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La f o r ê t s a c r é e .)\n\n\n\n   Comme un verset de litanies qui fait sacré pour les\nhommes celui qui le récite pieusement, j ’ai voulu inscrire ici,\navant toute parole, ces vers de l’ami absent qui s’en est allé\nloin de nous, vers l ’ombre surnaturelle. Aux jours heureux\noù nous ne connaissions pas l’irrémédiable tristesse d’être\nséparés de lui, il se serait offusqué si nous avions avoué trop\nhaut notre admiration pour son œuvre ; maintenant hélas ! la\nmort mauvaise nous a affranchis et j ’en peux parler libre­\nment, mais d’un cœur grave et religieux, avec la certitude de\ndire vrai.\n  Ce volume de poésies et de poèmes en prose met Ephraïm\nMikhael au rang des plus purs et des plus nobles artistes, de\nceux qui se survivent sur les lèvres des hommes, et qu’on\nsalue du nom de maîtres, parce qu’ils exprimèrent pour la\npremière fois, avec une puissance spéciale, quelques-unes des\n\n\n  (1) OEUVRES de Ephraïm Mikhael. Poésies et poèmes en prose Un vo­\nlume de la petite bibliothèque littéraire, chez Alphonse Lemerre, à Paris.\n\n                                                                            21\n"}, {"page_pdf": 353, "page_imprimee": 322, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1821, "texte": "322                                              la W allonie.\n\n\n\nidées endormies au fond de l’âme humaine. Nul n’a éveillé\nde princesses plus mystérieuses et plus belles dans le jardin\ndes rêves ouvert aux seuls initiés et les divines captives lui\nont révélé la vanité de tout, même du deuil, et la gloire calme\nde la résignation.\n  Leur voix impérieuse l ’avait enchanté pour jamais. Sans\ndoute il s’asseyait parmi nous, ainsi qu’un roi bienfaisant à\ntous, parce qu’il savait que toutes les âmes sont dolentes et\nblessées. Mais toujours il regretta les pays qu’il avait connus\nen des existences antérieures, les pays de gloire et de clarté\nqu’il avait quittés un jour pour faire aux croyants du Verbe\nl’aumône des fleurs éternelles et des pierreries miraculeuses.\nIl avait accepté de vivre, mais il avait peur de la vie et\nsouvent il s’enfermait dans le parc « bien clos » et ne voulait\nplus entendre les clairons impurs qui l’appelaient en vain\nvers les vignes et vers les vergers des hommes.\n   Il redevenait le seigneur des terres heureuses et des forêts\nautomnales. Pourquoi s’en aller là-bas, parmiles « étrangers » ?\nQuand de belles vierges viennent vers eux, ils les insultent\net les lapident et sur elles\n\n          Se vengent de l’amour, des rêves et des dieux.\n\nIls refusent d’écouter les chansons qui les entraîneraient\nailleurs; les mots trop purs sont terribles à leurs oreilles,\nsourdes obstinément et si les trompettes saintes faisaient\nchoir les murailles qui leur cachent le ciel, ils reculeraient\ndevant la vision de l’autre monde, par amour pour celui-ci\noù ils peinent de l ’aube au soir. Cependant, bien qu’il les sût\nattachés aux glèbes ainsi que des esclaves volontaires, il\navait pitié de toutes leurs douleurs et saignait de toutes\nleurs plaies ; il souffrait leurs maux ignorés d’eux-mêmes et\n"}, {"page_pdf": 354, "page_imprimee": 323, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1646, "texte": "     Ephraïm Mikhael.                                        323\n\n\n\nsurtout le mal originel qui les écrase tons, simplement parce\nqu’ils sont nés.\n  Oh! les misérables fous, « lourds de raison \" , qui r o u g ­\nraient de tourner leurs yeux vers les étoiles amies! ils se\ncroient sages ; ils ont l ’espoir chimérique d’être heureux,\ncomme s’il y avait rien de plus triste que la joie; mais quand\nla reine de Saba, par une aurore triomphale, apporte à\nSalomon les talismans et les aromates, le roi s’épouvante du\nbonheur comme d’un calice et il supplie Dieu de faire mourir\nl’amante prochaine, avant qu’elle n’entre dans la terre de\nJérusalem :\n\n           Qu’elle ne dise pas au seuil de ma demeure\n           Les paroles de nuit qui me rendraient heureux.\n\nEt le chevalier captif de la magicienne consent à l’amour\ncomme à la suprême et ineffable torture : la guerre, il la\nméprise à cause de la gloire; dans les villes brûlées, il a\n« pleuré d’ennui » ; que lui importent le char et le glaive et la\nrenommée des conquérants ? il renvoie les compagnons des\nbatailles anciennes avec ces mornes paroles de lassitude et\nde désolation :\n\n        L’amour seul peut remplir mon grand cœur ténébreux\n        Divinement élu pour les douleurs obscures.\n\n   Mais il n’y a pas de baiser d’oubli qui enlève aux cœurs\nexilés le souvenir des pays meilleurs ; l’amour est une double\ntristesse : même aux heures douces, la nuit divine envahit\nles âmes troublées et voici qu’en elles, comme des lys ju ­\nmeaux, s’épanouissent des pensées semblables :\n\n          Nous sommes les amants tristes parmi les fleurs\n          Et même le bonheur ne te fait pas joyeuse.\n"}, {"page_pdf": 355, "page_imprimee": 324, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1479, "texte": "324                                          la Wallonie.\n\n\n\n  Personne en aucune langue n’a trouvé des mots et des\nimages qui donnent l’idée d’une mélancolie plus intime et\nplus profonde et n’a paré sa pensée de plus pures gemmes\net de plus limpides joyaux. De ses aventureuses chevauchées\naux terres du rêve, le poète nostalgique avait rapporté tous\nles trésors de la lumière et de la beauté. Quand il faisait\nvivre de la vie des rhythmes. par le prestige du Verbe, les\nmages, les prêtresses et les paladins, toutes ces formes déses­\npérées et tragiques de son âme, il les revêtait de somptueuses\nétoffes, de lourdes dalmatiques d’or et d’étincelantes armures;\nla splendeur des diamants et des durs métaux rend plus\nsombres les ténèbres de leur douleur et tandis que les héros\nmagnifiques passent au milieu des foules prosternées, des\nmonstres les déchirent et leur mordent les flancs et la\npourpre de leur sang se mêle en roses ruisselantes à la\npourpre des rubis.\n  Un soir de printemps vous les avez suivis et vous êtes\npartis avec eux pour les Iles Fortunées où leur martyre\nprendra fin, ô frère ardemment aimé et que nous pleurerons\nà jamais, et vous vous êtes évanoui dans la forêt sacrée,\nsous les étoiles natales. Mais vous nous avez royalement\nlaissé le butin conquis au fond des riches cavernes, l’œuvre\nparfaite qui vous égale aux plus grands; et votre mémoire,\nconservée jalousement, nous gardera des défaillances et des\nfélonies envers l’art et envers les hommes.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-002", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 325, "page_fin": 325, "titre_corps": "La peur d’aimer", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA PEUR D’AIMER. A José Maria de Hérédia. 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Chercher au delà des mers des batailles nouvelles, à\nquoi b on ? les glaives s’ébrècheraient sur leurs boucliers;\nla certitude d’être invincibles attristait leurs âmes hautaines.\n   Par un matin de gloire comme celui où ils appareillèrent,\nseuls dignes de lutter l’un contre l’autre, ils resaisirent les\népées oisives suspendues dans les panoplies et poussant des\nclameurs de joie, les guerriers fauves se ruèrent.\n  Enivrés de joie suprême, ils frappaient d’estoc et de\ntaille; ils combattirent jusqu’à la nuit et quand l’aube vint,\natteints d’un double coup et les yeux vers les étoiles, ils\ntombèrent, ensevelis dans leur victoire fraternelle.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 331, "page_fin": 331, "titre_corps": "Chambre d’amour", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CHAMBRE D’AMOUR. 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Ta voix, ta même voix de colombe", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 362, "page_imprimee": 331, "debut_caractere": 8, "fin_caractere_exclue": 825, "texte": "CHAMBRE D’AMOUR.\n\n\nLa nuit tiède est clémente à la ville qui dort;\nDes lys impérieux triomphent dans la chambre\nE t cependant nos cœurs sont froids comme décembre\nE t nos baisers d’amour amers comme la mort.\n\nTa douce bouche s’ouvre à des chansons mièvres\nE t tes seins bienveillants accueillent mon front las;\nMais, ô ma douloureuse enfant, je ne sais pas\nPourquoi les dieux mauvais empoisonnent nos lèvres.\n\nQu’importe? viens vers moi, triste sœur; aimons-nous,\nSans craindre la saveur glorieuse des larmes,\nTels des héros blessés avec leurs propres armes\nE t dont le glaive d’or a rompu les genoux.\n\nViens! nous aurons l’orgueil des âmes taciturnes\nEn cette chambre morne et veuve de flambeaux,\nOù, semblable à l’odeur des antiques tombeaux,\nUn parfum sépulcral monte des lys nocturnes.\n\n\n\n\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 331, "page_fin": 332, "titre_corps": "Lied", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LIED. Ta voix, ta même voix de colombe", "ancre_fin": "d’une étrangère ou d'une morte aimée.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LA MORT INUTILE. A Grégoire", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 362, "page_imprimee": 331, "debut_caractere": 825, "fin_caractere_exclue": 919, "texte": "LIED.\n\n\n  Ta voix, ta même voix de colombe blessée\n  Sonne plaintivement dans ta gorge lassée\n"}, {"page_pdf": 363, "page_imprimee": 332, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 518, "texte": "332                                               la Wallonie.\n\n\n\n        J’entends encor l’écho des paroles d'antan\n        Lorsque les mots ailés s’envolent en chantant.\n\n\n        Mais je ne comprends plus les syllabes; j ’oublie\n        Ce qui fait leur langueur et leur mélancolie.\n\n\n        Je crois t’ouïr parler un langage inconnu\n        Sur des airs dont mon cœur s’est en vain souvenu,\n\n\n        E t je perçois parmi la mesure rythmée\n        La voix d’une étrangère ou d'une morte aimée.\n\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-008", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 332, "page_fin": 332, "titre_corps": "La mort inutile", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LA MORT INUTILE. A Grégoire", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 363, "page_imprimee": 332, "debut_caractere": 518, "fin_caractere_exclue": 1080, "texte": "LA MORT INUTILE.\n\n\nA Grégoire Le ltoy.               Cura: non ipsa in morte relinquunt.\n                                                P . V e iig il u is M a r o .\n\n\n\n\n  Triste comme la mer et la chanson des syrtes,\n  Le vent lourd de sanglots pleure dans la foret :\n  Un troupeau d’ombres vient, paraît et disparaît\n  Dans les bois souterrains et les bosquets de myrtes.\n\n\n  Défaillant au désert du ciel ensanglanté\n  Un soleil ténébreux baigne le pâle espace ;\n Un troupeau d’ombres vient, revient, passe et repasse\n Dans sa mélancolique et funèbre clarté.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-009", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 333, "page_fin": 333, "titre_corps": "En Morvan", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "en Morvan. 333 Et ce sont à travers les chemins", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 364, "page_imprimee": 333, "debut_caractere": 2, "fin_caractere_exclue": 1113, "texte": "en Morvan.                                               333\n\n\n\nE t ce sont à travers les chemins d'asphodèle\nLes fantômes hagards, pleins de larmes et lents\nD ont les glaives d’amour ont déchiré les flancs.\nLe temps n’a point fermé leur blessure immortelle,\n\n\nLe sommeil sépulcral a leurré leurs yeux las\nE t l’âpre souvenir survivant à la tombe,\nTel qu’un vin corrosif, goutte par goutte, tombe\nDans leurs cœurs ulcérés qui ne guériront pas.\n\n\n\n\n                 EN MORVAN.\n\n\n                                         A Jacques Derbanne.\n\n\n\n\n  L ’ombre s'enroule au flanc des collines farouches\n  E t pèse sur les bois et les versants herbeux\n  Où dorment lourdement les immobiles bœufs.\n Elle fa it grimacer les arbres et les souches\n Des saules noirs pareils à des jeteurs de sorts,\n Tandis que par les vaux silencieux et morts\n Le monotone appel des chouettes réplique\n Aie sifflement du vent dans le houx métallique\n Qui vibre hostilement comme une armure et luit,\n E t l'eau sauvage hurle entre les roches grises\n Ainsi que, défaillant de hautes entreprises,\n Une guerrière blanche en fuite dans la nuit.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-010", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 334, "page_fin": 334, "titre_corps": "Cristal", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CRISTAL. A Emile Galle. Noire sur le cristal", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 365, "page_imprimee": 334, "debut_caractere": 88, "fin_caractere_exclue": 680, "texte": "CRISTAL.\n\n\n                                                  A Emile Galle.\n\n\n\n\n      Noire sur le cristal pâle et gris comme un ciel\n      D ’hiver, la libellule énigmatique éploie\n      Ses ailes dans l’air lourd et pestilentiel.\n      Ses immobiles yeux sans tristesse et sans joie\n      Cherchent sinistrement une invisible proie\n      E t planant sur l'eau verte et morte des marais,\n      Vers vos calices d'or, de pourpre et de ténèbres\n      Elle vole vers vos calices à jamais,\n      Glauques fleurs qui nagez sur des ondes funèbres\n      Où se mire le deuil des pins et des cyprès.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-011", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 335, "page_fin": 336, "titre_corps": "Messe des morts : Les orgues", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "MESSE DES MORTS. A Bernard Lazare. LES ORGUES. Requiem", "ancre_fin": "le bercail de repos.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "LES VIOLONS.", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 366, "page_imprimee": 335, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 923, "texte": "MESSE DES MORTS.\n\n                                          A Bernard Lazare.\n\n\n                   LES ORGUES.\n\n                            Requiem œ ternam dona eis, Domine.\n\n\nSeigneur, ces pèlerins des routes de la vie\nOnt peiné tout le jour vers le terme divin :\nAu lieu des puits d'eau vive et des outres de vin,\nIls se désaltéraient aux calices d'envie.\n\nDesséchés par le hâle et brûlés par le ciel\nTorride, haletant de la so if infinie,\nIls buvaient, comme Christ en sa lente agonie,\nLa mauvaise liqueur de vinaigre et de fiel.\n\nEchappant aux carquois d’atroces sagittaires\nDes flèches s’envolaient vers eux d'arcs inconnus\nE t d'invisibles fouets mordaient leurs torses nus\nE t du métal ardent coulait dans leurs artères.\n\nIls marchaient pesamment sous le faix de leur croix\nAvec le seul espoir de ta bonté future :\nMais les loups de l’enfer guettent la créature\nE t happent en chemin l’âme que tu mécrois.\n"}, {"page_pdf": 367, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 505, "texte": "336                                                 la Wallonie.\n\n\n\n      L ’inextinguible feu hurle dans la géhenne\n      E t les damnés jetés aux abîmes grondants\n      N ’apaisent pas la faim terrible de ses dents\n      E t son gosier féroce est avivé de haine.\n\n\n      N’ écarte pas de toi les fidèles troupeaux!\n      Le soir descend; après les heures sans prairies,\n      Voici l'instant rêvé des calmes bergeries;\n      Ouvre, ô Pasteur des morts, le bercail de repos.\n\n\n\n\n                         "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-012", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 336, "page_fin": 336, "titre_corps": "Messe des morts : Les violons", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LES VIOLONS. E l l u x p e r p e tua lu c ea t eis . Seigneur, ces exilés", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 367, "page_imprimee": 336, "debut_caractere": 505, "fin_caractere_exclue": 1205, "texte": "LES VIOLONS.\n\n\n\n                                           E l l u x p e r p e tua lu c ea t eis .\n\n\n\n      Seigneur, ces exilés de la seule patrie\n      Criaient vers toi du fond des gouffres ténébreux ;\n      Pitié ! fais ruisseler des images sur eux\n      La source de splendeur promise en Samarie.\n\n\n      Que la mort leur devienne un baptême ! revêts\n      Leurs flancs martyrisés de robes de lumière\n      E t donne leur essor dans la gloire première\n      Aux cygnes évadés des pièges du mauvais.\n\n\n      Magnifiques et purs, après la lutte rude,\n      Ils voleront vers les parterres triomphaux\n      Où des lys, méprisant la morsure des faulx,\n      Fleurissent dans la joie et la béatitude\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-013", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 337, "page_fin": 338, "titre_corps": "Messe des morts : Les vivants", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "les Vivants. 337 Tandis que le soleil", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 368, "page_imprimee": 337, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1253, "texte": "les Vivants.                                                              337\n\n\n\nTandis que le soleil d’un ineffable été\nInonde d’or brûlant les roses et dilate\nLes parfums êpandus des coupes d’écarlate\nE t que Féther subtil chante l’éternité.\n\n\nRappelle au nid fermé les frissonnantes âmes\nE t les ailes d’amour monteront à l’ amant\nA travers l’harmonie et l’ éblouissement\nDes splendeurs, des accords, des concerts et des flammes;\n\n\nE t les siècles futurs et ceux qui ne sont plus\nTressailliront en toi d’une même allégresse\nEn oyant, comme un chant et comme une carresse,\nFrémir au-ciel nouveau le vol blanc des élus.\n\n\n\n\n                   LES VIVANTS.\n\n\n\n                            A g nus De i, q u i to llis p e c c a t a m un d i ,\n                                    d o na eis req u iem .\n\n\n\nSeigneur, Seigneur, Seigneur, impitoyable maître,\nNous sommes las des jours et des soleils maudits :\nEpargne aux délivrés l’horreur du paradis ;\nLaisse les morts dormir en paix et ne plus être.\n\n\nTant de clous ont percé leurs membres ici-bas\nQue nul flot baptismal rédempteur de leurs peines\nNe laverait les maux et les douleurs humaines\nE t que ton repentir ne leur suffirait pas.\n                                                                 22\n"}, {"page_pdf": 369, "page_imprimee": 338, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 880, "texte": "338                                               la Wallonie.\n\n\n\n      Ils entendraient au lieu des sublimes cantiques\n      Flottant parmi l'encens des lys épanouis,\n      Monter de l'océan mystérieux des nuits\n      Le râle inexpié des souffrances antiques.\n\n\n      Rumeur d’airain, sanglot cruel d'un tympanon\n      Dont une main haineuse a secoué les cordes\n      Le souvenir rirait de tes miséricordes,\n      La voix de tes élus blasphémerait ton nom.\n\n\n      Roi du ciel, reste seul dans ta gloire exécrée\n      Formidable, sereine et libre de remords;\n      O bourreau des vivants, ne touche pas aux morts,\n      E t quand viendra pour nous la suprême vesprée,\n\n\n      Quand les vers rongeront les os de nos genoux,\n      Accorde à notre chair en tardive clémence\n      Non les vaines clartés, mais l’ombre, le silence,\n      Le sommeil et l'oubli de toi-même et de nous.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-014", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 339, "page_fin": 340, "titre_corps": "Prologue pour un poème dialogué", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Pierre Quillard", "ancre_debut": "PROLOGUE POUR UN POÈME DIALOGUÉ. Près de la belle forêt", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 370, "page_imprimee": 339, "debut_caractere": 1, "fin_caractere_exclue": 895, "texte": "PROLOGUE POUR UN POÈME DIALOGUÉ.\n\n\n\n\nPrès de la belle forêt le lac mystérieux s’ endort :\nComme des reines enfants jettent les perles de leur col,\nProdigues pour les gazons, les branches versent avec l'or\nD u soleil occidental leurs fleurs éparses sur le sol;\nDans la vesprée une chasse entraîne au loin le chant des cors.\n\n\n\nRoyalement le soleil meurt enveloppé de sa gloire,\nE t sur son tombeau divin brillent les premières étoiles.\nSous les peupliers amis, sous les peupliers blancs qui boivent\nL ’eau des sources et l’ air pur, âme et tresses qui se déploient,\nLa jeune fille sourit et rêve à des rêves de joie.\n\n\nSans doute scs yeux fermés voient les plaines du paradis\nRiches de tous les printemps éternellement se fleurir ;\nPeut-être son cœur mortel dédaigne les célestes lys\nE t chaque soir dans la paix muette et pâle de la nuit\nL ’image d’un fiancé se glisse et passe entre ses cils.\n"}, {"page_pdf": 371, "page_imprimee": 340, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 687, "texte": "340                                           la Wallonie.\n\n\n\nMais voici qu’à travers l'aube ou seuls les nénufars regardent,\nHors du lac, un chevalier splendide surgit des eaux calmes\nE t ses glauques vêtements conservent le reflet des vagues,\nTandis qu'en ses longs cheveux et sur ses pâles mains éclate\nLe feu triste des lapis et des émeraudes natales.\n\n\nVers la vierge qui sourit et rêve d’amour ou de ciel\nDoucement endormie au bord de la belle forêt,\nIl vient; la chanson des cors sombre et s'efface désormais\nE t le chevalier parmi les parfums des feuillages verts\nEveille avec ses baisers la blonde princesse aux yeux pers.\n\n                                P ie r r e QU ILLARD.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-015", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 341, "page_fin": 343, "titre_corps": "Notes sur l’art", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry van de Velde", "ancre_debut": "NOTES SUR L'ART. Sur ce thème", "ancre_fin": "ni ceux qui s’en lavent les mains, aussi !", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE LITTÉRAIRE. Une dame du demi", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 372, "page_imprimee": 341, "debut_caractere": 94, "fin_caractere_exclue": 1761, "texte": "NOTES SUR L'ART.\n                          Sur ce th èm e : Sa l o n d e B r u x e l l e s .\n\n\n I l    n’est pas inutile de parler des Salons triennaux d’Art,\n       puisqu’il est indispensable qu’ils subsistent.\n     Que les porte-queue de nos Princes de l ’Art — et nous\nne manquons de rien, Dieu merçi ! — s’abstiennent de glapir\nleurs annuelles réclames et l’existence des Salo,ns est irrémé­\ndiablement compromise.\n   L e pis est que c’est nous qui en pâtirions le plus !\n   Pensez, cet annuel Salon officiel d’Art, sans qu’il y paraisse,\nnous défend comme la prostitution réglementée la vertu des\nfemmes et des jeunes filles ! Sans lui, qui assouvit si bien la\nfrénésie du public pour l’Art, comme sans elle, les vrais\nartistes et les femmes honnêtes seraient violés dans la rue.\n  A-t-on songé que toutes choses ont ainsi une utilité “ à\ncôté „ de celle acceptée par le commerce ; que la raison d’être\navouée — et je ne soupçonne aucune tromperie, tout au plus la\nmyopie peut avoir induit à telle facile conclusion — n’est vraie\nque pour ceux qui se contentent d’une compréhension superfi­\ncielle. Qu’ici l’Art soit en cause, il est devenu oiseux aujour­\nd’hui de le nier. Autant l’amour trônerait où on le vend.\n  Les prétentions sont les mêmes ; ici comme là, on annonce\nune marchandise qu’on n’a pas, on se fait honneur d’un hôte\nqui n’est jamais descendu chez soi.\n  Lors, puisque nous cherchons par l’utilité à excuser toutes\ncréations de Dieu, est-il assez juste que j ’en cherche une aux\nchoses les plus honteuses d’abord ; à celles tout au moins,\nqui paraissent les plus inexcusables, celles que l’Art consent\nà couvrir de son nom formidable et sacré.\n"}, {"page_pdf": 373, "page_imprimee": 342, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1852, "texte": "342                                            la Wallonie.\n\n\n  En tant qu’exhibition d’Art, ces salons sont leurres, autant\nque prétextes, but avoué à toutes associations; l’important\nest — et ce nous sera une garantie ! — que depuis les plus\ngros mammifères — à sang froid ! — jusqu’au plus menu\nfretin de notre vivier d’Art, tous aient trouvé ample pâture\nà l’incurable vanité qui les grangrène.\n  E ut-on pu mieux imaginer pour drainer l’ambition de nos\ncontrées si exagérément basses (de combien de toises au-des­\nsous du niveau intellectuel le moins relevé!), que ces grandes\nassociations : — où une hiérarchie acceptée crée à merci une\ninfinité de dignités fictives et qui suffisent amplement, ceux\nqui les revêtent n’en percevant pas l’illusoire, — tant falla­\ncieusement s’affuble de distinctions chamarrantes et ances­\ntrales tout ce qui est de plus vain.\n   Sociétés d’Artistes, associations politiques, milices citoyen­\nnes ! Vraiment faudrait-il être bien mal fait pour ne pouvoir\nêtre enrôlé dans une de ces grandes légions !\n   En est-il, aujourd’hui, qui ne soient, un peu, Artistes ? Et\ns’il en est un, ne sera-t-il belliqueux un tantinet ?\n   Tout le monde, au demeurant, a en soi l’étoffe d’un poli­\ntique ! Ce sont les grands fleuves, grossis de toutes les eaux\nputrides, qui roulent à travers notre organisation, mais sur\nles rives desquels ceux-là seuls croient voir surgir des portsj\nqui ont mis leur vie en rade d’honneurs puérils et inexistants.\n   Songeons que tout est pour le mieux ainsi : annuellement,\ndans tous pays, on dégorge violemment par exhibitions d’Art\nce que de trop grandes crues pourraient amonceler, contre\nles écluses, de vanités creuses, de morgue pédantesque,\nd’exubérance cabotine.\n  A l’encontre d’autres, qui s’affligent, je crois qu’après ce\ncurage, l’Art ne s’en porte que mieux. Tout au plus faut-il\n"}, {"page_pdf": 374, "page_imprimee": 343, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1201, "texte": "      Chronique littéraire.                                       343\n\n\nveiller à ne pas se trouver à portée. Que ceux qui ont été\néclaboussés, voire entraînés dans cette immonde marée, s’en\nprennent à eux-mêmes.\n  Quant à nous, dès lors, cessons de nous indigner, les\nféroces coups de cravache que nous porterions ne serviraient\nqu’à faire des jours dans les rangs derrière lesquels nous\nnous abritons.\n  Je sais bien : c’est la mise en croix de l’Art par une foule\nidolâtre, groineuse et scatophage qui nous exaspère, fait\nlever en nous le levain de suprême révolte et nous pousse\naux virulences qu’on sait.\n  Mais l’A rt participe de la divinité ainsi.\n  Plus efficacement qu’un Dieu — vrai, que la prophétie\ns'accomplit : \" aucun de ses os ne sera rompu „ — l’Art nous\nrachète en se laissant crucifier.\n  Et rien ne manque à cette passion renouvelée : ni l’accu­\nsation, plus sournoisement portée chaque fois, ni l’ironique\ncouronnement devant la foule, ni les larrons préférés, ni\nl’hypocrite éponge de vinaigre et d’hy sope dont le pourlichent\nles autorisés critiques, — ni ceux qui s’ en lavent les mains,\naussi !\n                                        H enry      van de   VELDE.\n\n\n\n         "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-016", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 343, "page_fin": 349, "titre_corps": "Chronique littéraire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A. 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Et c’est l’ouvreuse, l’ex-ouvreuse du\ncirque d’Eté (*), qui babille gentiment, cause musique pour\n\n  (*) Lettres de l'ouvreuse , chez Vanier, Paris.\n"}, {"page_pdf": 375, "page_imprimee": 344, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1812, "texte": " 344                                                    la Wallonie.\n\n\n\nson plaisir, ne parle ni d’un ut dièze anticipé sur un accord\nde triton, ni de neuvièmes diminuées résolues en modulation,\n— c’est pourtant le grand chic du genre ! — mais dégoise\navec verve des tas de réflexions à la bonne franquette, non\nsans prouver qu’elle connaît supérieurement son art. On\npeut ne pas trouver indispensable de réunir sous l’aspect\ndéfinitif du livre une collection de comptes rendus qui\npassent; il y a aussi des jeux de mots, des jeux de mots !\nvraiment un excès. Mais ces lettres se présentent avec tant\nd’entrain juvénile, les plaisanteries même sont parfois si\nimprévues qu’on finit toujours par applaudir. Et certes on a\nmille fois raison, car la grande et pure musique est hardi­\nment défendue en ces petits pamphlets et, si l’on peut repro­\ncher à l’ouvreuse un enthousiasme berliozâtre un peu exagéré\net un trop facile dédain pour Edward Grieg, il faut la félici­\nter hautement d’ avoir salué comme il convient César Franck\net Vincent d’Indy.\n                                   ***\n   Deux œuvrettes naturalistes, ma foi oui. Tendresse (1), une\nplaquette par Henry de Braisne : histoire de tous les jours\ncontée avec de grandes recherches de vocabulaire en des\nphrases souvent par trop alambiquées, mais une curieuse et\ntrès éclatante évocation de l’opéra comme d’un légendaire\npalais qui serait, — ici vous rencontrez Maeterlinck, M. de\nBraisne, — le Temple de l’Illusion.\n  A Trépas (2), consciencieuse étude d’un hôpital parisien :\nun grand jeune homme blond, supposé philosophe parce qu’il\nse croit sceptique, se décide à se faire soigner là et y meurt\n\n  ( 1) Par Henry (2), Braisne, chez Vanier, 10 pages.\n  (2) Par Dauphin Meunier; joliment imprimé par Vaillant-Carmanne,\npour Léon Vanier, 150 exempl.\n"}, {"page_pdf": 376, "page_imprimee": 345, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1852, "texte": "     Chronique littéraire.                                      345\n\n\n\nen effet. Des bouts de descriptions — l’une d’elles surtout,\nqui s'achève en délire, — la silhouette à moitié fine et à\nmoitié vulgaire, bonne enfant surtout, d’une jeune boursière\nattachée à l’établissement, des échappées de psychologie\nvraie, l’observation minutieuse des détails quotidiens, des\ntypes entrevus et nettement crayonnés, tout cela met de la\nvie dans ce petit livre.\n  Le milieu particulier est distinctement évoqué, dans une\ngrande unité d’amertume. Par exemple la spéciale impor­\ntance accordée à un urinai ne me séduit guère, et puis il y a\ntrop de tasses de porcelaine remplies d’éructations, trop\nd’émanations fécales ; mais d’autres notes brèves et amères\nlaissent une impression intense.\n   Quant à la forme, sobre, assez rapide, elle est bien adé­\nquate au sujet. Quelques incorrections, et des surprises,\ncomme celle-ci : “ (la couleur des bancs) mangée par la rape\nincessante de flatueux derrières „ .... Il faut laisser cela à\nArmand Silvestre, que diable!\n  L ’auteur prie qu’on ne le juge pas d’après ce livre, déjà très\nlointain de ses rêves d’à présent. Soit. Au moins cette première\noeuvre se montrait-elle solidement documentée au point de\nvue naturaliste, de lignes assez fermes, et écrite avec soin.\n   J ’y note ces vers à la façon de Jules Laforgue (comme le\ndit l’auteur lui-même) :\n                 O la bonne grosse âme\n                 Douce comme un dictame\n                 Et neuve combien! et fem m e....\n                                Elle.\n                 Monsieur, je suis, mille pardons!\n                 Savante, pas fière, une oiselle\n                 Avec du rêve dans l’aile !\n               Connais-tu le pays où fleurit......\n                                Lui.\n                                                Eh, va donc !\n"}, {"page_pdf": 377, "page_imprimee": 346, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1683, "texte": "346                                                 la Wallonie.\n\n\n\n\n Ces vers doivent sembler un blasphème à l’auteur de\nMiette (*), M. Henri Maubel. L a Wallonie a déjà signalé les\nnouvelles qu’il publiait dans la Jeune Belgique; une âme\ndélicate de naïf volontaire s’y révélait, douée d’une assez\npersonnelle vision.\n  M. Maubel est l’un des bien rares écrivains de prose qui\nconsentent à analyser cette inconsciente petite personne,\nversatile, doucement cruelle, éblouie et mélancolique, qu’est\nune jeune Fille. Une merveilleuse monographie d’Edmond\nde Goncourt; puis d’anémiques romans anglais, et d’iden­\ntiques en France, voilà tout, pour ces années. Barbey même,\nqui fait encore exception, presque toujours passe par dessus\nla jeune Fille pour étudier la Femme, comme dans Ce qui ne\nmeurt pas. De nos jours, des poètes comme Jules Laforgue,\nCharles V an Lerberghe et Fernand Severin, Grégoire Le Roy,\nd’un peu plus loin, René Ghil dans le Geste Ingénu, sont\nhantés par cet innocent mystère. Mais qui donc, à part\nM. Maubel, s’avise ici d’étudier la Jeune Fille dans le roman,\ns’il ne s’agit que de littérature?\n  Aussi j ’en veux un peu à M. Maubel d’avoir, pour son\npremier livre, choisi ces quelques pages qui peuvent tromper\nsur son talent.\n  Une autre nouvelle, moins parfaite, parue dans la Jeune\nBelgique (une jeune fille meurt, et c’est alors l’amie qui y\npense doucement) était plus complète de psychologie. Miette,\nau contraire, nous révèle un délicat écrivain, épris de\nnuances, habile à tracer une silhouette, aquarelliste du senti­\nment, intuitif des élégances, et certes fort spirituel; mais\n\n\n  ( 1) Chez Savine, Paris. Joli petit livre imprimé par Mme Monnom.\n"}, {"page_pdf": 378, "page_imprimee": 347, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1814, "texte": "     Chronique littéraire.                                          347\n\n\n\nc’est peut-être trop spirituel, un peu superficiel aussi, et voilà\npourquoi je suis en train d’assommer M. Maubel avec\nM. Maubel lui-même.\n  Non, il est trop absurde ce procédé de critique, et bien\nmieux vaut signaler en cette plaquette une petite œuvre\nexquise, où sont notés d’adorables gestes mutins, des moues,\ndes demi-pensées qui n’osent prendre forme, tout l’indécis\nd’une flirtation entre des adolescents, toute l’inconnue mer­\nveille d’un premier amour de tète que M. Maubel évoque en\nprécieux analyste des intimités.\n   Quelques tournures trop alambiquées passent vite ina­\nperçues parmi tant de claires pages, et n’en ai-je pas dit\nassez pour recommander Miette, aux plus raffinés ?\n                              *\n                                *\n   Arnold Goffin est bien connu ici ; je n’ai pas à rappeler les\nbeaux articles d’Hector Chainaye et de Célestin Demblon,\net enfin le livre que je vais brièvrement analyser parut\nfragmentairement dans la Wallonie.\n  Maxine, a chimerical taie (1). Arnold Goffin y continue avec\nun talent subtil et précis cette aiguë analyse de lui-même\nqu’il avait commencée dans le Journal d'André et Delzire\nMoris. C’est encore ici un amer, un malade, mais cette fois\nsurtout un logique personnage qu’un fatal ennui de la vie\nconduit au suicide. Non pas vraiment du dégoût, mais la\nfatigue d’exister, la vacuité d’un monde où la pensée, trop\nassouplie peut-être, se prouve identique et stérile; et puis\nl’absence de but, le mépris qui isole, l’isolement devenu lourd\nde pensée toujours identique et toujours stéfile, et l’ennui,\nl’ennui très noblement, et le “ pourquoi pas en finir ? ,,\n\n  ( 1) Arnold Goff i n, Maxime. Charles Vos, Bruxelles.   Une conclusion\naltière . (Wallonie juin 1881.)\n"}, {"page_pdf": 379, "page_imprimee": 348, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1861, "texte": "348                                           la Wallonie.\n\n\n\n   On pourrait reprocher ce suicide à un disciple de Schopen­\nhauer, et l’auteur l’a sentie, la difficulté d’un tel acte pour\ncelui qui ne daigne pas agir. Cependant, au long du livre ce\ndénoûment s’affirme vraisemblable, presque nécessaire même.\n   Arnold Goffin ne se renouvelle pas assez, et il laisse passer\ncomme une pose de scepticisme et de sécheresse ; ses qualités\net ses défauts se retrouvent dans sa forme, d’une précision\nmathématique, très sobre et de phrases extraordinairement\nsolides, mais sèche et chargée de mots parfois malheureux.\nMais, si la langue est dure, elle a aussi l’éclat métallique et\nles reflets des minéraux, et enfin, et surtout elle a de la\nnoblesse.\n   Il faut signaler dans Maxime une belle conception de\nl’amitié, ennemie des expansions, très correcte et comme\nanglaise, — virile; et l’acuité de la pensée se trahit à chaque\ninstant par des phrases définitives et d’une particulière\npénétration, comme celles-ci : “ Maxime était sans imprévu\npour lui-même. „ Ailleurs : “ L ’objet de notre douleur\nimporte peu, mais bien l’intérêt que nous y attachons. „ Et\ncette vision des mathématiques transcendantes : “ Il y\ndécouvrait la poésie absolue, abstraite et concrète, en même\ntemps, d'une intègre loyauté „.\n                                  *\n                              *       *\n   Les Noces de Sathan, par Jules Bois, les Lys noirs, par\nAlber Jhouney; deux poèmes occultes qu’il m’est bien diffi­\ncile d’apprécier. Les Lys noirs surtout. On m’affirme que ce\nlivre est d’une immense portée, profond et neuf; malheureu­\nsement j ’ignore les rudiments de la théorie que doivent\nillustrer ces vers; Ammonios Saccas n’a laissé nul écrit,\nl'Etoile n’a pu jusqu’ici m’apprendre assez complètement en\nquoi l’église actuelle doit renouveler Plotin, et je n’aurai pas\n"}, {"page_pdf": 380, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1105, "texte": "    petite Chronique.                                        349\n\n\n\nl’outrecuidance de disserter de pays inconnus. Je regrette\nsimplement et sincèrement de n’être pas initié à des doctrines\nqui, sans m’apparaître comme certaines, n’en sont pas moins\nsans doute l’un des reflets de la vérité. Oui, je saisis bien, la\nfraternité humaine, l’identité essentielle de toutes les reli­\ngions, la puissance psychique, etc. Mais pour pouvoir juger\ndes Lys noirs, il faudrait aller plus avant.\n   Je reconnais bien volontiers du talent à M. Alber Jhouney\net je souhaite l’apprécier un jour plus sûrement. Quant aux\nNoces de Sathan, c’est un large et multiple poème, de pensée\nsouvent subtile et belle, plus accessible. Une haute concep­\ntion de Sathan, des visions de foules vautrées en des péchés\nignobles qu’il méprise, un décor choisi et des vers d’habitude\nsimples, parfois trop éloquents et pas assez fermes, souples,\nexquis à telle place; quelques faiblesses et une couleur que\nne peut dessécher le contact de l’abstraite pensée.\n                                                       A. M.\n\n\n\n               "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-017", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 349, "page_fin": 351, "titre_corps": "Petite chronique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "PETITE CHRONIQUE. Tous les vers contenus en cette livraison", "ancre_fin": "une chronique artistique par Georges Destrée.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Concert Lamoureux. Une incroyable clarté", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 380, "page_imprimee": 349, "debut_caractere": 1105, "fin_caractere_exclue": 1750, "texte": "PETITE CHRONIQUE.\n  Tous les vers contenus en cette livraison. — à part le\nPrologue pour un poème dialogué — sont extraits de la Gloire\ndu Verbe, livre qui va paraître, d’ici peu de jours, chez\nBailly, à Paris. L e Prologue est, croyons-nous, la première\npièce aux rythmes libres que publia Pierre Quillard.\n                             * *\n   L a Plume annonce le portrait de Maurice Maeterlinck, à\nparaître en l’un des plus prochains n°. L e théâtre libre met à\nl’étude les Aveugles et ta Princesse Maleine, que le théâtre\nmixte dispute à M. Antoine. Et cependant... il s’est trouvé\nun mécontent: un chroniqueur du Journal de Liége, s’indigne\n"}, {"page_pdf": 381, "page_imprimee": 350, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1988, "texte": "350                                                                       la Wallonie.\n\n\n\net rit jaune en nous faisant l ’extrême honneur de citer, entre\nquelques exclamations, des bouts de phrases de notre article\nsur la Princesse Maleine. Mais ce n’était pas assez, et un\nlecteur du Journal de L iége, — il y en a, — tient à criailler\nencore; c’est ainsi que l’admirable scène du parc est devenue\nà ses yeux une “ suggestion hydraulique. „\n   Ce qu’un chef d’œuvre exaspère certaines gens ! mais non,\nje vous assure, la Princesse Maleine n’est pas rouge du tout.\n                            * *\n   La Jeune Belgique a lu la petite note de notre dernier n° ;\nelle s’est impatientée, et voici qu’elle imprime : “ La\nWallonie veut avoir la première place ! „ etc., etc. Nullement,\nchère consœur; vous répondez avec une vivacité charmante,\nen jolie femme que vous êtes, — mais à côté, comme répon­\ndent les femmes. La Wallonie avait voulu seulement faire\nremarquer qu’elle restait bien indépendante, et, avouez-le,\nce pouvait sembler utile, lorsque vous écriviez en grandes\nlettres : “ A la tête du mouvement littéraire, la Jeune Belgique\nhautaine et fi è re, dirigera le combat... „\n   Mais laisssons vite une discussion vaine, à quoi nous n’au­\nrions plus songé, s’il n’avait fallu nous défendre. La Jeune\nBelgique n’est pas tout entière dans son mémento, et le n°\ndernier contient précisément de très belles pages.\n   En voici le sommaire : Maurice Maeterlinck, court mais\nintuitif article, d’élégante prose, par Grégoire Le R oy. Des\n Vers admirablement suggestifs, par Fernand Severin, qui\nfont espérer beaucoup de son prochain livre; et la naïveté\nexquise de cette strophe :\n          Ces m a in s jo in t e s v e r s v o u s , les v o ic i d é n o u é e s .\n\n          S a v e z -v o u s q u e lle f o lle a p e u r e n tr e vo s b ra s ?\n\n          Q u e lle p e tite f ille , a u x lè v r e s e n jo u é es ?\n\n          O m on m a îtr e , v o y e z ! vou s ne le s a v ie z p a s.\n"}, {"page_pdf": 382, "page_imprimee": 351, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 543, "texte": "    petite Chronique.                                          351\n\n\n\n  La gloire de Judas, large et sobre prose de Bernard\nLazare. Au Matin, vers signés V alére Gille :\n                    Je suis ainsi comme naïve,\n                    Ignorante de toute chose\n                    Celle dont l'âme est inéclose\n                    Et de fleurs d'or l’aile captive.\n\n  Enfin une délicate critique de Miette par Albert Giraud,\net une chronique artistique par Georges Destrée.\n                              *\n                             * *\n   "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-018", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 351, "page_fin": 352, "titre_corps": "Concert Lamoureux", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "A. M.", "ancre_debut": "Concert Lamoureux. Une incroyable clarté", "ancre_fin": "sinon, de tous, le plus. A. 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Une incroyable clarté que nul\norchestre ne peut obtenir, sauf peut être l’orchestre royal de\nSaxe ; une élégance exquise, un soin scrupuleux des nuances\net une merveilleuse finesse du son, tout cela apprécié surtout\ndans la musique française (L ’Artésienne, Espana, puis cette\nlarge et grande page de Wallenstein) et dans l ’adagio de la\nsonate en ut mineur, de Beethoven.\n  Quand aux fragments de Wagner, non, ce n’est pas cela.\nL e choix, d’abord, n’était pas très heureux ; l ’ouverture de\nTannhaüser manquait d’imprévu pour nous ; on se serait bien\npassé du si vulgaire prélude du 3e acte de Lohengrin, enfin\nles Murmures de la Forêt, si souvent entendus, ont ce grave\ndéfaut de coudre 3 fragments : la rêverie de Siegfried avant\nla lutte avec F afner, le chant de l’oiseau et le finale de l'acte;\noui, oui, je sais, c’est autorisé, mais il n’en reste pas moins\nqu’à la scène ces parties sont séparées par des scènes très\ndifférentes et qu’il n’y a nulle monotonie, tandis qu’ici la\nflûte remplaçant la voix féminime interjetée par le W aldvo ­\ngel, on écoute constamment le même effet d’orchestre.\n   L ’exécution du prélude du 3e acte de Lobengrin avait été\nbrillante, celle des murmures fut limpide, mais quant à\nl’ouverture de Tannhaüser et au prodigieux prélude de Tris­\n"}, {"page_pdf": 383, "page_imprimee": 352, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 710, "texte": "852                                               la Wallonie.\n\n\n\ntan (avec la coda ajoutée et la naissance du Sterbelied), ni\nles mouvements, si rallentis, ni l’interprétation générale, ne\nparaissent admissibles lorsqu’on a entendu les orchestres\nd’Allemagne. Les mouvements rapides de Beethoven exigent\naussi une tout autre vigueur.\n   Ces critiques n’effacent pas les éloges précédents, et il faut\ndire très haut que l ’orchestre Lamoureux, lumineux d’admi­\nrables qualités que lui seul peut-être possède à ce point,\ns’impose comme l’un des plus souples et des plus fins qui\nsoient, — sinon, de tous, le plus.                  A. M.\n                                  *\n                                * *\n  "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-019", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 352, "page_fin": 352, "titre_corps": "Lettre à Albert Mockel", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stuart Merrill", "ancre_debut": "M. 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On sait, en effet, que\nj ’ai continué, d’abord sans le dire, puis ouvertement, la sub­\nvention accordée aux Ecrits par le regretté Gaston Dubedat.\nMais voici une occasion de déclarer,, à vous et à tous ceux\nqui avez été mis en cause par M. René Ghil, que je n’ai\npris, ne prends et ne prendrai aucune part à la direction des\nE crits pour l’art. Cette revue, je la mets à la disposition de\nmon ami René Ghil, pour la défense d’idées que je juge, sans\nles partager toutes, dignes de l’attention des lettrés. Je lui\nprête ma collaboration financière et littéraire; là s’arrête mon\nrôle aux Ecrits, où je n’ai ni plus, ni moins de droits que le\nplus récent des abonnés.\n    Croyez donc à toute mon amitié.\n                                              Votre\n                                          St u a r t   M E RR ILL.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-203", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "De nos Collaborateurs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "de nos Collaborateurs : Chantefable un peu naïve (à pa­ A *", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 384, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 40, "fin_caractere_exclue": 3378, "texte": "de nos Collaborateurs :\n                                                           Chantefable un peu naïve (à pa­\n A * .........................................................\n                                                                raître prochainement).\n J u l e s B o i s .....................................   Au delà (à paraître prochaine­\n                                                                ment).\n H e c t o r Ch a in a y e . . . .                        L ’Ame des choses.\n A c h i l l e D e l a r o c h e . . . Aénor (à paraître prochainement).\n C É L E S T IN D EMBLON . . .                            Contes mélancoliques.\n                                                          Le Roitelet.\n C a m i l l e L e m o n n i e r . . . Le Possédé.\n C h a r l e s V a n L e r b e r g h e . Les Flaireurs.\n G r é g o ir e L e R o y . . . .                         Mon Cœur pleure d'autrefois.\n M a u r i c e M a e t e r l i n c k . . Serres chaudes.\n                                                          La Princesse Maleine.\n                                                          Les Aveugles.\n                                                          L'Intruse.\n Sté p h a n e M a l l a r m é                  . . Poèmes d'Edgar Poe.\n                                                          Villiers de l’Isle Adam.\n                                                          Pages (à paraître prochainement).\n St u a r t M e r r il l           . . . .                Les Gammes.\n                                                          Les Fastes (sous presse).\nJ e a n M o r é a s ................................      Les Cantilènes.\n                                                         Le Pèlerin passionné (sous presse).\nG a b r ie l M o u r e y . . . .                          Crépuscules d’Ames.\n                                                         Flammes mortes.\nP i e r r e -M . O l i n .........................       Mes Mémoires.\nP ie r r e Q u il l a r d . . . .                        La Fille aux mains coupées.\n                                                         La Gloire du Verbe (sous presse).\nH e n r i d e R é g n ie r               . . . Episodes.\n                                                         Poèmes anciens et romanesques.\nA d o l p h e R e t t é .........................         Cloches en la Nuit.\n                                                          Une belle Dame passa (à paraître)..\n                                                         La F orêt bruissante      »\n                                                         La seule Nuit             »\nA l b e r t S a i n t - P a u l . . . Scènes de Bal.\n                                                         Pétales de Nacre (à paraître pro­\n                                                              chainement).\nF e r n a n d Se v e r i n . . . .                       Le Lys.\nE m i l e V e r h a e r e n . . . . Les Soirs.\n                                                         Les Débâcles.\n                                                         Les Flambeaux Noirs (à paraître\n                                                              prochainement).\nF r a n c i s V i e l é - G r i f f i n . . Ancaeus.\n                                                         Joies.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "5o ANNÉE, No 10 LA WALLONIE REVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE E", "ancre_fin": "5 fr . par an. 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Union postale : 6 f r . 5 0 .\n\n\n\n                                 "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-10-n10-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE : Pierre Quillard. . . Ephraïm Mikhael. la Peur d’a", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 385, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 456, "fin_caractere_exclue": 1513, "texte": "SOMMAIRE :\n\n\nPierre Quillard. .           .    Ephraïm Mikhael.\n                                  la Peur d’aimer.\n                                           Goetterdaemmerung.\n                                           le Prince d’Avalon.\n                                           les Frères d’Armes.\n                                           Chambre d’ Amour.\n                                            Lied.\n                                           la Mort inutile,\n                                           en Morvan.\n                                           Messe des Morts : les Orgues. — les\n                                              Violons. — les Vivants.\n                                           Prologue pour un Poème dialogué.\nH enry van de Velde. Notes sur l’Art.\nA. M ..................................... Chronique littéraire.\n                                           petite Chronique.\n\n                     Ce numéro 5 0 centimes.\n\n\n\n                                 Des presses de II. V a llla n t-C a rm a n n e , à Liége.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 350, "texte": "    N ° consacré à PIERRE QUILLARD\n\n\n\n\n           LA\n\n\nWALLONIE\n\n\n\n\n               Octobre 1890.\n"}, {"page_pdf": 351, "texte": "  Politiques et Littéraires\n          5 francs l ’an; 11, chaussée d’Antin, Paris.\n\n\n\n\n             L    ' A   R     T   M     O    D    E    R    N   E\n\n\nREVUE   CRITIQUE        DES    ARTS     ET   DE       LA    LITTÉRATURE\n\n\n           26, Eue de l'Industrie, Bruxelles.\n\n                 Abonnement : 10 fr. par an.\n\n\n\n\n    M     E R C U R E             D E    F R A N C E\n\n                              M ENSUEL\n\n\n          15, rue de l’E chaudé-Saint-Germain\n\n                 Un an, 5 fr .; Union p ostale, 6 fr.\n\n\n\n\n    ART & CRITIQUE\n  Revue    hebdom adaire          des    Lettres       et   des Arts\n\n             Paris, 7, Rue des Canettes\n\n        Paris, 12 francs l’a n ; É tranger, 15 francs.\n"}, {"page_pdf": 352, "texte": "             EPHRAÏM MIKHAEL (1).\n\n                          Je le sais bien, je le sais bien, nous nous aimons\n                          Et nous marchons parmi les princes de la terre.\n                          Mais mon désir s’en va toujours vers le mystère\n                          Du pays merveilleux que je n’ai pas foulé\n                          Et même près de toi je me sens exilé.\n                                   (E p h raïm M ik h a e l. La f o r ê t s a c r é e .)\n\n\n\n   Comme un verset de litanies qui fait sacré pour les\nhommes celui qui le récite pieusement, j ’ai voulu inscrire ici,\navant toute parole, ces vers de l’ami absent qui s’en est allé\nloin de nous, vers l ’ombre surnaturelle. Aux jours heureux\noù nous ne connaissions pas l’irrémédiable tristesse d’être\nséparés de lui, il se serait offusqué si nous avions avoué trop\nhaut notre admiration pour son œuvre ; maintenant hélas ! la\nmort mauvaise nous a affranchis et j ’en peux parler libre­\nment, mais d’un cœur grave et religieux, avec la certitude de\ndire vrai.\n  Ce volume de poésies et de poèmes en prose met Ephraïm\nMikhael au rang des plus purs et des plus nobles artistes, de\nceux qui se survivent sur les lèvres des hommes, et qu’on\nsalue du nom de maîtres, parce qu’ils exprimèrent pour la\npremière fois, avec une puissance spéciale, quelques-unes des\n\n\n  (1) OEUVRES de Ephraïm Mikhael. Poésies et poèmes en prose Un vo­\nlume de la petite bibliothèque littéraire, chez Alphonse Lemerre, à Paris.\n\n                                                                            21\n"}, {"page_pdf": 353, "texte": "322                                              la W allonie.\n\n\n\nidées endormies au fond de l’âme humaine. Nul n’a éveillé\nde princesses plus mystérieuses et plus belles dans le jardin\ndes rêves ouvert aux seuls initiés et les divines captives lui\nont révélé la vanité de tout, même du deuil, et la gloire calme\nde la résignation.\n  Leur voix impérieuse l ’avait enchanté pour jamais. Sans\ndoute il s’asseyait parmi nous, ainsi qu’un roi bienfaisant à\ntous, parce qu’il savait que toutes les âmes sont dolentes et\nblessées. Mais toujours il regretta les pays qu’il avait connus\nen des existences antérieures, les pays de gloire et de clarté\nqu’il avait quittés un jour pour faire aux croyants du Verbe\nl’aumône des fleurs éternelles et des pierreries miraculeuses.\nIl avait accepté de vivre, mais il avait peur de la vie et\nsouvent il s’enfermait dans le parc « bien clos » et ne voulait\nplus entendre les clairons impurs qui l’appelaient en vain\nvers les vignes et vers les vergers des hommes.\n   Il redevenait le seigneur des terres heureuses et des forêts\nautomnales. Pourquoi s’en aller là-bas, parmiles « étrangers » ?\nQuand de belles vierges viennent vers eux, ils les insultent\net les lapident et sur elles\n\n          Se vengent de l’amour, des rêves et des dieux.\n\nIls refusent d’écouter les chansons qui les entraîneraient\nailleurs; les mots trop purs sont terribles à leurs oreilles,\nsourdes obstinément et si les trompettes saintes faisaient\nchoir les murailles qui leur cachent le ciel, ils reculeraient\ndevant la vision de l’autre monde, par amour pour celui-ci\noù ils peinent de l ’aube au soir. Cependant, bien qu’il les sût\nattachés aux glèbes ainsi que des esclaves volontaires, il\navait pitié de toutes leurs douleurs et saignait de toutes\nleurs plaies ; il souffrait leurs maux ignorés d’eux-mêmes et\n"}, {"page_pdf": 354, "texte": "     Ephraïm Mikhael.                                        323\n\n\n\nsurtout le mal originel qui les écrase tons, simplement parce\nqu’ils sont nés.\n  Oh! les misérables fous, « lourds de raison \" , qui r o u g ­\nraient de tourner leurs yeux vers les étoiles amies! ils se\ncroient sages ; ils ont l ’espoir chimérique d’être heureux,\ncomme s’il y avait rien de plus triste que la joie; mais quand\nla reine de Saba, par une aurore triomphale, apporte à\nSalomon les talismans et les aromates, le roi s’épouvante du\nbonheur comme d’un calice et il supplie Dieu de faire mourir\nl’amante prochaine, avant qu’elle n’entre dans la terre de\nJérusalem :\n\n           Qu’elle ne dise pas au seuil de ma demeure\n           Les paroles de nuit qui me rendraient heureux.\n\nEt le chevalier captif de la magicienne consent à l’amour\ncomme à la suprême et ineffable torture : la guerre, il la\nméprise à cause de la gloire; dans les villes brûlées, il a\n« pleuré d’ennui » ; que lui importent le char et le glaive et la\nrenommée des conquérants ? il renvoie les compagnons des\nbatailles anciennes avec ces mornes paroles de lassitude et\nde désolation :\n\n        L’amour seul peut remplir mon grand cœur ténébreux\n        Divinement élu pour les douleurs obscures.\n\n   Mais il n’y a pas de baiser d’oubli qui enlève aux cœurs\nexilés le souvenir des pays meilleurs ; l’amour est une double\ntristesse : même aux heures douces, la nuit divine envahit\nles âmes troublées et voici qu’en elles, comme des lys ju ­\nmeaux, s’épanouissent des pensées semblables :\n\n          Nous sommes les amants tristes parmi les fleurs\n          Et même le bonheur ne te fait pas joyeuse.\n"}, {"page_pdf": 355, "texte": "324                                          la Wallonie.\n\n\n\n  Personne en aucune langue n’a trouvé des mots et des\nimages qui donnent l’idée d’une mélancolie plus intime et\nplus profonde et n’a paré sa pensée de plus pures gemmes\net de plus limpides joyaux. De ses aventureuses chevauchées\naux terres du rêve, le poète nostalgique avait rapporté tous\nles trésors de la lumière et de la beauté. Quand il faisait\nvivre de la vie des rhythmes. par le prestige du Verbe, les\nmages, les prêtresses et les paladins, toutes ces formes déses­\npérées et tragiques de son âme, il les revêtait de somptueuses\nétoffes, de lourdes dalmatiques d’or et d’étincelantes armures;\nla splendeur des diamants et des durs métaux rend plus\nsombres les ténèbres de leur douleur et tandis que les héros\nmagnifiques passent au milieu des foules prosternées, des\nmonstres les déchirent et leur mordent les flancs et la\npourpre de leur sang se mêle en roses ruisselantes à la\npourpre des rubis.\n  Un soir de printemps vous les avez suivis et vous êtes\npartis avec eux pour les Iles Fortunées où leur martyre\nprendra fin, ô frère ardemment aimé et que nous pleurerons\nà jamais, et vous vous êtes évanoui dans la forêt sacrée,\nsous les étoiles natales. Mais vous nous avez royalement\nlaissé le butin conquis au fond des riches cavernes, l’œuvre\nparfaite qui vous égale aux plus grands; et votre mémoire,\nconservée jalousement, nous gardera des défaillances et des\nfélonies envers l’art et envers les hommes.\n"}, {"page_pdf": 356, "texte": "         LA PEUR D’AIMER.\n\n\n                                    A José Maria de Hérédia.\n\n\n\n\nLa Bête monstrueuse et le bon Chevalier\nOnt lutté tout le jour : le dragon mort distille\nUn suprême venin sur le sable infertile,\nE t le triomphateur entre dans le hallier.\n\n\nIl va, les yeux hagards d'un songe familier :\nLà-bas, le palais d’or miraculeux rutile\nE t la Princesse rêve, en sa grâce inutile,\nA l’amant inconnu qui la doit éveiller.\n\n\nMais lorsque le vainqueur de l’hydre et des licornes\nVit, après le bois sombre et les escaliers mornes,\nLa vierge aux cheveux blonds comme un soleil d’Avril\n\n\nDans la jeune splendeur de sa puberté mûre,\nL'angoisse de l’amour mordit son cœur viril\nE t sa chair de héros trembla, sous son armure.\n"}, {"page_pdf": 357, "texte": "  GOETTERDAEMMERUNG.\n\n                                    H eil, siegendes L icht.\n\n\n\n\nSiegfried, astre évadé des ombres transitoires,\nSoleil épanoui dans l'azur de la mort,\nAvec ta chair, la gloire humaine de l'effort,\nS'abîmait dans le deuil des suprêmes victoires.\n\n\nMais tel que le granit usé des promontoires\nQue l'assaut de la mer tempétueuse mord\nLes dieux irradiant dans les glaces du Nord\nAttendaient lâchement les jours expiatoires.\n\n\nLe héros, sur les fleurs sanglantes du bûcher,\nSemblait sortir des couchants mornes et marcher\nDans l’auréole d’or des flammes triomphales,\n\n\nTandis qu'en un torrent de splendeur et de bruit\nFlagellé par le vol sinistre des rafales\nLe Palais merveilleux s'écroulait dans la nuit.\n"}, {"page_pdf": 358, "texte": "le Prince d’Avalon.                                        327\n\n\n\n\n      LE PRINCE D’AVALON.\n\n                                          A Henri de Régnier.\n\n\nE t le prince vivait dans l'île d'Avalon.\nDes parterres de fleurs caressaient ses prunelles ;\nLes calices des lys s’ ouvraient en ce. vallon\nEperdument vers les étoiles fraternelles ;\n\nLes paons constellés d'yeux luisaient sous les halliers\nOr mobile, tremblant saphir, vivante flamme\nE t les fruits mûrs pendus aux vastes espaliers\nVersaient un opulent arôme de cinname\n\n\nTandis que dans le parc peuplé par des sylvains\nE t des faunes bordant les larges avenues\nLe clair de lune épars sur les marbres divins\nFaisait étinceler la chair des nymphes nues.\n\nE t le prince sur la terrasse du palais\nInclinait vers le sol ses doigts chargés de bagues\nE t regardait, là-bas, sous les deux violets,\nFuir des vaisseaux fleuris par la houle des vagues.\n\n\n\" Passez, je vous envie, ô frères ignorés,\nQue les vents furieux emportent sur le gouffre.\nJe ne la connais plus et vous la reverrez\nLa terre désirable où l’homme pleure et souffre.\n"}, {"page_pdf": 359, "texte": "328                                                 la Wallonie.\n\n\n\n      Je suis venu vers les rivages interdits\n      Pour obéir aux voix des blanches fiancées\n      E t mon âme succombe au poids des paradis\n      Ainsi que les joyaux chargent mes mains lassées.\n\n\n      Pour éveiller en moi d'immortelles douleurs\n      D ont la mémoire accrût mes extases futures,\n      J'ai déchaîné des sangliers parmi les fleurs ;\n      Mais les fleurs renaissaient plus belles et plus pures.\n\n\n      J'ai voulu renverser le palais merveilleux\n      E t je l'ai revêtu de rouges incendies,\n      Mais des colonnes d'or surgissaient à mes yeux\n      E t portaient jusqu'au ciel les voûtes agrandies.\n\n\n      Et lorsque j'a i tué la vierge que j'aimais,\n      Espérant rompre enfin les ineffables charmes,\n      L'enfant ressuscitée a vaincu pour jamais\n      Par des baisers plus doux ma tristesse et mes larmes.\n\n\n      Pour moi, le flot des jours s'écoule vainement;\n      Vainement le soir tombe et l'aurore rougeoie :\n      Enveloppé de rêve et d’éblouissement\n      Je suis le prisonnier de l'immuable joie. „\n\n\n      Ainsi par cette nuit d'étoiles, il parlait :\n      Les fourrés frissonnants brillaient de lucioles\n      Et le souffle embaumé de la brise mêlait\n      La chanson de la mer à la voix des violes.\n"}, {"page_pdf": 360, "texte": "                 LES FRÈRES D’ARMES.\n\n                                                                       à Stuart Merrill.\n\n\n\nC     ONVIÉS p a r u n e a u r o r e a n n o n c ia t r ic e d e g l o i r e , le s h é r o s\n        a d o le s c e n t s a v a ie n t c e in t l ’é p é e e t s o u s l e c a s q u e le u r\n        c h e v e lu r e r o u s s e r u is s e la c o m m e u n e s o u r c e d e lu m iè r e\nis s u e d e r o c h e s t é n é b r e u s e s .\n  Ils partirent ; les voiles rouges du vaisseau fleurissaient la\nm er; et la proue d’airain s’irisait au heurt des vagues.\nPendant des ans, ils coururent le monde ; leur renommée\nsanglante, éparse la nuit, hantait les rêves des cités.\n  Ils marchaient côte à côte dans les mêlées, pareils à des\ndieux ; et tels que des fauconniers en chasse déchaperonnent\nles oiseaux de leurre, hors de la gaine de cuir ils faisaient\ns’ouvrir sur les plaines les ailes resplendissantes des épées.\n  Dans la cale lourde des pirateries victorieuses, ils entas­\nsèrent pêle-mêle les armures d’or et les gemmes ; sur les\nétoffes rares, les escarboucles et les rubis évoquaient les yeux\ndes prêtresses et les blessures des guerriers.\n  Ils se crurent las de combattre et revinrent dans leur\npatrie ; sur les ruines de la maison natale écroulée, ils\nélevèrent un palais ; les murailles de bois odorant versaient\naux campagnes des aromates inconnus.\n"}, {"page_pdf": 361, "texte": "330                                           la Wallonie.\n\n\n\n  Un printemps farouche émanait des bas-reliefs de santal\nLes pierres d’Orient survivaient aux corolles vaines ; et le\nsoir, sur les terrasses, les héros,vêtus de pourpre, semblaient\ndans leur splendeur les fils du soleil englouti.\n  Mais l’ennui des heures semblables mordait lentement leurs\ncœurs. Chercher au delà des mers des batailles nouvelles, à\nquoi b on ? les glaives s’ébrècheraient sur leurs boucliers;\nla certitude d’être invincibles attristait leurs âmes hautaines.\n   Par un matin de gloire comme celui où ils appareillèrent,\nseuls dignes de lutter l’un contre l’autre, ils resaisirent les\népées oisives suspendues dans les panoplies et poussant des\nclameurs de joie, les guerriers fauves se ruèrent.\n  Enivrés de joie suprême, ils frappaient d’estoc et de\ntaille; ils combattirent jusqu’à la nuit et quand l’aube vint,\natteints d’un double coup et les yeux vers les étoiles, ils\ntombèrent, ensevelis dans leur victoire fraternelle.\n"}, {"page_pdf": 362, "texte": "        CHAMBRE D’AMOUR.\n\n\nLa nuit tiède est clémente à la ville qui dort;\nDes lys impérieux triomphent dans la chambre\nE t cependant nos cœurs sont froids comme décembre\nE t nos baisers d’amour amers comme la mort.\n\nTa douce bouche s’ouvre à des chansons mièvres\nE t tes seins bienveillants accueillent mon front las;\nMais, ô ma douloureuse enfant, je ne sais pas\nPourquoi les dieux mauvais empoisonnent nos lèvres.\n\nQu’importe? viens vers moi, triste sœur; aimons-nous,\nSans craindre la saveur glorieuse des larmes,\nTels des héros blessés avec leurs propres armes\nE t dont le glaive d’or a rompu les genoux.\n\nViens! nous aurons l’orgueil des âmes taciturnes\nEn cette chambre morne et veuve de flambeaux,\nOù, semblable à l’odeur des antiques tombeaux,\nUn parfum sépulcral monte des lys nocturnes.\n\n\n\n\n                       LIED.\n\n\n  Ta voix, ta même voix de colombe blessée\n  Sonne plaintivement dans ta gorge lassée\n"}, {"page_pdf": 363, "texte": "332                                               la Wallonie.\n\n\n\n        J’entends encor l’écho des paroles d'antan\n        Lorsque les mots ailés s’envolent en chantant.\n\n\n        Mais je ne comprends plus les syllabes; j ’oublie\n        Ce qui fait leur langueur et leur mélancolie.\n\n\n        Je crois t’ouïr parler un langage inconnu\n        Sur des airs dont mon cœur s’est en vain souvenu,\n\n\n        E t je perçois parmi la mesure rythmée\n        La voix d’une étrangère ou d'une morte aimée.\n\n\n\n\n               LA MORT INUTILE.\n\n\nA Grégoire Le ltoy.               Cura: non ipsa in morte relinquunt.\n                                                P . V e iig il u is M a r o .\n\n\n\n\n  Triste comme la mer et la chanson des syrtes,\n  Le vent lourd de sanglots pleure dans la foret :\n  Un troupeau d’ombres vient, paraît et disparaît\n  Dans les bois souterrains et les bosquets de myrtes.\n\n\n  Défaillant au désert du ciel ensanglanté\n  Un soleil ténébreux baigne le pâle espace ;\n Un troupeau d’ombres vient, revient, passe et repasse\n Dans sa mélancolique et funèbre clarté.\n"}, {"page_pdf": 364, "texte": "  en Morvan.                                               333\n\n\n\nE t ce sont à travers les chemins d'asphodèle\nLes fantômes hagards, pleins de larmes et lents\nD ont les glaives d’amour ont déchiré les flancs.\nLe temps n’a point fermé leur blessure immortelle,\n\n\nLe sommeil sépulcral a leurré leurs yeux las\nE t l’âpre souvenir survivant à la tombe,\nTel qu’un vin corrosif, goutte par goutte, tombe\nDans leurs cœurs ulcérés qui ne guériront pas.\n\n\n\n\n                 EN MORVAN.\n\n\n                                         A Jacques Derbanne.\n\n\n\n\n  L ’ombre s'enroule au flanc des collines farouches\n  E t pèse sur les bois et les versants herbeux\n  Où dorment lourdement les immobiles bœufs.\n Elle fa it grimacer les arbres et les souches\n Des saules noirs pareils à des jeteurs de sorts,\n Tandis que par les vaux silencieux et morts\n Le monotone appel des chouettes réplique\n Aie sifflement du vent dans le houx métallique\n Qui vibre hostilement comme une armure et luit,\n E t l'eau sauvage hurle entre les roches grises\n Ainsi que, défaillant de hautes entreprises,\n Une guerrière blanche en fuite dans la nuit.\n"}, {"page_pdf": 365, "texte": "334                                            la Wallonie.\n\n\n\n\n                        CRISTAL.\n\n\n                                                  A Emile Galle.\n\n\n\n\n      Noire sur le cristal pâle et gris comme un ciel\n      D ’hiver, la libellule énigmatique éploie\n      Ses ailes dans l’air lourd et pestilentiel.\n      Ses immobiles yeux sans tristesse et sans joie\n      Cherchent sinistrement une invisible proie\n      E t planant sur l'eau verte et morte des marais,\n      Vers vos calices d'or, de pourpre et de ténèbres\n      Elle vole vers vos calices à jamais,\n      Glauques fleurs qui nagez sur des ondes funèbres\n      Où se mire le deuil des pins et des cyprès.\n"}, {"page_pdf": 366, "texte": "         MESSE DES MORTS.\n\n                                          A Bernard Lazare.\n\n\n                   LES ORGUES.\n\n                            Requiem œ ternam dona eis, Domine.\n\n\nSeigneur, ces pèlerins des routes de la vie\nOnt peiné tout le jour vers le terme divin :\nAu lieu des puits d'eau vive et des outres de vin,\nIls se désaltéraient aux calices d'envie.\n\nDesséchés par le hâle et brûlés par le ciel\nTorride, haletant de la so if infinie,\nIls buvaient, comme Christ en sa lente agonie,\nLa mauvaise liqueur de vinaigre et de fiel.\n\nEchappant aux carquois d’atroces sagittaires\nDes flèches s’envolaient vers eux d'arcs inconnus\nE t d'invisibles fouets mordaient leurs torses nus\nE t du métal ardent coulait dans leurs artères.\n\nIls marchaient pesamment sous le faix de leur croix\nAvec le seul espoir de ta bonté future :\nMais les loups de l’enfer guettent la créature\nE t happent en chemin l’âme que tu mécrois.\n"}, {"page_pdf": 367, "texte": "336                                                 la Wallonie.\n\n\n\n      L ’inextinguible feu hurle dans la géhenne\n      E t les damnés jetés aux abîmes grondants\n      N ’apaisent pas la faim terrible de ses dents\n      E t son gosier féroce est avivé de haine.\n\n\n      N’ écarte pas de toi les fidèles troupeaux!\n      Le soir descend; après les heures sans prairies,\n      Voici l'instant rêvé des calmes bergeries;\n      Ouvre, ô Pasteur des morts, le bercail de repos.\n\n\n\n\n                         LES VIOLONS.\n\n\n\n                                           E l l u x p e r p e tua lu c ea t eis .\n\n\n\n      Seigneur, ces exilés de la seule patrie\n      Criaient vers toi du fond des gouffres ténébreux ;\n      Pitié ! fais ruisseler des images sur eux\n      La source de splendeur promise en Samarie.\n\n\n      Que la mort leur devienne un baptême ! revêts\n      Leurs flancs martyrisés de robes de lumière\n      E t donne leur essor dans la gloire première\n      Aux cygnes évadés des pièges du mauvais.\n\n\n      Magnifiques et purs, après la lutte rude,\n      Ils voleront vers les parterres triomphaux\n      Où des lys, méprisant la morsure des faulx,\n      Fleurissent dans la joie et la béatitude\n"}, {"page_pdf": 368, "texte": "les Vivants.                                                              337\n\n\n\nTandis que le soleil d’un ineffable été\nInonde d’or brûlant les roses et dilate\nLes parfums êpandus des coupes d’écarlate\nE t que Féther subtil chante l’éternité.\n\n\nRappelle au nid fermé les frissonnantes âmes\nE t les ailes d’amour monteront à l’ amant\nA travers l’harmonie et l’ éblouissement\nDes splendeurs, des accords, des concerts et des flammes;\n\n\nE t les siècles futurs et ceux qui ne sont plus\nTressailliront en toi d’une même allégresse\nEn oyant, comme un chant et comme une carresse,\nFrémir au-ciel nouveau le vol blanc des élus.\n\n\n\n\n                   LES VIVANTS.\n\n\n\n                            A g nus De i, q u i to llis p e c c a t a m un d i ,\n                                    d o na eis req u iem .\n\n\n\nSeigneur, Seigneur, Seigneur, impitoyable maître,\nNous sommes las des jours et des soleils maudits :\nEpargne aux délivrés l’horreur du paradis ;\nLaisse les morts dormir en paix et ne plus être.\n\n\nTant de clous ont percé leurs membres ici-bas\nQue nul flot baptismal rédempteur de leurs peines\nNe laverait les maux et les douleurs humaines\nE t que ton repentir ne leur suffirait pas.\n                                                                 22\n"}, {"page_pdf": 369, "texte": "338                                               la Wallonie.\n\n\n\n      Ils entendraient au lieu des sublimes cantiques\n      Flottant parmi l'encens des lys épanouis,\n      Monter de l'océan mystérieux des nuits\n      Le râle inexpié des souffrances antiques.\n\n\n      Rumeur d’airain, sanglot cruel d'un tympanon\n      Dont une main haineuse a secoué les cordes\n      Le souvenir rirait de tes miséricordes,\n      La voix de tes élus blasphémerait ton nom.\n\n\n      Roi du ciel, reste seul dans ta gloire exécrée\n      Formidable, sereine et libre de remords;\n      O bourreau des vivants, ne touche pas aux morts,\n      E t quand viendra pour nous la suprême vesprée,\n\n\n      Quand les vers rongeront les os de nos genoux,\n      Accorde à notre chair en tardive clémence\n      Non les vaines clartés, mais l’ombre, le silence,\n      Le sommeil et l'oubli de toi-même et de nous.\n"}, {"page_pdf": 370, "texte": " PROLOGUE POUR UN POÈME DIALOGUÉ.\n\n\n\n\nPrès de la belle forêt le lac mystérieux s’ endort :\nComme des reines enfants jettent les perles de leur col,\nProdigues pour les gazons, les branches versent avec l'or\nD u soleil occidental leurs fleurs éparses sur le sol;\nDans la vesprée une chasse entraîne au loin le chant des cors.\n\n\n\nRoyalement le soleil meurt enveloppé de sa gloire,\nE t sur son tombeau divin brillent les premières étoiles.\nSous les peupliers amis, sous les peupliers blancs qui boivent\nL ’eau des sources et l’ air pur, âme et tresses qui se déploient,\nLa jeune fille sourit et rêve à des rêves de joie.\n\n\nSans doute scs yeux fermés voient les plaines du paradis\nRiches de tous les printemps éternellement se fleurir ;\nPeut-être son cœur mortel dédaigne les célestes lys\nE t chaque soir dans la paix muette et pâle de la nuit\nL ’image d’un fiancé se glisse et passe entre ses cils.\n"}, {"page_pdf": 371, "texte": "340                                           la Wallonie.\n\n\n\nMais voici qu’à travers l'aube ou seuls les nénufars regardent,\nHors du lac, un chevalier splendide surgit des eaux calmes\nE t ses glauques vêtements conservent le reflet des vagues,\nTandis qu'en ses longs cheveux et sur ses pâles mains éclate\nLe feu triste des lapis et des émeraudes natales.\n\n\nVers la vierge qui sourit et rêve d’amour ou de ciel\nDoucement endormie au bord de la belle forêt,\nIl vient; la chanson des cors sombre et s'efface désormais\nE t le chevalier parmi les parfums des feuillages verts\nEveille avec ses baisers la blonde princesse aux yeux pers.\n\n                                P ie r r e QU ILLARD.\n"}, {"page_pdf": 372, "texte": "       Notes sur l’Art.                                                341\n\n\n\n                NOTES SUR L'ART.\n                          Sur ce th èm e : Sa l o n d e B r u x e l l e s .\n\n\n I l    n’est pas inutile de parler des Salons triennaux d’Art,\n       puisqu’il est indispensable qu’ils subsistent.\n     Que les porte-queue de nos Princes de l ’Art — et nous\nne manquons de rien, Dieu merçi ! — s’abstiennent de glapir\nleurs annuelles réclames et l’existence des Salo,ns est irrémé­\ndiablement compromise.\n   L e pis est que c’est nous qui en pâtirions le plus !\n   Pensez, cet annuel Salon officiel d’Art, sans qu’il y paraisse,\nnous défend comme la prostitution réglementée la vertu des\nfemmes et des jeunes filles ! Sans lui, qui assouvit si bien la\nfrénésie du public pour l’Art, comme sans elle, les vrais\nartistes et les femmes honnêtes seraient violés dans la rue.\n  A-t-on songé que toutes choses ont ainsi une utilité “ à\ncôté „ de celle acceptée par le commerce ; que la raison d’être\navouée — et je ne soupçonne aucune tromperie, tout au plus la\nmyopie peut avoir induit à telle facile conclusion — n’est vraie\nque pour ceux qui se contentent d’une compréhension superfi­\ncielle. Qu’ici l’Art soit en cause, il est devenu oiseux aujour­\nd’hui de le nier. Autant l’amour trônerait où on le vend.\n  Les prétentions sont les mêmes ; ici comme là, on annonce\nune marchandise qu’on n’a pas, on se fait honneur d’un hôte\nqui n’est jamais descendu chez soi.\n  Lors, puisque nous cherchons par l’utilité à excuser toutes\ncréations de Dieu, est-il assez juste que j ’en cherche une aux\nchoses les plus honteuses d’abord ; à celles tout au moins,\nqui paraissent les plus inexcusables, celles que l’Art consent\nà couvrir de son nom formidable et sacré.\n"}, {"page_pdf": 373, "texte": "342                                            la Wallonie.\n\n\n  En tant qu’exhibition d’Art, ces salons sont leurres, autant\nque prétextes, but avoué à toutes associations; l’important\nest — et ce nous sera une garantie ! — que depuis les plus\ngros mammifères — à sang froid ! — jusqu’au plus menu\nfretin de notre vivier d’Art, tous aient trouvé ample pâture\nà l’incurable vanité qui les grangrène.\n  E ut-on pu mieux imaginer pour drainer l’ambition de nos\ncontrées si exagérément basses (de combien de toises au-des­\nsous du niveau intellectuel le moins relevé!), que ces grandes\nassociations : — où une hiérarchie acceptée crée à merci une\ninfinité de dignités fictives et qui suffisent amplement, ceux\nqui les revêtent n’en percevant pas l’illusoire, — tant falla­\ncieusement s’affuble de distinctions chamarrantes et ances­\ntrales tout ce qui est de plus vain.\n   Sociétés d’Artistes, associations politiques, milices citoyen­\nnes ! Vraiment faudrait-il être bien mal fait pour ne pouvoir\nêtre enrôlé dans une de ces grandes légions !\n   En est-il, aujourd’hui, qui ne soient, un peu, Artistes ? Et\ns’il en est un, ne sera-t-il belliqueux un tantinet ?\n   Tout le monde, au demeurant, a en soi l’étoffe d’un poli­\ntique ! Ce sont les grands fleuves, grossis de toutes les eaux\nputrides, qui roulent à travers notre organisation, mais sur\nles rives desquels ceux-là seuls croient voir surgir des portsj\nqui ont mis leur vie en rade d’honneurs puérils et inexistants.\n   Songeons que tout est pour le mieux ainsi : annuellement,\ndans tous pays, on dégorge violemment par exhibitions d’Art\nce que de trop grandes crues pourraient amonceler, contre\nles écluses, de vanités creuses, de morgue pédantesque,\nd’exubérance cabotine.\n  A l’encontre d’autres, qui s’affligent, je crois qu’après ce\ncurage, l’Art ne s’en porte que mieux. Tout au plus faut-il\n"}, {"page_pdf": 374, "texte": "      Chronique littéraire.                                       343\n\n\nveiller à ne pas se trouver à portée. Que ceux qui ont été\néclaboussés, voire entraînés dans cette immonde marée, s’en\nprennent à eux-mêmes.\n  Quant à nous, dès lors, cessons de nous indigner, les\nféroces coups de cravache que nous porterions ne serviraient\nqu’à faire des jours dans les rangs derrière lesquels nous\nnous abritons.\n  Je sais bien : c’est la mise en croix de l’Art par une foule\nidolâtre, groineuse et scatophage qui nous exaspère, fait\nlever en nous le levain de suprême révolte et nous pousse\naux virulences qu’on sait.\n  Mais l’A rt participe de la divinité ainsi.\n  Plus efficacement qu’un Dieu — vrai, que la prophétie\ns'accomplit : \" aucun de ses os ne sera rompu „ — l’Art nous\nrachète en se laissant crucifier.\n  Et rien ne manque à cette passion renouvelée : ni l’accu­\nsation, plus sournoisement portée chaque fois, ni l’ironique\ncouronnement devant la foule, ni les larrons préférés, ni\nl’hypocrite éponge de vinaigre et d’hy sope dont le pourlichent\nles autorisés critiques, — ni ceux qui s’ en lavent les mains,\naussi !\n                                        H enry      van de   VELDE.\n\n\n\n         CHRONIQUE L ITTÉRAIRE.\n  Une dame du demi, qui a eu des malheurs, en a conservé\n— avec des relations, — un scepticisme hilare et mélomane\nponctué de calembours. Et c’est l’ouvreuse, l’ex-ouvreuse du\ncirque d’Eté (*), qui babille gentiment, cause musique pour\n\n  (*) Lettres de l'ouvreuse , chez Vanier, Paris.\n"}, {"page_pdf": 375, "texte": " 344                                                    la Wallonie.\n\n\n\nson plaisir, ne parle ni d’un ut dièze anticipé sur un accord\nde triton, ni de neuvièmes diminuées résolues en modulation,\n— c’est pourtant le grand chic du genre ! — mais dégoise\navec verve des tas de réflexions à la bonne franquette, non\nsans prouver qu’elle connaît supérieurement son art. On\npeut ne pas trouver indispensable de réunir sous l’aspect\ndéfinitif du livre une collection de comptes rendus qui\npassent; il y a aussi des jeux de mots, des jeux de mots !\nvraiment un excès. Mais ces lettres se présentent avec tant\nd’entrain juvénile, les plaisanteries même sont parfois si\nimprévues qu’on finit toujours par applaudir. Et certes on a\nmille fois raison, car la grande et pure musique est hardi­\nment défendue en ces petits pamphlets et, si l’on peut repro­\ncher à l’ouvreuse un enthousiasme berliozâtre un peu exagéré\net un trop facile dédain pour Edward Grieg, il faut la félici­\nter hautement d’ avoir salué comme il convient César Franck\net Vincent d’Indy.\n                                   ***\n   Deux œuvrettes naturalistes, ma foi oui. Tendresse (1), une\nplaquette par Henry de Braisne : histoire de tous les jours\ncontée avec de grandes recherches de vocabulaire en des\nphrases souvent par trop alambiquées, mais une curieuse et\ntrès éclatante évocation de l’opéra comme d’un légendaire\npalais qui serait, — ici vous rencontrez Maeterlinck, M. de\nBraisne, — le Temple de l’Illusion.\n  A Trépas (2), consciencieuse étude d’un hôpital parisien :\nun grand jeune homme blond, supposé philosophe parce qu’il\nse croit sceptique, se décide à se faire soigner là et y meurt\n\n  ( 1) Par Henry (2), Braisne, chez Vanier, 10 pages.\n  (2) Par Dauphin Meunier; joliment imprimé par Vaillant-Carmanne,\npour Léon Vanier, 150 exempl.\n"}, {"page_pdf": 376, "texte": "     Chronique littéraire.                                      345\n\n\n\nen effet. Des bouts de descriptions — l’une d’elles surtout,\nqui s'achève en délire, — la silhouette à moitié fine et à\nmoitié vulgaire, bonne enfant surtout, d’une jeune boursière\nattachée à l’établissement, des échappées de psychologie\nvraie, l’observation minutieuse des détails quotidiens, des\ntypes entrevus et nettement crayonnés, tout cela met de la\nvie dans ce petit livre.\n  Le milieu particulier est distinctement évoqué, dans une\ngrande unité d’amertume. Par exemple la spéciale impor­\ntance accordée à un urinai ne me séduit guère, et puis il y a\ntrop de tasses de porcelaine remplies d’éructations, trop\nd’émanations fécales ; mais d’autres notes brèves et amères\nlaissent une impression intense.\n   Quant à la forme, sobre, assez rapide, elle est bien adé­\nquate au sujet. Quelques incorrections, et des surprises,\ncomme celle-ci : “ (la couleur des bancs) mangée par la rape\nincessante de flatueux derrières „ .... Il faut laisser cela à\nArmand Silvestre, que diable!\n  L ’auteur prie qu’on ne le juge pas d’après ce livre, déjà très\nlointain de ses rêves d’à présent. Soit. Au moins cette première\noeuvre se montrait-elle solidement documentée au point de\nvue naturaliste, de lignes assez fermes, et écrite avec soin.\n   J ’y note ces vers à la façon de Jules Laforgue (comme le\ndit l’auteur lui-même) :\n                 O la bonne grosse âme\n                 Douce comme un dictame\n                 Et neuve combien! et fem m e....\n                                Elle.\n                 Monsieur, je suis, mille pardons!\n                 Savante, pas fière, une oiselle\n                 Avec du rêve dans l’aile !\n               Connais-tu le pays où fleurit......\n                                Lui.\n                                                Eh, va donc !\n"}, {"page_pdf": 377, "texte": "346                                                 la Wallonie.\n\n\n\n\n Ces vers doivent sembler un blasphème à l’auteur de\nMiette (*), M. Henri Maubel. L a Wallonie a déjà signalé les\nnouvelles qu’il publiait dans la Jeune Belgique; une âme\ndélicate de naïf volontaire s’y révélait, douée d’une assez\npersonnelle vision.\n  M. Maubel est l’un des bien rares écrivains de prose qui\nconsentent à analyser cette inconsciente petite personne,\nversatile, doucement cruelle, éblouie et mélancolique, qu’est\nune jeune Fille. Une merveilleuse monographie d’Edmond\nde Goncourt; puis d’anémiques romans anglais, et d’iden­\ntiques en France, voilà tout, pour ces années. Barbey même,\nqui fait encore exception, presque toujours passe par dessus\nla jeune Fille pour étudier la Femme, comme dans Ce qui ne\nmeurt pas. De nos jours, des poètes comme Jules Laforgue,\nCharles V an Lerberghe et Fernand Severin, Grégoire Le Roy,\nd’un peu plus loin, René Ghil dans le Geste Ingénu, sont\nhantés par cet innocent mystère. Mais qui donc, à part\nM. Maubel, s’avise ici d’étudier la Jeune Fille dans le roman,\ns’il ne s’agit que de littérature?\n  Aussi j ’en veux un peu à M. Maubel d’avoir, pour son\npremier livre, choisi ces quelques pages qui peuvent tromper\nsur son talent.\n  Une autre nouvelle, moins parfaite, parue dans la Jeune\nBelgique (une jeune fille meurt, et c’est alors l’amie qui y\npense doucement) était plus complète de psychologie. Miette,\nau contraire, nous révèle un délicat écrivain, épris de\nnuances, habile à tracer une silhouette, aquarelliste du senti­\nment, intuitif des élégances, et certes fort spirituel; mais\n\n\n  ( 1) Chez Savine, Paris. Joli petit livre imprimé par Mme Monnom.\n"}, {"page_pdf": 378, "texte": "     Chronique littéraire.                                          347\n\n\n\nc’est peut-être trop spirituel, un peu superficiel aussi, et voilà\npourquoi je suis en train d’assommer M. Maubel avec\nM. Maubel lui-même.\n  Non, il est trop absurde ce procédé de critique, et bien\nmieux vaut signaler en cette plaquette une petite œuvre\nexquise, où sont notés d’adorables gestes mutins, des moues,\ndes demi-pensées qui n’osent prendre forme, tout l’indécis\nd’une flirtation entre des adolescents, toute l’inconnue mer­\nveille d’un premier amour de tète que M. Maubel évoque en\nprécieux analyste des intimités.\n   Quelques tournures trop alambiquées passent vite ina­\nperçues parmi tant de claires pages, et n’en ai-je pas dit\nassez pour recommander Miette, aux plus raffinés ?\n                              *\n                                *\n   Arnold Goffin est bien connu ici ; je n’ai pas à rappeler les\nbeaux articles d’Hector Chainaye et de Célestin Demblon,\net enfin le livre que je vais brièvrement analyser parut\nfragmentairement dans la Wallonie.\n  Maxine, a chimerical taie (1). Arnold Goffin y continue avec\nun talent subtil et précis cette aiguë analyse de lui-même\nqu’il avait commencée dans le Journal d'André et Delzire\nMoris. C’est encore ici un amer, un malade, mais cette fois\nsurtout un logique personnage qu’un fatal ennui de la vie\nconduit au suicide. Non pas vraiment du dégoût, mais la\nfatigue d’exister, la vacuité d’un monde où la pensée, trop\nassouplie peut-être, se prouve identique et stérile; et puis\nl’absence de but, le mépris qui isole, l’isolement devenu lourd\nde pensée toujours identique et toujours stéfile, et l’ennui,\nl’ennui très noblement, et le “ pourquoi pas en finir ? ,,\n\n  ( 1) Arnold Goff i n, Maxime. Charles Vos, Bruxelles.   Une conclusion\naltière . (Wallonie juin 1881.)\n"}, {"page_pdf": 379, "texte": "348                                           la Wallonie.\n\n\n\n   On pourrait reprocher ce suicide à un disciple de Schopen­\nhauer, et l’auteur l’a sentie, la difficulté d’un tel acte pour\ncelui qui ne daigne pas agir. Cependant, au long du livre ce\ndénoûment s’affirme vraisemblable, presque nécessaire même.\n   Arnold Goffin ne se renouvelle pas assez, et il laisse passer\ncomme une pose de scepticisme et de sécheresse ; ses qualités\net ses défauts se retrouvent dans sa forme, d’une précision\nmathématique, très sobre et de phrases extraordinairement\nsolides, mais sèche et chargée de mots parfois malheureux.\nMais, si la langue est dure, elle a aussi l’éclat métallique et\nles reflets des minéraux, et enfin, et surtout elle a de la\nnoblesse.\n   Il faut signaler dans Maxime une belle conception de\nl’amitié, ennemie des expansions, très correcte et comme\nanglaise, — virile; et l’acuité de la pensée se trahit à chaque\ninstant par des phrases définitives et d’une particulière\npénétration, comme celles-ci : “ Maxime était sans imprévu\npour lui-même. „ Ailleurs : “ L ’objet de notre douleur\nimporte peu, mais bien l’intérêt que nous y attachons. „ Et\ncette vision des mathématiques transcendantes : “ Il y\ndécouvrait la poésie absolue, abstraite et concrète, en même\ntemps, d'une intègre loyauté „.\n                                  *\n                              *       *\n   Les Noces de Sathan, par Jules Bois, les Lys noirs, par\nAlber Jhouney; deux poèmes occultes qu’il m’est bien diffi­\ncile d’apprécier. Les Lys noirs surtout. On m’affirme que ce\nlivre est d’une immense portée, profond et neuf; malheureu­\nsement j ’ignore les rudiments de la théorie que doivent\nillustrer ces vers; Ammonios Saccas n’a laissé nul écrit,\nl'Etoile n’a pu jusqu’ici m’apprendre assez complètement en\nquoi l’église actuelle doit renouveler Plotin, et je n’aurai pas\n"}, {"page_pdf": 380, "texte": "    petite Chronique.                                        349\n\n\n\nl’outrecuidance de disserter de pays inconnus. Je regrette\nsimplement et sincèrement de n’être pas initié à des doctrines\nqui, sans m’apparaître comme certaines, n’en sont pas moins\nsans doute l’un des reflets de la vérité. Oui, je saisis bien, la\nfraternité humaine, l’identité essentielle de toutes les reli­\ngions, la puissance psychique, etc. Mais pour pouvoir juger\ndes Lys noirs, il faudrait aller plus avant.\n   Je reconnais bien volontiers du talent à M. Alber Jhouney\net je souhaite l’apprécier un jour plus sûrement. Quant aux\nNoces de Sathan, c’est un large et multiple poème, de pensée\nsouvent subtile et belle, plus accessible. Une haute concep­\ntion de Sathan, des visions de foules vautrées en des péchés\nignobles qu’il méprise, un décor choisi et des vers d’habitude\nsimples, parfois trop éloquents et pas assez fermes, souples,\nexquis à telle place; quelques faiblesses et une couleur que\nne peut dessécher le contact de l’abstraite pensée.\n                                                       A. M.\n\n\n\n               PETITE CHRONIQUE.\n  Tous les vers contenus en cette livraison. — à part le\nPrologue pour un poème dialogué — sont extraits de la Gloire\ndu Verbe, livre qui va paraître, d’ici peu de jours, chez\nBailly, à Paris. L e Prologue est, croyons-nous, la première\npièce aux rythmes libres que publia Pierre Quillard.\n                             * *\n   L a Plume annonce le portrait de Maurice Maeterlinck, à\nparaître en l’un des plus prochains n°. L e théâtre libre met à\nl’étude les Aveugles et ta Princesse Maleine, que le théâtre\nmixte dispute à M. Antoine. Et cependant... il s’est trouvé\nun mécontent: un chroniqueur du Journal de Liége, s’indigne\n"}, {"page_pdf": 381, "texte": "350                                                                       la Wallonie.\n\n\n\net rit jaune en nous faisant l ’extrême honneur de citer, entre\nquelques exclamations, des bouts de phrases de notre article\nsur la Princesse Maleine. Mais ce n’était pas assez, et un\nlecteur du Journal de L iége, — il y en a, — tient à criailler\nencore; c’est ainsi que l’admirable scène du parc est devenue\nà ses yeux une “ suggestion hydraulique. „\n   Ce qu’un chef d’œuvre exaspère certaines gens ! mais non,\nje vous assure, la Princesse Maleine n’est pas rouge du tout.\n                            * *\n   La Jeune Belgique a lu la petite note de notre dernier n° ;\nelle s’est impatientée, et voici qu’elle imprime : “ La\nWallonie veut avoir la première place ! „ etc., etc. Nullement,\nchère consœur; vous répondez avec une vivacité charmante,\nen jolie femme que vous êtes, — mais à côté, comme répon­\ndent les femmes. La Wallonie avait voulu seulement faire\nremarquer qu’elle restait bien indépendante, et, avouez-le,\nce pouvait sembler utile, lorsque vous écriviez en grandes\nlettres : “ A la tête du mouvement littéraire, la Jeune Belgique\nhautaine et fi è re, dirigera le combat... „\n   Mais laisssons vite une discussion vaine, à quoi nous n’au­\nrions plus songé, s’il n’avait fallu nous défendre. La Jeune\nBelgique n’est pas tout entière dans son mémento, et le n°\ndernier contient précisément de très belles pages.\n   En voici le sommaire : Maurice Maeterlinck, court mais\nintuitif article, d’élégante prose, par Grégoire Le R oy. Des\n Vers admirablement suggestifs, par Fernand Severin, qui\nfont espérer beaucoup de son prochain livre; et la naïveté\nexquise de cette strophe :\n          Ces m a in s jo in t e s v e r s v o u s , les v o ic i d é n o u é e s .\n\n          S a v e z -v o u s q u e lle f o lle a p e u r e n tr e vo s b ra s ?\n\n          Q u e lle p e tite f ille , a u x lè v r e s e n jo u é es ?\n\n          O m on m a îtr e , v o y e z ! vou s ne le s a v ie z p a s.\n"}, {"page_pdf": 382, "texte": "    petite Chronique.                                          351\n\n\n\n  La gloire de Judas, large et sobre prose de Bernard\nLazare. Au Matin, vers signés V alére Gille :\n                    Je suis ainsi comme naïve,\n                    Ignorante de toute chose\n                    Celle dont l'âme est inéclose\n                    Et de fleurs d'or l’aile captive.\n\n  Enfin une délicate critique de Miette par Albert Giraud,\net une chronique artistique par Georges Destrée.\n                              *\n                             * *\n   Concert Lamoureux. Une incroyable clarté que nul\norchestre ne peut obtenir, sauf peut être l’orchestre royal de\nSaxe ; une élégance exquise, un soin scrupuleux des nuances\net une merveilleuse finesse du son, tout cela apprécié surtout\ndans la musique française (L ’Artésienne, Espana, puis cette\nlarge et grande page de Wallenstein) et dans l ’adagio de la\nsonate en ut mineur, de Beethoven.\n  Quand aux fragments de Wagner, non, ce n’est pas cela.\nL e choix, d’abord, n’était pas très heureux ; l ’ouverture de\nTannhaüser manquait d’imprévu pour nous ; on se serait bien\npassé du si vulgaire prélude du 3e acte de Lohengrin, enfin\nles Murmures de la Forêt, si souvent entendus, ont ce grave\ndéfaut de coudre 3 fragments : la rêverie de Siegfried avant\nla lutte avec F afner, le chant de l’oiseau et le finale de l'acte;\noui, oui, je sais, c’est autorisé, mais il n’en reste pas moins\nqu’à la scène ces parties sont séparées par des scènes très\ndifférentes et qu’il n’y a nulle monotonie, tandis qu’ici la\nflûte remplaçant la voix féminime interjetée par le W aldvo ­\ngel, on écoute constamment le même effet d’orchestre.\n   L ’exécution du prélude du 3e acte de Lobengrin avait été\nbrillante, celle des murmures fut limpide, mais quant à\nl’ouverture de Tannhaüser et au prodigieux prélude de Tris­\n"}, {"page_pdf": 383, "texte": "852                                               la Wallonie.\n\n\n\ntan (avec la coda ajoutée et la naissance du Sterbelied), ni\nles mouvements, si rallentis, ni l’interprétation générale, ne\nparaissent admissibles lorsqu’on a entendu les orchestres\nd’Allemagne. Les mouvements rapides de Beethoven exigent\naussi une tout autre vigueur.\n   Ces critiques n’effacent pas les éloges précédents, et il faut\ndire très haut que l ’orchestre Lamoureux, lumineux d’admi­\nrables qualités que lui seul peut-être possède à ce point,\ns’impose comme l’un des plus souples et des plus fins qui\nsoient, — sinon, de tous, le plus.                  A. M.\n                                  *\n                                * *\n  M. Stuart Merrill nous prie d’insérer la lettre suivante,\ndont nous le remercions vivement :\n      A M. Albert Mockel, directeur de L A W A L L O N IE .\n             Mon cher ami,\n    Dans le dernier numéro des Ecrits pour l’art, je lis, signée\npar M. Eugène Thebault, une Polémique où vous êtes aussi\ninjustement que violemment attaqué.\n    Je n’aurais pas à intervenir dans le débat, si ma position\n aux Ecrits n’était plus qu’équivoque. On sait, en effet, que\nj ’ai continué, d’abord sans le dire, puis ouvertement, la sub­\nvention accordée aux Ecrits par le regretté Gaston Dubedat.\nMais voici une occasion de déclarer,, à vous et à tous ceux\nqui avez été mis en cause par M. René Ghil, que je n’ai\npris, ne prends et ne prendrai aucune part à la direction des\nE crits pour l’art. Cette revue, je la mets à la disposition de\nmon ami René Ghil, pour la défense d’idées que je juge, sans\nles partager toutes, dignes de l’attention des lettrés. Je lui\nprête ma collaboration financière et littéraire; là s’arrête mon\nrôle aux Ecrits, où je n’ai ni plus, ni moins de droits que le\nplus récent des abonnés.\n    Croyez donc à toute mon amitié.\n                                              Votre\n                                          St u a r t   M E RR ILL.\n"}, {"page_pdf": 384, "texte": "                                        de nos Collaborateurs :\n                                                           Chantefable un peu naïve (à pa­\n A * .........................................................\n                                                                raître prochainement).\n J u l e s B o i s .....................................   Au delà (à paraître prochaine­\n                                                                ment).\n H e c t o r Ch a in a y e . . . .                        L ’Ame des choses.\n A c h i l l e D e l a r o c h e . . . Aénor (à paraître prochainement).\n C É L E S T IN D EMBLON . . .                            Contes mélancoliques.\n                                                          Le Roitelet.\n C a m i l l e L e m o n n i e r . . . Le Possédé.\n C h a r l e s V a n L e r b e r g h e . Les Flaireurs.\n G r é g o ir e L e R o y . . . .                         Mon Cœur pleure d'autrefois.\n M a u r i c e M a e t e r l i n c k . . Serres chaudes.\n                                                          La Princesse Maleine.\n                                                          Les Aveugles.\n                                                          L'Intruse.\n Sté p h a n e M a l l a r m é                  . . Poèmes d'Edgar Poe.\n                                                          Villiers de l’Isle Adam.\n                                                          Pages (à paraître prochainement).\n St u a r t M e r r il l           . . . .                Les Gammes.\n                                                          Les Fastes (sous presse).\nJ e a n M o r é a s ................................      Les Cantilènes.\n                                                         Le Pèlerin passionné (sous presse).\nG a b r ie l M o u r e y . . . .                          Crépuscules d’Ames.\n                                                         Flammes mortes.\nP i e r r e -M . O l i n .........................       Mes Mémoires.\nP ie r r e Q u il l a r d . . . .                        La Fille aux mains coupées.\n                                                         La Gloire du Verbe (sous presse).\nH e n r i d e R é g n ie r               . . . Episodes.\n                                                         Poèmes anciens et romanesques.\nA d o l p h e R e t t é .........................         Cloches en la Nuit.\n                                                          Une belle Dame passa (à paraître)..\n                                                         La F orêt bruissante      »\n                                                         La seule Nuit             »\nA l b e r t S a i n t - P a u l . . . Scènes de Bal.\n                                                         Pétales de Nacre (à paraître pro­\n                                                              chainement).\nF e r n a n d Se v e r i n . . . .                       Le Lys.\nE m i l e V e r h a e r e n . . . . Les Soirs.\n                                                         Les Débâcles.\n                                                         Les Flambeaux Noirs (à paraître\n                                                              prochainement).\nF r a n c i s V i e l é - G r i f f i n . . Ancaeus.\n                                                         Joies.\n"}, {"page_pdf": 385, "texte": "   5o ANNÉE, No 10\n\n\n                                 LA WALLONIE\nREVUE MENSUELLE DE LITTÉRATURE ET D ’ART\n\n\n\n     Directeurs : MM. A l b e r t MOCKEL, P i e r r e -M . OLIN\n                       et H e n r i d e RÉGNIER.\n\n                  Bureaux : rue St-Adalbert, 8, L iége.\n\n\nAdresser toutes les communications 307, Avenue Louise, Bruxelles.\n\n     A bonnem ent : 5       fr . par an. Union postale : 6 f r . 5 0 .\n\n\n\n                                 SOMMAIRE :\n\n\nPierre Quillard. .           .    Ephraïm Mikhael.\n                                  la Peur d’aimer.\n                                           Goetterdaemmerung.\n                                           le Prince d’Avalon.\n                                           les Frères d’Armes.\n                                           Chambre d’ Amour.\n                                            Lied.\n                                           la Mort inutile,\n                                           en Morvan.\n                                           Messe des Morts : les Orgues. — les\n                                              Violons. — les Vivants.\n                                           Prologue pour un Poème dialogué.\nH enry van de Velde. Notes sur l’Art.\nA. M ..................................... Chronique littéraire.\n                                           petite Chronique.\n\n                     Ce numéro 5 0 centimes.\n\n\n\n                                 Des presses de II. V a llla n t-C a rm a n n e , à Liége.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 8, "mois_verifie": false, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": true, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1890-10", "signet_source": "5ème année - N°10 - Octobre 1890", "preuve": "Numéro lu sur la couverture (« 5e année, N° 10 », PDF 385) ; le mois n'y est pas imprimé, Octobre vient du signet seul. Le sommaire imprimé de la couverture attribue à Pierre Quillard Ephraïm Mikhael, les poèmes et Messe des morts (les Orgues, les Violons, les Vivants), le Prologue pour un poème dialogué ; à Henry van de Velde, Notes sur l'art ; à « A. M. », la Chronique littéraire et la Petite chronique. PDF 351 : annonces de revues (nulls).", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}