{"numero_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "articles": [{"article_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4-201", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA W A L L O N IE Avril 1890.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 122, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 52, "texte": "LA\nW A L L O N IE\n\n\n\n\n        Avril 1890.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4-202", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "REVUE CRITIQUE DES ARTS ET DE LA LITTÉRATURE 26, B ue de l'I", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 123, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 1202, "texte": "REVUE     CRITIQUE       DES    ARTS     ET    DE    LA     LITTÉRATURE\n\n               26, B ue de l'Industrie, Bruxelles.\n                    Abonnement : 10 fr. par an.\n\n\n                       V iennent de p a ra ître :\nS c è n e s d e B a l, liv re d e v ers, p a r Alb. S t - P a u l .\nL e s O é b â c l e s , p ar E m ile V e r h a e r e n .\nC l o c h e s e n l a N u it , p a r A dolphe R e t t é .\nL ’A r t e n E x i l , ro m an , p a r G. R o d e n b a c h .\nS e r r e s c h a u d e s , p a r M aurice M a e t e r l i n c k .\n\n\n\n        MERCURE DE FRANCE\n                                MENSUEL\n             15, r u e de l ’E c h a u d é -S a in t-G e r m a in\n                    Un an, 5 fr.; Union postale, 6 fr.\n\n\n\n\n       ART & CRITIQUE\n    R evue     hebdom adaire        des    L ettres    et des       Arts\n                  P a r is , 7 , R u e d e s C a n e tte s\n\n          P aris, 12 francs l’a n ; É tra n g e r, 15 francs.\n\n           E n s o u s c r ip tio n d a n s n o s b u r e a u x ;\n     C R É P U S C U L E S                            D ’A M E\n               L ivre de v ers p a r G abriel M o u r e y .\n25 exem plaires s u r Japon, à 5 fran cs, so n t à so u scrire.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4-001", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 113, "page_fin": 113, "titre_corps": "Le daïmio", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "José-Maria de Heredia", "ancre_debut": "L E DAÏMIO.                                                M a t in   de   b a t a il l e .     Sous l", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 124, "page_imprimee": 113, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 899, "texte": "L E DAÏMIO.\n\n                                              M a t in   de   b a t a il l e .\n\n\n\n\nSous le noir fouet de guerre à quadruple pompon\nL'étalon belliqueux en hennissant se cabre\nE t fa it bruire avec-un cliquetis de sabre\nL a cuirasse de bronze aux lames du jupon.\n\nLe Chef vêtu d'airain, de laque et de crépon,\nOtant le masque à poils de son visage glabre,\nRegarde le volcan, sur un ciel de cinabre,\nDresser la neige où rit l’aurore du Nippon.\n\nMais il a vu, vers l'est éclaboussé d'or, l'astre\nGlorieux d’éclairer ce matin de désastre,\nPoindre, orbe éblouissant, au-dessus de la mer;\n\nE t pour couvrir ses yeux dont pas un cil ne bouge,\nI l ouvre d’u n seul coup son éventail de fer\nOù dans le satin blanc se lève un soleil rouge.\n                        J o s é -M a r i a   de   H E R E D IA .\n\n\n\n\n                                                                    8\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4-002", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 114, "page_fin": 119, "titre_corps": "Angoisses du doute", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Fernand Roussel", "ancre_debut": "ANGOISSES DU DOUTE.                                                         (\\)                                                            à M. C harles Van Lerberghe", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 125, "page_imprimee": 114, "debut_caractere": 10, "fin_caractere_exclue": 1277, "texte": "ANGOISSES DU DOUTE.                                                         (\\)\n\n                                                          à M. C harles Van Lerberghe .\n\n\n                                                 I.\n\n   Pâle, et sur sa chair sentant s’enrouler en frissons\nonduleux les vagues de la fièvre frileuse, éperdû ­\nm ent Paul H erre sonde les sombres arcanes de son\nâme. T ard la n u it sanglotte par l ’immensité songeuse\ndu néant. Au loin s’affaiblissant en la cristaléité stel­\nlaire, doux et traînant un son de cloche flotte, flotte\navec une voix fatale d’écho dans une cathédrale où\nrègne du silence, sur les dalles sonores où danse\nde l’ombre : Sous la lampe confidente, d’or souple et\nluisant épandant la clarté sereine de sa flamme\nimpassible, noyé dans l’absorbance de son passé et\ncourbé sous le joug du Présent peureux, lointaine ­\nm ent en des estompés fins, apparaît — colorée du\nsang de sa mémoire — la longue aridité de sa vie.\n   Nyctalope à présent, en l’environnement m iséri­\ncordieux d e la nuit, subreptice, presque, à sa peine —\ndans l’opacité de son rêve ancien il voit — sans fin —\ndans l’infini douloureux se perdre, en des caprices\n\n ( 1) P rem ière p a rtie d ’u n e p la q u e tte, p ro c h a in e m e n t à p a ra ître .\n"}, {"page_pdf": 126, "page_imprimee": 115, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1545, "texte": "    Angoisses du Doute.                              115\n\n\n\ncourbes, le m éandre de ses aspirations vers le Gol ­\ngotha, prom etteur d’ardues joies : son A rt. E t l’oblat\nde toutes les vaines satisfactions usuelles, m ainte­\nn an t à genoux devant les ruines creuses et rouges\nde son cœur, se ronge et s’atomifie dans la cruelle\nextase du scalpel.\n   — Oh! l’absolu captivant de to u t cela m ort! E t\ndevant la réalité peu à peu qui sûrem ent assomme\nde coups orbes son âme, l’obédience à la fatalité\ninvincible est l’éternel opilatif de toute volonté con­\nquérante. Son rêve ! — Oh ! longuem ent avec une\ngracile' m aternité d’enfant blonde il l’avait, en de\ndoux organdis de délicatesse, choyé — et puis fine­\nm ent il l’avait ouvré, orfévri avec des songes,\nvagues, fluets, ainsi que l’on devine un battem ent\nd’ailes d’archanges — tandis que voilà son orgueil —\nengendré dans l’amour d’une vocation qui s’éveille,\nse jaunissant en l ’obituaire des choses mortes, —\nchoses envolées; — l’envol qu’on a tenté de pleines\nmains à retenir — à qui l ’on prom it à voix trem ­\nblantes, un infini rose de douleur et de charmes, un\npays riche, la rouge pâture d’une âme d’originelle\ntristesse où pense le sombre enchantem ent d’un cœur\nqui ne rit plus ! — E t rien que l’ennui dense de l ’im­\npuissance, la rage d’être seul à pleurer sa douleur,\nsans nulle âme sororale et m aternelle en son âme,\nsans nuls yeux — m iroirs larmés pour vos regards\nternis — et sans ongles félins pour faire repalpiter\nun peu de sang dans votre chair éteinte. Oh ! ce\n"}, {"page_pdf": 127, "page_imprimee": 116, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1533, "texte": "116                                      la Wallonie.\n\n\nfatal esseulement qu’en la nuit — au milieu des\n ondes silencieuses des ténèbres bleuissantes l’on\nentend ch anter avec la folle voix mollissante d’un\ndésir trem blottant. — E t c’est un désir sans vio,\ndésir sans yeux, désir qui certes eût voulu être l’or\npailleur de joies inconnues, morbides et nerveuses. —\nE tre un cœur où g ît une pensée, vibrante et coloriste\net qui devient inerte par le doute !\n    E t dans une claire évocation, à cette heure nom­\nmément, comme — en l’air subombré d’une lune\ncachée — au h au t d’un m inaret blanc, frêle psalmodie\nl’âme d’un éphèbe, — du fond de sa mémoire sur\nl ’aridité grise de sa vie — voici que chantait — que\nchantait, avec des accents faibles et longs, son rêve\ndu passé, un nome lent et lymphatique, lent et très\nlas. — C’était le déroulem ent d’un très vieux pa­\nlimpseste.\n    E n l’austère renoncem ent de toute vaine satisfac­\ntion, Paul H erre avait, de prime coup d’œil, l’intim e\nidée d’avoir traversé une existence antérieure. Il\nsemblait en lui-même sentir d’anciens décors effacés\nqui surplom baient les tableaux nouveaux de la pièce\nsifflée qu’il jouait. Sans une nette et dessinatrice\nsouvenance, il paraissait en un lointain obscur avoir\nété sinon le direct acteur du drame ou de la chose,\ndu moins un très a tte n tif spectateur. De là, un nouvel\net toujours effrayant doute de tout : Il se sentait l’in­\nvolontaire plagiaire d’œuvres bâties en un soleil\naboli, reproduites en lui, par une vision de parhélie.\n"}, {"page_pdf": 128, "page_imprimee": 117, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1527, "texte": "    Angoisses du Doute.                             117\n\n\n\nC’était une décroissance constante et consciente de\nsa puissance créatrice, une latente et certaine anémie\nmorale qui se palifiait dans l’idée fixe, doublée d’une\nextrêm e et maladive nervosité. E t elle s’accroissait\n— non d’une jalousie de voir ses entourants royale­\nm ent proclamer le triom phal orgueil de leurs cer­\nveaux neufs et de leurs nerfs abruts en face de sa\nnévrose — encore amplifiée par son im agination —\nmais par un fatalisme dolent et incisif.\n   Puis, à de certains moments — qu’il ju rait décisifs\nd’abattre son m alade intellect im aginatif sous l’ardu\nouvrage d’une besogne positive — le suivait en de\nrapides intervalles une nonchalance morne.\n   Longuem ent enfiévré il se sentait haineux devant\nses œuvres de créateur rêveur, et dans des instants\nde fatigue dégoûtée, les piétinait, hardi se lançant\nau m ontueux essoufflement des passives sciences.\nMais ici, comme d’ailleurs partout, ce qu’il voulait\ns’assimiler n ’était pour ses yeux d’âme qu’une fal­\nsification d’études sues à fond — là-bas — en une\népoque m orte. — Croyant connaître déjà l’étude d’à\nprésent, il n ’ajourait qu’un myope enfantem ent\nincestueux de sa pensée et de son imaginative.\n   Résigné et triste, avec une insinuatrice évidence,\nP aul H erre s’était directem ent classé dans le groupe\ndes réfractaires, sans révolte, comme en un pandé­\nmonium de gens, sinon hum ainem ent méprisables,\ndu moins tous ainsi que lui — les persécutés d’une\ndivine et haute vengerie.\n"}, {"page_pdf": 129, "page_imprimee": 118, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1544, "texte": "118                                    la Wallonie.\n\n\n\n   E n lui ce travail — essentiellem ent logique —\ns’était enfanté de l’inadvertance, en ces moments-ci\n— malades et pervers — de sa naissance. E t de son\ncerveau, inexorablem ent défilé linéam ent par linéa­\nment, s’était élevé la demande de sa légitim ité ici-\nbas ? P a r le phénomène d'un amalgame bizarre, le\nmal, en lui amené par la pure spéculative, s’adjoi­\ngn ait à une passionnelle bonté, poignante comme une\nimmensité triste d’océan.\n   Ce doute devait nécessairement saper les bases\nde to u t un édifice et arriver à l’écroulement d’une\nnature — puis s’étendre — fatal et inguérissable\njusqu’au cœur même des amitiés et attachem ents\nlittéraires pour s’épancher - enfin! - en une générale\nlycanthropie qui se term inerait par une fin d’absolu.\n   Puis, comme un réveil latent, graduel — qui devait\navoir une évolution dernière — le scepticisme l’avait\n— en un tissu captivant de paradoxe enrayé — e t en\nmême temps lâchem ent humilié. Car ce scepticisme\nétait chez lui la résultante d’une faiblesse, d’une\nlacune de son intellect ayant le tort, simplement, de\nn’être pas dans la positive nécessité journalière. —\nChez d’autres, le scepticisme n ’est qu’un délicieux et\nriable passe-temps, produit d’une foule d’ignorances :\npalladium élastique de l’incapacité.\n   Ici le cas curieux se produisait : il était voulu,\ntravaillé, cherché, fouillé avec l’âpre volonté de\ntrouver un remède sinon définitif, du moins palliatif.\n   Ce qu’il voulait, c’était une occultation du mal qui\n"}, {"page_pdf": 130, "page_imprimee": 119, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 520, "texte": "    Angoisses du Doute.                            119\n\n\n\nle rongeait : n ’im porte les moyens, n ’im porte les\nconséquences. E t souvent, malade, craquelé de\nl ’étem elle fièvre à ses membres de paria am aigris\ns’enchaînant, il avait traîné son front suant jusqu’au\ncarreau impassiblem ent clair de sa fenêtre, et si\nfollement envié la titubante ivresse du pacant lour­\ndem ent rabotant du bord de son sabot le pavé de la\nrue.\n\n                               F er nand   ROUSSEL.\n\n  Le chapitre suivant, prochainement.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4-003", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 120, "page_fin": 121, "titre_corps": "Les petits enfants : Au bord de la mer", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pierre-M. Olin", "ancre_debut": "L E S P E T IT S E N F A N TS.                                  I.      AU   BO RD D E LA M E R.       Deux pe", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 131, "page_imprimee": 120, "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 987, "texte": "L E S P E T IT S E N F A N TS.\n\n\n                               I.\n\n    AU   BO RD D E LA M E R.\n\n\n\n   Deux petits enfants jouaient sur la plage au bas des\ndunes solitaires, bien loin, bien loin.\n   Ils jouaient, et pour ne pas gâter leurs beaux habits\nde fête, ils avaient de grands tabliers blancs, aussi\nblancs que l’écume des vagues lointaines, des vagues\nfarouches et vierges; car la mer, près d'eux était dé­\nmontée et toute écumeuse, et tant de vagues tendaient\nvers les nuages fugitifs et indifférents et si décidés à\naller là-bas, leur gorge émaciée et supplicatrice.\n   E n jouant, les petits enfants trouvèrent des blocs de\ntourbe et y souillèrent leurs tabliers blancs.\n   E t le plus petit pleurait, et l'aîné songeait.\n   “ Que faire, grand frère, voilà nos tabliers tout salis „\ndit le plus jeune.\n   “ Oui, que faire? Mais l'écume des bonnes vagues\nlà-bas est si blanche ! Si nous pouvions en frotter un\npeu sur nos tabliers ils redeviendraient blancs ? „\n"}, {"page_pdf": 132, "page_imprimee": 121, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 726, "texte": "    les Petits E nfants.                               121\n\n\n\n   “ Oh oui, allons en chercher de la belle écume\nblanche! „\n  Pais les voici partis, la main dans la main, à petits\npas, tranquilles et assurés.\n   Mais l'écume au bord était brune, brune comme\nla tourbe.\n   “ Oui, petit frère, tu vois, c’est celle là-bas que nous\ndevons prendre. Allons, en marchant sur les belles\nvagues comme les beaux bateaux. „\n   E t très calmes et très souriants ils entrèrent dans la\nmer mugissante qui ne les effrayait pas.\n   E t une grande vague avec encore de l'écume blanche\nà sa crête, qui passait par là, ayant pitié de leur ingé­\nnuité, bien douce et bien câline les emporta.\n\n                                     Pierre-M. OLIN.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4-004", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 122, "page_fin": 125, "titre_corps": "Notes sur l’art", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry van de Velde", "ancre_debut": "N O T E S SU R l ' ART.                           “ CHAHUT. „       Après “ l a g r a n d e j", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 133, "page_imprimee": 122, "debut_caractere": 15, "fin_caractere_exclue": 1132, "texte": "N O T E S SU R l ' ART.\n\n                         “ CHAHUT. „\n\n\n    Après “ l a g r a n d e j a t t e „ — proclam ation glo­\nrieuse ; en ta n t qu’œuvre, incomplète, souffrant\nforcém ent des liâtes d’arriver prem ier et de l’appel\nimmesuré de souffle pour les claironnées premières\npour “ l’aux armes „ des formules nouvelles, —\nG e o r g e s S e u r a t donna “ l e s P o s e u s e s „, son œuvre\nde m aîtrise.\n   Y trouva-t-on alors une inobservance assez cho­\nquante des valeurs ? peut-être ; mais se souvient-on\nassez de tel dos, entre autres. S’imposait-il ou non?\névoquant les plus beaux nus de Puvis d e C h a ­\nv a n n e s — avec lequel S e u r a t parenterait par d’in­\n\ndéniables dispositions pour la grande décoration.\n   Dès ce moment, S e u r a t , répondant aux reproches\nde disposition inharm onique que nous osions, avoua\nses recherches pour une signification plus précise\ndes lignes. E t voilà, qu’après avoir eu l ’envié bon­\nheur d’appliquer le prem ier les théories scientifiques\ndes couleurs de O . N . R o o d , il nous donne la pre­\nmière œuvre selon un système sur les lignes :\n   “ Chahut. „\n"}, {"page_pdf": 134, "page_imprimee": 123, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1387, "texte": "      Notes sur l’A rt.                                         123\n\n\n\n   — en quelque beuglant de M ontm artre, c’est au\nnuméro : quadrille naturaliste.\n   L ’intention, c’est par une direction soutenue des\nlignes, arriver à exprim er la gaîté. Dès lors, toutes\nm ontantes, p a rta n t de la droite vers la gauche ;\njaillissantes d’un coin du cadre pour s’épanouir en\ngerbe vers l’autre côté.\n   Car, la signification des lignes nous sera révélée\nbientôt.\n   S e u r a t indique les gaies, selon lui ; fixées de\ntous temps, les droites — austères, parce que dépour­\nvues, elles sont de rythm e. N’en voit-on de navrées\nencore, se laissant choir, elles, sous le plan, et d’insi­\nnuantes ?\n   L ’architecture de l’Idée va devenir raisonnable,\nenfin.\n   E t à ceux qui revendiqueront la souveraineté de\nl’œil dans l’empire de l ’Harmonie des lignes, je dis\ncette phrase — pourquoi en moi demeurée d’un vieux\nbouquin sur \" l e s P r i n c i p e s d e l ’H a r m o n ie „ ? et à\npropos de cette identique souveraineté de l’oreille —\n“ mais to u t souverain n ’est pas moins souverain\nparce que toutes les lois qu’il publie lui sont dictées\npar la raison. „\n  P our la gaîté dont S e u r a t nous occupe cependant\nce semble dangereux. Le danger serait dans le mot\nmême ? gaîté raisonnable.\n  — Mais ne m’effraie; dans les faits, ainsi de plus\nprésente m odernité — beuglants tels, coulisses,\n"}, {"page_pdf": 135, "page_imprimee": 124, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1447, "texte": "124                                          la Wallonie.\n\n\n\nmaisons de joie, — ô, l ’ironie ! — peut-elle être autre?\n    L ’orgueilleux m aître D e g a s l’a fouillée, cette Joie,\navant personne, jusqu’à ce qu’il l’eût fait crier, la\ndéshabillant impitoyablem ent, flagellant sans merci\nsa pitoyable chair nue. Il l’a châtiée dans son incar­\nnation la plus complète, la Femme, en laquelle, avant\nLui, on pouvait croire réfugié ce qui restait encore\nde la Joie !\n    Dans l’œuvre de S e u r a t cette nuance m ê m e de\ntristesse nous rend plus séduisantes les “ chahu­\nteuses\n    Elles ont dans le geste d’exotiques grâces à la\nB otticelli; l’expression de leurs traits — montés\nen courbes — supérieurem ent m éprisante, de gaîté\nfactice et vicieuse.\n    — P o u r avoir si m inutieusem ent bâti toute son\nœuvre au moyen d’un système de lignes qui abouti­\nr a i t à cette endiablée gaîtée voulue, S e u r a t n ’a-t-il\npas, ayant mis tout son vouloir ailleurs, omis les res­\nsources dont dispose la Couleur, qui aussi puissam­\nm ent que la ligne peut-être bien — j ’ose dire plus —\neussent contribué à l’expression désirée.\n    Mais les fougues et les outrances ne sont pas de\nson tem péram ent et si S e u r a t s’est complu à vêtir sa\npensée d’une orchestration moins intense peut-être,\nelle est en revanche d’une bien rare distinction.\n    C’est œuvre de grande marque, ce “ C h a h u t „\ncurieuse et attachante !\n    Elle aura classé Seurat.\n"}, {"page_pdf": 136, "page_imprimee": 125, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1163, "texte": "      Notes sur l’A rt.                                                   125'\n\n\n\n    Dans le public, néanmoins, les m ieux disposés\nferm eront les yeux aux qualités qu’il a, pour lui\ndécouvrir celles qu’il n ’a pas et l’inepte e t pullulant\nTout le Monde continuera ses faciles plaisanteries.\n    — Au reste, même public qu’ailleurs à cette E xpo­\nsition des A rtistes Indépendants, récemm ent ouverte\nà Paris et où S e u r a t accrocha sa dernière toile.\n    Une nauséeuse ouverture officielle, comme en nos\npires villes de province ; un Président de République\ncomme a ttra it hautem ent claironné, au lieu d ’un\nMonarque. Aimable to u t autant, et to u t plein de\ngens ravis de trouver, à pareille ouverture, prétexte\nà leur plate badauderie.\n    E n la dernière salle, où, par répugnance, se sont\nréfugiés les I m p r e s s i o n n i s t e s , les N é o - I m p r e s s io n ­\nn i s t e s F rançais et quelques V i n g t i s t e s aussi, s’im­\n\nposent, parm i les choses non vues à nos expositions\ndes xx, les œuvres de G u il l a u m i n , d ’ANGRAND et de\nV in c e n t v a n G o g h .\n\n                                       H enry     van de     V ELD E.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4-005", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 126, "page_fin": 140, "titre_corps": "Les xx", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A. H.", "ancre_debut": "L E S XX.      Comme toujours à chaque", "ancre_fin": "les X X . A. H.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "P E T I T E CHRONIQUE.     A l'Em ulation. — Un concile", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 137, "page_imprimee": 126, "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 1231, "texte": "L E S XX.\n\n\n   Comme toujours à chaque mouvement d’avant-\ngarde, pour toute chose non officielle ou consacrée\ntelle, quelques critiques, non encore désabusés de la\nconfiance qu’ils . ont seuls en leur médiocre valeur,\nse sont plu, à la grande joie des hélas nom breux\nlecteurs de faits divers, à démolir en des articles à\nmots drôles cette 7° exposition qui m arquera comme\nl’une des plus belles dans l’évolution des X X . Si\nnous arrêtons un in stant notre pensée sur le parti\npris, la jalousie et la rancune avec lesquels se com­\nplaisent ces dits critiques pour essayer de ridiculiser\nune chose qu’ils ne peuvent et ne cherchent même\npas à comprendre, c’est moins par protestation que\npar indulgence, car nous ne doutons pas que, subis­\nsant cette grande loi de l’hérédité, ils sont avant\nto u t affectés d’une incapacité de voir clair ; que leur\nrétine embue de triturations sombres de tons demi-\nteinte (et de tous les lieux communs de ce genre)\nne peut plus percevoir l’impression de soleil ou la\nprofondeur de pensée qui règne dans presque toutes\nces toiles et qu’ils doivent to u t naturellem ent\nchercher leurs jouissances dans l’a rt officielle sombre\net le convenu et non dans ce groupe qui avance\n"}, {"page_pdf": 138, "page_imprimee": 127, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1529, "texte": "    Les X X .                                         127\n\n\n\nvictorieusem ent et déterm ine une époque dont ils ne\npeuvent être.\n   Quelques-uns, moins mal doués, sans doute, et se\ndem andant, peut-être, ce que deviendra l ’a rt ancien,\nactuel, lorsque la science aura donné à la photo­\ngraphie la puissance d’im prim er les couleurs, accor­\n dent à cette nouvelle peinture quelque m aigre valeur\nqu’im m édiatem ent ils dim inuent en criant à l’exa­\ngération. E n ce point-là, le seul bien sûr, ils ont\nraison : cet a rt est un a rt d’exagération. Mais qu’est-\n ce donc que l’exagération ?\n   Si nous examinions dans notre vie, dans nos\nsentiments, dans nos passions, dans ce que nous\nappellerons notre idéal, la dom inante de nos désirs,\nne trouvons-nous pas que c’est beaucoup plus l’exa­\ngération que la réalité simple ? L ’exagération n ’a-\nt-elle, du reste, été toujours de tous les arts? Dès lors,\npourquoi donc avec la science et les connaissances\nm ultiples de cette jeune et savante école étudiant et\nclassant les sentim ents et recherchant les facteurs\nextérieurs qui peuvent les produire ou les influen­\ncer, pourquoi cette exagération voulue et employée\ncomme une couleur ne susciterait-elle en peinture\ndes impressions autres que celles produites par la\npeinture simplement, c’est-à-dire la pensée d’abord\nle réalisme, le symbolisme et le rêve ? Ici l’exagéra­\ntion est toute psychique et intellectuelle, tandis que\ngénéralem ent elle n ’a servi en peinture qu’à pro­\nvoquer des sentim ents m atériels et sensuels.\n"}, {"page_pdf": 139, "page_imprimee": 128, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1568, "texte": "128                                      la Wallonie.\n\n\n\n    A vant d’aborder l’analyse de toutes les œuvres\ncomposant cette exposition d’a rt aryen e t pur non\npréoccupé de commandes, de médailles ou de titres\net poursuivant sim plem ent et tranquillem ent un\nidéal, nous essayerons de répondre à la question\nsouvent posée de savoir comment il faut regarder le\npointillé. Ce procédé pour lequel nous éprouvons une\npuissante confiance et une sincère admiration, nous\nparaît, avant tout, avoir pour but de m ettre entre la\ntoile et l’œil de celui qui la regarde la même transpa­\nrence, la même vibration, La même lumière qui existe\ndans la nature entre l’œil et l’objet ou le paysage que\nnous fixons, c’est-à-dire l’air et le soleil donc, toutes\nles vibrations se dégageant du sol, vibrations qui\nexistent toujours. Ce point posé, il nous sem blerait\nque, pour être comprise, dans toute sa conception,\nune œuvre réalisée au moyen de ce procédé doit\ninévitablem ent être vue à une distance voulue,\ndéterm inée to u t naturellem ent par l’œil lui-même\nqui subira ainsi les vibrations que différents tons\nspécialem ent agencés, produisent sur la rétine et\nnon to u t près où le procédé devient gênant, quoique\ngénéralem ent fort beau de couleur. Si nous prenons,\npar exemple, deux traits l’un de vermillon pur et\nl’autre de v ert veronèse et que nous les agencions\n de façon à ce qu’ils se touchent sans se confondre,\n l’œil éprouvera à la distance dont nous parlons\n l’impression d’une très forte vibration, donc de la\n transparence et de la lumière, tandis que, de tout\n"}, {"page_pdf": 140, "page_imprimee": 129, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1583, "texte": "    Les X X .                                        129\n\n\n\n près, les deux tons vus trop unitairem ent resteront\n sans effet ; de trop loin, ils se confondront un peu et\n les vibrations seront beaucoup moindres. Nous\n serions donc portés à croire la science et l’a rt du\n pointillé devoir se développer surtout dans la re­\n cherche d’agencem ent et de groupem ent de certains\n tons et dans une atténuation abusive du procédé\n quelquefois fatigant par ses divisions encore trop\n déterminées.\n    Le cadre aussi dont l’im portance est des plus\n considérables préoccupe d’études e t de recherches\n constantes ces jeunes artistes désireux bien profon­\n dém ent de produire leurs œuvres de pensées dans le\nplus grand état de perfection possible. Aussi la\nconnaissance des influences im m édiates agissant\nsur leurs œuvres et en m odifiant quelquefois la\npureté de conception, est-elle la cause première de\nl’im portance du cadre. Dans ce sens le cadre, adopté\naujourd’hui, ou momentanément, pour le pointillé\nparticulièrem ent, et s’y adaptant le m ieux comme\nmoyen d’isolément, est le cadre blanc. Celui-ci,\nquoique n ’ayant pas de raison d’être relativem ent à\nl’installation, la décoration et l’architecture moderne\ndont il doit un peu dépendre, est incontestablem ent\ncelui qui, pour les effets de soleil et de grande\nlumière, laisse aux couleurs leur plus absolue pureté.\n   Les plus grands résultats obtenus jusqu’ici dans\nl’a rt du pointillé se rencontrent dans les tableaux de\nGr. Seurat, dont quelques-uns exposés aux X X l’an\n                                                 9\n"}, {"page_pdf": 141, "page_imprimee": 130, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1494, "texte": " 130                                    la Wallonie.\n\n\n\n passé, e t clans ceux qu’envoie cette année M. Paul\n Signac que nous connaissons déjà et qui nous a laissé\n un excellent souvenir de l'exposition de 1888. Ses\n toiles toutes ensoleillées, pleines de printem ps,\n toutes fraîches de brises marines ou brûlantes d’un\n soleil d’août, sont d’une transparence e t d’une\n vibrance extraordinaires. Des eaux doucement mou­\n vantes en des criques à coteaux roses, des ciels\n lumineusem ent bleus, des rochers rouges avec le\n soleil très bas à l’horizon, des barques pâles bercées\n p a r des soupçons de vagues, sont étonnantes de\n m ouvem ent et form ent un ensemble délicieux\n dénotant un talen t supérieur.\n    Parm i les artistes invités employant le même\nprocédé, signalons la grande toile bleue de M.Dubois-\n Pillet qui s’impose comme un fort bon tableau, ainsi\n que “ les bords de la Seine à Neully. „\n    A côté de cela deux portraits, dim inuant la valeur\n de cet envoi, sont positivem ent laids et tout à fait\nrudim entaires sinon insignifiants.\n   Dans la petite exposition de M. Lucien Pissaro, la\n“ R oute nationale à Gisors, „ où le procédé est moins\napparent, est une toile charm ante et pleine de poésie.\n   M. Louis H ayet, un pointilleur moins déterminé\net un peu gris, expose deux ou trois après-midi,\ntrès agréables à regarder, un joli m atin plein de\nquiétude et une place de la Concorde à 5 heures où\nl’artiste paraît moins sûr et n ’arrive qu’à une faible\nexpression d’art.\n"}, {"page_pdf": 142, "page_imprimee": 131, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1493, "texte": "    Les X X .                                       131\n\n\n\n   Dans le groupe des X X , MM. Théo Van Ryssel ­\nberghe, \"Willy F inch et H enry Vandevelde, trois\nartistes voués aussi à l’a rt du pointillé, affirment,\ndans le même procédé, une personnalité très diffé­\nrente où l’on sent que chacun suit et connaît sa\nvoie.\n   M. Théo V an Rysselberghe, que ses expositions pré­\ncédentes ont classé parm i les talents les plus habiles\net les plus convaincus, expose un joli portrait\n“ D enisette „ un jeu de tennis “ à Thuin „ et un\ndessin représentant un intérieur.\n   L ’estacade à H eyst de M. Finch, “ Les Meules „,\n“ route de M ariakerke „ et en général toutes ses\ntoiles, sauf l’Hippodrome, sont très rem arquablem ent\ntraitées, dénotent un surprenant progrès et form ent\nl’u n des meilleurs ensembles du salon.\n   L a plus intéressante exposition, peut-être au point\nde vue de la lumière, est celle de M. H enry Van\n de Velde. Ce travailleur, que ses œuvres semblent\nm ontrer plus préoccupé de la recherche d’agence­\nm ent de tons et de la lumière que du sujet de ses\nétudes, arrive à un résultat très sérieux qui le classe,\n à notre avis, im m édiatem ent après Signac, au point\n de vue du lumineux : nous attendons de ' lui dans un\n avenir très prochain d’excellentes choses.\n    Après ces jeunes, ces persévérants tous amoureux\n de soleil et de plein air, ennemis des petits coins\n sombres du passé, des ruisseaux cristallins et des\n moulins à vent sur ciel de plomb, nous nous arrêtons\n"}, {"page_pdf": 143, "page_imprimee": 132, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1443, "texte": "132                                     la Wallonie.\n\n\n\n avec un réel plaisir devant la très jolie exposition de\n Mlle Anna Boch, d’un a rt peut-être moins intran­\nsigeant, mais d’une poésie très captivante. Les\n “ foins „ “ Les pavots „ et octobre lui ont valu un\ntrès légitim e succès.\n   Nous term inerons ici l’analyse de ces artistes\n “ naturalistes „ dont le principal but est la recherche\net l’étude de la lum ière appliquées à leurs œuvres de\npensée et de rêve souvent et qui arrivent par les\neffets qu’ils en obtiennent à nous donner des im pres­\nsions exquises de jeunesse.\n   A p art Constantin M eunier et R odin, nous avouons\nn ’avoir jam ais éprouvé par la sculpture moderne,\naucune impression bien profonde. Cet a rt station ­\nnaire, qui reste aujourd’hui dans l’acquit du passé, et\npresque toujours dans une m atérialité banale, nous\nfait un peu l’effet d’un a rt photographique en modelé\net ne nous ém eut guère.\n   C ette année cependant un révolutionnaire sculp­\nteu r gantois M. G. Minne, presque ignoré avant\nl’exposition des X X , surgit comme un talen t supé­\nrieur et des plus intéressants. Dans son œuvre\nprofondément étudiée, éminemment personnelle et\nrem arquablem ent rendue règne une obsédance de\ndouleur et de tristesse où semble se révéler le b ut de\nsynthétiser les formes pour en obtenir des effets\nabsolus.\n   M. Minne arrive par ce moyen à des œuvres d’un\ntrès grand sentim ent et d’une puissante éloquence.\n"}, {"page_pdf": 144, "page_imprimee": 133, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1496, "texte": "    Les X X .                                        133\n\n\n\n    Citons encore une étude en bronze de Rodin à\ncôté de laquelle une “ Tête de S t-Jean-B aptiste „\nparaît un peu molle et sans caractère.\n    P arm i les autres sculpteurs, M. Charpentier, un\nartiste français, médaillonne pour le T héâtre libre une\ncollection assez insignifiante d’hommes notoires et\nM. Paul Dubois se signale dans quelques œuvres élé­\ngantes comme un très sincère tem péram ent d’artiste.\n    M. G. Lem men exhibe aux X X , cette année, en\nune très jolie série de dessins fort habilem ent faits,\ntoute une m énagerie d’éléphants artistes, les mêmes\nque nous avons vus faire du trapèze et diriger des\norchestres. D ans toutes les physionomies de ses\nhéros, M. G. Lemmen répand une profonde expres­\nsion de douceur et de bonté : des trom pes sup­\npliantes ou rêveuses, des attitudes mornes ou sou­\nmises donnent à ces excellents animaux quelque\nchose d’extraordinairem ent hum ain où se découvre\nle but de l’artiste et la valeur vraim ent artistique de\nses dessins.\n   Nous ne partageons pas l’enthousiasme que pro­\nvoque chez quelques artistes, profonds e t sincères,\nl’a rt de M. V incent Van Gogh. Les tournesols très\npuissants de coloris et d’un fort beau dessin sont\nsurtout décoratifs e t agréables à regarder ; dans la\n“ Vigne Rouge „ l’emploi de tons vifs spécialement\nagencés produit certains effets m étalliques intéres­\nsants très curieux de lumière. La valeur de ses\nautres toiles nous échappe absolument.\n"}, {"page_pdf": 145, "page_imprimee": 134, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1654, "texte": "134                                                               la Wallonie.\n\n\n   M. P. A. Renoir, dont la réputation nous avait un\npeu prévenu trop favorablement, expose un portrait\nde femme en tons pâles, une esquisse de Richard\nW agner médiocre, une “ femme qui se peigne „ et\nune “ Baigneuse debout „ très vivantes et jolies de\ndessin et de chairs (').\n   Incom préhensible aux X X la présence de M. Sé ­\ngantini; to u t à fait inutile celle de M. Vogels, qui\nrevient chaque année avec ses mêmes et quelconques\neffets de printemps, d’hiver, d’orage, de clair de\nlune, etc., qu’on s’im agine avoir vus au même endroit\nà l’exposition passée, e t tout à fait ridicule pour la\nconsidération des X X celle de M. Ensor.\n   Qu’une indépendance absolue préside à l’admission\nd’œuvres d’a rt dans ce salon ouvert à tous ceux qui\nluttent, pensent et travaillent, c’est parfait, mais que\ncette même indépendance engendre des scrupules à\nl’égard d’un artiste qui n ’a plus des X X que le titre,\ncela dépasse to u t à fait ce que l’on peut intelligem ­\nm ent adm ettre et donne à cette exposition des plus\nplus sérieuses un caractère de farce et d’enfantillage.\nLes toiles de M. Ensor paraissent beaucoup plus\ninspirées pour courir la cimaise du café “ Chat hoir „\net “ L apin blanc „ que pour couvrir les m urs d’une\nexposition; aussi souhaitons-nous ne plus jam ais\nle revoir aux X X .\n\n    ( 1) D’ad m irab les toiles d e V. V an Gogh e t R en o ir, v u es ré c e m m e n t à\nP a ris, n o u s fo n t tro u v e r u n peu sév ères les ap p ré ciatio n s de n o tre colla­\nb o ra te u r.                                                         (La D irection.)\n"}, {"page_pdf": 146, "page_imprimee": 135, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1535, "texte": "    Les X X .                                        135\n\n\n\n   U n in stan t de repos e t une douce reprise de calme\ndevant les admirables dessins de X avier Mellery,\ndevant ces béguinages en tons sobres, silencieux et\ndiscrets, pleins de m ystère et de sérénité, devant\nces intérieurs tout intimes, et devant l’élégant dessin\nfier de jeunesse, puissant d’allure et de formes, des­\ntiné au frontispice des Pandedes Belges. Tous les\ninitiés aux belles choses et à l’a rt connaissent pour\nle placer au-dessus de la critique ce rem arquable\nartiste qui ne vient plus aux X X pour lu tter mais\npour reprendre périodiquem ent place au milieu dé\nces vaillants dont il a été et dont il est encore de\ntoute son âme, avec l ’acquit d’un grand talent, un\ngrand ami et un défenseur.\n   Assez stationnaire et peu en progrès l’a rt de M. G.\nV an Strydonck. Toutes ses toiles sont insignifiantes.\nLes moins médiocres : le portrait d’une jeune fille\nten an t un cerceau bien dessiné et d’un joli ensemble,\net celui d’un p etit enfant, le meilleur de son envoi,\ncelle “ La Capitale avant le départ „ est absolument\nratée au point de vue de l’effet que semble vouloir\nprovoquer une exagération de tons vifs et criards.\n   M. J a n Toorop, dans les tableaux duquel nous\nretrouvons un peu l’impression des œuvres de Millet,\nexprime en “ Donkere W olken „ “ Broeck in W ater ­\nland „ et “ le M aronnier „ un sentim ent plein de pro­\nfondeur, de tranquillité et de mystère. Ce sont trois\nbons tableaux.\n   Les croquis et dessins de M. Ch . Storm de StGra-\n"}, {"page_pdf": 147, "page_imprimee": 136, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1488, "texte": "136                                       la Wallonie.\n\n\n\nvesand, simplement jolis et bien faits, m anquent\nabsolument de caractère et ne sont non plus bien à\nleur place aux X X .\n   Les lithographies d’après Degas et Puvis de Cha ­\nvannes de M. Gr. W illiam Thornley sont ce que nous\navons vu de m ieux réussi et de plus habile depuis\nlongtemps : elles classent l’artiste parm i les meilleurs\ngraveurs actuels.\n   Des gravures presque par leur extraordinaire\nfinesse, les dessins de M. F . Khnopff d’un sentim ent\n exquis et d’une idéalité vraim ent captivante. A rt\nlittéraire et intellectuel, joli selon la poésie des\n œuvres qui l’inspire, beau et profond selon la hantise\n d’un sentim ent plus grand. Les dessins de M.\nKhnopff atteignent dans leur genre ce que notre\n conception im agine de plus parfait comme facture.\nC ette perfection est même un défaut, atteignant\nparfois des aspects photographiques. E t une cri­\ntique : M. Khnopff reste bien stationnaire.\n   D ’un a rt to u t différent et d’une personnalité toute\nparticulière l’exposition de l’énigm atique Odilon\nRedon. Cet esprit, hanté par des regards étrange­\nm ent humains, enfante des œuvres fantastiques obsé­\ndantes de m ystère et toujours suggestives. Parm i\nles meilleurs dessins nous signalons en prem ier lieu\nle Printem ps, une tête de femme au regard lointain\net immobile, doucement sévère e t d’un sentim ent\nindéfinissable en son cadre d’expression de fleurs.\n   Le frontispice pour Le Juré d’Edm ond P icard\n"}, {"page_pdf": 148, "page_imprimee": 137, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1557, "texte": "    Les X X .                                       137\n\n\n\n “ A u ciel, „ “ Décapité, „ “ Brunhilde, „ “ Christ, „\n “ Perversité, „ etc., sont des œuvres de toute pre­\n mière valeur à côté desquelles nous regrettons la\n présence des croquis pour les Fleurs du mal de B au­\n delaire p ar trop rudim entaires.\n   M. H. de Toulouse Lautrec, qui s’était brillam m ent\nm anifesté en 1888 dans un a rt très personnel, nous\nrevient cette année avec un très sérieux envoi. “ Le\n Bal du Moulin de la G alette, „ deux études :\n “ Rousse „ et “ Liseuse „ sont des œuvres de pen­\nsée et d’un réalism e fort réussi. L ’emploi très habile\n de certains tons roux, verts, fauves et violets, paraît\npréoccuper particulièrem ent et lui faire attacher très\njustem ent à certaines nuances fausses ou exagérées\nune influence directem ent intellectuelle.\n   M. W illy Schlobach paraît avoir abandonné tout\nà fait les études et les recherches dont il nous avait\ndonné en 1888 les fort bonnes,intéressantes et “diffé­\nrentes impressions de couleur et de lumière Son\nart, aujourd’hui plus profond et très pensé, semble se\ndiriger dans une voie définitive où s’épanouira son\ntalent plein de promesses et déjà de brillants résulats.\n   Une très dure exagération de formes et de lignes\namplifiant les caractères, spécialement de ses figures,\nun emploi très habile de tons sombres donne à ses\nœuvres suivant leur inspiration, une grande puis­\nsance dans la “ Tête verte vue de profil „, une très\nm ystique expression dans une tête vue de face et une\nprofonde poésie dans “ la m orte „.\n"}, {"page_pdf": 149, "page_imprimee": 138, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1518, "texte": "138                                     la Wallonie.\n\n\n   C ette dernière toile, inspirée par d’admirables vers\ninédits d’Emile V erhaeren dans les Flam beaux\nNoirs, pleine de grâce et de sentiment, restera pour\nnous un excellent souvenir dans nos meilleures\nimpressions d’art.\n   Nous term inerons cette critique par les débuts\ntrès rem arquables d’un jeune artiste, M. R obert\nP icard dont l’entrée aux X X apporte un élément\nd’a rt absolument personnel et nouveau. Des rêves,\ndes idéalisations de sentiments, une dominance sug­\ngestive et caressante d’impression de calme pour\nl’œil et pour l’esprit un coloris d’une savante richesse\net comme note à cette symphonie de tons doux des\ntitres très justem ent inspirés et révélateurs, tels\nque : “ Paix m ystique dans les dunes „ “ E au dor­\nm ante dans un jardin de sérénité „ “ F o rêt vue par\nles cîmes à l’aurore „ “ Mesopotamie im aginaire „.\n“ Des cygnes sur le grand canal le jour déclinant.\n   A étudier l’emploi spécial de tons particuliers à ce\npeintre, on se rapprocherait assez sincèrem ent de\ncertaine théorie adm ettant qu’il y aurait dans les\ncouleurs comme en musique une gamme de tons\ncorrespondant directem ent à un ordre de sentim ent\net d’impressions presque déterminés qu’ils produisent\nchaque fois qu’on les emploie et qui ne se modi­\nfierait que suivant les formes auxquelles on les\napplique ou les altérations qu’ils subissent par le\nmélange. L ’art de R obert Picard est un a rt de pen­\nseur et de poète, un a rt intellectuel et d’im agination\n"}, {"page_pdf": 150, "page_imprimee": 139, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1487, "texte": "    Les X X .                                       130\n\n\n\nqui, relativem ent à ses débuts, s’est m anifesté comme\nla naissance d’un grand talent.\n    L ’ensemble de cette exposition, l’une des plus\nintéressantes que nous ayons eu la jouissance de voir,\naffirme avec son absolue indépendance un essor\njeune et vigoureux, dégagé de toute attache acadé­\nmique, amoindrissante, dans un a rt nouveau d’intel ­\nlectualité et de libre expansion.\n    Ne subissant ni loi, ni convention, éprouvant une\ninstinctive horreur pour “ le M aître „ et “ l’Elève „,\nces principes étouffants et routiniers qui perpé­\ntuaient depuis un demi-siècle un a rt ancien et tou­\njours le même, cette jeune école provoque chez tout\nartiste sincère, susceptible de pensées et de re ­\ncherches, des espérances heureuses dans l’a rt de\n l’avenir.\n    L ’exposition des X X est devenue, pour Bruxelles\nintelligent, en même tem ps qu’un véritable besoin,\nle véritable critérium de l’a rt libre.\n    S’entourant du plus d’éléments artistiques possible\nles X X sous l’habile direction de leur très artiste\nsecrétaire, M. Octave Maus, ont adopté l’excellent\nprincipe de réunir chaque année et de faire connaître\nchez nous ce qu’il y a de plus intéressant en fait\nd’artistes belges et étrangers ; aussi les belles confé­\nrences de M. Stéphane Mallarmé et d’Edm ond\nPicard, les intéressantes auditions musicales de\nCésar Franck, V incent d’Indy, Fauré, de Castillon,\nKefer, Grilson, M athieu, etc., ont-elles attiré l’élite\n"}, {"page_pdf": 151, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 394, "texte": "140                                           la Wallonie.\n\n\ndu bon goût et placé dans le cadre châtoyant de\ntons tendres de soleil et de printem ps de cette expo­\nsition, tout ce que Bruxelles possède de jolies\nfemmes intelligentes : affirmation nouvelle et char­\nm ante de la jeunesse et de la vaillance qui régissent\nles X X .\n                                           A. H.\n\n\n             "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 140, "page_fin": 141, "titre_corps": "Petite chronique : À l’Émulation", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ch. D.", "ancre_debut": "P E T I T E CHRONIQUE.     A l'Em ulation. — Un concile de folklore", "ancre_fin": "Ch. D.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "D 'A rt et Critique, sous la signature de Benbez", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 151, "page_imprimee": 140, "debut_caractere": 394, "fin_caractere_exclue": 1581, "texte": "P E T I T E CHRONIQUE.\n    A l'Em ulation. — Un concile de folklore a récemment tenu\nses assises à Liège, et la séance s’est terminée par un royal\nbanquet. Sans vouloir porter préjudice à la gloire du restau­\nrateur élu, il faut dire que le fin régal de la soirée fut, de\nl ’avis de tous, la causerie faite à l’Emulation par MM. Monseur\n et Wilmotte,\n    Comme il y avait là pas mal de profanes, M. Eug. Monseur\ns’était chargé du modeste rôle d’initiateur, et nous a expliqué\nles études du folklore en une introduction charmante de\ngrâce et d’humour.\n    M. Maurice W ilm otte ensuite a parlé de la chanson popu­\nlaire, et parallèlement M. Demest, du Conservatoire, chantait\nles airs cités par le conférencier.\n    Ici, m’arrêter serait prudent. — De même qu’on ne décrit\npas la diction de Mallarmé, bien difficile serait de fixer, sans\nmaladresse, tout l’enchantement des conférences de Maurice\nWilmotte, et l’an dernier, Albert Mockel l’a fait ici même\ntrop bien pour que je m’y risque après lui. — Ce sont là des\nsoirs qu’on se plaît à élire parmi les pures joies.\n   Mon ignorance aussi se récuse à l’idée d’analyser les\nexquises choses dont le causeur nous a entretenus ; me voyez»\n"}, {"page_pdf": 152, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 761, "texte": "    petite Chronique.                                        141\n\n\nvous ergotant sur telle de ces fleurs naïves, avec la sérénité\nde l’inconscience, et devant toute une société de folklore?\n   Mieux vaut, ce me semble — par prudence — rappeler\nsimplement l ’indicible charme de cette séance, la saveur\nclaire et mélancolique de toutes ces choses éteintes, un\ninstant ranimées aux magies d’une voix chantante et frêle —\nde jadis, elle aussi — une voix faite pour conter des légendes\nà la Princesse endormie.\n   — Il convient de féliciter M. Demest qui a très bien com­\npris les divers airs confiés à son interprétation.\n                                                     Ch . D.\n                                   *\n                               *       *\n   "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 141, "page_fin": 144, "titre_corps": "Petite chronique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "D 'A rt et Critique, sous la signature de Benbez. A propos de", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 152, "page_imprimee": 141, "debut_caractere": 761, "fin_caractere_exclue": 1961, "texte": "D 'A rt et Critique, sous la signature de Benbez. A propos de\nla reprise du Vaisseau fantôme à la Monnaie.\n   On aurait pu se figurer que toute cette dépense d’énergie,\nde soins artistiques, d’or semé à pleines mains devait aboutir\nà l’exécution d’une nouvelle partie du cycle wagnerien :\nà Siegfreid peut-être. C’eût été logique ; on retourne difficile­\nment sur ses pas à moins d’avoir une nature d’écrevisse.\nPoint ; cet effort a pour résultat une reprise du Vaisseau fa n ­\ntôme. Entendons-nous bien ! Je n’ai garde, comme le font\ncertains wagneriens, de sacrifier la première forme du maître\net de la rejeter comme indigne pour ne voir que la manière\ndéfinitive. C’est un exclusivisme tout aussi ridicule que celui\nqui admire quand même les erreurs d’un génie qui se tâte,\nqui essaye avant de donner tout ce dont il est capable. Mais\nn’est-il pas naturel de monter Siegfreid après la W alkyrie et\nlorsque nous aurons pu juger de la tétralogie dans son\nensemble, de nous donner, à titre de renseignement, pour\ncompléter notre éducation musicale, les premiers essais du\nmaître génial de Bayreuth. Et, il faut bien l ’avouer, le Wagner\nde la tétralogie, non content de tuer tous ses contemporains,\n"}, {"page_pdf": 153, "page_imprimee": 142, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1681, "texte": "142                                                                         la Wallonie.\n\n\ncompromet singulièrement l’existence du Vaisseau fantôme.\n\n   La mise en scène est épique, il faudrait un volume pour la\nd é c r i r e ...........................................................................................\n   Malgré tout, le public bruxellois n’a ménagé ni ses bravos,\nni ses rappels à ce massacre général. Triste ! Triste !\n                          ***\n  Quelques extraits de la préface d’un catalogue\nparisien ; nous copions textuellem ent :\n  La cymaise est accessible pour les œuvres qui exigent\nd’être étudiées de plus près que les œuvres dont l’effet est\nplus marqué par les qualités visibles. La même tranquillité\nest exigée pendant la durée des séances, cette tranquillité\nrégnait déjà si bien l’hiver dernier, que des preneurs de\nnotes sérieuses purent travailler sur un pliant mobile, — ce\nqui rend les critiques satisfaits et d’aimable accueil.\n\n   Nous n’entrons dans aucune des discussions qui ont surgi.\nNos exposants peuvent “ prendre parti pour Etéocle ou\nPolynice „ comme l’a dit spirituellement A. Vacquerie ; ici,\nils sont dans un palais tout petit mais tranquille, sans\nagitation autre que celle de présenter les eaux-fortes, les\npointes sèch es................................................................................\n\n   L ’exposition de peintres-graveurs est à peine née. Elle a\ngrandi et a pris, dès ce moment, une tournure. Elle doit être\nune personne utile à ses parents, et faire des yeux en cou­\nlisse à toutes les personnes qui ont des cadres à suspendre,\ndes corridors à remplir, des collections à compléter dans\nleurs intérieurs.\n"}, {"page_pdf": 154, "page_imprimee": 143, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1583, "texte": "    petite Chronique.                                      148\n\n\n   Je crains de sortir des quelques lignes qui doivent ne pas\nobstruer une préface. Tous mes confrères me comprendront ;\nils auront le plaisir de développer à leur gré ce que je sens.\n\n  Je me dois de mettre mes amis au premier rang.\n\net ainsi de suite.\n   Signataire, Ph. Burty.\n   L ’exposition que blasonnait cette incroyable préface, était\nfort curieuse et contenant, entre autres, de merveilleux pas­\ntels de Cheret, de singulières eaux-fortes japonaises, de\nH enri, Rivière. de belles eaux-fortes de Mlle Mary Cassatt,\nGuérard (également de celui-ci de curieuses impressions en\ncouleur), de Luce, Camille et Lucien Pissarro, Sisley, des\nlithographies de Fantin-Latour et Odilon Redon — et\nquelques tableaux épars parmi ce blanc et noir.\n                              ***\n  Un grand Concours International de Littérature et d’Art\n(prose, poésie, dessin et musique) absolument gratuit pour\ntous les concourants est ouvert par le “ Nord Littéraire „.\n— Nombreuses récompenses. — Demander programme au\nSecrétariat, 113, rue de Paris, à V alenciennes.\n                             * *\n   L a Wallonie déplore la perte d’un jeune musicien de bien\nbel avenir : Fortuné Coquette, emporté à l’âge de 26 ans,\nalors que les grandes espérances que nous avaient fait conce­\nvoir son noble caractère et son talent sobre étaient sur le\npoint de se réaliser.\n                             * *\n  A signaler le beau succès obtenu par César Thomson au\ndernier abonnamentconcert, d'Aix-la-Chapelle, avec le 2e\nconcerto de Max Bruch.\n"}, {"page_pdf": 155, "page_imprimee": 144, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1914, "texte": "144                                            la Wallonie.\n\n\n                              ***\n   M. Firmin Vanden Bosch vient de faire paraître à Gand\nnn intéressant fascicule intitulé : A utour du journal des\nGoncourt. Nous ne pouvons nous rallier à beaucoup des\ndéductions de M. Vanden Bosch, mais en Belgique il est trop\nrare de voir des préoccupations littéraires se faire jour, pour\nque nous n’applaudissions à deux mains ceux qui résistent à la\ntorpeur ignorante qui menace de nous accabler. Le fascicule\ndont nous parlons montre chez son auteur beaucoup de lec­\nture intelligente et attentive. Il est écrit en une langue un\npeu impersonnelle, mais claire et correcte, et la critique\ntend à aller plus profondément que généralement chez nous.\n                               ***\n   Almanach de l’Université de Gand, 1890, 6e année. Comme\nles années précédentes, cet almanach se présente avec son\naspect coquet et soigné. Il fait à ce point de vue honneur à\nses persévérants promoteurs. Outre la partie que nous dirons\ntechnique, il contient une partie littéraire proprette, bien\nqu’un peu timide. Parmi les collaborateurs nous citerons\nSully Prudhomme, qui a envoyé une très aimable lettre,\nFritz Eli, Hubert Krains, Albert Guequier, Pétrus Pirus,\nCarolus Bex, Fernand Roussel, Georges Rosmel, Georges\nGarnir,Hubert Stiernet, Fernand Severin. On le voit, nombre\nde noms qui commencent à se faire connaître.\n   Une partie très intéressante est celle consacrée aux nom­\nbreux et éphémères journaux d’Etudiants. Bien que fait très\nsoigneusement, des lacunes s’y trouvent : à citer celle de\nl'E tud ia n t catholique de l’Université de Bruxelles, mystifi­\ncation qui fit vers 1884 un bruit énorme et fut l’occasion d?.\nla renaissance de l'E tudiant.\n   En résumé, un intéressant volume qui fait honneur aux\nétudiants Gantois, et semble montrer que chez eux subsiste\nplus de vitalité intellectuelle qu’ailleurs.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4-203", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Annonces", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "H ôtel des A m é r ic a in s 14 — R u e de l ’A b b é d e l’", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 156, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 7, "fin_caractere_exclue": 1675, "texte": "H ôtel des A m é r ic a in s\n             14 — R u e de l ’A b b é d e l’E p é e — 14\n                                           PARIS.\nE n face du Luxembourg. P rès du Val de Grâce.\n            Au Centre des Ecoles.\n     Tous les appartements ont vue. sur de magnifiques jardins.\n                               PENSION DE FAMILLE.\n\n\n\n PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n                   H . Z E Y E N .\n             137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                      L I É G E.\n\n      Spécialité d’agrandissement à la lumière électrique.\n\n\n     FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                     P la c e du T h é â tr e , 11, L ié g e.\nPorte-cigares en écume de mer, ambre et racine de bruyère.\n  — Pièces de commande, Écussons, Initiales, Portraits,\n  exécutés en 24 heures.\n                   RACCOMMODAGES.\n\n      Q u elq u es c o llectio n s d e LA WALLONIE (-1886, 4 8 8 7 , 1 8 8 8 e t 1889)\n                           s o n t en v e n te au p rix de 6 fran c s.\n                       L a W a llo n ie e s t en v en te\n\nA LIÈGE : Chez MM. G n u sé; G eo rg e; D’H e u r; B ra n d t; A ubette du P o n t\n     d’A vroy.\nA B RU X E LLE S: Chez MM. R osez, lib raire; Ista ce , lib ra ire , e t Lacom blez, lib raire.\nA GAND : Chez MM. A. H oste, lib ra ire , ru e des Cham ps ; W ennew itz (M uquard),\n     lib ra ire , ru e des Cham ps ; V uilsteke, lib raire, r u e a u x V aches.\nA ANVERS                   : chez Mme Ve De V etter, re m p a rt Stc-C ath erin e.\n\n\nA   PA R IS : Chez MM. V anier, lib ra ire , 1 9 , Quai S t-M ich el; Savine, lib raire,\n     1 8 , ru e D ro u o t, e t à la L ib rairie N ouvelle, ru e de la B oétie, 3.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "5e ANNEE, No 4. LA W ALLONIE REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE", "ancre_fin": ": 5 fr. par au. Union postale : 6 fr. 5 0 .", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "SOMMAIRE J o s é -M a r ia d e H e r e d", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 157, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 3, "fin_caractere_exclue": 415, "texte": "5e ANNEE, No 4.\n\n\n\n                                 LA W ALLONIE\nREVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D ’ART\n\n\n\n   Directeurs : MM. A l b e r t MOCKEL et P i e r r e - M . OLIN.\n\n                    Bureaux : rue St-Adalbert, 8, L iége.\n\n\nAdresser toutes les communications 317, Avenue Louise, Bruxelles.\n\n\n      A b o n n e m e n t : 5 fr. par au. Union postale : 6 fr. 5 0 .\n\n\n\n\n                                  "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-04-n4-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE J o s é -M a r ia d e H e r e d ia . Le Daïmio. F e", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 157, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 415, "fin_caractere_exclue": 938, "texte": "SOMMAIRE\n\n\nJ o s é -M a r ia d e H e r e d ia . Le Daïmio.\nF ern an d R o u s s e l. . . .                       Angoisses du doute.\nP ie r r e -M . O l i n ......................Les petits enfants.\nH e n r y v a n d e V e ld e . . . Notes sur l’art.\nA. H ............................................... Les X X .\n\n                                 Petite Chronique.\n\n\n\n\n                        Ce n u m éro 5 0 c e n tim e s.\n\n\n\n\n                                     Des prestes de H . Vailla n t-C a rm a n n e, à L iége.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 122, "texte": "          LA\nW A L L O N IE\n\n\n\n\n        Avril 1890.\n"}, {"page_pdf": 123, "texte": " REVUE     CRITIQUE       DES    ARTS     ET    DE    LA     LITTÉRATURE\n\n               26, B ue de l'Industrie, Bruxelles.\n                    Abonnement : 10 fr. par an.\n\n\n                       V iennent de p a ra ître :\nS c è n e s d e B a l, liv re d e v ers, p a r Alb. S t - P a u l .\nL e s O é b â c l e s , p ar E m ile V e r h a e r e n .\nC l o c h e s e n l a N u it , p a r A dolphe R e t t é .\nL ’A r t e n E x i l , ro m an , p a r G. R o d e n b a c h .\nS e r r e s c h a u d e s , p a r M aurice M a e t e r l i n c k .\n\n\n\n        MERCURE DE FRANCE\n                                MENSUEL\n             15, r u e de l ’E c h a u d é -S a in t-G e r m a in\n                    Un an, 5 fr.; Union postale, 6 fr.\n\n\n\n\n       ART & CRITIQUE\n    R evue     hebdom adaire        des    L ettres    et des       Arts\n                  P a r is , 7 , R u e d e s C a n e tte s\n\n          P aris, 12 francs l’a n ; É tra n g e r, 15 francs.\n\n           E n s o u s c r ip tio n d a n s n o s b u r e a u x ;\n     C R É P U S C U L E S                            D ’A M E\n               L ivre de v ers p a r G abriel M o u r e y .\n25 exem plaires s u r Japon, à 5 fran cs, so n t à so u scrire.\n"}, {"page_pdf": 124, "texte": "                  L E DAÏMIO.\n\n                                              M a t in   de   b a t a il l e .\n\n\n\n\nSous le noir fouet de guerre à quadruple pompon\nL'étalon belliqueux en hennissant se cabre\nE t fa it bruire avec-un cliquetis de sabre\nL a cuirasse de bronze aux lames du jupon.\n\nLe Chef vêtu d'airain, de laque et de crépon,\nOtant le masque à poils de son visage glabre,\nRegarde le volcan, sur un ciel de cinabre,\nDresser la neige où rit l’aurore du Nippon.\n\nMais il a vu, vers l'est éclaboussé d'or, l'astre\nGlorieux d’éclairer ce matin de désastre,\nPoindre, orbe éblouissant, au-dessus de la mer;\n\nE t pour couvrir ses yeux dont pas un cil ne bouge,\nI l ouvre d’u n seul coup son éventail de fer\nOù dans le satin blanc se lève un soleil rouge.\n                        J o s é -M a r i a   de   H E R E D IA .\n\n\n\n\n                                                                    8\n"}, {"page_pdf": 125, "texte": "          ANGOISSES DU DOUTE.                                                         (\\)\n\n                                                          à M. C harles Van Lerberghe .\n\n\n                                                 I.\n\n   Pâle, et sur sa chair sentant s’enrouler en frissons\nonduleux les vagues de la fièvre frileuse, éperdû ­\nm ent Paul H erre sonde les sombres arcanes de son\nâme. T ard la n u it sanglotte par l ’immensité songeuse\ndu néant. Au loin s’affaiblissant en la cristaléité stel­\nlaire, doux et traînant un son de cloche flotte, flotte\navec une voix fatale d’écho dans une cathédrale où\nrègne du silence, sur les dalles sonores où danse\nde l’ombre : Sous la lampe confidente, d’or souple et\nluisant épandant la clarté sereine de sa flamme\nimpassible, noyé dans l’absorbance de son passé et\ncourbé sous le joug du Présent peureux, lointaine ­\nm ent en des estompés fins, apparaît — colorée du\nsang de sa mémoire — la longue aridité de sa vie.\n   Nyctalope à présent, en l’environnement m iséri­\ncordieux d e la nuit, subreptice, presque, à sa peine —\ndans l’opacité de son rêve ancien il voit — sans fin —\ndans l’infini douloureux se perdre, en des caprices\n\n ( 1) P rem ière p a rtie d ’u n e p la q u e tte, p ro c h a in e m e n t à p a ra ître .\n"}, {"page_pdf": 126, "texte": "    Angoisses du Doute.                              115\n\n\n\ncourbes, le m éandre de ses aspirations vers le Gol ­\ngotha, prom etteur d’ardues joies : son A rt. E t l’oblat\nde toutes les vaines satisfactions usuelles, m ainte­\nn an t à genoux devant les ruines creuses et rouges\nde son cœur, se ronge et s’atomifie dans la cruelle\nextase du scalpel.\n   — Oh! l’absolu captivant de to u t cela m ort! E t\ndevant la réalité peu à peu qui sûrem ent assomme\nde coups orbes son âme, l’obédience à la fatalité\ninvincible est l’éternel opilatif de toute volonté con­\nquérante. Son rêve ! — Oh ! longuem ent avec une\ngracile' m aternité d’enfant blonde il l’avait, en de\ndoux organdis de délicatesse, choyé — et puis fine­\nm ent il l’avait ouvré, orfévri avec des songes,\nvagues, fluets, ainsi que l’on devine un battem ent\nd’ailes d’archanges — tandis que voilà son orgueil —\nengendré dans l’amour d’une vocation qui s’éveille,\nse jaunissant en l ’obituaire des choses mortes, —\nchoses envolées; — l’envol qu’on a tenté de pleines\nmains à retenir — à qui l ’on prom it à voix trem ­\nblantes, un infini rose de douleur et de charmes, un\npays riche, la rouge pâture d’une âme d’originelle\ntristesse où pense le sombre enchantem ent d’un cœur\nqui ne rit plus ! — E t rien que l’ennui dense de l ’im­\npuissance, la rage d’être seul à pleurer sa douleur,\nsans nulle âme sororale et m aternelle en son âme,\nsans nuls yeux — m iroirs larmés pour vos regards\nternis — et sans ongles félins pour faire repalpiter\nun peu de sang dans votre chair éteinte. Oh ! ce\n"}, {"page_pdf": 127, "texte": "116                                      la Wallonie.\n\n\nfatal esseulement qu’en la nuit — au milieu des\n ondes silencieuses des ténèbres bleuissantes l’on\nentend ch anter avec la folle voix mollissante d’un\ndésir trem blottant. — E t c’est un désir sans vio,\ndésir sans yeux, désir qui certes eût voulu être l’or\npailleur de joies inconnues, morbides et nerveuses. —\nE tre un cœur où g ît une pensée, vibrante et coloriste\net qui devient inerte par le doute !\n    E t dans une claire évocation, à cette heure nom­\nmément, comme — en l’air subombré d’une lune\ncachée — au h au t d’un m inaret blanc, frêle psalmodie\nl’âme d’un éphèbe, — du fond de sa mémoire sur\nl ’aridité grise de sa vie — voici que chantait — que\nchantait, avec des accents faibles et longs, son rêve\ndu passé, un nome lent et lymphatique, lent et très\nlas. — C’était le déroulem ent d’un très vieux pa­\nlimpseste.\n    E n l’austère renoncem ent de toute vaine satisfac­\ntion, Paul H erre avait, de prime coup d’œil, l’intim e\nidée d’avoir traversé une existence antérieure. Il\nsemblait en lui-même sentir d’anciens décors effacés\nqui surplom baient les tableaux nouveaux de la pièce\nsifflée qu’il jouait. Sans une nette et dessinatrice\nsouvenance, il paraissait en un lointain obscur avoir\nété sinon le direct acteur du drame ou de la chose,\ndu moins un très a tte n tif spectateur. De là, un nouvel\net toujours effrayant doute de tout : Il se sentait l’in­\nvolontaire plagiaire d’œuvres bâties en un soleil\naboli, reproduites en lui, par une vision de parhélie.\n"}, {"page_pdf": 128, "texte": "    Angoisses du Doute.                             117\n\n\n\nC’était une décroissance constante et consciente de\nsa puissance créatrice, une latente et certaine anémie\nmorale qui se palifiait dans l’idée fixe, doublée d’une\nextrêm e et maladive nervosité. E t elle s’accroissait\n— non d’une jalousie de voir ses entourants royale­\nm ent proclamer le triom phal orgueil de leurs cer­\nveaux neufs et de leurs nerfs abruts en face de sa\nnévrose — encore amplifiée par son im agination —\nmais par un fatalisme dolent et incisif.\n   Puis, à de certains moments — qu’il ju rait décisifs\nd’abattre son m alade intellect im aginatif sous l’ardu\nouvrage d’une besogne positive — le suivait en de\nrapides intervalles une nonchalance morne.\n   Longuem ent enfiévré il se sentait haineux devant\nses œuvres de créateur rêveur, et dans des instants\nde fatigue dégoûtée, les piétinait, hardi se lançant\nau m ontueux essoufflement des passives sciences.\nMais ici, comme d’ailleurs partout, ce qu’il voulait\ns’assimiler n ’était pour ses yeux d’âme qu’une fal­\nsification d’études sues à fond — là-bas — en une\népoque m orte. — Croyant connaître déjà l’étude d’à\nprésent, il n ’ajourait qu’un myope enfantem ent\nincestueux de sa pensée et de son imaginative.\n   Résigné et triste, avec une insinuatrice évidence,\nP aul H erre s’était directem ent classé dans le groupe\ndes réfractaires, sans révolte, comme en un pandé­\nmonium de gens, sinon hum ainem ent méprisables,\ndu moins tous ainsi que lui — les persécutés d’une\ndivine et haute vengerie.\n"}, {"page_pdf": 129, "texte": "118                                    la Wallonie.\n\n\n\n   E n lui ce travail — essentiellem ent logique —\ns’était enfanté de l’inadvertance, en ces moments-ci\n— malades et pervers — de sa naissance. E t de son\ncerveau, inexorablem ent défilé linéam ent par linéa­\nment, s’était élevé la demande de sa légitim ité ici-\nbas ? P a r le phénomène d'un amalgame bizarre, le\nmal, en lui amené par la pure spéculative, s’adjoi­\ngn ait à une passionnelle bonté, poignante comme une\nimmensité triste d’océan.\n   Ce doute devait nécessairement saper les bases\nde to u t un édifice et arriver à l’écroulement d’une\nnature — puis s’étendre — fatal et inguérissable\njusqu’au cœur même des amitiés et attachem ents\nlittéraires pour s’épancher - enfin! - en une générale\nlycanthropie qui se term inerait par une fin d’absolu.\n   Puis, comme un réveil latent, graduel — qui devait\navoir une évolution dernière — le scepticisme l’avait\n— en un tissu captivant de paradoxe enrayé — e t en\nmême temps lâchem ent humilié. Car ce scepticisme\nétait chez lui la résultante d’une faiblesse, d’une\nlacune de son intellect ayant le tort, simplement, de\nn’être pas dans la positive nécessité journalière. —\nChez d’autres, le scepticisme n ’est qu’un délicieux et\nriable passe-temps, produit d’une foule d’ignorances :\npalladium élastique de l’incapacité.\n   Ici le cas curieux se produisait : il était voulu,\ntravaillé, cherché, fouillé avec l’âpre volonté de\ntrouver un remède sinon définitif, du moins palliatif.\n   Ce qu’il voulait, c’était une occultation du mal qui\n"}, {"page_pdf": 130, "texte": "    Angoisses du Doute.                            119\n\n\n\nle rongeait : n ’im porte les moyens, n ’im porte les\nconséquences. E t souvent, malade, craquelé de\nl ’étem elle fièvre à ses membres de paria am aigris\ns’enchaînant, il avait traîné son front suant jusqu’au\ncarreau impassiblem ent clair de sa fenêtre, et si\nfollement envié la titubante ivresse du pacant lour­\ndem ent rabotant du bord de son sabot le pavé de la\nrue.\n\n                               F er nand   ROUSSEL.\n\n  Le chapitre suivant, prochainement.\n"}, {"page_pdf": 131, "texte": "               L E S P E T IT S E N F A N TS.\n\n\n                               I.\n\n    AU   BO RD D E LA M E R.\n\n\n\n   Deux petits enfants jouaient sur la plage au bas des\ndunes solitaires, bien loin, bien loin.\n   Ils jouaient, et pour ne pas gâter leurs beaux habits\nde fête, ils avaient de grands tabliers blancs, aussi\nblancs que l’écume des vagues lointaines, des vagues\nfarouches et vierges; car la mer, près d'eux était dé­\nmontée et toute écumeuse, et tant de vagues tendaient\nvers les nuages fugitifs et indifférents et si décidés à\naller là-bas, leur gorge émaciée et supplicatrice.\n   E n jouant, les petits enfants trouvèrent des blocs de\ntourbe et y souillèrent leurs tabliers blancs.\n   E t le plus petit pleurait, et l'aîné songeait.\n   “ Que faire, grand frère, voilà nos tabliers tout salis „\ndit le plus jeune.\n   “ Oui, que faire? Mais l'écume des bonnes vagues\nlà-bas est si blanche ! Si nous pouvions en frotter un\npeu sur nos tabliers ils redeviendraient blancs ? „\n"}, {"page_pdf": 132, "texte": "    les Petits E nfants.                               121\n\n\n\n   “ Oh oui, allons en chercher de la belle écume\nblanche! „\n  Pais les voici partis, la main dans la main, à petits\npas, tranquilles et assurés.\n   Mais l'écume au bord était brune, brune comme\nla tourbe.\n   “ Oui, petit frère, tu vois, c’est celle là-bas que nous\ndevons prendre. Allons, en marchant sur les belles\nvagues comme les beaux bateaux. „\n   E t très calmes et très souriants ils entrèrent dans la\nmer mugissante qui ne les effrayait pas.\n   E t une grande vague avec encore de l'écume blanche\nà sa crête, qui passait par là, ayant pitié de leur ingé­\nnuité, bien douce et bien câline les emporta.\n\n                                     Pierre-M. OLIN.\n"}, {"page_pdf": 133, "texte": "               N O T E S SU R l ' ART.\n\n                         “ CHAHUT. „\n\n\n    Après “ l a g r a n d e j a t t e „ — proclam ation glo­\nrieuse ; en ta n t qu’œuvre, incomplète, souffrant\nforcém ent des liâtes d’arriver prem ier et de l’appel\nimmesuré de souffle pour les claironnées premières\npour “ l’aux armes „ des formules nouvelles, —\nG e o r g e s S e u r a t donna “ l e s P o s e u s e s „, son œuvre\nde m aîtrise.\n   Y trouva-t-on alors une inobservance assez cho­\nquante des valeurs ? peut-être ; mais se souvient-on\nassez de tel dos, entre autres. S’imposait-il ou non?\névoquant les plus beaux nus de Puvis d e C h a ­\nv a n n e s — avec lequel S e u r a t parenterait par d’in­\n\ndéniables dispositions pour la grande décoration.\n   Dès ce moment, S e u r a t , répondant aux reproches\nde disposition inharm onique que nous osions, avoua\nses recherches pour une signification plus précise\ndes lignes. E t voilà, qu’après avoir eu l ’envié bon­\nheur d’appliquer le prem ier les théories scientifiques\ndes couleurs de O . N . R o o d , il nous donne la pre­\nmière œuvre selon un système sur les lignes :\n   “ Chahut. „\n"}, {"page_pdf": 134, "texte": "      Notes sur l’A rt.                                         123\n\n\n\n   — en quelque beuglant de M ontm artre, c’est au\nnuméro : quadrille naturaliste.\n   L ’intention, c’est par une direction soutenue des\nlignes, arriver à exprim er la gaîté. Dès lors, toutes\nm ontantes, p a rta n t de la droite vers la gauche ;\njaillissantes d’un coin du cadre pour s’épanouir en\ngerbe vers l’autre côté.\n   Car, la signification des lignes nous sera révélée\nbientôt.\n   S e u r a t indique les gaies, selon lui ; fixées de\ntous temps, les droites — austères, parce que dépour­\nvues, elles sont de rythm e. N’en voit-on de navrées\nencore, se laissant choir, elles, sous le plan, et d’insi­\nnuantes ?\n   L ’architecture de l’Idée va devenir raisonnable,\nenfin.\n   E t à ceux qui revendiqueront la souveraineté de\nl’œil dans l’empire de l ’Harmonie des lignes, je dis\ncette phrase — pourquoi en moi demeurée d’un vieux\nbouquin sur \" l e s P r i n c i p e s d e l ’H a r m o n ie „ ? et à\npropos de cette identique souveraineté de l’oreille —\n“ mais to u t souverain n ’est pas moins souverain\nparce que toutes les lois qu’il publie lui sont dictées\npar la raison. „\n  P our la gaîté dont S e u r a t nous occupe cependant\nce semble dangereux. Le danger serait dans le mot\nmême ? gaîté raisonnable.\n  — Mais ne m’effraie; dans les faits, ainsi de plus\nprésente m odernité — beuglants tels, coulisses,\n"}, {"page_pdf": 135, "texte": "124                                          la Wallonie.\n\n\n\nmaisons de joie, — ô, l ’ironie ! — peut-elle être autre?\n    L ’orgueilleux m aître D e g a s l’a fouillée, cette Joie,\navant personne, jusqu’à ce qu’il l’eût fait crier, la\ndéshabillant impitoyablem ent, flagellant sans merci\nsa pitoyable chair nue. Il l’a châtiée dans son incar­\nnation la plus complète, la Femme, en laquelle, avant\nLui, on pouvait croire réfugié ce qui restait encore\nde la Joie !\n    Dans l’œuvre de S e u r a t cette nuance m ê m e de\ntristesse nous rend plus séduisantes les “ chahu­\nteuses\n    Elles ont dans le geste d’exotiques grâces à la\nB otticelli; l’expression de leurs traits — montés\nen courbes — supérieurem ent m éprisante, de gaîté\nfactice et vicieuse.\n    — P o u r avoir si m inutieusem ent bâti toute son\nœuvre au moyen d’un système de lignes qui abouti­\nr a i t à cette endiablée gaîtée voulue, S e u r a t n ’a-t-il\npas, ayant mis tout son vouloir ailleurs, omis les res­\nsources dont dispose la Couleur, qui aussi puissam­\nm ent que la ligne peut-être bien — j ’ose dire plus —\neussent contribué à l’expression désirée.\n    Mais les fougues et les outrances ne sont pas de\nson tem péram ent et si S e u r a t s’est complu à vêtir sa\npensée d’une orchestration moins intense peut-être,\nelle est en revanche d’une bien rare distinction.\n    C’est œuvre de grande marque, ce “ C h a h u t „\ncurieuse et attachante !\n    Elle aura classé Seurat.\n"}, {"page_pdf": 136, "texte": "      Notes sur l’A rt.                                                   125'\n\n\n\n    Dans le public, néanmoins, les m ieux disposés\nferm eront les yeux aux qualités qu’il a, pour lui\ndécouvrir celles qu’il n ’a pas et l’inepte e t pullulant\nTout le Monde continuera ses faciles plaisanteries.\n    — Au reste, même public qu’ailleurs à cette E xpo­\nsition des A rtistes Indépendants, récemm ent ouverte\nà Paris et où S e u r a t accrocha sa dernière toile.\n    Une nauséeuse ouverture officielle, comme en nos\npires villes de province ; un Président de République\ncomme a ttra it hautem ent claironné, au lieu d ’un\nMonarque. Aimable to u t autant, et to u t plein de\ngens ravis de trouver, à pareille ouverture, prétexte\nà leur plate badauderie.\n    E n la dernière salle, où, par répugnance, se sont\nréfugiés les I m p r e s s i o n n i s t e s , les N é o - I m p r e s s io n ­\nn i s t e s F rançais et quelques V i n g t i s t e s aussi, s’im­\n\nposent, parm i les choses non vues à nos expositions\ndes xx, les œuvres de G u il l a u m i n , d ’ANGRAND et de\nV in c e n t v a n G o g h .\n\n                                       H enry     van de     V ELD E.\n"}, {"page_pdf": 137, "texte": "                      L E S XX.\n\n\n   Comme toujours à chaque mouvement d’avant-\ngarde, pour toute chose non officielle ou consacrée\ntelle, quelques critiques, non encore désabusés de la\nconfiance qu’ils . ont seuls en leur médiocre valeur,\nse sont plu, à la grande joie des hélas nom breux\nlecteurs de faits divers, à démolir en des articles à\nmots drôles cette 7° exposition qui m arquera comme\nl’une des plus belles dans l’évolution des X X . Si\nnous arrêtons un in stant notre pensée sur le parti\npris, la jalousie et la rancune avec lesquels se com­\nplaisent ces dits critiques pour essayer de ridiculiser\nune chose qu’ils ne peuvent et ne cherchent même\npas à comprendre, c’est moins par protestation que\npar indulgence, car nous ne doutons pas que, subis­\nsant cette grande loi de l’hérédité, ils sont avant\nto u t affectés d’une incapacité de voir clair ; que leur\nrétine embue de triturations sombres de tons demi-\nteinte (et de tous les lieux communs de ce genre)\nne peut plus percevoir l’impression de soleil ou la\nprofondeur de pensée qui règne dans presque toutes\nces toiles et qu’ils doivent to u t naturellem ent\nchercher leurs jouissances dans l’a rt officielle sombre\net le convenu et non dans ce groupe qui avance\n"}, {"page_pdf": 138, "texte": "    Les X X .                                         127\n\n\n\nvictorieusem ent et déterm ine une époque dont ils ne\npeuvent être.\n   Quelques-uns, moins mal doués, sans doute, et se\ndem andant, peut-être, ce que deviendra l ’a rt ancien,\nactuel, lorsque la science aura donné à la photo­\ngraphie la puissance d’im prim er les couleurs, accor­\n dent à cette nouvelle peinture quelque m aigre valeur\nqu’im m édiatem ent ils dim inuent en criant à l’exa­\ngération. E n ce point-là, le seul bien sûr, ils ont\nraison : cet a rt est un a rt d’exagération. Mais qu’est-\n ce donc que l’exagération ?\n   Si nous examinions dans notre vie, dans nos\nsentiments, dans nos passions, dans ce que nous\nappellerons notre idéal, la dom inante de nos désirs,\nne trouvons-nous pas que c’est beaucoup plus l’exa­\ngération que la réalité simple ? L ’exagération n ’a-\nt-elle, du reste, été toujours de tous les arts? Dès lors,\npourquoi donc avec la science et les connaissances\nm ultiples de cette jeune et savante école étudiant et\nclassant les sentim ents et recherchant les facteurs\nextérieurs qui peuvent les produire ou les influen­\ncer, pourquoi cette exagération voulue et employée\ncomme une couleur ne susciterait-elle en peinture\ndes impressions autres que celles produites par la\npeinture simplement, c’est-à-dire la pensée d’abord\nle réalisme, le symbolisme et le rêve ? Ici l’exagéra­\ntion est toute psychique et intellectuelle, tandis que\ngénéralem ent elle n ’a servi en peinture qu’à pro­\nvoquer des sentim ents m atériels et sensuels.\n"}, {"page_pdf": 139, "texte": "128                                      la Wallonie.\n\n\n\n    A vant d’aborder l’analyse de toutes les œuvres\ncomposant cette exposition d’a rt aryen e t pur non\npréoccupé de commandes, de médailles ou de titres\net poursuivant sim plem ent et tranquillem ent un\nidéal, nous essayerons de répondre à la question\nsouvent posée de savoir comment il faut regarder le\npointillé. Ce procédé pour lequel nous éprouvons une\npuissante confiance et une sincère admiration, nous\nparaît, avant tout, avoir pour but de m ettre entre la\ntoile et l’œil de celui qui la regarde la même transpa­\nrence, la même vibration, La même lumière qui existe\ndans la nature entre l’œil et l’objet ou le paysage que\nnous fixons, c’est-à-dire l’air et le soleil donc, toutes\nles vibrations se dégageant du sol, vibrations qui\nexistent toujours. Ce point posé, il nous sem blerait\nque, pour être comprise, dans toute sa conception,\nune œuvre réalisée au moyen de ce procédé doit\ninévitablem ent être vue à une distance voulue,\ndéterm inée to u t naturellem ent par l’œil lui-même\nqui subira ainsi les vibrations que différents tons\nspécialem ent agencés, produisent sur la rétine et\nnon to u t près où le procédé devient gênant, quoique\ngénéralem ent fort beau de couleur. Si nous prenons,\npar exemple, deux traits l’un de vermillon pur et\nl’autre de v ert veronèse et que nous les agencions\n de façon à ce qu’ils se touchent sans se confondre,\n l’œil éprouvera à la distance dont nous parlons\n l’impression d’une très forte vibration, donc de la\n transparence et de la lumière, tandis que, de tout\n"}, {"page_pdf": 140, "texte": "    Les X X .                                        129\n\n\n\n près, les deux tons vus trop unitairem ent resteront\n sans effet ; de trop loin, ils se confondront un peu et\n les vibrations seront beaucoup moindres. Nous\n serions donc portés à croire la science et l’a rt du\n pointillé devoir se développer surtout dans la re­\n cherche d’agencem ent et de groupem ent de certains\n tons et dans une atténuation abusive du procédé\n quelquefois fatigant par ses divisions encore trop\n déterminées.\n    Le cadre aussi dont l’im portance est des plus\n considérables préoccupe d’études e t de recherches\n constantes ces jeunes artistes désireux bien profon­\n dém ent de produire leurs œuvres de pensées dans le\nplus grand état de perfection possible. Aussi la\nconnaissance des influences im m édiates agissant\nsur leurs œuvres et en m odifiant quelquefois la\npureté de conception, est-elle la cause première de\nl’im portance du cadre. Dans ce sens le cadre, adopté\naujourd’hui, ou momentanément, pour le pointillé\nparticulièrem ent, et s’y adaptant le m ieux comme\nmoyen d’isolément, est le cadre blanc. Celui-ci,\nquoique n ’ayant pas de raison d’être relativem ent à\nl’installation, la décoration et l’architecture moderne\ndont il doit un peu dépendre, est incontestablem ent\ncelui qui, pour les effets de soleil et de grande\nlumière, laisse aux couleurs leur plus absolue pureté.\n   Les plus grands résultats obtenus jusqu’ici dans\nl’a rt du pointillé se rencontrent dans les tableaux de\nGr. Seurat, dont quelques-uns exposés aux X X l’an\n                                                 9\n"}, {"page_pdf": 141, "texte": " 130                                    la Wallonie.\n\n\n\n passé, e t clans ceux qu’envoie cette année M. Paul\n Signac que nous connaissons déjà et qui nous a laissé\n un excellent souvenir de l'exposition de 1888. Ses\n toiles toutes ensoleillées, pleines de printem ps,\n toutes fraîches de brises marines ou brûlantes d’un\n soleil d’août, sont d’une transparence e t d’une\n vibrance extraordinaires. Des eaux doucement mou­\n vantes en des criques à coteaux roses, des ciels\n lumineusem ent bleus, des rochers rouges avec le\n soleil très bas à l’horizon, des barques pâles bercées\n p a r des soupçons de vagues, sont étonnantes de\n m ouvem ent et form ent un ensemble délicieux\n dénotant un talen t supérieur.\n    Parm i les artistes invités employant le même\nprocédé, signalons la grande toile bleue de M.Dubois-\n Pillet qui s’impose comme un fort bon tableau, ainsi\n que “ les bords de la Seine à Neully. „\n    A côté de cela deux portraits, dim inuant la valeur\n de cet envoi, sont positivem ent laids et tout à fait\nrudim entaires sinon insignifiants.\n   Dans la petite exposition de M. Lucien Pissaro, la\n“ R oute nationale à Gisors, „ où le procédé est moins\napparent, est une toile charm ante et pleine de poésie.\n   M. Louis H ayet, un pointilleur moins déterminé\net un peu gris, expose deux ou trois après-midi,\ntrès agréables à regarder, un joli m atin plein de\nquiétude et une place de la Concorde à 5 heures où\nl’artiste paraît moins sûr et n ’arrive qu’à une faible\nexpression d’art.\n"}, {"page_pdf": 142, "texte": "    Les X X .                                       131\n\n\n\n   Dans le groupe des X X , MM. Théo Van Ryssel ­\nberghe, \"Willy F inch et H enry Vandevelde, trois\nartistes voués aussi à l’a rt du pointillé, affirment,\ndans le même procédé, une personnalité très diffé­\nrente où l’on sent que chacun suit et connaît sa\nvoie.\n   M. Théo V an Rysselberghe, que ses expositions pré­\ncédentes ont classé parm i les talents les plus habiles\net les plus convaincus, expose un joli portrait\n“ D enisette „ un jeu de tennis “ à Thuin „ et un\ndessin représentant un intérieur.\n   L ’estacade à H eyst de M. Finch, “ Les Meules „,\n“ route de M ariakerke „ et en général toutes ses\ntoiles, sauf l’Hippodrome, sont très rem arquablem ent\ntraitées, dénotent un surprenant progrès et form ent\nl’u n des meilleurs ensembles du salon.\n   L a plus intéressante exposition, peut-être au point\nde vue de la lumière, est celle de M. H enry Van\n de Velde. Ce travailleur, que ses œuvres semblent\nm ontrer plus préoccupé de la recherche d’agence­\nm ent de tons et de la lumière que du sujet de ses\nétudes, arrive à un résultat très sérieux qui le classe,\n à notre avis, im m édiatem ent après Signac, au point\n de vue du lumineux : nous attendons de ' lui dans un\n avenir très prochain d’excellentes choses.\n    Après ces jeunes, ces persévérants tous amoureux\n de soleil et de plein air, ennemis des petits coins\n sombres du passé, des ruisseaux cristallins et des\n moulins à vent sur ciel de plomb, nous nous arrêtons\n"}, {"page_pdf": 143, "texte": "132                                     la Wallonie.\n\n\n\n avec un réel plaisir devant la très jolie exposition de\n Mlle Anna Boch, d’un a rt peut-être moins intran­\nsigeant, mais d’une poésie très captivante. Les\n “ foins „ “ Les pavots „ et octobre lui ont valu un\ntrès légitim e succès.\n   Nous term inerons ici l’analyse de ces artistes\n “ naturalistes „ dont le principal but est la recherche\net l’étude de la lum ière appliquées à leurs œuvres de\npensée et de rêve souvent et qui arrivent par les\neffets qu’ils en obtiennent à nous donner des im pres­\nsions exquises de jeunesse.\n   A p art Constantin M eunier et R odin, nous avouons\nn ’avoir jam ais éprouvé par la sculpture moderne,\naucune impression bien profonde. Cet a rt station ­\nnaire, qui reste aujourd’hui dans l’acquit du passé, et\npresque toujours dans une m atérialité banale, nous\nfait un peu l’effet d’un a rt photographique en modelé\net ne nous ém eut guère.\n   C ette année cependant un révolutionnaire sculp­\nteu r gantois M. G. Minne, presque ignoré avant\nl’exposition des X X , surgit comme un talen t supé­\nrieur et des plus intéressants. Dans son œuvre\nprofondément étudiée, éminemment personnelle et\nrem arquablem ent rendue règne une obsédance de\ndouleur et de tristesse où semble se révéler le b ut de\nsynthétiser les formes pour en obtenir des effets\nabsolus.\n   M. Minne arrive par ce moyen à des œuvres d’un\ntrès grand sentim ent et d’une puissante éloquence.\n"}, {"page_pdf": 144, "texte": "    Les X X .                                        133\n\n\n\n    Citons encore une étude en bronze de Rodin à\ncôté de laquelle une “ Tête de S t-Jean-B aptiste „\nparaît un peu molle et sans caractère.\n    P arm i les autres sculpteurs, M. Charpentier, un\nartiste français, médaillonne pour le T héâtre libre une\ncollection assez insignifiante d’hommes notoires et\nM. Paul Dubois se signale dans quelques œuvres élé­\ngantes comme un très sincère tem péram ent d’artiste.\n    M. G. Lem men exhibe aux X X , cette année, en\nune très jolie série de dessins fort habilem ent faits,\ntoute une m énagerie d’éléphants artistes, les mêmes\nque nous avons vus faire du trapèze et diriger des\norchestres. D ans toutes les physionomies de ses\nhéros, M. G. Lemmen répand une profonde expres­\nsion de douceur et de bonté : des trom pes sup­\npliantes ou rêveuses, des attitudes mornes ou sou­\nmises donnent à ces excellents animaux quelque\nchose d’extraordinairem ent hum ain où se découvre\nle but de l’artiste et la valeur vraim ent artistique de\nses dessins.\n   Nous ne partageons pas l’enthousiasme que pro­\nvoque chez quelques artistes, profonds e t sincères,\nl’a rt de M. V incent Van Gogh. Les tournesols très\npuissants de coloris et d’un fort beau dessin sont\nsurtout décoratifs e t agréables à regarder ; dans la\n“ Vigne Rouge „ l’emploi de tons vifs spécialement\nagencés produit certains effets m étalliques intéres­\nsants très curieux de lumière. La valeur de ses\nautres toiles nous échappe absolument.\n"}, {"page_pdf": 145, "texte": "134                                                               la Wallonie.\n\n\n   M. P. A. Renoir, dont la réputation nous avait un\npeu prévenu trop favorablement, expose un portrait\nde femme en tons pâles, une esquisse de Richard\nW agner médiocre, une “ femme qui se peigne „ et\nune “ Baigneuse debout „ très vivantes et jolies de\ndessin et de chairs (').\n   Incom préhensible aux X X la présence de M. Sé ­\ngantini; to u t à fait inutile celle de M. Vogels, qui\nrevient chaque année avec ses mêmes et quelconques\neffets de printemps, d’hiver, d’orage, de clair de\nlune, etc., qu’on s’im agine avoir vus au même endroit\nà l’exposition passée, e t tout à fait ridicule pour la\nconsidération des X X celle de M. Ensor.\n   Qu’une indépendance absolue préside à l’admission\nd’œuvres d’a rt dans ce salon ouvert à tous ceux qui\nluttent, pensent et travaillent, c’est parfait, mais que\ncette même indépendance engendre des scrupules à\nl’égard d’un artiste qui n ’a plus des X X que le titre,\ncela dépasse to u t à fait ce que l’on peut intelligem ­\nm ent adm ettre et donne à cette exposition des plus\nplus sérieuses un caractère de farce et d’enfantillage.\nLes toiles de M. Ensor paraissent beaucoup plus\ninspirées pour courir la cimaise du café “ Chat hoir „\net “ L apin blanc „ que pour couvrir les m urs d’une\nexposition; aussi souhaitons-nous ne plus jam ais\nle revoir aux X X .\n\n    ( 1) D’ad m irab les toiles d e V. V an Gogh e t R en o ir, v u es ré c e m m e n t à\nP a ris, n o u s fo n t tro u v e r u n peu sév ères les ap p ré ciatio n s de n o tre colla­\nb o ra te u r.                                                         (La D irection.)\n"}, {"page_pdf": 146, "texte": "    Les X X .                                        135\n\n\n\n   U n in stan t de repos e t une douce reprise de calme\ndevant les admirables dessins de X avier Mellery,\ndevant ces béguinages en tons sobres, silencieux et\ndiscrets, pleins de m ystère et de sérénité, devant\nces intérieurs tout intimes, et devant l’élégant dessin\nfier de jeunesse, puissant d’allure et de formes, des­\ntiné au frontispice des Pandedes Belges. Tous les\ninitiés aux belles choses et à l’a rt connaissent pour\nle placer au-dessus de la critique ce rem arquable\nartiste qui ne vient plus aux X X pour lu tter mais\npour reprendre périodiquem ent place au milieu dé\nces vaillants dont il a été et dont il est encore de\ntoute son âme, avec l ’acquit d’un grand talent, un\ngrand ami et un défenseur.\n   Assez stationnaire et peu en progrès l’a rt de M. G.\nV an Strydonck. Toutes ses toiles sont insignifiantes.\nLes moins médiocres : le portrait d’une jeune fille\nten an t un cerceau bien dessiné et d’un joli ensemble,\net celui d’un p etit enfant, le meilleur de son envoi,\ncelle “ La Capitale avant le départ „ est absolument\nratée au point de vue de l’effet que semble vouloir\nprovoquer une exagération de tons vifs et criards.\n   M. J a n Toorop, dans les tableaux duquel nous\nretrouvons un peu l’impression des œuvres de Millet,\nexprime en “ Donkere W olken „ “ Broeck in W ater ­\nland „ et “ le M aronnier „ un sentim ent plein de pro­\nfondeur, de tranquillité et de mystère. Ce sont trois\nbons tableaux.\n   Les croquis et dessins de M. Ch . Storm de StGra-\n"}, {"page_pdf": 147, "texte": "136                                       la Wallonie.\n\n\n\nvesand, simplement jolis et bien faits, m anquent\nabsolument de caractère et ne sont non plus bien à\nleur place aux X X .\n   Les lithographies d’après Degas et Puvis de Cha ­\nvannes de M. Gr. W illiam Thornley sont ce que nous\navons vu de m ieux réussi et de plus habile depuis\nlongtemps : elles classent l’artiste parm i les meilleurs\ngraveurs actuels.\n   Des gravures presque par leur extraordinaire\nfinesse, les dessins de M. F . Khnopff d’un sentim ent\n exquis et d’une idéalité vraim ent captivante. A rt\nlittéraire et intellectuel, joli selon la poésie des\n œuvres qui l’inspire, beau et profond selon la hantise\n d’un sentim ent plus grand. Les dessins de M.\nKhnopff atteignent dans leur genre ce que notre\n conception im agine de plus parfait comme facture.\nC ette perfection est même un défaut, atteignant\nparfois des aspects photographiques. E t une cri­\ntique : M. Khnopff reste bien stationnaire.\n   D ’un a rt to u t différent et d’une personnalité toute\nparticulière l’exposition de l’énigm atique Odilon\nRedon. Cet esprit, hanté par des regards étrange­\nm ent humains, enfante des œuvres fantastiques obsé­\ndantes de m ystère et toujours suggestives. Parm i\nles meilleurs dessins nous signalons en prem ier lieu\nle Printem ps, une tête de femme au regard lointain\net immobile, doucement sévère e t d’un sentim ent\nindéfinissable en son cadre d’expression de fleurs.\n   Le frontispice pour Le Juré d’Edm ond P icard\n"}, {"page_pdf": 148, "texte": "    Les X X .                                       137\n\n\n\n “ A u ciel, „ “ Décapité, „ “ Brunhilde, „ “ Christ, „\n “ Perversité, „ etc., sont des œuvres de toute pre­\n mière valeur à côté desquelles nous regrettons la\n présence des croquis pour les Fleurs du mal de B au­\n delaire p ar trop rudim entaires.\n   M. H. de Toulouse Lautrec, qui s’était brillam m ent\nm anifesté en 1888 dans un a rt très personnel, nous\nrevient cette année avec un très sérieux envoi. “ Le\n Bal du Moulin de la G alette, „ deux études :\n “ Rousse „ et “ Liseuse „ sont des œuvres de pen­\nsée et d’un réalism e fort réussi. L ’emploi très habile\n de certains tons roux, verts, fauves et violets, paraît\npréoccuper particulièrem ent et lui faire attacher très\njustem ent à certaines nuances fausses ou exagérées\nune influence directem ent intellectuelle.\n   M. W illy Schlobach paraît avoir abandonné tout\nà fait les études et les recherches dont il nous avait\ndonné en 1888 les fort bonnes,intéressantes et “diffé­\nrentes impressions de couleur et de lumière Son\nart, aujourd’hui plus profond et très pensé, semble se\ndiriger dans une voie définitive où s’épanouira son\ntalent plein de promesses et déjà de brillants résulats.\n   Une très dure exagération de formes et de lignes\namplifiant les caractères, spécialement de ses figures,\nun emploi très habile de tons sombres donne à ses\nœuvres suivant leur inspiration, une grande puis­\nsance dans la “ Tête verte vue de profil „, une très\nm ystique expression dans une tête vue de face et une\nprofonde poésie dans “ la m orte „.\n"}, {"page_pdf": 149, "texte": "138                                     la Wallonie.\n\n\n   C ette dernière toile, inspirée par d’admirables vers\ninédits d’Emile V erhaeren dans les Flam beaux\nNoirs, pleine de grâce et de sentiment, restera pour\nnous un excellent souvenir dans nos meilleures\nimpressions d’art.\n   Nous term inerons cette critique par les débuts\ntrès rem arquables d’un jeune artiste, M. R obert\nP icard dont l’entrée aux X X apporte un élément\nd’a rt absolument personnel et nouveau. Des rêves,\ndes idéalisations de sentiments, une dominance sug­\ngestive et caressante d’impression de calme pour\nl’œil et pour l’esprit un coloris d’une savante richesse\net comme note à cette symphonie de tons doux des\ntitres très justem ent inspirés et révélateurs, tels\nque : “ Paix m ystique dans les dunes „ “ E au dor­\nm ante dans un jardin de sérénité „ “ F o rêt vue par\nles cîmes à l’aurore „ “ Mesopotamie im aginaire „.\n“ Des cygnes sur le grand canal le jour déclinant.\n   A étudier l’emploi spécial de tons particuliers à ce\npeintre, on se rapprocherait assez sincèrem ent de\ncertaine théorie adm ettant qu’il y aurait dans les\ncouleurs comme en musique une gamme de tons\ncorrespondant directem ent à un ordre de sentim ent\net d’impressions presque déterminés qu’ils produisent\nchaque fois qu’on les emploie et qui ne se modi­\nfierait que suivant les formes auxquelles on les\napplique ou les altérations qu’ils subissent par le\nmélange. L ’art de R obert Picard est un a rt de pen­\nseur et de poète, un a rt intellectuel et d’im agination\n"}, {"page_pdf": 150, "texte": "    Les X X .                                       130\n\n\n\nqui, relativem ent à ses débuts, s’est m anifesté comme\nla naissance d’un grand talent.\n    L ’ensemble de cette exposition, l’une des plus\nintéressantes que nous ayons eu la jouissance de voir,\naffirme avec son absolue indépendance un essor\njeune et vigoureux, dégagé de toute attache acadé­\nmique, amoindrissante, dans un a rt nouveau d’intel ­\nlectualité et de libre expansion.\n    Ne subissant ni loi, ni convention, éprouvant une\ninstinctive horreur pour “ le M aître „ et “ l’Elève „,\nces principes étouffants et routiniers qui perpé­\ntuaient depuis un demi-siècle un a rt ancien et tou­\njours le même, cette jeune école provoque chez tout\nartiste sincère, susceptible de pensées et de re ­\ncherches, des espérances heureuses dans l’a rt de\n l’avenir.\n    L ’exposition des X X est devenue, pour Bruxelles\nintelligent, en même tem ps qu’un véritable besoin,\nle véritable critérium de l’a rt libre.\n    S’entourant du plus d’éléments artistiques possible\nles X X sous l’habile direction de leur très artiste\nsecrétaire, M. Octave Maus, ont adopté l’excellent\nprincipe de réunir chaque année et de faire connaître\nchez nous ce qu’il y a de plus intéressant en fait\nd’artistes belges et étrangers ; aussi les belles confé­\nrences de M. Stéphane Mallarmé et d’Edm ond\nPicard, les intéressantes auditions musicales de\nCésar Franck, V incent d’Indy, Fauré, de Castillon,\nKefer, Grilson, M athieu, etc., ont-elles attiré l’élite\n"}, {"page_pdf": 151, "texte": "140                                           la Wallonie.\n\n\ndu bon goût et placé dans le cadre châtoyant de\ntons tendres de soleil et de printem ps de cette expo­\nsition, tout ce que Bruxelles possède de jolies\nfemmes intelligentes : affirmation nouvelle et char­\nm ante de la jeunesse et de la vaillance qui régissent\nles X X .\n                                           A. H.\n\n\n             P E T I T E CHRONIQUE.\n    A l'Em ulation. — Un concile de folklore a récemment tenu\nses assises à Liège, et la séance s’est terminée par un royal\nbanquet. Sans vouloir porter préjudice à la gloire du restau­\nrateur élu, il faut dire que le fin régal de la soirée fut, de\nl ’avis de tous, la causerie faite à l’Emulation par MM. Monseur\n et Wilmotte,\n    Comme il y avait là pas mal de profanes, M. Eug. Monseur\ns’était chargé du modeste rôle d’initiateur, et nous a expliqué\nles études du folklore en une introduction charmante de\ngrâce et d’humour.\n    M. Maurice W ilm otte ensuite a parlé de la chanson popu­\nlaire, et parallèlement M. Demest, du Conservatoire, chantait\nles airs cités par le conférencier.\n    Ici, m’arrêter serait prudent. — De même qu’on ne décrit\npas la diction de Mallarmé, bien difficile serait de fixer, sans\nmaladresse, tout l’enchantement des conférences de Maurice\nWilmotte, et l’an dernier, Albert Mockel l’a fait ici même\ntrop bien pour que je m’y risque après lui. — Ce sont là des\nsoirs qu’on se plaît à élire parmi les pures joies.\n   Mon ignorance aussi se récuse à l’idée d’analyser les\nexquises choses dont le causeur nous a entretenus ; me voyez»\n"}, {"page_pdf": 152, "texte": "    petite Chronique.                                        141\n\n\nvous ergotant sur telle de ces fleurs naïves, avec la sérénité\nde l’inconscience, et devant toute une société de folklore?\n   Mieux vaut, ce me semble — par prudence — rappeler\nsimplement l ’indicible charme de cette séance, la saveur\nclaire et mélancolique de toutes ces choses éteintes, un\ninstant ranimées aux magies d’une voix chantante et frêle —\nde jadis, elle aussi — une voix faite pour conter des légendes\nà la Princesse endormie.\n   — Il convient de féliciter M. Demest qui a très bien com­\npris les divers airs confiés à son interprétation.\n                                                     Ch . D.\n                                   *\n                               *       *\n   D 'A rt et Critique, sous la signature de Benbez. A propos de\nla reprise du Vaisseau fantôme à la Monnaie.\n   On aurait pu se figurer que toute cette dépense d’énergie,\nde soins artistiques, d’or semé à pleines mains devait aboutir\nà l’exécution d’une nouvelle partie du cycle wagnerien :\nà Siegfreid peut-être. C’eût été logique ; on retourne difficile­\nment sur ses pas à moins d’avoir une nature d’écrevisse.\nPoint ; cet effort a pour résultat une reprise du Vaisseau fa n ­\ntôme. Entendons-nous bien ! Je n’ai garde, comme le font\ncertains wagneriens, de sacrifier la première forme du maître\net de la rejeter comme indigne pour ne voir que la manière\ndéfinitive. C’est un exclusivisme tout aussi ridicule que celui\nqui admire quand même les erreurs d’un génie qui se tâte,\nqui essaye avant de donner tout ce dont il est capable. Mais\nn’est-il pas naturel de monter Siegfreid après la W alkyrie et\nlorsque nous aurons pu juger de la tétralogie dans son\nensemble, de nous donner, à titre de renseignement, pour\ncompléter notre éducation musicale, les premiers essais du\nmaître génial de Bayreuth. Et, il faut bien l ’avouer, le Wagner\nde la tétralogie, non content de tuer tous ses contemporains,\n"}, {"page_pdf": 153, "texte": "142                                                                         la Wallonie.\n\n\ncompromet singulièrement l’existence du Vaisseau fantôme.\n\n   La mise en scène est épique, il faudrait un volume pour la\nd é c r i r e ...........................................................................................\n   Malgré tout, le public bruxellois n’a ménagé ni ses bravos,\nni ses rappels à ce massacre général. Triste ! Triste !\n                          ***\n  Quelques extraits de la préface d’un catalogue\nparisien ; nous copions textuellem ent :\n  La cymaise est accessible pour les œuvres qui exigent\nd’être étudiées de plus près que les œuvres dont l’effet est\nplus marqué par les qualités visibles. La même tranquillité\nest exigée pendant la durée des séances, cette tranquillité\nrégnait déjà si bien l’hiver dernier, que des preneurs de\nnotes sérieuses purent travailler sur un pliant mobile, — ce\nqui rend les critiques satisfaits et d’aimable accueil.\n\n   Nous n’entrons dans aucune des discussions qui ont surgi.\nNos exposants peuvent “ prendre parti pour Etéocle ou\nPolynice „ comme l’a dit spirituellement A. Vacquerie ; ici,\nils sont dans un palais tout petit mais tranquille, sans\nagitation autre que celle de présenter les eaux-fortes, les\npointes sèch es................................................................................\n\n   L ’exposition de peintres-graveurs est à peine née. Elle a\ngrandi et a pris, dès ce moment, une tournure. Elle doit être\nune personne utile à ses parents, et faire des yeux en cou­\nlisse à toutes les personnes qui ont des cadres à suspendre,\ndes corridors à remplir, des collections à compléter dans\nleurs intérieurs.\n"}, {"page_pdf": 154, "texte": "    petite Chronique.                                      148\n\n\n   Je crains de sortir des quelques lignes qui doivent ne pas\nobstruer une préface. Tous mes confrères me comprendront ;\nils auront le plaisir de développer à leur gré ce que je sens.\n\n  Je me dois de mettre mes amis au premier rang.\n\net ainsi de suite.\n   Signataire, Ph. Burty.\n   L ’exposition que blasonnait cette incroyable préface, était\nfort curieuse et contenant, entre autres, de merveilleux pas­\ntels de Cheret, de singulières eaux-fortes japonaises, de\nH enri, Rivière. de belles eaux-fortes de Mlle Mary Cassatt,\nGuérard (également de celui-ci de curieuses impressions en\ncouleur), de Luce, Camille et Lucien Pissarro, Sisley, des\nlithographies de Fantin-Latour et Odilon Redon — et\nquelques tableaux épars parmi ce blanc et noir.\n                              ***\n  Un grand Concours International de Littérature et d’Art\n(prose, poésie, dessin et musique) absolument gratuit pour\ntous les concourants est ouvert par le “ Nord Littéraire „.\n— Nombreuses récompenses. — Demander programme au\nSecrétariat, 113, rue de Paris, à V alenciennes.\n                             * *\n   L a Wallonie déplore la perte d’un jeune musicien de bien\nbel avenir : Fortuné Coquette, emporté à l’âge de 26 ans,\nalors que les grandes espérances que nous avaient fait conce­\nvoir son noble caractère et son talent sobre étaient sur le\npoint de se réaliser.\n                             * *\n  A signaler le beau succès obtenu par César Thomson au\ndernier abonnamentconcert, d'Aix-la-Chapelle, avec le 2e\nconcerto de Max Bruch.\n"}, {"page_pdf": 155, "texte": "144                                            la Wallonie.\n\n\n                              ***\n   M. Firmin Vanden Bosch vient de faire paraître à Gand\nnn intéressant fascicule intitulé : A utour du journal des\nGoncourt. Nous ne pouvons nous rallier à beaucoup des\ndéductions de M. Vanden Bosch, mais en Belgique il est trop\nrare de voir des préoccupations littéraires se faire jour, pour\nque nous n’applaudissions à deux mains ceux qui résistent à la\ntorpeur ignorante qui menace de nous accabler. Le fascicule\ndont nous parlons montre chez son auteur beaucoup de lec­\nture intelligente et attentive. Il est écrit en une langue un\npeu impersonnelle, mais claire et correcte, et la critique\ntend à aller plus profondément que généralement chez nous.\n                               ***\n   Almanach de l’Université de Gand, 1890, 6e année. Comme\nles années précédentes, cet almanach se présente avec son\naspect coquet et soigné. Il fait à ce point de vue honneur à\nses persévérants promoteurs. Outre la partie que nous dirons\ntechnique, il contient une partie littéraire proprette, bien\nqu’un peu timide. Parmi les collaborateurs nous citerons\nSully Prudhomme, qui a envoyé une très aimable lettre,\nFritz Eli, Hubert Krains, Albert Guequier, Pétrus Pirus,\nCarolus Bex, Fernand Roussel, Georges Rosmel, Georges\nGarnir,Hubert Stiernet, Fernand Severin. On le voit, nombre\nde noms qui commencent à se faire connaître.\n   Une partie très intéressante est celle consacrée aux nom­\nbreux et éphémères journaux d’Etudiants. Bien que fait très\nsoigneusement, des lacunes s’y trouvent : à citer celle de\nl'E tud ia n t catholique de l’Université de Bruxelles, mystifi­\ncation qui fit vers 1884 un bruit énorme et fut l’occasion d?.\nla renaissance de l'E tudiant.\n   En résumé, un intéressant volume qui fait honneur aux\nétudiants Gantois, et semble montrer que chez eux subsiste\nplus de vitalité intellectuelle qu’ailleurs.\n"}, {"page_pdf": 156, "texte": "       H ôtel des A m é r ic a in s\n             14 — R u e de l ’A b b é d e l’E p é e — 14\n                                           PARIS.\nE n face du Luxembourg. P rès du Val de Grâce.\n            Au Centre des Ecoles.\n     Tous les appartements ont vue. sur de magnifiques jardins.\n                               PENSION DE FAMILLE.\n\n\n\n PHOTOGRAPHIE INSTANTANÉE\n                   H . Z E Y E N .\n             137, boulevard de la Sauvenière, 137\n                                      L I É G E.\n\n      Spécialité d’agrandissement à la lumière électrique.\n\n\n     FABRIQUE DE PIPES DE HENRI ZUBRODT,\n                     P la c e du T h é â tr e , 11, L ié g e.\nPorte-cigares en écume de mer, ambre et racine de bruyère.\n  — Pièces de commande, Écussons, Initiales, Portraits,\n  exécutés en 24 heures.\n                   RACCOMMODAGES.\n\n      Q u elq u es c o llectio n s d e LA WALLONIE (-1886, 4 8 8 7 , 1 8 8 8 e t 1889)\n                           s o n t en v e n te au p rix de 6 fran c s.\n                       L a W a llo n ie e s t en v en te\n\nA LIÈGE : Chez MM. G n u sé; G eo rg e; D’H e u r; B ra n d t; A ubette du P o n t\n     d’A vroy.\nA B RU X E LLE S: Chez MM. R osez, lib raire; Ista ce , lib ra ire , e t Lacom blez, lib raire.\nA GAND : Chez MM. A. H oste, lib ra ire , ru e des Cham ps ; W ennew itz (M uquard),\n     lib ra ire , ru e des Cham ps ; V uilsteke, lib raire, r u e a u x V aches.\nA ANVERS                   : chez Mme Ve De V etter, re m p a rt Stc-C ath erin e.\n\n\nA   PA R IS : Chez MM. V anier, lib ra ire , 1 9 , Quai S t-M ich el; Savine, lib raire,\n     1 8 , ru e D ro u o t, e t à la L ib rairie N ouvelle, ru e de la B oétie, 3.\n"}, {"page_pdf": 157, "texte": "   5e ANNEE, No 4.\n\n\n\n                                 LA W ALLONIE\nREVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D ’ART\n\n\n\n   Directeurs : MM. A l b e r t MOCKEL et P i e r r e - M . OLIN.\n\n                    Bureaux : rue St-Adalbert, 8, L iége.\n\n\nAdresser toutes les communications 317, Avenue Louise, Bruxelles.\n\n\n      A b o n n e m e n t : 5 fr. par au. Union postale : 6 fr. 5 0 .\n\n\n\n\n                                  SOMMAIRE\n\n\nJ o s é -M a r ia d e H e r e d ia . Le Daïmio.\nF ern an d R o u s s e l. . . .                       Angoisses du doute.\nP ie r r e -M . O l i n ......................Les petits enfants.\nH e n r y v a n d e V e ld e . . . Notes sur l’art.\nA. H ............................................... Les X X .\n\n                                 Petite Chronique.\n\n\n\n\n                        Ce n u m éro 5 0 c e n tim e s.\n\n\n\n\n                                     Des prestes de H . Vailla n t-C a rm a n n e, à L iége.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 3, "mois_verifie": false, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": true, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1890-04", "signet_source": "5ème année - N°4 - Avril 1890", "preuve": "Numéro lu sur la couverture, PDF 157 (« 5e ANNÉE, No 4 »), dont le sommaire imprimé correspond aux pièces de la livraison ; le mois n'est pas lisible dans l'OCR de la couverture (avril déduit du signet et du rang du numéro dans l'année).", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}