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     "texte": "UNE FEMME M'ATTEND\n(Traduit de l'étonnant poète américain Walt Whitman.\nJ. L.,\nUne femme m'attend\nUne femme m'attend, elle contient tout, rien n'y\nmanque;\nMais tout manquerait, si le sexe n'y était pas, et si pas\nla sève de l'homme qu'il faut.\nLe sexe contient tout, corps, âmes,\nIdées, preuves, puretés, délicatesses, fins, diffusions,\nChants, commandements, santé, orgueil, le mystère de\nla maternité, le lait séminal,\nTous espoirs, bienfaisances, dispensations, toutes pas-\nsions, amours, beautés, délices de la terre,",
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     "texte": "74\nLa Vogue.\nTous gouvernements, juges, dieux, conducteurs de la\nterre,\nC'est dans le sexe, comme autant de facultés du sexe,\net toutes ses raisons d'être.\nSans honte, l'homme, tel que je l'aime, sait et avoue les\ndélices de son sexe,\nSans honte, la femme, telle que je l'aime, sait et avoue\nles délices du sien.\nAinsi, je n'ai que faire des femmes insensibles,\nJe veux aller avec celle qui m'attend, avec ces femmes\nqui ont le sang chaud et peuvent me faire face,\nJe vois qu'elles me comprennent et ne se détournent\npas.\nJe vois qu'elles sont dignes de moi. C'est de ces femmes\nque je veux être le solide époux.\nElles ne sont pas moins que moi, en rien;\nElles ont la face tannée par les soleils radieux et les\nvents qui passent,\nLeur chair a la vieille souplesse divine, le bon vieux\nressort divin;\nElles savent nager, ramer, monter à cheval, lutter,\nchasser, courir, frapper, fuir et attaquer, résister,\nse défendre,\nElles sont extrêmes dans leur légitimité, - elles sont\ncalmes, limpides, en parfaite possession d'elles-\nmêmes.",
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     "texte": "La Vogue.\n75\nJe t'attire à moi, femme,\nJe ne puis te laisser passer, je voudrais te faire un\nbien;\nJe suis pour toi et tu es pour moi, non seulement pour\nl'amour de nous, mais pour l'amour d'autres encore,\nEn toi dorment de plus grands héros, de plus grands\nbardes,\nEt ils refusent d'être éveillés par un autre homme que\nmoi.\nC'est moi, femme; je vois mon chemin ;\nJe suis austère, âpre, immense, inébranlable, mais je\nt'aime;\nAllons, je ne te blesse pas plus qu'il ne te faut,\nJe verse l'essence qui engendrera des garçons et des\nfilles dignes de ces États-Unis ; j'y vais d'un\nmuscle rude et attentionné.\nEt je m'enlace bien efficacement, et je n'écoute nulles\nsupplications,\nEt je ne puis me retirer avant d'avoir déposé ce qui s'est\naccumulé si longuement en moi.\nA travers toi je lâche les fleuves endigués de mon être,\nEn toi je dépose un millier d'ans en avant,\nSur toi je greffe le plus cher de moi et de l'Amérique,\nLes gouttes que je distille en toi grandiront en chaudes\net puissantes filles, en artistes de demain, musi-\nciens, bardes;",
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     "texte": "76\nLa Vogue.\nLes enfants que j'engendre en toi engendreront à leur\ntour,\nJe demande que des hommes parfaits, des femmes par-\nfaites sortent de mes frais amoureux;\nJe les attends, qu'ils s'accouplent un jour avec d'autres,\ncomme nous nous accouplons en cette heure,\nJe compte sur les fruits de leurs arrosements jaillissants,\ncomme je compte sur les fruits des arrosements\njaillissants que je donne en cette heure.\nEt je surveillerai les moissons d'amour, naissance, vie,\nmort, immortalité, que je sème en cette heure, si\namoureusement.\n28",
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     "texte": "VOIX AU PARC\nL'inflexion des voix chères qui se sont tues.\nPAUL VERLAINE.\nI\nAu détour, au détour, des allées, deş allées\nOndulant et glissant et diaprant, en allées\nLe masque se recule aux blancheurs reculées,\nEt ses fronts bizarrés de langueurs étoilées.\nEt ses fronts reculés, et ses yeux où sont peints\nLa cime sourcilleuse et l'orgueil des grands pins\nLe calme où va le cygne aux lignes curves - vignes\nAux grappes éclatées d'incosolés désirs\nEt les rossignols pâmés viennent gésir\nAux calmes reculés des yeux épars sans ligne.\n-\nAu détour onduleux des guirlandes des sens -\nEt venir au fugace vague les mains tendues\nLes yeux se sont figés de mortelles étendues\nAux détours onduleux et glissants route des sens.",
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     "texte": "78\nLa Vogue.\nQu'importe ta douleur à ma douleur\nTa pâleur à mes languides couleurs\nEt ta seconde trépidante à ma mort essentielle.\nLa phtisie des soirs est le frêle encensoir\nDe tes rythmes hâtifs et des bras étendus.\nTes infinis sont en mes ciels,\nTes insomnies aux moments de mes soirs,\nOù tes sens flocons appendus.",
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     "texte": "La Vogue.\n79\nSolitude d'éponge endormie\nEt silence des momies\nEt paix vaste des accalmies -\nAux ongles déchireurs de mes flancs introuvables.\nMurmure étoffé de chuchottements\nEt des diserts pleurs et frissons bramants\nEt douce mort, ruisselet aux flots calmants -\nAux conques de mes oreilles le fracas des Océans.\nLes voix qui sont passées en langues périssables\nLes désirs amoncelés en ondes de sable\nAux socles de mes pieds au derme raffermi\nQue vous baisez impatients et futiles - amants.",
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     "texte": "৪০\nLa Vogue.\nIV\nTes yeux qui passez indifférents -\nEt des soirs aux grands arbres où naquit\nLe doux, le triste, et l'amour pour qui\nEn ton vague cœur qui point ne naquit.\nLes soirs caressés de tes yeux indifférents.\nTes yeux, ces yeux épars aux routes de mes lèvres\nEt puis si tes saveurs soyeuses ont caressé,\nMes lèvres s'appuyaient aux douceurs qu'ont tressé\nÉbène et neige aux lèvres hantées de fièvres -\nTu t'en allais aux décors bruissés.\nEt puis encore petite enfant aux petites mains\nEffeuillant à tout jamais les pétales de mes demains.\nBerce mes âmes murmurantes,\nEt toi dans l'errance de mes ombres demeurantes.\n(A suivre.)\nGUSTAVE KAΗΝ.",
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     "texte": "A LA GLOIRE D'ANTOΝΙΑ\nI\nGlorieusement, je vous ai connue; hors les appa-\nrences, hors toute relation et hors la vanité, non par\nun charme sensuel, une quelconque occurence, non\nsuivant la loi d'un vouloir étranger, mais tout idéale-\nment, par la minime suscitation d'un nom.\nEn une heure de silence quelqu'un dit un nom; un\nnom féminin; et j'entendis le nom; j'entendis votre\nnom.\nAinsi je vous connus: ayant ouï votre nom, & fémi-\nnin, je vous songeai.\nII\nDes yeux ouverts au rêve, des rares yeux très\nclairs, des pâles yeux; des yeux grands dans une\nclarté; un regard doux, montant, profond ainsi qu'un\njour lunaire; des yeux grands et très clairs; une face\nincolorée, incolorée comme une lune, et solitairement\npâle comme la solitaire triste lune; un rond visage de\ndélaissée; et le cadre de courts cieux noirs; une enca-\ndrante chevelure, noire et s'arrondissant en le tour des",
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     "texte": "82\nLa Vogue.\nblanches joues; une courte exacte chevelure faisant à\nla face blanche une exacte auréole de noir mêlé de\nsombre brun; ô courts, & noirs cheveux mêlés de blondes\nnoirceurs, vous étiez le total diadème d'où, comme du plat\nsanglant la tête du Précurseur, la blême tête surgissait,\nmortellement belle; une confusion des joues et de chairs\nblanches qui seraient des reflets; une souriante tour à\ntour des sourires et immobile les mutismes lents; et\nenchassé de robes, un corps de jeune fille; le noir d'un\ncorsage gonflé et d'une mince taille, et deux bras\nlongs s'effilant en mains subtiles; et les très larges\nhanches d'où les flots noirs des robes tombaient, fluc-\ntueusement, les flots des vastes robes, emmêlés, très\nvastes, en flots pressés, mêlés, grands flots flottants et\nnoirs qui roulaient immensement; dans les robes une\nexistence vague de corps, une puissance, quelque\nchose inconcevable; la rondeur des seins gonflés sous\nle corsage et des bras effilés et de la taille mince, et\nsans teinte en leur forme; un corps; une existence vir-\nginale; entre la ligne blanche du cou et la ligne noire\nde la ceinture, le net dessin de sa poitrine, ô fille;\nentre la ceinture et la pointe transparaissante des\npieds, l'existence inéclairable sous le flot des robes, de\nses inconnaissables formes; corsage fin, tu es à fin que\ntu pressentes les douceurs des virginités, et toi, robe\nvirginale, éternellement tu dérobes en tes plis longs les\npudeurs; et un pâle visage, des yeux clairs; le cercle\ncourt des chevelures; une quelque mystérieuse; une\nexistence dérobée, virginale, en les plis de robes\nsombres et dessinée en des formes, translucide de\nlunaires lueurs; une âme mélangée de rêve et de sou-\nrire: très bonne et très simple et très rare d'une pré-\nçiosité dernière, répugnant les banales expansions,",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "texte": "La Vogue.\n83\ndédaigneuse, et lucide non des mille communes étoiles\ndu ciel, unique lune solitaire, une âme qui ne veut\npoint indifféremment; et non point bonne comme le\nmillions d'anges, non point belle comme les myriades\nd'astres, non point douce comme les infinités des roses,\nnon point ange, non point astre, non point rose, mais\nexotique floraison de subtils marécages aux haleines\nsubtiles, exotique floraison solitairement poussée,\npousse languide, en une ingrate terre, et blême lune du\nciel nu, belle comme l'unique face blanche du ciel nu,\net telle, unique face sans rayons et sans diamants, telle,\nÔ solitaire, et non point ange, mais bonne, et non point\nrose, et non point astre, ô vous plus royalement belle\nqu'aucune songée, jamais! - Fleur du nom originel, ô\nfleur du minime nom originée, je vous songeai, ô fémi-\nnin, d'un vivant songe.\nIII\nInquiet des idées hasardeuses, errant des contradic-\ntoires cherchés, chercheur d'un chemin, hélas! - jours\nd'aspirations aux baisers, réminiscences des vains bai-\nsers !...\nDes féminines images avaient passé, frivole suite\nd'embrassements inutiles, d'où nul enfant n'était né,\nnulle joie; de vagues images féminines; jadis j'avais\nprès une rivière erré, un soir d'intime fête, alors de\nmes vingt ans, timidement pressant un gant tiède, une\nmain faible, timidement rêvant, muettement, à un baiser\nsous les feuilles et les étoiles, ô pauvre évauouie aux\nmauvaises visions; des féminines images, encore; un\nsourire durant des musiques, une robe touchée sous",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "fin_caractere_exclue": 1786,
     "texte": "84\nLa Vogue.\nune printannière brise, une rougeur de vierge nubilisée\npar un soir chaud; féminines apparences; une enrichie\nde grâces, celle trouvée par le vain hasard d'un soir\nvain, vaine, aux vains yeux, la dotée par moi divine-\nment, comme une amante, triste idole, dont j'ai vêtu et\nrevêtu le corps; féminines, féminines images, & passées;\net la chair, les charnelles choses, la création unique\ndes charnalités : j'ai voulu les violents baisers, et le\nvague des assourdissements torpides qui sont après les\nbaisers, et ma pensée dans le très lointain crépuscule\noù les chairs victorieuses sombrent, et j'ai dormi dans\nl'insexualisation; vaines, vaines, vaines souvenances,\nquand j'ai vécu, au hasard des vaines idées, cherchant,\nmauvaisement, des baisers; et vanité des solitaires\njoies, des hautes joies, et des multiples vies et des\njoies en la compassion du Crucifiment; car, mon Dieu,\nles hasards étaient mauvais, qui tour à tour disaient le\nChrist et la Concupiscence en l'âme; choses eues et\nchoses désirées, hasardeuses visions; le continu baiser,\nincessé d'une idée incessée, continue...\nJe vous ai connue, mon amie.\nO. féminine mienne, par une telle nuit, dans un silence\net une fraîcheur telles, sous la caressante brune noc-\nturne, un soir d'intime fête alors de nos vingt ans, nous\nirions; nous irions donc, ô mon amante, en ces che-\nmins très doux vers ces arbres au bord d'une rivière,\nles deux, marchant ensemble; j'aurais sur mon bras\nvotre main, un gant tiède pressé timidement, ô ma\ncraintive, une main faible, ô ma simple qu'effraie l'im-\nmobile des amoureuses nocturnités, o pensive, sous les\nfeuilles berçantes et sous les favorables étoiles, ton bai-\nser sous les feuilles et les étoiles; et l'un près l'autre\nnous serions, rêvant communiment, dans les charmes",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "texte": "La Vogue.\n85\nd'orchestres derrière nous chantant; et nous pâlirions,\nÔ ma vierge, en un soir chaudement haleiné de prin-\ntemps, vous rougiriez, ô vous que la complicité des\nchoses nubilise, vous, ma trouvée, que j'ai de grâces\ndivines enrichie, ô forme, féminine forme éternellement\ndésirable du féminin, corps d'amour que je baiserais,\nvotre chair est un fruit qui s'offre à l'irrassasiable des\nbaisers et votre corps aux lèvres est beau; très vaguə\ndes assourdissements torpides, lointain crépuscule,\n8 brume, ensombrement des chairs, dormons parmi\nl'insexualisation; nous irions, ma pleurante et souriante\nfemme, en la gloire du Crucifié, et tu m'incarnerais les\nréalités religieuses et concupiscibles; tu n'es pas étran-\ngèrement, et tu viens nouvellement, identique, en ma\nmémoire.\nIV\nLe voyage, les heures de l'approche, et l'unique\npensée d'elle, durant que les paysages vagues derrière\ns'effaçaient ; la sûre marche vers un réel rêvé; impa-\ntiemment, dans le solitaire wagon, frissonnemment,\nl'avancement des pieds au lieu d'elle vivante, languis-\nsemment; et, tandis que le soleil se levait sur les\nvitres au jour nouveau, mes yeux qui se noyaient, noc-\nturnes, en la mer des visions d'elle; dans mon esprit\nune forme absolue; par un jour de rêve fou cette image\nébauchée; et l'idée, impérieusement maîtresse, com-\nmandait, vous surgissiez devant mes yeux puissants, ô\nfigure impérieuse.\nC'était ce long matin d'été, avec des froids de soleil\nclair; ce matin luisant de ciel clair, sans chaleur, froid\net tenace; c'était ce clair froid d'automne, quand sous",
     "source": "OCR HathiTrust",
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     "texte": "86\nLa Vogue.\nla fenêtre d'elle premièrement je fus..... je frappai à la\nporte d'elle, dans la maison d'elle j'entrai... une jeune\nfille... elle donc... unetrès pâle, chancelante, qui me\ntendait sa main... une jeune fille vaguement... donc,\ndonc elle, la jeune fille qui là était... et je la recréais,\net, aveugle, je la figurais à moi, immortelle, je la figu-\nrais à moi, immortelle, selon l'idée... une jeune fille...\nune très pâle, chancelante, qui me tendait sa main...\nune indistinctement perçue dans le brouillard d'un\ncœur troublé... une jeune fille... la nommée... une\njeune fille... elle donc... un féminin, virginal de rêve et de\nsourire, des yeux très clairs, très pâles, dans une face\nlunaire, dans la courte chevelure noire, diadémale, un\nblanc visage rond, et une poitrine enchâssée de noir,\net gonflée, avec des longs bras entr'ouverts, une taille\nmince, et le flot fluctuant des noires robes désolatrices,\nles noires robes aux vastes flots en tabernacles... la\njeune fille troublée, qui me tendait sa main, dont je\ntouchais la main, qui murmurait des mots, yeux demi\nclos, et silencieuse en face du silencieux, et dont je\nsentais l'âme pénétrer en mon âme, et solitairement une,\nô lune du ciel, floraison exotique et subtile, ô bonté,\nvotre rare âme en mon âme, uniquement l'âme rêvée,\nnon l'apparence, idée ! nom songé de féminin..... Mon\namie, nous étions l'un en face de l'autre; et cette jour-\nnée fut, tandis que nous disions des paroles quelconques,\ntandis qu'ensemble nous allions ce jour très mystérieux.\nEt fut le soir.\nV\nPar le soir tiède, dans une très vaste salle où sont\ndes promeneurs, sous l'ombre d'arbustes verts, en un",
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     "texte": "La Vogue.\n87\ncoin obscurci, elle et moi, auprès, sommes assis,\nimmobiles, ne nous touchant point, ne nous regardant\npoint, nous sentant, vaguement, immobiles les deux, à\nvoix très basse et très lente, nous disons des paroles,\ndes paroles quelconques, je l'entends qui parle, et je\nparle...\n-\n<<< Vous n'aimez pas le bal?.. j'y fus, quelques\nsemaines avant votre lettre ; j'avais une robe blanche et\nce ruban noir; c'était un bal peu intime; beaucoup de\ngens; j'étais triste ; je ne dansai point. >>>\n-\n<< Vers cette époque je vis la Savoie; une trouée\nde lac; des pentes de collines hautes comme des mon-\ntagnes; des eaux bleues, ceintes de campagnes ver-\ndâtres; un ciel nuagé avec du soleil; et beaucoup de\nparoles, beaucoup de bruits d'argents; j'aimais ces\nmondanités; je ſuyais des solitudes. >>>\n-\n<< La solitude, le monde, le demi isolement cham-\npêtre, la demie fréquence des provinces, c'est tout\ncela, des musiques vagues qui charment successives le\nrêve; l'une et puis l'autre maintenant agrée au rêve;\nsuccessive l'une puis l'autre fait un fond de murmure en\nl'âme. »\n-\n<< Un jour, sur une place, à l'heure de midi, -\nla place était déserte presque, - je vis, passant, un\ntrès jeune garçon; à son bras une très jeune fille; gais,\nles deux têtes hautes, enfants du peuple, et amoureuse-\nment. >>>\n-\n<< Avez-vous marché seul dans une fête popu-\nlaire? Avez-vous connu un isolement de la foule circon-\nvenante ? avez-vous participé des grandes joies simples\net de la pluralité ? »\n-\n<< J'étais, il y a quelques mois, à Paris en un\npareil jour; c'était des joies fausses; j'entendais,",
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     "texte": "88\nLa Vogue.\ncomme derrière une coulisse, parmi les répliques la\nvoix du souffleur. Mais tôt je n'entendis les répliques ni\nle souffleur; toute chose fait en l'âme un fond murmu-\nrant; toute chose est un cadre à des pensées. »\n...\nAssis, immobiles, ayant nos fronts penchés, point\nne nous touchant, nous parlons, bas et lent, dans le\nsilence...\n-\n<<< Cette soirée est belle; cette salle est lointaine-\nment illuminée; la foule est vague; et ces fleurs sont\njolies, ces plantes; les voix sont murmurantes et mêlées ;\nles gens sont des ombres. >>>\n- Je suis en cette ville pour la première fois, je vins\njadis en des pays proches; j'aime cette terre; ces\nhommes sont bons; l'étranger ici est hôte. »\n-\n<< L'étranger est par nous amicalement admis;\nnous croyons; nous donnons nos mains à qui nous tend\nsa main; notre maison est ouverte; une place est fer-\nmée, que nous gardons; mais notre table pour tous est.»\n<< Par fois sont des espérances certaines, par fois\ndes anxiétés; inévitablement et sans cause, par fois on\nse connait élu; par fois on a des joies, soudaines. »\n-\n<< Hélas! que lointain est ce pays du pays dont\nvous venez; là sont des mœurs nouvelles, des beautés\nautres; ici vous arrivez en l'ignorement de nos simpli-\ncités; hélas! que lointains seraient nos pays, oh! qu'ils\nseraient lointains sur la terre ! >>>\n-\n<< Ai-je quitté mon pays? n'y demeuré-je pas? je\nconnais, j'ai eu ces choses, que de mes yeux fermés je\nveux voir, telles que je les sais. »\n-\n<< Ainsi craignez venir, craignez parler, craignez\nvoir; si votre songe est bon, respectez à votre songe;\nje suis la simple fille, non couronnée, l'ordinaire et\npauvre mélancolique fille des jours banals. »",
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     "texte": "La Vogue.\n89\n-\n« L'heure avance, et les promeneurs sont plus\nrares, et moins de bruit est, moins de bruit, mon\namie... »\nAinsi, ainsi, nous parlons, les immobiles qui ne\nnous regardons, assis l'un près l'autre en une proximité\ndes corps aveuglés et voyants...\n- « Oui, mon amie, la nuit avance; tout à l'heure\nderrière les rideaux paraissait la clarté de la lune;\nmaintenant le dehors est noir et muet. »\n<- << Les promeneurs s'arrêtent, par groupes las, et\nvoyez qu'ils se sont assis; écoutez cette musique;\nquelle, cette mélodie? je retrouve un air de Pergolèse,\nun chant de clavecin grêle. »\n- << Aussi les lumières sont moindres; les bougies\ndans les candélabres s'effacent, semble que les fleurs et\nles feuillages soient apâlis. »\n- << Aux fins de nos soirées, tel se fait un silence,\net une ombre; non les croissantes folies; mais en la\nnuit plus tardive, les recueillements, et dans les salles,\ndes ombres et des silences. »\n-\n<<< Le murmure des bruits et des lumières se fait\nplus doux autour de nous. >>>\n- << J'aime cette mélodie; j'aime les musiques qui\nsont un caché bruissement et qui plaisent et que l'on\nn'écoute pas; mon ami, nul autre peuple ne sait l'art\ndes musiques, seul le peuple dont bercent les musiques\nla causerie et somnolence; la musique est une qui\naccompagne. »\n-\n<<< Yeux clos, oreilles closes, ne rien voir ni ouïr,\net je ne vois ni n'ouïs rien ordinairement; Mademoiselle,\nvous êtes au près de moi; et vous êtes assise, douce-\nment fixe; seul je sens l'ondoiement immobile de vos\nrobes, et que vous êtes là; je me rappelle des jours de",
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     "texte": "دو\nLa Vogue.\nsonge; des jours d'attente furent; Ô créature, et voilà\nque vous êtes, & mon songe; je me réveille ensemble;\nje suis moi; et tout ce qui est moi, pensées, désirs,\nregards, l'univers, par l'attirance invincible de vous\nvers vous roulent; et vous êtes lumineusement belle en\nl'inconnue beauté; surgie en ma cité, à qui je parle,\noyez, à qui je parle, que bas et que doux je vous parle,\net que sereinement. >>>\n...\nDonc nous sommes, qui disons des mots, les\ndeux, les immobiles, les absolument amoureux...\n<- << Vos jours vont ils gaîment, mon amie? >>>\n- << En des solitudes qui ne sont point tristes. »\n-\n-\n<<<< A l'écart des communes choses vous vivez. »\n<< Ainsi que dans une attente, à l'écart des autres\nchoses. >>>\n<< Je vous envie les promenades longues, solitaires,\nla conscience des solitudes. >>>>\n-\nami. »\n-\n-\n<< Ainsi irons nous les deux, ainsi irons nous, mon\n<<< Près la ville sont des lacs et des avenues. >>>\n<< Gaies, gaies aux marches lentes: des avenues\nombragées qui serpentent longuement... >>>\n-\n-\n<<<< Et des ombres... >>>\n<< Des silences longs... >>>\nNous nous taisons; dans le lointain la voix d'un\npiano chante; nous demeurons, l'un près l'autre, les\ndeux, immobiles, les deux.\nVI\nO voisines des temps, choses qui furent en les siècles\nde mes années, joies enfantines très suaves, faux",
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     "texte": "La Vogue.\n91\namours, pleurs des rêves, cris des aspirations, pitiés à\nDieu, ô religiosités très profondes et anciennes, vie\npassée, ô ce qui fut le mien, les rochers nus et les fré-\nmissements des vents obscurs, bonnes paroles mater-\nnelles, & quand j'ai désiré, et quand prié, voulu, loué,\nachevé, chanté, quand j'ai erré, ô visions, ô précurseurs\nà l'attendu... Une ombre immense est par devant, une\napparence de route et d'arbres et de choses; une ombre\ndes chemins doux et des rives fluviales, des feuillages\npâles stellairement et des haleines printanières chaudes\naux nerfs, des décors de musiques lointaines, des tris-\ntesses, et des subtiles couches voluptueuses aux corps\nétreints, des ailes angéliques avec des larmes... Ô cieux,\nnoir ciel, points étoilés, rideaux feuillus, & terre noire,\nnuit, ô nuit propice aux destinées? - Je vois un vague\ntrès confus où ina pensée irait, pour d'amoureuses\nélections.\nVII\nEntre mes mains je prends une main d'elle; elle me\nlaisse sa main; muettement; elle me regarde, très\npure, en ses yeux clairs, je la regarde; elle me regarde,\npâle au front mat, et ses grands yeux sont de tendresses;\nchaude, douce, et amoureuse, mes mains pressent sa\nmain; nous nous regardons, je vois ses yeux, son rond\nvisage, et sa poitrine, ses cheveux, ses yeux à mi\nouverts mélancoliquement; j'attire sa main; je me\npenche à elle; j'attire à ma bouche sa main; j'ai sur\nma bouche la chaleur amoureuse et douce de ses doigts,\net leur caresse; et, lentement, elle ferme ses yeux; un\ngonflement lent de sa gorge, un renversement de sa tête\nlent; elle ferme ses yeux adorants; de ma main gauche",
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     "texte": "94\nLa Vogue.\nforme mobile; nulle voix; une étoile ; nuit d'indistinc-\ntion; très loin une lueur; un banc de bois sous les\narbres rangés longuement; du monde mort les seuls\nvivants nous sommes.\nVIII\nEt je dis à mon amante, je lui dis, immobilement\ntoujours, toujours ne touchant point elle, et regardant\nvers l'ombre, debout, appuyé au balcon sur la nuit,\nimmobilement toujours, tandis qu'elle, semblablement,\nmuette, encore et regardant en face, debout, appuyée\net immobile, et près moi, - ainsi, très mobile, très\nbas, peut-être sans qu'elle m'entende, je parle à mon\namie, et je lui dis:\n-\n<< Nous sommes deux qui sont ensemble; mon\namie, nous sommes ensemble; nous sommes des yeux\nqui pareillement voient; nous sommes des mains qui\nsont unies, des cœurs qui battent mêmement; nous\navons deux âmes liées; nous respirons des souffles\nréciproques; nous marchons des chemins uns; nous\nsommes des âmes conjointes; et nous voyons ensemble,\nÔ mon amie; ensemble nous allons l'amoureuse vie;\nj'ai votre main très doucement à moi; votre présence\nen la course commune s'immiscie à la mienne inéluc-\ntablement; nous nous avançons deux, parmi des ors\nvagues et brumeux; nous allons au droit du plan che-\nmin dans une ombre qui nous reflète, entre des remparts\nde nues où tu progresses, et qui te mirent; et je te vois\nuniquement; derrière ces brumes étaient des songes;\nmais ces brumes ne sont plus des brumes; elles sont le\nnéant hors nous, et dans ce vague de néant nous mar-",
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     "texte": "La Vogue.\n95\nchons, nous marchons, les deux, dans un eſſacement;\nuniquement nous sommes, et nous nous voyons; vous\nêtes au près de moi muette amie, et vous vous avancez\nd'un pas au mien égal parmi l'ondoiement de votre\ncorps bercé; je vais ainsi; vous avez une senteur\nbonne, charnelle doucement de votre chair; moi je\nsuis embaumé de subtiles essences rares; et votre chair\nadorable est près moi; nos corps mystiquement se tou-\nchent; nous avons des jouissements dont nos corps fai-\nblement se pâment; et nous nous revoyons, ô ma très\nbelle femme; votre face ronde et blanche reluit, tendre\nen le cadre de vos cheveux; vos grands yeux clairs\nm'aiment infiniment, et vos lèvres frissonnent d'inté-\nrieurs baisers; votre front, vos joues et votre cou, vos\nlèvres, vos prunelles et vos seins sont d'amour à moi;\nvotre face m'est d'amour; et vous me regardez si mélan-\ncoliquement amoureuse; votre face tendrement d'une\namoureuse douce auréole luit; je suis roi, je triomphe,\nje suis dieu, je suis mage; je resplendis dans le soleil,\nje rayonne solairement et je suis solairement beau; je\nvais, moi; haute tête, front illuminé, yeux brillants,\njoues roses, odorantes lèvres, je vais en une gloire;\ntriomphalement je marche; et Dieu, et triomphal, et\nvous voyant mon épousée, je vais, près vous, magique-\nment, beau, rayonnant, resplendissant; et vos robes\nfluctueusement fluctuent, flots fluents; vos eſſilés bras\npendent, vos minces mains; et votre taille en ses cor-\nsages noirs monte et monte, votre sein caché, vos seins\ntrès miens, et vos à jamais indéniables virginités; sur\nvos hanches, larges d'où roulent immensément les robes\nsur vos hanches la rondeur des seins gonflés et vos\népaules et vos bras, en le noir, qui m'appartiennent;\nla noire ligne de votre cou, et la face qui est de moi,",
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     "texte": "96\nLa Vogue.\nlunaire face au diadème mortel, ô vivante du rêve,\nô rêvée du réel, incolorée face très mienne, ô miennes\nlèvres; ô baisée véridiquement, que je baise en une\nascension qui ne finit pas, conjointe à moi, mon enlacée\ndu corps et des grands yeux mélancoliques, soyons\nheureux, exaltons nous, jouissons de nous, vivons nous,\nsacrons nous, adorons notre vie, soyons bons, soyons\nsaints, aimons, jouissons, marchons, vivons, soyons,\nsoyons ensemble; ayons, mon épousée, nos éternels\nfiancements; soyons nous; et jubilons. Choses, de ce\nque nous sommes; fêtons nous d'être; rêvons à la sécu-\nrité indubitable de la foi; éternel, je jouis de moi, mon\népousée, t'aimant...\n« Car cela est ma pensée.\n« Car cela est mon œuvre.\n« Car je t'ai faite et je te fais.\n« Car tu m'es.\n* Et glorieusement, hors les apparences, hors toute\nrelation, et hors la vanité, insensiblement, sans quel-\nconque occurrence, sans loi de vouloirs étrangers,\nidéalement, tout idéalement et absolument, je te pense\nmon épousée. »\nÉDOUARD DUJARDIN.\nJanvier-Avril 1886.\n38",
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     "texte": "LES VOYAGES\nDE BALTHASAR DE MONCONYS\n(Suite.)\nVOYAGE D'ALLEMAGNE\n[Cassel.] Le [29 septembre 1663] nous allasmes au\nlogis du Sieur de Brostrup qui trauaille admirablement\nbien au tour, où il fait toutes sortes de figures iusques\naux lettres et lignes droites.\nIl nous montra des ponts faits d'ais d'vn costé, et de\ntoile cirée de l'autre, en forme de caisses de quelques\n6. pieds de long, 2. de large, et vn d'espaisseur, dont\ntout le dedans est vuide; des cris qui s'arrestoient sans\ncrochets, comme il en est besoin aux autres. Il nous fit\nvoir le modelle d'vne tente sans pilier au milieu d'vne\nmachine qui pousse 20. pieds de haut de l'eau gros\ncomme la iambe par vn diafragme enfermé dans vne\ncaisse ronde parfaitement d'vn costé du demy cercle,\net de l'autre imparfaitement; lequel estant conduit par\nvne poulie ronde dans laquelle il glisse, et laquelle a\nson centre hors de celuy de la caisse, le diametre de\nlaquelle est égal au diafragme, de quelque costé que la",
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     "texte": "98\nLa Vogue.\npolie fasse aller ledit diafragme il touche iustement les\ndeux costés de cette caisse, et pousse l'eau qui y entre\ndu costé de dehors, par le costé opposite, où il y a vn\ntuyau appliqué.\nIl y a aussi vne manière de blanchir le laiton, et en\nfait des miroirs plus clairs que ceux d'acier.\nPremierement il le polit parfaitement avec de l'e-\nmery, puis il le trempe dans du vinaigre, où il y a\ndedans du sel Armoniac, et aprés il y met dessus vne\ncouche d'Amalgame de et : puis le metant sur\nles charbons le Mercure s'euapore, et aprés on le\nrepolit encor avec l'emery.\n[A Trauemund.] Le 16 [octobre]. Ie pesay l'eau de\ncette Mer, qui se trouua peser seulement 22386. au lieu\nque celle de Calais pesoit 22862. et l'eau douce audit\nCalais 22274. dont l'equation estoit 49. si bien que la\ndifference estoit vne quarante vniesme, et presque vne\nquarante deuziesme partie et parce que l'equation de\ncette derniere n'est que neuf; la difference d'auec l'eau\ndouce est d'vne deux cent dix-septiesme et la difference\ndes deux eaux de mer d'vne cinquante troisième.\n[A Magdebourg.] Le 22. le fus le matin voir M. Otoh\nGerike Bourguemaistre et tres sçauant dans la Pneu-\nmatique, chez lequel.\nle vis vne infinité de vases, pour demontrer la force\nelastique de l'air, comme deux hemispheres de cuiure,\ndesquels l'air estant osté, trente cheuaux ne les pou-\nuoit pas separer. Vn autre, au bas duquel il y a auoit\nde l'eau, et plusieurs petits tuyaux qui enfonçoient\ndans cette eau, par lesquels ayant fait entrer de l'air,\nen tournant les robinets, l'air s'introduisoit dans ce vase",
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     "texte": "La Vogue.\n99\npassant au trauers de l'eau, et quand l'espace qui estoit\nau dessus de l'eau commençoit a estre tout à fait rem-\npli, l'air faisoit vn extresme bruit, l'on introduisoit de\nl'eau dans ce vase par un siphon, dont vn bout se\nplongeoit à bas dans un seau d'eau et l'autre dans\nl'orifice d'vn des canaux, qui entroient dans la capacité\ndu vaisseau par son col, le tout bien garny de bons ro-\nbinets: il auoit aussi un autre globe suspendu en l'air\nle col en bas, d'où l'on auoit attiré l'air, auquel appli-\nquant une bouteille de verre quarrée, et ouurant le\nrobinet, elle se rompoit, et si la bouteille estoit ronde\nelle ne rompoit pas, et y mettant la main elle s'intro-\nduisoit fortement dedans, et par cét instrument, qui\nestoit pendu à un bras de balance, il pese l'air. Il fait\naussi par cét instrument, l'experience, que luy appli-\ncant vn autre vaisseau plain d'air, et tournant le\nrobinet du vaisseau qui est vuide, à mesure que l'air du\nplein, entre auec violence dans le vuide, il se forme beau-\ncoup de vapeurs dans celuy qui estoit plein, d'où il con-\nclud que lorsque les vents se formēt, c'est que l'air se\nrarefie en haut où il laisse les parties aqueuses qui\nestoient mélées auec luy, lesquelles se reünissant, for-\nmoient les nuées. Il fait l'experience du vuide par la\nseule eau, et ce par un canal de verre sellé hermetique-\nment par vn bout, lequel il introduit dās vn long Alam-\nbic, et le cimente bien par le col, afin qu'il n'y entre\npoint d'air, que par vn tuyau qu'il y a au couuercle, auec\nvn robinet; puis il tire tout l'air de cét instrument,\napres il y fait entrer suffisamment de l'eau, pour sur-\npasser l'orifice du canal, de quatre doigts; alors ayant\nbien fermé le robinet il incline l'instrument, et tout le\ncanal se remplit d'eau : puis il abbaisse l'instrument en\nsorte que le canal est presque dressé perpendiculaire-",
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     "texte": "100\nLa Vogue.\nment, et tousiours plein d'eau et son bout ouuert, enfoncé\nde quatre doigts dans l'eau, en sorte qu'il n'y peut entrer\naucun air: neantmoins dans ce mesme instant qu'il vient\nau parfait perpendicule; ce canal plein d'eau se vuide\ntout; par où il pretend de mieux demontrer le vuide\nque par l'experience de Torricelly. Il tient que la terre\nattire continuellement toutes choses à elle, et pour le\ndemontrer, il a vn globe de demy pied de diametre fait\nà ce qu'il me dit de neuf mineraux, il est iaunastre, et\ncomme du ciment fort poly, lequel estant vn peu frotté,\nil attire de petites feüilles, de certains legumes, et des\nplumes de duuets; et ce qui est de plaisant, c'est qu'il\nattire ces plumes, puis il les laisse retomber, puis il les\nretire et les laisse retomber; et cela continuellement et\nsans fin; il demontre encor l'effet de l'attraction de la\nLune par la Terre, et de l'opposition de la mesme face,\npar vn plus petit globe, de mesme matiere, qui conduit\ndans l'air ce duuet tousiours de mesme distance, en\nquelle part qu'il veut, et tousiours le mesme costé du\nduuet tourne contre ce globe; mais si tost qu'on ap-\nproche vn filet de ce duuet, il se va ioindre au globe, et\nne s'en separe plus, y demeurant comme mort, et tout\nioint en peloton. Il me dit que lors qu'il conduit ce\nduuet proche d'vne lumiere, quoy qu'il fasse, il ne s'en\napproche iamais assez pour estre brûlé; au contraire il\nse va ioindre au globe. Il a aussi vn Thermometre\nparticulier d'vn petit homme de bois mis dans vn tuyau\nde verre vuide dont partie est enfermée dans une boëtte,\nqui empesche de voir s'il y a quelque liqueur dedans, il\nma dit pourtant qu'il n'y en auoit aucune, et tout l'ar-\ntifice consiste en la matiere, qui soutient la figure de\nbois, laquelle glisse librement dans le tuyau, et fait\nhausser cette figure par dessus vn cercle peint au dehors,",
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     "texte": "La Vogue.\n101\nlors qu'il doit faire beau temps, et quand il doit pleu-\nuoir, comme il faisoit cè iour là, la figure (ou sa main\nqui sert d'indice) descend au dessous au bas du cercle,\noù il y a plusieurs points marquez, et lors qu'il doit\nfaire de grands vents, elle descend iusques aux plus bas\npoints.\nIl me montra le liure d'vn Iesuite intitulé Gaspari\nScoti Mechanica Hydraulipneumatica, à la fin duquel est\nvn traitté du dit sieur Hoto Gerike.\nApres M. le Duc fut voir M. Gerike qui luy fit voir\nles mesmes choses que i'auois veües, hors quelques iets\nd'eau dans ses fontaines.\nIe tiray à force de l'examiner, que son petit homme,\nestoit dans vn tuyau d'où l'air estoit osté, et qu'il estoit\nsur vne espece de piston, qui ioignoit si bien, qu'il ny\nentroit aucun air: mais que quand celuy de dessous\ns'espaississoit, il faisoit monter la figure, et quand il se\nrarefioit, il la faisoit descendre. Il fit rompre vne\nbouteille quarrée, l'appliquant à un de ces ballons vuidez,\nduquel tournant le robinet et l'air de la bouteille\nquarrée s'y introduisant, l'ambiant la pressant de tous\ncostés la rompit. Il ſit voir aussi comme ayant vuidé\nl'air d'vn recipiant dans vn autre; celuy qui demeu-\nroit vuide, se ternissoit beaucoup; mais à l'instant qu'il y\nlaissoit introduire l'air, il s'esclaircissoit. Il tient que la\ncompression de tout l'air ambiant est égale à celle de\nquarante pieds d'eau, et il a esprouué qu'il fait monter\nl'eau, par vn siphon, jusques à cette hauteur (et non pas\nplus) dans vn vaisseau vuide.\n[A Dresde.] Le 3. nouembre nous fusmes voir dans",
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     "texte": "102\nLa Vogue.\nle Palais les chambres des raretez ramassées par l'Élec-\nteur Auguste ainsi disposées.\nDans la premiere, qui est contre le degré qui ne\nsert que de vestibule pour les autres, il n'y a pas\ngrand'chose de remarquable, aussi n'en fait on pas\ncompte; i'y obseruay pourtant, le portrait de Vladislaus\nRoy de Pologne en l'an 1333. c'estoit vn grand homme\npour l'esprit, mais tres petit, pour le corps; ainsi que\nson portrait fait voir, qui n'a pas 3. pieds de haut : de\nce vestibule ou chambre l'on entre dans la premiere, qui\nse nomme celle des instruments, parce qu'elle est toute\nremplie de toute sorte de ceux qui sont necessaires pour\nla Chirurgie, a percer des perles et à tirer l'or, la Menui-\nserie et autres mecaniques, en bel ordre, bien cõseruez et\ncurieusemēt faits avec le portraict de Luther par Lucas(1).\nLa 2. s'appelle celle des vaisseaux à boire, et aiguieres,\ndiuisés en quatre; sçauoir vases de cristal, ou il y en a\nde toutes sortes, de roche, et d'autres; et entre autres,\nvne des plus grosses et parfaites boules de cristal de\nroche, que i'aye veu : les seconds sont d'or, ou d'ar-\ngent doré, enrichis de pierreries, d'esmail, et de\ncoraux : les troisiesmes sont de coquilles, enchassées ;\net les quatriesmes d'œufs d'Autruches, noix muscades,\nvne entre autres taillée en petites figures de bas relief,\nfort belles et des cocos. La 3. chambre est pleine de\nTableaux, mais il n'y en a de bons que d'Albert (2) de\nLucas et vn deluge de Rubens, qui est fort du goust\ndes Caraches: il y a plusieurs cabinets, et cassettes de\ntoutes sortes, d'iuoire, de nacre, d'ebene d'or esmaillé,\nde cristal, et vn rocher tout de grosses meres perles.\n(1) Ganach.\n(2) Dürer.",
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     "texte": "La Vogue.\n103\nLa 4. est toute pleine de diuers instruments de Mathé-\nmatique, et d'vne petite orgue toute de verre de Bar-\ncelonne, tous les tuyaux, et la porte du cabinet : il y a\ndes tableaux cylindriques, catoptriques, et autres, et\ndeux niueaux dont ie ne pûs voir l'inuention dans de\npetits cubes longs, où vne esguille demeure tousiours\ndressée perpendiculairement, quelque inclination qu'ait\nle cube, et pour voir le niueau du plan, il faut que cette\nesguille responde au milieu, ou centre de la face haute\nqui est couuerte d'vn verre. La 5. est toute pleine de\nmiroirs, planches de cuiure doré, et graué, et de bas\nreliefs, comme une grande table ronde de bois, toute\ntaillée, d'vn beau bas relief, vn petit retable d'Autel à\ntrois ordres de gamaeus, d'vn si bel ouurage, que ie\nl'estime d'aussi grand prix que chose que soit là, vne\ninfinité de miroirs concaues et conuexes, d'autres ordi-\nnaires enrichis d'orfévrerie, et d'autres d'Architecture\nd'or, ou d'argent, sizelures, et pareils ornements.\nLa 6. est pleine de choses naturelles comme diuers\nrochers faits de pieces de toutes les mines de la Saxe,\nde la Boëme et Hongrie, et construits, comme les\nmines, auec des figures, qui representent la maniere\nqu'on y trauaille: plusieurs productions des mines d'ar-\ngent du pays qui au commencement estoient presque\nargent tout pur, et comme spongieux; et vne croix fort\nbien trauaillée, d'vn pied de hauteur, faite d'vne branche\nnaturelle d'argent, qui a vegeté en cette façon sur sa\nmine ou rocher, auquel elle est attachée, auec quelques\npetites branches aux pieds, comme ie l'ay mis à la\nfigure: plusieurs petrifications de bois, et diuerses de\npoissons imprimés sur la pierre, des pierres de foudre\nd'vne grandeur démesurée, de grands bois de Cerf,\npassés dans des troncs d'arbres, qui ont crû, et les ont",
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     "texte": "104\nLa Vogue.\nenfermés à n'en pouuoir sortir d'vne façon, ny d'autre,\net vn esperon de fer passé de mesme au trauers d'vne\nbranche de bois. Vne roche d'émeraude, où il y en a\ntrois, ou quatre brutes, grosses comme des oliues, mais\ntaillées en cubes parfaits. Vn des plus parfaits òyseaux,\nqu'on nomme Roy des oyseaux de Paradis que i'aye\nveu, d'vn rouge brun, auec les deux petits filets qui\nsont tournés au bout en limaçon ; et vn oiseau dans une\nboëtte, qu'ils disent estre le Phenix conforme à la\ndescription de Pline, lequel a le bec aigu, comme vne\nlinotte, ou moineau; mais à proportion de l'oyseau, qui\nparoist de la grosseur d'vne Pie : il est d'vn jaune,\ntirant sur le rouge, et a vne Huppe ronde sur la teste,\ndu mesme plumage, que le corps, non pas à grandes\nplumes, comme les Huppes, quoyque la creste soit\naussi grande que les leurs. La 7. chambre est d'auto-\nmates, horloges, et pieces d'yvoire, faits au tour. Entre\nautres vn grand Vaisseau, auec toutes les voiles, masts,\net cordages, et tous les noms des Ducs de Saxe, dans\nle dehors des costes du Vaisseau, lequel est appuyé sur\nvn Neptune d'yvoire, auec quatre cheuaux qu'il guide,\nqui me parut vn parfaitement bel ouurage; plusieurs\nboules vuidées, les unes dans les autres, et vne où il y\nauoit deux ou trois medailles d'yuoire des portraites\ndes Ducs de Saxe; plusieurs chaines d'yvoire, à double,\ntriple, et quatriple boucle. Vn œuf naturel, dans lequel\non attache de chaque costé, vn petit fer de cheual,\nauec les cloux, qui entrent, et ressortent : vn noyau\nde cerize. sur lequel il y a 120. testes, grauées; entre\nvne infinité d'horloges, vne d'or émaillé en forme d'vn\nmonument, sur le haut duquel, est une figure couchée\nqui tient vn Sceptre en main, qui marque les heures\nà un quadran, qui porte les heures, et les fait rouler :",
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     "texte": "La Vogue.\n105\ntrois horloges à boule, l'vn en tour de cuiure vermeil\ndoré où il y a dix-sept cercles spiraux; les minuttes\nsont marquées par les diuerses sorties ou ascensions de\nla boule: il y en a vn autre dans vn coffre, qui par\nvn miroir, fait pairois, que la boule remonte, par vn\nmouuement horizontal, et vn autre qu'elle monte et\ndescend par vn mouuement perpendiculaire; il y en a\nvne infinité d'oyseaux, d'animaux, de figures, de vais-\nseaux, et autres choses, qui chantent, remuent, et mar-\nchent, histoires de la Natiuité où le Ciel s'ouure, les\nAnges descendent, les Mages viennent adorer, et tout\ncela sont horloges, dont la plus curieuse est vne qui mar-\nque tous les mouuements Celestes, tant du premier que\nsecond mobile, et qu'on estime plus de douze mille\nescus. Il y a au fond de cette chambre, deux Cerfs\ncomme nature, l'vn fait de paste toute composée de\ncorne Cerf, et l'autre fait de bois, couuert de peau, qui\nest vn cabinet plein de tous les medicaments, tirés, et\ncomposées des parties de cet animal. Au sortir de là,\nnous fusmes voir les animaux, Ours, dont il y en auoit\nvn blanc, plusieurs Loups serviées, qui sembloient de\npetits Lyons, ou de gros Chats, des Tigres, des Lyonnes,\net vn fort beau Lyon, et deux Singes gros et laids dont\nl'un auoit le museau bleu, auec des rayes rouge à costé,\net le cul de mesmes couleurs.\n[A Nuremberg.] Le 22 nous fusmes chez vn excel-\nlent ouurier qui a fait.\nVn carrosse pour le Roy de Dannemarc, lequel auance,\nrecule, et tourne sans cheuaux par tout, et fait 3000. pas\ngeometriques en vne heure, seulement par des maniuelles,\nque tournent deux enfants, qui sont dans le corps du car-\nrosse, qui font tourner les roües de derriere, et celuy qui",
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     "texte": "106\nLa Vogue.\nest dedans, tient un baston qui fait tourner le deuant du\ncarrosse, ou sont attachées les deux petites roües, pour\nbraquer à l'endroit qu'il veut. Il auoit une pompe, qui\niettoit grande abondance d'eau; de petits canons d'vn\npied de long, qui portent 500. pas: il trauailloit à vne\ngalanterie pour M. le Dauphin, d'vne escarmouche de\nCauallerie contre vn bataillon d'Infanterie, qui doiuent\nmarcher, et tirer par ressort.\nLe 13 decembre 1663 l'apres disné ie m'amusay a\npeser l'eau. Qui se trouua peser 32 cent. vingt-hui-\ntiemes qui ſont en tout 2293 centvinthuitiemes qui font\n19 centvinthuitiemes plus que celle de Calais, aussi\nc'estoit en hyuer, mais d'autre costé c'estoit dans un\npoile.\nLe 17 le froid continuant de plus, en plus, la riuière\ncharria, et ie fis ces expériences, premierement.\nJe pasay de l'eau qui pese 32.53.128ºs et l'ayant mise\ngeler ma phiole monta en haut ce qui m'obligea adious-\nter 32.1280 pour voir si l'eau se gelant tout à fait, la\nphiole monteroit mais elle demeura prise en bas, et\nquand je fis degeler l'eau, la quantité d'air qui estoit\ndans la glace, s'attachant à ma phiole la fit monter et\nsurnager; mais quand ie les eus ostées, elle redescen-\ndit: comme le froid relascha ie n'eus pas moyen de\nfaire d'autres obseruations, sinon qu'à mesure que l'eau\ngèle elle se forme en longues fentes ou rayes, comme\nverges, et quand elle est gélée, la surface n'est pas\nvnie comme celle de l'eau mais toute en bosse.\nLe soir ie m'occupay à peser l'eau dans le poile, et\nie la trouuay peser 32. 64 centvingthuitièmes quien\ntout avec la phiole font 22,312 centvinthuitiemes: mais\n...",
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     "texte": "La Vogue.\n107\ninsensiblement l'eschauffant dans le poile et s'allegeant\npar conséquent, elle le fit insques à ce qu'il y eut\n28 cent vint huitiemes d'ostées, et sans lesquelles la\nphiole enfōça; sibiē que l'eau s'estoit donc rarefiée ou\nallégée d'vne sept cents nonante sixième partie, après\nquoy elle commença à se refroidir, soit qu'il y entra du\nfroid par vne porte qu'on auoit ouuverte. Et si tost\nqu'elle fut hors de table elle m'enuoya encore dire de\nl'aller trouuer, et se fit encore l'honneur de souffrir\nmon entretient insques à minuit: il n'y a a guere de\nchoses curieuses dans la Physique et les Mécaniques,\ndont nous ne parlassions toutes les fois que i'eus l'hon-\nneur d'estre auec elle, et elle ne pouuoit se lasser\nd'ouir les pensées des Galilées, des Cartes et Boilé tou-\nchant les mouuements, les sensations, la rarefaction\npar les presents qu'il me fit d'vne de ses médailles d'or\net de cinq de ses monnoyes tant d'or que d'argent et\ndu livre de la Physique curieuse du Père Schot qui luy\nest dédié, et de celuy dans lequel son droit de Vicaire\nde l'Empire est explique, et qu'il est intitulé Discours\nsur les affaire d'Allemagne.\n(A suivre.)\nPublié par CHARLES HENRY.\nSte",
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     "texte": "BIBLIOGRAPHIE\nLe directeur de la Revue Wag-\nnérienne, - c'est M. Edouard\nDujardin, - soumet aux lec-\nteurs de la Revue de Genève\n(no du 25 juillet) une interpré-\ntation du mouvement poétique\nfrançais contemporain, de « l'i-\ndée wagnérienne» (Ed. D), et\nde l'œuvre de M. Stéphane Mal-\nlarmé.\nL'oyons :\nPendant qu'avec Hugo, les\npoètes en France, - les roman-\ntiques, Baudelaire, le Parnasse, -\ncherchaient une forme d'art qui\ndirait la vie totale de l'être en le\nlangage de la littérature, voilà\nqu'un étranger, un musicien,\navait de sa part, cherché une\nforme aussi, mais en le langage\n-\nde la musique, apte à un tel but;\net de la musique, par Wagner,\ndonc serait né cet art (œuvre de\nnotre siècle), que, de la littéra-\nture, attendaient trois générations\nde poètes.\nAlors, le poète\nesthéticien issu de ces trois géné-\nrations, celui qui pour leur héri-\ntage avait grandi, le glorieux\npoète et l'esthéticien qui, de la\nsubtile moelle de soixante années\nd'efforts à l'idéal, éclosait à la fin\nde ce siècle, fleur essentielle de\nnotre âme, M. Stéphane Mallarmé,\ncommença à instituer, en face du\npoème musical de Parsifal, l'at-\ntendu poème littéraire, synthé-\ntiques des délicatesses et des\nmagnificences immortelles, innées,\nqui sont à l'insu de tous dans le\nconcours d'une muette assis-\ntance. »\nL'Administrateur-Gérant:\nGUSTAVE KΑΗΝ.",
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