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Dites ? la laideur, l’uni­\nverselle et l’inévitable, faite chair sous des man­\nteaux, des robes, des bottines, des chapeaux ; faite\nbois, fer, acier, joyaux, papier, marbre; collée aux\nmurs, scuptée, colorée, bâtie, fondue, apothéosée;\n                                                    10\n"}, {"page_pdf": 161, "page_imprimee": 146, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1522, "texte": " 140                                     la Wallonie.\n\n\n\n une laideur éclatée en miracles, dites ? J’aboutissais\n à des tristesses d’encre, à des rages de vrille à\n travers mille métaux : non pas seuls les y e u x ,\nmais les oreilles, le toucher, le goût, le corps entier,\nm’étaient torture : je sentais des acides sous ma\nlangue et des épines sous mes ongles. Certes, peut-\nêtre demain, crispé, tenaillé, n’en pouvant plus,\naurais-je fini par incendier ou tuer : cela me serrait\nà la gorge — et il m’aurait semblé n’exécuter qu’un\nsimple ordre.\n\n    Je n’osais me regarder en des miroirs. Moi-même\n  n’étais-je pas atteint de cette maladie universelle qui\n  m’exaspérait chez les autres. Ma chambre vieille heu­\n reusement et toute disloquée de souvenirs partis,\n m’était plutôt une pensée qu’une chose. Je ne la\n contemplais qu’à travers tel rêve songé en tel coin,\n tel vers trouvé à telle table où mes plumes et mes\n livres instauraient l’illusion. Puis l’immense rideau\n perpendiculaire qui la barrait en son milieu, bougeait\n si étrangement parfois, que j ’ignore quoi de surna­\n turel se manifestait derrière. Aussi une très vieille\n petite horloge longtemps silencieuse, s’était mise à\n vivre certain soir et depuis son pouls battait, battait\n comme un glas perpétuel vers je ne savais quelle\n inquiétude. Ma chambre m’était ainsi un retrait pré­\n cieux : je m’y cloîtrais des jours entiers, vivant avec\n du silence et du travail et certes, maintenant encore\nje regrette de ne la plus voir : elle et ces murs d’é­\n"}, {"page_pdf": 162, "page_imprimee": 147, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1391, "texte": "   Le plus précieux des cinq sens.                  147\n\n\n\nbène et ses vieux tapis usés par des pas, depuis si\nlongtemps, à toute éternité, immobiles.\n\n\n   Un soir, comme de la rue déserte une chanson\nmontait, si désespérément détraquée et vidée de sens\nque n’importe quelle araignée de rêve pouvait tisser\nsa toile dans les thèmes, j ’eus la curiosité de\nregarder dehors, tout à coup. La fièvre me tannait le\npouls; je me sentais brûler, dites, vers quelle folie?\nEn bas, sous un oblique coup de gaz, auprès d’une\nlanterne, une pâle face, trouée d’une bouche san­\nglante râlait vers moi les quelques notes cassées\ncomme ses dents. Et je voyais distinctement dans la\nfigure en l’air deux vides de chaque côté du nez,\ndeux trous bouchés et comme raccommodés à la hâte.\n   L ’aveugle me fixait sans voir, la tête obstiné­\nment levée vers les aumônes qui pouvaient lui pleu­\nvoir des fenêtres, la tête lamentablement tendue au\nbout du cou, la tête, oh! cette tête de détresse et de\nmisère vieille comme un siècle et battue de vent et\nraclée de pluie et comme de pierre contre la mort.\n\n\n   La tentation tout à coup me brûla de son fer\nrouge. Je courus vers ma table de toilette : \" cet\nhomme, du moins il ne la sentait plus, lui, toute\nl’horreur de sa vie, il ne la voyait plus, lui, toute la\nhideur de son corps, ni toute la monstruosité du\nmonde Et sans réfléchir, sans l’oser, en un extrême\n"}, {"page_pdf": 163, "page_imprimee": 148, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 299, "texte": "148                                     la Wallonie.\n\n\n\ntressaut d’exaspération, je saisis mes ciseaux et plus\nimmédiatement encor, éperdu, avec je ne savais\nquelle fierté de moi, je me fis sauter les yeux comme\ndes billes devant le miroir.\n  (1889)\n                           E m il e   VERHAEREN.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-002", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 149, "page_fin": 151, "titre_corps": "Odelettes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henri de Régnier", "ancre_debut": "ODELETTES.                             I.     Tristesse! mon Ame est d", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 164, "page_imprimee": 149, "debut_caractere": 16, "fin_caractere_exclue": 533, "texte": "ODELETTES.\n\n\n                          I.\n\n\n\n\nTristesse! mon Ame est dans tes voies\nE t pleure aux cippes de tes chemins\nTon fardeau pèse à ses épaules que tu ploies\nTes asphodèles se fanent entre ses mains\nTes chimères agonisent au pli des soies\nQu’elle traîne dans la cendre de tes chemins !\n\n\n\nTristesse ! mon Ame est sur tes pas ;\nElle te suit le long du fleuve et de la haie\nDe toute la hâte de ses pieds las.\n— L e vent pleure dans l ’arbraie —\nElle s’entrave dans sa robe et folle, hélas !\nTe tend les bras...\n"}, {"page_pdf": 165, "page_imprimee": 150, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1060, "texte": "150                                           la Wallonie.\n\n\n\n      Tristesse ! mon Ame est sous ton aile.\n      Vous marchez côte à côte ainsi comme deux sœurs\n      Dont l’une plus faible chancelle\n      Et dont l ’autre a de grandes douceurs\n      Pour la plus faible qu’elle couvre de son aile !\n\n\n\n      Tristesse ! mon Ame est dans ton ombre.\n      Mène-la si loin que le soir\n      Y soit grave et calme et le jour sombre,\n      Mène-la si loin que l’Espoir\n      Ne l’atteigne du vol rose et noir\n      De ces ailes de gaze et de moire,\n      Mène-la hors de la mémoire\n      Vers les Sept Demeures de l’Ombre !\n\n\n\n                               II.\n\n\n\n      L ’Epée et l’Eventail, le Fard et le Bouquet\n      Un masque superpose un rire au pleur des faces\n      Une chimère étrange en la soie aux rosaces\n      Se mire dans l ’ébène et le buis du parquet.\n\n\n\n      Qu’est-il donc de si lent à mourir et si pâle\n      Dont tant de crépuscule encor n’ait eu raison\n      Et qui réfugié parmi la vieille opale\n      Y menace la paix de l’antique Maison.\n"}, {"page_pdf": 166, "page_imprimee": 151, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 294, "texte": "Odelettes.                                           151\n\n\n\n0 folâtre folie enfin qui s’attribue\nL a nôtre et l’éventail disperse au vent du soir\nTout souci, là, comme un papillon rouge et noir\nQui vole sur la coupe où la Mort sera bue.\n\n\n                                 Henri   de   RÉGNIER.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-003", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 152, "page_fin": 153, "titre_corps": "Drame", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Stuart Merrill", "ancre_debut": "DRAME.                                            à Paul Percheron.        Sur la s", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 167, "page_imprimee": 152, "debut_caractere": 21, "fin_caractere_exclue": 749, "texte": "DRAME.\n\n\n\n\n                                       à Paul Percheron.\n\n\n\n\n   Sur la scène à fond de crépuscule où se balancent,\n au vent des musiques, des arbres aux fastueuses\nfloraisons d’étoiles, mille danseuses, dont les poignets\net les chevilles éparpillent à l’ouïe de rythmiques\ntintements de pierreries, tourbillonnent dans l’aé­\nrienne tempête de leurs tulles ramagés d’ asphodèles\net d’amarantes.\n   Et dans la salle au dôme de ténèbres que sup­\nportent, tassées, des statues à torses de colosses,\nsurgissent, sur les larges gradins de sardoine, mille\nchevaliers dont les casques et les cuirasses, coruscant\naux flammes crépusculaires de la parade, réfractent\nlourdement vers l’ombre l’or de leurs ancestrales\n devises.\n"}, {"page_pdf": 168, "page_imprimee": 153, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 526, "texte": "    Drame.                                         153\n\n\n\n  Parfois une ballerine, en sa lascive voltige, abat,\nd’une main habile aux subites insultes, quelque\nidéale étoile, et s’en parant la gorge, chante dans le\nsoudain silence l’Ode de la V ie et de la Mort.\n  Lors les chevaliers, se prosternant sur les dalles\nde sardoine avec un fracas de métal qui présage de\nmortels désastres d’amour proclament à voix de ton­\nnerre la gloire des danseuses et l’inanité des astres.\n\n                              S tuar t   M ERRILL.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-004", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 154, "page_fin": 154, "titre_corps": "Le vitrail des saintes : Cœcilia", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "CŒCILIA.     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Ferdinand Herold", "ancre_debut": "CHRISTIANA.   Parmi le", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 170, "page_imprimee": 155, "debut_caractere": 80, "fin_caractere_exclue": 789, "texte": "CHRISTIANA.\n\n\nParmi les floraisons qui gemment le rivage,\nSuivant des yeux le doux Archange Gabriel\nQui plane et rit, vêtu, d'or immatériel,\nElle rêve. Au lointain, gronde le flot sauvage.\n\n\nBarbare a dompté sa ville et la ravage :\nNulle plainte ne sort de sa lèvre de miel;\nJésus Libérateur veille aux clartés du ciel,\nQu’importent le travail amer et l'esclavage ?\n\n\nLes oiseaux rois des mers, les calmes goélands\nS'en viennent de l’azur avec des arcles lents\nPour adorer la pure et la candide Vierge.\n\n\nE t là bas, solitaire en des champs de mêteil,\nTJn cyprès vigoureux et droit, tel qu'un grand cierge,\nDresse sa tête où meurt un rayon de soleil.\n\n\n                           A. F e r d i n a n d HEROLD.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-006", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 156, "page_fin": 156, "titre_corps": "Little sketches : Aube d’hiver", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Delchevalerie", "ancre_debut": "Aube d’hiver. 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Et, par dessus la\nhaie drue et morte, voici surgir dans une lande\nmauve, sur l’horizon, un montant soleil rouge, comme\nun Roi d’or que le site attendait.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-007", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 157, "page_fin": 157, "titre_corps": "Little sketches : Heure lunaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Delchevalerie", "ancre_debut": "Heure lunaire.         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Ses rayons à mes pieds\n tombent sur la lente eau du fleuve et, ses reflets dans\n la noire onde bleutée, c’est un semis de joies frêles,\n dans la maternelle eau d’ombre, une scintillante\nmort de rêve en exil : à côté de l’inquiétude humaine\n des lumières, là-bas, mirées au flux qui passe — et si\npeureuses de couler vers l’arche béant toute proche,\noù les ténèbres haineuses sont massées.\n   Mais c’est trêve, cette nuit : la ville dort d’un pur\nsommeil sous l’enchantement de la lune; les quais au\nloin s’étendent, et s’amortit sous la douce nuit le\ntremblement des feux épars, une vague brume indé­\ncise le calme alignement des maisons. — Neigent\nsur toutes choses les pardons du divin silence; seule,\npar intervalles, une monotone rumeur de chute\nd’eau, au barrage — comme une lente mélopée de\nnourrice.\n   Soudain, un carillon s’égrène, quelque part, et c’est\npar les airs comme un frisselis rythmé d’ailes argen­\ntines.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-008", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 158, "page_fin": 158, "titre_corps": "Little sketches : Crépuscule", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Delchevalerie", "ancre_debut": "Crépuscule.        Un grand ciel clair qui l", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 173, "page_imprimee": 158, "debut_caractere": 104, "fin_caractere_exclue": 1307, "texte": "C répuscule.\n\n\n\n\n   Un grand ciel clair qui lentement s’assombrit, et,\nnoirs sur l’horizon bruni de fumées, une tour, des\ncheminées, des pignons se dressent. Vers la droite,\nc’est comme une fantasque guipure d’arachné dans\nle couchant, les cimes de la forêt qui moutonne. —\nLe site se devine plutôt : cette banlieue et la cam­\npagne qui commence là-haut — car, dès la houle des\ntoits où se carre un clocher massif, une brume plane,\nveloutée, çà et là percée d’un feu lointain qui palpite\nassourdi. Ici plus bas, dans le cadre des boulevards,\ns’agite sous l’ombre accrue une vie vespérale de\nsquare et d’avenue; des lueurs s’allument: mouche­\ntures espacées du gaz, là l’éclair réfléchi d’une vitrine,\net glisse l’errant lumignon des fiacres. — Les quais,\npuis le fleuve clair encore, à mirer le grand ciel, et si\ncalme dans cette solennité du soir. Parmi l’eau qu’il\ntrouble de lentes orbes paresseuses — ses lignes\ndiffuses déjà, et plus qu’une sombre silhouette —\nun vapeur évolue, d’où s’effume un vain panache de\nblancheur dans la nuit qui s’amasse. — Des bruits de\nchariots, des rumeurs que l’ombre ouate; le ciel\nbleuté se fonce. Et, heurtant aux arbres des quais,\ntitube un vol de chauve-souris.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-009", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 159, "page_fin": 159, "titre_corps": "Little sketches : Matin sur l’eau", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Delchevalerie", "ancre_debut": "Sous une frileuse brise d’aube, la rivière coule, lente ent", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 174, "page_imprimee": 159, "debut_caractere": 126, "fin_caractere_exclue": 795, "texte": "Sous une frileuse brise d’aube, la rivière coule,\nlente entre ses bords durcis et poudrés de gel.\nVirent des cycles d’aigue, et s’évaguent des volutes\net s’ondent de menus flots par l’eau joueuse où,\nmirés au clair de cette paresseuse dérive, des peu­\npliers en massif sur la berge projettent leur ombre\nd’hiver, noirs troncs grêles et fine ramure. Au mol\nvoyage alenti des ondes palpite une vie fantasque de\ncolonnes tordues, de piliers secoués, de branches qui\ngirent, ondoient et se déroulent, quand, au bord du\nrivage, un rond soleil levant se pose, et ce paradoxal\néchevèlement d’arbres s’active à captiver en ses\nréseaux la boule de feu qui en ronge les mailles.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-010", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 160, "page_fin": 160, "titre_corps": "Little sketches : Couchant", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Charles Delchevalerie", "ancre_debut": "Couchant.        Le site s’indécise parmi", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 175, "page_imprimee": 160, "debut_caractere": 103, "fin_caractere_exclue": 726, "texte": "C ouchant.\n\n\n\n\n   Le site s’indécise parmi la molle paix bleue d’une\nfin d’après-midi; et, à l’horizon, là-baut, mi-voilé des\npâles vapeurs qui l’exbaussent sur les coraux d’un\nmassif d’arbres, le soleil en son moelleux nimbe\norangé, c’est une flamboyante hostie au ciboire du\ncouchant, une charité mourante et lumineuse sous la\nteiete grisaille du ciel. Et montent, vers l’Eucharistie\nsaignante à ces impalpables doigts qui défaillent,\nlà sur l’autel triste des cîmes d’hiver — montent,\nd’un élan si naïf, en blanches prières d’humilité, les\nvaines fumées du val qui rêve.\n\n                    C h ables   DELCH EYALERIE.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-011", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 161, "page_fin": 161, "titre_corps": "Les sommeils de marbre", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LES SOMMEILS DE MARBRE.     Ainsi les Ames des morne", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 176, "page_imprimee": 161, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 737, "texte": "LES SOMMEILS DE MARBRE.\n\n\n\n\nAinsi les Ames des mornes races féodales\nperpétuant l’orgueil en sépulcres célèbres,\ngisent leur long sommeil de marbre sur les dalles\nlourdes de siècles morts et de passés funèbres,\n\n\nles héraldiques et grands cadavres blancs\naux droites mains jointes d’ardente rigidité\net qui, blêmes de foi, s’érigent hors les flancs\nhiératiquement pour des prières d’éternité.\n\n\n\nSous le lourd deuil d’ombres des cryptes tumulaires\ndort en le songe illustre de leur front solennel,\nla barbare splendeur des règnes séculaires.\n\n\n\nEt leurs corps où s’est glacé le sang originel,\nsont dans les marbres — rigidement patriciens —\nles Fantômes pétrifiés des temps anciens.\n                                                   11\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-012", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 162, "page_fin": 162, "titre_corps": "L’horreur de la pluie", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Jean Delville", "ancre_debut": "HORREUR DE LA PLUIE.        Implacablement, mornem", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 177, "page_imprimee": 162, "debut_caractere": 78, "fin_caractere_exclue": 1208, "texte": "HO R REU R DE LA PLUIE.\n\n      Implacablement, mornement, fatidiquement\n      il pleut d’interminables pleurs de pluie, il pleut\n      de la mort sur la ville morne et morte de soleil.\n      Il pleut du néant, immensément, sur mon sommeil\n      et mes songes de spleen et dans la Nuit, il pleut\n\n\n      implacablement, mornement, fatidiquement...\n\n\n      Oh! la ténébreuse douleur de la Nuit pleure\n      sur la veillée pâle de mon cerveau pensif.\n      Sur la dalle de mon front en sanglots funèbres\n      il pleut des lividités et des ténèbres,\n      sur la veillée pâle de mon cerveau pensif\n      oh! la ténébreuse douleur de la Nuit pleure....\n\n\n      implacablement, mornement, fatidiquement...\n\n\n      Il pleut, il pleut de la léthargie sur ma chair,\n      rigidement comme des cilices fantastiques\n      qui veulent macérer les hantises stuprales,\n      il pleut sur mon corps ardent brûlé de râles.\n      Rigidement comme des cilices fantastiques\n      il pleut de la léthargie, il pleut sur ma chair...\n\n\n      implacablement, mornement, fatidiquement...\n\n\n                                      J e a n D E L V IL L E .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-013", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 163, "page_fin": 164, "titre_corps": "Poèmes ironiques", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Gaston Vyttall", "ancre_debut": "POÈMES IRONIQUES.                              XII.     Le caveau sombre est", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 178, "page_imprimee": 163, "debut_caractere": 11, "fin_caractere_exclue": 593, "texte": "POÈMES IRONIQUES.\n\n\n\n\n                         XII.\n\n\n  Le caveau sombre est bien triste; des pleurs\nsuintent le long de ses murs humides ;\n                           x\n  L ’obscurité verdâtre et lourde, la rouille sur la\ngrille ancienne, le silence — et rien, plus rien — pas\nmême la MORT.\n                           X\n   Le caveau morne est las, bien las et bien triste et\nsi vide, oh ! si vide dans le bâillement continuel de\nson ennui.\n                           X\n  Il a froid, le pauvre, il pleure ; il est seul, aveuglé\ndans son long ennui lourd, couvert d’obscurité\nmuette.\n"}, {"page_pdf": 179, "page_imprimee": 164, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 512, "texte": "1G4                                        la Wallonie.\n\n\n\n                          X\n  Mais voilà que la grille tourne et grince horrible­\nment. Des pas lourds, des ronflements de corde, des\njurons, un sanglot lointain, un choc lourd.\n                          X\n   La grille grince, refermée; les pas s’éloignent. Un\nsilence plus profond emplit le caveau satisfait.\n                          X\n  Repu où la bière neuve s’étend en une longue\ntache grise.\n\n                              G a s to n   V Y TTALL.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-014", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 165, "page_fin": 165, "titre_corps": "Prière", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "José Hennebicq", "ancre_debut": "PRIÈRE.                                          A Jean Delville.    Seigneu", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 180, "page_imprimee": 165, "debut_caractere": 18, "fin_caractere_exclue": 757, "texte": "PRIÈRE.\n\n\n                                       A Jean Delville.\n\n\n\nSeigneur ! J'ai crié vers vos deux mon repentir,\nJ’ai flagellé mon corps (les verges du supplice,\nJ’ ai mangé votre chair et bu votre calice\nE t de blasphémateur, je me suis fa it martyr !\n\n\nSuivant le rituel des Elévations,\nO Seigneur, j ’ai levé vers Vous, comme une hostie\nExpiatoire, ma blanche âme convertie —\n— En le tragique espoir des absolutions.\n\nCrucial Rédempteur des péchés et des Vices !\nPar Votre flanc navré du fer des sacrifices,\nPar Votre F ront perlé de la sueur de sang,\n\n\nOubliez mes Hiers, purifiez ma race,\nDes lys de vos pardons auréolez ma face,\nE t comme un ange blanc, faites mon Rêve blanc !\n\n                                J osé HENNEBICQ.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-015", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 166, "page_fin": 166, "titre_corps": "Ad majorem gloriam", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Émile Besnus", "ancre_debut": "AD MAJOREM GLORIAM.     Tu disais : “ L'avenir n'est p", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 181, "page_imprimee": 166, "debut_caractere": 4, "fin_caractere_exclue": 804, "texte": "AD MAJOREM GLORIAM.\n\n\n\n\nTu disais : “ L'avenir n'est pas la Nuit tombale,\nVa délibérément aux villes triomphales\nOù t'aventurent ta fortune et tes chemins;\n\nSi des lois de combat tyrannisent la vie —\nMésestimant leurs lois serviles, sacrifie\nToute la vanité des heures à Demain. „\n\nTu disais : “ L ’horizon n’est pas une limite\nNi nos âmes l'inerte mine des termites\nSans même un peu d'espace aux murs de la prison...\n\nMais la belle patrie à Ceux-là soit donnée\nDont les désirs du temps plus loin que les années\nMontent vers l'horizon plus loin que l’horizon. „\n\nVois maintenant — châteaux tombés, saisons finies —\nAvant demain, parmi maintes voix d’ironie\nPour démentir l’orgueil de tes mots véhéments,\n\nCiselé Là — ton nom silencieusement.\n\n                                      E m il e   BESNUS.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-016", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 167, "page_fin": 171, "titre_corps": "Georges Seurat", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "Henry Van de Velde", "ancre_debut": "GEORGES SEURAT.                                                 Il fa u t des Christs de l'A", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 182, "page_imprimee": 167, "debut_caractere": 137, "fin_caractere_exclue": 1873, "texte": "GEORGES SEURAT.\n\n\n\n\n                                            Il fa u t des Christs de l'A rt p ou r guérir\n                                                                les lép reu x.\n\n\n                                                                             G. F l a u b e r t .\n\n\n\n   « A B ru x e lle s, la Grande Jatte fe ra it sca n d a le . Il y a u ra it, si elle é ta it\nexp o sée,     des cas       s u b its d ’a lié n atio n   m en tale e t des apoplexies fou­\nd ro y a n te s! » — P a r s u ite , M. Ed. P ic a rd , si m al in te n tio n n é to u jo u rs,\nin te rc a la it u n e a sté risq u e d e rriè re c e tte b o n n e p ro m esse q ue g a ra n tis sa it\nu n e c o n d itio n ré a lisab le , e t, au re n v o i, il d é p êc h a it : — « do n c, m on\nch er M aus, il faut l’e x p o se r au x XX, l’an p ro c h a in ; n o te d’u n c o rre c te u r.\nEd. P.\n   C’e st re n d a n t co m p te d e c e tte e x p o sitio n de 8 6 , où se g ro u p è re n t, ru e\nLaffitte, les Im p re s s io n n iste s fra n ç a is, d ’u n a rtic le p a ru          en J u in 86 en\nl' A rt M oderne.\n   L’éto ile que M. E d . P ic a rd in s é ra it d e rriè re le nom de S e u r a t — q u ’on\nc ita it p o u r la p re m iè re fois en B elgique — le d e v ait m e ttre en su b it e\nlu m iè re , l’a u ré o la n t — y s o n g e a -t-il? — de la sym bolique c la rté q u 'a v a ie n t\nim a g in é e les A n c ien s p o u r Ceux d’é le ctio n !\n   — T o u tefo is l’a rtic le n o u s le sig n a la it avec défiance « u n o rig in a l,\na u to u r d u q u el e n c e tte e x p o sitio n in tra n s ig e a n te , les in tra n s ig e a n ts eu x -\nm êm es liv ra ie n t b a ta ille ; les u n s e x h u lta n t o u tre m e su re , les a u tre s\n"}, {"page_pdf": 183, "page_imprimee": 168, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2978, "texte": "  168                                                                           la Wallonie.\n\n\n\n c ritiq u a n t san s m é n a g em e n t. » — \" Messie d ’u n a r t n o u v eau ou m ystifi­\n c a te u r à fro id ! » m ais en final a p rè s av o ir d it du Fort Samson, du B ec du\n Hoc, de la Rade de Grandcamp , de la Seine à Courbevoie, l’a u te u r a y an t\n rec o n q u is l’aplom b d u bon p ro p h ète — q u e so n t c eu x qui fo u rn iss e n t\n c e tte R evue — m ais qu’un Dimanche \" la grande Jatte en 8 4 p a ra it avoir\n in tim id é u n in s ta n t, b a p tisa      G eorges      S eurat     « p e in tre s in c è re , réfléchi\n o b s erv ate u r que l'a v e n ir c la ssera ».\n\n      — T elle que définie en ce volum e « la science des couleurs d e 0 . N.\n Rood * la th é o rie , là d ’a sp e c t si p eu su b v ersif, si tra ître u s e m e n t in s in u é e ,\n — lisez : c n o u s voulons p a rle r de l'h a b itu d e d e d isp o se r trè s p rè s l’u n de\n l'a u tre u n g ra n d n o m b re de p e tits p o in ts de d eu x c o u le u rs e t de les faire\n m é la n g er p ar l’œ il m a in te n u à u n e d ista n c e c o n v en ab le. M éthode, qui\n e st p re sq u e la seu le m a n iè re p ra tiq u e p o u r le p e in tre de m ê le r ré e lle m en t\n n o n pas des m a tiè re s c o lo ra n te s m ais des faisceau x de lu m iè re colorée ! »\n décid a de l’a v e n ir du P e in tre . —\n      — Au plein des re c h e rc h e s p o u r u n e p ra tiq u e de d iv isio n du ton a u x ­\n q uelles d 'a u tre s , — ta lo n n é s d’un in asso u v ib le d é s ir de lu m iè re , — des\n g lo rieu x : C laude M onet, C. P issarro se liv ra ie n t, to m b a it e n tre les m ains\n de    Seurat      ce t a p p o in t co n sid é ra b le , u n volum e qui scie n tifiq u em en t for­\n m u la it to u te s les lois de la c o lo ra tio n , d issé q u a it ses m u ltip les com bi­\n n a iso n s, b u rin a it si laco n iq u em e n t l'em ploi d ’u n m ode q u ’il p o uvait fa ire ,\n a v a n t to u t a u tre , sien . —\n      P o u r les a tte n tifs p a ru re n t les p re m iè re s a p p lic a tio n s d é c o n c e rta n te s ;\np o u r le com m un e x clu siv e m e n t p ro v o c a tric e s. D’o ù , à P a ris , où le je u n e\np e in tre m a n ife sta it, de ra g e u se s v o c ifé ra tio n s. Suffisam m ent s ig n alé p ar\ne lles à la c u rio s ité d ’a r t des XX, ce fut elle, p lu tô t que l’e sp o ir c rim in e l en\nles a lié n atio n s m u ltip les e t p ro p h é tisé es, les ap o p lex ies fo u d ro y an te s et\ne x p ia to ire s, qui d écid a d’u n e in v ita tio n p o u r le u r IVn,e Salon an n u el\nde 87.\n      Au re s te , ce Dimanche à la Grande Jatte, en 8 4 , Coin d’un Bassin ,\nà Honfleur , l’Hospice et le Phare de Honfleur , la grève du B as-Butin,\n 'embouchure de la Seine, soir , q u e                    Seurat      c atalo g u a it en o u tre        des\nP aysag es s ig n a lé s à P a ris n e p ro v o q u è re n t — hélas ! — la m o rt de p e r­\n"}, {"page_pdf": 184, "page_imprimee": 169, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2966, "texte": "        G eorges S eu rat.                                                                           169\n\n\n\n so n n e ; to u t au. p lu s, le P e in tre s ’épuisait-il — on le sait m a in te n a n t ! —\nà ce tra v a il de d a m n é , à c e tte te n sio n c o n sta n te v e rs u n b u t qui s ’élo ig n e\nde plu s en p lu s, à c e tte p ra tiq u e « néo-impressionniste » qui n e ré s e rv e de\nsatisfactio n au p e in tre q u ’a u m o m en t où il déposa le p in c e a u , a p rè s le\nd e rn ie r p ig m e n t piqué.\n    Car si la ré a lis a tio n e s t trio m p h a n te , l’a c h e m in e m e n t e st d o u lo u re u x ,\nép u isa n t, n ia n t to u t e m b allem en t, n ia n t \" c e lte jo ie de l'esq u isse \" le\nm ot e st d’E m ile V e rh a eren — si p u issa n te q u ’elle d o n n a it la fo rce d’a ller\nju s q u ’au b o u t du plu s infini œ u v re .\n   — Les â n e rie s, les in v ra ise m b lab les in d ig n a tio n s qui fa isa ie n t p o u sse r\ndes c ris si      peu éq u iv o q u es au c o u tu m iè re m e n t         si v eu les P u b lics de\nB ru x elles e t de P a ris o n t é té so ig n eu se m e n t e n re g istré e s . Ce sera l’h e u re\nb ie n tô t, n ’e st-c e pas ? de les s o rtir p o u r v e n g er u n peu ce p a u v re S e u r a t .\n   — P o u r ta n t é tait-il assez d éd aig n eu x ! ses g ra n d s y eu x p lacides d is tin ­\ng u a ie n t n e tte m e n t, p a r delà les p o in g s lev és le Chem in e t la G loire e t sa\nforce lui v e n ait, p e u t-ê tre , au ssi d e l'e s p o ir en la M ort qui v iendrait\nl’a b a ttre a v an t q u ’il n ’e u t dû se c o u rb e r !\n   L 'éto ile que M. E d. P icard av ait pu c h o isir é ta it fatale e t celui qui le\nré v é la it Messie m a rq u a it sa m o rt à peu près à l’âg e de l’A u tre !\n   — R éin v ité en 8 9 , au VIe salo n des XX, S e u r a t y acc ro c h a les Poseuses.\nEn l’in te rv a lle d e ces d eu x a n n é e s, sa confiance en la p ra tiq u e de la\ndivision du to n s ’é ta it afferm ie p a r l’affiliation de Camille Pissarro, de\nPaul Signac, d e Dubois-Pillet ; e t dès la p re m iè re h e u re en B elgique de\nW illy Finch, p lu s ta rd de Théo Van Rysselberijhe. Son fa ire s ’é ta it a ss o u ­\npli, ses c o m b in a iso n s s 'e n h a rd is s a ie n t, to u c h a n t de plu s p rè s à la v ra ie\nlu m iè re , e t en place des p o stu re s h ié ra tiq u e s de la Grande Jatte so n t les\nPoseuses de lig n e s m o u v a n te s e t o n d u la to ire s, de b eau x co rp s so uples et\nch arn u s.\n   U ne o b je c tio n , e n tre a u tre s : u n m ode qui im m o b ilise ra it la vie, v ê ta it\nles fig u res d 'u n e rig id ité d e b o is, se co m p laisait en des a ttitu d e s s ta tiq u e s\nplus p u é rile s q u e s y n th é tiq u e s , a v ait v isib lem en t frap p é      Seurat     et aux\np ro m e n e u rs ro id e s e t qui d e v ie n d ro n t le fond m êm e de son tableau les\nPoseuses, il o p p o se de belles c h a irs m o u v a n te s de fem m es !\n"}, {"page_pdf": 185, "page_imprimee": 170, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 3066, "texte": " 17 0                                                                      la Wallonie.\n\n\n\n     — De plus, le p rocédé « néo im p ressio n n iste » qui au                        d é b u t é ta it\n l’u n iq u e souci de l'in v e n te u r, se greffe de p ré o c cu p a tio n s plus p u re m e n t\n a rtis tiq u e s. R ép o n d a n t au re p ro c h e de d isp o sitio n in h a rm o n iq u e , que\n n o u s o sio n s, S e u r a t avoue, dès lo rs, ses re c h e rc h e s p o u r u n e signifi­\n cation plus p ré c ise des lig n e s !\n    La c a p tiv an te s é rie de P ay sag es e t de M arines : Bords de la Seine\n (île de la Grande Jatte), Temps gris (id ) —ces deu x m erv eilles lé g è re s e t\n fluides com m e des to d e s d e C orot e t qui le p ro u v e n t si ré e lle m en t\n p e in tre , quoi q u ’o n en d ise — un Dimanche ( Port en Bessin) in o u b liab le ;\n d ’o rd o n n a n c e si sp éc ia le , si rig o u re u s e m e n t fatale — le Pont et les Quais\n(port en Bessin', l’avan t-port, marée haute (id), l ’avant-port,                              marée\n basse ( id .), les Jetées (id), les Grues et la Percée c o m p lé ta ie n t av ec ces\n 3 d e ssin s : Paul A lexis , au Concert Européen, à lu gailé Rochechouart,\nson envoi.\n\n   — D ès le d é b u t, S e u r a t , q u ’u n e p en sée d e ré n o v a tio n c o m p lè te e t\nra tio n n e lle a v a it p o u ssé à ré p u d ie r le lu x e can aille des pom peuses\nb o rd u re s d o ré e s, a v ait affirm é sa p ré d ile c tio n p o u r le c a d re blanc,\nis o la te u r,   ré s o rb a n t d e s to n a lité s h o stile s e t a v o isin an te s e t q u ’une\np re m iè re in te n tio n    v o u la it, se n ia n t so i-m ê m e . P lu s ta rd , c o n tra ria n t\nso n d é sir d ’a v a n t, il d o te d ’e x isten c e sa b o rd u re , im ag in e s u r la p e in tu re\nu n e m êm e la rg e u r de p o in ts de c o n tra s te , u n r e p o r t co m p lé m en taire, un\nc a d re fictif d a n s l’in v a ria b le c a d re b la n c . P o u r les Poseuses, c ’e st le c ad re\nm êm e, s u r u n e m e n u e p a rtie , q u ’il influence d es to n s lim itro p h e s. E t au\n3 me envoi (salo n des X X, 91) to u t le b la n c de n é g atio n s e ra envahi\n— th é o ris a it en e x p lic atio n s c o n fu ses, S e u ra t, p ré te x ta n t d’u n e d isp o si­\ntio n p u isée au x rè g le s d e la m ise en s c è n e w a g n é rie n n e                e t voici\nc ré ée s ses d e rn iè re s b o rd u re s d’u n p o in tillé lo g iq u e m e n t c o n tra s ta n t,\nv ib ra n t d es d éco m p o sitio n s fo u rm illa n te s en elles ; h o rrib le s s u rto u t !\n   — * Chahut» se u l s ’y m a in tie n t, qui p o u rta n t n o u s sé d u isit                    plus\ne n co re « a u x In d é p e n d a n ts » à P a ris , d a n s so n p re m ie r e n c a d re m e n t\ng ris. Les p ay sag es d u Croton : Amont et A val, c eu x du Chenal de Grave­\nlines : Grand Fort Philippe, un soir , e n s o u ffre n t, e t le u r p ré c ie u se e t\ninfinie d é lic ate sse de to n a lité e t d e to u c h e s ’y e n ca n a ille .\n"}, {"page_pdf": 186, "page_imprimee": 171, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 2599, "texte": "         G eorges S eu rat.                                                                        171\n\n\n\n\n   U ne m ie n n e « note sur l'a n » p a ru e en a v ril 9 0 , e n c e tte W allonie,\nsignale le « Chahut », d é co u v re le sy stè m e d e lig n e s qui l'a r c h ite c tu re :\n— « l’in te n tio n , c ’e st p a r u n e d ire c tio n s o u te n u e des lig n e s a rriv e r à\ne x p rim e r la g a îté . Dès lo rs , to u te s m o n ta n te s, a u -d e ssu s de l’h o riz o n ta le ;\np a rta n t de la d ro ite v e rs la g a u ch e ; ja illis s a n te s d’u n co in du c a d re p o u r\ns’ép an o u ir e n g erb e v e rs l’a u tre c ô té . »\n   C ette so u m issio n d e la lig n e q u e S e u r a t v e u t m oyen d’ex p re ssio n e t\nqu’il s y n th é tis e ra : calm e, g a ie ou tris te , se re tro u v e a u ssi b ie n en ses\nM arin es,en ses P ay sag es qui lui ré s e rv e n t u n e si m a rq u a n te e t si sp éc ia le\nplace p arm i le s p lu s g lo rieu x .\n   — Ne cro y ez p as, ch ez lu i, en d e s c iels d e h a sa rd , se m o u v a n t à leu r\ng ré . S e u r a t im m obilise au p assag e le n u a g e de s tru c tu re c o rre sp o n d a n te\nà la s e n s a tio n q u ’il im pose e t il sa v a it bien où le p re n d re s’il n ’en venait\npas à p a ss e r au b o n m o m en t.\n   — M oins « une Baignade » d o n t d it Gustave Kahn « q u ’elle m a rq u e le\npassage de S e u r a t d a ns la te c h n iq u e im p re s sio n n iste » e t le « Cirque »\n— in a c h ev é , p a ra ît-il. — acc ro c h é to u t ré c em m en t a u salo n des In d é ­\np e n d a n ts à P a ris , j ’a u ra i c ité to u te l’œ u v re du P e in tre\n   — E n l’h o rrib le c e rc u e il, qui va Le d é fe n d re u n p e tit te m p s c o n tre\nl'hu m id e c o n ta c t de la te r r e , e st clo u ée la p lu s b elle p a rt de Son g é n ie ,\ncelle q u 'il ré s e r v a it p o u r Ses œ u v re s fu tu re s . E t ceu x qui se p ro c la m a ien t\nSes d isc ip le s, se d e m a n d e n t a u jo u rd ’hui avec u n e an x ie u se in q u ié tu d e\nquelle s e ra la d e stin é e de l ’A rt qu’à Sa s u ite ils in n o v e n t.\n   — A l’h e u re d e Son irrém éd ia b le som m eil, j'a i c ru m ieu x faire d’é voquer\nl’OEuvre d e ce P ré d e s tin é q u e d e to n n e r in u tile m e n t c o n tre la stu p id e\nM ort.\n   Mon é m o tio n n ’eu e st pas m o in s d o u lo u re u se p o u r av o ir é rig é c e t\nhum ble « en m ém o ire » d ’a d m ira tio n , p lu tô t q u e de m ’ê tre com plu d ans\n« de la littéra ture » .\n\n\n      A vril 9 1 .                                            Henry      VAN DE VELDE .\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-017", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 172, "page_fin": 188, "titre_corps": "Les livres", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "LES LIVRES.           DIPTYQUE, pa r F RANCIS V I", "ancre_fin": "R.", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "NOTES", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 187, "page_imprimee": 172, "debut_caractere": 20, "fin_caractere_exclue": 1025, "texte": "LES LIVRES.\n\n\n        DIPTYQUE, pa r F RANCIS V I ELÉ G r i f f i n\n\n                       (h ors com m erce).\n\n\n\n  Voici un livre qu’on ne pourra tenir que d’une bienveillance\nparticulière de l’auteur et un titre qui indique le reploiement\nde deux faces sous la scrupuleuse garde d’un fermoir et\nsignifie cette sorte de mise au secret de l’œuvre aussi bien\nqu’il me semble vouloir dire en quel sens de pieuse patience,\navec quel soin et à l’écart, parmi la solitude des temps, elle\na été élaborée, avec je ne sais quelle attitude de Maître ima­\ngier d’autrefois.\n  L e premier aspect du livre est le poème du “ Porcher, „ qui\nrestera, j ’en suis sûr, une des belles inventions de la poésie\nmoderne et signale un retour monitoire à une simplicité\nnécessaire :\n  A une orée de forêt, un porcher garde ses porcs, en se\nressouvenant... et, c’est la fuite de la maison paternelle au\ngalop, jadis, du bai. et la vie “ de seuils en écueils, lui,\nsemeur d’or et eux, couples de joie et de bruit „ et c’est Lise\n"}, {"page_pdf": 188, "page_imprimee": 173, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1845, "texte": "     les L iv re s.                                          173\n\n\n\nla Dévote et Marc le Bel et Laure et Flavie, et il lui semble\nque tous et toutes repassent devant lui et s’étonnent qu’il\nsoit là, lui le Prodigue d’alors, et si vite ils passent, là ou\ndans son songe, qu’il ne peut leur dire que toute tristesse est\nailleurs que là, en la belle forêt, est en eux!\n   Ce qui est indicible c’est le ton de tout cela ; les odeurs de\nforêt qui imprègnent le poème, le frisson des feuilles, le jeu\ndes rayons, l'admirable évocation de nature, l’attitude des\narbres, les bumbles herbes et les heures que traverse le\nbruit des haches, “ lointain et sourd,. „ ce sont les frivoles\nombres du passé — femmes rieuses et hommes qui sourient\n—•et la figure triste et pacifique du doux porcher Euphorion\net c’est l’impression de bure, de terre humide et fouie, une\namertume de cendre, le reflet de l’or et de la folie expiés, le\ngoût de larmes anciennes et le geste des pauvres mains qui\ns’occupent de détails serviles...\n  L e second poème Eurythmie est le rajeunissement par une\nmise au point juste d’un noble thème poétique : le Dialogue\nde la Muse et du Poète ; mais point en une réalité même allé­\ngorique. C’est un recul en de l ’invisible. L ’être qui converse\navec lui-même, un dédoublement de conscience qui se spécifie\nen une présence nulle autrement que par les images qui la\nfaçonnent un instant.\n  La dénégation séculaire du Poète devant les chimères de\ngloire ou d’action dont il ne se veut leurrer revendique le\ndroit de ne se satisfaire qu’en l’unique et essentielle Poésie.\n   L ’ordonnance lyrique du poème est fort belle. L ’image y\nafflue, s’y coordonne, s’y engendre avec une ampleur et une\nnoblesse infinies. De strophe en strophe le mouvement se\nrenforce ou s’enraie, persiste ou se hâte et les vers magni­\nfiques et doux y abondent.\n"}, {"page_pdf": 189, "page_imprimee": 174, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1673, "texte": "174                                               la Wallonie.\n\n\n\n  Tels sont, bien mal et à peu près, ces deux poèmes divers\net liés profondément et qui forment un des plus purs en­\nsembles poétiques que je sache, œuvres qui se rattachent\naux Cygnes, à Ancœus, aux Joies en les surpassant pourtant\ncomme de juste car il est dans l’ordre qu’un esprit supérieur\nprogresse dans le mieux aussi bien qu’ un médiocre s’éver­\ntuerait dans le quelconque.\n  L a prosodie de Francis V ielé Griffin est logique et excel­\nlente puisqu’elle lui permet d’exprimer en un langage riche\net simple les nuances les plus délicates de sa pensée et qu’elle\nrépond au seul devoir de toute métrique qui est d’être\nharmonieuse et incantatoire.\n                                                                 R.\n\n\n           LES CAHIERS D ’ANDRÉ W A L T E R\n\n                  Œuvre posthume. P e r r i n .\n\n\n  Il y a certes une délicatesse à ne pas rattacher ce que l’on\nest — et que signifie le nom dont on signe — à quelque frag­\nment du passé trop intime ou douloureux constituant une part\ndu soi que l’on fut et qu’on se désintéresse d’avoir été. Le\nlivre où est retracée une telle période de vie prend à être ainsi\nisolé un caractère plus impartial, plus lointain et comme\npudique qui lui épargne le manque de honte qu’il y a — et\naussi un peu d’effronterie courageuse — à toute autobiogra­\nphie. Mais aussi cette retenue enlève à cette sorte d’ouvrages\nle quelque chose de saisissant ou dé hautainement grandiose\nqu’ont des Confessions ou des Mémoires d'Outre-Tombe.\n  L ’auteur des Cahiers en obéissant à une louable injonction\nde sa délicatesse a poussé peut-être un peu loin le scrupule\n"}, {"page_pdf": 190, "page_imprimee": 175, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1924, "texte": "    les L iv re s.                                           175\n\n\n\nen cherchant à donner à son livre une authenticité factice\npar des artifices de composition destinés à donner l’impression\nde notes quotidiennes, disjonctives.... Peut-être y a-t-il là\nsubterfuges inutiles. Je relèverai de même an certain abus de\ncitations par lesquelles au lieu de tirer de son propre fond\ndes équivalents il passe trop souvent la parole à des voix\nétrangères.\n  L ’œuvre, telle qu’elle est, est du plus grand intérêt.\n   Une analyse, ici forcément succincte, en donnerait si mal\nl’idée que j ’aime mieux la supposer lue du lecteur et l ’engager\nà confronter sa manière de voir à certaines des miennes.\n  Ce livre me semble résumer avec une compétence parfaite et\nbeaucoup de clairvoyance une manière de concevoir l’amour\npropre à une catégorie de jeunesse pensive et sérieuse. Il y a\nlà mieux que l’exposition d’un cas individuel et le livre a\nchance de correspondre à bien des expériences secrètes. Il\nest de ceux où chacun goûte à se retrouver un peu.\n  Cette façon de concevoir l ’amour est caractérisée par sa\ngrande générosité et une présomption des forces humaines\nIl inclut à la fois le sacrifice et l’aridité. C’est un amour\nd’âme à âme au-dessus de la chair (plus tard, à l’âge “ baude­\nlairien „ intervient la recherche de l’âme à travers la chair).\n  Aussi, cet amour cherche-t-il son aliment en la musique,\nen la lecture qui favorisent cette communication psychique\net s’adresse-t-il aux véhicules intellectuels.\n  De ce point de départ l’auteur a tiré les dernières consé­\nquences et à ce lieu du livre on passe de l’autobiographie à\nl’hypothèse logique. En de telles conditions la mort est\ninefficace et ne supprime qu’une part inutile des êtres et le\nsentiment surnaturel continue son existence qu’il n’emprun­\ntait pas aux conditions de la vie, mais à quelque chose de\npréalable, de supérieur, et de subséquent à la vie.\n"}, {"page_pdf": 191, "page_imprimee": 176, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1499, "texte": "176                                                             la Wallonie.\n\n\n\n   Ce livre est peut-être un peu de la lignée de Dominique,\nmais tout y est exhaussé, épuré, le drame évolue en une\natmosphère claire, transparente, cristalline et selon des\ncourbes musicales.\n  Le détail, outre l’intérêt du thème, est partout excellent. Le\nstyle est délicat, un peu grêle, distingué. C’est l’œuvre d’un\nesprit ordonné, chaleureux et très apte aux métaphysiques\nsubtiles et l’image qu’il a du monde est comme effacée,\nfleurie et vaporeuse.\n                                                  R.\n\n\n                CONTES DE MON V IL L A G E (*).\n\n\n\n  En quelques récits simples et vécus dont la réunion pré­\nsente une belle unité, M. Delattre nous conte son village. Ce\ndébut le range parmi les écrivains de terroir, une classe\nspéciale qui, en Belgique, nous donna le Lemonnier des\nNoels Flamands et de Un Coin de Village, Georges Eekhoud,\nCélestin Demblon. — Livre un peu inégal : inférieur dans\nles premières pièces, évidemment antérieures, l ’auteur se\nrévèle conteur de race dans la Confession de Jérôme Badot,\nChristine de Landelies, la p'tite Flippine. Mais ce qui nous\nrequiert surtout, c’est toute l’âme vernale, la tendresse filiale\néparse en ces pages. M. Delattre éprouve une joie émue à\nnous dire ses souvenances des années du village, on le sent\nà la façon dont il présente la psychologie des frustes au\n\n\n\n\n  (*) P a r Louis D e la ttre ; u n vol. chez L acom blez, B r u x e lle s ,-1890.\n"}, {"page_pdf": 192, "page_imprimee": 177, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1662, "texte": "    les L iv re s.                                          177\n\n\n\nmilieu desquels il vécut, puis il y a, si amoureusement notés,\ndes coins de printemps, dans la Voisine et dans Christine,\net des rappels de vacances, dans le Grand F rère, qui sont\nd’une claire vision de poète. Cette jeunesse en fleur, cette\nbelle sincérité naïve donne au livre entier une teinte d’opti­\nmisme, un montant parfum de joie de vivre qui nous laisse\nl’impression d’un matin de mai parmi les aubépines.\n   La phrase, qui parfois manque de souplesse et d’éclat, et,\nci et là, trop chargée, est généralement vive et pittoresque,\net chose curieuse chez un tempérament essentiellement wallon\npar la sensation, d’une couleur presque toujours extérieure\nqui fait songer aux Flamands.\n  Les Contes de mon Village, qui se présentent patronnés par\nune cordiale préface du robuste qui chanta les K ermesses,\nGeorges Eekhoud, nous .donnent grand espoir en l’avenir\nlittéraire de leur auteur.                      CHARLES D .\n\n\n\n\nLES FU SILLÉS D E MALINES, par G e o r g e s E e k h o u d .\n\n\n               (Paul Lacomblez éditeur, Bruxelles.)\n\n\n\n  En ce volume, M. Eekhoud poursuit l’étude qu’il a entre­\nprise avec tant de conviction : celle des terriens des Polders\nanversois. Après, dans ses œuvres précédentes, les avoir\nmontrés en leurs passions diverses et rudimentaires, il en fait\ncette fois des héros, rudimentaires encore, mais des héros. I 1\nprend quelques vagues indications d’une révolte contre le\nrégime français, à la fin du siècle dernier, et construit une\nsorte de roman historique, avec, il faut l’avouer, le défaut.\n                                                       12\n"}, {"page_pdf": 193, "page_imprimee": 178, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1882, "texte": "178                                           la Wallonie.\n\n\n\ninhérent au genre : cette perpétuelle fluctuation entre le\nroman et l’histoire. On pourra cependant          avec raison\nrépondre: soit, telle l’aventure n’a-t-elle pas eu lieu, mais\ntelle, elle aurait dû avoir lieu. M. Eekhoud prend ses paysans\nen leur village, excités et s’excitant, partant pour une expé­\ndition dont ils ne pouvaient soupçonner la portée, enfin\ngrisés par un premier succès dû plus à leur naïveté qu’à leur\ncourage, écrasés et anéantis, fatalement, par suite de leur\nmanque complet d’organisation. C’est toujours la lutte de\nla force brutale contre une intellectualité quelconque qui,\nmomentanément battue, finit toujours par l’emporter.\n  M. Eekhoud a un amour profond pour ses boers et essaie\nde l ’inculquer au lecteur, et cet amour parfois lui fait donner\nà ces êtres simples des idées et des sentiments dont nous ne\nles croyons pas susceptibles. M. Eekhoud idéalise évidemment\nses héros et nous attendrit sur leur sort : ce point ainsi que\nplusieurs autres font de ce dernier livre un proche parent\nde certaines productions du flamand Conscience, avec plus\nde rudesse et de force, mais moins de simplicité douce. De\nplus, M. Eekhoud est un artiste, ce que n’était guère le\nromancier populaire des Flandres. Sa langue n’a pas\nchangé: toujours d’un aspect massif et lourd, puissante et\ncolorée, mais pas très sympathique à nos sentiments qui\nvont vers de plus modernes recherches, et puis parfois cela\nressemble tant à des traductions du flamand : il nous semble\nque les œuvres de M. Eekhoud seraient plus belles et\nacquerraient tout l ’éploiement de leur puissance écrites en\ncette si belle et si forte langue, le néerlandais. De colorées\npages décoratives (ainsi la mort des paysans à Malines) sont\nà signaler spécialement en ce très honorable travail d’un\nécrivain laborieux et consciencieux.\n"}, {"page_pdf": 194, "page_imprimee": 179, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1393, "texte": "    les Livres.                                                179\n\n\n\n\n       VINGT-CINQ SONNETS, pa r P a u l D u l a c .\n\n\n                  (Paul Lacomblez, Bruxelles.)\n\n\n\n  Une mince brochure de vers proprement faits, mais d’une\ncurieuse impersonnalité. A vrai dire, ce sont de charmantes\npetites pièces de société, destinées à faire plaisir dans le monde\nauquel elles sont destinées, mais rien n’en exige la publi­\ncation. C’est s’exposer à des sévérités, parfois un peu\ncruelles. Nous ne trouvons guère heureuse l’innovation\nd’imprimer sur la première page le premier quatrain et sur\nla seconde, le deuxième quatrain et les deux tercets. Nous\npréférerons de beaucoup la disposition des éditions Poulet-\nMalassis.\n\n\n              P U B E R T É , par M ic h e l R é a l l é s .\n\n\n            (A. de Nocée, Bruxelles, et Vanier, Paris.)\n\n\n\n  Un sous-titre l’Épopée sombre est de ces titres malheureux\nqui écrasent un volume sous eux, et surtout lorsque ce volume\nn’est qu’une mince plaquette. Cette Épopée sombre, ce sont\nles vagues gémissements pessimistes de tout jeune homme\nqui, à vingt ans, croit de très bon ton littéraire de trouver\nque rien ne vaut la mort, que la vie est une loque, etc. Que la\nvie soit archi-gaie, non, mais lorsqu’on en éprouve un si grand\ndégoût, il faut être logique et se supprimer. Le seul pessi­\nmisme possible, c’est celui qui constate purement et simple-\n"}, {"page_pdf": 195, "page_imprimee": 180, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1327, "texte": " 180                                        la Wallonie.\n\n\n\nment l’inanité et la misère de ce qui se passe autour de soi,\nmais sans s’ en inquiéter autrement, les regardant comme\nun état de choses logiques découlant de ce qui est en ces\nheures. Ces quelques réflexions faites, nous dirons que la\nbrochure de M. Réallès ne se distingue ni par de grandes\nqualités, ni par de grands défauts.\n\n\n\n\n   L A CRÉATION DU D IA B LE , par RAYMOND N y s t.\n\n\n\n             (Henry Kistemaeckers, Bruxelles.)\n\n\n\n\n  Une admirable tête de femme étrangement couronnée,\nd’un   diadème ou d’une auréole —       des deux, plutôt —\npenchée comme sous le poids d’une douleur immense, rési­\ngnée et presque cachée sous l’écroulement d’une abondante\nchevelure: aux grandes ondulations. Des yeux d’où la pensée\nsemble avoir fui et une bouche qui dit la résignation à tous\nles désastres et une fatigue morne. — Telle la couverture\ndont W illy Schlobach a glorifié le livre de M. Raymond\nNyst.\n  Arrachons-nous à la séduction de cette tête hantante et\nouvrons le livre.\n  Un très beau papier de hollande et une impression vrai­\nment superbe qui fait honneur à la maison Monnom, si\nsoignée que nous ne croyons à critiquer à ce point de vue que\nles pages 46 et 59 en lesquelles une ligne n’est pas venue\nbien à sa place. Enfin un tirage à 125 exemplaires.\n"}, {"page_pdf": 196, "page_imprimee": 181, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1789, "texte": "      les Livres.                                             181\n\n\n\n\n   Tout cela étant très beau, nous ayons eu quelque défiance\n d’une œuvre présentée sous un titre assez prétentieux et\npassablement amphibologique, et entourée des séductions de\ntels soins.\n  E t vrai, notre défiance, nous la trouvons justifiée.\n  M. Nyst nous amène devant un immense fleuve qui coule\nentraînant dans ou sur ses eaux tous les péchés capitaux.\nUn instant nous crûmes qu’il voulait refaire l’enfer de Dante,\nmais nous nous trompions. Chaque apparition est suivie\nd’effrayantes digressions philosophiques, sociales et même\npeut-être politiques, nous ne savons plus au juste, car nous\nsommes sortis de cette œuvre étonnemment compliquée, les\nsouvenirs un peu troubles et très pêle mêle. Enfin paraît une\nville qui est, si nous osons nous exprimer ainsi, la capitale\nde cet empire extraordinaire où parfois il doit faire assez\ngai.\n  On pourrait en quelque sorte diviser cette œuvre bizarre\nen deux parties qui se sont enchevêtrées l’une l'autre : une\npartie descriptive qui est loin d’être sans valeur, et dénote\nparfois un tempérament violent, à visions lubriques, qui inté­\nresse; puis une partie pseudo-philosophique tout bonnement\nassommante, où l’on peut trouver tous les lieux communs et\ntoutes les banalités cent fois ressassées en ce siècle, et même\nen d’autres.\n  La langue dénote du travail, et s’en ressent péniblement.\nLa phrase est généralement banale, émaillée de néologismes\nviolents et barbares, d’une navrante inutilité ; des parties sont\nrédigées en style de discours électoral et l’on voit trop souvent\ndes phrases comme celle-ci déparer les meilleures pages :\ndu ruissellement du sang de l’œuvre écrasé des génies rebelles. „\n  Malgré ces défauts, l ’œuvre intéresserait, parce qu’elle\n"}, {"page_pdf": 197, "page_imprimee": 182, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1579, "texte": "182                                           la Wallonie.\n\n\n\nmontre un grand effort, mais il la faudrait débarrassée des\ninutilités qui l’encombrent et l’étouffent.\n  Sans doute, pour augmenter le nombre de pages de son\nvolume, M. Nyst a mis à la suite de “ la création du diable „\nquatre ou cinq autres morceaux de prose n’ayant aucun rapport\navec l’œuvre principale. Ces proses ne font qu’ajouter à\nl’impression d’encombrement et d’essoufflement qui se dégage\ndu livre entier. En tous cas, outre l’intérêt plutôt de curio­\nsité que d’art que l'on peut trouver en ce volume, dont l’auteur\na dû être hanté par la préoccupation de certains vociféra ­\nteurs, la couverture de Schlobach et la beauté de l’édition\nincitent à beaucoup de bienveillance.\n\n\n\n       LE VIERGE, par ALFRED VALLETTE (Stok).\n\n\n\n  Un sous-titre bien évocatif : La vie grise, étonne moins\naprès celui, malheureux, de : le Vierge, lorsqu’on sait que\ncelui choisi par l’auteur fut : M. Babylas.\n   Le titre actuel est malheureux, parce qu’il détourne\nl’esprit, du lecteur pour l’attirer vers ce qui n’est en somme\nqu’un accident, même pas nécessaire, en cette vie grise.\nCette vie fut celle d’un pauvre garçon timide et faible,\nphysiquement, intellectuellement, sorte de colimaçon qui se\nrentre en sa coquille au moindre bruit. Qui de nous n’a ren­\ncontré de ces pauvres célibataires, dont on ne connaît\npresque rien, à peine l’âge et le nom, et à qui l’imagination\ncancanière du voisinage prête des aventures, des habitudes,\ndes mœurs étranges et qui ne sont,au fond, pauvres inoffensifs,\nque des M. Babylas.\n"}, {"page_pdf": 198, "page_imprimee": 183, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1381, "texte": "    les Livres.                                            183\n\n\n\n  Ce caractère tout en médiocrité a été étudié par\nM. V allette avec un tact et une sûreté remarquables, en une\nlangue simple et souple. Ce livre est un des meilleurs parmi\nles œuvres publiées ces dernières années par la génération\nmontante.\n\n             F LUMEN, par P i e r r e D e v o l u y .\n\n\n                       (Goussard, Nille.)\n\n\n  Un assez court poème, de vers vigoureux et dénotant plus\nde personnalité que n’ont coutume ces brochures de début.\nNous n’insisterons pas sur tel vers malheureux auquel son\nauteur paraît tenir, car le calembour était fatal, non plus que\nsur les mots composés tels que baisers-brûlures, mur-cau-\nchemar, Burg-songe, etc. Du Bartas, poète d’ailleurs trop\npeu lu et ne méritant pas l’oubli en lequel il est tombé, ni le\nmépris en lequel certains le tiennent, a essayé et échoué\ndans cette tentative. M. Devoluy aurait-il trouvé que ce qui\néchoua si radicalement autrefois aurait chance de succès\naujourd’hui? Nous en doutons beaucoup pour notre part.\nNéanmoins nous le répétons, honorable début d’un jeune\npoète, qui ne nous semble pas sans valeur.\n\n\n       L A SANGLANTE IRONIE, pa r R a c h i l d e .\n\n\n                     (Genonceaux, Paris.)\n\n\n  Une singulière personnalité en littérature cette Rachilde,\nqui semble s’être créé un domaine spécial dont les personnages\n"}, {"page_pdf": 199, "page_imprimee": 184, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1704, "texte": "184                                           la Wallonie\n\n\n\nn’ont parfois que des sexes hésitants et peu déterminés, et\nleurs idées se ressentent de cette sorte d’androgynat, en\ntoute leur troublante indécision. Figure peu et assez mal\ndéfinie celle de cet amant de la mort qu’il voit ainsi qu’une\nbelle dame grise et si séduisante. Belle et taillée en pleine\nchair palpitante, cette Grangille. Mais qu’adorable cette\nexquise et frêle fem m e, cette presque vampire, morte d e la\npointe de ses pieds aux boutons violets de ses seins. E t que\ndélicieuse toute la scène du Bal... Ce livre curieux et d’une\nlecture très attachante est précédé d’une brillante préface de\nCamille Lemonnier.\n\n\n\n\n  M. Ernest Raynaud, l’auteur des Cornes du Faune, connaît\nson métier, et le connaît bien, en ce sens qu’il le dédie à des\nplastiques fermes et souples et à des musiques évocatrices —\npeut-être trop plaquées, — ces formes et ces mélodies devant\nensuite réaliser le drame qu’il songea. En effet, on remarque\nune certaine unité dans les Cornes du Faune, l’unité d’une\nhistoire de quelques mois ou de quelques années, le temps\nqu’il faut pour goûter les plaisirs et pour en sentir le dégoût.\nCependant quelque chose me froisse, dans ce beau livre : c’est\nle talent; comme tant d’autres poètes Raynaud a des visions\ntrop immédiates, et ne veut pas assez reculer l’horizon de ses\nvers. Or cela, qu’on pardonne à de maladroits arrangeurs de\nmots, on le tolère avec peine chez un jeune écrivain déjà\nmaître de sa forme et que l’on sent un intellectuel. M. Raynaud\nn’écrit que des sonnets, mais beaucoup sont de très pures\nlignes, témoin celui-ci, vraiment délicieux et plus doucement\nlointain que la plupart des autres.\n"}, {"page_pdf": 200, "page_imprimee": 185, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1782, "texte": "     les L iv re s.                                                                   18 5\n\n\n\n\n                           OVALE DU VIEUX TEM PS.\n                                                      »\n                                                                        à Paul Redonnel.\n\n        D ans le salo n d o n t les volets n e s 'o u v re n t plus,\n        Le lu s tre e t les fa u te u ils se s o n t voilés de h o u sses,\n        D epuis q u e l’e n fa n t s’e st é te in te san s seco u sses\n        Un s o ir q u ’au ciel s a ig n a ie n t les ro se s des E lus.\n\n\n        V estiges d o u lo u re u x qui n o u s re ste z in clu s.\n        Son pas s ’in s c rit e n c o r s u r les d o len tes m ousses,\n        E l l’on v o it, te ls q u e les q u ittè re n t ses m ain s d o u ces,\n        E p a rs au cla v ec in les feuillets q u ’elle a lus I\n\n\n        S on so u v e n ir e st u n p arfum ; la p ièce fleu re\n        L’oeillet tiè d e q u ’à so n c o rsag e elle a v ait m is,\n        La p en d u le e st m u e tte e t n e m a rq u e plus l’h e u re ,\n\n\n        C ep en d an t q u e les T élam o n s, d ’a rg e n t blêm is,\n        Se m o n tre n t du re g a rd la b elle q u e l’o n p leu re\n        Au c h â te a u , e t qui de so n c a d re le u r s o u rit\n\n\n  Le livre entier est bien moderne; toute la série des\npaysages est exquise, comme la plupart des pastels, et bien\nd’autres pièces encore, jusqu’à ces parodies de Coppée, dont\nl’une — le quatorze Juillet, — est parfaite, mais qui déton­\nnent étrangement et ne se peuvent justifier\n\n\n\n  Peines de cœur, par Jean Surya (*), un tout petit livre de\nbons vers, malheureusement trop exclusivement attachés à\nla toujours cantilène si connue de la femme, point rénovée.\n\n\n  C ) P a ris, V anier, \\ fran c .\n"}, {"page_pdf": 201, "page_imprimee": 186, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1566, "texte": "186                                                                la Wallonie.\n\n\n\nM. Jean Surya se révèle poète déjà sûr de ses rythmes,\nd’une très douce et claire vision et d’une heureuse délicatesse\nd’ouïe ; aussi la plupart des pièces de ce recueil ont-elles\nbeaucoup d’élégance et, quelques-unes, une grâce toute par­\nticulière ; presque toutes sont trop faciles ou même lâchées,\nmais des vers, de ci de là, captivent, vraiment exquis :\n\n        P arm i les é clats d 'o r e t les lu e u rs des c ie rg e s,\n        si b lan ch e ! et vos regards pleurant à mes p échés\n        m ’ap p arù te s-v o u s pas, ô ma trè s douce V ierge !\n\n\n  Le poème de la Chair, par Abel Pelletier (*) ; livre de dé­\nbut, qu’on peut saluer à ce titre ; il vaut par des promesses,\ndont la meilleure est certes le demi-mensonge de la couver­\nture, car, s’il ne devient une épopée, que peut être un Poème\nde la chair ?\n   Les vers de M. Pelletier contiennent aussi parfois la néga­\ntion de cette unique chair, ou une ligne arrêtant par quelque\nsoudaine notation de psychologie qui séduit au milieu des\nprosaïsmes.\n\n\n  Beaucoup, beaucoup de prosaïsmes aussi dans les Pasto­\nrales de M. Aug. Dosogne (**) ; l’auteur, un très jeune homme\nsans doute dont ce livre est le début, devrait écrire en prose,\nou au moins renoncer à la narration en vers, travailler sa\nforme et s’abandonner à son instinct adolescent. Malgré les\ntares, les maladresses et les naïvetés des Pastorales, il s’y\n\n\n\n  (*) P a ris , V anier.\n  ( \" ) Liég e , F a u s t, im p rim eu r, ru e Soeu rs-d e-H asq u e, 9.\n"}, {"page_pdf": 202, "page_imprimee": 187, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1704, "texte": "    les L iv re s.                                                           187\n\n\n\nrévèle une tendre et assez lumineuse vision de la campagne,\nun juvénile optimisme et de bonnes verdeurs parfois, un peu\ncomme des Flamandes — toute comparaison gardée. Je ne\nsais pourquoi, dans cet essai d’un inconnu, quelque chose\nattire ma sympathie. Il est inutile d’insister sur les criants\ndéfauts de la forme, M. Dosogne paraissant peu connaître\nles bonnes prosodies; mais, si l’auteur des Pastorales est très\njeune, mieux vaut cela, oui, que les vides perfections parnas­\nsiennes où excellent dès la 1re communion tous les collégiens\nde France et de Navarre.\n   Pour autant que je puisse juger d’un livre écrit en une\nlangue étrangère que je connais trop peu, M. Stephan George,\nauteur des Hymnen (*), recueil de vers allemands, ne doit\npas en être à ses débuts ; au moins semble-t-il sûr de lui-\nmême, en possession d’un vers très ferme, souvent allitéré,\net apte à traduire les idées éclatantes comme les évocations\nplus sourdes et plus tendres auxquelles il se complaît d’habi­\ntude. Peut-être M. George abuse-t-il de la description, mais\nparfois il accorde heureusement au paysage telle idée qui s’y\nmeut. M. George emploie des rythmes très différents, depuis\nle petit vers de deux trochées jusqu’au grand vers de huit\niambes, et avec succès ; mais une innovation inutile, c’est la\nsuppression des majuscules aux substantifs, sans raison\nvisible. Je ne sais si les Allemands reprocheront à M. George\nson obscurité, mais, pour moi, il est certes-‘un auteur difficile,,\net mes observations n’ont qu’une portée tout à fait relative.\n\n\n\n\n  (*) B erlin , san s nom d ’é d ite u r, 100 exem pl. h o rs co m m erce.\n"}, {"page_pdf": 203, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1122, "texte": "183                                             la Wallonie.\n\n\n\n         CONFITEOR, par G a b r i e l T r a r i e u x\n\n\n                       au Comptoir d’édition.\n\n\n  Ce livre est entièrement écrit selon une technique du vers\nbelle et judicieuse.\n  Où rien ne décèle encore les préoccupations de l’heure\nactuelle ni pour la forme, ni pour le choix des sujets ou la\nmanière de les traiter, ce qui n'empêche point que ce recueil\nne contienne plusieurs belles pièces d’une facture ferme et\nbrillante : Le Bouclier, Dolor, Le Pilote, la Révélation de\nSaint-Jean le Théologien.\n  Partout ailleurs aussi des vers nobles et sonores :\n  Le ciel, cette candeur, la mer, cette agonie.\n  Et des nuances de sensibilité curieuse...\n  Pour ce qui est de cette rigueur de forme il faut louer\nM. Trarieux de l’avoir eue, car s’il veut contribuer aux\nrecherches entreprises en vue de la variété et de la rénovation\ndu vers, il est indispensable de laisser derrière soi la preuve\nd’une compétence parfaite des formules dont on s’affranchit.\n                                                               R.\n\n\n\n                           "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-018", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 188, "page_fin": 190, "titre_corps": "Les XX", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "P. M. O.", "ancre_debut": "NOTES.  LES XX.  Il est vraiment bien tard pour parler de cette brillante", "ancre_fin": "voire même d’ignominies", "fin_page_complete": false, "fin_avant": "Une revue de luxe éditée", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 203, "page_imprimee": 188, "debut_caractere": 1122, "fin_caractere_exclue": 1389, "texte": "NOTES.\n                            LES X X .\n\n  Il est vraiment bien tard pour parler de cette brillante\nexposition, mais nous ne voulons pas cependant laisser\npasser sans un cordial et bien sympathique salut la manifes­\ntation neuve d’art que représentent les X X .\n"}, {"page_pdf": 204, "page_imprimee": 189, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1787, "texte": "    Notes.                                                   189\n\n\n\n  Rendre compte d’une exposition, c’est besogne bien ingrate\net particulièrement désagréable. Sans compter les inimitiés\nque la tiédeur des éloges peut susciter, vos éloges seront taxés\nde camaraderie. De plus, cet ennui mortel d’être troublé en\nla contemplation d’une œuvre belle par la préoccupation de\ndevoir préciser l ’impression souvent imprécise qui est le\ncharme le plus délicat des sensations d’Art.\n  Tout est-il bon en cet assemblage de noms parfois hostiles\nentre eux ? Non, mais la somme du bon dépasse tant celle\ndu mauvais, que ce groupe, malgré quelques imbéciles et\nquelques finauds, reste, en somme, presque le seul intéres­\nsant en Belgique. Seul, il compte actuellement des peintres,\nc’est-à-dire des hommes ayant la joie de la couleur et sachant\nfaire passer cette joie en l’œil du spectateur. Qui, à moins\nd’être atteint d’un irrémédiable embrumement de l’œil, peut\nrésister à la joie de couleurs qui rend resplendissantes les\ntoiles de Seurat, Signac, V an Ryssselberghe, Finch, Van\nGogh ?\n  A côté de cet art, tout de couleurs, le plus pictural en somme,\nd’autres œuvres bien intéressantes, mais parfois à tendances\ntrop visiblement littéraires : les bas-reliefs de Gauguin si\ndécoratifs, mais qui gagneraient à être débarrassés de leurs\ninscriptions, l’admirable dessin de Minne, les deux panneaux\nde toute beauté, de Toorop.\n  A citer encore en cette succincte revue : Angrand, la belle\nexubérance des affiches de Cheret, — les merveilleux\nalbums de Walter Crane et ses belles aquarelles, — l ’humour\ndes dessins et albums d’Oberlander.\n  Vraiment d’autres seraient encore à citer, mais où serait\nl ’intérêt d’une telle nomenclature ?\n    Terminons par le regret que nous a causé l’absence de\n"}, {"page_pdf": 205, "page_imprimee": 190, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 779, "texte": "190                                         la Wallonie.\n\n\n\nRodin, Rops, Picard, Schlobach et Van d e Velde, cinq parmi\nles meilleurs.\n\n  Aux Indépendants, à Paris, revu un bon nombre de toiles\nexposées aux X X : Seurat, Signac, Angrand, Guillaumin,\nVan Rysselberghe, Lemmen. Plus on voit ces œuvres néo­\nimpressionnistes, plus elles vous charment. Seurat avait en\nplus un Cirque très beau. Signac un portrait de Félix Fenéou,\névocatif, Van Rysselberghe un portrait de jeune fille bien\nséduisant. A signaler encore : Luce, Anquetin, de Toulouse,\nLautrec, une exposition rétrospective de feu Dubois-Pillet\net de Van Gogh. L e reste d’intérêt moindre.\n  Enfin, un nombre infini d’horreurs, voire même d’igno­\nminies.\n                                                  P. M. 0 .\n\n   "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-019", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": 190, "page_fin": 192, "titre_corps": "Notes", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "Une revue de luxe éditée dans des conditions intéressantes", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 205, "page_imprimee": 190, "debut_caractere": 779, "fin_caractere_exclue": 1578, "texte": "Une revue de luxe éditée dans des conditions intéressantes,\nparaît le 1er mars. La Conque est limitée d’avance à douze\nnuméros, tirés chacun à cent exemplaires sur beau papier\nvergé. Elle ne sera jamais continuée ni réimprimée et l’abon­\nnement est fixé à cent francs. Chaque numéro, où écriront\nseuls de jeunes poètes, sera précédé d’un frontispice en vers,\nsigné Leconte de Lisle, Léon Dierx. St. Mallarmé, J. M. de\nH érédia, Paul Verlaine, Henri de Régnier, F. Vielé Griffin,\nMaurice Maeterlinck, Jean Moréas. C’est une curieuse publi­\ncation destinée sans doute à devenir très rare.\n\n\n   L e Théâtre W allon reprend Cour d'Ognon, tableau natu­\nriste en deux actes, de Henri Simon, musique de Sylvain\nDupuis, décors d’Auguste Donnay. Cette petite œuvre est\nassurément la meilleure du répertoire.\n"}, {"page_pdf": 206, "page_imprimee": 191, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 1196, "texte": "    Notes.                                                  19 1\n\n\n\n\n   L ’éditeur Deman publie une série de lithographies, par\nOdilon Redon, interprétant les Fleurs du Mal, dont 10 sur\njapon à 18 francs et quatre-vingts sur velin teinté à 10 francs.\n\n\n\n\n  Les Étudiants gantois, non contents de publier chaque\nannée un très intéressant Almanach (le compte rendu de\ncelui de 91 paraîtra en notre prochain n°), viennent de fonder\nune revue littéraire : Essais publiés par le Cercle littéraire\nfrançais. Voilà une activité de bon augure. Nos plus chauds\nencouragements à ces nouveaux amis.\n\n\n\n\n  Pour paraître prochainement chez Lacomblez, un nouveau\nvolume de Gustave Kahn, l’auteur trop longtemps silencieux\ndes remarquables Palais nomades. Titre: Chanson d'amant.\n\n\n\n\n  Vient de paraître chez Lacomblez également, la nouvelle\ntraduction par Maurice Maeterlinck, de l'ornement des noces\nspirituelles, par Ruysbroeck l'admirable.\n\n\n\n\n   Pages, de Stéphane Mallarmé, paraîtront bientôt chez\nEdmond Deman. Le prix des exemplaires sur Hollande est\nde 12 frs. en souscription. Quelques exemplaires sur Japon.\nCe superbe volume a comme frontispice une eau forte de\nRenoir, d’une extraordinaire beauté.\n"}, {"page_pdf": 207, "page_imprimee": 192, "debut_caractere": 0, "fin_caractere_exclue": 746, "texte": "192                                          la Wallonie.\n\n\n\n  Le grand tragédien Rossi est venu vers la fin d’avril,\ndonner à Bruxelles une série de représentations. Il a en un\néclatant succès. Il a successivement incarné, Othello, Kean,\nLouis X I, Lear, Richelieu, Ivan le terrible. On annonce poul­\nie mois de mai d’autres représentatations exclusivement\nshakespeariennes : Hamlet, Othello, Macbeth, Lear, et\nd’autres peut-être.\n\n\n\n\n  La trilogie Wallenstein de Vincent d’Indy, a été jouée\nau dernier concert populaire de Bruxelles, sous la direction\nde Joseph Dupont. Le succès a été complet.\n  D ’autres œuvres de musiciens français de la jeune Ecole,\nont également été jouées à ce concert. Mais elles incitaient à\nbeaucoup moins d’intérêt.\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-204", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "De nos collaborateurs", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "de nos Collaborateurs", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 208, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 31, "fin_caractere_exclue": 3592, "texte": "de nos Collaborateurs\n A* .     .   .       ....................................  Chantefable un peu naïve ( à pa­\n                                                                 raître prochainement).\n H e c t o r C h a in a y e . . .                       . L ’Ame des choses.\n A c h i l l e D e l a r o c h e . . . Aénor (à paraître prochainement\n C É L E S T IN D EM B LO N               . . .             Contes mélancoliques.\n                                                            Le Roitelet.\n G u s t a v e K a h n .............................       les Palais nomades.\n C a m i l l e L e m o n n i e r . . . Le Possédé.\n Ch a r l e s V a n L e r b e r g h e .                    Les Flaireurs.\n G r é g o ir e L e R o y . . . .                          Mon Cœur pleure d’autrefois.\n M a u r i c e M a e t e r l i n c k . . Serres chaudes.\n                                                           La Princesse Maleine.\n                                                           Lee. Aveugles.\n                                                           L ’Intruse.\n                                                           les sept Princesses (à paraître).\n Stéph a n e Mallarm é                           . . Poèmes d’Edgar Poe.\n                                                            Villiers de l’Isle Adam.\n                                                           Pages (à paraître prochainement).\n S t u a r t M e r r il l          . . . . Les Gammes.\n                                                           Les Fastes.\n J e a n M o r é a s ....................................   Les Cantilènes.\n                                                           Le Pèlerin passionné.\n G a b r ie l M o u r e y . . . .                         ‘Crépuscules d’Ames.\n                                                           Flammes mortes.\n P i e r r e -M . O l i n . . .                       .    Mes Mémoires.\n                                                           Des Visions (à paraître).\n                                                           Les Petits Enfants (à paraître).\n P ie r r e Q u il l a r d . .                            La FiLe aux mains coupées.\n                                                           La Gloire du Verbe.\nH e n r i d e R é g n ie r               . . . Episodes.\n                                                          Poèmes anciens et romanesques.\nA d o l p h e R e t t é .............................      Cloches en la Nuit.\n                                                           Une belle Dame passa (à paraître).\n                                                          La F orêt bruissante       »\n                                                          La seule Nuit              »\nA l b e r t S a i n t - P a u l . . . Scènes de Bal.\n                                                          l’Echarpe d’iris (à paraître pro­\n                                                                chainement).\nF e r n a n d S e v e r in . . . .                        Le Lys.\n                                                          le Don d’Enfance.\nE m il e V e r h a e r e n . .                  . . Les Soirs.\n                                                          Les Débâcles.\n                                                          Les Flambeaux Noirs.\nF r a n c is V i e l é -G r i f f i n .               .   Ancaeus.\n                                                          Joies.\n                                                          Diptyque (va paraître).\n"}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-205", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Couverture", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "6e A N N É E , N o s 3 E T 4. LA. 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Union postale : 6 fr. 5 0 .\n\n\n\n                                "}]}, {"article_id": "ulb-wallonie-1891-03-n3-4-206", "volume": "ELB-ULB-o12105205-1891-000", "pdf_url": "https://digistore.bib.ulb.ac.be/2013/ELB-ULB-o12105205-1891-000.pdf", "ocr_sha256": "485fd18d9d613e663d02ae34a90cb52bb95e043ba4e3edbd34469b1268e492fc", "ocr_source": "pdftotext -layout", "texte_sans_correction": true, "page_debut": null, "page_fin": null, "titre_corps": "Sommaire", "titre_sommaire": "", "rubrique": "", "signature_source": "", "ancre_debut": "SOMMAIRE :", "ancre_fin": "", "fin_page_complete": true, "fin_avant": "", "segments_controles": false, "controle": "limites et attributions contrôlées sur les images", "pages": [{"page_pdf": 209, "page_imprimee": null, "debut_caractere": 563, "fin_caractere_exclue": 1583, "texte": "SOMMAIRE :\n\nE m ile V e r h a e r e n         . . . L e plus précieux des cinq sens.\nH e n r i d e R é g n ie r . . . Odelettes.\nS tu a r t M e r r ill ......................... Drame.\n                                            { Cœcilia.\nA . F e r d in a n d H e r o ld .      .\n                                            ( Christiana.\nC h a r le s D e lc h e v a le r ie     .     Little Sketches.\n                                              Les Sommeils de marbre.\nJ e a n D e lv ille\n                                              L ’horreur de la pluie.\nG a sto n V y t t a le . . . .               Poèmes ironiques.\nJ o s é H e n n e b ic q . . . . Prière.\nE m ile B e s n u s A d Majorem Gloriam.\n                   .\n\n\n\n\nH e n r i V a n d e V e ld e .   Georges Seurat.\n                                      Les livres.\n                                       Notes.\n\n\n                       Ce n u m éro 7 5 c e n tim e s .\n\n\n\n                                    Des presses de H. 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Dites ? la laideur, l’uni­\nverselle et l’inévitable, faite chair sous des man­\nteaux, des robes, des bottines, des chapeaux ; faite\nbois, fer, acier, joyaux, papier, marbre; collée aux\nmurs, scuptée, colorée, bâtie, fondue, apothéosée;\n                                                    10\n"}, {"page_pdf": 161, "texte": " 140                                     la Wallonie.\n\n\n\n une laideur éclatée en miracles, dites ? J’aboutissais\n à des tristesses d’encre, à des rages de vrille à\n travers mille métaux : non pas seuls les y e u x ,\nmais les oreilles, le toucher, le goût, le corps entier,\nm’étaient torture : je sentais des acides sous ma\nlangue et des épines sous mes ongles. Certes, peut-\nêtre demain, crispé, tenaillé, n’en pouvant plus,\naurais-je fini par incendier ou tuer : cela me serrait\nà la gorge — et il m’aurait semblé n’exécuter qu’un\nsimple ordre.\n\n    Je n’osais me regarder en des miroirs. Moi-même\n  n’étais-je pas atteint de cette maladie universelle qui\n  m’exaspérait chez les autres. Ma chambre vieille heu­\n reusement et toute disloquée de souvenirs partis,\n m’était plutôt une pensée qu’une chose. Je ne la\n contemplais qu’à travers tel rêve songé en tel coin,\n tel vers trouvé à telle table où mes plumes et mes\n livres instauraient l’illusion. Puis l’immense rideau\n perpendiculaire qui la barrait en son milieu, bougeait\n si étrangement parfois, que j ’ignore quoi de surna­\n turel se manifestait derrière. Aussi une très vieille\n petite horloge longtemps silencieuse, s’était mise à\n vivre certain soir et depuis son pouls battait, battait\n comme un glas perpétuel vers je ne savais quelle\n inquiétude. Ma chambre m’était ainsi un retrait pré­\n cieux : je m’y cloîtrais des jours entiers, vivant avec\n du silence et du travail et certes, maintenant encore\nje regrette de ne la plus voir : elle et ces murs d’é­\n"}, {"page_pdf": 162, "texte": "   Le plus précieux des cinq sens.                  147\n\n\n\nbène et ses vieux tapis usés par des pas, depuis si\nlongtemps, à toute éternité, immobiles.\n\n\n   Un soir, comme de la rue déserte une chanson\nmontait, si désespérément détraquée et vidée de sens\nque n’importe quelle araignée de rêve pouvait tisser\nsa toile dans les thèmes, j ’eus la curiosité de\nregarder dehors, tout à coup. La fièvre me tannait le\npouls; je me sentais brûler, dites, vers quelle folie?\nEn bas, sous un oblique coup de gaz, auprès d’une\nlanterne, une pâle face, trouée d’une bouche san­\nglante râlait vers moi les quelques notes cassées\ncomme ses dents. Et je voyais distinctement dans la\nfigure en l’air deux vides de chaque côté du nez,\ndeux trous bouchés et comme raccommodés à la hâte.\n   L ’aveugle me fixait sans voir, la tête obstiné­\nment levée vers les aumônes qui pouvaient lui pleu­\nvoir des fenêtres, la tête lamentablement tendue au\nbout du cou, la tête, oh! cette tête de détresse et de\nmisère vieille comme un siècle et battue de vent et\nraclée de pluie et comme de pierre contre la mort.\n\n\n   La tentation tout à coup me brûla de son fer\nrouge. Je courus vers ma table de toilette : \" cet\nhomme, du moins il ne la sentait plus, lui, toute\nl’horreur de sa vie, il ne la voyait plus, lui, toute la\nhideur de son corps, ni toute la monstruosité du\nmonde Et sans réfléchir, sans l’oser, en un extrême\n"}, {"page_pdf": 163, "texte": "148                                     la Wallonie.\n\n\n\ntressaut d’exaspération, je saisis mes ciseaux et plus\nimmédiatement encor, éperdu, avec je ne savais\nquelle fierté de moi, je me fis sauter les yeux comme\ndes billes devant le miroir.\n  (1889)\n                           E m il e   VERHAEREN.\n"}, {"page_pdf": 164, "texte": "                ODELETTES.\n\n\n                          I.\n\n\n\n\nTristesse! mon Ame est dans tes voies\nE t pleure aux cippes de tes chemins\nTon fardeau pèse à ses épaules que tu ploies\nTes asphodèles se fanent entre ses mains\nTes chimères agonisent au pli des soies\nQu’elle traîne dans la cendre de tes chemins !\n\n\n\nTristesse ! mon Ame est sur tes pas ;\nElle te suit le long du fleuve et de la haie\nDe toute la hâte de ses pieds las.\n— L e vent pleure dans l ’arbraie —\nElle s’entrave dans sa robe et folle, hélas !\nTe tend les bras...\n"}, {"page_pdf": 165, "texte": "150                                           la Wallonie.\n\n\n\n      Tristesse ! mon Ame est sous ton aile.\n      Vous marchez côte à côte ainsi comme deux sœurs\n      Dont l’une plus faible chancelle\n      Et dont l ’autre a de grandes douceurs\n      Pour la plus faible qu’elle couvre de son aile !\n\n\n\n      Tristesse ! mon Ame est dans ton ombre.\n      Mène-la si loin que le soir\n      Y soit grave et calme et le jour sombre,\n      Mène-la si loin que l’Espoir\n      Ne l’atteigne du vol rose et noir\n      De ces ailes de gaze et de moire,\n      Mène-la hors de la mémoire\n      Vers les Sept Demeures de l’Ombre !\n\n\n\n                               II.\n\n\n\n      L ’Epée et l’Eventail, le Fard et le Bouquet\n      Un masque superpose un rire au pleur des faces\n      Une chimère étrange en la soie aux rosaces\n      Se mire dans l ’ébène et le buis du parquet.\n\n\n\n      Qu’est-il donc de si lent à mourir et si pâle\n      Dont tant de crépuscule encor n’ait eu raison\n      Et qui réfugié parmi la vieille opale\n      Y menace la paix de l’antique Maison.\n"}, {"page_pdf": 166, "texte": "Odelettes.                                           151\n\n\n\n0 folâtre folie enfin qui s’attribue\nL a nôtre et l’éventail disperse au vent du soir\nTout souci, là, comme un papillon rouge et noir\nQui vole sur la coupe où la Mort sera bue.\n\n\n                                 Henri   de   RÉGNIER.\n"}, {"page_pdf": 167, "texte": "                     DRAME.\n\n\n\n\n                                       à Paul Percheron.\n\n\n\n\n   Sur la scène à fond de crépuscule où se balancent,\n au vent des musiques, des arbres aux fastueuses\nfloraisons d’étoiles, mille danseuses, dont les poignets\net les chevilles éparpillent à l’ouïe de rythmiques\ntintements de pierreries, tourbillonnent dans l’aé­\nrienne tempête de leurs tulles ramagés d’ asphodèles\net d’amarantes.\n   Et dans la salle au dôme de ténèbres que sup­\nportent, tassées, des statues à torses de colosses,\nsurgissent, sur les larges gradins de sardoine, mille\nchevaliers dont les casques et les cuirasses, coruscant\naux flammes crépusculaires de la parade, réfractent\nlourdement vers l’ombre l’or de leurs ancestrales\n devises.\n"}, {"page_pdf": 168, "texte": "    Drame.                                         153\n\n\n\n  Parfois une ballerine, en sa lascive voltige, abat,\nd’une main habile aux subites insultes, quelque\nidéale étoile, et s’en parant la gorge, chante dans le\nsoudain silence l’Ode de la V ie et de la Mort.\n  Lors les chevaliers, se prosternant sur les dalles\nde sardoine avec un fracas de métal qui présage de\nmortels désastres d’amour proclament à voix de ton­\nnerre la gloire des danseuses et l’inanité des astres.\n\n                              S tuar t   M ERRILL.\n"}, {"page_pdf": 169, "texte": "                CŒCILIA.\n\n\n\n\nElle va, nonchalante et douce : ses talons\nNe touchent point les prés brillants de lucèole.\nVoici qu'avec des sons de célestes violes,\nD e radieuses voix chantent par les vallons.\n\n\n“ Vierge, sur tes cheveux glorifiés, et blonds\nComme le miel qui rit au fond des alvéoles,\nFlambera la clarté des saintes auréoles.\nViens-t-en au Paradis d’azur où nous volons. „\n\n\n— “ Oui, je veux m'évader de la patrie obscure,\nPour entendre, dans l’aube immortellement pure,\nLes luths immaculés et les harpes d'espoir.\n\n\nLes Anges m'ouvriront l’or stellaire des portes... „\nE t ses yeux printaniers s’égarent vers le soir,\nPareil à la moisson pâle des roses mortes.\n"}, {"page_pdf": 170, "texte": "Christiana.                                              155\n\n\n\n\n               CHRISTIANA.\n\n\nParmi les floraisons qui gemment le rivage,\nSuivant des yeux le doux Archange Gabriel\nQui plane et rit, vêtu, d'or immatériel,\nElle rêve. Au lointain, gronde le flot sauvage.\n\n\nBarbare a dompté sa ville et la ravage :\nNulle plainte ne sort de sa lèvre de miel;\nJésus Libérateur veille aux clartés du ciel,\nQu’importent le travail amer et l'esclavage ?\n\n\nLes oiseaux rois des mers, les calmes goélands\nS'en viennent de l’azur avec des arcles lents\nPour adorer la pure et la candide Vierge.\n\n\nE t là bas, solitaire en des champs de mêteil,\nTJn cyprès vigoureux et droit, tel qu'un grand cierge,\nDresse sa tête où meurt un rayon de soleil.\n\n\n                           A. F e r d i n a n d HEROLD.\n"}, {"page_pdf": 171, "texte": "                 LITTLE SKETGHES.\n\n\n\n  à A lb ert Blockel\n    A u g. H enrotay\n  et A lbert Thonnar.\n\n\n\n\n                                            Aube d ’hiver.\n\n\n\n\n   L ’herbe pâle et rase est poudrée de givre; et, d’un\njet vertical, oblique ou tors des pommiers font jaillir\nleurs ossatures noires. Aux mailles des branches\nemmêlées, le grand ciel du matin drape ses claires\nsoies.— Silence : la nuit sainte a fait songer d’enfance\nla plaine qui s’éveille en sourires. Et, par dessus la\nhaie drue et morte, voici surgir dans une lande\nmauve, sur l’horizon, un montant soleil rouge, comme\nun Roi d’or que le site attendait.\n"}, {"page_pdf": 172, "texte": "     Little Sketches.                                    157\n\n\n\n\n                                            H eure lunaire.\n\n\n\n\n    Par ce gel subtil et bénin, une claire nuit d’étoiles.\n La lune en molle dérive se fait plus mystique et\n lointaine en ses halos pâles. Ses rayons à mes pieds\n tombent sur la lente eau du fleuve et, ses reflets dans\n la noire onde bleutée, c’est un semis de joies frêles,\n dans la maternelle eau d’ombre, une scintillante\nmort de rêve en exil : à côté de l’inquiétude humaine\n des lumières, là-bas, mirées au flux qui passe — et si\npeureuses de couler vers l’arche béant toute proche,\noù les ténèbres haineuses sont massées.\n   Mais c’est trêve, cette nuit : la ville dort d’un pur\nsommeil sous l’enchantement de la lune; les quais au\nloin s’étendent, et s’amortit sous la douce nuit le\ntremblement des feux épars, une vague brume indé­\ncise le calme alignement des maisons. — Neigent\nsur toutes choses les pardons du divin silence; seule,\npar intervalles, une monotone rumeur de chute\nd’eau, au barrage — comme une lente mélopée de\nnourrice.\n   Soudain, un carillon s’égrène, quelque part, et c’est\npar les airs comme un frisselis rythmé d’ailes argen­\ntines.\n"}, {"page_pdf": 173, "texte": "158                                      la Wallonie.\n\n\n\n\n                                              C répuscule.\n\n\n\n\n   Un grand ciel clair qui lentement s’assombrit, et,\nnoirs sur l’horizon bruni de fumées, une tour, des\ncheminées, des pignons se dressent. Vers la droite,\nc’est comme une fantasque guipure d’arachné dans\nle couchant, les cimes de la forêt qui moutonne. —\nLe site se devine plutôt : cette banlieue et la cam­\npagne qui commence là-haut — car, dès la houle des\ntoits où se carre un clocher massif, une brume plane,\nveloutée, çà et là percée d’un feu lointain qui palpite\nassourdi. Ici plus bas, dans le cadre des boulevards,\ns’agite sous l’ombre accrue une vie vespérale de\nsquare et d’avenue; des lueurs s’allument: mouche­\ntures espacées du gaz, là l’éclair réfléchi d’une vitrine,\net glisse l’errant lumignon des fiacres. — Les quais,\npuis le fleuve clair encore, à mirer le grand ciel, et si\ncalme dans cette solennité du soir. Parmi l’eau qu’il\ntrouble de lentes orbes paresseuses — ses lignes\ndiffuses déjà, et plus qu’une sombre silhouette —\nun vapeur évolue, d’où s’effume un vain panache de\nblancheur dans la nuit qui s’amasse. — Des bruits de\nchariots, des rumeurs que l’ombre ouate; le ciel\nbleuté se fonce. Et, heurtant aux arbres des quais,\ntitube un vol de chauve-souris.\n"}, {"page_pdf": 174, "texte": "    Little Sketches.                                  159\n\n\n\n\n                                        Mutin sur Veau .\n\n\n\n\n   Sous une frileuse brise d’aube, la rivière coule,\nlente entre ses bords durcis et poudrés de gel.\nVirent des cycles d’aigue, et s’évaguent des volutes\net s’ondent de menus flots par l’eau joueuse où,\nmirés au clair de cette paresseuse dérive, des peu­\npliers en massif sur la berge projettent leur ombre\nd’hiver, noirs troncs grêles et fine ramure. Au mol\nvoyage alenti des ondes palpite une vie fantasque de\ncolonnes tordues, de piliers secoués, de branches qui\ngirent, ondoient et se déroulent, quand, au bord du\nrivage, un rond soleil levant se pose, et ce paradoxal\néchevèlement d’arbres s’active à captiver en ses\nréseaux la boule de feu qui en ronge les mailles.\n"}, {"page_pdf": 175, "texte": "160                                     la Wallonie.\n\n\n\n\n                                              C ouchant.\n\n\n\n\n   Le site s’indécise parmi la molle paix bleue d’une\nfin d’après-midi; et, à l’horizon, là-baut, mi-voilé des\npâles vapeurs qui l’exbaussent sur les coraux d’un\nmassif d’arbres, le soleil en son moelleux nimbe\norangé, c’est une flamboyante hostie au ciboire du\ncouchant, une charité mourante et lumineuse sous la\nteiete grisaille du ciel. Et montent, vers l’Eucharistie\nsaignante à ces impalpables doigts qui défaillent,\nlà sur l’autel triste des cîmes d’hiver — montent,\nd’un élan si naïf, en blanches prières d’humilité, les\nvaines fumées du val qui rêve.\n\n                    C h ables   DELCH EYALERIE.\n"}, {"page_pdf": 176, "texte": "LES SOMMEILS DE MARBRE.\n\n\n\n\nAinsi les Ames des mornes races féodales\nperpétuant l’orgueil en sépulcres célèbres,\ngisent leur long sommeil de marbre sur les dalles\nlourdes de siècles morts et de passés funèbres,\n\n\nles héraldiques et grands cadavres blancs\naux droites mains jointes d’ardente rigidité\net qui, blêmes de foi, s’érigent hors les flancs\nhiératiquement pour des prières d’éternité.\n\n\n\nSous le lourd deuil d’ombres des cryptes tumulaires\ndort en le songe illustre de leur front solennel,\nla barbare splendeur des règnes séculaires.\n\n\n\nEt leurs corps où s’est glacé le sang originel,\nsont dans les marbres — rigidement patriciens —\nles Fantômes pétrifiés des temps anciens.\n                                                   11\n"}, {"page_pdf": 177, "texte": "162                                              la Wallonie.\n\n\n\n\n        L ’ HO R REU R DE LA PLUIE.\n\n      Implacablement, mornement, fatidiquement\n      il pleut d’interminables pleurs de pluie, il pleut\n      de la mort sur la ville morne et morte de soleil.\n      Il pleut du néant, immensément, sur mon sommeil\n      et mes songes de spleen et dans la Nuit, il pleut\n\n\n      implacablement, mornement, fatidiquement...\n\n\n      Oh! la ténébreuse douleur de la Nuit pleure\n      sur la veillée pâle de mon cerveau pensif.\n      Sur la dalle de mon front en sanglots funèbres\n      il pleut des lividités et des ténèbres,\n      sur la veillée pâle de mon cerveau pensif\n      oh! la ténébreuse douleur de la Nuit pleure....\n\n\n      implacablement, mornement, fatidiquement...\n\n\n      Il pleut, il pleut de la léthargie sur ma chair,\n      rigidement comme des cilices fantastiques\n      qui veulent macérer les hantises stuprales,\n      il pleut sur mon corps ardent brûlé de râles.\n      Rigidement comme des cilices fantastiques\n      il pleut de la léthargie, il pleut sur ma chair...\n\n\n      implacablement, mornement, fatidiquement...\n\n\n                                      J e a n D E L V IL L E .\n"}, {"page_pdf": 178, "texte": "           POÈMES IRONIQUES.\n\n\n\n\n                         XII.\n\n\n  Le caveau sombre est bien triste; des pleurs\nsuintent le long de ses murs humides ;\n                           x\n  L ’obscurité verdâtre et lourde, la rouille sur la\ngrille ancienne, le silence — et rien, plus rien — pas\nmême la MORT.\n                           X\n   Le caveau morne est las, bien las et bien triste et\nsi vide, oh ! si vide dans le bâillement continuel de\nson ennui.\n                           X\n  Il a froid, le pauvre, il pleure ; il est seul, aveuglé\ndans son long ennui lourd, couvert d’obscurité\nmuette.\n"}, {"page_pdf": 179, "texte": "1G4                                        la Wallonie.\n\n\n\n                          X\n  Mais voilà que la grille tourne et grince horrible­\nment. Des pas lourds, des ronflements de corde, des\njurons, un sanglot lointain, un choc lourd.\n                          X\n   La grille grince, refermée; les pas s’éloignent. Un\nsilence plus profond emplit le caveau satisfait.\n                          X\n  Repu où la bière neuve s’étend en une longue\ntache grise.\n\n                              G a s to n   V Y TTALL.\n"}, {"page_pdf": 180, "texte": "                  PRIÈRE.\n\n\n                                       A Jean Delville.\n\n\n\nSeigneur ! J'ai crié vers vos deux mon repentir,\nJ’ai flagellé mon corps (les verges du supplice,\nJ’ ai mangé votre chair et bu votre calice\nE t de blasphémateur, je me suis fa it martyr !\n\n\nSuivant le rituel des Elévations,\nO Seigneur, j ’ai levé vers Vous, comme une hostie\nExpiatoire, ma blanche âme convertie —\n— En le tragique espoir des absolutions.\n\nCrucial Rédempteur des péchés et des Vices !\nPar Votre flanc navré du fer des sacrifices,\nPar Votre F ront perlé de la sueur de sang,\n\n\nOubliez mes Hiers, purifiez ma race,\nDes lys de vos pardons auréolez ma face,\nE t comme un ange blanc, faites mon Rêve blanc !\n\n                                J osé HENNEBICQ.\n"}, {"page_pdf": 181, "texte": "    AD MAJOREM GLORIAM.\n\n\n\n\nTu disais : “ L'avenir n'est pas la Nuit tombale,\nVa délibérément aux villes triomphales\nOù t'aventurent ta fortune et tes chemins;\n\nSi des lois de combat tyrannisent la vie —\nMésestimant leurs lois serviles, sacrifie\nToute la vanité des heures à Demain. „\n\nTu disais : “ L ’horizon n’est pas une limite\nNi nos âmes l'inerte mine des termites\nSans même un peu d'espace aux murs de la prison...\n\nMais la belle patrie à Ceux-là soit donnée\nDont les désirs du temps plus loin que les années\nMontent vers l'horizon plus loin que l’horizon. „\n\nVois maintenant — châteaux tombés, saisons finies —\nAvant demain, parmi maintes voix d’ironie\nPour démentir l’orgueil de tes mots véhéments,\n\nCiselé Là — ton nom silencieusement.\n\n                                      E m il e   BESNUS.\n"}, {"page_pdf": 182, "texte": "                                                                                                           t\n\n\n\n\n                        GEORGES SEURAT.\n\n\n\n\n                                            Il fa u t des Christs de l'A rt p ou r guérir\n                                                                les lép reu x.\n\n\n                                                                             G. F l a u b e r t .\n\n\n\n   « A B ru x e lle s, la Grande Jatte fe ra it sca n d a le . Il y a u ra it, si elle é ta it\nexp o sée,     des cas       s u b its d ’a lié n atio n   m en tale e t des apoplexies fou­\nd ro y a n te s! » — P a r s u ite , M. Ed. P ic a rd , si m al in te n tio n n é to u jo u rs,\nin te rc a la it u n e a sté risq u e d e rriè re c e tte b o n n e p ro m esse q ue g a ra n tis sa it\nu n e c o n d itio n ré a lisab le , e t, au re n v o i, il d é p êc h a it : — « do n c, m on\nch er M aus, il faut l’e x p o se r au x XX, l’an p ro c h a in ; n o te d’u n c o rre c te u r.\nEd. P.\n   C’e st re n d a n t co m p te d e c e tte e x p o sitio n de 8 6 , où se g ro u p è re n t, ru e\nLaffitte, les Im p re s s io n n iste s fra n ç a is, d ’u n a rtic le p a ru          en J u in 86 en\nl' A rt M oderne.\n   L’éto ile que M. E d . P ic a rd in s é ra it d e rriè re le nom de S e u r a t — q u ’on\nc ita it p o u r la p re m iè re fois en B elgique — le d e v ait m e ttre en su b it e\nlu m iè re , l’a u ré o la n t — y s o n g e a -t-il? — de la sym bolique c la rté q u 'a v a ie n t\nim a g in é e les A n c ien s p o u r Ceux d’é le ctio n !\n   — T o u tefo is l’a rtic le n o u s le sig n a la it avec défiance « u n o rig in a l,\na u to u r d u q u el e n c e tte e x p o sitio n in tra n s ig e a n te , les in tra n s ig e a n ts eu x -\nm êm es liv ra ie n t b a ta ille ; les u n s e x h u lta n t o u tre m e su re , les a u tre s\n"}, {"page_pdf": 183, "texte": "  168                                                                           la Wallonie.\n\n\n\n c ritiq u a n t san s m é n a g em e n t. » — \" Messie d ’u n a r t n o u v eau ou m ystifi­\n c a te u r à fro id ! » m ais en final a p rè s av o ir d it du Fort Samson, du B ec du\n Hoc, de la Rade de Grandcamp , de la Seine à Courbevoie, l’a u te u r a y an t\n rec o n q u is l’aplom b d u bon p ro p h ète — q u e so n t c eu x qui fo u rn iss e n t\n c e tte R evue — m ais qu’un Dimanche \" la grande Jatte en 8 4 p a ra it avoir\n in tim id é u n in s ta n t, b a p tisa      G eorges      S eurat     « p e in tre s in c è re , réfléchi\n o b s erv ate u r que l'a v e n ir c la ssera ».\n\n      — T elle que définie en ce volum e « la science des couleurs d e 0 . N.\n Rood * la th é o rie , là d ’a sp e c t si p eu su b v ersif, si tra ître u s e m e n t in s in u é e ,\n — lisez : c n o u s voulons p a rle r de l'h a b itu d e d e d isp o se r trè s p rè s l’u n de\n l'a u tre u n g ra n d n o m b re de p e tits p o in ts de d eu x c o u le u rs e t de les faire\n m é la n g er p ar l’œ il m a in te n u à u n e d ista n c e c o n v en ab le. M éthode, qui\n e st p re sq u e la seu le m a n iè re p ra tiq u e p o u r le p e in tre de m ê le r ré e lle m en t\n n o n pas des m a tiè re s c o lo ra n te s m ais des faisceau x de lu m iè re colorée ! »\n décid a de l’a v e n ir du P e in tre . —\n      — Au plein des re c h e rc h e s p o u r u n e p ra tiq u e de d iv isio n du ton a u x ­\n q uelles d 'a u tre s , — ta lo n n é s d’un in asso u v ib le d é s ir de lu m iè re , — des\n g lo rieu x : C laude M onet, C. P issarro se liv ra ie n t, to m b a it e n tre les m ains\n de    Seurat      ce t a p p o in t co n sid é ra b le , u n volum e qui scie n tifiq u em en t for­\n m u la it to u te s les lois de la c o lo ra tio n , d issé q u a it ses m u ltip les com bi­\n n a iso n s, b u rin a it si laco n iq u em e n t l'em ploi d ’u n m ode q u ’il p o uvait fa ire ,\n a v a n t to u t a u tre , sien . —\n      P o u r les a tte n tifs p a ru re n t les p re m iè re s a p p lic a tio n s d é c o n c e rta n te s ;\np o u r le com m un e x clu siv e m e n t p ro v o c a tric e s. D’o ù , à P a ris , où le je u n e\np e in tre m a n ife sta it, de ra g e u se s v o c ifé ra tio n s. Suffisam m ent s ig n alé p ar\ne lles à la c u rio s ité d ’a r t des XX, ce fut elle, p lu tô t que l’e sp o ir c rim in e l en\nles a lié n atio n s m u ltip les e t p ro p h é tisé es, les ap o p lex ies fo u d ro y an te s et\ne x p ia to ire s, qui d écid a d’u n e in v ita tio n p o u r le u r IVn,e Salon an n u el\nde 87.\n      Au re s te , ce Dimanche à la Grande Jatte, en 8 4 , Coin d’un Bassin ,\nà Honfleur , l’Hospice et le Phare de Honfleur , la grève du B as-Butin,\n 'embouchure de la Seine, soir , q u e                    Seurat      c atalo g u a it en o u tre        des\nP aysag es s ig n a lé s à P a ris n e p ro v o q u è re n t — hélas ! — la m o rt de p e r­\n"}, {"page_pdf": 184, "texte": "        G eorges S eu rat.                                                                           169\n\n\n\n so n n e ; to u t au. p lu s, le P e in tre s ’épuisait-il — on le sait m a in te n a n t ! —\nà ce tra v a il de d a m n é , à c e tte te n sio n c o n sta n te v e rs u n b u t qui s ’élo ig n e\nde plu s en p lu s, à c e tte p ra tiq u e « néo-impressionniste » qui n e ré s e rv e de\nsatisfactio n au p e in tre q u ’a u m o m en t où il déposa le p in c e a u , a p rè s le\nd e rn ie r p ig m e n t piqué.\n    Car si la ré a lis a tio n e s t trio m p h a n te , l’a c h e m in e m e n t e st d o u lo u re u x ,\nép u isa n t, n ia n t to u t e m b allem en t, n ia n t \" c e lte jo ie de l'esq u isse \" le\nm ot e st d’E m ile V e rh a eren — si p u issa n te q u ’elle d o n n a it la fo rce d’a ller\nju s q u ’au b o u t du plu s infini œ u v re .\n   — Les â n e rie s, les in v ra ise m b lab les in d ig n a tio n s qui fa isa ie n t p o u sse r\ndes c ris si      peu éq u iv o q u es au c o u tu m iè re m e n t         si v eu les P u b lics de\nB ru x elles e t de P a ris o n t é té so ig n eu se m e n t e n re g istré e s . Ce sera l’h e u re\nb ie n tô t, n ’e st-c e pas ? de les s o rtir p o u r v e n g er u n peu ce p a u v re S e u r a t .\n   — P o u r ta n t é tait-il assez d éd aig n eu x ! ses g ra n d s y eu x p lacides d is tin ­\ng u a ie n t n e tte m e n t, p a r delà les p o in g s lev és le Chem in e t la G loire e t sa\nforce lui v e n ait, p e u t-ê tre , au ssi d e l'e s p o ir en la M ort qui v iendrait\nl’a b a ttre a v an t q u ’il n ’e u t dû se c o u rb e r !\n   L 'éto ile que M. E d. P icard av ait pu c h o isir é ta it fatale e t celui qui le\nré v é la it Messie m a rq u a it sa m o rt à peu près à l’âg e de l’A u tre !\n   — R éin v ité en 8 9 , au VIe salo n des XX, S e u r a t y acc ro c h a les Poseuses.\nEn l’in te rv a lle d e ces d eu x a n n é e s, sa confiance en la p ra tiq u e de la\ndivision du to n s ’é ta it afferm ie p a r l’affiliation de Camille Pissarro, de\nPaul Signac, d e Dubois-Pillet ; e t dès la p re m iè re h e u re en B elgique de\nW illy Finch, p lu s ta rd de Théo Van Rysselberijhe. Son fa ire s ’é ta it a ss o u ­\npli, ses c o m b in a iso n s s 'e n h a rd is s a ie n t, to u c h a n t de plu s p rè s à la v ra ie\nlu m iè re , e t en place des p o stu re s h ié ra tiq u e s de la Grande Jatte so n t les\nPoseuses de lig n e s m o u v a n te s e t o n d u la to ire s, de b eau x co rp s so uples et\nch arn u s.\n   U ne o b je c tio n , e n tre a u tre s : u n m ode qui im m o b ilise ra it la vie, v ê ta it\nles fig u res d 'u n e rig id ité d e b o is, se co m p laisait en des a ttitu d e s s ta tiq u e s\nplus p u é rile s q u e s y n th é tiq u e s , a v ait v isib lem en t frap p é      Seurat     et aux\np ro m e n e u rs ro id e s e t qui d e v ie n d ro n t le fond m êm e de son tableau les\nPoseuses, il o p p o se de belles c h a irs m o u v a n te s de fem m es !\n"}, {"page_pdf": 185, "texte": " 17 0                                                                      la Wallonie.\n\n\n\n     — De plus, le p rocédé « néo im p ressio n n iste » qui au                        d é b u t é ta it\n l’u n iq u e souci de l'in v e n te u r, se greffe de p ré o c cu p a tio n s plus p u re m e n t\n a rtis tiq u e s. R ép o n d a n t au re p ro c h e de d isp o sitio n in h a rm o n iq u e , que\n n o u s o sio n s, S e u r a t avoue, dès lo rs, ses re c h e rc h e s p o u r u n e signifi­\n cation plus p ré c ise des lig n e s !\n    La c a p tiv an te s é rie de P ay sag es e t de M arines : Bords de la Seine\n (île de la Grande Jatte), Temps gris (id ) —ces deu x m erv eilles lé g è re s e t\n fluides com m e des to d e s d e C orot e t qui le p ro u v e n t si ré e lle m en t\n p e in tre , quoi q u ’o n en d ise — un Dimanche ( Port en Bessin) in o u b liab le ;\n d ’o rd o n n a n c e si sp éc ia le , si rig o u re u s e m e n t fatale — le Pont et les Quais\n(port en Bessin', l’avan t-port, marée haute (id), l ’avant-port,                              marée\n basse ( id .), les Jetées (id), les Grues et la Percée c o m p lé ta ie n t av ec ces\n 3 d e ssin s : Paul A lexis , au Concert Européen, à lu gailé Rochechouart,\nson envoi.\n\n   — D ès le d é b u t, S e u r a t , q u ’u n e p en sée d e ré n o v a tio n c o m p lè te e t\nra tio n n e lle a v a it p o u ssé à ré p u d ie r le lu x e can aille des pom peuses\nb o rd u re s d o ré e s, a v ait affirm é sa p ré d ile c tio n p o u r le c a d re blanc,\nis o la te u r,   ré s o rb a n t d e s to n a lité s h o stile s e t a v o isin an te s e t q u ’une\np re m iè re in te n tio n    v o u la it, se n ia n t so i-m ê m e . P lu s ta rd , c o n tra ria n t\nso n d é sir d ’a v a n t, il d o te d ’e x isten c e sa b o rd u re , im ag in e s u r la p e in tu re\nu n e m êm e la rg e u r de p o in ts de c o n tra s te , u n r e p o r t co m p lé m en taire, un\nc a d re fictif d a n s l’in v a ria b le c a d re b la n c . P o u r les Poseuses, c ’e st le c ad re\nm êm e, s u r u n e m e n u e p a rtie , q u ’il influence d es to n s lim itro p h e s. E t au\n3 me envoi (salo n des X X, 91) to u t le b la n c de n é g atio n s e ra envahi\n— th é o ris a it en e x p lic atio n s c o n fu ses, S e u ra t, p ré te x ta n t d’u n e d isp o si­\ntio n p u isée au x rè g le s d e la m ise en s c è n e w a g n é rie n n e                e t voici\nc ré ée s ses d e rn iè re s b o rd u re s d’u n p o in tillé lo g iq u e m e n t c o n tra s ta n t,\nv ib ra n t d es d éco m p o sitio n s fo u rm illa n te s en elles ; h o rrib le s s u rto u t !\n   — * Chahut» se u l s ’y m a in tie n t, qui p o u rta n t n o u s sé d u isit                    plus\ne n co re « a u x In d é p e n d a n ts » à P a ris , d a n s so n p re m ie r e n c a d re m e n t\ng ris. Les p ay sag es d u Croton : Amont et A val, c eu x du Chenal de Grave­\nlines : Grand Fort Philippe, un soir , e n s o u ffre n t, e t le u r p ré c ie u se e t\ninfinie d é lic ate sse de to n a lité e t d e to u c h e s ’y e n ca n a ille .\n"}, {"page_pdf": 186, "texte": "         G eorges S eu rat.                                                                        171\n\n\n\n\n   U ne m ie n n e « note sur l'a n » p a ru e en a v ril 9 0 , e n c e tte W allonie,\nsignale le « Chahut », d é co u v re le sy stè m e d e lig n e s qui l'a r c h ite c tu re :\n— « l’in te n tio n , c ’e st p a r u n e d ire c tio n s o u te n u e des lig n e s a rriv e r à\ne x p rim e r la g a îté . Dès lo rs , to u te s m o n ta n te s, a u -d e ssu s de l’h o riz o n ta le ;\np a rta n t de la d ro ite v e rs la g a u ch e ; ja illis s a n te s d’u n co in du c a d re p o u r\ns’ép an o u ir e n g erb e v e rs l’a u tre c ô té . »\n   C ette so u m issio n d e la lig n e q u e S e u r a t v e u t m oyen d’ex p re ssio n e t\nqu’il s y n th é tis e ra : calm e, g a ie ou tris te , se re tro u v e a u ssi b ie n en ses\nM arin es,en ses P ay sag es qui lui ré s e rv e n t u n e si m a rq u a n te e t si sp éc ia le\nplace p arm i le s p lu s g lo rieu x .\n   — Ne cro y ez p as, ch ez lu i, en d e s c iels d e h a sa rd , se m o u v a n t à leu r\ng ré . S e u r a t im m obilise au p assag e le n u a g e de s tru c tu re c o rre sp o n d a n te\nà la s e n s a tio n q u ’il im pose e t il sa v a it bien où le p re n d re s’il n ’en venait\npas à p a ss e r au b o n m o m en t.\n   — M oins « une Baignade » d o n t d it Gustave Kahn « q u ’elle m a rq u e le\npassage de S e u r a t d a ns la te c h n iq u e im p re s sio n n iste » e t le « Cirque »\n— in a c h ev é , p a ra ît-il. — acc ro c h é to u t ré c em m en t a u salo n des In d é ­\np e n d a n ts à P a ris , j ’a u ra i c ité to u te l’œ u v re du P e in tre\n   — E n l’h o rrib le c e rc u e il, qui va Le d é fe n d re u n p e tit te m p s c o n tre\nl'hu m id e c o n ta c t de la te r r e , e st clo u ée la p lu s b elle p a rt de Son g é n ie ,\ncelle q u 'il ré s e r v a it p o u r Ses œ u v re s fu tu re s . E t ceu x qui se p ro c la m a ien t\nSes d isc ip le s, se d e m a n d e n t a u jo u rd ’hui avec u n e an x ie u se in q u ié tu d e\nquelle s e ra la d e stin é e de l ’A rt qu’à Sa s u ite ils in n o v e n t.\n   — A l’h e u re d e Son irrém éd ia b le som m eil, j'a i c ru m ieu x faire d’é voquer\nl’OEuvre d e ce P ré d e s tin é q u e d e to n n e r in u tile m e n t c o n tre la stu p id e\nM ort.\n   Mon é m o tio n n ’eu e st pas m o in s d o u lo u re u se p o u r av o ir é rig é c e t\nhum ble « en m ém o ire » d ’a d m ira tio n , p lu tô t q u e de m ’ê tre com plu d ans\n« de la littéra ture » .\n\n\n      A vril 9 1 .                                            Henry      VAN DE VELDE .\n"}, {"page_pdf": 187, "texte": "                    LES LIVRES.\n\n\n        DIPTYQUE, pa r F RANCIS V I ELÉ G r i f f i n\n\n                       (h ors com m erce).\n\n\n\n  Voici un livre qu’on ne pourra tenir que d’une bienveillance\nparticulière de l’auteur et un titre qui indique le reploiement\nde deux faces sous la scrupuleuse garde d’un fermoir et\nsignifie cette sorte de mise au secret de l’œuvre aussi bien\nqu’il me semble vouloir dire en quel sens de pieuse patience,\navec quel soin et à l’écart, parmi la solitude des temps, elle\na été élaborée, avec je ne sais quelle attitude de Maître ima­\ngier d’autrefois.\n  L e premier aspect du livre est le poème du “ Porcher, „ qui\nrestera, j ’en suis sûr, une des belles inventions de la poésie\nmoderne et signale un retour monitoire à une simplicité\nnécessaire :\n  A une orée de forêt, un porcher garde ses porcs, en se\nressouvenant... et, c’est la fuite de la maison paternelle au\ngalop, jadis, du bai. et la vie “ de seuils en écueils, lui,\nsemeur d’or et eux, couples de joie et de bruit „ et c’est Lise\n"}, {"page_pdf": 188, "texte": "     les L iv re s.                                          173\n\n\n\nla Dévote et Marc le Bel et Laure et Flavie, et il lui semble\nque tous et toutes repassent devant lui et s’étonnent qu’il\nsoit là, lui le Prodigue d’alors, et si vite ils passent, là ou\ndans son songe, qu’il ne peut leur dire que toute tristesse est\nailleurs que là, en la belle forêt, est en eux!\n   Ce qui est indicible c’est le ton de tout cela ; les odeurs de\nforêt qui imprègnent le poème, le frisson des feuilles, le jeu\ndes rayons, l'admirable évocation de nature, l’attitude des\narbres, les bumbles herbes et les heures que traverse le\nbruit des haches, “ lointain et sourd,. „ ce sont les frivoles\nombres du passé — femmes rieuses et hommes qui sourient\n—•et la figure triste et pacifique du doux porcher Euphorion\net c’est l’impression de bure, de terre humide et fouie, une\namertume de cendre, le reflet de l’or et de la folie expiés, le\ngoût de larmes anciennes et le geste des pauvres mains qui\ns’occupent de détails serviles...\n  L e second poème Eurythmie est le rajeunissement par une\nmise au point juste d’un noble thème poétique : le Dialogue\nde la Muse et du Poète ; mais point en une réalité même allé­\ngorique. C’est un recul en de l ’invisible. L ’être qui converse\navec lui-même, un dédoublement de conscience qui se spécifie\nen une présence nulle autrement que par les images qui la\nfaçonnent un instant.\n  La dénégation séculaire du Poète devant les chimères de\ngloire ou d’action dont il ne se veut leurrer revendique le\ndroit de ne se satisfaire qu’en l’unique et essentielle Poésie.\n   L ’ordonnance lyrique du poème est fort belle. L ’image y\nafflue, s’y coordonne, s’y engendre avec une ampleur et une\nnoblesse infinies. De strophe en strophe le mouvement se\nrenforce ou s’enraie, persiste ou se hâte et les vers magni­\nfiques et doux y abondent.\n"}, {"page_pdf": 189, "texte": "174                                               la Wallonie.\n\n\n\n  Tels sont, bien mal et à peu près, ces deux poèmes divers\net liés profondément et qui forment un des plus purs en­\nsembles poétiques que je sache, œuvres qui se rattachent\naux Cygnes, à Ancœus, aux Joies en les surpassant pourtant\ncomme de juste car il est dans l’ordre qu’un esprit supérieur\nprogresse dans le mieux aussi bien qu’ un médiocre s’éver­\ntuerait dans le quelconque.\n  L a prosodie de Francis V ielé Griffin est logique et excel­\nlente puisqu’elle lui permet d’exprimer en un langage riche\net simple les nuances les plus délicates de sa pensée et qu’elle\nrépond au seul devoir de toute métrique qui est d’être\nharmonieuse et incantatoire.\n                                                                 R.\n\n\n           LES CAHIERS D ’ANDRÉ W A L T E R\n\n                  Œuvre posthume. P e r r i n .\n\n\n  Il y a certes une délicatesse à ne pas rattacher ce que l’on\nest — et que signifie le nom dont on signe — à quelque frag­\nment du passé trop intime ou douloureux constituant une part\ndu soi que l’on fut et qu’on se désintéresse d’avoir été. Le\nlivre où est retracée une telle période de vie prend à être ainsi\nisolé un caractère plus impartial, plus lointain et comme\npudique qui lui épargne le manque de honte qu’il y a — et\naussi un peu d’effronterie courageuse — à toute autobiogra­\nphie. Mais aussi cette retenue enlève à cette sorte d’ouvrages\nle quelque chose de saisissant ou dé hautainement grandiose\nqu’ont des Confessions ou des Mémoires d'Outre-Tombe.\n  L ’auteur des Cahiers en obéissant à une louable injonction\nde sa délicatesse a poussé peut-être un peu loin le scrupule\n"}, {"page_pdf": 190, "texte": "    les L iv re s.                                           175\n\n\n\nen cherchant à donner à son livre une authenticité factice\npar des artifices de composition destinés à donner l’impression\nde notes quotidiennes, disjonctives.... Peut-être y a-t-il là\nsubterfuges inutiles. Je relèverai de même an certain abus de\ncitations par lesquelles au lieu de tirer de son propre fond\ndes équivalents il passe trop souvent la parole à des voix\nétrangères.\n  L ’œuvre, telle qu’elle est, est du plus grand intérêt.\n   Une analyse, ici forcément succincte, en donnerait si mal\nl’idée que j ’aime mieux la supposer lue du lecteur et l ’engager\nà confronter sa manière de voir à certaines des miennes.\n  Ce livre me semble résumer avec une compétence parfaite et\nbeaucoup de clairvoyance une manière de concevoir l’amour\npropre à une catégorie de jeunesse pensive et sérieuse. Il y a\nlà mieux que l’exposition d’un cas individuel et le livre a\nchance de correspondre à bien des expériences secrètes. Il\nest de ceux où chacun goûte à se retrouver un peu.\n  Cette façon de concevoir l ’amour est caractérisée par sa\ngrande générosité et une présomption des forces humaines\nIl inclut à la fois le sacrifice et l’aridité. C’est un amour\nd’âme à âme au-dessus de la chair (plus tard, à l’âge “ baude­\nlairien „ intervient la recherche de l’âme à travers la chair).\n  Aussi, cet amour cherche-t-il son aliment en la musique,\nen la lecture qui favorisent cette communication psychique\net s’adresse-t-il aux véhicules intellectuels.\n  De ce point de départ l’auteur a tiré les dernières consé­\nquences et à ce lieu du livre on passe de l’autobiographie à\nl’hypothèse logique. En de telles conditions la mort est\ninefficace et ne supprime qu’une part inutile des êtres et le\nsentiment surnaturel continue son existence qu’il n’emprun­\ntait pas aux conditions de la vie, mais à quelque chose de\npréalable, de supérieur, et de subséquent à la vie.\n"}, {"page_pdf": 191, "texte": "176                                                             la Wallonie.\n\n\n\n   Ce livre est peut-être un peu de la lignée de Dominique,\nmais tout y est exhaussé, épuré, le drame évolue en une\natmosphère claire, transparente, cristalline et selon des\ncourbes musicales.\n  Le détail, outre l’intérêt du thème, est partout excellent. Le\nstyle est délicat, un peu grêle, distingué. C’est l’œuvre d’un\nesprit ordonné, chaleureux et très apte aux métaphysiques\nsubtiles et l’image qu’il a du monde est comme effacée,\nfleurie et vaporeuse.\n                                                  R.\n\n\n                CONTES DE MON V IL L A G E (*).\n\n\n\n  En quelques récits simples et vécus dont la réunion pré­\nsente une belle unité, M. Delattre nous conte son village. Ce\ndébut le range parmi les écrivains de terroir, une classe\nspéciale qui, en Belgique, nous donna le Lemonnier des\nNoels Flamands et de Un Coin de Village, Georges Eekhoud,\nCélestin Demblon. — Livre un peu inégal : inférieur dans\nles premières pièces, évidemment antérieures, l ’auteur se\nrévèle conteur de race dans la Confession de Jérôme Badot,\nChristine de Landelies, la p'tite Flippine. Mais ce qui nous\nrequiert surtout, c’est toute l’âme vernale, la tendresse filiale\néparse en ces pages. M. Delattre éprouve une joie émue à\nnous dire ses souvenances des années du village, on le sent\nà la façon dont il présente la psychologie des frustes au\n\n\n\n\n  (*) P a r Louis D e la ttre ; u n vol. chez L acom blez, B r u x e lle s ,-1890.\n"}, {"page_pdf": 192, "texte": "    les L iv re s.                                          177\n\n\n\nmilieu desquels il vécut, puis il y a, si amoureusement notés,\ndes coins de printemps, dans la Voisine et dans Christine,\net des rappels de vacances, dans le Grand F rère, qui sont\nd’une claire vision de poète. Cette jeunesse en fleur, cette\nbelle sincérité naïve donne au livre entier une teinte d’opti­\nmisme, un montant parfum de joie de vivre qui nous laisse\nl’impression d’un matin de mai parmi les aubépines.\n   La phrase, qui parfois manque de souplesse et d’éclat, et,\nci et là, trop chargée, est généralement vive et pittoresque,\net chose curieuse chez un tempérament essentiellement wallon\npar la sensation, d’une couleur presque toujours extérieure\nqui fait songer aux Flamands.\n  Les Contes de mon Village, qui se présentent patronnés par\nune cordiale préface du robuste qui chanta les K ermesses,\nGeorges Eekhoud, nous .donnent grand espoir en l’avenir\nlittéraire de leur auteur.                      CHARLES D .\n\n\n\n\nLES FU SILLÉS D E MALINES, par G e o r g e s E e k h o u d .\n\n\n               (Paul Lacomblez éditeur, Bruxelles.)\n\n\n\n  En ce volume, M. Eekhoud poursuit l’étude qu’il a entre­\nprise avec tant de conviction : celle des terriens des Polders\nanversois. Après, dans ses œuvres précédentes, les avoir\nmontrés en leurs passions diverses et rudimentaires, il en fait\ncette fois des héros, rudimentaires encore, mais des héros. I 1\nprend quelques vagues indications d’une révolte contre le\nrégime français, à la fin du siècle dernier, et construit une\nsorte de roman historique, avec, il faut l’avouer, le défaut.\n                                                       12\n"}, {"page_pdf": 193, "texte": "178                                           la Wallonie.\n\n\n\ninhérent au genre : cette perpétuelle fluctuation entre le\nroman et l’histoire. On pourra cependant          avec raison\nrépondre: soit, telle l’aventure n’a-t-elle pas eu lieu, mais\ntelle, elle aurait dû avoir lieu. M. Eekhoud prend ses paysans\nen leur village, excités et s’excitant, partant pour une expé­\ndition dont ils ne pouvaient soupçonner la portée, enfin\ngrisés par un premier succès dû plus à leur naïveté qu’à leur\ncourage, écrasés et anéantis, fatalement, par suite de leur\nmanque complet d’organisation. C’est toujours la lutte de\nla force brutale contre une intellectualité quelconque qui,\nmomentanément battue, finit toujours par l’emporter.\n  M. Eekhoud a un amour profond pour ses boers et essaie\nde l ’inculquer au lecteur, et cet amour parfois lui fait donner\nà ces êtres simples des idées et des sentiments dont nous ne\nles croyons pas susceptibles. M. Eekhoud idéalise évidemment\nses héros et nous attendrit sur leur sort : ce point ainsi que\nplusieurs autres font de ce dernier livre un proche parent\nde certaines productions du flamand Conscience, avec plus\nde rudesse et de force, mais moins de simplicité douce. De\nplus, M. Eekhoud est un artiste, ce que n’était guère le\nromancier populaire des Flandres. Sa langue n’a pas\nchangé: toujours d’un aspect massif et lourd, puissante et\ncolorée, mais pas très sympathique à nos sentiments qui\nvont vers de plus modernes recherches, et puis parfois cela\nressemble tant à des traductions du flamand : il nous semble\nque les œuvres de M. Eekhoud seraient plus belles et\nacquerraient tout l ’éploiement de leur puissance écrites en\ncette si belle et si forte langue, le néerlandais. De colorées\npages décoratives (ainsi la mort des paysans à Malines) sont\nà signaler spécialement en ce très honorable travail d’un\nécrivain laborieux et consciencieux.\n"}, {"page_pdf": 194, "texte": "    les Livres.                                                179\n\n\n\n\n       VINGT-CINQ SONNETS, pa r P a u l D u l a c .\n\n\n                  (Paul Lacomblez, Bruxelles.)\n\n\n\n  Une mince brochure de vers proprement faits, mais d’une\ncurieuse impersonnalité. A vrai dire, ce sont de charmantes\npetites pièces de société, destinées à faire plaisir dans le monde\nauquel elles sont destinées, mais rien n’en exige la publi­\ncation. C’est s’exposer à des sévérités, parfois un peu\ncruelles. Nous ne trouvons guère heureuse l’innovation\nd’imprimer sur la première page le premier quatrain et sur\nla seconde, le deuxième quatrain et les deux tercets. Nous\npréférerons de beaucoup la disposition des éditions Poulet-\nMalassis.\n\n\n              P U B E R T É , par M ic h e l R é a l l é s .\n\n\n            (A. de Nocée, Bruxelles, et Vanier, Paris.)\n\n\n\n  Un sous-titre l’Épopée sombre est de ces titres malheureux\nqui écrasent un volume sous eux, et surtout lorsque ce volume\nn’est qu’une mince plaquette. Cette Épopée sombre, ce sont\nles vagues gémissements pessimistes de tout jeune homme\nqui, à vingt ans, croit de très bon ton littéraire de trouver\nque rien ne vaut la mort, que la vie est une loque, etc. Que la\nvie soit archi-gaie, non, mais lorsqu’on en éprouve un si grand\ndégoût, il faut être logique et se supprimer. Le seul pessi­\nmisme possible, c’est celui qui constate purement et simple-\n"}, {"page_pdf": 195, "texte": " 180                                        la Wallonie.\n\n\n\nment l’inanité et la misère de ce qui se passe autour de soi,\nmais sans s’ en inquiéter autrement, les regardant comme\nun état de choses logiques découlant de ce qui est en ces\nheures. Ces quelques réflexions faites, nous dirons que la\nbrochure de M. Réallès ne se distingue ni par de grandes\nqualités, ni par de grands défauts.\n\n\n\n\n   L A CRÉATION DU D IA B LE , par RAYMOND N y s t.\n\n\n\n             (Henry Kistemaeckers, Bruxelles.)\n\n\n\n\n  Une admirable tête de femme étrangement couronnée,\nd’un   diadème ou d’une auréole —       des deux, plutôt —\npenchée comme sous le poids d’une douleur immense, rési­\ngnée et presque cachée sous l’écroulement d’une abondante\nchevelure: aux grandes ondulations. Des yeux d’où la pensée\nsemble avoir fui et une bouche qui dit la résignation à tous\nles désastres et une fatigue morne. — Telle la couverture\ndont W illy Schlobach a glorifié le livre de M. Raymond\nNyst.\n  Arrachons-nous à la séduction de cette tête hantante et\nouvrons le livre.\n  Un très beau papier de hollande et une impression vrai­\nment superbe qui fait honneur à la maison Monnom, si\nsoignée que nous ne croyons à critiquer à ce point de vue que\nles pages 46 et 59 en lesquelles une ligne n’est pas venue\nbien à sa place. Enfin un tirage à 125 exemplaires.\n"}, {"page_pdf": 196, "texte": "      les Livres.                                             181\n\n\n\n\n   Tout cela étant très beau, nous ayons eu quelque défiance\n d’une œuvre présentée sous un titre assez prétentieux et\npassablement amphibologique, et entourée des séductions de\ntels soins.\n  E t vrai, notre défiance, nous la trouvons justifiée.\n  M. Nyst nous amène devant un immense fleuve qui coule\nentraînant dans ou sur ses eaux tous les péchés capitaux.\nUn instant nous crûmes qu’il voulait refaire l’enfer de Dante,\nmais nous nous trompions. Chaque apparition est suivie\nd’effrayantes digressions philosophiques, sociales et même\npeut-être politiques, nous ne savons plus au juste, car nous\nsommes sortis de cette œuvre étonnemment compliquée, les\nsouvenirs un peu troubles et très pêle mêle. Enfin paraît une\nville qui est, si nous osons nous exprimer ainsi, la capitale\nde cet empire extraordinaire où parfois il doit faire assez\ngai.\n  On pourrait en quelque sorte diviser cette œuvre bizarre\nen deux parties qui se sont enchevêtrées l’une l'autre : une\npartie descriptive qui est loin d’être sans valeur, et dénote\nparfois un tempérament violent, à visions lubriques, qui inté­\nresse; puis une partie pseudo-philosophique tout bonnement\nassommante, où l’on peut trouver tous les lieux communs et\ntoutes les banalités cent fois ressassées en ce siècle, et même\nen d’autres.\n  La langue dénote du travail, et s’en ressent péniblement.\nLa phrase est généralement banale, émaillée de néologismes\nviolents et barbares, d’une navrante inutilité ; des parties sont\nrédigées en style de discours électoral et l’on voit trop souvent\ndes phrases comme celle-ci déparer les meilleures pages :\ndu ruissellement du sang de l’œuvre écrasé des génies rebelles. „\n  Malgré ces défauts, l ’œuvre intéresserait, parce qu’elle\n"}, {"page_pdf": 197, "texte": "182                                           la Wallonie.\n\n\n\nmontre un grand effort, mais il la faudrait débarrassée des\ninutilités qui l’encombrent et l’étouffent.\n  Sans doute, pour augmenter le nombre de pages de son\nvolume, M. Nyst a mis à la suite de “ la création du diable „\nquatre ou cinq autres morceaux de prose n’ayant aucun rapport\navec l’œuvre principale. Ces proses ne font qu’ajouter à\nl’impression d’encombrement et d’essoufflement qui se dégage\ndu livre entier. En tous cas, outre l’intérêt plutôt de curio­\nsité que d’art que l'on peut trouver en ce volume, dont l’auteur\na dû être hanté par la préoccupation de certains vociféra ­\nteurs, la couverture de Schlobach et la beauté de l’édition\nincitent à beaucoup de bienveillance.\n\n\n\n       LE VIERGE, par ALFRED VALLETTE (Stok).\n\n\n\n  Un sous-titre bien évocatif : La vie grise, étonne moins\naprès celui, malheureux, de : le Vierge, lorsqu’on sait que\ncelui choisi par l’auteur fut : M. Babylas.\n   Le titre actuel est malheureux, parce qu’il détourne\nl’esprit, du lecteur pour l’attirer vers ce qui n’est en somme\nqu’un accident, même pas nécessaire, en cette vie grise.\nCette vie fut celle d’un pauvre garçon timide et faible,\nphysiquement, intellectuellement, sorte de colimaçon qui se\nrentre en sa coquille au moindre bruit. Qui de nous n’a ren­\ncontré de ces pauvres célibataires, dont on ne connaît\npresque rien, à peine l’âge et le nom, et à qui l’imagination\ncancanière du voisinage prête des aventures, des habitudes,\ndes mœurs étranges et qui ne sont,au fond, pauvres inoffensifs,\nque des M. Babylas.\n"}, {"page_pdf": 198, "texte": "    les Livres.                                            183\n\n\n\n  Ce caractère tout en médiocrité a été étudié par\nM. V allette avec un tact et une sûreté remarquables, en une\nlangue simple et souple. Ce livre est un des meilleurs parmi\nles œuvres publiées ces dernières années par la génération\nmontante.\n\n             F LUMEN, par P i e r r e D e v o l u y .\n\n\n                       (Goussard, Nille.)\n\n\n  Un assez court poème, de vers vigoureux et dénotant plus\nde personnalité que n’ont coutume ces brochures de début.\nNous n’insisterons pas sur tel vers malheureux auquel son\nauteur paraît tenir, car le calembour était fatal, non plus que\nsur les mots composés tels que baisers-brûlures, mur-cau-\nchemar, Burg-songe, etc. Du Bartas, poète d’ailleurs trop\npeu lu et ne méritant pas l’oubli en lequel il est tombé, ni le\nmépris en lequel certains le tiennent, a essayé et échoué\ndans cette tentative. M. Devoluy aurait-il trouvé que ce qui\néchoua si radicalement autrefois aurait chance de succès\naujourd’hui? Nous en doutons beaucoup pour notre part.\nNéanmoins nous le répétons, honorable début d’un jeune\npoète, qui ne nous semble pas sans valeur.\n\n\n       L A SANGLANTE IRONIE, pa r R a c h i l d e .\n\n\n                     (Genonceaux, Paris.)\n\n\n  Une singulière personnalité en littérature cette Rachilde,\nqui semble s’être créé un domaine spécial dont les personnages\n"}, {"page_pdf": 199, "texte": "184                                           la Wallonie\n\n\n\nn’ont parfois que des sexes hésitants et peu déterminés, et\nleurs idées se ressentent de cette sorte d’androgynat, en\ntoute leur troublante indécision. Figure peu et assez mal\ndéfinie celle de cet amant de la mort qu’il voit ainsi qu’une\nbelle dame grise et si séduisante. Belle et taillée en pleine\nchair palpitante, cette Grangille. Mais qu’adorable cette\nexquise et frêle fem m e, cette presque vampire, morte d e la\npointe de ses pieds aux boutons violets de ses seins. E t que\ndélicieuse toute la scène du Bal... Ce livre curieux et d’une\nlecture très attachante est précédé d’une brillante préface de\nCamille Lemonnier.\n\n\n\n\n  M. Ernest Raynaud, l’auteur des Cornes du Faune, connaît\nson métier, et le connaît bien, en ce sens qu’il le dédie à des\nplastiques fermes et souples et à des musiques évocatrices —\npeut-être trop plaquées, — ces formes et ces mélodies devant\nensuite réaliser le drame qu’il songea. En effet, on remarque\nune certaine unité dans les Cornes du Faune, l’unité d’une\nhistoire de quelques mois ou de quelques années, le temps\nqu’il faut pour goûter les plaisirs et pour en sentir le dégoût.\nCependant quelque chose me froisse, dans ce beau livre : c’est\nle talent; comme tant d’autres poètes Raynaud a des visions\ntrop immédiates, et ne veut pas assez reculer l’horizon de ses\nvers. Or cela, qu’on pardonne à de maladroits arrangeurs de\nmots, on le tolère avec peine chez un jeune écrivain déjà\nmaître de sa forme et que l’on sent un intellectuel. M. Raynaud\nn’écrit que des sonnets, mais beaucoup sont de très pures\nlignes, témoin celui-ci, vraiment délicieux et plus doucement\nlointain que la plupart des autres.\n"}, {"page_pdf": 200, "texte": "     les L iv re s.                                                                   18 5\n\n\n\n\n                           OVALE DU VIEUX TEM PS.\n                                                      »\n                                                                        à Paul Redonnel.\n\n        D ans le salo n d o n t les volets n e s 'o u v re n t plus,\n        Le lu s tre e t les fa u te u ils se s o n t voilés de h o u sses,\n        D epuis q u e l’e n fa n t s’e st é te in te san s seco u sses\n        Un s o ir q u ’au ciel s a ig n a ie n t les ro se s des E lus.\n\n\n        V estiges d o u lo u re u x qui n o u s re ste z in clu s.\n        Son pas s ’in s c rit e n c o r s u r les d o len tes m ousses,\n        E l l’on v o it, te ls q u e les q u ittè re n t ses m ain s d o u ces,\n        E p a rs au cla v ec in les feuillets q u ’elle a lus I\n\n\n        S on so u v e n ir e st u n p arfum ; la p ièce fleu re\n        L’oeillet tiè d e q u ’à so n c o rsag e elle a v ait m is,\n        La p en d u le e st m u e tte e t n e m a rq u e plus l’h e u re ,\n\n\n        C ep en d an t q u e les T élam o n s, d ’a rg e n t blêm is,\n        Se m o n tre n t du re g a rd la b elle q u e l’o n p leu re\n        Au c h â te a u , e t qui de so n c a d re le u r s o u rit\n\n\n  Le livre entier est bien moderne; toute la série des\npaysages est exquise, comme la plupart des pastels, et bien\nd’autres pièces encore, jusqu’à ces parodies de Coppée, dont\nl’une — le quatorze Juillet, — est parfaite, mais qui déton­\nnent étrangement et ne se peuvent justifier\n\n\n\n  Peines de cœur, par Jean Surya (*), un tout petit livre de\nbons vers, malheureusement trop exclusivement attachés à\nla toujours cantilène si connue de la femme, point rénovée.\n\n\n  C ) P a ris, V anier, \\ fran c .\n"}, {"page_pdf": 201, "texte": "186                                                                la Wallonie.\n\n\n\nM. Jean Surya se révèle poète déjà sûr de ses rythmes,\nd’une très douce et claire vision et d’une heureuse délicatesse\nd’ouïe ; aussi la plupart des pièces de ce recueil ont-elles\nbeaucoup d’élégance et, quelques-unes, une grâce toute par­\nticulière ; presque toutes sont trop faciles ou même lâchées,\nmais des vers, de ci de là, captivent, vraiment exquis :\n\n        P arm i les é clats d 'o r e t les lu e u rs des c ie rg e s,\n        si b lan ch e ! et vos regards pleurant à mes p échés\n        m ’ap p arù te s-v o u s pas, ô ma trè s douce V ierge !\n\n\n  Le poème de la Chair, par Abel Pelletier (*) ; livre de dé­\nbut, qu’on peut saluer à ce titre ; il vaut par des promesses,\ndont la meilleure est certes le demi-mensonge de la couver­\nture, car, s’il ne devient une épopée, que peut être un Poème\nde la chair ?\n   Les vers de M. Pelletier contiennent aussi parfois la néga­\ntion de cette unique chair, ou une ligne arrêtant par quelque\nsoudaine notation de psychologie qui séduit au milieu des\nprosaïsmes.\n\n\n  Beaucoup, beaucoup de prosaïsmes aussi dans les Pasto­\nrales de M. Aug. Dosogne (**) ; l’auteur, un très jeune homme\nsans doute dont ce livre est le début, devrait écrire en prose,\nou au moins renoncer à la narration en vers, travailler sa\nforme et s’abandonner à son instinct adolescent. Malgré les\ntares, les maladresses et les naïvetés des Pastorales, il s’y\n\n\n\n  (*) P a ris , V anier.\n  ( \" ) Liég e , F a u s t, im p rim eu r, ru e Soeu rs-d e-H asq u e, 9.\n"}, {"page_pdf": 202, "texte": "    les L iv re s.                                                           187\n\n\n\nrévèle une tendre et assez lumineuse vision de la campagne,\nun juvénile optimisme et de bonnes verdeurs parfois, un peu\ncomme des Flamandes — toute comparaison gardée. Je ne\nsais pourquoi, dans cet essai d’un inconnu, quelque chose\nattire ma sympathie. Il est inutile d’insister sur les criants\ndéfauts de la forme, M. Dosogne paraissant peu connaître\nles bonnes prosodies; mais, si l’auteur des Pastorales est très\njeune, mieux vaut cela, oui, que les vides perfections parnas­\nsiennes où excellent dès la 1re communion tous les collégiens\nde France et de Navarre.\n   Pour autant que je puisse juger d’un livre écrit en une\nlangue étrangère que je connais trop peu, M. Stephan George,\nauteur des Hymnen (*), recueil de vers allemands, ne doit\npas en être à ses débuts ; au moins semble-t-il sûr de lui-\nmême, en possession d’un vers très ferme, souvent allitéré,\net apte à traduire les idées éclatantes comme les évocations\nplus sourdes et plus tendres auxquelles il se complaît d’habi­\ntude. Peut-être M. George abuse-t-il de la description, mais\nparfois il accorde heureusement au paysage telle idée qui s’y\nmeut. M. George emploie des rythmes très différents, depuis\nle petit vers de deux trochées jusqu’au grand vers de huit\niambes, et avec succès ; mais une innovation inutile, c’est la\nsuppression des majuscules aux substantifs, sans raison\nvisible. Je ne sais si les Allemands reprocheront à M. George\nson obscurité, mais, pour moi, il est certes-‘un auteur difficile,,\net mes observations n’ont qu’une portée tout à fait relative.\n\n\n\n\n  (*) B erlin , san s nom d ’é d ite u r, 100 exem pl. h o rs co m m erce.\n"}, {"page_pdf": 203, "texte": "183                                             la Wallonie.\n\n\n\n         CONFITEOR, par G a b r i e l T r a r i e u x\n\n\n                       au Comptoir d’édition.\n\n\n  Ce livre est entièrement écrit selon une technique du vers\nbelle et judicieuse.\n  Où rien ne décèle encore les préoccupations de l’heure\nactuelle ni pour la forme, ni pour le choix des sujets ou la\nmanière de les traiter, ce qui n'empêche point que ce recueil\nne contienne plusieurs belles pièces d’une facture ferme et\nbrillante : Le Bouclier, Dolor, Le Pilote, la Révélation de\nSaint-Jean le Théologien.\n  Partout ailleurs aussi des vers nobles et sonores :\n  Le ciel, cette candeur, la mer, cette agonie.\n  Et des nuances de sensibilité curieuse...\n  Pour ce qui est de cette rigueur de forme il faut louer\nM. Trarieux de l’avoir eue, car s’il veut contribuer aux\nrecherches entreprises en vue de la variété et de la rénovation\ndu vers, il est indispensable de laisser derrière soi la preuve\nd’une compétence parfaite des formules dont on s’affranchit.\n                                                               R.\n\n\n\n                           NOTES.\n                            LES X X .\n\n  Il est vraiment bien tard pour parler de cette brillante\nexposition, mais nous ne voulons pas cependant laisser\npasser sans un cordial et bien sympathique salut la manifes­\ntation neuve d’art que représentent les X X .\n"}, {"page_pdf": 204, "texte": "    Notes.                                                   189\n\n\n\n  Rendre compte d’une exposition, c’est besogne bien ingrate\net particulièrement désagréable. Sans compter les inimitiés\nque la tiédeur des éloges peut susciter, vos éloges seront taxés\nde camaraderie. De plus, cet ennui mortel d’être troublé en\nla contemplation d’une œuvre belle par la préoccupation de\ndevoir préciser l ’impression souvent imprécise qui est le\ncharme le plus délicat des sensations d’Art.\n  Tout est-il bon en cet assemblage de noms parfois hostiles\nentre eux ? Non, mais la somme du bon dépasse tant celle\ndu mauvais, que ce groupe, malgré quelques imbéciles et\nquelques finauds, reste, en somme, presque le seul intéres­\nsant en Belgique. Seul, il compte actuellement des peintres,\nc’est-à-dire des hommes ayant la joie de la couleur et sachant\nfaire passer cette joie en l’œil du spectateur. Qui, à moins\nd’être atteint d’un irrémédiable embrumement de l’œil, peut\nrésister à la joie de couleurs qui rend resplendissantes les\ntoiles de Seurat, Signac, V an Ryssselberghe, Finch, Van\nGogh ?\n  A côté de cet art, tout de couleurs, le plus pictural en somme,\nd’autres œuvres bien intéressantes, mais parfois à tendances\ntrop visiblement littéraires : les bas-reliefs de Gauguin si\ndécoratifs, mais qui gagneraient à être débarrassés de leurs\ninscriptions, l’admirable dessin de Minne, les deux panneaux\nde toute beauté, de Toorop.\n  A citer encore en cette succincte revue : Angrand, la belle\nexubérance des affiches de Cheret, — les merveilleux\nalbums de Walter Crane et ses belles aquarelles, — l ’humour\ndes dessins et albums d’Oberlander.\n  Vraiment d’autres seraient encore à citer, mais où serait\nl ’intérêt d’une telle nomenclature ?\n    Terminons par le regret que nous a causé l’absence de\n"}, {"page_pdf": 205, "texte": "190                                         la Wallonie.\n\n\n\nRodin, Rops, Picard, Schlobach et Van d e Velde, cinq parmi\nles meilleurs.\n\n  Aux Indépendants, à Paris, revu un bon nombre de toiles\nexposées aux X X : Seurat, Signac, Angrand, Guillaumin,\nVan Rysselberghe, Lemmen. Plus on voit ces œuvres néo­\nimpressionnistes, plus elles vous charment. Seurat avait en\nplus un Cirque très beau. Signac un portrait de Félix Fenéou,\névocatif, Van Rysselberghe un portrait de jeune fille bien\nséduisant. A signaler encore : Luce, Anquetin, de Toulouse,\nLautrec, une exposition rétrospective de feu Dubois-Pillet\net de Van Gogh. L e reste d’intérêt moindre.\n  Enfin, un nombre infini d’horreurs, voire même d’igno­\nminies.\n                                                  P. M. 0 .\n\n   Une revue de luxe éditée dans des conditions intéressantes,\nparaît le 1er mars. La Conque est limitée d’avance à douze\nnuméros, tirés chacun à cent exemplaires sur beau papier\nvergé. Elle ne sera jamais continuée ni réimprimée et l’abon­\nnement est fixé à cent francs. Chaque numéro, où écriront\nseuls de jeunes poètes, sera précédé d’un frontispice en vers,\nsigné Leconte de Lisle, Léon Dierx. St. Mallarmé, J. M. de\nH érédia, Paul Verlaine, Henri de Régnier, F. Vielé Griffin,\nMaurice Maeterlinck, Jean Moréas. C’est une curieuse publi­\ncation destinée sans doute à devenir très rare.\n\n\n   L e Théâtre W allon reprend Cour d'Ognon, tableau natu­\nriste en deux actes, de Henri Simon, musique de Sylvain\nDupuis, décors d’Auguste Donnay. Cette petite œuvre est\nassurément la meilleure du répertoire.\n"}, {"page_pdf": 206, "texte": "    Notes.                                                  19 1\n\n\n\n\n   L ’éditeur Deman publie une série de lithographies, par\nOdilon Redon, interprétant les Fleurs du Mal, dont 10 sur\njapon à 18 francs et quatre-vingts sur velin teinté à 10 francs.\n\n\n\n\n  Les Étudiants gantois, non contents de publier chaque\nannée un très intéressant Almanach (le compte rendu de\ncelui de 91 paraîtra en notre prochain n°), viennent de fonder\nune revue littéraire : Essais publiés par le Cercle littéraire\nfrançais. Voilà une activité de bon augure. Nos plus chauds\nencouragements à ces nouveaux amis.\n\n\n\n\n  Pour paraître prochainement chez Lacomblez, un nouveau\nvolume de Gustave Kahn, l’auteur trop longtemps silencieux\ndes remarquables Palais nomades. Titre: Chanson d'amant.\n\n\n\n\n  Vient de paraître chez Lacomblez également, la nouvelle\ntraduction par Maurice Maeterlinck, de l'ornement des noces\nspirituelles, par Ruysbroeck l'admirable.\n\n\n\n\n   Pages, de Stéphane Mallarmé, paraîtront bientôt chez\nEdmond Deman. Le prix des exemplaires sur Hollande est\nde 12 frs. en souscription. Quelques exemplaires sur Japon.\nCe superbe volume a comme frontispice une eau forte de\nRenoir, d’une extraordinaire beauté.\n"}, {"page_pdf": 207, "texte": "192                                          la Wallonie.\n\n\n\n  Le grand tragédien Rossi est venu vers la fin d’avril,\ndonner à Bruxelles une série de représentations. Il a en un\néclatant succès. Il a successivement incarné, Othello, Kean,\nLouis X I, Lear, Richelieu, Ivan le terrible. On annonce poul­\nie mois de mai d’autres représentatations exclusivement\nshakespeariennes : Hamlet, Othello, Macbeth, Lear, et\nd’autres peut-être.\n\n\n\n\n  La trilogie Wallenstein de Vincent d’Indy, a été jouée\nau dernier concert populaire de Bruxelles, sous la direction\nde Joseph Dupont. Le succès a été complet.\n  D ’autres œuvres de musiciens français de la jeune Ecole,\nont également été jouées à ce concert. Mais elles incitaient à\nbeaucoup moins d’intérêt.\n"}, {"page_pdf": 208, "texte": "                               de nos Collaborateurs\n A* .     .   .       ....................................  Chantefable un peu naïve ( à pa­\n                                                                 raître prochainement).\n H e c t o r C h a in a y e . . .                       . L ’Ame des choses.\n A c h i l l e D e l a r o c h e . . . Aénor (à paraître prochainement\n C É L E S T IN D EM B LO N               . . .             Contes mélancoliques.\n                                                            Le Roitelet.\n G u s t a v e K a h n .............................       les Palais nomades.\n C a m i l l e L e m o n n i e r . . . Le Possédé.\n Ch a r l e s V a n L e r b e r g h e .                    Les Flaireurs.\n G r é g o ir e L e R o y . . . .                          Mon Cœur pleure d’autrefois.\n M a u r i c e M a e t e r l i n c k . . Serres chaudes.\n                                                           La Princesse Maleine.\n                                                           Lee. Aveugles.\n                                                           L ’Intruse.\n                                                           les sept Princesses (à paraître).\n Stéph a n e Mallarm é                           . . Poèmes d’Edgar Poe.\n                                                            Villiers de l’Isle Adam.\n                                                           Pages (à paraître prochainement).\n S t u a r t M e r r il l          . . . . Les Gammes.\n                                                           Les Fastes.\n J e a n M o r é a s ....................................   Les Cantilènes.\n                                                           Le Pèlerin passionné.\n G a b r ie l M o u r e y . . . .                         ‘Crépuscules d’Ames.\n                                                           Flammes mortes.\n P i e r r e -M . O l i n . . .                       .    Mes Mémoires.\n                                                           Des Visions (à paraître).\n                                                           Les Petits Enfants (à paraître).\n P ie r r e Q u il l a r d . .                            La FiLe aux mains coupées.\n                                                           La Gloire du Verbe.\nH e n r i d e R é g n ie r               . . . Episodes.\n                                                          Poèmes anciens et romanesques.\nA d o l p h e R e t t é .............................      Cloches en la Nuit.\n                                                           Une belle Dame passa (à paraître).\n                                                          La F orêt bruissante       »\n                                                          La seule Nuit              »\nA l b e r t S a i n t - P a u l . . . Scènes de Bal.\n                                                          l’Echarpe d’iris (à paraître pro­\n                                                                chainement).\nF e r n a n d S e v e r in . . . .                        Le Lys.\n                                                          le Don d’Enfance.\nE m il e V e r h a e r e n . .                  . . Les Soirs.\n                                                          Les Débâcles.\n                                                          Les Flambeaux Noirs.\nF r a n c is V i e l é -G r i f f i n .               .   Ancaeus.\n                                                          Joies.\n                                                          Diptyque (va paraître).\n"}, {"page_pdf": 209, "texte": "6e A N N É E , N o s 3 E T 4.\n\n\n                                 LA. W ALLONIE\nREVU E       M EN SU ELLE         DE         L IT T É R A T U R E   ET   D ’A R T\n\n\n\n\n      Directeurs : A L B E R T MOOKEL, P I E R R E - M .                 OLIN\n                    et H e n r i d e R ÉGNIER.\n\n                   Bureaux : rue St-Adalbert, 8, Liège.\n\n    Adresser les communications 307, Avenue Louise, Bruxelles,\n                     et 6, rue Boccador Paris,\n\n      A bonnem ent       : 5 fr. par an. Union postale : 6 fr. 5 0 .\n\n\n\n                                SOMMAIRE :\n\nE m ile V e r h a e r e n         . . . L e plus précieux des cinq sens.\nH e n r i d e R é g n ie r . . . Odelettes.\nS tu a r t M e r r ill ......................... Drame.\n                                            { Cœcilia.\nA . F e r d in a n d H e r o ld .      .\n                                            ( Christiana.\nC h a r le s D e lc h e v a le r ie     .     Little Sketches.\n                                              Les Sommeils de marbre.\nJ e a n D e lv ille\n                                              L ’horreur de la pluie.\nG a sto n V y t t a le . . . .               Poèmes ironiques.\nJ o s é H e n n e b ic q . . . . Prière.\nE m ile B e s n u s A d Majorem Gloriam.\n                   .\n\n\n\n\nH e n r i V a n d e V e ld e .   Georges Seurat.\n                                      Les livres.\n                                       Notes.\n\n\n                       Ce n u m éro 7 5 c e n tim e s .\n\n\n\n                                    Des presses de H. Vaillant-Carmanne, à Liége.\n"}], "calendrier": {"precision": "mois", "ordre_dans_volume": 3, "mois_verifie": false, "numero_verifie": true, "mois_reconstitue": true, "numero_reconstitue": false, "date_tri": "1891-03", "signet_source": "6ème année - N°3-4 - Mars-Avril 1891", "preuve": "Numéro lu sur la couverture (PDF 209 : « 6e année, Nos 3 et 4 ») ; mois non lisible sur la couverture, signet Mars-Avril 1891 ; indices internes : Van de Velde « Avril 91 », La Conque « paraît le 1er mars », Rossi à Bruxelles « fin d'avril ».", "methode_reconstitution": "Date et numéro du signet de l’ULB, contrôlés sur la couverture de la livraison quand elle est conservée."}}