t d’ allumer sa mort comme une fête — au loin\n\n\n\n\n      O\n      Lorsque tonne l’ automne et que le vent disjoint\n      Resserre au loin ses poings et que gratte le givre...\n        cette mort que l'on torture e t qui flamboie !\n\n                                    E mile V E R H A ER E N .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 253, "page_fin": 254, "titre_corps": "Amazones", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Saint-Paul", "ancre_debut": "AMAZONES.        A    x bleusu nébuleux l’ult", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 280, "page_imprimee": 253, "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1319, "texte": "AMAZONES.\n\n\n     A    x bleusu nébuleux l’ultim e soleil des hivers a lui,\n         et l’herbe v erdit ! aux cîmes des m onts les neiges ont fui :\n         U n prim e printem ps au front fleuronné fleurit les collines\ne t p a r la cam pagne, aux piétinem ents de leurs fiers chevaux,\ndom ptant aux galops longs, vertigineux leurs mâles cerveaux,\ncourent guerroyer les vierges de guerre — opimes félines.\n\nE lles arquent l ’arc, le buste courbé sur le col fum ant\ndes bêtes qui vont louvoyant, v o ltan t volontairem ent,\net de leur poitrine où plus ne seront les rondeurs jum elles\nla flèche avec force écarte les bras m aigres et nerveux,\ntan d is que du casque en mèches épars les frêles cheveux\ns’envolent mêlés aux crins des chevaux entraînés comme elles.\n\nE n des tourbillons soulevant les flots du sable verm eil\nl’étrange escadron lancé p ar les champs se cuivre au soleil :\nles sabots piaffeurs de ses étalons franchissent les zones\ndu Royaum e où l’homme au somme d’am our jam ais n ’est admis,\net dans les fossés venant se livrer aux bras ennemis\nenfin la fatigue abat leurs chevaux - et les Amazones !\n\nVoici la saison des fins horizons et des blonds jasm in s:\nU n prim e printem ps sème à pleines m ains les fleurs aux\n                                                      [chemins,\n"}, {"page_pdf": 281, "page_imprimee": 254, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 736, "texte": "254                                           L a Wallonie.\n\n\n\nles fièvres de sexe offrent des frissons en lèvres de flammes\net tordant le torse oh. ! cicatrisé du sein droit absent,\nles vierges de guerre au loin de leur te rre avec le passant\nvont brutalem ent — et sans lendem ain ! être faites femmes.\n\nE n des tourbillons soulevant les flots du sable verm eil\nl’étrange escadron revient p a r les champs cuivrés de soleil:\nle soir em pourpré commence à descendre au v ert des clairières\net pâle à cheval ! du somm et des m onts où la lune lu it\nun Mâle viendra : le F ils de T hétis qu’argente la Nuit,\ns ’égayer, vainqueur ! à l’hym ne guerrier des fières guerrières\n\n\n                                    A l b e r t SAIN T-PAU L.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-008", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 255, "page_fin": 255, "titre_corps": "Les héros", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ch. Eudes Bonin", "ancre_debut": "L E S HÉRO S.                                       A S m a rt M errill.     Ils sont", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 282, "page_imprimee": 255, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 686, "texte": "L E S HÉRO S.\n                                      A S m a rt M errill.\n\n\n\n\nIls sont tous hauts comme une tour\nE t tous droits comme un fer de glaive :\nL e plumage roux d’ un vautour\nSur leur casque d’ argent s’ élève.\n\nP a r les campagnes et les bourgs,\nA travers les fo rets, les grèves,\nU s prom enèrent leurs tambours,\nL eurs cavalcades et leurs rêves :\n\nM aintenant que leur cœur est mûr\nPour les retraites sédentaires,\nIls ont des pierres d’un grand mur\nA jam ais défendu leurs terres\n\nP our suivre, en cet asyle sûr\nE t v e u f des regrets éphémères,\n Sur l’ étendard du v ieil azur\n L e vol éclatant des Chimères.\n\n                             Ch . E U D ES BONIN.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-009", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 256, "page_fin": 256, "titre_corps": "Ames couchantes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Raoul Pascalis", "ancre_debut": "AMES COUCHANTES.   A rcs des Soirs succomba", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 283, "page_imprimee": 256, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 819, "texte": "AMES COUCHANTES.\n\n\nA rcs des Soirs succombants ! Glaives des Crépuscules\n  A u x prises avec les f a ulx louches de la N u it !\n  E t très chastes soupirs dès F leu rs béant d’ ennui\n  A u parterre foulé des En-bas ridicules !...\n\n  Efflorescences des surlunaires Clartés :\n  Clignotements sondeurs de ténèbres et d’ ombres !\n  E t Toi, Rhombe d'argent, scrutateur des décombres\n  Maléfiques où vont gémir les Voluptés !...\n\n  D iurnes candeurs aux clairs regards des Am es-Vierges,\n  A u x lies de quel abysse avez-vous donc sombré ?\n  L e stupre des D em ains a-t-il soufflé vos cierges,\n\n  E t, pleureuses, au chant noir des M iserere,\n  Ames d’aurore, Ames de jo u r : — Ames de fange —\n  Cerclez-vous vos anneaux au D o igt du M auvais-Ange !\n\n                                        R ao u l   PASCALIS.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-010", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 257, "page_fin": 258, "titre_corps": "Mes mémoires", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "MES      MÉ MOIRES.                      (3 e   C a h ie r )           FRAGMENTS DE C", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 284, "page_imprimee": 257, "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1172, "texte": "MES      MÉ MOIRES.\n                     (3 e   C a h ie r )\n\n\n\n       FRAGMENTS DE CRITIQUE LITTÉRAIRE\n\n\n            Derrière mon monocle il y a un œil\n          qui voit et sous la raie de mes cheveux\n          une cervelle qui pense. Je porte l'uniforme\n          d'un mondain, mais je suis un pervers\n                                               JO S É P H IN    P É I .A D A N .\n\n\n\n\n             L E S PR ÉCU R SEU R S. .\n\n                                    J ’ aurais voulu savoir ce que\n                                 regardent ces y e u x tra n qu illes.\n\n                                              G u s t a v e    F l a u b e r t .\n\n\n\n\n      C a q u e hpériode littéraire trouve un homme\n        qui en condense les caractéristiques et, les\n        exagérant même arrive à n’être compris que\n        tard, alors que ceux qu’il a si parfaitement\nsymbolisés ont, dès longtemps, disparu. E t tandis\nque la Tourbe des artistes de moindre envergure\nsombre en l’irrémédiable Oubli, Eux ! ainsi que de\n                                                                       1\n                                                                       7\n"}, {"page_pdf": 285, "page_imprimee": 258, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1253, "texte": "258                                   L a Wallonie.\n\n\n\ngranitiques Monuments à peine écornés par les âges\nrévolus, restent, comme d’immuables témoins des\nIdées, des Illusions, des Espoirs du Passé, aussi de\nses Dégoûts !\n  L a fin de ce Siècle, prodigieux par le nombre des\névolutions accomplies et d’une histoire si étonnam­\nment surchargée, pourra peut-être se caractériser très\nnettement.D ’abord une prodigieuse Science, avec une\nfatigue et un ennui de savoir, une passive indifférence\net de curieux retours au mysticisme catholique. —\nUn art qui se byzantinise en des recherches de\ndétail compliquées et retorses, ou s’abstrait en un\nhiératisme méfiant et méprisant, enfin un manque de\nfoi en soi-même sans précédent. Il semble que le\nsiècle ait fait Banqueroute à toutes ses promesses et\nune ironie sanglante accable tout effort nouvel, car\nquelle impitoyable comparaison avec ceux faits\nantérieurement et restés nuls de résultat.\n   Aussi l’art des Précurseurs est-il empreint d’une\ntristesse ironique ; il est suggestif et symbolique,\npuissant, parce qu’il cèle et ne laisse qu’entrevoir :\nchaque lecteur pensif, devenant confident de la\nPensée hautaine et orgueilleusement timide, une\nadmiration sûre et d’essence vraie, s’élève et s’im­\npose!\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-011", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 259, "page_fin": 259, "titre_corps": "Suggestions", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SU G G ESTIO N S.                            Vous-mêmes pourriez-vou", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 286, "page_imprimee": 259, "debut_caractere": 113, "fin_caractere_exclue": 1013, "texte": "SU G G ESTIO N S.\n\n\n                         Vous-mêmes pourriez-vous me dire si l’ê tre\n                     e x té rie u r a p p a re n t, que v ous n o u s offrez, qui\n                    se m anifeste à nos sens, est réellem ent celu i\n                     q u e vous savez ê tre en v ous ?\n\n                                              V IL L IE R S   DE   I’ I S L E - A d A M .\n\n\n\n\n   L e sentiment de profanation est aussi inné dans\nl’Homme que ceux de destruction et de reproduction.\n\n\n  Un moine doit avoir beaucoup vécu pour ne plus\nconcevoir l’amour qu’en Dieu.\n\n\n  Rien n’est,intellectuellement, plus corrompu qu’un\ngarçon de vin gt ans, vierge par volonté.\n\n\n • Celui-là n’est pas notre Maître qui nous dit des\nchoses admirables, mais L ui oui ! qui écoute nos\nplatitudes.\n\n\n  Ce fut bref comme l’amour d’une Femme.\n\n\n\n  La solitude : la grande consolatrice.. ou la grande\ntentatrice.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-012", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 260, "page_fin": 263, "titre_corps": "Les deux cimes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "P. 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L a Société moderne\nn’étant que le Pandæmonium où sont rassemblés\ntous les moyens d’attaque, de corruption ou de\ndestruction de Justice, l’enragement des Révoltés\nest perpétuel et tourne à la Manie, Manie admi­\nrable devant laquelle, ainsi qu’une sublime F olie,\non se découvre! Ces êtres exceptionnels sont haïs,\nhonnis et conspués. Toujours repoussés, ils s’égo­\nsillent dans le désert que font autour d’eux les\nScythes de la Presse. Leurs cris d’A ngoisse, de\nDouleur et de Prophétie ne trouvent nul écho et\nleur rage désespérée et grandiose s’en accroît indé­\nfiniment ! Ils parviennent à un A rt prodigieux,\ntitanique, connu des seuls qui les puissent aimer,\nles Impassibles, Ceux qui dédaignent de souffrir et\nde frapper. C’est au milieu des Révoltés que sur­\nvivent les derniers Héroïsmes, les dévouements à la\nConception pure. Cette abnégation bizarre, cet an-\n"}, {"page_pdf": 288, "page_imprimee": 261, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1543, "texte": "    Mes Mémoires.                                  261\n\n\n nihilement d’eux-mêmes et de ce qu’ils aiment\n devant leur exclusive idée de Justice sont d’autant\nplus absolus que souvent ils n’ont aucun espoir de\n Futur ni d’Au-delà ! Leur Violence de Pensée et de\n Style est énorme, stupéfiante parfois! Ce sont des\ntombereaux de haine, de dégoût, de colère qu’ils\n déversent ainsi que des tas d’immondices sur leurs\n antagonistes. Ils empoignent soit la Société, soit un\nHomme, en font la description la plus abominable,\n dévoilent ses tumeurs, ses maladies repoussantes ou\nhonteuses, ses turpitudes et le virus moral de son\nignoble pensée, lui crachent au visage, le tré­\npignent de leurs talons au préalable plongés dans\nla boue la plus ignominieuse et lorsque écœurés ils le\nlâchent, ils se précipitent... à un Autre !\n   Les Impassibles, eux, forment le groupe resserré\ndes Contemplatifs et des Méprisants.\n   Pour E u x nulle de ces fulgurantes fureurs, un\ndédain si absolu de ce qui se passe sous eux qu’ils\nne peuvent s’émouvoir de l’universelle Infamie. Ce\nsont des Orgueilleux et des Sensitifs. Ils ont le\nsuprême Orgueil, le Respect absolu d’eux-mêmes\nqu’ils ne veulent commettre avec la générale cuis­\ntrerie. Ils connaissent leur souveraine valeur, mais\nsans vanité ; méprisant l’opinion même de la Foule,\nils négligent de produire, ou s’ils le font, sont\nles adeptes d’un art ésotérique tellement sublimé\nqu’il est absolument au-dessus de la portée de la\nmultitude, — masse tellement négligeable que pour\neux elle reste inexistante.\n"}, {"page_pdf": 289, "page_imprimee": 262, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1547, "texte": "262                                     L a Wallonie.\n\n\n\n   Leur nature, supra-sensible, serait, sans cette\nsurélévation qui les met hors d’atteinte, continuelle­\nment vulnérée de chocs et de frottements odieux,\nS ’enfonçant en leur hiératique solitude, ils prati­\nquent la claire et absolue notion de l’Egoïsme phi­\nlosophique : Moi et les Miens — Les Miens dans\nMoi. Les grands cœurs, pour conserver immaculée\nleur marcessible affectivité, ne connaissent pas ceux\nqui ne leur sont rien, ne s’aperçoivent même pas de\nleur Réalitér mais considèrent comme Leurs des\npersonnes à l'existence possible, frères d’élection pour\nqui seuls ils daignent avoir Vie.\n    Quand un tel Artiste voit un succès populaire\nle souiller, la cohue des criticailleurs journalistiques\nl’encenser, il se recueille, se tâte et se demande quel\ncrime il a commis pour mériter un tel châtiment\nou quelle bassesse, invisible pour lui, peut bien\navilir son œuvre et Il ne L a regarde plus qu’avec\ncrainte et dégoût et doute de lui-même.\n    L ’Inutilité de Tout leur est apparue au point de\nleur faire douter de tout et de la valeur de tout effort.\n    E ux méconnaissent même cette Justice, cette\nultime Espérance des Révoltés: Ils sont inéton ­\nnables. Aucune injustice quelque révoltante qu’elle\npuisse être ne les stupéfiera: ils y verront le simple et\nnaturel Produit d’une Humanité vile et imper­\nfectible ne se légitimant que par Vapparition périodique\net rare d'une Nature exceptionnelle, Q U 'E L L E N I E ,\n et qui sert d’excuse et d’ Holocauste à son irrémédiable\n"}, {"page_pdf": 290, "page_imprimee": 263, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 780, "texte": "    Mes Mémoires.                                             263\n\n\net incommensurable médiocrité ; encore en est-il qui\ndoutent même de cela. E t ces esprits supérieurs sont\nceux-là les plus vivement frappés par cette tenail­\nlante affection psychologique, le Pessimisme.\n   E n vertu du principe de l’Attraction des Con­\ntraires et des Extrêmes, ces deux groupes — l e s\nd e u x S o m m e t s d e l a P e n s é e H u m a i n e — sont les\n\nseuls qui puissent sympathiser ; mais cette mutuelle\nsympathie sera mêlée chez les uns d’un peu de pitié\ndu vain effort accompli, chez les autres de l’impa­\ntience nerveuse et un peu mécontente de voir des\nImpassibles autour de soi alors qu’on est plongé\nen une cruelle Agitation.\n                                                 P. H. O.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-013", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 264, "page_fin": 264, "titre_corps": "Les Fastes : Rex", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "REX . vec des gestes d’apparat", "ancre_fin": "u tila la couronne d’or !", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ARGONAUTES.  saccage O       des Hespéride", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 291, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 501, "texte": "REX .\n\nvec des gestes d’apparat\nA\n Que rythm ait l'orchestre des fêtes,\n I l rem it au prêtre castrat\nL a couronne de ses conquêtes.\n\n D élaissant lors son majorat\nPour l’ aventure et les tempêtes,\n I l força , si loin qu’il errât,\nL es peuples à prostrer leurs têtes.\n\n M ais son astre déchut un soir\nQu’à la mort i l ne p u t surseoir.\n Son palais croula — guerre et flammes !\n\nE t, reste intact de son trésor,\nSous la cendre des oriflammes\nR u tila la couronne d’or !\n\n\n\n\n        "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-014", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 264, "page_fin": 265, "titre_corps": "Les Fastes : Argonautes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "ARGONAUTES.  saccage O       des Hespéride", "ancre_fin": "Jusqu’aux astres des Atlantides ?", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "BALLET. Pour Gustave Moreau", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 291, "page_imprimee": 264, "debut_caractere": 501, "fin_caractere_exclue": 649, "texte": "ARGONAUTES.\n\nsaccage\nO       des Hespérides\nA u x accords batailleurs du cor !\nOrgueil de la voile en essor\n Vers la p a trie aux mers sans rides !\n"}, {"page_pdf": 292, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 536, "texte": "B a llet.                                                       265\n\n\n            F a r les Thraces et les D orides\n            Les rhapsodes clament encor\n            L a gloire de ces Chercheurs d’or\n            Revenus des plages arides.\n\n\n            M ais qui remémore la mort\n            D e ceux qui — silence du sort ! —\n            F a illire n t de fièvres fétides,\n\n\n            Ou poursuivirent les saisons\n            Par-delà l’ arc des horizons\n            Jusqu’aux astres des Atlantides ?\n\n\n\n\n                          "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-015", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 265, "page_fin": 266, "titre_corps": "Les Fastes : Ballet", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stuart Merrill", "ancre_debut": "BALLET. Pour Gustave Moreau En casque de cristal rose", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 292, "page_imprimee": 265, "debut_caractere": 536, "fin_caractere_exclue": 984, "texte": "BALLET.\n\n                                        Pour Gustave M oreau.\n\n\n\n\nE\nn casque de cristal rose les baladines,\nD o n t les pas mesurés aux cordes des kinnors\nT in tent sous les tissus de tulle roidis d’ ors,\nE x u lte n t de leurs yeux pâles de xaladines.\n\n\nToisons fauves sur leurs lèvres incarnadines,\nB ra s lourds de bracelets barbares, en essors\nM oelleux vers la lueur lunaire des décors,\nE lles m urmurent en malveillantes sourdines :\n"}, {"page_pdf": 293, "page_imprimee": 266, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 467, "texte": "266                                                 L a Wallonie.\n\n\n\n      \" Nous sommes, ô mortels, danseuses du D ésir,\n      Salomés dont les corps tordus p a r le p la isir\n      Leurrent vos heurs d’amour vers nos pervers arcanes.\n\n\n      Prosternez-vous avec des hosannas, ces soirs !\n      Car, surgissant dans des aurores d’encensoirs,\n      Sur nos cymbales nous ferons tonner vos crânes. „\n\n                                        Stuar t    M E R R IL L .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-016", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 267, "page_fin": 269, "titre_corps": "Pour oublier", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Siville", "ancre_debut": "P O U R O U B L I E R (*).             Les f r i l e u s e s h i r o n d e l", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 294, "page_imprimee": 267, "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 1007, "texte": "P O U R O U B L I E R (*).\n\n\n\n         Les f r i l e u s e s h i r o n d e l l e s s ’ e n s o n t a l l é e s . Les\n          verdures          r e v ê te n t   des      to n s    p lu s    ch au d s\n          a lla n t d u ja u n e d ’o r a u r o u g e b r u n e n u n e\n          h a r m o n ie u s e d é g r a d a tio n d e te in te s .\n   Les corneilles passent par bandes, rayant, de leur\nvol allenti, un ciel lourd de nuages prêts à crever.\nPlus pâle, le soleil filtre par instants au travers des\nfrondaisons jaunissantes et cet emmêlement de\nbranches fait ombreuse encore la venelle qui va s’a­\nmincissant au loin. Deux religieuses y cheminent,\ncachées sous la liliale blancheur de leurs longs\nvoiles de gaze.\n   L ’une, Agnès de Fontenaille, en religion Sœur\nMarie-des-Anges, a gardé cette démarche onduleuse,\nféline, son port de reine qui lui valurent tant d’ad­\nmiration naguère, au temps où elle promenait de par\n\n\n (*) Des Contes pour l'A im ée, à p a ra ître in cessam m en t.\n"}, {"page_pdf": 295, "page_imprimee": 268, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1425, "texte": "268                                   L a W allonie.\n\n\n\nle monde son éclatante beauté d’aristocrate; alan­\nguie, elle se traîne à pas menus, avec, dans toute sa\npersonne, une lassitude d’une pénétrante exquisité\n   — Vous souffrez, interroge doucement sa com­\npagne ?\n   — Non, sœur Rolande, merci.\n   — Rentrons, voulez-vous ?\n   E t lentement elles regagnent le couvent qui\ndresse, au bout de l’avenue, ses tours envahies par la\nsombre feuillaison des lierres.\n   Une devise mi-effacée — Désir au repos — se lit\nsur la banderole qui entoure le fronton de la porte\ngothique.\n   A l’angle des murs, de grimaçants mascarons sup­\nportent la statue de la Vierge, Madone impolluée.\nDes lucarnes de pierre couronnées de gables rompent\nla grise uniformité du bâtiment principal.\n   Une chapelle s’y adosse, emplie à cette heure.\nToutes les dames de la communauté s’en viennent\nles yeux baissés, et de les voir aller ainsi en leurs\nvirginales robes aux larges plis liserés de bleu,\non les dirait conviées à de mystiques épousailles.\nLes unes passent silencieusement, perdues en une\ncontemplation; d’autres entourent l’orgue et leurs\nvoix berceuses, douces ainsi qu’une caresse d’éven­\ntail, chantent les louanges du Seigneur. L ’encens\ncrépite dans les cassolettes dont l’odorante fumée\ns’échappe en figures bizarres et monte lentement\nvers l’enhaut des voûtes. Immobile en sa stalle,\nsœur Marie-des-Anges fixe obstinément des yeux\n"}, {"page_pdf": 296, "page_imprimee": 269, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1173, "texte": "    P our oublier.                                         269\n\n\nun grand tablean appendu dans le chœur : obsé­\ndante vision que ce pâle St-Georges perforant de sa\nlance le corps squammeux du dragon.\n   Les psaumes dits, elle rentre en sa cellule d’où se\ndécouvre, en un superbe décor, les dépendances de\nl’antique manoir; et là, accoudée à la fenêtre, tandis\nque la lune verse ses flots d’argent sur l’infinie\nstagnance du lac constellé de blancs nénuphars,\nelle étanche de sa main patricienne les larmes qui\ns’écoulent, brillantes, de ses beaux yeux pers.\n   De dire sa peine à sœur Rolande elle se fut\nsoulagée, mais aussi son orgueil eut trop souffert.\nDieu seul connaîtra l’insondable amour qui l ’op­\npresse; seul il entendra les paroles révélatrices mur­\nmurées en rêve, quand reviennent, en lointaines\n envolées, les souvenances délicieusement amères;\nseul il saura les désespoirs fous, la passion non\n éteinte de cette âme brisée qu’un infrangible besoin\n d’épanchement étouffe.\n\n  A u Christ insensible qui plaque sa pâleur d’ivoire\nsur la nudité des murs, sœur Marie-des-Anges de­\nmande en vain l’Oubli.\n\n                             M a u ric e   S IV IL L E .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-017", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 270, "page_fin": 272, "titre_corps": "Épiphanie : Épithalame", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Achille Delaroche", "ancre_debut": "É PITH ALAM E                                         P o u r la R ivée.     E PIRE en le", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 297, "page_imprimee": 270, "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 941, "texte": "É PITH ALAM E\n                                        P o u r la R ivée.\n\n\n\n\nE PIRE en le parvis aubal de nul sillage\nX\n électuaire à des soupirs et deuils défunts\n ta fête qui se lève aux nimbes des parfum s :\n et la viduité de nos nuits anciennes\n rum eur qui m eurt aux phalanges musiciennes\n d’u n choral séraphique et loin de m énestrels.\n\nE lyséenne en l ’or des vols surnaturels !\n\nparm i l’aurore des brocarts et des tiares\nla candeur des regards fleur de lise l’arroi\nde la V ierge qui va, qui va vers l ’Elu-roi.\n\nE lu qu’ont salué les flûtes nuptiales !\n\ntenez-vous H au t de gloire et m uet d’heur et R oi\nau seuil du sanctuaire où souffle votre effroi\napparu moissonneur de lis m ûrs et de roses !\n\net vont loin les pâleurs et les rides moroses\nloin en le pleur lu stral d’un heur inexprimé\noù règne le rêve des H arpes célestielles\nau seuil saint de l’E den impollu de l ’Aimé,\nluxuriant de floraisons essentielles.\n"}, {"page_pdf": 298, "page_imprimee": 271, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1348, "texte": "Épithalame.                                               271\n\n\n   É lyséenne en l ’or des vols surnaturels !\n\n   Vous salue un los long d’orgues et de t h éorbes,\n   O l’E pousée ! offrant la Rose des Sions\n   aux sacres d’une aurore inouïe en les Orbes !\n\n   Couple biblique ! Nous passons : nutations\n   e t palpitations p a r les fresques fleuries\n   d’ailes frêles qu’ém eut l’aube des Théories.\n\n   Nos élans s’appelaient dans la n u it des fu tu rs :\n   et vous ceignit du signe élu d ’investiture\n   la zone de mes vœux plus chaste que ceinture.\n\n   P our le serm ent exem pt de dol et de tourm ent\n   en les soirs aussi loin que m iroitent les m oires\n   nos pensers esseulés veillent ingénum ent\n   pour le serm ent dont l’or s’endort en nos mémoires.\n\n   A h ! que notre heur évague en liesse aux lis m ûrs !\n\n   opales les candeurs des aurores trop brèves\n   v erront s’épanouir les rosiers de nos rêves :\n\n   et nos m ains que m arie un m agique m inuit\n   ouvrent l’azur ému des zaïm phs du silence\n   en plis subtils de vanités et que balance\n   telle folle lueur m uette de qui nuit.\n\n   Mais vain ! notre heur ne règne aux m irages de l’heure !\n   L ieu de lis s’enlisa mon désir : vision\n   rêv an t p a r les gels lourds la ra re éclosion\n   d’une tresse apparue aurorale et qui pleure\n   en l ’algide fontaine idéale du leurre.\n"}, {"page_pdf": 299, "page_imprimee": 272, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 669, "texte": "272                                       L a Wallonie.\n\n\n\n      Élyséenne en l’or des vols surnaturels !\n\n      que ta lèvre de lis taise te l m ot suprême\n      trop fait pour effarer un vol frêle d’aveux !\n      tiarée en l’éclat d’idéal diadème\n      que T a T ête se tienne ombreuse des seuls vœux\n      en l’arcane impoilue où te sacre le rêve !\n\n      F leu r m ystique évoquée aux dalm atiques los !\n      sans l’espoir ignoré de trop aride grève\n      ta langueur illusoire incante aux longs halos :\n\n      ta langueur végétante en l’em muré veuvage\n      expire en le parvis aubal de nul sillage.\n\n                              A c h i l l e D ELA R O C H E.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-018", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 273, "page_fin": 284, "titre_corps": "Soirs mouvants : Le but", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Mockel", "ancre_debut": "LE           BUT.                                        Oh que j e      m 'en n u ie   d on c su", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 300, "page_imprimee": 273, "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 1483, "texte": "LE           BUT.\n\n                                      Oh que j e      m 'en n u ie   d on c su périeu ­\n                                    rem ent.                  Ju les      L aforgu e.\n\n                                          A u com m encem ent s ’est élevé l'enfa nt\n                                       resplendissant comme l ’o r ; il était le seul\n                                       seigneur né de tout ce q u i existe. Il a\n                                       affermi la terre et le ciel.\n\nAu com te d e V illiers de l’Isle-A dam .                      H ym n e    V é d iq u e .\n\n\n\n\n          I\n          m e n s em et triste, la noire Forêt si vieille\n         murmure en sourdine, noyée sous les rayons\n         bleus de la lune. Elle s’agite sourdement de\n         longues pensées, la vieille Forêt ; et la sérénité\nstellaire insulte à sa douleur. Oh les froides profon­\ndeurs sidérales où resplendit l’inerte Séléné, oh cette\n belle transparence tranquille des espaces, où, pour\nles étoiles inertes, la lumière est égale au silence !\n   L a Forêt, la désespérée haineuse, ne connaît point\nDieu, mais elle envie les astres ; monotone et morne\net lourde, sa morne plainte monte lourdement vers\nle ciel monotone. Lors, sous l ’empire du Destin,\nSéléné au. front d’argent laisse vibrer, vibrer, les\nvagues lumineuses qu’elle meut sur la Forêt. L a\n                                                                           18\n"}, {"page_pdf": 301, "page_imprimee": 274, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1526, "texte": "274                                       L a Wallonie.\n\n\n\n vibration s’accentue, résonne en fluide murmure, et\n voici qu’en naissent des paroles stériles, vague mu­\n sique lazuline et d’une splendide clarté stérile.\n    L a Lune dit :\n     \" Qu’on m’appelle Tanit, Adonaï, Indra, Séléné,\n Soleil, étoile ou planète, je suis la Lumière et ma\n solitude va flottant par les espaces; inspiratrice des\n illusions, j ’ai déposé mon baiser métallique sur le\nfront des génies.... Or, je suis l ’éternel regard du\n Temps. Eternelle, j ’ai vu tout le passé ; éternelle, je\n sais discerner l’avenir ; oh logicienne fatale et triste,\n ayant vu tout le passé, il me faut bien connaître l’a­\nvenir !... Hélas l’incertitude pour moi n’existe point :\navenir et passé, tout est P r é s e n t à ma pensée,\net seuls tes désirs m’ont nommé la Durée et cette\npuérilité des Siècles, Forêt; car je suis l’éternel\nregard du Temps.\n    „ Logicienne fatale et triste, j ’ai vu tout le passé,\nje connais l’avenir.\n    ,, Hélas, j’ai la puissance, et je suis la grande impas­\nsible. Mes lèvres magnétiques.... oui, mon baiser de\nmétal est ce germe d’où naît l’idée : car je suis l’A rt\net sa floréale splendeur. Inspiratrice des illusions,\nma beauté passe, muette nocturne, en l ’immobile et\nblanc désert de l’unité. E n vérité je suis la Clarté\nstérile, les neiges toujours identiques, les neiges ! et\nles primordiales candeurs polaires....\n    „ Hélas j ’ai la puissance, et je suis la grande impas­\nsible. Le futur est mon œuvre et le désir est mort\n"}, {"page_pdf": 302, "page_imprimee": 275, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1523, "texte": "    L e B u t.                                     275\n\n\n\npour moi. Monde vieilli dans la souffrance, F orêt de la\nV ie où voltigent les ramiers de l’espoir, où se tordent\nles glauques serpents du regret, Forêt aux brandies\nmouvantes je t ’envie ! Epuisée par l’existence, tu\ncherches l’immobilité, et tu voudrais rester comme\nmoi rigide, môle de marbre au courant des siècles.\nLe désir te paraît une blessure, à toi qui as trop\ndésiré ; car le sang de ta force, tu l’as répandu en\nmille volontés matérielles, ignorant cette félicité\ndernière qui s’appelle absolue volonté. O toi qui vécus\ntrop pour vouloir vivre encore, moi, la céleste, je\nt ’envie, pour tes désirs, pour tes regrets, pour tes\n douleurs, car tu ne connais la mélancolie de mon\n omniscience, ni combien est morne ma gloire, et de\nglace mon éternité. „\n    Séléné se tut. Mais la Forêt courbée sous le Passé,\n vaguement frissonnante et craintive du Futur, la\n Forêt de la V ie répondit :\n    “ Les années montent sous nos vouloirs comme\n l’immense marée des nuages. Oh si l’on pouvait ! La\n marche inébranlable, en arrêter la marche, quel rêve !\n Mais elles vont, elles vont d’une ampleur infrangible\n et leurs flots mordent le roc de notre indifférence\n aimée. L a vie toujours sera; car notre pauvre mort\n terrestre ne sait briser que notre forme et nous\n rejette, frémissants encore, à cette autre souffrance\n de revivre en la nature. Ah, jamais, jamais le repos !\n Tanit, reine puissante, éternelle impassible, donne-\n nous un reflet de ta sérénité. „\n"}, {"page_pdf": 303, "page_imprimee": 276, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1385, "texte": "27Ü                                      L a W allonie.\n\n\n\n                        L a L une.\n\n    Vivre est de votre essence, et vouloir. Vous êtes,\n vous aussi étemels de matière, mais vivants, et mou­\n vants, et protées. Je suis moi, d’une forme éternelle,\n et j ’ai le pouvoir : telle est la loi suprême. La volonté\n ni le désir, ni cette vie, ne sauraient être en moi; rien,\n R IE N : que l’inconsciente fatalité. Oh si ma sérénité\nme créait un regret, me laissait un désir, je m’exul­\nterais glorieusement, car ce serait vivre encore. Mais\nrien ! Espérer, espérer ? Toute puissante, je ne puis\n avoir de regrets. Jamais je ne connaîtrai l’Espoir,\njamais l’Espoir le plus vague de la plus futile espé­\nrance ! Jamais l ’attente, jamais l’imprévu; jamais une\nimpression ne viendra jusqu’à moi. E t rien, je ne\nvois rien, que le cours fatal des choses dès toujours\nprévues, et cet ordre majestueux, cet ordre immuable,\npuisque toute puissante je ne puis le vouloir chan­\nger !\n   Hélas, cette plainte même qui vibre jusqu’à vous,\ncette plainte profonde de mes rayons, elle ne vient\npas de ma volonté ; inconsciente, elle s’exhale sans\nmon œuvre des bleus rayons qui vous caressent. —\nForêt où germe la révolte n’envie point mon sort ;\ncar c’est l ’inerte Désespoir de ne pouvoir souffrir.\n\n                       L a F orêt.\n\n\n  Séléné, toi l ’essence et le regard des infinis, ton\n"}, {"page_pdf": 304, "page_imprimee": 277, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1401, "texte": "    L e B u t.                                       277\n\n\nmal nous serait la félicité suprême. 0 viens à nous,\nTanit, V ierge Tanit, fleur métallique épanouie aux\nplaines célestes !\n\n                       L a L une.\n\n\n   L e radieux bonheur dépend du seul vouloir. Tu\nrépands tes 'paroles de détresse, Forêt, comme l’au­\ntomne éparpille les feuilles rouges de la mort, et leur\nchute paresseuse, leur dolente pluie lassée sur la\nterre. Mais tes regrets encore sont de la vie matérielle\net plus douloureuse est ta douleur ! Les désirs perdent\nen force ce que, dans leur objet, ils gagnent en éten­\ndue. Mais leur vigueur latente n’arrive à l’existence\nréelle, que matérialisée en un but ; lorsque les désirs\nhésitent à s’orienter entre des buts divers, ils se\ncombattent et s’entretuent et cette lutte c’est la\nDouleur, puisque c ’est l’évolution, le mouvement du\nvouloir. Un seul désir continu vers u n but immuable,\n— sans que rien l’en détourne, — c’est le bonheur\npossible. Car ce désir, toujours identique et jamais\nrenouvelé, sénilement se courbe, se courbe vers sa\nMort. Cherche l’indifférence ; immatérialise tes dé­\nsirs, et que ta volonté ne veuille que de l’abstrait :\nqu’elle ne veuille qu’elle-même, et de toute sa puis­\nsance. Renonce à l’œuvre, renonce à tout ce qui n’est\nton seul désir : et tâche à te grandir jusqu’à l’immu­\ntabilité du vouloir au seul repos marmoréen de\nl’orgueil.\n"}, {"page_pdf": 305, "page_imprimee": 278, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1153, "texte": "278                                                L a W allonie.\n\n\n\n\n                                 II.\n\n\n   A rrache       leur   secret         aux   om bres      des   toux\n\nS iè c l e s .\n   OH       TOI   QUI    VÉCUS     TROP       POUR      OSER     VIVRE\nENCORE....\n\n\n                                 III.\n\n                                   E t toi, silen ce, pardonne à la Terre.\n                                              J.   L afo rgue.\n\n\n\n\n   Murmurante sous la brise des temps, la F orêt\nsonge et souffre. Elle se voudrait inerte, et subit\nfollement toutes les sensations. Oh la vie trop vécue !\nla Forêt la redoute à présent, jusqu’à frissonner à\nl’ombre de cette pensée : l’Avenir. L a F orêt s e roidit,\noh se roidit contre le vivre ! elle veut la mort de ses\ndésirs, et ce vain espoir est un désir encore, encore la\nvie.\n   La Forêt maudit la puissance de l’Amour.\n\n\n   Or se lève au ciel Tanit, vaporeuse aux plis\nondoyants de sa chevelure, sa magique chevelure de\nrayons. L a voici, la froide et la muette, l ’impassible\nau front d’argent, reine des rêves aux ailes angé­\nliques de blancheur, Tanit l’éternelle inconsciente !\n"}, {"page_pdf": 306, "page_imprimee": 279, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1444, "texte": "    L e B u t.                                         279\n\n\n\nRegard d’une glaciale pureté où semblent agoniser\nles regrets d’un amour impossible, Tanit répand de\npâles sourires, — des sourires ineffablement bleus et\ntristes, où passent de vagues fantômes.\n   L e silence flotte aux ondes larges de l’espace; et\nsur les choses, la vibration morne d’une attente.\n\n\n   Soudain, à l’orée de la Forêt un homme se dresse\net marche. Une force le pousse, irrésistible. Il passe,\nil va. Son cœur se gonfle d’espérance, à son front\nresplendit l’aurore d’un jour nouveau : et son œil\nétincelle, et sa vigueur est mâle. L e chef ployé sous\nle joug d’une idée, il s’arc-boute vers l’avenir et voici\nque son pied foule en maître le sol de la Forêt.\n   L a F orêt doute ; elle frémit ; elle se révolte. Oh cet\nhomme cruel, et cette volonté, et ce mouvement\nparmi les désespoirs de la Forêt ! La F orêt tord\nses membres toujours virides, elle les tord d’im­\npuissance. Oh retenir ces pas qui vont souiller le\nrepos de la Forêt, arrêter l ’imprudent et tuer, tuer\ncette volonté funeste, cette volonté flexible et forte !\nLes ramilles aux grêles voix d’enfant plaignent\nsans fin leur paix violée ; les arbres secouent\nleur front hautain, le sol tressaille aux pas du pro­\nfanateur, et d’un lourd effort dominateur l’ouragan\ndes regrets, des désirs, de la vie renouvelée, ébranle\nimmensément la Forêt haletante.\n   Oh, l ’angoisse épouvantée, oh la fureur de la\n"}, {"page_pdf": 307, "page_imprimee": 280, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1503, "texte": "280                                        L a W allonie.\n\n\n\n Forêt ! A u milieu des bruissements de la vie multi­\n forme qui se multiplie et grandit, des gémissements\n convulsifs essorent leur vol épars, une folle clameur\n surgit, se gonfle longuement, et profondément tonne\n son magistral accord.\n   Les herbes se cramponnent aux pieds de l’homme ;\n se hérissent d’épines les arbustes, et s’entrelacent\nles rameaux. Ainsi que des serpents verdâtres, les\nlianes s’enroulent à ses membres; devant lui, der­\nrière lui, plus loin qu’on ne peut voir, les branches se\ntendent comme des bras hostiles, et des gestes\nrigides planent sur sa tête comme une malédiction.\n   L ’homme résiste et se redresse; il tord les mille\nmains feuillues qui cherchent à le saisir, il ploie les\ncorps noueux qui l’assaillent, il meut sa noble force\ncontre les géants de la Forêt. En sa poitrine\nmugissent les flots d’un unique désir. L ’espoir res­\nplendit sur son visage souffrant ; il veut marcher au\nBut.\n   Mais la F orêt s’acharne contre lui; des pluies de\npétales et de feuilles le couvrent d’une mort\nondoyante; les arbres le flagellent avec haine, et\nvoudraient le paralyser à jamais.... Ils croisent leurs\nramures inextricablement, pour lui cacher la vue\ndu ciel; il se pressent contre lui, ils le courbent\nsous l’étreinte de leur foule, ils le terrassent, ils\nl’écrasent, des ombres énormes et noires roulent sous\nla haute futaie fantastique ! — et plus sombre et\nplus lourde gronde l’immense rumeur de cette lutte.\n"}, {"page_pdf": 308, "page_imprimee": 281, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1434, "texte": "    L e B u t.                                        281\n\n\n   Lors, ailé de lumière éthérée, surgit dans l’espace\nun regard de Tanit comme une éblouissante épée\nd’argent.\n   Un frisson éperdu secoue la masse de la forêt\nainsi qu’une imposante marée dans l’océan des\ncîmes; sous l’éclair impérieux vont s’apaisant les\nclameurs aux lointains, et la révolte enfin domptée\ns’affaisse en la mort confuse des échos.\n   L ’homme renaît aux baisers de Tanit ; il tressaille\nde joie : magnétisé par un idéal désir d’amour, il\nveut s’élancer vers Tanit; mais la sublime et froide\nclarté, Séléné-Tanit augustement sereine et blanche,\nlui montre au loin, plus haut, si loin, au centre de ce\ndôme mystique de l’azur, le P r i n c i p e tout puissant,\nl’absolue volonté d’où jaillit la Lumière.\n   E t l’homme se lève, il marche.\n   Encore la F orêt tâche de l ’arrêter. E lle se fait\nsuppliante, maintenant, et voluptueuse, et douce.\nLes arbres le frôlent de leurs mousses, les feuilles\nn’ont que des baisers, — et l ’harmonie subtile de la\nnature, les sons déliés du sourire au printemps, et\nla virile sève et le vernal émoi de la genèse, qui de\nla terre émerge, émerge.... L a voix de la Forêt\npalpite et le suit.\n   Elle chuchotte :\n   “ Oh plus de haine, et rien de ces forces brutales\n„ arc-boutées au combat ! Reste, ne trouble pas\n„ encore notre pauvre et si frêle repos. Si tu savais\n„ combien de douleurs en tous les siècles de la vie !\n"}, {"page_pdf": 309, "page_imprimee": 282, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1555, "texte": "282                                         L a Wallonie.\n\n\n\n„ Voici; tu veux nous donner encore, oh nous donner\n„ trop à vouloir, à désirer, à penser. Mais lève les\n„ yeux, vois ces rameaux couverts de feuilles, et ces\n„ fruits qui tomberont, et tout ce produit de nos\n„ pensées qui redevient le sang de la terre, — la\n„ terre hélas trop maternelle! Sonde le sol que tu\n„ foules, vois l ’épaisse couch e de terre, cette vie de\n„ l ’avenir où baigne le Passé de nos racines. Tout\n„ cela fut de la gloire et perpétue notre existence, de\n„ forme nouvelle, toujours, toujours, et la pensée, et\n„ le désir.... Oh je suis si vieille de penser! Scrute la\n„ noire perspective des siècles, songe à ce que\n„ chacun d’eux apporte d’illusions mort-nées, tâche\n„ de lire aux ténèbres du Passé quel chiffre dou­\n   loureux est le symbole de notre Aujourd’hui!\n„ Homme, ton B ut est de malheur. E t tu seras, toi\n„ aussi, soumis à la Douleur. Car ta volonté décèle un\n„ trop vivace désir, et toi qui marches vers l ’œuvre,\n„ tu marches à la mort de ton rêve, tu marches au\n„ malheur !\n    „ Tu le sais. Oh reste, puisque tu le peux. Reste,\n„ ne brise pas le peu de repos qui nous soit encore.\n,, E t ce repos des mousses tièdes (la seule fragile\n„ quiétude possible), ce repos te sera moins funeste.\n„ Songe aux pensées, songe aux désirs, jadis éclos, si\n„ vite meurtris : tâche de lire aux ténèbres du Passé,\n„ scrute la noire perspective des Siècles, vois ce que\n   chacun d’eux apporta d’illusions mort-nées. Oh\n„ demande leur secret aux ombres des vieux Siècles !„\n"}, {"page_pdf": 310, "page_imprimee": 283, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1553, "texte": "    L e B u t.                                       283\n\n\n    L a voix de la Forêt expire comme d’un nuage.\nMais toutes les vies éparses sous les voûtes feuillues\n s’épuisent à retenir la marche volontaire de l’homme.\nLes gazouillis d’oiseaux sourient en trilles purs,\ndans les fouillis où murmurent les brises. Les molles\nverdures se déroulent en souples mirages de paix\ntranquille. L ’air ondule sous les arceaux du bois, et\nson bruissement aux ramures est doux comme\nfraîches confidences d’amour. Puis de la Terre s’in­\nsinuent les effluves des corolles, et c’est parmi la\nfrêle palpitation des feuillées où susurent les tribus\nailées des insectes, c’est l’essaim des arômes torpides,\net dans les bouffées d’air qui tièdement circulent,\ncette langueur de plume des parfums, tous les par­\nfums touffus qui se diluent ! Les petites plantes\néparpillées au grêle nuage des graminées, et les\nmenues ramilles frémissantes et les longues branches\nveloutées d’un fol duvet smaragdin, et les fleurs, et\nles mousses, et les rires des cascatelles, jouent la\nfluide symphonie de la Forêt, enveloppent le héros\ndu vague tissu mélodieux, le caressent d’harmonies,\noh d’harmonies aux teintes mi-fondues, sourdes et\nlentes épanouies, et, les vagues, s’évanouies;.... et des\nrythmes ténus comme les cordes aux luths, et des\nfriselis de voix, les fils d’araignée de thèmes graciles\nqui se déroulent, oh se déroulent avec la suavité de\npures volutes sonores, — toute l ’inouïe volupté de\nla jeune nature éblouie !\n   Le Héros se laisse bercer, et peut-être la musique\n"}, {"page_pdf": 311, "page_imprimee": 284, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 520, "texte": "284                                      L a W allonie.\n\n\n\nde la Forêt va-t-elle le séduire.... Mais il lève vers\nle ciel le doute de sou regard, et soudain raffermi,\ndédaigne la voluptiale splendeur de cette vie\nhumaine. Il détache les yeux des choses réelles,\nTanit lui sourit des sourires de clarté, des lueurs\nbleutées sont planantes en auréole sur sa tête fière,\net, de l’Azur, une rosée de caresses diamantines !\n\n\n  L ’homme s’éloigne, et marche vers son But.\n\n\n      1887.                  A lb e rt   M O CKEL.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-019", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 285, "page_fin": 285, "titre_corps": "Le bon grain", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Edmond Hanton", "ancre_debut": "L E BON GRAIN.                          « D éjà peinent m aints m oi", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 312, "page_imprimee": 285, "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1081, "texte": "L E BON GRAIN.\n                         « D éjà peinent m aints m oissonneurs dont\n                           la mémoire est destinée à vivre. »\n                                            C é l e s t in D e m b lo n .\n\n\nA mon cher L éon V andesante.\n\n\n     A ants des\n             m rythmes en des strophes cadencées,\n      D es rimes rares aux splendeurs évocatoires,\n      L aissa n t en eux comme un écho de leurs pensées,\n      Comme un parfum de leurs symboles en histoires :\n\n      Tels les poètes vont cherchant en vrais glaneurs\n      Les blonds épis qui formeront leur riche écrin.\n      Ils choisiront, comme feraient les bons vanneurs,\n      Parm i les blés passés au crible, le beau grain.\n\n      E t germera cette semence bien choisie,\n      E n tre les roses et les lys, pour devenir\n      R iche moisson de la fertile fantaisie.\n\n      L ’ardent soleil de Messidor fera ja u n ir\n      L es tiges souples d’une forte poésie\n      Qui dresseront leurs fiers épis vers l’ avenir !\n\n                                           E dmond          HANTON.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-020", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 286, "page_fin": 286, "titre_corps": "Souffrance d’idéal", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur Dupont", "ancre_debut": "S O U F F R A N C E D ’ID ÉA L.   ruelle cléité dont la v o", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 313, "page_imprimee": 286, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1053, "texte": "S O U F F R A N C E D ’ID ÉA L.\n\n\nruelle cléité dont la v oix en ma nuit\n Monte comme un encens dans l’espace placide,\n Mon esprit évolue en cherchant p a r le vide\n Ton chaste corps de vierge où mon rêve s’ enfuit.\n\n Je devine à tes yeux les reflets des camées\n B rû la n t leurs fe u x d’ aurore en des châsses d’ argent,\n Où la naïveté de tes regards d’enfant\n Reflète la douceur de tes grâces pâmées ;\n\n A ta bouche l’ incandescence du corail\n Q ui r it au fond des mers de ses lèvres m utines,\n E t sur tes seins bronzés comme ceux des Kadines,\n D ’ intrépides cheveux aux splendeurs de sérail.\n\n Ton âme à mes esprits s’ attache fière et belle\n Comme un astre éclatant à la sombreur des cieux.\n L ors j e doute sentir les baisers de tes yeux\n M ettre un baume d’ amour à ma plaie éternelle\n\n Car j e souffre pa r Toi l’immense cruauté\n D ’ ignorer si mon nom a passé sur tes lèvres\n E t de ne savoir si, dans tes veilles de fièvres,\n  Ton rêve, sur mon front, ne s'est pas arrêté.\n\n J u in 88.                           A rth u r   DUPONT.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-021", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 287, "page_fin": 287, "titre_corps": "Les feux-follets", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Arthur Dupont", "ancre_debut": "LES FEUX-FOLLETS.   es fe u x follets p a rfo is", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 314, "page_imprimee": 287, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 791, "texte": "LES FEUX-FOLLETS.\n\n\nes fe u x follets p a rfo is dansent la sarabande\n Sur les tombes de mousse où dorment les remords;\n L a légende nous d it qu’ils sont l’ âme des morts\n Revenant dans la n u it s’égayer sur la lande.\n\n L eu r odeur ensoufrée arrive lourde et grande\n D a n s les sapins qui fo n t gémir leurs vains ressorts,\n E t l’ on retrouve en eux les larmes des vieux ors\n Su r les funestes draps p ieu x comme une offrande.\n\n L es squelettes roidis ait cercueil vermoulu\n S ’éveillent et p a r des clameurs échevelées\n Im plorent au retour leurs âmes envolées\n\n P u is les longs feux-follets, dans un spasme voulu,\nDescendent lentement aux ombres sépulcrales :\n — O h ! pour les nuits du cœur ces flammes boréales!\n\nJuin 88.                            A rth u r    DUPONT.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-022", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 288, "page_fin": 291, "titre_corps": "Le Bonheur, poème par Sully-Prudhomme", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Achille Delaroche", "ancre_debut": "C HRONIQU E L I T T É R A I R E .                         L E BO N H E U R .            Poème p a r Sul", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 315, "page_imprimee": 288, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1169, "texte": "C HRONIQU E L I T T É R A I R E .\n\n\n\n\n                    L E BO N H E U R .\n\n          Poème p a r Sully-Prudhomme (suite et fin).\n\n\n   Telle se résum e la conception que M. Sully-Prudhom m e\ndéveloppe en près de trois cents pages. Trois degrés et p ar\nordre ascendant — l ’A m ativité, la Pensée, la F ra te rn ité — se\nnotent en ce P aradis, assez semblable aux Cercles druidiques,\noù l’E lu m onte d’un bonheur moindre à un plus p arfait.\nIdentiques aussi pour n ’être que la vie te rrestre idéalisée,\nmais où l’apothéose de la tuerie barbare s’efface devant la\nplus moderne F ratern ité.\n   E t dès lors, deux antinom ies frappent : si le bonheur ne\ndoit être que la satisfaction des appétits, à quoi bon ce tra n s­\nfe rt hors de la terre, p ar une survie, problém atique d’ailleurs,\nd’un dram e qui se jouera surtout dans la conscience ? E t où\nle caractère d’absolu d’un paradis, si tous les désirs n ’y sont\nassouvis ! Illogism e devant subsister ta n t qu’on acceptera ce\npostulatum des m ythes anciens et modernes — une sanction\nobjective-extérieure. A insi éc h o u a G œ the dont la conception:\nF au st, se rapproche si naturellem ent de celle-ci.\n"}, {"page_pdf": 316, "page_imprimee": 289, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1935, "texte": "      Chronique Littéraire.                                         289\n\n\n    L e B onheur ! que serait-ce, en somme ?\n    — Ceci : subjectivem ent, l' absolue conscience du M oi, dont\nl’effort irra d ia n t à l ’infini à trav ers l’obstacle vaincu, s’avère\n en la plénitude de sa m anifestation.\n    Objectivement, l' harmonie totale des Unités selon la loi du\n Rythm e universel.\n    Une chose donc s’impose au Sage : la connaissance des lois\n des mondes physique et moral et de leur concordance\nlogique, laquelle s’identifie en cette im personnelle D éité : Soi,\nqui n ’est autre. L e m ot profond de Socrate reste vrai :\n \"γνω στι σεαυτον, connais-toi. „\n    Mais quel que soit le succès de sa spéculation m étaphy­\nsique, une fois encore, M. Sully-Prudhom m e nous m ontre\nque la poésie n ’est pas vaine jonglerie de mots. D ans cette\npetite école dont il fut, — si intéressante pour le rythm e,\nnulle quant à l’idée, — le P arnasse — M. Sully-Prudhom m e\nse révéla dès l’abord, penseur avec subtilité. A ussi fut-il, à\nl’éclosion des récentes théories, de ceux qui dans une cer­\ntaine m esure trouvèrent grâce devant quelques novateurs,\népris de rendre tous les frissons — voire im perceptibles —\nde l’idée. Non que M. Sully-Prudhom m e leur p a ru t avoir\nréalisé cet idéal : trop souvent, chez lui, le parnassien\nartiste s’effaçant devant le disciple des classiques.\n   A l’heure où la poésie unanim em ent évolue vers un sensa          ­\ntionisme synthétique et évocateur, et, p a r d’habiles dégra­\ndations de teintes et de tons, suggestives de l ’ultime\nv ibration cérébrale, tâche à établir la perspective dans la\np h rase; tandis que le poème ten d de plus en plus à devenir\nune savante symphonie, où chaque voix de la n atu re je tte à\nson tour sa note orchestrale : M. Sully-Prudhom m e s’attard e\nà la formule surannée du style uniform e, sans arrière-plan,\n                                                          19\n"}, {"page_pdf": 317, "page_imprimee": 290, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1874, "texte": "290                                                                         L a Wallonie.\n\n\n\nanalytique — p a rta n t prosaïque, qui fit le charm e de nos\ngrands-pères ; trop souvent semble lui suffire la musique de\nBoileau. On sent que pour lui le vers est toujours l’in stru ­\nm ent mnémonique, une forme concise et commode pour tr a ­\nduire et fixer la pensée, diffuse en prose. Lisez, d’ailleurs,\nla préface de son nouveau volume : elle est, sous ce rapport,\ninstructive. E t c’est, sans doute, à cette formule poétiquem ent\nfausse que nous devons des prosaïsmes rim és tels que ceux-ci :\n             Ne pas so u ffrir, voilà p o u r lui le v rai b o n h e u r;\n             L’ex cès e s t du p la isir le tra îtr e e m p o iso n n eu r.\net\n             Si g ra n d o u v e rt q u 'il so it, la b eau té le d ép asse.\n                               Il ne s a u ra it la p o sséd er.\n                               Nul tra n s p o rt n e l’y p e u t a id e r\n\net les périphrases suivantes où l’abbé D elille est certainem ent\ndépassé :\n   L ’équilibre des liquides,\n                             P a sc a l..................................\n                             R ég lera la lu tte im m obile\n                             E n tre le vase et la liq u eu r.\n\n     L ’analyse chimique,\n                             L av o isier c rib la n t au passage\n                             L’a ir p a r la p o itrin e exhalé\n                             Du ch arb o n d an s le san g b rû lé\n                             F ix e le p oids et dit l’usage.\n\n     Le télégraphe,\n                        ................................ u n e aile\n                        Qui c ein t la te rre en u n m om ent.\n\n     L e doute méthodique,\n                D e s c a r t e s ..................................\n                S u r to u t ce q u ’il a su fait u n e n u it sen sée.\n"}, {"page_pdf": 318, "page_imprimee": 291, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2002, "texte": "    Chronique Littéraire.                                                            291\n\n\n  L e style de Fénelon,\n        .................................avec g râ c e il applique\n        A so n o rb ite vide u n e p a u p iè re a n tiq u e\n        Où p e rle n t le s b e a u x p le u rs d u sen tim en t c h ré tie n .\n\n  E t encore ce couplet, si anacréontique !\n                       Q ue l ’a m o u r voltige e t n o u s b aise !\n                       P o u rsu iv o n s d 'un fo u e t de raisin\n                       L’â n e du vieux S ilèn e obèse.\n\n   Disons, pour être juste, que les vers de cette qualité sont\nloin d’être les plus nom breux dans l’œ uvre de M. Sully-Prud­\nhomme. L a somme des beautés, surtout dans la prem ière et\nla troisièm e partie, l’em porte de beaucoup sur celle des dé­\nfauts. E t il reste, m algré tout, dans ce poème inégal, des\nqualités assez hautes pour te n te r la curiosité du lecteur,\népris d’idéal et de poésie; te l ce passage que j ’écourte à\nreg ret :\n           La n u it m élan co liq u e ach e v a it de d e sc e n d re\n           E t sem b lait s u r le p a rc avec le n te u r to m b e r,\n           Comme d ’un fin tam is u n e lé g è re c en d re,\n           E n n o y a n t les c o n to u rs q u ’elle a lla it d é ro b e r;\n\n           L’éch a rp e du zép h y r friss o n n a it sa n s m u rm u re ,\n           E t m olle s ’affaissait s u r les p ré s a ss o u p is ;\n           Le ciel o b scu r enfin, c o u v rit la te rre o b scu re\n           Comme u n dais so m p tu eu x p arsem é de ru b is.\n   Ai-je dit que les vers — même les m eilleurs — de M.\nSully-Prud’homme nous satisfaisaient entièrem ent ? — que\nnon pas. Mais sans rien abdiquer de nos personnelles idées\nartistiques, ai-je tenu à prouver que, plus im partiaux que tel\ncritique de son entourage, nous savons apprécier cet hono­\nrable effort d’un noble poète, notre aîné et précurseur.\n                                                    A c h il l e     D E LA R O C H E.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-023", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 292, "page_fin": 294, "titre_corps": "Quillebœuf", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "E. Mahaim", "ancre_debut": "QUILLEBŒUF Vieillerie en bleu et noir par JAMES VANDRUNEN", "ancre_fin": "Prairial 88", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "ANCŒUS, POÈME DRAMATIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 319, "page_imprimee": 292, "debut_caractere": 100, "fin_caractere_exclue": 1797, "texte": "Q U IL L E B Œ U F .\n\n\nVieillerie en bleu et noir , p a r J a m e s V a n d r u n e n . 1 vol. in- 8°\n            (le 11G p., sans date et sans nom d’éditeur.\n\n\n    Ceci est un livre réussi. J ’entends p ar là une œ uvre dont\nl'exécution répond entièrem ent au plan projeté.\n    M. Jam es V andrunen, après une année “ de travail bête „\n a passé un mois de vacances en Norm andie. I l y a rêvé des\nheures, devant les v itrau x des cathédrales, au milieu de\nto u tes choses fleurant le Passé, depuis les noms et le langage\nju sq u ’aux rochers et aux rivières. \" J ’ai voulu écrire cette\napparition d’un tem ps m ort, réveillé un in sta n t sous la\nmélancolie des rayons éteints du passé. Ce serait une grande\nhistoire à bibelots, une scène de légende, candide et diabo­\nlique, enchâssant ce que j ’ai adm iré en cette région, meubles\net joyaux rares et anciennes coutumes ; et cela décrit et\ndessiné avec des m ots patients, fouillant le détail avec des\nm anies de collectionneur et des m inuties qui retourn en t et\nsoupèsent. C’est un trav ail de tapisserie littéraire, lentem ent\naccompli avec l ’am our des plus menues choses et la poursuite\npassionnée de la nuance. J e voudrais encore coudre ces\ndécoupures, ces bribes d’étoffes et ces m orceaux de légendes,\nau moyen d’un style particulier, d’un tour simple, qui, sans\np rétendre à la forme du langage de jadis, conservât cependant\nquelque chose de la lecture des paperasses d’alors... J ’aurais\nvoulu suspendre to u t m ouvement et ne faire qu’un spectacle\nraconté au présent, se passant sous mes yeux et m ’environ­\nn an t de ses scènes. C’est un dessin d’aériennes subtibilités...\nComme au pied de ces vitraux m erveilleux qui m ’ont si\n"}, {"page_pdf": 320, "page_imprimee": 293, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1961, "texte": "     Chronique Littéraire.                                    293\n\n\n longuem ent arrêté dans les fastueuses cathédrales de Rouen,\n  — devant cette fantaisie dans le bleu, épanouie sur les\n splendeurs d’or ra re d’un ciel d ’été, je suis resté en contem­\n plation am oureuse et sans fin, p a r une m atinée enchantée,\n couché dans l’herbe, un jo u r de rêvasserie flâneuse. „\n     Telle fut l’idée, tel est le livre. Son parfum est bien celui\n des bibelots, des étoffes et des meubles des anciens jo u rs ;\n des m ots rares archaïques, des tournures naïves et toutes\n fraîches m algré leurs tons éteints, des vocables techniques\n nous laissent le même étonnem ent joyeux que telles collec­\n tions de choses du moyen âge. L a ressem blance est même\n plus complète : l’œuvre, tirée à p e tit nom bre d’exem plaires,\n (je ne sais si elle est dans le commerce) a quelque allure\n m ystique, toute dépouillée d’indications d’éditeur, de date,\n de table, de divisions. E lle trouvera donc sa place dans nos\n cham bres de jeunes gens, à côté des japonaiseries, des vieilles\n estam pes, des bibelots anciens ou exotiques, des livres curieux\n e t rares. On la placera près de Salammbô et de S t-J ulien\n l’H ospitalier , et on l’ouvrira de tem ps en tem ps, quand on\nvoudra relire quelque phrase simple, nom breuse et parfum ée.\n    On a ta n t parlé de la m aladie m entale de nous tous, les\njeunes d’à présent, que je ne veux point, à l’occasion de\n Quillebœuf, recommencer les jérém iades et dem ander comment\nil se fait qu’on écrive de te ls livres et que nous y trouvions\ndu charme. I l est bien sûr que cet effort perm anent à vouloir\ns’arrach er du présent, à dénouer les chaînes m eurtrissantes\nqui nous enserrent, p a r le rêve — fantaisie ou souvenir — cet\neffort-là est cause qu’un simple essai de rêverie dans le passé\nnous fasse plaisir.\n   Voyez l ’épigraphe et l ’épilogue de Q uillebœ uf : c’est\nfrappant. L e rocher auquel le livre em prunte son nom gêne\n"}, {"page_pdf": 321, "page_imprimee": 294, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 902, "texte": "294                                                       L a Wallonie.\n\n\n\nla navigation de la Seine : il s’allonge sous les eaux à la\nprofondeur d’un pied. L ’académie des sciences a mis au\nconcours en 1779 la question du m eilleur moyen de “ récéper,,\nce rocher. M. Jam es V andrunen im prim a à la fin de son livre\nle sec rapport qui perm et l’im pression du mémoire. L ’épi­\ngraphe à l’introduction est ce simple m ot : Rêver !... Telles\ns’indiquent notre immense lassitude, notre débilité — finale\nou passagère? — en face des rugosités de la vie.\n   Au point de vue purem ent artiste, cela im porte peu : il a\nété donné à M. Jam es V andrunen de réaliser entièrem ent un\nprojet d’a rt : c’est, au dire de F laubert, le plus bel éloge\nqu’on puisse faire d’un livre. Nous n ’hésitons pas à l’adresser\nà Quillebœuf.\n\n  Vienne, P rairial 88.                                  E. MAHAIM.\n\n\n\n\n           "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-024", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 294, "page_fin": 296, "titre_corps": "Ancœus, poème dramatique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri de Régnier", "ancre_debut": "ANCŒUS, POÈME DRAMATIQUE par FRANCIS VIELÉ-GRIFFIN", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 321, "page_imprimee": 294, "debut_caractere": 902, "fin_caractere_exclue": 1454, "texte": "ANCÆ US, POÈM E DRAM ATIQUE,\n\n                p a r F r a n c is     V IE L É -G R IF F IN ,\n\n                            V a n ie r ,   éditeur.\n\n\n\n\n   P a r son drame récent, M. F ran cis Vielé-Griffin vient de se\nm ontrer expert m agicien en une forme d’a rt p ar laquelle il\nse ra it tem ps de rem placer sur le tréteau contemporain, pro­\nfané chaque soir, l’offusquante stupidité des intrigues bour­\ngeoises et juridiques et la bêtise des dialogues à facettes\nd’esprit ou à surprises d’argot, les verbiages quotidiens, les\ncatastrophes finales...\n"}, {"page_pdf": 322, "page_imprimee": 295, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1904, "texte": "     Chronique L ittéra ire.                                    295\n\n\n   Ce dram e symbolique et fabuleux, en u n décor de te rre\nféconde en vignes pam prées, d’horizons d’azur m arin, d’heure\nvespérale et de lune am oureuse et fatale, mêle au déroule­\nm ent d’une action suprêm e et nuptiale, la senteur fauve\ndes outres, l’éclair b randi des torches p ar les m ains de Satyres\ntributaires et le doux b ru it de la pluie nocturne enfouie en\nl’épaisseur des feuillages, et l’écho m ystérieux des gloires\npassées.\n    L a fabulation se condense ainsi :\n   Ancæus, roi de Samos, qui fut tim onier des A rgonautes,\nlas de la vaine gloire des aventures, des rapts et des périples,\navide de l’am our paisible d’un foyer, épouse Samia, fille de\nM æander, roi d’Ionie. Mais le festin n uptial est interrom pu\np ar l ’irruption d’un sanglier insolite qui dévaste le vignoble.\nAncæus, devant les pleurs de M æander, en dépit des appré­\nhensions de l’Epousée, se précipite pour ab a ttre l’intrus.\nSamia cependant atten d son m aître dans la cham bre nuptiale;\nsoudain, Ancæus ap p araît p o rta n t la bestiale dépouille.\nE trange, il offre à Samia, un p hiltre, qu’il lui p résente comme\nprom ettant l’éternel amour. E lle le boit et m eurt ! Ancæus\narrachant la bande lacérée de la chlam yde qui en serrait sa\npoitrine, laisse ja illir de la place m ortelle que lui av ait faite\nle boutoir, le sang de sa vie, et expire.\n    L a te x tu re serrée et im périeuse de l’œ uvre m ’em pêchant\n d’en rien citer, — car choisir une fleur en la torse et n attée\nguirlande, serait inique, — j ’ajouterai quelques rem arques et\n des arrêts aux points culm inants du drame.\n    Notons d’abord la scène initiale entre M æander e t Ancæus:\nL e Héros, à l’occident, qui succombe en agonie d’ors et de\nflammes, se rem ém ore la lointaine aventure navale de l’Argo,\n les abordages de la N ef en le clair égouttem ent des ram es\n"}, {"page_pdf": 323, "page_imprimee": 296, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1716, "texte": "296                                            L a W allonie.\n\n\n\n tenues hautes, les m orts incidentes et les funérailles, la tem ­\npête et la nuit, et cet écho du glorieux passé se ta it pour la\n douceur présente de la blonde Epousée qui, ce soir, est livrée\nà son am our et qui s’en vient vers lui, guidée p ar un chœ ur de\nfemmes lam padophores !\n   L e F estin et le rite nuptial et ce que la vieillesse grave de\nM æander dicte des paroles solennelles a sa sagesse d’Ancêtre.\n   Puis alternent des chœ urs d’une am pleur lyrique inaccou­\ntumée, où la strophe, p a r différences et compensations de\nrythm es, s’équilibre.\n   L e commencement de la troisièm e p artie oppose la vieille\nnourrice L em nia... sim ulacre de la Mère p ar la M ort absente\net la jeune Epouse à qui elle conseille un rôle de femme p ru ­\ndente, qui répugne à l’ingénuité de la V ierge toute aim ante.\n   L a scène finale vibre de l’éclat des hautes fatalités m or­\ntelles. E n ce drame, le vieil alexandrin, disjoint, raccourci ou\nprécipité par des jeux de syllabes et des éloignem ents et des\npassages savants de rimes, m aintient l’unité de to n diversi­\nfiée et s’affirm ant, çà et là, p ar des vers roidés et dressant\nleur prim ordiale am pleur.\n   P our résum er : ce dram e signifie en l’auteur une m atu rité\net une précoce possession de soi-même, prouvées p a r la beauté\ndu langage, la n etteté victorieuse de la conception et la\njustesse concordante des tirades.\n   A joutons que M. Vielé-Griffin y ap paraît doté d’un des\nplus riches dons poétiques de l’époque, et apte à tire r pour\nnotre joie, de lui-même, l’inépuisable trésor de m ultiples\nrenaissances.\n\n      Ju in 1888.                     H e n r i d e R É G N IE R .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-025", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 297, "page_fin": 299, "titre_corps": "Un mâle", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Maurice Siville", "ancre_debut": "UN MALE. Pièce en quatre actes de MM. Camille Lemonnier", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 324, "page_imprimee": 297, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 1578, "texte": "UN M ALE.\n\n\n  Pièce en quatre actes de M M . Camille Lem onnier , B ahiet\n                          et Dubois.\n\n\n    A l’annonce qu’ “ Un M âle „ serait mis en scène sous le\nnom de Cachaprès, remplacé ensuite par le titre même du\ndram e, — le seul véritablem ent de mise, en sa b ru talité, —\ngrande fu t l'atten tio n des lettrés.\n    Mais que d’appréhensions aussi !\n    L es collaborateurs de Camille Lem onnier sauraient-ils\ntire r p a rti du rom an, avant to u t descriptif, et m ettre en la\nbouche des in terprètes, sans faire hurler le public, les\nhardiesses y contenues ? Trouveraient-ils un acteur de tem ­\npéram ent assez artiste pour personnifier C achaprès? E t\nG ermaine ? Qui pourrait m ettre en relief cette figure étrange ?\nE t la Cougnole ?\n    A u tan t d’obstacles aujourd’hui en partie vaincus, disons-le\nhautem ent.\n    Des quatre actes, les deux derniers em poigneront plus, par\nleur côté dram atique, les avides d’ém otions; m ais, pour\nbeaucoup, les deux autres resteront les meilleurs parce que\ns ’en dégage un délicieux relent de w allonie.\n    N ’y point chercher d ’action au sens technique du mot.\n    Au lever du rideau, la ducasse b a t son plein ; des paysans\nchantent, crient, boivent pendant que tournent, dans la salle\nattenante, les couples endim anchés. G ermaine est là, en ses\natours de fête. A rrive Cachaprès et se noue aussitôt l ’in ­\ntrigue : I l veut “ avoir „ cette fille.\n   A u 2e acte — un hors-d’œ uvre m ais combien v ib ran t de\n"}, {"page_pdf": 325, "page_imprimee": 298, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": " 298                                            L a Wallonie.\n\n\n\n réalism e ! — le ferm ier H ayot, un finaud, voulant acheter un e\n vache — la noire — la dénigre, trouve superbes les autres,\n puis te n te encore de regagner cent sous en feignant n ’avoir\n pas com pris le prix convenu. P en d an t que discutent les deux\n ferm iers, H ubert H ayot — un gars qui, sachant lire et écrire,\n rêve d’être un jo u r gratte-papier dans une adm inistration, —\n fait la cour à G erm aine et à son amie qui m inaude et prend\n des poses d’une sentim entalité bête. T ableaux pris sur le vif,\n avec une extrêm e sincérité de détails : la goutte trad itio n ­\n nelle pour arroser le m arché; les lun ettes précieusem ent\n retirées de l’étui p ar H ulotte pour signer le reçu ; l’arg en t\n qu’il enserre dans le tiro ir d’un m euble de forme antique;\n l’accoutrem ent d’H u b ert qui a laissé le sarrau pour revêtir\n un “ p aletot , „ élégance suprêm e bien dans la note.\n    Au long des deux derniers actes se déroule le dram e\n proprem ent dit : Cachaprès, aidé p ar la Cougnole — une\n pauvresse entrem etteuse à ses heures — a “ eu „ Germaine.\nVeut-on un exemple des enjôlem ents p ar lui employés ?\n    Sur sa demande, G erm aine lui répond que son père était\ngarde :\n    “ P ’tè t bien que je l’aurais descendu „ fait-il.\n    E t ce caractère sauvage s’affirme plus loin encore : quand\nil crache à la face de G ermaine “ tu lui a dis qu’ t ’étais\n encore pucelle „ on lorsqu’il la console (?) après qu’elle a\n“ fauté „ : “ F alla it pas te laisser faire. „\n    On le voit, Cachaprès est resté, en scène, le fauve échappé\nde la forêt qui est sa vie.\n    T enir ce rôle, c’é tait assum er tâche trop lourde pour to u t\nau tre qu’un wallon. Aussi M. Chelles, — un acteur de talen t\néchappé du B oul’ Mich ’ — n ’a-t-il su rendre exactem ent,\nm algré de trè s louables efforts, la bru te passionném ent te r­\nrible qui a nom Cachaprès.\n"}, {"page_pdf": 326, "page_imprimee": 299, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1250, "texte": "     Chronique Littéraire.                                          299\n\n\n    Mlle Sylviac, p ar m om ents tro p canotière, joue avec\nintelligence.\n    Tous les autres interprètes ont fait preuve d’un réel talen t\nde composition : Mme H erdies créant la Cougnole, un type,\nen tous points parfait. Mlle Besnier, dans Célina la paysanne\ndrolich onnem ent naïve; M. Chômé, Crommelinck. R obert,\nC harver, tous enfin.\n   A pointer toutefois de légères critiques.\n   Pourquoi Germaine, au 2e acte, est-elle chaussée de souliers\nvernis et pourquoi la G adelette, occupée à peler des pommes\nde terre, est-elle coiffée de si artistique façon qu’elle donne­\nra it envie à Mme de Pom padour elle-même ?\n   Pourquoi a-t-on supprimé, au prem ier acte, le loqueteux\np o rteur d’un orgue de B arbarie qui, à lui seul, était d’une\nmerveilleuse couleur locale ?\n\n\n   L a pièce ainsi agencée est une victoire, la preuve indiscu­\ntable non seulem ent que l’on sa it écrire en Belgique — ce\ndont doutent encore quelques radieux imbéciles — m ais aussi\nq u ’une litté ra tu re dram atique peut exister chez nous.\n   A Camille L em onnier revient la gloire très grande d’avoir\nouvert ce chemin nouveau.\n\n\n                                     M a u r ic e   S IV IL L E .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-026", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 300, "page_fin": 303, "titre_corps": "Écrits pour l’art", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert M.", "ancre_debut": "ÉCRITS POUR L'ART. Les Écrits pour l'Art sont ressuscités", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 327, "page_imprimee": 300, "debut_caractere": 109, "fin_caractere_exclue": 1675, "texte": "ÉCR ITS           PO U R           L ’ART.\n\n\n   L es É crits pour l’A r t sont ressuscités — un in stan t — pour\nm ettre au jour, il y a deux semaines, une livraison d éta­\nchée (* ). D ’abord le m anifeste du groupe Philosophique-\nIn strum entiste : signé (Achille D elaroche, René Ghil, Georges\nKhnopfif, Vincenzo L om bardi, S tuart M errill, A lbert Mockel,\nA lbert Saint-Paul, M ario V arvara et Em ile V erhaeren). D eux\ndes anciens rédacteurs de la Revice, C harles E udes Bonin et\nGeorges Khnopff, n ’ont pu collaborer à ce num éro des É crits\nm ais ils reste n t toujours bien des nôtres.\n   Outre le m anifeste, la présente livraison des É crits pour\nl’A r t contient h u it fragm ents litté ra ire s :\n   Àénor (vers), p ar A c h i l l e D e l a r o c h e .\n   le meilleur devenir (vers), par R e n é G h i l .\n    Vesperale (vers), p ar S t u a r t M e r r i l l .\n   le Sacrifice (prose et vers), p a r A L B E R T M O C K E L.\n  D e u x Sonnets, p a r A l b e r t S a i n t - P a u l .\n  D e la prose ex traite de l' Album parisien, par M A R IO\nV a r v a r a , et enfin un fragm ent des Débâcles, le livre de vers\nque prépare É M IL E V E R H A ER EN .\n  L e m anifeste est l’adhésion du groupe au Traité du\nVerbe (**), lequel est basé sur la Philosophie évolutive de R ené\nGhil et sur l’Instrum entation des syllabes; les signataires\nveulent, sans compromissions, m archer à ce qu’ils croient la\nvérité et l’avenir.\n\n\n\n  (*) D ire c tio n , P a ris , 8 , A venue T ru d ain e.\n  (**) Va p a ra ître chez D em an, ru e d’A re n b e rg , B ru x elles.\n"}, {"page_pdf": 328, "page_imprimee": 301, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1999, "texte": "      Chronique Littéraire.                                       301\n\n\n    U ne im pression vivace reste après la lecture des É crits :\n celle d’un a rt différent des formules antérieures, m ais qui\n laisse subsister, entières, les caractéristiques personnelles.\n Cependant, je hasard erai quelques critiques. D ’abord le titre\n du groupe — question de détail, d’ailleurs, — me semble m al\n choisi. “ P hilosophique-Instrum entiste „ c’est trop long, peu\n précis, et incomplet. Oui, incom plet, car l’un de nos désirs\nn ’est-il pas celui-ci: des œ uvres logiquem ent conçues, entières,\n et où v ivrait la magique flamme de l 'unité. Or cela, le titre ne\nle dit point. E t s’il me faut énoncer m a pensée entièrem ent,\nj ’avancerai qu’un titre est inutile, et que, certes, jam ais un\nnom ne pourra s’appliquer d’une façon absolue à la libre\nréunion de quelques a rtiste s; mais un sim ple qualificatif\npourrait être plus proche de la vérité. Symphoniste , par\nexemple, me p a ra ît traduire plus exactem ent la pensée des\nnouveaux poètes. Car la sym phonie moderne, c’est UNE idée\névoluant aux ram ures d’une forme complexe, et c’est en même\ntem ps l’évocation de la glose sonore qui accom pagne l ’Idée.\nD ans la symphonie, c’est l’Idée-R ythm e baignée d ’harmonies\névocatoires et com plétives — pardon pour ces m ots pesants — ,\ncomme, dans la poésie que nous cherchons, l ’Idée est baignée\naux flots des syllabes qui la com plètent par leurs sonorités\nsuggestives. Il n ’y a guère que des différences du p lu s au\nmoins : plus de ressources de rythm e et· d’harm onie en\nmusique ; plus de m oyens de préciser l’idée en littératu re.\n   M ais laissons cela pour une dernière observation.\n   L es poètes des É crits p ou r l ’A r t sacrifient encore aux vers\nré g u lie rs, à la succession régulière des rimes. Certes\nl’alexandrin a une am pleur superbe, et les rédacteurs des\nÉ crits ont prouvé de quelle souplesse on peut le douer p ar\nles remous du rythm e qui s’élargit de grandeur somptueuse\n"}, {"page_pdf": 329, "page_imprimee": 302, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1971, "texte": "302                                            L a Wallonie.\n\n\n\nou vient à se b riser en la vie éparse de menus tronçons qui,\nçà et là, se meuvent. Mais encore cette m esure dont ils\npersistent à rendre l' apparence régulière, cette régularité n ’est\nplus qu’un préjugé de tradition, et bien nuisible, puisqu’il est\nun obstacle à la libre expansion de l’idée et de sa musique\nessentielle. E t la rim e régulière surtout, l’inexorable rim e\nriche au bout des douze syllabes ! Oui, je sais que Georges\nKhnopff l’anim e d’une jolie course volontaire et capricieuse;\nje sais que, Ghil, D elaroche et V erhaeren la déplacent\nparfois ou la rem placent p a r des assonnances ; je sais que\ntous les poètes des É crits p ou r l’A r t — et d’autres — allient\nles sons de la rim e à l’harm onie générale de la pièce ; je sais\nqu’elle n ’est plus seulem ent le jo li tim bre d’or sonnant au bout\n du vers, comme l’a dit Banville, je crois. J e sais qu’A lbert\n Saint-Paul a essayé avec succès de créer quelques nouvelles\n m esures; je sais aussi que beaucoup de gens qui ne sont pas\n des É crits vont trouver indiscrète mon insistance à défendre\n des principes que je tâche d’appliquer moi-même. M algré\n to u t cela, je voudrais un peu plus de cette désinvolture, de\n ces assonnances fluides, de ces bouts de phrases dont l ’irré­\n gu larité logique passe en lignes de nuages dans l’œ uvre de\n Ju le s Laforgue.\n    Mais, — est-il besoin de le proclam er ? — ces critiques de\n menus détails s’inclinent devant les noms d’É m ile \"Verhaeren,\n A chille D elaroche, René Ghil, S tu art Merrill. Il fau t dire la\n fierté de ce poème, Aênor, où Achille Delaroche a fait vibrer\n la voix poignante des cors sous les sonores tristesses des\n h alliers; rarem en t j ’ai vu aussi bien rendue l’existence des\n grêles et fauves bêtes des bois, et puis cette fuite anxieuse\n d evant la chasse, et l’exultante clameur de la chasseresse\n  victorieuse. — René Ghil a donné un fragm ent du Meilleur\n"}, {"page_pdf": 330, "page_imprimee": 303, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1955, "texte": "      Chronique L ittéraire.                                    303\n\n\n D evenir où som brent en m ugissant les longues voix de la\n te rreu r, et le pêle mêle de vagues m onstrueuses, et ce déluge\n de m asses m ouvantes ! ces pages dépassent de loin la p lu p a rt\n de ses compositions antérieures. Q uant à S tu art M errill,\n il n ’a qu’une petite pièce d’une éclatante harm onie — Vespe        ­\nrale — connue de nos lecteurs. Il est vraim ent dommage qu’il\nn ’ait pas envoyé quelque plus long m orceau, lu i, l’un des\nplus beaux poètes des É crits pour l’ A rt. A lbert Saint-Paul\narrive ensuite avec un sonnet de lignes droites et nobles aux\nsonorités fines, m ais qui laisse deviner quelque reste de\nl ’influence de S téphane M allarm é ; l’autre sonnet, bien que\nd’une belle allure, — et baigné de brises chaudes comme une\nsym phonie d’E té, — est moins personnel que les adorables\nscènes de bal , jad is parues, et leur délicatesse Louis X V .\nM ario V arvara nous m ontre une prose travaillée, pas encore\nassez décisivem ent personnelle; mais il y a certes une\nim pression d’hiver très vivem ent saisie, et la silhouette de\nl’obélisque avec son hiératism e égyptien rigide parm i les\ngestes m ultiples de la foule. Enfin, Em ile V erhaeren a sculpté\ndes sonorités profondes et tristes, v ib ran t parm i les syllabes\nen deuil, et c’est comme une âme qui s’écroulerait, s’écroulerait\ndans le sombre, irréparablem ent en lourds blocs de m alheur.\n                                                   A l b e r t M.\n                                 *\n                               * * *\n\n   I l serait mal d’achever cette critique sans rem ercier\nl’homme de pur dévoûm ent artistiq u e, M. G aston D ubédat\nauquel les É crits pour l’A r t doivent la publication de cette\nlivraison, et l’espoir de ren aître un jo u r entièrem ent.\n   M. G aston D ubédat se tie n t à l’écart, m ais notre g ratitude\nsaura bien le trouver en sa retraite trop discrète.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-027", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 304, "page_fin": 308, "titre_corps": "Petite chronique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PETITE CHRONIQUE. COUR D ’OGNON. 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E n règle générale, une comédie w allonne ne pouvait\nvoir le jo u r sans qu’il y eût au moins un quiproquo entre\nam oureux, une ou deux querelles, de longues explications,\net l ’acheminement à pas de tortue vers un dénoûm ent prévu\ndès les prem ières scènes. Ces défauts, on les sen tait plus\nvivement, parce qu’ils paraissaient à côté de caractères bien\nvenus, de types tracés à larges traits, d’originalités de lan­\ngage bien locales ; et l’interprétation, d’habitude très suffi­\nsante, — parfois même rem arquable, — ne p arven ait pas à\ncacher les défauts qu’im posait la routine.\n"}, {"page_pdf": 332, "page_imprimee": 305, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1974, "texte": "      Petite chronique.                                           305\n\n\n     C ertes, MM. P eclers, B aro n , Bauw ens, D elchef, Dem oulin et\n quelques autres avaient noté de jolies scènes en péripéties de\n m œ urs liégeoises ; M. Rem oucham ps aussi, m algré la pesan­\n te u r équarrie de ses alexandrins à longues chevilles et\n m algré son m anque d’originalité inventive, M. Remouchamps\n avait tran sp o rté sur la scène to u t le pêle-mêle jovial et\n im prévu des spots w allons. Mais H enri Simon, dans son\n B le u B ix h e , était seul parvenu à rendre un m ilieu particulier,\n sa vie individuelle, et la m arque distinctive qu’il imprim e à\n certains cercles populaires.\n    L i B le u B ix h e était un évident progrès; m ais quelques\n p arties encore dévoilaient la tra d itio n “ vieux jeu. „ D ans\n Cour d’ Ognon, H enri Simon me p a ra ît s’être définitivem ent\n affranchi des influences antérieures. Nous sommes ici placés\n devant une page de la vie du peuple, cette vie restituée dans\n son atm osphère propre, sans que viennent détonner encore\nles arrangem ents conventionnels.\n    Sept personnages, tous réels et nettem ent différenciés, —\nplus un rôle épisodique très bien vu — évoluent suivant les\nimpulsions logiques de leurs caractères et des circonstances,\ndans un m ilieu qui est le L iège ouvrier. Inutile, n ’est-ce pas,\nde n a rre r le sujet de la pièce et d’analyser M areie, la jeune\nfille qui éparpille au gré de sa coquetterie “ les pelures de\ncet oignon qu’elle porte à la place du cœur. „ Ce qu’il\nim porte de m ettre en lum ière, c’est le ta le n t d’observation\nde l ’auteur, et sa très spéciale aptitude à faire du th éâtre\nun tableau am usant et animé de la vie liégeoise, celle des\np etits bourgeois surtout. Son œil de pein tre le se rt m erveil­\nleusem ent en cela. Aussi, m algré quelques petites taches,\nCour d’ Ognon sera longtem ps apprécié pour les caractères de\nJo g e t et de M areie, si justem en t développés, et pour ce four-\n"}, {"page_pdf": 333, "page_imprimee": 306, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1879, "texte": "306                                             L a Wallonie.\n\n\n\nnullem ent de joie populaire, d’aubades et de crâmignons , où\nla notation sincère et n aturaliste ne succombe jam ais à la\nvulgarité.\n   Quelques p etits défauts, encore, dans les détails ; ainsi ce\ncaporal flamand, dont la conduite ne p araît pas très claire­\nm ent motivée, à la fin du 2° a c te , — et cela p ar une discrétion\nde l’auteur, qui a sans doute eu peur d’appuyer trop lourde­\nm ent; et puis, les mots qui term inent la pièce sont vraim ent\nm alheureux; au lieu de cette exclam ation dans le vide, qui\nressemble presque à une “ m oralité              pourquoi ne pas\nachever p ar un tableau de foule et la gaîté des couples en\nfête; ou, mieux, pourquoi ne pas faire revenir, suivant le\nte x te prim itif, ces crâmignons dont les refrains dévoilent si\nheureusem ent la portée significative de la pièce ?\n   D ’ailleurs, ces critiques sont sans im portance, et l’on oublie\nbien vite ces menues taches, au son de ce jovial et pittoresque\nlangage, si coloré, pailleté d’im ages et de com paraisons drô­\nlem ent expressives, que H enri Simon fait éclore aux lèvres\nde ses personnages.\n   Cour d’ Ognon est agrém enté d ’une partition m usicale très\ntravaillée, due à M. Sylvain Dupuis. J e ne prétends pas dis­\ncuter ici la vraisem blance d’un genre hybride comme l’opéra-\ncomique, mais à mon avis, la musique de M. Dupuis n ’ajoute\nguère au charme de la pièce. Une ouverture développe l’un\nde nos thèm es populaires les plus caractéristiques, et\nM. Sylvain D upuis a jugé à propos de l ’orchestrer avec\ntoute sa science de prix de Rome : c’est dommage, et lors­\nqu’après le m otif allègre d’un crâmignon liégeois, p araît\nsubrepticem ent un bout de p hrase sombre comme le thèm e de\nla m ort de la T étralogie w agnérienne, on trouve qu’il y a\ndissonnance. M. Sylvain D upuis a dépensé avec peu d’à pro­\n"}, {"page_pdf": 334, "page_imprimee": 307, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2027, "texte": "     Petite chronique.                                         307\n\n\npos son talen t d’habile harm oniste; il a m is t r op de lui-même\ndans les passages où la mélodie populaire au ra it dû s’épa­\nnouir sans entraves avec son allure propre ; en revanche, il\ns’est trop souvenu de M assenet et de l’école française dans\nles couplets où perce la sentim entalité de Simon.\n    Cependant, la grâce de l’air w allon rend m algré to u t\nl’ouverture adorable; et si, en m aint couplet, M. D upuis\naccouple délibérém ent à M. Ju les M assenet ce pauvre et g rand\nGeorges B izet qui n ’a pourtant rien fait pour cela, du moins\ncertaines pages de la p artitio n ne m anquent-elles pas d’in ­\ntérêt. L e dialogue du second acte, p a r exemple, toujours\n “ opéra-comique français m alheureusem ent, est bien tra ité\net ne tom be pas dans l’agaçant trav e rs des duos à voix unies ;\npuis le récit de Fifine, au même acte, quelques fragm ents\n d’airs burlesques au prem ier acte, et enfin ce flux de paroles\n de B am bert en fureur, une grêle de m ots soulignés p a r l’or­\n chestre, qui est une vr aie trouvaille.\n    Enfin, il im porte de signaler les soins apportés à l’in te r­\n prétatio n : jeu, costumes, phrases, natu rel du geste, to u t cela\n ne laisse guère à d ésirer; un peu tro p de lenteur dans le\n débit, seulement.\n     M . L em aître a brossé pour Cour d’ Ognon, d ’après les croquis\n d’A uguste D onnay, un charm ant décor de ville en fête, un\n coin de faubourg pris sur le v if ; et M. Sylvain D upuis a très\n habilem ent arrangé la charge des orchestres populaires dans\n le genre des esquisses musicales où M arcel R em y avait noté\n l’accord à la débandade, le pêle-mêle au p etit bonheur, et\n l ’harm onie quasi subversive de ces instrum entistes réunis au\n  hasard et qui s’en vont les jours de fête régaler d’aubades et\n  de pas redoublés les oreilles de leurs concitoyens ; oreilles\n  bien tannées d’ailleurs, et à l’épreuve de ces fantaisies mélo­\n  manes.                                                     A. M.\n"}, {"page_pdf": 335, "page_imprimee": 308, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2016, "texte": " 308                                               L a W allonie.\n\n\n\n    Vient de p ara ître chez M. Deman, libraire-éditeur, rue\n d’A renberg, à B ruxelles : L a Tentation de Saint-Antoine,\n tex te de G ustave F lau b ert, p a r Odilon Bedon, album lith o ­\n graphique de 10 planches in-fol., avec couverture illustrée,\n tirag e à GO exem plaires (pierres barrées).\n    L e prix de la souscription est de fr. 44. A p a rtir du jo u r\n de la mise en vente, les exem plaires qui resteraien t seront\n portés à fr. 55.\n    Nos lecteurs connaissent ces conceptions saisissantes qui\n s’appellent : l ’Hommage à Poe, l 'Hommage à G oya , clans le\n Rêve, la N uit, et Brunnhilde, le P rofil de Lum ière, etc.\n Odilon R edon est l’un des plus étonnants parm i les créateurs\n du crayon, de ces tem ps; et, le chef-d’œ uvre de F lau b ert avec\nson fantastique glacé, et le tréfond philosophique d’un livre\npareil de négation, a dû lui suggérer de larges et déroutantes\nvisions de trouble, traduites avec cette vigueur personnelle\net neuve, laquelle, indéfinim ent, donne cette poignante\nimpression de l ’in atten d u .\n                                 ·* *\n  L e m anque de place nous force d’ajourner          à la prochaine\nlivraison, la critique de Madame L upar, le nouveau rom an\nde Camille L e m o n n i e r ; Impressions et sensations, p a r A rnold\nG o f f i n ; Chants des jo u rs lointains, p ar M aurice D e s O m   ­\nB IA UL X ; Flamme.s mortes, p ar G abriel M O U R E Y, et l'A n ­\nthologie des prosateurs belges.\n   R eçu: A travers la vie d’étudiant, p ar Léon Vallon. L ’auteur\na vu ce qu’il décrit ; sa fantaisie d’étudiant jouisseur l’a\npromené p a r les bouges, les beuglants, les cafés à femmes.\nTout cela, — et quelques autres souvenirs, il le raconte avec\nune vérité de style grossier et nullem ent poli. Assez de verve,\nparfois ; aussi, des “ m ots „ vieux comme le monde, des descrip­\ntions déjà faites. Mais une plume que rien n ’effraye. Beau­\ncoup de vérité, fort peu d’art, et certes nul au-delà.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-203", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "ÉCRITS POUR L’ART", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 336, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 1532, "texte": "E C R I T S P O U R L ’A R T\n                              UNE SEULE LIVRAISON\n                    contenant l’exposé des désirs du groupe\n                                  va p ara ître à P aris.\n\n\n\nPHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n                         ET. Z E Y EN.\n            137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                     L I E G E\n\n     S p é c ia lité d ' a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é l e c triq u e .\n\n\n    FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                     P lace du T h é â tre , 11, Liége.\nP o r t e - c i g a r e s e n é c u m e de m e r, a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s de c o m m a n d o , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u t é s en ‘2 4 h e u r t s .\n                              RACCOMMODAGES.\n\n                PO U R PA R A IT R E INCESSAM M ENT :\n\n      Contes                          pour                    l’a i m é e\n                                            PAR\n                             M a u r ic e    S IV IL L E\nU n volume grand in-8°. É dition de g rand luxe, caractères elzé­\n            viriens. Illu stré de 25 compositions,\n                               p ar\n                           E mile BER CH M AN S.\n\n  Tirage de bibliophile à 250 exem plaires num érotés p o rtan t\n              imprim é le nom du souscripteur.\n\n                                P r ix : 10 fran cs.\nOn souscrit chez Aug. BENABD, imprimeur-éditeur, à Liége\n               12, rue du Jardin Botanique, 12.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3e ANNÉE, No 6.", "ancre_fin": "D’ART", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ernest MAHAIM", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 337, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 170, "texte": "3e ANNÉE, No 6.\n\n                   LA W ALLONIE\n  REV U E M E N SU E L LE D E L IT T É R A T U R E E T D ’A RT\n                                                       "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Comité de rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Ernest MAHAIM", "ancre_fin": "SIVILLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Bureaux : rue St-Adalbert", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 337, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 170, "fin_caractere_exclue": 397, "texte": "E r n e st M A H A IM ,\n                                                        A l b e r t M OCKEL,\n              Comité de R édaction\n                                        ( M a u r ic e S IV IL L E .\n                      "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-206", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Bureaux : rue St-Adalbert", "ancre_fin": "6 fr. 50.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 337, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 397, "fin_caractere_exclue": 692, "texte": "Bureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\nE n v o i d 'u n       n u m é ro sp é c im e n c o n tr e 5 0            c e n tim e s\n                              e n tim b r e s -p o s te\n       A b o n n e m e n t : 5 f r. p a r an. 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Satyre.\nGeorge G a r n i r ......................Vers.\nR ené Ghil ................................ A utre air pastoral.\nCélestin Demblon                         . . . É vocation des vieux Lièges.\nEm ile V e rh a e re n .                 . . . Pensées du soir.\nA lb e rt S t-P a u l ......................Amazones.\nCh a rle s-E u d e s Bonin . . L es Héros.\nR aoul P a s c a l i s ......................Ames couchantes.\nP ie r r e M. O l i n ..................... Mes Mémoires.\nS t u a r t M e r r i l l ..................... Vers.\nM a u ric e Siville . . . .                       P our oublier.\nAchille Delaroehe . . . É pithalam e.\nA lb e rt M o c k e l ......................L e B u t (prose symphonique).\nEdm ond H a n to n . . . .                        L e bon grain.\nA r t h u r D u p o n t ..................... Vers.\n                                 Chronique littéraire :\nAchille D elaroehe . . .                          L e Bonheur.\nE r n e s t M a h aim . . . .                     Quillebœuf.\nH e n ri de R é g n ie r . . . Ancæus.\nM aurice Siville . . . . Un Mâle.\nAlb. M ........................................E crits pour l ’A rt.\n                                           P etite chronique.\nX .................................................... Cour d’Ognon.\n\n\n                       La\n    "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-07-31-n6-208", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Dépôts de vente", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quelques collections", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 337, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 2063, "fin_caractere_exclue": 2982, "texte": "Q uelq ues co lle ctio ns de LA WALLONIE (1 880 et '1887) s ont e n ve nte\n                                   au pri x de 0 fran cs.\n                               W a llo n ie e st e n v e n te\nA LIÉGE : Chez MM. G n u sé ; G e o rg e ; D’H e u r ; D e cq; D e s o e r; A ubetl e du\n     Po nt d ’Avroy ; Aube tte place S a in t- L a m bert.\nA BRUXELLES : Chez MM. Rosez, librair e, et Islacc, libraire.\nA PARIS : Chez MM. Vanier, libraire, 19, Quai S t-Michel ; Savine, librair e,\n    18, ru e D ro uot, et à la Lib rairie Nouvelle, r u e de la Bodtie, 3.\nA GAND : Chez MM. A. Hoste, li braire, r u e des Champs ; W enne w it z (Muquard),\n    li br aire, r u e des Cham ps ; Vuilsteke, libraire, r u e Aux Vaches.\nA ANVERS : chez Mme Ve De V etter, r e m p a r t Ste-C a th e rin e ; Max R u es , 5 0 ,\n    ru e des T a n n e u r s .\n                                     Des presses de H. Vaillant-Carmanne, à Liége.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 266, "texte": "                        3me Année. — N° 6.\n\n\n\n\n                   LA\n\nWALLONIE\n\n\n\n\nN um éro double.          31 Juillet 1888.\n"}, {"page_pdf": 267, "texte": "         G A P R I CE R EV UE\n JO U R N A L A R T IST IQ U E E T L IT T É R A IR E . IL L U S T R É ,\n                      paraissant le Samedi.\n              R é d a c t e u r : M au rice   S IV IL L E .\n         Abonnem ents pour la Belgique : 6 francs l’an.\n   Caprice Revue publie un p o rtra it en chacun de ses n°s. O nt\np a ru : V illiers de l’Isle Adam, Camille Lem onnier, Em ile V er­\nhaeren, E rasm e R aw ay, Joséphin P éladan, Ju les D estrée, etc.\n    A p araître : Félicien Rops, Edm. Picard, Alb. G iraud, Georges\nRodenbach, etc.\n\n      L ’A R T                 MODERNE\n REVUE    CRITIQUE       DES   ARTS     ET    DE   LA   LITTÉRATURE\n             26, Eue de l'Industrie, Bruxelles.\n                Abonnement : 10 fr. par an.\n\n         Paru chez Mme Ve M o n n o m , à Bruxelles :\n  IMPRESSIONS                          ET     SENSATION\n                   par    A r n o ld    G O FFIN .\n\n     Chez Camille D a l o u , 1 7 , quai V oltaire, à Paris:\n             FLAMMES                    MORTES\n         Volume de vers par Gabriel                 M o u rey.\n\n         Chez C h a r p e n t i e r , à Paris :\nM A D A ME L U P A R , par Camille L e m o n n i e r .\n\nA paraître chez E. D EM AN , rue d'Arenberg, Bruxelles.\n\n    POÈMES             D ’E D G A R           ALLAN           POE\n            trad u its p ar S té p h an e M ALLARM É\n\n         LE      T R A IT Ê            DU V E R B E\nAVEC L A PH IL O SO PH IE & L ’E ST H É TIQ U E D E L ’A U T E U R\n         p ar R ené G H IL : T irage à 110 exempl.\n\n                  Les Flambeaux Noirs\n         Livre de vers par É m ile V E R H A E R E N .\n"}, {"page_pdf": 268, "texte": "                        SATYRE.\n\nV   ers la mer, de la plaine en fleurs où rit l’Aurore\n     E n un éveil de jo ie et de clarté subite,\n              M er, où la flotte au port s’ ancre et s’abrite\n     Sous les riches pennons que sa mâture arbore!\n\n     Vers la mer, du bord d’ ombre où la n u it couve encore\n     E n une obscurité de taillis qui palpite\n     Vers la Mer, où la vague au choc des rocs s’ irrite\n     D ’écume épanouie et de rage sonore!\n\n     Vers la p laine, la mer et le ciel enflammé,\n     Hommage guttural à l’honneur du vieux M ai\n     Vainqueur de la saison mauvaise et des mois mornes\n\n     Un Satyre à mi corps sortant de la fo rêt\n     D o n t le feuillage enguirlanda ses torses cornes\n     Sonne en sa conque à l’aube claire qui p araît.\n\n\n                                   H e n r i d e R É G N IE R .\n\n\n\n\n                                                          16\n"}, {"page_pdf": 269, "texte": "             L ’IM PÉNÉTRABLE.\n\n\nE LLE dort en tes yeux éteints à l’espérance,\n  L a songerie immense et creuse du passé;\n  T u sembles exister par la seule souffrance\n  Que l’on a de revivre un souvenir lassé.\n\n  J e retrouve en tes yeux toutes les nostalgies\n  D es printem ps tô t souillés, des am ours tô t flétris\n  E t tous les vains regrets et les mélancolies\n  S’y traîn en t tristem ent, épuisés et m eurtris.\n\n  Quel voyageur au tem ps où ce fut ton aurore\n  P assa p a r ton chemin et n ’y rep a ru t plus ?\n  L e m atin attendu n ’est-il pas proche encore\n  Où se rallum eront tes soleils révolus ?\n\n  Quelle étoile effacée à la voûte nocturne,\n  D ans les temps très lointains des rêves radieux,\n  A versé sa tristesse en ton cœur taciturne,\n  Vase de deuils, tom beau des souvenirs pieux ?\n\n  M urmures assoupis des sources irisées,\n  B ruissem ents discrets courant par les forêts,\n  Chuchottem ents épars des campagnes grisées,\n  E st-ce vous qui savez ses effrayants secrets ?\n"}, {"page_pdf": 270, "texte": "L ’impénétrable.                                         243\n\n\nJ e devine un désert de tristesse éternelle\nO Sphinx, en tes grands yeux, m iroirs d’étran g eté ;\nJ ’y regarde fleurir m ystique, vague et frêle,\nL ’am ertum e sans fin de notre hum anité.\n\nN’aborderas-tu pas à ces rives lointaines\nOù, debout p a r l’effort serein des volontés,\nSe dressent les orgueils d’espérances hautaines,\nP areils à des fanaux sur les grèves plantés ?\n\nJ e sens n aître en mon cœur une angoisse invincible\nA sonder tes regards profonds comme les mers,\nE t m ’envahir la peur folle de l’invisible\nQue versent les rayons de leurs deux globes verts.\n\n                               George    G ARNIR.\n"}, {"page_pdf": 271, "texte": "    L E C H A T IM E N T D E S P O È T E S .\n\nC   OM M Ede grands v e lu ms, des rêves salutaires\n    Se sont interposés entre la vie et nous,\n    Si bien que rien de vil, de bas ou de jaloux,\n    N ’a passé dans nos cœurs hautains et solitaires.\n\n    Nous n ’avons pas voulu sur le triste ici-bas\n    A baisser le rayon de nos regards lucides,\n    E t nous avons dressé des chimères splendides\n    D ans un m ystique Ciel que l ’on ne saura pas.\n\n    A insi qu’en un p arte rre où s’entrouvrent des roses\n    Chères illusions, vous fleurissez en nous ;\n    Vous avez le parfum d’un rêve étrange et doux\n    O vous qui nous cachez la tristesse des choses !\n\n     Mais quelque jo u r viendra d’imm ense navrem ent,\n     Où nos chers horizons d’ineffable mensonge\n     D éfailliront soudain comme un m erveilleux songe,\n     Qu’après un court sommeil on cherche vainem ent.\n\n     Car les dieux irrités de notre indifférence,\n     — P our punir notre orgueil de justes châtim ents —\n     F erm eront nos cerveaux aux longs enchantem ents\n     P uis, ils s’applaudiront tout h au t de leu r vengeance.\n"}, {"page_pdf": 272, "texte": "L e châtim ent des poètes.                                 245\n\n\nNous qui n ’avons jam ais touché d’un doigt hum ain\nA la b ru talité des choses de la terre,\nE n vain nous chercherons les douceurs du m ystère\nD ans le monde réel qui s’offrira soudain.\n\nE t nos rêves, tous ceux qui peuplèrent nos âmes,\nD ’oiseaux et de parfum s, de rayons et de lys,\nE t tous ceux qui, pareils à des philtres d’oublis,\nE ndorm irent en nous les blessures des femmes\n\nRêves blancs des avrils, rêves de firm am ent,\nRêves pourpres d’orgueil, rêves de sang, farouches,\nQui comme des aiglons volèrent sur nos bouches,\nM ourront to u t d’une fois, irrém issiblem ent.\n\nAlors, pareils à ceux qui revivent les fêtes\nD u soleil, quand leurs yeux sont fermés pour toujours,\nNous irons tâ to n n an t nos morn es alentours\nM ais l’épouvantem ent fera ployer nos têtes.\n\nNous nous sentirons seuls pour la prem ière fois\nEt, nous tendrons en vain nos lèvres anxieuses,\nAvec l’âcre dégoût des heures odieuses,\nP our boire encor le rêve aux sources d’autrefois.\n\n                                    G e o r g e G A R N IR .\n"}, {"page_pdf": 273, "texte": "          AU T R E AIR P A S T O R A L\n\n                           A A ch ille D ela roche e l A lbert S a in t-P a u l.\n\n\nDes villages et des ham eaux, de loin et h au t !\n\nTrop tristes au long (quand reverra !) des mois mornes\nde gel et leur longueur de peupliers et d’ornes,\nAh ! ils ont h au t uni (quand reverra !) l’amour\nde la guirlande de la ronde :\n                       et plus n ’est lourd\nQui disait désolé des neiges monotones :\n\n\nQuand reverra mon doux désir, quand reverra,\nA h ! son plaisir et sa douleur, Telle aux automnes\nqui valsaient qui valsait et qui p rit mon esprit\nde veuvage, et depuis qui peut-être s’en r it\nà son plaisir et m a douleur !\n                       O Vous, élue\nau désir de m a m ain (quand la verra !) m enant\nà l’autel où se noue en l’anneau l’heure plue\net s’unit le soupir m utuel et p lanant :\n\n\n(Ah ! ils ont haut uni l’am our de la guirlande)\n\nn'avez-vous ri des Yeux et de m a peine grande,\nQuand aux danses d’antan venaient à vous guirlande\n"}, {"page_pdf": 274, "texte": "     A utre air pastoral.                                         247\n\n\nles villages et les ham eaux, de loin et h au t !\nvous em portant leu r proie et p ar h eu rt et p a r saut :\nn ’avez-vous ri des Y eux et de m a peine grande,\net dites-moi quand la verra, si la verra\nmon g rand heu r soleillant parm i la moisson mue\nl’aurore de l ’aurore où m a peine m ourra\n\n\n( Ah ! ils ont h au t uni l’am our de la guirlande)\n\naux tem ps m ontant des Tours, et lourds, et grands, longtem ps\nT in tan t le tem ps m ontant des Tours et le printem ps !\n\n\nA h ! ils ont h au t uni l’am our de la guirlande\nde la ronde et l ’espoir délirant en v iran t :\n\nen g a rd a n t ses m outons (là l’arrête) en g ardant\nses moutons, la Très-neuve a pleuré (là l’arrête)\nsur les longs prés et sur les m arguerites, prête\nà dire h au t que là l’arrête le peinant,\net qu’allante elle ira quand il viendra venant :\n\net le soleil allum era la route émue\n\nau tem ps m ontant des Tours, et lourds, et grands, longtem ps\nT in ta n t le tem ps m ontant des T ours et le printem ps !\n\n\n     J u in 1888.                               R e n é GH IL .\n"}, {"page_pdf": 275, "texte": "É V O C A T I O N D E S V I E U X L I È G E S (*)\n\n\n           solennelle pour ceux dont la poitrine bat\n      e u re\n\n\n\n\nH     largement ! Le cortège se déroulait comme un\n      serpent d’aurore, immense, majestueux, pitto­\n     resque, enthousiaste, à travers les rues chatoyantes\n et gaies, qui regorgeaient d’une foule prodigue\n d’acclamations ; et sur tout son passage montaient,\nen volées compactes, de prestigieux souvenirs. En\nsorte qu’un intense émerveillement, pâle et sur­\nnaturel, fourmillait autour de nous, à perte de vue.\nC’était la W allonie morte hors du tombeau, ressus ­\ncitée de la poussière jadis vivante que nous foulions,\nrejaillie des vertigineuses entrailles du sol où ses\nâges sommeillent étagés. Tout s’offre en d’inex­\nprimables confusions à nos yeux chauds de larmes.\nGlorieux, souriants, mélancoliques, depuis les ca ­\nbanes-ruches des clairières jusqu’aux diligences où\nfurent cahotées nos aïeules jouvencelles, tous les\nLièges défunts s’enchevêtraient en s’agitant jusque\n\n\n  ( 1) F ra g m e n t d ’u n e b ro c h u re qui va p a ra ître : Traditions e t Rôle de\nLiège et de la W allonie.\n"}, {"page_pdf": 276, "texte": "    Évocation des vieux Lièges.                     249\n\n\npar dessus les toits dans l’espace illuminé d’or : si\nbien qu’en ces visions diaphanes comme un cristal\npeuplé, notre Liège disparaissait à demi. Rues tor­\ntueuses, coteaux printaniers, faubourgs décrépits\nbossuant les remparts, bras du fleuve fleuri d’îlettes\nenlaçant d’azur les vinâves, houles de nerveuses et\nnaïves maisons bizarres coiffées de chaume, dentelles\nde pignons et de clochers paraissaient, s’évanouis­\nsaient et reparaissaient sans cesse. V oici les pères\nEburons, loups stoïques dans le prisme chanteur des\nhalliers ; voici les radieuses retraites d’où se déploya\nlégendairement la gloire carolingienne ; voici dans\nson fauve éclat la jactancieuse Chevalerie et, sous\nleurs bannières, les Métiers en armes autour dit\nPerron; et les têtes trépassées de vieillards, d’enfants\n et de femmes penchent leurs milliers de grappes aux\nexiguës fenêtres à mailles. Eclate le tocsin des ré­\njouissances : la Cité, pareille aux bois en mai, s’em­\nplit des éblouissantes “ Joyeuses Entrées. „ Eclate\nle tocsin d’alarme : Publémont, la Halle, Neuvice,\nle Chaffour, deviennent des enfers où les éclairs et\nles chocs d’acier scandent les cris de rage. L e tocsin\nde deuil : les gibets de Jean sans Pitié balancent, au\nvent des patenôtres, les communiers bourgeois\nvaincus dans l’écarlate irradiation enfumée des\ncouchants de Saint-Grilles ! A notre aspect, tout\ntressaille, s’épanouit, acclame silencieusement : un\ninsondable essaim nous submerge, fait des vastes\nmurmures mystiques de vingt siècles d’héroïsme\n"}, {"page_pdf": 277, "texte": "250                                         L a Wallonie.\n\n\n\nattisant le brasier d’amour qui dévore nos cœurs.\nCes scènes magiques, ces mains tendues, ces mobiles\nconstellations d’aimantes et frileuses prunelles, ces\nindicibles parfums familiers de si loin revenus près\nde nous, oui, c’étaient toutes les patries jadis animées\net rayonnantes, puis lentement défuntes sans écho,\nc’étaient elles, ô folle fusion! foyer des souvenirs\nfulgurant d’espérances ! c’étaient elles, magnétisées,\nrallumant leur tumulte de vieilles aurores aux\nabîmes inconnus de mon rêve enivré, despotique et\nfilial qui les éternisera !\n\n                             C é le s tin   DEM BLON .\n"}, {"page_pdf": 278, "texte": "        P E N S É E S DU SOIR.\n\n\nS\nur mes lèvres éteintes où comme en un miroir\n J 'a i reflété mon cœur lassé, mon cœur du soir,\n A près un jo u r vécu sans gloire et sans vaillance ,\n Lam pes de mes larmes, larmez dans le silence\n Vos fe u x , pour le sommeil qui vient torpidement\n Clore mes yeux fanés et mon attristement;\n Lam pes brûlez durant des heures et des heures\n E n cor, inutiles pour tous, mais les meilleures\n P our le rêve veiller dont mon esprit, hélas !\n A u clair sonnant m atin ne se souviendra pas.\n\n\n\n\n Sous les vitres du hall nitreux que le froid fore\n E t rafle et que de mats brouillards baignent de vair,\n Un soir de tout à coup de gel , s’ ouvre l'hiver ,\n D a n s le foyer, fourbi de naph te et de phosphore,\n\n\n\n\n I\n l\n Q ui brûle : et le charbon p oin tu se mousse d’ or\n E t le posthume été dans l’ or se persévère ;\n    émeraude un bol, il enturquoise un verre\n E t m ultiplie en chatons d’or son âme encor.\n"}, {"page_pdf": 279, "texte": "252                                            L a Wallonie.\n\n\n\n      Avec ce même feu qui l’abolit, sa jo ie\n      E s t de faire des fleurs parm i les lustres , vivre!\n      E t d’ allumer sa mort comme une fête — au loin\n\n\n\n\n      O\n      Lorsque tonne l’ automne et que le vent disjoint\n      Resserre au loin ses poings et que gratte le givre...\n        cette mort que l'on torture e t qui flamboie !\n\n                                    E mile V E R H A ER E N .\n"}, {"page_pdf": 280, "texte": "                       AMAZONES.\n\n\n     A    x bleusu nébuleux l’ultim e soleil des hivers a lui,\n         et l’herbe v erdit ! aux cîmes des m onts les neiges ont fui :\n         U n prim e printem ps au front fleuronné fleurit les collines\ne t p a r la cam pagne, aux piétinem ents de leurs fiers chevaux,\ndom ptant aux galops longs, vertigineux leurs mâles cerveaux,\ncourent guerroyer les vierges de guerre — opimes félines.\n\nE lles arquent l ’arc, le buste courbé sur le col fum ant\ndes bêtes qui vont louvoyant, v o ltan t volontairem ent,\net de leur poitrine où plus ne seront les rondeurs jum elles\nla flèche avec force écarte les bras m aigres et nerveux,\ntan d is que du casque en mèches épars les frêles cheveux\ns’envolent mêlés aux crins des chevaux entraînés comme elles.\n\nE n des tourbillons soulevant les flots du sable verm eil\nl’étrange escadron lancé p ar les champs se cuivre au soleil :\nles sabots piaffeurs de ses étalons franchissent les zones\ndu Royaum e où l’homme au somme d’am our jam ais n ’est admis,\net dans les fossés venant se livrer aux bras ennemis\nenfin la fatigue abat leurs chevaux - et les Amazones !\n\nVoici la saison des fins horizons et des blonds jasm in s:\nU n prim e printem ps sème à pleines m ains les fleurs aux\n                                                      [chemins,\n"}, {"page_pdf": 281, "texte": "254                                           L a Wallonie.\n\n\n\nles fièvres de sexe offrent des frissons en lèvres de flammes\net tordant le torse oh. ! cicatrisé du sein droit absent,\nles vierges de guerre au loin de leur te rre avec le passant\nvont brutalem ent — et sans lendem ain ! être faites femmes.\n\nE n des tourbillons soulevant les flots du sable verm eil\nl’étrange escadron revient p a r les champs cuivrés de soleil:\nle soir em pourpré commence à descendre au v ert des clairières\net pâle à cheval ! du somm et des m onts où la lune lu it\nun Mâle viendra : le F ils de T hétis qu’argente la Nuit,\ns ’égayer, vainqueur ! à l’hym ne guerrier des fières guerrières\n\n\n                                    A l b e r t SAIN T-PAU L.\n"}, {"page_pdf": 282, "texte": "            L E S HÉRO S.\n                                      A S m a rt M errill.\n\n\n\n\nIls sont tous hauts comme une tour\nE t tous droits comme un fer de glaive :\nL e plumage roux d’ un vautour\nSur leur casque d’ argent s’ élève.\n\nP a r les campagnes et les bourgs,\nA travers les fo rets, les grèves,\nU s prom enèrent leurs tambours,\nL eurs cavalcades et leurs rêves :\n\nM aintenant que leur cœur est mûr\nPour les retraites sédentaires,\nIls ont des pierres d’un grand mur\nA jam ais défendu leurs terres\n\nP our suivre, en cet asyle sûr\nE t v e u f des regrets éphémères,\n Sur l’ étendard du v ieil azur\n L e vol éclatant des Chimères.\n\n                             Ch . E U D ES BONIN.\n"}, {"page_pdf": 283, "texte": "         AMES COUCHANTES.\n\n\nA rcs des Soirs succombants ! Glaives des Crépuscules\n  A u x prises avec les f a ulx louches de la N u it !\n  E t très chastes soupirs dès F leu rs béant d’ ennui\n  A u parterre foulé des En-bas ridicules !...\n\n  Efflorescences des surlunaires Clartés :\n  Clignotements sondeurs de ténèbres et d’ ombres !\n  E t Toi, Rhombe d'argent, scrutateur des décombres\n  Maléfiques où vont gémir les Voluptés !...\n\n  D iurnes candeurs aux clairs regards des Am es-Vierges,\n  A u x lies de quel abysse avez-vous donc sombré ?\n  L e stupre des D em ains a-t-il soufflé vos cierges,\n\n  E t, pleureuses, au chant noir des M iserere,\n  Ames d’aurore, Ames de jo u r : — Ames de fange —\n  Cerclez-vous vos anneaux au D o igt du M auvais-Ange !\n\n                                        R ao u l   PASCALIS.\n"}, {"page_pdf": 284, "texte": "             MES      MÉ MOIRES.\n                     (3 e   C a h ie r )\n\n\n\n       FRAGMENTS DE CRITIQUE LITTÉRAIRE\n\n\n            Derrière mon monocle il y a un œil\n          qui voit et sous la raie de mes cheveux\n          une cervelle qui pense. Je porte l'uniforme\n          d'un mondain, mais je suis un pervers\n                                               JO S É P H IN    P É I .A D A N .\n\n\n\n\n             L E S PR ÉCU R SEU R S. .\n\n                                    J ’ aurais voulu savoir ce que\n                                 regardent ces y e u x tra n qu illes.\n\n                                              G u s t a v e    F l a u b e r t .\n\n\n\n\n      C a q u e hpériode littéraire trouve un homme\n        qui en condense les caractéristiques et, les\n        exagérant même arrive à n’être compris que\n        tard, alors que ceux qu’il a si parfaitement\nsymbolisés ont, dès longtemps, disparu. E t tandis\nque la Tourbe des artistes de moindre envergure\nsombre en l’irrémédiable Oubli, Eux ! ainsi que de\n                                                                       1\n                                                                       7\n"}, {"page_pdf": 285, "texte": "258                                   L a Wallonie.\n\n\n\ngranitiques Monuments à peine écornés par les âges\nrévolus, restent, comme d’immuables témoins des\nIdées, des Illusions, des Espoirs du Passé, aussi de\nses Dégoûts !\n  L a fin de ce Siècle, prodigieux par le nombre des\névolutions accomplies et d’une histoire si étonnam­\nment surchargée, pourra peut-être se caractériser très\nnettement.D ’abord une prodigieuse Science, avec une\nfatigue et un ennui de savoir, une passive indifférence\net de curieux retours au mysticisme catholique. —\nUn art qui se byzantinise en des recherches de\ndétail compliquées et retorses, ou s’abstrait en un\nhiératisme méfiant et méprisant, enfin un manque de\nfoi en soi-même sans précédent. Il semble que le\nsiècle ait fait Banqueroute à toutes ses promesses et\nune ironie sanglante accable tout effort nouvel, car\nquelle impitoyable comparaison avec ceux faits\nantérieurement et restés nuls de résultat.\n   Aussi l’art des Précurseurs est-il empreint d’une\ntristesse ironique ; il est suggestif et symbolique,\npuissant, parce qu’il cèle et ne laisse qu’entrevoir :\nchaque lecteur pensif, devenant confident de la\nPensée hautaine et orgueilleusement timide, une\nadmiration sûre et d’essence vraie, s’élève et s’im­\npose!\n"}, {"page_pdf": 286, "texte": "   Mes Mémoires.                                                                      259\n\n\n\n\n                   SU G G ESTIO N S.\n\n\n                         Vous-mêmes pourriez-vous me dire si l’ê tre\n                     e x té rie u r a p p a re n t, que v ous n o u s offrez, qui\n                    se m anifeste à nos sens, est réellem ent celu i\n                     q u e vous savez ê tre en v ous ?\n\n                                              V IL L IE R S   DE   I’ I S L E - A d A M .\n\n\n\n\n   L e sentiment de profanation est aussi inné dans\nl’Homme que ceux de destruction et de reproduction.\n\n\n  Un moine doit avoir beaucoup vécu pour ne plus\nconcevoir l’amour qu’en Dieu.\n\n\n  Rien n’est,intellectuellement, plus corrompu qu’un\ngarçon de vin gt ans, vierge par volonté.\n\n\n • Celui-là n’est pas notre Maître qui nous dit des\nchoses admirables, mais L ui oui ! qui écoute nos\nplatitudes.\n\n\n  Ce fut bref comme l’amour d’une Femme.\n\n\n\n  La solitude : la grande consolatrice.. ou la grande\ntentatrice.\n"}, {"page_pdf": 287, "texte": "260                                         L a Wallonie.\n\n\n\n\n                L E S D E U X CIMES.\n\n                               C ependant ce     ne sera    p o in t un\n                             effet de légende.\n\n                                            A rthur   R a im b a u d .\n\n\n\n\n   Il y ala secte peu nombreuse des Révoltés: Ceux-là,\n dans le trouble de l’Universel Fiasco n’ont pu sauver\n que cette seule et suprême Idée : la JU STIC E . Ils en\n sont devenus les séides enragés et toute lésion à leur\n Déité les fait rauquer de fureur. L a Société moderne\nn’étant que le Pandæmonium où sont rassemblés\ntous les moyens d’attaque, de corruption ou de\ndestruction de Justice, l’enragement des Révoltés\nest perpétuel et tourne à la Manie, Manie admi­\nrable devant laquelle, ainsi qu’une sublime F olie,\non se découvre! Ces êtres exceptionnels sont haïs,\nhonnis et conspués. Toujours repoussés, ils s’égo­\nsillent dans le désert que font autour d’eux les\nScythes de la Presse. Leurs cris d’A ngoisse, de\nDouleur et de Prophétie ne trouvent nul écho et\nleur rage désespérée et grandiose s’en accroît indé­\nfiniment ! Ils parviennent à un A rt prodigieux,\ntitanique, connu des seuls qui les puissent aimer,\nles Impassibles, Ceux qui dédaignent de souffrir et\nde frapper. C’est au milieu des Révoltés que sur­\nvivent les derniers Héroïsmes, les dévouements à la\nConception pure. Cette abnégation bizarre, cet an-\n"}, {"page_pdf": 288, "texte": "    Mes Mémoires.                                  261\n\n\n nihilement d’eux-mêmes et de ce qu’ils aiment\n devant leur exclusive idée de Justice sont d’autant\nplus absolus que souvent ils n’ont aucun espoir de\n Futur ni d’Au-delà ! Leur Violence de Pensée et de\n Style est énorme, stupéfiante parfois! Ce sont des\ntombereaux de haine, de dégoût, de colère qu’ils\n déversent ainsi que des tas d’immondices sur leurs\n antagonistes. Ils empoignent soit la Société, soit un\nHomme, en font la description la plus abominable,\n dévoilent ses tumeurs, ses maladies repoussantes ou\nhonteuses, ses turpitudes et le virus moral de son\nignoble pensée, lui crachent au visage, le tré­\npignent de leurs talons au préalable plongés dans\nla boue la plus ignominieuse et lorsque écœurés ils le\nlâchent, ils se précipitent... à un Autre !\n   Les Impassibles, eux, forment le groupe resserré\ndes Contemplatifs et des Méprisants.\n   Pour E u x nulle de ces fulgurantes fureurs, un\ndédain si absolu de ce qui se passe sous eux qu’ils\nne peuvent s’émouvoir de l’universelle Infamie. Ce\nsont des Orgueilleux et des Sensitifs. Ils ont le\nsuprême Orgueil, le Respect absolu d’eux-mêmes\nqu’ils ne veulent commettre avec la générale cuis­\ntrerie. Ils connaissent leur souveraine valeur, mais\nsans vanité ; méprisant l’opinion même de la Foule,\nils négligent de produire, ou s’ils le font, sont\nles adeptes d’un art ésotérique tellement sublimé\nqu’il est absolument au-dessus de la portée de la\nmultitude, — masse tellement négligeable que pour\neux elle reste inexistante.\n"}, {"page_pdf": 289, "texte": "262                                     L a Wallonie.\n\n\n\n   Leur nature, supra-sensible, serait, sans cette\nsurélévation qui les met hors d’atteinte, continuelle­\nment vulnérée de chocs et de frottements odieux,\nS ’enfonçant en leur hiératique solitude, ils prati­\nquent la claire et absolue notion de l’Egoïsme phi­\nlosophique : Moi et les Miens — Les Miens dans\nMoi. Les grands cœurs, pour conserver immaculée\nleur marcessible affectivité, ne connaissent pas ceux\nqui ne leur sont rien, ne s’aperçoivent même pas de\nleur Réalitér mais considèrent comme Leurs des\npersonnes à l'existence possible, frères d’élection pour\nqui seuls ils daignent avoir Vie.\n    Quand un tel Artiste voit un succès populaire\nle souiller, la cohue des criticailleurs journalistiques\nl’encenser, il se recueille, se tâte et se demande quel\ncrime il a commis pour mériter un tel châtiment\nou quelle bassesse, invisible pour lui, peut bien\navilir son œuvre et Il ne L a regarde plus qu’avec\ncrainte et dégoût et doute de lui-même.\n    L ’Inutilité de Tout leur est apparue au point de\nleur faire douter de tout et de la valeur de tout effort.\n    E ux méconnaissent même cette Justice, cette\nultime Espérance des Révoltés: Ils sont inéton ­\nnables. Aucune injustice quelque révoltante qu’elle\npuisse être ne les stupéfiera: ils y verront le simple et\nnaturel Produit d’une Humanité vile et imper­\nfectible ne se légitimant que par Vapparition périodique\net rare d'une Nature exceptionnelle, Q U 'E L L E N I E ,\n et qui sert d’excuse et d’ Holocauste à son irrémédiable\n"}, {"page_pdf": 290, "texte": "    Mes Mémoires.                                             263\n\n\net incommensurable médiocrité ; encore en est-il qui\ndoutent même de cela. E t ces esprits supérieurs sont\nceux-là les plus vivement frappés par cette tenail­\nlante affection psychologique, le Pessimisme.\n   E n vertu du principe de l’Attraction des Con­\ntraires et des Extrêmes, ces deux groupes — l e s\nd e u x S o m m e t s d e l a P e n s é e H u m a i n e — sont les\n\nseuls qui puissent sympathiser ; mais cette mutuelle\nsympathie sera mêlée chez les uns d’un peu de pitié\ndu vain effort accompli, chez les autres de l’impa­\ntience nerveuse et un peu mécontente de voir des\nImpassibles autour de soi alors qu’on est plongé\nen une cruelle Agitation.\n                                                 P. H. O.\n"}, {"page_pdf": 291, "texte": "                  REX .\n\nvec des gestes d’apparat\nA\n Que rythm ait l'orchestre des fêtes,\n I l rem it au prêtre castrat\nL a couronne de ses conquêtes.\n\n D élaissant lors son majorat\nPour l’ aventure et les tempêtes,\n I l força , si loin qu’il errât,\nL es peuples à prostrer leurs têtes.\n\n M ais son astre déchut un soir\nQu’à la mort i l ne p u t surseoir.\n Son palais croula — guerre et flammes !\n\nE t, reste intact de son trésor,\nSous la cendre des oriflammes\nR u tila la couronne d’or !\n\n\n\n\n        ARGONAUTES.\n\nsaccage\nO       des Hespérides\nA u x accords batailleurs du cor !\nOrgueil de la voile en essor\n Vers la p a trie aux mers sans rides !\n"}, {"page_pdf": 292, "texte": "B a llet.                                                       265\n\n\n            F a r les Thraces et les D orides\n            Les rhapsodes clament encor\n            L a gloire de ces Chercheurs d’or\n            Revenus des plages arides.\n\n\n            M ais qui remémore la mort\n            D e ceux qui — silence du sort ! —\n            F a illire n t de fièvres fétides,\n\n\n            Ou poursuivirent les saisons\n            Par-delà l’ arc des horizons\n            Jusqu’aux astres des Atlantides ?\n\n\n\n\n                          BALLET.\n\n                                        Pour Gustave M oreau.\n\n\n\n\nE\nn casque de cristal rose les baladines,\nD o n t les pas mesurés aux cordes des kinnors\nT in tent sous les tissus de tulle roidis d’ ors,\nE x u lte n t de leurs yeux pâles de xaladines.\n\n\nToisons fauves sur leurs lèvres incarnadines,\nB ra s lourds de bracelets barbares, en essors\nM oelleux vers la lueur lunaire des décors,\nE lles m urmurent en malveillantes sourdines :\n"}, {"page_pdf": 293, "texte": "266                                                 L a Wallonie.\n\n\n\n      \" Nous sommes, ô mortels, danseuses du D ésir,\n      Salomés dont les corps tordus p a r le p la isir\n      Leurrent vos heurs d’amour vers nos pervers arcanes.\n\n\n      Prosternez-vous avec des hosannas, ces soirs !\n      Car, surgissant dans des aurores d’encensoirs,\n      Sur nos cymbales nous ferons tonner vos crânes. „\n\n                                        Stuar t    M E R R IL L .\n"}, {"page_pdf": 294, "texte": "                P O U R O U B L I E R (*).\n\n\n\n         Les f r i l e u s e s h i r o n d e l l e s s ’ e n s o n t a l l é e s . Les\n          verdures          r e v ê te n t   des      to n s    p lu s    ch au d s\n          a lla n t d u ja u n e d ’o r a u r o u g e b r u n e n u n e\n          h a r m o n ie u s e d é g r a d a tio n d e te in te s .\n   Les corneilles passent par bandes, rayant, de leur\nvol allenti, un ciel lourd de nuages prêts à crever.\nPlus pâle, le soleil filtre par instants au travers des\nfrondaisons jaunissantes et cet emmêlement de\nbranches fait ombreuse encore la venelle qui va s’a­\nmincissant au loin. Deux religieuses y cheminent,\ncachées sous la liliale blancheur de leurs longs\nvoiles de gaze.\n   L ’une, Agnès de Fontenaille, en religion Sœur\nMarie-des-Anges, a gardé cette démarche onduleuse,\nféline, son port de reine qui lui valurent tant d’ad­\nmiration naguère, au temps où elle promenait de par\n\n\n (*) Des Contes pour l'A im ée, à p a ra ître in cessam m en t.\n"}, {"page_pdf": 295, "texte": "268                                   L a W allonie.\n\n\n\nle monde son éclatante beauté d’aristocrate; alan­\nguie, elle se traîne à pas menus, avec, dans toute sa\npersonne, une lassitude d’une pénétrante exquisité\n   — Vous souffrez, interroge doucement sa com­\npagne ?\n   — Non, sœur Rolande, merci.\n   — Rentrons, voulez-vous ?\n   E t lentement elles regagnent le couvent qui\ndresse, au bout de l’avenue, ses tours envahies par la\nsombre feuillaison des lierres.\n   Une devise mi-effacée — Désir au repos — se lit\nsur la banderole qui entoure le fronton de la porte\ngothique.\n   A l’angle des murs, de grimaçants mascarons sup­\nportent la statue de la Vierge, Madone impolluée.\nDes lucarnes de pierre couronnées de gables rompent\nla grise uniformité du bâtiment principal.\n   Une chapelle s’y adosse, emplie à cette heure.\nToutes les dames de la communauté s’en viennent\nles yeux baissés, et de les voir aller ainsi en leurs\nvirginales robes aux larges plis liserés de bleu,\non les dirait conviées à de mystiques épousailles.\nLes unes passent silencieusement, perdues en une\ncontemplation; d’autres entourent l’orgue et leurs\nvoix berceuses, douces ainsi qu’une caresse d’éven­\ntail, chantent les louanges du Seigneur. L ’encens\ncrépite dans les cassolettes dont l’odorante fumée\ns’échappe en figures bizarres et monte lentement\nvers l’enhaut des voûtes. Immobile en sa stalle,\nsœur Marie-des-Anges fixe obstinément des yeux\n"}, {"page_pdf": 296, "texte": "    P our oublier.                                         269\n\n\nun grand tablean appendu dans le chœur : obsé­\ndante vision que ce pâle St-Georges perforant de sa\nlance le corps squammeux du dragon.\n   Les psaumes dits, elle rentre en sa cellule d’où se\ndécouvre, en un superbe décor, les dépendances de\nl’antique manoir; et là, accoudée à la fenêtre, tandis\nque la lune verse ses flots d’argent sur l’infinie\nstagnance du lac constellé de blancs nénuphars,\nelle étanche de sa main patricienne les larmes qui\ns’écoulent, brillantes, de ses beaux yeux pers.\n   De dire sa peine à sœur Rolande elle se fut\nsoulagée, mais aussi son orgueil eut trop souffert.\nDieu seul connaîtra l’insondable amour qui l ’op­\npresse; seul il entendra les paroles révélatrices mur­\nmurées en rêve, quand reviennent, en lointaines\n envolées, les souvenances délicieusement amères;\nseul il saura les désespoirs fous, la passion non\n éteinte de cette âme brisée qu’un infrangible besoin\n d’épanchement étouffe.\n\n  A u Christ insensible qui plaque sa pâleur d’ivoire\nsur la nudité des murs, sœur Marie-des-Anges de­\nmande en vain l’Oubli.\n\n                             M a u ric e   S IV IL L E .\n"}, {"page_pdf": 297, "texte": "           É PITH ALAM E\n                                        P o u r la R ivée.\n\n\n\n\nE PIRE en le parvis aubal de nul sillage\nX\n électuaire à des soupirs et deuils défunts\n ta fête qui se lève aux nimbes des parfum s :\n et la viduité de nos nuits anciennes\n rum eur qui m eurt aux phalanges musiciennes\n d’u n choral séraphique et loin de m énestrels.\n\nE lyséenne en l ’or des vols surnaturels !\n\nparm i l’aurore des brocarts et des tiares\nla candeur des regards fleur de lise l’arroi\nde la V ierge qui va, qui va vers l ’Elu-roi.\n\nE lu qu’ont salué les flûtes nuptiales !\n\ntenez-vous H au t de gloire et m uet d’heur et R oi\nau seuil du sanctuaire où souffle votre effroi\napparu moissonneur de lis m ûrs et de roses !\n\net vont loin les pâleurs et les rides moroses\nloin en le pleur lu stral d’un heur inexprimé\noù règne le rêve des H arpes célestielles\nau seuil saint de l’E den impollu de l ’Aimé,\nluxuriant de floraisons essentielles.\n"}, {"page_pdf": 298, "texte": "Épithalame.                                               271\n\n\n   É lyséenne en l ’or des vols surnaturels !\n\n   Vous salue un los long d’orgues et de t h éorbes,\n   O l’E pousée ! offrant la Rose des Sions\n   aux sacres d’une aurore inouïe en les Orbes !\n\n   Couple biblique ! Nous passons : nutations\n   e t palpitations p a r les fresques fleuries\n   d’ailes frêles qu’ém eut l’aube des Théories.\n\n   Nos élans s’appelaient dans la n u it des fu tu rs :\n   et vous ceignit du signe élu d ’investiture\n   la zone de mes vœux plus chaste que ceinture.\n\n   P our le serm ent exem pt de dol et de tourm ent\n   en les soirs aussi loin que m iroitent les m oires\n   nos pensers esseulés veillent ingénum ent\n   pour le serm ent dont l’or s’endort en nos mémoires.\n\n   A h ! que notre heur évague en liesse aux lis m ûrs !\n\n   opales les candeurs des aurores trop brèves\n   v erront s’épanouir les rosiers de nos rêves :\n\n   et nos m ains que m arie un m agique m inuit\n   ouvrent l’azur ému des zaïm phs du silence\n   en plis subtils de vanités et que balance\n   telle folle lueur m uette de qui nuit.\n\n   Mais vain ! notre heur ne règne aux m irages de l’heure !\n   L ieu de lis s’enlisa mon désir : vision\n   rêv an t p a r les gels lourds la ra re éclosion\n   d’une tresse apparue aurorale et qui pleure\n   en l ’algide fontaine idéale du leurre.\n"}, {"page_pdf": 299, "texte": "272                                       L a Wallonie.\n\n\n\n      Élyséenne en l’or des vols surnaturels !\n\n      que ta lèvre de lis taise te l m ot suprême\n      trop fait pour effarer un vol frêle d’aveux !\n      tiarée en l’éclat d’idéal diadème\n      que T a T ête se tienne ombreuse des seuls vœux\n      en l’arcane impoilue où te sacre le rêve !\n\n      F leu r m ystique évoquée aux dalm atiques los !\n      sans l’espoir ignoré de trop aride grève\n      ta langueur illusoire incante aux longs halos :\n\n      ta langueur végétante en l’em muré veuvage\n      expire en le parvis aubal de nul sillage.\n\n                              A c h i l l e D ELA R O C H E.\n"}, {"page_pdf": 300, "texte": "                               LE           BUT.\n\n                                      Oh que j e      m 'en n u ie   d on c su périeu ­\n                                    rem ent.                  Ju les      L aforgu e.\n\n                                          A u com m encem ent s ’est élevé l'enfa nt\n                                       resplendissant comme l ’o r ; il était le seul\n                                       seigneur né de tout ce q u i existe. Il a\n                                       affermi la terre et le ciel.\n\nAu com te d e V illiers de l’Isle-A dam .                      H ym n e    V é d iq u e .\n\n\n\n\n          I\n          m e n s em et triste, la noire Forêt si vieille\n         murmure en sourdine, noyée sous les rayons\n         bleus de la lune. Elle s’agite sourdement de\n         longues pensées, la vieille Forêt ; et la sérénité\nstellaire insulte à sa douleur. Oh les froides profon­\ndeurs sidérales où resplendit l’inerte Séléné, oh cette\n belle transparence tranquille des espaces, où, pour\nles étoiles inertes, la lumière est égale au silence !\n   L a Forêt, la désespérée haineuse, ne connaît point\nDieu, mais elle envie les astres ; monotone et morne\net lourde, sa morne plainte monte lourdement vers\nle ciel monotone. Lors, sous l ’empire du Destin,\nSéléné au. front d’argent laisse vibrer, vibrer, les\nvagues lumineuses qu’elle meut sur la Forêt. L a\n                                                                           18\n"}, {"page_pdf": 301, "texte": "274                                       L a Wallonie.\n\n\n\n vibration s’accentue, résonne en fluide murmure, et\n voici qu’en naissent des paroles stériles, vague mu­\n sique lazuline et d’une splendide clarté stérile.\n    L a Lune dit :\n     \" Qu’on m’appelle Tanit, Adonaï, Indra, Séléné,\n Soleil, étoile ou planète, je suis la Lumière et ma\n solitude va flottant par les espaces; inspiratrice des\n illusions, j ’ai déposé mon baiser métallique sur le\nfront des génies.... Or, je suis l ’éternel regard du\n Temps. Eternelle, j ’ai vu tout le passé ; éternelle, je\n sais discerner l’avenir ; oh logicienne fatale et triste,\n ayant vu tout le passé, il me faut bien connaître l’a­\nvenir !... Hélas l’incertitude pour moi n’existe point :\navenir et passé, tout est P r é s e n t à ma pensée,\net seuls tes désirs m’ont nommé la Durée et cette\npuérilité des Siècles, Forêt; car je suis l’éternel\nregard du Temps.\n    „ Logicienne fatale et triste, j ’ai vu tout le passé,\nje connais l’avenir.\n    ,, Hélas, j’ai la puissance, et je suis la grande impas­\nsible. Mes lèvres magnétiques.... oui, mon baiser de\nmétal est ce germe d’où naît l’idée : car je suis l’A rt\net sa floréale splendeur. Inspiratrice des illusions,\nma beauté passe, muette nocturne, en l ’immobile et\nblanc désert de l’unité. E n vérité je suis la Clarté\nstérile, les neiges toujours identiques, les neiges ! et\nles primordiales candeurs polaires....\n    „ Hélas j ’ai la puissance, et je suis la grande impas­\nsible. Le futur est mon œuvre et le désir est mort\n"}, {"page_pdf": 302, "texte": "    L e B u t.                                     275\n\n\n\npour moi. Monde vieilli dans la souffrance, F orêt de la\nV ie où voltigent les ramiers de l’espoir, où se tordent\nles glauques serpents du regret, Forêt aux brandies\nmouvantes je t ’envie ! Epuisée par l’existence, tu\ncherches l’immobilité, et tu voudrais rester comme\nmoi rigide, môle de marbre au courant des siècles.\nLe désir te paraît une blessure, à toi qui as trop\ndésiré ; car le sang de ta force, tu l’as répandu en\nmille volontés matérielles, ignorant cette félicité\ndernière qui s’appelle absolue volonté. O toi qui vécus\ntrop pour vouloir vivre encore, moi, la céleste, je\nt ’envie, pour tes désirs, pour tes regrets, pour tes\n douleurs, car tu ne connais la mélancolie de mon\n omniscience, ni combien est morne ma gloire, et de\nglace mon éternité. „\n    Séléné se tut. Mais la Forêt courbée sous le Passé,\n vaguement frissonnante et craintive du Futur, la\n Forêt de la V ie répondit :\n    “ Les années montent sous nos vouloirs comme\n l’immense marée des nuages. Oh si l’on pouvait ! La\n marche inébranlable, en arrêter la marche, quel rêve !\n Mais elles vont, elles vont d’une ampleur infrangible\n et leurs flots mordent le roc de notre indifférence\n aimée. L a vie toujours sera; car notre pauvre mort\n terrestre ne sait briser que notre forme et nous\n rejette, frémissants encore, à cette autre souffrance\n de revivre en la nature. Ah, jamais, jamais le repos !\n Tanit, reine puissante, éternelle impassible, donne-\n nous un reflet de ta sérénité. „\n"}, {"page_pdf": 303, "texte": "27Ü                                      L a W allonie.\n\n\n\n                        L a L une.\n\n    Vivre est de votre essence, et vouloir. Vous êtes,\n vous aussi étemels de matière, mais vivants, et mou­\n vants, et protées. Je suis moi, d’une forme éternelle,\n et j ’ai le pouvoir : telle est la loi suprême. La volonté\n ni le désir, ni cette vie, ne sauraient être en moi; rien,\n R IE N : que l’inconsciente fatalité. Oh si ma sérénité\nme créait un regret, me laissait un désir, je m’exul­\nterais glorieusement, car ce serait vivre encore. Mais\nrien ! Espérer, espérer ? Toute puissante, je ne puis\n avoir de regrets. Jamais je ne connaîtrai l’Espoir,\njamais l’Espoir le plus vague de la plus futile espé­\nrance ! Jamais l ’attente, jamais l’imprévu; jamais une\nimpression ne viendra jusqu’à moi. E t rien, je ne\nvois rien, que le cours fatal des choses dès toujours\nprévues, et cet ordre majestueux, cet ordre immuable,\npuisque toute puissante je ne puis le vouloir chan­\nger !\n   Hélas, cette plainte même qui vibre jusqu’à vous,\ncette plainte profonde de mes rayons, elle ne vient\npas de ma volonté ; inconsciente, elle s’exhale sans\nmon œuvre des bleus rayons qui vous caressent. —\nForêt où germe la révolte n’envie point mon sort ;\ncar c’est l ’inerte Désespoir de ne pouvoir souffrir.\n\n                       L a F orêt.\n\n\n  Séléné, toi l ’essence et le regard des infinis, ton\n"}, {"page_pdf": 304, "texte": "    L e B u t.                                       277\n\n\nmal nous serait la félicité suprême. 0 viens à nous,\nTanit, V ierge Tanit, fleur métallique épanouie aux\nplaines célestes !\n\n                       L a L une.\n\n\n   L e radieux bonheur dépend du seul vouloir. Tu\nrépands tes 'paroles de détresse, Forêt, comme l’au­\ntomne éparpille les feuilles rouges de la mort, et leur\nchute paresseuse, leur dolente pluie lassée sur la\nterre. Mais tes regrets encore sont de la vie matérielle\net plus douloureuse est ta douleur ! Les désirs perdent\nen force ce que, dans leur objet, ils gagnent en éten­\ndue. Mais leur vigueur latente n’arrive à l’existence\nréelle, que matérialisée en un but ; lorsque les désirs\nhésitent à s’orienter entre des buts divers, ils se\ncombattent et s’entretuent et cette lutte c’est la\nDouleur, puisque c ’est l’évolution, le mouvement du\nvouloir. Un seul désir continu vers u n but immuable,\n— sans que rien l’en détourne, — c’est le bonheur\npossible. Car ce désir, toujours identique et jamais\nrenouvelé, sénilement se courbe, se courbe vers sa\nMort. Cherche l’indifférence ; immatérialise tes dé­\nsirs, et que ta volonté ne veuille que de l’abstrait :\nqu’elle ne veuille qu’elle-même, et de toute sa puis­\nsance. Renonce à l’œuvre, renonce à tout ce qui n’est\nton seul désir : et tâche à te grandir jusqu’à l’immu­\ntabilité du vouloir au seul repos marmoréen de\nl’orgueil.\n"}, {"page_pdf": 305, "texte": "278                                                L a W allonie.\n\n\n\n\n                                 II.\n\n\n   A rrache       leur   secret         aux   om bres      des   toux\n\nS iè c l e s .\n   OH       TOI   QUI    VÉCUS     TROP       POUR      OSER     VIVRE\nENCORE....\n\n\n                                 III.\n\n                                   E t toi, silen ce, pardonne à la Terre.\n                                              J.   L afo rgue.\n\n\n\n\n   Murmurante sous la brise des temps, la F orêt\nsonge et souffre. Elle se voudrait inerte, et subit\nfollement toutes les sensations. Oh la vie trop vécue !\nla Forêt la redoute à présent, jusqu’à frissonner à\nl’ombre de cette pensée : l’Avenir. L a F orêt s e roidit,\noh se roidit contre le vivre ! elle veut la mort de ses\ndésirs, et ce vain espoir est un désir encore, encore la\nvie.\n   La Forêt maudit la puissance de l’Amour.\n\n\n   Or se lève au ciel Tanit, vaporeuse aux plis\nondoyants de sa chevelure, sa magique chevelure de\nrayons. L a voici, la froide et la muette, l ’impassible\nau front d’argent, reine des rêves aux ailes angé­\nliques de blancheur, Tanit l’éternelle inconsciente !\n"}, {"page_pdf": 306, "texte": "    L e B u t.                                         279\n\n\n\nRegard d’une glaciale pureté où semblent agoniser\nles regrets d’un amour impossible, Tanit répand de\npâles sourires, — des sourires ineffablement bleus et\ntristes, où passent de vagues fantômes.\n   L e silence flotte aux ondes larges de l’espace; et\nsur les choses, la vibration morne d’une attente.\n\n\n   Soudain, à l’orée de la Forêt un homme se dresse\net marche. Une force le pousse, irrésistible. Il passe,\nil va. Son cœur se gonfle d’espérance, à son front\nresplendit l’aurore d’un jour nouveau : et son œil\nétincelle, et sa vigueur est mâle. L e chef ployé sous\nle joug d’une idée, il s’arc-boute vers l’avenir et voici\nque son pied foule en maître le sol de la Forêt.\n   L a F orêt doute ; elle frémit ; elle se révolte. Oh cet\nhomme cruel, et cette volonté, et ce mouvement\nparmi les désespoirs de la Forêt ! La F orêt tord\nses membres toujours virides, elle les tord d’im­\npuissance. Oh retenir ces pas qui vont souiller le\nrepos de la Forêt, arrêter l ’imprudent et tuer, tuer\ncette volonté funeste, cette volonté flexible et forte !\nLes ramilles aux grêles voix d’enfant plaignent\nsans fin leur paix violée ; les arbres secouent\nleur front hautain, le sol tressaille aux pas du pro­\nfanateur, et d’un lourd effort dominateur l’ouragan\ndes regrets, des désirs, de la vie renouvelée, ébranle\nimmensément la Forêt haletante.\n   Oh, l ’angoisse épouvantée, oh la fureur de la\n"}, {"page_pdf": 307, "texte": "280                                        L a W allonie.\n\n\n\n Forêt ! A u milieu des bruissements de la vie multi­\n forme qui se multiplie et grandit, des gémissements\n convulsifs essorent leur vol épars, une folle clameur\n surgit, se gonfle longuement, et profondément tonne\n son magistral accord.\n   Les herbes se cramponnent aux pieds de l’homme ;\n se hérissent d’épines les arbustes, et s’entrelacent\nles rameaux. Ainsi que des serpents verdâtres, les\nlianes s’enroulent à ses membres; devant lui, der­\nrière lui, plus loin qu’on ne peut voir, les branches se\ntendent comme des bras hostiles, et des gestes\nrigides planent sur sa tête comme une malédiction.\n   L ’homme résiste et se redresse; il tord les mille\nmains feuillues qui cherchent à le saisir, il ploie les\ncorps noueux qui l’assaillent, il meut sa noble force\ncontre les géants de la Forêt. En sa poitrine\nmugissent les flots d’un unique désir. L ’espoir res­\nplendit sur son visage souffrant ; il veut marcher au\nBut.\n   Mais la F orêt s’acharne contre lui; des pluies de\npétales et de feuilles le couvrent d’une mort\nondoyante; les arbres le flagellent avec haine, et\nvoudraient le paralyser à jamais.... Ils croisent leurs\nramures inextricablement, pour lui cacher la vue\ndu ciel; il se pressent contre lui, ils le courbent\nsous l’étreinte de leur foule, ils le terrassent, ils\nl’écrasent, des ombres énormes et noires roulent sous\nla haute futaie fantastique ! — et plus sombre et\nplus lourde gronde l’immense rumeur de cette lutte.\n"}, {"page_pdf": 308, "texte": "    L e B u t.                                        281\n\n\n   Lors, ailé de lumière éthérée, surgit dans l’espace\nun regard de Tanit comme une éblouissante épée\nd’argent.\n   Un frisson éperdu secoue la masse de la forêt\nainsi qu’une imposante marée dans l’océan des\ncîmes; sous l’éclair impérieux vont s’apaisant les\nclameurs aux lointains, et la révolte enfin domptée\ns’affaisse en la mort confuse des échos.\n   L ’homme renaît aux baisers de Tanit ; il tressaille\nde joie : magnétisé par un idéal désir d’amour, il\nveut s’élancer vers Tanit; mais la sublime et froide\nclarté, Séléné-Tanit augustement sereine et blanche,\nlui montre au loin, plus haut, si loin, au centre de ce\ndôme mystique de l’azur, le P r i n c i p e tout puissant,\nl’absolue volonté d’où jaillit la Lumière.\n   E t l’homme se lève, il marche.\n   Encore la F orêt tâche de l ’arrêter. E lle se fait\nsuppliante, maintenant, et voluptueuse, et douce.\nLes arbres le frôlent de leurs mousses, les feuilles\nn’ont que des baisers, — et l ’harmonie subtile de la\nnature, les sons déliés du sourire au printemps, et\nla virile sève et le vernal émoi de la genèse, qui de\nla terre émerge, émerge.... L a voix de la Forêt\npalpite et le suit.\n   Elle chuchotte :\n   “ Oh plus de haine, et rien de ces forces brutales\n„ arc-boutées au combat ! Reste, ne trouble pas\n„ encore notre pauvre et si frêle repos. Si tu savais\n„ combien de douleurs en tous les siècles de la vie !\n"}, {"page_pdf": 309, "texte": "282                                         L a Wallonie.\n\n\n\n„ Voici; tu veux nous donner encore, oh nous donner\n„ trop à vouloir, à désirer, à penser. Mais lève les\n„ yeux, vois ces rameaux couverts de feuilles, et ces\n„ fruits qui tomberont, et tout ce produit de nos\n„ pensées qui redevient le sang de la terre, — la\n„ terre hélas trop maternelle! Sonde le sol que tu\n„ foules, vois l ’épaisse couch e de terre, cette vie de\n„ l ’avenir où baigne le Passé de nos racines. Tout\n„ cela fut de la gloire et perpétue notre existence, de\n„ forme nouvelle, toujours, toujours, et la pensée, et\n„ le désir.... Oh je suis si vieille de penser! Scrute la\n„ noire perspective des siècles, songe à ce que\n„ chacun d’eux apporte d’illusions mort-nées, tâche\n„ de lire aux ténèbres du Passé quel chiffre dou­\n   loureux est le symbole de notre Aujourd’hui!\n„ Homme, ton B ut est de malheur. E t tu seras, toi\n„ aussi, soumis à la Douleur. Car ta volonté décèle un\n„ trop vivace désir, et toi qui marches vers l ’œuvre,\n„ tu marches à la mort de ton rêve, tu marches au\n„ malheur !\n    „ Tu le sais. Oh reste, puisque tu le peux. Reste,\n„ ne brise pas le peu de repos qui nous soit encore.\n,, E t ce repos des mousses tièdes (la seule fragile\n„ quiétude possible), ce repos te sera moins funeste.\n„ Songe aux pensées, songe aux désirs, jadis éclos, si\n„ vite meurtris : tâche de lire aux ténèbres du Passé,\n„ scrute la noire perspective des Siècles, vois ce que\n   chacun d’eux apporta d’illusions mort-nées. Oh\n„ demande leur secret aux ombres des vieux Siècles !„\n"}, {"page_pdf": 310, "texte": "    L e B u t.                                       283\n\n\n    L a voix de la Forêt expire comme d’un nuage.\nMais toutes les vies éparses sous les voûtes feuillues\n s’épuisent à retenir la marche volontaire de l’homme.\nLes gazouillis d’oiseaux sourient en trilles purs,\ndans les fouillis où murmurent les brises. Les molles\nverdures se déroulent en souples mirages de paix\ntranquille. L ’air ondule sous les arceaux du bois, et\nson bruissement aux ramures est doux comme\nfraîches confidences d’amour. Puis de la Terre s’in­\nsinuent les effluves des corolles, et c’est parmi la\nfrêle palpitation des feuillées où susurent les tribus\nailées des insectes, c’est l’essaim des arômes torpides,\net dans les bouffées d’air qui tièdement circulent,\ncette langueur de plume des parfums, tous les par­\nfums touffus qui se diluent ! Les petites plantes\néparpillées au grêle nuage des graminées, et les\nmenues ramilles frémissantes et les longues branches\nveloutées d’un fol duvet smaragdin, et les fleurs, et\nles mousses, et les rires des cascatelles, jouent la\nfluide symphonie de la Forêt, enveloppent le héros\ndu vague tissu mélodieux, le caressent d’harmonies,\noh d’harmonies aux teintes mi-fondues, sourdes et\nlentes épanouies, et, les vagues, s’évanouies;.... et des\nrythmes ténus comme les cordes aux luths, et des\nfriselis de voix, les fils d’araignée de thèmes graciles\nqui se déroulent, oh se déroulent avec la suavité de\npures volutes sonores, — toute l ’inouïe volupté de\nla jeune nature éblouie !\n   Le Héros se laisse bercer, et peut-être la musique\n"}, {"page_pdf": 311, "texte": "284                                      L a W allonie.\n\n\n\nde la Forêt va-t-elle le séduire.... Mais il lève vers\nle ciel le doute de sou regard, et soudain raffermi,\ndédaigne la voluptiale splendeur de cette vie\nhumaine. Il détache les yeux des choses réelles,\nTanit lui sourit des sourires de clarté, des lueurs\nbleutées sont planantes en auréole sur sa tête fière,\net, de l’Azur, une rosée de caresses diamantines !\n\n\n  L ’homme s’éloigne, et marche vers son But.\n\n\n      1887.                  A lb e rt   M O CKEL.\n"}, {"page_pdf": 312, "texte": "                 L E BON GRAIN.\n                         « D éjà peinent m aints m oissonneurs dont\n                           la mémoire est destinée à vivre. »\n                                            C é l e s t in D e m b lo n .\n\n\nA mon cher L éon V andesante.\n\n\n     A ants des\n             m rythmes en des strophes cadencées,\n      D es rimes rares aux splendeurs évocatoires,\n      L aissa n t en eux comme un écho de leurs pensées,\n      Comme un parfum de leurs symboles en histoires :\n\n      Tels les poètes vont cherchant en vrais glaneurs\n      Les blonds épis qui formeront leur riche écrin.\n      Ils choisiront, comme feraient les bons vanneurs,\n      Parm i les blés passés au crible, le beau grain.\n\n      E t germera cette semence bien choisie,\n      E n tre les roses et les lys, pour devenir\n      R iche moisson de la fertile fantaisie.\n\n      L ’ardent soleil de Messidor fera ja u n ir\n      L es tiges souples d’une forte poésie\n      Qui dresseront leurs fiers épis vers l’ avenir !\n\n                                           E dmond          HANTON.\n"}, {"page_pdf": 313, "texte": "       S O U F F R A N C E D ’ID ÉA L.\n\n\nruelle cléité dont la v oix en ma nuit\n Monte comme un encens dans l’espace placide,\n Mon esprit évolue en cherchant p a r le vide\n Ton chaste corps de vierge où mon rêve s’ enfuit.\n\n Je devine à tes yeux les reflets des camées\n B rû la n t leurs fe u x d’ aurore en des châsses d’ argent,\n Où la naïveté de tes regards d’enfant\n Reflète la douceur de tes grâces pâmées ;\n\n A ta bouche l’ incandescence du corail\n Q ui r it au fond des mers de ses lèvres m utines,\n E t sur tes seins bronzés comme ceux des Kadines,\n D ’ intrépides cheveux aux splendeurs de sérail.\n\n Ton âme à mes esprits s’ attache fière et belle\n Comme un astre éclatant à la sombreur des cieux.\n L ors j e doute sentir les baisers de tes yeux\n M ettre un baume d’ amour à ma plaie éternelle\n\n Car j e souffre pa r Toi l’immense cruauté\n D ’ ignorer si mon nom a passé sur tes lèvres\n E t de ne savoir si, dans tes veilles de fièvres,\n  Ton rêve, sur mon front, ne s'est pas arrêté.\n\n J u in 88.                           A rth u r   DUPONT.\n"}, {"page_pdf": 314, "texte": "         LES FEUX-FOLLETS.\n\n\nes fe u x follets p a rfo is dansent la sarabande\n Sur les tombes de mousse où dorment les remords;\n L a légende nous d it qu’ils sont l’ âme des morts\n Revenant dans la n u it s’égayer sur la lande.\n\n L eu r odeur ensoufrée arrive lourde et grande\n D a n s les sapins qui fo n t gémir leurs vains ressorts,\n E t l’ on retrouve en eux les larmes des vieux ors\n Su r les funestes draps p ieu x comme une offrande.\n\n L es squelettes roidis ait cercueil vermoulu\n S ’éveillent et p a r des clameurs échevelées\n Im plorent au retour leurs âmes envolées\n\n P u is les longs feux-follets, dans un spasme voulu,\nDescendent lentement aux ombres sépulcrales :\n — O h ! pour les nuits du cœur ces flammes boréales!\n\nJuin 88.                            A rth u r    DUPONT.\n"}, {"page_pdf": 315, "texte": "        C HRONIQU E L I T T É R A I R E .\n\n\n\n\n                    L E BO N H E U R .\n\n          Poème p a r Sully-Prudhomme (suite et fin).\n\n\n   Telle se résum e la conception que M. Sully-Prudhom m e\ndéveloppe en près de trois cents pages. Trois degrés et p ar\nordre ascendant — l ’A m ativité, la Pensée, la F ra te rn ité — se\nnotent en ce P aradis, assez semblable aux Cercles druidiques,\noù l’E lu m onte d’un bonheur moindre à un plus p arfait.\nIdentiques aussi pour n ’être que la vie te rrestre idéalisée,\nmais où l’apothéose de la tuerie barbare s’efface devant la\nplus moderne F ratern ité.\n   E t dès lors, deux antinom ies frappent : si le bonheur ne\ndoit être que la satisfaction des appétits, à quoi bon ce tra n s­\nfe rt hors de la terre, p ar une survie, problém atique d’ailleurs,\nd’un dram e qui se jouera surtout dans la conscience ? E t où\nle caractère d’absolu d’un paradis, si tous les désirs n ’y sont\nassouvis ! Illogism e devant subsister ta n t qu’on acceptera ce\npostulatum des m ythes anciens et modernes — une sanction\nobjective-extérieure. A insi éc h o u a G œ the dont la conception:\nF au st, se rapproche si naturellem ent de celle-ci.\n"}, {"page_pdf": 316, "texte": "      Chronique Littéraire.                                         289\n\n\n    L e B onheur ! que serait-ce, en somme ?\n    — Ceci : subjectivem ent, l' absolue conscience du M oi, dont\nl’effort irra d ia n t à l ’infini à trav ers l’obstacle vaincu, s’avère\n en la plénitude de sa m anifestation.\n    Objectivement, l' harmonie totale des Unités selon la loi du\n Rythm e universel.\n    Une chose donc s’impose au Sage : la connaissance des lois\n des mondes physique et moral et de leur concordance\nlogique, laquelle s’identifie en cette im personnelle D éité : Soi,\nqui n ’est autre. L e m ot profond de Socrate reste vrai :\n \"γνω στι σεαυτον, connais-toi. „\n    Mais quel que soit le succès de sa spéculation m étaphy­\nsique, une fois encore, M. Sully-Prudhom m e nous m ontre\nque la poésie n ’est pas vaine jonglerie de mots. D ans cette\npetite école dont il fut, — si intéressante pour le rythm e,\nnulle quant à l’idée, — le P arnasse — M. Sully-Prudhom m e\nse révéla dès l’abord, penseur avec subtilité. A ussi fut-il, à\nl’éclosion des récentes théories, de ceux qui dans une cer­\ntaine m esure trouvèrent grâce devant quelques novateurs,\népris de rendre tous les frissons — voire im perceptibles —\nde l’idée. Non que M. Sully-Prudhom m e leur p a ru t avoir\nréalisé cet idéal : trop souvent, chez lui, le parnassien\nartiste s’effaçant devant le disciple des classiques.\n   A l’heure où la poésie unanim em ent évolue vers un sensa          ­\ntionisme synthétique et évocateur, et, p a r d’habiles dégra­\ndations de teintes et de tons, suggestives de l ’ultime\nv ibration cérébrale, tâche à établir la perspective dans la\np h rase; tandis que le poème ten d de plus en plus à devenir\nune savante symphonie, où chaque voix de la n atu re je tte à\nson tour sa note orchestrale : M. Sully-Prudhom m e s’attard e\nà la formule surannée du style uniform e, sans arrière-plan,\n                                                          19\n"}, {"page_pdf": 317, "texte": "290                                                                         L a Wallonie.\n\n\n\nanalytique — p a rta n t prosaïque, qui fit le charm e de nos\ngrands-pères ; trop souvent semble lui suffire la musique de\nBoileau. On sent que pour lui le vers est toujours l’in stru ­\nm ent mnémonique, une forme concise et commode pour tr a ­\nduire et fixer la pensée, diffuse en prose. Lisez, d’ailleurs,\nla préface de son nouveau volume : elle est, sous ce rapport,\ninstructive. E t c’est, sans doute, à cette formule poétiquem ent\nfausse que nous devons des prosaïsmes rim és tels que ceux-ci :\n             Ne pas so u ffrir, voilà p o u r lui le v rai b o n h e u r;\n             L’ex cès e s t du p la isir le tra îtr e e m p o iso n n eu r.\net\n             Si g ra n d o u v e rt q u 'il so it, la b eau té le d ép asse.\n                               Il ne s a u ra it la p o sséd er.\n                               Nul tra n s p o rt n e l’y p e u t a id e r\n\net les périphrases suivantes où l’abbé D elille est certainem ent\ndépassé :\n   L ’équilibre des liquides,\n                             P a sc a l..................................\n                             R ég lera la lu tte im m obile\n                             E n tre le vase et la liq u eu r.\n\n     L ’analyse chimique,\n                             L av o isier c rib la n t au passage\n                             L’a ir p a r la p o itrin e exhalé\n                             Du ch arb o n d an s le san g b rû lé\n                             F ix e le p oids et dit l’usage.\n\n     Le télégraphe,\n                        ................................ u n e aile\n                        Qui c ein t la te rre en u n m om ent.\n\n     L e doute méthodique,\n                D e s c a r t e s ..................................\n                S u r to u t ce q u ’il a su fait u n e n u it sen sée.\n"}, {"page_pdf": 318, "texte": "    Chronique Littéraire.                                                            291\n\n\n  L e style de Fénelon,\n        .................................avec g râ c e il applique\n        A so n o rb ite vide u n e p a u p iè re a n tiq u e\n        Où p e rle n t le s b e a u x p le u rs d u sen tim en t c h ré tie n .\n\n  E t encore ce couplet, si anacréontique !\n                       Q ue l ’a m o u r voltige e t n o u s b aise !\n                       P o u rsu iv o n s d 'un fo u e t de raisin\n                       L’â n e du vieux S ilèn e obèse.\n\n   Disons, pour être juste, que les vers de cette qualité sont\nloin d’être les plus nom breux dans l’œ uvre de M. Sully-Prud­\nhomme. L a somme des beautés, surtout dans la prem ière et\nla troisièm e partie, l’em porte de beaucoup sur celle des dé­\nfauts. E t il reste, m algré tout, dans ce poème inégal, des\nqualités assez hautes pour te n te r la curiosité du lecteur,\népris d’idéal et de poésie; te l ce passage que j ’écourte à\nreg ret :\n           La n u it m élan co liq u e ach e v a it de d e sc e n d re\n           E t sem b lait s u r le p a rc avec le n te u r to m b e r,\n           Comme d ’un fin tam is u n e lé g è re c en d re,\n           E n n o y a n t les c o n to u rs q u ’elle a lla it d é ro b e r;\n\n           L’éch a rp e du zép h y r friss o n n a it sa n s m u rm u re ,\n           E t m olle s ’affaissait s u r les p ré s a ss o u p is ;\n           Le ciel o b scu r enfin, c o u v rit la te rre o b scu re\n           Comme u n dais so m p tu eu x p arsem é de ru b is.\n   Ai-je dit que les vers — même les m eilleurs — de M.\nSully-Prud’homme nous satisfaisaient entièrem ent ? — que\nnon pas. Mais sans rien abdiquer de nos personnelles idées\nartistiques, ai-je tenu à prouver que, plus im partiaux que tel\ncritique de son entourage, nous savons apprécier cet hono­\nrable effort d’un noble poète, notre aîné et précurseur.\n                                                    A c h il l e     D E LA R O C H E.\n"}, {"page_pdf": 319, "texte": "292                                                    L a Wallonie.\n\n\n\n\n                           Q U IL L E B Œ U F .\n\n\nVieillerie en bleu et noir , p a r J a m e s V a n d r u n e n . 1 vol. in- 8°\n            (le 11G p., sans date et sans nom d’éditeur.\n\n\n    Ceci est un livre réussi. J ’entends p ar là une œ uvre dont\nl'exécution répond entièrem ent au plan projeté.\n    M. Jam es V andrunen, après une année “ de travail bête „\n a passé un mois de vacances en Norm andie. I l y a rêvé des\nheures, devant les v itrau x des cathédrales, au milieu de\nto u tes choses fleurant le Passé, depuis les noms et le langage\nju sq u ’aux rochers et aux rivières. \" J ’ai voulu écrire cette\napparition d’un tem ps m ort, réveillé un in sta n t sous la\nmélancolie des rayons éteints du passé. Ce serait une grande\nhistoire à bibelots, une scène de légende, candide et diabo­\nlique, enchâssant ce que j ’ai adm iré en cette région, meubles\net joyaux rares et anciennes coutumes ; et cela décrit et\ndessiné avec des m ots patients, fouillant le détail avec des\nm anies de collectionneur et des m inuties qui retourn en t et\nsoupèsent. C’est un trav ail de tapisserie littéraire, lentem ent\naccompli avec l ’am our des plus menues choses et la poursuite\npassionnée de la nuance. J e voudrais encore coudre ces\ndécoupures, ces bribes d’étoffes et ces m orceaux de légendes,\nau moyen d’un style particulier, d’un tour simple, qui, sans\np rétendre à la forme du langage de jadis, conservât cependant\nquelque chose de la lecture des paperasses d’alors... J ’aurais\nvoulu suspendre to u t m ouvement et ne faire qu’un spectacle\nraconté au présent, se passant sous mes yeux et m ’environ­\nn an t de ses scènes. C’est un dessin d’aériennes subtibilités...\nComme au pied de ces vitraux m erveilleux qui m ’ont si\n"}, {"page_pdf": 320, "texte": "     Chronique Littéraire.                                    293\n\n\n longuem ent arrêté dans les fastueuses cathédrales de Rouen,\n  — devant cette fantaisie dans le bleu, épanouie sur les\n splendeurs d’or ra re d’un ciel d ’été, je suis resté en contem­\n plation am oureuse et sans fin, p a r une m atinée enchantée,\n couché dans l’herbe, un jo u r de rêvasserie flâneuse. „\n     Telle fut l’idée, tel est le livre. Son parfum est bien celui\n des bibelots, des étoffes et des meubles des anciens jo u rs ;\n des m ots rares archaïques, des tournures naïves et toutes\n fraîches m algré leurs tons éteints, des vocables techniques\n nous laissent le même étonnem ent joyeux que telles collec­\n tions de choses du moyen âge. L a ressem blance est même\n plus complète : l’œuvre, tirée à p e tit nom bre d’exem plaires,\n (je ne sais si elle est dans le commerce) a quelque allure\n m ystique, toute dépouillée d’indications d’éditeur, de date,\n de table, de divisions. E lle trouvera donc sa place dans nos\n cham bres de jeunes gens, à côté des japonaiseries, des vieilles\n estam pes, des bibelots anciens ou exotiques, des livres curieux\n e t rares. On la placera près de Salammbô et de S t-J ulien\n l’H ospitalier , et on l’ouvrira de tem ps en tem ps, quand on\nvoudra relire quelque phrase simple, nom breuse et parfum ée.\n    On a ta n t parlé de la m aladie m entale de nous tous, les\njeunes d’à présent, que je ne veux point, à l’occasion de\n Quillebœuf, recommencer les jérém iades et dem ander comment\nil se fait qu’on écrive de te ls livres et que nous y trouvions\ndu charme. I l est bien sûr que cet effort perm anent à vouloir\ns’arrach er du présent, à dénouer les chaînes m eurtrissantes\nqui nous enserrent, p a r le rêve — fantaisie ou souvenir — cet\neffort-là est cause qu’un simple essai de rêverie dans le passé\nnous fasse plaisir.\n   Voyez l ’épigraphe et l ’épilogue de Q uillebœ uf : c’est\nfrappant. L e rocher auquel le livre em prunte son nom gêne\n"}, {"page_pdf": 321, "texte": "294                                                       L a Wallonie.\n\n\n\nla navigation de la Seine : il s’allonge sous les eaux à la\nprofondeur d’un pied. L ’académie des sciences a mis au\nconcours en 1779 la question du m eilleur moyen de “ récéper,,\nce rocher. M. Jam es V andrunen im prim a à la fin de son livre\nle sec rapport qui perm et l’im pression du mémoire. L ’épi­\ngraphe à l’introduction est ce simple m ot : Rêver !... Telles\ns’indiquent notre immense lassitude, notre débilité — finale\nou passagère? — en face des rugosités de la vie.\n   Au point de vue purem ent artiste, cela im porte peu : il a\nété donné à M. Jam es V andrunen de réaliser entièrem ent un\nprojet d’a rt : c’est, au dire de F laubert, le plus bel éloge\nqu’on puisse faire d’un livre. Nous n ’hésitons pas à l’adresser\nà Quillebœuf.\n\n  Vienne, P rairial 88.                                  E. MAHAIM.\n\n\n\n\n           ANCÆ US, POÈM E DRAM ATIQUE,\n\n                p a r F r a n c is     V IE L É -G R IF F IN ,\n\n                            V a n ie r ,   éditeur.\n\n\n\n\n   P a r son drame récent, M. F ran cis Vielé-Griffin vient de se\nm ontrer expert m agicien en une forme d’a rt p ar laquelle il\nse ra it tem ps de rem placer sur le tréteau contemporain, pro­\nfané chaque soir, l’offusquante stupidité des intrigues bour­\ngeoises et juridiques et la bêtise des dialogues à facettes\nd’esprit ou à surprises d’argot, les verbiages quotidiens, les\ncatastrophes finales...\n"}, {"page_pdf": 322, "texte": "     Chronique L ittéra ire.                                    295\n\n\n   Ce dram e symbolique et fabuleux, en u n décor de te rre\nféconde en vignes pam prées, d’horizons d’azur m arin, d’heure\nvespérale et de lune am oureuse et fatale, mêle au déroule­\nm ent d’une action suprêm e et nuptiale, la senteur fauve\ndes outres, l’éclair b randi des torches p ar les m ains de Satyres\ntributaires et le doux b ru it de la pluie nocturne enfouie en\nl’épaisseur des feuillages, et l’écho m ystérieux des gloires\npassées.\n    L a fabulation se condense ainsi :\n   Ancæus, roi de Samos, qui fut tim onier des A rgonautes,\nlas de la vaine gloire des aventures, des rapts et des périples,\navide de l’am our paisible d’un foyer, épouse Samia, fille de\nM æander, roi d’Ionie. Mais le festin n uptial est interrom pu\np ar l ’irruption d’un sanglier insolite qui dévaste le vignoble.\nAncæus, devant les pleurs de M æander, en dépit des appré­\nhensions de l’Epousée, se précipite pour ab a ttre l’intrus.\nSamia cependant atten d son m aître dans la cham bre nuptiale;\nsoudain, Ancæus ap p araît p o rta n t la bestiale dépouille.\nE trange, il offre à Samia, un p hiltre, qu’il lui p résente comme\nprom ettant l’éternel amour. E lle le boit et m eurt ! Ancæus\narrachant la bande lacérée de la chlam yde qui en serrait sa\npoitrine, laisse ja illir de la place m ortelle que lui av ait faite\nle boutoir, le sang de sa vie, et expire.\n    L a te x tu re serrée et im périeuse de l’œ uvre m ’em pêchant\n d’en rien citer, — car choisir une fleur en la torse et n attée\nguirlande, serait inique, — j ’ajouterai quelques rem arques et\n des arrêts aux points culm inants du drame.\n    Notons d’abord la scène initiale entre M æander e t Ancæus:\nL e Héros, à l’occident, qui succombe en agonie d’ors et de\nflammes, se rem ém ore la lointaine aventure navale de l’Argo,\n les abordages de la N ef en le clair égouttem ent des ram es\n"}, {"page_pdf": 323, "texte": "296                                            L a W allonie.\n\n\n\n tenues hautes, les m orts incidentes et les funérailles, la tem ­\npête et la nuit, et cet écho du glorieux passé se ta it pour la\n douceur présente de la blonde Epousée qui, ce soir, est livrée\nà son am our et qui s’en vient vers lui, guidée p ar un chœ ur de\nfemmes lam padophores !\n   L e F estin et le rite nuptial et ce que la vieillesse grave de\nM æander dicte des paroles solennelles a sa sagesse d’Ancêtre.\n   Puis alternent des chœ urs d’une am pleur lyrique inaccou­\ntumée, où la strophe, p a r différences et compensations de\nrythm es, s’équilibre.\n   L e commencement de la troisièm e p artie oppose la vieille\nnourrice L em nia... sim ulacre de la Mère p ar la M ort absente\net la jeune Epouse à qui elle conseille un rôle de femme p ru ­\ndente, qui répugne à l’ingénuité de la V ierge toute aim ante.\n   L a scène finale vibre de l’éclat des hautes fatalités m or­\ntelles. E n ce drame, le vieil alexandrin, disjoint, raccourci ou\nprécipité par des jeux de syllabes et des éloignem ents et des\npassages savants de rimes, m aintient l’unité de to n diversi­\nfiée et s’affirm ant, çà et là, p ar des vers roidés et dressant\nleur prim ordiale am pleur.\n   P our résum er : ce dram e signifie en l’auteur une m atu rité\net une précoce possession de soi-même, prouvées p a r la beauté\ndu langage, la n etteté victorieuse de la conception et la\njustesse concordante des tirades.\n   A joutons que M. Vielé-Griffin y ap paraît doté d’un des\nplus riches dons poétiques de l’époque, et apte à tire r pour\nnotre joie, de lui-même, l’inépuisable trésor de m ultiples\nrenaissances.\n\n      Ju in 1888.                     H e n r i d e R É G N IE R .\n"}, {"page_pdf": 324, "texte": "     Chronique L ittéra ire.                                   297\n\n\n\n                           UN M ALE.\n\n\n  Pièce en quatre actes de M M . Camille Lem onnier , B ahiet\n                          et Dubois.\n\n\n    A l’annonce qu’ “ Un M âle „ serait mis en scène sous le\nnom de Cachaprès, remplacé ensuite par le titre même du\ndram e, — le seul véritablem ent de mise, en sa b ru talité, —\ngrande fu t l'atten tio n des lettrés.\n    Mais que d’appréhensions aussi !\n    L es collaborateurs de Camille Lem onnier sauraient-ils\ntire r p a rti du rom an, avant to u t descriptif, et m ettre en la\nbouche des in terprètes, sans faire hurler le public, les\nhardiesses y contenues ? Trouveraient-ils un acteur de tem ­\npéram ent assez artiste pour personnifier C achaprès? E t\nG ermaine ? Qui pourrait m ettre en relief cette figure étrange ?\nE t la Cougnole ?\n    A u tan t d’obstacles aujourd’hui en partie vaincus, disons-le\nhautem ent.\n    Des quatre actes, les deux derniers em poigneront plus, par\nleur côté dram atique, les avides d’ém otions; m ais, pour\nbeaucoup, les deux autres resteront les meilleurs parce que\ns ’en dégage un délicieux relent de w allonie.\n    N ’y point chercher d ’action au sens technique du mot.\n    Au lever du rideau, la ducasse b a t son plein ; des paysans\nchantent, crient, boivent pendant que tournent, dans la salle\nattenante, les couples endim anchés. G ermaine est là, en ses\natours de fête. A rrive Cachaprès et se noue aussitôt l ’in ­\ntrigue : I l veut “ avoir „ cette fille.\n   A u 2e acte — un hors-d’œ uvre m ais combien v ib ran t de\n"}, {"page_pdf": 325, "texte": " 298                                            L a Wallonie.\n\n\n\n réalism e ! — le ferm ier H ayot, un finaud, voulant acheter un e\n vache — la noire — la dénigre, trouve superbes les autres,\n puis te n te encore de regagner cent sous en feignant n ’avoir\n pas com pris le prix convenu. P en d an t que discutent les deux\n ferm iers, H ubert H ayot — un gars qui, sachant lire et écrire,\n rêve d’être un jo u r gratte-papier dans une adm inistration, —\n fait la cour à G erm aine et à son amie qui m inaude et prend\n des poses d’une sentim entalité bête. T ableaux pris sur le vif,\n avec une extrêm e sincérité de détails : la goutte trad itio n ­\n nelle pour arroser le m arché; les lun ettes précieusem ent\n retirées de l’étui p ar H ulotte pour signer le reçu ; l’arg en t\n qu’il enserre dans le tiro ir d’un m euble de forme antique;\n l’accoutrem ent d’H u b ert qui a laissé le sarrau pour revêtir\n un “ p aletot , „ élégance suprêm e bien dans la note.\n    Au long des deux derniers actes se déroule le dram e\n proprem ent dit : Cachaprès, aidé p ar la Cougnole — une\n pauvresse entrem etteuse à ses heures — a “ eu „ Germaine.\nVeut-on un exemple des enjôlem ents p ar lui employés ?\n    Sur sa demande, G erm aine lui répond que son père était\ngarde :\n    “ P ’tè t bien que je l’aurais descendu „ fait-il.\n    E t ce caractère sauvage s’affirme plus loin encore : quand\nil crache à la face de G ermaine “ tu lui a dis qu’ t ’étais\n encore pucelle „ on lorsqu’il la console (?) après qu’elle a\n“ fauté „ : “ F alla it pas te laisser faire. „\n    On le voit, Cachaprès est resté, en scène, le fauve échappé\nde la forêt qui est sa vie.\n    T enir ce rôle, c’é tait assum er tâche trop lourde pour to u t\nau tre qu’un wallon. Aussi M. Chelles, — un acteur de talen t\néchappé du B oul’ Mich ’ — n ’a-t-il su rendre exactem ent,\nm algré de trè s louables efforts, la bru te passionném ent te r­\nrible qui a nom Cachaprès.\n"}, {"page_pdf": 326, "texte": "     Chronique Littéraire.                                          299\n\n\n    Mlle Sylviac, p ar m om ents tro p canotière, joue avec\nintelligence.\n    Tous les autres interprètes ont fait preuve d’un réel talen t\nde composition : Mme H erdies créant la Cougnole, un type,\nen tous points parfait. Mlle Besnier, dans Célina la paysanne\ndrolich onnem ent naïve; M. Chômé, Crommelinck. R obert,\nC harver, tous enfin.\n   A pointer toutefois de légères critiques.\n   Pourquoi Germaine, au 2e acte, est-elle chaussée de souliers\nvernis et pourquoi la G adelette, occupée à peler des pommes\nde terre, est-elle coiffée de si artistique façon qu’elle donne­\nra it envie à Mme de Pom padour elle-même ?\n   Pourquoi a-t-on supprimé, au prem ier acte, le loqueteux\np o rteur d’un orgue de B arbarie qui, à lui seul, était d’une\nmerveilleuse couleur locale ?\n\n\n   L a pièce ainsi agencée est une victoire, la preuve indiscu­\ntable non seulem ent que l’on sa it écrire en Belgique — ce\ndont doutent encore quelques radieux imbéciles — m ais aussi\nq u ’une litté ra tu re dram atique peut exister chez nous.\n   A Camille L em onnier revient la gloire très grande d’avoir\nouvert ce chemin nouveau.\n\n\n                                     M a u r ic e   S IV IL L E .\n"}, {"page_pdf": 327, "texte": "300                                                               L a Wallonie.\n\n\n\n\n                         ÉCR ITS           PO U R           L ’ART.\n\n\n   L es É crits pour l’A r t sont ressuscités — un in stan t — pour\nm ettre au jour, il y a deux semaines, une livraison d éta­\nchée (* ). D ’abord le m anifeste du groupe Philosophique-\nIn strum entiste : signé (Achille D elaroche, René Ghil, Georges\nKhnopfif, Vincenzo L om bardi, S tuart M errill, A lbert Mockel,\nA lbert Saint-Paul, M ario V arvara et Em ile V erhaeren). D eux\ndes anciens rédacteurs de la Revice, C harles E udes Bonin et\nGeorges Khnopff, n ’ont pu collaborer à ce num éro des É crits\nm ais ils reste n t toujours bien des nôtres.\n   Outre le m anifeste, la présente livraison des É crits pour\nl’A r t contient h u it fragm ents litté ra ire s :\n   Àénor (vers), p ar A c h i l l e D e l a r o c h e .\n   le meilleur devenir (vers), par R e n é G h i l .\n    Vesperale (vers), p ar S t u a r t M e r r i l l .\n   le Sacrifice (prose et vers), p a r A L B E R T M O C K E L.\n  D e u x Sonnets, p a r A l b e r t S a i n t - P a u l .\n  D e la prose ex traite de l' Album parisien, par M A R IO\nV a r v a r a , et enfin un fragm ent des Débâcles, le livre de vers\nque prépare É M IL E V E R H A ER EN .\n  L e m anifeste est l’adhésion du groupe au Traité du\nVerbe (**), lequel est basé sur la Philosophie évolutive de R ené\nGhil et sur l’Instrum entation des syllabes; les signataires\nveulent, sans compromissions, m archer à ce qu’ils croient la\nvérité et l’avenir.\n\n\n\n  (*) D ire c tio n , P a ris , 8 , A venue T ru d ain e.\n  (**) Va p a ra ître chez D em an, ru e d’A re n b e rg , B ru x elles.\n"}, {"page_pdf": 328, "texte": "      Chronique Littéraire.                                       301\n\n\n    U ne im pression vivace reste après la lecture des É crits :\n celle d’un a rt différent des formules antérieures, m ais qui\n laisse subsister, entières, les caractéristiques personnelles.\n Cependant, je hasard erai quelques critiques. D ’abord le titre\n du groupe — question de détail, d’ailleurs, — me semble m al\n choisi. “ P hilosophique-Instrum entiste „ c’est trop long, peu\n précis, et incomplet. Oui, incom plet, car l’un de nos désirs\nn ’est-il pas celui-ci: des œ uvres logiquem ent conçues, entières,\n et où v ivrait la magique flamme de l 'unité. Or cela, le titre ne\nle dit point. E t s’il me faut énoncer m a pensée entièrem ent,\nj ’avancerai qu’un titre est inutile, et que, certes, jam ais un\nnom ne pourra s’appliquer d’une façon absolue à la libre\nréunion de quelques a rtiste s; mais un sim ple qualificatif\npourrait être plus proche de la vérité. Symphoniste , par\nexemple, me p a ra ît traduire plus exactem ent la pensée des\nnouveaux poètes. Car la sym phonie moderne, c’est UNE idée\névoluant aux ram ures d’une forme complexe, et c’est en même\ntem ps l’évocation de la glose sonore qui accom pagne l ’Idée.\nD ans la symphonie, c’est l’Idée-R ythm e baignée d ’harmonies\névocatoires et com plétives — pardon pour ces m ots pesants — ,\ncomme, dans la poésie que nous cherchons, l ’Idée est baignée\naux flots des syllabes qui la com plètent par leurs sonorités\nsuggestives. Il n ’y a guère que des différences du p lu s au\nmoins : plus de ressources de rythm e et· d’harm onie en\nmusique ; plus de m oyens de préciser l’idée en littératu re.\n   M ais laissons cela pour une dernière observation.\n   L es poètes des É crits p ou r l ’A r t sacrifient encore aux vers\nré g u lie rs, à la succession régulière des rimes. Certes\nl’alexandrin a une am pleur superbe, et les rédacteurs des\nÉ crits ont prouvé de quelle souplesse on peut le douer p ar\nles remous du rythm e qui s’élargit de grandeur somptueuse\n"}, {"page_pdf": 329, "texte": "302                                            L a Wallonie.\n\n\n\nou vient à se b riser en la vie éparse de menus tronçons qui,\nçà et là, se meuvent. Mais encore cette m esure dont ils\npersistent à rendre l' apparence régulière, cette régularité n ’est\nplus qu’un préjugé de tradition, et bien nuisible, puisqu’il est\nun obstacle à la libre expansion de l’idée et de sa musique\nessentielle. E t la rim e régulière surtout, l’inexorable rim e\nriche au bout des douze syllabes ! Oui, je sais que Georges\nKhnopff l’anim e d’une jolie course volontaire et capricieuse;\nje sais que, Ghil, D elaroche et V erhaeren la déplacent\nparfois ou la rem placent p a r des assonnances ; je sais que\ntous les poètes des É crits p ou r l’A r t — et d’autres — allient\nles sons de la rim e à l’harm onie générale de la pièce ; je sais\nqu’elle n ’est plus seulem ent le jo li tim bre d’or sonnant au bout\n du vers, comme l’a dit Banville, je crois. J e sais qu’A lbert\n Saint-Paul a essayé avec succès de créer quelques nouvelles\n m esures; je sais aussi que beaucoup de gens qui ne sont pas\n des É crits vont trouver indiscrète mon insistance à défendre\n des principes que je tâche d’appliquer moi-même. M algré\n to u t cela, je voudrais un peu plus de cette désinvolture, de\n ces assonnances fluides, de ces bouts de phrases dont l ’irré­\n gu larité logique passe en lignes de nuages dans l’œ uvre de\n Ju le s Laforgue.\n    Mais, — est-il besoin de le proclam er ? — ces critiques de\n menus détails s’inclinent devant les noms d’É m ile \"Verhaeren,\n A chille D elaroche, René Ghil, S tu art Merrill. Il fau t dire la\n fierté de ce poème, Aênor, où Achille Delaroche a fait vibrer\n la voix poignante des cors sous les sonores tristesses des\n h alliers; rarem en t j ’ai vu aussi bien rendue l’existence des\n grêles et fauves bêtes des bois, et puis cette fuite anxieuse\n d evant la chasse, et l’exultante clameur de la chasseresse\n  victorieuse. — René Ghil a donné un fragm ent du Meilleur\n"}, {"page_pdf": 330, "texte": "      Chronique L ittéraire.                                    303\n\n\n D evenir où som brent en m ugissant les longues voix de la\n te rreu r, et le pêle mêle de vagues m onstrueuses, et ce déluge\n de m asses m ouvantes ! ces pages dépassent de loin la p lu p a rt\n de ses compositions antérieures. Q uant à S tu art M errill,\n il n ’a qu’une petite pièce d’une éclatante harm onie — Vespe        ­\nrale — connue de nos lecteurs. Il est vraim ent dommage qu’il\nn ’ait pas envoyé quelque plus long m orceau, lu i, l’un des\nplus beaux poètes des É crits pour l’ A rt. A lbert Saint-Paul\narrive ensuite avec un sonnet de lignes droites et nobles aux\nsonorités fines, m ais qui laisse deviner quelque reste de\nl ’influence de S téphane M allarm é ; l’autre sonnet, bien que\nd’une belle allure, — et baigné de brises chaudes comme une\nsym phonie d’E té, — est moins personnel que les adorables\nscènes de bal , jad is parues, et leur délicatesse Louis X V .\nM ario V arvara nous m ontre une prose travaillée, pas encore\nassez décisivem ent personnelle; mais il y a certes une\nim pression d’hiver très vivem ent saisie, et la silhouette de\nl’obélisque avec son hiératism e égyptien rigide parm i les\ngestes m ultiples de la foule. Enfin, Em ile V erhaeren a sculpté\ndes sonorités profondes et tristes, v ib ran t parm i les syllabes\nen deuil, et c’est comme une âme qui s’écroulerait, s’écroulerait\ndans le sombre, irréparablem ent en lourds blocs de m alheur.\n                                                   A l b e r t M.\n                                 *\n                               * * *\n\n   I l serait mal d’achever cette critique sans rem ercier\nl’homme de pur dévoûm ent artistiq u e, M. G aston D ubédat\nauquel les É crits pour l’A r t doivent la publication de cette\nlivraison, et l’espoir de ren aître un jo u r entièrem ent.\n   M. G aston D ubédat se tie n t à l’écart, m ais notre g ratitude\nsaura bien le trouver en sa retraite trop discrète.\n"}, {"page_pdf": 331, "texte": "              PETITE          CHRONIQUE.\n\n\n\n\n                       COUR D ’OGNON.\n\n\n  V\n  o\n  i\n  ci      , — enfin ! — au th é â tre wallon, une pièce qui s’écarte\nde la formule ordinaire. E spérons qu’on ne s’arrête ra pas en\nte l chemin, et que sur les scènes populaires une vraie lueur\nd’a rt va palp iter désormais. Certes, plusieurs des comédies\npatoises, — les anciennes surtout, — avaient de grandes\nqualités d’observation, de réalism e et de vivacité scénique.\nL e th é â tre w allon a toujours été réa liste non moins que\nfrondeur et, si l ’on peut dire, “ scepticiquem ent optim iste. „\nMais quel fatras de choses redites, de situations toujours les\nmêmes ! E n règle générale, une comédie w allonne ne pouvait\nvoir le jo u r sans qu’il y eût au moins un quiproquo entre\nam oureux, une ou deux querelles, de longues explications,\net l ’acheminement à pas de tortue vers un dénoûm ent prévu\ndès les prem ières scènes. Ces défauts, on les sen tait plus\nvivement, parce qu’ils paraissaient à côté de caractères bien\nvenus, de types tracés à larges traits, d’originalités de lan­\ngage bien locales ; et l’interprétation, d’habitude très suffi­\nsante, — parfois même rem arquable, — ne p arven ait pas à\ncacher les défauts qu’im posait la routine.\n"}, {"page_pdf": 332, "texte": "      Petite chronique.                                           305\n\n\n     C ertes, MM. P eclers, B aro n , Bauw ens, D elchef, Dem oulin et\n quelques autres avaient noté de jolies scènes en péripéties de\n m œ urs liégeoises ; M. Rem oucham ps aussi, m algré la pesan­\n te u r équarrie de ses alexandrins à longues chevilles et\n m algré son m anque d’originalité inventive, M. Remouchamps\n avait tran sp o rté sur la scène to u t le pêle-mêle jovial et\n im prévu des spots w allons. Mais H enri Simon, dans son\n B le u B ix h e , était seul parvenu à rendre un m ilieu particulier,\n sa vie individuelle, et la m arque distinctive qu’il imprim e à\n certains cercles populaires.\n    L i B le u B ix h e était un évident progrès; m ais quelques\n p arties encore dévoilaient la tra d itio n “ vieux jeu. „ D ans\n Cour d’ Ognon, H enri Simon me p a ra ît s’être définitivem ent\n affranchi des influences antérieures. Nous sommes ici placés\n devant une page de la vie du peuple, cette vie restituée dans\n son atm osphère propre, sans que viennent détonner encore\nles arrangem ents conventionnels.\n    Sept personnages, tous réels et nettem ent différenciés, —\nplus un rôle épisodique très bien vu — évoluent suivant les\nimpulsions logiques de leurs caractères et des circonstances,\ndans un m ilieu qui est le L iège ouvrier. Inutile, n ’est-ce pas,\nde n a rre r le sujet de la pièce et d’analyser M areie, la jeune\nfille qui éparpille au gré de sa coquetterie “ les pelures de\ncet oignon qu’elle porte à la place du cœur. „ Ce qu’il\nim porte de m ettre en lum ière, c’est le ta le n t d’observation\nde l ’auteur, et sa très spéciale aptitude à faire du th éâtre\nun tableau am usant et animé de la vie liégeoise, celle des\np etits bourgeois surtout. Son œil de pein tre le se rt m erveil­\nleusem ent en cela. Aussi, m algré quelques petites taches,\nCour d’ Ognon sera longtem ps apprécié pour les caractères de\nJo g e t et de M areie, si justem en t développés, et pour ce four-\n"}, {"page_pdf": 333, "texte": "306                                             L a Wallonie.\n\n\n\nnullem ent de joie populaire, d’aubades et de crâmignons , où\nla notation sincère et n aturaliste ne succombe jam ais à la\nvulgarité.\n   Quelques p etits défauts, encore, dans les détails ; ainsi ce\ncaporal flamand, dont la conduite ne p araît pas très claire­\nm ent motivée, à la fin du 2° a c te , — et cela p ar une discrétion\nde l’auteur, qui a sans doute eu peur d’appuyer trop lourde­\nm ent; et puis, les mots qui term inent la pièce sont vraim ent\nm alheureux; au lieu de cette exclam ation dans le vide, qui\nressemble presque à une “ m oralité              pourquoi ne pas\nachever p ar un tableau de foule et la gaîté des couples en\nfête; ou, mieux, pourquoi ne pas faire revenir, suivant le\nte x te prim itif, ces crâmignons dont les refrains dévoilent si\nheureusem ent la portée significative de la pièce ?\n   D ’ailleurs, ces critiques sont sans im portance, et l’on oublie\nbien vite ces menues taches, au son de ce jovial et pittoresque\nlangage, si coloré, pailleté d’im ages et de com paraisons drô­\nlem ent expressives, que H enri Simon fait éclore aux lèvres\nde ses personnages.\n   Cour d’ Ognon est agrém enté d ’une partition m usicale très\ntravaillée, due à M. Sylvain Dupuis. J e ne prétends pas dis­\ncuter ici la vraisem blance d’un genre hybride comme l’opéra-\ncomique, mais à mon avis, la musique de M. Dupuis n ’ajoute\nguère au charme de la pièce. Une ouverture développe l’un\nde nos thèm es populaires les plus caractéristiques, et\nM. Sylvain D upuis a jugé à propos de l ’orchestrer avec\ntoute sa science de prix de Rome : c’est dommage, et lors­\nqu’après le m otif allègre d’un crâmignon liégeois, p araît\nsubrepticem ent un bout de p hrase sombre comme le thèm e de\nla m ort de la T étralogie w agnérienne, on trouve qu’il y a\ndissonnance. M. Sylvain D upuis a dépensé avec peu d’à pro­\n"}, {"page_pdf": 334, "texte": "     Petite chronique.                                         307\n\n\npos son talen t d’habile harm oniste; il a m is t r op de lui-même\ndans les passages où la mélodie populaire au ra it dû s’épa­\nnouir sans entraves avec son allure propre ; en revanche, il\ns’est trop souvenu de M assenet et de l’école française dans\nles couplets où perce la sentim entalité de Simon.\n    Cependant, la grâce de l’air w allon rend m algré to u t\nl’ouverture adorable; et si, en m aint couplet, M. D upuis\naccouple délibérém ent à M. Ju les M assenet ce pauvre et g rand\nGeorges B izet qui n ’a pourtant rien fait pour cela, du moins\ncertaines pages de la p artitio n ne m anquent-elles pas d’in ­\ntérêt. L e dialogue du second acte, p a r exemple, toujours\n “ opéra-comique français m alheureusem ent, est bien tra ité\net ne tom be pas dans l’agaçant trav e rs des duos à voix unies ;\npuis le récit de Fifine, au même acte, quelques fragm ents\n d’airs burlesques au prem ier acte, et enfin ce flux de paroles\n de B am bert en fureur, une grêle de m ots soulignés p a r l’or­\n chestre, qui est une vr aie trouvaille.\n    Enfin, il im porte de signaler les soins apportés à l’in te r­\n prétatio n : jeu, costumes, phrases, natu rel du geste, to u t cela\n ne laisse guère à d ésirer; un peu tro p de lenteur dans le\n débit, seulement.\n     M . L em aître a brossé pour Cour d’ Ognon, d ’après les croquis\n d’A uguste D onnay, un charm ant décor de ville en fête, un\n coin de faubourg pris sur le v if ; et M. Sylvain D upuis a très\n habilem ent arrangé la charge des orchestres populaires dans\n le genre des esquisses musicales où M arcel R em y avait noté\n l’accord à la débandade, le pêle-mêle au p etit bonheur, et\n l ’harm onie quasi subversive de ces instrum entistes réunis au\n  hasard et qui s’en vont les jours de fête régaler d’aubades et\n  de pas redoublés les oreilles de leurs concitoyens ; oreilles\n  bien tannées d’ailleurs, et à l’épreuve de ces fantaisies mélo­\n  manes.                                                     A. M.\n"}, {"page_pdf": 335, "texte": " 308                                               L a W allonie.\n\n\n\n    Vient de p ara ître chez M. Deman, libraire-éditeur, rue\n d’A renberg, à B ruxelles : L a Tentation de Saint-Antoine,\n tex te de G ustave F lau b ert, p a r Odilon Bedon, album lith o ­\n graphique de 10 planches in-fol., avec couverture illustrée,\n tirag e à GO exem plaires (pierres barrées).\n    L e prix de la souscription est de fr. 44. A p a rtir du jo u r\n de la mise en vente, les exem plaires qui resteraien t seront\n portés à fr. 55.\n    Nos lecteurs connaissent ces conceptions saisissantes qui\n s’appellent : l ’Hommage à Poe, l 'Hommage à G oya , clans le\n Rêve, la N uit, et Brunnhilde, le P rofil de Lum ière, etc.\n Odilon R edon est l’un des plus étonnants parm i les créateurs\n du crayon, de ces tem ps; et, le chef-d’œ uvre de F lau b ert avec\nson fantastique glacé, et le tréfond philosophique d’un livre\npareil de négation, a dû lui suggérer de larges et déroutantes\nvisions de trouble, traduites avec cette vigueur personnelle\net neuve, laquelle, indéfinim ent, donne cette poignante\nimpression de l ’in atten d u .\n                                 ·* *\n  L e m anque de place nous force d’ajourner          à la prochaine\nlivraison, la critique de Madame L upar, le nouveau rom an\nde Camille L e m o n n i e r ; Impressions et sensations, p a r A rnold\nG o f f i n ; Chants des jo u rs lointains, p ar M aurice D e s O m   ­\nB IA UL X ; Flamme.s mortes, p ar G abriel M O U R E Y, et l'A n ­\nthologie des prosateurs belges.\n   R eçu: A travers la vie d’étudiant, p ar Léon Vallon. L ’auteur\na vu ce qu’il décrit ; sa fantaisie d’étudiant jouisseur l’a\npromené p a r les bouges, les beuglants, les cafés à femmes.\nTout cela, — et quelques autres souvenirs, il le raconte avec\nune vérité de style grossier et nullem ent poli. Assez de verve,\nparfois ; aussi, des “ m ots „ vieux comme le monde, des descrip­\ntions déjà faites. Mais une plume que rien n ’effraye. Beau­\ncoup de vérité, fort peu d’art, et certes nul au-delà.\n"}, {"page_pdf": 336, "texte": "    E C R I T S P O U R L ’A R T\n                              UNE SEULE LIVRAISON\n                    contenant l’exposé des désirs du groupe\n                                  va p ara ître à P aris.\n\n\n\nPHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n                         ET. Z E Y EN.\n            137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                     L I E G E\n\n     S p é c ia lité d ' a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é l e c triq u e .\n\n\n    FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                     P lace du T h é â tre , 11, Liége.\nP o r t e - c i g a r e s e n é c u m e de m e r, a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s de c o m m a n d o , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u t é s en ‘2 4 h e u r t s .\n                              RACCOMMODAGES.\n\n                PO U R PA R A IT R E INCESSAM M ENT :\n\n      Contes                          pour                    l’a i m é e\n                                            PAR\n                             M a u r ic e    S IV IL L E\nU n volume grand in-8°. É dition de g rand luxe, caractères elzé­\n            viriens. Illu stré de 25 compositions,\n                               p ar\n                           E mile BER CH M AN S.\n\n  Tirage de bibliophile à 250 exem plaires num érotés p o rtan t\n              imprim é le nom du souscripteur.\n\n                                P r ix : 10 fran cs.\nOn souscrit chez Aug. BENABD, imprimeur-éditeur, à Liége\n               12, rue du Jardin Botanique, 12.\n"}, {"page_pdf": 337, "texte": "   3e ANNÉE, No 6.\n\n                   LA W ALLONIE\n  REV U E M E N SU E L LE D E L IT T É R A T U R E E T D ’A RT\n                                                       E r n e st M A H A IM ,\n                                                        A l b e r t M OCKEL,\n              Comité de R édaction\n                                        ( M a u r ic e S IV IL L E .\n                      Bureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\nE n v o i d 'u n       n u m é ro sp é c im e n c o n tr e 5 0            c e n tim e s\n                              e n tim b r e s -p o s te\n       A b o n n e m e n t : 5 f r. p a r an. Union postale : 6 fr. 5 0 .\n                                       SOMM AIRE :\nH e n ri de R é g n ie r                 . . . Satyre.\nGeorge G a r n i r ......................Vers.\nR ené Ghil ................................ A utre air pastoral.\nCélestin Demblon                         . . . É vocation des vieux Lièges.\nEm ile V e rh a e re n .                 . . . Pensées du soir.\nA lb e rt S t-P a u l ......................Amazones.\nCh a rle s-E u d e s Bonin . . L es Héros.\nR aoul P a s c a l i s ......................Ames couchantes.\nP ie r r e M. O l i n ..................... Mes Mémoires.\nS t u a r t M e r r i l l ..................... Vers.\nM a u ric e Siville . . . .                       P our oublier.\nAchille Delaroehe . . . É pithalam e.\nA lb e rt M o c k e l ......................L e B u t (prose symphonique).\nEdm ond H a n to n . . . .                        L e bon grain.\nA r t h u r D u p o n t ..................... Vers.\n                                 Chronique littéraire :\nAchille D elaroehe . . .                          L e Bonheur.\nE r n e s t M a h aim . . . .                     Quillebœuf.\nH e n ri de R é g n ie r . . . Ancæus.\nM aurice Siville . . . . Un Mâle.\nAlb. M ........................................E crits pour l ’A rt.\n                                           P etite chronique.\nX .................................................... Cour d’Ognon.\n\n\n                       La\n    Q uelq ues co lle ctio ns de LA WALLONIE (1 880 et '1887) s ont e n ve nte\n                                   au pri x de 0 fran cs.\n                               W a llo n ie e st e n v e n te\nA LIÉGE : Chez MM. G n u sé ; G e o rg e ; D’H e u r ; D e cq; D e s o e r; A ubetl e du\n     Po nt d ’Avroy ; Aube tte place S a in t- L a m bert.\nA BRUXELLES : Chez MM. Rosez, librair e, et Islacc, libraire.\nA PARIS : Chez MM. Vanier, libraire, 19, Quai S t-Michel ; Savine, librair e,\n    18, ru e D ro uot, et à la Lib rairie Nouvelle, r u e de la Bodtie, 3.\nA GAND : Chez MM. A. Hoste, li braire, r u e des Champs ; W enne w it z (Muquard),\n    li br aire, r u e des Cham ps ; Vuilsteke, libraire, r u e Aux Vaches.\nA ANVERS : chez Mme Ve De V etter, r e m p a r t Ste-C a th e rin e ; Max R u es , 5 0 ,\n    ru e des T a n n e u r s .\n                                     Des presses de H. Vaillant-Carmanne, à Liége.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "ordre_dans_volume": 6, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1888-07-31", "signet_source": "3ème année - N°6 - 31 juillet 1888", "preuve": "Couverture (PDF 266, OCR) : « 3me Année. — N° 6. LA WALLONIE N um éro double. 31 Juillet 1888. ».", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}