{"numero_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "articles": [{"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-201", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA WALLONIE Février-Mars 1890.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 70, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 42, "texte": "LA\nWALLONIE\n\n\n    Février-Mars 1890.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-202", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "REVUE L ’ART MODERNE CRITIQUE DES ARTS ET DE LA LITTÉRATURE", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 71, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 1261, "texte": "REVUE\n         L ’ART MODERNE\n             CRITIQUE        DES       ARTS      ET   DE    LA     LITTÉRATURE\n\n                26, Bue de l'Industrie, Bruxelles.\n                    Abonnement : 10 fr. par an.\n\n\n                         V iennent de paraître :\n\nS c è n e s     t ie IB a l,      livre de vers, par Alb. S t - P a u l .\nL e s    D é b â c l e s ,         par É m ile V e r h a e r e n .\nC l o c h e s      e n   la       N u it ,       par A dolphe R e t t é .\nL ’A r t     e n   E x i l ,      rom an, par G. R o d e n b a c h .\nS e r r e s    c h a u d e s ,         par M aurice M a e t e r l i n c k .\n\n\n\n\n         M ERCURE DE FRANCE\n                                    MENSUEL\n              15, rue de l’Echaudé-Saint-Germain\n                    Un an, 5 fr.; Union postale, G fr.\n\n\n\n\n         ART & CRITIQUE\n    R evue      hebdom adaire              des    Lettres    et     des     Arts\n\n                   Paris, 7, Rue des Canettes\n\n           Paris, 12 franc s l’a n ; Étranger, 15 francs.\n\n           En souscription dans nos bureaux ;\n     C   R    Ê    P     U    S    C   U    L     E   S     D     ' A   M   E\n\n                L ivre de vers par Gabriel M o u r e y .\n25 exem plaires Sur Japon, à 5 fran cs, sont à so u scrire .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-001", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 65, "page_fin": 65, "titre_corps": "Soirs de jardin", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Emile Verhaeren", "ancre_debut": "SOIRS DE JARDIN.                               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E m ile VERHAEREN.\n                                                       5\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-002", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 66, "page_fin": 67, "titre_corps": "Tale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Van Lerberghe", "ancre_debut": "TALE            C        ’e s tla nuit de Noël et l’E", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 73, "page_imprimee": 66, "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 987, "texte": "TALE\n\n\n\n\n       C\n       ’e s tla nuit de Noël et l’Enfant royal s’est\n         levé. Sa mère dort, ses frères et ses sœurs\n         dorment. Il erre seul, pieds nus, à tâtons, par\n    •y   les longs corridors sombres. Une porte\ns’ouvre, et voici qu’il aperçoit dans les ténèbres,\nendormie sur la table d’un céleste festin, Samya\nattendant le jour et ses convives, Samya aux\ncheveux d’or couronnée de fleurs closes.\n   Soudain les cloches sonnent, l’enfant s’éveille, elle\ns’éveille lentement et regarde, elle se lève et sourit.\n   Et tous deux se contemplent ainsi jusqu’à ce que\nles cloches ne sonnent plus, jusqu’à ce que les pre­\nmiers rayons du soleil aient dissipé la nuit divine.\n   Et l’Enfant royal s’en va. Il a fermé ses yeux à\njamais. Il s’en va dans cette nuit nouvelle, pieds nus,\nà tâtons, par les longs corridors sombres — et se\nrecouche.\n   Et voici que sont venus dans sa chambre ses frères\net ses sœurs en habits de fête. Lève-toi, disent-ils, ô\n"}, {"page_pdf": 74, "page_imprimee": 67, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1296, "texte": "    Tale.                                                67\n\n\n\n notre frère, déjà c’est grand matin, le soleil de Noël\n nous éclaire. Allons chercher les belles choses que\n cette nuit nous a données.\n    Et l’Enfant royal répondit :\n    Ses petites mains ont touché mes lèvres ardentes,\n elle a versé dans mes yeux d’intérieures clartés.\n Quoiqu’elle ne m’ait pas parlé je me souviens de ses\n paroles. J’ai respiré les pâles roses de son souffle,\n bien avant vous.\n    Elle est morte. Ce n’était qu’une enfant trouble,\n une vierge illusoire, une fleur précoce de la lumière\n stérile — mais elle m’a regardé du fond de ses yeux\n natifs; elle a réalisé mon bonheur loin de Dieu.\n Maintenant elle est morte. Elle m’attend sous mes\n paupières dans un beau jardin de ténèbres et de\n fleurs. C’est là que je vais la revoir avec son doux\n visage de silence.\n    C’est pourquoi mes frères et mes sœurs, laissez-\nmoi. Il n’est plus de Noël. Tandis que vous dormiez,\nj ’ai veillé. Laissez-moi me rendormir. Ne me réveillez\nplus de cette belle nuit. Je veux rentrer dans ses\nténèbres, je veux rêver.\n    Et ses frères et ses sœurs l’ayant contemplé lon­\nguement s’enfuirent soudain sur la pointe des pieds\n— et tous eurent peur de ce sommeil étrange.\n\n                       Ch a r l e s   VAN LERBERG H E.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-003", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 68, "page_fin": 68, "titre_corps": "Mon rêve de ce soir", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Francis Vielé-Griffin", "ancre_debut": "MON R Ê V E DE CE SOIR...    Mon rêve de ce soir est d’u", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 75, "page_imprimee": 68, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 698, "texte": "MON R Ê V E DE CE SOIR...\n\n\n\nMon rêve de ce soir est d’un cristal\nOù tu versais le vin de ton rire\nDiaphane comme une source qui bouillonne\nE t qu'on boit à pleines lèvres de désir;\nMon désir de ce soir est d’un heurt de métal\nClair et vibrant à l’unisson de mon désir,\nVainqueur et joyeux — comme une armure sonne —\nMâle et rieur et clair — que l’on s’y mire.\n\n\nMon amour de ce soir est de toi, toujours telle,\nFuyante comme un rayon au mur\nEn ta gaîté de feuillée;\nPuis, lasse, qui te pends en guirlande mortelle,\nE t bonne comme une flamme en la veillée\nE t sapide au cœur comme un limon sûr,\nMon amour est de toi, toujours telle.\n\n                          F r a n c is   V IELÉ-G RIFFIN .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-004", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 69, "page_fin": 70, "titre_corps": "Avril d’âme", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Delchevalerie", "ancre_debut": "AVRIL   D’AME.   à A ug. He m o ta y .       Com me les v", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 76, "page_imprimee": 69, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1039, "texte": "AVRIL   D’AME.\n\n\nà A ug. He m o ta y .       Com me les vierges e t com m e les jo ie s.,\n                                       F r a n c is V ie l é   G r if f in .\n\n\n\n\n          la plaine claire, au long des rêves anciens, la\n          n\n          O\n         grêle enfant s’en va rêvant, parmi l’or moel­\n         leux des bruyères.\n          Fleuri, le ciel, d’une discrète apothéose :\nc’est l’aube d’un soleil voilé de gazes tranquilles ; au\nloin, des brumes d’opale traînent aux genêts. — Entre\nses doigts sont à mourir de pâles chrysanthèmes.\n   Je la sens venir des forêts de jadis, là-bas — et\nleurs velours frangés d’améthyste sous les cîmes\nrosoyantes — l’Alliciante, si lasse, d’autrefois malgré\nses lèvres un peu cruelles..., charmeuse pâle aux\npures mains d’oubli.\n   Autour d’elle, en effluves d’une Iris, et vers son\nsourire, les profondeurs du matin sont un naïf\nencens de corolles.\n   Et dans ses yeux survivent tous les avrils du\nPassé, et pensivement rayonne l’or brun de ses\nboucles ballantes.\n"}, {"page_pdf": 77, "page_imprimee": 70, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 518, "texte": "70                                     la Wallonie.\n\n\n\n   La réginale fée, l’enfantine sainte aux linons\nmauves qui bercent, et son lent sourire effeuillant\ntous songes — les jouets d’or et fleurs matutinales...\n   Et mièvres, vaguant par l’adamantin des rosées,\nses mièvres pieds d’Epipbanie !\n   Mais là où vont ses pas, des rouges fleurs glo­\nrieuses, c’est un bymne — et qu’elle ne comprend\npas — l'hymne despotique, vers le miracle en fleur\nde ses seins ingénus.\n\n                   C h ar les   DELCH EVALER IE.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-005", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 71, "page_fin": 71, "titre_corps": "Prélude", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Gabriel Mourey", "ancre_debut": "PRÉLUDE.                        «   Ton âme est comme un crép", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 78, "page_imprimee": 71, "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1204, "texte": "PRÉLUDE.                        «\n\n\nTon âme est comme un crépuscule d’automne,\nTout pâle du vol des heures en allées,\nTout sonore du dernier sanglot des cloches,\nMouillé de défaillance comme un œil qui pardonne ;...\nO ces fantômes vêtus de lin, dans les allées,\nAu râle, qui n’est plus qu’un soupir éteint, des cloches !...\n\nBrunie du jour qui meurt, poussière, fumée,\nVagues du soir tombé, cendre violette\nDont se voile le ciel, courtines royales\nEtouffant de leur deuil les cris des lèvres pâmées\nO langueur d’un automnal crépuscule où s’ arrête\nMa pensée en rêvant ton âme aux bontés royales !...\n\nQue je voudrais en d’ineffables musiques\nCapables de faire mourir les âmes élues,\nPouvoir évoquer les mansuétudes\nDe ton amour, symboliser les douceurs mystiques\nDont tu me caresses, tes tendresses absolues,\nPour quoi je te nomme Reine des Mansuétudes !...\n\nJe te nomme aussi Reine de mes extases\nEt Reine des voluptés spirituelles\nQui me font souhaiter l’éternelle sieste\nSous tes voiles tissés de perles, de chrysoprases,\nDe sardoines, tous deux en de subtiles nacelles\nBerçant nos cœurs endormis pour l’éternelle sieste.\n\n                                    G a b r ie l   MOUREY.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 72, "page_fin": 76, "titre_corps": "De l’« Album parisien »", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Mario Varvara", "ancre_debut": "de l ’   « AL BU M PARISIEN. »           u         N, clair, jouissant d’un r", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 79, "page_imprimee": 72, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1103, "texte": "de l ’   « AL BU M PARISIEN. »\n\n\n        u\n        N, clair, jouissant d’un repos propret en la soli­\n         tude et sous le doux drap d’une lumière de\n         gai dimanche, s’étendait, et presque semblait\n         s’étirer en paresse, un escalier secondaire de\n         Mairie.\n   Des pas retentirent; d’une ascension sans hâte\nhoulèrent trois hommes, en quête d’un bureau.\n   Ayant trouvé, un d’eux frappa, arquant une ligne\nlégère de dos plaisant; et, muet, il tendait l’oreille,\nvaguement interrogeait d’un regard ouvert et sou­\nriait, à peine.\n  Immédiate et comme suffoquée, une voix grasse\ngargouilla, qui se perdit dans un très voilé glouglou ­\ntement de pigeon roucouleur. Alors, l’homme qui\navait frappé éteignit le sourire des lèvres, pendant\nqu’en les yeux persistait le sourire, et, redressant sa\ntaille, entra, suivi des autres.\n  Plus calme encore, bien que mouvementée d’une\naction d’employé seul, cette pièce s’abandonnait aux\nétreintes d’une paix immuable ; et même pas le\nfumet révélateur d’un jour de fête et de bruit qu’y\napportaient évidemment les trois venus, ne sembla\n"}, {"page_pdf": 80, "page_imprimee": 73, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1519, "texte": "    de l “ A l bun parisien                          73\n\n\n\nl’émouvoir ni la déranger. Après qu’une phrase brève\neut annoncé ce qui les amenait, un silence domina,\noù, comme sortant de l’essence même de ce bureau\nsobre, se dévoila le balancement doux et âgé d’un\npendule, marquant l’irréductible battement de pouls\nmathématique de ce milieu anéanti dans les béati­\ntudes, où la foule devait passer sans y laisser la\nmoindre trace vivante de ses affres ou de ses colères.\n   Un grand vieux propre — l’employé — une per­\nsonne sans angles, coulait et glissait en les recoins,\nparmi l’ameublement serré, sans encombrer ni\nheurter, avec une complaisante et tendre adresse de\ntrès longue et constante familiarité.\n   Les autres, assis, attendaient, les lignes de leurs\ncorps dans un laisser-aller d’aise, causant, avec des\nrires insinués comme circulant et serpentant dans\nune satisfaction de bien-être momentané.\n   Tout à coup, l’appel de l’employé, un bruissement\nbrouillé de chaises; et, la causette comme engloutie\net refoulée, les trois visiteurs, debout, approchèrent.\n   Boulant des gargouillis plus gras et sonores, l’em­\nployé s’enquérait des noms et des circonstances,\npendant que, derrière son vieux dos poli et rafraîchi\nd’une redingote de fête, la grande baie de lumière\napportait, à travers les vitres closes, la verte colo­\nration mue des branches, que la protection paternelle\nd’un arbre semblait se complaire à établir là, pour\nque fût achevé le pacifique et patriarial décor de cette\noasis administrative.\n"}, {"page_pdf": 81, "page_imprimee": 74, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1469, "texte": "71                                     la Wallonie.\n\n\n   Tout au bonheur d’émettre des phrases quelque\npeu follettes d’expansion festive — où le repos du\nsoucieux travail de la semaine semble se goûter et\nse sentir avec plus de caresse et de chatouille en une\nactivité de bavardage sonnant un petit air de mu­\nsique intime à l’oreille — ce groupe allait en les\nexplications nécessaires, et vite essayait d’en sortir\npar des échappées sur des arguments et des faits en\ndehors des formalités de loi.\n  Aussi, c’était avec un véritable délice dodelinant\nde tête et un plus onctueux borborygme d’émission\nvocale que l’employé, en apprenant la profession de\nces Messieurs — musiciens — s’enquérait des aven­\ntures d’une nouvelle salle de café-concert en le\nquartier, que bien des vicissitudes gardaient obsti­\nnément close dans le mystère des frais murs\nimpollués.\n  Du coup, l’argument prêta aux éclats de rire ; les\nventres bondissaient d’une ironique satisfaction\nsans bornes. Mais l’abdomen de l’employé ren­\nchérissait de convulsions joyeuses ; un courant de\nsympathie s’établissait entre les gargouillis de la\nvoix et les mouvements du ventre; de sorte que,\nentre la voix et le ventre, semblait circuler la plus\nharmonieuse concorde de satisfaits borborygmes.\n  Tout cela noyait pourtant un peu de cette paix\nplanante, suffoquait la monotone et régulière syllabe\ndu pendule, reniait l’oscillante bénédiction paternelle\nde l’arbre. Un très vague déséquilibre naquit et\n"}, {"page_pdf": 82, "page_imprimee": 75, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1507, "texte": "    de l' Album parisien                                75\n\n\n domina. Alors, obéissant aux nécessités de l’habitude,\nl’employé se tut, la causerie s’éteignit ; et, comme\nrépondant au coutumier appel de la plume caressant\nles pages immenses et sacrées des livres solennels;\nle battement du pendule trôna d’abord, avec\nune insistance d’autorité tranquille; un infiniment\nléger bruissement de feuilles à travers les vitres\nparut apporter l’approbation et l’encouragement des\nbranches, et de nouveau la paix, plus vaste et sereine,\nétablit sa volonté durable.\n   Un nouveau claquetis de voix partit, aussitôt que\nl’employé eut levé la tête, en invitant ces Messieurs\nà la signature. Des porte-plume évoluaient en ses\ndoigts ; il en usait et les balançait et les écartait très\nlégèrement, presque avec amour. Il finissait par\noffrir tout ce qu’il y avait de plus moelleux et de plus\nrare.\n   Voilà — affirmait-il, avec un doux et savoureux\nsourire gras — voilà une plume qui fera parfaitement\nvotre affaire ; vous en serez tout à fait contents... ;\ndes plumes hors ligne, Messieurs, et délicates !\n   Les autres acceptaient, baissaient la tête et\nsignaient, en refoulant un naturel sourire moqueur.\n   Puis, comme ils eurent fini, ils saluèrent et\npartirent. Pendant que, tout à coup, en fermant la\nporte jusqu’au seuil de laquelle il les avait accom­\npagnés, l’employé leur lançait un boulet de gros rire,\nun dernier quolibet sur la salle de café-concert.\n   Très réjouis, les autres demeurèrent en le silence,\n"}, {"page_pdf": 83, "page_imprimee": 76, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 488, "texte": "76                                    la Wallonie.\n\n\net dans la claire solitude d’un palier vaste. Machi­\nnalement aux écoutes pendant quelques secondes,\nnul bruit ne leur arriva à travers la porte close.\nDébarrassé d’eux, le bureau devait s’engourdir\nen la paix absolue, cependant que, pour le bercer et\nl’endormir, le pendule chantait le régulier entêtement\nde sa note.\n      Ils partirent, avec un retentissement de pas\ndans la descente.\n                               Mario VAR VARA.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 77, "page_fin": 78, "titre_corps": "Tes yeux", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jules Bois", "ancre_debut": "TES       YEUX   Quand je regarde tes yeu", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 84, "page_imprimee": 77, "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 951, "texte": "TES       YEUX\n\n\nQuand je regarde tes yeux, je vois tes yeux pleurer,\nTes yeux qui n’ont rien du monde terrestre,\nTes yeux lourds de vie passée,\nTes yeux où rien d’humain n’est demeuré,\nRien que ces larmes, oh! ces larmes amassées,\nCes larmes qu’entasse la vie passée,\nCes larmes à la fois célestes et terrestres.\n\nQuand je regarde tes yeux, je vois ton âme passer,\nTon âme passer avec de grandes ailes chastes!\nE t quel sublime essor,\nE t quelle lumière, et quelle blancheur, et quel air lassé!\nE t quel deuil de vie et quel deuil de mort,\nE t quel mépris somptueux des fastes,\nE t quel amour de n’être plus,\nJamais plus !\n\nQuand je regarde tes yeux, je vois ton cœur passer,\nJe vois ton cœur rouge à cause des plaies\nE t de l’ inutile sang qui coule;\nTu saignes hélas! d’avoir trop caressé!\nTu connus trop les chères amertumes,\nE t les chers couteaux qui blessent en foule,\nE t le trop peu de reconnaissance que nous eûmes....\n"}, {"page_pdf": 85, "page_imprimee": 78, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 833, "texte": "78                                              la Wallonie.\n\n\n\nQuand je regarde tes yeux, je ne vois pas ta chair passer,\nNon je ne vois pas ta belle et triste chair passer,\nNi le feu malfaisant des convoitises,\nNi l’angoisse fatale des coussins creux,\nNi les glorioles, ni les feintises;\nQuand je regarde au fond de tes douloureux yeux,\nJe ne vois pas ta belle et triste chair passer....\n\n\nMais quand je regarde tes y eux, je vois le doux Jésus passer,\nLe doux Jésus qui prie et souffre pour nous autres;\nIl est résigné comme tes yeux, le doux Jésus,\nIl a trop rêvé comme ton âme, le doux Jésus,\nI l a trop aimé comme ton cœur, le doux Jésus,\nMais, comme lui, tu veux encor souffrir et prier pour nous autres:\nQuand je regarde tes yeux, je vois le bon dieu passer !\n\n\n                                                J ules   BOIS.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-008", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 79, "page_fin": 82, "titre_corps": "From home : The Tower", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Aug. Vierset", "ancre_debut": "FROM HOME (*).                                                          The tow ee.                     extérieur de l", "ancre_fin": "monta les marches de l’échafaud", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Westminster-Abbey", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 86, "page_imprimee": 79, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1144, "texte": "FROM HOME (*).\n\n\n                                                       The tow ee.\n\n\n\n\n                extérieur de la Tour de Londres, cette\n        'La s p e c t\n\n         Bastille anglaise, dissipe, plutôt qu’il ne\n        l’évoque, le souvenir des sanglants événe­\n        ments dont elle fut le théâtre. Son étendue,\nson enclavement en pleine ville, ne permettent point\nau spectateur d’embrasser le tout d’un coup d’œil :\non ne distingue, au-dessus du mur d’enceinte, que\ntours crénelées et façades blanches, qu’un édifice\nquadrangulaire, flanqué aux angles de tourelles,\nsurmonté de son énorme masse. Mais l’impression\nd’indifférence s’efface, sitôt franchie la porte des\nLions. Coup sur coup les remembrances s’éveillent,\nle cœur s’oppresse, et sur les pierres, sombres de\ncrime, l’histoire se déroule, éclairée par des lueurs\nd’incendie et le reflet sinistre des haches.\n   Voici la porte de Fer, la porte des Traîtres, dont\nle pont levis s’abaissa pour tant de prisonniers; leurs\ngrilles closes sont maintenant rouillées et l’herbe a\n\n(*) Suite. Voir les nos d’octobre-novembre, décembre 1889 et janvier l890.\n"}, {"page_pdf": 87, "page_imprimee": 80, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1454, "texte": "80                                     la Wallonie.\n\n\nrecouvert — silence de verdure — ces pavés\nqu’usèrent les pas des condamnés. Voici Middle-\ntower, Bell-tower, où furent découverts les ossements\ndes enfants d’Edouard, Walkefield-tower, où ,\nprétend-on, fut assassiné Henri VI.\n   Les parois suintent des larmes, à chaque pas\ns’ouvrent des tombes; ces tours délabrées, étouffeuses\nde sanglots, semblent pleines de fantômes. Je pense\nà Jane Gray, la gracieuse souveraine, exécutée à\ndix-sept ans avec Guildford son époux, par ordre de\nMarie Tudor, à Laud, à Cranmer, à Jean II de France,\nà Charles Bailly, l’agent de Marie Stuart, au duc de\nNorthumberland, à l’infortunée Anne de Boleyn,\nfemme d’Henri V III, laquelle — pour avoir, au\ntournoi de Greenwich, laissé tomber son mouchoir\nau pied du gentilhomme Norris, qui le porta à ses\nlèvres — fut condamnée par le tribunal des lords a\nêtre brûlée ou décapitée, selon le bon plaisir du roi !\nSes restes reposent dans la chapelle; en face du por­\ntail , une dalle indique la place où sa tête roula sous\nla hache du bourreau.\n   J ’hésitais à fouler ce sol où semblait se dresser\nencore le billot fatal devant lequel s’agenouillèrent\nCatherine Howard, quatrième femme d’Henri VIII,\nle comte d’Essex, favori d’Elisabeth, le patriote\nécossais Wallace, le vénérable Thomas Morus,\nStraiford, lâchement abandonné par son maître, et\ndont le souvenir dut hanter les rêves de Charles Ier\npendant la nuit suprême.\n"}, {"page_pdf": 88, "page_imprimee": 81, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1604, "texte": "    from Home.                                         81\n\n\n\n   Cette tour en ruines, c’est Bowyer-tower, où le duc\n de Clarence se noya dans un tonneau de Malvoisie;\nje parcours les cachots de Beauchamp-tower, où les\nplus illustres prisonniers passèrent leurs dernières\nveilles. Les murs sont couverts de dessins patients\nsculptés en relief dans le plâtre, de devises, d’inscrip­\ntions à demi effacées ; des anneaux persistent, rappe­\nlant les chaînes disparues et un pâle soleil, à travers\nles barreaux, éclaire ces cellules jaunies vibrantes en­\ncore de plaintes d’opprimés et de prières de martyrs.\n   White-tower, l’immense quadrilatère du centre\nbâti par Guillaume le Conquérant en 1078, a été\ntransformé en un musée où les instruments de\ntorture, le masque du bourreau, les haches et les\nbillots sont étiquetés au milieu d’armes de toute\nespèce et de tous pays : des bannières turques, des\nétendards où se tord le dragon de Chine se déploient\nau-dessus des panoplies indiennes, persanes et mau­\nresques, de vêtements de combat japonais, de parures\nde guerre birmanes et malaises ; des dépouilles de la\nRenaissance s’étalent le long des murs couverts de\nreliques de Waterloo; la cuirasse que portait Louis\nBonaparte au tournoi d’Eglinton en 1839, miroite\nprès des armures de Charles Ier et d’Henri IV de\nFrance, et ce désordre apparent de civilisations et\nde siècles laisse une impression étrange en ces salles\noù le temps a laissé subsister des fragments de\npensées, confiées par des captifs à la pierre, en la\nmonotonie des heures de réclusion.\n                                                 6\n"}, {"page_pdf": 89, "page_imprimee": 82, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1189, "texte": "82                                            la Wallonie.\n\n\n  Je retraverse la cour, où des soldats manœuvrent\ntandis que des pigeons picorent à quelques pas ; à la\nsortie, l’un des gardiens, beafeaters costumés à la\nmode Henri VIII, m’indique la tour Régalia où se\ntrouve la salle des joyaux.\n  Sous des vitrines léchées de soleil, les sceptres, les\ncouronnes, les globes, les bracelets, les épées, plaquent\nsur le velours rouge de lueurs bleues d’acier, de blan­\ncheurs mates d’ivoire, le large scintillement des ors;\ncette orfèvrerie superbe, sur laquelle çà et là planent\ndes colombes d’onyx, se constelle de perles, s’in ­\ncendie de rubis, s’ azuré de saphirs, éblouit et fascine\npar l’éparpillement des diamants, des topazes, des\némeraudes, des pierres précieuses, se magnifie en une\nféerique floraison de clartés qui rient, de lumières\nqui caressent, de reflets qui gaminent et d’éclairs\nqui fulgurent.\n  Et je songe aux ironiques et profonds caprices du\nhasard qui, dans l’orgueilleux étalage d’un vain\nfaste princier, me fait contempler le diadème de la\nreine, exécuté pour Anne Boleyn, aux lieux mêmes\noù celle-ci monta les marches de l’échafaud.\n\n                              "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-009", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 82, "page_fin": 86, "titre_corps": "From home : Westminster-Abbey", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Aug. Vierset", "ancre_debut": "Westminster-Abbey. En la demi-clarté qu’un jour déclinant laisse filtrer", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 89, "page_imprimee": 82, "debut_caractere": 1189, "fin_caractere_exclue": 1443, "texte": "W e s t m in s t e r -A b b e y .\n\n\n   En la demi-clarté qu’un jour déclinant laisse filtrer\nà travers la verrière, la nef superbe dresse sa multi­\ntude de colonnes frêles, infinies; les arcs des voûtes\njaillissent des chapitaux, où ils semblent poser à\n"}, {"page_pdf": 90, "page_imprimee": 83, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1517, "texte": "    from Home.                                       83\n\n\npeine, s’élancent dans le vide, se croisent avec\nune hardiesse merveilleuse ; c’est un enchevêtrement\nde courbes, de nervures, d’arêtes dentelées, un\nfouillis de sculptures délicates, une forêt de pierre\ndont les floraisons se perdent, là-haut, dans les\nramures estompées de nuit.\n   Et du silence — un silence d’admiration et de\ncrainte vague — neige dans ce sanctuaire, qui est\naussi une nécropole. Car le sol est pavé de tombes,\nles monuments sont des sarcophages, des statues et\ndes bustes processionnent le long des murs de ce\nSt-Denis anglais consacré au génie, à la puissance\net à la gloire. Les visiteurs glissent entre les piliers\ncomme des fantômes, les rares paroles échangées\nmeurent sur les lèvres, les pas s’arrêtent hésitants\ndevant ces dalles gravées des noms les plus illustres.\n   Voici le Poet’s Corner, au fond du transept-sud,\noù avec tant d’autres reposent Macaulay, Ben\nJohnson, Sheridan, Dickens, Garrick, Chaucer, où\n des monuments ont été élevés à Longfellow, Shakes­\npeare, Drayton, Goldsmith, Haendel, à tous ceux\n que les arts ont rendus célèbres et dont les œuvres\n ont fait battre le cœur des hommes. Ceux-ci parais­\n sent s’en souvenir, avoir gardé un peu de piété et\n de reconnaissance pour les écrivains et artistes\n auxquels ils durent tant d’heures bénies, tant de\n sensations supra-terrestres, car le Poet’s Corner est\n la partie de Westminster-Abbey où les visiteurs\n affluent de préférence et s’attardent le plus volon­\n"}, {"page_pdf": 91, "page_imprimee": 84, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1386, "texte": "81                                         la Wallonie.\n\n\n tiers. Quelques noms ont été bannis de ce Panthéon,\nde brillants fleurons manquent à cette couronne des\ngloires anglaises, et l’ on ne constate point sans\ntristesse l’absence de Swift, de Byron laissé à l’écart\nà cause de son scepticisme religieux.\n   Dans un coin peu digne d’un si grand poète, je\nremarque un modeste buste de Milton avec cette\ninscription :\n\n      No more the grecian Muse unrival’ d reigns\n      To Britain let the nations homage pay :\n      She felt a Homer’s fire in Milton’s strains\n      A Pindar’s rapture in the Lyre o f Gray.\n\n  Voici que s’ouvre la grille donnant accès aux\nsépultures royales.\n   Sur le froid couvercle des sarcophages, rois,\nreines, guerriers et courtisans étendus, dorment,\nmains jointes, leur sommeil de pierre; l’écho des\nchapelles s’éveille au débit monotone du gardien, au\nmurmure de la foule qu’il guide de tombe en tombe.\nJe vague à l’aventure, contemplant les monuments,\ndéchiffrant les épitaphes ; j ’arrive à la chapelle\nHenri V II aux portes ornementées de délicates\nroses de bronze. Douze piliers gothiques supportent\nle toit superbement décoré de pendentifs et de\nvoussures sculptés. Les murailles sont couvertes\nd’emblêmes héraldiques, d ’armoiries royales, de\nroses Tudor, de fleurs de lys ; les hautes stalles en\nchêne des chevaliers du Bain sont disposées le long\n"}, {"page_pdf": 92, "page_imprimee": 85, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1535, "texte": "     from Home.                                       85\n\n\n des murs de la chapelle, ornées de leurs casques, de\n leurs épées, surmontées de leurs bannières écusson-\n nées dont l’or et le cramoisi fanés ressortent faible­\n ment sur la teinte grise du toit. Je m’arrête un\n instant devant le tombeau de Marie Stuart, qu’une\n grille de fer entoure, portant le chardon, son em­\n blème national. De temps en temps m’arrivent des\n bruits de pas, des lambeaux d’explications du guide:\n sir Brocas, chambellan de la femme de Richard II,\n décapité en 1399 par ordre de Henri IV        , la com­\n tesse de Strafford, morte en 1693, femme de lord\n Strafford décapité à la Tour en 1680..... Et froide­\n ment chaque mot tombe dans le silence, comme des\n gouttes d’eau sur des dalles.\n   La chapelle de St-Edouard le confesseur — où la\ntradition reconnaît en l’un des deux sièges de cou­\nronnement y conservés, la pierre qui servit d’oreiller\nau patriarche Jacob — est une stalle surplombante,\nespèce de grande chaire où l’on accède par un petit\nescalier tournant. Accoudé à la balustrade, je pro­\nmène un dernier coup d’œil dans l’immense nef, et,\nsongeant aux milliers d’êtres dont les restes pulvé\nrisés s’entassent dans ces cryptes, à leur repos\nsuprême sans cesse troublé par le va-et-vient des\ncurieux, je me demande si beaucoup d’entre eux\nn’eussent pas préféré quelque tombe champêtre,\nfleurie de printemps et caressée de soleil, si les flots\nou la terre rouge des champs de bataille n’étaient\npas le secret désir des marins et des soldats\n"}, {"page_pdf": 93, "page_imprimee": 86, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 327, "texte": "86                                   la Wallonie.\n\n\nendormis côte à côte sous ces sombres voûtes,\net si Livingstone n’eût point dédaigné les honneurs\nposthumes de \"Westminster-Abbey pour un tumulus\nsolitaire élevant sa croix de bois en quelque oasis\nperdue du désert africain.\n\n                                A u g . VIERSET.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-010", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 87, "page_fin": 89, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Sluyts", "ancre_debut": "VE RS .                                I.   Puisque notre amour n’e", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 94, "page_imprimee": 87, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 841, "texte": "VE RS .\n\n\n                             I.\n\n\nPuisque notre amour n’est qu’un amour de lumière,\nConçu par nous, enfants bien doux et bien débiles,\nA tel point que nos yeux semblent être des îles\nOù nage dans les eaux la floraison première,\n\n\nNe pouvant nous aimer que par nos yeux bien tendres,\nComme s’ils étaient des foyers où se promène\nLa flamme ondulatoire et tristement humaine,\nCraignons de raviver les si défuntes cendres;\n\n\nCar, pour aimer comme nous nous aimons, nos âmes\nOnt surpris la douceur des étreintes bien calmes,\nPuis elles ont mis dans nos yeux les rêves aimes\nPour que nous nous aimions, comble s’aiment les femmes.\n\n\nE t l’évocation de la chère dolence,\nLasse, nous vint alors; mais si lointaine en somme\nQue j ’osai vous parler d’amour, lentement, comme\nD ’une conception de neige et de silence.\n"}, {"page_pdf": 95, "page_imprimee": 88, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 915, "texte": "88                                               la Wallonie.\n\n\n\n\n                                 II.\n\n\n\n\n     C’était l’heure tranquille et rêveusement tendre\n     Que les après-midi ramènent vers le soir,\n     E t cet instant douteux et doux comme un espoir\n     Où va s’éterniser l’écho qu’on vient d’entendre.\n\n\n\n     La lumière du jour qui tombait dans nos yeux\n     Avec des tremblements lumineux de paillettes,\n     Semblait plus radieuse au fond des violettes\n     E t des lys noirs de nos grands yeux silencieux.\n\n\n\n E t déjà nous sentions en nous la lassitude\n Qui nous pénétra tout entier et sans retour,\n E t c’était troublant, comme au sortir d’un amour,\n E t c'était mourant, comme au sortir d’une étude.\n\n\n\n E t vos yeux qui déjà n’avaient pas été sages\n Toujours, malgré leur doux de violettes, qui\n Sème sur des lys noirs leur lourd prestige acquis,\n Eurent l’ardente foi des consolants présages.\n"}, {"page_pdf": 96, "page_imprimee": 89, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 902, "texte": "   Vers.                                                      89\n\n\n\n\n                            III.\n\n\n\n\nVous en souvenez-vous, ô Madame, de l'heure\nDéjà si trépassée, oh! déjà si lointaine ?\nV o u s vous êtes permis une alerte hautaine\n\nQui, — vous me le direz plus tard, — n’était qu’ un leurre.\n\n\n\nVous en souvenez-vous? L ’heure à peine écoulée\nE t qui semblait déjà par les heures perdue,\nAvait ce je ne sais de langueur éperdue\nQui fit qu’elle parut à jamais en allée!\n\n\n\nE t vous aviez cet air qui se mélancolise\nSous les rayons discrets d’une après-midi bleue,\nComme le paysage en cette banlieue\nQui par l’heure douteuse enfin se tranquillise.\n\n\n\nVous vous en souvenez, n’est-ce pas, 5 Madame !\nVous vous êtes penchée, à mon bras enlacée,\nPour voir si dans mes yeux je portais la pensée\nQui dut vous annoncer le retour de mon âme !\n\n                                      Ch a r le s   SLUYTS.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-011", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 90, "page_fin": 93, "titre_corps": "Notes d’art", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry van de Velde", "ancre_debut": "NOTES D ’ART .     Les X X ont réveillé tout", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 97, "page_imprimee": 90, "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 1111, "texte": "NOTES D ’ART .\n\n\n  Les X X ont réveillé toutes les grenouilles de\nla Mare ! Leur exposition est close — et Je concert\ndure toujours.\n   I l F E R A BEAU DEMAIN !\n\n   Voici que deux étoiles se sont levées, que nous ne\n connaissions pas dans notre ciel d’Art. Elles sont\n seules et vierges, venues à temps ; au moment même\n où culbutaient dans l’autre hémisphère — Incohé­\nrence et Veulerie — tels et quelques artistes aimés\njadis.\n    Elles se sont levées dans quelque espace inter­\nmédiaire, nu, loin de toute constellation, brillant\nd’un feu tranquille, se réclamant fièrement de leur\nisolement et de leur décision à rester seules; valant\npar elles-mêmes, où d’autres ont dû se grouper pour\nvaloir, évoluer autour des étoiles de première gran­\ndeur qu’on sait, et, se sentant moins fortes, se\nrassembler pour une figuration définitive : le N é o -\nI m p r e s s i o n n i s m e . Sait-on seulement ce qu’il tente ?\n    Objectivité stricte pour les uns — à courtes vues —\nRéalité !\n   Alors que c’est plutôt : Couleur et le champ vaste\nde ses voluptés et de ses crises. Sensualité à l’écoute\n"}, {"page_pdf": 98, "page_imprimee": 91, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1423, "texte": "    N otes d ’ A rt.                                 91\n\n\n\ndes heurts les plus choquants, des caprices les plus\nfugaces, des harmonies les plus tendres. Divers états\nd’âme à ces Largo, Andante ou Allegretto de couleur !\n   Réalité, la notation de ces voix ? la Couleur ! cette\ninformulée et changeante signification dont se re­\nvêtent les Choses !\n   Ils ont choisi — ces néo — à la place d’où partent\nles deux grandes allées qui nettement s’indiquent\nen ce jardin des X X , ils ont choisi de tracer en cette\nglèbe que la sénilité des manœuvres stérilisait, des\nchemins nouveaux, la remuant d’une analyse nou­\nvelle pour un Paysage si luxuriant, aux si troublants\nparfums, aux appels si claironnants et tant berceurs\nque par des chemins de lumières et d’or nous irons\nau Rêve.\n   — Car faut-il — autres que des littérateurs l’ont-ils\naffirmé — pour échapper aux vulgarités, pour mon­\nter au Rêve, évoquer les apparitions, les Hantises, se\nreplier en les Symboles ? Faut-il rêver “ littéraire­\nment „ je veux dire.\n   La “ peinture littéraire „ — le mot est possible à\nl’heure où tous les Arts fluent pour une existence\nunique — sera-t-elle le seul refuge à notre rancœur\nde la vie ?\n   C’est que je m’insurge un peu contre le “ matériel „\ndont on nous étiquette, mets en garde les littérateurs\nqui semblent octroyer une supériorité à l’Art qui se\nrapproche le plus du Leur, et ne voyent le penseur\nqu’au servir d’un texte.\n"}, {"page_pdf": 99, "page_imprimee": 92, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1471, "texte": "92                                        la Wallonie.\n\n\n\n   J ’admire plus qu’aucun autre pourvu qu’il y ait\n“ nouveauté „ dans ce corps à corps avec les Cauche­\nmars, avec les Monstres. Celui qui créa cette “ Tête\ndu Printemps „ — symbole précis de nos printemps\nà nous — et les albums pour la tentation de\nSt-Antoine de Flaubert imagina, Lui, les monstres\nnouveaux — on l’a dit — et c’est sa gloire.\n   De terre vierge également surgit le génial œuvre\nde l’auteur des “ Sataniques\n   Pâture à nos goûts et attirance irrésistible !\n   D ’Aucuns, qu’on nomme, partis de l’autre route\nont quitté les chemins de lumières pour errer là\nparmi les gorges et les gouffres, talonnés du désir de\nterrasser la Chimère— qu’est l’Œuvre aussi ! — Ils y\nont froid — il paraît — et reviendront — entraînant\nd’autres — vers les oasis qu’on leur prépare, où\nfièrement vont reprendre leur rôle de vrais peintres,\ndélivrés de cette armature : la stricte illustration\nd’un texte, qu’ils ont humiliation à servir d’ailleurs,\nmettant \" avec „ plutôt que “ d'après „ ; puis vêtiront\nleurs rêves de Sérénité et d’Attendrissement et de\nsplendides couleurs.\n   Au résumé, s’annonce un avenir moins angoissé,\nmoins inquiet ; une accalmie réconfortante et\nméritée. Les indices se proclament hautement en\ntelles œuvres — fixant l’au d e l à d u R é e l : “ la vie\ndes choses „ et ces inoubliables paysages du Premier\ndes néo-impressionnistes.\n   Fixer le Rêve des réalités, l’informulé planant sur\n"}, {"page_pdf": 100, "page_imprimee": 93, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1518, "texte": "     N otes d 'A rt.                                            93\n\n\nelles, les disséquer impitoyablement pour voir leur\nAme, s’acharner à la poursuite de l’intangible et se\nrecueillir — dans le silence — pour en noter la mys­\ntérieuse Signification.\n   Et lien ne sera de trop pour la réalisation de cet\nIdéal, ni la recherche stricte des formes, ni la\nmusicale enveloppe des colorations et tout sera\nnécessaire voire nos vies mêmes !\n   C’est prophétie facile annoncer cela.\n                                                  H. v. d. Y.\n  — Devant la logique de l’évolution et devant l’opiniâtre et\nindésarçonnable volonté de ce groupe — les X X — vers ce\nBut — l ’Art, se tairont-ils bientôt les aboyeurs à nos chausses ?\nTel s’arracherait la langue s’il avait quelque pudeur — lui qui\nvient d’être si magistralement gifflé dans “ Certains „ par\nJ.-K . Huysmans — mais il se tairait que brailleraient\nd’autres : le gâtisme est le virus originel des “ feuilles „. —\nUne jeune revue, au moment même où elle fait volte face et\ntravaille des coudes pour arriver à l’avant-garde, ne publie-t-\nelle pas — en s’excusant, tant il est vrai que c’est si inéluctable\nqu’il faut s’y résoudre plutôt que d’extirper — les ordures\nqu’un aspirant-critiquailleur dépose sous notre Porche.\n  Sait-il qu'on n’a pas détruit un monument pour s’être\nsoulagé le long de ses murs, et que c’est peu servir les\npersonnalités qu’on défend que de faire ainsi la Sentinelle\npour elles.\n                                    H enry van de V elde.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-012", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 94, "page_fin": 94, "titre_corps": "Saint Jean, le théologien", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SAINT JEAN, LE THÉOLOGIEN.                                         (El je fus ravi en esprit.)                                              A", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 101, "page_imprimee": 94, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 788, "texte": "SAINT JEAN, LE THÉOLOGIEN.\n\n\n                                      (El je fus ravi en esprit.)\n                                             A pocalypse.\n\n\n\n\nEn l’île Patmos, au temps des âges anciens,\nquand Saint Jean, le sombre ascète apocalyptique,\nvit l’Apparition flamboyante et tragique\nlui mettre en l’âme la force des symboles chrétiens,\n\n\nle verbe enflammé des Génies révélateurs\névoquait dans l’effroi prophétique des nues :\nl’ Univers tressaillant sous ses gloires déchues\net les quatre Fléaux exterminateurs ;\n\n\nil vit dans l’orgueilleux fracas des blasphèmes\nle Monstre de luxure procréer les vices\net le genre humain se damnant d’anathèmes.\n\n\n— Lors l’Archange du Bien domina les supplices\net Jean vit étinceler vers un monde nouveau\nle gloriflement évangélique de l’Agneau!\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-013", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 95, "page_fin": 95, "titre_corps": "L’âme des foules", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Delville", "ancre_debut": "l'Ame. des foules.                                             95            L ’A M E       DES       FOULES.   Groui", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 102, "page_imprimee": 95, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 817, "texte": "l'Ame. des foules.                                             95\n\n\n\n\n       L ’A M E       DES       FOULES.\n\n\nGrouillantes d'orgueilleux prurits de vie,\nHydre irruant ses traces malsaines,\nelles roulent dans leurs flancs les horreurs humaines\npar l’éclatante cité d’opprobre bâtie.\n\n\nSur le pavé infâme où les fanges du Mal\néclaboussent l’Esprit qui offense ces houles,\ncyniquement se vautre l’âme ivre des Foules\nqui hante les grands vices du siècle saturnal :\n\n\noh ! ces frénésies stuprales vers la Chair\net ces cerveaux de proie vers les appas de l’ Or,\net tous ces cœurs maudits et tout l’impur essor\n\n\ndu rire et des clameurs qui s’enliessent dans l’air,\ntandis que s’ accomplit en ses drames puissants\nl’épique Fatalité des instincts et des sens!\n\n                                     Jean   D E L V IL L E .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-014", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 96, "page_fin": 97, "titre_corps": "Chronique d’art : Stéphane Mallarmé en Belgique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "P.-M. 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Même à\nnous qui avons essayé de rêver avec le rêveur le rêve\napporté, quelle difficulté de pressentir ce que c’eût\nété avec un autre auditoire, composé des seuls\nquelques-uns si rares qui ont voulu comprendre —\nau lieu des gloussements étonnés d’un public, qui\nmême poli, n’a su résister à l’effarement des impres­\nsions inattendues, de la presque terreur sacrée qui\naccompagne toujours le génie, en auréole. Et celui-\nci, parlant de celui-là, c’était un spectacle unique\n"}, {"page_pdf": 104, "page_imprimee": 97, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 631, "texte": "    Chronique d ’Art.                                97\n\n\n\nque trop out méconnu, ce qui leur restera une invi­\nsible pour eux, mais inexpiable tare. Nous étendre\nsur labaute valeur d’un tel commentaire, nous semble\ninutile : ceux qui y furent, eurent la jouissance d’Art\nqui fut leur récompense et pourront la réjouir à la\nlecture de cette miraculeuse prose mallarméenne.\n   Philippe-Auguste-Mathias Villiers de l’Isle Adam\na été en notre esprit attentif et respectueux plus\nprofondément honoré grâce à la vision qu’a sculptée\nen l’éther, son frère d’arme Stéphane Mallarmé.\n                                       P.-M. OLIN.\n\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-015", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 97, "page_fin": 97, "titre_corps": "Chronique d’art : Mallarmé à l’Émulation", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ch. D.", "ancre_debut": "M. 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Il nous a évoqué, en toute sa seigneu­\nriale grandeur, ce Prince, maintenant enseveli dans\nson impassible dédain des hommes, Philippe-\nAuguste-Mathias, comte de Villiers de l’Isle Adam.\n   On ne fait pas à telle magique évocation l’injure\nd’un compte rendu, et l’étude que comporte cette\nprodigieuse causerie, qui ne ferait-elle reculer ? —\nNon, sans parler ici de la diction merveilleuse du\nMaître, de sa phrase lapidaire aux lueurs profondes\net satinées, — disons simplement quel prestigieux\nrêve, quelle suprême joie d’art nous furent ces deux\nheures passées à l’appel -religieux du génie mort,\nsous cette voix lointaine et ces gestes d’au delà.\n                                          Ch . D.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-016", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 98, "page_fin": 100, "titre_corps": "Chronique d’art : Concerts du Conservatoire, Nouveaux concerts", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CONCERTS DU CONSERVATOIRE, NOUVEAUX CONCERTS. 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Après la campagne de 1886, en faveur de cette école,\nune légère réaction semblait avoir succédé à l’engouement.\n   L a tentative de M. Radoux a été d’autant plus heureuse\nque son programme comportait, outre la Danse Persane de\nMoussorgsky, déjà entendue, le Prince Igor de Borodine.\n     Dans l’ouverture de cette œuvre posthume du maître\nRusse, on retrouve les audaces déconcertantes, la polyphonie\nparfois serrée et la puissance de ses deux symphonies. Les\nDanses Polovtsiennes aux dessins imprévus, aux couleurs\norchestrales bizarres criardes mais savamment atténuées par\nleur alliage, — notons la religieuse fidélité avec laquelle Gla­\nzounow et Rimski-Korsakoff ont achevé et orchestré l’œuvre\ndu maître, — forment de saisissants tableaux des mœurs de\nla Russie Tartare.\n                            *\n                          * *\n  Em. MATHIEU. Le Sorbier. Si on n’en jugeait que par le\nSorbier, M. Mathieu, qui n’est plus de toute première jeunesse,\nmanque certainement d’expérience.\n  Sa personnalité (s’il en a une) est ici complètement effacée.\nOn a voulu voir en lui un compositeur wallon. L e Sorbier\n"}, {"page_pdf": 106, "page_imprimee": 99, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1610, "texte": "     Chronique d'Art.                                        99\n\n\n\ncependant est de la musique française dans tout ce que ce\nterme a de malsonnant, à preuve la recherche du rythme et\nde la mélodie par leur grâce et leur fraîcheur.... aussi par\nleur fragilité et les fîotures triviales dont l ’œuvre est\nenjolivée.\n  Quant à l’orchestration, elle est comme la phrase, criblée\nde trous. L ’auteur affectionne un effet de bois et cordes assez\ncharmeur au début, mais énervant à la longue.\n  Très homogène en sa tonalité générale, ce poème est\ndépourvu de base et d’unité symphonique.\n\n\n\n  V IN C E N T D ’IN D Y . L e nom du jeune compositeur brille\ndéjà d’un éclat vif et très blanc au ciel de l’Art Français.\n  Il y a des noms prédestinés : Beethoven, Mozart, Wagner...\nVincent d’Indy.\n   Un poète trouverait à ce nom — onomatopée, comme lys —\ntoute une orchestration, toute une coloration.\n   Et de fait il s’en dégage ainsi que de l ’œuvre un parfum\nd’ingénuité. Comme une vierge, son art est pur, non pas avec\nmièvrerie et morbidesse, mais vigoureux et sobre.\n   Vincent d’Indy semble avoir vécu à l ’écart de ses compa­\ntriotes et n’avoir jamais entendu leur musique perverse.\nFranchement Wagnérien, il n’a fait qu’admettre les principes\ndu maître, sans rien lui emprunter ni dans la forme ni dans\nles idées.\n   L ’originalité du jeune compositeur n’est pas extérieure\ncomme celles de Chopin ou Grieg ; elle ne ressort ni des for­\nmules, ni des détails, mais bien de l ’ensemble. L e moindre\ncoin de phrase a été méticuleusement poli et repoli par\nhorreur de la banalité. Ce travail scrupuleux ennoblit les\n"}, {"page_pdf": 107, "page_imprimee": 100, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1084, "texte": "100                                            la Wallonie.\n\n\nthèmes d’ordinaire d’une simplicité primitive; il se retrouve\ndans les harmonies étranges et neuves, dans le tissu polypho­\nnique et dans l ’orchestration.\n  Par un amalgame solide de voix hétérogènes et par l’em­\nploi inusité dans les registres graves de certains instruments\n(altos, flûtes, clarinettes), d’Indy réalise des sonorités impré­\nvues. Si parfois il use d’un effet connu, sans rechercher la\nforme, il s’astreint à une expression rigoureuse de sa pensée.\nCette franchise très noble nous séduit encore dans les effets\nd’ensemble..\n  Alternativement nerveux, passionné, plaintif, majestueux\net mystique dans la Trilogie de Wallenstein, il se révèle\npoète du plein air dans telle symphonie sur un air monta­\ngnard parfumée de saveur silvestre.\n   Jamais vulgaire, employant toutes les forces de son talent\nsi varié à la précise expression de sa pensée, et bien que sa\nmusique soit plutôt décorative, Vincent d’Indy me paraît\nappelé à continuer le mieux en France l’œuvre de Wagner\nselon les aptitudes de sa race.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-017", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 101, "page_fin": 103, "titre_corps": "Chronique littéraire : Impressions d’art, d’Eug. Demolder", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Hubert Krains", "ancre_debut": "CHRONIQUE LI TTÉRAIRE.                        IMPRESSIONS D'ART.         É t u d e", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 108, "page_imprimee": 101, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 1458, "texte": "CHRONIQUE LI TTÉRAIRE.\n\n\n                     IMPRESSIONS D'ART.\n\n       É t u d e s . — Cr it iq u e s . — T r a n s p o s it io n s ,\n\n                       par E ug. D e m o l d e r .\n\n                   Bruxelles, Mme Ve Monnom.\n\n  Dès la lecture des premières lignes du livre de M. De­\nmolder, on s’aperçoit qu’on est loin des habituels critiques,\ncompassés, gourmés, pontifiants et vaticinateurs. L ’auteur\nest trop foncièrement artiste pour se livrer à d’ennuyeux et\nvides rabâchages devant les œuvres d’art qui le requièrent.\nIl n’est pas non plus l’impassible transcripteur de leurs\nbeautés. Les choses dont il parle, on sent qu’il les a vues\navec les yeux de son âme. Il en a découvert les splendeurs\ncachées ; il en a saisi les glorieux symboles ; par delà la\ntoile ou le marbre, il a vu dans le cerveau de l’artiste et il\nnous dit quelles pensées ont guidé sa main. Tout ce qu’il y a\nde rude, de pittoresque, d’angoissant, de mâle souffrance dans\nl’œuvre de Meunier, par exemple, il l’a transvasé dans sa\nprose : “ Son ouvrier semble plié sous un joug mystérieux.\nS’élève, au-dessus de ses personnages, qui peinent et\nsouffrent, une déesse d’airain, au front inexorable. Elle est\nsemblable aux puniques idoles de Salammbô, dévoreuses de\nvictimes humaines, et comme des entrailles de celles-ci des\nfumées d’holocaustes montent et enveloppent d’horreur. Elle\ndomine, implacable, et l’ouvrier se résigne, tête basse,courbé\nvers la glèbe. „\n"}, {"page_pdf": 109, "page_imprimee": 102, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1879, "texte": "102                                            la Wallonie.\n\n\n\n   Une analogie de tempérament pousse visiblement\nM. Demolder vers les artistes qui s’inspirent de leur temps,\n“ qui disent quelque chose d’éternellement vrai, tout en\nrestant les hommes de leur époque. „ Ce sont ceux-là qui lui\nont inspiré ses meilleures pages : à propos de Constantin\nMeunier, il fait une description épique du pays houiller, avec\nses noirs terris, ses fabriques enfumées, ses machines tou­\njours grondantes et hostiles à l ’homme, où les populations,\ncourbées sous la fatalité d’une morne existence, se meuvent\navec une sorte d’inconscience animale; l ’œuvre de Félicien\nRops lui est matière à portraiturer l’autre pôle de la\nSociété, et il nous montre les jouisseurs, les blasés, les\nsceptiques se traînant aux pieds de la femme moderne, une\nfemme démoniaque et si perverse ! qui vide les moelles et\natrophie les cerveaux ; pour parler de Huysmans - sur qui\nla théorie du milieu agit à rebours : par la révolte — , il noue\ndes lamelles de plomb dans ses phrases et fouaille les\nbourgeois, si tristement ratatinés dans leur mercantilisme.\n  Une Exposition d’A rt ancien, les Acquisitions récentes du\nMusée de Bruxelles, le Musée communal sont autant d’études\nconsciencieuses, bellement écrites, où la couleur resplendit,\noù la lumière ruisselle, où des mots rares et puissamment\névocatifs s’incrustent dans les phrases, qu’ils aigrettent d’un\nétincellement de joyaux.\n  Car M. Demolder possède au plus haut point le sens de la\ncouleur et du pittoresque. En cela, il est bien Flamand. Il\npeint plutôt qu’il n’écrit. Pour brosser ses critiques, on\ndirait qu’il emploie la palette même du peintre dont il analyse\nles œuvres. — Cette faculté lui a permis de faire de l’Exposi­\ntion de Paris une des plus belles études que nous ayons lues.\n  Mais   c’est   surtout   dans ses   Transpositions que ses\n"}, {"page_pdf": 110, "page_imprimee": 103, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1911, "texte": "     Chronique Littéraire.                                  103\n\n\n\nqualités de coloriste s’affirment. La Fuite en Egypte, le\nMassacre des Innocents, la Nativité de Notre-Seigneur, la\nMontée au Calvaire, Fiançailles, ont le charme naïf et la\nsaveur des tableaux des vieux Flamands. Une chaude poésie\ns’en dégage; un parfum ambré de choses anciennes les im­\nprègne; comme dans ces tableaux, la lumière et la couleur\nsemblent adoucies par la patine du temps. Tous les person­\nnages qu’il silhouette sont animés d’une vie intense. C’est\nune jeune fille hollandaise qui contemple amoureusement sa\nbeauté dans une glace de Venise : “ ses seins sont d’une blan­\ncheur de mouette et les tulipes de son père n’ont pas de\nbouton plus délicat „ ; c’est la Vierge Marie, heureuse et\nrayonnante dans sa maternité à Bethléhem, dolente et le\ncœur broyé, auprès de son fils au moment de la Passion ; c’est\nSt-Joseph, qui chemine allègrement, la scie sur l ’épaule et\nun sac d’outils au dos, à côté de l’âne, pendant la fuite en\nÉgypte ; c’est Jésus, gravissant le Calvaire, ses épaules\nmeurtries par la croix :\n  “ Il pliait l’échine, mais dès qu’il succombait, un soudard\nlui redressait les reins d’un coup de gantelet, ou tirait à la\ncorde ceignant sa robe grise. D ’une pâleur d’agonie, le\nvisage du Christ ruisselait du sang coulé de la couronne\nd’épines. Ses pieds nus étaient écorchés. Et ainsi il était plus\neffrayant que celui du Calvaire de Damme, avec la grimace\nhideuse de ses lèvres, et la plaie de son ventre où le menui­\nsier de la Cité a vidé un pot de vermillon. „\n   Ces Transpositions sont écrites, comme on voit, en un\nstyle original, car M. Demolder, chose rare ! n’imite per­\nsonne. Il s’est forgé lui-même sa langue. Dans leur forme\nlégèrement archaïque, ses phrases sont charnues, savoureuses,\net on éprouve à les lire presqu’un plaisir matériel.\n                                      H ubert   K RAINS.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-018", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 104, "page_fin": 111, "titre_corps": "Petite chronique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PETITE CHRONIQUE. Notre collaborateur Aug. Henrotay vient de perdre son père", "ancre_fin": "digne du regretté maître", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Mon cher M.", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 111, "page_imprimee": 104, "debut_caractere": 12, "fin_caractere_exclue": 1309, "texte": "PETITE CHRONIQUE.\n\n\n  Notre collaborateur Aug. Henrotay vient de perdre son\npère. La Wallonie s’associe à sa douleur.\n                              *\n                             * *\n  Paraîtra prochainement : L ’âme des choses, par Hector\nChainaye. En souscription dans nos bureaux, 2 francs. Ce\nlivre sera mis en vente au prix de 3 francs.\n                              *\n                             * *\n  Aux S X , M. Ed. Picard a donné une très intéressante con­\nférence sur nos trois collaborateurs, Emile Verhaeren, Charles\nVan Lerberghe et Maurice Maeterlinck.\n   La première partie, plus générale, de sa conférence, a, été\ntrès belle. La seconde, popularisante, a dû intéresser surtout\nceux qui ignoraient ces trois puissants écrivains. M. Picard\na, entr’autres, lu en entier les Flaireurs, que nous avons\npubliés précédemment.\n                             **•*\n  Les S S , outre les conférences d e Stéphane Mallarmé et\nd’Edmond Picard, ont donné 3 matinées musicales.\n  L a première consacrée à des œuvres belges comportait les\nnoms de Gilson, Kefer, Jouret, Mathieu, etc.\n  Les deux suivantes, beaucoup plus intéressantes, ne comp­\ntaient que des compositions de la jeune école française : de\nCésar Franck, Fauré, de Castillon et Vincent d’Indy. Elles\nont eu un succès extraordinaire.\n"}, {"page_pdf": 112, "page_imprimee": 105, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1617, "texte": "    petite Chronique.                                      105\n\n\n\n\n  Il est assez curieux de dresser la liste des artistes qui ont\nexposé aux X X . Parmi les étrangers, bon nombre, et des\nplus remarquables nous ont été révélés par ces expositions.\n  Les X X sont et ont été :\n  A. Chainaye — F. Charlet — J. Delvin — P. Dubois — J.\nEnsor — W. Finch — Ch. Goethals — F. Khnopff— J. Lam­\nbeaux — P. Pantazis - - D . de Regoyos — W. Schlobach —\nF. Simons — G. Vanaise — Th. Van Rysselberghe — G. Van\nStrydonck — P. Verhaert — Th. Verstraete — G. Vogels —\nR . Wytsman — G. Charlier — J. Toorop — Is. V erheyden —\nAnna Boch — Félicien Rops — Henri de Groux — G. Lemmen\n— H. van de Velde — Auguste Rodin — Robert Picard. Les\nnoms en italique sont ceux des vingtistes actuels.\n  Les artistes qui ont successivement exposé aux X X sont :\n  B e l g i q u e : Heymans — Stobbaerts — Mellery — Ter\nLinden — Hermans — Speekaert — Artan — de Braekeleer\n— Verhaeren — Smits — Constantin Meunier — de Vigne —\nVan der Stappen — Deville — Danse — Le Nain — Eug.\nBoch — Georges Minne.\n  F r a n c e : Fantin Latour — Cazin — Gervex — Besnard —\nRaffaelli — Claude Monet — Renoir — Zandomeneglii —\nLebourg — A ry Renan — Guillaumin — Caillebotte —\nC. Pissaro — Seurat — Signac — Dubois Pillet — Anquetin\n— Henry Cros — H. de Toulouse Lautrec — Blanche -—\nHelleu — Gauguin — Luce — Moreau Nélaton — Henri\nE. Cross — Injalbert — Rodin — Lanson — Carriès — Roty\n— Chaplain — Odilon Redon — Bracquemond — Guerard —\nGaillard —- Desboutin — Cézanne — Charpentier — Hayet —\nL. Pissaro — V. Van Gogh — Mmes Morizot — Gonzalès —\nCazin — Besnard.\n"}, {"page_pdf": 113, "page_imprimee": 106, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1675, "texte": "106                                          la Wallonie.\n\n\n\n  A ngleterre     : Stott — Fischer — Swan — Sickert —\nSteer — Clara Montalba — Thornley.\n  H o l l a n d e : Israels, père et fils — Jacob, Williem et\nMathys M aris — Mauve — Mesdag — Breitner — V an der\nMaarel — Zilcken — Tholen — Storm de St Gravesande.\n  A llem agne   : Liebermann — V on Uhde — K linger.\n  SUISSE : Louise Breslau.\n  IT A L IE : Mancini —   Michetti — Monticelli — Segantini.\n  SU È D E -N O R W É G E : Bergh — Kroyer — Kolstö\n                                                  — Krogh\n— Thaulow.\n  E t a t s - U n i s : Chase —- Sargent — Whistler.\n  Les noms en italique sont ceux des artistes ayant été invités\nplusieurs fois. Nous ne croyons pas que jusqu’ici en Belgique\naucun groupe artistique ait pu réunir un faisceau de tels\nnoms.\n                                ** *\n Lire dans la Pléiade un requérant article de Maurice\nMaeterlinck sur la Damnation de l’artiste, d’Iwan Gilkin.\n Dans l’Art moderne les confessions de Poètes (Maurice\nMaeterlinck, Emile Verhaeren, Ch. Yan Lerberghe).\n                                 *\n\n\n  A lire dans la Jeune Belgique, la merveilleuse prose de\nStéphane Mallarmé, intitulée : Déclaration foraine. Nous\ndevions publier les vers que contient ce morceau, mais, par\nsuite d’un malentendu, ils l’ont été chez notre consœur.\n                                 *\n                         **\n  Le chroniqueur spécial anti-boulangiste du journal la\nMeuse, — il est aussi critique littéraire, — reconnaît que le\nsoir de la conférence donnée par Stéphane Mallarmé, “ il a\nvu des yeux de fervents s’illuminer de bonheur à ce nouvel\névangile de la littérature. „\n"}, {"page_pdf": 114, "page_imprimee": 107, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1887, "texte": "     petits Chronique.                                        107\n\n\n\n   Mais pour lui, — et pour d’autres, assure-t-il, — le front\ns’est plissé douloureusement, à entendre cette sorte de\nlangage mystique. „ ( Langage mystique doit être une bien\nféroce injure dans la bouche de M. Tilmant.)\n   Enfin il déclare n’y avoir rien compris, ce dont nous ne\ndoutons pas un instant.\n                              *\n                             **\n   Le grave Journal de Liège publie un article plus digne.\nIl admire sincèrement “ la péroraison chaude et vibrante „,\noù Stéphane Mallarmé “ semblait transporté, nous dirions\nvolontiers transfiguré, par le souvenir de son ami perdu „.\nIl reproche, il est vrai, au conférencier de n’avoir pas appro­\nprié ses termes à l’intelligence de son auditoire provincial.\nMais c’est, dit-il, parce que, — pour un tel auditoire, —\n“ dans une conférence les qualités qui distinguent le style\nde M. Mallarmé disparaissent, la phrase parlée s’écoulant\ntrop vite pour être comprise. „ Il l’admet aussi; “ à la lecture,\nla phrase de M. Mallarmé se comprend plus ou moins vite,\net l’on reste étonné parfois de la richesse de la langue, de\nl’originalité de l’expression, de l ’ingéniosité dans la recherche\ndu mot nouveau. „ — Il aurait pu ajouter : “ de la philoso­\nphie du poète, „ et bien d’autres choses...; mais ne soyons\npas trop difficiles : étant donné le niveau de la presse belge,\nil est presque surprenant de trouver pareilles lignes dans\nun journal de province.\n  Une phrase est même suggestive ; elle se rappelle “ le son,\nsubitement entendu, d’une langue étrangère... „\n  Peut-être y aurait-il lieu ici, ne fût-ce que pour l’insolite\némoi du rédacteur, à des applaudissements de poètes. Car,\ntenté par quelque m otif lointain en évoquant l’effet d’un\nparler soudain pur, n’aurait-il pas, sans le vouloir, défini\nselon son idée le langage de la Beauté ?\n"}, {"page_pdf": 115, "page_imprimee": 108, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1660, "texte": "108                                               la Wallonie.\n\n\n\n\n  “ En Belgique aussi quelques jeunes poètes ont essayé\nd’infuser un sang nouveau à la prose et à la poésie officielles ;\nà ce titre la Wallonie et la Jeune Belgique ont bien mérité de\nla littérature. „ Paroles dites à son cours par M. H. Perga ­\nmeni, professeur de Littérature française à l’Université de\nBruxelles.\n  Elles lui font honneur et nous l’en remercions.\n                                     *\n                                   * *\n  D ’A rt et Critique s o u s l a s ig n a t u r e de G O R G IA S .\n  Une chose cependant nous déplaît en ce bel ouvrage, c’est\nla mutilation sacrilège qu’a dû subir l’oeuvre grandiose de\nFlaubert pour être adaptée à la scène, et à la scène lyrique !\nMutilation opérée par M. du Locle. Après le Cid et Polyeucte,\nSalammbô; décidément les musiciens respectent bien peu la\nlittérature. Il existe des arrêtés qui interdisent de toucher\nà certains monuments classés, je voudrais qu’il en fût ainsi\npour les monuments de la pensée.\n\n   Et pourtant plus nous allons, plus les auteurs dramatiques\net lyriques sont pris de cette manie d’adaptation. On dirait\nqu’incapables de concevoir par eux-mêmes une œuvre, ils se\nvengent en exterminant celles des maîtres.\n  Les directeurs non seulement commandent la pièce, mais\nchoisissent le chef-d’œuvre dont elle sera tirée, comme on\nchoisit son drap, après avoir décidé de la confection d’un\ncostume, et les jeunes au lieu de chercher dans les replis de\nleur cervelle une conception originale, vous découpent en\nmenues tranches les œuvres les plus hautes et s’épuisent\ndans ce travail d’une inanité constatée.\n"}, {"page_pdf": 116, "page_imprimee": 109, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1854, "texte": "     petite Chronique.                                        109\n\n\n\n   Pour en revenir à Salammbô, il me semble que nous avons\nen France assez de poètes sans ouvrage pour que M. Reyer\nait pu se commander un livret tout neuf sans se tailler un\ncomplet dans le R oyal manteau de Flaubert.\n                            *\n                               * *\n  Dans le n° du 1er décembre de la Revue des deux Mondest\nà lire un article de Brunetière : les Artistes littéraires ; où se\nvoient des choses bien étonnantes, telles :\n  Parlant des Fleurs du Mal (p. 698). “ Quelques beautés,\nou plutôt quelques curiosités m’y paraissent toujours chère­\nment payées ;..... ses thèmes habituels m’en déplaisent\nautant, ceux-ci pour leur banalité, ceux-là pour leur igno­\nminie „ puis “ l ’originalité de Baudelaire n’aurait-elle pas\nconsisté pour une bonne part dans son charlatanisme ?... je\nserai bien vieux... quand je verrai dans Baudelaire un poète\nsincère „ p. 699 trouve “ heureuse, expressive et spiri­\ntuelle „ cette formule de l’art des Goncourt donnée par un\ncritique “ le développement exagéré de la sensibilité\nartistique les a menés tout droit à l’impuissance d e . l’art. „\np. 701 “ la théorie de l’Art pour l’Art, inacceptable dans le\nroman, et discutable dans le théâtre, ou tout au moins dans\nla comédie, est défendable dans la poésie pure,, p. 701. “ S’il\ny a une petite part de vérité dans la doctrine de l’Art pour\nl’Art, par exemple quand on l’applique à la peinture ou à la\nmusique, on peut croire qu’en littérature la névropathie de\nceux qui l’ont professée n’en fasse pour la plus grande part\nl’illusion ou le rêve d’un malade. „ Lombroso ne trouve même\npas grâce à ses yeux. Si ses lecteurs sont curieux de savoir\nce que le nom respecté de la science peut couvrir de puérilités\nil les renvoie au livre du professeur Lombroso, Génie et\nFolie.\n"}, {"page_pdf": 117, "page_imprimee": 110, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1802, "texte": " 110                                               la Wallonie.\n\n\n\n  Flaubert est un peu moins malmené ; cependant il écrit\nparfois si mal, sa forme manque de légèreté et “ ii bronebe et\ntombe dans le galimatias aussi souvent qu’il essaye d’expri­\nmer des idées „ ce qui doit être la grande épreuve des\n“ représentants de la prose française      Mais un peu plus\nhaut ne lisons-nous pas cette phrase du “ maître de la prose „\nde M. Brunetiere lui-même : “ M. Spronk a fait des extraits\nsinon révélateurs mais en tout cas qui donnent à penser „ !!\n\n                               * *\n   Axel, par le comte de V i l l i e r s   d e l ’I s l e   A dam . —\n Un volume in-8° de 300 pages. — Paris, Maison Quantin, 7,\nrue Saint-Benoît. — Prix : 7 fr. 50.\n  Axel, l’œuvre posthume de Villiers de l’Isle Adam, est\naussi son œuvre capitale; la conception en remonte aux\nannées de sa jeunesse, et il a passé la majeure partie de sa\nvie à l’écrire.\n   Villiers de l’Isle Adam est un écrivain de haute taille, un\nvéritable géant littéraire, de la famille des Gœthe et des\nHugo. Dans cet ouvrage, où l’auteur a mis tout son sang et\ntout son être, on peut dire que palpite et vit l’âme de l’hu­\nmanité tout entière ; les problèmes de haute psychologie, qui\npréoccupent depuis des siècles les penseurs et les philosophes,\ny sont fouillés de main de maître avec une élévation dans la\npensée et une magnificence dans le style qui enlacent le lec­\nteur le plus rebelle et le transportent d’un coup d’aile dans\nles plus hautes régions que l’esprit humain puisse atteindre\n   Toutefois, malgré son caractère psychologique, Axel se\nprésente dans des conditions de parfaite lucidité. L ’œuvre est\ndivisée en 4 parties : le monde religieux, le monde tragique, le\nmonde occulte, le monde passionnel, qui sont comme les quatre\n"}, {"page_pdf": 118, "page_imprimee": 111, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 621, "texte": "     petite Chronique.                                        111\n\n\n\n actes d’un gigantesque drame, le drame de l’Humanité ; la\nforme du dialogue donne à l’idée un relief, une concision et\nune vivacité d’allures qui appellent la déclamation; car\nA xel doit pénétrer dans l’esprit par la musique de la voix\nhumaine, dont un Berlioz ou un Bichard Wagner seulement\nserait digne d’écrire l’accompagnement.\n  L a Maison Quantin, qui a tenu à honneur d’éditer cotte\nmerveilleuse épopée, en a fait un vrai chef-d’œuvre de typo­\ngraphie digne du regretté maître.         (Communiqué.)\n                              * *\n          "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-019", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 111, "page_fin": 112, "titre_corps": "Mon cher M.", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Adolphe Retté", "ancre_debut": "Mon cher M. 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Coppée et non celles de Verlaine, ce qui est\ndifférent mais aussi peu louable.\n   4° Quant à M. Maus, je lui ai consacré une phrase particu­\nlièrement louangeuse et à laquelle, on peut croire, il est\nimpossible de donner un autre sens que celui qu’elle a la\nprétention d’exprimer.\n   Je profite de l’occasion pour répondre à une lettre de\nM. Valère Gille, d’ailleurs fort aimable, où ce poète déplorait\nmon aveuglement à l’égard de MM. Giraud et Bodenbach et\nm’invitait au repentir — vu l’opinion favorable exprimée\njadis par Verlaine sur le talent de ces deux écrivains. Cela\n"}, {"page_pdf": 119, "page_imprimee": 112, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 728, "texte": "112                                                 la Wallonie.\n\n\n\nne prouve qu’une chose : je ne suis pas de l’avis de Verlaine —\net ce m’est fort indifférent. Bien plus, j ’ai le regret de persister\ndans mon sentiment. Pour M. Séverin, il n’est nullement\nquestion de lui dans mon article; M. Valère Gille n’a donc\npas à le défendre.\n  Il ne me reste donc qu’à remercier M. Valère Gille des\ncompliments que, malgré “ mes erreurs          il a bien voulu\nm’adresser et à souhaiter à la Jeune Belgique plus d’exactitude\ndans ses citations.\n   Merci et pardon, mon cher M., tenez-moi pour vôtre\n                                                A dolphe BETTÉ.\n                               *\n                              * *\n   "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-020", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 112, "page_fin": 112, "titre_corps": "À l’Émulation", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ch. P.", "ancre_debut": "A l'Émulation. 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P.\n                            *\n                           * *\n  "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-021", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 112, "page_fin": 112, "titre_corps": "Petite chronique : avis de la rédaction", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Nous apprenons la mort du père de notre collaborateur et ami Albert Saint-Paul", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 119, "page_imprimee": 112, "debut_caractere": 1418, "fin_caractere_exclue": 1856, "texte": "Nous apprenons la mort du père de notre collaborateur et\nami Albert Saint-Paul. Nous adressons à celui-ci nos plus\nsincères compliments de condoléances.\n                                            *\n                              * *\n  En mai prochain, la Wallonie consacrera l’entièreté de son\nnuméro à M. Emile Verhaeren. Nous publierons des vers et\ndes proses, parallèles à ses oeuvres déjà publiées, et restés\njusqu’à ce jour inédits.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-203", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "H ôtel des A m é r i c a i n s 14 — Rue de l’Abbé de l’Epée", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 120, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 5, "fin_caractere_exclue": 1515, "texte": "H ôtel              des A m é r i c a i n s\n          14 — Rue de l’Abbé de l’Epée — 14\n                                  PARIS.\nEn face du Luxembourg. Près du V al de Grâce.\n           Au Centre des Ecoles.\n\n    Tous les appartements ont vue sur (le magnifiques jardins.\n                        PENSION DE FA M ILLE .\n\n\n\n\nPHOTOGRAPHIE INSTANTANEE\n                    H . Z E Y E N .\n          137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                             L I É G E .\n\n    S pécialité d ’agrandissem ent à la lum ière électriqu e.\n\n\n    FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                 Place du T h éâtre, 11, Liége.\nP orte-ciga res en écu m e d e m e r ,a m b r e et ra cin e de bruyère.\n   — P ièces de com m ande, É cusson s, Initiales, P ortraits,\n   exécu tés en 24 heures.\n                        RACCOM MODAGES.\n\n    Quelques collections de LA WALLONIE (1886, 1887, 1888 et 1889)\n                     sont en vente au prix de 6 francs.\n                  L a W a llo n ie e s t on v e n te\n\nA LIÈGE : Chez MM. Gnusé ; George; D’Heur; Rrandt; Aubette du Pont\n    d’ Avroy.\nA BRUXELLES: Chez M M.Rosez,libraire;Istace,libraire,et Lacomblez,libraire.\nA GAND : Chez MM. A. Hoste, libraire, rue des Champs ; Wennewitz (Muquard),\n    libraire, rue des Champs ; Vuilsteke, libraire, rue aux Vaches.\nA ANVERS : chez Mme Ve De Vetter, rempart Ste-Catherine.\n\n\nA PARIS : Chez MM. Vanier, libraire, 19, Quai St-Michel ; Savine, libraire,\n    18, rue Drouot, et à la Librairie Nouvelle, rue de la Boétie, 3.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "5e ANNÉE, Nos 2-3. 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Union postale : 6 f r . 5 0 .\n\n\n                                                  "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-02-n2-3-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE E mîle Verhaeren . . . . Soirs de jardin. Charles V", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 121, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 445, "fin_caractere_exclue": 1556, "texte": "SOMMAIRE\nE mîle Verhaeren . . . .                         Soirs de jardin.\nCharles Van Lerberghe . Tal e.\nFrancis Vielé-Griffi n . . Mon rêve de ce soir.\nCharles Delchevalerie . . Avril d’âme.\nGabriel Mourey ....................Prélude.\nMario V a rv a ra .....................de l’ “ Album parisien „ .\nJules B o i s ............................... tes Yeux.\nAuguste Vierset . . . .                         From Home : The Tower.\n                                                             Westminster-Abbey.\nCharles S lu y ts .................... Vers.\nHenry van de Velde . . . Notes d’Art.\nJean Delville .............................. Saint Jean, le Théologien.\n                                           l ’Ame des foules.\nP .-M. Olin, Ch. D., etc. . . Chronique d’Art.\nHubert K ra in s .....................Chronique littéraire.\n                             Petite Chronique.\n\n\n\n                     Ce numéro 75 centimes.\n\n\n\n                                                                                  ,\n                                D ei p r c iie ) d t 11. V a tlla n t-C a rm a n n e à L tig e.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 70, "texte": "     LA\nWALLONIE\n\n\n    Février-Mars 1890.\n"}, {"page_pdf": 71, "texte": " REVUE\n         L ’ART MODERNE\n             CRITIQUE        DES       ARTS      ET   DE    LA     LITTÉRATURE\n\n                26, Bue de l'Industrie, Bruxelles.\n                    Abonnement : 10 fr. par an.\n\n\n                         V iennent de paraître :\n\nS c è n e s     t ie IB a l,      livre de vers, par Alb. S t - P a u l .\nL e s    D é b â c l e s ,         par É m ile V e r h a e r e n .\nC l o c h e s      e n   la       N u it ,       par A dolphe R e t t é .\nL ’A r t     e n   E x i l ,      rom an, par G. R o d e n b a c h .\nS e r r e s    c h a u d e s ,         par M aurice M a e t e r l i n c k .\n\n\n\n\n         M ERCURE DE FRANCE\n                                    MENSUEL\n              15, rue de l’Echaudé-Saint-Germain\n                    Un an, 5 fr.; Union postale, G fr.\n\n\n\n\n         ART & CRITIQUE\n    R evue      hebdom adaire              des    Lettres    et     des     Arts\n\n                   Paris, 7, Rue des Canettes\n\n           Paris, 12 franc s l’a n ; Étranger, 15 francs.\n\n           En souscription dans nos bureaux ;\n     C   R    Ê    P     U    S    C   U    L     E   S     D     ' A   M   E\n\n                L ivre de vers par Gabriel M o u r e y .\n25 exem plaires Sur Japon, à 5 fran cs, sont à so u scrire .\n"}, {"page_pdf": 72, "texte": "            SOIRS DE JARDIN.\n\n                             I.\n  Tout clair, sur les grands deux du soir en désarroi,\n  Un lys ouvre sa fleur comme une main de marbre,\n  Au bord d’étangs où pleure une ramure d’arbre.\n\n  E t sous l'horizon noir, plombé de froid,\n  Silence et vide — et rien que vide et que silence.\n\n  A moins, en un repli de sol, traîtreusement,\n  Un tic-tac monotone et lourd : le battement\n  Toujours d’un même flot visqueux aux pieds de l’arbre\n  Vers ce lys clair, qui tend au ciel sa main de marbre.\n\n                            II.\n\n  Sur un fond de mur d'or, cendré de verdoyances,\n  Les blancs magnolias éclatent dans le soir,\n  Pour que la lune vienne au long du promenoir\n  Cueillir nocturnement les stériles pâleurs\n  E t les parfums glacés de leurs pétales ;\n  Puis remonte, là-bas, pour les saisons fatales\n  Faire de la neige avec des fleurs.\n\n  Sur un fond de regret et de mortes croyances\n  Tes seins de gel ardent éclatent dans le soir.\n\n1887.                             E m ile VERHAEREN.\n                                                       5\n"}, {"page_pdf": 73, "texte": "                      TALE\n\n\n\n\n       C\n       ’e s tla nuit de Noël et l’Enfant royal s’est\n         levé. Sa mère dort, ses frères et ses sœurs\n         dorment. Il erre seul, pieds nus, à tâtons, par\n    •y   les longs corridors sombres. Une porte\ns’ouvre, et voici qu’il aperçoit dans les ténèbres,\nendormie sur la table d’un céleste festin, Samya\nattendant le jour et ses convives, Samya aux\ncheveux d’or couronnée de fleurs closes.\n   Soudain les cloches sonnent, l’enfant s’éveille, elle\ns’éveille lentement et regarde, elle se lève et sourit.\n   Et tous deux se contemplent ainsi jusqu’à ce que\nles cloches ne sonnent plus, jusqu’à ce que les pre­\nmiers rayons du soleil aient dissipé la nuit divine.\n   Et l’Enfant royal s’en va. Il a fermé ses yeux à\njamais. Il s’en va dans cette nuit nouvelle, pieds nus,\nà tâtons, par les longs corridors sombres — et se\nrecouche.\n   Et voici que sont venus dans sa chambre ses frères\net ses sœurs en habits de fête. Lève-toi, disent-ils, ô\n"}, {"page_pdf": 74, "texte": "    Tale.                                                67\n\n\n\n notre frère, déjà c’est grand matin, le soleil de Noël\n nous éclaire. Allons chercher les belles choses que\n cette nuit nous a données.\n    Et l’Enfant royal répondit :\n    Ses petites mains ont touché mes lèvres ardentes,\n elle a versé dans mes yeux d’intérieures clartés.\n Quoiqu’elle ne m’ait pas parlé je me souviens de ses\n paroles. J’ai respiré les pâles roses de son souffle,\n bien avant vous.\n    Elle est morte. Ce n’était qu’une enfant trouble,\n une vierge illusoire, une fleur précoce de la lumière\n stérile — mais elle m’a regardé du fond de ses yeux\n natifs; elle a réalisé mon bonheur loin de Dieu.\n Maintenant elle est morte. Elle m’attend sous mes\n paupières dans un beau jardin de ténèbres et de\n fleurs. C’est là que je vais la revoir avec son doux\n visage de silence.\n    C’est pourquoi mes frères et mes sœurs, laissez-\nmoi. Il n’est plus de Noël. Tandis que vous dormiez,\nj ’ai veillé. Laissez-moi me rendormir. Ne me réveillez\nplus de cette belle nuit. Je veux rentrer dans ses\nténèbres, je veux rêver.\n    Et ses frères et ses sœurs l’ayant contemplé lon­\nguement s’enfuirent soudain sur la pointe des pieds\n— et tous eurent peur de ce sommeil étrange.\n\n                       Ch a r l e s   VAN LERBERG H E.\n"}, {"page_pdf": 75, "texte": "    MON R Ê V E DE CE SOIR...\n\n\n\nMon rêve de ce soir est d’un cristal\nOù tu versais le vin de ton rire\nDiaphane comme une source qui bouillonne\nE t qu'on boit à pleines lèvres de désir;\nMon désir de ce soir est d’un heurt de métal\nClair et vibrant à l’unisson de mon désir,\nVainqueur et joyeux — comme une armure sonne —\nMâle et rieur et clair — que l’on s’y mire.\n\n\nMon amour de ce soir est de toi, toujours telle,\nFuyante comme un rayon au mur\nEn ta gaîté de feuillée;\nPuis, lasse, qui te pends en guirlande mortelle,\nE t bonne comme une flamme en la veillée\nE t sapide au cœur comme un limon sûr,\nMon amour est de toi, toujours telle.\n\n                          F r a n c is   V IELÉ-G RIFFIN .\n"}, {"page_pdf": 76, "texte": "                        AVRIL   D’AME.\n\n\nà A ug. He m o ta y .       Com me les vierges e t com m e les jo ie s.,\n                                       F r a n c is V ie l é   G r if f in .\n\n\n\n\n          la plaine claire, au long des rêves anciens, la\n          n\n          O\n         grêle enfant s’en va rêvant, parmi l’or moel­\n         leux des bruyères.\n          Fleuri, le ciel, d’une discrète apothéose :\nc’est l’aube d’un soleil voilé de gazes tranquilles ; au\nloin, des brumes d’opale traînent aux genêts. — Entre\nses doigts sont à mourir de pâles chrysanthèmes.\n   Je la sens venir des forêts de jadis, là-bas — et\nleurs velours frangés d’améthyste sous les cîmes\nrosoyantes — l’Alliciante, si lasse, d’autrefois malgré\nses lèvres un peu cruelles..., charmeuse pâle aux\npures mains d’oubli.\n   Autour d’elle, en effluves d’une Iris, et vers son\nsourire, les profondeurs du matin sont un naïf\nencens de corolles.\n   Et dans ses yeux survivent tous les avrils du\nPassé, et pensivement rayonne l’or brun de ses\nboucles ballantes.\n"}, {"page_pdf": 77, "texte": "70                                     la Wallonie.\n\n\n\n   La réginale fée, l’enfantine sainte aux linons\nmauves qui bercent, et son lent sourire effeuillant\ntous songes — les jouets d’or et fleurs matutinales...\n   Et mièvres, vaguant par l’adamantin des rosées,\nses mièvres pieds d’Epipbanie !\n   Mais là où vont ses pas, des rouges fleurs glo­\nrieuses, c’est un bymne — et qu’elle ne comprend\npas — l'hymne despotique, vers le miracle en fleur\nde ses seins ingénus.\n\n                   C h ar les   DELCH EVALER IE.\n"}, {"page_pdf": 78, "texte": "                   PRÉLUDE.                        «\n\n\nTon âme est comme un crépuscule d’automne,\nTout pâle du vol des heures en allées,\nTout sonore du dernier sanglot des cloches,\nMouillé de défaillance comme un œil qui pardonne ;...\nO ces fantômes vêtus de lin, dans les allées,\nAu râle, qui n’est plus qu’un soupir éteint, des cloches !...\n\nBrunie du jour qui meurt, poussière, fumée,\nVagues du soir tombé, cendre violette\nDont se voile le ciel, courtines royales\nEtouffant de leur deuil les cris des lèvres pâmées\nO langueur d’un automnal crépuscule où s’ arrête\nMa pensée en rêvant ton âme aux bontés royales !...\n\nQue je voudrais en d’ineffables musiques\nCapables de faire mourir les âmes élues,\nPouvoir évoquer les mansuétudes\nDe ton amour, symboliser les douceurs mystiques\nDont tu me caresses, tes tendresses absolues,\nPour quoi je te nomme Reine des Mansuétudes !...\n\nJe te nomme aussi Reine de mes extases\nEt Reine des voluptés spirituelles\nQui me font souhaiter l’éternelle sieste\nSous tes voiles tissés de perles, de chrysoprases,\nDe sardoines, tous deux en de subtiles nacelles\nBerçant nos cœurs endormis pour l’éternelle sieste.\n\n                                    G a b r ie l   MOUREY.\n"}, {"page_pdf": 79, "texte": "       de l ’   « AL BU M PARISIEN. »\n\n\n        u\n        N, clair, jouissant d’un repos propret en la soli­\n         tude et sous le doux drap d’une lumière de\n         gai dimanche, s’étendait, et presque semblait\n         s’étirer en paresse, un escalier secondaire de\n         Mairie.\n   Des pas retentirent; d’une ascension sans hâte\nhoulèrent trois hommes, en quête d’un bureau.\n   Ayant trouvé, un d’eux frappa, arquant une ligne\nlégère de dos plaisant; et, muet, il tendait l’oreille,\nvaguement interrogeait d’un regard ouvert et sou­\nriait, à peine.\n  Immédiate et comme suffoquée, une voix grasse\ngargouilla, qui se perdit dans un très voilé glouglou ­\ntement de pigeon roucouleur. Alors, l’homme qui\navait frappé éteignit le sourire des lèvres, pendant\nqu’en les yeux persistait le sourire, et, redressant sa\ntaille, entra, suivi des autres.\n  Plus calme encore, bien que mouvementée d’une\naction d’employé seul, cette pièce s’abandonnait aux\nétreintes d’une paix immuable ; et même pas le\nfumet révélateur d’un jour de fête et de bruit qu’y\napportaient évidemment les trois venus, ne sembla\n"}, {"page_pdf": 80, "texte": "    de l “ A l bun parisien                          73\n\n\n\nl’émouvoir ni la déranger. Après qu’une phrase brève\neut annoncé ce qui les amenait, un silence domina,\noù, comme sortant de l’essence même de ce bureau\nsobre, se dévoila le balancement doux et âgé d’un\npendule, marquant l’irréductible battement de pouls\nmathématique de ce milieu anéanti dans les béati­\ntudes, où la foule devait passer sans y laisser la\nmoindre trace vivante de ses affres ou de ses colères.\n   Un grand vieux propre — l’employé — une per­\nsonne sans angles, coulait et glissait en les recoins,\nparmi l’ameublement serré, sans encombrer ni\nheurter, avec une complaisante et tendre adresse de\ntrès longue et constante familiarité.\n   Les autres, assis, attendaient, les lignes de leurs\ncorps dans un laisser-aller d’aise, causant, avec des\nrires insinués comme circulant et serpentant dans\nune satisfaction de bien-être momentané.\n   Tout à coup, l’appel de l’employé, un bruissement\nbrouillé de chaises; et, la causette comme engloutie\net refoulée, les trois visiteurs, debout, approchèrent.\n   Boulant des gargouillis plus gras et sonores, l’em­\nployé s’enquérait des noms et des circonstances,\npendant que, derrière son vieux dos poli et rafraîchi\nd’une redingote de fête, la grande baie de lumière\napportait, à travers les vitres closes, la verte colo­\nration mue des branches, que la protection paternelle\nd’un arbre semblait se complaire à établir là, pour\nque fût achevé le pacifique et patriarial décor de cette\noasis administrative.\n"}, {"page_pdf": 81, "texte": "71                                     la Wallonie.\n\n\n   Tout au bonheur d’émettre des phrases quelque\npeu follettes d’expansion festive — où le repos du\nsoucieux travail de la semaine semble se goûter et\nse sentir avec plus de caresse et de chatouille en une\nactivité de bavardage sonnant un petit air de mu­\nsique intime à l’oreille — ce groupe allait en les\nexplications nécessaires, et vite essayait d’en sortir\npar des échappées sur des arguments et des faits en\ndehors des formalités de loi.\n  Aussi, c’était avec un véritable délice dodelinant\nde tête et un plus onctueux borborygme d’émission\nvocale que l’employé, en apprenant la profession de\nces Messieurs — musiciens — s’enquérait des aven­\ntures d’une nouvelle salle de café-concert en le\nquartier, que bien des vicissitudes gardaient obsti­\nnément close dans le mystère des frais murs\nimpollués.\n  Du coup, l’argument prêta aux éclats de rire ; les\nventres bondissaient d’une ironique satisfaction\nsans bornes. Mais l’abdomen de l’employé ren­\nchérissait de convulsions joyeuses ; un courant de\nsympathie s’établissait entre les gargouillis de la\nvoix et les mouvements du ventre; de sorte que,\nentre la voix et le ventre, semblait circuler la plus\nharmonieuse concorde de satisfaits borborygmes.\n  Tout cela noyait pourtant un peu de cette paix\nplanante, suffoquait la monotone et régulière syllabe\ndu pendule, reniait l’oscillante bénédiction paternelle\nde l’arbre. Un très vague déséquilibre naquit et\n"}, {"page_pdf": 82, "texte": "    de l' Album parisien                                75\n\n\n domina. Alors, obéissant aux nécessités de l’habitude,\nl’employé se tut, la causerie s’éteignit ; et, comme\nrépondant au coutumier appel de la plume caressant\nles pages immenses et sacrées des livres solennels;\nle battement du pendule trôna d’abord, avec\nune insistance d’autorité tranquille; un infiniment\nléger bruissement de feuilles à travers les vitres\nparut apporter l’approbation et l’encouragement des\nbranches, et de nouveau la paix, plus vaste et sereine,\nétablit sa volonté durable.\n   Un nouveau claquetis de voix partit, aussitôt que\nl’employé eut levé la tête, en invitant ces Messieurs\nà la signature. Des porte-plume évoluaient en ses\ndoigts ; il en usait et les balançait et les écartait très\nlégèrement, presque avec amour. Il finissait par\noffrir tout ce qu’il y avait de plus moelleux et de plus\nrare.\n   Voilà — affirmait-il, avec un doux et savoureux\nsourire gras — voilà une plume qui fera parfaitement\nvotre affaire ; vous en serez tout à fait contents... ;\ndes plumes hors ligne, Messieurs, et délicates !\n   Les autres acceptaient, baissaient la tête et\nsignaient, en refoulant un naturel sourire moqueur.\n   Puis, comme ils eurent fini, ils saluèrent et\npartirent. Pendant que, tout à coup, en fermant la\nporte jusqu’au seuil de laquelle il les avait accom­\npagnés, l’employé leur lançait un boulet de gros rire,\nun dernier quolibet sur la salle de café-concert.\n   Très réjouis, les autres demeurèrent en le silence,\n"}, {"page_pdf": 83, "texte": "76                                    la Wallonie.\n\n\net dans la claire solitude d’un palier vaste. Machi­\nnalement aux écoutes pendant quelques secondes,\nnul bruit ne leur arriva à travers la porte close.\nDébarrassé d’eux, le bureau devait s’engourdir\nen la paix absolue, cependant que, pour le bercer et\nl’endormir, le pendule chantait le régulier entêtement\nde sa note.\n      Ils partirent, avec un retentissement de pas\ndans la descente.\n                               Mario VAR VARA.\n"}, {"page_pdf": 84, "texte": "                      TES       YEUX\n\n\nQuand je regarde tes yeux, je vois tes yeux pleurer,\nTes yeux qui n’ont rien du monde terrestre,\nTes yeux lourds de vie passée,\nTes yeux où rien d’humain n’est demeuré,\nRien que ces larmes, oh! ces larmes amassées,\nCes larmes qu’entasse la vie passée,\nCes larmes à la fois célestes et terrestres.\n\nQuand je regarde tes yeux, je vois ton âme passer,\nTon âme passer avec de grandes ailes chastes!\nE t quel sublime essor,\nE t quelle lumière, et quelle blancheur, et quel air lassé!\nE t quel deuil de vie et quel deuil de mort,\nE t quel mépris somptueux des fastes,\nE t quel amour de n’être plus,\nJamais plus !\n\nQuand je regarde tes yeux, je vois ton cœur passer,\nJe vois ton cœur rouge à cause des plaies\nE t de l’ inutile sang qui coule;\nTu saignes hélas! d’avoir trop caressé!\nTu connus trop les chères amertumes,\nE t les chers couteaux qui blessent en foule,\nE t le trop peu de reconnaissance que nous eûmes....\n"}, {"page_pdf": 85, "texte": "78                                              la Wallonie.\n\n\n\nQuand je regarde tes yeux, je ne vois pas ta chair passer,\nNon je ne vois pas ta belle et triste chair passer,\nNi le feu malfaisant des convoitises,\nNi l’angoisse fatale des coussins creux,\nNi les glorioles, ni les feintises;\nQuand je regarde au fond de tes douloureux yeux,\nJe ne vois pas ta belle et triste chair passer....\n\n\nMais quand je regarde tes y eux, je vois le doux Jésus passer,\nLe doux Jésus qui prie et souffre pour nous autres;\nIl est résigné comme tes yeux, le doux Jésus,\nIl a trop rêvé comme ton âme, le doux Jésus,\nI l a trop aimé comme ton cœur, le doux Jésus,\nMais, comme lui, tu veux encor souffrir et prier pour nous autres:\nQuand je regarde tes yeux, je vois le bon dieu passer !\n\n\n                                                J ules   BOIS.\n"}, {"page_pdf": 86, "texte": "                        FROM HOME (*).\n\n\n                                                       The tow ee.\n\n\n\n\n                extérieur de la Tour de Londres, cette\n        'La s p e c t\n\n         Bastille anglaise, dissipe, plutôt qu’il ne\n        l’évoque, le souvenir des sanglants événe­\n        ments dont elle fut le théâtre. Son étendue,\nson enclavement en pleine ville, ne permettent point\nau spectateur d’embrasser le tout d’un coup d’œil :\non ne distingue, au-dessus du mur d’enceinte, que\ntours crénelées et façades blanches, qu’un édifice\nquadrangulaire, flanqué aux angles de tourelles,\nsurmonté de son énorme masse. Mais l’impression\nd’indifférence s’efface, sitôt franchie la porte des\nLions. Coup sur coup les remembrances s’éveillent,\nle cœur s’oppresse, et sur les pierres, sombres de\ncrime, l’histoire se déroule, éclairée par des lueurs\nd’incendie et le reflet sinistre des haches.\n   Voici la porte de Fer, la porte des Traîtres, dont\nle pont levis s’abaissa pour tant de prisonniers; leurs\ngrilles closes sont maintenant rouillées et l’herbe a\n\n(*) Suite. Voir les nos d’octobre-novembre, décembre 1889 et janvier l890.\n"}, {"page_pdf": 87, "texte": "80                                     la Wallonie.\n\n\nrecouvert — silence de verdure — ces pavés\nqu’usèrent les pas des condamnés. Voici Middle-\ntower, Bell-tower, où furent découverts les ossements\ndes enfants d’Edouard, Walkefield-tower, où ,\nprétend-on, fut assassiné Henri VI.\n   Les parois suintent des larmes, à chaque pas\ns’ouvrent des tombes; ces tours délabrées, étouffeuses\nde sanglots, semblent pleines de fantômes. Je pense\nà Jane Gray, la gracieuse souveraine, exécutée à\ndix-sept ans avec Guildford son époux, par ordre de\nMarie Tudor, à Laud, à Cranmer, à Jean II de France,\nà Charles Bailly, l’agent de Marie Stuart, au duc de\nNorthumberland, à l’infortunée Anne de Boleyn,\nfemme d’Henri V III, laquelle — pour avoir, au\ntournoi de Greenwich, laissé tomber son mouchoir\nau pied du gentilhomme Norris, qui le porta à ses\nlèvres — fut condamnée par le tribunal des lords a\nêtre brûlée ou décapitée, selon le bon plaisir du roi !\nSes restes reposent dans la chapelle; en face du por­\ntail , une dalle indique la place où sa tête roula sous\nla hache du bourreau.\n   J ’hésitais à fouler ce sol où semblait se dresser\nencore le billot fatal devant lequel s’agenouillèrent\nCatherine Howard, quatrième femme d’Henri VIII,\nle comte d’Essex, favori d’Elisabeth, le patriote\nécossais Wallace, le vénérable Thomas Morus,\nStraiford, lâchement abandonné par son maître, et\ndont le souvenir dut hanter les rêves de Charles Ier\npendant la nuit suprême.\n"}, {"page_pdf": 88, "texte": "    from Home.                                         81\n\n\n\n   Cette tour en ruines, c’est Bowyer-tower, où le duc\n de Clarence se noya dans un tonneau de Malvoisie;\nje parcours les cachots de Beauchamp-tower, où les\nplus illustres prisonniers passèrent leurs dernières\nveilles. Les murs sont couverts de dessins patients\nsculptés en relief dans le plâtre, de devises, d’inscrip­\ntions à demi effacées ; des anneaux persistent, rappe­\nlant les chaînes disparues et un pâle soleil, à travers\nles barreaux, éclaire ces cellules jaunies vibrantes en­\ncore de plaintes d’opprimés et de prières de martyrs.\n   White-tower, l’immense quadrilatère du centre\nbâti par Guillaume le Conquérant en 1078, a été\ntransformé en un musée où les instruments de\ntorture, le masque du bourreau, les haches et les\nbillots sont étiquetés au milieu d’armes de toute\nespèce et de tous pays : des bannières turques, des\nétendards où se tord le dragon de Chine se déploient\nau-dessus des panoplies indiennes, persanes et mau­\nresques, de vêtements de combat japonais, de parures\nde guerre birmanes et malaises ; des dépouilles de la\nRenaissance s’étalent le long des murs couverts de\nreliques de Waterloo; la cuirasse que portait Louis\nBonaparte au tournoi d’Eglinton en 1839, miroite\nprès des armures de Charles Ier et d’Henri IV de\nFrance, et ce désordre apparent de civilisations et\nde siècles laisse une impression étrange en ces salles\noù le temps a laissé subsister des fragments de\npensées, confiées par des captifs à la pierre, en la\nmonotonie des heures de réclusion.\n                                                 6\n"}, {"page_pdf": 89, "texte": "82                                            la Wallonie.\n\n\n  Je retraverse la cour, où des soldats manœuvrent\ntandis que des pigeons picorent à quelques pas ; à la\nsortie, l’un des gardiens, beafeaters costumés à la\nmode Henri VIII, m’indique la tour Régalia où se\ntrouve la salle des joyaux.\n  Sous des vitrines léchées de soleil, les sceptres, les\ncouronnes, les globes, les bracelets, les épées, plaquent\nsur le velours rouge de lueurs bleues d’acier, de blan­\ncheurs mates d’ivoire, le large scintillement des ors;\ncette orfèvrerie superbe, sur laquelle çà et là planent\ndes colombes d’onyx, se constelle de perles, s’in ­\ncendie de rubis, s’ azuré de saphirs, éblouit et fascine\npar l’éparpillement des diamants, des topazes, des\némeraudes, des pierres précieuses, se magnifie en une\nféerique floraison de clartés qui rient, de lumières\nqui caressent, de reflets qui gaminent et d’éclairs\nqui fulgurent.\n  Et je songe aux ironiques et profonds caprices du\nhasard qui, dans l’orgueilleux étalage d’un vain\nfaste princier, me fait contempler le diadème de la\nreine, exécuté pour Anne Boleyn, aux lieux mêmes\noù celle-ci monta les marches de l’échafaud.\n\n                              W e s t m in s t e r -A b b e y .\n\n\n   En la demi-clarté qu’un jour déclinant laisse filtrer\nà travers la verrière, la nef superbe dresse sa multi­\ntude de colonnes frêles, infinies; les arcs des voûtes\njaillissent des chapitaux, où ils semblent poser à\n"}, {"page_pdf": 90, "texte": "    from Home.                                       83\n\n\npeine, s’élancent dans le vide, se croisent avec\nune hardiesse merveilleuse ; c’est un enchevêtrement\nde courbes, de nervures, d’arêtes dentelées, un\nfouillis de sculptures délicates, une forêt de pierre\ndont les floraisons se perdent, là-haut, dans les\nramures estompées de nuit.\n   Et du silence — un silence d’admiration et de\ncrainte vague — neige dans ce sanctuaire, qui est\naussi une nécropole. Car le sol est pavé de tombes,\nles monuments sont des sarcophages, des statues et\ndes bustes processionnent le long des murs de ce\nSt-Denis anglais consacré au génie, à la puissance\net à la gloire. Les visiteurs glissent entre les piliers\ncomme des fantômes, les rares paroles échangées\nmeurent sur les lèvres, les pas s’arrêtent hésitants\ndevant ces dalles gravées des noms les plus illustres.\n   Voici le Poet’s Corner, au fond du transept-sud,\noù avec tant d’autres reposent Macaulay, Ben\nJohnson, Sheridan, Dickens, Garrick, Chaucer, où\n des monuments ont été élevés à Longfellow, Shakes­\npeare, Drayton, Goldsmith, Haendel, à tous ceux\n que les arts ont rendus célèbres et dont les œuvres\n ont fait battre le cœur des hommes. Ceux-ci parais­\n sent s’en souvenir, avoir gardé un peu de piété et\n de reconnaissance pour les écrivains et artistes\n auxquels ils durent tant d’heures bénies, tant de\n sensations supra-terrestres, car le Poet’s Corner est\n la partie de Westminster-Abbey où les visiteurs\n affluent de préférence et s’attardent le plus volon­\n"}, {"page_pdf": 91, "texte": "81                                         la Wallonie.\n\n\n tiers. Quelques noms ont été bannis de ce Panthéon,\nde brillants fleurons manquent à cette couronne des\ngloires anglaises, et l’ on ne constate point sans\ntristesse l’absence de Swift, de Byron laissé à l’écart\nà cause de son scepticisme religieux.\n   Dans un coin peu digne d’un si grand poète, je\nremarque un modeste buste de Milton avec cette\ninscription :\n\n      No more the grecian Muse unrival’ d reigns\n      To Britain let the nations homage pay :\n      She felt a Homer’s fire in Milton’s strains\n      A Pindar’s rapture in the Lyre o f Gray.\n\n  Voici que s’ouvre la grille donnant accès aux\nsépultures royales.\n   Sur le froid couvercle des sarcophages, rois,\nreines, guerriers et courtisans étendus, dorment,\nmains jointes, leur sommeil de pierre; l’écho des\nchapelles s’éveille au débit monotone du gardien, au\nmurmure de la foule qu’il guide de tombe en tombe.\nJe vague à l’aventure, contemplant les monuments,\ndéchiffrant les épitaphes ; j ’arrive à la chapelle\nHenri V II aux portes ornementées de délicates\nroses de bronze. Douze piliers gothiques supportent\nle toit superbement décoré de pendentifs et de\nvoussures sculptés. Les murailles sont couvertes\nd’emblêmes héraldiques, d ’armoiries royales, de\nroses Tudor, de fleurs de lys ; les hautes stalles en\nchêne des chevaliers du Bain sont disposées le long\n"}, {"page_pdf": 92, "texte": "     from Home.                                       85\n\n\n des murs de la chapelle, ornées de leurs casques, de\n leurs épées, surmontées de leurs bannières écusson-\n nées dont l’or et le cramoisi fanés ressortent faible­\n ment sur la teinte grise du toit. Je m’arrête un\n instant devant le tombeau de Marie Stuart, qu’une\n grille de fer entoure, portant le chardon, son em­\n blème national. De temps en temps m’arrivent des\n bruits de pas, des lambeaux d’explications du guide:\n sir Brocas, chambellan de la femme de Richard II,\n décapité en 1399 par ordre de Henri IV        , la com­\n tesse de Strafford, morte en 1693, femme de lord\n Strafford décapité à la Tour en 1680..... Et froide­\n ment chaque mot tombe dans le silence, comme des\n gouttes d’eau sur des dalles.\n   La chapelle de St-Edouard le confesseur — où la\ntradition reconnaît en l’un des deux sièges de cou­\nronnement y conservés, la pierre qui servit d’oreiller\nau patriarche Jacob — est une stalle surplombante,\nespèce de grande chaire où l’on accède par un petit\nescalier tournant. Accoudé à la balustrade, je pro­\nmène un dernier coup d’œil dans l’immense nef, et,\nsongeant aux milliers d’êtres dont les restes pulvé\nrisés s’entassent dans ces cryptes, à leur repos\nsuprême sans cesse troublé par le va-et-vient des\ncurieux, je me demande si beaucoup d’entre eux\nn’eussent pas préféré quelque tombe champêtre,\nfleurie de printemps et caressée de soleil, si les flots\nou la terre rouge des champs de bataille n’étaient\npas le secret désir des marins et des soldats\n"}, {"page_pdf": 93, "texte": "86                                   la Wallonie.\n\n\nendormis côte à côte sous ces sombres voûtes,\net si Livingstone n’eût point dédaigné les honneurs\nposthumes de \"Westminster-Abbey pour un tumulus\nsolitaire élevant sa croix de bois en quelque oasis\nperdue du désert africain.\n\n                                A u g . VIERSET.\n"}, {"page_pdf": 94, "texte": "                        VE RS .\n\n\n                             I.\n\n\nPuisque notre amour n’est qu’un amour de lumière,\nConçu par nous, enfants bien doux et bien débiles,\nA tel point que nos yeux semblent être des îles\nOù nage dans les eaux la floraison première,\n\n\nNe pouvant nous aimer que par nos yeux bien tendres,\nComme s’ils étaient des foyers où se promène\nLa flamme ondulatoire et tristement humaine,\nCraignons de raviver les si défuntes cendres;\n\n\nCar, pour aimer comme nous nous aimons, nos âmes\nOnt surpris la douceur des étreintes bien calmes,\nPuis elles ont mis dans nos yeux les rêves aimes\nPour que nous nous aimions, comble s’aiment les femmes.\n\n\nE t l’évocation de la chère dolence,\nLasse, nous vint alors; mais si lointaine en somme\nQue j ’osai vous parler d’amour, lentement, comme\nD ’une conception de neige et de silence.\n"}, {"page_pdf": 95, "texte": "88                                               la Wallonie.\n\n\n\n\n                                 II.\n\n\n\n\n     C’était l’heure tranquille et rêveusement tendre\n     Que les après-midi ramènent vers le soir,\n     E t cet instant douteux et doux comme un espoir\n     Où va s’éterniser l’écho qu’on vient d’entendre.\n\n\n\n     La lumière du jour qui tombait dans nos yeux\n     Avec des tremblements lumineux de paillettes,\n     Semblait plus radieuse au fond des violettes\n     E t des lys noirs de nos grands yeux silencieux.\n\n\n\n E t déjà nous sentions en nous la lassitude\n Qui nous pénétra tout entier et sans retour,\n E t c’était troublant, comme au sortir d’un amour,\n E t c'était mourant, comme au sortir d’une étude.\n\n\n\n E t vos yeux qui déjà n’avaient pas été sages\n Toujours, malgré leur doux de violettes, qui\n Sème sur des lys noirs leur lourd prestige acquis,\n Eurent l’ardente foi des consolants présages.\n"}, {"page_pdf": 96, "texte": "   Vers.                                                      89\n\n\n\n\n                            III.\n\n\n\n\nVous en souvenez-vous, ô Madame, de l'heure\nDéjà si trépassée, oh! déjà si lointaine ?\nV o u s vous êtes permis une alerte hautaine\n\nQui, — vous me le direz plus tard, — n’était qu’ un leurre.\n\n\n\nVous en souvenez-vous? L ’heure à peine écoulée\nE t qui semblait déjà par les heures perdue,\nAvait ce je ne sais de langueur éperdue\nQui fit qu’elle parut à jamais en allée!\n\n\n\nE t vous aviez cet air qui se mélancolise\nSous les rayons discrets d’une après-midi bleue,\nComme le paysage en cette banlieue\nQui par l’heure douteuse enfin se tranquillise.\n\n\n\nVous vous en souvenez, n’est-ce pas, 5 Madame !\nVous vous êtes penchée, à mon bras enlacée,\nPour voir si dans mes yeux je portais la pensée\nQui dut vous annoncer le retour de mon âme !\n\n                                      Ch a r le s   SLUYTS.\n"}, {"page_pdf": 97, "texte": "                   NOTES D ’ART .\n\n\n  Les X X ont réveillé toutes les grenouilles de\nla Mare ! Leur exposition est close — et Je concert\ndure toujours.\n   I l F E R A BEAU DEMAIN !\n\n   Voici que deux étoiles se sont levées, que nous ne\n connaissions pas dans notre ciel d’Art. Elles sont\n seules et vierges, venues à temps ; au moment même\n où culbutaient dans l’autre hémisphère — Incohé­\nrence et Veulerie — tels et quelques artistes aimés\njadis.\n    Elles se sont levées dans quelque espace inter­\nmédiaire, nu, loin de toute constellation, brillant\nd’un feu tranquille, se réclamant fièrement de leur\nisolement et de leur décision à rester seules; valant\npar elles-mêmes, où d’autres ont dû se grouper pour\nvaloir, évoluer autour des étoiles de première gran­\ndeur qu’on sait, et, se sentant moins fortes, se\nrassembler pour une figuration définitive : le N é o -\nI m p r e s s i o n n i s m e . Sait-on seulement ce qu’il tente ?\n    Objectivité stricte pour les uns — à courtes vues —\nRéalité !\n   Alors que c’est plutôt : Couleur et le champ vaste\nde ses voluptés et de ses crises. Sensualité à l’écoute\n"}, {"page_pdf": 98, "texte": "    N otes d ’ A rt.                                 91\n\n\n\ndes heurts les plus choquants, des caprices les plus\nfugaces, des harmonies les plus tendres. Divers états\nd’âme à ces Largo, Andante ou Allegretto de couleur !\n   Réalité, la notation de ces voix ? la Couleur ! cette\ninformulée et changeante signification dont se re­\nvêtent les Choses !\n   Ils ont choisi — ces néo — à la place d’où partent\nles deux grandes allées qui nettement s’indiquent\nen ce jardin des X X , ils ont choisi de tracer en cette\nglèbe que la sénilité des manœuvres stérilisait, des\nchemins nouveaux, la remuant d’une analyse nou­\nvelle pour un Paysage si luxuriant, aux si troublants\nparfums, aux appels si claironnants et tant berceurs\nque par des chemins de lumières et d’or nous irons\nau Rêve.\n   — Car faut-il — autres que des littérateurs l’ont-ils\naffirmé — pour échapper aux vulgarités, pour mon­\nter au Rêve, évoquer les apparitions, les Hantises, se\nreplier en les Symboles ? Faut-il rêver “ littéraire­\nment „ je veux dire.\n   La “ peinture littéraire „ — le mot est possible à\nl’heure où tous les Arts fluent pour une existence\nunique — sera-t-elle le seul refuge à notre rancœur\nde la vie ?\n   C’est que je m’insurge un peu contre le “ matériel „\ndont on nous étiquette, mets en garde les littérateurs\nqui semblent octroyer une supériorité à l’Art qui se\nrapproche le plus du Leur, et ne voyent le penseur\nqu’au servir d’un texte.\n"}, {"page_pdf": 99, "texte": "92                                        la Wallonie.\n\n\n\n   J ’admire plus qu’aucun autre pourvu qu’il y ait\n“ nouveauté „ dans ce corps à corps avec les Cauche­\nmars, avec les Monstres. Celui qui créa cette “ Tête\ndu Printemps „ — symbole précis de nos printemps\nà nous — et les albums pour la tentation de\nSt-Antoine de Flaubert imagina, Lui, les monstres\nnouveaux — on l’a dit — et c’est sa gloire.\n   De terre vierge également surgit le génial œuvre\nde l’auteur des “ Sataniques\n   Pâture à nos goûts et attirance irrésistible !\n   D ’Aucuns, qu’on nomme, partis de l’autre route\nont quitté les chemins de lumières pour errer là\nparmi les gorges et les gouffres, talonnés du désir de\nterrasser la Chimère— qu’est l’Œuvre aussi ! — Ils y\nont froid — il paraît — et reviendront — entraînant\nd’autres — vers les oasis qu’on leur prépare, où\nfièrement vont reprendre leur rôle de vrais peintres,\ndélivrés de cette armature : la stricte illustration\nd’un texte, qu’ils ont humiliation à servir d’ailleurs,\nmettant \" avec „ plutôt que “ d'après „ ; puis vêtiront\nleurs rêves de Sérénité et d’Attendrissement et de\nsplendides couleurs.\n   Au résumé, s’annonce un avenir moins angoissé,\nmoins inquiet ; une accalmie réconfortante et\nméritée. Les indices se proclament hautement en\ntelles œuvres — fixant l’au d e l à d u R é e l : “ la vie\ndes choses „ et ces inoubliables paysages du Premier\ndes néo-impressionnistes.\n   Fixer le Rêve des réalités, l’informulé planant sur\n"}, {"page_pdf": 100, "texte": "     N otes d 'A rt.                                            93\n\n\nelles, les disséquer impitoyablement pour voir leur\nAme, s’acharner à la poursuite de l’intangible et se\nrecueillir — dans le silence — pour en noter la mys­\ntérieuse Signification.\n   Et lien ne sera de trop pour la réalisation de cet\nIdéal, ni la recherche stricte des formes, ni la\nmusicale enveloppe des colorations et tout sera\nnécessaire voire nos vies mêmes !\n   C’est prophétie facile annoncer cela.\n                                                  H. v. d. Y.\n  — Devant la logique de l’évolution et devant l’opiniâtre et\nindésarçonnable volonté de ce groupe — les X X — vers ce\nBut — l ’Art, se tairont-ils bientôt les aboyeurs à nos chausses ?\nTel s’arracherait la langue s’il avait quelque pudeur — lui qui\nvient d’être si magistralement gifflé dans “ Certains „ par\nJ.-K . Huysmans — mais il se tairait que brailleraient\nd’autres : le gâtisme est le virus originel des “ feuilles „. —\nUne jeune revue, au moment même où elle fait volte face et\ntravaille des coudes pour arriver à l’avant-garde, ne publie-t-\nelle pas — en s’excusant, tant il est vrai que c’est si inéluctable\nqu’il faut s’y résoudre plutôt que d’extirper — les ordures\nqu’un aspirant-critiquailleur dépose sous notre Porche.\n  Sait-il qu'on n’a pas détruit un monument pour s’être\nsoulagé le long de ses murs, et que c’est peu servir les\npersonnalités qu’on défend que de faire ainsi la Sentinelle\npour elles.\n                                    H enry van de V elde.\n"}, {"page_pdf": 101, "texte": "SAINT JEAN, LE THÉOLOGIEN.\n\n\n                                      (El je fus ravi en esprit.)\n                                             A pocalypse.\n\n\n\n\nEn l’île Patmos, au temps des âges anciens,\nquand Saint Jean, le sombre ascète apocalyptique,\nvit l’Apparition flamboyante et tragique\nlui mettre en l’âme la force des symboles chrétiens,\n\n\nle verbe enflammé des Génies révélateurs\névoquait dans l’effroi prophétique des nues :\nl’ Univers tressaillant sous ses gloires déchues\net les quatre Fléaux exterminateurs ;\n\n\nil vit dans l’orgueilleux fracas des blasphèmes\nle Monstre de luxure procréer les vices\net le genre humain se damnant d’anathèmes.\n\n\n— Lors l’Archange du Bien domina les supplices\net Jean vit étinceler vers un monde nouveau\nle gloriflement évangélique de l’Agneau!\n"}, {"page_pdf": 102, "texte": "l'Ame. des foules.                                             95\n\n\n\n\n       L ’A M E       DES       FOULES.\n\n\nGrouillantes d'orgueilleux prurits de vie,\nHydre irruant ses traces malsaines,\nelles roulent dans leurs flancs les horreurs humaines\npar l’éclatante cité d’opprobre bâtie.\n\n\nSur le pavé infâme où les fanges du Mal\néclaboussent l’Esprit qui offense ces houles,\ncyniquement se vautre l’âme ivre des Foules\nqui hante les grands vices du siècle saturnal :\n\n\noh ! ces frénésies stuprales vers la Chair\net ces cerveaux de proie vers les appas de l’ Or,\net tous ces cœurs maudits et tout l’impur essor\n\n\ndu rire et des clameurs qui s’enliessent dans l’air,\ntandis que s’ accomplit en ses drames puissants\nl’épique Fatalité des instincts et des sens!\n\n                                     Jean   D E L V IL L E .\n"}, {"page_pdf": 103, "texte": "            CHRONIQUE D ’ART .\n\n\n               S téphane   M allarm é   en   B e l g iq u e .\n\n\n\n\n   En diverses villes belges, parla le plus grand poète\ncontemporain : Stéphane Mallarmé.\n   Dire la stupeur de la foule devant ce verbe artiste\ninouï serait oiseux ; car avare elle s’est montrée de\nce qu’avec si surprenante facilité elle prodigue à\nceux niés par le génie et, de la cuistrerie invincible\nglorioleux porte-paroles.\n   De son ami mort, V illiers de l’Isle Adam, le poète\nest venu nous dresser l’auguste fantôme, et tels\ngestes, et telles intonations évocatoires amenaient\névidemment parmi nous le disparu glorieux. Même à\nnous qui avons essayé de rêver avec le rêveur le rêve\napporté, quelle difficulté de pressentir ce que c’eût\nété avec un autre auditoire, composé des seuls\nquelques-uns si rares qui ont voulu comprendre —\nau lieu des gloussements étonnés d’un public, qui\nmême poli, n’a su résister à l’effarement des impres­\nsions inattendues, de la presque terreur sacrée qui\naccompagne toujours le génie, en auréole. Et celui-\nci, parlant de celui-là, c’était un spectacle unique\n"}, {"page_pdf": 104, "texte": "    Chronique d ’Art.                                97\n\n\n\nque trop out méconnu, ce qui leur restera une invi­\nsible pour eux, mais inexpiable tare. Nous étendre\nsur labaute valeur d’un tel commentaire, nous semble\ninutile : ceux qui y furent, eurent la jouissance d’Art\nqui fut leur récompense et pourront la réjouir à la\nlecture de cette miraculeuse prose mallarméenne.\n   Philippe-Auguste-Mathias Villiers de l’Isle Adam\na été en notre esprit attentif et respectueux plus\nprofondément honoré grâce à la vision qu’a sculptée\nen l’éther, son frère d’arme Stéphane Mallarmé.\n                                       P.-M. OLIN.\n\n\n   M. Stéphane Mallarmé est venu, le 14 février, à\nl’Emulation. Il nous a évoqué, en toute sa seigneu­\nriale grandeur, ce Prince, maintenant enseveli dans\nson impassible dédain des hommes, Philippe-\nAuguste-Mathias, comte de Villiers de l’Isle Adam.\n   On ne fait pas à telle magique évocation l’injure\nd’un compte rendu, et l’étude que comporte cette\nprodigieuse causerie, qui ne ferait-elle reculer ? —\nNon, sans parler ici de la diction merveilleuse du\nMaître, de sa phrase lapidaire aux lueurs profondes\net satinées, — disons simplement quel prestigieux\nrêve, quelle suprême joie d’art nous furent ces deux\nheures passées à l’appel -religieux du génie mort,\nsous cette voix lointaine et ces gestes d’au delà.\n                                          Ch . D.\n"}, {"page_pdf": 105, "texte": "98                                                         la 'Wallonie.\n\n\n\n  Co n c e r t s d u Co n s e r v a t o ir e , N o u v e a u x Co n c e r t s .\n\n\n  Vu l ’espace restreint dont je puis disposer, il faudra me\nrésoudre à glisser rapidement sur les œuvres déjà entendues.\nIl serait du reste oiseux d’analyser des génies tels que\nBeethoven et Wagner.\n  Je ne parlerai du Concert d’orgue que pour regretter de ne\npas y avoir entendu une seule note de César Franck. N’est-il\npas Liégeois ? et aurait-on trouvé que son œuvre pour orgue\nfut médiocre ou trop peu important ?\n  En revanche, M. Radoux nous fait entendre de la musique\nrusse. Après la campagne de 1886, en faveur de cette école,\nune légère réaction semblait avoir succédé à l’engouement.\n   L a tentative de M. Radoux a été d’autant plus heureuse\nque son programme comportait, outre la Danse Persane de\nMoussorgsky, déjà entendue, le Prince Igor de Borodine.\n     Dans l’ouverture de cette œuvre posthume du maître\nRusse, on retrouve les audaces déconcertantes, la polyphonie\nparfois serrée et la puissance de ses deux symphonies. Les\nDanses Polovtsiennes aux dessins imprévus, aux couleurs\norchestrales bizarres criardes mais savamment atténuées par\nleur alliage, — notons la religieuse fidélité avec laquelle Gla­\nzounow et Rimski-Korsakoff ont achevé et orchestré l’œuvre\ndu maître, — forment de saisissants tableaux des mœurs de\nla Russie Tartare.\n                            *\n                          * *\n  Em. MATHIEU. Le Sorbier. Si on n’en jugeait que par le\nSorbier, M. Mathieu, qui n’est plus de toute première jeunesse,\nmanque certainement d’expérience.\n  Sa personnalité (s’il en a une) est ici complètement effacée.\nOn a voulu voir en lui un compositeur wallon. L e Sorbier\n"}, {"page_pdf": 106, "texte": "     Chronique d'Art.                                        99\n\n\n\ncependant est de la musique française dans tout ce que ce\nterme a de malsonnant, à preuve la recherche du rythme et\nde la mélodie par leur grâce et leur fraîcheur.... aussi par\nleur fragilité et les fîotures triviales dont l ’œuvre est\nenjolivée.\n  Quant à l’orchestration, elle est comme la phrase, criblée\nde trous. L ’auteur affectionne un effet de bois et cordes assez\ncharmeur au début, mais énervant à la longue.\n  Très homogène en sa tonalité générale, ce poème est\ndépourvu de base et d’unité symphonique.\n\n\n\n  V IN C E N T D ’IN D Y . L e nom du jeune compositeur brille\ndéjà d’un éclat vif et très blanc au ciel de l’Art Français.\n  Il y a des noms prédestinés : Beethoven, Mozart, Wagner...\nVincent d’Indy.\n   Un poète trouverait à ce nom — onomatopée, comme lys —\ntoute une orchestration, toute une coloration.\n   Et de fait il s’en dégage ainsi que de l ’œuvre un parfum\nd’ingénuité. Comme une vierge, son art est pur, non pas avec\nmièvrerie et morbidesse, mais vigoureux et sobre.\n   Vincent d’Indy semble avoir vécu à l ’écart de ses compa­\ntriotes et n’avoir jamais entendu leur musique perverse.\nFranchement Wagnérien, il n’a fait qu’admettre les principes\ndu maître, sans rien lui emprunter ni dans la forme ni dans\nles idées.\n   L ’originalité du jeune compositeur n’est pas extérieure\ncomme celles de Chopin ou Grieg ; elle ne ressort ni des for­\nmules, ni des détails, mais bien de l ’ensemble. L e moindre\ncoin de phrase a été méticuleusement poli et repoli par\nhorreur de la banalité. Ce travail scrupuleux ennoblit les\n"}, {"page_pdf": 107, "texte": "100                                            la Wallonie.\n\n\nthèmes d’ordinaire d’une simplicité primitive; il se retrouve\ndans les harmonies étranges et neuves, dans le tissu polypho­\nnique et dans l ’orchestration.\n  Par un amalgame solide de voix hétérogènes et par l’em­\nploi inusité dans les registres graves de certains instruments\n(altos, flûtes, clarinettes), d’Indy réalise des sonorités impré­\nvues. Si parfois il use d’un effet connu, sans rechercher la\nforme, il s’astreint à une expression rigoureuse de sa pensée.\nCette franchise très noble nous séduit encore dans les effets\nd’ensemble..\n  Alternativement nerveux, passionné, plaintif, majestueux\net mystique dans la Trilogie de Wallenstein, il se révèle\npoète du plein air dans telle symphonie sur un air monta­\ngnard parfumée de saveur silvestre.\n   Jamais vulgaire, employant toutes les forces de son talent\nsi varié à la précise expression de sa pensée, et bien que sa\nmusique soit plutôt décorative, Vincent d’Indy me paraît\nappelé à continuer le mieux en France l’œuvre de Wagner\nselon les aptitudes de sa race.\n"}, {"page_pdf": 108, "texte": "        CHRONIQUE LI TTÉRAIRE.\n\n\n                     IMPRESSIONS D'ART.\n\n       É t u d e s . — Cr it iq u e s . — T r a n s p o s it io n s ,\n\n                       par E ug. D e m o l d e r .\n\n                   Bruxelles, Mme Ve Monnom.\n\n  Dès la lecture des premières lignes du livre de M. De­\nmolder, on s’aperçoit qu’on est loin des habituels critiques,\ncompassés, gourmés, pontifiants et vaticinateurs. L ’auteur\nest trop foncièrement artiste pour se livrer à d’ennuyeux et\nvides rabâchages devant les œuvres d’art qui le requièrent.\nIl n’est pas non plus l’impassible transcripteur de leurs\nbeautés. Les choses dont il parle, on sent qu’il les a vues\navec les yeux de son âme. Il en a découvert les splendeurs\ncachées ; il en a saisi les glorieux symboles ; par delà la\ntoile ou le marbre, il a vu dans le cerveau de l’artiste et il\nnous dit quelles pensées ont guidé sa main. Tout ce qu’il y a\nde rude, de pittoresque, d’angoissant, de mâle souffrance dans\nl’œuvre de Meunier, par exemple, il l’a transvasé dans sa\nprose : “ Son ouvrier semble plié sous un joug mystérieux.\nS’élève, au-dessus de ses personnages, qui peinent et\nsouffrent, une déesse d’airain, au front inexorable. Elle est\nsemblable aux puniques idoles de Salammbô, dévoreuses de\nvictimes humaines, et comme des entrailles de celles-ci des\nfumées d’holocaustes montent et enveloppent d’horreur. Elle\ndomine, implacable, et l’ouvrier se résigne, tête basse,courbé\nvers la glèbe. „\n"}, {"page_pdf": 109, "texte": "102                                            la Wallonie.\n\n\n\n   Une analogie de tempérament pousse visiblement\nM. Demolder vers les artistes qui s’inspirent de leur temps,\n“ qui disent quelque chose d’éternellement vrai, tout en\nrestant les hommes de leur époque. „ Ce sont ceux-là qui lui\nont inspiré ses meilleures pages : à propos de Constantin\nMeunier, il fait une description épique du pays houiller, avec\nses noirs terris, ses fabriques enfumées, ses machines tou­\njours grondantes et hostiles à l ’homme, où les populations,\ncourbées sous la fatalité d’une morne existence, se meuvent\navec une sorte d’inconscience animale; l ’œuvre de Félicien\nRops lui est matière à portraiturer l’autre pôle de la\nSociété, et il nous montre les jouisseurs, les blasés, les\nsceptiques se traînant aux pieds de la femme moderne, une\nfemme démoniaque et si perverse ! qui vide les moelles et\natrophie les cerveaux ; pour parler de Huysmans - sur qui\nla théorie du milieu agit à rebours : par la révolte — , il noue\ndes lamelles de plomb dans ses phrases et fouaille les\nbourgeois, si tristement ratatinés dans leur mercantilisme.\n  Une Exposition d’A rt ancien, les Acquisitions récentes du\nMusée de Bruxelles, le Musée communal sont autant d’études\nconsciencieuses, bellement écrites, où la couleur resplendit,\noù la lumière ruisselle, où des mots rares et puissamment\névocatifs s’incrustent dans les phrases, qu’ils aigrettent d’un\nétincellement de joyaux.\n  Car M. Demolder possède au plus haut point le sens de la\ncouleur et du pittoresque. En cela, il est bien Flamand. Il\npeint plutôt qu’il n’écrit. Pour brosser ses critiques, on\ndirait qu’il emploie la palette même du peintre dont il analyse\nles œuvres. — Cette faculté lui a permis de faire de l’Exposi­\ntion de Paris une des plus belles études que nous ayons lues.\n  Mais   c’est   surtout   dans ses   Transpositions que ses\n"}, {"page_pdf": 110, "texte": "     Chronique Littéraire.                                  103\n\n\n\nqualités de coloriste s’affirment. La Fuite en Egypte, le\nMassacre des Innocents, la Nativité de Notre-Seigneur, la\nMontée au Calvaire, Fiançailles, ont le charme naïf et la\nsaveur des tableaux des vieux Flamands. Une chaude poésie\ns’en dégage; un parfum ambré de choses anciennes les im­\nprègne; comme dans ces tableaux, la lumière et la couleur\nsemblent adoucies par la patine du temps. Tous les person­\nnages qu’il silhouette sont animés d’une vie intense. C’est\nune jeune fille hollandaise qui contemple amoureusement sa\nbeauté dans une glace de Venise : “ ses seins sont d’une blan­\ncheur de mouette et les tulipes de son père n’ont pas de\nbouton plus délicat „ ; c’est la Vierge Marie, heureuse et\nrayonnante dans sa maternité à Bethléhem, dolente et le\ncœur broyé, auprès de son fils au moment de la Passion ; c’est\nSt-Joseph, qui chemine allègrement, la scie sur l ’épaule et\nun sac d’outils au dos, à côté de l’âne, pendant la fuite en\nÉgypte ; c’est Jésus, gravissant le Calvaire, ses épaules\nmeurtries par la croix :\n  “ Il pliait l’échine, mais dès qu’il succombait, un soudard\nlui redressait les reins d’un coup de gantelet, ou tirait à la\ncorde ceignant sa robe grise. D ’une pâleur d’agonie, le\nvisage du Christ ruisselait du sang coulé de la couronne\nd’épines. Ses pieds nus étaient écorchés. Et ainsi il était plus\neffrayant que celui du Calvaire de Damme, avec la grimace\nhideuse de ses lèvres, et la plaie de son ventre où le menui­\nsier de la Cité a vidé un pot de vermillon. „\n   Ces Transpositions sont écrites, comme on voit, en un\nstyle original, car M. Demolder, chose rare ! n’imite per­\nsonne. Il s’est forgé lui-même sa langue. Dans leur forme\nlégèrement archaïque, ses phrases sont charnues, savoureuses,\net on éprouve à les lire presqu’un plaisir matériel.\n                                      H ubert   K RAINS.\n"}, {"page_pdf": 111, "texte": "            PETITE CHRONIQUE.\n\n\n  Notre collaborateur Aug. Henrotay vient de perdre son\npère. La Wallonie s’associe à sa douleur.\n                              *\n                             * *\n  Paraîtra prochainement : L ’âme des choses, par Hector\nChainaye. En souscription dans nos bureaux, 2 francs. Ce\nlivre sera mis en vente au prix de 3 francs.\n                              *\n                             * *\n  Aux S X , M. Ed. Picard a donné une très intéressante con­\nférence sur nos trois collaborateurs, Emile Verhaeren, Charles\nVan Lerberghe et Maurice Maeterlinck.\n   La première partie, plus générale, de sa conférence, a, été\ntrès belle. La seconde, popularisante, a dû intéresser surtout\nceux qui ignoraient ces trois puissants écrivains. M. Picard\na, entr’autres, lu en entier les Flaireurs, que nous avons\npubliés précédemment.\n                             **•*\n  Les S S , outre les conférences d e Stéphane Mallarmé et\nd’Edmond Picard, ont donné 3 matinées musicales.\n  L a première consacrée à des œuvres belges comportait les\nnoms de Gilson, Kefer, Jouret, Mathieu, etc.\n  Les deux suivantes, beaucoup plus intéressantes, ne comp­\ntaient que des compositions de la jeune école française : de\nCésar Franck, Fauré, de Castillon et Vincent d’Indy. Elles\nont eu un succès extraordinaire.\n"}, {"page_pdf": 112, "texte": "    petite Chronique.                                      105\n\n\n\n\n  Il est assez curieux de dresser la liste des artistes qui ont\nexposé aux X X . Parmi les étrangers, bon nombre, et des\nplus remarquables nous ont été révélés par ces expositions.\n  Les X X sont et ont été :\n  A. Chainaye — F. Charlet — J. Delvin — P. Dubois — J.\nEnsor — W. Finch — Ch. Goethals — F. Khnopff— J. Lam­\nbeaux — P. Pantazis - - D . de Regoyos — W. Schlobach —\nF. Simons — G. Vanaise — Th. Van Rysselberghe — G. Van\nStrydonck — P. Verhaert — Th. Verstraete — G. Vogels —\nR . Wytsman — G. Charlier — J. Toorop — Is. V erheyden —\nAnna Boch — Félicien Rops — Henri de Groux — G. Lemmen\n— H. van de Velde — Auguste Rodin — Robert Picard. Les\nnoms en italique sont ceux des vingtistes actuels.\n  Les artistes qui ont successivement exposé aux X X sont :\n  B e l g i q u e : Heymans — Stobbaerts — Mellery — Ter\nLinden — Hermans — Speekaert — Artan — de Braekeleer\n— Verhaeren — Smits — Constantin Meunier — de Vigne —\nVan der Stappen — Deville — Danse — Le Nain — Eug.\nBoch — Georges Minne.\n  F r a n c e : Fantin Latour — Cazin — Gervex — Besnard —\nRaffaelli — Claude Monet — Renoir — Zandomeneglii —\nLebourg — A ry Renan — Guillaumin — Caillebotte —\nC. Pissaro — Seurat — Signac — Dubois Pillet — Anquetin\n— Henry Cros — H. de Toulouse Lautrec — Blanche -—\nHelleu — Gauguin — Luce — Moreau Nélaton — Henri\nE. Cross — Injalbert — Rodin — Lanson — Carriès — Roty\n— Chaplain — Odilon Redon — Bracquemond — Guerard —\nGaillard —- Desboutin — Cézanne — Charpentier — Hayet —\nL. Pissaro — V. Van Gogh — Mmes Morizot — Gonzalès —\nCazin — Besnard.\n"}, {"page_pdf": 113, "texte": "106                                          la Wallonie.\n\n\n\n  A ngleterre     : Stott — Fischer — Swan — Sickert —\nSteer — Clara Montalba — Thornley.\n  H o l l a n d e : Israels, père et fils — Jacob, Williem et\nMathys M aris — Mauve — Mesdag — Breitner — V an der\nMaarel — Zilcken — Tholen — Storm de St Gravesande.\n  A llem agne   : Liebermann — V on Uhde — K linger.\n  SUISSE : Louise Breslau.\n  IT A L IE : Mancini —   Michetti — Monticelli — Segantini.\n  SU È D E -N O R W É G E : Bergh — Kroyer — Kolstö\n                                                  — Krogh\n— Thaulow.\n  E t a t s - U n i s : Chase —- Sargent — Whistler.\n  Les noms en italique sont ceux des artistes ayant été invités\nplusieurs fois. Nous ne croyons pas que jusqu’ici en Belgique\naucun groupe artistique ait pu réunir un faisceau de tels\nnoms.\n                                ** *\n Lire dans la Pléiade un requérant article de Maurice\nMaeterlinck sur la Damnation de l’artiste, d’Iwan Gilkin.\n Dans l’Art moderne les confessions de Poètes (Maurice\nMaeterlinck, Emile Verhaeren, Ch. Yan Lerberghe).\n                                 *\n\n\n  A lire dans la Jeune Belgique, la merveilleuse prose de\nStéphane Mallarmé, intitulée : Déclaration foraine. Nous\ndevions publier les vers que contient ce morceau, mais, par\nsuite d’un malentendu, ils l’ont été chez notre consœur.\n                                 *\n                         **\n  Le chroniqueur spécial anti-boulangiste du journal la\nMeuse, — il est aussi critique littéraire, — reconnaît que le\nsoir de la conférence donnée par Stéphane Mallarmé, “ il a\nvu des yeux de fervents s’illuminer de bonheur à ce nouvel\névangile de la littérature. „\n"}, {"page_pdf": 114, "texte": "     petits Chronique.                                        107\n\n\n\n   Mais pour lui, — et pour d’autres, assure-t-il, — le front\ns’est plissé douloureusement, à entendre cette sorte de\nlangage mystique. „ ( Langage mystique doit être une bien\nféroce injure dans la bouche de M. Tilmant.)\n   Enfin il déclare n’y avoir rien compris, ce dont nous ne\ndoutons pas un instant.\n                              *\n                             **\n   Le grave Journal de Liège publie un article plus digne.\nIl admire sincèrement “ la péroraison chaude et vibrante „,\noù Stéphane Mallarmé “ semblait transporté, nous dirions\nvolontiers transfiguré, par le souvenir de son ami perdu „.\nIl reproche, il est vrai, au conférencier de n’avoir pas appro­\nprié ses termes à l’intelligence de son auditoire provincial.\nMais c’est, dit-il, parce que, — pour un tel auditoire, —\n“ dans une conférence les qualités qui distinguent le style\nde M. Mallarmé disparaissent, la phrase parlée s’écoulant\ntrop vite pour être comprise. „ Il l’admet aussi; “ à la lecture,\nla phrase de M. Mallarmé se comprend plus ou moins vite,\net l’on reste étonné parfois de la richesse de la langue, de\nl’originalité de l’expression, de l ’ingéniosité dans la recherche\ndu mot nouveau. „ — Il aurait pu ajouter : “ de la philoso­\nphie du poète, „ et bien d’autres choses...; mais ne soyons\npas trop difficiles : étant donné le niveau de la presse belge,\nil est presque surprenant de trouver pareilles lignes dans\nun journal de province.\n  Une phrase est même suggestive ; elle se rappelle “ le son,\nsubitement entendu, d’une langue étrangère... „\n  Peut-être y aurait-il lieu ici, ne fût-ce que pour l’insolite\némoi du rédacteur, à des applaudissements de poètes. Car,\ntenté par quelque m otif lointain en évoquant l’effet d’un\nparler soudain pur, n’aurait-il pas, sans le vouloir, défini\nselon son idée le langage de la Beauté ?\n"}, {"page_pdf": 115, "texte": "108                                               la Wallonie.\n\n\n\n\n  “ En Belgique aussi quelques jeunes poètes ont essayé\nd’infuser un sang nouveau à la prose et à la poésie officielles ;\nà ce titre la Wallonie et la Jeune Belgique ont bien mérité de\nla littérature. „ Paroles dites à son cours par M. H. Perga ­\nmeni, professeur de Littérature française à l’Université de\nBruxelles.\n  Elles lui font honneur et nous l’en remercions.\n                                     *\n                                   * *\n  D ’A rt et Critique s o u s l a s ig n a t u r e de G O R G IA S .\n  Une chose cependant nous déplaît en ce bel ouvrage, c’est\nla mutilation sacrilège qu’a dû subir l’oeuvre grandiose de\nFlaubert pour être adaptée à la scène, et à la scène lyrique !\nMutilation opérée par M. du Locle. Après le Cid et Polyeucte,\nSalammbô; décidément les musiciens respectent bien peu la\nlittérature. Il existe des arrêtés qui interdisent de toucher\nà certains monuments classés, je voudrais qu’il en fût ainsi\npour les monuments de la pensée.\n\n   Et pourtant plus nous allons, plus les auteurs dramatiques\net lyriques sont pris de cette manie d’adaptation. On dirait\nqu’incapables de concevoir par eux-mêmes une œuvre, ils se\nvengent en exterminant celles des maîtres.\n  Les directeurs non seulement commandent la pièce, mais\nchoisissent le chef-d’œuvre dont elle sera tirée, comme on\nchoisit son drap, après avoir décidé de la confection d’un\ncostume, et les jeunes au lieu de chercher dans les replis de\nleur cervelle une conception originale, vous découpent en\nmenues tranches les œuvres les plus hautes et s’épuisent\ndans ce travail d’une inanité constatée.\n"}, {"page_pdf": 116, "texte": "     petite Chronique.                                        109\n\n\n\n   Pour en revenir à Salammbô, il me semble que nous avons\nen France assez de poètes sans ouvrage pour que M. Reyer\nait pu se commander un livret tout neuf sans se tailler un\ncomplet dans le R oyal manteau de Flaubert.\n                            *\n                               * *\n  Dans le n° du 1er décembre de la Revue des deux Mondest\nà lire un article de Brunetière : les Artistes littéraires ; où se\nvoient des choses bien étonnantes, telles :\n  Parlant des Fleurs du Mal (p. 698). “ Quelques beautés,\nou plutôt quelques curiosités m’y paraissent toujours chère­\nment payées ;..... ses thèmes habituels m’en déplaisent\nautant, ceux-ci pour leur banalité, ceux-là pour leur igno­\nminie „ puis “ l ’originalité de Baudelaire n’aurait-elle pas\nconsisté pour une bonne part dans son charlatanisme ?... je\nserai bien vieux... quand je verrai dans Baudelaire un poète\nsincère „ p. 699 trouve “ heureuse, expressive et spiri­\ntuelle „ cette formule de l’art des Goncourt donnée par un\ncritique “ le développement exagéré de la sensibilité\nartistique les a menés tout droit à l’impuissance d e . l’art. „\np. 701 “ la théorie de l’Art pour l’Art, inacceptable dans le\nroman, et discutable dans le théâtre, ou tout au moins dans\nla comédie, est défendable dans la poésie pure,, p. 701. “ S’il\ny a une petite part de vérité dans la doctrine de l’Art pour\nl’Art, par exemple quand on l’applique à la peinture ou à la\nmusique, on peut croire qu’en littérature la névropathie de\nceux qui l’ont professée n’en fasse pour la plus grande part\nl’illusion ou le rêve d’un malade. „ Lombroso ne trouve même\npas grâce à ses yeux. Si ses lecteurs sont curieux de savoir\nce que le nom respecté de la science peut couvrir de puérilités\nil les renvoie au livre du professeur Lombroso, Génie et\nFolie.\n"}, {"page_pdf": 117, "texte": " 110                                               la Wallonie.\n\n\n\n  Flaubert est un peu moins malmené ; cependant il écrit\nparfois si mal, sa forme manque de légèreté et “ ii bronebe et\ntombe dans le galimatias aussi souvent qu’il essaye d’expri­\nmer des idées „ ce qui doit être la grande épreuve des\n“ représentants de la prose française      Mais un peu plus\nhaut ne lisons-nous pas cette phrase du “ maître de la prose „\nde M. Brunetiere lui-même : “ M. Spronk a fait des extraits\nsinon révélateurs mais en tout cas qui donnent à penser „ !!\n\n                               * *\n   Axel, par le comte de V i l l i e r s   d e l ’I s l e   A dam . —\n Un volume in-8° de 300 pages. — Paris, Maison Quantin, 7,\nrue Saint-Benoît. — Prix : 7 fr. 50.\n  Axel, l’œuvre posthume de Villiers de l’Isle Adam, est\naussi son œuvre capitale; la conception en remonte aux\nannées de sa jeunesse, et il a passé la majeure partie de sa\nvie à l’écrire.\n   Villiers de l’Isle Adam est un écrivain de haute taille, un\nvéritable géant littéraire, de la famille des Gœthe et des\nHugo. Dans cet ouvrage, où l’auteur a mis tout son sang et\ntout son être, on peut dire que palpite et vit l’âme de l’hu­\nmanité tout entière ; les problèmes de haute psychologie, qui\npréoccupent depuis des siècles les penseurs et les philosophes,\ny sont fouillés de main de maître avec une élévation dans la\npensée et une magnificence dans le style qui enlacent le lec­\nteur le plus rebelle et le transportent d’un coup d’aile dans\nles plus hautes régions que l’esprit humain puisse atteindre\n   Toutefois, malgré son caractère psychologique, Axel se\nprésente dans des conditions de parfaite lucidité. L ’œuvre est\ndivisée en 4 parties : le monde religieux, le monde tragique, le\nmonde occulte, le monde passionnel, qui sont comme les quatre\n"}, {"page_pdf": 118, "texte": "     petite Chronique.                                        111\n\n\n\n actes d’un gigantesque drame, le drame de l’Humanité ; la\nforme du dialogue donne à l’idée un relief, une concision et\nune vivacité d’allures qui appellent la déclamation; car\nA xel doit pénétrer dans l’esprit par la musique de la voix\nhumaine, dont un Berlioz ou un Bichard Wagner seulement\nserait digne d’écrire l’accompagnement.\n  L a Maison Quantin, qui a tenu à honneur d’éditer cotte\nmerveilleuse épopée, en a fait un vrai chef-d’œuvre de typo­\ngraphie digne du regretté maître.         (Communiqué.)\n                              * *\n          Mon cher M.\n Une note de la Jeune Belgique visant un article publié par\nmoi, dans A rt et Critique, en-janvier dernier, vient seulement\nde m'être communiquée. — Cette note dénature ma pensée et\ncite à faux. Je vous serais donc fort obligé d’insérer ces lignes\nrectificatives :\n   1° Loin de malmener M. Verhaeren, je l’ai cité avec éloge.\n   2° Qu’y a-t-il de désobligeant pour M. Giraud dans\nl’assertion que ses sonnets rappellent ceux d’un puissant\npoète parnassien ?\n   3° J ’ai dit que M. Bodenbach imitait à outrance toutes les\nmanières de M. Coppée et non celles de Verlaine, ce qui est\ndifférent mais aussi peu louable.\n   4° Quant à M. Maus, je lui ai consacré une phrase particu­\nlièrement louangeuse et à laquelle, on peut croire, il est\nimpossible de donner un autre sens que celui qu’elle a la\nprétention d’exprimer.\n   Je profite de l’occasion pour répondre à une lettre de\nM. Valère Gille, d’ailleurs fort aimable, où ce poète déplorait\nmon aveuglement à l’égard de MM. Giraud et Bodenbach et\nm’invitait au repentir — vu l’opinion favorable exprimée\njadis par Verlaine sur le talent de ces deux écrivains. Cela\n"}, {"page_pdf": 119, "texte": "112                                                 la Wallonie.\n\n\n\nne prouve qu’une chose : je ne suis pas de l’avis de Verlaine —\net ce m’est fort indifférent. Bien plus, j ’ai le regret de persister\ndans mon sentiment. Pour M. Séverin, il n’est nullement\nquestion de lui dans mon article; M. Valère Gille n’a donc\npas à le défendre.\n  Il ne me reste donc qu’à remercier M. Valère Gille des\ncompliments que, malgré “ mes erreurs          il a bien voulu\nm’adresser et à souhaiter à la Jeune Belgique plus d’exactitude\ndans ses citations.\n   Merci et pardon, mon cher M., tenez-moi pour vôtre\n                                                A dolphe BETTÉ.\n                               *\n                              * *\n   A l'Émulation. Les V, absence complète de tendances vers\nun art élevé ; rien qu’une recherche de virtuosité — de Baues\nquelques pages d’une jolie couleur peut-être pas réelle,\néclairée parfois d’une lueur d’idée frivole ou banale. Même\nremarque pour les dessins de Maréchal d’une exactitude\nmicroscopique et d’un fini outré — un vrai gaspillage de\ntalent. — Plus sommaires, plus libres d’allure et plus\nvibrantes sont ses eaux-fortes. Mataive et Cambresier très\nsincères mais monotones et bourgeois.\n  Dans l’envoi de Mlle Molitor quelques jolies fleurs et un\ne ffe t d e b r u m e b i e n r e n d u .                  Ch . P.\n                            *\n                           * *\n  Nous apprenons la mort du père de notre collaborateur et\nami Albert Saint-Paul. Nous adressons à celui-ci nos plus\nsincères compliments de condoléances.\n                                            *\n                              * *\n  En mai prochain, la Wallonie consacrera l’entièreté de son\nnuméro à M. Emile Verhaeren. Nous publierons des vers et\ndes proses, parallèles à ses oeuvres déjà publiées, et restés\njusqu’à ce jour inédits.\n"}, {"page_pdf": 120, "texte": "     H ôtel              des A m é r i c a i n s\n          14 — Rue de l’Abbé de l’Epée — 14\n                                  PARIS.\nEn face du Luxembourg. Près du V al de Grâce.\n           Au Centre des Ecoles.\n\n    Tous les appartements ont vue sur (le magnifiques jardins.\n                        PENSION DE FA M ILLE .\n\n\n\n\nPHOTOGRAPHIE INSTANTANEE\n                    H . Z E Y E N .\n          137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                             L I É G E .\n\n    S pécialité d ’agrandissem ent à la lum ière électriqu e.\n\n\n    FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                 Place du T h éâtre, 11, Liége.\nP orte-ciga res en écu m e d e m e r ,a m b r e et ra cin e de bruyère.\n   — P ièces de com m ande, É cusson s, Initiales, P ortraits,\n   exécu tés en 24 heures.\n                        RACCOM MODAGES.\n\n    Quelques collections de LA WALLONIE (1886, 1887, 1888 et 1889)\n                     sont en vente au prix de 6 francs.\n                  L a W a llo n ie e s t on v e n te\n\nA LIÈGE : Chez MM. Gnusé ; George; D’Heur; Rrandt; Aubette du Pont\n    d’ Avroy.\nA BRUXELLES: Chez M M.Rosez,libraire;Istace,libraire,et Lacomblez,libraire.\nA GAND : Chez MM. A. Hoste, libraire, rue des Champs ; Wennewitz (Muquard),\n    libraire, rue des Champs ; Vuilsteke, libraire, rue aux Vaches.\nA ANVERS : chez Mme Ve De Vetter, rempart Ste-Catherine.\n\n\nA PARIS : Chez MM. Vanier, libraire, 19, Quai St-Michel ; Savine, libraire,\n    18, rue Drouot, et à la Librairie Nouvelle, rue de la Boétie, 3.\n"}, {"page_pdf": 121, "texte": "   5e ANNÉE, Nos 2-3.\n\n\n\n\n                              L A W A L L O N IE\nR EVUE MENSUELLE DE LITTÉ RA TU R E ET D ’A R T\n\n\n\n   Directeurs     MM. A l b e r t MOCKEL et P i e r r e - M . OLIN.\n\n                  Bureaux : rue St-Adalbert, 8, Liége.\n\n Adresser toutes les communications 317, Avenue Louise, Bruxelles.\n\n      A b o n n e m e n t : 5 f r . par an. Union postale : 6 f r . 5 0 .\n\n\n                                                  SOMMAIRE\nE mîle Verhaeren . . . .                         Soirs de jardin.\nCharles Van Lerberghe . Tal e.\nFrancis Vielé-Griffi n . . Mon rêve de ce soir.\nCharles Delchevalerie . . Avril d’âme.\nGabriel Mourey ....................Prélude.\nMario V a rv a ra .....................de l’ “ Album parisien „ .\nJules B o i s ............................... tes Yeux.\nAuguste Vierset . . . .                         From Home : The Tower.\n                                                             Westminster-Abbey.\nCharles S lu y ts .................... Vers.\nHenry van de Velde . . . Notes d’Art.\nJean Delville .............................. Saint Jean, le Théologien.\n                                           l ’Ame des foules.\nP .-M. Olin, Ch. D., etc. . . Chronique d’Art.\nHubert K ra in s .....................Chronique littéraire.\n                             Petite Chronique.\n\n\n\n                     Ce numéro 75 centimes.\n\n\n\n                                                                                  ,\n                                D ei p r c iie ) d t 11. V a tlla n t-C a rm a n n e à L tig e.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 2, "mois_verifie": false, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": true, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1890-02", "signet_source": "5ème année - N°2-3 - Février-Mars 1890", "preuve": "Numéro lu sur la couverture (PDF 121 : « 5e année, Nos 2-3 », sommaire imprimé) ; mois non lu sur la couverture, déduit seulement des renvois internes : « From home » est une suite renvoyant aux numéros d'octobre-novembre, décembre 1889 et janvier 1890 ; la Chronique d'art rend compte de la conférence de Mallarmé à l'Émulation (14 février) et de l'exposition des XX.", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}