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     "texte": "LE MOUGIK MAREY.\n(SOUVENIR DE SIBÉRIE)\nC'était le deuxième jour de Pâques. L'air était chaud,\nle ciel bleu, le soleil haut et radieux, mais dans mon\nâme il faisait sombre. J'errais derrière la caserne. Je\nregardais en les comptant les barrières qui fermaient\nle préau. - Depuis deux jours la prison était en fête,\nles forçats ne travaillaient pas. La plupart d'entre eux\nétaient ivres. Les chambrées retentissaient d'injures, de\nquerelles et de chansons ordurières. On jouait aux\ncartes sur les lits de planches. Plusieurs hommes, bat-\ntus jusqu'à la mort par leurs propres camarades pour\navoir fait trop de tumulte, gisaient sur leurs lits. On les\navait recouverts de leurs manteaux en attendant qu'ils\nreprissent connaissance. Plusieurs fois déjà les couteaux\navaient été tirés.\nEt cela durait depuis deux jours ! J'en étais malade.",
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     "texte": "38\nLa Vogue.\nD'ailleurs je n'ai jamais pu voir sans dégoût une foule\nivre; surtout dans un tel lieu !\nPendant ces deux jours l'autorité n'avait pas paru à\nla prison; les perquisitions avaient été interrompues,\non n'examinait plus si des bouteilles de vin n'étaient pas\ncachées sous les lits. Nos chefs comprenaient qu'il faut\nlaisser << s'amuser » au moins une fois par an même des\nforçats, que c'est le seul moyen d'éviter de pires excès.\nMais moi, la colère me prenait...\n.\nJe rencontrai le Polonais M...vky, un prisonnier\npolitique. Il me jeta un regard désespéré, ses yeux lui-\nsaient, ses lévres frémissaient.\n<< Je hais ces brigands ! » me dit-il à demi-voix, en\nserrant les dents, et il passa.\nJe ne sais pourquoi, je rentrai aussitôt à la caserne,\nquoique je m'en fusse échappé comme un fou un quart\nd'heure auparavant, quand six hommes, six forts mou-\njiks s'étaient jetés tous à la fois sur un Tartare nommé\nGazine pour le maintenir et le frapper. Ils l'avaient\nbattu comme plâtre: de tels coups pourraient tuer un\nchameau. Mais le Tartare était un hercule et on le frap-\npait sans crainte. En rentrant, je l'aperçus dans un coin,\nétendu sur son lit presque mort. On l'avait couvert\nd'une tarloupe (1) et les forçats en passant auprès de\nlui faisaient silence et évitaient de le toucher. On était\npourtant sûr que dès le lendemain matin, il reviendrait à\nlui, « mais de tels coups! qui sait ? un homme peut en\nmourir !... >>\nJe me faufilai à ma place, en face d'une fenêtre\ngrillagée; je m'étendis sur le dos, mis mes mains sous\nma tête et fermai les yeux. J'aimais cette position: un\n(1) Manteau.",
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     "texte": "La Vogue.\n39\nhomme qui semble dormir est ordinairement respecté,\net l'on peut ainsi rêver et méditer. Mais je n'étais pas\ntranquille. Mon cœur battait à coups préciptés et j'avais\nencore dans les oreilles le mot de M...vky:\n<< Je hais ces brigands ! >>>\nD'ailleurs, pourquoi décrirais-je mes impressions?\nMaintenant encore, j'en rêve parfois, et je n'ai pas de\nplus terribles cauchemars. Peut-être aura-t-on observé\nque, jusqu'à ce jour, je n'ai presque jamais parlé de ma\nvie au bagne. Il y a quinze ans (1) que j'ai écrit la\nMaison des Morts, sous le nom d'un personnage fictif:\nun condamné qui a tué sa femme.\nEt j'ajouterai à ce\nsujet que bien des personnes pensent et affirment encore\nque j'ai été exilé pour avoir assassiné ma femme...\n-\nPeu à peu pourtant je me calmai et insensiblement je\nme plongeai dans mes souvenirs. Pendant mes quatre\nans de bagne je n'ai cessé de songer à tout mon passé\net il me semble que j'y ai revécu par le souvenir toute\nma vie morte. Les souvenirs se dressaient d'eux-mêmes\ndevant moi. Je les évoquais rarement par un effort de\nvolonté. Cela commençait d'un point quelconque, d'un\npetit trait, à peine perceptible, et peu à peu cela pre-\nnait les proportions d'un grand tableau et l'impression\nse fortifiait et se complétait. Et moi-même je m'y inté-\nressais, ajoutant de nouveaux traits à des événements\ndepuis longtemps accomplis, les corrigeant et les arran-\ngeant sans cesse. C'était mon seul plaisir.\nCette fois-ci, ce fut un insignifiant incident de ma\npremière enfance qui me revint à la mémoire, — du\ntemps lointain où j'avais neuf ans. Je croyais bien l'avoir\noublié. Mais, à cette époque, c'étaient surtout les sou-\n(1) Dostoievsky écrivait ceci en 1876.",
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     "texte": "40\nLa Vogue.\nvenirs de ma première enſance que j'aimais à me rap-\npeler.\nNotre village, un mois d'août. Un jour sec et clair,\nun peu froid: du vent. L'été touchait à sa fin et nous\ndevions bientôt partir pour Moscou: il allait bientôt\nfalloir, durant tout un hiver, s'ennuyer à étudier le\nfrançais...\nQue je regrettais de quitter la campagne !\nJe me rendis derrière la grange, je descendis dans le\nfossé et je montais au losk. (On appelait ainsi chez nous\nune épaisse futaie située de l'autre côté du fossé, jusqu'à\nla lisière d'un petit bois.)\nEt voilà, que j'entre au plus épais des arbustes, et\nj'entends à quelque distance de là, à une trentaine de\npas peut-être, dans le champ, un mougik qui laboure\nla terre. Je sais qu'il laboure sur le penchant d'une\ncolline et que le cheval doit avoir bien de la peine.\nDe temps en temps j'entends le cri: Hue! Hue! Je\nconnais presque tous nos mougiks, mais je ne sais pas\nlequel laboure en ce moment et d'ailleurs, ça m'est\négal. Je suis tout absorbé par mon occupation : moi\naussi je travaille !\nJe me taille une cravache en bois de noyer pour\nbattre les grenouilles. Les baguettes de noyer sont si\njolies et si flexibles ! C'est bien autre chose que des\nbaguettes de pin ! Les scarabées et les hannetons m'in-\ntéressent aussi : j'en fais collection et j'en ai de « très\nbien habillés ». J'aime aussi les petits lézards, si vifs,\nd'un si beau rouge jaunâtre, avec de petites taches.\nMais j'ai peur des petits serpents. Heureusement que\nles serpents sont plus rares que les lézards. Il y a peu\nde champignons dans la futaie : c'est sous les pins qu'ils\nfoisonnent! Aussi je vais y aller... Je n'aime rien tant",
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     "texte": "La Vogue.\n41\nau monde que la forêt avec ses champignons, ses fruits\nsauvages, ses scarabées, ses petits oiseaux, ses héris-\nsons, ses écureuils et cette douce odeur mouillée des\nfeuilles pourries!\nEncore à cette heure où j'écris, je sens cette odeur\nde notre pin de la campagne. Ces impressions durent\ntoute la vie.\nTout à coup, au milieu du plus profond silence, j'en-\ntends distinctement et clairement ce cri:\n<< Au loup! Au loup! >>>\nJe pousse un cri de terreur, hors de moi, épouvanté,\net, toujours criant, je cours droit vers le mougik en\ntrain de labourer.\nC'était notre mougik Marey. Ce nom existe-t-il? Du\nmoins tout le monde l'appelait ainsi; un mougik d'une\ncinquantaine d'années, fort, haut de taille, avec beau-\ncoup de poils blancs dans sa grande barbe d'un blond\nsombre. Je le connaissais bien, mais jusqu'alors il ne\nm'était guère arrivé de lui parler.\nIl arrêta son petit cheval en m'entendant crier. Je fus\nbientôt près de lui et m'accrochai d'une main à sa\nmanche et de l'autre à la charrue. Il remarqua ma\nterreur.\n-\nLe loup! m'écriai-je, tout suſſoquant.\nIl leva vivement la tête et regarda instinctivement\nautour de lui, me croyant un instant réellement pour-\nsuivi.\n-\n-\nOù donc?\nOn a crié... Quelqu'un vient de crier : au loup !\nbalbutiai-je.\n- Qu'as-tu ? Qu'as-tu ? Quel loup ? Tu t'es trompé!\nOh! mais... Quel loup peut-il y avoir ici !\nadoucissant sa voix pour me rassurer.\n-\ndit-il en",
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     "texte": "42\nLa Vogue.\nMais je tremblais toujours et m'accrochais plus forte-\nment à son caftan. Je devais être très pâle. Il me regar-\ndait avec sollicitude et paraissait inquiet de me voir\ndans cet état.\n-\n-\nAh! comme il a peur! Ah iaïe!\ndit-il en\nhochant la tête. - Allons, mon enfant! Allons, petit!\nIl me caressa la joue.\n-\nCalme-toi donc! le Christ ne t'abandonne pas.\nFais le signe de la croix.\nMais je ne pouvais faire le signe de la croix ! Les\ncoins de mes lèvres tremblaient et c'était ce qui parais-\nsait l'intriguer le plus.\nIl étendit doucement son doigt épais, tout terreux,\navec un ongle tout noir et toucha légèrement mes\nlèvres.\n-\nVois-tu !... Ah iaïe!\nIl eut un long sourire, presque maternel.\n-\nMon Dieu ! Mais qu'est-ce que c'est ? Vois-tu !...\nJe compris enfin qu'il n'y avait pas de loup et que le\ncri que j'avais entendu était une illusion de l'ouïe.\n(J'avais déjà plus d'une fois entendu des cris analogues.\nPlus tard, ces hallucinations passèrent avec l'enfance.)\n-\nEh bien ! je m'en vais? - dis-je en le regardant\nd'un air interrogatif et timide.\n- Oui, va. Je te regarderai partir. Je ne te laisserai\npas prendre par le loup, ajouta-t-il avec son sourire\nmaternel. - Que le Christ soit avec toi ! Va.\nIl fit le signe de la croix sur moi et se signa lui-\nmême.\nJe partis, en me retournant tous les dix pas et tant\nque je marchai Marey resta immobile auprès de son\ncheval, me regardant comme il l'avait dit et me faisant\nsigne de la tête quand je me retournais.",
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     "texte": "La Vogue.\n43\nJ'avais un peu honte de ma peur, je l'avoue. Pourtant\nelle n'était pas tout à fait passée. Elle ne cessa complè-\ntement qu'au moment où j'atteignis l'autre versant du\nfossé, tout près du premier bâtiment. Là notre chien\nde garde Voltchok (1) vint en courant vers moi. Avec\nVoltchok j'étais tout à fait rassuré. Alors je me retour-\nnai pour la dernière fois vers Marey. Je ne pouvais plus\ndistinguer son visage, mais je devinais qu'il continuait\nà me sourire tendrement tout en hochant la tête. Je lui\nfis un signe de la main, il me répondit de même et\nfouetta son cheval.\nJ'entends encore dans le lointain : Hue! Hue! et le\npetit cheval se remit à tirer la charrue...\nD'où m'était venu ce souvenir? Qui le sait ! Les\ndétails avaient une étonnante précision. Je me dressai\nsur mon lit de planches et je me rappelle avoir long-\ntemps gardé sur mon visage le sourire des doux sou-\nvenirs. Et un moment encore je voulus poursuivre cette\ntrace laissée dans ma mémoire par cette heure de mon\nenfance.\nEn quittant Marey, je me gardai bien de raconter à\npersonne mon « aventure ». Et quelle aventure !\nD'ailleurs j'oubliai bientôt Marey. Souvent par la suite\nje le rencontrai, mais sans essayer de lui parler ni du\nloup, ni de rien du tout.....\nEt tout à coup, maintenant, vingt ans après, en Sibé-\nrie, je me rappelais cette rencontre avec une singulière\nnetteté, jusqu'au dernier trait !\nC'est sans doute qu'elle s'était gravée d'elle-même\ndans mon âme, et si je me la suis rappelée à cette heure\nc'est qu'il le fallait à cette heure... Et je revoyais ce\n(1) Petit loup.",
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     "texte": "44\nLa Vogue.\nsourire tendre et maternel d'un pauvre mougik-serf, ses\nsignes de croix, son hochement de tête, son: « Comme\nil en a peur, le petit! » Et surtout ce doigt épais, ter-\nreux, dont il avait avec une timide tendresse et si dou-\ncement touché mes lèvres tremblantes! Certes, tout le\nmonde est disposé à rassurer un enfant. Mais là, dans\ncette rencontre isolée, il était arrivé quelque chose de\nbien différent. J'aurais été son propre fils qu'il n'aurait\npu me regarder d'un air meilleur et plus affectueux. Et\nqui l'y obligeait ? Il était notre serf, et moi - tout de\nmême! - j'étais son petit maître. Personne ne pouvait\nsavoir combien il avait été bon pour moi! Il n'y avait\npas là de quoi le récompenser! Peut-être aimait-il les\npetits enfants : c'est possible. En tout cas, la rencontre\nétait isolée, dans un champ vide, et Dieu seul a pu voir\nd'en haut de quel profond sentiment de tendresse\nhumaine, de quelle fine et presque féminine tendresse\nétait rempli le cœur d'un mougik russe asservi, grossier\net sauvage et qui ne savait pas alors qu'il serait bientôt\nlibéré.\nEn me levant de mon lit de planches je jetai un coup\nd'œil autour de moi, et je sentis tout à coup que je\npouvais maintenant regarder ces malheureux tout autre-\nment que je l'avais fait quelques minutes auparavant;\npar une sorte de miracle la haine et la colère avaient\ncomplètement disparu de mon cœur. Je fis quelques\npas en examinant les visages que je rencontrai. « Celui-\nci, pensai-je, ce mougik tout rasé, ce paria ivre qui\ngueule sa chanson d'une voix enrouée, peut-être est-ce\nMarey! Et si je pouvais fouiller dans son cœur... »\nDans la soirée je rencontrai encore M...sky et je le\nplaignis.",
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     "texte": "La Vogue.\n45\nIl n'avait aucun Marey dans ses souvenirs et sa\npensée était toute naturelle : « Je hais ces brigands ! >>>\nEt puis, ces Polonais avaient souffert bien plus que\nnous.\nTH. DOSTOJEVSKY.\nTraduit par E. HALPERINE et CHARLES MORICE.",
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     "texte": "LOHENGRIN, FILS DE PARSIFAL\n(Fin.)\nII\nLa Villa Nuptiale, tout là-bas dans une anse de la\ncôte, ressortissait au Ministère des Cultes. On la livrait\ngratis aux nouveaux mariés, pour leur première semaine.\nIl n'y avait d'ailleurs nulle sage-femme attachée à\nl'établissement.\nLa Pleine-Lune était haute, citrine à cette heure;\nmais d'un clair de lune si violent, que les nids en\njasaient et que des fourmillières vaquaient à leurs\ndiurnes travaux.\nEt eux, à peine entrés, brûlés de malaise et de\nsilence, les pieds très énervés des graviers attiédis, se\nhâtèrent vers comme des cascades prochaines là-bas, -\nà travers de décourageants labyrinthes d'ifs tondus en\ntonnelles et de stratifications étrangement plastiques,\net des pic-ploc solitaires d'opalins jets d'eau balsa-\nmyrrhés.\nMais c'était, en effet, des cascades, un cirque d'éter-\nnelles cascades autour d'un bassin dont l'eau, profonde\nd'un pied à peine et translucide, livrait aux féeries\nlunaires les scintillants micas de son fond de sable pur.",
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     "texte": "La Vogue.\n47\nAh! ils rejetèrent et armure de cristal et traînante\nrobe étoilée de beaux œils de paon, - édéniquement\nnus, ils entrèrent dans l'eau avec de petits rires absurdes,\net débilement ils allèrent s'étendre au milieu, comme\ndans des couvertures idéales, accoudés, causer un peu,\nreprendre leurs sens.\nIls s'épiaient, plus ou moins à la dérobée.\nLohengrin, adolescent et supérieur, les jambes trop\ncroisées, en une pose sofalesque. Elsa s'étirant sous la\nlune, maigre, toute en lignes dures et gauches (Je hais\nces inflexions molles qui coulent d'avance par la satiété\nà la pourriture), hanches fières, jambes à galoper par\nles haras pierreux; et le buste droit sans honte de ses\ndeux seins si peu joufflus qu'elle eût pu les cacher sous\ndes soucoupes.\nAccoudée, dans l'eau jusqu'au cou, Elsa dénattait ses\ncheveux, et les éparpillait flottants tout autour de sa face\npenchée, qui apparut alors un instant, parmi ces goë-\nmons et sur la tige d'un cou, comme une inhumaine\nfleur lacustre.\nL'eſſet produit, Elsa se secoue.\n- << Ah! j'en avais assez de cette existence de cloître,\n<< et de cultes platoniques. Est-ce que tu ne me trouves\n<< pas un peu parcheminée? Oh! faisons un temps de\n<< galop par les pelouses, dis, mon chéri ? »\n- « Comme vous voudrez. »\n- « Ah! tu ne m'aimes pas. Je m'y attendais bien !\n« C'était trop beau. »\n-\n<< Si, si, je t'aime! trop... >>>\nIl tend le bras, et lui donne une cordiale poignée de\nmains; et pour se reprendre :\n- << Mais raconte-moi un peu ta vie; vite, vite. »\n- « Mais, mon chéri, je n'ai pas vécu... jusqu'à cette",
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     "texte": "48\nLa Vogue.\n<< nuit. (Vous savez que je n'ai pas encore dix-huit ans\n<< accomplis?) — J'ai rêvé de ceci, de cela; de vous,\n<<< Gentil Chevalier, en somme. »\n- « Et, naturellement, tu sais tout? >>>\n-\n-\n<< Sans doute, mais si de travers ! »\n<< Moi je ne sais rien ; rien » soupire Lohengrin,\net il regarde dans le vide.\nIl se lève, elle se lève s'emparant gracieusement de\nson bras.\n- << Mais je vous mouille peut-être ? » fait-elle.\n- << Oh! ne vous gênez pas, pour si peu. »\nIls font le tour du bassin, s'arrêtant ça et là, au plus\nbeau des cascades, pour en crever un instant, du bout\ndu pied, la nappe miroitante, qui filtre furieuse et glacée\nentre les doigts. Et Elsa en prenait prétexte pour se\npâmer contre le torse de son chéri. Et il vous la calmait\nnon par des baisers banals, mais par quelques paroles\nbien senties.\nDe guerre lasse, on va s'asseoir sur des berges\ngazonnées.\n- « Comment allez-vous maintenant ? » dit-il.\n-\n« D'où ? » insinue-t-elle.\n- « Oh! entends-tu ce hoquet d'un oiseau de nuit\n<< quelque part ? »\n-\n<< Oh ! et partout cette rumeur des germi-\n<< nations? »\nAlors il s'aventure à la caresser assez curieusement.\nPuis il soupire pour deux : « Si nous rentrions?»\nLa Pleine-Lune était très, très haut, tuméfiée et cou-\nleur de poulpe. On n'entendait par la nuit pleine de\nsolutions que la crécelle radoteuse des reinettes des\nétangs.\n-\n<< Qu'est-ce que c'est que ces architectures là-",
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     "texte": "La Vogue.\n49\n<< bas? Ah! oui, il paraît qu'il y a une pierre avec\n-\n<< des symboles gravés et des conseils... »\n-\n« Viens, viens, tu prendras froid. »\nIls se fourrèrent illico sous les peaux jusqu'au cou.\nIls inspectaient par contenance le ciel de lit tout tapissé\nd'un bien sombre lierre.\n-\n<< Alors c'est par ici qu'ont passé toutes les lunes\nde miel de l'île ? »\n-\n-\n« Oui. »\n<< Donc aussi ton père et ta mère? >>\n<< Mon Dieu, oui, les pauvres! Mais il n'y a pas\n<< que cette alcôve-ci dans la Villa. »\n-\n<< Je vois avec plaisir que tu es au courant.\n<<< Hein? vous en causiez entre Vestales?\n-\n-\n-\n-\n-\n-\n<< Oh! oui. »\n<< Et ces Vestales, quelles mœurs ? >>>\n« Que veux-tu que je te dise! »\n« La vérité. »\n<< Eh bien, nous sommes toutes vierges. »\n<< Vierges seulement ? C'est peu. »\n<< Ah! que vous êtes original, cher Chevalier! »\n<< Elsa, causons sérieusement. Quelle serait\n<< votre devise? >>>\n-\n« Donne moi de ce que t'as, je te donnerai de ce\n« que j'ai. Et la vôtre ? »\n-\n-\n-\n-\n-\n« Je n'en ai pas; laissez. >>>\n<< Ah! que j'en sais une jolie pour vous !... >>>\n<< Dites... »\n« Le vin est tiré, il faut le boire. »\n<< Mais qui vous a donc appris toutes ces belles\n<< choses, Elsa ? »\n-\n« Le joli petit corps que Dieu m'a donné. »",
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     "texte": "50\nLa Vogue.\n-\n<< C'est commode. - Voyons, si vous me chan-\n<< tiez plutôt quelque chose ? >>\n<<< Volontiers. »\nElsa tousse un peu, puis chante:\n-\nSamson a cru en Dalila,\nAh! dansons, dansons à la ronde,\nLa plus belle fille du monde\nNe peut donner que ce qu'elle a.\n<< (Je commence à voir qu'elle me met les points\n<< sur les i.) - Non, pas cela, un autre genre, quel-\n<< que chose de moins épithalame. »\nElsa psalmodie, la main sur le cœur, les yeux au\nciel de lit :\n-\nSi mon air vous dit quelque chose,\nVous auriez tort de vous gêner;\nJe ne la fais pas à la pose,\nJe suis la Femme; on me connaîı.\n<< Non ! savez-vous que ce n'est pas très bien !\n<< Seriez-vous libidineuse, Elsa ? »\n-\n<< J'ignore le sens de ce mot.\n<< chantez donc, vous, alors! »\n-\nAh! mais,\nLohengrin déclame, d'une voix maussade :\nIl était un roi de Thulé\nQui, jusques à la mort fidèle,\nN'aima qu'un cygne aux blanches ailes:\nVoilier des lacs immaculés!\n<< Non! non! jamais je ne dirai la suite ! »",
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     "texte": "La Vogue.\n51\n<< Eh bien! qu'est-ce que c'est que ces larmes\n<<< maintenant? - Enfant, enfant, enfant, connais-tu\n<< les pompes voluptiales ? Vois les bonbons de mes\n<< jeunes seins, touche comme ma chevelure d'un roux\n<< discret est sensuelle, sens, sens un brin mes pubé-\n<< reuses... O rancœurs ennuiverselles! expériences\n<< nervicides, nuits martyriséennes ! Aime-moi à\n<< petit feu, inventorie-moi, massacre-moi, massacri-\n<< lège-moi! >>>\n-\n-\n<< Mais, vous divaguez en plein. ma très chère\n<<< enfant ! >>>\n-\n<< Ah! pourquoi aussi te tiens-tu si à distance ! A\n<< la fin, c'est ridicule ! >>>\n-\n-\n-\n<< Parce que. »\n<< Mais encore, mon chéri? »\n<< Eh bien, parce que je déteste vos maigres han-\n<< ches larges, moi! Elle vous rappellent du moins avec\n<< franchise l'esclavage des parturitions, lequel est au\n<< bout de toutes ces belles choses, après tout. »\n-\n<< Ne me dis pas ça! Que t'ai-je fait ? »\n<< Pardon! pardon! ne pleure pas ! C'était par\n<< méchanceté. Oh! mais, c'est que je les adore au\n<< contraire, les hanches dures et droites ! »\n-\n-\n-\n-\n<< Bien vrai? »\n« Oui, à la folie ! il n'y a qu'elles ! >>>\n<< Eh bien, alors? >>>\n<< C'est que, voilà; je déteste en toi ceci, que,\n<< ayant des hanches sèches, bref anti-maternelles, tu\n<< marches cependant avec ce dandinement perpétuel\n« de petit mammifère délesté depuis quelques jours à\n<< peine des kilos de ses couches (qu'est-ce qui vous\n<< fait rire?) oui, dis-je, ce dandinement, comme tout\n<< étonnée de se trouver si légère après neuf mois",
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     "texte": "52\nLa Vogue.\n<< de corvée, et t'en allant plus légère que nature,\n<<< comme profitant de ta légèreté avant que ça recom-\n<< mence, et faisant même ce dandinement de délivrance\n<< un appât à de prochains obérateurs! Moi, j'appelle\n<< ça de l'aberration, tu saisis ? >>>\n-\n« Oui, oui, je n'avais jamais songé à tout cela.\n<< Mais je m'observerai, oh ! je ferai tout selon tes prin-\n<< cipes, mon chéri. »\n-\n<< Hé non! il n'y faut pas songer: c'est incurable.\n<< Allons bon ? encore des larmes! ne pleure pas ! ne\n<< pleure pas ! Tu sais que je ne peux pas souffrir les\n<< larmes! »\nLohengrin lui passe délicatement la main sur le cou\npour la calmer.\n- << Tiens, que ta main est originale ! » dit-elle.\nElle fait la morte; elle se souvient que le premier\ncompliment de l'original chevalier a été pour son col\nde cygne, elle espère qu'il va descendre aux glandes\nmammaires; mais non, sa main insiste sur un point.....\n-\n<< Comment appelez-vous ça? >>\n- << Je ne sais; la pomme d'Adam. >>>\n-\n-\n-\n-\n-\n<<< Vous dites ? >>\n<< La pomme d'Adam. »\n<< Et ça ne vous rappelle rien ? »\n<<<< Ma foi non. »\n<< Eh v...va donc! Moi, ça me rappelle les plus\n<< mauvais jours de notre histoire ! - Oh! ne pleure\n<< pas! ne pleure pas! c'est fini, je te dis que j'ai fini ! >>>\n<< Bien vrai, mon chéri? >>>\n- << Tiens, laisse-moi sommeiller, me recueillir, un\n<< quart d'heure, dans le silence de la nuit, - et puis,\n<< ma parole, je vais me mettre en devoir de t'adorer\n<<< grandement. »",
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     "texte": "La Vogue.\n53\n- « Comme tu voudras, mon trésor. »\nLohengrin, l'original chevalier, lui tourne le dos, et\nalors s'emparant plus que follement de son oreiller, et\nle tenant en étreinte maladroite, éperdûment embrassé,\nsous sa poitrine et contre sa joue, commence à lui vagir,\ntel un enfant :\n« O mon bon, bon, bon oreiller, tendre et blanc\n<< comme Elsa! O ma petite Elsa, bébé inconscient qui\n<< t'étonnes de ma profondeur, bébé succulent, nu à\n<< croquer, nubile à point, boîte à surprises, que ton\n<< être aux divins organes est une trouvaille! Ah! je\n<< veux t'aimer à tâtons, te fouiller jusqu'à l'âme, et\n<< puis, hélas ! t'écarteler aux contradictions de mon\n<< triste caractère ? »\n<< Où es-tu ? où es-tu ? que je t'adore de partout ! O\n« mon bon, bon oreiller, tu n'as bientôt plus une seule\n<< petite place fraîche pour mon front (quelle journée\n<< fatigante!) Mon bon oreiller, blanc et pur comme\n<< un cygne! Tu m'entends? Je me cramponne à la\n<< proue de ton col fuselé, emporte-moi par-delà les\n<< mers immaculées, ravis-moi, pauvre Ganymede, en\n<< spirales, par-delà les berges de la Voie-Lactée, et\n<< les giboulées d'étoiles, et le cap fallacieux du Soleil,\n« vers le Saint-Graal où Parsifal, mon père, prépare\n« un plan de rachat pour notre petite sœur humaine et\n<< si terre-à-terre !... »\n<< Mais tu sais tout cela, mon bon, mon tendre cygne!\n« J'y suis, je me tiens bien, je retiens ma respiration!\n«\n- Adieu, vous !... »\nOh! la fenêtre de la salle nuptiale éclata follement\nsous un cyclone de féerie lunaire ! et voici que l'oreil-\nler, changé en cygne, éploya ses ailes impérieuses, et\nprit son vol, chevauché du jeune Lohengrin, en spi-",
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     "texte": "54\nLa Vogue.\nrales sidérales, sur les lagunes enchantées de la mer,\npar-delà la mer, vers les altitudes de l'égoïsme, les alti-\ntudes aux glaciers que nul avril ne saurait fondre.\nEt c'est depuis lors, qu'à de pareilles nuits, les\npoètes célèbrent froidement et inviolablement dans leur\ncœur certaine fête de l'Assomption.\nJULES LAFORGUE.",
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     "texte": "AIRS D'OPÉRAS\nI\nEspoir charmant, Sylvain m'a dit : je t'aime.\nMusique ancienne et neuve qui propage\nL'attrait fané d'un naïf équipage\nDe campagne étoilé de chrysanthèmes.\nVision bonne où l'âme vierge essore\nL'essaim des vœux trop longuement contraints,\nEt donne en joie au charme souverain\nD'aimer, le peu de plaisir qu'elle implore.\nSortilège d'un innocent baptême\nDe tiédeur blonde à l'enfant qui chemine\nVers les clartés où son cœur s'illumine.\nEspoir charmant, Sylvain m'a dit : je t'aime.",
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     "texte": "56\nLa Vogue.\nII\nÉcoute murmurer: Connais-tu le pays\nOù fleurit l'oranger?... Les lointains sollicitent\nTon volontaire exil de ces séjours haïs\nAprement, et tu vas à d'impossibles sites.\nMais une voix de femme archangélique et vague\nÉgrenant le vieux air: Le pays des fruits d'or,\nMet dans la solitude où ton cœur veuf s'endort\nDes vœux que ta paresse injustement élague.\n-\n-\nEt voici que tu veux honnir les fleurs vermeilles !\nEt tandis que les voix\nque tu méconnaîtras\nT'appellent dans la nuit en te tendant les bras\nLanguissamment ton rêve en extase sommeille.\nPourtant la vision de la vieille demeure\nS'écarte lentement de tes bras fatigués;\nEt malgré les efforts où tu t'es prodigué,\nVa! tu cherches en vain ton séjour et ton heure.",
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     "texte": "La Vogue.\n57\nIII\nAutrefois j'avais une marraine.\nQue serait-ce donc qui s'intoxique.\nTant amèrement en mon esprit,.\nSinon, - ô ces airs jadis appris -\nLe charme décevant des musiques?\nAh! ce fut auprès d'une fontaine.\n-\nSi ce n'est une époque meilleure,\nDouant de stérilité tous vœux,\nEt franche de l'horreur de tels jeux -\nAh! que serait-ce donc que je pleure.\nQue mon cœur, que mon cœur a de peine !\n'e l'entends murmurer, la voix grave,\nDes mots qui sont insignifiants.\nEt dont le sens précis ou fuyant\nInévitablement se déprave.\nQue mon cœur, que mon cœur a de peine!",
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     "texte": "58\nLa Vogue.\nEt la voix mélodieuse évoque\nDes autrefois qui semblent récents\nDans leur éloignement - me laissant\nLe trouble d'une joie équivoque.\nAh! ce fut auprès d'une fontaine.\nJe sais que tout cela n'est que leurre\nEt labeur où je m'ensevelis,\nMéditant sur les temps abolis\nDont je veux en vain préciser l'heure.\nMATHIAS MORHARDT.",
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     "texte": "LES VOYAGES\nDE BALTHASAR DE MONCONYS\n(Suite.)\nVOYAGE DES PAYS-BAS.\n[A Bruxelles]. Le [8 juillet 1663]. apres diné M. de\nSasede nous mena voir le cabinet d'vn Gentil-homme\nnommé S. Victor dans lequel, il y a plusieurs curio-\nsitez.\nEntre autres vne belle Momie toute entiere, quantité\nde figures entieres, des Cabinets, des coffres et des\nboëttes de la Chine; vne patente du Roy de la Chine\nen papier de soye peint de fleurs d'or comme vn bro-\ncart; vn livre d'Astrologie du mesme païs dont les feüil-\nlets sont tres delicats et d'vne: broderie de soye qui\nsont des roses, pour la couuerture d'vn coussin; vn\ntableau d'vn demy-pied en quarré de Iesus Christ,\nqui laue les pied aux Apostres fait à la plume; tous\nles Pseaumes de Dauid d'vne escriture si belle qu'on ne\nles prendroit que pour des traits de plume bien deli-\ncats; vn cancre de mer petrifié; vn canos des Antilles\nauec les rames; plusieurs oyseaux, et animaux des\nIndes et d'Egypte, des miroirs d'acier; des instru-",
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     "texte": "60\nLa Vogue.\nments de Mathematique; vn petit Pareuant de la Chine,\ndont les portes se ferment et s'ouurent du mesme costé :\ndeux liures des simples naturels appliquez et conservez\nfort curieusement; plusieurs armes à feu de la Chine, et\nde la Turquie, et vne Arquebuse à vent.\nA Anvers, le 1 iuillet 1663. Dans la maison des\ntapisseries nous vismes vne de ces pompes à ietter de\nl'eau, lors des embrasemens.\nC'est vn bassin de bois de quelques six pieds de\nlong, quatre de large, et quatre de hauteur, dans lequel\nil y a deux pompes qui aboutissent à vn gros tuyau de\ncuiure qui est au milieu : et ces deux pompes ioüent\npar le moyen d'vn brancard, qui est attaché en dehors\npar vn axe qui est au milieu, et qui répond aussi au\nmilieu du bassin, aux deux bras duquel de châque costé\nsont attachez les fers qui font iouer la Pompe; comme\non le peut mieux voir par la figure suiuante.\nIls ont aussi en cas d'embrasement de hautes eschelles\nqui sont attachées en long contre les murailles des mai-\nsons, et qui estant dressées, atteignent au faiste des plus\nhautes,\nNous fusmes aussi à l'Imprimerie de Plantin, qui\ngarde le nom de son premier Autheur, quoy que ce\nsoit le dernier Moretus descendu de son gendre qui la\ntient. C'est vne assez grande Maison, composée de quatre\ncorps de logis, qui enferment vne cour, rectangalaire;\nau milieu de laquelle est vn fort ioly petit Iardin, dont\nles murailles sont tapissées de pampre fort agréable-\nment, comme presque toutes celles de cette Ville, ce\nqui fait fort bien auec la brique. Dans le bas d'vn des\ncorps de logis est l'Imprimerie, où 12 presses tra-\nuaillent continuellement. Le reste du Logis, à la reserue",
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     "texte": "La Vogue.\n61\nd'vn quartier bas pour le logement, est remply d'vn\nexemplaire de châque liure qu'ils ont imprimez, et de\nquelques autres.\nA Mildebourg, le 15. Ie fus auec M. Firens voir le\nPeintre Goedartius, qui continue ses experiences des\nInsectes, qui me dit, que du champignon pourry il s'en\nengendroit diuerses sortes de vers, qu'il me fit voir dans\nson liure, qu'il donnera encore dans quelque temps au\npublic.\nIl est chymiste et sçait oster la faculté hemetique de\nl'antimoine; et par le moyen d'vne poudre qu'il met\nfondre dans vn creuset, s'il y met dedans du fer, comme\nvne lame d'espée, il s'y fond incontinent comme du\nbeurre.\nA Flessingues, le même iour. D'abord nous fusmes\nvoir vn nommé M. Delcorne, que M. Firens m'auoit\nindiqué, qui a vne infinité de belles coquilles de plu-\nsieurs cornes de Licornes, de Rhinoceros, et d'autres\ncurieuses, force animaux et Insectes des Indes, entre\nautres vn animal approchant de l'Armadillo ou Fatou,\nnommé le Diable du Japon, tout couuert d'escailles de\ncorne, de la forme de l'os de l'oreille de carpe, rayé de\nmesme au bout, qui me parut fort curieux, n'en ayant\niamais veu Il auoit encore plusieurs boëtes de papillons,\nde mouches, de cantharides, et d'autres Insectes, dont\nla plus belle estoit celle des petits insectes dorez, et\nd'autres couleurs. Cét homme est vieil, et cassé, et l'on\npourroit bientost auoir son cabinet à bon prix apres sa\nmort. Il y a des fruits des Indes, des petits Canots ou\nbateaux des Sauuages, et vne infinité d'autres choses\nmal tenües.",
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     "texte": "62\nLa Vogue.\nA Bruxelles, le 21. le fus le matin chercher Monsieur\nLongin, que ie n'auois pas rencontré le iour precedent. Il\nse plait à la Chymie, et trauaille fort sur les simples,\nquoyque peu sur la metallique, estant tout sur la Mede-\ncine. Il est tres courtois, et fort ouuert. Outre vne quantité\nde liures de Chymie, la plus grande que s'aye veüe, il\na vn Bain-Marie de bois qui s'échauffe par vne vessie de\ncuiure, laquelle respond au foyer du la tour de l'Ata-\nnor, et qui communique ainsi la chaleur à l'eau du bain\npar vn canal qui joint ces deux eaux; et ce bain est\ndiuisé en deux par vn diaphragme, qui empesche que\nl'eau ne soit également échauſſée, si ce n'est quand on\nleue ce diaphragme.\nA Liege. Ie fus voir (1) vn des Chanoines de S. Lam-\nbert, qui est aussi du Conseil d'Estat du Prince, qui se\nnomme M. Sluz fort honneste homme, et grand Geo-\nmetre qui me mena promener par toute la Ville; et\nm'enuoya deux exemplaires de son liure intitulé Meso-\nlabum.\nLe 25. M. le Chanoine Sluz me vint voir au logis, où\nil me promit correspondance, et de m'envoyer des œüil-\nlets quand ie luy escrirois.\nA la Haye, le 8 aoust 1663. Ie fus voir le matin M. de\nZulcon, chez lesquels ie vis force bons tableaux, et des\ncrayons des habits des Idoles, des Villes, des Temples, des\nPaisages, et des Vaisseaux de la Chine rapportez de la\nderniere Ambassade, que Messieurs des Estats enuoye-\n(1) Entre le 16 et le 25.",
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     "texte": "La Vogue.\n63\nrent en ce pays là il y a 4. ou 5. ans, dont M. de Zulcon\na enuoyé les originaux colorez à M. Teuenot à Paris.\nIl y a encor la Tour de porcelaine qui est à la Chine.\nJ'y vis aussi.\nVn nid d'oyseau fait de ce cotton qui croit aux\nSaules, si artistement fait que ceux qui tricottent des\nbas ne sçauroient faire vn tissu si bien, ny si serré : on\nny voit point au trauers il est espais, et a la figure\nd'vn sabot dont l'entrée est fort petite à proportion de\nla capacité de ce nid, qui pend au bout d'vne branche de\nSaule, qui est fichée à l'endroit du talon de ce sabot de\ncotton, lequel outre sa mollesse est encor remply du mes-\nme cotton mollet, et peigné au lieu que celuy du nid est\ntissu et semble estre noué à chaque point, et les oyseaux\nfont ces nids à la maison de campagne de ces Messieurs\nqui m'en ont promis vn. Nous fismes comparaison de\nnos lunettes, ils trouuerent mon obiectif excellent\ncomme i'admiray la clarté, et la netteté des leurs, ce\nqui procede de la disposition, et proportion des deux\noculaires, dont ils se seruent, desquels le plus prés de\nl'œil est vne petite lentille de deux pouces, et demy de\ndemy-diametre, et l'autre est vne grande lentille de 6.\npouces de demy-diametre, dont ils se seruent auec vn\nmiroir aux lunettes de 4. à 5. pieds, et sans miroir auec\ncelles de 24. pieds.\nA Leyden, le 13. nous fusmes ches vn Maître de Beyau\npour voir ses tableaux, Il n'y estoit pas, mais bien vne\niolie seruante qui pouuoit confirmer ce que Guichardin\ndit de la beauté des femmes de Leyden qui n'egalent pas\npourtant celles que i'ay veües en zelande: De la il me\nmena chez le Docteur Gronouius qui faict profession de\nl'histoire, où arriua d'Amsterdam M. Vossius qui",
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     "texte": "64\nLa Vogue.\n!\nretournoit à la Haye; ce qui m'obligea d'y aller auec\nluy pour ioüir de la conuersation de ce docte person.\nnage, qui pendant le chemin me dit force belles choses:\nentre autres la raison des larmes de verre.\nl'Hypothese de M. Vossius est, qu'estant plongées\npromptement dans leau l'exterieur se glace seulement\ntandis que la chaleur qui est au dedans agitant et rarefiant\ntousiours les parties, lors qu'elle cesse, les exterieures ne\nse pouuant restrecir et reioindre à cause de leur durete\nil se faict de necessité du vuide au dedans ou du moins\ni'l y reste un air beaucoup plus rare ou moins com-\nprimé (pour parler comme M. Boile) que n'est l'air\nambiant, et lors que cassant le bout vous rompez la\ncrouste et la muraille qui tenoit enfermé c'ét air esten-\ndu, alors l'ambiant, qui est plus pressé, entre par les\npores qu'il trouue ouuerts auec tant de violence qu'il\nbrise ce qui s'oppose à la suite de son mouuement; et\nselon que ce qui s'introduit a plus ou moins de force,\nl'effet en est plus ou moins violent. Ainsi il est plus\nviolent quand on la rompt dans l'eau, que dans l'air, et\ndans le vif-argent que dans l'eau, et si on la chauffe\nauparauant, le feu ouurant les pores à l'extremité du\nverre, que le froid auoit fait resserrer, il s'y insinue de\ntous costés également de l'air, si bien que quand on les\nrompt il n'arriue rien d'extraordinaire qui n'arrive à la\nrupture d'vn autre verre : il me dit encor qu'il\ncroyoit qu'vne vessie fort ample d'vn verre assez délié\npourroit voler dans l'air, si l'ayant fait chauffer pour en\nfaire sortir l'air par rarefaction on bouchoit incontinant\nauec de la cire des Indes le petit trou par où l'air\nseroit sorty.\nIl adiousta que la vie des animaux n'estoit, que le\nfeu et le mouuement, comme il se voyoit aux mouches",
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     "texte": "La Vogue.\n65\net aux hirōdelles estouffées dans l'eau ou par le froid,\nque la chaleur ressuscitoit.\nA la Haye, le 14. ie fus tout le matin chez M. Vossius\nqui me fit voir son Microscope, qui n'est qu'ne petite\nlentille faite en hemisphere enchassée dans vn petit bois\nqui se glisse derriere vne petite table noire, enfoncée du\ncosté de l'œil, et percée au milieu pour y regarder par\nvn tres petit-trou. Il me donna son liure, de la cause\ndes vents, et du mouvement de la mer, qu'il m'expliqua\nde viue-voix, l'attribuant fort ingenieusement à l'attrac-\ntion, ou rarefaction de la mer que le Soleil fait conti-\nnuellement entre les Tropiques d'vn mouuement d'Orient\nen Occident Il me donna aussi celuy qui est intitulé :\nDe Septuaginta Interpretibus, et Chronologia disserta-\ntiones. Et responsum ad obiecta Ioh. de Bruyyn et, Petri\nPetiti. L'apresdiné ie fus voir le Pere Leon, puis reuoir\nM. Vossius qui me dit comment il pretendait de pre-\nuoir les vents, et les tempestes, scauoir par le mercure\nqui reste dans le tuyau, lors de l'operation du vuide\nqui se hausse, ou baisse selon que l'air est comprimé,\nou estendu, et non selon le chaud ou le froid.\nLe 15. ie fus le matin auec M. d'Arsiliers voir\nM. Vossius, qui nous fit voir dans sa Bibliotheque 6. ou\n7. grands liures de tous les simples d'Orient, parfaite-\nment bien collés, et conserués auec les fleurs, graines,\nsemences, et racines, auec les noms et propriétés de\nchacun; outre cela quantité de beaux liures Arabes,\nentre autres vn Alcoran in folio avec les tiltres, lettres\nmaiuscules, et vignettes d'or. Il me dit aussi comment\nle mouuement du pendule se pouuoit perpetuer en fai-\nsant distiller à chaque mouuement vne goutte d'eau sur",
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     "texte": "66\nLa Vogue.\nle poids, et cela fort regulierement par le moyen d'un\nsiphon attaché au fond d'vne escuelle, qui nage sur l'eau\nqui s'écoule par le siphon, parce que cette escuelle\ns'abaissant par l'abaissement de cette eau, le siphon\ns'abaisse de mesme, et ainsi la pression de l'eau est tous-\niours la mesme, et l'eau de l'escuelle tousiours d'esgalle\nvitesse Pour la faire distiller seulement goutte à goutte,\nil ny a qu'à laisser les tuyaux du siphon presque de\nmesme grandeur, et que le plus long n'excede l'autre,\nque de ce qu'il faut iustement pour faire l'attraction.\nIl me parla d'vn homme qui ioignant deux petites\nlunettes de longue veue, voyoit parfaitement les mon-\ntaignes dans la Lune, il l'enuoya chercher; mais il se\ntrouua à Delphe (1).\nA Amsterdam, le 20. ie fus le matin auec mon fils et\nGergeau à Oüater reik voir Otho, et ses tableaux. l'en\nvis vn d'vn calme fait par Vvanderuelde qui est excellent\npour les Mers, ie vis ses papillons, entre autres vn qu'il\nnomme la fleche qui a les ailes faites comme celles d'vne\nflesche, il reuint auec moy, et en chemin ayant trouué\nM. dans le marché, qui se tient tous les lundis dans la\nplace de St. Antoine, où l'on vend de toutes choses,\niusques à des chiens, et des chats; il le mena par la\nVille pour chercher quelques curieux qui ne s'y trou-\nuerent pas hors M. Hudd estimé tres habile dans\nl'Algebre, et qui a trouué la façon des petits micros-\ncopes à vne seule lentille, dont il en donna vn à M. vn\nà moy et vn à mon fils. Il nous dit la maniere de\nlaquelle il taılloit ces petites lentilles. Il faisoit simple-\n(1) Delft.",
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     "texte": "La Vogue.\n67\nment fondre à la lampe du cristal bien pur de soy, d'où\nil oste le sel qui est dedans, en le faisant rougir, car\nalors ce sel vient tout à la superficie du verre, dont on\nl'oste apres auec facilité : le verre donc estant bien\npur, il en prend vn peu au bout d'vne petite verge de\nfer rouge, où il s'en attache la quantité qu'on veut, et\nlors le faisant fondre à la lampe, et tournant la verge de\nfer, au bout de laquelle il est, il s'arrondit de luy\nmesme parfaitement Quelquefois au lieu de crystal, il\nprend vne petite vessie de verre pleine d'eau, qui fait\nle mesme effet. Il en. a vn autre, où il applique vne\ngrosse lentille au de là de l'obiect, en telle sorte que le\nrayon de la lumiere qui passe par la lentille, illumine\nl'obiet. Il me montra aussi vne manière de faire les qua-\ndrans: il croit que la raison de l'effet des larmes est.\nQue l'air se condense fortement dans ces larmes lors\nqu'on les plonge dans l'eau, et qu'il se mesle impercepti-\nblement dans le verre, qu'il diuise en vne infinité de parti-\ncules, lesquelles demeurent enfermées dans la crouste\nque le froid fait à l'exterieur de la larme, ainsi d'abord\nqu'on la rompt en quelque endroit où l'air condensé\ntrouue sa sortie pour s'estendre, il le fait auec vne telle\nvitesse, que tout celuy qui est derriere se portant en ce\nlieu pour en faire autant, la violence de tant de parties\nqui font effort en mesme temps, brise le verre qui n'y\npeut resister.\nLe 27. l'aprediné vn homme apporta vn verre découpé\net aprit à M. Le Duc d'en faire autant.\nAyant premierement bien eschauffé le bord auec vne\nmesche, dont le bout soit fort pointu, et quand le bord\nest fort chaud, il faut le toucher promptement en descen-\ndant, et non pas en remontant, auec le bout du doigt",
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     "texte": "68\nLa Vogue\nmoüillé de saliue, afin de commencer à le faire ouurir\ntant soit peu; puis appliquant la mesche contre la fente\net la soufflant elle fait fendre le verre par tous les endroits\nque vous la conduisez.\nIl luy aprit aussi à le coller, l'ayant rompu, et cela,\nEn délayant parfaitement de la cole de poisson dans\nvn cueillier sur les charbons auec de l'esprit de vin; et\ncomme elle est bien liquide, on en frotte les deux pieces\nqu'on veut reiondre, et elles se colent parfaitement en\nmoins d'vn miserere.\nLe 28. ie fus pour voir faire des larmes qu'on ne\nvoulut pas me monstrer: puis voir Glauber qui ne tra-\nuaille plus et n'a point de fourneaux. Il me fit voir.\nDeux pleines fioles d'vne liqueur de couleur de pourpre\nfort enfoncée qu'il disoit estre vne dissolution d'or. Il\nme dit qu'il auoit escrit de quatre manieres de feu, dont\nl'vn se conseruait interieurement dans vne pierre, laquelle\nmoüillée ou humectée simplement par l'air s'enflammoit,\net vn autre qui se conseruoit tousiours ardant dans vne\nfiole fermée.\nC'est toute la satisfaction que ieus de son entretien:\nde là il fus desieuner auec du pain sortant du four et\ndu beurre; puis voir M. Vossius qui me dit entre autres\nchoses.\nQue non seulement on pouuoit charger vne Arque-\nbuse de vent, mais encore de rien: car si apres auoir\nretiré le baston de la seringue, auec laquelle on tire\nl'air, et fait par ce moyen du vuide dedans la serin-\ngue, laissant aller ledit baston, il rentreroit si violem-\nment dans la seringue qu'il en feroit sortir vne balle ou\nfleche, qu'on y auroit mis, auec vne grande force et\nvitesse; ayant bouche le haut de la seringue auec vn",
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     "texte": "La Vogue.\n69\ncuir. Ce qui marque l'effort de l'air contre les lieux où\nil n'y a aucune resistance, et sa compression; et la peine\nqu'il y a de le pousser d'vn costé, quand luy mesme ne\npousse pas par derriere, et qu'il na point de lieu où\nretourner, et desbander la compression qu'on luy cause:\ncomme on le voit plus clairement à la maniere auec\nlaquelle les enfans leuent vne pierre par vn cuir moüillé,\nqu'ils y appliquent dessus.\nIl me dit aussi comme la chaleur rarefiant l'air et le\nfaisant sortir impetueusement d'vne phiole à long col,\npenduë horizontalement en equilibre ; à mesure que\ncét air sort, le col de la phiole s'abbaisse, iusques mesme\nà la disposer perpendiculairement, et pour refuter l'o-\npinion dé M. Hude, qui tient que leffet des larmes de\nverre procede de ce que l'air y est condensé : il me\ndit qu'elles deuroient dont faire plus d'effet lorsqu'on\nles eschauffe; parceque la chaleur, estendant et rare-\nfiant cét air, luy deuroit faire rompre la larme, et qu'au\ncontraire elle ne faict plus son effect ny dans le feu; ny\ndehors, Il me dit aussi comme son opinion estoit que\nl'eau fut la matiere de toutes choses et mapporta l'ex-\nperience qu'il a faite, d'humecter des cendres d'vn mixte\net qu'elles se changent en grains de sable, et qu'il auoit\nappris d'autres personnes, que si l'on y adiouste vn\npeu de semence d'vn autre mixte ou du mesme, et\nqu'on l'arrose seulement d'vne tres petite quantité de\ncendres, il s'en fera vne tres grosse plante ou arbre.\n(A suivre.)\nPublié par CHARLES HENRY.",
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     "texte": "SE DIRIGER EN BALLON\nDes expériences de manœuvre\naérostatique ont été effectuées,\ncette année, à Paris, par M. Louis\nCapazza, Corse: délestages et re-\nlestages fictifs de montgolfières\npar les parachutes-lest. Je les pus\nrenouveler, avec gain, à Nijni (1)\nCe même et fort jeune insulaire\na imaginé un ballon dirigeable.\nSon système, - indépendant de\ntoutes les recherches poursuivies\nen aviation et en aérostation de\nCharles et Pilâtre aux militaires\nlon Boreskov, - sera éprouvé en\n1889. En voici les caractères es-\nsentiels:\nI. Deux cones, base à base,\ndéterminent la forme pariétale de\ncet aérostat.\nSymétrique, puisque lenticu-\nlaire, il donnera en tous ses\npoints égale prise aux courants.\nII. Un ballon, le dire, monte ou\ndescend selon qu'est sa densité\ninférieure ou supérieure à celle\nde l'ambiance. Ces variations de\nKrebbs et Renard et à notre Apol- densité, tous les aéronautes les\n(1) Mon ami Wladimir Iznos-\nkov, le marchand de thés et de\nfourrures, m'accompagna: sang-\nfroid, vigueur et jovialité.\nont provoquées en modifiant le\npoids de leur véhicule (délestage,\nintroduction d'air: ressources\npiètres),\nle volume ne bou-\ngeant, Jamais autrement.\n-",
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     "texte": "La Vogue.\n71\nIci elles s'obtiennent, - le poids\nrestant constant, - par des varia-\ntions de volume. (Parangonnez\nun peu.)\nA cet effet, un pourtour circu-\nlaire étanche à soufflet relie les\ncones par leurs bases. - Soit,\nexemple, 30 mètres le rayon de\ncelles-ci. Une extension ou une\ncompression de 1 mètre imposée\nà ce soufflet cylindrique perturbera\nde quelque 3,500 kg. la force\nascensionnelle.\nAu gré, l'appareil est plus lourd\nque l'air ou plus léger, choit ou\nmonte.\nIII. Son centre de gravité est\nservilement mutable: l'aérostat\nprend donc telle inclinaison que\nl'on veut, Il se déplacera, -\nthéorie des plans inclinés, - sui-\nvant une ligne qui pourra être\nsensiblement la ligne d'inclinai-\nson. Son itinéraire aérien sera\nune ligne brisée: glis alternatifs\nmontants et descendants sur les\ndéclivités de plans idéaux.\n-\nIV. Le Capazza-aérostat,\nascension ou descente, - se com-\nporte comme un corps qui tombe;\nles formules de la chute lui sont\nconvenables. On voit facilement\nqu'on pourra toujours lui conférer\ndes vitesses d'ascension ou de\nchute capables de défaire les vents\nles plus rudes.\nAu surplus et notamment pour\nêtre édifié sur les avantages de la\nforme lenticulaire, la manœuvre\ndu pourtour à soufflet, le dépla-\ncement facultatif du centre de\ngravité, les particularités de l'a-\ngencement et des dispositifs, -\nconsulter, dans la Grande Indus-\ntrie, les Arts et les Expositions\n(fascicule de juillet de ce pério-\ndique), sur la signature Georges\nHerbert, un documentaire clair\narticle: la Direction des Ballons.\nDes figures et démonstrations,\nmathématiques, l'adornent.\nExtrayons:\n-\nL'enveloppe: feuilles de cuivre\nd'une épaisseur de a dixièmes de\nmillimètre.\nLe poids total :\nenviron 2000 myriagrammes. -\nCelui des cones: 1100.- La ré-\nsistance par m. q.: 460.- Le\nconstructeur: M. Guillois, direc-\nteur de la Cuivrerie Parisienne.\nS'il faut résumer :\n1º L'appareil Capazza est mé-\ntallique et de forme lenticulaire;\n2º Il ascend, descend à volonté,\nsans usage de lest, sans perte de\ngaz;",
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     "texte": "72\nLa Vogue.\n3º Il se déplace sans moteur,\nse dirige sans gouvernail;\n4º Il ne se sert pas des cou-\nrants, peut les remonter.\nParmi les patrons de l'entre-\nprise: M. Laussedat, colonel, di-\nrecteur des Arts-et-Métiers ;\nM. Amaury, de l'Observatoire de\nParis; le général Boreskov, prési-\ndent de la commission de naviga-\ntion aérienne de Pétersbourg,\nmon vieil et industrieux maître ;\nd'autres.\nMi-juillet 1886.\nPORPHYRE KALOUGUINE,\n98\nL'Administrateur-Gérant:\nGUSTAVE KAHN.",
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