{"numero_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "articles": [{"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-201", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3me Année", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 486, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 75, "texte": "3me Année. — N° 11.\n\n\n\n\n   LA\nW A LLONIE\n\n\n\n     31 Décembre 1888.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-202", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CAPRICE-REVUE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 487, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 2459, "texte": "CA P R ICE-R E V U E\n  JO U R N A L A R T IST IQ U E E T L IT T É R A IR E , IL L U S T R É ,\n                        paraissant le Samedi.\n                     D ire c te u r      : M au rice S IV IL L E .\n  Abonnem ents pour la Belgique : 6 francs l ’an, étran g er 8 fr.\n\n                           D irection et A dm inistration :\n                R u e     d e s \" V in g t-D e u x ,         16 , à L iè g e .\n\n   C a price-R evue p u b lie u n p o rtr a it en c h a c u n de ses n üs.\n    O nt p a ru :\n    C am ille L em o n n ier, E m ile V e rh a eren , Jo sé p h in P é la d a n , V illiers de l’Isle\nAdam , E rasm e R aw a y , A. de W itte, Ju le s D cstrée, H enri Sim on, Louis K éfer,\nG eorges R o d en b ach , C ésar T h o m so n , O scar D ossin, R ag n h ia n ti, A lbert G iraud,\nE. R ey e r, Théo H a n n o n , S ully P ru d hom me, M ars, H en ry de G roux, E dm ond\nP ic a rd , E. T in el, A rnold Gollin, A m édée l.y n en , C élestin D em blon, F é lic ie n\nRop s, Ju lie n D illens, e tc .\n   A p a ra ître :\n   C atulle M ondes, C aran d ’A chp, R ené M aizeroy, Alfred S te v e n s, W ag n er, C ésar\nF ra n c k , Ja m e s Van D ru n en , F ran z S e rv a is, A lbert Iia e rtso e n , J e f Lam beaux,\nX avier M ellery, Ivan G ilkin, S té p h a n e M allarm é, R ené Ghil, E m ile M athieu,\nEd. Lalo, H a n s von B ülo w , E dvard G rieg, P a d e re w sk y , R o d in , Léon F ré d é ric ,\nC o n sta n tin M eunier, Théo Van R y sse lb erg h e, W illette, etc .\n\n\n          L ’A R T                        M O D E R N E\n  REVUE         CRITIQUE          DES       ARTS       ET      DE     LA     LITTÉRATURE\n                    26, Rue de l'Industrie, Bruxelles.\n                       Abonnement : 10 fr. par an.\n\n                      LES POÈTES NAM UROIS\n                             p a r A u g u s te V IE R S E T\n E n s o u s c r i p tio n d a n s nos b u r e a u x , et chez A. B é n a r d ,\n             é d i t e u r , r u e du J a r d i n B o tan iq u e , Liége.\n                                   P r ix : fr. 1 ,5 0 .\n\nA paraître chez E. D EM AN , rue d’Arenberg, Bruxelles :\n                           SCÈNES DE BAL\n                1 p e tit vol. de vers, p ar A l b . 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Ce soir — d’énorm ité d’où so", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 488, "page_imprimee": 441, "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 917, "texte": "TRAIN          DE SOIR.\n\n\n\n\nCe soir — d’énorm ité d’où sourdonnant émeuve\nd’extraordinaire, ah! quel éparre d’hivers\nh au t sinistrés,\n                  le T rain qui long stoppa dérouille\nla stagnante stupeur de sa seule raison\nT intam arran te pour la déroute norm ale\nde ses deux phares inassouvis de n u it m ale\net de Temps, d’où sourdonnants m euvent hors saison\nce soir les éparres qui le m eurtrissent.\n\n                                          Stride\ncri d’être et d’ire qui pâtisse ! quand ouïs\nsont, mêmes m ouvem ents de portes qu’on verrouille.\n\nI l p a rtit su rsau tan t et plaquant, dans l’erreu r\nde l ’orage sourdant de l ’épaisseur d’horreu r\nvéhém entem ent et sans ventée, et la plaine\nle prend, et longue au loin pleut la sinistre haleine    ·\navant le diluem ent aux airs épanouis\nT ra în a n t en doute des lumières mortes, veuve!\n                                               28\n"}, {"page_pdf": 489, "page_imprimee": 442, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1254, "texte": "442                                            L a W allonie.\n\n\n\n      Y vivront ! — cri d’être et d’ire qui pâtisse, ah !\n      étrangères dans la perpétuité neuve\n      Qui ne savent, aux nuls gestes évanouis\n      Y vivront su rsau tan t en des songes, des Vies :\n\n      et, d’énorm ité dont pleure l’heur m aternel\n      C’est, qui sourdait éparre ! un vagissem ent d’être\n      et d’ire, ah ! aggrippant l’espoir sem piternel :\n      même si quelque sort qui s’en v a disparaître\n      est là près — cri d’être et d’ire qui pâtisse, ah!\n      est dans la grande n u it une sinistre haleine\n      avant le diluem ent aux airs épanouis\n      T raîn an t en doute des lumières m ortes, veuve.\n\n      et, d’énormité dont pleure l ’heur m aternel\n      C’est, qui sourdait éparre ! un vagissem ent d’être\n      ah ! aggrippant des m ains l’espoir sem piternel\n      pour les T erres qui sont de l’être inassouvies !\n\n\n      Y vivront sursautant en des songes, des Vies\n      T intam arrantes dans des éparres d’hivers\n      et d ’im proviste vers quelle largesse,\n                                              vers\n      Quelle loi d’heur plus vaste en la splendeur aride.\n\n                                                 R e n é G H IL .\n Décembre 88.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-002", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 443, "page_fin": 447, "titre_corps": "De l’album parisien.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Saint-Paul", "ancre_debut": "DE L ’A L B U M P A R I S I E N .                                    9 Septembre 1887.          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Malgré moi je m’arrête.\nC ’est un va-et-vient ininterrompu de personnes affo­\nlées qui entrent au galop dans une boutique ouverte\net vide, en sortent un peu calmées et viennent se\nfiger en la résignation d’une résolue attente au bord\ndu trottoir.\n   Soudain une poussée se produit, une dégringolade\nsur la chaussée de toute cette masse sombre qui\nlaisse le trottoir blanc.\n   Deux, trois, quatre omnibus sont là, arrêtés.\n"}, {"page_pdf": 491, "page_imprimee": 444, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1448, "texte": "444                                     L a Wallonie.\n\n\n\n    Désagrégée, la foule semble avoir multiplié ses\n  têtes aussi nombreuses derrière chaque omnibus que\n  tout à l’heure ensemble devant le bureau.\n    U ne voix parle, proclame des numéros, et quelques-\n unes des têtes contournent l’escalier de l’impériale,\n tandis que des emmitouffl ements de robes dispa­\n raissent à l’intérieur — comme des victimes engouf­\n frées dans le ventre d’un indifférent minotaure, à\n leur appel.\n    Les lourdes voitures peintes repartent, remplies\n et les têtes toujours aussi nombreuses reviennent se\n mêler, s’unir, étendre leur ombre houleuse sur la\n blancheur du trottoir.\n    Je suis à l ’angle de la rue le Pelletier : quelques\n coudoiements, je passe. J ’arrive devant l’oratoire de\n Notre-Dame de Lorette.\n    Anonchali d’idées crépusculaires, hélas ! et d’autres\n mélancholieuses, j ’y entre. L a porte matelassée re­\n tombe sourdement sur le vacarme de la rue.... et\nje suis grisé aussitôt par un silence vide, glacial,\n imprégné d’un long, persistant, lointain parfum\n d’encens.\n    Je n’ose marcher, car mes pas résonnent trop fort\n sous l’immensité de la voûte et me troublent.\n    A u fond du chœur se devine l’autel — à peine\njaune, à peine gris dans la pénombre, éteint. Seule\nplus claire, blanchit, tortillée à la rampe, la nappe\nde la sainte table. A u long de la nef, encadrées dans\nla hauteur des piliers gisent, éventrées, les chapelles\n"}, {"page_pdf": 492, "page_imprimee": 445, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1467, "texte": "    D e l'Album parisien.                           4 45\n\n\n\n solitaires, abandonnées. Ici, à gauche de l’entrée, une\n plus sombre presque noire, dont on ignorerait les\n\nc\nh\na\npe\n le\n murs si ne transparaissait la pâleur d’une croix : la\n           des agonisants, béante en immense gueule\nlugubre d’infini, d’inconnu. E t rien, pas une prière,\npas une ombre agenouillée, pas un craquement de\nchaise.\n   Devant la chapelle à gauche une femme se lève,\nouvre un tronc, le vide, en referme le cadenas et des\nsous dégoulinent dans une poche en toile — avec des\nsuffocations de rire précipité. Elle range ensuite sa\nchaise contre un angle intérieur de la chapelle,\nsouffle un à un des cierges inégaux en un candélabre\népanouissant des lys de métal, graissés de cire, et,\nsans bruit en sa marche, se dirige vers la sacristie.\n   On va fermer les portes.\n   L e suisse, en pantalon de ville, portant seulement\nla livrée et le bicorne, rôde et flaire dans tous les\ncoins, une lanterne à la main. Un sacristain, dont la\nface pâteuse est proprement rasée, promène la tache\nnoire d’une calotte de velours sur la nudité de son\ncrâne çà et là par l’église vide. Ses gestes et ses\npas trahissent l’énervée préoccupation d’un homme\npressé. Il vient à moi, me toise, une responsabilité\ndans le regard :\n   “ On ferme „ crie-t-il rudement.\n   Un grand clapotement de planches légères qui\ns’effondrent nous surprend. Il me quitte.\n   Dans l’obscurité qu’éclaire mal sa lampe, le suisse\n"}, {"page_pdf": 493, "page_imprimee": 446, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1346, "texte": "                                       L a Wallonie.\n\n\n\na accroché son bicorne en l’entrelacement des chaises\nempilées, furetant sous elles. Par le seul mouvement\nfait pour se relever, le frêle échafaudage s’était\nécroulé. Dès lors le bruit ne cesse. Des paroles volent.\nIl faut replacer toutes ces chaises. E t le sacristaiu\nlance un nom de Dieu qui emplit la nef, d’un large\nélan bondit vers la voûte où le murmurent, l’em­\nbrouillent, le traînent et le déchirent des échos.\n   Je sors.\n\n\n\n                                      20 septembre.\n\n    Faubourg Montmartre. A la terrasse du café\nPousset : sur le large trottoir un chassé-croisé de\ntabliers blancs; l’empressement des “ garçons „\napportant les plateaux de bocks dont s’empilent, en\nguise de vaines soucoupes, les rondelles de feutre;\nun tumulte de petits pas éparpillant le jaune sali de\nla sciure de bois répandu autour des tables. Quelques\nformes humaines, à part seules, hypnotisées derrière\nl ’éclatant rectangle d’un journal au soleil, séparées\npar des groupes riant haut, parlant fort, gesticulant\nsans prendre garde à la feuille étalée au bout du\ngeste — tels auprès d’une statue. E t là, sur l’étroit\nespace de trottoir libre, la promenade ininterrompue\nde multiples, renaissantes, différentes silhouettes,\nmais enfuies dans la sémillante banalité des journa­\nlières visions.\n"}, {"page_pdf": 494, "page_imprimee": 447, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 951, "texte": "    D e l’Album parisien                                447\n\n\n   Pourtant, de l’ordinaire milieu qui passe, se détache\nsoudain une enfantine et frétillante robe noire, d’une\nsveltesse macabre, aux dalmatiques plis. E lle s’en\nva dansant sous une profonde capote noire aussi\nsvelte, aussi lugubre en l’ornementale courbe qui la\ntiare. E t c’est un galbe qui sautille, un rire qui\ns’endeuille, un friselis passager de crêpe qui chante ;\net la baladine jupe lisse semble suivre un pas de\npolka, l’élégante rondeur du corsage s’effile en vir­\ngule d’encre; et ce caprice noir s’efface comme une\nlarme.\n   “ Il n’y a que les femmes habituées à marcher à\npied qui sachent tout à fait s’habiller pour la rue, „ a\ndit l’un des Goncourt. E lle devait être une femme\nhabituée à marcher à pied. E t son fantôme suggérait\nquelque dessin troublant de Rops, ou telle pschut ­\nteuse esquisse de V an Beers.\n\n                           A lb e rt   SA IN T -P A U L .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-003", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 448, "page_fin": 449, "titre_corps": "Vision.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Gabriel Mourey", "ancre_debut": "VISION.                                            A P u v is de C havannes.   n Ue", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 495, "page_imprimee": 448, "debut_caractere": 23, "fin_caractere_exclue": 1030, "texte": "VISION.\n\n\n                                         A P u v is de C havannes.\n\n\nn\nUe lente fu ite d’ ombres sur le p a r tis\n d’un temple rose que le Songe recule\n loin, dans un paysage de crépuscule,\n semblable à ceux que rêva le dieu Puvis.\n\n D es herbes verdissent le marbre des voûtes:\n i l fa it comme un matin de jo u r pluvieux·,\n l’ air est gris, et les fantômes sont très vieux;\n ils vont, p u is s’arrêtent et leur pose écoute.\n\n Ils semblent chercher de leurs oreilles closes\n une voix qu’ ils attendent depuis longtemps,\n des Paroles qui dans leurs cœurs repentants\n doivent faire fleurir des apothéoses.\n\n Ensuite, d’un même mouvement de leurs mains frêles,\n caressantes et bonnes comme des ailes,\n penchés ils cueillent des asphodèles.\n\n E t les voilà tous agenouillés\n devant la porte noire du temple,\n dont les gonds héla s! sont à jam ais rouilles\npour leurs âmes douloureuses qui contemplent.\n\n Encor, dans un geste im plorant, leurs mains frêles\n se lèvent et s’abaissent comme des ailes.\n"}, {"page_pdf": 496, "page_imprimee": 449, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1371, "texte": "V is io n                                                 449\n\n\n Ils sont des deuils pâles dans le crépuscule,\n des formes transparentes de douleurs grises,\n au seuil du temple que le Songe recule,\ndes formes que la prière immobilise.\n\nIls supplient pour les fêtes de lumière\nque l’ on a promises à leur repentir,\npour la résurrection de leur poussière,\nle jo u r où la Parole doit retentir.\n\nDes lys d u pardon seront jonchés les chemins ;\nun bonheur suprême illum inera les visages;\nils dépouilleront leurs vêtements humains,\np urs comme les vierges et savants comme les mages.\n\nD ie u ! comme leurs longues robes d’hyacinthe\ntraînent mélancoliquement ! 0 leurs larmes,\nvous êtes chastes comme de filiales étreintes,\nmais que vous saignez des regrets du vieux Charme !\n\nAh, quand s’ouvrira le seu il? Quand tendra-t-on\nles voiles de lin odorant sur les avenues?\nEst-ce bientôt qu'au marbre fier des frontons\n\n\n\nO\nvont refleurir les tendresses méconnues?\n\n   M ariamm, fa is que leurs vœux soient comblés!\nCe sont les Souvenirs : montre-toi clémente!\nSonge que toujours ils ont, dans les tourmentes,\ntourné leurs espoirs vers tes yeux étoilés!\n\nPrononce les Paroles de résurrection !\nQue de ta lèvre et de ton âme ce Verbe tombe !\nT u es la Souveraine des consolations !\nTu es l’Ange m iséricordieux de la tombe!\n\n                                G a b r ie l   M OUREY.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-004", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 450, "page_fin": 454, "titre_corps": "Remords.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "J. Stiernet", "ancre_debut": "REMORDS.                                        Pour A l bert Mockel.              A          u   mi", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 497, "page_imprimee": 450, "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 1067, "texte": "REMORDS.\n\n\n                                     Pour A l bert Mockel.\n\n\n\n\n         A\n         u   milieu de tout le luxe oriental inventé\n           par cette agonie d’un siècle trop laborieux,\n           Jean Ferrilla, pour la première fois, se\n           sentit chez lui. Instinctive était en lui\n l’intuition de cette vie de nabab et quand la femme\n qu’il aimait le rendit maître d’une fortune princière,\n ce fut sans un étonnement qu’il franchit le seuil de\n ce vieil et somptueux hôtel familial écussonné où\n étaient entrées toutes les dignités et toutes les gran­\n deurs.\n    Certes, la rapidité de l’ascension comme celle de\nla chute insensibilise; mais l’étourdissement avait\n été instantané. Un mois, il s’était laissé vivre, non\n surpris, plutôt ennuyé d’un changement d’existence ;\npuis, il avait joui de ces richesses comme d’une chose\nconnue et depuis longtemps injustement ravie. A\npeine se souvint-il de son modeste appartement de\njeune médecin, des longues heures de splénétique\ninquiétude pendant lesquelles son âme, tour à tour,\n"}, {"page_pdf": 498, "page_imprimee": 451, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1402, "texte": "    Remords.                                          451\n\n\ninvoquait l’Elue, ou, moins envolée, tournait scepti­\nquement dans ce cercle vicieux : une clientèle pour\nfaire un bon mariage, et se marier pour arriver à une\nclientèle.\n   L a riche lumière des torchères dorées étincelant\naux marbres du grand escalier ne l’éblouit point. Il\ndévisagea sans sourciller les preux solennisant les\nmurs des salons et qui devenaient ses ancêtres.\nA vec une suprême aisance, il foula les précieux tapis\nde Smyrne, promenant à travers toutes les opulences\nses formes élégantes et infiniment aristocratiques.\n   Sa vie depuis six mois : un conte de fée, la réali­\nsation d’un rêve géant. Il était heureux.\n\n\n    Jean Ferrilla est assis à son bureau vieux chêne\naux lourds pieds torses, seul aussi, sans un sourire....\nE t cependant au milieu des mille petits riens épar­\npillés devant lui, l’image de l’Aimée, sur de jolis\nchevalets en peluche, çà et là, reparaît incitant à\nl ’idée consolante qui illumine les labeurs.\n    Fiévreux, Jean Ferrilla, et triste son regard, et\nbrûlant son front pâle.\n    Sous les mordantes caresses du soleil coloré aux\nantiques verrières, saignent les grands martagons\nrouge-sombre des tentures brunes et s’allument les\ndos armoriés des livres derrière les vitres, et dégout­\ntent d’or les pointes des kriss de la panoplie.\n    Il remue des livres, des papiers... Mais, cette lettre\n"}, {"page_pdf": 499, "page_imprimee": 452, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1497, "texte": "452                                     La Wallonie.\n\n\n\n mortuaire, il a beau la déplacer, la cacher, l’enfouir,\n toujours elle revient obsédante sous sa main, avec\n ses grandes bordures noires, toujours ! E t toujours\n sa main l’agrippe malgré lui, et la déplie — et toujours\n surgit le fantôme blanc.\n   — Oh ! terrifiant, en sa tranquillité, le fantôme !\n   — Une jeune fille.... morte à dix-huit ans.\n   Affalé dans un sopha, avec la lucidité maladive et\n cruelle des heures tristes, il revit le passé : et vogue\n son âme vers les grandes plaines songeuses qui s’en­\nveloppent dans leurs brumes comme dans un suaire !\nE t vogue son âme vers la petite ville de province\n aux mélancoliques vesprées ; et vers la vieille maison\nà encorbellements où il a grandi entre sa mère, douce\n et pieuse femme, et son père, vieux docteur, froid\n charcutera - d’hommes.\n   Puis, c’était son enfance dans une atmosphère de\nserre chaude, épanouissant les fleurs noires de son\nintelligence précoce, aiguisée plus tard aux lectures\nénigmatiques des livres de médecine traînant sur\nles meubles ; ses rêveries perverses grandissant\nmonstrueusement des scènes devinées, des gravures\nmal comprises qui affinaient ses sens et faisaient de\nlui, à seize ans, un timide et satanique curieux aux\nmorbides fringales.\n   Puis, rouge le jour du crime.... : dans le grand pré\nempli des parfums triomphants des foins, au milieu\nduquel, niaisement, une rangée de grands arbres\nminces couraient le long du ruisseau qui laissait\n"}, {"page_pdf": 500, "page_imprimee": 453, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1480, "texte": "    Remords.                                          453\n\n\nvoir, à travers les ajoncs, le reflet magique de ses\ndéliquescences créatrices, derrière un de ces arbres...\nL a fillette blonde.... L a fillette innocente.... Là!....\nOh ! le Spectre! Puis, revenant, la fillette classée\ndans le troupeau de celles dont la poitrine brûlera à\nvin gt ans et qui tôt se faneront en punition du mal\nque leur ont fait ceux qui les ont perdues ! Éternelle\njustice !\n   E lle est couchée maintenant, à dix-huit ans,\nblanche avec des transparences de cire et froide, les\nmains jointes, couchée sur son lit blanc, au quatrième\nétage dans une rue malsaine de la grande ville où\nses parents ruinés sont venus cacher leur misère.\n   E t le fantôme épouvante l’âme damnée de Jean\nFerrilla pour qui les sciences de l’âme et du corps\nn’ont plus de secret et dont l’effroyable logique\nécartèle la conscience.\n   Cynique ou irresponsable, il a oublié. Le roidis de\nsa vie agitée a endormi le Remords. H uit ans a duré\nle sommeil du Vengeur qui se relève terrible, oh!\nterrible !\n   Jean Ferrilla se cache la face, le misérable. E t se\ntransforme le luxueux salon en une chambre mor­\ntuaire et, sous sa main inexorable, sous son regard\nd'acier, le grand Inquisiteur rouge, le Remords le\ntient à genoux, en face du fantôme blanc, lui mettant\nau cœur toutes les affres de l’assassin confronté avec\nsa victime, et sur les lèvres, de lâches supplications.\n   Sa jeune femme qui, de le voir triste, longuement\n"}, {"page_pdf": 501, "page_imprimee": 454, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 951, "texte": "454                                      La Wallonie.\n\n\n\net douloureusement a pleuré ses premières larmes\nde femme, — sa jeune femme revient près de lui,\nles yeux rougis et tremblante et consolatrice.\n   — Jean, tu as de la peine, dis? — Pense à nous, à\nnotre enfant ! —\n   Leur enfant! c’est vrai, il sera père !... Il sera père\net l’Evangile dit que le père coupable sera puni dans\nsa progéniture....\n   Oh ! si c’était une fille! — Non! non! — Il en\nmourrait... Car, bien sûr...! Mais, non, non...!\n   E t Jean Ferrilla attend anxieusement le moment\noù il sera père ; il souffre, il maigrit, rongé dans son\ncœur.\n   E t par le Dieu impitoyable des justes retours, pour\nle triomphe et l’apaisement du Remords, ce sera une\nfille qui grandira, belle et frêle, très frêle et qu’il\n\nb\nl\na\nnc\n h\n e\nverra, un jour, quand elle aura vingt ans, étendue,\n          et froide, sur un grand lit blanc.\n\n                                      J . STIE R N E T .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-005", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 455, "page_fin": 457, "titre_corps": "Le théâtre de Meiningen.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "P. M. 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Quelques enthousiastes-\n        ont espéré voir le mouvement se propager. Q uatre mois\nse sont écoulés : Oubliés ! sauf chez quelques-uns, et la ro u ­\ntine aussi m aîtresse que naguère, et l’écœ urem ent du th é âtre\nd’aujourd’hui plus vif que jam ais.\n   L e Théâtre ! Songez à to u t ce que pourrait, à to u t ce que\ndevrait être cet A rt complexe et si puissant — d’une puis­\nsance d’action si directe et si prom pte : Scènes de vie,\nhistoire ou symbole, rêve, légende ou accident de to u t à\nl’heure — toutes les formes peuvent y vivre, toutes ! et le\nth é â tre est m ort.\n   Ce qui a tué le th é â tre c’est la lèpre du cabotinage, l’im por­\ntance des cuistres illettrés qui se chargent, en m aquereaux des\n\n\n\nI\nl\nplanches, m oyennant argent, d’égorger l ’œ uvre si elle est\nbonne ; si elle est mauvaise, il y a parfois chance de réussite.\n  s sont les m aîtres. Ils n ’étudient pas ce qu’on le u r donne,\n"}, {"page_pdf": 503, "page_imprimee": 456, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1849, "texte": "456                                            L a W allonie.\n\n\n\nmais on doit fa ire spécialem ent pour l’épanouissem ent et\nla glorification de leurs pseudo-qualités. R ace ignoble : tous,\nainsi qu’autrefois forçats, on devrait les m arquer de la\nfleur de lys infam ante et réta b lir à leur usage les antiques\nlettres de cachets, pour supprim er ces valets lorsqu’ils se\nfont trop rem arquer. Ou bien.... qu’ils soient ce que sont les\nM einingers.\n    H onneur à ces artistes modestes, qui, consciencieux, cher­\nchent à interpréter l’œ uvre qu’on leur a confiée, qui, te l jo u r\n1 e r rôle, le lendem ain sim ples figurants m uets, ne croient pas\ndéroger. A ujourd’hui tragiques, dem ain comiques, hommes\nsim plem ent et souples comme les fait la vie. Voilà pour les\ninterprètes.\n    Q uant à l’idée mère, l’honneur entier en revient au duc\nde Saxe-Meiningen, de la race de ces ducaillons de Saxe qui\nferaient pardonner aux gens de leur espèce la grande quantité\nd’imbéciles inutiles et encom brants qu’ils procréent.\n    I l a fait une œ uvre qui le classe homme d’intelligence\nsagace et artiste, et l ’im pression qui se dégage de cette troupe\nhomogène, m erveilleusem ent travestie, où les costumes\nsavent être portés, où les foules vivent, s’agitent et vivent\nenfin ! où tous les détails les plus menus sont soignés,\nl’im pression qui se dégage est grande, belle et reposante. On\nest en face d’un th é âtre d’A rt et non plus d’une entreprise\nde cabotinage financier.\n  Nous n ’en dirons rien de plus ne voulant que glorifier l ’une\ndes plus nobles m anifestations artistiques que nous ayons eu\nà saluer, et nous nous en honorons ! L es détails sont œuvre\nde journalism e dont nous n’avons cure, ou d’étude longue et\nsérieuse que nous n ’avons le tem ps d’entreprendre. L e jo u r­\nnalisme, cette autre lèpre et cet autre cabotinage p ar ses\n"}, {"page_pdf": 504, "page_imprimee": 457, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 435, "texte": "     Théâtre et Musique.                                          457\n\n\norganes les plus autorisés et les plus coquelins, s’est n atu ­\nrellem ent, en grosse bête qu’il est, moqué de ce qu’il ne\npouvait com prendre et n ’a pas ra té cette riche occasion de\nse m ontrer le fin idiot qu’il est. A insi soit-il et in omnia\nsœ cula sœculorum !\n  Bruxelles. Novembre, 88.                              P. M. O.\n\n\n\n\n                          "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 457, "page_fin": 460, "titre_corps": "Richilde.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ludwig Gheldre", "ancre_debut": "RICHILDE", "ancre_fin": "G H EL D R E.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "M USIQ U E A L IÈ G E .     Cette fois, force m e sera", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 504, "page_imprimee": 457, "debut_caractere": 435, "fin_caractere_exclue": 1822, "texte": "R IC H IL D E .\n                                                   B ru xelles.\n\n\n    I l y a à dire beaucoup en bien m a's aussi beaucoup en mal\nau sujet de R ichilde , l’œ uvre de M. E. M athieu que v ien t de\nm onter le th éâtre de la Monnaie. M. M athieu av ait donné de\ngrandes espérances, d’abord par Georges D a n d in , qui mé­\nr ita it m ieux qu’un succès relatif, m ais surtout p ar le H oyoux\net F réyhir, ses deux derniers poèmes pour chant et orchestre.\nP arm i les grandes qualités qui distinguaient ces œ uvres, la\nprem ière était l ’évidente volonté de so rtir du banal qui se\npercevait dans le consciencieux trav ail de l’orchestration.\nL ’œ uvre nouvelle de M. M athieu a rem porté un très grand\nsuccès ; des acclam ations ont salué la chute du rideau après\nchaque acte, et ont appelé le com positeur sur la scène. Mais\ns’ensuit-il que Richilde soit à la hauteur des espérances d’ art\nqui entouraient le nom de M. M athieu ?\n    Sur un sujet quelque peu m élo-dram atique qui a servi au\ncom positeur à écrire un lib retto genre ancien, quoique\nl’on puisse louer la disparition d’une bonne p artie des imbécil­\nlités d’autrefois, telles que la série interm inable des duos, des\ntrios, quatuors, etc.. — M. M athieu a très sincèrem ent tra ­\nvaillé une partitio n touffue, compacte, souvent très m éritoire,\n                                                            29\n"}, {"page_pdf": 505, "page_imprimee": 458, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1868, "texte": "458                                           L a W allonie.\n\n\n\nsouvent aussi très bien orchestrée, m ais dont le défaut capital\nau point de vue de l ’esthétique d’une œ uvre dram atique est\nd’être une suite de tableaux détachés, qui, s’ils sont très\nbeaux, peut-être, pris isolément, ne sont pas, m usicalem ent,\nl’enchaînem ent d’une œuvre. Car les quelques thèm es assez\nindécisém ent développés qui accom pagnent p lutôt qu’ils ne\ncaractérisent les personnages, ne suffisent pas au trav ail de\nsynthèse m usicale qui commente les dram es lyriques de\nW agner.\n   Qu’on ne me reproche pas de ju g e r à un point de vue\nexclusif, il serait, certes, suprêm em ent insupportable que les\nmusiciens désorm ais se crussent obligés de plagier W agner,\nmais il est certains de ses principes qui s’im posent depuis le\nm om ent de leu r révélation, ta n t ils sont le simple énoncé de\nlois inéluctables en musique dram atique, et les musiciens\nqui les m éconnaissent s ’exposent à voir disparaître leurs\nœuvres, m algré de très réelles qualités, comme un architecte\nqui au rait construit un édifice sans ten ir un compte suffisant\ndes lois d’équilibre qui régissent la stabilité des corps.\n   I l y a dans Richilde de ces lacunes graves qui la condamnent,\nm algré tout, à n ’être qu’une très intéressante œ uvre de\nform ation. D ans la hiérarchie des œ uvres de M athieu, elle\nvient probablem ent très bien à sa place, elle n ’est pas infé­\nrieure à F reyhir (si l’on tie n t compte de la différence du\n drame et du poème musical), m ais celle-ci nous avait fait\nsupposer que la prem ière grande œ uvre dram atique de ce\ncom positeur au rait plus de perfection et plus de valeur\nabsolue.\n  Richilde est une œ uvre dram atique extérieure ; la musique\nne se contente pas d’être un simple accom pagnement harm o­\nnique, c’est vrai, m ais elle ne pénètre pas la chair ni l’esprit\n"}, {"page_pdf": 506, "page_imprimee": 459, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1943, "texte": "       Théâtre et Musique.                                   459\n\n\ndes personnages; elle les indique sim plem ent p a r ses qualités\ndécoratives; de plus, j ’ai déjà d it le m anque de cohésion et\nd’unité de la partition, mais ici que l’on ne croie pas à une\njuxtaposition d’airs; il y a une réelle union entre la m usique\net l 'action momentanée, m ais il n ’y a pas de relation générale\ndans le dram e; les scènes apparaissent comme des fragm ents\nsymphoniques , faiblem ent enchaînés p ar les quelques motifs-\nthèm es esquissés mais nullem ent approfondis. Ce qui m anque\n donc à Richilde c’est la profonde et sincère p én étratio n\npsychologique qui fa it d’une œ uvre d’a rt m ieux qu’un dessin\n ou un tissu musical, qui les rend vivant es en leu r donnant une\nâme.\n   Il faut hautem ent critiquer les ficelles que M. M athieu n ’a\npas to u t à fait proscrites ; te l le coup de gosier prolongé en\npoint d’orgue qu’il perm et trop souvent à ses chanteurs; un\nensemble seuglophone qui term ine bruyam m ent le 1er acte, —\nle moins bon de la partition, l’abus des cuivres qui, s’ils\ndonnent la vigueur et l ’énergie aux passages de force, doivent\nêtre employés, pourtant, avec m énagem ent, faute de quoi ils\nperdent la qualité caractéristique de leur apparition. — Le\nb allet est [un des plus déplorables restes de l’ancien opéra,\nlaissé dans R ichilde , et nous avons peine à com prendre que\nM. M athieu ait voulu interrom pre son dram e p ar ce vieux et\nbête rossignol du divertissem ent ; il en a été puni p ar la fa i­\nblesse de l ’inspiration de ses airs de danse.\n   Donc, en résumé, R ichilde est une œ uvre de form ation ; le\ncom positeur n ’a encore saisi qu’une p artie des nécessités\n exactes du dram e lyrique, ou si l’on veut de l’opéra rénové.\nSon œ uvre m arque de la conscience, a de réelles qualités,\nm érite des félicitations aussi bien que des critiques; elle\n nous fa it espérer que M. M athieu produira prochainem ent\n"}, {"page_pdf": 507, "page_imprimee": 460, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 600, "texte": " 460                                           L a W allonie.\n\n\n\nune œ uvre qui sera, elle, définitive et com plètem ent débar­\nrassée des tares que nous déplorons de retrouver cette fois.\n   L ’interprétation, l’orchestre, les costumes, les décors, to u t\nest excellent. I l fau t tire r hors p air     Caron qui a créé\nle personnage de R ichilde et a rendu ce caractère complexe,\n— trop peu fouillé p a r le m usicien — avec une puissance et\nun réalism e tragiques. C’est décidém ent une incom parable\nartiste.\n                                      L u d w ig G H EL D R E.\n\n\n\n\n                    "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 460, "page_fin": 463, "titre_corps": "Musique à Liège.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "L. Hemma", "ancre_debut": "M USIQ U E A L IÈ G E .     Cette fois, force m e sera de me", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 507, "page_imprimee": 460, "debut_caractere": 600, "fin_caractere_exclue": 1673, "texte": "M USIQ U E A L IÈ G E .\n\n   Cette fois, force m e sera de me borner. Mais il fau t dire la\njoyeuse surprise que nous réserv ait M. Dupuis, p a r sa direc­\ntion ferme, nerveuse, artiste. Avec un orchestre moins nom­\nbreux que celui de M. Radoux, et privé des excellents\nmusiciens qui, au conservatoire, occupent les prem iers\npupitres, M. Sylvain D upuis a réalisé en peu de tem ps des\nprojets qui nous paraissaient chimériques.\n   Ce n ’est plus, comme sous le bâton de M. Radoux, cette\nmollesse adipeuse des instrum ents à la débandade, puis ces\nbrusques flons-flons de cuivre qui ressem blaient à des colères\nd’hydropique ; aux nouveaux concerts on peut écouter de la\nmusique, j ’entends un ensemble homogène, en m asse non\nrompue, les m ouvements observés, chaque instrum ent à sa\nplace, et la ligne de l’œ uvre en pleine lumière. — J ’ai\ncritiqué jadis, en M. Sylvain D upuis, le com positeur; je\nsuis heureux, d’au tan t plus, de rendre pleine justice au chef\nd’orchestre.\n  M. Sylvain D upuis prouve encore son goût éclairé par le\nchoix des œ uvres qu’il interprète.\n"}, {"page_pdf": 508, "page_imprimee": 461, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1962, "texte": "      Théâtre et Musique.                                      461\n\n\n    A v rai dire, tout n ’est pas encore parfait, m ais exiger plus\n é tait impossible. J e ne m ’am userai donc pas à blâm er la\nmonotonie des sons à la prem ière partie de la symphonie de\nBeethoven, — d’au tan t plus que la suite a été rem arquable ;—\nun seul regret pour la H uldigungs-M arsch de W agner, exécutée\nobscurément, avec trop de b ruits confus. Mais la Siegfried\nId ylle a été dite suavem ent, dans sa fluide atm osphère de\nrêve vers l’avenir. On le sentait, M. Sylvain D upuis y avait\ndonné tous ses soins aux répétitions.\n    A ce même concert, un virtuose, M. Scharw enka, dont le\nta len t très réel a été un peu je té dans l’oubli p ar H ans de\nBulow et Paderew sky, venus ensuite, M. Scharw enka détail­\nla it un concerto de sa composition, qui ne m anque assurém ent\npas de valeur et qui est bien de la musique, sans p o u rtan t\nsortir des formes néo-romantiques.\n    H ans de Bulow, lui, avait mis sa m aîtrise au service de\nBeethoven. U n léger étonnem ent d’abord : l’interp rétatio n du\ngrand pianiste, pour adm irablem ent scrupuleuse qu’elle soit,\nm ’a paru, dans la prem ière sonate jouée, un peu moins rigide\nque je ne m ’y attendais. Mais encore cette réflexion me p araît\nmême puérile, si je me rappelle l’incom parable jouissance\nd’a rt qui, ce soir, m’a ému. I l sied ici de ne pas s’appesantir,\net de songer seulem ent à ces courtes heures dont les mots\ndéflorent le souvenir.\n                                   *\n                                 * *\n\n   T out autre, Paderew sky. Fougueux, en dehors, exagéré,\nennemi des transitions, rom antique; m aître de son instrum ent\nqu’il m artèle de ses doigts ou qu’il effleure de grêles thèm es,\nsachant faire p arle r toutes les voix du clavier, il éblouit\nl’auditeur en l ’enveloppant d’un resplendissant nuage d’h a r­\nmonie. — Mais il ne donne pas, comme de Bulow, une pro­\nfonde in terprétation des œuvres :\n"}, {"page_pdf": 509, "page_imprimee": 462, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1887, "texte": "462                                            La W allonie.\n\n\n\n  Ce sont des futées de tra its, des splendeurs de sons qui\npleurent, largem ent, des tonnerres d’accords, les notes pêle-\nmêle en bataille, et puissam m ent les basses qui ton n en t;\n  puis d’inouis m urm ures de sourdines, et dans le h au t des\nmotifs qui se lutinent, lu tte n t de suavité, futiles de m usiques\nmutines, aux cordes caressées qui s’éclairent de sourires.\n\n P aderew sky étonne et captive; musicalem ent H ans de\nBulow commande le respect.\n                              *\n                           ■Y. .V.\n\n\n   Après de tels souvenirs et lorsqu’on a parlé de H ans de\nBulow, le concert des P rix au conservatoire, p a ra ît ridicule.\nL a Conjuration des F leu rs, de M. B ourgault D ucoudray, fait\nsonger à de la crème à la vanille gâtée,— ou les grâces m inau    ­\ndières de Mlle Joseph P ru d ’homme. L es chœ urs se m oquaient\nd’eux-mêmes, et Mlle B astin, soliste, n ’a pu m ontrer qu’une\nbonne volonté mal servie par sa technique presque nulle.\n— P uis un habile violoniste, M. H arzé, et un chanteur très\nfin, à la voix assouplie, fort apprécié : M. Demest.\n                                   *\n                                 *\n   Q uant à l’orchestre, il s’est démené à l’aveuglette, lourde­\nm ent, à travers cette forêt : l’ouverture des M aîtres chanteurs.\nTout le m onde s’y est égaré.\n   Mais m algré le program m e, nous hésitons à croire que ce\nsoit, cela, l’ouverture des M aîtres chanteurs. Nous dem andons\nde la musique de R ichard Wagner, et non de J . Théod.\n Wagner. Ju sq u ’à présent, le Conservatoire n ’a p as voulu.\n                                   *\n                                 * *\n   Quelques m ots encore de la cantatrice-étoile Mme M elba,\nnous présentée il y a quelques jours. Mme Melba jo u it d’une\nvoix adorable, au tim bre de cristal et d ’or, lim pide, capti­\n"}, {"page_pdf": 510, "page_imprimee": 463, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1558, "texte": "        Théâtre et M usique.                                                            463\n\n\nvante. L orsqu’elle saura la m anier, et qu’elle au ra appris la\nmusique, Mme M elba sera une ch anteuse de valeur.\n   A ce même concert, M. Clayes, le baryton fêté des Liégeois\nSes notes chaudes, la force do ses poumons, l’ont fait applau­\ndir; en outre, M. Clayes connaît l’a rt du chant. Mais il est\nreg rettab le qu’il chante des b ras et des épaules a u ta n t que du\ngosier; aussi, qu’il choisisse de pareille musique.\n   L ’orchestre de M. D upuis jo u ait des choses connues; la\nHuldigungsmarsch plus clairem ent qu’aux N ouveaux con­\ncerts ; le reste égalem ent bien.\n                                  *\n                                * *\n   Enfin, la 1re audition du Conservatoire nous a m ontré un\nexcellent corniste et un pianiste consciencieux, un peu sec; un\nvioloniste, M. Bourdoux, bon musicien mais qui tire de ses\ncordes un son un peu frêle; un a u tre violoniste, M. Charlier,\nqui prom et un virtuose. P uis toute une classe de v iolonistes\n“ présentés en liberté „ comme l’année dernière. L a classe\né tait bonne (celle de M. Dossin), elle a bien joué de belle\nmusique (1), m ais de grâce qu’on n ’acclim ate point chez nous\nces m œ urs m usicales bizarres et illogiques.\n                                                                 L. HEMMA.\n\n    ( 1) E x c e p tio n p o u r la p a ra p h ra se de W a g n e r; la m u sique du m a ître\nn ’e st pas faite p o u r cela, e t l’a llie r à d es e x h ib itio n s de ce g e n re e st\npénible.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-008", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 464, "page_fin": 466, "titre_corps": "Chronique littéraire : Le Tourbier.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Mockel", "ancre_debut": "CH RO NIQU E L I T T É R A I R E .                                   L E T O U R B IE R (1).     U n rom an de", "ancre_fin": "ALBERT MOCKEL", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "RECUEIL DE NOËLS WALLONS", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 511, "page_imprimee": 464, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1469, "texte": "CH RO NIQU E L I T T É R A I R E .\n\n\n                                L E T O U R B IE R (1).\n\n   U n rom an de m œ urs picardes, annonce l ’au teu r; et tel est\nbien son livre: de simple et nue observation, parfois ponctuée\nd’une réflexion, parfois enveloppée dans une action ru d i­\nm entaire, toute de simplesse paysanne, elle aussi, — presque\ntrop — ; et, parm i des échappées descriptives où M. D u­\nvauchel se révèle p lu tô t poète, quelques pages d’analyse\nju ste m ais facile, et, pour finir, une très sincère étude de la\nnostalgie.\n   Cet exposé sommaire laisse deviner déjà quels sont les\ndéfauts, quelles les qualités du Tourbier.\n   Tout d’abord un très apparent m anque d’unité. Les\nchapitres sem blent danser la ronde à l ’aventure, comme en\ngoguette les petites m aisons des ham eaux qui escaladent les\ncollines. Mais, si l’on rem arque la sim ilitude de ton de tous\nces chapitres, l ’unité du livre p etit à p etit se recompose dans\nla mémoire, et telle qu’une “ fagne „ un peu triste, morne\nm ais qui se consolerait, ap p araît le Tourbier, placidem ent\nnoir, qui de son âcre chair n o u rrit des tribus d’hommes.\n   Ce titre , le Tourbier, sauve la force du livre en expliquant\nles pourquoi. C’est bien au T ourbier et du Tourbier que to u t\nvient et va ; dans l’œ uvre de M. Léon D uvauchel on le sent,\nce Tourbier, la rude mammelle dont le la it noir et âpre s’est\n\n  ( 1) P a r Léon D u v a u ch e l; P a ris , S av in o ; fr. 3 ,8 0 .\n"}, {"page_pdf": 512, "page_imprimee": 465, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1905, "texte": "       Chronique Littéraire.                                                     465\n\n\n fait m aternel pour les cam pagnards de Picardie, ru stres\n m ineurs en leurs m arais. C ependant ce n ’est pas encore la\n grosse synthèse, si puissante m assivem ent, d’Em ile Zola, ou\n ce demi-symbolisme farouche et biblique de Camille L e-\n m onnier (1). L e tourbier m anque d’énergie, sinon de vérité.\n A ussi M. Léon Duvauchel n ’est-il pessimiste. Il voit et il\n raconte, nouant négligem m ent les frondaisons de ses notes\n de m œurs, au tu te u r un peu grêle d’une action te lle quelle.\n Ces notes sont assurém ent la partie du livre qui nous a\n intéressé le plus. L es mœurs picardes sont proches parentes\n des m œ urs wallonnes, et te l chapitre pourrait se vivre en\n Condroz ou en Ardennes. Il y a, par exemple, la suite des\n têtes et fêtes de P ic ards, curieuse de coutumes là s’ag itan t\ntoutes vives, et des bouts de chansons éparsem és en bribes de\njoie populaire.\n    T out cela, la forme de M. Duvauchel le présente assez\nartistem ent, un peu lâchée parfois, mais avec de savoureuses\nparticularités d’écriture.\n    J e n ’aime guère, en général, les énormes descriptions,\ntoutes d’extérieur, des n aturalistes ; souvent elles appa­\nraissent brillantes m ais superflues. L a p lu p a rt des tableaux\nde M. D uvauchel se lient au sujet, si le b u t du livre est bien\nla chanson de la te rre picarde. C’est aussi que l’au teu r n ’est\nqu’à dem i naturaliste, plus vraim ent naturiste , je crois, et\ncomme un disciple im m édiat de Camille L em onnier et de\nLéon Cladel. I l s’écarte encore des naturalistes p a r des\nanalyses de la pensée, un peu superficielles et de hasard,\nm ais qui sont appréciées. L a m eilleure, certes, et captivante\n\n\n  ( 1) Je p a rle du Cam ille L e m o n n ie r, de la G lèbe, la Genèse, le Doig t d e\nD ieu, (le M âle m êm e), e t le Mort, qui e st b ie n le plu s b eau.\n"}, {"page_pdf": 513, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1159, "texte": "466                                                           La Wallonie.\n\n\n\nsans ces restrictions, est la vie triste du paysan exilé de ses\nchamps, à la caserne, la nostalgie grandissante qui l’accable,\net, loin des habitudes aimées, sa mort.\n   I l faut reg retter des im perfections, et comme une hâte de\ntravail, dans les 300 pages de M. D uvauchel; aussi les titre s\ndes chapitres, qui gênent, et le “ sujet „, lourd et presque\nde trop ici, si l’auteur ne voulait plus com plètem ent le\ndévelopper.\n   Mais, pour les pages d’analyse, pour la sincère et nette\nrecomposition de l’existence des laborieux picards, pour les\nvifs croquis de coins d’auberge et de personnages rustiques,\npour la silhouette d’un grand berger, to u t vieillard, large\npenseur en des régions étroites, et biblique sur sa m ontagne ;\npour les p o rtraits d’un couple bourgeois encyclopédiquement\nfureteur, et d’un m énage am bulant, toujours en promenades\nm ercantiles; pour cela, pour des recherches de form e et\nparfois des échappées de jeune poésie cham pêtre, le livre de\nM. Duvauchel est à lire.\n                                         A l b e r t MOCKEL.\n\n\n\n\n              "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-009", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 466, "page_fin": 470, "titre_corps": "Chronique littéraire : Recueil de noëls wallons.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Célestin Demblon", "ancre_debut": "RECUEIL DE NOËLS WALLONS", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 513, "page_imprimee": 466, "debut_caractere": 1159, "fin_caractere_exclue": 1709, "texte": "R E C U E IL D E N O ËLS W ALLONS\n\n\n\n  (                 par A u g u s t e D o u t r e p o n t .\n\n                E la Revue des Patois gallo-rom ans , p ubliée p a r J . Gilliéron\n   x t r a i t de\n                  e t l’abbé R o u sse lo t. N eu fch atel, 1888.)\n\n   D ans ce recueil, les Noëls w allons sont à peu près com­\nplets, accom pagnés de variantes, notés, trad u its en français\net précédés d’une préface judicieuse.\n   L e Choix de Chansons et Poésies wallonnes , publié en 1844,\npar B. et D., en contient huit. M. D outrepont en donne\n"}, {"page_pdf": 514, "page_imprimee": 467, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1776, "texte": "     Chronique Littéraire.                                        467\n\n\nquinze. Des sept nouveaux, quatre (.V , VI I I , I X et x) viennent\nd’un m anuscrit de la curieuse bibliothèque Capitaine,\ncommuniqué p ar M. Jos. Defrecheux.\n   L a p arenté de tous ces chants éclate. N eveux des Noëls\nprovençaux, cousins des allem ands, ils sont entre eux frères\net sœurs. Chacun a sa physionom ie, bien que plusieurs soient\nim ités — parfois bien faiblem ent.\n   J e les étudierai un jo u r avec le soin qu’ils m éritent. L a\npalm e reste au deuxième (H aïe djans! corans-y tô t dansant)\net au quatrièm e (Doux Diew, so-djé èw areie!). L e deuxième,\nle plus typique et, avec le prem ier, le plus connu, l’em porte\nsu rtout p a r le mouvement, car la fin en semble altérée. Au\nsecond ran g se placent le troisièm e et le sixième qui est déjà\ndéformé , m ais où vibrent encore de beaux tra its :\n\n                      L eyans c h a l no s b erb is ;\n                      Les antlge tc h a n te l,\n                      Li leup 1’ z ô re t,\n                      In ’ w e z re t m aie vini !\n\n  E t cette adm irable strophe finale :\n\n                      A w et, n o ss’ binam é,\n                      Nos vz aim an s d ’ t ot ’ no s fw esse !\n                      Oh ! si n o 1’ poli fé,\n                      Nos f’ frit b in pu d ’ c a re s s e !\n                      M in nos n ’e sta n s\n                      Qu’ to p a y sa n s ;\n                      Ayî p itié d ’ noz ô te !\n                      P rin d ez n o ss’ c o u r\n                      E t n o ss’ am o u r,\n                      Nos n ’a yan s pu rin d’ô te !\n\n  L ’âm e populaire révèle parfois inconsciem m ent de ces\naccents dont s’enorgueillirait un écrivain de génie. On connaît\nles rom anceros espagnols.\n"}, {"page_pdf": 515, "page_imprimee": 468, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2050, "texte": "468                                                             La Wallonie.\n\n\n\n  Aucun des nouveaux Noëls publiés p a r M. D outrepont ne\ndétrône les anciens. A ucun ne renferm e des strophes compa­\nrables, par exemple, aux cinq dernières du quatrièm e, à la\ndernière su rto u t, d’un sentim ent si sim plem ent profond, e t si\nsuave dans l’euphonie de cette langue aim ante qui v a candi­\ndem ent au cœur, loin de l’odieuse sentim entalité :\n              A diet, s a u v e u r di mi â m e , mi binam é,\n              Ki dji v’ b âhe co o n pau d’v a n t d’é n n ’ a llé!\n              A d iet, a m o u r d ’è fa n t, ô ad ie t don !\n              Dji v ’ d im a n d ’ dé profon di m ’ co u r p ard o n ;\n              R oùvi to i çou q u ’ dja fait d iv in m ’ d jô n esse ;\n              Dji s è r e t pu s û te ie d iv in m ’ vîesse.\n\n  Mais les nouveaux ont m aints passages heureux, tel ce vers\nrav issan t de naïveté m alicieuse :\n                 Li bon Diu q u ’e st si vi, p o u t-i divni è fa n t?\n\nobjectent les paysans à l ’ange qui leur annonce la n ativ ité\ndans un français atroce. Les chants panachés de français, le\nquatrièm e excepté, sont p a rm i les moins savoureux. L e scepti­\ncisme les refroidit, sans les rendre inexpressifs p o u rtan t, car\nleur scepticism e est ingénu et non ironique. A insi les plus\nfaibles ont encore des couplets comme celui-ci :\n                   Dji n 's é s ’i n ’ s o n t n in p rie sse :\n                   Ils o n t des c o u ro n n ’ so leu tie sse ,\n                   Dji n ’sé s’i n ’so n t n in m a rié :\n                   Il o n t des feinm ’ à leu c o sté ,\n\ndisent les gens du peuple à la vue des rois mages. D ans le\nplus faible de tous, seul, le X II I e, perce une nuance satirique :\n                   Q w and c’e st q u ’les doze h e u re o n t so n n é,\n                   N ot’ D am ’ s in m à s ’a d é liv ré ,\n                   J lira k d 'e l’ p ro v id in ce !\n                   S a in t D jôzèf fo u ri è w aré\n                   Baicôp pu fw e rt q u ’on n ’p in se .\n"}, {"page_pdf": 516, "page_imprimee": 469, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1979, "texte": "    Chronique Littéraire.                                                 469\n\n\n  Il faut citer deux couplets d’un te rro ir accompli, qui\nrappellent comme qualité de délicatesse comique les paroles\nde la V ierge p erm ettan t aux femmes d’em brasser l’enfant :\n                    Dji vz’ e l' p e rm e tt' to u r h to u r,\n                    Min qui s ’ seu ïe tô t bai d o u c’m in,\n                    Q u’on n ’el b o udje n in dju dè fo u r\n                    Afin q u ’on n ’el kiboye n in !\n  L es voici :\n                    M areie e t D jôzèf tô t p lo ra n t\n                    C orîst èvoïe avou l'èfan t\n                    L 'an d g e G abriel qui les m inéve\n                    l!in sovin les y d héve :\n                    I)ja n , m es a m is, q u ’on n ’p le u r’ pu !\n                    A llons à l’vvàd’ dè bon Diu !\n\n                    Li voyèdge d u ra b in des djou :\n                    H eu reu z’m in q u ’ l’à g n e e ste u -s t avou\n                    I p w ë rté v ’ l’è fa n t e t M areie;\n                    I n ’e ste u ja m a ïe n àh eie\n                    P o rta n t I’ bâ d e t n ’ sav e u t nin\n                    Çou qui p w e rté v ’ so sès rln .\n\n   Des sept Noëls nouveaux sont absentes les vraies effusions.\nJ ’y relève seulem ent :\n                       O d o u lo u re u x p’tit c o u r !\n                       Q u’e sté v ’ m â fo u rn i !\n                       Bon D iu, si fà qui m o u r,\n                       F é qui dji m o u r ossi !\n  Et :\n           Leyans çial no s m o u to n , no g a tte e t noz o g n ai\n           Bin qui n ’aïe del n iv aïe, no tro u v ra n s b in l'pazai.\n                Dji s in m ’e o u r qui trèfel di djoïe\n                         Di veie ci b inam é\n                Q w and no v è ra n s, s'il e st èvoïe,\n                         Dji m o û rre t à ploré.\n\n  M. D outrepont dédie son trav a il à son    \" cher m aître,\nM. M aurice W ilm otte „ L e jeune et savant professeur l ’a\n"}, {"page_pdf": 517, "page_imprimee": 470, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1365, "texte": "470                                             L a Wallonie.\n\n\n\ninitié aux recherches philologiques et aux règles graphiques\ndes patois gallo-romains, que je n ’ai pu suivre ici. Cet excel­\nlen t trav ail renferm e quelques légères erreurs. — U n e polalle\n(page 8) est une niche, non un porte-allum ettes (brocalï) ; les\nbrocalles étaient de longues allum ettes soufrées qui sont\ntombées en désuétude depuis trois ou quatre lustres. — L e\nm ustai (p 12) est le devant de la jam be opposé au m ollet, le\ntibia. — Une tchèfe (p 22) est un panier à pigeons, non une\ncage. — A nnoy (p. 28), c’est : ennuyer. — M ’kateye (p. 38),\nc’est : me chatouille, et bradeye : remue, s’ém eut. E waré\n(p. 47), c’est étonné, non effrayé — Lwègnreie (p. 48) signifie,\nplutôt bêtises, inepties, que bagatelles.\n   L es airs de G rétry, L i Voyètche cli Tchaufontaine, L i\nLidgw et ègadgi même, provoquent surtout des visions lié­\ngeoises. Mais si l’o n veut connaître le capiteux et révélateur\nparfum de la vieille W allonie, c’est L i F iesse di H oute-si-Ploû,\nL i B a ta ïe di Dam m artin, L i Salazâr lidgwet, Matin l’ Ohai,\net surtout le groupe des Noëls, qu’il faut respirer. Ils sont\ncom parables à ces fines et fortes épices qui allum ent soudain\ndans le cerveau la nostalgie enivrante des lointains pays\nensoleillés.\n                                      CÉLESTIN DEMBLON.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-010", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 471, "page_fin": 472, "titre_corps": "Petite chronique.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PETITE CHRONIQUE. Viennent de paraître chez E. Deman", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 518, "page_imprimee": 471, "debut_caractere": 13, "fin_caractere_exclue": 1675, "texte": "PETITE          CHRO NIQUE.\n\n   V iennent de p araître chez E. Deman, à Bruxelles, LES\nD é b â c l e s par Em ile V erhaeren, deuxième volume de la\ntrilogie commencée par Les Soirs et que les Flam beaux noirs\ncloront. — A bien tô t l’analyse.\n                                 ***\n    E m pruntons à Caprice-Revue ces notes m usicales de\nM arcel P.\n    L a reprise des séances Servais s’est faite dim anche dans\nl’excellente salle de l’A lham bra, devant un nom breux et\na tte n tif public. L ’orchestre de F ranz Servais s’est encore\nam élioré. On sent chez tous ces jeunes musiciens et su rto u t\nchez le chef une conviction réelle, une expansion vraie; ni\nparesse, ni scepticisme.\n    L a symphonie de Beethoven a été enlevée adm irablem ent\nsous une direction qui rappelait celle de Heinecke. P uis exécu­\ntion soignée et lucide du prélude et du finale de Tristan ; de\nl’ouverture de Tannhauser , des Préludes de L iszt (et non pas\nL istz ) et de la M alédiction du chanteur de Von Bulow.\n    D ans de prochaines séances viendront la M aterna et la\nM alten, les incom parables interprètes de W agner.\n\n  L a m aison Muraille —· et son très artiste rep résen tan t\nH enry Dabin, — publiera cet hiver les Scènes hindoues\nd’E rasm e R aw ay, partitions d’orchestre et réduction pour le\npiano à quatre m ains. Il faut applaudir à l’initiativ e in telli­\ngente et amie de H en ry D abin ; on atten d ait les Scènes\nhindoues depuis des années. Il faut espérer que nous aurons\naussi, et bientôt, la Symphonie libre de R aw ay, n ’est-ce pas ?\nCette sym phonie est un adm irable m onum ent élevé à la\nm usique; et si de trop rares auditions ont a ttiré déjà sur elle\n"}, {"page_pdf": 519, "page_imprimee": 472, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1912, "texte": "472                                                       L a W allonie.\n\n\n\nl’attention de notre m onde artiste, ta n t d’esthètes l’ignorent\nencore ! I l faut qu’elle soit connue lorsque sera joué ce dram e\nlyrique, F reya, auquel le m aître travaille en ce moment, et\nqui, p ar les quelques fragm ents entendus, s’annonce comme\nune œ uvre de superbe grandeur.\n                                   *\n                                 * *\n   L ’éditeur E . D em an m et dès à p résent en souscription les\nDébâcles d’Em ile V erhaeren et le traité du Verbe de René\nGhil.\n   Débâcles : tirage à 100 exem plaires; 5 sur Japon, à 50 fr.\n(souscrits) ; 45 sur H ollande, avec frontispice d’Odilon Redon,\n12 fr. ; 50 sur H ollande, sans frontispice, 8 fr.\n   Traité du Verbe : tirage à 110 exem plaires, avec po rtrait.\n10 exem plaires sur Japon, 8 fr. ; 100 sur vergé anglais teinté,\n3 fr.\n                                  *\n                                 * *\n   B ientôt aussi les Scènes de B a l , d’A lbert Saint-Paul, seront\nmises en souscription chez le même éditeur. L es conditions\nseront indiquées ultérieurem ent.\n                                      ***\n   Caprice-Revue publiera sous peu les portraits de Stéphane\nM allarm é et de R ené Ghil, tous deux suivis d’une étude\np ar A lbert Mockel.\n\n   C ette livraison, la dernière de l’année, porte le n° 11. C’est\np a r erreu r; la livraison de ju in-juillet était double, et n ’a\nporté qu’un n° simple. — De plus, on rem aquera que le n ° de\n104 pages de ja n v ier dernier, form ait un supplém ent im por­\nta n t offert gracieusem ent à nos abonnés. C ette année, une\nlivraison double leur sera envoyée de même en janvier.\n   E R R A T A . D a n s le n° 8, p a g e 350, à l ’é p ig ra p h e , lir e calices\nd e ro se s, e t n o n cahiers.\n  D ernier n °, page 409, vers G, lire notre voix d’ amants p o itri­\nnaires, et non votre voix d’am ant poitrinaire.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-203", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Table des matières", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "TABLE DES MATIÈRES", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 520, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 4089, "texte": "TABLE                  DES               M ATIÈRES\n\n                                          P o u r l’année 1888.\n\n               C h a r l e s - E u d e s B O N IN .                               C É LE S T IN   DEMBLON.\n\n      V ers :                                                       Evocation des v ieu x Liège,                     2 18.\n  S o ir ,                                               24.\n  Les H éros,                                           235.           C h ronique litté ra ir e :\n                                                                    Impressions et Sensations, p a r A r­\n                    Paul       BOUR GET.                               nold Goff i n ,                               323.\n                                                                    Contes pour l'A im é e , p a r M aurice\n  \"Ve r s   é c r its   su r   un    e x em p laire de                 Siville,                                      397.\n      « M ensonges. »                                        3.    Noêls W allons, p a r Aug. D o u trep o n t. 106.\n\n                                D.                                               E ugène      DEMOLDER.\n\n C h ro n iq u e m u sicale :                                      Les C arillo n s,                                414.\n G io co n d a,                                          76 .\n                                                                                  J u le s   DESTBÉE.\n              A c h ill e      DELABOCHE.\n                                                                          Q u elq ues    œ u v r e e s d ’a r t :\n E p i p h a n i e (vers) :                                        C a ssel,                                        108.\n P a s tourelle-Kerm esse,                             60.         La Haye ,                                        111.\nles Illusions p erdues,                               489.         Am sterdam ,                                     143.\nE p ith alam e,                                       270 .        Marken,                                          148.\nS o n n ets sym phoniques,                            321.                       A uguste         DONNAY.\n T ris ta n e t Ise u lt,                             378.\n                                                                   de la P e in tu re — Salon liégeois ;\n C hro n iq u e litté ra ir e :                                      e x p o sitio n de W itte-M ignon.  232.\n le Bonheur, p a r S ully Pru d h o m m e, 20 9 .\n                                           288.                                    L éon DONNAY.\n       C h a r l e s D ELCH EV ALEBIE\n                                                                  Duel,                                             310.\n    P ro ses :                                                                   A rthur          DUPONT.\nS p le e n ,                                          12 1 .         V e r s :\n\nS o u v e n ir d ’a n ta n ,                          122.        Souffrance d 'id éa l,                            286.\nl’A bîme,                                             206         les F eux -fo lle ts ,                            287.\n                                                                  l ’e x il des Poètes,                             360.\n    C h ro n iq u e litté ra ire :                                les Marbres,                                      361.\nH isto tes estudian tines , p a r G eorges\n   R osm el,                                          1 6 9.                     George G A R N I R .\n\n\n                 J ean      DELVILLE.                             V ieilles C loches (p ro se)                      135.\n\n   S onnets :                                                       V er s :\n\nTe D eum ,                                            417.        Requiem ,                                         37 .\nS o ir pa thétique,                                   417.        la F in ,                                         38.\n"}, {"page_pdf": 521, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3983, "texte": "474                                                                               L a W allonie.\n\n\n\nG loire d'A m our,                          20 8 .                    George       K ELLER.\nl ’ Im pénétrable,                          242.         Vers :\nle Châtim ent des Poètes,                   244.       Veillée de Lun e,                        16 1.\n                                                      les Résignés,                                 205.\n                L udwig GHELDRE.                      pour Regrets ,                                354.\n                                                         P ro se :\n     C h r o n iq u e d e s A r t s :                 Evocations,                                    317.\nà B r u x e lle s,                           78.      Evocations,                                    352.\nThéâtres e t Concerts à B r u x e lle s , 1 2 9.      dans le Rêve,                                  410.\nRi ch ilde, o p é ra d ’E m ile M atthieu. 4 5 7 .\n                                                                       H ubert     KRAINS.\n                        R ené GHIL.\n     Vers :                                           le J o u e u r d’O rg u e, c ro q u is,        386.\ne xtra it du M eilleur D ev enir,           117.\nRondeau,                                    183.                   C a m il l e   LEMONNIER.\nautre A ir pastoral,                        246.\nM er m ontante,                             384.      En A llem agne :\nTrain de soir,                              441.      Introduction,                                       4.\n\n     C hronique litté ra ire :                                                ALB. M.\nLes S o irs, p a r E m ile V erh aercn ,       85.\nM ém orandum ,                                 9 1.      C h ro n iq u e litté ra ire :\n                                                      le M isse l, p a r R aoul P a s c a lis ,\n                 E dm ond     H ANTON.                   E la in e , p ar E ddy L évis,         97.\n                                                      les Peintres de la Vie, p a r Cam ille\nle b on G rain,                             285.         L e m o n n ie r,                           199.\n                                                      la Sym phonie L ib re ,                        233.\n                        L. HEMMA.                     Ecrits pour l ’A r t,                          300.\n                                                      Cour d ’O gnon,                                304.\n   C hro n iq u e m u sicale :                        Chronique m usicale,                           427.\nA uditio n s; au c o n se rv a to ire ; Cé­\n   s a r F ra n c k ,                       191                        E rn est    MAHAIM.\nh V e rv ie rs, à A ix-la-C hapelle,        195.\nM usique à Lièg e .                         460.      d e m on C arn et,                                34\n                                                                                                         4 ..\n\n\n\n                                           ­\n  C h ro n iq u e litté ra ir e :                         C h ronique litté ra ir e :\nen  A lle m a g n e , p a r C am ille Le              Q uillebœ uf, p a r Jam es V a n d ru n e n , 2 9 2 .\n  m o n n ie r,                          224.         A nthologie des prosateurs belges,\n\n                                                                                                    ­\ndu S ile n c e , p a r G eorges R oden-                  p a r C. L em o n n ier, E P ic a rd ,\n  b a ch ,                               226.            G eorges R o d en b ach , Em ile V er\nEpisodes, p a r H enri de R eg n ie r,   229.            h a e re n ,                           332.\n\n              A uguste      HENROTAY.                              S téph an e    MALLARMÉ.\n\ndu    L o in t a in ,                       419.      L e ttre ,                                        105.\n"}, {"page_pdf": 522, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4193, "texte": "            Table, des matières.                                                                           475\n\n\n               S tu art      M ER RILL.                   Suggestion ,                                     316.\n                                                          A u b e d e S p le en ,                          409.\n F e u ille ts d ’u n v ieu x c a h ie r,          12     Vision,                                          448.\n    l ’ u l t i m e T h u l é , v e rs :                                           P. M. O .\n- A p p e l,                                     141.\n- Vespérale,                                     142.         C h ro n iq u e litté r a ir e :\n  R ex,                                          264.     Forêts , p a r Jam es V a n d ru n e n ,          99 .\n  A rgonaute,                                    264.        C h ro n iq u e d es a rts :\n— B a llet,                                      265      Le salo n des XX,                                432.\n—le Rêne du Bouffon,                             309.     T h é â tre d e M ein in g en,                   435.\n  le P èlerin ,                                  3 8 1.\n-Monde,                                          389.                      P ie r r e    M.   OLIN.\n  V illa n elle ,                                390.\n                                                          M es    m é m o ir e s   (p ro se ):\n               Albert        M OCKEL.                     mon Mariage,                                      4 t.\n                                                          Lettre à une am ie,                               44.\n Soins m o u v a n t s , p ro se      sym pho­            D éclaration tardive,                             47.\n   n iq u e (frag m en ts)                                Sym bole pour cinq ou s ix ,                      49.\n Introduction,                                    62      le D oute,                                       473.\n F in a le,                                       67.     Lettre q u i ne fut ja m a is envoyée,           179.\n l ’A n tith èse (v ers)                         220.     Combien d o u lo u r e u x !...                  180.\n le R ut ,                                       27 3 .   les P récurseurs,                                257.\n le seul A m our ,                               347.     Suggestions ,                                    259.\n                                                          les d e u x Cim es,                              260.\n    C h ronique litté ra ire :\n N ote,                                         77.                       R aoul        PASCALIS.\n Cam ille L em o n n ier e t la Belgique, 94.                 Vers :\n le Lys, de F e rn a n d S e v e rin ,        -135.       Am es couchantes,                                256.\n\n                                             ­\n Hors du S iè cle , p a r A lbert G iraud, 162.           les B ien faits de la L u n e,                   415.\n A cœ ur perdu, p a r J o sé p h in P é                   P ro se s p sy ch iq u es,                       445.\n    la d a n ,                                 184.\n M adam e        Lupar,         p a r Camille                           H en r i    de    R ÉG N IER.\n    L em o n n ier,                           337.\n Flam m es m o rte s , p a r Gabriel                      S aty re (v e rs ),                              241.\n    M ourey,                                  340\n Jeanne Bukoff , com édie en deux                             C h ronique lilté ra ir e :\n    a ctes p a r F ritz E ll,                 372.        A ncaeus p a r F . V iélé G riffin,              294.\n Poèm es d’ Edgar A lla n P o e , tr a ­\n    d u its p a r S té p h a n e M allarm é, 4 3 3 .                  G eorges          RODENBACH.\n le Tourbier, ro m a n p a r Léon\n    D uvauchel                                464.        P aysages       sou ffran ts           (vers),    10.\n\n              G a b r ie l   M OUREY.                                    Georges         RO SM EL.\n    V ers :\n Icô n e,                                   315 .         H is t o ir e s e s t u d ia n t in e s :\n"}, {"page_pdf": 523, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 4357, "texte": "476                                                                                          L a W allonie.\n\n\n\nMiss D isp u te,                                       53             C h arles         VAN LE R B E RGHE.\n                              S.\n                                                              l ' A nn oncia trice (v e rs),                             124.\nP ro tec tio n     d es       œ u v re s   de   la\n   P e n sée ,                                       467.                     M a r io       VARVARA\n                          E . S.\n                                                                  A lb u m   p a r is ie n     :\n  C h ro n iq u e m u sicale :                                v ie u x R ieu r ,                                       18.\nA l’E m u latio n ,                                   85.     Q uadrille,                                           2 12.\n                                                              Notes à P a ris ,                                      391.\n             A lbert      SAI NT-PAUL.                        au Ca fé de P a ris ,                                  394.\n\n   Vers :                                                         C hronique litté ra ir e :\nS c è n e s d e Ba l ( f r a g m e n t               125.     Un D ilem m e , p a r J . K. Hu y sm an s, -199.\nAm azones,                                           25 3 .\n0 S o le il!                                         350.                    E m il e    VERHAEREN.\n\n    Pro se:                                                       Ver s:\nA lbum P a risien .                                  44 3 .   Là -ba s; Légendes,                                         15\n                                                              les v ie u x Rois,                                          46.\n   C h ro n iq u e des a rts :                                Londres, .                                                 152.\nP u vis de Chavannes ,                                72.     Pensées du S o ir ,                                        251.\n                                                              les Vierges ,                                              345.\n              F ernand         SEVERIN.                       la G rille ,                                               346.\n                                                              A prem ent,                                                412.\n   Le Lys :\nEn fan ce,                                            3 1.                    A uguste             VI ER SET.\nLe Retour,                                            32.\n                                                                 Vers :\n               M a u r ic e    SIVILLE.                       Concert ,                                                  218.\n                                                              le Sem eur,                                                377.\nContes pour l ’A im ée :                                      M orte,                                                    362.\np o u r o u b lie r,                                 26 7 .                   Gasto n          VYTTALL.\n\n   C hro n iq u e litté ra ire :                              P o è m e s I r o n iq u e s ,       en p ro se (fra g ­\nla C om édie des Jouets p a r Cam ille                           m ents) :\n   L e m o n n ie r,                                  92.     IV,                                                         25.\nu ne Réparation p a r F ritz E ll,    138.                    V,                                                          26 .\nun Mâle, com édie en 4 a c te s p a r                         VI,                                                         28.\n   Cam ille L em o n n ier,                          297.     X,                                                         380.\n                                                              XV,                                                        383.\n              Hubert       STIER N ET.\n                                                                P etite c h ro n iq u e :\nV espérale,                                          356.     Pages 1 0 1 , 4 4 0 , 4 7 0 , 2 0 4 , 2 3 2 , 3 0 4 ,\nRem ord s.                                           450.       344, 376, 403, 438.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 524, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n                        H . ZE Y E N .\n\n                                    LIEGE\n            137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                                         .\n     S p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é l e c triq u e .\n\n\n\n    FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                    P lace du T h é â tre , 11, Liége.\nP o r t e - c i g a r e s en é c u m e de m e r , a m b r e e t ra c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s de c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u té s en ‘2 4 h e u r e s .\n\n                             RACCOMMODAGES.\n\n\n\n                  L E P A S SA N T\n                                G A ZETTE D ’A RT\n      P araissan t tous les samedis. D irecteur : F r i t z E L L .\n              B ureaux : R ue Courte du Jo u r, 1 9 , G AN D\n                            7 francs l ’an.\n\n\n               de Clicliy, P aris.        : 47 bis, avenue          Bureaux\n   : 6 francs l’a n         centimes ; abonnement               : 50     La livraison\n\n                            M E N SU E L L E          REVUE\n\nPOUR L'AR T                                                        ÉCRITS\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "3 e ANNÉE, No 11.", "ancre_fin": "D’ART", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Ernest MAHAIM", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 525, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 171, "texte": "3 e ANNÉE,        No 11.\n\n                LA W ALLONIE\n  R E V U E M E N SU EL L E D E L IT T E R A T U R E E T D ’A RT\n\n                                               "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-206", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Comité de rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Ernest MAHAIM", "ancre_fin": "SIVILLE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Bureaux : rue St-Adalbert", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 525, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 171, "fin_caractere_exclue": 412, "texte": "E r Ne s t MAHAIM,\n                                               A l b e r t MOOKEL,\n             C om ité de R é d a c tio n   P . M . O L IN\n                                           (   M a u r ic e   S IV IL L E .\n\n\nEnvoi              "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-207", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Abonnement", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Bureaux : rue St-Adalbert", "ancre_fin": "6 fr. 50.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 525, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 412, "fin_caractere_exclue": 644, "texte": "B ureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\n           d’ u n numéro spécimen c o ntre 5 0 centimes\n                     en t i mbres-poste.\n      ABONNEMENT : 5 fr. p a r an. 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A lbum parisien.\nG abriel Mourey.                    . . . Vision (vers).\nH u b e r t Stiernet.               . . . Rem ords, conte.\nP . M. O .................................. L e th é âtre de Meiningen.\nL u d w ig Gheldre                  . . . Richilde.\nL. H e m m a ...........................Musique.\n                             Chronique Littéraire :\n\nA lb e rt M o ek el . . . .        L e Tourbier.\nC é l e s t i n D e m b lo n . . . Noëls wallons.\n                                Petite Chronique.\n\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1888-12-31-n11-209", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1888-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1888-000.pdf", "ocr_sha256": "faf32834951dfdf8c7748c484e51113e0ceabdccf1b861150e333cefbd832410", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Dépôts de vente", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Quelq uesco", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 525, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1277, "fin_caractere_exclue": 8381, "texte": "Quelq\n       uesco\n           lectionsdeLApWALix\n                          r ONIE(d\n                                 1\n                                 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                                         es\n:chezM m eVeD  eV  eter,rem partSte-C atherine.\n                                  Des presses de H . Vaillant-Carmanne, à Liége.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 486, "texte": "        3me Année. — N° 11.\n\n\n\n\n   LA\nW A LLONIE\n\n\n\n     31 Décembre 1888.\n"}, {"page_pdf": 487, "texte": "            CA P R ICE-R E V U E\n  JO U R N A L A R T IST IQ U E E T L IT T É R A IR E , IL L U S T R É ,\n                        paraissant le Samedi.\n                     D ire c te u r      : M au rice S IV IL L E .\n  Abonnem ents pour la Belgique : 6 francs l ’an, étran g er 8 fr.\n\n                           D irection et A dm inistration :\n                R u e     d e s \" V in g t-D e u x ,         16 , à L iè g e .\n\n   C a price-R evue p u b lie u n p o rtr a it en c h a c u n de ses n üs.\n    O nt p a ru :\n    C am ille L em o n n ier, E m ile V e rh a eren , Jo sé p h in P é la d a n , V illiers de l’Isle\nAdam , E rasm e R aw a y , A. de W itte, Ju le s D cstrée, H enri Sim on, Louis K éfer,\nG eorges R o d en b ach , C ésar T h o m so n , O scar D ossin, R ag n h ia n ti, A lbert G iraud,\nE. R ey e r, Théo H a n n o n , S ully P ru d hom me, M ars, H en ry de G roux, E dm ond\nP ic a rd , E. T in el, A rnold Gollin, A m édée l.y n en , C élestin D em blon, F é lic ie n\nRop s, Ju lie n D illens, e tc .\n   A p a ra ître :\n   C atulle M ondes, C aran d ’A chp, R ené M aizeroy, Alfred S te v e n s, W ag n er, C ésar\nF ra n c k , Ja m e s Van D ru n en , F ran z S e rv a is, A lbert Iia e rtso e n , J e f Lam beaux,\nX avier M ellery, Ivan G ilkin, S té p h a n e M allarm é, R ené Ghil, E m ile M athieu,\nEd. Lalo, H a n s von B ülo w , E dvard G rieg, P a d e re w sk y , R o d in , Léon F ré d é ric ,\nC o n sta n tin M eunier, Théo Van R y sse lb erg h e, W illette, etc .\n\n\n          L ’A R T                        M O D E R N E\n  REVUE         CRITIQUE          DES       ARTS       ET      DE     LA     LITTÉRATURE\n                    26, Rue de l'Industrie, Bruxelles.\n                       Abonnement : 10 fr. par an.\n\n                      LES POÈTES NAM UROIS\n                             p a r A u g u s te V IE R S E T\n E n s o u s c r i p tio n d a n s nos b u r e a u x , et chez A. B é n a r d ,\n             é d i t e u r , r u e du J a r d i n B o tan iq u e , Liége.\n                                   P r ix : fr. 1 ,5 0 .\n\nA paraître chez E. D EM AN , rue d’Arenberg, Bruxelles :\n                           SCÈNES DE BAL\n                1 p e tit vol. de vers, p ar A l b . S t -PA U L.\n\n             LE T R A I T É                          DU VERBE\n                                   par R e n é G H IL .\n\n                          Les Flambeaux Noirs\n              Livre de vers par É m ile V E R H A E R E N .\n"}, {"page_pdf": 488, "texte": "           TRAIN          DE SOIR.\n\n\n\n\nCe soir — d’énorm ité d’où sourdonnant émeuve\nd’extraordinaire, ah! quel éparre d’hivers\nh au t sinistrés,\n                  le T rain qui long stoppa dérouille\nla stagnante stupeur de sa seule raison\nT intam arran te pour la déroute norm ale\nde ses deux phares inassouvis de n u it m ale\net de Temps, d’où sourdonnants m euvent hors saison\nce soir les éparres qui le m eurtrissent.\n\n                                          Stride\ncri d’être et d’ire qui pâtisse ! quand ouïs\nsont, mêmes m ouvem ents de portes qu’on verrouille.\n\nI l p a rtit su rsau tan t et plaquant, dans l’erreu r\nde l ’orage sourdant de l ’épaisseur d’horreu r\nvéhém entem ent et sans ventée, et la plaine\nle prend, et longue au loin pleut la sinistre haleine    ·\navant le diluem ent aux airs épanouis\nT ra în a n t en doute des lumières mortes, veuve!\n                                               28\n"}, {"page_pdf": 489, "texte": "442                                            L a W allonie.\n\n\n\n      Y vivront ! — cri d’être et d’ire qui pâtisse, ah !\n      étrangères dans la perpétuité neuve\n      Qui ne savent, aux nuls gestes évanouis\n      Y vivront su rsau tan t en des songes, des Vies :\n\n      et, d’énorm ité dont pleure l’heur m aternel\n      C’est, qui sourdait éparre ! un vagissem ent d’être\n      et d’ire, ah ! aggrippant l’espoir sem piternel :\n      même si quelque sort qui s’en v a disparaître\n      est là près — cri d’être et d’ire qui pâtisse, ah!\n      est dans la grande n u it une sinistre haleine\n      avant le diluem ent aux airs épanouis\n      T raîn an t en doute des lumières m ortes, veuve.\n\n      et, d’énormité dont pleure l ’heur m aternel\n      C’est, qui sourdait éparre ! un vagissem ent d’être\n      ah ! aggrippant des m ains l’espoir sem piternel\n      pour les T erres qui sont de l’être inassouvies !\n\n\n      Y vivront sursautant en des songes, des Vies\n      T intam arrantes dans des éparres d’hivers\n      et d ’im proviste vers quelle largesse,\n                                              vers\n      Quelle loi d’heur plus vaste en la splendeur aride.\n\n                                                 R e n é G H IL .\n Décembre 88.\n"}, {"page_pdf": 490, "texte": "        DE L ’A L B U M P A R I S I E N .\n\n\n                                 9 Septembre 1887.\n\n\n\n      V ic i la o nuit. L e soleil là-bas n e barre plus\n         l’extrémité de la rue de Châteaudun. Vers la\n         gare Saint-Lazare, une clarté rousse encore\n         se décompose, pâlissante et bleuissante. Des\nfiacres, des omnibus et d’autres voitures roulent\ndans cette brume et font onduler des reflets criards\nd’eau courante au soleil.\n   Je gagne un trottoir. Une foule compacte m’en­\ntraîne, me bouscule, muette. Malgré moi je m’arrête.\nC ’est un va-et-vient ininterrompu de personnes affo­\nlées qui entrent au galop dans une boutique ouverte\net vide, en sortent un peu calmées et viennent se\nfiger en la résignation d’une résolue attente au bord\ndu trottoir.\n   Soudain une poussée se produit, une dégringolade\nsur la chaussée de toute cette masse sombre qui\nlaisse le trottoir blanc.\n   Deux, trois, quatre omnibus sont là, arrêtés.\n"}, {"page_pdf": 491, "texte": "444                                     L a Wallonie.\n\n\n\n    Désagrégée, la foule semble avoir multiplié ses\n  têtes aussi nombreuses derrière chaque omnibus que\n  tout à l’heure ensemble devant le bureau.\n    U ne voix parle, proclame des numéros, et quelques-\n unes des têtes contournent l’escalier de l’impériale,\n tandis que des emmitouffl ements de robes dispa­\n raissent à l’intérieur — comme des victimes engouf­\n frées dans le ventre d’un indifférent minotaure, à\n leur appel.\n    Les lourdes voitures peintes repartent, remplies\n et les têtes toujours aussi nombreuses reviennent se\n mêler, s’unir, étendre leur ombre houleuse sur la\n blancheur du trottoir.\n    Je suis à l ’angle de la rue le Pelletier : quelques\n coudoiements, je passe. J ’arrive devant l’oratoire de\n Notre-Dame de Lorette.\n    Anonchali d’idées crépusculaires, hélas ! et d’autres\n mélancholieuses, j ’y entre. L a porte matelassée re­\n tombe sourdement sur le vacarme de la rue.... et\nje suis grisé aussitôt par un silence vide, glacial,\n imprégné d’un long, persistant, lointain parfum\n d’encens.\n    Je n’ose marcher, car mes pas résonnent trop fort\n sous l’immensité de la voûte et me troublent.\n    A u fond du chœur se devine l’autel — à peine\njaune, à peine gris dans la pénombre, éteint. Seule\nplus claire, blanchit, tortillée à la rampe, la nappe\nde la sainte table. A u long de la nef, encadrées dans\nla hauteur des piliers gisent, éventrées, les chapelles\n"}, {"page_pdf": 492, "texte": "    D e l'Album parisien.                           4 45\n\n\n\n solitaires, abandonnées. Ici, à gauche de l’entrée, une\n plus sombre presque noire, dont on ignorerait les\n\nc\nh\na\npe\n le\n murs si ne transparaissait la pâleur d’une croix : la\n           des agonisants, béante en immense gueule\nlugubre d’infini, d’inconnu. E t rien, pas une prière,\npas une ombre agenouillée, pas un craquement de\nchaise.\n   Devant la chapelle à gauche une femme se lève,\nouvre un tronc, le vide, en referme le cadenas et des\nsous dégoulinent dans une poche en toile — avec des\nsuffocations de rire précipité. Elle range ensuite sa\nchaise contre un angle intérieur de la chapelle,\nsouffle un à un des cierges inégaux en un candélabre\népanouissant des lys de métal, graissés de cire, et,\nsans bruit en sa marche, se dirige vers la sacristie.\n   On va fermer les portes.\n   L e suisse, en pantalon de ville, portant seulement\nla livrée et le bicorne, rôde et flaire dans tous les\ncoins, une lanterne à la main. Un sacristain, dont la\nface pâteuse est proprement rasée, promène la tache\nnoire d’une calotte de velours sur la nudité de son\ncrâne çà et là par l’église vide. Ses gestes et ses\npas trahissent l’énervée préoccupation d’un homme\npressé. Il vient à moi, me toise, une responsabilité\ndans le regard :\n   “ On ferme „ crie-t-il rudement.\n   Un grand clapotement de planches légères qui\ns’effondrent nous surprend. Il me quitte.\n   Dans l’obscurité qu’éclaire mal sa lampe, le suisse\n"}, {"page_pdf": 493, "texte": "                                       L a Wallonie.\n\n\n\na accroché son bicorne en l’entrelacement des chaises\nempilées, furetant sous elles. Par le seul mouvement\nfait pour se relever, le frêle échafaudage s’était\nécroulé. Dès lors le bruit ne cesse. Des paroles volent.\nIl faut replacer toutes ces chaises. E t le sacristaiu\nlance un nom de Dieu qui emplit la nef, d’un large\nélan bondit vers la voûte où le murmurent, l’em­\nbrouillent, le traînent et le déchirent des échos.\n   Je sors.\n\n\n\n                                      20 septembre.\n\n    Faubourg Montmartre. A la terrasse du café\nPousset : sur le large trottoir un chassé-croisé de\ntabliers blancs; l’empressement des “ garçons „\napportant les plateaux de bocks dont s’empilent, en\nguise de vaines soucoupes, les rondelles de feutre;\nun tumulte de petits pas éparpillant le jaune sali de\nla sciure de bois répandu autour des tables. Quelques\nformes humaines, à part seules, hypnotisées derrière\nl ’éclatant rectangle d’un journal au soleil, séparées\npar des groupes riant haut, parlant fort, gesticulant\nsans prendre garde à la feuille étalée au bout du\ngeste — tels auprès d’une statue. E t là, sur l’étroit\nespace de trottoir libre, la promenade ininterrompue\nde multiples, renaissantes, différentes silhouettes,\nmais enfuies dans la sémillante banalité des journa­\nlières visions.\n"}, {"page_pdf": 494, "texte": "    D e l’Album parisien                                447\n\n\n   Pourtant, de l’ordinaire milieu qui passe, se détache\nsoudain une enfantine et frétillante robe noire, d’une\nsveltesse macabre, aux dalmatiques plis. E lle s’en\nva dansant sous une profonde capote noire aussi\nsvelte, aussi lugubre en l’ornementale courbe qui la\ntiare. E t c’est un galbe qui sautille, un rire qui\ns’endeuille, un friselis passager de crêpe qui chante ;\net la baladine jupe lisse semble suivre un pas de\npolka, l’élégante rondeur du corsage s’effile en vir­\ngule d’encre; et ce caprice noir s’efface comme une\nlarme.\n   “ Il n’y a que les femmes habituées à marcher à\npied qui sachent tout à fait s’habiller pour la rue, „ a\ndit l’un des Goncourt. E lle devait être une femme\nhabituée à marcher à pied. E t son fantôme suggérait\nquelque dessin troublant de Rops, ou telle pschut ­\nteuse esquisse de V an Beers.\n\n                           A lb e rt   SA IN T -P A U L .\n"}, {"page_pdf": 495, "texte": "                       VISION.\n\n\n                                         A P u v is de C havannes.\n\n\nn\nUe lente fu ite d’ ombres sur le p a r tis\n d’un temple rose que le Songe recule\n loin, dans un paysage de crépuscule,\n semblable à ceux que rêva le dieu Puvis.\n\n D es herbes verdissent le marbre des voûtes:\n i l fa it comme un matin de jo u r pluvieux·,\n l’ air est gris, et les fantômes sont très vieux;\n ils vont, p u is s’arrêtent et leur pose écoute.\n\n Ils semblent chercher de leurs oreilles closes\n une voix qu’ ils attendent depuis longtemps,\n des Paroles qui dans leurs cœurs repentants\n doivent faire fleurir des apothéoses.\n\n Ensuite, d’un même mouvement de leurs mains frêles,\n caressantes et bonnes comme des ailes,\n penchés ils cueillent des asphodèles.\n\n E t les voilà tous agenouillés\n devant la porte noire du temple,\n dont les gonds héla s! sont à jam ais rouilles\npour leurs âmes douloureuses qui contemplent.\n\n Encor, dans un geste im plorant, leurs mains frêles\n se lèvent et s’abaissent comme des ailes.\n"}, {"page_pdf": 496, "texte": "V is io n                                                 449\n\n\n Ils sont des deuils pâles dans le crépuscule,\n des formes transparentes de douleurs grises,\n au seuil du temple que le Songe recule,\ndes formes que la prière immobilise.\n\nIls supplient pour les fêtes de lumière\nque l’ on a promises à leur repentir,\npour la résurrection de leur poussière,\nle jo u r où la Parole doit retentir.\n\nDes lys d u pardon seront jonchés les chemins ;\nun bonheur suprême illum inera les visages;\nils dépouilleront leurs vêtements humains,\np urs comme les vierges et savants comme les mages.\n\nD ie u ! comme leurs longues robes d’hyacinthe\ntraînent mélancoliquement ! 0 leurs larmes,\nvous êtes chastes comme de filiales étreintes,\nmais que vous saignez des regrets du vieux Charme !\n\nAh, quand s’ouvrira le seu il? Quand tendra-t-on\nles voiles de lin odorant sur les avenues?\nEst-ce bientôt qu'au marbre fier des frontons\n\n\n\nO\nvont refleurir les tendresses méconnues?\n\n   M ariamm, fa is que leurs vœux soient comblés!\nCe sont les Souvenirs : montre-toi clémente!\nSonge que toujours ils ont, dans les tourmentes,\ntourné leurs espoirs vers tes yeux étoilés!\n\nPrononce les Paroles de résurrection !\nQue de ta lèvre et de ton âme ce Verbe tombe !\nT u es la Souveraine des consolations !\nTu es l’Ange m iséricordieux de la tombe!\n\n                                G a b r ie l   M OUREY.\n"}, {"page_pdf": 497, "texte": "                    REMORDS.\n\n\n                                     Pour A l bert Mockel.\n\n\n\n\n         A\n         u   milieu de tout le luxe oriental inventé\n           par cette agonie d’un siècle trop laborieux,\n           Jean Ferrilla, pour la première fois, se\n           sentit chez lui. Instinctive était en lui\n l’intuition de cette vie de nabab et quand la femme\n qu’il aimait le rendit maître d’une fortune princière,\n ce fut sans un étonnement qu’il franchit le seuil de\n ce vieil et somptueux hôtel familial écussonné où\n étaient entrées toutes les dignités et toutes les gran­\n deurs.\n    Certes, la rapidité de l’ascension comme celle de\nla chute insensibilise; mais l’étourdissement avait\n été instantané. Un mois, il s’était laissé vivre, non\n surpris, plutôt ennuyé d’un changement d’existence ;\npuis, il avait joui de ces richesses comme d’une chose\nconnue et depuis longtemps injustement ravie. A\npeine se souvint-il de son modeste appartement de\njeune médecin, des longues heures de splénétique\ninquiétude pendant lesquelles son âme, tour à tour,\n"}, {"page_pdf": 498, "texte": "    Remords.                                          451\n\n\ninvoquait l’Elue, ou, moins envolée, tournait scepti­\nquement dans ce cercle vicieux : une clientèle pour\nfaire un bon mariage, et se marier pour arriver à une\nclientèle.\n   L a riche lumière des torchères dorées étincelant\naux marbres du grand escalier ne l’éblouit point. Il\ndévisagea sans sourciller les preux solennisant les\nmurs des salons et qui devenaient ses ancêtres.\nA vec une suprême aisance, il foula les précieux tapis\nde Smyrne, promenant à travers toutes les opulences\nses formes élégantes et infiniment aristocratiques.\n   Sa vie depuis six mois : un conte de fée, la réali­\nsation d’un rêve géant. Il était heureux.\n\n\n    Jean Ferrilla est assis à son bureau vieux chêne\naux lourds pieds torses, seul aussi, sans un sourire....\nE t cependant au milieu des mille petits riens épar­\npillés devant lui, l’image de l’Aimée, sur de jolis\nchevalets en peluche, çà et là, reparaît incitant à\nl ’idée consolante qui illumine les labeurs.\n    Fiévreux, Jean Ferrilla, et triste son regard, et\nbrûlant son front pâle.\n    Sous les mordantes caresses du soleil coloré aux\nantiques verrières, saignent les grands martagons\nrouge-sombre des tentures brunes et s’allument les\ndos armoriés des livres derrière les vitres, et dégout­\ntent d’or les pointes des kriss de la panoplie.\n    Il remue des livres, des papiers... Mais, cette lettre\n"}, {"page_pdf": 499, "texte": "452                                     La Wallonie.\n\n\n\n mortuaire, il a beau la déplacer, la cacher, l’enfouir,\n toujours elle revient obsédante sous sa main, avec\n ses grandes bordures noires, toujours ! E t toujours\n sa main l’agrippe malgré lui, et la déplie — et toujours\n surgit le fantôme blanc.\n   — Oh ! terrifiant, en sa tranquillité, le fantôme !\n   — Une jeune fille.... morte à dix-huit ans.\n   Affalé dans un sopha, avec la lucidité maladive et\n cruelle des heures tristes, il revit le passé : et vogue\n son âme vers les grandes plaines songeuses qui s’en­\nveloppent dans leurs brumes comme dans un suaire !\nE t vogue son âme vers la petite ville de province\n aux mélancoliques vesprées ; et vers la vieille maison\nà encorbellements où il a grandi entre sa mère, douce\n et pieuse femme, et son père, vieux docteur, froid\n charcutera - d’hommes.\n   Puis, c’était son enfance dans une atmosphère de\nserre chaude, épanouissant les fleurs noires de son\nintelligence précoce, aiguisée plus tard aux lectures\nénigmatiques des livres de médecine traînant sur\nles meubles ; ses rêveries perverses grandissant\nmonstrueusement des scènes devinées, des gravures\nmal comprises qui affinaient ses sens et faisaient de\nlui, à seize ans, un timide et satanique curieux aux\nmorbides fringales.\n   Puis, rouge le jour du crime.... : dans le grand pré\nempli des parfums triomphants des foins, au milieu\nduquel, niaisement, une rangée de grands arbres\nminces couraient le long du ruisseau qui laissait\n"}, {"page_pdf": 500, "texte": "    Remords.                                          453\n\n\nvoir, à travers les ajoncs, le reflet magique de ses\ndéliquescences créatrices, derrière un de ces arbres...\nL a fillette blonde.... L a fillette innocente.... Là!....\nOh ! le Spectre! Puis, revenant, la fillette classée\ndans le troupeau de celles dont la poitrine brûlera à\nvin gt ans et qui tôt se faneront en punition du mal\nque leur ont fait ceux qui les ont perdues ! Éternelle\njustice !\n   E lle est couchée maintenant, à dix-huit ans,\nblanche avec des transparences de cire et froide, les\nmains jointes, couchée sur son lit blanc, au quatrième\nétage dans une rue malsaine de la grande ville où\nses parents ruinés sont venus cacher leur misère.\n   E t le fantôme épouvante l’âme damnée de Jean\nFerrilla pour qui les sciences de l’âme et du corps\nn’ont plus de secret et dont l’effroyable logique\nécartèle la conscience.\n   Cynique ou irresponsable, il a oublié. Le roidis de\nsa vie agitée a endormi le Remords. H uit ans a duré\nle sommeil du Vengeur qui se relève terrible, oh!\nterrible !\n   Jean Ferrilla se cache la face, le misérable. E t se\ntransforme le luxueux salon en une chambre mor­\ntuaire et, sous sa main inexorable, sous son regard\nd'acier, le grand Inquisiteur rouge, le Remords le\ntient à genoux, en face du fantôme blanc, lui mettant\nau cœur toutes les affres de l’assassin confronté avec\nsa victime, et sur les lèvres, de lâches supplications.\n   Sa jeune femme qui, de le voir triste, longuement\n"}, {"page_pdf": 501, "texte": "454                                      La Wallonie.\n\n\n\net douloureusement a pleuré ses premières larmes\nde femme, — sa jeune femme revient près de lui,\nles yeux rougis et tremblante et consolatrice.\n   — Jean, tu as de la peine, dis? — Pense à nous, à\nnotre enfant ! —\n   Leur enfant! c’est vrai, il sera père !... Il sera père\net l’Evangile dit que le père coupable sera puni dans\nsa progéniture....\n   Oh ! si c’était une fille! — Non! non! — Il en\nmourrait... Car, bien sûr...! Mais, non, non...!\n   E t Jean Ferrilla attend anxieusement le moment\noù il sera père ; il souffre, il maigrit, rongé dans son\ncœur.\n   E t par le Dieu impitoyable des justes retours, pour\nle triomphe et l’apaisement du Remords, ce sera une\nfille qui grandira, belle et frêle, très frêle et qu’il\n\nb\nl\na\nnc\n h\n e\nverra, un jour, quand elle aura vingt ans, étendue,\n          et froide, sur un grand lit blanc.\n\n                                      J . STIE R N E T .\n"}, {"page_pdf": 502, "texte": "          T H E A T R E E T M USIQUE.\n\n\n                T H É Â T R E D E M EININ G EN .\n\n   P eut-être trouvera-t-on qu’il est bien ta rd pour venir p arler\n\n\n\n\"\nencore des M einingers et de leur A rt. Nous dirons ceci :\nNous ne sommes pas une revue d’actualité et si ce titre\n  Revue „ a été pris, c’est que nous n ’en connaissions pas\nd’autre alors, qui put rendre notre pensée, enfin qu’il était\nconsacré. E nsuite une belle chose doit être dite, non pas à\n\n\n\nn\na\nï\nf\ns\nheure ou date fixe, mais bien au moment opportun.\n   On en a parlé, beaucoup parlé. Quelques enthousiastes-\n        ont espéré voir le mouvement se propager. Q uatre mois\nse sont écoulés : Oubliés ! sauf chez quelques-uns, et la ro u ­\ntine aussi m aîtresse que naguère, et l’écœ urem ent du th é âtre\nd’aujourd’hui plus vif que jam ais.\n   L e Théâtre ! Songez à to u t ce que pourrait, à to u t ce que\ndevrait être cet A rt complexe et si puissant — d’une puis­\nsance d’action si directe et si prom pte : Scènes de vie,\nhistoire ou symbole, rêve, légende ou accident de to u t à\nl’heure — toutes les formes peuvent y vivre, toutes ! et le\nth é â tre est m ort.\n   Ce qui a tué le th é â tre c’est la lèpre du cabotinage, l’im por­\ntance des cuistres illettrés qui se chargent, en m aquereaux des\n\n\n\nI\nl\nplanches, m oyennant argent, d’égorger l ’œ uvre si elle est\nbonne ; si elle est mauvaise, il y a parfois chance de réussite.\n  s sont les m aîtres. Ils n ’étudient pas ce qu’on le u r donne,\n"}, {"page_pdf": 503, "texte": "456                                            L a W allonie.\n\n\n\nmais on doit fa ire spécialem ent pour l’épanouissem ent et\nla glorification de leurs pseudo-qualités. R ace ignoble : tous,\nainsi qu’autrefois forçats, on devrait les m arquer de la\nfleur de lys infam ante et réta b lir à leur usage les antiques\nlettres de cachets, pour supprim er ces valets lorsqu’ils se\nfont trop rem arquer. Ou bien.... qu’ils soient ce que sont les\nM einingers.\n    H onneur à ces artistes modestes, qui, consciencieux, cher­\nchent à interpréter l’œ uvre qu’on leur a confiée, qui, te l jo u r\n1 e r rôle, le lendem ain sim ples figurants m uets, ne croient pas\ndéroger. A ujourd’hui tragiques, dem ain comiques, hommes\nsim plem ent et souples comme les fait la vie. Voilà pour les\ninterprètes.\n    Q uant à l’idée mère, l’honneur entier en revient au duc\nde Saxe-Meiningen, de la race de ces ducaillons de Saxe qui\nferaient pardonner aux gens de leur espèce la grande quantité\nd’imbéciles inutiles et encom brants qu’ils procréent.\n    I l a fait une œ uvre qui le classe homme d’intelligence\nsagace et artiste, et l ’im pression qui se dégage de cette troupe\nhomogène, m erveilleusem ent travestie, où les costumes\nsavent être portés, où les foules vivent, s’agitent et vivent\nenfin ! où tous les détails les plus menus sont soignés,\nl’im pression qui se dégage est grande, belle et reposante. On\nest en face d’un th é âtre d’A rt et non plus d’une entreprise\nde cabotinage financier.\n  Nous n ’en dirons rien de plus ne voulant que glorifier l ’une\ndes plus nobles m anifestations artistiques que nous ayons eu\nà saluer, et nous nous en honorons ! L es détails sont œuvre\nde journalism e dont nous n’avons cure, ou d’étude longue et\nsérieuse que nous n ’avons le tem ps d’entreprendre. L e jo u r­\nnalisme, cette autre lèpre et cet autre cabotinage p ar ses\n"}, {"page_pdf": 504, "texte": "     Théâtre et Musique.                                          457\n\n\norganes les plus autorisés et les plus coquelins, s’est n atu ­\nrellem ent, en grosse bête qu’il est, moqué de ce qu’il ne\npouvait com prendre et n ’a pas ra té cette riche occasion de\nse m ontrer le fin idiot qu’il est. A insi soit-il et in omnia\nsœ cula sœculorum !\n  Bruxelles. Novembre, 88.                              P. M. O.\n\n\n\n\n                          R IC H IL D E .\n                                                   B ru xelles.\n\n\n    I l y a à dire beaucoup en bien m a's aussi beaucoup en mal\nau sujet de R ichilde , l’œ uvre de M. E. M athieu que v ien t de\nm onter le th éâtre de la Monnaie. M. M athieu av ait donné de\ngrandes espérances, d’abord par Georges D a n d in , qui mé­\nr ita it m ieux qu’un succès relatif, m ais surtout p ar le H oyoux\net F réyhir, ses deux derniers poèmes pour chant et orchestre.\nP arm i les grandes qualités qui distinguaient ces œ uvres, la\nprem ière était l ’évidente volonté de so rtir du banal qui se\npercevait dans le consciencieux trav ail de l’orchestration.\nL ’œ uvre nouvelle de M. M athieu a rem porté un très grand\nsuccès ; des acclam ations ont salué la chute du rideau après\nchaque acte, et ont appelé le com positeur sur la scène. Mais\ns’ensuit-il que Richilde soit à la hauteur des espérances d’ art\nqui entouraient le nom de M. M athieu ?\n    Sur un sujet quelque peu m élo-dram atique qui a servi au\ncom positeur à écrire un lib retto genre ancien, quoique\nl’on puisse louer la disparition d’une bonne p artie des imbécil­\nlités d’autrefois, telles que la série interm inable des duos, des\ntrios, quatuors, etc.. — M. M athieu a très sincèrem ent tra ­\nvaillé une partitio n touffue, compacte, souvent très m éritoire,\n                                                            29\n"}, {"page_pdf": 505, "texte": "458                                           L a W allonie.\n\n\n\nsouvent aussi très bien orchestrée, m ais dont le défaut capital\nau point de vue de l ’esthétique d’une œ uvre dram atique est\nd’être une suite de tableaux détachés, qui, s’ils sont très\nbeaux, peut-être, pris isolément, ne sont pas, m usicalem ent,\nl’enchaînem ent d’une œuvre. Car les quelques thèm es assez\nindécisém ent développés qui accom pagnent p lutôt qu’ils ne\ncaractérisent les personnages, ne suffisent pas au trav ail de\nsynthèse m usicale qui commente les dram es lyriques de\nW agner.\n   Qu’on ne me reproche pas de ju g e r à un point de vue\nexclusif, il serait, certes, suprêm em ent insupportable que les\nmusiciens désorm ais se crussent obligés de plagier W agner,\nmais il est certains de ses principes qui s’im posent depuis le\nm om ent de leu r révélation, ta n t ils sont le simple énoncé de\nlois inéluctables en musique dram atique, et les musiciens\nqui les m éconnaissent s ’exposent à voir disparaître leurs\nœuvres, m algré de très réelles qualités, comme un architecte\nqui au rait construit un édifice sans ten ir un compte suffisant\ndes lois d’équilibre qui régissent la stabilité des corps.\n   I l y a dans Richilde de ces lacunes graves qui la condamnent,\nm algré tout, à n ’être qu’une très intéressante œ uvre de\nform ation. D ans la hiérarchie des œ uvres de M athieu, elle\nvient probablem ent très bien à sa place, elle n ’est pas infé­\nrieure à F reyhir (si l’on tie n t compte de la différence du\n drame et du poème musical), m ais celle-ci nous avait fait\nsupposer que la prem ière grande œ uvre dram atique de ce\ncom positeur au rait plus de perfection et plus de valeur\nabsolue.\n  Richilde est une œ uvre dram atique extérieure ; la musique\nne se contente pas d’être un simple accom pagnement harm o­\nnique, c’est vrai, m ais elle ne pénètre pas la chair ni l’esprit\n"}, {"page_pdf": 506, "texte": "       Théâtre et Musique.                                   459\n\n\ndes personnages; elle les indique sim plem ent p a r ses qualités\ndécoratives; de plus, j ’ai déjà d it le m anque de cohésion et\nd’unité de la partition, mais ici que l’on ne croie pas à une\njuxtaposition d’airs; il y a une réelle union entre la m usique\net l 'action momentanée, m ais il n ’y a pas de relation générale\ndans le dram e; les scènes apparaissent comme des fragm ents\nsymphoniques , faiblem ent enchaînés p ar les quelques motifs-\nthèm es esquissés mais nullem ent approfondis. Ce qui m anque\n donc à Richilde c’est la profonde et sincère p én étratio n\npsychologique qui fa it d’une œ uvre d’a rt m ieux qu’un dessin\n ou un tissu musical, qui les rend vivant es en leu r donnant une\nâme.\n   Il faut hautem ent critiquer les ficelles que M. M athieu n ’a\npas to u t à fait proscrites ; te l le coup de gosier prolongé en\npoint d’orgue qu’il perm et trop souvent à ses chanteurs; un\nensemble seuglophone qui term ine bruyam m ent le 1er acte, —\nle moins bon de la partition, l’abus des cuivres qui, s’ils\ndonnent la vigueur et l ’énergie aux passages de force, doivent\nêtre employés, pourtant, avec m énagem ent, faute de quoi ils\nperdent la qualité caractéristique de leur apparition. — Le\nb allet est [un des plus déplorables restes de l’ancien opéra,\nlaissé dans R ichilde , et nous avons peine à com prendre que\nM. M athieu ait voulu interrom pre son dram e p ar ce vieux et\nbête rossignol du divertissem ent ; il en a été puni p ar la fa i­\nblesse de l ’inspiration de ses airs de danse.\n   Donc, en résumé, R ichilde est une œ uvre de form ation ; le\ncom positeur n ’a encore saisi qu’une p artie des nécessités\n exactes du dram e lyrique, ou si l’on veut de l’opéra rénové.\nSon œ uvre m arque de la conscience, a de réelles qualités,\nm érite des félicitations aussi bien que des critiques; elle\n nous fa it espérer que M. M athieu produira prochainem ent\n"}, {"page_pdf": 507, "texte": " 460                                           L a W allonie.\n\n\n\nune œ uvre qui sera, elle, définitive et com plètem ent débar­\nrassée des tares que nous déplorons de retrouver cette fois.\n   L ’interprétation, l’orchestre, les costumes, les décors, to u t\nest excellent. I l fau t tire r hors p air     Caron qui a créé\nle personnage de R ichilde et a rendu ce caractère complexe,\n— trop peu fouillé p a r le m usicien — avec une puissance et\nun réalism e tragiques. C’est décidém ent une incom parable\nartiste.\n                                      L u d w ig G H EL D R E.\n\n\n\n\n                    M USIQ U E A L IÈ G E .\n\n   Cette fois, force m e sera de me borner. Mais il fau t dire la\njoyeuse surprise que nous réserv ait M. Dupuis, p a r sa direc­\ntion ferme, nerveuse, artiste. Avec un orchestre moins nom­\nbreux que celui de M. Radoux, et privé des excellents\nmusiciens qui, au conservatoire, occupent les prem iers\npupitres, M. Sylvain D upuis a réalisé en peu de tem ps des\nprojets qui nous paraissaient chimériques.\n   Ce n ’est plus, comme sous le bâton de M. Radoux, cette\nmollesse adipeuse des instrum ents à la débandade, puis ces\nbrusques flons-flons de cuivre qui ressem blaient à des colères\nd’hydropique ; aux nouveaux concerts on peut écouter de la\nmusique, j ’entends un ensemble homogène, en m asse non\nrompue, les m ouvements observés, chaque instrum ent à sa\nplace, et la ligne de l’œ uvre en pleine lumière. — J ’ai\ncritiqué jadis, en M. Sylvain D upuis, le com positeur; je\nsuis heureux, d’au tan t plus, de rendre pleine justice au chef\nd’orchestre.\n  M. Sylvain D upuis prouve encore son goût éclairé par le\nchoix des œ uvres qu’il interprète.\n"}, {"page_pdf": 508, "texte": "      Théâtre et Musique.                                      461\n\n\n    A v rai dire, tout n ’est pas encore parfait, m ais exiger plus\n é tait impossible. J e ne m ’am userai donc pas à blâm er la\nmonotonie des sons à la prem ière partie de la symphonie de\nBeethoven, — d’au tan t plus que la suite a été rem arquable ;—\nun seul regret pour la H uldigungs-M arsch de W agner, exécutée\nobscurément, avec trop de b ruits confus. Mais la Siegfried\nId ylle a été dite suavem ent, dans sa fluide atm osphère de\nrêve vers l’avenir. On le sentait, M. Sylvain D upuis y avait\ndonné tous ses soins aux répétitions.\n    A ce même concert, un virtuose, M. Scharw enka, dont le\nta len t très réel a été un peu je té dans l’oubli p ar H ans de\nBulow et Paderew sky, venus ensuite, M. Scharw enka détail­\nla it un concerto de sa composition, qui ne m anque assurém ent\npas de valeur et qui est bien de la musique, sans p o u rtan t\nsortir des formes néo-romantiques.\n    H ans de Bulow, lui, avait mis sa m aîtrise au service de\nBeethoven. U n léger étonnem ent d’abord : l’interp rétatio n du\ngrand pianiste, pour adm irablem ent scrupuleuse qu’elle soit,\nm ’a paru, dans la prem ière sonate jouée, un peu moins rigide\nque je ne m ’y attendais. Mais encore cette réflexion me p araît\nmême puérile, si je me rappelle l’incom parable jouissance\nd’a rt qui, ce soir, m’a ému. I l sied ici de ne pas s’appesantir,\net de songer seulem ent à ces courtes heures dont les mots\ndéflorent le souvenir.\n                                   *\n                                 * *\n\n   T out autre, Paderew sky. Fougueux, en dehors, exagéré,\nennemi des transitions, rom antique; m aître de son instrum ent\nqu’il m artèle de ses doigts ou qu’il effleure de grêles thèm es,\nsachant faire p arle r toutes les voix du clavier, il éblouit\nl’auditeur en l ’enveloppant d’un resplendissant nuage d’h a r­\nmonie. — Mais il ne donne pas, comme de Bulow, une pro­\nfonde in terprétation des œuvres :\n"}, {"page_pdf": 509, "texte": "462                                            La W allonie.\n\n\n\n  Ce sont des futées de tra its, des splendeurs de sons qui\npleurent, largem ent, des tonnerres d’accords, les notes pêle-\nmêle en bataille, et puissam m ent les basses qui ton n en t;\n  puis d’inouis m urm ures de sourdines, et dans le h au t des\nmotifs qui se lutinent, lu tte n t de suavité, futiles de m usiques\nmutines, aux cordes caressées qui s’éclairent de sourires.\n\n P aderew sky étonne et captive; musicalem ent H ans de\nBulow commande le respect.\n                              *\n                           ■Y. .V.\n\n\n   Après de tels souvenirs et lorsqu’on a parlé de H ans de\nBulow, le concert des P rix au conservatoire, p a ra ît ridicule.\nL a Conjuration des F leu rs, de M. B ourgault D ucoudray, fait\nsonger à de la crème à la vanille gâtée,— ou les grâces m inau    ­\ndières de Mlle Joseph P ru d ’homme. L es chœ urs se m oquaient\nd’eux-mêmes, et Mlle B astin, soliste, n ’a pu m ontrer qu’une\nbonne volonté mal servie par sa technique presque nulle.\n— P uis un habile violoniste, M. H arzé, et un chanteur très\nfin, à la voix assouplie, fort apprécié : M. Demest.\n                                   *\n                                 *\n   Q uant à l’orchestre, il s’est démené à l’aveuglette, lourde­\nm ent, à travers cette forêt : l’ouverture des M aîtres chanteurs.\nTout le m onde s’y est égaré.\n   Mais m algré le program m e, nous hésitons à croire que ce\nsoit, cela, l’ouverture des M aîtres chanteurs. Nous dem andons\nde la musique de R ichard Wagner, et non de J . Théod.\n Wagner. Ju sq u ’à présent, le Conservatoire n ’a p as voulu.\n                                   *\n                                 * *\n   Quelques m ots encore de la cantatrice-étoile Mme M elba,\nnous présentée il y a quelques jours. Mme Melba jo u it d’une\nvoix adorable, au tim bre de cristal et d ’or, lim pide, capti­\n"}, {"page_pdf": 510, "texte": "        Théâtre et M usique.                                                            463\n\n\nvante. L orsqu’elle saura la m anier, et qu’elle au ra appris la\nmusique, Mme M elba sera une ch anteuse de valeur.\n   A ce même concert, M. Clayes, le baryton fêté des Liégeois\nSes notes chaudes, la force do ses poumons, l’ont fait applau­\ndir; en outre, M. Clayes connaît l’a rt du chant. Mais il est\nreg rettab le qu’il chante des b ras et des épaules a u ta n t que du\ngosier; aussi, qu’il choisisse de pareille musique.\n   L ’orchestre de M. D upuis jo u ait des choses connues; la\nHuldigungsmarsch plus clairem ent qu’aux N ouveaux con­\ncerts ; le reste égalem ent bien.\n                                  *\n                                * *\n   Enfin, la 1re audition du Conservatoire nous a m ontré un\nexcellent corniste et un pianiste consciencieux, un peu sec; un\nvioloniste, M. Bourdoux, bon musicien mais qui tire de ses\ncordes un son un peu frêle; un a u tre violoniste, M. Charlier,\nqui prom et un virtuose. P uis toute une classe de v iolonistes\n“ présentés en liberté „ comme l’année dernière. L a classe\né tait bonne (celle de M. Dossin), elle a bien joué de belle\nmusique (1), m ais de grâce qu’on n ’acclim ate point chez nous\nces m œ urs m usicales bizarres et illogiques.\n                                                                 L. HEMMA.\n\n    ( 1) E x c e p tio n p o u r la p a ra p h ra se de W a g n e r; la m u sique du m a ître\nn ’e st pas faite p o u r cela, e t l’a llie r à d es e x h ib itio n s de ce g e n re e st\npénible.\n"}, {"page_pdf": 511, "texte": "            CH RO NIQU E L I T T É R A I R E .\n\n\n                                L E T O U R B IE R (1).\n\n   U n rom an de m œ urs picardes, annonce l ’au teu r; et tel est\nbien son livre: de simple et nue observation, parfois ponctuée\nd’une réflexion, parfois enveloppée dans une action ru d i­\nm entaire, toute de simplesse paysanne, elle aussi, — presque\ntrop — ; et, parm i des échappées descriptives où M. D u­\nvauchel se révèle p lu tô t poète, quelques pages d’analyse\nju ste m ais facile, et, pour finir, une très sincère étude de la\nnostalgie.\n   Cet exposé sommaire laisse deviner déjà quels sont les\ndéfauts, quelles les qualités du Tourbier.\n   Tout d’abord un très apparent m anque d’unité. Les\nchapitres sem blent danser la ronde à l ’aventure, comme en\ngoguette les petites m aisons des ham eaux qui escaladent les\ncollines. Mais, si l’on rem arque la sim ilitude de ton de tous\nces chapitres, l ’unité du livre p etit à p etit se recompose dans\nla mémoire, et telle qu’une “ fagne „ un peu triste, morne\nm ais qui se consolerait, ap p araît le Tourbier, placidem ent\nnoir, qui de son âcre chair n o u rrit des tribus d’hommes.\n   Ce titre , le Tourbier, sauve la force du livre en expliquant\nles pourquoi. C’est bien au T ourbier et du Tourbier que to u t\nvient et va ; dans l’œ uvre de M. Léon D uvauchel on le sent,\nce Tourbier, la rude mammelle dont le la it noir et âpre s’est\n\n  ( 1) P a r Léon D u v a u ch e l; P a ris , S av in o ; fr. 3 ,8 0 .\n"}, {"page_pdf": 512, "texte": "       Chronique Littéraire.                                                     465\n\n\n fait m aternel pour les cam pagnards de Picardie, ru stres\n m ineurs en leurs m arais. C ependant ce n ’est pas encore la\n grosse synthèse, si puissante m assivem ent, d’Em ile Zola, ou\n ce demi-symbolisme farouche et biblique de Camille L e-\n m onnier (1). L e tourbier m anque d’énergie, sinon de vérité.\n A ussi M. Léon Duvauchel n ’est-il pessimiste. Il voit et il\n raconte, nouant négligem m ent les frondaisons de ses notes\n de m œurs, au tu te u r un peu grêle d’une action te lle quelle.\n Ces notes sont assurém ent la partie du livre qui nous a\n intéressé le plus. L es mœurs picardes sont proches parentes\n des m œ urs wallonnes, et te l chapitre pourrait se vivre en\n Condroz ou en Ardennes. Il y a, par exemple, la suite des\n têtes et fêtes de P ic ards, curieuse de coutumes là s’ag itan t\ntoutes vives, et des bouts de chansons éparsem és en bribes de\njoie populaire.\n    T out cela, la forme de M. Duvauchel le présente assez\nartistem ent, un peu lâchée parfois, mais avec de savoureuses\nparticularités d’écriture.\n    J e n ’aime guère, en général, les énormes descriptions,\ntoutes d’extérieur, des n aturalistes ; souvent elles appa­\nraissent brillantes m ais superflues. L a p lu p a rt des tableaux\nde M. D uvauchel se lient au sujet, si le b u t du livre est bien\nla chanson de la te rre picarde. C’est aussi que l’au teu r n ’est\nqu’à dem i naturaliste, plus vraim ent naturiste , je crois, et\ncomme un disciple im m édiat de Camille L em onnier et de\nLéon Cladel. I l s’écarte encore des naturalistes p a r des\nanalyses de la pensée, un peu superficielles et de hasard,\nm ais qui sont appréciées. L a m eilleure, certes, et captivante\n\n\n  ( 1) Je p a rle du Cam ille L e m o n n ie r, de la G lèbe, la Genèse, le Doig t d e\nD ieu, (le M âle m êm e), e t le Mort, qui e st b ie n le plu s b eau.\n"}, {"page_pdf": 513, "texte": "466                                                           La Wallonie.\n\n\n\nsans ces restrictions, est la vie triste du paysan exilé de ses\nchamps, à la caserne, la nostalgie grandissante qui l’accable,\net, loin des habitudes aimées, sa mort.\n   I l faut reg retter des im perfections, et comme une hâte de\ntravail, dans les 300 pages de M. D uvauchel; aussi les titre s\ndes chapitres, qui gênent, et le “ sujet „, lourd et presque\nde trop ici, si l’auteur ne voulait plus com plètem ent le\ndévelopper.\n   Mais, pour les pages d’analyse, pour la sincère et nette\nrecomposition de l’existence des laborieux picards, pour les\nvifs croquis de coins d’auberge et de personnages rustiques,\npour la silhouette d’un grand berger, to u t vieillard, large\npenseur en des régions étroites, et biblique sur sa m ontagne ;\npour les p o rtraits d’un couple bourgeois encyclopédiquement\nfureteur, et d’un m énage am bulant, toujours en promenades\nm ercantiles; pour cela, pour des recherches de form e et\nparfois des échappées de jeune poésie cham pêtre, le livre de\nM. Duvauchel est à lire.\n                                         A l b e r t MOCKEL.\n\n\n\n\n              R E C U E IL D E N O ËLS W ALLONS\n\n\n\n  (                 par A u g u s t e D o u t r e p o n t .\n\n                E la Revue des Patois gallo-rom ans , p ubliée p a r J . Gilliéron\n   x t r a i t de\n                  e t l’abbé R o u sse lo t. N eu fch atel, 1888.)\n\n   D ans ce recueil, les Noëls w allons sont à peu près com­\nplets, accom pagnés de variantes, notés, trad u its en français\net précédés d’une préface judicieuse.\n   L e Choix de Chansons et Poésies wallonnes , publié en 1844,\npar B. et D., en contient huit. M. D outrepont en donne\n"}, {"page_pdf": 514, "texte": "     Chronique Littéraire.                                        467\n\n\nquinze. Des sept nouveaux, quatre (.V , VI I I , I X et x) viennent\nd’un m anuscrit de la curieuse bibliothèque Capitaine,\ncommuniqué p ar M. Jos. Defrecheux.\n   L a p arenté de tous ces chants éclate. N eveux des Noëls\nprovençaux, cousins des allem ands, ils sont entre eux frères\net sœurs. Chacun a sa physionom ie, bien que plusieurs soient\nim ités — parfois bien faiblem ent.\n   J e les étudierai un jo u r avec le soin qu’ils m éritent. L a\npalm e reste au deuxième (H aïe djans! corans-y tô t dansant)\net au quatrièm e (Doux Diew, so-djé èw areie!). L e deuxième,\nle plus typique et, avec le prem ier, le plus connu, l’em porte\nsu rtout p a r le mouvement, car la fin en semble altérée. Au\nsecond ran g se placent le troisièm e et le sixième qui est déjà\ndéformé , m ais où vibrent encore de beaux tra its :\n\n                      L eyans c h a l no s b erb is ;\n                      Les antlge tc h a n te l,\n                      Li leup 1’ z ô re t,\n                      In ’ w e z re t m aie vini !\n\n  E t cette adm irable strophe finale :\n\n                      A w et, n o ss’ binam é,\n                      Nos vz aim an s d ’ t ot ’ no s fw esse !\n                      Oh ! si n o 1’ poli fé,\n                      Nos f’ frit b in pu d ’ c a re s s e !\n                      M in nos n ’e sta n s\n                      Qu’ to p a y sa n s ;\n                      Ayî p itié d ’ noz ô te !\n                      P rin d ez n o ss’ c o u r\n                      E t n o ss’ am o u r,\n                      Nos n ’a yan s pu rin d’ô te !\n\n  L ’âm e populaire révèle parfois inconsciem m ent de ces\naccents dont s’enorgueillirait un écrivain de génie. On connaît\nles rom anceros espagnols.\n"}, {"page_pdf": 515, "texte": "468                                                             La Wallonie.\n\n\n\n  Aucun des nouveaux Noëls publiés p a r M. D outrepont ne\ndétrône les anciens. A ucun ne renferm e des strophes compa­\nrables, par exemple, aux cinq dernières du quatrièm e, à la\ndernière su rto u t, d’un sentim ent si sim plem ent profond, e t si\nsuave dans l’euphonie de cette langue aim ante qui v a candi­\ndem ent au cœur, loin de l’odieuse sentim entalité :\n              A diet, s a u v e u r di mi â m e , mi binam é,\n              Ki dji v’ b âhe co o n pau d’v a n t d’é n n ’ a llé!\n              A d iet, a m o u r d ’è fa n t, ô ad ie t don !\n              Dji v ’ d im a n d ’ dé profon di m ’ co u r p ard o n ;\n              R oùvi to i çou q u ’ dja fait d iv in m ’ d jô n esse ;\n              Dji s è r e t pu s û te ie d iv in m ’ vîesse.\n\n  Mais les nouveaux ont m aints passages heureux, tel ce vers\nrav issan t de naïveté m alicieuse :\n                 Li bon Diu q u ’e st si vi, p o u t-i divni è fa n t?\n\nobjectent les paysans à l ’ange qui leur annonce la n ativ ité\ndans un français atroce. Les chants panachés de français, le\nquatrièm e excepté, sont p a rm i les moins savoureux. L e scepti­\ncisme les refroidit, sans les rendre inexpressifs p o u rtan t, car\nleur scepticism e est ingénu et non ironique. A insi les plus\nfaibles ont encore des couplets comme celui-ci :\n                   Dji n 's é s ’i n ’ s o n t n in p rie sse :\n                   Ils o n t des c o u ro n n ’ so leu tie sse ,\n                   Dji n ’sé s’i n ’so n t n in m a rié :\n                   Il o n t des feinm ’ à leu c o sté ,\n\ndisent les gens du peuple à la vue des rois mages. D ans le\nplus faible de tous, seul, le X II I e, perce une nuance satirique :\n                   Q w and c’e st q u ’les doze h e u re o n t so n n é,\n                   N ot’ D am ’ s in m à s ’a d é liv ré ,\n                   J lira k d 'e l’ p ro v id in ce !\n                   S a in t D jôzèf fo u ri è w aré\n                   Baicôp pu fw e rt q u ’on n ’p in se .\n"}, {"page_pdf": 516, "texte": "    Chronique Littéraire.                                                 469\n\n\n  Il faut citer deux couplets d’un te rro ir accompli, qui\nrappellent comme qualité de délicatesse comique les paroles\nde la V ierge p erm ettan t aux femmes d’em brasser l’enfant :\n                    Dji vz’ e l' p e rm e tt' to u r h to u r,\n                    Min qui s ’ seu ïe tô t bai d o u c’m in,\n                    Q u’on n ’el b o udje n in dju dè fo u r\n                    Afin q u ’on n ’el kiboye n in !\n  L es voici :\n                    M areie e t D jôzèf tô t p lo ra n t\n                    C orîst èvoïe avou l'èfan t\n                    L 'an d g e G abriel qui les m inéve\n                    l!in sovin les y d héve :\n                    I)ja n , m es a m is, q u ’on n ’p le u r’ pu !\n                    A llons à l’vvàd’ dè bon Diu !\n\n                    Li voyèdge d u ra b in des djou :\n                    H eu reu z’m in q u ’ l’à g n e e ste u -s t avou\n                    I p w ë rté v ’ l’è fa n t e t M areie;\n                    I n ’e ste u ja m a ïe n àh eie\n                    P o rta n t I’ bâ d e t n ’ sav e u t nin\n                    Çou qui p w e rté v ’ so sès rln .\n\n   Des sept Noëls nouveaux sont absentes les vraies effusions.\nJ ’y relève seulem ent :\n                       O d o u lo u re u x p’tit c o u r !\n                       Q u’e sté v ’ m â fo u rn i !\n                       Bon D iu, si fà qui m o u r,\n                       F é qui dji m o u r ossi !\n  Et :\n           Leyans çial no s m o u to n , no g a tte e t noz o g n ai\n           Bin qui n ’aïe del n iv aïe, no tro u v ra n s b in l'pazai.\n                Dji s in m ’e o u r qui trèfel di djoïe\n                         Di veie ci b inam é\n                Q w and no v è ra n s, s'il e st èvoïe,\n                         Dji m o û rre t à ploré.\n\n  M. D outrepont dédie son trav a il à son    \" cher m aître,\nM. M aurice W ilm otte „ L e jeune et savant professeur l ’a\n"}, {"page_pdf": 517, "texte": "470                                             L a Wallonie.\n\n\n\ninitié aux recherches philologiques et aux règles graphiques\ndes patois gallo-romains, que je n ’ai pu suivre ici. Cet excel­\nlen t trav ail renferm e quelques légères erreurs. — U n e polalle\n(page 8) est une niche, non un porte-allum ettes (brocalï) ; les\nbrocalles étaient de longues allum ettes soufrées qui sont\ntombées en désuétude depuis trois ou quatre lustres. — L e\nm ustai (p 12) est le devant de la jam be opposé au m ollet, le\ntibia. — Une tchèfe (p 22) est un panier à pigeons, non une\ncage. — A nnoy (p. 28), c’est : ennuyer. — M ’kateye (p. 38),\nc’est : me chatouille, et bradeye : remue, s’ém eut. E waré\n(p. 47), c’est étonné, non effrayé — Lwègnreie (p. 48) signifie,\nplutôt bêtises, inepties, que bagatelles.\n   L es airs de G rétry, L i Voyètche cli Tchaufontaine, L i\nLidgw et ègadgi même, provoquent surtout des visions lié­\ngeoises. Mais si l’o n veut connaître le capiteux et révélateur\nparfum de la vieille W allonie, c’est L i F iesse di H oute-si-Ploû,\nL i B a ta ïe di Dam m artin, L i Salazâr lidgwet, Matin l’ Ohai,\net surtout le groupe des Noëls, qu’il faut respirer. Ils sont\ncom parables à ces fines et fortes épices qui allum ent soudain\ndans le cerveau la nostalgie enivrante des lointains pays\nensoleillés.\n                                      CÉLESTIN DEMBLON.\n"}, {"page_pdf": 518, "texte": "             PETITE          CHRO NIQUE.\n\n   V iennent de p araître chez E. Deman, à Bruxelles, LES\nD é b â c l e s par Em ile V erhaeren, deuxième volume de la\ntrilogie commencée par Les Soirs et que les Flam beaux noirs\ncloront. — A bien tô t l’analyse.\n                                 ***\n    E m pruntons à Caprice-Revue ces notes m usicales de\nM arcel P.\n    L a reprise des séances Servais s’est faite dim anche dans\nl’excellente salle de l’A lham bra, devant un nom breux et\na tte n tif public. L ’orchestre de F ranz Servais s’est encore\nam élioré. On sent chez tous ces jeunes musiciens et su rto u t\nchez le chef une conviction réelle, une expansion vraie; ni\nparesse, ni scepticisme.\n    L a symphonie de Beethoven a été enlevée adm irablem ent\nsous une direction qui rappelait celle de Heinecke. P uis exécu­\ntion soignée et lucide du prélude et du finale de Tristan ; de\nl’ouverture de Tannhauser , des Préludes de L iszt (et non pas\nL istz ) et de la M alédiction du chanteur de Von Bulow.\n    D ans de prochaines séances viendront la M aterna et la\nM alten, les incom parables interprètes de W agner.\n\n  L a m aison Muraille —· et son très artiste rep résen tan t\nH enry Dabin, — publiera cet hiver les Scènes hindoues\nd’E rasm e R aw ay, partitions d’orchestre et réduction pour le\npiano à quatre m ains. Il faut applaudir à l’initiativ e in telli­\ngente et amie de H en ry D abin ; on atten d ait les Scènes\nhindoues depuis des années. Il faut espérer que nous aurons\naussi, et bientôt, la Symphonie libre de R aw ay, n ’est-ce pas ?\nCette sym phonie est un adm irable m onum ent élevé à la\nm usique; et si de trop rares auditions ont a ttiré déjà sur elle\n"}, {"page_pdf": 519, "texte": "472                                                       L a W allonie.\n\n\n\nl’attention de notre m onde artiste, ta n t d’esthètes l’ignorent\nencore ! I l faut qu’elle soit connue lorsque sera joué ce dram e\nlyrique, F reya, auquel le m aître travaille en ce moment, et\nqui, p ar les quelques fragm ents entendus, s’annonce comme\nune œ uvre de superbe grandeur.\n                                   *\n                                 * *\n   L ’éditeur E . D em an m et dès à p résent en souscription les\nDébâcles d’Em ile V erhaeren et le traité du Verbe de René\nGhil.\n   Débâcles : tirage à 100 exem plaires; 5 sur Japon, à 50 fr.\n(souscrits) ; 45 sur H ollande, avec frontispice d’Odilon Redon,\n12 fr. ; 50 sur H ollande, sans frontispice, 8 fr.\n   Traité du Verbe : tirage à 110 exem plaires, avec po rtrait.\n10 exem plaires sur Japon, 8 fr. ; 100 sur vergé anglais teinté,\n3 fr.\n                                  *\n                                 * *\n   B ientôt aussi les Scènes de B a l , d’A lbert Saint-Paul, seront\nmises en souscription chez le même éditeur. L es conditions\nseront indiquées ultérieurem ent.\n                                      ***\n   Caprice-Revue publiera sous peu les portraits de Stéphane\nM allarm é et de R ené Ghil, tous deux suivis d’une étude\np ar A lbert Mockel.\n\n   C ette livraison, la dernière de l’année, porte le n° 11. C’est\np a r erreu r; la livraison de ju in-juillet était double, et n ’a\nporté qu’un n° simple. — De plus, on rem aquera que le n ° de\n104 pages de ja n v ier dernier, form ait un supplém ent im por­\nta n t offert gracieusem ent à nos abonnés. C ette année, une\nlivraison double leur sera envoyée de même en janvier.\n   E R R A T A . D a n s le n° 8, p a g e 350, à l ’é p ig ra p h e , lir e calices\nd e ro se s, e t n o n cahiers.\n  D ernier n °, page 409, vers G, lire notre voix d’ amants p o itri­\nnaires, et non votre voix d’am ant poitrinaire.\n"}, {"page_pdf": 520, "texte": "                               TABLE                  DES               M ATIÈRES\n\n                                          P o u r l’année 1888.\n\n               C h a r l e s - E u d e s B O N IN .                               C É LE S T IN   DEMBLON.\n\n      V ers :                                                       Evocation des v ieu x Liège,                     2 18.\n  S o ir ,                                               24.\n  Les H éros,                                           235.           C h ronique litté ra ir e :\n                                                                    Impressions et Sensations, p a r A r­\n                    Paul       BOUR GET.                               nold Goff i n ,                               323.\n                                                                    Contes pour l'A im é e , p a r M aurice\n  \"Ve r s   é c r its   su r   un    e x em p laire de                 Siville,                                      397.\n      « M ensonges. »                                        3.    Noêls W allons, p a r Aug. D o u trep o n t. 106.\n\n                                D.                                               E ugène      DEMOLDER.\n\n C h ro n iq u e m u sicale :                                      Les C arillo n s,                                414.\n G io co n d a,                                          76 .\n                                                                                  J u le s   DESTBÉE.\n              A c h ill e      DELABOCHE.\n                                                                          Q u elq ues    œ u v r e e s d ’a r t :\n E p i p h a n i e (vers) :                                        C a ssel,                                        108.\n P a s tourelle-Kerm esse,                             60.         La Haye ,                                        111.\nles Illusions p erdues,                               489.         Am sterdam ,                                     143.\nE p ith alam e,                                       270 .        Marken,                                          148.\nS o n n ets sym phoniques,                            321.                       A uguste         DONNAY.\n T ris ta n e t Ise u lt,                             378.\n                                                                   de la P e in tu re — Salon liégeois ;\n C hro n iq u e litté ra ir e :                                      e x p o sitio n de W itte-M ignon.  232.\n le Bonheur, p a r S ully Pru d h o m m e, 20 9 .\n                                           288.                                    L éon DONNAY.\n       C h a r l e s D ELCH EV ALEBIE\n                                                                  Duel,                                             310.\n    P ro ses :                                                                   A rthur          DUPONT.\nS p le e n ,                                          12 1 .         V e r s :\n\nS o u v e n ir d ’a n ta n ,                          122.        Souffrance d 'id éa l,                            286.\nl’A bîme,                                             206         les F eux -fo lle ts ,                            287.\n                                                                  l ’e x il des Poètes,                             360.\n    C h ro n iq u e litté ra ire :                                les Marbres,                                      361.\nH isto tes estudian tines , p a r G eorges\n   R osm el,                                          1 6 9.                     George G A R N I R .\n\n\n                 J ean      DELVILLE.                             V ieilles C loches (p ro se)                      135.\n\n   S onnets :                                                       V er s :\n\nTe D eum ,                                            417.        Requiem ,                                         37 .\nS o ir pa thétique,                                   417.        la F in ,                                         38.\n"}, {"page_pdf": 521, "texte": "474                                                                               L a W allonie.\n\n\n\nG loire d'A m our,                          20 8 .                    George       K ELLER.\nl ’ Im pénétrable,                          242.         Vers :\nle Châtim ent des Poètes,                   244.       Veillée de Lun e,                        16 1.\n                                                      les Résignés,                                 205.\n                L udwig GHELDRE.                      pour Regrets ,                                354.\n                                                         P ro se :\n     C h r o n iq u e d e s A r t s :                 Evocations,                                    317.\nà B r u x e lle s,                           78.      Evocations,                                    352.\nThéâtres e t Concerts à B r u x e lle s , 1 2 9.      dans le Rêve,                                  410.\nRi ch ilde, o p é ra d ’E m ile M atthieu. 4 5 7 .\n                                                                       H ubert     KRAINS.\n                        R ené GHIL.\n     Vers :                                           le J o u e u r d’O rg u e, c ro q u is,        386.\ne xtra it du M eilleur D ev enir,           117.\nRondeau,                                    183.                   C a m il l e   LEMONNIER.\nautre A ir pastoral,                        246.\nM er m ontante,                             384.      En A llem agne :\nTrain de soir,                              441.      Introduction,                                       4.\n\n     C hronique litté ra ire :                                                ALB. M.\nLes S o irs, p a r E m ile V erh aercn ,       85.\nM ém orandum ,                                 9 1.      C h ro n iq u e litté ra ire :\n                                                      le M isse l, p a r R aoul P a s c a lis ,\n                 E dm ond     H ANTON.                   E la in e , p ar E ddy L évis,         97.\n                                                      les Peintres de la Vie, p a r Cam ille\nle b on G rain,                             285.         L e m o n n ie r,                           199.\n                                                      la Sym phonie L ib re ,                        233.\n                        L. HEMMA.                     Ecrits pour l ’A r t,                          300.\n                                                      Cour d ’O gnon,                                304.\n   C hro n iq u e m u sicale :                        Chronique m usicale,                           427.\nA uditio n s; au c o n se rv a to ire ; Cé­\n   s a r F ra n c k ,                       191                        E rn est    MAHAIM.\nh V e rv ie rs, à A ix-la-C hapelle,        195.\nM usique à Lièg e .                         460.      d e m on C arn et,                                34\n                                                                                                         4 ..\n\n\n\n                                           ­\n  C h ro n iq u e litté ra ir e :                         C h ronique litté ra ir e :\nen  A lle m a g n e , p a r C am ille Le              Q uillebœ uf, p a r Jam es V a n d ru n e n , 2 9 2 .\n  m o n n ie r,                          224.         A nthologie des prosateurs belges,\n\n                                                                                                    ­\ndu S ile n c e , p a r G eorges R oden-                  p a r C. L em o n n ier, E P ic a rd ,\n  b a ch ,                               226.            G eorges R o d en b ach , Em ile V er\nEpisodes, p a r H enri de R eg n ie r,   229.            h a e re n ,                           332.\n\n              A uguste      HENROTAY.                              S téph an e    MALLARMÉ.\n\ndu    L o in t a in ,                       419.      L e ttre ,                                        105.\n"}, {"page_pdf": 522, "texte": "            Table, des matières.                                                                           475\n\n\n               S tu art      M ER RILL.                   Suggestion ,                                     316.\n                                                          A u b e d e S p le en ,                          409.\n F e u ille ts d ’u n v ieu x c a h ie r,          12     Vision,                                          448.\n    l ’ u l t i m e T h u l é , v e rs :                                           P. M. O .\n- A p p e l,                                     141.\n- Vespérale,                                     142.         C h ro n iq u e litté r a ir e :\n  R ex,                                          264.     Forêts , p a r Jam es V a n d ru n e n ,          99 .\n  A rgonaute,                                    264.        C h ro n iq u e d es a rts :\n— B a llet,                                      265      Le salo n des XX,                                432.\n—le Rêne du Bouffon,                             309.     T h é â tre d e M ein in g en,                   435.\n  le P èlerin ,                                  3 8 1.\n-Monde,                                          389.                      P ie r r e    M.   OLIN.\n  V illa n elle ,                                390.\n                                                          M es    m é m o ir e s   (p ro se ):\n               Albert        M OCKEL.                     mon Mariage,                                      4 t.\n                                                          Lettre à une am ie,                               44.\n Soins m o u v a n t s , p ro se      sym pho­            D éclaration tardive,                             47.\n   n iq u e (frag m en ts)                                Sym bole pour cinq ou s ix ,                      49.\n Introduction,                                    62      le D oute,                                       473.\n F in a le,                                       67.     Lettre q u i ne fut ja m a is envoyée,           179.\n l ’A n tith èse (v ers)                         220.     Combien d o u lo u r e u x !...                  180.\n le R ut ,                                       27 3 .   les P récurseurs,                                257.\n le seul A m our ,                               347.     Suggestions ,                                    259.\n                                                          les d e u x Cim es,                              260.\n    C h ronique litté ra ire :\n N ote,                                         77.                       R aoul        PASCALIS.\n Cam ille L em o n n ier e t la Belgique, 94.                 Vers :\n le Lys, de F e rn a n d S e v e rin ,        -135.       Am es couchantes,                                256.\n\n                                             ­\n Hors du S iè cle , p a r A lbert G iraud, 162.           les B ien faits de la L u n e,                   415.\n A cœ ur perdu, p a r J o sé p h in P é                   P ro se s p sy ch iq u es,                       445.\n    la d a n ,                                 184.\n M adam e        Lupar,         p a r Camille                           H en r i    de    R ÉG N IER.\n    L em o n n ier,                           337.\n Flam m es m o rte s , p a r Gabriel                      S aty re (v e rs ),                              241.\n    M ourey,                                  340\n Jeanne Bukoff , com édie en deux                             C h ronique lilté ra ir e :\n    a ctes p a r F ritz E ll,                 372.        A ncaeus p a r F . V iélé G riffin,              294.\n Poèm es d’ Edgar A lla n P o e , tr a ­\n    d u its p a r S té p h a n e M allarm é, 4 3 3 .                  G eorges          RODENBACH.\n le Tourbier, ro m a n p a r Léon\n    D uvauchel                                464.        P aysages       sou ffran ts           (vers),    10.\n\n              G a b r ie l   M OUREY.                                    Georges         RO SM EL.\n    V ers :\n Icô n e,                                   315 .         H is t o ir e s e s t u d ia n t in e s :\n"}, {"page_pdf": 523, "texte": "476                                                                                          L a W allonie.\n\n\n\nMiss D isp u te,                                       53             C h arles         VAN LE R B E RGHE.\n                              S.\n                                                              l ' A nn oncia trice (v e rs),                             124.\nP ro tec tio n     d es       œ u v re s   de   la\n   P e n sée ,                                       467.                     M a r io       VARVARA\n                          E . S.\n                                                                  A lb u m   p a r is ie n     :\n  C h ro n iq u e m u sicale :                                v ie u x R ieu r ,                                       18.\nA l’E m u latio n ,                                   85.     Q uadrille,                                           2 12.\n                                                              Notes à P a ris ,                                      391.\n             A lbert      SAI NT-PAUL.                        au Ca fé de P a ris ,                                  394.\n\n   Vers :                                                         C hronique litté ra ir e :\nS c è n e s d e Ba l ( f r a g m e n t               125.     Un D ilem m e , p a r J . K. Hu y sm an s, -199.\nAm azones,                                           25 3 .\n0 S o le il!                                         350.                    E m il e    VERHAEREN.\n\n    Pro se:                                                       Ver s:\nA lbum P a risien .                                  44 3 .   Là -ba s; Légendes,                                         15\n                                                              les v ie u x Rois,                                          46.\n   C h ro n iq u e des a rts :                                Londres, .                                                 152.\nP u vis de Chavannes ,                                72.     Pensées du S o ir ,                                        251.\n                                                              les Vierges ,                                              345.\n              F ernand         SEVERIN.                       la G rille ,                                               346.\n                                                              A prem ent,                                                412.\n   Le Lys :\nEn fan ce,                                            3 1.                    A uguste             VI ER SET.\nLe Retour,                                            32.\n                                                                 Vers :\n               M a u r ic e    SIVILLE.                       Concert ,                                                  218.\n                                                              le Sem eur,                                                377.\nContes pour l ’A im ée :                                      M orte,                                                    362.\np o u r o u b lie r,                                 26 7 .                   Gasto n          VYTTALL.\n\n   C hro n iq u e litté ra ire :                              P o è m e s I r o n iq u e s ,       en p ro se (fra g ­\nla C om édie des Jouets p a r Cam ille                           m ents) :\n   L e m o n n ie r,                                  92.     IV,                                                         25.\nu ne Réparation p a r F ritz E ll,    138.                    V,                                                          26 .\nun Mâle, com édie en 4 a c te s p a r                         VI,                                                         28.\n   Cam ille L em o n n ier,                          297.     X,                                                         380.\n                                                              XV,                                                        383.\n              Hubert       STIER N ET.\n                                                                P etite c h ro n iq u e :\nV espérale,                                          356.     Pages 1 0 1 , 4 4 0 , 4 7 0 , 2 0 4 , 2 3 2 , 3 0 4 ,\nRem ord s.                                           450.       344, 376, 403, 438.\n"}, {"page_pdf": 524, "texte": "PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n                        H . ZE Y E N .\n\n                                    LIEGE\n            137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                                         .\n     S p é c ia lité d ’a g r a n d i s s e m e n t à la lu m i è r e é l e c triq u e .\n\n\n\n    FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                    P lace du T h é â tre , 11, Liége.\nP o r t e - c i g a r e s en é c u m e de m e r , a m b r e e t ra c in e de b r u y è r e .\n   — P iè c e s de c o m m a n d e , É c u s s o n s , In itia le s , P o r t r a i t s ,\n   e x é c u té s en ‘2 4 h e u r e s .\n\n                             RACCOMMODAGES.\n\n\n\n                  L E P A S SA N T\n                                G A ZETTE D ’A RT\n      P araissan t tous les samedis. D irecteur : F r i t z E L L .\n              B ureaux : R ue Courte du Jo u r, 1 9 , G AN D\n                            7 francs l ’an.\n\n\n               de Clicliy, P aris.        : 47 bis, avenue          Bureaux\n   : 6 francs l’a n         centimes ; abonnement               : 50     La livraison\n\n                            M E N SU E L L E          REVUE\n\nPOUR L'AR T                                                        ÉCRITS\n"}, {"page_pdf": 525, "texte": "   3 e ANNÉE,        No 11.\n\n                LA W ALLONIE\n  R E V U E M E N SU EL L E D E L IT T E R A T U R E E T D ’A RT\n\n                                               E r Ne s t MAHAIM,\n                                               A l b e r t MOOKEL,\n             C om ité de R é d a c tio n   P . M . O L IN\n                                           (   M a u r ic e   S IV IL L E .\n\n\nEnvoi              B ureaux : rue St-A dalbert, 8, Liége.\n           d’ u n numéro spécimen c o ntre 5 0 centimes\n                     en t i mbres-poste.\n      ABONNEMENT : 5 fr. p a r an. Union postale : 6 fr. 50.\n\n\n                                 SOMM AIRE :\nRené G h i l ...........................T rain de soir (vers).\nA lb e rt S a in t P a u l              . . A lbum parisien.\nG abriel Mourey.                    . . . Vision (vers).\nH u b e r t Stiernet.               . . . Rem ords, conte.\nP . M. O .................................. L e th é âtre de Meiningen.\nL u d w ig Gheldre                  . . . Richilde.\nL. H e m m a ...........................Musique.\n                             Chronique Littéraire :\n\nA lb e rt M o ek el . . . .        L e Tourbier.\nC é l e s t i n D e m b lo n . . . Noëls wallons.\n                                Petite Chronique.\n\n\n\n   Quelq\n       uesco\n           lectionsdeLApWALix\n                          r ONIE(d\n                                 1\n                                 88e0et1 88 7 )so\n                                                ntenveileau\nve\n nt\n  eALIÉG\n       E:Che\n           zM6M frG\n                . a\n                  nn\n                   ucés\n                    s .L\n                      ;\n                      Geoae;W\n                         r\n                         g  Daelu\n                             '\n                             H  ro\n                                 ;\n                                 Dn\n                                  eice\n                                     q\n                                     ;ee\n                                      D sso\n                                          tere;n\n                                               Au\n                                                betedu on\n                                                        tP\n                                                         d’\n                                                          Av\n                                                           r\n                                                           oy\nBA\nPRU\n  R\n  IX\n   S;\n    E\n    L\n    :\n    CAL\n      hu\n       b\n       E\n       S\n       e\n       zMe\n         :t\n          C\n          Me\n           h\n           e\n           .\n           Vz\n            ap\n             nM\n              i\n              ela\n                M\n                r,c\n                  e\n                  .\n                  l\n                  iR\n                   bS\n                    o\n                    r\n                    aia\n                      i\n                      s\n                      e\n                      r\n                      en\n                 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