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R ey e r, Théo H an n o n , Sully P ru d h o m m e, M ars, H en ry de G ro u x , E dm ond\nP ic a rd , E. T in el, A rnold Gollm, A m édée L ynen, C éleslin D em blon, e tc .\n   A p a ra ître :\n    F élicien R ops, C atulle M endès, C aran d ’A che, R en é M aizeroy, Alfred S te v e n s,\nW ag n e r, C ésar F ran c k , Jam e s Van D ru n en , J u lie n D illen s. F ran z S e rv a is ,\nA lbert Ba ertso e n , J e f L am beaux, X av ier M ellery , Ivan Gilkin, S té p h a n e\nM allarm é, R en é Ghil, e tc .\n\n\n          L ’ART                           MODERNE\n  REVUE         CRITIQUE           DES      ARTS        ET      DE     LA     LITTÉRATURE\n                    26, Eue de l'Industrie, Bruxelles.\n                       Abonnement : 10 fr. par an.\n\n                      LES POÈTES NAM UROIS\n                             p a r A u gu ste V IE R S E T\n E n s o u s c r i p tio n d a n s nos b u r e a u x , et ch e z A. B é n a r d ,\n             é d i t e u r , r u e d u J a r d i n B o ta n iq u e , Liége.\n                                   P r i x : fr. 1,50.\n\nA paraître chez E. D EM AN , rue d’Arenberg, Bruxelles:\n                           SCÈNES                   DE B A L\n                1 p etit vol. de vers, p a r A l b . S t -PA U L.\n\n             LE         T R A IT É                    OU V E R R E\n                                    par R e n é G H IL .\n\n                           Les Flambeaux Noirs\n             Livre de vers par É m ile V E R H A E R E N .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-001", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 409, "page_fin": 409, "titre_corps": "Aube de spleen", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Gabriel Mourey", "ancre_debut": "AUBE DE SPLEEN. A Albert Mockel. 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Pour Eux. Sous Valanguissement vespral", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 453, "page_imprimee": 410, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 1491, "texte": "DANS LE RÊVE.\n                                                     P ou r E u x .\n\n\n\n\n  . . . . Sous Valanguissement vespral des arcades assoupies, delà\nl'obscure améthyste des eaux tendues d’ ombres et de rêves,\nromantiques perspectives noyant aux rosées d’ air dit crépuscule\nles ramées vaporeuses.\n  I ls partent, délicieusement émus et seuls, rêvant, par ces\n\n\n\n  O\ncalmes qui nagent diaphanes en l 'affulgence u ltième, attardée,\nlà-bas, derrière l’ or des nuées blondes.\n     soirs d’ été! D a n s celte quiétude flottante, oubliée sur les\nroutes du couchant de pourpre au zénith d’azur, l ’étoile veille\nles pelouses célestes, l’inaccessible recueille un troublant symbole\nd’ amour. E t sous les m ille vocables de la brise gazouillant les\nbouffées d’infini qui enivrent les horizons, les souffles lointains\nqui ouvrent les bocages aux parfum s des anthèses, les fluides,\nmultipliés de délices, qui vont, viennent, s’ épanchent, restent\ninexpliqués et vagues, sous ces parfum s ces souffles, ces fluides,\ntout, comme les cœurs s’aiment, comme ils battent, comme ils\ns’ étreignent, comme ils débordent d'aspirations, de souhaits, de\nmystères!...\n  L a seule et tant aimée! Les annelures de ses cheveux ballants\nsur ses épaules engerbent les rayons des soleils chimériques ;\nl’inconnaissable clarté bleue des lacs sacrés baigne sur ses chers\npâles yeux limpidement m ouillés aux émotions des bonheurs ;\net la fragilité suave de son être, la mièvre cadence charmant sa\n"}, {"page_pdf": 454, "page_imprimee": 411, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1355, "texte": "     D a n s le Rêve.                                             411\n\n\ndémarche subtile, la vierge floraison des plus riches trésors de\nsa jeunesse la suridéalisent pour l’identifier en l’ âme adorante\naux visions éternelles.\n  I ls partent, seuls, rêvant, elle, bien-aimée et bien douce, de\nnulle banale douceur, la v oix bercée d’attendrissements, voix\nblanche et fluette éparpillant des mots imprécis, achevés dans le\ncoeur, comme les rimes, entre-croisées exquises, achèvent dans le\ntriomphe des strophes les sons arrêtés sur les lèvres, voilés\nd’immatériel, en l'harmonie des vertiges de ces adorations, vers\nle ruisseau, le lac, les roses collines, s’imboire des tendresses et\n\n\n\n  O\ndes jo ie s diffuses grisa n t les halliers de l’espace.\n  Seuls.\n     p lu s loin, partent-ils, écoutant leur cœur, dans une reprise\nde voyances merveilleuses et jeunes, prolonger aux toujours\ndes immensités claires, leur rêve, immanent rêve ailé du zéphyr\ndes soirs embrasés, p a r les rythmes, d'eux seuls ouïs rythmes\ndolents des cantiques de vie et des hymnes d’ amour, et les flots\nde poésie chantant les poèmes — quels poèm es! — éperdus\nau-dessus des mondes avec l’ écho des nuits p ures et le reflet du\nciel, prolonger     leur   rêve   aux    adéquations inconnues    des\ntoujours....\n\n     Ju illet.                                G eorge K E L L E R .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-003", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 412, "page_fin": 413, "titre_corps": "Aprement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Émile Verhaeren", "ancre_debut": "APREMENT. DANS leur cadre d’ébène et d’or", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 455, "page_imprimee": 412, "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 907, "texte": "APREMENT.\n\n\nD   ANS leur cadre d’ébène et d ’or\n     Les personnages d’A nton Mor\n     P ersécutent de leur silence.\n    Ils vous im posent leurs pensées,\n    Ce n ’est pas eux que vous fixez,\n    Mais ce sont eux qui vous com mandent.\n    M asques terreu x , visages durs,\n    Serrés dans leurs secrets obscurs,\n    E t leur austérité m échante.\n    H au te allure, m aintien cruel,\n    Orgueil rigide et textuel :\n    Barons, docteurs et capitaines.\n\n    L eurs doigts sont m aigres et fluets:\n    Ils fignoleraient des jouets\n    E t détraqueraient des empires.\n\n    Ils cachent sous leurs fronts chétifs\n    L es fiers vouloirs rébarbatifs\n    E t les vices des tyrannies\n    E t les ennuis de leurs cerveaux,\n    Scellés comme d’obscurs caveaux\n    A ux banals soleils de la vie\n    E t le caprice renaissant\n    D e voir du sang rosir le sang\n    Séché trop vite, au coin des ongles !\n"}, {"page_pdf": 456, "page_imprimee": 413, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1085, "texte": "  Aprement.                                                 41 3\n\n\n\n\nSUR le bloc de g ran it ancien, m ordu de f e r ,\n  U ne idole est debout — le m ystère la masque.\n  Un diam ant se mêle à la n uit de son casque ;\n\n  Sur le bloc de g ran it ancien, m ordu de fer,\n  E lle impose, là-bas, son dardem ent de pierre\n  Sans que depuis m ille ans ait bougé la paupière ;\n\n  Sur le bloc de g ranit ancien, m ordu de fer,\n  L e chef qui se prolonge ainsi que des m urailles\n  D resse im m ensém ent un front de funérailles;\n\n  Sur le bloc de g ran it ancien, m ordu de fer,\n  L es deux seins noirs, pareils à des lunes funèbres,\n  L aissen t deux baisers froids tom ber en des ténèbres;\n\n  Sur le bloc de g ran it ancien, mordu de fer,\n  L es deux b ras étendus dont les m ains sont coupées,\n  T endaient pour les aïeux l’orgueil droit des épées;\n\n  Sur le bloc de g ran it ancien, m ordu de fer,\n  L e ventre enguirlandé d’une toison virile\n  R eluit lividem ent magnifique et stérile\n\n  S ur le bloc de g ran it ancien, m ordu de fer.\n\n                             É m il e   VERHAEREN.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-004", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 414, "page_fin": 414, "titre_corps": "Les carillons", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Eugène Demolder", "ancre_debut": "LES CARILLONS. à Pietro Lanciani. les notes des carillons", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 457, "page_imprimee": 414, "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1308, "texte": "LES CARILLONS.\n                                                       à P ietro L a n cia n i.\n\n\n\n      le s   n o te s   d e s c a r illo n s   s ’é g r è n e n t e n      g a lo p\n        a é r ie n —    e t d e s b e ffr o is tr a g iq u e s e lle s p ie u -\n        v e n t s u r l e s p i g n o n s , p a r e i l l e s à d ’i d é e l l e s\n        fu s é e s .\n   Quelles heures provinciales ils scandent ainsi de\nleurs métalliques refrains, les carillons, boîtes à\nmusique ouvertes dans le ciel !\n   Leur envolée s’abat sur des ruelles anciennes,\négaie des jardinets fleuris de géraniums, et se mêle\nau chant du rouet des vieilles filant dans leurs\nchambres mélancoliques.\n   Tel, le beffroi carillonnait jadis, angélusant de joie\nleurs amours passées, et argentinait leurs rêveries\npar les remparts, sous l’aile des moulins — deux à\ndeux.\n   E t leurs aveux de fiancées, tissés d’azur et de lys,\naussi, comme des romances sentimentales de pen­\nsionnaires, furent accompagnés de cette monotone\nritournelle — toujours, toujours planant au firma­\nment de leur vie. E t le même air baptisa leur hymen:\n   Aussi, quand le beffroi laisse flotter sa sonnerie\ncomme une oriflamme harmonieuse, les vieilles\nrêvent, rêvent, rêvent....\n                               E u g è n e DEMOLDER.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-005", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 415, "page_fin": 415, "titre_corps": "Les bienfaits de la lune", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LES BIENFAITS DE LA LUNE. Traduit de Baudelaire. Melleusement, o ce soir", "ancre_fin": "voluptueuses", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "PROSES PSYCHIQUES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 458, "page_imprimee": 415, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 873, "texte": "L E S B I E N F A I T S DE L A LUNE..\n                                                      Traduit de Bau d ela ire.\n\n\n\n\n    Melleusement,\n            o     ce soir, la Lune descendit\n     Son céleste escalier d’ astres et de nuages,\n     E t s’infiltra nt sans bruit à travers les vitrages\n    Sur sa face et son front, souple, elle s'étendit.\n\n    E t sa lumière alors, vivante, lui p réd it :\n    “ Ta beauté sera faite à mes seules images ;\n    Eternellem ent tu subiras les servages\n    D e mon p â le baiser à ton fron t engourdi.\n\n    “ Tu chériras la Mer, la M er immense et verte,\n    L e Silence et la N uit, l’Immensité déserte,\n    L ’ amant et tous ceux que tu ne connaîtras p a s ;\n\n    “ L es parfum s délirants et les fleurs monstrueuses,\n    L es chats se pâm ant sur les pianos, — les chats\n    Gém issant comme des femmes voluptueuses... „\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 415, "page_fin": 416, "titre_corps": "Proses psychiques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Raoul Pascalis", "ancre_debut": "PROSES PSYCHIQUES. Pour l’Alanguie. Laisse, oh ! laisse-moi baiser", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 458, "page_imprimee": 415, "debut_caractere": 873, "fin_caractere_exclue": 1209, "texte": "PROSES                   PSYCHIQUES.\n                                                            P o u r l'A lan guie.\n\n\n\nLai s s e , o h ! l a i s s e - m o i b a i s e r t e s l è v r e s c o m m e d e s\n a ile s d e c h a ir r o s e s , — e t b le u s c o m m e d e s la c s\n  d e c ie l, la is s e -m o i b a is e r t e s y e u x .\n"}, {"page_pdf": 459, "page_imprimee": 416, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1170, "texte": "416                                    L a Wallonie.\n\n\n\n   Laisse-moi respirer sur ta bouche les parfums, —\nles doux, les capiteux parfums des fleurs, — des\nfleurs de Rêve, idéales et célestes.\n  Des fleurs d’Eden et de Paradis.... Laisse-moi\nplonger, oh ! longuement plonger ma lèvre entre tes\nlèvres : ces vivantes corolles.\n  Sur les flots de tes cheveux cendrés laisse-moi\nm’embarquer pour l ’ardent voyage, — comme sur les\nvagues d’or d’un Océan-Soleil.\n  Laisse-moi m’enfoncer dans tes seins comme dans\nles plis neigeux d’un Rêve rose, — d’un R êve qui\nserait de ouate et de satin.\n  Laisse-moi, oublie-moi dans ton Etre, comme dans\nquelque ciel, féerique, enchanté, où l’amour me cou­\nvrirait du duvet de son aile.\n  E t laisse-moi écouter ton cœur, — ton cœur, cadran\nvital de mes jours à Vivre, ton cœur balancier de mon\nâme et de son bonheur.\n  Mais surtout, reste silencieuse : je veux tout ignorer\ndu langage humain, et ne rien savoir des mots qui\nmeurent rien qu’à naître.\n   Ou si tu veux, ma Toute-Ineffable ! oui, si tu veux\npourtant me causer d’amour, — oh ! parle, parle-moi\nla musique de ton âme !\n      A suivre.                 R a o u l PASCA LIS.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 417, "page_fin": 417, "titre_corps": "Te-Deum", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "TE-DEUM. O à Célestin Demblon. RGUES aux vastes", "ancre_fin": "mystiques victoires", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOIR PATHÉTIQUE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 460, "page_imprimee": 417, "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 740, "texte": "TE -DEU M .\n\n\nO                                    à Célestin Demblon.\n\n\n\nRGUES aux vastes frém issem ents m ystiques\n D ont vibre l’âme des pierres des saints lieux,\n J ’ai, dans l’extase puissante de vos musiques\n Puisé le charm e fo rt des enivrem ents pieux.\n\n L ’olympe illum iné des v itrau x ogivals,\n Où rêvent nimbés d’or des saints hiératiques,\n M agnifie ses splendeurs en prestiges idéals\n A vos hym naires clam eurs apothéotiques ;\n\n L e souffle sacré de vos voix m agistrales\n Vers l’E ucharistie suprêm e des cathédrales\n H ym nant du culte les sublimes gloires,\n\n E xalte la flamme incantatoire de l’encens,\n D ont les suavités béatifient les sens\n E t plane en l’allégresse de m ystiques victoires.\n\n\n\n      "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-008", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 417, "page_fin": 418, "titre_corps": "Soir pathétique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Delville", "ancre_debut": "SOIR PATHÉTIQUE. Au à Albert Mockel. loin des lointains", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 460, "page_imprimee": 417, "debut_caractere": 740, "fin_caractere_exclue": 996, "texte": "SOIR P A T H E T I Q U E .\n\n\nA\nu                                       à A lb ert M ockel.\n\n\n  loin des lointains nocturnem ent sérénisés\n Sous l’immense accalm ie vespérale,\n V aguent mes yeux et aux azurs solennisés\n Où s’illum ine l ’apothéose astrale.\n"}, {"page_pdf": 461, "page_imprimee": 418, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 611, "texte": "418                                       L a Wallonie.\n\n\n\n      L a terre, vibrante de sève dans le soir\n      D ont mes sens exaltés chantent l’apologie,\n      P a r les germ es sacrés de l’auguste semoir\n      F écondait les œuvres de l’hum aine géorgie.\n\n      L a lueur suprêm e du grand ciel extatique,\n      U ne lustrale lueur, ardente, séraphique,\n      R uisselait sanctifiant la paix profonde.\n\n      E t la L une sainte d’un éclat prodigieux,\n      Triom phale, m ontant vers l’apogée radieux\n      M ystiquem ent sublim isa le Monde !\n\n                                     J e a n D E L V IL L E .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-009", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 419, "page_fin": 426, "titre_corps": "Du lointain", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Aug. Henrotay", "ancre_debut": "Du Lointain. E vaguais ce jour-là par nos", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 462, "page_imprimee": 419, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 973, "texte": "du   L o in ta in .\n\n\n\n\n       E vaguais ce jo u r - l à par nos plaines de Hes-\n           baye. Les récoltes enlevées avaient élargi\n           les horizons et soulagé les regards d’une\n           oppression. C ’était ce vide où l’âme, aux\nrâles de ses suprêmes illusions, prononce son renon­\ncement à la vie et se retire en une vaste et sereine\nindifférence.\n    Je sentais mon âme, — lassée d’avoir tendu ses\nrêves vers l’incompréhension des âmes passantes,\n— se replier sur elle-même en une morne et fière\nindépendance ; grandissait en elle la résolution de se\nparer sous les seuls yeux de l’Idéal, sans plus deman­\nder à quiconque ni compréhension ni affection.\n    J ’allais donc par les campagnes comme désormais\nj ’irais dans la vie : fier de ma liberté dans la mélan­\ncolie de ma solitude.\n    Dans un ciel bleu, monotone et désert flottait une\nlumière inerte qui semblait éclairer sans but ces\nchamps aux éteules phosphorescentes ; une lumière\n"}, {"page_pdf": 463, "page_imprimee": 420, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1483, "texte": "420                                     L a Wallonie.\n\n\n\n telle qu’elle doit être là-haut eu dehors de l’atmos­\n phère, là où la vie est impossible ; telle qu’elle doit\n être dans les déserts léthargiques ou sur les planètes\n où la vie s’est figée à jamais.\n    Le soleil descendait vers l’Occident et le paysage\n se faisait d’une grandeur calme et biblique. Alors\nj ’eus la. sensation d’un involontaire isolement vers\nune solitude d’où les choses m’apparurent tout exté­\nrieures et étrangères ; c’était comme une lente ascen­\n sion par les temps et les espaces et, pour mon esprit,\nla faculté d’être présent et conscient dans l’inacces­\n sible même.\n    Quelque B uth glanait dans ces champs chimé­\nriques. Je savais, je me rappelais que ce soleil éclai­\nrait ces tableaux depuis des myriades de siècles.\n    Le soleil éclairait ces campagnes dégarnies ; ces\néteules phosphoresçaient ; cette apparence glanait,\ncourbée vers la Terre ; ces ombres, là-bas, chargeaient\nleur chariot, et les gerbes s’élevaient en un flamboie­\nment d’or, — depuis toute éternité.\n    A vivre dans l’ailleurs et l’autrefois, le présent et\nl’actuel m’échappaient: nul lien ne m’y rattachait\nplus.\n    Puis j ’eus une vertigineuse émotion : il me sem­\nblait qu’à la limite de ces régions que jamais ma\nfaiblesse n’eût pu franchir, une main invisible m’en­\ntraînait dans la magie d’une nouvelle ascension:\nmais comme si la lumière avait été pour mes yeux\nhumains, une infraction à la Loi, mes idées ne par­\n"}, {"page_pdf": 464, "page_imprimee": 421, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1511, "texte": "    D u Lointain.                                  421\n\n\n\nvenaient plus à se former; elles restaient à l’état\nd’ébauches, de vagues pressentiments flottant dans\nla conscience simple : c’était la confuse sensation\nd’une antériorité, comme si Dieu permettait au pa­\npillon la remembrance de sa chrysalide.\n   Je sentais que l’heure était solennelle et j ’atten­\ndais une décisive arrivée. Il me semblait qu’il allait\nm’être donné d’apercevoir enfin le fantôme de la\nVérité au fond de ce gouffre que mon âme anxieuse\nscrutait hélas ! en vain depuis si longtemps. Je pres­\nsentais un de ces symboles que Dieu réalisa de toute\néternité, d’une de ces correspondances mystérieuses,\nd’une de ces énigmes jetées par l’Etre à notre acti­\nvité.\n   Aujourd’hui, —· délivré des hantises du Doute et\narrivé à la plus ineffable félicité où puissent aspirer\nles postulations humaines, — il m’arrive parfois de\nreconstituer l’état de mon âme à ce moment de\ntrouble suprême. Il me semble que je flottais dans\nla léthargique lucidité des rêves : je pouvais voir\nsans qu’il me fût permis de penser; les choses défi­\nlèrent à mes yeux comme feraient des tableaux isolés\naux yeux des êtres privés de pensées. Comme dans\nles| rêves les choses m’ apparurent sans transition,\nsans enchaînement, elles furent sans devenir. E t je ne\npouvais concevoir d’étonnement, car elles furent\nnaturellement, comme les choses qui doivent être.\n   Lors il y eut au zénith un vol lourd et visqueux de\nsept couples d’oiseaux monstrueux dont la couleur\n"}, {"page_pdf": 465, "page_imprimee": 422, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1609, "texte": "422                                     L a W allonie.\n\n\n\n  faisait à ma vue l ’impression sourde du feutre ou\n  d’ailes de chauves-souris au toucher ou encore de la\n peau glabre d’animaux nouveau-nés. Le reploiement\n mou et lâche de leurs ailes semblait impuissant à les\n soutenir, et cependant ils avançaient dans un désordre\n imbécile. Par moments un cri leur échappait et tom­\n bait flasque et misérable. Ils parcoururent ainsi une\n trentaine de degrés puis ils disparurent soudain\n comme si un voile les eût dérobés à mes regards,\n et je n’eus de ce fait, tout fatal, aucun étonnement.\n J 'attendis quelques secondes, puis un autre vol de\n sept couples d’oiseaux fut au même point que le pré­\n cédent; une vie un peu plus intense animait leurs\n mouvements et leurs cris étaient un peu plus vibrants.\n Ils disparurent au même point que les précédents.\n    Puis il y eut une série d’autres vols avec les mêmes\n progressions de vitalité.\n    Ensuite un vol hagard et forcené de sept couples\n noirs aux reflets rappelant le rouge-blanc des paro­\n xysmes et les tons rongeants et verdâtres de l’envie.\n Leurs cris étaient des grincements livides et je sen­\n tais en eux la férocité essentielle. A un moment, les\n individus de chaque couple se précipitèrent l’un sur\nl’autre comme dans un désir de se transpercer mu­\n tuellement, cela avec des cris dont l ’horreur pourrait\n se traduire seulement p ar l'absolue volupté d'une haine\ninfinie. Il y eut un enlacement preste et ophidien de\nleurs ailes nerveuses et, par une magie étrange, les\ncadavres agriffés continuèrent leur chemin, poussés\njusqu’à la limite.\n"}, {"page_pdf": 466, "page_imprimee": 423, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1509, "texte": "    D u Lointain.                                   423\n\n\n   Dans les séries suivantes, le vol était de moins en\nmoins hagard et les cris de moins en moins horribles,\nquoique le meurtre restât leur destinée, et dans la\ndernière combinaison, j’eus l’intuition que leur féro­\ncité était la même que celle des animaux les plus\nféroces de cette terre.\n   Après eux, vint une traînée ignominieuse de sept\ncouples qui traversèrent le champ des apparitions\ncomme une lèpre. Leur seule vue me donnait les\nnausées que donne l’odeur d’une charogne. Leurs\nailes avaient un reploiement si douloureux qu’il sem­\nblait impuissant à les soutenir, et cependant ils avan­\nçaient poussés par une force qui prolongeait leur\nsupplice. Des cris leur échappaient par intervalles\nréguliers et dont l’horreur pourrait se traduire seu­\nlement par l'absolue rage d’une souffrance infinie.\nParfois les individus d’un même couple tentaient\nde se rapprocher, mais aussitôt une invincible répul­\nsion les écartait l’un de l’autre comme si leur pesti­\nlence réciproque avait augmenté leurs tortures.\n   Puis il y eut la même succession qui m’était déjà\napparue.\n   Une émotion avertit ma conscience et je sentis en\nmoi comme un progrès de lucidité. E t c’est avec un\nfrisson d’attendrissement que je vis apparaître sept\n couples d’oiseaux d’une angélique blancheur ; leur\nvue faisait s’exhaler de mon cœur tout ce que la souf­\nfrance y avait refoulé d’éthérée tendresse. D ’une aile\nlégère et joyeuse, ils s’ébattaient dans le fluide azuré\n"}, {"page_pdf": 467, "page_imprimee": 424, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1457, "texte": "424                                    L a Wallonie.\n\n\n\n ou se laissaient bercer aux moelleuses vagues de\nl’air, insoucieux du but.\n    Mais je constatai à plusieurs reprises, sans que\nj ’eusse remarqué ni cherché de transition, que leur\ncandeur s’était souillée de teintes grisâtres, puis\nnoires. Leur vol eut des raideurs douloureuses avec\nquelque chose d’inquiet et de désordonné ; des vio­\nlences passionnées et comme des projections de haine\nou des lâchetés de tendresse maladive, et aussi, en\ndes isolements, de spleenétiques et coupables médi­\ntations.\n    Puis, comme si mon esprit, créant ces visions,\navait passé à un autre sujet de méditation, il se\ntrouva un seul oiseau gris, aux teintes grises des\nmélancolies, avec la tête blanche ; la tête était\nblanche ! En vertigineux élans de suprême inquié­\ntude, il semblait chercher une issue ou voler à la\nrencontre d’une arrivée longtemps désirée, et ses\ncris, d’ardents appels de tendresse, se perdaient\nmornes dans le vide de cette solitude. Oh ! pourquoi\ntremblais-je ainsi à le voir, et pourquoi ce boulever­\nsement passionné dans mon cœur ? Oh ! comme mon\nâme visait son âme. Espérance, amour, solitude,\nespérance encore ! A h ! mon Dieu, qu’allait-il\nadvenir ?\n    E t à ce moment, par le point où les visions précé­\ndentes s’étaient évanouies, s’élança v if comme un\nvoyageur amoureusement attendu, un autre oiseau\naux transparences cristallines, car à traversée croyais\nvoir l’azur du ciel.\n"}, {"page_pdf": 468, "page_imprimee": 425, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1337, "texte": "    D u L ointain.                                   425\n\n\n   Pourrais-je dire cette explosion d’amour dans leur\nréunion ! Comme s’ils s’étaient évaporés en leur\nbonheur, ils s’élevèrent côte à côte, diminuèrent,\ns’élevant jusqu’à ce qu’ils ne furent plus qu’au seul\npoint que les larmes ruisselant de mes yeux me\ncachèrent.\n   A ce moment, j ’entendis à mes côtés un soupir de\ndoux soulagement et j’eus la divine vision d’une\nfemme étrangement belle, d’une beauté faite dépassé,\net comme les figures de nos rê v e s, auréolée de\nsouvenir.\n   E lle aussi pleurait. E lle abaissa vers moi son\nregard magnétique. A vec une extraordinaire lucidité\ncomme si ma pensée venait de plonger dans la reculée\ndes temps évanouis :\n   — Est-ce t o i ? demandai-je, sans penser à la singu­\nlarité de mes paroles en une telle occurrence.\n   — C ’est moi, fit-elle d’une voix lointaine et le\nregard fermé, comme dans la contemplation d’un\nmonde immensément éloigné.\n   — Es-tu de ce pays, dis-je, que je n ’ai jamais\nquitté ? E t d’un geste vague j ’enlaçais des fuites\nd’horizons.\n   — Non, jamais je n’y vins.\n   — E t pourtant je te reconnais....\n   — C ’est moi.\n   Nous restâmes silencieux.\n   Dirai-je les accès de démence dont mon cerveau\n était près d’éclater ? Vertigineuse giration de siècles,\n                                              27\n"}, {"page_pdf": 469, "page_imprimee": 426, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 993, "texte": "426                                   L a W allo nie.\n\n\n\nd e destinées, de fatalités ; ouragans fabuleux dans\nla poussière des temps,· éclairs surnaturels traversant\nce gouffre ténébreux de la vérité !...\n   E t quand je la serrai dans mes bras, Elle que je me\nrappelais, Elle que je reconnaissais, E lle qui m’arri­\nvait en un tel moment à un rendez-vous donné oh !\nmon Dieu, dans quelle véhémente nuit du passé,\npourrais-je exprimer les affres de bonheur dont je\nrâlais !\n   Demandez au naufragé jetant son cri d’agonie au\nvide des cieux et à qui les cieux tendraient une main\nsecourable ; demandez à l’affamé dans un désert, à\nqui une manne céleste donnerait la vie, demandez-\nleur le vertige de leur doute en un tel bonheur !\n   Nous étions épuisés de joie ; nous nous regardions\nattendris et nous recueillant pour savourer une\nfélicité inouïe, quand la nuit vint furtivement à pas\nveloutés, et comme avec un doigt sur les lèvres.\n                                 A u g . H EN R O T A Y .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-010", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 427, "page_fin": 430, "titre_corps": "Chronique musicale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CHRONIQUE MUSICALE. Le premier des nouveaux concerts", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 470, "page_imprimee": 427, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 1396, "texte": "CHRO NIQU E M U S I C A L E .\n\n\n   L e prem ier des nouveaux concerts sera donné le dim anche\n2 décembre, au Conservatoire, sous la direction de Sylvain\nD upuis. Au program m e : la prem ière sym phonie de B eetho­\nven, la suite norvégienne de L alo, et, de W ag n er, la H uldi   ­\ngungs-M arsch (m arche inaugurale pour L ouis I I ) et la\nSiegfried-Idylle.\n   Nous sortons d’une répétition des nouveaux concerts.\nV igoureusem ent conduit, l’orchestre de M. D upuis a m ontré\ndes qualités de puissance, de cohésion et de finesse desquelles\nnous avait déshabitués la direction cotonneuse de M . Radoux.\n   C’est bien commencer.\n   L e 5 décem bre, au C onservatoire, piano récital p ar H a n S\nDE BULOW .\n                                   *\n                               *   *\n\n   Vincenzo Emm. L om bardi nous envoie sous ce titre :\nGlose à l’ air nu ptia l de René G hil, une suite de brèves pensées\nmusicales, qui doivent comme entourer d’une atm osphère\ncaressante le poèm e de notre ami. L e genre fu t inauguré,\np a r L om bardi, en sa Glose à l’ après-m idi d’ un F a u n e , de\nStéphane M allarmé. E n ce nouvel essai, les mêmes défauts\net les mêmes qualités que dans le précédent; une certaine\nnote personnelle qui cherche à percer, une louable indépen­\ndance; m ais une inexpérience très visible, et pas assez de\nrichesse et de continuité dans le développement des thèm es.\n"}, {"page_pdf": 471, "page_imprimee": 428, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1943, "texte": "428                                              L a W allonie.\n\n\n\n Q uant au genre, il est proche du Poèm e symphonique, en\n supposant le poème écrit ; il y a là cet écueil d’une m usique\n parfois descriptive, et jam ais subjective qu’à demi, puisque\n pensée à trav ers la personnalité d’un autre.\n                                      *\n                                     * *\n   A u C o n s e r v a t o ir e , le prem ier concert annuel. L ’o r­\nchestre a in terp rété brum eusem ent la deuxième symphonie\n de B rahm s ; des parties s’étouffaient dans les échos bouffis\n des autres, et de l’Adagio il ne re sta it plus qu’une grande\nplaque grise, un ciel d’octobre troué ci et là p ar un éclair aux\n éclats sourds : et c’était derrière le quatuor, une entrée de\n cors qui s’im posaient. Nous aurions à nous plaindre encore\nplus s’il fallait p arle r de cet adm irable finale devenu presque\nsuperficiel sous le bâton de Monsieur Radoux. Mais, enfin :\nnous avons eu du Brahm s.\n   D u D vorak aussi (prononcer D vrortschkm npgrstow zak )\ndont quelques cahiers de profondes mélodies, de très large\nenvergure, nous étaient connus. Ces fragm ents pour o r­\nchestre que l’on nous a donnés, ne v alent point, il est vrai,\nla belle œ uvre d’A rt que sont ces mélodies ; certes ils sont\nplus en surface, m ais d ’un intérêt vif, e t qui se renouvelle.\n   E nfin la K aisermarsch de R ichard W agner.\n   Il nous est toujours pénible d’entendre ce fragm en t de\nmusique officielle, inférieure à l’Œ uvre du g rand dom pteur\nde Form es et de Symboles : R ichard W agner. L ’orch estra­\ntion, nourrie, variée, colossale, étonne encore et captive\nl’adm iration. Mais nous sommes blessés p a r une relativ e\npauvreté d’idées; et ce choral de L u th e r qui s’applique à la\np artitio n sans pouvoir se fondre avec elle? I l faut avoir le\ncourage de le dire, la Kaiserm arsch est, en com paraison des\nvraies compositions de W agner, un pêle-mêle de thèmes\n"}, {"page_pdf": 472, "page_imprimee": 429, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2041, "texte": "      Chronique Musicale.                                         429\n\n\n  disparates, dont un ou deux sont même vulgaires, — et non,\n  certes, non le développem ent logique et m usical d’une idée.\n  Quelques effets rappellent des passages des grandes oeuvres\n du M aître, — sans les égaler ; cet effort des cuivres g ran ­\n dissant sous les cordes, to u t l’émoi tressaillan t de l’orchestre\n avant la bataille, on le dirait inspiré de l’ouverture des\n M aîtres chanteurs ; et la bataille même, l’une des plus belles\n parties de la K aiserm arsch , rappelle, en re sta n t inférieure, la\n bataille de la W alkure, à la fin du deuxième acte, et l ’effroi\n qui tressaute et les assauts de la peur sournoise, à l’im pro      ­\n viste, et les chocs h aleta n ts au cœ ur qui se convulse.\n     Q uant à l ’exécution, elle a été ce qu’elle d evait être :\n l’agréable parodie de celle que dirigeait H ans R ich ter à Aix-\n la-Chapelle.\n    Parlerons-nous des virtuoses ? I l y avait M. Delaborde,\n pianiste au je u correct, rom pu “ au m étier, „ un peu froid,\n m ais austère et sans charlatanism e. E t, précisém ent le\n contraire, Mme L andouzy ; très jolie sans grande finesse,\n comme l’est sa voix de cristal, avec parfois des inflexions\ngrièches; plus d’aplomb que de grande pénétration, ou,\nmême au point de vue de la méthode, que d’a r t véritable ;\nj ’entends l' A r t du Chant , car sans qu’on puisse la com parer à\nMelle M ézeray, Mme L andouzy vocalise avec lim pidité.\n    J ’ai gardé pour la fin la m eilleure de mes im pressions : il y\nav ait eu d’abord un chœ ur de B eethoven vraim ent mal tra ­\nduit p ar les classes de chant d’ensemble; m ais alors, beau­\ncoup mieux interprété, un adorable m adrigal de W a ëlra n t\n(16e siècle), sans accom pagnem ent, to u t formé d’accords qui\ndoucement consonnent, une suave pensée de reg ret d’une\nfragilité mélancolique et de tendresse, ainsi des contours qui\ns’effaceraient à demi, noyés sous un reflet de lueurs mauves.\n                                                          Al b . M.\n"}, {"page_pdf": 473, "page_imprimee": 430, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1663, "texte": "430                                                          L a Wallonie.\n\n\n\n\n   A B ruxelles, les concerts d'hiver com m encent leur deuxième\nannée; ils seront au nom bre de six, sous la direction de F ran z\nServais, dans la salle du th é â tre de l’A lham bra (boulevard de\nla Seune).\n   L es concerts d’hiver prom ettent un niveau d’a r t encore\nsupérieur à celui de l’année dernière : l’orchestre, alors\nrecruté un peu à la hâte, l’orchestre s’est assoupli sous\nl’artiste et vigoureuse direction de F ranz Servais ; de plus,\nles musiciens, alors étrangers les uns au x autres, ont pris\ncette fameuse “ habitude du collier „, l’habitude de jo u er à\ncôté de tels cam arades et non de tels autres. Or c’est là l’un\ndes plus grands éléments de la force et de la cohésion d’un\norchestre.\n   L es plus grands soins seront apportés à l’exécution des\nœuvres, toutes choisies parm i les chefs-d’œ uvre de la\nmusique ancienne et m oderne et le concours des plus illustres\nvirtuoses assure à ces séances un in té rêt artistique considé­\nrable.\n   L e prem ier concert aura lieu le Dim anche, 16 décembre\nprochain.\n                  Abonnements pour les s ix Concerts :\n   Prem ières l o g e s ................................................. fr. 36.00\n   B a ig n o ir e s ........................................................... 36.00\n   F auteuils d’o r c h e s t r e ......................................         25.00\n   F auteuils de balcons (1er et 2e rangs de face)                               25.00\n   Stalles de p a r q u e t ...........................................          20.00\n A dm inistration des concerts d’hiver : M ontagne de la\nCour, 41.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-011", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 431, "page_fin": 433, "titre_corps": "Le procès de Camille Lemonnier", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE. LE PROCÈS DE CAMILLE LEMONNIER. Comme on le sait", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "POÈMES D’EDGAR ALLAN POE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 474, "page_imprimee": 431, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1130, "texte": "CH RO N IQ U E L I T T É R A I R E .\n\n\n\n\n       L E PRO CÈS D E C A M IL L E LEM O N N IER.\n\n\n   Comme on le sait, Camille Lem onm er, notre g rand artiste,\nest pousuivi devant les tribunaux français pour outrage aux\nbonnes mœurs ( ! ! ). Nous avons déjà protesté et nous pro­\ntestons encore de toute la force de notre indignation contre\nces ridicules et funestes attaques de la justice.\n   Ceux qui ont lu Camille L em onnier et qui l’aim ent pour\nsa puissance dédaigneuse, — l’éclat de sa gran d e puissance\nfière, — ceux-là savent to u t l ’odieux de pareilles accusations\nportées contre lui. Mais une intelligence d’élite, Edm ond\nP icard, a voulu défendre l’écrivain qu’on insulte. Nous em prun­\ntons aux journaux l’analyse de sa plaidoirie qui d it to u t ce\nque nous pourrions dire, e t m ieux que nous ne le pourrions\ndire :\n   “ Me Edm ond Picard, très ému, prend alors la parole :\n   „ Il est, dit-il, l’ami, l’intim e cam arade de Camille Lem on­\nnier, “ depuis l’enface, depuis toujours, et il est heureux de\nvenir le défendre en France, parce qu’il est toujours doux\nde venir au secours de ceux qu’on aime. „\n"}, {"page_pdf": 475, "page_imprimee": 432, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1855, "texte": "432                                             L a Wallonie.\n\n\n\n     „ Ce n ’est pas Camille L em onnier, d’ailleurs, qu’il va ex­\n pliquer aux juges français, m ais la litté ra tu re belge.\n     „ E tran g e r je suis, Messieurs, et je souhaite de vous le\n p ara ître au tan t que je le suis. C’est que nous sommes très\n différents de vous, quoique si près l’un de l’autre. J ’ajoute\n que, si nous sommes différents, nous vous aimons, nous vous\n adm irons, nous adm irons votre h au teu r de vues.\n     „ E n Belgique, poursuit Me Edm ond P icard, la loi qui protège\n la m orale publique est plus sévère encore que la vôtre, car, si\n vous condamnez seulem ent l’outrage aux bonnes mœurs, nous\n condamnons, dans n o tre pays, to u t ce qui leur est contraire.\nE h bien! l’E n fa n t du Crapaud a été publié à 1,000 exem­\nplaires à B ruxelles, et jam ais notre p arq u et n ’a songé à s’en\n émouvoir.\n    „ Camille Lem onnier, en effet, en écrivant son ouvrage,\nn ’a pas eu le sentim ent qu’il outrageait les bonnes mœurs.\nE t il av ait devant les yeux, circulant en liberté en F rance,\nZola, poussant, te l qu’un dogue, ces aboiem ents vigoureux\nqui charm ent les uns et blessent les autres.\n    „ L em onnier ay an t lu l’Assommoir, ay a n t lu N ana, ayant\nlu la Terre , aurait-il pu croire que son E n fa n t du Crapaud\noutrageait les m œ urs françaises ?\n    „ C’est un passant pour vous, Messieurs, il a vu de là-bas,\nde loin, et je me dem ande même respectueusem ent si, au\npoint de vue du droit, une œ uvre créée à l’étran g er relève\nde votre justice.\n    „ Me E dm ond P ic a rd rappelle ensuite la thèse de l’indé­\npendance absolue de l ’écrivain, qui a ses partisan s, et la\ncondam nation d’a n tan de B audelaire, pour avoir fait un chef-\nd ’œ uvre qui circule librem ent aujourd’hui.\n   „ Condamnez Lem onnier, dit en term inant Me P icard,\n"}, {"page_pdf": 476, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 544, "texte": "     Chronique Littéraire.                                              433\n\n\nm ais vous n ’arrêterez pas l’artiste, et je vous g aran tis q u ’il\nrecommencera, parce que l’artiste sort son œ uvre comme la\nfemme sort l ’enfant, m algré elle e t sans le farder.\n  ,, Nous avons en Belgique vingt-huit procureurs du roi\navec beaucoup de substituts ; pas un n ’a songé à poursuivre. „\n\n  L e trib u n al a condamné le g éra n t du Gil B las et Camille\nLem onnier, chacun à m ille francs d’am ende, et, solidai­\nrem ent, aux frais.\n\n\n\n\n            "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-012", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 433, "page_fin": 437, "titre_corps": "Poèmes d’Edgar Allan Poe", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Mockel", "ancre_debut": "POÈMES D’EDGAR ALLAN POE (*) Le nom d’Edgar Allan Poe si précisément", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 476, "page_imprimee": 433, "debut_caractere": 544, "fin_caractere_exclue": 1609, "texte": "POÈM ES D ’E D G A R A LLA N PO E (*).\n\n\n   L e nom d’E dg ar A llan Poe si précisém ent évoque celui de\nB audelaire, que le nom si noblem ent gracile et fo rt de\nStéphane M allarmé, près du sien, n ’est pas sans nous donner\nune étrange im pression de joyeuse surprise toujours nouvelle.\nL e m ag istral sonnet du Poe m ém orial et ce m orne bloc aux\nlueurs noires dans je ne sais quelle atm osphère demi-rou­\ng eâtre et phosphorescente, — le noir de la M aison Uscher ou\ndu Corbeau sous un reflet de Ligea — , ces vers m arm oréens\nnous donnent la transition désirée. Les Poèmes de Poe sont\naussi plus baignés de nuances d’iris pâle, et d ’une subtilité\nplus suave que la plupart des histoires extraordinaires ; et\npuis, su rto u t pour le lecteur français, ces L L si mois et des\nvoyelles pareilles com plètent l ’apparence consanguine. Mais\nce m ot : E d gar P o e , brusquem ent convulsé d’un reploie­\nm ent nerveux, plus étrangem ent n o ir et d’un au tre monde,\n\n\n  (*) Poèm es d 'Edgar P o e, traduits p a r Stéphane M allarm é; Deman, édi­\nteur, Bruxelles.\n"}, {"page_pdf": 477, "page_imprimee": 434, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1963, "texte": " 434                                                             L a Wallonie.\n\n\n\nE dgar Poe n ’a pas cette force nonchalante un peu, et d’une\nsérénité plus lointaine des ombres, oui cette gracile noblesse\nde S téphane M allarmé.\n   Ce qui devait te n ter le poète français, dans l’œ uvre d’E d g ar\nPoe, c’est, j ’imagine, surtout la philosophie dédaigneuse (*)\net qui s’évade, et puis la cantilène éthéréenne de quelques\npages, ou les accords lugubres de syllabes qui s’écrasent\ncomme en bavures de clameurs. L es œ uvres les plus philoso­\nphiques, B audelaire nous les a données. A Stéphane M allarm é\nplus qu’à to u t autre se m o ntraient le devoir et le pouvoir de\ntrad u ire les musiques.\n   Mais, avant d’analyser l ’œuvre, il sied de donner ici le\nsonnet du Poe M émorial, puisque les harm onies du Poète\nfrançais nous apparaissent comme l’ouverture nécessaire au\ndram e qu’E d g ar Poe rêva.\n                       L e T ombeau d ’E d gar P o e .\n\n             T el qu’en lui-même enfin l’ éternité le change\n             L e Poète suscite avec un glaive nu\n             Son siècle épouvanté de n ’ avoir pas connu\n             Que la M o rt triomphait dans cette voix étrange\n\n             E u x comme un v il sursaut d’hydre oyant ja d is l’ ange\n             D onner un sens trop p u r aux mots de la Tribu\n             Proclam èrent très haut le sortilège bu\n             D an s le flot sans honneur de quelque noir mélange\n\n\n     (*) Rappelez-vous le sonnet de Mallarmé le vierge , le vivace , ou les\nfen êtres,        les sonnets de la Revue indépendante, et celui-ci : « Quand\nl’ombre... » Et même (dussé-je paraître émettre un paradoxe), ne devine-\nt-on pas quelque intellectuelle parenté, et de tendances, entre l’auteur\ni d é a l i s t e de l'A près-m idi d ’ un F aune , et l’auteur de M o rella , Ligea , Terre\n\nde songe ? n’est-ce pas également la création d’un monde idéal ?\nconsciemment ou inconsciemment, un monde q ui devient sensible.\n"}, {"page_pdf": 478, "page_imprimee": 435, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1817, "texte": "     Chronique L ittéraire.                                   435\n\n\n       D u sol et de la nue hostiles o g r ie f\n       S i notre idée avec ne sculpte un bas-relief\n       D o n t la Tombe de Poe éblouissante s’orne\n\n       Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur\n       Que ce g ranit du moins montre à ja m a is sa borne\n       A u x noirs vols du Blasphème épars dans le fu tu r\n\n\n\n   Stéphane M allarm é voulut donc transposer en français les\nmusiques éparses dans les strophes anglaises : énorme é tait\nla difficulté. D ’abord l’accentuation n ’est pas la même dans\nles deux langues. L a base du rythm e de la langue française\nest l’iambe ; la langue anglaise veut le contraire. I l y a donc\nune opposition complète dans l’orientation des lignes. E t du\nreste, comme si l ’iambe p erm e tta it plus de lenteur au non-\nchaloir du m ot qui se repose sur la longue finale, to u t l’art\nfrançais reste plus doux, les angles cassants veulent s’arro n ­\ndir en courbes, plus près de la volupté, plus loin du sec\nprotestantism e; on pourrait dire, avec un grain de paradoxe)\nque l’a rt français tient dans un fauteuil L ouis XV.\n   P our l’A rt anglais, le symbole se ra it le triangle.\n   Il y avait, en outre, un dur obstacle dans le ton. E xam inez\nla différence de sonorité, d’avec les françaises, des syllabes\nanglaises les plus proches de notre langue. Qui p o u rra tr a ­\nduire en caractères latins la note grave, légèrem ent enrhumée,\ndes a durs en anglais ? e t le m ot count , ces ou que nos lettres\now ne rendent qu’à peu près ! E t ces difficultés sont les\nmoindres. Saisissez la nuance qui distingue — pour les\nvoyelles, — count de now, though de no, et, pour les finales,\nfortune de motion. E t je ne parle ni du th, ni des syllabes en\nng que notre prononciation du m ot gong ne peu t que laisser\n"}, {"page_pdf": 479, "page_imprimee": 436, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1966, "texte": "436                                            L a Wallonie.\n\n\n\nentrevoir, ni des a lourds de call ou de hall , ni des m uettes\nnoyées, n i des h qu’on aspire avec force, ni de ce petit siffle­\nm ent doux, un peu “ de hautbois, „ qui pourrait faire dire,\nen p arla n t des A nglais et des Américains surtout : “ Ils\ngazouillent du nez. „\n   I l était impossible à Stéphane M allarm é de prendre, pour\nsa traduction, la même tonique, la même dom inante qu’E d g ar\nPoë. Il y avait donc to u t un trav ail préparatoire pour trouver,\navec une pénétration précise et une subtile finesse d’ouïe, le\nton français, la gamme syllabique dans laquelle il fallait\ntransposer. Or, les tons m usicaux diffèrent des tons de la\nlangue parlée en ce que ceux-ci sont défectifs et très dissem­\nblables entre eux. L a traduction n ’était donc plus une ju x ta ­\nposition de sons et d’idées, c’é tait l’artiste harmonisation des\nm ots de notre langue pour donner une im pression d’ensemble\nanalogue à celle qu’avait voulue E dg ar Poe. Stéphane Mal­\nlarm é a dû choisir d’abord le ton qui, en français, séait le\nmieux à évoquer cet indécis fluide ou sombre, — H élène ou\nU lalum e — qu’affectionne E d g ar Poe; puis, fondre toutes les\nsyllabes françaises dans une relation adéquate à la relation\ndes anglaises. H fallait scruter le rap p o rt de telle flexion\navec telle autre, no ter telle progression dans l’harm onie du\npoète anglais, et reproduire, dans le poème français, non pas\ntoujours la même progression, m ais une m odulation qui\naboutit pour nous au même effet.\n   E t ta n t mieux, certes! L orsque M. W ilder tra d u it un\npoème dram atique de W agner et juxtapose à la m usique des\nsyllabes françaises, en com ptant les fortes et les faibles, — il\nfait à très g ran d ’peine un trav a il d’ouvrier. Mais Stéphane\nM allarm é, p a r l’artiste intelligence des rapports harm oniques\nqui unissent les Idées aux musiques formelles, Stéphane\nM allarm é a fait œ uvre d ’A rt.\n"}, {"page_pdf": 480, "page_imprimee": 437, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1503, "texte": "     Chronique Littéraire.                                        437\n\n\n    E n cherchant, en reproduisant les inexprim ables influences\net contre-influences réciproques des syllabes, en m aintenant\nle rap p o rt harm onique de ces influences aux influences des\nidées entre elles, Stéphane M allarmé a fait grande œ uvre\nd’A rt, œ uvre synthétique de musicien et de Poète.\n    I l ne nous sied pas de louer ici. en détails le trav ail du tr a ­\nducteur; que les curieux lisent et com parent, te x te contre\ntexte, que les esprits m esquins s’indignent d’un trop peu\nlittéra l, parfois. Nous voulons, nous, adm irer en to u te joie\nl ’œ uvre du P oète; nous laisserons p o u rtan t passer un seul\nregret, celui de voir à telle place isolée, au lieu de l’harm onie\nqui évoque, des traces de “ mélodie im itative,,, alors si loin\ndes pures musiques pour l’E s p r it!\n    Mais ce déplaisir est si rare, et noyé dans la glorieuse\nsym phonie de ta n t d’adm irables pages ! I l fau d rait dire\nl ’im prévu h au t suggestif de ces vocables décisifs et d’une\nam pleur définitive, ces m ots à pointes barbelées qui p a r­\nsèm ent les S t a n c e s a H é l è n e , le Corbeau , la Terre de\nsonge, E ula lie, Israfel, la Cité en la mer, un Rêve dans un\nRêve, à quelqu’un du Paradis et UL A L U M E .\n    Ces pièces requièrent souverainem ent vers Stéphane Mal­\nlarm é l ’effort de notre attention, — notre attentio n étonnée\nsubtilem ent, et qui admire.\n                                       A l b e r t MOCKEL.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-013", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 438, "page_fin": 440, "titre_corps": "Petite chronique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PETITE CHRONIQUE. La Wallonie adresse ses condoléances les plus", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 481, "page_imprimee": 438, "debut_caractere": 82, "fin_caractere_exclue": 1653, "texte": "PETIT E CHRONIQUE.\n\n\n  L a W allonie adresse ses condoléances les plus vives à\nG abriel Mourey, qui vient de perdre sa mère.\n                                  *\n                                  * *\n   I l est curieux de ju g e r l’attitu d e de notre presse, de notre\npresse si vraim ent “ belge „ à propos du procès de Camille\nLem onnier. Ces choses ne nous révoltent point : nous nous y\n attendions ; comme nous nous attendions à voir des articles\nde journaux français donner une leçon de dignité à quelques-\nunes de nos gazettes.\n                                    *\n                                  * *\n   A lire le dernier n° de l' A r t moderne, entièrem ent consacré\nà ce procès. L ’A r t moderne reproduit presque in extenso l’élo­\nquent discours d’Edm ond P icard.\n   Beaucoup de ce que le puissant orateur a dit de notre art\nnous p ara ît ne pouvoir s’appliquer qu’à l' A r t flamand seul.\nN otre idéal esthétique, à nous w allons, vit bien loin de celui-\nlà, qui est la m ature magnifiée. N otre m aître n ’est pas P ierre\nP aul Rubens, — comme il n ’est pas celui de Camille Lem on­\nn ier en toutes les parties de son œuvre.\n  Cette distinction nous p araît nécessaire. Mais qu’im porte ?\nSans regarder toujours le même horizon, nous serons toujours\nprêts à acclam er le g rand évocateur des glèbes et du soleil,\nCamille L em onnier et son altie r vouloir du Beau.\n                                 *\n                                * *\n  L es É crits p our l’A r t viennent de paraître. Ce n ’est pas\nune livraison détachée, comme nous l’avons annoncé par\n"}, {"page_pdf": 482, "page_imprimee": 439, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1703, "texte": "     P etite chronique.                                      439\n\n\nerreur, m ais le prem ier n° d’une série régulière. L es É crits\nseront publiés chaque mois, sous la direction de G aston\nD ubedat (une autre erreu r nous av ait fait écrire S tu art\nM errill).\n   Voici le som m aire de ce prem ier n\".\n   1° L e m anifeste du groupe.\n   2° Aènor, pièce de vers d’une suave impression m atutinale\navec des orgues et des violes pressenties, au loin ; c’est, par\nA chille D elaroche, l’ouverture du poème que nous avons\nannoncé.\n   3° L es prem ières pages du Traité du Verbe , de René Ghil,\nédition définitive. (L ’analyse de ce fier article exigerait une\nlongue étude, — et une discussion que nous ne voulons\nentamer.)\n   4° L o hengrin, sonnet éclatant, aux reflets de bannières et\nde cuivre, et là, vers le peuple qui s’étonne et s’émeut, le\nnoble avènem ent du chevalier du Saint-G raal. Outre ce\nsonnet de S tu art M errill, une villanelle du même au teu r;\nelle av ait paru dans la W allonie.\n   5° Un fragm ent des Heures p a r A lbert Mockel.\n   6° Mousmé, vers p ar A lbert S ain t Paul, avec des reflets\nd’orient, et des je ts d’eau retom bant au soleil, — une im pres­\nsion qui semble vraim ent de là-bas. C ependant nous avons\nlu de plus beaux vers d’A lbert Saint Paul.\n   7° D es Notes à P aris de M ario V arv ara; vives et précises\névocations de choses m ornes en l’activité d’une foule qui\npasse dans la cour du L ouvre; et puis, sur la scène d’un\nb euglant vulgaire, trois enfantines fillettes, ingénum ent\négarées là, pour vivre, et qui chantent.\n   M ario V arvara publie aussi l’analyse élogieuse d’une\nœ uvre m usicale de V. Emm. L om bardi : Glose à l’ air nuptial\n(de René Ghil).\n"}, {"page_pdf": 483, "page_imprimee": 440, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1724, "texte": "440                                          L a Wallonie.\n\n\n\n\n   N otre am i et collaborateur M aurice W ilm otte prépare à la\nSociété d’E m ulation une solennité d’a r t intéressante. Il\ns’agirait de reproduire en p etit, une représentation du moyen-\nage (une farce et un mystère du X IV me siècle, sans doute).\n   I l y au ra it des musiques populaires d’alors, authentiques,\net, complément nécessaire, une causerie de M aurice W il­\nm otte disant les sujets, le cadre, l’atm osphère esthétique\nd ’alors.\n   U ne étude de M aurice W ilm otte sur le théâtre du moyen\nâge, p a ra îtra bientôt dans la W allonie.\n                                  *\n                              *   *\n\n\n   A ux X X , cinq candidats se disputaient trois places v a­\ncantes ; on a élu le sculpteur R odin , e t les peintres H enry\nV an de V elde et George L emmen . B ravo !\n                                *\n                               * *\n   Caprice -Revue — la feuille artistique illustrée qui a\nnos sym pathies, toute question de cam araderie mise à l’écart\n— entre fièrement, le 1er décembre, dans sa seconde année.\nAvec L a W allonie , sa sœ ur aînée, Caprice-Revue ne cesse de\nlu tte r pour l’A rt jeune en un milieu réfractaire et souvent\nhostile.\n    Caprice-Revue publiera, en cette seconde année, les p o r­\ntra its de : Félicien Rops, W agner, Stéphane M allarmé, J e f\nL am beaux, César F ranck, Ju lien D illens, F ra n s Servais,\nJam es V an D runen, X avier M ellery, C onstantin Meunier,\nIv an Gilkin, A lbert Baertsoen, C atulle Mendès, R ené Ghil,\nRodin, Omer Coppens, Théo V an R ysselberghe, A lfred S té     ­\nvens, Je a n Delville, Caran d’Ache, P au l B ourget, Puvis de\nChavannes, B arbey d’A urevilly, etc., etc.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-203", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 484, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1290, "texte": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n                         H. Z E Y E N .\n            137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                        L IE G E                         .\n     S p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é l e c triq u e .\n\n\n    FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                    P lace du T h é â tre , 11, Liége.\nP o r t e - c i g a r e s e n é c u m e de m e r, a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s de c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u té s en 24 h e u re s.\n\n                              RACCOMMODAGES.\n\n\n\n                  LE PASSANT\n                                G A ZETTE D ’A RT\n      P araissan t tous les samedis. D irecteur : F R I T Z E L L .\n              B ureaux : R ue Courte d u Jo u r, 1 9 , G AN D\n                            7 francs l ’an.\n\n               de Clichy, P aris.          : 47 bis, avenue         Bureaux\n  : 6 francs l’an.           centimes ; abonnement               : 50     La livraison\n\n                            M E N SU E LL E           REVUE\n\nPOUR L'A R T                                                       ÉCRITS\n                      on\n                      V               tôt :\n                        t paraître bien\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3e ANNÉE, N° 10.", "ancre_fin": "D’ART", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ernest MAHAIM", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 485, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 2, "fin_caractere_exclue": 153, "texte": "3e ANNÉE, N° 10.\n\n             LA W ALLONIE\n R E V U E M E N SU E L L E D E L IT T E R A T U R E E T D ’A R T\n                                     (   "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Comité de rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Ernest MAHAIM", "ancre_fin": "SIVILLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Bureaux : rue St-Adalbert", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 485, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 153, "fin_caractere_exclue": 406, "texte": "E rn est    MAHAIM,\n                                                                       A lb e r t   MOCKEL,\n          Comité de R édaction       P . M .       O LIN\n                                     (   M a u r i c e S IV IL L E .\n               "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-206", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Bureaux : rue St-Adalbert", "ancre_fin": "6 fr. 50.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 485, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 406, "fin_caractere_exclue": 639, "texte": "B ureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\nEnvoi d’ un num éro spécim en co n tre 5 0 ce n tim e s\n                en tim b res-p oste.\n    A B O N N E M E N T : 5 fr. p a r an. 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Aprement.\nE ugèn e Dem older.        . L es Carillons.\n                             L es Bienfaits de la L une.\nR ao u l P a s c a lis . .   Proses psychiques.\n                                  Te Deum.\nJ e a n D e lv ille . . .         Soir P athétique.\nA ug. H e n ro ta y . .           D u Lointain.\n                        Chronique M usicale :\nL es nouveaux concerts. — Glose à l’air n uptial de R ené Ghil.\n     Au Conservatoire, — L es concerts d’hiver de B ruxelles.\n                        Chronique L ittéraire :\n   L e procès de Camille Lem onnier. — Poèmes d’E d g ar Poe.\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-11-30-n10-208", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Dépôts de vente", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Qu elq uesco", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 485, 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                     b,\n                                                   :\n                                                   r\n                                                   alr\n                                                     4\n                                                     u\n                                                     i\n                                                     re\n                                                      e\n                                                      ,D\n                                                       rr\n                                                        o\n                                                        u\n                                                        eu\n                                                         o\n                                                         d\n                                                         et\n                                                      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Vaillant-Carmanne, à Liége.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 450, "texte": "       3me Annee. — N° 10.\n\n\n\n\n  LA\n\nWALLONIE\n\n\n       30 Novembre 1888.\n"}, {"page_pdf": 451, "texte": "             CA P R I C E - R E VU E\n  JO U R N A L A R T IST IQ U E E T L IT T É R A IR E , IL L U S T R É ,\n                       paraissan t le Samedi.\n                     D ir e c te u r : M au rice              S IV IL L E .\n  A bonnem ents pour la Belgique : 6 francs l ’an, étran g er 8 fr.\n\n                            D irection et A dm inistration :\n                R ue d es V in g t-De u x , 1 6 , à L iège.\n\n   C a p rice-Revue publie u n p o rtr a it en ch ac u n de ses n os.\n    O nt p a ru :\n    C am ille L e m o n n ie r, E m ile V e rh a eren , Jo sé p h in P é la d a n , V illiers de l’Isle\nA dam , E rasm e R aw a y , A. de W itte , Ju le s B e s tré e , H enri Sim on, Louis Kéfer,\nG eorges R o d en b ach , C ésar T h o m so n , O scar D ossin, R ag g h ia n ti, A lbert G iraud,\nE . R ey e r, Théo H an n o n , Sully P ru d h o m m e, M ars, H en ry de G ro u x , E dm ond\nP ic a rd , E. T in el, A rnold Gollm, A m édée L ynen, C éleslin D em blon, e tc .\n   A p a ra ître :\n    F élicien R ops, C atulle M endès, C aran d ’A che, R en é M aizeroy, Alfred S te v e n s,\nW ag n e r, C ésar F ran c k , Jam e s Van D ru n en , J u lie n D illen s. F ran z S e rv a is ,\nA lbert Ba ertso e n , J e f L am beaux, X av ier M ellery , Ivan Gilkin, S té p h a n e\nM allarm é, R en é Ghil, e tc .\n\n\n          L ’ART                           MODERNE\n  REVUE         CRITIQUE           DES      ARTS        ET      DE     LA     LITTÉRATURE\n                    26, Eue de l'Industrie, Bruxelles.\n                       Abonnement : 10 fr. par an.\n\n                      LES POÈTES NAM UROIS\n                             p a r A u gu ste V IE R S E T\n E n s o u s c r i p tio n d a n s nos b u r e a u x , et ch e z A. B é n a r d ,\n             é d i t e u r , r u e d u J a r d i n B o ta n iq u e , Liége.\n                                   P r i x : fr. 1,50.\n\nA paraître chez E. D EM AN , rue d’Arenberg, Bruxelles:\n                           SCÈNES                   DE B A L\n                1 p etit vol. de vers, p a r A l b . S t -PA U L.\n\n             LE         T R A IT É                    OU V E R R E\n                                    par R e n é G H IL .\n\n                           Les Flambeaux Noirs\n             Livre de vers par É m ile V E R H A E R E N .\n"}, {"page_pdf": 452, "texte": "                     A U B E DE S P L E E N .\n                                                                     A A lbert M ockel.\n\n\n\nO   h ! cette langueur de l’Aube me poigne,\n    Cette aube bête qui se lève au-dessus des toits !...\n    J ’en pleure presque ; les semaines s’éloignent,\n    E t les m ois, et les ans.... et p uis, quoi ?\n\n    A la fenêtre d'en face quelqu’un chante,\n    — O h ! ta voix ja d is, votre voix d’am ant poitrinaire —\n    Cette aube-là me tord les nerfs et m’enchante\n    A u fond — Notre-Dam e, sois-moi débonnaire !\n\n    Epargne-moi tout ce jo u rd ’hui de heurter\n    D e mes pieds affaiblis les pierres noires du M al,\n    A fin que j e sois digne des baisers veloutés\n    D e la Lune, et de son amour baptismal !\n\n    Oh ! mes souvenirs, vous me faites s i dure\n    L a Vie et si douloureuse la Pensée.\n    E spoirs, Rêves, Am our, tous en allés — L e Spleen dure;\n    E t jam ais ne voir sa prière exaucée !...\n\n    A lors, m ieux vaudrait vivre comme les brutes,\n    D a n s le triomphe des instincts, au hasard;\n    M ais ne pas se damner dans l'enfer d’Am our et d’A rt,\n    E t, sans nom, crever, un jou r, comme les brutes.\n\n                                                           G a b r ie l    MOUREY.\nE x tra it de : C r é p u s c u l e s d ’ a m e , en p ré p a ra tio n .\n\n\n\n\n                                                                                     26\n"}, {"page_pdf": 453, "texte": "                  DANS LE RÊVE.\n                                                     P ou r E u x .\n\n\n\n\n  . . . . Sous Valanguissement vespral des arcades assoupies, delà\nl'obscure améthyste des eaux tendues d’ ombres et de rêves,\nromantiques perspectives noyant aux rosées d’ air dit crépuscule\nles ramées vaporeuses.\n  I ls partent, délicieusement émus et seuls, rêvant, par ces\n\n\n\n  O\ncalmes qui nagent diaphanes en l 'affulgence u ltième, attardée,\nlà-bas, derrière l’ or des nuées blondes.\n     soirs d’ été! D a n s celte quiétude flottante, oubliée sur les\nroutes du couchant de pourpre au zénith d’azur, l ’étoile veille\nles pelouses célestes, l’inaccessible recueille un troublant symbole\nd’ amour. E t sous les m ille vocables de la brise gazouillant les\nbouffées d’infini qui enivrent les horizons, les souffles lointains\nqui ouvrent les bocages aux parfum s des anthèses, les fluides,\nmultipliés de délices, qui vont, viennent, s’ épanchent, restent\ninexpliqués et vagues, sous ces parfum s ces souffles, ces fluides,\ntout, comme les cœurs s’aiment, comme ils battent, comme ils\ns’ étreignent, comme ils débordent d'aspirations, de souhaits, de\nmystères!...\n  L a seule et tant aimée! Les annelures de ses cheveux ballants\nsur ses épaules engerbent les rayons des soleils chimériques ;\nl’inconnaissable clarté bleue des lacs sacrés baigne sur ses chers\npâles yeux limpidement m ouillés aux émotions des bonheurs ;\net la fragilité suave de son être, la mièvre cadence charmant sa\n"}, {"page_pdf": 454, "texte": "     D a n s le Rêve.                                             411\n\n\ndémarche subtile, la vierge floraison des plus riches trésors de\nsa jeunesse la suridéalisent pour l’identifier en l’ âme adorante\naux visions éternelles.\n  I ls partent, seuls, rêvant, elle, bien-aimée et bien douce, de\nnulle banale douceur, la v oix bercée d’attendrissements, voix\nblanche et fluette éparpillant des mots imprécis, achevés dans le\ncoeur, comme les rimes, entre-croisées exquises, achèvent dans le\ntriomphe des strophes les sons arrêtés sur les lèvres, voilés\nd’immatériel, en l'harmonie des vertiges de ces adorations, vers\nle ruisseau, le lac, les roses collines, s’imboire des tendresses et\n\n\n\n  O\ndes jo ie s diffuses grisa n t les halliers de l’espace.\n  Seuls.\n     p lu s loin, partent-ils, écoutant leur cœur, dans une reprise\nde voyances merveilleuses et jeunes, prolonger aux toujours\ndes immensités claires, leur rêve, immanent rêve ailé du zéphyr\ndes soirs embrasés, p a r les rythmes, d'eux seuls ouïs rythmes\ndolents des cantiques de vie et des hymnes d’ amour, et les flots\nde poésie chantant les poèmes — quels poèm es! — éperdus\nau-dessus des mondes avec l’ écho des nuits p ures et le reflet du\nciel, prolonger     leur   rêve   aux    adéquations inconnues    des\ntoujours....\n\n     Ju illet.                                G eorge K E L L E R .\n"}, {"page_pdf": 455, "texte": "                APREMENT.\n\n\nD   ANS leur cadre d’ébène et d ’or\n     Les personnages d’A nton Mor\n     P ersécutent de leur silence.\n    Ils vous im posent leurs pensées,\n    Ce n ’est pas eux que vous fixez,\n    Mais ce sont eux qui vous com mandent.\n    M asques terreu x , visages durs,\n    Serrés dans leurs secrets obscurs,\n    E t leur austérité m échante.\n    H au te allure, m aintien cruel,\n    Orgueil rigide et textuel :\n    Barons, docteurs et capitaines.\n\n    L eurs doigts sont m aigres et fluets:\n    Ils fignoleraient des jouets\n    E t détraqueraient des empires.\n\n    Ils cachent sous leurs fronts chétifs\n    L es fiers vouloirs rébarbatifs\n    E t les vices des tyrannies\n    E t les ennuis de leurs cerveaux,\n    Scellés comme d’obscurs caveaux\n    A ux banals soleils de la vie\n    E t le caprice renaissant\n    D e voir du sang rosir le sang\n    Séché trop vite, au coin des ongles !\n"}, {"page_pdf": 456, "texte": "  Aprement.                                                 41 3\n\n\n\n\nSUR le bloc de g ran it ancien, m ordu de f e r ,\n  U ne idole est debout — le m ystère la masque.\n  Un diam ant se mêle à la n uit de son casque ;\n\n  Sur le bloc de g ran it ancien, m ordu de fer,\n  E lle impose, là-bas, son dardem ent de pierre\n  Sans que depuis m ille ans ait bougé la paupière ;\n\n  Sur le bloc de g ranit ancien, m ordu de fer,\n  L e chef qui se prolonge ainsi que des m urailles\n  D resse im m ensém ent un front de funérailles;\n\n  Sur le bloc de g ran it ancien, m ordu de fer,\n  L es deux seins noirs, pareils à des lunes funèbres,\n  L aissen t deux baisers froids tom ber en des ténèbres;\n\n  Sur le bloc de g ran it ancien, mordu de fer,\n  L es deux b ras étendus dont les m ains sont coupées,\n  T endaient pour les aïeux l’orgueil droit des épées;\n\n  Sur le bloc de g ran it ancien, m ordu de fer,\n  L e ventre enguirlandé d’une toison virile\n  R eluit lividem ent magnifique et stérile\n\n  S ur le bloc de g ran it ancien, m ordu de fer.\n\n                             É m il e   VERHAEREN.\n"}, {"page_pdf": 457, "texte": "                       LES CARILLONS.\n                                                       à P ietro L a n cia n i.\n\n\n\n      le s   n o te s   d e s c a r illo n s   s ’é g r è n e n t e n      g a lo p\n        a é r ie n —    e t d e s b e ffr o is tr a g iq u e s e lle s p ie u -\n        v e n t s u r l e s p i g n o n s , p a r e i l l e s à d ’i d é e l l e s\n        fu s é e s .\n   Quelles heures provinciales ils scandent ainsi de\nleurs métalliques refrains, les carillons, boîtes à\nmusique ouvertes dans le ciel !\n   Leur envolée s’abat sur des ruelles anciennes,\négaie des jardinets fleuris de géraniums, et se mêle\nau chant du rouet des vieilles filant dans leurs\nchambres mélancoliques.\n   Tel, le beffroi carillonnait jadis, angélusant de joie\nleurs amours passées, et argentinait leurs rêveries\npar les remparts, sous l’aile des moulins — deux à\ndeux.\n   E t leurs aveux de fiancées, tissés d’azur et de lys,\naussi, comme des romances sentimentales de pen­\nsionnaires, furent accompagnés de cette monotone\nritournelle — toujours, toujours planant au firma­\nment de leur vie. E t le même air baptisa leur hymen:\n   Aussi, quand le beffroi laisse flotter sa sonnerie\ncomme une oriflamme harmonieuse, les vieilles\nrêvent, rêvent, rêvent....\n                               E u g è n e DEMOLDER.\n"}, {"page_pdf": 458, "texte": " L E S B I E N F A I T S DE L A LUNE..\n                                                      Traduit de Bau d ela ire.\n\n\n\n\n    Melleusement,\n            o     ce soir, la Lune descendit\n     Son céleste escalier d’ astres et de nuages,\n     E t s’infiltra nt sans bruit à travers les vitrages\n    Sur sa face et son front, souple, elle s'étendit.\n\n    E t sa lumière alors, vivante, lui p réd it :\n    “ Ta beauté sera faite à mes seules images ;\n    Eternellem ent tu subiras les servages\n    D e mon p â le baiser à ton fron t engourdi.\n\n    “ Tu chériras la Mer, la M er immense et verte,\n    L e Silence et la N uit, l’Immensité déserte,\n    L ’ amant et tous ceux que tu ne connaîtras p a s ;\n\n    “ L es parfum s délirants et les fleurs monstrueuses,\n    L es chats se pâm ant sur les pianos, — les chats\n    Gém issant comme des femmes voluptueuses... „\n\n\n\n         PROSES                   PSYCHIQUES.\n                                                            P o u r l'A lan guie.\n\n\n\nLai s s e , o h ! l a i s s e - m o i b a i s e r t e s l è v r e s c o m m e d e s\n a ile s d e c h a ir r o s e s , — e t b le u s c o m m e d e s la c s\n  d e c ie l, la is s e -m o i b a is e r t e s y e u x .\n"}, {"page_pdf": 459, "texte": "416                                    L a Wallonie.\n\n\n\n   Laisse-moi respirer sur ta bouche les parfums, —\nles doux, les capiteux parfums des fleurs, — des\nfleurs de Rêve, idéales et célestes.\n  Des fleurs d’Eden et de Paradis.... Laisse-moi\nplonger, oh ! longuement plonger ma lèvre entre tes\nlèvres : ces vivantes corolles.\n  Sur les flots de tes cheveux cendrés laisse-moi\nm’embarquer pour l ’ardent voyage, — comme sur les\nvagues d’or d’un Océan-Soleil.\n  Laisse-moi m’enfoncer dans tes seins comme dans\nles plis neigeux d’un Rêve rose, — d’un R êve qui\nserait de ouate et de satin.\n  Laisse-moi, oublie-moi dans ton Etre, comme dans\nquelque ciel, féerique, enchanté, où l’amour me cou­\nvrirait du duvet de son aile.\n  E t laisse-moi écouter ton cœur, — ton cœur, cadran\nvital de mes jours à Vivre, ton cœur balancier de mon\nâme et de son bonheur.\n  Mais surtout, reste silencieuse : je veux tout ignorer\ndu langage humain, et ne rien savoir des mots qui\nmeurent rien qu’à naître.\n   Ou si tu veux, ma Toute-Ineffable ! oui, si tu veux\npourtant me causer d’amour, — oh ! parle, parle-moi\nla musique de ton âme !\n      A suivre.                 R a o u l PASCA LIS.\n"}, {"page_pdf": 460, "texte": "               TE -DEU M .\n\n\nO                                    à Célestin Demblon.\n\n\n\nRGUES aux vastes frém issem ents m ystiques\n D ont vibre l’âme des pierres des saints lieux,\n J ’ai, dans l’extase puissante de vos musiques\n Puisé le charm e fo rt des enivrem ents pieux.\n\n L ’olympe illum iné des v itrau x ogivals,\n Où rêvent nimbés d’or des saints hiératiques,\n M agnifie ses splendeurs en prestiges idéals\n A vos hym naires clam eurs apothéotiques ;\n\n L e souffle sacré de vos voix m agistrales\n Vers l’E ucharistie suprêm e des cathédrales\n H ym nant du culte les sublimes gloires,\n\n E xalte la flamme incantatoire de l’encens,\n D ont les suavités béatifient les sens\n E t plane en l’allégresse de m ystiques victoires.\n\n\n\n      SOIR P A T H E T I Q U E .\n\n\nA\nu                                       à A lb ert M ockel.\n\n\n  loin des lointains nocturnem ent sérénisés\n Sous l’immense accalm ie vespérale,\n V aguent mes yeux et aux azurs solennisés\n Où s’illum ine l ’apothéose astrale.\n"}, {"page_pdf": 461, "texte": "418                                       L a Wallonie.\n\n\n\n      L a terre, vibrante de sève dans le soir\n      D ont mes sens exaltés chantent l’apologie,\n      P a r les germ es sacrés de l’auguste semoir\n      F écondait les œuvres de l’hum aine géorgie.\n\n      L a lueur suprêm e du grand ciel extatique,\n      U ne lustrale lueur, ardente, séraphique,\n      R uisselait sanctifiant la paix profonde.\n\n      E t la L une sainte d’un éclat prodigieux,\n      Triom phale, m ontant vers l’apogée radieux\n      M ystiquem ent sublim isa le Monde !\n\n                                     J e a n D E L V IL L E .\n"}, {"page_pdf": 462, "texte": "                  du   L o in ta in .\n\n\n\n\n       E vaguais ce jo u r - l à par nos plaines de Hes-\n           baye. Les récoltes enlevées avaient élargi\n           les horizons et soulagé les regards d’une\n           oppression. C ’était ce vide où l’âme, aux\nrâles de ses suprêmes illusions, prononce son renon­\ncement à la vie et se retire en une vaste et sereine\nindifférence.\n    Je sentais mon âme, — lassée d’avoir tendu ses\nrêves vers l’incompréhension des âmes passantes,\n— se replier sur elle-même en une morne et fière\nindépendance ; grandissait en elle la résolution de se\nparer sous les seuls yeux de l’Idéal, sans plus deman­\nder à quiconque ni compréhension ni affection.\n    J ’allais donc par les campagnes comme désormais\nj ’irais dans la vie : fier de ma liberté dans la mélan­\ncolie de ma solitude.\n    Dans un ciel bleu, monotone et désert flottait une\nlumière inerte qui semblait éclairer sans but ces\nchamps aux éteules phosphorescentes ; une lumière\n"}, {"page_pdf": 463, "texte": "420                                     L a Wallonie.\n\n\n\n telle qu’elle doit être là-haut eu dehors de l’atmos­\n phère, là où la vie est impossible ; telle qu’elle doit\n être dans les déserts léthargiques ou sur les planètes\n où la vie s’est figée à jamais.\n    Le soleil descendait vers l’Occident et le paysage\n se faisait d’une grandeur calme et biblique. Alors\nj ’eus la. sensation d’un involontaire isolement vers\nune solitude d’où les choses m’apparurent tout exté­\nrieures et étrangères ; c’était comme une lente ascen­\n sion par les temps et les espaces et, pour mon esprit,\nla faculté d’être présent et conscient dans l’inacces­\n sible même.\n    Quelque B uth glanait dans ces champs chimé­\nriques. Je savais, je me rappelais que ce soleil éclai­\nrait ces tableaux depuis des myriades de siècles.\n    Le soleil éclairait ces campagnes dégarnies ; ces\néteules phosphoresçaient ; cette apparence glanait,\ncourbée vers la Terre ; ces ombres, là-bas, chargeaient\nleur chariot, et les gerbes s’élevaient en un flamboie­\nment d’or, — depuis toute éternité.\n    A vivre dans l’ailleurs et l’autrefois, le présent et\nl’actuel m’échappaient: nul lien ne m’y rattachait\nplus.\n    Puis j ’eus une vertigineuse émotion : il me sem­\nblait qu’à la limite de ces régions que jamais ma\nfaiblesse n’eût pu franchir, une main invisible m’en­\ntraînait dans la magie d’une nouvelle ascension:\nmais comme si la lumière avait été pour mes yeux\nhumains, une infraction à la Loi, mes idées ne par­\n"}, {"page_pdf": 464, "texte": "    D u Lointain.                                  421\n\n\n\nvenaient plus à se former; elles restaient à l’état\nd’ébauches, de vagues pressentiments flottant dans\nla conscience simple : c’était la confuse sensation\nd’une antériorité, comme si Dieu permettait au pa­\npillon la remembrance de sa chrysalide.\n   Je sentais que l’heure était solennelle et j ’atten­\ndais une décisive arrivée. Il me semblait qu’il allait\nm’être donné d’apercevoir enfin le fantôme de la\nVérité au fond de ce gouffre que mon âme anxieuse\nscrutait hélas ! en vain depuis si longtemps. Je pres­\nsentais un de ces symboles que Dieu réalisa de toute\néternité, d’une de ces correspondances mystérieuses,\nd’une de ces énigmes jetées par l’Etre à notre acti­\nvité.\n   Aujourd’hui, —· délivré des hantises du Doute et\narrivé à la plus ineffable félicité où puissent aspirer\nles postulations humaines, — il m’arrive parfois de\nreconstituer l’état de mon âme à ce moment de\ntrouble suprême. Il me semble que je flottais dans\nla léthargique lucidité des rêves : je pouvais voir\nsans qu’il me fût permis de penser; les choses défi­\nlèrent à mes yeux comme feraient des tableaux isolés\naux yeux des êtres privés de pensées. Comme dans\nles| rêves les choses m’ apparurent sans transition,\nsans enchaînement, elles furent sans devenir. E t je ne\npouvais concevoir d’étonnement, car elles furent\nnaturellement, comme les choses qui doivent être.\n   Lors il y eut au zénith un vol lourd et visqueux de\nsept couples d’oiseaux monstrueux dont la couleur\n"}, {"page_pdf": 465, "texte": "422                                     L a W allonie.\n\n\n\n  faisait à ma vue l ’impression sourde du feutre ou\n  d’ailes de chauves-souris au toucher ou encore de la\n peau glabre d’animaux nouveau-nés. Le reploiement\n mou et lâche de leurs ailes semblait impuissant à les\n soutenir, et cependant ils avançaient dans un désordre\n imbécile. Par moments un cri leur échappait et tom­\n bait flasque et misérable. Ils parcoururent ainsi une\n trentaine de degrés puis ils disparurent soudain\n comme si un voile les eût dérobés à mes regards,\n et je n’eus de ce fait, tout fatal, aucun étonnement.\n J 'attendis quelques secondes, puis un autre vol de\n sept couples d’oiseaux fut au même point que le pré­\n cédent; une vie un peu plus intense animait leurs\n mouvements et leurs cris étaient un peu plus vibrants.\n Ils disparurent au même point que les précédents.\n    Puis il y eut une série d’autres vols avec les mêmes\n progressions de vitalité.\n    Ensuite un vol hagard et forcené de sept couples\n noirs aux reflets rappelant le rouge-blanc des paro­\n xysmes et les tons rongeants et verdâtres de l’envie.\n Leurs cris étaient des grincements livides et je sen­\n tais en eux la férocité essentielle. A un moment, les\n individus de chaque couple se précipitèrent l’un sur\nl’autre comme dans un désir de se transpercer mu­\n tuellement, cela avec des cris dont l ’horreur pourrait\n se traduire seulement p ar l'absolue volupté d'une haine\ninfinie. Il y eut un enlacement preste et ophidien de\nleurs ailes nerveuses et, par une magie étrange, les\ncadavres agriffés continuèrent leur chemin, poussés\njusqu’à la limite.\n"}, {"page_pdf": 466, "texte": "    D u Lointain.                                   423\n\n\n   Dans les séries suivantes, le vol était de moins en\nmoins hagard et les cris de moins en moins horribles,\nquoique le meurtre restât leur destinée, et dans la\ndernière combinaison, j’eus l’intuition que leur féro­\ncité était la même que celle des animaux les plus\nféroces de cette terre.\n   Après eux, vint une traînée ignominieuse de sept\ncouples qui traversèrent le champ des apparitions\ncomme une lèpre. Leur seule vue me donnait les\nnausées que donne l’odeur d’une charogne. Leurs\nailes avaient un reploiement si douloureux qu’il sem­\nblait impuissant à les soutenir, et cependant ils avan­\nçaient poussés par une force qui prolongeait leur\nsupplice. Des cris leur échappaient par intervalles\nréguliers et dont l’horreur pourrait se traduire seu­\nlement par l'absolue rage d’une souffrance infinie.\nParfois les individus d’un même couple tentaient\nde se rapprocher, mais aussitôt une invincible répul­\nsion les écartait l’un de l’autre comme si leur pesti­\nlence réciproque avait augmenté leurs tortures.\n   Puis il y eut la même succession qui m’était déjà\napparue.\n   Une émotion avertit ma conscience et je sentis en\nmoi comme un progrès de lucidité. E t c’est avec un\nfrisson d’attendrissement que je vis apparaître sept\n couples d’oiseaux d’une angélique blancheur ; leur\nvue faisait s’exhaler de mon cœur tout ce que la souf­\nfrance y avait refoulé d’éthérée tendresse. D ’une aile\nlégère et joyeuse, ils s’ébattaient dans le fluide azuré\n"}, {"page_pdf": 467, "texte": "424                                    L a Wallonie.\n\n\n\n ou se laissaient bercer aux moelleuses vagues de\nl’air, insoucieux du but.\n    Mais je constatai à plusieurs reprises, sans que\nj ’eusse remarqué ni cherché de transition, que leur\ncandeur s’était souillée de teintes grisâtres, puis\nnoires. Leur vol eut des raideurs douloureuses avec\nquelque chose d’inquiet et de désordonné ; des vio­\nlences passionnées et comme des projections de haine\nou des lâchetés de tendresse maladive, et aussi, en\ndes isolements, de spleenétiques et coupables médi­\ntations.\n    Puis, comme si mon esprit, créant ces visions,\navait passé à un autre sujet de méditation, il se\ntrouva un seul oiseau gris, aux teintes grises des\nmélancolies, avec la tête blanche ; la tête était\nblanche ! En vertigineux élans de suprême inquié­\ntude, il semblait chercher une issue ou voler à la\nrencontre d’une arrivée longtemps désirée, et ses\ncris, d’ardents appels de tendresse, se perdaient\nmornes dans le vide de cette solitude. Oh ! pourquoi\ntremblais-je ainsi à le voir, et pourquoi ce boulever­\nsement passionné dans mon cœur ? Oh ! comme mon\nâme visait son âme. Espérance, amour, solitude,\nespérance encore ! A h ! mon Dieu, qu’allait-il\nadvenir ?\n    E t à ce moment, par le point où les visions précé­\ndentes s’étaient évanouies, s’élança v if comme un\nvoyageur amoureusement attendu, un autre oiseau\naux transparences cristallines, car à traversée croyais\nvoir l’azur du ciel.\n"}, {"page_pdf": 468, "texte": "    D u L ointain.                                   425\n\n\n   Pourrais-je dire cette explosion d’amour dans leur\nréunion ! Comme s’ils s’étaient évaporés en leur\nbonheur, ils s’élevèrent côte à côte, diminuèrent,\ns’élevant jusqu’à ce qu’ils ne furent plus qu’au seul\npoint que les larmes ruisselant de mes yeux me\ncachèrent.\n   A ce moment, j ’entendis à mes côtés un soupir de\ndoux soulagement et j’eus la divine vision d’une\nfemme étrangement belle, d’une beauté faite dépassé,\net comme les figures de nos rê v e s, auréolée de\nsouvenir.\n   E lle aussi pleurait. E lle abaissa vers moi son\nregard magnétique. A vec une extraordinaire lucidité\ncomme si ma pensée venait de plonger dans la reculée\ndes temps évanouis :\n   — Est-ce t o i ? demandai-je, sans penser à la singu­\nlarité de mes paroles en une telle occurrence.\n   — C ’est moi, fit-elle d’une voix lointaine et le\nregard fermé, comme dans la contemplation d’un\nmonde immensément éloigné.\n   — Es-tu de ce pays, dis-je, que je n ’ai jamais\nquitté ? E t d’un geste vague j ’enlaçais des fuites\nd’horizons.\n   — Non, jamais je n’y vins.\n   — E t pourtant je te reconnais....\n   — C ’est moi.\n   Nous restâmes silencieux.\n   Dirai-je les accès de démence dont mon cerveau\n était près d’éclater ? Vertigineuse giration de siècles,\n                                              27\n"}, {"page_pdf": 469, "texte": "426                                   L a W allo nie.\n\n\n\nd e destinées, de fatalités ; ouragans fabuleux dans\nla poussière des temps,· éclairs surnaturels traversant\nce gouffre ténébreux de la vérité !...\n   E t quand je la serrai dans mes bras, Elle que je me\nrappelais, Elle que je reconnaissais, E lle qui m’arri­\nvait en un tel moment à un rendez-vous donné oh !\nmon Dieu, dans quelle véhémente nuit du passé,\npourrais-je exprimer les affres de bonheur dont je\nrâlais !\n   Demandez au naufragé jetant son cri d’agonie au\nvide des cieux et à qui les cieux tendraient une main\nsecourable ; demandez à l’affamé dans un désert, à\nqui une manne céleste donnerait la vie, demandez-\nleur le vertige de leur doute en un tel bonheur !\n   Nous étions épuisés de joie ; nous nous regardions\nattendris et nous recueillant pour savourer une\nfélicité inouïe, quand la nuit vint furtivement à pas\nveloutés, et comme avec un doigt sur les lèvres.\n                                 A u g . H EN R O T A Y .\n"}, {"page_pdf": 470, "texte": "          CHRO NIQU E M U S I C A L E .\n\n\n   L e prem ier des nouveaux concerts sera donné le dim anche\n2 décembre, au Conservatoire, sous la direction de Sylvain\nD upuis. Au program m e : la prem ière sym phonie de B eetho­\nven, la suite norvégienne de L alo, et, de W ag n er, la H uldi   ­\ngungs-M arsch (m arche inaugurale pour L ouis I I ) et la\nSiegfried-Idylle.\n   Nous sortons d’une répétition des nouveaux concerts.\nV igoureusem ent conduit, l’orchestre de M. D upuis a m ontré\ndes qualités de puissance, de cohésion et de finesse desquelles\nnous avait déshabitués la direction cotonneuse de M . Radoux.\n   C’est bien commencer.\n   L e 5 décem bre, au C onservatoire, piano récital p ar H a n S\nDE BULOW .\n                                   *\n                               *   *\n\n   Vincenzo Emm. L om bardi nous envoie sous ce titre :\nGlose à l’ air nu ptia l de René G hil, une suite de brèves pensées\nmusicales, qui doivent comme entourer d’une atm osphère\ncaressante le poèm e de notre ami. L e genre fu t inauguré,\np a r L om bardi, en sa Glose à l’ après-m idi d’ un F a u n e , de\nStéphane M allarmé. E n ce nouvel essai, les mêmes défauts\net les mêmes qualités que dans le précédent; une certaine\nnote personnelle qui cherche à percer, une louable indépen­\ndance; m ais une inexpérience très visible, et pas assez de\nrichesse et de continuité dans le développement des thèm es.\n"}, {"page_pdf": 471, "texte": "428                                              L a W allonie.\n\n\n\n Q uant au genre, il est proche du Poèm e symphonique, en\n supposant le poème écrit ; il y a là cet écueil d’une m usique\n parfois descriptive, et jam ais subjective qu’à demi, puisque\n pensée à trav ers la personnalité d’un autre.\n                                      *\n                                     * *\n   A u C o n s e r v a t o ir e , le prem ier concert annuel. L ’o r­\nchestre a in terp rété brum eusem ent la deuxième symphonie\n de B rahm s ; des parties s’étouffaient dans les échos bouffis\n des autres, et de l’Adagio il ne re sta it plus qu’une grande\nplaque grise, un ciel d’octobre troué ci et là p ar un éclair aux\n éclats sourds : et c’était derrière le quatuor, une entrée de\n cors qui s’im posaient. Nous aurions à nous plaindre encore\nplus s’il fallait p arle r de cet adm irable finale devenu presque\nsuperficiel sous le bâton de Monsieur Radoux. Mais, enfin :\nnous avons eu du Brahm s.\n   D u D vorak aussi (prononcer D vrortschkm npgrstow zak )\ndont quelques cahiers de profondes mélodies, de très large\nenvergure, nous étaient connus. Ces fragm ents pour o r­\nchestre que l’on nous a donnés, ne v alent point, il est vrai,\nla belle œ uvre d’A rt que sont ces mélodies ; certes ils sont\nplus en surface, m ais d ’un intérêt vif, e t qui se renouvelle.\n   E nfin la K aisermarsch de R ichard W agner.\n   Il nous est toujours pénible d’entendre ce fragm en t de\nmusique officielle, inférieure à l’Œ uvre du g rand dom pteur\nde Form es et de Symboles : R ichard W agner. L ’orch estra­\ntion, nourrie, variée, colossale, étonne encore et captive\nl’adm iration. Mais nous sommes blessés p a r une relativ e\npauvreté d’idées; et ce choral de L u th e r qui s’applique à la\np artitio n sans pouvoir se fondre avec elle? I l faut avoir le\ncourage de le dire, la Kaiserm arsch est, en com paraison des\nvraies compositions de W agner, un pêle-mêle de thèmes\n"}, {"page_pdf": 472, "texte": "      Chronique Musicale.                                         429\n\n\n  disparates, dont un ou deux sont même vulgaires, — et non,\n  certes, non le développem ent logique et m usical d’une idée.\n  Quelques effets rappellent des passages des grandes oeuvres\n du M aître, — sans les égaler ; cet effort des cuivres g ran ­\n dissant sous les cordes, to u t l’émoi tressaillan t de l’orchestre\n avant la bataille, on le dirait inspiré de l’ouverture des\n M aîtres chanteurs ; et la bataille même, l’une des plus belles\n parties de la K aiserm arsch , rappelle, en re sta n t inférieure, la\n bataille de la W alkure, à la fin du deuxième acte, et l ’effroi\n qui tressaute et les assauts de la peur sournoise, à l’im pro      ­\n viste, et les chocs h aleta n ts au cœ ur qui se convulse.\n     Q uant à l ’exécution, elle a été ce qu’elle d evait être :\n l’agréable parodie de celle que dirigeait H ans R ich ter à Aix-\n la-Chapelle.\n    Parlerons-nous des virtuoses ? I l y avait M. Delaborde,\n pianiste au je u correct, rom pu “ au m étier, „ un peu froid,\n m ais austère et sans charlatanism e. E t, précisém ent le\n contraire, Mme L andouzy ; très jolie sans grande finesse,\n comme l’est sa voix de cristal, avec parfois des inflexions\ngrièches; plus d’aplomb que de grande pénétration, ou,\nmême au point de vue de la méthode, que d’a r t véritable ;\nj ’entends l' A r t du Chant , car sans qu’on puisse la com parer à\nMelle M ézeray, Mme L andouzy vocalise avec lim pidité.\n    J ’ai gardé pour la fin la m eilleure de mes im pressions : il y\nav ait eu d’abord un chœ ur de B eethoven vraim ent mal tra ­\nduit p ar les classes de chant d’ensemble; m ais alors, beau­\ncoup mieux interprété, un adorable m adrigal de W a ëlra n t\n(16e siècle), sans accom pagnem ent, to u t formé d’accords qui\ndoucement consonnent, une suave pensée de reg ret d’une\nfragilité mélancolique et de tendresse, ainsi des contours qui\ns’effaceraient à demi, noyés sous un reflet de lueurs mauves.\n                                                          Al b . M.\n"}, {"page_pdf": 473, "texte": "430                                                          L a Wallonie.\n\n\n\n\n   A B ruxelles, les concerts d'hiver com m encent leur deuxième\nannée; ils seront au nom bre de six, sous la direction de F ran z\nServais, dans la salle du th é â tre de l’A lham bra (boulevard de\nla Seune).\n   L es concerts d’hiver prom ettent un niveau d’a r t encore\nsupérieur à celui de l’année dernière : l’orchestre, alors\nrecruté un peu à la hâte, l’orchestre s’est assoupli sous\nl’artiste et vigoureuse direction de F ranz Servais ; de plus,\nles musiciens, alors étrangers les uns au x autres, ont pris\ncette fameuse “ habitude du collier „, l’habitude de jo u er à\ncôté de tels cam arades et non de tels autres. Or c’est là l’un\ndes plus grands éléments de la force et de la cohésion d’un\norchestre.\n   L es plus grands soins seront apportés à l’exécution des\nœuvres, toutes choisies parm i les chefs-d’œ uvre de la\nmusique ancienne et m oderne et le concours des plus illustres\nvirtuoses assure à ces séances un in té rêt artistique considé­\nrable.\n   L e prem ier concert aura lieu le Dim anche, 16 décembre\nprochain.\n                  Abonnements pour les s ix Concerts :\n   Prem ières l o g e s ................................................. fr. 36.00\n   B a ig n o ir e s ........................................................... 36.00\n   F auteuils d’o r c h e s t r e ......................................         25.00\n   F auteuils de balcons (1er et 2e rangs de face)                               25.00\n   Stalles de p a r q u e t ...........................................          20.00\n A dm inistration des concerts d’hiver : M ontagne de la\nCour, 41.\n"}, {"page_pdf": 474, "texte": "        CH RO N IQ U E L I T T É R A I R E .\n\n\n\n\n       L E PRO CÈS D E C A M IL L E LEM O N N IER.\n\n\n   Comme on le sait, Camille Lem onm er, notre g rand artiste,\nest pousuivi devant les tribunaux français pour outrage aux\nbonnes mœurs ( ! ! ). Nous avons déjà protesté et nous pro­\ntestons encore de toute la force de notre indignation contre\nces ridicules et funestes attaques de la justice.\n   Ceux qui ont lu Camille L em onnier et qui l’aim ent pour\nsa puissance dédaigneuse, — l’éclat de sa gran d e puissance\nfière, — ceux-là savent to u t l ’odieux de pareilles accusations\nportées contre lui. Mais une intelligence d’élite, Edm ond\nP icard, a voulu défendre l’écrivain qu’on insulte. Nous em prun­\ntons aux journaux l’analyse de sa plaidoirie qui d it to u t ce\nque nous pourrions dire, e t m ieux que nous ne le pourrions\ndire :\n   “ Me Edm ond Picard, très ému, prend alors la parole :\n   „ Il est, dit-il, l’ami, l’intim e cam arade de Camille Lem on­\nnier, “ depuis l’enface, depuis toujours, et il est heureux de\nvenir le défendre en France, parce qu’il est toujours doux\nde venir au secours de ceux qu’on aime. „\n"}, {"page_pdf": 475, "texte": "432                                             L a Wallonie.\n\n\n\n     „ Ce n ’est pas Camille L em onnier, d’ailleurs, qu’il va ex­\n pliquer aux juges français, m ais la litté ra tu re belge.\n     „ E tran g e r je suis, Messieurs, et je souhaite de vous le\n p ara ître au tan t que je le suis. C’est que nous sommes très\n différents de vous, quoique si près l’un de l’autre. J ’ajoute\n que, si nous sommes différents, nous vous aimons, nous vous\n adm irons, nous adm irons votre h au teu r de vues.\n     „ E n Belgique, poursuit Me Edm ond P icard, la loi qui protège\n la m orale publique est plus sévère encore que la vôtre, car, si\n vous condamnez seulem ent l’outrage aux bonnes mœurs, nous\n condamnons, dans n o tre pays, to u t ce qui leur est contraire.\nE h bien! l’E n fa n t du Crapaud a été publié à 1,000 exem­\nplaires à B ruxelles, et jam ais notre p arq u et n ’a songé à s’en\n émouvoir.\n    „ Camille Lem onnier, en effet, en écrivant son ouvrage,\nn ’a pas eu le sentim ent qu’il outrageait les bonnes mœurs.\nE t il av ait devant les yeux, circulant en liberté en F rance,\nZola, poussant, te l qu’un dogue, ces aboiem ents vigoureux\nqui charm ent les uns et blessent les autres.\n    „ L em onnier ay an t lu l’Assommoir, ay a n t lu N ana, ayant\nlu la Terre , aurait-il pu croire que son E n fa n t du Crapaud\noutrageait les m œ urs françaises ?\n    „ C’est un passant pour vous, Messieurs, il a vu de là-bas,\nde loin, et je me dem ande même respectueusem ent si, au\npoint de vue du droit, une œ uvre créée à l’étran g er relève\nde votre justice.\n    „ Me E dm ond P ic a rd rappelle ensuite la thèse de l’indé­\npendance absolue de l ’écrivain, qui a ses partisan s, et la\ncondam nation d’a n tan de B audelaire, pour avoir fait un chef-\nd ’œ uvre qui circule librem ent aujourd’hui.\n   „ Condamnez Lem onnier, dit en term inant Me P icard,\n"}, {"page_pdf": 476, "texte": "     Chronique Littéraire.                                              433\n\n\nm ais vous n ’arrêterez pas l’artiste, et je vous g aran tis q u ’il\nrecommencera, parce que l’artiste sort son œ uvre comme la\nfemme sort l ’enfant, m algré elle e t sans le farder.\n  ,, Nous avons en Belgique vingt-huit procureurs du roi\navec beaucoup de substituts ; pas un n ’a songé à poursuivre. „\n\n  L e trib u n al a condamné le g éra n t du Gil B las et Camille\nLem onnier, chacun à m ille francs d’am ende, et, solidai­\nrem ent, aux frais.\n\n\n\n\n            POÈM ES D ’E D G A R A LLA N PO E (*).\n\n\n   L e nom d’E dg ar A llan Poe si précisém ent évoque celui de\nB audelaire, que le nom si noblem ent gracile et fo rt de\nStéphane M allarmé, près du sien, n ’est pas sans nous donner\nune étrange im pression de joyeuse surprise toujours nouvelle.\nL e m ag istral sonnet du Poe m ém orial et ce m orne bloc aux\nlueurs noires dans je ne sais quelle atm osphère demi-rou­\ng eâtre et phosphorescente, — le noir de la M aison Uscher ou\ndu Corbeau sous un reflet de Ligea — , ces vers m arm oréens\nnous donnent la transition désirée. Les Poèmes de Poe sont\naussi plus baignés de nuances d’iris pâle, et d ’une subtilité\nplus suave que la plupart des histoires extraordinaires ; et\npuis, su rto u t pour le lecteur français, ces L L si mois et des\nvoyelles pareilles com plètent l ’apparence consanguine. Mais\nce m ot : E d gar P o e , brusquem ent convulsé d’un reploie­\nm ent nerveux, plus étrangem ent n o ir et d’un au tre monde,\n\n\n  (*) Poèm es d 'Edgar P o e, traduits p a r Stéphane M allarm é; Deman, édi­\nteur, Bruxelles.\n"}, {"page_pdf": 477, "texte": " 434                                                             L a Wallonie.\n\n\n\nE dgar Poe n ’a pas cette force nonchalante un peu, et d’une\nsérénité plus lointaine des ombres, oui cette gracile noblesse\nde S téphane M allarmé.\n   Ce qui devait te n ter le poète français, dans l’œ uvre d’E d g ar\nPoe, c’est, j ’imagine, surtout la philosophie dédaigneuse (*)\net qui s’évade, et puis la cantilène éthéréenne de quelques\npages, ou les accords lugubres de syllabes qui s’écrasent\ncomme en bavures de clameurs. L es œ uvres les plus philoso­\nphiques, B audelaire nous les a données. A Stéphane M allarm é\nplus qu’à to u t autre se m o ntraient le devoir et le pouvoir de\ntrad u ire les musiques.\n   Mais, avant d’analyser l ’œuvre, il sied de donner ici le\nsonnet du Poe M émorial, puisque les harm onies du Poète\nfrançais nous apparaissent comme l’ouverture nécessaire au\ndram e qu’E d g ar Poe rêva.\n                       L e T ombeau d ’E d gar P o e .\n\n             T el qu’en lui-même enfin l’ éternité le change\n             L e Poète suscite avec un glaive nu\n             Son siècle épouvanté de n ’ avoir pas connu\n             Que la M o rt triomphait dans cette voix étrange\n\n             E u x comme un v il sursaut d’hydre oyant ja d is l’ ange\n             D onner un sens trop p u r aux mots de la Tribu\n             Proclam èrent très haut le sortilège bu\n             D an s le flot sans honneur de quelque noir mélange\n\n\n     (*) Rappelez-vous le sonnet de Mallarmé le vierge , le vivace , ou les\nfen êtres,        les sonnets de la Revue indépendante, et celui-ci : « Quand\nl’ombre... » Et même (dussé-je paraître émettre un paradoxe), ne devine-\nt-on pas quelque intellectuelle parenté, et de tendances, entre l’auteur\ni d é a l i s t e de l'A près-m idi d ’ un F aune , et l’auteur de M o rella , Ligea , Terre\n\nde songe ? n’est-ce pas également la création d’un monde idéal ?\nconsciemment ou inconsciemment, un monde q ui devient sensible.\n"}, {"page_pdf": 478, "texte": "     Chronique L ittéraire.                                   435\n\n\n       D u sol et de la nue hostiles o g r ie f\n       S i notre idée avec ne sculpte un bas-relief\n       D o n t la Tombe de Poe éblouissante s’orne\n\n       Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur\n       Que ce g ranit du moins montre à ja m a is sa borne\n       A u x noirs vols du Blasphème épars dans le fu tu r\n\n\n\n   Stéphane M allarm é voulut donc transposer en français les\nmusiques éparses dans les strophes anglaises : énorme é tait\nla difficulté. D ’abord l’accentuation n ’est pas la même dans\nles deux langues. L a base du rythm e de la langue française\nest l’iambe ; la langue anglaise veut le contraire. I l y a donc\nune opposition complète dans l’orientation des lignes. E t du\nreste, comme si l ’iambe p erm e tta it plus de lenteur au non-\nchaloir du m ot qui se repose sur la longue finale, to u t l’art\nfrançais reste plus doux, les angles cassants veulent s’arro n ­\ndir en courbes, plus près de la volupté, plus loin du sec\nprotestantism e; on pourrait dire, avec un grain de paradoxe)\nque l’a rt français tient dans un fauteuil L ouis XV.\n   P our l’A rt anglais, le symbole se ra it le triangle.\n   Il y avait, en outre, un dur obstacle dans le ton. E xam inez\nla différence de sonorité, d’avec les françaises, des syllabes\nanglaises les plus proches de notre langue. Qui p o u rra tr a ­\nduire en caractères latins la note grave, légèrem ent enrhumée,\ndes a durs en anglais ? e t le m ot count , ces ou que nos lettres\now ne rendent qu’à peu près ! E t ces difficultés sont les\nmoindres. Saisissez la nuance qui distingue — pour les\nvoyelles, — count de now, though de no, et, pour les finales,\nfortune de motion. E t je ne parle ni du th, ni des syllabes en\nng que notre prononciation du m ot gong ne peu t que laisser\n"}, {"page_pdf": 479, "texte": "436                                            L a Wallonie.\n\n\n\nentrevoir, ni des a lourds de call ou de hall , ni des m uettes\nnoyées, n i des h qu’on aspire avec force, ni de ce petit siffle­\nm ent doux, un peu “ de hautbois, „ qui pourrait faire dire,\nen p arla n t des A nglais et des Américains surtout : “ Ils\ngazouillent du nez. „\n   I l était impossible à Stéphane M allarm é de prendre, pour\nsa traduction, la même tonique, la même dom inante qu’E d g ar\nPoë. Il y avait donc to u t un trav ail préparatoire pour trouver,\navec une pénétration précise et une subtile finesse d’ouïe, le\nton français, la gamme syllabique dans laquelle il fallait\ntransposer. Or, les tons m usicaux diffèrent des tons de la\nlangue parlée en ce que ceux-ci sont défectifs et très dissem­\nblables entre eux. L a traduction n ’était donc plus une ju x ta ­\nposition de sons et d’idées, c’é tait l’artiste harmonisation des\nm ots de notre langue pour donner une im pression d’ensemble\nanalogue à celle qu’avait voulue E dg ar Poe. Stéphane Mal­\nlarm é a dû choisir d’abord le ton qui, en français, séait le\nmieux à évoquer cet indécis fluide ou sombre, — H élène ou\nU lalum e — qu’affectionne E d g ar Poe; puis, fondre toutes les\nsyllabes françaises dans une relation adéquate à la relation\ndes anglaises. H fallait scruter le rap p o rt de telle flexion\navec telle autre, no ter telle progression dans l’harm onie du\npoète anglais, et reproduire, dans le poème français, non pas\ntoujours la même progression, m ais une m odulation qui\naboutit pour nous au même effet.\n   E t ta n t mieux, certes! L orsque M. W ilder tra d u it un\npoème dram atique de W agner et juxtapose à la m usique des\nsyllabes françaises, en com ptant les fortes et les faibles, — il\nfait à très g ran d ’peine un trav a il d’ouvrier. Mais Stéphane\nM allarm é, p a r l’artiste intelligence des rapports harm oniques\nqui unissent les Idées aux musiques formelles, Stéphane\nM allarm é a fait œ uvre d ’A rt.\n"}, {"page_pdf": 480, "texte": "     Chronique Littéraire.                                        437\n\n\n    E n cherchant, en reproduisant les inexprim ables influences\net contre-influences réciproques des syllabes, en m aintenant\nle rap p o rt harm onique de ces influences aux influences des\nidées entre elles, Stéphane M allarmé a fait grande œ uvre\nd’A rt, œ uvre synthétique de musicien et de Poète.\n    I l ne nous sied pas de louer ici. en détails le trav ail du tr a ­\nducteur; que les curieux lisent et com parent, te x te contre\ntexte, que les esprits m esquins s’indignent d’un trop peu\nlittéra l, parfois. Nous voulons, nous, adm irer en to u te joie\nl ’œ uvre du P oète; nous laisserons p o u rtan t passer un seul\nregret, celui de voir à telle place isolée, au lieu de l’harm onie\nqui évoque, des traces de “ mélodie im itative,,, alors si loin\ndes pures musiques pour l’E s p r it!\n    Mais ce déplaisir est si rare, et noyé dans la glorieuse\nsym phonie de ta n t d’adm irables pages ! I l fau d rait dire\nl ’im prévu h au t suggestif de ces vocables décisifs et d’une\nam pleur définitive, ces m ots à pointes barbelées qui p a r­\nsèm ent les S t a n c e s a H é l è n e , le Corbeau , la Terre de\nsonge, E ula lie, Israfel, la Cité en la mer, un Rêve dans un\nRêve, à quelqu’un du Paradis et UL A L U M E .\n    Ces pièces requièrent souverainem ent vers Stéphane Mal­\nlarm é l ’effort de notre attention, — notre attentio n étonnée\nsubtilem ent, et qui admire.\n                                       A l b e r t MOCKEL.\n"}, {"page_pdf": 481, "texte": " 438                                             L a W allonie.\n\n\n\n\n              PETIT E CHRONIQUE.\n\n\n  L a W allonie adresse ses condoléances les plus vives à\nG abriel Mourey, qui vient de perdre sa mère.\n                                  *\n                                  * *\n   I l est curieux de ju g e r l’attitu d e de notre presse, de notre\npresse si vraim ent “ belge „ à propos du procès de Camille\nLem onnier. Ces choses ne nous révoltent point : nous nous y\n attendions ; comme nous nous attendions à voir des articles\nde journaux français donner une leçon de dignité à quelques-\nunes de nos gazettes.\n                                    *\n                                  * *\n   A lire le dernier n° de l' A r t moderne, entièrem ent consacré\nà ce procès. L ’A r t moderne reproduit presque in extenso l’élo­\nquent discours d’Edm ond P icard.\n   Beaucoup de ce que le puissant orateur a dit de notre art\nnous p ara ît ne pouvoir s’appliquer qu’à l' A r t flamand seul.\nN otre idéal esthétique, à nous w allons, vit bien loin de celui-\nlà, qui est la m ature magnifiée. N otre m aître n ’est pas P ierre\nP aul Rubens, — comme il n ’est pas celui de Camille Lem on­\nn ier en toutes les parties de son œuvre.\n  Cette distinction nous p araît nécessaire. Mais qu’im porte ?\nSans regarder toujours le même horizon, nous serons toujours\nprêts à acclam er le g rand évocateur des glèbes et du soleil,\nCamille L em onnier et son altie r vouloir du Beau.\n                                 *\n                                * *\n  L es É crits p our l’A r t viennent de paraître. Ce n ’est pas\nune livraison détachée, comme nous l’avons annoncé par\n"}, {"page_pdf": 482, "texte": "     P etite chronique.                                      439\n\n\nerreur, m ais le prem ier n° d’une série régulière. L es É crits\nseront publiés chaque mois, sous la direction de G aston\nD ubedat (une autre erreu r nous av ait fait écrire S tu art\nM errill).\n   Voici le som m aire de ce prem ier n\".\n   1° L e m anifeste du groupe.\n   2° Aènor, pièce de vers d’une suave impression m atutinale\navec des orgues et des violes pressenties, au loin ; c’est, par\nA chille D elaroche, l’ouverture du poème que nous avons\nannoncé.\n   3° L es prem ières pages du Traité du Verbe , de René Ghil,\nédition définitive. (L ’analyse de ce fier article exigerait une\nlongue étude, — et une discussion que nous ne voulons\nentamer.)\n   4° L o hengrin, sonnet éclatant, aux reflets de bannières et\nde cuivre, et là, vers le peuple qui s’étonne et s’émeut, le\nnoble avènem ent du chevalier du Saint-G raal. Outre ce\nsonnet de S tu art M errill, une villanelle du même au teu r;\nelle av ait paru dans la W allonie.\n   5° Un fragm ent des Heures p a r A lbert Mockel.\n   6° Mousmé, vers p ar A lbert S ain t Paul, avec des reflets\nd’orient, et des je ts d’eau retom bant au soleil, — une im pres­\nsion qui semble vraim ent de là-bas. C ependant nous avons\nlu de plus beaux vers d’A lbert Saint Paul.\n   7° D es Notes à P aris de M ario V arv ara; vives et précises\névocations de choses m ornes en l’activité d’une foule qui\npasse dans la cour du L ouvre; et puis, sur la scène d’un\nb euglant vulgaire, trois enfantines fillettes, ingénum ent\négarées là, pour vivre, et qui chantent.\n   M ario V arvara publie aussi l’analyse élogieuse d’une\nœ uvre m usicale de V. Emm. L om bardi : Glose à l’ air nuptial\n(de René Ghil).\n"}, {"page_pdf": 483, "texte": "440                                          L a Wallonie.\n\n\n\n\n   N otre am i et collaborateur M aurice W ilm otte prépare à la\nSociété d’E m ulation une solennité d’a r t intéressante. Il\ns’agirait de reproduire en p etit, une représentation du moyen-\nage (une farce et un mystère du X IV me siècle, sans doute).\n   I l y au ra it des musiques populaires d’alors, authentiques,\net, complément nécessaire, une causerie de M aurice W il­\nm otte disant les sujets, le cadre, l’atm osphère esthétique\nd ’alors.\n   U ne étude de M aurice W ilm otte sur le théâtre du moyen\nâge, p a ra îtra bientôt dans la W allonie.\n                                  *\n                              *   *\n\n\n   A ux X X , cinq candidats se disputaient trois places v a­\ncantes ; on a élu le sculpteur R odin , e t les peintres H enry\nV an de V elde et George L emmen . B ravo !\n                                *\n                               * *\n   Caprice -Revue — la feuille artistique illustrée qui a\nnos sym pathies, toute question de cam araderie mise à l’écart\n— entre fièrement, le 1er décembre, dans sa seconde année.\nAvec L a W allonie , sa sœ ur aînée, Caprice-Revue ne cesse de\nlu tte r pour l’A rt jeune en un milieu réfractaire et souvent\nhostile.\n    Caprice-Revue publiera, en cette seconde année, les p o r­\ntra its de : Félicien Rops, W agner, Stéphane M allarmé, J e f\nL am beaux, César F ranck, Ju lien D illens, F ra n s Servais,\nJam es V an D runen, X avier M ellery, C onstantin Meunier,\nIv an Gilkin, A lbert Baertsoen, C atulle Mendès, R ené Ghil,\nRodin, Omer Coppens, Théo V an R ysselberghe, A lfred S té     ­\nvens, Je a n Delville, Caran d’Ache, P au l B ourget, Puvis de\nChavannes, B arbey d’A urevilly, etc., etc.\n"}, {"page_pdf": 484, "texte": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n                         H. Z E Y E N .\n            137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                        L IE G E                         .\n     S p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é l e c triq u e .\n\n\n    FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                    P lace du T h é â tre , 11, Liége.\nP o r t e - c i g a r e s e n é c u m e de m e r, a m b r e e t r a c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s de c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u té s en 24 h e u re s.\n\n                              RACCOMMODAGES.\n\n\n\n                  LE PASSANT\n                                G A ZETTE D ’A RT\n      P araissan t tous les samedis. D irecteur : F R I T Z E L L .\n              B ureaux : R ue Courte d u Jo u r, 1 9 , G AN D\n                            7 francs l ’an.\n\n               de Clichy, P aris.          : 47 bis, avenue         Bureaux\n  : 6 francs l’an.           centimes ; abonnement               : 50     La livraison\n\n                            M E N SU E LL E           REVUE\n\nPOUR L'A R T                                                       ÉCRITS\n                      on\n                      V               tôt :\n                        t paraître bien\n"}, {"page_pdf": 485, "texte": "  3e ANNÉE, N° 10.\n\n             LA W ALLONIE\n R E V U E M E N SU E L L E D E L IT T E R A T U R E E T D ’A R T\n                                     (   E rn est    MAHAIM,\n                                                                       A lb e r t   MOCKEL,\n          Comité de R édaction       P . M .       O LIN\n                                     (   M a u r i c e S IV IL L E .\n               B ureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\nEnvoi d’ un num éro spécim en co n tre 5 0 ce n tim e s\n                en tim b res-p oste.\n    A B O N N E M E N T : 5 fr. p a r an. Union postale : 6 fr.    50.\n\n                             SOMM AIRE :\nG ab riel M ourey. . . . Aube de Spleen.\nG eorge K e lle r . . . . D ans le Reve.\nE m ile V e rh a e re n .    Aprement.\nE ugèn e Dem older.        . L es Carillons.\n                             L es Bienfaits de la L une.\nR ao u l P a s c a lis . .   Proses psychiques.\n                                  Te Deum.\nJ e a n D e lv ille . . .         Soir P athétique.\nA ug. H e n ro ta y . .           D u Lointain.\n                        Chronique M usicale :\nL es nouveaux concerts. — Glose à l’air n uptial de R ené Ghil.\n     Au Conservatoire, — L es concerts d’hiver de B ruxelles.\n                        Chronique L ittéraire :\n   L e procès de Camille Lem onnier. — Poèmes d’E d g ar Poe.\n\n\n\n   Qu\n    elq\n      uesco\n          lectionsdeLA WALix\n                           ONIE(d\n                                1\n                                88 0et188 7 )so\n                                              ntenveileau\n                            Petite chronique.\n\n\n\n\n            6  frG\n                 ancésp\n                     .L r\n                        ae;Waeluo\n                                neiceee\n                                      sso\n                                        tere;n\nv\ne\nAn\n Bt\n  e\n  RA\n   UL\n    ;\n    XI\n     É\n     A\n     EG\n      u\n      L\n      LE\n       b\n       E:\n        C\n        Sh\n         e\n     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                                           o\n                                                         d\n                                                         et\n                                                          ,\n                                                          s\n   Cha\n:chezMmp\n       ms;\n        eVVu\n          eDil\n             s te\n               eVke,li\n                     br\n                      air\n                        e,\n                  eter,rem r\n                           ue  a\n                               uxV\n                           partSte-Ca\n                                    ches.A\n                                     atherine.A\n                                              NVERS\n                              Des presses de H. 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