{"numero_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "articles": [{"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-201", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "L A W A L L O N IE Novembre 1890. 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ViENS, notre heure scintille", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 390, "page_imprimee": 355, "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 834, "texte": "NOTRE HEURE.\n\n\nViENS, notre heure scintille a u vertige de nuit,\nE perds ta raison dans l’am our;\nCar la durée est m orte qui court et fuit,\nM orte en la m ort du jour,\nE t notre heure luit.\n\nN otre heure scintille en l’hym ne des étoiles,\nE perds ta prière, mon âme;\nCar la m ort et m orte en sa te rreu r infâme,\nE t l’éternelle Beauté, calme,\nS’ore en ses saintes voiles.\n\nJo u r du désir hum ain et son ombre et sa honte,\nE t sa vaine chaîne de science,\nE t ses pauvres destins sommés...\nNous en sourions comme d’un conte\nC ette n u it qui pour l’éternité nous fiance\nE n son calme, à jam ais.\n\nE t vanité de la terreu r de vivre !\n— Que notre orgueil de douleur est peu —\nL e saint silence est le seul doux livre\nOù toute âme est éparse en la n uit de Dieu.\n\n                      F r a n c i s V IE L É -G RIF F IN .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-003", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 356, "page_fin": 358, "titre_corps": "Rêve de mai", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Germaine Franck", "ancre_debut": "RÊVE DE MAI. Pour Mme Élise D.", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 391, "page_imprimee": 356, "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 962, "texte": "R Ê V E DE MAI.\n\n\n                                     Pour Mme Élise D.\n\n\n\n\n      e rs\n      V     le soir ; un tiède crépuscule d’avril.\n          E t seule, tandis que devant moi fu it dans\n        l’immensité des plaines, cette longue route\n        dont les peupliers sem blent de grands guides\nbienfaisants qui m èneraient vers un monde inconnu.\n   Si seule !.. E t de tous les détails de cette nature\nm ’arrive, ainsi qu’un flux, une de ces harmonies puis ­\nsantes, si chantantes et triomphales qu’elles ém euvent\nà en pleurer : m ystère qui trouble comme un grand\nfrisson d’âme, calme immense, enveloppant avec des\nimpositions de mains pures mon cœur de mélancolie\nancienne — et ce grand silence aux mille voix sug­\ngestives qui portent l’âme et lui parlent, mais avec\nde telles candeurs qu’elle en prend un grand charme\nrayonnant, et tinte comme d’entendre de ces longs\nmots d’amour si adorables et si purs qu’ils ne peuvent\neffaroucher.\n"}, {"page_pdf": 392, "page_imprimee": 357, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1505, "texte": "     Rêve de Mai.                                    357\n\n\n    O m on cœur et mes yeux, quel délire de douceur !\n    T out au loin, entre le ciel et le bonheur tranquille\n du paysage m ignaturé, les bois sont un jard in en­\n chanté, et mon cœur s’évague, bercé de frôleuses\n voiles blanches, vers ce P ort. Les puissantes ram ures\n ont des vagues et des bouillonnem ents de couleurs\njusqu’à m ourir en d’opulentes teintes sombres, par­\n fois tachées par les toits rouges et les claires\n m aisonnettes flamandes. E t c’est un ensemble ta n t\n fleuri de paix illuminée !\n    De ce côté du chemin, un parc magnifique où les\n splendeurs s’unissent aux grâces élégantes, s’aim ent\n et se parlent en de discrets murmures, se penchent\n en onduleuses caresses protectrices, vers les enfan­\ntines mièvreries qui doucement m ontent à leurs\npieds, si frêles, s’enlacent et s’attardent...\n   Le to u t jeune feuillage se détache en une dentelle\nténue et bizarre sur le transparent du couchant rose.\nE t c’est m aintenant en moi comme une ivresse,\nl’intense désir de me noyer toute en ce rose idéal, la\ncouleur d’une âme vierge dont les blancheurs, effleu­\nrées par l’aile du saint amour, se seraient fondues en\ncette teinte exquise.\n   Longtem ps ainsi j ’écoute en moi : le flot pur, inef­\nfable, fait de lumière occulte et d’idéale tendresse,\nm onte en mon cœur, et comme un bienfait l’envahit\n— despotique un peu, généreusem ent — par larges\nondes royales.\n   J e suis heureuse jusqu’à la souffrance, des douceurs\n"}, {"page_pdf": 393, "page_imprimee": 358, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 837, "texte": "358                                        la Wallonie.\n\n\n\nde maternité profonde et sereine si largement éparses\nen les choses émerveillées.\n   E t mes regards, oli ! je les sens si chastes et tant\nbaignés d’universel amour qu’en cet instant béni, ils\noseraient se poser sur la céleste vision rêvée,\nl’éblouissante vision toujours intangible !\n\n   De l’autre côté de la route, au pied d’un bouquet\nd’arbustes où, dans un enlacement désordonné,\nfleurissent églantines et stellaires, un large étang\ncouvert de fleurettes blanches.\n   Sous ce lit de neige, dans l’eau verte tout un\npeuple de grenouilles coasse; la voix monte stridente,\ncomme révoltée, la voix profonde, lamentable de\nl’irrémédiable abjection,\n   tandis que là-haut, dans les cîmes invisibles, une\nautre Voix s’élève.\n  Mai 88.                     G-e b m a in e   FRANCK.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-004", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 359, "page_fin": 362, "titre_corps": "Les Fastes : Le palais désert", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stuart Merrill", "ancre_debut": "LE PALAIS DÉSERT. à Jean Moréas. Le Palais qui dans l’air", "ancre_fin": "Vers le Palais désert coruscant d’astres d’or.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "FANTOMES. à Edgar Fa", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 394, "page_imprimee": 359, "debut_caractere": 6, "fin_caractere_exclue": 1027, "texte": "LE PALAIS DÉSERT.\n\n                                          à Jean Moréas.\n\n\nLe P a la is qui dans l’a ir crépitant de cigales\nÉ ta la it vers l'azur mordoré de la mer\nSes façades de marbre a u x fines astragales,\nN ’enverra plu s l’éclat de ses pompes régales\nE n insulte au tumulte éternel de la mer.\n\nP lu s ne rira , le long des grêles colonnades,\nL a courtisane aux bras lourds de bracelets d’or;\nLes p ages chamarrés ont fu i les esplanades,\nE t voilà dispersésj las de leurs sérénades,\nLes baladins, charmeurs des mandolines d ’or.\n\nCar le Prince aux yeux bleus qui s'en vint, Ó victoire!\nSous la pourpre des étendards fleuris de lys\nProclamer à ces d eu x l’orgueil de son histoire,\nE s t mort sous les baisers du sort expiatoire\nPour avoir trop aimé les roses et les lys.\n\nAucun souffle n’émeut le somnolent silence :\nL es paons sont endormis aux balustres de fer,\nE t dans les bassins roux d’où nulle eau ne s’élance\nLes cygnes, oubliant leur p âle turbulence,\nRêvent de chants de deuil sous un soleil de fer.\n"}, {"page_pdf": 395, "page_imprimee": 360, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1297, "texte": "360                                            la Wallonie.\n\n\n      L a dolente glycine au long des galeries\n      Pend. E t partout le calme énorme de la mort\n      Pèse comme un remords de vieilles duperies\n      Sur les bosquets feuilles en ce lieu de féeries\n      Où les joyeux, jadis, avaient nargué la mort.\n\n      Seule, une enfant de rêve à la légère haleine\n      Vient par les longs sentiers, et vers l’heure du soir,\n      Avec des gestes lents de fileuse de laine,\n      Murmure au cœur des fleurs la vieille cantilène\n      De son amour éclos et défunt en ce soir :\n\n\n          Le Prince de mon désir est m ort :\n          Je scellai ses paupières de pleurs\n          E t je voilai son visage accort\n          D ’un sam it à ramages de fleurs.\n\n          Je suivis la parade de deuil\n          Jusqu’au Jardin nocturne des Pleurs,\n          Où l’esclave riva le cercueil\n          Pour sa sépulture sous les fleurs.\n\n          Depuis, mes pas buttent aux talus,\n          Ma chevelure est lourde de pleurs :\n          Oh ! je ne sais plus, je ne sais plus\n          Cette allée où tu dors sous les fleurs !\n\n          M ais voici le renouveau vermeil\n          D ont le rire tarira mes pleurs :\n          Car ivre du réveil du soleil,\n          Mon Prince renaîtra dans les fleurs !\n"}, {"page_pdf": 396, "page_imprimee": 361, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1295, "texte": "le Palais désert.                                      361\n\n\n  Soulevant de ses doigts gemmés de jaunes bagues\n  L ’impalpable blondeur de ses cheveux épars\n  Où ses yeux luisent bleus avec des feux de dagues,\n  Elle reprend, chantant, le cours de ses pas vagues\n  Vers les lointains que teinte un crépuscule épars.\n\n\n  Soudain c’est un frisson de satins et de soies\n  Sous l’arcade de marbre, et l’éveil des chansons\n  D u vieux temps— mais où sont nos danses et nos joies ?\n  E t l’âpre froissement des pas las sur les voies,\n  E t la vie et l’amour au retour des chansons.\n\n\n  Les paons déroulent, lourds, les fastes de leurs phones\n  A u perron de parade où les seigneurs, jadis,\n  Prélassaient leur prestance en lumineux costumes;\n  E t les cygnes, p a r les bassins verdis de brumes,\n  Voguent sous les sanglots des je ts d’eau de jadis.\n\n\n  L a flûte aiguë alterne avec la mandoline\n  E n un gai virelai de désir, et là-bas\n  L a brise a lutiné la robe zinzoline\n  De quelque courtisane à caresse câline\n  Qui voulut voir mourir le soleil d’or, là-bas.\n\n\n  Puis peu à peu se m eurt la voix évocatrice\n  E n un passé hanté de mystères m auvais;\n  M ort aussi, souvenir, le musical caprice\n  Des échos ; des hauts d eu x l'ombre dominatrice\n  Tombe, avec les regrets et les songes mauvais.\n"}, {"page_pdf": 397, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 355, "texte": "362                                              la Wallonie.\n\n\n         E t sur les mers, les mers de lune, une galère\n         Funéraire a passé, portant un pavoi d’or\n         Où désespérément un roi crépusculaire\n         E tend, sans voix, ses bras d’un geste de colère\n         Vers le Palais désert coruscant d’astres d’or.\n\n                       "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-005", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 362, "page_fin": 362, "titre_corps": "Les Fastes : Fantômes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stuart Merrill", "ancre_debut": "FANTOMES. à Edgar Fa", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 397, "page_imprimee": 362, "debut_caractere": 355, "fin_caractere_exclue": 1579, "texte": "FANTOMES.\n                                              à E d g a r Fa we tt.\n\nS OUS la lune qui filtre au treillis d’un vitrail,\n   L e m obilier trapu s’estropie en les salles :\n   Chaises de chêne, armoire aux arm es colossales\n   E t dressoirs où se tord l’héraldique bétail.\n\n      Heaumes et haubergeons, b ard an t des sim ulacres,\n      Bom bent dans l’ombre leurs bosses de bronze et d’or\n      Où s’incrustent, crispés, des stryges en essor\n      D ont la griffe et la gueule ont la faim des m assacres.\n\n      Sur les portes les lourds tissus au fil chenu\n      Qui sim ulent tournois, chasses et cavalcades\n      Se plissent, froissés par de frileuses saccades,\n      Au souffle froid d’un vent venu de l ’inconnu.\n\n      Parfois s’éplore, au fond des corridors nocturnes,\n      Un air énam ourant de harpe et de rebec,\n      E t voici passer, fol, avec un frisson sec,\n      L e cortège — or et fer — des Reines taciturnes.\n\n      E t ce sont des doigts bleus m eurtris aux coups du sort,\n      E t des yeux révulsés en de pâles colères,\n      E t to u t ce chuchotis de voix crépusculaires\n      D isant le mal d’aim er en l'hiver de la m ort !\n                                      S t u a r t M E R R IL L .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 363, "page_fin": 364, "titre_corps": "Vers", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri de Régnier", "ancre_debut": "VERS.    Je sais de tristes eaux", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 398, "page_imprimee": 363, "debut_caractere": 19, "fin_caractere_exclue": 903, "texte": "VERS.\n\n\n\nJe sais de tristes eaux en qui meurent les soirs !\nDes fleurs que nul n’y cueille y tombent Une à une...\nJe connais d'antiques miroirs\nHabitués à des faces de taciturnes\nQui viennent s'y songer autres du fond des soirs.\n\nViens vers les eaux avec le. soir derrière toi\nE t ton ombre allongée à tes pieds comme une morte !\nComme ta vie est loin apparue en l'eau morte,\nComme ta vie est loin des soirs sur les bois\nE t des soirs en rayons au seuil des portes\nE t sur les vastes et vieux jardins et les toits...\n\nAprès tant d'Étés que d'Automnes sont mortes !\n\nViens dans les calmes eaux laver tes mains coupables\nE t ton manteau froissé de vents et d'orages\nE t les yeux aveugles du sable\nDes routes d'ombre et des plages\nInterminables à tes voyages\nDes terres de folie au pays des sages\nOù l'eau terne languit en âges de sommeils\nParmi les arbres grêles et sous de pâles ciels\n"}, {"page_pdf": 399, "page_imprimee": 364, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 469, "texte": "364                                          la Wallonie.\n\n\n      Le vieux m iroir t'attend pour te montrer ta face\n      E n un sourire encore à travers le passé\n      E t pour qu’il certifie à ton ombre qui passe\n      Qu’elle est le songe enfin de ce qui s’est passé.\n\n\n      Viens, ô mon Ame, et pour mieux voir\n      Lave le tain et le biseau du pur miroir\n      A cette eau morne et taciturne, un soir !\n\n                             H E N R I D E R É G N IE R .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 365, "page_fin": 367, "titre_corps": "Le jardin de Proserpine", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LE JARDIN DE PROSERPINE. Ici où le monde est tranquille", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 400, "page_imprimee": 365, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 1347, "texte": "L E J A R D I N DE P R O S E R P I N E .\n\n\n   Ici où le monde est tranquille, — ici, où to u t trouble\nsemble — un je u des vents m orts et des vagues dépensées\n— en de douteux rêves de rêves; — je contemple le champ\nv ert croissant — pour ceux qui m oissonnent et sèment, —\nde la récolte pour le tem ps de la fauchaison, — un monde\nendorm i de sources.\n   J e suis fatigué des larm es et du rire, — et des hommes qui\nrient et qui pleurent, — de ce qui peut venir après — pour\nles hommes qui sèm ent pour moissonner. — J e suis las des\njours e t des heures, — boutons effeuillés de fleurs stériles, —\ndésirs et rêves et puissances — et de to u t excepté du\nsommeil.\n   Ici la vie a la m ort pour voisine — et loin des yeux et des\noreilles, — les vagues pâles et les v ents humides fatiguent —\nles navires faibles et les esprits gouvernent ; — ils dérivent\net où — ils ne savent qui les pousse — mais de tels vents ne\nsoufflent par ici, — et de telles choses ne croissent pas ici.\n   Ni croissance de lande ou de bosquets, — n i fleurs de\nbruyère ou de vigne — m ais des boutons de pavot sans fleurs,\n — verts raisins de Proserpine, — de pâles lits de roseaux\npenchés — où aucune feuille ne fleurit n i ne rougit — excepté\n celle qu’elle écrase — pour les hommes m orts du vin m ortel.\n   Pâles, sans nom ni nombre, — dans des champs inféconds\n"}, {"page_pdf": 401, "page_imprimee": 366, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1920, "texte": "366                                             la Wallonie.\n\n\n de blé, — ils se courbent e t somm eillent — tou te la nuit\njusqu’à ce que la lum ière naisse; — et comme une âme a tta r­\n dée, — dans l’enfer ou le ciel dépareillée, — p ar le nuage de\n la brum e ab attu e — sort des ténèbres matinales.\n    Quand même tu serais fort comme sept, — lui aussi habi­\n te ra avec la m ort, — ni ne s’éveillera avec des ailes au ciel,\n — ni ne pleurera de douleurs en enfer ; — quand même tu\nserais beau comme les roses, — sa beauté s’assom brit et finit ;\n et quoique l’am our repose bien, — à la fin, ce n ’est pas bien.\n    Pâle, devant le porche et le portail — couronnée de calmes\n feuilles, elle se tien t - celle qui cueillit toutes choses m or­\n telles, — de ses froides m ains im m ortelles; — ses lèvres\n languides sont plus douces — que celle de l’am our qui craint\n de la saluer, — pour les hommes qui se m êlent à elle et la\n rencontrent — de beaucoup de temps et de pays.\n    E lle attend les uns et les autres — elle atten d tous les\n hommes nés; — la T erre oublie sa mère, — la vie des fruits\n et du blé; — et la source et la semence et l’hirondelle —\n s’envolent vers elle et la suivent — là où les chansons esti­\nvales sonnent creux — et où les fleurs sont méprisées.\n    L à vont les amours qui se flétrissent, — les vieux amours\n avec leurs ailes plus basses ; — et toutes les années m ortes\ns’y traînent, — et toutes les désastreuses choses ; rêves m orts\ndes jours oubliés, - boutons aveugles que la neige a secoués,\n— sauvages feuilles que les vents ont prises, traces rouges\n des printem ps ruinés.\n    Nous ne sommes pas sûrs de la douleur, — et la joie n ’est\njam ais sûre; aujourd’hui m ourra dem ain; — le Temps caresse\nhum aine ; — et l’amour, devenu faible et capricieux, — de\ntes lèvres à m oitié pleines de regrets, — soupire et de ses\nyeux pleins d’oubli — pleure de ce que l’am our ne dure.\n"}, {"page_pdf": 402, "page_imprimee": 367, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 904, "texte": "      le Jardin de Proserpine.                                                   367\n\n\n   De trop d’am our de la vie — de l’espoir et de la crainte\ndevenus libres, — nous remercions avec de brefs rem er­\ncîm ents — tous les dieux qui puissent être — de ce que la\nvie ne dure pas toujours; — de ce que les tom m es m orts\nne se relèvent jam ais : — de ce que même le fleuve le plus\nfatigué — s’écoule quelque p art à la mer, sauvé.\n   Alors, étoile ni soleil ne s’éveillera, — ni aucun change­\nm ent de lum ière; — ni le b ru it des eaux em portées, — ni\naucun b ru it ni aucun rire : — ni feuilles d’hiver n i d’été, —\nni jours ni choses diurnes ; — seul le sommeil éternel — dans\nune éternelle nuit.\n\n\n  (E x tra it des Poèm es et B allades de A. S w in b u rn e tra d u its p a r n o tre\nam i G rab riel M ourey, p o u r p a ra ître in cessam m en t chez S avine, avec\np réface de Guy de M aupassant )\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-008", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 368, "page_fin": 370, "titre_corps": "À la mémoire d’Éphraïm Mikhaël", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Marcel Collière", "ancre_debut": "à Madame Louis Michel. Voici les floraisons froides des chrysanthèmes", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 403, "page_imprimee": 368, "debut_caractere": 90, "fin_caractere_exclue": 878, "texte": "à M a d a m e L o u is M i c h e l .\n\n\n\n\nVoici les floraisons froides des chrysanthèmes\nQue le vent découronne en les échevelant,\nLe vent les échevèle, et leurs pétales blêmes\nVolent, oiseaux blessés, parm i le soir sanglant.\n\n\nCe sont les derniers nés de l’anxieux automne\nTenaces survivants du naufrage des fleurs ;\nLe soleil alangui qui les dore s’étonne\nD u feu désespéré de leurs âpres couleurs.\n\nBientôt la pluie efface et délave leurs teintes :\nLes brouillards lourds de neige épaississent les d eu x ;\nAvec l’hiver, le vague écho des voix éteintes\nDescend comme un remords vers les cœurs soucieux.\n\nL ’agonisant combat de ces fleurs obstinées\nAvec le froid, la boue, et la nuit sans éveil\nR am ène la mémoire aux brèves destinées\nDes grands lys expirés dans l’or clair du soleil,\n"}, {"page_pdf": 404, "page_imprimee": 369, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1243, "texte": "à la mémoire d’E phraïm Mikhaël.                         369\n\n\n\nDes lys purs, poussés droits dans l'aurore impoilue\nE n qui l’abeille a pris le plus pur de son miel,\nE t qui n'eurent souci, dans leur candeur élue,\nQue d’être hauts et blancs sous le regard du ciel.\n\n\nE t Von songe aux destins jum eaux de ces corolles,\nA tous les dédaigneux de la vie et du soir,\nD ont l’âme épanouie en magiques paroles\nSe consuma soi-même au mystique encensoir.\n\n\nToi qui nous as quittés au m atin de l’année\nHélas ! et de ta vie, rêve auguste et doux\nL yre amie, au silence éternel condamnée,\nC'est l’écho de ta voix qui v in t gémir en nous.\n\n\nTu n ’as pas vendangé dans les mauvaises vignes,\nN i fléchi le genou devant d’impurs autels :\nLe clairon qui convie aux agapes indignes,\nS’est fatigué pour toi d'inutiles appels.\n\n\nLes fru its trompeurs, mûris dans le ja rd in profane,\nTu connaissais leur goût sans les avoir goûtés,\nTu n’as jam ais sali ton manteau diaphane\nTissé d'azur, d’intelligence et de clartés.\n\n\nQuand tu trouvais des dieux dignes de les hommages\nTu semais à plein poing les ors et les joyaux,\nE t tu faisais pleuvoir les nouvelles images\nComme des diamants sur des habits royaux.\n                                                    24\n"}, {"page_pdf": 405, "page_imprimee": 370, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 971, "texte": "370                                              la Wallonie.\n\n\n\n      Ta jonque n'a vogué que sur l'Océan vierge\n      Ignoré des marchands et des banals vaisseaux,\n      Où l'Anadyomène exquise et chaste émerge\n      Des laiteuses vapeurs s’irisa n t sur les eaux.\n\n\n      Après avoir plongé sous ces ondes chéries\n      Tu laissais échapper entre tes doigts vainqueurs\n      Un ruissellement si riche de pierreries\n      Que le m aître inconnu des R hythmes et des Chœurs\n\n      A jugé ta jeunesse assez vieille de gloire,\n      Pour fleurir d'hyacinthe et de laurier ton front,\n      E t pour t'associer sur les parvis d'ivoire,\n      A u chant sans fin que les poêles chanteront.\n\n      A insi, comme les vers de tes anciens poèmes\n      Ton souvenir demeure en nous, doux, grave, amer,\n      Parm i les floraisons des tristes chrysanthèmes\n      D ont le vent fa it voler les feuilles sur la mer.\n\n 7 Septem bre 1890.                   M a r c e l C O L L IÈ R E .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-009", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 371, "page_fin": 371, "titre_corps": "Chanson d’hiver", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Adolphe Retté", "ancre_debut": "CHANSON D’HIVER. (Fragment.) Les gais rouets", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 406, "page_imprimee": 371, "debut_caractere": 9, "fin_caractere_exclue": 1125, "texte": "C H A N S O N D ’H I V E R .\n                     ( F r a g m e n t .)\n\n.... L es gais rouets s’affairent dans la salle :\nN otre-Dam e et ses sœ urs filent pour les absents.\nC hâteau d’hiver et paix claustrale —\nL es guivres du foyer dansent allègrem ent.\n\nT rilles printaniers raillan t la neige,\nL es gais rouets chantent à la ronde :\n“ Nos doux seigneurs guerroient de par le monde ;\nQui pourraient m al à ceux qu’A m our protège ? „\n\n0 D am es la folle bravade !....\nD es oiseaux de m alheur s’ab a tte n t sur le toit,\nP assent les jours, passent les mois —\nL es chevaliers sont m orts à la croisade.\n\nN otre-D am e file toute seule en la salle,\nL es sœ urs sont parties au cimetière,\nSes cheveux lui font un blanc suaire....\nN otre-D am e s’endort toute seule en la salle.\n\nEcoute, écoute, ô fi leuse assoupie :\nL e vent s ’éplore sous les porches,\nL e vent de cette N uit a soufflé sur les torches.\n— On d irait du sang aux vagues panoplies —\nAh ! le v en t geint to u t bas comme un enfant m alade\nL es chevaliers sont m orts à la croisade....\n\n                                            Ad o lph e R ETTÉ.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-010", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 372, "page_fin": 374, "titre_corps": "Conte", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Albert Mockel", "ancre_debut": "CONTE. Parsifal. Nie sah ich, nie", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 407, "page_imprimee": 372, "debut_caractere": 24, "fin_caractere_exclue": 1354, "texte": "CONTE.\n\n                                 P ar sifal.\n\n                    Nie sah ic h , n ie trä u m te m ir\n                    w as je tz t ich sch a ü ’\n                    u n d w as m it B an g en m ich e rfü llt.\n\n                                 KÙNDRY.\n\n                     . . . P a rsifa l, d ù th ö r’g e r R ein er !\n                     F e rn , fern ist ineine H eim ath.\n                     Dass d ù m ich fän d est, v e rw e ilte ich n ù r h ie r ;\n                     von w e it h er kam ic h , w o ich viel e rsah .\n                                                      R ichard W a g n e r .\n    Pour O lin.\n\n\n\n   C’est un bois vaste, et les futaies feuillues y sont\ntoutes vivantes ; des allées, des allées , encore et\ntoujours de longues allées, et sous les voûtes\nmystérieuses, le soleil se glisse avec des regards\njouvenceaux.\n   Or dans le bois vaste ils m archaient, un garçon­\nn e t et une bambine, à petits pas, courageusem ent,\nparce qu’ils devaient aller très loin. Tous deux en­\nvironnés d’une vague e t frissonnante peur — mais\nsans le dire, car ils s’aim aient, — ils allaient par des\nchemins où les enfants ne vont pas, par des chemins\net des chemins qu’ils n ’avaient jam ais vus ; et les\nchemins s’ouvraient au cœur de la forêt toute\nvivante, et les chemins s’effaçaient là-bas si lointains\n"}, {"page_pdf": 408, "page_imprimee": 373, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1297, "texte": "    Conte.                                           373\n\n\n\nderrière eux, qu’en to urnant leurs têtes furtives ils\nne reconnaissaient plus la route.\n   Ils arrivèrent ainsi jusqu’au Lac de la F o rê t ; et\nils voulurent s’y mirer, parce que le L ac pouvait\ncom prendre leurs désirs, et de son grand œil leur\nparler.\n   Car les lacs sont des yeux qui pensent.\n   Le Lac reçut leurs regards et très doucement\nrépondit, et, quand il reçut leurs images, fraternel­\nlem ent il les caressa.\n   E t le p e tit garçon v it à ses pieds son image\navec celle de son amie ; il v it son amie gentim ent\nétendue là, m aigrelette sous la robe de grosse toile\net toutes ses boucles dans l’eau si fraîche, — et il la\ntrouva belle.\n   Il se pencha; leurs images s’unirent — et il\ntressaillit longuem ent, parce qu’il craignait ces\nchoses étranges.\n   E t cependant il la trouva belle, encore se pencha\nsur l’eau, et voulut y saisir son amie et lui-même\npour mieux em porter le souvenir du baiser. Mais\nl’image enlacée se brisa pour osciller en mille reflets\nde menues vagues.\n   — Prends garde ! cria-t-elle, tu viens de casser\nmon ombre, t a as tué mon ombre ! Oh, tu me fais\nm al !\n   E t elle recula soudain, les deux mains étendues\net roidies de terreur,\n   II s’attrista sans bien comprendre, et puis il v i t\n"}, {"page_pdf": 409, "page_imprimee": 374, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1292, "texte": "374                                      la Wallonie.\n\n\n\nson œuvre, et son im age seule étendue désormais à\nses pieds; e t il pleura silencieusem ent le prem ier\nbaiser déjà disparu.\n  Mais elle criait toujours :\n  — Oh, tu me fais mal, tu m ’as fait mal ! „\n   et, la voyant tordre ses mains noyées dans sa\nchevelure, il vint plus près d’elle.\n   — Oh ! mon im age est toute cassée, mon im age est\nm orte, mes yeux, et mes cheveux et toute moi je\nsuis m orte !\n   Comme il ne comprenait pas encore, il répondit :\n   — Pardonne, ma bien-aimée, mais je ne t ’ai pas\ntouchée. C’est ton image seulement, ton im age à tes\npieds, que je voulais étreindre avec la mienne; et\nelles son m ortes en s’embrassant. Non, non, tu n ’es\npas m orte ! tu vis ! tu es là, c’est toi qui me parles !\nah nous sommes bien tous deux au monde et je n ’ai\npu te faire souffrir en cette im age que tu n ’es point.\n  Mais elle pleura plus fort en tordant ses doigts\nminces dans ses cheveux;\n   et il comprit alors confusément qu’un événem ent\nm ystérieux venait de planer sur sa vie; il avait\nbouleversé l’Im age qu’il s’était formée d’Elle, et\nlorsqu’il voulut enlacer le pur m irage où il se contem­\nplait, c’était bien Elle même qu’il avait fait mourir\nen soi.\n                                  A l b e r t MOCKEL.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-011", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 375, "page_fin": 382, "titre_corps": "Un philosophe", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Achille Delaroche", "ancre_debut": "UN PHILOSOPHE. Nulle époque autant que la nôtre", "ancre_fin": "Achille DELAROCHE.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "CHRONIQUE MUSICALE. Au premier concert du Conservatoire", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 410, "page_imprimee": 375, "debut_caractere": 27, "fin_caractere_exclue": 2303, "texte": "UN          PHILOSOPHE.\n\n\n   N ulle époque a u ta n t q u e la n ô tre , p e u t-ê tre , ne v it éclo re de sy stèm es\np h iloso p h iq u es. E t n u lle p o u rta n t, n e sem ble p lu s d é sh a b itu é e des h autes\nsp éc u la tio n s. N ulle n ’a ro m p u , d ’un c œ u r au ssi lé g e r, avec l’e x plication\ndu m ystère, q ui p a ssio n n a it les m o in d res g e n s, au tem p s d’u n D escartes\ne t d’u n L eibniz, p o u r se v o u e r seu lem en t aux so u cis p lu s p ro c h e s d ’u n\nbie n -ê tre m a té rie l e t g ro s s ie r, d éco ré du titr e am b itieu x de civilisation\nin d u strielle . E t c e tte te n d a n c e d’e sp rit s ’est ré p e rc u té e d ’u n e façon s ig n i­\nficative chez les ra re s re p ré s e n ta n ts « d’a b stra c tio n s dém odées ». C hacun a\nfa it ou v o u lu fa ire de la philo so p h ie p o sitive. E x p ressio n vide de se n s : on\ne û t pu au ssi b ie n l’a p p eler su p erficielle, cognitio circa rem , com m e le\nre m a rq u e ju s te m e n t L otze. M ais ici u n c u rie u x p h én o m èn e se p ro d u it,\nqui e st com m e la re v a n c h e im m an en te des ch o ses, où l’éq u ilib re te n d\nto u jo u rs à se ré ta b lir. T a n d is que les p e n se u rs officiels affecten t de s’en\nte n ir s y sté m a tiq u e m e n t à u n sen su a lism e v u lg a ire , des g e n s qui n e so n t\npas h a b itu é s g é n é ra le m e n t à re n c o n tre r « la substance » so u s le u r scalpel,\ndes m éd ecin s se so n t m is à é tu d ie r ce q u e l'u n deu x a appelé « les\nfo rce s non définies ». E t voilà q u e, p a r d essu s Com te e t D arw in , leu rs\nsy stè m e s s o n t a llé s re jo in d re c eu x de P y ih a g o re , de P lato n , de D escartes,\nde L eibniz e t des M ystiques.\n   A près L o tze, a p rè s P au l G ibier e t d’a u tre s, n o u s a rriv e M. A ntoine\nC ros, u n m éd ecin lui a u ss i, arm é d’u n e co m p acte th é o rie : L e P r o b l è m e ( * } ,\nnouvelles hypothèses sur la destinée des êtres. M ais ce d e rn ie r idéaliste\na de qui te n ir. Sa fam ille sem ble d e lo n g u e d a te vouée au x la b e u rs de\n\n\n   (*)   Le   P r o b lè m e ,   N ouvelles hypothèses su r la destinée              des êtres. —\nP a ris , G eorges C arré , é d ite u r, 5 8 , ru e S t-A n d ré des A rts.\n"}, {"page_pdf": 411, "page_imprimee": 376, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3136, "texte": "  376                                                                      la Wallonie.\n\n\n l’A rt e t de la p en sée. Son p è re , d éjà, a v ait é té u n p h ilo so p h e : e t l’a u te u r\n  rap p elle, n o n san s ém o tio n , q u 'il fu t le p re m ie r é d u c a te u r de so n e sp rit.\n U n de ses frè re s, le re g re tté C harles C ros, p oète e t in v e n te u r, a laissé\n  des v e rs qui s o n t dans to u te s les m ém o ires. L 'a u tre , H e n ry C ros, e st\n  d e p a s lo n g tem p s c o n n u e t ap p récié p o u r ses belles œ u v re s d ’a r t en la\n s ta tu a ire .\n    M. A ntoine C ro s, lu i-m êm e, on le s a it p e u t-ê tre m o in s, e st po ète : e t si\n l’idéal e st b an n i du re s te des c o n sc ie n c es, il sem ble n a tu re l q u ’il tro u v e\n a sile en celle du poète. Q uelle so lu tio n ce m éd ecin p o ète p ro p o se -t-il donc\n au g ra n d P roblèm e ?\n    Au seu il du liv re se d re sse u n c h a p itre « la p id a ire » qui, en m êm e\n tem ps q u ’u n résu m é s u b sta n tie l de la d o c trin e , e st com m e la red o u tab le\n p o rte d’a ira in in te rd is a n t au pro fan e l’accès d u T em ple du M ystère. Mais\n p o u r qui n e se la isse ra pas d é c o u ra g e r p a r c e t é so té rism e p rév en tif,\n s ’é cla irc iro n t peu à peu les té n è b re s u lté rie u re s , à la lu m ière des c h a ­\n p itre s qui en s o n t le co m m en taire an aly tiq u e.\n    Comme p o stu la t de to u te h y p o th è se , l’a u te u r a d m et à p rio ri l’ex isten ce\n de l’â m e, e t à peu p rè s te lle que la co n ço it le bon sen s u n iv e rsel. E n un\n m o t, il s u it la m éthode scien tifiq u e b ien co n n u e qui c o n siste à c o n sid é re r\n le pro b lèm e ré so lu . Le d om aine e sse n tie l de l’â me e st u n atom e. La\n g ra n d e u r de ce d om aine e s t in fin im en t p e tite , m ais p o u rta n t réelle, sinon,\n elle ne s e ra it pas u n e g ra n d e u r. Cet atom e e s t u n u n iv e rs. I 1 c o n tie n t\n lui-m êm e d’a u tre s ê tre s , en les ra p p o rts d’in fin im en t g ra n d à infinim ent\n p e tit, e t qui p e u v e n t m a n ife ster la vie en des form es o rg a n isée s. L’o rg a n e\ne sse n tie l de l’â m e p e u t ê tre re p ré s e n té p a r u n e sp ira le lo garithm ique se\ndév elo p p an t d an s l’esp ace en hélice e llip tiq u e, e t s ’e n ro u la n t v e rs un\nc e n tre a sy m p to te. Elle ten d v e rs l’in fin im en t p e tit ab so lu , d ’u n e p a r t:\ne lle p e u t, d a n s le     se n s d iv e rg e n t, é la rg ir ses v o lu tes indéfinim ent.\nL’atom e; de l'â m e e st in d e stru c tib le à ja m a is, com m e les a u tre s a tom es,\nd ’a ille u rs , vu le u r petitesse. L’Ê tre p o rte do n c avec lui sa loi. Il e s t sa\np ro p re loi. L’o rg a n e de l’â me e st d e stin é à e n re g is tre r des se n s a tio n s,\nqui o n t p o u r c au se s e x té rie u re s d e s ry th m es. E lles s ’in s c riv e n t d o n c en\nm ode ry th m iq u e s u r la c o u rb e in d iv id u elle. Il en e st d e m êm e des form es\ne t s tru c tu re s de    l’o rg a n ism e co rp o re l.   Ces in s c rip tio n s d e ry th m es\n"}, {"page_pdf": 412, "page_imprimee": 377, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3335, "texte": "         un Philosophe.                                                                               377\n\n\n\n p e u v en t to u jo u rs, p a r ré v e rsib ilité m écan iq u e, re s titu e r les im p ressio n s\n re ç u e s , s o it e n form es, so it en co m b in aiso n s ry th m iq u es.\n     A près la m o rt, l’Ê tre co n se rv e ain si p o u r l’é te rn ité u lté rie u re to u te sa\n vie c o n sc ie n te e t in c o n sc ie n te , la tra c e in d e stru c tib le do se s e x isten c e s\n passées s u r l’h élice ellip tiq u e ou spirale-archée. D ans la m o rt, e t a v an t\n la ré in c a rn a tio n s u iv an te, p e n d a n t u n e é te rn ité re la tiv e , il p o u rra donc\n re v iv re ses h e u re s p assées, il a u ra le souvenir in tég ra l. C ar rie n n e vient\n de rie n , e t, u n e fois acq u is, n e p e u t c e sse r d 'ê tre . Le c a ra c tè re p ro p re de\n l’â m e e s t l'im a g in a tion , avec quoi elle p e u t c ré e r des a rra n g e m e n ts, des\n form es, des ry th m es. E llj p o u rra d o n c, avec s e s so u v e n irs p a rfa its, se\n c ré e r d es p a ra d is qui s ’in s c riro n t à le u r to u r s u r la c o u rb e s p iro ïd e .\n M algré la v a rié té des c h o ses ain si créées ou p o ssé d é es, l’â m e ne s a u ra it\n a sso u v ir p o u r to u jo u rs ce d é sir absolu d u m ieu x qui e st le p ro p re de\n to u te co n scien ce. Il lui fau d ra des re la tio n s nou v elles avec d’a u tre s ê tre s.\n Elle les satisfe ra p o u r u n e d u ré e , p ar la n é ce ssité d’u n e c ré a tio n nouvelle\nen so n ato m e, c ’est-à-d ire l’év o catio n des âm es de l’in fin im ent p etit\nre la tif de l’o rd re       in fé rie u r.   Elle ré a lis e ra , les fo rm es        p ré c éd e m m e n t\nc o n q u ise s e t ré a lisée s selon so n d e g ré de p e rfe c tio n . C ette c ré a tio n n ’e st\npas ab so lu e : elle n ’e st que la c o n tin u a tio n des c ré a tio n s p ré c éd e n te s\nélevées en c o n ce p tio n d’a rc h éty p es. A insi ju s q u ’à l’in fin im en t p e tit absolu.\n    D ans la s é rie des in fin im en t g ra n d s ,            m êm e     loi. N o tre u n iv e rs e st\nl’atom e d ’un a u tre u n iv e rs , d’u n e g ra n d e u r infinie p a r ra p p o rt à lu i, et\nd om ain e d’u n e Ame su p érieu re, c o m p re n a n t to u te s no s âm es e t qui crée\nici-bas to u te s les fo rm es e t les ry th m e s. Ainsi ju s q u 'à l’infini absolu de\nl'esp ace, s itu é à jam ais. T o u tes les âm e s s o n t des D ieux co m p ris en des\nu n iv e rs qui se c o n tie n n e n t les u n s les a u tre s , en s é rie indéfinie ju s q u ’à\nl 'E tern el-in ftn i-a b so lu , d o n t n u l n e s a u r a it p a rle r san s e rre u r.\n   Tel e st, ré su m é s u c c in c te m e n t, l’en sem b le des h y p o th èses ing én ieu ses\nde M. le Dr Cros On a pu v o ir, ch em in fa isan t, com bien de d o c trin e s,\ncom bien de n om s illu s tre s d an s la p ensée h u m ain e, c o to ie e t évoque ce\nsystèm e. C ette àm e a to m e , m a ître sse ab so lu e en so n d o m aine, n e re s ­\nsem ble-t-e.lle pas s in g u liè re m e n t à la M onade de L eibniz, à c ette diffé­\nre n c e p rè s q u e la p re m iè re p a ra ît a v o ir q u elq u es « fen êtres su r le dehors »?\nC ette s érie indéfinie d 'e x iste n ce s, c’e st la m é tem p sy ch o se, c ’e st P y th a g o re ,\n"}, {"page_pdf": 413, "page_imprimee": 378, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "378                                                                         la Wallonie.\n\n\nle B ouddhism e, B allanche, e tc . Il n 'e s t pas ju s q u ’à la s p ira le -archée qui\nn e so it p o u r n o u s u n e vieille c o n n aissan c e . Elle fu t u tilisé e fo rt d iv e rse ­\nm e n t p ar les co sm o lo g istes, L aplace, E d g a r Poe,              e t les a lc h im iste s e t\nan im istes, B asile V alentin, Van H elm ont, etc.\n    M. C ros n o u s a ss u re q u ’il n ’a pas lu les p h ilosophes, q u e d’a ille u rs il\nm ép rise e t tra ite d e « sectaires ». N ous cro y o n s v o lo n tie rs q u ’il n ’a eu,\nen effet, en co m p o san t so n            o u v ra g e , q u e des n o tio n s fo rt v a g u es, ou\nquelques ré m in isc en c e s lo in ta in e s des sy stèm es cla ssiq u e s. E t ju s te m e n t\nc e tte m éco n n aissan ce, d o n t il p a ra it fier, lui jo u e de bien m auvais to u rs\nen lui la issa n t c ro ire q u ’il d é co u v re ce q u i, d ep u is lo n g tem ps, e st de\nn o to riété d an s l'éc o le .    La m éth o d e môm e de so n liv re e ût profité à\nfré q u e n te r chez ces philosophes a b h o rré s. B ien q u e d’u n dogm atism e qui\nn ’a d m et pas de ré p liq u e , ce liv re sem ble p lu tô t u n e s o rte de confession\nm étap h y siq u e, où la foi p a rle d 'ab o n d an ce, q u ’u n exposé scientifique\nlo g iq u em en t c o o rd o n n é en p ro g ressio n c ro is s a n te . L’a u te u r n ’y c ra in t ni\nles re d ite s ni les d ig re ssio n s : e t p o u rta n t n o m b re d’a ss e rtio n s dem ande\nra ie n t u n su p p lém en t de p reu v es e t s o u v en t plu s sérieu se s. Au su rp lu s,\nM. C ros é ta n t de c e t av is, n o u s a u rio n s m auvaise g râ c e à in siste r.\n   Il n e p e u t ê tre q u e stio n ,   év id em m en t, de d is c u te r ici en d étail to u te s\nle s id ées q u ’il ém et. Ce n é c e s site ra it un volum e. Aussi n o u s b o rn e ro n s-\nn o u s à é m e ttre q u elques o b jectio n s s u r le s lig n es essen tielles.\n   D ans ses P rolégom ènes à toute m éta p h ysiq u e fu tu r e , K ant a p arfaitem en t\nd é m o n tré q u e , p o u r ê tre lé g itim e , la scie n c e des c a u se s d e v ra it, à l’a v en ir,\ns ’a p p u y er s u r l’e x p érie n ce . M. A ntoine Cros e st d ’u n a u tre avis. Il nous\nfait sa v o ir qu’u n e q u e stio n       p e u t ê tre ré so lu e, sim p le m en t q u and elle\ndo n n e lieu à u n e hypothèse p lau sib le. C’e s t p ro fe sse r q u e le ra iso n n e m e n t\nsuffit à to u t : m éthode u n peu tom bée en d é su é tu d e d ep u is la scolast ique.\nD e sc a rte s, qui e n fit u sag e , in v o q u a it l’évidence com m e c ritè re . M. Cros\nl’in voque a u ssi. E t plu s lo in : \" C 'est, d it-il, de réflex io n s a n a lo g u e s à\nc elles qui o n t d irig é N ew ton e t Leibniz d a n s la d é co u v e rte du calcu l\ndifférentiel q u 'e s t n é e c e tte h y p o th è se . »\n   Il y jo in t u n e a p p lic a tio n to u t à fa it n o u v elle d e la th é o rie       a tom ique.\nQue d e v ie n t en to u t ceci la p a rt de l’e x p érie n ce ? Elle e st fo rt r e s tre in te :\np e u t-ê tre u n c u rie u x c h a p itre s u r les Analogies observées, a uquel je ne\n"}, {"page_pdf": 414, "page_imprimee": 379, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3237, "texte": "        un Philosophe.                                                                         379\n\n\n\n puis que re n v o y e r les le c teu rs. Ils y p o u rro n t lire de trè s in té re s sa n ts\n a p erçu s s u r la tra n sfo rm a tio n du ry th m e en form e e t ré c ip ro q u e m e n t.\n    Comme to u s les s p iritu a lis te s du p assé, e t à re n c o n tr e de la te n d a n ce\n u n a n im e des scie n c e s m o d e rn e s, M. le Dr Cros a d m et la s u rv iv a n ce in d i­\n viduelle de l’â m e M ais ta n d is q u e les p re m ie rs e u sse n t c o n sid é ré com m e\nu n sac rilèg e de lui d o n n e r u n e fo rm e, l’a u te u r du Problèm e, h a n té p eut-\n ê tre p a r ses étu d es p ro fessio n n elles, la m a té ria lise : l’àm e fa it a lo rs p a rtie\n in té g ra n te d 'u n ato m e q u ’elle g o u v e rn e à so n g ré , e t qui échappe, avec\nso n so u v e n ir a b so lu , à to u te s les d isso lu tio n s q u e la m o rt im pose aux\n a g ré g a ts m a té rie ls. Il e s t à p ein e b esoin de fa ire re m a rq u e r que c ette\n co n cep tio n d e l’atom e n e sem ble pas trè s p h ilosophique. L’a to m e , en\neffet, n ’a q u e la v a le u r d ’u n sym bole : c ’e st u n e fiction m a th é m atiq u e,\nun e p u re h y p o th èse, invérifiable à l’ex p érie n ce . E t l’e x p lic atio n la plus\nplau sib le q u e l’on p u isse d o n n e r de la m a tiè re elle-m êm e, ce com posé\nd ’atom es e t de m o lécu les, c’e st q u ’elle e st u n e p ro p riété de l’é n erg ie :\nl’o p acité de no s re p ré s e n ta tio n s . A quoi bon, dès lo rs, lo c a lise r l'â me\nd an s u n e form e fictive so u s p ré te x te d e lui d o n n e r p lu s de ré a lité ?\n L’â m e, m ais elle e st p a rto u t : e t si elle se m an ifeste avec co n scien ce\nd ’elle-m êm e en c e rta in e s c o n d itio n s d é te rm in é es, qui s o n t u n o rg an ism e\nsu p é rie u r, l’hom m e, rie n n e p ro u v e q u ’elle ne s o it v irtu e lle m e n t, à l’é ta t\nla te n t, si l’on v eu t, d an s to u te s les form es de la n a tu re , d a n s l’ensem ble\ndes a p p aren c e s.   Nous en som m es les m o m en ts e t l’efflorescence. E t\nce n e p e u t ê tre que p a r u n e illu sio n a n alo g u e à celle du n a u to n n ie r,\nse c ro y a n t seu l im m obile parm i la fu ite u n a n im e d es riv e s e t du pay sag e,\nou p ar un o rg u e il in ju stifié, que n o u s n o u s p ro clam o n s     co m plaisam m ent\nles u n iq u e s ê tre s doués de ce p rin c ip e m y sté rie u x : la m e .\n   Mais, d a n s l'h y p o th èse de M. C ros, où ira l’â me avec son souvenir\nintég ra l, a p rè s sa sép a ra tio n du co rp s ? Les re lig io n s, les m ythologies\ns o n t p ré c ise s à cet é g ard . — Aux C h am p s-E ly séen s, d isaien t les G recs ;\nau W alhall, ré p o n d a ie n t les S can d in av es ; au ciel ou en e n fe r re p re n n e n t\nles C h ré tie n s. Elle flotte d an s l’é th e r, im ag in e M. C ros. Ceci le ra p p ro c h e\ndu s p iritism e qui n o u s a ss u re que n o u s som m es e n v iro n n é s de forces\nd o n t n o u s n e p ouvons d é te rm in e r       les fo n c tio n s e t   le po u v o ir : les\ne sp rits. E t quelle, sera l’o c cu p a tio n de c e tte âm e en sa r e tr a ite a to m iq u e ?\n"}, {"page_pdf": 415, "page_imprimee": 380, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3161, "texte": "380                                                                        la Wallonie.\n\n\nSe c ré e r des p a ra d is, avec u n e          séle c tio n d e ses so u v en irs idéalisés,\nq u 'elle in c a rn e ra e n su ite en to m b a n t, p a r h a sa rd , d an s u n org an ism e.\n   M. C ros a p ris so in , d’a ille u rs, de n o u s r a s s u re r s u r les su ite s de c ette\nm étem p sy ch o se, en n o u s affirm ant q u e l’â me c o n sc ie n te n e p e u t d é c h o ir:\np a r e x em p le, s 'in c a rn e r d a n s le co rp s d 'u n a n im al in fé rie u r. C’e s t u n\np ro g rè s s u r P y th a g o re . E t p u is, les âm es s o n t d es D ieux qui n e différent\ne n tre eux que du plu s au m o in s, e t s’e m b o îte n t les u n s d a n s les a u tre s\np ar u n m écanism e in g én ieu x . Voilà le p o ly th éism e re s ta u ré .\n   La plu s difficilem ent a ccep tab le d e ces h y p o th èses e s t c e rta in em ent\nle so u ven ir in tég ra l ; c a r ici le c o n trô le d e l’e x p érie n ce e st possible, e t il\nc o n tre d it l’a ss e rtio n de M. C ros. On n e s ’ex p liq u e pas trè s bien que\nl’â m e p u isse g a rd e r d an s la m o rt la m ém oire de to u te s ses se n sa tio n s,\na lo rs q u ’en c e tte vie elle l’a si peu. N on s eu le m e n t n ous n ’avons nulle\nco n sc ie n c e d ’e x isten c e s a n té rie u re s , bien q u e tels é ta ts d’âm e é tra n g e s,\nchez c e rta in s su je ts, d 'u n n e rv o sism e su b til, p u isse n t le faire su p p o se r, m ais\nq u o tid ie n n e m e n t n o tre vie e st p leine de la c u n es en ses rem em b ran ces. Je\ns ais b ien que M. C ros pose e n p rin c ip e la n é ce ssité d e l’oubli pour faire\nplace à des im p ressio n s n o u v e lle s. Mais c e tte affirm ation ne m e sem ble\npas trè s c o n clu an te : elle p ro u v e ra it m êm e p lu tô t le c o n tra ire , puisq u e\nles im p ressio n s s'e ffa c en t m u tu e lle m e n t.\n   La M orale qui c lô t c es sp éc u la tio n s sem ble aussi un peu é tro ite . Le\nb u t de la v ie e st de re c u e illir, d ’e m m ag asin er le plus d’im pressions pos­\nsib les, afin d e se c ré e r , a p rè s la m o rt, des p a ra d is. T o u t ce qui p o u rra\na u g m e n te r la som m e de nos jo u is sa n c e s e t de n o tre e x p érie n ce sera donc\nlég itim e, e t d ev ra ê tre re c h e rc h é p a r to u s les m oyens possibles. On voit\na u ss itô t, à q u els a b u s, à q u elles in ju s tic e s , p e u t p rê te r ce développem ent\nh y p e rtro p h iq u e du Moi. C’e st la lég itim atio n sy sté m a tiq u e do l’égoïsm e,\nd u m o n stru e u x égoïsm e social qui n o u s é tre in t. G oethe, a p rè s R ousseau,\nn o u s a d o n n é, d an s F a u st, l'im m ortel sym bole de c e t égoïsm e qui sacrifie\nsan s p itié s u r sa ro u te l’ê tre frêle capable de s e rv ir a u d éveloppem ent\ns e n sa tio n n e l d e sa p e rso n n alité.\n   É v id em m en t, M. le Dr C ros, qui co n d am n e le su icid e e t le c rim e , e t qui\na ssig n e p o u r b u t à la M orale, l'id é a l — in su ffisam m en t défini, d ’a ille u rs,\n— qui e n se ig n e s u rto u t l'am o u r e t le m é p ris des c h o ses fo rtu ite s, bien\n"}, {"page_pdf": 416, "page_imprimee": 381, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3214, "texte": "         un Philosophe.                                                                           381\n\n\n\nqu ’il c o n sid è re , a p rè s L eibniz, ce m o n d e com m e a le m eilleu r possible »,\nn o u s m o n tre b ien d a n s quel se n s il d é sire q u e l’o n in te rp rè te ses in te n ­\ntio n s. M ais c ’est, p a r u n illogism e p u r q u ’il c h o isit e n tre les conséquences\npossib les de sa d o c trin e . E t com bien je p ré fè re c e t im p é ra tif catégorique\nde la m o rale k a n tie n n e : « T ra ite to u jo u rs to n sem b lab le, com m e s’il\né ta it u n e fin, n o n u n m oyen. »\n    D 'a ille u rs, po u rq u o i s ’o b s tin e r à faire to u jo u rs de la m o rale, u n co ro l­\nla ire obligé de la m é ta p h y siq u e ? ce so n t c h o ses en soi fo rt d is tin c te s .\nLa p re m iè re e s t to u te e x p érim e n tale, l’a u tre n e p e u t g u è re ê tre , q u a n t à\np ré s e n t, q u ’un e d ia le ctiq u e tra n s c e n d a n te . La m o rale d e v ra it d o n c ê tre\nin d é p e n d an te , ou to u t au m oins p ré c é d e r la s cie n c e des c au ses. Les ph i­\nlosophes b o u d d h iste s a v a ie n t b ien co m p ris c e tte v é rité , e u x q u i, a v an t\nd ’a b o rd e r l’étu d e de la sag esse, co m m e n ça ie n t p a r p u rifie r le u r vouloir.\nE t c ’e st au ssi so u s c e tte sig n ific a tio n q u e n o u s a p p a ra ît le m ythe sublim e\ndu G raal, où le p re u x é lu , d ig n e de « la Q uête » m y stiq u e, d evait avoir\nb an n i de so n c œ u r to u te p e n sé e , to u t d é sir im p u r, e t\n                  . . . . placé le g laive e n tre la c h a ir e t lui.\n    M ais qu’il sem ble loin e n co re ce jo u r, so u h aité p a r W u n d t, où, to u s les\nv o u lo irs u n a n im e m e n t é rig é s com m e les v iv an ts p iliers du T em ple fu tu r\nil la g lo ire du Dieu in c o n n u , l’hom m e p o u rra s’é c rie r au re b o u rs du\npê ch e u r de l’E v an g ile : « S e ig n e u r, d aig n ez e n tr e r d a n s v o tre dem eu re,\nc a r elle e st d ig n e d e vous re c e v o ir. »\n    Au d e m e u ra n t, le Problèm e re s te u n des plu s b eau x liv res philoso­\nphiques de c es d e rn ie rs tem p s, u n             trè s g ra n d e t h o n o rab le effort su b ­\nje c tif v ers la sy sté m a tisatio n d éfin itiv e d e ce que l’on p e u t d ire d e plus\nra tio n n e l s u r la d e stin é e h u m ain e. Il fa u t re m e rc ie r M. le Dr Cros d e ses\na p e rç u s si in té re s s a n ts s u r le m ode d'acquisition e t de c o n se rv a tio n de\nnos sen sa tio n s, et d 'a v o ir re c o n n u la h a u te v a le u r du ry th m e, bien q u ’il\nab u se, p e u t-ê tre , de c e lte loi m y sté rie u se qui e st com m e le lien des ra p ­\np o rts du m a té rie l e t de l'im m a térie l. M ême q u an d il se s e r t d ’hypothèses\nc o n n u e s, l’a p p lic atio n en e st si n o u v e lle , q u ’elle d ev ien t e n tiè re m e n t\no rig in a le .    Son g ra n d to rt, qui lui e st co m m un d ’a ille u rs, avec presq u e\nto u s les m é ta p h y sic ie n s, c ’e st u n e p ré o c cu p a tio n e x ag é ré e à c h erch e r la\nré a lisatio n      o b je c tiv e, à   tra n s p o rte r d an s l ’o rd re des p h én om ènes les\n"}, {"page_pdf": 417, "page_imprimee": 382, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1105, "texte": "382                                                                         la Wallonie.\n\n\nré s u lta ts d ’u n e   d ialectiq u e p u re m e n t sp éc u la tiv e .   O r,   H um e,   K ant,\nB erkeley n o u s o n t dés lo n g tem p s p ro u v é, p a r le u rs p ro fo n d es a n aly se s,\nq u ’il n ’e st d o gm atism e si so lid em en t élabli qui p u isse ré s is te r à u n c ri­\nticism e ré so lu . Il e st d o n c à c ra in d re , m a lg ré la co n v ic tio n où n o u s\nc on v ie le Problèm e, que l’on n e c o n tin u e à e n v isa g e r l’au              delà avec\na n x ié té. P o u r n o u s, n o u s n ’a u ro n s g a rd e de c o n te s te r la v é rité absolue\ndu p rin c ip e n o u v eau q u e ré v è le M. C ros. Nous c ra in d rio n s tro p de m é rite r\nà n o tre to u r c e tte s e n te n c e de B au d elaire à u n v isite u r qui m a n ia it d’une\nm a in lé g è re m e n t irre sp e c tu e u se u n e figure du B ouddha : « P ren e z g a rd e ,\nsi c ’é ta it le v rai D ieu ! t.\n                                                               A c h ille   DELAROCHE.\n\n\n\n\n                "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-012", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 382, "page_fin": 384, "titre_corps": "Chronique musicale", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Ch. 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E xécution honorable, en progrès sur les pré­\ncédentes ; certes, il y avait encore des strideurs de cuivre\nbien im portunes dans le scherzo surtout, m ais les mouve­\nm ents étaient généralem ent mieux observés et l’on percevait\nun effort vers la clarté, sans que p o u rtan t le relief de l’œ uvre\na it sailli comme il l’eût fallu.\n   L es mêmes éloges, et les mêmes reproches qu an t à la\ncouleur confuse, peuvent s’appliquer à l’exécution de l’ouver­\ntu re de F a u st de W agner, m ais nous ne pouvons discuter\nl'interprétation d’une pièce symphonique que nous ne con­\nnaissions point. L ’œ uvre nous parut de ci, de là, obscure, pou\ncohérente, illum inée parfois de scintillantes analogies avec\nd’autres œ uvres du M aître, te l passage qu’on retrouve in té ­\ngralem ent dans T ristan, des effets rap p elan t ceux du V ais­\nseau Fantôm e, etc.; p ourtant de la noblesse, beaucoup d’élan,\nde l’éclat, m ais to u t cela c’est du W agner de transition.\n"}, {"page_pdf": 418, "page_imprimee": 383, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1966, "texte": "      Chronique musicale.                                       383\n\n\n\n     D eux virtuoses connus : le violoniste Joach im, et M. de\n Greef, pianiste rem arquable et artiste pu r (concerto de\n V iotti, concerto de Grieg, sonate à K reutzer).\n     E t proclamons vite notre adm iration pour le Chasseur\n m audit, de César Franck. On p o u rrait re g re tte r de caractère\n anecdotique de cette légende qui amène le compositeur à\n introduire vers le début, une page peut-être trop uniquem ent\n descriptive. Mais quelle g randeur tragique en ces désespérées\n sonneries de cuivres, et comme sur toute l’œ uvre plane la\n te rreu r de celui qui ne p eu t se fu ir lui-mêm e ! L e musicien\n surpasse hautem ent le poète dont il s’inspira ; ce n ’est plus\n l’histoire un peu facile arrangée p ar Bürger, c’est un drame\n noir où s’ém eut toute l’âme humaine, et d’où s’érige le geste\n décisif du symbole.\n                                      _                Ch . P.\n\n    Aux nouveaux concerts, une exécution claire et assez ner­\n veuse de la symphonie de F ranck, bien dirigée p ar Sylvain\n Dupuis (mais pourquoi les mouvements si lents?). Nous avons\n déjà signalé cette œuvre, non point la m eilleure des compo­\n sitions de Franck, certes, m ais grande p ar la noblesse du\n l° r allegro (le canon, surtout) et, après un allegretto très\n inférieur, la dernière partie si pleinem ent musicale. Il va sans\n dire que nos restrictions ne sont suscitées que p ar les souve­\n nirs des chefs-d’œ uvre de César Franck, car il y a ici la\n “ p atte,, d’un m aître. D ans le même concert, une hym ne d’une\n m erveilleuse écriture et d’une inspiration très élevée, dédiée\n p ar F ran ck à Sylvain Dupuis; le m aître devait diriger lui-\n même l’exécution de cette belle page encore inédite et cette\n.pensée nous h a n ta it au milieu des applaudissem ents. Notons\n encore un chœ ur des Chameliers, de Rebecca, bien mince\n pour du F ran ck et puis une assez lim pide et très vigoureuse\n"}, {"page_pdf": 419, "page_imprimee": 384, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1754, "texte": "384                                            la Wallonie.\n\n\nexécution de l’abom inable prélude du 3e acte de Lohengrin.\nNon, cette entrée de trom bone nous deviendra une obsession.\n\n   L a prem ière audition du conservatoire était consacrée à\nSchubert. Avec une libéralité peut-être excessive, le conser­\nvatoire a doublé d’un seul coup le nom bre des symphonies\ndu m aître, tous les programmes des journaux et même le\nprogramme officiel indiquant la sym phonie n° 7, sans doute\nparce que Schubert en a composé 3 1/2 E xécution médiocre\nde la dite sym phonie (enut, n n 1), quim éritait mieux que cela.\nIl est vrai, il n ’y avait là que des élèves.\n   Quelques lieder adm irables bien mal dits, à p a rt le pâtre\nsur le rocher, où Mlle Lejeune a m ontré, m algré sa technique\ntrès défectueuse, de l’intelligence et des intentions. Enfin, une\ntrès m éritoire interprétation (par Mlle Sampaix) de la fan ­\ntaisie en ut orchestrée p ar Liszt.\n\n  A un concert récem m ent donné à la salle de l’É m ulation,\nnous avons rem arqué, d ’un' jeune com positeur d ’ici, V ictor\nK ühn, un trio vivant et coloré, encore qu’un peu mince, et\nune sonate pour piano et violon, d’une consciencieuse écri­\nture, visant à la sobriété.\n   I l convient de féliciter M. Radoux d’avoir inscrit au pro­\ngram m e de son dernier concert Le Chasseur maudit', on p ré­\npare même une “ audition „ entièrem ent consacrée à César\nF ran ck : il y au rait des chœ urs de Ruth, la sonate à Y saye\ninterprétée p ar MM. M assart et D uyzings, etc. L e conser­\nv atoire songerait-il vraim ent à changer les traditio n s? Bravo,\net à b ientôt l’adm irable symphonie libre d’E rasm e R aw ay,\nn ’est-ce pas?\n   Q uant à M. D upuis, nous n ’attendions pas moins de son\nintelligente direction.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-013", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 385, "page_fin": 387, "titre_corps": "César Franck", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Alb. M.", "ancre_debut": "PETITE CHRONIQUE. 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Plus ta rd peut-être\n l’un de nous parlera-t-il plus longuem ent de César\n F ran ck ; mais indiquons dès aujourd’hui un point\n trop oublié par ses biographes et nécrologues. I l y\n a au fond du cœur des Liégeois un vieux germe\n d’enthousiasm e aveugle qui facilem ent s’atte n d rit et\n se subtilise pour devenir du mysticisme ou s’éva­\nporer vers la musique. C’est cela qui conduit les 600\nFranchim ontois à l’attaque d’une armée de 50,000\nhommes ; c’est cela qui pousse le père Conrardy à\nrem placer le père Damien en cherchant la m ort chez\nles lé p re u x ; c’est cela qui fait grandir en terre w al­\nlonne ces étranges moissons de musiciens, depuis\nR oland de L attre ; et en même tem ps qu’il renaissait\nphilosophique en la symphonie de Raw ay, ce m ysté­\nrieux courant trouvait en César F ranck un aboutisse­\nm ent suprême, la divine corolle pour effumer ses\nderniers e t ses plus purs parfums. C’est la gloire de\n                                                   25\n"}, {"page_pdf": 421, "page_imprimee": 386, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "386                                               la Wallonie.\n\n\n\nCésar F ranck d’avoir précisé en soi-même et magnifi­\nquement résumé une race et des siècles qui trouvent\nen lui leur signification, et, cette race n ’eût-elle pas\nproduit ta n t d’autres grands artistes, il suffirait de\nCésar F ranck pour prouver qu’elle fu t nécessaire, et\nla justifier dans les tem ps qui viendront.\n                                              A lb . M.\n\n   Il est intéressant d’exam iner à quel point César F ran ck\né tait célèbre dans sa ville natale.\n   E n cette L iège qu’il aim ait, c’est à peine si l ’on soupçonnait\nvaguem ent son nom. Sans même le com parer aux grandes\ngloires locales telles que l’auteur de T âtî l' Perriquî ou\nM. Haseneier, clarinettiste, il est certain que F ra n ck é ta it ici\ncent fois moins connu que H ennequin, dont Liège est fière\nau moins a u ta n t que de G rétry. Ah Liégeois, Liégeois,\ntiesses di hoïe ! Non pas imbéciles, certes, m ais indifférents et\ninjustes avec gaîté, grands enfants étourdis que vous êtes !\n   L orsqu’il y a quatre ou cinq ans nous écrivîmes quelques\nlignes sur César Franck, son nom se trouvait peut-être cité\npour la prem ière fois avec le respect convenable dans un\npériodique liégeois...\n   Depuis il est vrai, on a m arché, — m ais bien lentem ent.\nM. Sylvain Dupuis persuada à la L égia de consacrer une petite\nsoirée à des oeuvres du M aître (à ce concert, il n ’assista guère\nplus de 300 ou 400 personnes, m algré Eugène et Théophile\nIsaye). A un concert de bienfaisance organisé dans un\nqu artier excentrique, on donna la réduction pour deux pianos\ndes Eolides. Après, les jeunes pianistes osèrent introduire\nparfois l’exilé dans le sanctuaire du Conservatoire en\nchoisissant le Prélude choral et fugue pour les concours supé-\n"}, {"page_pdf": 422, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1031, "texte": "       petite Chronique.                                     387\n\n\n\nrieu rs; enfin M. Théophile Isay e avait, joué les variations\nsymphoniques à un concert du Conservatoire. — Puis, le\nsilence, le complet silence. Quand les grandes orgues fu ren t\nsolennellement inaugurées au Conservatoire, on n ’y fit entendre\nnulle composition de César Franck, les augures ignorant sans\ndoute que ses œuvres pour orgue ne sont com parables qu’aux\nplus belles pages des m aîtres.\n   Or voici que tout à coup on sem blait se réveiller. Il y a\ntrois semaines le Conservatoire s’était décidé à donner le\nchasseur m audit — sans doute pour se faire pardonner l’o stra­\ncisme dont il frappe E rasm e R aw ay; — Enfin M. Sylvain\nDupuis avait préparé une exécution de la Symphonie et de\nl'hymne encore inédit que F ran ck lui dédia ; le m aître devait\nvenir diriger lui-même, — quelques-uns l’eussent acclamé, —\net il com mençait à pouvoir se créer l’illusion d’une certaine\n“ notoriété „ à L iége, lorsqu’il m ourut et qu’on découvrit son\ngénie.\n\n    "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-014", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 387, "page_fin": 391, "titre_corps": "Petite chronique", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Sixtine par Remy de Gourmont, est certes un des livres", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 422, "page_imprimee": 387, "debut_caractere": 1031, "fin_caractere_exclue": 1810, "texte": "Sixtine (*) p ar R em y de Gourmont, est certes un des livres\nde prose les plus élevés qu’a it produits la génération présente.\nCe long roman, d’une élégante écriture et vivant par des\npsychologies qui souvent dérivent à des pensées philoso­\nphiques, ce consciencieux et noble trav ail m ériterait mieux\nqu’une simple m ention à cette place. R egrettons que le\nmanque d’espace nous empêche d’en dire beaucoup plus long,\net notons au moins dans Sixtine quelques tra its particuliers.\nJ ’adm ire surtout la précise et subtile étude du dédoublement\ndu principal personnage, qui dans la vie reste m algré tout\nlittérateur, et, analysant avec trop de soin chacun des actes\nou des gestes qu’il ose, se trouve inférieur à la vie à cause de\n\n  (l ) S a v in e . É d ite u r . P a r is .\n"}, {"page_pdf": 423, "page_imprimee": 388, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1903, "texte": "388                                                      la Wallonie.\n\n\nsa supériorité même. Aussi, ses précieuses discussions pour\nm ettre d’accord ses convictions idéalistes et les mouvements\nréflexes que, dans sa pensée, lui impose le monde extérieur ;\nm ais pourquoi reste r dans l ’indécision, et ne doit-il pas ici\nfatalem ent conclure à l ’inanité du phénomène en dehors de\nsoi ? Certains chapitres paraissent inutiles, —          du Boys,\nle bureau de rédaction, qui se tro u v ait déjà dans Charles\nD emailly ; — d’autres pages, hors d’œ uvre en apparence, me\nséduisent particulièrem ent, tels ces chapitres de l'Adorant.\nE t quelle artiste trouvaille de fixer par une pièce de vers\n(mais elles ne sont pas assez complètes), chaque stade de\nl ’évolution psychologique du personnage ! L e vers, ici,\napparaît comme une forme définitive sym bolisant telle phase\nde la vie d’un être dont la fonction est de créer toujours et\nde se créer de transitoires formes; c’est aussi, un peu, comme\nsi to u t à coup on percevait du dehors ce que ju sq u ’à présent\non avait aperçu dans l ’intim ité du salon choisi. J e rem arque\nencore l’indécision curieuse des personnages, leur m alaise\nd’agir, bien observé ; et puis il faut critiquer quelques\nattitudes peu nobles de la femme, et de la mollesse en telles\nparties d’un beau livre qu’il faut lire.             A. M.\n\n   L ’Échéance (1), un acte b ref et sobre, d’une vérité acci­\ndentelle très apparente, am er aussi et incisif comme une\ntranche de la Parisienne. L ’auteur, M. Je an Jullien, y prouve\ncertes son ta le n t ; quant aux théories nouvelles qu’il pense\napporter, je ne les ai point trouvées dans la préface (une\nétude sur le Théâtre vivant) pas plus que je n ’ai pu com prendre\nen quoi l’Echéance innovait pratiquem ent. Mais, novatrice ou\nnon, la pièce a de la valeur, et cela suffit.\n\n  ( 1) B u re au x d ’A rt e t c ritiq u e . P a ris .\n"}, {"page_pdf": 424, "page_imprimee": 389, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1651, "texte": "        petite Chronique.                                                              389\n\n\n\n   Sourires pinces (*), une suite de proses un peu faciles, m ais\nd’une bonne tenue littéraire; de l’observation, juste, parfois\nmême pénétrante; du paradoxe, de l’outrance, de l’esprit,\nm ais pas toujours du plus fin, et de la vie, beaucoup de vie,\nen cette poignée de notes bien modernes.\n\n   Les Psychoses, 12 sonnets, ni bien ni mal, par A rsène\nE aynaud.\n\n   Q uant à l'Appel des Voix, de Charles Sluyts (2), c’est un\nlivre de vers à signaler .Certes, des réminiscences de F ern an d\nSeverin et même de Georges Rodenbach ont empêché le poète\nd ’épanouir sa personnalité; certes aussi, bien des vers sont\npeu définitifs, et bien des chutes déplaisantes. Mais il y a une\nparfaite unité dans la grâce de visions douces parm i des\narbres, les reflets d’une eau profonde, des femmes qui passent,\ndes songes de mers. Tout est lointain, le lac a des rives de\nsonge, les arbres se font des vêtures d’ombre, les femmes\ns’entourent de silence, et, le livre achevé, on sa it gré au\npoète du lent rythm e qu’il a réveillé en nous.\n\n   V ient de paraître, chez Bailly, à P aris, la Gloire du Verbe,\np ar P ierre Quillard. A bientôt l’analyse de ce beau livre.\n\n  L a bienvenue à deux nouveaux confrères. Les Jeunes (3)\nadoptent la devise : ose ! et publient en leur prem ier n° des\narticles de MM. A ndré, F ra p p a rt, T ristelles, T ouchard,\n\n\n   ( 1) P a r Ju le s R en ard . P a ris , A lphonse L em erre.\n   (a) B ru x elles, Lacom blez.\n   (3) R evue m e n su e lle , S fr. l’a n :       N am u r,      23,   boulev.   d ’Heuvy.\nP. A n d ré, d ire c te u r.\n"}, {"page_pdf": 425, "page_imprimee": 390, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1768, "texte": "390                                                                  la Wallonie.\n\n\nChalon et Vierset. P arm i les antres collaborateurs : Grégoire\nL e Boy, F ern an d Severin, Charles Sluyts, Jam es V an\nD runen, noms connus. Les Jeunes ont encore des progrès à\nfaire, certes, m ais ils les feront, et déjà ce prem ier numéro\nles m ontre pleins de très bonnes intentions et déterm inés à\nne pas rester à l’arrière-garde. La Revue belge illustrée (1)\npublie de la prose et des vers de MM. M elmaur, Giraud,\nL udw ig Gheldre, M ardoche et J . V anderbrugghen, avec des\ndessins de Rassenfosse, Berchm ans, Binjé, L ynen; notons\naussi une bonne critique, philosophique et moderniste, du\nsalon défunt, p ar J . du Jardin. Tout cela indique suffisam­\nm ent que La Revue belge illustrée n ’a rien de commun avec\nle canard louvaniste de M. Tilm an, ce dont on ne sau rait trop\nla féliciter.\n   L a Jeune Belgique s’apprête à fêter la fin de cette année\np ar un grand banquet auquel ses abonnés et divers litté ra ­\nteu rs ont été priés de souscrire.\n   R em arqué, dans la dernière livraison, les beaux vers\nd’Iw an Gilkin.\n   L a Pléiade cessse de paraître, son propriétaire M. P .\nLacom blez ay an t décidé de la fusionner avec la Jeune Bel­\ngique, dont il devient l’éditeur.\n   Sous l’artiste direction d’A lbert A rnay, la Pléiade s’était\ninfinim ent relevée; elle publia quelques très belles pages,\nentre autres des vers de Severin et un article de M aeterlinck,\nqui furen t rem arqués à ju ste titre. Notons, dans le n° triple\nqui term ine cette année, une pièce très suggestive de Gilkin\net un adm irable fragm ent de la Solyane de Charles V an\nL erberghe.\n\n   ( 1) M en su elle; a b o n n . 3 fr. av ec d e ssin s h o rs te x te , 0 9 , ru e S tév in ,\nB ru x elles.\n"}, {"page_pdf": 426, "page_imprimee": 391, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1571, "texte": "     petite Chronique.                                        391\n\n\n\n   L ’étudiant socialiste vient de naître à Grand (1). O utre les\narticles scientifiques et politiques dont nous n ’avons pas à\nnous occuper ici, il publie une intéressante étude su r la litté ­\nra tu re moderniste.\n   U n franc succès, bien m érité, au T héâtre wallon, pour\nBrique et m oirtî, tableau natu riste en 2 actes, p a r H en ri\nSimon II y a là de l’observation toute vive, de la psycho­\nlogie même, et beaucoup d’a rt dans l’agencem ent des scènes\net le dessin des types.\n\n   L e Comité de Publication de l’A lm anach de l'U niversité\nde G and, p rép aran t pour 1891 le 7e de la série de ses\nannuaires, fa it un pressant appel à la collaboration des jeunes\nlittérateu rs belges. A dresse : Gand, Coupure, 46.\n\n  L ’éditeur Lacomblez, de B ruxelles, vient de rééditer, coup\nsur coup, la Princesse Maleine, Les Aveugles et les Serres\nchaudes de M. M aeterlinck. V oilà donc ces beaux livres à la\nportée du g rand public.\n\n  N otre prochain n° sera consacré aux Pétales de Nacre\nd’A bert Saint Paul. '\n   F a isa n t allusion à un article paru en la Wallonie de juin-\njuillet, M. A nt. Cros nous prie de faire rem arquer qu’il n ’est\npas “ un sectaire de la m éthode scientifique dont il nie\nl’existence réelle. „\n  Viennent de paraître les derniers vers do Ju les Laforgue,\npubliés p ar E douard D ujardin et F élix Fénéon. L iv re odieu­\nsem ent imprimé, m ais édition d’une scrupuleuse correction,\nqui dut exiger d’incroyables soins.\n\n   ( 1) T ro is fra n c s l’a n , au V ooruit, G and.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-203", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Table des matières", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "TABLE DES MATIÈRES pour 1'Année 1890. A*. G e rm a in e FRAN", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 428, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 22, "fin_caractere_exclue": 2786, "texte": "TABLE                 DES      MATIÈRES\n\n                                       pour 1'Année 1890.\n\n                           A*.                                   G e rm a in e      FRANCK.\n\nCh a nson ,                                   29.    R ê ve de M ai,                                     350.\na u tour de S o i,                      '     34.\nla p etite E lle,                             35.                              A. H.\nsous les Y e u x ,                          '195.\nle vain S o u rire ,                         196.    les.X X ,                                           126.\n\n                    J u le s   BOIS.                             A u g u ste     HENROTAY.\n\ntes Ye u x ,                                 77      la C hair e t l’E sp rit,                            38.\np o ur la Dém one,                          305.\n                                                            J o s é - M a r ia      de    H ER ED IA .\n          M arcel          C O LLIÈRE.\n                                                     le D aim io,                                        1 13.\nà   la Mém oire d 'E p h r a in\n    M ikhaê l,                              308.                 F e r d in a n d        HÉROLD.\n\n                        Ch . I).                     les Roses,                                          314\n\nC hroniq u e d’A rt,                          97.                    H u rert        KRAINS.\nC onférence d e M aurice\n   W ilm otte.                               140.    Im p ressio n s d ’A rt, p a r               E ug.\n                                                        D einolder (ch . litt. ) ,                        101.\n         A c h ille      DELAR OCHE.\n                                                                   B ern ard         LAZARE.\n1ers,                                        201.\nu n P hilo so p h e (DrA , C ros),           375.    la M ort re n o n c ée ,                             289.\n\n     C h a r le s     D ELCH EV ALERIE.                    C h a r le s     VAN LERBERGHE.\n\n A vril d ’Ame,                               09.     T aie,                                               06.\n\n             Jean         DELVILLE.                                G r é g o ir e        LE ROY.\n\n S a in t-Je a n le Théologien,               9 1.    laisse tom ber les Roses,                           205.\n L 'A m e des F oules,                        95.\n                                                                                 A. M.\n             A rth u r         DUPONT.\n                                                      C h r o n iq u e    l it t é r a ir e   :\n les Couples noirs,                          301.     R ich ard W ag n er,                                251.\n"}, {"page_pdf": 429, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3832, "texte": "394                                                                    la Wallonie.\n\nB an q u e t D ierx,                    25 5 .                  J ean MORÉAS.\nL e ttre s de l’O uvreuse,\nT e n d re sse ,                                  le Tro p h ée,                           184.\nà T rép as,                                       G alatée,                                185.\nM iette,                                          C hanson,                                186.\nM axim e,                                         Élégie p rem ière,                       187.\nles N oces de S ath an ,                          É légie d eu xièm e,                     188.\nles Lys n o irs,                        343.      Eglogue à Æ m ilitts,                    190.\nC o n cert L a m o u reu x ,            351.\nS ix tin e,                             38 7 .               Gabriel MOUREY.\n\n      Maurice       MAETERLINCK.                  P ré lu d e ,                            71.\n                                                  le Jard in de P ro s e rp in e (tr . de\nl'In tru s e (d ram e',                    3.        A. S w in b u rn e),                 365.\n\n        S téphane 'M ALLARM É.                                P ie r r e -M. OLIN.\n\nB allets,                               17 7 .    S té p h a n e M allarm é en B elgique 9 0 .\nthe W h irlw in d ,                     35 3 .    les    P etits E nfants :\n                                                  au Bord de la M er,                    120.\n           S tuaut M ER RILL.                     s u r la M er,                         191.\n                                                  d a n s la F o rê t,                   317.\nN o ctu rn e,                            37.                           Ch . P.\nIm p ressio n s d ’A rtiste,            198.\nL e ltre ,                              352.       C o n ce rts du C o n s e rv a to ir e ,\nle P a la is désert,                    359.          no u v eau x c o n c e rts,             98.\nFantôm es,                              3G2.       V incent d 'In d y ,                       99.\n                                                   C hronique m usicale,                    3 82.\n           D auphin M EUNIER.\n                                                              R aoul PASCALIS.\nle G énie était,                        313.\n                                                  à l’Irré v é lée,                          45.\n            Ai .bert MOCKEL.\n                                                             P ierre QUILLARD.\nChronique littéraire :\ndu T h é â tre ,                                   E phraim M ikhaël,                      321.\nAxel,                                              la P eu r d ’a im er,                   325.\nl'In tru s e e t la P rin ce sse                 ' G œ tterdœ m rnerung,                   326.\n    M aleine,                                      le P rince d 'A v a lon,                327.\nla D am nation de l'A rtiste,                      les F rè re s d’A rm es,                3 29.\nP o èm es a n cien s e t rom an esq u es,          Cham bre d 'A m o u r,                  331.\nle Po sséd é,                                      L ied ,                                 3 31.\nm es M ém oires,                                   la M ort in u tile,                     332.\nles P aean s e t les T h rèn e s,                  en M orvan,                             3 33.\nla N éva,                                          C ristal,                               334.\nle M eilleur D ev en ir e t le Geste               Messe des Morts,                        335.\n    in g é n u ,                          207.     P rologue p o u r un Poème\nC onte,                                   372.        dialogué,                            339.\n"}, {"page_pdf": 430, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3743, "texte": "         Table des Matières.                                                                   395\n\n\n           H en ri de       REG N IER.            N otes s u r l’A rt,                         122.\n                                                  N otes s u r l’A rt,                         341.\nO delettes, I,                           -193.\n            II,                          -194.              ÉM ILE     VERHAEREN.\nVers,                                    303.\n                                                  S oirs de J a rd in ,                         65.\n             A d o lp h e    RETTÉ.               le S ilencieusem ent,                        145.\n                                                  u n e P ro m en ad e,                        147.\nuil P rologue,                           257.     un S oir,                                    150.\nT hulé des B ru m es,                    262.     u n R éveil,                                 152.\nN o ctu rn e ,                           26 6 .   S ais-je où ?                                159.\nC répuscu le du S o ir,                  269.     une N u it,                                  160.\nN octam bulism e,                        27 3 .   l’A q u ariu m ,                             161.\nà M erci,                                27 6 .   Q uelques-uns,                               163.\n L o isirs.                              277.     en B iscaye,                                 464.\nIn v o c a tio n ,                       27 8 .   le P older,                                  166.\nl’é te rn e l Motif,                     27 9 .   S o n n e t,                                 467.\nSoir tr in ita ir e ,                    280.     les M aîtres du S iècle,                     468.\ndu H a sch ich ,                         283.     un Soir,                                     316.\nC hanson d ’h iv e r ,                   371.\n                                                        F r a n c is   V IE L Ë -G R IFFIN .\n           F ern an d       RO USSEL.\n                                                  m on Valve de ce S oir.                       68.\nA ngoisses du D oute,                    114.     notre H eure,                                355.\n\n          A lb e r t   SAINT-PAUL.                           A u g u ste   V IERSET.\n\nle L ys et la R ose,                      44.     from e Home :\n                                                           B ro u illard ,                      49.\n             C h a r le s   SLUYTS.                        P e ttic o a t lane.                 50.\n                                                           sev en D ials,                       53.\nV ers,                                    87.              th e T o w e r,                      79 .\n                                                           W estm in ste r Abbey,               82.\n         C h . Ai.g . SW INBURNE.\n                                                               G a sto n   VYTTAL.\nle Ja rd in de P ro s e rp in e (trad .\n   pa r M ourey),                       365.      Poèm es iro n iq u es, XVI,                   59.\n                                                         Id.             XX,                    64.\n            M a r io    VARVARA.\n                                                     p e tite C h ro n iq u e :\nd e l’A lbum p a ris ie n ,               72.\n                                                  P ag es 6 2 , 6 4 , 1 0 4 , 112, 1 4 0 , 144,\n         H en ry   VAN DE VELDE.                     1 7 5 , 176, 2 5 2 , 2 5 6 , 3 1 9 , 3 2 0 ,\n                                                     3 4 9 , 3 5 2 , 3 8 5 , 391.\nN otes d ’A rt,                           90.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "De nos Collaborateurs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "de nos Collaborateurs : Chantefable un peu native (à p a­ A", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 432, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 38, "fin_caractere_exclue": 3254, "texte": "de nos Collaborateurs :\n                                                         Chantefable un peu native (à p a­\n A * .......................................................\n                                                               ra ître prochainement).\n J u l e s B o i s .............................. ..... A u delà (à p ara ître prochaine­\n                                                               ment).\n H e c t o r Ch a in a y e . . . .                       L ’Ame des choses.\n A c h i l l e D e l a r o c h e . . . Aênor (à p ara ître prochainem ent).\n CÉLESTIN D E MBLON . . . Contes mélancoliques.\n                                                         Le Roitelet.\n C a m i l l e L e m o n n i e r . . . L e Possédé.\n C h a r l e s V a n L e r b e r g h e . Les Flaireurs.\n G r é g o ir e L e R o y . . . .                        Mon Coeur pleure d'autrefois.\n M a u r i c e M a e t e r l i n c k . . Serres chaudes.\n                                                        L a Princesse Maleine.\n                                                         Les Aveugles.\n                                                         L 'Intruse.\n Sté ph a n e Ma lla rm é                       . . Poèmes d'Edgar Poe.\n                                                         Villiers de l'Isle Adam.\n                                                        Pages (à p ara ître prochainem en\n S t u a r t M e r r i l l . . . . Les Gammes.\n                                                        Les Fastes (sous presse).\n J e a n M o r é a s ............................... Les Cantilènes.\n                                                        L e Pèlerin passionné (sous presse).\n G a b r ie l M o u r e y . . . .                       Crépuscules d’Ames.\n                                                        Flammes mortes.\nP i e r r e -M . O l i n ......................... Mes Mémoires.\nP i e r r e Qu il l a r d . . . .                       L a F ille aux mains coupées.\n                                                        La Gloire du Verbe.\nH e n r i d e R é g n ie r               . . . Épisodes.\n                                                        Poèmes anciens et romanesques.\nA d o l p h e R e t t é . . . , . Cloches en la N uit.\n                                                        Une belle Dame passa (à paraître).\n                                                        L a F orêt bruissante     »\n                                                        L a seule N u it          »\n A l b e r t S a i n t - P a u l . . . Scènes de Bal.\n                                                        Pétales de Nacre (à p ara ître pro­\n                                                              chainem ent).\nF e r n a n d Se v e r in . . . .                      Le Lys.\nE m i l e V e r h a e r e n . . . . Les Soirs.\n                                                        Les Débâcles.\n                                                       Les Flam beaux Noirs (à p araître\n                                                              prochainem ent).\nF r a n c i s V i e l é -G r i f f i n . . Ancaeus.\n                                                       Joies.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "5o ANNÉE, No 11 , LA WALLONIE R EV U E M EN SU ELLE D E LIT", "ancre_fin": "t : 5 fr. p ar an. 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Union postale : 6 fr. 50.\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1890-11-n11-206", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1890-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1890-000.pdf", "ocr_sha256": "5804e8a59e2938bf08768b45f2189659eaa7f8b5ae20f0ce4ae96a1bef0d378b", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE : Stephane Mallarmé th e W hirlw ind. F. Vielé-Grif", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 433, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 456, "fin_caractere_exclue": 1306, "texte": "SOMMAIRE :\n\nStephane Mallarmé                th e W hirlw ind.\nF. Vielé-Griffln .               notre H eure.\nGermaine Franck                  R êve de Mai.\nStuart M errill .                le Palais désert. — Fantôm es.\nHenri de R égnier                Vers.\nA. Swinburne (trad. par\n    G. M o u r e y ) .            le Ja rd in de Proserpine.\nMarcel Collière .                 à la mémoire d’E phraïm M ikhaël.\nAdolphe Retté. .                   Chanson d’hiver.\nAlbert Mockel .                  Conte.\nAchille Delaroche                un Philosophe (le docteur Cros).\nCh. P ....................       Chronique musicale.\nA. M.....................        César Franck,\n                                 petite Chronique.\n\n                  Ce numéro 50 centim es.\n\n\n\n                            Des presses de II. V aillant-C a rm a n ne, à L iége.\n"}]}], "pages_ocr_originales": [{"page_pdf": 386, "texte": "         L    A\n\n\n\nW A L L O N IE\n\n\n\n\n         Novembre 1890.\n\n             N° 11\n"}, {"page_pdf": 387, "texte": "      L ’ART MODERNE\n REVUE    CRITIQUE   DES    ART S   ET   DE   LA    LITTÉRATURE\n\n            36, S u e de l'industrie, Bruxelles.\n\n                Abonnem ent : 10 fr. par an.\n\nles Jeunes, bouvevard d’Heuvy, 23, Namur,\nla Revue blanche, 60, rue de l’Ouest, Liège,\nla Jeune Belgique, 26, rue de l ’Industrie, Bruxelles,\nla Revue belge illustrée, 69, rue Stévin, Bruxelles,\nla Plume, 39, boulevard d’Arago, P aris.\nArt et Critique, 7, rue des Canettes, id.\nRevue indépendante, 12, rue des P yram ides, id.\nMercure de France, 15, rue de l’Echaudé.\nl’Erm itage, 5, rue G ay Lussac.\nle Nord littéraire, 113, rue de P aris, V alenciennes.\n\n\n\n\n            ENTRETIENS\n   Politiques et Littéraires\n           5 francs l’an; 11, chaussée d’A ntin, P aris.\n\n\n\n\n         MER C U R E D E FR A N C E\n                           M ENSUEL\n\n          15, rue de l’Echaudé-Saint-Germain\n                Un an, 5 fr.; Union postale. 6 fr\n"}, {"page_pdf": 388, "texte": "  THE WHÏRLWIND\n\n\n\n\nP a s les ra fa le s à propos\nDe r ie n co m m e occuper la ru e\nS u je tte a u n o ir vol des c h a p e a u x ;\nM ais u n e d a n seu se a p p a ru e\n\n\n\n\nT o u rb illo n de m ousselin e ou\nF u r e u r éparses en écum es\nQ ue soulève p a r son genou\nCelle m êm e d o n t nous vécûm es\n                                                  23\n"}, {"page_pdf": 389, "texte": "354                                                      la Wallonie.\n\n\n\n\n             P o u r to u t, h o rm is lu i, re b a ttu\n             S p ir itu e lle , iv re , im m o b ile\n             F o u d ro y e r avec le tu tu ,\n             S a n s se fa ir e a u tr e m e n t de bile\n\n\n             S in o n r ie u r q u e p u is s e l'a ir\n             De sa ju p e é v e n te r W h is tle r .\n\n\n\n\n   Ce sonnet de Stéphane M allarm é p aru t à Londres, en\nNovembre 1890, dans le “ \"Whirlwind „ (le Tourbillon) jo u rn al\nqui représente un ton spécial de plaisanterie anglaise et dont\ncertains numéros sont rendus précieux p ar d’adm irables\nlithographies qu’y publie parfois M. W histler.\n"}, {"page_pdf": 390, "texte": "           NOTRE HEURE.\n\n\nViENS, notre heure scintille a u vertige de nuit,\nE perds ta raison dans l’am our;\nCar la durée est m orte qui court et fuit,\nM orte en la m ort du jour,\nE t notre heure luit.\n\nN otre heure scintille en l’hym ne des étoiles,\nE perds ta prière, mon âme;\nCar la m ort et m orte en sa te rreu r infâme,\nE t l’éternelle Beauté, calme,\nS’ore en ses saintes voiles.\n\nJo u r du désir hum ain et son ombre et sa honte,\nE t sa vaine chaîne de science,\nE t ses pauvres destins sommés...\nNous en sourions comme d’un conte\nC ette n u it qui pour l’éternité nous fiance\nE n son calme, à jam ais.\n\nE t vanité de la terreu r de vivre !\n— Que notre orgueil de douleur est peu —\nL e saint silence est le seul doux livre\nOù toute âme est éparse en la n uit de Dieu.\n\n                      F r a n c i s V IE L É -G RIF F IN .\n"}, {"page_pdf": 391, "texte": "                R Ê V E DE MAI.\n\n\n                                     Pour Mme Élise D.\n\n\n\n\n      e rs\n      V     le soir ; un tiède crépuscule d’avril.\n          E t seule, tandis que devant moi fu it dans\n        l’immensité des plaines, cette longue route\n        dont les peupliers sem blent de grands guides\nbienfaisants qui m èneraient vers un monde inconnu.\n   Si seule !.. E t de tous les détails de cette nature\nm ’arrive, ainsi qu’un flux, une de ces harmonies puis ­\nsantes, si chantantes et triomphales qu’elles ém euvent\nà en pleurer : m ystère qui trouble comme un grand\nfrisson d’âme, calme immense, enveloppant avec des\nimpositions de mains pures mon cœur de mélancolie\nancienne — et ce grand silence aux mille voix sug­\ngestives qui portent l’âme et lui parlent, mais avec\nde telles candeurs qu’elle en prend un grand charme\nrayonnant, et tinte comme d’entendre de ces longs\nmots d’amour si adorables et si purs qu’ils ne peuvent\neffaroucher.\n"}, {"page_pdf": 392, "texte": "     Rêve de Mai.                                    357\n\n\n    O m on cœur et mes yeux, quel délire de douceur !\n    T out au loin, entre le ciel et le bonheur tranquille\n du paysage m ignaturé, les bois sont un jard in en­\n chanté, et mon cœur s’évague, bercé de frôleuses\n voiles blanches, vers ce P ort. Les puissantes ram ures\n ont des vagues et des bouillonnem ents de couleurs\njusqu’à m ourir en d’opulentes teintes sombres, par­\n fois tachées par les toits rouges et les claires\n m aisonnettes flamandes. E t c’est un ensemble ta n t\n fleuri de paix illuminée !\n    De ce côté du chemin, un parc magnifique où les\n splendeurs s’unissent aux grâces élégantes, s’aim ent\n et se parlent en de discrets murmures, se penchent\n en onduleuses caresses protectrices, vers les enfan­\ntines mièvreries qui doucement m ontent à leurs\npieds, si frêles, s’enlacent et s’attardent...\n   Le to u t jeune feuillage se détache en une dentelle\nténue et bizarre sur le transparent du couchant rose.\nE t c’est m aintenant en moi comme une ivresse,\nl’intense désir de me noyer toute en ce rose idéal, la\ncouleur d’une âme vierge dont les blancheurs, effleu­\nrées par l’aile du saint amour, se seraient fondues en\ncette teinte exquise.\n   Longtem ps ainsi j ’écoute en moi : le flot pur, inef­\nfable, fait de lumière occulte et d’idéale tendresse,\nm onte en mon cœur, et comme un bienfait l’envahit\n— despotique un peu, généreusem ent — par larges\nondes royales.\n   J e suis heureuse jusqu’à la souffrance, des douceurs\n"}, {"page_pdf": 393, "texte": "358                                        la Wallonie.\n\n\n\nde maternité profonde et sereine si largement éparses\nen les choses émerveillées.\n   E t mes regards, oli ! je les sens si chastes et tant\nbaignés d’universel amour qu’en cet instant béni, ils\noseraient se poser sur la céleste vision rêvée,\nl’éblouissante vision toujours intangible !\n\n   De l’autre côté de la route, au pied d’un bouquet\nd’arbustes où, dans un enlacement désordonné,\nfleurissent églantines et stellaires, un large étang\ncouvert de fleurettes blanches.\n   Sous ce lit de neige, dans l’eau verte tout un\npeuple de grenouilles coasse; la voix monte stridente,\ncomme révoltée, la voix profonde, lamentable de\nl’irrémédiable abjection,\n   tandis que là-haut, dans les cîmes invisibles, une\nautre Voix s’élève.\n  Mai 88.                     G-e b m a in e   FRANCK.\n"}, {"page_pdf": 394, "texte": "      LE PALAIS DÉSERT.\n\n                                          à Jean Moréas.\n\n\nLe P a la is qui dans l’a ir crépitant de cigales\nÉ ta la it vers l'azur mordoré de la mer\nSes façades de marbre a u x fines astragales,\nN ’enverra plu s l’éclat de ses pompes régales\nE n insulte au tumulte éternel de la mer.\n\nP lu s ne rira , le long des grêles colonnades,\nL a courtisane aux bras lourds de bracelets d’or;\nLes p ages chamarrés ont fu i les esplanades,\nE t voilà dispersésj las de leurs sérénades,\nLes baladins, charmeurs des mandolines d ’or.\n\nCar le Prince aux yeux bleus qui s'en vint, Ó victoire!\nSous la pourpre des étendards fleuris de lys\nProclamer à ces d eu x l’orgueil de son histoire,\nE s t mort sous les baisers du sort expiatoire\nPour avoir trop aimé les roses et les lys.\n\nAucun souffle n’émeut le somnolent silence :\nL es paons sont endormis aux balustres de fer,\nE t dans les bassins roux d’où nulle eau ne s’élance\nLes cygnes, oubliant leur p âle turbulence,\nRêvent de chants de deuil sous un soleil de fer.\n"}, {"page_pdf": 395, "texte": "360                                            la Wallonie.\n\n\n      L a dolente glycine au long des galeries\n      Pend. E t partout le calme énorme de la mort\n      Pèse comme un remords de vieilles duperies\n      Sur les bosquets feuilles en ce lieu de féeries\n      Où les joyeux, jadis, avaient nargué la mort.\n\n      Seule, une enfant de rêve à la légère haleine\n      Vient par les longs sentiers, et vers l’heure du soir,\n      Avec des gestes lents de fileuse de laine,\n      Murmure au cœur des fleurs la vieille cantilène\n      De son amour éclos et défunt en ce soir :\n\n\n          Le Prince de mon désir est m ort :\n          Je scellai ses paupières de pleurs\n          E t je voilai son visage accort\n          D ’un sam it à ramages de fleurs.\n\n          Je suivis la parade de deuil\n          Jusqu’au Jardin nocturne des Pleurs,\n          Où l’esclave riva le cercueil\n          Pour sa sépulture sous les fleurs.\n\n          Depuis, mes pas buttent aux talus,\n          Ma chevelure est lourde de pleurs :\n          Oh ! je ne sais plus, je ne sais plus\n          Cette allée où tu dors sous les fleurs !\n\n          M ais voici le renouveau vermeil\n          D ont le rire tarira mes pleurs :\n          Car ivre du réveil du soleil,\n          Mon Prince renaîtra dans les fleurs !\n"}, {"page_pdf": 396, "texte": "le Palais désert.                                      361\n\n\n  Soulevant de ses doigts gemmés de jaunes bagues\n  L ’impalpable blondeur de ses cheveux épars\n  Où ses yeux luisent bleus avec des feux de dagues,\n  Elle reprend, chantant, le cours de ses pas vagues\n  Vers les lointains que teinte un crépuscule épars.\n\n\n  Soudain c’est un frisson de satins et de soies\n  Sous l’arcade de marbre, et l’éveil des chansons\n  D u vieux temps— mais où sont nos danses et nos joies ?\n  E t l’âpre froissement des pas las sur les voies,\n  E t la vie et l’amour au retour des chansons.\n\n\n  Les paons déroulent, lourds, les fastes de leurs phones\n  A u perron de parade où les seigneurs, jadis,\n  Prélassaient leur prestance en lumineux costumes;\n  E t les cygnes, p a r les bassins verdis de brumes,\n  Voguent sous les sanglots des je ts d’eau de jadis.\n\n\n  L a flûte aiguë alterne avec la mandoline\n  E n un gai virelai de désir, et là-bas\n  L a brise a lutiné la robe zinzoline\n  De quelque courtisane à caresse câline\n  Qui voulut voir mourir le soleil d’or, là-bas.\n\n\n  Puis peu à peu se m eurt la voix évocatrice\n  E n un passé hanté de mystères m auvais;\n  M ort aussi, souvenir, le musical caprice\n  Des échos ; des hauts d eu x l'ombre dominatrice\n  Tombe, avec les regrets et les songes mauvais.\n"}, {"page_pdf": 397, "texte": "362                                              la Wallonie.\n\n\n         E t sur les mers, les mers de lune, une galère\n         Funéraire a passé, portant un pavoi d’or\n         Où désespérément un roi crépusculaire\n         E tend, sans voix, ses bras d’un geste de colère\n         Vers le Palais désert coruscant d’astres d’or.\n\n                       FANTOMES.\n                                              à E d g a r Fa we tt.\n\nS OUS la lune qui filtre au treillis d’un vitrail,\n   L e m obilier trapu s’estropie en les salles :\n   Chaises de chêne, armoire aux arm es colossales\n   E t dressoirs où se tord l’héraldique bétail.\n\n      Heaumes et haubergeons, b ard an t des sim ulacres,\n      Bom bent dans l’ombre leurs bosses de bronze et d’or\n      Où s’incrustent, crispés, des stryges en essor\n      D ont la griffe et la gueule ont la faim des m assacres.\n\n      Sur les portes les lourds tissus au fil chenu\n      Qui sim ulent tournois, chasses et cavalcades\n      Se plissent, froissés par de frileuses saccades,\n      Au souffle froid d’un vent venu de l ’inconnu.\n\n      Parfois s’éplore, au fond des corridors nocturnes,\n      Un air énam ourant de harpe et de rebec,\n      E t voici passer, fol, avec un frisson sec,\n      L e cortège — or et fer — des Reines taciturnes.\n\n      E t ce sont des doigts bleus m eurtris aux coups du sort,\n      E t des yeux révulsés en de pâles colères,\n      E t to u t ce chuchotis de voix crépusculaires\n      D isant le mal d’aim er en l'hiver de la m ort !\n                                      S t u a r t M E R R IL L .\n"}, {"page_pdf": 398, "texte": "                   VERS.\n\n\n\nJe sais de tristes eaux en qui meurent les soirs !\nDes fleurs que nul n’y cueille y tombent Une à une...\nJe connais d'antiques miroirs\nHabitués à des faces de taciturnes\nQui viennent s'y songer autres du fond des soirs.\n\nViens vers les eaux avec le. soir derrière toi\nE t ton ombre allongée à tes pieds comme une morte !\nComme ta vie est loin apparue en l'eau morte,\nComme ta vie est loin des soirs sur les bois\nE t des soirs en rayons au seuil des portes\nE t sur les vastes et vieux jardins et les toits...\n\nAprès tant d'Étés que d'Automnes sont mortes !\n\nViens dans les calmes eaux laver tes mains coupables\nE t ton manteau froissé de vents et d'orages\nE t les yeux aveugles du sable\nDes routes d'ombre et des plages\nInterminables à tes voyages\nDes terres de folie au pays des sages\nOù l'eau terne languit en âges de sommeils\nParmi les arbres grêles et sous de pâles ciels\n"}, {"page_pdf": 399, "texte": "364                                          la Wallonie.\n\n\n      Le vieux m iroir t'attend pour te montrer ta face\n      E n un sourire encore à travers le passé\n      E t pour qu’il certifie à ton ombre qui passe\n      Qu’elle est le songe enfin de ce qui s’est passé.\n\n\n      Viens, ô mon Ame, et pour mieux voir\n      Lave le tain et le biseau du pur miroir\n      A cette eau morne et taciturne, un soir !\n\n                             H E N R I D E R É G N IE R .\n"}, {"page_pdf": 400, "texte": "    L E J A R D I N DE P R O S E R P I N E .\n\n\n   Ici où le monde est tranquille, — ici, où to u t trouble\nsemble — un je u des vents m orts et des vagues dépensées\n— en de douteux rêves de rêves; — je contemple le champ\nv ert croissant — pour ceux qui m oissonnent et sèment, —\nde la récolte pour le tem ps de la fauchaison, — un monde\nendorm i de sources.\n   J e suis fatigué des larm es et du rire, — et des hommes qui\nrient et qui pleurent, — de ce qui peut venir après — pour\nles hommes qui sèm ent pour moissonner. — J e suis las des\njours e t des heures, — boutons effeuillés de fleurs stériles, —\ndésirs et rêves et puissances — et de to u t excepté du\nsommeil.\n   Ici la vie a la m ort pour voisine — et loin des yeux et des\noreilles, — les vagues pâles et les v ents humides fatiguent —\nles navires faibles et les esprits gouvernent ; — ils dérivent\net où — ils ne savent qui les pousse — mais de tels vents ne\nsoufflent par ici, — et de telles choses ne croissent pas ici.\n   Ni croissance de lande ou de bosquets, — n i fleurs de\nbruyère ou de vigne — m ais des boutons de pavot sans fleurs,\n — verts raisins de Proserpine, — de pâles lits de roseaux\npenchés — où aucune feuille ne fleurit n i ne rougit — excepté\n celle qu’elle écrase — pour les hommes m orts du vin m ortel.\n   Pâles, sans nom ni nombre, — dans des champs inféconds\n"}, {"page_pdf": 401, "texte": "366                                             la Wallonie.\n\n\n de blé, — ils se courbent e t somm eillent — tou te la nuit\njusqu’à ce que la lum ière naisse; — et comme une âme a tta r­\n dée, — dans l’enfer ou le ciel dépareillée, — p ar le nuage de\n la brum e ab attu e — sort des ténèbres matinales.\n    Quand même tu serais fort comme sept, — lui aussi habi­\n te ra avec la m ort, — ni ne s’éveillera avec des ailes au ciel,\n — ni ne pleurera de douleurs en enfer ; — quand même tu\nserais beau comme les roses, — sa beauté s’assom brit et finit ;\n et quoique l’am our repose bien, — à la fin, ce n ’est pas bien.\n    Pâle, devant le porche et le portail — couronnée de calmes\n feuilles, elle se tien t - celle qui cueillit toutes choses m or­\n telles, — de ses froides m ains im m ortelles; — ses lèvres\n languides sont plus douces — que celle de l’am our qui craint\n de la saluer, — pour les hommes qui se m êlent à elle et la\n rencontrent — de beaucoup de temps et de pays.\n    E lle attend les uns et les autres — elle atten d tous les\n hommes nés; — la T erre oublie sa mère, — la vie des fruits\n et du blé; — et la source et la semence et l’hirondelle —\n s’envolent vers elle et la suivent — là où les chansons esti­\nvales sonnent creux — et où les fleurs sont méprisées.\n    L à vont les amours qui se flétrissent, — les vieux amours\n avec leurs ailes plus basses ; — et toutes les années m ortes\ns’y traînent, — et toutes les désastreuses choses ; rêves m orts\ndes jours oubliés, - boutons aveugles que la neige a secoués,\n— sauvages feuilles que les vents ont prises, traces rouges\n des printem ps ruinés.\n    Nous ne sommes pas sûrs de la douleur, — et la joie n ’est\njam ais sûre; aujourd’hui m ourra dem ain; — le Temps caresse\nhum aine ; — et l’amour, devenu faible et capricieux, — de\ntes lèvres à m oitié pleines de regrets, — soupire et de ses\nyeux pleins d’oubli — pleure de ce que l’am our ne dure.\n"}, {"page_pdf": 402, "texte": "      le Jardin de Proserpine.                                                   367\n\n\n   De trop d’am our de la vie — de l’espoir et de la crainte\ndevenus libres, — nous remercions avec de brefs rem er­\ncîm ents — tous les dieux qui puissent être — de ce que la\nvie ne dure pas toujours; — de ce que les tom m es m orts\nne se relèvent jam ais : — de ce que même le fleuve le plus\nfatigué — s’écoule quelque p art à la mer, sauvé.\n   Alors, étoile ni soleil ne s’éveillera, — ni aucun change­\nm ent de lum ière; — ni le b ru it des eaux em portées, — ni\naucun b ru it ni aucun rire : — ni feuilles d’hiver n i d’été, —\nni jours ni choses diurnes ; — seul le sommeil éternel — dans\nune éternelle nuit.\n\n\n  (E x tra it des Poèm es et B allades de A. S w in b u rn e tra d u its p a r n o tre\nam i G rab riel M ourey, p o u r p a ra ître in cessam m en t chez S avine, avec\np réface de Guy de M aupassant )\n"}, {"page_pdf": 403, "texte": "A LA   M É M O I R E D ’E P H R A ÏM M l K H A E L .\n\n\n\n                                  à M a d a m e L o u is M i c h e l .\n\n\n\n\nVoici les floraisons froides des chrysanthèmes\nQue le vent découronne en les échevelant,\nLe vent les échevèle, et leurs pétales blêmes\nVolent, oiseaux blessés, parm i le soir sanglant.\n\n\nCe sont les derniers nés de l’anxieux automne\nTenaces survivants du naufrage des fleurs ;\nLe soleil alangui qui les dore s’étonne\nD u feu désespéré de leurs âpres couleurs.\n\nBientôt la pluie efface et délave leurs teintes :\nLes brouillards lourds de neige épaississent les d eu x ;\nAvec l’hiver, le vague écho des voix éteintes\nDescend comme un remords vers les cœurs soucieux.\n\nL ’agonisant combat de ces fleurs obstinées\nAvec le froid, la boue, et la nuit sans éveil\nR am ène la mémoire aux brèves destinées\nDes grands lys expirés dans l’or clair du soleil,\n"}, {"page_pdf": 404, "texte": "à la mémoire d’E phraïm Mikhaël.                         369\n\n\n\nDes lys purs, poussés droits dans l'aurore impoilue\nE n qui l’abeille a pris le plus pur de son miel,\nE t qui n'eurent souci, dans leur candeur élue,\nQue d’être hauts et blancs sous le regard du ciel.\n\n\nE t Von songe aux destins jum eaux de ces corolles,\nA tous les dédaigneux de la vie et du soir,\nD ont l’âme épanouie en magiques paroles\nSe consuma soi-même au mystique encensoir.\n\n\nToi qui nous as quittés au m atin de l’année\nHélas ! et de ta vie, rêve auguste et doux\nL yre amie, au silence éternel condamnée,\nC'est l’écho de ta voix qui v in t gémir en nous.\n\n\nTu n ’as pas vendangé dans les mauvaises vignes,\nN i fléchi le genou devant d’impurs autels :\nLe clairon qui convie aux agapes indignes,\nS’est fatigué pour toi d'inutiles appels.\n\n\nLes fru its trompeurs, mûris dans le ja rd in profane,\nTu connaissais leur goût sans les avoir goûtés,\nTu n’as jam ais sali ton manteau diaphane\nTissé d'azur, d’intelligence et de clartés.\n\n\nQuand tu trouvais des dieux dignes de les hommages\nTu semais à plein poing les ors et les joyaux,\nE t tu faisais pleuvoir les nouvelles images\nComme des diamants sur des habits royaux.\n                                                    24\n"}, {"page_pdf": 405, "texte": "370                                              la Wallonie.\n\n\n\n      Ta jonque n'a vogué que sur l'Océan vierge\n      Ignoré des marchands et des banals vaisseaux,\n      Où l'Anadyomène exquise et chaste émerge\n      Des laiteuses vapeurs s’irisa n t sur les eaux.\n\n\n      Après avoir plongé sous ces ondes chéries\n      Tu laissais échapper entre tes doigts vainqueurs\n      Un ruissellement si riche de pierreries\n      Que le m aître inconnu des R hythmes et des Chœurs\n\n      A jugé ta jeunesse assez vieille de gloire,\n      Pour fleurir d'hyacinthe et de laurier ton front,\n      E t pour t'associer sur les parvis d'ivoire,\n      A u chant sans fin que les poêles chanteront.\n\n      A insi, comme les vers de tes anciens poèmes\n      Ton souvenir demeure en nous, doux, grave, amer,\n      Parm i les floraisons des tristes chrysanthèmes\n      D ont le vent fa it voler les feuilles sur la mer.\n\n 7 Septem bre 1890.                   M a r c e l C O L L IÈ R E .\n"}, {"page_pdf": 406, "texte": "         C H A N S O N D ’H I V E R .\n                     ( F r a g m e n t .)\n\n.... L es gais rouets s’affairent dans la salle :\nN otre-Dam e et ses sœ urs filent pour les absents.\nC hâteau d’hiver et paix claustrale —\nL es guivres du foyer dansent allègrem ent.\n\nT rilles printaniers raillan t la neige,\nL es gais rouets chantent à la ronde :\n“ Nos doux seigneurs guerroient de par le monde ;\nQui pourraient m al à ceux qu’A m our protège ? „\n\n0 D am es la folle bravade !....\nD es oiseaux de m alheur s’ab a tte n t sur le toit,\nP assent les jours, passent les mois —\nL es chevaliers sont m orts à la croisade.\n\nN otre-D am e file toute seule en la salle,\nL es sœ urs sont parties au cimetière,\nSes cheveux lui font un blanc suaire....\nN otre-D am e s’endort toute seule en la salle.\n\nEcoute, écoute, ô fi leuse assoupie :\nL e vent s ’éplore sous les porches,\nL e vent de cette N uit a soufflé sur les torches.\n— On d irait du sang aux vagues panoplies —\nAh ! le v en t geint to u t bas comme un enfant m alade\nL es chevaliers sont m orts à la croisade....\n\n                                            Ad o lph e R ETTÉ.\n"}, {"page_pdf": 407, "texte": "                        CONTE.\n\n                                 P ar sifal.\n\n                    Nie sah ic h , n ie trä u m te m ir\n                    w as je tz t ich sch a ü ’\n                    u n d w as m it B an g en m ich e rfü llt.\n\n                                 KÙNDRY.\n\n                     . . . P a rsifa l, d ù th ö r’g e r R ein er !\n                     F e rn , fern ist ineine H eim ath.\n                     Dass d ù m ich fän d est, v e rw e ilte ich n ù r h ie r ;\n                     von w e it h er kam ic h , w o ich viel e rsah .\n                                                      R ichard W a g n e r .\n    Pour O lin.\n\n\n\n   C’est un bois vaste, et les futaies feuillues y sont\ntoutes vivantes ; des allées, des allées , encore et\ntoujours de longues allées, et sous les voûtes\nmystérieuses, le soleil se glisse avec des regards\njouvenceaux.\n   Or dans le bois vaste ils m archaient, un garçon­\nn e t et une bambine, à petits pas, courageusem ent,\nparce qu’ils devaient aller très loin. Tous deux en­\nvironnés d’une vague e t frissonnante peur — mais\nsans le dire, car ils s’aim aient, — ils allaient par des\nchemins où les enfants ne vont pas, par des chemins\net des chemins qu’ils n ’avaient jam ais vus ; et les\nchemins s’ouvraient au cœur de la forêt toute\nvivante, et les chemins s’effaçaient là-bas si lointains\n"}, {"page_pdf": 408, "texte": "    Conte.                                           373\n\n\n\nderrière eux, qu’en to urnant leurs têtes furtives ils\nne reconnaissaient plus la route.\n   Ils arrivèrent ainsi jusqu’au Lac de la F o rê t ; et\nils voulurent s’y mirer, parce que le L ac pouvait\ncom prendre leurs désirs, et de son grand œil leur\nparler.\n   Car les lacs sont des yeux qui pensent.\n   Le Lac reçut leurs regards et très doucement\nrépondit, et, quand il reçut leurs images, fraternel­\nlem ent il les caressa.\n   E t le p e tit garçon v it à ses pieds son image\navec celle de son amie ; il v it son amie gentim ent\nétendue là, m aigrelette sous la robe de grosse toile\net toutes ses boucles dans l’eau si fraîche, — et il la\ntrouva belle.\n   Il se pencha; leurs images s’unirent — et il\ntressaillit longuem ent, parce qu’il craignait ces\nchoses étranges.\n   E t cependant il la trouva belle, encore se pencha\nsur l’eau, et voulut y saisir son amie et lui-même\npour mieux em porter le souvenir du baiser. Mais\nl’image enlacée se brisa pour osciller en mille reflets\nde menues vagues.\n   — Prends garde ! cria-t-elle, tu viens de casser\nmon ombre, t a as tué mon ombre ! Oh, tu me fais\nm al !\n   E t elle recula soudain, les deux mains étendues\net roidies de terreur,\n   II s’attrista sans bien comprendre, et puis il v i t\n"}, {"page_pdf": 409, "texte": "374                                      la Wallonie.\n\n\n\nson œuvre, et son im age seule étendue désormais à\nses pieds; e t il pleura silencieusem ent le prem ier\nbaiser déjà disparu.\n  Mais elle criait toujours :\n  — Oh, tu me fais mal, tu m ’as fait mal ! „\n   et, la voyant tordre ses mains noyées dans sa\nchevelure, il vint plus près d’elle.\n   — Oh ! mon im age est toute cassée, mon im age est\nm orte, mes yeux, et mes cheveux et toute moi je\nsuis m orte !\n   Comme il ne comprenait pas encore, il répondit :\n   — Pardonne, ma bien-aimée, mais je ne t ’ai pas\ntouchée. C’est ton image seulement, ton im age à tes\npieds, que je voulais étreindre avec la mienne; et\nelles son m ortes en s’embrassant. Non, non, tu n ’es\npas m orte ! tu vis ! tu es là, c’est toi qui me parles !\nah nous sommes bien tous deux au monde et je n ’ai\npu te faire souffrir en cette im age que tu n ’es point.\n  Mais elle pleura plus fort en tordant ses doigts\nminces dans ses cheveux;\n   et il comprit alors confusément qu’un événem ent\nm ystérieux venait de planer sur sa vie; il avait\nbouleversé l’Im age qu’il s’était formée d’Elle, et\nlorsqu’il voulut enlacer le pur m irage où il se contem­\nplait, c’était bien Elle même qu’il avait fait mourir\nen soi.\n                                  A l b e r t MOCKEL.\n"}, {"page_pdf": 410, "texte": "                           UN          PHILOSOPHE.\n\n\n   N ulle époque a u ta n t q u e la n ô tre , p e u t-ê tre , ne v it éclo re de sy stèm es\np h iloso p h iq u es. E t n u lle p o u rta n t, n e sem ble p lu s d é sh a b itu é e des h autes\nsp éc u la tio n s. N ulle n ’a ro m p u , d ’un c œ u r au ssi lé g e r, avec l’e x plication\ndu m ystère, q ui p a ssio n n a it les m o in d res g e n s, au tem p s d’u n D escartes\ne t d’u n L eibniz, p o u r se v o u e r seu lem en t aux so u cis p lu s p ro c h e s d ’u n\nbie n -ê tre m a té rie l e t g ro s s ie r, d éco ré du titr e am b itieu x de civilisation\nin d u strielle . E t c e tte te n d a n c e d’e sp rit s ’est ré p e rc u té e d ’u n e façon s ig n i­\nficative chez les ra re s re p ré s e n ta n ts « d’a b stra c tio n s dém odées ». C hacun a\nfa it ou v o u lu fa ire de la philo so p h ie p o sitive. E x p ressio n vide de se n s : on\ne û t pu au ssi b ie n l’a p p eler su p erficielle, cognitio circa rem , com m e le\nre m a rq u e ju s te m e n t L otze. M ais ici u n c u rie u x p h én o m èn e se p ro d u it,\nqui e st com m e la re v a n c h e im m an en te des ch o ses, où l’éq u ilib re te n d\nto u jo u rs à se ré ta b lir. T a n d is que les p e n se u rs officiels affecten t de s’en\nte n ir s y sté m a tiq u e m e n t à u n sen su a lism e v u lg a ire , des g e n s qui n e so n t\npas h a b itu é s g é n é ra le m e n t à re n c o n tre r « la substance » so u s le u r scalpel,\ndes m éd ecin s se so n t m is à é tu d ie r ce q u e l'u n deu x a appelé « les\nfo rce s non définies ». E t voilà q u e, p a r d essu s Com te e t D arw in , leu rs\nsy stè m e s s o n t a llé s re jo in d re c eu x de P y ih a g o re , de P lato n , de D escartes,\nde L eibniz e t des M ystiques.\n   A près L o tze, a p rè s P au l G ibier e t d’a u tre s, n o u s a rriv e M. A ntoine\nC ros, u n m éd ecin lui a u ss i, arm é d’u n e co m p acte th é o rie : L e P r o b l è m e ( * } ,\nnouvelles hypothèses sur la destinée des êtres. M ais ce d e rn ie r idéaliste\na de qui te n ir. Sa fam ille sem ble d e lo n g u e d a te vouée au x la b e u rs de\n\n\n   (*)   Le   P r o b lè m e ,   N ouvelles hypothèses su r la destinée              des êtres. —\nP a ris , G eorges C arré , é d ite u r, 5 8 , ru e S t-A n d ré des A rts.\n"}, {"page_pdf": 411, "texte": "  376                                                                      la Wallonie.\n\n\n l’A rt e t de la p en sée. Son p è re , d éjà, a v ait é té u n p h ilo so p h e : e t l’a u te u r\n  rap p elle, n o n san s ém o tio n , q u 'il fu t le p re m ie r é d u c a te u r de so n e sp rit.\n U n de ses frè re s, le re g re tté C harles C ros, p oète e t in v e n te u r, a laissé\n  des v e rs qui s o n t dans to u te s les m ém o ires. L 'a u tre , H e n ry C ros, e st\n  d e p a s lo n g tem p s c o n n u e t ap p récié p o u r ses belles œ u v re s d ’a r t en la\n s ta tu a ire .\n    M. A ntoine C ro s, lu i-m êm e, on le s a it p e u t-ê tre m o in s, e st po ète : e t si\n l’idéal e st b an n i du re s te des c o n sc ie n c es, il sem ble n a tu re l q u ’il tro u v e\n a sile en celle du poète. Q uelle so lu tio n ce m éd ecin p o ète p ro p o se -t-il donc\n au g ra n d P roblèm e ?\n    Au seu il du liv re se d re sse u n c h a p itre « la p id a ire » qui, en m êm e\n tem ps q u ’u n résu m é s u b sta n tie l de la d o c trin e , e st com m e la red o u tab le\n p o rte d’a ira in in te rd is a n t au pro fan e l’accès d u T em ple du M ystère. Mais\n p o u r qui n e se la isse ra pas d é c o u ra g e r p a r c e t é so té rism e p rév en tif,\n s ’é cla irc iro n t peu à peu les té n è b re s u lté rie u re s , à la lu m ière des c h a ­\n p itre s qui en s o n t le co m m en taire an aly tiq u e.\n    Comme p o stu la t de to u te h y p o th è se , l’a u te u r a d m et à p rio ri l’ex isten ce\n de l’â m e, e t à peu p rè s te lle que la co n ço it le bon sen s u n iv e rsel. E n un\n m o t, il s u it la m éthode scien tifiq u e b ien co n n u e qui c o n siste à c o n sid é re r\n le pro b lèm e ré so lu . Le d om aine e sse n tie l de l’â me e st u n atom e. La\n g ra n d e u r de ce d om aine e s t in fin im en t p e tite , m ais p o u rta n t réelle, sinon,\n elle ne s e ra it pas u n e g ra n d e u r. Cet atom e e s t u n u n iv e rs. I 1 c o n tie n t\n lui-m êm e d’a u tre s ê tre s , en les ra p p o rts d’in fin im en t g ra n d à infinim ent\n p e tit, e t qui p e u v e n t m a n ife ster la vie en des form es o rg a n isée s. L’o rg a n e\ne sse n tie l de l’â m e p e u t ê tre re p ré s e n té p a r u n e sp ira le lo garithm ique se\ndév elo p p an t d an s l’esp ace en hélice e llip tiq u e, e t s ’e n ro u la n t v e rs un\nc e n tre a sy m p to te. Elle ten d v e rs l’in fin im en t p e tit ab so lu , d ’u n e p a r t:\ne lle p e u t, d a n s le     se n s d iv e rg e n t, é la rg ir ses v o lu tes indéfinim ent.\nL’atom e; de l'â m e e st in d e stru c tib le à ja m a is, com m e les a u tre s a tom es,\nd ’a ille u rs , vu le u r petitesse. L’Ê tre p o rte do n c avec lui sa loi. Il e s t sa\np ro p re loi. L’o rg a n e de l’â me e st d e stin é à e n re g is tre r des se n s a tio n s,\nqui o n t p o u r c au se s e x té rie u re s d e s ry th m es. E lles s ’in s c riv e n t d o n c en\nm ode ry th m iq u e s u r la c o u rb e in d iv id u elle. Il en e st d e m êm e des form es\ne t s tru c tu re s de    l’o rg a n ism e co rp o re l.   Ces in s c rip tio n s d e ry th m es\n"}, {"page_pdf": 412, "texte": "         un Philosophe.                                                                               377\n\n\n\n p e u v en t to u jo u rs, p a r ré v e rsib ilité m écan iq u e, re s titu e r les im p ressio n s\n re ç u e s , s o it e n form es, so it en co m b in aiso n s ry th m iq u es.\n     A près la m o rt, l’Ê tre co n se rv e ain si p o u r l’é te rn ité u lté rie u re to u te sa\n vie c o n sc ie n te e t in c o n sc ie n te , la tra c e in d e stru c tib le do se s e x isten c e s\n passées s u r l’h élice ellip tiq u e ou spirale-archée. D ans la m o rt, e t a v an t\n la ré in c a rn a tio n s u iv an te, p e n d a n t u n e é te rn ité re la tiv e , il p o u rra donc\n re v iv re ses h e u re s p assées, il a u ra le souvenir in tég ra l. C ar rie n n e vient\n de rie n , e t, u n e fois acq u is, n e p e u t c e sse r d 'ê tre . Le c a ra c tè re p ro p re de\n l’â m e e s t l'im a g in a tion , avec quoi elle p e u t c ré e r des a rra n g e m e n ts, des\n form es, des ry th m es. E llj p o u rra d o n c, avec s e s so u v e n irs p a rfa its, se\n c ré e r d es p a ra d is qui s ’in s c riro n t à le u r to u r s u r la c o u rb e s p iro ïd e .\n M algré la v a rié té des c h o ses ain si créées ou p o ssé d é es, l’â m e ne s a u ra it\n a sso u v ir p o u r to u jo u rs ce d é sir absolu d u m ieu x qui e st le p ro p re de\n to u te co n scien ce. Il lui fau d ra des re la tio n s nou v elles avec d’a u tre s ê tre s.\n Elle les satisfe ra p o u r u n e d u ré e , p ar la n é ce ssité d’u n e c ré a tio n nouvelle\nen so n ato m e, c ’est-à-d ire l’év o catio n des âm es de l’in fin im ent p etit\nre la tif de l’o rd re       in fé rie u r.   Elle ré a lis e ra , les fo rm es        p ré c éd e m m e n t\nc o n q u ise s e t ré a lisée s selon so n d e g ré de p e rfe c tio n . C ette c ré a tio n n ’e st\npas ab so lu e : elle n ’e st que la c o n tin u a tio n des c ré a tio n s p ré c éd e n te s\nélevées en c o n ce p tio n d’a rc h éty p es. A insi ju s q u ’à l’in fin im en t p e tit absolu.\n    D ans la s é rie des in fin im en t g ra n d s ,            m êm e     loi. N o tre u n iv e rs e st\nl’atom e d ’un a u tre u n iv e rs , d’u n e g ra n d e u r infinie p a r ra p p o rt à lu i, et\nd om ain e d’u n e Ame su p érieu re, c o m p re n a n t to u te s no s âm es e t qui crée\nici-bas to u te s les fo rm es e t les ry th m e s. Ainsi ju s q u 'à l’infini absolu de\nl'esp ace, s itu é à jam ais. T o u tes les âm e s s o n t des D ieux co m p ris en des\nu n iv e rs qui se c o n tie n n e n t les u n s les a u tre s , en s é rie indéfinie ju s q u ’à\nl 'E tern el-in ftn i-a b so lu , d o n t n u l n e s a u r a it p a rle r san s e rre u r.\n   Tel e st, ré su m é s u c c in c te m e n t, l’en sem b le des h y p o th èses ing én ieu ses\nde M. le Dr Cros On a pu v o ir, ch em in fa isan t, com bien de d o c trin e s,\ncom bien de n om s illu s tre s d an s la p ensée h u m ain e, c o to ie e t évoque ce\nsystèm e. C ette àm e a to m e , m a ître sse ab so lu e en so n d o m aine, n e re s ­\nsem ble-t-e.lle pas s in g u liè re m e n t à la M onade de L eibniz, à c ette diffé­\nre n c e p rè s q u e la p re m iè re p a ra ît a v o ir q u elq u es « fen êtres su r le dehors »?\nC ette s érie indéfinie d 'e x iste n ce s, c’e st la m é tem p sy ch o se, c ’e st P y th a g o re ,\n"}, {"page_pdf": 413, "texte": "378                                                                         la Wallonie.\n\n\nle B ouddhism e, B allanche, e tc . Il n 'e s t pas ju s q u ’à la s p ira le -archée qui\nn e so it p o u r n o u s u n e vieille c o n n aissan c e . Elle fu t u tilisé e fo rt d iv e rse ­\nm e n t p ar les co sm o lo g istes, L aplace, E d g a r Poe,              e t les a lc h im iste s e t\nan im istes, B asile V alentin, Van H elm ont, etc.\n    M. C ros n o u s a ss u re q u ’il n ’a pas lu les p h ilosophes, q u e d’a ille u rs il\nm ép rise e t tra ite d e « sectaires ». N ous cro y o n s v o lo n tie rs q u ’il n ’a eu,\nen effet, en co m p o san t so n            o u v ra g e , q u e des n o tio n s fo rt v a g u es, ou\nquelques ré m in isc en c e s lo in ta in e s des sy stèm es cla ssiq u e s. E t ju s te m e n t\nc e tte m éco n n aissan ce, d o n t il p a ra it fier, lui jo u e de bien m auvais to u rs\nen lui la issa n t c ro ire q u ’il d é co u v re ce q u i, d ep u is lo n g tem ps, e st de\nn o to riété d an s l'éc o le .    La m éth o d e môm e de so n liv re e ût profité à\nfré q u e n te r chez ces philosophes a b h o rré s. B ien q u e d’u n dogm atism e qui\nn ’a d m et pas de ré p liq u e , ce liv re sem ble p lu tô t u n e s o rte de confession\nm étap h y siq u e, où la foi p a rle d 'ab o n d an ce, q u ’u n exposé scientifique\nlo g iq u em en t c o o rd o n n é en p ro g ressio n c ro is s a n te . L’a u te u r n ’y c ra in t ni\nles re d ite s ni les d ig re ssio n s : e t p o u rta n t n o m b re d’a ss e rtio n s dem ande\nra ie n t u n su p p lém en t de p reu v es e t s o u v en t plu s sérieu se s. Au su rp lu s,\nM. C ros é ta n t de c e t av is, n o u s a u rio n s m auvaise g râ c e à in siste r.\n   Il n e p e u t ê tre q u e stio n ,   év id em m en t, de d is c u te r ici en d étail to u te s\nle s id ées q u ’il ém et. Ce n é c e s site ra it un volum e. Aussi n o u s b o rn e ro n s-\nn o u s à é m e ttre q u elques o b jectio n s s u r le s lig n es essen tielles.\n   D ans ses P rolégom ènes à toute m éta p h ysiq u e fu tu r e , K ant a p arfaitem en t\nd é m o n tré q u e , p o u r ê tre lé g itim e , la scie n c e des c a u se s d e v ra it, à l’a v en ir,\ns ’a p p u y er s u r l’e x p érie n ce . M. A ntoine Cros e st d ’u n a u tre avis. Il nous\nfait sa v o ir qu’u n e q u e stio n       p e u t ê tre ré so lu e, sim p le m en t q u and elle\ndo n n e lieu à u n e hypothèse p lau sib le. C’e s t p ro fe sse r q u e le ra iso n n e m e n t\nsuffit à to u t : m éthode u n peu tom bée en d é su é tu d e d ep u is la scolast ique.\nD e sc a rte s, qui e n fit u sag e , in v o q u a it l’évidence com m e c ritè re . M. Cros\nl’in voque a u ssi. E t plu s lo in : \" C 'est, d it-il, de réflex io n s a n a lo g u e s à\nc elles qui o n t d irig é N ew ton e t Leibniz d a n s la d é co u v e rte du calcu l\ndifférentiel q u 'e s t n é e c e tte h y p o th è se . »\n   Il y jo in t u n e a p p lic a tio n to u t à fa it n o u v elle d e la th é o rie       a tom ique.\nQue d e v ie n t en to u t ceci la p a rt de l’e x p érie n ce ? Elle e st fo rt r e s tre in te :\np e u t-ê tre u n c u rie u x c h a p itre s u r les Analogies observées, a uquel je ne\n"}, {"page_pdf": 414, "texte": "        un Philosophe.                                                                         379\n\n\n\n puis que re n v o y e r les le c teu rs. Ils y p o u rro n t lire de trè s in té re s sa n ts\n a p erçu s s u r la tra n sfo rm a tio n du ry th m e en form e e t ré c ip ro q u e m e n t.\n    Comme to u s les s p iritu a lis te s du p assé, e t à re n c o n tr e de la te n d a n ce\n u n a n im e des scie n c e s m o d e rn e s, M. le Dr Cros a d m et la s u rv iv a n ce in d i­\n viduelle de l’â m e M ais ta n d is q u e les p re m ie rs e u sse n t c o n sid é ré com m e\nu n sac rilèg e de lui d o n n e r u n e fo rm e, l’a u te u r du Problèm e, h a n té p eut-\n ê tre p a r ses étu d es p ro fessio n n elles, la m a té ria lise : l’àm e fa it a lo rs p a rtie\n in té g ra n te d 'u n ato m e q u ’elle g o u v e rn e à so n g ré , e t qui échappe, avec\nso n so u v e n ir a b so lu , à to u te s les d isso lu tio n s q u e la m o rt im pose aux\n a g ré g a ts m a té rie ls. Il e s t à p ein e b esoin de fa ire re m a rq u e r que c ette\n co n cep tio n d e l’atom e n e sem ble pas trè s p h ilosophique. L’a to m e , en\neffet, n ’a q u e la v a le u r d ’u n sym bole : c ’e st u n e fiction m a th é m atiq u e,\nun e p u re h y p o th èse, invérifiable à l’ex p érie n ce . E t l’e x p lic atio n la plus\nplau sib le q u e l’on p u isse d o n n e r de la m a tiè re elle-m êm e, ce com posé\nd ’atom es e t de m o lécu les, c’e st q u ’elle e st u n e p ro p riété de l’é n erg ie :\nl’o p acité de no s re p ré s e n ta tio n s . A quoi bon, dès lo rs, lo c a lise r l'â me\nd an s u n e form e fictive so u s p ré te x te d e lui d o n n e r p lu s de ré a lité ?\n L’â m e, m ais elle e st p a rto u t : e t si elle se m an ifeste avec co n scien ce\nd ’elle-m êm e en c e rta in e s c o n d itio n s d é te rm in é es, qui s o n t u n o rg an ism e\nsu p é rie u r, l’hom m e, rie n n e p ro u v e q u ’elle ne s o it v irtu e lle m e n t, à l’é ta t\nla te n t, si l’on v eu t, d an s to u te s les form es de la n a tu re , d a n s l’ensem ble\ndes a p p aren c e s.   Nous en som m es les m o m en ts e t l’efflorescence. E t\nce n e p e u t ê tre que p a r u n e illu sio n a n alo g u e à celle du n a u to n n ie r,\nse c ro y a n t seu l im m obile parm i la fu ite u n a n im e d es riv e s e t du pay sag e,\nou p ar un o rg u e il in ju stifié, que n o u s n o u s p ro clam o n s     co m plaisam m ent\nles u n iq u e s ê tre s doués de ce p rin c ip e m y sté rie u x : la m e .\n   Mais, d a n s l'h y p o th èse de M. C ros, où ira l’â me avec son souvenir\nintég ra l, a p rè s sa sép a ra tio n du co rp s ? Les re lig io n s, les m ythologies\ns o n t p ré c ise s à cet é g ard . — Aux C h am p s-E ly séen s, d isaien t les G recs ;\nau W alhall, ré p o n d a ie n t les S can d in av es ; au ciel ou en e n fe r re p re n n e n t\nles C h ré tie n s. Elle flotte d an s l’é th e r, im ag in e M. C ros. Ceci le ra p p ro c h e\ndu s p iritism e qui n o u s a ss u re que n o u s som m es e n v iro n n é s de forces\nd o n t n o u s n e p ouvons d é te rm in e r       les fo n c tio n s e t   le po u v o ir : les\ne sp rits. E t quelle, sera l’o c cu p a tio n de c e tte âm e en sa r e tr a ite a to m iq u e ?\n"}, {"page_pdf": 415, "texte": "380                                                                        la Wallonie.\n\n\nSe c ré e r des p a ra d is, avec u n e          séle c tio n d e ses so u v en irs idéalisés,\nq u 'elle in c a rn e ra e n su ite en to m b a n t, p a r h a sa rd , d an s u n org an ism e.\n   M. C ros a p ris so in , d’a ille u rs, de n o u s r a s s u re r s u r les su ite s de c ette\nm étem p sy ch o se, en n o u s affirm ant q u e l’â me c o n sc ie n te n e p e u t d é c h o ir:\np a r e x em p le, s 'in c a rn e r d a n s le co rp s d 'u n a n im al in fé rie u r. C’e s t u n\np ro g rè s s u r P y th a g o re . E t p u is, les âm es s o n t d es D ieux qui n e différent\ne n tre eux que du plu s au m o in s, e t s’e m b o îte n t les u n s d a n s les a u tre s\np ar u n m écanism e in g én ieu x . Voilà le p o ly th éism e re s ta u ré .\n   La plu s difficilem ent a ccep tab le d e ces h y p o th èses e s t c e rta in em ent\nle so u ven ir in tég ra l ; c a r ici le c o n trô le d e l’e x p érie n ce e st possible, e t il\nc o n tre d it l’a ss e rtio n de M. C ros. On n e s ’ex p liq u e pas trè s bien que\nl’â m e p u isse g a rd e r d an s la m o rt la m ém oire de to u te s ses se n sa tio n s,\na lo rs q u ’en c e tte vie elle l’a si peu. N on s eu le m e n t n ous n ’avons nulle\nco n sc ie n c e d ’e x isten c e s a n té rie u re s , bien q u e tels é ta ts d’âm e é tra n g e s,\nchez c e rta in s su je ts, d 'u n n e rv o sism e su b til, p u isse n t le faire su p p o se r, m ais\nq u o tid ie n n e m e n t n o tre vie e st p leine de la c u n es en ses rem em b ran ces. Je\ns ais b ien que M. C ros pose e n p rin c ip e la n é ce ssité d e l’oubli pour faire\nplace à des im p ressio n s n o u v e lle s. Mais c e tte affirm ation ne m e sem ble\npas trè s c o n clu an te : elle p ro u v e ra it m êm e p lu tô t le c o n tra ire , puisq u e\nles im p ressio n s s'e ffa c en t m u tu e lle m e n t.\n   La M orale qui c lô t c es sp éc u la tio n s sem ble aussi un peu é tro ite . Le\nb u t de la v ie e st de re c u e illir, d ’e m m ag asin er le plus d’im pressions pos­\nsib les, afin d e se c ré e r , a p rè s la m o rt, des p a ra d is. T o u t ce qui p o u rra\na u g m e n te r la som m e de nos jo u is sa n c e s e t de n o tre e x p érie n ce sera donc\nlég itim e, e t d ev ra ê tre re c h e rc h é p a r to u s les m oyens possibles. On voit\na u ss itô t, à q u els a b u s, à q u elles in ju s tic e s , p e u t p rê te r ce développem ent\nh y p e rtro p h iq u e du Moi. C’e st la lég itim atio n sy sté m a tiq u e do l’égoïsm e,\nd u m o n stru e u x égoïsm e social qui n o u s é tre in t. G oethe, a p rè s R ousseau,\nn o u s a d o n n é, d an s F a u st, l'im m ortel sym bole de c e t égoïsm e qui sacrifie\nsan s p itié s u r sa ro u te l’ê tre frêle capable de s e rv ir a u d éveloppem ent\ns e n sa tio n n e l d e sa p e rso n n alité.\n   É v id em m en t, M. le Dr C ros, qui co n d am n e le su icid e e t le c rim e , e t qui\na ssig n e p o u r b u t à la M orale, l'id é a l — in su ffisam m en t défini, d ’a ille u rs,\n— qui e n se ig n e s u rto u t l'am o u r e t le m é p ris des c h o ses fo rtu ite s, bien\n"}, {"page_pdf": 416, "texte": "         un Philosophe.                                                                           381\n\n\n\nqu ’il c o n sid è re , a p rè s L eibniz, ce m o n d e com m e a le m eilleu r possible »,\nn o u s m o n tre b ien d a n s quel se n s il d é sire q u e l’o n in te rp rè te ses in te n ­\ntio n s. M ais c ’est, p a r u n illogism e p u r q u ’il c h o isit e n tre les conséquences\npossib les de sa d o c trin e . E t com bien je p ré fè re c e t im p é ra tif catégorique\nde la m o rale k a n tie n n e : « T ra ite to u jo u rs to n sem b lab le, com m e s’il\né ta it u n e fin, n o n u n m oyen. »\n    D 'a ille u rs, po u rq u o i s ’o b s tin e r à faire to u jo u rs de la m o rale, u n co ro l­\nla ire obligé de la m é ta p h y siq u e ? ce so n t c h o ses en soi fo rt d is tin c te s .\nLa p re m iè re e s t to u te e x p érim e n tale, l’a u tre n e p e u t g u è re ê tre , q u a n t à\np ré s e n t, q u ’un e d ia le ctiq u e tra n s c e n d a n te . La m o rale d e v ra it d o n c ê tre\nin d é p e n d an te , ou to u t au m oins p ré c é d e r la s cie n c e des c au ses. Les ph i­\nlosophes b o u d d h iste s a v a ie n t b ien co m p ris c e tte v é rité , e u x q u i, a v an t\nd ’a b o rd e r l’étu d e de la sag esse, co m m e n ça ie n t p a r p u rifie r le u r vouloir.\nE t c ’e st au ssi so u s c e tte sig n ific a tio n q u e n o u s a p p a ra ît le m ythe sublim e\ndu G raal, où le p re u x é lu , d ig n e de « la Q uête » m y stiq u e, d evait avoir\nb an n i de so n c œ u r to u te p e n sé e , to u t d é sir im p u r, e t\n                  . . . . placé le g laive e n tre la c h a ir e t lui.\n    M ais qu’il sem ble loin e n co re ce jo u r, so u h aité p a r W u n d t, où, to u s les\nv o u lo irs u n a n im e m e n t é rig é s com m e les v iv an ts p iliers du T em ple fu tu r\nil la g lo ire du Dieu in c o n n u , l’hom m e p o u rra s’é c rie r au re b o u rs du\npê ch e u r de l’E v an g ile : « S e ig n e u r, d aig n ez e n tr e r d a n s v o tre dem eu re,\nc a r elle e st d ig n e d e vous re c e v o ir. »\n    Au d e m e u ra n t, le Problèm e re s te u n des plu s b eau x liv res philoso­\nphiques de c es d e rn ie rs tem p s, u n             trè s g ra n d e t h o n o rab le effort su b ­\nje c tif v ers la sy sté m a tisatio n d éfin itiv e d e ce que l’on p e u t d ire d e plus\nra tio n n e l s u r la d e stin é e h u m ain e. Il fa u t re m e rc ie r M. le Dr Cros d e ses\na p e rç u s si in té re s s a n ts s u r le m ode d'acquisition e t de c o n se rv a tio n de\nnos sen sa tio n s, et d 'a v o ir re c o n n u la h a u te v a le u r du ry th m e, bien q u ’il\nab u se, p e u t-ê tre , de c e lte loi m y sté rie u se qui e st com m e le lien des ra p ­\np o rts du m a té rie l e t de l'im m a térie l. M ême q u an d il se s e r t d ’hypothèses\nc o n n u e s, l’a p p lic atio n en e st si n o u v e lle , q u ’elle d ev ien t e n tiè re m e n t\no rig in a le .    Son g ra n d to rt, qui lui e st co m m un d ’a ille u rs, avec presq u e\nto u s les m é ta p h y sic ie n s, c ’e st u n e p ré o c cu p a tio n e x ag é ré e à c h erch e r la\nré a lisatio n      o b je c tiv e, à   tra n s p o rte r d an s l ’o rd re des p h én om ènes les\n"}, {"page_pdf": 417, "texte": "382                                                                         la Wallonie.\n\n\nré s u lta ts d ’u n e   d ialectiq u e p u re m e n t sp éc u la tiv e .   O r,   H um e,   K ant,\nB erkeley n o u s o n t dés lo n g tem p s p ro u v é, p a r le u rs p ro fo n d es a n aly se s,\nq u ’il n ’e st d o gm atism e si so lid em en t élabli qui p u isse ré s is te r à u n c ri­\nticism e ré so lu . Il e st d o n c à c ra in d re , m a lg ré la co n v ic tio n où n o u s\nc on v ie le Problèm e, que l’on n e c o n tin u e à e n v isa g e r l’au              delà avec\na n x ié té. P o u r n o u s, n o u s n ’a u ro n s g a rd e de c o n te s te r la v é rité absolue\ndu p rin c ip e n o u v eau q u e ré v è le M. C ros. Nous c ra in d rio n s tro p de m é rite r\nà n o tre to u r c e tte s e n te n c e de B au d elaire à u n v isite u r qui m a n ia it d’une\nm a in lé g è re m e n t irre sp e c tu e u se u n e figure du B ouddha : « P ren e z g a rd e ,\nsi c ’é ta it le v rai D ieu ! t.\n                                                               A c h ille   DELAROCHE.\n\n\n\n\n                CH RONIQUE MUSICALE.\n\n    Au prem ier concert du Conservatoire la symphonie n° 7\n de B eethoven. E xécution honorable, en progrès sur les pré­\ncédentes ; certes, il y avait encore des strideurs de cuivre\nbien im portunes dans le scherzo surtout, m ais les mouve­\nm ents étaient généralem ent mieux observés et l’on percevait\nun effort vers la clarté, sans que p o u rtan t le relief de l’œ uvre\na it sailli comme il l’eût fallu.\n   L es mêmes éloges, et les mêmes reproches qu an t à la\ncouleur confuse, peuvent s’appliquer à l’exécution de l’ouver­\ntu re de F a u st de W agner, m ais nous ne pouvons discuter\nl'interprétation d’une pièce symphonique que nous ne con­\nnaissions point. L ’œ uvre nous parut de ci, de là, obscure, pou\ncohérente, illum inée parfois de scintillantes analogies avec\nd’autres œ uvres du M aître, te l passage qu’on retrouve in té ­\ngralem ent dans T ristan, des effets rap p elan t ceux du V ais­\nseau Fantôm e, etc.; p ourtant de la noblesse, beaucoup d’élan,\nde l’éclat, m ais to u t cela c’est du W agner de transition.\n"}, {"page_pdf": 418, "texte": "      Chronique musicale.                                       383\n\n\n\n     D eux virtuoses connus : le violoniste Joach im, et M. de\n Greef, pianiste rem arquable et artiste pu r (concerto de\n V iotti, concerto de Grieg, sonate à K reutzer).\n     E t proclamons vite notre adm iration pour le Chasseur\n m audit, de César Franck. On p o u rrait re g re tte r de caractère\n anecdotique de cette légende qui amène le compositeur à\n introduire vers le début, une page peut-être trop uniquem ent\n descriptive. Mais quelle g randeur tragique en ces désespérées\n sonneries de cuivres, et comme sur toute l’œ uvre plane la\n te rreu r de celui qui ne p eu t se fu ir lui-mêm e ! L e musicien\n surpasse hautem ent le poète dont il s’inspira ; ce n ’est plus\n l’histoire un peu facile arrangée p ar Bürger, c’est un drame\n noir où s’ém eut toute l’âme humaine, et d’où s’érige le geste\n décisif du symbole.\n                                      _                Ch . P.\n\n    Aux nouveaux concerts, une exécution claire et assez ner­\n veuse de la symphonie de F ranck, bien dirigée p ar Sylvain\n Dupuis (mais pourquoi les mouvements si lents?). Nous avons\n déjà signalé cette œuvre, non point la m eilleure des compo­\n sitions de Franck, certes, m ais grande p ar la noblesse du\n l° r allegro (le canon, surtout) et, après un allegretto très\n inférieur, la dernière partie si pleinem ent musicale. Il va sans\n dire que nos restrictions ne sont suscitées que p ar les souve­\n nirs des chefs-d’œ uvre de César Franck, car il y a ici la\n “ p atte,, d’un m aître. D ans le même concert, une hym ne d’une\n m erveilleuse écriture et d’une inspiration très élevée, dédiée\n p ar F ran ck à Sylvain Dupuis; le m aître devait diriger lui-\n même l’exécution de cette belle page encore inédite et cette\n.pensée nous h a n ta it au milieu des applaudissem ents. Notons\n encore un chœ ur des Chameliers, de Rebecca, bien mince\n pour du F ran ck et puis une assez lim pide et très vigoureuse\n"}, {"page_pdf": 419, "texte": "384                                            la Wallonie.\n\n\nexécution de l’abom inable prélude du 3e acte de Lohengrin.\nNon, cette entrée de trom bone nous deviendra une obsession.\n\n   L a prem ière audition du conservatoire était consacrée à\nSchubert. Avec une libéralité peut-être excessive, le conser­\nvatoire a doublé d’un seul coup le nom bre des symphonies\ndu m aître, tous les programmes des journaux et même le\nprogramme officiel indiquant la sym phonie n° 7, sans doute\nparce que Schubert en a composé 3 1/2 E xécution médiocre\nde la dite sym phonie (enut, n n 1), quim éritait mieux que cela.\nIl est vrai, il n ’y avait là que des élèves.\n   Quelques lieder adm irables bien mal dits, à p a rt le pâtre\nsur le rocher, où Mlle Lejeune a m ontré, m algré sa technique\ntrès défectueuse, de l’intelligence et des intentions. Enfin, une\ntrès m éritoire interprétation (par Mlle Sampaix) de la fan ­\ntaisie en ut orchestrée p ar Liszt.\n\n  A un concert récem m ent donné à la salle de l’É m ulation,\nnous avons rem arqué, d ’un' jeune com positeur d ’ici, V ictor\nK ühn, un trio vivant et coloré, encore qu’un peu mince, et\nune sonate pour piano et violon, d’une consciencieuse écri­\nture, visant à la sobriété.\n   I l convient de féliciter M. Radoux d’avoir inscrit au pro­\ngram m e de son dernier concert Le Chasseur maudit', on p ré­\npare même une “ audition „ entièrem ent consacrée à César\nF ran ck : il y au rait des chœ urs de Ruth, la sonate à Y saye\ninterprétée p ar MM. M assart et D uyzings, etc. L e conser­\nv atoire songerait-il vraim ent à changer les traditio n s? Bravo,\net à b ientôt l’adm irable symphonie libre d’E rasm e R aw ay,\nn ’est-ce pas?\n   Q uant à M. D upuis, nous n ’attendions pas moins de son\nintelligente direction.\n"}, {"page_pdf": 420, "texte": "     petite Chronique.                                   385\n\n\n\n\n              P E T IT E CHRONIQUE.\n    Un artiste haut et fier, un E sp rit de toute noblesse\n  vient de disparaître : César F ran ck est mort. Il avait\n  vécu, obscur pour la foule, mais prince e t roi dans les\n palais de graves merveilles que faisait surgir le\n génie; tel il restera, grand à l’égal des plus grands en\n la pensée de quelques-uns, et c’est assez pour qu’ainsi\n soient rachetées l’indifférence et la haine qui vou­\n lurent l’étouffer. Nous n ’articlerons pas à la hâte\n sur un tel et magnifique thème. Plus ta rd peut-être\n l’un de nous parlera-t-il plus longuem ent de César\n F ran ck ; mais indiquons dès aujourd’hui un point\n trop oublié par ses biographes et nécrologues. I l y\n a au fond du cœur des Liégeois un vieux germe\n d’enthousiasm e aveugle qui facilem ent s’atte n d rit et\n se subtilise pour devenir du mysticisme ou s’éva­\nporer vers la musique. C’est cela qui conduit les 600\nFranchim ontois à l’attaque d’une armée de 50,000\nhommes ; c’est cela qui pousse le père Conrardy à\nrem placer le père Damien en cherchant la m ort chez\nles lé p re u x ; c’est cela qui fait grandir en terre w al­\nlonne ces étranges moissons de musiciens, depuis\nR oland de L attre ; et en même tem ps qu’il renaissait\nphilosophique en la symphonie de Raw ay, ce m ysté­\nrieux courant trouvait en César F ranck un aboutisse­\nm ent suprême, la divine corolle pour effumer ses\nderniers e t ses plus purs parfums. C’est la gloire de\n                                                   25\n"}, {"page_pdf": 421, "texte": "386                                               la Wallonie.\n\n\n\nCésar F ranck d’avoir précisé en soi-même et magnifi­\nquement résumé une race et des siècles qui trouvent\nen lui leur signification, et, cette race n ’eût-elle pas\nproduit ta n t d’autres grands artistes, il suffirait de\nCésar F ranck pour prouver qu’elle fu t nécessaire, et\nla justifier dans les tem ps qui viendront.\n                                              A lb . M.\n\n   Il est intéressant d’exam iner à quel point César F ran ck\né tait célèbre dans sa ville natale.\n   E n cette L iège qu’il aim ait, c’est à peine si l ’on soupçonnait\nvaguem ent son nom. Sans même le com parer aux grandes\ngloires locales telles que l’auteur de T âtî l' Perriquî ou\nM. Haseneier, clarinettiste, il est certain que F ra n ck é ta it ici\ncent fois moins connu que H ennequin, dont Liège est fière\nau moins a u ta n t que de G rétry. Ah Liégeois, Liégeois,\ntiesses di hoïe ! Non pas imbéciles, certes, m ais indifférents et\ninjustes avec gaîté, grands enfants étourdis que vous êtes !\n   L orsqu’il y a quatre ou cinq ans nous écrivîmes quelques\nlignes sur César Franck, son nom se trouvait peut-être cité\npour la prem ière fois avec le respect convenable dans un\npériodique liégeois...\n   Depuis il est vrai, on a m arché, — m ais bien lentem ent.\nM. Sylvain Dupuis persuada à la L égia de consacrer une petite\nsoirée à des oeuvres du M aître (à ce concert, il n ’assista guère\nplus de 300 ou 400 personnes, m algré Eugène et Théophile\nIsaye). A un concert de bienfaisance organisé dans un\nqu artier excentrique, on donna la réduction pour deux pianos\ndes Eolides. Après, les jeunes pianistes osèrent introduire\nparfois l’exilé dans le sanctuaire du Conservatoire en\nchoisissant le Prélude choral et fugue pour les concours supé-\n"}, {"page_pdf": 422, "texte": "       petite Chronique.                                     387\n\n\n\nrieu rs; enfin M. Théophile Isay e avait, joué les variations\nsymphoniques à un concert du Conservatoire. — Puis, le\nsilence, le complet silence. Quand les grandes orgues fu ren t\nsolennellement inaugurées au Conservatoire, on n ’y fit entendre\nnulle composition de César Franck, les augures ignorant sans\ndoute que ses œuvres pour orgue ne sont com parables qu’aux\nplus belles pages des m aîtres.\n   Or voici que tout à coup on sem blait se réveiller. Il y a\ntrois semaines le Conservatoire s’était décidé à donner le\nchasseur m audit — sans doute pour se faire pardonner l’o stra­\ncisme dont il frappe E rasm e R aw ay; — Enfin M. Sylvain\nDupuis avait préparé une exécution de la Symphonie et de\nl'hymne encore inédit que F ran ck lui dédia ; le m aître devait\nvenir diriger lui-même, — quelques-uns l’eussent acclamé, —\net il com mençait à pouvoir se créer l’illusion d’une certaine\n“ notoriété „ à L iége, lorsqu’il m ourut et qu’on découvrit son\ngénie.\n\n    Sixtine (*) p ar R em y de Gourmont, est certes un des livres\nde prose les plus élevés qu’a it produits la génération présente.\nCe long roman, d’une élégante écriture et vivant par des\npsychologies qui souvent dérivent à des pensées philoso­\nphiques, ce consciencieux et noble trav ail m ériterait mieux\nqu’une simple m ention à cette place. R egrettons que le\nmanque d’espace nous empêche d’en dire beaucoup plus long,\net notons au moins dans Sixtine quelques tra its particuliers.\nJ ’adm ire surtout la précise et subtile étude du dédoublement\ndu principal personnage, qui dans la vie reste m algré tout\nlittérateur, et, analysant avec trop de soin chacun des actes\nou des gestes qu’il ose, se trouve inférieur à la vie à cause de\n\n  (l ) S a v in e . É d ite u r . P a r is .\n"}, {"page_pdf": 423, "texte": "388                                                      la Wallonie.\n\n\nsa supériorité même. Aussi, ses précieuses discussions pour\nm ettre d’accord ses convictions idéalistes et les mouvements\nréflexes que, dans sa pensée, lui impose le monde extérieur ;\nm ais pourquoi reste r dans l ’indécision, et ne doit-il pas ici\nfatalem ent conclure à l ’inanité du phénomène en dehors de\nsoi ? Certains chapitres paraissent inutiles, —          du Boys,\nle bureau de rédaction, qui se tro u v ait déjà dans Charles\nD emailly ; — d’autres pages, hors d’œ uvre en apparence, me\nséduisent particulièrem ent, tels ces chapitres de l'Adorant.\nE t quelle artiste trouvaille de fixer par une pièce de vers\n(mais elles ne sont pas assez complètes), chaque stade de\nl ’évolution psychologique du personnage ! L e vers, ici,\napparaît comme une forme définitive sym bolisant telle phase\nde la vie d’un être dont la fonction est de créer toujours et\nde se créer de transitoires formes; c’est aussi, un peu, comme\nsi to u t à coup on percevait du dehors ce que ju sq u ’à présent\non avait aperçu dans l ’intim ité du salon choisi. J e rem arque\nencore l’indécision curieuse des personnages, leur m alaise\nd’agir, bien observé ; et puis il faut critiquer quelques\nattitudes peu nobles de la femme, et de la mollesse en telles\nparties d’un beau livre qu’il faut lire.             A. M.\n\n   L ’Échéance (1), un acte b ref et sobre, d’une vérité acci­\ndentelle très apparente, am er aussi et incisif comme une\ntranche de la Parisienne. L ’auteur, M. Je an Jullien, y prouve\ncertes son ta le n t ; quant aux théories nouvelles qu’il pense\napporter, je ne les ai point trouvées dans la préface (une\nétude sur le Théâtre vivant) pas plus que je n ’ai pu com prendre\nen quoi l’Echéance innovait pratiquem ent. Mais, novatrice ou\nnon, la pièce a de la valeur, et cela suffit.\n\n  ( 1) B u re au x d ’A rt e t c ritiq u e . P a ris .\n"}, {"page_pdf": 424, "texte": "        petite Chronique.                                                              389\n\n\n\n   Sourires pinces (*), une suite de proses un peu faciles, m ais\nd’une bonne tenue littéraire; de l’observation, juste, parfois\nmême pénétrante; du paradoxe, de l’outrance, de l’esprit,\nm ais pas toujours du plus fin, et de la vie, beaucoup de vie,\nen cette poignée de notes bien modernes.\n\n   Les Psychoses, 12 sonnets, ni bien ni mal, par A rsène\nE aynaud.\n\n   Q uant à l'Appel des Voix, de Charles Sluyts (2), c’est un\nlivre de vers à signaler .Certes, des réminiscences de F ern an d\nSeverin et même de Georges Rodenbach ont empêché le poète\nd ’épanouir sa personnalité; certes aussi, bien des vers sont\npeu définitifs, et bien des chutes déplaisantes. Mais il y a une\nparfaite unité dans la grâce de visions douces parm i des\narbres, les reflets d’une eau profonde, des femmes qui passent,\ndes songes de mers. Tout est lointain, le lac a des rives de\nsonge, les arbres se font des vêtures d’ombre, les femmes\ns’entourent de silence, et, le livre achevé, on sa it gré au\npoète du lent rythm e qu’il a réveillé en nous.\n\n   V ient de paraître, chez Bailly, à P aris, la Gloire du Verbe,\np ar P ierre Quillard. A bientôt l’analyse de ce beau livre.\n\n  L a bienvenue à deux nouveaux confrères. Les Jeunes (3)\nadoptent la devise : ose ! et publient en leur prem ier n° des\narticles de MM. A ndré, F ra p p a rt, T ristelles, T ouchard,\n\n\n   ( 1) P a r Ju le s R en ard . P a ris , A lphonse L em erre.\n   (a) B ru x elles, Lacom blez.\n   (3) R evue m e n su e lle , S fr. l’a n :       N am u r,      23,   boulev.   d ’Heuvy.\nP. A n d ré, d ire c te u r.\n"}, {"page_pdf": 425, "texte": "390                                                                  la Wallonie.\n\n\nChalon et Vierset. P arm i les antres collaborateurs : Grégoire\nL e Boy, F ern an d Severin, Charles Sluyts, Jam es V an\nD runen, noms connus. Les Jeunes ont encore des progrès à\nfaire, certes, m ais ils les feront, et déjà ce prem ier numéro\nles m ontre pleins de très bonnes intentions et déterm inés à\nne pas rester à l’arrière-garde. La Revue belge illustrée (1)\npublie de la prose et des vers de MM. M elmaur, Giraud,\nL udw ig Gheldre, M ardoche et J . V anderbrugghen, avec des\ndessins de Rassenfosse, Berchm ans, Binjé, L ynen; notons\naussi une bonne critique, philosophique et moderniste, du\nsalon défunt, p ar J . du Jardin. Tout cela indique suffisam­\nm ent que La Revue belge illustrée n ’a rien de commun avec\nle canard louvaniste de M. Tilm an, ce dont on ne sau rait trop\nla féliciter.\n   L a Jeune Belgique s’apprête à fêter la fin de cette année\np ar un grand banquet auquel ses abonnés et divers litté ra ­\nteu rs ont été priés de souscrire.\n   R em arqué, dans la dernière livraison, les beaux vers\nd’Iw an Gilkin.\n   L a Pléiade cessse de paraître, son propriétaire M. P .\nLacom blez ay an t décidé de la fusionner avec la Jeune Bel­\ngique, dont il devient l’éditeur.\n   Sous l’artiste direction d’A lbert A rnay, la Pléiade s’était\ninfinim ent relevée; elle publia quelques très belles pages,\nentre autres des vers de Severin et un article de M aeterlinck,\nqui furen t rem arqués à ju ste titre. Notons, dans le n° triple\nqui term ine cette année, une pièce très suggestive de Gilkin\net un adm irable fragm ent de la Solyane de Charles V an\nL erberghe.\n\n   ( 1) M en su elle; a b o n n . 3 fr. av ec d e ssin s h o rs te x te , 0 9 , ru e S tév in ,\nB ru x elles.\n"}, {"page_pdf": 426, "texte": "     petite Chronique.                                        391\n\n\n\n   L ’étudiant socialiste vient de naître à Grand (1). O utre les\narticles scientifiques et politiques dont nous n ’avons pas à\nnous occuper ici, il publie une intéressante étude su r la litté ­\nra tu re moderniste.\n   U n franc succès, bien m érité, au T héâtre wallon, pour\nBrique et m oirtî, tableau natu riste en 2 actes, p a r H en ri\nSimon II y a là de l’observation toute vive, de la psycho­\nlogie même, et beaucoup d’a rt dans l’agencem ent des scènes\net le dessin des types.\n\n   L e Comité de Publication de l’A lm anach de l'U niversité\nde G and, p rép aran t pour 1891 le 7e de la série de ses\nannuaires, fa it un pressant appel à la collaboration des jeunes\nlittérateu rs belges. A dresse : Gand, Coupure, 46.\n\n  L ’éditeur Lacomblez, de B ruxelles, vient de rééditer, coup\nsur coup, la Princesse Maleine, Les Aveugles et les Serres\nchaudes de M. M aeterlinck. V oilà donc ces beaux livres à la\nportée du g rand public.\n\n  N otre prochain n° sera consacré aux Pétales de Nacre\nd’A bert Saint Paul. '\n   F a isa n t allusion à un article paru en la Wallonie de juin-\njuillet, M. A nt. Cros nous prie de faire rem arquer qu’il n ’est\npas “ un sectaire de la m éthode scientifique dont il nie\nl’existence réelle. „\n  Viennent de paraître les derniers vers do Ju les Laforgue,\npubliés p ar E douard D ujardin et F élix Fénéon. L iv re odieu­\nsem ent imprimé, m ais édition d’une scrupuleuse correction,\nqui dut exiger d’incroyables soins.\n\n   ( 1) T ro is fra n c s l’a n , au V ooruit, G and.\n"}, {"page_pdf": 427, "texte": ""}, {"page_pdf": 428, "texte": "                      TABLE                 DES      MATIÈRES\n\n                                       pour 1'Année 1890.\n\n                           A*.                                   G e rm a in e      FRANCK.\n\nCh a nson ,                                   29.    R ê ve de M ai,                                     350.\na u tour de S o i,                      '     34.\nla p etite E lle,                             35.                              A. H.\nsous les Y e u x ,                          '195.\nle vain S o u rire ,                         196.    les.X X ,                                           126.\n\n                    J u le s   BOIS.                             A u g u ste     HENROTAY.\n\ntes Ye u x ,                                 77      la C hair e t l’E sp rit,                            38.\np o ur la Dém one,                          305.\n                                                            J o s é - M a r ia      de    H ER ED IA .\n          M arcel          C O LLIÈRE.\n                                                     le D aim io,                                        1 13.\nà   la Mém oire d 'E p h r a in\n    M ikhaê l,                              308.                 F e r d in a n d        HÉROLD.\n\n                        Ch . I).                     les Roses,                                          314\n\nC hroniq u e d’A rt,                          97.                    H u rert        KRAINS.\nC onférence d e M aurice\n   W ilm otte.                               140.    Im p ressio n s d ’A rt, p a r               E ug.\n                                                        D einolder (ch . litt. ) ,                        101.\n         A c h ille      DELAR OCHE.\n                                                                   B ern ard         LAZARE.\n1ers,                                        201.\nu n P hilo so p h e (DrA , C ros),           375.    la M ort re n o n c ée ,                             289.\n\n     C h a r le s     D ELCH EV ALERIE.                    C h a r le s     VAN LERBERGHE.\n\n A vril d ’Ame,                               09.     T aie,                                               06.\n\n             Jean         DELVILLE.                                G r é g o ir e        LE ROY.\n\n S a in t-Je a n le Théologien,               9 1.    laisse tom ber les Roses,                           205.\n L 'A m e des F oules,                        95.\n                                                                                 A. M.\n             A rth u r         DUPONT.\n                                                      C h r o n iq u e    l it t é r a ir e   :\n les Couples noirs,                          301.     R ich ard W ag n er,                                251.\n"}, {"page_pdf": 429, "texte": "394                                                                    la Wallonie.\n\nB an q u e t D ierx,                    25 5 .                  J ean MORÉAS.\nL e ttre s de l’O uvreuse,\nT e n d re sse ,                                  le Tro p h ée,                           184.\nà T rép as,                                       G alatée,                                185.\nM iette,                                          C hanson,                                186.\nM axim e,                                         Élégie p rem ière,                       187.\nles N oces de S ath an ,                          É légie d eu xièm e,                     188.\nles Lys n o irs,                        343.      Eglogue à Æ m ilitts,                    190.\nC o n cert L a m o u reu x ,            351.\nS ix tin e,                             38 7 .               Gabriel MOUREY.\n\n      Maurice       MAETERLINCK.                  P ré lu d e ,                            71.\n                                                  le Jard in de P ro s e rp in e (tr . de\nl'In tru s e (d ram e',                    3.        A. S w in b u rn e),                 365.\n\n        S téphane 'M ALLARM É.                                P ie r r e -M. OLIN.\n\nB allets,                               17 7 .    S té p h a n e M allarm é en B elgique 9 0 .\nthe W h irlw in d ,                     35 3 .    les    P etits E nfants :\n                                                  au Bord de la M er,                    120.\n           S tuaut M ER RILL.                     s u r la M er,                         191.\n                                                  d a n s la F o rê t,                   317.\nN o ctu rn e,                            37.                           Ch . P.\nIm p ressio n s d ’A rtiste,            198.\nL e ltre ,                              352.       C o n ce rts du C o n s e rv a to ir e ,\nle P a la is désert,                    359.          no u v eau x c o n c e rts,             98.\nFantôm es,                              3G2.       V incent d 'In d y ,                       99.\n                                                   C hronique m usicale,                    3 82.\n           D auphin M EUNIER.\n                                                              R aoul PASCALIS.\nle G énie était,                        313.\n                                                  à l’Irré v é lée,                          45.\n            Ai .bert MOCKEL.\n                                                             P ierre QUILLARD.\nChronique littéraire :\ndu T h é â tre ,                                   E phraim M ikhaël,                      321.\nAxel,                                              la P eu r d ’a im er,                   325.\nl'In tru s e e t la P rin ce sse                 ' G œ tterdœ m rnerung,                   326.\n    M aleine,                                      le P rince d 'A v a lon,                327.\nla D am nation de l'A rtiste,                      les F rè re s d’A rm es,                3 29.\nP o èm es a n cien s e t rom an esq u es,          Cham bre d 'A m o u r,                  331.\nle Po sséd é,                                      L ied ,                                 3 31.\nm es M ém oires,                                   la M ort in u tile,                     332.\nles P aean s e t les T h rèn e s,                  en M orvan,                             3 33.\nla N éva,                                          C ristal,                               334.\nle M eilleur D ev en ir e t le Geste               Messe des Morts,                        335.\n    in g é n u ,                          207.     P rologue p o u r un Poème\nC onte,                                   372.        dialogué,                            339.\n"}, {"page_pdf": 430, "texte": "         Table des Matières.                                                                   395\n\n\n           H en ri de       REG N IER.            N otes s u r l’A rt,                         122.\n                                                  N otes s u r l’A rt,                         341.\nO delettes, I,                           -193.\n            II,                          -194.              ÉM ILE     VERHAEREN.\nVers,                                    303.\n                                                  S oirs de J a rd in ,                         65.\n             A d o lp h e    RETTÉ.               le S ilencieusem ent,                        145.\n                                                  u n e P ro m en ad e,                        147.\nuil P rologue,                           257.     un S oir,                                    150.\nT hulé des B ru m es,                    262.     u n R éveil,                                 152.\nN o ctu rn e ,                           26 6 .   S ais-je où ?                                159.\nC répuscu le du S o ir,                  269.     une N u it,                                  160.\nN octam bulism e,                        27 3 .   l’A q u ariu m ,                             161.\nà M erci,                                27 6 .   Q uelques-uns,                               163.\n L o isirs.                              277.     en B iscaye,                                 464.\nIn v o c a tio n ,                       27 8 .   le P older,                                  166.\nl’é te rn e l Motif,                     27 9 .   S o n n e t,                                 467.\nSoir tr in ita ir e ,                    280.     les M aîtres du S iècle,                     468.\ndu H a sch ich ,                         283.     un Soir,                                     316.\nC hanson d ’h iv e r ,                   371.\n                                                        F r a n c is   V IE L Ë -G R IFFIN .\n           F ern an d       RO USSEL.\n                                                  m on Valve de ce S oir.                       68.\nA ngoisses du D oute,                    114.     notre H eure,                                355.\n\n          A lb e r t   SAINT-PAUL.                           A u g u ste   V IERSET.\n\nle L ys et la R ose,                      44.     from e Home :\n                                                           B ro u illard ,                      49.\n             C h a r le s   SLUYTS.                        P e ttic o a t lane.                 50.\n                                                           sev en D ials,                       53.\nV ers,                                    87.              th e T o w e r,                      79 .\n                                                           W estm in ste r Abbey,               82.\n         C h . Ai.g . SW INBURNE.\n                                                               G a sto n   VYTTAL.\nle Ja rd in de P ro s e rp in e (trad .\n   pa r M ourey),                       365.      Poèm es iro n iq u es, XVI,                   59.\n                                                         Id.             XX,                    64.\n            M a r io    VARVARA.\n                                                     p e tite C h ro n iq u e :\nd e l’A lbum p a ris ie n ,               72.\n                                                  P ag es 6 2 , 6 4 , 1 0 4 , 112, 1 4 0 , 144,\n         H en ry   VAN DE VELDE.                     1 7 5 , 176, 2 5 2 , 2 5 6 , 3 1 9 , 3 2 0 ,\n                                                     3 4 9 , 3 5 2 , 3 8 5 , 391.\nN otes d ’A rt,                           90.\n"}, {"page_pdf": 431, "texte": ""}, {"page_pdf": 432, "texte": "                                      de nos Collaborateurs :\n                                                         Chantefable un peu native (à p a­\n A * .......................................................\n                                                               ra ître prochainement).\n J u l e s B o i s .............................. ..... A u delà (à p ara ître prochaine­\n                                                               ment).\n H e c t o r Ch a in a y e . . . .                       L ’Ame des choses.\n A c h i l l e D e l a r o c h e . . . Aênor (à p ara ître prochainem ent).\n CÉLESTIN D E MBLON . . . Contes mélancoliques.\n                                                         Le Roitelet.\n C a m i l l e L e m o n n i e r . . . L e Possédé.\n C h a r l e s V a n L e r b e r g h e . Les Flaireurs.\n G r é g o ir e L e R o y . . . .                        Mon Coeur pleure d'autrefois.\n M a u r i c e M a e t e r l i n c k . . Serres chaudes.\n                                                        L a Princesse Maleine.\n                                                         Les Aveugles.\n                                                         L 'Intruse.\n Sté ph a n e Ma lla rm é                       . . Poèmes d'Edgar Poe.\n                                                         Villiers de l'Isle Adam.\n                                                        Pages (à p ara ître prochainem en\n S t u a r t M e r r i l l . . . . Les Gammes.\n                                                        Les Fastes (sous presse).\n J e a n M o r é a s ............................... Les Cantilènes.\n                                                        L e Pèlerin passionné (sous presse).\n G a b r ie l M o u r e y . . . .                       Crépuscules d’Ames.\n                                                        Flammes mortes.\nP i e r r e -M . O l i n ......................... Mes Mémoires.\nP i e r r e Qu il l a r d . . . .                       L a F ille aux mains coupées.\n                                                        La Gloire du Verbe.\nH e n r i d e R é g n ie r               . . . Épisodes.\n                                                        Poèmes anciens et romanesques.\nA d o l p h e R e t t é . . . , . Cloches en la N uit.\n                                                        Une belle Dame passa (à paraître).\n                                                        L a F orêt bruissante     »\n                                                        L a seule N u it          »\n A l b e r t S a i n t - P a u l . . . Scènes de Bal.\n                                                        Pétales de Nacre (à p ara ître pro­\n                                                              chainem ent).\nF e r n a n d Se v e r in . . . .                      Le Lys.\nE m i l e V e r h a e r e n . . . . Les Soirs.\n                                                        Les Débâcles.\n                                                       Les Flam beaux Noirs (à p araître\n                                                              prochainem ent).\nF r a n c i s V i e l é -G r i f f i n . . Ancaeus.\n                                                       Joies.\n"}, {"page_pdf": 433, "texte": "  5o ANNÉE, No 11 ,\n\n\n                           LA WALLONIE\nR EV U E M EN SU ELLE D E LIT T E R A T U R E E T D ’ART\n\n\n\n   D irecteurs : MM. A l b e r t MOCKEL, P i e r r e -M . OLIN\n                    et H e n r i d e R É G N IE R .\n\n               Bureaux : rue St-A dalbert, 8, L iége.\n\nAdresser toutes les communications 307, Avenue Louise, Bruxelles.\n\n    A b o n n e m e n t : 5 fr. p ar an. Union postale : 6 fr. 50.\n\n\n\n                           SOMMAIRE :\n\nStephane Mallarmé                th e W hirlw ind.\nF. Vielé-Griffln .               notre H eure.\nGermaine Franck                  R êve de Mai.\nStuart M errill .                le Palais désert. — Fantôm es.\nHenri de R égnier                Vers.\nA. Swinburne (trad. par\n    G. M o u r e y ) .            le Ja rd in de Proserpine.\nMarcel Collière .                 à la mémoire d’E phraïm M ikhaël.\nAdolphe Retté. .                   Chanson d’hiver.\nAlbert Mockel .                  Conte.\nAchille Delaroche                un Philosophe (le docteur Cros).\nCh. P ....................       Chronique musicale.\nA. M.....................        César Franck,\n                                 petite Chronique.\n\n                  Ce numéro 50 centim es.\n\n\n\n                            Des presses de II. V aillant-C a rm a n ne, à L iége.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 9, "mois_verifie": false, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": true, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1890-11", "signet_source": "5ème année - N°11 - Novembre 1890", "preuve": "Numéro lu sur la couverture (PDF 433 : « 5e année, N° 11 », sommaire imprimé) ; le mois n'y est pas lu : Novembre 1890 d'après le signet et la note du sonnet de Mallarmé (« parut à Londres, en Novembre 1890 »), dédicace de Collière datée du 7 septembre 1890, mort de César Franck (nov. 1890) évoquée dans la Petite chronique. PDF 387 : annonces de revues (L'Art moderne, etc.) ; PDF 428-432 : table des matières de l'année 1890.", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}