{"numero_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "articles": [{"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-201", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3me Année", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 414, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 78, "texte": "3me Année. — N° 9.\n\n\n\n\n   LA\n\nW ALLONIE\n\n\n\n\n         31 Octobre 1888.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-202", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CAPRICE REVUE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 415, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 1647, "texte": "C AP RI CE R E V U E\n JO U R N A L A R TIST IQ U E E T L IT T É R A IR E , IL L U S T R É ,\n                            p araissant le Samedi.\n\n                 D ir e c t e u r   : M a u ric e S IV IL L E .\n\n A bonnem ents pour la Belgique : 6 francs l ’an, étran g er 8 fr.\n\n                       D irection et A dm inistration :\n             R ue d es V in gt-D eu x, 1 6 , à L i ége.\n\n   Caprice Revue publie un p o rtra it en chacun de ses n°s. Ont\np aru : V illiers de l’Isle Adam, Camille Lem onnier, E m ile V er­\nhaeren, E rasm e R aw ay, Joséphin P éladan, Ju les D estrée, Alb.\nG iraud, Georges Rodenbach, etc.\n   A paraître : F élicien Rops, Edm. P icard, Sully-Prudhom m e,\nC atulle Mendès, M ars, etc.\n\n       L ’A R T                     MODERNE\n REVUE       CRITIQUE        DES     ARTS     ET    DE     LA    LITTÉRATURE\n                26, R ue de l'Industrie, Bruxelles.\n                   Abonnement : 10 fr. par an.\n\n                  LES POÈTES NAM UR0IS\n                            p a r A u gu ste V IE R S E T\n E n s o u s c r i p tio n d a n s n o s b u r e a u x , et ch e z A. B é n a r d ,\n             é d i te u r , r u e du J a r d i n B o ta n iq u e , L iége.\n                                  P r ix : fr. 1 ,5 0 .\n\nA paraître chez E. D EM AN , rue d’Arenberg, Bruxelles :\n                      SCÈNES               DE       BAL\n            1 p e tit vol. de vers, p ar A l b . S t-P A U L .\n\n          LE T R A I T É                    DU        VERBE\n                             par R e n é G R IL .\n\n                     Les Flambeaux Noirs\n          Livre de vers par É m ile V E R H A E R E N .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-001", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 377, "page_fin": 377, "titre_corps": "Le semeur", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A. Vierset", "ancre_debut": "LE       SEMEUR.   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V IE R SE T .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-002", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 378, "page_fin": 379, "titre_corps": "Tristan et Iseult", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Achille Delaroche", "ancre_debut": "TR ISTAN ET ISEULT.     o us les noirs arceaux où", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 417, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 1009, "texte": "TR ISTAN ET ISEULT.\n\n\n\n\no us les noirs arceaux où la lune pleure en larmes d’argent\nS\n Tristan le doux barde, ci l’épaule un luth, chemine en songeant.\n Voici bien des nuits, sous les blancs rosiers s’étant endormie,\nque la blonde Iseult, h éla s! f u t ravie au séjour verm eil!\n Voici bien des nuits que Tristan soupire à sa douce amie !\nmais rien ne répond et pas ne fin it l’ éternel som m eil!\net la brise geint douloureusement dans les branches mortes\noù tintaient ja d is les ébats rieurs des filles accortes!\n\n\n\n L es longs carillons égrènent au loin leurs jo y eu x “ N o ëls! „\n M in u it! c’est l’heure où rôdent les E sprits im m atériels!\nles lutins follets, couronnés de thym, dansent aux clairières,\n tandis que la n e f où fum e l’encens en spirales d’ or,\nrésonne aux accents de l’orgue sacré rythm ant les prières.\n Bercé d’hozannas, le p etit Jésus dans sa crèche dort:\net le Korrigan qui secoue au vent sa crinière brune\nguide le sabbat, chorège fantasque, au clair de la lune.\n"}, {"page_pdf": 418, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1302, "texte": "  T rista n et Iseu lt.                                              379\n\n\n“ Iseult ! et l’ écho répercute : “ Ise u lt ! „ — “ Sous les sombres ifs\n„ ton cœur entend-il, sanglotés au luth , mes appels p la in tifs ?\n„ A h ! t’en souvient-il, dans le navrement de ta n u it profonde\n„ de ces soirs d’ amour où mon bras p ressa it ton langoureux\n                                                                 [corps ?\n„ où Morgane fit ruisseler ses ors sur ta tresse blonde,\n„ quand mon luth berçait ton sommeil léger de ses mois accords ?\n„ A h ! reviens danser, comme aux soirs d’ amour, sous les hauts\n                                                         [ genièvres ! „\nE t la brise geint sur Tristan pâmé de languides fièvres !\n\n\n\nI l dort ! et sur lu i tourbillonne en songe un cercle de feu.\nM ais un enfan t blond, souriant, l’ appelle au paradis bleu.\nE n robe étoilée, apothéotique, une forme blanche\nglisse doucement : “ Is e u lt ! „ c’est Iseu lt que voit son ami !\nun baiser de glace effleure le fr o n t du barde endormi :\nsur son cher Tristan, sylphe floconneux, la Vierge se penche :\net le lendemain, sous le haut genièvre , un pâtre en songeant\n V it ce corps roidi que la lune pleure en larmes d’ argent !\n\n\n      1886.                               A c h i l l e D ELA ROCH E.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-003", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 380, "page_fin": 382, "titre_corps": "Poèmes ironiques : X", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "POÈMES IRONIQUES.                                                      X.  . . . u n s ile n ce é n o rm e e t r i", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 419, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 1008, "texte": "POÈMES IRONIQUES.\n\n                                                    X.\n\n. . . u n s ile n ce é n o rm e e t r ig id e ...        P our A lb ert Mockel.\n                            Albert      Mo ckel.\n\n\n\n\n   Quand son Am ante eut exhalé, en un long et\ngémissant soupir, le souffle dernier de sa vie, avant\nque le pas lourd des ouvriers de la mort eût retenti\ndans les longs corridors de la maison déserte,\nil posa son front pâle sur le front du cadavre, comme\npour communier avec sa pensée.\n\n  Apre et hagard et trébuchant, il descendit les\nlarges escaliers. Son pas sonna sur les dalles des\nvestibules, hésitant et incertain. Alors, il s’enfuit à\ntravers la campagne, pleurant et maudissant le ventre\nde sa mère.\n\n   — Jusqu’à ce qu’il entrât dans une forêt noire.\n\n   L ’horizon était noir et partout bordé de lointains\nprofils d’arbres ; — la voûte de la forêt impénétrable\nà la vie bleue du ciel. E t l’Amant se dressa, debout\nle long d’un chêne au tronc noir et velu; il étendit\n"}, {"page_pdf": 420, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1195, "texte": "    Poèmes ironiques.                                 381\n\n\nlargement les bras comme pour étreindre la forêt, et\nd’une voix douce, il l’implora :\n\n\n   Masse impénétrable et silencieuse, manteau d’ou­\nbli, tombe étem elle et insatiable, et génitrice de\nl’anéantissement.\n\n   Ouvre-moi ton sein, ô forêt, ton sein de terre légère.\nQue ton sol me couvre, rigide et froid comme les\nchevaliers de pierre couchés sur les tombeaux. Que\nles racines de tes grands arbres m’enveloppent comme\ndans un suaire. Mais n’étends sur moi nul poids qui\nm’oppresse. Rien que le terreau des bruyères, la\ncaresse des lianes et la mollesse des mousses, que le\npas élastique et doux des chats sauvages et des\nlouves : afin que mon sommeil ne soit point troublé.\n\n\n   Forêt, étends sur moi la paix de ton dôme de\nverdure et la moiteur de ton tapis de feuilles mortes.\nQue ta placidité sombre fasse à mon cadavre inquiet\ncomme un manteau d’oubli. Que la lourde humidité\nde ton silence défende mon éternel sommeil contre les\nailes diaphanes des songes. Ah, dans la mort que je\ncherche, ah Forêt, donne-moi l'abolition.\n\n\n  Fais descendre en moi ton atmosphère sourde et\ntranquille que jamais les vents n’agitent et qui ne\n"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1010, "texte": "382                                    L a Wallonie.\n\n\n\nconnaît le chant ni la lumière. Que ta paix sereine\nglace mon cœur. Que ton sein m’absorbe et m’abo­\nlisse. Sois mienne et que je sois tien.\n\n\n\n  Il avança de quelques pas encore et par un geste\nlent joignit ses mains sur sa poitrine comme pour\nattester qu’il avait souffert. Il se coucha rigide et\nfroid, les yeux fermés, s’abandonnant. E t il fut Mort.\n\n\n\n  Alors on eût pu voir une force mystérieuse pal­\npiter dans la forêt sombre. Les racines des grands\narbres joignant leurs flottantes chevelures. L a terre\nlégère du sol se rida comme un lac à la brise du soir\net comme une marée lente envahit le cadavre froidi.\nLes feuilles sèches poussées par un vent de mort\nenlacèrent une ronde métallique.... Mais tout étant\ncouvert, l’antique forêt se rasséréna.\n\n\n\n  E t l’on n’entendit plus que le bruissement vague\ndes vieux chênes, penchant l’un vers l ’autre leurs\nlarges frondaisons touffues, comme pour endormir le\nBien-Aimé.\n\n\n  — Qui dort Anéanti.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-004", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 383, "page_fin": 383, "titre_corps": "Poèmes ironiques : XV", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Gaston Vyttall", "ancre_debut": "J ’ai scruté le douloureux secret et découvert le but certai", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 422, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 97, "fin_caractere_exclue": 752, "texte": "J ’ai scruté le douloureux secret et découvert le\nbut certain de ma force. Je sais la fleur fatale où\ns’épanouira le parfum de ma vie et son essence — la\nmort. — Pour saisir les arcanes de la déesse grise,\nj ’écouterai les pleurs des humains et verrai les san­\nglots des mourants. J ’ébranlerai les portes de\nbronze des tombeaux sourds ; je heurterai mon front\n aux murs humides des caveaux sombres afin que\nleur écho pâle me révèle le dernier mystère. Alors,\nj ’entendrai l’herbe pousser sur les fosses, et songer\n les morts.\n    E t je t ’épouserai, ma chaste fiancée, la Fée froide\n et Eternelle.\n\n                                G a s to n   VYTTALL.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-005", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 384, "page_fin": 385, "titre_corps": "Mer montante", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "René Ghil", "ancre_debut": "MER MONTANTE.                                               à Gaston D ubedat.   où l’imm", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 423, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 993, "texte": "MER MONTANTE.\n\n                                             à Gaston D ubedat.\n\n\noù l’imm émoire d ’estuaires d’angles lent\nT onnants de houle est dans le vol du goéland.\n\n\n\n\nOrs et néants du vêpre et le germ e sanglant\nse perdaient-ils v itaux en la n u it d’aventures :\net longtem ps étran g eait les lum ières allant\nn a rra n t que m aternel est le ventre du vague,\nla m ontée en proie à l ’espoir sem piternel\nde la m er v égétant de phosphore et de vague :\n\noù l’immémoire d’estuaires d’angles lent\nT onnants de houle est dans le vol du goéland.\n\n\n\nle v ent de la genèse et des prim es natures\ninstam m ent et longtem ps diurn em ent p a rt et\nA ssaille quels vœ ux vers des lim ites d’a rrê t\nstagnant, et la m er pleine h au t\n                                   (mais où des doutes !\noù la mémoire d’estuaires d ’angles lent\nTonnants de houle est dans le phare désolant),\n\nT onnante et qui s’éparre en spum antes déroutes\nm onte vers les am as pétrés et dans les nuits\n"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 385, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1376, "texte": "     M er montante.                                             385\n\n\nTortionnés des Ages loin et sépultures\ngéologiques de m onstres et leurs ennuis,\nM onte sanglots d’une plangueur et sous leurs voûtes\nT onnant e g rand !\n\n\n\n                              et, que native vers les nuits !\nToute ! et qu’em preinte aux ondes des gloires m ûries\net longues du soleil n a rra n t que m aternel\nest le ventre du vague en p alpitant l ’énorme\nondulem ent : la vie a haut, passant la norme\nde g ran it nuitam m ent qui s’enorgueillissait\nde l’âpre pierrerie et d ’astres d’astéries,\nla vie a h a u t ah ! sangloté plus haut, qui sait\nqu’elle est le droit saignant de ses vagues m eurtries.\n\nH orizontale dans la largeur large allant\noù l’imm émoire d’estuaires d’angles lent\nTonnants de houle est dans le vol du goéland:\n\nT onnante et qui s’éparre en spum antes déroutes\nelle a h au t dominé les am as des ennuis\net m onte rad ian te au phare désolant :\net, sur quel angle morne qui vainquait,\n                                               s ta tu re\ném ergente vénuste en vague de nature\nl’Aimée est dans les nuits, vitale !\n                                      lorsque sait\nqu’elle est le d ro it saignant de ses vagues m eurtries,\nla m er ventre du vague énorme et m aternel.\n     Côtes de St-Palais, Août 88.\n                                                  R e n é G H IL .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 386, "page_fin": 388, "titre_corps": "Le joueur d’orgue", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Hubert Krains", "ancre_debut": "L E JO U EU R D ’ORGUE.                         ( c r o q u i s .)     Ecolier          ravi pa", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 425, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 981, "texte": "L E JO U EU R D ’ORGUE.\n\n\n                      ( c r o q u i s .)\n\n\n\n\nEcolier          ravi par l’embrasement des fenêtres\n           où se mirait un beau soleil d’août, je chemi­\n          nais lentement entre deux baies touffues,\n          m’arrêtant de temps à autre pour recueillir\nl ’épi subtilement agrippé par une ronce au passage\nde quelque charretée de blé, quand m’arrivèrent aux\noreilles les notes langoureuses d’un orgue de barbarie\nqui se vidait de ses valses sous le porche de la ferme\nvoisine.\n    Après deux minutes d’une course folle, je me\n trouvais haletant, auprès du joueur d’orgue.\n    C ’était un homme de haute stature, râblé, muscu­\n leux, vêtu d’une jaquette étriquée et d’un pantalon\n dont les jambes, effiloquées dans le bas, couronnaient\n de franges des souliers béants auxquels deux cordes\n servaient de lacets. Sa casquette de soie, qui lui\n venait aux oreilles, laissait passer deux ou trois\n mèches de cheveux châtains au bout desquelles\n"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1449, "texte": "    Le joueu r d’ orgue.                             387\n\n\noscillaient quelques brins de paille provenant, sans\ndoute, de la gerbe qu’on lui avait libéralement oc­\ntroyée la veille au soir pour s’en faire un matelas.\n  Travailleurs et travailleuses avaient suspendu leur\nbesogne et, groupés autour du joueur d’orgue, balan­\nçaient lentement la tête tandis qu’un vague sourire\nde bonheur écartait un peu leurs lèvres où la pous­\nsière des fenils et des granges avait tracé deux raies\nnoires.\n  Dans un silence d’église où l’on officie, seuls, l’air\nplaintif de l’orgue et les hurlements du chien mon­\ntaient vers le ciel bleu. Une fillette, mi-vêtue et pieds\nnus, tendait sa petite main terreuse aux auditeurs.\nQuelques-uns tiraient du fond de leur poche une\nbourse en toile grise et payaient deux centimes le\nplaisir d’entendre un peu de musique.\n   Le joueur d’orgue, l'œil fixé sur le toit d’en face\noù le soleil lustrait de ses rayons les plumes soyeuses\nd’une volée de pigeons, raide, froid, automatique,\ntournait lentement de la main droite, la manivelle\nde son instrument, tandis que son bras gauche, qui\nse terminait par un moignon emboîté dans une gaine\nde cuir, oscillait le long de son corps avec la régula­\nrité d’un balancier.\n  Cela dura cinq minutes. L e joueur d’orgue ne\ndesserra pas les lèvres, mais le pli qui lui coupait\nverticalement le front entre les sourcils s’approfondit\ninsensiblement. Peut-être sa volonté bataillait-elle\n"}, {"page_pdf": 427, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 702, "texte": "388                                         L a W allonie.\n\n\n\ncontre sa pensée, de crainte que celle-ci, chevauchant\nles notes qui filaient, invisibles, vers le ciel azuré, ne\ns’entretînt là-haut avec les menteuses illusions et les\ndécevantes chimères.\n   Quand il eut fini, il fit sauter d’un coup de hanche\nl’orgue sur son dos, puis, plié en deux, l’épaule\ngauche creusée par la courroie de son instrument,\nil gagna, suivi de sa fillette, le chemin poudreux. —\nLes ouvriers, toujours muets, le regardèrent s’éloi­\ngner. E n allant reprendre sa besogne, l’un d’eux\nmurmura : “ C’est sans doute un Français qui a eu la\nmain emportée à Sedan. „\n\n                                H u b ert   K R A IN S .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 389, "page_fin": 389, "titre_corps": "Les fastes : Ronde", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "RONDE.   l’ombre du bleu perron, A P", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 428, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 588, "texte": "RONDE.\n\n\nl’ombre du bleu perron,\nA\nP a r les lis roses et les lauroses,\nL es amours dodus dansent en rond\nComme en un crépuscule de roses.\n\n\nCuls vermeils, orteils en l’ a ir,\nF ou s du tumulte de leurs culbutes,\nIls se bousculent dans l’azur clair\nA u rire des fifres et des flûtes.\n\n\nE t lorsque l’heure du soir\nS ’empourpre de lueurs d’ auréoles,\nEntrelacés, ils se laissent choir\nL ’ aile lasse, en leurs lits de corolles.\n\n\nCependant que lentement,\nD a n s le parc où pâlissen t les marbres,\nL a v oix lointaine d’ un instrum ent\nS ’ étouffe en le silence des arbres.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-008", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 390, "page_fin": 390, "titre_corps": "Les fastes : Villanelle", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stuart Merrill", "ancre_debut": "V IL L A N E L L E .   l’heure où la rosée arros", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 429, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 986, "texte": "V IL L A N E L L E .\n\n\nl’heure où la rosée arrose les lilas\nA\nE t l’ aurore, en le lac , rougit les eaux moroses,\nQuel désir de m ourir émeut ton cœur si las ?\n\nL e bal a défloré tes légers falbalas,\nE t te voici rêvant aux soirs des baisers 7-oses,\nA l’heure où la rosée arrose les lilas.\n\nPâle, et tes cheveux d’or épars en leurs longs lacs,\nQuand tu veilles ainsi sur le sommeil des choses,\nQuel désir de m ourir émeut ion cœur si laa ?\n\nL a musique n ’est p lu s des lum ineux galas,\nH élas ! et l’ ombre afflue au seuil des salles closes\nA l’heure où la rosée arrose les lilas.\n\nL e vent dans les roseaux s’éplore en morne glas :\nIras-tu dire aux eaux moroses, si tu l’ oses,\nQuel désir de m ourir émeut ton cœur si las ?\n\nM ais le sais-tu toi-même, amante d’au-delas,\nD o n t l'âme a réveillé l’ âme des vieilles roses\nA l’heure où la rosée arrose les lila s,\nQuel désir de mourir émeut ton cœur s i las ?\n\n                                St u a r t   M E R R IL L .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-009", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 391, "page_fin": 393, "titre_corps": "Album parisien : Notes à Paris", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "NOTES               A      PARIS.                                                     10 décembre 1887.            i        Fesse", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 430, "page_imprimee": 391, "debut_caractere": 17, "fin_caractere_exclue": 1139, "texte": "NOTES               A      PARIS.\n\n                                                   10 décembre 1887.\n\n\n\n\n       i\n       Fesse     gnr is e   d ’h iv e r n a le\n       s i d é li c ia n t e !\n                                                 m a t in é e p a r is ie n n e ,\n\n\n           Flânerie voluptueuse, au hasard, par les\n         grandes rues ; pendant que se dégourdissent\nles jambes en une étirante mollesse d’allure discrète,\net que modérément volète l ’irrégulière pénétrante\ncaresse d’une sourdine de causerie.\n   Nous sommes deux. Des flèches de visions fuyantes\nagréablement percent la sensibilité en éveil : parfois\nse détache plus visible un infini développement de\ntoitures de fiacres, s’en allant mornes, ternes et\nplates, lourdes ou actives.... s’éparpillant.\n   E t roule — et roule, et roule, et sempitemellement\nmonte et roule, roule et dévale, et presque tout à fait\nse perd et roule encore le grondement des roues,\nparfois vivant pour l’ouïe seule, parfois emplissant le\nregard d’un papillotement trouble de rais, en même\ntemps que, plus assourdissante, la rumeur envahit le\ncrâne et l’ébranle.\n"}, {"page_pdf": 431, "page_imprimee": 392, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1333, "texte": "392                                      L a Wallonie.\n\n\n\n  Lente, croît une griserie de nerveux bien-être.\n   P ar l ’entrelacement de phrases discutantes, tremble\net s’embue la notion juste du chemin. Pour moi,\nl’ignorance de but en la promenade n’est qu’une\naugmentation de jouissance vague; je vais, dans une\ntoujours plus croissante somnolence du souvenir des\nrues.\n   Et, un moment, tout sombre dans une plénitude\nd’oubli; excepté un lointain charme des yeux, que\nremplit quand même cette subtile insistance d’atmo­\nsphère si doucement grise.\n Humidité pas excessive, d’une engluante fraîcheur\n— duveteuse.\n   Soudain, dans une rue, pour moi quelconque —\nsuivant depuis quelque temps l’ami d’une allure\nmachinale — j ’éprouve l’étonnement d’un corridor\nde porte-cochère dans lequel je suis entré sans\npresque m’en apercevoir. Du coup, disparaît même\nl’oculaire jouissance de cette grise amitié d’air. On\nmonte : et déjà me détend une artificielle chaleur de\nserre. Propreté confortable et silencieuse, épanouis­\nsement d’un charmant égoïsme de délicats et tièdes\népidermes.\n   Encore vague, trouble, la mémoire, revenant avec\npeine de lointains immobiles marécages, où elle\ns’oubliait et stagnait. E t déjà les lèvres s’ouvrent\npour demander vers quelle moelleuse cachette de\nfemme l’ami nous mène; mais l’ami, délicatement, a\n"}, {"page_pdf": 432, "page_imprimee": 393, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1476, "texte": "    Notes à Paris.                                   393\n\n\npoussé une élasticité d’épaisse porte, et nous plon­\ngeons en une finesse douillette de chaudes ondes de\nparfums, qui vaguement me fait imaginer le délice\nd’une macération savante de féminine chair en les\ncomplications quintessenciées d’odeurs.\n   Surgit presque, devant l’imagination flattée de\nvisions sensuelles, une nervosité pâle de fluette pari­\nsienne; et le rêve de plus en plus s’aristocratise dans\nune précipitation de déductions idéales, pendant\nque, en quelques secondes, à la suite de l’ami silen­\ncieux, je traverse cette suggestive antichambre\nsobrement voluptueuse.\n   Mais s’écroule la sympathie de l’imaginaire écha­\nfaudage, et presque désagréablement mon attention\nconstate la transformation de l’amoureux rêve en\nune réalité de commençante boutique. Cette exquise\nenjôleuse préparation d’embaumées tiédeurs n’aboutit\nqu’à une salle où se rangent, en l ’attente, des batail­\nlons de flacons soignés, un débit de marchandise\nparfumeuse, qu’offrent aux chalands deux correctes\nsilhouettes, dans une politesse à peine chuchotante.\n  L ’ami ayant fait des emplettes, nous sortons. Et,\ndans les rues, longuement, je songe encore, avec un\ncurieux sourire intérieur, à ce hasard de rêverie, à\ncette illusion de supérieure jouissance sensuelle, dont\na su, pour un moment, m’inonder l’intelligent fard\nd’une boutique parisienne, où cependant, en réalité,\nne trône que la matérialité pure du dieu Commerce.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-010", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 394, "page_fin": 396, "titre_corps": "Album parisien : Au café de Paris", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Mario Varvara", "ancre_debut": "En l’attente de l’heure du dîner, devant un verre de madèr", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 433, "page_imprimee": 394, "debut_caractere": 118, "fin_caractere_exclue": 1413, "texte": "En l’attente de l’heure du dîner, devant un verre\nde madère : cherchant à combattre une persistance\nde cruel ennui par une promenade inquiète du\nregard.\n   Visages usuels, inutiles.Rengaine d’actions niaises,\nécœurante fadeur de sourires banals. Quelque peu\nsympathique — à peine ! — sur ma table, la douce\ntransparence du vin dans cette légèreté silencieuse­\nment amicale de calice.\n   Si ternes tombent sur le marbre et s’éparpillent\ndes cendres de cigares. E t, d’une souplesse lente,\nnage et monte, et se déroule et s’amincit et monte,\net se gonfle et se subtilise et monte, et monte et\ns’évanouit la molle tristesse de la fumée, elle aussi\npitoyable et nulle en la vacuité immensément morne\nde l’heure.\n   Mais un vague intérêt s’accuse là-bas, dans un\nangle de salle, où, d’abord, ne tente qu’une somno­\nlence sourde et lourde de grenat : la haute et large\ntenture qui sur le vitrage se repose. U n obstacle de\ncrédence et de dressoir cache, de ce coin-là, le\ncarreau, les tables. Et, sur un marbre supposé, ne se\ndétachent pour l’œil que des têtes parfois remuantes.\nEncore, on n’aperçoit, de chair, que deux visages\nféminins ; quant aux hommes, apparaissent seules\ndes actions de chapeaux de soie, comme un automa­\ntisme de coiffures se penchant, écoutant immobiles,\naffirmant, niant...\n"}, {"page_pdf": 434, "page_imprimee": 395, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1565, "texte": "    Notes à Paris.                                    395\n\n\n   P ar les garçons qui passent apparues et disparues,\nces têtes féminines ne cessent de pénétrer d’un tou­\njours plus v if intérêt le regard, dans la générale\ninsignifiance n’ayant trouvé qu’en elles une excep­\ntion de saveur. E t s’accentuent, à travers les vides\ndu dressoir, ces vivacités parisiennes, qu’une compli­\ncation d’harmonie subtile enveloppe et anime,\ntoujours d’une si nerveuse attirance ! — Vibrent\nd’un inquiet fard d’intelligence ces physionomies.\nL ’une, frêle et si pâle, frissonne d’un tourment de\nsourire d’éclairs ; rose — mais pâlement rose —\nl’autre, avec, dans les pétillements des yeux, de plus\njoyeuses franchises. E t la rose s’enjolive, aux\n oreilles, de menus diamants, qui paraissent souvent,\npar de minces lumineux dards, vivre d’une étrangeté\nirrationnelle et chatoyante de babillage.\n   Lentement, par l’approche de l’heure du dîner, les\n dressoirs et un buffet à la blanche nappe, naguère\npresque dégarnis, se pomponnent d’un étalage de\nvictuailles. Un empressement de tabliers blancs et\n de gestes noirs s’agite tout autour, avec une prodi­\n galité de soins vifs. Enfin, festonnés de fruits, fleuris\n de pâtés, enguirlandés de sauces, ces meubles de­\n meurent dans un isolement de triomphe, riches de\n sourires allécheurs, vibrant des invites de gourman­\n dises raccrocheuses à l’affût des estomacs blasés.\n   Mais vite l’œil, en l ’indifférence pour ce cuisinier\n étalage, par dessus saute et se glisse vers cette\n unique persistante attirance de coin à demi caché,\n"}, {"page_pdf": 435, "page_imprimee": 396, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1058, "texte": "390                                      L a W allonie.\n\n\n\noù continue de se jouer la comédie étrange et déli­\ncate de chapeaux masculins et de féminines têtes. —\nMaintenant, les chapeaux de soie sont raisonneurs,\ns’inclinent avec une illusion d’insistance d’arguments,\ntout à coup se renversent, comme dans le plaisant\ndésespoir d’un raisonnement subtil qui se bute et\néchoue contre une joliesse d’entêtement. Cependant\nque, en effet, les deux vivaces têtes des femmes\nsemblent s’électriser d’un refus sourieur, les yeux\nremplis d’un badinage de lumières confuses, les\nnoires petites capotes si coquettement remuées.\n   Agonise, au fond de l’élancé calice, la transparence\nd’une goutte dernière.\n   U n plus actif bruissement, derrière mes épaules,\nagite l’Avenue, convie à la respiration d’une fraîcheur\nd’air; j ’obéis — je sors.\n   Et, dans l’Avenue, un moment, sous la secousse\nde la large retentissante vie au plein air, la vision de\ncette heure de Café soudainement croule, s’éparpille,\nse perd.\n\n                               M a rio   V A R V ARA.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-011", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 397, "page_fin": 402, "titre_corps": "Contes pour l’aimée", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Célestin Demblon", "ancre_debut": "CH RO NIQU E L I T T É R A I R E .                      CONTES PO U R L ’A IM ÉE     p a r M", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 436, "page_imprimee": 397, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 1413, "texte": "CH RO NIQU E L I T T É R A I R E .\n\n\n\n                  CONTES PO U R L ’A IM ÉE\n\n   p a r MAURICE SIV ILL E.   Illu stra tio n s d’E m. B e r c h m a n s .   Liége,\n                         Aug. B én a rd , 1 8 8 8 .\n\n\n    Im aginez un E spagnol profondém ent liégeois. P our beau­\n coup, c’est assez difficile. Mais pour ceux qui ont vu M aurice\nSiville dans l’intim ité , p ar exemple à m aintes joyeuses\nréunions des W allonie , place du T h é â tre , rien de plus aisé.\nE t ils diront que ce n ’est pas tout, que cet E spagnol est\nun homme extraordinairem ent... polygone, où d’im prévus\ncontrastes sem blent s’être donné un rendez-vous narquois et\nbrillant. L ’incarnation de plusieurs coq-à-l’âne enchevêtrés\ndans une m ystérieuse harm onie ! U n W allon en résulte non\nseulem ent spécial, m ais encore renforcé. D ire tous ses\ncontrastes serait long. Siville ouvre la bouche: vous entendez\nto u t d’abord une énorme voix qui fa it vaguem ent p ressen tir\nl ’oracle de D elphes ; mais, ô rassu ran te surprise! au lieu des\nsolennelles vaticinations de la pythie, il ne so rt de c e tonnerre-\nlà que des choses charm antes et légères, — comme des oiseaux\nqui s’envolent hors d’une caverne. Car, et c’est toujours un\ncontraste, Siville a résolu ce problèm e d’avoir l’air grand\nd’E spagne sans posséder un grain de morgue. Mais, cela v a\nsans dire, comme nous tous, il possède là-bas un château. Ce\n"}, {"page_pdf": 437, "page_imprimee": 398, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1958, "texte": "398                                             L a W a llon ie.\n\n\n\n château est une chaum ière — et son cœ ur ! — ainsi qu’en\ntém oignent les Contes pour l'Aim ée. Si je néglige d’ajouter\nqu’il possède aussi une mandoline, toujours adroitem ent dis­\nsim ulée dans les grands plis de son m anteau, c’est que tous\nles prom eneurs de Liége, y compris A ndré D um ont, savent\np arfaitem ent cela. M aintenant, si on exam ine Siville au\npoint de vue du trom blon, le Liégeois re p a ra ît : son am énité\nlui in terd it l’usage d’un instrum ent tro p dépourvu de grâce\net de mélodie. A l’in star de l’A rm ande de Molière, Siville ne\nveut ressem bler à l’E spagne que p ar les beaux côtés. S’il a\njam ais détroussé quelque chose, ce n ’est pas une diligence.\n   F au t-il encore des contrastes sivillans (ne pas lire sévil    ­\nlans), j ’ajoute que notre am i a beaucoup voyagé en carosse\nd’or dans la Bohème, qu’il mêle en to u t et p arto u t le sans-\ngêne à la coquetterie, la bonhomie à la distinction, qu’on\ntrouve en lui de l’étudiant, de l’aïeul, du conspirateur, du\nm uguet, de l’homme d’affaires et que toutes ces choses-là, et\nd’autres encore, ne l’em pêchent nullem ent de n ’avoir que\nvingt-quatre ans. S’y retrouve qui peut. P our moi, M aurice\nSiville n ’est pas un homme, c’est un nouvel ordre d’archi­\ntecture com posite !\n   T rès souvent, on a vu des ordres d’architecture, composites\nou non, inspirer des livres, et même des livres qui s’étaient\ndonné le mal d’être soporifiques. Mais une chose à coup\nsur nouvelle et inattendue, c’est de voir un ordre d’archi­\ntecture produire un livre, un p e tit livre qui, chose rare, —\nmême chez les gros ! — néglige absolum ent d’être ennuyeux.\n   J e ne m ’a tta rd e pas au luxe de l’édition. C hacun le tro u ­\nvera exceptionnel. Ni même aux jolies vignettes capricieu­\nsem ent semées p a r E m ile B erchm ans, un jeune e t conscien­\ncieux artiste en qui une sorte d’injection du p arisien W illette\n"}, {"page_pdf": 438, "page_imprimee": 399, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1885, "texte": "     Chronique Littéraire.                                      399\n\n\ndans des conceptions à l ’A dolphe M enzel tran sp a raît sous\nune recherche atten tiv e des tonalités nuancées propres à\nnotre pays.\n   Q uant au profil de m édaille renaissance qui lève dans les\npalm es sa grâce p u iss a n te , im perceptiblem ent pim entée\nd’exotisme, qu’oser en dire sans être trop indiscret ou trop\ninsuffisant ? C’est chose d’une redoutable délicatesse que de\nparler de la L au re dont on n ’est pas le P étrarque — su rto u t\nle P étrarq u e destiné à devenir le seigneur H ugues. J e\nme félicite singulièrem ent de ce que cette L aure-là n’ait pas\nbesoin de com plim ents, moi qui n ’ai jam ais su en faire !\n   M aurice Siville ne révèle guère qu’un de ses côtés dans les\nContes p ou r l'Aim ée, m ais c’est le fondam ental — et le plus\nnécessaire ici : une sentim entalité frôlem ent gracieuse.\n   Oui, du fond de cette nature variée et d’aspect un peu\nhau tain que m ontre à sa tab le Berchm ans, so rten t cons­\ntam m ent, comme une source d’un bois, les ondes d’une rare\nbonté pleine de bonhomie. C ette absence d ’artifice et\nd’âpreté m arque to u t ce qu’il écrit d’une trè s douce sim plicité.\nTémoin les quelques gouttes de ces ondes qu’il nous présente,\nen m anière de préface, dans sa fluette coupe de cristal :\n   „ A chacun il est advenu de retro u v er — oubliée de\nlongue date au fond d’un tiro ir — une photographie sienne\n où l’on se revoit enfant, en la gauche attitu d e des années\n prem ières. L ’on sourit, m ais on l’enserre à nouveau pour la\n seule raison qu’elle est soi.\n   A insi de ce livre.\n   Sans ajoutes ni retouches vers l’Aimée je laisse s’envoler ces\n Contes, phalènes écloses au souffle d ’un printem ps d’am our. „\n   P resque to u t le livre est en germ e là-dedans. Mais il y a\n plusieurs m anières d’être simple et gracieux, et Siville a la\n sienne.\n"}, {"page_pdf": 439, "page_imprimee": 400, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1803, "texte": "400                                           L a W allonie.\n\n\n\n   D ans le groupe déjà com pact qui s’est révélé comme p ar\nenchantem ent autour de la W allonie, il ap p araît le plus\nexclusivement latin des prosateurs et, si je ne m ’abuse, des\npoètes aussi; sans être pour cela moins W allon que les\nautres.\n   I l a d’incontestables affinités avec certains conteurs fran ­\nçais, ceux de la lignée d’H égésippe M oreau et de Charles\nNodier. E t s’il fau t chercher un cousinage chez les vivants,\non songe im m édiatem ent à René M aizeroy et à A ndré\nT heuriet. Ce n ’est pas qu’il ne pousse à l’occasion une pointe\nvers les conteurs à la Boccace, mais si im perceptible, et il\ns’arrête si vite effarouché ! T heu riet m êlant son rêve cam­\npagnard au rêve citadin de M aizeroy dans une m iniature —\nune m iniature où sur fond de paysages confondus resso rt un\nfier et charm ant sourire enguirlandé de gram inées, de camé­\nlias et de pervenches —· voilà qui donne idée approxim ative\nContes pour l'Aimée.\n   On se figure aussi no tre Nicolas Com haire plus a rtiste et\nrevu dans un salon, à travers la physionom ie moins a r ti­\nficielle du conte m oderne — généralem ent fait, qu’il soit\nb ru tal ou tendre, d’exactitude et de déception.\n   L e sujet chez Siville est réduit à sa plus simple expres­\nsion, et ses contes sem blent de courtes idylles actuelles,\nsonnant vrai. C’est un de ses m érites, d’avoir et de ne jam ais\nperdre ce ra re accent de sincérité dont la singerie chez de\ncélèbres conteurs français — souvent chez D au d et même —\nest si insupportable. L oin d’être un n aïf voulu, Siville est\nsincère sans seulem ent y songer.\n   C’est cette absence de pose, de “ tru c    d’effet — et cette\ndiscrétion cordiale portée jusque dans l’indiscrétion même\n— qui le rattach e à notre race.\n"}, {"page_pdf": 440, "page_imprimee": 401, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2082, "texte": "          Chronique Littéraire.                                                                    401\n\n\n     L a form e aussi. L ’auteur des Contes pour l'Aimée n ’a pas\n l ’afflux des sensations instantanées et divergentes qui semble\n une des p articularités du génie w allon; ni cette obsession\n des épouvantables et savoureux m ystères de la n atu re de la\n m ort qui nous rattach e à la grande poésie du Nord; il a, légè                                         ­\n gem ent embrumé, l’am our d’H orace et de R onsard ; m ais il\n n ’a pas non plus la phrase exclusivem ent idéale du F ran çais\n n ’em ployant l’image que pour éclairer sa pensée: sa p hrase\n est constam m ent et comme inconsciemment p ic tu ra le . Son\n léger et continuel coloris s’égrène en paillettes fluides\n comme des ailes de tipules dans l’or doux d’un rayon cré­\n pusculaire.\n     Considérées dans leur ensemble, ses ân e s phrases appel­\nlent la vision rêveusem ent rian te d’une rosée sur une pelouse\nrase dans la pâleur de l’aube.\n    Chaque conte de Siville ap p araît comme un œ illet p a r lui\n“ trouvé „ selon le m ot des botanistes, œ illet qui se nuance\nim perceptiblem ent de religiosité dans Prière, de deuil dans\nChambre close, de finesse dans Giovanna. D ’où une unité que\nte l conte un peu étran g er contrarie, m ais ne d é tru it pas, et\nque résum e heureusem ent ce joyau final, L a seule E to ile :\n\n\n    « Le v e n t m ’a p p o rte les fum ées de         Liége qui ré v e illo n n e , e n ce soir\nde décem b re.\n   J e re g a rd e :\n   Se d é co u p a n t s u r la m asse des bois lo n g -c o u c h é s, l’h o rlo g e d e la g a re\nde K inkem pois,        v u e de profil, p a ra it u n o iseau fab u leu x ve illa n t s u r le\nsom m eil des g u in g u e tte s é ch elo n n ées s u r la riv e .\n   D isp aru le quai de F ra g n é e d e ja d is e t ses m aiso n s, g ra n d e s pas plus\nqu e des jo u e ts d’e n fa n ts, d o n t c e rta in e s se re c u la ie n t p a r c ra in te de\nto m b e r d a n s l’e a u fl u a n t p ro c h e , e t d’a u tre s se p e n ch a ie n t p o u r m ieux\n"}, {"page_pdf": 441, "page_imprimee": 402, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1732, "texte": "402                                                                       L a Wallonie.\n\n\n\nv o ir les em b a rc atio n s q u i, au co u rs des jo u rn é e s e stiv a le s, c ô to y a ien t le\nvieu x m u r d o n t c h aq u e lézard e é ta it u n nid d 'h iro n d e lles\n\n   La M euse c o u le , sile n cie u se ; il y a d an s ses eau x com m e u n e jo n ­\ngle rie d e lu n es e t les p e u p lie rs q u i, d’u n c ô té , la b o rd e n t, p o in te n t h a rd i­\nm e n t v e rs le ciel où b rille, seu le , u n e éto ile.\n   E t je p e n se :\n   D ans m on ciel a u ss i, si loin q u e se re p o rte n t m es s o u v e n irs, une\néto ile b rille, SEU LE. »\n\n   M aintenant... in cauda venenum.\n   On peut éplucher m aintes expressions hasardées et ju g e r\nsévèrem ent m aintes pages — telles les treizièm e et qua­\ntorzièm e — qui sem blent de lourds hannetons parm i les\nphalènes, des pissenlits parm i les oeillets\n   Nous attendons enfin que l’a r t des Contes pour l’ Aimée se\ncreuse davantage Mais qu’im porte à l’auteur ! Mais qu’im­\nporte à l’am our ! Beaucoup voudraient refaire les pages\nmoins larges de la vingtièm e année, au prix de l’exquise\naurore qui leur donna naissance. D ’ailleurs, l ’arôme d’ingénue\nélégance qui se dégage ici, le jeune écrivain le retrouvera-\nt-il si ingénu ? Comme je le lui souhaite ! H élas ! l’enchan­\nteresse et indicible physionom ie de l’adolescence se modifie,\ne t c’est une douleur des âges suivants de ne pouvoir jam ais\nbien la récupérer. M aurice Siville se développera encore\npour nous; mais puissent les Contes p our l'Aimée reste r son\nenfant préféré, dirais-je, si je ne savais trop l’inutilité d’un\ntel souhait !\n                                     C è l e s t i n DEM BLON.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-012", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 403, "page_fin": 406, "titre_corps": "Petite chronique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PETITE CHRONIQUE. 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I l av ait su grouper de loin, ces poètes : René\nGhil, S tu art M errill, Georges Khnopff, P ierre Quillard, Je a n\nA jalbert, E phraïm M ikhaël, A uguste V ierset, G régoire Leroy,\nRodolphe D arzens, Je a n L orrain ; en prose, A rnold Goffin,\nCélestin Demblon, H ector Chainaye, E rn est Mahaim, L uc\n"}, {"page_pdf": 443, "page_imprimee": 404, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1888, "texte": "                                              La   W a llon ie.\n\n\n\n M alpertuis, M aurice Frison. E t, parm i les plus anciens,\n Camille Lem onnier, Edm ond P icard, C atulle Mendès. L a\n Basoche publia, la prem ière, le T raité du verbe, de R ené\n Ghil.\n    Charles de Tombeur, qui se répandit en nom breuses chro­\nniques dans les journaux, donna peu de chose à sa revue, —\nj ’entends peu de pages écrites. Quelques critiques littéraires,\n et quatre nouvelles seulem ent, parm i lesquelles deux fu ren t\nim prim ées sous pseudonyme. L a grâce de D ieu est un conte\npaisible qui rappelle un peu le Camille L em onnier de la\nprem ière manière; c’est aussi la m eilleure page de Charles de\nT om beur; dans la principale des nouvelles sous pseudonyme,\non le sent tiraillé p a r l’influence des m odernistes, aux prises\navec l’influence des naturalisan ts.\n    Mais ce que C harles de Tombeur eut surtout, c’est l’iné­\npuisable faculté du dévoûm ent, une activité que rien ne brisait,\ndes talen ts de ch ef au plus h au t degré. Ceux qui l ’ont connu,\nse rappelleront avec émotion cette franchise abrupte et cor­\ndiale, et toute l’ingénue bonté cam arade que ses paroles\nten d aient aux sym pathies comme des poignées de main. Mais\nil ne sied pas, ici, d’insister, — p ar respect.\n    Charles H enry de Tombeur est m ort à 23 ans.\n                                                        A. M.\n                                  *\n                                 * *\n   M onsieur Silvain D upuis nous annonce du nouveau, et\nv raim ent de bon neuf, nous dit-on. Il organisera cette année\nune série de concerts populaires, donnés en m atinée. Bravo\npour les matinées qui nous débarrasseront du chic mondain,\ndes toilettes trop attiran te s, et du p etit babil tapageu r des\nprem ières loges. M. D upuis entend faire la p a rt grand e aux\nœ uvres de l’école nouvelle. Nous ne savons si l’on peut\n"}, {"page_pdf": 444, "page_imprimee": 405, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1916, "texte": "     P e tite chronique.                                       405\n\n\natten d re de lui une com préhension profonde des symboles\nm usicaux qu’il va devoir nous révéler. Mais au moins faut-il\nle féliciter de sa tentative, et peut-être nous en féliciter aussi\nlorsque nous l’aurons vu à l’œuvre.\n                                  *\n                                 * *\n    Théodore Jadoul, honorablem ent connu p ar de bonnes\ntranscriptions de Borodine et de Gladzounow, nous envoie\nun “ poème en quatre chants, „ composé sur des vers de F .\nY. D w elshauvers. M algré le titre , nous n ’avons pas vu\nd’unité dans ce recueil ; des quatre mélodies, tou tes influen­\ncées p ar la jeune école russe (Borodine surtout), la deuxième\net la dernière nous plaisent le plus : l’une p ar la naïveté\nancienne et sim ple de la déclamation, l ’autre p ar une note\ndouloureuse qui tranche sur la m ondanité un peu superfi­\ncielle des autres pages.\n                                  *\n                                 * *\n    L es parodies ont plu sur nous, ce mois, comme tom bent\nles averses aux giboulées de M ars. C’est d’abord notre colla­\nborateur Melek (Léon Donnay), qui a eu l ’audace de nous\nrailler et de se railler lui-même — pourquoi donc à trav ers\nJoséphin P éladan ? — en un P a lyale Hermyde vraim ent\nfallacieux. P uis u n conte, “ Sourires de Sardines, „ auquel\nnous devons l’un de nos meilleurs moments. E t puis, la Jeune\nBelgique dédie à R ené G hil deux am usantes fantaisies\nalexandrino-flûtistes ; et puis, nous dit-on, la Jeune Belgique\nnous en prépare encore; et puis A uguste D onnay nous litho­\ngraphie avec des cygnes et des lys près de l’Académie, le\ntr a ître ! E t puis, et puis il y a la m eilleure page de toutes :\nl’ébouriffant article du Journal de Liége, sur les Contes pour\nl'Aim ée, et la gouaillerie pas m échante avec laquelle sont\narrangées ses deux colonnes : des lignes ou des demi-lignes\n"}, {"page_pdf": 445, "page_imprimee": 406, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 787, "texte": "406                                                   L a Wallonie.\n\n\n\n de G arnir, Olin, M errill, Saint-Paul, Demblon, entrelardés\nde quelques vers d’Achille Delaroche ; une ph rase de George\nK eller, une strophe de R ené Ghil, une ép ith ète de Maurice\nS iville, un m ot d’A lbert Mockel, to u t cela tritu ré, mêlé,\ndéchiré, confondu, puis ravaudé triom phalem ent et “ synthé­\ntisé „ en la gloire d’un b rillan t costume d’arlequin blagueur.\n   M erci, merci, confrères, merci, car on ne r it pas souvent\nd’aussi bon cœur ; et m erci pour to u t ce tra v a il g ra tu it: car\nvous ne nous ferez pas pay er la réclame, n’est-ce pas ?\n                                  *\n\n  Caprice-Revice publie d’exquises visions lim pides, en ces\nvers de George K eller :\n                          "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-013", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 406, "page_fin": 406, "titre_corps": "L’eau : Loreley", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L'EAU LORELEY. Elle rêve blonde", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "COQUETTERIE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 445, "page_imprimee": 406, "debut_caractere": 787, "fin_caractere_exclue": 1449, "texte": "L ’EA U\n                                          LORELEY.\n               E lle rêve blonde et rose aux\n               lointains où l’ E a u folle se grise\n               à noyer au cœur de la brise\n               les baisers mouillés des roseaux.\n\n               E t vaguement contem plative,\n               elle croit que le doux Rêvé\n               vient enfin d’ avoir enlevé\n               le bijou d’ or que l’ E a u captive.\n               M ais non.... le ciel s’obscurcissant,\n               l’ironique lune s’incline\n               et reprend à l’eau lazuline\n               héla s! le m erveilleux croissant.\n                                          "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-014", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 406, "page_fin": 406, "titre_corps": "L’eau : Coquetterie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "COQUETTERIE.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 445, "page_imprimee": 406, "debut_caractere": 1449, "fin_caractere_exclue": 1812, "texte": "COQUETTERIE.\n               L a lune a bleui son halo,\n               et sous le pâle bleu de l’heure\n               la Chinoise suave effleure\n               le bleu de la lune sur l’ E au.\n\n              E t dolente et bien pure, azuré\n              au baiser du flot fabu leux\n              les frêles diadèmes bleus\n              des boucles de sa chevelure.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-015", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 407, "page_fin": 408, "titre_corps": "Echos", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "ECHOS.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 446, "page_imprimee": 407, "debut_caractere": 382, "fin_caractere_exclue": 2130, "texte": "ECH O S.\n\n                       P a r l’ opale p a ix que l’espace\n                       exquisement conduit s'asseoir\n                       sur l’escalier vierge du soir,\n                       l’ E a u limpide et chantante p asse .....\n\n                      E t c’ est un long murmure d’ or\n                      que répercutent les rosées\n                      roulant leurs clochettes rosées\n                      en quelque calice qui dort.\n\n                      A in si le chant de nos Poèmes\n                      se retrouve répercuté\n                      sur l’escalier d'éternité\n                      qui monte aux M usiques suprêmes.\n                                 **\n   Bienvenue à notre confrère nouveau-né, le P assant (1).\n C’est notre am i F ritz E li qui le dirige, et qui v a conduire\nlà-bas la joyeuse lu tte de l’art, en pleine province flamande.\nA v ra i dire, ceci est p lutôt un espoir qu’une vision de choses\ndéjà réelles. L e Passant, qui im ite un peu Caprice-Revue,\nd evrait prendre aussi sa belle allure décidée, et sa juvénile\nfranchise de critique. Allons, un peu plus de nerf, amis, et\nm archez plus délibérém ent Vous im prim ez des ta s de jolies\nproses et de vers m ignons; m ais défiez-vous des célébrités\nlocales. P renez garde à l’A rt provincial! I l se tro u v era\ntoujours une foule pour acclam er un Georges O hnet, un\n\n\n    ( 1) Le P a ssa n t, jo u rn a l a rtis tiq u e illu s tré ; p u b lie en c h a c u n de ses n os\nu n p o rtr a it, d es n o u v e lle s, des v e rs , u n d e ssin ; le Pa ssa n t e st édité avec\ns o in s u r p a p ie r crè m e ; a b o n n e m e n t, 7 fra n c s l’a n , avec d e ssin s tir é s à\np a rt, 10 fr a n c s ; b u re a u x , -19, ru e C ourte du J o u r, G and.\n"}, {"page_pdf": 447, "page_imprimee": 408, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": " 408                                             L a W a llon ie.\n\n\n\n Charles F u ste r ou un Quelconque. Mais à v o u s, jeunes\n artistes, il ap partient de soutenir l ’a r t jeune, et, contre tous\n ces don Ram on de le ttres, les rares F on tan arès qui nous\n restent. Cordialem ent, ceci ; et bon courage, am is.\n                                 *\n                                *   *\n    B ientôt va p araître, des E crits pour l’A r t , une livraison\n isolée. E t dès jan v ier prochain, la fière revue sera publiée\n chaque mois régulièrem ent, sous la direction de S tu art\n M errill.\n     L e m anifeste de ju in 1888, — L a W allonie l ’a résumé, —\n énonce toutes les idées qui sont jusqu’ici le seul drapeau\n du groupe ; et ces idées, la revue intransigeante les rendra\n plus notoires et précisées p ar les œ uvres, chaque mois, sans\n reg ret pour le dehors. I l im porte de le proclam er, rien dans\n ces principes ne peut restreindre la personnalité et le libre\n vouloir de chacun. Jasons divers, les poètes des E crits pour\n l’A r t veulent tous m archer à la conquête de la Toison d’or\n entrevue; m ais sans la discipline épaisse d’une “ R ègle „ qui\n étouffe le rayonnem ent de leurs désirs.\n    Il va de soi que les E crits pour l’A r t et L a W allonie sont\n e t restero n t des revues sœurs, étroitem ent unies vers le\n but commun.\n    E rra ta . D ans l’avant dernier n° (critique de Madame\n Lupar), lisez argumenté et non argué.\n    Enfin, une ancienne coquille, oubliée; au n° 1, pages 97 et\n 98, il y a inversion de phrases; lisez donc: Ses vers, parfois\nsonores et beaux, etc        en dehors des horizons qui s’éclairent\nà nos yeux. On y trouve du lyrism e, e tc           du moins une\ntrès apparente faculté d’assimilation. M. Pascalis n ’est pas\nle prem ier venu. Mais, parce que dans ses vers, il fait de\nl’aimée la m adone, etc, etc.\n    P age 99, au lieu de P ahureau, lisez T ahureau.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-203", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 448, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1202, "texte": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n                        H. Z E Y E N .\n           137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                     L I E G E.\n\n     S p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é le c tr i q u e .\n\n\n    FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                     P lace du T h é â tre , 11, Liège.\nP o r te - c ig a r e s e n é c u m e de m e r , a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s de c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u t é s e n ‘2 4 h e u r e s .\n\n                               RACCOMMODAGES.\n\n\n\n                  L E PASSANT\n                                 G A ZETTE D ’A RT\n     P araissan t tous les sam edis. D irecteur : F r i t z E L L .\n             B ureaux; : R ue Courte du Jo u r, 19, GAND\n                            7 francs l ’an.\n\n               de Clichy, P aris.           : 47 bis, avenue         Bureaux\n  : 6 francs l’an.            centimes ; abonnement              : 50      La livraison\n\n                             M E N SU E LL E           REVUE\n\n Ecrits pour l 'ar t\n                           on\n                           V t paraître bientôt\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3° ANNÉE, No 9.", "ancre_fin": "D’ART", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ernest MAHAIM", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 449, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 165, "texte": "3° ANNÉE, No 9.\n\n                 LA W ALLONIE\n  R E V U E M E N SU E L LE D E L IT T É R A T U R E E T D ’A RT\n                                                  "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Comité de rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Ernest MAHAIM", "ancre_fin": "SIVILLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Bureaux : rue St-Adalbert", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 449, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 165, "fin_caractere_exclue": 414, "texte": "E rnest . 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T ristan et Iseult.\nG aston V y tta ll ..................... Poèmes ironiques.\nR ené G h i l ................................ M er m ontante.\nH u b e r t K r a i n s ..................... L e joueur d’orgue.\nS t u a r t M e r r i l l ..................... Vers.\nM ario V a r v a r a . . . . Notes à Paris.\n                              Chronique littéraire :\nCélestin Demblon.              . . . Contes pour l’aimée.\n                               P e tite chronique.\n\n\n\n\n                     L\n     "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-10-31-n9-208", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Dépôts de vente", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quelques collections", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 449, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1240, "fin_caractere_exclue": 2157, "texte": "Q uelques c o lle ctio n s de LA W ALLONIE (1 8 8 0 e t 1887) s o n t en veille\n                                  au p rix de 0 fra n c s .\n                        a W a l l o n i e e st en vente\nA LIÉGE : Chez MM. G n u sé; G e o rg e ; D 'H e u r; D e cq ; D e so e r; A ubette du\n     P o n t d ’A vroy ; A ubette p lace S a in t-L a m b ert.\nA BRU X ELLES : Chez MM. R osez, lib ra ire , e t Is ta c e, lib ra ire .\nA PA R IS : Chez MM. V anier, lib ra ire , -19, Quai S t-M ic h e l; S avine, lib ra ire ,\n    4 8 , ru e D ro u o t, e t à la L ib ra irie N ouvelle, ru e d e la B oétie, 3.\nA GAND : Chez MM. A. H oste, lib ra ire , ru e des C ham ps ; W ennew itz (M uquard),\n    lib ra ire , ru e d es Cham ps ; V uilsteke, lib ra ire , ru e au x V aches.\nA ANVERS : chez Mme Ve De V e tte r, re m p a rt Ste-C a th e rin e .\n\n\n                                    Des presses de H . Vaillant-Carmanne, à Liége.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 414, "texte": "        3me Année. — N° 9.\n\n\n\n\n   LA\n\nW ALLONIE\n\n\n\n\n         31 Octobre 1888.\n"}, {"page_pdf": 415, "texte": "          C AP RI CE R E V U E\n JO U R N A L A R TIST IQ U E E T L IT T É R A IR E , IL L U S T R É ,\n                            p araissant le Samedi.\n\n                 D ir e c t e u r   : M a u ric e S IV IL L E .\n\n A bonnem ents pour la Belgique : 6 francs l ’an, étran g er 8 fr.\n\n                       D irection et A dm inistration :\n             R ue d es V in gt-D eu x, 1 6 , à L i ége.\n\n   Caprice Revue publie un p o rtra it en chacun de ses n°s. Ont\np aru : V illiers de l’Isle Adam, Camille Lem onnier, E m ile V er­\nhaeren, E rasm e R aw ay, Joséphin P éladan, Ju les D estrée, Alb.\nG iraud, Georges Rodenbach, etc.\n   A paraître : F élicien Rops, Edm. P icard, Sully-Prudhom m e,\nC atulle Mendès, M ars, etc.\n\n       L ’A R T                     MODERNE\n REVUE       CRITIQUE        DES     ARTS     ET    DE     LA    LITTÉRATURE\n                26, R ue de l'Industrie, Bruxelles.\n                   Abonnement : 10 fr. par an.\n\n                  LES POÈTES NAM UR0IS\n                            p a r A u gu ste V IE R S E T\n E n s o u s c r i p tio n d a n s n o s b u r e a u x , et ch e z A. B é n a r d ,\n             é d i te u r , r u e du J a r d i n B o ta n iq u e , L iége.\n                                  P r ix : fr. 1 ,5 0 .\n\nA paraître chez E. D EM AN , rue d’Arenberg, Bruxelles :\n                      SCÈNES               DE       BAL\n            1 p e tit vol. de vers, p ar A l b . S t-P A U L .\n\n          LE T R A I T É                    DU        VERBE\n                             par R e n é G R IL .\n\n                     Les Flambeaux Noirs\n          Livre de vers par É m ile V E R H A E R E N .\n"}, {"page_pdf": 416, "texte": "              LE       SEMEUR.\n\n\nHirsu te, à demi nu, l'épieu lourd en main,\n  Lèvre avide de sang, fron t mauvais, œil louche,\n  L'Hom m e p a r les forêts traquait l’ ours farouche,\n  Oublieux d’H ier, sans souci de Dem ain.\n\n\n  L a Fem elle passive, sur son chemin,\n  S ’ offrait p a rfo is — l’éclair des dents sur la bouche\n  E t ricanant , il l’emportait vers sa couche,\n Comblant ses désirs en un brutal hymen.\n\n\n P a r les landes, les bois touffus, les monts chauves\n Rougis de meurtres, et pleins du cri des fauves,\n L ’effroi m ouillait les front·: de froides sueurs.\n\n\n — M ais l ’Am our eut p itié des mortels moroses,\n E t d’un geste domptant les sombres Tueurs,\n Sema les R ires, les Rim es et les Roses !\n\n\n                                        A. V IE R SE T .\n"}, {"page_pdf": 417, "texte": "           TR ISTAN ET ISEULT.\n\n\n\n\no us les noirs arceaux où la lune pleure en larmes d’argent\nS\n Tristan le doux barde, ci l’épaule un luth, chemine en songeant.\n Voici bien des nuits, sous les blancs rosiers s’étant endormie,\nque la blonde Iseult, h éla s! f u t ravie au séjour verm eil!\n Voici bien des nuits que Tristan soupire à sa douce amie !\nmais rien ne répond et pas ne fin it l’ éternel som m eil!\net la brise geint douloureusement dans les branches mortes\noù tintaient ja d is les ébats rieurs des filles accortes!\n\n\n\n L es longs carillons égrènent au loin leurs jo y eu x “ N o ëls! „\n M in u it! c’est l’heure où rôdent les E sprits im m atériels!\nles lutins follets, couronnés de thym, dansent aux clairières,\n tandis que la n e f où fum e l’encens en spirales d’ or,\nrésonne aux accents de l’orgue sacré rythm ant les prières.\n Bercé d’hozannas, le p etit Jésus dans sa crèche dort:\net le Korrigan qui secoue au vent sa crinière brune\nguide le sabbat, chorège fantasque, au clair de la lune.\n"}, {"page_pdf": 418, "texte": "  T rista n et Iseu lt.                                              379\n\n\n“ Iseult ! et l’ écho répercute : “ Ise u lt ! „ — “ Sous les sombres ifs\n„ ton cœur entend-il, sanglotés au luth , mes appels p la in tifs ?\n„ A h ! t’en souvient-il, dans le navrement de ta n u it profonde\n„ de ces soirs d’ amour où mon bras p ressa it ton langoureux\n                                                                 [corps ?\n„ où Morgane fit ruisseler ses ors sur ta tresse blonde,\n„ quand mon luth berçait ton sommeil léger de ses mois accords ?\n„ A h ! reviens danser, comme aux soirs d’ amour, sous les hauts\n                                                         [ genièvres ! „\nE t la brise geint sur Tristan pâmé de languides fièvres !\n\n\n\nI l dort ! et sur lu i tourbillonne en songe un cercle de feu.\nM ais un enfan t blond, souriant, l’ appelle au paradis bleu.\nE n robe étoilée, apothéotique, une forme blanche\nglisse doucement : “ Is e u lt ! „ c’est Iseu lt que voit son ami !\nun baiser de glace effleure le fr o n t du barde endormi :\nsur son cher Tristan, sylphe floconneux, la Vierge se penche :\net le lendemain, sous le haut genièvre , un pâtre en songeant\n V it ce corps roidi que la lune pleure en larmes d’ argent !\n\n\n      1886.                               A c h i l l e D ELA ROCH E.\n"}, {"page_pdf": 419, "texte": "                     POÈMES IRONIQUES.\n\n                                                    X.\n\n. . . u n s ile n ce é n o rm e e t r ig id e ...        P our A lb ert Mockel.\n                            Albert      Mo ckel.\n\n\n\n\n   Quand son Am ante eut exhalé, en un long et\ngémissant soupir, le souffle dernier de sa vie, avant\nque le pas lourd des ouvriers de la mort eût retenti\ndans les longs corridors de la maison déserte,\nil posa son front pâle sur le front du cadavre, comme\npour communier avec sa pensée.\n\n  Apre et hagard et trébuchant, il descendit les\nlarges escaliers. Son pas sonna sur les dalles des\nvestibules, hésitant et incertain. Alors, il s’enfuit à\ntravers la campagne, pleurant et maudissant le ventre\nde sa mère.\n\n   — Jusqu’à ce qu’il entrât dans une forêt noire.\n\n   L ’horizon était noir et partout bordé de lointains\nprofils d’arbres ; — la voûte de la forêt impénétrable\nà la vie bleue du ciel. E t l’Amant se dressa, debout\nle long d’un chêne au tronc noir et velu; il étendit\n"}, {"page_pdf": 420, "texte": "    Poèmes ironiques.                                 381\n\n\nlargement les bras comme pour étreindre la forêt, et\nd’une voix douce, il l’implora :\n\n\n   Masse impénétrable et silencieuse, manteau d’ou­\nbli, tombe étem elle et insatiable, et génitrice de\nl’anéantissement.\n\n   Ouvre-moi ton sein, ô forêt, ton sein de terre légère.\nQue ton sol me couvre, rigide et froid comme les\nchevaliers de pierre couchés sur les tombeaux. Que\nles racines de tes grands arbres m’enveloppent comme\ndans un suaire. Mais n’étends sur moi nul poids qui\nm’oppresse. Rien que le terreau des bruyères, la\ncaresse des lianes et la mollesse des mousses, que le\npas élastique et doux des chats sauvages et des\nlouves : afin que mon sommeil ne soit point troublé.\n\n\n   Forêt, étends sur moi la paix de ton dôme de\nverdure et la moiteur de ton tapis de feuilles mortes.\nQue ta placidité sombre fasse à mon cadavre inquiet\ncomme un manteau d’oubli. Que la lourde humidité\nde ton silence défende mon éternel sommeil contre les\nailes diaphanes des songes. Ah, dans la mort que je\ncherche, ah Forêt, donne-moi l'abolition.\n\n\n  Fais descendre en moi ton atmosphère sourde et\ntranquille que jamais les vents n’agitent et qui ne\n"}, {"page_pdf": 421, "texte": "382                                    L a Wallonie.\n\n\n\nconnaît le chant ni la lumière. Que ta paix sereine\nglace mon cœur. Que ton sein m’absorbe et m’abo­\nlisse. Sois mienne et que je sois tien.\n\n\n\n  Il avança de quelques pas encore et par un geste\nlent joignit ses mains sur sa poitrine comme pour\nattester qu’il avait souffert. Il se coucha rigide et\nfroid, les yeux fermés, s’abandonnant. E t il fut Mort.\n\n\n\n  Alors on eût pu voir une force mystérieuse pal­\npiter dans la forêt sombre. Les racines des grands\narbres joignant leurs flottantes chevelures. L a terre\nlégère du sol se rida comme un lac à la brise du soir\net comme une marée lente envahit le cadavre froidi.\nLes feuilles sèches poussées par un vent de mort\nenlacèrent une ronde métallique.... Mais tout étant\ncouvert, l’antique forêt se rasséréna.\n\n\n\n  E t l’on n’entendit plus que le bruissement vague\ndes vieux chênes, penchant l’un vers l ’autre leurs\nlarges frondaisons touffues, comme pour endormir le\nBien-Aimé.\n\n\n  — Qui dort Anéanti.\n"}, {"page_pdf": 422, "texte": "    Poèmes ironiques.                                383\n\n\n\n\n                          XV.\n\n\n    J ’ai scruté le douloureux secret et découvert le\nbut certain de ma force. Je sais la fleur fatale où\ns’épanouira le parfum de ma vie et son essence — la\nmort. — Pour saisir les arcanes de la déesse grise,\nj ’écouterai les pleurs des humains et verrai les san­\nglots des mourants. J ’ébranlerai les portes de\nbronze des tombeaux sourds ; je heurterai mon front\n aux murs humides des caveaux sombres afin que\nleur écho pâle me révèle le dernier mystère. Alors,\nj ’entendrai l’herbe pousser sur les fosses, et songer\n les morts.\n    E t je t ’épouserai, ma chaste fiancée, la Fée froide\n et Eternelle.\n\n                                G a s to n   VYTTALL.\n"}, {"page_pdf": 423, "texte": "                MER MONTANTE.\n\n                                             à Gaston D ubedat.\n\n\noù l’imm émoire d ’estuaires d’angles lent\nT onnants de houle est dans le vol du goéland.\n\n\n\n\nOrs et néants du vêpre et le germ e sanglant\nse perdaient-ils v itaux en la n u it d’aventures :\net longtem ps étran g eait les lum ières allant\nn a rra n t que m aternel est le ventre du vague,\nla m ontée en proie à l ’espoir sem piternel\nde la m er v égétant de phosphore et de vague :\n\noù l’immémoire d’estuaires d’angles lent\nT onnants de houle est dans le vol du goéland.\n\n\n\nle v ent de la genèse et des prim es natures\ninstam m ent et longtem ps diurn em ent p a rt et\nA ssaille quels vœ ux vers des lim ites d’a rrê t\nstagnant, et la m er pleine h au t\n                                   (mais où des doutes !\noù la mémoire d’estuaires d ’angles lent\nTonnants de houle est dans le phare désolant),\n\nT onnante et qui s’éparre en spum antes déroutes\nm onte vers les am as pétrés et dans les nuits\n"}, {"page_pdf": 424, "texte": "     M er montante.                                             385\n\n\nTortionnés des Ages loin et sépultures\ngéologiques de m onstres et leurs ennuis,\nM onte sanglots d’une plangueur et sous leurs voûtes\nT onnant e g rand !\n\n\n\n                              et, que native vers les nuits !\nToute ! et qu’em preinte aux ondes des gloires m ûries\net longues du soleil n a rra n t que m aternel\nest le ventre du vague en p alpitant l ’énorme\nondulem ent : la vie a haut, passant la norme\nde g ran it nuitam m ent qui s’enorgueillissait\nde l’âpre pierrerie et d ’astres d’astéries,\nla vie a h a u t ah ! sangloté plus haut, qui sait\nqu’elle est le droit saignant de ses vagues m eurtries.\n\nH orizontale dans la largeur large allant\noù l’imm émoire d’estuaires d’angles lent\nTonnants de houle est dans le vol du goéland:\n\nT onnante et qui s’éparre en spum antes déroutes\nelle a h au t dominé les am as des ennuis\net m onte rad ian te au phare désolant :\net, sur quel angle morne qui vainquait,\n                                               s ta tu re\ném ergente vénuste en vague de nature\nl’Aimée est dans les nuits, vitale !\n                                      lorsque sait\nqu’elle est le d ro it saignant de ses vagues m eurtries,\nla m er ventre du vague énorme et m aternel.\n     Côtes de St-Palais, Août 88.\n                                                  R e n é G H IL .\n"}, {"page_pdf": 425, "texte": "         L E JO U EU R D ’ORGUE.\n\n\n                      ( c r o q u i s .)\n\n\n\n\nEcolier          ravi par l’embrasement des fenêtres\n           où se mirait un beau soleil d’août, je chemi­\n          nais lentement entre deux baies touffues,\n          m’arrêtant de temps à autre pour recueillir\nl ’épi subtilement agrippé par une ronce au passage\nde quelque charretée de blé, quand m’arrivèrent aux\noreilles les notes langoureuses d’un orgue de barbarie\nqui se vidait de ses valses sous le porche de la ferme\nvoisine.\n    Après deux minutes d’une course folle, je me\n trouvais haletant, auprès du joueur d’orgue.\n    C ’était un homme de haute stature, râblé, muscu­\n leux, vêtu d’une jaquette étriquée et d’un pantalon\n dont les jambes, effiloquées dans le bas, couronnaient\n de franges des souliers béants auxquels deux cordes\n servaient de lacets. Sa casquette de soie, qui lui\n venait aux oreilles, laissait passer deux ou trois\n mèches de cheveux châtains au bout desquelles\n"}, {"page_pdf": 426, "texte": "    Le joueu r d’ orgue.                             387\n\n\noscillaient quelques brins de paille provenant, sans\ndoute, de la gerbe qu’on lui avait libéralement oc­\ntroyée la veille au soir pour s’en faire un matelas.\n  Travailleurs et travailleuses avaient suspendu leur\nbesogne et, groupés autour du joueur d’orgue, balan­\nçaient lentement la tête tandis qu’un vague sourire\nde bonheur écartait un peu leurs lèvres où la pous­\nsière des fenils et des granges avait tracé deux raies\nnoires.\n  Dans un silence d’église où l’on officie, seuls, l’air\nplaintif de l’orgue et les hurlements du chien mon­\ntaient vers le ciel bleu. Une fillette, mi-vêtue et pieds\nnus, tendait sa petite main terreuse aux auditeurs.\nQuelques-uns tiraient du fond de leur poche une\nbourse en toile grise et payaient deux centimes le\nplaisir d’entendre un peu de musique.\n   Le joueur d’orgue, l'œil fixé sur le toit d’en face\noù le soleil lustrait de ses rayons les plumes soyeuses\nd’une volée de pigeons, raide, froid, automatique,\ntournait lentement de la main droite, la manivelle\nde son instrument, tandis que son bras gauche, qui\nse terminait par un moignon emboîté dans une gaine\nde cuir, oscillait le long de son corps avec la régula­\nrité d’un balancier.\n  Cela dura cinq minutes. L e joueur d’orgue ne\ndesserra pas les lèvres, mais le pli qui lui coupait\nverticalement le front entre les sourcils s’approfondit\ninsensiblement. Peut-être sa volonté bataillait-elle\n"}, {"page_pdf": 427, "texte": "388                                         L a W allonie.\n\n\n\ncontre sa pensée, de crainte que celle-ci, chevauchant\nles notes qui filaient, invisibles, vers le ciel azuré, ne\ns’entretînt là-haut avec les menteuses illusions et les\ndécevantes chimères.\n   Quand il eut fini, il fit sauter d’un coup de hanche\nl’orgue sur son dos, puis, plié en deux, l’épaule\ngauche creusée par la courroie de son instrument,\nil gagna, suivi de sa fillette, le chemin poudreux. —\nLes ouvriers, toujours muets, le regardèrent s’éloi­\ngner. E n allant reprendre sa besogne, l’un d’eux\nmurmura : “ C’est sans doute un Français qui a eu la\nmain emportée à Sedan. „\n\n                                H u b ert   K R A IN S .\n"}, {"page_pdf": 428, "texte": "               RONDE.\n\n\nl’ombre du bleu perron,\nA\nP a r les lis roses et les lauroses,\nL es amours dodus dansent en rond\nComme en un crépuscule de roses.\n\n\nCuls vermeils, orteils en l’ a ir,\nF ou s du tumulte de leurs culbutes,\nIls se bousculent dans l’azur clair\nA u rire des fifres et des flûtes.\n\n\nE t lorsque l’heure du soir\nS ’empourpre de lueurs d’ auréoles,\nEntrelacés, ils se laissent choir\nL ’ aile lasse, en leurs lits de corolles.\n\n\nCependant que lentement,\nD a n s le parc où pâlissen t les marbres,\nL a v oix lointaine d’ un instrum ent\nS ’ étouffe en le silence des arbres.\n"}, {"page_pdf": 429, "texte": "             V IL L A N E L L E .\n\n\nl’heure où la rosée arrose les lilas\nA\nE t l’ aurore, en le lac , rougit les eaux moroses,\nQuel désir de m ourir émeut ton cœur si las ?\n\nL e bal a défloré tes légers falbalas,\nE t te voici rêvant aux soirs des baisers 7-oses,\nA l’heure où la rosée arrose les lilas.\n\nPâle, et tes cheveux d’or épars en leurs longs lacs,\nQuand tu veilles ainsi sur le sommeil des choses,\nQuel désir de m ourir émeut ion cœur si laa ?\n\nL a musique n ’est p lu s des lum ineux galas,\nH élas ! et l’ ombre afflue au seuil des salles closes\nA l’heure où la rosée arrose les lilas.\n\nL e vent dans les roseaux s’éplore en morne glas :\nIras-tu dire aux eaux moroses, si tu l’ oses,\nQuel désir de m ourir émeut ton cœur si las ?\n\nM ais le sais-tu toi-même, amante d’au-delas,\nD o n t l'âme a réveillé l’ âme des vieilles roses\nA l’heure où la rosée arrose les lila s,\nQuel désir de mourir émeut ton cœur s i las ?\n\n                                St u a r t   M E R R IL L .\n"}, {"page_pdf": 430, "texte": "                 NOTES               A      PARIS.\n\n                                                   10 décembre 1887.\n\n\n\n\n       i\n       Fesse     gnr is e   d ’h iv e r n a le\n       s i d é li c ia n t e !\n                                                 m a t in é e p a r is ie n n e ,\n\n\n           Flânerie voluptueuse, au hasard, par les\n         grandes rues ; pendant que se dégourdissent\nles jambes en une étirante mollesse d’allure discrète,\net que modérément volète l ’irrégulière pénétrante\ncaresse d’une sourdine de causerie.\n   Nous sommes deux. Des flèches de visions fuyantes\nagréablement percent la sensibilité en éveil : parfois\nse détache plus visible un infini développement de\ntoitures de fiacres, s’en allant mornes, ternes et\nplates, lourdes ou actives.... s’éparpillant.\n   E t roule — et roule, et roule, et sempitemellement\nmonte et roule, roule et dévale, et presque tout à fait\nse perd et roule encore le grondement des roues,\nparfois vivant pour l’ouïe seule, parfois emplissant le\nregard d’un papillotement trouble de rais, en même\ntemps que, plus assourdissante, la rumeur envahit le\ncrâne et l’ébranle.\n"}, {"page_pdf": 431, "texte": "392                                      L a Wallonie.\n\n\n\n  Lente, croît une griserie de nerveux bien-être.\n   P ar l ’entrelacement de phrases discutantes, tremble\net s’embue la notion juste du chemin. Pour moi,\nl’ignorance de but en la promenade n’est qu’une\naugmentation de jouissance vague; je vais, dans une\ntoujours plus croissante somnolence du souvenir des\nrues.\n   Et, un moment, tout sombre dans une plénitude\nd’oubli; excepté un lointain charme des yeux, que\nremplit quand même cette subtile insistance d’atmo­\nsphère si doucement grise.\n Humidité pas excessive, d’une engluante fraîcheur\n— duveteuse.\n   Soudain, dans une rue, pour moi quelconque —\nsuivant depuis quelque temps l’ami d’une allure\nmachinale — j ’éprouve l’étonnement d’un corridor\nde porte-cochère dans lequel je suis entré sans\npresque m’en apercevoir. Du coup, disparaît même\nl’oculaire jouissance de cette grise amitié d’air. On\nmonte : et déjà me détend une artificielle chaleur de\nserre. Propreté confortable et silencieuse, épanouis­\nsement d’un charmant égoïsme de délicats et tièdes\népidermes.\n   Encore vague, trouble, la mémoire, revenant avec\npeine de lointains immobiles marécages, où elle\ns’oubliait et stagnait. E t déjà les lèvres s’ouvrent\npour demander vers quelle moelleuse cachette de\nfemme l’ami nous mène; mais l’ami, délicatement, a\n"}, {"page_pdf": 432, "texte": "    Notes à Paris.                                   393\n\n\npoussé une élasticité d’épaisse porte, et nous plon­\ngeons en une finesse douillette de chaudes ondes de\nparfums, qui vaguement me fait imaginer le délice\nd’une macération savante de féminine chair en les\ncomplications quintessenciées d’odeurs.\n   Surgit presque, devant l’imagination flattée de\nvisions sensuelles, une nervosité pâle de fluette pari­\nsienne; et le rêve de plus en plus s’aristocratise dans\nune précipitation de déductions idéales, pendant\nque, en quelques secondes, à la suite de l’ami silen­\ncieux, je traverse cette suggestive antichambre\nsobrement voluptueuse.\n   Mais s’écroule la sympathie de l’imaginaire écha­\nfaudage, et presque désagréablement mon attention\nconstate la transformation de l’amoureux rêve en\nune réalité de commençante boutique. Cette exquise\nenjôleuse préparation d’embaumées tiédeurs n’aboutit\nqu’à une salle où se rangent, en l ’attente, des batail­\nlons de flacons soignés, un débit de marchandise\nparfumeuse, qu’offrent aux chalands deux correctes\nsilhouettes, dans une politesse à peine chuchotante.\n  L ’ami ayant fait des emplettes, nous sortons. Et,\ndans les rues, longuement, je songe encore, avec un\ncurieux sourire intérieur, à ce hasard de rêverie, à\ncette illusion de supérieure jouissance sensuelle, dont\na su, pour un moment, m’inonder l’intelligent fard\nd’une boutique parisienne, où cependant, en réalité,\nne trône que la matérialité pure du dieu Commerce.\n"}, {"page_pdf": 433, "texte": "394                                    L a W allonie.\n\n\n\n      20 décem bre                      Ca fé de Paris.\n\n\n   En l’attente de l’heure du dîner, devant un verre\nde madère : cherchant à combattre une persistance\nde cruel ennui par une promenade inquiète du\nregard.\n   Visages usuels, inutiles.Rengaine d’actions niaises,\nécœurante fadeur de sourires banals. Quelque peu\nsympathique — à peine ! — sur ma table, la douce\ntransparence du vin dans cette légèreté silencieuse­\nment amicale de calice.\n   Si ternes tombent sur le marbre et s’éparpillent\ndes cendres de cigares. E t, d’une souplesse lente,\nnage et monte, et se déroule et s’amincit et monte,\net se gonfle et se subtilise et monte, et monte et\ns’évanouit la molle tristesse de la fumée, elle aussi\npitoyable et nulle en la vacuité immensément morne\nde l’heure.\n   Mais un vague intérêt s’accuse là-bas, dans un\nangle de salle, où, d’abord, ne tente qu’une somno­\nlence sourde et lourde de grenat : la haute et large\ntenture qui sur le vitrage se repose. U n obstacle de\ncrédence et de dressoir cache, de ce coin-là, le\ncarreau, les tables. Et, sur un marbre supposé, ne se\ndétachent pour l’œil que des têtes parfois remuantes.\nEncore, on n’aperçoit, de chair, que deux visages\nféminins ; quant aux hommes, apparaissent seules\ndes actions de chapeaux de soie, comme un automa­\ntisme de coiffures se penchant, écoutant immobiles,\naffirmant, niant...\n"}, {"page_pdf": 434, "texte": "    Notes à Paris.                                    395\n\n\n   P ar les garçons qui passent apparues et disparues,\nces têtes féminines ne cessent de pénétrer d’un tou­\njours plus v if intérêt le regard, dans la générale\ninsignifiance n’ayant trouvé qu’en elles une excep­\ntion de saveur. E t s’accentuent, à travers les vides\ndu dressoir, ces vivacités parisiennes, qu’une compli­\ncation d’harmonie subtile enveloppe et anime,\ntoujours d’une si nerveuse attirance ! — Vibrent\nd’un inquiet fard d’intelligence ces physionomies.\nL ’une, frêle et si pâle, frissonne d’un tourment de\nsourire d’éclairs ; rose — mais pâlement rose —\nl’autre, avec, dans les pétillements des yeux, de plus\njoyeuses franchises. E t la rose s’enjolive, aux\n oreilles, de menus diamants, qui paraissent souvent,\npar de minces lumineux dards, vivre d’une étrangeté\nirrationnelle et chatoyante de babillage.\n   Lentement, par l’approche de l’heure du dîner, les\n dressoirs et un buffet à la blanche nappe, naguère\npresque dégarnis, se pomponnent d’un étalage de\nvictuailles. Un empressement de tabliers blancs et\n de gestes noirs s’agite tout autour, avec une prodi­\n galité de soins vifs. Enfin, festonnés de fruits, fleuris\n de pâtés, enguirlandés de sauces, ces meubles de­\n meurent dans un isolement de triomphe, riches de\n sourires allécheurs, vibrant des invites de gourman­\n dises raccrocheuses à l’affût des estomacs blasés.\n   Mais vite l’œil, en l ’indifférence pour ce cuisinier\n étalage, par dessus saute et se glisse vers cette\n unique persistante attirance de coin à demi caché,\n"}, {"page_pdf": 435, "texte": "390                                      L a W allonie.\n\n\n\noù continue de se jouer la comédie étrange et déli­\ncate de chapeaux masculins et de féminines têtes. —\nMaintenant, les chapeaux de soie sont raisonneurs,\ns’inclinent avec une illusion d’insistance d’arguments,\ntout à coup se renversent, comme dans le plaisant\ndésespoir d’un raisonnement subtil qui se bute et\néchoue contre une joliesse d’entêtement. Cependant\nque, en effet, les deux vivaces têtes des femmes\nsemblent s’électriser d’un refus sourieur, les yeux\nremplis d’un badinage de lumières confuses, les\nnoires petites capotes si coquettement remuées.\n   Agonise, au fond de l’élancé calice, la transparence\nd’une goutte dernière.\n   U n plus actif bruissement, derrière mes épaules,\nagite l’Avenue, convie à la respiration d’une fraîcheur\nd’air; j ’obéis — je sors.\n   Et, dans l’Avenue, un moment, sous la secousse\nde la large retentissante vie au plein air, la vision de\ncette heure de Café soudainement croule, s’éparpille,\nse perd.\n\n                               M a rio   V A R V ARA.\n"}, {"page_pdf": 436, "texte": "         CH RO NIQU E L I T T É R A I R E .\n\n\n\n                  CONTES PO U R L ’A IM ÉE\n\n   p a r MAURICE SIV ILL E.   Illu stra tio n s d’E m. B e r c h m a n s .   Liége,\n                         Aug. B én a rd , 1 8 8 8 .\n\n\n    Im aginez un E spagnol profondém ent liégeois. P our beau­\n coup, c’est assez difficile. Mais pour ceux qui ont vu M aurice\nSiville dans l’intim ité , p ar exemple à m aintes joyeuses\nréunions des W allonie , place du T h é â tre , rien de plus aisé.\nE t ils diront que ce n ’est pas tout, que cet E spagnol est\nun homme extraordinairem ent... polygone, où d’im prévus\ncontrastes sem blent s’être donné un rendez-vous narquois et\nbrillant. L ’incarnation de plusieurs coq-à-l’âne enchevêtrés\ndans une m ystérieuse harm onie ! U n W allon en résulte non\nseulem ent spécial, m ais encore renforcé. D ire tous ses\ncontrastes serait long. Siville ouvre la bouche: vous entendez\nto u t d’abord une énorme voix qui fa it vaguem ent p ressen tir\nl ’oracle de D elphes ; mais, ô rassu ran te surprise! au lieu des\nsolennelles vaticinations de la pythie, il ne so rt de c e tonnerre-\nlà que des choses charm antes et légères, — comme des oiseaux\nqui s’envolent hors d’une caverne. Car, et c’est toujours un\ncontraste, Siville a résolu ce problèm e d’avoir l’air grand\nd’E spagne sans posséder un grain de morgue. Mais, cela v a\nsans dire, comme nous tous, il possède là-bas un château. Ce\n"}, {"page_pdf": 437, "texte": "398                                             L a W a llon ie.\n\n\n\n château est une chaum ière — et son cœ ur ! — ainsi qu’en\ntém oignent les Contes pour l'Aim ée. Si je néglige d’ajouter\nqu’il possède aussi une mandoline, toujours adroitem ent dis­\nsim ulée dans les grands plis de son m anteau, c’est que tous\nles prom eneurs de Liége, y compris A ndré D um ont, savent\np arfaitem ent cela. M aintenant, si on exam ine Siville au\npoint de vue du trom blon, le Liégeois re p a ra ît : son am énité\nlui in terd it l’usage d’un instrum ent tro p dépourvu de grâce\net de mélodie. A l’in star de l’A rm ande de Molière, Siville ne\nveut ressem bler à l’E spagne que p ar les beaux côtés. S’il a\njam ais détroussé quelque chose, ce n ’est pas une diligence.\n   F au t-il encore des contrastes sivillans (ne pas lire sévil    ­\nlans), j ’ajoute que notre am i a beaucoup voyagé en carosse\nd’or dans la Bohème, qu’il mêle en to u t et p arto u t le sans-\ngêne à la coquetterie, la bonhomie à la distinction, qu’on\ntrouve en lui de l’étudiant, de l’aïeul, du conspirateur, du\nm uguet, de l’homme d’affaires et que toutes ces choses-là, et\nd’autres encore, ne l’em pêchent nullem ent de n ’avoir que\nvingt-quatre ans. S’y retrouve qui peut. P our moi, M aurice\nSiville n ’est pas un homme, c’est un nouvel ordre d’archi­\ntecture com posite !\n   T rès souvent, on a vu des ordres d’architecture, composites\nou non, inspirer des livres, et même des livres qui s’étaient\ndonné le mal d’être soporifiques. Mais une chose à coup\nsur nouvelle et inattendue, c’est de voir un ordre d’archi­\ntecture produire un livre, un p e tit livre qui, chose rare, —\nmême chez les gros ! — néglige absolum ent d’être ennuyeux.\n   J e ne m ’a tta rd e pas au luxe de l’édition. C hacun le tro u ­\nvera exceptionnel. Ni même aux jolies vignettes capricieu­\nsem ent semées p a r E m ile B erchm ans, un jeune e t conscien­\ncieux artiste en qui une sorte d’injection du p arisien W illette\n"}, {"page_pdf": 438, "texte": "     Chronique Littéraire.                                      399\n\n\ndans des conceptions à l ’A dolphe M enzel tran sp a raît sous\nune recherche atten tiv e des tonalités nuancées propres à\nnotre pays.\n   Q uant au profil de m édaille renaissance qui lève dans les\npalm es sa grâce p u iss a n te , im perceptiblem ent pim entée\nd’exotisme, qu’oser en dire sans être trop indiscret ou trop\ninsuffisant ? C’est chose d’une redoutable délicatesse que de\nparler de la L au re dont on n ’est pas le P étrarque — su rto u t\nle P étrarq u e destiné à devenir le seigneur H ugues. J e\nme félicite singulièrem ent de ce que cette L aure-là n’ait pas\nbesoin de com plim ents, moi qui n ’ai jam ais su en faire !\n   M aurice Siville ne révèle guère qu’un de ses côtés dans les\nContes p ou r l'Aim ée, m ais c’est le fondam ental — et le plus\nnécessaire ici : une sentim entalité frôlem ent gracieuse.\n   Oui, du fond de cette nature variée et d’aspect un peu\nhau tain que m ontre à sa tab le Berchm ans, so rten t cons­\ntam m ent, comme une source d’un bois, les ondes d’une rare\nbonté pleine de bonhomie. C ette absence d ’artifice et\nd’âpreté m arque to u t ce qu’il écrit d’une trè s douce sim plicité.\nTémoin les quelques gouttes de ces ondes qu’il nous présente,\nen m anière de préface, dans sa fluette coupe de cristal :\n   „ A chacun il est advenu de retro u v er — oubliée de\nlongue date au fond d’un tiro ir — une photographie sienne\n où l’on se revoit enfant, en la gauche attitu d e des années\n prem ières. L ’on sourit, m ais on l’enserre à nouveau pour la\n seule raison qu’elle est soi.\n   A insi de ce livre.\n   Sans ajoutes ni retouches vers l’Aimée je laisse s’envoler ces\n Contes, phalènes écloses au souffle d ’un printem ps d’am our. „\n   P resque to u t le livre est en germ e là-dedans. Mais il y a\n plusieurs m anières d’être simple et gracieux, et Siville a la\n sienne.\n"}, {"page_pdf": 439, "texte": "400                                           L a W allonie.\n\n\n\n   D ans le groupe déjà com pact qui s’est révélé comme p ar\nenchantem ent autour de la W allonie, il ap p araît le plus\nexclusivement latin des prosateurs et, si je ne m ’abuse, des\npoètes aussi; sans être pour cela moins W allon que les\nautres.\n   I l a d’incontestables affinités avec certains conteurs fran ­\nçais, ceux de la lignée d’H égésippe M oreau et de Charles\nNodier. E t s’il fau t chercher un cousinage chez les vivants,\non songe im m édiatem ent à René M aizeroy et à A ndré\nT heuriet. Ce n ’est pas qu’il ne pousse à l’occasion une pointe\nvers les conteurs à la Boccace, mais si im perceptible, et il\ns’arrête si vite effarouché ! T heu riet m êlant son rêve cam­\npagnard au rêve citadin de M aizeroy dans une m iniature —\nune m iniature où sur fond de paysages confondus resso rt un\nfier et charm ant sourire enguirlandé de gram inées, de camé­\nlias et de pervenches —· voilà qui donne idée approxim ative\nContes pour l'Aimée.\n   On se figure aussi no tre Nicolas Com haire plus a rtiste et\nrevu dans un salon, à travers la physionom ie moins a r ti­\nficielle du conte m oderne — généralem ent fait, qu’il soit\nb ru tal ou tendre, d’exactitude et de déception.\n   L e sujet chez Siville est réduit à sa plus simple expres­\nsion, et ses contes sem blent de courtes idylles actuelles,\nsonnant vrai. C’est un de ses m érites, d’avoir et de ne jam ais\nperdre ce ra re accent de sincérité dont la singerie chez de\ncélèbres conteurs français — souvent chez D au d et même —\nest si insupportable. L oin d’être un n aïf voulu, Siville est\nsincère sans seulem ent y songer.\n   C’est cette absence de pose, de “ tru c    d’effet — et cette\ndiscrétion cordiale portée jusque dans l’indiscrétion même\n— qui le rattach e à notre race.\n"}, {"page_pdf": 440, "texte": "          Chronique Littéraire.                                                                    401\n\n\n     L a form e aussi. L ’auteur des Contes pour l'Aimée n ’a pas\n l ’afflux des sensations instantanées et divergentes qui semble\n une des p articularités du génie w allon; ni cette obsession\n des épouvantables et savoureux m ystères de la n atu re de la\n m ort qui nous rattach e à la grande poésie du Nord; il a, légè                                         ­\n gem ent embrumé, l’am our d’H orace et de R onsard ; m ais il\n n ’a pas non plus la phrase exclusivem ent idéale du F ran çais\n n ’em ployant l’image que pour éclairer sa pensée: sa p hrase\n est constam m ent et comme inconsciemment p ic tu ra le . Son\n léger et continuel coloris s’égrène en paillettes fluides\n comme des ailes de tipules dans l’or doux d’un rayon cré­\n pusculaire.\n     Considérées dans leur ensemble, ses ân e s phrases appel­\nlent la vision rêveusem ent rian te d’une rosée sur une pelouse\nrase dans la pâleur de l’aube.\n    Chaque conte de Siville ap p araît comme un œ illet p a r lui\n“ trouvé „ selon le m ot des botanistes, œ illet qui se nuance\nim perceptiblem ent de religiosité dans Prière, de deuil dans\nChambre close, de finesse dans Giovanna. D ’où une unité que\nte l conte un peu étran g er contrarie, m ais ne d é tru it pas, et\nque résum e heureusem ent ce joyau final, L a seule E to ile :\n\n\n    « Le v e n t m ’a p p o rte les fum ées de         Liége qui ré v e illo n n e , e n ce soir\nde décem b re.\n   J e re g a rd e :\n   Se d é co u p a n t s u r la m asse des bois lo n g -c o u c h é s, l’h o rlo g e d e la g a re\nde K inkem pois,        v u e de profil, p a ra it u n o iseau fab u leu x ve illa n t s u r le\nsom m eil des g u in g u e tte s é ch elo n n ées s u r la riv e .\n   D isp aru le quai de F ra g n é e d e ja d is e t ses m aiso n s, g ra n d e s pas plus\nqu e des jo u e ts d’e n fa n ts, d o n t c e rta in e s se re c u la ie n t p a r c ra in te de\nto m b e r d a n s l’e a u fl u a n t p ro c h e , e t d’a u tre s se p e n ch a ie n t p o u r m ieux\n"}, {"page_pdf": 441, "texte": "402                                                                       L a Wallonie.\n\n\n\nv o ir les em b a rc atio n s q u i, au co u rs des jo u rn é e s e stiv a le s, c ô to y a ien t le\nvieu x m u r d o n t c h aq u e lézard e é ta it u n nid d 'h iro n d e lles\n\n   La M euse c o u le , sile n cie u se ; il y a d an s ses eau x com m e u n e jo n ­\ngle rie d e lu n es e t les p e u p lie rs q u i, d’u n c ô té , la b o rd e n t, p o in te n t h a rd i­\nm e n t v e rs le ciel où b rille, seu le , u n e éto ile.\n   E t je p e n se :\n   D ans m on ciel a u ss i, si loin q u e se re p o rte n t m es s o u v e n irs, une\néto ile b rille, SEU LE. »\n\n   M aintenant... in cauda venenum.\n   On peut éplucher m aintes expressions hasardées et ju g e r\nsévèrem ent m aintes pages — telles les treizièm e et qua­\ntorzièm e — qui sem blent de lourds hannetons parm i les\nphalènes, des pissenlits parm i les oeillets\n   Nous attendons enfin que l’a r t des Contes pour l’ Aimée se\ncreuse davantage Mais qu’im porte à l’auteur ! Mais qu’im­\nporte à l’am our ! Beaucoup voudraient refaire les pages\nmoins larges de la vingtièm e année, au prix de l’exquise\naurore qui leur donna naissance. D ’ailleurs, l ’arôme d’ingénue\nélégance qui se dégage ici, le jeune écrivain le retrouvera-\nt-il si ingénu ? Comme je le lui souhaite ! H élas ! l’enchan­\nteresse et indicible physionom ie de l’adolescence se modifie,\ne t c’est une douleur des âges suivants de ne pouvoir jam ais\nbien la récupérer. M aurice Siville se développera encore\npour nous; mais puissent les Contes p our l'Aimée reste r son\nenfant préféré, dirais-je, si je ne savais trop l’inutilité d’un\ntel souhait !\n                                     C è l e s t i n DEM BLON.\n"}, {"page_pdf": 442, "texte": "     P e ti te chronique.                                          403\n\n\n\n              P E T I T E CHRONIQUE.\n\n   L e G il B la s, dans un de ses derniers nos, faisait appel aux\nlittérateu rs, aux journalistes, à tous les parisiens soucieux\nd’a rt pour s’un ir à tous ses collaborateurs dans u n grand\nbanquet qu’il voulait offrir à Camille Lem onnier, à l’occasion\ndes poursuites dirigées contre lui p ar le parquet français.\n   Nous apprenons que l’écrivain a décliné cet honneur.\n   L a date de cette m anifestation et son caractère public lui\ndonnaient, en effet, une allure de défi qui ne pouvait s’accor­\nder avec la réserve et la dignité de l’artiste.\n   Si une réunion a lieu, non pas avant, m ais après le procès,\nelle sera to u t intim e et n e se composera que de quelques-unes\ndes illustrations littéraires de P aris, soucieuses de donner à\nCamille L em onnier et aux deux défenseurs de la cause qu’il\nsoutient, un fratern el témoignage de sym pathie.\n                                                   (A r t Moderne.)\n\n\n\n\n   L e 21 octobre a eu lieu, à Bruxelles, une cérémonie de\nSouvenir à Charles H enry de Tombeur, m ort depuis un an.\nC harles de Tombeur fut directeur de la Basoche , de laquelle\nla W allonie est très proche paren te ; et, bien que te n té su rto u t\np ar les naturalistes, il eu t assez de clairvoyance et de largeur\nd’idées pour donner en sa revue une grande place aux\nm odernistes. I l av ait su grouper de loin, ces poètes : René\nGhil, S tu art M errill, Georges Khnopff, P ierre Quillard, Je a n\nA jalbert, E phraïm M ikhaël, A uguste V ierset, G régoire Leroy,\nRodolphe D arzens, Je a n L orrain ; en prose, A rnold Goffin,\nCélestin Demblon, H ector Chainaye, E rn est Mahaim, L uc\n"}, {"page_pdf": 443, "texte": "                                              La   W a llon ie.\n\n\n\n M alpertuis, M aurice Frison. E t, parm i les plus anciens,\n Camille Lem onnier, Edm ond P icard, C atulle Mendès. L a\n Basoche publia, la prem ière, le T raité du verbe, de R ené\n Ghil.\n    Charles de Tombeur, qui se répandit en nom breuses chro­\nniques dans les journaux, donna peu de chose à sa revue, —\nj ’entends peu de pages écrites. Quelques critiques littéraires,\n et quatre nouvelles seulem ent, parm i lesquelles deux fu ren t\nim prim ées sous pseudonyme. L a grâce de D ieu est un conte\npaisible qui rappelle un peu le Camille L em onnier de la\nprem ière manière; c’est aussi la m eilleure page de Charles de\nT om beur; dans la principale des nouvelles sous pseudonyme,\non le sent tiraillé p a r l’influence des m odernistes, aux prises\navec l’influence des naturalisan ts.\n    Mais ce que C harles de Tombeur eut surtout, c’est l’iné­\npuisable faculté du dévoûm ent, une activité que rien ne brisait,\ndes talen ts de ch ef au plus h au t degré. Ceux qui l ’ont connu,\nse rappelleront avec émotion cette franchise abrupte et cor­\ndiale, et toute l’ingénue bonté cam arade que ses paroles\nten d aient aux sym pathies comme des poignées de main. Mais\nil ne sied pas, ici, d’insister, — p ar respect.\n    Charles H enry de Tombeur est m ort à 23 ans.\n                                                        A. M.\n                                  *\n                                 * *\n   M onsieur Silvain D upuis nous annonce du nouveau, et\nv raim ent de bon neuf, nous dit-on. Il organisera cette année\nune série de concerts populaires, donnés en m atinée. Bravo\npour les matinées qui nous débarrasseront du chic mondain,\ndes toilettes trop attiran te s, et du p etit babil tapageu r des\nprem ières loges. M. D upuis entend faire la p a rt grand e aux\nœ uvres de l’école nouvelle. Nous ne savons si l’on peut\n"}, {"page_pdf": 444, "texte": "     P e tite chronique.                                       405\n\n\natten d re de lui une com préhension profonde des symboles\nm usicaux qu’il va devoir nous révéler. Mais au moins faut-il\nle féliciter de sa tentative, et peut-être nous en féliciter aussi\nlorsque nous l’aurons vu à l’œuvre.\n                                  *\n                                 * *\n    Théodore Jadoul, honorablem ent connu p ar de bonnes\ntranscriptions de Borodine et de Gladzounow, nous envoie\nun “ poème en quatre chants, „ composé sur des vers de F .\nY. D w elshauvers. M algré le titre , nous n ’avons pas vu\nd’unité dans ce recueil ; des quatre mélodies, tou tes influen­\ncées p ar la jeune école russe (Borodine surtout), la deuxième\net la dernière nous plaisent le plus : l’une p ar la naïveté\nancienne et sim ple de la déclamation, l ’autre p ar une note\ndouloureuse qui tranche sur la m ondanité un peu superfi­\ncielle des autres pages.\n                                  *\n                                 * *\n    L es parodies ont plu sur nous, ce mois, comme tom bent\nles averses aux giboulées de M ars. C’est d’abord notre colla­\nborateur Melek (Léon Donnay), qui a eu l ’audace de nous\nrailler et de se railler lui-même — pourquoi donc à trav ers\nJoséphin P éladan ? — en un P a lyale Hermyde vraim ent\nfallacieux. P uis u n conte, “ Sourires de Sardines, „ auquel\nnous devons l’un de nos meilleurs moments. E t puis, la Jeune\nBelgique dédie à R ené G hil deux am usantes fantaisies\nalexandrino-flûtistes ; et puis, nous dit-on, la Jeune Belgique\nnous en prépare encore; et puis A uguste D onnay nous litho­\ngraphie avec des cygnes et des lys près de l’Académie, le\ntr a ître ! E t puis, et puis il y a la m eilleure page de toutes :\nl’ébouriffant article du Journal de Liége, sur les Contes pour\nl'Aim ée, et la gouaillerie pas m échante avec laquelle sont\narrangées ses deux colonnes : des lignes ou des demi-lignes\n"}, {"page_pdf": 445, "texte": "406                                                   L a Wallonie.\n\n\n\n de G arnir, Olin, M errill, Saint-Paul, Demblon, entrelardés\nde quelques vers d’Achille Delaroche ; une ph rase de George\nK eller, une strophe de R ené Ghil, une ép ith ète de Maurice\nS iville, un m ot d’A lbert Mockel, to u t cela tritu ré, mêlé,\ndéchiré, confondu, puis ravaudé triom phalem ent et “ synthé­\ntisé „ en la gloire d’un b rillan t costume d’arlequin blagueur.\n   M erci, merci, confrères, merci, car on ne r it pas souvent\nd’aussi bon cœur ; et m erci pour to u t ce tra v a il g ra tu it: car\nvous ne nous ferez pas pay er la réclame, n’est-ce pas ?\n                                  *\n\n  Caprice-Revice publie d’exquises visions lim pides, en ces\nvers de George K eller :\n                          L ’EA U\n                                          LORELEY.\n               E lle rêve blonde et rose aux\n               lointains où l’ E a u folle se grise\n               à noyer au cœur de la brise\n               les baisers mouillés des roseaux.\n\n               E t vaguement contem plative,\n               elle croit que le doux Rêvé\n               vient enfin d’ avoir enlevé\n               le bijou d’ or que l’ E a u captive.\n               M ais non.... le ciel s’obscurcissant,\n               l’ironique lune s’incline\n               et reprend à l’eau lazuline\n               héla s! le m erveilleux croissant.\n                                          COQUETTERIE.\n               L a lune a bleui son halo,\n               et sous le pâle bleu de l’heure\n               la Chinoise suave effleure\n               le bleu de la lune sur l’ E au.\n\n              E t dolente et bien pure, azuré\n              au baiser du flot fabu leux\n              les frêles diadèmes bleus\n              des boucles de sa chevelure.\n"}, {"page_pdf": 446, "texte": "        P e tite chronique.                                                                    407\n\n\n                       L ’E a u s’ illune d’azurs subtils...\n                       et la Chinoise, hélas ! s'y noie\n                       à vouloir y bleuir la soie\n                       combien exquise ! de ses cils.\n                                                            ECH O S.\n\n                       P a r l’ opale p a ix que l’espace\n                       exquisement conduit s'asseoir\n                       sur l’escalier vierge du soir,\n                       l’ E a u limpide et chantante p asse .....\n\n                      E t c’ est un long murmure d’ or\n                      que répercutent les rosées\n                      roulant leurs clochettes rosées\n                      en quelque calice qui dort.\n\n                      A in si le chant de nos Poèmes\n                      se retrouve répercuté\n                      sur l’escalier d'éternité\n                      qui monte aux M usiques suprêmes.\n                                 **\n   Bienvenue à notre confrère nouveau-né, le P assant (1).\n C’est notre am i F ritz E li qui le dirige, et qui v a conduire\nlà-bas la joyeuse lu tte de l’art, en pleine province flamande.\nA v ra i dire, ceci est p lutôt un espoir qu’une vision de choses\ndéjà réelles. L e Passant, qui im ite un peu Caprice-Revue,\nd evrait prendre aussi sa belle allure décidée, et sa juvénile\nfranchise de critique. Allons, un peu plus de nerf, amis, et\nm archez plus délibérém ent Vous im prim ez des ta s de jolies\nproses et de vers m ignons; m ais défiez-vous des célébrités\nlocales. P renez garde à l’A rt provincial! I l se tro u v era\ntoujours une foule pour acclam er un Georges O hnet, un\n\n\n    ( 1) Le P a ssa n t, jo u rn a l a rtis tiq u e illu s tré ; p u b lie en c h a c u n de ses n os\nu n p o rtr a it, d es n o u v e lle s, des v e rs , u n d e ssin ; le Pa ssa n t e st édité avec\ns o in s u r p a p ie r crè m e ; a b o n n e m e n t, 7 fra n c s l’a n , avec d e ssin s tir é s à\np a rt, 10 fr a n c s ; b u re a u x , -19, ru e C ourte du J o u r, G and.\n"}, {"page_pdf": 447, "texte": " 408                                             L a W a llon ie.\n\n\n\n Charles F u ste r ou un Quelconque. Mais à v o u s, jeunes\n artistes, il ap partient de soutenir l ’a r t jeune, et, contre tous\n ces don Ram on de le ttres, les rares F on tan arès qui nous\n restent. Cordialem ent, ceci ; et bon courage, am is.\n                                 *\n                                *   *\n    B ientôt va p araître, des E crits pour l’A r t , une livraison\n isolée. E t dès jan v ier prochain, la fière revue sera publiée\n chaque mois régulièrem ent, sous la direction de S tu art\n M errill.\n     L e m anifeste de ju in 1888, — L a W allonie l ’a résumé, —\n énonce toutes les idées qui sont jusqu’ici le seul drapeau\n du groupe ; et ces idées, la revue intransigeante les rendra\n plus notoires et précisées p ar les œ uvres, chaque mois, sans\n reg ret pour le dehors. I l im porte de le proclam er, rien dans\n ces principes ne peut restreindre la personnalité et le libre\n vouloir de chacun. Jasons divers, les poètes des E crits pour\n l’A r t veulent tous m archer à la conquête de la Toison d’or\n entrevue; m ais sans la discipline épaisse d’une “ R ègle „ qui\n étouffe le rayonnem ent de leurs désirs.\n    Il va de soi que les E crits pour l’A r t et L a W allonie sont\n e t restero n t des revues sœurs, étroitem ent unies vers le\n but commun.\n    E rra ta . D ans l’avant dernier n° (critique de Madame\n Lupar), lisez argumenté et non argué.\n    Enfin, une ancienne coquille, oubliée; au n° 1, pages 97 et\n 98, il y a inversion de phrases; lisez donc: Ses vers, parfois\nsonores et beaux, etc        en dehors des horizons qui s’éclairent\nà nos yeux. On y trouve du lyrism e, e tc           du moins une\ntrès apparente faculté d’assimilation. M. Pascalis n ’est pas\nle prem ier venu. Mais, parce que dans ses vers, il fait de\nl’aimée la m adone, etc, etc.\n    P age 99, au lieu de P ahureau, lisez T ahureau.\n"}, {"page_pdf": 448, "texte": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n                        H. Z E Y E N .\n           137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                     L I E G E.\n\n     S p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é le c tr i q u e .\n\n\n    FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                     P lace du T h é â tre , 11, Liège.\nP o r te - c ig a r e s e n é c u m e de m e r , a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s de c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u t é s e n ‘2 4 h e u r e s .\n\n                               RACCOMMODAGES.\n\n\n\n                  L E PASSANT\n                                 G A ZETTE D ’A RT\n     P araissan t tous les sam edis. D irecteur : F r i t z E L L .\n             B ureaux; : R ue Courte du Jo u r, 19, GAND\n                            7 francs l ’an.\n\n               de Clichy, P aris.           : 47 bis, avenue         Bureaux\n  : 6 francs l’an.            centimes ; abonnement              : 50      La livraison\n\n                             M E N SU E LL E           REVUE\n\n Ecrits pour l 'ar t\n                           on\n                           V t paraître bientôt\n"}, {"page_pdf": 449, "texte": "   3° ANNÉE, No 9.\n\n                 LA W ALLONIE\n  R E V U E M E N SU E L LE D E L IT T É R A T U R E E T D ’A RT\n                                                  E rnest . MAHAIM,\n                                                                            A l b e r t MOCK E L ,\n             Comité de R édaction\n                                              (   M a u r i c e S IV IL L E .\n                    Bureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\nEnvoi d’ un numéro s p éc i men c ont r e 5 0 c entimes\n               en t i mb res- p o st e.\n      A b o n n e m e n t : 5 f r . p ar an. Union postale : 6 f r . 5 0 .\n\n\n                                   SOMM AIRE :\n\nA u guste V ie rs e t . . . . L e Semeur.\nAchille D elaroche . . . T ristan et Iseult.\nG aston V y tta ll ..................... Poèmes ironiques.\nR ené G h i l ................................ M er m ontante.\nH u b e r t K r a i n s ..................... L e joueur d’orgue.\nS t u a r t M e r r i l l ..................... Vers.\nM ario V a r v a r a . . . . Notes à Paris.\n                              Chronique littéraire :\nCélestin Demblon.              . . . Contes pour l’aimée.\n                               P e tite chronique.\n\n\n\n\n                     L\n     Q uelques c o lle ctio n s de LA W ALLONIE (1 8 8 0 e t 1887) s o n t en veille\n                                  au p rix de 0 fra n c s .\n                        a W a l l o n i e e st en vente\nA LIÉGE : Chez MM. G n u sé; G e o rg e ; D 'H e u r; D e cq ; D e so e r; A ubette du\n     P o n t d ’A vroy ; A ubette p lace S a in t-L a m b ert.\nA BRU X ELLES : Chez MM. R osez, lib ra ire , e t Is ta c e, lib ra ire .\nA PA R IS : Chez MM. V anier, lib ra ire , -19, Quai S t-M ic h e l; S avine, lib ra ire ,\n    4 8 , ru e D ro u o t, e t à la L ib ra irie N ouvelle, ru e d e la B oétie, 3.\nA GAND : Chez MM. A. H oste, lib ra ire , ru e des C ham ps ; W ennew itz (M uquard),\n    lib ra ire , ru e d es Cham ps ; V uilsteke, lib ra ire , ru e au x V aches.\nA ANVERS : chez Mme Ve De V e tte r, re m p a rt Ste-C a th e rin e .\n\n\n                                    Des presses de H . Vaillant-Carmanne, à Liége.\n"}], "calendrier": {"precision": "jour", "ordre_dans_volume": 9, "mois_verifie": true, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": false, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1888-10-31", "signet_source": "3ème année - N°9 - 31 octobre 1888", "preuve": "Couverture (PDF 414, OCR) : « 3me Année. — N° 9. LA W ALLONIE 31 Octobre 1888. ».", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}